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08 mars 2016 ~ 0 Commentaire

fukushima (courrier international)

capitalist

C’est le contribuable japonais qui règle la facture

Selon des estimations publiées par le Financial Times, la compagnie Tepco ne prendrait à sa charge que 20 % des frais causés par la catastrophe de Fukushima. Cinq ans après le séisme et le tsunami qui ont causé l’accident à la centrale nucléaire de Fuku- shima Daiichi au Japon, le 11 mars 2011, des chiffres avancés par le Financial Times montrent que les contribuables nippons endossent la plupart des coûts générés par la catastrophe. Et ce, malgré les discours officiels affirmant que le groupe Tokyo Electric Power Company (Tepco) règle la facture.

D’après le quotidien britannique, qui se base sur les évaluations du Pr Kenichi Oshima, de l’université Ritsumeikan au Japon, Tepco n’aurait pris que 20 % des frais à sa charge, sur les 13 300 milliards de yens (107 milliards d’euros) qu’aurait pour l’instant coûté l’accident.Ce montant comprend l’indemnisation des entreprises et des personnes évacuées de la zone sinistrée, soit environ 6 200 milliards de yens (50 milliards d’euros), la décontamination du site de Fukushima, évaluée à 3 500 milliards de yens (28,15 milliards d’euros) et le démantè- lement des réacteurs de la centrale, pour 2 200 milliards de yens (17,7 milliards d’euros). Il n’intègre pas le coût du démantèlement progressif de l’ensemble des réacteurs du pays. De son côté, le gouvernement japonais n’a donné aucune évaluation chiffrée du coût de la catastrophe.

Le manège des fournisseurs d’électricité “Les frais sont principalement payés par le con- tribuable, via les factures d’électricité ou bien sous forme de taxes”, déclare le professeur  Oshima. Car, même si Tepco doit payer les indemnisations et le démantèlement, la compagnie reçoit des fonds du gouvernement pour lui éviter la faillite, précise le Financial Times.

En théorie, Tepco et d’autres fournisseurs d’électricité nucléaire devraient reverser cet argent à l’Etat japonais via une taxe. Mais, au final, ce sont les contribuables et les consommateurs d’électricité – dont les factures ont fortement augmenté – qui mettent la main à la poche.    07/03/2016

http://www.courrierinternational.com/fukushima-cest-le-contribuable-japonais

Commentaire: On dit aussi : « Privatisation des profits et Socialisation des pertes ». Bientôt chez nous aussi: Areva, Erdf, les banques et plein d’autres!

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20 février 2016 ~ 0 Commentaire

droit du travail (le monde)

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Une réforme directement inspirée de propositions du Medef et de la droite

« Bienvenue à droite, Myriam El Khomri », souhaitait ironiquement, jeudi 18 février sur Twitter, l’élu (Les Républicains) Pierre-Yves Bournazel à la ministre du travail socialiste. Une manière de souligner que la réforme portée par Mme El Khomri, et qui fait bondir à gauche, correspond en grande partie à des idées défendues par la droite.

Et à regarder le détail de ce que prévoit la loi, difficile de donner tort à M. Bournazel. On y retrouve la majorité des réformes dans les projets des Républicains ou dans les recomman-dations des organisations patronales, à commencer par le Mouvement des entreprises de France (Medef).

1. L’accord d’entreprise comme standard : un souhait du Medef depuis 2012

Que dit le projet de loi ?

Le projet de loi propose une importante refonte du code du travail, avec l’insertion de soixante et un « principes essentiels », issus des travaux de la commission confiée à Robert Badinter. L’idée centrale est de définir d’une part le principe général (« ordre public »), les possibilités de négociation (« champ de la négociation collective ») et les règles qui s’appliquent à défaut d’accord (« dispositions supplétives »). Une très large place est laissée à l’accord non plus par branche d’activité, mais au sein de chaque entreprise.

Qui proposait cela ?

La réforme du code du travail est demandée depuis des années par le Medef, qui n’a de cesse de souligner l’inflation d’articles dans ledit code et de proposer des réformes allant dans le sens d’une négociation entreprise par entreprise — comme par exemple dans le recueil de propositions de son président, Pierre Gattaz, « Un million d’emplois, c’est possible ». Quant à l’idée de négocier avant tout au sein de chaque entreprise, on la retrouve parmi les idées phares de… l’UMP. Dans une proposition de loi de 2014, ceux qui ne s’appelaient pas encore Les Républicains proposaient déjà « la priorité aux accords dans les entreprises par rapport aux accords de branche ».

2. Primauté aux accords d’entreprise : une vieille demande du Medef, inscrite au programme de Nicolas Sarkozy en 2012

Que dit le projet de loi ?

Le projet de loi ouvre aussi la possibilité, à défaut d’accord collectif dans l’entreprise, de conduire des accords individuels sur les horaires dans les entreprises de moins de cinquante salariés. La loi change aussi les règles de validité des accords d’entreprise, qui seront supérieurs aux contrats de travail, supprimant notamment la clause qui permettait à un syndicat majoritaire de s’y opposer, pour instaurer une règle de majorité (les syndicats signataires doivent représenter 50 % des salariés, à partir de 30 % ils peuvent organiser une consultation visant à valider l’accord). Autre possibilité, celle d’accords « en vue de la préservation ou du développement de l’emploi », alternative aux actuels accords de « maintien de l’emploi » qui permettent d’abaisser les salaires ou d’augmenter le temps de travail pour faire face à des difficultés. Ces nouveaux accords permettront d’aménager horaires et salaires le temps par exemple de se lancer à la conquête de nouveaux marchés.

Qui proposait cela ?

On l’a dit, la primauté donnée à l’accord d’entreprise sur l’accord de branche est évoquée depuis longtemps par la droite. Quant au fait de prévoir de nouveaux accords « en vue de la préservation ou du développement de l’emploi » plus souples que les accords « de maintien de l’emploi », ils correspondent à un souhait du Medef. Prenant acte en 2015 du faible succès de l’accord « de maintien de l’emploi », l’organisation patronale souhaitait le modifier, notamment pour faire en sorte que le salarié qui refuse cet accord ne bénéficie pas des avantages d’un licenciement économique. C’est le cas dans le projet de loi.

On peut également citer les « accords compétitivité emploi » de Nicolas Sarkozy en 2012, qui devaient permettre des modulations de temps de travail en fonction de l’activité. Critiqués par le candidat Hollande, qui les avait abrogés avant même leur entrée en vigueur, ils étaient réapparus sous l’appellation « accord sur l’emploi » un an plus tard.

3. Assouplissement des conditions horaires : une idée proche de celle des « accords compétitivité emploi » de la droite

Que dit le projet de loi ?

Le projet de loi de Mme El Khomri dit : « La primauté de l’accord d’entreprise en matière de durée du travail devient le principe de droit commun. » En clair, le temps de travail pourrait être négocié entreprise par entreprise.

Cette négociation a également été facilitée pour les entreprises. A l’heure actuelle, on touche des heures supplémentaires lorsqu’on travaille au-delà de trente-cinq heures, avec une majoration variable, mais qui ne peut descendre sous les 10 %. Le projet de loi maintient cette limite, mais permet à l’accord d’entreprise de « surpasser » un accord de branche (une entreprise peut décider d’une majoration de 15 % des heures supplémentaires, même si dans la branche elle était fixée à 20 %, par exemple).

De même, le projet augmente la limite haute du temps de travail : de quarante-quatre heures hebdomadaires et dix heures par jour, on passe à quarante-six heures (voire soixante en cas de « circonstances exceptionnelles ») et à douze heures par jour, avec la possibilité de moduler le temps de travail sur l’année et au-delà, par exemple d’imposer durant plusieurs semaines quarante ou quarante-cinq heures hebdomadaires.

La loi prévoit une série d’autres dispositions, par exemple le fait de considérer l’astreinte (rester à disposition de l’entreprise en cas de besoin) comme du repos dès lors qu’on n’a pas été appelé (actuellement une astreinte est assimilée à un jour travaillé). Ou encore de dépasser le plancher de onze heures de repos quotidien par tranche de vingt-quatre heures, « en cas de surcroît exceptionnel d’activité ».

Qui proposait cela ?

Même si les mots sont choisis et même si trente-cinq heures demeure le seuil de déclenchement des heures supplémentaires, cette proposition revient, en pratique, à en finir avec ces dernières et à laisser aux entreprises une très large souplesse dans le temps de travail. Et donc à sérieusement écorner la philosophie des fameuses « trente-cinq heures » négociées par la gauche entre 1997 et 2002. Et ici encore, on est proche de ce que prônait Nicolas Sarkozy en 2012 dans ses « accords compétitivité emploi », à l’époque combattus par la gauche.

4. Modifications des conditions de licenciement : une proposition identique à celle du Medef en 2012

Que dit le projet de loi ?

Le licenciement économique sera assoupli, il pourra intervenir non seulement en cas de difficultés, comme c’est le cas à l’heure actuelle, mais aussi si l’entreprise est confrontée à des « mutations technologiques » ou doit mener une réorganisation « nécessaire à la sauvegarde de sa compétitivité ».

En cas de licenciement « sans cause réelle et sérieuse », les indemnités que le salarié peut réclamer aux prud’hommes seront plafonnées en fonction de son ancienneté, de trois mois de salaire pour un salarié qui a moins de deux ans d’ancienneté à quinze mois pour un salarié qui est dans l’entreprise depuis plus de vingt ans.

Autre disposition : un salarié qui refuserait de se conformer à un accord d’entreprise pourrait se voir licencier pour motif personnel, et non plus pour motif économique (il ne toucherait donc plus d’indemnités).

Qui proposait cela ?

On trouve la même proposition, mot pour mot ou presque, au Medef en 2012 : « Pour faciliter l’ajustement des effectifs, nous proposons de revoir la définition du licenciement économique afin qu’elle englobe l’amélioration de la compétitivité. » Ce que fait précisément le projet de loi.

De même, l’idée de plafonner les indemnités prud’homales est une revendication ancienne de l’organisation patronale. On la trouve page 34 du Livre jaune de M. Gattaz : « Sécuriser, dans des conditions satisfaisantes pour les deux parties, la rupture du contrat de travail, en introduisant un barème d’indemnités pour le salarié, par exemple en fonction de son ancienneté. » Le Monde.fr | 19.02.2016 Samuel Laurent et Pierre Breteau

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/

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19 février 2016 ~ 0 Commentaire

les bourses se cassent la figure (npa)

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Ceux qui nous dirigent ont l’intention de continuer à nous faire payer leur crise

Les bourses se cassent la figure, la croissance est incertaine, les politiques économiques ne donnent pas les résultats annoncés. Mais une chose est certaine : ceux qui nous dirigent ont l’intention de continuer à nous faire payer leur crise.

Depuis 4 ans, les bourses mondiales ont connu une progression sans rapport avec les réalités de l’économie.

Le CAC 40, qui représente l’évolution moyenne des cours des actions des 40 plus importantes entreprises françaises, a augmenté de 80 % entre septembre 2011 et août 2015. L’indice cor- respondant à Wall Street a, lui, grimpé de 64 % sur la même période. Pendant ce temps-là les économies capitalistes les plus riches croissaient à un rythme moyen de l’ordre de 1,5 % par an : plus de 2 % aux USA et au Royaume-Uni. Moins de 1,5 % dans la zone euro et au Japon.

Qu’il y a-t-il donc derrière cette bonne santé de la finance ? Les politiques d’argent facile menées par les banques centrales : inquiètes de la faiblesse de la croissance, elles rachètent aux banques les titres qu’elles détiennent et maintiennent des taux d’intérêt extrêmement bas. Mais, contrairement à leurs espérances, cette manne ne s’est pas répercutée sur les investissements des entreprises et la consommation.

La Chine ouvre le bal En Chine, l’indice CSI 300 des bourses de Shenzen et Pékin a pro- gressé de 150 % entre juillet 2014 et le début du mois de juin 2015. Il s’est retourné l’été der- nier : la chute a été spectaculaire, mais n’a pas effacé l’intégralité des gains antérieurs grâce aux méthodes musclées employées par le gouvernement pour peser sur les cours. Dans la foulée, des inquiétudes se sont manifestées sur l’état réel de l’économie de ce géant, et les répercussions du ralentissement ont commencé à se faire sentir dans les pays qui exportent le plus vers lui, en particulier les fournisseurs de matières premières.

Aux États-Unis, en Europe ou au Japon, les bourses ont commencé à baisser à partir de la fin 2015. L’euphorie des boursiers s’est transformée en morosité. Outre la Chine, ont joué en ce sens les prévisions économiques mitigées des organismes internationaux. En 2015, l’Europe a par exemple bénéficié en 2015 d’une conjonction de facteurs favorables : bas taux d’intérêt, prix du pétrole en chute libre, dollar relativement élevé par rapport à l’euro, tout cela aurait dû entraîner une poussée de la croissance… et ce ne fut pas vraiment le cas. La France est ainsi restée à 1,1 % de progression du PIB et la zone euro à 1,5 % (après 0,9 % en 2014). Le journal économique les Échos commente ainsi ces chiffres: «Ces résultats jugés médiocres pourraient bientôt apparaître comme un âge d’or si la crise financière venait à s’amplifier.»

Vers la crise financière ? C’est bien là la question. Le recul des bourses touche en premier lieu les actions des banques : la santé de nombreuses banques dépend de celle de leurs clients. Ainsi, si la baisse du pétrole se maintenait, les banques liées au secteur pétrolier pour- raient y laisser des plumes. Si une banque importante se trouvait vraiment en difficulté, ce pourrait être l’élément déclenchant de la crise, même si les gouvernements, qui n’ont quasi- ment rien fait depuis 2007 pour contrôler les activités des banques, se mobiliseraient pour éviter la faillite d’une banque importante. L’incapacité d’un pays à assurer le service de sa dette pourrait aussi tendre la situation.

Quoi qu’il en soit, les politiques suivies par les États capitalistes depuis 2007 n’ont rien résolu. Et, au contraire, aggravent les difficulté : la politique monétaire laxiste alimente la bulle spéculative, les politiques d’austérité compriment la demande… Les politiques de démantè- lement des codes du travail précarisent les salariés tandis que le chômage de masse ronge de nombreux pays. Partout systèmes de santé, écoles, services publics de proximité sont mis en cause. Mais ces politiques sont le seul horizon des gouvernements de droite comme de gauche au service du patronat et de la restauration des profits.

Être aussi déterminés qu’eux! Ce lundi 15 février, Valls a fait semblant de s’énerver car les patrons ne tiendrait pas leurs engagements en contrepartie des 41 milliards d’euros du Pacte de responsabilité. En fait, le patronat refuse tout engagement : sur les 50 principales branches professionnelles, 16 seulement ont signé des accords dont 3 seulement prévoient des créa- tions nettes d’emplois. Gageons que les déclarations de Valls n’auront aucune incidence : les patrons auront leurs 41 milliards.

Seul un mouvement d’ensemble qui fédérerait tous les foyers de mécontentement, les luttes éparses, pourrait inverser la vapeur. à nous de faire preuve, collectivement, de la même détermination que ceux qui, depuis des années, s’acharnent à nous faire payer la crise.

Henri Wilno jeudi 18 février 2016

« Les bourses dégringolent… Aux capitalistes de payer leur crise ! ». Paru dans l’Hebdo L’Anticapitaliste – 324 (18/01/2016) :
https://npa2009.org/actualite/economie/les-bourses-degringolent-aux-capitalistes-de-payer-leur-crise

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article37203

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22 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

plan b, épisode 1 (regards)

PLan-B-1

Alexis Tsipras n’avait pas de plan B. C’est cette faille, exploitée par ses « partenaires » européens, que Jean-Luc Mélenchon et ses invités veulent combler ce week-end en organisant à Paris le premier « sommet internationaliste pour un plan B en Europe ».

Cosigné par l’ancien ministre des Finances grec Yanis Varoufakis, l’ancien ministre des Finances allemand Oskar Lafontaine, ainsi que Stefano Fassina, ancien vice-ministre des Finances italien, et Zoé Konstantopoulou, ancienne présidente du parlement grec, l’appel avait été lancé en septembre dernier après l’écrasement du « printemps athénien » et l’imposition d’un troisième mémorandum pire que celui que les Grecs avaient massivement rejeté par référen- dum le 5 juillet. Les cinq signataires affirmaient que, face au chantage au « grexit » de la Troïka, les forces anti-austérité devaient elles aussi se doter d’un plan B pour « renforcer (leur) position » et appuyer leur plan A  « une renégociation complète des traités européens ».

« Une démonstration d’internationalisme concret » Outre ses initiateurs, la conférence réunira une quarantaine de parlementaires, ex-ministres, économistes, sociologues, repré- sentants d’ONG et journalistes venus de Grèce, d’Allemagne, d’Espagne, d’Italie, de Belgique, des Pays-Bas mais aussi des pays extérieurs à la zone euro comme le Royaume-Uni et le Danemark ainsi que deux pays africains – le Sénégal et le Mali. Soit « une belle démonstration d’internationalisme concret », écrit sur son blog Jean-Luc Mélenchon, qui avait précisé à la fête de l’Huma : « nous ne présentons pas un plan pour notre pays, pour la gauche, nous présentons un plan conforme à l’intérêt général de 450 millions de personnes qui habitent à l’intérieur de l’Europe ».(…)

L’euro : en sortir ou pas ? Trois sujets seront abordés au cours de neuf tables rondes : « maîtriser la monnaie », « maîtriser les dettes publiques » et « maîtriser le commerce international ». Si les deux derniers thèmes sont relativement consensuels, la gauche européenne s’accordant sur la nécessité de plus ou moins restructurer, voire d’effacer, la partie « illégitime » de la dette et de lutter contre les traités de libre échange comme le TAFTA, voire pour certains de rétablir des mesures protectionnistes, le premier thème est celui qui polarise le plus au sein de la gauche. Car si tout le monde admet qu’il est impératif de « rompre » avec les traités d’une mon- naie devenue « l’instrument de la domination économique et politique de l’oligarchie euro- péenne », le débat est loin d’être tranché quant à la possibilité de le faire tout en restant dans l’euro.(…)

Au-delà des divergences, faire rupture D’autres intervenants (dont l’auteure de cet article), convaincus de la vanité de toute tentative de réformer l’UE de l’intérieur, militent au contraire pour une sortie de l’euro. Pour eux, la préparation à cette sortie n’est ni une fin en soi, ni seulement une carte à jouer, une arme de dissuasion massive, dans le rapport de force face à la Troïka : il s’agit du préalable nécessaire pour restaurer à court terme la souveraineté populaire et mener des politiques progressistes et sociales.

C’est la position du fondateur de Die Linke Oskar Lafontaine, des économistes Frédéric Lordon et Cédric Durand (membre d’Ensemble !), mais aussi de l’eurodéputé grec Nikolaos Chountis, qui a rejoint Unité populaire, et de l’économiste et ex-député Syriza Costas Lapavitsas,  également membre du parti des dissidents de Syriza. Et ces derniers n’ont pas attendu le jeu de massacre à Bruxelles, cet été, pour affirmer l’impossibilité à court terme de transformer par la négociation et l’argumentation rationnelle l’euro austéritaire en euro progressiste.

Si chacun est conscient de ces divergences, tout l’intérêt du sommet est précisément de ne pas s’y arrêter. En faisant plancher une table ronde sur les conditions de possibilité d’un plan A et l’autre table ronde sur l’élaboration d’un plan B au cas où ces conditions ne sont pas réunies, le sommet dépasse la binarité entre rester et sortir, et fait avancer la réflexion sur la mise en œuvre d’une véritable rupture. En diplomatie, cela s’appelle l’ambiguïté constructive.

http://www.regards.fr/web/article/plan-b-episode-1

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19 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

la révolution numérique ( anti-k)

progres

Va coûter «5 millions d’emplois en 5 ans»

La quatrième révolution industrielle, qui se traduit par la numérisation ou l’impression 3D, entraînera la perte de 5 millions d’emplois en cinq ans dans les principales économies mon- diales, prévient un rapport diffusé lundi par le World Economic Forum (WEF), organisateur du forum de Davos.

La quatrième révolution industrielle « entraînera de larges perturbations non seulement sur le modèle des affaires, mais aussi sur le marché du travail pendant les cinq prochaines années », indique le rapport diffusé avant le Forum de Davos qui débute mercredi.

Après la première révolution (avènement de la machine à vapeur),

la deuxième (électricité, chaîne de montage),

la troisième (électronique, robotique), arrive la quatrième qui combinera plusieurs facteurs à l’oeuvre comme l’internet des objets ou le big data pour transformer l’économie.

Ces transformations entraîneront une perte nette de plus de 5 millions d’emplois dans une quinzaine d’importants pays développés et émergents », affirme le WEF qui a ana- lysé la situation dans des économies comme celles des Etats-Unis, de l’Allemagne, la France, la Chine ou encore le Brésil.

« Sans une action urgente et ciblée dès aujourd’hui pour gérer cette transition à moyen terme et créer une main d’oeuvre avec des compétences pour l’avenir, les gouvernements devront faire face à un chômage en hausse constante et à des inégalités », alerte le président et fondateur du WEF, Klaus Schwab, cité dans un communiqué.

2016 18/01/16

http://www.anti-k.org/la-revolution-numerique-va-couter-5-millions-demplois-en-5-ans

Commentaire: Tout ce matraquage pour la révolution numérique! On comprend: un grand plan de licenciement, faudrait être fou pour s’y opposer!

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13 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

cauchemar, l’amérique défavorisée (basta)

no frack

Proie de l’industrie des gaz de schiste, de ses pollutions et de ses escroqueries

Enquête à Youngstown, dans l’Ohio, l’une des zones les plus pauvres de l’Amérique. Des petits propriétaires floués, des grandes multinationales abusées par la promesse de profits mirobolants, des habitants qui subissent les pollutions et le bruit assourdissant des puits de forage à l’orée de leurs jardins, une faune qui s’exile, des séismes qui se multi- plient… Telle est la réalité de l’industrie des gaz de schiste dans le Midwest états-unien.

C’est l’une des régions les plus pauvres des États-Unis. La ville de Youngstown, dans l’Ohio, à mi chemin entre Pittsburgh et Cleveland, a été frappée de plein fouet par la désindustri- alisation, et peine aujourd’hui encore à se relever de ce traumatisme. Sa population a chuté de presque 170 000 habitants dans les années 1960 à un peu plus de 60 000 à l’heure actuelle, dont près de la moitié est noire. La population blanche a fui vers les banlieues ou vers des cieux moins défavorisés. C’est l’une des villes les plus pauvres des États-Unis [1].

La région est aussi l’une des principales lignes de front de l’expansion du gaz de schiste, dans la formation dite d’Utica. Youngstown et ses environs sont le théâtre d’opéra- tions industrielles utilisant la technologie controversée de la fracturation hydraulique, interdite en France.

Ils abritent aussi des opérations de réinjection dans le sous-sol des eaux usées issues du « fracking », une pratique dont on parle très peu en Europe mais qui comporte les mêmes risques que la fracturation hydraulique elle-même, sinon davantage. Dès 2011, Youngstown était frappée par un séisme de magnitude 4 sur l’échelle de Richter – le premier de toute l’histoire de la ville – directement lié à un puits d’injection. En février 2014, on en dénombrait déjà plus de 500. À quoi s’ajoutent plusieurs cas de pollution accidentelle ou délibérée.  Olivier Petitjean 13 janvier 2016

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08 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

émilie paumard, najla mulhondi (cadtm)

L’oppression des femmes et la dette font système C’est en tant que femme qu’Emilie Paumard du CADTM Belgique a formé son engagement. Emilie Paumard a ouvert la session plénière au premier jour de la conférence de l’université d’été du CADTM Europe avec un exposé sur la crise de la dette en Europe. C’est avec un humour cynique qu’elle a défait le mécanisme de la dette : «La situation n’était pas le fait d’une finance dérégulée, pas le fruit d’instruments financiers… Il suffisait de réécrire l’his- toire.» C’est bien ce que nous avons vu en Europe avec les mesures d’austérités imposées à la Grèce qui a vu son système de protection sociale être démantelé sous le prétexte que celui ci coutait trop cher. Les conséquences ont été désastreuses. Dans cette partie de bras de fer avec l’élite néolibérale, l’audit citoyen défendu par le CADTM permet de rétablir les vérités et responsabilités.

Je suis venue pour faire le lien… entre l’austérité et les femmes «C’est une fois que nous avons pris conscience que nous pouvons agir». Pour Najla Mulhondi, c’est cette prise de conscience qui l’a poussé à venir à l’université d’été du CADTM et à faire le lien entre la dette et le féminisme.  La conférence a permis de faire ces liens que les politiques d’austé- rité veulent faire disparaître. Le résultat pour les femmes du Nord et du Sud est désastreux.  Voici les propos de Najla Mulhondi recueillis après l’ate- lier:«Outils pédagogiques pour armer les femmes contre toutes formes d’austérité.»

6 novembre par  Emilie Paumard  Najla Mulhondi

http://cadtm.org/Emilie-Paumard-CADTM-L-oppression

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08 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

reprise sauce américaine (anti-k)

Homelessness Reaches All-Time Record In New York City

Nombre record de sans-abri à New-York

Les expulsions de locataires se multiplient à New York. La hausse des loyers due au boom des prix immobiliers ainsi que des salaires stagnants pour la majorité des New- Yorkais sont les principales causes de ce phénomène.

Résultat : la ville compte de plus en plus de sans-abri. D’après le Department of Home- less Services de New York, on en recense aujourd’hui presque 60 000, un plus haut histo- rique. En outre, ce chiffre ne prenant en compte que les personnes vivant dans des foyers gérés par la ville, le nombre de SDF à New York serait en fait bien plus élevé, à tel point que Bill de Blasio, maire de la ville, a fait de ce problème une de ses priorités.

Ce qui est étonnant est que si l’on rapproche le nombre officiel de sans-abri au taux de chômage à New York, on constate qu’il y a historiquement un lien positif relativement fort entre les 2 séries de données jusqu’à la crise de 2008. Après, le taux de chômage décroît de manière importante tandis que le nombre de sans-abri continue d’augmenter.

Comment expliquer ce paradoxe ?

Par le trucage du taux de chômage? Nous savons en effet que le taux de chômage aux Etats-Unis est largement sous-estimé. Le taux officiel de 5,1 % est uniquement atteint grâce à la baisse du taux de participation. Ainsi, des individus sans travail qui étaient autrefois classés comme chômeurs le sont à présent comme inactifs, d’où la baisse du taux de chô- mage (qui est en réalité proche de 11 %). Mais contrairement à ce qui se passe au niveau national, les chiffres du chômage ne sont pas «falsifiés» dans la ville de New York. En effet, le taux de participation y est quasi constant et même en légère augmentation depuis 2008 :

Par les inégalités de revenu ? On peut tenter d’expliquer ce paradoxe par le fait que les inégalités à New York sont extrêmes et ne cessent de grandir. Certes les inégalités aug- mentent dans l’ensemble du pays, mais le phénomène est encore plus présent dans l’Etat de New York.

La présence d’un nombre important de personnes très riches à New York (qui est par ailleurs la ville qui abrite le plus de milliardaires au monde) tend à faire pression à la hausse sur les prix (de l’immobilier, des loyers, des biens, des services…), qui sont par ailleurs déjà très élevés, et certaines personnes qui ne sont pas forcément au chômage mais dont les salaires sont relativement bas comparé au coût de la vie voient leur pouvoir d’achat chuter et se retrouvent dans une situation si précaire qu’elles ne sont plus en mesure de se loger, d’où la hausse du nombre de sans-abri. Par exemple, le loyer représentait à New York en moyenne 35 % du revenu des ménages en 2000 et 40 % en 2012 contre respectivement 29 % et 35 % au niveau national (source : NYC Comptroller’s Office).

Fabien Pirollo  Les Experts 01-11-2015

http://www.economiematin.fr/news-new-york-sans-abris-nombre-augmentation

http://www.anti-k.org/reprise-sauce-americaine-nombre-record-de-sans-abri-a-new-york

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05 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

grèce: bizarrement (ci)

haddock

Plus les impôts augmentent, moins il y a d’argent public

Depuis cinq ans, tous les gouvernements grecs augmentent les impôts. Mais, étranglés par la récession, les Grecs s’en acquittent de moins en moins. Résultat : il y a moins de recettes fiscales, constate I Kathimerini, qui rappelle qu’Alexis Tsipras a décidé d’augmenter les impôts.

C’est la définition même du cercle vicieux : plus on augmente les impôts, moins il y a de rentrées fiscales.” Voici comment le quotidien grec I Kathimerinirésume l’enquête que ses équipes ont réalisée en épluchant les données officielles de ces cinq dernières années, c’est-à-dire depuis que le pays a été placé sous tutelle budgétaire par l’Union européenne et le FMI. “En 2009, les recettes fiscales [de la Grèce] plafonnaient à 49,724 milliards d’euros. Avec les premières mesures de rigueur en 2010, elles sont passées à 51,266 milliards d’euros. Ensuite beaucoup de contribuables ont cessé de payer. Ainsi, en 2015, les recettes atteignaient à peine 43,162 milliards d’euros”, révèle le journal de centre droit.

Les taxes et les impôts n’ont cessé d’augmenter en Grèce ces cinq dernières années dans le but de combler le déficit public. Mais la récession a eu des effets pervers et les impôts ont entraîné une baisse de la consommation, l’augmentation de l’évasion fiscale et, au final, la concentration des revenus.

L’exemple de la TVA est caractéristique de cette logique, selon I Kathimerini. “Elle a aug- menté à trois reprises en cinq ans, mais les rentrées ont diminué de 3,475 milliards entre 2010 et 2015, soit une baisse de 20 %. L’Etat n’a donc pas bénéficié pas de ces augmen- tations.” Au total, il y a un manque à gagner de près de 8 milliards d’euros par rapport à 2010.Cette enquête du grand quotidien conservateur n’est pas de nature à plaire à Alexis Tsipras, le Premier ministre, qui vient d’annoncer de nouvelles coupes sur les retraites et de nouvelles taxes pour “satisfaire les bailleurs de fonds du pays”, surtout que les précédents gouvernements ont déjà poussé l’augmentation des taxes à son maximum. “La taxe sur l’essence et le fioul est parmi les plus élevées d’Europe, la Grèce détient le record des retenues sur salaires, et notre pays est le seul de l’UE à imposer une taxe sur l’impôt”, conclut le quotidien, peu convaincu que cette spirale prenne fin un jour.

Alexia Kefalas  05/11/2015
Commentaire: Pour une surprise! En fait, le « grand quotidien conservateur » n’a pas lu les bons auteurs! Au moins 2 prix nobel dénoncent cette austérité punitive qui tourne à l’obsession et qui ruine les états et massacre les gens, pour le bonheur des banquiers!

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05 novembre 2015 ~ 0 Commentaire

évasion fiscale (lo)

frauder-fisc

Les milliards peuvent migrer librement

Quatre organisations non gouvernementales ont publié un nouveau rapport concernant quinze pays européens, intitulé «50 nuances d’évasion fiscale». Pour l’absence de lutte efficace et le manque de transparence, la France est bien placée au palmarès.

Après avoir pris quelques mesures pour exiger des banques qu’elles publient des informa- tions sur leurs bénéfices, les impôts payés et les subventions reçues, le gouvernement français a freiné des quatre fers. Il a adopté, selon le rapport, «une approche de plus en plus favorable aux entreprises: explosion des crédits d’impôt et promotion d’accords fiscaux confidentiels»: ce n’est pas une révélation mais un bilan chiffré éclairant.

Les incitations fiscales aux entreprises coûtent au budget de l’État plus de 84 mil- liards d’euros par an, quasiment le budget total de l’Éducation. La plus grande perte de revenus est due au crédit compétitivité et emploi (CICE) : 12,5 milliards d’euros, soit à peu près le déficit de la Sécurité sociale.

En 2014, les revenus de l’impôt sur les sociétés ont baissé de 36,7 %, pendant que ceux de la TVA et de l’impôt direct ont augmenté de 5 milliards. Le crédit impôt recherche (CIR) coûtera, en 2015, 1,5 fois le budget alloué au Centre national de la recherche scienti-fique: il a profité à des entreprises comme le trust pharmaceutique Sanofi ou Renault, qui n’ont presque pas, ou pas du tout, recruté de chercheurs. Au passage, le rapport signale qu’une enquête commandée par le Sénat sur les abus flagrants de CIR ne sera finalement pas publiée.

Le gouvernement engraisse les entreprises aux dépens de la population, en France et même dans le monde, puisque les conventions fiscales passées avec des pays pauvres où s’installent des entreprises françaises limitent, plus que celles d’autres pays européens, leurs droits à taxer ces sociétés. Quant à la transparence, il n’est pas question d’établir et encore moins de rendre public un registre des données concernant l’activité des multina- tionales, leurs bénéfices, leurs filiales y compris offshore, leurs impôts, etc.

Évasion fiscale, optimisation fiscale grâce aux cadeaux gouvernementaux, dissimulation de l’identité réelle des propriétaires derrière de multiples sociétés écrans, sans compter les piliers du système capitaliste que sont le secret industriel et le secret bancaire: les possé- dants ont un arsenal à leur disposition. Et les semblants de contrôle, montés en épingle par les gouvernements à la recherche d’un peu de revenus et de publicité, n’y changent rien. Sylvie MARÉCHAL 4 Novembre 2015

http://www.lutte-ouvriere/evasion-fiscale-les-milliards-peuvent-migrer-librement

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