Archive | Economie

11 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Bancocratie : de la république de Venise à Mario Draghi et Goldman Sachs (cadtm)

Bancocratie : de la république de Venise à Mario Draghi et Goldman Sachs (cadtm) dans Economie templiers06

Du 12e au début du 14e siècle, l’Ordre des Templiers, présent dans une grande partie de l’Europe, s’est converti en banquier des puissants et a contribué à financer plusieurs croisades.

Au début du 14e siècle, il est devenu le principal créancier du roi de France, Philippe le Bel. Face au poids d’une dette qui grevait ses ressources, Philippe le Bel s’est débarrassé de ses créanciers et, par la même occasion, de sa dette en diabolisant l’Ordre des Templiers, l’accusant de multiples crimes |1|. L’Ordre a été interdit, ses chefs exécutés et ses biens confisqués. Il manquait un État et un territoire à l’Ordre des Templiers pour faire face au roi de France. Son armée (quinze mille hommes dont mille cinq cents chevaliers), son patrimoine et ses créances sur les dirigeants ne l’ont pas protégé de la puissance d’un Etat décidé à éliminer son principal créancier.

À la même époque (11e – 14e siècles), les banquiers vénitiens financent aussi des croisades et prêtent de l’argent aux puissants d’Europe, mais ils manœuvrent beaucoup plus habilement que l’Ordre des Templiers. A Venise, ils prennent la tête de l’État en lui donnant la forme d’une république. Ils financent la transformation de Venise, cité-État, en un véritable empire comprenant Chypre, l’Eubée (Négrepont) et la Crète. Ils adoptent une stratégie imparable pour s’enrichir durablement et garantir le remboursement de leurs créances : ils décident eux-mêmes d’endetter l’État vénitien auprès des banques qu’ils possèdent. Les termes des contrats de prêts sont définis par eux puisqu’ils sont à la fois propriétaires des banques et dirigeants de l’État.

Alors que Philippe le Bel avait intérêt à se débarrasser physiquement de ses créanciers pour se libérer du poids de la dette, l’État vénitien remboursait rubis sur l’ongle la dette aux banquiers, qui eurent d’ailleurs l’idée de créer des titres de la dette publique qui pouvaient circuler d’une banque à l’autre. Les marchés financiers commençaient alors à se mettre en place |2|. Ce type d’emprunt est le précurseur de la forme principale d’endettement des Etats tel qu’on le connaît au 21e siècle.

Sept siècles après l’écrasement de l’Ordre des Templiers par Philippe le Bel, aujourd’hui les banquiers d’Europe, tout comme leurs prédécesseurs vénitiens ou génois, n’ont manifestement pas d’inquiétude à avoir à l’égard des gouvernements en place.

Les États nationaux et le proto-État qu’est l’Union européenne d’aujourd’hui sont peut-être plus complexes et sophistiqués que les Républiques de Venise (ou de Gênes) du 13 au 16e siècle, mais ils sont tout aussi crûment les organes d’exercice du pouvoir de la classe dominante, le 1% opposé aux 99%. Mario Draghi, ancien responsable de Goldman Sachs en Europe, dirige la Banque centrale européenne. Les banquiers privés ont placé leurs représentants ou leurs alliés à des postes clés dans les gouvernements et dans les administrations. Les membres de la Commission européenne sont très attentifs à la défense des intérêts de la finance privée, et le lobbying que les banques exercent auprès des parlementaires, des régulateurs et des magistrats européens est d’une efficacité redoutable.

Si une poignée de grandes banques capitalistes occupe le devant de la scène ces dernières années, cela ne doit pas cacher le rôle des grandes entreprises privées de l’industrie et du commerce, qui usent et abusent de leur proximité avec les structures étatiques de manière tout aussi habile que les banquiers. L’interconnexion et l’imbrication inextricables entre les États, les gouvernements, les banques, les entreprises industrielles et commerciales, et les grands groupes privés de communication constituent d’ailleurs une des caractéristiques du capitalisme, dans sa phase actuelle comme dans les précédentes.

Effectivement, dès la victoire du capitalisme comme mode de production et comme formation sociale dominante, le pouvoir est exercé par les représentants des grands groupes privés et leurs alliés. D’un point de vue historique, le New Deal initié par le président Roosevelt en 1933 et les trente années qui ont suivi la 2e guerre mondiale apparaissent comme une parenthèse pendant laquelle la classe dominante a dû faire des concessions, certes limitées mais réelles, aux classes populaires. Les grands patrons ont dû dissimuler quelque peu leur emprise sur l’État.

Avec le tournant néolibéral entamé dès la fin des années 1970, ils ont abandonné la discrétion. Les années 1980 mettent sur le devant de la scène une classe dominante complètement désinhibée qui assume et affiche avec cynisme la course au profit et l’exploitation généralisée des peuples et de la nature. La formule, tristement célèbre, de Margaret Thatcher « There is no alternative » marque jusqu’à aujourd’hui le paysage politique, économique et social, à travers des attaques violentes des droits et des conquêtes sociales. Mario Draghi, Angela Merkel, Silvio Berlusconi (grand patron italien), José Manuel Barroso apparaissent comme des figures emblématiques de la poursuite du projet thatchérien. La complicité active des gouvernements socialistes (de Schröder à Hollande en passant par Blair, Brown, Papandreou, Zapatero, Socrates, Letta, Di Rupo et bien d’autres) montre à quel point ils se sont insérés dans la logique du système capitaliste, à quel point ils font partie du système tout comme Barack Obama de l’autre côté de l’Atlantique. Comme l’a affirmé le milliardaire américain Warren Buffett : « C’est une guerre de classes, et c’est ma classe qui est en train de gagner ».

Le système de la dette publique tel qu’il fonctionne dans le capitalisme constitue un mécanisme permanent de transfert de richesses produites par le peuple vers la classe capitaliste. Ce mécanisme s’est renforcé avec la crise commencée en 2007-2008 car les pertes et les dettes des banques privées ont été transformées en dettes publiques. Sur une très vaste échelle, les gouvernements ont socialisé les pertes des banques afin qu’elles puissent continuer à faire des bénéfices qu’elles redistribuent à leurs propriétaires capitalistes.

Les gouvernants sont les alliés directs des grandes banques et mettent à leur service les pou- voirs et les deniers publics. Il y a un va et vient permanent entre les grandes banques et les gouver- nements. Le nombre de ministres des Finances et de l’Économie, ou de premiers ministres, qui pro- viennent directement des grandes banques ou qui y vont quand ils quittent le gouvernement ne cesse d’augmenter depuis 2008.

Le métier de la banque est trop essentiel à l’économie pour être laissé dans les mains du secteur privé, il est nécessaire de socialiser le secteur bancaire (ce qui implique son expropriation) et de le placer sous contrôle citoyen (des salariés des banques, des clients, des associations et des représentants des acteurs publics locaux), car il doit être soumis aux règles d’un service public |3| et les revenus que son activité génère doivent être utilisés pour le bien commun.

La dette publique contractée pour sauver les banques est définitivement illégitime et doit être répudiée. Un audit citoyen doit déterminer les autres dettes illégitimes ou/et illégales et permettre une mobilisation telle qu’une alternative anticapitaliste puisse prendre forme.

La socialisation des banques et l’annulation/répudiation des dettes illégitimes doivent s’inscrire dans un programme plus large |4|. Comme pendant la république de Venise, aujourd’hui dans l’Union européenne et dans la majorité des pays les plus industrialisés de la planète, l’État est en osmose avec la grande banque privée et rembourse docilement la dette publique.

Le non remboursement de la dette illégitime, la socialisation de la banque ainsi que d’autres mesures vitales seront le résultat de l’irruption du peuple comme acteur de sa propre histoire. Il s’agira de mettre en place, sous un contrôle populaire actif, un gouvernement aussi fidèle aux opprimés que les gouvernements de Merkel et de Hollande le sont aux grandes entreprises privées. Un tel gouvernement du peuple devra faire des incursions dans la sacro sainte grande propriété privée pour développer les biens communs tout en respectant les limites de la nature. Ce gouvernement devra également réaliser une rupture radicale avec l’État capitaliste et éradiquer toutes les formes d’oppression. Une authentique révolution est nécessaire.

10 novembre par Eric Toussaint http://cadtm.org/Bancocratie-de-la-republique-de

 

Lire la suite

08 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Le thermostat, arme suprême du capital: (essf)

Le thermostat, arme suprême du capital: (essf) dans Ecologie & climat GIF-FANTASIA-BROOM2
Les apprentis sorciers de la géo-ingénierie

La géo-ingénierie a fait son entrée dans les travaux du Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat (GIEC). Le résumé du tome 1 du cinquième rapport note que « des méthodes visant à altérer délibérément le climat terrestre pour contrer le changement climatique, appelées géo-ingénierie, ont été proposées ».

On distingue deux catégories de technologies: gestion du rayonnement solaire et élimination du CO2. L’efficacité des secondes est incertaine. Quant aux premières, elles ont le potentiel de diminuer fortement le réchauffement, mais perturberont le cycle de l’eau et n’empêcheront pas l’acidification des océans. Toutes « peuvent entraîner des effets collatéraux et des conséquences à long terme à l’échelle globale », selon le GIEC.

A première vue, cette prudence des experts semble raisonnable. Les projets de géo-ingénierie risquent en effet d’entraîner de sérieux problèmes. Il n’y a aucune garantie d’étanchéité à long terme des réservoirs en cas de stockage massif du CO2 dans les couches géologiques profondes. Le soufre injecté dans la stratosphère pour réfléchir une partie du rayonnement solaire retomberait sur terre en acidifiant les pluies. L’ensemencement des océans en fer pour doper le phytoplancton aurait des conséquences en chaîne sur les écosystèmes marins.

Tout le reste est à l’avenant… Pourtant, même prudente, l’évocation de la géo-ingénierie par le GIEC est très inquiétante. Elle signifie que des recettes d’apprentis sorciers commencent à être consi-dérées comme envisageables.

En coulisses, les recherches et les expériences se multiplient d’ailleurs, parfois même illégalement. Bill Gates et d’autres investisseurs y consacrent des millions de dollars. Leur raison-nement est simplissime : sachant qu’un capitalisme sans croissance est un oxymore [1], ils en déduisent que les objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre ne seront pas atteints. L’urgence climatique imposant de faire quelque chose, n’importe quoi, l’heure de la géo-ingénierie sonnera et un marché immense s’ouvrira.

Chercheurs peu scrupuleux, financiers, pétroliers, hommes d’affaires de tout poil: tous se frottent les mains sans souci pour les conséquences… A moins que les conséquences ne fassent partie du plan ? Je ne suis pas fan des théories du complot, mais pensons-y : le jour où quelques grandes entreprises disposant des brevets ad hoc contrôleraient le réseau de miroirs spatiaux géants sans lequel la température de la Terre bondirait d’un seul coup de 6°C, c’est peu dire que leur pouvoir politique serait immense, et qu’il serait plus difficile que jamais de le leur arracher. Mais les conséquences de ce genre n’intéressent pas le GIEC…

Le capitalisme est né en Angleterre de la séparation brutale entre les producteurs et leurs moyens de production, en premier lieu la terre, accaparée par les propriétaires fonciers. Comme si l’histoire se répétait, l’appropriation des ressources connaît une accélération spectaculaire depuis quelques années : privatisation des semences, des forêts, de l’eau, des sols, du vent, des génomes, du rayonnement solaire, etc.

Ce n’est pas par hasard que ce phénomène intervient dans le sillage de la crise financière de 2008. Depuis celle-ci, d’énormes masses de capitaux excédentaires tournent comme des vautours à la recherche d’investissements générateurs de rente, donc de profit plus ou moins garanti. La logique même du capital le pousse à rêver d’un thermostat terrestre dont le contrôle absolu lui permettra de prélever sa dîme sur les peuples. TANURO Daniel  7 novembre 2013

Notes  [1] Une contradiction dans les termes. Note d’ESSF.

* Publié dans Politique, Bruxelles, nov-déc 2013, sous le titre « Le thermostat, arme suprême du capital ».

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30278

Lire la suite

05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Châteaugiron(35), l’usine de saumon Marine Harvest fermera le 28 mars (of)

Châteaugiron(35), l’usine de saumon Marine Harvest fermera le 28 mars (of) dans Economie marine-harvest

Marine Harvest, l’usine de saumon fermera le 28 mars 2014 : 101 personnes seront licenciées

En juin dernier, les salariés de l’usine de transformation de saumon Marine Harvest, à Châteaugiron, avaient appris avec stupeur le projet de fermeture de leur site (avec celui de Poullaouen, dans le Finistère) décidé par l’entreprise norvégienne Marine Harvest, dans le cadre de sa réorganisation.

A Châteaugiron, l’usine cessera son activité le 28 mars 2014. « L’annonce en a été faite aux salariés au cours d’une réunion avec le comité d’entreprise vers la mi-octobre », explique Serge Deschamps, le directeur du site de Châteaugiron depuis sa création en 1997. Cette fermeture entraînera la suppression de 101 postes, sur 109 contrats à durée indéterminée. Pour rappel, Marine Harvest est le deuxième employeur de Châteaugiron, après l’Hyper U qui vient de s’agrandir. Château giron – 08h19

http://www.ouest-france.fr/chateaugiron-lusine-de-saumon-marine-harvest-fermera-le-28-mars-1689833

Lire la suite

29 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Fossiles pas contents… Syndicats attention! (lcr.be)

Fossiles pas contents… Syndicats attention! (lcr.be) dans Ecologie & climat skull-fossils-found-estimated-to-be-1.8-million-years-old

La presse s’en est fait l’écho (1): les PDG d’une dizaine d’entreprises énergétiques européennes exigent la fin des subsides aux… énergies renouvelables.

Ils s’en sont expliqués publiquement au cours d’une conférence de presse, début octobre. La  française GDF-Suez, les allemandes EON et RWE, les espagnoles Gas Natural Fenosa et Iberdrola, les italiens ENI et Enel, le néerlandais Gas Terra et le suédois Vattenfallt représentent approximativement la moitié de la capacité installée dans l’Union. En leur nom, Gérard Mestrallet, PDG de GDF-Suez, a déclaré : « Nous devons réduire le rythme auquel l’Europe installe des parcs éoliens et des panneaux solaires. Actuelle- ment, il est insoutenable ».

Moins de renouvelables SVP L’argumentation est la suivante: le marché est en surcapacité, la chute de la demande depuis 2008 a fait baisser les prix de gros de moitié (pas les prix aux consomma- teurs !), le solaire et l’éolien sont en passe de devenir compétitifs… Inutile donc de les subventionner pour rajouter encore des capacités en renouvelables, car cela réduit la rentabilité des centrales électriques au charbon et au gaz… et nucléaires.
M. Mestrallet et ses amis omettent de mentionner qu’en réalité, les énergies fossiles et nucléaire sont subventionnées plus généreusement que les renouvelables. Selon la Commission Européenne, en 2011, les renouvelables ont reçu 30 milliards d’Euros de subsides, les fossiles 26 milliards et le nucléaire 35. Concernant les fossiles, il convient d’ajouter les « externalités » supportées par la collectivité (les dépenses de santé dues à la pollution, notamment), qui se montent à 40 milliards d’Euros. Au total donc : 66 milliards pour le charbon, le pétrole et le gaz ! (2)
Les géants de l’énergie fossile dénoncent le fait que l’Europe « n’a pas de politique énergétique claire, prévisible et objective, fondée sur une réglementation stable ». Pour Gérard Mestrallet, « la politique énergétique européenne va droit dans le mur » car l’approvisionnement n’est plus garanti, les émissions de CO2 sont en hausse et les factures également. Et le patron de GDF-Suez de plaider pour un « changement radical de la politique énergétique européenne ». Cette argumentation ne tient pas debout : 1°) comment l’approvisionnement peut-il être menacé s’il y a surcapacité ? 2°) comment le fait de réduire l’offre de courant ferait-il baisser les prix aux consommateurs ? 3°) comment un coup de frein au déploiement des renouvelables permettrait-il de réduire les émissions de gaz à effet de serre ?

De quoi se plaignent-ils ? Contrairement à ce qu’affirment les patrons de l’énergie, l’Europe a une politique énergétique « claire et prévisible ». Résumée dans le « paquet énergie-climat », elle a pour objectifs d’ici 2020: 20% de réduction des émissions de gaz à effet de serre, 20% de hausse de l’efficience énergétique et 20% de renouvelables dans le mix énergétique (dont 10% d’agrocarburants dans les transports). Le « paquet énergie climat » n’a pas pour but premier d’éviter une catastrophe climatique mais d’aider l’industrie européenne à conquérir le leadership sur le marché des technologies vertes. Le calcul est le suivant : les réserves fossiles s’épuisent, l’avenir est aux renouvelables (et au nucléaire), si l’Europe assied sa suprématie dans ce domaine, elle a une chance de conquérir une position de force face à ses concurrents…
Cette politique est à combattre d’un point de vue écosocialiste. En effet, elle est à la fois socialement injuste – cadeaux aux entreprises, aux spéculateurs et aux riches, hausse des prix de l’électricité, certificats verts (ou systèmes équivalents) payés par la collectivité, hausse des prix des produits agricoles – et écologiquement inefficace, voire nuisible – fuites de carbone dues aux achats de crédits générés par le Mécanisme de Développement Propre (3), objectifs très insuffisants en matière de réduction d’émissions (il faudrait au moins 30%, et plutôt 40% d’ici 2020), accélération de la défores-tation au Sud par suite de l’importation d’agrocarburants… Le moins qu’on puisse dire est que les géants de l’énergie ont grassement profité de la politique climatique de l’UE. Ils ont notamment reçu des quan- tités de droits d’émission de CO2 très supérieures à leurs émissions effectives, de sorte qu’ils ont pu vendre les excédents sur le marché du carbone. Ils ont même facturé aux consommateurs le prix de ces droits, alors que ceux-ci ne leur avaient rien coûté ! (…)

Manipuler l’opinion Pourquoi ces grands patrons recourent-ils à une conférence de presse, alors qu’ils ont leurs entrées auprès de la Commission et des gouvernements ? Parce qu’une lutte de concur- rence les oppose aux capitalistes des secteurs verts. Dans ce contexte, les « PDG fossiles » veulent amé- liorer leur rapport de forces en manipulant l’opinion publique. Autour de deux promesses : la baisse des prix et la création d’emplois. Ces deux promesses sont fallacieuses. En ce qui les prix du gaz, il convient de souligner que sa baisse aux Etats-Unis n’a bénéficié qu’aux entreprises. Les particuliers ne paient pas moins cher qu’avant, et subissent tous les inconvénients de la pollution de l’eau, de l’air et de la des- truction des paysages. Comme l’emploi a augmenté outre-Atlantique par suite de la relance de l’éco-nomie, les « PDG fossiles » tentent de rallier les organisations syndicales : « L’absence d’une bonne politique énergétique empêche l’industrie européenne de réaliser son potentiel comme source de croissance et d’emploi ».

Et les syndicats ? Les organisations de travailleur-euse-s se laisseront attirer dans ce piège ? Ce n’est malheureusement pas exclu. Si les syndicats polonais sont opposés au gaz de schiste (pour des raisons ambiguës), en France, la CFDT, la CFTC et la CFE-CGC se sont accordées avec le MEDEF pour estimer que les réflexions en cours sur la politique énergétique « ne sauraient exclure le gaz de schiste » (8)…
Une vraie transition vers les renouvelables créera infiniment plus d’emplois que la relance capitaliste qui découlerait éventuellement (c’est loin d’être acquis !) de la nouvelle politique éner- gétique exigée par les patrons du complexe industriel fossile. Mais cette vraie transition nécessite un plan articulant une série de réformes de structures anticapitalistes : expropriation du secteur de l’énergie et de celui de la finance, suppression des productions inutiles et nuisibles avec reconversion des salarié-e-s, plan public d’isolation des logements, agriculture paysanne organique au lieu de l’agro-business, développement des transports publics, réduction radicale du temps de travail sans perte de salaire, etc.
Or, en dépit de leurs professions de foi en faveur du développement durable et de la «tran- sition juste », les directions des organisations syndicales, un peu partout en Europe, acceptent en pratique de discuter de la politique énergétique… dans le cadre du débat sur l’amélioration de la compétitivité de l’économie… Disons-le tout net : poursuivre dans cette voie reviendrait à se faire les complices du système capitaliste au moment où celui-ci menace la planète d’une catastrophe climatique de très grande ampleur, aux conséquences sociales terribles. 26 octobre 2013 par

http://www.lcr-lagauche.org/fossiles-pas-contents-syndicats-attention/

Lire la suite

29 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Les Zombies comme baromètre de l’anxiété capitaliste (Avanti.be)

Les Zombies comme baromètre de l’anxiété capitaliste (Avanti.be) dans Crise

Les représentations modernes des zombies que l’on voit pulluler dans les romans de culture « horror-pop » ou, de manière croissante, dans les films, sont facilement iden- tifiables tout en étant radicalement différentes de leurs racines historiques.

N’importe quel membre de notre culture occidentale moderne est capable de reconnaître la chair grise et souvent en décomposition, les yeux noirs, l’apparence désarticulée, le pas trainant, le gémissement misérable, et bien entendu, la bouche ensanglantée de restes humains récents.

Cependant, la notion de zombie va au-delà de ces peurs faciles ; le zombie, comme d’autres variétés de monstres, incarne une peur qui prévaut dans la société dans son ensemble, une angoisse collective quant à la capacité de destruction rassemblée dans les mains de quelques fous invulnérables. Comme le déclare Peter Dendle dans son essai (*), «  Le zombie est un baromètre de l’anxiété d’une culture »,  le zombie a «  (…) servi de soupape pour les angoisses profondes ressenties à propos de la société, du gouvernement, de la protection individuelle, et de notre déconnexion croissante d’avec nos moyens de survie.  » Selon Dendle toujours, la prévalence du zombie dans la culture populaire serait liée à la peur de la société qu’un événement soudain détruise le statu quo (que ce soient des morts-vivants ou autre chose) et provoque un chaos généralisé dans lequel les gens seraient incapables de se protéger ou de survivre par leurs propres moyens.

On peut dès lors partir de cette idée d’angoisse collective et aller plus loin dans la réflexion pour en discerner la cause sous-jacente et les raisons qui contribuent à cette anxiété du public en général. Cette cause qui prend la forme de la généralisation des zombies dans les films et la littérature, c’est le capitalisme.

Passé et présent Selon Dendle, « Le zombie est une force sans âme qui travaille de manière non réflé- chie pour les intérêts d’autres, ce qui fait référence à la mémoire collective de l’esclavage, c’est à dire une vie sans dignité et privée de sens dans laquelle les actes sont accomplis machinalement. ».

On remonte ici aux origines des zombies: des corps réanimés par des propriétaires bourgeois ou des patrons d’usine dans le but de leur faire réaliser des tâches subalternes pour un salaire de misère et capables de travailler des heures sans se lasser ou commettre d’erreurs. C’est là l’une des premières reprises de la notion de zombie et l’origine de la métaphore capitaliste.

L’économie proto-capitaliste des Etats-Unis du 19e siècle se basait sur le travail des esclaves, et les politiciens pro-esclavagistes de l’époque argumentaient que l’économie du Sud se serait entièrement effondrée si on avait interdit l’esclavage. On peut clairement voir la manière dont la peur et le mépris envers le système capitaliste auront marqués l’esprit des esclaves africains ou haïtiens dont est originaire la culture des zombies. Ils étaient des esclaves parce que l’esclavage était rentable et vital pour l’économie et qu’il n’était pas acceptable qu’ils mettent en faillite les propriétaires d’esclaves par une résistance implicite au système.

A partir de là, le zombie passe de l’état de clone du travailleur à celui de monstre sangui-naire, dont la personnalité n’existe plus et dont la chair se décompose sur les os, animé d’une faim insatiable et, plus important encore, qui devient une horde capable de détruire toute la société humaine. Les zombies sont passés de force de travail bon marché à l’apocalypse, et ils n’ont jamais été aussi populaires que depuis que le capitalisme a conquit le monde. La métaphore capitaliste nous vient de « Dawn of the dead », un film de George Romero de 1978 dans lequel le personnage principal tente de survivre à l’apocalypse en trouvant refuge dans un supermarché. Les survivants y trouvent une sécurité temporaire et y retournent à leurs racines consuméristes ; ils saccagent le centre commercial pour prendre les produits. Après avoir observé ce comportement de ses camarades d’infortune en même temps que celui des zombies, il dira : « Ils sont nous ».

On trouvera plus tard une expression plus subtile de la métaphore dans le cycle des « Residents Evil » et dans d’autres livres ou films dans lesquels l’arrivée des zombies et directement due à la soif de profit par des entreprises sans scrupules. Cette vision provient sans doute d’une méfiance croissante envers les grands conglomérats dont le PIB dépasse celui de nations entières : Wal-Mart (chaîne de supermarchés américaine – ndt), par exemple, « pèse » plus que l’économie de l’Arabie Saoudite. (…)

Troubles de l’anxiété Le zombie, comme nous le savons aujourd’hui, est par sa nature même une créature stupide qui a autrefois été un être humain, un individu sensible avec un nom et un libre arbitre, mais qui a été déformé pour devenir un consommateur vorace sans pensées ou émotions. Il déambule à travers les rues de la ville, autour de petites villes et le long des routes sans réflexion ni désirs, sinon celui de consommer n’importe quelle chair humaine.

Si l’on prend en compte certaines critiques anticapitalistes, on trouve une étrange similitude entre les zombies et les consommateurs de l’économie capitaliste, du moins en termes de comportements. Les masses sortent de chez elles et affluent vers les centres commerciaux et les grands magasins, elles donnent volontairement le fruit de leur travail en échange de marchandises et souvent elles ne savent même pas vraiment pourquoi elles font cela. Un trait caractéristique du zombie est la perte de sensibilité de l’individu une fois transformé en mort-vivant et c’est la même perte de sensibilité qui se produit chez l’individu au sein d’une culture capitaliste consumériste, manipulée par le marketing de masse et la publicité. Sur la question de la perte du libre arbitre, l’auteur Chuck Palahniuk écrit avec humour : « Les spécialistes de la Grèce antique disent que les gens de l’époque ne voyaient pas leurs pensées comme leur appartenant. Quand les Grecs anciens avaient une pensée, ils se la représentaient comme si un dieu ou une déesse donnait un ordre… Maintenant, les gens entendent une publicité pour des chips et se précipitent pour les acheter, mais ils appellent cela le libre arbitre. Au moins, les Grecs anciens étaient honnêtes. » (…)

Source :
http://blog.thezeitgeistmovement.com/blog/dt-robb/zombie-barometer-capitalist-anxiety
Traduction française pour Avanti4.be : Sylvia Nerina D.T. Robb 29 octobre 2013

http://www.avanti4.be/analyses/article/les-zombies-comme-barometre-de-l-anxiete

Lire la suite

29 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

François Baroin évoque les « 39 heures payées 35″ (Bfm.tv)

François Baroin évoque les

Et le travail des enfants, t’y as pas pensé?

L’ex-ministre du Budget était l’invité de BFM Business, vendredi 25 octobre. Il a évoqué le »contexte favorable » dont bénéficie François Hollande, et imaginé ce que la droite aurait fait à sa place. (…)

« 39 heures payées 39, cela ne règle pas le problème » Avec ce contexte plus favorable, qu’aurait donc fait la droite pour redresser le pays? Pour François Baroin, il est clair que la solution proviendra d’un « choc de compétitivité », qu’il avait prévu de financer via la fameuse « TVA sociale ».  Mais aussi, peut-être, par la suppression des 35 heures. Là, un problème se pose: « si on passe à 39 heures, il faut avoir le courage de dire que ce sera 39 heures payées 35. C’est ça, le problème de compétitivité supplémentaire.  Mais 39 heures payées 39, ça ne règlera pas le problème ! », a-t-il affirmé. « Donc Nicolas Sarkozy est parti d’une défiscalisation des heures supplémentaires pour redonner du pouvoir d’achat ». Cela aurait pu être une étape vers la suppression des 35 heures « si le constat social permettait d’avancer la-dessus ». Le 25/10/2013 à 21:09

http://www.bfmtv.com/economie/francois-baroin-evoque-39-heures-payees-35-632100.html

Lire la suite

29 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Maman, qui décide des économistes invités aux «P’tits bateaux» ? (Acrimed)

Maman, qui décide des économistes invités aux «P’tits bateaux» ? (Acrimed) dans Economie picsou

« Les p’tits bateaux », émission de France Inter consistant à demander à des spécialistes de répondre à des questions posées par des enfants, se fixe la noble tâche de vulgariser des connaissances.

Mais parfois, et spécialement quand la question porte sur l’économie, la pédagogie flirte impudemment avec la propagande. Nous avons déjà eu l’occasion de signaler ce genre d’explications à sens unique, mais manifestement sans beaucoup de répercussions sur la ligne éditoriale : dimanche 13 octobre 2013, nouvelle leçon de choses aux allures de catéchisme libéral.

C’est Romane, 10 ans, qui pose la question : « Je voudrais savoir qui décide des prix de ce qu’on mange ». Et c’est Alexandre Delaigue, « normalien et agrégé d’économie » qui se charge de la réponse. Et Delaigue commence très fort, par une anecdote « probablement fausse », comme il le signale lui- même, et sans rapport avec la question posée, comme il ne le précise pas : « Dans les années 80, un représentant de l’Union soviétique visite un supermarché » occidental et qui, pour la faire courte, est « fasciné » par ce qu’il voit. Anecdote redoublée par une autre, la même d’ailleurs, mais assurément vraie celle-là, puisque « vécue » par notre économiste : « J’ai rencontré quelqu’un qui venait de Pologne […] que j’ai vu effectivement pleurer dans un supermarché… »

Quelle conclusion doit-on en tirer ? Delaigue ne l’indique pas et passe sans transition à la réponse : « En fait, la réponse à la question est très intéressante parce que cette réponse c’est « personne » […] qu’est-ce qui fait qu’entre guillemets, ça marche, c’est un mécanisme décentralisé dans lequel per- sonne ne décide. » Et notre économiste « éconoclaste » (selon son propre blog) d’expliquer que « per- sonne ne réfléchit à l’ensemble, il n’y a pas un grand commissaire à la nourriture en France qui essaierait d’identifier tous les producteurs, toutes les demandes et de le faire », pour finalement avouer que « c’est un mécanisme beaucoup plus fascinant qu’un mécanisme centralisé parce que justement on n’y comprend rien ».

Plutôt que d’analyser ce mécanisme auquel « on » ne comprend rien, et dans lequel personne n’est responsable de rien, « on » affirmera simplement que « ça marche », puisque « l’histoire a tran- ché » en sa faveur, « mais aussi l’expérience [qui] montre que ce mécanisme est beaucoup plus efficace ».

Romane n’en saura pas plus, mais bénéficiera de deux « arguments » supplémentaires (et hors- sujet), en faveur du libéralisme : une « dimension de motivation » (selon la « question » de la journa- liste : « c’est motivant pour les travailleurs, tandis que si on leur impose une règle, qu’ils travaillent plus ou moins, le résultat sera le même ? » [sic]), et une « dimension de connaissance » (« Si en Colom- bie vous faites un café pas bon […] le mécanisme de marché va vous dire : il est pas bon », dixit Delaigue).

Des arguments qui montrent surtout qu’il s’agit moins d’expliquer un processus – et encore moins de proposer différentes manières d’appréhender la question posée par Romane –, que de le présenter comme un « mécanisme fascinant », et de le justifier. À choisir, vous prenez le marché libre qui marche, ou l’URSS qui fait pleurer les gens dans les supermarchés ?

Pas de doute, c’est la même affectueuse main du marché, efficace et motivante, qui doit élire les économistes ayant droit de cité dans « Les p’tits bateaux ». par Olivier Poche, le 23 octobre 2013

http://www.acrimed.org/article4171.html

Lire la suite

22 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Accord nucléaire Londres-EDF : les plus gros mensonges (Odn)

Accord nucléaire Londres-EDF : les plus gros mensonges (Odn) dans Ecologie & climat dvd_tintin_03_01

Les dirigeants d’EDF, accompagnés par la plupart des médias français, mentent effrontément concernant l’accord nucléaire Londres/EDF.

Voici les principales rectifications à connaître.

- L’accord nucléaire EDF/Londres est définitif

FAUX
Non seulement il reste encore quelques éléments à finaliser dans cet accord multipartites (Londres, EDF, le chinois CGNPC, peut-être Areva) mais, SURTOUT, cet accord va ensuite être étudié en détail – pendant environ une année – par la Commission européenne. Or, il y a de bonnes chances que cette dernière annule tout (cf http://observ.nucleaire.free.fr/accord-edf-londres.htm ) car l’accord en question revient à subventionner massivement, avec l’argent public et/ou les factures des citoyens, une activité lourdement déficitaire.

- EDF va construire deux réacteurs EPR à Hinkley Point

PEUT-ETRE.
Mais le projet sera pratiquement anéanti si la Commission européenne annule l’accord Londres/EDF. Même les riches Chinois hésiteront à reprendre le projet sans de puissantes subventions publiques.

- Cet accord est la preuve de l’attractivité du réacteur français EPR

FAUX.
En réalité, comme personne ne veut d’EPR, EDF a carrément racheté au prix fort (15 milliards) British energy, renommé EDF energy, pour que celui-ci commande des EPR. Ce sont donc finalement les Français qui vendent des EPR à des Français, grâce à l’argent d’EDF. La ficelle est grossière. et ruineuse.
- Cet accord est la preuve de la rentabilité du nucléaire

FAUX.
Au contraire, la production d’électricité avec de nouveaux réacteurs nucléaires est une activité tellement déficitaire que EDF a exclu de se lancer sans de puissantes subventions publiques et, surtout, sans un prix d’achat garanti par Londres qui devra couvrir les pertes du projet pendant 35 ans !
- Si la construction des réacteurs a vraiment lieu, cela rapportera de l’argent à la France

FAUX.
Les rares précédentes ventes d’EPR ont été de graves flops financiers pour la France car, pour convaincre des acheteurs de se lancer, les EPR ont été bradés à 3 milliards (EPR vendu à la Finlande), 3,5 milliards (EPR vendu… à la France), et 3,6 milliards les deux (EPR bradés à la Chine). Or les chantiers de Finlande et de Flamanville montrent que le coût réel d’un EPR est environ de 10 milliards.
Cette fois, l’EPR semble être vendu à un prix beaucoup plus proche du coût réel : 9,5 milliards par réacteur. Mais c’est EDF (plus précisément sa filiale EDF energy) qui les achète, les Français sont donc les premiers à payer le vrai coût – ruineux – des EPR ! Cf http://reacteur.epr.free.fr
- Cet accord signe le « grand retour » du nucléaire en Grande-Bretagne

FAUX
Quand bien même les deux réacteurs annoncés verraient le jour, probablement dans plus de 10 ans, la réalité est que de nombreux réacteurs britanniques, très âgés, vont fermer entre temps. C’est en particulier le cas de ceux rachetés en 2008 par EDF lors de son acquisition de British energy : pour construire peut-être de nouveaux réacteurs, EDF est d’abord devenu propriétaire d’antiquités.
Londres prétend faire passer de 18% à 40% la part du nucléaire dans la production nationale d’électricité, or il est bien plus probable de voir cette part passer en dessous des 10%…
- Cet accord signe le « grand retour » du nucléaire sur la planète

FAUX
La part du nucléaire dans l’électricité mondiale est passée de 17% en 2001 à 9,5% aujourd’hui. Il y a bien quelques dizaines de réacteurs en chantier (principalement en Chine), lancés avant Fukushima, mais ils seront très loin de compenser les centaines de réacteurs qui vont fermer dans les 20 ans : la majorité des 380 réacteurs encore en service sur Terre sont très anciens et ont commencé à fermer. Sans parler de ceux qui pourraient bien causer entre temps de nouvelles catastrophes.

Lire la suite

16 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Paradoxe : les êtres humains, dont les Français, n’ont jamais été aussi riches! (Bastamag)

 

Paradoxe : les êtres humains, dont les Français, n’ont jamais été aussi riches! (Bastamag) dans Crise richesRedistribution des richesses ?

 

Les inégalités ne cessent de croître. Pourtant la richesse monétaire des individus, à l’échelle mondiale, a doublé en une décennie ! Qui détient ces fortunes ? Quels sont les pays qui tirent leur épingle du jeu ? Quelle serait la richesse de chaque Français si on répartissait l’argent de manière égalitaire ? Réponses. La richesse globale – ce que possède en valeur monétaire l’ensemble des 4,7 milliards d’êtres humains adultes – a battu un nouveau record historique en 2013 : 241 000 milliards de dollars (241 trillions), selon le rapport annuel sur la « richesse globale », publié début octobre par le groupe Crédit suisse, l’une des principales banques mondiales [1]. Malgré un affaissement en 2008, suite à la crise des subprimes, depuis 2000, cette richesse monétaire a doublé ! Pour calculer cette richesse individuelle, le Crédit suisse, s’appuyant sur les données nationales des 197 Etats, prend en compte les actifs financiers – compte épargne, portefeuille d’actions, fonds de pension privés, participations au capital – et le patrimoine non financier – immobilier principalement – de chaque individu, puis en soustrait la dette. Les actifs et les dettes détenues par l’Etat, « qui ne peuvent être facilement attribués à des particuliers », sont exclus de ce calcul, ainsi que les versements liés aux politiques sociales publiques, comme en France les pensions retraite de l’assurance vieillesse.

70% de pauvres

En moyenne, chaque adulte détient en théorie 51 600 dollars. Jamais les êtres humains n’ont été aussi fortunés, précise la banque ! Tout cela est bien sûr virtuel. Car le Crédit suisse dresse un panorama de la répartition de cette richesse. Et le fossé des inégalités est toujours aussi abyssal. Moins de 1% de la population possède à elle seule 40% des richesses mondiales. Et 83% de cette richesse est détenu par un relatif petit groupe de 400 millions d’individus (qui possèdent plus de 100 000 dollars chacun). Soit un peu plus de 8% de la population de la planète, résidant en Amérique du Nord, en Europe de l’Ouest, dans quelques émirats du Golfe, en Australie ou au Japon. Sûrement parce que ce sont les seuls à véritablement créer de la richesse…

credit-suisse-repartition-richesses20-5d3ad dans Economie

Tout en bas de la pyramide, près de 70% des habitants – 3,2 milliards de personnes, principalement en Afrique subsaharienne et en Inde – se partagent 3% des richesses, soit moins de 10 000 dollars par individu. Entre les deux, une « classe moyenne » mondiale, rassemble les 23% de la population qui disposent d’un patrimoine de 10 000 à 100 000 dollars. Pour illustrer ces chiffres globaux, imaginez 12 individus qui doivent se partager 12 dollars. Au vu du mode de répartition actuel, un seul individu récupèrera 10 billets, les 11 autres se contentant des deux restant. Un modèle de fraternité…

La France, un éden de riches Si la richesse globale augmente, la moitié de l’Humanité n’en bénéficie qu’à hauteur de 1%, rappelle le Crédit Suisse. Cette augmentation est aussi inégale selon les pays. Le Japon est le grand perdant, avec une baisse de 20% de sa richesse par individu, suivi par l’Argentine, le Brésil et la Russie. A l’inverse, les États-Unis ont engrangé 8 000 milliards de dollars cette année. Loin devant la Chine et l’Allemagne. Et la France dans tout ça ? En matière de richesse globale, elle se porte bien, merci. Malgré le « pilonnage fiscal » dénoncé par la droite et l’extrême droite, et le manque de « compétitivité » des salariés claironnée par le Medef, la France est le 4ème pays où les individus se sont le plus enrichis en 2013, juste derrière l’Allemagne et la Chine. Si cette richesse était répartie de manière totalement égalitaire, chaque citoyen adulte disposerait d’environ 225 000 euros. Avec les Luxembourgeois, les Français seraient ainsi les citoyens les plus fortunés de la zone euro, devançant largement l’Allemagne (150 000 euros par adulte). Évidemment, il n’en est rien.

Une classe moyenne déclassée ? Malgré « la haine des riches » qui sévit (à en croire la Une d’un news magazine), ceux-ci continuent d’accroître leur fortune. La France décroche même la médaille de bronze mondiale du nombre de millionnaires, derrière les États-Unis et le Japon, avec 2 210 000 millionnaires (en dollars), soit 4,6% de la population adulte [2]. Vient ensuite une grosse classe moyenne relativement aisée au vu de la situation mondiale : 51% de la population française possède entre 100 000 et un million de dollars. Une richesse générée en grande partie par la valeur de l’immobilier. Enfin une classe moyenne « inférieure » (entre 10 000 et 100 000 dollars) et « populaire » (moins de 10 000 dollars) représente chacune un peu plus de 20% de la population.

Richesse par adulte dans les pays de la zone euro :
richesse_par_adulte_en_europe-6a37a

« L’Europe dans son ensemble représente 34% des individus dans le top 1% des détenteurs de la richesse mondiale, et la France à elle seule constitue près d’un quart du contingent européen. Cela reflète non seulement la richesse nette moyenne élevée des ménages français, mais aussi une plus grande inégalité financière que celle observée dans la plupart des autres pays de l’Union européenne », commente le Crédit Suisse. Une tendance qui se confirme depuis au moins dix ans, au vu de l’impressionnante progression du niveau de vie des 0,01% des Français les plus riches (voir ici). Les think tanks néo-libéraux hurleront sans doute à la manipulation marxiste ! L’oligarchie hexagonale rétorquera probablement qu’en nombre de méga riches – les individus possédant plus de 50 millions de dollars –, la France n’est qu’en 7ème position, derrière les indépassables États-Unis, suivi de loin par la Chine, l’Allemagne, la Suisse, le Royaume-Uni et le Japon. Triste sort !

Ivan du Roy par Ivan du Roy 16 octobre 2013

Lire la suite

13 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Crédit suisse:

 

Crédit suisse: dans Austérité credit_suisse_global_wealth

Le Crédit Suisse a réalisé un graphique qui illustre la répartition mondiale de la richesse.

32 millions de personnes – une masse légèrement supérieure à celle du Benelux, soit 0,7% de la population mondiale – possèdent  un total de 41% de toutes les richesses de la planète ou 98.700 milliards de dollars.

Basé sur le même graphique, nous apprenons que 3,2 milliards de personnes – 68,7% de la population adulte dans le monde – possèdent 3% de la richesse mondiale ou 7.300 milliards de dollars.

http://www.express.be/business/fr/economy/si-un-graphique-doit-vous-mettre-mal-a-laise-esperons-que-cela-soit-celui-ci/196870.htm

Commentaire: Heureusement qu’il y a des gens qui travaillent à nous faire oublier cela! Hein, Manuel!

 

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin