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22 avril 2015 ~ 0 Commentaire

les créanciers de la grèce ont-ils peur de la vérité ? (cadtm)

Interview d’Eric Toussaint sur l’audit des dettes illégitimes et illégales, diffusée par la chaîne de TV du parlement grec le 19 avril 2015, quelques jours après le lancement officiel de la Commission de la Vérité sur la Dette Publique Grecque. Eric Toussaint est le coordinateur de cette Commission.

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22 avril 2015 ~ 0 Commentaire

le recel de chaises est-il un délit plus grave que la fraude fiscale? (basta)

casimir

L’enquête progresse!

Perquisition de locaux, multiples convocations au commissariat: la police déploie de grands moyens pour retrouver les chaises «réquisitionnées» par l’association Bizi dans les locaux d’HSBC.

Il y a deux mois, les militants du groupe altermondialiste basque Bizi se sont emparés de huit chaises à l’agence HSBC de Bayonne (lire ici et ). Une «réqui- sition citoyenne», pour protester contre le système d’évasion fiscale mis en place par une filiale de la banque HSBC, qui aurait «détourné en à peine cinq mois 180 milliards d’euros à l’échelle internationale». Les militants de Bizi ont promis de rendre les chaises quand HSBC aura remboursé les 2,5 milliards d’euros perdus par l’État français dans cette affaire.

Ils n’imaginaient pas le zèle de la police pour retrouver ces chaises, suite à la plainte déposée par la direction de l’établissement bancaire. Trois chaises ont finalement été récupérées par la police au local de Bizi depuis le 12 février, jour- née de l’action. Mais les cinq autres sièges fauchés ont été remis à des asso- ciations et personnalités engagées dans la lutte contre l’évasion fiscale.

Alors que la police compte bien entendre ces «receleurs», ces derniers mettent en place une chaine de solidarité. Le philosophe Patrick Viveret, magistrat honoraire à la Cour des comptes, a ainsi transmis le 8 avril un siège HSBC au sociologue Edgar Morin. D’autres personnalités, l’écrivaine et militante altermon-dialiste Susan George, le sociologue Alain Caillé et l’ancien résistant et écono- miste Claude Alphandéry, se sont aussi engagées à héberger le siège recherché par le parquet de Bayonne à tour de rôle.

«Si les mêmes moyens étaient utilisés dans ce domaine [la lutte contre l’évasion fiscale], des dizaines et des dizaines de dirigeants de banques et de multinationales seraient aujourd’hui en garde à vue, ou sous les verrous», s’insurge Txetx Etcheverry, de Bizi.

De l’amende à la prison ferme Parallèlement aux importants moyens déployés pour rechercher ces cinq chaises, la justice avance dans le cadre de l’enquête visant la filiale suisse du groupe bancaire. La maison-mère, HSBC Holdings, a été mise en examen le 8 avril à Paris pour «complicité de blanchiment de fraude fis- cale aggravée» et pour «complicité de démarchage illicite».

La holding s’est vue infliger une caution d’un milliard d’euros, à payer avant le 20 juin. Cette somme correspond à environ la moitié des fonds qui auraient fait l’objet de dissimulation au fisc français, selon l’évaluation des juges, soit au total 2,2 milliards d’euros – un chiffre que conteste la banque. Cette caution doit garantir le paiement d’une éventuelle amende lors d’un futur procès. Le groupe a annoncé son intention de faire appel de cette mise en examen et de la caution demandée.

Arlette Ricci, cliente de HSBC Private Bank, dont le nom est apparu dans les listings Falciani [1], a par ailleurs été condamnée le 13 avril à trois ans de prison, dont un an ferme, pour fraude fiscale portant «atteinte exceptionnelle au pacte républicain». L’héritière des parfums Nina Ricci s’est vue aussi ordonner par le tribunal la confiscation d’une maison à Paris et d’une propriété en Corse, esti- mées à 4 millions d’euros. Le fisc français lui réclame plus de 10 millions d’euros au titre des impôts sur les revenus et sur la fortune. Les avocats d’Arlette Ricci ont indiqué qu’ils attendaient d’avoir pris complète connaissance du jugement pour décider d’un éventuel appel.

L’association Bizi assure de son côté qu’elle poursuivra son action contre l’évasion fiscale, qui coûte chaque année 1000 milliards d’euros aux recettes publiques européennes [2]. « Alors même que l’argent manque cruellement pour financer la lutte contre le changement climatique ou les politiques sociales, rappelle Txetx Etcheverry, notre action vise à ouvrir le débat sur cette situation inacceptable. Nous en assumerons sereinement toutes les conséquences».

Par Sophie Chapelle 21 avril 2015

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http://www.bastamag.net/Recel-de-chaises-un-delit-plus-important-que-l-evasion-fiscale

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16 avril 2015 ~ 0 Commentaire

tafta, tisa, ceta (al)

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Rêve des capitalistes, cauchemar des peuples !

Le 18 avril, c’est la journée internationale d’action contre les accords de libre-échange en cours de négociation (Tafta, Tisa, Ceta). Ces accords, destinés à servir les intérêts des entreprises multinationales, sont une menace majeure pour l’ensemble des droits sociaux (droit du travail, droit à la santé) et pour l’environnement.

Deux accords sont négociés dans le plus grand secret par la Commission européenne : le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement ou Tafta, négocié avec États-Unis, et le Ceta, négocié avec le Canada. A cela s’ajou- te le traité Tisa, qui touche 50 pays à travers le monde et a pour but de vendre les services publics.

L’objectif affiché de ces traités est de supprimer progressivement toutes les barrières douanières mais aussi toutes les règles qui empêchent les capitalistes de faire encore plus de profit. En clair, cela revient à faire sauter les normes de protection de la santé: les règlements sanitaires sur les OGM ou sur les poulets traités au chlore, les normes de qualité AOC, bio ou les normes environnementales sur l’exploitation des gaz de schiste notamment.

Les mesures ultralibérales que tentent d’imposer ces textes ne sont pas nou- velles: de nombreux pays d’Amérique latine ou d’ailleurs subissent déjà des ac- cords commerciaux aussi dramatiques. La nouveauté de ces accords, c’est qu’ils tentent de s’attaquer à tout en même temps. Si les capitalistes tentent aujourd’hui d’imposer des accords aussi désastreux pour les peuples, c’est parce qu’ils sen- tent que la résistance n’est pas à la hauteur et qu’ils ont pour l’instant les mains libres. Si nous voulons les empêcher de nuire, à nous de montrer que nous avons encore la capacité de résister!

Une arme de guerre pour les multinationales Avec les traités en cours de né- gociation, tout ce qui peut être considéré comme un frein au commerce pourra être attaqué. Les services publics, qui échappent encore à la loi du marché, sont directement visés et les multinationales espèrent bien forcer les États à privatiser sans limite. Parmi les services en ligne de mire: l’éducation, mais aussi la santé, la sécurité sociale, la distribution de gaz ou d’électricité, la distribution de l’eau, etc.

Ces traités tentent également d’imposer un système de règlement des conflits entre les multinationales et les États qui échappe totalement à la justice classique. Lorsque les entreprises jugeront qu’une règle porte atteinte à leurs intérêts, elles pourront attaquer l’État et demander des dommages et intérêts colossaux. Et ce n’est même pas une cour de justice mais un groupe d’arbitres qui tranchera, sans possibilité de faire appel. Ce système a déjà été imposé dans d’autres pays où les multinationales ont par exemple fait condamner des États pour avoir augmenté le SMIC, ou interdit les gaz de schiste…

Organiser la résistance Pour l’instant, les gouvernements n’affichent aucune réaction face à ces traités qui risquent de modifier complètement les règles du jeu capitaliste à l’échelle mondiale. Les parlements nationaux, comme l’Assemblée nationale en France ou le Parlement européen restent muets alors qu’ils auront la possibilité de rejeter les projets d’accord. Pour empêcher les grandes firmes multinationales de se croire tout permis, nous appelons donc à participer à la campagne internationale contre le CETA et à rejoindre les collectifs «Stop Tafta» qui se multiplient.

Nous ne voulons pas de ce Partenariat négocié par des élites économiques et politiques, loin du regard des peuples.

Nous ne voulons pas de ce grand marché transatlantique destiné à maintenir en bonne santé le système capitaliste et à contenter la voracité des investisseurs européens et américains.

Nous ne voulons plus de ce système où seule compte la loi implacable du profit.

15 avril 2015

http://alternativelibertaire.org/?Tafta-Tisa-Ceta-reve-des

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08 avril 2015 ~ 0 Commentaire

en grèce, incertitudes et premiers mouvements d’en bas (npa)

greece

Les commentaires sur la Grèce fluctuent au rythme des réunions internationales et des déclarations d’Alexis Tsipras et de ses ministres.
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En fait, en ce début d’avril, trois points importants se dégagent.
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Le premier est la poursuite de l’étranglement économique de la Grèce. Le gouvernement Tsipras a reculé sur la plupart des mesures avancées lors de la campagne électorale de Syriza, mais ce que veulent maintenant l’Union européenne (UE) et le FMI, c’est que soient appliquées des mesures d’austérité dans la continuité de la politique de la droite. Pour l’instant, Alexis Tsipras renâcle encore sur quelques points et annonce même la mise en œuvre de quelques mesures sociales, comme dernièrement 4 500 recrutements de personnels de santé  et la suppression du forfait hospitalier. Mais il est clair que l’heure des choix s’approche : on ne peut à la fois payer la dette, laisser les capitaux filer et les banques grecques faire ce qu’elles veulent, et résister longtemps aux diktats de l’UE…
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Le deuxième point est que les ministres grecs multiplient les déclarations contradictoires, ensuite démenties : sur certaines privatisations, sur la capacité de la Grèce à faire face aux prochaines échéances, sur les manifestations anarchistes… Derrière cela, il y a une raison fondamentale : les contradictions internes à Syriza, dont toute une aile n’est pas prête à accepter les « compromis douloureux » dont parlent certains cadres gouvernementaux. D’ailleurs, l’influent quotidien économique anglais Financial Times écrivait ce 5 avril que plusieurs dirigeants européens expliquent en privé qu’un remodelage du gouvernement grec est nécessaire avec le départ de la gauche de Syriza et l’entrée du parti centriste To Potami, voire du Pasok. « Tsipras doit décider s’il veut être Premier ministre ou leader de Syriza », a ainsi déclaré un dirigeant européen au journal.
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Le troisième point est un début de mouvement d’en bas. Une « caravane de solidarité et de lutte », émanant de plusieurs secteurs combatifs de la Grèce du nord, a débouché sur une manifestation le lundi 6 avril à Athènes. Le 1er avril avaient eu lieu à Athènes et dans plusieurs autres villes des manifestations de retraitéEs demandant le rétablissement de leurs droits. Ces mobilisations sont encore limitées, mais le développement de ce mouvement d’en bas – et la capacité de la gauche radicale dans et hors de Syriza à s’y lier et à l’amplifier – est décisif.
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Henri Wilno

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05 avril 2015 ~ 0 Commentaire

éloge des syndicats (diplo)

Puisque chacun prétend se soucier de l’envol des inégalités, pourquoi cette analyse du Fonds monétaire international (FMI) est-elle passée à ce point inaperçue (1) ?

En raison de ses conclusions ? Dans une étude présentée en mars dernier, deux économistes issues de ce temple du libéralisme relèvent «l’existence d’un lien entre la baisse du taux de syndicalisation et l’augmentation de la part des reve- nus les plus élevés dans les pays avancés durant la période 1980-2010».

Comment expliquent-elles ce lien? «En réduisant l’influence des salariés sur les décisions des entreprises», l’affaiblissement des syndicats a permis d’«aug-menter la part des revenus constitués par les rémunérations de la haute direction et des actionnaires».

Selon ces économistes du FMI, «une moitié environ» du creusement des iné- galités que les libéraux préfèrent traditionnellement attribuer à des facteurs imper-sonnels: mondialisation, technologies, etc découlerait du déclin des organisations de salariés. Doit-on s’en étonner?

Quand le syndicalisme, point d’appui historique de la plupart des avancées émancipatrices, s’efface, tout se dégrade, tout se déplace. Son anémie ne peut qu’aiguiser l’appétit des détenteurs du capital. Et son absence, libérer une place qu’envahissent aussitôt l’extrême droite et l’intégrisme religieux, s’employant l’une comme l’autre à diviser des groupes sociaux dont l’intérêt serait de se montrer solidaires.

Or l’effacement du syndicalisme ne tient ni du hasard ni de la fatalité. En avril 1947, alors que l’Occident s’apprête à connaître trente ans de prospérité un peu mieux partagée, Friedrich Hayek, un penseur libéral qui a marqué son siècle, dresse déjà la feuille de route de ses amis politiques: «Si nous voulons entretenir le moindre espoir d’un retour à une économie de liberté, la question de la res- triction du pouvoir syndical est une des plus importantes.»

Hayek prêche alors dans le désert, mais quelques décennies plus tard, grâce à l’intervention directe, et brutale, de deux de ses admirateurs, Ronald Reagan et Margaret Thatcher, lors de conflits du travail marquants, les contrôleurs aériens américains en 1981, les mineurs britanniques en 1984-1985, le «pouvoir syndical» a rendu l’âme.

Entre 1979 et 1999, le nombre annuel de grèves impliquant au moins mille salariés passe aux Etats-Unis de deux cent trente-cinq à dix-sept, celui des jours de travail «perdus», de vingt millions à deux millions (2). Et la part du salaire dans le revenu national recule… En 2007, sitôt élu président de la République, Nicolas Sarkozy fait à son tour voter une loi restreignant le droit de grève dans les servi- ces publics. L’année suivante, il pavoise tel un gamin hilare: «Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s’en aperçoit.»

En bonne logique, l’étude du FMI aurait dû insister sur l’urgence sociale et politique de renforcer les organisations de salariés. Elle estime plutôt qu’«il reste à déterminer si l’accroissement des inégalités dû à l’affaiblissement des syndicats est bon ou mauvais pour la société»… Ceux qui ont déjà une petite idée de la réponse en tireront sans effort la conclusion qui s’impose.

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30 mars 2015 ~ 0 Commentaire

bruxelles: 17000 personnes à la manifestation «tout autre chose» contre l’austérité (le soir.be)

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La grande parade citoyenne « Tout Autre Chose » et Hart boven Hard au centre de Bruxelles s’est tenue sous la pluie.

Le coup d’envoi de la parade des mouvements citoyens «Tout Autre Chose» et Hart boven Hard a été lancé vers 14h00 au boulevard Albert II à Bruxelles. Malgré la météo venteuse et plus qu’humide, des milliers de personnes de tous âges se sont rassemblées pour cette manifestation qui veut proposer une alternative aux politiques d’austérité des gouvernements actuels. 17.000 personnes ont paradé selon la police. Les organisateurs ont, de leur côté, estimé le nombre de participants à 20.000.

La parade était constituée de dix blocs, qui représentent chacun un «Tout autre horizon» porté par le mouvement. Ces dix thèmes sont «biens communs par et pour tous», «justice fiscale», «une place pour chaque génération», «solidarité contre la pauvreté», «un travail digne», «un cadre de vie épanouissant», «valo- risons notre diversité», «éco c’est logique», «citoyens sans frontières» et «osons la démocratie!». Podemos, MOC, sp.a ont décidé de faire front commun en alignant un onzième char «Contre le capitalisme» lors de cette parade dans la ville de Bruxelles. Des manifestants pro-palestiniens avaient, eux aussi, décidé de faire entendre leur voix pendant cette manifestation.

«Notre société est confrontée à de nombreux défis, sur le plan de l’économie, de l’écologie, de la pauvreté, des inégalités, de la diversité et du développement urbain», a expliqué Wouter Hillaert, de Hart boven Hard. «Si nous voulons y trou- ver des réponses, nous devons adopter un autre point de vue que les politiques actuelles. Des impôts justes, des chances égales pour tous, des investisse- ments dans des droits fondamentaux comme l’enseignement, la culture et l’écologie.»

«Le temps de chien ne nous effraie pas, nous sommes ici car c’est ici que nous devons être», commentait une jeune famille de la région de Louvain. «Nous devons faire entendre notre voix contre les économies aveugles, contre les suppressions aveugles d’investissements dans tout ce qui concerne le social. Le gouvernement fait des choix erronés, non pas par nécessité mais pour des considérations idéologiques. Nous demandons des impôts plus justes, qui répartissent les efforts sur tout le monde, et une meilleure redistribution des revenus de ces impôts. »

La Grande Parade a relié la Gare du Nord à la place de l’Albertine, près de la Gare Centrale. C’est avec des percussions et des chants révolutionnaires que les manifestants ont décidé de faire entendre leur voix. La manifestation s’est achevée vers 16 heures avec un grand concert.

Mis en ligne dimanche 29 mars 2015, 20h54

http://www.lesoir.be/836204/article/actualite/belgique/2015-03-29/17000-personnes-manifestation-tout-autre-chose-contre-l-austerite-photos

 

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20 mars 2015 ~ 0 Commentaire

usa–cuba: la fin de la guerre froide? (npa)

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Quelles sont les raisons fondamentales de ce dégel entre les Etats-Unis et Cuba ? Du point de vue américain d’un côté et cubain de l’autre ?

Je crois que plusieurs facteurs y ont poussé des deux côtés, même si le choix du moment restait une question ouverte. La fin de la Guerre froide avec l’URSS et, à peu près au même moment, le retrait d’Afrique de Cuba ont réduit l’importance de ce pays pour la politique étrangère états-unienne, à tel point que Cuba est à peine mentionnée dans les études stratégiques publiées ces deux dernières décennies par la Défense et les Affaires étrangères. La pression s’est ainsi relâchée par rapport à la situation qui prévalait auparavant.

Il y a aussi le fait que les capitalistes américains sont de plus en plus favo- rables au commerce avec Cuba. En 2000, les Etats-Unis ont approuvé une loi exemptant de l’embargo économique les exportations d’aliments et de produits agricoles, et des groupes tels que Archer Daniels Midland, Tyson Foods et d’au- tres se sont engagés dans des relations commerciales avec Cuba. De très nom- breuses entreprises, à l’exception d’une frange très à droite, sont en faveur de cela. S’y ajoute le fait que le Pentagone était depuis un certain temps favorable à la reprise des relations. Ses responsables ont des rencontres régulières avec les autorités cubaines à propos de la logistique de la base navale de Guantanamo Bay, du trafic de drogue et d’autres questions.

Enfin, mais ce n’est pas le moins important, le poids des exilés cubains de droite à Miami a décliné. La zone du comté de Dade a encore au Congrès trois représentants de la droite cubano-américaine, mais le soutien à leur politique est en déclin, tandis que la composition de la communauté cubaine a changé de façon assez significative. La majorité des Cubains et des Cubano-Américains résidant au sud de la Floride sont maintenant des gens arrivés après 1980, et cette majorité se renforce constamment. Entre 20 000 et 30 000 Cubains arrivent chaque année aux Etats-Unis et la vieille génération est en train de s’éteindre. Celle-ci conserve cependant un fort pouvoir de contrôle sur les médias et le système politique, parce qu’elle est composée des gens les plus riches.

Tous ces facteurs ont contribué à créer, du côté états-unien, une situation dans laquelle, pour toute une série de raisons, les politiciens ont considéré opportun d’évoluer sur la question de Cuba.

Du côté cubain, le pays est confronté à une situation économique préoc- cupante, caractérisée par une carence chronique d’investissements. Le ministre cubain de l’économie a estimé que le pays avait besoin de deux milliards de dol- lars par an pour pouvoir redémarrer. L’investissement à Cuba est deux fois infé- rieur à celui du reste de l’Amérique latine, et la productivité y est basse au regard des normes latino-américaines. La croissance économique a également été faible ces dernières années, n’atteignant que 1 % en 2014. Tout cela a donc créé une situation dans laquelle les deux côtés étaient prêts à un changement dans leurs relations. Les élections de 2014 étant passées, Obama a considéré que c’était politiquement le meilleur moment pour le faire. (…)

A gauche, beaucoup ont considéré cette ouverture comme une victoire pour le peuple cubain. Quelle est votre opinion à ce sujet ?

Je le vois également ainsi, dans le sens où le rétablissement des relations écono- miques avec Cuba est un coup porté contre la conception selon laquelle les Etats- Unis auraient le droit d’imposer à Cuba le système socio-économique et politique qui a leur préférence – et si Cuba ne l’accepte pas, alors les Etats-Unis auraient le droit de la sanctionner économiquement, pas seulement à travers les mécanismes du marché mais par des moyens extra-économiques.

Il faut garder à l’esprit le fait que c’est l’embargo/blocus économique, et non le marché libre, qui a créé la misère pour le peuple cubain. Le néolibéralisme est censé défendre la liberté des forces du marché. Mais c’est un pouvoir politique qui a interféré avec le marché et imposé des sanctions contre Cuba, de façon totalement extérieure à ce que le néolibéralisme bourgeois est supposé recon- naître comme légitime. Dans cette mesure-là, il s’agit donc d’une défaite pour ceux qui pensent que les Etats-Unis devraient avoir le pouvoir et le droit de donner ou non leur blanc-seing à un gouvernement étranger et à un système économique à l’étranger, et le cas échéant de le sanctionner par des moyens extra-écono- miques. En ce sens, il n’y a aucun doute qu’il s’agit d’une victoire.

Pensez-vous que cette ouverture va inaugurer un processus de changement politique à Cuba même ? Si oui, dans quel sens ? Et les Etats-Unis s’en préoccupent-ils ?

Je crois que c’est une question à plus long terme. Pour l’instant, il n’y a aucun doute qu’il s’agit d’une victoire pour le gouvernement cubain. D’ailleurs, celui-ci a eu le culot d’attaquer des dissidents – comme l’artiste performeuse Tania Bru- guera, qui a tenté de montrer son spectacle sur la place de la Révolution, en a été empêchée puis a été arrêtée – au  prétexte qu’ils mettraient en danger les nou- velles relations avec les Etats-Unis. Auparavant, l’accusation était que les dissi- dents faisaient le jeu du blocus. Maintenant, si vous êtes en désaccord, vous faites le jeu de ceux qui veulent perturber les relations avec les Etats-Unis! Mais cela, c’est le court terme. A moyen et plus long terme, je crois que l’ouverture vers les Etats-Unis va miner la légitimité du gouvernement, parce qu’il ne lui sera plus possible de proclamer que les problèmes économiques à Cuba sont causés par l’embargo – surtout si la loi Helms-Burton est significativement modifiée voire abrogée.

Le gouvernement cubain semble très attiré par le modèle économique de la Chine ou du Vietnam. Pensez-vous qu’il pourrait aller dans cette direction ? Et vu ce que vous venez de dire à propos de la possibilité d’un changement politique, serait-ce viable ?

Je pense que c’est ce que veut le gouvernement. Lorsque nous parlons de modèle chinois ou vietnamien, cela ne veut pas dire que Cuba pourrait tirer des cam- pagnes un renforcement de sa force de travail industrielle. La population de Cuba n’est rurale qu’à 25 %. La structure du pays est très différente de celle de la Chine ou du Vietnam. Il ne s’agit pas non plus d’un modèle économique spé- cifique. Mais ce qu’à mon avis veut le gouvernement, c’est un modèle de système social où il y a un parti d’Etat et une absence de démocratie mais, en même temps, des possibilités d’investissement privé substantielles, en particulier d’inves- tissement étranger dans des industries clés, mais avec un Etat qui se réserve la direction des lignes économiques directrices. Le système bancaire en Chine, qui reste monopolisé par l’Etat, en est un exemple.

Le problème à Cuba est que le gouvernement fait deux pas dans ce sens, puis un pas en arrière. La raison en réside certainement dans une résistance bureau- cratique, puisque sous un tel modèle, de nombreux bureaucrates perdraient de leur pouvoir, risqueraient de perdre leurs fiefs. Depuis sa prise de fonctions, Raúl Castro a essayé de ne pas trop perturber le pouvoir bureaucratique et c’est pourquoi tout ce processus a été contradictoire.(…)

Aux Etats-Unis, de nombreux radicaux craignent que des militants de gau- che, comme Assatu Shakur [ancienne membre du Black Panther Party, condamnée sans preuve à perpétuité pour le meurtre présumé d’un policier, NdTr], qui a obtenu le statut de réfugiée politique à Cuba, puissent être extradés vers les Etats-Unis. Qu’en pensez-vous ?

Je suis bien évidemment préoccupé aussi par cette question. Jusqu’à présent, aucun responsable cubain ou états-unien n’a dit la moindre chose à ce sujet. Il y a eu récemment un article dans le New York Times à propos de criminels cubains qui ont été extradés vers Cuba. Je ne suis pas spécialisé en droit international, mais il me semble que cela ne nécessite pas de traité d’extradition. Autant que je sache, il n’y a aujourd’hui aucun traité d’extradition en vigueur entre les Etats-Unis et Cuba. Je ne sais pas non plus si Assata Shakur a reçu la nationalité cubaine. Elle est dans le pays depuis des dizaines d’années. Si elle a reçu la nationalité cubaine, ce sera un obstacle supplémentaire pour son extradition aux Etats-Unis.

Mais ce qui est frappant dans ce cas particulier, c’est que rien n’en a été dit. Evidemment, le gouverneur Chris Christie du New Jersey a sauté sur l’occasion en déclarant qu’elle devrait être renvoyée aux Etats-Unis. Mais personne au sein du gouvernement fédéral de Washington ni à La Havane n’a dit le moindre mot à ce sujet.

Qu’est-ce qui vous semble le plus important à retenir de ces événements ?

A moyen ou long terme, il y aura une remise en cause de l’idéologie qui domine au sein du pouvoir cubain, selon laquelle la piètre situation économique s’explique par le blocus états-unien. Cela pourrait faciliter le développement de la résistance à Cuba. Une certaine libéralisation – pas démocratisation, mais libéralisation –, qui d’ailleurs a déjà commencé, aidera dans ce sens. Les gens pourraient protester plus ouvertement que dans le passé. (…)

Propos recueillis par Lance Selfa

http://npa2009.org/idees/etats-unis-cuba-la-fin-de-la-guerre-froide

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20 mars 2015 ~ 0 Commentaire

20 000 manifestants à francfort (basta)

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Contre l’austérité prônée par la Banque centrale européenne

Des milliers de citoyens ont participé le mercredi 18 mars à une journée d’action à Francfort, en Allemagne, à l’occasion de l’inauguration du nouveau siège de la Banque centrale européenne.

Les blocages et manifestations organisés pat le collectif Blockupy, l’asso- ciation Attac et la confédération syndicale allemande ont réuni environ 20 000 personnes. Elles sont venues de toute l’Europe pour contester la politique d’aus- térité imposée à la Grèce et au continent par l’ancienne troïka. Le matin, des voitures ont été brûlées et des heurts ont eu lieu avec la police. Mercredi soir, la police de Francfort comptabilisait 26 interpellations, loin des centaines annoncées au fil de la journée.

Le nouveau siège de la Banque centrale européenne, un gratte-ciel de 185 mètres, a coûté la somme rondelette de 1,3 milliard d’euros. «Cette inauguration survient à un moment crucial en Europe: la BCE n’est pas qu’un symbole, c’est un acteur bien réel des politiques menées depuis le début de la crise et qui mènent à la précarité, au recul des droits sociaux, qui portent atteinte à la démocratie et empêchent toute transition écologique.

Elle est aujourd’hui au cœur du chantage politique que subit le peuple grec », rappelait Attac France la veille des manifestations. En effet, la BCE est membre, aux côté du Fonds monétaire international, de la Commission européenne et du Mécanisme européen de stabilité, du groupe des créanciers institutionnels (qui ne s’appelle plus troïka) de la Grèce et des autres pays européens en crise. Ce sont les organes qui imposent depuis des années des politiques d’austérité et de privatisations massives à la Grèce, l’Espagne, le Portugal ou l’Irlande…

Mario Draghi, gouverneur de la BCE et ancien dirigent de Goldman Sachs (Voir notre article) s’est pourtant dit surpris des manifestations dans son discours d’inauguration [1] : « Les mises en cause peuvent paraître injustes, car notre action a précisément visé à amortir les chocs frappant notre économie. » Amortir les chocs ? En Grèce, le taux de chômage a grimpé de 25 %, à 50 % chez les jeunes, un tiers de la population est tombée dans la pauvreté et n’a plus accès à de couverture santé…

Pendant que les manifestants battaient le pavé de Francfort, Alexis Tsipras faisait voter à Athènes la première loi de son gouvernement, adoptée avec le soutien de l’opposition conservatrice et socialiste : une loi pour lutter contre la grande pauvreté. Rachel Knaebel

http://www.bastamag.net/Des-milliers-de-manifestants-a-Francfort-au-pied-du-nouveau-siege-de-la-Banque

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17 mars 2015 ~ 0 Commentaire

inauguration de la bce à francfort: attac passe à l’action (attac)

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Le nouveau siège de la Banque Centrale Européenne va être inauguré le mercredi 18 mars à Francfort.

Blocages et actions dès 5 heures du matin seront suivis d’un meeting, auquel participera Attac France, et d’une manifestation pour dire non à l’austérité et contester l’autorité de la BCE et des autres institutions européennes. Des centai- nes de citoyen.ne.s partent de différentes villes de France dès aujourd’hui pour rejoindre cette mobilisation.

Des milliers de participants de toute l’Europe ont répondu à l’appel «Our time to act» lancé par Blockupy et prendront part à des actions d’encerclement de la BCE ainsi qu’à une manifestation internationale. Attac participera à cette mobilisation pour exprimer, avec ces voix de toute l’Europe, qu’«il n’y a rien à célébrer dans l’austérité».

Cette inauguration survient à un moment crucial en Europe: la BCE n’est pas qu’un symbole, c’est un acteur bien réel des politiques menées depuis le début de la crise et qui mènent à la précarité, au recul des droits sociaux, qui portent atteinte à la démocratie et empêchent toute transition écologique. Elle est aujourd’hui au cœur du chantage politique que subit le peuple grec.

Pour nous, il n’y a rien à célébrer à Francfort, c’est pourquoi nous participe- rons aux actions internationales : ensemble, nous voulons montrer qu’il existe des alternatives à l’austérité, basées sur l’accès aux droits, la démocratie et la solidarité à l’échelle européenne.

Venu.e.s de Paris, Rome, Naples, Stockholm, Copenhague, Bruxelles, Athènes, Dublin et de bien d’autres pays, des manifestant.e.s occuperont les rues et bloqueront les alentours de la BCE dès l’aube avant de participer à un meeting en plein air et à une manifestation pour montrer qu’une autre Europe est possible!

mardi 17 mars 2015, par Attac France

https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/inauguration-de-la-bce-a-francfort

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16 mars 2015 ~ 0 Commentaire

finances: «tant que l’orchestre joue, il faut continuer à danser» (npa)

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On est entré dans « l’ère de l’argent gratuit » note le journal les Échos.

Effectivement les banques européennes (sauf les grecques qu’il faut continuer à étrangler pour faire céder complètement le gouvernement Tsipras) reçoivent de la Banque centrale européenne (BCE) des milliards qui ne leur coûtent rien…

Celle-ci a entamé ce lundi 9 mars son gigantesque programme de rachat de titres pour 1 000 milliards d’euros. Du coup, les indices boursiers (qui reflètent le prix moyen des échanges d’actions sur chaque Bourse) montent : depuis le début de l’année le CAC 40 a progressé de plus de 16 %, le Dax allemand de plus de 17 % et la Bourse de Milan de plus de 18 % ! Aux États-Unis, c’est encore mieux : les indices boursiers ont retrouvé leur niveau d’avant la crise.

Certes, les prévisions économiques s’améliorent : la BCE annonce désormais une croissance moyenne de 1,5 % en 2015 dans la zone Euro, la baisse du prix du pétrole y contribue. Mais, même si elle se concrétise, le niveau du chômage ne sera que très peu entamé. De ce point de vue, aux USA, la situation semble meil- leure : le chômage baisse… mais si on examine vraiment les chiffres, on constate que la proportion d’Américains au travail est particulièrement basse. Beaucoup de chômeurs découragés ne cherchent plus d’emploi et disparaissent des statistiques…

Quoi-qu’il en soit, la grande foire spéculatrice a repris et le niveau des Bour- ses tend à décoller complètement de l’économie réelle. Du côté du crédit, par exemple aux États-Unis, la reprise de l’industrie automobile s’appuie sur une envo- lée du crédit aux acheteurs, et le nombre des défauts ne cesse d’augmenter.

Pour faire de l’argent, les banques américaines ont recommencé à ouvrir les vannes et une bonne partie des nouveaux crédits ressemblent aux « subprimes » qui ont favorisé la crise immobilière, puis financière, en 2007-2008.

Le terrain financier est donc miné mais, comme le déclarait un banquier amé- ricain en 2007, « Tant que l’orchestre joue, il faut continuer à danser ». D’autant que, avec la complicité des gouvernements de droite et de gauche, les consé- quences du prochain et inévitable gros couac de l’orchestre seront reportées sur ceux qui ne dansent pas mais triment tous les jours.

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