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06 août 2015 ~ 0 Commentaire

vive le prêt sans intérêt (anti-k)

debt-spiral

Le prêt avec intérêts, l’abandon de l’or comme contrepartie de la monnaie émise et l’abandon de la création monétaire aux banques privées sont les causes majeures des principaux problèmes actuels de notre civilisation.

La doctrine «faire travailler son argent», est vraiment le plus grand tour d’illusion jamais inventé! Le chômage augmente, il n’y a plus de travail, mais nous faisons «travail- ler» notre argent sans se rendre compte que c’est ce «travail» qui détruit nos emplois! L’ar- gent travaille à nous appauvrir, à nous détruire, à faire de nous les esclaves de cet argent que l’on croit faire travailler!

Si un de vos ancêtres avait emprunté 1 gramme d’or à la naissance de Jésus Christ, vous devriez rembourser aujourd’hui aux descendants une masse d’or équivalente à trois fois le poids de la terre! Voyez l’aberration! Avec ce système, l’enrichissement se fait auto- matiquement et uniquement en fonction du temps qui passe. En donnant suffisamment de temps au «système», l’accumulation de richesse entre les mains de ceux qui ont le pouvoir d’émettre de la monnaie devient telle qu’il arrive un moment où la situation se trouve totalement déséquilibrée.

C’est le jackpot! Thomas Jefferson l’avait bien compris lorsqu’il disait «celui qui contrôle l’argent de la nation contrôle la nation» et les présidents américains James Madison et Abraham Lincoln qui avaient remis en question la création monétaire privée ont d’ailleurs été assassinés.

L’abandon de l’or comme réserve d’échange représente l’autre facette de la même pièce du problème: il ne serait pas possible de prendre le contrôle de toute l’économie mondiale s’il n’existait pas cette possibilité d’émettre de la monnaie en quantité quasi illimitée (et donc, de générer les intérêts qui vont avec). En abandonnant l’or, et en permettant que la grande majorité de l’argent existe seulement sous forme de chiffres virtuels dans des comptes bancaires, il devient possible de créer un système où les déséquilibres s’accentuent inexo- rablement avec le temps, pour finalement entrainer l’accumulation de toutes les richesses mondiales entre les mêmes mains.

Lorsque vous contractez un prêt, vous ne payez les premières années pratiquement que les intérêts ; donc si vous voulez rembourser votre prêt au bout de quelques années, il vous faut presque rembourser l’intégralité du prêt, puisqu’au début vous n’aviez remboursé que les intérêts! Si ce n’est pas de l’escroquerie ce n’en est pas loin!

Avec ce système basé sur les intérêts, en quelques années, à l’échelle mondiale, cela veut dire qu’il faut rembourser plus que l’argent mis en circulation. Au final, les intérêts à payer sont supérieurs au capital emprunté. Il faut donc s’endetter sans cesse, et il n’est pas besoin d’être économiste pour comprendre que ce système est sans fin! La dette des Etats en est un exemple flagrant; en France par exemple, rien que les intérêts de la dette repré- sentent 50 milliards d’euro annuels. Ce système permet aux rentiers de s’enrichir sur le dos de ceux qui travaillent, ils peuvent ainsi léguer à leurs descendants des revenus substantiels, tandis que les autres hériteront des dettes et devront continuer à travailler pour… rembourser !

Tant que le prêt avec intérêts continuera à exister, et tant que les banques pourront créer de l’argent pratiquement sans limite, aucune amélioration ne peut être attendue de la part de ce «système». Pour éviter toute dérive et tentation, il faut donc que le système de banques et de crédit soit mis sous contrôle de la population, l’expropriation et la socialisation des établissements existants est un acte de salut public !

A. CAPUCIN pour Conscience Citoyenne Responsable Posted on 6 août 2015 by Ludovic

lire également : A PROPOS DE LA DETTE

  »L’argent et les marchandises circulent librement dans un monde où les frontières séparent les hommes. » A.NONYME

http://www.anti-k.org/2015/08/06/vive-le-pret-sans-interet-2/

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30 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

le cadtm est au festival esperanzah! (cadtm)

belhg

La période estivale – synonyme de vacances, de soleil et de détente, est aussi l’occasion de participer à des événements culturels et de prendre le temps de s’intéresser aux sujets que l’on relègue au second plan le reste de l’année. Pour ce faire, l’équipe du CADTM est conviée à participer et animer le « Village des Possibles » au sein du Festival Esperanzah qui se déroulera à Floreffe du vendredi 31 juillet au 2 août.

Le « Village des Possibles », quésaco ??

C’est un espace où se réunissent de nombreuses ONG pour proposer leurs axes de réflexions et leurs alternatives afin de mettre en place une transition sociale et écologique.

Au sein du village, le CADTM disposera donc d’un stand et sera au plus proche de vous fidèles lecteurs, vous fidèles acteurs des alternatives à mettre en place dans notre société. Nous serons à votre disposition pour répondre à vos questions, vos réflexions ainsi que pour vous communiquer quelques-unes de nos publications les plus récentes et bien d’autres choses encore ! Ce sera aussi l’occasion pour l’équipe du CADTM, en plus du stand, de se rapprocher de vous et de tous les festivaliers par l’intermédiaire de deux animations que nous avons spécialement élaborées et adaptées à votre intention !

Les animations du CADTM La première animation sur le thème de l’Aide publique au Développement, intitulée «Une petite pièce pour le Sud sera pour nous l’opportunité d’entrer en contact avec les festivaliers et de les sensibiliser sur les mécanismes de l’APD, tout en les informant sur la réalité des transferts financiers Nord-Sud – Sud-Nord.

La seconde animation, intitulée « Pèse-ô-drome » sera sur le thème toujours plus d’ac- tualité de la dette publique grecque. Derrière l’étendue du dossier grec rendu particuliè- rement complexe par les bobards médiatiques récurrents, nous allons traiter de manière simple, ludique et interactive l’évolution de la dette publique grecque entre 2009-2010 (date d’entrée en vigueur des Memorandum of Understanding) et 2015. A travers notamment le rapport préliminaire de la Commission pour la vérité sur la dette grecque, nous vous invitons, vous et les festivaliers à choisir des mesures d’austérité pour voir quel(s) impact(s) cela a-t-il sur la dette publique grecque.

Le CADTM et son équipe sont impatients de pouvoir vous rencontrer lors de cette très belle initiative !

Lien : Village des Possibles

Floreffe / Namur – Belgique 29 juillet par CADTM Belgique

http://cadtm.org/Francais

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28 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

chine: les contradictions capitalistes commencent à éclater (npa)

chine

Après avoir plus que doublé en moins d’un an, la bourse de Shanghai a chuté de 30 % en moins d’un mois.

Des fortunes virtuelles de milliardaires sont parties en fumée, c’est le côté jouissif du krach. Le 8 juillet, la cotation de la moitié des sociétés enregistrées sur le marché a été suspendue pour limiter l’effondrement (– 8 % en début de séance). Après l’explosion de la bulle immo- bilière en 2014, c’est au tour de la bulle financière d’éclater. Il s’agit de la manifestation d’une déconnexion entre la création de valeur dans l’économie réelle et l’emballement du crédit qui a nourri des bulles insoutenables.

Baisse du taux de profit L’accumulation du capital ralentit fortement en Chine, en particu- lier dans l’industrie. Les chiffres de la croissance sont vraisemblablement truqués, incohé- rents avec l’annonce d’une chute en avril des exportations de 15 % et des importations de 12 % (par rapport à avril 2014).

C’est la conséquence d’une baisse importante du taux de profit depuis une quinzaine d’années. Plusieurs facteurs expliquent cette baisse de la rentabilité du capital. La crois- sance très rapide des investissements (bien plus rapide que le PIB) a provoqué une hausse de la composition organique du capital : c’est le mécanisme de la baisse tendancielle du taux de profit décrit par Marx comme la loi fondamentale de l’économie capitaliste.

De plus, les salaires ont augmenté fortement ces dernières années, résultat des luttes ouvrières. Avec la montée en gamme de l’économie chinoise, la demande de travailleurs qualifiés a augmenté. Cela les a placé en position de force, mais ce n’est pas le cas de toute la main-d’œuvre.

Les travailleurs non qualifiés venus de la campagne n’ont bien souvent pas de permis de travail et vivent dans la misère. Les travailleurs «informels» représentent aujourd’hui envi- ron la moitié des travailleurs (contre 18 % en 2000) et reçoivent en moyenne un salaire trois fois moins élevé que les travailleurs qui ont un permis. Le ralentissement de l’économie chinoise ne permet plus d’absorber toute la main-d’œuvre qui vient des campagnes : le chômage augmente, autour de 10-15 % en moyenne dans les villes. À cela s’ajoute l’aug- mentation des taxes et l’appréciation de la monnaie qui affectent la compétitivité des entreprises en Chine.

Crise de la dette Stimulé par les bas taux d’intérêt, l’endettement public et privé a explosé ces dernières années, augmentant bien plus vite que le PIB. Depuis 2007, la dette totale a quadruplé pour atteindre 280 % du PIB. Cette explosion de la dette a d’abord alimenté une bulle immobilière impressionnante qui a dopé le secteur de la construction. La corruption des gouvernements locaux et la quête du profit des banques y ont fortement contribué.

Dès 2011, de premiers signaux d’alerte étaient visibles, avec l’apparition de villes fan- tômes. L’État chinois est parvenu pour l’instant à gérer «en douceur» l’éclatement de cette bulle, qui laisse des millions de mètres carrés inoccupés. Il a ensuite incité les Chinois à jouer les boursicoteurs, en faisant de la propagande et en facilitant les prêts. Des millions de Chinois se sont rués sur les marchés financiers, alimentant une bulle qui a dopé artificiellement la croissance via un «effet richesse» incitant les ménages à la dépense.

Gouvernement dans l’impasse L’État chinois est pris dans une contradiction inextricable. D’un côté, il doit limiter progressivement le crédit pour éviter un éclatement des bulles trop brutal et désendetter en douceur le pays. D’un autre côté, il est tenté de se lancer dans une fuite en avant pour contenir la chute de la bourse. C’est cette seconde option que le gouver- nement a choisi dans l’urgence: baisse des taux, ordres donnés aux banques de prêter, aux entreprises d’État de ne pas vendre leurs actions, etc.

La bureaucratie chinoise réagit comme n’importe quel gouvernement bourgeois, avec des remèdes de court terme qui aggravent le mal à moyen terme. La Chine n’échap- pera pas à une crise de grande ampleur dont nous voyons aujourd’hui les prémisses.

Gaston Lefranc Vendredi 17 Juillet 2015

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28 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

le non n’est pas vaincu, nous continuons (lcr.be)

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Grèce: Stathis Kouvélakis :

Vous émettez des réserves quant à la critique de Tsipras en termes de « trahison », qui revient pourtant fréquemment dans les gauches radicales européennes depuis l’accord du 12 juillet. Pourquoi la considérez-vous comme inefficace ?

Je ne nie pas que le terme de « trahison » soit adéquat pour traduire une perception spon- tanée de l’expérience Syriza. Il est évident que les 62 % qui ont voté « non » au référendum et les millions de gens qui ont cru en Syriza se sentent trahis. Néanmoins, je nie la pertinen- ce analytique de la catégorie de trahison car elle repose sur l’idée d’une intention cons- ciente : consciemment, le gouvernement Tsipras aurait fait le contraire de ce qu’il s’était engagé à faire. (…) Ils ont cru possible de parvenir à un compromis acceptable en jouant cette carte de la négociation – qui combinait une adaptation réaliste et une fermeté quant à des lignes rouges, dans le but d’obtenir un « compromis honorable ».

Or la Troïka des créanciers n’était nullement disposée à céder quoi que ce soit, et a immédiatement réagi, en mettant dès le 4 février le système bancaire grec au régime sec. Tsipras et le gouvernement, refusant toute mesure unilatérale, comme la suspension du remboursement de la dette ou la menace d’un «plan B» impliquant la sortie de l’euro, se sont rapidement enfermés dans une spirale qui les amenait d’une concession à une autre et à une détérioration constante du rapport de force.

Pendant que ces négociations épuisantes se déroulaient, les caisses de l’État grec se vidaient et le peuple se démobilisait, réduit à un état de spectateur passif d’un théâtre lointain sur lequel il n’avait prise. Ainsi, quand Tsipras affirme le 13 juillet qu’il n’avait pas d’autre choix que de signer cet accord, il a en un sens raison. À condition de préciser qu’il a fait en sorte de ne pas se retrouver avec d’autres choix possibles.

Dans le cas précis de la Grèce, on assiste à une faillite flagrante de cette stratégie pour la simple raison qu’elle n’avait prévu aucune solution de repli. Il y a un véritable aveu- glement de Tsipras et la majorité de Syriza dans l’illusion européiste : l’idée qu’entre «bons européens», nous finirons par nous entendre même si, par ailleurs, demeurent des désac- cords importants; une croyance dure comme fer que les autres gouvernements européens allaient respecter le mandat légitime de Syriza. Et, pire encore, l’idée de brandir l’absence de «plan B» comme un certificat de bonne conduite européiste, qui fut le comble de cet aveuglement idéologique…

La notion de « trahison » empêche d’analyser et de remettre en cause la stratégie ; elle empêche de parler en termes d’analyse stratégique et point aveugle idéologique ; elle rabat tout sur les « intentions des acteurs » , qui resteront toujours une boîte noire, et se fonde sur l’illusion naïve selon laquelle ceux-ci sont maîtres de leurs actes. Par ailleurs, elle empêche de saisir le cœur du problème, à savoir l’impuissance de cette politique : la violence de la réaction d’un adversaire a été sous-estimée alors même que le gouvernement Syriza, par son existence même, était allé suffisamment loin pour la déclencher. (Petit extrait)

27 juillet 2015 par Walter Benjamin

http://www.lcr-lagauche.org/grece-stathis-kouvelakis-le-non-nest-pas-vaincu-nous-continuons/

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28 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

la violence des riches (avanti)

https://youtu.be/Ys3cjJlTcDE

http://www.avanti4.be/

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25 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

dette grecque: restructurer ou annuler? (npa)

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La dette publique grecque est insoutenable.

C’est clairement reconnu par le FMI, la Banque centrale européenne (BCE), les USA, et même désormais par le gouvernement allemand. Pourtant, l’accord du 13 juillet ne com- prend aucune clause sur la dette… Il est seulement indiqué que des «mesures addition- nelles» d’allègement de dette pourraient être envisagées si le gouvernement grec tenait ses engagements.

Pour des raisons politiques, il était hors de question pour les gouvernements européens de faire la moindre «concession» à Tsipras sur la dette. L’enjeu était d’humilier et d’obtenir une capitulation totale associée à une mise sous tutelle du pays.

Entre 1950 et 1980, la dette publique grecque est restée stable autour de 25 % du PIB. Sous Papandréou père, la crise et les taux d’intérêts élevés ont fait exploser la dette qui a atteint 100 % du PIB au début des années 1990. Après une période de stabilité entre 1993 et 2007, la dette s’est envolée à 170 % du PIB en 2011. C’est la conséquence de la crise mondiale, qui a été considérablement accentuée en Grèce par le cadre de l’euro.

La dette a alors été restructurée en 2012, non pas par générosité, mais pour tenter de la rendre «soutenable», c’est-à-dire que la Grèce continue à payer (un maximum) sans faire défaut. Les créanciers privés (principalement les banques) ont subi une perte d’environ 50 % de leurs créances. 107 milliards de dette ont été effacées. Concrètement, les créanciers ont échangé leurs anciennes obligations contre des nouvelles de valeur plus faible et de durée plus longue. En outre, les créanciers publics se sont substitués aux créanciers privés.

Aujourd’hui, les États européens, via le FESF (fonds européen de stabilité financière) ou par des prêts bilatéraux, détiennent environ 60 % de la dette grecque, et la BCE et le FMI un peu moins de 10 % chacun. La Grèce « bénéficie » en outre d’une période de grâce (suspension des remboursements) de 10 ans pour les prêts du FESF.

Non à la restructuration, oui à l’annulation totale! Aujourd’hui, la dette publique est plus faible qu’avant la restructuration de 2012, mais comme le PIB a chuté en parallèle, elle n’a pas baissé en pourcentage du PIB. Elle est de 315 milliards, soit plus de 175 % du PIB. Elle est donc toujours insoutenable et une nouvelle restructuration est objectivement nécessaire.

Le FMI anticipe désormais une dette à 200 % du PIB d’ici deux ans, et suggère trois solutions pour rendre soutenable la dette : une période de grâce de 30 ans sur les prêts européens, des transferts annuels européens à la Grèce ou un effacement « haircut » partiel de la dette de l’ordre de 30 % du PIB (environ 50 milliards). La piste des transferts est hors sujet car il faudrait qu’il existe un État européen fédéral. Celle d’un haircut est explicitement exclue par l’accord du 13 juillet. La seule piste envisageable est celle d’une restructuration sans effacement de la dette : suspension de certains remboursements, baisse des taux d’intérêts, etc.

Restructurer la dette, c’est le traitement classique d’une dette insoutenable dans un cadre capitaliste. C’est la solution défendue par les libéraux et les antilibéraux, avec des nuances sur l’importance de la restructuration. Mais la logique est la même : alléger le fardeau sans le faire disparaître, pour que le système continue à fonctionner.

Notre logique est opposée : annuler totalement la dette pour que le fardeau disparaisse. Cela implique de dynamiter le système pour en construire un autre, émancipé du crédit lucratif et de la propriété capitaliste. Gaston Lefranc Vendredi 24 Juillet 2015

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23 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

aris chatzistefanou: si la rébellion contre l’austérité persiste, ils joueront la carte du fascisme (cadtm)

humour grec

Humour grec source:http://la-feuille-de-chou.fr/archives/83434

Comment jugez-vous l’accord imposé à Alexis Tsipras par les créanciers et ratifié par la Vouli malgré le « non » massif exprimé par le peuple grec lors du référendum du 5 juillet ?

Aris Chatzistefanou. Pour moi cet accord est une capitulation totale, je n’ai pas d’autre mot. Pour la première fois depuis quarante ans, le peuple grec avait enfin la possibilité de s’exprimer, de décider de son futur et ce gouvernement a finalement décidé de tourner le dos à l’expression de la volonté populaire en reprenant des négociations menant à la même impasse qu’avant le référendum. C’est à se demander s’ils voulaient vraiment gagner ce référendum, s’ils n’espéraient pas un résultat plus serré pour se revendiquer d’un mandat trop confus pour aller à la confrontation. Cela crée une situation de danger, pas seulement pour la Grèce, mais pour toute la gauche en Europe.

Walter Benjamin disait du fascisme qu’il prospère sur les décombres des révolutions perdues. En ce sens, si la gauche grecque perd cette bataille, cela enverra un message négatif à tous les partis progressistes et à tous les militants de gauche en Europe mais surtout, cela libèrera l’espace pour les nazis d’Aube dorée, qui sont les héritiers en ligne directe des collaborationnistes grecs durant l’occupation allemande. Ils auront l’opportunité de se présenter comme les seuls représentants d’une ligne anti-système, anti-austérité. Dans la nuit de la ratification de l’accord, leur chef, Nikolaos Michaloliakos, s’est approprié un vocabulaire de gauche pour critiquer le capitalisme, l’Union européenne, la zone euro. Nous sommes face à un sérieux danger.

Cette capitulation tient-elle seulement à la volonté du Premier ministre grec, du gouvernement Syriza ? Que dites-vous de l’odieux chantage des créanciers, des institutions européennes, des autres chefs d’Etat et de gouvernement de la zone euro ?

Il ne s’agit pas seulement de chantage. Nous avons assisté à un coup d’État. De la même façon, la Banque centrale européenne était intervenue en 2011 pour renverser le gouver- nement Berlusconi en Italie. Peu importe ce qu’on pense de Berlusconi : c’était un coup d’Etat financier. La BCE s’était alors employée à faire monter délibérément les taux d’intérêts de la dette, pour faire tomber un gouvernement élu. George Papandréou a subi le même sort, il a été remplacé par un banquier non élu, Lucas Papademos, incarnation d’une dictature de la finance. Je ne le nie pas : le gouvernement Tsipras a été pris au piège et s’est retrouvé dans une position très dangereuse. Mais cela tient aussi à leurs erreurs. (…)

Vos films décrivent le saccage démocratique qui a accompagné les politiques d’austérité imposées au peuple grec. La dette est-elle devenue un régime politique ?

Absolument. Leur stratégie n’est plus celle de l’intervention militaire. Ils se contentent de dicter leurs choix en contrôlant, via la Banque centrale européenne, les flux de capitaux en direction des pays endettés. Pour l’instant, nous n’avons pas d’armes pour répondre à ce genre d’agression. C’est la même chose que d’envoyer des chars ou des troupes au sol. Vous n’avez pas besoin de tuer des gens, quoique… (…)

Pourquoi le choix de la Grèce comme terrain d’expérimentation de ce néolibéralisme autoritaire ?

Bien sûr ce sont les failles architecturales de la zone euro qui ont crée et aggravé le problè- me de la dette mais les défauts structurels de l’économie grecque ont fait du pays un maillon faible. Peut être aussi la Grèce a-t-elle été prise pour cible parce que son peuple est enclin à la rébellion. En détruisant l’économie de la Grèce, ils tentent aussi de réduire au silence l’une des sociétés les plus politisées d’Europe.

D’où vient cette tradition de délibération et de résistance ?

Peut-être que la guerre civile n’a jamais vraiment pris fin. Nous sommes le seul pays d’Euro- pe où les collaborateurs des nazis ne se sont pas retrouvés dans la position des vaincus. Ils ont gagné la guerre civile et sont devenus l’armature de l’appareil d’Etat et de la classe bour- geoise, ils ont pris part à la dictature des colonels. Désormais leurs enfants, leurs petits-enfants sont les complices les plus loyaux de cette dictature financière. La gauche, elle, même réprimée, a su entretenir l’esprit de résistance et garder sa clairvoyance : nous devions survivre dans cet Etat contrôlé par les vieux ennemis de la Grèce.

Comment expliquez-vous la résistance des Grecs à l’austérité, sur une si longue durée ?

Il n’y a pas d’autre choix ! Ce n’est pas seulement la posture de la Pasionaria, « mourir debout plutôt que vivre à genoux ». Certains parlent de « dignité », pour moi ce n’est pas une affaire de dignité, simplement il n’y a pas d’autre solution. Nous avons subi ces cinq derniè- res années deux mémorandums qui ont détruit l’économie grecque. Nous avons commencé avec une dette à 115% du PIB et après la période dite de «sauvetage», elle est montée à 180% du PIB. Les nouvelles projections évoquent une dette à 200% du PIB avec ce troisiè- me mémorandum. Nous avons perdu un quart du PIB. Il n’y a aucun précédent historique dans un pays qui n’est pas en guerre. Nous avons 1,5 millions de chômeurs. Plus de la moitié de la jeunesse est privée d’emploi. Dire « stop », ce n’est pas une histoire de dignité, c’est une affaire de survie.

L’opposition entre le « oui » et le « non » au référendum a mis au jour un fort clivage de classe. Cela laissera-t-il des traces ?

Aris Chatzistefanou. Il est toujours bon de revenir aux fondamentaux, à la lutte des classe. La cartographie électorale du « non » et du « oui » révèle une claire conscience de classe. Mais ceci posé, je crains que la droite et l’extrême-droite ne tirent avantage de cette situation. Le système lui même, s’il constate que cette rébellion du « non » ne s’éteint pas, sera tenté d’instrumentaliser le fascisme pour dévoyer le mouvement populaire. Nous en sommes à ce point très critique. Bien sûr, l’histoire ne se répète pas, si ce n’est sous forme de farce, mais cela me rappelle 1923 lorsqu’Hitler, après l’échec du putsch de la Brasserie, a été mis en prison pour quelques mois. Au fond nous sommes dans la même position, avec toute la direction d’Aube dorée en prison ou en procès.

Cette victoire des usuriers de la Grèce va-t-elle entraver la montée des forces anti-austérité ailleurs en Europe, en Espagne en particulier ?

(…) Personnellement, j’attends de Podemos quelque chose de plus radical. Je ne suis enthousiasmé ni par leurs propositions, ni par leur stratégie. Ils sont bien plus modérés que Syriza qui, déjà, est un parti de gauche modéré. Mais c’est une évidence, ce qui se passe en Grèce est déterminant pour le devenir du mouvement contre l’austérité partout en Europe. J’espère que les militants de Syriza, majoritairement opposés à cet accord, ne s’en tiendront pas là et, surtout, que le peuple grec trouvera les ressources pour réagir. (Résumé)

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui 21 juillet : Le réalisateur a signé les documentaires « Debtocracy », « Catastroïka » et « Fascism Inc. ». Il est aussi cofondateur du magazine critique Unfollow. Retour sur une défaite grecque aux conséquences incertaines. Athènes (Grèce), envoyée spéciale.

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17 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

cinq preuves que le plan de réformes imposé à la grèce n’est pas réaliste (france tv)

alexis ts

De nombreux économistes doutent de l’efficacité des mesures d’austérité négociées par les créanciers d’Athènes, en échange d’un nouveau plan d’aide.

Le compromis d’accord signé le 13 juillet entre Athènes et ses créanciers va-t-il vraiment sauver la Grèce ? Alors que la version finale du texte n’a pas encore été déterminée, de nombreux économistes s’interrogent sur la pertinence de ce plan de réformes, qu’ils jugent irréaliste, punitif et non-viable.

1-Des premiers effets négatifs sur l’économie

L’accumulation des mesures d’austérité prévues dans le plan d’aide aura dans un premier temps un effet négatif sur la croissance du pays : les hausses et les baisses des dépenses publiques vont augmenter le poids de la dette publique, déjà estimé à 177% du PIB. Au total, certains économistes prévoient une contraction budgétaire de plus de 6 milliards d’euros en 2015 et 2016, soit 3,6% du PIB. « Un objectif délirant surtout quand on sait que la Grèce est en récession depuis 2014″, avertit l’économiste Diego Iscaro, cité par Le Monde.

Pour Joseph Stiglitz, ce nouveau plan de rigueur démontre même que la « troïka » n’a rien appris de ses erreurs. Le prix Nobel d’économie estime ainsi que l’histoire va se répéter.  « Tout l’argent, qui devait revenir au peuple grec, est revenu aux banques allemandes et françaises. Ce n’était pas un plan de sauvetage pour la Grèce mais pour les banques européennes », explique-t-il dans une interview à Al Jazeera (en anglais). Et Joseph Stiglitz de conclure : « Demander plus à la Grèce tient de l’inconscience. ». (…)

2-Des délais de réalisation trop courts

Lors de l’accord du 13 juillet, les créanciers ont donné très peu de temps à la Grèce pour prendre un certain nombre de mesures telles que la hausse de la TVA, la baisse des pen- sions de retraites, la mise en place d’un conseil fiscal de surveillance de la dette... « Angela Merkel et les autres chefs d’Etat européens ont contraint la Grèce à des mesures encore plus draconiennes avant de pouvoir éventuellement discuter d’un tel financement », dénon- cent dans une tribune publiée dans Libération les économistes Hélène Tordjman et Dany Lang. Quel pays peut faire de telles réformes en si peu de temps ?

Autre délai jugé « irréalisable » : les créanciers ont donné aux Grecs jusqu’au 22 juillet pour qu’ils puissent refondre leur Code civil afin de permettre une accélération des procédures judiciaires et une réduction de leurs coûts. Ce délai était comparé aux « douze travaux d’Hercule » par le blogueur Olivier Berruyer et a été moqué par de nombreux internautes sur Twitter, comme le montre Slate.fr.

3- Un système administratif grec défaillant

En plus d’accorder des délais réduits pour mettre en place des réformes structurelles, les créanciers semblent ne pas bien connaître la situation de la Grèce. L’application des réfor- mes demandées par les institutions européennes va en effet se heurter à bons nombres d’obstacles : lenteur du système judiciaire et administratif, résistance des syndicats et opposition d’un peuple grec épuisé par six années d’austérité… (…)

4-Des privatisations impossibles

Une autre interrogation porte sur la création d’un fonds de privatisation. L’objectif de ce fonds est d’engranger 50 milliards d’euros à travers la privatisation de secteurs de l’écono- mie grecque, comme le port du Pirée ou la Compagnie nationale d’électricité. Cette somme servira pour moitié à restructurer les banques et pour l’autre moitié à investir. « La somme attendue, 50 milliards d’euros, est proprement délirante, car cette estimation ne repose sur rien et les précédents gouvernements sont à peine parvenus à privatiser pour 10 milliards en cinq années d’austérité dure », dénoncent Hélène Tordjman et Dany Lang dans Libé. En cause : le prix des actifs privatisables a beaucoup chuté avec la récession. (…)

5-Un « Grexit » toujours sur la table ?

Une des victoires de l’accord du 13 juillet est le maintien immédiat de la Grèce dans la zone euro. Mais pour combien de temps ? Selon certains économistes, l’accord trouvé ne fait que reculer l’éventualité d’un « Grexit ». Pour les analystes du Crédit suisse, par exemple, les mesures votées sont les plus « lourdes en termes d’austérité »« Il y a 30% de chance que la Grèce sorte de la zone euro à cause des mesures imposées par l’accord », expliquent-ils ainsi sur le site Business Spectator. Et personne ne peut encore peser les conséquences de plusieurs semaines de fermeture des banques et de paralysie de l’économie que connaît le pays depuis le 29 juin. Pour Paul de Grauwe, professeur à la London School of Econo- mics, « le prix de l’accord est très élevé et le résultat, c’est que la Grèce se maintiendra dans la récession pour un certain nombre d’années ». (Résumé)

Par Elise Lambert Mis à jour le 17/07/2015 | 06:39
http://www.francetvinfo.fr/monde/grece/cinq-preuves-que-le-plan-de-reformes-impose-a-la-grece-n-est-pas-realiste_1001165.html

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16 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

les grecs ne paient pas leurs impôts (cadtm)

dessin-humour-immobilier

Ils ont vécu au-dessus de leurs moyens: FAUX ET ARCHI FAUX !

Dans les médias dominants, on entend souvent que la crise en Grèce serait notamment due au fait que les Grecs ne paient pas leurs impôts. Mieux : ne pas payer ses impôts en Grèce serait un sport national. Cette affirmation ne résiste pas à l’examen des faits : la grande majorité des citoyennes et citoyens grecs paient leurs impôts. En effet, en 2009, 77,5 % des contribuables étaient des salariés ou des pensionnés, et payaient donc leurs impôts directement à la source!

«Les Grecs ne paient pas leurs impôts»: FAUX!

Il ne s’agit aucunement de nier que l’administration fiscale grecque puisse être déficiente à certains niveaux, mais on ne peut certainement pas en conclure que les travailleuses et travailleurs grecs ne paient pas leurs impôts. En réalité, ce sont essentiellement les grandes entreprises et les citoyens grecs fortunés qui eux ont pu, de manière légale ou illégale, éviter de payer des impôts.

«Les Grecs ont vécu au-dessus de leurs moyens» : ARCHI FAUX!

Depuis plusieurs années, que ce soit à la télé, à la radio ou dans la presse écrite, nous entendons que s’il y a une crise de la dette en Grèce, c’est parce que l’État aurait gaspillé l’argent et beaucoup trop dépensé, pour les salaires, les pensions, les services publics, etc. Les Grecs auraient donc profité depuis trop longtemps d’un système bien trop favorable et totalement insoutenable du point de vue des finances publiques. Bref, les Grecs auraient vécu au-dessus de leurs moyens.

Cette affirmation est également fausse : sur la période 1995-2009, les dépenses publi- ques en Grèce ont été en moyenne de 48% du PIB, ce qui est inférieur à la moyenne des dépenses publiques des onze pays ayant adopté l’euro en 2000 (48,5%) |1|. L’État grec, n’a donc pas plus dépensé que les autres États de la zone euro. La dette publique grecque ne provient pas d’un excès de dépenses sociales, mais bien des 8 facteurs suivants :

1) Des taux d’intérêt très élevés payés aux créanciers. Ces intérêts ont profité directe- ment aux grandes banques privées européennes, en particulier françaises, allemandes, hollandaises, mais aussi grecques. Ce facteur représente environ 65 % de l’augmentation de la dette entre 1980 et 2007.

2) Des dépenses militaires excessives, dont beaucoup sont marquées d’irrégularités, de fraude et de corruption, et qui ont profité directement aux vendeurs d’armes, en particulier allemands et français.

3) Des contrats surfacturés ou frauduleux obtenus via la corruption de la classe politique grecque qui a gouverné le pays avant 2015 par de grandes entreprises étrangères. Citons par exemple l’entreprise allemande Siemens, qui est accusée – tant par la justice allemande que grecque- d’avoir versé des pots de vin au personnel politique, militaire et administratif grec pour un montant d’environ d’1 milliard d’euros. Le principal dirigeant de la firme Siemens, qui a reconnu avoir «financé» les deux grands partis grecs (PASOK et Nouvelle Démocratie), s’est enfui en 2010 en Allemagne et la justice allemande a rejeté la demande d’extradition introduite par la Grèce |2|.

4) Des réformes fiscales socialement injustes, en particulier la diminution de l’imposition sur les bénéfices des sociétés, qui est passée de 40 % en 1995 à 25 % en 2009, et qui a permis aux grandes entreprises d’éviter légalement de payer des impôts.

5) Une administration fiscale corrompue et un système de collecte de l’impôt déficient, essentiellement au bénéfice des grandes entreprises et du 1% le plus riche de la population grecque qui, via des pots de vin, ne payaient pas leur dû.

6) Des fuites illicites de capitaux, estimées à 200 milliards d’euros rien que pour la période 2003-2009. Ajoutons que cette évasion fiscale a été favorisée par le système mis en place par l’Union Européenne. Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie, déclare: «Les diri- geants européens et occidentaux critiquent la Grèce pour son incapacité à collecter l’impôt. Dans le même temps, les occidentaux ont créé un système d’évasion fiscale mondial… et les pays avancés essayent de contrer l’effort global pour stopper l’évasion fiscale. On ne peut pas être plus hypocrite |3| »

7) Les prêts dit de « sauvetage » de 2010 et 2012 qui n’ont pas servi à aider la Grèce, mais bien à sauver les banques grecques et étrangères (en particulier françaises, alleman- des et hollandaises) qui avaient spéculé sur la dette grecque. Plus de 80% des 240 milliards de prêts faits à la Grèce dans le cadre des deux memoranda 2010 et 2012 ne sont jamais arrivés en Grèce, mais sont repartis directement dans les coffres de ces quelques grandes banques privées.

8) Les politiques d’austérité qui n’ont fait qu’aggraver la situation. Il existe en effet un lien direct entre, d’une part, l’application des mesures d’austérité et, d’autre part, la récession économique et l’augmentation de la dette. Ajoutons que le FMI lui-même a admis dans un document confidentiel qu’il savait que les politiques d’austérité allaient inévitablement provoquer un désastre économique et une explosion de la dette.

Conclusion

La Grèce a commis des erreurs ces dernières années et décennies, c’est une évidence. Mais qui a commis ces erreurs, qui est en responsable et qui en a profité ? Certainement pas la majorité des citoyens mais bien une minorité privilégiée ainsi que les dirigeants politi- ques corrompus des gouvernements précédents. Il n’est donc pas acceptable de faire payer à la population le prix de ces erreurs et une dette dont elle n’est pas responsable et dont elle n’a pas profité. Ajoutons que cette dette est d’autant plus impayable que, comme la Com- mission pour la Vérité sur la dette l’a démontré dans son rapport préliminaire, une grande partie de celle-ci est illégale et illégitime.

15 juillet par Olivier Bonfond , Thanos Contargyris

http://cadtm.org/Les-Grecs-ne-paient-pas-leurs,11969

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09 juillet 2015 ~ 0 Commentaire

grèce: à qui profite la crise? (cadtm)

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À qui profite la crise ?Selon Éric Toussaint, les pre­miers à trouver de l’intérêt dans la crise grecque, ce sont les institutions européen­nes elles-­mêmes.

« Telles qu’elles sont composées actuellement, avec des orientations néolibérales évi­dentes, c’est clair qu’elles ont intérêt à démontrer à l’opinion qu’on ne peut pas rompre avec les politiques d’austérité… » Comme un mes­sage à faire passer à d’autres États membres, comme l’Italie ou l’Espagne. « Oui, et même aux Belges et aux Allemands, même si on ne vit pas la crise avec la même acuité que les Grecs », ajoute le président du CADTM. 

Mais ce n’est pas tout. On sait que la crise grecque se déroule aussi sur fond de privatisations en série. « On a bradé les prix, rap­pelle Éric Toussaint. Tsipras a fait des concessions importantes, comme accepter la poursuite de la privatisation du port du Pirée, acheté par les Chinois à un prix in­téressant. Des entreprises françai­ses et allemandes ont aussi fait des affaires via ces privatisations. »
Et puis, il y a les fonds « vau­tour », qui achètent des titres grecs à un très faible pourcen­tage de leur valeur tout en exi­geant un remboursement sur 100 % de la valeur.

Le malheur des uns…

« C’est la même chose pour la BCE : en 2011, elle a acheté des ti­tres grecs en 2011 à des banques françaises ou allemandes comme BNP-­Paribas, Commerzbank… qui voulaient s’en débarrasser. La Ban­que centrale les a achetés à 70 % de leur valeur. Elle en attend un rem­boursement à 100 %. C’est une plus­-value énorme. Le FMI, qui a perçu environ 3 milliards de dollars en intérêts depuis 2010, fait des gains aussi », développe Éric Toussaint.
Il pourrait encore ajouter les quelque 350 000 jeunes haute­ment qualifiés, « ceux qui ont quitté la Grèce pour l’Allemagne où ils acceptent des salaires de 500 à 600 € par mois… C’est aussi une fa­çon de profiter du malheur d’un pays. »

Éric Toussaint, Angela Merkel dit que les conditions ne sont pas réunies pour reprendre les négociations. Ça vous étonne ?

Non. En même temps, les Européens auraient intérêt à donner l’impression qu’ils sont ou- verts à la négociation. De toute façon, on sait qu’il y aura à nouveau un partage des rôles. Un bon flic et un mauvais flic. Merkel fera le mauvais flic, pendant que Juncker (président de la Commission européenne) offrira une cigarette à Tsi­pras. « Allez, on va discuter, viens me voir à Bruxelles… »

Qui pèse sur les décisions ? Qui négocie en réalité ? Les créanciers ? Les politiques ?

C’est très politique, je pense. Ça se passe vraiment entre diri­geants politiques de très haut plan. Il y a Merkel et Schaüble (ministre allemand des Finan­ces), Hollande, Juncker…

Et la Banque centrale européenne ? Et le FMI ? Ils ne sont pas autour de la table ?

Eux, ils interviennent pour sanctionner la décision quand elle est prise entre chefs d’État. Si les États­ Unis et les gouverne­ments clés de l’Union euro­péenne, comme l’Allemagne et la France, étaient en désaccord avec Christine Lagarde (FMI), elle s’adapterait parce que son autonomie est limitée. Draghi (BCE) quant à lui est l’interface entre les banques privées et le monde politique. Pour les créanciers européens, l’enjeu n’est pas financier. Il est politi­que.De toute façon, on sait qu’il y aura à nouveau un partage des rôles. Un bon flic et un mauvais flic…

Politique ? Il y a quand même des milliards en jeu…

En Grèce, les caisses sont vi­des. Pour eux, il y a un vrai pro­blème financier. En juillet­ août, les Grecs doivent payer plus de 6 milliards à la BCE. C’est lourd pour la Grèce. Mais pour la BCE, ça ne compte pas. C’est un moyen de pression pour impo­ser les règles néolibérales aux autorités grecques.

On a en effet un peu l’impression que ce qui compte, ce n’est pas tant la dette que la pression sur Athènes pour mettre en place des réformes.

Oui, tout à fait. Les sommes en jeu sont finalement margina­les. Et les remboursements à verser directement aux États comme la Belgique ne doivent commencer qu’en 2020. On pourrait donc annuler une par­tie de cette dette sans conséquence majeure pour les créan­ciers. Varoufakis avait d’ailleurs proposé à la BCE de reprendre tous les titres grecs pour en faire des titres perpétuels. Ce qui est faisable, avec un coût limité. Mais alors la BCE se privait d’un moyen de pression.

Pourquoi ce départ de Varoufakis ?

Les Grecs veulent un accord. Il fallait supprimer l’argument évoqué par les créanciers selon lesquels il est difficile de négo­cier avec Varoufakis.

Que sont devenues les conclusions de l’audit sur la dette que vous avez présidée ? Vous confirmiez à la mi-juin que la dette grecque était illégitime et illégale.

Oui. Et à ce titre, le gouverne­ment grec pourrait décider tout seul de suspendre ses rem- bour­sements. Ce qui ne veut pas dire les abandonner. Mais c’est le seul moyen dont dispose un État pour faire pression sur son créancier. Tsipras va­-t­-il activer ce moyen-­là ? Je ne sais pas.

Source: Quotidien L’Avenir, 8 juillet par Eric Toussaint , Pascale Serret

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 dans Crise

Eric Toussaint est maître de conférence à l’université de Liège, préside le CADTM Belgique et est membre du Conseil scientifique d’ATTAC France. Il est coordonnateur de la Commission pour la Vérité sur la dette publique de la Grèce créée le 4 avril 2015.

http://cadtm.org/Grece-A-qui-profite-la-crise

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