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03 août 2013 ~ 0 Commentaire

Scop: première loi pour les travailleurs ?

Scop: première loi pour les travailleurs ? dans Crise lip

Au moment où les affirmations gouvernementales en matière de chômage et de croissance sont chaque mois mises en doute par la réalité des chiffres, un projet de loi sur l’économie sociale et solidaire (ESS) va tenter de redorer l’image du pouvoir.
Le secteur visé dit de l’économie sociale et solidaire couvre environ 10 % de l’activité en France, tant du point de vue du nombre de salariéEs (2, 4 millions) que du point de vue du produit intérieur brut, et regroupe des types d’activités très différentes. On trouve pêle-mêle l’action sociale, l’offre de soins, les sports et loisirs, l’éducation et la formation, les banques et assurances, l’agriculture, l’industrie, la construction, le logement social, la distribution, l’artisanat… Censées être « différentes » soit dans le fonctionnement soit dans les objectifs non lucratifs, les entreprises ou associations concernées ont des histoires et des profils divers et souvent peu différents des secteurs classiques. La loi sur l’ESS est censée encadrer ces ­fonctionnements et ces objectifs tout en donnant accès à des moyens financiers importants (500 millions via la Banque publique d’investissement). Mais l’espoir résidait dans la possibilité, donnée aux salariéEs, de reprise d’une entreprise abandonnée ou vendue au plus offrant par des patrons ou des groupes préférant gagner plus avec d’autres choix financiers.

Une loi de gauche « Canada Dry » Le projet de loi oblige seulement l’employeur des entreprises de plus de 250 salariés à informer ceux-ci deux mois avant la vente effective. Mais il restera libre de céder au prix qu’il souhaite et au candidat de son choix, le plus intéressant pour lui.
Même si c’est encore trop pour Gattaz et le Medef qui dénoncent une loi qui « nuit à la liberté et à la motivation des entrepreneurs », on est très loin des promesses de Hollande ou de Montebourg sur l’obligation de céder les entreprises à celles et ceux qui souhaitent poursuivre l’activité en cas de désengagement du patron. On est loin du respect, de la prise en compte du combat, des exigences des salariéEs en lutte depuis des mois voire des années chez de Fralib, Pilpa, ou M-real. Les voies ouvertes par les Scop sont loin d’être toujours simples (1), mais même cette petite possibilité d’intrusion dans le pouvoir patronal est encore trop audacieuse pour ce gouvernement.

Robert Pelletier
1- Voir articles dans Tout est à nous ! hebdomadaire n°138 et la revue mensuelle n°41 et 42.

Vendredi 2 août 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 206 (01/08/13)

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28 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Rapport INSEE : faim… de l’austérité

Rapport INSEE : faim... de l'austérité dans Austérité dessin-famine-14

La crise économique n’épargne aucun domaine.

Ainsi, l’année 2013 aura été celle de tous les scandales alimentaires. Après l’affaire de la viande de cheval, le retour de la faim pour les plus pauvres d’entre nous… Il n’y a pas de hasard dans cette course à la production de plats au plus bas coût, quitte à y mettre du « minerai de viande » d’âne ou quoi que ce soit qui ressemble à de la viande : en temps de crise, le budget alimentaire des salariés se contracte. Après l’accès aux soins, l’épargne et les loisirs, c’est le budget alimentaire qui est égratigné comme le relève un rapport récent de l’INSEE sur les compor- tements de consommation, rapport paru ce 10 juillet.
De plus en plus de ménages « ne parviennent pas à faire face aux dépenses alimentaires », soit en langage de tous les jours con- naissent ou sont menacés par la faim. C’est cette part du budget que les ménages les plus modestes ont le plus réduit, 9 points entre 1979 et 2005, tandis que ces mêmes personnes reconnaissent que si leurs ressources augmentaient de 10 %, cela irait en priorité vers plus de dé- penses alimentaires (16 % des interrogés contre 11 % en 2005).

Reculs en Grèce Comme partout ailleurs, les disparités entre pauvres et riches se creusent de plus en plus : les 20 % de ménages les plus riches dépensent 2, 5 fois plus que les autres. Pas étonnant de voir le nombre de repas servis par les Restos du cœur ou la Banque alimentaire augmenter de 15 % cette dernière année, à tel point que les responsables de ces structures tirent désormais la sonnette d’alarme à chaque début d’année devant l’état de catastrophe sanitaire qu’ils ne peuvent plus assumer seuls.
Là où la crise touche plus violemment les salariéEs, les chiffres sont éloquents et montrent que partout en Europe, la faim redevient un problème de masse. En Grèce par exemple, ce sont près de 10 % des écolierEs qui sont menacéEs par l’insécurité alimen- taire, tandis que les 8 premiers mois de l’année 2012, les ventes de biens alimentaires y avaient baissé de 8, 2 %. Le véritable visage de la crise et des politiques de l’austérité, paupérisation, misère et faim, nous montrent à quel point qu’il est urgent de faire cesser ces politiques austéritaires, en France comme partout en Europe.

Thibault Blondin Jeudi 25 juillet 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 205 (25/07/13)

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28 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Industrie automobile : “Les pays de l’UE indignés envers le gouvernement allemand” (PE)

Industrie automobile : “Les pays de l’UE indignés envers le gouvernement allemand” (PE) dans Ecologie & climat

Le gouvernement allemand, qui s’oppose à un projet de limitation des émissions de CO2 par les automobiles, cherche des alliés pour le modifier, rapporte la Süddeutsche Zeitung.

Le quotidien rappelle que Berlin a déjà obtenu, le 26 juin dernier, un report du vote de ce texte par le Conseil européen. L’Allemagne chercherait ainsi à protéger son industrie automobile, productrice de grosses berlines, qui estime insatisfaisantes les conditions prévues pour assurer la transition vers des véhicules moins polluants. Le report du vote a été vivement critiqué par certains diplomates, cités par le journal, qui soulignent que “c’est la première fois qu’un compromis conclu, négocié entre le Parlement européen, la Commission et les partenaires est ainsi remis en question”. Presseurop Süddeutsche Zeitung, 26 juillet 2013

http://www.presseurop.eu/fr/content/news-brief/4005461-les-pays-de-l-ue-indignes-envers-le-gouvernement-allemand

 

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27 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Hollande et les banques : avoir un bon copain…

Hollande et les banques : avoir un bon copain... dans Crise bail1

La semaine dernière, Tout est à nous ! a rappelé comment les banques ont réussi à vider de leur substance la loi bancaire et la taxe sur les transactions financières.

Les derniers jours ont vu se dérouler un feuilleton éclairant autour des fonds des livrets d’épargne : les banques, qui avaient obtenu 25 mil- liards d’euros, ont réussi à monter à 30 et puis, après en avoir touché deux mots à leur ami président (lors d’un entretien à l’Élysée le 19 juillet), vont en avoir 50 ! Jusqu’en 2008, le livret A était distribué par les caisses d’épargne et les bureaux de poste au titre de leurs activités financières (désormais regroupées dans la Banque postale). Les fonds recueillis étaient centralisés par un organisme d’État : la Caisse des dépôts et consignations (CDC). La centralisation à la CDC permet d’affecter des fonds à des utilisations qui n’intéressent pas les banques. Ainsi, la mission première du Livret A, reste de financer les logements sociaux et la politique de la ville.

Mettre la main sur les milliards Il était intolérable pour les banques qu’une telle masse d’argent leur échappe (les sommes placées sur le livret A sont de 236, 8 milliards d’euros en mai 2013). La loi du 1er janvier 2009 leur a donc ouvert la distribution des livrets (livret A et ses cousins : livrets de développement durable et d’épargne populaire). Les banques revendiquent bien évidemment de garder une part de cet argent et donc de ne pas le transférer à la CDC. En contrepartie, elles sont supposées l’utiliser pour des prêts aux petites et moyennes entre-prises. En fait, elles interprètent la loi à leur manière pour limiter les prêts qui vont réellement aux PME : leur manque de transparence a été souligné par divers parlementaires et par un rapport officiel de 2012, le rapport Duquesne.
Cela n’a pas empêché les banquiers de repartir à l’offensive pour faire baisser la partie centralisée à la CDC et récupérer le maximum de fric. Le 10 juillet, la presse financière annonçait que les banques avaient obtenu une rallonge de 25 milliards d’euros. Le 19 juillet, Moscovici annonce que ce sera 30 milliards. Le 22 juillet, les Échos écrivent que, en réalité, ce sera au total 50 milliards ! 30 milliards tout de suite et 20 milliards à l’automne après un « bilan »… Les banquiers ont donc obtenu les 50 milliards qu’ils réclamaient au départ. Dans le même temps, le taux du livret A va passer à 1, 25 % à partir du 1er août, au lieu de 1, 75 % actuellement. En fait, les banques vont être les principales gagnantes du relèvement du plafond du livret A !

Au service des banques Le gouvernement prétendument « socialiste » se montre une fois de plus lamentable : le prétexte avancé (les ban- ques vont prêter davantage aux PME) ne tient pas la route. S’il en avait la volonté, l’État disposerait, grâce à la CDC, d’un outil pour la mise en œuvre de sa politique, notamment en matière de logement social. Il se dessaisit d’une partie de ce pouvoir au bénéfice des banques, celles-là mêmes qui ont fait la preuve de leur nocivité, comme l’attestent de multiples exemples ces dernières années.
Le ministère des Finances a déclaré que ce cadeau aux banques « permettra de faire face à la reprise attendue de l’éco- nomie » : on fait appel aux incendiaires pour calmer l’incendie (qui n’est pas prêt de se calmer par ailleurs) ! En fait, il s’agit une fois de plus de soutenir les banques françaises qui seraient fragilisées par de nouveaux soubresauts de la crise en Europe du Sud : « Tout cela est davantage fait pour améliorer les ratios des banques que pour financer l’économie », déclare la CGT de la CDC. Cette situation ne rend que plus nécessaire, légitime et urgente la socialisation de l’intégralité du système bancaire, comme l’affirme le programme du NPA.

Henri Wilno Samedi 27 juillet 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 205 (25/07/13)

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27 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

General Electric supprime 600 postes en France (OF)

 General Electric supprime 600 postes en France (OF) dans Crise licenciement_boursier

General Electric (GE) va supprimer au total quelque 600 postes en France, via des plans de restructurations lancés ces derniers mois dans différentes entités. Les secteurs finance et énergies sont les plus touchés.

5 à 6 plans sociaux« Nous avons recensé 620 postes qui vont disparaître d’ici à la fin de l’année ou au cours du premier semestre de l’année prochaine », a indiqué un syndicaliste membre du Comité de groupe de GE France, un nombre que la direction a qualifié de « proche de la réalité ». Selon un autre membre de ce Comité, GE France, qui est présent dans 20 métiers de l’énergie, des technologies médicale, des services financiers et l’industrie, a lancé « 5 à 6 plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) ».

Départs volontaires Un porte-parole de GE France a confirmé que ces chiffres étaient « proches de la réalité » et souligné que les plans, qui concernent des activités très différentes, avaient été « décidés entité par entité en fonction du contexte économique » afin de « sauvegarder la compétitivité ». Il a en outre indiqué que ces départs se feraient « essentiellement via des plans de départs volontaires ».

Dans les secteurs bancaires et de l’énergieLa filière finance sera la plus touchée car 400 postes doivent être supprimés dans ce seul périmètre, a indiqué à Régis Dos Santos, président du Syndicat national de la banque et du crédit SNB/CFE-GCC. Dans ce secteur, 222 postes doivent notamment être supprimés chez GE Money Bank (sur quelque 1 000 postes) et 33 dans la filiale qui fait du crédit immobilier, a précisé M. Dos Santos. À cela s’ajoutent une centaine de suppressions de postes dans l’énergie, un nombre du même ordre dans le secteur lié à l’industrie du pétrole (« oil and gaz »), une trentaine dans l’immobilier de bureau, ou encore dans une entité qui fait de l’affacturage.

« Licenciements boursiers » Pour M. Dos Santos, les suppressions de postes dans la finance ne sont pas justifiées économiquement car les activités sont « viables », et correspondent donc à des « licenciements boursiers ». Le syndicat compte assigner sous peu GE Money Bank au tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre pour contester le motif économique des suppressions de postes. GE France, présidé par Clara Gaymard, emploie 11 000 salariés dans l’Hexagone. Ses trois principaux sites de production sont à Belfort (GE Energy), à Buc (GE Healthcare) et au Creusot (GE Oil & Gas). Économie vendredi 26 juillet 2013

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-General-Electric-supprime-600-postes-en-France_6346-2215428_actu.Htm

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26 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Du nouveau autour du procès contre une figure emblématique du FMI et de la Banque mondiale (Cadtm)

Du nouveau autour du procès contre une figure emblématique du FMI et de la Banque mondiale (Cadtm) dans Austérité plutocrat-234x300

Début juillet 2013, le ministère public de la confédération helvétique (MPC) a requis une peine de deux ans de prison avec sursis et le paiement de 162.000 euros (200.000 francs suisses) |1| contre Jacques de Groote, ex-administrateur du Fonds monétairess international (FMI) et de la Banque mondiale (BM).

Contre les cinq Tchèques inculpés |2|, le MPC a requis cinq ans de prison et des amendes allant de 242 000 à 1,2 million d’euros (1,5 million de francs suisses). Selon différentes sources de presse, tous sont accusés d’avoir détourné les actifs de la société minière tchèque Mosteck Uhelna Spolecnost (MUS) entre 1997 et 2003. Au cours de l’instruction de cette affaire, le MPC avait ordonné la saisie de près de 660 millions de francs suisses (540 millions d’euros ou 705 millions de dollars) placés sur des comptes bancaires en Suisse. Cette somme reste sous séquestre. Le verdict devrait intervenir en octobre 2013. Si celui-ci confirme la requête du MPC, plus de 425 millions de francs suisses (344 millions d’euros) devraient être restitués aux lésés, selon les conclusions du MPC, soit 149 millions de francs suisses à l’État tchèque et 276 millions de francs suisses à la société MUS. Toujours selon le réquisitoire, la part de cet argent qui ne sera pas restituée à l’État tchèque et à MUS devrait être définitivement confisquée.

Le procès qui s’est ouvert en mai 2013 à Bellinzona (Tessin suisse) concerne l’une des plus importantes affaires de blanchiment jamais jugées en Suisse. Il se poursuit en juillet 2013 avec les plaidoiries des avocats de la défense. Les accusés plaident non coupables et demandent la restitution de l’argent mis sous séquestre. De son côté, le MPC affirme que les accusés ont profité de la priva-tisation de la mine MUS située dans le nord du pays – dont la houille servait alors à produire 40% de l’électricité tchèque – pour s’enrichir illégalement grâce à une architecture complexe de sociétés-écrans internationales.

Selon l’agence de presse tchèque, CTK, le gouvernement tchèque a été complice du détournement de biens publics car il a accepté de brader l’entreprise en vendant ses actions à un cinquième de la valeur réelle |3|. L’actuel président de la République tchèque, Miloš Zeman, néolibéral, était premier ministre au moment de la privatisation et a toujours affirmé que la vente de la mine MUS n’avait porté aucun préjudice à l’État |4|. Du coup, l’État tchèque ne s’est pas retourné contre les responsables de la fraude. Si la justice suisse ne s’était pas saisie de cette affaire, les accusés n’auraient pas été véritablement inquiétés.

Au-delà de la personne de Jacques de Groote La Banque mondiale et le FMI ont lancé un vaste programme de privatisation en République tchèque comme dans la plupart des autres pays de l’ex-bloc soviétique à l’époque où Jacques de Groote était directeur exécutif (son mandat a pris fin en 1991 à la BM et en 1994 au FMI).

Au-delà de l’individu Jacques de Groote, et quelles que soient les intentions de la justice suisse, le procès en cours doit être l’occasion de mettre en évidence à quel point l’action du FMI et de la Banque mondiale ont été préjudiciables. Manifeste- ment, la justice suisse se garde bien de mettre en cause ces institutions. Elle poursuit des individus. Cela ne doit pas nous empêcher de voir qu’au-delà des individus, il y a un système et des institutions qui leur permettent d’agir de la sorte ou qui les encouragent à le faire.

Il est important de comprendre que ce qui s’est passé en République tchèque avec la privatisation de la mine MUS s’est produit à de multiples reprises au cours des trois dernières décennies, que ce soit dans les pays de l’ex-bloc de l’Est, dans les pays dits « en dévelop-pement » ou aujourd’hui en Grèce, au Portugal, à Chypre et ailleurs. Dans presque chaque cas, les gouvernants locaux ont été complices : ils ont permis à une poignée d’individus et d’entreprises privées d’en tirer profit au détriment du bien commun. Cela s’est également passé dans les pays les plus industrialisés, que ce soit en Allemagne, en France, au Royaume Uni, au Japon, aux États-Unis, en Italie, en Belgique… pays dans lesquels, jusqu’ici, l’intervention du FMI et de la Banque mondiale n’a pas été nécessaire, puisque les décisions ont été prises directement par les gouvernants en rapport étroit avec de très grandes entreprises.

Pour que des détournements massifs d’argent public puissent avoir lieu, il faut également la participation active des grandes banques. Dans le cas de l’affaire qui nous concerne ici, le Crédit Suisse (une des deux principales banques suisses) est impliqué mais il n’est pas directement au banc des accusés. C’est aussi à souligner.

25 juillet par Eric Toussaint Lire la suite: http://cadtm.org/Du-nouveau-autour-du-proces-contre

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22 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

«Le ciment du pays, ce n’est pas le roi mais la dette publique !»

«Le ciment du pays, ce n'est pas le roi mais la dette publique !» dans Austérité philippe

Tous les Belges ne se réjouissent pas en ce royal week-end. La royauté ne fait pas l’unanimité, y compris chez les francophones. Avocat et ancien bâtonnier, Jean-Marie Dermagne est membre du Cercle républicain depuis sa création. Il n’a jamais caché ses idées antimonarchistes. Il s’en explique, avec un brin d’humour.

Que vous inspire la passation de pouvoir entre Albert et Philippe ? Albert et Philippe qui ? J’en connais des centaines… Plus sérieu-sement, c’est pour moi un non-événement absolu. Qu’un fils succède à son père dans une « affaire familiale » est d’une grande banalité. On se demande toujours si le fils sera à la hauteur de la tâche. Mais, comme la couronne de Belgique n’est pas bien lourde, puisque ce sont les conseillers et les ministres qui font tout le boulot, le fiston devrait pouvoir faire illusion quelque temps. Et puis le salaire est stimulant…

Pourquoi voulez-vous abolir la monarchie ? Je vous retourne la question. Comment se fait-il que certains, au XXIème siècle, veulent à tout prix garder un régime qui remonte à bien avant Nabuchodonosor et qui, par essence, est inégalitaire ? Mes valeurs, ce sont l’égalité, la fraternité et la liberté. Dans cet ordre-là. Tout ce qui octroie des privilèges, a fortiori lorsqu’on les inscrit dans les gènes, me révulse. La question n’est donc pas pourquoi abolir la monarchie mais pourquoi la conserver !

En Belgique, beaucoup pensent que le roi reste le ciment de l’union du pays. Sans roi le pays éclaterait. Une république serait-elle vraiment plus tranquille ? Si la Belgique a besoin, comme ciment, d’un roi le plus souvent muet et dont le rôle principal est de débiter des mièvreries écrites par d’autres, à la télé, deux fois par an, ou de « recevoir » aux frais de la princesse (ou plus exactement, de ses su- jets), c’est la preuve qu’elle est déjà une morte-vivante. Le ciment de la Belgique, c’est la dette publique ! Tout le monde le sait. Sans le casse- tête de la répartition de la dette, au demeurant colossale, Flamands et Wallons auraient déjà divorcé… Quant à la tranquillité, je ne suis pas sûr que la monarchie garantisse quoi que ce soit. C’est bien sous la monarchie que la Belgique a connu une crise politique d’une longueur histori- que qui a fait rire ou sourire toutes les républiques du monde. On attribue à Albert II la sortie de crise, il faut rappeler qu’il a d’abord ramé pendant 541 jours…

Un argument souvent évoqué par les antimonarchistes est le coût que représente la royauté. Mais une république ne coûte-t-elle pas aussi cher, voire plus ? Deux réponses à cela. Primo : dans une république, les dépenses du chef de l’Etat sont contrôlées. En Belgique, c’est depuis quelques semaines, et seulement à cause des révélations sur les « astuces » fiscales de Fabiola, que l’on songe à con- trôler ce que le roi et sa famille font des sommes pharaoniques que l’Etat leur verse chaque année. Lorsqu’une république se montre trop ‘bling-bling’, ça peut coûter la réélection à son président : on l’a vu avec Giscard d’Estaing et les bijoux de Bokassa et, plus récemment, avec Sarkozy, à qui les français n’ont jamais pardonné le goût du luxe du début de son quinquennat. Secundo : quand ils pensent à une république, les Belges voient ipso facto la France mais il y a des tas de pays où le président est à peine connu et vit de manière modeste. En Uruguay, le président Mujica a continué à vivre après son élection dans une fermette en touchant 900 euros par mois.

Le roi a si peu de pouvoir en Belgique qu’Herman Decroo (Open VLD) a souvent dit que la Belgique était une « monarchie républicaine ». D’accord avec lui ? Pas du tout. Son expression est antinomique. L’étymologie de monarchie, c’est le pouvoir confié à une seule personne alors que, pour la république, c’est la chose publique confiée à tous les citoyens. Depuis quelques années, la Belgique est une monarchie surveillée, certes, mais fondée sur un pacte, une sorte de donnant-donnant, entre le palais et le gouvernement. Le pouvoir de l’un doit rester occulte moyennant quoi l’autre fait des courbettes.

Qu’est-ce qui vous gêne dans le pouvoir du roi ? Son existence même ! Et les privilèges qui l’accompagnent. Le roi est au- dessus des lois. On a dû l’admettre récemment à propos de la recherche en paternité lancée par la malheureuse Delphine Boël. Même si le roi tue sa femme ou renverse un enfant à moto, personne ne peut l’interpeller ou le condamner. Me déplait aussi le fait que, même s’il se montre simple et gentil avec les ‘‘petites gens’’, son seul ‘‘cercle’’, au roi, c’est la noblesse. Qu’il puisse élargir son cercle en faisant barons des roturiers enrichis me fait sourire, tant c’est anachronique. Je suis dérangé par l’influence qu’il a sans rien devoir demander, uniquement parce qu’il est une « majesté ».

La N-VA est un parti républicain. Des membres du parti nationaliste flamand sont inscrits, comme vous, au cercle répu- blicain, cela ne vous gêne pas ? Pas du tout. Toutes les républiques du monde sont peuplées de gens et d’électeurs de droite comme de gauche. La N-VA est présentée, côté francophone, comme un épouvantail, un répulsif, un croque-mitaine ! Même si je suis en désaccord total avec elle sur le terrain économique et social, comme sur quasiment toutes les questions dites de société, je veux pouvoir combattre ses idées « à découvert » et je trouve indigne qu’elle soit écartée d’un gouvernement juste parce que le roi n’en veut pas et que ce véto arrange les autres partis politiques flamands.

Les socialistes, encore républicains dans les années 1950, sont devenus les plus ardents défenseurs de la monarchie. Comment jugez-vous cette conversion ? C’est pour moi comme le mystère de la grande pyramide ! L’idée républicaine est consubs- tantielle au socialisme. Voir une ministre socialiste, comme Laurette Onkelinx, que j’apprécie par ailleurs, jouer les starlettes au palais de Laeken m’afflige. Personne n’est dupe : tous les socialistes sont républicains. « De coeur », comme disent la plupart. Ce qui se cache derrière l’expression « monarchiste de raison », c’est tout simplement une manœuvre pour rester au pouvoir. Paris valait bien une messe, selon Henri IV. Elio Di Rupo ou d’autres au sein de son parti, se disent qu’une présence au gouvernement et, surtout, un poste de premier ministre valent bien d’endosser de temps à autre des habits de laquais à Laeken…

Une monarchie parlementaire à la belge, n’est-elle pas aussi démocratique qu’une république monarchique comme on qualifie souvent la Vème république française ? Cessons de considérer la Vème république française comme un modèle. Le prési- dentialisme ‘‘à la française’’ est, je le pense, une erreur historique. Je suis davantage séduit par la VIème république promue par Jean-Luc Mélenchon en France. Un président peut n’avoir qu’un rôle de médiateur charismatique. Côté francophone, on agite le spectre du président systématiquement flamand. Moi, ça ne me dérange pas puisque les Flamands sont majoritaires. Pour autant que les pouvoirs soient limités. C’est moins grave que des premiers ministres exclusivement flamands se succédant à la queue leu-leu comme ce fut le cas pendant des décennies jusqu’à la « pochette surprise » que fut la nomination d’Elio Di Rupo. Même si le futur président belge est élu au suffrage universel, la langue n’est pas rédhibitoire. Je pense qu’un francophone de gauche votera plus spontanément pour un Flamand de la même tendance que pour un réactionnaire wallon ou bruxellois francophone.

Propos recueilli par  Thierry Denoël samedi 20 juillet 2013 à 10h30

http://www.levif.be/info/actualite/belgique/le-ciment-du-pays-ce-n-est-pas-le-roi-mais-la-dette-publique/article-4000354899122.htm

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21 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Transport aérien : quand la sécurité décroche

Transport aérien : quand la sécurité décroche dans Austérité wtf-is-this-low-cost-airlin

Le crash d’un B777 d’Asiana Airlines le 6 juillet à San Francisco (3 mortes et près de 200 blesséEs)reposent une série de questions sur la sécurité aérienne.
Les rapports ne sont pas encore complets pour déterminer les causes du crash et comme toujours dans ces cas-là , il n’y aura pas de cause unique. Compagnies et constructeurs feront le maximum pour reporter la responsabilité sur les erreurs de pilotage. Mais même sur ce point, il faut souligner que le commandant de bord en fonction n’avait que 43 heures de vol sur B777, et qu’il était sur ce vol avec un formateur qui faisait son premier vol d’instruction sur B777…
Cette situation reflète la gestion de ses équipages par la compagnie. Les économies de tout ordre sont les conséquences des politiques de rentabilisation financière. Depuis trois ans, les grandes compagnies aériennes se sont toutes lancées dans des économies de coûts permettant d’atteindre de 7 à 8 % de retour sur capital investi. IATA, l’Association internationale du transport aérien, prévoit que, malgré « la crise », les compagnies aériennes réaliseront plus de 10 milliards d’euros de bénéfices en 2013. Des articles de la presse spécialisée vont insister sur les spécificités coréennes : pendant plusieurs années, les compagnies du pays étaient dans le rouge question sécurité et formation. Beaucoup d’anciens militaires, forts rapports hiérarchiques… Une tendance accélérée par le besoin de nombreux nouveaux pilotes, avec le développement important du transport aérien en Asie.

La logique financière… Mais la question n’est pas celle des spécificités coréennes. Le transport aérien étant réputé très sûr, la tendance mondiale actuelle est d’abaisser au minimum certains paramètres. Ainsi, avec le développement des « avions intelligents » bourrés de systèmes automatiques, les temps de formation ont été largement réduits… À tel point que l’administration du transport aérien américain, suite à plusieurs accidents, vient de décider de refaire passer de 250 à 1 500 le nombre d’heures de formation des pilotes. Les compagnies aériennes, Air France en tête, diminuent au maximum le nombre d’hôtesses et stewards dans les avions, augmentent le temps de vol des équipages et diminuent les heures de repos. Pourtant, après bien d’autres exemples, celui d’Asiana montre que c’est la réaction de l’équipage de cabine qui a lancé l’évacuation de l’appareil.
La même logique financière pousse aussi à d’importantes économies sur la maintenance. Ainsi, Air France développe la sous-traitance des chantiers Airbus au Maroc et au Portugal, après avoir systématisé la sous-traitance des Boeing 747. Là encore, cela se fait au prix de prise de risques, en exerçant la pression maximale sur les salaires et les conditions de travail. Après bien d’autres, l’accident d’Asiana montre que faire sauter toujours plus de cliquets de sécurité n’est pas sans conséquence…

Laurent Carasso Jeudi 18 juillet 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 204 (18/07/13)

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20 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Taxe sur les transactions financières : banquiers, vos désirs sont des ordres

Taxe sur les transactions financières : banquiers, vos désirs sont des ordres dans Austérité full_metal_jacket_07_cris1

« Mon adversaire, c’est la finance », déclamait François Hollande à son meeting du Bourget le 22 janvier 2012.

Et le 7e engagement de sa campagne comportait la phrase suivante : « Je proposerai la création d’une taxe sur toutes les transactions financières. » Et pourtant, de taxe sur les transactions financières, il n’y en aura pas, ou alors complètement vidée de sa portée. En effet, Pierre Moscovici, ministre de l’économie, a déclaré ce jeudi 11 juillet devant un parterre de banquiers que la proposition de taxe avancée par la Commission européenne était « excessive ». Pourtant, la proposition de la Commission est déjà extrêmement limitée : elle exclut la taxation des transactions sur le marché des changes (entre l’euro et d’autres devises) car ce marché pèse 4 000 milliards de dollars par jour, soit près de la moitié des transactions financières dans le monde. Et de socialisation des banques, il n’en est bien entendu pas question.

De bons exécutants… Le même Moscovici avait parlé en janvier de « décision historique » et déclamait fin mai à l’Assemblée nationale : « Nous voulons aller vite, nous voulons aller fort. C’est un objectif politique majeur [qui] est soutenu par toute la majorité. » Mais banquiers et patrons ont su se faire entendre : le Medef, la Fédération des banques et celle des sociétés d’assurance, etc. ont ensemble dénoncé « un coût de plus de 70 milliards d’euros et des délocalisations d’activités massives, qui menacent 30 000 emplois à brève échéance ». Ceci sur la base d’estimations auxquelles pas grand monde ne croit. Et en oubliant, bien sûr, que la crise financière de 2007-2008 a coûté bien plus de 30 000 emplois et a fait perdre bien plus de 70 milliards !
Comme d’habitude, patrons et banquiers ordonnent, et Hollande et ses seconds couteaux exécutent. Le 18 juillet, le Parlement va voter le texte définitif de la loi bancaire, elle aussi en rupture avec l’engagement de séparer banques de dépôt et banques d’affaires. Le lendemain, vendredi 19 juillet, le président de la République a prévu de recevoir le comité exécutif de la Fédération bancaire française, qui regroupe les dirigeants des principales banques. Il pourra leur dire « Mission accomplie. Vos désirs sont des ordres ».

Henri Wilno Samedi 20 juillet 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 204 (18/07/13)

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18 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Cinq petits mots pour tout dire (LMD)

Cinq petits mots pour tout dire (LMD) dans Crise salauds-de-pauvres

Ces cinq petits mots n’ont guère fait de bruit. Et pourtant…

Pourtant, quand un ancien ministre français, M. Bruno Le Maire, qui a déjà fait part de ses ambitions présidentielles, revient sur la concur- rence qui, il y a deux ans, l’opposa à un de ses collègues pour succéder à Mme Christine Lagarde au ministère des finances, on sursaute de le lire ainsi décliner ses qualités : « Quand Christine Lagarde a quitté Bercy pour le FMI, on m’a proposé le poste. On m’a demandé de le prendre. Puis on me l’a retiré. C’est ça, l’histoire, et elle est simple. Tout le monde alors — de Juppé à Sarkozy en passant par Balladur et les présidents du CAC 40 — a estimé qu’il y avait une personne compétente pour reprendre Bercy, c’était Bruno Le Maire (1). »

Ainsi « les présidents du CAC 40 » comptent désormais au nombre des cautions dont se prévalent certains ministres soucieux d’accélérer leur carrière. A la limite, on s’en doutait un peu (2). L’ingénuité d’un tel aveu public surprend davantage. Il n’est donc plus interdit en France d’avouer que la politique économique et financière du pays se fait « à la corbeille » (le sobriquet donné autrefois à la Bourse), le CAC 40 étant précisément constitué des quarante principales sociétés cotées du pays. Interrogé en 1966 sur les fluctuations de la Bourse, le général de Gaulle, inspirateur (très théorique…) de l’UMP, formation de M. Le Maire, eut cette réplique : « La politique de la France ne se fait pas à la corbeille ». Il fut alors applaudi par certains journalistes… Foin d’hypocrisie, ce que M. Le Maire (UMP) a admis, Pierre Moscovici (PS) ne devrait-il pas le reprendre à son compte ? Les récentes décla- rations du ministre socialiste de l’économie et des finances remettant en cause la taxe sur les transactions financières, popularisée par Le Monde diplomatique (3), amènent en tout cas à se poser la question.

Le 11 juillet, lors d’une conférence destinée à des banquiers, M. Moscovici, devançant les craintes de ses auditeurs, s’est en effet transformé en porte parole du lobby bancaire : « La taxe sur les transactions financières suscite des inquiétudes quant à l’avenir industriel de la place de Paris et quant au financement de l’économie française. Le travail que je veux mener, c’est un travail d’amélioration de la proposition de la Commission pour mettre en œuvre une taxe qui ne nuise pas au financement de l’économie. » De M. Le Maire à M. Mos- covici, l’alternance gouvernementale est décidément bien douce pour le CAC-40. Et, au moment où Nicolas Sarkozy semble poser les jalons de son retour en politique active, le lobby bancaire n’a rien à craindre non plus de l’ancien président de la République au cas où sa revanche serait victorieuse dans quatre ans. Car, depuis qu’il a quitté l’Elysée, M. Sarkozy a occupé son activité — et accru sa fortune — en enchaînant les conférences devant des financiers. Tarif moyen : 100 000 euros.

Ce phénomène, on le sait, n’est pas spécifiquement français, loin de là. Aux Etats-Unis, l’ancien président Bill Clinton, qui a collecté 17 millions de dollars l’année dernière, n’a pas hésité à réclamer 700 000 dollars pour une seule conférence à Lagos, au Nigeria, un des pays les plus pauvres du monde… Son épouse, Hillary Clinton, ancienne ministre des affaires étrangères de son pays, est à son tour entrée dans la danse. Moyennant 200 000 euros par discours, elle révèle par exemple que le « leadership est un sport d’équipe »… (4) Aussi lucratif que le football professionnel ? Le Britannique Anthony Blair (5) l’Allemand Gerhard Schröder, l’Espagnol José María Aznar : la liste est longue désormais des anciens dirigeants politiques dont le divertissement des financiers et des banquiers est devenu le nouveau métier.

Les banques les rémunèrent sans doute aussi à proportion des services qu’ils ont autrefois reçus d’eux. Dernier exemple en date : M. Ehud Barak. Il y a quelques jours Le Figaro nous apprenait que « l’ancien ministre israélien de la Défense et ex-chef du gouvernement s’est reconverti dans la finance. La banque privée Julius Baer, spécialisée dans la gestion de portefeuilles de clients très fortunés, l’a recruté comme “consultant spécial pour les questions géopolitiques et macroéconomiques”. Le montant de ses rémunérations atteindrait plusieurs centaines de milliers de dollars par an (6). » Au moment où des centaines de millions de personnes souffrent des conséquences d’une crise financière, grâce soit rendue à l’élégance exquise des dirigeants démocratiques qui s’enrichissent en discourant devant des barons de la finance. Et qui n’oublient jamais de se faire apprécier par les « présidents du CAC 40 ». mardi 16 juillet 2013

(1) Le Magazine du Monde, 13 juillet 2013.

(2) Lire Serge Halimi, «  Etat des lieux pour préparer une reconquête  », Le Monde diplomatique, mai 2013.

(3) Lire Ignacio Ramonet, «  Désarmer les marchés  », Le Monde diplomatique, décembre 1997.

(4) Amy Chozick, «  Hillary Clinton Taps Speechmaking Gold Mine  », The New York Times, 11 juillet 2013.

(5) Lire Ibrahim Warde, «  Blair Inc.  », Le Monde diplomatique, novembre 2012.

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