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09 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

usa: l’augmentation de la productivité au seul bénéfice du patronat (lo)

usa: l'augmentation de la productivité au seul bénéfice du patronat (lo) dans Crise panting2

Dans une étude intitulée « The Forty-Year Slump » (quarante ans de crise éco- nomique), Harold Meyerson, journaliste connu et membre dirigeant du parti des Démocrates socialistes d’Amérique, membre de l’Internationale socialiste, analyse les reculs de la classe ouvrière et constate que l’évolution défavorable du rapport de force entre celle-ci et le patronat a permis à ce dernier d’accaparer tous les gains de productivité réalisés au cours de ces années de crise. Et ils sont considérables.Il cite un économiste de l’université du Michigan, Mark Perry, qui affirme qu’en moyenne un ouvrier d’usine aux États-Unis produit chaque année le triple de ce qu’il produisait en 1972, avant le début de la récession.

« Aujourd’hui, nous produisons deux fois plus de produits industriels que dans les années 1970 avec 7 millions d’ouvriers en moins. » Et Meyerson constate que « dans de nombreuses industries l’accroissement de la productivité va bien au-delà des estimations de Perry ». Il cite un PDG de l’US Steel qui affirmait en 2011 : « Il y a trente ans, il fallait dix heures d’un ouvrier pour produire une tonne d’acier ; aujourd’hui, cela prend deux heures. » Une augmentation de la productivité de 500 % en quarante ans !

Un ouvrier d’aujourd’hui produit autant que cinq ouvriers d’il y a quarante ans. Cette augmentation considérable de la productivité du travail humain devrait permettre de vivre mieux, de pouvoir mieux répondre aux besoins en matière d’éducation, de santé publique, de logement, d’assurer dans des conditions toujours meilleures le développement des enfants et la retraite des anciens.

Les politiciens qui osent affirmer qu’on ne peut plus payer les retraites parce que le nombre d’actifs a diminué par rapport au nombre de retraités sont de fieffés menteurs, qui veulent faire oublier qu’un actif d’aujourd’hui remplace trois, quatre ou cinq actifs d’hier !

Au cours de ces quarante années, l’augmentation de la productivité s’est accompagnée d’un afflux d’argent dans les caisses des entreprises. Elles s’en sont servi pour racheter leurs propres actions et augmenter les dividendes versés aux actionnaires, mais pas pour augmenter les salaires. La part de la classe ouvrière, la classe productive qui a produit ces richesses, a au contraire diminué dans le revenu national. L’étude se limite aux États-Unis mais elle est à l’image de ce qui s’est passé dans bien d’autres pays. Dominique CHABLIS

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2371&id=43

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31 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

en immersion parmi les requins de la grande distribution (essf)

fianance

Yann Cézard – Tu as travaillé «  en immersion  ». Peux-tu expliquer les conditions de ton étude sur cette firme que tu as rebaptisée Batax  ?

Marlène Benquet – C’est une enquête qui s’est déroulée en trois temps. J’ai d’abord travaillé comme caissière, dans deux hypermarchés du groupe durant six mois, puis au sein de l’organisation syndicale majoritaire pendant cinq mois et enfin à la direction des ressources humaines du siège durant quatre mois. L’objectif était de comprendre le fonctionnement d’une entreprise à la fois par en bas, par en haut et par le côté, du point de vue légèrement décalé des organisations syndicales. C’est un travail ethnographique que j’ai conduit par observation participante, c’est-à-dire en partant du principe que pour comprendre le travail des individus, on ne peut pas se contenter d’écouter ce qu’ils en disent au cours d’entretiens ou en répondant à des questionnaires, il faut le pratiquer soi-même à leurs côtés pour saisir de l’intérieur ses différentes dimensions.

Quand tu arrives dans l’entreprise, elle est en train de basculer sous l’emprise de ce qu’on appelle parfois le «  capitalisme financier  ». Qu’est-ce qui a changé dans la politique des directions et le fonctionnement du groupe  ?

On a intérêt à étudier la financiarisation du capitalisme via l’évolution de l’actionnariat, depuis une vingtaine d’années en France. On trouve de plus en plus souvent des fonds d’investissement à la tête des grandes entreprises. Ces fonds réunissent des capitaux venus de banques, de fonds de pension, de sociétés d’assurance, situés partout dans le monde, qui leurs sont prêtés pour une durée maximale de dix ans. Ils rachètent avec cet argent des entreprises pour les «  restructurer  » et les revendre rapidement en réalisant la plus-value la plus importante possible. Les entreprises sont achetées à crédit et leurs profits servent à rembourser la dette  ; comme si un particulier achetait un appartement et remboursait le crédit avec l’argent laissé dans la commode. Si l’opération réussit, les fonds gagnent de l’argent. Si elle échoue, les fonds ne pouvant rembourser leur dette, les banques qui ont prêté des capitaux finissent par faire appel aux Etats pour éviter la faillite. Dans les deux cas, une part des revenus du travail (sous forme de salaires ou d’impôts) est transférée aux fonds et aux banques.

C’est ce qui est arrivé à Batax, passé en 2008 des mains des familles fondatrices à un fonds d’investissement. Le fonds a immédiatement commencé à réorganiser l’entreprise en nommant un nouveau PDG chargé de restructurer en deux étapes  : d’abord générer du cash en vendant des parties rentables de l’entreprise (en l’occurrence les murs des hypermarchés), puis réduire les coûts de 4, 5 milliards d’euros en quatre ans, notamment en réduisant les frais de personnel. Depuis, l’entreprise a perdu 16, 4 % de salariés alors que le nombre de magasins est resté le même.

Tu cites un «  M. Bruneteau  » (page 246), DRH du groupe, qui à l’occasion d’une réunion de ses collaborateurs, assène  : «   c’est très important que les salariés soient motivés et adhèrent. Nous sommes convaincus que le ‘‘plan de transformation’’ ne pourra pas se faire sans les collaborateurs. Pour que le groupe arrive (…) à réduire ses coûts, il faut que les salariés suivent mais aussi qu’ils participent et qu’ils s’impli- quent.  » Alors, comment «  obtenir le travail  » des salariés en les payant et en les traitant si mal  ?

Luc Boltanski et Eve Chiapello écrivaient assez justement, dans Le Nouvel esprit du capitalisme (en 1999), que le profit ne peut se réaliser qu’avec la participation «  d’un très grand nombre de personnes dont les chances de profits sont faibles  » et dont l’hostilité ou l’indifférence doit être vaincue. Définir un assortiment de marchandises, en négocier les prix auprès des fournisseurs, les acheter, les acheminer vers les entrepôts, vérifier leur qualité, les faire parvenir dans les points de vente, en faire la promotion, les mettre en rayon, les vendre, fidéliser les clients, gérer le personnel et la comptabilité, autant d’activités se décomposant en des centaines de tâches, assurées par des milliers de salariés, confrontés à des millions d’occasions de freiner la circulation des produits, de brouiller la visibilité des flux de marchandises, d’introduire dans le système de petits grains de sable propres à le gripper. En d’autres termes, si les individus utilisaient toutes les possibilités dont ils disposent pour freiner ou saboter le travail, le profit peinerait à se réaliser.

Or ce n’est pas le cas. Contrairement à ce qu’affirment les départements de ressources humaines – et beaucoup de travaux de sociologie – la participation des salariés n’est pas obtenue par des mécanismes incitatifs producteurs de motivation et d’enthousiasme, mais par des mécanismes bloquant les possibilités de révoltes  : le recrutement de salariés enclin à la docilité en raison de leur situation extraprofessionnelle (des femmes, peu diplômées, en charge de famille), l’organisation du travail en horaires individualisés qui empêchent les salariés de se connaître, la surveillance informatique des gestes de travail, etc.

Ces hauts cadres ont leurs soucis. Ces spécialistes de la restructuration peuvent même devenir les «  arroseurs arrosés  »  !

Oui, lorsque je travaillais au sein de la direction des ressources humaines du groupe, il venait d’être décidé un plan social destiné à réduire d’un tiers ce département. Les directeurs ressources humaines se sont retrouvés contraints d’organiser leur propre licenciement.

Parfois, les caissières sont vues comme un symbole de la précarité des salariées. Mais de quelle précarité s’agit-il vraiment  ?

On oppose souvent la précarité au contrat à durée indéterminée, comme si celui-ci protégeait mécaniquement de l’insécurité professionnelle. Ce n’est pas le cas. Les caissières sont presque toutes embauchées en CDI. Elles sont pourtant exposées à une triple forme de précarité. Une précarité économique, d’abord, puisque le taux horaire est inférieur à 10 euros et que le salaire permet donc à peine la reproduction de l’existence. Une précarité temporelle, ensuite, puisque les horaires de travail différant d’une semaine à l’autre, les caissières ne peuvent organiser leur vie extra-professionnelle de façon pérenne. Une précarité projectionnelle, enfin, au sens où le temps passé dans cet emploi ne diminue en rien les chances d’être exposé à l’avenir à la précarité, puisque l’expérience de caissière n’est absolument pas valorisée sur le marché du travail.

Tu refuses de dire que les salariées sont «  aliénées  ». Mais en revanche tout est fait pour les «  coincer  ».

Il y a une certaine tradition marxiste, notamment dans ses versions althussérienne et bourdieusienne, qui s’échine à expliquer la faiblesse de la lutte des classes par l’aliénation et qui donne comme tâche aux organisations de faire prendre conscience aux individus de leur situation de classe. Au-delà du caractère un peu condescendant de ce présupposé de la servitude volontaire, du consentement à la domination, d’un peuple qui aime ses chaînes et ses chefs, je ne pense pas que l’aliénation permette de décrire la situation de la plupart des salariés. La lucidité est une qualité très bien partagée. Je n’ai pas rencontré de caissières pensant que la répartition des profits au sein du groupe soit juste ni de cadres ignorant que ce sont les actionnaires qui décident en dernière instance de ses orientations stratégiques.

La pacification n’est pas le résultat de l’adhésion idéologique des salariés aux finalités de l’entreprise. Elle est un processus continu de multiplication des liens entre les individus, qui finit par créer une toile suffisamment dense pour qu’il devienne très difficile pour quiconque de s’en extirper. Les individus sont plus coincés que convaincus. Ce que le patronat cherche à obtenir, ce n’est pas tant leur adhésion que leur travail effectif. Les stratégies patronales neutralisent les salariés plus qu’elles ne les soumettent, en les immobilisant. Si l’on ne se révolte pas, ce n’est pas car l’on pense que sa situation est juste, mais parce qu’il ne nous semble pas possible d’obtenir davantage. Plutôt que d’essayer de convaincre de l’injustice ceux qui le sont déjà, il me paraît plus efficace de décrire les dispositifs pratiques mis en place dans les entreprises pour empêcher la contestation et surtout les marges de manœuvre pratiques que les résistances peuvent investir.

Parfois, à te lire, entre les stratégies du management et la précarité des salariées, on a le sentiment que la lutte collective est fort improbable.

La grande distribution emploie plus de 600 000 personnes en France, très majoritairement des femmes, d’âge intermédiaire donc souvent en charge de jeunes enfants, avec des horaires de travail très flexibles, autant d’éléments qui rendent difficile l’organisation d’actions collectives. Traditionnellement, le niveau de conflictualité professionnelle était donc très faible, tout comme le taux de syndicalisation qui se situe autour de 2, 7 %. D’autant que les organisations syndicales du secteur ont une longue histoire de coopération avec le patronat.

Pourtant, depuis le milieu des années 2000, les choses changent. On a vu apparaître les premières journées inter-enseignes de grève collective (le 1er février 2008), une journée d’action a été organisée le 8 avril 2011 chez Carrefour, en juillet 2011 chez Auchan et en avril 2013 chez Casino. Le patronat qui, jusqu’au changement d’actionnaires, avait fait le choix d’acheter la paix sociale, trouve aujourd’hui son prix trop élevé. Pour ne pas perdre leur crédit auprès des salariés, les organisations syndicales sont du coup de plus en plus poussées à se radicaliser et à opter pour des stratégies plus clairement contestataires. Propos recueillis par Yann Cézard

Notes:

Entretien avec Marlène Benquet. La sociologue Marlène Benquet vient de publier Encaisser  !, une étude, menée de l’intérieur d’un célèbre grand groupe international de la distribution qu’elle a pudiquement rebaptisé «  Batax  ». Un témoignage parfois sidérant dans les cuisines de l’exploitation [1].

[1] A lire également de l’auteure  : Les Damnées de la caisse. Grève dans un hypermarché (Editions du Croquant, 2011).

 Paru dans la revue L’Anticapitaliste (France) n° 48, novembre 2013.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article30725

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29 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

la crise: explications 1&2

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27 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

la banque mondiale devant la justice marocaine (cadtm)

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Pour la première fois dans l’histoire de la Justice marocaine, la Banque mondiale est appelée à se présenter devant le Tribunal de première instance de la ville de Rabat, dans le cadre d’une affaire tout à fait emblématique, et alors que jusqu’à présent l’idée reçue est que cette institution internationale bénéficierait de l’immunité diplomatique conformément à la Convention des Nations-Unis de 1947.

L’affaire portée devant la Justice comporte des dimensions scientifiques, sociopolitiques et stratégiques. En résumé, elle concerne un programme de recherche intitulé RuralStruc, confié à un groupe de chercheurs marocains de l’Institut Agronomique et Vétérinaire Hassan II de Rabat et constitué de MM. Najib Akesbi, Driss Benatya et Mohamed Mahdi. Après avoir falsifié des données et des résultats de l’étude en question, et ce contre la volonté des chercheurs concernés qui ont de ce fait refusé de la valider scientifiquement, la Banque mondiale a quand même publié et fait circuler le rapport portant de fausses données sur le Maroc.

On sait qu’un certain nombre de pays, notamment africains, avaient déjà saisi la justice à la suite de « programmes » que la Banque mondiale leur avait imposés et dont les conséquences économiques et sociales s’étaient révélées catastrophiques pour leurs peuples. On compte en particulier de nombreux différents liés à la question de la « dette odieuse » accumulée par ces pays et gaspillée dans des projets qui y ont plutôt aggravé le sous-développement et la pauvreté. Seulement, la Banque mondiale s’est toujours protégée derrière sa prétendue « immunité diplomatique ». C’est ce « tabou » qui vient de tomber avec la comparution du représentant de la Banque mondiale devant le Tribunal de première instance de Rabat.

L’évolution de ce procès sera une occasion pour faire valoir le droit et la justice, occasion à travers laquelle la justice s’affirmera consciente de ses responsabilités et de sa nécessaire neutralité, conformément à la protection que la Constitution garantit au corps des magistrats contre toute tentative d’influence. Ce procès sera aussi une occasion pour que les responsables marocains agissent de manière à ce que les Institutions financières internationales se comportent avec plus d’égards et de respect pour l’opinion publique et les citoyens, et que l’intérêt du peuple marocain soit au dessus de toute considération.

Communiqué de presse 26 décembre par ATTAC/CADTM Maroc

http://cadtm.org/La-Banque-mondiale-devant-la

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22 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

commerce: «nous avons sauvé l’omc»

BuffyGentlemen

C’est par ces mots que Karel De Gucht, le commissaire européen au commerce, a salué l’accord négocié à Bali par les 160 pays membres de l’OMC.

Une façon de se rassurer…
En effet, les échanges commerciaux stagnent (+ 0, 02 % en 2012), et surtout cet accord ne concerne qu’une fraction de l’agenda du « cycle de développement » initié à Doha il y a 12 ans, et pas du tout le développement.

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L’accord de Bali concerne les subventions à l’agriculture des pays émergents, no- tamment un programme indien destiné fournir à 800 millions d’Indiens pauvres des denrées alimentaires de base à prix accessibles. Selon les règles de l’OMC, de telles pratiques sont assimilables au dumping, faussant la concurrence, et sont donc strictement limitées.

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Pourtant, selon l’OCDE, les subventions agricoles au sein des pays développés sont passées de 350 milliards de dollars en 1996 à 406 milliards en 2011.  Intitulé « clause de paix » (!) par le gouvernement américain, l’accord finalement trouvé,  se contente de se donner quatre ans… pour trouver un accord, l’Inde s’engageant entre-temps à ne pas exporter ses produits alimentaires qu’elle va continuer à subventionner. Négociation absurde car aucun pays ne devrait renoncer à l’obligation de garantir le droit à l’alimentation.

Et qui sont les gagnants ? L’accord de Bali porte également sur la « facilitation des échanges », en fait des mesures de standardisation et de simplification des procédures douanières.  Elles impliquent l’achat d’équipements coûteux par tous les pays, mais elles profiteront à quelques grandes multinationales.

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Le Rapport sur le commerce mondial 2013 de l’OMC indique que 1 % des entreprises d’import-export concentrent 80 % des exportations américaines, que 85 % des exportations européennes sont dans les mains de 10 % de grands exportateurs et que les 5 plus grandes entreprises d’import-export des pays en développement sont en charge de 81 % de leurs exportations.

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L’accord de facilitation des échanges va donc surtout profiter à ces multinationales et au secteur privé, alors que sa mise en œuvre va terriblement peser sur les budgets des pays les plus pauvres.

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Un point positif : au prix d’une longue négociation, Cuba a réussi à faire intégrer dans la déclaration ministérielle le rappel du principe de non-discrimination commerciale, violé par les États-Unis avec l’embargo contre Cuba.

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Il est temps que les peuples imposent des règles commerciales défendant non pas les multinationales, mais les droits des êtres humains et de la nature. J.R.

Vendredi 20 décembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 222 (19/12/2013)

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15 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

A « la brèche », des livres pour les fêtes

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Un livre qui, remettant en perspective l’histoire de la dette depuis 5 000 ans, renverse magistralement les théories admises.

Il démontre que le système de crédit, apparu dès les premières sociétés agraires, précède de loin l’invention des pièces de monnaie. Quant au troc, il n’a toujours été qu’un pis-aller et ne s’est réellement développé que dans des situations particulières ou de crise. La dette a donc toujours structuré nos économies, nos rapports sociaux et jusqu’à nos représentations du monde.

David Graeber montre que le vocabulaire des écrits juridiques et religieux de l’Antiquité (des mots comme « culpabilité », « pardon » ou « rédemption ») est issu en grande partie des affrontements antiques sur la dette.

Or il fonde jusqu’à nos conceptions les plus fondamentales du bien et du mal, jusqu’à l’idée que nous nous faisons de la liberté. Sans en avoir conscience, nous livrons toujours ces combats…

Selon l’auteur, l’endettement est une construction sociale fondatrice du pouvoir. Si autrefois les débiteurs insolvables ont nourri l’esclavage, aujourd’hui les emprunteurs pauvres – qu’il s’agisse de particuliers des pays riches ou d’États du tiers-monde – sont enchaînés aux systèmes de crédit.

« L’histoire montre, explique Graeber, que le meilleur moyen de justifier des relations fondées sur la violence, de les faire passer pour morales, est de les recadrer en termes de dettes – cela crée aussitôt l’illusion que c’est la victime qui commet un méfait. »

Trop d’économistes actuels perpétuent cette vieille illusion d’optique, selon laquelle l’opprobre est forcément à jeter sur les débiteurs, jamais sur les créanciers. Ils oublient aussi une leçon déjà connue de la civilisation mésopotamienne: si l’on veut éviter l’explosion sociale, il faut savoir « effacer les tablettes »…  Edition : septembre 2013

Dette, 5000 ans d'histoire

http://www.la-breche.com/catalog/product_info.php?products_id=3054&osCsid=3b94dc6cf791e6860e8af60493322bc8

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13 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Supermarchés: comment l’industrie alimentaire entretient l’illusion du libre choix (basta)

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Le consommateur a-t-il vraiment le choix de ses achats dans les allées des hypermarchés?

Les rayons colorés proposent-ils réellement des centaines de yaourts, chocolats, plats préparés… différents ? Non, selon une étude (à télécharger ici) de l’ONG américaine Food and Water Watch, publiée le 5 décembre. L’organisation a étudié 100 catégories de produits présents dans les supermarchés états-uniens. Et ses conclusions mettent en pièce le mythe du choix du consom-mateur. Derrière l’apparence de rayons remplis de produits diversifiés, les grandes surfaces proposent des aliments mis sur le marché par seulement une poignée de géants de l’agroalimentaire. Pour un tiers des types de produits examinés, quatre compagnies ou moins contrôlent plus de 75% des parts de marchés.

Prenons l’exemple de la nourriture pour bébé : trois grandes entreprises contrôlent 90% des ventes ! Sur le secteur des céréales de petit-déjeuner, quatre entreprises (Kellogg’s, General Mills, PepsiCo et Post Foods) concentrent 80% des parts de marché, sous des dizaines de marques diffé-rentes. De même, 86% des ventes de bière sont réalisées aux Etats-Unis par quatre compagnies. Vous avez le choix entre un pack de Stella, de Leffe ou de Budweiser. Mais toutes ces marques appar-tiennent à la même entreprise : AB InBev (qui détient 47% des parts de marché de bière outre-Atlantique).

La grande illusion La concentration très poussée de l’agroalimentaire n’est pas visible dans les rayons des supermarchés. Le client a l’impression d’avoir le choix entre des producteurs différents. La pratique « laisse les consommateurs croire qu’il choisissent entre des produits concurrents alors qu’il choisissent simplement entre des produits fabriqués par la même entreprise, et peut-être même dans la même usine », conclut l’étude de Food and Water Watch.

La situation est-elle comparable en France? La concentration de la distribution alimentaire entre les mains de quelques groupes est en tous cas similaire. Aux États-Unis, plus de la moitié de l’argent dépensé par les consommateurs dans leurs courses alimentaires est allé dans les proches de quatre entreprises de supermarchés en 2012, note l’ONG dans son étude [1].

En France, une poignée de groupes de grande distribution (Leclerc, Carrefour, Auchan…) concentrent aussi la majorité des parts de marché de l’alimentaire. Et plusieurs géants de l’agroalimentaire omniprésents dans les rayons des supermarchés états-uniens sont loin d’être inconnus en France. Nestlé (72% des parts de marché des aliments pour nourrisson aux États-Unis, 47% des ventes de pizzas surgelés, 47% des aliments pour animaux) distribue en France une dizaine de marques de céréales de petit-déjeuner (Chocapic, Nesquik, Crunch,..) sept marques d’eau minérale (Vittel, Contrex, Perrier,…) plusieurs marques de cacao en poudre. Unilever vend en France des dizaines de marques de condiments, de soupes, de glaces. Danone réunit huit marques de yaourt et trois noms très connus d’eau en bouteille : Volvic, Evian, Badoit.

Pour éviter de se faire avoir par cette illusion du choix, l’ONG états-unienne donne quelques conseils d’auto-défense au consommateur perdu dans un supermarché : ne pas s’aventurer au milieu du magasin, s’intéresser aux produits placés tout en haut ou tout en bas des rayons, faire une liste d’achat et s’y tenir… Et, pourquoi pas, dans la mesure du possible, faire ses courses au marché plutôt que dans les supermarchés ? Par Rachel Knaebel 13 décembre 2013

Voir le site réalisé par Food and Water Watch

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06 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Le pacte pour la Bretagne: un retour vers le passé polluant (reporterre)

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Le premier ministre Jean-Marc Ayrault vient d’annoncer un « pacte pour la Bretagne ».

En matière agricole, il s’agit d’une étonnante régression, encourageant des productions d’expor-tation à prix subventionnés et des élevages toujours plus polluants.

Le Premier ministre a annoncé jeudi 5 décembre les grandes lignes du « pacte d’avenir pour la Bretagne », censé répondre à l’agitation multiforme qui a animé la Bretagne ces dernières semaines. Si certaines mesures économiques d’urgence peuvent se défendre, force est de constater que le volet agricole du « pacte » ressemble furieusement à un triste retour en arrière.

Le dispositif prévoit ainsi de soutenir les exportations agro-alimentaires, autrement dit d’encourager les dérives qui sont à la source même de la crise industrielle et environnementale bretonne !

La recherche obsessionnelle de l’exportation suppose en effet de nier les fondamentaux de l’agronomie, puisqu’elle conduit à concentrer sur le territoire breton un cheptel animal dispro-portionné par rapport aux capacités de la Bretagne à nourrir ces animaux… et à absorber leurs déjections.

L’agro-alimentaire breton n’est alors plus qu’un maillon dans une chaîne fordienne déshumanisée, où l’alimentation du bétail est importé d’Amérique latine tandis que l’abattage et une partie de la transformation sont délocalisés dans d’autres pays européens. C’est ce modèle-là, qui ne s’auto-justifie qu’à coup de concentration industrielle et de « rationalisation », qui est précisément la cause première des licenciements massifs actuels !

En outre, ce modèle massivement exportateur méprise les réalités humaines et agricoles des pays tiers, puisqu’il vise cyniquement à concurrencer les agriculture vivrières des pays du Sud… et à y entretenir la pauvreté.

Il faut beaucoup de culot aux patrons de l’agro-alimentaire breton pour critiquer la concurrence déloyale de certaines agricultures industrielles… alors qu’ils pratiquent exactement la même concurrence déloyale et cynique à l’égard des pays les plus pauvres.

L’environnement et le bien-être animal semblent hélas les grands perdants de la « crise » savamment orchestrée ces dernières semaines. En effet, non seulement le renforcement du modèle exportateur massif conduit inéluctablement à augmenter le déséquilibre entre les déjections animales et le territoire réel, mais en outre une autre mesure phare du « pacte » vise à la « simplification administrative ».

Ceux qui vivent en Bretagne ou qui suivent les dossiers agricoles ne sont pas dupes ! Cette « simplification » est systématiquement le prétexte à l’abaissement des garde-fous en- vironnementaux et à l’augmentation du libéralisme agro-alimentaire intégral.

Au prétexte de « simplifier », il s’agit avant tout de faciliter les agrandissements d’élevages hors-sol déjà surdimensionnés et ultra-pollueurs, d’éviter la prise en compte des nuisances envers les riverains, et de négliger les atteintes à l’environnement.

En allégeant les garde-fous réglementaires qui sont absolument nécessaires face au cynisme économique néolibéral et en confortant un « modèle » exportateur destructeur de l’environnement et des emplois, les mesures agricoles du « pacte pour la Bretagne » semblent avoir singulièrement omis la notion d’avenir. Ce sont là des recettes du passé, qui risquent d’amplifier la crise bien plus que de la résoudre. Le gouvernement et le Conseil Régional de Bretagne semblent écouter bien davantage la voix des populistes et de quelques magnats agricoles que celle de la raison.

Agir pour l’environnement vendredi 6 décembre 2013

Source : Le Sauvage.

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06 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Bayonne, un centre commercial géant d’Ikea profite d’un beau cadeau foncier (basta)

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Ikea a lancé jeudi 5 décembre la construction d’un nouveau magasin en périphérie de Bayonne, au bord de l’autoroute.

En plus d’une grande surface de meuble, le géant suédois y bâtit un véritable centre commercial, avec des dizaines de boutiques et un hypermarché sur plus de 50.000 m2 de surfaces de vente. C’est sa filière immobilière, Inter Ikea Centre Group (IICG), qui développe le projet. Elle a déjà ouvert trois centres de ce type en France et en a deux autres en cours.

« Cette installation va avoir un impact direct et grave sur l’économie du pays bas- que », dénonce le mouvement altermondialiste basque Bizi !. Il a organisé mercredi 4 décembre une marche funèbre du commerce de proximité, dans les rue de Bayonne, pour alerter sur les dangers que représentent ces grands projets de centres commerciaux pour le territoire.

Comme toujours, ce nouveau centre commercial serait , selon la communication du groupe suédois « nouvelle génération », avec panneaux solaires et espaces verts autour de 3 000 places de parkings. Et comme toujours, le principal argument du projet est qu’il doit créer des emplois : 1 100 emplois annoncés pour l’ouverture en 2015. Mais Bizi ! n’est pas dupe : « Ce sont des emplois qui vont être détruits contrairement aux annonces faites ». Comme Basta ! l’a souligné dans son enquête, les chiffres de création d’emplois de ce type de projet sont aléatoires et ne prennent jamais en compte les emplois qui peuvent être supprimés en conséquence dans le commerce de centre-ville. « Les emplois créés au complexe commercial Ikea seront des emplois précaires et non qualifiants, orientés vers du travail 7 jours sur 7 », rappelle l’association altermondialiste.

Elle dénonce par ailleurs des cadeaux fonciers faits au géant de l’ameublement : « 35 000 m2 de terrains publics nouvellement constructibles au prix de 10€ le m2 ». Soit un tarif 20 fois inférieur au prix moyen du m2 constructible dans les environs de Bayonne ! Le futur centre commercial d’Ikea n’est qu’un projet parmi d’autres dans la région : des “Allées Shopping” doivent ouvrir la même année, sur 80.000 m2, à seulement une dizaine de kilomètres de là.

par Rachel Knaebel 6 décembre 2013

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05 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Des groupes volaillers licencieurs… et bien subventionnés (lo)

directeur personnel

En 2012, les « restitutions européennes » représentaient encore 55 millions d’euros en faveur de deux groupes volaillers bretons, Doux et Tilly-Sabco.

Ces subventions censées les aider à faire face à la concurrence ont pris fin cet été.

Le marché du poulet export du Moyen-Orient serait, disent-ils, menacé par la concurrence de rivaux brésiliens et, à coups de licenciements, de menaces de fermeture et de restructurations, Doux et Tilly-Sabco veulent faire payer la sauvegarde de leurs profits aux salariés et aux éleveurs.

Le gouvernement se garde bien d’imposer à ces gros volaillers quoi que ce soit con- cernant la garantie de l’emploi de leurs salariés. Par contre, il les arrose de nouvelles subventions. Grâce à l’appui du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, ils ont obtenu auprès du commissaire européen à l’agriculture le déblocage d’une enveloppe de 15 millions d’euros d’aides pour 2014. S’y ajoutent une subvention aux investissements de 7,5 millions de la part du gouvernement français et encore 4 millions d’euros au titre d’aide à la filière avicole, destinés aux fournisseurs, aux accou- veurs, aux fabricants d’aliments et aux organisations de producteurs de poulets.

Entre les deux groupes rivaux, c’est à qui mangera l’autre. Pendant que les ministres tiennent guichet ouvert, les alliances se nouent et se dénouent avec les banquiers et autres capitaux avides de bons coups.

Dès que le groupe Doux, plombé par les dettes contractées au Brésil par sa filiale Fran- gosul, s’est retrouvé en redressement judiciaire, Tilly-Sabco, en accord avec des fabricants d’ali- ments du bétail, s’est porté candidat à la reprise de l’activité export de Doux. Son offre n’a pas été retenue. De son côté, la famille Doux a dû céder la main à la holding du financier Didier Calmels et négocier l’entrée au capital du groupe de son principal client saoudien. Mais elle n’a pas renoncé à l’ambition de pouvoir profiter demain d’une éventuelle défaillance de Tilly-Sabco.

Chaque fois qu’un nouveau montage émerge de telles tractations, on explique que cela va sauver l’emploi. Mais ceux qui sont licenciés restent sur le carreau et rien ne garantit que d’autres ne le seront pas demain. Il faut ôter à ces patrons le droit de mener leurs combines, et pour commencer interdire tout licenciement. Correspondant LO

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2366&id=9

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