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03 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

bic vannes (fr3 le-huff’ fi lo)

charb

Vannes : licenciements annoncés

Les salariés de Bic Écriture en grève

Le groupe Bic est en train de recentrer ses activités sur les stylos, briquets et rasoirs. Conséquence, Bic Sport est vendu à l’Estonien Tahe Outdoors, Mais l’unité vannetaise de crayons située sur le même site, fermerait, pour être délocalisée en Tunisie. Les salariés sont en grève ce jeudi.

Finie la fabrication du stylo quatre couleurs à Vannes, dans le Morbihan. L’unité de production, qui en produit 100 millions par an, existe depuis le début des années 80, et emploie une quarantaine de salariés. Elle serait délocalisée à 80% sur le site de Bizerte en Tunisie, ou vers le siège de Bic Écriture 2000 à Marne-la-Vallée, pour 20% des effectifs. Un plan social, a été annoncé au mois de novembre dernier et prévoit 33 licenciements et 6 reclassements au siège. La direction, après trois réunions, espère pouvoir signer ce PSE le 26 février prochain.
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Grève ce jeudi

Ce jeudi 3 janvier, l’entreprise est à l’arrêt, les salariés sont en grève. Une vingtaine d’entre eux s’est rassemblée devant le site, avec banderoles, braseros et feu de palettes. Ils comptent y rester toute la journée et prévoient d’ores et déjà, une action de distribution de tracts et de crayons sur des ronds-points, ce vendredi. Pour eux la direction de l’entreprise ne s’est pas donné les moyens de retrouver des locaux sur la région de Vannes.

Bic Sport racheté par l’Estonien Tahe Outdoors 

Cette petite unité Bic Écriture vannetaise, menacée de disparition, est installée sur le site du siège de Bic Sport, qui depuis 1979 fabrique des planches à voile, de surf, de paddle, ou de kayak. Le groupe Bic ayant décidé de se recentrer sur son cœur de métier, les briquets, rasoirs et stylos, elle vend sa filiale sportive à l’Estonien Tahe Outdoors, pour de 6 à 9 millions d’euros. Un groupe spécialisé dans les sports de pagaie et de kit surf et qui avec ce rachat deviendrait un des leaders mondiaux pour les sports nautiques. Mais une vente, qui impliquerait donc, pour utiliser l’ensemble du site, la disparition de l’unité voisine de crayons.

Krystell Veillard  03/01/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

L’usine Bic de Vannes ne produira plus de stylo 4 couleurs, les salariés en grève (Le Huff’)

Les quatre-couleurs de Bic quittent la Bretagne pour la région parisienne et la Tunisie (France Info)

Bic Vannes : contre les licenciements (LO)

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02 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

élites (ctxt émancipation essf)

isf

Macron est une caricature des élites françaises

Pourquoi Macron est-il devenu un président si détesté?

Macron est pratiquement une caricature des élites françaises. Il a toujours vécu dans un monde bourgeois. Tout d’abord, il a été formé à l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) pépinière des élites françaises et a ensuite toujours travaillé dans les plus hautes sphères du pouvoir politique et économique de l’État. En outre, son langage et ses commentaires désobli-geants concernant les classes populaires ont accentué le malaise. Il n’est pas surprenant que le mouvement des « gilets jaunes » se soit concentré sur sa personne.

Seulement 23,5% des Français ont une opinion positive du président, selon une moyenne des sept sondages de popularité publiés en décembre …

Si on observe toutes les mobilisations sociales qui se trouvent actuellement en France, dans les hôpitaux, les lycées, les universités, chez les fonctionnaires, etc. – on s’aperçoit que les quatre cinquièmes de la population française sont mécontents de lui. Enfin, les « gilets jaunes » ont réussi à attirer ce malaise général. C’est un symbole que pratiquement tout le monde pourrait soutenir.

Les niveaux de mobilisation des « gilets jaunes » ont été corrects, mais rien de spectaculaire. Le 17 novembre, près de 300 000 personnes ont manifesté. Cependant, cette année en France, des manifestations plus importantes ont eu lieu, avec 320 000 manifestants dans les manifes-tations des syndicats du 22 mars pour la défense des services publics. Contrairement aux manifestations syndicales, qui n’ont pas destabilisé Macron, les « gilets jaunes » l’ont obligé à rectifier.

Comment expliquez-vous ce succès?

L’une des clés du succès réside dans le soutien que les chaînes d’information ont apporté au mouvement. Mais rapidement, le mouvement est devenu incontrôlable. Un autre aspect important était le symbolisme du « gilet jaune ». Cela a séduit beaucoup de gens qui se sont présentés comme apolitiques et qui ne croyaient plus ni à droite ni à gauche.

Comment analysez-vous le mouvement des « gilets jaunes » d’un point de vue historique?

Nous voyons une tradition française – qui n’est pas exclusivement française – qui articule deux dimensions apparemment contradictoires. D’une part, le rejet des taxes. Depuis la fin du Moyen Âge et la mise en place de la taxe royale, presque toutes les insurrections populaires ont eu lieu pour des raisons fiscales. Celles-ci répondraient au discours libéral selon lequel il y aurait trop d’impôts. D’autre part, lors de ces révoltes, il y avait une autre position qui ne voulait pas dire qu’ils n’étaient pas contre l’impôt, mais vis-à-vis de l’injustice fiscale. La Révolution française a été un moment important sur cette question, car les aristocrates ne payaient plus d’impôts, ce qui a généré un fort sentiment anti-aristocratique. Avec l’approbation de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, il est établi qu’il doit y avoir un consentement en matière d’impôts et que les citoyens doivent savoir ce qu’on en fait.

Vous avez lié le mouvement des « gilets jaunes » aux principes de « l’économie morale » des révoltes agraires du 18è siècle en France ou en Angleterre, décrits par l’historien britannique E.P. Thompson. Quelles sont les similitudes?

Le concept d’ « économie morale » de Thompson signifie que, dans les classes populaires, il existe toujours une dimension culturelle, de valeurs morales, liée à l’impôt, à la dépense ou au salaire. Selon la logique de « l’économie morale » du 18è siècle, également présente aux 17è et 19è siècles, les communautés constituaient une forme de sociabilité élémentaire. Des person-nes liées par des liens directs, des connaissances personnelles. Lorsque les communautés ont été intégrées aux États nationaux et aux engrenages du capitalisme, ces liens de solidarité locale ont été affaiblis au profit de liens indirects. C’est-à-dire l’organisation et la défense des intérêts de la classe ouvrière par le droit, les syndicats, les partis politiques, etc. Cela a repré-senté la grande période du mouvement ouvrier jusqu’aux années soixante-dix et quatre-vingt.

Paradoxalement, après l’affaiblissement des syndicats et des partis politiques, avec le mouvement des « gilets jaunes », nous avons assisté à un retour des liens directs. Il ne s’agit plus de liens physiques, mais de réseaux sociaux tels que Facebook, ce qui a permis un retour aux anciennes pratiques de sociabilité des classes populaires.

On a comparé le mouvement des « gilets jaunes » à plusieurs reprises avec le mois de mai 68. Pensez-vous que c’est une comparaison judicieuse?

Un point commun entre les deux est qu’il s’agissait de mobilisations inattendues, que personne n’avait prévues. Dans les deux cas, il y avait une certaine spontanéité, une innovation dans les slogans, dans les symboles de la lutte. Mais Mai 68 était un mouvement infiniment plus massif. Ensuite, il y a eu la plus grande grève de l’histoire de la France, avec sept millions de person-nes dans la rue le 13 mai 1968. Une autre différence est qu’en 1968 les étudiants ont commen-cé la révolte puis les travailleurs les ont soutenus. Ils ont également eu le soutien d’une bonne partie des intellectuels. Aujourd’hui les élites universitaires ont une grande méfiance. La plupart de mes collègues sont réticents à l’égard de ce mouvement, après avoir entendu des déclarations racistes ou homophobes.

Les épisodes de violence ont été mis en lumière. Ces niveaux de violence sont-ils particulièrement élevés? Ou beaucoup moins si on les compare à d’autres mobilisations populaires du 19è et du 20è?

Ce qu’on appelle la « violence » est infiniment moins importante que ce qui s’est passé dans le passé. Par exemple, lors de la Commune de Paris (1871), il y a eu 35 000 morts, la répression des grèves à l’époque de Georges Clemenceau a causé des dizaines de morts au début du 20è siècle; il y eut aussi de nombreux morts lors de la manifestation à Paris le 17 octobre 1961 de travailleurs algériens contre la guerre d’Algérie. En mai 68, cinq personnes sont mortes lors d’affrontements entre manifestants, policiers et manifestants. Il est vrai que dans le mouvement des « gilets jaunes » sont également morts neuf personnes, mais toutes accidentellement (la plupart des accidents de la route). (Sauf Zined blog)

Maintenant, la grande différence réside dans les agressions contre les biens matériels: voitures, vitrines des commerces … Dans le passé, cela n’était pratiquement jamais arrivé, car les manifestations étaient dirigées par des syndicats avec leurs services d’ordre. En tout état de cause, la société actuelle étant beaucoup moins violente que par le passé, les incidents matériels ont une plus grande importance.

La comparaison entre les « gilets jaunes » et l’extrême droite vous semble-t-elle pertinente?

Non, je pense que les personnes xénophobes ou homophobes parmi les « gilets jaunes » sont marginales. Ce qui se passe, c’est qu’elles peuvent avoir un auditoire et c’est le problème des porte-parole que choisissent les chaînes d’information. Le parti d’extrême droite de Marine Le Pen a également tenté de s’approprier le mouvement et de le diriger vers ses positions. Mais si nous regardons le cœur du mouvement, nous voyons qu’il n’est ni raciste, ni homophobe. Son souci est l’injustice sociale. En fait, il y a beaucoup de personnes d’origine immigrée. On l’oublie souvent, mais beaucoup de Français d’origine étrangère ne veulent pas être définis par leur couleur de peau. La chose intéressante à propos des « gilets jaunes » est qu’ils ont mis le social au centre de l’ordre du jour.

Un mois après son émergence, la mobilisation semble avoir pris un tournant à gauche. Nous avons d’abord parlé de la fatigue avant l’augmentation des impôts, mais on parle maintenant d’injustice sociale, de promotion d’un réfé-rendum sur les initiatives citoyennes … Pensez-vous que ce changement a eu lieu?

Oui exactement. Les slogans initiaux se sont développés et ont rapidement évolué vers des positions traditionnellement de gauche, liées à l’injustice sociale. Nous le voyons dans le cas de la prétention omniprésente à rétablir un impôt sur la fortune, partiellement supprimé par Macron, ce qui lui a valu le label de « président des riches ». C’est le plus positif dans un mouvement qui a initialement émergé avec une logique plutôt libérale.

Un aspect surprenant est la grande méfiance et le mépris manifestés par les élites intellectuelles ou la population urbaine ayant un niveau d’enseignement supérieur, qui ont qualifié les manifestants de « non éduqués », « xénophobes » ou « d’extrême droite ». Existe-t-il un risque de scission entre les classes populaires et les classes moyennes supérieures et les élites?

Ce n’est pas un risque, mais une réalité qui existe déjà. En France, le fossé social entre les élites, la haute bourgeoisie, et le reste de la population continue de se creuser. Les « gilets jaunes » ont mis en évidence ce problème. Nous devons maintenant voir si les élites vont se poser des questions ou s’interroger sur la manière d’approcher les gens.

L’augmentation de 100 euros pour les bas salaires ou la réduction des cotisa-tions sociales pour les retraités, pensez-vous que les gestes vont dans la bonne direction?

Les « gilets jaunes » ont dit que ce n’étaient que des miettes, des mesures insuffisantes. Je pense que cela ne résoudra pas le problème, ce sont des concessions pour les neutraliser pendant quelques mois. Si le gouvernement estimait que ces mesures ont résolu le problème, il commettrait une grave erreur.

Gérard Noiriel (Nancy, 1950) est l’un des grands spécialistes de l’histoire de la classe ouvrière et de l’immigration en France. Directeur des études à la prestigieuse École des hautes études en sciences sociales (EHESS) à Paris, Noiriel a achevé sa carrière avec la publication en sep-tembre de « Une histoire populaire de la France. De la guerre de Cent ans à nos jours ». Après dix ans de travail, cet ouvrage dresse un portrait détaillé de l’histoire des classes populaires en France, de ses relations avec l’État et de la confrontation entre dominants et privilégiés, du Moyen Âge à nos jours. Dans les conclusions de ce livre, avec des similitudes évidentes avec le célèbre livre de l’historien américain Howard Zinn, « L’Autre Histoire des États-Unis », Noiriel rend un jugement sévère sur la première année du mandat du président Emmanuel Macron. « Dans son programme, les classes populaires n’existent pas », prévient-il. En fait, dans sa des-cription du macronisme, il anticipait pratiquement la crise politique et sociale qui allait survenir en France avec le mouvement des « gilets jaunes ». Dans cet entretien téléphonique, il analyse cette mobilisation singulière qui a célébré le 22 décembre son sixième samedi de manifestations, avec des niveaux de participation à la baisse.

Gérard Noiriel 26 décembre 2018

https://ctxt.es/es/

Lire aussi:

Gilets jaunes ou rouges ? (Emancipation)

Gilets jaunes : « Sur les ronds-points, il y a eu une politisation accélérée des classes populaires » (Essf)

 

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31 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

sanctions (le-monde rp le-huff’)

sarkozy

Les syndicats critiquent le nouveau barème

de sanctions contre les chômeurs

Le dispositif s’inscrit dans la volonté du gouvernement  de renforcer le contrôle des demandeurs d’emploi.

Il faut toujours garder un œil sur le Journal officiel Adéfaut d’être exaltante, la lecture de cette publication peut s’avérer instructive, en particulier entre Noël et le Jour de l’an. Démonstration vient d’en être faite avec l’édition du dimanche 30 décembre, qui contient près de 20 décrets d’application de la loi « avenir professionnel ».Une réforme votée l’été dernier sous la houlette de la ministre du travail, Muriel Pénicaud. L’un des décrets parus dimanche a trait « aux droits et aux obligations » des chômeurs, ainsi qu’au « suivi de la recherche d’emploi ». Le contenu de ce texte, éminemment sensible, est grosso modo en ligne avec les intentions affichées initialement par le gouvernement. A une réserve près, qui n’est pas anodine : elle porte sur les sanctions prononcées contre un inscrit à Pôle emploi qui contrevient à ses devoirs.Dès le départ, l’exécutif avait manifesté le souhait de revoir le barème des « peines » applicables.Le 20 mars, des pistes très précises avaient été dévoilées à la presse par le ministère du travail. Il avait alors été indiqué qu’un chômeur qui ne se présente pas à un rendez-vous avec son conseiller chez Pôle emploi serait radié des listes durant deux semaines et non plus pendant deux mois. « On diminue par quatre [la durée de] la sanction, qui était complètement disproportionnée sur ce sujet-là », avait expliqué l’entourage de Mme Pénicaud. Finalement, la « punition » sera un peu plus lourde qu’annoncée : un mois de radiation (au lieu de quinze jours, donc), ce qui la place tout de même à un niveau inférieur à celui en vigueur avant la réforme ; durant cette période, la prestation cesse momentanément d’être versée.

Un autre changement s’est produit par rapport à la communication gouvernementale.

Il concerne une option, également évoquée le 20 mars, pour l’ensemble des « manquements » du demandeur d’emploi (à l’exception du rendez-vous manqué avec son conseiller, sans motif valable).

L’idée présentée à l’époque consistait à dire que, à la première incartade (par exemple, le fait de ne pas rechercher activement un poste), l’allocation serait suspendue pendant un mois, les droits restant acquis et pouvant être utilisés plus tard, en cas de besoin.

Si le chômeur commet un deuxième écart, le ministère avait précisé que la prestation serait supprimée durant deux mois – ce qui signifiait, cette fois-ci, une amputation des droits d’une durée équivalente. A la troisième « infraction », le coup de bâton serait de quatre mois… (Payant)

Bertrand Bissuel 31 décembre

https://www.lemonde.fr

Lire aussi

Contrôle des chômeurs : une nouvelle échelle de sanctions annoncée (Le Monde)

Radiation, allocation supprimée… Un décret publié le 30 décembre durcit les sanctions encourues par les chômeurs (France Info)

Les sanctions encourues par les chômeurs plus dures qu’annoncé (Le Huff’)

Décret surprise : Macron ouvre la chasse aux chômeurs (Révolution Permanente)

Commentaire: Il faut faire entrer 4 millions de chômeurs dans 200 000 emplois disponibles. La seule solution c’est de leur taper dessus!

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27 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

soudan (le monde)

soudan

Au Soudan,

La rue défie le pouvoir d’Omar Al-Bachir

Les manifestations contre le régime du maréchal à la tête du Soudan depuis 1989 se multiplient après que le prix du pain a été multiplié par trois.

Jusqu’où les « émeutes du pain » vont-elles emporter le Soudan ?
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Lorsque les premiers manifestants sont descendus dans les rues, la contestation n’avait rien d’organisé. Des rassemblements similaires se multipliaient dans un nombre croissant de villes du pays, sans programme, coordination ou leaders clairement identifiés, et dont le but était de protester contre le renchérissement des produits de première nécessité, comme le pain et le sucre. Le 18 décembre, le prix des petits pains ronds et souples qui composent l’ordinaire de toutes les familles soudanaises avait été multiplié par trois. En janvier, ce prix avait déjà doublé.Le 19, les premières manifestations commençaient à Atbara, à 250 km au nord de Khartoum, la capitale. Atbara, ville assoupie au bord du Nil, est aussi le berceau du syndicalisme et du communisme (le premier syndicat soudanais y avait été créé en 1946), siège des chemins de fer à la gloire évanouie. Aujourd’hui, elle souffre comme tout le Soudan.
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En quelques jours, il y avait plus de dix foyers de contestation à travers le pays.
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Et de plus en plus de slogans hostiles au pouvoir soudanais, ceux du « printemps arabe ». Des hommes, des femmes, des enfants ont pris part à des manifestations à Dongola, tout au nord ; à Gedaref, dans l’est ; ou encore à El-Obeid, au Kordofan du Nord. Des bâtiments du parti au pouvoir, le Parti du congrès national (NCP), ont été incendiés.
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« Effondrement »

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L’augmentation du prix du pain n’est qu’une ultime décision, dans la continuité de celles qui affectent le Soudan ces dernières années. En 2013, la libéralisation des prix et du taux de change avait conduit à une première bouffée inflationniste, et à des manifestations durement réprimées.

En janvier, cette année, un nouveau train de mesures d’austérité avait aussi entraîné des émeutes. En novembre, une délégation du Fonds monétaire international (FMI) était à Khartoum, pour discuter de certaines dispositions destinées à favoriser la reprise de l’aide financière. Parmi elles figurait la fin des subventions à des produits de première nécessité. La farine en fait partie.

Ce ne sont plus les syndicats – noyautés par le pouvoir afin d’obéir aux injonctions du NCP du président Omar Al-Bachir – qui jettent à présent les foules dans les rues. A leur place, une organisation parallèle et assez discrète, l’Association professionnelle du Soudan (APS), a pris le relais dans l’organisation des manifestations.

La contestation est portée par la difficulté de survivre alors que la valeur de la livre soudanaise a été divisée par deux et que certains prix ont été multipliés par trois, cinq, ou plus. L’inflation, au total, a atteint 70 % en fin d’année. Les observateurs commencent à parler d’« effondrement » de l’économie… (Payant)

Jean-Philippe Rémy

https://www.lemonde.fr/

Lire aussi:

La révolution soudanaise et les menaces potentielles à venir (Etat d’Exception)

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27 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

retraites (france info)

retrauite

Nancy : une retraitée lance une pétition en ligne pour le pouvoir d’achat

Et recueille plus de 84 000 signatures

Francine Vergon demande notamment l’indexation des retraites sur l’inflation, et elle est déterminée.

Le 17 décembre dernier, Francine Vergon, retraitée de 68 ans, vivant à Nancy (Meurthe-et-Moselle) avec une pension de 954 euros par mois, a lancé une pétition pour demander l’indexation des retraites sur l’inflation. Elle a déjà recueilli plus de 84 000 signatures, rapporte France Bleu Sud Lorraine Sud.

« Ma situation n’est pas florissante mais je pense surtout aux retraités qui ont moins ou rien du tout », témoigne-t-elle. « Je connais des personnes avec 600 euros par mois qui font les poubelles », a-t-elle confié. Ma fille me propose parfois de me faire un plein de nourriture, mais je n’aime pas ça, j’ai aussi du respect pour moi.Francise Vergnon, retraitée nancéienne

Francine Vergon ne sera pas concernée par l’exonération élargie de la hausse de la CSG. Sont concernés les retraités touchant une pension au-dessus de 1 200 euros par mois et qui avaient vu le 1er janvier 2018 le taux de la CSG augmenter de 1,7 points.

« Moi je parle des petites pensions comme moi, raconte-t-elle. Ces gens-là n’ont rien, même pas une miette ! Ils sont lésés, on a rien du tout, même pas une prime. » La retraitée compte dépo-ser sa pétition sur la table des députés locaux. « Mais s’il faut que j’aille à l’Elysée pour l’apporter, j’irai ! », promet-elle.

25/12/2018

https://www.francetvinfo.fr/

Lire aussi

« On ne peut plus suivre » : ils sont retraités mais travaillent encore par nécessité économique (France Info)

Et la finance ruinera les retraités (La Brèche)

 

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27 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

madagascar (courrier international)

madagascar

Madagascar.

Une catastrophe écologique à venir

L’élection d’Andry Rajoelina à la présidence a été confirmée le 27 décembre. Entre les deux tours, William Laurance, professeur australien spécialiste de l’environnement, disait redouter le pire si ce candidat était élu, en particulier pour les forêts de la Grande Île.

Quels sont les points communs du Brésil et de Madagascar ? Les deux pays ont prêté leur nom à des films fantaisistes. Tous deux sont connus dans le monde entier pour la richesse de leur biodiversité. Et tous deux doivent composer avec un autocrate déterminé à détruire l’environnement pour en tirer profit à court terme.

Malheureusement pour le Brésil, Jair Bolsonaro a déjà été élu, et il prendra ses fonctions le 1er janvier. Pendant sa campagne électorale, il n’a pas caché son intention de piller l’Ama-zonie : il prévoit d’abolir les protections et réglementations environnementales pour encourager l’exploitation minière et l’agriculture à grande échelle.

Un complot du “marxisme culturel”

C’est désastreux pour la forêt amazonienne, mais aussi pour la planète tout entière, car la forêt transforme le dioxyde de carbone en oxygène – un rôle qui lui (article payant)

William Laurance 27/12/2018
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27 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

voeux 2019 (cadtm)

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Bonne année de combat 2019 !

Cela a vraiment du sens de faire partie d’un réseau international comme le CADTM qui se bat aux quatre coins de la planète contre le Système dette et contre toutes les formes d’oppression.

Nous sommes de ceux et de celles, pour qui toute injustice faite à une personne quelle que soit l’endroit de la planète où cela se passe nous fend le cœur et nous convainc encore un peu plus qu’il faut agir pour changer le monde en profondeur.

La lutte contre les dettes illégitimes privées (microcrédit abusif, dettes étudiantes, dettes hypothécaires abusives, dettes des paysans, etc.) et publiques nous mobilise mais nous savons très bien que d’autres formes d’injustice et d’oppression doivent aussi être combattues.

Et nous sommes prêts à participer à différentes luttes. Nous sommes aussi prêts à agir ensemble avec toutes les forces réellement émancipatrices et nous pratiquons au maximum l’unité d’action en essayant de faire converger les luttes.

Les mobilisations féministes ont pris une nouvelle ampleur en 2018 et c’est très encourageant. Pourvu que cela continue. D’autres grandes mobilisations populaires ont eu lieu : des gilets jaunes aux luttes à Haïti qui ont démarré contre l’augmentation du prix des combustibles et sont allés beaucoup plus loin, la caravane des migrants qui est partie du Honduras et du Salvador pour rejoindre les États-Unis en passant par le Guatemala et le Mexique. Heureusement la liste des résistances est longue et il y a de l’espoir.

Le réseau CADTM international a une fois de plus été très actif en 2018 et il le sera encore en 2019. De plus il s’étend géographiquement.

Bonne fin d’année 2018 et soyons prêts pour une nouvelle année 2019 de combat

Signé :

Fátima Zahra, Omar Aziki, Eric Toussaint, Christine Vanden Daelen  CADTM international, Broulaye Bagayoko (Cadtm Afrique), Maria Elena Saludas (CADTM Amérique latine et Caraïbe) et Sushovan Dhar (CADTM Asie) .

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27 décembre  CADTM international
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27 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

pétrole (jdd)

Polar Bear and Arctic oil Exploration

Pourquoi la baisse du prix du pétrole est une bonne nouvelle

Pour les consommateurs, mais pas pour le climat

Le baril de pétrole a atteint son niveau le plus bas depuis l’automne 2017. Un coup de pouce pour le pouvoir d’achat des ménages, mais un frein pour la transition écologique.

Un (petit) cadeau de Noël pour les consommateurs.

Le prix du pétrole n’en finit pas de chuter, après un pic au mois d’octobre lors duquel il avait atteint son plus haut niveau depuis quatre ans. Lundi, juste avant la trêve de Noël, le WTI (West Texas Intermediate) et le Brent, les deux cours de référence cotés à New York et à Londres, ont accusé une lourde perte, respectivement de 6,7% et 6,2%. Déjà, les semaines précédentes, les cours avaient baissé. Désormais, le baril de WTI s’établit à 42,53 dollars et celui du Brent à 50,47 dollars.

Pour trouver du pétrole aussi bon marché, il faut remonter à l’automne 2017. La récente décision de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) de réduire la production pour soutenir les prix n’y a rien fait : les cours se grippent. L’offre est abondante, Etats-Unis, Russie et Arabie Saoudite produisent à plein régime, tandis que les nuages s’accumulent sur l’économie mondiale, et que les marchés boursiers connaissent une année noire. La faute, entre autres, aux tensions géopolitiques et commerciales liées à l’imprévisible cyclone Donald Trump.

Le prix d’un litre d’essence a diminué de 9,55% en deux mois

Deux mois après la première mobilisation des Gilets jaunes, au départ contre la hausse des taxes sur le carburant, cette baisse est plutôt une bonne nouvelle pour les consommateurs. En particulier pour les quelque 70% de Français qui, selon l’Insee, se rendent au travail en voiture.

Car, dans son plongeon, le prix du pétrole entraîne avec lui celui de l’essence. Pour le moment, cette baisse est peu visible. Du moins, pas dans les mêmes proportions. Depuis le 5 octobre dernier, le prix à la pompe d’un litre de SP95 a diminué de 9,55% (passant de 1,57 euro le litre à 1,42 euro au 21 décembre). Celui du diesel a perdu 7,2% environ (de 1,52 euro à 1,41 euro).

On est loin de la chute subie par le cours du pétrole en deux mois (environ moins 40%). Pourquoi?

Notamment parce que le pétrole brut ne représente qu’une faible part du prix du carburant : 26,8% pour un litre de super. De leurs côtés, distributeurs et transporteurs tardent parfois à répercuter les baisses de prix, pour soigner leurs marges et lisser les évolutions. Il n’empêche, avec un temps de décalage, la baisse du prix du pétrole représente un petit pécule en plus pour le pouvoir d’achat des ménages. En 2016, toujours selon l’Insee, le carburant représentait 2,1% de leurs dépenses.

Un pétrole bon marché décourage les velléités écologiques

Mais sur le front climatique, la baisse des prix du pétrole et du carburant assombrit un peu plus l’horizon. Côté consommateurs, une essence plus abordable signifie qu’acheter un véhicule plus propre ou modifier ses modes de déplacement devient tout à coup moins urgent et moins utile. Acquérir un modèle SUV ou faire quelques kilomètres de plus plutôt que d’emprunter son vélo peut-être plus tentant.

Côté industriels, ce prix bas est une aubaine pour les transporteurs routiers ou les compagnies aériennes. Plus largement, pourquoi investir dans les énergies renouvelables et innover vers une économie plus verte, quand le pétrole est bon marché? D’autant que l’or noir est partout. En carburant pour les moteurs, en matière première pour des produits aussi varié que l’asphalte, les t-shirts en polyester ou encore les rouges à lèvres. Et puis, surtout, le plastique.

Par ricochet, le secteur du plastique recyclé risque de pâtir de la chute du baril. Selon Les Echos, avec la chute du baril, le plastique recyclé devient plus cher que son homologue sorti d’usine. A court terme, c’est autant d’incitations en moins pour que les industriels adoptent un comportement plus vert.

26 décembre 2018 Aude Le Gentil

https://www.lejdd.fr/

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27 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

salaire minimum (à l’encontre)

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A nouveau sur le salaire minimum

Le travailleur pauvre est une femme 

Le constat du groupe d’experts ne traite que marginalement de la situation des femmes. Le rapport de 2018 signale par exemple qu’« au sein des 1,98 million de bénéficiaires de la reva-lorisation du SMIC, un peu plus de 1,15 million sont des femmes, soit 58,3 %, alors qu’elles représentent moins de la moitié des salariés. » Mais les experts ne vont pas au fond de l’analy-se, et c’est donc dans un récent rapport d’Oxfam [7] qu’il faut aller chercher l’information.

Voici quelques faits à prendre en considération :

– 55% des bas salaires et 63% des emplois non qualifiés sont occupés par des femmes ;

– Les femmes occupent 78% des emplois à temps partiel et 75% des personnes qui souhaitent travailler plus sont des femmes ;

– 70% des CDD et des intérims sont occupés par des femmes ;

– ¨Plus d’un quart des femmes en situation de monoparentalité sont des travailleuses pauvres, soit un million de personnes.

Ce constat est pourtant décisif.

Comme la prime d’activité est calculée au niveau du ménage, elle a pour effet, comme nous l’écrivions dans notre précédente chronique de valider « des salaires “d’appoint” inférieurs pour les femmes ou de leur offrir des emplois à temps partiel, sous prétexte que la prime d’activité complétera le revenu du ménage ».

Toutes les savantes études économiques reposent sur un postulat implicite qu’elles essaient vainement de démontrer « scientifiquement », à savoir que le capitalisme ne peut créer des emplois qu’à la condition de dégrader le statut de salarié.

Cela permet de laisser dans l’ombre les véritables mesures de lutte contre le chômage, comme la réduction du temps de travail et la garantie du droit à l’emploi [28]. Il est vrai qu’elles ont toutes deux le tort d’impliquer une réduction des revenus du capital.(Résumé)

Alencontre  26 décembre  2018 Michel Husson

http://alencontre.org/

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26 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

ménages (challenges)

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Les ménages ont subi un recul historique du pouvoir d’achat

Le plan d’urgence de 10 milliards d’euros présenté par Emmanuel Macron vise à répondre à une érosion du revenu des ménages pendant dix ans. Sera-t-il suffisant ?

La colère des  » gilets jaunes  » a surpris par son ampleur. Il est indispensable d’analyser les origines de cette crise : comme l’a montré une étude récente de l’OFCE, publiée par l’Insee, le niveau de vie a baissé depuis 2008 pour quasiment l’ensemble des catégories sociales, la perte moyenne se chiffrant à 440 euros par ménage entre 2008 et 2016.

Depuis 1945, jamais les ménages n’avaient connu une telle rupture dans leur niveau de vie.

Au cours des vingt années précédant la crise de 2008, l’accroissement du pouvoir d’achat par ménage a atteint en moyenne 450 euros par an, malgré la récession de 1993 et la crise financière consécutive à l’éclatement de bulle Internet du début des années 2000. Comment expliquer un tel retournement ?

D’abord, la crise de 2008 et ses répercussions sur le marché du travail en expliquent une part, principalement pour les bas revenus : hausse du chômage, précarisation de l’emploi, forte modération salariale et quasi-stagnation du smic réel. Ensuite, avec l’accroissement de la part des retraités et des familles monoparentales dans la population, la baisse du niveau de vie par ménage a été renforcée. Enfin, la grande récession a laissé des traces profondes sur les finances publiques, le déficit passant de 2,6 % du PIB en 2007 à plus de 7 % en 2009.

Hausse des prélèvements sur les ménages

Or, le redressement à partir de 2011 est passé principalement par une hausse des prélè-vements sur les ménages. Même si les mesures socio-fiscales de la période 2008-2016 ont permis de contenir la hausse des inégalités, elles ont amputé le pouvoir d’achat par ménage de 500 euros en moyenne, 67 % des ménages subissant plus de hausse de prélèvements que d’augmentation de prestations.

Le fait qu’une grande partie des hausses d’impôts et de taxes payés par les ménages ait servi à combler les déficits et à financer la compétitivité des entreprises, et non pas à augmenter les services publics ou les prestations, peut être à l’origine de la problématique actuelle du consentement à l’impôt.

Après une décennie de crise, les choix budgétaires du début de quinquennat, privilégiant la baisse de la fiscalité du patrimoine – qui profite aux plus fortunés – couplée, pour des raisons budgétaires, au fait d’inscrire les hausses d’impôts (CSG, taxe carbone) en début d’année et les baisses (taxe d’habitation, cotisations salariés) en fin d’année ont certainement été les gouttes de trop.

Depuis, le président a rectifié le tir, avec un geste fiscal de plus de 10 milliards d’euros en direction des ménages pour 2019. Un tel effort en direction des classes moyennes et modestes n’avait pas eu lieu depuis plus d’une décennie. Sera-ce suffisant pour apaiser cette colère héritée d’années de crise ?

SOURCE : ÉTUDE DE L’OFCE POUR L’INSEE «PORTRAIT SOCIAL 2018»

Mathieu Plane, économiste à l’OFCE 23.12.2018

https://www.challenges.fr/

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