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30 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

famine (à l’encontre)

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Un garçon collecte le peu d’eau qu’il trouve dans une rivière asséchée en raison de la sécheresse à Dollow, en Somalie.

Le climat a changé. Les famines se déchaînent

L’actualité climatique est plus sombre que jamais. Malgré les ambitions affichées de la communauté internationale, les pays du monde n’ont réduit que de 1% leurs émissions de gaz à effet de serre, selon un nouveau rapport des Nations unies. Ce piètre résultat place la planète sur la voie d’un réchauffement de 2,4 degrés Celsius d’ici la fin du siècle [l’élévation pourrait même atteindre 2,8 degrés si la politique actuelle est poursuivie], ce qui est en deçà des plus grandes craintes des observateurs du climat, mais toujours au-delà du seuil de sécurité fixé à 1,5 degré Celsius. Cela préfigure un avenir dangereux fait de conditions météorologiques extrêmes, d’élévation du niveau des mers et de «souffrances sans fin», selon les termes mêmes des Nations unies.

Deux autres rapports publiés cette semaine par des agences des Nations unies ont indiqué une aggravation de ces maux. Une analyse de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques [CCNUCC, une des trois conventions adoptées lors du Sommet de la terre de 1992, conjointement à la Convention sur la diversité biologique et à celle sur la lutte contre la désertification] a révélé que peu de pays avaient atteint leurs engagements en matière de climat depuis la grande conférence des Nations unies sur le climat qui s’est tenue l’année dernière [COP26 du 1er au 13 novembre] à Glasgow, en Ecosse.

La conférence de cette année doit se tenir en Egypte le mois prochain [du 5 au 18 novembre à Charm-El-Cheikh: COP27]. Une autre étude de l’Organisation météorologique mondiale a révélé que les émissions de méthane augmentent plus rapidement que jamais. Ces données soulèvent «des questions quant à la capacité de l’humanité à limiter à court terme ce gaz à effet de serre 80 fois plus puissant que le dioxyde de carbone», rapportent d’autres observateurs.

Des progrès ont été réalisés: le monde se détourne du charbon [1], tandis que les gouver-nements des principaux émetteurs, l’Australie et les Etats-Unis, ont récemment adopté des lois importantes pour réduire les émissions. Mais les choses ne vont pas assez vite. «Les engagements mondiaux et nationaux en matière de climat sont lamentablement insuffisants», a déclaré le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, dans un message vidéo cette semaine. «Nous devons combler le fossé des émissions avant que la catastrophe climatique ne se referme sur nous tous.»

Malgré les appels constants d’António Guterres, l’urgence politique nécessaire ne se manifeste pas dans la plupart des pays du monde. Même les gouvernements ayant des programmes climatiques bien conçus ont vu leur attention détournée par la guerre en Ukraine, le bilan de la pandémie et la volatilité des prix de l’énergie et l’inflation qui secouent l’économie mondiale. Comme l’écrivent Steven Mufson et Sarah Kaplan, le 26 octobre dans The Washington Post: «Le monde se dirige vers un avenir fait de chaleur insupportable, des catastrophes météorologiques de plus en plus fréquentes, d’écosystèmes qui s’effondrent, de faim et de maladies.»

Dans certains endroits, cet avenir est déjà là. La Corne de l’Afrique et de nombreuses régions d’Afrique de l’Est sont au cœur d’une sécheresse dévastatrice. Pour la cinquième année consécutive, l’absence de pluie a été enregistrée. Les analystes s’attendent à ce que la sixième – qui débutera en mars prochain – soit également une saison «sans pluie». Alors que les champs sont en jachère et que des millions de têtes de bétail meurent de soif, les pays de la région connaissent une situation d’insécurité alimentaire et humanitaire sans précédent. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, quelque 22 millions de personnes en Ethiopie, en Somalie et au Kenya risquent de mourir de faim.

En Somalie, en particulier, les organisations d’entraide et les observateurs internationaux mettent en garde contre l’apparition imminente d’une famine. Les conditions semblent pires qu’en 2011, la dernière fois que la famine a été déclarée dans ce pays ravagé par la guerre, où quelque 260 000 personnes sont mortes. «A chaque minute de chaque jour, un enfant somalien est admis dans un établissement de santé pour y être traité de malnutrition aiguë sévère», a déclaré un porte-parole de l’agence des Nations unies pour l’enfance (Unicef) mi-octobre. Il existe des récits poignants de mères et de familles qui traversent péniblement des terrains arides à la recherche d’une assistance médicale pour leurs bébés malades. Des milliers de personnes sont peut-être déjà mortes [2].

Près de 8 millions de personnes, soit environ la moitié de la population du pays, ont été touchées par la sécheresse. Jusqu’à 6,7 millions de personnes pourraient être affectées par l’insécurité alimentaire d’ici la fin de l’année. La défaillance successive des cycles de récolte a coïncidé avec les pressions inflationnistes créées par la pandémie et la guerre en Ukraine, ainsi qu’avec l’instabilité actuelle en Somalie, où un gouvernement fragile fait face à l’insurrection bien implantée du groupe extrémiste islamiste al-Shabab.

«Nous ne savons pas où se trouve la fin», m’a confié Michael Dunford, directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’Est, en mettant en garde la communauté internationale contre la crise actuelle, mais aussi contre les futurs cycles de sécheresse et de souffrance à venir. En effet, les effets du réchauffement climatique ont un impact disproportionné sur des régions comme la Corne de l’Afrique. «Il ne s’agit pas du changement de climat – le climat a changé. Et nous ne reviendrons pas en arrière, même une fois que les pluies auront commencé», a-t-il déclaré. «Nous sommes bel et bien au milieu de la crise et je ne sais pas où se trouve le fond.»

La situation est d’autant plus tragique que ces communautés les plus menacées n’ont joué qu’un rôle minime, voire nul, dans la création des conditions qui alimentent le réchauffement climatique actuel. Il s’agit «d’une population qui, de manière importante, ne s’est pas infligé cette situation», a déclaré Michael Dunford. «Ce qui se passe aujourd’hui […] dans la région a un impact sur une population vulnérable qui n’a pas contribué aux gaz à effet de serre.»

«Les Somaliens sont les victimes de notre comportement, les victimes de nos habitudes – pas des leurs», a déclaré cette semaine Martin Griffiths, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU. «Et pourtant, nous n’avons même pas réussi à leur faire parvenir l’argent que nous avons promis de manière louable il y a quelque temps pour exactement ce genre d’objectif!»

Les agences des Nations unies ont indiqué que la Somalie, à elle seule, a besoin de quelque 2 milliards de dollars d’aide pour éviter les pires extrémités. Le PAM, qui a été largement financé par les Etats-Unis, fournit à plus de 4 millions de Somaliens une aide alimentaire et en espèces «vitale». Mais il a besoin de plus de fonds à un moment où les gouvernements nationaux naviguent dans leurs propres vents contraires économiques.

«Nous n’avons jamais vu un tel niveau d’exigence», a déclaré Michael Dunford, faisant allusion aux 345 millions de personnes dans le monde qui souffrent actuellement de faim aiguë. C’est deux fois plus qu’avant le début de la pandémie. Mais le rôle persistant du changement climatique dans la catastrophe en cours, a-t-il ajouté, signifie qu’il y a «un besoin d’équité» sur la scène mondiale. Michael Dunford a souligné la responsabilité du «monde industrialisé, des Etats du Golfe et d’autres pays, qui doivent s’engager et apporter les contributions nécessaires».

La gravité de la crise n’était pas inattendue, mais le système humanitaire international a été contraint de rattraper son retard. «La guerre en Ukraine est arrivée à un moment très inopportun», a déclaré Michael Dunford. Il a ajouté qu’ils avaient constaté que la situation en Somalie continuait à se détériorer et qu’ils avaient commencé à plaider pour les besoins du pays. «Et puis l’attention de tous a été détournée vers l’Europe. Nous avons donc perdu du temps et de l’attention», a-t-il déclaré. «Le financement est arrivé tardivement… et cela signifie que nous commençons plus tardivement dans notre réponse que nous le souhaitions.» Ce retard se mesurera en vies humaines.

(Article publié dans le The Washington Post, le 28 octobre 2022; traduction rédaction A l’Encontre)

 Ishaan Tharoor

https://alencontre.org/

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29 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

indexation (jdd)

saluauds

Indexation des salaires sur l’inflation : le communiste Fabien Roussel dépose une proposition de loi

Fabien Roussel va déposer avec les autres députés communistes une proposition de loi pour indexer les salaires sur l’inflation. Une proposition à laquelle Emmanuel Macron n’est pas favorable.

Fabien Roussel veut en faire « une grande bataille démocratique ». Invité samedi sur RMC, le leader du Parti communiste a annoncé son intention – et celle de ses collègues communistes – de déposer une proposition de loi pour indexer les salaires du privé et du public sur l’inflation . « Il n’y a pas 36 solutions face à l’inflation : il faut indexer tous les salaires et les retraites, les pensions, au même rythme l’inflation et que le pouvoir d’achat des Français évolue au même rythme que l’inflation », explique-t-il.

Macron opposé à une telle proposition

« Il ne faut pas qu’il n’y ait que le Smic qui évolue avec l’inflation », poursuit le député du Nord qui déplore « des Français qui tombent dans la pauvreté qui ne savent pas comment payer leur facteur d’électricité, leur loyer ou ne pas remplir le frigo. »

Pour y arriver, Fabien Roussel souhaite obtenir le consensus de tous les Français : « Le texte doit être soutenu par la population, par les salariés, pour l’imposer dans les débat. Il faut en faire une bataille populaire ». Pour cela, le dernier candidat à la présidentielle va devoir convaincre l’ensemble des partis, à commencer par la majorité, alors qu’Emmanuel Macron n’y est pas favorable .

« Si je vous disais ce soir qu’on va réindexer les salaires sur les prix’, nous détruirions des centaines de milliers et des millions d’emplois », déclarait mercredi le chef d’État sur France 2.

En revanche, Fabien Roussel ne souhaite pas rallier le Rassemblement national à sa cause, en raison, selon lui, du double discours de Marine Le Pen sur le sujet : « Le RN a refusé toute augmentation de salaire, a refusé d’augmenter le SMIC et le rétablissement de l’ISF. »

29 octobre 2022  Thibault Nadal

https://www.lejdd.fr/

Lire aussi

87 % des Français souhaitent que les salaires soient indexés sur l’inflation

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28 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

aides (lutte ouvrière)

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Aides de l’État : les capitalistes vampirisent la société

Dix milliards d’aides aux entreprises sous forme de « garantie électricité » : c’est le nouveau cadeau que vient d’annoncer le ministre de l’Économie, pour compenser la moitié de la facture d’électricité des entreprises non éligibles au tarif réglementé, et donc au bouclier tarifaire.

Dix milliards qui viendront s’ajouter aux 157 milliards d’euros des diverses aides fournies en 2019 aux entreprises, en proportion de leur taille bien sûr, d’après une étude récemment publiée par l’IRES, un institut de recherche au service des syndicats. Cette somme colossale, équivalant à près de trois fois le budget de l’Éducation nationale, est prise sur le budget, donc sur l’argent public.

Il faut des dizaines de pages pour détailler les multiples sources qui alimentent cette marée destinée au capital. L’ensemble est très difficile à chiffrer, vu l’opacité du système. Plus de deux mille dispositifs de soutien sont mis en œuvre pour forger cette monstrueuse galette, multipliée par au moins quinze depuis quarante ans.

La suppression du CICE, début 2019, a depuis été compensée par d’importantes exonérations pérennes de cotisations sociales patronales. Pour ne citer qu’un exemple, la cotisation versée par les patrons sur les salaires jusqu’à 2,5 smic est passée de 13 à 7 %.

Outre d’innombrables niches fiscales, de substantielles réductions d’impôts engraissent les bénéfices des capitalistes, comme celle de l’impôt sur les sociétés, passé de 50 à 25 % entre 1986 et 2022, ou celle, réclamée haut et fort par le Medef, de la contribution sur la valeur ajoutée des entreprises. De multiples subventions directes sont versées par l’État ou les collectivités locales.

Qui paye ?

La population travailleuse, dont les prélèvements obligatoires, en particulier par le biais de la TVA et de la CSG, ont crû en proportion inverse de ceux du patronat.

Pour parvenir à « baisser le coût du travail », comme l’exigent les capitalistes, l’État bourgeois lui fait les poches, directement et en la privant de plus en plus de transports, d’écoles, d’hôpitaux. Arracher la perfusion qui maintient la bourgeoisie en pleine santé est vital pour la classe ouvrière.

V. L. 26 Octobre 2022

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22 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

marx (politis essf)

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Travail versus allocs : l’œil de Marx

Le débat entre la « gauche du travail » et la « gauche des allocs » n’est pas nouveau. Marx polémiquait déjà en son temps avec ceux qu’il qualifiait d’utopistes et qu’incarnent aujourd’hui les promoteurs de l’allocation universelle.

Relire Marx permet de situer l’origine de la querelle opposant la « gauche du travail » à la « gauche des allocs ». Notre Petit Manuel critique des théories économiques (éd. La Dispute, septembre 2022) rappelle que la théorie marxiste de la valeur s’inscrit dans la lignée de la théorie classique, où le travail est la seule source de création de richesse.

Chez Marx, le mode de production capitaliste repose sur l’unique condition que les détenteurs de capitaux soient en mesure d’exploiter une marchandise particulière, la force de travail, la seule ayant la propriété de créer de la valeur – les machines, produits d’un travail passé, ne créant pas de valeur.

La force de travail est rémunérée à sa valeur, équivalente à la quantité de travail nécessaire pour produire des marchandises entrant dans le panier de consommation des salariés. Elle engendre une plus-value, à l’origine du profit que s’approprient les capitalistes sur le dos des travailleurs.

Le conflit transversal capital-travail est donc consubstantiel au capitalisme. Il pose le problème du contrôle, par les salariés eux-mêmes, de la valeur qu’ils ont créée, dans le but de socialiser la plus-value en faveur d’investissements utiles au progrès social. À long terme, la réduction du temps de travail, permise par le progrès technique et organisée par le collectif des travailleurs-producteurs, rend possible la fin de la division du travail.

Mais tout ceci suppose que les travailleurs aient, auparavant, dessaisi les capitalistes de la direction de l’économie. C’est pourquoi la question sociale est centrale dans la hiérarchie des luttes menées par la « gauche du travail ».

Celles-ci portent non seulement sur les salaires et les conditions de travail, mais peuvent également faire émerger des « déjà-là » communistes (dixit Friot), à l’image des services publics ou de la Sécurité sociale, dont la bourgeoisie n’a de cesse de vouloir réduire le périmètre.

Faut-il s’étonner du fossé qui sépare la nouvelle gauche utopiste des classes laborieuses de la France périphérique ?

Le débat entre les rouges et les verts n’est pas nouveau. Marx polémiquait déjà avec ceux qu’il qualifiait d’utopistes, et qu’incarnent aujourd’hui les promoteurs de l’allocation universelle.

Alors que la bataille centrale pour le contrôle de la sphère de la production est, pour Marx, l’enjeu final de la lutte des classes, les utopistes de son époque proposaient de s’en détourner pour fonder, à côté de l’économie monétaire, les éphémères « phalanstères » de Fourier, les « villages d’harmonie et d’amitié » d’Owen ou l’« Icarie » de Cabet.

De nos jours, le revenu universel prôné par « la gauche des allocs » instille de nouveau l’idée que la bataille pour changer la vie au travail est devenue vaine, si ce n’est écologiquement indésirable.

Pour les décroissants, honte à ceux qui s’aliènent dans ce qu’André Gorz nomme « l’économie hétéronome » ; l’allocation universelle (dont le montant avancé ne dépasse pourtant pas le seuil de pauvreté) permettrait de s’accomplir en dehors du travail salarié, qui participe à leurs yeux d’un productivisme destructeur.

Faut-il alors s’étonner du fossé qui sépare la nouvelle gauche utopiste des classes laborieuses de la France périphérique, qui s’échinent à conserver leurs emplois et à boucler leurs fins de mois ?

Liem Hoang-Ngoc est maître de conférences à Paris-I.

https://www.politis.fr/

Lire aussi:

La gauche et le travail: enfin du débat !

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22 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

gb (lo)

changeur

Grande-Bretagne : rassurer la finance, faire payer les travailleurs

Le 14 octobre, sous la pression des marchés financiers, la Première ministre, Liz Truss, a fini par se séparer de son ministre de l’Économie, Kwasi Kwarteng.

Dès le 17, son remplaçant, Jeremy Hunt, a esquissé un nouveau projet de budget taillé sur mesure pour rassurer les capitalistes, mais pas moins nuisible que le précédent aux intérêts du monde du travail.

Le mini-budget présenté le 23 septembre par Kwarteng, comprenant dépenses publiques en hausse et baisses massives d’impôts, au lieu du choc de croissance promis, n’avait réussi qu’à faire dévisser la livre sterling et paniquer les propriétaires de capitaux. Car ­Kwarteng avait omis de fournir des données un tant soit peu crédibles quant au financement de ses mesures. C’est ce vent de panique boursier qui a conduit à son limogeage après seulement six semaines à son poste.

En nommant Hunt à la place de son alter ego, Truss a été contrainte de manger son chapeau. Car les premières annonces de Hunt sont un détricotage en règle de ce qui faisait l’essence du « trussisme ». Pour tenter de restaurer la confiance de la haute bourgeoisie, il a en effet mis un point d’honneur à présenter un budget moins dispendieux, loin du Big Bang initialement voulu par sa cheffe.

Truss, qui voulait supprimer la tranche supérieure de l’impôt sur le revenu, a dû faire machine arrière.

Elle voulait un impôt sur les bénéfices des sociétés à 19 %, Hunt va le porter à 25 %. Pour ramener de l’argent dans les caisses de l’État, il ne se contente pas de limiter, un peu, les cadeaux fiscaux aux plus riches. Il va surtout revoir à la baisse l’enveloppe de 100 milliards de livres avec laquelle Truss prétendait plafonner les dépenses énergétiques à 2 500 livres par an pour un foyer moyen. La mesure, qui ne durera que six mois au lieu de deux ans, prendra fin dès avril 2023. Et tant pis si les factures de millions de travailleurs repartent alors à la hausse !

Le rétropédalage de Truss et les engagements de Hunt, aidés par le rachat à grande échelle d’obligations d’État par la Banque d’Angleterre, ont pour l’instant stoppé la dégringolade de la livre. Mais aucun expert ne se hasarde à parler de rétablissement durable, tant l’avenir de l’économie britannique est incertain. Le ralentissement de l’activité depuis le Brexit est évalué à 4 % et les prévisions de croissance pour les mois à venir sont nulles voire négatives.

Quels que soient les prochains soubresauts de cette économie folle, les travailleurs payent déjà le prix fort pour ses dysfonctionnements, avec un pouvoir d’achat et des conditions de travail ramenés une génération en arrière. Comme si cela ne suffisait pas, les mesures annoncées vont alourdir l’addition. En promettant de relever son taux d’intérêt de 2,25 % à 4,5 %, la Banque d’Angleterre va renchérir le coût des remboursements immobiliers de millions de Britanniques, déjà étranglés par la flambée de tous les prix. Leur hausse, d’au moins 6%, sera répercutée sur les loyers.

Quant à Hunt, il annonce la couleur plus franchement encore que Truss, qui prétendait satisfaire les plus aisés tout en protégeant les plus vulnérables. Lui parle de « décisions difficiles », sans cacher qu’il s’apprête à tailler dans les effectifs de la fonction publique et dans les services rendus à la population. Ex-ministre de Cameron et de May, comme Truss elle-même, il en connaît un rayon en matière de politique d’austérité… Pour compléter le tout, le gouvernement envisage de nouvelles entraves au droit de grève, déjà fort restreint en Grande-Bretagne.

La nomination de Hunt suffira-t-elle à sauver le gouvernement Truss ? Les députés du Parti conservateur sont partagés entre l’envie de se débarrasser d’une cheffe déjà décrédibilisée après moins de deux mois à son poste, et la peur d’attiser ainsi jusqu’à l’autodestruction les divisions qui le minent. Le désarroi des Tories fait le bonheur des politiciens travaillistes, qui se réjouissent de leur avance de 30 points dans les sondages et se tiennent prêts, au cas où les prochaines élections législatives, prévues en décembre 2024, devraient être avancées.

Pour les travailleurs, la question n’est pas de savoir qui occupe Downing Street :

Truss, un éventuel remplaçant conservateur, ou le chef du Labour Keir Starmer. Quoi qu’en disent les ­dirigeants des syndicats, favorables au retour du Labour aux affaires. De la part de responsables politiques qui se veulent tous des gérants loyaux du capitalisme, les exploités n’ont que des coups à attendre. La priorité est de renforcer les mouvements sociaux en cours, et d’œuvrer à ce que les grèves, jusqu’à présent dispersées, débouchent sur une lutte d’ensemble contre le grand patronat.

Thierry Hervé 19 Octobre 2022
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21 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

voiture électrique (fr info)

voiture-oui-oui

Pourquoi la voiture électrique n’est pas la solution miracle pour se déplacer sans polluer

A l’occasion du Mondial de l’automobile qui se tient à Paris, Emmanuel Macron et le gouvernement veulent promouvoir cette filière, pourtant pas si vertueuse.

« Deux millions de véhicules électriques produits en France en 2030. » Emmanuel Macron a rappelé cet objectif, lundi 17 octobre, en se rendant au Mondial de l’automobile de Paris. Bonus, bouclier tarifaire… Le président de la République avait également annoncé une batterie de mesures en faveur des voitures électriques la veille. Le but, selon le chef de l’Etat, est de « tenir l’objectif pour le climat, pour la réindustrialisation du pays, et pour notre souveraineté ». Pourtant, d’un point de vue environnemental, la voiture électrique n’est pas si vertueuse. Franceinfo détaille pourquoi la seule « transition vers l’électrique » de la voiture thermique n’offre pas une solution durable pour dépolluer nos déplacements.

Parce que la voiture électrique n’est pas totalement « propre »

Comme l’a déjà expliqué franceinfo, une voiture électrique pollue. En sortie d’usine, avant même d’avoir roulé, elle présente une empreinte environnementale supérieure à celle d’un véhicule thermique de taille équivalente, résume Bertrand-Olivier Ducreux, ingénieur transport et mobilité à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe).

« Cette empreinte environnementale est beaucoup plus élevée pour la voiture électrique, principalement en raison de sa batterie. » Bertrand-OIivier Ducreux, ingénieur transport et mobilité à l’Ademe à franceinfo

Cobalt, nickel, manganèse, lithium… Les batteries des voitures électriques nécessitent des métaux dont l’extraction est particulièrement polluante. La voiture électrique démarre donc avec un net retard environnemental sur son homologue thermique. Ce décalage n’est comblé qu’après 40 000 à 50 000 km de route, selon les estimations de l’Ademe. Ce rattrapage survient « à condition d’avoir un mix électrique à la française », c’est-à-dire avec une part importante d’électricité peu émettrice en gaz à effet de serre, comme le nucléaire, précise Bertrand-Olivier Ducreux.

Toutefois, sur l’ensemble de sa durée de vie, une voiture électrique roulant en France a un impact carbone deux à trois fois inférieur à celui d’un modèle similaire thermique. Mais un nouveau bémol reste à souligner : cette estimation ne vaut que pour les batteries de moins de 60 kWh, soit l’équivalent d’une Peugeot e208 ou une Renault Mégane au maximum, avec des autonomies d’environ 400 km.

Parce qu’elle est trop gourmande en matières premières rares

Prenons l’exemple d’une batterie de Renault Zoé. Pour la produire, il faut 7 kilos de lithium, 11 kilos de manganèse, 11 kilos de cobalt et 34 kilos de nickel. Le total représente environ 63 kilos de métaux, illustrait « Complément d’enquête », sur France 2, en 2020.

Ces matières premières se trouvent en quantité limitée sur notre planète. Julien Pillot, économiste, anticipe des « conflits d’usage » car les mêmes ressources sont nécessaires pour les éoliennes et le photovoltaïque. En outre, le risque est de remplacer une dépendance aux pays exportateurs de pétrole par une dépendance aux pays extracteurs de métaux rares, comme la Chine.

Pour ses câbles et rotors, un véhicule électrique nécessite aussi une quantité de cuivre bien plus importante qu’un véhicule thermique. Pour Marco Daturi, professeur et chercheur au laboratoire catalyse et spectrochimie de l’université de Caen, c’est une impasse.

« Au rythme actuel d’extraction, dans vingt ans, nous aurons consommé presque tout le stock de cuivre disponible sur Terre. » Marco Daturi, chercheur au laboratoire catalyse et spectrochimie de l’université de Caen à franceinfo

Cela signifie selon lui qu’« il est impossible de remplacer le parc automobile thermique exclusivement par des voitures électriques » et que nous ne pourrons le faire que sur un « pourcentage relativement faible ».

Parce que l’intérêt écologique de l’électrique ne vaut que pour les voitures légères

« L’impact carbone d’un véhicule électrique augmente quasiment proportionnellement à son poids, lui-même fortement impacté par la capacité de stockage de sa batterie« , écrit l’Ademe dans un avis publié le 10 octobre. L’Agence encourage les automobilistes à « choisir une voiture avec une batterie juste adaptée à l’usage majoritaire » et à opter pour « un modèle de véhicule le plus petit et léger possible ».

Des critiques ont donc logiquement émergé lorsque Renault a dévoilé, lundi, un SUV trapu en guise de nouveau modèle électrique de la mythique 4L. « C’est un non-sens de faire un SUV électrique », juge Marco Daturi.

« En France, environ 40% des véhicules sont des SUV. Il faut absolument rééquilibrer ça, aller vers des véhicules nettement plus légers. » Pierre Leflaive, responsable transports au sein du Réseau action climat à franceinfo

Malgré cette nouveauté de la marque au losange à rebrousse-poil des recommandations de l’Ademe, Bertrand-Olivier Ducreux décèle des signaux positifs. « Jusqu’à l’année dernière, la voiture électrique la plus vendue en France était la Tesla Model 3, une voiture très haut de gamme, qui coûte très cher ».

Selon lui, « beaucoup de personnes avaient un a priori élitiste sur la voiture électrique ». Ce regard tend à changer. Sur les huit premiers mois de l’année 2022, les cinq voitures électriques les plus vendues en France sont la Peugeot e208, la Fiat 500e, la Dacia Spring, la Renault Zoé et la Renault Twingo E-TECH. Il relève qu’il s’agit globalement de voitures qui ne sont pas des SUV, qui coûtent moins de 30 000 euros avant les aides publiques, et pèsent entre 1 200 et 1 250 kilos à vide. « Ces voitures ont trouvé leur marché et montrent une réalité industrielle », commente l’ingénieur.

Parce que la voiture électrique n’est vertueuse que sur de courtes distances

A les écouter, des responsables politiques ou des dirigeants de constructeur automobile considèrent la « transition vers l’électrique » comme le remplacement de la voiture thermique par la voiture électrique. « Nous aurons bientôt des voitures qui vont dépasser les 600 km d’autonomie », a déclaré mardi sur franceinfo Carlos Tavares, PDG de Stellantis. Et d’ajouter : « Tant que les consommateurs veulent acheter de l’autonomie, ma mission, c’est [d'y] répondre. »

« Si on remplace un véhicule thermique par un véhicule électrique, on ne parvient pas à nos objectifs climatiques », remarque Pierre Leflaive, du Réseau action climat.

L’Ademe, insiste l’ingénieur, met en avant la petite voiture électrique, « un outil efficace et pertinent », pour les déplacements quotidiens dans un rayon de quelques dizaines de kilomètres. « Jusqu’à un passé récent, le véhicule thermique était le couteau-suisse de la mobilité, il pouvait tout faire. Nous ne pouvons pas rester dans ce modèle », estime Bertrand-Olivier Ducreux. Il appelle à une « rupture de comportement » par rapport à une période où « nous choisissions en partie notre véhicule pour les quelques déplacements de l’année les plus contraignants » : partir en vacances à plusieurs centaines de kilomètres de son domicile, avec de nombreux bagages, un ou plusieurs enfants, et parfois des vélos sur le toit.

Pour ces longs trajets, il conçoit la voiture électrique comme un maillon de la chaîne. Au lieu d’effectuer tout le trajet en voiture, il s’agirait par exemple de prendre un bus ou un car pour rejoindre une gare. De là, éventuellement, des transports en commun permettraient de prendre un train de grande ligne. Une fois sur place, la location d’une voiture électrique permettrait de se rendre sur son lieu de vacances et de circuler dans un rayon de 40-50 km.

Parce que c’est la place de la voiture (électrique ou non) qui doit être revue

La voiture électrique n’est qu’une « brique parmi une offre de services de mobilité plus large et diversifiée », écrit l’Ademe. Cette projection se heurte à l’aménagement du territoire, qui a privilégié les routes et l’automobile, laissant le réseau ferroviaire s’éroder. Résultat : la voiture personnelle constitue l’un des modes de transport principaux au quotidien pour 72% des Français, alors que la moitié des trajets font moins de 5 km, rapporte l’Ademe.

« En raison de choix de société, de choix politiques, une part de la population doit utiliser une voiture. Nous ne pouvons pas les culpabiliser. » Marco Daturi

Comme l’Ademe, le chercheur en chimie plaide non pas pour une unique solution, mais pour « des solutions qui seront insérées dans le tissu du territoire ». Le projet est aussi ambitieux que délicat. « Remettre en cause le tout voiture dans la société, investir massivement dans le ferroviaire, à longue distance, mais également à courte distance, réduire les distances entre le domicile et le travail, réduire l’étalement urbain… C’est une trajectoire plus difficile sur le plan politique que tout miser sur la voiture électrique », analyse Julien Pillot, économiste, chercheur de l’Inseec, associé au CNRS.

Ce profond changement est pourtant nécessaire, juge Pierre Leflaive. Il rappelle que 13 millions de personnes en France sont en « situation de précarité mobilité », c’est-à-dire sans accès à un mode de transport individuel ou collectif, selon la Fondation pour la nature et l’homme. Pour le responsable Transports du Réseau action climat, réduire le parc automobile ne signifie pas réduire les déplacements. D’après lui, il s’agit d’offrir davantage de possibilités aux personnes qui en ont besoin. Dans cette vision, « le ferroviaire va être le fer de lance de la transition du secteur des transports et cela signifie investir massivement », relève-t-il.

« L’enjeu, ce n’est pas de moins bien se déplacer. Au contraire, c’est de mieux s’adapter à nos besoins, et à la fin d’avoir une meilleure mobilité pour tous. »  Pierre Leflaive

Encore faut-il, concède Pierre Leflaive, améliorer la qualité des alternatives : leur ponctualité, leur régularité, leur prix mais également leur confort. D’après le patron de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, une enveloppe de 100 milliards d’euros sur quinze ans est nécessaire pour doubler la part du train dans les déplacements.

Elle engloberait les investissements de remise à niveau du réseau vieillissant, le développement de RER et de nouvelles lignes à grande vitesse. Réponse de Clément Beaune, le ministre des Transports : « Je veux vraiment que si on dégage des moyens budgétaires – et on en dégagera –, on les mette en priorité sur ces transports du travail, du quotidien le plus souvent, et sur le réseau. » L’électrification du parc automobile et la revitalisation du train pourraient faire dérailler les comptes publics. Le défi pour l’Etat sera de tenir la charge.

Louis San  21/10/2022

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19 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

climat (cnrs)

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Le réchauffement climatique en France s’annonce pire que prévu

En adaptant à la France la méthode utilisée par le Giec pour estimer le réchauffement planétaire, des scientifiques viennent de revoir à la hausse les températures qui attendent l’Hexagone. D’ici 2100, cette augmentation serait de 3,8 °C par rapport au début du 20è siècle, et ce dans un scénario d’émissions modérées de gaz à effet de serre.

L’optimisme climatique n’est pas de mise ces jours-ci. Le réchauffement climatique au cours du 21è siècle en France pourrait être 50 % plus intense que ce que l’on pensait. C’est le résultat de nouvelles projections sur le climat futur qui viennent d’être réalisées par une équipe du CNRS, de Météo France et du Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique1. Si les tendances actuelles d’émissions de carbone se maintiennent, la température moyenne de l’Hexagone sera 3,8 °C supérieure à celle du début du 20è siècle. Un chiffre qui pose d’immenses défis d’adaptation et qui promet des changements sévères dans l’agriculture et les écosystèmes français.

Pour arriver à ce résultat, le plus robuste dont nous disposons à ce jour, les chercheurs ont employé une méthodologie nouvelle. Développée par cette même équipe, elle a été utilisée par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) dans le premier volet de son sixième rapport, paru en 2021.

L’innovation principale est l’utilisation de données climatiques observées pour contraindre les modèles. En d’autres termes, à partir d’un éventail de simulations climatiques réalisées grâce aux modèles utilisés par le Giec, les chercheurs identifient celles qui sont en accord avec les mesures de température récoltées depuis plus d’un siècle. Ainsi, les chercheurs peuvent identifier les projections les plus robustes sur l’avenir du climat, et réduire les incertitudes.

Le Giec propose des scénarios de réchauffement climatique au niveau planétaire et au niveau de grandes régions comme l’Europe ou le bassin méditerranéen. Mais il ne va pas en-dessous. Or il existe un appétit pour des projections à des échelles plus réduites.

L’autre originalité de ces travaux, publiés le 4 octobre dans la revue Earth Systems Dynamics, est qu’ils offrent des projections à l’échelle française. « Le Giec propose des scénarios de réchauffement climatique au niveau planétaire et au niveau de grandes régions comme l’Europe ou le bassin méditerranéen. Mais il ne va pas en-dessous.

Or il existe un appétit pour des projections à des échelles plus réduites », explique Aurélien Ribes, chercheur au Centre national de la recherche météorologique2 (CNRM). En effet, les grandes décisions politiques se prennent pour l’essentiel au niveau national. Il était donc urgent d’utiliser cette nouvelle méthodologie pour obtenir des scénarios de réchauffement climatique à l’échelle de l’Hexagone. Pour cela, les chercheurs ont utilisé les données récoltées par une trentaine de stations météorologiques réparties sur toute la France. Ces stations sont connues pour avoir enregistré les températures de façon homogène sur de longues périodes. Ainsi, les premières mesures de température fiables dont disposent les chercheurs datent de 1899.

Grâce à ces données, l’équipe a calculé le réchauffement climatique actuel. Ils ont montré que la température moyenne de la France actuelle est 1,7 °C supérieure à celle de la France entre 1900 et 1930. Ce chiffre est bien au-dessus de la hausse moyenne de températures à l’échelle globale, que le Giec évalue à 1,2 °C. Mais pour les chercheurs, il n’y a rien d’anormal là-dessus. « La hausse globale des températures prend en compte les océans qui se réchauffent moins vite que les continents », explique Aurélien Ribes. La hausse moyenne des températures continentales dans le monde étant de 1,6 °C, la France ne fait donc pas figure d’exception.

On n’imaginait pas que les aérosols avaient une telle incidence sur le climat français (…) On observe que, jusque dans les années 1980, leur effet a masqué le réchauffement climatique, au point qu’il n’apparaît quasiment pas dans les instruments.

Sans surprise, les modèles climatiques montrent que la hausse future des températures est directement proportionnelle aux émissions de gaz à effet de serre. N’en déplaise aux négationnistes du climat, l’origine humaine du changement climatique français ne fait aucun doute.

Une chose, en revanche, a surpris les chercheurs : l’impact des aérosols. « On n’imaginait pas qu’ils avaient une telle incidence sur le climat français », affirme Julien Boé, de l’unité ClimatEnvironnement, Couplages et Incertitudes3. « On observe que, jusque dans les années 1980, l’effet des aérosols a masqué le réchauffement climatique, au point qu’il n’apparaît quasiment pas dans les instruments. »

Les aérosols sont les particules en suspension dans l’atmosphère. Les activités humaines polluantes en rejettent de grandes quantités, notamment lors de la combustion des carburants fossiles. Cette pollution a un puissant effet refroidissant. En effet, les particules empêchent les rayons du soleil d’atteindre la surface.

Or, jusque dans les années 1980, pollution et gaz à effet de serre grimpaient de concert. Leurs effets respectifs sur le climat s’annulaient mutuellement. Puis, à la fin du 20è siècle, les nouvelles régulations et les technologies plus propres ont réduit de façon spectaculaire la pollution. Résultat, l’effet des aérosols sur le climat a chuté et la courbe des températures s’est emballée vers le haut à une vitesse qui a surpris les chercheurs.

L’insoutenable été 2100

Dans un deuxième temps, les chercheurs se sont projetés vers l’avenir afin d’anticiper le climat français à la fin du 21è siècle. Ils ont pour cela utilisé les simulations climatiques en fonction de différents scénarios décrivant l’état du monde en 2100. Ces scénarios construits par le Giec vont du plus optimiste – un monde dans lequel un immense effort international a permis d’atteindre la neutralité carbone dès 2050 – au plus pessimiste – un monde divisé par de fortes inégalités et qui continue à carburer au gaz, pétrole et charbon.

Entre ces deux extrêmes improbables, un scénario intermédiaire dans lequel les émissions de carbone n’augmentent ni ne diminuent drastiquement. D’après les experts, c’est ce scénario mitigé qui est le plus en accord avec les tendances actuelles et les engagements climatiques pris par les grands pays émetteurs pour les prochaines années.

Dans le scénario intermédiaire, la France de 2100 pourrait être 3,8 °C plus chaude que celle du début du 20è siècle. Les étés pourraient être en moyenne 5 °C plus chauds par rapport aux décennies 1900-1930.

Sur la base de ce dernier scénario, les chercheurs ont montré que la France de 2100 pourrait être 3,8 °C plus chaude que celle du début du 20è siècle. Une augmentation qui fait frémir.

Une telle hausse des températures serait particulièrement marquée en été. En effet, les étés pourraient être en moyenne 5 °C plus chauds par rapport aux décennies 1900-1930.

« Ceci aura des impacts très forts sur les écosystèmes et les cultures. On aura des pics de chaleur beaucoup plus fréquents et chauds, et des sécheresses plus intenses et prolongées. Dans ces conditions, l’un de points clés sera comment maintenir les ressources en eau et comment les utiliser », annonce Julien Boé.

À 3,8 °C de hausse de températures moyennes, des écosystèmes entiers pourraient disparaître, et le paysage agricole en sera drastiquement modifié.

Ces projections, véritable avertissement, devraient servir à mettre en place des politiques d’atténuation et d’adaptation. À présent, les chercheurs du CNRM veulent descendre encore les échelles et simuler l’avenir climatique des régions françaises.

Par ailleurs, ils espèrent que d’autres équipes à travers le monde adopteront leur méthodologie. « Le code à la base de ces travaux est à la disposition de tout le monde. Il permettra à d’autres équipes ou d’autres services météorologiques de refaire ces calculs facilement pour leur pays ou leur région », annonce Aurélien Ribes. ♦

17.10.2022 Sebastián Escalón

https://lejournal.cnrs.fr/

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17 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

total (reporterre)

Francafrique

TotalÉnergies s’apprête à saccager la mer sud-africaine

Après l’Ouganda et la Tanzanie, l’Afrique du Sud. Non content d’EACOP, l’« oléoduc du désastre » qui menace les steppes et zones humides d’Afrique de l’Est, TotalÉnergies s’apprête à détruire les eaux profondes sud-africaines. C’est ce qu’ont révélé les associations Bloom et The Green Connection lors d’une conférence de presse, lundi 17 octobre.

Selon leurs informations, la multinationale a demandé il y a quelques semaines une licence de production pour exploiter deux immenses champs gaziers au large des côtes sud-africaines. Les opérations de forage risquent de saccager un écosystème marin exceptionnel, refuge de milliers de baleines à bosse, de cachalots, de pétrels, d’albatros et de tortues luths. Elles pourraient également mettre en péril la pêche artisanale locale.

TotalÉnergies tente depuis 2014 d’exploiter cette zone extrêmement riche en hydrocarbures, située à plusieurs centaines de mètres sous la surface de l’eau. Jusqu’à présent, la puissance des courants et des vents l’en avaient empêché. La multinationale semble désormais avoir trouvé le moyen de dépasser ces obstacles techniques. « C’est un énorme signal qui est envoyé à toute l’industrie des énergies fossiles », craint Swann Bommier, chargé de plaidoyer au sein de Bloom.

« La voie vers un nombre incalculable de bombes climatiques »

L’exploitation de ces champs, dont TotalÉnergies espère tirer jusqu’à un milliard de barils d’équivalent pétrole, pourrait inciter d’autres pétroliers à investir les eaux profondes sud-africaines. « Ce n’est pas juste une énième bombe climatique, a insisté l’activiste Camille Étienne, également présente lors de cette conférence. Il s’agit d’ouvrir la voie vers un nombre incalculable de bombes climatiques. »

Ce projet, pour lequel TotalÉnergies s’apprête à investir trois milliards de dollars, risque de « verrouiller » la transition énergétique de l’Afrique du Sud, selon la fondatrice de Bloom, Claire Nouvian. Il pourrait en effet inciter le pays à investir dans de nouveaux pipelines et centrales à gaz. Autant d’argent qui ne sera pas utilisé pour déployer des énergies renouvelables.

Risque de marée noire en zone vivrière

Les risques de marée noire sont très élevés. La zone étant à la fois très riche en biodiversité et très difficile d’accès, le moindre accident pourrait avoir des conséquences « catastrophiques ». « C’est une zone vivrière très importante pour les communautés de pêcheurs, a expliqué Claire Nouvian. Ils n’ont pas envie de vivre des marées noires qui menacent leurs moyens de subsistance. »

Bloom a lancé une pétition demandant au PDG de Total, Patrick Pouyanné, d’abandonner ce projet « dévastateur ». Elle appelle également le gouvernement français à œuvrer pour la préservation des eaux profondes sud-africaines. « Nous avons affaire à des psychopathes du profit, a estimé le député (LFI) François Ruffin, présent aux côtés de Bloom. On attend des États qu’ils s’interposent, et défendent l’intérêt général, planétaire, face aux intérêts privés. »

https://reporterre.net/

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10 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

canicules (fr 24)

ClimateChange_OMSI_030320

Avec les canicules, des régions entières de la planète vont devenir invivables

Dans un rapport sur la chaleur extrême rendu public lundi, l’ONU et la Croix-Rouge alertent sur l’évolution actuelle du climat dont « les vagues de chaleur pourraient atteindre et dépasser (les) limites physiologiques et sociales » au cours des prochaines décennies, notamment dans des régions comme le Sahel et l’Asie du Sud et du Sud-Ouest.

L’ONU et la Croix-Rouge tirent ensemble la sonnette d’alarme. Des régions entières du globe vont devenir invivables au cours des prochaines décennies en raison des vagues de chaleur qui seront plus fréquentes et plus intenses sous l’effet du changement climatique, ont averti les deux organisations lundi 10 octobre.

À moins d’un mois de la COP27, qui doit se dérouler en novembre en Égypte, l’ONU et la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) appellent dans un rapport conjoint à se préparer aux vagues de chaleur à venir pour éviter un nombre important de morts.

Ces organisations soulignent qu’il existe des limites au-delà desquelles les personnes exposées à une chaleur et une humidité extrêmes ne peuvent survivre et qu’il y a par ailleurs des limites au-delà desquelles les sociétés ne peuvent plus s’adapter.

« Selon les trajectoires actuelles, les vagues de chaleur pourraient atteindre et dépasser ces limites physiologiques et sociales au cours des prochaines décennies, notamment dans des régions telles que le Sahel, l’Asie du Sud et l’Asie du Sud-Ouest », écrivent-elles.

Mouvements de population et aggravation des inégalités

Une telle situation va se traduire par « des souffrances et des pertes de vies humaines à grande échelle, des mouvements de population et une aggravation des inégalités », avertissent les deux organisations.

Selon le rapport, presque partout où des statistiques fiables sont disponibles, les canicules constituent le danger météorologique le plus meurtrier.

Elles tuent déjà des milliers de personnes chaque année et vont devenir de plus en plus mortelles à mesure que le changement climatique s’accentue, indiquent dans le rapport Martin Griffiths, chef de l’agence humanitaire de l’ONU, et Jagan Chapagain, secrétaire général de la FICR.

Les vagues de chaleur sont à l’origine de certaines des catastrophes les plus meurtrières jamais enregistrées. Le rapport rappelle le lourd bilan de la canicule de 2003 en Europe qui avait fait plus de 70 000 morts, et une vague de chaleur en Russie en 2010 avait tué plus de 55 000 personnes.

Selon le rapport, les experts prévoient des taux de mortalité en lien avec la chaleur extrême très élevés, « comparables en magnitude, d’ici la fin du siècle, à tous les cancers ».

La chaleur extrême, un « tueur silencieux »

Cette année, des régions ou pays entiers d’Afrique du Nord, d’Australie, d’Europe, d’Asie du Sud et du Moyen-Orient ont suffoqué sous des températures record, mais aussi la Chine et l’ouest des États-Unis.

Le rapport rappelle que la chaleur extrême est un « tueur silencieux » dont les effets vont s’amplifier, posant d’énormes défis au développement durable tout en créant de nouveaux besoins humanitaires.

« Le système humanitaire n’a pas les moyens de résoudre seul une crise d’une telle ampleur. Nous manquons déjà de fonds et de ressources pour répondre à certaines des pires crises humanitaires en cours cette année », a souligné Martin Griffiths, en conférence de presse.

Les organisations appellent à réaliser en urgence des investissements importants et durables pour atténuer l’impact du changement climatique et soutenir l’adaptation à long terme des populations les plus vulnérables.

Selon une étude citée par le rapport, le nombre de pauvres vivant dans des conditions de chaleur extrême en zone urbaine va bondir de 700 % d’ici à 2050. Les augmentations les plus élevées devraient se produire en Afrique de l’Ouest et en Asie du Sud-Est.

« La crise climatique intensifie les urgences humanitaires dans le monde entier. Pour éviter ses effets les plus dévastateurs, nous devons investir de manière égale dans l’adaptation et l’atténuation, en particulier dans les pays les plus à risque », a déclaré Jagan Chapagain.

L’adaptation a des limites

L’ONU et la Croix-Rouge soulignent qu’il est tout aussi important de reconnaître que l’adaptation à la chaleur extrême comporte des limites.

Certaines des mesures prises, comme l’augmentation de la climatisation à forte consommation d’énergie, sont coûteuses, ne sont pas viables sur le plan écologique et contribuent elles-mêmes au changement climatique.

Si les émissions des gaz à effet de serre qui sont responsables du changement climatique ne sont pas réduites « de manière agressive », le monde va faire face à « des niveaux de chaleur extrême inimaginables jusqu’à présent », mettent en garde les deux organisations.

10/10/2022

https://www.france24.com/

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09 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

nouveau stade (bourrasque)

guip

Appel à rassemblement – Contre le projet de nouveau stade, pour la défense de Francis Le Blé et des terres agricoles

Pour l’annulation du nouveau stade, la rénovation de l’ancien, et la préservation des terres agricoles du Froutven ! Sauvons Francis, sauvons le blé !

APPEL A RASSEMBLEMENT

Mardi 11 octobre à 18h30 devant l’Alizé (Guipavas), à l’occasion de la première phase de « concertation publique », et à toutes celles qui suivront : 15 et 19 octobre, 7 novembre.

Parce qu’en pleine crise climatique, économique et sociale, la construction d’un nouveau stade de foot, de la même capacité d’accueil que le précédent, sur 18 hectares de terres agricoles est une aberration.

Parce que cette farce de la « concertation citoyenne », alors même que le projet a déjà été validé, est une honte.

Parce que le stade Francis Le Blé est un lieu emblématique pour la population brestoise et que nous refusons sa destruction.

Parce que le football business n’a rien a faire à Brest.

Parce que l’agro-industrie (l’entreprise Le Saint finance la majeur partie du projet) ne dictera ni la forme de nos villes, ni celle de nos campagnes.

Ne les laissons pas saccager notre ville, nos terres et notre avenir. Pour l’annulation du nouveau stade, la rénovation de l’ancien, et la préservation des terre agricoles du Froutven ! Sauvons Francis, sauvons le blé !

9 octobre 2022

https://bourrasque-info.org/

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