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27 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

isf (anti-k + basta)

problemes

Impôts sur la fortune et capital: l’absurdité de la réforme

Une réforme absurde, si on la juge par rapport aux objectifs affichés, relancer l’économie et lutter contre le chômage. Mais par rapport aux objectifs réels,  gâter les riches, c’est une réforme efficace. Macron le père Noël des grands patrons et des riches rentiers.

Le président de la commission des finances du Sénat, Vincent Éblé, a obtenu des chiffrages inédits de Bercy sur les effets de la fin de l’ISF et de l’introduction de la « flat tax » sur les revenus du capital. Les 100 premiers contribuables à l’ISF écono- miseront en moyenne 582 380 euros. Tandis que le PIB en sera à peine augmenté.

Le gouvernement ne s’était pas montré très disert sur les conséquences de sa réforme fiscale, transformant l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en impôt sur la fortune immobilière (IFI) et créant un prélèvement forfaitaire unique (PFU) sur les revenus du capital. Au point que plusieurs parlementaires de gauche avaient, dans Libération, appelé à la transparence sur le sujet. En vain, l’exécutif se contentant de marteler que cette défiscalisation massive du capital favoriserait forcément l’investissement et donc l’emploi.

On comprend cependant de mieux en mieux la raison de cette discrétion gouvernementale.

Jeudi 26 octobre, le président socialiste de la commission des finances du Sénat, Vincent Éblé, a rendu publique une série de données qu’il est parvenu à obtenir, non sans mal, de Bercy. Vincent Éblé a, la semaine passée, posé une série de questions sur les effets de ces mesures à Bruno Le Maire et Gérald Darmanin, les deux ministres de Bercy. Il a fini par les obtenir mercredi 25 octobre, « après avoir menacé de recourir à [s]es pouvoirs de contrôle », affirme-t-il.

Preuve que les deux ministères semblent mal à l’aise sur ce terrain glissant qu’ils avaient déjà soigneusement évité durant la discussion du projet de loi de finances 2018 à l’Assemblée nationale. Parmi les données dévoilées par Vincent Éblé et venant donc directe- ment de Bercy, on trouve le gain moyen annuel qui sera enregistré par les 100 premiers contribuables français à l’ISF : ce sera 582 380 euros.

Pour les 1 000 premiers, le montant moyen du gain annuel atteindra 172 220 euros.

Ce prélèvement forfaitaire unique confirme qu’il est un impôt particulièrement injuste et non redistributif (ce qui est logique puisque, c’est une « flat tax ») : les 1 % les plus riches capte- ront, toujours donc selon Bercy, 44 % de l’ensemble des gains fiscaux, estimés par le gou- vernement à 1,3 milliard d’euros en 2018 et à 1,9 milliard d’euros en 2019. De quoi compenser largement, pour ces personnes, l’effet négatif attendu de la hausse de la CSG.

Concernant l’impôt sur la fortune immobilière, Bercy s’est dit incapable de fournir une estimation, en raison de l’impossibilité d’établir « le patrimoine immobilier des redevables avec précision ». Le niveau de détail des déclarations et l’inconnue de la nature des dettes semblent empêcher de tirer des conclusions.

Vincent Éblé émet cependant une hypothèse en partant des déclarations de Bruno Le Maire devant l’Assemblée nationale. Celui-ci avait déclaré que les 100 premiers contribuables à l’ISF payait chacun en moyenne 1,26 millions d’euros. Comme la moyenne du patrimoine immobilier de ces personnes est estimée à 15 % de leur patrimoine total, l’exonération pourrait permettre de dégager 1 million d’euros pour chacun de ces 100 contribuables.

Si tel était le cas, les 100 premiers contribuables à l’ISF empocheraient en tout un gain fiscal moyen de 1,58 million d’euros.

Autrement dit, leur baisse d’impôt dépasserait ce qu’ils payaient en ISF de 320 000 euros en moyenne annuelle. Un chiffre considérable, bien loin des gains réduits que les salariés peuvent attendre de la baisse des cotisations, qui se fera en deux temps, sans parler des « perdants » des réformes, les fonctionnaires et les retraités.

Vincent Éblé a ensuite tenté d’en savoir plus sur les effets macroéconomiques de cette mesure. C’est le cœur du problème. Le gouvernement reconnaît l’aspect inégalitaire de sa mesure mais assure que la richesse et les emplois créés compenseront largement cet effet. Le président de la commission des finances de la chambre haute a donc demandé à Bercy de faire tourner son logiciel de modélisation macroéconomique « Mésange », déjà utilisé pour l’évaluation de la TVA sociale et du CICE.

Le résultat est très inquiétant : ces deux mesures coûteuses (4,2 milliards d’euros par an sur 2018 et 5,1 milliards d’euros à partir de 2019) ne permettront qu’une hausse à long terme du PIB de 0,5 point. Il s’agit d’une hausse complète, non d’une hausse annuelle. Au total, IFI et PFU devraient augmenter la richesse nationale de 0,5 point de PIB, soit, aujourd’hui, environ 10 milliards d’euros.

Autrement dit, la mesure aura un rendement négatif dès la troisième année. Son coût final s’annonce astronomique.

En termes d’emplois, le bilan n’est guère plus attrayant. Bercy prévoit la création de 50 000 emplois, là aussi au total et là aussi à long terme. Le coût de chaque emploi créé s’annonce donc très élevé, de l’ordre de celui des emplois créés par le CICE, voire sans doute davantage. Ces mesures de défiscalisation du capital s’annoncent donc particulièrement inefficientes et il est étonnant que le gouvernement continue de défendre aveuglément leurs effets sur la croissance au vu d’une telle conclusion de ses propres services, comme il est étonnant que la majorité parlementaire suive aveuglément, sans sourciller.

La dernière demande de Vincent Éblé concerne les actifs improductifs qui seront exonérés de l’ISF comme les comptes courants, les métaux précieux ou les biens de luxe, actuellement inclus dans l’assiette de l’ISF. Bercy a indiqué que le maintien de ces actifs, qui représentent 36 % de l’assiette taxable de l’ISF, dans l’assiette de l’IFI permettrait de gagner 2 milliards d’euros, soit près de deux fois plus que le rendement attendu de l’IFI (850 millions d’euros).

En revanche, les mesures symboliques de hausse des taxes diverses sur les produits de luxe adoptées par l’Assemblée nationale par voie d’amendements n’ont qu’un rendement attendu de 50 millions d’euros. Or, comme l’indique Vincent Éblé, cette réintégration des actifs impro- ductifs, conforme à l’ambition du président de la République de favoriser les investissements productifs, permettrait à elle seule de financer le PFU. Sans doute faut-il s’attendre à ce que des sénateurs proposent une telle contre-mesure.

Au final, le bilan de ces réponses est cruel pour le gouvernement et Emmanuel Macron.

Le PFU et l’IFI sont bien des « cadeaux aux riches », ce sont des mesures qui réduisent la redistribution par l’impôt et qui augmenteront donc les inégalités sans avoir d’effets macro- économiques structurels notables. Ce sont donc encore des cadeaux fiscaux coûteux et inutiles. Par ailleurs, leur caractère visant purement à augmenter la richesse se remarque dans la défiscalisation, là aussi très coûteuse, des actifs improductifs.

Bref, le bilan est désastreux.

L’obstination du gouvernement à vouloir liquider l’ISF montre de plus en plus que son objectif est moins de renforcer l’économie française que de favoriser une moindre redistribution des richesses.

mediapart.fr – 27/10/2017 – ROMARIC GODIN

http://www.anti-k.org/

https://www.mediapart.fr

Lire aussi:

Les investisseurs solidaires, grands perdants de la suppression de l’ISF (Bastamag)

Inégalités: La révolution fiscale selon Macron : une « grande machine à redistribuer à l’envers » (Bastamag)

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26 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

ue (àl’encontre.ch)

directive

Union européenne. Travailleurs détachés: «Le principe à travail égal salaire égal est toujours violé»

Emmanuel Macron tenait absolument à faire semblant de faire quelque chose contre l’infâme directive de l’Union européenne dite des «travailleurs détachés». Même Manuel Valls, en septembre 2016, avait menacé de la dénoncer unilatéralement, c’est dire.

C’est une directive totalement discriminatoire en ce qu’elle permet à des patrons français, du bâtiment notamment, d’utiliser entre 350 000 à 450 000 travailleurs venus de différents pays d’Europe en les payant 15, 20, 25 ou 30% moins cher, ici, que leurs confrères français qui sont sur les mêmes postes de travail. C’est une énorme mine d’or pour le patronat français qui les utilise ainsi de façon discriminatoire: sur 400 000, 25% d’économie sur les cotisations sociales, c’est l’équivalent de 100 000 salariés gratuits.

On pouvait donc deviner d’avance que Macron n’allait s’agiter que sur les aspects superficiels de la discrimination, c’est ce qu’il a fait:

1° Il aurait obtenu que les salaires nets soient payés conformément aux conventions collectives en vigueur, primes incluses.

En voila une porte ouverte enfoncée! Mais légalement, cela aurait déjà dû être le cas. On sait que le patronat en profitait pour ne pas respecter les différents niveaux de salaire qualifiés de ces conventions, mais c’était une fraude. Bien, il va lui être demandé de ne plus frauder. C’est présenté comme une avancée.

2° Le détachement va être limité à 12 mois, et c’est présenté comme une victoire, malgré le fait qu’il puisse y avoir une «dérogation possible pour 6 mois de plus».

Là c’est carrément ridicule: qui va contrôler et accorder la dérogation, sur quels critères et à quoi sert-elle sachant qu’on nous explique, par ailleurs, que la moyenne réelle des détache- ments serait de 40 jours, et presque toujours inférieure à 4 mois. Que veut Macron? Des CDD successifs plus longs et plus fréquents allant jusqu’à 18 mois? Il est certain que si le patronat français du bâtiment y parvient il se fera un plaisir de faire durer des contrats aussi avantageux pendant 18 mois.

3° Il y aura une période de 4 ans, à partir de l’an prochain, pour faire entrer en vigueur ce nouveau texte… soit 2022!

C’est dire que rien ne change. Le principe «à travail égal salaire égal» est toujours violé. La discrimination continue sur le non-paiement, au taux du pays où l’on travaille, des cotisations sociales: d’ailleurs comme Macron a l’intention de supprimer ces cotisations sociales en France (chômage et maladie) à partir du 1er janvier prochain, c’est tout sauf une surprise.

La Hongrie, la Lituanie, la Lettonie et la Pologne ont même refusé de soutenir ce médiocre accord, tandis que l’Irlande et la Croatie se sont abstenues faisant état des conséquences négatives, pour le patronat, de cette éventuelle révision sur les entreprises de transport. Lesquelles sont donc exclues même d’un si mauvais accord.

Des dizaines de milliers de camionneurs vont continuer d’aller de Varsovie à Lisbonne et de Milan à Amsterdam, de Sofia à Bordeaux, de Riga au Havre, sans aucun contrôle, aucun horaire, à raison de 200 euros de «salaire» par mois. Cela viole toutes les règles du travail, de la concurrence, et fait courir des risques énormes (accidents et pollution) sur les routes en accentuant délibérément un chômage de masse dans la profession.

Les transports sont certes cités dans le compromis final, mais continuent à relever de la directive de 1996 jusqu’à l’adoption d’une loi spécifique, en cours de négociation… c’est-à-dire «à la Saint-Glinglin». En France, la loi sur les transports de 2016, dite loi Macron, a réaffirmé la garantie évidente aux routiers détachés du bénéfice du droit social français et notamment du salaire minimum: mais qui s’en occupe? Qui contrôle? Qui sanctionne? Personne.

Si l’on se donnait les moyens de contrôle et de sanction en faisant respecter un maximum de 56 heures tout compris (astreintes incluses) par semaine, et des salaires nets décents avec cotisations décentes, il a été calculé que cela ferait 40 000 emplois du jour au lendemain dans le transport pour le même volume de fret. Mais les sociétés concernées feraient moins de marges. Macron se moque de nous en saluant «un accord ambitieux»: «L’Europe avance, je salue l’accord ambitieux sur le travail détaché: plus de protections, moins de fraudes».

Menteur: il n’y aura pas plus de protections et toujours autant de fraudes!

Muriel Pénicaud parle de «la première victoire de la refondation de l’Europe (sic) voulue par le président de la République, dans une conception où l’Europe, pour être acceptable pour ses citoyens, pour être forte, doit protéger, doit avoir une dimension sociale à côté de sa dimension économique». «La première avancée de ce texte, qui est fondamentale, c’est à travail égal, salaire égal sur un même lieu de travail», a-t-elle le culot de souligner.

C’est faux. C’est mensonge. Il n’y aura pas salaire égal à travail égal.

Les salaires bruts restent payés, en théorie quand ils le sont (et qui peut savoir s’ils le sont? aucun contrôle réel n’existe), au taux du pays d’origine. A part confirmer qu’il faut condamner les évidentes fausses domiciliations, rien n’a été décidé pour interdire les doubles ou triples niveaux de sous-traitance, pas plus en Europe qu’en France. On nous dit qu’il y aurait 2,05 millions de travailleurs détachés dans l’Union européenne en 2015, soit une augmentation de 41,3% par rapport à 2010.

La Pologne se classerait comme le premier pays d’origine avec 463 000 salariés détachés dans d’autres pays de l’UE. L’Allemagne et la France seraient, de leur côté, les deux premiers pays destinataires avec respectivement 419 000 et 178 000 travailleurs reçus.

Mais ces chiffres officiels sont contestables: en 2013, Michel Sapin concédait un chiffre de 250 000 à 350 000 travailleurs détachés en France et admettait que c’était une estimation basse. Depuis cela n’a pu qu’augmenter, tellement c’est juteux pour les patrons français, et on commence à trouver ce type de sous-salarié·e·s dans tous les secteurs (agriculture, restau- ration, transports, services, maisons de retraite…) et pas seulement dans le bâtiment.

En plus des routiers, on a maintenant des camionnettes qui font le cabotage final. Ce ne sont évidemment pas les 1600 agents de contrôle de l’inspection du travail qui ont les moyens de contrôler si les cotisations sociales sont payées à Budapest ou Bucarest! Mettre en concurrence sur notre sol, sur les mêmes postes de travail, des salarié·e·s français à cotisa- tions sociales françaises, avec des salarié·e·s à cotisations bulgares, estoniennes ou polo- naises, reste un pur scandale discriminatoire avec une portée politique et sociale fortement négative contre l’Union européenne qui le permet.

On nous dit que la France en «bénéficierait» en ce qu’elle exporte elle-même 200 000 travailleurs détachés et qu’elle serait le 3e pays à le faire.

Redisons-le: c’est tout autant discriminatoire envers les salariés concernés. Mais cela ne rapporte que peu de bénéfices à ces patrons sauf à ceux qui arrivent à imposer ces baisses de salaires bruts à leurs salariés. Dans tous les cas, seuls les patrons profitent de ce dumping social. Et ce n’est pas si facile d’expédier, avec leur accord participatif, des travailleurs français à l’étranger, avec des taux plus bas qu’ici: la preuve en est que quand une entreprise française externalise des salariés dans d’autres pays, le plus souvent il y a une négociation interne pour garantir par accord à ces «expats» temporaires, le maintien… de leurs cotisations sociales françaises.

(Blog de G. Filoche, mardi 24 octobre 2017)

 Alencontre 26 – octobre – 2017

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24 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

déterminé.e.s (alternative libertaire)

déterminé.e.s (alternative libertaire) dans A gauche du PS

.« L’araignée Variscan »

Daniel (collectif DesTerresMINÉes35) : «  Nous avons la preuve que les techniques n’ont pas changé  »

Plusieurs projets miniers impulsés par le gouvernement rencontrent des oppositions citoyen- nes, qui questionnent légitimement l’impact de l’exploitation minière sur les écosystèmes et la santé publique. Alors que la « relance minière » nationale est relativement ignorée par les médias, les opposantes et opposants dénoncent l’opacité des décisions et des acteurs impliqués. Interview de Daniel, militant du collectif DesTerresMINÉes35.

Alternative libertaire: Qu’est-ce que la «relance minière» mise en marche par l’État  ? Dans quel contexte politique est-elle née? Avec quels arguments?

Daniel: Face aux difficultés de plus en plus grandes d’approvisionnement de l’industrie en matières premières, la relance minière a germé dans un contexte européen, entre 2004 et 2008, pour retrouver une indépendance minérale (la Commission européenne s’est exprimée en 2008 dans un document stratégique unique poétiquement nommé «Initiative matières premières: répondre à nos besoins fondamentaux pour assurer la croissance et créer des emplois en Europe»). La France s’est ensuite engagée clairement dans cette voix en 2012, au travers d’ Arnaud Montebourg, ministre de l’Industrie et du Redressement productif. Le gouvernement a même créé un événement national en 2014, la journée «Mines en France » conçue comme «un forum d’échanges fructueux entre l’industrie, l’université et les administrations» pour «accompagner le renouveau minier français» [1].

Il faut savoir que tous les projets en cours sont des reprises d’exploitation sur des sites anciens, les mines ne sont pas créées mais relancées.

Reconverties, même, ou plutôt diversifiées, par exemple dans une ancienne mine d’or on extraira également d’autres minerais. À ma connaissance il n’y a eu aucune opposition écolo- giste au sein du gouvernement, les arguments économistes: cours et disponibilité des matières premières, indépendance… l’emportent sur les considérations environnementales, écologiques ou sanitaires.

Et par-dessus tout, l’argument des créations d’emplois, alors que la principale évolution des mines consiste en des mécanisations qui les réduisent plutôt. De plus, on ne met jamais en balance le nombre d’emplois créés à court terme avec le nombre d’emplois détruits à cause de la réouverture d’une mine. Et on peut se rendre compte que cette balance peut être négative, autant sinon plus de destructions que de créations.

Prenons par exemple un site comme le premier permis concédé en 2013 dans la Sarthe. Il s’agit d’un permis d’exploration concernant plus de 300 hectares en zone agricole, avec en perspective la destruction des emplois agri­coles par cette implantation. Donc locale- ment, on est arrivé à des promesses délirantes de centaines d’emplois créés, plus des emplois indirects. En plus, ces soi-disant emplois ne sont pas générés par la phase d’exploration, mais par l’exploitation. Mais les promesses sont toujours faites lors de l’exploration, car ensuite, il n’y a presque pas de recours possible contre le passage à l’exploitation, à cause du «droit de suite» inscrit dans le Code minier. La société d’exploration vante donc souvent des emplois à créer, par une future société d’exploitation qui n’est pas encore là, mais à qui elle vendra son permis.

Combien de projets ont cours en France? Pourquoi s’opposer à la relance minière? Qu’est ce qui a déclenché la création des collectifs? Quels sont vos arguments?

Il y a actuellement 17 demandes de permis d’exploration minière déposées auprès du ministère de l’Économie, car c’est lui qui délivre ces permis, et aucunement les services de l’environ- nement, ce qui nous fait nous poser de très sérieuses questions sur les choix faits. Donc 11 permis sont déjà acceptés et 6 autres sont en cours d’instruction. Pour ce qui est de l’oppo- sition, une quinzaine d’associations se sont créées ces deux dernières années, pas sur tous les projets, mais on peut espérer d’autres constitutions, étant donné les questions que ces projets soulèvent.

D’abord un premier point, c’est l’absence d’information de la population.

Sur la demande de permis de recherche minière sur la région d’Ille-et-Vilaine, en aucune manière la population n’avait été informée. Les maires avaient eu deux ans auparavant une simple demande consultative d’accord pour prospecter par la société concernée, non relayée à la population. Deuxièmement, nous avons une volonté écologiste.

La relance minière s’accompagne d’un discours de promotion de la mine «verte» ou  «propre», comme récemment l’annonce de la réouverture de la mine de Salau-Pyrénées Orientales qui serait la première mine verte du monde. En réalité, on y a découvert de l’amian- te, liée à l’ancienne activité, or les sociétés d’exploration actuelles le nient complètement. Bref, pour nous la possibilité de mines «propres» n’est démontrée par aucun exemple existant.

Au contraire, nous avons la preuve que les techniques n’ont changé dans aucun des projets miniers.

Seuls ont évolué les produits chimiques, de plus en plus complexes, utilisées pour dissocier les roches et les isoler, et les quantités mises en œuvre de ces produits, en augmentation. Dans la mine «verte» il s’agirait d’isoler dans un lieu spécifique l’opération de séparation des minerais, pour éviter la dissémination directe dans l’environnement. Mais que deviennent les résidus d’exploitation, ces métaux lourds qui sont toxiques? [2].

En réalité l’objectif de l’État n’est que de faire face à la pénurie de métaux et de garantir l’«autosuffisance minérale».

Nous, nous voulons poser une question sociétale: la surexploitation des réserves naturelles (minerais ou produits fossiles) est un véritable pillage, intenable à long terme. Cela nous mène à réfléchir à nos besoins réels, et à la promotion des changements sociétaux comme d’aller vers une économie vraiment circulaire [3]. Il y a actuellement plus d’or dans nos poubelles que ce qui reste dans les sous-sols, et ce n’est pas vrai que pour l’or. Le problème est que les minerais sont utilisés dans des alliages avec des quantités si infimes de matière que l’on ne peut plus les dissocier (par exemple les 53 métaux différents d’un smartphone sont irrécu- pérables). Donc, l’intention partagée par la plupart des associations est de s’opposer à la relance minière de manière systémique, ce qui se traduit par le slogan «ni ici, ni ailleurs», pour poser la question de l’utilisation et de la réutilisation des ressources à l’échelle globale.

Peux-tu nous parler de la société de prospection Variscan? Qu’est-ce que son activité dévoile sur l’économie minière?

Variscan est une société minière, formée en 2010 quand le projet de relance des mines est arrivé dans les tuyaux de l’État. Dans la profession, on appelle ces entreprises juniors. Elle ne s’occupe que de l’exploration, qui ne demande pas d’importants moyens techniques, ni finan-ciers, et ensuite elle vendra (spéculera) son permis à une société d’exploitation.

La particularité de Variscan est qu’elle est dirigée par deux anciens fonctionnaires du Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM), établissement public qui est l’outil de l’État pour gérer les ressources et les risques du sous-sol, et dont les recherches sont financées par l’argent public. Les dirigeants de Variscan ont ainsi pu réutiliser gratuitement toutes les recherches préalables, et ce à l’échelle du pays, sans aucun retour prévisible vers la collectivité. Les opposantes et opposants s’en sont aperçu.es, mais les sociétés comme Variscan refusent toujours de se confronter aux collectifs en lutte, si ce n’est par articles de presse.

On s’aperçoit donc que derrière les arguments d’indépendance économique nationale, il y a des acteurs bien placés pour profiter du contexte à la fois économique et légal et s’enrichir au mépris des conséquences ultérieures de l’exploitation des mines.

Propos recueillis par Reinette Noyée (AL Aveyron) 23 octobre 2017

http://alternativelibertaire.org/

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22 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

digoin 71 (la conf’)

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Marche des paysans et citoyens contre la ferme des 4000 bovins

4000 bovins dans le but de conquérir le monde ! Voici la nouvelle invention des promoteurs de l’industrialisation de l’agriculture pour la viande bovine. Chine, Maroc et bientôt la lune, ils nous promettent une agriculture industrielle qui s’exporte partout dans le monde.
Pourtant, les éleveurs payent déjà cette stratégie : la filière charolaise est en crise structurelle depuis vingt ans !

Ce qu’on nous promet ? Dégâts environnementaux et sanitaires inconsidérés et immédiats. Renonciation au bien-être animal et à l’image qualitative de l’élevage charolais qui se verra d’autant plus mise en danger. On peut par ailleurs se poser légitimement la question : qui finance un tel centre ?

Ce centre d’allotement géant, suite logique à l’industrialisation des élevages et des abattoirs, n’est que de la poudre aux yeux des éleveurs !

La Confédération Paysanne juge cette initiative insensée et considère qu’elle est une fausse solution pour un revenu décent des éleveurs.

Ensemble, obtenons l’abandon de ce projet, nous appelons les paysans et citoyens à manifester contre cette ferme usine.

no vaches

RENDEZ VOUS LE 7/11, à 10H00 DEVANT LA MAIRIE DE DIGOIN, NOUS MARCHERONS ENSUITE JUSQU’AU SITE.
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Un repas tiré du sac sera partagé à l’issue de la Marche
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19 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

jaloux! (politis)

mendiant

La jalousie des pauvres

Pour guérir de cette envie pathologique qui aigrit les cœurs et mine le corps social, le chômeur, le smicard, le salarié feraient donc mieux d’accepter leur sort une fois pour toutes. À le refuser, ils font du mal à la France.

L’air de rien, Emmanuel Macron a inventé un nouveau concept sociologique, dimanche sur TF1 : la jalousie sociale.

À l’en croire, le smicard aurait tendance à regarder dans l’assiette de Bernard Arnault. Et le syndicalisme ne serait qu’un fâcheux trait de caractère. Car c’est « la jalousie qui paralyse la France ». Au cours d’un long monologue à peine interrompu par quelques questions dont il ne semblait guère s’embarrasser, Macron a également innové en économie.

À la théorie du ruissellement, un peu trop connotée « idéologie libérale », il a préféré l’image du « premier de cordée », que l’on imagine traînant derrière lui comme un fardeau un peuple ingrat. On voit bien l’idée. Notre société serait construite à partir de hiérarchies immua- bles dont la verticalité est aussi abrupte que la face nord des Grandes Jorasses. Pour guérir de cette envie pathologique qui aigrit les cœurs et mine le corps social, le chômeur, le smicard, le salarié feraient donc mieux d’accepter leur sort une fois pour toutes. À le refuser, ils font du mal à la France. Voilà où nous en sommes !

Près d’un siècle et demi après la chute de l’empire et l’avènement de la République, la pensée ante-révolutionnaire est toujours vivace au plus haut sommet de l’État. Au terme d’une émission surtout consacrée à l’autojustification (« fainéant », « cynique », fouteur de « bordel » seraient autant de marques de considération exprimées dans un « langage soutenu »), le Président a déployé une vision du monde qui mêle néolibéralisme et ancien régime. Emmanuel Macron ne croit pas si bien dire quand il déclare à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel que la France est « un pays de monarchistes régicides ». Quand Montesquieu parlait de « jalousie », n’était-ce pas pour louer un peuple « jaloux de sa liberté » ?

Nos concitoyens qui ont eu la patience de regarder ce long plaidoyer pro domo ne pouvaient guère être convaincus. C’est d’ailleurs ce que confirme un sondage publié peu après l’émission [1]. Emmanuel Macron est-il un naïf ou un cynique ? Croit-il vraiment, contre toutes les évidences, que les gros actionnaires, encore enrichis par sa politique, vont investir dans l’économie réelle ? Que les propriétaires vont baisser leurs loyers pour compenser la suppression de l’aide personnalisée au logement ? Il le croit si peu qu’il s’apprête à contraindre les offices HLM, quitte à mettre en difficulté le logement social.

C’est toujours la même histoire : quand les concessions faites aux riches sont énormes, immédiates, et ruineuses pour le budget de l’État, les contreparties promises aux plus modes- tes sont, au contraire, pour des lendemains incertains. Comme l’augmentation des salaires des fonctionnaires, budgétée, puis reportée… à 2019.

Ou encore ce marché de dupes : une augmentation bien réelle de la CSG, appliquée sans délai, mais une suppression de la taxe d’habitation renvoyée à plus tard, et qui va appauvrir les collectivités territoriales, lesquelles, d’une façon ou d’une autre, le feront payer à leurs résidents, on annonce déjà l’explosion des prix du stationnement en ville, sans parler d’une prévisible détérioration des infrastructures. Au total, la politique d’Emmanuel Macron ressemble de plus en plus à une partie de bonneteau. Les perdants sont toujours les mêmes.

L’extension de l’assurance-chômage aux salariés démissionnaires risque de procéder de la même illusion. Elle était inconditionnelle dans le programme du candidat. La voilà sérieusement encadrée dans le discours du Président, et conditionnée à un « projet » qui la rend aléatoire et arbitraire. En fait de pédagogie, on a surtout le sentiment d’un enfumage.

Dimanche, Emmanuel Macron n’a pas parlé des promesses faites aux agriculteurs à l’occa- sion des États généraux de l’alimentation. Dommage, car l’engagement de déterminer les prix à partir des contraintes du producteur est intéressant. S’il est tenu, ce dont tout le monde doute , il devrait permettre à ceux des paysans qui ne parviennent même plus à se rémunérer de vivre de nouveau de leur travail.

Mais l’affaire est comme un condensé de toutes les difficultés du pays. La grande distribution, qui, jusqu’ici, régnait sur les prix, hurle déjà au crime économique, et promet de faire lourdement payer le consommateur. Où l’on retrouvera l’étudiant, le fonctionnaire, le retraité et tant d’autres déjà attaqués dans leur pouvoir d’achat… Car c’est aussi cela la politique libérale : le risque d’opposer entre elles des catégories de citoyens prises dans le piège infernal des fameux critères européens.

[1] Selon un sondage Harris Interactive, 61 % des Français « exposés à la prise de parole du Président » n’ont pas été convaincus.

Denis Sieffert 18 octobre 2017

https://www.politis.fr/

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18 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

vulnérables (libération)

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Insécurité alimentaire : quand les plus vulnérables ne font pas partie des négos

Alors qu’aujourd’hui est célébrée la Journée mondiale de l’alimentation, alors que les chiffres de la faim dans le monde augmentent, il est urgent de mettre en place des solutions politiques au problème de l’insécurité alimentaire.

«Ouvrir à tout prix les marchés des pays en développement à nos entreprises d’un côté, lutter contre la faim en saupoudrant de l’aide alimentaire de l’autre»: voilà comment sont traités les sujets «internationaux» dans les Etats Généraux de l’Alimentation. Pourtant, il est urgent de mettre en place des solutions politiques cohérentes et complètes au problème de l’insécurité alimentaire.

Les chiffres de la faim dans le monde augmentent

Nous célébrons aujourd’hui la Journée mondiale de l’alimentation, dix ans après les terribles émeutes de la faim et la crise alimentaire de 2007-2008. Et il y a quelques semaines à peine, les agences des Nations unies ont rappelé que la lutte contre la faim restait un enjeu d’actualité.

En effet, le nombre de personnes sous-alimentées a augmenté, culminant désormais à 815 millions. C’est un individu sur neuf qui souffre de la faim, soit 11% de la population mondiale. Et ce chiffre n’est que l’arbre qui cache la forêt de la malnutrition, puisque 2 milliards de personnes souffrent de carences liées à l’alimentation, alors que 1,4 milliard sont en surpoids ou obèses. Des tendances prévues pour augmenter en raison des changements climatiques.

Face à ce constat, la quasi-absence de ces enjeux au sein des Etats généraux de l’alimentation (EGA) est à déplorer. L’atelier 4 – «Conquérir de nouvelles parts de marchés sur les marchés européens et internationaux»- des EGA, le seul à mentionner explicitement l’international durant cette première phase des Etats généraux, a été le centre de débats autour de l’export et de la conquête de nouveaux marchés.

Hormis les membres de la Plateforme citoyenne pour une transition agricole et alimentaire, un collectif rassemblant plus de 50 organisations de la société civile, une majorité des parties prenantes semble soutenir l’idée que l’un des buts de la production agricole française est de conquérir les marchés internationaux et qu’il faut accompagner les entreprises françaises pour qu’elles s’implantent et investissent de par le monde.

Cette position fait totalement fi des nombreuses études montrant les impacts négatifs des politiques agricoles de nos pays sur les agricultures des pays en développement, et oublie que l’insécurité alimentaire est avant tout une question de pauvreté et non de simple production agricole.

L’historique est pourtant bien fourni: subventions aux exportations pour écouler nos surplus, et inondation des marchés africains par notre lait «hors quotas» et nos restes de poulets surge- lés, entraînant la destruction des filières locales et précipitant les agriculteurs déjà pauvres dans la faim.

Le niveau de sécurité alimentaire baisse

En outre, des investissements directs dans les pays du Sud, sous prétexte d’augmenter la production agricole pour la sécurité alimentaire, ont entraîné et entraînent encore aujourd’hui l’éviction de paysans et communautés locales de leurs terres, afin d’implanter des fermes de plusieurs milliers d’hectares, basées sur des modèles à fortes émissions de gaz à effet de serre et dédiées aux cultures d’exportation comme la banane, l’ananas, l’huile de palme, le jatropha ou le caoutchouc (hévéa).

Là où ces projets sont implantés, des cas d’accaparement des terres sont signalés et le niveau de sécurité alimentaire régresse. Ils sont pourtant encore promus et soutenus par la France, dans le cadre de l’initiative «Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition» du G8, par exemple.

En parallèle de ces stratégies commerciales et d’investissement offensives, la France et l’Union européenne se sont engagées pour d’ambitieux objectifs de développement, d’éradication de la faim et de la pauvreté. Ces deux dynamiques de l’action internationale sont incompatibles.

Ainsi, en fermant les yeux sur les impacts négatifs de ces stratégies d’internationalisation, les discussions du premier chantier des Etats généraux de l’alimentation font une nouvelle fois prévaloir les intérêts commerciaux sur les droits humains et les populations vulnérables des pays en développement.

Alors que s’ouvre le deuxième chantier des Etats généraux, nos organisations appellent l’Etat à plus de cohérence dans les politiques publiques. Cela signifie que les politiques commerciales, énergétiques, climatiques et plus largement agricoles et alimentaires doivent être alignées sur les objectifs de développement international et les politiques nationales afférentes, en particulier concernant la lutte contre la faim et la malnutrition.

Cela implique également de respecter les engagements internationaux pris par la France au sein des organisations des Nations unies telles que le Comité pour la sécurité alimentaire et la Convention cadre des Nations unies sur le changement climatique.

Nous demandons plus particulièrement qu’un poste de rapporteur à la Cohérence des politiques soit créé au sein de la commission «Affaires étrangères» de l’Assemblée nationale et qu’il procède à une révision systématique des politiques publiques pouvant impacter la sécurité alimentaire et la nutrition, au Nord comme au Sud. Ceci permettra de réorienter les politiques, notamment d’investissement, afin qu’elles ne puissent remettre en question les avancées réalisées par ailleurs.

Claire Offenbach, Directrice générale d’Oxfam France et Bernard Pinaud, Directeur général de CCFD-Terre Solidaire  16 octobre 2017

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18 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

ceta (cdle)

vache

CETA et élevage ou comment régresser de 20 ans en un jour !

Après des années de tractations menées dans d’obscurs bureaux, presque cachés, Europe a décidé de se suicider, en adoptant un traité de commerce signé avec le Canada. En plein jour.

Entre autres absurdités, ce traité autorise l’importation en Europe de 60 000 tonnes de viande bovine canadienne sans taxation.

De nombreux éleveurs français de bovins, lait et viande, sont parmi les seuls au monde à défendre un système essentiellement herbager, assurant une production de qualité. Ces éle- veurs connaissent de grandes difficultés depuis plusieurs années. Les systèmes canadien et américain sont totalement différents, prisonniers d’une course au gigantisme, dont les consé- quences pour la santé humaine ne sont pas minces.

On dénombre 4 millions de « maladies alimentaires » par an au Canada, pays de 36 millions d’habitants. Ce n’est qu’un aspect du problème. Les aliments sont d’une tristesse à mourir, leurs caractères organoleptiques ont été passés à la trappe, et l’art de la table a depuis longtemps abandonné ce pays. Outre Atlantique, deux types de substances sont utilisés en élevage industriel :

  • Les stimulateurs de croissance : les hormones et les bêta-agonistes.
  • Les substances ayant un double usage, thérapeutique, et de promotion de la croissance : les antibiotiques.

Les réglementations européenne et canadienne en la matière diffèrent totalement : les anabolisants et les antibiotiques utilisés comme facteurs de croissance sont interdits dans l’UE alors qu’ils sont autorisés au Canada. Les négociateurs ont bien crié sous tous les toits que les règlements européens, garants d’un minimum de contrôles seraient totalement respectés. C’est presque vrai, mais c’est faux.

Car si effectivement le Canada dispose de quelques mois pour monter une filière bovine « sans hormones », le CETA n’a pas exigé du Canada qu’il interdise l’usage des facteurs de croissance contenant des antibiotiques. Les négociateurs se cachent derrière une demande « d’absence de résidus d’antibiotiques, dans la viande commercialisée », conforme à la légis- lation Européenne, ce qui n’a pas de sens, quand on connait les mécanismes de diffusion de la résistance bactérienne dans ces filières.

C’est tout bonnement ahurissant !

L’UE a interdit l’utilisation des antibiotiques en tant que promoteurs de croissance dès 1996. Des politiques publiques de lutte contre le phénomène d’antibiorésistance en médecine vétérinaire ont été mises en place dans plusieurs Etats de l’UE, en particulier en France, où des résultats positifs ont déjà été constatés (baisse de 20 % de l’utilisation des antibiotiques en élevage en quatre ans).

Le futur réglement-cadre sur les médicaments vétérinaires instaurera sans doute encore de nouvelles restrictions. Comme par exemple l’interdiction de l’usage préventif des antibiotiques, ou la définition d’une liste d’antibiotiques critiques.

Les antibiotiques utilisés au Canada comme promoteurs de croissance sont incorporés dans l’alimentation de manière systématique.

Ils permettent en particulier de raccourcir les délais d’engraissement des bovins. Ce mode d’utilisation accroît substantiellement le risque d’antibiorésistance qui constitue un enjeu majeur du 21ème siècle, et une priorité dans le cadre de l’approche globale « One Health » « Une seule santé »

Les élevages canadiens sont immenses, les feedlots, avec des problèmes de contamination bactérienne qui sont à leur échelle.

La majorité des élevages font plus de 10 000 bovins. Ce type d’élevage est stricto sensu répu- gnant. Le bien être animal n’existe pas, puisque le bovin, immobile, est obligé de passer sa vie à respirer ses propres excréments en les piétinant à longueur de temps. Alors qu’en Europe existe une volonté, certes fragile, de limiter la taille des exploitations, celle ci risque d’être balayée par l’entrée de cette viande produite à bas coût, mais malsaine.

En médecine humaine, les problèmes d’antibiorésistance sont bien plus graves aux Etats-Unis et au Canada qu’en Europe.

On se demande même si ces pays n’ont pas tout bonnement « baissé les bras » dans ce domaine, ayant laissé leurs hôpitaux être envahis progressivement par des germes hautement résistants. Ce qui n’est pas le cas en France, où des politiques complexes de contrôle ont été mises en place, et ont montré largement leur pertinence.

Et il a été démontré depuis longtemps que l’usage des antibiotiques en élevage est un des facteurs importants de la résistance globale des germes aux antibiotiques.

Ces élevages insensés fabriquent littéralement des germes ultra résistants, comme des E coli, dont certains types sont des pathogènes effroyables. Les bouchers canadiens sont bien sûr obligés de décontaminer leurs carcasses, en nébulisant de l’acide lactique ou de l’ acide peroxyacétique, dont on ne parle pas bien sûr, alors que les négociateurs fanfaronnent sur l’interdiction de l’importation de poulets chlorés.

J’aimerais bien connaître l’efficacité réelle de ces décontaminations, mais je n’ai aucun appétit pour la viande assaisonnée à ces « décontaminants », dont  l’impact sur la santé humaine est à l’étude : nous sommes une fois de plus en pleine expérimentation. Je doute totalement de la « stérilisation » de cette viande, qui serait la seule solution efficace pour consommer sans risque ces bovins élevés dans ces authentiques cloaques que sont les élevages canadiens -ou américains-.

Le CETA nous fait donc régresser de 20 ans d’un coup.

Plus grave, il donne un coup de couteau dans le dos de nos éleveurs. Plus grave encore, il massacre « l’âme européenne ». Pour notre humanité, quel est l’intérêt de faire traverser l’Atlantique à cette viande froide, à grand coût de frigories, de carburant, donc de pétrole ?

Guy Grandjean 20 septembre 2017

https://alaingrandjean.fr/

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18 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

crise écologique (cdl’a)

Crise écologique : notre cerveau n’est pas programmé pour se la représenter !

La petite histoire suivante montre à quel point le cerveau humain peine à entrevoir la spécificité de la croissance exponentielle. Le Grand Vizir Sissa ben Dahir, inventeur supposé du jeu d’échec, aurait répondu au roi indien Shirham qui lui demandait quelle récompense il souhai- tait: «Majesté, je serais heureux si vous m’offriez un grain de blé que je placerais sur la première case de l’échiquier, deux grains sur la deuxième case, quatre grains sur la troisième, huit grains sur la quatrième, et autant de grains de blé qu’il serait possible de poser en couvrant  ainsi de suite les soixante-quatre cases ».

Le roi a du sûrement penser :  « 1, 2, 4, 8, 16, 32… » , imaginant dans sa tête les 6 premières cases… Il répondit à son vizir inventeur «  Pas de problème ! Et c’est tout ce que tu souhaites Sissa, espèce d’idiot ? ».

Le roi n’avait pas un cerveau de mathématicien. A la onzième case, il faut déjà 1024 grains de blé… puis tout s’emballe. Qui entrevoit que le nombre de grains demandé est de 18.446.744.073.709.551.615 ce qui correspond à 1000 fois la production mondiale de blé en 2012 ?

Tellement habitué aux évolutions  linéaires, le cerveau de l’homme non mathéma- ticien n’appréhende pas une des particularités de la croissance exponentielle : sa vitesse.

Cette incapacité d’intelligence est un des éléments nous permettant de comprendre l’évolution de notre conscience écologique. Notre cerveau nous fait intuitivement percevoir l’apocalypse écologique, pourtant prévisible à un horizon de 50 ans, comme un évènement possible à une échéance extrêmement lointaine.

Si une quantité quelconque (la richesse, la pollution etc.) augmente d’un petit pourcentage chaque année, sans calcul mathématique le cerveau humain peine à estimer intuitivement le nombre d’année nécessaire au doublement. 
Taux de croissance annuelle d’une quantité (richesse, pollution etc.) 1% 2% 5% 10% 20%
Temps de doublement de la quantité initiale 70 ans 35 ans 14 ans 7 ans 4 ans

Explorons, de 1970 à 2070, un siècle de conscience écologique.

Pour les besoins de notre démonstration, nous proposons d’imaginer un quelconque territoire découpé en 1024 unités de surfaces équivalentes, qui pourrait être par exem- ple la mer Méditerranée ou bien la planète entière. Pour simplifier, nous considèrerons que le système qui a organisé l’exploitation de ce lieu, n’a dégradé jusqu’en 1970 aucune de ces 1024 petites surfaces.

Minime anicroche en 1970 : 1 seule unité de surface est dégradée.

Ce peut-être quelques fonds marins et quelques espèces de poissons si l’on a considéré comme territoire la mer Méditerranée, ou l’assèchement de la mer d’Aral si l’on a considéré la planète. Le millième de la surface s’est dégradé, mais qui s’en aperçoit ? Les habitants qui côtoient cette dégradation, sont les oubliés du jeu gagnant-gagnant de la mondialisation des échanges.

Seuls 7 hurluberlus, scientifiques de haute volée, certains du Massachusetts Institute of Technology (MIT), mandatés par le « Club de Rome » en 1970, posent la question du nombre d’unités qui seront à ce rythme dégradées en 2050. Ils modélisent des dynamiques qui se révèlent être des exponentielles qui interagissent, en s’appuyant sur diverses données mon- diales comme la production, la pollution, la population, etc. Les résultats sont choquants : si le business continue sans inflexion, les dégâts irréversibles entraineront une chute de population dès 2030. Ils écrivent un best-seller sur les limites de la croissance.

Léger problème local en 1980 : 2 unités sont dégradées.

Pourquoi se soucier de 2 unités sur 1024 ? Une explosion frénétique de douce consommation, appelée croissance, cache le problème sous le tapis. La question du futur ne se pose alors que pour quelques mathématiciens et certains écologistes. Ils se demandent toujours comment va augmenter cette dégradation : de manière linéaire ou exponentielle ?  Les deux tendances sont toutes deux encore envisageables puisque les séries linéaires et exponentielles commencent par les mêmes chiffres : d’abord 1, ensuite 2…

L’accroissement linéaire atteint 1024 en 1024 coups :

1 (en 1970), 2 (en 1980), 3 (en 1990), puis 4, puis 5 … et enfin 1024 (dans 10 000 ans)

L’accroissement géométrique atteint 1024 en 11 coups :

 1 (en 1970), 2 (en 1980), 4 (en 1990), 8 (en 2000), 16 (en 2010), 32 (en 2020), 64 (en 2030), 128 (en 2040), 256 (en 2050), 512 (en 2060), 1024 (en 2070).

Le président américain Reagan est un non mathématicien, dont le cerveau pense linéaire. Il fustige donc en 1985 le travail du Club de Rome en  affirmant que pour l’Amérique il n’y a pas de Limits to Growth.

Petit problème mondial en 1990 : 4 unités sont dégradées.

Au Sommet de la terre de Rio en 1992, le petit monde des décideurs politiques flippe: et si le «Club de Rome» avait raison ? On vit trop bien cependant. Au moins ceux qui profitent le plus du système. Et il faut être réélu. Le président américain, Bush père, dénonce publiquement la pensée anti progrès du livre Limits to Growth. Dans le cerveau de Bush 1, 2, 4 n’est pas si loin de 1, 2, 3. Si la vitesse de destruction s’avère n’être finalement que linéaire, il reste 10 000 ans avant l’effondrement.

2000-2010 : Problème mondial sérieux: 8 unités sont dégradées.

Le GIEC confirme l’apocalypse climatique. Pourtant, ceux pour lesquels il fait si bon vivre de la surconsommation préfèrent retenir les doutes climato-sceptiques. Il reste 1016 unités saines. Ils redemandent aux scientifiques de vérifier leurs mesures et voir si d’autres facteurs n’entre- raient pas en jeu : est-ce bien  1, 2, 4, 8 ? Les mesures des scientifiques ne sont-elles pas imprécises ? Toutes les complexités sont-elles bien prises en compte ?  La série ne redevien- dra-t-elle pas finalement linéaire après deux anomalies, le 4 et le 8,  liées à d’autres causes qui ne se reproduiraient pas ?  Si c’était le cas, en 2070 ce ne seraient que 11 unités dégradées sur 1024, à peine 1% de la surface. Ce serait une fausse alerte de déclinistes grincheux et les inventions technologiques auraient le temps de nous sauver.

2010-2020 : Risque de catastrophe: 16 unités sont dégradées.

De ces unités dégradées, l’homme ne tire plus aucun moyen de subsistance. Ceci accélère la dégradation d’autres unités.  De nouveaux hurluberlus proposent de vivre « la décroissance » comme une solution à étendre à l’humanité entière : chacun se contentant d’une juste part.

Face à la catastrophe (en 2020, 32 unités sont dégradées), la COP21 en 2016 se conten- te d’une mesurette. Elle cumule des promesses qui, même si elles étaient tenues, ne permet- traient pas de limiter le réchauffement climatique à 2°C.

La promesse de gascon de la COP21 La COP 21 voudrait éviter la catastrophe sans tou- cher aux écarts qui se creusent entre les riches et les pauvres et conforte le président Obama qui affirme alors que le mode de vie des Américains reste non négociable : pour que le mode de vie américain passe de 4 planètes à 1 planète, on mise sur la seule technologie et … on croise les doigts.  En 2017, pour la première fois la pauvreté dans le monde ne baisse plus.

Le choc en 2030 : 64 unités sont dégradées.

Face à la catastrophe perceptible aux yeux de chacun, maintenant que 6% du territoire est détérioré, le cerveau humain reconnait le danger de la tendance exponentielle. Pour freiner la dégradation de 6% de plus, promise à la fin de la décennie, deux options émergent. L’option de répartir égalitairement les consommations sans dépasser ce que notre planète fournit chaque année soit une division par 4 de l’ordinaire des habitants des pays riches et par 2000 des trains de vie des plus riches.

L’option de laisser disparaitre en dix ans les 20% de la population qui consomment 6% de la production mondiale. Soit 1,5 milliard d’humains. Empêcheront-elles qu’en 2040, 128 unités soient dégradées ? En 2050, les 256 unités dégradées représenteront 25% de l’espace encore disponible. En 2060, l’humanité se partagera 50% de l’espace vivable. En 2070, la dégradation  exponentielle aura couvert la totalité du territoire.

De 1970 à 2070, la tragédie du temps…

La tragédie du temps si bien chantée par le poète Moustaki:

« Pendant que je dormais, pendant que je rêvais
Les aiguilles ont tourné, il est trop tard…
Certains se sont battus, moi je n’ai jamais su
Passe, passe le temps, il n’y en a plus pour très longtemps…
Pendant que je chantais, pendant que je t’aimais
Pendant que je rêvais il était encore temps »

La tendance exponentielle de la dégradation a été comprise en 1972 par les scientifiques hurluberlus du « club de Rome ». Quant à nous autres, l’exponentielle nous a surpris.

Denis Dupré

Réponse 

  1. Albert Jacquart racontait cette petite histoire à ses étudiants pour la prise de conscience de la croissance exponentielle:
    Il appelait cette histoire l’équation des nénuphars !
    L’hypothèse de départ est que les nénuphars doublent leurs nombres ou la surface occupée chaque jour qui passe. On constate qu’au bout d’un mois de 30 jours le lac qu’ils occupent est plein ( la fin du monde pour ces nénuphars là !).
    La question que posait Albert Jacquart était la suivante:
    à partir de quand le lac était à moitié vide ? La réponse de la très grande majorité des étudiants était le 15ème jour alors qu’une petite minorité donnait la bonne réponse, le 29 ème.
    On imagine bien que dans le monde des nénuphars, on ne se préoccupait pas de la si proche fin du monde à l’aube du 26 ème jour où seulement 6,25% du lac était couvert!

    Christophe Lassiat   14 octobre 2017

    https://alaingrandjean.fr/

    Commentaire: La chanson: Beds Are Burning est une chanson politique, réclamant la restitution de leurs terres natales aux aborigènes Pintupi, volées 200 ans plus tôt par les colons britanniques. En parlant de la spoliation d’un territoire et de son exploitation pour en tirer un maximum de profit, la défense du peuple aborigène se double d’un message écologiste plus global, et souligne l’urgence à prendre conscience de l’impact des activités humaines sur la planète.

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17 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

précarité (jdd)

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Les mille visages de la précarité en France

La pauvreté concerne plus de 14% de la population française et touche toutes les géné- rations. Tour d’horizon à l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère. En France, près de 8,9 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Des femmes, des enfants, des jeunes, étudiants ou en recherche d’emploi, des handicapés…

Mais aussi des seniors ou encore des actifs indépendants : artisans, agriculteurs, commer- çants, chefs d’entreprise. La pauvreté n’a pas un, mais de multiples visages. En France, ils sont 8,9 millions selon l’Insee, qui retient le seuil de 60% du revenu médian. Un peu plus de la moitié d’entre eux ont moins de 30 ans. Un sur dix a plus de 60 ans. La pauvreté a progressé en France ces dix dernières années avec un million de personnes supplémentaires au-des- sous du seuil. L’extrême précarité a même bondi de 69% entre 2002 et 2012 : aujourd’hui, 2,3 millions de français vivent avec moins de 660 euros par mois. Depuis deux ans néanmoins, le taux tend à se stabiliser, note l’Observatoire des inégalités.

Taux de chômage record chez les moins de 25 ans

Entre décembre 2015 et mars 2017, le nombre d’allocataires du RSA (revenu de solidarité active) a pour la première fois diminué de 5%, soit 95.000 personnes de moins. Certes, la part de ces citoyens pauvres (42%) est trois fois plus élevée dans les quartiers dits « prioritaires » que la moyenne nationale, mais ces deux millions de personnes représentent moins d’un quart (23%) de la population pauvre en France. On trouve les 77% restants dans nos villes, en zone périurbaine et rurale…

De la même manière, plus des trois quarts des élèves en situation précaire étudient hors des zones d’éducation prioritaire.

Le Centre d’observation de la société rappelle que 3,2 millions des enfants issus de milieux défavorisés sont scolarisés dans des établissements classiques. En France, la pauvreté concerne un enfant sur cinq. Selon Eurostat, la situation s’est fortement dégradée entre 2003 et 2012 en raison de la crise économique : 158.000 enfants pauvres supplémentaires, dont 110.000 très jeunes.

La plupart appartiennent à des familles frappées par le chômage.

Mais ce sont aussi des enfants de salariés précaires, mal rémunérés. Plus d’un enfant pauvre sur dix vit avec deux parents qui travaillent et un tiers sont élevés au sein d’une famille mono- parentale. Avec des mamans, explique le Centre d’observation de la société, « découragées devant les difficultés à trouver un travail, les bas salaires ou les horaires incompatibles avec la charge d’enfants ». Selon l’Insee, deux millions de familles monoparentales vivent dans la pauvreté.

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Un enfant sur cinq vit dans une famille pauvre. (JDD)

Un étudiant sur cinq renonce à se soigner

Le taux de chômage bat des records chez les moins de 25 ans (22,1%). L’an dernier, la moitié des jeunes sans diplôme, sortis du système scolaire trois ans plus tôt, étaient sans emploi – contre un quart en 2001 –, selon un rapport du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq). Et le taux de chômage des jeunes diplômés de l’enseignement supé- rieur, trois ans après leur sortie du système universitaire, a doublé (de 5 à 10%) en quinze ans. Aujourd’hui, 20% des jeunes adultes vivent sous le seuil de pauvreté. Alors que le logement mobilise plus de la moitié de leur budget, un étudiant sur cinq renonce à se soigner faute de moyens, selon l’étude Pacte Santé 2017 de la Croix-Rouge.

Parmi les actifs, les professions indépendantes (agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d’entreprise…) sont encore plus menacées par la précarité que les salariés, même si la situation s’améliore après deux années difficiles : leur taux de pauvreté passe de 23,7 à 22%, une décrue qui concerne surtout les commerçants. Aujourd’hui encore, un artisan sur cinq et un quart des agriculteurs sont pauvres.

Le risque de pauvreté s’aggrave également avec le handicap. Alors que le niveau de vie médian est inférieur de 167 euros à celui des personnes sans handicap, note l’Observatoire des inégalités, près d’un quart des personnes touchées par plusieurs limitations handicapantes vivent sous le seuil de pauvreté. Et plus le handicap est sévère, plus le niveau de pauvreté est élevé.

17 octobre 2017

http://www.lejdd.fr/

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16 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

fmi (anti-k)

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Pour plus de croissance, le FMI invite à taxer… les revenus des riches

Il faut taxer plus fortement les riches, car ce sont les inégalités, et non pas les impôts, qui pénalisent la croissance, pointe le Fonds monétaire international. Enfin ?

« Un pavé dans la mare », s’amuse « le Courrier International ».

A la veille de son assemblée annuelle, vendredi 13 octobre, le Fonds monétaire internatio- nal (FMI), dirigé par Christine Lagarde, lance un avertissement : il faut taxer plus fortement les riches, car ce sont les inégalités, et non pas les impôts, qui pénalisent la croissance. Certaines inégalités sont inévitables dans un système basé sur l’économie de marché, constate le FMI,  mais ce dernier s’inquiète d’une « inégalité excessive qui compromettrait la cohésion sociale conduisant à un affaiblissement de la croissance économique », dans un rapport publié mercredi dans le cadre de ses réunions d’automne.

« Au cours des trente dernières années, l’inégalité a augmenté dans de nombreux pays, en grande partie à cause des changements technologiques », pointe le FMI. « Dans les écono- mies avancées, les revenus des 1% les plus riches ont augmenté trois fois plus vite que ceux du reste de la population. » Or « les recherches du FMI dans ce domaine ont montré que la montée des inégalités présente des risques pour la durabilité de la croissance économique ».

« Les gouvernements risquent de saper la croissance économique mondiale en réduisant les impôts des riches », annonce le « New York Times » à la lecture de ce rapport. Et de poursui- vre : « Ce message, bien que largement adressé à tous les pays développés, a une résonance particulière aux Etats-Unis alors que l’administration Trump et les législateurs républicains prônent un plan fiscal qui, selon les critiques, exacerberait les inégalités de revenus en réduisant les impôts des Américains les plus riches. »

Le « Guardian » résume également: « Taxer plus fortement les revenus des riches contribuerait à réduire les inégalités sans avoir un impact négatif sur la croissance. Le FMI, basé à Washington, a utilisé son puissant moniteur budgétaire semestriel pour démolir l’argument selon lequel la croissance économique souffrirait si les gouvernements des pays occidentaux développés obligeaient les 1% les plus riches à payer plus d’impôts. »

Le quotidien britannique y voit aussi un message positif adressé au Parti Travailliste, qui propose de taxer à 45% les revenus supérieurs à 80.000 livres (91.200 euros), et de 50% les revenus supérieurs à 123.000 livres (140.000 euros). Dans un discours à Harvard, Christine Lagarde a renouvelé cet appel à profiter de la reprise pour « créer une économie plus inclusive qui fonctionne pour tous ». Citant John Fitzgerald Kennedy, elle a déclaré : « Aussi agréable que cela puisse être de se prélasser dans la chaleur de la reprise… le meilleur moment pour réparer sa toiture, c’est lorsque le soleil brille. »

Alors, comment réduire les inégalités et taxer les revenus les plus riches ?

« La politique budgétaire est un instrument puissant pour atteindre les objectifs de redistri- bution », explique le FMI. Mais « dans la réalité, la progressivité du système fiscal des pays peut être plus basse encore parce que les contribuables les plus riches ont souvent accès à toutes sortes de façons de payer moins d’impôt« , explique « le Devoir ».

Le FMI suggère donc un durcissement des règles sur les revenus du capital et les revenus des dividendes, ainsi que les taxes foncières, les impôts sur les successions et autres taxes sur les biens de luxes, l’énergie produite à partir de combustibles fossiles, l’alcool et le tabac afin de mieux redistribuer la richesse. L’institution ajoute :« De nombreux pays devraient s’attacher à réduire les possibilités de fraude et d’évasion fiscales. Les impôts sur la propriété immobilière sont à la fois équitables et efficaces. »

Le FMI suggère aussi de « mieux cibler les dépenses publiques consacrées aux catégories défavorisées afin d’améliorer l’accès à une éducation et à des soins de santé de qualité. Cela accroîtra aussi l’efficience globale ». Le rapport s’interroge enfin sur l’opportunité d’instaurer un revenu de base universel.

L.T.  L’Obs 13 octobre 2017

http://www.anti-k.org/

Commentaire: Plus les riches sont riches et plus ils sont puissants. Plus ils sont puissants et moins ils paient d’impôts. Ce sont les pauvres qui doivent payer pour tout. Voir l’Empire Romain…

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