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16 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

chine (les échos)

 chine

Pourquoi Pékin endette-t-il les pays en développement ?

En accordant des prêts sans conditions et en endettant les pays en dévelop-pement, la Chine joue aussi sa réputation financière dans le monde.

Pour les dirigeants chinois, tout est au mieux dans le meilleur des mondes. Avec son immense projet  des nouvelles routes de la soie, la Chine remporte de nouveaux marchés et accède aux matières premières des pays en développement. En échange, ces pays obtiennent des travaux d’infrastructures, des investissements et des prêts sans conditions. Un « win-win » qui pourrait se terminer en cauchemar pour nombre de pays en développement  qui glissent vers le surendettement.

Les Américains, rappelle le « Financial Times », estiment désormais que Pékin encourage ce surendettement pour prendre le contrôle de ressources stratégiques en cas de défaut de paiement. Que Pékin le fasse volontairement ou non, écrit le « FT », « les effets dans plusieurs régions de l’Afrique et de l’Asie se font déjà sentir ».

Et pour le quotidien britannique, cela ne veut pas dire, non plus, que les sénateurs américains ont raison lorsqu’ils accusent la Chine de « militariser le capital » et qu’ils demandent à Donald Trump d’empêcher le FMI de venir au secours de pays surendettés qui ne parviennent plus à rembourser la Chine. « Il y a un brin d’hypocrisie. Dans le passé les Etats-Unis ont surendetté massivement les pays en développement », écrit le journal.

Le rôle du FMI n’est pas de défendre les intérêts de sécurité nationale de l’Amérique. Mais son travail consiste à tirer la sonnette d’alarme lorsqu’il détecte des prêts et des emprunts irrespon-sables, estime le journal. Quant à la Chine, en pratiquant ces prêts de façon souvent opaques, elle joue sa réputation financière dans le monde, affirme le « Financial Times ». A quand la prochaine crise de la dette des pays en développement ?

Jacques Hubert-rodier 15/09

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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

syndicalisation (pùblico.es)

syndicl

Si la syndicalisation baisse les 10% les plus riches gagnent plus!

Plus la syndicalisation est forte, moins il y a d’inégalités. Selon ce graphique de Piketty et Saez (2014) Gordon (2013) élaboré par Lawrence Mishel y Jessica Schieder, la population la plus riche des USA a obtenu 47,8 de la richesse au moment où les syndicats étaient au plus bas: 11,2%.

Au contraire avec 33,4% de syndiqués en 1945, les plus riches n’engrangeaient que 32,6% des richesses.

http://ctxt.es/es/

Source

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13 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

pauvres (le parisien + lo + jdd + basta)

Vivre avec 1 000 euros par mois : ils racontent leur galère au quotidien

Alors qu’Emmanuel Macron doit dévoiler ce jeudi son plan pauvreté, nous sommes allés à la rencontre de familles modestes qui peinent à s’en sortir.

L’alimentation, variable d’ajustement

Il s’agit d’abord de faire une croix sur des plaisirs simples comme aller au cinéma, voyager, faire du shopping… Quand cela ne suffit pas, des besoins élémentaires sont sacrifiés : se déplacer, se laver, s’éclairer… Même l’alimentation y passe. « C’est loin d’être un poste de dépense sanctuarisé, auquel on ne toucherait qu’en dernier recours, souligne le Secours Populaire. Au contraire, face aux dépenses contraintes comme le logement et l’énergie, c’est souvent la seule variable d’ajustement. » Selon le dernier baromètre de l’association, paru mardi, un Français sur cinq peine à se nourrir correctement. Un taux qui grimpe à près d’un sur deux quand le revenu mensuel du foyer passe sous la barre des 1 200 €.

secours-populaire

JEAN-FRANÇOIS ET PASCALINE : « On est étiqueté cas soc »

Jean-François, Pascaline et leur fils Florian vivent avec 1 250 € de salaires et 630 € de prestations sociales (allocation enfant handicapé + prime d’activité).

La première nuit, la machine à laver a ronronné jusqu’à l’aube. Plusieurs fois, Pascaline s’est levée et a ouvert la porte du frigo, juste pour être sûre. A la lumière de la petite veilleuse du réfrigérateur, les courses pour les jours à venir étaient bien là. C’étaient bien ses affaires qui tournaient dans la machine. C’était bien son appartement, ce trois-pièces au deuxième étage d’une tour HLM de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis).

La jeune femme vit ici depuis un peu plus d’un an, avec son mari Jean-François, 42 ans, et leur fils Florian, 7 ans. Pendant des années, le couple a connu la misère, au point de devoir confier le petit à une famille d’accueil pendant onze mois, en 2014. « On a dégringolé tellement vite… Je n’imaginais pas me retrouver à faire la queue aux Restos du cœur », raconte Pascaline, 29 ans, attablée dans son living meublé de l’essentiel.

A la sortie de son lycée pro, elle avait vite trouvé du travail comme opératrice d’atelier dans une usine d’assemblage à Noisy-le-Sec. Elle venait de rencontrer son futur mari, attendait son premier enfant et pouvait espérer obtenir, par son entreprise, un logement et une place en crèche. Mais dix jours après son retour de congé maternité, elle apprend par courrier qu’elle est « licenciée économique » avec pour seule indemnité un chèque de 2 000 €.

« Il fallait choisir entre faire des lessives ou manger »

Le couple et son bébé sont hébergés dans la famille de Jean-François. L’unique salaire du grand-père ne suffit pas, pas plus que les aides que touchent les jeunes parents. « Le 15 du mois, on n’avait plus rien à manger, je piochais dans mon découvert pour acheter des couches et du lait », raconte Pascaline. Ils trouvent refuge dans un foyer et survivent grâce aux aides alimentaires et 180 € par mois. Ils se nourrissent de pâtes et de steaks hachés, s’offrent du café « de temps en temps », et pour tous fruits et légumes, quelques tomates et des bananes « une ou deux fois dans le mois ».

C’est à cette époque que le couple prend l’habitude de faire ses courses dans le coin des bonnes affaires de leur hypermarché. Les autres rayons sont inabordables. Ils n’ont pas d’abonnement téléphonique mais utilisent des cartes prépayées à 5 €. Le Lavomatic est un luxe. « Il fallait choisir entre faire des lessives ou manger, tranche Pascaline. Je lavais à la main mais les vêtements sentaient mauvais, j’avais honte. »

Le budget familial géré au cordeau

Elle se souvient de sentences assassines, jetées par des inconnus : « Vous n’avez pas honte d’avoir fait un enfant alors que vous êtes pauvre ? » Elle n’a pas répondu sur le moment. Mais aujourd’hui, devenue militante d’ATD Quart-monde, elle s’exprime, heureuse d’affirmer dans la dernière campagne télé de l’association qu’elle est « riche » de son amour pour sa famille.

Son mari a, lui, trouvé un emploi dans une entreprise d’insertion d’ATD, TAE. Il touche autour de 1 250 € par mois pour faire du reconditionnement de matériel informatique. Lundi, il a eu droit à la visite surprise d’Emmanuel Macron, venu découvrir l’activité de l’association, trois jours avant la présentation du plan de lutte contre la pauvreté.

« Je lui ai expliqué comment on a eu du mal à s’en sortir avec Pascaline. Aujourd’hui encore, ce n’est pas facile tous les jours », confie-t-il. Sa compagne n’a pas pu reprendre de travail. Elle doit s’occuper de leur fils handicapé, scolarisé seulement quatre demi-journées. Résultat : le budget familial – moins de 1900 € aides comprises — doit être géré au cordeau. Mais ce qui fait le plus mal à Jean-François reste le regard des autres : « On est étiqueté cas soc. »

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MARIE, RETRAITÉE : « Le boucher me dit que le veau est trop cher pour moi »

A 86 ans, Marie Mercier vit avec 900 euros par mois.

Les fins de mois difficiles ? Les problèmes de Marie n’attendent pas le 25. Les 500 € de loyer de son appartement de Compiègne (Oise) viennent entailler plus de la moitié du budget, composé des 850 € de sa retraite et de 50 € supplémentaires d’APL. « Je ne suis pas très forte en orthographe, mais meilleure en calcul, et j’ai appris à bien estimer mes dépenses, préfère sourire l’énergique dame de 86 ans. En même temps, mon argent se compte rapidement… »

Le jour du calcul de sa pension, Marie Mercier a compris que les dernières années de sa vie allaient être compliquées. « C’est là que je me suis rendu compte que mes années de travail dans une maroquinerie de Paris n’avaient pas été déclarées et ne seraient pas comptabilisées, soupire celle qui a passé ses dernières années de labeur à entretenir l’immeuble où elle vit encore. L’assistante sociale m’a prévenu que ma retraite serait compliquée avec ce que j’allais gagner. »

Devant sa collection de statues de chouettes qui orne son appartement, où elle vit seule de-puis la mort de son mari puis de sa mère au début des années 1980, Marie raconte son quoti-dien, semblable à celui de milliers d’autres personnes âgées. « Je voulais mettre de l’eau de toilette pour vous accueillir, nous avoue-t-elle. Mais je ne m’offre plus ça depuis longtemps. »

« Je ne peux pas rendre les cadeaux que l’on me fait »

Des vêtements ? Elle n’en achète presque jamais. Ses chaussures ? Acquises à moindre prix sur le marché. Sa nourriture ? Elle prend peu ou prou la même chose chaque semaine et certains mets lui sont interdits ou presque. « Une fois, j’ai voulu prendre du veau. Mon boucher a dit que c’était trop cher pour moi. Vous savez madame, j’ai l’habitude de dire ça aux retraités, m’a-t-il expliqué. On a regardé le prix : il avait raison. »

Depuis un an et demi, Marie est soutenue par les Petits frères des pauvres. Avec eux, elle a dit adieu aux semaines passées sans croiser personne. Sans eux, elle n’aurait pas pu partir en vacances loin de son appartement. « Ce qui me fait mal, c’est de ne pas pouvoir rendre à ces gens les cadeaux qu’ils me font », glisse-t-elle en étouffant un sanglot.

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SUZANNE, MÈRE CÉLIBATAIRE : « On compte les centimes quand on en a »

Suzanne, mère de 3 enfants, est aidée par le Secours populaire.

Chez Suzanne, on se couche tôt. « Pour économiser la lumière », explique cette mère de famille qui élève seule ses trois enfants. Victime d’un licenciement, cette ancienne vendeuse en boutique, qui a épuisé ses droits au chômage, vit avec 1 100 € de prestations sociales par mois. « Quand je travaillais, on ne manquait de rien. Maintenant, on essaie de survivre avec ce qu’on a », résume-t-elle. Avec un loyer de « 500 € après les allocations » et « plein de charges à côté », cette résidente en HLM doit faire face à des fins de mois extrêmement difficiles. « On se demande toujours comment on va y arriver. On compte les centimes, quand on les a ! », souffle cette trentenaire parisienne.

Elle est épaulée par le Secours populaire qui lui propose, entre autres coups de pouce, de remplir son cabas à des prix plus que d’amis à l’épicerie sociale. « Mes parents veulent aussi m’aider pour les courses mais j’ai dû mal à accepter. Je préfère prendre mes responsabilités. On se cache bien d’être pauvre. On essaie de se dire qu’il y a des gens dans une situation pire que nous, qui sont à la rue, qui font les poubelles », témoigne-t-elle.

« Heureusement qu’il y a la cantine pour les enfants »

Suzanne ne baisse pas les bras. Elle cherche du travail. Pas facile de décrocher un emploi quand, en même temps, il faut « gérer » seule une famille nombreuse. « Si je n’avais pas d’enfant, je trouverais plus facilement, je pourrais prendre un boulot de nuit », lâche-t-elle.

Son budget est ultra-serré. « C’est pâtes, ketchup et du saucisson à deux euros. Heureu-sement qu’il y a la cantine pour les enfants, ils peuvent manger comme les autres. » Elle s’est séparée de sa voiture car elle ne pouvait plus payer l’assurance. Elle coupe elle-même les cheveux de ses « gosses » qui « comprennent bien la situation » mais n’en « parlent jamais à leurs copains ».

« Quand ils vont chez Lidl, ils regardent toujours les prix et prennent le moins cher. Eux aussi font attention à l’argent », décrit-elle. Il n’y a pas de petites économies. La chasse d’eau n’est tirée qu’à l’issue de deux passages aux toilettes. Lors de la séance de brossage de dents, interdiction de laisser le robinet ouvert une seconde de trop. Elle regrette de devoir « sacrifier le plaisir des enfants ». « Il n’y a pas de bonbons, pas de parcs d’attractions, pas d’argent de poche, uniquement des sorties gratuites », énumère-t-elle. « Pour une mère, c’est une grande souffrance de voir qu’ils n’ont pas toujours le nécessaire. Mais ils ne m’en veulent pas et m’encouragent », apprécie-t-elle.

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LYNA, MÈRE CÉLIBATAIRE : « Je fais les fins de marché »

A Paris, Lyna participe à un atelier cuisine au Secours populaire animé par le grand chef Thierry Marx.

Bénéficiaire du RSA, Lyna, 30 ans, qui élève seule ses deux enfants âgés de 3 et 9 ans, a également ses astuces pour réduire au maximum les dépenses. « Je fais les fins de marché, c’est plus économique. Et, dans les magasins, je choisis des produits aux dates de péremption très proches car c’est moins cher », détaille cette maman croisée lors d’un atelier cuisine au Secours populaire animé par le grand chef Thierry Marx.

« Avec les enfants, on va plutôt faire un pique-nique au parc qu’un ciné », poursuit-elle. Avec des prestations sociales d’un montant de 1 080 € et un loyer à 680 €, elle peine à sortir la tête de l’eau. Elle est en permanence dans le rouge. Dans son porte-monnaie, 1 €, c’est beaucoup, « c’est une baguette, un paquet de pâtes ». Cette titulaire d’un BTS de commerce international a du mal à accepter qu’elle est « pauvre ». « Je ne réalise pas. C’est difficile à admettre. J’ai pris une petite claque quand j’ai appris que j’étais en dessous du seuil de pauvreté », confie-t-elle. Ce n’est surtout pas pour elle une fatalité. « J’ai la volonté de rebondir. Dans la vie, il y a des hauts et des bas. Je suis très optimiste… »

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JONATHAN, ÉTUDIANT : « Même pas de quoi payer le RER »

Jonathan, 21 ans, est étudiant en philosophie.

On le croise au hasard, semblable à des dizaines d’autres étudiants sur les marches du Crous parisien de Port-Royal à Paris (XIVe). A la base, on pensait venir échanger sur les galères des jeunes, entendre des histoires de cité U et recueillir les astuces des étudiants pour soulager leurs finances. Jonathan nous prend aux tripes avec son histoire.

Celle de la misère qui s’invite dans les amphis des facs. Aujourd’hui, il n’a aucun revenu. Rien. Zéro. « Je viens justement ici pour candidater à une bourse étudiante. J’ai droit au maximum, soit 550 € par mois, nous explique le jeune homme de 21 ans, qui attaque sa première année de licence de philosophie à la Sorbonne. Pour venir jusqu’ici, je n’ai pas payé le RER. Je n’ai même pas de quoi. »

« Une chambre étudiante, ça serait une dépense supplémentaire »

Hébergé par une association dans le Val-de-Marne, le jeune homme a connu la vie dans la rue à Pau (Pyrénées-Atlantiques). Comment en est-il arrivé là ? « Je n’ai plus de rapports avec ma famille », coupe-t-il, sans vouloir s’étendre sur la question. Sa priorité ? Obtenir sa bourse, trouver un boulot étudiant et avoir de quoi se payer plus que les deux repas par jour fournis par la structure qui l’accueille.

« Je pense que je vais rester y vivre, nous raconte-t-il, le ton déterminé. Je pourrais peut-être me prendre une chambre étudiante, mais ça serait une dépense supplémentaire. Et j’en suis très loin. » La première « folie », quand il touchera quelque chose, est déjà choisie. Ce sera des livres de philosophie. En attendant, Jonathan reprend sa place dans la file d’attente du Crous. Il n’a pas le temps de se plaindre.

Souvent, rien ne transparaît. Il faut même parfois pénétrer dans le quotidien de ces familles pour le deviner. Plus de 8,8 millions de Français vivent sous le seuil de pauvreté. Une person-ne seule est considérée comme pauvre quand l’ensemble de ses revenus net mensuels, prestations sociales incluses, est inférieur à 1026 € par mois, 2154 € pour un couple avec deux enfants. Calculée tous les ans par l’Insee, cette somme représente 60 % du niveau de vie médian de l’ensemble de la population. Après cinq années de baisse, le seuil de pauvreté est reparti à la hausse, de quelques euros par mois, sans retrouver son niveau de 2008. A titre de comparaison, le minimum vieillesse s’élève à 833 € et le RSA à 550 €. Comment fait-on pour joindre les deux bouts quand on dispose de si maigres revenus, voire moins ? C’est ce que nous expliquent les ménages (couples avec enfants, mères célibataires, retraités ou étudiants) que nous avons rencontrés. Alors qu’Emmanuel Macron doit présenter ce jeudi matin à Paris son plan contre la pauvreté, tous nous dépeignent un quotidien jalonné de renoncements plus ou moins grands.

12 septembre 2018

http://www.leparisien.fr/

Lire aussi:

Plan pauvreté : le président des riches joue les bonnes âmes (Lutte Ouvrière)

Qu’est-ce qu’être pauvre en France aujourd’hui? (JDD)

Pauvreté : un Français sur cinq a du mal à se nourrir sainement (Bastamag)

Les six chiffres qui montrent l’ampleur de la pauvreté en France (France Info)

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12 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

exception (libération)

nucleaire

«La loi du marché dit que le nucléaire est mort et la France est en train de devenir une exception»

Selon le rapport World Nuclear Industry Report Status 2018, l’atome n’est plus compétitif et n’a plus le vent en poupe. La plupart des pays préfèrent investir massivement dans les renouvelables. Sauf la France.

Voilà un rapport qui devrait nourrir la réflexion du nouveau ministre de la Transition écologique sur la future trajectoire énergétique de notre pays, le plus nucléarisé au monde avec 57 réac-teurs en activité pour 67 millions d’habitants. Enfin, si d’aventure ce document de 285 pages rédigé par neuf experts internationaux se retrouve en bonne place sur le bureau de François de Rugy. Selon le «World Nuclear Industry Report Status 2018», présenté ce mardi à Paris par son coordinateur, le consultant indépendant Mycle Schneider, l’atome bat en retraite un peu partout dans le monde… sauf en France où il fait de la résistance, avec encore 71,6% d’électricité d’origine nucléaire l’an dernier.

En 2017, la production d’électricité nucléaire dans le monde n’a progressé que de 1%, essentiellement grâce à un seul pays:

La Chine (+18%), où se concentre désormais l’essentiel des projets nucléaires. La même année, l’électricité d’origine solaire a connu un bond de 35% et celle produite par le vent des éoliennes a augmenté de 17%. Les six réacteurs mis en service (3 en Chine, 2 en Russie, 1 au Pakistan) n’ont fourni que 7 Gigawatts (GW) aux réseaux électriques, quand les seules éner-gies  renouvelables apportaient 157 GW supplémentaires. Pour Mycle Schneider, «le nucléai-re, qui ne représentait plus que 10,3% de l’électricité produite dans le monde l’an dernier contre 17,5 % en 1996, tend à devenir insignifiant par rapport aux énergies renouvelables».

L’atome en chute libre

Exagération de la part d’un expert proche des milieux antinucléaires ? «Je constate que l’Agen-ce internationale de l’énergie nucléaire voit la même chose que nous: l’électricité nucléaire n’est plus compétitive face aux renouvelables et les capacités de production vont chuter considéra-blement», tacle Schneider. Dans son étude annuelle publiée lundi, l’AIEA prévoit en effet une chute de plus de 10% du parc mondial de réacteurs d’ici à 2030. Et la part du nucléaire dans le mix énergétique mondial pourrait carrément tomber à 2,8 % en 2050 contre 5,7 % aujour-d’hui… Car si 50 réacteurs nucléaires sont en construction dans le monde aujourd’hui, il faut se souvenir qu’il y en avait 234 à la fin des années 70. Mais ça, c’était avant les catastrophes de Tchernobyl et Fukushima, et l’essor phénoménal des énergies vertes.

Début 2018, on comptait encore 413 réacteurs dans le monde (dont 254 en fonctionnement, les autres étant en maintenance ou en attente de démantèlement) pour une puissance instal-lée de 363 GWe. Mais la capacité installée des énergies renouvelables est désormais large-ment supérieure à celle du nucléaire: l’éolien a passé le cap des 500 GWe et le solaire celui des 400 GWe.

Et près de 300 milliards de dollars (259 milliards d’euros) ont été investis dans les énergies nouvelles à travers le monde en 2017, contre seulement 10 milliards dans le développement de nouveaux réacteurs. La Chine, qui construit encore 16 réacteurs nucléaires en ce moment, semble avoir choisi son camp : à elle seule, elle a investi l’an dernier 126 milliards de dollars dans les énergies renouvelables !

«Energie du passé»

«Il est clair que les renouvelables sont l’énergie de l’avenir et que le nucléaire est l’énergie du passé, et j’espère que ce rapport contribuera au débat en cours en France sur la Programma-tion pluriannuelle de l’énergie (PPE) en plaidant pour une sortie de l’atome», assène Jens Althoff, le directeur de la Fondation Heinrich Böll à Paris, un organisme proche des Verts alle-mands qui est l’un des sponsors du World Nuclear Industry Status Report. Pour lui, «aujour-d’hui, plus personne ne met d’argent dans l’atome sans soutien de l’Etat, la loi du marché dit que le nucléaire est mort et la France est en train de devenir une exception en Europe et dans le monde». 

Alors le nucléaire est-il encore une énergie d’avenir pour le successeur de Nicolas Hulot ? 

«Spontanément, ma réponse est non», a répondu lucidement François de Rugy dans une interview au Monde daté du 11 septembre. Hulot estimait, lui, qu’il fallait en finir avec cette «folie» du tout nucléaire, avant de jeter l’éponge. Mais pour Rugy, qui doit présenter la nou-velle PPE fin octobre avec l’idée «d’arriver à un équilibre entre 50% de nucléaire et 50% d’énergies renouvelables» à l’horizon 2035, «il faut sortir de la guerre de religion». Manière de renvoyer dos à dos pro et antinucléaires, tout en ménageant le puissant lobby de l’atome.

De quoi agacer Gérard Magnin.

Venu apporter son soutien au travail de Mycle Schneider, cet ancien administrateur dissident d’EDF (il a démissionné en 2016 pour signifier son désaccord aux deux réacteurs EPR d’Hinkley Point) craint qu’une fois de plus l’Etat français «bunkérise le nucléaire» au détriment de l’indispensable essor des énergies renouvelables:

«Ce rapport se base sur des faits, des données brutes, ce n’est pas une question de « guerre de religions ».» Fort de son expérience, il estime que les dirigeants d’EDF vont tout faire pour empêcher la fermeture de réacteurs nucléaires d’ici 2030 (alors qu’il faudrait en arrêter 20 pour viser les 50%), avec dans l’idée d’obtenir la construction de plusieurs réacteurs EPR destinés à prendre le relais du parc vieillissant. «Le nucléaire français doit pédaler, toujours pédaler comme sur un vélo sinon il tombe… La formule n’est pas de moi mais du PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy», ironise Gérard Magnin.

La France peut le faire

Un récent rapport commandé par le gouvernement à Yannick d’Escatha, ancien patron du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), et Laurent Collet-Billon, ex-délégué général à l’arme-ment, prône ainsi la construction de six nouveaux réacteurs EPR. Mais après le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, son collègue François de Rugy a calmé les ardeurs du lobby de l’atome: «Il faudrait déjà qu’EDF fasse la démonstration que l’EPR fonctionne, ce qui n’est pas encore le cas», a-t-il dit.

De fait, la livraison de ce gros réacteur en construction à Flamanville dans la Manche, qui devait entrer en service en 2012, vient encore d’être reportée à 2020. Mycle Schneider veut croire qu’avec un coût du nucléaire dépassant les 70 euros le MWh, quand celui du solaire tombe à 50 euros le MWh, EDF devra se rendre à l’évidence: «L’atome n’est plus compétitif et ne le sera plus jamais. Qui achètera leur électricité demain en Europe ?»

Alors que faire ?

Pour Gérard Magnin, il faut s’inspirer de l’exemple allemand, «pays qui est passé de 3% d’élec-tricité renouvelable en 2000 à 40% en 2018» : «Si la France a fait un effort comparable dans le nucléaire dans les années 70-80, elle peut le faire aujourd’hui dans les renouvelables.» Et Mycle Schneider prouve dans son rapport qu’en arrêtant le nucléaire, les Allemands n’ont pas fait plus de charbon, contrairement à ce qui se dit en France (entre 2010 et 2017, la produc-tion d’électricité nucléaire a chuté de 64 TWh, celle des renouvelables a fait un bond de 113 TWh et celle des fossiles a reculé de 28 TWh). Et Magnin de conclure par ce message de service aux gouvernants français : «Les Allemands ne sont pas des romantiques, ils ont pris une décision politique très pragmatique.»

Jean-Christophe Féraud 11 septembre 2018

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12 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

migrants (bastamag)

Migrants Ital

Les migrants, champions de la lutte contre les inégalités mondiales

En matière d’aide au développement, les migrants font trois fois mieux que les 29 pays les plus industrialisés. Les envois de fonds de la part de personnes émigrées vers les pays à revenu faible et intermédiaire ont atteint 466 milliards de dollars en 2017.

« La valeur de ces 466 milliards de dollars est importante. C’est comme si les migrants collectaient, en un an, plus d’argent que les cinq plus riches entrepreneurs du monde (Jeff Bezos, Bill Gates, Warren Buffet, Bernard Arnault et Mark Zuckerberg, selon Forbes) ont amassé toute leur vie. Seulement, les migrants renouvelleraient l’opération chaque année et enverraient ces cinq grandes fortunes aux pays à faible et moyen revenu », illustre Speranta Dumitru, professeure en Science Politique à l’Université Paris Descartes, dans un article de la revue numérique The Conversation.

Avec une différence notable : cet argent est, en général, collecté en travaillant dur, est transféré par des voies légales, sans optimisation fiscale, et contribue à réduire les inégalités mondiales en enrichissant des populations souvent en difficulté. « L’argent est gagné dans des conditions où la discrimination, l’exploitation et le taux de sur-qualification dans l’emploi sont plus élevés que chez les non-migrants. De plus, les migrants nés dans les pays du Sud ont migré, pour plus de la moitié d’entre eux, dans d’autres pays du Sud où les salaires sont plus réduits que dans les pays du Nord », rappelle Speranta Dumitru.

« 3 % de la population mondiale fait trois fois mieux que tous les gouvernements puissants du Nord rassemblés »

Les principaux bénéficiaires de ces transferts d’argent sont l’Inde, la Chine, les Philippines et le Mexique. 38 milliards ont également été envoyés par des émigrants vers l’Afrique subsaharien-ne, qui compte la majorité des pays les plus pauvres du monde, d’abord vers le Nigeria, le Sénégal et le Ghana.

Ces transferts d’argent coûtent également cher aux émigrants qui aident leurs familles ou communautés dans leurs pays d’origine : « À l’échelle mondiale, le coût moyen d’un transfert de 200 dollars était de 7,1 % au premier trimestre de 2018, soit plus du double de la cible de 3 % fixée dans les Objectifs de développement durable. L’Afrique subsaharienne reste la région vers laquelle les transferts sont le plus onéreux, avec un coût moyen de 9,4 % », détaille la Banque mondiale.

Le nombre de migrants est estimé à 258 millions de personnes en 2017.

« Ainsi, moins de 3 % de la population mondiale fait trois fois mieux que tous les gouverne-ments puissants du Nord rassemblés », pointe Speranta Dumitru. Les cinq premiers contribu-teurs de l’aide publique au développement sont, en montants, les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Japon et la France.

Cette solidarité est cependant mise à mal.

« L’un des risques à long terme pour la croissance des envois de fonds tient au durcissement des politiques d’immigration dans de nombreux pays d’origine », observe la Banque mondiale. « Les migrants en transit , qui ne séjournent que temporairement dans un pays de transit, ne sont généralement pas en mesure d’envoyer de l’argent dans leur pays. La migration peut les aider à échapper à la pauvreté ou à la persécution, mais beaucoup deviennent aussi vulnéra-bles à l’exploitation par des passeurs durant le transit. » Ou comment les discours et politiques hostiles aux migrants renforceront, à terme, les inégalités à l’échelle mondiale.

 Ivan du Roy 12 septembre 2018
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12 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

mater guingamp (le télégramme)

mater

Maternité de Guingamp. Un fest-noz de soutien le 15 septembre à Pabu

Dans un communiqué de presse dimanche soir, le personnel de la maternité de Guingamp explique être « toujours dans l’attente d’un écrit officiel concernant le sursis de 2 ans », tout en espérant « l’obtenir assez rapidement ».

« Nous avons pleinement conscience que cette décision aura été obtenue grâce à la forte mobilisation de la population ainsi qu’au soutien appuyé de plusieurs élus et personnalités. Nous souhaitons donc remercier l’ensemble de ces personnes et nous espérons que tous ces soutiens seront prêts à se remobiliser si aucun document officiel ne venait rapidement confirmer ce sursis », écrivent les personnels.

Concernant la réalisation d’un mur « Kalonig » (qui a pour but de rassembler 500 photos de nouveau-nés de moins de 3 mois nés à Guingamp ou Pabu afin de les exposer sur un grand mur photo dans la ville de Guingamp), le personnel annonce avoir déjà récolté près de 300 clichés (l’adresse pour envoyer les photos : sauvonslamaternitedeguingamp@yahoo.com).

Enfin, le 15 septembre, un fest-noz de soutien est organisé à la salle des fêtes de Pabu, à 21 h.

De nombreux groupes y participent bénévolement : Ifig ha Nanda, Robin/An Intanv, Awen ha Cyril, Meneteau/Lange, Gwenn hag Izaouenn, Urvoy/Malrieu, Veillon/Riou, Klev. Le tarif d’entrée du fest-noz est libre.

09 septembre 2018

https://www.letelegramme.fr/

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11 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

mater guingamp (le télégramme)

guing

Maternité de Guingamp. « Toujours rien de concret »

Malgré l’annonce au milieu de l’été d’un moratoire de deux ans décidé par le Président de la République pour la maternité de Guingamp, aucun document officiel n’est venu confirmer la nouvelle.
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« Aujourd’hui, il n’y a toujours rien d’officiel, ni rien de concret. Olivier de Cadeville, le directeur général de l’Agence régionale de la santé, n’a pas pris le moindre arrêté. Nous ne savons même pas quand va débuter ce délai de deux ans. Et nous ne sommes pas davantage au courant de ce qui devra être fait pendant ces deux ans. Le député a annoncé que l’hôpital devra respecter certains critères, augmenter le nombre de naissances, recruter de pédiatres. Mais il n’y a rien d’acté. Nous devions avoir une réunion avec les élus fin août, mais cette rencontre a été annulée, faute d’informations officielles ».

Qu’en est-il des actions judiciaires devant le tribunal administratif ?

 « Même s’il n’y aura sans doute pas de décision avant un an et demi, plusieurs actions ont été entreprises, mais pas par le comité de défense santé du pays de Guingamp qui n’a pas encore de cadre juridique.
Des élus ont attaqué par la voie hiérarchique, en demandant à la ministre de la Santé de réfu-ter la décision de l’ARS de fermer la maternité. Les syndicats ont, eux, attaqué au contentieux la légalité de la décision prise. Nous avons développé de nombreux arguments. Concernant, les problèmes de sécurité, nous considérons, par exemple, qu’il manque des anesthésistes dans tous les hôpitaux costarmoricains, pas uniquement à Guingamp. Nous pensons égale-ment que plus le nombre de kilomètres entre le domicile et la maternité augmente, plus les risques s’amplifient ».

L’été a également été marqué par le courrier de médecins briochins deman-dant la fermeture de la maternité à Emmanuel Macron…

« L’un et l’autre sont membres du comité médical de l’établissement Yves-Le Foll et ce courrier nous fait penser que l’hypothèse de la fermeture est pensée depuis longtemps. Car dans leur lettre, ils réfléchissent entre autres à l’impact sur leur établissement d’une fermeture ici. Mais, nous pouvons aussi nous demander si le directeur de l’hôpital de Saint-Brieuc et celui de Guingamp, qui se connaissent bien et qui étaient juste avant directeur et directeur adjoint à Saint-Malo, ne sont pas arrivés ici avec des choses prédéfinies ».

Toutes ces incertitudes ont-elles un impact sur l’activité et le fonctionnement de la maternité de Guingamp ?

« Il y a autant de naissances que l’an passé. Nous pourrions même terminer 2018 avec plus de bébés qu’en 2017. Concernant le fonctionnement du service, il n’y a pas eu d’incident majeur. Les filles sont encore plus maniaques que d’habitude. Elles ne laissent rien passer car elles savent qu’elles ont une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Le moindre problème donne-rait du grain à moudre à l’ARS. Je pense donc qu’accoucher à Guingamp en ce moment, c’est ce qu’il y a de plus sûr ».

Membre active du comité de défense santé du Pays de Guingamp, l’aide-soignante Flora Bouchet, militante à la CGT, fait le point. Le 19 juillet dernier, le député Yannick Kerlogot annonçait qu’Emmanuel Macron avait décidé d’instaurer un délai de deux ans avant de réétudier la fermeture de la maternité de Guingamp. Un peu moins de deux mois plus tard, où en est le dossier ?

09 septembre 2018

https://www.letelegramme.fr/

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11 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

secours populaire (france info)

macron

Les Français les plus pauvres ont du mal à manger sainement et suffisamment, selon le baromètre du Secours populaire

L’association publie la 12e édition de cette enquête, mardi, soit deux jours avant la présentation par le gouvernement du plan pauvreté.

« Mangez cinq fruits et légumes par jour. » Si le slogan des autorités sanitaires françaises n’est pas facile à suivre pour un certain nombre de Français, il reste lettre morte pour les plus pauvres, comme le révèle le 12e baromètre annuel du Secours populaire sur la pauvreté, dévoilé mardi 11 septembre, soit deux jours avant la présentation du plan pauvreté par le gouvernement.

L’alimentation est « un poste de dépense problématique pour une proportion significative de Français », relève l’association qui s’est penchée cette année sur la précarité alimentaire. Le Secours populaire, qui a mené cette enquête auprès de 1 016 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française, en ressort plusieurs enseignements.

Les plus démunis peinent à manger équilibré 

A la question « rencontrez-vous des difficultés financières » pour « consommer des fruits et légumes frais tous les jours », un quart des sondés répondent « oui ». Cette proportion monte à 31% pour les femmes. « Elles sont souvent le chef des familles monoparentales », explique à franceinfo Richard Béninger, secrétaire national du Secours populaire.

La situation se corse un peu plus pour les foyers les plus modestes.

Ceux qui gagnent entre 1 200 et 2 000 euros par mois sont 39% à ne pas réussir à manger des fruits et légumes quotidiennement. Quand les revenus sont inférieurs à 1 200 euros mensuels (le Smic est à 1 173 euros), 53% de personnes sont dans cette situation.

Pour ces Français, consommer du poisson et de la viande au moins une fois par semaine est également très difficile.

Quand les revenus se situent entre 1 200 et 2 000 euros, ils sont 25% à ne pas manger de la viande une fois par semaine et 35% du poisson. En deçà de 1 200 euros, ils sont 36% et 46% dans ce cas de figure.  Près de la moitié des Français les plus pauvres (48%) ont, par ailleurs, du mal à se procurer une alimentation saine leur permettant de faire trois repas par jour. « Il y a des conséquences qualitatives, les gens ne se nourrissent pas correctement, mais aussi quantitatives, ils sautent parfois un repas », observe Richard Béninger, soulignant que les jeunes et les étudiants sont particulièrement concernés.

Les parents ont du mal à payer la cantine 

S’agissant des parents, près de 20% des sondés affirment avoir du mal à payer la cantine pour leurs enfants. Ce chiffre monte à 34% pour les foyers gagnant entre 1 200 euros et 2 000  euros et à 58% pour les foyers percevant moins de 1 200 euros. Or, pour certains, « c’est le seul repas équilibré de la journée », souligne le secrétaire national du Secours populaire.

Une mauvaise alimentation est un marqueur de pauvreté 

Pour une majorité des personnes interrogées, avoir des difficultés régulières à se procurer une alimentation saine est « tout à fait » le signe d’une situation de pauvreté. Le Secours populaire tenait à attirer l’attention sur ce « marqueur », dont les conséquences sanitaires ne sont pas négligeables. Selon cette enquête, les Français sont ainsi massivement convaincus de « l’impor-tance de la préservation de l’aide alimentaire aux plus démunis ». Sur les 3 millions de person-nes qui ont poussé la porte du Secours populaire en 2017, 1,8 million ont d’abord bénéficié d’une aide alimentaire. Richard Béninger, secrétaire national du Secours populaire à franceinfo

Plus globalement, le Secours populaire s’alarme du sentiment de paupérisa-tion au sein de la population, qui gagne du terrain à chaque baromètre.

Cette année, près de 60% des personnes interrogées indiquent qu’il leur est déjà arrivé de se dire qu’elles étaient sur le point de basculer dans la pauvreté, soit 2 points de plus qu’en 2017. Et 81% pensent que leurs enfants seront plus exposés à la pauvreté.

Méthodologie : Enquête menée du 22 au 26 juin auprès de 1 016 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.

11/09/2018

https://www.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

« Plus les familles ont des difficultés à manger, plus elles ont des soucis de santé » : le Secours populaire alerte sur la précarité alimentaire des plus pauvres

Salauds de pauvres : la complainte de l’homme blanc présidentiel (Regards)

La France a faim, Macron se gave (Regards)

600 000 pauvres de plus en dix ans (ODI)

 

 

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10 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

handicap (questions de classe + basta)

handicap

Vous voulez aider les élèves ? Détruisez-les d’abord !

En 2005, la scolarisation des élèves en situation de handicap en milieu ordinaire a été inscrite dans la loi.
Depuis 2013, on parle plus largement d’école inclusive, au sens où tou·te·s les élèves devraient pouvoir être scolarisé·e·s, quelles que soient leurs difficultés (handicap cognitif, moteur, social…). C’est maintenant à l’école de s’adapter pour permettre à ces élèves d’accéder aux apprentissages, et non l’inverse.

La route reste longue…

13 ans après la loi pour l’égalité des droits et des chances, la route reste longue et la situation bien insatisfaisante – et décourageante – dans de nombreux établissements. Et ce n’est pas faute d’essayer, du côté des enseignants, des élèves et des familles ! Mais les entraves sont nombreuses et le parcours de certain·e·s jeunes et de leurs familles est souvent chaotique et éprouvant. J’avais déjà abordé ces difficultés du côté des familles et le travail à faire, dans le groupe-classe, pour que les inclusions fonctionnent : https://www.questionsdeclasses.org/?Une-place-dans-la-classe

Mais la lenteur du système est parfois mortifère pour les élèves à Besoins éducatifs particuliers (BEP).

Lenteur des tests par les professionnels extérieurs à l’école, mais indispensables pour la prise en compte des difficultés. Lenteur de l’examen (ou du réexamen) du dossier par le médecin scolaire ou par la MDPH(1), faute de personnels. Lenteur dans le va-et-vient des dossiers, sans compter ceux qui se perdent en cours de route ou qui restent sans réponse, parce qu’in-complets (il est apparemment acquis que si des documents manquent, aucune réponse n’est donnée aux familles…). Ces tergiversations peuvent prendre des mois, et parfois plus d’un an !

S’organiser pour permettre l’accès aux apprentissages… en attendant !

Alors, face à cette machine administrative à la lenteur et au fonctionnement aberrants, les enseignant·e·s, les AESH(2), les élèves et leurs proches s’organisent : rendez-vous réguliers pour faire des bilans de parcours, travail d’équipe, échanges de pratiques, adaptations des cours, des supports, réflexion sur la différence et le handicap avec les élèves…

Tout cela pour permettre l’accès aux apprentissages, mais toujours dans l’attente d’une décision concrète de la part des services compétents, afin de rendre les aménagements pérennes et officiels, et d’obtenir, pour les familles, des moyens matériels, humains ou financiers pour favoriser la scolarisation des jeunes.

Et, doucement, nous y arrivons. Certain·e·s élèves s’accrochent, progressent, réussissent grâce aux efforts de toutes celles et tous ceux qui les entourent, obligé·e·s d’agir pour rendre le quotidien accessible, malgré les difficultés parfois très lourdes des élèves (troubles des apprentissages, du comportement ou troubles autistiques).

Aider ou laisser couler

Or, ces petites réussites ont parfois des conséquences surprenantes, voire insensées. Tout  d’abord, il n’est pas rare de nous entendre dire que l’élève réussit « trop bien », que le médecin scolaire (ou la MDHP) a consulté les bulletins et a considéré que les difficultés n’étaient pas assez prononcées pour que l’élève puisse bénéficier d’un accompagnement spécifique ou d’une « reconnaissance handicap ».

Première absurdité : les aides fournies par les équipes profitent aux élèves, dans leurs apprentissages quotidiens, mais les desservent sur le plan administratif. Or, sans recon-naissance officielle, les aides ne peuvent pas durer, notamment pour les examens. Et de là une autre absurdité : certaines directions n’hésitent pas à donner des « consignes » aux ensei-gnant·e·s , expliquant qu’il faut que les difficultés apparaissent sur le bulletin, dans les notes, dans les évaluations, autrement dit, que l’échec se voie, et se voie bien !

Ne pas adapter les évaluations, faire perdurer, volontairement, les difficultés des élèves en ne les prenant pas en compte, les laisser, sciemment, en situation d’échec, voilà à quoi nous devrions être réduit·e·s, pour qu’un dossier ait des chances d’être validé, administrativement.
Et nous en arrivons à la recommandation scandaleuse suivante : détruisons les élèves, pour mieux les aider ensuite !

On imagine aisément devant quel cas de conscience se trouvent les enseignant·e·s, qui ne savent plus comment agir : aider les élèves au quotidien, au risque de trop les aider ? Attendre une décision administrative, qui peut mettre des mois à tomber, au risque de voir la souffrance des élèves se développer ?

Le chemin est donc long, encore, pour une école inclusive qui ne se contente pas de mots et d’effets d’annonce (3), pour une école inclusive qui prenne en compte non seulement les jeunes et leurs difficultés, mais également celles des personnes qui les entourent au quotidien (proches, enseignant·e·s, AESH, personnels des MDPH, de la médecine scolaire…) et qui œuvrent, coûte que coûte, pour que chacun·e puisse bénéficier d’une scolarisation digne.

 8 septembre 2018  Jacqueline Triguel

(1) MDPH : Maison Départementale des Personnes Handicapées – structure habilitée à traiter les demandes des familles pour qu’un enfant soit reconnu comme personne handicapée et reçoivent l’accompagnement et les aides nécessaires, dans ou hors l’école.

(2) AESH : Accompagnant·e·s des élèves en situation de handicap

(3) Il n’y a qu’à comparer la communication faite autour de la rentrée du président Macron dans un établissement accueillant une Ulis (Unité localisée pour l’inclusion scolaire) et le silence autour des élèves en situation de handicap non scolarisés, ou sans AESH, sans compter les difficultés quotidiennes des enseignant·e·s pas assez formé·e·s sur ces questions.

Lire aussi:

Logements, lieux publics, transports : le gouvernement continue d’exclure les personnes handicapées (Bastamag)

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09 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

savon (le huffington post)

Des militants de la Marche pour le climat ont « passé un savon » aux agences de la Société Générale

Ils sont venus avec balais et serpillères pour faire littéralement le ménage dans 38 agences bancaires en France.

En marge de la Marche pour le climat, des groupes ont organisé une action peu commune. Plus de 600 militants de l’ONG Les Amis de la Terre sont intervenus ce samedi 8 septembre, munis de balais et serpillières, dans une quarantaine d’agences bancaires Société Générale en France pour dénoncer le financement par la banque des énergies fossiles.

Cette action de nettoyage hautement symbolique a visé 38 agences de la Société Générale, accusée d’être « la championne des énergies sales » par les militants. Ils sont donc venus « passer un savon » au groupe bancaire « pour qu’il cesse d’apporter un soutien massif aux énergies fossiles », explique l’association dans un communiqué.

En particulier, l’ONG réclame le retrait de la banque française « du projet de terminal d’exportation de gaz de schiste liquéfié Rio Grande LNG au Texas, qui a lui seul émettrait autant que 44 centrales à charbon ».

Par ailleurs, Les Amis de la Terre indique avoir lancé un appel aux côtés d’une vingtaine d’organisations, dont des structures nord-américaines et des populations affectées par le projet texan, « à organiser une action géante de nettoyage de l’agence centrale parisienne le 14 décembre, jour de la clôture de la COP24, si la banque n’annonce pas publiquement entre-temps une révision de sa politique ».

De son côté, Société Générale, sollicitée par l’AFP, a rappelé ses « nombreux engagements en faveur du climat pour se conformer au scénario à deux degrés de prévention du réchauffement climatique de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) établi par les Accords de Paris ».

Elle précise « avoir déjà réalisé à plus de 50% son objectif de contribution à hauteur de 100 milliards d’euros au financement de la transition énergétique entre 2016 et 2020″.

08/09/2018

https://www.huffingtonpost.fr/

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