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11 juin 2013 ~ 0 Commentaire

« La solidarité européenne n’a jamais existé dans le cadre de l’UE. Il faut une solidarité entre les peuples européens » (Éric Toussaint )

« La solidarité européenne n’a jamais existé dans le cadre de l’UE. Il faut une solidarité entre les peuples européens » (Éric Toussaint ) dans Austérité china-poor-kids-rich-kids-comic-strip-300x193

La crise de la zone Euro démontre qu’il y a bien une Europe à deux vitesses, non pas celle de l’UE 17 (zone euro) et l’UE 27 (États membres), mais celle des pays riches et solides d’une part et celle des pays pauvres et fragiles d’autre part. Qu’est-ce qui a creusé ce fossé ?

L’Union européenne et la zone Euro ont été créées en appliquant des principes qui favorisent uniquement le capital : liberté totale de mouvements de capitaux, liberté de circulation des marchandises et des services, promotion à tout prix de la concurrence, mise en cause de la démarche du principe des services publics… On donne toute liberté au capital dans le but de faire un maximum de profit, considérant à tort que si on favorise une initiative privée, tout va très bien fonctionner. En mettant en place ce principe et en réduisant au maximum l’intervention des États en termes de réglementations, de budgets, on se retrouve avec une Europe où le budget représente moins de 1 % de son PIB alors que généralement, le budget des États les plus industrialisés tourne autour des 40 à 50 % du PIB ! On se retrouve avec un budget famélique dont près de la moitié va à la Politique agricole commune. La conséquence, c’est que l’Europe ne s’est pas dotée d’un moyen lui permettant de réduire les disparités entre les économies les plus fortes et les plus faibles de l’Union. Quand on met dans une même structure en compétition des économies tout à fait différentes, on renforce les disparités.

Y a-t-il d’autres points de fracture ?

Non seulement, on a une opposition d’une part, entre des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Irlande et les pays de l’Est et de l’autre, avec les plus forts de l’UE. Mais aussi à l’intérieur même de chacun de ces pays ! On y a augmenté par le biais des réformes du marché du travail, les disparités salariales. Les   politiques menées à l’intérieur des États de l’UE ont contribué aux inégalités. Un exemple emblématique, l’Allemagne. On a mis en place des contre-ré- formes visant à augmenter très fortement les différences de statut entre les travailleurs, ce qui fait qu’aujourd’hui, il y a 7 millions de salariés à plein temps qui gagnent 400 euros par mois !

On sait que la fiscalité est un des nœuds du problème européen et de l’endettement des États. Comment expliquer le fait que la plupart des pays européens continuent à jouer la concurrence interne ?

On a refusé une harmonisation fiscale en Europe. On se retrouve avec des systèmes fiscaux totalement différents. A Chypre, l’impôt sur les sociétés est de 10%. Ce qui devrait changer avec la crise que l’on connait aujourd’hui. En Irlande, l’ISOC est de 12,5% et en Belgique, il est de 33,99 %. Cette disparité per- met aux entreprises de déclarer leurs revenus là où ça leur coûte moins cher. La politique européenne actuelle protège la fraude fiscale. Les paradis fiscaux existent au sein de l’Union européenne et de la zone Euro. Notamment, La City à Londres pour l’UE, le Grand duché du Luxembourg dans la zone Euro. La Belgique aussi avec notamment les intérêts notionnels. Au niveau national, il est tout à fait possible d’adopter des mesures de justice fiscale. L’idée reçue selon laquelle « on est dans la zone Euro donc on ne peut pas prendre de mesures importante sur le plan fiscal » est fausse. On fait croire aux gens qu’il n’y a pas d’autre issue. Ceux qui invoquent ce discours cherchent à protéger les fraudeurs. On voit bien qu’avec l’ « affaire » de Chypre, on voit poindre des solutions qui auparavant étaient considérées comme impossibles : on va taxer les personnes qui ont plus de 100 000 euros dans les banques, instaurer un contrôle sur les mouvements de capitaux. Je rejette les mesures imposées à Chypre car l’objectif poursuivi est d’imposer une politique globale antisociale mais certaines dispositions prises montrent qu’il est possible de contrôler les mouvements de capitaux et de taxer fortement au-dessus d’un certain niveau de patrimoine. Malgré les règles imposées par l’UE, il est tout à fait possible que des pays s’opposent à la politique de la Commission et forcent par leur attitude, une renégociation au niveau européen. Il faut reconstruire l’Europe démocratiquement. Entre temps, il faut que des gouvernements de gauche rompent la discipline. Si François Hollande avait respecté ce pourquoi les Français l’ont élu, il aurait demandé à renégocier le pacte fiscal européen avec Angela Merkel et dans le cas où elle aurait refusé, il se serait prononcé contre au moment du vote. Cela aurait pu empêcher l’adoption de ce traité.

La crise de l’Euro traduit de manière évidente une absence de gouvernance politique solide (absence de politique économique, budgétaire, fiscale et sociale cohérente). Le non-soutien européen par rapport à la dette grecque est révélateur de la fragilité d’une union si elle n’est pas fondée sur la solidarité. Cette crise de l’Euro sonne-t-elle définitivement le glas de la solidarité européenne ? Le rêve de fédéralisme européen est-il définitivement enterré ?

La solidarité européenne n’a jamais existé dans le cadre de l’UE telle qu’elle existe. Ou on pourrait dire que si solidarité il y a, c’est avec les grandes entreprises européennes. Les gouvernements européens ont systématiquement pris des mesures pour venir en aide aux banques européennes et aux grandes entreprises européennes. Mais quand il s’agit de venir en aide aux peuples et aux économies les plus faibles, il n’y a pas de solidarité. On pourrait plutôt dire qu’il y a un certain type de solidarité : une solidarité de classe, une solidarité entre les capitalistes. Le fédéralisme est possible mais il doit résulter d’une constituante des peuples. Guy Verhofstadt et Daniel Cohn-Bendit défendent un fédéralisme par en haut… Il nous faut un fédéralisme prôné par la base, par le peuple. Le fédéralisme est possible et nécessaire, mais cela implique une issue à partir d’en bas à la crise européenne. Cela ne veut pas dire un repli sur soi mais une solidarité entre les peuples européens et une Constitution européenne décidée par les peuples eux-mêmes.

Que faudrait-il faire pour rendre les institutions européennes plus démocratiques ?

Il faut déconstruire les institutions non démocratiques et en construire de nouvelles et ce à partir d’une constituante des peuples ! Le pouvoir législatif (le parlement européen) est extrêmement faible, trop soumis à l’exécutif.

À défaut de recette miracle, avez-vous une idée concrète pour réconcilier le citoyen avec l’Europe ?

Dans le cadre des frontières nationales, il faut prendre des initiatives pour que les mouvements sociaux et les organisations de gauche cohérentes dé- finissent un projet commun. En Belgique, la FGTB de Charleroi et des mouvements de gauche radicale s’associent autour de la création d’un nouveau projet politique, le 27 avril |1| . Au niveau européen, via le mouvement Altersummit, on essaye de promouvoir une convergence entre un maximum de mou- vements citoyens, de mouvements sociaux et de syndicats européens. |2| Ce n’est pas facile, jusqu’ici c’est trop lent mais il faut néanmoins construire un coalition des mouvements sociaux européens. Il faut aussi contribuer à relancer si c’est possible le mouvement des indignés, soutenir Blockupy à Francfort contre la BCE |3|.

L’Europe a sa raison d’être parce que…

Parce qu’il faut une solidarité entre les peuples européens et qu’elle est tout à fait possible.

L’Europe a sa raison d’être à condition que…

Que le processus se fasse par « en bas ». Il faut une constituante des peuples européens et donc une refondation de l’Europe.  Il faut tourner  le dos à la politique qui a été menée auparavant. Il y a plusieurs scénarios possibles pour sortir de la crise. Celui qui est appliqué aujourd’hui (austérité) approfondit et aggrave la crise. On est parti pour au moins 10 à 15 ans de crise, de croissance très réduite. Sauf si des mobilisations sociales aboutissent à des réformes structurelles radicales telles que : la socialisation des banques, le renforcement des services publics, la reconstruction d’une l’Europe basée sur une constituante des peuples ; une Europe solidaire des autres parties du monde. Il faut également obtenir l’annulation/répudiation de la dette publique illégitime et dans cette perspective développer les initiatives d’audit citoyen de la dette comme c’est le cas en Belgique aujourd’hui. |4| Cette solution impliquerait que les mouvements sociaux et la gauche radicale soient capables d’offrir une vraie alternative, un programme cohérent et ne se limitent pas à un programme néo keynésien. Je trouverais dommage que cette crise du capitalisme n’aboutisse au final qu’à un peu plus de discipline… Le capitalisme vert régulé ne permettra pas de régler le problème fondamental du changement climatique. Il faut sortir du système capitaliste. Propos recueillis par Monique Van Dieren et Claudia Benedetto et publiés dans la revue Contrastes de mars-avril 2013.

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10 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Gad. Une semaine décisive (LT)

Gad. Une semaine décisive (LT) dans Crise y-en-a-marre

Y aura-t-il un repreneur pour Gad, placé en redressement judiciaire depuis près de quatre mois ? Réponse ce lundi, au début d’une semaine décisive pour le groupe agroalimentaire breton.empty dans Economie

Cette semaine est importante pour l’avenir du groupe Gad SAS, en redressement judiciaire depuis le 21 février. Les candidats à la reprise de l’industriel charcutier ont jusqu’à ce midi pour déposer leur offre. Mais à la date d’hier, aucun repreneur potentiel n’avait, semble-t-il, fait la moindre proposition. Y aura-t-il une ou plusieurs candidatures de dernière minute ? Y aura-t-il un investisseur prêt à mettre des millions d’euros sur la table pour sauver une entreprise qui perd beaucoup d’argent depuis plusieurs mois ? L’espoir d’une reprise totale ou partielle de l’activité semble très mince. Le fait est que la situation du porc français ne s’est pas améliorée depuis l’annonce du placement en redressement judiciaire de l’industriel charcutier, prononcé par le tribunal de Rennes. La filière continue de souffrir du manque de porcs et surtout de la concurrence féroce des Allemands, accusés de pratiquer du dumping social. Gad SAS n’est pas épargnée. Contrôlée majoritairement par la coopérative Cecab, elle emploie 1.650 salariés entre ses sites de Lampaul-Guimiliau (29), Josselin (56), Saint-Nazaire (44) et Saint-Martin-des-Champs (29). Depuis la mise en vente du groupe breton, quatre opérateurs au total – deux Français, un Américain et un Asiatique – se seraient intéressés au dossier, sans pour autant présenter une offre. Côté français, on évoque la SVA Jean Rozé de Vitré (35), filiale d’Intermarché, et Sofiproteol, le banquier de la filière des huiles et des protéines. Impossible, néanmoins, d’avoir confirmation de ces informations.

Un plan qui va tailler dans le vif

En l’absence de repreneur, plusieurs hypothèses sont envisageables : soit la liquidation pure et simple, soit la mise en place d’un plan de continuation de l’activité. Ce dernier, si cette solution est choisie, devra, de toute évidence, tailler dans le vif. «Il faudra obligatoirement fermer quelque chose. Le tribunal l’exigera car l’entreprise n’a aucune chance de survie si elle reste comme elle est», commente une source proche du dossier. Les maires de Landivisiau et Lampaul-Guimiliau croient savoir que c’est l’abattoir finistérien qui sera sacrifié. Il fermerait ses portes le 21 août. Ni la direction de Gad, ni les actionnaires majoritaires, toujours très discrets, n’ont réagi à ces affirmations. En tout cas, selon de bonnes sources, la continuation partielle de l’activité nécessitera «de mobiliser plusieurs millions d’euros» pour adapter l’outil qui sera conservé, du fait du regroupement de l’activité des deux abattoirs sur un seul site. «On s’attend à une grosse casse sociale», affirme, de son côté, Olivier Le Bras, délégué FO, qui se refuse à croire que l’on va fermer Lampaul, «le meilleur abattoir breton situé dans un bassin où la production porcine est la plus dynamique de France». La direction devrait présenter son plan à l’occasion d’un comité central d’entreprise extraordinaire, peut-être dès cette semaine.

  • Frédérique Le Gall  10 juin 2013 à 06h48

http://www.letelegramme.com/ig/generales/regions/bretagne/gad-une-semaine-decisive-10-06-2013-2130972.php

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09 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Europe de la crise, troïka de l’austérité : résistance !

Europe de la crise, troïka de l'austérité : résistance ! dans Austérité tarp-bailout

Samedi 1er juin, plusieurs rassemblements ont eu lieu dans toute l’Europe contre l’austérité. On a en particulier manifesté en Allemagne, au Portugal et dans l’État espagnol. Il y a 15 ans jour pour jour, le 1er juin 1998, était créé la Banque centrale européenne (BCE), une institution symbole de la crise européenne et des politiques d’austérité imposées par les classes dirigeantes. En descendant dans la rue le 1er juin, les manifestantEs ont voulu dire non à la terrible loi de la troïka – Union européenne, BCE et Fonds monétaire international. C’est aussi ce qu’exprimeront dans quelques jours les participantEs à l’Alter sommet d’Athènes. Contre les élites européennes et les gouvernements qui, comme ici, orchestrent la régression sociale, la mobilisation doit continuer. L’objet de ce dossier est d’en donner quelques éclairages internationaux.

Une nouvelle phase de l’offensive anti-sociale

« Le modèle social européen est déjà mort » (Draghi, BCE). C’est bien au démantèlement méthodique de ce « modèle social », à la remise en cause d’un acquis après l’autre que nous assistons en Europe. La publication le 29 mai d’une liste de « chantiers » auxquels devrait s’attacher le gouvernement selon Bruxelles, doit attirer notre attention. Il ne s’agit en effet ni plus ni moins que de radicaliser encore l’offensive anti-sociale menée par Hollande et Ayrault.

Le « président normal » à Leipzig
Dans ce contexte, le discours que prononça François Hollande le 23 mai lors de la célébration du 150e anniversaire de la social-démocratie prenait valeur de test. Il n’y a pas si longtemps, celui-ci se présentait encore comme « socialiste » plutôt que comme « social-démocrate ». Or, Hollande s’est livré à Leipzig à un panégyrique de la politique de concassage social menée en Allemagne par Schröder et le SPD (les fameuses réformes Harz IV). L’enthousiasme était tel dans la salle que Schröder, Merkel et autres ont réservé une standing ovation à Hollande… Au point que la très mesurée gauche du PS parle d’« un bras d’honneur à de nombreux socialistes » à propos de ce discours. L’important est que Hollande indiquait ainsi son accord pour marcher dans les pas de Schröder-Merkel, pour rattraper le retard pris par les capitalistes français sur leurs homologues d’outre-Rhin sur ce terrain.
Les « chantiers prioritaires » de la Commission européenne
Le 29 Mai, Olli Rehn, le commissaire européen à l’Économie, a donc fait connaître ses exigences en matière de « réformes structurelles ».
En matière d’emploi, Bruxelles revendique une réforme rapide du système d’assurance chômage, un Harz IV à la française. « Les conditions d’admissibilité, la dégressivité des allocations dans le temps ou les taux de remplacement pour les salaires les plus élevés devraient être adaptés pour garantir l’adéquation des mesures d’incitation au travail », affirme Bruxelles, qui reprend évidemment à son compte la fable comme quoi les chômeurs seraient responsables de leur sort. Pour la fiscalité, « une stratégie d’impôts à taux faibles reposant sur une assiette large » est préconisée. En clair, poursuivre la politique de transfert de la charge fiscale des riches vers les pauvres, aboutissant à vider de son contenu le mécanisme d’impôt sur le revenu. Il est aussi préconisé de renforcer le rôle de la TVA, impôt inégalitaire par excellence. Concernant les « services », il est recommandé d’accélérer la dérégulation (horaires d’ouvertures des magasins, etc.). En ce qui concerne le ferroviaire, il faudrait accélérer la marche à la privatisation du transport de passagers, etc.
La Commission n’oublie pas la politique de baisse du coût du travail. L’essentiel est d’arriver à une « évolution » du Smic « propice à la compétitivité », de poursuivre la politique de réduction du pouvoir d’achat. On notera que officiellement, le gouvernement n’a pas annoncé de nouvelles mesures visant à baisser le « coût » du travail – la recommandation vise à radicaliser encore la politique gouvernementale. Enfin, il y a bien sûr les retraites, à propos de laquelle l’équipe d’Olli Rehn revendique plus « d’ambition », par exemple une réforme des régimes spéciaux ou une augmentation de l’âge légal de départ (non évoqué officiellement pour l’instant). Seul paramètre intouchable : les cotisations patronales…

Tragi-comédie à Paris
Face à de tels « conseils », Hollande ne pouvait que prendre une pose « d’opposant », ce qu’il fit à l’occasion de la publication du document. « La Com- mission européenne n’a pas à dicter ce que nous devons faire », déclara-t-il de son air le plus martial le 29 mai. Mais on put mesurer dès le lendemain ce que valent ces propos – Merkel était à Paris pour préparer le futur sommet européen des 27-28 juin. Or à ce sommet, les recommandations de Rehn pourraient devenir une obligation dans le cadre de la « nouvelle gouvernance économique » en gestation. Cela n’a pas empêché Hollande d’afficher son accord avec Merkel. Une déclaration commune préalable au sommet a été publiée, ce qui n’avait pas eu lieu depuis le départ de Sarkozy. Chacun sait donc à quoi s’attendre !
Pascal Morsu Vendredi 7 juin 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 198 (06/06/13)

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04 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Socialistes français, droite allemande : fausse polémique, vraie complicité

Socialistes français, droite allemande : fausse polémique, vraie complicité dans Economie grande-illusion-1937-20-g1

Pour ceux d’en haut: « La Grande Illusion ». Pour ceux d’en bas: « Le radeau de la méduse »!

Le 2 mai 2013, la commission européenne offrait son cadeau d’anniversaire à François hollande : un sursis de deux ans pour appliquer la fameuse « règle d’or » budgétaire d’un déficit public à 3 % du PIB.

Sauf que le commissaire européen aux affaires économiques, Olli Rehn, se chargeait aussitôt de rappeler les contreparties : la France devait profiter du délai imparti pour « mener des réformes structurelles de grande ampleur. » au menu, sans surprise : la réforme des retraites, du marché du travail, de l’assurance-chômage, une « plus grande ouverture à la concurrence des marchés, notamment ceux de l’électricité ou du transport ferroviaire ». Le 15 mai, veille de sa conférence de presse à l’Elysée, Hollande se rendait à Bruxelles pour rassurer la commission, si tant est qu’elle en avait besoin : « En France, nous avons engagé des réformes de compétitivité et nous allons continuer, non parce que l’Europe nous le demanderait mais parce que c’est l’intérêt de la France. » Il le répétera dès le lendemain à Paris : « Le temps qui nous a été donné doit être mis au service de réformes de compétitivité et de croissance. Ce ne sont pas tant les déficits budgétaires que les écarts de compétitivité [entre les économies européennes] qu’il faut corriger. » Patrons, vous avez aimé (sans l’avouer) la première année du règne socialiste ? Vous allez adorer la saison 2… Le gouvernement Hollande confirme donc bien, et définitivement, ce qu’il est : un gouvernement austéritaire et libéral de combat, qui a l’obsession de la « baisse du coût du travail ». Comme tous les gouvernements européens actuels, qu’ils soient socialistes ou de droite.

Une politique absurde ?

Où nous amènent-ils ? C’est presque toute la zone euro qui est désormais en récession, la France l’étant depuis deux trimestres (-0, 2 % du PIB au dernier trimestre 2012 puis encore –0, 2 % au premier trimestre 2013). les plans d’austérité aggravent les effets de la crise générale du capitalisme, font s’effondrer les recettes fiscales… et gonfler à nouveau les déficits, censés pourtant justifier l’austérité ! C’est pour cela que la commission européenne, loin de faire un compromis avec le gouvernement français, n’a en réalité que pris acte de l’impossibilité d’appliquer la « règle d’or » pour l’instant. Mais pour les dirigeants européens, tant pis. Ils n’ont aucune solution « contre la crise ». Ils se sont résignés à laisser l’Europe s’enfoncer dans une décennie de dépression éco- nomique. pour eux, cependant, il serait dommage de rater l’occasion d’une bonne crise pour mener leurs « réformes », qui visent à fonder la sécurité des profits et des fortunes sur l’insécurité sociale des travailleurs et des peuples. Ce que Naomi Klein appelait la « stratégie du choc ». C’est bien la boussole commune de Hollande et de Merkel.

La faute à Bruxelles ? à Berlin ?

C’est cette complicité active que « l’aile gauche » de la majorité gouvernementale ne veut pas reconnaître. D’où sa misérable polémique engagée à la fin avril.  Bartolone a réclamé une « confrontation » avec l’Allemagne. Montebourg, dans un entretien au Monde, a affirmé que « cette politique d’austérité conduit à la débâcle ». Mais pour préciser aussitôt que ce n’est pas la politique d’austérité conduite en France qu’il condamne, mais celle qui est… « imposée par l’Europe ». Le ministre Benoît Hamon a même réussi à dire sur RMC que l’austérité est appliquée en Europe « sous la pression de la droite allemande », puis, à propos de son propre gouvernement, que « nous ne conduisons pas une politique d’austérité » ! Comprenne qui pourra. La virulence contre les « diktats » allemands sert ainsi à masquer l’engagement profond du pouvoir socialiste en faveur du patronat français, des banques, des plus fortunés.  Et le vide des propositions de cette gauche, qui ne conteste même pas le pacte de compétitivité de Hollande, mais suggère seulement de lui mettre des garde-fous ! Face à la politique de misère du gouvernement : misère politique de la « gauche » du parti socialiste… La riposte viendra déci- dément d’ailleurs, de la colère des classes populaires. peut-être de cette jeunesse européenne qui, dans des pays comme l’Espagne et la Grèce, subit des taux inimaginables de chômage, de 50 à 60 %, et pour laquelle le président français a fait une seule proposition : consacrer 6 milliards d’euros du budget européen « à la formation ».

Par Yann Cézard  Dimanche 2 juin 2013 Publié dans : Revue Tout est à nous ! 44 (juin 2013)

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04 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Marine Harvest, Poullaouen et Châteaugiron ferment, Landivisiau est impacté (LT + OF)

Marine Harvest, Poullaouen et Châteaugiron ferment, Landivisiau est impacté (LT + OF) dans Economie empty1113421_3_7986_plusieurs-centaines-de-salaries-de-la-camif_6770b9429b3feaba3a3bbb57ed1762d4 dans Luttes sociales en Finistère

C’est une annonce catastrophique ! La fermeture des sites de Poullaouen (29) et Châteaugiron (35) de l’entreprise Marine Harvest a été confirmée ce mardi matin, à Landivisiau (29), à l’occasion d’un Comité central d’entreprise (CCE). Ces deux fermetures sont prévues au premier trimestre 2014. À eux deux, ils employaient jusqu’ici plus de 450 salariés (187 CDI et 100 intérimaires à Poullaouen, 126 CDI et une cinquantaine d’intérimaires à Châteaugiron). Le site de Landivisiau va aussi être touché : 17 postes dans l’administratif vont ainsi être supprimés. Poullaouen ferme, on l’a dit, mais 64 salariés du site centre-finistérien seront néanmoins reclassés à Landivisiau. 4 juin 2013 à 10h30 Ronan Tanguy & Nathalie André

http://www.letelegramme.com/local/finistere-nord/morlaix/landivisiau/landivisiau/marine-harvest-poullaouen-menace-le-cce-a-debute-a-landivisiau-04-06-2013-2125100.php

http://www.ouest-france.fr/region/bretagne_detail_-Marine-Harvest-ferme-deux-sites-de-production-les-reactions_40781-2199041_actu.Htm

http://www.ouest-france.fr/region/bretagne_detail_-Finistere.-Emplois-menaces-chez-Marine-Harvest_6346-2198666_actu.Htm

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03 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Le pacs écologique entre la CFDT de Laurent Berger et le Medef (LM)

Le pacs écologique entre la CFDT de Laurent Berger et le Medef (LM) dans Economie esclavage-cfdt-e1358251889314

Ah quelle joie, quel bonheur! Nouveau maire de Kronikékologie-sur-Biosphère, c’est sans réticence que j’ai célébré le premier mariage entre le Medef et la CFDT.

Leur contrat, publié le 28 mai, et titré «Réinventer la croissance», est un trésor d’anticipation imaginative. Bon, nulle part on ne sait de quelle croissance il s’agit. De la culture des escargots, du nombre de Chinois gravissant la tour Eiffel, de la taille des scoubidous réalisés dans les écoles de surdoués? Mais à Kronikékologie, on est malin: on a deviné qu’il s’agissait de la croissance é-co-no-mi-que, la croissance du produit intérieur brut, quoi. Bon, comme tout le monde, les jeunes mariés confondent croissance du PIB et économie, mais ils sont émus, c’est normal qu’ils pataugent un peu.

Ah, ce n’était pas évident, si on réfléchit d’où ils viennent.

Le Medef était un gros plein de soupe, avec un chapeau et un cigare. Il ne pensait qu’à l’argent. Maintenant, il est devenu un fin quadragénaire, un pigeon sacrifié, un organisme quasi caritatif. Quant à la CFDT, imaginez une espèce de barbu avec des fleurs dans les cheveux et un bleu de travail, qui écrivait des livres comme Les Dégâts du progrès (Seuil, 1977) ou Le Dossier électronucléaire (Seuil, 1980), des libelles écolos, quoi! Quelle horreur! Ils n’arrêtaient pas de se chamailler, ces deux-là. Combien de fois j’ai dû envoyer le garde champêtre pour les calmer! Mais là, ils sont doux, ils s’embrassent à pleine bouche, ils s’aiment. Le secret de leur union? Ils se sont découverts dans un club, Le Siècle, où patrons, politiques et journalistes se font des papouilles – la patronne est, depuis 2011, Nicole Notat, ex-secrétaire générale de la CFDT. Enfin, je cause, je cause.

Ah, le contrat ! Ré-vo-lu-tion-nai-re!

Il faut «retrouver une croissance forte dans la durée», «imaginer un nouveau paradigme de croissance»: puissant et réaliste, non? Plutôt qu’une «Europe de la consommation et de l’environnement», il faut construire «une Europe prospère et offensive du travail». Il faut «encourager le dynamisme entre- preneurial, améliorer partout la compétitivité, promouvoir l’esprit d’entreprise dès l’école». Oh, c’est beau, j’en tremble. Quand je pense que ce grand fou de CFDT parlait d’autogestion et de partage du travail! Maintenant, il jure que «les partenaires sociaux doivent devenir des partenaires économiques». Et sur les moyens de la croissance miraculeuse, alors là! Plus modernes que jamais: des biotechnologies, des nanotechnologies, du gaz de schiste, du nucléaire! En avant! J’ai même appris que «les centrales nucléaires sans déchet ne relèvent plus du mythe»! Trop forte, la CFDT. D’ailleurs, les deux tourtereaux parlent d’environnement. Enfin, très peu, je dois dire. C’est une «opportunité de croissance». Bon, je vous quitte, il faut que j’aille voir si les travailleurs et les écologistes, qui boudent toujours chacun dans leur coin, ne voudraient pas se parler. C’est que j’ai pris goût aux mariages!

Publié par Alencontre le 3 – juin – 2013 Par Hervé KempfArticle paru dans le quotidien français Le Monde du 1er juin 2013

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03 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Le monde produit plus d’automobiles que de pétrole pour les faire rouler (Reporterre)

Le monde produit plus d’automobiles que de pétrole pour les faire rouler (Reporterre) dans Altermondialisme essence

Plus de voitures produites que de pétrole : pour l’instant, cela passe, parce que, dans les pays du sud, elles roulent relativement peu. Mais la crise d’approvisionnement est programmée. Durant les dix dernières années, la production mondiale d’automobiles est passée de 41 millions d’unités à 63 en 2012, soit une augmentation de 52 %. Presque deux tiers de cette augmentation est le fait de la Chine. Mais durant la même période, les combustibles liquides n’ont vu leur production s’élever que de 16 % : il y a un décalage évident. Sur le graphique, on constate qu’en 2005, la production automobile mondiale a commencé à croitre plus vite que les combustibles disponibles. Incidemment, cette date correspond au début du pic de pétrole. La crise financière de 2007-2008, induite par la coïncidence de prix du pétrole élevés et de la dette accumulée, a interrompu la croissance, mais pas dans les pays du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du sud).

Comment expliquer ce fossé entre la production d’automobiles et celle de pétrole ?

Dans les pays du BRICS, le nombre de voitures produites était avant 2005 inférieure au volume de consommation de pétrole de ces pays. Cela a changé après 2005. La situation est supportable parce que les voitures des BRICS roulent moins que dans les pays du nord, et consomment moins. Mais si cela changeait, cela conduirait à un fossé de production de pétrole de plus de 25 millions de barils par jour, soit un quart de la production mondiale de ce liquide… Le conflit est programmé.

autos_et_petrole_v_1-7ec76 dans Ecologie & climat

autos_et_petrole_2_v_1-b76aa dans Economie

Les statistiques sont ici

Source : Camille Martin pour Reporterre, traduit de Crude oil peak. lundi 3 juin 2013 - Traduction de l’article « World car production grows 3 times faster than global oil supplies » par Matt Mushalik, paru dans Crude oil peak 

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01 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Gad, 850 emplois menacés à Lampaul-Guimiliau ? (LT + OF)

Gad, 850 emplois menacés à Lampaul-Guimiliau ? (LT + OF) dans Crise 2121112_gadgroupe

31 mai 2013 à 11h58

Selon les maires de Lampaul-Guimiliau et Landivisiau, Jean-Marc Puchois et Georges Tigréat -également président de la communauté de communes de Landivisiau- le site industriel de Gad situé à Lampaul fermerait ses portes le 20 août prochain. 

Un coup terrible pour les 850 salariés en CDI employés à Lampaul par le groupe Gad spécialisé dans la fabrication de charcuterie industrielle. Le site de Josselin, qui compte 650 salariés ne serait pas pour l’heure menacé, celui de Saint-Nazaire non plus. Le site de Lampaul-Guimiliau avait été placé en re- dressement judiciaire en février dernier. Depuis, l’horizon s’était obscurci et la population mobilisée pour défendre le coeur battant du pays de Landivisiau. Les manifestations n’y ont donc, probablement, rien fait. Les affirmations de la direction non plus.  Les maires ne baissent pourtant pas les bras et annoncent se battre dès aujourd’hui pour trouver un repreneur à l’étranger. En Chine éventuellement s’il le faut… Le groupe Gad, dont le chiffre d’affaires s’élevait à 453,3 millions d’euros en 2012, emploie au total 1.645 salariés sur quatre sites (Lampaul-Guimiliau, Josselin, Saint-Nazaire et Saint-Martin-des-Champs (29)). Gad SAS traite annuellement 2,6 millions de porcs dont plus de 85 % sont fournis par Prestor, groupement de producteurs de porcs, actionnaire minoritaire du charcutier industriel.

http://www.letelegramme.com/ig/generales/economie/gad-31-05-2013-2121112.php

Abattoirs Gad : 850 emplois toujours sur la sellette (OF)

Économie samedi 01 juin 2013

Les maires de Lampaul-Guimiliau et de Landivisiau (Finistère) craignent la fermeture de l’abattoir Gad, en redressement judiciaire jusqu’au 20 août. Et cherchent des solutions.

« Tous les indicateurs convergent dans le même sens, celui de la fermeture programmée de l’abattoir Gad de Lampaul-Guimiliau au 20 août, avec 850 salariés en CDI sur le carreau, au bénéfice de celui de Josselin… » Telle est l’information « officieuse » lâchée, hier midi, par le maire de la commune, Jean-Marc Puchois et Georges Tigréat, président de la communauté de communes de Landivisiau (Finistère).

Incompréhension

En redressement judiciaire, assorti d’une période d’observation de six mois après le dépôt de bilan du 27 février, le groupe Gad SAS poursuit ses activités d’abattage de porcs sur ses quatre sites (1) en sous-régime. « On ne comprend pas cette décision alors que Lampaul-Guimiliau est un outil d’abattage porcin de première catégorie en France, qui permet d’exporter à l’international, en particulier vers la Russie et la Chine », avancent les deux élus. Ils accusent la coopérative Cecab, qui détient 65 % du capital de Gad SAS (les 35 % restants étant détenus par le groupement de producteurs de porcs Prestor), de vouloir « privilégier leur site historique morbihanais en condamnant l’abattoir finistérien ».

« Personne n’est dupe »

Cette analyse est reprise par les représentants de FO, syndicat majoritaire à Lampaul-Guimiliau, Olivier Le Bras et Patrick Le Goas. « Les élus ont eu raison d’être alarmistes, estiment-ils. Personne n’est dupe de la situation. » En revanche, l’intervention des deux élus n’est pas appréciée pas la direction de Gad SAS. « C’est le tribunal de commerce de Rennes qui est compétent en la matière. Cette attitude peut être dommageable, s’agace Guillaume Foucault, en charge de la communication du groupe. Les repreneurs potentiels ont jusqu’au 10 juin pour se faire connaître. Cette annonce est très prématurée. » D’après l’administrateur judiciaire, il y aurait un groupe intéressé. Georges Tigréat et Jean-Marc Puchois veulent agir. « Nous avons sollicité nos relations, indiquent-ils. Ce n’est pourtant pas notre rôle d’aller démarcher un repreneur. » Ils regardent « essentiellement » du côté de la Chine, « un pays consommateur à forte croissance, qui recherche une très grande garantie alimentaire ». Côté syndicat, FO prévient qu’elle ne fera pas grève « pour ne pas donner de raisons à la Cecab de fermer Lampaul. On se battra jusqu’au bout pour notre outil ».

Gilles ALLIAUME.

(1) Siège social à Morlaix (50 salariés) ; abattoirs de Lampaul-Guimiliau (850 salariés, 100 intérimaires, 50 tâcherons) ; de Josselin (Morbihan, 650 salariés) et de Saint-Nazaire (80 salariés).

http://www.ouest-france.fr/actu/economieDet_-Abattoirs-Gad-850-emplois-toujours-sur-la-sellette_3634-2198137_actu.Htm

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31 mai 2013 ~ 0 Commentaire

L’UMP contre la transparence des banques dans les paradis fiscaux (Bastamag)

L’UMP contre la transparence des banques dans les paradis fiscaux (Bastamag) dans Crise corruptibles

La réforme bancaire, qui devait réguler le secteur financier en imposant de nouvelles règles, sera discutée les 4 et 5 juin à l’Assemblée nationale, en seconde lecture.

Le gouvernement n’a pas osé irriter les puissantes banques françaises (lire notre enquête) : la réforme concernera seulement 1 % des activités bancaires et n’entérinera pas de réelle séparation entre banques d’affaires et banques de dépôts, contrairement à la promesse du candidat Hollande. Visiblement, c’est encore trop pour l’UMP ! Des députés ont déposé un amendement en Commission des finances pour supprimer l’une des avancées du texte, qui permet d’accroître la transparence et de lutter contre l’évasion fiscale des banques. Le texte de loi prévoit en effet que les banques et fonds d’investissement ayant leur siège social en France devront publier la nature de leurs activités, la valeur ajoutée créée, et leurs effectifs salariés, pour chacun des pays où ils sont implantés. Le Sénat a rajouté l’obligation de rendre publics les bénéfices, le montant des impôts et les subventions reçues. Une transparence dont se seraient bien passées les banques. Les députés UMP se sont empressés d’accourir à la rescousse. « Plutôt que de choisir de défendre la compétitivité de notre industrie bancaire et les 400 000 emplois qu’elle représente dans notre pays, plutôt que de défendre une industrie qui a su faire face à la crise sans pour autant coûter aux contribuables (sic), le groupe socialiste a privilégié un accord politique avec le groupe écologiste et relayé des positions peu responsables de différentes ONG », plaident les députés. Qui proposent… de supprimer tout cet article sur la transparence ! Pourquoi se gêner ?

« La gravité de la situation de l’emploi en France devrait interdire de prendre l’industrie bancaire en otage de théories anti-mondialistes », poursuit l’argumentaire. Qui sont ces valeureux défenseurs de la finance, qui luttent contre les dangereux altermondialistes ayant pris en otage les banques françaises ? Xavier Bertrand, Eric Woerth, Christian Estrosi, Valérie Pécresse, Laurent Wauqiez, Bruno Le Maire, François Baroin, Olivier Dassault [1]… « La publication de ces données va creuser le déficit de compétitivité de nos établissements bancaires rendu inévitable du fait de l’adoption de cet article », défendent ces députés dans un autre amendement, où ils demandent de réduire le nombre d’informations publiées. Le déficit de démocratie et de transparence, la dérégulation financière et la fraude fiscale semblent moins problématiques à leurs yeux. Dans un troisième amendement, ils tentent une autre approche et demandent que ces informations soient « transmises au ministère de l’Économie et des Finances » et non publiées avec les comptes de l’entreprise. Et qu’un arrêté du ministre « spécifie les informations publiables par l’administration » pour « garantir une certaine confidentialité »… Aucun de ces amendements n’a été retenu par la Commission des finances de l’Assemblée nationale.

- Lire le projet de loi soumis à l’Assemblée nationale.
- Réforme bancaire : comment le gouvernement s’est écrasé devant le monde de la finance
- Paradis fiscaux : les banques françaises enfin contraintes à la transparence

Notes

[1] La liste complète des signataires de l’amendement : M. Mariton, M. Carrez, M. Baroin, M. Bertrand, M. Blanc, M. Carré, M. Censi, M. Chartier, M. Cornut-Gentille, Mme Dalloz, M. Dassault, M. de Rocca Serra, M. Estrosi, M. Goasguen, M. Gorges, M. Francina, Mme Grosskost, M. Le Fur, M. Le Maire, M. Mancel, M. Ollier, Mme Pecresse, M. Wauquiez et M. Woerth. Source : Assemblée nationale.

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26 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Dossier : Le PS au gouvernement, du socialisme comme référence historique au néolibéralisme comme politique

Dossier : Le PS au gouvernement, du socialisme comme référence historique au néolibéralisme comme politique dans Economie

Il y a trois semaines, Tout est à nous ! tirait dans son dossier un premier bilan du tandem Hollande-Ayrault, en constatant la mise en œuvre d’une austérité brutale, d’une politique néolibérale telle qu’elle existe dans tous les pays européens. Mais est-ce nouveau ?


Le PS a gouverné au cours des trente dernières années la moitié du temps, alors sa politique actuelle marque-t-elle une évolution significative ? Les capitalistes ne sont plus inquiets de la gestion des affaires gouvernementales par les socialistes, soutenue ou non par le parti communiste. Ils savent que leurs profits et leur pouvoir ne sont pas en danger. Pour autant, tout n’est pas équivalent : qu’un gouvernement accorde des améliorations ridicules ou continue les attaques, amplifie la dégradation de la situation de ceux d’en bas, ce n’est pas la même chose.


Évidemment l’ampleur de la crise économique limite les marges de manœuvres « sociales », et impose pour n’importe quelle amélioration, même minime, de la situation des exploitéEs et des oppriméEs un affrontement très important avec les capitalistes, y compris à l’échelle européenne. Pour ne serait-ce qu’envisager ce type d’affrontement, il faudrait que le PS au gouvernement souhaite des réformes progressistes. Or, elles n’étaient pas dans le projet électoral de Hollande, et ne se trouvent pas non plus dans les perspectives du Parti socialiste.


Cela nous semble une évolution, bien sûr avec les socialistes des années 30 pour lesquels l’objectif affirmé de leur action était l’établissement du socialisme, mais aussi avec les politiques menées tant par les gouvernements des septennats Mitterrandiens que par le gouvernement Jospin entre 1977 et 2002. Ne serions-nous pas en train de vivre une évolution du type de celle qui a transformé le parti travailliste en « New Labour » sous l’impulsion de Tony Blair, qui a entériné les destructions de Thatcher et consolidé l’État fort et l’économie de marché, ou de celle qu’a connu la social-démocratie allemande en 2003 avec l’adoption de l’« Agenda 2010 » par Gerhard Schröder ?

Dimanche 26 mai 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 196 (23/05/13)

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