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27 janvier 2023 ~ 0 Commentaire

cop 28 (écologistas)

arabie
La communauté internationale rejette la présidence du pétrole à la COP28

Ecologistas en Acción se joint au rejet de toutes les organisations de la société civile internationale contre la nomination de Sultan Al Jaber comme président de la prochaine COP28.

Le mouvement pour la justice climatique, ainsi que les réseaux représentant les jeunes, les femmes et les syndicats, demandent la fin de l’influence des grands pollueurs dans les négociations climatiques.

Pour ces organisations et plateformes, aucun sommet sur le climat supervisé par un dirigeant d’une compagnie pétrolière ne peut être considéré comme légitime : « Les présidences des COP doivent être exemptes de toute influence des compagnies de combustibles fossiles ».

Le 11 janvier, on a appris que Sultan Al Jaber, PDG de la compagnie pétrolière nationale d’Abou Dhabi (ADNOC), sera le prochain président de la COP28, organisée par les Émirats arabes unis (EAU). Cette nouvelle a été saluée par les États-Unis, l’Union européenne et même le secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

La nomination et le soutien des leaders mondiaux est une preuve évidente de l’énorme pouvoir que les entreprises fossiles ont au sein des gouvernements. Des entreprises telles qu’ADNOC, qui est responsable d’une grande partie des émissions mondiales, étant le 12e plus grand producteur de pétrole au monde. Une entreprise qui continue à développer des plans d’exploitation de nouveaux projets fossiles, promettant d’augmenter sa production de cinq millions de barils par jour d’ici 2027.

Ecologistas en Acción souligne depuis des années l’énorme pouvoir et l’influence des entreprises fossiles dans les négociations et demande la fin du green washing. Avec de nombreuses autres organisations internationales, elle a collaboré à la dénonciation systématique de la présence de ces entreprises, du blocage qu’elles ont exercé sur les décisions importantes et de la demande d’un régime d’incompatibilités qui exclut ces acteurs des négociations internationales. Des négociations qui devraient se concentrer sur les indications scientifiques, les communautés et les personnes les plus vulnérables, et un changement radical du système dans les limites de la planète.

Cependant, au lieu d’accélérer l’action climatique pour limiter le changement climatique, cette nomination est un autre bâton dans la roue des progrès timides des négociations et un pas de géant dans la capture des négociations par les entreprises. Elle fait suite à la présence de plus de 630 lobbyistes du secteur des combustibles fossiles qui se sont inscrits pour assister à la COP27. Les Émirats arabes unis, qui accueillent actuellement la COP28, comptaient plus de lobbyistes dans leur délégation que tout autre pays. La réalité est que cette nomination représente un tournant où la CCNUCC perd rapidement sa crédibilité.

Ecologistas en Acción rejoint donc les plus de 450 organisations qui ont appelé les gouvernements du monde entier à exiger que les négociations soient au service des populations et des écosystèmes. Pour les organisations signataires, aucune COP supervisée par l’exécutif d’une entreprise de combustibles fossiles ne devrait être considérée comme légitime. Les présidences des COP doivent être libres de toute influence des compagnies pétrolières. Il est temps de parvenir à une élimination progressive et équitable des combustibles fossiles.

Une pétition coordonnée au niveau international par les principaux groupes de la CCNUCC – représentant les jeunes, les femmes, les syndicats et le mouvement pour la justice climatique – demande à la CCNUCC d’adopter enfin un cadre de responsabilité qui mette fin à la capacité des grands pollueurs à influencer la réponse mondiale au changement climatique. Comme le souligne la pétition, la CCNUCC devient de plus en plus une foire aux relations publiques pour l’industrie, tout en empêchant de progresser sur des négociations qui répondent suffisamment aux avertissements clairs déjà émis par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Pour Javier Andaluz, responsable du climat et de l’énergie chez Ecologistas en Acción, « mettre un pétrolier en charge des négociations sur le climat, c’est comme mettre l’agresseur dans le cachot avec sa victime. Une attaque contre le bon sens qui devrait être rectifiée immédiatement ». Andaluz ajoute : « Si la CNMUCC ne veut pas perdre sa légitimité déjà limitée, elle doit tracer des lignes rouges claires qui excluent les intérêts des combustibles fossiles et permettent une réponse globale, urgente et immédiate à l’urgence climatique.

Demandes des organisations de la société civile

Pas de gros pollueurs qui écrivent les règles. Les grands pollueurs ne doivent pas avoir un accès garanti à la législation sur le climat. Cela leur permet de continuer à exercer une influence négative pour affaiblir et saper la réponse au changement climatique. C’est pourquoi l’humanité est en voie d’extinction. La Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques doit de toute urgence établir un cadre de responsabilité comprenant une politique visant à mettre fin une fois pour toutes aux conflits d’intérêts.

Aucun des grands pollueurs ne devrait financer l’action climatique. Arrêtez le partenariat ou le parrainage des négociations ou des actions sur le climat. Les plus gros pollueurs ne doivent pas être autorisés à faire du chantage à l’écologie et à acheter littéralement leur responsabilité pour une crise qu’ils ont provoquée. La CCNUCC restera non conforme si elle continue à considérer cela comme acceptable.

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Laissez sortir les pollueurs pour que les gens puissent entrer. Bien que la société civile ait toujours été impliquée dans le processus de la COP, les gouvernements ont rendu difficile l’écoute des organisations et mouvements de justice climatique. La société civile doit être incluse de manière significative et équitable. L’action climatique doit être centrée sur le leadership et l’expérience vécue des personnes, notamment celles qui sont en première ligne de la crise climatique. Avec les communautés en première ligne, il est possible de mettre un terme au financement et à la validation de distractions dangereuses et de fausses solutions, qui ne servent qu’à profiter aux grands pollueurs. Cela favorise leurs abus et garantit des décennies supplémentaires d’utilisation de combustibles fossiles.

Repenser le système pour protéger les personnes et la planète : plus de gros pollueurs. Le système capitaliste détruit la vie telle que nous la connaissons. Il est temps de construire une nouvelle façon de vivre et de collaborer qui fonctionne pour les gens, et non pour les pollueurs : une solution juste, responsable et sensible au genre qui propose une restauration écologique et garantit une transformation à mettre en œuvre immédiatement.

Une transition complète et équitable vers l’abandon des combustibles fossiles, avec des solutions réelles centrées sur les droits des peuples autochtones, des communautés locales et la protection de ceux qui luttent pour la justice. Il est impératif de mettre fin à l’impunité et aux abus des entreprises.

26/01/2023

https://www.ecologistasenaccion.org/

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09 décembre 2022 ~ 0 Commentaire

lithium (basta)

mines

Mines de lithium : faut-il préserver la France et continuer à détruire le Chili ou la Bolivie ?

Une mine de lithium pourrait ouvrir dans l’Allier. D’autres gisements ont été identifiés, en Bretagne notamment. Faut-il extraire en France ce minerai utilisé dans les batteries électriques ? Réponse de Judith Pigneur, docteure en génie industrielle.

Des propos de l’ancienne ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, en février 2022 [1], à ceux du Bureau de recherches géologiques et minières [2], l’ouverture potentielle de mines de lithium en France est présentée comme répondant, au moins en partie, à une préoccupation éthique pour limiter les impacts de l’exploitation minière à l’étranger.

Dans le cas du lithium, les impacts de cette exploitation au Chili, qui représente 26 % de la production mondiale, sont bien réels. Ainsi, de nombreuses études [3] montrent que l’activité minière a provoqué une diminution du niveau des eaux souterraines dans la région déjà aride d’Atacama. Avec un impact sur la consommation des habitants, sur le déclin de la végétation et sur la biodiversité de la réserve naturelle…

« Nous faisons face à un véritable boom minier, qui dépasse le seul cas du lithium »

Alors, faut-il exploiter du lithium en France pour lutter contre les impacts de la production hors de nos frontières ? Tout d’abord, il faut rappeler qu’exploiter en France ne fermera aucune mine de lithium déjà en activité dans le monde, car la demande en lithium va considérablement augmenter.

En effet, quels que soient les scénarios de transitions écologiques regardés, le passage du véhicule thermique au véhicule électrique génère une augmentation de la consommation. Ainsi, l’Agence internationale de l’énergie estime que, dans une trajectoire de développement durable, la consommation annuelle mondiale du lithium pourrait atteindre 800 000 tonnes en 2040 pour les véhicules électriques, soit huit fois la production actuelle mondiale [4].

Nous faisons donc face à un véritable boom minier, qui dépasse le seul cas du lithium, puisque cela fait plus de 100 ans que la croissance de la consommation des ressources minérales est exponentielle [5], et conduit à une augmentation des impacts.

En effet, le Groupe international d’experts sur les ressources des Nations unies, et l’OCDE [6] alertent sur les impacts en forte augmentation de l’exploitation minière : contribution au changement climatique, impact sur la santé des matières particulaires, augmentation de la toxicité, et de la destruction des habitats, avec plus de 50 millions de km2 de la surface terrestre impactée, dont 8 % dans des aires protégées. Sans planification stratégique, ces nouvelles menaces pour la biodiversité pourraient dépasser celles évitées par l’atténuation du changement climatique [7].

Sobriété et règles contraignantes

La relocalisation de la production est-elle une réponse suffisante pour atténuer les impacts sociaux et environnementaux massifs d’une augmentation toujours plus rapide de la production minière ? Les leviers les plus importants à notre disposition semblent plutôt : la sobriété et la pression des pouvoirs publics sur les industries productrices et consommatrices de métaux pour respecter les standards internationaux en termes sociaux et environnementaux.

C’est dans ce sens que les Amis de la Terre se battent pour avoir des règles contraignantes, avec notamment la loi devoir de vigilance (2017), dont le respect s’impose aux entreprises françaises qui se fournissent en lithium à l’étranger. En termes de respect de la règlementation, il serait également de bon ton pour le gouvernement de ne pas présenter comme certaine l’ouverture d’une mine dans l’Allier avant même le rendu d’une évaluation environnementale… Plus globalement, il faut fixer des lignes rouges à ne pas dépasser, parmi lesquelles le respect des zones protégées.

En n’excluant pas d’exploiter le gisement de Prat ar Hastel à Tréguennec (Finistère), qui se trouve dans une zone Natura 2000, le gouvernement semble là aussi échouer dans sa volonté d’exemplarité.

« Concevoir une transition vers un usage rationnel des métaux »

Enfin, le nerf de la guerre reste de diminuer la consommation, ou du moins de limiter l’augmentation dans le cas du lithium, à travers la recherche de sobriété. Ce levier est totalement absent du plan industriel présenté par Emmanuel Macron en octobre 2022 [8].

Les études menées par l’association négaWatt [9] montrent que sur le lithium, dans le cas français, une trajectoire de transition incluant des mesures de sobriété (telles qu’un parc automobile réduit, en autopartage, composé de petites voitures électriques avec des batteries ne dépassant pas 60 kWh) permettrait de contenir l’augmentation de la consommation, avec un niveau cumulé atteignant 130 000 tonnes de lithium entre 2020 et 2050, au lieu d’environ 340 000 tonnes sans mesures de sobriété.

Ce travail de recherche de sobriété doit être fait sur l’utilisation de toutes les matières premières pour concevoir une transition vers un usage rationnel des métaux, plutôt que de subir les ruptures d’approvisionnement à venir, afin de maintenir un niveau de vie décent pour tous.

Judith Pigneur, docteure en génie industrielle et experte sur l’extraction des ressources pour les Amis de la Terre France

9 décembre 2022  Judith Pigneur

https://basta.media/

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09 décembre 2022 ~ 0 Commentaire

npa trégor

usine-saumon-plouisy

Communiqué de presse:

le comité Nathalie le Mel du NPA découvre avec stupeur pour ne pas dire stupéfaction la lettre ouverte du président de Guingamp-Paimpol Agglomération (GPA) Vincent le Meaux  sur le projet d usine à saumon smart salmon.

Une telle position strictement idéologique prend à partie la quasi totalité de la population de l agglomération Guingamp-Paimpol Agglomération (GPA). Nous sommes sommés de nous ranger derrière des intérêts capitalistes qui ont démontré leurs capacités à ruiner la planète, à exploiter les hommes et les femmes, sans parler des animaux.

Pire en menaçant les manifestants qui se rendront demain à kerizac ou à Guingamp le président en appelle à une répression quasi préventive du style notre-dame des Landes  .

Ce projet fumeux dangereux ecocide doit être retiré.  Si le président de Guingamp-Paimpol Agglomération (GPA) est si sûr de la popularité de  Smart salmon, qu’il organise un référendum sur le sujet .

Il ferait mieux d’engager Guingamp-Paimpol Agglomération (GPA) dans une lutte déterminée pour défendre l hôpital public .  Les saumons dans le Trieux pas dans des bacs à Plouisy .

Thierry perennes porte parole du comité Nathalie le Mel

SAMEDI 10 DECEMBRE pour massivement enterrer ce projet :

  • 11H PLOUISY, sur le site de kerisac – PLANTATION DE HAIE
  • 15H GUINGAMP, place du Vally – MANIFESTATION

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08 décembre 2022 ~ 0 Commentaire

clordecone ( the conversation)

La colère de la population antillaise se fera entendre le 10 décembre 2022

Chlordécone et biodiversité antillaise : une contamination aux effets encore trop méconnu

Près de 80 % de la biodiversité française est présente dans les territoires français d’outre-mer. Mais cette biodiversité subit un déclin sans précédent, comme l’indique la liste rouge des espèces menacées établie par l’Union internationale pour la conservation de la nature.

En Guadeloupe, par exemple, 15 % des espèces animales terrestres, marines et d’eau douce sont menacées d’extinction.

La pollution chimique est identifiée comme l’une des principales causes de ce déclin, avec le changement d’affectation des terres et des mers, l’exploitation directe non durable des ressources biologiques, le changement climatique ou encore les espèces exotiques envahissantes.

Parmi les polluants chimiques, les pesticides, utilisés pour la protection des cultures mais aussi, bien que de façon de plus en plus restreinte, pour des usages non agricoles comme l’entretien des jardins, des espaces verts et des infrastructures, constituent une classe de substances préoccupantes.

Dans ce contexte, les ministères français chargés de l’Environnement, de l’Agriculture et de la Recherche ont confié à l’Institut national de recherche sur l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et à l’Institut français de recherche sur l’océan (Ifremer) la réalisation d’une expertise scientifique collective (ESCo) visant à dresser un inventaire des connaissances scientifiques relatives aux impacts des pesticides sur la biodiversité et les services écosystémiques, en métropole et dans les territoires ultra-marins.

Mieux connaître les effets du chlordécone

Cette expertise, qui a mobilisé 46 experts scientifiques pendant deux ans, souligne que le pesticide le plus étudié dans les territoires français d’outre-mer est le chlordécone, un insecticide organochloré utilisé massivement aux Antilles françaises de 1973 à 1993 pour lutter contre le charançon du bananier (Cosmopolites sordidus). Hautement persistant et bioaccumulable, le chlordécone constitue une préoccupation sanitaire, environnementale, agricole, économique et sociale.

Depuis 2008, le gouvernement français a successivement déployé quatre plans d’action pour développer les connaissances sur le chlordécone, mettre en place des mesures pour réduire la contamination et permettre une meilleure communication dans le but de protéger les populations. Le plan actuel couvre la période 2021-2027.

En matière d’environnement, cette politique publique a contribué à améliorer les connaissances sur l’état de la contamination et le devenir du chlordécone dans les différents compartiments des milieux terrestres et aquatiques, y compris le biote végétal et animal. Pourtant, des lacunes persistent.

Une forte concentration dans les sols

En Guadeloupe et en Martinique, le chlordécone est retrouvé dans les sols, les eaux de surface et les sédiments des cours d’eau et des zones marines, mais aussi dans les organismes qui y vivent.

Dans les sols, où elle est fortement adsorbée, les cartographies de la contamination réalisées en Martinique et de manière moins détaillée en Guadeloupe, révèlent une contamination importante, notamment dans les parcelles cultivées ou anciennement cultivées en bananes et dans les parcelles voisines.

Ainsi, la cartographie de la pollution des sols par le chlordécone réalisée par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) mettait en évidence en 2020 qu’en Martinique, sur 11 349 hectares analysés, 52 % présentent une concentration de chlordécone détectable.

En Guadeloupe, les données encore fragmentaires collectées sur 5 140 hectares révèlent un résultat identique.

À côté du chlordécone, quelques produits de transformation de la molécule ont été identifiés. La plupart proviennent de la dégradation (abiotique mais aussi biotique, notamment par des micro-organismes) de la molécule mère. Leurs concentrations varient de quelques mg/kg à plusieurs centaines de mg/kg selon le type de sol.

Une partie de ces produits de transformation pourrait aussi être issues de formulations commerciales, qui peuvent parfois contenir des impuretés.

Une présence en milieux aquatiques

Dans les milieux aquatiques, la principale source d’apport du chlordécone est le lessivage et l’érosion des sols. Ces apports sont donc fortement dépendants de la pluviométrie, mais aussi des caractéristiques des sols et de leur couverture.

Dans les rivières, le chlordécone est retrouvé dans les eaux de surface et les sédiments. Elle contamine également le milieu marin où elle est retrouvée dans ces deux compartiments avec un gradient décroissant observé de la côte vers la haute mer.

Le chlordécone est le pesticide pour lequel la contamination des organismes et des réseaux trophiques est à ce jour la mieux décrite du fait du grand nombre d’espèces analysées.

Dans les milieux aquatiques, des concentrations allant jusqu’au mg/kg, voire la dizaine de mg/kg de poids frais sont détectées. Cette contamination peut passer soit par l’eau contaminée soit par la nourriture avec, dans ce cas, des phénomènes de bioaccumulation voire de bioamplification conduisant à une augmentation cumulative des concentrations de chlordécone le long des réseaux trophiques.

Le chlordécone n’a en revanche pas été détecté dans le cadre de la surveillance de la qualité de l’air aux Antilles, malgré des efforts méthodologiques pour augmenter la sensibilité de la méthode de dosage utilisée.

Des effets méconnus sur la biodiversité

Les principales études portant sur les effets écotoxicologiques du chlordécone consistent à exposer, en laboratoire, des organismes aquatiques à des concentrations généralement supérieures à celles détectées dans les milieux contaminés.

Chez les invertébrés, le chlordécone affecte l’expression de différentes protéines et en particulier des protéines impliquées dans le système endocrinien et le contrôle hormonal de la reproduction et du développement chez l’écrevisse (Macrobrachium rosenbergii), une espèce consommée par la population humaine.

Chez le poisson, différents travaux soulignent les effets perturbateurs endocriniens du chlordécone qui peut se fixer à des récepteurs hormonaux, moduler l’expression de nombreux gènes impliqués dans la synthèse des œstrogènes ou encore perturber la structure histologique des organes reproducteurs femelle.

Si ces travaux de laboratoire montrent des effets sur la reproduction qui pourraient impacter les populations sauvages, il n’existe pas de travaux pour étayer cette hypothèse.

Les connaissances concernant les effets sur les organismes terrestres sont encore plus rares. Chez les vertébrés terrestres, on note l’absence de données sur les impacts de la contamination par le chlordécone sur les populations sauvages. Si une étude menée sur le martin-pêcheur à ventre rouge (Megaceryle torquata stictipennis) suggère un lien entre la disparition de cette espèce et la contamination de son habitat par le chlordécone, cette hypothèse n’est pas étayée par les mesures disponibles et des expériences complémentaires seraient nécessaires pour la confirmer.

Une recherche réalisée en conditions expérimentales avec différents sols exposés ou non au chlordécone, laisse entrevoir quant à elle que ce pesticide peut affecter les communautés microbiennes terrestres à travers une modification de l’abondance de certains groupes bactériens et une diminution de certaines fonctions biologiques auxquelles ils contribuent.

L’urgence de combler les lacunes

Les politiques publiques mises en œuvre autour du chlordécone depuis 15 ans n’ont donc pas permis de disposer d’une connaissance précise des effets de cette molécule sur la biodiversité et la santé des organismes sauvages.

Pourtant, dans le cadre d’une approche « One Health » qui ambitionne le rapprochement des questionnements et des méthodes de la santé humaine, de la santé animale et de la santé environnementale, cette connaissance est indispensable.

Des programmes de recherche devraient donc être mis en œuvre pour comprendre, d’une part, les effets de la contamination des milieux par le chlordécone et ses produits de transformation sur la biodiversité antillaise. Et d’autre part pour appréhender les mécanismes d’action de ces molécules vis-à-vis de différentes fonctions physiologiques chez des organismes représentatifs de ceux retrouvés dans les écosystèmes guadeloupéens et martiniquais.

7 décembre 2022 Wilfried Sanchez

https://theconversation.com/

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03 décembre 2022 ~ 0 Commentaire

bhopal (écologistas)

bhopal

Cette célèbre et terrible photo a été prise par le photographe Raghu Rai le matin du 3 décembre 1984, après la nuit d’horreur à Bhopal.

Accident de Bhopal (1984)

Cette célèbre et terrible photo a été prise par le photographe Raghu Rai le matin du 3 décembre 1984, après la nuit d’horreur à Bhopal.

Le 3 décembre 1984, la catastrophe industrielle la plus effroyable de l’histoire s’est produite : en raison de l’absence de mesures de sécurité dans l’usine chimique Union Carbide de Bhopal, en Inde, près d’un demi-million de personnes ont été exposées à l’isocyanate de méthyle, un gaz horriblement toxique.

Le gouvernement a estimé le nombre de décès à 5 295, le nombre d’invalides permanents à 4 902 et le nombre de blessés graves à 42. Les personnes concernées affirment que le chiffre est de 22 917 décès, 508 432 cas d’invalidité permanente et 33 781 cas de blessures graves.

En 1969, Union Carbide a commencé à déverser des déchets chimiques, qui se sont répandus sous terre, contaminant les puits et les aquifères. En 1989, cinq ans après la catastrophe, la multinationale américaine a réalisé une étude sur les niveaux de toxicité dans le sol et les résultats étaient terrifiants, ils ont donc été dissimulés et n’ont jamais été révélés.

En 1989, Union Carbide et le gouvernement indien, qui représentait les victimes, ont conclu un accord à l’amiable dans lequel la société a versé 470 millions de dollars. Sur les 500 000 personnes qui ont reçu une indemnisation, 93 % ont reçu 327 euros.

Le 7 juin 1999, le tribunal indien chargé de juger la catastrophe a condamné huit cadres d’Union Carbide à deux ans de prison et 8 900 euros, une dérision de la tragédie causée par la gigantesque fuite de gaz mortelle.

De 1999 à 2013, de nombreuses études indépendantes ont été menées sur l’eau contaminée et les données étaient extrêmement graves : le mercure dépassait jusqu’à 6 millions de fois les limites de sécurité ; le trichloréthylène, un composé qui affecte le développement des fœtus, plus de 50 fois ; la présence d’isocyanate de méthyle dans le lait maternel des femmes…

En novembre 2014, le gouvernement indien a annoncé une révision de l’indemnisation des personnes touchées et un recomptage des victimes. Les autorités indiennes réclament 1,2 milliard de dollars supplémentaires à Dow Chemical, désormais propriétaire d’Union Carbide, tandis que les victimes demandent 8,1 milliards de dollars.

En ce triste anniversaire, Ecologistas en Acción est solidaire de la population de Bhopal et soutient la demande de responsabilité civile et pénale de l’entreprise chimique américaine Dow Chemical.

3 décembre

https://www.ecologistasenaccion.org/

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27 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

chine (france-info le-monde)

chine

Chine : confinement, émeutes… Ce que l’on sait de la situation dans la plus grande usine d’iPhone

Des heurts ont opposé des salariés et la police sur le site de Zhengzhou où sont fabriqués les téléphones d’Apple. Des tensions dues à un foyer de Covid-19 et aux mesures très strictes imposées.

Elle est surnommée « iPhone City ». L’usine de Zhengzhou, plus grand site au monde de fabrication du smartphone d’Apple, située dans l’est de la Chine, est devenue un foyer de Covid-19. Propriété du groupe taïwanais Foxconn, l’usine fonctionne depuis octobre en « circuit fermé » et la plupart des travailleurs résident sur place dans des dortoirs. D’importantes manifestations d’employés ont éclaté, mercredi 23 novembre, pour dénoncer les conditions de travail et de rémunération sur le site. Une situation qui témoigne aussi de la lassitude et de la contestation de la population chinoise vis-à-vis de la stratégie  »Zéro Covid » du gouvernement.

L’usine est confinée

Foxconn, principal fournisseur d’Apple, produit la plupart des iPhone dans son usine de Zhengzhou, explique Reuters (en anglais). Le site, situé dans la province du Henan, emploie plus de 200 000 personnes, d’après l’AFP. Ces derniers mois, l’usine a été confrontée à une hausse des cas de Covid-19 parmi ses salariés. Mais Foxconn a une obsession : maintenir la production à l’approche des fêtes de fin d’année.

Le sous-traitant d’Apple a donc instauré en octobre un confinement pour tenter de contenir la propagation du virus. Pour limiter les contacts avec l’extérieur, les employés sont donc logés dans des dortoirs, rapportent Les Echos. Plusieurs employés ont décrit une situation « chaotique » auprès de l’AFP.

Certains d’entre eux racontent aussi sous couvert d’anonymat que « des gens testés positifs cohabitent avec des gens négatifs ». Des vidéos d’employés se plaignant de leurs conditions de travail et d’un manque de protection face au virus ont également été partagées sur les réseaux sociaux.

Des salariés se sont échappés 

Face à ces nouveaux cas de Covid-19 et aux mesures prises par l’entreprise, des travailleurs ont pris la fuite fin octobre, remarque Le Monde. Des images, partagées par le correspondant de la BBC, montrent des ouvriers s’échappant par-dessus un grillage avec leurs valises. En réaction, les autorités chinoises ont annoncé début novembre un confinement pour une semaine des 600 000 personnes vivant autour du site.

De son côté, Foxconn a tenté de recruter de nouveaux employés, avec l’appui des autorités locales, qui ont incité d’anciens membres de l’armée ou des cadres du Parti communiste chinois à prêter main forte à l’usine pour assurer la production, racontent Les Echos et Le Monde.

Surtout, pour retenir ses salariés, Foxconn a promis des bonus multipliés par quatre. L’entreprise a annoncé le 1er novembre qu’elle verserait une prime quotidienne de 400 yuans (environ 54 euros) par jour de présence au travail, ainsi qu’un bonus supplémentaire en cas de présence à l’usine pour au moins 15 jours en novembre.

Des émeutes ont éclaté

Mais ces mesures n’ont pas empêché de violentes émeutes d’éclater mercredi entre la police et des salariés de l’usine, excédés par les conditions de travail. Des vidéos amateurs montrent les forces de l’ordre, en tenue de protection blanche, tenter de bloquer les sorties du site et frappant les manifestants. La diffusion de ces images a été censurée en Chine, explique le correspondant de France Télévisions en Chine.

Un ouvrier a déclaré auprès de l’AFP que les protestations avaient éclaté en raison d’une polémique autour du versement des primes promises aux ouvriers. Il affirme que le bonus aurait été revu à la baisse, provoquant un fort mécontentement au sein du personnel.

Foxconn a de son côté confirmé des « violences » et affirmé jeudi qu’une « erreur technique » dans son système de paiement était à l’origine de ce problème de versement des primes. « La société fera de son mieux pour résoudre de façon proactive les demandes raisonnables des employés », explique-t-elle. L’entreprise nie cependant avoir hébergé de nouvelles recrues avec du personnel positif au Covid-19.

Ces manifestations témoignent aussi de la lassitude d’une grande partie de la population chinoise quant à la stricte politique sanitaire « Zéro Covid » appliquée dans le pays. La moindre hausse des cas conduit à la fermeture de villes entières.

Les autorités de Zhengzhou ont d’ailleurs annoncé jeudi le confinement de plusieurs quartiers. A partir de vendredi, et pendant cinq jours, les habitants du centre-ville ne seront plus autorisés à quitter la zone sans un test négatif quotidien et l’autorisation des autorités locales. Il leur est conseillé de ne pas quitter leur domicile « sauf si nécessaire ». Ces restrictions concernent plus de six millions d’habitants.

Apple va examiner la situation

De son côté, Apple a déclaré jeudi que des représentants se trouvaient actuellement au sein de l’usine. A l’AFP, le groupe californien affirme qu’il « examine la situation et travaille en étroite collaboration avec Foxconn pour s’assurer que les préoccupations de leurs employés soient prises en compte ».

L’entreprise américaine a admis début novembre que le confinement du site avait « temporairement affecté » la production de l’usine, entraînant des livraisons de l’iPhone 14 Pro  »plus faibles qu’anticipées ».  »Les clients vont devoir attendre plus longtemps pour recevoir leurs nouveaux produits », expliquait alors la marque.

« Comme nous l’avons fait depuis le début de la pandémie, nous faisons passer en priorité la santé et la sécurité des ouvriers de notre chaîne d’approvisionnement. »

Apple

Mais Foxconn promet désormais une indemnité de 10 000 yuans à ses employés qui souhaiteraient mettre fin à leur contrat. Soit environ 1 340 euros pour couvrir leur salaire, ainsi que les frais de transport et quarantaine. Plusieurs salariés ont confirmé avoir reçu cette prime en échange de leur départ immédiat. Un employé a également raconté à l’AFP que des collègues blessés avaient reçu un bonus additionnel de 500 yuans. Contactée par l’AFP, Foxconn n’a pas réagi.

24/11/2022

https://www.francetvinfo.fr/

chine micro

La Chine connaît une flambée de colère sans précédent contre la politique zéro Covid (Le Monde)

Dans la région ouïgoure du Xinjiang, un incendie a tué plusieurs personnes qui n’ont pas pu être sauvées par les secours, bloqués en raison des restrictions sanitaires. Le drame a relancé la contestation dans plusieurs villes du pays.

D’Urumqi (Xinjiang) à Shanghaï, de Canton (Guangdong) à Zhengzhou (Henan), de Pékin à Nankin (Jiangsu), des dizaines de milliers de personnes ont, sous une forme ou sous une autre participé ces derniers jours à des manifestations collectives en Chine.

A Pékin juste avant le Congrès du Parti communiste, un homme avait mis en scène sa colère, brandissant une banderole hostile à Xi Jinping, sachant pertinemment qu’il allait se faire arrêter quelques minutes plus tard. Le 24 novembre, c’est au tour d’un habitant de Chongqing de dénoncer publiquement la politique suivie en clamant en pleine rue : « Il n’y a qu’une seule maladie dans le monde : le manque de liberté et la pauvreté. » Ces mouvements de colère ont, malgré la censure, été relayés par des dizaines de millions d’internautes. C’est du jamais-vu depuis l’occupation de la place Tiananmen en juin 1989.

Même si elles prennent des formes très diverses, ces manifestations sont toutes liées à la politique du zéro Covid. Alors que la région du Xinjiang (où vit une forte population ouïgoure) est quasiment coupée du reste de la Chine depuis environ trois mois et que des millions d’habitants y sont confinés, la mort dans la capitale, Urumqi, de 10 personnes jeudi 24 novembre dans un immeuble en feu auquel les pompiers n’ont pu accéder a poussé plusieurs centaines d’habitants à protester devant la mairie contre les excès du confinement.

« Une étincelle peut mettre le feu à toute la plaine »

Alors que les Chinois se préoccupent généralement assez peu du sort des Ouïgours, ce fait divers scandalise tout le pays. C’est pour rendre hommage aux victimes que des dizaines de jeunes Shanghaïens se sont rassemblés samedi 26 novembre, avant d’être rapidement rejoints par des centaines de personnes. Leur manifestation est ainsi devenue très politique.

A Nankin, des étudiants en communication ont brandi de simples feuilles blanches, le même jour, en hommage aux victimes de l’incendie, s’attirant les foudres d’un responsable de l’université, qui a menacé : « Vous paierez pour ce que vous avez fait aujourd’hui. » A Pékin, ce dimanche, des centaines d’étudiants de l’université Tsinghua – là où Xi Jinping a étudié – ont chanté L’Internationale et revendiqué plus de liberté.

 A Shanghaï, des dizaines de jeunes se sont rassemblés pour rendre hommage aux victimes de l’incendie d’Urumqi, samedi 26 novembre 2022.

Ces mouvements suivent de peu la colère des ouvriers de Foxconn, le célèbre sous-traitant d’Apple, qui protestaient à la fois contre l’absence de primes qui leur avaient été promises mais aussi contre la politique anti-Covid-19 de l’entreprise. Ce mouvement social n’a en revanche pas débouché sur une revendication politique.

Frédéric Lemaître Pékin

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24 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

labour (socialist worker)

sir keir

« Sir » Keith Stamer prétendant qu’il a été pauvre

Scandale: Keir Starmer attribue les bas salaires à l’immigration

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Le leader travailliste tente de rejeter la responsabilité des bas salaires sur les migrants afin d’exonérer les patrons.

Keir Starmer n’a jamais soutenu la lutte pour les salaires – et maintenant il veut la briser en s’en prenant aux migrants. Dans un discours prononcé mardi, le leader du Parti travailliste a déclaré aux patrons qu’il était à la fois « prêt à un partenariat » avec eux et qu’il voulait – essentiellement – qu’ils suppriment les emplois des migrants.

C’est, a-t-il dit, la solution du parti travailliste aux bas salaires des travailleurs. M. Starmer a déclaré que l’ »objectif commun » des travaillistes et des patrons devrait être d’ « aider l’économie britannique à sortir de sa dépendance à l’égard des migrants. » « L’époque où les bas salaires et la main-d’œuvre bon marché font partie de la voie britannique en matière de croissance doit prendre fin », a déclaré M. Starmer.

Le discours était tellement à droite que le journal conservateur The Telegraph a écrit mardi que son message « fait écho à celui adopté par les premiers ministres conservateurs successifs, y compris Boris Johnson et maintenant Rishi Sunak. » Ces premiers ministres conservateurs ont tous pensé qu’en s’en prenant aux migrants, ils pourraient prétendre être du côté des travailleurs.

Dans le même temps, il détournait l’attention de la véritable cause des bas salaires.  Il s’agit des années d’austérité et des réductions de salaires en termes réels auxquelles les patrons se sont astreints depuis la crise financière il y a plus de dix ans. Keir Starmer pense qu’en les copiant, il peut gagner le soutien des travaillistes dans ce qu’on appelle le « mur rouge ».

Il s’agit des régions du nord et des Midlands de l’Angleterre où, selon les politiciens et les experts, la classe ouvrière se définit par son hostilité à l’immigration. Rien ne prouve que ce soit le cas de la classe ouvrière où qu’elle soit.  Mais pour Starmer, faire appel aux éléments les plus réactionnaires de la société est préférable à l’alternative de soutenir les grèves et la riposte. Il est révélateur que Starmer ait prononcé son discours lors de la conférence de la Confédération de l’industrie britannique (Medef) , où se réunissent tous les grands patrons.

Ce sont ces mêmes personnes qui amassent l’argent pour s’assurer que personne ne reçoive d’augmentation de salaire. Et ce sont les mêmes personnes que Starmer a passé tout son temps à essayer de séduire en tant que leader du Labour.

Dans le même discours, Starmer a promis un « nouveau partenariat » avec les entreprises, « différent de tout ce qui a été fait auparavant ». « C’est un parti travailliste différent et il n’y a pas de retour en arrière », leur a-t-il dit. » Il a ajouté que le Labour n’est « pas seulement un parti pro-business mais un parti qui est fier d’être pro-business. »

Starmer n’a donc pas exigé que les patrons paient un salaire minimum de 15 £. Avec une inflation de 14,2 %, même ce salaire est insuffisant. Mais c’est trop pour Starmer. Il n’a pas non plus mentionné les grèves – et cela a également envoyé un message. Starmer parlait de « partenariat » avec les patrons dans une semaine où un quart de million de personnes ont affronté les leurs avec des débrayages.

Les patrons de la CBI pourraient être rassurés sur le fait que, plutôt que de se ranger du côté des grèves, Starmer préfère s’en prendre à la main-d’œuvre immigrée. La désignation de boucs émissaires migrants ne fait pas que détourner l’attention des grèves salariales – elle peut les diviser et les affaiblir. Toutes les études ont montré que le travail des migrants n’a que peu ou pas d’impact sur les salaires. Mais les travailleurs migrants ont souvent été à l’avant-garde des grèves pour obtenir plus.

Les grèves salariales d’aujourd’hui dépendent de la capacité de tous les travailleurs à se tenir solidement ensemble. Cette unité et cette solidarité s’effondrent si la politique que Starmer préconise maintenant s’installe.

Pire, les forces qui profitent réellement de cette division se renforcent. Elle peut donner un coup de pouce aux Tories, qui n’aiment rien tant que de s’en prendre aux migrants plutôt qu’aux patrons – et pire encore. Lorsque le premier ministre travailliste Gordon Brown a repris le slogan « Des emplois britanniques pour les travailleurs britanniques », le parti nazi BNP a célébré le fait qu’il avait fait passer son message dans le courant dominant.

Cela souligne la nécessité pour les grèves actuelles de s’intensifier et de faire de la politique.  Les militants et les grévistes devraient apporter un argument antiraciste à chaque grève et piquet de grève cette semaine, et s’assurer que l’unité du piquet de grève batte la division poussée par les politiciens.

Tuesday 22 November 2022

https://socialistworker.co.uk/

Royaume-Uni : le Parti travailliste contre les migrants

Prenant la parole devant la conférence annuelle du patronat britannique, à Birmingham, le leader travailliste Keir Starmer s’est élevé contre les bas salaires en en rendant responsables… la main-d’œuvre immigrée. Et il a proposé aux patrons un « partenariat… pour aider l’économie britannique à ne plus dépendre des migrants ». Une sortie raciste saluée par le quotidien de droite The Daily Telegraph qui félicite Starmer d’être en phase avec le gouvernement conservateur. Rappelons que, sous sa direction, le Parti travailliste non seulement s’est dissocié des récents mouvements de grève mais parfois s’y est même opposé.

24 novembre 2022

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Commentaire:

Keir Stamer ne dirige en théorie que le groupe des élus « Labour » à l’assemblée, en attendant son tour d’être 1er ministre. Le Labour et ses militants cotisants forment un autre groupe (plus à gauche) « en guerre » contre la direction du parti. Les syndicats formaient aussi un collectif « oppositonnel » dans le Labour. Les choses ont changé: Stamer vire des militants de gauche et les syndicats se droitisent. Restent les centaines de milliers de militants (grévistes) dont l’opinion ne compte pas!

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24 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

pénuries (lutte ouvrière)

medicaments

Pénurie d’antibiotiques : la santé malade du profit

Après le paracétamol, l’antidouleur le plus fréquemment utilisé, c’est l’amoxicilline, l’un des antibiotiques les plus prescrits en France, qui commence à manquer dans les pharmacies.

« Les pénuries seront réglées dans les semaines, les mois qui viennent », a affirmé le ministre de la Santé, François Braun. Autant dire qu’il n’en sait rien du tout.

La consommation de l’amoxicilline a fortement augmenté cette année, mais elle ne fait que revenir à son niveau d’avant la période du Covid, pendant laquelle l’isolement sanitaire et la multiplication des gestes barrières avaient diminué la propagation de certaines maladies, et donc l’utilisation de cet antibiotique.

Le problème ne vient donc pas d’une demande exceptionnellement forte de ce médicament, mais du fait que les trusts pharmaceutiques n’en produisent pas assez. D’ailleurs, cette situation de pénurie n’est pas nouvelle : dès 2018, il y avait déjà des ruptures de stock de cet antibiotique.

Le cas de l’amoxicilline n’est malheureusement pas une exception. Au contraire, le nombre des pénuries a explosé ces dernières années. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) estime qu’en 2022 elles concerneront 2 200 médicaments, au lieu de 868 en 2018 et 44 en 2008.

Cette situation catastrophique est liée à l’organisation capitaliste de la production en fonction du profit. Les médicaments en rupture sont bien souvent anciens, comme c’est le cas de l’amoxicilline, et ne sont donc plus protégés par les brevets permettant aux laboratoires de les vendre très cher. Comme ils deviennent moins rentables, les capitalistes du secteur ne voient plus l’intérêt de les produire.

En plus, pour maximiser les profits, les laboratoires ont adopté les mêmes méthodes qui prévalent dans l’ensemble de l’économie capitaliste, produisant un médicament sur un nombre minimum d’usines, parfois même une seule.

Pour l’amoxicilline, la finition et le conditionnement se font sur trois usines en Europe, dont une en France, située à Mayenne, qui fournit plus de 80 pays. Le moindre grain de sable, l’arrêt pour telle ou telle raison d’une usine pendant quelques jours peut ainsi entraîner une pénurie. D’autant que la production des médicaments, comme dans toute l’industrie, se fait de plus en plus à flux tendu, avec le minimum de stock.

Le gouvernement en est réduit à culpabiliser la population en prétendant que la consommation d’antibiotiques serait trop importante. Il cherche ainsi à masquer son impuissance. Les ruptures de médicaments vont continuer, car elles sont la conséquence inévitable d’une société dans laquelle l’industrie pharmaceutique est dominée par la logique du profit pour une poignée d’actionnaires irresponsables.

Arnaud LOUVET 23 Novembre 2022

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23 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

esclaves (reporterre)

Ben Hur, Photo 4

1 million d’« esclaves modernes » au service des consommateurs européens

Chaque année, la frénétique consommation des Européens est associée à 1,2 million de cas d’esclavage moderne et 4 200 morts, explique une étude inédite. Cette forte demande, notamment en minerais, détruit humains et planète.

À vos démarques, prêts… stoppez ? À deux jours du Black Friday, grande messe de la consommation, une étude inédite vient documenter la face cachée – et plutôt sombre – de nos achats. Smartphone, voiture, électroménager… Ces objets du quotidien sont autant de petites bombes climatiques et humaines.

Chaque année, la consommation des Européens est ainsi associée à 1,2 million de cas d’esclavage moderne et 4 200 accidents du travail mortels dans le monde. Et près de 40 % de l’empreinte totale des émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne ont lieu en dehors de nos frontières.

« Les émissions générées hors de nos frontières pour satisfaire les consommateurs européens constituent une très grosse part de nos émissions, souligne Guillaume Lafortune, du réseau des solutions de développement durable des Nations unies (SDSN), à l’origine du rapport. Nous ne pouvons pas faire comme si elles n’existaient pas, juste parce qu’elles sont causées ailleurs. » [1] Notre frénésie consumériste provoque ainsi chaque année 4,7 gigatonnes (Gt) d’émissions de gaz à effet de serre hors de l’Europe, onze fois plus que les émissions de la France.

Près de 40 % de l’empreinte totale des émissions de gaz à effet de serre de l’Europe ont lieu en dehors de nos frontières. C’est ce qu’on appelle les émissions importées. 

Pour parvenir à ces résultats, le réseau onusien, en partenariat avec l’Université de Sydney, a fait tourner les ordinateurs : « Nous avons combiné les bases de données concernant les flux financiers et commerciaux avec les données satellites sur le travail forcé ou les émissions de CO2 », explique M. Lafortune.

Après s’être intéressés aux conséquences de l’industrie du textile et de l’alimentation, les chercheurs se sont penchés plus précisément sur les minéraux fossiles et bruts. Gaz naturel, pétrole, uranium, cuivre, zinc, pierre, sable, phosphate, sel… Ces ressources extraites des sols et des fonds marins sont en effet indispensables à la production de nos biens et services.

« Les transitions en cours sont particulièrement gourmandes en minerai »

« Ils sont dans beaucoup de nos produits de consommation, abonde M. Lafortune. Et le problème, c’est que les transitions énergétique et digitale en cours – avec les smartphones, les véhicules électriques ou les éoliennes – sont particulièrement gourmandes dans ces minerais. » On est donc loin d’une baisse de la demande.

Autant de ressources essentielles à notre société productiviste… et qui ne se trouvent pas, ou peu, dans les sous-sols européens. Les vingt-sept pays de l’Union européenne sont ainsi fortement dépendants des importations : d’après l’étude, « l’UE a consommé environ 2,7 fois plus de minerais métalliques et 2,9 fois plus d’énergie fossile que la quantité extraite à l’intérieur de ses frontières en 2019 ».

« En Turquie, un travailleur des mines meurt toutes les quatre heures »

Extraction minière, raffinement, assemblage, transport… la production et l’acheminement de ces matières brutes ne sont évidemment pas sans conséquences. Sur la planète, mais aussi sur les humains. « La Chine, l’un des principaux partenaires commerciaux de l’UE, est très concernée, précise M. Lafortune. Ils subissent régulièrement des explosions dans les usines, et les conditions de travail sont loin d’être idéales. » En Turquie, un travailleur meurt toutes les quatre heures dans un accident du travail, nous apprend l’étude. Quant au travail forcé, des cas ont été recensés en Corée du Nord, au Nigeria ou encore en Angola, en particulier dans les mines.

Que faire pour réduire ces effets dévastateurs ? « Il n’y a pas de baguette magique, estime M. Lafortune. Arrêter toutes nos importations n’est pas la solution, car le commerce international est une source de revenus et d’emplois dans nombre de pays du Sud. » Notre expert mise plutôt sur une série d’outils réglementaires au niveau européen : l’adoption – en cours – d’une loi de vigilance comme celle existante en France, des interdictions ciblées – sur le travail forcé notamment – ou une taxe carbone aux frontières.

Reporterre se permet d’ajouter à cette liste d’autres pistes pour désintoxiquer le monde, telle la sobriété ou les low tech.

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17 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

triskalia (basta)

triskalia (basta) dans Altermondialisme

« On ne peut pas empoisonner les gens comme ils l’ont fait » : l’intrigante impunité d’un groupe agroalimentaire

Voilà douze ans que deux salariés de la coopérative agricole Triskalia ont porté plainte, suite à leur intoxication aux pesticides. Sortis victorieux de leurs démarches côté civil, ils attendent toujours que la justice pénale se prononce.

Les victimes de pesticides auront-elles droit un jour à un procès pénal ? Stéphane Rouxel et Laurent Guillou le souhaitent ardemment. Anciens salariés de la coopérative agricole Triskalia, ils ont été intoxiqués en février 2009 sur leur lieu de travail, puis en février et mai 2010 [1]. Quelques mois plus tard, ils ont déposé plainte pour empoisonnement. D’abord classée, puis jugée irrecevable avant d’être finalement instruite, leur plainte a donné lieu à une longue enquête, qui a connu divers rebondissements avant d’être définitivement close en avril 2022. Ils attendent maintenant l’avis du procureur. Va-t-il décider de poursuivre, ou non, les personnes mises en cause ? Est-ce que Triskalia, aujourd’hui fondue dans l’immense groupe agroalimentaire Eureden, devra rendre des comptes ?

Saignements de nez, céphalées et maux de ventre

« Le procureur devrait nous donner une réponse. Cela dure quand même depuis 2010 », retrace Stéphane Rouxel. Cette année-là, « deux petits ouvriers portent plainte contre une grosse boîte pour empoisonnement », explique-t-il pour résumer « l’affaire ». Tout a commencé en février 2009, à Plouisy, commune située à une quarantaine de kilomètres à l’ouest de Saint-Brieuc, dans les Côtes-d’Armor. Nous sommes sur le site agro-industriel de la coopérative Triskalia, où on stocke et transporte des céréales destinées à l’alimentation animale. Deux filiales, qui appartiennent à Triskalia, se partagent le travail : Eolys se charge du stockage, tandis que Nutrea transforme et transporte.

Mal ventilées, les céréales stockées sur le site de Plouisy germent et moisissent. Des insectes s’y installent. Pour se débarrasser de tous ces nuisibles, les céréales sont aspergées de Nuvan Total, un pesticide interdit depuis 2007. Problème : les salariés chargés du transfert et du transport de ces céréales ne sont pas au courant. Parmi eux : Stéphane Rouxel et Laurent Guillou. Exposés sans protection, ils font de violentes réactions : brûlures du cuir chevelu et de la peau, saignements de nez, maux de tête, douleurs au ventre. « En 2010, j’ai ressenti les mêmes symptômes, évoque Stéphane. On ne pouvait même plus entrer boire un café dans notre local de pause, qui était plein de poussières remplies de produits. »

En jetant un œil aux pompes d’injection des pesticides, Stéphane constate un important surdosage de Nuvagrain, insecticide alors autorisé (mais interdit depuis). Le débit avec lequel est aspergé le produit toxique est trop important : « Les céréales étaient pulvérisées à hauteur de 40 à 50 %, au lieu des 10 % autorisés. ». Un autre salarié ainsi que le médecin de la mutualité sociale agricole (MSA, l’équivalent de la Sécurité sociale côté agricole) confirmeront ce surdosage. « Avec Laurent, on était vraiment mal. Il fallait qu’on s’éloigne pour ne pas tousser et avoir des plaques sur le corps. On s’est dit que ce n’était plus possible. On est partis à la gendarmerie. »

L’inspection du travail s’en mêle

En plus de la plainte pour empoisonnement de Stéphane et Laurent, plusieurs alertes sont envoyées au procureur par l’inspection du travail. Les courriers qui lui sont adressés expliquent que plusieurs salariés de Nutrea ont été « victimes de maux de tête, de douleurs au ventre, de saignements de nez, de picotements de la langue, de troubles du sommeil ». L’un d’eux évoque le fait que le produit a été injecté directement dans les gaines de ventilation pour diffuser les produits, sans dosage. « Plusieurs infractions délictuelles au Code du travail » sont relevées par l’inspection du travail. Mais en 2015, soit cinq ans après son dépôt, la plainte de Laurent Guillou et Stéphane Rouxel est classée. Motifs : les personnes morales ont disparu (Nutrea a été dissoute et Eolys a subi une fusion-acquisition) ; et les charges à l’encontre des personnes physiques sont insuffisantes. « La découverte d’éventuels éléments probants, cinq ans après les faits, au sein d’entités n’ayant plus d’ existence légale, [devient] fort aléatoire », ajoute le vice-procureur de l’époque Alain Le Coz.

Pourtant, de nombreux « éléments probants » vont finir par apparaître. Car Stéphane et Laurent déposent une nouvelle plainte, directement devant le juge d’instruction. Les gendarmes, à qui l’enquête est confiée, auditionnent plusieurs dizaines de personnes – des salariés mais aussi des agriculteurs. De nombreux témoignages confirment l’absence de protection et d’information sur les risques et dangers des pesticides. « Il n’y avait que de simples masques en papier alors que l’on passait huit heures dans la merde et que celui-ci est inefficace au bout de cinq minutes », rapporte un salarié. D’autres témoins expliquent que, suite aux pulvérisations de pesticides, ils ont observé « une mortalité importante chez les pigeons et chez toute la faune qui venait manger les céréales ».

Les enquêteurs découvrent de nouvelles victimes, qui évoquent des « sensations de picotements de la langue », du « sang craché », des « brûlures », des « vomissements », des « insomnies », des « maux de tête et de ventre ». Certaines depuis 2009, d’autres depuis 2010. Des agriculteurs font part de brûlures au visage suite à l’ouverture de sacs d’aliments pour animaux, ou d’effets délétères sur leurs bêtes. Les enquêteurs récupèrent en plus des résultats d’analyses qui attestent notamment d’un surdosage du Nuvagrain pulvérisé en 2010.

« Pour les petits comme nous, il n’y a pas de justice. »

Mais ces nouveaux éléments ne suffisent pas à la justice : en avril 2021, le procureur prononce un non-lieu. La décision est cinglante pour Stéphane Rouxel et Laurent Guillou. Mais aussi pour tous ceux et celles qui se tiennent à leurs côtés depuis des années. Parmi eux : Claude Le Guyader, ancien chauffeur-livreur pour Nutrea.

Victime d’une intoxication aux pesticides à la fin 2009, il souffre depuis d’importantes difficultés respiratoires, douleurs diverses et céphalées récurrentes. Sa demande de reconnaissance en maladie professionnelle, déposée en 2010, a été obtenue en 2018. En 2019, il obtient la reconnaissance du caractère abusif de son licenciement. Il réclame maintenant la reconnaissance de la faute inexcusable de son employeur. Elle lui a été refusée une première fois en décembre 2020. Mais il a fait appel. L’ancien ouvrier, épuisé par ces années de procédure pense que « pour les petits comme nous, il n’y a pas de justice. C’est tout. C’est ça que je retiens moi ».

Édith Le Goffic approuve d’un regard déterminé les dires de Claude Le Guyader. Son mari, Gwenaël, ancien salarié de Nutrea/Triskalia, s’est suicidé sur son lieu de travail, à Plouisy, en 2010. Après d’âpres bagarres, Édith a réussi à faire reconnaître ce suicide comme un accident du travail. La faute inexcusable de son employeur a en plus été reconnue. Au départ « impressionnée » par cette grosse entreprise, qui ne s’est pas privée de l’écraser de son mépris, Édith n’a jamais baissé les bras. Soutenue par l’avocat François Lafforgue, comme l’ensemble des victimes de Triskalia, elle espère elle aussi qu’un procès pénal se tiendra un jour.

« Les entreprises doivent savoir qu’elles ne peuvent pas jouer avec la vie des gens, dit-elle d’une voix claire. Il faut dire stop. Donc aujourd’hui, il nous faut un pénal. » « Avec un procès pénal, on s’adresse à la société pour dire qu’il y a des interdits, insiste Serge Le Quéau, de l’union syndicale Solidaires, inlassable soutien des victimes du système agro-industriel. Il faut dire que quand on enfreint les lois, on est puni. On ne peut pas empoisonner les gens comme ils l’ont fait. »

Pouvoir tourner la page

Pour Stéphane et Laurent, un procès pénal serait une façon de tourner définitivement la page d’une grave atteinte à leur santé, d’un bouleversement de leurs vies privées et professionnelles. « Tout cela m’a empêché de continuer ma vie professionnelle, explique Stéphane. J’ai mis beaucoup de temps à retrouver du travail. C’est toujours compliqué avec ma maladie. Je trouve des missions d’intérim comme cariste ou magasinier, mais il faut que ce soit dans des entrepôts sans produits. Je n’ai que quelques missions par-ci par-là. Je veux obtenir une réparation pour tout cela. »

Bien sûr, il y a eu le civil. Où Stéphane et Laurent ont tout gagné, en dépit des nombreux recours et appels de leurs employeurs : reconnaissance de leur intoxication comme accident du travail, faute inexcusable de leur employeur, requalification de leur licenciement pour inaptitude comme étant abusif. Mais le civil, « ce n’est pas pareil », dit Stéphane. La justice civile ne permet pas de condamner l’auteur d’un éventuel délit. « Ce qu’on réclame, c’est un peu de justice. Que les personnes qui nous ont ordonné de faire ce qu’on a fait soient punies. Tout le monde doit avoir le droit de travailler dignement, sans être intoxiqué », pense Stéphane.

La France accablée par l’Europe

Lassées d’attendre, les victimes de Triskalia jouent une nouvelle carte en 2016. Elles saisissent la commission des pétitions, qui dépend du Parlement européen. « Cette démarche peut être enclenchée par tout citoyen européen quand il y a une infraction aux directives européennes, explique Michèle Rivasi, députée européenne écologiste, engagée aux côtés des victimes de Triskalia. En l’occurrence, plusieurs directives n’ont pas été respectées, concernant l’utilisation des pesticides, et la protection de la santé et de la sécurité des travailleurs [2]. »

« On voulait dénoncer ce qui se passait en France, détaille Serge Le Quéau, à l’origine de cette saisine. Les empoisonnements des salariés et la façon dont ils étaient traités. On a fait appuyer notre saisine par une pétition citoyenne. Nous avons eu 70 000 signatures. » À Bruxelles, l’affaire fait grand bruit. Une mission se déplace carrément en Bretagne, en juin 2018, pour venir enquêter, et elle rend un rapport accablant pointant divers dysfonctionnements ; en particulier concernant le stockage des pesticides dans les entrepôts des distributeurs et revendeurs : 70 % des inspections réalisées chez les distributeurs et les revendeurs de pesticides bretons révèlent des non-conformités.

Interpellé, le gouvernement français laisse traîner. « La Commission des pétitions ne peut pas clôturer son rapport final, explique Serge Le Quéau, parce que la France n’a pas répondu à toutes ses questions, en particulier le ministère de l’Agriculture. » Aux dernières nouvelles, tout pourrait être bouclé en février 2023, mais il peut toujours y avoir de nouveaux atermoiements. « C’est exceptionnellement long, je n’ai jamais vu ça », rapporte Michèle Rivasi, ajoutant que « quand il sera clos, le rapport final sera remis au pétitionnaire et envoyé au tribunal de Saint-Brieuc ».

Celui-ci en tiendra-t-il compte ? « Le juge pénal peut être intéressé par ce qui se passe par ailleurs », répond François Lafforgue quand on lui pose la question. Mais le procureur, qui exerce sous l’autorité directe du ministère de la Justice, osera-t-il infirmer l’avis qu’il avait rendu en avril 2021 ? Le parquet reconnaissait alors que Laurent Guillou et Stéphane Rouxel avaient bien été victimes d’une intoxication aux pesticides, mais que l’enquête n’avait pas été en mesure de prouver l’intentionnalité de quiconque de les empoisonner. L’argument avait alors été contesté par François Lafforgue, qui avait écrit au procureur, lequel avait demandé une énième réouverture de l’enquête. Celle-ci a été définitivement close en avril 2022. Depuis… silence radio. Interrogé par basta!, le procureur n’a pas donné suite. Eureden – qui a absorbé Triskalia en 2020 – non plus.

Nolwenn Weiler 16 novembre 2022

https://basta.media/

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