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08 avril 2020 ~ 0 Commentaire

wall street (à l’encontre)

secu

Ce que Wall Street ne veut pas que vous sachiez 

Un premier médecin, le docteur Ming Lin, urgentiste, a été licencié pour avoir dit ouvertement son inquiétude quant à la sécurité défaillante dans les services d’urgence, et au manque de fournitures médicales, au manque de protections pour le personnel hospitalier. Il ne sera pas le dernier.

A l’instar de nombreux hôpitaux aux Etats-Unis, le Centre médical «PeaceHealth St. Joseph Medical Center», de Bellingham (Etat de Washington), où Ming Lin a travaillé 17 ans comme médecin urgentiste, a externalisé la gestion et le personnel de ses urgences.

Le Dr Ming Lin a poursuivi son travail aux urgences de l’hôpital, mais son employeur était désormais une firme de travail intérimaire plaçant des médecins, firme «spécialisée» pour les services d’urgence.

Ces sociétés de travail intérimaire sont souvent à l’origine des factures médicales surprises pour les services d’urgence, factures que les patients reçoivent après que leur compagnie d’assuran-ces a payé l’hôpital et les médecins. A cela peuvent s’ajouter des frais prohibitifs supplémentai-res pour des consultations que les assurances n’ont pas pris en charge.

Environ un tiers des services d’urgence des hôpitaux sont occupées par des médecins payés par deux sociétés de recrutement de médecins – TeamHealth et Envision Health – appartenant à des fonds d’investissement de Wall Street. Envision Healthcare emploie 69 000 travailleurs de la santé dans tout le pays, tandis que TeamHealth en emploie 20 000. Le fonds d’investissement Blackstone Group [1] est propriétaire de TeamHealth. Kravis Kohlberg Roberts (KKR) contrôle Envision.

Mission: Profit

La prise en charge des malades n’est pas leur mission. Leur but? Réaliser d’énormes profits à l’avantage de fonds d’investissement privé et de leurs actionnaires. Il est lamentable qu’elles surtaxent patients et compagnies d’assurances pour des soins médicaux urgents et désespéré-ment nécessaires. Mais il est encore plus inadmissible qu’elles musellent des médecins pour avoir pris la défense de leurs patients et de leurs collègues à l’heure même où la pandémie ravage les Etats-Unis tout entiers.

Et c’est bien ce que vient de faire TeamHealth, propriété de Blackstone. Mais pourquoi donc licencier un médecin urgentiste expérimenté au milieu d’une pandémie? Fréquentant la garde rapprochée du président Trump, le PDG de Blackstone, Stephen A. Schwarzman, craindrait-il pour cette relation si des médecins de TeamHealth informent le public que Washington a mal géré l’attribution des fournitures et des équipements de protection?

Qu’arriverait-il à Schwarzman si Trump estimait n’être pas assez apprécié des médecins de TeamHealth?

Le «PeaceHealth St. Joseph Medical Center» est peut-être le premier hôpital à avoir éjecté un médecin placé par une boîte de placement temporaire pour avoir dit la vérité au public. Peut-être ne sera-t-il pas le dernier. Maintenant, les hôpitaux préviennent les médecins traitant des patients COVID-19 qu’ils seront licenciés s’ils parlent à la presse.

L’«American Academy of Emergency Medicine» (l’Académie américaine de médecin d’urgence) a protesté contre l’éviction du Dr Ming Lin. Elle veut savoir comment TeamHealth a pu être autorisé à fournir des services hospitaliers alors que la loi exige des cabinets médicaux qu’ils appartiennent à un médecin agréé.

TeamHealth contourne la loi. En acquérant des cabinets de médecins, elle s’approprie tous leurs actifs: l’immobilier, les bureaux, l’équipement, les fournitures, l’inventaire et même les comptes débiteurs.

Sur le papier, ces cabinets médicaux appartiennent à une organisation que dirigent des médecins. TeamHealth l’a créée pour se conformer à la loi. Mais que signifie pour un médecin posséder un cabinet si ce dernier est dépourvu de moyens et de toute possibilité d’exister par lui-même?

La fureur des patients qui ont eu la surprise de recevoir ces factures médicales abusives a montré que TeamHealth contrôle la facturation des médecins qu’il fournit aux services urgences des hôpitaux.

Le licenciement du docteur Ming Lin lève le rideau sur un autre scandale: TeamHealth contrôle également les médecins.

(Cet article a été produit par Economy for All, un projet de Independent Media Institute, 7 avril 2020; traduction rédaction A l’Encontre)

Eileen Appelbaum est codirectrice du Center for Economic and Policy Research. Rosemary Batt est professeure à l’institut Alice Hanson Cook of Women and Work de Cornell University.

[1] Blackstone Group a été mise sur les rangs par la Macronie pour tirer profit de sa réforme des retraites.

Eileen Appelbaum Rosemary Batt 8 avril 2020

https://alencontre.org/

Commentaire:

On voit partout que les USA dépensent plus que la France en santé: un bémol: il versent encore plus au privé!

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08 avril 2020 ~ 0 Commentaire

labour ou socialisme? (socialist worker)

La stratégie de «rester et se battre» au sein du parti n’est pas un moyen pour un véritable changement socialiste

Les militants de gauche du parti travaillistent se demandent maintenant s’il faut quitter le parti ou «rester et se battre».

Beaucoup de ceux qui veulent rester citent Tony Benn, le député travailliste qui a autrefois mené un mouvement pour contrôler le parti. « Il n’y a pas de victoire finale, pas de défaite finale », selon la citation. «Il y a toujours la même bataille à mener. Alors endurcissez-vous! ». L’idée qu’il s’agit d’une guerre sans fin est une perspective assez sombre.

Toute l’histoire du parti travailliste a impliqué une lutte constante entre la gauche et la droite. Cela prenait généralement la forme de tensions entre ses membres, en majorité à gauche et ses députés pour la plupart à droite.

C’est le résultat d’une contradiction fondamentale au sein du parti travailliste.

Le Labour reflète les aspirations des travailleurs pour une amélioration réelle de leur vie. Mais il essaie de canaliser cela à travers le fonctionnement du Parlement, de l’État britannique et du système capitaliste, ces espoirs sont limités, retenus et méprisés. Il y a donc une tension permanente entre les militants du parti et les députés.

Socialisme

Les militants considèrent le Labour comme un vecteur de changement et même de socialisme. Les députés au Parlement, sont plus soucieux de se montrer suffisamment «responsables» pour pouvoir gouverner.

Dès 1907 – sept ans seulement après la fondation du parti – les députés travaillistes se sont donné le droit d’ignorer les décisions des membres. ( En 1905 la CGT adoptait la « Charte d’Amiens » en défiance envers le PS français blog)

Et chaque fois que la gauche s’approche de la direction, la droite utilise les pressions pour «l’unité» et de «l’électorabilité» pour les mettre au pas. Benn lui-même a été vaincu par cela. Après avoir presque remporté l’élection pour devenir chef adjoint, il a été convaincu par la droite de cesser de faire campagne dans l’intérêt de l’unité.

Son conseiller – qui a ensuite fondé Momentum ( association proche de Corbyn blog) – a pensé que c’était une bonne idée. Une longue dérive vers la droite et une purge des militants de gauche a suivi. Il semble maintenant que cela va se reproduire.

Benn avait raison – la gauche travailliste est condamnée à faire continuellement la guerre à la droite au sein du parti. C’est une guerre dans laquelle la droite a d’énormes avantages. Et même si la gauche gagne un contrôle temporaire, elle est limitée par le système.

Le moyen de l’éviter c’est de refuser d’être prisonnier de la droite – en construisant un parti axé sur l’activité par le bas et respectant les principes socialistes.

https://socialistworker.co.uk/

scotland

Scottish Labour barre à droite

L’aile droite de Jackie Ballie a remporté l’élection du chef adjoint du Parti Travailliste écossais. Sa victoire montre non seulement un mouvement vers la droite comme avec Keir Starmer, mais annonce un autre  désastre pour le parti en Écosse. Tout comme Starmer, Baillie prétend représenter le «changement».

Elle veut dire par là que les travaillistes auraient dû faire campagne encore plus ardemment contre le Brexit et contre un deuxième référendum sur l’indépendance.

Scottish labour s’oppose farouchement à un deuxième référendum sur l’indépendance.

Elle a été directrice de la campagne  « Better Together » qui a réuni le Parti Travailliste et la coalition Tory-LibDem lors du référendum de 2014. Baillie a battu le candidat de gauche, Matt Kerr, par 10 300 voix contre 7 500 voix.

Les socialistes d’Écosse qui veulent mener la lutte contre les conservateurs et condamner le Parti National écossais, co-responsable de l’austérité doivent regarder à l’extérieur du Parti Travailliste.

Hector Sierra

https://socialistworker.co.uk

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08 avril 2020 ~ 0 Commentaire

cgt rennes (ouest france)

cgt masques

Rennes. Pendant le confinement, des militants CGT manifestent… devant l’hôpital

Plusieurs membres de la CGT du CHU de Rennes ont manifesté devant l’hôpital Pontchaillou mardi 7 avril 2020, en début d’après-midi. À l’occasion de la Journée internationale de la santé, ils demandent davantage de moyens.

Malgré le confinement, ils ont tenu à se faire entendre. Quelques militants de la CGT Santé ont manifesté devant l’entrée principale du CHU de Pontchaillou, mardi 7 avril, vers 14 h 30, à l’occasion de la Journée mondiale de la santé.

« C’est une action symbolique, car nous sommes bien sûr en confinement », reconnaît Nathalie, infirmière au CHU et représentante du personnel hospitalier à la CGT. Ils ont déployé des banderoles réclamant « plus de moyens pour la santé », et assurant qu’ils ne sont « pas des héros ».

« La crise que nous traversons est une épreuve »

« La crise que nous traversons est une épreuve pour le personnel hospitalier, car on manque de moyens pour se protéger et nous sommes en sous-effectifs, c’est très tendu, ajoute Nathalie. On fait ce qu’on a à faire, mais il ne faudra pas oublier nos sacrifices quand ce sera terminé. »

Plus tôt dans la matinée, ils ont accroché une grande banderole à une fenêtre du bâtiment, sur laquelle était inscrit : « On veut des masques, pas des mercis. » Mais elle a été retirée très rapidement. Ils assurent qu’aucune autre action ne sera menée avant la fin de la crise et la sortie du confinement.

Paul GRISOT.  07/04/2020

https://www.ouest-france.fr/

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07 avril 2020 ~ 0 Commentaire

l’état du nhs (socialist worker)

boris

Commentaire:

Le « pauvre » Boris est hospitalisé et le choeur des médias s’apitoie. Une petite contribution sur la situation créé par son parti, les « Tories »

Dix ans d’austérité et la réalité brutale du régime conservateur

Une décennie de gouvernement conservateur a réduit les services clés, saccagé la santé sauvages et plongé davantage de personnes dans la pauvreté. S’ils restent, la vie des gens de la classe ouvrière va empirer, rapportent.

La nouvelle que les temps d’attente à la NHS (le système de santé) ont atteint leur plus haut niveau est une condamnation accablante pour les conservateurs. Le mois dernier, quelque 80 000 personnes ont attendu quatre heures un lit. Une personne sur dix suspectée de cancer n’avait pas été vue depuis deux semaines.

Et il y a 43 000 postes d’infirmières vacants dans le NHS.

Les conservateurs ont passé une décennie à taper sur  le service de santé.  Maintenant ils essaient de faire croire qu’ils investiront dans les soins aux patients.

Pour réellement améliorer les services, le budget du NHS en Angleterre devrait augmenter d’au moins 4% par an. Pourtant, la promesse des conservateurs de 20,5 milliards de livres sterling d’ici 2023-24 ne représente que 3,4%. Cela n’annulera même pas les dégâts qu’ils ont causés. Personne ne peut faire confiance à leurs promesses.

Paul est un agent de santé qui gère un service de réadaptation externalisé qui fait partie du NHS. Il nous a déclaré qu’à cause des coupes des conservateurs et de la privatisation  «le personnel fond en larmes, tombe malade de stress ou quitte le travail».

«J’avais l’habitude d’avoir 40 dossiers à voir plus souvent». « J’en ai maintenant 70 à 80 après qu’ils aient dit qu’il devrait y avoir un  » plafond  » de 65 il y a quelques années. « Vous n’avez plus de temps dans une journée, vous ne pouvez pas faire votre travail aussi bien que vous le souhaiteriez. »

Les services de santé ne consistent pas seulement à administrer des médicaments. Les économies des conservateurs ont miné la capacité des travailleurs à veiller au bien-être général des patients. «Normalement, vous alliez les voir pour avoir un entretien approprié, mais vous n’avez plus le temps de le faire. Je fini le travail à 18h30, mais à 19h30 j’ai dû revenir voir le patient à mon propre rythme. »

Ce n’est pas étonnant que le NHS soit un tel gâchis. Depuis que les conservateurs sont arrivés au gouvernement en 2010, les budgets annuels de dépenses du NHS ont été les plus faibles de l’histoire du service.

Sous David Cameron, les augmentations annuelles étaient de 1,4%, contre 6% dans les années 2000. C’est même inférieur aux 2,7% de l’ancienne premier ministre conservateur Margaret Thatcher lorsqu’elle a conduit le NHS au point de rupture dans les années 1980. Et le NHS a besoin de plus d’argent pour répondre aux besoins de santé d’une population vieillissante.

Ce que les conservateurs ont donné d’une main, ils l’ont repris de l’autre.

Ils avaient promis 8 milliards de livres sterling, mais en échange de l’économie de 20 milliards de livres sterling par les patrons d’ici 2020-2021. De nombreux travailleurs du NHS ont salué le «plan de sauvetage» du Parti Travailliste (Labour) de 26 milliards de livres sterling. Les agents de santé voulaient « un changement de gouvernement ».

Leur plan verrait les dépenses annuelles augmenter à 3,9%. Cela comprendrait 24 000 infirmier-e-s supplémentaires, 5 000 places de formation en médecine générale et des médicaments gratuits. Il y aurait 5 milliards de livres pour l’amélioration des bâtiments et plus de 2 milliards pour les services de santé mentale.

Ce serait un coup de pouce bien nécessaire, mais des augmentations annuelles plus importantes seront nécessaires pour réellement améliorer les services. Le Labour doit également revenir sur les privatisations. Jeremy Corbyn a parlé de «renationaliser» le NHS.

«Tout devrait aller au service et au patient.» Pour sauver le NHS, nous devons virer les conservateurs et tous les privatisateurs.

Des chiffres

130 000 «décès évitables» au cours des sept dernières années en raison des baisses des conservateurs dans la santé publique

40 000 postes infirmiers non pourvus en Angleterre.
68 500 le nombre de ces manques d’ici 2024 suite à la décision des conservateurs de supprimer les bourses pour les étudiant-e-s-infirmier-e-s du NHS
10 000 postes de médecins non pourvus en Angleterre
Un mois avant de voir votre médecin généraliste en moyenne
Sarah Bates et Tomáš Tengely-Evans / Sunday 17 Nov 2019
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07 avril 2020 ~ 0 Commentaire

prévisible (essf)

corona

Une épidémie prévisible, la stratégie de la pénurie

Le SRAS (SARS, Severe Acute Respiratory Syndrome CORona Virus) est un syndrome d’atteinte respiratoire grave, observé pour la première fois en 2002 avec SRAS-1, virus à ARN apparu en novembre 2002 en Chine dans le Guandong.

L’alerte avait été chaude mais, in fine, sans rentrer dans les détails, il n’aurait infecté « que » 8 096 personnes dans environ 30 pays, ne causant « que » 774 décès, principalement en Asie.

La contamination se faisait par voie respiratoire. Ce bilan est « faible » comparé, par exemple, aux virus grippaux H1N1, dont les plus connus sont la grippe espagnole – environ 50 millions de morts ! – et le variant H1N1 de 2009 (estimation 2012 : 280 000 morts). Cela « peut » expliquer au tout début un certain retard de perception de la gravité de la maladie.

La pathologie actuelle, de même que la contagiosité extrême, n’a rien à voir avec le SRAS ni avec le H1N1.

Au 25 mars 2020 à 14 heures (on est obligé de dater les chiffres), on avait 416 916 cas confir-més dans le monde et 18 865 décès (Europe : 216 298 dont 69 176 en Italie ; France 25 233 cas et 1 331 décès).

Ces chiffres sont sous-estimés, par exemple, en France où l’absence de dépistage systématique sous-estime le développement et où les morts dans les EHPAD et autres maisons de retraite ne sont pas comptabilisés comme tels.

SRAS-Coronavirus 2 est très souvent appelé Covid-19 (Corona Virus Disease est le nom de la maladie). C’est un nouveau virus de la famille des ribovirus (virus à ARN) appelés « corona » parce que leurs protéines d’attache ressemblent à des pics, ce qui en coupe donne un aspect rappelant une couronne.

Il est officiellement apparu en Chine le 31 décembre 2019, date à laquelle a été signalé un nouveau virus causant une nouvelle variété de syndrome respiratoire aigu (SRAS, rappelons-le). Le signalement a été fait avec un certain retard ; aujourd’hui, la plupart des articles faisant remonter le « cas 0 » au ou aux alentours du 8  décembre 2019.

C’est donc un virus « émergent », comme ceux évoqués plus haut, et il n’est nul besoin d’imaginer un complot de l’armée US ou des laboratoires chinois, etc., comme certains le prétendent.

En fait, l’isolement puis l’analyse extrêmement rapide du virus par les chercheurs chinois ont montré que le « nouveau virus » pour l’homme était présent depuis longtemps chez la chauve-souris puis chez le pangolin. La transmission vient plutôt de la chauve-souris. La séquence du génome l’a montré.

L’analyse suggère une recombinaison entre un virus de la chauve-souris et un virus du pangolin. Des transmissions de ce genre sont connues : par exemple, pour Ebola et pour le sida, les complotistes s’étaient déjà déchaînés alors que les équipes de l’Institut Pasteur, notamment en France et au Cameroun, avaient démontré une présence antérieure chez le chimpanzé ou le singe vert.

De telles transmissions sont historiquement prouvées (la « grippe espagnole », apparue en Chine dans la région de Canton, est partie du canard et est arrivée à l’homme via le porc). De tels phénomènes ne sont pas limités à la Chine (le fameux « virus chinois » de Trump). Tant Ebola que le sida ont une origine africaine. H1N1 a son origine au Mexique, probablement à Perote (Veracruz), dans l’élevage industriel de la Gloria.

Une épidémie prévisible et des réseaux d’alerte

La multiplication des épidémies et des pandémies à intervalles plus ou moins rapprochés est pour beaucoup d’écoscientifiques liée à la mondialisation. Les transports aériens nous transportent n’importe où en quelques heures là ou les galions mettaient plusieurs semaines ; les routes transforestières désenclavent des zones et des villages auparavant isolés – ce qui limitait la propagation.

Ces deux phénomènes se surimposent à l’envahissement et à la destruction d’écosystèmes qui se développent à des fins de profit immédiat (plantations, bois, etc.). Cela provoque inévitable-ment une « confrontation » de l’homme à des virus avec lesquels il n’a eu aucun contact anté-rieur et donc pas d’immunité protectrice [1]. Le risque est similaire avec les marchés d’animaux vivants ou les élevages.

La survenue d’une nouvelle épidémie émergente était inévitable, d’où les réseaux d’alerte internationaux. Pouvait-on avoir une action préventive ? Si on prend l’exemple de la grippe, on « prévoit » les mutations à venir, de sorte que l’on vaccine chaque année contre l’épidémie qui va survenir. Cela n’exclut pas une mutation inattendue. Ça a été le cas du H1N1 (2009-2010), mais l’existence d’équipes en alerte continue sur le sujet a permis de produire très vite un vaccin et de vacciner en masse. Toutefois, la mortalité possible en Europe et aux États-Unis a été estimée de façon excessive, ce qui a nourri les soupçons de collusion entre OMS et industrie pharmaceutique pour écouler une surproduction vaccinale.

Pour les virus SRAS, c’est un peu le contraire et il est difficile de répondre oui à la question de la possibilité d’une action préventive dans la mesure où les travaux ont été arrêtés avant d’aboutir. La structure du virus étant connue et bien caractérisée, il était logique de chercher un « pan-vaccin » actif sur tous les virus SRAS connus ou à venir. Un des meilleurs spécialistes français, Bruno Canard, mérite d’être longuement cité :

« On venait alors de lancer de grands programmes de génomique structurale sur les virus pour essayer de ne pas être pris au dépourvu en cas d’émergence. La démarche est très simple : comment anticiper le comportement d’un virus que l’on ne connaît pas ? Eh bien, simplement en étudiant l’ensemble des virus connus pour disposer de connaissances transposables aux nouveaux virus. Un projet européen lancé à cette fin à l’époque a été suivi d’autres programmes. L’irruption du SRAS-CoV en 2003 a illustré la pertinence de cette démarche. Cela nous a conduits à décrire une première structure cristallographique dès 2004. […]

Je pense qu’énormément de temps a été perdu entre 2003 et aujourd’hui pour trouver des médicaments. En 2006, l’intérêt pour le SRAS-CoV avait disparu ; on ignorait s’il allait revenir. Nous avons alors eu du mal à financer nos recherches. L’Europe s’est dégagée de ces grands projets d’anticipation au nom de la satisfaction du contribuable. Désormais, quand un virus émerge, on demande aux chercheurs de se mobiliser en urgence et de trouver une solution pour le lendemain. Or, la science ne marche pas comme cela.

Cela prend du temps et de la réflexion. […] J’ai pensé à tous les projets ANR (Agence nationale de la recherche) que j’ai écrits, et qui n’ont pas été sélectionnés. J’ai pensé à ce projet ANR franco-allemand, qui n’a eu aucune critique négative, mais dont l’évaluation a tellement duré qu’on m’a dit de le redéposer tel quel un an après, et qu’on m’a finalement refusé faute de crédits. » [2]

Financements réduits et recherches stoppées

Les travaux sur des « pan-vaccins » ont donc cessé faute de financements. On retrouve ici le problème de la subvention des recherches sur « appels d’offres » qui correspondent aux sujets « en pointe », « prioritaires », « susceptibles de débouchés importants »… On voit aussi ici le danger de la collusion public-privé. Ça prend du temps de rédiger des projets et de les soumet-tre pour ne pas survivre qu’avec de maigres projets sur crédits récurrents, le financement de base d’un laboratoire qui, en biologie représentait 80 à 90% de son financement, quand j’ai débuté dans la recherche. Ensuite, il faut attendre et, en France, les projets retenus par l’Agence nationale de la recherche ne sont qu’une fraction des projets soumis, et c’est la même chose au niveau européen [3].

Il faut rappeler que les crédits récurrents – hormis les grands instruments [4] et les programmes spatiaux – ont été rognés systématiquement d’année en année après Mitterrand, en dépit des promesses d’atteindre le niveau, défini par l’Europe, de 2% puis 3% du PIB [5]. Est venu aussi le temps des financements privés, de la fondation Arc pour la recherche sur le cancer, de la Ligue nationale contre le cancer, des legs à Pasteur ou à Curie, financement privé qui a reçu une nouvelle impulsion avec les téléthon et autres sidaction.

Le slogan syndical « La recherche ne doit pas vivre de quêtes », reste d’actualité ! Puis ce furent les fameux projets ANR (Agence nationale de la recherche). Au départ, caricature, il n’y avait que des appels à projets sur thèmes définis. Ils se sont rendu compte du ridicule et ont introduit 20 à 25% de « projets blancs », c’est-à-dire ne rentrant pas dans un cadre défini. Or, comme disaient les manifestants de « Sauver la recherche » sous François Fillon, « l’ampoule électrique n’a pas été inventée en faisant des programmes sur la prolongation de la vie et l’amélioration de la luminosité de la bougie ». Quant aux postes statutaires, ils n’ont pas cessé de chuter. Le développement de la précarisation est très net en biologie.

Donc, avec une structure misant sur le long terme on aurait peut-être déjà un vaccin ou des traitements prêts… Ça, c’était parier sans certitudes sur l’avenir. Investir sur l’avenir, ce n’est pas toujours à fonds perdu et parfois oui.

 La stratégie de la pénurie

Parlons des machines à amplification génique (PCR pour Polymerase Chain Reaction) qui permettent de détecter le virus. En avoir un nombre apparemment surdimensionné aurait en fait permis une stratégie à la coréenne ou à la taïwanaise, à savoir un dépistage à grande échelle. C’est ce que Jean-François Delfraissy [6] a implicitement reconnu en déclarant que la stratégie actuelle était due à l’absence de machines en nombre suffisant. Ça a irrité Macron… C’est comme la pénurie de masques : ils ne s’usent que si l’on s’en sert…

Alors, bon, comme dit Bruno Canard, des chercheurs vont être mobilisés en urgence sur un crash program… Trop peu, trop tard ! Comme promettre des millions à la recherche pour dans… cinq ans ou un chiffre indéterminé pour les hôpitaux.

On n’a aucun traitement antirétroviral. On en est réduit à la ventilation, aux antibiotiques pour les cas graves comme légers et au Doliprane. Une grande variété de traitements ont été essayés en Chine, y compris contre le Covid-19 pédiatrique, comme le lopinavir ou la fameuse chloroquine. Un article détaille la procédure « Four-Anti and Two-Balance strategy included antivirus, anti-shock, anti-hyoxemia, anti-secondary infection, and maintaining of water, electrolyte and acid base balance and microecological balance [7] ».

Il est possible, mais pas prouvé, que certains autres antiviraux soient actifs, ainsi que la fameuse hydroxychloroquine. Au stade actuel, un essai européen et français est lancé sur plusieurs antiviraux comme le remdesivir, le kaleatra, l’interféron alpha, ainsi que sur l’hydroxychloroquine [8].

Puisqu’il faut consacrer du temps à ce produit, l’auteur assume la responsabilité de dire que tant la première étude chinoise que celle princeps de Didier Raoult ne sont pas statistiquement significatives en raison de la taille des échantillons et de divers biais méthodologiques.

Une étude récente (6 mars 2020) [9] ne montre pas d’effet additionnel par rapport aux autres traitements (antiviraux/infectieux classiques) ; et en fait, pour un patient – mais un, ça ne veut pas dire grand-chose vu la taille du groupe – cela a aggravé le syndrome.

D’autres études chinoises en cours de publication devraient donner la même chose mais il faut attendre. La non-significativité est confirmée sur France Inter par Philippe Klein, qui travaille à Wuhan depuis cinq ans où il a suivi in situ l’épidémie. Ce qui ne veut pas dire que ça ne marche-ra pas en Europe mieux qu’en Chine : c’est possible pour toute une série de raisons génétiques (HLA), environnementales, etc. Un test rigoureux est donc absolument nécessaire (les tests in vitro et chez la souris sont positifs). L’existence d’effets aggravants doit, elle aussi, être recherchée. Il est regrettable que la polémique actuelle retarde paradoxalement l’essai [10].

 Le confinement et les tests

En effet, c’est le traitement préventif et un confinement strict et de longue durée qui a permis en Chine de localiser et apparemment de juguler l’épidémie. Le tout au prix de mesures drastiques que l’on voit mal pouvoir être appliquées en France, particulièrement là où des familles entières vivent dans 20m2, voire moins…

Avec un retard important – le premier cas chinois remonte à début décembre – et le maintien d’un grand banquet (!) le 19 janvier, les autorités provinciales du Hubei, sur injonction de Xi Jinping qui déclare la situation grave, ont bloqué Wuhan, Huanggang et Ezhou (22 millions d’habitants). Le 25 janvier, les autorités élargissaient la quarantaine à presque toute la province de Hubei (56 millions d’habitants) avec confinement strict dans les maisons (cela ira jusqu’à fermer /souder les serrures des appartements de contaminés…).

Mais il faut noter que la reprise du travail expose à présent à une deuxième vague, hors Hubei, dans les zones non infectées, Pékin et Shanghai, par exemple. Pour Benjamin Cowling, épidémiologiste à l’université de Hong Kong, « du fait que la majeure partie de la Chine n’a pas vraiment eu un nombre important d’infections au cours de la première vague, la population demeure très vulnérable et peut être touchée par une épidémie importante. Tôt ou tard, une seconde vague est inévitable. Totalement inévitable » [11].

Cette stratégie n’est pas celle qui a été mise en place en Corée, où il a été choisi, dès la première vague de contamination (7 755 cas au 11 mars), de pratiquer un très grand nombre de PCR [12] : les proches de toutes les personnes contaminées sont ainsi recherchées de façon systématique, avant de se voir « proposer » un test de dépistage.

Les déplacements des malades avant qu’ils ne soient testés positifs sont reconstitués au travers des images de vidéosurveillance, de l’utilisation de leur carte bancaire ou du bornage de leur smartphone, puis rendus publics… On peut douter que ça « passe » en France, mais ce qui compte (comme à Taïwan, autre modèle), ce sont les tests (plus de 10 000 par jour) et plus de quarante cliniques ambulantes. Les foyers ont été isolés, et masques et gants diffusés massivement. Enfin, des désinfections ont lieu dans les bâtiments, les rues, etc.

Car la contamination se fait entre humains par des contacts avec des contaminés ou par les aérosols produits en respirant, que l’on soit symptomatique ou non. Le dépistage puis l’isolement des foyers sont cruciaux (Corée, Taïwan en sont les meilleurs exemples, mais aussi le Hubei) et ce sera forcément le cas en sortie de crise.

Les mesures de protection aussi : les masques, en premier. Citons la Société française d’hygiène hospitalière : « Ne pas dépasser un maximum de quatre heures pour le port d’un même masque chirurgical antiprojection, huit heures pour le type FFP […], ne pas utiliser d’autres types d’écrans à la place des masques chirurgicaux (ex. masques en tissu, masques en papier, chiffons noués derrière la tête) ».

On en est loin… sachant que pour la très grande majorité des EHPAD, ce n’est pas peu, c’est rien pour le personnel, et idem pour beaucoup de médecins de ville. Quant aux blouses jetables en papier… Quant aux caissières (pour lesquelles les protections plastiques ont été tardives et souvent artisanales…), ou aux livreurs…

Rappelons aussi le rôle joué par les élections municipales du 14 mars, alors que, par exemple dans le 20e arrondissement de Paris, elles se sont tenues avec deux bouteilles de gel hydroalcoolique par bureau de vote sans masques ni gants… [13]

Certes, le gouvernement n’a pas forcément été « aidé » et il faut peut-être rappeler les déclarations de Didier Raoult : « Il y a trois Chinois qui meurent et ça fait une alerte mondiale, l’OMS s’en mêle, on en parle à la télévision et à la radio. Tout cela est fou, il n’y a plus aucune lucidité. » [14].

« Ce virus n’est pas si méchant, ce n’est pas un meurtrier aveugle. Le taux de mortalité, estimé aujourd’hui aux environs de 2% c’est-à-dire équivalent à celui de toutes les pneumonies virales présentes à l’hôpital, va probablement diminuer une fois que les cas qui n’ont pas donné de symptômes seront pris en compte. Sans être devin, je doute que le virus chinois fasse augmenter de manière très significative, chez nous tout au moins, les décès par pneumonie. Mais on ne peut pas ne pas tenir compte de l’état de notre société, très émotive. À l’heure de l’hyper-réactivité des réseaux sociaux, les responsables politiques ont peur de ne pas en faire assez, alors ils en font parfois trop. » [15].

Dès janvier, les informations étaient suffisantes pour mettre en œuvre des décisions urgentes. Il fallait vérifier les stocks de masques, de blouses, de gants, de gel, commander des appareils PCR et de la Taq polymérase (produit nécessaire à la pratique de la PCR) et relancer la production de respirateurs. Il fallait alerter toutes les structures les plus à risques, les doter des moyens pratiques pour faire face à cette possible épidémie.

« Si nous disposions de médicaments à l’efficacité démontrée, il serait possible d’appliquer en France une politique testant et traitant immédiatement toutes les personnes chez lesquelles l’infection est découverte. Mais il reste beaucoup d’inconnues scientifiques et de questions sociétales posées.

Pourquoi ne pas avoir mis en œuvre sans attendre cette stratégie ? Parce que nous en sommes incapables et que ce n’est pas l’enjeu dans la phase de montée de l’épidémie. Nous ne possédons pas les capacités de tester à la même échelle que la Corée du Sud. En France, environ 8 000 tests sont réalisés chaque jour. Les laboratoires privés vont s’y ajouter mais nous avons un énorme problème avec les réactifs utilisés dans les tests. Ces réactifs de base proviennent de Chine et des États-Unis. La machine de production s’est arrêtée en Chine et les États-Unis les gardent pour eux. » [16].

Tout est dit (ce paragraphe de l’interview n’a pas été apprécié par l’Élysée… Quelle surprise !)

Et nous ne reviendrons pas sur la politique des lits, sinon que fermer plus de 11 800 lits et réduire les personnels n’était pas la bonne politique, et que les manifestants et manifestantes du personnel hospitalier ont été gentiment gazé·es et matraqué·es. Une partie du bilan de la ministre Buzyn…

Tout au long de cet article, j’ai voulu montrer les manques, les retards (matériels, confinement, tenue des élections municipales…) et l’absence de tout, dans les EHPAD, par exemple, n’en déplaise au Premier ministre, provoqués par une politique à courte vue qui n’a cessé de multiplier les impairs : on se souvient de la ministre de la santé déclarant que le corona ne se manifesterait pas en France, laquelle était de toute façon « prête ». Une France prête à vivre sans masques, puisque d’ailleurs, selon le nouveau ministre de la santé, ils ne servent à rien.

La Chine et Corée le montrent, une sortie de crise ne peut pas se faire sans masques chirurgicaux généralisés et sans une surveillance par tests faits – y compris faits au hasard – pour vérifier la non-diffusion par des « porteurs sains » et l’isolement rapide de tout nouveau foyer possible. Il faudra établir une surveillance (prise de température, dépistage lors des vols revenant de régions « sensibles », veille contre une deuxième vague à l’automne…) en attendant vaccin et pan-vaccin. La gestion de cette crise est un scandale exemplaire de la politique du profit immédiat. À la sortie de crise et la veille post-crise, plus rien ne doit être comme avant !

Gérard Chaouat 5 avril 2020

https://entreleslignesentrelesmots.blog/

https://www.europe-solidaire.org

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07 avril 2020 ~ 0 Commentaire

masques (essf)

masque macron

Masques : les preuves d’un mensonge d’Etat. Janvier-mars 2020

Pénurie cachée, consignes sanitaires fantaisistes, propositions d’importations négligées, stocks toujours insuffisants, entreprises privilégiées :

Basée sur de nombreux témoignages et documents confidentiels, une enquête de Mediapart révèle la gestion chaotique au sommet de l’État, entre janvier et aujourd’hui, sur la question cruciale des masques. Et les mensonges qui l’ont accompagnée. Les soignants, eux, sont contaminés par centaines.

En déplacement, mardi 31 mars, dans une usine de fabrication de masques chirurgicaux, le président de la République Emmanuel Macron a cité beaucoup de chiffres sur les approvision-nements en cours, afin de rassurer les Français qui s’inquiètent de la pénurie de ce matériel médical essentiel pour la protection des soignants.

Beaucoup de chiffres, sauf un : « 1200 ».

« 1200 », comme le nombre officiel de personnels de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), le vaisseau amiral des hôpitaux publics français, qui ont été contaminés par le Covid-19 depuis le début de l’épidémie.

« 1200 », comme la preuve de la vulnérabilité des soignants, « au front chaque jour », comme le dit le chef de l’État, mais bien souvent sans protection adaptée contre le virus.

« 1200 », comme le résultat de l’impéritie du pouvoir politique face à une crise sanitaire d’une ampleur et d’une violence inédites.

Mediapart publie aujourd’hui les résultats d’une enquête de plusieurs semaines qui retrace les nombreux dysfonctionnements au sommet de l’État, depuis le mois de janvier jusqu’à ce jour. Un mensonge d’État qui a conduit la France à l’impensable : la pénurie de masques de protection pour ses soignants face au Covid-19 et pour sa population en général.

Basée sur de nombreux témoignages et documents confidentiels, auxquels nous avons pu avoir accès, notre enquête démontre que :

• Fin janvier et début février, le ministère de la santé, conscient de la faiblesse des stocks d’État, n’a décidé de commander qu’une très faible quantité de masques, malgré des alertes internes. Le matériel a de surcroît mis plusieurs semaines à arriver.

• Après ce premier fiasco, l’État a créé, début mars, une cellule interministérielle dédiée à l’achat de masques. Mais là encore, le bilan s’est avéré catastrophique : lors des trois premières semaines de mars, la cellule n’a pu obtenir que 40 millions de masques, soit l’équivalent d’une semaine de consommation au rythme contraint actuel. La cellule a notamment raté plusieurs possibilités de livraisons rapides.

• Le gouvernement a caché cette pénurie pendant près de deux mois et, en fonction des stocks, a adapté ses consignes sanitaires sur le port du masque. Fin février, le directeur général de la santé préconisait un masque pour toute personne en contact avec un porteur du Covid. Un mois plus tard, la porte-parole de l’exécutif déclarait que c’était inutile…

• Des entreprises dans des secteurs « non essentiels » de l’économie ont continué à consommer des masques, pour des raisons économiques. Exemple : l’avionneur Airbus, qui semble avoir bénéficié d’un traitement de faveur. Dans le même temps, des personnels soignants continuent à travailler sans ces masques protecteurs, faute de stocks suffisants.

• Le gouvernement tente désormais de renflouer les stocks, avec une stratégie à 180° : il faut préparer la sortie de confinement, « où on sait qu’il faudra massivement équiper » la population, ainsi que l’a admis la secrétaire d’État à l’économie, Agnès Pannier-Runacher, dans une réunion dont Mediapart a obtenu l’enregistrement.

Voici l’histoire d’une tragédie en sept actes.

jeudi 2 avril 2020, PHILIPPIN Yann, ROUGET Antton, TURCHI Marine

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07 avril 2020 ~ 0 Commentaire

état espagnol (le peuple breton)

espagne

Les socialistes ont réveillé l’Espagne profonde

L’Espagne recentralise et fait défiler les militaires au lieu de sauver des vies

La crise épidémique qui a frappé de plein fouet les Pays Catalans, Madrid et, en différé, le reste de l’Espagne, en même temps que le reste du monde, a permis de montrer aux yeux du monde, aux yeux avertis du moins, l’incurie des autorités espagnoles en même temps que leur obses-sion pour profiter de toutes les occasions, mêmes les plus tragiques, pour faire rentrer dans le rang les Catalans, Basques et autres « sujets » aux velléités trop souverainistes.

Au terme de 3 semaines de confinement, le bilan est lourd en Catalogne et dans les Pays Catalans.

Quelques 35 000 personnes infectées (détectées) et plus de 3 300 décès, dont 2 760 en Catalogne Sud, 613 en Pays Valencien et 75 aux Îles Baléares.

Dans l’ensemble de l’Espagne, l’épidémie a frappé en premier lieu Madrid (5 000 morts). Au total pour tout le territoire quelques 12 500 morts (avoués). Les hôpitaux sont largement dépassés, les cadavres s’accumulent dans les maisons de retraite et les morgues improvisées, les person-nels médicaux largement contaminés, les moyens scandaleusement insuffisants. Devant cette situation catastrophique, les mesures décrétées sont improvisées, changeantes et dignes de pays sous-développés.

Incantations patriotiques et militaires dans les rues

Les incantations patriotiques quotidiennes et les militaires qui comparaissent tous les jours pour faire le point de la situation ne sont pas les seules images surprenantes et inquiétantes. Les soldats patrouillant à grand renfort d’hymne national à fond dans les rues, ou envoyés « désin-fecter » l’aéroport de Barcelone scandalisent les médias catalans. De même que le refus de confiner les régions les plus touchées comme Madrid et la Catalogne (les habitants de la zone la plus infectée se déplacent ainsi en week-end sur la côte valencienne).

État d’urgence et recentralisation

La crise sanitaire est en tous cas l’occasion pour le gouvernement espagnol de gagner un nouveau round dans son combat contre les indépendantistes et les autonomies. Sous prétexte d’efficacité – quelle ironie ! – le gouvernement de Sanchez a immédiatement pris le contrôle de toutes les compétences normalement échues aux autonomies, sous couvert d’état d’urgence reconductible.

La santé, la police, les politiques économiques et sociales, ont été accaparées sans aucune concertation, ni avis préalable par le gouvernement espagnol. Ce qui lui permet d’imposer ses décisions ineptes et chaotiques face à une situation qui le dépasse. Mais quel que soit le nombre de victimes, l’État est d’ores et déjà gagnant face à des autonomies muselées et réduites au silence, et tout spécialement vis à vis de la Catalogne et de la Generalitat.

Acharnement contre les prisonniers politiques catalans

La voix des indépendantistes et la crise catalane sont largement passées au second plan, mais la répression et l’acharnement contre les prisonniers politiques catalans ne faiblit pas pour autant. Devant la pression croissante dans les prisons et comme mesure pour éviter l’extension de l’épidémie, le gouvernement espagnol a décidé de libérer un certain nombre de prisonniers.

Immédiatement le Tribunal Suprême a menacé les fonctionnaires qui permettraient le confine-ment des prisonniers politiques à leur domicile de poursuites judiciaires. Une intervention aussi surprenante, que grossière et bien peu légale. Les neufs condamnés catalans sont donc toujours reclus après deux ans et demi d’emprisonnement, sans mesures de protections, certains ayant été testés positifs au covid-19.

Impuissance et soumission du gouvernement indépendantiste

Ce contexte et cette situation d’exception ont démontré l’impuissance du gouvernement catalan et du président Quim Torra, relégués à des rôles subalternes et de simples figurants. Ils en sont réduits à appliquer les décisions erratiques et inefficaces du gouvernement espagnol:

Confinement tardif, pas de contrôle des déplacements, pas de distribution de tests ou de maté-riel de protection à la Catalogne, mesures socio-économiques contradictoires et insuffisantes…, à réclamer et à se plaindre à chaque réunion des présidents des autonomies « convoquée » en vidéoconférence par Pedro Sanchez.

La Generalitat fait la preuve de sa totale soumission au cadre administratif, de son impuissance – et absence de volonté ? – de prendre des décisions unilatérales de protection de la population catalane et de ses dirigeants emprisonnés qui pourraient déplaire aux autorités espagnoles. Le silence d’ERC dont dépend toujours la majorité du gouvernement de Sanchez pose problème.

Alà Baylac Ferrer 6 avril 2020

Alà Baylac Ferrer est le directeur de l’IFCT, Université de Perpinyà.
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Commentaire:
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La désorganisation de système de santé espagnol, due comme ici aux « économies-cadeaux aux riches » n’est pas due seulement au PP et au PSOE à Madrid. Les gouvernements locaux ERC ou PdCat de Puigdemont aussi ont appliqué l’austérité.

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06 avril 2020 ~ 0 Commentaire

douarnenez (ouest france)

douarnenez

Il n’y a pas si longtemps…

Douarnenez, les banderoles fleurissent

Depuis le début de la période de confinement, de nombreuses banderoles humoristiques, de soutien ou de remerciements habillent les façades des maisons douarnenistes.

Elles sont nombreuses et ne manquent pas d’attirer l’œil. À Douarnenez , de nombreuses banderoles sont exposées aux balcons ou aux fenêtres des résidences depuis le début de la période de confinement.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que les Douarnenistes, même confinés, ont de la suite dans les idées. C’est le cas, par exemple, au 63, rue Duguay-Trouin où une banderole, visible depuis le pont de Tréboul, a détourné la devise officielle du gouvernement de l’État français « Travail, famille, patrie » en « Télétravail, pâtes, riz ». Représentant avec humour le quotidien de millions de Français.

Avant cela, d’autres banderoles, de remerciements aux professionnels de santé particulière-ment, ont fleuri sur les balcons ou fenêtres de la cité aux trois ports.

Un professeur de breton a suspendu une banderole bilingue chez lui, à Douarnenez: « Argant evit ar yec’hed » « Des moyens pour la santé » (argent peut se dit aussi: arc’hant, moneiz, lur…)

05/04/2020

https://www.ouest-france.fr/

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05 avril 2020 ~ 0 Commentaire

prévisible (courrier inter)

branle

Dennis Carroll, biologiste : “L’épidémie actuelle était prévisible”

Notre démographie galopante, nos incursions dans des écosystèmes jusque-là préservés et nos habitudes de consommation composent un cocktail parfait pour l’apparition de zoonoses et l’émergence de nouvelles pandémies, alerte ce chercheur en biologie médicale dans un entretien accordé à Nautilus.

Dennis Carroll ne veut pas avoir l’air trop brutal quand il dit que l’épidémie de coronavirus était prévisible. Au contraire, il comprend parfaitement qu’on puisse avoir peur de la maladie. Tout autour du monde, il a vu des gens atteints de tels virus. Carroll a surtout l’air de savoir de quoi il parle.

Depuis plusieurs décennies, il met en garde contre la menace des zoonoses, la transmission d’agents pathogènes des animaux à l’homme. Les scientifiques sont convaincus que l’épidémie actuelle, apparue à Wuhan, en Chine, venait d’un virus propre aux chauves-souris.

En 2009, après plusieurs années à étudier les maladies infectieuses aux Centers for Disease Control and Prevention (CDC), ainsi qu’à l’Agence des États-Unis pour le développement international (Usaid), Carroll a mis sur pied un programme Usaid nommé “Predict”, qui menait un travail novateur sur les virus présents chez les animaux du monde entier et qui pourraient un jour nous contaminer.

“Dennis est un visionnaire, assure Christine K. Johnson, épidémiologiste au One Health Institute (université de Californie à Davis), où elle est professeure à l’école de médecine vétérinaire. Il a hérité d’une démarche fondée sur la réaction aux maladies infectieuses, et il en a pris le contre-pied. Il a dit : ‘Nous allons anticiper pour aider les différents pays à se préparer à l’émergence des maladies infectieuses’”.

Johnson, qui a été chercheuse au sein de Predict pendant dix ans, affirme que Carroll a fait œuvre de pionnier en ne se contentant plus d’examiner seulement le bétail. “Dennis a compris que les nouvelles maladies infectieuses, un peu partout dans le monde, venaient principalement des espèces sauvages, et qu’il fallait donc investir dans la recherche sur ces espèces.”

Pendant dix ans, Predict a bénéficié d’un financement fédéral annuel variant entre 15 et 20  millions de dollars. En 2019, son enveloppe a été supprimée. Carroll a quitté l’Usaid et lancé un nouveau programme, le Global Virome Project, afin, dit-il, d’“exploiter les découvertes et l’expérience de Predict”.

Lors de cet entretien, Carroll, qui parle de sa propre expérience, répond parfois avec causticité, qu’il parle de la biologie des virus ou du manque de réactivité de la Maison-Blanche à l’épidémie. Je commence par lui demander quelles sont les origines de ce fléau.

Comment l’actuel coronavirus est-il passé d’une chauve-souris à l’homme ?

Nous ne savons pas précisément, mais le virus était sans doute présent dans un animal sur un marché, où il y a eu des contacts répétés. Il est possible aussi que des gens aient directement manipulé l’animal. Il peut également y avoir eu un hôte intermédiaire [les soupçons se portent sur le pangolin]. En 2002, lors de l’épidémie de Sras en Chine, la source de l’infection ne nous est pas apparue comme étant l’exposition directe à des chauves-souris. Il y avait un hôte intermédiaire, la civette.

En 2018, vous et vos collaborateurs écriviez dans Science : “Notre capacité à contenir l’apparition des maladies est compromise par notre mauvaise compréhension de la diversité et de l’écologie des menaces virales.” Que devons-nous faire pour comprendre la diversité et l’écologie de ces menaces virales ?

La première chose à comprendre, c’est que les menaces auxquelles nous allons être confrontés à l’avenir, quelles qu’elles soient, existent déjà : elles circulent parmi les animaux sauvages. On pourrait comparer cela à une matière noire virale. Une importante population de virus circule, et nous n’en découvrons l’existence que lorsque la transmission franchit la barrière des espèces et que certaines personnes tombent malades.

Y a-t-il un risque particulièrement élevé de transmission de la chauve-souris à l’homme ?

Absolument. Nous avons pu identifier les chauves-souris comme réservoirs du coronavirus, et nous avons répertorié certaines populations spécifiques de chauves-souris comme étant des réservoirs du virus Ebola.

Nous voudrions maintenant comprendre comment chacune de ces espèces de chauves-souris agit au sein de son écosystème. Ont-elles certains comportements et pratiques qui les maintien-nent soit éloignées, soit en contact avec les populations humaines ? La population de chauves-souris au sein de laquelle nous avons isolé le virus Ebola en Afrique de l’Ouest était une espèce qui a elle aussi tendance à se percher dans les habitations, ce qui accroît les possibilités de transmission à l’homme.

Y a-t-il eu des perturbations de leur environnement qui auraient obligé les chauves-souris à se rapprocher de nous ?

Nous sommes à 100 % à l’origine de ces perturbations. Nous avons pénétré encore plus avant dans des écosystèmes que nous n’occupions pas auparavant.

Avez-vous un exemple parlant de telles invasions ?

En Afrique, on constate de nombreuses incursions qui sont motivées par les forages pétroliers ou l’extraction minière, dans des zones qui n’abritaient autrefois que de faibles populations humaines. Le problème n’est pas tant lié à l’arrivée de travailleurs et à l’implantation de chantiers dans ces zones qu’à la construction des routes, qui permettent des mouvements de population encore plus importants. Les routes rendent possible également les déplacements d’animaux [...]

Kevin Berger 05/04/2020
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05 avril 2020 ~ 0 Commentaire

guerre des masques (courrier-inter npa)

macron soldat
Des masques inutiles il y a peu!
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La “guerre des masques” est déclarée

Alors que le discours officiel préconise désormais le port de masques pour endiguer la propagation de l’épidémie de Covid-19, tous les pays se sont lancés dans une course effrénée pour s’en procurer. Quitte à s’asseoir sur les principes de loyauté.

La ville de Berlin avait passé commande de 200 000 masques FFP2 destinés à ses policiers, raconte la Deutsche Welle sur son site internet. Mais la cargaison alors en transit à Bangkok aurait été “interceptée” par des Américains. La brouille diplomatique n’est pas loin.

Andreas Geisel, ministre de l’Intérieur de Berlin, n’a pas mâché ses mots. Il a estimé que les États-Unis s’étaient rendus coupables d’un “acte moderne de piraterie”. “Même en temps de crise planétaire, les règles du far-west ne devraient pas s’appliquer”, a renchérit le ministre, exhortant les autorités fédérales allemandes à exiger de leurs homologues américains qu’elles se plient aux lois internationales.

Dans le collimateur des Allemands, la société américaine 3M. C’est auprès de ce fabricant de matériel médical, qui dispose d’usines en Chine, que les autorités de Berlin disent avoir passé leur commande. Mais 3M, contactée par l’agence de presse allemande DPA, se défend de l’ensemble ces accusations : elle nie non seulement toute saisie de masques en Thaïlande, mais aussi avoir reçu une quelconque commande à destination de Berlin, souligne la Deutsche Welle dans un autre article.

05/04/2020

https://www.courrierinternational.com/

index

La France ne vole pas de masques aux autres pays, elle « réquisitionne »

Il est des informations dont on parle moins. Ou bien pour en parler nettement différemment. C’est eux les voleurs, nous, c’est pas pareil ! Un manichéisme qui va de pair avec les deux visions politiques qui s’affrontent : démocratie libérale autoritaire versus nationalisme illibéral.

« Vol », « détournement », « subtiliser », « rafler »… Voilà le genre de vocabulaire employé lorsque les Tchèques ou les Américains s’emparent de masques à destination d’un pays tiers. On entend ces derniers jours des histoires. Les Italiens ou les Français passent des commandes – notamment à la Chine, redevenue l’atelier du monde – mais se font doubler « sur le tarmac chinois » par des pays qui renchérissent. Business is business.

Mais voilà, il est une information qui fait moins de bruit : quand la France s’empare de la marchandise suédoise… à destination de l’Espagne et de l’Italie. Quatre millions de masques, tout de même, dérobés le 5 mars, révèle L’Express, au nom de la réquisition des stocks décidée de la 3 mars par le gouvernement.

Là, le vocabulaire change : ce n’est plus un vol, c’est une « réquisition », plus un détournement mais une « saisie ». L’action est la même, mais le lexique employé créé deux camps : les gentils et les méchants, les voleurs et ceux qui sont du côté de la légalité.

La voilà la véritable guerre. Elle est commerciale, mais surtout politique. La souveraineté de l’État confère au gouvernement sa légitimité.

Et la guerre est aussi une guerre de communication.

Les États-Unis ont démenti avoir volé quelque marchandise que ce soit. Les Tchèques ont finalement rendu leurs masques aux Italiens. Et la France ? Elle aussi a rendu les masques, du moins la moitié de la marchandise « à titre dérogatoire », a indiqué le secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale. Et voici la réaction de l’entreprise suédoise : « Ce sera plus cher mais, au moins, nous éviterons les saisies arbitraires pratiquées dans l’Hexagone ».

Une « polémique », titre Valeurs actuelles, qui préfère s’émouvoir du fait que l’UE vient en aide à l’Iran en lui fournissant du matériel médical « quand la France est au plus mal ».

Les ultra-libéraux se tirent dans les pattes. Les néo-fachos rêvent d’un monde totalement clos. La solidarité est un mot creux pour chacun d’eux. On pourrait appeler ça la gouvernance mondiale heureuse.

Loïc Le Clerc 5 avril 2020

http://sante-secu-social.npa2009.org/

 

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