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14 août 2017 ~ 0 Commentaire

austérité (médiapart)

macron

Réduire la fonction publique n’est pas un choix rationnel

La réduction des services publics ne s’inscrit pas dans une logique dictée par des chiffres contrairement à ce que veulent faire croire ceux qui la promeuvent.

François Fillon légitime la suppression de 500 000 postes de fonctionnaires par le fait que le nombre d’agents publics a très fortement augmenté et qu’il est aujourd’hui nettement plus élevé en France que chez la plupart de nos voisins. Les think-tank libéraux répètent inlassable- ment le credo d’une France surdotée d’emplois publics par rapport aux autres pays.

C’EST FAUX ! Une faible augmentation du taux de fonctionnaires

Pour faire croire à un recours inflationniste à la création de postes de fonctionnaires, il faut choisir de ne raisonner que sur les chiffres bruts : 3,8 millions en 1980 // 5,6 millions en 2015 soit une forte augmentation. Mais en réalité ce que traduit ce chiffre n’est pas tant l’augmen-tation du nombre de fonctionnaires que l’augmentation de la population !

Car c’est évidemment proportionnellement à la population totale que cette question doit être examinée : plus la population est nombreuse, plus le nombre de fonctionnaires nécessaires au bon fonctionnement des services publics est élevé. Et si on compare le nombre de fonctionnaires proportionnellement à la population totale, l’augmentation est seulement de 1,4%. et, actuellement, le nombre de fonctionnaires croit moins fortement que la population.

Un nombre de fonctionnaires moins élevé qu’il y paraît

Si le nombre de fonctionnaires pour 1000 habitants est supérieur en France à la moyenne européenne, nous sommes loin d’être le pays des records en la matière ! Par exemple, la Finlande, souvent citée y compris par les discours libéraux comme modèle pour ses services publics a presque 130 fonctionnaires pour 1000 habitants alors que nous n’en avons que 80. Nous avons même moins de fonctionnaires pour 1000 habitants que les États-Unis.

Si nous regardons la part des fonctionnaires dans l’emploi public, la France se situe parmi les pays ayant un taux faible (l’emploi public représente environ 20% de l’emploi total en France) et en dessous de la moyenne européenne (environ 25%) et de la plupart des pays européens. Et ce taux a été davantage réduit en France que dans la moyenne des pays européens (1,5% contre 0,5%)

Si on compare le nombre de fonctionnaires à la surface du pays, ce qui est une donnée signifiante car la faible densité de population nécessite un nombre de fonctionnaires supérieur pour que le service public soit assuré équitablement sur l’ensemble du territoire. Là encore, la France est loin d’être dans le peloton de tête avec un taux inférieur à l’Allemagne.

La comparaison ne peut se limiter à ces chiffres car le nombre de fonctionnaires doit être mis en regard des missions exercées par le service public.

Ainsi le Royaume-Uni qui a privatisé une grande partie de ses services publics n’en n’a pas moins un taux d’emploi public/emploi total comparable à celui la France. Idem pour l’Allemagne.

Que les choses soient claires : la réduction des effectifs de la fonction publique n’obéit donc pas à une rationalité dont les chiffres feraient la preuve, elle est un choix politique : celui de transférer une part des missions des services publics vers des services privés et payants. C’est-à-dire de les réserver aux plus riches et donc de priver les classes populaires de soins, d’éducation, de culture et de sécurité.

Sources : INSEE, OCDE, OFCE, Ministère de la Fonction publique

Paul DEVIN 11 févr. 2017

Syndicaliste FSU, inspecteur de l’Education nationale, secrétaire général du SNPI-FSU, syndicat des inspecteurs (IEN et IA-IPR).

https://blogs.mediapart.fr/

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14 août 2017 ~ 0 Commentaire

tourisme (france info)

« Ce n’est pas de la tourismophobie, c’est de l’anticapitalisme » : en Espagne, des activistes torpillent le tourisme de masse

Roues de vélo crevées, agences de voyage verrouillées, touristes bousculés… Plusieurs groupes anticapitalistes et indépendantistes catalans ou basques mènent des actions coup de poing pour dénoncer les dérives du tourisme.

A quelques pas du célèbre stade du Camp Nou de Barcelone (Espagne), des touristes  profitent de l’architecture de la ville derrière les vitres d’un bus, en cette fin juillet. Au croise- ment d’une rue, trois hommes encagoulés surgissent et bloquent le véhicule. « Nous nous préparions à voir quelqu’un monter avec un couteau ou une arme », raconte l’un des touristes britanniques installés dans le bus. En réalité, des activistes taguent simplement le pare-brise avec ces mots : « Le tourisme tue les quartiers. » La scène, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, ne dure que quelques secondes, mais son retentissement dépasse vite les frontières espagnoles.

Depuis quelques mois, des actes de vandalisme contre des installations touristiques se multiplient en Espagne. Des pneus de vélos de location sont percés, les grilles d’agen- ces de voyage sont verrouillées avec du silicone… Derrière ces actions coup de poing se cachent des militants d’Arran. Un groupe anticapitaliste et indépendantiste catalan, considéré comme le mouvement de jeunesse de la CUP, un parti qui compte dix députés au Parlement catalan. “Il est clair que le tourisme de masse a provoqué de nombreux problèmes : le manque de logements, la destruction de l’environnement et l’augmentation de la précarité des travail- leurs”, expliquent ses porte-paroles, Palma, Àngels et Pau Oliver. Pour changer ce système, ils ont décidé de passer à la méthode forte.

Des confettis sur les touristes en terrasse 

Une semaine auparavant, à quelques centaines de milles nautiques de Barcelone, d’autre militants d’Arran avaient secoué les professionnels du tourisme. Le 20 juillet, vers 20h30, le soleil inonde les terrasses des restaurants de Palma de Majorque, dans l’archipel des Baléa- res. Les touristes sont nombreux, attablés autour de paellas et de fruits de mer, quand une vingtaine de jeunes activistes débarquent sur les planches du restaurant Mar de Nudos. Fumi- gènes dans une main, confettis dans l’autre, ils sèment rapidement la panique, entourés par des serveurs en chemise blanche et cravate noire qui tentent de les contenir. Sur leur pancarte, le message est toujours le même : « Le tourisme tue Majorque ». L’action est filmée et ensuite diffusée avec un montage soigné, façon clip musical.

Là encore, les militants justifient leur méthode brutale. « La violence, elle provient des politiques néolibérales qui nous expulsent et nous précarisent, explique Maria Rovira à France- info. Nos actions, c’est de l’autodéfense. » En pleine saison touristique, les militants ont bien compris que leurs happenings trouvaient une caisse de résonance inédite. « D’autres actions sont en préparation », lâchent les porte-paroles d’Arran, sans donner d’autre précision.

« Le problème, ce n’est pas le tourisme, mais le modèle touristique actuel »

Les militants d’Arran ne sont plus les seuls à mener de telles actions pour dénoncer « l’inva- sion » des touristes. Le mouvement s’est peu à peu étendu en Espagne. Dans l’ouest du pays, dans la ville de Saint-Sébastien, les activistes de gauche d’Ernai, liés cette fois au mouvement indépendantiste basque, ont tagué les murs des rues du centre-ville avec le mot d’ordre :  «Turistas go home» (en français, « Touristes, rentrez chez vous »). Le 17 août, ils appellent aussi à une manifestation dans cette ville de 180 000 habitants qui a accueilli 2 millions de touristes en 2016. Leur slogan : « Votre tourisme, la misère des jeunes. » Toujours le tourisme en ligne de mire. Pourquoi ? Parce que « la question touristique représente le problème libéral avec une grande clarté », expliquent les militants d’Ernai.

Face à ces actions, les politiques ont commencé à monter au créneau. « L’Espagne ne peut pas recevoir le touriste à coups de pied », s’est emporté le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, lundi 7 août. Un mot s’est même imposé dans le débat public : « Turismofobia », la « tourismophobie ». Mais le terme ne plaît pas du tout aux activistes. « Ce n’est pas de la tourismophobie, c’est de l’anticapitalisme », plaident les militants d’Ernai. « C’est un concept inventé qui tente de dénaturer une lutte complètement légitime », abondent les militants d’Arran. Nous savons que voyager est une activité humaine qui peut être très enrichissante. Le problème, ce n’est pas le tourisme, mais le modèle touristique actuel. Les militants d’Arran

« Il faut faire très attention avec la poule aux œufs d’or »

Après de nombreuses condamnations de leurs actions, ces militants tentent de redorer leur blason. « Ces actions de protestation sont légitimes pour créer un débat public, explique Maria Rovira, une militante d’Arran, à Franceinfo. De cette manière, nous avons placé ce débat indispensable sur la table. » Et pour montrer leur implication, ces activistes font d’ailleurs des propositions précises pour mettre fin aux dérives du tourisme de masse : stopper l’attribu- tion de licences aux hôtels et activités touristiques, augmenter les impôts sur les entreprises touristiques et interdire les sociétés de location d’appartements entre particuliers, notamment Airbnb. Un programme validé par la CUP. Début août, le parti a répété que les actions d’Arran étaient « légitimes » et qu’elle lui « renouvelait » son soutien.

Nous demandons concrètement que l’industrie touristique arrête d’exploiter le territoire à coût zéro, précarisant les travailleurs et expulsant les habitants. Maria Rovira, militante à Franceinfo

Cette stratégie sera-t-elle payante ? « Ils font une grave erreur », analyse dans le Guardian Santi Vila, conseiller au gouvernement de Catalogne. Selon lui, les actions d’Arran nuisent à l’image de Barcelone et de la Catalogne et « ne vont pas aider la cause de l’indépendance ». La droite espagnole a d’ailleurs commencé à utiliser ces actions pour dénoncer, plus largement, les positions politiques de la gauche et des indépendantistes.

Dans un pays qui accueille 75 millions de touristes chaque année, ce qui génère 11% de son PIB, le sujet est plus que sensible. « Il faut faire très attention avec la poule aux œufs d’or », a prévenu sur RTVE  un député basque, inquiet de voir diminuer cette manne économique. La réponse des militants est déjà toute trouvée : « A ceux qui disent que le tourisme est la principale activité économique du pays, nous leur répondons que c’est précisé- ment le problème, explique Maria Rovira. Nous devons diversifier l’économie et remettre les personnes au centre de nos préoccupations. »  Quitte à se mettre à dos une bonne partie de la population, pourtant favorable à une modération touristique.

Robin Prudent  13/08/2017

http://www.anti-k.org/

Commentaire: Rien de bon à attendre « d’anticapitalistes » pas vrai? En attendant tous ceux/celles qui on visité l’Espagne ont pu observer combien ce pays est saccagé par le tourisme…

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13 août 2017 ~ 0 Commentaire

contrats aidés (france bleu + alternatives économiques)

privileges-des-pauvres

Baisse des contrats aidés : des milliers de salariés et d’employeurs en détresse

Conséquence de la volonté du gouvernement de réduire le nombre de contrats aidés, des salariés se voient interrompre ou supprimer le contrat qui leur avait été promis ou même qu’ils avaient démarré. Un drame, à la fois pour les employés mais aussi pour les employeurs.

Murielle Pénicaud les juge « inefficaces » et « coûteux« . 

Dans le viseur de la ministre du travail, les contrats aidés de type CAE (Contrat d’Accompagne- ment dans l’Emploi) ou CUI (Contrat Unique d’Insertion). Ainsi, alors même que certains con- trats ont récemment été signés par des employeurs et des employés, des dizaines viennent d’être purement et simplement annulés, voire interrompus. En effet, les agences Pôle Emploi ont reçu l’ordre lundi dernier de les arrêter et de ne plus en délivrer. Résultat, des situations ubuesques et dramatiques, avec des employés qui voient leur précieux leur passer sous le nez. Et d’autres qui avaient carrément commencé à travailler et à qui l’on a demandé cette semaine de rentrer chez eux. Autant de drames humains, que le gouvernement ne semble pas avoir bien mesuré.(Sans blague? NdB)

Isabelle, renvoyée chez elle après trois journées de travail

C’est une situation ubuesque dans laquelle les pouvoirs publics viennent de plonger Isabelle, 40 ans, mère de deux enfants. Originaire du sud de la France, cette demandeuse d’emploi décroche à la fin du mois de juin dernier un entretien pour un poste dans la ville du Havre. Isabelle traverse alors la France pour passer son entretien et décroche le job. A la clef, un Contrat Unique d’Insertion (CUI). Branle-bas de combat. Isabelle saute sur l’occasion et fonce. Elle signe alors son contrat le 7 août dernier et démarre son nouveau job. Seulement, quatre jours plus tard, coup de fil du Pôle Emploi qui lui signifie que son contrat est finalement invalidé et interrompu. Et maintenant ? Isabelle a en effet engagé des frais, s’est lancée dans la location d’un nouveau logement, a inscrit ses filles à l’école. Seulement, retour à la case de départ. Elle est aujourd’hui de nouveau au chômage et dans une région qu’elle ne connaît pas.

Les agents de Pôle Emploi totalement désemparés

Des situations comme celle d’Isabelle, les conseillers du Pôle Emploi en ont tous sur leur bureau, partout en France. Impuissants et désemparés, face à cette décision prise par le gouvernement. Véronique Riesco est responsable régionale de la CGT, pour le Pôle Emploi, en Normandie. Elle explique les drames humains auxquels elle est aujourd’hui confrontée.

Des recours restent possibles auprès de Pôle Emploi pour les personnes concernées. En attendant, cette mesure risque de faire exploser les chiffres du chômage lors de la prochaine vague.

Bertrand Queneutte, France Bleu Normandie  vendredi 11 août

https://www.francebleu.fr/

Lire aussi:

Emplois aidés : attention danger ! (Alternatives Economiques)

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07 août 2017 ~ 0 Commentaire

pauvres belges (le vif)

haddock2

Les Belges les plus pauvres profitent moins de la prospérité

Toutes les tranches de la population belge ont vu leur revenu disponible augmenter entre 1985 et 2013, mais la hausse a été plus importante chez les hauts revenus que chez les autres, selon une étude de Wim Van Lancker (Université d’Anvers).

Sur cette période, en tenant compte de l’inflation, le revenu disponible des ménages des 5% les plus pauvres de Belgique a augmenté d’environ 16%, alors que celui des 5% les plus riches a crû de 46%, et celui du pour cent le plus fortuné de 60% selon une étude de Wim Van Lancker (Université d’Anvers), relayée par De Standaard lundi..

La classe moyenne a vu son revenu disponible croître de 40%. « La différence entre cette classe moyenne et les hauts revenus est donc bien moins importante que la différence entre les bas revenus et ceux de la classe moyenne », souligne Wim Van Lancker. « Ce sont surtout les bas revenus qui sont à la traîne. » Pour Van Lancker, ces chiffres démontrent que la société belge combine une classe moyenne stable, des dépenses sociales élevées et un important risque de pauvreté.

07/08/17

Source: Le Vif

http://www.levif.be/

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02 août 2017 ~ 0 Commentaire

vacs (odi)

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Qui va partir en vacances ?

80 % des cadres supérieurs partent en congés chaque année, contre 50 % des ouvriers. Et encore, entre catégories, on ne part ni aussi souvent, ni aussi longtemps, ni dans les mêmes conditions.

Près des deux tiers des Français déclaraient partir en vacances [1] au milieu des années 1990, selon le Crédoc. Le taux de départ en vacances a ensuite diminué petit à petit jusqu’à tomber à quasiment 50 % en 2008. Depuis 2011, il repart à la hausse et a atteint 60 % en 2014 (dernières données disponibles) [2].

Qui sont les chanceux qui vont faire leurs valises ? Pour partir, il faut en avoir les moyens. 40 % des personnes aux revenus inférieurs à 1 200 euros mensuels ont quitté leur domicile pour des congés en 2014, contre 86 % de celles qui disposent de plus de 3 000 euros. Un « budget vacances » pour une famille peut représenter plusieurs milliers d’euros : impossible pour la majorité des bas salaires. Les plus pauvres ne sont pas les plus aidés et les plus aisés ont davantage l’occasion de bénéficier d’hébergements gratuits dans la famille ou chez des amis.

Partir dépend plus largement du milieu social. 82 % des cadres supérieurs partent en congés contre 47 % des ouvriers. Plus on monte dans l’échelle sociale, plus on a de chances de s’échapper. Parce que l’on gagne davantage, mais aussi parce que cela fait partie de son mode de vie. Par exemple, parce qu’on a eu l’habitude de voyager avec ses parents (on y a pris goût, on se sent rassuré hors de chez soi), parce qu’on parle une langue étrangère (pour les voyages lointains). Mais aussi parce que ses amis voyagent et que raconter ses vacances lointaines (et les mettre en scène sur différents supports) fait partie de la sociabilité, de l’image qu’on renvoie de sa famille notamment.

Des inégalités qui se creusent

Le taux de départ en vacances a eu tendance à augmenter pour toutes les catégories sociales au cours des dernières années, ce qui peut paraître paradoxal en temps de crise. Si on remonte davantage dans le temps, on observe que les plus modestes [3] n’ont pas encore rattrapé leur niveau de départ en vacances de la fin des années 1990 (44 % en 1998, contre 40 % aujourd’hui). Tandis que le taux de départ des plus aisés [4] est passé de 83 % en 1998 à 86 % en 2014. Par ailleurs, les taux de départ progressent beaucoup plus fortement chez les retraités qui ne subissent pas l’impact de la montée du chômage [5].

Les raisons de ceux qui ne partent pas

En 2014, près de la moitié des personnes déclaraient ne pas envisager de partir en vacances dans les prochains mois pour des raisons financières. Il faut dire qu’une semaine de location pour un couple avec deux enfants équivaut souvent au minimum à un demi-Smic. D’autres ne prévoyaient pas de partir pour des raisons de santé (16 %), professionnelles (9 %) ou familia- les (8 %). Un peu plus d’une personne sur dix n’est pas partie par choix (13 %).

Rares sont ceux qui partent plusieurs fois dans l’année

Partir est une chose, mais seule une minorité privilégiée peut le faire plusieurs fois par an. C’est le cas pour 22 % de la population (données Crédoc 2009). Les cadres sont 43 % à être dans ce cas, mais les ouvriers sont quatre fois moins nombreux. Pouvoir partir en vacances hors de l’été reste un luxe.

Prendre l’avion pour ses déplacements personnels ou professionnels est loin d’être une pratique démocratisée. La moitié des voyages sont réalisés par les 2 % des personnes les plus riches. En 2008, les 10 % des habitants les plus riches ont fait en moyenne 1,3 voyage aérien, alors que jusqu’aux 50 % les plus pauvres, le nombre moyen de vols est proche de zéro (moins de 0,2, soit un voyage tous les 5 ans) [6]. Pour la grande majorité des personnes, prendre l’avion est impossible financièrement, en dépit du développement des compagnies à bas prix.

Date de rédaction le 15 juillet 2012

30 juin 2017

http://www.inegalites.fr/

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30 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

pauvreté (les répliques)

assis tes

11 millions de français avec moins de 10€ à la fin du mois

Selon un étude réalisée par Genworth en 2015, cabinet spécialisé dans les assu- rances de personnes, environ 11,4 millions de Français ne disposaient que d’à peine 10 euros après avoir payé leurs dépenses courantes et vitales, à savoir : nourriture, loyer, gaz/électricité, impôts, téléphone. Aujourd’hui, la situation ne se serait pas améliorée.

Un chiffre édifiant révélant il y a 2 ans la gravité dans laquelle se trouvait et se trouve toujours des millions de Français représentant environ un quart des ménages, soit 5,8 millions. À contrario, près de 4% des ménages disposent de plus de 1000 euros à la fin du mois, une fois toutes les dépenses courantes et vitales réglées. Pour 20% des ménages, entre 100 et 200 euros restant à la fin après règlement de toutes les factures et dépenses vitales.

Les résultats révèlent également d’autres chiffres évocateurs :

- 50% des sondés ont du mal à finir le mois et à gérer jusqu’à la paie suivante.

- Un peu plus de 50% n’épargnent qu’à peine 50 euros par mois.

- 40% des Français ne tiendraient pas un mois en cas de chute de leur revenu. 20% à peine une semaine.

​Des situations préoccupantes révélant également que près de 40% des sondés sont pessi-mistes quant à leur situation financière estimant qu’elle va en s’aggravant. Des difficultés les poussant à réduire voire à supprimer leurs dépenses de loisirs; sortie, cinéma, restaurant, vacances etc. A baisser leur consommation d’eau pour 19% d’entre eux, d’électricité pour 22% et de nourriture pour 19% également.

Seulement 18% des sondés estiment que leur situation financière va s’améliorer, contre 29% en Allemagne et près de 40% en Espagne. Aujourd’hui le taux de pauvreté s’établirait à 15% de la population, elle était à 14% en 2015. La pauvreté et la précarité ne cessent de s’accroître, la situation s’étant donc depuis, aggravée.

24/07/2017

http://m.lesrepliques.com/

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30 juin 2017 ~ 0 Commentaire

finance (npa)

 tax tobin

La nef des fous

Le 16 juin dernier, le quotidien économique les Échos publiait un long article qui commençait ainsi : « Le monde n’a pas connu de crise financière depuis cinq ans. Inutile d’espérer pour autant que nous ayons appris de nos erreurs. Les crises financières viennent de notre refus d’envisager des risques pourtant bien réels. »

Et si on regarde l’actualité récente, il y a bien matière à s’inquiéter : partout, la finance est à l’offensive pour détruire les insuffisantes réglementations mises en œuvre après l’effon- drement de 2008-2009.

Aux États-Unis, Trump avait annoncé la couleur dès son investiture, et la Réserve fédérale se rallie aujourd’hui à cette position : les tests de solidité des banques pourraient être simplifiés et espacés. En Europe, la même tendance se manifeste (à un degré moindre pour l’instant) : ainsi, la taxe sur les transactions financières (« taxe Tobin »), déjà bien limitée, a été mise au frigo au dernier sommet européen le 23 juin par Emmanuel Macron au prétexte des négociations du « Brexit ».

Dans leur souci de complaire à la finance et sous le prétexte fallacieux d’aider à la croissance, les dirigeants politiques laissent se développer des germes d’instabilité financière alors que le système bancaire reste plein de zones de fragilité, comme viennent de le démon- trer les sauvetages en catastrophe d’une banque espagnole et de deux banques italiennes.

Dans le cas italien, la facture pour le contribuable sera salée (jusqu’à 17 milliards d’euros). À quand la prochaine crise économique ? Si les crises économiques se déclenchent d’abord dans la finance, leurs racines se trouvent dans les déséquilibres de l’économie productive, dans l’évolution du taux de profit.

Comme l’a souligné Marx, la spéculation n’est pas la cause profonde des crises mais une manifestation du désordre économique capitaliste au même titre que la fièvre est le symptôme d’une maladie et non sa cause. Néanmoins, laisser libre jeu à la finance, c’est jouer avec le feu, mais il est vrai qu’en la matière, ce sont « ceux d’en bas » qui paieront les turpitu- des des dirigeants et des banquiers. Du moins, tant que la révolte n’aura pas atteint un degré suffisant.

Jeudi 29 juin 2017

https://npa2009.org/

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21 juin 2017 ~ 0 Commentaire

famine afrique (npa)

Francafrique

La famine comme politique contre les peuples

Une politique agricole désastreuse

(…) Traditionnellement, les spécialistes considèrent qu’il y a trois phases concernant les pénuries de nourriture et d’eau potable. La crise alimentaire, l’urgence alimentaire et la famine, qui elle-même correspond à des critères adoptés par la FAO (l’organisation des Nations-Unis pour l’alimentation et l’agriculture) :

« Un certain nombre de facteurs doivent être réunis : notamment, plus de 30 % des enfants doivent être atteints de malnutrition aiguë, deux décès doivent être recensés chaque jour pour 10 000 habitants, une maladie  pandémique doit s’être déclarée ; chaque jour, les habitants doivent avoir accès à moins de quatre litres d’eau et leur nourriture doit leur apporter moins de 2 100 calories ; des déplacements de population à grande échelle doivent également être observés, ainsi que des conflits civils, et la perte totale des biens des habitants et de leurs sources de revenus. »

Selon la FAO, vingt-huit pays africains nécessitent aujourd’hui une assistance alimentaire. Au-delà des conflits, cette situation reflète l’absence d’une réelle politique de soutien réelle à l’agriculture, la pêche et l’élevage qui emploient en moyenne près de 60 % de la population active.

Sous l’impulsion des institutions financières de Bretton-Woods, les gouvernements africains enchaînés par la dette ont dû obtempérer aux dictats  économiques.

En matière agricole, il s’agissait de se réorienter massivement vers une culture d’exportation, certes capable de ramener des devises fortes nécessaires au paiement des intérêts de la dette, mais incapable de nourrir les populations. Dans le même temps les caisses d’équilibrage des productions agricoles ont été supprimées. Si ces caisses ont souvent été un moyen d’en- richissement des élites, elles avaient le mérite d’apporter une certaine stabilité des prix, néces- saire pour les petits agriculteurs.

On ne compte donc plus aujourd’hui les faillites provoquées par la volatilité des prix sur les denrées alimentaires, liée aux spéculations financières qui se jouent notamment à la bourse de Chicago. Les programmes d’ajustement structurels ont anéanti tous les moyens de stockage que possédaient les pays africains, les laissant sans aucune défense devant les exigences des grands groupes de l’agroalimentaire. Même les petites unités de stockage nécessaires aux périodes de soudure pour les petits paysans ont été démantelées.

Or plus la situation agricole est précaire, plus le risque de famine est important. Comme en témoigne la situation en Ethiopie : « depuis plusieurs années les paysans du Tigray (est et centre), du Wollo, du Wag Hamara et du l’Harargué connaissent des déficits alimen-taires réguliers qui les contraignent progressivement à liquider leur maigre capital. Engagés dans une spirale de paupérisation, ils deviennent structurellement dépendants d’une assistance alimentaire extérieure. »

Aujourd’hui en Afrique, ce sont avant tout les petits paysans qui sont les plus pauvres, et les aides des gouvernements locaux en soutien à leur paysannerie est déses- pérément faible en dépit des Accords de Maputo de 2003, qui prévoyaient de consacrer au moins 10 % des dépenses publiques en faveur du secteur primaire. Cette agriculture familiale a besoin d’aide, non seulement sur un plan financier mais aussi au niveau des infrastructures, des unités de stockage et de transformation des produits agricoles. Elle a aussi besoin de routes et de chemins de fer pour la distribution des denrées sur le territoire national ou au niveau régional. Il est « essentiel que les donateurs apportent un soutien accru aux program- mes de gestion des risques de catastrophes comme les systèmes d’alerte précoce, à la constitution de stocks de denrées alimentaires, de médicaments et autres réserves positionnées de manière stratégique, et aux programmes d’irrigation. »2 Actuellement, la résilience après une crise alimentaire est quasiment nulle, et l’exode des paysans de leurs terres en Afrique est souvent définitif.

La plupart des gouvernements africains tournent le dos à une politique d’aide à l’agriculture familiale, préférant, sous les conseils des structures financières internationales, vendre les terres à de grands groupes industriels de l’agroalimentaire pour promouvoir une agriculture d’exportation. Ainsi ce sont des milliers de paysans qui se trouvent du jour au lendemain expulsés de leurs terres et victimes d’une insécurité foncière qui est volontaire de la part des autorités locales. Comme l’indique le rapport de l’association Oakland Institute, qui a travaillé au Mali sur quatre investissements de terres arables : « la Banque Mondiale a orga- nisé l’environnement économique, fiscal, et juridique du Mali de manière à favoriser l’acquisition de vastes étendues de terres fertiles par une poignée d’intérêts privés au lieu d’apporter des solutions à la pauvreté et à la faim généralisées dans le pays ».3

Certes, après chaque grande famine on entend, de la part des dirigeants des pays riches, le rituel « plus jamais ça » accompagné de déclarations de soutien à l’agri- culture. C’est ainsi qu’un an après la famine de 2011 en Somalie, les pays du G8 se sont réunis à Camp David aux Etats-Unis pour lancer la « politique d’une nouvelle initiative de sécurité alimentaire et de la nutrition ». Au-delà des  mots, cette politique a permis d’ouvrir en grand les portes des marchés africains aux trusts de l’agroalimentaire, comme le souligne un rapport conjoint d’OXFAM, Action contre la faim et du CCFD-Terre Solidaire:

« Notre étude de la Nouvelle Alliance nous a montré que  le véritable objectif du G8 n’était pas de mettre fin à la pauvreté et à l’insécurité alimentaire en Afrique, mais de faire profiter leurs entreprises de perspectives de croissance et de profit.

Nous avons par exemple constaté que de nombreux pays africains parmi les plus gravement affectés par l’insécurité alimentaire et nutritionnelle sont laissés en dehors de cette initiative. Ce sont plutôt les pays qui offrent le plus de perspectives de croissance et de profits pour les multinationales et les gros investisseurs qui ont été ciblés en priorité. » Nous commençons à entendre le même discours, en parallèle de l’appel à la mobilisation contre la famine actuelle, de la part des groupes industriels de l’agroalimentaire, qui s’efforcent de dénigrer l’agriculture familiale parce qu’elle représente pour eux une jachère financière.

Il est indéniable que les conséquences du réchauffement climatique en Afrique fragilisent l’agriculture et l’élevage, notamment dans les zones sahéliennes, et concourent à produire des conflits notamment sur la question du foncier et de l’accès au point d’eau. La lutte contre le changement climatique doit impliquer la solidarité avec la paysannerie africaine, une des premières touchées. Ce travail de solidarité est d’autant plus possible que depuis deux décennies des organisations émergent et se sont coordonnées. Leur lutte pour la défen- se des terres et de l’agriculture familiale respectueuse de l’environnement a parfois rencontré des succès. Elle représente la solution contre l’insécurité alimentaire, qui passe aussi par la lutte contre les dictatures en Afrique.

Jeudi 29 juin 2017 Paul Martial

https://npa2009.org/

 

 

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17 juin 2017 ~ 0 Commentaire

tour de londres (the guardian)

tour

Manif pour exiger la vérité sur l’incendie d’une tour (de pauvres) à Londres. Jeremy Corbyn avait voulu faire passer une loi contre la location de logement inhabitables, rejetée par les Conservateurs…

The Guardian article

The Guardian en direct

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29 mai 2017 ~ 0 Commentaire

chômage (jdd)

flexibilite

Emmanuel Macron peut-il faire baisser le chômage en flexibilisant le travail?

L’analyse de Thomas Porcher : « Au mieux ça fera plus de travailleurs précaires, au pire ça ne fonctionnera pas du tout »

C’est le point de vue de Thomas Porcher. Pour l’économiste de la Paris School of Business, auteur du livre Introduction inquiète à la Macron-économie, les réformes d’Emmanuel Macron visent à « flexibiliser encore plus le marché du travail ». Il juge cette méthode inefficace et met en avant le fait que « depuis 2000, 17 réformes visant à assouplir le marché du travail ont été mises en place sans aucun effet probant sur le chômage ».

Le professeur de la Paris School of Business, qui a soutenu Benoît Hamon pendant la campagne présidentielle, poursuit son analyse en précisant qu’ »au mieux cette réforme fera plus de travailleurs précaires, même si elle baisse le chômage légèrement, au pire elle ne fonctionnera pas du tout ».

D’après Thomas Porcher, la réforme sur les accords d’entreprises risque en effet de créer une concurrence au sein des entreprises d’un même secteur, qui pourrait tirer l’économie vers le bas. « Cela va pousser à l’austérité salariale. C’est un vrai problème pour les PME, qui trouve- ront moins de débouchés et qui auront des carnets de commandes vides », développe t-il.

Pour l’économiste, la solution n’est pas dans « une baisse des coûts du travail qui nous met en concurrence avec l’Europe de l’Est et l’Asie. Au contraire, la France doit faire du qualitatif et investir dans les domaines d’avenir. » Et pour lui, cet investissement doit venir du domaine public. « Il y a 25 millions d’habitations à rénover thermiquement. Cela ne veut pas dire perdre de l’argent pour l’Etat, l’Allemagne le fait et gagne 2 à 4 euros pour chaque euro investi », détaille le chercheur.(Extrait)

Pierre Sztajnkrycer   24 mai 2017

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