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07 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

décennie (pùblico)

La décennie la plus chaude se termine sans mesures efficaces pour protéger notre santé contre le changement climatique

Sept millions de personnes meurent chaque année de la pollution de l’air avec les mêmes gaz qui provoquent le changement climatique. En outre, en 2018, le nombre de personnes de plus de 65 ans exposées aux vagues de chaleur a augmenté de 220 millions par rapport à la moyenne de la période entre 1986 et 2005.

Ce ne sont que deux aspects de la façon dont ce phénomène affecte notre santé. Cependant, seulement un pays sur cinq a des stratégies de santé pour le changement climatique.

Deux rapports publiés lors de la vingt-cinquième Conférence des Nations Unies sur les change-ments climatiques, COP25, tenue à Madrid, mettent en évidence la manière dont la température moyenne de la Terre augmente, avec des résultats catastrophiques pour la vie sur la planète , y compris notre propre santé, les êtres humains ne mettent toujours pas de remède efficace pour arrêter ce phénomène ou atténuer ses effets.

Le premier de ces documents, la Déclaration sur l’état du climat mondial, est signé par les scientifiques de l’Organisation météorologique mondiale et contient de nombreuses conclusions déjà révélées dans le rapport United in Science de septembre.

La déclaration confirme que l’année 2019 met fin à une décennie marquée par des registres de chaleur exceptionnels, par le retrait de la glace et par un niveau de la mer sans précédent dans le monde, des changements exacerbés par les émissions de gaz à effet de serre en conséquen-ce de l’activité humaine.

Les vagues de chaleur et les inondations qui se produisaient tous les 100 ans sont de plus en plus fréquentes.

Il est presque certain que les températures moyennes de la période de cinq ans (2015-2019) et de la décennie (2010-2019) seront les plus élevées de celles enregistrées et tout indique que 2019 sera la deuxième ou la troisième année la plus chaude.

Les concentrations de dioxyde de carbone dans l’atmosphère ont atteint un nouveau record de 407,8 parties par million en 2018, et en 2019, elles ont continué d’augmenter. Ce gaz reste dans l’atmosphère pendant des siècles et dans les océans pendant des périodes encore plus longues, de sorte qu’il perpétue le changement climatique.

Il a également été constaté que, depuis 1993, lorsque les mesures par satellite ont commencé, l’élévation du niveau de la mer s’est accélérée en raison de la fonte des calottes glaciaires du Groenland et de l’Antarctique.

L’océan agit comme un amortisseur en absorbant la chaleur et le dioxyde de carbone, mais cela a de graves conséquences. La chaleur accumulée dans les eaux océaniques a atteint des niveaux sans précédent et des vagues de chaleur marines généralisées se sont produites.

L’acidité de l’eau de mer a augmenté de 26% depuis le début de l’ère industrielle. En consé-quence, les écosystèmes marins vitaux se dégradent.La valeur minimale de l’extension quoti-dienne de la glace de mer dans l’Arctique en septembre 2019 était la deuxième plus faible depuis que des enregistrements par satellite sont disponibles, et des records ont également été établis en octobre.

En revanche, en Antarctique, les extensions de glace ont enregistré des valeurs minimales sans précédent au cours de certains mois de 2019.

Une augmentation de 3 degrés au coin de la rue

Jusqu’à récemment, des prévisions sur le changement climatique étaient projetées au-delà des générations qui allaient le vivre, mais le réchauffement climatique est devenu beaucoup plus rapide que prévu.

La température mondiale moyenne est actuellement estimée à 1,1 ° C, un degré de plus que la période préindustrielle (1850–1900) et les conséquences sont: les événements météorologiques extrêmes sont plus intenses et fréquents avec toutes les conséquences que cela implique.

Les effets du changement climatique se manifestent quotidiennement sous la forme d’événements météorologiques extrêmes et anormaux.

«Les vagues de chaleur et les inondations qui se produisaient tous les 100 ans sont de plus en plus fréquentes. Les effets des cyclones tropicaux d’une intensité dévastatrice se font sentir des Bahamas au Japon, en passant par le Mozambique, et les incendies de forêt dévastent de vastes zones de l’Arctique et de l’Australie », a déclaré Taalas. Et pourtant, ce n’est rien comparé à ce qu’il peut être.

Tout indique une augmentation de la température de plus de 3° C d’ici la fin du siècle.

« Si nous ne prenons pas de mesures urgentes pour lutter contre le changement climatique maintenant, tout indique une augmentation de la température de plus de 3 ° C d’ici la fin du siècle, et ses conséquences pour le bien-être de l’humanité seront encore plus dommageables », dit le secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale, Petteri Taalas.

À l’heure actuelle, nous sommes très loin d’atteindre l’objectif de l’Accord de Paris sur le changement climatique de maintenir la température moyenne de la terre en dessous de 2 degrés Celsius.

Risques pour la santé

Une partie importante de la Déclaration sur l’état du climat 2019 est consacrée aux impacts des phénomènes météorologiques et climatiques sur la santé. Par exemple, les mêmes émissions de gaz qui produisent l’effet de serre proviennent de la pollution atmosphérique, causent la mort prématurée de sept millions de personnes par an.

De plus, seulement en 2018, le nombre de personnes vulnérables de plus de 65 ans exposées aux vagues de chaleur a augmenté de 220 millions par rapport à la période de référence moyenne entre 1986 et 2005.

Par conséquent, la protection de la santé humaine contre les effets du changement climatique est plus urgente que jamais et, cependant, nous ne faisons pas grand-chose dans ce chapitre pour nous préparer. Un autre rapport publié par l’Organisation mondiale de la santé souligne que seul un pays sur cinq a conçu des stratégies pour atténuer les effets de ce phénomène.

Dans le rapport, basé sur une enquête réalisée dans plus d’une centaine de pays, cette agence des Nations Unies note que seulement 38% des pays disposent de ressources pour exécuter partiellement leur stratégie nationale sur la santé et le changement climatique, et moins de 10% allouent des ressources suffisantes pour sa pleine exécution.

Le Dr María Neira, du Département de la santé publique de l’OMS, qui participe à la COP25 à Madrid, a déclaré à UN News que l’Organisation veut souligner la nécessité pour «la santé d’être beaucoup plus présente dans les décisions» de cette conférence et que Accélérer les mesures « pour lutter contre le changement climatique, car il a un impact très négatif sur la santé des gens ».

La Déclaration sur l’état du climat mondial souligne également d’autres impacts négatifs tels que l’accès à la nourriture, la migration et les effets sur les écosystèmes et la vie marine.

À l’avenir, les pays vulnérables devront faire face à des défis considérables pour garantir l’accès à la nourriture.

La variabilité climatique et les événements météorologiques extrêmes sont quelques-uns des principaux facteurs qui expliquent l’augmentation récente de la faim dans le monde et l’une des principales causes de crises graves. Après une décennie de réduction constante, la faim connaît un rebond, étant donné qu’en 2018 elle a touché plus de 820 millions de personnes.

«L’une des principales conséquences du changement climatique est que la configuration des précipitations est plus irrégulière. Cela met en péril les rendements des cultures et, si la croissance démographique est également prise en compte, les pays vulnérables seront confrontés à l’avenir à des défis considérables pour garantir « l’accès à la nourriture », a déclaré le Secrétaire général de l’Organisation météorologique. Monde

Dans 26 des 33 pays touchés par les crises alimentaires en 2018, la variabilité climatique et les événements météorologiques extrêmes ont été, avec les perturbations économiques et les situations de conflit, des aspects qui ont aggravé la situation actuelle. Dans 12 de ces 26 pays, la variabilité climatique et les événements météorologiques extrêmes ont été les principaux facteurs à l’origine de la crise.

Entre janvier et juin 2019, plus de dix millions de nouveaux déplacements internes ont été enregistrés, et sept millions étaient dus à des phénomènes climatiques dangereux, tels que le cyclone Idai en Afrique du Sud-Est, le cyclone Fani en Asie du Sud, l’ouragan Dorian dans le Caraïbes et des inondations en Iran, aux Philippines et en Éthiopie. Ces épisodes ont généré des besoins humanitaires et de protection urgents au sein des populations.

12/07/19

https://www.salyroca.es/

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06 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

tanio (fr3)

dechets

Il n’y a pas que le Tanio qui fuit! Ici les déchets nucléaires

40 ans après, le Tanio continue de fuir

Le pétrolier Malgache Tanio, qui s’est cassé en deux le 07 mars 1980 au large de l’Ile de Batz, coule avec sa cargaison de 26 000 tonnes de fioul lourd.

Suite à la quarantaine d’oiseaux mazoutés recueillis sur les côtes du nord du Finistère, des investigations ont été menées. De petites fuites intermittentes d’hydrocarbure viennent d’être constatées sur l’épave du Tanio, coulé en 1980.

À l’issue des premières investigations, les analyses du pétrole recueilli sur les ailes des oiseaux mazoutés avaient montré de grandes similarités avec le fioul lourd transporté par le pétrolier Tanio.
Les investigations ont été poussées et l’opération menée par la Cellule Plongée Humaine et Intervention Sous la Mer (CEPHISMER) de la Marine Nationale a démontré que l’épave du Tanio fuit. A la demande des autorités maritimes, elle a réalisé, à l’aide d’un véhicule sous-marin téléguidé, des analyses sur la coque du pétrolier Tanio, situé à 46 kilomètres au nord de l’Ile de Batz, par plus de 80 mètres de fond.
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Résultat : des petites fuites de pétroles repérées proviennent de deux orifices de la coque de l’épave.  Reste à savoir comment, 40 ans après son naufrage, des éventuelles fuites d’hydrocarbures seraient encore possible ?Pour comprendre, rappelons les faits. Le 7 mars 1980, au large des côtes du Nord du Finistère, le pétrolier Tanio se brise en deux. 10.000 tonnes de pétrole se déversent en mer, contaminant 200 kilomètres du littoral.
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Des petites bulles d’hydrocarbures s’échappent de l’épave.
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Des opérations sous-marines sont conduites à la suite du naufrage. La coque est percée afin de pomper une partie de la cargaison du pétrolier. Le problème viendrait donc de ces orifices. Selon les investigations, les vannes de deux orifices qui permettaient de pomper ont été arrachées. Ce qui laisserait sortir des petites bulles d’hydrocarbures.

Mais d’après la préfecture maritime de l’Atlantique, il n’y a aucun risque de marée noire. Des  observations satellitaires, aériennes et une patrouille côtière sont renforcées. Aucune pollution en mer, ni sur les plages, n’a été repérée, d’après la préfecture maritime.

Un échantillon d’hydrocarbure a été prélevé pour être analysé par le Centre de Documentation de Recherche et d’Expérimentation sur les pollutions accidentelles des eaux (CEDRE). La Ligue de Protection des Oiseaux (LPO) a également envoyé au centre des échantillons prélevés des oiseaux.

Depuis un mois, la LPO a recueilli une quarantaine d’oiseaux, blessés et morts. Des guillemots, des pingouins torda, des macareux moines… Tous portent des traces d’hydrocarbures sur leurs ailes. 4 ont pour le moment été relâchés, 10 sont en piscine, les autres sont morts. La présence d’hydrocarbure sur leurs ailes est probablement une des causes de leur décès.

Juliette Vincent-Seignet  06/12/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Commentaire:

La corosion atteint toutes les matières: métal des pétroliers et des sous-marins nucléaires coulés avec leurs ogives, bétons et autres emballages des déchets nucléaires qu’on jetait en mer dans la Manche. Enfin, les armes chimiques et gaz mortels des deux dernières guerres finiront bien aussi par atteindre la limite de 100 ans où plus rien n’est étanche.

Lire aussi:

Ces marées noires qui ont marqué la Bretagne

 

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06 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

ogm brest (fr3)

je-soutiens-les-faucheurs-volontaires-d-ogm

Brest : opération anti-OGM des faucheurs volontaires au port

Les Faucheurs volontaires ont bloqué les entrées de l’entreprise Bunge dans le port de commerce de Brest. Dès 6h45, ce vendredi 6 décembre, environ 70 Faucheurs volontaires ont bloqué les accès de l’entreprise Bunge, au port de commerce à Brest. Ils s’opposent aux importations de soja OGM. Les policiers ont évacué les manifestants vers 9h45.

Les manifestants ont été délogés dans le calme par la police nationale, sans opposer de résistance. Ils ont même remis la liste de tous les participants aux forces de l’ordre. Un de leur objectif est que leur action soit suivie d’une procédure judiciaire afin d’accentuer l’écho médiatique.

L’importation de soja OGM visé

Depuis 6h45, 70 manifestants bloquaient une des entrées de la société Bunge, un des poids lourd européen du négoce international de l’agro-alimentaire. Une société importatrice d’oléagineux. Vers 9 h, les camions bloqués commençaient à emprunter la seconde entrée.

Les Faucheurs volontaires dénoncent l’importation de soja OGM (Organisme Génétiquement Modifié).

Ils réclament « l’arrêt des importations d’OGM en France », « une transparence des politiques d’orientation agricole du conseil régional » et « une réelle modification du système agricole avec comme première mesure l’arrêt des subventions à la construction ou l’agrandissement des élevages industriels ».

Thierry Peigné 06/12/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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POURQUOI LES FAUCHEURS VOLONTAIRES BLOQUENT

LE PORT DE COMMERCE DE BREST ET L’ACTIVITÉ DE LA SOCIÉTÉ BUNGE
AU PORT DE COMMERCE BREST, gérée par la Chambre de Commerce et d’Industrie bretonne qui appartient au conseil régional, les principales marchandises importées sont les hydrocarbures et aliments pour bétail.

La principale marchandise exportée : le poulet congelé !LA SOCIÉTÉ BUNGE, leader européen dans le négoce international de l’agro-alimentaire, et pour partie l’import et l’export d’oléagineux, est installée depuis 2016 sur le port de Brest. Elle y stocke et distribue donc une part des 4,5 millions de tonnes de soja OGM-PESTICIDES arrivant chaque année d’Amérique du Nord et du Sud en France.

NOUS DÉNONÇONS :

- Les importations de soja et donc les monocultures OGM-pesticides en Amérique. Sur ce continent, elles génèrent l’accaparement des terres par les firmes de l’agro-business, l’élimination des paysans, la destruction des ressources (eau, sol, biodiversité) et en définitive une crise sanitaire et sociale pour les populations persistant à vivre dans ces zones de
monocultures

- La filière d’élevage industriel mortifère en France et en particulier en Bretagne (dont le poulet congelé destiné à l’export) que ce soja approvisionne. Dans notre région, cette agro-industrie est synonyme de pollutions des ressources, destruction de l’agriculture paysanne, et d’emplois peu rémunérés effectuées dans des conditions néfastes (travail de nuit, non-respect de la santé des travailleurs)

- L’acharnement des différents acteurs économiques et du syndicat majoritaire, la FNSEA, à persister dans cette impasse socio-économique qu’est le marché de l’ « alimentation des masses », avec ses filières export énergivores et destructrices des économies locales bien
plus « sociales et solidaires »

- L’asservissement des politiques qui font le choix de continuer à subventionner l’agro-industrie avec de l’argent public.

NOUS DEMANDONS DONC AUJOURD’HUI

- A rencontrer Olivier ALLAIN, vice-président du conseil régional à l’agriculture et Hervé VASSEUR, président de Nutrinoë, fédération des producteurs d’aliments pour bétail du grand ouest (et donc clients de l’entreprise Bunge). S’ils ne prennent pas de dispositions en cohérence avec l’urgence de la situation que nous dénonçons, ils doivent en assumer la responsabilité
d’élus et de décideurs économiques devant la société civile.

ET « DEMAIN » :

- L’arrêt des importations d’OGM en France et en particulier ceux qui y sont  interdits à la culture en France car ce que nous jugeons dangereux pour notre société nationale l’est également pour l’ensemble de l’humanité.

- Une transparence des politiques d’orientation agricole du conseil régional : ces choix concernent tous les habitants de la région, qu’ils soient agriculteurs ou non, car ils déterminent la qualité de vie de tous.

- Une cohérence du budget régional en accord avec une réelle transition (agro-)écologique. Nous demandons donc que soit rendu publique de manière régulière le budget actualisé aux différentes filières agricoles.

- Une réelle modification du système agricole avec comme première mesure l’arrêt des subventions à la construction ou l’agrandissement des élevages industriels. L’argent ainsi économisé doit être à disposition d’une agriculture respectueuse des travailheur-euses,et de tout les êtres vivants sur cette belle planète

NOUS CONTINUERONS

Nos actions déterminées qui sont un des ultimes remparts à la voracité mortifère des multinationales de l’agro-alimentaire et de leurs valets politiciens locaux et Européens. La désobéissance civique permettra, nous l’espérons, de fendre le silence complice des personnes qui ont trop à perdre pour défendre le bien commun. Le monde a ce qu’il faut pour les besoins de tous mais pas assez pour l’avidité de quelques-uns !

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04 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

cop 25 (lutte ouvrière)

voiture

COP 25 : les discours n’arrêteront rien

Initialement programmée au Chili où la révolte populaire contre le gouvernement se poursuit, la COP 25, vingt-cinquième conférence internationale des Nations unies sur le climat, se déroule finalement à Madrid jusqu’au 13 décembre.

De multiples associations et les scientifiques du monde entier répètent que cette COP 25 « est la dernière opportunité historique pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C d’ici la fin du siècle ».

Selon leurs études, si les émissions de dioxyde de carbone, le CO2, ne baissent pas de 7,6 % par an entre 2020 et 2030, la planète est partie pour un réchauffement supérieur avec des effets irréversibles. Une baisse aussi drastique est réclamée depuis des années par les experts.

Année après année, les grand-messes se succèdent, les mêmes discours alarmistes sont prononcés, des plans de réduction sont votés comme celui de Paris en 2015… et rien ne change.

Les épisodes caniculaires sont plus nombreux, les incendies ravagent l’Amazonie, les tempêtes augmentent en intensité dans diverses régions du globe, les glaces polaires fondent de plus en plus vite tandis que les émissions de CO2 ne baissent pas.

Il est de bon ton de dénoncer Trump et Bolsonaro, dirigeants des États-Unis et du Brésil, deux grands pays émetteurs de gaz à effet de serre qui refusent de mettre en œuvre l’accord de Paris, tout comme l’Australie.

De leur côté, les dirigeants européens jouent les vertueux. Ils préparent un Green New deal, un vaste programme d’aide publique censé organiser la transition écologique. Chacun dans son style, chacun flattant son électorat plus ou moins réactionnaire ou plus ou moins bobo, les dirigeants des grandes puissances défendent tous les intérêts immédiats de leurs groupes industriels.

Aucun ne prendra la moindre mesure contraignante pour imposer des contrôles et surtout des sanctions aux capitalistes de l’énergie, du transport, de la chimie ou du BTP qui polluent. À Madrid, Édouard Philippe fera des discours sur le climat, à Rouen il a couvert les manquements de Lubrizol. (Et c’est un ex-lobbyiste d’Areva blog)

En revanche, la lutte contre le réchauffement climatique fournit un nouveau prétexte pour arroser de subventions les grands groupes. Ainsi, les patrons de l’automobile sont venus lundi 2 novembre au ministère de l’Économie réclamer « un plan d’urgence » pour développer les moteurs électriques ainsi que des baisses d’impôts.

Nul doute que ceux qui ont imposé le moteur Diesel à toute la société trouveront le soutien de l’État pour se gaver avec la fabrication des moteurs électriques. Les travailleurs, eux, ont droit à des leçons de morale sur leur bilan carbone et à des taxes supplémentaires quand ils prennent leur voiture pour aller travailler ou quand ils se logent dans des passoires thermiques.

Le cynisme des dirigeants des grandes puissances alimente bien légitimement la révolte d’une partie de la jeunesse, qui manifeste dans de multiples pays.

Greta Thunberg, l’initiatrice de la grève de l’école pour le climat, prendra la parole à Madrid. Mais aucun discours, si sincère soit-il, n’arrêtera la machine à profit qui dicte ses choix à toute la société.

Pour enrayer la catastrophe climatique comme la catastrophe sociale en marche, il faut arracher le pouvoir aux capitalistes. C’est à cette tâche que la jeunesse révoltée et les travailleurs doivent s’atteler de toute urgence.

Xavier LACHAU 03 Décembre 2019
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02 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

bhopal (rebellyon npa)

bhopal

Catastrophe de Bhopal

Depuis le 2 décembre 1984, des décennies de laisser-aller criminel

Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1984 une cuve de produits chimiques explose dans une usine de pesticides à Bhopal, 800 000 habitants, capitale du Madhya Pradesh, au centre de l’Inde.

Cela fait suite à des déficiences récurrentes du système de sécurité, connues mais occultées pour raison d’économie. Ce sont 42 tonnes de gaz mortels qui s’échappent, asphyxiant en premier lieu le bidonville de Khasi Camp où les populations les plus pauvres sont agglutinées, et provoquent la mort de 3 800 personnes le 3 décembre, puis de 8 000 la première semaine, et de 25 000 personnes un peu plus tard dans d’atroces souffrances.

Mais il y a aussi de très nombreux blessés, malades et plus de 200 000 personnes qui sont maintenant gravement handicapées à vie et autant de personnes qui sont nées par la suite avec des malformations importantes.

L’entreprise américaine Union Carbide s’est volatilisée administrativement, puis a été rachetée par la multinationale Dow Chemical qui refuse de dépolluer le site et d’indemniser les victimes comme il se doit. Trente ans après, rien a changé. Un grand nombre d’enfants naissent encore aujourd’hui mal-formés suite à la consommation de l’eau des nappes phréatiques toujours contaminées…

Au sujet du nombre de morts et de blessés à vie, la catastrophe de Bhopal c’est Chernobyl + Fukushima réunies. Trente ans après, les habitants de notre planète ne font rien pour la plus grande catastrophe industrielle de l’histoire humaine…

La tragédie continue toujours…

Cette nuit-là, de l’eau s’infiltre dans la cuve n°610. La réaction chimique est instantanée : la température atteint 200°C ce qui fait monter en pression la cuve jusqu’à ce qu’elle explose. L’entreprise états-unienne Union Carbide, qui possédait l’usine, s’est volatilisée physiquement et financièrement après l’explosion et n’a jamais pris en charge le nettoyage du site.

Seuls les impacts médicaux avaient été pris en compte, en 1989, pour établir le montant de la compensation financière, qui avait alors été réglée à 470 millions de dollars (alors que la compensation avec la prise en charge du nettoyage du site est estimée à plus de 2 milliards de dollards). Depuis 2001, les actifs financiers et les bénéfices d’Union Carbide ont été repris par la multinationale géante Dow Chemical, qui a toujours refusé de reprendre les responsabilités dans la catastrophe de Bhopal.

Les prémices de la catastrophe de Bhopal

En 1982, déjà, une inspection détaillée fait apparaître dix déficiences sérieuses dans les systèmes de sécurité de l’usine. La population, elle, s’habitue à entendre le signal d’alarme qui, peu à peu, « fait partie du paysage ». De surcroît, elle n’a pas une éducation suffisante pour bien comprendre ce que peut signifier une véritable alerte dans cette usine.

Un autre problème apparaît. À partir de 1982, l’usine devient largement déficitaire à cause de la mévente de ses produits. UCC, la maison mère, envisage sa fermeture mais le gouvernement indien refuse car cela constituerait un très mauvais exemple pour d’autres investisseurs étrangers potentiels, un précédent défavorable.

Pour rééquilibrer ses comptes, la filiale indienne UCIL décide alors de réduire les frais d’exploita-tion et, pour ce faire, licencie progressivement une bonne partie du personnel qualifié, soit pour le remplacer par du personnel de moins bon niveau, soit pour ne pas le remplacer et simplement diminuer les effectifs. De ce fait, chacun s’habitue peu à peu à travailler avec des effectifs réduits. Il est donc probable qu’à partir de cette époque le personnel est conduit à ne plus faire que ce qui est directement contrôlable ou immédiatement nécessaire…

En 1984, après de multiples fermetures temporaires, on constate que deux des dix déficiences signalées en 1982 n’ont toujours pas été corrigées. Mais les directeurs pensent qu’il n’y a pas d’urgence, alors que l’unité de refroidissement du MIC continue à mal fonctionner et fait donc peser une menace permanente sur la sécurité. Il faut savoir que, dans le même temps, la maison-mère, UCC, gère une installation similaire à Institute en Virginie Occidentale ; par conséquent elle devrait être à même de peser très exactement les risques et les conséquences de chaque incident survenant à Bhopal.

La nuit tragique du 2 au 3 décembre 1984 :

Peu à peu les différents éléments du futur drame se mettent en place. Le premier incident significatif a lieu dans la journée du 21 octobre 1984 durant laquelle les opérateurs échouent dans leur tentative d’accroître la pression dans le réservoir 610 pour en extraire le MIC qui y est stocké. Il semble que les causes de cet échec, tout à fait anormal, ne seront pas examinées en profondeur et qu’aucune mesure ne va être prise, probablement par manque de personnel.

Arrive enfin la fatale nuit du dimanche 2 au lundi 3 décembre, alors que l’usine est partiellement fermée et tourne au ralenti avec des effectifs encore plus réduits que de coutume.

La majorité de la population alentour dormait à cette heure-là et sera frappée dans son sommeil par un nuage toxique qui s’abat sur elle, sur une étendue de vingt-cinq kilomètres carrés. Quant aux personnes qui ne dormaient pas, elles n’ont pas réagi car elles sont habituées depuis longtemps à ce signal d’alarme.

Les ouvriers de l’usine, conscients du danger, s’enfuient en courant dans la panique et personne ne songe même à utiliser les quatre autobus garés dans la cour. Comble de malchance, il sera difficile de prévenir les autorités car les lignes téléphoniques de l’usine fonctionnent mal.

La panique s’étend à toute la ville et, dans la plus totale incompréhension, des centaines de milliers de personnes sont prises au piège, errant dans les ruelles étroites du bidonville, cherchant des secours qui tarderont beaucoup à se mettre en place, essayant de sauver un proche agonisant.

Tout cela souvent à l’aveuglette car le gaz attaque d’abord les yeux, entraînant une cécité, provisoire dans les cas favorables, avant de s’engouffrer dans les poumons pour provoquer de graves insuffisances respiratoires.

Les trois cent cinquante médecins de la ville qui peu à peu se mobilisent perdent beaucoup de temps à comprendre ce qui se passe car aucun d’entre eux n’a été informé sur la nature exacte du pesticide et les dangers qu’il présente. Quant aux installations médicales disponibles, déjà insuffisantes en temps normal, il est inutile de préciser qu’elles apparaissent alors très en deçà des besoins.

Dès le 4 décembre, l’Américain Warren Anderson, PDG de l’usine, part sur les lieux avec une équipe d’experts pour essayer de faire la lumière sur le drame. Mais ce déplacement se fera en vain. Anderson est arrêté et emprisonné puis finalement expulsé. Il se soustrait par la suite à toutes les convocations judiciaires en Inde. [1]

Ce n’est que le 20 décembre que les autorités laisseront venir la commission d’enquête sur les lieux. Dès le 6 décembre, l’usine a été fermée et on a juste commencé d’entreprendre son démantèlement.

Les questions qui se posent dans le rôle et le comportement des dirigeants de Union Carbide

Dans cette sinistre affaire, il est utile de se poser d’abord quelques questions. Les intérêts en jeu et les différences de vision sur les développements juridiques, financiers, légaux entre Américains et Indiens font que bien souvent aucune réponse n’a été apportée, ou bien deux réponses contradictoires : l’indienne et l’américaine !

36 ANS APRÈS LA CATASTROPHE DE BHOPAL, DES MESURES SÉRIEUSES DE DÉCONTAMINATION N’ONT PAS ÉTÉ PRISES POUR LA SANTÉ DE LA POPULATION ET LES VICTIMES ATTENDENT TOUJOURS D’ÊTRE INDEMNI-SÉES COMME IL SE DOIT !

Encore aujourd’hui, il y a dans la région autour de Bhopal énormément de naissances avec des malformations, énormément de bébés morts prématurément, ainsi qu’énormément de personnes souffrant de graves problèmes de santé.

Une enquête montre que 90% des habitantes allaitantes de Bhopal présentent du mercure dans le lait maternel, ce qui ralenti le développement normal du foetus. Il semble que boire de l’eau aujourd’hui dans la région de Bhopal entraîne toutes ces malformations, car l’eau est, trente ans après, encore empoisonnée !

Mais on a prouvé d’ailleurs que l’eau était déjà empoisonnée bien avant la catastrophe… Selon une série d’analyses chimiques des sources d’approvisionnement en eau aux alentours de l’usine réalisée par Greenpeace, des métaux lourds ont été décelés dans l’eau : zinc, cuivre, plomb, nickel, mercure, parfois à un niveau jusqu’à six millions de fois supérieur à la présence naturelle de ces éléments dans les sols.

En effet on finit par connaître que des résidus de pesticides produits dans l’usine depuis 1977 étaient carrément déversés à l’époque dans un lac à proximité de l’usine. Et puis les pesticides abandonnés dans cette usine-poubelle depuis 30 ans, et qui ont été lessivés par les pluies, contaminent aussi les nappes phréatiques et donc l’eau potable pour toute la population aux alentours de l’usine d’Union Carbide.

C’est ainsi qu’un certain nombre de substances très toxiques perpétuent encore aujourd’hui la contamination et les impacts sur les populations. Quand cette tragédie va-t-elle être justement prise en compte ?

2 décembre 2019

https://rebellyon.info/

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02 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

cheminots (acta)

cheminots

Réforme des retraites 

« C’est une attaque contre l’ensemble de la population »

À quelques jours de la grève générale du 5 décembre contre la réforme des retraites, qui s’annonce comme une importante journée de lutte, nous avons rencontré Damien, agent de circulation à la SNCF et syndicaliste CGT.

ACTA : Est-ce que tu pourrais m’expliquer les raisons qui t’ont amené à prendre position contre la réforme des retraites ?

Déjà par rapport au système des retraites, le premier élément est que c’est une attaque contre l’ensemble de la population. C’est pas spécifique contre les cheminots ou autre. Après, j’ai une particularité, c’est que je suis cheminot, mais je suis contractuel. En fait, je suis au régime général. C’est absolument pas quelque chose de corporatiste, et même pour l’ensemble des collègues cheminots ce n’est pas du tout ça. C’est vraiment que l’on voit que l’ensemble de la population est attaquée une nouvelle fois (parce que ce n’est pas la première) et que la réponse est indispensable.

Ça fait plusieurs semaines qu’on prépare une grève reconductible qui peut durer deux, trois, voire quatre semaines, sans aucun problème.

On se rend compte qu’aujourd’hui déjà c’est la galère pour les gens qui partent à la retraite et que c’est compliqué de vivre, sauf pour ceux qui ont des salaires à 4 000 ou 5 000 balles par mois. Mais ceux qui ont des salaires entre le SMIC et 2 000 balles par mois, il ne leur reste pas grand-chose une fois à la retraite. Quand on sait qu’il va y avoir une perte de minimum 100 ou 200 balles par mois, c’est juste pas possible de vivre derrière avec ça.

Il y a en plus toute l’arnaque du système par point, mais à la rigueur c’est des aspects techniques.

C’est pas tellement ça qui fait la mobilisation. C’est juste qu’à un moment, il y a une attaque supplémentaire contre le monde du travail, c’est-à-dire l’ensemble de la population, et que c’est pas l’attaque de trop car on s’était déjà mobilisé auparavant, mais c’est une attaque qui mérite une réponse largement plus élevée et plus importante que les mobilisations précédentes.

Du coup, il n’y a pas eu de réflexion particulière. C’était évident qu’il allait falloir se battre, que la bagarre ça serait pas une journée à droite à gauche, des grèves par-ci par-là, et qu’il va falloir rentrer dans un conflit qui est dur et que clairement ça fait plusieurs semaines qu’on se prépare à une grève reconductible qui peut durer deux, trois, voire quatre semaines, sans aucun problème.

ACTA : Avec les récentes grèves qui ont eu lieu à la SNCF, comment t’expliques que vous arrivez toujours à être aussi mobilisés alors qu’il y a quand même eu une succession de défaites ?

Il y a eu clairement des défaites, malgré des belles mobilisations. Après, on pourrait discuter des formes qu’elles ont prises, avec l’histoire de la grève deux jours sur cinq. Chacun peut avoir son avis là-dessus, mais le fait est qu’au bout du bout on n’a pas réussi à faire plier le gouvernement et la direction de la SNCF.

Au début, on aurait pu craindre qu’effectivement cette succession de mobilisations aurait démobilisé. En cumulé, c’est presque une grève reconductible chaque année depuis je sais pas combien de temps. C’est compliqué, mais encore une fois quand on voit l’attaque et quand on voit en plus dans quel contexte se passe l’attaque au niveau de la SNCF – c’est-à-dire qu’au premier janvier il n’y a plus de recrutement au statut…

Alors le recrutement au statut, ce n’est pas juste un recrutement au statut. Il permet un certain nombre de garanties, notamment une assez importante et qui fait bien chier les patrons jusqu’à présent, c’était qu’un cheminot au statut ne pouvait pas être licencié pour motif économique.

C’est-à-dire que demain quand ils vont privatiser, parce qu’ils sont en train de privatiser le rail français pour le donner aux actionnaires, s’ils ne peuvent pas licencier pour motif économique ça va les faire chier. Les actionnaires veulent pouvoir jouer sur la masse salariale et jeter les gens quand ils en ont envie, ils veulent pouvoir vendre à quelqu’un qui va pas forcément reprendre les salariés, etc.

Du coup, c’est toute cette attaque et toute cette remise en cause du mode de fonctionnement du chemin de fer en France depuis des lustres, qui vient donner une motivation supplémentaire. Parce que là il y a l’attaque contre les retraites et dans la foulée il y a aussi la mise en œuvre de la modification de la SNCF.

Tout ça en même temps, ça fait déjà une bonne base de contestation et de ras le bol dans la boîte. En plus, viennent s’ajouter à ça des gros problèmes de sécurité. Parce que voilà on a vu les conducteurs se plaindre de l’absence des contrôleurs, car contrôler les billets ça n’est qu’une petite partie de leur boulot et justement parce qu’une grosse partie de leur boulot c’est d’assurer la sécurité des voyageurs.

Lorsqu’on retire les contrôleurs, on retire la personne qui est censée veiller à la sécurité des voyageurs à bord du train. Typiquement, quand il y a eu l’accident la dernière fois à un passage à niveau, on s’est retrouvé avec un conducteur qui a dû protéger le train en lui même pour éviter qu’un autre train ne vienne dessus, évitant un carton qui aurait fait de cet accident une catastrophe.

La conséquence, c’est qu’il n’y avait plus personne dans le train pour aider les voyageurs à descendre du train. Quand on est à quai, c’est facile de descendre du train, mais, quand on est en-dehors de tout quai, c’est des fois quatre-vingt centimètres, un mètre, un mètre vingt. Il y avait des personnes âgées et des femmes enceintes à bord du train, elles ont dû se démerder. Les gens étaient livrés à eux-mêmes. Plus encore d’autres modifications réglementaires, sans rentrer dans les détails, qui vont, au nom de la régularité des trains, mettre en péril réellement la sécurité des voyageurs.

En gros, la SNCF fait du risque calculé, un peu comme les assurances. On se dit : quelle est la probabilité que ça arrive vraiment ? Sauf que moi, mon métier est d’assurer la sécurité des circu-lations. Mon métier ce n’est pas de savoir quel est le risque que ça arrive. C’est comment je fais pour être certain que ça n’arrive pas.

Toutes ces modifications là viennent s’empiler les unes sur les autres. Après, il y a aussi d’autres choses. On a pas eu d’augmentation de salaire depuis cinq ans, mais ça c’est la même merde que tout le monde vit dans les autres boîtes, pas plus pas moins. Tout ça créé un terreau qui fait que la mobilisation est clairement en train de prendre à la SNCF. (Pour la suite voir lien)

27 novembre 2019

https://acta.zone/

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02 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

climat 1 (essf)

climat

Regret, consternation, effroi :

Le réchauffement climatique lié aux activités humaines est connu depuis 40 ans

Mohamed Nasheed, ancien président des Maldives : « Pour comprendre la réalité du réchauffement, il faut avoir de l’eau dans son salon. Chez nous, aux Maldives, l’eau est déjà dans la maison. »

La communauté internationale et les politiques ont ignoré les avertissements des scientifiques, et des entreprises ont sciemment semé le doute dans l’opinion.

Sur la question climatique, tout regard rétrospectif sur l’accumulation du savoir depuis un demi-siècle ne peut produire que deux réactions : regret et consternation d’une part, effroi d’autre part.

Regret et consternation car, bien que la science sache fermement, depuis au moins la fin des années 1970, que les émissions humaines de gaz à effet de serre modifient profondément le climat terrestre, rien n’a été entrepris à temps pour infléchir le cours des choses. Effroi, car les nouvelles connaissances conduisent presque toujours à aggraver les diagnostics précédents.

Mi-septembre 2019, les deux grandes institutions scientifiques françaises impliquées dans des travaux de modélisation du climat terrestre – le Centre national de recherches météorologiques et l’Institut Pierre-Simon-Laplace – ont rendu publique la mise à jour de leurs projections [1] :

Dans le pire des scénarios de développement, fondé sur une croissance économique soutenue par la combustion des ressources fossiles, la température moyenne mondiale pourrait s’élever, d’ici à 2100, de 6 °C à 7 °C par rapport au climat préindustriel.

Les dernières simulations de ces deux équipes, utilisées dans le dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), sous-estimaient donc l’élévation de la température de près de 1 °C. Comment imaginer l’adaptation des sociétés et des écono-mies dans un monde oppressé par une telle hausse des températures ? Cette question est dangereusement ouverte.

Incendies et canicules

Car, aujourd’hui, le thermomètre terrestre ne pointe qu’à environ 1 °C de réchauffement, mais la situation est déjà difficilement gérable dans les régions du monde les plus exposées aux risques de sécheresses, de canicules ou d’inondations.

A 1 °C de réchauffement, les océans se sont en moyenne déjà élevés de 20 cm environ, l’acidité de leurs eaux de surface s’est accrue de 25 % environ et l’avenir réserve d’autres surprises, plus sombres encore. Chaque saison estivale charrie désormais un lot croissant de catastrophes.

Dans un pays comme la France, pourtant moins exposé aux risques du réchauffement que nombre de régions du monde, on comptait moins de deux épisodes caniculaires par décennie entre 1950 et 1990 sur le territoire métropolitain, alors qu’on en dénombre déjà seize entre 2010 et 2019.

Soit un taux huit fois plus élevé. En très peu de temps, le changement climatique a cessé de n’offrir aux citoyens occidentaux que le spectacle des malheurs de pays pauvres et lointains, voire la possibilité de dommages éventuels dans un futur distant.

L’été 2019, dont le mois de juillet a été le mois le plus chaud jamais mesuré, tous mois confon-dus, a plus encore que les précédents vu s’enchaîner des désastres de grandes magnitudes.

Incendies hors de contrôle en Sibérie, avec une superficie de forêt boréale de la taille de la Belgique partie en fumée en quelques mois.

Deux canicules en France, avec des températures excédant, fin juillet, les 40 °C dans une cinquantaine de villes, et un record absolu à près de 46 °C, à Gallargues-le-Montueux, dans le Gard.

Températures excédant 30 °C au-delà du cercle polaire ; en Inde, les 10 millions d’habitants de la ville de Chennai ont dû être ravitaillés en eau douce par trains spéciaux… Au Sahel, la sécheresse pourrait rapidement devenir chronique.

Les zones mortes de l’océan augmentent imperturbablement. Elles ont gagné de 3 % à 8 % de leur surface entre 1970 et 2010, et la tendance accélère

Encore tout cela n’est-il qu’un amer avant-goût de l’avenir prévisible. Au rythme actuel des émis-sions de gaz à effet de serre, rien ne semble en mesure d’empêcher le franchissement, dès 2030-2040, du seuil de 2 °C de réchauffement par rapport au climat préindustriel, fixé par l’accord de Paris.

En plus d’un quart de siècle, la diplomatie climatique n’a donné aucun résultat tangible sur la baisse des émissions mondiales de gaz à effet de serre : jusqu’à présent, la réalité a correspon-du avec le pire scénario d’émissions imaginé par les chercheurs.

Les températures ne sont pas tout.

Ce qui se produit dans l’océan est plus massif encore. Inaccessibles aux sens, les boulever-sements qui frappent la physico-chimie et la biologie des mers du globe sont gigantesques. Songeons que l’océan a absorbé plus de 90 % de la chaleur excédentaire introduite dans le système Terre par les émissions de gaz à effet de serre humaines produites depuis l’après-guerre.

Il éponge aussi une grande part du dioxyde de carbone émis par les humains et poursuit son acidification à un rythme inédit depuis 300 millions d’années, excédant les capacités d’adaptation de nombreuses espèces.

Acidification, réchauffement, stratification, mais aussi baisse de la teneur en oxygène et accumu-lation des effluents de l’agriculture intensive : les zones mortes de l’océan augmentent impertur-bablement. Elles ont gagné de 3 % à 8 % de leur surface entre 1970 et 2010, et la tendance accélère, menaçant la productivité biologique des écosystèmes marins – c’est-à-dire la capacité de l’océan à fabriquer et à maintenir la vie.

Une grande part de l’impact du réchauffement sur les sociétés passera par l’océan, qui fournit une portion importante des protéines du régime alimentaire de centaines de millions d’individus.

Tout comme 680 millions d’individus vivent aujourd’hui en zones côtières de basse altitude, vulnérables à l’élévation du niveau marin. Celui-ci pourra grimper de 1 mètre d’ici à la fin du siècle, en cas de poursuite sans contrainte des émissions.

Et, dans son dernier rapport spécial sur l’océan, le GIEC projette que les populations vulnérables à l’érosion des côtes et à l’avancée de l’océan à l’intérieur des terres pourraient atteindre 1 milliard d’individus.

Stéphane Foucart 1er décembre 2019

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02 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

climat 2 (essf)

Climate

Prise de conscience brutale

Tous les aspects de l’organisation des sociétés humaines sont et seront lourdement touchés par le réchauffement. De la production primaire à la production énergétique, de la stabilité des servi-ces écosystémiques à la disponibilité des ressources en eau : tous les secteurs économiques devront s’adapter à marche forcée tout en tentant de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Rien ne dit, tant s’en faut, que cela sera toujours possible : avec quelques degrés de plus, ce sont des zones entières du globe qui ne seront simplement plus habitables.

La rapidité des changements survenus entre le milieu et la fin des années 2010 a surpris les opinions.

En dépit de l’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux Etats-Unis et de celle de Jair Bolsonaro au Brésil, un basculement rapide s’est opéré entre le climatoscepticisme triomphant du début des années 2010 et la prise de conscience brutale de la gravité du problème moins d’une décennie plus tard.

Cette bascule ne reflète nullement une évolution de la connaissance disponible sur la question climatique. Au contraire : celle-ci est relativement stable depuis la fin des années 1970. En 1979, le sujet est mis à l’agenda de la diplomatie mondiale lors de la première Conférence internatio-nale sur le climat, tenue à Genève sous l’égide de l’Organisation météorologique mondiale.

La réunion conclut qu’il faut intensifier la recherche mais, la même année, la Maison Blanche demande à l’Académie nationale des sciences américaine son expertise sur le sujet. La vénéra-ble institution rassemble les meilleurs spécialistes américains, conduits par Jule Charney (1917- 1981), physicien de l’atmosphère et professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT).

Leur rapport, baptisé plus tard « rapport Charney », est le premier document consensuel dans lequel la science moderne prédit un réchauffement, en raison du renforcement de l’effet de serre. Les experts du rapport Charney estimaient qu’un doublement de la concentration du gaz carbonique dans l’atmosphère conduirait à un réchauffement moyen compris entre 1,5 et 4,5 °C

« Depuis plus d’un siècle, nous savons que des changements de la composition de l’atmosphère peuvent modifier sa faculté à absorber l’énergie du soleil, explique le rapport dans son préambu-le. Nous avons la preuve irréfutable que l’atmosphère se modifie et que nous contribuons à ce changement.

Les concentrations atmosphériques de dioxyde de carbone augmentent continûment, ce qui est lié à la combustion des ressources fossiles et à l’utilisation des sols. Puisque le dioxyde de carbone joue un rôle significatif dans l’équilibre thermique de l’atmosphère, il est raisonnable de penser que son augmentation continue affectera le climat. »

En dépit de la baisse des températures, enregistrée depuis trois décennies, les auteurs accor-daient suffisamment de confiance à la science disponible pour prévoir un renversement de la tendance. Qui s’est bel et bien produit.

Les experts du rapport Charney estimaient en outre qu’un doublement de la concentration du gaz carbonique dans l’atmosphère conduirait à un réchauffement moyen compris entre 1,5 et 4,5 °C.Soit une estimation un peu plus optimiste que celle produite aujourd’hui avec les moyens modernes de calcul et de modélisation du climat terrestre.

Surtout, le rapport annonçait déjà la tragédie à venir. Et précisait que, si les pouvoirs publics attendaient de voir les premiers effets du réchauffement se manifester pour réagir, il serait trop tard, du fait de l’inertie du système climatique, pour en éviter les désagréments majeurs.

« Attendre pour voir avant d’agir signifie attendre qu’il soit trop tard », écrivaient les auteurs du rapport Charney. Ayant attendu pour voir, la communauté internationale a ainsi attendu, comme il était prévu, qu’il soit trop tard. 

Un éditorial alarmiste dès 1979

Cette connaissance n’est pas demeurée loin du débat public et des décideurs. En juillet 1979, la grande presse américaine se saisit du sujet et traite du risque climatique dans son éditorial.

« Les conséquences [de l’accumulation de dioxyde de carbone dans l’atmosphère], bien qu’incertaines, peuvent être désastreuses. Le dioxyde de carbone bloque l’évacuation du rayonnement de la Terre dans l’espace.

L’effet de serre résultant peut réchauffer le climat, en particulier dans les régions polaires, lit-on dans l’éditorial du 12 juillet 1979 du New York Times. Les régimes des vents et des précipita-tions, les courants marins pourront être déstabilisés, les zones agricoles pourraient se déplacer vers le nord, là où la terre est moins fertile, et la fonte des calottes polaires pourrait à terme élever le niveau des mers jusqu’à 6 mètres, inondant les plaines côtières fortement peuplées, partout dans le monde.

Dans le passé, de petites variations du climat ont perturbé les récoltes dans de nombreux pays et ont porté les pays du Sahel, en Afrique de l’Ouest, au bord de la ruine. Il n’est pas difficile de voir comment une intensification de l’effet de serre peut produire une catastrophe bien pire que tout accident nucléaire imaginable. »

Cette haute probabilité de la catastrophe à venir n’a pas empêché le scepti-cisme de s’installer.

Car derrière la procrastination de la communauté internationale et le peu d’intérêt manifesté par les politiques se cachent la faible mobilisation et l’incrédulité des opinions. Un scepticisme savamment entretenu par les intérêts économiques qui auraient à pâtir d’une taxation mondiale du carbone.

Tout au long des années 2000, des sommes considérables sont investies dans un travail de fond visant à décrédibiliser la science climatique, discipline aux résultats présentés comme très incertains et motivés par des considérations idéologiques.

Une myriade de think tanks ou d’organisations-écrans financées par les industries pétrolières, gazières et pétrochimiques, ou par les fondations philanthropiques des grandes familles proches des milieux conservateurs américains, recrutent de pseudo-experts qui accaparent les médias, maintiennent une armada de blogs et de commentateurs anonymes inondant la Toile de contrevérités sur la question climatique.

Avec succès. Des manœuvres d’autant plus choquantes que certaines des grandes entreprises pétrolières américaines avaient elles aussi, dès la fin des années 1970, pleinement connaissan-ce de l’ampleur des risques liés à la combustion des énergies fossiles.

Dans les années 1990 et 2000, Exxon Mobil a continué de s’offrir, avec régula-rité, des publi-informations évoquant systématiquement la science climatique comme « incertaine »

En 2015, le Los Angeles Times et le site Inside Climate News ont révélé des dizaines de docu-ments internes du pétrolier Exxon, montrant que les ingénieurs et les scientifiques de l’entreprise n’avaient aucun doute sur l’ampleur de ce qui était à l’horizon. « Au rythme actuel de leur combustion, les ressources fossiles provoqueront des effets environnementaux dramatiques avant 2050 », lit-on par exemple dans un document daté de 1979.

Deux historiens des sciences américains, Geoffrey Supran et Naomi Oreskes, ont comparé ces documents confidentiels – ainsi que d’autres textes rédigés par des chercheurs d’Exxon pour des colloques ou des revues savantes – à ceux que le pétrolier destinait au grand public sur le réchauffement.

Ils ont ainsi étudié plus de 150 documents scientifiques produits entre 1977 et 2014 par Exxon, Mobil ou ExxonMobil – le fruit de la fusion des deux entreprises en 1998 – et les publi-rédactionnels publiés par ces sociétés dans le New York Times au cours de la même période.

Stéphane Foucart 1er décembre 2019

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02 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

climat 3 (essf)

dino

Quand a-t-on détecté les premiers signes de l’influence humaine sur le climat ?

Un été 1988 très chaud en Amérique

Selon deux historiens, « en tenant compte des expressions de doute raisonnable, 83 % des articles scientifiques et 80 % des documents internes [de l’entreprise Exxon] reconnaissent que le changement climatique est réel et causé par l’homme, contre seulement 12 % de ses publi-rédactionnels, dont 81 % expriment au contraire des doutes » sur la réalité du phénomène ou sur sa cause anthropique.

Dans les années 1990 et 2000, ExxonMobil continue de s’offrir, avec régularité, des publi-informations évoquant systématiquement la science climatique comme « incertaine », trop en tout cas pour justifier des mesures.

« Il ne faut pas mettre la charrue politique avant les bœufs scientifiques », argumentait l’un de ces textes. ExxonMobil a donc été l’un des grands argentiers du climatoscepticisme, alors que ses propres services ne doutaient pas de la réalité du changement en cours et de ses causes anthropiques.

En dépit de cette campagne et dans la foulée du rapport Charney, un petit groupe de scientifi-ques, de militants et de responsables de l’administration américaine se sont discrètement démenés, tout au long des années 1980, pour contraindre à l’action les Etats-Unis – et à leur suite le reste du monde.

En vain. Le rapport Charney a été rangé dans les tiroirs de l’administration Carter. Il faudra attendre près d’une décennie pour que l’affaire s’installe, pour de bon, au centre de l’attention médiatique. Qu’elle devienne « un sujet ».

Quand en a-t-on pris conscience ?

L’événement a une date et un lieu précis : il s’est produit le 23 juin 1988, sous les ors du Sénat des Etats-Unis, au début de l’une des pires saisons estivales qu’ait connues l’Amérique du Nord.

La presse américaine égrène alors les records de températures et compte les jours sans pluie. Les Etats céréaliers courent à la catastrophe ; la moitié du parc national de Yellowstone est en feu ; le porte-parole du président Reagan appelle sans rire ses compatriotes à « prier pour que la pluie tombe ».

Le 23 juin, une commission parlementaire auditionne des scientifiques sur les anomalies météorologiques qui sévissent. Parmi eux, un certain James Hansen, directeur du Goddard Institute for Space Studies, le laboratoire d’étude du climat de la NASA, fait sensation.

Il annonce que l’ampleur des événements excède la variabilité naturelle du climat et que la Terre est entrée dans une phase de réchauffement dû aux activités humaines. Contre l’avis de la majorité de ses pairs – qui estiment que ce réchauffement n’est pas encore sensible, il se dit sûr de son fait « à 99 % ».

Le lendemain, les déclarations de James Hansen font la « une » du New York Times : le changement climatique est désormais mis à l’agenda médiatique et politique mondial. La création du GIEC, cette même année, sous l’égide des Nations unies, lui permettra d’y rester.

Mais rien ne sera pourtant sérieusement entrepris pour lutter contre la dérive climatique.

« Pour comprendre la réalité du réchauffement, il faut avoir de l’eau dans son salon, confiait au Monde, en octobre 2010, le président des Maldives (2008-2012), Mohamed Nasheed. Un jour, à New York, ils verront de l’eau dans leur salon et ils se diront : “Tiens, le changement climatique est une réalité !” Chez nous, aux Maldives, l’eau est déjà dans la maison. »

Stéphane Foucart dimanche 1er décembre 2019

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02 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

fossiles (essf)

cartel_cumbreclimamadrid

Manif à le COP 25 Madrid

Charbon, pétrole, gaz

Une production d’énergies fossiles incompatible avec les objectifs climatiques

La seule production de charbon prévue en 2030 excède de 150 % le niveau compatible avec l’objectif de contenir le réchauffement à 2 °C.

Charbon, pétrole et gaz forment un cocktail délétère. Une addiction dont l’humanité (et un tout petit peu le capitalisme? blog)  ne parvient pas à se sevrer et qui l’entraîne irrémédiablement vers de graves maux.

D’ici à 2030, les pays prévoient de produire beaucoup trop d’énergies fossiles, bien plus que ce qu’impliquerait le respect des objectifs de l’accord de Paris de 2015 :

53 % de plus que ce qu’il faudrait pour contenir le réchauffement à 2°C d’ici à la fin du siècle et

120 % de trop pour le limiter à 1,5°C.

Ces estimations sont le fruit d’un travail inédit de plusieurs organismes de recherche, avec le soutien du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), dans un rapport publié le 20 novembre [1].

Pour la première fois, des scientifiques ont estimé le production gap, c’est-à-dire l’écart entre la production d’énergies fossiles anticipées par les Etats et les niveaux qui seraient nécessaires pour limiter le réchauffement à un seuil soutenable.

Ce fossé est le plus grand en ce qui concerne le charbon : la production prévue en 2030 excède de

150 % le niveau compatible avec l’objectif de 2°C et de

280 % l’objectif de 1,5°C.

Les prévisions de production de pétrole et de gaz en 2040 dépassent, elles, respectivement de 43 % et de 47 % les niveaux compatibles avec un réchauffement de 2°C.

Le « production gap » représente l’écart entre la production anticipée d’énergies fossiles d’ici à 2040  et ce qu’il serait nécessaire pour respecter les objectifs de l’accord de Paris de ne pas dépasser 1,5°C ou, d’être bien en-deçà de 2°C de réchauffement.

Malgré la progression des renouvelables, les énergies fossiles représentent toujours 80 % de l’énergie primaire mondiale.

Elles sont responsables de 75 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre – qui ont battu un record historique cette année – et de 90 % des seuls rejets de CO2.

Comment expliquer cette place toujours prépondérante de ces carburants du réchauffement climatique ? Selon le PNUE, les gouvernements soutiennent la production d’énergies fossiles de nombreuses façons. Ils jouent non seulement un rôle central dans la délivrance de permis d’exploration et de production, mais ils soutiennent également l’industrie fossile par des investissements directs, des exonérations fiscales ou encore le financement de la recherche et du développement.

Le rapport, qui passe en revue les plans énergétiques de dix producteurs majeurs, note des différences pour expliquer l’augmentation prévue de la production : pour certains pays, comme les Etats-Unis, la Russie ou le Canada, il s’agit de répondre à la demande extérieure, tandis que d’autres, à l’instar de l’Inde ou de la Chine, tentent de limiter voire de mettre fin à leurs importations.

Certains Etats, pourtant, cherchent à réguler la production d’énergies fossiles, en mettant en place des moratoires totaux ou partiels sur l’exploration et l’exploitation de pétrole ou de gaz (comme en France, au Danemark, en Nouvelle-Zélande ou au Costa Rica) ou en prévoyant un plan de sortie du charbon, comme en Allemagne ou en Espagne.

En 2019, l’électricité générée à partir du charbon est en passe de connaître une baisse de 3 %, la plus forte de l’histoire, selon une étude publiée lundi 25 novembre par Carbon Brief, un site spécialisé dans l’analyse de données sur le climat et l’énergie. Reste que, si le déclin est durable en Europe et aux Etats-Unis, la Chine, premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, multiplie les projets de construction de nouvelles centrales.

Audrey Garric 26 novembre 2019

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