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21 juin 2017 ~ 0 Commentaire

famine afrique (npa)

Francafrique

La famine comme politique contre les peuples

Une politique agricole désastreuse

(…) Traditionnellement, les spécialistes considèrent qu’il y a trois phases concernant les pénuries de nourriture et d’eau potable. La crise alimentaire, l’urgence alimentaire et la famine, qui elle-même correspond à des critères adoptés par la FAO (l’organisation des Nations-Unis pour l’alimentation et l’agriculture) :

« Un certain nombre de facteurs doivent être réunis : notamment, plus de 30 % des enfants doivent être atteints de malnutrition aiguë, deux décès doivent être recensés chaque jour pour 10 000 habitants, une maladie  pandémique doit s’être déclarée ; chaque jour, les habitants doivent avoir accès à moins de quatre litres d’eau et leur nourriture doit leur apporter moins de 2 100 calories ; des déplacements de population à grande échelle doivent également être observés, ainsi que des conflits civils, et la perte totale des biens des habitants et de leurs sources de revenus. »

Selon la FAO, vingt-huit pays africains nécessitent aujourd’hui une assistance alimentaire. Au-delà des conflits, cette situation reflète l’absence d’une réelle politique de soutien réelle à l’agriculture, la pêche et l’élevage qui emploient en moyenne près de 60 % de la population active.

Sous l’impulsion des institutions financières de Bretton-Woods, les gouvernements africains enchaînés par la dette ont dû obtempérer aux dictats  économiques.

En matière agricole, il s’agissait de se réorienter massivement vers une culture d’exportation, certes capable de ramener des devises fortes nécessaires au paiement des intérêts de la dette, mais incapable de nourrir les populations. Dans le même temps les caisses d’équilibrage des productions agricoles ont été supprimées. Si ces caisses ont souvent été un moyen d’en- richissement des élites, elles avaient le mérite d’apporter une certaine stabilité des prix, néces- saire pour les petits agriculteurs.

On ne compte donc plus aujourd’hui les faillites provoquées par la volatilité des prix sur les denrées alimentaires, liée aux spéculations financières qui se jouent notamment à la bourse de Chicago. Les programmes d’ajustement structurels ont anéanti tous les moyens de stockage que possédaient les pays africains, les laissant sans aucune défense devant les exigences des grands groupes de l’agroalimentaire. Même les petites unités de stockage nécessaires aux périodes de soudure pour les petits paysans ont été démantelées.

Or plus la situation agricole est précaire, plus le risque de famine est important. Comme en témoigne la situation en Ethiopie : « depuis plusieurs années les paysans du Tigray (est et centre), du Wollo, du Wag Hamara et du l’Harargué connaissent des déficits alimen-taires réguliers qui les contraignent progressivement à liquider leur maigre capital. Engagés dans une spirale de paupérisation, ils deviennent structurellement dépendants d’une assistance alimentaire extérieure. »

Aujourd’hui en Afrique, ce sont avant tout les petits paysans qui sont les plus pauvres, et les aides des gouvernements locaux en soutien à leur paysannerie est déses- pérément faible en dépit des Accords de Maputo de 2003, qui prévoyaient de consacrer au moins 10 % des dépenses publiques en faveur du secteur primaire. Cette agriculture familiale a besoin d’aide, non seulement sur un plan financier mais aussi au niveau des infrastructures, des unités de stockage et de transformation des produits agricoles. Elle a aussi besoin de routes et de chemins de fer pour la distribution des denrées sur le territoire national ou au niveau régional. Il est « essentiel que les donateurs apportent un soutien accru aux program- mes de gestion des risques de catastrophes comme les systèmes d’alerte précoce, à la constitution de stocks de denrées alimentaires, de médicaments et autres réserves positionnées de manière stratégique, et aux programmes d’irrigation. »2 Actuellement, la résilience après une crise alimentaire est quasiment nulle, et l’exode des paysans de leurs terres en Afrique est souvent définitif.

La plupart des gouvernements africains tournent le dos à une politique d’aide à l’agriculture familiale, préférant, sous les conseils des structures financières internationales, vendre les terres à de grands groupes industriels de l’agroalimentaire pour promouvoir une agriculture d’exportation. Ainsi ce sont des milliers de paysans qui se trouvent du jour au lendemain expulsés de leurs terres et victimes d’une insécurité foncière qui est volontaire de la part des autorités locales. Comme l’indique le rapport de l’association Oakland Institute, qui a travaillé au Mali sur quatre investissements de terres arables : « la Banque Mondiale a orga- nisé l’environnement économique, fiscal, et juridique du Mali de manière à favoriser l’acquisition de vastes étendues de terres fertiles par une poignée d’intérêts privés au lieu d’apporter des solutions à la pauvreté et à la faim généralisées dans le pays ».3

Certes, après chaque grande famine on entend, de la part des dirigeants des pays riches, le rituel « plus jamais ça » accompagné de déclarations de soutien à l’agri- culture. C’est ainsi qu’un an après la famine de 2011 en Somalie, les pays du G8 se sont réunis à Camp David aux Etats-Unis pour lancer la « politique d’une nouvelle initiative de sécurité alimentaire et de la nutrition ». Au-delà des  mots, cette politique a permis d’ouvrir en grand les portes des marchés africains aux trusts de l’agroalimentaire, comme le souligne un rapport conjoint d’OXFAM, Action contre la faim et du CCFD-Terre Solidaire:

« Notre étude de la Nouvelle Alliance nous a montré que  le véritable objectif du G8 n’était pas de mettre fin à la pauvreté et à l’insécurité alimentaire en Afrique, mais de faire profiter leurs entreprises de perspectives de croissance et de profit.

Nous avons par exemple constaté que de nombreux pays africains parmi les plus gravement affectés par l’insécurité alimentaire et nutritionnelle sont laissés en dehors de cette initiative. Ce sont plutôt les pays qui offrent le plus de perspectives de croissance et de profits pour les multinationales et les gros investisseurs qui ont été ciblés en priorité. » Nous commençons à entendre le même discours, en parallèle de l’appel à la mobilisation contre la famine actuelle, de la part des groupes industriels de l’agroalimentaire, qui s’efforcent de dénigrer l’agriculture familiale parce qu’elle représente pour eux une jachère financière.

Il est indéniable que les conséquences du réchauffement climatique en Afrique fragilisent l’agriculture et l’élevage, notamment dans les zones sahéliennes, et concourent à produire des conflits notamment sur la question du foncier et de l’accès au point d’eau. La lutte contre le changement climatique doit impliquer la solidarité avec la paysannerie africaine, une des premières touchées. Ce travail de solidarité est d’autant plus possible que depuis deux décennies des organisations émergent et se sont coordonnées. Leur lutte pour la défen- se des terres et de l’agriculture familiale respectueuse de l’environnement a parfois rencontré des succès. Elle représente la solution contre l’insécurité alimentaire, qui passe aussi par la lutte contre les dictatures en Afrique.

Jeudi 29 juin 2017 Paul Martial

https://npa2009.org/

 

 

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17 juin 2017 ~ 0 Commentaire

tour de londres (the guardian)

tour

Manif pour exiger la vérité sur l’incendie d’une tour (de pauvres) à Londres. Jeremy Corbyn avait voulu faire passer une loi contre la location de logement inhabitables, rejetée par les Conservateurs…

The Guardian article

The Guardian en direct

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29 mai 2017 ~ 0 Commentaire

chômage (jdd)

flexibilite

Emmanuel Macron peut-il faire baisser le chômage en flexibilisant le travail?

L’analyse de Thomas Porcher : « Au mieux ça fera plus de travailleurs précaires, au pire ça ne fonctionnera pas du tout »

C’est le point de vue de Thomas Porcher. Pour l’économiste de la Paris School of Business, auteur du livre Introduction inquiète à la Macron-économie, les réformes d’Emmanuel Macron visent à « flexibiliser encore plus le marché du travail ». Il juge cette méthode inefficace et met en avant le fait que « depuis 2000, 17 réformes visant à assouplir le marché du travail ont été mises en place sans aucun effet probant sur le chômage ».

Le professeur de la Paris School of Business, qui a soutenu Benoît Hamon pendant la campagne présidentielle, poursuit son analyse en précisant qu’ »au mieux cette réforme fera plus de travailleurs précaires, même si elle baisse le chômage légèrement, au pire elle ne fonctionnera pas du tout ».

D’après Thomas Porcher, la réforme sur les accords d’entreprises risque en effet de créer une concurrence au sein des entreprises d’un même secteur, qui pourrait tirer l’économie vers le bas. « Cela va pousser à l’austérité salariale. C’est un vrai problème pour les PME, qui trouve- ront moins de débouchés et qui auront des carnets de commandes vides », développe t-il.

Pour l’économiste, la solution n’est pas dans « une baisse des coûts du travail qui nous met en concurrence avec l’Europe de l’Est et l’Asie. Au contraire, la France doit faire du qualitatif et investir dans les domaines d’avenir. » Et pour lui, cet investissement doit venir du domaine public. « Il y a 25 millions d’habitations à rénover thermiquement. Cela ne veut pas dire perdre de l’argent pour l’Etat, l’Allemagne le fait et gagne 2 à 4 euros pour chaque euro investi », détaille le chercheur.(Extrait)

Pierre Sztajnkrycer   24 mai 2017

http://www.lejdd.fr

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27 mai 2017 ~ 0 Commentaire

jeune économiste (anti-k)

npa jeunes

Meilleur jeune économiste: un prix décidément très politique

L’attribution du prix du meilleur jeune économiste à Antoine Bozio, dont les travaux les plus connus portent sur les régimes de retraites à comptes notionnels ne doit rien au hasard. Il s’agit bien évidemment de préparer le terrain le plus favorable possible à la future réforme des retraites envisagée par Emmanuel Macron, alors même que ce type de régime comporte de nombreux dangers.

Chaque année, depuis 2000, Le Monde et le Cercle des économistes décernent, avec la modestie qui les caractérise, rien moins que le prix du meilleur jeune économiste. A lire la présentation de ce prix, il s’agit de distinguer « un économiste français de moins de 41 ans qui allie une expertise reconnue et une participation active au débat public ».

Un examen rapide de la composition du jury ou de la liste des lauréats des précédentes éditions permet pourtant de douter de l’objectivité de cette distinction.

En effet, on compte parmi les membres de ce cercle de nombreuses personnalités habituées des plateaux télés comme Jean-Hervé Lorenzi (administrateur indépendant du Conseil d’admi- nistration de BNP Paribas Cardif), Patrick Artus (Chef économiste de Natixis), Olivier Pastré (Président d’IM Bank et administrateur de CMP Banque), Laurence Boone (Chef économiste du groupe AXA, ex-chef économiste de Barclays Capital France), Jean Pisani-Ferry (conseiller économique d’Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle) mais aussi, au moins cinq signataires (Philippe Aghion, Yann Algan, Agnès Bénassy-Quéré, Stéphane Carcillo,  Hélène Rey) d’une tribune aussi courte que peu argumentée en faveur de la loi travail[1].

Autant dire que cet aéropage évoque davantage une amicale de la banque et de l’économie la plus orthodoxe plutôt qu’un jury indépendant représentant les différentes tendances de l’économie.

La liste de certains éminents lauréats des éditions précédentes (Agnès Bénassy-Quéré, Pierre Cahuc, Etienne Wasmer, David Thesmar, Augustin Landier), dont certains sont d’ailleurs aujourd’hui membres du Cercle des économistes, ne fait que confirmer cette impression de se trouver en présence d’un des ces nombreux Rotary de l’économie mainstream.

S’agissant de l’édition 2017, si son lauréat, Antoine Bozio, n’est pas forcément un représentant pur et dur de cette école de pensée, il convient néanmoins de souligner le caractère très politique de sa nomination.

En effet, Antoine Bozio est surtout connu pour ses travaux sur les systèmes de retraites, notamment sur les systèmes de retraites à points ou à comptes notionnels. Surtout, ses travaux sur le sujet ne sont pas nouveaux puisqu’il avait publié avec Thomas Piketty, aux éditions de la  rue d’Ulm, un ouvrage sur le sujet en 2008. Ce n’est pourtant que 9 ans plus tard qu’il est distingué, ce qui tombe à pic puisque le dispositif de retraites qu’il appelle de ses voeux correspond justement à celui qu’Emmanuel Macron souhaite mettre en place.

Il se trouve d’ailleurs qu’Antoine Bozio a justement rencontré Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle et lui a même fourni une fiche sur ce système de retraites… Ainsi, la future réforme du nouveau Président se trouve-t-elle parée des oripeaux de la science, et de nombreuses vertus, parmi lesquelles « la liberté », Antoine Bozio n’hésitant pas à nous promettre qu’avec les comptes notionnels « chacun part [à la retraite] quand il veut ». Cette affirmation est pourtant largement discutable, tout comme l’est plus généralement ce type de régime de retraites, qui présente de nombreux risques, notamment ceux d’allonger l’âge de départ à la retraite et de réduire le montant des pensions, risques auxquels il convient d’ajouter un autre inconvénient majeur, son caractère bien peu démocratique.

Dans un régime de retraite à points, ou à comptes notionnels, les cotisations retrai- tes versées par les salariés au cours de leur carrière sont converties en points sur un compte individuel fictif.

Au moment de la liquidation du compte, c’est à dire lors du départ en retraite, une valeur est donnée au point, ce qui permet de calculer la pension que va percevoir le nouveau retraité. Or, ce calcul de la valeur du point est réactualisé chaque année et dépend, dans les pays où de tels systèmes ont été mis en place (Suède notamment), de l’espérance de vie de la génération à laquelle appartient le salarié et de l’évolution de la masse salariale du pays au cours de la carrière du nouveau retraité.

En cas de récession économique (qui pèse négativement sur l’évolution de la masse salariale totale du pays) et/ou d’augmentation de l’espérance de vie (qui est très inégale selon la catégorie sociale à laquelle on appartient et qui s’accompagne de plus en plus d’une absence d’augmentation de l’espérance de vie en bonne santé), la valeur du point diminue et votre pension se trouve significativement réduite. Dans ces conditions le futur retraité n’a plus d’autre choix, s’il veut maintenir le montant de sa pension à un niveau acceptable, que de travailler plus longtemps…à condition qu’il en ait la possibilité, c’est à dire que son état de santé le lui permette et que son employeur ne l’ait pas déjà licencié, ce qui est malheureusement très souvent le cas.

Dans ces conditions, « la liberté de partir à la retraite quand on veut » ressemble davantage à une liberté sous forte contrainte. En fait, si les régimes à comptes notionnels sont si populaires auprès de certains économistes et chez de nombreux représentants du courant ordo-libéral, c’est qu’ils offrent à leurs yeux l’incomparable avantage d’être auto-équili- brés. En effet le réajustement automatique, à la baisse, de la valeur du point garantit non seulement que le régime ne pourra plus être déficitaire, mais de plus, que cet équilibre pourra être obtenu sans délibération démocratique.

C’est la fameuse « règle d’or » appliquée aux régimes de retraites. Alors que dans le dispositif actuel, chaque modification des paramètres (les fameuses (contre)réformes des retraites) nécessite une loi, avec la retraite à points ce n’est plus nécessaire puisque l’ajuste- ment est automatique. Equilibre budgétaire et déni de démocratie, voilà bien deux des obsessions ordolibérales.

En fin de compte, la relative complexité de ce régime de retraites à comptes notionnels et les nombreux soutiens médiatiques dont il ne manquera pas de bénéficier dans les mois à venir ne doivent pas faire illusion.

Ces régimes sont particulièrement dangereux pour les retraités et futurs retraités car ils ne visent qu’à réduire le poids des retraites dans le PIB, ce qui permettra d’ouvrir un boulevard aux systèmes de retraites par capitalisation.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si l’Italie et la Suède, qui ont adopté un tel régime de retraites par points, ont toutes les deux adossé à ce nouveau régime, un système de retraite par capita- lisation, retraite par capitalisation dont l’OCDE encourageait justement le développement dans un récent rapport[2]. OCDE pour qui travaillent ou ont travaillé plusieurs des membres du Cer- cle  des économistes, Cercle des économistes qui vient justement de distinguer Antoine Bozio.


[1] http://abonnes.lemonde.fr/idees/article/2016/03/04/projet-de-loi-el-khomri-une-avancee-pour-les-plus-fragiles_4876380_3232.html

[2] http://www.oecd.org/fr/retraites/l-architecture-des-regimes-prives-de-retraite-par-capitalisation-doit-etre-amelioree.htm

Médiapart – 26 mai 2017 – Par NOAM AMBROUROUSI – Blog : Pour une gauche de gauche

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16 avril 2017 ~ 0 Commentaire

allemagne (anti-k)

allemands

12,5 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, un record

La pauvreté a progressé de 15 % en 2013 pour toucher 12,5 millions de person- nes, un record, indique l’étude publiée par la fédération d’aide sociale Paritätischer Wohlfahrtsverband.

Vu de France, ce chiffre pourrait sembler paradoxal. Et pourtant. Outre-Rhin 12,5 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en 2013, un record depuis la réunification du pays en 1990, selon l’étude publiée hier par Paritätischer Wohlfahrtsverband (PW), une fédération qui regroupe quelque 10.000 associations actives dans le domaine de l’aide sociale et de la santé. Cette année là, la pauvreté a bondi de 15 % à 15,5 % par rapport à 2012, année où les chiffres avaient déjà surpris.

« Depuis 2006, on observe clairement une dangereuse tendance d’augmentation à la pauvreté (…) La pauvreté en Allemagne n’a jamais été aussi élevée et la fragmentation régionale n’a jamais été aussi sévère qu’aujourd’hui », a déclaré au site Euractiv Allemagne Ulrich Schneider, le directeur général de Paritätischer Gesamtverband (PG). Une pierre dans le jardin du gouvernement qui assure que l’écart entre riches et pauvres diminue. Une affirmation « tout simplement fausse » pour le responsable de PG.

Comme en France, les mères célibataires sont particulièrement exposées, plus de 40 % d’entre elles basculent dans la pauvreté, indique le rapport.

Si la pauvreté augmente à l’échelle nationale, le fossé qui existe entre régions prospères et régions en déshérence s’est également aggravé depuis 2006. La situation s’est détériorée dans 13 des 16 Länder: les villes-Etats de Brême et de Berlin ainsi que le Land de Mecklem-bourg-Poméranie, dans le nord du pays, sont les plus exposés à la pauvreté; à l’inverse, la Bavière (sud) et le Bade-Wurtemberg (sud-ouest) sont les moins touchés. Hambourg (nord) et plusieurs secteurs de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (ouest) ont connu une forte poussée de la pauvreté, dont le taux est resté stable, voire a légèrement reculé, en Saxe-Anhalt (centre), Brandebourg et en Saxe (est).

« La pauvreté est un problème bien de chez nous« , a poursuivi Ulrich Schneider pour qui l’Allemagne « a clairement un problème croissant de distribution de la richesse » . Et, alors que l’industrie allemande ne cesse de battre des records à l’exportation, cela risque de perdurer. Selon PW, le nouveau salaire minimum entré en vigueur début 2015 (8,50 EUR brut de l’heure), ne permet en effet pas de changer la donne.

Des seuils qui varient d’un pays à l’autre

Mais comment mesure-t-on cette pauvreté ? En Allemagne, les personnes vivant seules avec un revenu inférieur à 892 euros par mois sont classées dans la catégorie des « pauvres ». Une famille avec deux enfants intègre cette catégorie si elle vit avec moins de 1.872 euros par mois.

Des chiffres qui peuvent surprendre.

Masi, en Europe le calcul du seuil de pauvreté varie d’un pays à l’autre (voir le graphique établi par Eurostat pour les pays d’Europe). Selon l’Observatoire des inégalités, cet écart allait de 1.286 euros par mois en Norvège à 180 euros en Roumanie, en passant par 500 euros en Grèce, soit près de deux fois moins qu’en France (935 euros par mois).

JEAN-MICHEL GRADT 20/02/15

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11 avril 2017 ~ 0 Commentaire

voleurs! (npa)

arsene lupin

Ils ont volé 200 milliards

À chaque fois que Philippe Poutou avance des mesures comme l’augmentation des retraites ou l’embauche de personnels dans les hôpitaux, il se fait retoquer par des journalistes ou des économistes hautains qui veulent démontrer par A + B que de l’argent, il n’y en aurait pas…

C’est le refrain permanent de la gauche de gouvernement à la droite depuis un bon nombre d’années, ce qui n’empêche pas la multiplication des cadeaux au patronat et aux grandes fortunes.

Mardi 28 mars, l’association Attac, soutenue par un ensemble d’organisations, a apporté de l’eau à notre moulin en publiant un rapport intitulé « Rendez l’argent ! » qui montre qu’il serait possible de récupérer chaque année jusqu’à 200 milliards d’euros d’argent public « confisqué ». Confisqué par qui ? Les riches et les grandes entreprises.

Citons quelques-unes des ressources énumérées dans le rapport :

La fraude à l’impôt et aux cotisations sociales des entreprises, qui représente 60 à 80 milliards d’euros par an ;

Le crédit impôt recherche accordé aux entreprises, qui coûte 5 milliards d’euros à peu près inutilement ;

L’impôt sur le revenu, qui, si l’on renforçait sa progressivité pour que les ménages très aisés y contribuent davantage, permettrait de dégager entre 5 et 10 milliards ;

Une réforme limitée de l’impôt sur les sociétés qui permettrait de dégager jusqu’à 10 milliards d’euros ;

L’abandon du CICE et du pacte de responsabilité qui permettrait de récupérer 40 milliards d’euros ;

Une taxe sur les transactions financières, qui pourrait rapporter entre 10 et 36 milliards d’euros (selon son taux et son champ d’application).

Au total, ce sont donc jusqu’à 200 milliards de recettes fiscales qui sont potentiel- lement récupérables, cela sans alourdir les impôts et taxes acquittés par les classes popu- laires et moyennes, ni supprimer des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires… Mais pour cela, il faut une vraie volonté de s’attaquer à ceux qui profitent du système !

Lundi 10 avril 2017

https://npa2009.org/actualite/economie/ils-ont-vole-200-milliards

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10 avril 2017 ~ 0 Commentaire

presse (bastamag)

presse

Le pouvoir d’influence délirant des dix milliardaires qui possèdent la presse française

Dix milliardaires ont pris le contrôle d’une grande partie des médias français. Ces oligarques, venus du BTP, de l’armement, du luxe ou de la téléphonie, ont accaparé les grands quotidiens nationaux, les chaînes de télévision et les radios, pour asseoir leur influence. Avec à la clé, conflits d’intérêts, censures, pressions, licenciements, ingérence malsaine…

Cette concentration des moyens de production de l’information entre les mains de quelques uns met en péril l’indépendance de la presse dans notre pays. Et porte ainsi atteinte au fonc- tionnement démocratique.

Comment garantir la liberté de l’information et le pluralisme de la presse ? Résumé d’une situation critique, à l’occasion de la campagne #LibertéEgalitéInformés.

À qui appartient la presse française ?

Le secteur de la presse en France est un grand Monopoly. Tout s’achète, tout se vend, les journaux, les télés, les radios. Quelques milliardaires se partagent le gâteau. Résultat : 90 % des quotidiens nationaux vendus chaque jour appartiennent à 10 oligarques ! D’après les calculs de Basta !, les mêmes possèdent des télévisions et radios qui totalisent respectivement 55% et 40% des parts d’audience [1]. Vous avez donc une grande probabilité de lire, regarder ou écouter chaque jour des médias qui appartiennent à ce petit cercle de milliardaires.

Agnès Rousseaux 5 avril 2017

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09 avril 2017 ~ 0 Commentaire

votez poutou! (paul jorion + dédé l’abeillaud)

votez poutou! (paul jorion + dédé l'abeillaud) dans A gauche du PS

Merde au vote utile : votez Poutou ! par Paul Jorion

Oui je sais, n’étant pas même Français en raison du hasard de la naissance, je ne devrais pas me mêler de ce qui ne me regarde pas.

Oui, je sais, ses intentions de vote n’ont bougé que de 0,5 à 1,5 %, alors même qu’il a remis à leur place l’autre jour tous les plus ou moins corrompus, tous les complices du rapport de force déséquilibré que garantit l’argent en grandes quantités dans sa grossière brutalité. Seul parmi les candidats, ou les journalistes tirés à quatre épingles de l’autre côté de la caméra.

Malpoli ? Mais la politesse en question, c’est celle qui signifie courber l’échine devant les autorités en place pour avoir été un jour ou l’autre du côté du manche. Même le très bobo New York Times a noté un courant d’air frais : le seul, l’autre jour, à appeler un chat, un chat, a été Philippe Poutou.

Oubliez cette histoire de « vote utile » dont on vous lave le cerveau mais qui est encore une manière de vous entuber : votez pour celui ou celle qui dit aux yeux de tous et avec les mots qui conviennent, ce que vous aussi pensez, tout calcul stratégique mis entre parenthèses, votez Poutou !

Paul Jorion a fait campagne pendant des mois pour que Piketty soit candidat. Piketty est resté du côté du replâtrage du capitalisme. Paul Jorion a fini par être convaincu par Poutou…

Source: Blog Paul Jorion

fascism-is-capitalism-in-decay-remember-comrades-when-neo-liberalism-or-1598959

Capitalisme, bon débarras ! Plaidoyer de Paul Jorion

Près de dix ans après la crise, force est de constater que nous n’avons pas su tirer les leçons de la dérive de la finance : alors que faire ? Paul Jorion, anthropologue et sociologue, propose quelques pistes dans « Se débarrasser du capitalisme est une question de survie » (Fayard, mars 2017)

Comment sortir du triplé perdant « concurrence-compétition-compétitivité » et redonner des bases solides et solidaires au projet économique et financier ? Il estime que « le système capitaliste marche quand on remet les compteurs à zéro de temps en temps. » Essayons !

« L’homme rationnel n’est plus forcément moral et éthique dans cette logique de profit. Or la question de la survie de l’humanité n’est pas envisageable dans une telle logique. »

« Une société ne fonctionne que selon 2 représentations : comment la gérer du haut vers le bas, et comment vivre à l’intérieur d’un système pour des individus. »

« La science économique et son principe d’individualisme nous a imposé une représentation de la société dans laquelle rien n’émerge au niveau collectif. »

Paul Jorion, La Grande Table

Intervenants

  • Paul Jorion : Anthropologue et sociologue, professeur associé à l’Université catholique de Lille
paul jorion

Se débarasser du capitalisme est une question de survie Fayard, 2017 Paul Jorion

France Culture

Professeur associé à l’Université catholique de Lille, ancien trader, blogger actif, Paul Jorion faisait partie des rares économistes à anticiper la crise des subprimes de 2007 dans Vers la crise du capitalisme américain ? paru à La Découverte, crise qu’il explique dans L’implosion : la finance contre l’économie et La crise. Plus récemment, il publie un essai où il annonce la disparition de l’humanité, Le dernier qui s’en va éteint la lumière. Après le constat, voici aujour- d’hui les solutions : Paul Jorion publie chez Fayard Se débarrasser du capitalisme est une question de survie, une anthologie de ses chroniques parues dans la presse depuis 2007.
L’anthropologue tire en 4 points les leçons de la crise systémique qui a paralysé l’économie planétaire en 2008 pour sortir de l’entêtement et « corriger » un système à la dérive.

http://www.anti-k.org/2017/04/09/merde-vote-utile-votez-poutou-paul-jorion/

L'abeillaud

Dédé Camille l’Abeillaud

J’avais déjà décidé de le faire avant son passage sur les chaînes d’infos en continu mais je voterai pour Philippe Poutou. Non pas principalement pour son côté « ouvrier » mais bien parce qu’il représente tous ceux et celles qui veulent contrer la montée du sentiment patriotique et donc nationaliste en France, de gauche comme de droite. Ce sont ceux là qui ont tué Jaurès, surement pas un Breton ni un Guyanais. Bevet Breizh ! Autodétermination et autogestion pour la Bretagne !

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A quoi çà serre?

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20 mars 2017 ~ 0 Commentaire

décès (solidaires)

deces

Plus de 20 000 décès de travailleuses et de travailleurs depuis 2000 !

En France, environ 1200 travailleuses et travailleurs meurent tous les ans à cause d’un accident du travail, d’une maladie professionnelle ou d’un accident de trajet lié au travail. Ainsi, plus de 20 000 travailleuses et travailleurs ont trouvé la mort du fait du travail depuis l’an 2000.

Ce nombré élevé de décès dus au travail est une conséquence directe de la défaillance dans la prévention des risques professionnels par les employeurs.

Cependant, il existe une indifférence généralisée à ce sujet. En effet, le patronat et les pou- voirs publics sont plus intéressés par les profits des entreprises et la diminution du coût finan- cier de ces accidents du travail que par la prévention des risques professionnels et l’amélio- ration des conditions de travail des travailleuses et des travailleurs.

Afin de briser cette logique du fatalisme des accidents du travail et des morts au travail, un débat populaire sur les conditions de travail des travailleuses et des travailleurs est urgent ! Il ne s’agit pas seulement de lancer des enquêtes en ligne qui participent à l’aseptisa- tion des relations sociales et éloignent le débat des lieux de travail mais bien de redonner la parole aux travailleuses et travailleurs et de recréer avec eux les actions nécessaires.

Il est temps pour nous toutes et tous d’agir pour ne plus perdre sa vie à la gagner.

(un article plus complet sur le bulletin « Et Voilà » n° 50 de Février 2017 : http://la-petite-boite-a-outils.org/

Paris, 16 mars 2017

https://www.solidaires.org/

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17 mars 2017 ~ 0 Commentaire

belarus (politis + amnesty + libération)

Bielorussie_Manif432

La contestation populaire bouscule le Belarus

Depuis presque un mois, les Biélorusses se mobilisent contre la taxe sur « l’assistanat social ». Une brèche pour l’opposition politique

Depuis le 17 février dernier, des manifestations contre le « Décret n° 3 » ont eu lieu dans de nombreuses villes biélorusses. Ce jour-là, plus de 2 000 personnes s’étaient mobilisées dans les rues de la capitale, Minsk. Ce décret, dit « contre les parasites » par les médias, impose à toute personne officiellement sans emploi depuis plus de six mois une taxe de 400 roubles biélorusses – environ 230 euros – pour « compenser les dépenses sociales de l’État ».

Du carreleur au prix Nobel, 470 000 « parasites sociaux »

Alors que les revenus moyens dans le pays ont diminué de 7,3 % en 2016, 470 000 personnes sont concernées par cette taxe. Aussi bien des retraités que des chômeurs, des auto-entre-preneurs ou des jeunes parents. Parmi eux, la lauréate du prix Nobel de littérature 2015, Svetlana Aleksievitch, devenue « parasite sociale ».

Le 5 mars, à Brest, près de la frontière polonaise, 1 000 personnes ont participé à la « Marche des non-assistés ». Le maire, Alexandre Rogatchouk, s’est fait interpellé par un manifestant, contraint d’exercer son métier de carreleur en Russie. Ses propos ont été rapportés par le site Bielorousski Partizan : « C’est une véritable humiliation quand on rentre chez soi de se voir traiter de parasite, de moins que rien, de voir qu’on n’est qu’un esclave. »

« Va-t-en ! »

Le recul du président Alexandre Loukachenko, il a annoncé le 9 mars la suspension du décret en précisant qu’il « ne sera pas annulé », n’a pas éteint la mobilisation. Désormais, le slogan « Loukachenko va-t-en ! » symbolise la déception et la colère du peuple envers le régime, qui y a apporté une réponse musclée ce week-end : une quinzaine de personnes ont été appréhen- dées et condamnées. Une nouvelle manifestation est prévue le 15 mars à Minsk. Un espoir dans ce pays où depuis la répression de l’opposition en 2010, la rue était restée silencieuse.

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Politis  14/03/2017 – Malika Butzbach

https://www.anti-k.org/

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