Archive | Economie

24 juin 2018 ~ 0 Commentaire

rsa (politis)

bosser

Le RSA dans le viseur

L’exécutif prépare les esprits à faire travailler les allocataires du RSA.

Tout doucement, l’exécutif prépare les esprits à une vieille idée de la droite : faire travailler les allocataires du RSA. Dans un discours prononcé le 13 juin à la Mutualité française, Emmanuel Macron dit vouloir améliorer l’accompagnement des allocataires les plus éloignés de l’emploi et responsabiliser les autres, « qui peuvent revenir vers le travail, mais que rien n’incite ni n’accompagne pour faire ce chemin ».

Cela ressemble à une vieille marotte de la droite anti-« assistanat », déjà appliquée dans le département du Haut-Rhin, où les allocataires du RSA ont l’obligation de travailler « béné-volement » sept heures par semaine.

Hasard du calendrier, le Conseil d’État a rendu le 15 juin un arrêté validant cette mesure battue en brèche par le précédent gouvernement. À moins que la formule choisie ne ressemble davantage aux « territoires zéro chômeur de longue durée », imaginés par ATD Quart Monde, où les personnes peuvent travailler dans des « entreprises à but d’emploi », pensées pour les accompagner. Seule certitude, le plan pauvreté en préparation se fera « sans argent mis sur la table », indique Emmanuel Macron.

Dans le viseur également, les salariés en activité réduite, qui cumulent leur(s) emploi(s) avec une petite allocation chômage. Ce cumul pourrait être limité dans le temps, a esquissé Aurélien Taché, député LREM et rapporteur de la loi chômage à l’Assemblée, devant l’Association des journalistes de l’information sociale. Il faut dire qu’Emmanuel Macron a lui-même prévenu, le 13 juin, qu’il ne faudrait attendre aucun « grand tournant social » dans les semaines à venir.

Politis 20 juin 2018

https://www.politis.fr/

Lire la suite

24 juin 2018 ~ 0 Commentaire

aides (libération)

saluauds

Non-recours : des milliards non distribués

Officiellement pour faire en sorte que toutes les personnes éligibles touchent leurs aides, l’exécutif prône une refonte du système. Qui pourrait ne pas faire que des heureux.

L’argument est souvent brandi par les gouvernements voulant justifier une refonte des minima sociaux : l’ensemble des personnes éligibles aux prestations sociales n’en font pas toutes la demande. Depuis quelques jours, les taux élevés de «non-recours» sont cités par les ministres invités à s’exprimer sur la réforme à venir, et par nature explosive, des aides sociales. Dans une tribune, Agnès Buzyn (Solidarités et Santé) a récemment pointé la «complexité des politi-ques sociales», résultat de «dispositifs épars et difficilement lisibles», entraînant selon elle «un non-recours aux droits et aux services».

Du fait de la grande multiplicité des aides (RSA, handicap, prime d’activité, complémentaire santé…), l’ampleur de ces non-recours est difficile à chiffrer.

«La réalité du non-recours aux droits sociaux est encore méconnue et ses conséquences peu documentées», écrivaient, fin 2016, deux députés auteurs d’un rapport parlementaire sur le sujet.

Logement

Les statistiques les plus fiables sur le sujet concernent le revenu de solidarité active (RSA). Dans une enquête réalisée en 2010 et 2011, le conseil d’évaluation du RSA avait alors donné deux chiffres servant aujourd’hui de référence : 36 % des personnes éligibles au RSA «socle» n’en faisaient pas la demande ; 68 % pour les potentiels bénéficiaires du RSA «activité» – soit ceux ayant retrouvé un emploi.

Ce dernier dispositif a été, depuis, remplacé par la prime d’activité afin, justement, de faire baisser ce taux de non-recours.

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), instance qui dépend du ministère des Solidarités, estime aujourd’hui ce taux à 30 %. Pour ce qui est des autres allocations, pas une seule d’entre elles ne connaît un «taux de non-recours inférieur à 10 %», fait remarquer Philippe Warin, de l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), rattaché à l’université de Grenoble. Selon un rapport de l’Odenore, le non-recours équivaudrait à plus de 5 milliards d’euros pour le RSA, à peine moins pour les prestations familiales et de logement, contre environ 4 milliards pour les fraudes aux prestations sociales.

Maladie

De son côté, le Fonds de financement de la protection complémentaire de la couverture uni-verselle du risque maladie a calculé qu’entre 57 % et 70 % des 3 à 4,4 millions de personnes qui auraient pu bénéficier de l’Aide au paiement d’une complémentaire santé sont passées à côté en 2016. Pour tenter d’améliorer cette situation, les précédents gouvernements socialistes (Ayrault puis Valls) ont, dans le cadre de leur «modernisation de l’action publique», lancé une mission «pour réduire le non-recours aux minima sociaux». Cette dernière préconisait de «mieux informer et détecter les populations éligibles», d’«améliorer l’orientation des usagers» et de «simplifier les démarches». Dans un rapport sur les minima sociaux remis en avril 2016, l’ex-député PS Christophe Sirugue proposait d’instaurer une «couverture socle commune».

Dans son programme, le candidat Macron évoquait de son côté un «versement social unique et automatique». Mais pour un gouvernement à la recherche d’économies, moins de non-recours, c’est plus de bénéficiaires et donc plus d’argent à reverser. Sauf si cette mesure s’accompagne d’une refonte du périmètre des bénéficiaires. Et, là, il y aura des perdants.

Lilian Alemagna et Amandine Cailhol 22 juin 2018

.
.
Lire aussi:
.

Lire la suite

24 juin 2018 ~ 0 Commentaire

le travail (regards)

 revenu travail

Leur « émancipation » n’est pas la nôtre

« Notre projet de société, c’est l’émancipation par le travail ». Accompagnée du visage satisfait de Muriel Pénicaud, cheffe d’orchestre de la destruction du Code du travail, cette phrase formait la Une du quotidien La Croix le 4 juin dernier.

Amen, le crédo macroniste de 2018 est bien celui-ci : le travail rend libre, et tous nos dirigeants s’emploient à mettre en scène leur attachement viscéral à l’acte de trimer. De Macron, qui aime tellement bosser qu’il a deux bureaux et ne dort pas la nuit, à ses députés qui frissonnent de plaisir dès que le mot « entreprise », prononcé comme le nom d’un lieu de concorde et de délices, est entendu dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Comme les bourgeois du 19è siècle, les macronistes détestent l’oisiveté.

Avec leur ethos de cadre dynamique qui brassent en continu un air chargé d’anglicismes dégueulasses, ils n’envisagent pas que tous les salariés français ne se rendent pas chaque matin au travail en chantant. Ils évoluent dans un monde où la souffrance au travail n’existe que dans les livres d’histoire, et ils ne manquent pas de reprocher systématiquement à leurs adversaires de « faire du Zola » quand ils évoquent les horaires décalés des femmes de ménage, le burn out des soignants ou le taux de mortalité des ouvriers. Infoutus d’admettre que leur position de dominants leur assure, du berceau à la tombe, un rapport enchanté au travail, les macronistes ne comprennent pas que si eux « ne comptent pas leurs heures », l’ensemble des salariés français ne le fassent pas aussi.

Travailler à marche forcée

Leur objectif est donc de remettre tout le monde au travail, quels qu’ils soient et quelles qu’en soient les conditions. Remplacer le chômage par la précarité, remplacer les minima sociaux qui coûtent « un pognon de dingue » par les temps très partiels, remplacer le loisir par les heures supplémentaires, voici globalement leur projet. « Ma conviction, appuyée sur quarante ans d’expérience, c’est que nul n’est inemployable, sous réserve d’être aidé », déclare Pénicaud à La Croix. C’est pourquoi le gouvernement met toute la société sous pression pour que chaque individu se formate à sa propre « employabilité », c’est-à-dire la faculté de correspondre à tout moment aux besoins des possédants, et avant le voisin si possible.

Qu’importe si ce « choc d’employabilité » passe par un relâchement drastique des normes sanitaires au travail, avec la suppression des CHSCT, la dégradation des conditions de travail des apprentis, car les bourgeois adorent l’apprentissage, où ils rêvent d’envoyer tous les enfants d’ouvriers afin de laisser à leur propre progéniture l’accès à des établissements publics enfin exclusifs, ou le harcèlement des chômeurs : tout est bon pour rendre le plus de citoyens possibles employables, c’est-à-dire parfaitement conformes aux besoins du patronat et des actionnaires, comme un meuble Ikéa pour votre salon, et nécessitant le moins d’engagement de leur part, comme l’est un Kleenex ou un lot de couverts en plastique.

Car il y a évidemment un intérêt fort à véhiculer cette idéologie, outre le plaisir de pouvoir se regarder dans un miroir en se racontant qu’on construit ou qu’on « réforme » quelque chose, alors qu’on ne fait que détruire : subordonner l’ensemble de la population aux besoins du capi-talisme leur rapporte « un pognon de dingue ». Après dix années de diffusion de ce discours en  boucle sur nos ondes et d’exercice de cette politique dans nos corps, les actionnaires fran-çais sont les mieux rémunérés d’Europe. Pénicaud est bien placée pour le savoir, elle qui a empoché un millions d’euros de plus-value suite à la suppression de 900 postes, lors de son passage décapant à Danone.

Le mirage de la liberté

L’intérêt économique des possédants érigé en morale universelle présente un avantage prodi-gieux pour s’assurer de notre docilité collective : grâce à ce discours du travail émancipateur, nous ne nous sentons pas comme des dominés d’un système qui nous exploite, mais comme des merdes incapables de profiter de notre « liberté ». A force d’être aspergés par leur rhétori-que autant débilisante que dénuée de toute réalité, même les citoyens les plus politisés en viennent à perdre tout sens de ce qu’est vraiment le travail.

Combien de salariés de « l’associatif » et autres secteurs « alternatifs » en viennent eux aussi à « ne plus compter leurs heures » ? Qui ne cède pas aux sirènes du « présentéisme », cette pratique qui consiste à rester bosser plus tard que le collègue pour mettre en scène sa profonde motivation ? Quel demandeur d’emploi ne s’est pas senti tellement nul de ne pas avoir « trouvé sa voie » qu’il en est venu à se couper de toute vie sociale pour purger sa peine en silence ?

Pour combattre une pensée oppressive qui prend les atours de la liberté, le plus efficace est encore de redonner un sens à ces mots ingurgités et digérés par des dominants en quête de légitimité à nous pourrir la vie.

Les vieux livres de nos luttes passées et la réalité de ce que nous vivons dans notre chair nous apprennent ceci : l’émancipation par le travail, ça n’existe que par le revenu qu’il procure.

Si les enfants par rapport à leur parents, les femmes par rapport à leurs maris, les anciens esclaves par rapport à leurs anciens maîtres ont pu trouver dans le travail un vecteur d’éman-cipation, c’est parce qu’il permet de mettre fin à leur dépendance économique à leur égard. Mais dans une société capitaliste, cette prise d’indépendance se fait toujours au prix d’une dépendance nouvelle, auprès du patron, du cadre, de l’actionnaire qui récupèrent le fruit de leurs efforts pour s’élever matériellement, quand tous les autres stagnent.

C’est pour sortir de cette impasse que des générations de femmes et d’hommes ont combattu pour l’émancipation des travailleurs car ça, ça existe bel et bien, et ça fonde une morale et une politique en tout point inverse à celle portée par Macron et ses sbires.

Elle consiste d’abord dans l’émancipation sanitaire des travailleurs : crever à cause de son travail n’est pas un risque acceptable.

C’est pourtant ce qui arrive à entre 500 (estimation basse) à 10 000 (estimation haute, comprenant les cancers d’origine professionnelle) personnes par an en France. Imaginez le macroniste servir la soupe de « l’émancipation au travail » à un salarié crevant à petit feu de son cancer due aux substances chimiques qu’il a ingéré au fil des années, ces mêmes substances chimiques retirées de la liste des critères de la pénibilité au travail par Pénicaud et sa bande de criminels. Car être « employable », c’est ne pas faire chier son employeur avec ses problèmes de dos et l’état de ses poumons. Pour ça, mangez 5 fruits et légumes par jour.

Ne pas confondre travail et soumission

Il y a ensuite l’émancipation du travail. Comme être puissant et dominant est un boulot passionnant, les patrons et les hauts cadres refusent de s’imaginer que celles et ceux qui récurent leurs chiottes ne sont pas comme eux des acharnés du travail, qui y trouvent un profond sentiment d’accomplissement.

Par conséquent, la notion de temps libre leur est profondément antipathique.

De gouvernement en gouvernement, les attaques contre les scandaleuses 35 heures se multi-plient, du « travailler plus pour gagner plus » de Sarkozy au « travailler plus sans gagner plus pour pas vous faire virer » de la loi Pénicaud. Et l’objectif de Macron est maintenant de ne lais-ser personne toucher des prestations sociales sans s’agiter en tout sens : c’est ce que soutient Mathieu Laine, conseiller de l’ombre du président et dirigeant d’Altermind, « une société de conseil innovante mettant la puissance académique au soutien des dirigeants ».

Vendredi 15 juin, sur les ondes de France Inter, il donnait sa piste alternative aux minima sociaux : un «  droit universel à l’activité et au capital » : « donner la possibilité à chacun, par le travail, un coup de main sur le déménagement, un petit cours, vous aidez une personne âgée… de 0 à 500 euros par mois vous n’aurez ni taxe, ni impôt ». En gros, faites ce que vous voulez mais surtout bossez, même si ça vous rapporte des clopinettes et qu’au passage, vous remplacez toute action altruiste et quotidienne par un mesquin petit business plan.

Face à ce terrorisme moral, il y a plusieurs urgences.

D’abord affirmer sous le patronage de la science que moins on travaille, plus on vit longtemps. Ensuite rappeler que le temps libre, ce n’est pas l’inactivité : les loisirs, l’engagement politique et associatif, l’amitié, la vie de famille, l’amour, le sexe, s’ennuyer même, sont des occupations légitimes et désirables. Enfin, n’avoir pas peur de dire que vouloir se faire du fric sur le moindre échange entre êtres humains, c’est un truc de gros connard.

Pour finir, contre leur « émancipation par le travail », il y a l’émancipation politique de ceux qui triment.

Recevoir des ordres toute la journée, contribuer à une production et à des services dont on ne connaît ni le sens ni le profit, c’est ça être libre ? Pas étonnant que les tenants de « l’émancipa- tion par le travail » soient tous des chefs et des cadres. Quoi de plus confortable que de savoir ce que vous faites, pour quoi vous le faites, pour qui vous le faites, et de pouvoir compter sur des gens serviles tenus dans l’ignorance ? La démocratie ce n’est pas pour les chiens. Ce qui vaut pour la gestion d’un pays vaut aussi pour celle d’une entreprise, dont la direction n’a en plus comme légitimité que le fait d’avoir l’argent, patron étant soit dit en passant le seul métier qu’on puisse exercer sans formation spécifique.

C’est tout ça l’émancipation.

L’exact inverse de leur « émancipation par le travail », leur politique doublée d’un terrorisme moral qui a fait des morts et des blessés : morts sont celles et ceux qui sont tombés sur le front des accidents du travail et des maladies professionnelles, que le désespoir ou l’humiliation a poussé au suicide, blessés sont celles et ceux que la honte a poussé à l’épuisement profes-sionnel et la culpabilité à la dépression. Remettons donc les mots dans le bon sens : leur projet, c’est la soumission dans le travail. L’émancipation, ça implique qu’ils dégagent.

Tout le monde n’a pas la même définition de la liberté ou du travail, notamment si l’on se place du point de vue du dominant ou du dominé. Analyse d’une guerre de classes, par Nicolas Framont, co-rédacteur en chef de la revue Frustration.

Nicolas Framont 21 juin 2018

http://www.regards.fr/

Lire aussi:

Le RSA dans le viseur (Politis)

Lire la suite

23 juin 2018 ~ 0 Commentaire

maternités (france info)

Je me sens épuisée, abusée » : le cri d’alarme du personnel médical des maternités

« On a un manque de personnel, d’infirmiers, d’aides-soignantes, de médecins.

Les agents sont appelés sur leur repos. Ils sont fatigués, usés. » Sandrine Banderier, aide-soignante de 42 ans, ne cache pas sa colère. Dans l’hôpital de Vierzon (Cher) où elle exerce, plusieurs services, dont la maternité, sont menacés de fermeture du fait de suppressions de postes. Un rassemblement a lieu à Paris, samedi 23 juin, pour dénoncer la fermeture de ces maternités de proximité.

Car cette aide-soignante, représentante de l’intersyndicale de l’hôpital, et ses collègues sont loin d’être les seuls concernés.

A travers la France, plusieurs établissements, comme les maternités de Guingamp (Côtes-d’Armor) ou de Bernay (Eure), vont bientôt fermer leurs portes. Bien d’autres craignent une même issue. Entre 2016 et 2018, plus de dix petites maternités ont cessé leur activité, selon Le Monde. Et en quarante ans, les deux tiers de ces établissements ont disparu.

En parallèle, des lits ferment dans bon nombre de maternités plus grandes, par mesure d’éco-nomie. « A la faveur d’une petite baisse d’activité, on nous a fermé des lits », relate Camille Lam-boley, sage-femme à la maternité d’Orléans (Loiret). « Ces lits sont rouverts régulièrement, mais sans personnel », dénonce la jeune femme. Du côté de Blois (Loir-et-Cher), la maternité a perdu un tiers de ses lits et du personnel en conséquence, rapporte Jean-Luc Lebrun, gynécologue obstétricien.

« On mange quand on peut, si on peut »

Quand des lits ou des maternités entières ferment, certaines grandes maternités voient leur activité augmenter un peu plus. « On fait 5 000 accouchements par an », rappelle Carole Alava, aide-soignante et auxiliaire de puériculture à la maternité du CHU de Toulouse (Haute-Garon-ne). En raison de la fermeture de maternités « périphériques », celle de Toulouse reçoit « toute la région », assure la soignante, également militante de Sud Santé Sociaux. « Ça amène ce boulet de canon de venues (…) On est surchargés », abonde Magali, aide-soignante, auxiliaire puéri-cultrice et militante CGT à la maternité de l’hôpital Delafontaine, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

Bon nombre de soignants témoignent, en conséquence, de conditions de travail particulièrement difficiles.

En maternité physiologique, « on a moins d’une heure à passer avec chaque patiente », raconte Camille Lamboley, « sans compter toutes les entrées et les sorties ». Sur une période de travail de douze heures,  »en salle de naissance et aux urgences, on mange quand on peut, si on peut », poursuit-elle.

La crainte de soins dégradés

Du fait d’un manque de moyens et d’effectifs, selon ces soignants, les soins qu’ils prodiguent perdent en qualité. « On n’a plus de temps pour faire des dépistages ou des prises en charge de tout ce qui est psycho-social », regrette Camille Lamboley. Carole Alava confirme. L’aide-soignante se dit « terriblement frustrée » de ne pas avoir le temps de « discuter avec les patien-tes, de leur expliquer comment mettre leur enfant au sein ».

Plusieurs évoquent même des prises de risque pour les patientes et leurs bébés.

« Il m’est arrivé de rendre visite à des femmes qui avaient une césarienne récente et qui se trouvaient vraiment à l’endroit le plus éloigné de la salle de soins », reconnaît Jean-Luc Lebrun.  A Vierzon, comme dans d’autres maternités menacées, les personnels s’inquiètent des consé-quences d’une maternité locale en moins pour les femmes enceintes. « On a énormément de femmes sur Vierzon et alentour qui viennent à pied, qui n’ont pas de moyen de locomotion, affirme Sandrine Banderier. Si on n’a plus notre maternité, ce n’est pas possible », s’indigne-t-elle.

Un rassemblement se tient à Paris, samedi, pour lutter notamment contre la fermeture de maternités de proximité. Franceinfo a interrogé des soignants travaillant dans des maternités publiques, afin d’en savoir plus sur leurs conditions de travail.

Valentine Pasquesoone 23/06/2018
.
.

Lire la suite

22 juin 2018 ~ 0 Commentaire

irlande bretagne (côté brest)

celtic-interconnector-graph_01

Brest. Le Projet Celtic interconnector relierait les réseaux électriques d’Irlande et de France

Le projet d’interconnexion électrique entre l’Irlande et la France est en phase d’études, notamment marines. Pour cette campagne géotechnique, un navire a fait escale à Brest.

Le Celtic interconnector est une ligne sous-marine en courant continu haute tension (CCHT), encore au stade des études de faisabilité. Elle doit relier vers 2026 les réseaux électriques français et irlandais, entre La Martyre (Finistère) et Knockraha près de Cork. Les porteurs du projet sont les gestionnaires de réseau des deux pays : EirGrid et Réseau de transport d’électricité (RTE).

Secours mutuel entre les deux pays

« Ce projet, s’il est validé, contribuera à la transition énergétique en Europe, en favorisant l’intégration des énergies renouvelables irlandaises dans le système électrique européen. Il permet aussi un secours mutuel et solidaire entre la France et l’Irlande », explique Gaëlle Chevreau, de RTE.

Cette ligne aurait une capacité de 700 MW et une longueur de 580 km (dont 500 en sous-marin). S’intégrant à la politique européenne d’interconnexion des réseaux électriques, le projet a reçu une subvention de l’Union européenne de 4 millions d’euros pour les études préliminaires qui ont débuté en 2017. Fin mai 2018, des études géotechniques ont démarré en mer, à proximité des côtes bretonnes. Ces études se déroulent en deux étapes : détections d’éventuels d’engins pyrotechniques, puis prélèvements de sédiments dans les fonds marins.

Campagne géotechnique au large du Finistère

Le pont arrière de ce navire hollandais de 60 m de long est un véritable chantier encombré de grues, conteneurs, câbles et autres engins de recherches. Dans un premier temps, des robots caméras, bennes de prélèvement, magnétomètres, sonars à balayage latéral ont analysé un corridor de 500 m de large entre la Bretagne et l’Irlande. Dans un second temps, ce corridor est ramené à 50 m afin de mieux caractériser le fonds marin. À l’image des scientifiques de l’Antarctique, les techniciens du VOS Sweet ont également effectué de nombreux carottages des fonds afin de récupérer des sédiments et d’évaluer la dureté des passages rocheux.

Un projet à 900 millions d’euros

Si le projet est validé techniquement et financièrement (on parle d’un coût global de 900  millions d’euros), les travaux débuteraient en 2021 pour une mise en service en 2026. Pour la partie finistérienne, il s’agira d’enterrer sur 40 km deux câbles (de la taille d’un ballon de hand-ball) sur des terrains privés et/ou publics depuis le poste électrique de La Martyre vers un site d’atterrage sur la côte Nord entre Plouescat et Saint-Pol-de-Léon. Mais celui-ci reste à déterminer.

Afin d’éviter les risques de croche (chaluts ou ancres), ce double câble sera ensuite ensouillé sous le sable de la Manche et de la mer Celtique, en direction d’une station de conversion en Irlande en contournant les Scilly par l’Ouest. La décision de donner une suite ou non au projet sera prise en accord entre les deux gestionnaires de réseau, RTE et EirGrid, à l’issue des études de faisabilité.

  21 Juin 2018 Yvon Jézéquel
.
.
Commentaire: Une belle histoire! Pour noyer le poisson?  Historique: EDF portait le projet de Plogoff pour nous doter de la centrale dont nous aurions eu besoin l’hiver par baisse de tension en bout de ligne. L’establishment n’en démord pas et veut imposer une centrale (à gaz avec des tonnes de CO2 et en partenariat public privé pour se gaver) à Landivisiau. Les renouvelables sont méprisés comme les hydroliennes, le fuel, y a que çà de vrai pour les îles du Ponant.  Cette ligne (pour importer de l’électricité renouvelable!) verra-t-elle le jour?

Lire la suite

21 juin 2018 ~ 0 Commentaire

trains anglais (courrier international)

sncf

En Angleterre, des trains touristiques prennent le relais sur des lignes suspendues

Un opérateur de trajets touristiques transporte depuis dimanche les usagers frappés par les fortes perturbations rencontrées par Northern Rail, dans le nord-ouest de l’Angleterre.

L’introduction de nouveaux horaires de train, le 20 mai, a perturbé le fonctionnement de nom-breuses lignes à travers l’Angleterre. Trajets supprimés, retards en série… les difficultés durent depuis près d’un mois. Dans le Nord, en particulier. À tel point que vingt-cinq journaux régio-naux ont fait cause commune, le 5 juin, pour faire part de l’exaspération des usagers au gou-vernement. Devant le manque de réaction, une solution singulière a été trouvée à l’échelle locale.

Dans le Lake District, région rurale du nord-ouest de l’Angleterre, les trains… touristiques ont pris le relais.

Temporairement, au moins. Face à la suspension des Lake Lines par l’opérateur privé Nor-thern Rail, qui préfère concentrer ses efforts sur les lignes les plus fréquentées, “une com-pagnie ferroviaire qui propose des voyages pour les touristes à bord d’anciens trains a accepté d’assurer des liaisons”.

Vieilles locomotives

Depuis le dimanche 17 juin, trois voitures rattachées à deux locomotives datant de 1960 trans-portent gratuitement les passagers, le ministère des Transports ayant accepté de financer le dispositif d’urgence. “La West Coast Railways accomplira six allers-retours par jour sur la ligne, informe The Times. L’entreprise gère normalement des circuits touristiques, en train à vapeur par exemple, sur le viaduc de Glenfinnan, qui apparaît dans la série des films Harry Potter.”

Le quotidien de Londres rappelle que les opérateurs ont eu le plus grand mal à former leurs conducteurs à temps pour l’introduction des nouveaux horaires. “Le 4 juin, la Northern a mis en place en urgence des horaires alternatifs, ce qui a conduit à la suppression de 165 trains par jour, soit 6 % du total, afin de permettre une meilleure ponctualité sur le reste du réseau.”

20/06/2018

https://www.courrierinternational.com/

macron TER

Lire la suite

20 juin 2018 ~ 0 Commentaire

capitalisme (anti-k)

cap

«Le capitalisme expliqué à ma petite-fille»

3 questions à Jean Ziegler

Pourquoi, alors que vous critiquez le capitalisme, reconnaissez-vous son efficacité pour le développement économique ?

Il y a un paradoxe. Le mode de production capitaliste est certainement le mode de production le plus dynamique, le plus créatif, le plus inventif que l’humanité ait connu. Une formidable succession de révolutions – industrielles, scientifiques, technologiques –, notamment la toute dernière, celle de l’électronique, a potentialisé les forces productives de l’humanité d’une façon décisive.

Il n’y a plus, au début de notre troisième millénaire, de manque objectif sur la planète.

Mais en même temps, les extraordinaires richesses créées ont été monopolisées par une mince oligarchie. Exemple : les 500 plus puissantes sociétés transcontinentales privées ont contrôlé en 2017 52,8% du produit mondial brut, c’est-à-dire de toutes les richesses produites en une année sur la planète. Ces sociétés ont un pouvoir comme jamais un empereur, un roi ou un pape n’a bénéficié sur la Terre.

Elles échappent à tout contrôle étatique, parlementaire, syndical ou interétatique.

Elles fonctionnent selon un seul principe : la maximalisation du profit dans le temps le plus court possible et à n’importe quel prix humain. Les oligarchies du capital financier globalisé ont érigé un ordre cannibale du monde : toutes les 5 secondes, un enfant de moins de dix ans meurt de faim ou de ses suites immédiates. Alors que la FAO (Food and Agriculture Organiza-tion) nous indique que l’agriculture mondiale pourrait nourrir sans aucun problème 12 milliards d’êtres humains ! Nous sommes actuellement 7,3 milliards d’hommes sur la terre.

Il n’y a donc aucune fatalité ; un enfant qui meurt de faim est assassiné.

2 milliards d’êtres humains n’ont aucun accès régulier à une eau potable non nocive. Toutes les quatre minutes, une personne perd la vue par manque de vitamines A. Et les épidémies, depuis longtemps vaincues par la médecine, font annuellement des dizaines de millions de victimes dans les pays de l’hémisphère sud. La dictature des oligarchies du capital financier globalisé, quelles que soient les performances économiques actuelles créatrices de bien-être pour une minorité, détruit la planète et les hommes. Il faut la détruire avant qu’elle ne nous anéantisse.

Si, comme vous l’écrivez, le capitalisme doit être détruit à défaut de pouvoir être réformé, par quoi faut-il le remplacer ?

Il serait absurde de penser qu’on peut « réformer », « améliorer » ou « adoucir » le capitalis-me. On n’a pas pu, par le passé, « améliorer » l’esclavage, « réformer » le colonialisme ou « corriger » les défauts du système de discrimination entre les hommes et les femmes. Les révolutionnaires de 1789 ont détruit la féodalité, la monarchie absolue et le servage. Impossible d’« améliorer » la féodalité !

Chacun de nous porte en lui l’utopie d’un monde plus heureux, plus juste.

L’insurrection des consciences est proche. À quel moment et de quelle façon se produira-t-elle ? Personne ne le sait. L’incarnation est un grand mystère : comment, dans quelles circonstances historiques, une idée devient-elle force sociale ? Personne non plus ne connaît d’avance l’organisation, les institutions inédites et le nouveau contrat social qui naîtront des ruines de l’ordre capitaliste. « Caminante, no hay camino, el camino se hace al andar », écrit le poète Antonio Machado (Homme qui marche, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant »). Le Nouveau Monde plus heureux, plus juste, relève de la liberté libérée dans l’homme, dans les hommes.

La « société civile planétaire », dans laquelle vous semblez placer vos espoirs, est-elle suffisante pour mettre fin au capitalisme ?

Che Guevara a dit : « Les murs les plus puissants tombent par leurs fissures ». Partout, dans les murs de l’oppression, les fissures se multiplient. Des mouvements sociaux – planétaires, ou plus réduits – luttent sur les fronts les plus divers contre l’ordre cannibale du monde.

Via Campesina, qui réunit  22 millions de petits paysans, de journaliers agricoles, du Honduras aux Philippines, mais aussi Greenpeace, ATTAC, Amnesty International, les mouvements contre la discrimination des femmes, les mouvements antinucléaires, etc. Des dizaines de millions d’hom- mes et de femmes sont désormais réveillés et se battent contre la tyrannie des oligarchies capitalistes, avec comme unique moteur la conscience de l’identité et la solidarité. Je suis l’autre, l’autre est moi. Emmanuel Kant a écrit : « L’inhumanité infligée à un autre détruit l’humanité en moi ».

Non, quoiqu’aient voulu nous faire croire les chantres du capitalisme néolibéral, la main invisible du marché n’est pas le sujet de l’Histoire. La nouvelle société civile planétaire, cette mystérieuse fraternité de la nuit, est le nouveau sujet de l’Histoire. Elle se renforce chaque jour. Elle est l’espérance des peuples.

Rapporteur spécial de l’ONU pour le droit à l’alimentation (2000-2008), Jean Ziegler est actuellement vice-président du comité consultatif du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Il répond à mes questions à l’occasion de la parution de son ouvrage : « Le capitalisme expliqué à ma petite-fille (en espérant qu’elle en verra la fin) », aux éditions du Seuil.

18 juin 2018 Pascal Boniface

https://www.anti-k.org/

Lire la suite

20 juin 2018 ~ 0 Commentaire

braderie (npa)

disparaitre

Privatisations : bradage tous azimuts

Aéroports de Paris, Engie, Française des jeux… tout ça est à vendre selon les termes du projet de loi « Pacte » qui va être présenté par le gouvernement. Il faut y ajouter les barrages hydro-électriques.  

La loi « Pacte » va lever les contraintes légales qui obligent l’État à détenir la majorité des parts d’Aéroports de Paris (ADP), le tiers du capital ou des droits de vote d’Engie, et qui stipule le caractère public de la Française des jeux (FDJ).

Le but affirmé par le gouvernement est de dégager des sommes pour financer la recherche et l’innovation, en particulier dans l’industrie. Le ministre de l’Économie et des Finances, Bruno Le Maire, déclare aux Échos que « l’État n’a pas vocation à diriger des entreprises concurrentielles à la place d’actionnaires qui ont la compétence et les savoir-faire pour le faire mieux que lui ».

Pour rassurer celles et ceux qui auraient quelque doute sur cette capacité des actionnaires à être autre chose que des rapaces, il ajoute : « Nous ne reproduirons pas l’erreur qui a été faite sur les autoroutes ». On se souvient en effet de cette braderie sans contrôle au privé des réseaux d’autoroutes (initiée, en 2002, par la gauche sous Jospin, bouclée en 2005-2006 par la droite avec Villepin). Le réseau, construit aux frais du contribuable, rentable, s’est transformé en vache à lait pour les actionnaires de Vinci et autres.

« GDF ne sera jamais privatisé ! »

Le but affirmé de ces nouvelles privatisations est de dégager des moyens pour financer la recherche et l’innovation. C’est toujours la même chanson pour baisser les impôts des entreprises et leur accorder des subventions diverses. Le seul vrai motif de ces privatisations (outre une réduction minime de la dette), c’est de livrer au capital privé des secteurs rentables.

Pour Engie (ex-Gaz de France), c’est au mépris de tous les engagements de l’État. Lors du débat sur la transformation de GDF en société anonyme, Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Économie, déclarait devant l’Assemblée nationale : « EDF-GDF ne sera pas privatisée, ni aujourd’hui ni demain. » La loi du 9 août 2004 prévoit que L’État doit détenir 70 % du capital. Peu à peu, après la fusion de GDF avec la société privée Suez, la part de l’État est réduite à environ un tiers. Il s’agit maintenant de procéder à une privatisation totale (avec celles d’Aéroports de Paris et de la Française des jeux).

La privatisation de la Française des jeux est, c’est une évidence, lourde de dangers.

Tout le monde sait en effet qu’il existe un risque d’addiction aux jeux d’argent et que le jeu est un des moyens du blanchiment de l’argent sale. En 2010, Sarkozy avait libéralisé les jeux en ligne au profit de ses copains (en 2003, alors ministre, il avait trouvé le temps de favoriser les machines à sous). Macron continue et amplifie !

Quant à l’efficacité économique du privé… une enquête récente faite pour l’Association interna-tionale des compagnies d’aviation montre que les aéroports privatisés sont plus chers pour les compagnies que les aéroports publics et pas plus efficaces. La grande différence, c’est que les profits des aéroports privés sont deux fois plus élevés !

Les barrages livrés aux turpitudes du capital

Autre exemple de cette furie prédatrice, le 7 février dernier, le gouvernement Philippe a acté la privatisation du secteur hydroélectrique français : d’ici 2022, 150 des plus grands barrages (plus de 20 mètres de haut) devraient être vendus. Le gouvernement français dit qu’il est obligé de se plier à une injonction de la Commission européenne, mais d’autres États-membres y ont résisté par des biais juridiques divers.

Le secteur hydroélectrique représente 12,5 % de la production d’électricité française, 70 % des énergies renouvelables. C’est l’électricité la moins onéreuse : de 20 à 30 euros le MWh. Les barrages, par leurs réserves d’eau, compensent l’intermittence des autres énergies renouvelables et jouent un rôle majeur dans la bonne gestion des fleuves et rivières. On voit ce qui pourrait résulter de la soumission de leur gestion à un actionnariat soucieux de profits rapides…

Se battre contre les privatisations, c’est refuser une soumission encore plus grande d’activités essentielles à l’appétit des actionnaires privés. Sans bien sûr se bercer d’illusions sur la gestion par un État technocratique et soumis au capital.

Henri Wilno  Mercredi 20 juin 2018

https://npa2009.org/

Lire la suite

15 juin 2018 ~ 0 Commentaire

inégalités (ocde)

wall sreet

Six générations pour qu’un enfant pauvre s’élève dans l’échelle sociale en France

Selon une étude de l’OCDE parue vendredi, il faut « 180 années » en France pour qu’un descendant de famille pauvre atteigne le revenu moyen.

« Il n’y a plus de mobilité sociale dans les pays de l’OCDE : les revenus, la profession, le niveau d’éducation se transmettent d’une génération à l’autre », selon l’OCDE. Il faudrait en France six générations, soit « 180 années », pour qu’un descendant de famille pauvre atteigne le revenu moyen, estime l’OCDE vendredi, constatant que l’ »ascenseur social » est en panne dans de nombreux autres pays industrialisés.

« Transmission » entre générations.

« Il n’y a plus de mobilité sociale dans les pays de l’OCDE : les revenus, la profession, le niveau d’éducation se transmettent d’une génération à l’autre », a résumé Gabriela Ramos, conseillère spéciale auprès du secrétaire général de l’OCDE, lors de la présentation du rapport à la presse.

La France, pire que la moyenne.

La France, où Emmanuel Macron doit annoncer en juillet une stratégie de lutte contre la pauvreté ambitionnant d’enrayer le « déterminisme social », fait moins bien que la moyenne. Comme en Allemagne et au Chili, il faudrait six générations, soit « 180 années » selon Gabriela Ramos, pour qu’un descendant d’une famille en bas de l’échelle des revenus (les 10% les plus bas) se hisse au niveau moyen de son pays. En moyenne dans 24 pays de l’OCDE, cinq générations seraient nécessaires. Encore pire, il faudrait neuf générations au Brésil et en Afrique du Sud, et onze en Colombie.

En Scandinavie, deux ou trois générations seulement.

En revanche, au Danemark et dans les autres pays nordiques (Norvège, Finlande, Suède), deux ou trois générations suffiraient, selon les estimations présentées dans le rapport. C’est en bas et en haut de l’échelle sociale qu’il y a le moins de mobilité. En moyenne dans 16 pays de l’OCDE, 17% seulement des enfants d’origine modeste réussissent à se hisser en haut de l’échelle des revenus une fois adultes, tandis que 42% des enfants de familles aisés réussis-sent à y rester. En France, les chiffres sont très proches de cette moyenne mais aux Etats-Unis ou en Allemagne, l’écart est encore plus important. En revanche, il est moins prononcé en Espagne, en Grèce et au Portugal, où beaucoup de progrès ont été faits dans l’accès à l’éducation, et au Danemark.

15 juin 2018

http://www.europe1.fr/

Lire aussi:
.

Lire la suite

15 juin 2018 ~ 0 Commentaire

inégalités (npa)

austerite

Enquête de l’Insee : vers l’explosion des inégalités avec les contre-réformes Macron

La dernière édition de « Revenus et patrimoine », publiée par l’Insee, permet de mesurer l’impact de la crise : le niveau de vie médian en 2015 (1 692 euros par mois), celui en dessous duquel vit la moitié de la population, est inférieur à celui de 2008. Mais l’enquête dresse surtout un panorama très complet des inégalités en France et en Europe. 

Après avoir chuté entre 1970 et 1984 (passant de 17,9 % à 13,5 %), le taux de pauvreté, qui est en fait un indicateur d’inégalité puisqu’il mesure la part de la population qui a un niveau de vie inférieur à 60 % du niveau de vie médian, a cessé de décroître. Il oscille depuis autour de 14 %, augmentant entre 2004 et 2011, et depuis 2013 pour s’établir en 2015 à 14,2 %.

Stabilité des inégalités de revenu, hausse des inégalités de patrimoine

La pauvreté a changé de visage : elle concerne de moins en moins les personnes âgées et de plus en plus les familles monoparentales (dont le taux de pauvreté a augmenté de 5,4 points depuis 1996). Sans surprise, la pauvreté est très forte chez les chômeurEs (49 %), mais aussi chez les agriculteurEs (25 %) et les indépendantEs (21 %). Le salariat est une protection con-tre la pauvreté, même si 15 % des ouvrierEs sont pauvres, contre 3 % des cadres.

Alors que les inégalités de revenus sont relativement stables depuis une trentaine d’années (même si on décèle une tendance à la hausse depuis le début des années 2000), les inéga-lités de patrimoine se sont envolées entre 1998 et 2015, même si la crise a réduit légèrement ces inégalités (avec l’éclatement des bulles immobilières et financières) depuis 2010. En euros constants, le patrimoine des 10 % les moins dotés a baissé de 46 % (ils détiennent moins de 0,1 % du patrimoine total) contre une hausse de 67 % pour les 10 % les mieux dotés (qui détiennent 49 % du patrimoine total).

Des dispositifs qui limitent pour le moment les inégalités…

Les 10 % des ménages les plus riches contribuent à 65 % du total de l’impôt sur le revenu et la part payée par les 1 % de très hauts revenus atteint 25 %. C’est l’impôt le plus redistributif, et c’est l’impôt qui a été le plus réduit depuis les années 1980, notamment pour les plus riches, avec la baisse du taux marginal supérieur et la multiplication des niches. La part des presta-tions sociales dans le revenu disponible varie de 48 % pour les 10 % les plus pauvres à 0,5 % pour les 10 % les plus riches.

Ainsi, les mécanismes de redistribution corrigent fortement les inégalités 

L’écart entre le revenu plancher des 10 % les plus aisés et le revenu plafond des 10 % les plus modestes s’établit à 3,5 après redistribution contre 6,2 pour le revenu initial.

… mais dont Macron veut se débarrasser 

Depuis le milieu des années 1980 (période dite néolibérale), les inégalités de revenus ont augmenté aux USA ou en Allemagne. Ce n’est pas le cas en France. Le taux de pauvreté est un des plus bas de l’UE et depuis la crise de 2008 il n’a augmenté « que » de 1 point.

Mais cela pourrait changer rapidement : Macron s’attaque aux fondements du « modèle social » français.

D’une part, il procède à un choc fiscal en faveur des riches en baissant massivement l’imposi-tion sur le capital et en augmentant la fiscalité indirecte qui pèse plus fortement sur les plus pauvres. D’autre part, la future réforme des retraites va accentuer la pauvreté des vieux, en faisant de la pension une variable d’ajustement de la conjoncture économique. Enfin, le comité d’experts « CAP 2022 » s’apprête à rendre un rapport qui préconise une réduction de dépen-ses publiques de 30 milliards, notamment dans la santé, l’éducation et les prestations familiales.

Gaston Lefranc NPA, 14 juin 2018

https://www.anti-k.org/

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin