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19 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

ferroviaire (yonne l’autre)

 avion train

Tribune du Président Bruno Gazeau : « donnons la priorité au ferroviaire »

Notre Président Bruno Gazeau s’est exprimé dans une tribune du journal Le Monde afin de réaffirmer la position de la FNAUT de donner la priorité au ferroviaire.

Il est impératif et urgent d’agir. Osons le train, celui du climat ne passera pas deux fois.

« Ne soyons pas la génération du renoncement et du malthusianisme ferroviaire. Il n’échappe à personne que le coût des énergies fossiles ne baissera pas, du fait de l’instabilité du monde, de la multiplication des zones de conflit et des conséquences du changement climatique. Se pencher sérieusement sur le modèle économique des mobilités est indispensable. La mobilité sera de plus en plus chère et n’est pas payée à son vrai coût.

Les Français se sont habitués à un carburant bon marché qui, en réalité, n’est pas plus cher aujourd’hui qu’il y a trente ans. Dans l’aérien, les vols low cost, pour l’équivalent de quelques pleins, ont bousculé les repères. Quant au train, perçu comme cher pour les TGV, l’usager des transports régionaux n’en paie que 26 % du coût.

Des modèles opaques

Les marchandises, en outre, voyagent et traversent le monde, de l’Asie vers l’Europe, par conteneurs entiers, tant le coût du transport est faible dans le prix de vente final. Plus près de nous, les commandes chez Amazon ou les repas livrés à domicile affichent souvent la mention « livraison gratuite », accréditant l’idée que la mobilité ne vaut que « trois fois rien ». L’exemple allemand du passe à 9 euros [cet été], aubaine pour les usagers, occulte son coût réel [1 milliard d’euros par mois], équivalent à une année d’investissement sur le réseau français.

Le coût des externalités (pollution, accidents, coût d’usage des routes et des voiries) n’est pas pris en compte et rend opaques les modèles économiques depuis des décennies. Certains modes de déplacement sont défiscalisés ou bénéficient d’aides fiscales spécifiques (avion, voiture, camion…). Hormis sur l’autoroute, l’automobiliste ne paie pas l’usage de la route à son vrai coût alors que le train paie un droit de passage avec la tarification des sillons ferroviaires, qui représente de 30 % à 40 % du prix du billet.

D’autres modes, comme le train ou les transports publics, sont subventionnés soit par l’Etat soit par les autorités organisatrices, par voie de contrat. Il en résulte une absence de perception du coût réel des mobilités. Il est donc difficile de les comparer et, dès lors, de proposer des politiques de mobilité comprises et acceptées par les citoyens.

Les partis politiques, pour beaucoup d’entre eux, ont plébiscité la baisse des taxes au nom du pouvoir d’achat, conservant à la voiture toute sa place. Cette politique coûteuse (3 milliards d’euros sur trois mois pour un carburant à environ 1,80 euro), qui va à l’encontre de la moindre dépendance aux énergies fossiles est cependant temporairement nécessaire, si elle est associée à des mesures de rééquilibrage des modes de transport, à des investissements massifs dans les modes vertueux et à une pédagogie qui invite nos concitoyens à faire évoluer leurs comportements.

Autopartage, covoiturage, vélo et marche

La première ministre a remis la question des mobilités dans le débat politique, et a déclaré que le ferroviaire en serait « l’épine dorsale » [ou la « colonne vertébrale »]. Mais la signature du contrat de performance de SNCF Réseau, unanimement critiqué pour son insuffisance et son malthusianisme, ainsi que l’engagement sur la voiture électrique en leasing viennent tempérer cet enthousiasme.

Pourtant, l’intention est louable, car aligner nos efforts sur ceux de nos voisins (qui leur coûtent 7 milliards d’euros par an pendant dix ou quinze ans) est nécessaire pour disposer d’un réseau rajeuni et fiable, mettre en place les RER métropolitains, financer les lignes régionales et Intercités essentielles pour les territoires et indispensables à la réduction de la dépendance automobile, tenir les engagements de l’ancien premier ministre [Jean Castex] de financer les premières phases des nouvelles lignes littorales (Nice-Marseille et Montpellier-Perpignan) et résoudre la question des nœuds ferroviaires (Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse) pour répondre aux besoins du fret et des transports du quotidien.

Pour autant, un système ferroviaire « épine dorsale » suppose d’autres systèmes complé-mentaires de mobilité venant s’y greffer : l’autopartage, le covoiturage, les dessertes de rabattement par autocar, sur les gares et les pôles d’échanges, ainsi que les modes actifs tels que le vélo et la marche, ont toute leur place.

Ils exigent que l’organisation des correspondances, l’information et la gestion des situations perturbées progressent en même temps. Force est de constater que la priorité donnée au ferroviaire est relative, les investissements routiers (rocades périurbaines, nouveaux kilomètres autoroutiers) demeurent. Mais, entre le RER métropolitain ou la rocade autoroutière, il faut choisir, de la même façon qu’il convient de limiter l’usage de la voiture en ville et de mieux répartir l’usage de la voirie.

Equité et bon sens

Oui, le saut à réaliser est important, puisque donner la priorité au ferroviaire nécessite un doublement des investissements qui lui sont consacrés, quand de nombreux secteurs réclament eux aussi des investissements conséquents.

Mais c’est possible, en prenant les mesures qui relèvent de la réponse au changement climatique et celles qui répondent à l’équité ou au bon sens, souvent déjà expérimentées : rétablir l’écotaxe, dont l’abandon est la cause du retard important d’investissement ; capter la plus-value immobilière résultant de l’investissement public dans les infrastructures ; donner un prix aux livraisons en ville au titre du droit d’usage de la voirie ; mettre en œuvre le péage urbain, qu’il soit de stock (stationnement) ou de flux.

Enfin, le gouvernement et les collectivités locales doivent développer une pédagogie de la prise en compte par chacun du coût de la mobilité. Une loi de programmation est indispensable pour dessiner l’avenir : comment inviter les citoyens à choisir leur domicile en prenant en compte le coût de la mobilité quotidienne, comment leur demander de renoncer à la deuxième voiture s’ils ignorent les possibilités offertes par les réseaux de transports publics dans les dix ans qui viennent et s’ils n’entendent parler que de fermeture de lignes et de trains supprimés. Il est impératif et urgent d’agir. Osons le train, celui du climat ne passera pas deux fois. »

14 Sep 2022

  • Bruno Gazeau, président de la FNAUT, tél. 06 76 73 31 09

https://www.fnaut.fr/

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17 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

élevage (solidarités ch)

Vache

L’élevage, c’est l’exploitation

Si l’élevage intensif est la forme paradigmatique du «système-viande» capitaliste, les enjeux sociaux et environnementaux concernent toute forme d’exploitation animale.

Quelques aspects historiques

Avant de devenir agriculteurice durant la période néolithique, nous étions chasseureuses-cueilleureuses durant 2,5 millions d’années. L’évolution vers l’agriculture qui a débuté vers 8 500 avant notre ère a permis à l’Homo Sapiens d’avoir une alimentation carnée plus fréquente, puisqu’il n’était plus nécessaire de chasser les animaux non-humains.

L’élevage, initialement prévu pour la consommation collective, s’est développé en monnaie d’échange et ensuite en activité lucrative. Depuis le commencement de l’élevage, l’humain utilisait la sélection génétique pour augmenter la production et assurer une disponibilité de nourriture régulière.

Au fil de temps, ce processus de sélection a été progressivement peaufiné et s’est drastique-ment accélérée à partir de la 2e Guerre mondiale. Depuis, la sélection génétique a pour but de maximiser les profits en contrôlant l’agressivité, la sexualité, l’apparence et les liens sociaux des animaux non-humains. Par exemple, les vaches que l’on peut voir dans les champs aujourd’hui sont radicalement différentes de celles d’il y a 8 000 ans. Les mutations apportées sont telles qu’elles engendrent des souffrances aux animaux – mais augmentent la production de viande.

Swissgenetics, l’entreprise leader de la semence de taureau en Suisse pour le commerce national et international, a un chiffre d’affaires annuel de 62,77 millions de francs.

La pratique de l’élevage que nos ancêtres ont initié afin de simplifier leur accès aux protéines contenues dans la chair et le lait des animaux est devenu une industrie pesant des milliards, avec pour but absolu la maximisation du profit.

Élevage et prolétarisation

Au fil du temps, les conglomérats et multinationales se sont substituées aux seigneur·e·s et les serf·es sont devenu·e·s… des prolétaires. Si la position sociale des éleveureuses est loin d’être uniforme, la plupart se rêvant petit·e-bourgeois·es, leur marge de manœuvre face aux distributeurs est nulle.

Pour les plus petites exploitations, la soumission de l’agriculture aux lois du marché pousse les éleveureuses à l’endettement, à de conditions de travail très difficiles, à l’isolement et même au suicide. Le taux de suicide chez les agriculteurices ne cesse d’augmenter depuis 2003, et le risque de suicide est 37% supérieur chez les paysan·ne·s en comparaison avec le reste de la population. Dans le canton de Vaud, pas moins de huit paysan·ne·s se sont donné·e·s la mort en 2016.

La position sociale des employé·e·x·s d’abattoirs, souvent migrant·e·s, est bien plus claire. Les troubles physiques et psychologiques dont iels souffrent est un archétype de l’aliénation. Les mouvements répétitifs pour démembrer le corps des animaux entraînent des douleurs chroniques, l’environnement insalubre provoques des maladies et les horaires de travail sont inacceptables. Une dissociation cognitive constante, l’exposition à la souffrance, la douleur et la mort d’autres animaux provoquent de graves traumas et troubles de comportement chez les travaileureuses de la filière.

Du côté des animaux humains réduit·e·s au rôle de consommateurices, l’impact de la consommation de produits animaliers sur leur santé est non négligeable – cancers, maladies cardio-vasculaires, obésité ou diabète, qu’on nomme pudiquement «maladies de civilisation».

De ce point de vue, l’élevage intensif n’est donc utile qu’aux propriétaires, conglomérats et multinationales de la viande, au détriment de l’ensemble de la population et des animaux non-humains.

Élevage et écologie 

Nous l’avons compris, et c’est d’autant plus vrai des pays industrialisés comme la Suisse, l’élevage n’est finalement qu’une carte de plus dans la main (bien visible) du capitalisme. Mais qu’en est-il des effets de cette pratique sur la planète ? N’avons-nous pas besoin d’élever des vaches pour pâturer nos champs ? Dans un pays montagneux comme la Suisse, avons-nous la surface agraire pour faire pousser tout ce que nous mangerions ?

L’élevage industriel présente un bilan carbone catastrophique. Les émissions de gaz à effet de serre (GES) sont massives. Elles sont produites par la rumination des bovins, le transport international des animaux et de leur nourriture et les engrais. Il provoque aussi une déforestation et une dégradation des terres à large échelle. La concentration d’animaux favorise les crises sanitaires mondiales : covid, grippes porcines et aviaires, antibiorésistance – pour n’en citer que quelques exemples.

De plus, la production de l’alimentation destinée au bétail et à l’humain se trouvent actuellement en concurrence puisque l’on cultive du fourrage là où nous pourrions cultiver des denrées alimentaires.

Dans une étude suisse (PNR 69) issue du projet européen FoodBALL, deux scénarios alternatifs pour 2050 sont élaborés, et chacun aboutit à la même conclusion : si la population suisse mangeait plus de légumineuses et drastiquement moins de viande et que la concurrence de ces deux productions cessait d’exister, on aboutirait à une « augmentation de l’autosuffisance nette du secteur alimentaire suisse » et une baisse des dépenses alimentaires des consomma-teurices. Dans un contexte d’haute instabilité géopolitique, que la crise climatique va aggraver, assurer la souvraineté alimentaire doit constituer une priorité.

L’abolition de l’élevage permettrait également un rewilding (réensauvagement) du paysage alpestre suisse. Déjà réalisé dans d’autres pays, il est extrêmement bénéfique pour restaurer les écosystèmes, augmenter la biodiversité, lutter contre l’extinction des espèces, régénérer les sols et prévenir les inondations, entre autres.

Bio et local ?

Si l’abolition de l’élevage industriel ne fait pas débat au sein de la gauche, l’élimination totale de la consommation de produits d’origine animale divise les militant·e·s écosocialistes, qui peinent à y déceler une contradiction fondamentale. Pourtant, les arguments sont multiples. Précisons toutefois qu’ils s’appliquent principalement aux pays industrialisés et aux régions qui ont un potentiel agricole élevé.

En termes sociaux, le risque de contamination et de crise sanitaire persiste et les troubles psychologiques provoqués par le fait de devoir tuer des animaux avec qui les éleveureuses ont créé des liens n’est pas anodin.

Le bilan écologique de l’élevage bio de petites exploitations est déplorable. Une étude de 2020 démontre que la production de viande bio est tout aussi coûteuse pour l’environnement que la production de la viande non-bio en termes d’émissions de GES, d’utilisation d’eau et de surface agricole et de déforestation.

L’écosocialisme prône la sobriété énergétique. Pourquoi cet objectif ne concernerait pas les calories alimentaires ? Il est bien plus efficace de se nourrir directement des plantes, sans passer par l’intermédiaire des animaux.

En effet, pour obtenir 1kg de bœuf, il faut 42kg de nourriture ! Autrement dit, coloniser d’énormes surfaces pour une production inutile !  L’élevage, même bio et à petit échelle, est une passoire calorique. Quel militant·e «internationaliste» peut défendre une telle inefficacité alors que les famines dans le monde vont fortement s’aggraver avec le dérèglement climatique ?

Nous militons également pour abolir la violence, qu’elle se nomme féminicide ou guerre. Que dire alors de la violence inhérente à l’élevage ? Mettre à mort un être vivant qui a des émotions et peut ressentir de la douleur, reste non-éthique, que l’étiquette soit « bio et local » ou non. Peut-on sérieusement considérer que cette pratique à la base de notre système alimentaire n’a aucune influence sur les rapports sociaux ?

Pour la philosophe et militante féministe et antiraciste Angela Davis, « le véganisme fait partie d’une perspective révolutionnaire » justement car il donne la possibilité de construire une praxis cohérente, véritablement solidaire et respectueuse du vivant.

Réorientons-nous ensemble vers une alimentation végétale, respectueuse de tous les animaux (humains et non-humains) et de notre planète !

Lausanne, 27 août 2022 Julia Huguenin

https://solidarites.ch/journal/

Commentaire:

Salut

l’aspect historique ok mais l’émancipation paysanne existe et la lutte progresse
faire l’amalgame entre l’agriculture paysanne et industrielle c’est dégueulasse 
la misère sociale et physique dans les abattoirs c’est vrai un accompagnement est nécessaire
le bilan carbone est totalement différent entre l’industriel et le paysan
manger plus de légumineuses et moins de viande mais qui est contre?
un réensauvagement et c’est les seigneurs qui reviennent 
la mort d’un animal reste un acte pénible pour l »éleveur je ne cherche pas a fuir cette responsabilité
l’écosocialisme prone la sobriété dix petites fermes valent mieux qu’une grande
michel

 

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16 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

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LFI, le PS et EELV appellent à une « marche contre la vie chère et l’inaction climatique » le 16 octobre

Dans un appel commun diffusé vendredi à l’AFP, les partis de la gauche – à l’exception du Parti communiste – et plusieurs organisations associatives et syndicales ont appelé à une « marche contre la vie chère et l’inaction climatique ». La marche, qui se déroulera à Paris, sera précédée le 15 octobre par des « initiatives symboliques ».

La France insoumise, le Parti socialiste, EELV et d’autres organisations politiques et associatives ont appelé vendredi à une « grande marche contre la vie chère et l’inaction climatique » le 16 octobre à Paris.

L’initiative, évoquée pour la première fois début juillet par Jean-Luc Mélenchon lors d’une conférence au siège du Parti ouvrier indépendant (POI) – également signataire de l’appel -, s’inscrit « dans la continuité des mobilisations engagées par les syndicats et associations, dont les journées nationales d’action des 22 et 29 septembre et la mobilisation climat du 23 septembre », ont précisé ces organisations dans un communiqué transmis à l’AFP.

Le Parti communiste, pourtant membre de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), est absent des signataires de cet appel à l’instar des syndicats, qui ont dit en début de semaine qu’ils ne feraient pas partie de l’appel, contrairement à au souhait de Jean-Luc Mélenchon de construire uun nouveau « front populaire ». Mais les choses peuvent encore évoluer. Une nouvelle réunion est prévue entre les différents partis, associations et syndicats le 4 octobre.

Non à « une politique antiécologique »

Les organisations marcheront donc « contre le pouvoir macroniste » qui « refuse d’augmenter les salaires, de geler les loyers ou de bloquer les prix face à la vie chère », écrivent ces organisations, parmi lesquelles Générations, le Nouveau Parti Anticapitaliste, Ensemble !, la Gauche démocratique et sociale (GDS), L’Alternative, La Voix lycéenne, Nouvelle Donne, le Parti ouvrier indépendant (POI) et Pour une Écologie Populaire et Sociale (PEPS).

« Pire encore, il prévoit de nouvelles attaques contre le régime des retraites et l’assurance-chômage et organise la destruction des services publics, notamment ceux de l’éducation et de la santé », ajoutent-elles.

Les politiques climatiques menées par le gouvernement sont également visées. « La planète brûle et l’eau manque », « mais le gouvernement, déjà condamné pour inaction environne-mentale, poursuit une politique antiécologique », dénoncent les signataires qui marcheront entre autres « pour des investissements massifs dans la bifurcation écologique créatrice d’emplois locaux et notamment dans les transports en commun ».

Hausse des salaires, blocage des prix de l’énergie et des produits de première nécessité, taxe immédiate sur les super-profits ou encore retraite à 60 ans feront partie des revendications du cortège,  qui s’élancera de Paris le 16 octobre, précédé par des « initiatives symboliques le samedi 15 octobre », indiquent ces organisations.

16 septembre 2022 Clément Legros

https://www.lejdd.fr/

Lire aussi:

La France insoumise, le PS et EELV appellent à une « grande marche contre la vie chère et l’inaction climatique » le 16 octobre, le Parti communiste et les syndicats ne se joindront pas à cette initiative

Note:

Santé: 22 septembre

Grève écolo mondiale: 23 septembre

Grève syndicale unitaire: 29 septembre

Nupes: 16 octobre

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16 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

cancer (of)

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Les cancers chez les adultes de moins de 50 ans augmentent partout dans le monde

Depuis 1990, le nombre de cancers à début précoce, c’est-à-dire diagnostiqués chez des adultes de moins de 50 ans, a augmenté de façon spectaculaire. La cause probable ? Le changement de nos modes de vie, de notre environnement, de notre alimentation…

En 2018, 9,6 millions de personnes sont décédées d’un cancer selon l’Observatoire mondial du cancer. Un chiffre qui risque d’augmenter dans les prochaines années. Car depuis 1990, le nombre de cancers à début précoce, c’est-à-dire diagnostiqués chez des adultes de moins de 50 ans, a augmenté de façon spectaculaire dans le monde entier, selon un article scientifique publié dans la revue Nature Reviews Clinical Oncology, le 6 septembre 2022. Le fait que le nombre de personnes atteintes de cette maladie soit en hausse dans la société moderne depuis les années 1940-1950 n’est pas une découverte mais les cancers à début précoce, si.

Pour l’affirmer, les chercheurs se sont penchés sur les personnes nées dans les années 1950 et 1960 et ont étudié leur taux de cancer à partir des années 1990. Ils ont examiné les données relatives à 14 types de cancer, que ça soit le cancer du sein, du foie, du rein, de la tête et du cou. Ainsi, grâce aux données mondiales, ils se sont aperçus que les maladies étudiées étaient en augmentation chez les adultes de moins de 50 ans entre 2000 et 2012.

Une épidémie mondiale émergente

«Nous avons constaté que ce risque augmente avec chaque génération », explique l’un des chercheurs, Shuji Ogino, pathologiste et épidémiologiste au Brigham and Women’s Hospital de Boston au média ScienceAlert. Il ajoute:« Par exemple, les personnes nées en 1960 ont connu un risque de cancer plus élevé avant d’avoir 50 ans que les personnes nées en 1950 et nous prévoyons que ce niveau va continuer à augmenter dans les générations successives ».

L’objectif des chercheurs était de savoir si le cancer à déclenchement précoce était devenu une épidémie mondiale émergente. D’après les résultats, la réponse est oui, depuis les années 90 notamment.

L’augmentation des dépistages a forcément contribué à ce phénomène. Plus on cherche, plus on détecte. Mais ce n’est qu’une partie de l’explication.

D’autant plus que les chercheurs notent que certains cancers à déclenchement précoce sont en augmentation même dans les pays qui n’ont pas de programme de dépistage… La raison, donc ? Le changement de nos modes de vie, de notre environnement… ou encore de notre alimentation et de l’apparition des aliments ultra-transformés.

Huit cancers en hausse liés au système digestif

« Parmi les 14 types de cancer en hausse que nous avons étudiés, huit étaient liés au système digestif », explique l’épidémiologiste Tomotaka Ugai de la Harvard Medical School à ScienceAlert. Sans parler des boissons sucrées, de l’obésité, de la sédentarité et de la consommation d’alcool qui ont tous significativement augmenté depuis les années 1950. Autre fait notable : contrairement aux adultes qui n’ont pas radicalement changé leur durée de sommeil, les enfants dorment beaucoup moins qu’il y a quelques décennies. Tout cela pourrait interagir avec les susceptibilités génétiques au cancer et le fonctionnement de cette maladie, selon l’étude.

Les chercheurs ne comptent pas s’arrêter là : ils souhaitent poursuivre leurs travaux et mettre en place des études de cohorte suivies dans le temps, afin de pouvoir observer l’évolution de la santé de jeunes enfants sur plusieurs décennies et déterminer ce qui faisait qu’une personne était atteinte d’un cancer dans le passé et aujourd’hui. Ils veulent également sensibiliser davantage le public et les professionnels de santé aux risques de cancers précoces.

 Juliette BROSSAULT.  13/09/2022

https://www.ouest-france.fr/

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14 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

jeunes ! (gr)

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Jeunes, nous aussi luttons pour notre avenir !

La rentrée 2022 n’a pas été différente de toutes celles du précédent quinquennat, avec toujours un immense décalage entre les me­sures du gouvernement Macron et celles qui seraient néces-saires pour permettre aux jeunes de vivre correctement et d’envisa­ger un véritable avenir. Dans les lycées, c’est de nou­veau catastrophique avec des classes bondées, voire pas de profs du tout dans certaines matières. C’est carrément le sacrifice de notre éducation et de notre futur !

Jeune = Précaire ?!

Le salaire des apprentis qui est compris entre 27 et 73% du SMIC a été revalorisé de 2% en août, suivant ainsi la hausse du salaire minimum, mais face à une infla­tion de 6,1% c’est insuffisant !

Même chose pour les bourses ! Même si les étudiants sont plus « chanceux » que les appren­tis avec la revalorisation des bourses de 4%, même un élève de primaire verrait bien que le compte n’y est pas. Sans consi­dérer le fait que trois quarts des étudiants n’ont pas de bourse qu’ils ne verront donc ni les prix baisser, ni leurs salaires aug­menter pour ceux qui travaillent.

Côté lycées pro, les temps de stages seront augmentés de 50% en 2023, diminuant encore les heures d’enseignements géné­raux et creusant ainsi l’écart de connaissances avec les autres lycéens.

Rejoignons les luttes des travailleurs !

Nous subissons aussi l’infla­tion, le manque de personnel enseignants et les mauvaises conditions d’études et de travail. C’est le résultat de la politique de Macron qui veut toujours priva­tiser les services publics et faire que les salariés soient payés le moins possible. Refusons cette société qui ne marche que pour le profit, cette société capitaliste ! Luttons aux côtés des travail­leurs, pour des conditions d’étude et de vie décentes et une société qui répond aux besoins de toutes et tous ! Le 29 septembre, nous aussi faisons grève et descendons dans la rue pour défendre nos droits ! Nous avons publié des tracts pour mobiliser, contacte-nous si tu veux participer !

Face à Macron et aux capitalistes, il faut une grève massive !

Coût de la vie, retraites ou as­surance chômage menacées, dégradation des conditions de travail à vitesse grand V, les raisons de la colère sont là. Sans parler des provocations de Macron sur la fin de « l’abondance »… : une lutte massive des travailleurs est nécessaire !

Des grèves ont eu lieu cet été sur les salaires et à la rentrée dans plusieurs secteurs (énergie, Santé…). Elles indiquent la voie aux travailleurs des autres secteurs.

Avant l’été, la date du 29 septembre a été annoncée par les syndicats comme une journée interprofessionnelle de grève et d’action pour exiger l’augmen­tation générale des salaires.

Sur nos lieux de travail, avec nos orga­nisations syndicales, nous devons prépa­rer de manière très sérieuse cette grève pendant tout le mois de septembre. Un bon niveau de grève c’est le message aux patrons, à Macron mais aussi à celles et ceux qui ne seront pas entrés en grève que maintenant on ne se laissera pas faire. C’est le moment de passer à l’ac­tion ! Utilisons massivement le 29 sep­tembre pour être toutes et tous en grève !

Engager un bras de fer pour battre Macron et les capitalistes!

Partout les bas salaires posent pro­blème. C’est enrageant de ne pas pou­voir vivre dignement de son travail. Puis chaque secteur a ses propres pré­occupations et revendications. Nous avons toutes et tous les mêmes inté­rêts : stopper la politique de Macron et des capitalistes qui nous envoient dans le mur. Mais ils ne vont pas céder facilement. Comme en Grande-Bre­tagne, il faut avancer vers une lutte de masse, déterminée, avec un ensemble de revendications unifiant pour toute la classe ouvrière. Les directions syn­dicales devraient toutes frapper sur le même clou et proposer un plan d’action de lutte pour monter en puissance, dès maintenant, le 29 septembre et après.

Pour une grève visible et active

Nous sommes toutes et tous concerné.es. Se préparer pour cette grève, sur nos lieux de travail, syndiqués et non syndi­qués, est une priorité. Les syndicats, et en particulier les syndicalistes comba­tifs, ont un rôle important : proposer la grève et sa préparation collective. Des heures d’info, des assemblées générales partout sont le moyen de discuter des revendications les plus efficaces face à Borne, Lemaire et Macron, des moyens de faire connaître la grève et d’y impli­quer les collègues.

Pendant les jours de grève, nous de­vons nous retrouver devant nos lieux de travail, en piquet de grève, pour montrer à nos collègues, aux passants, aux usagers ou clients, qu’il s’agit d’une grève sérieuse, faire des départs grou­pés avant les manifestations, en somme instaurer un climat de lutte car le 29 septembre doit être un début.

• Pour l’augmentation du salaire à 1600€ net minimum
• Pour des salaires qui augmentent au moins autant que les prix !
•Pour des embauches massives de personnel partout où il y en a besoin, en particulier les services publics (Éducation, Santé, transports…)
•Prenons les 73 milliards de profits du CAC40 pour faire baisser les prix
•Les transports, la Santé, l’Énergie, la grande distribution… doivent être mis en monopole de service public et contrôlés par les travailleurs et les usagers !
•Pour une lutte de masse offensive contre la politique de Macron et les capitalistes !

 

 

14/09/2022

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https://www.gaucherevolutionnaire.fr/

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12 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

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riz

Sécurité alimentaire : l’Afrique redoute une hausse du prix du riz

Les inondations au Pakistan qui ont noyé une partie des terres agricoles et la décision de l’Inde de limiter ses exportations de riz pourraient aggraver les tensions sur le front de la sécurité alimentaire dans les pays africains les plus dépendants des importations en provenance d’Asie.

Déjà confronté à la flambée des prix du blé et du maïs en raison de la guerre en Ukraine, le continent africain pourrait également devoir faire face à une augmentation des cours du marché du riz en raison des inondations au Pakistan et de la décision de l’Inde de limiter ses exportations.

L’Inde a en effet interdit la semaine dernière les exportations de brisure de riz et a imposé un droit de 20 % sur les exportations des qualités de riz supérieures. Avec cette mesure, le premier exportateur mondial cherche à faire baisser les prix au niveau local après des pluies de mousson inférieures à la moyenne.

Les exportations pourraient ainsi s’effondrer de 25 % dans les prochains mois, selon le directeur de Satyam Balajee, le principal exportateur de riz indien. « Toutes les céréales avaient augmenté, sauf le riz. Désormais, il va rejoindre cette tendance », affirme Himanshu Agarwal, interrogé par l’agence Reuters.

Dans le même temps, la Thaïlande et le Vietnam ont convenu d’augmenter les prix pour mieux rémunérer leurs agriculteurs. « Il va y avoir des tensions importantes sur la sécurité alimentaire dans de nombreux pays », confirme Phin Ziebell, économiste agroalimentaire à la National Australia Bank.

Dépendance au riz asiatique 

D’autant que la situation au Pakistan, confronté aux conséquences d’inondations historiques, pourrait aussi peser sur les cours mondiaux. « Le Pakistan est un gros exportateur de riz. Or, un tiers du pays est sous l’eau et donc on a des risques à terme d’une augmentation du prix du riz sur le marché international », note sur l’antenne de France 24, le chercheur Nicolas Bricas, titulaire de la chaire UNESCO alimentations du monde.

Enfin, la forte demande chinoise pour la brisure de riz destiné à remplacer le maïs devenu trop cher pour nourrir les animaux d’élevage a eu tendance à faire grimper les prix ces derniers mois.

Une mauvaise nouvelle de plus sur le front de la sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne qui dépend très largement des importations du petit grain blanc en provenance d’Asie. Selon RFI, l’Afrique pourrait absorber cette année 40 % du commerce mondial de riz, soit 20 millions de tonnes, un record.

« Le problème de cette dépendance vis-à-vis des importations de riz est chronique et va durer », explique le chercheur au CIRAD Patricio Mendez del Villar. « La production locale n’arrive pas à suivre la courbe des besoins qui augmente avec la croissance démographique et la croissance urbaine. En Afrique, le riz est préféré par les urbains car c’est un produit prêt à l’emploi contrairement aux céréales traditionnelles comme le mil et le sorgho qui nécessitent une préparation ».

Une hausse des prix qui devrait rester « contenue » 

Si la sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne ne repose pas uniquement sur le riz, elle reste la deuxième céréale la plus consommée après le maïs. Une flambée des cours serait un nouveau coup dur pour des populations déjà fragilisées par la hausse du prix des denrées alimentaires agricoles.

La situation est particulièrement critique dans la Corne de l’Afrique en proie à une sécheresse historique. Du sud de l’Éthiopie au nord du Kenya en passant par la Somalie, plus de 22 millions de personnes sont menacées par la faim, selon l’ONU.

Cependant, malgré ces inquiétudes, les cours du riz ne connaissent pas encore d’envolée et une augmentation des prix devrait rester  »contenue » et de courte durée, selon Patricio Mendez del Villar.

« La récolte principale dans les grands pays producteurs et exportateurs (Inde, Thaïlande et Vietnam) va commencer d’ici quelques semaines. Tout ce riz va s’ajouter à des stocks qui seront à leur maximum, ce qui va pousser ces pays à vendre l’ancienne récolte pour faire de la place. Cela devrait atténuer la pression sur le marché. On serait au mois de mars ou avril, cela serait beaucoup plus problématique », analyse le spécialiste de la filière riz.

Quant au Pakistan il n’exporte que 4 millions de tonnes de riz par an contre 21 millions de tonnes pour l’Inde, « le marché devrait donc pouvoir tenir le choc même si le Pakistan limite ses exportations ».

12/09/2022

https://www.france24.com/fr/

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08 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

patates ( ci )

paysans

La contrebande de patates colombiennes ruine les producteurs vénézuéliens

Alors que l’ouverture annoncée de la frontière entre les deux pays met du temps à se concrétiser, les producteurs de patates vénézuéliens luttent contre la contrebande de pommes de terre. Les produits en provenance de Colombie sont en effet vendus à des prix défiant toute concurrence.

Se dirige-t-on vers une guerre de la patate entre la Colombie et le Venezuela ? Alors que les deux pays renouent peu à peu leurs relations diplomatiques et commerciales, toute une série de problèmes méconnus voient le jour dans la région frontalière montagneuse où abondent les trafics en tout genre.

Le dernier en date ? La contrebande de patates colombiennes à des prix défiant toute concurrence qui menace la production locale d’un Venezuela enfoncé dans une grave crise économique depuis plus de sept ans.

Selon l’agriculteur Alfonso Morales, interviewé par le site de Caracas El Pitazo, le problème est d’abord dû aux conditions financières difficiles rencontrées par les agriculteurs du Venezuela, incapable de rivaliser avec le pays voisin, dans lequel la culture de la pomme de terre bénéficie de subventions gouvernementales depuis 2020.

“Les coûts de production de la pomme de terre au Venezuela sont très élevés, à commencer par les semences : elles sont très anciennes. Le gouvernement n’autorise pas les agriculteurs à faire venir des semences d’autres pays.”

Avec les effets de la crise économique, “les coûts de production ont trop augmenté”, surtout ceux des fongicides et des insecticides – souvent importés –, ce qui fait que “nous travaillons à perte”, ajoute l’homme, dépité.

À cette question s’ajoute celle de la corruption et de l’extorsion. En effet, “les contrebandiers ne sont pas soumis à des extorsions sur les routes […] du pays”, alors que les locaux “doivent payer jusqu’à 10 dollars par alcabala (barrage)”, déplore le producteur Adalberto Mendoza, lui aussi interrogé par le titre. Les barrages légaux et illégaux sont fréquents sur certaines routes du Venezuela : des groupes armés et les autorités locales elles-mêmes rackettent régulièrement les commerçants et les habitants.

Près de 150 000 familles dépendantes de la patate

À titre d’exemple, sur un marché de Caracas, le sac de patates colombiennes coûte de 10 à 12 dollars, contre un coût de production de 18 dollars pour les pommes de terre locales, pour le plus grand malheur des 150 000 familles vénézuéliennes qui dépendent de son commerce.

Pour compléter ce sombre tableau, les producteurs refusent souvent d’être payés en bolivars, la monnaie locale, fortement instable et très dévaluée. Ce qui pousse les commerçants à recourir à des bureaux de change et à perdre encore un peu plus d’argent au passage.

En conséquence, les agriculteurs demandent au gouvernement de mettre fin à la contrebande de patates colombiennes – souvent camouflées dans des camions qui transportent du gaz – pour sauver la pomme de terre vénézuélienne. Selon Morales :

“Nous ne sommes pas sur un pied d’égalité avec la Colombie. Produire ici est plus difficile à cause de tout. Nous, les producteurs, sommes orphelins, nous nous sentons seuls.”

Emilien Pérez

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06 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

amazonie (à l’encontre)

amazonie (à l'encontre) dans A gauche du PS coica-sq-logo

«Une grande partie de l’Amazonie pourrait ne jamais se reconstituer»

La destruction de l’environnement dans certaines parties de l’Amazonie est si complète que des pans entiers de la forêt tropicale ont atteint le point de basculement et pourraient ne jamais pouvoir se reconstituer, selon une importante étude menée par des scientifiques et des organisations indigènes.

«Le point de basculement n’est pas un scénario pour l’avenir mais plutôt un stade déjà présent dans certaines zones de la région», conclut le rapport. «Le Brésil et la Bolivie concentrent 90% de la déforestation et de la dégradation combinées. Par conséquent, la savanisation [transformation d’une région en savane] est déjà en cours dans ces deux pays.»

Les scientifiques du Réseau amazonien d’informations socio-environnementales géoréférencées (RAISG) ont collaboré avec le Coordinateur des organisations indigènes du bassin de l’Amazone (COICA) pour produire l’étude, «Amazonia Against the Clock», l’une des plus importantes à ce jour, couvrant les neuf nations qui contiennent des parties de l’Amazonie [Bolivie, Pérou, Brésil, Colombie, Equateur, Venezuela, Suriname, Guyane, Guyane française].

Elle a révélé que seules deux de ces neuf nations, le petit Surinam et la Guyane française, ont au moins la moitié de leurs forêts encore intactes.

Des organisations autochtones amazoniennes représentant 511 nations indigènes et alliés appellent à un pacte mondial pour la protection permanente de 80% de l’Amazonie d’ici 2025.

L’objectif de 80% est un défi de taille, car il ne reste que 74% de la forêt dite d’origine. Il est urgent d’agir non seulement pour protéger la forêt encore existante, mais aussi pour restaurer les terres dégradées et revenir à ce niveau de 80%.

«C’est difficile mais faisable», a déclaré Alicia Guzmán, une scientifique équatorienne qui a coordonné le rapport. «Tout dépend de l’implication des communautés indigènes et des personnes qui vivent dans la forêt. Cela et la dette [non-paiement de la dette injuste qui frappe les pays impliqués].»

Selon Alicia Guzmán, confier aux groupes indigènes la gestion d’un plus grand nombre de terres – et, surtout, leur assurer la protection de l’Etat et supprimer les lacunes juridiques qui permettent aux industries extractives de pénétrer la forêt – est le moyen le plus sûr de garantir la préservation.

Près de la moitié de l’Amazonie a été désignée comme zone protégée ou territoire indigène, et seulement 14% de la déforestation totale a lieu dans cette région. Actuellement, environ 100 millions d’hectares de terres indigènes font l’objet de litiges ou attendent des gouvernements des reconnaissances officielles.

«Avoir des indigènes dans le processus de décision signifie que nous comptons sur les connaissances de ceux qui connaissent le mieux la forêt», a déclaré Alicia Guzmán. «Et ils ont besoin de financement.»

Ils ont également besoin que leurs terres soient protégées contre les accapareurs et les industries extractives. L’exploitation minière est l’une des menaces croissantes, les zones protégées et les terres indigènes figurant parmi les zones les plus convoitées par les prospecteurs.

Une grande partie de l’exploitation minière est clandestine et illégale, mais environ la moitié dans les zones protégées est effectuée légalement. Les scientifiques ont appelé les gouvernements à rejeter ou à annuler les permis d’exploitation minière.

Le pétrole est une autre menace, en particulier en Equateur, d’où provient 89% de tout le brut exporté de la région.

Les activités pétrolières couvrent 9,4% de la surface de l’Amazonie et 43% d’entre elles se trouvent dans des zones protégées et des terres indigènes. Plus de la moitié de l’Amazonie équatorienne est désignée comme un secteur pétrolier, selon le rapport, et les surfaces exploitées au Pérou (31%), en Bolivie (29%) et en Colombie (28%) sont également inquiétantes.

Les exploitations agricoles sont encore plus préoccupantes. Ce type d’agriculture est responsable de 84% de la déforestation, et la superficie des terres consacrées à l’agriculture a triplé depuis 1985, selon le rapport. Le Brésil est l’un des principaux exportateurs de denrées – le soja, le bœuf et les céréales – alimentant de grandes parties du monde et rapportant des milliards de dollars chaque année.

L’Amérique latine est la région la plus endettée du monde en développement et l’annulation de cette dette en échange d’engagements de préservation serait significative.

A partir de ce constat, l’une des principales recommandations de l’étude est de renforcer la collaboration entre les gouvernements régionaux, les institutions financières internationales et les sociétés de capital-investissement qui détiennent une grande partie de la dette des nations amazoniennes. «Ces derniers ont devant eux une occasion unique d’effacer la dette existante en échange d’engagements à mettre fin à l’extraction industrielle et à promouvoir les protections dans les zones prioritaires clés, les territoires autochtones et les zones protégées», indique le rapport.

[Dans le rapport «Amazonia Against The Clock», à la page 38, la proposition est résumée à sa façon par Tuntiak Katan, vice-coordinateur de COICA en Equateur:

«La dette extérieure des pays amazoniens doit être comprise comme un moteur systémique et un carburant pour les activités extractives dans toute la région. En tant que coalition, nous proposons l’annulation de cette dette comme une mesure de protection immédiate pour atténuer les défis économiques que nos pays traversent.

Cette proposition d’annulation de la dette serait conditionnée à la protection de 80% de l’Amazonie. Les pays industrialisés et les institutions financières internationales assumeraient la responsabilité de la sauvegarde de la planète, de l’atténuation du changement climatique et de l’allègement de la pression sur l’Amazonie avec le leadership des pays amazoniens.»

Parmi les 13 autres «solutions» proposées dans le rapport figurent: la suspension complète de l’octroi de nouvelles licences et de nouveaux financements pour l’exploitation minière, pétrolière, l’élevage de bétail, les grands barrages, l’exploitation forestière et d’autres activités de ce type; une transparence et une responsabilité accrues le long des chaînes d’approvisionnement; la restauration des terres déboisées; de nouveaux modèles de gouvernance permettant une représentation et une reconnaissance accrues des peuples autochtones.

Bien que la tâche soit énorme, il y a des raisons d’être optimiste, notamment au Brésil, où le président, Jair Bolsonaro, affronte l’ancien président sortant Luiz Inácio Lula da Silva dans une élection tendue le 2 octobre.

Lula est en tête dans les sondages. Pendant son mandat, dans les années 2000, la déforestation a diminué de plus de 80%.

Par Andrew Downie

(Article publié dans The Guardian, en date du 5 septembre 2022)

https://alencontre.org/

 

 

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04 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

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Incendies : la gestion néolibérale des pompiers et de l’ONF mise en cause

Après un été aux incendies records, la politique de casse du service publique des forêts et le financement au rabais des pompiers interrogent.

Avec 62 023 hectares de forêt partis en fumée, l’été 2022 a été rythmé par les incendies. Oui, nous avons bien affaire à une année exceptionnelle, puisque ce bilan est bien supérieur à la moyenne annuelle des 15 dernières années. Il s’approche même des records des années 1976 et 2003 où 88 000 et 73 000 hectares avaient brûlé. Mais ce caractère exceptionnel pourrait bien devenir la norme, tant le réchauffement climatique, largement imputable à notre mode de production capitaliste, nous assure de futurs étés toujours plus chauds et secs.

Or pour y faire face, la gestion néolibérale de la fonction publique française semble profondément inadaptée. Depuis les années 1980, l’Etat et les collectivités territoriales réduisent les moyens de l’Office national des forêts (ONF) et des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS), premiers remparts contre les incendies. Les fonctionnaires sont remplacés par des contractuels précaires et les effectifs fondent plus vite encore que nos glaciers. Lentement mais sûrement, l’Etat hypothèque nos chances de surmonter au mieux les catastrophes environnementales à venir.

L’ONF : privatisation et réduction des effectifs

L’Office national des forêts est créé en 1964. Aujourd’hui placé à la fois sous la tutelle du ministère de la transition écologique et de celui de l’agriculture, il subit de plein fouet la logique néolibérale adoptée par l’Etat. Privatisation d’une part, réduction des effectifs de l’autre.

Alors que cet établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) comptait près de 15 000 salariés en 1985, ils et elles ne sont plus que 8 200 aujourd’hui. Une dynamique qui s’est accélérée sous le précédent quinquennat Macron, puisque pas moins de 1 000 emplois ont alors été supprimés. La saignée est loin d’être terminée puisqu’en avril 2022, la direction de l’ONF a annoncé la suppression de près de 500 postes supplémentaires d’ici 2025 via un contrat Etat/ONF. De quoi faire hurler cinq organisation syndicales de l’ONF, qui ont attaqué ce contrat au tribunal administratif fin juin.

En plus de réduire les effectifs, les fonctionnaires qui quittent la profession sont remplacés par des contractuels, sous contrats de droit privé. « Depuis 2017, il n’y a plus de recrutement de fonctionnaires pour les techniciens forestiers ! La part de contractuels a atteint 50% à l’ONF », assure Patrice Martin du SNUPFEN, premier syndicat de l’établissement, affilié à l’union syndicale Solidaires.

L’ONF n’est donc pas à proprement parler privatisée… mais simplement vidée de ses fonctionnaires, ce qui n’est pas sans conséquence sur son activité. « Le statut de fonctionnaire nous protège des pressions financières et des objectifs de rentabilité auxquels nous sommes de plus en plus soumis », continue le syndicaliste Patrice Martin. Le remettre en cause c’est donc fondamentalement changer le sens du métier.

« La forêt française est gérée comme son agriculture »

Or les agents de l’ONF sont le premier rempart de la force publique pour lutter contre les incendies. Ils sont chargés de la gestion des forêts publiques (environ 25% de la forêt française), mais surveillent également l’entretien des forêts privées. « Les propriétaires ont des obligations de débroussaillage. Cela permet de protéger les habitations en évitant que les éventuels feux ne se propagent. Avec les réductions d’effectifs, nous sommes de moins en moins nombreux à assurer cette mission et les incendies deviennent de plus en plus dangereux », explique Patrice Martin du SNUPFEN.

Dans un récent rapport, des sénateurs Les Républicains constatent que l’obligation légale de débroussaillage, qui concerne environ 3 millions de propriétaires privés, est appliquée par moins de 30 % d’entre eux. Ils préconisent alors de ne plus rogner sur les effectifs de l’ONF et de revenir sur les 500 suppressions de postes prévues pour 2025.

Enfin le développement tous azimuts de la fonction commerciale de l’ONF, consistant à planter des arbres afin qu’ils soient exploités, pose également question. « La forêt française est gérée comme son agriculture. On n’a d’ailleurs pas affaire à une forêt mais à des champs d’arbres, destinés à être rentables. Or faire de la monoculture de résineux, c’est planter des arbres qui seront de potentielles torches. Pour mieux résister aux incendies il faut mélanger les essences et ne pas penser uniquement à la rentabilité », conclut Patrice Martin.

Pompiers : gestion décentralisée et manque d’effectifs

Si les pompiers manquent d’effectifs et de moyens pour lutter contre les incendies, c’est avant tout parce que leur gestion est confiée aux collectivités territoriales. En effet, les services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) sont financés à 42% par les communes et à 58% par les départements. Sur un budget total d’environ 5,16 milliards d’euros en 2022, l’Etat n’a contribué à leur financement qu’à hauteur de 7 millions d’euros.  Une participation tout à fait marginale.

Interrogé par Le Média, Sébastien Delavoux, animateur du collectif CGT des SDIS résume le problème : « Si vous êtes dans un département rural avec un conseil départemental qui n’a pas les mânes liées au tourisme, vous aurez peu d’argent. Il y a une inégalité du secours aujourd’hui en France. »

« Dans le département du Nord (59). On considère qu’il nous manque environ 150 pompiers professionnels à mettre sur le terrain, plussoie Marc Lehoucq, secrétaire général de la CGT des SDIS 59, sans quoi on n’est pas en capacité d’assurer pleinement la sécurité de notre territoire. »

En outre, les pompiers ne sont pas susceptibles d’intervenir seulement sur leur territoire. Quand surviennent les grands incendies de forêt, comme cela a été le cas cet été, les pompiers des départements non concernés viennent en renfort. « Cet été, quand nous avons dû partir sur les incendies du sud, notre département s’est retrouvé en sous-effectif et nos équipes difficilement en mesure de gérer nos risques courants », témoigne Marc Lehoucq de la CGT des SDIS 59.

Des volontaires plutôt que des fonctionnaires

La France compte au total 251 900 pompiers. Or parmi eux, 197 000, soit à peu près 80%, sont volontaires. Les pompiers professionnels, fonctionnaires, ne sont qu’au nombre de 41 800. « Le problème c’est que les volontaires restent en moyenne deux ans dans la profession. C’est normal, puisqu’ils ont un travail à côté. Ils ne sont pas non plus mobilisables tout le temps, et sont plus disponibles les soirs et les week-ends. Ce qui veut dire que bien souvent on est en sous-effectif », continue Marc Lehoucq, de la CGT.

Ainsi, les départements peuvent compter sur l’armée de réserve de ces volontaires pour baisser le budget des SDIS. « En 2016, c’est ce qui s’est passé dans mon département. Le département a mis en place une politique de non remplacement des départs de professionnels. Ils ont été remplacés, de fait, par des volontaires.

De plus, depuis deux ans un nouveau système se met en place : les volontaires sont parfois embauchés en CDD. Cela leur permet d’avoir un contrat de travail mais jamais d’être titularisés. De ce fait, on pérennise l’idée que les pompiers ne sont pas des fonctionnaires », conclut Marc Lehoucq.

2 septembre 2022 Guillaume Bernard

https://rapportsdeforce.fr/

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25 août 2022 ~ 0 Commentaire

nucléaire (greenpeace)

nucleairefrance

Nucléaire : des conteneurs d’uranium enrichi en provenance de Russie continuent d’arriver en France

Greenpeace dénonce le double discours d’E. Macron qui ferme les yeux sur le business nucléaire avec la Russie

Au lendemain des déclarations d’Emmanuel Macron exhortant la communauté internationale à n’avoir “aucune faiblesse, aucun esprit de compromission” face à la Russie et appelant les Français à accepter de payer le “prix de la liberté” pour l’Ukraine, la France continue à importer massivement du combustible nucléaire en provenance de Russie.

Hier matin au port de Dunkerque, 52 fûts (des enveloppes de type 30B) contenant de l’uranium enrichi ont été déchargés du cargo Mikhail Dudin en provenance de Saint-Pétersbourg. Ils ont ensuite été chargés dans des camions qui ont pris la direction de la vallée du Rhône, où se trouvent les sites nucléaires de Pierrelatte et de Romans-sur-Isère.

Selon Yannick Rousselet, expert en sûreté nucléaire pour Greenpeace France, “Alors qu’Emmanuel Macron prononce de beaux discours sur les efforts engagés pour soutenir l’Ukraine et se targue d’une position ferme vis-à-vis de la Russie, l’industrie nucléaire française continue son business as usual en toute discrétion. L’industrie nucléaire française ne devrait pas bénéficier de passe-droit pour continuer son commerce avec la Russie et ces importations scandaleuses doivent cesser immédiatement.”

Dans sa note L’industrie nucléaire française, une alliée du régime de Vladimir Poutine, publiée en mars dernier, Greenpeace France démontrait les interdépendances entre les filières nucléaires française et russe à tous les niveaux de la chaîne de cette industrie, de l’extraction de l’uranium au retraitement du combustible usé, de la construction des centrales à leur exploitation. EDF et Orano ont été mis en demeure pour leur coopération avec Rosatom qui occupe et gère illégalement la centrale ukrainienne de Zaporijia en violation du droit international. Greenpeace demande l’arrêt du commerce et des contrats entre les industries nucléaires française et russe.

25 août 2022

https://www.greenpeace.fr/

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