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25 février 2018 ~ 0 Commentaire

poutou poupin (npa)

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Philippe Poutou au salon de l’agriculture

Philippe Poutou au Salon de l’agriculture demain dimanche 26 février à partir de 11h. 

Aujourd’hui, la situation du monde agricole est sinistrée, en particulier pour celles et ceux qui travaillent sur de petites exploitations. Bien loin de la réalité de l’agrobusiness et de ses juteux profits… Des hommes et des femmes s’épuisent dans un travail utile et n’en tirent même pas le Smic, leur protection sociale est insuffisante et leur retraite dérisoire… Quel jeune voudrait s’installer dans de telles conditions ?

Nous proposons un revenu garanti pour chaque actif agricole, indépendamment des aléas de la production et des marchés.

L’importance de l’agriculture dans l’alimentation, la santé publique, la protection de l’environ- nement et l’aménagement du territoire justifie cette rémunération. Les normes sanitaires et environnementales ne doivent plus être vécues comme des contraintes mais comme des nécessités générant certes du travail, mais du travail payé.

Contre le surendettement, nous proposons la réduction et même l’effacement des dettes quand les banquiers se sont bien gavés.

Cela passe par un plafonnement et un redéploiement des aides publiques, ainsi que des subventions qui ne doivent plus aller aux mégaprojets mais aux initiatives de terrain favorisant la transition écologique.

Il faut desserrer l’étau du capital sur l’activité agricole.

Nous n’y parviendrons vraiment qu’en socialisant les groupes de l’agroalimentaire et de la grande distribution ainsi que les banques, mais on peut résister en imposant des prix plancher à la production, en interdisant vraiment les OGM et le brevetage du vivant, en rendant leurs places aux semences paysannes, en bloquant les projets agrocapitalistes telle la ferme des mille vaches.

C’est pour engager un dialogue autour de ces propositions que Philippe Poutou, candidat du NPA à l’élection présidentielle, accompagné de Christine Poupin, porte-parole du parti, seront présents au Salon de l’agriculture demain dimanche 26 février à partir de 11h. Ils visiteront un certain nombre de stands, dont celui de la Confédération paysanne. Une autre agriculture est possible.

Montreuil le samedi 25 février 2017.

https://npa2009.org/

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25 février 2018 ~ 0 Commentaire

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25 février 2018 ~ 0 Commentaire

fuck work (paul jorion)

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Sortie le 15 mars

À propos de « No More Work. Why Full Employment Is a Bad Idea » de James Livingston, par Madeleine Théodore

Le livre de James Livingston, No More Work * – mais dont il explique dans les premières pages qu’il aurait voulu l’appeler « Fuck Work » – agit sur le lecteur comme une psychanalyse, la question qu’il nous soumet sans ambages étant la raison de notre attachement plein de persévérance à la « valeur travail », alors que nous pourrions et surtout devrions nous tourner vers une autre voie, actuellement, pour répondre à nos aspirations les plus profondes, les emplois disparaissant chaque jour davantage « grâce » à l’automation.

Cette manière qui nous est propre de concevoir notre existence « à la sueur de notre front », elle est enracinée en nous depuis des millénaires, et c’est pourquoi Hegel y percevait une notion « transhistorique », donnant à la succession des générations une impression de continuité.

Parcourant à travers l’histoire les différentes approches du travail, l’auteur nous montre bien le caractère tout aussi particulier que relatif du capitalisme, échouant à créer de l’égalité, et réussissant néanmoins à créer un premier espace de liberté grâce au salaire, pour disparaître finalement en même temps que la classe des prolétaires qu’il avait engendrée.

Le travail reste un pilier incontournable de notre vie, à la source de plus de mal que de bien si nous prenons enfin en compte la destruction de notre habitat, celle de la faune et de la flore, suite au grand nombre de déchets et à la surexploitation que notre consommation entraîne, et pourtant, alors qu’il détruit notre existence, nous percevons toujours son principe comme salutaire et vivifiant, dans un aveuglement dénué de tout esprit critique.

Certains passages du livre nous tirent cependant de notre nostalgie pour nous réveiller, par exemple lorsque Livingston nous fait remarquer « qu’une activité mal payée crée une situation plus intolérable que l’acceptation d’un revenu procuré par l’État » ou encore pointe du doigt le fait que le capitalisme s’est détruit lui-même en confiant à des gestionnaires non impliqués dans la capitalisation de l’entreprise des rôles de contrôle de la production, résultat ironique de l’absence de travail réellement productif, comme l’est l’investissement des actionnaires.

Le livre est également parsemé de paradoxes, tel celui concernant le renoncement dans les années 1970 au Plan d’Assistance élaboré par Nixon, pour la raison principale que les sommes versées aux citoyens défavorisés étaient associées à une incitation à chercher du travail, aspect déplaisant et problématique pour une bonne partie de la gauche.

Il y aurait par ailleurs correspondance entre notre désir de sublimer notre désir de liberté par le travail, cette sublimation s’incarnant dans notre propension à « créer un surplus », et l’évo- lution de notre société dépassée par l’impossibilité de gérer celui-ci. L’éthique protestante s’est ainsi imposée et opposée à l’idéal aristocratique du loisir tout autant qu’à la croyance du monde chrétien à une vie bonne dans l’au-delà.

Livingston nous surprend et nous amuse presque lorsqu’il fait l’inventaire de toutes les astuces et justifications dont nous usons, aussi bien à gauche qu’à droite, pour sauver ce qui apparaît bien comme notre dernière planche de salut, porteur de justification et de sens de notre existence : le labeur, dont l’absence définitive est partout déniée, comme si, tels des prisonniers redoutant la lueur du jour, nous ne pouvions nous arracher à une vie basée sur le surplus pour définir les contours d’une autre basée sur celui du besoin.

L’information sur laquelle est basée notre société post-industrielle est gratuite et par ailleurs, l’activité économique peut se passer d’un ajout de capital ou de matériel, il nous est donc demandé de revoir les principes de notre économie dans cette perspective pour pallier les dommages à l’environnement que le capitalisme engendre et pour éliminer cette concentration vertigineuse de la richesse à laquelle nous assistons, responsable également d’un fléau tout aussi paralysant pour l’économie, la spéculation, interdite en France et en Belgique jusque dans les années 1870 car elle était reconnue comme un pari où l’un gagne et l’autre perd.

L’auteur insiste sur le fait que la disparition de l’emploi était annoncée par les artistes et intellectuels depuis les années 1920.

Beaucoup d’emplois avaient disparu dans les années 1930 suite à l’automatisation, notamment dans le secteur automobile et le Plan prévu dans les années 1970 par Nixon visait à pallier la disparition généralisée de l’emploi, en substituant au principe de la sécurité sociale celui du revenu minimal garanti. Sur ce point, nul doute que cette mesure, même si elle a été par ailleurs avortée, ne puisse être qualifiée de cynique, puisque, dans le but d’empêcher une révolte du peuple, on privait celui-ci de prestations sociales s’adaptant au contexte économique pour lui attribuer une somme dont le montant était fixé, sans tenir compte du fait que le système financier pouvait raboter cette somme à sa guise et selon son bon vouloir.

Car enfin, ce que nous ne voulons pas voir, renforçant ainsi notre cécité, c’est que le travail, s’il a assuré notre subsistance, s’est souvent comporté comme « un maître abusif » : la Révolution industrielle, si elle a fait progresser notre société sur bien des plans, a aussi transformé les paysans en salariés sans qu’ils puissent plus jamais recourir « aux biens communs » fournis par la terre et dont ils pouvaient jouir sans entraves, la notion d’« enclosures » n’existant pas au XVIIIe siècle de la même manière qu’au siècle postérieur. Cette privatisation des biens communs s’est accentuée de manière indue jusqu’à nos jours, par la notion de « personne morale » attribuée aux entreprises, leur laissant le loisir de disposer du patrimoine de l’humanité, des ressources élémentaires nécessaires à tous, à leur propre gré, alors que la planète est à feu et à sang.

De même, c’est au nom du travail que les différences entre les sexes se sont accentuées, reléguant le travail des femmes au foyer au rang des accessoires et dévalorisant le soin apporté aux non-productifs, enfants et vieillards ne relevant pas de cette catégorie. Il serait urgent pourtant qu’hommes et femmes puissent trouver des solutions humaines au problème des mouroirs que sont beaucoup de homes (EHPAD) et à celui de l’accueil de la petite enfance, trop souvent bouleversée dès la première heure au nom de la productivité.

Il est sans doute malheureusement banal de rappeler toute la souffrance subie par les classes laborieuses au moment de la Révolution industrielle, et c’est pourquoi la remarque de Livingston selon laquelle « les luddites voulaient conserver leur travail, et les ouvriers leur dignité dans leur travail » semble sujette à caution.

Le dernier « défaut » du travail pourrait être, au final, ceci : de nous laisser désarmés face à cet avenir enfin possible auquel nous sommes embarrassés de répondre : notre vie nous appartient désormais et il nous apparaît de manière beaucoup plus évidente que nous sommes responsables de notre prochain, de notre frère.

En cela, si ce miracle est bien à nos portes, si le règne de la nécessité a bel et bien disparu, pourquoi devrions-nous nous contenter d’une somme compensatoire à la disparition de l’emploi, pourquoi ne pourrions-nous pas profiter de la gratuité pour tout ce qui est nécessaire grâce aux bénéfices de l’automation ? Ainsi, nous pourrions nous occuper réellement de nos frères mais aussi, nous ne serions plus embarrassés par ce surplus encombrant de production et de consommation engorgeant la planète. L’ère du besoin pourrait dès lors coïncider avec celle de l’amour.

* James Livingston, No More Work. Why Full Employment Is a Bad Idea, Chapel Hill : University of North Carolina Press, 2016

https://www.pauljorion.com/

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21 février 2018 ~ 0 Commentaire

corruption (jdd)

les-corruptibles

Les pays les plus pauvres ne sont pas forcément les plus corrompus

L’ONG Transparency International publie ce mercredi son rapport annuel sur la corruption dans le monde, pays par pays. Les deux tiers d’entre eux n’ont pas la moyenne. L’ONG Transparency International donne une mauvaise note à la Russie de Poutine.

C’est toujours assez effrayant de regarder ce tableau annuel, d’autant que l’an passé Trans- parency notait que, globalement, la perception de la corruption avait tendance à s’aggraver. On peut toujours se consoler en se disant que nul n’est parfait, qu’aucun pays au monde n’a 10/10, car les critères de l’ONG sont extrêmement exigeants, mais on aurait tort de penser que ce sont forcément les pays les plus pauvres qui sont le plus corrompu et les plus riches, les plus intègres. Un exemple? Le Bostwana ou le Cap Vert obtiennent de meilleures notes que l’Italie ou la Grèce.

La Russie obtient un score médiocre 

Ce qui frappe depuis plusieurs années, c’est le score des pays émergents. Si l’on ne prend que les cinq pays qui forment les BRICS (le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud), on s’aperçoit que leur croissance et leur prospérité, même si elles ont tendance à sta- gner depuis quelques années, n’ont pas été accompagnées de réformes qui permettent de limiter la corruption afin que le progrès soit mieux partagé. Autrement dit, la croissance, dans ces pays, crée plus d’inégalités.

C’est le cas en Chine et en Inde qui n’obtenaient l’an passé pas plus de 4 sur 10. C’est frappant au Brésil où les scandales politico-financiers s’accumulent. Depuis 2012, la note du Brésil est passée de 4,3, ce qui est très médiocre, à 4. Autre exemple, la Russie : la Russie est à 2,9 sur 10, aucun progrès en 4 ans. Et le dernier rapport de Transparency sur les 200 plus grandes entreprises russes, qui contribuent à 70% du PIB du pays,  montre que 32 d’entre elles atteignent tout juste la moyenne.

Les premiers de la classe sont le Danemark et la Nouvelle-Zélande 

Pas étonnant donc que ce fléau de la corruption fasse naitre de l’instabilité politique. C’est comme un cercle vicieux : plus il y a de la corruption, plus les inégalités s’accroissent, plus les mouvements sociaux prennent de l’ampleur, plus les crises politiques s’enchainent. Sauf lorsque les régimes autoritaires répriment la contestation. Comme en Russie, où l’on oublie pas que l’opposant Alexei Navalny s’est d’abord affiché comme candidat anti-corruption avant d’être interdit de participer à la présidentielle du mois prochain. Ou au Venezuela, avec des partis hostiles à Maduro qui ont mis en avant la corruption du pouvoir. Ou au Congo-Kinshasa qui obtenait l’an dernier une note de 2 sur 10.

L’année dernière,  les premiers de la classe étaient le Danemark et la Nouvelle-Zélande avec 9 sur 10. Mais ces places sont chères, il ne suffit pas d’avoir le bon arsenal législatif qui prévient et qui sanctionne la corruption, il faut les appliquer sans compromis. La France était l’an dernier 27ème au classement mais 9ème seulement au sein des pays de l’Union européenne. Personne n’a de leçons à donner et il y a donc des marges de progrès pour chacun.

François Clemenceau   21 février 2018

http://www.lejdd.fr/

Commentaire: Est-ce que cà ne serait pas ici les grands projet inutiles qui nourriraient cette corruption?

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20 février 2018 ~ 0 Commentaire

autisme (jdd + le monde)

autisme (jdd + le monde) dans Austérité

Les grands oubliés de l’autisme sont les adultes

Souffrant de troubles neurodéveloppementaux, longtemps soignés en psychiatrie ou aban- donnés à leur famille, ils sortent de l’ombre. Ils sont des centaines de milliers et rarement bien pris en charge

D’autres lanceraient un « J’accuse » tonitruant contre une France indifférente à ses citoyens handicapés.

Elle prépare, avec quelques proches, un « mémorial » pour les copains tombés au combat : suicidés après une dépression mal soignée, lassés d’un monde qui ne veut ni ne sait s’adapter à leurs particularités. Comme l’écrivain et chroniqueur Josef Schovanec, Stéfany Bonnot-Briey, consultante et formatrice mais aussi militante associative, est l’une des porte-parole des personnes autistes. « L’important, c’est que nos camarades ne soient pas morts pour rien », dit-elle, d’une voix douce et ferme, dans laquelle on devine que le sourire n’est pas loin. Alors que le pays a longtemps été à la traîne, maintes fois condamné par le Conseil de l’Europe pour discrimination à l’égard des enfants autistes et vilipendé en 2016 par l’ONU, Stéfany Bonnot-Briey a bon espoir que les choses changent.

Des « recommandations » très précises vont structurer l’accompagnement des adultes autistes

Pendant près de deux ans, cette femme de 41 ans a participé aux réunions d’un groupe de travail conjoint à l’Agence nationale de l’évaluation et de la qualité des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm) et à la Haute Autorité de santé (HAS), instance chargée de guider, à la lumière de la science, le travail des professionnels de santé. Le fruit de cette réflexion sera rendu public lundi : pour la première fois, comme cela existe pour les enfants depuis 2012, des « recommandations » très précises vont structurer l’accompagnement des adultes autistes. « C’est historique, car nous sommes les grands oubliés de la cause », se réjouit-elle.

Dans un récent rapport sur l’autisme, la Cour des comptes consacre un long passage à fusti- ger une « carence » dans la prise en charge des quelque 600.000 adultes de plus de 20 ans, atteints, à des degrés très divers, par ces troubles neurodéveloppementaux qui peuvent altérer le comportement, la communication et le langage. La majorité d’entre eux, souligne le réqui- sitoire, restent aujourd’hui invisibles, parfois « confinés dans une solitude et une détresse extrême » : seuls 75.000 sont identifiés comme autistes.

« On confond handicap et traits de caractère », raconte une femme atteinte du syndrome d’Asperger

Diagnostic insuffisant, manque de places d’hébergement pour les moins autonomes, absence d’aide pour ceux qui n’ont pas de déficience intellectuelle, offres de soin et d’accompagnement mal connues ou peu adaptées, difficulté d’accès aux aides sociales… Le sombre tableau n’a pas surpris Stéfany Bonnot-Briey. « C’est une évidence, soupire-t-elle. Les plus touchés se retrouvent parfois encore à l’hôpital psychiatrique, considérés comme des malades et non comme des handicapés, gavés de médicaments. Ceux qui vivent dans leurs familles n’ont pas tous accès à des interventions adéquates et leur entourage s’épuise. Et, même pour ceux qui sont relativement autonomes, tout n’est pas facile. »

Cette femme atteinte du syndrome d’Asperger (autisme de haut niveau) raconte simplement « la dichotomie » entre l’image qu’elle donne (grande intelligence, succès dans le travail) et sa vie réelle (le quotidien, de la douche matinale aux réunions d’équipe, est une lutte pour contenir ses sens en ébullition et vaincre ses bugs de communication). « Beaucoup d’autistes qui tra- vaillent connaissent ce genre de difficultés. On les trouve trop égoïstes, caractériels, mal élevés. On confond handicap et traits de caractère. Nous bataillons beaucoup pour nous adapter, mais la réciproque n’est pas vraie. »

S’adapter aux autistes, imaginer pour eux un accompagnement cousu main, c’est justement la vocation des recommandations présentées lundi, trois semaines avant le quatrième plan autisme, sur lequel planche Sophie Cluzel, la secrétaire d’Etat chargée des Personnes handi- capées. « Notre travail a consisté à penser les moyens de leur inclusion dans la vie ordinaire, celle de la cité », martèle la professeure Dominique Le Guludec, présidente du collège de la HAS. « Des interventions bien conduites auprès des personnes autistes, assure-t-elle, peuvent favoriser leur autonomie et améliorer la qualité de vie. »

Le mot « personne » est au cœur de la démarche, selon la patronne de la HAS : « Les autistes ont le droit d’avoir un logement, en milieu ordinaire ou dans un lieu de vie collectif adapté, à taille humaine et doté des services adéquats, ils ont le droit de voter, de faire des études, d’accéder à la culture ou au sport, d’avoir une vie affective et sexuelle. Mais pour que tous puissent bénéficier de ces droits, il faut proposer à chacun un accompagnement personnalisé : création de places en foyer, services d’aide à la personne, coaching en milieu professionnel, etc. »

De conférences en congrès à travers le pays, au cours desquels il évoque son expérience pionnière à l’hôpital de Niort et rencontre des soignants ouverts aux pratiques innovantes, le psychiatre Dominique Fiard, coprésident du groupe de travail et spécialiste du suivi des adultes, mesure le chemin déjà accompli auprès d’eux : « Ces recommandations vont les aider à exprimer de vrais choix de vie. » Une vie de liberté mais pas un long fleuve tranquille, jure Stéfany Bonnot-Briey, qui marche seule depuis longtemps. « L’autisme, on ne s’en sort pas. Mais on apprend à vivre avec. »

19 février 2018

http://www.lejdd.fr/

Lire aussi:

Autisme (Wikipédia)

De nouvelles recommandations pour dépister l’autisme chez l’enfant (Le Monde)

Autisme : l’ordre moral à l’offensive (Ensemble!)

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18 février 2018 ~ 0 Commentaire

lannion hôpital (le trégor)

Le mouvement a été lancé à la seule initiative de la CGT

Lannion. 300 manifestants pour défendre l’hôpital

300 personnes sont venues défendre l’hôpital de Lannion, vendredi matin. Elles n’ont pas pu envahir la salle du conseil de surveillance.

Pas de manifestation dans l’enceinte du centre hospitalier de Lannion et pas d’envahissement de la salle du conseil de surveillance. C’est ce à quoi ont dû s’engager la CGT et le comité de défense jeudi soir. Le maire de Lannion, président du conseil de surveillance, a interdit toute manifestation dans l’enceinte du centre hospitalier vendredi sous peine de non tenue du conseil. Une délégation de cinq salariés a néanmoins été reçue devant les administrateurs. Ils ont pu lire une déclaration. Les salariés ont défilé entre le bâtiment Min Ran et le parking de l’hôpital.

Dehors, 300 personnes sont venues soutenir le mouvement. Les personnels se sont rassemblés dans un premier temps devant le bâtiment Min Ran avant de rejoindre sur le grand parking le rassemblement des usagers. Le mouvement a été lancé à l’initiative de la CGT. La CFDT n’a pas souhaité suivre.  Pour Pascal Lasbleiz, le délégué CGT, des échéances précises sont proches :

Les restructurations prévues dans les mois à venir inquiètent voire plus les personnels. En neurologie et cardiologie ce sont 15 lits occupés à plus de 90 %  qui seraient supprimés et par conséquence une vingtaine de postes. Quelles conséquences sur le fonctionnement des urgences, qui devrait être la vitrine de l’établissement ?

Plusieurs élus ont rejoint la mobilisation : les maires de La Roche-Derrien, Ploulec’h, Le Vieux Marché, Jean-Yves Callac de Lannion ainsi que Cinderella Bernard, conseillère départementale de Bégard.  Pour les usagers : Il y a une volonté de faire quelque chose ensemble. On va se revoir rapidement. »

16 Fév 2018

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15 février 2018 ~ 0 Commentaire

rennes carrefour (lutte ouvrière)

y-en-a-marre

Carrefour : contre le plan Bompard à Rennes

Samedi 10 février, de 9 heures à 12 heures, une cinquantaine de salariés se sont réunis devant l’hypermarché de Rennes Alma, à l’appel du collectif CGT Carrefour de Rennes, afin de dénoncer les attaques contenues dans le plan de Bompard, le PDG du groupe.

Ce plan prévoit la suppression de 2 400 postes et la cession de 273 magasins de proximité, anciennement DIA, ce qui à terme, pourrait conduire au chômage près de 2 100 employés. En outre, il est prévu, à l’horizon 2020, d’effectuer 2 milliards de réduction sur les coûts de fonc- tionnement en année pleine et tous les salariés ont bien conscience que pour la direction « les coûts c’est nous » !

C’est face à cela qu’une partie des salariés du groupe travaillant sur Rennes et ses environs sur les plateformes logistiques, les Carrefour Market et l’hypermarché d’Alma se sont mobilisés.

Les grévistes ont distribué des tracts aux clients toute la matinée, puis ils se sont rendus dans le magasin en scandant « Bompard ton plan social, on n’en veut pas » et « non aux fermetures de magasins, non aux suppressions de postes », sous les encouragements des clients qui montraient ainsi leur solidarité.

Les grévistes se sont ensuite réunis pour faire le point sur cette journée d’action et les suites à donner, contents en tout cas d’avoir fait entendre à la direction qu’ils ne se laisseront pas faire. Pour faire reculer Bompard, il faudra développer la mobilisation.

Correspondant LO 14 Février 2018

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13 février 2018 ~ 0 Commentaire

sdf (france info)

Michael, jeune SDF en CDI trop riche pour être logé en foyer, mais trop pauvre pour payer un loyer

Malgré un travail en contrat à durée indéterminée depuis un an, Michael est toujours dans la rue. Et chaque soir, il monte sa tente sur un bout de trottoir au cœur de la capitale… Extrait du magazine « 19h le dimanche » du 11 février.

A la rue depuis trois ans, Michael tient à garder l’anonymat car il ne souhaite pas que sa famille le reconnaisse. En dépit de la morsure du froid de cet hiver rigoureux, le jeune homme a tou- jours le moral. Sans doute le conserve-t-il parce qu’il lui reste quelque chose à quoi s’accro- cher : un travail. Il confie au magazine  »19h le dimanche » être en CDI depuis près d’un an dans une société de nettoyage.

Une situation qui le rend trop riche pour être logé en foyer, mais trop pauvre pour payer un loyer. Ce soir-là, comme tous les autres, le jeune SDF se rend à une bagagerie pour chercher ses affaires, qui tiennent dans un grand sac sur roulettes : « C’est là où les SDF posent leurs affaires pour la journée. On les récupère le soir pour aller faire nos maisons… » Cette bagage- rie lui évite surtout de se les faire voler.

« Et voilà, la maison est montée »

Michael s’est trouvé un coin de trottoir près des Halles, au cœur de Paris, où s’installer tous les soirs. Il monte consciencieusement sa tente avec un double toit pour se protéger autant que possible du temps glacial, et gonfle un matelas à l’aide d’une pompe. Il ne tient pas à savoir quelle température il fera cette nuit-là : « Quand on ne le sait pas, c’est mieux. Et voilà, la maison est montée… »

Le patron du restaurant voisin est du genre bienveillant. Il lui apporte un sandwich au camem- bert, comme d’habitude. Sans lui, Michael ne mangerait pas : « On sait qu’il arrive à 8 heures, témoigne le restaurateur. Quand il n’est pas là, on se demande où il est. On aime bien savoir qu’il est là le matin. » Cela fait au chaud au cœur du jeune SDF qui ressent chaque jour la solitude, plus dure encore que la neige. Et il y a aussi la fatigue : « Quand on rentre le soir, on est fatigué », explique-t-il avant de s’enfermer dans son abri de fortune pour une nuit de plus dans la rue.

12/02/2018

https://www.francetvinfo.fr/

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13 février 2018 ~ 0 Commentaire

hypocrisie (anti-k)

caviar

Inégalités : comment expliquer l’hypocrisie de la gauche ?

Le débat sur les inégalités en France est marqué par une profonde hypocrisie. Les grandes envolées lyriques, souvent à gauche de l’échiquier politique, cachent mal une indifférence au sort des catégories populaires [1]. Il ne suffit pas de dénoncer ce grand écart entre les discours et les actes, il faut aussi essayer d’en comprendre les raisons.

« Voulons-nous vraiment l’égalité ? » s’interrogeait en 2015 le philosophe et président de l’Observatoire des inégalités  Patrick Savidan [2].

Qui est ce « nous » ? Certainement pas les « libéraux-conservateurs » qui, fidèles à leur idéologie, estiment que la liberté prime sur tout et que l’égalité est au fond un sous-produit. Bien davantage les « progressistes » qui affirment que, sans l’égalité, la liberté ne peut se construire.

Si l’hypocrisie existe en matière d’inégalités sociales, elle vient donc de la gauche, et plus précisément d’une forme de « bourgeoisie culturelle ».

Diplômée [3], elle occupe les centres de pouvoir au niveau national comme au niveau local, dans l’univers politique, médiatique, associatif ou professionnel. Cette bourgeoisie culturelle vote le plus souvent à gauche, parfois jusqu’à l’extrême. Mais tout en tenant un discours très virulent contre les inégalités, elle s’intéresse surtout à l’école de ses enfants (la reproduction des inégalités dans le temps), à ses loisirs (la maîtrise de son temps), ou à son environnement (bien manger, bien respirer, etc.). Le sort des ouvriers qui travaillent à la chaîne ou des cais- sières n’est pas vraiment son problème.

Elle célèbre la « mixité » (sociale, ethnoculturelle, etc.) tant qu’elle s’applique aux autres catégories et n’envahit pas ses quartiers.

Pour défendre leurs privilèges, ces bourgeois culturels jouent sur plusieurs registres, qui peuvent être différents en fonction de leur position, plus ou moins à gauche. Tout d’abord, ils mettent en avant les inégalités qui ne bousculent pas leur pouvoir en tant que groupe social : écarts entre les sexes, les générations, les inégalités territoriales et les discriminations.

Redécouvertes, ces « nouvelles inégalités » envahissent les discours et occupent le terrain pour faire paravent aux inégalités entre groupes sociaux.

Ensuite, cette bourgeoisie de gauche joue les victimes. La dramatisation des discours qu’elle tient autour de la crise et de la précarité a une fonction. Si précarité, déclassement, mauvaises conditions de travail et chômage touchent tout le monde, ils ne touchent plus personne en particulier. Quand la crise est partout, elle n’est nulle part. Les « vrais » riches, les profiteurs, ce sont ceux qui se situent un cran au-dessus d’elle en termes de niveaux de vie, une poignée d’ultra-fortunés capitalistes qui maîtrisent le monde (les fameux 1 % les plus riches) et qu’elle déteste (tout en faisant partie de ces 1 % les plus riches au niveau mondial).

Son ennemi lui vient aussi de l’extérieur, notamment de la « mondialisation capi- taliste » emmenée par ces super-riches. Enfin, une part croissante de ces privilégiés est sensible aux discours xénophobes sur l’incompatibilité culturelle d’une partie des immigrés [4] (les Arabes et les noirs, disons les choses clairement) et l’exprime plus ou moins ouverte- ment. Comment en est-on arrivé là, alors que cette bourgeoisie culturelle a longtemps été aux avant-postes de la lutte contre les inégalités sociales et de la critique des rapports de domina- tion entre les groupes sociaux que l’on osait appeler autrefois « classes sociales » ? Dénoncer l’hypocrisie n’empêche pas d’essayer d’en comprendre ses ressorts profonds. Ils sont multiples.

Les ressorts de l’hypocrisie

L’embourgeoisement des organisations qui représentaient le camp de l’égalité sociale est la première explication qui vient à l’esprit. Les associations, les instances dirigeantes des syndi- cats et les partis politiques sont de plus en plus des regroupements de personnes diplômées.

Le déclin du parti communiste, qui était le parti le plus ouvert aux ouvriers, a accentué un processus plus général d’embourgeoisement de l’ensemble de la gauche.

Le parti socialiste est devenu au fil du temps encore plus un parti de notables issus de la «méritocratie». Cette explication a une portée limitée. Elle idéalise le bon vieux temps de la politique alors que les instances dirigeantes des partis n’ont jamais été représentatives de la société. Surtout, elle débouche sur une question similaire : pourquoi ces organisations se sont-elles embourgeoisées ?

Les dirigeants du parti socialiste, au cœur des majorités de gouvernement, ont une grande part de responsabilité dans cette situation.

Non qu’ils soient restés inactifs : des 39 heures puis 35 heures aux mesures récentes contre le temps partiel contraint ou à la meilleure prise en compte de la pénibilité du travail, en passant par le développement de l’enseignement supérieur technique, leur bilan est loin d’être nul. Mais faute de n’avoir jamais respecté leurs engagements électoraux. Par crainte d’aliéner la frange supérieure diplômée de son électorat, ils n’ont jamais osé mener une réforme d’ampleur de l’éducation qui aurait pu réduire les écarts entre les milieux populaires et les autres.

Les conservateurs de l’école ont, au fond, toujours gagné. Accédant trois fois au pou- voir sous la 5è République (1981, 1997 et 2012), ils ont à chaque fois retourné leur veste en matière de politique fiscale et budgétaire, se privant des moyens de moderniser la France en répondant à des besoins sociaux concrets [5]. Les volte-face de 1983 (la rigueur) et de 1997 (les baisses d’impôts) pouvaient s’expliquer par la situation économique (la faible croissance en 1983, son excès en 2000). Le basculement de 2014 a définitivement désorienté ceux qui y croyaient encore et décrédibilisé durablement le Parti Socialiste qui aurait pu être au cœur d’une politique de réduction des inégalités.

Le transfuge récent d’une partie des élites de la gauche vers La République en marche constitue une forme de « coming out » qui réduit l’hypocrisie de cette composante de la bourgeoisie culturelle [6]. Elle n’a plus besoin de faire semblant de s’opposer aux inéga- lités, elle est passée aux « premiers de cordée » qui doivent montrer l’exemple de la réussite individuelle. Une partie de la gauche est passée du camp social démocrate au camp libéral (au sens économique).

L’hypocrisie actuelle repose également sur d’autres ressorts. Des facteurs idéolo- giques [7] : si l’on met autant en avant les « nouvelles inégalités », c’est que la brutalité du raisonnement marxiste d’hier les a longtemps occultées. « Lutte des classes, pauvres et riches, ouvriers et patrons, ont fait les beaux jours de ceux et celles qui analysaient notre société […] reléguant plus bas celles résultant d’autres caractéristiques », résume la politologue Janine Mossuz-Lavau [8]. Toute une partie des inégalités, de genre ou liées à la couleur de peau notamment, était passée sous silence. Elles s’invitent d’autant plus fortement dans le débat. L’ampleur du mouvement actuel contre la domination masculine s’explique par la violence de cette domination. Une forme de retour de bâton.

C’est plus que cela. Les transformations sociales accélérées depuis les années 1970 ont débouché sur une grande confusion. L’élévation des niveaux de vie a entraîné une amélio-ration des conditions d’existence des plus démunis jusqu’au milieu des années 2000. Sur cette base, certains n’ont pas repéré le déplacement des formes de la distinction sociale. La « moyennisation » et l’homogénéisation des modes de vie ont brouillé les pistes. Parfois par incompréhension des évolutions, parfois de façon beaucoup plus volontaire, pour occulter les formes de domination sociale.

Les catégories sociales les plus favorisées veulent profiter pleinement de l’avène- ment de la société de consommation tout en la critiquant. Pour cela, elles ont notamment besoin du temps des autres, qu’elles achètent sous des formes très variées : femmes de ménage, gardes d’enfants, hôtellerie, restaurants, transports, commerces, etc. Elle profite d’avoir une main d’œuvre flexible et dont les temps sociaux sont désynchronisés, qui constitue le cœur des catégories populaires. Au nom de la « modernité », cette bourgeoisie culturelle revendique la précarité et le travail à la tâche (sous couvert de la célébration de la « révolution numérique ») pour les autres, moins qualifiés, pour qui ce serait la seule solution pour in fine accéder à la consommation, comme elle. C’est le sens des différentes lois sur le travail votées ces dernières années.

Un contexte économique tendu

En même temps, la stagnation de l’activité économique rend les choix de répartition des reve- nus tendus. En période de progrès, on pouvait donner un peu plus aux plus démunis tant que sa propre part augmentait.

Depuis 2008, le revenu global stagne et le combat pour récupérer sa part devient de plus en plus âpre. Quand il faut trancher, ce que l’un gagne, l’autre le perd.

Les oppositions deviennent plus fortes, chacun justifiant ses mérites avec un poids inégal dans l’espace public. Les catégories favorisées, et pas seulement la grande bourgeoisie économi- que [9], sont mobilisées pour défendre leurs intérêts (leurs revenus, mais aussi leur école, leur environnement, etc.).

Un dernier facteur joue, plus rarement évoqué, celui du rôle de l’école. Une grande partie des 16 % de la population qui ont un diplôme supérieur à bac + 2 ne se pense pas « bourgeoise » et n’assume pas son pouvoir de domination [10]. C’est contre nature. Ceux que l’on devrait appeler les « bocus » (pour bourgeoisie culturelle) méprisent le concept de «bobo» (pour « bourgeois bohème »), fourre-tout et qui n’a pas grand-chose de bohème, mais révéla- teur. Cette bourgeoisie culturelle fait tout ce qu’elle peut pour occulter le rôle du capital culturel en matière de domination sociale. Pour elle, les « déclassés » (ces diplômés qui ne s’insèrent pas) ont, par exemple, beaucoup plus d’importance que les non-classés, ces non-diplômés qui n’accèdent à rien.

Au-delà, le processus d’allongement des scolarités depuis les années 1980 a un double rôle. L’école émancipe : l’élévation du niveau d’éducation donne aux enfants des catégories populaires davantage d’armes pour défendre leurs intérêts. En même temps, elle constitue un puissant ciment qui solidifie les inégalités. Les titres scolaires offrent une légitimité nouvelle à ceux qui les détiennent : les inégalités sont de plus en plus assises sur un proces- sus qui relève d’un cocktail fait du mérite personnel, de l’intelligence et du travail.

L’emprise du diplôme [11]  la croyance collective dans sa valeur rend plus forts ceux qui le détiennent. La caissière n’intéresse pas parce que c’est une femme, mais surtout parce qu’elle n’a pas « réussi » à l’école. L’énarque et le normalien sont auréolés d’un prestige sans commune mesure avec celui qui aura réussi par la force du poignet dans l’entreprise.

Tout le monde y croit dur comme fer. On comprend que cette bourgeoisie culturelle bloque toute réforme scolaire d’ampleur. De la même façon que la bourgeoisie économique agite le chiffon rouge de « l’égalitarisme » à chaque tentative de réduction des inégalités de revenus, la bourgeoisie scolaire s’insurge contre le « nivellement par le bas » à chaque tentative de démocratisation scolaire. Son crédo est « l’élitisme républicain », qui n’a jamais été autre chose qu’un élitisme social accompagné de quelques figures méritantes bien mises en avant. Au fond, son goût pour la compétition scolaire est le pendant de celui de la bourgeoisie écono- mique pour la concurrence : elle a été contaminée par l’idéologie du marché tout-puissant.

L’hypocrisie de la bourgeoisie culturelle repose sur un grand nombre de facteurs, plus ou moins justifiables. Elle-même est tiraillée, composée de sous-groupes différents allant des libéraux aux altermondialistes. De la lutte pour la démocratisation de l’école au soutien aux populations migrantes en passant par le combat contre le mal-logement, la résis- tance existe grâce à l’investissement d’une frange de cette bourgeoisie culturelle, souvent la moins favorisée. Des associations à l’enseignement, un grand nombre d’acteurs s’investissent tous les jours pour réduire les écarts entre les milieux populaires et les plus défavorisés, même si c’est rarement eux que l’on entend le plus. Enfin, une partie de la jeunesse est certes diplômée mais détient des titres dévalués sur le marché du travail. Elle se trouve sévèrement déclassée et exprime sa frustration.

Une gourmandise qui coûte cher

La gourmandise des plus favorisés a des conséquences. Méprisées, écartées pour partie du progrès des revenus et de l’école, les catégories populaires se manifestent de plus en plus en soutenant l’extrême droite, comme en témoigne la montée en puissance progressive du Front national. Dans de nombreux pays, de l’Autriche à la Pologne en passant par les États-Unis, le populisme a déjà gagné la bataille du pouvoir. En Allemagne, près de 100 députés d’extrême droite siègent déjà au Bundestag. Ce sera le cas demain dans notre pays si le mépris continue.

Deux voies sont envisageables. Les cyniques peuvent penser qu’au fond cette bourgeoisie culturelle est indifférente aux conséquences de son comportement pour les catégories populaires et que, finalement, derrière ses cris d’orfraie à propos des inégalités, elle ne verrait pas tant de mal que cela à l’accès au pouvoir d’un parti nationaliste.

Quelles seraient les conséquences concrètes pour elle en effet ? Ce n’est pas le Front national qui remettra en cause les privilèges scolaires dont elle jouit.

Le peuple et les élites se mettraient d’accord sur le dos des immigrés (on devrait plutôt dire des Arabes), qui serviraient de bouc émissaire. C’est possible, et la dérive d’un nombre croissant d’intellectuels de gauche le laisse penser. On peut aussi penser que tout reste à construire dans un monde qui subit une crise structurelle de l’emploi, que le mouvement social n’est pas mort et, surtout, que les valeurs portées par l’immense majorité (pas seulement à gauche) rendent inacceptable la première solution.

Que ces catégories sont orphelines d’un projet qui reste à construire, adapté au monde contemporain. « Nos sociétés ne sont pas sans classes, mais sans discours de classe arti- culant, de manière nouvelle, une explication théorique de ces inégalités à un projet politique de transformation sociale, crédible et vérifiable », analysait le sociologue Claude Dubar [12]. Mais alors, il faudrait se demander qui (ou quel événement) sonnera l’heure du réveil.

« Faites ce que je dis, pas ce que je fais ». La bourgeoisie culturelle s’enflamme de façon aussi ardente qu’hypocrite contre les inégalités. Au fond, elle n’a pas grand chose à faire des catégories populaires. Comment expliquer cette situation ? L’analyse de Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

Observatoire des inégalités, 9 février 2018 Louis Maurin

http://www.anti-k.org

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11 février 2018 ~ 0 Commentaire

sdf (jdd + anti-k)

privileges-des-pauvres

Louis Gallois : « Je déplore une volonté politique de minorer le nombre de SDF »

Le Samu social de Paris estime à 2.000 à 3.000 le nombre de personnes durablement à la rue à Paris. Peut-on dire, comme le secrétaire d’État Julien Denormandie, que le nombre de per- sonnes isolées dormant à la rue en Île-de-France correspond à une cinquantaine ?
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Ces propos, repris par certains parlementaires, sont insupportables. Aucun Parisien ne peut donner foi à de telles déclarations. Il suffit de suivre une maraude ou de regarder les campe- ments porte de la Chapelle !C’est tellement étranger à la réalité que cela décrédibilise la parole publique. Le Samu social de Paris estime à 2.000 à 3.000 le nombre de personnes durablement à la rue à Paris. Un comptage va être fait par un millier de bénévoles, le 15 février, pendant la Nuit de la solidarité initiée par la Ville de Paris. On verra bien quel est le chiffre. Mais je déplore une volonté politique de minorer le nombre de SDF.

Le président de la Fédération des acteurs de la solidarité Louis Gallois évoque dans une interview au JDD la situation des sans-abris et n’hésite pas à épingler le gouvernement. Ancien président de l’Aérospatiale, de la SNCF ou d’EADS, Louis Gallois préside aujourd’hui la Fédé- ration des acteurs de la solidarité, qui réunit près de 900 associations engagées dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion et gèrent 80 à 90 % des centres d’hébergement. Il réagit aux polémiques des derniers jours sur les SDF. Revenant notamment sur la déclaration d’Emma- nuel Macron qui ne voulait « plus personne dans les rues » avant la fin 2017, Louis Gallois demande au président de la République « d’entreprendre un travail de fond » plutôt que « de fixer un délai irréaliste ».

Marie Quenet 10 février 2018

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