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05 février 2026 ~ 0 Commentaire

Chine / Etats-Unis (CADTM)

chine micro

Rivalité asymétrique dans une perspective historique et internationaliste

Cyn Huang : Veux-tu exposer les termes du conflit entre la Chine et les États-Unis ? D’où vient-il ?

Éric Toussaint : Il s’agit aujourd’hui d’un conflit entre deux superpuissances. En revanche, je ne dirais pas qu’il s’agit de deux impérialismes de même nature. La Chine est un impérialisme émergent, tandis que les États-Unis constituent un impérialisme ancien, consolidé, en déclin relatif et extrêmement agressif.

Pour comprendre l’évolution des relations entre la Chine et les États-Unis, il est indispensable de les replacer dans un cadre historique. Après la révolution chinoise de 1949, les États-Unis ont soutenu le régime nationaliste de Tchang Kaï-chek, replié à Taïwan, et ont refusé de reconnaître la République populaire de Chine dirigée par Mao Tsé Toung , alors engagée dans une transition vers le socialisme.

Les relations étaient très conflictuelles notamment pendant la guerre de Corée. À plusieurs moments, notamment au début des années 1960, la Chine a soutenu des luttes armées dans différents pays considérés comme stratégiques par les États-Unis. Pékin est venu en aide au Vietnam du Nord présidé par Hồ Chí Minh et au Front National de Libération du Sud-Vietnam (FNLS).

Confrontés à l’impasse de la guerre du Vietnam, les États-Unis ont alors opéré un tournant stratégique et se sont rapprochés de la Chine. Ce rapprochement a été symbolisé par la rencontre historique entre Richard Nixon et Mao Tsé Toung au début des années 1970, illustrée par la célèbre photographie de leur poignée de main datant de 1972. Préalablement à cette rencontre, les États-Unis avaient reconnu les autorités de Pékin comme le gouvernement légitime de la Chine. Par la suite, ils ont retiré leur reconnaissance diplomatique à Taïwan et ont accepté le principe selon lequel Taïwan faisait partie du territoire chinois.

Ce changement a eu des conséquences concrètes. Jusqu’en 1971, la Chine était représentée au Conseil de sécurité des Nations unies par Taïwan.

À partir de l’accord sino-américain, c’est la République populaire de Chine qui a occupé le siège chinois au Conseil de sécurité de l’ONU. Quelques années plus tard, plus exactement en 1980, la Chine de Pékin a remplacé Taiwan au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque mondiale.

Le tournant a lieu le 25 octobre 1971 :

l’Assemblée générale adopte la résolution 2758. Celle-ci reconnaît la République populaire de Chine (RPC) comme seul représentant légitime de la Chine à l’ONU. La RPC récupère alors le siège permanent au Conseil de sécurité, avec droit de veto. Le gouvernement de Taïwan est exclu de l’ONU.

En résumé : de 1945–1971, le siège chinois est occupé par la Chine nationaliste et anti-communiste. Depuis 1971, le siège est occupé par la Chine populaire (Pékin). Ce revirement historique est intervenu car Washington voulait isoler l’URSS et réduire l’appui de Pékin au Vietnam du Nord et au Front National de Libération du Sud-Vietnam (FNLS) qui luttaient contre l’occupation étasunienne du Vietnam du Sud et résistaient aux bombardements massifs du Vietnam du Nord. La rupture sino-soviétique avait ouvert une opportunité. En 1971, a lieu une mission secrète de Henry Kissinger à Pékin, suivie en 1972, d’une visite historique de Richard Nixon en Chine. En conséquence, en 1971, les États-Unis ont cessé de bloquer l’entrée de la RPC à l’ONU.

La Chine était membre fondateur du FMI en 1945, mais après la révolution chinoise de 1949 dirigée par le Parti Communiste avec à sa tête Mao Tsé Toung , c’est le gouvernement de Taïwan (République de Chine) qui occupait le siège de la Chine dans l’organisation. Suite au tournant pris par Washington dans les années 1970, le 17 avril 1980, le FMI a officiellement reconnu la RPC de Mao comme titulaire légale du siège de la Chine et depuis cette date, la RPC participe pleinement à l’institution, avec son propre quota et son directeur exécutif.

La Banque mondiale, dominée comme le FMI par les autorités de Washington, a décidé le 14 avril 1980 que la RPC remplaçait officiellement Taïwan en tant que représentant de la Chine dans toutes les branches du Groupe de la Banque mondiale (IBRD, IDA, IFC).

À cette époque, la Chine était encore un pays en transition vers le socialisme, fortement bureaucratisé et traversé par de profondes contradictions, notamment celles révélées par la Révolution culturelle initiée en 1966. À partir des années 1980, sous l’impulsion de Deng Xiaoping, des réformes ont été engagées qui ont progressivement conduit à la restauration du capitalisme en Chine.

 Cyn Huang : Le développement de l’économie politique chinoise et l’évolution de sa position dans le système mondial sont stupéfiants. Comme tu viens de le montrer, les États-Unis n’ont pas toujours considéré la Chine comme leur principal adversaire stratégique.

Éric Toussaint : À partir des années 2000, et de manière particulièrement marquée, la Chine est devenue une destination majeure des investissements étrangers, notamment américains. De grandes entreprises privées des États-Unis – comme Apple, Microsoft et bien d’autres – ont installé des usines dans des zones économiques spéciales sur le territoire chinois. Pendant des années, le gouvernement américain et les grandes multinationales ont considéré qu’ils tiraient un avantage considérable de cette relation : ils pouvaient exploiter une main-d’œuvre chinoise très faiblement rémunérée, devant travailler dans des conditions particulièrement dures, et en extraire une plus-value massive.

Si l’on utilise les catégories de Karl Marx, on peut parler d’un transfert de valeur à travers un commerce inégal : une part importante de la plus-value produite par les travailleurs chinois était captée par les capitalistes américains. Parallèlement, du fait de ses exportations massives, la Chine a accumulé d’énormes excédents commerciaux et donc d’importantes réserves de change en dollars. Celles-ci ont dépassé les 3 000 milliards de dollars (ce volume est proche du PIB de la France en 2025), dont plus de 1 300 milliards étaient investis en bons du Trésor américain en 2013. Autrement dit, la Chine réinvestissait une partie de ses excédents en prêtant de l’argent aux États-Unis. La Chine a par la suite réduit ses achats de bons du trésor, elle détiendrait de manière directe 700 milliards de dollars en 2025.

Durant toute la période qui va des années 1990 à 2014-2015, les États-Unis ont estimé qu’ils bénéficiaient largement de leur relation avec la Chine. Cependant, à partir de 2014, avec le lancement de la Belt and Road Initiative, la Chine ne s’est plus contentée d’exporter des marchandises. Elle a commencé à exporter massivement des capitaux à l’étranger, à prêter de l’argent à de nombreux pays et à investir dans des infrastructures, des entreprises et des ressources naturelles en Europe, en Amérique latine, en Afrique et même aux États-Unis.

À partir de ce moment-là, la Chine a atteint un niveau de puissance économique tel que les États-Unis – dès la fin du mandat d’Obama, et plus clairement encore à partir de 2016–2017 – ont commencé à considérer qu’ils ne tiraient plus autant d’avantages qu’auparavant de cette relation. Ils ont commencé à prendre des mesures protectionnistes et ont renforcé leur présence militaire autour de la Chine. Il faut bien parler ici d’un encerclement militaire : plus de 20 000 soldats américains sont stationnés en Corée du Sud, plus de 50 000 au Japon, environ 10 000 sur l’île de Guam, sans compter d’autres déploiements. Les États-Unis sont également alliés à Taïwan et lui fournissent des armes.

Du point de vue chinois, les États-Unis encerclent donc la Chine dans sa propre périphérie. Du point de vue américain, la Chine est devenue une puissance capitaliste concurrente, en pleine expansion, qui non seulement gagne des parts de marché, mais parvient aussi à consolider des positions durables sur plusieurs continents, y compris dans ce que Donald Trump appelle « l’hémisphère occidental », du Groenland et du Canada jusqu’au Sud de l’Argentine et du Chili.

La Chine contrôle par exemple le principal port maritime du Pérou et possède des entreprises d’extraction minière et pétrolière dans de nombreux pays. Les États-Unis ont alors considéré que la zone qu’ils dominaient historiquement commençait à être sérieusement menacée. Sous Trump, cette logique est assumée de manière brutale : les États-Unis affirment pouvoir agir librement dans leur hémisphère, agresser le Venezuela pour son pétrole et se l’approprier, kidnapper puis séquestrer à New York le président vénézuélien et son épouse, vouloir prendre le contrôle du Groenland, du Canada ou du canal de Panama, tout en exigeant que la Chine abandonne ses positions dans cette zone.

 Cyn Huang :  « Pourquoi Washington a fait de la Chine son adversaire stratégique central » ?

Le document de stratégie de sécurité nationale publié par l’administration Trump au début du mois de décembre est très clair : la Chine y est désignée comme l’adversaire stratégique principal des États-Unis. Washington cherche à réduire la présence chinoise dans l’hémisphère occidental et à renforcer l’encerclement militaire de la Chine dans la région indo-pacifique. Officiellement, les États-Unis reconnaissent eux-mêmes disposer de 375 000 soldats et personnels civils militaires dans cette région, de 66 bases militaires permanentes et de plus de 80 bases non permanentes. Il s’agit d’un dispositif militaire absolument colossal.

Face à cela, même si la Chine a jusqu’ici privilégié une stratégie d’expansion essentiellement économique et relativement pacifique, il est probable qu’au sein de sa direction politique, des courants gagnent en influence en affirmant la nécessité de se préparer à une confrontation directe avec les États-Unis, au nom de l’autodéfense. Nous nous rapprochons ainsi d’une situation extrêmement dangereuse.

Historiquement, la politique de Trump rappelle celle de la seconde moitié du XIXᵉ siècle et de la première moitié du XXᵉ siècle, lorsque les États-Unis intervenaient militairement de manière directe pour étendre leur espace de domination : guerre contre le Mexique en 1847 qui permet aux Etats-Unis de conquérir le Texas, le Nouveau-Mexique et la Californie ; ensuite en 1898, Washington entre en guerre contre l’empire colonial espagnol et prend le contrôle de Cuba, de Porto Rico et des Philippines ; ensuite, les Etats-Unis occupent Haïti à partir de 1915.

Après la seconde guerre mondiale, les Etats-Unis ont poursuivi leur politique d’agression, on peut citer la guerre de Corée au début des années 1950 et la guerre du Vietnam des années 1960 à 1975, avec des déploiements massifs atteignant jusqu’à 500 000 soldats.

Nous assistons au 21e siècle, à un retour à des politiques impérialistes classiques, telles qu’analysées par Lénine, Trotski, Hilferding ou Rosa Luxemburg. Comme ces auteurs et autrice marxistes l’ont montré, ce type de confrontation entre puissances impérialistes conduit structurellement à la guerre. Après la Seconde Guerre mondiale, malgré des guerres extrêmement violentes comme celles de Corée ou du Vietnam, ces conflits bien qu’impliquant plusieurs pays n’ont pas pris un caractère mondial. Aujourd’hui, avec la logique impulsée par Trump, le risque d’un basculement vers une nouvelle guerre mondiale redevient une possibilité réelle.

Cyn Huang : Qu’est-ce qui donne à Trump l’impression que la Chine pourrait être « maîtrisée » ?

Une stratégie de Washington aux conséquences potentiellement catastrophiques

Éric Toussaint : Je pense que Donald Trump et son administration estiment pouvoir contenir l’expansion économique internationale de la Chine par la menace militaire. Il ne s’agit pas nécessairement de dire que Trump prépare directement une guerre contre la Chine. Son objectif semble plutôt être d’impressionner Pékin, en affirmant une supériorité militaire écrasante : l’idée est de faire comprendre à la Chine qu’en cas de conflit armé, elle n’aurait aucune chance face aux États-Unis, compte tenu de la présence militaire américaine massive autour de la Chine, dans l’Indo-Pacifique comme dans le reste du monde.

Les États-Unis partent donc du principe qu’ils peuvent intimider la direction chinoise et, par ce biais, limiter son expansion économique. Rien ne garantit toutefois que la Chine accepte de réduire ses objectifs stratégiques et économiques sous la pression. Au contraire, il est probable que Pékin ne souhaite pas une confrontation militaire directe, mais qu’il soit de plus en plus contraint d’y faire face à mesure que les États-Unis renforcent leurs menaces et leur posture militaire.

Dans ce contexte, le calcul de Trump apparaît comme extrêmement dangereux. Il fait peser un risque majeur non seulement sur les relations sino-américaines, mais aussi sur l’ensemble de l’humanité : sur les populations des États-Unis, de la Chine et, plus largement, sur celles du monde entier.

 Cyn Huang : Comment perçois-tu actuellement le rapport de forces entre la Chine et les Etats-Unis et quelle est la place de la Russie dans cette situation ?

La Russie, l’Europe et la stratégie globale d’isolement de la Chine

Éric Toussaint : Pour comprendre pleinement la situation internationale actuelle et la stratégie de Donald Trump, il est indispensable d’intégrer dans l’analyse la place de la Russie, ainsi que celle de l’Europe.

L’un des objectifs centraux de Trump est de séparer la Russie de la Chine. Au cours des quinze dernières années, un rapprochement significatif s’est opéré entre Vladimir Poutine et Xi Jinping. Ce rapprochement s’est notamment concrétisé par la création des BRICS, ainsi que par le renforcement des accords commerciaux, financiers et militaires entre les deux pays, en particulier après les sanctions imposées par les puissances occidentales à la Russie à la suite de l’annexion de la Crimée en 2014, puis renforcées après l’invasion de l’Ukraine en 2022.

Ces sanctions ont contribué à resserrer les liens entre la Russie et la Chine. Face à cette situation, Trump adopte une stratégie très claire : il propose implicitement un accord à Vladimir Poutine. Le message est le suivant : tu peux agir dans ton environnement régional – c’est-à-dire dans l’espace des anciennes républiques soviétiques devenues des États indépendants – de la même manière que moi j’agis dans l’hémisphère occidental. Autrement dit, Trump revendique pour lui-même le droit d’intervenir au Venezuela ou ailleurs en Amérique latine, et accorde à la Russie une forme de légitimité pour intervenir dans son propre voisinage.

Dans cette logique, Trump propose un « deal » à Poutine : je te laisse poursuivre tes objectifs dans ta région, y compris en Ukraine, et en échange tu prends tes distances avec la Chine. L’objectif stratégique des États-Unis est donc d’isoler la Chine en la séparant de la Russie, tout en accordant des garanties à la Russie pour ses propres ambitions impérialistes.

Il faut être clair : la Russie est aujourd’hui une puissance capitaliste impérialiste, extrêmement agressive, ce qu’elle a démontré à plusieurs reprises. On assisterait ainsi à un accord entre deux impérialismes – la Russie, impérialisme agressif mais de second rang, et les États-Unis, impérialisme dominant, hyper agressif – visant à affaiblir et isoler la Chine.

Rien ne garantit cependant que cette stratégie fonctionnera. L’attitude actuellement conciliante de Trump à l’égard de Poutine, illustrée par exemple par son invitation au « conseil mondial de la paix » qu’il a mis en scène lors de la réunion de Davos des 21 et 22 janvier, pourrait évoluer rapidement. Si Poutine refuse de prendre ses distances avec la Chine ou s’il n’accepte pas un accord avec Trump au détriment de l’Ukraine, un retournement brutal de la position américaine est tout à fait possible.

Ce qu’il faut retenir, c’est que la relation États-Unis–Chine ne peut être analysée indépendamment de la place de la Russie. L’impérialisme américain cherche aujourd’hui une forme d’entente avec le pouvoir russe afin de réduire l’espace économique, politique et stratégique occupé par la Chine.

4 février  Eric Toussaint , Cyn Huang

Interview d’Éric Toussaint par Cyn Huang, étudiant à Berkeley (Californie) et membre actif des Democratic Socialists of America (DSA) où il co-préside le courant Bread and Roses.

https://www.cadtm.org/

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03 février 2026 ~ 0 Commentaire

RN (L’Humanité)

assis tes

Le RN au ser­vice de l’oli­gar­chie et des mil­liar­daires

Plu­sieurs enquêtes socio­lo­giques montrent les rap­ports étroits de nom­breux repré­sen­tants de la classe domi­nante avec la famille Le Pen et les cercles diri­geants de l’extrême droite.

Au cours de nos recherches sur les familles qui cumulent les richesses et les pou­voirs, nous avons été sur­pris par la pré­sence de familles nobles dans le parti d’extrême droite fondé et dirigé par la famille Le Pen, dont la pré­si­dente actuelle reven­dique la défense des milieux popu­laires de souche. Ainsi Wal­le­rand de Saint-just a été tré­so­rier du Front natio­nal (FN) de 2009 à 2021.

Cet avo­cat à la cour, membre de l’asso­cia­tion d’entraide de la noblesse française ( ANF), est le fils aîné d’antoine de Saint-just d’autingues et de Jeanne de Proyart de Bailles­court et il a épousé Alix de Golos. Sa pré­sence dans le Bot­tin mon­dain de 2020 confirme sa recon­nais­sance par l’aris­to­cra­tie. Il a été condamné, le 31 mars 2025, à trois ans de pri­son, dont un sous bra­ce­let élec­tro­nique, pour détour­ne­ment de fonds publics et com­pli­cité, dont il a fait appel comme Marine Le Pen.

Cette cor­rup­tion est consub­stan­tielle à la classe domi­nante, dont l’impu­nité liée à l’opa­cité explique que cer­tains des assis­tants par­le­men­taires du FN au Par­le­ment euro­péen aient pu oeu­vrer en réa­lité pour le fonc­tion­ne­ment de ce parti poli­tique. Les affaires ne connaissent pas de fron­tières entre le public et le privé, car dans la pré­da­tion tout se tient.

Rap­pe­lons que, pour faire oublier le passé encom­brant du FN, Marine Le Pen le rebap­tise Ras­sem­ble­ment natio­nal (RN) en 2018.

La noblesse de cette extrême droite est pré­sente au som­met de divers sec­teurs de l’acti­vité éco­no­mique et sociale. Ainsi Ber­na­dette de La Bour­don­naye, ancienne direc­trice de la com­mu­ni­ca­tion du groupe phar­ma­ceu­tique Ser­vier, a été tête de liste du FN dans le 7e arron­dis­se­ment de Paris, pour les élec­tions muni­ci­pales en 2014. Nous l’évo­quions avec Michel Pinçon dans Socio­lo­gie de la bour­geoi­sie, paru aux édi­tions la Décou­verte. Nous avions d’ailleurs men­tionné sa pré­sence lors de la réunion d’infor­ma­tion du 14 mars 2016 à

La noblesse de cette extrême droite est pré­sente au som­met de divers sec­teurs de l’acti­vité éco­no­mique et sociale.

l’uni­ver­sité Paris-dau­phine, orga­ni­sée par la mai­rie de Paris pour les habi­tants du 16e arron­dis­se­ment de Paris, concer­nant l’ins­tal­la­tion pro­vi­soire d’un centre d’héber­ge­ment d’urgence pour sans-domi­cile, qui avait dû être inter­rom­pue du fait des vio­lences ver­bales à l’encontre des res­pon­sables de cette ini­tia­tive.

Le comte Thi­baut de Bou­gre­net de La Toc­naye, diplômé de l’école cen­trale et d’un troi­sième cycle à HEC, est ensei­gnant et ingé­nieur, tout en étant un membre actif du parti de la famille Le Pen depuis 1988. Conseiller muni­ci­pal à Avi­gnon puis à Cavaillon, il devient en 2021 conseiller régio­nal du Centre-val de Loire. Depuis 2018, il est membre du bureau natio­nal du RN. Il figure dans le Bot­tin mon­dain de 2020.

Le RN est d’autant mieux accueilli au coeur de l’oli­gar­chie qu’il légi­time les inté­rêts du capi­tal avec l’adhé­sion d’une par­tie des classes popu­laires hos­tiles, notam­ment, à l’éco­lo­gie dite puni­tive, les tra­vailleurs votant alors contre leurs inté­rêts de classe, dans une forme de ser­vi­tude dont l’extrême droite les rend com­plices.

Mais si le coeur de Jor­dan Bar­della se met à battre pour une repré­sen­tante de la mai­son royale de Bour­bon des Deux-siciles, la prin­cesse Maria Caro­lina, duchesse de Calabre et de Palerme, les cartes risquent de mettre en lumière les mani­pu­la­tions d’un parti poli­tique pré­ten­du­ment au ser­vice des familles popu­laires, alors qu’il est main dans la main avec des mil­liar­daires, dont Vincent Bol­loré est devenu l’emblème. Leur argent issu de l’exploi­ta­tion de toutes les formes du vivant, humain et non humain, per­met l’achat de nom­breux médias pour faire valoir « la pen­sée unique », favo­rable à leur enri­chis­se­ment.

Comme chaque année, L’ONG Oxfam a remonté le moral des diri­geants de la pla­nète réunis à Davos en dévoi­lant que la for­tune des mil­liar­daires a pro­gressé trois fois plus vite en 2025 que les cinq années pré­cé­dentes. Alors que les fins de mois sont la ter­reur de nom­breux Français.

Der­nier ouvrage paru :

Les Riches contre la pla­nète. Vio­lence oli­gar­chique et chaos cli­ma­tique, Tex­tuel, 2025.

L’HUMANITE
02 févr. 2026

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19 janvier 2026 ~ 0 Commentaire

Davos (Reporterre)

egalitarisme

Le nombre de trajets en jet privé empire d’année en année

Une avalanche de jets privés au Forum économique mondial. Chaque année, banquiers, patrons de multinationales, milliardaires, puissants responsables politiques et intellectuels influents se réunissent par centaines à Davos, ville des Alpes suisses, soi-disant pour « améliorer l’état du monde ». Problème : bon nombre d’entre eux n’hésitent pas à exploser leur empreinte carbone pour s’y rendre.

Plus de 700 vols de jets privés supplémentaires ont été recensés dans les aéroports proches de la rencontre, durant l’édition 2025. D’après l’étude de l’ONG Greenpeace publiée le 15 janvier, cela équivaut à un vol de luxe pour quatre participants.

Un chiffre en augmentation éclair : 628 vols avaient été comptabilisés en 2024, contre 227 vols en 2023. Greenpeace estime par ailleurs que près de trois quarts des itinéraires observés auraient pu être parcourus en train en une journée.

« Hypocrisie flagrante »

« Il est d’une hypocrisie flagrante que l’élite la plus puissante et la plus riche du monde discute des défis et des progrès mondiaux à Davos, alors qu’elle contribue littéralement à la destruction de la planète par les émissions de ses jets privés, déplore Herwig Schuster, de Greenpeace Autriche. Il est temps d’agir. Les gouvernements doivent prendre des mesures pour limiter les vols de luxe polluants et taxer les plus riches pour les dommages qu’ils causent. »

L’édition 2026 débute le 19 janvier, et le président de la République, Emmanuel Macron, a d’ores et déjà prévu d’y participer.

19 janvier 2026

https://reporterre.net/

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19 janvier 2026 ~ 0 Commentaire

Davos (OF)

macron

53 milliardaires plus riches que 32 millions de Français réunis, dénonce Oxfam

Alors que s’ouvre le Forum économique mondial de Davos ce lundi 19 janvier, l’ONG Oxfam publie un rapport qui décrit une montée inquiétante des inégalités en France et dans le monde. Ainsi, la fortune des 53 milliardaires français est supérieure au patrimoine de 32 millions de Français, presque la moitié de la population du pays.

Les inégalités économiques n’ont jamais été si fortes, à tel point que les 10 % les plus riches de la planète possèdent les trois quarts de la richesse mondiale, tandis que la moitié la plus pauvre de la population mondiale n’en détient que 2 %, alerte l’ONG Oxfam, dans la treizième édition de son rapport annuel sur le sujet.

Ce dernier, un ensemble de plusieurs documents élaborés par plusieurs dizaines d’auteurs de par le monde, est diffusé simultanément dans 80 pays ce lundi 19 janvier, alors que s’ouvre le forum économique mondial de Davos (Suisse).

Oxfam relève que le déséquilibre est encore plus fort lorsqu’on s’intéresse aux 60 000 personnes les plus riches qui contrôlent aujourd’hui trois fois plus de richesse que la moitié de l’humanité réunie. Leur part est passée d’environ 4 % de la richesse mondiale en 1995 à plus de 6 % aujourd’hui.

Oxfam estime donc que non seulement les inégalités persistent, mais qu’elles s’accroissent, faisant mentir la promesse d’une mondialisation heureuse. Car, depuis les années 1990, la fortune des milliardaires et centimillionnaires (détenant plus de 100 millions de dollars) a grossi d’environ 8 % par an, deux fois plus vite que celle de la moitié la plus pauvre…(La suite est payante)

André THOMAS.

19/01/2026 

https://www.ouest-france.fr/

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19 janvier 2026 ~ 0 Commentaire

Mercosur (ESSF)

-vaches-

Accord UE-Mercosur, le profit avant tout

L’accord UE-Mercosur organise l’ouverture des marchés au bénéfice des grands groupes industriels, au prix de lourdes conséquences sociales, agricoles et environnementales, en Europe comme en Amérique du Sud.

Négocié depuis vingt-cinq ans, l’accord de libre-échange vise à intensifier les relations commerciales entre l’Union européenne (UE) et les pays membres du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay, Venezuela jusqu’en 2027, Bolivie depuis 2023), ainsi que les pays associés (Chili, Colombie, Équateur, Guyana, Pérou et Surinam).

Il concerne près de 800 millions de personnes et plus de 80 % du PIB sud-américain. Malgré des volets consacrés aux migrations, au numérique, à la recherche ou à l’environnement, l’accord profitera surtout aux grands industriels européens, soucieux de s’ouvrir davantage au marché sud-américain, au prix d’une aggravation de la déforestation, des émissions de gaz à effet de serre et de la fragilisation des filières agricoles.

Libre-échange… pour les marchandises

Pour la Commission européenne, la réduction des barrières tarifaires ouvrirait l’accès à des marchés en croissance et aux marchés publics du Mercosur : environ 91 % des biens exportés par les entreprises européennes seraient exemptés de droits de douane. En contrepartie, l’UE supprimerait des droits équivalents sur les importations.

Les entreprises européennes pourraient ainsi exporter davantage de voitures, de machines, de spiritueux, de produits pharmaceutiques, de textiles et de services. Les pays du Mercosur augmenteraient leurs exportations agricoles et alimentaires vers l’UE. CertainEs parlent d’un accord « viandes contre voitures ». Les métaux stratégiques — nickel, cuivre, titane — font également partie de l’entente.

Zéro pour l’environnement

L’augmentation de l’élevage bovin dans les pays du Mercosur entraînera probablement une hausse de la déforestation. Dès 2020, Stéphane Ambec, directeur de recherches à l’INRAE (Institut national de recherche pour l’agriculture et l’environnement), alertait sur ce risque. Son rapport soulignait aussi l’absence d’exigences contraignantes sur les modes de production, le bien-être animal et l’usage des produits phytosanitaires.

L’opposition du monde agricole

Malgré les quotas d’importation (99 000 tonnes de bœuf par an, 60 000 tonnes de riz, 180 000 tonnes de volailles, etc.) et les 357 zones géographiques protégées en Europe (IGP), dont 33 en France, la colère du monde agricole s’amplifie. La hausse des importations pèsera sur les prix et aggravera les difficultés des agriculteurEs à vivre de leur travail.

Les écarts de normes sanitaires et de coûts de production accentuent encore une concurrence faussée. Et « l’acte juridique » obtenu par la France n’offre aucune garantie : comment contrôler la qualité sanitaire des produits (pesticides interdits en Europe) qui arriveront dans les ports avant leur mise sur le marché ?

Toustes ensemble !

En scindant le texte, la Commission permet la ratification du pilier commercial sans unanimité, par une majorité de 55 % des États (soit 15 sur 27, représentant 65 % de la population de l’UE). Emmanuel Macron tente de composer entre exigences capitalistes et colère agricole, exacerbée par des difficultés croissantes à dégager un revenu (dermatose bovine, manque d’eau, etc.).

Au-delà de la diversité du monde agricole, les raisons de la révolte sont à l’unisson des préoccupations de toutes et tous. Face aux logiques du marché capitaliste et aux diktats des tyrans impérialistes, l’unité impose de se mobiliser aux côtés de la Confédération paysanne pour défendre une agriculture paysanne et la souveraineté alimentaire.

Commission nationale écologie du NPA


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17 janvier 2026 ~ 0 Commentaire

Découvert (Le Tél)

macron pauvres

Les Français sont à découvert en moyenne dès le 18 du mois

Un quart des Français sont à découvert tous les mois. Les jeunes et les catégories populaires sont les plus touchés, selon une étude.

Un quart des Français sont à découvert tous les mois.

Près d’un Français sur quatre se déclare être à découvert sur son compte courant tous les mois ou presque, selon une étude du comparateur Les Furets en partenariat avec CSA. En moyenne, ce passage en négatif intervient dès le 18 du mois. Si cette date recule légèrement dans le calendrier par rapport à l’an dernier (en 2025, c’était le 16 du mois), la part de Français concernés, elle, augmente (de deux points).

Les plus jeunes sont les plus touchés par cette situation. Près de la moitié des 25-34 ans se disent à découvert chaque mois ou presque, un chiffre en forte hausse (+ 7 points en un an). Les 18-24 ans déclarent même être à découvert dès le 14ᵉ jour du mois en moyenne. Les plus précaires sont également confrontés à ce phénomène : un locataire sur trois n’a plus un rond sur son compte courant en milieu de mois. Un taux identique chez les catégories populaires.

16 janvier 2026

https://www.letelegramme.fr/

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15 janvier 2026 ~ 0 Commentaire

Riches ( L’Humanité)

fève

LE GRAND DÉTOURNEMENT

L’ex-ministre de l’éco­no­mie, Éric Lom­bard, a affirmé que des « mil­liers » de très for­tu­nés ne paient pas d’impôt sur le revenu.

L’ancien ministre de l’éco­no­mie Éric Lom­bard a affirmé que des « mil­liers » de très riches ne paient aucun impôt et que l’admi­nis­tra­tion est au cou­rant. De quoi relan­cer l’offen­sive de la gauche sur la taxa­tion des mul­ti­mil­lion­naires, sujet sur lequel elle a gagné une bataille cultu­relle.

La jus­tice fis­cale s’est trouvé un allié inat­tendu en cette ren­trée 2026. Éric Lom­bard, ministre de l’éco­no­mie du gou­ver­ne­ment de François Bay­rou jusqu’en sep­tembre, s’était fait plu­tôt dis­cret depuis l’automne. Jusqu’à réap­pa­raître dans les colonnes de Libé­ra­tion, lundi, pour lâcher une bombe qui a légi­ti­me­ment mis le monde poli­tique en émoi et la gauche en ébul­li­tion. « La direc­tion des finances publiques avait regardé : parmi les per­sonnes les plus for­tu­nées, des mil­liers ont un revenu fis­cal de réfé­rence de zéro. Ils ne paient aucun impôt sur le revenu, admet l’ancien loca­taire de Bercy. Au lieu de payer des charges sociales sur leur salaire, ils se font rému­né­rer dans les hol­dings. Ces méca­nismes sont légaux mais injustes. » Com­prendre : des mul­ti­mil­lion­naires et les mil­liar­daires s’orga­nisent pour échap­per à l’impôt, l’admi­nis­tra­tion dis­pose de don­nées objec­tives attes­tant de l’ampleur du phé­no­mène et le gou­ver­ne­ment ne fait rien pour y remé­dier.

Il fau­drait avoir vécu dans une grotte pour tom­ber de sa chaise à l’écoute de ces infor­ma­tions tant elles ont irri­gué l’âpre débat bud­gé­taire de l’année pas­sée. L’éco­no­miste Gabriel Zuc­man s’appuyait, dans l’huma­nité du 24 octobre der­nier, sur ces pra­tiques d’opti­mi­sa­tion via les hol­dings, « des socié­tés qui font écran entre les mil­liar­daires et l’impôt », pour jus­ti­fier l’ins­tau­ra­tion d’une taxe de 2 % sur le patri­moine supé­rieur à 100 mil­lions d’euros. Selon lui, le fait que les ultra-riches paient, pro­por­tion­nel­le­ment à leurs reve­nus, moins que la moyenne des Français consti­tue « une vio­la­tion mani­feste du prin­cipe d’éga­lité devant l’impôt consa­cré dans l’article 13 de la Décla­ra­tion des droits de l’homme et du citoyen ». Dès 2023, l’ins­ti­tut des poli­tiques publiques ( IPP) démon­trait aussi que les 378 contri­buables les plus for­tu­nés ne s’acquit­taient que de 2 % d’impôt sur le revenu.

Se pose tout de même une ques­tion démo­cra­tique de trans­pa­rence. Lors de l’exa­men du pro­jet de loi de finances 2026, pour­quoi le gou­ver­ne­ment n’a pas trans­mis au Par­le­ment ces docu­ments per­met­tant d’éclai­rer le débat ? La ques­tion est reve­nue en boo­me­rang dans la tête de l’exé­cu­tif. L’insou­mis Éric Coque­rel, pré­sident de la com­mis­sion des Finances de l’assem­blée natio­nale, a demandé que Bercy les lui four­nisse comme l’y oblige la loi. La dépu­tée com­mu­niste Elsa Fau­cillon a aussi inter­pellé le ministre de l’éco­no­mie, Roland Les­cure, à pro­pos des décla­ra­tions de son pré­dé­ces­seur lors des ques­tions au gou­ver­ne­ment : « Ce que les Français ne com­prennent plus, ce n’est pas la com­plexité de la fis­ca­lité. C’est l’injus­tice fla­grante d’un sys­tème qui exige tou­jours des efforts des mêmes et qui pro­tège les mêmes. (…) Nous vous deman­dons de livrer au Par­le­ment les docu­ments et les élé­ments chif­frés dont parle Éric Lom­bard. »

LE GOUVERNEMENT VOIT QU’IL Y A UN PROBLÈME

Cir­cu­lez, il n’y a rien à voir, a répondu, en sub­stance, « les yeux dans les yeux » , Amé­lie de Mont­cha­lin, ministre des Comptes publics. « La trans­pa­rence est pour ce gou­ver­ne­ment un prin­cipe, une éthique et un constant enga­ge­ment, a-t-elle dit. Il n’est pas vrai que des dizaines de mil­liers (sic) de Français for­tu­nés ne paie­raient aucun impôt sur le revenu. Il n’y a pas de docu­ment à Bercy qui le mon­tre­rait. Et si cela était, cela fait bien long­temps que cette situa­tion aurait été dénon­cée et cor­ri­gée. » Qui croire : l’actuelle ministre ou l’ancien ministre ? « Il n’y a pas de rai­son de remettre en cause la parole d’éric Lom­bard. Dans son bureau,

Sébas­tien Lecornu nous a lui-même parlé de ces mil­liers de ménages qui ne paient pas assez d’impôts. Et pour pré­pa­rer la taxe hol­ding pro­po­sée par le gou­ver­ne­ment, il y a for­cé­ment eu des docu­ments pré­pa­ra­toires sur la réa­lité de la fis­ca­lité. Qu’ils les trans­mettent », s’agace Cyrielle Cha­te­lain, pré­si­dente du groupe Éco­lo­giste et social.

Les pro­pos d’éric Lom­bard, macro­niste his­to­rique, viennent appuyer un peu plus l’aspi­ra­tion popu­laire à la jus­tice fis­cale. D’après un son­dage Ifop publié à l’automne par l’huma­nité maga­zine, 85 % des inter­ro­gés sont favo­rables à l’ins­tau­ra­tion de la taxe Zuc­man. Une alliance par­le­men­taire de cir­cons­tance, comme ce fut le cas il y a deux mois, entre le camp pré­si­den­tiel, la droite et le Ras­sem­ble­ment natio­nal pour la reje­ter ne suf­fit pas pour que s’éva­nouisse cette demande. « Notre sys­tème fis­cal n’est ni neutre ni immuable. Il est le pro­duit de choix poli­tiques, d’arbi­trages sociaux et de rap­ports de force réels. Le rejet fron­tal de toute nou­velle taxa­tion des grandes for­tunes ne s’explique ni par une pré­ten­due radi­ca­lité ni par une quel­conque impos­si­bi­lité tech­nique. Il tra­duit sim­ple­ment la cris­pa­tion d’une frac­tion pri­vi­lé­giée qui refuse toute contri­bu­tion sup­plé­men­taire, même mini­male », assure Elsa Fau­cillon.

Et Cyrielle Cha­te­lain d’abon­der : « Le gou­ver­ne­ment voit bien qu’il y a un pro­blème puisqu’il pro­pose une taxe sur les hol­dings, mais sans s’atta­quer aux biens pro­fes­sion­nels qui sont à la base des inéga­li­tés. La vic­toire cultu­relle pré­cède tou­jours la vic­toire poli­tique. Ils vont devoir céder. »

REMBOURSEMENT D’EXIT TAX

Sauf que, pour l’heure, « le gou­ver­ne­ment pré­fère voir perdre son bud­get plu­tôt que d’agir sur le sujet », pré­dit Éric Coque­rel. Même le prin­cipe d’un bien faible « impôt dif­fé­ren­tiel, ins­piré de la taxe Zuc­man, assis sur le patri­moine finan­cier », pré­senté en jan­vier 2025 comme « un bougé consi­dé­rable » par l’ancien ministre Éric Lom­bard à l’huma­nité, n’a jamais vu le jour. Jusqu’ici, les libé­raux au pou­voir se refusent à deman­der des efforts aux plus riches.

Ils ne veulent pas faire sau­ter la porte de ces cof­fres­forts que consti­tuent les hol­dings, où les plus for­tu­nés cachent leurs reve­nus du fisc, ni remettre en cause la fis­ca­lité de l’héri­tage avec une réforme du pacte Dutreil (dis­po­si­tif fis­cal qui per­met de réduire for­te­ment les droits de suc­ces­sion ou de dona­tion d’entre­prise), ni sup­pri­mer nombre de niches fis­cales.

Dans la série des coû­teux cadeaux fis­caux, le séna­teur PCF Pas­cal Savol­delli a mis au jour un sys­tème d’allé­ge­ment et de rem­bour­se­ment, jusque-là passé inaperçu, mais dont le coût pour le bud­get s’élève à 2 mil­liards d’euros. Un sur­coût lié à un amen­de­ment de 2023 signé par l’actuel ministre délé­gué à la Tran­si­tion éco­lo­gique, Mathieu Lefèvre, pour allé­ger l’exit tax. Il avait, à l’époque, élargi à l’ensemble des exi­lés fis­caux la pos­si­bi­lité de dégre­ver cer­taines coti­sa­tions sociales du mon­tant de leur exit tax, un impôt que paie un contri­buable qui trans­fère sa rési­dence fis­cale à l’étran­ger.

Cet élar­gis­se­ment oblige désor­mais l’état à rem­bour­ser une part de leur exit tax à ceux qui ont cessé d’être rat­ta­chés à la France entre 2011 et 2014. Coût de l’opé­ra­tion : 1,4 mil­liard d’euros en 2024, et 900 mil­lions en 2025, payés par le contri­buable pour rem­plir les poches d’exi­lés fis­caux.

À l’heure où les ministres n’ont que le mot « dette » aux lèvres, le nombre de com­bats pour davan­tage de jus­tice fis­cale ne manque donc pas, tant pour faire ren­trer de l’argent dans les caisses de l’état que pour ren­for­cer le consen­te­ment à l’impôt. « Notre sys­tème fis­cal échoue dra­ma­ti­que­ment à faire contri­buer les grandes for­tunes du pays, rap­pelle Gabriel Zuc­man. On ne peut plus igno­rer ce pro­blème aujourd’hui et plus per­sonne de sérieux ne le nie. » Pas même Éric Lom­bard.

EMILIO MESLET HÉLÈNE MAY
15 janv. 2026

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07 janvier 2026 ~ 0 Commentaire

Derrière le kidnapping (L’Humanité)

climat

Les États-Unis lorgnent le pétrole du Venezuela

Les réserves d’hydrocarbures vénézuéliennes sont l’un des principaux mobiles de l’opération militaire états-unienne et de la capture de Nicolas Maduro. Washington entend remettre la main sur un magot dont les retombées économiques se chiffreraient en dizaines de milliards de dollars annuels.

Le pays, qui détient 17 % du pétrole mondial, plus de 300 milliards de barils, devant l’Arabie saoudite et l’Iran – est une poule aux œufs d’or noir Venezuela.

Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, et Donald Trump a été très clair : « Ils nous ont pris nos droits pétroliers. Nous avions d’énormes intérêts là-bas (…) Et nous voulons les récupérer. » Si la manne énergétique n’est pas le seul mobile de l’attaque états-unienne contre le Venezuela et du kidnapping de son président en exercice, c’est l’un des principaux. Les enjeux financiers et stratégiques sont colossaux.

Assis sur la première réserve de brut de la planète – 17 % du pétrole mondial, près de 303 milliards de barils, devant l’Arabie saoudite et l’Iran – le Venezuela est une poule aux œufs d’or noir. Et Washington en sait quelque chose. Dès 1910, Caracas autorisait l’exploitation de ses gisements par les majors états-uniennes. Pendant des décennies, le pétrole vénézuélien a rapporté aux États-Unis des centaines de milliards de dollars.

Des décennies d’exploitation au profit des États-Unis

Au mitan des années 1950, Washington pillait jusqu’à 12 % du PIB vénézuélien au seul bénéfice de ses grands énergéticiens. « En 1957, au sommet de cet extractivisme transfrontalier, les profits enregistrés par les majors américaines au Venezuela sont du même ordre de grandeur…(…)

 6 janvier 2026
 Marion d’Allard

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07 janvier 2026 ~ 0 Commentaire

Pour pomper son pétrole (OF)

mickey choc

Les États-Unis ont besoin de stabilité au Venezuela

Donald Trump estime que les proches de Nicolás Maduro sont les mieux placés pour maintenir la stabilité du pays, condition requise à l’accès américain aux réserves pétrolières du Venezuela.

De droite, légitime au Venezuela, prix Nobel de la paix… María Corina Machado, 58 ans, avait toutes les qualités requises, aux yeux de Donald Trump, pour être installée au pouvoir à Caracas. De manière très surprenante, elle a été violemment disqualifiée par le président américain au lendemain de l’opération militaire qui a conduit samedi à la capture de Nicolás Maduro, le désormais ex-président vénézuélien : « Elle ne bénéficie ni du soutien ni du respect au sein de son pays. »

La CIA préfère le clan Maduro

C’est désormais un fait connu, installer la démocratie ou lutter contre le narcotrafic n’étaient pas l’objectif principal de l’administration Trump. Le président républicain a clairement exprimé son intérêt pour les vastes ressources pétrolières du Venezuela, premières réserves de brut prouvées au monde. Les États-Unis ont ainsi besoin de stabilité au Venezuela pour installer les compagnies pétrolières américaines.

Selon le Wall ‌Street Journal, un rapport classifié de la ‍CIA (les renseignements américains) a convaincu Donald Trump que les loyalistes de Nicolás Maduro, dont la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodriguez, étaient les mieux placés pour maintenir la stabilité du pays. La Maison-Blanche a refusé de confirmer l’information mais la porte-parole de la présidence américaine, Karoline Leavitt, a reconnu que « le président et son équipe de sécurité nationale prennent ⁠des décisions réalistes pour s’assurer enfin que le Venezuela s’aligne sur les intérêts des États-Unis ».

Delcy Rodriguez sur un fil

À ce stade, Donald Trump assure que Washington travaille avec Delcy Rodriguez, l’ex-vice-présidente de Nicolás Maduro investie lundi présidente par intérim, tout en la menaçant d’un « pire » sort que le sien si elle ne se plie pas aux exigences américaines. Delcy Rodriguez, en contact avec les États-Unis bien en amont de l’offensive américaine selon le New York Times, joue les équilibristes. Elle doit se montrer indignée par l’attaque américaine et en même temps ouverte à promouvoir des politiques pro-américaines.

Mais la manœuvre américaine ne va pas être facile. Delcy Rodriguez pourrait être tentée de gagner du temps afin de consolider sa position et contrecarrer les plans américains.

Raphaël LAURENT.

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06 janvier 2026 ~ 0 Commentaire

Chine, Cuba et Iran (OF)

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En visant le Venezuela, les États-Unis veulent affaiblir la Chine, Cuba et l’Iran

Les États-Unis n’ont pas besoin du pétrole vénézuélien.

Mais Washington refuse qu’il profite plus longtemps, à prix cassé, à la Chine et écarte tout risque que Pékin en prenne le contrôle. C’est l’analyse de Francis Perrin, directeur de recherche à l’Iris et chercheur associé au Policy Center for the New South, à Rabat. Faisant d’une pierre trois coups, les États-Unis cassent aussi l’axe de solidarité avec l’Iran et Cuba, dont le régime est honni par Donald Trump et par Marco Rubio.

Grâce au blocus naval des tankers, les États-Unis contrôlent de fait les exportations de pétrole brut vénézuélien, souligne Francis Perrin, expert des hydrocarbures, directeur de recherche à l’Iris et chercheur associé au Policy Center for the New South de Rabat (Maroc), dans une interview à Ouest-France. Or Washington refuse que la Chine et Cuba continuent de profiter d’un pétrole à prix bradé.

Pourquoi les États-Unis, premiers producteurs de pétrole au monde, sont-ils tellement intéressés par le pétrole du Venezuela ?

Il faut d’abord rappeler que les réserves prouvées du Venezuela sont estimées à 300 milliards de barils, ce qui en fait les plus importantes au monde .

Les arguments principaux mis en avant par Donald Trump sont non seulement que les États-Unis « ont besoin » de ce pétrole, mais aussi qu’ils doivent « récupérer » ce qui leur aurait été « volé » lorsque l’État vénézuélien a nationalisé ses actifs pétroliers, en 1976 et au début de ce siècle.

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  • André THOMAS. 05/01/2026 

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