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03 mars 2021 ~ 0 Commentaire

flambée (presse gauche)

accaparement

Flambée des matières premières agricoles : la crise qui monte dans l’ombre de la pandémie

La FAO alerte sur une « pandémie de la faim » liée aux conséquences du Covid-19.

Blé, soja, maïs, colza… les prix des matières premières agricoles ont flambé en 2020 et la hausse se poursuit cette année.

Si l’appétit de la Chine, qui reconstitue ses stocks à prix fort, explique en partie cette envolée, la pandémie de Covid-19 déstabilise le système alimentaire mondial au détriment des pays dépendants des importations qui ne peuvent supporter cette hausse des prix.

La question de la souveraineté alimentaire et celle de la crise de la faim reviennent plus que jamais sur le devant de la scène.

C’est une véritable flambée. + 20 % pour le blé, 30 % pour le maïs, 50 % pour le soja… l’année 2020 a vu exploser le prix des matières premières agricoles. Les cours agricoles ont progressé de 14 à 19 % en 2020, calcule UBS dans une récente étude citée par l’AFP.

« Il y a une vraie surchauffe », remarque Sebastien Abbs, directeur du Club Demeter et chercheur associé à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). Cette envolée est multifactorielle mais pour bien comprendre, il faut se tourner vers la Chine.

Le pays est en train de constituer d’énormes stocks de matières premières agricoles après de mauvaises récoltes. Le but est de reconstituer ses cheptels, notamment de porc, qui ont été décimés par la peste porcine.

La Chine a ainsi importé plus de 100 millions de tonnes de soja et 11,3 millions de tonnes de maïs, soit une explosion de 57 % en un an seulement. Elle cherche à sécuriser son alimentation en cas de résurgences épidémiques, et pour cela, elle achète au prix fort.

« Il y a un effet d’emballement. Certains pays importateurs craignent l’enlisement de la pandé-mie ou le protectionnisme des pays exportateurs. Ils anticipent en surstockant, comme les consommateurs ont suracheté pendant le premier confinement », explique Sébastien Abis.

Les pays dépendants en première ligne

Pour les pays déjà en difficulté avec la crise économique, la flambée des prix n’est pas supportable. Les spécialistes notent une baisse des achats de l’Algérie et du Maroc, pourtant très dépendants.

« L’Égypte, premier importateur de blé tendre dans le monde est également touché », remarque Quentin Mathieu économiste aux Chambres d’agriculture. Le Liban, l’Irak, le Yémen… ces pays où l’insécurité alimentaire est importante ne peuvent suivre le rythme.

En Syrie, le Programme alimentaire mondial (PAM) tire la sonnette d’alarme. 60 % de la population, soit 12,4 millions de personnes ne mangent pas à leur faim. L’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) affirme que 45 pays ont désormais besoin d’une aide alimentaire extérieure.

Du côté de la France et de l’Europe, l’impact est moins visible.

« La zone a développé des politiques agricoles pour atténuer la dépendance », explique Sébastien Abis. « En France on produit beaucoup et de manière très diversifiée », ajoute-t-il. Reste que l’Hexagone importe de plus en plus.

Au total, selon Quentin Mathieu, la part des importations en valeur, en France, est de 15 % pour le secteur agricole et de 20 % pour les industries alimentaires. « Ces taux étaient respectivement de 10 % et 13 % au début des années 2000 », compare-t-il.

Sans surprise, la hausse des prix se ressent dans les box des négociations commerciales entre distributeurs, industriels et agriculteurs. « La flambée des prix ajoute des tensions », explique-t-il. Les producteurs demandent en effet de faire répercuter la hausse des tarifs des matières premières sur les prix de vente.

L’impact du changement climatique à long terme

À long terme, les tensions pourraient être encore plus vives. En cause : le réchauffement climatique. Ce dernier rend les phénomènes météorologiques extrêmes comme les sécheresses, les canicules, ou les pluies, plus intenses et fréquents.

Or ces évènements ont un impact sur les récoltes. « On peut s’attendre à un emballement des prix, une volatilité, plus intense », note le chercheur associé à l’IRIS, Sébastien Abis. On voit par exemple que le prix du blé à Chicago est reparti à la hausse à cause du froid polaire aux États-Unis qui pourrait conduire à des gels mortels sur les plants.

En 2017, une étude publiée dans les comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS) évaluait qu’avec une augmentation d’un degré Celsius de la température moyenne mondiale, les rendements de maïs pouvaient baisser de 7,4 %, ceux du blé de 6 % et ceux du riz de 3,2 %.

En janvier, le Forum économique mondial, a d’ailleurs appelé à transformer nos systèmes alimentaires aujourd’hui défaillants pour parvenir à nourrir 10 milliards d’humains.

mardi 2 mars 2021  Marina Fabre Anti-K/Novethic

https://www.pressegauche.org/

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01 mars 2021 ~ 0 Commentaire

pétroliers (basta!)

 mafoia

La vraie mafia c’est le capitalisme!

Cet obscur traité qui menace les objectifs climatiques européens et pourrait rapporter gros aux pétroliers

Un accord international méconnu, le Traité sur la charte de l’énergie, pourrait détruire les efforts des pays européens pour atteindre leurs objectifs climatiques. Face aux industries de l’énergie, ONG et parlementaires tentent d’alerter sur cette menace.

Quelque part entre l’eau turquoise, les cabanes de pêcheurs sur pilotis, les plages et la roche verdoyante des Abruzzes, se trouve un petit coin de paradis en Italie : la côte sauvage des Trabocchi.

En été, le soleil, les oiseaux, les vignobles et le vin attirent ici les milliers de touristes qui font vivre les villages alentours. Mais un beau matin de 2008, le paysage de carte postale a failli se brouiller.

« Nous avons vu une petite plate-forme apparaître au milieu de la mer, se rappelle encore ému Enrico Gagliano. C’était une abomination. » Sous la pression, les autorités finissent par dévoiler l’existence du projet Ombrina Mare lancé par l’entreprise britannique, Rockhopper : une plate-forme pétrolière à seulement 11 kilomètres de la côte de Trabocchi.

À mesure que l’infrastructure prend forme sur l’eau turquoise, le mouvement de contestation de ce mégaprojet, dont Enrico Gagliano est l’un des fondateurs, prend de l’ampleur. En 2015, les manifestations réunissent jusqu’à 60 000 personnes, une mobilisation impressionnante pour la région.

Le gouvernement finit par céder et suspend Ombrina Mare ainsi que tous les forages étrangers qui se trouvent à moins de 22 kilomètres (12 miles nautiques) des côtes italiennes. « Nous sommes parvenus à nous faire entendre ! » conclut fièrement Gagliano.

La victoire est grande pour les villageois des Abruzzes et les défenseurs de l’environnement, mais dans l’ombre, la société d’exploration prépare sa revanche.

Un an plus tard, elle poursuit l’Italie en justice en vertu d’un accord international presque inconnu de tous : le Traité sur la charte de l’énergie (TCE). Ce texte que l’Italie a ratifié à la fin des années 1990, comme une cinquantaine d’autres pays, permet aux entreprises de l’énergie de poursuivre les États pour la perte de leurs investissements et profits futurs.

Le gouvernement de l’époque tombe de haut, tous avaient oublié jusqu’à l’existence de cet accord rédigé après la guerre froide, pour sécuriser les investissements de l’Ouest dans les pays de l’ex-Union soviétique considérés instables. Ces poursuites judiciaires ne sont pourtant que les premières d’une longue série lancées par les investisseurs de l’énergie contre les pays européens.

Depuis une décennie, cet accord est même devenu le plus utilisé du monde en matière énergétique.

Le nombre d’affaires a été multiplié par cinq, soit 136 recensées par le secrétariat du TCE. Il y en a sans doute davantage car États comme investisseurs n’ont aucune obligation de tenir informé ce secrétariat des procédures ouvertes.

Les jugements du TCE sont rendus par des tribunaux d’arbitrage – basés à Washington, Stockholm ou La Haye –, dont les procédures, jusqu’aux audiences, sont confidentielles.

Pourtant, ce sont bien des fonds publics qui sont dans la balance de cette justice parallèle. C’est l’argent des contribuables des pays membres – dont la France – qui est en jeu dans ce système judiciaire que personne ne contrôle.

Leila Minano 23 février 2021

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25 février 2021 ~ 0 Commentaire

21 mars (gilets jaunes)

 

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25 février 2021 ~ 0 Commentaire

covid (regards)

Covid-19 : « Il y a un apartheid vaccinal »

Leur pétition lancée par près de 50 associations et 100 personnalités a atteint les 5000 signatures. Ils demandent l’ouverture des brevets et la réquisition des usines pour fabriquer le vaccin. Sylvie Larue de la coopérative Cerises et Franck Prouhet, médecin généraliste, tous deux à l’initiative de l’appel, sont les invités de la Midinale.
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Sur l’impératif que les vaccins soient des biens communs mondiaux
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Franck Prouhet « Il faut que les vaccins deviennent des biens communs mondiaux. » « Les brevets sont un frein absolu à la diffusion de ce qui devrait être un bien commun : cela amène à une pénurie, à des prix hauts, à un apartheid vaccinal qui prive les pays les pauvres de vaccins. »
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Sylvie Larue « De plus en plus de voix s’élèvent pour demander que les brevets soient suspendus. » « Des batailles comme celle-ci ont déjà été menées et ont été remportées, notamment quant au VIH. » « Ces logiques de profits, des logiques capitalistes, de mises en concurrence des pays entre eux sont de plus en plus insupportables et complètement inefficaces. Il faut que l’on s’en sorte tous ensemble, que l’on soit un pays riche ou un pays pauvre. » « Il faut privilégier la coopération et la mise en commun. »
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Sur la lutte contre le VIH
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Franck Prouhet « En 2001, les 39 plus gros laboratoires mondiaux ont avoué qu’ils préféraient leurs profits à la santé des populations notamment africaines, en mettant en procès le gouvernement de Pretoria (Afrique du Sud) parce qu’il avait rédigé une loi pour produire des génériques à bas coût contre le VIH – cela divisait par 100 le coup d’un traitement ! »
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« Les brevets n’ont pas sauté mais le scandale absolu qu’était ce procès a permis d’autoriser des mesures un peu dérogatoires aux règles de propriété intellectuelle. »
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Sur l’apartheid vaccinal
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Franck Prouhet « Il y a un apartheid vaccinal. » « 96% des stocks de vaccins ARNm Pfizer et Moderna ont été achetés par les pays riches qui ne représentent que 14% de la population mondiale. »
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« L’OMS estime que seuls 10% de la population pauvre du monde aura accès à des vaccins anti-Covid à la fin de l’année. » « Les variants sont plus contagieux et échappent à un certain nombre de vaccins. » « Ceux qui décident de la production vaccinale, ce sont les producteurs et le marché et pas des experts, des citoyens. » « Les financements sont publics et nos usines sont à l’arrêt. » « La base du nationalisme vaccinal, c’est la pénurie. Or la pénurie est organisée par les brevets. » Sur les réquisitions envisagées pour produire des vaccins
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Franck Prouhet « Tous les pays n’ont pas les capacités pour produire des vaccins mais des pays comme l’Inde et l’Afrique du Sud, oui. » « L’Afrique du Sud vend des vaccins au marché mondial mais doit en racheter à des prix élevés pour qu’ils soient adaptés au variant sud-africain. »
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Sylvie Larue « Il y a une vraie volonté de ne pas laisser aux pays qui peuvent produire des vaccins de le faire. » « Le Covax, c’est consacrer une partie de la production des vaccins à l’Afrique. Emmanuel Macron propose ainsi que 3 à 5% des vaccins soient livrés à l’Afrique. C’est scandaleux : au lieu d’avoir une autonomie de production, on leur fait l’aumône. »
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Sur la pharmacovigilance
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Franck Prouhet « Depuis des années, des associations médicales dénoncent les scandales de santé. » « Les scientifiques, les médecins, les pharmaciens, les pharmacologues, associés aux syndicats et aux citoyens devraient avoir tous les éléments d’information, c’est-à-dire accès aux brevets, pour pouvoir déterminer quel vaccin serait meilleur pour telle indication. Aujourd’hui, c’est le secret commercial qui préside. »
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24 févr. 2021
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Pour signer la pétition, c’est par ici : https://www.wesign.it/fr/sante/brevet…
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24 février 2021 ~ 0 Commentaire

agroalimentaire (pontivy)

super cgt

Agroalimentaire : il y a un avant et un après Covid dans les usines bretonnes

Avec la crise sanitaire, de nouvelles organisations de travail se mettent en place comme dans l’agroalimentaire breton. Des changements de conditions de travail qui inquiètent.

Avec la crise sanitaire, de nouvelles organisations de travail se mettent en place comme dans l’agroalimentaire breton. Des changements de conditions de travail qui inquiètent les représentants de la CGT Agroalimentaire Bretagne.

Avec la crise sanitaire, de nouvelles organisations de travail se mettent en place comme dans l’agroalimentaire breton. Des changements de conditions de travail qui inquiètent les syndicats comme la CGT Agroalimentaire Bretagne, réunie à Pontivy (Morbihan) ce mercredi 24 février 2020.

Pas de généralisation de la prime Covid dans les usines

Ces représentants de la CGT Agroalimentaire Bretagne travaillent dans diverses usines de transformation de produits laitiers ou de légumes, dans des conserveries de porc, dans des abattoirs…

Ils remontent le fil, jusqu’au printemps 2020, avec le premier confinement. « La majorité des entreprises de l’agroalimentaire ont continué à tourner à fond, face à la forte demande, pendant le confinement et après. Les salariés étaient anxieux. »

Ils témoignent des errements des protocoles sanitaires au début de la crise sanitaire.

Nous avons une culture de l’hygiène très forte dans l’agroalimentaire, avec les gants, les charlottes, les lavages réguliers de mains réguliers… Mais le masque, non : on a été trois semaines sans masque dans un abattoir.

À ce moment-là, il y avait des suspicions de cas Covid, mais nous n’avions pas la possibilité de passer des tests. Sur les lignes, ce sont les représentants de personnel qui ont veillé au respect de la distanciation physique, alors que c’est le rôle de la direction. Il fallait produire à tout prix.

Des représentants de la CGT Agroalimentaire Bretagne

Ils relèvent un point positif dans ce confinement : la prise en charge des salariés à risques a été « bien mise en place dans l’ensemble ».

Mais point négatif : l’attribution de la prime Covid n’a pas été généralisée dans les usines agroalimentaires bretonnes. « Les derniers de cordée sont les premiers de corvée » lance un représentant de la CGT Agroalimentaire Bretagne. « Cela dépend de chaque entreprise, de chaque groupe… »

Des nouvelles cadences de travail qui inquiètent

Après près d’une année en mode Covid, les conditions de travail ont évolué. Mais certains changements inquiètent la CGT Agroalimentaire Bretagne.

Pendant le confinement, puis face à la crise sanitaire, les directions des entreprises ont testé de nouvelles façons de produire, avec de nouvelles cadences : on fait plus d’heures sur une journée, on diminue les journées de repos.

Ils veulent voir si les salariés sont prêts à des efforts, même au-delà de la crise sanitaire. Ils testent la résistance des gens, pour voir s’ils sont corvéables à merci. Dans certaines usines, les directions commencent à dénoncer les accords 35 h…

Le télétravail, les visioconférences ont aussi fait leur entrée comme nouvelles techniques de travail. « La Bretagne veut être le leader mondial du bien manger, mais il faut d’abord être le leader du bien travailler dans nos usines agroalimentaires. »

La CGT Bretagne avait pris les devants dès les premiers jours du confinement, mi-mars 2020, en mettant en place une ligne téléphonique d’écoute ouverte à tous les salariés bretons, toutes activités confondues, syndiqués ou non. Pour pouvoir se renseigner sur le chômage partiel, les protocoles sanitaires, les CDD, l’intérim au temps de la pandémie…

Pas d’augmentation de salaires, une tendance d’ensemble

En ce début d’année 2021, alors qu’ils débutent les négociations annuelles obligatoires, ces représentants syndicaux dans les usines agroalimentaires bretonnes ont noté qu’une tendance de fond se dégageait : la non-augmentation des salaires.

On sera en-dessous du 1% d’augmentation de la rémunération dans l’agroalimentaire breton, à la fin des négociations. Pour certains, elles se sont terminées avant de commencer avec des annonces à 0% à cause de la Covid, ou parce que les entreprises avaient versé une prime Covid…

Alors que ces entreprises ont connu une bonne année, voire une année historique comme pour un groupe de transformation de produits laitiers ; ce dernier ne propose pas plus de 0,7 % d’augmentation. Les entreprises ont tourné à fond et fait des subsides non négligeables. Il n’y a aucune redistribution, le profit va toujours dans la même direction alors qu’on était tous là durant le confinement.

CGT Agroalimentaire Bretagne

Ils regrettent ces décisions de ne pas augmenter les salaires, « cela ne va pas attirer les jeunes alors que ces entreprises en ont besoin. Les salaires ne sont pas attrayants, les conditions de travail restent difficiles, moins qu’auparavant les métiers ont vraiment changé depuis ces 20 dernières années. Il faut revaloriser les compétences, ça se rémunère. Au bout de 4 ans sans avoir de perspectives d’évolution, les jeunes s’en vont, ils préfèrent rester en intérim. »

Infos pratiques
Lundi 1er mars 2021, à 10 h sur le marché de la Plaine à Pontivy (Morbihan), campagne de l’union locale CGT de Pontivy-Loudéac à l’attention des salariés des TPE-PME.

Angélique Goyet Publié le 24 Fév 21

Lire aussi:

Coronavirus : le cas Kermené « confirme l’absence réelle de dispositions sanitaires » selon la CGT Agroalimentaire

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22 février 2021 ~ 0 Commentaire

jenny marx 1 (el diario)

jenny marx

 De baronne à prolétaire

Jenny est née il y a 207 ans, le 12 février 1814, dans une famille aristocratique prussienne : ses parents étaient baron et baronne, son grand-père paternel avait été chef de cabinet de facto de Ferdinand de Brunswick, et sa grand-mère paternelle était une noble écossaise liée à la maison  Stuart.

Dans les hauts cercles sociaux de sa ville, la jeune fille était surnommée « la reine de la danse de Trèves ». Cependant, dès son plus jeune âge, elle s’intéresse au romantisme allemand, au socialisme français et sympathise avec la « fête de Hambach », une manifestation de 1832 au cours de laquelle des étudiants, des libéraux, des intellectuels et des paysans proclament l’unité de l’Allemagne.

Elle a rencontré Karl Marx – un voisin de quatre ans son cadet – à l’adolescence et a partagé avec lui de longues discussions sur la philosophie et la littérature anglaise, deux domaines dans lesquels elle s’est plongée plus profondément.

L’intense cour – ainsi que leur ton baroque – a été enregistré dans les missives qu’ils se sont envoyées : « Un sentiment si rare m’envahit quand je pense à vous, et je ne pense pas que ce soit dans des moments isolés ou des occasions spéciales ; non, toute ma vie et mon être ne sont qu’une grande pensée pour vous », écrivait-elle en 1839. Son prétendant n’était pas financièrement stable et n’avait pas de titres de noblesse, ce qui était socialement inacceptable à l’époque, mais elle s’en moquait.

Ce sentiment n’a pas empêché la jeune femme de souligner, avec une ironie caractéristique, ce qui la dérangeait.

Après avoir obtenu son doctorat en philosophie à l’âge de 23 ans, avec une thèse sur Démocrite et Épicure, Marx lui a écrit ce qui peut être lu comme un reproche pour le manque de reconnaissance de ses contributions : « Comme je suis heureuse que vous soyez heureux, que ma lettre vous ait rendu heureux (…) et que vous buviez du champagne à Cologne et qu’il y ait des clubs hégéliens. Mais, malgré tout cela, il manque quelque chose : vous auriez pu reconnaître un peu ma connaissance du grec et consacrer quelques lignes élogieuses à mon érudition.

Mais il est typique de vous, messieurs les Hégéliens, vous ne reconnaissez rien, même si c’est de l’excellence, si cela ne correspond pas exactement à votre point de vue, alors je dois être modeste et me reposer sur mes propres lauriers ».

Le couple se marie en 1843 et s’installe bientôt à Paris, où ils rencontrent Frederick Engels. « Mon père a épousé son amie et sa camarade », se souvient Eleanor, une de leurs filles. Karl avait 25 ans et Jenny en avait 29. Même pendant leur lune de miel, la politique et les débats ne quittent pas la scène : c’est alors qu’il termine son livre La question juive.

En 1844, alors que son mari est en France et que la jeune mariée reste à Trèves avec sa petite fille, elle assiste avec excitation à une révolte ouvrière pour le congé du dimanche et la journée de douze heures.

« Tous les germes de la révolution sociale sont présents ici », a-t-elle fait savoir à son mari, dans un message qui a été publié par la suite par un journal parisien. De loin, elle l’exhorte à écrire quand ses esprits faiblissent : « Laissez le stylo passer sur le papier, même s’il trébuche et tombe parfois (…). Vos pensées, cependant, se dressent, (…) si honorables et courageuses. Cette année-là, Marx a achevé pas moins que Les manuscrits économico-philosophiques et la Critique de la philosophie du droit de Hegel, deux jalons de son héritage.

À partir de 1846, Jenny ne s’occupe pas seulement de la famille, elle milite aussi : elle est membre de la Ligue des Justes comme premier membre, de l’Union des travailleurs allemands et du Comité communiste. Elle se rendit brièvement à Paris avec son bien-aimé, d’où ils furent expulsés.

Ils sont arrivés à Bruxelles et y ont vécu comme dans la capitale française : entourés de misère et de dettes. Bientôt, un nouvel exil allait se produire. Marx a été accusé par le gouvernement belge de conspiration et d’intrigue. Jenny a été brièvement emprisonnée et soumise à un interrogatoire de deux heures. Fièrement, elle a raconté qu’ »ils ne pouvaient pas en tirer grand-chose ».

Lors du « Printemps des peuples » de 1848, la famille Marx a demandé au gouvernement provisoire français de révoquer son ancien arrêté d’expulsion.

« Paris nous est désormais complètement ouvert, et où pouvons-nous nous sentir plus à l’aise qu’au soleil de la révolution montante ? Nous devons y aller sans hésiter », note Jenny dans ses mémoires.

Pour pouvoir voyager, il a vendu et mis en gage même ce qu’elle n’avait pas. Après une brève période, Karl est arrêté et déporté en Angleterre (où Jenny et ses enfants le retrouveront plus tard).

De là, il publie l’un des textes les plus lus de l’histoire : le Manifeste du parti communiste, commandé par le deuxième Congrès de la Ligue communiste. Jenny a joué un rôle actif dans les discussions sur le contenu.

21 de febrero de 2021 Jazmín Bazán

https://www.eldiario.es/

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21 février 2021 ~ 0 Commentaire

gaz (anti-k)

gaz-rouen-lubrizol-fuite-dessin-humour

Gaz et électricité. « La concurrence fera baisser les prix », qu’ils disaient. Et aujourd’hui…

Selon l’économiste David Cayla : « L’électricité repose sur un coût fixe important. On plaque un système de concurrence là où c’est le monopole centralisé qui était efficace. »

Bond de 60 % sur la facture d’électricité en quinze ans, de 3,5 % en février sur le gaz… La dérégulation du marché de l’énergie et le « dopage » subventionné du secteur privé n’en finissent pas de plomber le budget des ménages.

C’est devenu une triste habitude pour les foyers français : les prix de l’électricité ont connu une nouvelle hausse, le 1er février, de 1,6 %. Une progression qui devrait coûter en moyenne 15 euros supplémentaires aux ménages par an, d’après la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

C’est la quatrième année consécutive que la facture grimpe, atteignant une augmentation cumulée de plus de 11 % depuis 2019. Si la CRE, à l’origine de la proposition de hausse des tarifs, et EDF justifient ce renchérissement par des phénomènes conjoncturels liés à la pandémie de Covid 19 – notamment l’ampleur des impayés des entreprises –, les raisons profondes de cette évolution sont plutôt à chercher du côté des choix de l’État en matière de politique énergétique, estiment plusieurs spécialistes de la question.

Parafiscalité et profits du privé

« Sur une dizaine d’années, les prix de l’électricité pour le consommateur ont bondi de 50 à 60 %, soit trois à quatre fois l’inflation.

Quand on regarde les données de manière objective, la majeure partie de la hausse des prix de l’électricité vient de la parafiscalité », explique François Carier, chargé du dossier énergie pour l’association Consommation logement cadre de vie (CLCV).

Au-delà de la TVA, c’est notamment la contribution au service public de l’électricité (CSPE) qui pèse lourd dans la balance. Destinée principalement à financer la transition énergétique, cette taxe est en effet passée de 4,50 euros du kilowatt/heure à 22,50 euros du kilowatt/heure en 2016.

« D’un côté, on est favorable aux énergies renouvelables ; de l’autre, on peut se demander si les conditions auxquelles EDF rachète cette électricité à ces acteurs privés ne sont pas trop avantageuses », précise François Carier.

En 2018, un rapport particulièrement sévère de la Cour des comptes estimait que l’État s’acquitte chaque année de 2 milliards d’euros pour produire par le solaire… 0,7 % du mix électrique français.

« Le gouvernement a fait le choix que le développement de ces énergies soit privé. Or, on fait porter cette politique de subvention vers le privé aux consommateurs, en augmentant le prix de l’électricité », dénonce Aurélien Bernier, auteur du livre « les Voleurs d’énergie ».

Mais, plus fondamentalement, ce phénomène serait surtout un effet de la libéralisation du marché de l’énergie. « Il y a plein de libéralisations qu’on soutient. (Pas nous! blog) Mais là, au minimum, il était clair dès le début que la concurrence n’a pas permis de faire baisser les prix et, depuis deux-trois ans, cela les a même fait grimper », estime François Carier.

« La caractéristique de l’électricité, c’est qu’elle repose sur des coûts fixes importants en ce qui concerne la production et la distribution. La construction et l’entretien de centrales nucléaires ou de barrages hydrauliques coûtent très cher. Mais les coûts marginaux en termes de production unitaire du kilowatt/heure sont ensuite très faibles », analyse David Cayla, maître de conférences à l’université d’Angers et membre des Économistes atterrés. « On a voulu plaquer un système de concurrence sur une situation où, en réalité, c’est le monopole centralisé qui était efficace », précise l’économiste.

Un cadeau à la concurrence, un « poison » selon le PDG  d’EDF

Afin d’organiser ce marché et de le rendre « artificiellement rentable » pour les nouveaux entrants, comme l’explique Aurélien Bernier, l’État a décidé d’imposer à EDF de vendre à prix coûtant un quart de sa production nucléaire à ses concurrents privés.

C’est le mécanisme de l’Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique), mis en place par le gouvernement Fillon en 2011 après la loi portant sur la nouvelle organisation du marché de l’électricité (Nome). Un cadeau à la concurrence que même le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a qualifié de « poison », conduisant l’entreprise publique au surendettement.

Mais, pour achever de convaincre ces acteurs privés de rentrer sur le marché, encore faut-il que le prix à la revente soit attractif, de même que la perspective de profits. « Le législateur a décidé que le tarif réglementé allait varier en fonction des coûts de production, mais aussi des coûts de l’électricité en Bourse », poursuit le spécialiste de l’énergie.

C’est ainsi que la Commission de régulation de l’énergie se retrouve à proposer, année après année, le rehaussement du tarif réglementé de vente de l’électricité (TRV), pour s’aligner sur les attentes du privé.

Pour ces concurrents d’EDF – une trentaine d’entreprises sur le marché français –, c’est tout bénéfice.

« Quand les prix en Bourse sont bas, elles vont acheter sur ce marché et n’usent pas leur droit à l’Arenh, mais dès que les prix s’envolent en Bourse, on les voit se ruer dessus », décrypte Aurélien Bernier. Un comportement purement parasitaire, qui n’apporte rien de plus, in fine, au consommateur.

« Quand les concurrents d’EDF vous proposent des prix plus bas, c’est qu’en réalité, ils font des économies de bouts de chandelle en délocalisant des services clientèle. Et qu’ils vous présen-tent des prix hors taxes », ajoute le spécialiste. « Ces acteurs privés ne sont que des reven-deurs. Si vous êtes énergéticien et que vous ne savez pas produire de l’énergie, peut-être qu’il vaudrait mieux faire des baraques à frites », tacle François Carier.

Pour satisfaire l’Europe libérale

Si le système de l’Arenh doit prendre fin en 2025, ce qui est amené à le remplacer n’est pas bien plus réjouissant pour les usagers. « Le gouvernement français est en discussion avec Bruxelles pour faire en sorte que cette mise à disposition de l’énergie nucléaire d’EDF à ses concurrents ne soit plus limitée à 25 % de ses capacités, et que cela continue ad vitam aeternam », alerte le représentant de CLCV. « In fine, le projet phare de l’Union européenne, c’est l’Europe de l’énergie : un grand marché régi par une concurrence au niveau européen entre grands opérateurs », estime Aurélien Bernier.

DERRIÈRE HERCULE, UN ENJEU DÉMOCRATIQUE

« Les prix de l’électricité sont fixés sur la base de montages d’une extraordinaire complexité, plus personne n’y comprend rien. On a substitué des formules techniques à un débat démocratique », fustige l’auteur Aurélien Bernier, qui estime qu’une privatisation accrue d’EDF, comme ce que propose le projet Hercule, représenterait un nouveau recul social. À l’image de la campagne populaire de mobilisation autour des Aéroports de Paris, celui-ci espère que cet enjeu d’un grand service public de l’énergie sera porté bien au-delà des seuls salariés d’EDF, qui luttent depuis des mois contre ce projet. Une pétition lancée par l’intersyndicale et déjà signée par plus de 33 000 personnes est disponible sur change.org.

 

L’Humanité, 20 février 2021

 

https://www.anti-k.org/

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18 février 2021 ~ 0 Commentaire

conseil 22 (lutte ouvrière)

penibilite-

Conseil des Côtes-d’Armor : les salariés se rebiffent

Pour la deuxième fois en quinze jours, les salariés du conseil départemental des Côtes-d’Armor se sont mobilisés pour protester contre la suppression de 25 postes, dont 22 du secteur des routes, prévue au budget 2021.

La première fois, ils avaient envahi l’hémicycle, ce qui avait valu l’annulation de la séance, provoquant les foudres du nouveau président du conseil qui avait considéré cette intrusion comme une action violente. Et risquer sa vie pour aller au travail sur des routes rendues dangereuses par manque de personnel, n’est-ce pas subir la violence ?

La nouvelle séance budgétaire prévue le 15 février 2021 a vu de nouveau une centaine de manifestants s’inviter aux débats avec de nouveaux arguments.

En effet l’épisode neigeux et le verglas qui ont bloqué la vie durant près d’une semaine ont révélé combien le personnel chargé de l’entretien des routes était nécessaire, démontrant par là même l’absurdité de la la suppression de postes dans ce service. C’est au contraire du renfort qui serait nécessaire, et donc des embauches.

Le président, ne l’entendant pas de cette oreille, a décidé de poursuivre sa réunion budgétaire en ­visioconférence et de voter son budget en force. Il n’entendait plus être sous la pression des grévistes, pour faire passer ses mauvais coups sans opposition. Pas de chance, ceux-ci, fort du succès de leurs deux premières actions, sont décidés à poursuivre la lutte.

Correspondant LO 17 Février 2021

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17 février 2021 ~ 0 Commentaire

santé (npa)

sante cecu

« Nos vies valent plus que son pari »

En décidant de ne pas « reconfiner le pays » Macron aurait gagné un « pari » Il aurait évité une nouvelle épreuve à celles et ceux qui n’en peuvent plus après un an d’une vie de plus en plus difficile.

C’est pourtant avec notre santé et nos vies qu’il a décidé de jouer. Ce que l’on attend des gouvernants, n’est pas de « parier » en espérant que le pire ne se produira pas, mais d’agir, de prendre démocratiquement les mesures sanitaires et sociales nécessaires pour protéger la population et sortir de la crise.

Après un an de prétendue « guerre » contre le virus, l’issue semble toujours aussi incertaine, et les mesures gouvernementales aussi peu à la hauteur.

Le virus circule toujours à un niveau élevé (20 000 contaminations par jour quand l’objectif annoncé était de 5000). Les nouvelles souches du virus, beaucoup plus contagieuses se développent à grande vitesse. Les foyers de contagion (« clusters ») se multiplient dans les hôpitaux, les écoles et dans certains départements.

Les hôpitaux n’ont reçu aucun « renfort » depuis un an. Au contraire, les équipes sont de plus en plus épuisées, les départs se multiplient, et le pouvoir malgré tous ses engagements, non seulement ne recrute pas mais poursuit les fermetures de lits et les réductions de personnel.

La politique de vaccination ne décolle pas. Faute de doses suffisantes, les personnels hospita-liers restent exposés à la contamination. La plupart des personnes « les plus vulnérables » attendent, elles aussi en vain leur première injection, sans rendez vous avant plusieurs semaines.

Malgré les milliards déversés, la crise sociale, le chômage, la précarité s’aggravent, et le désespoir touche une partie croissante de la jeunesse, de celles et ceux qui travaillent, des retraitéEs…

Il faut, bien sûr souhaiter que le pire n’advienne pas, mais le risque de voir une nouvelle fois la situation devenir hors de contrôle est bien réel. Le pouvoir n’aura alors d’autre ressource qu’un nouveau confinement, tandis que les files d’ambulances, à la porte des hôpitaux attendant qu’une place se libère risquent de s’allonger comme au Royaume-Uni et au Portugal.

Nous ne sommes pourtant pas condamnés à l’alternance désespérante entre « laisser faire » le virus avec des mesures insuffisantes et inefficaces et couvre feu et confinements de moins en moins supportés.

Il existe une autre voie possible : celle de mesures radicales sur le plan sanitaire et social pour combattre l’épidémie et la crise.

Donner à l’hôpital les moyens et le personnel pour soigner et non pas continuer de fermer des lits et de réduire le personnel.

Décider démocratiquement, avec les intéresséEs, dans les établissements d’enseignement et sur les lieux de travail et de loisirs des mesures efficaces pour se protéger et donner les moyens concrets de les appliquer.

Tester, mais aussi remonter les chaînes de contamination et permettre l’isolement rapide et efficace des personnes touchées par le virus, pour éviter sa propagation.

Donner à chacunE les moyens de vivre, de se loger décemment, de se soigner.

Réquisitionner les laboratoires pharmaceutiques, en finir avec les « brevets » pour permettre enfin une politique de vaccination à la hauteur des besoins.

C’est à cela que devraient servir les milliards du « quoiqu’il en coûte » mais cela suppose de ne plus gouverner dans l’intérêt de la minorité et d’imposer une autre répartition des richesses. Seule la puissance d’une mobilisation unitaire et déterminée permettra d’y parvenir.

http://sante-secu-social.npa2009.org/

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16 février 2021 ~ 0 Commentaire

vaccins (psl)

vaccin

Belgique: Vacciner notre santé contre le profit : le secteur pharmaceutique doit devenir public !

La campagne de vaccination a commencé fin décembre en Belgique. Qu’as tu à en dire en tant que travailleur d’une grande entreprise pharmaceutique ?

La campagne de vaccination se plie aux désirs des multinationales. Les travailleurs des soins de santé doivent déjà composer avec le manque de budgets, il leur faut en plus tenir compte de l’anarchie du marché.

Pfizer décide dans son coin de changer son rythme de production avec pour conséquence qu’elle sera fortement diminuée pour 3 à 4 semaines. En plus des problèmes de production en décembre, cela rend impossible pour le personnel médical de s’organiser alors qu’il espérait justement être vacciné au plus vite vu l’impact sanitaire et moral que le virus a eu sur les travailleurs du secteur.

Les fabricants affirment qu’ils ne feront que peu voire pas de profit sur le vaccin pour soutenir la collectivité et que les prix augmenteraient une fois la pandémie terminée.

C’est particulièrement inquiétant pour les pays néocoloniaux, où la vaccination ne commencera que vraiment plus tard. Les prix payés en Europe n’étaient pas officiellement connus. Ce n’est qu’après une bévue du secrétaire d’État belge De Bleeckere (Open VLD) que l’information a fuité. Les deux vaccins les plus chers, ceux de Moderna (18 euros) et de Pfizer (12 euros), sont déjà distribués en Belgique.

Ce sont des vaccins basés sur la nouvelle technologie de l’ARNm. Cette technique existe depuis 12 ans, mais elle est utilisée pour la première fois pour un vaccin commercialisé. Ce prix élevé est justifié par la recherche de cette technologie, ce qui est une réalité. Mais grâce à la crise sanitaire actuelle, les entreprises pharmaceutiques peuvent directement rentabiliser ces investissements.

En Belgique, la vaccination est « gratuite ». C’est évidemment payé par quelqu’un : la sécurité sociale. La collectivité paie donc sans avoir aucun contrôle sur la production et sur la distribution des vaccins.

La campagne de vaccination pourrait être menée beaucoup plus rapidement avec une approche coordonnée, où toutes les parties (les soins de santé et le secteur pharmaceutique) seraient aux mains du public.

En 1947, six millions de personnes ont été vaccinées contre la variole à New York en un mois. Bien sûr, on ne peut pas comparer une vaccination locale contre la variole et une pandémie mondiale comme celle du Covid-19. Mais une utilisation planifiée des connaissances technologiques, de la production et de la logistique devrait sûrement permettre d’être au moins aussi efficace que l’était New York il y a plus de 70 ans.

Beaucoup de gens remettent en question les vaccinations, pas nécessaire-ment sur la base de théories complotistes, mais par méfiance. Tu comprends cela ?

Définitivement. Le mouvement antivax est en fait assez limité en Belgique. La méfiance ne vient pas totalement de là. Beaucoup de gens ne se méfient pas du vaccin en tant que tel, mais plutôt du rôle des multinationales et des gouvernements. La crédibilité des institutions capitalistes et des grandes entreprises est très faible à juste titre !

Beaucoup de scandales ont ruiné la crédibilité des industries privées ces dernières années.

Pensez au Dieselgate qui a révélé que les contrôles d’émissions de gaz d’échappement étaient falsifiés. Ou aux économies criminelles réalisées dans la sécurité de la centrale nucléaire de Fukushima avant la catastrophe.

Quant à l’entreprise chimique Monsanto, on savait depuis des années que son produit Round-Up était cancérigène, mais rien n’a été fait pour y remédier. Les compagnies pétrolières savent depuis longtemps que les combustibles fossiles sont préjudiciables au réchauffement climatique, mais elles ont investi dans des campagnes de lobbying et dans la pseudo-science pour nier le changement climatique. Les grandes entreprises mentent et trichent en fonction de leurs intérêts.

Finalement, les doutes actuels sont plutôt orientés vers les multinationales et les gouvernement et pas tellement sur contre les vaccins. Nous y répondons en soulignant où se situent les intérêts de la population.

Le PSL défend que le secteur pharmaceutique soit placé aux mains du public pour permettre un contrôle démocratique exercé par les travailleurs et la collectivité. C’est certainement important en Belgique, car le secteur pharmaceutique y est très important.

GSK par exemple, à Wavre, représente le plus grand centre de production de vaccins au monde. Deux millions de doses de toutes sortes de vaccins y sont fabriquées chaque jour. C’est également le plus grand centre privé d’analyse biochimique au monde.

Pfizer réalisera l’ensemble de sa production européenne de vaccins contre le coronavirus à Puurs. Pfizer, Janssens Pharmaceutica, UCB et GSK représentent ensemble près de la moitié des 50.000 emplois pharmaceutiques (en termes d’équivalents temps plein) dans notre pays.

Si l’on inclut les emplois indirects, 120.000 personnes dépendent de ce secteur. Imaginez si toutes ces ressources étaient consacrées à une réponse à la pandémie coordonnée et contrôlée par la collectivité. (Extrait voir lien)

https://fr.socialisme.be/

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