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10 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

isf / smic (révolution permanente)

Rev

Rétablir l’ISF

Augmenter le SMIC 

Ré-indexer pensions et allocations à l’inflation 

Trois revendications des Gilets Jaunes que devraient défendre tous les travailleurs

Le temps est figé. A quelques encablures du 8 décembre, rarement l’on avait vu le pouvoir politique aussi suspendu. Pour Macron, maintenant, le silence est d’or. Ce samedi 8 décembre, la parole est aux gilets jaunes, au monde du travail et à la jeunesse : rétablir l’ISF, augmenter le SMIC et ré-indexer pensions et allocations à l’inflation, trois des principales revendications des gilets jaunes qu’il s’agirait pour le monde du travail et la jeunesse de défendre en se joignant à cette colère légitime des manifestants qui font, aujourd’hui, trembler le pouvoir en place.

Le gouvernement tente de mettre les revendications des Gilets Jaunes au second plan

Malgré un battage médiatique d’une ampleur rare, le mouvement des gilets jaunes reste largement soutenu par la très grande majorité de l’opinion publique avec près de 66% de soutien. Dans ce contexte, le gouvernement a mis en scène une scénographie digne des plus grands films de guerre. Et il l’applique dans la pratique en moyennant 89 000 membres des forces de l’ordre et 12 blindés.

Plus encore, le gouvernement prévient qu’il est possible qu’il y ait même des morts.

L’Elysée craint même « des gilets jaunes prêts à tuer ». Le scénario idéal pour faire en sorte que le mouvement des gilets jaunes ne soit plus, comme l’affirme L’Opinion, une « affaire de pouvoir d’achat » mais devienne une pure « contestation violente des institutions républi-caines. » La manœuvre est claire : elle vise à faire passer les gilets jaunes pour des sanguinaires et reléguer les revendications au second plan.

Exiger le rétablissement de l’ISF, c’est la base

La suppression de l’ISF l’an dernier, comme une des premières mesures phares, a été l’un des marqueurs du quinquennat Macron. Ce sont ainsi près de 3 milliards d’euros qui ont été direc-tement rendus aux ultra-riches gagnant plus de 1,3 millions d’euros par an.

Dans le même temps, le gouvernement n’a eu de cesse d’enchaîner contre-réforme sur contre-réforme s’attaquant, entre autres, au code du travail, facilitant les licenciements, les coupes dans les APLS, la contre-réforme de la SNCF, la hausse de la CSG, s’attaquant ainsi aux plus précaires. Le rétablissement de l’ISF est devenu l’une des principales revendications des Gilets Jaunes, une revendication qui vise à prendre l’argent où il y en a, à savoir dans les poches des plus grandes fortunes, celles qui nous exploitent. Cette minorité des classes dominantes qui vit sur le dos de la grande majorité, les salariés.

Augmenter le smic pour toutes et tous !

L’une des principales mesures des gilets jaunes est l’augmentation du SMIC, le salaire des plus précaires. Ce dernier sous sa version Smic/horaire est celui qui indexe le travail à temps partiels qui est imposé le plus généralement aux femmes. Si les gilets jaunes veulent que le salaire minimum, reçu par environ 1,65 million de salariés, passe à 1 300 euros net contre 1 185 euros actuellement, c’est la base.

Cela est d’autant plus urgent que selon une étude, entre 2008 et 2016, le revenu disponible moyen des ménages français a diminué de 440 euros annuellement. Une baisse de pouvoir d’achat qui touche d’autant plus les salariés au SMIC, les frais incompressibles comme le logement ou la nourriture ayant augmenté. En ce sens, ce dont il s’agirait, au minimum, pour rattraper le pouvoir d’achat sur les 10 dernières années, serait une augmentation du SMIC de 400 euros pour tous et indexé sur l’inflation !

Ré-indexer pensions et allocations à l’inflation !

Comme pour les salaires et le SMIC, l’une des principales revendications des gilets jaunes consiste à ce que les « retraites et les allocations » soient indexées à l’inflation. En effet, depuis le début du quinquennat, le gouvernement a choisi de désindexer les pensions et les aides sociales (APL, famille, prime d’activité, etc..) de l’évolution des prix à la consommation.

Ce sont ainsi 3,5 milliards d’euros en 2019, près de 7 milliards en 2020, qui ont été coupés des personnes les plus exploitées et précaires. Les étudiants sont par ailleurs en première ligne dans ces attaques avec les multiples rabots contre les APLs alors que le prix des logements ne cesse de monter. Cette désindexation à l’inflation est une attaque de plus contre nos salaires. En ce sens, la revendication de l’indexation des pensions de retraites et des allocations à l’inflation qui a bondi de 1,8% en moyenne en 2018 est non seulement nécessaire mais relève du bon sens. Si le coût de la vie augmente, il faut bien que nos salaires aussi !

Défendre ces revendications minimales pour unir les travailleurs et les classes populaires

Rétablir l’ISF, augmenter le SMIC et ré-indexer pensions et allocations à l’inflation, ces 3 revendications des Gilets jaunes sont les 3 revendications minimales qui pourraient unifier l’ensemble de la classe sur la question du pouvoir d’achat et de la lutte pour de meilleures conditions d’existence.

Ce sont trois revendications qui pourraient permettre de constituer les débuts d’un « cahier de doléances » national des travailleurs et des classes populaires pour s’opposer à la casse sociale que Macron compte bien reprendre s’il réussit à défaire les gilets jaunes. Ce program-me de revendication minimal pourrait être défendu par l’ensemble des travailleurs, salariés, retraités et jeunes.

Ce socle programmatique unificateur pour les travailleurs et les exploités devrait s’enrichir de toute une série de revendications des différents secteurs sociaux qui commencent à entrer dans la danse en s’inspirant des Gilets Jaunes : abroger entre autres l’ensemble des lois Travail, la réforme du rail, ParcourSup et la réforme du bac pour les étudiants et lycéens, mettre fin à la répression quotidienne et au racisme d’État qui affectent les quartiers populaires, etc.

C’est avec un tel programme permettant d’ unifier la lutte contre Macron et en bloquant l’économie, par la grève et sa généralisation, qu’il sera possible de faire du mot d’ordre « Macron Démission » une réalité. Pour cela, il faudra imposer aux directions syndicales qui s’y refusent pour le moment, une première journée de grève générale interprofessionnelle le 14 décembre. Une première date qu’il s’agira ensuite de poursuivre. Ce sera la seule manière de faire céder Macron et son monde.

Damien Bernard vendredi 7 décembre

http://www.revolutionpermanente.fr/

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10 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

smic (révolution permanente)

casque

Pouvoir d’achat

Pour Pénicaud « augmenter le SMIC détruit des emplois »

Sur le plateau de LCI, Muriel Pénicaud a justifié son refus d’augmenter le SMIC en mobilisant l’argument classique de ceux qui prennent parti pour les actionnaires contre les salariés : cette mesure détruirait des emplois. 

Invitée de LCI dimanche, la Ministre du Travail Muriel Pénicaud a expliqué son refus d’augmen-ter le SMIC en affirmant que « cela détruit des emplois, cela n’est pas la bonne méthode ». Reprenant ainsi une justification classique de tous ceux qui refusent l’augmentation des salai-res, la ministre s’oppose ainsi clairement à l’une des revendications principales des Gilets Jaunes.

Il faut dire pour sa défense que Pénicaud s’y connaît en destruction d’emplois.

Ancienne directrice des ressources humaines de Danone, celle-ci est notamment connue pour avoir supprimé 900 emplois en Europe en 2013 et profité du plan social pour empocher plus d’un million d’euros en revendant des stock-options, c’est-à-dire des droits sur des actions de l’entreprise. Une somme rondelette pour la DRH, correspondant à près de 25 000€ par emploi supprimé.

Le scandale qui entoure Pénicaud, et que l’on tend aujourd’hui à oublier, est ainsi symbolique de la véritable opposition qui structure l’approche du gouvernement : la volonté de privilégier la rémunération des actionnaires sur celle des salariés. L’argument de Pénicaud est d’autant plus faux que l’on sait que la France est le pays qui distribue le plus de dividendes en Europe.

En mai 2018, un rapport de deux ONGs, Oxfam et le Basic, notait ainsi qu’en 2016 les entreprises avaient « reversé près de 15 fois plus de bénéfices à leurs actionnaires (sous forme de dividendes) qu’à leurs salariés (sous forme d’intéressement et participation) ». Les dividendes des actionnaires avaient ainsi augmenté trois fois plus vite que les salaires entre 2009 et 2016.

Si la Ministre se cache derrière les petites entreprises, les artisans et les commerçants pour défendre son argument, la ficelle est là encore un peu grosse. Si les PME et TPE représentent la moitié de l’emploi salarié en France et comptent 26% de salariés au SMIC, c’est avant tout à la pression de la concurrence des grands groupes que sont dues leurs difficultés, quand ces mêmes PME ne font pas partie des grands groupes industriels. Ces déclarations de Pénicaud sont une nouvelle provocation pour une mouvement qui se mobilise contre les inégalités et les bas salaires.

Pablo Morao lundi 10 décembre

http://www.revolutionpermanente.fr/

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10 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

permis miniers (eaux et rivières)

Les permis miniers tirent-ils enfin sur leur fin ?

Aux déclarations tonitruantes de juin (« Il n’y aura pas de projet dit de Variscan », « les permis sont abrogés ») a succédé un silence profond de l’administration qui s’est systématiquement refusée à informer nos associations et leurs avocats sur la mise en œuvre de ces promesses.

Nous avons néanmoins pu reconstituer a posteriori le scénario suivant dans ses grandes lignes :

En février 2018, Variscan Australie a informé le ministère de son projet de vendre sa filiale française détentrice de 7 permis à Apollo Minerals, laquelle a l’intention de se concentrer sur celui de Salau-Couflens en Ariège et d’abandonner les travaux sur les 6 permis du Grand-Ouest (dont les 3 bretons).

  • Le 22 juin dernier, le ministère donne son aval pour la vente de Salau-Couflens et demande à Variscan et Apollo Minerals de renoncer aux 6 autres permis (on aurait préféré que la vente soit conditionnée par la renonciation, mais bon …). Nous avons appris plus tard que la réglementation australienne exige que, pendant 4 mois, Variscan et Apollo Minerals recherchent des acquéreurs potentiels pour les 6 permis (nos inquiétudes étaient donc bien fondées).
  • Mi-octobre, le président du tribunal administratif de Rennes (auprès de qui deux recours contre les PERM de Loc-Envel et Silfiac sont pendants) demande au Ministère où en sont les choses. Réponse du ministère : il est informé de l’intention de Variscan de renoncer aux 6 permis, à défaut, le ministère engagera une procédure de retrait ou constatera l’expiration des permis accordés pour 5 ans (soit entre février 2019 et septembre 2020 sachant que pour Tennie, c’était en juin 2018).

Suite à quoi, le Président du Tribunal administratif interroge les associations porteuses des deux recours sur leur éventuel désistement. Etant donné qu’elles ne disposent que de courriers sans valeur juridique et n’exprimant que des intentions, Douar Didoull, Attention Mines !, Nature et Patrimoine Centre Bretagne et Eau & Rivières de Bretagne ont décidé de maintenir leurs recours.

Seuls des arrêtés ministériels de retrait peuvent refermer le dossier ouvert par les arrêtés ministériels octroyant les PERM. Les associations bretonnes renouvellent leur soutien total aux collègues ariégeois dans leur lutte contre le permis de Salau-Couflens.

Concernant les deux demandes de permis en Finistère (Loperec 2 et Penlan), le ministère a sorti deux arrêtés de refus des permis les 31 août et 4 septembre dernier. Ces décisions ont été notifiées aux pétitionnaires le 30 octobre. Ils ont donc jusqu’au 30 décembre prochain pour les contester … ou non.

Grâce à la mobilisation des quatre dernières années, non seulement les travaux de prospection n’ont pu avoir lieu, mais il semble bien que nous approchons du but. Raison de plus pour ne pas relâcher la pression.

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Sur le même sujet :

Le CESE se penche sur les mines et les métaux stratégiques

La Section « Activités économiques » du Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) 1 travaille actuellement à un avis sur la dépendance aux métaux stratégiques et des solutions pour l’économie.

Dans ce contexte, il a auditionné de nombreux membres de la société civile et, tout récemment, deux représentants d’associations bretonnes (dont E&RB) et ariégeoises opposées à la réouverture ou à la création de mines que : « La réouverture de mines en France est-elle nécessaire ? Pourquoi ? Est-elle possible ? Pourquoi et si oui à quelles conditions économiques, sociales et environnementales ?

Dans leurs présentations, ils ont insisté sur l’impact irrémédiable de toute mine sur le territoire environnant, ses filières économiques, son environnement, la santé et la qualité de vie de ses habitants, ainsi que le démontrent nombre d’anciennes mines en France et ailleurs, ou bien l’unique exemple de « mine propre » mis en avant par les porteurs de projet.

Dans le contexte avéré du changement climatique qui s’installe, il est plus que jamais nécessaire de réorienter nos sociétés vers plus de sobriété, de recyclage, d’éco-conception, de bannir l’obsolescence programmée et d’investir dans la recherche sur les matériaux de substitution biosourcés entre autres.

Rendez-vous maintenant fin janvier 2019, lorsque le CESE publiera son l’avis.

La présentation des associations bretonnes est ici

Interviews des intervenants pour les associations bretonnes  et ariégeoises
(les interviews des autres contributeurs sont accessibles en bas de page).

https://www.eau-et-rivieres.org/la-fin-des-mines

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08 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

gilets brest quimper (actu)

tonnerre de brest 1

Une marée de gilets jaunes pour la deuxième marche citoyenne à Brest samedi 8 décembre

Ils étaient plus nombreux que le samedi précédent : ce 8 décembre 2018, de 2500 à plus de 3500 gilets jaunes selon les sources, ont défilé dans le calme et en musique à Brest.

2500 gilets jaunes selon la police, plus de 3500 selon les organisateurs, ont défilé dans les rues de Brest (ici Siam) samedi 8 décembre 2018 lors de la deuxième marche citoyenne 22e jour de mobilisation pour les gilets jaunes à Brest. Avec, en ce samedi 8 décembre 2018, un appel à prendre part à la deuxième marche citoyenne, après celle qui avait rassemblé quelque 2000 personnes samedi 1er.

2500 à plus de 3500 participants

Cette fois-ci, ils étaient 2500 selon la police, plus de 3500 selon les organisateurs.  Partis à 14h de la place de Strasbourg où le rendez-vous était donné à 13h30, le cortège a emprunté la rue Jean-Jaurès. Dans le calme, au rythme des «Macron démission», des diverses revendi-cations pour augmenter le pouvoir d’achat, des Marseillaise entonnées le long du parcours. Et en musique ! Une ambiance festive et bon enfant. Sous la pluie qui n’a, en rien, découragé les gilets jaunes, visiblement plus motivés que jamais. «Vous pouvez l’écrire, nous ne lâcherons rien !», martelaient les gilets jaunes dès le départ.

Les deux cortèges de gilets jaunes s’évitent

Vers 15h, en apercevant le deuxième rassemblement organisé à Brest par d’autres gilets jaunes en haut de la place de la Liberté, qui manifestaient en compagnie des syndicats, les gilets jaunes mobilisés depuis le 17 novembre au rond-point de Pen-ar-C’hleuz (barrage filtrant à l’entrée/sortie de la RN12 Brest-Rennes), ont décidé de faire bifurquer leur cortège à droite pour ne pas se mélanger.  Ils ont donc emprunté la rue Dupleix puis celle de Kérabécam pour revenir sur le boulevard Clemenceau et descendre la rue de Siam.

Une minute de silence sur le pont de Recouvrance

Pour passer le pont de Recouvrance où les ont rejoints des motards. Juste avant d’arriver rive droite, vers 15h50, le cortège a stoppé sur le pont pour respecter une minute de silence en hommage aux gilets jaunes décédés et aux blessés, mais également à ceux qui se sont donnés la mort dans l’exercice de leur profession.

La marche pour le climat applaudie

Les gilets jaunes ont ensuite fait demi-tour autour de la station de tram de Recouvrance, puis ont remonté la rue de Siam. En discutant avec les Brestoises et les Brestois qui faisaient leurs courses.  En haut, ils ont croisé le cortège de la marche pour le climat, Climate alarm, organisée à Brest et qui s’était rassemblée square Mathon. Les deux cortèges se sont applaudis.

Pas de tram

Puis les gilets jaunes ont remonté la rue Jean-Jaurès pour revenir place de Strasbourg où, après un petit discours des organisateurs, tout le monde s’est dispersé. Toujours dans le calme, peu après 17h.  Bien entendu, la circulation du tram a été suspendue l’après-midi. Bibus avait mis en place des bus de remplacement.

8 Décembre 2018

https://actu.fr/bretagne/brest

Lire aussi:

Finistère. Gilets jaunes : ce qu’il faut retenir de la manifestation du 8 décembre à Quimper (Actu)

Édouard Louis en tête d’un cortège de gilets jaunes à Saint-Lazare. La députée de la France insoumise Clémentine Autain était également présente. ( Le Huff’)

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04 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

mépris (bastamag)

le peril jeune

Lycéens et étudiants dénoncent aussi le « mépris » du gouvernement

Les blocages de lycées ont repris tôt ce matin, un peu partout en France. « Nous ne voulons plus être les ignoré.es de ce quinquennat », avait lancé l’Union nationale lycéenne (UNL) ce 30 novembre, appelant à bloquer les lycées et à rallier le mouvement des gilets jaunes [1].

Rejoignant les revendications des gilets jaunes sur la question du pouvoir d’achat, les syndicats lycéens évoquent le coût des transports qui pèse sur le quotidien des élèves et les difficultés financières qui les empêchent parfois, tout simplement, de se nourrir correctement. Autre point de convergence : le mépris du gouvernement.

« Plutôt qu’une oreille attentive, c’est un certain mépris qui a maintes fois été opposé aux aspi-rations de la jeunesse, que ce soit sur la mise en place de la plateforme Parcoursup, la réfor-me du bac ou les annonces concernant l’implantation de policiers dans les lycées. C’est ce mépris qui est l’élément déclencheur de toutes ces mobilisations, de cette réponse collective », renchérit Marouane Majrar, vice-président de la FIDL, interrogé par Marianne ce lundi 3 décembre.

Parcoursup, acte 2

Parmi les sujets que les lycéens aimeraient aborder : l’augmentation des bourses et les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur que Parcoursup a beaucoup renforcées. La mise en place de ce système, une plateforme internet sur laquelle les bacheliers enregistrent leurs vœux pour leur année post-bac, avait suscité un vaste mouvement étudiant au printemps dernier.

« La sélection a laissé des milliers de lycéens sans université au début de l’année scolaire, dénonce aujourd’hui l’UNL. La réforme de la voie professionnelle offre une main d’œuvre gratuite et docile au patronat. Notre droit à l’éducation est attaqué, notre droit à l’avenir est remis en doute, notre liberté de choix est entravée. » Soutenus par certains enseignants, les lycéens annoncent qu’ils ne reculeront pas. Ils espèrent être rejoints par d’autres secteurs d’activité comme celui des transporteurs. À Limoge, ce lundi, des agriculteurs ont rallié le rassemblement lycéen.

Samedi 1er décembre, il y avait aussi des étudiants dans les rues – notamment étrangers – pour demander l’annulation d’une brutale augmentation des frais d’inscription à l’université pour les « non-européens ». À compter de la rentrée 2019, ces frais passeront de 170 à 2770 euros en licence et de 380 à 3770 euros en master et doctorat. « Cette mesure vient renforcer les inégalités qui existent entre les étudiant.e.s français.e.s et étranger.e.s ainsi que la préca-rité subie par les étudiant.e.s étranger.e.s » ont dénoncé des organisations de jeunesse dans un appel à manifester le 1er décembre [2]. Samedi, dans certaines villes, comme à Lyon, les cortèges des étudiants ont rejoint ceux des gilets jaunes.

Vers une augmentation généralisée des frais d’insription ?

« Le seul le droit d’entrer dans une université française coûte [déjà] environ 2000 euros, précise un collectif d’étudiants non-européens [3]. Ce sont les frais minimums pour venir étudier en France, auxquels s’ajoutent ensuite ceux du logement, de la nourriture, du transport… De plus, pour la plupart d’entre nous le foyer fiscal n’est pas en France, nous n’avons donc accès ni aux bourses ni aux logements du Crous. »

« Cette première augmentation des frais d’inscription pour les étudiant.e.s étranger.e.s ouvre également la porte à des augmentations successives et généralisées des frais d’inscription » , poursuit le collectif d’associations qui comprend notamment le syndicat étudiant Unef et le syndicat lycéen Unel.

Une crainte que soulève également Solidaires étudiants :

« Il est évident que cette première annonce de l’augmentation des frais pour les étudiant.e.s étranger.e.s sert à préparer l’opinion à une augmentation généralisée des frais d’inscription avec pour conséquences à terme le renoncement aux études supérieures pour les plus démunis ou un surendettement massif pour ceux qui persisteraient. C’est exactement ce qui s’est passé au Royaume-Uni ».

En Grande-Bretagne, l’idée de faire payer les étrangers a été initiée dès 1980 par Margaret Thatcher, puis amplifiée par Tony Blair et les gouvernements successifs. Aujourd’hui les étudiants britanniques paient l’éducation supérieure publique la plus chère du monde industrialisé et croulent sous les dettes.

Nolwenn Weiler 4 décembre 2018

https://www.bastamag.net/

Lire aussi:

Parcoursup : un algorithme absurde qui renforce les inégalités sociales.

Parcoursup : comment les portes de l’université vont se refermer pour les « bacs pro » issus des classes populaires.

Notes:

[1] Lire ce tract sur la page FB du syndicat.

[2] Liste des organisations qui ont appelée à manifester : MJCF – Jeunes Génération.s – Réseau Jeune du Parti de Gauche – FIDL – JOC – UNEF – UNL.

[3] Détail des 2000 euros : cours de français et examen requis pour l’admission : 1000 euros ; procédures et ses traductions : 261 euros ; frais de dépôt du dossier sur Campus France : de 75 euros à 200 euros ; timbre fiscal pour l’obtention du titre de séjour – et pour son renouvellement : de 79 à 269 euros.

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04 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

moquettes (anti-k regards)

1789-parisiennes-versailles

Pendant ce temps là Brigitte Macron change les moquettes et les rideaux de l’Elysée

La première dame veut donner un coup de jeune à l’Elysée. Les travaux ont débuté le 22 novembre mais leur coût, 500.000 euros, fait grincer des dents dans le contexte actuel.

Le timing est on ne peut plus mal choisi. Alors que la grogne sociale prend de l’ampleur en France, des travaux ont débuté à l’Elysée le 22 novembre dernier. Ils doivent durer jusqu’au 15 janvier prochain. Ceux-ci ont été annoncés de longue date : dès septembre, l’exécutif a fait savoir qu’Emmanuel et Brigitte Macron souhaitaient donner un coup de jeune au palais présidentiel.

500.000 euros

Le Figaro explique que la moquette, les rideaux, les tentures et l’assise des sièges vont être changés. Un chantier qui mobilise 120 personnes. Coût estimé : 500.000 euros. Et c’est là que le bât blesse. Le coût n’a jamais été caché par l’Elysée, qui avait assuré que les travaux seraient financés en partie par la vente des produits dérivés, raillés lors de leur présentation il y a quelques mois.

Mais sur les réseaux sociaux, de nombreuses voix s’élèvent face à ce que certains qualifient de « travaux de décoration » et leur coût, alors que la baisse du pouvoir d’achat est l’un des problèmes pointés par les « gilets jaunes ».

« Très pompidolien »

Pas de quoi perturber Brigitte Macron, qui s’explique sur ces travaux dans les colonnes du Monde daté du 30 novembre dernier. « On avait l’impression que l’Elysée était devenu une forteresse qui se protégeait de l’extérieur. On va alléger, épurer. Il faut que la lumière entre », justifie la première dame. Le Monde explique que « les changements sont déjà visibles », citant des tapis, des chaises, des bureaux, des tapisseries ou des tableaux qui ont été déplacés, rendu aux différences organismes responsables de leur conservation, ou qui sont tout simplement arrivés pour embellir l’Elysée.

Il faut noter que de nombreux éléments sont seulement prêtés au couple présidentiel, qui a affiché son goût pour l’art moderne de la première moitié du XXe siècle et l’art contemporain. « Le président veut que ce qui se passe à l’extérieur se voit à l’intérieur, que le bâtiment soit de son temps. Il pense que, si on craint l’art, on ne fera pas bouger la société. C’est très pompidolien », explique au Monde Pierre-Olivier Costa, directeur du cabinet de Brigitte Macron. « Pompidolien » ou pas, ces travaux tombent au plus mauvais des moments…

MACRON FRÉDÉRIC SERGEUR 03/12/2018
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https://www.capital.fr/
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Lire aussi:
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Piscine, vaisselle et salle des fêtes : en six mois, les Macron ont dépensé plus d’un million d’euros (Regards)

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02 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

brest redon tours lycées (la rotative)

rennes lycees

#RevancheLycéenne

Blocus dans plusieurs lycées de Tours, les jeunes reprennent la rue

Plusieurs établissements de l’agglomération tourangelle étaient bloqués ce vendredi matin, en réponse à un communiqué de l’UNL qui appelait les lycéens.nes à se mobiliser contre Parcoursup, le service national universel, la réforme des lycées et la réforme du bac. Sur Tours, les lycéens.nes ont dû faire face à des flics déchaînés.

Des élèves des lycées Grandmont, Vaucanson, Laloux, Paul-Louis Courier, Jean Monnet ont débrayé ce matin et manifesté en centre-ville de Tours, bloquant la voie de tram et la circula-tion devant la mairie, aux cris de « Résistance », « Cette société-là, on n’en veut pas », « Tout le monde déteste la police » ou « Macron démission ».

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, l’Union nationale lycéenne (UNL) appelait les lycéen-nes à massivement bloquer leurs lycées et à « prendre la rue » ce 30 novembre :

« Les lycéen⋅ne⋅s tiennent à rappeler que la jeunesse aussi est en colère, car depuis un an et demi elle est attaquée, bafouée, oubliée, humiliée, une simple variable d’ajustement pour le gouvernement.

La sélection à l’université a laissé des milliers de lycéen·ne·s sans université au début de l’année scolaire.

La réforme du baccalauréat et du lycée impose un lycée à la carte et accroît les inégalités. La réforme de la voie professionnelle offre de la main-d’oeuvre gratuite et docile au patronat. Depuis le début du quinquennat, nous avons réclamé un investissement dans l’éducation.

En guise de réponse nous avons perdu 2 650 postes d’enseignant⋅e⋅s dans le secondaire. Pourtant, le Gouvernement est en capacité de débloquer 3 milliards d’euros dans un Service National Universel (SNU) rejeté par l’ensemble des organisations de jeunesse françaises »

La réponse a été massive, et de très nombreux lycées ont été bloqués dans tout le pays.

D’après La Nouvelle République, un jeune homme de 16 ans aurait été interpellé et placé en garde-à-vue pour outrage et entrave à la circulation. Vers 13h, les flics ont chargé les manifestant-es et utilisé lacrymos et LBD40 pour les disperser.

Le face-à-face a duré plus d’une heure, et les flics s’en sont donnés à coeur joie

Plusieurs jeunes ont dû être pris en charge par les pompiers. L’un a perdu connaissance, un autre a laissé une flaque de sang à l’entrée de la rue Etienne Pallu. Certains.es ont été blessé.es par des tirs de LBD, d’autres ont été trainé.es sur le sol après avoir eu les mains liées. Un peu avant 15h, les flics avaient quitté la rue Nationale, laissant plus d’une centaine de lycéen.nes sur place, certain.es très choqué.es par la violence de la police.

1er décembre

https://larotative.info/

Lire aussi:

Cinq conseils pour bloquer un lycée (Street Press)

Redon. Des centaines de lycéens en grève rejoignent les Gilets jaunes (OF)

Les lycéens intègrent le mouvement de protestation à Brest (Actu)

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01 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

mater guingamp (ouest-france fr3 le-tel)

 Maternité-01-854x908

Maternité de Guingamp: 500 personnes dans la rue « pour un écrit »

Ce samedi matin, une quatrième mobilisation pour la maternité s’est déroulée à Guingamp.

Une quatrième mobilisation était organisée, ce samedi 1er décembre, à Guingamp pour la maternité. Un mot d’ordre « pas d’écrit = pas de sursis ». Le personnel de la maternité alerte : Il y a quatre mois, M. le Président nous informait de la poursuite de l’activité de la maternité pour les deux prochaines années. Depuis, nous sommes toujours en attente d’un écrit officiel.

Ce samedi 1er décembre, le personnel de la maternité invitait à la mobilisation à Guingamp.

Au total, près de 500 personnes sont venues soutenir le service. Quatrième manifestation de l’année. Pour la manifestation, les soignantes ont fait une reprise de la chanson  La ballade des gens heureux  de Gérard Lenorman.  « M. Macron tu nous délaisses, ça fait longtemps qu’on ne t’as pas vu ; M. Macron appelle l’ARS (Agence régionale de santé), pour notre papier bien trop attendu (bis) ; M. Macron a fait une promesse, deux ans d’sursis pour notre mater ; Mme Buzyn, réfléchissez bien, on se battra pour qu’ça reste ouvert. »

« C’était évident pour moi d’accoucher à Guingamp »

Des parents ont également pris la parole. À l’image de Maiwenn, trois enfants nés à Guin-gamp.  « Tout d’abord, je veux remercier l’équipe pour le travail de haute qualité qu’elle fait et pour tout ce qu’elle fait pour sauver la mater. Ce n’est pas pour elles qu’elles se battent mais pour nous toutes et tous. Soyons tous ensemble jusqu’à la victoire.

J’ai eu trois enfants et les trois sont nés à Pabu. Ils sont tous les trois ici, aujourd’hui, bien sûr. C’était évident pour moi d’accoucher à Guingamp, un hôpital public, local. Je ne souhaitais pas accoucher dans une grande structure, trop impersonnelle. Et Guingamp, c’est tout le contraire.

«  Portez haut le slogan   « nous accoucherons à Guingamp et nulle part ailleurs  »

Maiwenn, au micro, soumet une idée.  « Nous avons un trésor ici, notre maternité. Et une équipe extraordinaire. Les Carhaisiens se sont battus et ont gardé leur mater. Les gens de Guingamp se battront aussi jusqu’au bout. Les filles de la mater sont tellement extraordinaires, généreuses, professionnelles, attentives, que nous ne pouvons que nous battre à leur côté. Et je propose une idée, s’il y a des femmes enceintes ici, créez tout de suite un collectif de femmes enceintes et portez haut le slogan   « nous accoucherons à Guingamp et nulle part ailleurs. »

« Une épée Damoclès au-dessus de la tête »

Lucile, sage-femme, à la fin du rassemblement, s’est confiée.  « Je vous remercie tous pour votre soutien. C’est important de savoir que la population est avec nous. Ce n’est pas toujours facile de travailler quand on sait qu’on a une épée Damoclès au-dessus de la tête. Mais on ne laisse rien transparaître aux patientes. Elles ne sont pas menacées de quoique ce soi. »

01/12/2018

https://www.ouest-france.fr/

Lire aussi:

Maternité de Guingamp : nouvelle mobilisation pour garantir son avenir (FR3)

 

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29 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

carlos ghosn (npa)

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La chute de Carlos Ghosn

Roi des patrons voyous

Pour touTEs les travailleurEs de Renault, les « aventures » de Carlos Ghosn au Japon prennent une saveur particulière au moment même où les questions du pouvoir d’achat et de l’injustice fiscale sont mises sur le devant de la scène par la mobilisation des « gilets jaunes ».

Carlos Ghosn, le grand ­patron adulé par le monde de Davos, a été pris la main dans le pot de confiture. Il est actuellement en garde à vue près de Tokyo, accusé d’avoir dissimulé la moitié des rémunérations qu’il touchait chez Nissan pendant au moins cinq ans : un « petit » pactole de 35 millions d’euros.

Indécence

Et ce ne serait que le premier étage de la fusée, la presse japonaise parle d’un second étage : 30 millions d’euros supplémentaires disparus en plein vol (c’est le cas de le dire), et en prime l’achat de logements somptuaires aux quatre coins du monde, un remariage très « Ancien Régime » dans un Grand Trianon privatisé pour l’occasion, voire un emploi fictif à 100 000 dollars annuels pour sa sœur. Le tout aux frais de Nissan…

Dans les sites Renault, nous nous souvenons des sorties du PDG pour justifier la « modération salariale » pour touTEs, sauf pour quelques dirigeants (et bien sûr sa divine personne) avec l’argument définitif : « le talent, ça se paie ». Et pour celles et ceux qui avaient peut-être accep-té les sacrifices en croyant « aider tous ensemble à sortir Renault de la crise », le réveil est brutal.

Les réactions n’ont pas manqué quand est tombée la communication du nou-veau directeur exécutif, Thierry Bolloré, adressée aux salariéEs du Groupe :

« En votre nom, nous voulons écrire ici notre total soutien à notre président directeur général ». En notre nom ? Pour qui se prend-il, ce petit Ghosn en puissance ?

Des inquiétudes

Si la colère ne fait pour l’instant que poindre dans les discussions d’ateliers ou de bureaux, c’est qu’une intense propagande médiatique veut faire régner un climat de peur : « S’agit-il d’un coup d’État de Nissan pour reprendre le contrôle de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi ? » ; « Carlos Ghosn est-il victime d’une vengeance japonaise ? » ; « Risque d’une OPA sur Renault : menaces sur l’industrie française », etc.

Premier enseignement 

Pour les commentateurs économiques, si des capitalistes en dénoncent d’autres pour fraude, c’est qu’il y a anguille sous roche. Sinon, ils ont coutume de couvrir mutuellement leurs méfaits. Jusque-là, nous sommes d’accord !

Mais si cette affaire est à coup sûr symptomatique des luttes de pouvoir que se livrent capita-listes japonais, français mais aussi de bien d’autres pays, une chose est sûre : les travailleurEs n’ont aucune protection à attendre des uns comme des autres.

Hommes d’affaires et médias japonais encensaient Carlos Ghosn quand il avait, au début des années 2000, supprimé chez Nissan 20 000 emplois sur 140 000. Ce même Carlos Ghosn a-t-il protégé les salariéEs de Renault en bloquant leurs salaires et en supprimant 10 000 postes en France en 10 ans?

En faisant exploser la précarité dans les usines et les centres d’ingénierie ?

L’État français, actionnaire de Renault à hauteur de 15 %, a-t-il émis une objection au sujet de ces politiques ? Bien sûr que non.

Ces derniers jours, les discussions vont bon train sur les sites Renault : quelques craintes face aux incertitudes créées par la situation, d’un côté ; mais de l’autre surtout, la colère accumulée depuis des années, notamment sur les salaires.

Correspondant Mercredi 28 novembre 2018

https://npa2009.org/

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28 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

froid (libération)

privileges-des-pauvres

15 % des Français ont souffert du froid chez eux l’hiver dernier

Selon un rapport de l’ONPE, la précarité énergétique a toutefois diminué entre 2013 et 2017, notamment en raison de la météo.

15 % des ménages ont souffert du froid chez eux au cours de l’hiver 2017-2018.

C’est l’une des conclusions alarmantes du rapport de l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) rendu public le 23 novembre. Parmi les déclarants, 40 % estiment que ce froid est dû à une mauvaise isolation de leur logement et 28 % considèrent que c’est leur installation de chauffage qui est insuffisante.

Pourtant, 3,6 millions de ménages ont bénéficié du «chèque énergie» en 2018. «Réussir la transition écologique suppose d’embarquer tout le monde, y compris les plus fragiles. N’oublions pas que s’éclairer, se chauffer, vivre dans un logement sain, se déplacer, c’est un droit», met en garde Arnaud Leroy, président de l’ONPE et du conseil d’administration de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), en introduction du rapport.

Autre constat de l’observatoire, 11,6 % des Français dépensent plus de 8 % de leurs revenus pour payer leur facture énergétique alors qu’ils appartiennent aux 30 % des ménages les plus modestes, ce qui les place de fait en situation de précarité énergétique. Ce sont donc 3,3 millions de ménages, soit 6,7 millions d’individus, qui se retrouvent dans ce cas selon les chiffres du rapport. Ce taux de précarité varie notablement selon les zones géographiques : de 7,4 % en Paca à 24,3 % dans la région Grand est.

Toujours selon l’observatoire, 68 % des personnes interrogées considèrent par ailleurs que la consommation d’énergie constitue un sujet de préoccupation important dans leur vie, quand un ménage sur dix déclare rencontrer des difficultés pour régler ses factures énergétiques.

Ces indicateurs préoccupants sont néanmoins plutôt meilleurs que les années précédentes, la proportion de ménages en situation de précarité énergétique consacrant plus de 8 % de ses revenus aux dépenses d’énergie et appartenant au tiers des ménages les plus modestes ayant «diminué entre 2013 et 2017, passant de 14,5 % à 11,6 % en France métropolitaine», précise le document de suivi annuel qui explique notamment cette amélioration par des conditions météo plus clémentes.

Autre raison de cette embellie des chiffres : l’amélioration des performances énergétiques du parc de logements et la baisse de la consommation. Mais les raisons de cette diminution sont surtout économiques : près d’un tiers des ménages français déclare avoir restreint sa consommation d’énergie pour des raisons de coût au cours de l’hiver 2017-2018.

Si le prix hors taxe du gaz et du fioul a baissé sur la même période, la fiscalité énergétique a plutôt augmenté. Et la part de ménages déclarant que les factures de gaz et d’électricité représentent une part importante dans les dépenses de leur foyer a augmenté depuis 2016, passant d’environ 55 % à 65 %.

Aurélie Delmas , Clara Dealberto   28 novembre 2018

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