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13 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

pénuries (le télégramme)

abolish 2

Au Royaume-Uni, les pénuries se voient aussi dans les supermarchés

Outre-Manche, de nombreux supermarchés peinent à garnir leurs rayons. La faute à une économie ralentie par les effets conjugués de la covid-19 et du Brexit. Des rayons clairsemés dans certains commerces, des étagères vides dans d’autres : les pénuries qui touchent les entreprises du Royaume-Uni se voient aussi dans les supermarchés, conséquences de la pandémie et du Brexit.

« Nous avions déjà décidé de réduire notre stock à cause de la covid mais, maintenant, nous avons du mal à nous fournir en certains produits parce qu’ils ne sont tout simplement pas disponibles », déplore Satyan Patel, gérant d’une supérette du centre de Londres. Derrière lui, sa petite échoppe aligne des rayons à moitié vides. « La semaine dernière, je n’avais plus de Coca-Cola. Je n’ai plus de grande bouteille d’Évian depuis trois semaines, énumère-t-il. Sans marchandises, il n’y a pas de commerce. Avec des étagères vides comme celles-ci, personne ne va venir dans le magasin. »

Problèmes d’approvisionnement

Les entreprises britanniques sont plombées, depuis plusieurs mois, par des problèmes d’approvisionnement qui pourraient peser sur la reprise. S’ils ne sont pas spécifiques au Royaume-Uni, alors que la pandémie a perturbé toutes les chaînes logistiques du monde, ils y sont exacerbés par le Brexit, qui complique l’entrée de travailleurs européens.

Nombre d’entre eux sont ainsi retournés dans leur pays d’origine lors de la pandémie, et certains ne sont pas revenus. Il manquerait, par exemple, 100 000 chauffeurs routiers, qui font cruellement défaut pour acheminer les marchandises.

« Comme de nombreux commerces de détail, nous sommes touchés par certaines perturbations, inégales, de nos livraisons (…) mais nous travaillons en étroite collaboration avec nos fournisseurs pour nous réapprovisionner rapidement », confirme la chaîne coopérative britannique de supermarchés Co-op, qui dit aussi recruter 3 000 collaborateurs temporaires pour faire fonctionner ses dépôts et livrer ses magasins.

Inquiétudes des clients

Non loin de la supérette de Satyan Patel, un supermarché semble mieux approvisionné. Mais les apparences sont trompeuses, car tout le stock est en rayon, selon Toma, une vendeuse de 22 ans. « Nous n’avons rien dans nos réserves, décrit-elle. Nous avons des manques ; parfois, nous ne recevons que des quantités limitées. Nous n’avons même plus d’eau ! »

Si ces pénuries ont commencé avec la pandémie, elles se sont aggravées depuis l’entrée en vigueur du Brexit, le 1er janvier dernier, selon elle. Et elle note une certaine inquiétude des clients qui commencent à interroger les vendeurs, « et nous reprochent » parfois les manques.

À quelques kilomètres de là, dans un hypermarché du sud-est de Londres, il n’y a presque plus d’eau minérale et les bouteilles de lait semblent avoir été dévalisées.

Selon la principale organisation patronale britannique, la Confederation of British industry (CBI), les niveaux de stock dans la vente de détail et la distribution ont chuté de plus de 20 % en août et atteint un niveau exceptionnellement bas. « Il faudrait au moins 18 mois pour former suffisamment de chauffeurs de poids lourds » pour mettre fin aux problèmes d’approvisionnement, selon l’organisation, qui appelle le gouvernement, dans l’intervalle, à plus de souplesse dans sa politique migratoire.

Le gouvernement sous pression

En attendant, les entreprises de transport routier rivalisent de primes ou de hausses de salaires pour attirer ou retenir les chauffeurs. « On en parle au bureau et on se dit que ces primes pour les chauffeurs routiers vont faire monter les prix », plaisante à moitié Ryan Koningen, chef de projet de 49 ans dans la City de Londres, qui dit avoir constaté, lui aussi, des manques dans les rayons, surtout « sur les produits du quotidien ».

Les problèmes d’approvisionnement ont aussi conduit, cet été, les usines automobiles à faire une pause dans leur production, faute de composants électroniques, et certaines entreprises de construction se sont retrouvées à court de matériaux. Des difficultés qui « vont probablement durer un certain temps et pourraient même s’intensifier davantage », estiment les analystes de Capital Economics.

Ces dernières semaines, les pénuries ont touché des entreprises emblématiques : McDonalds, les pubs Wetherspoon ou, très récemment, Coca-Cola et Ikea. Autant d’exemples qui mettent le gouvernement sous pression pour éviter de se retrouver avec des rayons vides, au moment des fêtes de fin d’année.

 08 septembre 2021

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13 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

urgent (courrier inter)

climat

Climat : il est urgent de “laisser le pétrole, le gaz et le charbon dans le sol”

Une étude affirme que de vastes quantités de pétrole, de gaz naturel et de charbon devront demeurer inexploitées pour que le monde puisse avoir 50 % de chances de respecter l’accord de Paris sur le climat. Pour le Canada, quatrième producteur mondial d’or noir, la prescription est sévère.

“Pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris, le pic mondial de production de pétrole et de gaz naturel aurait dû se produire l’année dernière”, lance Axios. Le site américain fait référence à une étude réalisée par des scientifiques de l’University College de Londres, dont les conclusions frappantes ont été publiées dans la revue Nature.

Selon les chercheurs, pour que l’humanité se donne 50 % de chances de limiter le réchauffe-ment planétaire à 1,5 °C, il faudra que 58 % du pétrole de la planète, 59 % de son gaz et 89 % de son charbon, sur la base des réserves de 2018, [demeurent] non exploités en 2050”, rapporte The Hill.

Pour y parvenir, toutes les ressources pétrolières et gazières non exploitées de l’Arctique devraient être laissées intactes”, ajoute Axios. Cela implique, par exemple, que la production de pétrole aux États-Unis chute de façon constante jusqu’en 2050. L’étude met également en garde contre d’‘énormes risques de transition’ pour les pays dont les économies dépendent fortement de la production de pétrole et de gaz, comme Bahreïn, l’Arabie Saoudite et le Koweït.

Le Canada est invité à faire sa part, et elle est importante, signale le site : Au Canada, 83 % des réserves de pétrole ne seraient pas exploitables dans un scénario de 1,5 °C, incluant 84 % des 49 milliards de barils de réserves estimées dans la région des sables bitumineux”,

[...]

Martin Gauthier  10/09/2021

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08 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

faucheurs (moelan)

gendarmerie

VENDREDI 10 Septembre 10H gendarmerie de Moëlan sur mer

Il nous est reproché notre intrusion au Conseil Régional à Rennes, le 10 juillet 2020, lors de la
séance où les Elu.e.s échangeaient sur le thème de la BIODIVERSITE en Bretagne.
Cette entrée inattendue, s’est déroulée sans violence comme s’y sont engagé-es les faucheur-euses en signant la Charte du Collectif.

.
Nous, lanceur-euses d’alerte, n’ayant pas pu atteindre l’hémicycle, voulions une nouvelle fois
dénoncer la politique agricole bretonne mortifère et les discours mensongers largement assénés et diffusés.
Après avoir mené de nombreuses actions, tant au niveau national que régional, depuis 2003 :

1 – Destruction de soja OGM, provenant principalement d’Amérique du Sud, et destinées, en grande
partie aux élevages bretons et français, dans les ports de Lorient, Brest, Montoir de Bretagne(44)
2 – Interventions dans de nombreux magasins ou coopératives, vendant ou distribuant des aliments
(pour humains ou animaux) contenant des OGM ainsi que des pesticides (Triskalia, Limagrain)
3 – Fauchages en plein champ de cultures considérées comme OGM par la Cour Européenne de
Justice.
4- Blocages de multinationales de production ou de transformation d’aliments «poison» ou de
produits toxiques.(Bunge, Monsanto,…)

Depuis 2003, nous, faucheur-euses, avons tenté d’alerter, sans succès, ni aucune écoute, les
autorités et les Elu.e.s, sur l’agriculture business que le Conseil Régional encourage et subventionne avec nos impôts : subventions que le Conseil Régional accorde à l’agriculture industrielle et qui dépassent de très loin les aides à l’agriculture durable et biologique.

Une demande de RDV avec Mr O.Allain a eu lieu au port de Brest le 6 décembre 2019, lorsque
nous avons mis a l’arrêt l’outil de déchargement de l’entreprise BUNGE. Sans aucune réponse nous avons donc décidé de nous inviter à cette session du Conseil régional du 10 juillet 2020.

Nous voulons toujours montrer l’urgence : l’Amazonie brûle, les déforestations s’amplifient, leurs
habitants sont chassés, spoliés, leurs enfants malades ou anormaux ….Leurs défenseurs militants s’y font assassiner.( lien vers IUCN). mais les Elu.e.s breton-nes continuent à fermer les yeux sur les importations de soja/colza OGM à Brest, Lorient et Montoir.

Nous voulons toujours mettre en lumière les doubles discours et particulièrement, celui de Mr
Olivier Allain, alors Vice-Président chargé de l’agriculture, sur l’agroécologie, qui ne sont que des
voeux pieux alors que la Bretagne et en particulier le Morbihan, se distinguent par l’utilisation
massive des pesticides et dans la pollution de l’environnement.

Nous voulons toujours les interroger sur les subventions que la Région Bretagne alloue aux
méthaniseurs, ( aujourd’hui « shadoks » d’O. Allain-France3) aux poulaillers, porcheries-usines qui ne font qu’accélérer la ruine de l’agriculture paysanne, l’endettement des agriculteurs au profit des banques et grandes entreprises de l’agro-alimentaire, la diminution drastique de l’emploi agricole et l’atteinte à la santé des travailleurs et consommateurs.

Nous voulons aujourd’hui encore qu’ils se sentent bousculés dans leurs habitudes d’Elu-es
intouchables dont les jérémiades patrimoniales ne sont que le reflet de leur incurie.
Nous ne nous excusons nullement d’avoir fait une entorse à la bienséance en voulant ouvrir ces
portes qu’ils veulent laisser fermées à toute discussion .

Nous, Faucheuses et Faucheurs Volontaires affirmons et assumerons notre désobéissance civique. Faudra -t-il « couler » une cargaison OGM dans ces ports pour que cela s’arrête? …et qu’enfin s’ouvre devant les tribunaux ou dans les instances politiques habilitées le débat nécessaire sur le modèle industriel et agricole breton et français actuel.

N’oublions pas que les juges du tribunal de Perpignan, ont conclu que les Faucheur-euses
Volontaires agissaient en état de nécessité.

Notre présence ce vendredi matin 10 juillet 2020 était un nouveau cri d’alerte et une mise en
demeure, à nos Elu.e.s du Conseil Régional, pour la responsabilité des Conseils Régionaux en
Bretagne et ailleurs, de nous écouter et de nous rendre des comptes.Nous ne laisserons plus l’omerta perdurer sur le sujet de l’Agro-Business Breton.

VENDREDI 10 Septembre 10H gendarmerie de Moëlan sur mer(29)
vous êtes les bienvenu.e.s avec votre bonne humeur, vos chants, pour un rassemblement de soutien.

Contacts : 06 87 16 06 06

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30 août 2021 ~ 0 Commentaire

traité (reporterre)

Lire aussi:

TRAITÉ DE NON-PROLIFÉRATION DES COMBUSTIBLES FOSSILES

Charbon, gaz et pétrole : bientôt un traité de non-prolifération ?

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27 août 2021 ~ 0 Commentaire

morgan large (france info)

agrib

Ils ont fait l’actu. Morgan Large, journaliste bretonne menacée depuis son enquète sur l’agro-industrie

Sébastien Baer revient sur les événements marquants de l’année. Et ce sont ceux qui les ont vécus qui les racontent. Jeudi 26 août, Morgan Large, après avoir vécu plusieurs actes de malveillance et des menaces, persiste à savoir la vérité sur ce qu’est l’agro-alimentaire en Bretagne.

31 mars 2021. Une nouvelle fois, Morgan Large, journaliste à Radio Kreiz Breizh, une radio du centre-Bretagne, est victime de malveillance. Alors qu’elle enquête sur l’agro-industrie, la journaliste de 49 ans s’aperçoit que sa voiture a été sabotée : il manque plusieurs boulons à l’une de ses roues arrières. « Ça pose complètement question sur la légitimité et le droit à exercer son métier de manière normale. Est-ce que la Bretagne, au regard de l’hégémonie du secteur agroalimentaire, c’est une zone de non-droit dans laquelle les journalistes ne sont pas les bienvenus ? » interroge la journaliste.

Les pressions se sont intensifiées contre la journaliste après son témoignage dans un documentaire sur l’impact de l’agriculture intensive. Morgan Large a subi toute une série de menaces : appels anonymes la nuit, empoisonnement de son chien et dégradation du local qui abrite sa radio.

Après le sabotage de la voiture, le parquet de Saint-Brieuc a ouvert une information judiciaire et plusieurs centaines de personnes ont manifesté pour défendre la liberté d’informer. La journaliste a aussi reçu de nombreux soutiens mais elle reste encore très marquée.

Les moments les plus compliqués, c’est de quitter sa maison et de se dire ‘mince, je laisse mes enfants seuls, qu’est-ce qui va se passer ?’ Morgan Largeà franceinfo

« Je ne supportais pas cette idée de me dire que je partais loin en reportage – ‘Est-ce que je laisse ma fille une nuit toute seule à la maison ?’ – alors qu’avant ça ne posait pas trop de problèmes… Mais heureusement, j’ai des voisins qui sont exceptionnels et je pouvais leur dire que je partais pour la journée et de jeter un oeil sur les voitures qui vont descendre à la maison et regarder », raconte Morgan Large.

« J’ai eu énormément de soutien aussi des gens que je croise tous les jours, des gens que je ne connaissais pas du tout, des gens de la France entière. Il y a même des gens qui m’ont proposé de m’héberger, qui m’ont dit de prendre mes enfants sous le bras et d’aller chez eux pendant un moment pour me reposer et être tranquille », poursuit-elle. 

Un rapport de force « disproportionné »

Morgan Large est inquiète.« Au tout début, je me suis dit qu’ils allaient mettre le feu à la maison pendant qu’on dort, parce que les premières atteintes qu’il y a eues, c’était pour ouvrir les entrées de mes champs et faire échapper mes animaux, j’ai des vaches et aussi des chevaux. Et c’est vrai que je n’avais pas mesuré qu’on puisse en venir jusqu’à venir chez moi, s’en prendre à ma famille, c’est extrêmement dérangeant. » 

J’habite très loin de tout, j’habite dans un cadre bucolique, j’ai envie d’entendre le chant des oiseaux, je n’ai pas envie d’avoir des caméras partout et s’il faut que je vive dans un bunker, ça va vraiment être un sacrifice énorme pour moi. Morgan Large sur franceinfo

Jamais la journaliste bretonne ne se serait imaginée déranger au point de devenir une cible « parce que j’ai l’impression que j’ai une toute petite voix, je suis une toute petite journaliste sur un tout petit média. C’est vrai que j’ai enquêté par exemple sur les subventions de la région Bretagne sur la filière avicole en Bretagne », explique-t-elle.

Comment je pourrais menacer avec un micro un monde aussi énorme que ça, une puissance aussi énorme que ça ? Rien que de savoir ça c’est extrêmement intimidant parce que le rapport de force est disproportionné entre ce monde énorme de l’agroalimentaire et moi, toute petite journaliste. Morgan Large à franceinfo

Pour autant, la journaliste ne changera rien à ses habitudes de travail. « Je vais être d’autant plus pugnace. Il y a énormément de choses qui se passent dans le domaine agricole, qui est très violent pour les exploitants agricoles. On voit bien que c’est un monde qui est en crise permanente et il y a une souffrance, un malaise agricole que personne ne peut nier aujourd’hui au regard du nombre de suicides, au regard du plan social du monde agricole. Combien de faillites interviennent dans les fermes ? Je lis la presse agricole, je vois les petites annonces avec du matériel agricole, du matériel d’élevage à vendre à la pelle », constate-t-elle.

Donc oui, j’ai envie de me pencher sur les tenants et les aboutissants et essayer de trouver des explications à ces multiples crises. Mais c’est vrai que ça dérange.

Morgan Large à franceinfo

Je ne suis pas du tout une héroïne. Non, mais je pense que je ne vais peut-être plus travailler autant toute seule, je vais peut-être écrire des articles ou parler de mes enquêtes avec d’autres journalistes pour qu’on puisse, quand c’est trop dur, faire un tandem. C’est peut-être par le collectif qu’on est moins fragile », conclut la journaliste.

Sébastien Baer 26/08/2021

https://www.francetvinfo.fr/

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27 août 2021 ~ 0 Commentaire

lobbies (attac nantes)

lobby

Face à la puissance des lobbies de l’agro-industrie en Bretagne : luttes, résistances et victoires

  • Vendredi 27 – après-midi
  • Ecole d’Architecture – Studio de projet 1B10

L’agression de deux journalistes en mars dernier dans les Côtes d’Armor révèle le pouvoir occulte des lobbies de l’agroalimentaire en Bretagne. On en mesure la puissance par les conflits qui ont marqué la société sur les plans environnemental, économique et politique depuis vingt ans.

Le capitalisme s’est rapidement organisé en groupe de pression concomitamment avec le développement de l’agro-industrie et la création des coopératives agricoles au service d’un syndicat hégémonique. En pénétrant le pouvoir régional et en contrôlant la presse, ce dernier impose un système qui, par certains aspects, peut être qualifié de mafieux.

A partir de deux témoignages d’acteurs de terrain on :
· Analysera le système de contrôle des populations mis en place parles lobbies ;
· Alertera sur les évolutions rapides d’une agriculture hors sol soutenue par une financiarisation galopante ;
· Echangera sur les stratégies qui ont permis des victoires et de faciliter la mise en place de réseaux de résistance.

Porteurs d’activités

  • Attac Pays malouin – Jersey

Confédération Paysanne
Solidaires Bretagne
Splann (ONG d’enquêtes journalistiques en Bretagne)

Intervenant⋅e⋅s

Morgan Large, journaliste à la radio locale Kreiz Breizh / Pierre Etienne, porte-parole du comité local ATTAC 22 / Serge Le Quéau, militant de l’Union syndicale Solidaires de Bretagne / René Louail, militant de la Confédération Paysanne

https://ue2021.org/

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23 août 2021 ~ 0 Commentaire

pentagone (à l’encontre)

COP26

Réduire les émissions de carbone du Pentagone

Les jours de forte chaleur de l’été tombent sur nous. Les températures records qui ont tué des centaines de personnes dans le nord-ouest du Pacifique et qui ont atteint les 48 degrés en Sibérie sont le signe avant-coureur de jours encore plus chauds et plus dangereux si nous ne nous attaquons pas à l’éléphant dans la pièce…

Le Pentagone.

En tant que plus grand consommateur institutionnel de pétrole et, par conséquent, plus grand émetteur étatsunien de gaz à effet de serre (GES), le Pentagone doit réduire son empreinte carbone – guerres, production d’armes – ainsi que son empreinte physique – des dizaines de milliers de soldats déployés dans le monde, 800 bases militaires à l’étranger et une en construction à Okinawa.

Pour éviter le pire de la crise climatique, le président Biden, le Congrès et la population pourraient récuser une politique étrangère interventionniste alimentée par la volonté de dominer l’air, la terre, la mer et l’espace. Sinon, nous nous préparons à une élévation constante du niveau des mers, à des conditions météorologiques extrêmes, à la sécheresse, à la famine, autant de phénomènes qui, selon la Banque mondiale, pourraient provoquer, d’ici à 2050, une «vague» de 143 millions de réfugié·e·s climatiques.

Selon le projet Cost of War de l’Université Brown, les émissions de gaz à effet de serre du Pentagone dépassent celles de nombreux pays industrialisés, comme le Danemark, la Suède et le Portugal. La «guerre contre le terrorisme», à elle seule, a produit 1267 millions de tonnes de gaz à effet de serre, soit l’équivalent en carbone d’une montagne de charbon de 5,6 millions de kilogrammes.

Selon le National Priorities Project, un B-52 Stratofortress, le bombardier à longue portée de Boeing, consomme autant de carburant en une heure que l’automobiliste moyen en sept ans.

Le budget militaire record de 753 milliards de dollars proposé par le président Biden pour l’exercice 2022 comprend 12 milliards de dollars pour 85 avions d’attaque interarmées F-35, conçus pour transporter des armes conventionnelles et nucléaires. Avec un prix de 100 millions de dollars par avion, ce système d’armes est un cauchemar pour les écologistes. En effet, il émet des tonnes de composés polluants qui réchauffent la terre: du monoxyde de carbone à l’oxyde nitreux en passant par le dioxyde de soufre, des composés chimiques qui agissent comme des enveloppes emprisonnant la chaleur.

De plus, le F-35 a été victime de problèmes de maintenance et de problèmes de logiciels, ce qui soulève des préoccupations environnementales supplémentaires. «S’il s’écrase, ses 4600 kilogrammes de matériaux combustibles brûleront dans le brasier créé par les 10 220 litres de kérosène», selon l’organisation Safe Skies Clean Water Wisconsin. Elle a intenté des procès accusant le gouvernement fédéral de ne pas avoir mené des évaluations environnementales adéquates.

Pendant ce temps, le Comité des forces armées du Sénat – dirigé par son président, Jack Reed (démocrate de Rhode Island) avec son principal membre, Jim Inhofe (républicain d’Oklahoma) – estime que le budget militaire de Biden est trop limité. Il a voté pour une augmentation, à court terme, de 25 milliards de dollars.

Les défenseurs des budgets militaires records de près de mille milliards de dollars rétorquent que nous devons nous protéger des ennemis du monde entier. Ironiquement, l’ennemi que nous connaissons, le réchauffement climatique, constitue pourtant la menace existentielle la plus urgente: les feux de forêt, les inondations soudaines, la vague de chaleur.

Peu importe, disent-ils. Les bases militaires alimentées par l’énergie solaire, les Humvees (transport de troupes) électriques et les navires de guerre à propulsion nucléaire résoudront le problème des émissions de carbone du Pentagone!

Ce n’est pourtant pas le cas

L’impact environnemental de la fabrication de nouveaux systèmes d’armement, de l’expédition de ces armes vers d’autres continents, du bombardement d’infrastructures au Moyen-Orient et de l’envoi de milliers de soldats en Asie-Pacifique a un prix inimaginable pour le climat.

Oui, les défenseurs du climat doivent tirer la sonnette d’alarme avant que le Congrès ne légifère sur l’augmentation des déploiements de troupes en mer de Chine méridionale et que le département de la Défense n’étende son initiative de dissuasion dans le Pacifique pour établir un réseau de missiles de frappe de précision autour de la Chine. Provoquer une confrontation militaire avec la Chine mettrait non seulement la vie de millions de personnes en danger, mais saboterait également les efforts passés de collaboration sur le climat tout en libérant un déchaînement de GES à chaque lancement de missile.

Une façon d’éduquer les citoyens sur le coût du militarisme des Etats-Unis serait de soutenir les Vétérans pour la Paix dans leur campagne visant à obliger le Pentagone à surveiller les émissions de carbone de l’armée. Il faut pour cela fixer des objectifs de réduction des GES et diffuser les résultats détaillés des émissions – des bases à l’étranger, de la production de nouvelles armes, des déploiements de troupes – avec le Congrès, la Maison Blanche et la presse. Idéalement, ces rapports seraient rendus publics avant que le Congrès ne vote et que le président ne signe les budgets du département de la Défense et de l’Energie qui supervisent l’accélération de la production de plutonium radioactif pour les nouvelles armes nucléaires.

Malheureusement, mais sans surprise, les Etats-Unis ont insisté à plusieurs reprises pour exclure les exigences de réduction des émissions de carbone militaires des accords internationaux sur le climat, notamment lors du protocole de Kyoto et de l’Accord de Paris.

Une campagne à l’occasion de Glasgow

Cependant, nous avons maintenant la possibilité de choisir une autre voie. Si le président Biden et le Congrès reconnaissaient le rôle que jouent les émissions du Pentagone dans le réchauffement de la planète, les 197 pays participant à la Conférence des Nations unies sur le changement climatique, qui se tiendra du 1er au 12 novembre à Glasgow, en Ecosse, pourraient forger un nouvel accord sur le climat dans lequel les participants accepteraient également de surveiller et de réduire les GES militaires.

La Coalition COP26 – qui comprend des militants de CODEPINK et de 350.org – prévoit de manifester dans les rues à l’extérieur de la conférence et de soutenir des manifestations simultanées aux Etats-Unis. CODEPINK a développé une page web «Désarmer pour notre planète et la paix» (https://www.codepink.org/cop26) pour organiser des actions de solidarité aux Etats-Unis et à l’étranger et exiger des participants à la COP26 qu’ils acceptent de réduire les émissions militaires de gaz à effet de serre.

Faire en sorte que les pays participant à la conférence de Glasgow s’engagent à réduire les émissions de gaz à effet de serre de leurs armées, il y a là un excellent moyen pour les activistes d’exiger la justice climatique pour les communautés marginalisées, de s’attaquer à l’impact climatique disproportionné du militarisme sur les populations indigènes et les communautés de couleur situées près des bases militaires des Etats-Unis ou celles fuyant une catastrophe climatique.

Le président Biden peut commencer par un décret exigeant que le Pentagone rende publics ses efforts pour réduire les émissions liées au réchauffement de la planète, pour atteindre des objectifs spécifiques et alléger notre lourde empreinte carbone en Europe, au Moyen-Orient, en Afrique et en Asie-Pacifique. Le Congrès peut commencer par adopter une loi obligeant l’armée à rendre compte de ses émissions et à les réduire en fermant des bases et en éliminant les systèmes d’armes inutiles.

En définitive, nous devons réduire notre budget militaire pour faire face à la crise climatique. (Article publié sur le site de CODEPINK, en août 2021; traduction rédaction d’Alencontre)

Marcy Winograd est coordinatrice de CODEPINK Congress, membre du projet «Militarisme et crise climatique» de Veterans for Peace et co-présidente du groupe «End Wars and Occupations» de Progressive Democrats of America.

21 aout 2021 Marcy Winograd

https://alencontre.org/

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09 août 2021 ~ 0 Commentaire

giec (le huff’)

ClimateChange_OMSI_030320

Rapport du Giec sur le climat: les principaux points d’alerte

Hausse sans précédent des événements extrêmes, responsabilité de l’activité humaine « sans équivoque ». Dans leur rapport, les experts du Giec sonnent l’alerte rouge.

 Au milieu d’une avalanche de catastrophes sur la planète, des inondations en Allemagne et en Chine aux incendies monstres en Europe et en Amérique du Nord, en passant par les températures délirantes au Canada, les experts climat de l’ONU ont publié ce lundi 9 août leurs nouvelles prévisions climatiques, à trois mois de la conférence climat COP26 cruciale pour l’avenir de l’humanité.

Après deux semaines de réunion à huis clos et en virtuel, 195 pays ont approuvé vendredi cette première évaluation complète du Giec depuis sept ans, dont le “résumé pour les décideurs” a été négocié ligne par ligne et mot par mot.

  • La responsabilité de l’humanité “sans équivoque”

La responsabilité de l’humanité dans le réchauffement climatique est “sans équivoque”, ont martelé lundi les experts climat de l’ONU dans leur nouveau rapport, qui estime que les activités humaines ont provoqué la quasi-totalité des +1,1°C gagnés depuis le 19è siècle.

“Il est clair depuis des décennies que le système climatique de la Terre change, et le rôle de l’influence humaine sur le système climatique est incontesté”, a déclaré Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du groupe d’experts ayant élaboré ce texte.

  •  Certains impacts déjà “irréversibles”

Certaines conséquences du réchauffement de la planète, notamment la fonte des glaces et la hausse du niveau de la mer, sont désormais “irréversibles pour des siècles ou des millénaires”, ont estimé les experts.

Quel que soit le rythme des futures émissions de gaz à effet de serre, le niveau des océans va continuer à augmenter pendant “des siècles, voire des millénaires”.

Le niveau des océans a augmenté d’environ 20 cm depuis 1900, et le rythme de cette hausse a triplé ces dix dernières années sous l’influence grandissante de la fonte des calottes glaciaires. Même si le réchauffement est limité à +2°C, les océans pourraient gagner environ 50 cm au 21è siècle et cette hausse pourrait atteindre près de 2 mètres d’ici 2300 ― deux fois plus qu’estimé par le Giec en 2019. En raison de l’incertitude liée aux calottes, dans le scénario du pire, les experts ne peuvent pas exclure une augmentation de 2 mètres d’ici 2100.

Si toute la planète se réchauffe, certaines zones le font plus vite que d’autres. En Arctique par exemple, la température moyenne des jours les plus froids devrait augmenter trois fois plus vite que le réchauffement mondial. Et si le niveau de la mer monte partout, il pourrait gagner jusqu’à 20% de plus que la moyenne sur de nombreux littoraux

  •  La capacité des océans et des forêts à absorber le CO2 s’affaiblit

La capacité des forêts, des sols et des océans à absorber le CO2 émis par les hommes risque de s’affaiblir avec la poursuite des émissions, menaçant les efforts pour limiter le réchauffement de la planète à des niveaux acceptables, ont mis en garde les experts.

Sur les six dernières décennies, ces puits de carbone ont réussi à retirer de l’atmosphère 56% du CO2 émis par les activités humaines, limitant le réchauffement. Mais ils risquent de devenir “moins efficaces” à l’avenir, selon le rapport choc du Giec.

  • Le méthane sous les projecteurs

Le Giec n’avait jamais autant parlé du méthane, avec cette mise en garde: si les émissions de CH4, deuxième gaz à effet de serre le plus important après le CO2, ne sont pas réduites, cela pourrait saper les objectifs de l’Accord de Paris.

Les concentrations de CH4 dans l’atmosphère ― auxquelles contribuent les fuites venues de la production de gaz, les mines, le traitement des déchets et le bétail ― dans l’atmosphère sont à leur plus haut depuis 800 000 ans.

Et il a un pouvoir de réchauffement bien plus important que le CO2, même s’il reste bien moins longtemps que lui dans l’atmosphère.

  • Les courants ralentissent

La “circulation méridienne de retournement atlantique” (AMOC), système complexe de courants océaniques qui permettent de réguler la chaleur entre les tropiques et l’hémisphère nord, se ralentit, une tendance qui va “très probablement” se poursuivre pendant tout le siècle.

Le Giec estime également, avec un niveau de confiance “moyen”, que l’AMOC pourrait complètement s’arrêter, ce qui entrainerait notamment des hivers plus durs en Europe et une perturbation des moussons en Afrique et en Asie.

  • Hausse “sans précédent” des événements météo extrêmes

La planète va subir une augmentation “sans précédent” des événements météo extrêmes comme les canicules ou les pluies diluviennes, même si le monde parvient à limiter le réchauffement à +1,5°C.

Dans tous les cas, la planète devrait atteindre le seuil de +1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle autour de 2030. Dix ans plus tôt que la précédente estimation du Giec en 2018. Ensuite, d’ici 2050, la hausse se poursuivrait bien au-delà de ce seuil – qui est une des limites-clés de l’Accord de Paris – même si le monde parvenait à réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre.

Ces événements seront sans précédent pour l’humanité en terme d’“ampleur, de “fréquence”, du moment de l’année où ils frappent ou de la zone géographique touchée, précisent les scientifiques dans un résumé technique, mettant aussi en garde contre des extrêmes groupés ― canicule plus sécheresse, pluie plus inondations― pouvant provoquer des “impacts importants et sans précédent”.

  • “Le glas” des énergies fossiles

Le rapport des experts climat de l’ONU (Giec) devrait “sonner le glas” des énergies fossiles qui “détruisent la planète”, a réagi le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres.

Ce rapport d’évaluation, le premier complet depuis sept ans, est “une alerte rouge pour l’humanité. Les sonnettes d’alarme sont assourdissantes: les émissions de gaz à effet de serre créées par les énergies fossiles et la déforestation sont en train d’étouffer notre planète”, a-t-il ajouté dans un communiqué.

09/08/2021

https://www.huffingtonpost.fr/

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02 août 2021 ~ 0 Commentaire

france afrique (montpellier)

Appel à un contre-sommet Afrique-France à Montpellier les 7, 8 et 9 octobre

par le Collectif du contre-sommet Afrique-France à Montpellier

Du 7 au 9 Octobre doit se tenir à Montpellier un Sommet Afrique-France, qui, sous l’affichage de la culture, de l’enseignement supérieur, de la jeunesse et du sport, annonce la « refondation des relations entre la France et l’Afrique ».

Cependant, malgré les effets d’annonce du président Emmanuel Macron, l’esprit néo-colonial est toujours présent. Sur le continent africain, la France exerce toujours une domination monétaire, économique, diplomatique et culturelle, poursuit des interventions militaires, et soutient des régimes qui bafouent les droits humains et empêchent l’émancipation des peuples. Le soutien au coup d’État militaire au Tchad en avril 2021 est un triste exemple de cette politique.

La Méditerranée est une frontière coloniale qui a déjà tué cette année plus de 1200 de nos sœurs et nos frères. Cette frontière poursuit celles et ceux qui parviennent à traverser, celles et ceux qui deviennent sans papiers en les privant de tout droit.

Ainsi, ce sommet arrive dans un contexte géopolitique extrêmement tendu, où le sentiment anti-français, qui est surtout un sentiment anti-françafrique, c’est à dire un rejet de ces politiques, grandit dans l’ensemble des pays d’Afrique francophone. Un fort rejet salutaire de l’impérialisme français a embrasé les populations dans les rues de Dakar, de Bamako, et d’ailleurs.

Nous demandons :

- l’arrêt de la présence militaire de la France en Afrique,
- la fin de la politique commerciale néo-libérale de la France et de l’UE en Afrique, (Accords de partenariat économique -APE- et autres accords de libre-échange) qui profite avant tout aux multinationales.
- l’arrêt du soutien aux présidents qui se maintiennent au pouvoir de manière non démocratique (changements de constitution, coups d’Etat, etc.).
- la fin de l’ingérence française dans les affaires intérieures des pays africains
- la véritable fin du Franc CFA en revenant sur la décision unilatérale prise en décembre 2019 par A. Ouattara et E. Macron, de la réforme remplaçant le franc CFA par l’ECO. Cette monnaie, trop forte, qui dépossède les pays africains de leur souveraineté monétaire, nuit aux exportations africaines et favorise les importations, ruinant toute politique industrielle et agricole dans ces pays.
- l’annulation des dettes odieuses et illégitimes des pays africains dont les conséquences sont connues : baisse des investissements dans l’éducation, la santé et les services publics, accroissement de la pauvreté, de la malnutrition, entrave à tout développement, etc.
- la liberté de circulation et d’installation,
- la fin des expulsions depuis la France.

Pour porter ces demandes :
- nous organiserons des rencontres, débats, événements alternatifs pendant les 3 jours du sommet,
- nous proposerons, en septembre-octobre 2021, des temps d’explications et de débats, des temps d’éducation populaire pour s’approprier collectivement les enjeux des relations entre la France et les pays d’Afrique,
- nous exprimerons dans les médias, avant et pendant le sommet, la solidarité de lutte entre les peuples d’Afrique et de France pour en finir avec les rapports de domination, d’exploitation et d’oppression.

Dès aujourd’hui, nous proposons à tous les syndicats, les collectifs de sans-papiers, les associations, les organisations politiques ainsi qu’à chacune et chacun, à titre individuel, de rejoindre le Collectif du Contre-sommet Afrique-France à Montpellier.

Premiers signataires : Amis du Monde Diplo 34 ; ATTAC 33 ; ATTAC34 ; ATTAC France ; CADTM France ; La Carmagnole de Montpellier ; CDTM Montpellier – Centre de Documentation Tiers Monde ; CNNR Hérault ; Collectif Ni Guerre Ni État de Guerre ; Comité Thomas Sankara de Montpellier (CTSM ) ; Fasti (Fédération des associations de solidarité avec tou-te-s les immigré-e-s) ; Forum du Tiers Monde / Forum Mondial des Alternatives ; Ingénieurs sans frontières France ; Marche des Solidarités ; Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC (NDSCI) ; Réseau Rapport Alternatif sur l’Afrique (RASA) ; Ritimo ; Survie ; UJFP

Associations et collectifs : ASTI de Chalon sur Saône ; Centre Dihiya, pour les droits de l’homme, la démocratie et le développement (Rabat, Maroc) ; CIE Noir Couleur ; Collectif Chabatz Dentrar (Haute-Vienne 87) ; Collectif Diasporique camerounais ; Dynamique unitaire panafricaine (DUP) ; Forum du Tiers Monde (Dakar, Sénégal) ; IRPAD/Afrique ; L’âme immortelle de l’Afrique ; Organisation pour la Démocratie, la Transparence et le Patriotisme (Niger) ; Solidarité Asie-France ; Sortir du Franc CFA ; Toulouse Anti-CRA

Syndicats et partis politiques en soutien : ENSEMBLE !-Mouvement pour une Alternative de Gauche Écologiste et Solidaire ; Ensemble ! 34 ; NPA 34 ; Parti Communiste des Ouvriers de France ; Parti de Gauche 34 ; Parti des Indigènes de la République (PIR) ; Union syndicale Solidaires ; Union syndicale Solidaires 34 ; UPC MANIDEM (Cameroun)

Contact : contresommetfrancafrique@protonmail.com

https://survie.org/themes/

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02 août 2021 ~ 0 Commentaire

alimentation (à l’encontre)

paysans

Les systèmes alimentaires durables sont possibles, mais en dehors de l’agriculture industrielle

Lors de la Journée mondiale de l’alimentation, le 16 octobre 2019, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a appelé à la tenue d’un Sommet des Nations unies sur les systèmes alimentaires (UNFSSUnited Nations Forum on Sustainability Standards) en 2021. L’objectif, comme l’affirme le site web du sommet, était de trouver des solutions pour transformer les systèmes alimentaires afin de progresser vers les «Objectifs de développement durable» [17 objectifs] qui sont rassemblés dans l’Agenda 2030. Cependant, le sommet, qui doit se tenir en septembre 2021, a été durement attaqué pour son caractère exclusif et pour le fait de se vendre aux intérêts des grandes firmes.

Au cours du pré-sommet, qui s’est tenu du 26 au 28 juillet, des activistes du monde entier se sont réunis dans le cadre de la «contre-mobilisation des peuples pour transformer les systèmes alimentaires des firmes» afin d’exprimer leur mécontentement quant à la tournure que prenait l’événement. La contre-mobilisation s’est tenue du 25 au 27 juillet. Elle a consisté en des événements allant de discussions sur la privatisation des systèmes alimentaires, la mainmise des grandes firmes sur la gouvernance et la science, jusqu’à un rassemblement virtuel mondial contre l’UNFSS.

Les peuples contre les systèmes alimentaires dirigés par les entreprises

Au cœur du problème se trouve la promotion par les Nations unies de systèmes alimentaires dirigés par les grandes firmes, ce qui sape les luttes pour la souveraineté et la sécurité alimentaires. Une poignée de sociétés transnationales domine le commerce mondial actuel des aliments et des produits de base.

De l’ensemencement des graines et de la croissance des cultures à la transformation, la distribution et la consommation des aliments, les entreprises agroalimentaires transnationales contrôlent et décident de tout. Cependant, bien qu’elles contrôlent près de 75% des ressources naturelles mondiales liées à la production alimentaire, elles parviennent à peine à nourrir un tiers de la population mondiale. Elles sont également responsables de la plupart des 400 milliards de dollars de pertes annuelles de produits alimentaires et de l’émission de grandes quantités de gaz à effet de serre.

L’agenda du sommet et les personnes associées à sa gestion sont connus pour encourager la privatisation au détriment des systèmes publics. Par exemple, la nomination d’Agnes Kalibata comme envoyée spéciale de l’ONU pour le sommet a été remise en question. En tant que présidente de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), elle a plaidé en faveur d’une évolution des systèmes agricoles africains vers des modèles d’agriculture industriels et dépendants des produits agro-toxiques.

La présence de personnalités comme Ramon Lauarta, président-directeur général de Pepsico, et de sessions indépendantes organisées par des entreprises privées comme Nestlé n’est pas passée inaperçue. Depuis les étapes de planification du sommet, ces firmes se sont manifestement consultées avec les organisateurs.

Dans leur opposition, certaines organisations telles que La Via Campesina ont boycotté le sommet, tandis que d’autres ont prévu d’y assister afin de soulever des préoccupations en matière de santé et de droits de l’homme. A propos de la contre-mobilisation populaire, Patti Naylor, une agricultrice des Etats-Unis, a déclaré: «La contre-mobilisation axée sur le pré-sommet nous aidera à continuer à nous organiser et à nous exprimer au sujet de l’UNFSS. La contre-mobilisation est le début de nos actions publiques.»

Des personnes et des organisations de différents mouvements se sont réunies. Parmi elles: celles qui se concentrent sur le changement climatique, la justice sociale, les travailleurs et travailleuses agricoles, les syndicats, les droits des immigrant·e·s, les femmes, les jeunes et les personnes âgées, pour n’en citer que quelques-unes. «Grâce à des réunions virtuelles et des documents écrits, les liens entre les systèmes alimentaires et agricoles et chacune de ces causes ont été clairement établis. Cette mobilisation a été un outil puissant pour construire la solidarité», a ajouté Patti Naylor.

Les discussions internationales sur les systèmes alimentaires, y compris celles menées par les Nations unies, n’ont pas toujours été aussi exclusives. Le Sommet mondial de l’alimentation organisé par la FAO en 1996 a réuni des acteurs de tous horizons. Et alors la souveraineté alimentaire a été reconnue comme le terme définissant les luttes contre les systèmes d’agriculture industrielle. Elle soutenait le droit des personnes à produire de manière autonome des aliments sains et nutritifs, adaptés au climat et à la culture, en utilisant les ressources locales. Il est important de noter que la souveraineté alimentaire est également reconnue comme un moyen d’atteindre la sécurité alimentaire.

Certains gouvernements, comme ceux de l’Equateur, du Venezuela, du Mali, de la Bolivie, du Népal et du Sénégal, ont intégré ces idéaux dans leurs politiques publiques, et la souveraineté alimentaire est devenue un élément de la politique soutenue par les institutions des Nations unies. Au moins en théorie, l’idée fait toujours partie des documents de l’ONU, comme la Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales de septembre 2018 (UNDROP- United Nations Declaration on the Rights of Peasants and Other People Working in Rural Areas).

Des efforts ont été faits pour signaler très tôt la nature excluante du sommet. En mars 2020, 550 organisations, comprenant certains des plus grands mouvements paysans et indigènes du monde, ont écrit au secrétaire général de l’ONU pour l’avertir que le sommet ne s’appuie pas sur l’héritage des précédents sommets mondiaux de l’alimentation convoqués par l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). La FAO a reçu le mandat d’organiser ces événements par ses Etats membres et a permis la participation active de la société civile par le biais de forums parallèles auto-organisés.

Le multipartenariat comme moyen de prise de contrôle de l’ONU par les industriels

L’exclusion des militants et la domination des firmes font suite à une réaction de la société civile concernant le multipartenariat dans les organes de l’ONU. Le multipartenariat (multistakeholderism) est un terme qui est de plus en plus utilisé pour indiquer que toutes les parties prenantes sont présentes à la table des décisions. Cependant, il s’agit en réalité d’une tentative de remplacer le multilatéralisme, qui donne la priorité à la participation des gouvernements.

En ce sens, le multipartenariat est devenu pour beaucoup synonyme d’une mainmise croissante du secteur privé sur les institutions de l’ONU. Les acteurs de la société civile dans d’autres forums de l’ONU, comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), mènent le même combat.

La Contre-Mobilisation exige que l’ONU s’éloigne de la mainmise des firmes et se recentre sur les droits humains individuels et collectifs, ainsi que sur les expériences et les connaissances des peuples les plus touchés. Elle exige également la transformation des systèmes alimentaires des firmes et défend les institutions publiques démocratiques et le multilatéralisme inclusif.

Des voix fortes en faveur d’alternatives au système des firmes se sont également fait entendre lors des sessions officielles de pré-sommet. Jeffrey Sachs, conseiller du secrétaire général de l’ONU António Guterres sur les objectifs de développement durable, s’est montré extrêmement critique à l’égard de la privatisation des systèmes alimentaires lors de l’une des principales tables rondes organisées par l’UNFSS. Il a décrit la privatisation comme un mécanisme d’oppression, similaire à la colonisation.

Il a déclaré: «Nous avons un système alimentaire mondial qui repose sur de grandes entreprises transnationales, des profits privés et de faibles mesures sur les transferts internationaux pour aider les pauvres, et parfois pas du tout. Il est fondé sur l’extrême irresponsabilité des pays puissants en matière d’environnement. Et il est fondé sur un déni radical des droits des pauvres.»

Jeffrey Sachs a également déclaré que la privatisation des systèmes alimentaires est souvent soutenue par les intérêts des pays riches, citant en particulier le gouvernement des Etats-Unis, connu pour avoir apporté un soutien militaire à la société United Fruits, basée aux Etats-Unis, qui a exploité des pays d’Amérique du Sud comme le Honduras. Il a ajouté: «Nous avons un système, mais nous avons besoin d’un système différent qui soit basé sur les principes de la dignité humaine, de la souveraineté et des droits économiques.»

(Article publié par Peoples Dispatch, le 29 juillet 2021; traduction rédaction A l’Encontre)

2 août 2021  Jyotsna Singh

https://alencontre.org/

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