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15 août 2018 ~ 0 Commentaire

russie retraites (ktr)

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Le 2 septembre, manifestation de masse contre le relèvement de l’âge de la retraite!

Contrairement à l’opinion de 90% des citoyens de Russie, la Douma d’Etat (parlement) a adopté le 19 Juillet en première lecture, un projet de loi pour relever l’âge de la retraite de 8 ans pour les femmes (63 ans) et de 5 ans pour les hommes (65 ans).

Nous avons déjà récolté 2,5 millions de signatures contre l’augmentation de l’âge de la retraite qui ont été envoyées à la Douma par la Confédération du travail de Russie. Des centaines de milliers de citoyens ont déjà manifesté dans les rues des villes russes. Mais seules des manifestations massives dans la capitale peuvent arrêter la réforme honteuse et injuste.

Dans cette situation, le quartier général de Moscou de la campagne « Le Peuple contre le relèvement de l’âge de la retraite » a décidé de tenir le 2 Septembre un rassemblement de masse dans la capitale pour exiger d’arrêter l’adoption du projet de loi scélérat. L’itinéraire exact et l’heure seront connus après la demande aux autorités. Mais il est nécessaire de préparer l’action aujourd’hui. Nous avons besoin d’agitation et de mobilisation.

Impliquez-vous dans notre travail!

Les objectifs immédiats de la campagne:

1. Développer le réseau de coordination de la campagne de protestation dans chaque district de Moscou.
2. Informez rapidement les Moscovites de l’heure exacte et du parcours du cortège
3. Attirer des dizaines de milliers d’habitants de la capitale en septembre.

Source

Lire aussi:

Russie : l’impopulaire réforme des retraites passe en première lecture (Capital)

En Russie, une réforme des retraites fait chuter la popularité de Vladimir Poutine (le Monde)

En Russie, le rejet de la réforme des retraites finit par mobiliser (La Croix)

soc russes

Facebook de nos camarades russes

Commentaire: L’espérance de vie est de 66 ans pour les hommes et 70 pour les femmes!

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14 août 2018 ~ 0 Commentaire

bikers (cnt-so)

velo

La saison estivale est une nouvelle fois porteuse de mauvais augures pour les livreurs de la Foodtech.

Après la faillite de Take Eat Easy en juillet 2016, le passage en force à la tarification à la course par Deliveroo en 2017, nous apprenons par la presse que Foodora est à vendre et souhaite se retirer du marché français.

Les syndicats et collectifs signataires :

    1. Demandent à la société Foodora de confirmer qu’elle est en mesure de payer le mois en cours à tous les coursiers ayant travaillé pour elle. Et donc de ne pas se livrer à un « acte de filouterie » (le fait de se faire servir tout en sachant être dans l’incapacité de payer) comme feu sa concurrente belge.
    2. Invitent les éventuels repreneurs à faire connaitre leurs projets. Nous posons comme conditions à un rachat le maintien de tous les emplois à des conditions au minimum équivalentes, et non pas la simple acquisition de la technologie et de la base de données clients. Nous entendons parler d’un rachat par AMREST, or Delivery Hero a mis 51 millions dans GLOVO ; GLOVO a aussi beaucoup de fond qui lui viennent de AMREST ; AMREST à pris 51 % des part de Delivery Hero-Pologne. Quel serait le but de la manoeuvre ?
    3. Demandent à Foodora de préciser jusqu’à quand elle est en mesure de fournir de l’activité aux coursiers. Pour nombre d’entre eux il s’agit de la seule source de revenu. Les loyers n’attendent pas ! Embourbée dans des conflits avec ses travailleurs, Foodora a déjà annoncé se retirer d’Australie le 20 aout. Mais aucune information n’a jusque là circulé sur ses activités en France. Nous demandons à Foodora d’agir de manière responsable. 1500 coursiers peuvent se retrouver sur le carreau d’ici moins de 15 jours.

Alertent les pouvoirs publics sur une situation où, malgré une croissance de 60% de ses revenus au premier semestre, un groupe risque de stopper ses activités parce qu’il n’est pas le numéro 1 du marché ! Une telle stratégie appliquée à toutes les sphères de l’éco-nomie serait pour le moins mortifère en termes d’emplois ! Monsieur le député Taché, vous qui avez préparé un amendement avec, entre autres, Foodora : pensez-vous réellement que ce scandale reflète le respect de la Foodtech envers ses travailleurs ? Ce respect qui est à la base de votre amendement. Pensez-vous qu’une charte non contraignante pourrait aider ces 1500 coursiers ?

Communiqué signé par :

Les Bikers Nantais/  CNT-Solidarité ouvrière / Fédération CGT Commerce et Services / Fédération SUD Commerce et Services / Le Collectif des Livreurs Autonomes de Paris (CLAP) Syndicat CGT des Coursiers à vélo de la Gironde

CNT Solidarité Ouvrière /10 août 2018

http://www.cnt-so.org/

PDF - 326.6 ko

cnt_so_plateformes_livraison

Sur le modèle UBER de l’auto-exploitation, les enseignes de livraison (Deliveroo, UBER Eats, Foodora…) multiplient les ouvertures de service dans toute la France mais pour les travailleurs-euses c’est une absence des droits les plus élémentaires ! Pour défendre ses droits et en gagner de nouveaux, il faut s’organiser collectivement. Syndiquez-vous !

http://www.cnt-so.org/

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14 août 2018 ~ 0 Commentaire

esclavage (à l’encontre.ch)

Migrants Ital

Italie. La marche des «casquettes rouges» contre l’exploitation

Des centaines de journaliers africains défilent en Italie en protestation contre des conditions de travail propres à de l’esclavage.

«Nous sommes prêts à organiser la première marche pour la dignité et pour les droits. Pour dire non à toute forme d’esclavage, en particulier contre les diktats de la grande distribution.» Le jour se lève à Torretta Antonacci, près de l’ex-ghetto de Rignano, entre les champs de Rignano Garganico et de San Severo, à une vingtaine de kilomètres de Foggia, dans les Pouilles.

Aboubakar Soumahoro, syndicaliste de l’Unione sindacale di Base (USB), rassemble des centaines de journaliers avant de leur expliquer:

«Durant la matinée, nous traverserons les champs jusqu’à la préfecture de Foggia. Nous brandirons nos casquettes rouges pour dire non à l’exploitation. Pour dire clairement que les êtres humains priment sur les affaires.» Il ajoute: «Aujourd’hui, nous n’avons pas besoin de permis, nous voulons des réponses.»

Il est près de midi lorsque la manifestation, réunissant plusieurs centaines de journaliers africains qui ont aujourd’hui croisé les bras «pour protester contre un système agricole qui nous opprime», se rassemble devant la gare de Foggia avant de se rendre ensuite, leur nombre ayant atteint presque 1000, devant la municipalité de cette ville des Pouilles. Avec ce qui lui reste de voix suite à une longue journée qui avait commencé très tôt, Aboubakar conti-nue d’encourager au mégaphone les «camarades de lutte», ayant répondu à l’appel lancé par l’USB, qui sont réunis devant la municipalité de la ville.

«Il y a beaucoup à apprendre de cette grève

aujourd’hui vous écrivez une grande page d’histoire», déclare Michele Emiliano, président de la région des Pouilles [membre du Parti démocrate], s’adressant à Aboubakar Soumahoro: «Faire du syndicalisme, c’est ça: organiser des femmes et des hommes pour aboutir à des conquêtes sociales.» Le président de la région se propose de servir d’interlocuteur «avec n’importe quel gouvernement, afin de trouver une solution à la question de l’exploitation dans le secteur agricole».

Les journaliers africains s’adressent précisément au président du gouvernement, Giuseppe Conte, au moyen d’un message symbolique

Ils déposent une caisse de tomates à l’entrée de la municipalité de Foggia, juste avant la réunion du syndicat avec le préfet. Pendant ce temps, Aboubakar Soumahoro invite à la réflexion, rappelant qu’aujourd’hui, 8 août, «c’est l’anniversaire du désastre de Marcinelle [un incendie dans une mine de charbon près de Charleroi, en Wallonie qui, le 8 août 1956, a provoqué la mort de 262 personnes, dont 136 immigrés italiens], une époque où les ouvriers italiens étaient exploités et esclavagisés, entre autres en raison de leur nationalité». 

Sur les événements de Foggia, l’ordre du discours politico-institutionnel

Hier [7 août], le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini, présidait dans les locaux de la préfecture de Foggia le Comité provincial pour l’ordre et la sécurité publique, convoqué en urgence après les deux accidents de la route [les 4 et 6 août] qui, au cours des derniers jours, ont provoqué la mort de 16 journaliers.

«Il s’agit d’un problème de mafia, pas de salaires au noir et de recrutement illégal de journaliers.

Dans la province de Foggia, il y a une criminalité mafieuse que j’ai l’intention d’éradiquer localité par localité», a déclaré Salvini lors de la conférence de presse qui s’est tenue à l’issue de la rencontre institutionnelle. Il a ensuite ajouté: «Je ne permettrai pas que l’on appose une éti-quette de criminelle sur l’agriculture italienne du seul fait que quelques-uns veulent s’enrichir dans l’illégalité. La grande majorité des employeurs de Foggia sont honnêtes.»   

Le ministre en a fait exclusivement, en l’espèce, une question de légalité, de respect de la loi, de sécurité sur les routes. «L’objectif est de gérer de manière transparente les transports, pour que les mafias n’en aient plus le contrôle», a insisté Salvini; en oubliant que la question de l’exploitation dans le secteur agricole relève d’un ensemble politique et économique, où sont en jeu les intérêts financiers de certaines de plus grandes entreprises du pays.

C’est précisément ce qu’a découvert il y a quelque temps le parquet de Lecce, ville du sud des Pouilles, lors de l’enquête sur le décès d’Abdullah Mohamed, un journalier soudanais de 47 ans, mort sous la chaleur dans les champs de Nardò [une ville de 30’000 habitants], le 20 juillet 2015.

Abdullah est mort sous la chaleur et suite aux efforts de la récolte de tomates.

Cet été, au moins dix personnes sont mortes dans les champs pour les mêmes raisons (cha-leur et épuisement). Seulement dans les Pouilles, cinq migrants sont morts en deux mois. L’en-quête de la magistrature des Pouilles a démontré l’existence d’une véritable chaîne d’exploita-tion agricole. Ces tomates ont été vendues à certaines des plus importantes entreprises de conditionnement d’Italie (en réalité, les grandes entreprises en question n’ont jusqu’ici pas même été évoquées dans l’enquête judiciaire, encore en cours).

En raison de l’émotion engendrée par les morts de l’été 2015, certaines mesures législatives ont toutefois été introduites, reformulant le délit d’activités d’intérim illégales et d’exploitation du travail, modifiant les dispositions prévues à l’article 603-bis du Code pénal. La nouveauté la plus significative est la disposition, figurant à l’article initial de la loi n° 199, prévoyant des sanc-tions pour l’entreprise contractante qui «utilise, contracte ou emploie de la main-d’œuvre recru-tée par le biais d’activités d’intérim, c’est-à-dire exploitant les travailleurs et profitant de leur état de nécessité».

Les nouvelles normes interviennent donc uniquement sur l’aspect pénal du problème, agissant comme une sorte de dispositif qui sanctionne l’exploi-tation.

«La loi sur l’intérim des journaliers rend les choses plus compliquées pour les entreprises. Il faut la changer», a déclaré le même Salvini, il y a quelques jours. Certes, il faudrait l’améliorer, précisément parce qu’elle se limite au niveau pénal alors que la question de l’exploitation des journaliers, surtout des migrants, est un thème politique qui doit être affronté en tant que tel. Il ne fait aucun doute que la marche des «casquettes rouges» de ce matin va dans cette direction.

Il y aura à Foggia, dans l’après-midi, vers 18 heures, une manifestation unitaire appelée également par la CGIL, la CISL et l’UIL, «car ce qui s’est passé est la conséquence extrême et dramatique d’une condition qui concerne tous les travailleurs agricoles de la Capitanata [terme ancien correspondant à la province de Foggia]: exploitation, illégalité, manque de sécurité, conditions de travail et de transport extrêmes», explique Ivana Galli, secrétaire générale de la section CGIL, responsable du secteur agricole et de l’industrie alimentaire.

Le même syndicat, lors de la présentation le 13 juillet dernier à Rome du quatrième rapport Agromafias de l’Observatoire Placido Rizzotto, dénonçait le fait qu’il y a aujourd’hui en Italie au moins 400 000 journaliers en danger de «super-exploitation» sur un total d’environ un million de personnes employées dans le secteur agricole, mais pas seulement.

En effet, en 2017, 286 940 d’entre eux sont des migrants enregistrés auxquels il faut ajouter 220 000 étrangers engagés au noir ou qui reçoivent des salaires largement inférieurs aux salaires prévus par les conventions nationales. C’est une réalité pour de nombreuses régions de notre pays, du nord au sud: de Brescia à Foggia, de Catane et Raguse se déroule un seul fil rouge, celui de l’exploitation du travail et de l’infiltration de la criminalité dans des affaires apparemment légales.

Dès lors sont vaines et hypocrites toutes les tentatives de réduire le débat à une dichotomie entre légalité et illégalité.

Il serait plutôt nécessaire de penser à la meilleure manière de garantir aux travailleurs de ne pas avoir à enlever leur chapeau devant le patron, ainsi que l’enseignait Peppino Di Vittorio, pour le garder fermement sur la tête. La marche d’aujourd’hui, pour les droits et la dignité, s’inscrit dans l’héritage de ces combats. Comme par le passé à Nardò, Castel Volturno et Rosarno, les journaliers africains, au cœur de la Capitanata, ont ajouté, aujourd’hui, une nouvelle page à l’histoire syndicale de notre pays.

(Article publié le 8 août sur le site DinamoPress, traduction A L’Encontre)

 14 août 2018 Gaetano de Monte

http://alencontre.org

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13 août 2018 ~ 0 Commentaire

ruches (france info)

On ne se lasse pas de les regarder.

Il y a des ondes qui passent quand on est fasciné par les abeilles, par leur organisation. C’est vraiment un spectacle magique. C’est la vie, quoi. C’est vraiment de toute beauté, s’extasie encore l’apiculteur Frank Alétru devant le spectacle d’une ruche en plein travail. Si c’était à refaire, même avec tous les déboires qu’on a pu avoir avec ces problèmes d’insecticides, je recommencerais. » Et les problèmes rencontrés par les apiculteurs durent depuis vingt ans…

A la fin des années 1990, ils sont des milliers à constater la mort brutale de leurs colonies dans toute la France. A l’époque, Frank fait partie des premiers lanceurs d’alerte. Pour lui, aucun doute, cette hécatombe est due aux nouveaux insecticides mis sur le marché, les néonico-tinoïdes. « Des ruches sorties des forêts de châtaigniers parfaitement saines, qui ont produit tout a fait normalement, vont perdre à peu près le tiers de leur population, toutes leurs butineuses, au bout de quatre à cinq jours de butinage sur les tournesols traités », expliquait-il déjà à la télévision.

20 kilos par ruche contre 80 avant l’arrivée des néonicotinoïdes

Frank prend alors la tête de la contestation contre l’emploi de ces substances chimiques commercialisées sous le nom de Gaucho, Cruiser, Regent… Après plusieurs années de lutte, les apiculteurs obtiennent l’interdiction de l’emploi des néonicotinoïdes sur les cultures à fleurs… mais ils restent autorisés sur les autres. Comme tous ses confrères, il a vu sa production chuter de façon drastique. En France, le rendement moyen annuel est aujourd’hui de 20 kilos par ruche contre 80 avant l’arrivée des néonicotinoïdes.

« Soit je fermais l’entreprise, soit on essayait de dénoncer le coupable.

Je n’avais pas d’autre choix que de m’engager, explique le président du Syndicat national d’apiculturePour la sauvegarde de l’humanité : un tiers de notre alimentation dépend directement de la pollinisation des abeilles et 82% de la flore dépend de celle des insectes.

Quand l’abeille va mal, l’homme va mal, inévitablement.

Il fallait le dire pour sauver nos entreprises et nourrir nos familles, mais dire surtout qu’on va droit dans le mur. On continuait de distribuer ces produits en sachant qu’on semait la mort dans les champs. La mort des insectes et celle inévitable, à un moment donné, de l’homme. Et ça, il fallait absolument qu’on le dénonce. »

https://www.francetvinfo.fr/

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13 août 2018 ~ 0 Commentaire

monsanto 5 (courrier international + sciences et avenir + fi )

monsanto tomato

Agrochimie, l’avenir s’assombrit pour Monsanto

La spectaculaire condamnation de Monsanto par la justice californienne, ce week-end, pourrait n’être que le prélude à des centaines de procès susceptibles de coûter des milliards de dollars au géant de l’agrochimie, tout juste racheté par l’allemand Bayer.

Le verdict est tombé “comme une bombe”, raconte Le Temps (Suisse). Vendredi soir, après huit semaines de procès et trois jours de délibérations, un jury californien a condamné Monsanto, “Monsatan”, pour ses nombreux détracteurs, à payer “289 millions de dollars à Dewayne Johnson, un jardinier américain de 46 ans”.

“Atteint d’un lymphome non hodgkinien en phase terminale, ce dernier avait attaqué Monsanto en 2016, estimant que les herbicides de l’entreprise à base de glyphosate, qu’il avait vaporisés régulièrement, étaient responsables de son cancer”, poursuit le quotidien suisse. La cour lui a donné raison, affirmant qu’il y avait un lien de causalité “considérable” entre le glyphosate et son cancer, et que Monsanto avait agi avec “malveillance” vis-à-vis de ses clients.

Un “coup dur” pour l’entreprise, qui perd “son premier procès sur le glyphosate aux États-Unis”, observe El País (Espagne), rappelant au passage que “le plus grand producteur de semen-ces transgéniques” est aussi “l’une des entreprises les plus controversées” du monde.

Monsanto, également fabricant du tristement célèbre agent orange, le défoliant utilisé par l’armée américaine pendant la guerre du Vietnam, a immédiatement annoncé son intention de faire appel, dans un communiqué cité par le Los Angeles Times : “Toute notre sympathie va à M. Johnson et sa famille”, mais la décision de justice “ne change rien au fait que plus de 800 études scientifiques et revues […] affirment que le glyphosate n’est pas cancérigène”.

Jurisprudence

De fait, les plusieurs organismes officiels soutiennent Monsanto, résultat de son intense travail de lobbying, assurent ses adversaires. L’Agence américaine de protection de l’environnement (EPA), notamment, répète à l’envi que le glyphosate est inoffensif quand il est utilisé avec précaution. Mais la Californie l’a mis sur la liste des produits cancérigènes, et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a conclu qu’il était “probablement cancérigène pour les humains”.

Le verdict californien, qui va faire jurisprudence, fait passer ce débat scientifique au second plan, selon Le Soir (Belgique). “Monsanto entre dans une phase de turbulences” et “l’ardoise pourrait s’élever à plusieurs milliards de dollars”, assure ainsi le quotidien belge. Car derrière M. Johnson, “ils sont plusieurs milliers de plaignants sur le territoire américain à fourbir leurs armes et à réclamer des indemnités”.

La BBC (Royaume Uni) estime elle aussi que “les implications du verdict se feront ressentir bien au-delà du siège de Monsanto” à Creve Cœur, dans le Missouri. L’un des avocats de M. Johnson, Brent Wisner, cité par le média britannique, a déclaré que cette décision n’était que “le fer de lance” de futurs procès.

Selon un décompte de CNN (USA), “plus de 800 patients ont traîné Monsanto en justice en 2017, affirmant souffrir d’un cancer provoqué par le Roundup. Depuis, des centaines d’autres plaignants : des malades atteints de cancer, leur conjoint ou leurs héritiers, ont également poursuivi Monsanto pour des raisons similaires.” La chaîne américaine cite un autre avocat de M. Jonhson, Timothy Litzenburg, pour qui “4 000 cas similaires sont en attente de procès dans les tribunaux de plusieurs États. C’est une grande victoire pour la santé humaine dans le monde”, dit-il.

13/08/2018

https://www.courrierinternational.com/

Lire aussi:

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Après le glyphosate, le Dicamba fait des ravages aux États-Unis( CI)

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Monsanto 2

Monsanto 3

Monsanto 4

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13 août 2018 ~ 0 Commentaire

argol (crozon)

reseau

Cette année les Estivales de Réseau Salariat se dérouleront du samedi 11 août 18h au mercredi 15 août 14h Vous êtes toutes et tous les bienvenuEs au bout du monde, à la Maison du Cidre d’Argol en presqu’île de Crozon , pour partager ces quelques journées de réflexions.

Le groupe Finistère de Réseau Salariat

http://www.reseau-salariat.info/

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12 août 2018 ~ 0 Commentaire

inflation (anti-k)

macron cuistot

Pour le première fois depuis 6 ans, la hausse des salaires ne compense plus l’inflation

La hausse du salaire mensuel de base a atteint 1,5%, contre une hausse de 1,7% de l’inflation hors tabac au deuxième trimestre.

Voilà qui est de bien mauvais augure pour le pouvoir d’achat des salariés… la hausse moyen-ne des salaires est désormais inférieure à l’inflation, selon les données provisoires du ministère du Travail publiées vendredi. Une première depuis 6 ans et demi.

Dans le détail, l’indice du salaire mensuel de base (SMB) a progressé de 1,5% sur un an au deuxième trimestre, tandis que l’indice du salaire horaire de base des ouvriers et des employés a avancé de 1,4%. Les prix à la consommation ont eux grimpé de 1,7% sur la même période, sans prendre en compte l’augmentation des prix du tabac.

Cela marque une sévère inversion de tendance.

Certes, la hausse des salaires a ralenti ces dernières années. Mais l’inflation est, elle, restée longtemps proche de zéro, entraînant un différentiel très favorable aux salariés. Par exemple, au premier trimestre 2015, la hausse annuelle du SMB s’affichait à 1,3%, tandis que l’inflation était de -0,1%. L’indice du SMB représente l’évolution des salaires bruts avant déduction des cotisations sociales et avant versement des prestations sociales, à l’exclusion des primes et heures supplémentaires, dans les entreprises du privé de 10 salariés ou plus, hors agriculture.

L’inflation a bien d’autres effets négatifs, en particulier pour les épargnants.

Les taux des fonds en euros de l’assurance vie risquent en effet d’être inférieurs à l’inflation cette année, pour la première fois en près de 30 ans, faisant donc perdre du pouvoir d’achat sur les sommes placées sur ces supports. Le Livret A affiche lui aussi un rendement réel (c’est-à-dire après inflation) négatif. Autres victimes, les locataires, qui risquent de subir de fortes revalorisations de leurs loyers. Mais tout n’est pas noir : on peut aussi espérer de plus fortes augmentations des prestations sociales (dans tes rêves note du blog!), du Smic ou encore des pensions de retraite.

THOMAS LE BARS  10/08/2018

https://www.anti-k.org/

Source

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11 août 2018 ~ 0 Commentaire

monsanto 2 (ouest france + rp)

pesticiides

Procès Monsanto. « Beaucoup d’espoir » pour les victimes, selon l’agriculteur Paul François

Après la condamnation de Monsanto aux États-Unis, l’agriculteur français Paul François, lui-même en procès contre le géant de l’agrochimie, estime que cela va donner « beaucoup d’espoir » pour les victimes. L’agriculteur Paul François, figure en France du combat contre Monsanto, a ressenti « beaucoup de joie » pour tous ceux qui se battent à travers le monde après la condamnation aux États-Unis du géant agrochimique.

« J’ai pensé à eux en me disant que cette décision allait les aider et leur donner beaucoup d’espoir », déclare samedi à l’AFP le président de l’association Phyto-victimes et auteur du livre « Un paysan contre Monsanto ».

« Le délibéré est fort »

Un tribunal de San Francisco a condamné Monsanto à payer près de 290 millions de dollars de dommages pour ne pas avoir informé de la dangerosité de son herbicide Roundup à l’origine du cancer de Dewayne Johnson, un jardinier américain. En apprenant cette décision, le céréa-lier, lui-même en procès contre Monsanto, explique avoir pensé aux victimes des épandages de glyphosate en Argentine « souvent désespérées » « qui n’ont que leur courage pour se battre », aux Burkinabés « avec moins que rien » ou encore à « tous les agriculteurs qui ont développé les mêmes pathologies que ce jardinier américain ».

« La décision américaine ne pourra pas faire jurisprudence en France mais les avocats pourront s’en servir dans leur argumentation », car « la décision américaine est argumentée », explique l’agriculteur. Même si « cette condamnation n’est pas définitive », « le délibéré est fort et stipule que Monsato a manqué à son devoir de bienveillance vis-à-vis de ses clients, à son devoir d’information sur les risques », ajoute-t-il.

Son dossier toujours en cours

Paul François, agriculteur charentais, avait lui été intoxiqué en avril 2004 après avoir inhalé des vapeurs de Lasso, un herbicide de Monsanto qu’il utilisait dans sa culture du maïs. Après des années de procédure, Monsanto a été reconnu responsable de l’intoxication de cet agri-culteur devant la cour d’appel de Lyon en septembre 2015 mais cette décision a ensuite été annulée à l’été 2017 par la Cour de cassation. Son dossier sera à nouveau débattu le 6 février 2019.

« Je pense que cette décision va donner un argument de poids à Nicolas Hulot pour dire à ces collègues européens qu’il est urgent de mettre en place un calendrier de sortie du glyphosate en Europe », ajoute Paul François qui attend « que les gouvernements prennent leur responsabilité ».

11/08/2018

https://www.ouest-france.fr/

Lire aussi:

Monsanto 1

Monsanto 3

Procès Monsanto. Son propriétaire Bayer continue à défendre le glyphosate (OF)

David contre Goliath Monsanto mis à mal, un premier procès contre le round-up gagné aux États-Unis (Révolution Permanente)

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11 août 2018 ~ 0 Commentaire

la clim’ (le monde diplo)

clim!

Histoire d’une passion américaine, l’air conditionné à l’assaut de la planète

Qui n’a jamais rêvé, quand la chaleur devient étouffante, de brancher le climatiseur pour profiter d’une brise de fraîcheur ?

Alimentée par les canicules à répétition, cette tentation n’a rien d’anodin : l’air conditionné change les modes de vie des pays où il s’implante.

La ville de Hamilton, au Canada, n’est guère connue pour la douceur de son climat : chaque année, les températures y sont négatives pendant cent vingt-neuf jours, et elles ne dépassent 30 °C que pendant dix-huit jours. Dans cette localité de 500 000 âmes, 82 % des foyers dispo-sent pourtant de la climatisation, une technologie que le conseil municipal envisage de fournir gratuitement aux résidents pauvres souffrant de problèmes de santé. Hamilton inaugurerait ainsi un dispositif inventé aux États-Unis, où des aides publiques existent déjà pour les ména-ges peinant à s’équiper (1).

Subventionner l’air conditionné ?

La mesure est moins absurde qu’il n’y paraît. Chaque été, du Nevada à la Floride, nombre d’États connaissent une atmosphère irrespirable, avec des températures qui excèdent les 40° en journée et redescendent à peine la nuit. Y vivre sans climatiseur, c’est suffoquer en perma-nence et s’exposer à divers maux : hypertension, insuffisance pulmonaire, troubles du sommeil, maux de tête… Dans le sud du pays, 97 % des foyers sont donc climatisés. Certains États, comme l’Arizona, obligent même les propriétaires à fournir à leurs locataires un système de climatisation en état de marche, au même titre que l’électricité ou l’eau courante.

Mais le goût américain pour la fraîcheur artificielle ne se limite pas à ces zones arides ou subtropicales.

Il touche l’ensemble du pays, y compris le Vermont et le Montana, où les chutes de neige sont plus fréquentes que les canicules. L’air conditionné est présent partout, dans les maisons, les voitures, les restaurants, les magasins, les administrations, les transports, les stades, les ascenseurs, les écoles, les salles de sport, les églises, assurant une température constante, quels que soient la saison ou le coin du pays, à un peu plus de 20 °C. Même les militaires qui partent combattre en Afghanistan installent l’air conditionné sous leurs tentes. « La personne qui travaille dans un bureau climatisé aura vite tendance à considérer comme insupportable une maison qui en est dépourvue », observe le journaliste David Owen (2).

Or cette dépendance a un coût écologique considérable, à la fois en termes d’émissions de gaz à effet de serre, du fait des fluides réfrigérants utilisés par les climatiseurs, et en termes de consommation énergétique.

L’air conditionné représente chaque année 6 % de l’électricité produite aux États-Unis

Bien souvent grâce au charbon, et 20 % de la facture résidentielle. Il y a encore deux ans, le pays consommait autant d’électricité pour refroidir ses bâtiments que l’Afrique pour l’ensemble de ses usages. À cela il faut ajouter l’énergie nécessaire pour faire fonctionner les climatiseurs des voitures, soit 26 à 38 milliards de litres de pétrole par an (3).

En juillet 1960, tandis que cette technologie s’installait à peine dans les foyers américains, un journaliste du Saturday Evening Post s’émerveillait devant la « révolution de la climatisation ». Or, plutôt que d’une révolution, il s’agissait d’une conquête lente, progressive, méthodique. Une conquête qui, entamée au début du 20è siècle, gagne aujourd’hui le monde (lire « Du ski par 40 °C »), et qui a remodelé le pays, sa géographie, son urbanisme, ses loisirs, ses modes de consommation, de sociabilité, et même ses pratiques sexuelles : avant la climatisation, la chaleur de l’été était souvent jugée trop intense pour s’adonner au sport en chambre ; on constatait une forte baisse du nombre de naissances neuf mois plus tard, en avril et en mai. Avec la température intérieure contrôlée, les variations saisonnières de la natalité ont disparu (4).

Quand il fit son apparition, au début du 20è siècle, l’air conditionné ne visait pas le confort des humains, mais la préservation des marchandises.

Contrariée de ne pas pouvoir imprimer et stocker son papier en raison des fortes chaleurs, une imprimerie new-yorkaise commande à l’ingénieur Willis Carrier un appareil capable de contrôler l’humidité et la température ambiantes. La machine, qui fait passer de l’air par des tubes conte-nant un frigorigène, est prête en 1902. Elle rencontre un succès immédiat. Textile, tabac, pâtes alimentaires, chewing-gums, farine, chocolat : en moins de dix ans, toutes les industries dont la production souffre des fluctuations thermiques se convertissent à la climatisation.

Des ours polaires devant les cinémas

Conséquence heureuse, les ouvriers apprécient cet air frais. « La production est maintenue à son maximum et les travailleurs, au lieu d’être difficiles à trouver, cherchent à être embauchés dans une usine équipée par la société Carrier », vante, en 1921, une publicité de l’entreprise, qui vient de délocaliser une partie de ses activités au Mexique. Huit ans plus tard, une autre réclame précise : dans les usines climatisées, « l’air plus sain et agréable a attiré les travail-leurs les plus désirables et quasi éliminé les conflits sociaux »  (5). Mais le confort des salariés intéresse moins que leur rendement. En période de canicule, constatent les contremaîtres, les ouvriers perdent en productivité, les cadences ralentissent, l’absentéisme augmente ; il faut parfois octroyer des pauses supplémentaires, commencer l’activité plus tôt ou même interrompre la production.

Or l’heure est au taylorisme et à la rationalisation.

Les employeurs se mettent à mesurer la température susceptible d’assurer la meilleure effica-cité. Le gouvernement fédéral effectue lui aussi des tests et établit que ses dactylographes perdent 24 % de productivité quand on les prive de climatisation en été (6). « Pourquoi les meilleures inventions et les progrès scientifiques et industriels viennent-ils des zones tempé-rées ? », interroge une publicité de Carrier montrant un personnage à la peau tannée, affalé sur le sol, le visage couvert d’un sombrero. « Parce que, pendant des siècles, la chaleur tropi-cale a dépouillé les hommes de leur énergie et de leurs ambitions. Il n’y avait pas d’air conditionné. Donc ils faisaient des siestes. » Le titre précise : « Température 102 °F [39 °C], production 0 » (7). Ainsi la climatisation séduit-elle un nombre toujours croissant de bureaux, d’usines, d’administrations.

Mais, si l’air conditionné a d’abord été associé au travail, il évoque également le loisir, le plaisir, le divertissement, à travers les cinémas. À la fin du 19è siècle, ceux-ci attiraient le public surtout en hiver : personne ne voulant s’entasser dans un lieu clos par un soleil de plomb, les salles étaient désertées, sinon fermées, aux beaux jours. Pour y remédier, la chaîne Balaban & Katz décide, à partir de 1917, de refroidir ses établissements de Chicago. Devant le succès de l’opération, le coût de l’installation peut être rentabilisé en un été, la concurrence lui emboîte le pas, et, dès 1936, les trois quarts des 256 cinémas de la ville sont climatisés.

Le mouvement gagne les autres métropoles américaines.

« Il fait froid à l’intérieur », « Toujours à 20 °C » : à New York, Houston ou Los Angeles, des panneaux représentant des ours polaires, des cubes de glace ou des flocons de neige ornent désormais les entrées des cinémas. L’été n’est plus une saison morte, ce qui rend possible la stratégie de la « superproduction estivale ».

Après les cinémas, la climatisation conquiert les trains, les restaurants, les magasins ou encore les hôtels, selon un schéma à peu près identique.

« Elle s’installe d’abord dans les établissements des grandes chaînes, puis s’étend aux établis-sements des chaînes locales, avant de toucher les magasins indépendants et enfin d’atteindre les petits commerces de quartier », relate un professionnel du secteur en 1937  (8). Il est très difficile de résister à un concurrent climatisé. Friands de modernité et ravis d’échapper momen-tanément à l’été, les clients délaissent les magasins surchauffés.

De plus, on prête à la climatisation des vertus sanitaires.

L’air conditionné serait pur et sain, comme le répètent les publicités et les pouvoirs publics. Dans les trains, il ferait disparaître la fumée des cigarettes « comme par magie ». Il serait également bénéfique aux femmes enceintes ; c’est en tout cas ce qu’assure le commissaire à la santé de Chicago, qui conseille aux futures mères de se rendre dans les cinémas Balaban & Katz durant l’été 1921. Elles y trouveront, affirme-t-il, un air « plus pur qu’à Pike Peak », dans les montagnes du Colorado.

Forte de cette réputation, la climatisation pénètre dans les foyers américains après la seconde guerre mondiale.

Durant l’entre-deux-guerres, plusieurs entreprises s’étaient lancées sur le marché du climati-seur individuel, mais leurs tentatives s’étaient soldées par des échecs. Trop bruyants, trop volumineux et surtout trop chers, leurs appareils n’avaient pu séduire qu’une poignée de nantis. Puis, en 1951, Carrier commercialise le climatiseur de fenêtre, facile à installer, pour un coût modique. La ruée commence : dès 1960, 12 % des foyers sont climatisés ; vingt ans plus tard, ils sont 55 % ; puis 82 % en 2005 et presque 90 % aujourd’hui. D’abord apanage de la bourgeoisie, puis étendard des classes moyennes, la climatisation est présente aujourd’hui chez presque tout le monde.

Qui irait cuire à Las Vegas ?

En se diffusant dans l’ensemble des régions et des classes sociales, l’air conditionné a créé sa propre nécessité. Le sud des États-Unis a longtemps été moins urbanisé que le Nord. Au début du 20è siècle, sa population se met à diminuer : il perd dix millions d’habitants entre 1910 et  1950, essentiellement des Noirs qui fuient les lois raciales et la pénurie d’emplois créée par la mécanisation de l’agriculture, et qui cherchent du travail dans le Midwest.

À partir des années 1960, tandis que la ségrégation est officiellement abolie, la situation s’inverse.

Autrefois irrespirable, le Sud jouit d’une attractivité nouvelle auprès des habitants et des entre-prises : on peut y profiter du soleil sans pâtir de ses inconvénients, mais aussi d’un environne-ment débarrassé des syndicats. Entre 1950 et 2000, la part des États de la Sun Belt dans la population américaine passe de 28 % à 40 %. « Sans la climatisation, il serait inconcevable que la Floride compte aujourd’hui 18,5 millions d’habitants (9)  », observe l’historien Gary Mormino. Le parc d’attractions Walt Disney à Orlando ressemblerait à un four, et aucun joueur n’irait cuire dans les casinos de Las Vegas, au milieu des étendues désertiques du Nevada.

Perdu dans les broussailles de l’Arizona, Phoenix abritait 50 000 habitants en 1930.

Il en rassemble aujourd’hui 1,5 million, et ses banlieues gagnent chaque jour du terrain. Le béton et l’asphalte qui tapissent la ville absorbent la chaleur en journée puis la relâchent au coucher du soleil, empêchant la chute nocturne des températures. Le thermomètre y dépasse les 43 °C environ trente jours par an (contre sept dans les années 1950) ; au mois de juin   2017, il a flirté avec les 50 °C pendant trois jours consécutifs. Du matin au soir, des centaines de milliers de climatiseurs vrombissent et rejettent de la chaleur dans l’atmosphère, ce qui fait grimper la température d’environ 2 °C et justifie de monter encore le niveau de la climatisation  (10).

Il n’est évidemment pas inimaginable d’habiter dans le sud des États-Unis sans air conditionné.

Il y a encore un siècle, personne ne se posait la question. Mais la vie était alors organisée selon le climat. Les magasins fermaient aux heures les plus chaudes, les enfants étaient dispensés d’école quand l’air devenait irrespirable, et l’on faisait volontiers la sieste après le déjeuner. L’architecture et l’orientation des maisons étaient elles aussi adaptées à la chaleur : portes et fenêtres vastes pour faire circuler l’air, plafonds hauts, murs fins entre les pièces, corniches larges pour protéger des rayons du soleil, planchers surélevés par rapport au sol, porches ombragés. Et, si cela ne suffisait pas, on branchait son ventilateur de plafond, une invention dix à vingt fois moins énergivore qu’un climatiseur de chambre ; on mettait ses pieds dans une bassine d’eau froide ou un linge mouillé autour de son cou.

Indispensable au fonctionnement d’Internet

Les habitations apparues dans la Sun Belt à partir des années 1960 ressemblent à celles de la Pennsylvanie ou de l’Indiana : des pavillons préfabriqués aux fenêtres étroites, posés sur le sol ; des immeubles modernes conçus avec un système de climatisation central ; des gratte-ciel dont les fenêtres ne peuvent même pas s’ouvrir.

Comme les terrains étaient peu chers, les villes se sont étalées à perte de vue, rendant la voiture encore plus indispensable que dans le Nord. Selon l’historien Raymond Arseneault, la climatisation a ainsi accéléré « l’américanisation du Sud », l’effacement des différences régio-nales, l’homogénéisation des États-Unis (11).

En Louisiane ou en Alabama, les écoles, les magasins et les bureaux ouvrent désormais sans discontinuer 

Les porches où l’on profitait de l’ombre en discutant avec ses voisins n’existent plus. À New York, en été, personne n’achète plus de glaçons à des marchands de rue ni n’installe son matelas sur le balcon ou le palier de l’escalier extérieur. Désormais, du nord au sud, tout le monde profite de son environnement climatisé.

Les Américains s’attendent à trouver la climatisation partout et en tout temps. Une nuit où la température n’excède pas 8 °C, un habitant de Seattle n’hésitera pas à vous expliquer com-ment brancher l’air conditionné, tandis qu’en Alaska près du quart des hôtels proposent ce confort. La tolérance du pays à la chaleur a fini par s’éroder au point que les Américains affectionnent désormais des températures intérieures jugées trop froides par la plupart des touristes étrangers.

Comme du temps où la climatisation ne se trouvait que dans les hôtels de luxe ou les voitures de première classe dans les trains, le froid reste en outre associé à une forme de raffinement, de distinction. En 2005, d’après le supplément « Mode et style » du New York Times (26 juin 2005), les magasins d’habillement new-yorkais affichaient une température d’autant plus basse qu’ils montaient en gamme : l’enseigne à bas prix Old Navy proposait un environnement à 26,8 °C, soit 4 °C de plus que le cossu Macy’s, et presque 7 °C de plus que la boutique de luxe Bergdorf Goodman.

L’avancée de la climatisation a pourtant été semée d’embûches.

Dès l’origine, des clients ont envoyé des lettres courroucées pour se plaindre du froid excessif dans les magasins et les cinémas. Dans le sud du pays, des habitants ont boudé cette techno-logie qu’ils considéraient comme une importation venue du Nord, où les gens n’étaient pas assez résistants pour supporter la chaleur. Le président Franklin D. Roosevelt lui-même détes-tait cette machine installée par son prédécesseur : « Il a une forte aversion pour l’air condition-né et n’hésite jamais à le refuser. Les critiques véhémentes qu’il formule régulièrement à la presse font à l’installation une très mauvaise publicité », constatait l’état-major de Carrier en 1931(12).

De nombreux intellectuels se sont joints aux réfractaires, depuis l’écrivain Henry Miller, qui y voyait un symbole du divorce entre l’Américain et la nature (Le Cauchemar climatisé, 1945), jusqu’à l’historien Lewis Mumford, qui critiquait la volonté de l’humanité d’exercer un contrôle absolu sur son environnement (The Pentagon of Power, 1970).

Aujourd’hui encore, des militants écologistes dénoncent les dégâts environnementaux de la climatisation.

Des scientifiques la montrent du doigt pour expliquer l’augmentation de l’obésité. Ils arguent que l’on a tendance à manger plus quand il fait frais, que l’on reste davantage enfermé à mener des activités sédentaires, et que le corps n’a plus besoin de dépenser des calories pour se réchauffer ou se refroidir. Des féministes blâment un usage sexiste des climatiseurs, systé-matiquement réglés dans les bureaux sur une température qui convient aux hommes en panta-lon, cravate et chemise mais qui frigorifie les femmes en robe et sandales (13). Chaque été, les réseaux sociaux débordent ainsi de messages de femmes et parfois d’hommes, qui se plaignent de devoir emporter un pull, une couverture ou un manteau pour affronter le froid.

Ces résistances n’ont cependant jamais entamé la progression d’une technologie promue par les pouvoirs publics, lesquels octroient à partir des années 1960 des prêts avantageux aux ménages qui s’en équipent, par les sociétés de crédit qui proposent des taux plus élevés pour les achats de biens dépourvus d’air conditionné, par les promoteurs immobiliers dont les plans de logements l’intègrent automatiquement ou encore par les géants de l’énergie, comme General Electric, ravis de cette nouvelle demande.

La climatisation n’a d’ailleurs pas causé que des désagréments.

Outre le confort qu’elle procure, elle a contribué à assainir le sud des États-Unis, jadis terre de prolifération pour des maladies tropicales comme le paludisme (en faisant reculer l’exposition humaine aux moustiques) ou la fièvre jaune, et à faire diminuer la mortalité estivale. Entre 1979 et 1992, à une époque où les pauvres n’en bénéficiaient pas encore, les canicules ont fait plus de cinq mille morts, auxquels il faut ajouter les victimes de la vague de chaleur de 1995, qui tua plus de cinq cents personnes rien qu’à Chicago (14). Désormais, les canicules ne sont plus forcément synonymes d’hécatombes. Indispensable dans les hôpitaux et les blocs opératoires, l’air conditionné est en outre nécessaire à la fabrication des médicaments, qui exigent une température contrôlée. Il refroidit enfin les centres de données nécessaires au fonctionnement d’Internet.

Personne n’envisage donc de restreindre l’usage de la climatisation aux États-Unis.

En 2008, l’Organisation des Nations unies a tenté de montrer l’exemple en augmentant la température de son siège new-yorkais de 3 °C. Mais cette initiative n’a guère essaimé. Tout juste quelques villes ont-elles adopté de timides mesures pour endiguer certains excès. En 2015, New York a ainsi interdit aux magasins de laisser leurs portes ouvertes tout en faisant tourner leur climatiseur, une vieille technique visant à attirer les passants par une brise de fraîcheur.

En 2011, un pays s’était retrouvé à la diète forcée

Après l’accident de Fukushima, les Japonais avaient dû réduire de façon drastique leur consommation d’électricité, et donc de climatisation. Un professeur de l’université Waseda, à Tokyo, avait alors mesuré une diminution de la productivité des employés de burea, une perte équivalant à trente minutes de travail par jour (15). Voilà qui n’incitera sans doute pas les employeurs américains à suivre l’exemple des Nations unies.

Benoît Bréville   2017

https://www.monde-diplomatique.fr/

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11 août 2018 ~ 0 Commentaire

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Comment Monsanto a toujours tout fait pour couper l’herbe sous le pied de ses détracteurs

Une enquête du « Monde » a montré comment le géant des produits phyto-sanitaires a contré les études sur la dangerosité du glyphosate, composant de l’herbicide Roundup. Et ce n’est pas la première fois que la firme américaine utilise ce type de méthodes très controversées. 

Un géant des produits phytosanitaires à la réputation sulfureuse. En 2016, Monsanto a dégagé un chiffre d’affaires de plus de 13 milliards de dollars. Notamment grâce à son produit phare : le glyphosate, présent dans le désherbant Roundup. Un puissant herbicide de plus en plus décrié, et qui a valu à la firme américaine d’être condamnée, vendredi 10 août, à verser près de 290 millions de dollars à Dewayne Johnson, un jardinier malade d’un cancer causé par l’utilisation de pesticides commercialisés par Monsanto.

Mais Monsanto ne se résume pas seulement au glyphosate.

Le groupe, fondé à Saint-Louis dans le Missouri (Etats-Unis), en 1901, s’est d’abord distingué en devenant le numéro 1 mondial dans la production de la saccharine, un édulcorant artificiel. Rapidement, l’entreprise s’est diversifiée dans la fabrication d’herbicides, puis les biotechno-logies. Et les scandales ont commencé à fleurir. Franceinfo revient en cinq histoires sulfu-reuses sur la trajectoire de cette firme américaine en passe d’être rachetée par un autre géant de l’agrochimie, l’allemand Bayer.

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1/ Le scandale de « l’agent orange »

Dans les années 1940, Monsanto fabrique l’herbicide 2,4,5-T. Ce produit contient des dioxines et intéresse dans les années 1960 l’armée américaine, qui y voit une arme chimique poten-tielle. Les forces américaines sont, à l’époque, tenues en échec au Vietnam. Entre 1965 et 1973, des avions de l’US Air Force déversent, au-dessus des forêts du pays, 80 millions de litres du puissant herbicide, appelé désormais « l’agent orange ». Il est fabriqué par Monsanto, ou encore Dow Chemical. L’objectif : éliminer la végétation où se cachent les combattants du Vietcong.

Les conséquences sont désastreuses pour la nature et pour des millions habitants, mais aussi pour des milliers de vétérans du Vietnam : cancers, malformations congénitales, maladies du système nerveux. Les dégâts se font sentir plusieurs années après les épandages, car « la dioxine [présente dans "l'agent orange"] étant une molécule très stable, elle tend à rester dans l’environnement », explique France Inter. « Personne à l’époque n’imagine que tout cela était dû aux poisons venus du ciel », confie à la radio Tran To Nga, française d’origine vietnamienne. D’ailleurs, la propagande américaine distribue à cette période des tracts affirmant l’innocuité du produit.

Or la dangerosité de l’herbicide était connue des géants de l’agrochimie depuis les années 1940. Les premières victimes étant les ouvriers des usines fabriquant l’herbicide. « Ils ont souffert d’inflammations cutanées, de douleurs inexplicables des membres, des articulations et d’autres parties du corps, d’affaiblissement, d’irritabilité, de nervosité, de baisse de la libido », selon Peter Sills, auteur de Toxic war : the story of agent orange.  Les notes internes montrent que la compagnie savait que ces hommes étaient malades, mais qu’elle en dissimulait les preuves.

En 1949, une usine de Monsanto à Nitro, en Virginie (Etats-Unis) est touchée par une explo-sion. Plus de deux cents ouvriers développent à leur tour des chloracnés. La cause de ce trouble : les dioxines contenues dans  « l’agent orange ». Dans les années 1970, des vétérans américains du Vietnam ouvrent une class action (une action collective) contre les producteurs de l’herbicide. Durant ce procès, Monsanto présente des études scientifiques censées prouver l’absence de lien entre l’exposition à la dioxine et les maladies des soldats.

Or, au début des années 1990, il est démontré que ces études étaient biaisées, poursuit Le Monde. Au final, Monsanto et six autres producteurs de l’herbicide sont condamnés « pour empoisonnement » à verser 180 millions de dollars à un fonds de compensation destiné aux soldats américains. Aujourd’hui, la firme se dédouane de toute responsabilité. Elle souligne que le produit était fabriqué pour le gouvernement. « C’est lui qui a déterminé quand, où et comment l’utiliser », précise-t-elle dans un communiqué.

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2/ Les grandes dissimulations autour des PCB

Autre époque, autre produit chimique. En 1935, Monsanto rachète la Swann Chemical Com-pany, qui a mis au point les polychlorobiphényles (PCB). Pendant plus de quarante ans, Mon-santo a déversé des milliers de tonnes de déchets contaminés, issus de son usine de fabrica-tion des PCB, dans un ruisseau et une décharge à ciel ouvert, au cœur d’un quartier de la ville d’Anniston peuplé de Noirs, en Alabama (Etats-Unis), comme l’a montré le documentaire de Marie-Monique Robin Le Monde selon Monsanto.

En 2001, 3 600 habitants de la ville, qui souffrent de cancers, attaquent le géant de l’agrochi-mie. Pendant le procès, des notes confidentielles révèlent que Monsanto a dissimulé la dan-gerosité du produit. « En 1966, des responsables de l’entreprise avaient découvert que des poissons immergés dans ce ruisseau se retournaient sur le dos en moins de dix secondes, pissant le sang et perdant leur peau comme s’ils avaient été bouillis vivants. Ils ne l’ont dit à personne ».

Par ailleurs, une étude menée par Monsanto en 1975 montre que le PCB provoque des tumeurs chez le rat. Mais la firme change les conclusions, de  »légèrement tumorigènes » à « n’apparaît pas cancérigène ».

« Nous ne pouvons nous permettre de perdre un seul dollar ». Mémo interne de Monsanto.

La firme connaissait donc la dangerosité de son produit, dès la fin des années 1960. Mais l’entreprise a arrêté totalement de commercialiser les PCB seulement en 1977, rappelle The Guardian (anglais), qui s’est penché sur plus de 20 000 mémos internes, mis en ligne début août. Contacté Scott Partridge, le vice-président de la stratégie de Monsan-to a rétorqué  »qu’à l’époque où Monsanto fabriquait des PCB, c’était totalement légal et approuvé. Monsanto n’a donc aucune responsabilité dans la pollution causée par le rejet par ceux qui ont déversé des PCB dans l’environnement ».

La firme a été reconnue coupable en 2002 d’avoir pollué « le territoire d’Anniston et le sang de sa population avec les PCB ». La multinationale a été condamnée à verser 700 millions de dollars de dommages et intérêts à la ville d’Anniston.

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3/ Les pressions pour défendre l’hormone de croissance bovine

Si Monsanto n’aime pas les scandales, la firme déteste encore plus ceux qui les provoquent. Les deux journalistes américains Jane Akre et Steve Wilson, de Fox News, en ont fait les frais. Après avoir enquêté sur les dangers du Posilac, l’hormone de croissance bovine, rBGH, fabriquée dans les années 1980 par Monsanto, les deux journalistes du groupe Murdoch ont été licenciés. Leur reportage n’a jamais été diffusé, comme le raconte Marie-Monique Robin dans Le Monde selon Monsanto.

Quel est le problème avec la rBGH ?

Cette hormone transgénique, injectée aux vaches, permet d’augmenter la production laitière de 15 à 20%. La vente de cette hormone, sous le nom de Posilac, est autorisée aux Etats-Unis en 1994. Mais rapidement, des mammites chez les vaches (infection des pis), des fragilités osseu-ses et des malformations chez les veaux, sont constatés, détaille Marie-Monique Robin. Pour faire face à ces symptômes, les éleveurs multiplient les traitements à base d’antibiotiques sur leurs bêtes. Conséquences : des traces de ces antibiotiques sont retrouvées dans le lait.

Le Canada est le premier pays à refuser la commercialisation du Posilac en 1999 malgré les pressions de Monsanto. Le documentaire raconte en effet comment la firme américaine  a  proposé un à deux millions de dollars à des agents de l’agence gouvernementale, Health Canada, pour qu’ils homologuent le produit.

Un an après, l’Europe lui emboîte le pas.

L’hormone de croissance bovine y est interdite définitivement. L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) établit que les résidus dans les viandes de bovins traités aux hormones présentent des risques pour la santé humaine. Monsanto a long-temps défendu son hormone de croissance, assurant qu’il n’y avait  »aucune différence entre le lait des vaches recevant un complément de Posilac et le lait des vaches qui n’ont pas reçu de Posilac ». Finalement au courant de l’année 2008, la firme renonce à la fabrication du Posilac. Monsanto justifie alors cette décision par son souhait de se concentrer sur les semences agricoles.

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4/ Des procès pour protéger ses OGM

Dans les années 1990, Monsanto reçoit les autorisations pour commercialiser ses semences génétiquement modifiées et résistantes au glyphosate. Parmi elles : le soja Roundup Ready, le colza Roundup Ready et le coton Roundup Ready. « L’emprise de Monsanto est déjà quasi-totale aux Etats-Unis : plus de 90 % du soja et 80% du maïs sont produits à partir de ses semences. Les agriculteurs sont ainsi prêts à payer deux fois plus cher que pour des graines normales, avec la promesse d’obtenir une meilleure résistance aux insectes, à la sécheresse… et aux herbicides produits par Monsanto ! »

Les semences sont protégées par les brevets pendant vingt ans.

Durant cette période, Monsanto conserve son monopole et peut engranger un maximum de bénéfices. C’est pourquoi la firme va défendre ardemment ses OGM aux dépens parfois de petits agriculteurs. « Au cours des années 2000, Monsanto assignera ainsi devant les tribunaux des centaines de paysans accusés d’avoir utilisé ‘frauduleusement’ ses semences transgéni-ques brevetées, c’est-à-dire de les avoir replantées ».

Ainsi en 2013,  la Cour suprême des Etats-Unis a donné raison à Monsanto, dans un litige qui l’opposait à un petit fermier de l’Indiana. Ce dernier était accusé d’avoir enfreint ses brevets dans l’utilisation de graines de soja transgéniques. Le fermier de 75 ans a été condamné à verser 85 000 dollars au géant de l’agrochimie.

Monsanto justifie sur son site ses différentes actions en justice : « Sans la protection des brevets, les entreprises privées n’auraient guère intérêt à poursuivre dans cette voie et à réinvestir dans l’innovation. Monsanto investit plus de 2,6 millions de dollars par jour en recherche et développement, investissements qui bénéficient en dernier ressort aux agriculteurs et aux consommateurs. » 

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5/ Des rapports scientifiques manipulés sur les effets du glyphosate 

Le désherbant Roundup, mis sur le marché en 1974, a également fait la fortune de Monsanto. En 2014, 826 000 tonnes de glyphosate ont été vendues sur la planète, selon une étude de  l’Environmental Sciences Europe, ce qui en fait le numéro 1 mondial des herbicides. Et pour implanter son produit, le géant de l’agrochimie n’a pas lésiné sur la publicité. En 1990, un spot publicitaire met en scène un agriculteur qui explique que « Roundup il y a pas mieux pour désherber » et qu’il « n’hésite pas à en mettre partout » dans les champs.

Sept ans plus tard, un autre clip publicitaire a envahi les écrans de télévisions. Le Roundup est présenté comme le premier désherbant « biodégradable », qui « ne pollue ni la terre, ni l’os de Rex ». Pour cette dernière publicité, Monsanto a été condamné deux fois, aux Etats-Unis et en France, pour « publicité mensongère », comme le rappelle Le Monde. Le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), dépendant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a classé officiellement en 2015 le glyphosate comme cancérogène pour l’animal et  « cancéro-gène probable » pour l’homme.

Mais Monsanto n’a pas tardé à répliquer. Sa stratégie ? Le « ghost-writing », ou « écriture fantô-me ». « Nous sommes face à un énorme scandale sanitaire », estime Marie-Monique Robin, dans son documentaire, Le Roundup, diffusé sur Arte. Des scientifiques, rémunérés par la multina-tionale, ont signé des textes montrant que le glyphosate n’est pas cancérigène. Or les grandes agences réglementaires (EPA aux Etats-Unis, EFSA et ECHA en Europe), chargées d’évaluer la dangerosité d’un produit avant et après sa mise sur le marché, se sont basées sur les données fournies par Monsanto. Monsanto France assure que « dans la situation où des scientifiques Monsanto ont pu être impliqués pour aider à la rédaction de ces documents, leur participation était complètement appropriée, circonscrite et clairement énoncée. »

La firme refuse par ailleurs systématiquement de venir s’expliquer sur le glyphosate devant les députés européens.

« Les eurodéputés essayent de faire le procès du glyphosate », a expliqué Monsanto France. Mais en coulisses, les soutiens s’activent. A commencer par la Glyphosate Task Force qui regroupe des industriels. Certains syndicats agricoles sont également des partisans de ce produit. En septembre dernier, la FNSEA (premier syndicat agricole français) a ainsi organisé une manifestation sur les Champs-Elysées, à Paris, pour défendre l’herbicide. Les Etats membres de l’Union européenne doivent se prononcer le 25 octobre sur un prolongement, ou non, de dix ans de mise sur le marché du glyphosate.

Carole Bélingard 11/08/2018
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