Archive | Ecologie & climat

16 août 2019 ~ 0 Commentaire

permafrost 2 (pùblico)

 permafrost
 

La fonte du ‘pergélisol’ (permafrost) et l’absorption terrestre du rayonnement solaire dans l’Arctique accéléreront le réchauffement

Selon une étude menée par des chercheurs de la CSIC, une combinaison de ces facteurs augmentera les coûts économiques à long terme.

Une équipe dirigée par des chercheurs du Conseil supérieur de la recherche scientifique (CSIC) a montré que le carbone émis dans l’atmosphère par la perte de pergélisol (couche de sous-sol gelé en permanence dans des régions très froides ou périglaciales) dans l’Arctique, l’absorption accrue du rayonne-ment solaire par la surface de la terre accélérera le réchauffement climatique.

Les conclusions de ces travaux, publiées dans la revue Nature

Communications, indiquent qu’une combinaison de ces facteurs augmenterait les coûts économiques à long terme d’environ 70 milliards de dollars, soit 5% du coût total estimé.

« Sur le plan économique, ces résultats rendent plus attrayantes les stratégies d’atténuation les plus ambitieuses résultant de l’accord de Paris sur le chan-gement climatique, par exemple, limitant la température mondiale de la planète à 1,5 ° C par rapport à la période préindustrielle », indique le chercheur du CSIC Fernando Iglesias-Suárez, de l’Institut de chimie-physique Rocasolano.

Les chercheurs ont exploré des simulations de modèles physiques complexes pour quantifier, d’une part, le carbone rejeté dans l’atmosphère par la fonte du pergélisol et, d’autre part, l’énergie solaire supplémentaire absorbée par la surface de la Terre tout en réduisant la glace de mer et la couverture de neige, ce qui provoque des océans et des terres plus sombres.

Tous les scénarios analysés par les scientifiques entraînent une augmentation du coût total du changement climatique, une dépense qui découle des efforts qui seront faits pour réduire les émissions et s’adapter aux nouvelles situa-tions climatiques, entre autres facteurs. Les répercussions de la hausse des températures se répercuteront sur l’économie, les écosystèmes et la santé humaine, ainsi que sur l’élévation du niveau de la mer.

Les scientifiques espèrent que leurs recherches permettront de mieux com-prendre quels sont les risques socio-économiques qu’implique le changement climatique en termes de scénarios et d’aider les agents politiques à prendre les bonnes décisions.

Salt & Rock 16/08/19

https://www.salyroca.es/

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En Arctique, le permafrost fond 70 ans plus tôt que prévu (Futura)

Pergélisol (Wikipédia)

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15 août 2019 ~ 0 Commentaire

écosocialisme 3 (4è internationale)

libre echange

Ecosocialisme et internationalisme

Dans le plan d’urgence écosocialiste, les exigences de localisation de la production et de souveraineté alimentaire s’inscrivent dans une perspective autogestionnaire et internationaliste radicalement opposée à la fois:

A la mondialisation capitaliste et au libre-échange, d’une part,

Au protectionnisme capitaliste et à la souveraineté nationale, d’autre part.

Dans les pays développés en particulier, la plus grande vigilance est de rigueur face aux tentatives de récupération par l’extrême-droite ou la droite extrême. Celles-ci tentent de dévoyer les revendications écologiques vers de pseudo-réponses nationalistes qui sont toujours au service du capital et font le pont vers les thèmes racistes, islamophobes et réactionnaires-traditionnalistes en général.

Les demandes de localisation de la production et de souveraineté alimentaire sont un des terrains de prédilection de ces tentatives. Il est donc crucial de cadrer ces demandes soigneusement, pour éviter toute récupération.

Nous nous opposons aux délocalisations d’entreprises vers des pays à bas coûts, et sommes partisans de la localisation de la production en général, mais n’appuyons pas la demande de relocalisation d’entreprises qui ont délocalisé.

L’idée de relocalisation implique en effet que des travailleur-euse-s des pays à bas coûts devraient perdre leur emploi pour que ceux-celles des pays impérialistes regagnent le leur. Au lieu d’unir les salarié-e-s des différents pays face à leurs exploiteurs, cette revendication les met en concurrence, et les désarme par conséquent face aux exigences patronales de compétitivité sur les marchés.

La localisation de la production s’inscrit dans un tout autre projet, qui part des besoins écologiques et sociaux, en particulier du droit à l’emploi et au revenu pour tous et toutes, à proximité de leur lieu de vie.

De même, la souveraineté alimentaire, pour nous, n’est pas une souveraineté nationale mais une souveraineté au niveau des territoires tels que constitués historiquement par les communau-tés. Elle doit donc respecter leur histoire. Nous défendons la solidarité intercommunitaire qui permet de gérer les ressources communes et les échanger sur une base de solidarité et de complémentarité plutôt que de concurrence et de surexploitation.

D’une manière générale, les formules de « protectionnisme de gauche et solidaire » accréditent l’idée que la concurrence des pays à bas salaire et qui ne protègent pas l’environnement sont la cause décisive des pertes d’emploi industriels dans les pays développés.

Or, la cause principale de ces pertes d’emploi est la hausse de la productivité du travail dans un contexte où le mouvement historique de réduction du temps de travail est bloqué du fait de la dégradation des rapports de forces.

En adoptant la vision obsolète d’une économie mondiale basée sur la concurrence entre pays, alors que le rôle dominant est joué par les multinationales, les « protectionnistes de gauche » détournent l’attention de la contradiction capital-travail au profit d’un front interclassiste de défense de la compétitivité.

Le « protectionnisme de gauche » se veut internationaliste, mais il escamote la concurrence destructrice des exportations de produits agricoles à bas coûts des pays développés dans les pays du Sud, et autres manifestations de la domination impérialiste.

Le danger de contamination raciste à partir des positions souverainistes est significatif.

En effet, dans les pays plus développés, on glisse facilement de la défense de l’emploi par la sauvegarde de la compétitivité des entreprises contre la concurrence des pays à bas salaire à la défense de l’emploi, par la lutte contre la concurrence des travailleurs sans papiers ou détachés, puisque ceux-ci représentent pour ainsi dire « un tiers-monde à domicile ».

C’est précisément dans ce piège mortel que l’extrême-droite veut attirer le mouvement ouvrier et le mouvement de défense de l’environnement.

Il n’y a pas de raccourci, pas de front possible pour résoudre à la fois le chômage et la destruc-tion de l’environnement par un front entre les capitalistes et leur force de travail. Au lieu du front avec le patronat, les travailleurs doivent développer des campagnes de solidarité leur permettant de trouver l’unité et la force pour battre la crise.

Face à un gouvernement écosocialiste qui commencerait effectivement à rompre avec la logique capitaliste en s’appuyant sur la mobilisation des exploité-e-s et des opprimé-e-s, nous défen-drions évidemment le droit pour ce gouvernement de protéger sa politique par des mesures telles que le monopole du commerce extérieur, le contrôle des mouvements de capitaux etc.

Mais il ne s’agit pas dans ce cas de protéger les entreprises capitalistes contre la concurrence internationale

Il s’agit au contraire de protéger la politique anticapitaliste tout en appelant les exploité-e-s et opprimé-es d’autres pays à lutter pour que ce succès se propage à d’autres pays, dans une perspective internationaliste de renversement du capitalisme mondial.

Une telle politique est aux antipodes du « protectionnisme », qui revient toujours à subordonner les revendications écologiques et sociales aux besoins de renforcement du capitalisme national sur le marché mondial, c’est-à-dire en dernière instance… au libre échange.

L’ecosocialisme peut commencer au niveau national, mais ne peut être réalisé pleinement qu’à l’échelle mondiale, car la gestion rationnelle et prudente du système terrestre demande une planification démocratique mondiale.

Le travail scientifique mondial réalisé par des organismes comme le GIEC, l’IGBP et d’autres montre que cette planification démocratique mondiale est possible. Ce que les scientifiques peuvent faire à leur niveau pourrait également être fait par des représentants démocratiquement élus des mouvements sociaux, et en partie fait aujourd’hui par des organisations comme Via Campesina et d’autres syndicats.

mardi 11 juin 2019 Quatrième Internationale

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Ecosocialisme 2 (4è internationale)

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15 août 2019 ~ 0 Commentaire

écosocialisme 4 (4è internationale)

revolution

Conclusion: Ecosocialisme et révolution

La logique capitaliste absurde et irrationnelle d’expansion et d’accumulation infinies, ainsi que son productivisme obsédé par la recherche du profit à tout prix, sont responsables du fait que l’humanité se trouve aujourd’hui au bord de l’abîme : destruction écologique, basculement climatique.

Le passage du « progrès destructif » capitaliste à l’écosocalisme est un processus historique, une transformation révolutionnaire permanente de la société, de la culture et des mentalités.

Cette transition conduirait non seulement à un nouveau mode de production et à une société égalitaire et démocratique, mais aussi à un mode de vie alternatif, une nouvelle civilisation, au-delà du règne de l’argent, au-delà des habitudes de consommation produites artificiellement par la publicité, et au-delà de la production illimitée de marchandises inutiles.

Et, comme Marx l’a dit, le Royaume de la Liberté commence par la diminution du travail…

Il est important de souligner qu’un tel processus ne peut avoir lieu sans la transformation révolu-tionnaire des structures sociales et politiques par une action de masse de la grande majorité de la population. Le développement d’une conscience socialiste, féministe et écologique est un processus, dans lequel le facteur décisif est l’expérience de lutte collective des peuples eux-mêmes, depuis les confrontations locales et partielles jusqu’au changement radical de la société.

Rêver et lutter pour un socialisme vert, ou pour un communisme solaire, comme disent certains, n’implique pas de ne pas lutter pour des réformes concrètes et urgentes. Sans la moindre illu-sion sur le « capitalisme vert », nous devons tenter de gagner du temps et d’imposer aux pou-voirs en place des mesures concrètes contre la catastrophe en cours, à commencer par une réduction radicale des émissions de gaz à effet de serre.

Ces éco-revendications urgentes peuvent favoriser un processus de radicalisation, à condition qu’on refuse de limiter les objectifs en fonction des exigences du marché capitaliste ou de la « compétitivité ».

Chaque petite victoire, chaque avancée partielle peut conduire immédiatement à une revendication plus élevée, à un but plus radical.

De telles luttes autour de problèmes concrets sont importantes, non seulement parce que des victoires partielles sont bienvenues en elles-mêmes, mais aussi parce qu’elles contribuent à accroître la conscience écologique et socialiste, et promeuvent l’autonomie et l’auto-organisation par en-bas.

Cette autonomie et cette organisation sont des préconditions nécessaires et décisives à une transformation du monde radicale, c’est-à-dire révolutionnaire, qui qui n’est possible que par l’auto-émancipation des opprimés et des exploités : les ouvriers et paysans, les femmes, les communautés indigènes, ainsi que les personnes persécutées pour leur race, leur religion ou leur nationalité.

Barricadées dans leurs retranchements, les élites dirigeantes du système sont incroyablement puissantes et les forces de l’opposition radicale sont petites.

Cependant, leur développement dans un mouvement de masse sans précédent par ses propor-tions est le seul espoir pour arrêter le cours catastrophique de la « croissance » capitaliste et inventer une forme de vie désirable, plus riche en qualités humaines, une nouvelle société basée sur les valeurs de la dignité humaine, de la solidarité, de la liberté et du respect de « Mère Nature ».

mardi 11 juin 2019 Quatrième Internationale

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15 août 2019 ~ 0 Commentaire

climat (le monde)

clim

Climat : la croissance végétale en panne sèche

C’est une découverte inquiétante publiée hier dans la revue Science Advances par une équipe très internationale.

Elle porte sur une des questions majeures du réchauffement climatique : jusqu’où la végétation planétaire va t-elle réagir positivement à l’élévation du taux de CO2 atmosphérique et des températures ?

Et donc stocker une part du CO2 supplémentaire que nous injectons chaque année dans l’atmosphère, réduisant ainsi le réchauffement futur en permettant aux arbres et à certaines cultures de croître plus vite.

La réponse de cette étude ?

Ce phénomène positif se serait arrêté vers l’an 2000. A cause… de l’humidité qui croît moins vite que la température de l’air. On pourrait la résumer par un adage shadokien : plus c’est moins humide que ce serait possible et moins les végétaux croissent. Explications.

Jusqu’à présent, les climatologues observaient une réponse positive de la végétation planétaire au réchauffement climatique. C’est le fameux « verdissement » observé par satellites, notamment aux hautes latitudes nord – un verdissement non général, contrarié par des phénomènes locaux et par exemple la déforestation dans les forêts tropicales.

Logique. Plus de CO2, c’est plus de carbone disponible pour la photosynthèse. Des températures plus élevées, c’est favorable dans une bonne partie des terres émergées de l’hémisphère nord, tempérées et boréales.

Mais le spécialiste es-plantes, voire le jardinier du dimanche, auraient tout de suite tiqué à ce raisonnement. En se demandant «et l’eau ?». C’est bien d’avoir température et CO2, mais sans eau, les plantes ne peuvent les utiliser pour croître.

Et si cette eau est là mais limitée ? Les besoins des feuilles des plantes en eau doivent être satisfaits au maximum pour photosynthétiser à fond, car si elles sont en manque, pour prévenir les dégâts de la sécheresse sur la plante ou l’arbre, elles vont fermer leurs stomates afin de moins « transpirer » et économiser leur eau.

Relation de Clausius-Clapeyron

C’est là que la physique de base intervient. En principe, plus l’eau et l’air sont chauds, et plus il y aura d’évaporation des océans. Puis, plus l’air est chaud et plus il peut contenir de vapeur d’eau (environ 7% par degré de plus, c’est la relation de Clausius-Clapeyron).

Donc, en principe, tout va bien. Mais en réalité, on s’écarte du principe. Notamment, l’air ne contient pas nécessairement toute la vapeur d’eau qu’il peut contenir. Les scientifiques ont un nom pour ça, cela s’appelle le VPD (vapor pressure déficit, déficit de pression de vapeur). Et le VPD quantifie le « manque » de vapeur d’eau relativement au maximum possible.

Or, ont découvert les spécialistes des flux de chaleur et d’humidité à l’échelle mondiale, il se passe un truc énorme, au tournant des 20ème et 21ème siècle. Un truc encore pas vraiment compris d’ailleurs, écrivent honnêtement les auteurs de l’article de Science Advances.

En résumé : un, l’évaporation des océans a cessé d’augmenter et même diminue; deux le VPD augmente; trois, les indices de croissance végétale ont cessé d’augmenter, voire diminuent.

Il est intéressant de considérer la répartition planétaire de ce phénomène. C’est ce que permet le dernier graphique de l’article. Il montre qu’entre la période 1982 / 1998, et la période 1999 / 2015, de vastes régions qui montraient une réaction positive au réchauffement et à l’augmen-tation de la teneur en CO2 de l’air ont basculé dans une réaction inverse.

Les auteurs de l’article estiment que leurs analyses montrent que le déficit croissant de vapeur d’eau contribue aux mortalités observées dans les forêts et liées à des sécheresses. Ce phénomène conduit à une réduction de l’ouverture des stomates des feuilles et donc à une diminution de la photosynthèse.

En outre, si les sols sont secs, une demande trop forte d’eau par les parties supérieures de l’arbre peut rompre la continuité du cheminement de la sève et provoquer l’affaiblissement ou la mort de l’arbre.

Enfin, ils ont comparé leurs observations aux simulations de modèles informatiques de végéta-tions. Or, un seul parvient à simuler correctement ce qu’ils ont observé.

La plupart des modèles actuels sous-estiment le problème posé par le déficit croissant de vapeur d’eau et leur vision du futur du cycle du carbone est beaucoup trop optimiste. Or, une accentuation du phénomène observé par les auteurs conduirait à diminuer la part de nos émissions de CO2 captée par la biosphère, et une accélération du m réchauffement climatique.

Cet article découle d’un travail d’analyse très complexe sur des jeux de données satellitaires très lourds, sur l’ensemble de la planète. Il a été conduit par une équipe internationale (Chine, France, Australie, Corée du Sud, USA, Japon, Suisse, Allemagne, Royaume-Uni).

Les scientifiques Chinois y ont joué le rôle majeur (Wenping Yuan, université Sun Yat-Sen de Canton en est le premier auteur) comme c’est de plus en plus souvent le cas dans les coopéra-tions internationales.

En France, c’est Philippe Ciais, un spécialiste mondial du cycle du carbone ((Laboratoire des sciences de l’environnement et du climat (CEA/CNRS/Université Paris Saclay), l’un des scientifiques les plus cités en 2018  l’échelle mondiale, qui y a participé.

Sylvestre Huet 15 août 2019

https://www.lemonde.fr/

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15 août 2019 ~ 0 Commentaire

extinction rebellion ( fr3)

“C’est notre futur et notre vie qui sont en jeu”

Malo et Sybille, membres d’Extinction Rebellion

Le mouvement Extinction Rebellion, qui lutte contre le déréglement climatique et la disparition du vivant, prend de l’ampleur en Bretagne. Le 9 septembre prochain, ses membres prévoient de bloquer l’un des principaux axes routiers de la ville de Rennes. Rencontre avec deux jeunes militants.

« J’ai vu la déclaration de rébellion du 31 octobre des Londoniens, puis leur blocage de la ville, avec une efficacité désarmante, 10 jours après », raconte Sybille, 19 ans. Préoccupée par l’avenir de la planète depuis quelques années, la jeune femme a vécu cette action d’Extinction Rebellion comme un déclic. « J’avais cet instinct que les choses n’allaient pas bien. On est dans un système qui consomme des ressources qui sont finies et qui parle de croissance infinie ».

En décembre, Sybille a donc rejoint la branche rennaise de ce mouvement né au Royaume Uni et qui se développe un peu partout en Europe. Le groupe prône des actions radicales de déso-béissance civile, non violentes pour alerter sur le dérèglement climatique et la disparition du vivant. Sybille est séduite par « l’ambiance colorée des actions, les blocages festifs avec de la musique, de la danse, et du chant ».

J’avais besoin d’action, de plus de radicalité

Malo, 20 ans, a lui rejoint Extinction Rebellion à Rennes en janvier 2019. « Je considérais que les marches pour le climat n’avaient aucun impact. J’avais besoin d’actions plus directes ». Pour le jeune homme, les rapports des scientifiques sur l’état de la planète sont sans appel et il y a urgence : « C’est maintenant ou jamais, on n’a plus le choix d’agir « .

Comme Malo et Sybille, de nombreux jeunes ont intégré Extinction Rebellion ces derniers mois. Selon le militant, c’est probablement parce que cette génération est directement concernée par le dérèglement climatique. « On parle d’échéances à 2050, c’est nous qui les vivrons. Pas nos enfants, ni nos petits-enfants. C’est nous. C’est notre futur, c’est notre avenir, notre vie qui sont en jeu », explique-t-il.

Une lutte globale

« On pense le maintenant et on pense surtout l’après », poursuit Sybille. « Comment replacer le vivant au cœur de nos préoccupations, comment repenser des choses très simples comme l’agriculture, la gestion de l’eau et notre rapport aux autres êtres humains sur terre et qui peuvent être exploités par nos modes de consommation ». 

Les deux jeunes militants rennais se sont facilement approprié ce mouvement nouveau qui, selon eux, ne prend pas seulement en compte le réchauffement climatique mais « l’extinction du vivant dans sa globalité »« On est aussi sur des revendications sociales », relate le jeune homme. « Il ne peut y avoir de lutte contre l’extinction de la biodiversité sans lutte sociale et sans réparti-tion des richesses. Car moins il y a de ressources, plus il faut les partager »

Des actions en Bretagne

La plupart des actions d’Extinction Rebellion en France ont eu lieu à Paris pour l’instant. Celle du 28 juin sur le Pont de Sully, réprimée violemment par la police, avait été largement médiatisée. Cependant, le mouvement se veut décentralisé et les actions locales prennent de plus en plus d’ampleur partout en France.

En Ille-Et-Vilaine, les militants d’XR, se mobilisent depuis quelques mois contre un projet de construction d’un grand centre commercial à Pacé, à côté de Rennes. Un projet « qui sacrifie la ceinture maraichère de Rennes », nous dit Sybille.

D’autres actions sont prévues dans la région, dans les mois à venir, dont une très importante à Rennes le 9 septembre. « Nous allons organiser un blocage dans Rennes d’un axe routier majeur pour se réapproprier l’espace urbain », détaille Malo. Ce blocage sera aussi l’occasion pour les militants de s’entrainer pour la RIO « Rébellion Internationale d’Octobre », qui sera organisée dans de nombreuses capitales d’Europe et du monde cet automne.

Bleuenn Le Borgne 14/08/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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15 août 2019 ~ 0 Commentaire

médias (le monde 20mn)

Climate
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Climato-scepticisme et médias : la duperie

Comment les citoyens peuvent-ils revendiquer une bonne politique climatique à leurs gouvernements si on les trompe régulièrement dans la presse ?

C’est la question aiguisée par les canicules (en France, et avec un rebond au Groenland) et les records mensuels de températures planétaires (en juillet 2019 à nouveau). Or, dans la dernière livraison de Nature communications, un trio de chercheurs démontre avec une démarche « big data » à quel point la presse (anglophone dans une centaine de pays) se livre sans compter aux négateurs de la science du climat. Traités, dans le meilleur des cas, à égalité avec les scientifi-ques. Et contribue ainsi à la diffusion des messages trompeurs et mensongers des porte-paroles du mal nommé « climato-scepticisme ».

Climate feedback 

«Nous voulions quantifier la visibilité dans les médias des négateurs de la science du climat d’un côté et des scientifiques de l’autre, afin de vérifier la surreprésentation possible des uns ou des autres», explique Emmanuel Vincent, l’un des trois auteurs.

Emmanuel Vincent à l’origine un chercheur en climatologie a bifurqué vers la science du Big data et travaille aujourd’hui au Media lab de Sciences Po. Il s’était déjà lancé dans l’aventure de « climate feedback », dont l’objectif est de vérifier la fiabilité d’articles de presse rendant compte de publications scientifiques.

Pour cette recherche, il s’est associé avec deux chercheurs de l’Université de Californie afin de plonger dans l’océan de données sur la presse anglophone qu’offre le Media cloud (une coopé-ration MIT et Harvard ) qui indexe déjà plus 59 000 médias et 1,3 milliard d’articles.  Chaque semaine, environ 10 000 nouveaux articles de cette base comprennent les mots « climate change ». Et 100 fois moins le terme « climate skeptics ». Mais cette proportion reflète t-elle le rapport de force entre scientifiques du climat et négateurs ? Pas du tout, ont-ils découvert.

L’idée des trois chercheurs ? Comparer la surface médiatique d’un pannel de climatologues et d’un nombre équivalent de porte-paroles du climato-scepticisme. Pour les premiers, c’était facile, il suffisait de piocher dans les auteurs de 200 000 articles scientifiques sur le climat recensés dans le Web Of Science. Pour les « négateurs », les chercheurs ont pioché dans la liste des conférenciers du Heartland Institute (un think tank ultralibéral climato-sceptique) et celle du DesmoBlog project , une des meilleures sources sur les campagnes climato-sceptiques dans le monde.

De ces deux bases de données, ils ont extrait 386 négateurs, puis du coup choisi 386 scientifi-ques du climat. Et formés deux sous-groupes concentrant 224 négateurs ayant publié au moins un article scientifique sur le sujet (les autres en ayant donc 0 et n’étant pas nécessairement des scientifiques de profession) et les 224 chercheurs les plus cités dans la littérature scientifique, donc les « meilleurs » ou les plus influents dans la communauté des sciences du climat.

Surfaces médiatiques inverses à la crédibilité scientifique

Armés de ces listes, ils ont recherché leurs surfaces médiatiques respectives dans 100 000 articles (imprimés ou numériques) où étaient cités l’une au moins des personnes des deux groupes de 386 (ou les groupes de 224) auparavant identifiées. Sur la période 2000/2017. Le résultat peut s’exprimer familièrement ainsi : plus vous n’avez rien publié d’intéressant en clima-tologie, et plus vous serez starisé par la presse, surtout les titres récents n’existant que sur internet.

En revanche, lorsque l’on étudie leurs surfaces médiatiques, le rapport des forces s’inverse entre les deux groupes. L’équipe des 386 rouges obtient environ 50% d’intérêt médiatique de plus que l’équipe des 386 bleus.

Et c’est seulement si on réduit les médias étudiés à 30 journaux « mainstream » (Guardian, New York Times, Washington Post, Los Angeles Times, Wall Street Journal…) que les équipes de 386 sont à égalité malgré l’écrasante supériorité scientifique des bleus.

Une égalité qui résulte d’ailleurs d’un équilibre entre les choix « pro-sciences » de certains (Guardian) et les choix « pro-bobards » d’autres. Les trois auteurs se sont amusés à calculer le ratio entre le nombre d’articles scientifiques publiés et le nombre d’apparitions dans les médias. Les scientifiques négateurs, sur ce ratio, sont 15 fois plus cités dans les médias que les scientifiques normaux.

Chevalier de la Terre noire et plate

Ce décalage monumental entre le traitement médiatique de la science normale du climat et la faveur accordée à quelques négateurs peut s’exprimer par une métaphore sportive : c’est un peu comme si le journal L’Equipe consacrait 15 fois plus de place à une équipe de foot amateur de Romorantin qu’à celle du pays champion du monde.

Il vient de recevoir une illustration assez comique avec le n° de Valeurs Actuelles qui ouvre ses colonnes à une brochette de climato-sceptiques tous plus incompétents les uns que les autres en climatologie (sauf l’américain Richard Lindzen, mais dont toutes les tentatives de contradic-tion sérieuse ont été réfutées par le débat scientifique normal).

Parmi eux – même si la liste est anonymisée dans la publication, mon petit doigt m’a dit qu’il en fait partie – le géophysicien Vincent Courtillot – le spécialiste es-bourdes hilarantes comme d’oublier dans ses calculs que la Terre est ronde et qu’elle renvoie une partie du rayonnement solaire ce qui lui a valu le sobriquet de « chevalier de la Terre noire et plate » par des climatologues américains.

Opérer au strict inverse

La démonstration big data des trois chercheurs ne traite qu’un aspect quantitatif du sujet. Les études qualitatives permettent de mieux cerner l’efficacité des mensonges climato-sceptiques : ils s’appuient sur une apparence de science, et sur le « bon sens » populaire qui est systéma-tiquement pris en défaut par une Nature dont la compréhension passe par un travail scientifique complexe.

Cette réalité devrait donc pousser les médias à opérer au strict inverse de ce que révèle cette étude : consacrer beaucoup plus de place, de temps et d’intelligence journalistique pour aider les citoyens à s’approprier un savoir indispensable à leurs décisions politiques. Car, comme le souligne justement le site Climate feedback : « La précision de l’information est à la base du fonctionnement de la démocratie » .

Un indice très éloquent

Les enquêtes réalisées depuis 2000 chaque année par l’ADEME (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) sur “la représentation sociale de l’effet de serre” permettent de mesu-rer l’ampleur du problème, même dans un pays, la France, où l’audience médiatique des climato-sceptiques est plutôt faible.

A la question : «A votre avis, lorsque l’on parle aujourd’hui du réchauffement de l’atmosphère terrestre dû à l’augmentation de l’effet de serre, est-ce plutôt ?…», la réponse «Une hypothèse sur laquelle les scientifiques ne sont pas tous d’accord» obtient, de 2000 à 2018, l’assentiment d’entre 24% et 45% des Français et encore 39% en 2018.

De plus, lorsque l’on pose la question “ouverte”: «Selon vous, à quoi est dû le changement climatique ?», seuls 2% répondent spontanément “effet de serre” et 5% “CO2”. Les deux réponses les plus fréquentes sont très vagues : “la pollution” ou “les activités humaines”.

Un indice supplémentaire mais très éloquent se trouve dans la question sur l’éventuelle respon-sabilité dans l’émission de gaz à effet de serre des centrales… nucléaires. Les réponses « beaucoup » ou « assez »  cumulent un score très élevé, avec 58% en 2017 (page 16 de l’enquête). Une réponse qui pourrait sembler étrange si l’on oublie qu’une part importante de la population est encore privée d’une compréhension de la physique de base du réchauffement climatique.

Il est intéressant de rapprocher ce chiffre d’une autre enquête montrant que cette opinion erronée croît, et est d’autant plus répandue que l’on est jeune et/ou opposé à cette technologie.

Que l’on soit favorable ou défavorable à cette technologie, la démocratie requiert que tout débat public sur le sujet soit fondé sur un partage minimal des connaissances. L’énorme ampleur de l’écart entre les opinions publiques et les présentations les plus simples des sciences du climat, ou des liens de telle ou telle technologie avec les émissions de gaz à effet de serre, plombent toute tentative de démocratiser les choix technologiques, économiques et sociaux rendus indispensables par la menace climatique. La responsabilité des médias n’est bien sûr pas unique dans ce constat, mais elle est clairement engagée, montre cette étude.

Sylvestre Huet Publié le 13 août 2019

(1) Alexander Michael Petersen, Emmanuel M. Vincent et Anthony LeRoy Westerling, Discrepancy in scientific authority and media visibility of climate change scientists and contrarians. Nature communications 13 août 2019

https://www.lemonde.fr/blog/

Commentaire:

Intéressante tentative propagandiste de réhabiliter le nucléaire « victime innocente »! Le nucléaire ne produit pas de CO2 en fonctionnement normal. Mais il faut construire ces centrales, les entretenir, les démanteler (?) et stocker les déchets. En cas d’accident, il faut évacuer des zones, dépolluer et re-stocker des déchets. C’est donc qu’il faut privilégier le nucléaire face aux renouvelables!  (message d’EDF)

Lire aussi:

Les climatosceptiques ont plus de visibilité dans les médias que les scientifiques ( 20 MN )

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14 août 2019 ~ 0 Commentaire

eelv ( gauche révolutionnaire)

verts-schtroumpf

EELV, le capitalisme peint en vert 

Lors de dernières élections européennes le parti Europe Ecologie les Verts (EELV) s’est  démarqué par sa troisième place (derrière le RN et LREM), avec 3 millions de voix et 13 députés.

Avec les partis traditionnels LR et PS en crise depuis les présidentielles, cette troisième place n’est pas une surprise. EELV a rassemblé autour d’un programme pseudo-social peint en vert, tout en surfant sur la vague de l’urgence climatique et ses manifs très populaires.

Et surtout, il a profité que le PS soit en ruine pour tenter de se profiler comme le nouveau parti de la petite-bourgeoisie de gauche. D’une manière confuse et abstraite, le vote EELV a traduit une certaine envie de croire en la possibilité d’une autre Union européenne et d’un monde meilleur, sans vouloir se confronter à la question du système capitaliste, responsable de ce monde injuste.

Et sans une authentique force capable de porter la colère des jeunes et des travailleurs, l’image de EELV a pu sembler être une issue rassurante pour ceux qui subissent chaque jour un peu plus les dégâts de la politique des capitalistes contre les services publics, nos emplois, nos conditions de vie et notre environnement.

De faux écolos

Le problème c’est qu’EELV n’est pas une alternative. Ils sont pour augmenter les taxes de la majorité de la population (donc faire payer les travailleurs et surtout pas les multinationales) sous prétexte de lutte contre le réchauffement climatique. La majorité des dirigeants
soi-disant écologistes sont largement favorables au capitalisme.

Comme Yannick Jadot, député européen EELV, qui s’est retiré des candidatures aux présiden-tielles de 2017 pour favoriser Hamon et le PS (loi Travail, lois Macron, État d’urgence, 49-3…) !

D’ailleurs Jadot n’a pas attendu bien longtemps pour montrer son vrai visage, déclarant : « Un grand débat national qui porterait sur le statut de la fonction publique et comment le rapprocher du statut de la fonction privée (!) me paraît très sain ». EELV c’est aussi Pascal Durant et Pascal Canfin qui quittent le parti pour rejoindre LREM… Juste une belle bande d’opportunistes carriéristes !

David Cormand, le secrétaire national d’EELV a dit au soir de son élection : « nous allons essayer que le centre de gravité du parlement européen soit une alliance des socio-démocrates et des Verts avec la gauche de la gauche européenne et le renfort d’au moins une partie des libéraux » !

Donc rien de neuf, les pseudo-écolos vont continuer de s’allier avec le PS et les autres gouvernements capitalistes pour privatiser et continuer les industries polluantes tous ensemble.

Les municipales de 2020 sont déjà en préparation, et dans certaines communes des alliances France Insoumise / EELV commencent à être discutées. Ce serait vraiment une mauvaise chose si elles devaient se concrétiser sans que cela se fasse en rupture avec le programme de la direction d’EELV et sa soumission au capitalisme.

Mato 14/08/2019

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13 août 2019 ~ 0 Commentaire

écosocialisme 1 (4è internationale)

ecosocialisme

LA DESTRUCTION CAPITALISTE DE L’ENVIRONNEMENT ET L’ALTERNATIVE ÉCOSOCIALISTE

A la mémoire de Berta Caceres, militante indigène, écologiste et féministe du Honduras, assassinée le 3 mars 2016 par les hommes de main des multinationales, ainsi que de tous les martyrs des luttes pour une justice environnementale ».

La pression que l’humanité exerce sur le Système Terre ne cesse de croître de plus en plus rapidement depuis les années 1950.

En ce début du 21e siècle, elle atteint un niveau extrêmement alarmant, et qui continue de croître dans presque tous les domaines. Des seuils critiques de dégradation sont d’ores et déjà franchis dans plusieurs domaines, tels que la concentration atmosphérique en gaz à effet de serre.

Le risque est dès maintenant réel et non négligeable que cette pression quantitative croissante, observable partout et dans la plupart des domaines, débouche à tout moment sur un bascule-ment qualitatif qui pourrait être brusque (quelques décennies) et largement irréversible.

Le Système Terre entrerait alors dans un nouveau régime d’équilibre dynamique, caractérisé par des conditions géophysiques et géochimiques très différentes, ainsi que par une diminution encore plus forte de sa richesse biologique.

Au minimum, outre les conséquences sur les autres êtres vivants, la transition vers ce nouveau régime mettrait en danger l’existence de centaines de millions d’êtres humains parmi les plus pauvres, en particulier des femmes, des enfants et des personnes âgées. Au maximum, un effondrement écologique de proportions globales pourrait entraîner l’effondrement de notre propre espèce.

Le danger augmente de jour en jour, mais la catastrophe peut être conjurée, ou au moins limitée et contenue.

En effet, ce n’est pas l’existence humaine en général qui est la cause déterminante de la menace mais bien le mode de production et de reproduction social de cette existence, qui comprend aussi son mode de distribution et de consommation, ainsi que des valeurs culturelles.

Le mode en vigueur depuis deux siècles environ -le capitalisme- est insoutenable parce que la concurrence pour le profit, qui en est le moteur, implique une tendance aveugle à la croissance quantitative sans limites, incompatible avec les flux et cycles limités de matière et d’énergie dans le système Terre.

Au cours du 20è siècle, les pays dudit « socialisme réel » ont été incapables d’offrir une   alternative à la destruction productiviste de l’environnement, à laquelle ils ont contribué de façon importante.

En ce début du 21e siècle, l’humanité est confrontée à l’obligation sans précédent de maîtriser son développement dans tous les domaines afin de le rendre compatible avec les limites et la bonne santé de l’environnement au sein duquel elle a pu se développer.

Aucun projet politique ne peut plus faire l’impasse sur cette conclusion des études scientifiques sur le « changement global ».

Tout projet politique doit au contraire être jugé en premier lieu sur la prise en compte du risque, les réponses systémiques qu’il y apporte, la conformité de ces réponses avec les exigences fondamentales de la dignité humaine, et leur articulation avec son programme dans les autres domaines, particulièrement dans le domaine social et économique. (Extrait voir lien)

mardi 11 juin 2019  Quatrième Internationale Inprecor, mars 2019

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Ecosocialisme 2 (4è internationale)

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13 août 2019 ~ 0 Commentaire

écosocialisme 2 (4è internationale)

npa agricol

LA DESTRUCTION CAPITALISTE DE L’ENVIRONNEMENT ET L’ALTERNATIVE ÉCOSOCIALISTE

Question agraire et écosocialisme

Dans le monde entier, les paysans, les paysans sans terre et les ouvriers agricoles constituent le secteur social le plus massivement engagé dans la lutte environnementale en général, climatique en particulier.

Ce rôle d’avant-garde est la riposte à l’agression brutale du capital qui veut transformer les paysan-e-s indépendant-e-s en chômeur-euse-s (afin de peser sur les salaires) ou en salarié-e-s ou quasi- salarié-e-s agricoles (afin de produire des marchandises médiocres à bon marché pour le marché mondial plutôt que des produits vivriers de qualité pour les populations locales).

Elle est le résultat aussi du travail d’organisation et de conscientisation mené par des syndicats paysans tels que Via Campesina, en particulier des occupations de terre par les paysan-ne-s sans terre

A la différence des salarié-e-s, les petits paysans ne sont pas incorporé-e-s au capital.

Quoique la production pour le marché tende à leur imposer des objectifs et des méthodes productivistes, ils/elles gardent aussi la mentalité de l’artisan soucieux de faire « de la belle ouvrage ». En dépit de la puissance de leur ennemi capitaliste, ils/elles se mobilisent pour garder ou reconquérir la propriété de leurs moyens de production.

Le rapport de force très inégal face à l’agrobusiness et à la grande distribution les pousse à chercher des alliances avec d’autres mouvements sociaux, notamment avec les salariés et avec le mouvement pour l’environnement.

Quant aux ouvriers agricoles, surtout les saisonniers sans papiers surexploités, ils/elles surtout n’ont aucune perspective de sortir des marges ultra-précaires du salariat. Malgré les intimida-tions et la répression fréquente par les employeurs, certains ont pu créer des syndicats et amé-liorer leurs salaires ainsi que leurs conditions de travail. Leur lutte est objectivement anticapitaliste.

L’importance de la question agraire ne doit pas être jugée uniquement à l’aune de la proportion d’agriculteurs/trices dans la population active, mais à partir de cinq faits objectifs :

Les modes de production agraires et la pêche sont au centre d’enjeux décisifs de santé humaine (obésité, maladies cardiaques, allergies, etc.) et de protection de l’environnement qui révèlent la force destructive du capital.

Les changements de comportements des consommateurs ne peuvent pas piloter la transition écologique, mais les choix en matière d’alimentation peuvent soutenir au niveau des filières des réorientations qui ont un impact écologique significatif.

La revendication de « souveraineté alimentaire » met en question la capacité des multinationales d’employer l’arme alimentaire contre les luttes des peuples. Elle permet d’unifier consommateurs et producteurs autour d’un combat et de pratiques générateurs de conscience anticapitaliste.

Le rôle important des femmes dans la production agricole.

Les femmes constituent 43% de la main-d’oeuvre agricole dans les pays dits « en développe-ment ». La discrimination patriarcale se traduit dans la taille plus petite de leurs exploitations et de leur cheptel, le niveau plus faible de mécanisation, une charge de travail plus lourde pour un rendement plus faible (par suite du poids des corvées non productives – notamment l’eau et le bois), et un accès moindre à la formation ainsi qu’au crédit (mais une part plus importante que les hommes dans le micro-crédit).

Les ouvrières agricoles ont de plus des statuts plus précaires que ceux des hommes. L’émanci-pation des agricultrices en tant que femmes est une des conditions déterminantes pour relever à la fois le défi de la souveraineté alimentaire et celui d’une agriculture écologique. C’est donc un enjeu écosocialiste en soi.

La filière agricole-forestière dans son est responsable de plus de 40% des émissions de gaz à effet de serre. L’agrobusiness est en outre un agent clé de l’empoisonnement chimique de la biosphère, tandis que la pêche industrielle et la pollution des eaux par l’agrobusiness sont des facteurs déterminants du déclin de la biodiversité dans les milieux aquatiques. En même temps, le réchauffement menace la productivité des terres et l’acidification due au réchauffement menace celle des écosystèmes aquatiques.

Le déclin de la biodiversité ne sera pas stoppé principalement par la création de réserves naturelles mais par le développement d’une agriculture écologique. Par ailleurs, réduire les émissions de gaz à effet de serre à zéro n’est plus suffisant pour enrayer le changement climatique.

Il faut dans les décennies qui viennent retirer du carbone de l’atmosphère. Dans sa logique de profit, le capital ne peut réagir que par les technologies d’apprenti-sorcier de la géo-ingénirie et une appropriation généralisée des « services écosystémiques ».

L’agriculture paysanne et une forestation rationnelle sont les seuls moyens de diminuer la concentration atmosphérique en carbone efficacement, sans dangers et dans la justice sociale. Ainsi, la protection de la biodiversité et celle du climat renforcent la nécessité de l’alternative écosocialiste et fondent matériellement la place décisive de l’alternative agroécologique dans cette alternative d’ensemble.

Le passage à une agriculture (et à une pêcherie, et à une sylviculture) écologiques constitue une condition majeure de construction d’une société écosocialiste, du même niveau d’importance que la démocratie des producteurs et l’utilisation d’une énergie 100 % renouvelable.

Or, cette agriculture est plus intensive en main-d’œuvre que l’agriculture industrielle. Le passage à une sylviculture soutenable et la restauration/protection des écosystèmes impliquent eux aussi une augmentation de la part de la population investie dans ces activités.

Relever ce défi requiert une politique de longue haleine de revalorisation des métiers agricoles, de formation des travailleurs et d’équipement des zones rurales en infrastructures et en services aux personnes, ainsi que le développement du maraîchage urbain. (Extrait voir lien)

mardi 11 juin 2019 Quatrième Internationale Inprecor, mars 2019

https://www.pressegauche.org/

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Ecosocialisme 1 (4è internationale)

Ecosocialisme 3 (4è internationale)

Ecosocialisme 4 (4è internationale)

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13 août 2019 ~ 0 Commentaire

batteries (anti-k)

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Véhicules électriques : 700 000 tonnes de batteries à recycler en 2035

L’Europe doit créer sa filière de recyclage de batteries pour limiter l’impact de la voiture électrique sur l’environnement. En France, la SNAM, une entreprise spécialisée dans le recyclage, s’y prépare.

Des métaux toxiques, rares, précieux, du plastique mais aussi des acides. Dans les batteries de voitures électriques , on retrouve un peu de tout. Des matières valorisables, mais aussi dange-reuses et polluantes . À la SNAM, une des deux principales entreprises françaises spécialisées dans le recyclage des batteries, on se prépare à vivre de grands bouleversements dans les prochaines années.

Auditionnée au Sénat en juin sur le recyclage en Europe des batteries des voitures électriques, Christel Bories, présidente du Comité stratégique de filière mines et métallurgiques prévient : « Nous attendons de grandes quantités, environ 50 000 tonnes, à recycler à partir de 2027, et plus encore sans doute en 2030. » Un chiffre vertigineux qui pourrait être multiplié par plus de dix en 2035 pour atteindre 700 000 tonnes contre seulement 15 000 tonnes aujourd’hui.

Avec ses 120 salariés répartis sur deux usines, l’une à Saint-Quentin-Fallavier (Isère), implantée à 20 km de Lyon, et l’autre à Viviez dans l’Aveyron, la SNAM recycle actuellement plus de 600 tonnes de batteries de voitures électriques ou hybrides par an : « La première a été recyclée en 2010, c’était une Toyota Prius qui pesait 45 kg, raconte Frédéric Salin, directeur marketing et commercial de la SNAM.

Désormais, les batteries des voitures électriques et hybride représentent 10 % de ce que nous recyclons. Ce n’est pas encore notre cœur de métier. » Des batteries venues de France, d’Europe mais aussi d’Asie.

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Et bien sûr pas de données sur le recyclage

Récupérer les terres rares des batteries

« L’exigence française est de recycler 50 % d’une batterie lithium ion, détaille le cadre. Nous recyclons plus de 70 %. » Quant aux batteries rechargeables Nickel-Metal Hydrure, là aussi la norme est de 50 %, mais c’est plus de 75 % de la batterie qui sont récupérées.

Quid des 20 % à 30 % restants ? « Ils sont détruits, brûlés et à la fin il reste 2 % qui sont enfouis, précise Frédéric Salin. Oui, nous avons un impact sur l’environnement mais nous travaillons pour le limiter au maximum. »

Dans l’usine de Saint-Quentin-Fallavier, placée dans un environnement dépressionnaire pour éviter que des particules s’échappent, des employés munis de masques démontent les batteries, trient les différentes parties, les détruisent dans des fours ou les font fondre pour récupérer les métaux : nickel, aluminium, cuivre, cobalt, lithium ainsi que les fameuses terres rares (La, Ce, Nd, Pr). Envoyés sur le site de Viviez, ces métaux sont raffinés afin de les purifier au maximum.
L’enjeu est de taille. À la fois économique : « La filière des batteries aujourd’hui n’est pas renta-ble, il manque du volume, confie Frédéric Salin. Mais à terme, grâce à la revente et à la réutili-sation des métaux, la filière peut gagner de l’argent. » Pas étonnant que la SNAM investisse plusieurs millions d’euros. L’enjeu est aussi stratégique. Alors que les terres rares sont situées dans les sous-sols de quelques pays, principalement la Chine, leur récupération à l’issue du recyclage des batteries permettrait de sécuriser une partie de l’approvisionnement en métaux.

leparisien.fr – Le 12 août 2019

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Vraiment écolo la voiture électrique ?

Commentaire:

Problème: les renouvelables ne fournissent pas assez d’énergie pour toutes ces bagnoles. En Suède les professionnels de la filière demandent donc le maintien des centrales nucléaires. D’un côté les illustrations sont un appel a s’équiper en voiture électrique, l’article nous révèle que le « recyclage »  n’est qu’une pollution déguisée!

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