Archive | Ecologie & climat

20 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Une alimentation accro au pétrole 1 (esther vivas)

peace

Même si nous ne nous en rendons pas compte, nous mangeons du pétrole.

Le mode actuel de production, de distribution et de consommation d’aliments est « accro » à l’ « or noir ». Sans pétrole, nous ne pourrions pas manger comme nous le faisons. Néanmoins, dans un contexte où il sera de plus en plus difficile d’exploiter un pétrole de plus en plus cher, comment ferons-nous pour nous alimenter ?

L’agriculture industrielle nous a rendus dépendants du pétrole. Des semailles à la récolte et de la commercialisation jusqu’à la consommation elle-même, nous avons besoin de lui. La « révolution verte », les politiques qui nous disaient que la modernisation de l’agriculture allait mettre un terme à la faim, et qui fut imposée entre les années 1940 et 1970, nous a transformés en « junkies » de ce combustible fossile, en partie grâce à son prix relativement bon marché. La mécanisation des systèmes agricoles et l’utilisation intensive de fertilisants et de pesticides chimiques en sont les meilleurs exemples. Ces politiques ont signifié la privatisation de l’agriculture, en nous laissant, paysans et consommateurs, aux mains d’une poignée d’entreprises de l’agro-business.

En dépit des promesses de la révolution verte sur l’augmentation de la production de nourriture et, qu’en conséquence, elle mettrait fin à la famine, la réalité fut tout autre. D’une part, la production par hectare a bel et bien progressé. Selon les chiffres de la FAO, entre les années 1970 et 1990 le total des aliments per capita au niveau mondial a augmenté de 11%. Cependant, comme le souligne Jorge Riechmann dans son ouvrage « Cuidar la Tierra » (Soigner la Terre), cela n’a pas entraîné une diminution réelle de la faim, vu que le nombre de personnes souffrant de sous alimentation sur la planète a également augmenté de 11% au cours de cette même période – et cela sans même compter la Chine dont la politique agricole était régie par d’autres paramètres -, passant de 536 millions à 597.

La révolution verte a eu par contre des conséquences très négatives pour la petite et moyenne paysannerie et pour la sécurité alimentaire à long terme. Elle a concrètement aug- menté la puissance des entreprises agro-industrielles sur toute la chaîne productive ; provo- qué la perte de 90% de l’agro et biodiversité ; réduit massivement les nappes phréatiques ; augmenté la salinisation et l’érosion des sols ; déplacé des millions d’agriculteurs des cam- pagnes vers la misère des villes ; démantelé les systèmes agricoles traditionnels et nous a rendus dépendants du pétrole.

Une agriculture « junkie » L’introduction de mécanisation agricole à grande échelle fut l’un des premiers pas. En 1850 aux Etats-Unis, par exemple, comme l’évoque le rapport« Food, Energy and Society », la traction animale était la principale source d’énergie à la campagne, représentant 53% du total, suivie par la force humaine, avec 13%. Cent ans plus tard, en 1950, toutes deux ne représentaient qu’à peine 1% à la suite de l’introduction de machines à com- bustible fossile. La dépendance des machines agricoles (tracteurs, moissonneuses-batteuses, camions…), plus nécessaire encore dans les grandes exploitations et les monocultures, est énorme. C’est donc dès la production que l’agriculture est « accro » au pétrole.

Le système agricole actuel, avec les cultures d’aliments dans d’immenses serres indépendamment de la saison et du climat, a besoin des produits dérivés du pétrole et signifie une consommation d’énergie élevée. Des tuyaux aux emballages rembourrés, des bâches jusqu’aux toits, tout est en plastique. Selon les chiffres du Ministère de l’Agriculture et de l’En- vironnement, l’Etat espagnol est en première place de la culture sous plastique dans l’Europe méditerranéenne avec 66.000 hectares cultivés, la majeure partie en Andalousie et, en parti- culier, à Almeria, suivie de plus loin par la Murcie et les Canaries. Et que faire avec une telle quantité de plastique dès que sa vie utile est terminée ?

L’utilisation intensive de fertilisants et de pesticides chimiques est une illustration de plus de l’addiction du modèle alimentaire actuel au pétrole. Selon le rapport « Eating Oil : food suply in a changing climate », la commercialisation de fertilisants et de pesticides a augmenté de 18% à 160% entre les années 1980 et 1998. Le système agricole dominant a besoin de fortes doses de fertilisants élaborés à base de pétrole et de gaz naturel, comme l’ammoniac, l’urée, etc. qui remplacent les nutriments du sol. Des multinationales pétrolières, comme Repsol, Exxon Mobile, Shell, Petrobras, investissent dans la production et la commercialisation de fertilisants agricoles.

Les pesticides chimiques de synthèse sont une autre source importante de dépendance à ce combustible fossile. La révolution verte, comme nous l’avons évoqué, a généralisé l’utili-sation de pesticides et, en conséquence, le besoin de pétrole pour les élaborer. Et tout cela sans parler de l’impact écologique de l’utilisation de ces agents agro-toxiques, la contamination et l’épuisement des sols et des eaux, ainsi que l’impact sur la santé des paysans et des consommateurs.

http://www.avanti4.be/analyses/article/une-alimentation-accro-au-petrole

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20 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Une alimentation accro au pétrole 2 (esther vivas)

petrol

Aliments voyageurs

On observe également la dépendance vis-à-vis du pétrole dans les longs trajets que réalisent les aliments de leur lieu de culture jusqu’à leur consommation. Selon un rapport des Amis de la Terre, on estime que la nourriture voyage en moyenne quelques 5.000 Km du champ à l’as- siette, avec la consommation consécutive d’hydrocarbures et son impact environnemental. Ces « aliments voyageurs », selon le rapport cité, génèrent presque 5 millions de tonnes de CO2 par an, contribuant ainsi à l’aggravation du changement climatique.

Dans course au profit maximal, la mondialisation alimentaire délocalise la production d’aliments, comme elle l’a fait dans d’autres domaines de l’économie productive. Elle produit à grande échelle dans les pays du Sud, en profitant de conditions de travail précaires et d’une législation environnementale inexistante, pour revendre ensuite ses marchandises dans nos pays à un prix compétitif. A l’inverse, elle produit au Nord grâce aux subventions agricoles bénéficiant aux grandes entreprises, pour ensuite commercialiser ces marchandises subven- tionnées à l’autre bout de la planète, en vendant en dessous du prix de revient et en faisant une concurrence déloyale aux productions autochtones. C’est ici que réside l’explication des aliments kilométriques : le profit maximal pour quelques uns d’une part, et la précarité, la pauvreté et la contamination environnementale maximum pour la majorité de l’autre.

En 2007, on a importé dans l’Etat espagnol plus de 29 millions de tonnes d’aliments, soit 50% de plus qu’en 1995. Les trois quart de ces importations étaient constituées de céré- ales, de dérivés de céréales et d’aliments pour l’élevage industriel de bétail provenant majo- ritairement d’Europe et d’Amérique centrale et du sud, comme l’indique le rapport « Alimentos kilométricos ». Même des aliments typique du pays, comme les pois chiches et le vin, par- courent jusqu’à nous plusieurs milliers de Km de distance avant d’être consommés. 87% des pois chiches que nous mangeons proviennent du Mexique, tandis qu’en Espagne leur culture a connue une chute libre. Quel est l’intérêt de ce genre de chassé-croisé international d’aliments d’un point de vue social et écologique ? Aucun.

Un plat dominical typique en Grande-Bretagne est fait à base de pommes de terre d’Italie, de carottes d’Afrique du Sud, de haricots de Thaïlande, de veau d’Australie, de bro- colis du Guatemala et de fraises de Californie et d’airelles de Nouvelle Zélande comme dessert génère, selon le rapport « Eating Oil : food suply in a changing climate », 650 fois plus de gaz à effet de serre à cause du transport de ces ingrédients que s’ils avaient été cultivés et ache- tés localement. Le chiffre total de Km que l’ensemble de ces « aliments voyageurs » cumulent du champ à l’assiette est de 81.000km , soit l’équivalent de deux tours du monde. Il s’agit là d’une chose irrationnelle si on tient compte du fait que bon nombre de ces produits sont cul- tivés dans le pays. La Grande-Bretagne importe de grandes quantités de lait, de porcs, d’a- gneaux et d’autres aliments de base en dépis du fait qu’elle exporte des quantités similaires de ceux-ci. Et c’est la même chose chez nous.

Manger du plastique Et que se passe-t-il lorsque les aliments arrivent au supermarché ? Du pastique et encore plus de pastique, avec des dérivés du pétrole. On trouve ainsi un embal- lage primaire, qui contient l’aliment, avec un emballage secondaire qui permet une exhibition attractive sur l’étalage et, finalement, des sacs en plastique pour emporter les achats à la mai- son. En Catalogne, par exemple, sur les 4 millions de tonnes de déchets annuels, 25% cor- respondent à des emballages en plastique. Une étude commandée par l’Agència Catalana del Consum (Agence catalane de la consommation) concluait que l’achat dans des magasins de proximité réduisait de 69% les déchets par rapport à un supermarché ou à une grande surface.

Une anecdote personnelle illustre bien cette tendance. Quand j’étais petite, à la maison on achetait l’eau embouteillée dans de grandes carafes de verre de huit litres. Aujourd’hui, presque toute l’eau est commercialisée dans des bouteilles en plastique. Et il est même devenu habituel de l’acheter en « packs » de six bouteilles d’un litre et demi. Comme l’indique la Fon- dation Terre, il ne faut donc pas s’étonner que sur les 260 millions de tonnes de déchets en plastique dans le monde, la majeure partie est constituée de bouteilles d’eau ou de lait. Selon cette même source, l’Etat espagnol est le principal producteur de sacs en plastique pour un seul usage en Europe et le troisième pays consommateur. On estime que la vie utile d’un sac en pastique est de 12 minutes en moyenne, mais qu’il faut 400 années pour qu’il se décom- pose. Tirez-en les conclusions.

Nous vivons sur une planète de plastique, comme l’illustrait brillamment l’autrichien Wer- ner Boote dans son film « Plastic Planet » (2009), où il affirmait : «  La quantité de plastique nous avons produits depuis le début de l’âge du plastique est suffisante pour emballer jusqu’à six fois la planète avec des sacs ». Et quel est l’impact sur la santé de leur omniprésence dans notre vie quotidienne ? Un témoignage dans ce film disait : « Nous mangeons et nous buvons du plastique ». Et, comme le dénonce le documentaire, nous en paierons tôt ou tard la facture.

La grande distribution n’a pas seulement généralisé la consommation d’énormes quantités de plastique, elle a également contribué au développement de l’automobile pour aller faire les courses. La prolifération des hypermarchés, des grands magasins et des centres commerciaux à l’extérieur des villes a favorisé l’utilisation de la voiture privée pour se déplacer jusqu’à ces établissements. Comme l’indique le rapport «Eating oil : food suply in a changing climate», si on prend comme exemple la Grande Bretagne, entre les années 1985-1986 et 1996-1998, le nombre de voyages par semaine et par personne en voiture pour faire les cour- ses est passé de 1,7 à 2,4. La distance parcourue totale a également augmenté, passant de 14 Km par personne et par semaine à 22 Km, soit une augmentation de 57%. Plus de Km, c’est plus de pétrole et plus de CO2 au détriment, en outre, du commerce de proximité. Si, en 1998, il existait dans l’Etat espagnol plus de 95.000 magasins, en 2004 ce chiffre s’était réduit à 25.000.

Que faire ? Selon l’Agence Internationale de l’Energie, la production de pétrole conventionnel a atteint son sommet en 2006. Dans un monde où le pétrole se raréfie, comment et qu’allons nous manger ? En premier lieu, il est nécessaire de prendre en compte le fait que plus d’agri- culture industrielle, intensive, kilométrique et globalisée signifie plus de dépendance au pétrole. Par contre, un système paysan, agro-écologique, de proximité, de saison, est moins « accro » aux combustibles fossiles. La conclusion, je pense, est claire.

Il est urgent d’opter pour un modèle d’agriculture et d’alimentation antagoniste avec le modèle dominant, qui place au centre les besoins de la majorité et de l’écosystème. Il ne s’agit pas d’un retour romantique au passé, mais bien de l’impérieuse nécessité de soigner la terre et de garantir de la nourriture pour tout le monde. Ou bien nous faisons le choix du changement, ou bien, quand il n’y aura pas d’autre possibilité que de changer, d’autres, comme à maintes reprises, vont faire du profit avec notre misère. Ne laissons pas l’histoire se répéter. Esther Vivas 16 mai 2014

http://www.avanti4.be/analyses/article/une-alimentation-accro-au-petrole

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19 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Des faucheurs de vignes ogm relaxés (basta)

frank

C’est une décision judiciaire à laquelle le collectif des Faucheurs volontaires ne s’attendait pas.

La Cour d’appel de Colmar a décidé le 14 mai 2014, au terme de quatre ans de procédures, de relaxer en appel les 54 inculpés. L’affaire a commencé en août 2010, après la destruction d’un essai en plein champ portant sur 70 porte-greffes de vigne génétiquement modifiés, appartenant à l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). « La recherche fonda-mentale sur les OGM doit uniquement s’effectuer en milieu confiné », justifient les opposants. Condamnés en première instance, ils paient 57 000 euros de dommages et intérêts à l’Inra. Mais refusent leur condamnation au pénal et font appel.

L’absence d’impact n’est pas prouvée Dans le jugement du 14 mai que s’est procuré Basta!, la Cour d’appel considère que la demande de l’Inra « se contente d’affirmer, sans four- nir la moindre donnée scientifique, que l’essai ne générera aucun risque, d’une part, pour l’éco-système [et] pour la santé humaine ». Pour les juges, les affirmations de l’Inra ne sont «nulle- ment étayées par le moindre élément». Le demandeur doit fournir les éléments d’information permettant d’évaluer l’impact de l’essai. Et pas seulement soutenir : « Nous n’avons observé aucune anomalie auprès des personnels travaillant au contact de ces plantes depuis 4 ans ».

Les faucheurs d’OGM ont déjà été relaxés à plusieurs reprises en première instance, mais les Cours d’appel ont systématiquement annulé ces relaxes au profit de peines de prison avec sursis et d’amendes. « À Colmar, la Cour a reconnu un des arguments des Faucheurs, à savoir que l’autorisation de cet essai délivré par le ministère de l’Agriculture était illégale », sou- ligne Inf’OGM. Le délit de destruction ne pouvait donc pas être retenu contre les faucheurs. A noter également que si la Cour a jugé les 54 faucheurs coupables de «violation de domicile », elle ne les a condamnés à aucune peine. Dans un communiqué, l’Inra précise qu’ «au-delà du jugement, le droit de la recherche publique à mener, dans le respect strict du cadre réglemen- taire, des travaux scientifiques d’intérêt général sur des sujets sensibles doit être réaffirmé ». Le débat sur les OGM va se poursuivre au-delà des discussions dans les tribunaux.

Par Sophie Chapelle 19 mai 2014

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19 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Mcdo veut nous faire manger du poulet nourri aux ogm (basta)

OGM

En 2001, McDonald’s s’était engagé à ne pas vendre de poulet nourri au soja ou maïs transgéniques dans ses restaurants européens.

C’en est fini de cette promesse. Pour l’Allemagne en tous cas [1]. Depuis début avril, les McDo allemands peuvent proposer nuggets et burgers de poulet nourri aux organismes généti- quement modifiés. L’information a été révélée par Greenpeace Allemagne et confirmée par l’entreprise.

La raison invoquée ? « Nos fournisseurs nationaux et internationaux de poulet nous ont signalé n’être plus en mesure, à partir du deuxième trimestre de cette année, de garantir une alimentation sans OGM en quantité suffisante à des conditions économiques acceptables », écrit le porte-parole de McDonald’s en Allemagne (dans un courrier à Greenpeace). Trop chère, la volaille sans OGM ? Selon Greenpeace, un burger au poulet garanti sans alimen-tation transgénique coûterait pourtant moins d’un centime d’euro de plus. Un petit centime qui semble de trop pour la chaîne de fastfoods, qui a oublié à l’occasion ses beaux discours sur les effets désastreux des cultures de soja transgénique sur la forêt amazonienne et ses engagement à la protéger.

Suffira-t-il aux Allemands d’éviter les McDo pour ne pas manger de poulet nourri aux OGM ? Non. En février, la coordination nationale de la filière volaille a renoncé à son enga- gement de ne nourrir ses poulets, dindes et autres sans aucun aliment transgénique. Obli- gation pourtant suivie depuis 14 ans. La justification : il serait de plus en plus difficile de trouver des aliments pour volaille sans OGM. « L’offre de soja sans OGM va diminuer en 2014. Ainsi, le plus grand producteurs mondial de soja, au Brésil, a annoncé ne pouvoir fournir que 50% de la quantité de l’année passée », écrivait le groupement dans un communiqué. Faux, répond Stephanie Töwe, de Greenpeace Allemagne : « Il y a du soja sans OGM en quantité suffisante. Le groupement brésilien des producteurs de soja sans OGM (Abrange) assure que les agriculteurs brésiliens produisent cette année, par rapport à la saison précédente, 10% de plus de soja conventionnel (sans OGM). Pour l’État du Brésil qui produit le plus de soja, Mato Grosso, les pronostics de récolte sont même sur une augmentation de 50%. »

La grande distribution renonce également à ses engagements Les grands groupes cherchent-ils vraiment à éviter les aliments transgéniques ? « Le filière de la volaille dit qu’il n’y a pas assez d’aliment sans OGM. Et la distribution prend ces déclarations pour argent comp- tant et abandonne ainsi la responsabilité des produits qu’elle vend », souligne Stephanie Töwe. Selon les résultats [2] d’une enquête effectuée en mars par Greenpeace auprès de groupes allemands de la grande distribution, seules deux des douze chaînes de supermarchés inter-rogées s’engagent à ne vendre que de la volaille et des œufs garantis sans alimentation OGM. « Un poulet nourri sans OGM coûte pourtant au maximum huit centimes de plus », indique Stephanie Töwe.

En Grande-Bretagne, plusieurs grands groupes de supermarchés ont renoncé en 2013 à leur engagement de ne pas vendre de la volaille nourrie avec des OGM. En France, un récent guide de Greenpeace montre aussi que de très nombreuses marques de volailles (entre autres produits) vendues en supermarchés ne sont pas garanties sans OGM. Le meilleur moyen pour éviter les aliments transgéniques reste encore, selon ce guide, de se tourner vers l’agriculture biologique, qui exclue les OGM à tous les stades. Par Rachel Knaebel 19 mai 2014

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19 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Pourquoi nous allons déverser 1,8 tonnes de charbon devant la société générale ?

Entre le 21 mai et le 5 juin, Bizi! déversera 1,8 tonnes de charbon devant le siège régional de la Société Générale à Bayonne, si elle n’a pas annoncé d’ici là son retrait du projet Alpha Coal.  Gigantesque projet de production et d’exportation de charbon situé en Australie, Alpha Coal va :

  • envoyer dans l’atmosphère 1,8 milliards de tonnes de CO2, gaz à effet de serre responsable du dérèglement climatique en cours ;
  • menacer la Grande Barrière de corail, un des plus riches écosystèmes de la planète;
  • menacer 50 000 emplois qui sont liés à cette Grande Barrière de corail, mettre en danger l’agriculture et les ressources en eau du bassin de Galilée.

Pour réussir cette action, nous avons besoin de votre aide. Aidez-nous en contribuant au financement de l’action et de la campagne

En savoir plushttp://www.bizimugi.eu/stop-alpha-coal/fr

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16 mai 2014 ~ 0 Commentaire

France-info junior: comment tromper les enfants (odn)

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Au profit de l’industrie nucléaire

Le mercredi 14 mai 2014, l’émission « France-info Junior » (*) a donné à entendre ce qui peut probablement se faire de pire en matière d’information, ou plutôt de désinformation, avec pour circonstance aggravante la manipulation de jeunes enfants. Cette émission, qui a en effet pour principe de donner la parole à des enfants sur un sujet de société, traitait ce jour-là de la question extrêmement controversée des déchets nucléaires, et plus exactement du projet de l’enfouissement des déchets les plus radioactifs, à l’étude actuellement à Bure dans la Meuse.

Première faute majeure, qui bafoue d’emblée l’éthique journalistique : avoir choisi, pour répondre aux enfants, une représentante de l’Agence nationale des déchets radioactifs (Andra), l’organisme précisément chargé de promouvoir et mettre en oeuvre l’enfouissement des déchets nucléaires ! Il n’est donc pas étonnant que, au cours de l’émission, n’ait jamais été évoqué le moindre doute concernant le fait de produire des déchets radioactifs, ni même le principe de l’enfouissement de ces déchets. Et ce alors que la controverse bat son plein de longue date sur ces questions.

C’est d’ailleurs le journaliste lui-même, Gilles Halais, qui pose d’entrée les bases de la tromperie en décrétant sans l’ombre d’un bémol : « Principal atout de Bure pour ce projet baptisé Cigéo : son sous-sol, en argile. Car l’argile, ça ne bouge pas et c’est donc la matière idéale pour y enterrer, pour plusieurs dizaines de milliers d’années, les déchets atomiques les plus dangereux« .

Voici donc balayées en 5 secondes les objections majeures avancées par de nom- breuses personnes qui suivent de près ce dossier. On peut pourtant les lire dans les « cahiers d’acteurs » mis en ligne par la Commission nationale du débat public : http://www.debatpublic-cigeo.org/informer/cahier-acteurs.html . On citera par exemple le cahier de l’ingénieur Bertrand Thuillier (cf http://bit.ly/1svZWn1 ) ou celui de l’Observatoire du nucléaire (cf http://bit.ly/1gHPzHz ).

Le seul élément de « pluralisme » accordé par le journaliste au cours de son émission réside dans cette remarque sibylline : « Ce projet unique de tombeau nucléaire n’a pas que des amis. » Mais qui conteste ? Pourquoi ? Sur la base de quelles données ? En soulevant quelles incertitudes, quels risques ? Les enfants et les auditeurs n’en sauront strictement rien.

Un véritable boulevard était donc ouvert pour Annabelle Comte, communiquante de l’Andra, grassement rémunérée pour tromper les citoyens en général et les enfants en l’occurrence. Pour elle comme pour le journaliste, les jeunes (et moins jeunes !) n’ont pas à savoir que le principe de l’enfouissement est frontalement contesté, à tel point qu’il est souvent considéré comme un véritable crime. Avec « France-info Juniors », l’enfouissement des déchets nucléaires est donc une évidence et il représente même une « solution » (alors que c’est au mieux une option, et probablement la pire de toutes). Extraits :

- « On met les déchets radioactifs dans la Terre pour qu’ils soient à l’abri et que personne ne puisse être à leur contact »

- « La Terre va nous protéger de ces déchets »,

- « La seule solution qu’on ait trouvé pour les mettre à l’abris c’est de les mettre dans la Terre »

- « Pour les plus dangereux qui vont durer très longtemps, là c’est la Terre qui prend le relais

- « C’est la Terre qui va les mettre à l’abri à la place de l’Homme »

- « Plusieurs centaines de milliers d’années, ça nous parait beaucoup pour nous, mais la Terre existe depuis 4,5 milliards d’années et donc ça représente une seconde à l’échelle de l’âge de la Terre. »

On note une stratégie de répétition si parfaitement assumée qu’elle relève incontes-tablement du bourrage de crâne. De plus, c’est carrément la Terre qui est convoquée pour « justifier » l’enfouissement : elle « va nous protéger », elle « prend le relais », elle « met les déchets à l’abri ».

C’est bien sûr mensonger – la Terre n’a jamais décidé de « prendre » les déchets nuclé- aires ! – mais aussi terriblement insidieux : les enfants ne sauraient mettre en doute la perti- nence des « actes » de notre Terre. Cerise sur le gâteau, une situation dramatique, infligée par l’industrie nucléaire aux humains pour des millions d’années, est finalement réduite d’un coup de baguette magique à « une seconde ». Qui dit mieux ?

Que l’Agence nationale des déchets radioactifs use de méthodes aussi nauséabondes, on peut presque le comprendre : elle a été créée précisément pour cela. Mais qu’un jour- naliste, qui plus est sur le service public, collabore directement à cette entreprise de tromperie, de plus en manipulant des enfants, c’est insupportable. Ce n’est assurément pas sur « France- info Junior » que l’on entendra des jeunes s’étonner par exemple que l’Observatoire du nuclé- aire soit poursuivi en justice par Areva, pour avoir dénoncé les méthodes par lesquelles la France pille littéralement l’uranium du Niger. Et ce pour alimenter les centrales nucléaires d’EDF… tout en prétendant que ces importations permettent une bien curieuse « indépendance énergétique ».

 Stéphane Lhomme Observatoire du nucléaire Jeudi 15 mai 2014

(*) A l’heure où nous publions, le reportage de France-Info Junior n’est plus en ligne. Momentanément ?

http://www.franceinfo.fr/environnement/france-info-junior/il-faudra-120-ans-pour-stocker-tous-les-dechets-radioactifs-francais-1418329-2014-05-14

http://www.observatoire-du-nucleaire.org

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15 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Calottes glaciaires: le point de non-retour est franchi (lcr.be)

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« Nos observations apportent aujourd’hui la preuve qu’une large secteur de la calotte glaciaire de l’Antarctique Ouest est entré dans une phase de recul irréversible. Le point de non-retour est franchi ».

Voilà ce qu’a déclaré récemment le glaciologue Eric Rignot, Professeur à l’Université de Californie, Irvine, dont les propos sont rapportés par le New York Times (1). Le Professeur Rignot  coordonne un programme de recherche sur l’évolution de six glaciers qui se jettent dans la Mer d’Amundsen (rive occidentale du continent antarctique). (…)

De 1,2 à 4 mètres La calotte glaciaire de l’Antarctique Ouest atteint jusqu’à quatre kilomètres d’épaisseur par endroits. Les volumes de glace impliqués sont donc énormes. Selon l’équipe du Professeur Rignot, à elle seule, la disparition des six glaciers étudiés fera monter le niveau des océans de quatre pieds (1,20 mètres) en quelques siècles. Ce n’est pas tout : cette dis- parition déstabilisera plus que probablement (most likely) les secteurs adjacents de la calotte, de sorte que le niveau des mers pourrait au final s’élever de près de quatre mètres.

Ces conclusions sont confirmées par une autre étude, dont les résultats ont été dévoilés simultanément. Dirigée par le Professeur Ian Joughin de l’Université de Washington, elle porte sur un des six glaciers de la région, Thwaites, l’un des plus importants. Selon cette équipe de chercheurs, la disparition lente de Thwaites est inévitable et irréversible. Même si les eaux chaudes se dispersaient d’une manière ou d’une autre , ce serait “trop peu, trop tard pour stabiliser la calotte glaciaire”, selon Ian Joughin. Et d’ajouter : « Il n’y a pas de mécanisme de stabilisation ». En effet, comme j’ai eu l’occasion de l’expliquer un jour à peine avant la sortie de ces études (1), le seul mécanisme susceptible de stabiliser la situation, et même de renverser la tendance, serait une nouvelle glaciation. Or, selon les astrophysiciens, celle-ci n’interviendra pas avant 30.000 ans…

35 ans de mises en garde Les observations de Rignot et Joughin viennent corroborer les mises en garde lancées depuis plusieurs décennies par d’autres spécialistes. Les auteurs de l’article du New York Times rapportent ainsi qu’un premier avertissement quant à la fragilité de la calotte avait été lancé dès 1978 par John H. Mercer, glaciologue à l’Université d’Etat de l’Ohio. Selon Mercer, le réchauffement dû aux émissions de gaz à effet de serre faisait planer une « menace de désastre ». (…)

La confirmation par l’observation La nouveauté des études qui sortent aujourd’hui est qu’elles se basent sur des observations et des mesures, pas sur des raisonnements. Eric Rignot a eu recours à des observations par satellite, tandis qu’Ian Joughin a conçu un modèle mathématique de l’évolution du glacier Thwaites. Le fait que ces méthodes différentes aboutissent à des résultats concordants avec les explications théoriques ne laisse aucun doute sérieux sur l’extrême gravité de la situation. Rien ne permet cependant d’espérer que les décideurs en tireront les conclusions. (…)

Ecosocialisme ou barbarie: c’est vrai! Il convient de préciser que les projections avancées ci-dessus pour ce qui concerne l’élévation du niveau des mers (1,2 m. et près de 4 m. en quelques siècles) ne concernent que les six glaciers étudiés et la zone environnante de l’Antar- ctique Ouest. Or, la fragilisation des calottes affecte aussi d’autres régions, en particulier le Groenland et la péninsule antarctique – la région du monde où le réchauffement (et ici il s’agit bien de réchauffement de l’air) est le plus rapide (0,5°C par décennie). Les glaces accumulées dans ces régions, si elles devaient disparaître totalement, équivaudraient respectivement à six et cinq mètres de hausse du niveau des océans.

Il convient de rappeler aussi que, selon le Professeur Kevin Anderson, directeur d’un des plus prestigieux centres d’étude du changement climatique (Tyndall Center on Climate Change Research), le rythme actuel d’augmentation de la concentration atmosphérique en CO2 nous met sur la voie d’un réchauffement de 6°C d’ici la fin du siècle. Selon Anders Levermann, un des « lead authors » du GIEC, cela correspondrait à une élévation du niveau des mers d’une douzaine de mètres dans les mille à deux mille ans à venir (3).

Il convient enfin et surtout de rappeler que les mécanismes capitalistes imaginés depuis plus de vingt ans (Rio, 1992) par les néolibéraux (primes, quotas, droits d’émissions échangeables, taxes, et autres « internalisations des externalités » – qui servent de prétexte à une gigan- tesque vague d’appropriation des ressources) ont été et sont impuissants à infléchir la courbe des émissions de gaz à effet de serre : au contraire, elles augmentent plus vite depuis le tournant du siècle!

Cette impuissance ne peut qu’augmenter à l’avenir. Pour faire face à la situation d’ur- gence absolue dont la réalité vient d’être confirmée par les chercheurs, il faudrait 1°) que les émissions des pays développés diminuent tout de suite d’au moins 11% par an ; 2°) que les responsables capitalistes du désastre soient contraints de financer un gigantesque plan mondial d’adaptation, incluant notamment la protection des zones côtières.

Il est insensé de croire que des objectifs aussi ambitieux puissent être atteints dans le cadre du marché. Ils ne peuvent être atteints que par la remise en cause fondamentale de l’accumulation capitaliste et la planification de la transition écologique. Réussir celle-ci démo- cratiquement et dans la justice sociale nécessite à tout le moins l’appropriation collective du secteur de l’énergie, l’expropriation du secteur du crédit, la suppression des productions nuisibles et inutiles, la localisation des productions (en priorité agricoles), le libre accès aux technologies vertes, une nouvelle organisation de l’espace et de la mobilité, ainsi que la réduction radicale du temps de travail, sans perte de salaire, avec embauche compensatoire et baisse des rythmes de travail.

Frères humains qui après nous vivez… Il n’est pas facile de conclure cet article sans ver- ser dans l’eschatologie catastrophiste. Car la catastrophe est là en vérité. Elle est en marche, inexorable. Si Rignot et Joughin ont raison – et croire qu’ils ont tort serait le comble de la déraison ! – rien ne peut l’arrêter et elle est irréversible… pour 30.000 ans au moins. Pour la limiter au maximum, tirons les conclusions qui s’imposent. Refusons le nihilisme misanthropique des crétins pour qui la vraie nature, c’est la nature sans l’être humain. Dénonçons le cynisme criminel de celles et ceux qui préfèrent imaginer la fin du genre humain que la disparition du capitalisme. Interpellons les scientifiques pour qu’ils sortent de leur tour d’ivoire et descendent dans l’arène sociale. Sonnons le tocsin sans trêve ni repos, dans nos associations, dans nos syndicats, partout.

L’alternative anticapitaliste, écosocialiste, n’est pas une posture « idéologique » mais une nécessité objective, impérieuse, incontournable. Agissons ensemble pour transformer cette nécessité en conscience avant qu’il ne soit trop tard. Sinon, il ne nous restera vraiment plus qu’à implorer le pardon de nos descendants et descendantes, à la façon de François Villon: « Frères humains qui après nous vivez/ N’ayez le cœur contre nous endurci/ Car si pitié de nous pauvres avez/ Dieu en aura plutôt de vous merci ».    13 mai 2014 par Daniel Tanuro

http://www.lcr-lagauche.org/calottes-glaciaires-le-point-de-non-retour-est-franchi/

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14 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Un opposant à nddl en appel à rennes (fr3)

nddl juillet

Une centaine d’opposants au projet d’aéroport Notre-Dame-Des-Landes se sont rassemblés devant le parlement de Bretagne où Sylvain Fresneau, président de l’Association de Défense des Exploitants Concernés par l’Aéroport (ADECA) comparaissait devant la cour d’appel de Rennes.

Le président de l’ADECA (Association de Défense des Exploitants Concernés par l’Aéroport), opposant historique à Notre-Dame-Des-Landes, comparaissait ce mardi en appel, accusé de « violence avec arme (Ndlr : un tracteur) sur personne dépositaire de l’autorité publique ».  Sylvain Fresneau était poursuivi pour avoir reculé son tracteur avec une remorque en direction d’un barrage de gendarmes.

Les faits qui lui étaient reprochés datent du 21 juin 2012 lors d’une manifestation des oppo- sants au projet d’aéroport. Ce jour là, cinq enquêtes d’utilités publiques démarraient à Notre-Dames-des-Landes. La Coordination des opposants au projet d’aéroport avait organisé un rassemblement, comme à son habitude. Pour débloquer la mairie et permettre l’accès des commissaires enquêteurs, il y avait eu des affrontements entre les gendarmes  et les anti- aéroports avec tirs de grenades lacrymogènes. Le 11 septembre 2012, le tribunal de Saint-Nazaire avait condamné Sylvain Fresneau à un mois de prison avec sursis. Il avait fait appel de la décision. Le jugement a été mis en délibéré. La décision sera rendue dans quelques semaines.

Par Thierry PeignéPublié le 13/05/2014 | 18:05, mis à jour le 14/05/2014 | 09:04

http://bretagne.france3.fr/2014/05/13/un-opposant-notre-dame-des-landes-en-appel-rennes-476405.html

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13 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Quand l’état réprime les alternatives aux antibiotiques dans l’agriculture (basta)

Quand l’état réprime les alternatives aux antibiotiques dans l’agriculture (basta) dans Ecologie & climat panoramix
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(…) Rappel à l’ordre réglementaire Le 6 août 2013, deux inspectrices de la direction départementale de la protection des populations (DDPP) viennent contrôler la ferme de Sandrine. L’inspection a trait au bien-être animal qui conditionne l’attribution des aides de la politique agricole commune (PAC). « Tout se passait bien jusqu’à ce qu’elles me demandent de présenter ma pharmacie pour les animaux, relate Sandrine. A la vue de mes produits, elles se sont littéralement décomposées ! » Les deux agents réclament les ordonnances vétérinaires liées à l’utilisation de ces produits. Sandrine rétorque que les huiles essentielles et les granulés homéopathique sont en vente libre, mais l’argument ne convainc pas.« Elles m’ont expliqué que je n’avais pas le droit de ramasser des plantes pour faire des décoctions, et que les huiles essentielles étaient dangereuses pour les consommateurs mangeant la viande de mes agneaux et le lait de mes brebis. J’étais tellement abasourdie que je suis restée sans voix. » Dans leur compte-rendu de visite que s’est procuré Basta !, les agents de la DDPP relèvent une « anomalie pour non présentation d’au moins une ordonnance ». Un mois plus tard, Sandrine reçoit une lettre de la DDPP qui stipule que « l’utilisation de médicaments homéopathiques et d’huiles essentielles hors prescription » sont non conformes à la réglementation. Cela pourrait avoir des conséquences sur le paiement des aides PAC.
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Des plantes interdites L’éleveuse alerte aussitôt la Confédération paysanne de la Drôme qui prend rendez-vous avec la DDPP en vue d’obtenir des éclaircissements. « Le représentant de la DDPP nous a tout de suite expliqué qu’il y avait eu une erreur d’interprétation de la régle- mentation concernant l’utilisation de l’homéopathie », souligne Sébastien Pélurson, éleveur et syndicaliste présent dans la délégation. « En revanche, les agents de l’État nous ont informés que selon le Règlement UE 230-2013 et une note de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, ndlr) définissant le médicament animal, il fallait à présent une ordonnance d’un vétérinaire pour soigner ses animaux avec des plantes », précise l’éleveur. L’Union européenne a en effet publié en mars 2013 un règlement imposant le retrait du marché d’environ 600 plantes sous forme d’extraits végétaux ou d’huiles essentielles. L’avoine, la prêle des champs, l’ortie, le trèfle, l’orge ou la luzerne ne sont plus utilisables par exemple dans les aliments complémentaires buvables pour les animaux.
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Comment expliquer cette réglementation ? « Ces extraits végétaux n’ont pas fait l’objet de l’achat d’une homologation par des entreprises », selon Philippe Labre, docteur vétérinaire. Or, nombre de ces plantes interdites sont alimentaires pour les herbivores et poussent sur les terrains des agriculteurs. « Cela rend leur interdiction techniquement injustifiable, dénonce le vétérinaire. Le problème de cette liste européenne, c’est qu’elle fait l’amalgame entre des plantes non préoccupantes parfaitement connues et quelques plantes toxiques comme la cigüe ». « Quand je garde le troupeau, les brebis mangent de la prêle, de la fougère, du buis, témoigne Jean-Louis Meurot de la Confédération paysanne. Elles se nourrissent et se soignent en même temps. Faut-il détruire les plantes que les bêtes mangent ? »
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L’État s’inquiète d’une « recrudescence » des médecines douces L’étau réglementaire s’est aussi resserré en France avec la parution en août 2013 d’une note de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES). Il en découle que tout produit à base de plantes doit disposer d’une autorisation de mise sur le marché (AMM) et d’une prescription par ordonnance pour être utilisé dans un élevage. « Nous sommes dans un contexte où les médecines douces ont bonne presse. Notre démarche consiste à rappeler que ce n’est pas parce que des produits sont à base de plantes qu’ils sont anodins », réagit Jean-Pierre Orand, directeur de l’Agence nationale du médicament vétérinaire (ANMV).

La note traduit une certaine réticence envers les produits à base de plantes évoquant leur « recrudescence ». Un peu gêné au téléphone, Jean-Pierre Orand reconnaît que le terme n’est pas forcément « approprié ». Cette note explique t-il, a été rédigée après la publication dans la presse professionnelle d’une étude expérimentale pour soigner les mammites – des inflammations des mamelles – avec des huiles essentielles. « Certains journaux ont relayé la recette. Or, les produits utilisés doivent avoir été contrôlés un minimum avant d’être administrés aux animaux. » C’est cette évaluation qui conditionne l’homologation des produits à base de plantes et leur autorisation de mise sur le marché.

Résistance aux antibiotiques : les alertes de l’OMS

L’agence du médicament vétérinaire se dit notamment préoccupée par les résidus laissés par les produits. « Ces renforcements réglementaires sont exigés pour la sécurité sanitaire du consommateur qui ne sait pas comment a été produit les aliments qu’il consomme », assure Jean-Pierre Orand. Entourée de ses brebis, Sandrine Lizaga ne décolère pas. « Les décoc- tions de thym ou les feuilles de noyer, ce n’est pas toxique pour les gens ! Va t-on considérer demain les soupes d’ortie comme des produits pharmaceutiques ? » Il y a selon elle un « deux poids, deux mesures » entre les paysans d’un côté, et les laboratoires de l’autre. « Les laboratoires ont obtenu la mention « zéro jour d’attente » pour les vermifuges. Ce qui signifie que l’on peut donner un vermifuge à une brebis et vendre son lait le jour-même. J’ai pourtant du mal à croire que les vermifuges ne laissent aucun résidu… »

En écho à la colère de Sandrine, le rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la résistance aux antibiotiques, publié le 30 avril, lance une inquiétante alerte : « La résistance aux antibiotiques – lorsque l’évolution des bactéries rend les antibiotiques inef- ficaces chez les personnes qui en ont besoin pour traiter une infection – est désormais une grave menace pour la santé publique », avertit l’OMS [1] « À moins que les nombreux acteurs concernés agissent d’urgence, de manière coordonnée, le monde s’achemine vers une ère postantibiotiques, où des infections courantes et des blessures mineures qui ont été soignées depuis des décennies pourraient à nouveau tuer », a déclaré le docteur Keiji Fukuda, sous-directeur général de l’OMS pour la sécurité sanitaire. Pourquoi, dans ce contexte, risquer de réprimer celles et ceux qui, à leur modeste échelle, tentent de modérer le recours aux antibiotiques ?

Dans la Drôme, la Chambre d’agriculture a financé des formations avec des vété- rinaires utilisant les plantes. « Les soins par les plantes relèvent d’usages ancestraux, c’est une richesse qui nécessite d’être transmise, souligne Jean-Louis Meurot, à la Confédération paysanne. Le recours aux médicaments faits par les firmes remonte seulement à l’après-guerre. » Mais entre ces éleveurs et l’agence nationale du médicament vétérinaire, la notion de « pratiques populaires » fait dissension. « Qu’est-ce qu’on entend par pratiques populaires ?, interroge Jean-Pierre Orand. Si ces éleveurs font référence à des médecines de décoctions comme il y avait au siècle dernier, les choses ont changé. Nous passons désormais par des autorisations administratives. »

Main-mise de l’industrie pharmaceutique Or, aucun produit à base de plantes ne dispose aujourd’hui d’une autorisation de mise sur le marché. « Le vivant, multifonctionnel et inter- dépendant ne rentre pas dans ces critères administratifs », observe Philippe Labre. En pra- tique, les médecines naturelles n’auraient donc pas de place dans la réglementation. L’Agence nationale du médicament vétérinaire admet qu’aucun dossier de demande d’autorisation pour ces plantes n’a été reçu. « Il n’y a pas de retour sur investissement pour l’industriel », tente d’expliquer le directeur de l’agence qui rappelle que le coût d’un dossier pour obtenir l’auto-risation de commercialiser un médicament avoisine les 25 000 euros. Un décret est néanmoins en cours d’examen pour baisser la taxe des médicaments à base de plantes. Un groupe de réflexion sur la phytothérapie vétérinaire a par ailleurs été créé au sein de l’agence.

Le vétérinaire Philippe Labre, lui, n’en démord pas. « Les pouvoirs publics favorisent et renforcent le monopole des médicaments industriels prescrits par les professionnels médi- caux. » « Obtenir une autorisation demeure hors de portée pour un producteur de plantes et même pour un petit laboratoire de phytothérapie, confirme Thierry Thévenin du Syndicat des Simples, qui regroupe les « producteurs cueilleurs » de plantes médicinales. Jean-Louis Meurot, fervent partisan de l’automédication, y voit « la défense des intérêts des industries pharmaceutiques et de la corporation des vétérinaires qui défend becs et ongles le monopole de la prescription ».

Lutte contre les antibiotiques : contradiction gouvernementale La mise en œuvre de ces règlements intervient alors que le ministère de l’Agriculture a mis en place le Plan Eco- antibio, dont l’objectif est de diminuer de 25 % en cinq ans (2012-2017) l’utilisation des anti- biotiques en élevage. « Je fais des décoctions de feuilles de noyer, riches en tanin, connus pour être des antiparasitaires efficaces, illustre Sandrine Lizaga. Ces utilisations ponctuelles dans l’année permettent de réduire par quatre le traitement antiparasitaire. » Soit l’objectif visé par le ministère. « Toutes ces décoctions permettent de réguler le parasitisme, poursuit Sandrine. L’éleveur accompagne l’animal dans son équilibre physiologique. A l’inverse, le traitement chimique détruit le parasite et la flore des animaux qui devient encore plus fragile dans la recrudescence des parasites. » (…)  Sophie Chapelle13 mai 201

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13 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Areva, la gestion de lauvergeon dans le viseur de la cour des comptes (of)

Areva, la gestion de lauvergeon dans le viseur de la cour des comptes (of) dans Ecologie & climat 17040-2011-03-international-environnement-japon-catastrophe-nucleaire-bloem-dessin-dijonscope-01

La Cour des comptes pointe du doigt la présidence d’Areva par Anne Lauvergeon dans un pré-rapport dont le journal Les Echos publie de larges extraits.

Fuite en avant Tout y passe, de la stratégie générale d’Areva (dont l’Etat français détient directement ou indirectement près de 87% du capital) qualifiée de « fuite en avant » à la rémunération des dirigeants, en passant par la commercialisation du réacteur EPR et l’affaire Uramin -objet d’une enquête préliminaire. « Un certain nombre de difficultés du groupe (…) dans la période antérieure à 2012, proviennent avant tout de la forte personnalité de la présidente du directoire », lit-on dans un des extraits publiés par Les Echos.

La gouvernance pointée du doigt La Cour des comptes ne se borne pas à la période Lauvergeon mais s’étend aussi à l’organisation actuelle de sa gouvernance,jugée responsable de choix aujourd’hui critiqués. « Dans le schéma actuel de gouvernance, le directoire a pu prendre seul la décision de signer le contrat de l’EPR finlandais OL3, source d’une perte de plus de trois milliards d’euros pour Areva », lit-on dans le document. La Cour estime à ce propos qu’ »on ne peut plus croire » à une livraison du réacteur en 2014, comme Areva le promet toujours publiquement après plusieurs reports.

La gestion d’ »Atomic Anne » dans le viseur C’est avant 2012 que la transformation en société à conseil d’administration « aurait été la plus utile », ajoute la Cour, qui juge cependant le sujet toujours d’actualité. Son pré-rapport est particulièrement sévère pour celle que l’on surnommait « Atomic Anne » et dont les rapports tendus avec le PDG d’EDF Henri Proglio ont défrayé la chronique. La Cour estime ainsi que le « modèle intégré » défendu par Anne Lauvergeon, de l’extraction de l’uranium au retraitement des déchets en passant par la conception et la construction des réacteurs, « n’est pas définitivement convaincant ».

Un bilan financier peu satisfaisant Pendant la période concernée, Areva a financé ses investissements « majoritairement grâce à ses cessions » (d’actifs), faute de flux de trésorerie opérationnels suffisants, rappelle aussi la Cour des comptes. Globalement, la Cour des comptes juge le bilan financier des grands projets d’Areva « peu satisfaisant ». Le groupe a accusé en 2013 une perte pour la troisième année d’affilée, reflet d’une situation que le rapport juge d’autant plus inquiétante qu’Areva ne dispose plus d’actifs majeurs à céder.

La rémunération des membres du conseil de surveillance « contestables » La Cour des comptes épingle enfin la rémunération des membres du conseil de surveillance du groupe sous la présidenceLauvergeon, sur la base de taux de réussite « contestables ». « La rémunération de l’ancienne présidente du directoire a connu une progression très rapide au cours de son se- cond mandat (…) La découverte tardive de dossiers, dont la mauvaise gestion coûte aujour- d’hui très cher au groupe, amène à critiquer une telle progression », estime-t-elle. De même, la Cour critique les indemnités de départ d’Anne Lauvergeon, dont le niveau est jugé « excessif ».

Ni Anne Lauvergeon ni Areva n’ont pour le moment fait de commentaire.France – 07h07 

Anne Lauvergeon : Deux ans après son départ d’Areva en 2011, Anne Lauvergeon s’est vue confier en 2013 par le gouvernement la présidence de la commission « Innovation 2030″, chargée de repérer et aider les champions industriels de la France de demain. En avril 2014, elle est devenue présidente du conseil d’administration de SIGFOX, PME de 60 personnes spécialisée dans les infrastructures pour les objets connectés. Elle occupe aussi des postes d’administratrice dans plusieurs sociétés.

http://www.ouest-france.fr/areva-la-gestion-de-lauvergeon-dans-le-viseur-de-la-cour-des-comptes-2538854

Commentaire: Avec le nucléaire on paie plusieurs fois! Une fois comme « client » et le reste comme contribuable, et là çà douille: projets pharaoniques à l’étranger et faire la guerre en Afrique ce n’est pas donné! Et il faudra bien sûr un jour payer pour le démentèlement et le stockage des déchets!

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