Archive | Ecologie & climat

07 février 2019 ~ 0 Commentaire

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retrauite

Retraites

Les marins et leurs veuves victimes de discriminations selon la CGT

Les marins et leurs veuves sont victimes de discriminations face aux maladies de l’amiante par rapport aux salariés du régime général, a dénoncé mercredi l’Union fédérale des pensionnés et veuves de la Marine marchande (UFPVMM), affilié à la CGT.

« On ira jusqu’au bout pour qu’on mette les marins et les veuves sur un même pied d’égalité » que les salariés du régime général, a assuré Christian Le Signe, secrétaire général de l’UFPVMM CGT lors d’une conférence de presse. Les marins et leurs veuves dépendent du régime social de l’ENIM (Etablissement national des invalides de la marine) et non du régime général.

Les marins plus vulnérables

« Il y a une réglementation en France qui est différente en fonction du métier qu’on fait, alors que (l’exposition à l’amiante, ndlr) est une faute professionnelle reconnue. Ce n’est pas normal, c’est inhumain ! » s’est emporté Christian le Signe. Il dénonce notamment le fait que les salariés du régime général peuvent engager une action en justice pour faute inexcusable sans délai de prescription, tandis que les marins ne peuvent le faire que depuis 2011 et avec un délai de prescription de deux ans.

L’UFPVMM (commerce et pêche) réclame en outre la possibilité pour la veuve d’un marin décédé de l’amiante de cumuler pension de retraite anticipée (PRA) et pension d’invalidité pour maladie professionnelle (PIMP).

« Mon mari pour une raison tout à fait indépendante (à l’amiante, ndlr) a été déclaré inapte à la navigation et a obtenu une retraite, mais réduite de 2% par année manquante, soit de 13% inférieure à celle d’une personne ayant eu une carrière normale. Il est décédé d’une maladie professionnelle sans aucune indemnisation« , a expliqué Marie Jo Roudaut, dont le mari est décédé en 2008 à l’âge de 60 ans.

La présence d’amiante à bord des navires français est interdite depuis 1998.

07/02/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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06 février 2019 ~ 0 Commentaire

déchets nucléaires gb (reporterre)

majesty

Déchets nucléaires

Le gouvernement britannique cherche désespérément une solution

La Grande-Bretagne a repoussé pendant des années la question du devenir de ses déchets radioactifs. Pour y remédier, le gouvernement actuel a lancé une opération de séduction des communes rurales pour les inciter à accueillir le site de la future poubelle nucléaire.

L’époque est révolue où les Britanniques réglaient la question des déchets nucléaires en les jetant dans la Manche.

Pourtant, aucune solution à long terme n’est venue remplacer cette méthode expéditive. Les déchets radioactifs accumulés depuis des décennies traînent dans les centrales, en majorité dans celle de Sellafield, dans le nord-ouest de l’Angleterre. Ils y sont stockés de façon précaire dans des bouteilles en plastique ou dans des bennes disposées au fond de cuves d’eau au béton dégradé et exposées aux intempéries. C’est ce qu’a révélé un documentaire de la BBC en 2016.

« Cette émission a montré une image négative de notre sûreté, dans laquelle nous ne nous reconnaissons pas », avait annoncé un représentant de la centrale à l’époque. Un des lanceurs d’alertes à avoir parlé à la BBC, un ancien cadre supérieur de Sellafield, disait alors qu’il s’inquiétait « chaque jour » pour l’état du centre.

Autant dire que trouver un lieu de stockage permanent pour cet héritage empoisonné devient urgent. Et quel héritage ! Quelque 155.000 m3 de déchets contre près de 138.000 m3 en France. Le seul site de Sellafield abrite le plus grand stock de plutonium civil au monde, 112 tonnes, une quantité astronomique lorsqu’on sait que pour faire une arme nucléaire, il suffit de 5 à 10 kilogrammes.

C’est un défi qui menace depuis des décennies, sans qu’aucun gouvernement ne se soit décidé à le relever. « Il est toujours plus rentable de remettre le problème aux gouvernements suivants, car créer un site de stockage est une politique très impopulaire, dit Stephen Thomas, chercheur en politique énergétique à l’université de Greenwich. Ne rien faire fera toujours perdre moins de points au gouvernement. Donc, c’est ce qu’ils ont fait depuis trente ans. »

« Trouver une collectivité qui accepte de devenir une décharge nucléaire » 

On pourrait croire que le gouvernement de Theresa May, engagé dans les négociations chaoti-ques du Brexit, n’aurait pas envie de s’ajouter d’autres sujets de controverse. Pourtant, en décembre dernier, Londres a annoncé qu’il recommencerait la recherche d’un lieu d’enfouisse-ment des déchets. « Nous avons besoin d’une solution permanente, et puisque c’est nous qui avons profité des retombées de la technologie nucléaire, c’est notre responsabilité d’en gérer les déchets », annonce Richard Harrington, le sous-secrétaire d’État chargé du nucléaire. Il évoque un « service public responsable pour les générations futures ».

Le site de Sellafield stocke 112 tonnes de plutonium.

Depuis une dizaine d’années, il y a consensus au sein du gouvernement britannique sur la manière de stocker les déchets : l’Angleterre optera pour le stockage en couche géologique profonde. Une méthode qui fait penser à une « poupée russe », explique Neil Hyatt, professeur de chimie de la matière nucléaire à l’université de Sheffield. « La première poupée s’insère dans une plus grande, qui s’insère dans une encore plus grande, et cetera. C’est comme ça que nous cherchons à contenir les déchets radioactifs. »

Les déchets seraient empaquetés dans des conteneurs résistants à la corrosion, qui seraient ensuite placés dans une cavité de stockage à 500 mètres de profondeur, que l’on remplira d’argile ou de ciment. Une succession de barrières naturelles et artificielles qui « permet de s’assurer qu’aucune quantité nocive de radioactivité n’atteindra jamais la surface », assure le site web du gouvernement.

Trouver un lieu d’enfouissement présente d’abord un enjeu géologique : il faut un sous-sol adapté, une formation géologique stable depuis des millions d’années et susceptible de le rester pendant les centaines de milliers d’années que mettront les déchets à perdre leur radioactivité.

Mais la géologie n’est pas le défi principal, puisqu’une « bonne partie du sous-sol du Royaume-Uni est adaptée », explique Ann McCall, chargée de la recherche de lieu et de l’engagement communautaire au sein du Radioactive Waste Management, l’organisation publique chargée des déchets nucléaires, au quotidien The Guardian. Le plus gros du travail consiste à trouver une collectivité qui accepte de devenir une décharge nucléaire. « Nous devons rentrer en contact avec les collectivités, expliquer notre projet en profondeur, sensibiliser la population, afin d’attirer une commune qui accepterait d’abriter un tel site », dit Ann McCall.

Dans un contexte d’austérité, certaines collectivités risquent d’être tentées

Les communes volontaires risquent d’être rares : lors de la dernière tentative pour trouver un lieu d’enfouissement en 2013, une seule s’était proposée, Allerdale, dans le Cumbria, avant d’y renoncer face à l’opposition populaire.

« C’est un conseiller municipal qui a proposé notre commune, de façon très mesquine, puisqu’on ne l’a découvert que plusieurs années plus tard, explique Geoff Betsworth, habitant d’Allerdale et président de l’association Cumbria Trust. Par la suite, nous avions découvert qu’il s’était fait invi-ter à des dîners, à des soirées, aux frais des industriels du nucléaire. » En effet, le comté de Cumbria est une cible de première ligne pour l’industrie. L’une des zones les moins densément peuplées du Royaume-Uni, on pouvait espérer y trouver une faible opposition de la population, surtout que celle-ci est bien accoutumée au nucléaire. C’est dans le Cumbria qu’est située l’immense centrale de Sellafield.

Pourtant, de nombreuses personnes se sont mobilisées contre le projet, et les opposants et opposantes ont fondé le Cumbria Trust, qui a fait venir des experts pour examiner le terrain.

« Ils ont montré que le terrain n’est pas du tout adapté, dit Geoff. Il y a des montagnes, des cours d’eau au débit rapide… Ici, lorsqu’on enterre quelque chose, ça a tendance à remonter à la surface. » Ces découvertes ont poussé Geoff à composer une chanson de protestation, intitulée The Wrong Rock (mauvaise roche). « Là où la géologie se prête le mieux, c’est sous Londres. Leur sous-sol est en argile. On devrait mettre ça sous Westminster ! » rigole-t-il.

En 2013, le Cumbria Trust a réussi à faire pression sur les politiques, et le conseil régional a retiré la candidature d’Allerdale en 2013. Aujourd’hui, Londres voudrait éviter l’obstacle de la gouvernance locale. Dans son nouveau plan, le gouvernement a supprimé le droit de veto des conseils régionaux, et la décision finale sur le lieu d’enfouissement pourrait être déterminée par un référendum local, selon The Guardian.

Pour soudoyer la population, jusqu’à 2,5 millions de livres (2,8 millions d’euros) par an seront proposés à la commune qui accepterait les déchets. De l’argent qui pourrait servir à améliorer les routes, mettre en place des programmes d’apprentissage ou venir en aide aux plus démunis … Dans un contexte d’austérité, certaines collectivités risquent d’être tentées. De plus, le gouvernement insiste sur la création d’emplois liés au centre de stockage : 1.000 postes pendant la construction du site, et 600 par la suite.

Le sujet des déchets nucléaires est très peu présent dans le débat public en Angleterre 

« Ce n’est pas une région très riche, et je pense que les gens risquent d’être manipulés. On leur tend la carotte, et ils vont vouloir le saisir », dit Geoff. Il explique que certains habitants de sa ville le « foudroient du regard » à cause de son rôle dans le mouvement de contestation. « Certains travaillent à Sellafield, et verraient d’un bon œil l’arrivée de nouveaux emplois dans le secteur », dit-il.

Sauf qu’en réalité, les retombées sociales du projet risquent d’être modérées, puisque l’écono-mie du Cumbria repose beaucoup sur le tourisme au sein du parc naturel du Lake District. Le secteur « pourrait être mis à mal si l’on commence à faire des trous de forage dans le sol », dit Geoff. Surtout que le gouvernement n’a pas écarté la possibilité de construire la base de stockage sous le parc naturel lui-même.

À Allerdale, le mouvement d’opposition se prépare à renaître face au nouveau plan du gouvernement. « Pour le moment, on attend, on garde les yeux ouverts. On sait que l’on arrivera à mobiliser du monde dès qu’il le faudra », dit Geoff, qui a d’ores et déjà commencé à composer une nouvelle chanson de protestation.

Malgré les poches de résistance locales, le sujet des déchets nucléaires est très peu présent dans le débat public en Angleterre.

« Les Britanniques sont connus pour leur désintérêt envers l’industrie nucléaire. C’est très difficile de faire s’intéresser les gens à ce sujet, explique Stephen Thomas. Les plus grandes ONG environnementales n’ont même pas de campagne en cours sur les déchets radioactifs en Angleterre. » En effet, contactée par Reporterre, la branche britannique des Amis de la Terre n’a pas voulu commenter : « Nous ne menons actuellement aucune action à ce sujet. »

Un silence bien pratique pour l’industrie nucléaire, explique Adam Vaughan, journaliste du Guardian spécialiste des questions énergétiques, dans un podcast. « C’est un scandale que nous en parlions aussi peu, et c’est très avantageux pour l’industrie nucléaire, surtout au moment où nous débattons du futur de l’énergie. »

Le silence autour du nucléaire permet au gouvernement anglais d’avancer ses ambitions nucléaires – et d’esquiver la question qui doit être au cœur de tout débat autour des déchets, selon David Elliott, auteur du livre Nucléaire ou pas Nucléaire L’énergie nucléaire a-t-elle sa place dans un avenir durable .

« Ces déchets-là n’auraient jamais dû être produits, dit-il. Ça doit être cela, le point de départ de toute discussion. »

6 février 2019 / Eloise Stark (Reporterre) Londres (Grande-Bretagne), correspondance

https://reporterre.net/

Commentaire: C’est pas loin! Moins que Paris!

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05 février 2019 ~ 0 Commentaire

baie de douarnenez

Consultation du public pour la demande d’enregistrement d’une extension d’élevage de porcs au lieu-dit Kervelinge à Plonévez Porzay (EARL Colin)

L’exploitation agricole Colin élève actuellement 39 vaches laitières et produit 1 485 porcs charcutiers par an. Conseillée par la société AVELTIS, elle va abandonner l’activité lait et demander une extension de son élevage porcin à 4 100 porcs charcutiers produits par an.

Il y aura 2 330 tonnes de lisier de porcs en plus des 1 270 tonnes actuelles, soit un total de 3600 tonnes représentant 15 tonnes d’azote (N), soit un excédent d’environ 5 tonnes d’azote par rapport à la situation antérieure. Pour épandre cet azote supplémentaire, il est fait appel à quatre exploitations laitières environnantes.

Alors que le Plan Algues Vertes 2 prévoit une baisse de vingt tonnes d’azote par an, un accord pour cette extension cumulée avec les autres en cours d’instruction reviendrait à autoriser l’épandage de plus de trente tonnes d’azote supplémentaires par an sur le bassin versant de la baie de Douarnenez.

Près de 4 000 personnes ont déjà envoyé le courrier au Préfet. Nous proposons de nous rendre à Quimper vendredi prochain à 11 h pour donner au Préfet la liste papier des signataires.

Jean Hascoet Baie de Douarnenez Evironnement
Alain Uguen Cyberacteurs

http://www.baiedouarnenezenvironnement.com/  

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04 février 2019 ~ 0 Commentaire

bar (le parisien fr3 obs of les echos)

espece pro

Pêche

Doucement sur le bar

Malgré les sévères restrictions de l’Union européenne, le niveau des stocks des bars a atteint un niveau inquiétant en France ; en outre ces carnassiers se reproduisent peu.

La chair blanche de cette espèce, qu’on appelle aussi le loup (en méditerranée: lubina en Espagne blog), est délicieuse mais les stocks sont dans une situation préoccupante en France.

Avec sa chair blanche délicate, le bar fait partie des poissons préférés des Français. Mais en ce moment, mieux vaut cuisiner d’autres mets iodés. L’Institut français de recherche pour l’exploita-tion de la mer (Ifremer) a révélé ce vendredi que le niveau des stocks de ces carnassiers des mers a atteint un niveau inquiétant dans les eaux de métropole. Avec des situations différentes de part et d’autre du 48e parallèle qui coupe le sud de la Bretagne.

Au nord de cette ligne (dans la Manche, la mer du Nord, la mer celtique), le nombre de bars est dangereusement bas. Cette espèce a été beaucoup trop pêchée pendant des années. Ce n’est plus le cas depuis que l’Union européenne a imposé de sévères restrictions. Les pêcheurs ama-teurs doivent désormais remettre leur prise à l’eau cinq mois par an. Le reste de l’année, ils doivent se contenter d’un bar par jour. Pour les professionnels, le chalut pélagique (filet remorqué) est interdit et la taille légale de capture est passée de 36 à 42 cm.

Il ne se reproduit pas avant l’âge de six ans

« Ces mesures ont été efficaces mais il y a une forte inertie et la reproduction n’a pas encore permis au stock de se reconstituer », explique Alain Biseau, le coordinateur expertises halieutiques à l’Ifremer. Et pour cause, ce grand poisson au corps fuselé ne se reproduit pas avant l’âge de six ans.

Au sud du 48e parallèle, on prélève également trop de bars. « Un peu trop, relativise Alain Biseau. Depuis des années, on frôle le niveau du rendement maximal durable. En clair, c’est un signal d’alerte, pas une catastrophe. » Le vrai problème ? Les adultes se reproduisent peu. Pourquoi ? Mystère.

Les chercheurs étudient la qualité de l’eau de l’embouchure des fleuves français. Comme les juvéniles grandissent à l’abri dans les estuaires, il suffit de sources de pollution ou même de fortes pluies qui dessalent le milieu pour que l’équilibre soit rompu.

« Laissez les tranquilles, ce n’est pas la saison ! tonne de son côté Christopher Coutanceau, chef rochelais deux étoiles. En ce moment, les bars se reproduisent sur les frayères. On est en train de vider les océans et même au goût, c’est une mauvaise idée : ils sont fatigués, fibreux, nerveux. »

Aux fans de bar qui voudraient se rabattre sur élevage, attention : « L’aquaculture favorise la surpêche parce qu’on nourrit ces espèces très prisées avec des poissons », pointe Frédéric Le Manach, directeur scientifique de l’ONG spécialiste des ressources halieutiques: Bloom.

BAR

On mange quoi alors ?

On avait enregistré la menace sur le thon rouge et on apprend qu’il est aujourd’hui de retour dans l’Atlantique Nord. On avait fini par adopter le maquereau, qu’on disait disponible en grande quantité, mais on comprend qu’il est surpêché en Atlantique…

Pas facile de manger du poisson durable ? « Il suffit de surveiller la méthode de pêche, tranche Frédéric Le Manach, directeur scientifique de l’ONG Bloom. A la ligne, au casier, au filet, c’est oui. Le chalut, c’est non. » Ces mentions sont obligatoires depuis 2014. On varie également les plaisirs pour ne pas engloutir toujours les mêmes espèces (saumon, cabillaud, thon) et faire ainsi pression sur les stocks. Merlan bleu, vieille, barbue peuvent par exemple se faire une place dans nos assiettes.

Pensez aussi aux « produits de saison », c’est-à-dire des poissons ou des coquilles pêchés à l’âge adulte, en dehors de leur période de reproduction. L’appli MrGoodfish permet de choisir quand manger et quoi. En ce moment, c’est chinchard, bonite, bulot… Petit bémol, cette application liste « des espèces profondes comme la lingue bleue, menacée d’extinction », regrette Frédéric Le Manach.

02 février 2019

http://www.leparisien.fr/

mer

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Un poisson français sur trois est issu de la surpêche : voici les espèces à éviter (L’Obs)

Union européenne. Accord provisoire sur le plan de gestion de la pêche en Méditerranée (OF)

Pêche : menace sur le maquereau européen (Les Echos)

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04 février 2019 ~ 0 Commentaire

climat jeunes (slate)

A Davos, la jeune suédoise Greta Thunberg, à l’origine des grèves scolaires pour le climat, rejoint des lycéens suisses.

« Grève scolaire pour le climat » 

Les lycéens bousculent l’agenda

« Je voudrais qu’ils oublient leur intérêt personnel, pour s’intéresser au climat » : par cette interpellation des dirigeants du monde, à la COP 24 en décembre 2018 puis au forum international de Davos en janvier 2019 la jeune activiste Greta Thunberg, est devenue l’icône d’une jeunesse qui demande un changement radical des politiques environnementales.

En août 2018, cette lycéenne suédoise de 16 ans a commencé à manifester devant le parlement suédois, et fait depuis grève tous les vendredi pour demander une action politique rapide face aux menaces qui pèsent sur l’équilibre de la planète.

Par cet investissement individuel et par ses prises de paroles fustigeant l’immobilisme des adultes, elle a mis en avant la lucidité des jeunes générations sur les risques du réchauffement climatique. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si son message a reçu un écho immédiat en Australie, pays qui subit déjà les conséquences de la modification climatique.

Urgence de l’action

Par sa mobilisation, Greta Thunberg inaugure aussi un mode d’action très particulier et sans précédent. Cette grève scolaire marque à la fois un signal d’alarme sur l’urgence à agir pour le climat et l’importance donnée à l’école. S’agit-il seulement d’une protestation ? Le nom choisi « fridaysforfuture » apparait plus comme un appel à une prise de conscience qu’à un acte nihiliste.

Néanmoins, Greta Thunberg précise « Pourquoi devrions-nous étudier pour un futur qui n’existera bientôt plus, alors que personne ne fait rien pour le sauver ? » Le savoir, c’est l’avenir, mais c’est par l’action que l’on peut sauver la planète.

Phénomène international, les marches « Youth For Climate » sont de plus en plus suivies en Europe, de la Scandinavie à la Suisse, en passant par les Pays-Bas, l’Allemagne, la Belgique ou la Grande-Bretagne. Parallèlement, schoolstrike4climate, le mouvement des grèves scolaires, relaie l’appel de Greta Thunberg à une grève scolaire mondiale le 15 mars 2019.

En France, les marches pour le climat sont rendues inaudibles par le mouvement des gilets jaunes qui monopolise le débat public depuis novembre 2018. La situation française peut même apparaître comme paradoxale entre des gilets jaunes qui semblent mettre en avant « la fin du mois avant la fin du monde » et une jeunesse qui souligne que leur avenir à eux n’aura un sens que si la planète existe encore.

Au-delà des programmes

Ces grèves interrogent l’institution scolaire à plusieurs niveaux. Tout d’abord, c’est une mobili-sation des « jeunes » et des adolescents en lien avec leur statut de lycéens. Leur action veut affirmer l’importance de leur rôle dans la société : ils sont l’avenir de nos sociétés et l’avenir de notre planète est leur avenir. Ensuite, ces protestations mettent à jour l’immobilisme ou les lenteurs des gouvernants sur la question environnementale.

Depuis 2005, l’éducation au développement durable (EDD) est intégrée aux programmes de l’enseignement public et permet d’appréhender la complexité du monde dans ses dimensions scientifiques, éthiques et civiques. Mais cet enseignement apparaît bien en deçà de l’urgence d’une transition écologique. En novembre 2010, l’Unesco avait publié son plan d’action pour faire face, par l’éducation, au changement climatique. Mais les actions de grèves scolaires, tout en reprenant à leur compte les dix-sept objectifs de développement durable publiés par les Nations unies en 2015, bousculent l’agenda prévu.

Les grèves scolaires, par leur singularité, ne sont-elles pas un levier pour une prise de cons-cience réelle, la grève scolaire devenant l’équivalent d’une grève de la faim, et le savoir une nécessité pour survivre, comme la nourriture ?

C’est l’éducation comme moyen d’émancipation qui est aussi interrogée. Comment peut-on faire de l’éducation un outil de transformation sociale, d’émancipation individuelle et collective ? Comment concilier le besoin de penser et d’agir ?

Au-delà de l’éducation au développement durable, une partie de la jeunesse semble avoir trouvé sa propre action pour protester et mettre les gouvernants face à leurs responsabilités.

Sylvain Wagnon  Professeur des universités en sciences de l’éducation, Faculté d’éducation, Université de Montpellier. 3 février 2019

https://theconversation.com/

Lire aussi:

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Australie

Suisse: les étudiants écrivent le prochain chapitre de la grève pour le climat (Le temps)

Belgique: Youth For Climate: ailleurs aussi, ça bouge! (RTBF)

Plus de 40.000 manifestants en Suisse pour le climat (Reporterre)

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04 février 2019 ~ 0 Commentaire

surfeurs le ris (fr3)

Douarnenez : face à pollution de l’eau

Les surfeurs manifestent

La plage du Ris est un spot bien apprécié par les surfeurs. Mais la baignade y sera interdite cette année car l’eau est polluée par les déjections bovines des élevages aux alentours. Face à cette situation inédite, les surfeurs ont manifesté, rejoints par des habitants.

Non à la fermeture de leur spot !
Les surfeurs de Douarnenez sont décidés à protéger la plage du Ris qu’ils apprécient particulièrement pour pratiquer leur sport favori. Le problème ? L’eau est trop polluée et la baignade comme la pêche à pied devraient y être interdites dans le courant de l’année 2019.En cause : une trop grande contamination de l’eau en matière fécales provenant des déjections bovines.

Les selles sont drainées par la pluie dans la rivière du Névet qui se jette ensuite dans la baie de Douarnenez. Selon eux, le contact avec ces bactéries présentes dans l’eau peut entraîner maladies et allergies chez les usagers, notamment les enfants.Comme le dit Yann Le Quéau, « avec nos combinaisons on peut se protéger du froid, par contre one ne peut pas se protéger des microbes. » C’est pourquoi ils ont décidé de manifester leur mécontentement ce dimanche 3 février en fin d’après-midi. Ils ont été rejoints par des riverains sensibles à cette cause environnementale.

Un shooting de la mort 

Une manifestation des plus originale : l’action majeure s’est déroulée dans l’eau. Les surfeurs mécontents ont fait une photo choc. Ils se sont allongés sur leurs planches dans la baie et on simulé une intoxication, jouant les morts flottant sur leurs planches.

Une démonstration qui a attiré l’œil de l’opinion publique. Ce dimanche, ils n’étaient pas seuls : des habitants les ont rejoint pour manifester. Sensibles à la cause de leur baie, ils sont tout aussi opposés à ce que l’on laisse l’eau être contaminée.

Les organisateurs certifient ne viser personne et ne cibler aucun responsable. Le but premier de ce rassemblement est d’interpeller l’opinion publique et les élus. Les surfeurs ne sont pas à leur premier coup d’essai. À la pointe de la Torche, ils avaient déjà manifesté pour des raisons similaires au printemps dernier.

Corentin Bélard 04/02/2019
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Lire aussi

Pollution : les surfeurs s’engagent dans le Finistère 

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04 février 2019 ~ 0 Commentaire

floreal romero (la dérive)

ban
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« Murray Bookchin, décédé en 2006
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Est le fondateur de l’écologie sociale
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Il propose une nouvelle vision politique et philosophique du rapport entre l’être humain et son environnement, ainsi qu’une nouvelle organisation sociale par la mise en œuvre du municipa-lisme ou communalisme libertaire.
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Après la présentation de ce qu’est l’écologie sociale , en faisant un parallèle avec le zapatisme au Mexique et le confédéralisme démocratique au Rojava (Kurdistan syrien), Floréal Romero présentera des alternatives à travers les mouvements sociaux et leurs luttes ainsi que des propositions politiques allant dans le sens de la pensée communaliste de Bookchin.
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Comment créer un mouvement communaliste en Europe? La question sera débattue lors des troisièmes rencontres Internationales de l´écologie sociale à Liège cet automne. Dans le cadre de cette démarche, les nombreuses rencontres proposées nourriront cette réflexion et peut être encourageront la création de groupes de réflexion ! « 
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Floréal Romero cultive des avocats en Andalousie et travaille avec des Amaps en France. Chercheur et promoteur de l´écologie sociale il est l’auteur avec Vincent Gerber de: « Murray Bookchin : Pour une Ecologie Sociale et Radicale » aux éditions du Passager Clandestin, Collection : Précurseurs de la décroissance. Son prochain livre « Ni déplorer ni subir l’effondrement » sortira ce printemps.

Entrée à prix libre. Bar sur place et auberge espagnole à la suite de la conférence.

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VENDREDI 15 FEVRIER à la Dérive Pont Menou, Plouegad Guerand

Conférence de Floréal Roméro sur l’écologie sociale

« Sortir de l’effondrement par le communalisme »

https://pontmenou.jimdo.com/

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02 février 2019 ~ 0 Commentaire

nucléaire (odn)

3 singes nucléaire

Concurrence des catastrophismes

Climat versus nucléaire

Deux risques catastrophiques menacent le vivant et sollicitent notre engagement. Mais, si un nombre croissant de personnes se mobilisent pour « sauver le climat et la planète », ce n’est pas le cas pour l’arrêt du nucléaire. Est-ce justifié ? Tout se passe comme si le risque climatique est utilisé pour faire écran au risque nucléaire….

Manifestations pour le climat, grèves des élèves, communiqués d’ONG, etc, il apparaît que la population, et en particulier parmi les jeunes, est de plus en plus sensible aux conséquences du bouleversement climatique attribué aux activités humaines, qui dès maintenant serait responsable d’une augmentation de la température moyenne de 1°, et de désordres climatiques inquiétants.

D’après le GIEC*, dans les conditions actuelles, cette température pourrait s’accroître encore plus vite, de quelques degrés d’ici quelques dizaines d’années (croissance économique mondiale que rien n’arrête, effets secondaires sur les océans, le permafrost, etc). Comme un « pédalo ivre », notre monde irait dans le mur et vers « l’effondrement ».

Tandis que le lobby pétrolier américain dépense des sommes considérables pour jeter le doute sur les travaux du GIEC et soutenir les « climato-sceptiques », le lobby français et international du nucléaire se frotte les mains et soutient bien sûr le GIEC en prétendant que l’énergie nucléaire est « dé-carbonnée », ce qui bien sûr n’est pas vrai, le cycle de l’atome nécessitant le recours à beaucoup d’énergie fossile. Nous sommes donc de toutes façons manipulés.

Les dégâts déjà présents, et surtout à venir du bouleversement climatique sont suffisamment connus pour qu’il ne soit pas nécessaire d’y revenir ici. Par contre ceux dus aux 2 400 bombes atomiques qui ont explosé à titre d’essai, comme ceux dus au fonctionnement normal et aux catastrophes du nucléaire dit civil de produc-tion électrique, ou encore ceux dus aux armes conventionnelles utilisées dans les guerres récentes ou en cours équipées de tête d’uranium, sont passées sous silence de façon à ne pas inquiéter le public.

Et pourtant il y a de quoi s’inquiéter malgré les mensonges du lobby du nucléaire français et international. Qu’on en juge :

- Officiellement Tchernobyl n’aurait fait qu’un nombre limité de victimes, suivant les sources, de quelques dizaines à quelque milliers passant sous silence le calvaire des centaines de milliers de liquidateurs. Sauf qu’une équipe de l’Académie des sciences de New York de médecine de New York, compilant en 2010, quelque 5 000 documents d’URSS ont estimé à près d’un million le nombre de morts.

- A la demande de députés écologiques européens, un cabinet d’étude le CERI* a évalué la mortalité liée au nucléaire à 61 millions de victimes, et c’était en 2003. Combien aujourd’hui car l’épidémie de cancers et leucémies sensible depuis les années 60 et 70 perdure, épidémie liée essentiellement au nucléaire militaire et civil, et à la chimie (pesticides auxquels s’attaque le mouvement des « Coquelicots »). Dans leur travail les experts du CERI ont pris en compte non seulement la mortalité directe, mais aussi les dégâts sur la santé dus à de faibles, et même de très faibles doses de contamination.

- On sait maintenant scientifiquement que l’ADN de tout le vivant a été touché, et que les anomalies génétiques provoquées par la contamination radioactive de nos organismes sont transmissibles aux générations suivantes.

- Enfin le public sait-il qu’après les catastrophes de Tchernobyl et de Fukushima, les populations sont contraintes de vivre en zone contaminée. La dangerosité étant niée, il leur est refusé que soient distribués les soins qui pourraient alléger les souffrances, celle des enfants en particulier (c’est le programme « ethos/Core** » dont les leaders français du nucléaire sont responsables).

En effet pour les nucléocrates, vivre dans le « jardin nucléaire » est un « challenge » bénéfique, car c’est la peur du nucléaire, la nucléophobie, qui rend tout le monde malade ! Pas question donc de soigner tous les enfants accablés de maladies de vieux puisque c’est psychologique : ils ressentent l’angoisse des parents. Certes, les résistants obstinés de l’institut Belrad, soutenus par l’ETB*, ont établi un lien direct entre la contamination par le Césium 137, et les atteintes à la santé qui concernent 4 enfants sur 5 des zones contaminés. Mais cet institut est asphyxié, neutralisé, on lui retire les moyens de travailler, l’horreur nucléaire ne tolère pas la vérité….

Est-ce ainsi que nous serons traités en cas de catastrophe? C’est bien probable, ce que nos leaders nationaux ont réussi à imposer au-delà de nos frontières le sera aussi chez nous.

Pourquoi n’entendons-nous pas davantage parler du risque de catastrophe nucléaire en France et ailleurs ?

En France en particulier nous sommes dirigés par des élites tributaires d’idéologie productivistes qui s’obstinent dans une impasse économique et écologique. Nous sommes menacés par des réacteurs vieillissants, équipés de pièces défectueuses fabriquées au Creusot, entretenus avec des budgets réduits faisant appel à la sous-traitance et recourant au mensonge généralisé. Mais les partis de gouvernement, les grands médias, s’en remettent à nos « experts » du Corps des Mines chargés depuis de Gaulle de promouvoir le nucléaire militaire et civil au nom de la « grandeur de la France», quel qu’en soit le prix et les conséquences pour la population.

Il apparaît alors une grande différence entre la prise de conscience du risque climatique et celle du risque nucléaire :

Le risque climatique est largement médiatisé par les rapports du GIEC et il bénéficie du soutien de l’Agence internationale pour l’énergie atomique, ces deux structures bénéficiant du prestige de l’ONU dont elles relèvent. A cela s’ajoute en France le cocorico de la Cop21 de Paris, l’engagement des écologistes associatifs et politi-ques.

Rien de tout cela pour dénoncer les mensonges et les horreurs du nucléaire civil et militaire, cette tâche incombe aux groupes spécifiquement antinucléaires, et il ne leur est pas facile d’accéder aux grands médias et de toucher un large public au-delà des cercles militants.

Il y aurait-il manipulation ? Pendant que l’opinion se focalise sur le climat, l’État peut consacrer au sauvetage du nucléaire, les sommes considérables qui seraient si utiles pour lancer des programmes d’isolation des logements, de sobriété énergé-tique, de développement des renouvelables. Ainsi 8 milliards d’euros ont été enga-gés pour sauver Areva (devenue Orano) et EDF de la faillite, et ce en plus des bud-gets consacrés annuellement au nucléaire (force de frappe pour laquelle un plan pluriannuel vient de prévoir 35 milliards pour la rajeunir, gestion des déchets, recher-che…), assurant ainsi notre grandeur et justifiant notre siège au Conseil de Sécurité.

La catastrophe nucléaire qui toucherait des dizaines de millions de personnes ne relèguerait-elle pas le risque climatique au 2nd rang ?

Sait-on que le scénario de la catastrophe est déjà écrit dans la loi française, que c’est l’armée qui gérera les flux de population pour prévenir la fuite des centaines de milliers de personnes affolées, qu’il est prévu de tolérer pour tous une radioactivité 20 fois plus élevée que la norme actuelle pourtant déjà excessive, les maladies de vieillesse toucheront toutes les générations, qu’il naîtra des bébés monstrueux ?

Au nom du « rayonnement de la France ».

Seule la France s’obstine, alors que les pays voisins se désengagent du nucléaire au bénéfice des renouvelables. Même la Chine, pourtant fer de lance du nucléaire, développe beaucoup plus le solaire et l’éolien que le nucléaire. Le déclin mondial de cette technologie obsolète est largement amorcé**.

Face à la barbarie du nucléaire comment sensibiliser le public et l’amener à exiger l’arrêt du nucléaire ? Le nucléaire n’est-il pas la plus mauvaise et la plus dangereuse façon de faire bouillir de l’eau pour produire de l’électricité ? Et pour quelques dizai-nes d’années de confort électrique est-il raisonnable de contaminer la planète pour des centaines de milliers d’années alors que le nucléaire n’assure finalement que quelque 2 % de l’énergie consommée dans le monde…

Pierre Péguin, , février 2019

Observatoire du nucléaire

GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat

CERI, Comité Européen sur le Risque de l’Irradiation, recommandations 2003

ETB, Enfants Tchernobyl Belarus, créé par Solange et Michel Fernex après Tchernobyl

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/

 

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02 février 2019 ~ 0 Commentaire

déchets nucléaires (reporterre)

Aucun pays au monde

Ne sait quoi faire de ses déchets radioactifs, constate Greenpeace

L’industrie électronucléaire génère des milliards de tonnes de déchets plus ou moins radioactifs, s’alarme l’ONG dans un rapport. Les pays nucléarisés misent sur l’enfouissement des déchets les plus dangereux. Mais aucun projet n’a encore abouti.

« Il n’y a pas un pays où la gestion des déchets radioactifs fonctionne.

Chacun s’interroge sur comment les traiter. Avec, en France, le cas particulier du retraitement des combustibles nucléaires usés. » Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire de Greenpeace France, résume ainsi le rapport « La crise mondiale des déchets radioactifs », publié mercredi 30 janvier par l’organisation.

En une centaine de pages, six experts indépendants sur le nucléaire — Robert Alvarez (États-Unis), Hideyuki Ban (Tokyo), Miles Goldstick (Suède), Pete Roche (Écosse), Bernard Laponche et Bertrand Thuillier (France) — dressent l’inventaire mondial des déchets radioactifs et passent en revue les stratégies de gestion de sept pays : la Belgique, la France, le Japon, la Suède, la Finlande, le Royaume-Uni et les États-Unis.

Des déchets radioactifs qui s’accumulent de la mine au réacteur

L’industrie électronucléaire produit des déchets à chaque étape du processus, insistent les auteurs du rapport.

La première, l’extraction de l’uranium, laisse derrière elle des terrils de déchets qui « menacent les populations locales en raison du dégagement de gaz radon et des eaux d’infiltration qui contiennent des déchets radioactifs et toxiques ».

La seconde, le traitement de l’uranium, avait engendré en 2011 2,3 milliards de tonnes de boues radioactives très fines. Enfin, son enrichissement a laissé sur les bras des producteurs 1,7 million de tonnes d’uranium appauvri.

Mais le rapport s’intéresse particulièrement aux 250.000 tonnes de combustible nucléaire usé, hautement radioactif, réparties dans quatorze pays. Chaque année, 12.000 tonnes de combus-tibles usés supplémentaires, issues des réacteurs en fonctionnement, s’ajoutent à ce stock. Enfin, dans les prochaines décennies, le démantèlement des quelque 450 réacteurs nucléaires actuellement en fonctionnement dans le monde engendrera des millions de mètres cubes de déchets de moyenne, faible ou même très faible activité radioactive.

Pas de solution satisfaisante de gestion à long terme

«L’utilisation de l’énergie nucléaire pour produire de l’électricité au cours des soixante dernières années a créé une situation de crise pour les déchets nucléaires, pour lesquels il n’existe aucune solution à l’horizon, mais qui nécessiteront une gestion et un entreposage sûrs, puis un stockage définitif pendant des centaines de milliers d’années », lit-on dans le rapport.

Dans les pays étudiés, la piste du « stockage géologique » — comprenez l’enfouissement définitif à grande profondeur — est privilégiée pour les déchets les plus radioactifs, donc les plus dangereux.

C’est le cas en France, où l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) a ouvert un laboratoire à Bure (Meuse), à l’emplacement où elle souhaite construire le centre d’enfouissement Cigéo. Un projet vertement critiqué dans le rapport, en raison de risques d’explosion, d’incendie, d’infiltrations d’eau et d’irréversibilité du stockage.

Las, « nulle part dans le monde, un stockage souterrain viable, sûr et durable à long terme n’a été mis en place », soulignent les auteurs.

  • La Belgique envisage un enfouissement dans la région de Mol, dans le nord-est du pays. Mais le rapport signale des « risques inhérents et multiples » au projet : profondeur trop faible, ventilation à côté de zones habitées, etc.
  • Au Japon, un centre de recherche sur le stockage des déchets radioactifs a été installé à Horonobe, sur l’île d’Hokkaido. Mais la zone est hautement instable et regorge de fissures souterraines. « Aucun site approprié sans risque sismique n’a été identifié » et « 21 gouver-neurs de préfecture sur 46 » ont déjà refusé d’accueillir des recherches sur l’enfouissement, lit-on dans le rapport.
  • En Suède et en Finlande, les projets sont un peu plus avancés, sans avoir encore abouti. En 2018, l’Autorité suédoise de sûreté radiologique a approuvé le projet d’enfouissement en couche granitique prévu à Forsmark, sur la côte nord de la Baltique, à condition de trouver une solution au risque de corrosion du cuivre des conteneurs. En Finlande, l’installation en construction à Onkalo n’est pas non plus achevée.
  • Concernant le Royaume-Uni, le rapport évoque la « sixième tentative du gouvernement britannique en quarante-deux ans pour trouver une collectivité disposée à accueillir un site d’enfouissement des déchets radioactifs ». Le comté qui abrite le complexe nucléaire de Sellafield a dénoncé un projet « fondamentalement vicié ». Sans solution, le Royaume-Uni s’est tout de même lancé dans la construction de nouveaux réacteurs EPR à Hinkley Point.
  • Enfin, les États-Unis, qui abritent 30 % du stock mondial de combustibles nucléaires usés, ont dû renoncer à leur projet d’installation souterraine à Yucca Mountain, « annulée par l’administration Obama en 2010 en raison du problème de l’acceptation scientifique et publique du projet ».

Avant même leur mise en service, ces projets s’annoncent extrêmement coûteux.

En France, fin 2013, la Cour des comptes estimait le coût de la gestion à long terme des déchets radioactifs à 32 milliards d’euros, auxquels s’ajoutaient les 16 milliards d’euros annoncés par EDF pour la gestion des combustibles nucléaires usés. Le coût de Cigéo, lui, a été fixé par décret à 25 milliards d’euros alors qu’il avait été évalué à 35 milliards d’euros par l’Andra. Dans les autres pays, les évaluations des coûts de gestion s’échelonnent de 8 à 10 milliards d’euros pour la Belgique à 100 milliards d’euros pour les États-Unis, selon les chiffres avancés dans le rapport.

Le stockage en subsurface, la solution ?

L’ONG dénonce ces projets d’enfouissement comme périlleux et coûteux, et plaide pour le stockage à sec en subsurface. « Par exemple, dans des hangars creusés dans des collines, développe Bernard Laponche.

Évidemment, ces lieux devraient être surveillés, mais c’est aussi le cas des centres de stockage déjà existants : celui de Soulaines, qui devra encore être surveillé 300 ans, et celui de La Manche, qu’il faudrait surveiller encore 800 ans pour pallier le risque de contamination. En outre, cette surveillance devra être couplée à des travaux de recherche sur la réduction de la nocivité et sur la durée de vie des déchets radioactifs. »

Ce choix à faire devrait être au menu du débat public sur la gestion des déchets radioactifs, qui devrait débuter en avril 2019, après plusieurs reports. Avec ce rapport, Greenpeace témoigne de sa volonté d’apporter son point de vue sur la question.

EN FRANCE, L’IMPASSE DU RETRAITEMENT

« La France est le seul pays qui pratique encore le retraitement des combustibles nucléaires usés », rappelle Bernard Laponche. Ce processus, dénoncé comme polluant, inutile et coûteux par l’ONG, est mis en œuvre à l’usine Orano de La Hague.

Du combustible nucléaire usé, entreposé en piscines, sont extraites deux matières radioactives : de l’uranium issu du retraitement (URT) et du plutonium. L’URT n’est pas réutilisé et est entre-posé à Pierrelatte ; le plutonium est mélangé à de l’uranium appauvri pour produire un nouveau combustible, appelé Mox. La majorité des autres pays nucléarisés, eux, classifient les combustibles usés comme déchets et les entreposent tels quels.

Problème, le retraitement produit une ribambelle de déchets différents. Les plus connus sont les produits de fission, les actinides mineurs et les déchets métalliques, entreposés à La Hague dans des colis. Mais ils ne sont pas les seuls.

« Pour une tonne de combustible nucléaire usé, ce sont 65 tonnes de déchets radioactifs qui sont créées explique Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire à Greenpeace. Les filtres, les huiles, l’acide qui sert à la dissolution… Au lieu de maintenir toutes les substances radioactives dans le combustible usé, on les cisaille. »

La filière de retraitement a pourtant de beaux jours devant elle : dans sa dernière mouture, le projet de programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) annonçait son maintien jusqu’en 2040, ainsi que des travaux pour rendre possible l’utilisation de combustible Mox dans certains réacteurs nucléaires récents.

1er février 2019 / Émilie Massemin (Reporterre)

https://reporterre.net/

 

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01 février 2019 ~ 0 Commentaire

lycéen(ne)s allemagne (npa)

jeunes

Allemagne

Les lycéenEs réchauffent le climat social

10 000 lycéenEs ont manifesté vendredi 25 janvier à Berlin, malgré un froid glacial, contre le réchauffement climatique et pour une sortie du charbon la plus rapide possible. Dans toute l’Allemagne (une cinquantaine de villes), ils étaient à nouveau plusieurs dizaines de milliers pour ce deuxième vendredi d’affilée à « faire grève » et sécher les cours pour descendre dans la rue

Ces manifestations, sous le slogan Fridays for Future (« Vendredis pour l’avenir ») sont inspirées par Greta Thunberg, une jeune militante écologiste suédoise qui vient d’avoir 16 ans et pratique cette « grève de l’école » depuis l’été dernier.

Elle a déclaré devant la COP24 : « Notre civilisation est sacrifiée pour permettre à un très petit nombre de personnes de continuer à gagner énormément d’argent […] Et si les solutions au sein du système sont à ce point impossibles à trouver, nous devrions peut-être changer le système lui-même. »

Elle n’a pas mâché ses mots non plus au Forum mondial de Davos 

« Certaines personnes, certaines entreprises, et certains responsables politiques en particulier savent très précisément quelles valeurs inestimables ils ont sacrifiées afin de gagner des sommes d’argent inimaginables. Et je pense que beaucoup d’entre vous, aujourd’hui présents, font partie de ce groupe de personnes. » En Suisse et en Belgique aussi, des dizaines de milliers de jeunes sont descenduEs dans la rue.

Engraisser encore les pollueurs ?

La manifestation à Berlin s’est tenue devant les assises d’une « commission sur le charbon»1 du gouvernement d’Angela Merkel qui doit décider de l’avenir des centrales thermiques et à laquelle participent politiciens, directions syndicales, ONG écologistes et organisations patronales : la fameuse « concertation» à l’allemande !

Au moment où nous écrivons, cette commission n’a pas fini de siéger, mais on a déjà eu vent d’environ 50 milliards d’euros que les contribuables devraient payer – en grande partie au titre de dédommagements versés aux trusts énergétiques pour des fermetures dites anticipées de centrales thermiques. D’ailleurs le cours en bourse du trust RWE, connu pour ses centrales au lignite2 particulièrement polluantes, a augmenté de 25 % depuis fin octobre dernier grâce à cette perspective de « sortie du charbon » à la sauce Merkel !

Sortir du charbon ou sortir du capitalisme ?

Dans la coordination au niveau national des Fridays for Future, on trouve une partie des ONG écolos qui participent à cette commission (en particulier Greenpeace) ou encore l’organisation de jeunesse du Parti Vert en Allemagne.

Ce dernier, bien que très institutionnel et qui participe à des gouvernements régionaux, a fait quelques bonds récents sur le terrain électoral, tandis que face à l’émergence sur ce même terrain de l’extrême droite (AfD), le SPD (sociaux-démocrates) comme les partis traditionnels de droite (CDU/CSU) accusaient des pertes sévères.

C’est en votant pour ces Verts, qui ont quelque peu rajeuni leur look, qu’une partie non négligeable de l’électorat a signifié son rejet des réactionnaires racistes d’extrême droite.

Au-delà des préoccupations écologiques, profondes et légitimes, il semble bien que des milliers de jeunes, et souvent très jeunes, se politisent et ne soient pas prêts à se borner à un lobbying auprès des ministères et autres commissions gouvernementales.

Il semble bien qu’ils s’inspirent plutôt du franc-parler de Greta Thunberg et partent à la recherche de moyens pour « changer le système lui-même » plutôt que seulement le climat. Ce qui veut dire s’attaquer à sa nature capitaliste.

Toni Robert Jeudi 31 janvier 2019

https://npa2009.org/

  • 1. De son nom officiel « Commission pour la croissance, le changement structurel et l’emploi ».
  • 2. L’Allemagne est le premier producteur mondial de ce charbon qui émet deux fois plus de dioxyde de carbone lors de la production d’énergie électrique que le gaz naturel. L’été dernier, il y a eu de grandes manifestations contre une déforestation envisagée par RWE pour sa mine de lignite à Hambach en Rhénanie.
  • Lire aussi:

« Youth for Climate ». En Belgique, la jeunesse se mobilise en masse pour le climat (RP)

31/01 : Nouvelle grève des jeunes pour le climat réussie! Combinons l’enthousiasme de la jeunesse à la force de frappe des travailleurs ! (PSL)

Impressionnante manifestation des jeunes pour le climat : 35.000 à Bruxelles (PSL)

Entrer en résistance climatique avec Greta (A l’Encontre.ch)

Belgique-climat: «La marche du jeudi» s’installe (A l’Encontre.ch)

 

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