Archive | Ecologie & climat

07 février 2018 ~ 0 Commentaire

parc nucléaire (europe1 + of)

Parc nucléaire français : « Ce que nous avons vu est catastrophique et très inquiétant »

Pour Thierry Gadault, co-auteur de « Nucléaire Danger immédiat », les autorités taisent la réalité de l’état du parc nucléaire français, dont la majeure partie des réacteurs s’apprête à dépasser les 40 ans.

Leur constat est édifiant. Thierry Gadault et Hugues Demeude livrent dans Nucléaire Danger immédiat, à paraître chez Flammarion mercredi, une enquête particulièrement inquiétante sur l’état du parc nucléaire français. Ils y pointent notamment l’état du site de Tricastin dans la Drôme, mis en service en 1980, et décrit par les auteurs comme « la pire centrale du pays ».

Tricastin, (très) mauvaise élève. « Il apparaît que le réacteur 1 de Tricastin est celui qui cumule le plus grand nombre de défauts, les défauts les plus dangereux. Le poursuivre au- delà de 40 ans serait prendre des risques inconsidérés », explique Thierry Gadault, invité lundi de la matinale d’Europe 1, alors que l’Autorité de sûreté nucléaire a fait arrêter la centrale en octobre dernier. « C’était sur un problème lié à la structure de la digue qui surplombe le canal [Tricastin est située en-dessous du canal de Donzère-Mondragon, ndlr]. En cas de séisme très fort, il y avait un risque que la digue s’effondre et que le canal inonde la centrale », pointe-il.

Le silence des autorité. Surtout, le journaliste dénonce le silence des autorités autour de la situation du nucléaire français. « EDF a fait une conférence de presse la semaine dernière sur son parc nucléaire, avec une langue de bois qui datait des années 1970. Le message c’était : circulez, tout va bien il n’y a rien à voir. Nous sommes allés voir et ce que nous avons vu est catastrophique et très inquiétant », avance-t-il, pointant notamment l’âge des installations.

Le système nucléaire français a développé une culture du mensonge et de la dissimulation depuis plus de 50 ans

Une limite d’âge inquiétante.  « Il n’y a pas eu d’investissements considérables, ce qu’il y a eu c’est du rafistolage, de la maintenance courante, qui a été bâclée dans les années 2000 pour des raisons financières ». Thierry Gadault s’alarme ainsi de la limite des 40 ans, que s’apprêtent à dépasser les deux-tiers du parc nucléaire français d’ici 2025. « Cette limite est une limite sur la structure de l’acier des cuves, parce que l’acier se modifie au fil du temps et se fragilise. Si cette limite a été fixée c’est pour des raisons de sûreté. Ne pas respecter cette limite, c’est rentrer dans un domaine inconnu et prendre tous les risques ».

Thierry Gadault pointe l’état inquiétant selon lui des centrales de Fessenheim, Le Bugey, Saint-Laurent-des-Eaux, Gravelines et Blayais, mais aussi des structures plus récentes. « Sur les générations suivantes, on voit qu’il y a des problèmes à Civaux, à Chouzé-sur-Loire et à Flamanville ». Pour lui, l’Autorité de sûreté nucléaire contribue à alimenter l’opacité sur l’état de ces structures. « Elle fait partie du système nucléaire français qui a développé une culture du mensonge et de la dissimulation depuis plus de 50 ans, et qui s’est traduit par les informations sur ce qui s’est passé autour de Tchernobyl et sur les accidents nucléaires graves qui ont eu lieu à Saint-Laurent-des Eaux. Nous avons eu des accidents nucléaires graves avec du relâchement de plutonium dans l’environnement et dans la Loire, tout cela a été caché pendant des années ».

05 février 2018

brennilis

Brennilis: en cours de démantèlement

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05 février 2018 ~ 0 Commentaire

semences (grain)

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Le Collectif des Semences d’Amérique Latine présente le documentaire « Semences : bien commun ou propriété des entreprises ? »

Produit conjointement par huit organisations d’Amérique Latine et édité par Radio Mundo Real, le documentaire « Semences : bien commun ou propriété des entreprises ? » expose les expériences et les luttes des mouvements de défense des semences locales en Amérique Latine, actifs en Équateur, au Brésil, au Costa Rica, au Mexique, au Honduras, en Argentine, en Colombie et au Guatemala.
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Les grandes protagonistes du documentaire sont les semences locales des communautés paysannes et des peuples indigènes.
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Le documentaire traite de la défense de ces semences en tant que partie intégrante de la défense du territoire, de la vie et de l’autonomie des peuples : la relation entre les femmes indigènes et les semences locales, l’échange de semences dans les communautés, l’histoire de l’origine du maïs, la valeur sacrée des semences, les cérémonies maya sur leur importance, le commerce et les échanges, et les expériences locales de collecte et de gestion des semences.
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Sont également présentées les luttes contre les lois sur les semences, contre l’UPOV 91 et contre l’imposition de semences transgéniques, la dénonciation de la dévastation qu’elles impliquent, et la résistance aux fumigations et à l’expansion de l’agro-industrie.
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Le documentaire est disponible en espagnol avec sous-titres français, anglais et portugais. [1] Nous vous invitons à le regarder et à le partager pour continuer à défendre les semences en tant qu’héritage des peuples au service de l’humanité sur le chemin de la souveraineté alimentaire.
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Le Collectif des Semences d’Amérique Latine se compose de:
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ANAFAE, REDSAG, Red de Biodiversidad, Grupo Semillas, Acción Ecológica, Articulación Nacional de Agroecología, Acción por la Biodiversidad et GRAIN.
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 29 janvier 2018
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04 février 2018 ~ 0 Commentaire

nucléaire livre (jdd)

nuklear

Nucléaire : le livre qui met à mal la sûreté des centrales françaises

« Ça y est, nous y sommes. Aux quarante ans. D’ici à 2028, 48 réacteurs [sur 58 en service en France] – ceux du palier de 900 MW et une partie des réacteurs de 1.300 MW – vont atteindre cet âge canonique. Depuis le milieu des années 2000, en raison de ses difficultés financières qui l’empêchent d’investir dans de nouveaux moyens de production, EDF demande, réclame, impose même, que l’ensemble de ses centrales nucléaires soient autorisées à fonctionner au-delà des quarante ans, et prolongées de vingt ans.

[…] [Parmi les éléments qui vont] déterminer la prolongation ou l’arrêt des cuves : ont-elles des malfaçons, d’origine ou apparues avec le temps, qui compromettent la sûreté? C’est l’un des plus grands secrets de l’industrie nucléaire en France. [...] Selon EDF, 10 cuves en exploitation ont des fissures qui datent de leur fabrication.

Un séisme à Tricastin pouvait aller vers « un accident de type Fukushima »

[...] Tricastin, avec son réacteur 1, est la pire centrale du pays. Ce réacteur cumule tous les problèmes : défauts sous revêtement, absence de marge à la rupture, et dépassement des prévisions de fragilisation à quarante ans!

Sans oublier le risque d’inondation catastrophique en cas de séisme, comme l’a relevé en septembre 2017 l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui a arrêté d’office le fonctionnement des quatre réacteurs de la centrale en attendant qu’EDF fasse, enfin, les travaux de renforce- ment de la digue du canal de Donzère-Mondragon.

La centrale est en contrebas du canal, à 6 m en dessous du plan d’eau. Pierre-Franck Chevet, le président de l’ASN, nous a confié « qu’en cas de séisme fort on pourrait aller vers une situation, avec quatre réacteurs simultanés en fusion, qui ressemble potentiellement à un accident de type Fukushima. EDF a trouvé l’arrêt immédiat de la centrale pour réaliser ces travaux injustifié, moi je le trouve justifié. »

3 février 2018

Le JDD publie en avant-première des extraits de Nucléaire, danger immédiat, un livre d’enquê- te qui conteste le dogme de la sûreté et de la rentabilité des centrales françaises. Au premier rang des préoccupations : l’état alarmant de plusieurs cuves, qui renferment le cœur des réacteurs.

Nucléaire, danger immédiat. Thierry Gadault et Hugues Demeude, Flammarion, 286 p., 21 euros. À paraître mercredi 7 février.

http://www.lejdd.fr/

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04 février 2018 ~ 0 Commentaire

epr (le parisien)

le monde

EPR de Flamanville : quatre questions sur une catastrophe industrielle

Sept ans de retard et un devis qui a triplé en dix ans : le chantier de l’EPR de Flamanville a reçu vendredi la visite de Sébastien Lecornu, secrétaire d’Etat de Nicolas Hulot.

Après la centralede Fessenheim (Haut-Rhin) et le futur site d’enfouissement de déchets à Bure (Meuse), le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique, Sébastien Lecornu, a visité vendredi dans le Cotentin (Manche) le centre de retraitement de la Hague et l’EPR de Flamanville. Une tournée des grands ducs du nucléaire avant le débat public sur la prochaine programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), lancée ce printemps. Elle doit fixer le nombre et le calendrier de fermetures des réacteurs les plus anciens. Le point sur un dossier clé pour EDF et politiquement sensible.

1. Quand l’EPR de Flamanville entrera-t-il en service ? 

« Notre objectif est de faire en sorte que nous puissions charger le combustible nucléaire dans la cuve au mois de décembre, a précisé le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy. Le calendrier est tendu, mais nous y sommes habitués. » Trois jours plus tôt, Pierre-Franck Chevet, le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), avait aussi émis des doutes sur ce calendrier. La mise en service commerciale ne pourra de toute façon avoir lieu qu’après la fermeture de Fessenheim, prévue en 2019.

2. Au final, combien coûtera l’EPR ?

Démarré en avril 2007, l’EPR devait coûter 3,3 Mds€ et entrer en service en 2012. Sauf que le chantier a accumulé les déboires, dont le point culminant fut en avril 2015, après la découverte par l’ASN d’une anomalie dans l’acier du couvercle et du fond de la cuve du réacteur. En juin 2017, EDF obtient de l’ASN l’autorisation d’exploiter la cuve, mais la confiance dans la technologie de l’EPR s’est érodée. La facture a explosé : autour de 11 Mds€.

3. La France construira-t-elle un second EPR ?

EDF l’envisage sérieusement, probablement dans la Manche, où le nucléaire est bien accepté. EDF ne compte d’ailleurs pas s’arrêter là. En 2017, Jean-Bernard Lévy plaidait pour la mise en service dans l’Hexagone « d’une trentaine de nouveaux EPR entre 2030 et 2050 ». Une pro- vocation? « Nous allons pour cela réduire les coûts de cet EPR nouveau modèle afin qu’il soit plus compétitif », plaidait Xavier Ursat, ancien patron de l’hydraulique devenu celui des projets EPR.

4 Combien d’anciens réacteurs seront fermés ? 

La bataille fait rage entre EDF et l’Etat, son actionnaire principal (83,5 %). Si ce dernier a reporté de 2025 à 2035 son objectif de réduire la part du nucléaire dans la production d’élec- tricité de 75 % à 50 %, EDF a indiqué mardi dernier, par la voix de Philippe Sasseigne, le directeur du parc nucléaire français, «ne pas souhaiter arrêter d’autres réacteurs avant 2029». Ce qui n’a pas manqué d’irriter Nicolas Hulot, le ministre de la Transition énergétique qui, en juillet 2017, avait évoqué la fermeture de 17 réacteurs. Avant que l’Etat ne tranche le débat, Sébastien Lecornu a souhaité un « dialogue franc et sincère » avec EDF. « Il est temps, a-t-il conclu comme un avertissement, d’avoir une relation mature. »

Où entreposer le combustible nucléaire ?

Deux mois de grève, un changement de nom effectué il y a quelques jours seulement… C’est dans un contexte agité que Sébastien Lecornu a visité vendredi, en compagnie d’une déléga- tion de députés et de sénateurs, l’usine de retraitement du combustible usé d’Orano (ex-Areva) de la Hague.

Ouvert il y a quarante ans, la Hague est devenu le plus grand complexe de « recyclage » de combustible nucléaire usé au monde.

Une véritable « machine à laver » géante du nucléaire où arrivent 1 200 t de déchets par an, en provenance des 19 centrales d’EDF, mais aussi de très nombreuses centrales dans le monde. Sur place, le secrétaire d’Etat a insisté sur la nécessité d’avancer sur la question des déchets radioactifs. « 96 % des combustibles usés sont réutilisés pour l’électricité, a-t-il rappe- lé. Mais il reste à traiter les 4 % non réutilisables. » Sauf que les piscines sont pleines à ras bord. EDF projette donc de construire une nouvelle piscine d’entreposage du combustible nucléaire usé en France. Pour l’instant, le site est encore à l’étude.

Erwan Benezet 03 février 2018

http://www.leparisien.fr/

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04 février 2018 ~ 0 Commentaire

strasbourg nucléaire (france bleu)

nuclear reactor

Strasbourg : ils distribuent des kits contre un accident nucléaire à la centrale de Fessenheim

Malgré la fermeture programmée de la centrale nucléaire de Fessenheim, les militants de Stop Transports – Halte au Nucléaire ne lâchent rien. Samedi à Strasbourg, ils ont distribué des kits un peu originaux pour se protéger d’un accident nucléaire.

La centrale nucléaire de Fessenheim doit fermer fin 2018 – début 2019. Malgré cette promesse du gouvernement, les membres de Stop Transports – Halte au Nucléaire se sont encore mobilisés samedi à Strasbourg. Ils ont distribué des kits plutôt étonnants pour se protéger d’un éventuel accident nucléaire.

L’ironie pour sensibiliser

Ils étaient une dizaine de militants samedi à distribuer des petits sacs en papier aux passants qui voulaient bien s’arrêter. A l’intérieur, chacun pouvait y trouver un masque et un bonbon. Voilà un parfait kit anti-nucléaire. « Bien sûr c’est ironique, » s’amuse Florence, une des mem- bres du collectif. « C’est un moyen de dire aux gens que, de toute façon, on ne peut pas se protéger contre un accident nucléaire. » Une manière, pour Florence, de dénoncer l’arrogance de tous ceux qui prétendent qu’aucun problème ne peut arriver.

Certains passants reçoivent bien le message, comme Myriam : « Beaucoup de citoyens sont conscients qu’on ne pourrait pas grand chose contre un accident nucléaire mais on préfère ne pas y penser. » En revanche, d’autres ont plus de mal à saisir : « Je n’habite pas à Fessenheim, j’avoue que ça m’est un peu égal, » confie Eric. Enfin « certaines personnes pensent qu’il s’agit d’un vrai kit et qu’il y a vraiment eu un accident à Fessenheim ! » s’exclame Jean-Marie. Au moins, ces citoyens apeurés prennent le temps de s’arrêter et de discuter avec les militants.

En tous cas, même si l’annonce de la fermeture de la centrale de Fessenheim est une bataille de gagnée pour les membres de l’association, leur guerre contre le nucléaire continue.

samedi 3 février 2018  Maxime Nauche

https://www.francebleu.fr/

Commentaire: Ouf, à Brest, çà ne peut pas arriver! On n’a pas de vilain nucléaire civil, mais du gentil nucléaire militaire. On a même distribué des pastilles d’iode, à prendre d’urgence dès que Vladimir Poutine il tousse!

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02 février 2018 ~ 0 Commentaire

métaux rares (libération)

voiture-oui-oui

Métaux rares : «Un véhicule électrique génère presque autant de carbone qu’un diesel»

Les métaux rares, qu’est-ce que c’est ?

L’Union européenne fournit une liste de 27 matières premières rares (phosphore, cobalt, hélium, etc.), dont de nombreux métaux. Ce sont des minerais présents en quantité infime dans la croûte terrestre. Ils sont naturellement mélangés à d’autres métaux plus abondants (fer, aluminium, etc.). Pour en obtenir quelques kilos, il faut extraire des tonnes de terre. Les scientifiques parlent de rareté géologique mais aussi industrielle. Certains métaux abondants peuvent devenir rares si la demande explose.

A quoi servent-ils ?

Grâce à leurs propriétés chimiques uniques, ce sont les vitamines de la transition énergétique et numérique, le pétrole du 21è siècle. Sans métaux rares, nos téléphones portables feraient la taille d’une brique, n’auraient ni écran tactile ni vibreur. Sans eux, impossible de propulser un TGV à 500 km/h. C’est hallucinant, ils nous ont envahis. Notre futur high-tech sera toujours plus tributaire de ces minerais dont la production ne cesse de croître.

Quel est le principal pays producteur de métaux rares ?

La Chine a le leadership sur la production d’une ribambelle d’entre eux. Elle contrôle notam- ment 95% de la production mondiale de terres rares. En 1992, Deng Xiaoping (numéro un de la Chine de 1978 à 1992) aurait dit de façon prémonitoire, «le Moyen-Orient a le pétrole, la Chine a les terres rares». Historiquement, les Etats-Unis étaient leader sur le marché. Mais avec la prise de conscience écologique des années 80, les Occidentaux ne veulent plus de mines chez eux. Extraire des métaux rares est trop sale et coûteux en énergie.

Les Chinois, dans une quête de croissance effrénée, récupèrent le job. Pendant des décennies, au prix d’un dumping social et environnemental sans précédent, l’Empire du milieu inonde l’Occident de métaux rares très peu chers. Cette situation arrange tout le monde, d’un côté les pays occidentaux développent leurs nouvelles technologies à faible coût, de l’autre les Chinois s’enrichissent.

Tout va bien dans le meilleur des mondes, jusqu’à ce que la Chine prenne conscience des leviers économiques et géopolitiques qu’elle peut actionner avec ces ressources. Au tournant des années 2000, sa croissance et ses besoins en métaux rares explosent. Pour satisfaire sa demande intérieure et développer ses propres technologies, Pékin décide de fermer le robinet. Après avoir gavé l’Occident de métaux rares, le pays restreint ses exportations. C’est la fameuse politique des quotas qui chauffe les oreilles de l’Organisation mondiale du commerce.

La Chine en a profité pour développer sa propre transition énergétique…

Exactement, au détriment de la nôtre. Le mot innovation est devenu un mantra en Chine. Les technologies vertes et le numérique sont les nouveaux moteurs de la croissance chinoise, indispensable à la survie du Parti communiste. Pour assurer son avance industrielle, Pékin n’a pas hésité à s’approprier les technologies occidentales. En échange d’un accès direct et illimité aux métaux rares, de nombreux industriels ont migré vers l’Empire du milieu. Les Chinois ont accédé à leurs laboratoires de recherche. Sous couvert de co-innovation, ils ont sinisé les brevets européens et américains. Grâce à ce chantage aux métaux, la Chine est devenue le leader mondial de la transition énergétique. Le pays est sorti de l’âge de pierre auquel les Occidentaux voulaient le cantonner.

Trouve-t-on des métaux rares dans d’autres pays ?

Il y en a partout, du lithium en Bolivie et en Argentine, du cuivre au Chili, du cobalt en républi- que démocratique du Congo. L’Indonésie est également une grande puissance minière qui regorge d’étain. Tous ces pays veulent s’inspirer de l’exemple chinois et capter la valeur ajou- tée des métaux rares. Plus aucun Etat ne veut reproduire le schéma néocolonialiste selon lequel les pays en développement produisent les minerais bruts, le vendent une poignée de dollars aux Occidentaux ; et ces derniers le valorisent avec quelques brevets pour le revendre dix fois plus cher.

Au-delà des ambitions, c’est très dur à mettre en place car ça veut dire ouvrir des routes, installer des lignes électriques, faire venir des savoir-faire. En 2015, l’Indonésie a tenté un embargo sur l’exportation de minerais brut. Derrière, elle n’avait pas un tissu industriel suffisamment développé pour transformer la ressource. Elle a dû faire marche arrière deux ans plus tard. Seule certitude, les Occidentaux doivent accepter de partager le gâteau technologique auquel toutes les nations aspirent.

Quelles sont les conséquences écologiques de cette course aux métaux rares ?

Qui dit mine, dit dégâts environnementaux. C’est le revers de la croissance verte à tous crins. En Mongolie intérieure, la principale région minière chinoise, c’est un enfer de Dante. Aucune réglementation n’est appliquée. Les usines rejettent leurs effluents toxiques directement dans les sols. La population paye un lourd tribut avec un taux de cancer très élevé. Le problème c’est que le recyclage coûte plus cher que l’extraction. Piégés par une logique du moindre coût, les industriels préfèrent renvoyer leurs déchets en Chine et s’approvisionner directement en nouveaux minerais.

La transition énergétique ne fait donc que déplacer la pollution ?

Cette transition est un leurre. Un fabuleux marketing nourrit l’illusion que les énergies renou- velables sont vertes. Nous oublions sciemment qu’elles sont tributaires de l’extraction de métaux sales. Nous avons juste délocalisé la pollution et faisons semblant de faire du propre. Prenez l’exemple des voitures électriques. Le terme «zéro émission» est délirant. Sur l’ensem- ble de son cycle de vie, un véhicule électrique génère presque autant de carbone qu’un diesel.

Comment peut-on qualifier cette technologie de durable? La révolution numérique, essentielle au développement de nouvelles sources d’énergie, entretient aussi le mirage d’un monde moins physique. En réalité, derrière un courriel se cachent des milliers de kilomètres de câbles de cuivre. Nous oublions que la quantité de matière est finie. Les experts connaissent déjà le jour exact où on extraira le dernier minerai rentable. Les technologies pourront toujours évoluer et repousser la date butoir, mais à quel prix ? C’est une course de vitesse qui épuise la terre.

Au nom de la sobriété, du moindre impact de l’homme sur l’environnement, nous creusons toujours plus. Nous vivons en plein paradoxe. Les plus productivistes pensent déjà aux océans et aux astéroïdes où le potentiel minier serait gigantesque. Les grandes puissances sont en train de s’approprier des endroits que la communauté internationale s’était juré de laisser à l’abri des appétits industriels. En 2015, Barack Obama a ouvert la danse. Il a autorisé les citoyens américains à devenir propriétaires d’astéroïdes pour exploiter des gisements de métaux rares. C’est en rupture totale avec l’idée que l’espace est un bien commun de l’humanité.(…)

Dans son dernier ouvrage, «La Guerre des métaux rares», Guillaume Pitron dénonce «la face cachée de la transition énergétique et numérique». Pour le journaliste, éoliennes, panneaux solaires et voitures électriques se contentent de déplacer la pollution à l’autre bout du monde. Iridium, indium, platine, terres rares : ces métaux aux noms parfois méconnus sont essentiels pour les industries de pointe. Sans eux, pas de batteries électriques, d’éoliennes, de télépho- nes portables ou de fibre optique. Le journaliste Guillaume Pitron s’est intéressé aux consé- quences environnementales et géopolitiques de l’extraction de ces métaux rares. A l’occasion de la sortie de son livre la Guerre des métaux rares, il revient sur six ans d’enquête à travers une douzaine de pays.

Marine Ernoult  1 février 2018

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Commentaire: La fin pro mines est zappée, pour la lire suivez le lien!
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02 février 2018 ~ 0 Commentaire

edf rêve (sdn)

areva

Pas de fermetures de réacteurs avant 2029 ? EDF prend ses rêves pour des réalités

Le 30 janvier, Philippe Sasseigne, directeur du parc nucléaire chez EDF, a annoncé le son intention de ne pas arrêter de réacteurs avant 2029 (Fessenheim excepté) et de prolonger la durée de fonctionnement des centrales jusqu’à 50, voire 60 ans. Avec une telle annonce, l’entreprise nage dans un délire dangereux. Jusqu’à quand prétendra-t-elle dicter la politique énergétique française ?

Une prolongation irréaliste et irresponsable

En prétendant prolonger ses réacteurs jusqu’à 50 ans minimum, EDF s’assoit délibérément sur les prescriptions que l’ASN est censée édicter en 2021 pour une prolongation au-delà de 40 ans. Elle semble ignorer que certaines pièces cruciales et non remplaçables, comme la cuve et les enceintes de confinement, ont une durée de vie limitée qui plaide déjà en défaveur d’une prolongation à 40 ans. L’entreprise souhaite-t-elle accroître le risque d’accident qui pèse déjà sur les citoyens au seul motif de rentabiliser ses travaux ?

De plus, au vu de l’incapacité d’EDF à assurer ne serait-ce qu’une maintenance correcte de certains équipements essentiels (comme les diesels de secours), on peut légitimement s’inter- roger sur sa capacité à mener simultanément des travaux lourds et inédits en vue de cette prolongation sur un grand nombre de réacteurs !

Le « Grand carénage » qu’EDF prétend mettre en oeuvre s’est d’ailleurs déjà soldé par la chute d’un générateur de vapeur de 460 tonnes à la centrale de Paluel, censée inaugurer ces travaux titanesques. Et comment EDF justifie-t-elle donc le chiffre profondément irréaliste de 46 milliards d’euros pour cette opération, alors même que la Cour des Comptes l’évaluait à près de 100 milliards ?

Un chantage grossier

Philippe Sasseigne justifie entre autres ce projet par une prétendue incompatibilité entre fermeture de réacteurs et baisse des émissions de gaz à effet de serre. Cette récupération de la cause climatique est aussi inacceptable que mensongère. Contrairement à ce que prétend EDF, la fermeture de réacteurs ne débouchera pas mécaniquement sur la construction de centrales au charbon, ni d’ailleurs sur un quelconque « retour à la bougie ».

Depuis longtemps, plusieurs scénarios prouvent qu’il est possible de conjuguer action climatique et sortie du nucléaire, pour peu que des mesures décisives en faveur des économies d’énergie soient mises en oeuvre (ce que montrent même les travaux de RTE).

Au contraire, maintenir à tout prix le nucléaire, au prix d’investissements délirants, constitue un verrou à la mise en place d’une vraie transition énergétique passant par les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables.

Qui dirige la politique énergétique ?

Encore une fois, EDF prétend imposer ses vues, alors même qu’un cadre avait été précédem- ment fixé par la loi de transition énergétique. N’en déplaise à Philippe Sasseigne, l’objectif d’une réduction de la part du nucléaire à 2025 reste inscrit dans la loi. La déclaration de Nicolas Hulot du 7 novembre 2017, effectuée suite à une lecture hâtive des scénarios propo- sés par RTE, ne l’a pas abrogé. Toutefois, en remettant en question cet horizon, le ministre a envoyé un signal déplorable qui ne pouvait qu’inciter EDF à poursuivre ses délires de plus belle.

Si Nicolas Hulot souhaite conserver quelque crédibilité que ce soit, il se doit de mettre fin à l’autocratie d’EDF et imposer à l’entreprise des fermetures effectives de réacteurs dans les années à venir. Toute concession se fera au détriment de la protection des citoyens contre le risque d’accident.

Communiqué du 31 janvier 2018

http://www.sortirdunucleaire.org

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02 février 2018 ~ 0 Commentaire

recyclage: illusion (the conversation)

sac plastique

Déchets plastiques : la dangereuse illusion du tout-recyclage

En juillet dernier, le gouvernement présentait son plan climat ; parmi les mesures, un objectif de « 100 % des plastiques recyclés à l’horizon 2025 ». La France, avant-dernière des 28 pays de l’Union européenne en matière de recyclage du plastique, est pressée d’améliorer son piteux classement.

Dans le même temps, la Chine, première terre d’accueil de nos détritus plastiques, ferme ses frontières aux déchets étrangers. Des vortex géants de plastiques s’installent au cœur de nos océans et, comble de malheur, d’invisibles particules de déchets plastiques s’invitent, c’est officiel, dans nos assiettes. Une question se pose dans un tel contexte : le recyclage intensif de ces déchets constitue-t-il vraiment une étape incontournable du déploiement de l’économie circulaire ? Ou n’est-ce qu’une couche supplémentaire à notre modèle consumériste, une sorte d’emplâtre sur une jambe de bois ?

Symbole de modernité au 20è siècle

Rappelons d’abord que le plastique constitua dans les années 1960 une formidable décou- verte de la chimie du pétrole. En 1963, deux co-prix Nobel sont attribués en chimie des plasti- ques pour la découverte de catalyseurs permettant la polymérisation des polyéthylène et polypropylène, aujourd’hui couramment utilisés dans les emballages, par exemple. Le plastique est devenu depuis une source de richesse (27,5 milliards d’euros de contribution aux finances publiques dans les pays européens) et d’emplois (plus de 1,5 million d’emplois en Europe).

Il a révolutionné le quotidien dans tous les secteurs : bâtiment, automobile, électronique, aéronautique et surtout alimentation ; ici, utilisé comme matériau d’emballage léger et peu coûteux, il assure un progrès énorme en matière de sécurité alimentaire. L’emballage plastique constitue en effet l’élément essentiel de prévention des contaminations extérieures (chimiques ou microbiennes), de préservation de la qualité, de traçabilité des produits et de réduction des pertes et gaspillages en protégeant les aliments.

Un essor sans précédent

L’essor de la production de plastique au cours des 50 dernières années ne se dément pas et devrait doubler dans les deux décennies à venir ; 300 millions de tonnes sont produites chaque année dans le monde – dont plus de 60 en Europe. L’emballage absorbe la grande majorité des plastiques à courte durée d’utilisation (quelques heures seulement pour l’emballage plastique d’une baguette ou d’un steak haché) qui envahissent de façon consternante nos poubelles.

Aujourd’hui, le plastique providentiel s’est transformé en une bombe à retardement dont on découvre les effets à long terme sur notre santé et notre environnement. Il est visuelle- ment présent partout autour de nous et tellement répandu dans toutes les couches et tous les compartiments géologiques qu’il est désormais étudié comme marqueur stratigraphique de l’Anthropocène, cette époque géologique post-18è siècle qui se distingue par l’interférence de l’activité humaine avec les cycles naturels.

Synthétisés et utilisés massivement depuis une cinquantaine d’années, ces plasti- ques mettront plus de 100 à 200 ans à se dégrader en micro puis en nanoparticules. Une fois ces tailles atteintes – ce qui se produira massivement dès la fin du 21è siècle, les particules issues des plastiques accumulées auront alors toute latitude pour se répandre très largement et rapidement dans notre environnement et aussi dans tous les organismes vivants.

Les nanoparticules possèdent en effet la faculté de traverser les barrières tissulaires pour venir s’accumuler dans nos organes, tels que le foie, et d’en perturber à long terme le fonctionnement.

Ces minuscules et invisibles fragments de plastique contamineront de façon invasive toute la chaîne alimentaire, avec des effets sur la santé très mal évalués à l’heure actuelle, car les méthodes de détection sont elles-mêmes encore à la peine. Il faut aussi signaler leur regretta- ble tendance à se lier facilement aux polluants organiques qu’ils rencontrent sur leur chemin puis qu’ils transportent et redistribuent.

Ces micro et nanoparticules ont déjà été repérés dans l’eau potable, le miel, le sel, les produits de la mer. Avis à celles et ceux qui, comme Saint Thomas le sceptique, ne sont sensibles qu’à ce que leurs sens peuvent percevoir ! Pour la même raison, on assiste à une mobilisation incroyable autour des plastiques flottant dans les océans, qui ne représentent pourtant qu’une toute petite partie (2 à 3 %, c’est-à-dire 8 millions de tonnes de déchets plastiques jetées annuellement dans les mers sur les 300 consommées) de l’iceberg des plastiques dont l’infinie majorité est enfouie dans les décharges.

Que deviennent ces déchets ?

Nous utilisons et jetons chaque année l’équivalent de notre poids corporel en plastique (résultat obtenu par un ratio moyen consommation/population : 40 kg/an au niveau mondial en 2015, 63 en Europe et 68 en France) ; 90 % de ces déchets persisteront longtemps après notre propre disparition.

35 à 50 % des plastiques usagés sont dispersés de façon incontrôlée dans notre environnement. 20 à 40 % sont regroupés dans des stations d’enfouissement où, mélangés à d’autres déchets, ils temporairement retenus dans des géotextiles… eux-mêmes en plasti- que. Quand ces derniers seront dégradés, nos plastiques enfouis seront libérés. Au total, plus des trois quarts (en masse) des plastiques usagés finissent leur vie dans nos terres, nos eaux douces et nos océans.

Le quart restant est réparti entre recyclage et incinération. Selon les sources, entre 9 et 14 % sont incinérés pour être transformés en énergie, en composés volatils et résidus solides qui viendront grossir le rang des déchets toxiques persistants dont on ne sait que faire.

Venons-en au recyclage : 14 % en moyenne des plastiques usagés sont collectés pour être recyclés (les sources concordent sur ce chiffre).

Sur ces 14 %, 4 % sont perdus au cours du processus de recyclage et rejoignent donc le rang des déchets dispersés. 8 % sont recyclés en circuit ouvert, c’est-à-dire pour des applications différentes – par exemple, pour faire un pull qui une fois usé ne sera plus recyclable. Les fibres du pull usagé étant chargées de nombreux additifs, colorants, contaminants, etc., la dégra- dation du polymère les rend en effet impropres pour un recyclage visant un usage similaire. Il convient ici de parler de décyclage plutôt que de recyclage.

Le mirage du recyclage

Il faut donc se rendre à l’évidence : moins de 2 % des plastiques usagés sont recyclés idéale- ment en circuit fermé, c’est-à-dire récupérés pour produire un matériau utilisable comme un plastique neuf et indiscernable de ce dernier. Recycler en circuit fermé signifie collecter, trier, décontaminer et repolymériser un plastique qui se dégrade au cours du procédé de recyclage. Les contraintes logistiques de collecte sont importantes, la consommation d’énergie des multiples étapes se discute et sa probabilité de contamination dangereuse également. Aussi, le nombre maximal de cycles de décontamination est limité et le plastique recyclé doit être mélangé à du vierge.

Bilan des courses : seuls les plastiques de type bouteilles en PET (polyéthylène téréphtalate) – qui ne représentent qu’un pourcentage très faible des plastiques consommés – peuvent se plier aux contraintes du recyclage en boucle fermée et être régénérés pour une utilisation identique. Or si une bouteille en PET sur deux en Europe est recyclée, moins d’une sur 10 redeviendra bouteille. Pour des raisons de sécurité du consommateur (risque de contamina- tion) et technologiques (propriétés différentes du polymère vierge), le taux de recyclage en boucle fermée s’avère ainsi extrêmement faible ; il peut théoriquement atteindre un maximum de 5 % des plastiques usagés.

Soulignons ici que le recyclage d’une matière ne s’inscrit dans un principe d’écono- mie circulaire que si la boucle peut être reproduite à l’infini, ce qui est quasiment le cas pour le verre ou le métal.

Les matériaux biodégradables se situent naturellement dans le cycle biologique de la matière organique, qui leur assure un renouvellement illimité (à condition cependant que la vitesse de consommation reste compatible avec celle de production). Le recyclage du plastique n’est donc un pas un sésame pour épargner à notre écosystème terrestre les méfaits potentiels de ses déchets, même s’il peut modestement contribuer à les retarder.

Comment expliquer alors que le recyclage soit devenu une mesure phare ? La circu- larité consiste ici à recycler la valeur économique du plastique en créant une économie du plastique usagé. Le monde du plastique se renouvelle, mais son modèle productiviste reste le même : tenter de résoudre le problème, c’est-à-dire résorber les déchets plastiques accumulés en créant des activités économiques, de la richesse et de l’emploi. Un autre maillon consu- mériste est ici ajouté à la chaîne déjà bien longue du plastique… Et « l’écocitoyen » se désen- combre ainsi de sa responsabilité dans la production de son propre déchet en le jetant dans la bonne poubelle, au risque d’un aveuglement collectif.

Que faire ?

Si le tri de nos déchets reste un geste précieux, ne nous laissons pas aveugler par le mirage du tout-recyclage, qui ne peut résoudre à lui seul le gros problème de gestion post-usage des déchets plastiques.

Il n’existe qu’une seule et unique solution : remettre à plat le cycle complet des matériaux plastiques dans un contexte plus général de bioéconomie circulaire, où le devenir des déchets sera un élément clé de nos choix de consommation. Et coordonner nos efforts à l’échelle internationale, car les petites particules de déchets ne respectent pas les frontières ! L’inter- diction de la mise en décharge des déchets plastiques pour les diriger vers les stations de recyclage ou d’incinération (option cependant peu recommandée qui nécessite une étape de purification) est un premier pas que la France devra franchir d’ici 2025.

D’autres mesures sont attendues et doivent faire l’objet d’un soutien sans réserve et sans délai comme, par exemple, la réduction efficace de notre consommation de plastiques puis leur retrait graduel du marché.

Citons également leur substitution autant que possible par des alternatives biodégradables (à ne pas confondre avec les plastiques biosourcés ou compostables) dont la fabrication ne doit cependant pas influencer négativement la production agricole destinée à la consommation humaine ni porter atteinte à l’environnement. Enfin, ne garder que les plastiques irremplaça- bles et effectivement recyclés en boucle fermée, comme c’est potentiellement le cas pour les bouteilles en PET.

Nathalie Gontard Directrice de recherche, professeure, sciences de l’aliment et de l’emballage, INRA 28 janvier 2018

https://theconversation.com/

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31 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

rennes triskalia (le télégramme)

pesticideis

Pesticides. La cour d’appel jugera en mars pour les ex-Triskalia

Les deux anciens salariés de Triskalia ont reçu, hier, devant la cour d’appel, le soutien du Collectif de l’ouest de soutien aux victimes des pesticides. Pascal Brigant et Claude Le Guyader, deux anciens salariés de l’usine de production d’aliments pour bétail Nutréa-Triskalia, à Plouisy (22), étaient, hier, devant la cour d’appel du tribunal des affaires sociales, à Rennes, pour demander la reconnaissance de leur intoxication aux pesticides comme maladie professionnelle par la MSA.
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Après de multiples renvois et la demande d’un avis au Comité régional de reconnaissances des maladies professionnelles (CRRMP) de Normandie, la cour d’appel rendra sa décision le 14 mars prochain.
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Maladie professionnelle pour l’un et pas pour l’autre ?

Les deux anciens chauffeurs travaillaient depuis 1986 dans l’usine Triskalia de Plouisy. Comme plusieurs autres salariés de la coopérative, ils estiment avoir été intoxiqués par des pesticides déversés en masse sur les céréales, en 2009 et 2010.

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Ils ont développé une hypersensibilité aux produits chimiques multiples, ce « syndrome d’into- lérance aux odeurs » se traduisant par des troubles digestifs, oculaires, neurologiques mais aussi psychiques comme un état dépressif.
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La cour d’appel, qui a déjà étudié le dossier à plusieurs reprises, avait demandé un nouvel avis auprès du CRRMP de Normandie, après l’avis défavorable prononcé à l’encontre des ex-salariés par le CRRMP de Bretagne.
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Les experts normands ont rendu des conclusions différentes des experts bretons, estimant que la pathologie de M. Le Guyader pouvait être reconnue comme maladie professionnelle. En revanche, ils estiment toujours que le lien de causalité entre les symptômes de M. Brigant et son exposition professionnelle ne démontrent pas « un lien direct et essentiel avec le travail ».
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Me Lafforgue, l’avocat des plaignants, s’indigne de « l’obstination de la MSA à empêcher cette reconnaissance ». Il redoute de nouvelles procédures de la part de l’organisme social qui repousseraient encore la décision de plusieurs années. Il a aussi précisé que l’Union européenne commence à s’inquiéter de l’exposition des populations bretonnes aux pesticides.
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  31 janvier 2018
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31 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

permafrost (cnrs)

permafrost (cnrs) dans Altermondialisme

Répartition du pergélisol (ou permafrost) dans l’hémisphère nord. De bleu foncé à bleu clair : pergélisol continu (90% de la surface),
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Pergélisol, le piège climatique

Typique des régions arctiques, le pergélisol, le sol gelé depuis des milliers d’années, dégèle peu à peu sous l’effet du réchauffement climatique. Ce faisant, il libère de puissants gaz à effet de serre. « CNRS Le journal » s’est rendu au Nunavik, dans l’Arctique canadien, pour mieux comprendre ce phénomène largement sous-estimé par les modèles climatiques.(…)
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Le plus gros réservoir de carbone continental

C’est loin d’être la seule conséquence des bouleversements climatiques dans le Nunavik, cette région arctique du Québec peuplée à 90 % d’Inuits. Ici, non seulement la banquise se réduit d’année en année, mais le pergélisol, le sol gelé en permanence, caractéristique des régions arctiques (permafrost, dans sa version anglo-saxonne), commence lui aussi à dégeler… Un vrai problème pour les infrastructures des quatorze municipalités de la région – routes d’accès et pistes d’aéroport défoncées, maisons qui voient le sol se déliter sous leurs fondations –, mais aussi pour le devenir climatique de la planète. (…)

Le pergélisol représente 25 % des terres émergées dans l’hémisphère Nord, soit l’équivalent de la superficie du Canada.

C’est le plus gros réservoir de carbone continental de la planète, devant les réserves de combustible fossile que sont le pétrole, le gaz et le charbon : «1 700 milliards de tonnes de carbone d’origine végétale s’y sont accumulées depuis la dernière glaciation, explique Florent Dominé. C’est deux fois plus de carbone que n’en contient actuellement l’atmosphère!» Problè- me, avec la hausse des températures atmosphériques, le pergélisol tend à se réchauffer, voire à dégeler par endroits – « au Nunavik, on a enregistré une hausse de 2 °C de la température du sol à 4 mètres de profondeur entre 1992 et 2010 », rappelle le Québécois Michel Allard, chercheur à Takuvik et partie prenante du projet APT. Or, en dégelant, le pergélisol libère dans l’atmosphère du dioxyde de carbone (CO2) et du méthane, deux puissants gaz à effet de serre.

« Si la totalité du carbone emprisonné dans le pergélisol venait à être relâchée, cela pourrait avoir des conséquences dramatiques pour le réchauffement climatique », explique Florent Dominé, qui évoque une augmentation de 5 à 8 °C de la température d’ici à 2100, quand le pire scénario du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec)2 se situe aujourd’hui à 4 °C, faute de prendre encore en compte ces processus complexes, mis au jour récemment.

Trois sites sous haute surveillance

« Il est urgent d’intégrer le pergélisol aux modèles climatiques, martèle le chercheur. Pour ce faire, il faut connaître précisément l’évolution de son régime de température en fonction des conditions extérieures telles que la température de l’air, la vitesse du vent, la nature du sol, mais aussi, et on le sait moins, les caractéristiques du manteau neigeux qui le recouvre l’hiver… » Deuxième axe de recherche indissociable du premier : connaître et modéliser les processus de relargage des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. « Tout ce qu’on sait aujourd’hui, c’est qu’on est face à une redoutable boucle de rétroaction positive, poursuit le chercheur. Plus la température de l’air augmente, plus le pergélisol fond, plus la quantité de gaz à effet de serre augmente dans l’atmosphère, ce qui entraîne une nouvelle hausse de la température de l’air, et ainsi de suite… »

Trois sites ont été retenus pour mener cette étude de trois ans : l’île Bylot, le plus septentrional (73° de latitude nord), situé dans une région de pergélisol continu caractérisée par un paysage de toundra herbeuse ; Umiujaq (56° N), un village côtier situé dans une région de pergélisol discontinu présentant une alternance de forêt boréale et de toundra arbustive ; et enfin, Kuujjuarapik, le site le plus méridional (55° N), caractérisé par un paysage de pergélisol sporadique, qui fait la part belle à la forêt boréale et aux conifères – le but de notre voyage !

(…) Depuis le ciel, nous découvrons les palses, ces buttes de tourbe gonflées par la glace, et les mares créées par la fonte du pergélisol, aussi appelées mares de thermokarst, alignées comme autant de pots de peinture blanche. Les buttes sont en réalité les derniers reliquats du pergélisol qui existait autrefois à Kuujjuarapik, et dont 90 % a fondu ces dernières décennies.

Le rôle décisif des mares de thermokarst

(…) « Des chercheurs ont analysé le méthane libéré par ces mares en plusieurs endroits de l’Arctique, rapporte Warwick Vincent, le directeur scientifique du Centre d’études nordiques, qui gère notamment les bases scientifiques de l’île Bylot, Umiujaq et Kuujjuarapik. Dans certaines, le carbone est âgé de plus de 20 000 ans ! Cela signifie que c’est le vieux carbone stocké dans le pergélisol qui est en train d’être relargué dans l’atmosphère. Pas vraiment une bonne nouvelle pour la planète… »

Le travail de modélisation des émissions gazeuses promet en tout cas d’être ardu. « Il existe des millions de ces mares en Arctique, sur une superficie de plusieurs centaines de kilomètres carrés », estime Warwick Vincent. Le plus étonnant, c’est que ces mares de fonte n’ont pas toujours joué contre nous : dans les premiers milliers d’années qui ont suivi la fin de la dernière glaciation (il y a 15 000 ans), elles auraient contribué à réchauffer notre atmosphère encore glaciale, avant de se combler progressivement. (Très résumé)

26.01.2015 Laure Cailloce

https://lejournal.cnrs.fr/

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