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06 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

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Les agriculteurs bretons sous le joug du modèle coopératif

Les données inédites de l’Agence française pour la biodiversité révèlent que les principaux acheteurs bretons de produits phytosanitaires se trouvent en centre-Morbihan, terre des géants D’aucy et Triskalia. En cause : un modèle coopératif peu enclin à réduire sa consommation de pesticides.

Selon des données de l’Agence française pour la biodiversité, que Mediapart révèle en exclusivité, les quelque 1 500 agriculteurs du centre-Morbihan sont particulièrement gourmands en pesticides. Ils achètent 1,6 fois plus de produits phytosanitaires (2,32 kg par hectare de surface agricole utilisée en 2017) que la moyenne bretonne (1,45 kg/ha).

Cette zone est le siège de grands noms de l’industrie agroalimentaire comme la coopérative de nutrition animale Aliouest, les usines d’abattage Prestor et Jean Floc’h, ainsi qu’une antenne de l’entreprise Greenyard Foods. Autant d’acteurs qui gravitent autour d’un géant, ancré historiquement en Bretagne : le groupe D’aucy, connu du grand public pour ses petits pois, ses haricots ou ses lentilles en conserve.

Créée en 1965, l’entreprise vend à travers le monde plus de 65 millions de produits en boîte chaque année. Sa mainmise sur la production en fait un protagoniste incontournable du monde agricole breton : plus de la moitié des producteurs légumiers de la région travaillent pour D’aucy.

Ce géant de l’agroalimentaire mise aussi sur la vente de pesticides, qui seraient indispensables pour assurer une forte production. Leur rôle est de lutter contre les parasites comme les insectes ravageurs (insecticides), les champignons (fongicides) et les mauvaises herbes (herbicides).

En 2014, selon le rapport d’activités de D’aucy, leur vente a généré 95 millions d’euros, soit presque 8 % de son chiffre d’affaires. Le groupe était, en 2017, le deuxième plus gros distributeur régional de pesticides, avec environ 323 tonnes vendues, derrière Triskalia (573 tonnes), l’autre géant de l’agroalimentaire breton.

Un marché fructueux, commente Xavier Cassedanne, investisseur du Crédit agricole auprès de coopératives : « La seule marge réalisée sur la vente des produits phytosanitaires génère 50 voire 80 % de l’excédent brut d’exploitation [les bénéfices] de l’ensemble des distributeurs que sont les coopératives et les négoces (entreprises privées sans statut coopératif). »

Avant de vendre ces produits, la coopérative conseille les agriculteurs sur les doses à utiliser.

Ce sont les techniciens agricoles, maillons incontournables mais invisibles de cette distribution, qui s’en chargent. Chez D’aucy, aucun moyen de les approcher sans l’aval du service communication. Pour de simples renseignements sur leur profession, la coopérative demande de ne pas citer la marque et d’anonymiser le salarié.

Du côté de Triskalia, avant une réunion entre techniciens agricoles, Hugues accepte brièvement de parler de son métier. Employé depuis six ans, il suit au quotidien une soixantaine d’exploitants morbihannais installés autour de la commune de Ploërmel. « Selon les cultures, je rencontre les agriculteurs une fois tous les dix jours ou toutes les trois semaines. Je regarde leurs parcelles, pour vérifier qu’il n’y a pas de mauvaises herbes ou de maladies. Après l’observation, je leur conseille et leur vends des produits phytosanitaires. »

Sur une trentaine d’exploitants contactés, Benoit Tréhin, affilié à D’aucy à Languidic, a été l’un des seuls à accepter de témoigner. « L’hiver, nous réalisons les prévisions de ce qu’il faut pour l’année, raconte-t-il. Le reste du temps, il [le technicien agricole] passe afin de contrôler les cultures, d’indiquer quand le produit doit être appliqué, quelle dose utiliser selon les maladies… Il me conseille aussi régulièrement au téléphone. »

Le technicien agricole suit les directives données par une fiche technique stricte, appelée cahier des charges. Ce document, transmis aux agriculteurs adhérents par la coopérative, préconise les traitements à effectuer pour chaque culture, comme pour le haricot ou le petit pois, produits phares de la marque.

Afin de lutter contre l’apparition de champignons dans les cultures, les agriculteurs ont le choix. Chez D’aucy, on leur propose par exemple d’utiliser de l’Azoxystar, un fongicide qui sert à traiter plus d’une vingtaine de cultures comme le pois, le blé ou le maïs. Entre la levée de la plante et sa récolte, une quinzaine de fongicides sont censés être pulvérisés.

« Les légumes sont les plus sujets aux maladies, donc on n’a pas le choix, assure Erwan*, agriculteur retraité, affilié à D’aucy pendant 38 ans. Cependant, on n’est pas obligé d’utiliser tous les produits qu’ils demandent. Mais si on ne met rien, ça se verra dans le cahier des traitements qu’il faut remplir après chaque épandage. »

Si l’agriculteur veut voir sa récolte acceptée, il n’a d’autre choix que de suivre ce cahier des charges. Il y est d’ailleurs précisé que les agriculteurs sont seuls responsables des résultats de l’application des pesticides sur leurs récoltes. Afin de minimiser les risques de résidus, le technicien indique aussi à l’agriculteur de respecter un délai entre l’application du produit et la récolte. Tous ces éléments préconisés par D’aucy conditionnent la production.

« Pour le moindre petit pois raté dans une boîte de conserve ou la présence de vers parasites, le consommateur porterait plainte », ajoute Erwan. Au point qu’au sein de la coopérative, un technicien spécialisé mesure au millimètre près la taille du petit pois.

La coopérative contrôle même le choix des cultures. Plusieurs mois avant la période des semis, la grande distribution fait un bilan sur les conserves vendues l’année précédente. En fonction des tendances observées, les supermarchés vont ordonner à D’aucy de se concentrer en priorité sur telle ou telle culture. La coopérative envoie alors une commande à ses agriculteurs, que ces derniers doivent suivre au pied de la lettre.

« Par exemple, si D’aucy demande 6 000 tonnes de petits pois, elle en prendra 6 000, pas moins, confirme Christophe Tachez, de la chambre d’agriculture du Morbihan. Souvent, la coopérative sollicite uniquement les agriculteurs les plus productifs dans la culture demandée. »

« Soit tu fermes ta gueule, soit tu t’en vas »

Certains agriculteurs dénoncent depuis des décennies la toute-puissance du groupe agro-alimentaire. Jean-Yves Guillaume, ancien élu à la chambre d’agriculture du Morbihan, s’est installé sur son exploitation à Moréac en 1976 puis est devenu adhérent de D’aucy (à l’époque Cecab). Mais il n’a pas supporté de subir les directives de la coopérative.

« J’ai rapidement constaté qu’elle commençait à remettre en cause le travail de ses adhérents, en mettant le nez dans leurs récoltes. C’est elle qui commande. Soit tu rentres dans le système et tu fermes ta gueule, soit tu t’en vas. C’est ce que j’ai fait en 1980. » Dans Ils ont voulu rester libres, un livre publié en 2018 qu’il a écrit avec quatre autres producteurs du département, le Morbihannais dénonce ces pratiques.

« Face à cette concentration et à une pression de plus en plus présente pendant les récoltes, les agriculteurs n’arrivaient plus à se défendre et à jouir d’une certaine liberté, explique-t-il. Nous nous sommes sentis dépossédés de nos droits face à la politique de rendement et de productivité instaurée par la coopérative. Cette dernière était déjà, à l’époque, pilotée par une logique de marché. »

Un modèle à bout de souffle mais qui résiste

Depuis ses débuts, le modèle agricole breton a subi de nombreuses crises structurelles. À l’image des grandes difficultés financières rencontrées par les sociétés Doux, Tilly-Sabco ou Marine Harvest, D’aucy connaît une situation économique de plus en plus instable. Entre 2013 et 2018, le groupe a vu son chiffre d’affaires s’affaisser de 2 à 1,2 milliard d’euros.

En 2014, D’aucy initie un processus de fusion avec Triskalia, également touché par cette crise financière. Le groupe finistérien a accusé une chute de 18 % de son chiffre d’affaires entre 2014 et 2018, à la suite de la crise de la filière porcine dans la région en 2013 et de celle du lait, en 2016. Implanté sur tout le territoire breton, il était auparavant un concurrent direct de D’aucy dans le secteur des coopératives agricoles polyvalentes.

Baptisée « Eureden », la structure rassemblera à partir de décembre 2020 plus de 25 000 agriculteurs, soit un tiers des actifs agricoles bretons. Elle envisage de totaliser 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires d’ici à 2025.

Serge Le Bartz, président du groupe D’aucy, se satisfait de cette opération : « La fusion permettra d’être plus compétitif sur le marché et aux agriculteurs de dégager un revenu supérieur. » En réalité, la création d’Eureden est surtout un moyen d’assurer la survie des deux coopératives.

L’objectif est d’éviter à tout prix la faillite. La chute de ces deux géants de l’agroalimentaire pourrait ébranler une économie régionale qui emploie, selon l’Insee, plus de 55 000 personnes en Bretagne. Dans un secteur de plus en plus concurrentiel, l’intérêt de la Région est donc de soutenir un modèle déjà en place.

« Cette fusion entre D’aucy et Triskalia diminue les risques de voir ces entreprises phagocytées par les grands groupes nationaux que sont Agrial et Terrena », argue Olivier Allain, vice-président de la Région en charge de l’agriculture.

La Bretagne est entrée en janvier 2019 au capital de D’aucy à hauteur d’un investissement de cinq millions d’euros (2,72 % du capital total du groupe). « La Région n’a pas vocation à devenir actionnaire de toutes les entreprises de Bretagne, mais il fallait montrer que nous étions aux côtés de D’aucy et de ses agriculteurs », justifie Loïg Chesnais-Girard, président socialiste du conseil régional.

Les coopératives disposent de relations privilégiées avec les élus locaux et les membres du gouvernement. François Allard-Huver, maître de conférences en communication stratégique et digitale à l’université de Lorraine, les a observées lors de ses différentes recherches sur les acteurs de l’agroalimentaire. « Les coopératives ont une importance dans le fonctionnement de la vie économique. Vous ne pouvez pas vous débarrasser d’un acteur qui amène de l’emploi. »

Conseil et vente : un divorce enfin prononcé

Construit sur un équilibre entre coopératives, agriculteurs, techniciens agricoles et distribution, ce modèle agricole pourrait sérieusement se fissurer. Le 24 avril, après des mois de négociations, le Conseil des ministres a signé quatre ordonnances dans le cadre de la loi Agriculture et alimentation (Egalim).

L’un des objectifs est la réduction de la consommation des pesticides, qui n’a pas été effective malgré les différents plans Écophyto. Pire, selon un communiqué du ministère de l’agricultu-re daté de juillet 2018, « l’utilisation des produits phytopharmaceutiques a globalement augmenté depuis le lancement du plan Écophyto en 2009 [+ 22 % entre 2008 et 2015, selon le service régional du ministère de l’agriculture pour l’Île-de-France ] ».

Afin d’inverser cette tendance, les activités de vente et de conseil sur les produits phyto-sanitaires seront séparées à partir de 2021. En 2017, Emmanuel Macron justifiait cette promesse de campagne par la volonté de changer profondément de système. « Sur beaucoup de produits phytosanitaires, il y a encore une vente liée, ce qui fait que le conseil n’est pas indépendant. »

D’après le ministère de l’agriculture et de l’alimentation, cette loi éviterait les conflits d’intérêts en donnant aux agriculteurs accès à des conseils moins attachés à la vente de pesticides.

Avec l’entrée en vigueur de ce texte, les entreprises agricoles comme D’aucy et Triskalia ne pourront plus avoir la double casquette de vente et de conseil. Le capital d’une entreprise de conseil ne pourra pas être détenu à plus de 32 % par des personnes exerçant une activité de vente, et inversement. Un choix crucial s’imposera : soit les entreprises s’occuperont uniquement du conseil sur les produits phytosanitaires aux agriculteurs, soit elles ne se chargeront plus que de la vente.

L’agriculteur risque désormais de devoir payer le conseil comme un service à part entière, alors qu’il était auparavant compris dans un « pack avec la vente », explique Hugues, le technicien agricole de Triskalia. Benoît Tréhin redoute quant à lui des prestations plus élevées. Une situation encore difficile à cerner pour les exploitants comme Bertrand Chevalier, affilié au groupe D’aucy à Noyal-Muzillac : « On ne sait pas du tout où on va, c’est le flou complet. »

Les entreprises agricoles, qui ont moins de deux ans pour se préparer à cette nouvelle organisation, s’interrogent.« La loi est la loi, on va s’aligner sur la réglementation, affirme Serge Le Bartz. Il faut simplement nous laisser le temps de la mettre en œuvre mais évidemment, ça va être compliqué. »

Vincent Magdelaine, directeur général de Coop de France, partage cette crainte. «Quand on fait disparaître une branche d’activité dans une entreprise, on est obligé de supprimer des emplois.»  Même son de cloche à Triskalia où Pierre Antonny, directeur de l’agrofourniture et du végétal, admet que « la moitié des effectifs parmi les 400 salariés et 150 techniciens pourraient être réorientés ».

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Des négociations sous influence

Avant l’adoption de cette nouvelle réglementation qui met en cause leur modèle économique, les coopératives ont tout fait pour essayer d’en amoindrir les effets. Et notamment lors des réunions organisées avec les ministères de l’agriculture et de la transition écologique avec, autour de la table, près d’une quarantaine de représentants des syndicats agricoles, des chambres d’agriculture, de la coopération, du négoce, du conseil indépendant, des entrepreneurs de travaux agricoles ou encore des associations environnementales.

L’objectif initial du gouvernement était d’imposer une séparation capitalistique totale entre l’activité de vente et de conseil. Pour François Veillerette, directeur de l’ONG écologiste Générations futures, l’ordonnance publiée le 25 avril au Journal officiel représente une avancée sans pour autant satisfaire toutes ses exigences.

« Avec un certain nombre de personnes, on pensait pouvoir créer une profession de conseiller 100 % indépendante. Mais on avait anticipé la complexité des discussions. On savait bien qu’il y aurait un compromis, car on ne sentait pas une volonté politique de vouloir couper les ponts avec les coopératives. C’est ce qu’il s’est passé. »

Certains acteurs ont pesé sur le texte final, à tel point que la version adoptée est qualifiée de « dégradée » par un représentant du Pôle du conseil indépendant en agriculture (PCIA), présent tout au long des réunions. Lors de la seconde session de travail, en septembre 2018, plusieurs parties prenantes opposées à la séparation capitalistique totale ont entamé un boycott des négociations.

« La FNSEA, Coop de France, l’Union des industries de la protection des plantes ou encore l’Assemblée permanente des chambres d’agriculture ont quitté la salle au bout d’une heure et demie », se souvient Claudine Joly, représentante de France Nature Environnement à ces réunions. Pour le PCIA, « c’était du chantage digne des écoles maternelles. Une véritable catastrophe ».

Sous la pression des frondeurs, le gouvernement a reculé et donc opté pour une séparation partielle – un véritable tour de force réalisé par les représentants des coopératives, en pleine période de contestation des « gilets jaunes ». « Comme les membres du gouvernement ne voulaient pas d’autres problèmes, les portes arrière des différents ministères se sont probablement ouvertes avec du chantage à l’appui. Et pour ne pas faire de remue-ménage, ils ont fini par céder », pense l’un des membres du PCIA.

Une affirmation corroborée par le document ci-dessous. Il s’agit du support de présentation élaboré par les représentants des ministères de la transition écologique et de l’agriculture, lors de la fameuse réunion du 28 septembre 2018. Dans cet extrait, il est mentionné le contenu de la première version du projet d’ordonnance, où il est question d’imposer une séparation capitalistique des structures exerçant des activités de conseil et de vente.

Cette séparation se devait d’être totale, puisqu’il est écrit que « le capital de la personne agréée pour le conseil ne peut être détenu directement ou indirectement par celles agréées pour la vente et l’application ou exerçant l’activité de mise sur le marché de produits phytopharma-ceutiques ». Un point d’ailleurs inscrit dans le premier projet d’ordonnance, ci-dessous. Ce passage sur la séparation capitalistique sera finalement effacé du texte final, plus édulcoré.

 La version définitive du texte d’ordonnance, publiée le 25 avril 2019 au Journal officiel, prévoit une séparation capitalistique partielle. Un point qui n’était pas inscrit dans la première version rédigée qui s’orientait plutôt vers une séparation totale. © Capture d’écran legifrance.gouv.fr

Plusieurs professionnels critiquent un revirement laxiste : « Il y aura une autonomie mais pas une indépendance », observe Jean-Marie Séronie, agroéconomiste. « Malheureusement, ils ont lâché du lest et au final, cette mesure est un éléphant qui accouche d’une souris », lâche un représentant du PCIA.

Si le rapport de force « n’était pas favorable », François Veillerette reconnaît « une demi-victoire. Dans le camp d’en face, ils n’étaient pas très contents et n’ont pas le sentiment d’avoir gagné ».

Une impression partagée par les représentants du secteur de la coopération agricole. « Nous ne sommes pas gagnants sur cette ordonnance qui représente un gros bouleversement pour l’ensemble du secteur agricole. Nous serons vigilants par rapport au maintien des entreprises coopératives sur le territoire pour assurer la proximité avec les adhérents. En espérant un soutien par rapport aux emplois à préserver », souffle Émilie Rannou, responsable des relations adhérents-coopératives à Coop de France.

Du côté des représentants du PCIA, le ton est plus nuancé. « Les coops et les négoces vont toujours dire que c’est dur. C’est logique. Dans les campagnes, il y a un vieux proverbe qui dit “Qui pigne, vit”. Donc il faut toujours pigner. Puis, une fois les négociations terminées, je les ai entendus lâcher, en aparté : “C’est super ce qu’on a obtenu.” »

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Un budget exorbitant consacré au lobbying

D’autres jeux d’influence ont œuvré à l’Assemblée nationale. Pendant la période d’examen de la loi, en 2018, la FNSEA a doublé ses moyens consacrés au lobbying (300 à 400 000 euros en 2017, contre 800 à 900 000 euros en 2018). Par ailleurs, le nombre de ses représentants d’intérêts a augmenté de cinq à onze personnes et leurs actions ont doublé, passant de 51 à 103 entre ces deux dernières années. Au total, le syndicat est intervenu quatre fois sur le texte de loi de séparation et 37 fois sur l’ensemble de la loi Egalim, selon la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).

La HATVP indique également que les lobbyistes de la FNSEA et de Coop de France (à laquelle adhèrent Triskalia et D’aucy) ont interpellé les parlementaires et les membres du gouvernement à plusieurs reprises concernant l’ordonnance.

« Comme on est en train de bouleverser le fonctionnement des coopératives, elles ne sont pas très satisfaites. Les parlementaires reçoivent donc des mails de lobbys, à propos des semences, des produits phytosanitaires… », détaille Sandrine Le Feur, députée LREM du Finistère et rapporteuse de la loi Egalim.

« Les lobbys ont le droit d’informer les élus et de leur exposer la situation, poursuit l’élue bretonne, qui reste consciente des problèmes que peuvent provoquer ce genre de pratiques. Cela doit rester de l’information, les lobbys ne doivent pas faire pression avant le vote au risque d’influencer notre choix final. »

Face à cette nouvelle législation qui met en péril leur mainmise sur le milieu agricole, les coopératives agissent pour préserver des activités centrales dans leur modèle économique. Et ce au détriment des agriculteurs, obligés de respecter les règles de ces géants de l’agroalimentaire.

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Une émancipation impossible ?

Malgré la crise qui touche le secteur, le modèle coopératif demeurerait toutefois indispensable aux producteurs. Selon Coop de France, trois quarts des agriculteurs français sont affiliés aux quelque 2 400 coopératives de l’Hexagone. La raison de cette collaboration est principalement financière : la coopérative garantit un salaire à ses adhérents en s’occupant de la transformation et de la vente des récoltes.

« Les agriculteurs n’ont pas le temps de vendre eux-mêmes leurs produits, analyse Xavier Coquil, chercheur à l’Inra. C’est une activité différente de leur métier, qui ne les intéresse pas et qu’ils n’ont pas envie d’exercer. À ce titre, les coopératives sont des institutions de sous-traitance indispensables. »

Affilié à D’aucy, un producteur bio morbihannais, qui a tenu à garder l’anonymat, explique la nécessité de travailler avec des coopératives : « Je vends aussi en circuits courts, mais le salaire que je touche est tellement instable que je ne peux pas en faire ma seule source de revenus. D’ailleurs, même si je vendais toutes mes récoltes par ce biais, je n’aurais pas assez d’argent pour vivre tous les mois. »

En France, les revenus des agriculteurs restent peu élevés. Selon des statistiques de la Mutualité sociale agricole, en 2017, ils gagnaient en moyenne 1 250 euros par mois. 30 % d’entre eux percevaient moins de 350 euros mensuels. Ces revenus fluctuent selon l’évolution des prix à la tonne des produits et selon les rendements.

Pour les légumes industriels, la spécialité de D’aucy, ces prix à la tonne sont fixés avant même la période des semis et sans que les agriculteurs aient leur mot à dire, explique Guy*, technicien agricole du groupe. « La coopérative négocie avec des industriels chargés de la transformation, qui ont fait de même avec la grande distribution. » Or chez D’aucy, l’industriel et la coopérative font partie de la même entité : le groupe se charge aussi bien de la production que de la transformation des récoltes.

« En partant de là, la coopérative fixe un prix de production pour l’agriculteur (une culture à 100 euros la tonne, par exemple), qui est payé en fonction de son rendement, ajoute le technicien. S’il produit 4 tonnes, il gagne 400 euros ; s’il produit 10 tonnes, il en gagne 1 000. » En cultures industrielles chez D’aucy, les agriculteurs sont payés une fois tous les 45 jours par la coopérative.

Benoît Tréhin, l’agriculteur pour D’aucy, explique que le fonctionnement n’est pas le même pour les céréales. « Le changement du prix à la tonne peut être assez violent. L’an dernier, il y a des mois où j’ai vendu ma tonne de blé à 150 euros et d’autres où je l’ai vendue à 190 euros. Ce n’est pas anodin. »

Le recours aux produits phytosanitaires est perçu par les agriculteurs comme un moyen de s’assurer une récolte stable, ou du moins de réduire les risques de pertes liés aux maladies et à la météo. « Je ne dis pas que les pesticides sont une bonne chose, mais aujourd’hui je ne suis pas dans l’optique de faire sans », concède Benoît Tréhin, qui voit l’agriculture biologique comme un modèle « trop compliqué à gérer ».

La coopérative maîtrise donc une grande partie des tenants de la filière agricole, de la vente des productions à la négociation des prix, en passant par le conseil et la vente de produits phytosanitaires. Le constat d’agriculteurs enfermés dans ce modèle est flagrant : la dimension de sous-traitance des coopératives leur confère une place difficile à questionner. Rares sont les professionnels à ne pas être affiliés à l’une d’entre elles. « En travaillant avec D’aucy, on s’occupe juste des traitements, indique Bertrand Chevalier. C’est eux qui viennent récolter la production et on leur paye la prestation. »

La structure s’avère également nécessaire pour la transformation et la commercialisation des produits, souligne Benoît Tréhin : « Je travaille avec la coopérative Terrena parce qu’ils ont des abattoirs. Le jour où le marché ralentit, un agriculteur non affilié à celle-ci ne sera pas prioritaire pour l’abattage. Le but, c’est quand même de gagner sa croûte. »

Un rôle indispensable auquel s’ajoute un fort ancrage territorial : dans le centre-Morbihan, les exploitations s’agrègent autour des usines de transformation et de production gérées par D’aucy. « C’est plus facile de faire du haricot dans cette zone car la coopérative ne fera pas 100 kilomètres pour récupérer sa production », souligne Erwan. Un moyen de réduire les dépenses liées au transport et de concentrer agriculteurs et coopérative au sein d’un territoire restreint, dans un système focalisé sur la rationalisation des coûts.Tout laisse à penser que les agriculteurs n’ont pas les moyens de sortir du système des coopératives. Les raisons sont multiples et beaucoup d’agriculteurs défendent une vision pragmatique, à l’instar de Bertrand Chevalier : « De toute façon, dans le coin, en légumes, il n’y a que D’aucy et Triskalia. Avec la fusion, il n’y aura plus qu’une option. »

4 juillet 2019 Par Aurélien Defer, Maud Gautier, Annabelle Georges, Dorian Girard, Sarah Hadrane, Antoine Irrien, Briac Julliand, Hugo Pigeon et Nicolas Pineau (IUT De Lannion)

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06 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

restrictions d’eau (jdd reporterre)

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Pénurie d’eau

Une quarantaine de départements concernés par des restrictions

Les préfectures de plusieurs départements ont dû prendre des mesures de restrictions d’eau. Pour treize d’entre eux, le niveau « crise » a été atteint.

C’est un effet collatéral de la canicule de fin juin et du retour de la chaleur en cette fin de semaine : les réserves d’eau baissent. A tel point que les préfectures de 38 départements ont pris des mesures de restrictions, selon le site ministériel Propluvia.

Samedi à 10 heures, 13 départements avaient même atteint le niveau « crise », le plus haut seuil d’alerte existant. Il s’agit de la Loire-Atlantique, la Vendée, les Deux-Sèvres, la Vienne, l’Indre, le Loir-et-Cher, le Loiret, l’Allier, le Puy-de-Dôme, le Lot, le Tarn, le Tarn-et-Garonne et le Gers.

Il existe trois niveaux de restriction : l’alerte de niveau 1, l’alerte renforcée et enfin le niveau crise qui interdit les prélèvements non prioritaires y compris à des fins agricoles. La chasse au gibier d’eau et oiseaux de passage est également interdite dans les marais breton et poitevin.

Pas assez de précipitations en Vendée

La Vendée reste le département le plus touché avec une grande partie de son territoire concerné. « Ces derniers jours, le département a fait face à de très fortes chaleurs et aucune précipitation significative n’a été constatée », souligne la préfecture dans un communiqué, en invitant chaque utilisateur d’eau à « agir afin de maîtriser sa consommation ».

Le préfet de Loire-Atlantique a également annoncé des restrictions vendredi soir avec notamment des interdictions de « remplissage et mise à niveau des plans d’eau et des piscines, nettoyage des véhicules, des bâtiments, des terrasses et des voiries, alimentation des fontaines et douches de plage » sur une partie du département.

Le préfet de l’Isère a pour sa part placé une nappe d’eau, celle des Quatre Vallées Bas Dauphiné, en alerte sécheresse, et une autre, la nappe de l’Est Lyonnais, en alerte renforcée.

Un risque de sécheresse en Bourgogne ou dans le Sud de l’Alsace

Selon le Bureau de recherches géologiques et minières, de nombreuses nappes phréatiques en France affichent des niveaux « peu satisfaisants » et « inférieurs » à ceux de l’an dernier. Au 1er juin, 59% des nappes se situaient à un niveau « modérément bas à bas ».

Cet été prévu plus chaud que la normale, l’établissement public s’attend à des problèmes dans certaines régions (Sud de l’Alsace, Bourgogne, amont du Rhône) où les niveaux d’aquifères sont proches des minima enregistrés pour un mois de mai.

6 juillet 2019 Gaël Vaillant

https://www.lejdd.fr/

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Lire aussi:

Faut-il s’inquiéter d’une pénurie d’eau en France? (JDD)

«Les canicules ne sont plus des phénomènes naturels» (Reporterre)

Commentaire:

Et l’industrie agro-alimentaire qui transforme le maïs et autres plantes, en « bio » carburant (agro-carburant) pour notre essence « bio » ? Ces capitalistes vont accepter des restrictions? (Et les riches vider leurs piscines?)

 

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05 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

apartheid climatique (npa)

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Apartheid climatique

Gérard Delteil, que les lecteurs de l’Anticapitaliste connaissent bien, décrit un Paris de l’avenir dans un livre publié en 1990, Balles de charité. Ce Paris connait un véritable apartheid social et climatique et est divisé en zones entre lesquelles la circulation est limitée et contrôlée.

L’apartheid climatique, c’est précisément la perspective que dénonce Philip Alston, rapporteur spécial de l’ONU sur l’extrême pauvreté et les droits humains, qui a déclaré que les effets du réchauffement climatique risquent de porter atteinte non seulement aux droits fondamentaux à la vie, à l’eau, à l’alimentation et au logement de centaines de millions de personnes, mais aussi à la démocratie.

Son rapport conclut : « Les droits de l’homme pourraient ne pas survivre aux bouleversements à venir. »

Le rapport déclare que la crise climatique frappera le plus brutalement celles et ceux qui vivent dans la pauvreté, beaucoup d’entre elles et eux perdant l’accès à une nourriture et à de l’eau adéquates.

« Nous risquons un scénario « d’apartheid climatique » où les riches paient pour échapper à la surchauffe, à la faim et aux conflits alors que le reste du monde est abandonné à ses souffrances ».

Et d’illustrer son propos : « Lorsque l’ouragan Sandy a fait des ravages à New York en 2012, privant les New-Yorkais vulnérables et à faible revenu d’électricité et de soins de santé, le siège de Goldman Sachs a été protégé par des dizaines de milliers de ses propres sacs de sable et l’électricité produite par son générateur. »

La société décrite par Delteil se profile…

Une preuve de plus que lutte contre le changement climatique et anticapitalisme sont inextricablement liés, quoi qu’en pensent un certain nombre de politiciens qui font de l’écologie un fonds de commerce électoral.

HW Vendredi 5 juillet 2019

https://npa2009.org/

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05 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

charbon (npa)

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G20: triplement des subventions publiques aux centrales à charbon

Selon un rapport récemment publié par quatre ONG internationales, les pays du G20 fournissent chaque année au moins 56,3 milliards d’euros d’aides au charbon.

Des sommes considérables de la part des pays les plus industrialisés (et les plus pollueurs) du monde, et ce malgré leur engagement solennel, il y a 10 ans lors du sommet de Pittsburgh, à « rationaliser et abandonner progressivement à moyen terme les subventions inefficaces accordées aux combustibles fossiles qui encouragent la surconsommation ».

Si les aides à la production directe de charbon sont en baisse, celles attribuées aux centrales à charbon ont explosé, avec un quasi triplement entre 2014 et 2017, passant de 15,1 milliards d’euros par an à près de 41,6 milliards.

Une « aberration écologique », comme l’ont souligné les auteurs du rapport, puisqu’il s’agit ni plus ni moins que de subventionner une industrie vieillissante, peu rentable et très polluante,

Au détriment de l’organisation d’une véritable transition vers des énergies renouvelables.

Comme le souligne Ipek Gencsu, l’une des principales auteures du rapport, « les gouvernements prennent le relais des investisseurs, qui quittent le secteur avec le manque de rentabilité. Mais soutenir une industrie déclinante ne fait que repousser une transition inévitable et en renchérir le coût. »

J.S. Jeudi 4 juillet 2019

https://npa2009.org/

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05 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

numérique (cadtm)

 cadtm

Intégrer la critique du numérique dans l’écologie

Depuis l’été 2018, les manifestations en réaction à la catastrophe écologique en cours montrent l’élévation du niveau d’inquiétude.

Des milliers de personnes sortent régulièrement dans les rues pour exprimer leur colère face aux dégâts. L’écologie, globalement réduite au climat, obtient plus de place dans les médias et les débats publics.

En Belgique, lors des élections communales de novembre 2018, le parti Écolo connaît un grand succès.

Le Premier ministre y voyait même un complot : la médiatisation sur le réchauffement du climat aurait servi le parti Écolo (« Quand la RTBF ouvre son JT de 19h30 samedi sur le dérèglement climatique, on sait que tout est mis en place pour qu’Écolo gagne »).

Cependant, alors que les constats partagés font écho à une situation de plus en plus grave, les propositions sont, elles, curieusement toujours très légères.

Les « alternatives » avancées pour répondre aux problèmes socio-économiques et environne-mentaux ne semblent pas liées à la gravité de la situation et à la prise de conscience de nombreux phénomènes causés par le système économique dominant, capitaliste, productiviste et technologique.

Le secteur des TIC (technologies de l’information et de la communication) devient progressive-ment le cœur de cette catastrophe écologique en cours, avec toutes ses implications sociales, sanitaires et politiques. Il est cependant totalement absent des débats, voire a contrario vu comme le remède défendu dans pratiquement tout l’horizon politique.

Un exemple illustre ce propos. Le 20 novembre 2018, le journal Métro, financé par la publicité, interviewe Philippe Bihouix, auteur de livres d’utilité publiques tels que L’âge des low-tech : Vers une civilisation techniquement soutenable et Le désastre de l’école numérique : plaidoyer pour une école sans écrans, avec Karine Mauvilly.

Auparavant, il publiait en 2010 un ouvrage universitaire, Quel futur pour les métaux ? Raréfaction des métaux : un nouveau défi pour la société, dans lequel il montrait que le développement durable et le capitalisme vert sont impossibles car basés sur des technologies nécessitant des métaux dont certains arrivent à leurs pics de production.

Dans l’interview au journal Métro, Philippe Bihouix dénonce l’extraction de minerais et de pétrole à un prix environnemental toujours plus élevé, non pris en compte et répète, une fois de plus, que « les high tech nous éloignent d’un monde durable ».

5 juillet 2019 Robin Delobel

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05 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

landi centrale (of lt)

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Centrale à gaz de Landivisiau.

Le procès des opposants renvoyé

Environ 250 personnes se sont rassemblées en soutien à la vingtaine de prévenus, cités à comparaître ce jeudi 4 juillet, dans le cadre des manifestations contre la centrale à gaz de Landivisiau. Le procès a finalement été renvoyé.

« Non à la centrale, non à la centrale ! ».

C’est sous les cris d’encouragement et les applaudissements des militants opposés à la construction d’une centrale à gaz à Landivisiau (Finistère), que la vingtaine de prévenus a monté les marches du tribunal de grande instance de Brest, ce jeudi 4 juillet en début d’après-midi.

Les prévenus, des opposants à la construction de la centrale à gaz, âgés de 19 à 75 ans, comparaissaient dans deux dossiers.

Dans le premier, il leur est reproché les infractions de destruction du bien d’autrui, refus de se soumettre au prélèvement biologique destiné à l’identification de son empreinte génétique, dissimulation volontaire du visage et violence aggravée, lors de la manifestation du 23 février dernier sur le site de la centrale.

Le second dossier concerne quant à lui la manifestation du 28 mars, toujours à Landivisiau, pour laquelle il est reproché aux prévenus les faits d’entrave à la circulation et de refus de se soumettre aux opérations de relevés signalétiques au commissariat quelques semaines plus tard.

« C’est un peu nous tous qui étions au tribunal »

Le procès, attendu par les prévenus, « pour pouvoir avoir la tête à la lutte à nouveau », n’a finalement duré que quelques minutes. Suite au renvoi du premier dossier, à cause de l’absence de l’avocat des victimes, l’avocate de la majorité des prévenus, maître Le Her, a demandé le renvoi du second dossier.

« Les deux affaires gravitent autour du Non à la centrale et doivent donc être jugées ensemble même si les infractions sont différentes », explique-t-elle.

Les militants se sont donnés rendez-vous le 28 novembre 2019 à 13 h 30, date du renvoi.

« Avec ce procès, ils essaient de casser la lutte », estime une manifestante venue en soutien depuis les Côtes-d’Armor. « On ne peut plus approcher le site, il y a des vigiles jour et nuit », signale Jacqueline, membre de Force 5.

« Il y a la centrale mais aussi une série de constructions au-delà, notamment le gazoduc, développe Clothilde, militante chez les Jeunes pour le climat. Ces constructions vont traverser le Parc naturel régional d’Armorique. Comment c’est possible de continuer à détruire la nature ? Alors qu’un câble électrique devrait va connecter la Bretagne à l’Irlande en cas de pic de consommation. Comment se fait-il qu’il y ait deux projets pour répondre aux mêmes besoins ? », questionne-t-elle.

« Aujourd’hui une vingtaine de personnes comparaissaient, mais c’est un peu nous tous qui étions au tribunal », ajoute Angélique Mevel, militante depuis 2011 au sein de Landivisiau doit dire non à la centrale.

Metig JAKEZ-VARGAS.  04/07/2019

https://www.ouest-france.fr/

Lire aussi:

Centrale à gaz de Landivisiau. Les deux dossiers renvoyés au 28 novembre (Le Télégramme)

 

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04 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

algues vertes (ouest france)

moriuex

Saint-Brieuc. Face à la marée verte, une association réclame des sanctions contre les pollueurs

Alors que les algues vertes envahissent les plages de la baie de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), l’association Halte aux marées vertes demande à l’État de prendre des mesures plus contraignantes à l’encontre des contrevenants. Elle réclame aussi des sanctions.

« Cette année, les algues vertes sont arrivées avec six semaines d’avance. Six plages sont fermées […] Il faut contrôler et sanctionner ceux qui ne respectent pas les règles », estime André Ollivro, coprésident de Halte aux marées vertes.

L’association demande à l’État de prendre des mesures contraignantes à l’égard des responsables, face à la recrudescence des algues vertes en baie de Saint-Brieuc. Halte aux marées vertes pointe du doigt les agriculteurs qui ne jouent pas le jeu. « […] Des agriculteurs qui respectent ces règles demandent eux-mêmes des sanctions contre les contrevenants », a indiqué le coprésident.

Des taux de nitrates trop élevés dans les cours d’eau

Pour l’heure, le plan de lutte contre la marée verte, mis en place par l’État, consiste en l’adhésion volontaire aux bonnes pratiques des pollueurs potentiels Mais, « le volontariat a montré ses limites ».

Si l’association reconnaît une baisse globale du taux de nitrate à l’origine de la prolifération des algues vertes, elle considère néanmoins qu’elle reste insuffisante pour éradiquer le phénomène. « Tant qu’il y aura des taux supérieurs à 10 mg/l on aura des algues vertes », a déploré Célestin Le Roux, qui a siégé douze ans à la commission locale de l’eau.

Simon SAIDI 04/07/2019

https://www.ouest-france.fr/

Basic RGB

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04 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

algues vertes (fr3)

Algues vertes: “l’histoire interdite” racontée en bande dessinée

Fruit de trois ans d’enquête sur le terrain, la bande dessinée « Algues vertes l’histoire interdite » d’Inès Léraud et Pierre Van Hove, parue en juin chez Delcourt, jette une lumière crue sur « un demi siècle de fabrique du silence », selon l’auteure.

Spécialiste des enquêtes mêlant environnement et santé, Inès Léraud, journaliste à Radio France et membre du média Disclose, s’est installée dans le hameau de Coat-Maël (Côtes-d’Armor) en 2015 pour enquêter.

« Le fait de vivre sur place dissipait la méfiance, j’atteignais ainsi des témoins que je n’aurais jamais pu connaître en vivant à Paris », raconte-t-elle dans son enquête fleuve.

S’appuyant autant sur des témoignages de lanceurs d’alerte (médecins, chercheurs), des documents officiels, coupures de presse, que sur des lettres des services de l’État, d’élus ou de particuliers, l’auteure retrace l’histoire des marées vertes depuis leur origine après-guerre jusqu’à aujourd’hui.

Et s’aperçoit, ce faisant, que documenter l’histoire de ce phénomène revient à « raconter celle de l’agriculture bretonne ». De la mort d’un cheval intoxiqué par des algues en décomposition en 2009 jusqu’à celle d’un joggeur en 2016, près de Saint-Brieuc, « enterré sans qu’aucune analyse, pas même un prélèvement sanguin, ne soit diligentée par le parquet », Inès Léraud tire le fil d’une histoire qui se révèle de plus en plus politique.

« Une omerta, une fabrique du silence »

Dans un entretien, Inès Léraud raconte le silence des administrations et le déni qui règne sur le sujet des algues vertes.

« On entend encore aujourd’hui dans le milieu agricole ce discours qui dit que le lien entre agriculture et marées vertes n’est pas prouvé, et quand je suis venue m’installer en Centre-Bretagne, la plupart des gens me disaient que les algues n’avaient jamais tué », explique Inès Léraud.

« Comme dans les grands scandales sanitaires, un travail de désinformation a été fait sur le sujet des algues vertes, des travaux scientifiques ont été mis de côté, des contre discours sont arrivés du monde industriel, couverts par le monde politique », affirme la journaliste.

Après ses trois années d’enquête, elle se dit aujourd’hui « choquée par un système un peu orwellien où le blanc devient noir et inversement ». « Ceux qui essaient de mettre en lumière ce problème, comme le médecin urgentiste de Lannion ou les scientifiques de l’Ifremer, sont considérés comme des ennemis par les industriels et l’administration bretonne », constate Inès Léraud.

Paradoxe, selon l’auteure, qui enquête d’habitude sur des phénomènes « plus complexes ou cachés, comme l’amiante ou les pesticides », les algues vertes sont « sous nos yeux alors qu’on nous a dit que ça n’existait pas ou que ce n’était pas ce qu’on croyait ».

E.C 04/07/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

moriuex

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03 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

epr (europe 1)

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L’EPR de Flamanville verra-t-il le jour ?

Pour beaucoup, une mise en service de la centrale nucléaire nouvelle génération en 2023 relève de l’utopie. Il reste énormément à faire, au point que l’hypothèse d’un arrêt du chantier est sur la table.
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Huit soudures à refaire, on pourrait se dire que ce n’est pas grand-chose.
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Et pourtant, cette exigence de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) concernant l’EPR de Flamanville, afin que cette centrale nouvelle génération respecte les normes de sécurité, équivaut à des travaux titanesques. Au point que la livraison de l’installation, dans la Manche, est encore repoussée et la facture une nouvelle fois gonflée. Et sur place, il est même envisagé de tout casser.
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« Des soudures très difficiles d’accès »

Car ces soudures, elles sont inaccessibles, coincées entre deux énormes coffrage en béton. « Il faut imaginer qu’il y a deux murs, entre les deux murs il y a à peu près 2,50 mètres et donc c’est une pièce métallique entre ces deux murs », explique Laurent Thieffry, le directeur du chantier de Flamanville. « Cette pièce métallique comporte elle-même deux soudures avec une bonne qualité.

Par contre, elles ne respectent pas un référentiel de très haute qualité que s’était imposé EDF. EDF a proposé de le laisser en l’état, parce ce sont des soudures très difficiles d’accès ». Sauf que l’ASN a tranché : il faut réparer.

Depuis trois semaines, EDF planche donc sur les différents scénarios de travaux. Ce sera présenté cet été au conseil d’administration. Plusieurs options sont sur la table : soit on répare sur place, soit on casse tout autour des soudures et on répare ailleurs qu’à Flamanville. Dans les deux cas, il y a un risque de fragiliser le reste de la structure. L’Autorité de sûreté nucléaire devra donc valider tout cela, et ça va prendre des mois. Difficile d’imaginer un début des travaux avant la fin de l’année.

Un scénario inédit : l’arrêt pur et simple du chantier

Mais attention, il y a aussi un scénario inédit, un scénario qui n’avait jamais été présenté au conseil d’administration : c’est l’arrêt pur et simple du chantier. L’EPR de Flamanville aurait dû ouvrir il y a sept ans et a déjà coûté 11 milliards d’euros, contre 3,5 prévus au départ.

« Aujourd’hui, c’est devenu un tel bazar qu’on est bien obligé de prévoir aussi le scénario du pire », glisse un cadre d’EDF à Europe 1. C’est la piste la moins probable, mais elle est désormais sur la table, obligatoire au regard de l’importance des travaux.

Ce désastre, EDF veut tout faire pour l’éviter, et cela passera sans doute par un nouveau report. Que ce soit les cadres d’EDF les mieux renseignés ou les syndicats, tous disent la même chose: 2023, c’est quasi intenable.

Et inutile, désormais, de tout faire pour tenir les délais. « Nous ne sommes plus à trois mois, six mois ou un an près. La question ne se pose pas comme ça », plaide le représentant CGT-EDF Philippe Page Le Mérour. « La question c’est ‘Comment on réalise parfaitement ce qu’il reste à réaliser du point de vue technique pour pouvoir démontrer que l’EPR a de l’avenir sur le territoire national et ailleurs, et mettre la filière nucléaire sur des bons rails pour les décennies à venir ? ».

Un coût répercuté sur le consommateur ?

Sur le chantier, 4 000 personnes seront au chômage technique le temps des réparations. Bref, ce chantier, c’est « un cauchemar », pour reprendre l’expression d’un très proche de la direction d’EDF. Dans la même veine, un membre du gouvernement admet que « l’EPR de Flamanville, c’est déjà une « catastrophe industrielle ».

Une catastrophe qui survient alors que la France doit fermer d’ici trois ans ses centrales à charbon, et d’ici un an les deux réacteurs de Fessenheim. Donc sans Flamanville, on va avoir du mal à produire assez d’électricité dans les années à venir.

Autre risque : le coût de l’électricité. Il faudra bien que quelqu’un paye la facture de ces travaux et retards à répétition. Et cela pourrait bien être le consommateur…

03 juillet 2019 Maud Descamps

https://www.europe1.fr/

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02 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

canicule (npa)

Canicule : Surchauffe momentanée mais durable

Avec 45,9°C dans le Gard le 28 juin, le record absolu de chaleur en France était battu

La veille, au Mont Blanc, 4 807m, les parapentistes qui s’étaient posés, grâce à l’air chaud, signalaient + 7°C. À Nantes, record de chaleur nocturne : le thermomètre n’est pas descendu sous les 24,7°C. On a relevé dans les transports en commun parisiens de 26 à 38°C le 26 juin ! Et nombreuses sont les écoles, notamment dans les cités populaires, où l’on a dépassé les 33°C.

Nous avons vécu la semaine passée une canicule record créant une situation sanitaire sur le fil du rasoir, des incendies en nombre, des dégâts importants dans les cultures. Ces canicules viennent plus tôt dans la saison, sont plus intenses, et plus fréquentes: voilà ce que mettent en évidence les relevés météos systématiques.

Météorologues et climatologues convergent dans leurs observations qui documentent la multiplication de phénomènes extrêmes : vagues de chaleur, cyclones, ouragans, tsunamis, incendies monstres, inondations, vagues de froid.

Phénomènes liés au réchauffement climatique

La communauté scientifique est quasi unanime pour dire que ces phénomènes trouvent leur origine dans le réchauffement climatique et constituent son côté dérèglement. Quasi unanimes pour dire l’origine humaine de celui-ci. Pour dire aussi que nous n’échapperons pas au réchauffement climatique, qu’il faudra vivre avec.

Mais aussi pour affirmer qu’un réchauffement à 1,5°C n’a pas les mêmes conséquences qu’à 2°C ! A fortiori qu’à 3, 4 ou 5°C ! Chaque 10è de degré compte ! 

Mesures radicales pour contenir le réchauffement

Il faut des décisions radicales. Il faut une révolution du mode de production, dans nos modes de vies, d’alimentation, de transports…

Une révolution de toute la société, de tous les rapports sociaux, donc des rapports de  propriété, une révolution pour éviter la barbarie et sortir du productivisme intrinsèque au capitalisme.

Une « révolution comme frein d’urgence »comme le disait Walter Benjamin, et à la bonne échelle, c’est-à-dire planétaire par nécessité. Une révolution pour nous remettre à notre place, dans la nature, une révolution pour l’écosocialisme, société sobre seule à même de refroidir la planète sur le long terme.

Contradictions mortifères

Deux exemples montrent que nous n’en prenons pas le chemin, au contraire. En 2007, le premier milliard de voitures individuelles en circulation a été dépassé sur la planète. On approche du 2e milliard. Puis cap sur le 3e bien sûr.

Plus aucune échéance pour l’arrêt du moteur thermique n’est donnée. C’est la fuite en avant irresponsable. La climatisation est un marché en expansion exponentielle : pourtant, en fonctionnement et en amont, chaque climatiseur génère plus de chaleur qu’il ne produit de froid, une chaleur rejetée dans l’atmosphère surchauffée !

Les accords de Paris COP 21, déjà si insuffisants, plus personne ne peut y croire après le G20 d’Osaka et les décisions au niveau de l’UE (CETA et MERCOSUR).

climat 27

Grève scolaire vendredi 27 septembre

La jeunesse: collégienEs, lycéenEs, étudiantEs – est mobilisée sur les enjeux du réchauffement climatique. Ce mouvement peut se développer encore bien plus. Mais tous nos efforts devraient tendre à faire de cette journée une action intergénérationnelle comme elle est annoncée à New York.

Commission nationale écologie

Créé le Mardi 2 juillet 2019,

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