Archive | Ecologie & climat

10 mai 2019 ~ 0 Commentaire

manger du poisson? (anti-k)

espece pro

La plus importante nouvelle que l’humanité ait jamais reçue

L’effondrement général de la vie sur Terre. La vaste évaluation internationale de l’état de la nature, révélée lundi , nous apprend que la planète vivante est en train de mourir. Pourtant, il n’est pas étonnant qu’elle ne figure pas dans les premières pages. Plus la question est importante, moins on en parle.

Il y a une raison à cela. Si nous devenions pleinement conscients de notre situation, nous exigerions un changement systémique.

Le changement systémique est trop menaçant pour les médias. Donc, ils nous distraient avec des babioles comme un bébé royal. On me dit souvent que nous obtenons les médias que nous méritons. Nous obtenons les médias que les milliardaires exigent.

Cela signifie que le premier devoir d’un journaliste est de couvrir les problèmes négligés. Je  vous dirige donc vers les 70% de la planète qui sont laissés de côté même dans le nouveau rapport: les mers.

Ici la vie s’écroule encore plus vite que sur terre. Le rapport de l’ONU sur la biodiversité indique clairement que la cause principale n’est pas le plastique . Ce n’est pas la pollution, pas la dégradation du climat, pas même l’acidification de l’océan. C’est la pêche. Comme la pêche commerciale est le facteur le plus important, c’est celui dont nous parlons le moins.

Quand vous entendez le mot pêcheur, quelle image vous vient à l’esprit?

Une barbe blanche, des yeux scintillants, assis sur un petit bateau rouge qui avance joyeu-sement sur une mer scintillante? Si tel est le cas, votre image du secteur nécessite une mise à jour. Une enquête menée par Greenpeace l’année dernière a révélé que cinq familles ont  29% du quota de pêche du Royaume-Uni . Elles figurent toutes sur la liste du Sunday Times Rich List.

Une seule multinationale néerlandaise exploitant une flotte de pêche détient 24% du quota anglais. Les plus petits bateaux – moins de 10 mètres de long – constituent 79% de la flotte, mais n’ont le droit de capturer que 2% du poisson.

« La pisciculture a des impacts encore plus importants, car les poissons et les crevettes sont souvent nourris d’écosystèmes marins entiers: des chalutiers aveugles draguent tout et en font  de la farine de poisson. »

La même chose s’applique dans le monde entier: d’énormes navires de pays riches avalent les poissons des pays pauvres, privant des centaines de millions de personnes de leur principale source de protéines, tout en éliminant les requins, le thon, les tortues, les albatros, les dauphins et une grande partie du reste de la vie. les mers.

La haute mer, autrement dit les océans situés au-delà des frontières nationales de 200 milles, est un pays sans lois. Ici, les navires de pêche installent des lignes d’hameçons de jusqu’à 10 km de long qui nettoient la mer de tous les animaux qu’ils rencontrent. Et même les pêcheries côtières sont gérées de manière désastreuse.

Pendant quelques années, les populations de morue et de maquereau du Royaume-Uni ont commencé à se reconstituer . On nous a dit que nous pourrions recommencer à les manger en toute sécurité. Les deux sont maintenant en chute libre. Les jeunes morues sont rejetées illégalement à une échelle industrielle, de sorte que les prises légales dans les mers britanni-ques sont probablement dépassées d’environ un tiers. Le maquereau en raison de la surpêche à peine réglementée, a perdu son label écologique il y a quelques semaines.

Le gouvernement affirme que 36% des eaux anglaises sont «protégées en tant que zones de protection marines» (MPA). Mais cette protection ne représente que des lignes sur la carte. La pêche commerciale est exclue de moins de 0,1% de ces fausses réserves. Un article récent de la revue Science a révélé que l’intensité du chalutage dans les zones protégées européennes est plus élevée que dans les zones non protégées. Ces AMP sont une farce totale: leur seul but est de convaincre le public de croire que quelque chose est en train d’être fait.

Au vu des échecs de l’Union européenne, vous espérez mieux du Brexit ?

Alors que l’UE propose un engagement juridique d’empêcher toute espèce de poisson d’être exploitée au-delà de son taux de remplacement l’an prochain, le projet de loi britannique sur la pêche ne contient pas un telle sauvegarde . Il n’est pas prévu de transformer nos «zones protégées» en zones protégées. Le pillage de nos mers devrait probablement s’intensifier.

Ce qui rend tout cela si frustrant, c’est que la réglementation du secteur de la pêche est à la fois pas cher et facile. Si la pêche commerciale était exclue de vastes zones marines, les captures totales augmenteraient probablement, paradoxe que les biologistes appellent l’effet de propagation.

Les poissons et les fruits de mer se reproduisent et grandissent dans les réserves, puis se répandent dans les eaux environnantes. Là où les mers ont été protégées dans d’autres parties du monde, les captures ont considérablement augmenté. Comme le montre un article de la revue PLOS Biology , même si la pêche était interdite dans toute la haute mer, comme il se doit , la capture de poissons dans le monde augmenterait.

Les règles ne sont pas difficiles à appliquer. Comme l’ a montré le Fonds mondial pour la nature, équiper tous les bateaux de plus de 10 mètres pêchant dans les eaux britanniques avec un équipement de surveillance ne coûterait que 5 millions de livres.

Des caméras et des capteurs enregistreraient ce que les bateaux capturent, rendant la pêche illégale impossible. Mais l’installation de cet équipement est volontaire. En d’autres termes, il est impératif de se conformer à la loi pour empêcher les rejets, la pêche hors quota et la pêche dans les zones de non-prélèvement, mais il est facultatif de prévoir l’équipement qui indique si vous vous conformez ou non à la loi.

Sans surprise, moins de 1% des navires ont accepté de transporter l’équipement.

Il n’y a presque plus de poissons ou de fruits de mer que nous pouvons manger en toute sécurité. Les scandales récents suggèrent que même le label du Marine Stewardship Council, qui est censé nous rassurer sur le poisson que nous achetons, n’est pas une garantie de bonne pratique.

Par exemple, le conseil a certifié les pêcheries de thon dans lesquelles des requins en danger ont été capturés et, dans les eaux britanniques, il a approuvé le dragage des pétoncles qui déchire les fonds marins.

Tant que la pêche n’est pas correctement réglementée et contrôlée, nous devons retirer notre consentement. Gardez vos sacs en plastique par tous les moyens, mais si vous voulez vraiment faire une différence, arrêtez de manger du poisson.

George Monbiot Jeudi 9 mai 2019

https://www.anti-k.org/

https://www.theguardian.com/

Commentaire:

La mer est la principale réserve de protéines de l’humanité, c’est une affaire globale.

La pisciculture est une activité agricole chinoise depuis de millénaires: les poissons sont végétariens et mangent les restes. Le saumon industriel lui est nourri d’autres poissons. Il faudrait accepter de manger des espèces végétariennes.

Bien entendu, nous nous opposons (comme l’auteur) à la surpêche industrielle et pas à la  petite pêche avec des « sanctuaires » pour que le poisson puisse se reproduire.

Enfin, comme l’agriculture industrielle qui nourrit les vaches, cochons, poulets et fait du diesel, la pêche n’a pas pour but de « nourrir les pauvres ». Ils se débrouillaient très bien avant que les navires usines à farine de poisson ne viennent les priver de nourriture.

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09 mai 2019 ~ 0 Commentaire

écologie (reporterre)

billets

Grève au ministère de l’Écologie contre les suppressions de postes

Alors que les syndicats de la fonction publique appellent à une journée de mobilisation, ce jeudi 9 mai, des personnels du ministère de l’Écologie se sont mis en grève et ont manifesté pour dénoncer « la contradiction entre l’affichage du gouvernement en matière d’environnement et les réalités palpables sur le terrain », ont dénoncé les syndicats lors d’un point presse, jeudi matin. Ces derniers s’inquiètent d’une baisse drastiques des effectifs, d’une perte de moyens financiers, d’un recul des savoir-faire et d’une multiplication des suicides.

Selon leurs chiffres transmis dans un communiqué, en 10 ans, les fonctionnaires du ministère ont vu leur nombre diminuer de 40 %. « Nous sommes le ministère qui supprime le plus de postes. Nous remportons chaque année la médaille d’or ou d’argent dans le championnat interministériel », s’insurge Laurent Janvier, de Force ouvrière. De 2013 à 2019, plus de 13.000 emplois ont été supprimés, 9.000 dans le ministère et 4.250 au sein des établissements publics.

Les conséquences sont multiples. « Des missions de service public ne peuvent plus être menées à bien, certains contrôles sont externalisés et privatisés, des expérimentations pour rendre le droit de l’environnement plus “souple” se développent », dénoncent les syndicats. Pour ces derniers, « les fonctionnaires du ministère de l’Écologie sont en voie d’extinction ». Ils manifestent donc ce jeudi après-midi, à Paris, avec les autres secteurs de la fonction publique.

9 mai 2019

https://reporterre.net/

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07 mai 2019 ~ 0 Commentaire

biodiversité (jdd)

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Biodiversité : 1 million d’espèces sont menacées 

Voici pourquoi c’est grave

Un million d’espèces animales et végétales seraient menacées à cause de l’activité humaine, selon le rapport sur la biodiversité publié lundi par le « Giec de la biodiversité ».

Voici les leçons qu’il faut en tirer.

L’heure du bilan a sonné. Sur les 8 millions d’espèces estimées sur la planète, animales et végétales, un million d’espèces sont menacées d’extinction dans les prochaines décennies. C’est la conclusion du rapport de 1.800 pages publié lundi par 145 scientifiques après trois ans de travail, à l’occasion de la 7e plénière du IPBES (Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques).

L’organisation, fondée par le PNUE (Programme des Nations unies pour l’environnement) et surnommée le « Giec [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat] de la biodiversité », vient de rassembler 130 pays pour une semaine de débats.

L’homme est clairement désigné comme responsable de la dégradation de la situation : utilisation intensive des terres pour l’agriculture et exploitation des ressources (déforestation), chasse, pêche, changement climatique, pollutions et espèces invasives.

Voici les espèces d’animaux sauvages qui pourraient disparaître.

La fin des abeilles

Des espèces « du quotidien » risquent de disparaître du paysage. Au premier rang desquels les insectes : 40% des espèces sont en déclin, un tiers sont menacées. Une espèce en particulier symbolise cette disparition : l’abeille. Durant l’hiver 2018, 400.000 ruches françaises sont mortes, une hécatombe 3 à 4 fois supérieure aux chiffres classiques selon la Fédération française des apiculteurs professionnels.

Les causes : dérèglement climatique mais aussi traitements phytosanitaires, comme les néonicotinoïdes, interdits en France depuis le 1er septembre 2018.

  • Pourquoi c’est inquiétant : l’abeille fait partie des pollinisateurs, qui garantissent 75% de la production mondiale de nourriture. Les experts évaluent cette perte entre 235 et 577 milliards de dollars par an.

Les oiseaux et chauves-souris en danger

Parmi les pollinisateurs, on compte aussi les bourdons, les papillons ou encore les chauves-souris. Sur les 34 espèces de chauves-souris répertoriées en France, seules 17 survivent encore. En dix ans, un tiers de leur population a disparu.

  • Pourquoi c’est inquiétant : cet animal volant est essentiel aux cultures agricoles. Il se nourrit d’insectes et évite leur prolifération.

La disparition des insectes a une autre conséquence : leurs prédateurs disparaissent. Par exemple, un tiers des oiseaux a disparu en moins depuis 15 ans. En France, par exemple, la bécassine des marais compte moins de 50 individus observés. La grue cendrée et le goéland cendré sont également en danger. Les populations de moineaux friquets, un des moineaux le plus répandu en Europe et en Asie, diminuent. La plupart de ces animaux sont des « espèces parapluie » : elles en protègent d’autres, comme les papillons, les plantes.

Des animaux plus vraiment sauvages

Plus loin des jardins, mais toujours en France, certains grands mammifères sont menacés. Le bison d’Europe par exemple : seulement 250 individus observés en 2016. L’ours brun est aussi en danger critique : 40 individus répertoriés dans les Pyrénées.

A des centaines de kilomètres, d’autres espèces mythiques sont devenues des symboles. Dans la famille des grands singes, l’orang-outan de Bornéo pourrait voir sa population divisée par deux en moins de dix ans. Toutes les sous-espèces de gorilles sont en danger, particulièrement les gorilles des montages : 900 individus à l’état sauvage. Au total, 60% des espèces de primates sont menacées.

Les grands félins ne s’en sortent guère mieux. Sur les cinq espèces de tigres par exemple, toutes sont menacées. Seuls 3.890 individus vivent encore en milieu naturel.

Quant aux pandas géants, ils ne sont plus que 1.800 encore en liberté :

  • Pourquoi c’est inquiétant : le rôle de ce mammifère est vital pour son environnement. En disséminant des graines, il favorise le renouvellement de la forêt permettant ainsi le développement d’autres espèces, y compris les populations locales.

Surpêche et pollution

En raison de la pollution au plastique – multipliée par dix depuis 1980 -, les océans abritent désormais 400 zones mortes. 31% des requins et raies, un tiers des récifs coraliens sont mena-cés d’extinction selon la liste rouge de l’IUCN (Union internationale pour la conservation de la nature).

En 2015, 33% des stocks de poissons marins ont été exploités à des niveaux non durables. Autre exemple frappant : 80% des ressources en thon rouge ont disparu en 20 ans.

Le rapport n’est pas qu’une longue liste sombre. Ses auteurs suggèrent de transformer les modes de production agricoles ou les habitudes de consommation pour éviter l’hécatombe. Autant de pistes de réflexion qui devraient être abordées lors de la prochaine réunion de la Convention de l’ONU sur la diversité biologique (COP15), organisée en Chine. Les Etats membres fixeront alors les objectifs pour 2050.

  6 mai 2019 Mathilde Durand

https://www.lejdd.fr/

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06 mai 2019 ~ 0 Commentaire

chasse (npa)

chasseurs

La biodiversité et la chasse : la carpe et le lapin ?

L’Office français de la biodiversité et de la chasse sera le nouvel organisme qui regroupera toutes les instances de protection de la faune et de la flore. Le texte du gouvernement créant l’Office n’était déjà pas satisfaisant, mais les amendements du Sénat votés les 11 et 12 avril, modifient de façon inquiétante le texte initial discuté à l’assemblée en janvier dernier.

Les amendements changent en effet totalement la donne puisqu’ils mettent la bio­diversité sous le contrôle… des chasseurs.

Ainsi, les fédérations de chasse pourraient se voir confier la gestion de réserves naturelles natio-nales, et des réserves nationales de la chasse et de la faune sauvage qui, aujourd’hui, sont sous la responsabilité de l’État. De plus, les zones censées permettre à la faune de se reconstituer passerait de 10 % à 5 % de la superficie du territoire.

Retour en arrière considérable

En outre, non seulement les chasseurs obtiendraient des dérogations de chasse (oies migratri-ces), mais seules six espèces d’oiseaux seraient concernées par la « gestion adaptative », gestion qui permet de conditionner le nombre de « prélèvements » à l’état de conservation de l’espèce.

Or, sur les 64 espèces d’oiseaux chassées, 18 figurent sur une liste rouge au niveau international.

Et, pour finir, les espèces protégées pourraient être chassées si les chasseurs estiment que leurs effectifs sont suffisants ! Ce serait un retour en arrière considérable et une remise en cause de la loi de protection de la nature de 1976. On en ­reviendrait à avant Giscard d’Estaing…

Plume sur le chapeau, les modes de chasse traditionnels (glu, étranglement, écrasement des oiseaux…) entreraient dans le « patrimoine cynégétique national ». Manque plus que Stéphane Bern au tableau (de chasse).

La répression allant bon train en cette période jaune, le Sénat veut instaurer un délit d’entrave à l’action de chasse, puni de un an d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende.

De son côté, la Fédération nationale des chasseurs recevra un fonds de la part de l’État ou de l’Office français de la biodiversité (donc de l’argent public) de 10 euros par permis de chasse, soit au moins 10 millions d’euros pour conduire des actions en faveur de la biodiversité dont seuls les chasseurs auront la maîtrise.

Des dizaines d’associations de protection de la nature et des animaux ont co-signé un texte commun pour demander au gouvernement d’en revenir au consensus obtenu en première lecture à l’Assemblée nationale dans lequel elles dénoncent notamment:

« Le nombre de cadeaux indécents abandonnés au monde de la chasse, notamment fiscaux, [qui] marqueraient un recul historique de la protection de la nature en France ».

Le NPA leur apporte son soutien.

Commission nationale écologie Vendredi 3 mai 2019

https://npa2009.org/

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06 mai 2019 ~ 0 Commentaire

câble (ecologistas en accion)

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Le câble de Tarifa contribue au réchauffement climatique de la planète

Ecologists  en Action, dénonce la « transformation » du « câble de Tarifa » – ligne d’interconnexion électrique de 400 000 volts entre l’Europe et l’Afrique. Lorsque ce projet a été lancé, il était justifié de dire qu’il s’agissait de « développer » le Maroc, car l’électricité devait parvenir dans ce pays par son intermédiaire, ce qui contribuerait à la sécurité énergétique…

De nos jours – en réalité – le câble de Tarifa sert au Maroc à vendre de l’énergie «sale» à l’Espagne.

Énergie que le « pool électrique espagnol » achète car elle est moins chère que ce qui est produit ici, puis ils la vendent plus chère aux consommateurs espagnols. Le problème c’est que l’éner-gie produite au Maroc et transportée ici est générée par la combustion du charbon, l’un des principaux producteurs de CO2.

Paradoxe: les centrales thermiques du pays – telles que la centrale thermique de Los Barrios – s’arrêtent une bonne partie de l’année (elles sont actuellement en arrêt) parce qu’elles ont dépassé le quota d’émissions de CO2 qui leur est attribué, mais qu’elles importent une énergie, produisant des quantités supérieures de CO2. Cela s’appelle du cynisme.

Au cours des années 2017 et 2018, l’Espagne exportait 5 690 GWH et 3 515 GWH. Entre novembre 2018 et février 2019, la tendance s’est inversée et 443 GWH ont été importés du pays voisin, principalement de la centrale thermique de Safi d’une puissance de 1 400 MW.

Le CO2 provoque les mêmes dommages que le CO2 provenienne d’une cheminée de Los Barrios ou de Casablanca. Ce CO2 contribue globalement au réchauffement de la planète. Et la réduction des émissions de CO2 n’est pas seulement une priorité pour le mouvement écologiste, mais pour l’ONU (On n’en attend rien blog)

Une des raisons pour lesquelles Ecologistas en Acción s’était opposée à l’installation de ce « câble de Tarifa » à l’époque, était que cela servirait à exporter de l’énergie moins chère du Maroc. Nous étions accusés de ne pas soutenir, de nous opposer au développement du Maroc…

Ce n’est pas que nous ayons la vocation de diseuses de bonne aventure, mais la question était d’une clarté évidente. Nous importons de l’énergie marocaine qui contribue au réchauffement de la planète, de sorte que le « pool électrique espagnol » augmente ses profits en achetant une énergie moins chère que celle produite ici et en la vendant à un prix comparable à celui qu’elle a produit ici.

À notre avis, il est temps de repenser non seulement l’expansion de cette installation, mais également de remettre en question l’installation elle-même. Nous nous sommes adressés au ministre de la Transition écologique pour exiger:

Une explication de cette réalité, à un gouvernement qui est présumé vert.

Paralyser les futures extensions de ce câble.

Immédiatement paralyser l’importation d’énergie sale en provenance du Maroc.

La solution passe par une consommation d’énergie inférieure

Que cette énergie provienne des formes renouvelables non polluantes: photovoltaïque, éolien…

Que les centres de production et de consommation soient aussi proches que possible.

https://www.ecologistasenaccion.org/

Lire aussi:

Ecologistas en Acción: La rupture du «câble de Tarifa» déverse 29.000 litres de liquide «toxique» dans le détroit (La Dépêche.ma)

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05 mai 2019 ~ 0 Commentaire

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Landivisiau: quelques centaines d’opposants à la centrale à gaz se couchent par terre

Alors que la préfecture avait interdit la manifestation, en raison d’un parcours passant trop près du site, quelque centaines d’opposants à la centrale à gaz de Landivisiau se sont retrouvés dans la ville et se sont couchés à même le sol.

Elles étaient quelque 250 personnes selon la préfecture, 400 selon les organisateurs, ce samedi après-midi à manifester une nouvelle fois leur opposition à la centrale à gaz de Landivisiau, et défendre le droit de manifester, à l’appel du Collectif  « Landivisiau doit dire non à la centrale ».

Les manifestants se sont rassemblés dans le centre ville devant la mairie et ont défilé une heure avant de se coucher à même le sol. Pour eux il s’agissait de « montrer (leur) indignation face aux mesures liberticides et à l’inaction du gouvernement en matière de protection de l’environne-ment » et de rappeler qu« Il est urgent d’arrêter tous les grands projets inutiles et polluants qui mettent en danger notre environnement et notre santé. » Une partie des manifestants, « environ 150, sont venus à un point d’entrée interdit dans le périmètre« , mais il n’y a pas eu d’incident, a indiqué la préfecture.

Manifestation interdite

La manifestation initialement prévue, avait été interdite par la préfecture ce vendredi en raison d’un parcours passant trop près du site de la centrale à gaz de Landivisiau et « des troubles graves à l’ordre public lors de la précédente manifestation, le 23 février 2019″ expliquait le communiqué de la préfecture.

Pour un débat contradictoire

« On est depuis le mois de février dans une très grosse répression et intimidation à Landivisiau », a affirmé Florent Laot, l’un des membres du collectif Landivisiau dit non à la centrale, à l’AFP évoquant « un contexte national d’interdiction de manifester » avec « plusieurs gardes à vue de manifestants »« On nous empêche de développer nos arguments. Cela fait des années qu’on demande à Mme le maire (Laurence Claisse, DVD, NDLR) un débat contradictoire » sur le projet, a ajouté le militant.

Chantier démarré au mois de janvier

Les opposants à la centrale demandent l’abandon du projet de centrale au gaz et manifestent régulièrement depuis fin janvier et l’arrivée des premiers engins de chantier sur le site. A plu-sieurs reprises, ils ont empêché les ouvriers sur place de travailler. La cour administrative de Nantes doit se prononcer en juin sur un recours de l’association écologiste « Force cinq » contre l’autorisation ministérielle au projet, selon le collectif.

Projet phare du Pacte électrique breton

Dépourvue de centrale nucléaire, la Bretagne ne produit qu’environ 10% à 15% du courant qui y est consommé et importe l’essentiel des régions voisines. Pour remédier à cette situation, un Pacte électrique breton conclu en 2010 prévoyait de nouvelles sources de production d’électrici-té, dont la future centrale de Landivisiau, de 400 mégawatts, portée par Direct Énergie. Le projet a cependant pris beaucoup de retard: initialement la centrale devait être mise en service à l’hiver 2016-2017.

Krystell Veillard 04/05/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Landivisiau (Médiapart)

Landivisiau : un pique-nique militant contre la centrale est prévu, le préfet instaure un périmètre d’interdiction (CB)

Landivisiau : un pique-nique militant contre la centrale est prévu, le préfet instaure un périmètre d’interdiction (Côté Brest)

Commentaire:

Pour ne pas développer les énergies alternatives ou se brancher sur l’Irlande, on va brûler du gaz (et de schiste même, il paraît!) et verser un pactole d’argent public…

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04 mai 2019 ~ 0 Commentaire

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Manif à Landivisiau

Elle n’a as eu lieu! Le préfet avait interdit toute approche du site. Il ne restait que le centre ville. Les associations ont donc préféré éviter à de nouveaux camarades d’être convoqués et touchés au porte-monnaie. Et on a fait un « die-in » devant la mairie et l’hélicoptère qui nous a tou(te)s pris en photo.

Lire aussi:

Centrale à gaz de Landivisiau : le préfet interdit un périmètre, la manifestation maintenue samedi 4 mai 2019 (Côté Brest)

Communiqué de l’association Landivisiau doit dire non à la centrale suite à l’interdiction de manifester aux abords du chantier de la centrale ce 4 mai  (Chiffon Rouge)

À Landivisiau, des manifestants contre la centrale à gaz bravent l’interdiction du préfet (OF)

Landivisiau (f3)

Landivisiau : un pique-nique militant contre la centrale est prévu, le préfet instaure un périmètre d’interdiction (CB)

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04 mai 2019 ~ 0 Commentaire

landi (médiapart)

landi

A Landivisiau, un projet de centrale électrique sous haute tension

Le chantier d’une future centrale à gaz a commencé fin janvier dans le Finistère. Les opposants s’activent pour retarder les travaux. Mais la répression est féroce : militants gardés à vue, amen-des, convocations… et une manifestation prévue samedi qui risque d’être interdite. Sur le front juridique, une audience décisive a lieu vendredi à Nantes.

Landivisiau (Finistère), de notre envoyé spécial.

C’est un face-à-face récurrent depuis quelques semaines : côté route, sur le bas-côté, une dizaine de militants sortent les sardines en boîte et les sandwichs, le café et le jus de pomme pour un pique-nique improvisé ; de l’autre côté du fossé, un maître-chien marche de long en large. Entre les deux : une barrière de deux mètres de haut qui encercle le terrain d’une future centrale électrique fonctionnant au gaz. Depuis la fin janvier, les premiers coups de pelleteuse ont résonné sur le vaste terrain retenu pour le projet. Et depuis ce jour, les opposants n’ont de cesse de montrer leur détermination.

Lundi 29 avril, les militants découvrent éberlués qu’une deuxième rangée de barrière est en cours d’installation. « On dirait les douves d’un château », grince l’un d’eux. « On avait déjà les vigiles, les maîtres-chiens, la vidéosurveillance, et voilà donc qu’ils en rajoutent une couche », ajoute un autre. Un film plastique noir est ensuite tendu sur la seconde barrière – sans qu’on sache si cela sert à masquer aux yeux extérieurs ce qui se passe à l’intérieur ou, au contraire, à cacher à la vue, de l’autre côté, tout rassemblement extérieur. Plus glaçant encore, un panneau fixé à la barrière extérieure annonce : « Chantier interdit au public – Site placé sous vidéoprotection – Traçage ADN – Intervention sur site ».Alors que la France, son président en tête, se veut « championne du climat », les chantiers récents, dénoncés comme non climato-compatibles ou polluants, poussent à l’abri des barrières. Comme à Bure et son futur site d’enfouissement de déchets nucléaires – il s’agit-là d’un mur ; comme en banlieue de Strasbourg – le chantier de l’autoroute du « grand contournement ouest » ; comme à Romainville en banlieue parisienne – une forêt sauvage remplacée par une base de loisir. Il faudrait rajouter l’adjectif « enclos » à l’expression « grands projets inutiles et imposés ».

À Landivisiau, les barrières « protègent » pour l’instant une friche.

Ici devrait voir le jour une centrale à cycle combiné gaz d’une puissance de 446 MW (mégawatts). L’appel d’offres a été remporté en 2012 par Direct Energie, allié pour la circons-tance à l’industriel Siemens. La Compagnie d’électricité de Bretagne (CEB) a été créée pour l’occasion. Le coût estimé de l’opération est d’environ 490 millions d’euros. Mais il faut ajouter à cela un gazoduc de 20 km pour l’alimenter, un autre de 111 km pour renforcer le réseau, et une ligne très haute tension pour acheminer l’électricité produite vers le poste de La Martyre, à 18 km. Direct Energie a depuis été rachetée par Total.

Le début du chantier le 21 janvier, après beaucoup de retard, a réveillé les opposants.

Par petits groupes, ils tentent depuis de ralentir les travaux, en empêchant les camions et autres tracteurs de rentrer ou de sortir. Une manifestation, le 23 février, a rassemblé mille personnes (Landivisiau compte 9 000 habitants). Une partie de la barrière est tombée ce jour-là. Et trois jours plus tard, des militants ont tenté de s’opposer à ce qu’elle soit remise en place.

Jean-Yves Quéméneur est un grand gaillard avec un large ciré rouge. Il est président de Force 5. L’association – environ 160 membres à jour de cotisation – a obtenu depuis peu, devant la justice, la reconnaissance de son droit à agir, qui lui était contesté. Son président se retrouve depuis lors particulièrement visé par la riposte des autorités. Le 20 mars, avec d’autres cama-rades, il a tenté de bloquer la circulation à proximité du chantier. Quelques palettes, une quinzaine de personnes. Les gendarmes ont foncé, à quatre pour l’extraire. Sept heures de garde à vue plus tard – dont deux heures en « chambre de sécurité », dit-il – le voici convoqué au tribunal le 17.

Loïc Le Polles, de l’association « Landi doit dire non à la centrale » (LDDNC, environ 400 adhérents mais une centaine d’actifs et un noyau dur d’une trentaine) : « Le sénateur Jean-Luc Fichet [Finistère, socialiste – ndlr] a appelé le préfet, qui lui a confirmé que Jean-Yves était particulièrement dans le collimateur. »

De fait, il n’est pas le seul dans le collimateur.

Jeudi 2 mai, une réunion à la préfecture en vue d’une manifestation prévue samedi 4 mai ne s’est pas bien déroulée. Arguant que la sécurité du cortège n’était pas bien assurée, la préfec-ture a en effet décidé d’interdire un périmètre autour de la centrale. À 48 heures de l’événement, déjà annoncé, c’est un coup dur pour les opposants. Mais ce n’est pas le seul de ces dernières semaines. Après l’action en mars, outre Jean-Yves Quéméneur, une dizaine de personnes ont été convoquées par les gendarmes. Les convocations tombent parfois un peu au hasard : « Certains, qui étaient là, ne reçoivent rien, d’autres, qui n’étaient pas là, en reçoivent parce que leur plaque a été relevée », s’agace un opposant.

À une demi-heure de Landivisiau, le petit village de Saint-Rivoal dans les monts d’Arrée.

Ici, un autre foyer d’opposants attire particulièrement l’attention gendarmesque. Olivier, 66 ans, les cheveux en bataille et les mains pleines de cambouis, lève la tête du moteur de sa voiture. Il a fait 8 heures de garde à vue pour la manifestation où les barrières sont tombées. Arrêté à Sizun, emmené toutes sirènes hurlantes et à 140 km/h à Plourin-lès-Morlaix, il est accusé de dégradation de matériel et même de violences sur agents.

« Un gendarme dit que je l’ai attrapé par le gilet pare-balles, moi je dis que ce sont eux qui ont chargé. » Pour l’instant aucune suite, pas de convocation au tribunal. Pendant sa garde à vue, une trentaine de personnes se regroupent devant la gendarmerie, donnant lieu à une nouvelle arrestation. « Ensuite le lendemain, ils ont débarqué ici, dans cette maison de Saint-Rivoal. »

C’est G, jeune saisonnier agricole qui habite là, qui poursuit : « Ils ont débarqué le matin à une quinzaine. Comme ils étaient dans le cadre d’une enquête de flagrance, ils sont entrés et ont jeté un œil dans chaque pièce de la maison. Ils ont distribué des convocations à tous les gars qui se trouvaient là, au fur et à mesure que ceux-ci se réveillaient. On nous reproche une dégradation avec la circonstance aggravante d’avoir eu le visage dissimulé. » Depuis, la maison de Saint-Rivoal voit régulièrement passer les gendarmes.

Aujourd’hui la situation est difficile »

Quand il ne s’agit pas de répression judiciaire, les autorités frappent aussi au portefeuille. Une ordonnance a été prise par le tribunal, autorisant un huissier à distribuer des amendes de 5 000 euros pour les personnes tentant de s’opposer au bon déroulement du chantier.

Le 5 avril, un groupe essaie de barrer la sortie à un tracteur. L’huissier est là. Il demande leur identité aux militants qui refusent de la donner. Un contrôle de gendarmerie plus tard, ils sont une dizaine à recevoir le fameux papier et risquent tous d’avoir à payer 5 000 euros d’amende. Sur la liste des personnes visées, des choses étonnent, comme la mention « figure au FPR [fichier des personnes recherchées – ndlr] – ne pas attirer l’attention », à côté du nom d’un militant, ou bien à côté d’une autre, le fait qu’elle est la compagne d’Untel.

Même les rassemblements devant la gendarmerie donnent lieu à un festival d’amendes 

Qui pour un stop glissé, qui pour un clignotant défectueux, qui pour un pneu lisse. « C’est bien pour ça qu’on répare nos bagnoles », se marre Olivier. Une autre militante s’est vu verbaliser pour distribution d’imprimés sur la voie publique. « On découvre des trucs juridiques tous les jours », philosophe G. Une autre encore a pris une amende parce qu’elle n’avait pas ses papiers, elle habitait pourtant à 100 mètres et se proposait d’aller les chercher. Sans succès.

« Ça étonne tout le monde, le poids du judiciaire et du policier dans ce dossier »

affirme C., militante EELV de la région, présente au pique-nique. « L’opérateur veut nous intimider, il a l’État derrière lui », ajoute É.. L., qui gère avec sa femme une production de plantes aromatiques à quelques kilomètres de Landivisiau, insiste quant à lui sur l’unité des opposants après des années de lutte malgré leur diversité .

« Ici, il y a des jeunes avec des vieux, des gens qui viennent là par la santé, d’autres par le climat, d’autres par le gaspillage d’argent public, un communiste pur jus qui fraternise avec un catho convaincu, jusqu’à devenir son meilleur ami. On tient la dragée haute à Total alors qu’on n’est qu’une cinquantaine, on tient quelque chose de fort, là. » « Ça a créé une fraternité, complète Jean-Yves Quéméneur, on est une cinquantaine, d’horizon et de profils divers, face à la gendarmerie, face aux vigiles. »

Lundi soir, une quinzaine d’opposants se retrouvent chez Loïc, autour d’une soupe et d’un verre de bière. Dans la grange en face de la maison, une longue table est installée. Tout le monde prend place. Il y a là Christiane, trésorière de l’association LDDLC – « je suis Picsou ! » – , qui s’est engagée d’abord pour la santé. Tout comme M., qui vient de Lampaul-Guimiliau, « au village, on me prend pour une toquée ».

Il y a A., jeune femme qui « donne un coup de main » depuis janvier parce que sa sœur, Mélanie, habite à Landivisiau. M., elle, a mis un peu de temps à s’impliquer mais est très active depuis quelques mois.  On retrouve A., aperçue au pique-nique et qui « lutte depuis le tout début », d’abord au sein du conseil municipal, où elle était élue d’opposition, puis à partir de 2014 au sein de l’association LDDNLC.

À côté d’elle, Josée, qui était contre ce « projet d’arrière-garde » alors même qu’on ne savait pas encore où il devait se faire et qui est « encore plus d’arrière-garde après toutes ces années ». J., ancien d’EDF, passé par la centrale au charbon de Cordemais, puis par le siège parisien, s’oppose au projet depuis qu’il est sorti « éberlué » d’une séance de présentation au conseil municipal de Landivisiau, choqué que le seul choix offert aux citoyens, soit celui « des arbres et des fleurs qui entoureront la centrale ». Il est depuis peu porte-parole de l’association Bretagne Vivante. Pour lui, c’est clair : « C’est un projet polluant, coûteux et inutile. »

I., a vécu ce projet de centrale « comme une agression ». « Ce que je ne comprends pas, c’est que malgré le fait que ce projet soit en complète contradiction avec ce qu’il faudrait faire aujourd’hui, les décideurs soient capables de continuer », dit-elle. Et d’ajouter : « Aujourd’hui la situation est difficile parce qu’on n’arrive pas à se faire entendre, on passe pour des terroristes. »

Plus jeunes, E. et sa compagne, sont éberlués de voir les politiques tellement décon-nectés. Sa compagne vient de Landerneau, elle parle à qui veut l’entendre de cette centrale, un projet  « vraiment mal connu ». À leur côté se trouvent A., qui habite à 21 km de Landivisiau : lui s’intéresse aux moyens alternatifs de produire de l’énergie, elle, ne comprend pas qu’alors même que la Bretagne est confrontée à des pics de pollution, il se trouve encore des politiques pour défendre le projet.

Présent pour la première fois, B. Fait intéressant, celui-ci vient de monter une branche d’Extinction Rebellion – ce nouveau mouvement pour le climat venu d’Angleterre qui prône la désobéissance civile – à Morlaix. Il est venu pour bâtir des passerelles, réfléchir au mouvement climat et à l’articulation entre « les demandes générales mondiales et les luttes locales ». Une formation à l’action non violente a déjà eu lieu dans le coin il y a quelques jours, l’idée est à présent de savoir quoi en faire.

La lutte se veut aussi politique. En 2014, une liste d’opposants s’est présentée à la mairie de Landivisiau, elle n’a échoué qu’à une centaine de voix. Les opposants rencontrent également les députées, en l’occurrence, Graziella Melchior et Sandrine Le Feur. Toutes deux ont été élues avec l’étiquette LREM, dans la foulée de l’élection d’Emmanuel Macron. Et toutes deux défen-dent la centrale. Une rencontre récente avec Graziella Melchior a d’ailleurs laissé un goût amer, les arguments en faveur du projet paraissant plus que légers.

Manne financière pour Total

Le principal d’entre eux consiste à agiter le spectre du « black-out » en Bretagne : le risque d’une coupure généralisée de courant dans un moment de grande tension. « Le risque du black-out, c’est un mensonge », grince Émile. L’ancien d’EDF sort ses documents : « RTE indique clairement que le réseau n’est pas en danger et qu’il n’y a pas non plus de risque de black-out. » Il a raison.

Dans une note de 2018, Réseau de transport d’électricité écrit : « La mise en service en 2017 du Filet de sécurité Bretagne, une ligne électrique souterraine de forte puissance, contribue forte-ment à l’équilibre des flux dans la zone. Ainsi, malgré la fermeture récente de centrales de pro-duction au fioul sur le site de Cordemais (Pays de la Loire), la consommation électrique ayant cessé de croître, la situation électrique de la Bretagne peut aujourd’hui être considérée comme stabilisée. » C. rappelle également que la France est exportatrice nette d’électricité.

Pourquoi maintenir la centrale de Landivisiau dans ce cas ?

Tout simplement parce qu’elle était prévue. En 2010, l’État, la région Bretagne, RTE, l’Ademe (l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et l’ANH (agence nationale de l’habitat) ont signé un « pacte électrique breton ». Celui-ci reposait sur plusieurs leviers : maîtrise de la consommation, développement des sites de production (énergies renouvelables et centrale de Landivisiau) et renforcement du réseau électrique. En 2019, ce pacte s’avère beaucoup moins utile. Le réseau a été renforcé, la consommation d’électricité en Bretagne est stable. Pour Me Alexandre Farro, avocat de l’association Force 5, c’est aujourd’hui « une tarte à la crème ».

L’avocat devait le rappeler vendredi 3 mai devant la cour administrative d’appel de Nantes.

Car la bataille se joue aussi sur le terrain juridique. Après plusieurs péripéties, l’association Force 5 s’est vu reconnaître son intérêt à agir. Vendredi matin, rendez-vous était donné à 10 h 30 aux opposants à Nantes, pour soutenir Me Farro. Celui-ci conteste au nom de Force 5 l’arrêté du 6 mai 2015 pris par le préfet autorisant la CEB à créer et exploiter l’installation de production d’électricité à Landivisiau. En première instance, le 27 octobre 2017, Force 5 a vu sa requête rejetée.

Le recours porte sur l’ICPE (Installation classée pour la protection de l’environnement).

« Sous ce nom barbare se cache la plus importante autorisation à obtenir pour un projet indus-triel. C’est l’autorisation d’exploitation que l’on attaque », explique Me Farro. « Le tribunal va regarder notamment comment s’est déroulée l’enquête publique, l’étude d’impact – sur l’environnement, sur le milieu, le paysage », ajoute l’avocat.

Les opposants ne manquent pas d’arguments.

Ils estiment tout d’abord que le préfet n’a pas pu prendre une décision éclairée puisque, alors que c’est obligatoire, la CEB n’a pas présenté de solution de substitution au projet lors de l’étude d’impact. Or, des solutions existent, et notamment le projet de liaison électrique Finistère-Irlande, dénommé CELTIC Interconnector, qui consiste à créer une liaison souterraine et sous-marine de 700 mégawatts (MW) entre le poste électrique de La Martyre et le poste électrique de Knockraha.

Ce projet avait d’ailleurs donné lieu à une drôle de lettre du préfet de région Bretagne, Patrick Strzoda (oui, le même que dans l’affaire Benalla), en avril 2014, adressée à RTE. Alors que ce dernier voulait lancer des études sur cette interconnexion, Strzoda lui a gentiment demandé de reporter son projet, de peur d’envoyer un « mauvais signal pour l’avenir de la centrale de Landivisiau » (lire notre article de l’époque).

Par ailleurs, les opposants dénoncent le fait que l’enquête publique n’a pas pris en compte un nombre important de courriers parce qu’ils émanaient d’opposants déclarés au projet. D’un point de vue environnemental, ils accusent la CEB d’avoir biaisé ses mesures de pollution en choisis-sant sciemment des périodes de faible pollution.

La ville est en effet sous le coup de plusieurs sources de pollution 

La pollution d’origine agricole, la présence de la base aéronavale, et surtout, la RN12 qui longe la ville. « Landivisiau, bien que commune de petite taille, compte un niveau de pollution équiva-lent à celui d’une métropole comme Brest », rappelle Force 5. Or la CEB n’a pas effectué ses mesures à proximité de la 4 voies, alors que le site de la centrale y sera.

Dans son étude d’impact, l’opérateur estime qu’en fonctionnant 8 000 heures par an, la quantité annuelle de CO2 émise atteindrait quasiment les 1,5 million de tonnes, et près de 1 100 tonnes pour les oxydes d’azote. De quoi inquiéter les familles de Landivisiau, dont les enfants vont faire du sport sur un terrain situé à quelques centaines de mètres à peine de la centrale. Ces niveaux de pollution pourraient par ailleurs avoir une autre conséquence : les paysans bio basés à proximité pourraient se voir retirer leur label.

Les opposants reprochent également à la CEB de n’avoir rien fait pour protéger l’espèce protégée de l’escargot de Quimper. Lors de l’étude d’impact, la société chargée d’évaluer la présence de cet escargot sur le site se serait rendue coupable d’un faux, puisque, en ayant trouvé, elle a sciemment affirmé le contraire, selon le témoignage d’un ancien salarié produit par Me Farro.

Pour l’avocat, joint par Mediapart quelques jours avant l’audience, « si l’on a affaire à un juge qui applique les règles du droit, je suis confiant. Après, je ne connais pas la longueur du bras de Total ». Il ajoute : « Ce que je remarque, c’est que l’on a échangé, avec Direct Energie, quatre mémoires en appel, et que le ministère de l’écologie ne répond plus ! Les juges peuvent inter-préter ça comme un signal : le ministre ne défend plus le dossier. » En cas d’annulation de l’ICPE, tout serait à refaire pour Direct Energie : « On se met au minimum 8 ans dans les gencives. ».

En face, Total Direct Energie n’est cependant pas près de lâcher l’affaire.

Et pour cause : la centrale de Landivisiau, c’est l’assurance de recevoir une manne de l’État pendant au moins 20 ans. L’accord prévoit que la CEB touche 40 millions par an. Pour l’oppo-sante Morgane, « c’est un cadeau à Total point barre, sauf qu’on n’a plus le temps de faire des cadeaux à Total ».

Une autre question reste posée : d’où viendra le gaz brûlé dans la centrale ?

Récemment, l’Observatoire des multinationales a révélé coup sur coup que du gaz de schiste américain était importé en France, puis que Total venait d’annoncer un investissement de 700 millions dans un nouveau projet de gazoducs et de terminal d’exportation de gaz de schiste en Louisiane. Les autorités françaises auront bon dos de vanter le caractère « propre » de la centrale à gaz au vu de ces informations.

Reste une derrière barrière à faire tomber pour les opposants. Mentale celle-ci. Dans une zone de Bretagne sinistrée du point de vue industriel (la fermeture de l’abattoir Gad à Lampaul-Guimi-liau est encore dans toutes les têtes), la question de l’emploi que pourrait créer la centrale – soit directement, soit par appel d’air, selon ses promoteurs – continue de peser dans le débat. Pourtant, rappelle Loïc Le Polles, la centrale elle-même, une fois en fonctionnement, ne nécessiterait que 40 emplois, dont une grosse partie de spécialistes de ce genre de centrale, « ça m’étonnerait qu’ils les trouvent dans le coin ».

« Certes, explique G., il y a dans le coin une situation sociale qu’on ne peut négliger. Mais nous, on a fait des argumentaires sur les retombées en termes d’emploi sur isolation des mai-sons et tout, et ça ne prend pas. Les politiques, ils se disent investis pour développer l’emploi, et pourtant on les a pas beaucoup vus lors de la fermeture de Gad. » O. secoue la tête et lance, un sourire en coin : « Avec tous les vigiles qu’ils ont dû embaucher à cause de nous, on a déjà créé de l’emploi en fait. »

3 mai 2019 Christophe Gueugneau

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03 mai 2019 ~ 0 Commentaire

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metz

G7 environnement à Metz 

« Ils sont 7, nous sommes 7 milliards! »

Les 5 et 6 mai, un G7 réunira à Metz les ministres de l’Environnement des 7 pays les plus riches de la planète. Mais leurs grand-messes médiatiques ne font plus illusion et, contre l’inaction criminelle des gouvernements, une mobilisation internationale pour la justice écologique et sociale se tiendra demain samedi 4 mai.

Dérèglement climatique, effondrement de la biodiversité, pollutions massives, épuisement des ressources naturelles…

En saccageant la planète, le capitalisme mène l’humanité à sa perte. Dans ce cadre, ce G7 environnement ne sert qu’à perpétuer le système et à préserver les intérêts des grands groupes capitalistes du pétrole, de l’agriculture industrielle ou des transports, responsables des émissions de gaz à effets de serre.

Pour imposer des mesures écologiquement efficaces et socialement justes – la sortie des énergies fossiles et l’arrêt du nucléaire, une agriculture écologique et paysanne, des transports publics gratuits –, il faut en finir avec le pouvoir des actionnaires, les exproprier et décider démocratiquement de partager les richesses, de produire ce dont nous avons besoin en prenant soin de la planète et de ses habitantEs.

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Le NPA sera présent à la mobilisation à Metz le samedi 4 mai

avec notamment la participation de sa porte-parole Christine Poupin, et appelle à y être nombreuses et nombreux (à 15h aux Arènes de Metz, départ de la Marche, et à 17h place de la République, AlterG7 Environnement).

Les mobilisations, importantes depuis des mois, doivent y converger car justices sociale et écologique sont liées : « Fin du monde, fin du mois, même système, même combat ! ».

Montreuil, le vendredi 3 mai 2019

https://npa2009.org/

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30 avril 2019 ~ 0 Commentaire

çà grésille (la dérive)

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Ça Grésille dans le poteau

Histoires de la lutte contre la T.H.T. Cotentin-Maine 2005-2013

Enfin ! Après cinq longues années d’aventures, les Recueils sonores sur la lutte contre la ligne THT Cotentin-Maine sont sortis, sous l’oeil bienveillant des éditions Mère Castor !

Vous allez pouvoir vous replonger dans l’univers de la clé à molette, parcourir les routes de la Manche et de la Mayenne, écouter les voix de celles et ceux qui se sont battus contre l’Etat nucléaire, l’entreprise RTE et ses pylônes.

Nous vous invitons donc à découvrir ce qui est devenu une série radiophonique et un livre en cinq épisodes, retraçant huit années de lutte,

Cette première publication a tenté de compiler et constituer une mémoire orale des histoires de lutte de chacun-e.

Les paroles recueillies ne sont plus des entretiens qui se succèdent mais des voix qui se mêlent pour retranscrire un fil commun, celui d’une lutte comme tant d’autres où se côtoient histoires personnelles et récits collectifs.

« Ce livre et son dvd tentent de prendre du recul sur la manière dont a été menée la lutte entre 2005 et 2013, aux endroits qui étaient alors des points névralgiques de la résistance contre RTE (Réseau de Transport d’Electricité) et ses pylônes de ligne Très Haute Tension (THT). Malgré la construction du projet, nous n’avons pas renoncer à l’idée de raconter la lutte par celles et ceux qui l’ont vécue de l’intérieur : les habitant-e-s, les agriculteurs-trices, les élu-e-s, les militant-e-s, les sans étiquettes.

Nous avions en tête de conserver et compiler une mémoire orale des histoires de lutte de chacun-e. Ne pas perdre la mémoire de ces événements et la diffuser. La partager avec tout un chacun mais aussi avec celles et ceux qui se retrouvent confrontés aux mêmes histoires, qui se retrouvent embarqué-es dans des luttes du jour au lendemain, comme ça, parce que leur cadre de vie se retrouve menacé. Il était important pour nous de faire entendre la parole de ces gens, de leur donner l’espace, de raconter les événements qui ont été, pour eux, les plus marquants. Le dvd audio est avant tout une épopée documentaire sonore, réalisée en amateur, totalisant un peu plus de sept heures d’écoute, et le livre est la trace écrite de cette épopée. »

Recueils sonores sous forme de livre-DVD. Édition Mère Castor, 2018.

https://editionsmerecastor

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16 juin combat anti-nucléaire à la Dérive

Jeudi 16 juin à 17h30 à la Dérive, Pont Menou (Plouegat Guerrand, 29)

Nous accueillons les réalisateurs de « Ca grésille dans le poteau », ,objets radiophoniques
et textes reliés sur la lutte contre la construction d’une ligne  électrique à très haute tension en Normandie.  Récits de lutte, paroles d’habitants, action directe et autres histoires
inspirantes à faire circuler.

https://bourrasque-info.org/

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