Archive | Ecologie & climat

22 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Après l’Afrique, Areva s’en prend aux inuits (SDN)

Joan scottie

Poussières radioactives répandues sur des kilomètres, nappes d’eau contaminées, anciens pâturages des Touaregs saccagés… Les dégâts des mines d’uranium d’Areva au Niger sont considérables. Mais savez-vous qu’après avoir pollué l’Afrique, elle convoite le grand Nord canadien ?

Le grand Nord canadien, ses caribous, ses aurores boréales… et ses mines d’uranium ?

Areva veut implanter plusieurs mines d’uranium à Baker Lake, petite ville du Nunavut, ce territoire du Nord du Canada habité par le peuple Inuit. Ce projet menace un écosystème fragilisé par le changement climatique, ainsi que les conditions de vie des Inuit. Pollution des sols et des eaux, saccage des zones de chasse, contaminations : voilà ce qui attend les habitants si Areva n’est pas stoppée.

Ne laissons pas Areva saccager le territoire des Inuit !

Areva tente d’extorquer le consentement de la population à coups de cadeaux et promesses d’emplois … mais occulte les impacts environ-nementaux et sanitaires des mines d’uranium. Ces manœuvres rendent difficile la résistance des Inuit et de la seule organisation environnementale du Nunavut, Makita. Soutenons-les !

Vous pouvez également télécharger et imprimer la pétition pour la faire signer autour de vous.

Cette pétition est déjà soutenue par : Les Amis de la Terre France, Agir pour l’Environnement, France Libertés, Green Cross France, Helio, le Réseau Action Climat, Survie, Women in Europe for a Common Future…

 je dis NON !

Je refuse le saccage du grand Nord canadien par les mines d’uranium
Je soutiens les Inuit dans leur résistance contre Areva

Je signe !

http://groupes.sortirdunucleaire.org/Petition-Nunavut

Lire la suite

22 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Gaz de schiste, suite et… suite (LCE)

Gaz de schiste, suite et... suite (LCE) dans Ecologie & climat gaz

http://blog-de-canard.blog4ever.com/blog/articles-cat-442415-750409-le_canard_du_10_07_2013.html

Lire la suite

20 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Fukushima : alerte, eau contaminée !

Fukushima : alerte, eau contaminée ! dans Ecologie & climat china

Alors que depuis plusieurs mois les autorités japonaises encouragent voire imposent le retour des populations dans les zones contaminées, les fuites d’eau radioactive se multiplient à la centrale nucléaire.
Le 10 juillet, une nouvelle augmentation alarmante du taux de césium radioactif et un taux astronomique de strontium 90 ont été mesurés dans un forage situé entre la centrale de Fukushima et la mer. Pas étonnant quand on sait qu’en 2011, lorsque les cœurs des réacteurs 1, 2 et 3 ont fondu dans les heures qui ont suivi l’accident, le corium (magma extrêmement toxique, radioactif, corrosif résultant de la fusion des réacteurs) s’est agrégé au béton avec sa charge de plus de 300 radionucléides dont les césiums 134 et 137, libérant ainsi des produits extrêmement dangereux.

Et ça continue… Or, depuis deux ans, plusieurs centaines de tonnes d’eau sont injectées quotidiennement dans les trois réacteurs pour les refroidir. L’eau injectée finit par s’infiltrer dans la nappe phréatique en la contaminant. Mais elle s’écoule aussi vers la mer faisant courir le risque d’une nouvelle contamination radioactive de l’océan. Et ce ne sont pas les propos du directeur de Tepco qui pourront rassurer les populations : « Nous ne sommes pas pour le moment en mesure de dire si l’eau contaminée s’écoule ou non dans la mer ».
C’est dans ce contexte de dangerosité et d’incertitude que François Hollande, en visite au Japon, a joué le VRP apprenti sorcier, en renforçant le partenariat franco-japonais dans le nucléaire, permettant ainsi à Areva de conclure un accord pour la construction d’une usine de fabrication de Mox, alors que presque aucun réacteur ne fonctionne. Ignorant le refus du nucléaire par une majorité des Japonais traumatisés et meurtris, Hollande et les industriels sont venus dealer leur came !
Combien faudra-t-il de Fukushima et de Tchernobyl pour qu’ils comprennent que le nucléaire n’est pas l’énergie de l’avenir ? Agissons hors des salons dorés de la République pour faire entendre notre volonté de sortir du nucléaire.

CorrespondantEs de la commission nationale écologie

Samedi 20 juillet 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 204 (18/07/13)

Lire la suite

20 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Les faucheurs volontaires d’OGM fêtent leurs dix ans (Reporterre)

Les faucheurs volontaires d’OGM fêtent leurs dix ans (Reporterre) dans Ecologie & climat faucheurs_3_juillet_2013_-7e8a6

A l’été 2003 naissaient les Faucheurs volontaires.

En assumant collectivement le fauchage illégal de cultures transgéniques, ils allaient mettre un coup d’arrêt aux OGM en Europe. Les Rencontres internationales des mouvements contre les OGM se déroulent les 20 et 21 juillet à Bouzy-La Forêt dans le Loiret. L’occasion de raconter l’histoire, et de se regrouper pour une bataille qui n’est pas finie. « José Bové, ami de lutte, sortait juste de prison pour l’affaire du MacDonald’ raconte Jean-Baptiste Libouban, le père des Faucheurs. La justice sanctionnait de plus en plus lourdement les actions de fauchage qui se multipliaient. Nous craignions à l’époque que ce type d’action n’en arrive à dissoudre la Confédération paysanne. Alors j’ai eu l’idée de créer un mouvement de résistance qui ne soit ni une association, ni un syndicat, sans représentant légal, et qui puisse représenter la société civile ». Compagnon depuis plus de cinquante ans des communautés de l’Arche où il fut menuisier et instituteur, l’homme s’est indigné de nombreuses fois, contre la torture en Algérie, avec les paysans du Larzac au côté de Lanza del Vasto ou contre le nucléaire. En août 2003, lors d’un grand rassemblement sur le Larzac pour fêter les 30 ans de lutte des habitants du plateau contre l’extension du camp militaire, il ouvre un « bureau de recrutement » et rédige la Charte des Faucheurs. « Cet appel était un acte illégal mais légitime…Je me suis dit, si c’est une bonne graine, elle prendra ! » Elle a levé. Le 25 juillet 2004, le premier fauchage des Faucheurs volontaires a lieu à Verdun-sur-Garonne (Tarn-et-Garonne) : c’est un succès.

Chacun responsable… De fauchage de parcelles de cultures transgéniques en procès, les Faucheurs ont développé une stratégie décon-certante. « Notre principe de départ c’était de dire que puisque la société civile n’a pas eu droit de parole sur le développement des essais et sur les cultures OGM, nous allions utiliser les prétoires comme porte-voix », explique Jacques Dandelot, faucheur de la première heure. Contre toute attente, suite à leurs actions, lors d’interrogatoires ou dans les procès à la barre, ils se présentent en « comparants volontaires », revendiquent la non violence et la désobéissance civique collective. Chacun responsable, tous solidaires – leur devise – ils agissent à visage découvert, toujours. Si défendre l’environnement fait partie de la Constitution, ils disent n’avoir pas eu d’autre recours que ce type d’actions face aux menaces sur l’environnement ou sur la liberté des paysans que représentent les cultures transgéniques.

Lors des procès, ils invoquent l’état de nécessité retrouvé par leurs avocats dans le droit français. « En 1956 une femme à Colmar avait volé du pain pour nourrir un enfant et avait été relaxée au motif qu’un acte moralement inacceptable dans la vie courante – par exemple voler – devient juste quand il est ordonné à la dignité et au bien de la personne, rappelle Jean-Baptiste Libouban. Extraordinaire renversement qui montre que la morale n’est pas un standard immuable à appliquer à la lettre. Qu’il peut basculer lorsqu’il devient contraire au bon sens et au bien commun ».

Face à la justice, le déroulé de l’affaire varie selon les procureurs qui donnent la couleur au procès selon qu’ils retiennent du groupe un personnage politique, un citoyen lambda, quelqu’un qui sait s’exprimer ou au contraire quelqu’un qui n’a ni travail ni formation. « Si un intellectuel est retenu, c’est plus difficile d’attribuer l’action à de l’impulsivité, à de l’acte gratuit car la personne saura plus aisément justifier son acte et entrer dans la polémique », observe Jean-Baptiste Libouban. Les Faucheurs viennent de toutes classes sociales, on y compte quasiment autant d’hommes que de femmes, « des gens qui font de petits travaux, d’autres qui ont de grandes responsabilités, des médecins, des ingénieurs, des chirurgiens » et même s’il y a aujourd’hui moins de politiques, ils continuent d’apporter leur soutien affirment les Faucheurs. La belle aventure humaine a été illustrée dans l’album Faucheurs volontaires (éd. Les Dessin’acteurs) ou dans le documentaire de Hervé de Willencourt, Joli Monde.

…tous solidaires Des refus de prélèvement d’ADN aux procès en appel, sur dix ans, les frais d’actions en justice, dépassent largement le million d’euros évalue Jacques Dandelot : « Colossal. Aujourd’hui nous faisons moins d’actions spectaculaires, mais dès que nous en avons besoin, les soutiens sous forme de chèques continuent d’arriver de particuliers ou de groupements ». Depuis le moratoire de 2008, la culture et l’extension des OGM est contenue « mais la situation n’est pas réglée, estime Jean-Baptiste Libouban. La puissance des sociétés semen- cières est très grande. Ainsi, parmi les conseillers scientifiques de Obama figure l’ancien directeur de Monsanto ». Aujourd’hui, les Faucheurs portent l’attention sur la redéfinition des dispositifs d’évaluation au niveau européen, sur les négociations de libre échange entre les Vingt-sept et les Etats-Unis et aussi sur les importations. « En France les OGM continuent d’entrer massivement par les ports bretons pour nourrir les élevages industriels, dépendants de ces importations », observe Jacques Dandelot.

Ils considèrent également l’étiquetage et l’information au consommateur insuffisants et regrettent que certaines nouvelles techniques de modification artificielle du génome ne soient pas concernées par la législation et ses contraintes (évaluation, essais en champs) « Notre combat aujourd’hui est d’essayer de mettre en lumière médiatiquement cette problématique des plantes mutées. Ce sont des OGM cachés, des plantes tolérantes aux herbicides » poursuit Jacques Dandelot, qui dénonce le tournesol et le colza mutés, déjà semés en Europe, qui devraient être prochainement commercialisés. Or ils sont très difficiles à détecter, à la différence du maïs MON810 par exemple.

Les Faucheurs volontaires se sont dupliqués dans différents pays – Belgique, Allemagne, ou Espagne, où les cultures transgéniques sont parmi les plus développées d’Europe – et agissent différemment selon le droit national. Fort de leur expérience solidaire, les faucheurs viennent apporter leur soutien lors de procès. Aujourd’hui, ils veulent créer une force internationale pour partager leurs expériences et avoir la visibilité d’un réseau sur toutes les actions. Avec les invités venus de différents continents, outre l’histoire, la fête, l’information au grand public, c’est aussi de cela qu’il sera question à Bouzy ce week-end.

Source : Pascale Garcia pour Reporterre samedi 20 juillet 2013

Lire la suite

19 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Energie : “Bruxelles souhaite faciliter la construction de centrales nucléaires” (PE)

Energie : “Bruxelles souhaite faciliter la construction de centrales nucléaires” (PE) dans Ecologie & climat pourquoi-la-question-du-nucleaire-a-t-elle-ete-occultee-en-francem50880

Selon un projet que s’est procuré la Süddeutsche Zeitung, le Commissaire européen à la Concurrence Joaquín Almunia souhaite accorder autant de subventions à la construction de nouvelles centrales nucléaires qu’aux producteurs d’énergie verte.

Le Royaume Uni, la France, la Lituanie et la République tchèque approuvent le projet. Le gouvernement allemand s’y oppose car il risque de menacer le changement de politique énergétique du pays. Depuis la catastrophe de Fukushima en mars 2011, l’Allemagne envisage d’arrêter toutes ses centrales d’ici fin 2022. Mais “comme il s’agit de règles de concurrence, Berlin ne dispose pas d’un droit de veto” et ”c’est la Commission qui aura le dernier mot”, explique le quotidien.

 

Lire la suite

18 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Déchets nucléaires à Bure: le gouvernement tombe sur un os

Déchets nucléaires à Bure: le gouvernement tombe sur un os dans Ecologie & climat siteon0-232b5
Pour faire accepter leurs politiques dévastatrices au service des possédants, nos dirigeants ont à leur disposition toute une panoplie de petits rouages bien huilés :
des tables rondes, des réunions publiques, des instances de concertation, des espaces de dia- logue social, on en passe et des meilleures. Par exemple, ils décident d’augmenter l’âge de départ en retraite et convoquent les syndicats à leur « conférence sociale » pour essayer, au tra- vers d’un jeu de dupes savamment orchestré, de présenter ce recul social comme le résultat d’une concertation entre toutes les parties concernées. « Nous sommes tous dans le même camp, réfléchissons ensemble ! » Et d’ordinaire, ça fonctionne à merveille.
Mais cette fois, le gouvernement et le lobby nucléaire sont tombés sur un os à Bure, en Meuse à la limite de la Haute-Marne, où la lutte contre l’enfouissement des déchets radioactifs à haute activité et à vie longue se poursuit depuis 1993.  Les opposants locaux, qu’il devient difficile de berner, ont refusé de marcher dans la combine. Et pourtant, le dernier rouage en date inventé par les pouvoirs publics n’est pas le moins habile : il s’agit de la « commission nationale du débat public». Un organisme réputé neutre et indépendant, chargé d’organiser des débats sur des grands projets lorsque… ceux-ci sont déjà décidés ou sur les rails. Alors que la majorité de la population rejette l’en- fouissement comme étant la pire des solutions, on nous prie de bien vouloir participer à cette mascarade de consultation : « on a déjà décidé d’enfouir, venez donner votre avis sur la profondeur du trou et la largeur des alvéoles.» Le Monde raconte, le lendemain : « «Dégage !» … Les opposants au projet de site de stockage de déchets radioactifs envisagé à Bure (Meuse) ont à nouveau empêché la tenue d’un débat public qui devait avoir lieu lundi 17 juin à Bar-le-Duc. Le premier débat, le 23 mai, avait connu un sort similaire.» Des centaines de participants ont en effet renvoyé à leurs bureaux les doctes personnages cravatés qui venaient nous expliquer comment il faut penser la démocratie.
Bien sûr, ces blocages n’arrêteront pas à eux seuls le projet et le processus institutionnel n’a aucune chance d’être invalidé, mais ces actions redonnent confiance dans les possibilités de lutter localement et, qui sait, peuvent contribuer à l’amplification de la résis- tance, seule à même de faire vaciller ce sinistre projet. D’autre part, elles gênent vraiment les pouvoirs publics qui se trouvent confrontés à une dénonciation claire et nette de leur manipulation et de leur enfumage démocratique. De telles réactions peuvent faire boule de neige dans toute sorte de domaines et c’est bien ce qui les préoccupe.
Pour nous, c’est donc une première bataille gagnée pour la sauvegarde des générations futures, mais ce n’est pas encore la victoire. C’est pourquoi le NPA local, très investi dans le mouvement, appelle à le poursuivre et à l’amplifier, tout en faisant des proposi- tions anticapitalistes que s’approprient progressivement bien des militants locaux:
- Arrêt immédiat de Bure. Pour les déchets existants, maintien en surface près des lieux de production, seule solution d’attente raisonnable à l’inverse de l’abandon en sous-sol.
- Sortie du nucléaire en moins de 10 ans avec un plan chiffré et argumenté.
- Passage à une production exclusivement renouvelable.
- Et pour y arriver: expropriation sans indemnité ni rachat des industriels privés de l’énergie. Socialisation intégrale de la production et de la distribution énergétique avec gestion la plus locale possible par les travailleurs et la population.

Mercredi 17 juillet 2013 Publié dans : Revue Tout est à nous ! 45 (juillet 2013)

Lire la suite

17 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Rapport sur le nucléaire : “Sa renaissance est un fantasme et une propagande” (Les Inrocks)

Rapport sur le nucléaire : “Sa renaissance est un fantasme et une propagande” (Les Inrocks) dans Ecologie & climat heros-ac

Le World Nuclear Industry Status Report 2013 a été présenté au Parlement européen jeudi 11 juillet. Ce rapport constate une industrie nucléaire en déclin au niveau mondial, pointe ses incohérences financières et revient sur la situation actuelle dans le Japon post Fukushima. Entretien avec Mycle Schneider, auteur principal du rapport et consultant indépendant en énergie et politiques nucléaires.

Quel est l’objet de votre rapport ? Son objectif est de fournir une analyse mondiale de l’industrie du nucléaire et d’éclairer des chiffres qui sont a priori publics d’un point de vue “hors lobby”. On a commencé ça en 1992, c’est la huitième édition. Ça se veut un rapport d’analyse de tendances. On peut discuter éternellement de chaque chiffre, mais pas des tendances évidentes.

Quels sont vos critères d’analyse ? Notre analyse porte sur de nombreux paramètres : le nombre de réacteurs et leur capacité en fonc- tionnement, ceux en construction, ceux arrêtés, l’âge des réacteurs, etc. A partir de 2009, on a rajouté des données économiques. Depuis deux ans, on prend aussi en compte la comparaison avec la montée en puissance des énergies renouvelables ; l’année dernière, on a élargi avec des données financières, comme les notations des grandes entreprises nucléaires par les agences telles que Standard & Poor’s ; et cette année, pour la première fois, on fournit un état des lieux sur Fukushima.

Quels sont vos sources ? On prend les chiffres de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique), de gouvernements et d’une grande quantité de sources variées (le rapport compte plus de 600 notes de bas de page – ndlr) mais on y met notre grain de sel. Par exemple, la date d’arrêt des réacteurs est un enjeu évident. Aux Etats-Unis, quatre réacteurs ont été officiellement arrêtés cette année. Mais deux d’entre eux n’ont pas fonctionné du tout depuis début 2012. l’AIEA attend la décision politique d’arrêt définitif (prise en 2013) pour les comptabiliser comme arrêtés. Nous préférons nous baser sur le fonctionnement réel des installations, donc nous les considérons comme arrêtés dès 2012. Autre exemple au Japon. Selon l’AIEA, il reste officiellement 50 réacteurs en fonctionnement. En réalité, depuis un an, il n’y en a que 2 sur 50 qui produisent effectivement de l’électricité.

Votre constat global, c’est un déclin de l’industrie nucléaire ? Absolument. Un déclin commencé depuis de nombreuses années sur un nombre de critères très importants. Par exemple, la part du nucléaire a atteint son maximum historique avec 17%, il y a déjà 20 ans, et il est descendu à environ 10% en 2012. La chute s’est accélérée avec Fukushima.

Il y a des critères qui vous contredisent ? Il y a un critère qui montre une augmentation, c’est le nombre de réacteurs en construction. Il y en avait 59 il y a un an, il y en a 66 actuellement. Sauf qu’il ne suffit pas de les mettre en construction, encore faut-il les démarrer. Et chaque année, on continue à en arrêter plus qu’on en démarre. Pour les premiers six premiers mois de 2013, on a eu deux arrêts de réacteurs et un démarrage. L’an dernier : six arrêts et trois démarrages.

Au Japon, qu’est-il prévu pour les 48 réacteurs arrêtés au fur et à mesure depuis l’accident de Fukushima en mars 2011 ? Il y a une demande de redémarrage pour 10 réacteurs faite par quatre électriciens mais aucune date n’est fixée. Nous, nous avons fait dans notre rapport des scénarios pour montrer que nombre de réacteurs ne vont jamais redémarrer. Il y a d’abord ce qu’on a appelé le “scénario de base”. On estime que la totalité des réacteurs de Fukushima, il y en a dix, ne seront jamais remis en marche. Pour quatre d’entre eux, c’est officiel, ce sont les accidentés. Pour les six autres – deux sont sur le même site et quatre sur un deuxième site à une quinzaine de kilomètres à l’intérieur de la zone d’exclusion – leur redémarrage est inimaginable compte tenu de l’opposition farouche des autorités locales et de la population. Nous avons ensuite produit le “scénario côte Est”. Il concerne les sept réacteurs touchés par les événements de 2011. Trois réacteurs ont été arrêtés à la suite d’une demande du Premier ministre car une étude a prévu que des tremblements de terre sérieux étaient probables à plus de 80% d’ici 2030. On estime donc aussi qu’ils pourraient ne jamais redémarrer. Puis on a bâti le “scénario allemand” : 13 réacteurs japonais supplémentaires ont plus de trente ans de fonctionnement. On a appelé ainsi ce scénario car ce fut sur cet unique critère que le gouvernement allemand a fondé l’arrêt de 8 réacteurs nucléaires sur 17. Si ces trois scénarios se réalisent, 23 réacteurs japonais sur 48 ne redémarreront pas.

Vous vous êtes rendu à Fukushima, où en est la situation ? Je ne suis pas allé sur le site et je n’irai pas. Le tourisme de catastrophisme ne sert à rien. Par contre, je me suis rendu plusieurs fois dans la région. Notre rapport montre que la gestion de l’eau devient un véritable cauchemar. Imaginez qu’on en est à près de 800 000 mètres cubes dans des conteneurs achetés ou fabriqués d’arrache-pied et pas du tout prévu pour durer ou contenir du liquide hautement radioactif. Tout cela reste rafistolé et connecté par des tuyauteries souples qui ont tout le temps des problèmes de fuites. L’hiver, elles gèlent et se fissurent. Dans les relais électriques, on a eu des pannes parce que des rats se sont infiltrés. Ce genre de choses montrent le caractère provisoire du site. Environ 90 000 mètres cubes d’eau noient les sous-sols des réacteurs qui évidemment n’étaient pas préparés à ça. Grosso modo, on met de l’eau dans les réacteurs accidentés qui ont fondu. On en récupère une partie puis on la décontamine. Et enfin on la réinjecte. Évidemment, une partie de cette eau hautement contaminée va dans la nature. Et l’eau des nappes phréatiques se mélange avec l’eau contaminé, donc on redouble le problème. D’où des projets hallucinants qui naissent comme congeler les sols avec des tuyauteries remplies d’un liquide de gel pour éviter que l’eau des nappes phréatiques se mélange aux eaux contaminées. Non seulement un tel système coûterait une énergie folle mais il serait inopérationnel à la moindre panne d’électricité… Une sophistication du rafistolage.

Vous insistez sur le fait que cela ne constitue pas l’hypothèse la pire… Pour moi, ce qui prime au niveau du potentiel de danger, ce sont les piscines contenant les combustibles irradiés. Elles sont situées au dessus des réacteurs dans des bâtiments dans un état peu propice pour résister à d’autres grands tremblements de terre. Il ne faut pas oublier qu’il y a eu des centaines de tremblements après le 11 mars 2011. La situation des piscines est dramatique. Dans la tranche 4, il y a l’équivalent de ce qui se trouve dans les trois autres combinées. Si on perd l’eau pour une raison ou une autre, vous avez les combustibles à l’air libre. Ils surchaufferaient et pourraient même s’enflammer spontanément. Le relâchement de radioactivité dépasserait de très loin la quantité rejetée dans l’environnement jusqu’à maintenant. Le patron de la commission de l’énergie atomique japonaise (JAEC) a décrit en mars 2011 dans un texte pour le gouvernement le pire scénario : 10 millions de personnes à évacuer dans un rayon de 250 km autour du site.

Pourquoi n’abordez-vous pas les conséquences sanitaires et humaines dans votre rapport ? Nos collègues japonais avaient rédigé quelques paragraphes à ce propos, mais le sujet est trop grave pour ne pas l’aborder en profondeur. On a donc décidé de supprimer cette partie. Reste aussi les conditions de vie des évacués : 150 000 personnes au bas mots. Le gouvernement a augmenté par 20 la limite des doses admissibles, ce qui est simplement inadmissible. Surtout pour les citoyens les plus fragiles, les femmes et les enfants.

Qu’est-ce que vous appelez le “mythe de la renaissance nucléaire” ? La “renaissance nucléaire” est un slogan inventé autour de l’année 2000 par l’industrie nucléaire. Il a été promu par des budgets fantastiques de propagande. C’est quelque chose qui n’a pourtant jamais existé. C’est un fantasme. Depuis plusieurs années, on a simplement élargi la durée de vie de réacteurs existants. Le parc nucléaire mondial a 29 ans en moyenne. 190 réacteurs ont trente ans et plus, 44 réacteurs quarante ans et plus. On peut appeler ça la gériatrie technologique mais sûrement pas une renaissance. Pas besoin d’être expert pour savoir qu’il y a trente ans, on était dans un autre âge technologique. Vous vous rappelez de votre voiture conduite il y a trente ans ? Aux Etats-Unis, les 100 réacteurs en exploitation ont tous été commandés entre 1963 et 1973, il s’agit donc d’une technologie développée dans les années 50 et 60…

Sur les 66 réacteurs en construction, une grande partie le sont en Chine, en Inde et en Russie. Ce sont eux les nouveaux aficionados du nucléaire ? Grosso modo, un seul pays construit massivement, c’est la Chine : 28 réacteurs sur les 66 en construction dans le monde. Mais il faut regarder ça dans un contexte d’investissement général. La Chine investit partout. En ordre de grandeur, la Chine investissait cinq fois plus dans les énergies renouvelables que dans le nucléaire en 2010, avant Fukushima. Et depuis, elle a accéléré de façon spectaculaire. En 2012, la Chine a produit plus d’électricité avec l’éolien tout seul qu’avec le nucléaire. Même chose pour l’Inde. Du coup, 2012 est une année charnière. Dixit le “chef économiste” de BP : “Trois des quatre plus grandes puissances économiques du monde (Allemagne, Chine, Japon), représentant ensemble plus du quart du PIB [Produit intérieur brut] global, font maintenant marcher leurs économies avec une part de renouvelables plus importante que de nucléaire“.

En termes de coûts, vous pointez également le côté inchiffrable d’un réacteur nucléaire. Même Steve Kidd, directeur de la Stratégie de la World Nuclear Association, le lobby de l’industrie, l’a dit en 1988 : “Ce qui est clair, c’est qu’il est totalement impossible aujourd’hui de produire des estimations définitives pour du nouveau nucléaire“. Tandis que les coûts de fabrication du nucléaire ne cessent de croitre, les coûts des énergies renouvelables chutent rapidement.

La France ne semble pas s’orienter vers cette tendance générale que vous décrivez… On n’a pas encore compris en France à quel point le décalage entre la réalité technique et l’organisation du secteur énergétique dans ce pays devient dramatique. On reste sur un mode d’intégration verticale alors que le reste du monde passe à une logique d’organisation horizontale. Demain, les producteurs consommeront et les consommateurs produiront et stockeront ; c’est du bas vers le haut et non l’inverse. La logique suit exactement celle de l’Internet. On a des nœuds d’interconnexion et des millions d’unités décentralisées. Personne aujourd’hui ne construirait un ordinateur de la taille d’un immeuble. Une capacité de calcul immense est fournie par des millions d’ordinateurs interconnectés.

Vous citez en exemple l’Allemagne… Pas seulement. En Allemagne, comme ailleurs, la révolution énergétique est en cours. On y compte maintenant 1,3 million de producteurs d’électricité, principalement des ménages, des fermiers, des municipalités. Depuis 2009, il y a une forme d’organisation tout à fait nouvelle constituée par des coopératives d’énergies : des gens font un investissement dans un parc éolien, une installation solaire ou un réseau de chaleur, par exemple. Donc les compagnies d’énergie traditionnelles découvrent tous les jours de nouveaux concurrents. Aux Etats-Unis, il y a une entreprise, Solar City, qui se présente chez les particuliers en leur proposant l’installation gratuite d’un système photovoltaïque où tout est pris en charge. Puis, on propose au proprio de payer l’électricité 10 à 15% moins cher de ce qu’il paye actuellement à l’électricien local. Vous connaissez quelqu’un qui dirait non ? Leur développement est fulgurant, ils progressent dans 14 États et se préparent pour l’international. En France, on a EDF.

Que voulez-vous dire ? Qu’est ce qu’EDF va devenir si un jour des gens entrent sur le marché en proposant de l’électricité 10 à 15% moins cher ? Et ceci dans une situation où EDF doit continuer à augmenter ses prix pour couvrir les coûts qui grimpent sans cesse ? C’est à se demander s’il ne faudrait pas une grande  campagne en France sur le thème “Sauvons EDF”. C’est une entreprise qui a 41 milliards d’euros de dette nette, qui a perdu en cinq ans 85% de sa valeur boursière. Il faut commencer à se poser des questions. Je ne comprends pas qu’aucun média n’ait mis le doigt là-dessus. Tepco, l’exploitant de Fukushima – si on ose dire – a perdu 94% de sa valeur boursière et c’est encore les petits porteurs qui étaient le plus touchés. Tepco avait la réputation d’une entreprise à “valeur sûre”, tout comme EDF. EDF continue a avoir une bonne note chez Standard and Poor’s car l’entreprise française maintient pour l’instant une base de clients qui est très large et à tarif régulé. Mais ça va forcément évoluer avec des concurrents qui entrent sur le marché, et EDF ne peut que perdre des parts de marché. Puis d’ici quelques années, des frais massifs de démantèlement vont s’y ajouter, on va devoir payer pour le stockage des déchets hautement radioactifs… Il faut trouver un nouveau modèle économique viable, futuriste, qui a un avenir. Le modèle actuel d’EDF, c’est un modèle du passé.

16/07/2013 | 15h59 >> A lire aussi : La Hague : secrets et mensonges d’une usine nucléaire française

http://www.lesinrocks.com/2013/07/16/actualite/rapport-nucleaire-sa-renaissance-est-un-fantasme-une-propagande-11409429/

Lire la suite

16 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Solidarité avec les 29 militants anti-nucléaires qui ont pénétré sur le site de la centrale de Tricastin

Solidarité avec les 29 militants anti-nucléaires qui ont pénétré sur le site de la centrale de Tricastin dans Ecologie & climat 091216_Copenhague_b_DM_23_r-bf6f5 T’es contre le nucléaire? Vraiment?

La logique de l’industrie nucléaire c’est toujours plus de sécurité.

Areva, EDF, le gouvernement s’acharnent à faire croire qu’elle est assurée, que tout va bien. Grillages, barbelés, polices spéciales, caméras, équipes cynophiles, en théorie tout est là.

En pratique les militants de Greenpeace démontrent le contraire. Qu’elle est impossible, et que de fait ces centrales sont dangereuses à plus d’un titre : pour le nucléaire lui même, pour la cible potentielle qu’elles représentent, pour le modèle répressif de société qu’elles induisent. Les réactions du gouvernement confirment cela : en réponse à cette intervention militante il annonce le renforcement des sanctions pénales, la criminalisation de l’action des anti-nucléaires. Hollande ne s’est engagé dans la fermeture d’aucune centrale, même les plus vieilles donc les plus dangereuses dont Tricastin fait partie, mais il s’apprête à cogner sur celles et ceux qui lui rappellent ses promesses. De ce coté là pas de changement non plus !

Montreuil, le 15 juillet 2013 http://npa2009.org/node/38156

Lire la suite

16 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Roundup : ces consommateurs qui refusent d’être des cobayes (Bastamag)

Roundup : ces consommateurs qui refusent d’être des cobayes (Bastamag) dans Ecologie & climat death-roundup-41-680x510-640x480

Le Roundup, herbicide le plus vendu au monde et produit phare de la firme Monsanto, est commercialisé dans des enseignes comme Castorama, Leroy Merlin, Jardiland ou Gamm’Vert.

Les utilisateurs, qu’ils soient agriculteurs ou jardiniers amateurs, peuvent lire sur les bidons qu’ « utilisé selon le mode d’emploi, Roundup ne présente pas de risque pour l’homme, les animaux et leur environnement ». Pourtant, le Roundup a pour substance active le glyphosate, dont des études ont déjà montré la toxicité sanitaire et environnementale : l’exposition à cet herbicide systémique accentue le risque de fausses couches, de naissances prématurées, de malformations chez les nouveaux-nés ou de cancer. Le collectif « Roundup non merci » mène des actions dans les magasins depuis 2012, pour que cette vente cesse. Un courrier a notamment été envoyé à la direction du groupe de Castorama, demandant le remplacement de cet herbicide par d’autres produits « moins néfastes, par exemple le bicarbonate de soude ». Le collectif précise que les magasins contactés n’ayant pas répondu, il prend contact avec la direction du groupe, avant d’envisager d’autres actions non-violentes dans les magasins. « Nous sommes naturellement dans une logique de dialogue », conclut le collectif. Deux actions récentes, en mai puis en juillet, on tourné à la foire d’empoigne entre les militants et les vigiles (voir la vidéo ici et le reportage de la TéléLibre). Une pétition signée par près de 35 000 personnes demande à Castorama de stopper la commercialisation du Roundup.

Le Roundup est aussi dans la ligne de mire de l’association Bio Consom’acteurs qui vient de lancer une campagne nationale intitulée « Consommateurs pas cobayes ! » [1]. L’association rappelle que « les plantes tolérantes à l’herbicide Roundup (comme le soja) représentent 80% des OGM agricoles et sont faites pour être arrosées au Roundup, le premier pesticide du monde. » Suite à l’étude publiée fin 2012 par l’équipe du chercheur Gilles-Eric Séralini, Bio Consom’acteurs demande la mise en place d’un moratoire sur l’importation de tous les OGM, qui se retrouvent dans l’alimentation animale en grande quantité, et en particulier du maïs NK 603, ainsi que de l’herbicide Roundup. Par Sophie Chapelle (16 juillet 2013)

Notes

[1] En référence au dernier film du réalisateur Jean-Paul Jaud, Tous Cobayes ?

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs
pour poursuivre son travail, faites un don.

http://www.bastamag.net/article3201.html

 

Lire la suite

15 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

La Commission européenne pourrait autoriser prochainement de nouveaux OGM (Reporterre)

La Commission européenne pourrait autoriser prochainement de nouveaux OGM (Reporterre) dans Ecologie & climat gm-protest

Le 11 juillet 2013, à nouveau, les États membres réunis au sein du Comité d’appel sur les « aliments génétiquement modi- fiés et les risques environnementaux » n’ont pas atteint de majorité qualifiée pour accepter ou rejeter trois propositions d’autorisations des plantes géné- tiquement modifiées (PGM) présentées par la Commission européenne, a appris à l’ins- tant Inf’OGM.
La décision finale revient maintenant à cette dernière qui statuera « dans un futur proche », comme nous l’a indiqué Frédéric Vincent, porte-parole de la DG Sanco (ndlr, vraisemblablement avant l’automne). Les trois autorisations présentées par la Commission européenne concer- nent onze PGM de Monsanto destinées à être importées, transformées et utilisées pour l’alimentation humaine et animal : le maïs MON89034*1507*NK603 (dossier NL/2009/65 déposé en 2009 avec Dow AgroScience) ; le maïs Mon89034*1507*MON88017*59122 et ses « sous-combinaisons » (dossier CZ/2008/62 déposé en 2008) ; et le pollen issu du maïs MON810 (dossier NL/2012/107 déposé en 2012).

La seconde proposition d’autorisation concerne neuf PGM traitées dans le cadre d’un seul et unique dossier de demande d’autorisation ! La PGM concernée est un maïs GM empilé, le maïs Mon89034*1507*MON88017*59122 plus connu sous le nom de SmartStax, et huit maïs GM « liés » car contenant une combinaison de trois ou deux des évènements transgéniques du maïs cité [1].

C’est la première fois qu’une autorisation couvrant plusieurs PGM est proposée par la Commission européenne. Une nou- veauté qui confirme que la récente adoption d’un nouveau règlement sur l’évaluation sanitaire des OGM permet à la Commission européenne de débloquer les autorisations en attente.

Comme nous l’avons déjà vu [2], la légalité d’une telle autorisation peut être sujette à discussion. Le règlement 1829/2003 prévoit en effet qu’une autorisation peut être accordée pour un OGM et non pas des OGM. Mais la Commission fait une autre lecture de ce règlement. Elle nous a indiqué que « rien dans le règlement 1829/2003 n’empêche ni la soumission d’un dossier contenant différents OGM, ni l’AESA d’adopter une opinion couvrant différents produits pourvu que chaque OGM ait fait l’objet d’une évaluation conforme au règlement ». Et de préciser que c’est la Commission européenne elle-même qui a pris la responsabilité de demander à l’entreprise que sa demande d’autorisation soit complétée de manière à couvrir « toutes les sous-combinaisons des événements simples présentes dans [la plante GM empilée], à l’exception de celles déjà autorisées », ajoutant que l’objectif de cette démarche « est de garantir que des sous-combinaisons présentes dans la récolte [d’une culture] dans un pays tiers ne soient mises sur le marché dans l’UE sans autorisation ».

Cette innovation dans la série des autorisations proposées par la Commission européenne n’est pas le seul point remar-quable. Car le maïs SmartStax (exprimant six protéines insecticides [3] et deux tolérances à des herbicides) est l’objet de contro-verses. L’association Testbiotech en Allemagne a déjà souligné des lacunes dans l’évaluation des risques de cette PGM, comme l’absence d’étude des effets synergiques entre les toxines insecticides et les résidus de pulvérisation d’herbicide [4]. Une étude menée par le professeur Tabashnik a par ailleurs montré que des insectes avaient acquis des résistances à certaines protéines Cry, dont les Cry3Bb1 (contre Diabrotica) et Cry1F (contre Spodoptera frugiperda) [5], présentes dans le maïs SmartStax !

Un fait scientifique nouveau qui mériterait probablement que la Commission européenne demande à l’AESA son avis avant d’aller plus loin sur cette autorisation. D’autant que dans la liste des maïs dérivés sujets au vote d’aujourd’hui se trouvent le maïs 1507*MON88017 qui exprime ces deux protéines ! L’existence « scientifique » de telles résistances est aussi corroborée par Syngenta qui en fait un argument de vente pour un insecticide contre la chrysomèle. Elle affirme que « les variétés transgéniques Bt ont apporté un moyen pratique et efficace aux agriculteurs pour gérer la chrysomèle du maïs, mais (…) les récents cas de dommages inattendus de la chrysomèle et la difficulté de contrôler ces populations » justifient d’utiliser un insecticide que vend l’entreprise, « peut-être plus que jamais » [6].

La dernière demande concerne le pollen issu de maïs MON810. Si la Commission européenne venait à autoriser ce pollen cet été, la question du miel contaminé par du pollen issu de maïs MON810 serait, légalement du moins, réglée, sous couvert de respecter les règles d’étiquetage. Ce vote du 11 juillet fait suite à un précédent vote qui avait eu lieu le 10 juin lors de la réunion du Comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale [7], qui n’avait pas permis d’atteindre une majorité qualifiée. La France avait voté contre ces autorisations. Les trois propositions ont donc suivi la procédure en étant présentées au Comité d’appel de ce jour.

Notes

[1] les maïs MON89034*1507*MON88017, MON89034*1507*59122, MON89034*MON88017*59122, 1507*MON88017*59122 – les maïs MON89034x1507, MON89034x59122, 1507xMON88017 et MON88017x59122

[2] Inf’OGM, « UE – Onze autorisations d’OGM demandées le 10 juin 2013 », Eric MEUNIER, 7 juin 2013

[3] Cry1A.105, Cry2Ab2, Cry1F, Cry3Bb1, Cry34Ab1 et Cry35Ab1

[4] http://www.testbiotech.org/en/node/838

[5] Inf’OGM, « Les insectes résistent de plus en plus aux OGM insecticides », Eric MEUNIER, 24 juin 2013

[6] Inf’OGM, « Chrysomèle : « et si les OGM ne marchent pas, il y a toujours nos insecticides » nous disent les vendeurs d’OGM », Christophe NOISETTE, 11 juillet 2013

[7] cf. note 2

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin