Archive | Ecologie & climat

07 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Fukushima: le cauchemar mondial a déjà commencé…(odn)

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Au début, Fukushima était « seulement » une catastrophe nucléaire.
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Au fur et à mesure, comme prévu, elle se transforme en cauchemar mondial. Certes, le Japon est principalement concerné, mais les contaminations gagnent peu à peu les USA (par les courants du Pacifique) et la chaîne alimentaire mondiale.
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Comme pour Tchernobyl, les pronucléaires se laissent aller à un véritable négationnisme, mettant même en demeure les victimes de prouver que leurs cancers sont causés par le nucléaire… étant entendu que les tumeurs ne portent (hélas) pas la signature de la centrale accidentée. Mais le Japon n’est pas l’URSS des années 80 : malgré les manoeuvres du lobby atomique, la vérité sera tant bien que mal mise au jour…
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Fukushima : vers une contamination planétaire ?
France3, 26 février 2014 :
http://bit.ly/1lmgBKv
Revoir le documentaire de France3
Pluzz, 28 février 2014 :
http://bit.ly/NC4Gd7
Ma visite à Fukushima, la dystopie au bout des doigts
Blog de Corinne (du PG), 14 février 2014 :
http://bit.ly/1geKqsA 
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07 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Areva veut continuer à contaminer le niger… et l’allier (odn)

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Pascal Canfin est l’inutile ministre EELV du prétendu « Développement ».
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Interpellé sur France-Inter à propos du pillage du Niger par la France atomique, il a pris position pour Areva au détriment de l’Observatoire du nucléaire (cf http://bit.ly/1kD8GWq ).
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Comme Pascal Canfin ne sert à rien, sa parole n’a aucune importance : il a donc pu se permettre de soutenir verbalement les revendications des dirigeants du Niger face à Areva. Mais ce gentil bla-bla n’a strictement rien changé : avec le soutien évident de l’Elysée, Areva reste inflexible et décide de ne pas payer les taxes officiellement votées par le Niger, supposé être indépendant depuis 1960.
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A l’Assemblée nationale, c’est carrément le député écologiste Noël Mamère qui a tenté de bousculer Canfin, évoquant à juste titre « le comportement colonial de la société Areva au Niger », mais il n’en a tiré que quelques mièvres paroles de langue de bois.
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Pendant ce temps, un maire français marche courageusement vers Paris pour tenter d’alerter sur les projets irresponsables d’Areva dans l’Allier où, comme un peu partout en France, l’industriel du nucléaire a laissé des sites contaminés, en particulier d’anciennes mines d’uranium.
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Niger: Paris juge «légitimes» les demandes de Niamey à Areva
RFI, 7 février 2014 :
http://rfi.my/Nr5PET
Question de Noël Mamère au ministre Canfin
Assemblée nationale, 5 février 2014 :
http://bit.ly/Nzillb
Niger/uranium: Oxfam remet une pétition à l’Elysée et à Areva
AFP, 21 février 2014 :
http://bit.ly/1mIL8nz
Un maire part en croisade contre le groupe Areva
Le Progrès, 10 février 2014 :
http://bit.ly/1py357i
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05 mars 2014 ~ 1 Commentaire

Femmes de ménage: un métier à hauts risques toxiques oublié par l’écologie (basta)

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(International? Alors çà doit être à l’étranger!)

Incontournable, l’activité de nettoyage concerne plus de 200 000 salariés en France.

La plupart sont des femmes, sous qualifiées, qui travaillent à temps partiel, souvent au péril de leur santé. En plus des troubles musculo-squelettiques, les agents de nettoyage sont en effet soumis à un important risque chimique, dû à la composition des produits utilisés, et au rythme de travail intense imposé par la concurrence. Pourtant, de sérieuses alternatives existent pour nettoyer sans pétrochimie. Mais elles sont loin d’être généralisées.

A quand de véritables mesures pour protéger ces salariés ?

Elle travaille à l’aube, avant que les open space ne se remplissent, ou le soir quand l’atelier s’est vidé : une femme de ménage qui pousse son chariot, d’où dépassent seaux, balais et produits ménagers, quoi de plus inoffensif. Pourtant, elle transporte sans le savoir un cocktail détonnant. « Elle va commencer par prendre un nettoyant pour vitres qui contient plusieurs éthers de glycol », détaille Annie Thébaud-Mony, directrice de recherche à l’Inserm. « Elle va ensuite se servir d’un décapant qui contient des acides forts, puis d’un produit pour dépoussiérer qui contiendra plusieurs produits chimiques. »

Utilisés comme solvants, pour dissoudre les substances grasses, les éthers de glycol permettent à la surface nettoyée de sécher rapidement sans laisser de traces. Ils peuvent entraîner une irritation de la peau, des yeux et du système respiratoire mais aussi, en cas d’expositions répétées, des problèmes neurologiques. L’ensemble de ces toxiques, Annie Thébaud-Mony ne les connaît que trop bien. Spécialiste des problèmes de santé au travail, elle est la co-auteure d’un rapport sur l’identification et la prévention des expositions aux cancérogènes dans les produits de nettoyage.

Des effets qui s’additionnent et se multiplient

Ces produits dangereux sont manipulés au quotidien par les salariés du secteur du nettoyage. Le plus souvent sans le savoir. Les anti-calcaires par exemple. Contenus dans la plupart des détergents industriels, ils permettent de contrer l’effet du calcaire présent dans l’eau qui compromet l’efficacité des produits. Mais certains de ses composants [1] sont très irritants pour les yeux ou la peau, et provoquent des troubles intestinaux. On trouve aussi, parmi les toxiques qu’utilisent les « techniciennes de surface », des conservateurs avec formaldéhyde – classé comme « cancérogène certain » par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ). Ou encore les désodorisants. Dans un rapport publié en 2005, le Bureau européen des unions de consommateurs (Beuc) avait relevé que 12 des 74 produits désodorisants testés dégageaient du styrène, un neurotoxique et cancérogène possible. Du toluène – neurotoxique, irritant respiratoire et oculaire – était par ailleurs diffusé par une dizaine de sprays. Nolwenn Weiler 4 mars 2014

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05 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Suisse: des militants de greenpeace penètrent dans une centrale nucléaire (20mn)

nuke

Zurich – Une centaine de militants de Greenpeace ont pénétré dans la centrale nucléaire de Beznau, en Suisse, pour exiger la mise à l’arrêt immédiate de ce site jugé trop vétuste, a annoncé mercredi l’association dans un communiqué.

Originaires de Suisse et de différents pays européens, dont l’Allemagne, l’Autriche et la France, les militants ont suspendu plusieurs banderoles, barrées du slogan «The End» sur le site. Cette action non violente a pour but d’éviter que, 3 ans après la catastrophe de Fukushima, la Suisse ne soit touchée par un drame similaire, a affirmé l’association dans un communiqué. Basé en Argovie, entre Bâle et Zurich, la centrale est bien trop âgée pour être considérée comme sûre. Elle compte 45 années d’activité, selon le communiqué de Greenpeace.

«En découlent plusieurs défauts de sécurité inadmissibles susceptibles de mettre en danger la population suisse ainsi que nos voisins européens», a estimé Greenpeace. L’association exige la mise à l’arrêt immédiate de la centrale de Beznau, mais aussi de celle de Mühleberg, située dans le canton de Berne. «Trois des plus vieux réacteurs nucléaires de la planète se trouvent sur le territoire suisse», a déclaré Florian Kasser, chargé de campagne nucléaire pour Greenpeace Suisse, cité dans le communiqué.

«Avec des installations aussi vétustes, le risque d’accident augmente avec chaque jour qui passe», Greenpeace a appelé le Parlement de la Confédération à se prononcer sur la date butoir pour la durée d’exploitation des centrales nucléaires et de concrétiser la sortie du nucléaire.

Créé le 05/03/2014 à 10h30 — Mis à jour le 05/03/2014 à 10h30
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04 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Algues vertes: un non-lieu redouté dans l’affaire morfoisse (fr3)

marcassins

Le 22 juillet 2009, Thierry Morfoisse décédait en vidant une benne d’algues vertes à Binic dans les Côtes d’Armor.

Depuis, ses proches et les associations se battent pour faire reconnaître le lien entre la mort et l’inhalation d’hydrogène sulfuré dégagé par les algues vertes. Après le décès de Thierry Morfoisse, mort en vidant une benne d’algues vertes en juillet 2009 à Binic, ses parents avaient porté plainte contre X pour homicide involontaire, devant le tribunal de Saint-Brieuc. Mais depuis, le dossier a été transmis au Pôle Santé du palais de justice de Paris.

Et trois experts toxicologues, nommés par le juge d’instruction en charge du dossier, avaient conclu que Thierry Morfoisse était mort de façon naturelle. L’analyse de sang, après le décès, révélait un taux élevé d’hydrogène sulfuré, mais le rapport d’autopsie concluait à une récidive d’infarctus du myocarde.

Non-lieu redouté dans l’affaire MorfoisseLes associations et les proches redoutent aujourd’hui que l’affaire soient classée et se conclue par un non-lieu avant cet été. Ils ont donc décidé de se mobiliser. Une conférence sera organisée le 10 avril prochain. Ils souhaiteraient que de nouvelles expertises soient réalisées, avec la reconstitution des conditions du décès (benne d’algues vertes, de l’eau de mer, une forte chaleur) et la mesure dans ces conditions du taux d’hydrogène sulfuré.
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Par Krystell Veillard Publié le 04/03/2014 | 12:10, mis à jour le 04/03/2014 | 12:26
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03 mars 2014 ~ 0 Commentaire

La promotion médiatique d’un manifeste «écocapitaliste» (acrimed)

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Le 24 octobre dernier paraissait le dernier livre de la navigatrice Maud Fontenoy, sobrement intitulé Ras-le-bol des écolos.

Retour sur la façon dont les journalistes ont assuré la promotion de l’ouvrage – ou comment, sous couvert d’expertise et grâce à de solides relais médiatiques, les conceptions néo-libérales de l’écologie se propagent insidieusement dans le débat public.

On peut parler d’une médiatisation élevée relativement aux fortunes médiatiques moins heureuses que connaissent la plupart des ouvrages qui paraissent sur le même thème.

Cependant, tous les médias n’ont pas relayé cette publication. Sans que le comptage soit par- faitement exhaustif, on a relevé, sur une période de dix jours, quatre interviews et trois références dans des médias nationaux généralistes de grande audience. Précisons également que ce sont des journalistes généralistes (dont le rôle est souvent plus d’animer et de présenter que d’investiguer), et non des journalistes spécialistes de l’actualité environnementale, qui ont participé à la promotion de ce manifeste pour une écologie «libérale» comme la qualifie Bruce Toussaint (I-Télé, 23 octobre 2013).

Cette forte médiatisation du dernier ouvrage commis par Maud Fontenoy montre, s’il en était besoin, qu’il n’est guère nécessaire d’avoir accumulé un savoir spécialisé pour faire office d’expert dans les médias généralistes. On sait depuis l’essai de Pierre Bourdieu, Sur la télévision, que le jeu médiatique aboutit régulièrement à consacrer des experts et expertises qui n’ont pourtant reçu aucun crédit dans le champ scientifique.

Tant que le soi-disant spécialiste peut se targuer de quelques diplômes, de quelques ouvrages et d’une problématique qui va dans le sens du courant (des) dominant(s), il jouit aisément des révérences de l’élite des journalistes qui, par là même, l’érige en référence. Plus récemment, le documentaire Les Nouveaux Chiens de garde montrait de quelles façons les médias consacrent un microcosme d’experts à la botte des pouvoirs (économique et politique).

Mais avec Maud Fontenoy, l’inconsistance des visages médiatiques de l’expertise, et leur subordination aux intérêts dominants, apparaît en pleine lumière. Il y a en effet de quoi rester perplexe quand on met en parallèle les motifs de sa popularité, l’ambition de son message et la manière dont certains journalistes généralistes le relaient. Célèbre pour ses performances sur les océans [1], la navigatrice instrumentalise ce qui apparaît aux yeux de beaucoup comme des «exploits» pour s’instituer en égérie de la cause environnementale. Mais pas n’importe quelle égérie.

Âgée de 36 ans, fille d’un chef d’entreprise ayant fait fortune dans l’immobilier, celle qui se propose de secourir la planète est complaisamment dépeinte comme une femme moderne, dynamique, entreprenante, positive, altruiste, consciente et réaliste. Sa fondation, qui mise sur l’éducation à l’environnement des plus jeunes pour, nous dit-on, regarder l’avenir — et ne surtout pas se retourner sur les éventuels faux pas d’un passé dépassé — lui permet ainsi de renouveler l’histoire qu’elle raconte aux journalistes. Ces derniers sont d’autant plus fascinés par cette ambassadrice ambitieuse de l’environnement qu’elle entretient des fréquentations dans le gratin tant culturel — Marion Cotillard, Læticia Hallyday et Luc Besson parrainent sa fondation — que politique (puisqu’elle murmurerait aux oreilles de Borloo et Sarkozy).

On pourrait comprendre, à défaut d’y souscrire, que les journalistes considèrent celle qui a traversé les océans comme un témoin légitime de leur dégradation. Passons donc sur le fait qu’ils l’interrogent sur l’importance de la protection des ressources maritimes, voire sur les vertus de la ténacité pour affronter des défis à la hauteur de ceux représentés par la destruction tous azimuts des écosystèmes naturels. Mais on se frotte carrément les yeux quand I-télé, France Info, Le Point, RTL ou Direct Matin en viennent à considérer Maud Fontenoy comme une experte des relations entre l’éco- nomique et l’écologique. Car on a beau chercher dans sa trajectoire  : rien ne vient asseoir son autorité en la matière. Hormis ses deux années de droit et quelques suppositions [2], aucune trace d’une quelconque habilitation à défendre solidement l’idée selon laquelle, comme elle le répète de micros en micros, « le rentable peut-être durable ».

C’est pourtant cette «  autorité  » qui lui assure une certaine visibilité médiatique, et dont elle profite pour se livrer régulièrement à un plaidoyer en faveur d’un « capitalisme vert »  [3]. Il est vrai que, si Maud Fontenoy a fait ses preuves, ce n’est pas seulement sur les océans mais dans les médias, puisqu’elle a animé une émission chaque matin, en août 2007, sur Europe 1, ainsi qu’une émission hebdomadaire sur LCI, en septembre de la même année.

On ne saurait laisser entendre que les journalistes dominants ne sont pas des gens sérieux, cultivés, rigoureux, et à qui « on ne la fait pas ». Ces qualités proverbiales de l’éditocratie auraient sans doute dû nous mettre à l’abri du coup de force symbolique de la navigatrice, (auto) proclamée experte de l’économie verte. Mais dans un monde médiatique habitué depuis plus de 20 ans à privilégier ceux qui savent peu sur tout à ceux qui savent beaucoup sur peu, il ne paraît plus incongru de demander très sérieusement à une aventurière des mers comment, selon elle, le capitalisme peut sauver la planète des périls écologiques.

Cette irrationalité tient en outre aux caractéristiques et aux conditions de travail des journalistes qui tombent dans ce type de panneaux médiatiques. Qu’il s’agisse de Bruce Toussaint (I-Télé), de Marc- Olivier Fogiel (RTL) ou d’Olivier de Lagarde (France Info), leur prétention à pouvoir traiter de tous les sujets avec quelques heures seulement de préparation ne les incline pas à prendre la précaution élémentaire consistant à se demander si une navigatrice reconvertie dans l’éducation à l’envi- ronnement est la mieux placée pour disserter du réalisme d’un projet prétendant mettre les marchés au service des environnements naturels. C’est donc aussi la question de la division et de la spécialisation du travail journalistique qui se pose ici.

Car à défaut d’engager une discussion approfondie sur les données et raisonnements qui autorisent Maud Fontenoy à plaider dans le sous-titre de son livre « pour qu’écologie rime avec éco- nomie »  [4], ces porte-micros cautionnent allègrement sa charge contre les « écolos verts qui fument des pet’ avec des dreadlocks  [5] ». Les interviews — destinées à augmenter les ventes de son livre, opportunément publié un mois seulement avant l’orgie consumériste de Noël — prennent une tournure morale  : « La pédagogie doit se faire en parlant des initiatives qui fonctionnent, des pays qui se mobilisent, par la sensibilisation dans les écoles. Il faut le faire avec enthousiasme, et non en disant  « rien ne va plus, fermez la boutique »  claironne la pseudo-experte dans Direct Matin le 21 octobre 2013.

Ce faisant, les journalistes s’accordent avec la navigatrice pour réduire l’écologie politique à Europe Écologie-Les Verts, comme si les projets politiques alternatifs cherchant à rendre indissociables les questions environnementale et sociale, en les mettant au centre de leur philosophie, n’étaient que des fantasmes puérils. Ne pouvant que consentir au lieu commun d’un «développement durable» pour adultes raisonnables, les hommes de médias s’entretenant avec Maud Fontenoy en oublient même de jouer leur rôle d’intervieweur, lequel supposerait un minimum de contradiction (dont ils ne se privent d’ailleurs généralement pas lorsqu’ils ont en face d’eux un porte-parole de la gauche de gauche). Aucune objection, ni même interrogation, sur les limites possibles du « capitalisme vert » ne sont ainsi formulées. Seules quatre questions tentent de troubler aimablement la navigatrice [6].

Deux sont posées par Fogiel, qui cherche visiblement à contrarier l’optimisme de la rameuse en remarquant d’abord que la « fiscalité verte », en l’occurrence l’« écotaxe », se heurte aux mécontentements des secteurs économiques concernés et, ensuite, que les lobbys s’emploient à miner les actions publiques visant la protection de l’environnement. Si de telles observations pour- raient plaider, dans une autre bouche que celle d’un animateur de RTL, pour une contestation de l’emprise patronale sur la législation, la manière dont il amène ces remarques révèle surtout le positionnement libéral de Fogiel qui recourt à un argument proprement populiste pour douter de la pertinence des mesures écologiques  : « Est-ce que c’est possible, est-ce que c’est une priorité pour les gens quand ils n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois finalement  ? Au-delà du principe, le principe tout le monde est d’accord, mais dans la réalité  ?  [7] » Quand il considère les éoliennes, les voitures électriques et les panneaux solaires comme des solutions « alternatives », on comprend combien il juge en fait irréaliste toute mise en cause du régime capitaliste, lequel rend pourtant improbable toute action écologique conséquente.

Il n’en fallait pas moins à Maud Fontenoy pour réaffirmer l’urgence d’une approche « moderne » de l’écologie, c’est-à-dire positive, optimiste et conforme aux exigences marchandes, afin de neutraliser ces résistances libérales en les satisfaisant. Les journalistes dominants étant eux-mêmes coutumiers de ces oppositions binaires entre le « moderne » et l’« archaïque », un tel appel à la modernité ne pouvait que résonner positivement à leurs oreilles.

Les deux autres questions censées bousculer la navigatrice viennent d’Olivier de Lagarde qui lui accorde près de 20 minutes d’antenne sur France Info (soit trois fois plus que Toussaint ou Fogiel). Faisant allusion à Pierre Rabhi (écologiste proche des mouvements pour la décroissance et qui défend une « sobriété heureuse »  [8] ), qu’il a interrogé une semaine avant elle, il lui demande s’il « n’y a pas une autre façon, [s’]il ne faut pas réfléchir d’une autre façon  » le lien entre « croissance économique et le pillage des ressources naturelles  [9] ». Ne doutant de rien, Maud Fontenoy affirme alors admirer ce partisan de l’agriculture «  raisonnée  », reconnaissant au passage qu’elle n’en a pas « ras-le-bol » de tous les écologistes. Mais plutôt que de pointer cette contradiction pour en creuser les implications, le journaliste en reste là et poursuit sur les arguments de l’aventurière. Celle-ci lui offre toutefois une seconde opportunité de questionner la tension sous-jacente à son argumentaire lorsqu’elle explique à plusieurs reprises qu’il faudrait davantage « exploiter » les océans et notamment leur potentiel pharmaceutique. Olivier de Lagarde finit alors par lui demander  : « Mais alors qu’est-ce qu’il faut faire Maud Fontenoy  ? Il faut mieux protéger les océans ou mieux les exploiter  ?  »

Le meilleur est cependant à venir. Pour conclure l’interview, le journaliste lui demande: « Mais vous, vous n’avez jamais eu envie de vous engager en politique  ?  » Question purement rhétorique, ou pure ignorance  ? Il se trouve en effet que Maud Fontenoy a été en 2004 candidate sur une liste UMP aux élections régionales (en Île-de-France). Il est significatif que les animateurs intervieweurs ignorent — ou feignent d’ignorer — cet ancrage politique et idéologique, comme Bruce Toussaint qui l’accueille ainsi  : « Première question, est-ce qu’on est en train d’assister à la naissance de votre carrière politique  ? »  [10] .

En omettant ces éléments d’explication, ces journalistes laissent croire que Maud Fontenoy se tiendrait au-dessus des partis, comme si l’écologie ne pouvait être l’objet de controverses politiques et idéologiques. Que la navigatrice se reconnaisse dans les idées libérales portées par la droite, c’est évidemment son droit  ; mais que les journalistes n’en fassent pas mention (ou sous une forme anecdotique, en laissant entendre que Nicolas Sarkozy aurait tenté de la séduire), voilà qui est beaucoup plus ennuyeux pour la lisibilité des débats.

Ce caractère politique est pourtant évident, comme l’illustre d’ailleurs la remarque de l’infatigable Franz-Olivier Giesbert  : « À ce propos, si l’écologie politicienne vous déprime — et il y a de quoi —, lisez sans attendre l’excellent livre de Maud Fontenoy, « Ras-le-bol des écolos« . Voilà une écologiste entraînante et volontariste qui, après avoir instruit le procès de ces parasites gouvernementaux, célèbre le développement durable contre le fatalisme dominant » explique-t-il dans son édito du Point du 31 octobre 2013.

Pour devenir un expert médiatique, il suffit donc désormais d’exhiber auprès des journalistes, animateurs et intervieweurs dominants, un certificat de popularité. Ce faisant, ces derniers accentuent la tendance du champ journalistique à célébrer des experts aussi inconsistants que péremptoires. Ce sont des logiques de cet ordre qui permettent à Maud Fontenoy, non seulement d’apparaître comme une experte du « business durable »  [11], mais également d’affirmer à demi-mot que l’écologie doit définitivement se défaire de toute critique du capitalisme et du productivisme, si elle veut être reconnue comme réaliste et valable.

De là à imaginer des reportages célébrant un bataillon d’écologistes courant au secours des espèces en voie de disparition au volant de leurs grosses cylindrées, il n’y a qu’un pas…

Jean-Baptiste Comby, le 3 mars 2014 http://www.acrimed.org/article4280.html

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03 mars 2014 ~ 0 Commentaire

La facture astronomique du nucléaire (jdd)

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Des prévisions d’EDF évaluent à 300 milliards sur cinquante ans le coût de la rénovation et de la construction de nouvelles centrales.

Poursuivre le nucléaire coûtera cher, très cher. Un document interne à EDF, que le JDD s’est procuré, dresse les estimations des coûts futurs pour l’entretien et le renouvellement du parc nucléaire français.

Les chiffres donnent le tournis. Près de 300 milliards d’euros devront être investis dans les cinquante prochaines années si les centrales actuelles sont reconstruites à l’identique. Une hypo- thèse toutefois difficile à tenir pour remplir l’objectif de réduction de 75 % à 50 % de la part du nucléaire dans la production électrique française.

Depuis plusieurs mois, EDF chiffre à 55 milliards d’euros le coût des travaux nécessaires pour prolonger la durée de vie de 58 réacteurs français de quarante à cinquante ans. Sauf que ce « grand carénage » est prévu pour une période comprise entre 2015 et 2025. Entre 2025 et 2047, EDF dépensera environ 35 milliards d’euros pour entretenir les centrales jusqu’à leur fermeture, selon les estimations de Greenpeace. Un investissement lourd mais normal. Entre 2002 et 2012, « seulement » 10 milliards ont été dépensés pour la maintenance, un niveau jugé insuffisant pour assurer la sûreté. Au total, 100 milliards d’euros seront donc destinés à la rénovation des 19 centrales françaises.

Du grain à moudre aux écologistes

Mais le plus vertigineux reste à venir. Une montagne d’investissements se dresse en cas de renou- vellement du parc actuel. Le document d’EDF illustre pas moins de 200 milliards d’euros nécessaires entre 2030 et 2067 pour reconstruire 58 réacteurs. Auditionné jeudi par les députés, le numéro 2 d’EDF, Hervé Machenaud, reconnaissait que ce coût pourrait atteindre 240 milliards d’euros en choisissant des réacteurs EPR. « C’est une image pour donner un ordre de grandeur, précisait-il. Cela montre l’intérêt de prolonger les centrales pour reporter cet investissement. »

Ces chiffres donnent du grain à moudre aux écologistes. Et EDF le sait. « Cent milliards pour prolonger les centrales de seulement dix ans, c’est le même prix que ce qu’avait coûté la cons- truction de l’ensemble du parc », explique Denis Baupin, chef de file des Verts à l’Assemblée. Le coût total de 300 milliards équivaut surtout à celui de la sortie du nucléaire remplacé par des énergies renouvelables. « Les montants sont les mêmes, ce qui permet de sortir du mythe que le nucléaire est gratuit », poursuit le député Vert. Avec ou sans nucléaire, la facture énergétique sera lourde.

Matthieu Pechberty – Le Journal du Dimanche dimanche 02 mars 2014

La facture astronomique du nucléaire (jdd) dans Ecologie & climat Nucleaire_pics_390

http://www.lejdd.fr/Economie/Industrie/La-facture-astronomique-du-nucleaire-655350

Commentaire: Et bien sûr le problème des déchets dont personne ne veut ET de l’indépendance: et oui, le Niger sera-t-il encore « à nous »? Combien de guerres pour le garder?

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02 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Japon: des centaines de manifestants protestent contre l’absence de poursuites après fukushima (20mn)

fuk hushim

Officiellement, aucun décès n’a été enregistré comme une conséquence directe de la catastrophe nucléaire…

Des centaines de personnes ont manifesté ce samedi à Tokyo contre la décision de la justice d’aban- donner les poursuites contre les responsables de la catastrophe de Fukushima, trois ans après le pire sinistre nucléaire depuis celui de Tchernobyl. Officiellement, aucun décès n’a été enregistré comme conséquence directe des émissions radioactives de la centrale consécutive à un séisme de magnitude 9 et à un tsunami en mars 2011 dans le nord-est du Japon. Pourtant des résidents de Fukushima se sont suicidés en raison des craintes de radiation, et d’autres sont morts lors des évacuations qui ont vu environ 160.000 personnes quitter, volontairement ou non, la vaste zone sinistrée.

1.656 morts

Selon des statistiques officielles publiées la semaine dernière, 1.656 personnes sont mortes dans la préfecture de stress ou d’autres maladies liées à la catastrophe nucléaire. Le tremblement de terre et le raz-de-marée avaient fait plus de 18.000 morts et entraîné la catastrophe nucléaire. «Il y a eu beaucoup de victimes, mais il n’y a pas de poursuites», a déclaré Ruiko Muto, 61 ans, organisateur de la manifestation de samedi. Des dizaines de milliers de personnes sont toujours dans l’incapacité de rentrer chez elle et des scientifiques estiment que certaines zones devraient être définitivement abandonnées.

Aucune défaillance

Quelque 15.000 personnes dont les fermes ou maisons ont été touchées par les radiations avaient lancé une action en justice en 2012 contre le gouvernement japonais et les responsables de la Tokyo Electric Power (TEPCO), opérateur de la centrale. Mais en septembre, les juges ont décidé de ne prononcer aucune accusation pour négligence, expliquant que personne n’aurait pu prédire un séisme et un tsunami d’une telle violence et indiquant n’avoir trouvé aucune défaillance dans la réponse donnée immédiatement après la catastrophe.

Par ailleurs, quelque 1.800 personnes ont manifesté samedi dans la ville portuaire de Yaizu, à environ 170 km au sud-ouest de Tokyo, pour commémorer le 60e anniversaire de l’essai nucléaire américain de bombe à hydrogène sur l’atoll de Bikini. Le test de 1954 avait provoqué des radiations pour les habitants des îles Marshall et entraîné la mort d’une quinzaine de pêcheurs japonais qui se trouvaient alors près de l’atoll.

Créé le 01/03/2014 à 13h00 — Mis à jour le 01/03/2014 à 13h43

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01 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Le réacteur epr de finlande est en cours d’abandon par areva… (odn)

anne lolo
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… qui retire ses salariés…
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Le crash de l’industrie nucléaire française précède celui de l’ensemble de la filière…
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Le quotidien économique finlandais Kauppalehti a confirmé (*) ce vendredi 28 février 2014 les informations qui circulaient depuis quelques temps au sujet du chantier du réacteur EPR situé à Olkiluoto (Finlande) : le constructeur du réacteur, le français Areva, vient de mettre un terme aux contrats de travail d’une cinquantaine de contremaîtres, les derniers encore en poste devant suivre la même voie fin mars.
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Il s’agit donc d’une véritable bérézina pour Areva qui abandonne le chantier de ce réacteur, commencé en 2005, désormais pratiquement à l’arrêt, et sous peu totalement stoppé. Officieusement, la mise en service de l’EPR serait repoussée à 2018 voire 2020, c’est à dire 15 ans après le début d’un chantier qui devait être bouclé… en 4 ans et demi !
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Mais le plus probable désormais est que l’EPR finlandais rejoigne les différents exemples de réacteurs achevés mais jamais mis en service, comme à Lemoniz (Espagne), Zwentendorf (Autriche), Bataan (Philippines) ou Kalkar (Allemagne). Il est même possible qu’il ne soit jamais terminé mais, dans tous les cas, il s’agit d’un désastre pour l’industrie nucléaire française.
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Il est d’ailleurs grand temps que l’opinion publique découvre que :
- 54 des 58 réacteurs nucléaires « français » sont en réalité américains (les licences ayant été payées – fort cher – par EDF à Westinghouse au début des années 70) ;
- la nouvelle usine « française » (Georges Besse2) d’enrichissement de l’uranium utilise des centrifugeuses achetées (fort cher à nouveau) par Areva à son concurrent européen Urenco ;
- les rares réalisations vraiment françaises sont des échecs cuisants (réacteurs graphite-gaz des années 60, Superphénix, EPR) ;
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Il est aussi grand temps que les « élites » françaises cessent de vénérer Mme Lauvergeon, responsable du désastre de l’EPR, mais aussi d’autres opérations aventureuses comme les investissements ruineux et inutiles aux USA ou, bien entendu, l’affaire Uramin dans laquelle la « justice » s’est curieusement dépêchée de ne rien faire malgré les éléments accablants pour « Atomic Anne ».
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Il faut aussi noter que EDF ne fait guère mieux puisque le chantier EPR de Flamanville (Manche) connait lui aussi des retards et surcouts gigantesques, d’inquiétantes malfaçons et des défauts plus ou moins couverts par l’Autorité de sûreté. Si ce réacteur est un jour achevé, en 10 ans (ou plus) au lieu de 4 et demi, pour 10 milliards (ou plus) au lieu de 2,8 (le premier prix annoncé par EDF), sa mise en service entrainera de fait la mise en danger extrême de la population française et même européenne.
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Entre un parc nucléaire dans un état avancé de délitement, que les investissements insensés prévus par EDF (100 à 200 milliards !) ne pourront réhabiliter, et le projet de construction (irresponsable et de toute façon hors de compétence pour EDF et Areva) de plusieurs EPR, la France va rapidement se retrouver dans une situation inextricable pour n’avoir pas su se lancer dans les alternatives (économies d’énergie, énergies renouvelables).
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Il est grand temps de mettre un terme à la catastrophique aventure du nucléaire qui a causé les pires catastrophes industrielles (Tchernobyl et Fukushima), qui produit des déchets radioactifs qui vont rester dangereux pendant des millions d’années, qui pille et contamine les pays où est extrait l’uranium (le Niger est ainsi exploité depuis 50 ans pour alimenter à bon compte les réacteurs français).
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La part du nucléaire dans l’électricité mondiale est passée de 17% en 2001 à 11% en 2011 (**) et à 9% désormais. Cette chute fulgurante, commencée bien avant le début de la catastrophe de Fukushima, va continuer au fil des innombrables fermetures de vieux réacteurs (un tiers de la flotte mondiale a plus de 25 ans). 
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L’industrie nucléaire est condamnée, mais elle peut cependant encore causer des drames et catastrophes, raison pour laquelle il faut au plus vite la mettre définitivement à l’arrêt : l’abandon probable de l’EPR finlandais montre clairement la voie à suivre.
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(**) Agence internationale de l’énergie, Key world energy statistics 2003 et 2013, p24
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27 février 2014 ~ 0 Commentaire

Nddl: ni travaux, ni expulsions! nous serons là!

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Communiqué de presse Attac 44 – Attac France

Attac 44 et Attac France saluent l’extraordinaire mobilisation paysanne et citoyenne du samedi 22 février à Nantes, avec la présence de plus de 500 tracteurs et de dizaines de milliers de manifestants. Il s’agit de la plus importante manifestation jamais rassemblée contre le projet d’aéroport depuis le début de la lutte.

Attac, en tant qu’association d’éducation populaire tournée vers l’action, se reconnaît pleinement dans la stratégie menée sans faiblesse depuis plus de 10 ans par les paysans, l’Adeca, l’Acipa et la Coordination.

La construction du rapport de force contre les bétonneurs y résulte de la mobilisation des citoyens, qui s’appuie sur trois piliers : l’action d’information et d’analyse, renforcée par la construction d’une expertise citoyenne exemplaire ; l’action judiciaire ; l’action politique.

Sur le terrain toutes les composantes de la lutte coopèrent dans une résistance acharnée contre les expulsions et les destructions. Fidèle à son engagement altermondialiste, Attac soutient partout la lutte des paysans et des citoyens en défense des terres nourricières, et particulièrement à Notre-Dame-des-Landes.

Ce projet prétend s’imposer dans une extrême violence aux paysans et aux habitants, en dégradant de façon irréversible le cadre de vie et l’environnement. Pour discréditer un mouvement de plus en plus puissant et reconnu, les porteurs du projet et le préfet ont choisi de mettre en scène de nouvelles violences, par le biais de provocations comme l’interdiction du parcours en ville, et par l’orchestration soigneuse de « dérapages » dans la manifestation, occasionnant des blessures graves. Non seulement nous condamnons ces violences, mais nous constatons que bien des questions sur le déroulement de cette manifestation devront recevoir des réponses et nous les exigerons.

Dans son combat pour d’autres mondes, pour la transition écologique et sociale, Attac soutient les auteurs d’actions de désobéissance civile assumées et largement reconnues comme légitimes même si elles peuvent être illégales. Le président de la Région Pays de Loire, J. Auxiette, a demandé hier au président de la République d’ordonner l’expulsion de la ZAD au nom de soi-disant « habitants qui subissent les violences, les vols, le racket orchestrés par les “zadistes” ».

Cette nouvelle provocation ne nous intimide pas. En cas de nouvelle tentative de vidage de la zone, nous poursuivrons avec acharnement la résistance sur le terrain, ensemble, dans le respect de nos valeurs.

Nous ne serons pas les initiateurs de la violence, bien que prêts à l’affronter.

Ni travaux, ni expulsions. Nous serons là.

Le 27 février 2014

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