Archive | Ecologie & climat

24 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

edf-areva (odn)

puits-sans-fond

Déficit budgétaire : Macron muet sur les milliards déjà détruits par EDF et Areva… et sur ceux qui vont suivre !

La polémique fait actuellement rage à propos des 4,5 milliards d’économies exigées par E. Macron pour satisfaire la Commission européenne en contenant le déficit de la France à 3% du PIB. Mais il n’est presque personne pour pointer une des causes principales des difficultés budgétaires de la France : l’industrie nucléaire, avec en particulier la faillite consommée d’Areva et celle programmée d’EDF.

Ainsi, le 8 mars 2017, l’Etat a versé 3 milliards pour recapitaliser EDF. Et, entre le 12 et le 31 juillet 2017, l’Etat injecte pas moins de 5 milliards dans les différentes structures issues de la faillite d’Areva. En particulier, dès le 12 juillet, 2 milliards ont déjà été versés par l’Etat à Areva SA, qui n’est désormais plus qu’une structure de défaisance sur le modèle du fameux « Consortium de réalisation » créé pour faire payer par les citoyens la faillite du Crédit Lyonnais.
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De toute évidence, ce puits sans fond va continuer à coûter très cher puisque, le 20 juillet, l’opérateur Finlandais TVO a annoncé que la Chambre de commerce internationale (CCI) avait rendu un nouvel arbitrage partiel en sa faveur et au détriment d’Areva concernant le chantier désastreux de l’EPR finlandais. Il est désormais quasiment certain, comme annoncé de longue date par l’Observatoire du Nucléaire, que cet arbitrage va se terminer un nouveau fiasco général pour Areva… et donc pour les finances publiques françaises : TVO réclame (à juste titre) près de 3 milliards de dédommagements…

On peut ajouter à ce triste tableau la curieuse opération mise sur pied en décembre 2014 par un ministre de l’économie nommé Emmanuel Macron qui, sans la moindre justification, a fait racheter par l’Etat plus de 27 millions d’actions d’Areva (détenues par le Commissariat à l’énergie atomique) à un prix supérieur à la cotation officielle : 12,2 euros au lieu de 9,04 (*). Depuis, comme on pouvait le prévoir, l’action d’Areva a continué à s’effondrer (elle ne vaut plus que 4,4 euros), achevant de faire un nouveau fiasco de cette étrange opération macronienne.
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On notera aussi la grande « pudeur » du premier ministre Edouard Philippe lorsqu’il s’est ému des 8 milliards manquant dans les caisses de l’Etat, oubliant que plus du quart de cette somme venait des errements d’Areva en particulier à l’époque où il était lui-même un cadre influent de cette entreprise à la dérive ! Les citoyens de France doivent savoir que ces sommes, pourtant affolantes, ne constituent pourtant qu’un petit aperçu des factures incom- mensurables qui vont être peu à peu publiées au fur et à mesure des révélations concernant les déboires de l’atome hexagonal.

D’ailleurs, sous nos yeux, et sans que personne ne le stoppe, le PDG d’EDF s’apprête à lancer une nouvelle opération catastrophique avec le projet de construction de deux EPR à Hinkley Point (Grande-Bretagne).

Même si ces réacteurs ne seront probablement jamais construits, ou au pire jamais terminés comme l’annonce obstinément l’Observatoire du Nucléaire, il est clair que ce projet va achever de ruiner EDF qui a déjà consacré (gaspillé) sur place plusieurs milliards. Il est aussi notable qu’avant même que le chantier ne soit commencé, la facture du projet ne cesse d’augmenter : début juillet, c’est un premier surcoût de près de 2 milliards qui a été annoncé, préfigurant les réévaluations successives comme c’est le cas depuis 10 ans concernant les chantiers EPR de Finlande et de Flamanville.
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Il est toujours possible de se consoler en rappelant qu’Areva et EDF ne sont pas seuls dans cette galère : Westinghouse, l’entreprise historique du nucléaire aux USA et dans le monde, a elle aussi fait faillite, entrainant dans les bas fonds son actionnaire majoritaire, le japonais Toshiba (**).
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L’industrie nucléaire est entrée dans la dernière phase de son existence, mais son agonie va hélas durer encore des années, sur fond de catastrophes nucléaires en cours (Tchernobyl, Fukushima) et probablement à venir, de déchets radioactifs abandonnés, de centrales à démanteler « offertes » à nos descendants, et de factures insensées qui vont faire passer pour une aimable plaisanterie (et une cynique diversion) les polémiques actuelles sur le budget de l’armée française…
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(*) http://www.observatoire-du-nucleaire.
(**) http://www.rfi.fr/

http://www.observatoire-du-nucleaire.org/

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24 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

porc (anti-k)

porcs

Le porc sur paille, l’autre modèle pour la Bretagne

Un nouveau mode d’élevage porcin a été mis en place, pour des raisons environnementales et économiques.

Réveillés de leur sieste par des visiteurs inhabituels, les cochons de Pascal Pérot, éleveur à Saint-Donan, dans les Côtes-d’Armor, n’ont sans doute pas conscience d’être des privilégiés. Dans cette ferme de 54 hectares, ils grandissent dans des bâtiments ouverts sur l’extérieur, sur de la paille. Cela permet de transformer leurs excréments en fumier. « Je ne voulais pas être montré du doigt comme pollueur et j’étais sensible à la notion de bien-être animal« , confie le maître des lieux, qui a repris la ferme en 2000.

En France, 95 % des porcs sont au contraire élevés sur caillebotis, un sol ajouré, en béton ou en plastique, qui permet l’évacuation rapide de leurs déjections, le lisier. Epandu sur les terres de culture pour les fertiliser, ce dernier nourrit depuis longtemps la critique du modèle d’élevage breton. La région concentre 57 % du cheptel français. Mais les cochons, parqués dans des bâtiments, sont invisibles. En revanche, cet élevage intensif est à l’origine de la pollution des eaux et des marées d’algues vertes, bien visibles, qui affectent le littoral. En cause, les nitrates dérivés de l’azote du lisier (des porcs, des bovins et des volailles), qui contaminent les cours d’eau et les nappes phréatiques.

Entre le conventionnel et le bio

Polluant, ce modèle met aussi régulièrement des éleveurs dans la rue, lorsque le prix du porc ne leur permet plus de vivre de leur travail. C’est ce qui a conduit l’association bretonne Cohérence à réfléchir à un modèle alternatif. Cofondée en 1997 par Jean-Claude Pierre (le créateur de l’association Eau et rivières de Bretagne, qu’il a quittée depuis) et des paysans du Réseau agriculture durable (aujourd’hui réseau Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural, Civam), elle regroupe défenseurs de l’environnement, agriculteurs, syndicats, entreprises et particuliers. Au début des années 2000, ce réseau développe un cahier des charges pour un élevage de porcs durable.
« Je ne voulais pas être montré du doigt comme pollueur et j’étais sensible à la notion de bien-être animal » Pascal Pérot

Ses piliers : des cochons élevés sur de la paille, bénéficiant d’une surface minimale de 1,5 mètre carré par tête, soit le double du minimum réglementaire pour les porcs de moins de 110 kilos. Le cahier des charges n’impose en revanche pas l’accès des porcs à l’extérieur, obliga- toire dans le cadre des labels « porcs fermiers » élevés en plein air Label rouge et pour l’éle- vage biologique, qui peut se faire en plein air ou avec des bâtiments prévoyant une aire d’exercice en extérieur. Leur alimentation doit être sans organismes génétiquement modifiés (OGM). Les traitements antibiotiques préventifs sont interdits.

Enfin, lors de l’épandage du fumier (composé de la paille et du lisier), les éleveurs doivent respecter un apport d’azote plafonné à 80 % du seuil réglementaire (140 unités d’azote par hectare, contre 170 sinon). Utile au bien-être des cochons, pour lesquels fouiller et jouer sont des activités naturelles, la paille présente l’avantage de résorber une partie de l’azote présent dans leurs déjections en les compostant. L’utilisation de cet engrais solide, plutôt que le lisier, limite de plus les risques de ruissellement.

Le cahier des charges intègre en outre une cinquantaine de critères sur lesquels les éleveurs s’engagent à progresser. L’utilisation d’une alimentation produite à la ferme est ainsi conseillée sans être impérative, ce qui est le cas en élevage biologique. L’objectif ? « Proposer une alternative durable, accessible au plus grand nombre« , justifie Jean-Bernard Fraboulet, chargé de mission porc durable chez Cohérence. La filière porcine française étant très industrialisée, les conversions d’exploitations conventionnelles vers le bio sont difficiles.

« Les ateliers sont trop gros, trop hors-sol, alors que le bio suppose une alimentation produite sur la ferme et un accès à l’extérieur que les bâtiments conventionnels ne permettent pas. Pour développer le bio, on mise plutôt sur de nouvelles installations », explique Stéphanie Pageot, présidente de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab). En 2016, les élevages biologiques ne représentaient que 0,94 % des exploitations porcines, selon la plate-forme Agence Bio. Quant au label rouge, il concernait 3,3 % seulement de la production nationale en 2014, dont 83 % des élevages en bâtiment, selon l’Institut français du porc (Ifip).

Onze exploitations certifiées

Sur leur ferme de 48 hectares, près de Dinan, Pascal et Sylvie L’Hermitte cultivent colza, céré- ales et légumineuses pour nourrir les 1 100 porcs qu’ils produisent chaque année. Pour proté- ger leurs cultures, ils misent sur des techniques naturelles, tout en gardant la possibilité de les traiter si besoin. A terme, le couple vise les 1 500 porcs par an, pas plus. Cohérence, qui défend un élevage familial, limite d’ailleurs la production selon le nombre d’actifs par ferme. Les exploitations spécialisées dans l’engraissement comptaient en moyenne 875 places en 2010, selon l’Ifip, contre 500 places occupées chez les L’Hermitte. Les producteurs adhérents sont certifiés tous les deux ans, dans le cadre d’audits participatifs réalisés lors de journées portes ouvertes dans les fermes.

Aujourd’hui, onze exploitations sont certifiées, surtout dans les Côtes-d’Armor. Produire de cette façon génère du travail supplémentaire pour pailler les enclos et les nettoyer. Cela a aussi un coût. La chambre régionale d’agriculture de Bretagne a chiffré le surcoût de l’élevage sur paille à 0,16 euros par kilo de carcasse produit, soit environ 10 % en plus par rapport au porc sur caillebotis. « Cela s’explique par le coût de l’achat de paille, et parce que les porcs dépensent plus d’énergie et ont une croissance un peu moins rapide« , explique Brigitte Landrain, cheffe du service Elevage à la chambre régionale. Chez les éleveurs Cohé- rence, les porcs partent ainsi à l’abattoir quand ils ont entre 190 à 210 jours, contre 180 en conventionnel. Le gage selon eux d’un cochon en bonne santé et d’une viande de meilleure qualité.

Circuit court

Pour assurer la viabilité économique de ce modèle, l’association a cherché de nouveaux débouchés pour ses producteurs, dont une majorité propose sa viande en vente directe. Les boucheries-charcuteries locales sont particulièrement ciblées. En 2012, Cohérence dépose donc la marque « Porc authentique élevé sur paille », dédiée à la vente chez ces artisans. Ils sont quatre éleveurs aujourd’hui à travailler sous cette marque et à fournir une trentaine de boucheries (les autres éleveurs font de la vente directe). C’est aux éleveurs de se constituer une clientèle directe. « Je produis ce que je peux vendre. Alors que dans le modèle conven- tionnel, on est toujours incités à produire plus, sans garantie de débouchés. Résultat : les prix s’effondrent« , argumente l’éleveur Pascal Pérot.

« La viande se conserve bien, tient mieux à la cuisson et les consommateurs voient la différence sur le plan gustatif », assure Guillaume Corduan

La paie des producteurs de la filière porcs sur paille n’est, elle, pas soumise aux aléas du marché. Ils travaillent avec un prix fixe négocié chaque année avec les bouchers partenaires. Ces derniers aussi y trouvent leur compte. « La viande se conserve bien, tient mieux à la cuisson et les consommateurs voient la différence sur le plan gustatif, assure Guillaume Corduan, gérant de la boucherie-charcuterie-traiteur éponyme, à Hillion, au bord de la baie de Saint-Brieuc. Bien sûr, je paie le porc 2,70 euros le kilo et, pendant la crise en 2015, il devait bien avoir 70 à 80 centimes de différence avec une viande même labellisée, mais au moins l’éleveur peut vivre de son travail.

Dans la campagne française, les éleveurs porcins reprennent leur souffle. Depuis juin 2016, les cours du porc évoluent de nouveau au-delà de 1,40 euros le kilo, leur seuil de rentabilité. Fin 2015, ils étaient descendus sous la barre d’1,20 euros le kilo. C’est à la Chine que l’on doit ce sursaut. Le pays a augmenté ses importations depuis l’Europe (+ 110 % sur un an en 2016), alors que sa propre filière porcine connaît une restructuration. Le marché du porc est en effet globalisé et le prix payé aux éleveurs est fonction de l’offre et de la demande mondiales. Ainsi, c’est l’embargo russe, en 2014, qui a précipité la crise de 2015.

Mais leurs difficultés sont surtout structurelles. Les éleveurs français sont en concur- rence avec leurs voisins européens. Avec 2 millions de tonnes de carcasses de porcs char- cutiers produites en 2016, la France est le 3e producteur européen, derrière l’Allemagne (5,5 millions) et l’Espagne (4 millions). Or, la filière française a connu une crise de croissance et d’investissement après l’instauration, en 1998, de règles européennes destinées à réduire l’impact environnemental des élevages. Au même moment, les élevages et les abattoirs alle- mands se sont modernisés et concentrés, baissant leurs prix de production. Ils ont également recours aux travailleurs détachés, une main-d’oeuvre moins coûteuse venue des pays de l’Est, et profitaient jusqu’en 2014 d’une absence de salaire minimum.

Le coût de la main-d’oeuvre est aussi moindre en Espagne et les éleveurs plus protégés. Ils travaillent en majorité sous contrat avec des entreprises agroalimentaires qui leur assurent un prix fixe. En France, le prix payé aux éleveurs évolue au gré des semaines, en fonction de la cotation au Marché du porc breton.

Avec des bâtiments d’élevage vieux de vingt ans en moyenne et de petits abattoirs, comparés à leurs concurrents européens, la filière française est donc désavantagée avec un marché du porc peu segmenté. « Pendant longtemps sa stratégie exclusive a été d’offrir une production standard, au prix le plus bas, même si des tentatives de différenciation existent aujourd’hui« , explique Michel Rieu, économiste à l’Institut du porc (Ifip). Si quelques initiatives ont vu le jour, comme des contrats tripartites entre distributeurs, abatteurs-transformateurs et producteurs, l’amélioration de la situation des éleveurs français reste soumise aux évolutions de la demande internationale.

Dans sa boutique, le porc sur paille est aujourd’hui environ 15 % plus cher que celui qu’il propose lorsque son stock est écoulé. Pourtant, des consommateurs viennent ici spécifiquement pour cette viande produite localement, que Pascal Pérot livre lui-même. Après quatre ans à travailler ainsi, il dresse un constat positif. « Si j’étais resté dans le modèle stan- dard, avec la dernière crise, je disparaissais. Grâce au prix fixe, j’ai pu recommencer à faire des projets et la banque m’a fait confiance pour investir dans le camion frigorifique et la bétaillère nécessaires pour transporter mes porcs », détaille-t-il. Pascal et Sylvie L’Hermitte écoulent 40 % de leur production en boucherie, le reste étant proposé aux particuliers à la ferme et sous forme de colis, ou servi dans des cantines du secteur. A deux, ils s’en sortent avec un résultat avant impôt de l’ordre de 30 000 euros par an. En 2015, année de crise, ce résultat était en moyenne de 13 000 euros par actif dans les exploitations porcines françaises, une filière aux résultats très fluctuants.

A l’avenir, l’association aimerait développer la filière sur l’ensemble de la Bretagne. Si de nouveaux éleveurs sont intéressés, intégrer la filière reste un pas à franchir. « Tous ne sont pas prêts à tourner le dos au fonctionnement des groupements », constate Jean-Bernard Fraboulet. L’année dernière, 1 700 carcasses ont été vendues dans le cadre de la filière porc sur paille. Cette production reste donc très marginale au regard des quelque 13 millions de porcs (soit 1,1 million de tonnes équivalent carcasse) abattus en Bretagne. Mais pour les éleveurs, faire vivre une filière alternative locale est déjà une victoire. « Notre modèle n’est pas reproductible à tout le monde, estime Pascal L’Hermitte. Mais la production dans son ensemble doit évoluer et nous sommes des locomotives. »

Alternatives économiques – Marion Perrier –  20/07/2017

http://www.anti-k.org

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24 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

plougonver (ouest france)

mine-uranium

Plougonver. Festival des luttes : « Festif, informatif et résistant »

Au Dibar de Plougonver, pendant trois jours les festivaliers ont dansé, milité et débattu. La pluie et la boue n’ont pas entamé la détermination des visiteurs d’empêcher le projet minier.

« Glao [pluie] glao glao ! » entend-on s’exclamer en breton. « Dans la vie il faut savoir se mouiller ! », reprend un autre festivalier avec philosophie. D’averse en crachin, c’est effecti- vement sous des cieux peu cléments que le deuxième Festival des luttes s’est déroulé, du vendredi 21 au dimanche 23 juillet, au Dibar.

Occuper le terrain et informer

Mais la météo n’a pas entamé la volonté des visiteurs d’empêcher le projet minier porté loca- lement par l’entreprise Variscan mines. Cette filiale française d’un groupe australien a obtenu en 2015, de l’État, un permis exclusif de recherches minières (Perm), dit « de Loc-Envel ».

Environ 1 300 personnes sont passées sur le site, pour la plupart habitant le coin, mais venues parfois de plus loin : des membres des collectifs contre les autres projets miniers en cours en Bretagne, Creuse ou Guyane ont également répondu à l’appel, ainsi que des habitants luttant contre les grands projets jugés inutiles et imposés, comme le tunnel de Tende (dans le Sud-Est, à la frontière italienne). « Nous sommes là pour informer, et l’information est bien passée ; en ce sens, le festival a joué son rôle », rapporte Goulven Le Gac, du collectif Douar Didoull, organisateur de l’événement.

« Nous voulons aussi montrer que nous sommes toujours mobilisés sur le terrain. Le Festival des luttes existe car le permis de recherches minières existe. Nous n’oublions pas que c’est Emmanuel Macron qui l’a signé. Tant qu’il ne sera pas annulé ou abrogé, nous serons sur le terrain, et même si le gouvernement veut faire durer les choses, nous ne sommes pas prêts à lâcher. »

Convergence des luttes

La mobilisation ne faiblit donc pas, et la participation de nombreux bénévoles, dont des jeunes, en témoigne. À côté de Douar Didoull, des militants locaux ont tenu des stands d’information : le Front Social, Attac 22… pour d’autres combats d’actualité comme la réforme du Code du travail ou les traités de libre-échange entre l’Europe et l’Amérique du Nord.

Mais si l’aspect militant primait, à travers des conférences, projections et débats, la fête a également été fédératrice.En soirée et le dimanche, fest-noz et concerts ont trouvé leur public, enfants comme adultes. « Festif, informatif, et résistant : voilà ce que le Festival des luttes veut être. »

24/07/2017

http://www.ouest-france.fr/

Lire aussi:

Un festival contre les projets miniers, ici et ailleurs (OF)

En Bretagne, un festival contre les projets miniers (Politis)

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21 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

pe (npa)

hulotalondres

Perturbateurs endocriniens: L’UE à l’écoute des industriels de la chimie

« Toute substance active utilisée dans les pesticides identifiée comme perturbateur endocrinien pour les personnes ou les animaux pourra être évaluée et retirée du marché. » Après des années de tergiversations, les membres du comité technique de l’Union européenne veulent nous faire croire à une victoire. Et pourtant…

Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances chimiques capables d’agir sur le système hormonal et de provoquer des dysfonctionnements comme l’obésité ou l’infertilité, des malformations congénitales ou des retards de développement. Ils se nichent dans les pestici- des, mais aussi dans des produits de la vie quotidienne, comme les cosmétiques, les produits alimentaires, voire même les jouets.

Retour sur un échec pour la santé et l’environnement

Pour réussir à les identifier, des études les classent en trois catégories selon le risque : « sus- pecté », « présumé » ou « avéré ». Or le texte adopté mardi 4 juillet par l’UE n’a retenu dans sa définition que les produits pour lesquels le risque est « présumé » ou « avéré ». Exit donc les produits simplement « suspectés ».

En outre, pour certaines substances, comme les pesticides, seul un effet sur des insectes a été constaté et non sur d’autres animaux. Donc, sous la pression des puissants fabricants de pesticides (Bayer et BASF), l’Allemagne a introduit une clause excluant de la réglementation les perturbateurs endocriniens où le risque n’a été constaté que pour les insectes.

Le texte est contraire au principe de précaution

Pour les scientifiques et les ONG (dont la Fondation Hulot !), le texte est trop laxiste et contredit le principe de précaution. « Les critères votés aujourd’hui (…) requièrent un niveau tellement élevé de preuve (de la toxicité des substances chimiques) qu’ils ne protègeront ni les humains ni la nature », a ainsi déclaré Genon K. Jensen, représentant de EDC-Free Europe (coalition de plus de 70 organisations).

« Nous regrettons que la Commission n’ait pas écouté la grande inquiétude du Danemark, de la Suède et d’autres, soulignant que les critères proposés exigent, pour pouvoir identifier un perturbateur endocrinien, un niveau de preuve jamais exigé jusqu’à présent pour d’autres substances problématiques comme les cancérogènes, les mutagènes et les reprotoxiques » précise de son côté la ministre suédoise de l’Environnement.

L’UE accouche d’une souris, Hulot applaudit !

La France, qui avait jugé insuffisant le même texte en mai dernier, a finalement voté pour, abandonnant la Suède, le Danemark et six autres États, dans le combat mené depuis des années contre les critères proposés par l’UE. Revirement spectaculaire !

Le ministre Hulot prétend qu’il pourra toujours interdire unilatéralement certaines substances sur le territoire par des mesures « complémentaires ». Lesquelles ? Comment ? Mystère ! Si Hulot l’enfumeur est en marche arrière, le NPA ira de l’avant dans les luttes pour défendre nos vies et notre environnement.

Commission nationale écologie 21 juillet 2017

http://sante-secu-social.npa2009.org/

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21 juillet 2017 ~ 1 Commentaire

brest (libération)

projet

Une ferme bio grignotée par un écoquartier

Tout près du centre-ville, l’exploitation Traon Bihan pratique une agriculture parée de toutes les vertus, tout en étant économiquement viable. Problème : la ville a besoin d’une partie de ses terres pour y construire des logements…

Curieuse situation. Philippe Nicol et Valérie Lazennec, couple d’agriculteurs, exploitent à Brest ce qu’on peut qualifier de ferme modèle : une production en bio, diffusée en circuit court, avec un équilibre économique sain. Autre rareté, la ferme de Traon Bihan («la petite vallée» en breton) est sur le territoire de Brest, dans le quartier de Saint-Pierre, à 5 kilomètres du centre de la sous-préfecture finistérienne. Autrement dit, en ville. Mais à cause de cette géographie justement, la ferme va voir une partie de son terrain grignotée par… un écoquartier. La ZAC (zone d’aménagement concerté) Fontaine Margot va, en 2021, priver l’exploitation d’une «vingtaine d’hectares», selon Philippe Nicol. «Seize», selon Thierry Fayret, conseiller municipal brestois et vice-président de la métropole chargé de l’urbanisme.

Quelle que soit la superficie urbanisée à l’arrivée, l’élu reconnaît que l’affaire n’est pas évidente : «Nous avons parfaitement conscience du paradoxe que peut constituer le fait de priver une ferme urbaine de terres pour y installer un écoquartier.» Mais pour lui, ce cas de figure n’est pas non plus extraordinaire : «C’est ce qui arrive tout le temps dans les politiques publiques : il y a un conflit d’usage entre des enjeux environnementaux liés à l’urbanisation et les intérêts de particuliers.»

«Equilibre subtil»

A cela près que là, les «particuliers» sont, de fait, partie prenante de l’engagement environ-nemental de leurs élus. «Il y a une dizaine d’années, raconte Valérie Lazennec, l’épouse de Philippe Nicol, la ville avait engagé une grosse réflexion sur l’introduction de produits bio dans les menus des cantines. Actuellement, la collectivité de Brest est à 30 % de bio dans la restauration en maternelle et primaire. Nous nous inscrivons parfaitement dans cette dynamique.»

En plus de fournir aux écoles leurs desserts, la ferme de Traon Bihan, avec ses poules, ses la- pins ou ses chèvres accueille un millier d’écoliers chaque année pour des animations péda- gogiques. «Nous voulons montrer et partager notre métier, de la visite de l’exploitation et des champs jusqu’à la traite», défend Valérie Lazennec. Pour parfaire ce tableau idyllique de l’agri- culture urbaine et des circuits courts, vantés par l’époque, l’exploitation vend en direct la moitié de ses produits laitiers transformés. Pourquoi alors, venir perturber cet équilibre subtil entre ville et agriculture ?

Thierry Fayret explique que la métropole brestoise ne prend pas les terres de Traon Bihan de gaieté de cœur. «Pour ne pas perdre de population, nous avons la nécessité de créer de la surface supplémentaire d’habitation. Car depuis quarante ans, cela ne s’est pas fait sur Brest, affirme-t-il. Entre 2000 et 2010, nous avons pris conscience que l’on était en train de perdre des habitants faute d’offre de logements qui correspondent aux besoins actuels, avec le desserrement des ménages ou le vieillissement de la population.»

L’élu précise qu’en quarante ans, 2 000 habitations ont été créées dans le pays de Brest. «Les gens sont sortis de la ville pour aller vivre à 10 ou 20 kilomètres, avec les problèmes de trans- port que cela entraîne. Bouchons comme pollution. Il faut tenter d’y remédier.» D’où la ZAC. Thierry Fayret détaille les parcelles figurant dans l’opération de la Fontaine Margot. Les 60  hectares accueilleront 3 000 à 4 000 habitants dans 1 200 à 1 500 maisons et petits immeu- bles. Et, insiste-t-il au sujet du couple d’agriculteurs, «ni eux ni nous ne découvrons la situation».

L’agriculteur le reconnaît. «Ce projet d’urbanisation date de plus de quarante ans, et celui d’un écoquartier d’une bonne dizaine d’années. Quand mes parents se sont installés, il leur avait été dit qu’il y avait un fort risque qu’ils ne puissent pas finir leur carrière ici.» Ce qui n’était alors qu’une évocation s’est mué au fil des années en possibilité, avant de devenir, bientôt, réalité.

«Autonomie complète»

Philippe Nicol entend les arguments des élus. Cela ne l’empêche pas de se gratter la tête. «Pour pouvoir poursuivre notre activité dans des conditions correctes, il faut que l’on puisse garder entre 50 et 55 hectares de champs pour faire paître les vaches, avance l’éleveur. En dessous, ça sera très compliqué. Cela mettra très clairement à mal notre modèle d’autonomie, qui est le maître mot du bio. Nous ne voulons pas devoir acheter de la nourriture pour nos bêtes. La tonne de foin bio coûte 400 euros ; celle de concentré bio de soja, de féverole et de blé entre 700 et 1 000 euros. Ce n’est financièrement pas envisageable.»

En réponse, la métropole brestoise se fait fort de proposer des hectares de rempla- cement à la ferme de Traon Bihan. Problème : ces derniers ne sont pas bio, et la conver- sion des terres dure jusqu’à trois ans. Au total, ce sont cinq années qui sont nécessaires pour obtenir la certification. Autre souci pour Valérie Lazennec et Philippe Nicol : les parcelles de substitution proposées par la métropole sont situées loin de l’exploitation. Le vice-président chargé de l’urbanisme se veut pourtant rassurant. «Nous avons toujours soutenu le dévelop- pement de cette ferme, ses vertus de circuit court, son orientation bio, son travail avec les écoles.» Thierry Fayret l’assure: «Traon Bihan n’est pas en danger. L’exploitation ne va pas disparaître. On va s’en donner les moyens.»

L’enjeu est de taille. Car cette exploitation est aux antipodes de l’agriculture intensive et endettée dont on lit partout la chronique. De la verdure en veux-tu en voilà. Si l’on excepte les bruits de la circulation routière sur la rocade, portés par les vents, impossible de se rendre compte que nous sommes dans une zone urbaine. Les alentours sont brodés de champs, de talus, d’arbres…

A la retraite de ses parents, en 1997, Philippe Nicol, 46 ans aujourd’hui, a repris l’exploitation et l’a convertie en agriculture biologique. Aujourd’hui, son cheptel compte, selon les périodes de l’année, entre 40 et 45 vaches laitières, qui, en guise de repas quotidien, broutent les 67 hectares de prairies sises à 800 mètres maximum autour de la ferme, dont 28 jouxtent la maison. Valérie Lazennec et Philippe Nicol sont propriétaires de leurs bâtiments et de 7 hectares de champs. Ils louent les autres terres qu’ils exploitent. «Les bêtes sortent tous les jours, sauf quand il neige, c’est-à-dire tous les vingt-cinq ans ici, plaisante l’éleveur. En cultivant parallèlement 2 hectares de céréales et 2 hectares de betteraves, nous n’avons jamais acheté de nourriture pour nos vaches. Nous sommes en autonomie complète.» Certification bio assurée. Et fierté assumée.

«Tout sauf du fromage»

Sur le versant économique, la ferme de Traon Bihan vend chaque année à une coopérative 170 000 litres de lait bio, à un prix à faire saliver les producteurs «conventionnels» : 450 euros la tonne, contre 280 à 310 euros d’ordinaire. En 2010, Valérie Lazennec, animatrice socio-culturelle de profession, a décidé de rejoindre son mari sur l’exploitation. Après une formation et 200 000 euros d’investissements, camion frigorifique pour les livraisons inclus, la dynamique et bavarde Brestoise a créé in situ un atelier de transformation du lait issu de l’exploitation en yaourts, fromage blanc, riz au lait… «Tout sauf du fromage et du beurre», précise la désormais agricultrice de 47 ans. 35 000 litres de matière première sont ainsi transformés chaque année en produits laitiers.

«En raison des vacances scolaires, on ne peut livrer nos produits que pendant 36 semaines par an aux écoles, explique-t-elle. Donc, pendant les coupures, on a dû s’adapter. Mais on ne veut pas vendre en grande surface. C’est un choix éthique.» Pour le moment, la vie de la ferme de Traon Bihan continue comme avant. Pour longtemps ?

Philippe Brochen, envoyé spécial à Brest 20 juillet 2017

http://www.liberation.fr/

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21 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

guipry-messac (fr3)

stop-au-beton-dans-la-Crau

Le parc Avalonys, un projet qui fait polémique

C’est un projet de parc d’attraction sur le thème du roi Arthur, Avalonys, qui devrait voir le jour en 2020. Il suscite une dynamique, mais aussi des inquiétudes avec la perte de surfaces agricoles.

Le parc Avalonys, sur le thème du roi Arthur et des légendes celtes, sera axé sur l’innovations technologiques, avec des visites virtuelles et des applications pour smartphone, mais aussi manèges classiques. Ce qui n’est encore qu’un projet suscite une dynamique, mais aussi des inquiétudes.

Les uns avancent des chiffres positifs pour l’emploi, une cinquantaine, renforcés par 150 saisonniers, alors que d’autres y voient un grignotage des terres agricoles. Les 80 hectares concernés appartiennent à la société Butagaz. Ils sont  exploités par une dizaine d’agriculteurs qui pointent le manque de concertation. « Il faut que les porteurs de projets, les associations, pour ou contre, se mettent autour de la table » estime Thierry Beaujouan, le maire de Guipry-Messac.

Stéphane Grammont 20/07/2017

http://france3-regions.francetvinfo.fr/

Commentaire: Bétonnage: Au rythme actuel on perdrait 1 département de bonnes terres tous les 7 ans contre 1 tous les 10 ans avant 2000!

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20 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

métaux (les échos)

tintin

Métaux : les besoins colossaux de la transition énergétique

Les technologies requises pour limiter le réchauffement du climat feront grimper la demande de ressources naturelles. C’est, selon la Banque mondiale, un risque majeur pour l’environnement.

Un avenir bas carbone ne se construira pas sans minerais ni métaux. Loin s’en faut. Pour contenir le réchauffement planétaire sous les 2 °C, comme ambitionné par plus de 170 pays signataires de l’Accord de Paris fin 2015, il faudra en fait en extraire d’énormes quantités, avance la Banque mondiale dans un rapport sur le rôle primordial que jouera le secteur dans une telle économie « verte ».

Le constat paraît sans appel. « Le rapport montre clairement que la composition des techno-logies supposées alimenter le passage à une énergie propre - éolien, solaire, hydrogène et systèmes électriques - nécessite en fait significativement PLUS [sic] de ressources que les ­systèmes d’alimentation en énergie traditionnels », écrivent les auteurs qui se sont penchés sur trois grandes technologies renouvelables : l’éolien, le solaire et les batteries de stockage d’énergie.

Les besoins futurs ne seront absolument pas les mêmes selon que le réchauffement de la ­planète est limité à 2 °C, ou qu’il atteigne 4 °C voire 6 °C, les trois scénarios envisagés par l’organisation. Sans surprise, le premier scénario se révèle le plus « ressourçovore ». La demande de métaux pourrait doubler avec le boom des technologies éoliennes et solaires, dit la Banque mondiale. Mais c’est dans les accumulateurs électriques que l’exemple est le plus frappant : leur développement pourrait entraîner un bond de 1.000 % de la demande de lithium, si le monde prend les mesures requises pour contenir l’élévation de la tempé­rature ­nettement en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels.

Choix politiques

La Banque mondiale a listé les ­ressources clefs de la transition énergétique, à l’instar du cuivre, de l’argent, de l’aluminium (bauxite), du nickel, du zinc et, probablement, du platine. Des marchés qui devraient donc bénéficier d’un virage vert. Elle cite aussi les terres rares, neodymium et indium.

Evidemment, beaucoup dépendra du nombre de turbines, de panneaux solaires ou encore de véhicules fabriqués - et donc des choix politiques des gouvernements. Le type de technologies déployées dans chacun de ces segments sera également déterminant. « Les technologies renouvelables qui émergeront comme les plus adaptées et les plus avantageuses seront essentielles pour définir le marché des matières premières sur les cinquante prochaines années », estiment les auteurs.

En se fiant aux tendances actuelles, le Chili, le Pérou et, potentiel­lement, la Bolivie auront un rôle majeur à jouer en fournissant du cuivre et du lithium ; le Brésil avec la bauxite et le fer ; l’Inde pour le fer, l’acier, le titane ; l’Afrique australe et la Guinée seront « incontournables » pour répondre aux besoins grandissants en platine, manganèse, bauxite et chrome ; et la Chine pour à peu près tous les produits. La Banque mondiale cite en outre la Nouvelle-Calé- donie et ses « réserves massives de nickel », matière première utilisée aujourd’hui dans les batteries pour voitures électriques.

Jusqu’à présent, peu d’analyses du genre ont été faites sur les implications matérielles d’un adieu aux systèmes fondés sur les combustibles fossiles. Avec ce rapport, la Banque mondiale met en garde sur l’impact que peut avoir une économie bas carbone sur l’environnement.

Compléter et non pas concurrencer

« Si elle n’est pas correctement gérée, cette croissance de la demande de minerais et métaux pourrait aller à l’encontre des efforts et des politiques des pays riches en ressources pour atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés en matière de changement climatique », préviennent les auteurs. Une attention particulière devra également être ­portée pour que l’eau utilisée par les communautés locales et les écosystèmes ne soit pas trop ­fortement touchée.

Le directeur du pôle mondial d’expertise en énergie et industries extractives du Groupe de la Banque mondiale, Riccardo Puliti, plaide pour l’ouverture d’un « dialogue entre les groupes d’intérêt sur le climat, l’énergie verte et les industries extractives ». Pour cela, les pays ­doivent intégrer que « le développement d’une ressource naturelle vient compléter et non pas concurrencer un avenir plus vert et plus durable ».

Muryel Jacque, Les Echos 20/07

https://www.lesechos.fr/

Commentaire: Un exemple de contradiction où nous mène le capitalisme de croissance illimitée sur une planète limitée: pour moins polluer il faut plus polluer. Pour économiser, il faut gaspiller! Sans parler de l’épuisement de nouvelles ressources (les terres rares) dont on ne mesure pas encore l’utilité et qui vont être consommées pour fournir 4 portables et deux bagnoles électriques aux habitants des pays riches!

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18 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

nddl (npa)

npa

Notre-Dame-des-Landes : sous le soleil d’un autre monde possible

Ces 8 et 9 juillet 2017, près de 20 000 personnes venues de toute la France se sont rassem- blées à Notre-Dame-des-Landes. Cette dix-septième édition du rassemblement estival a vu converger toutes les luttes pour un autre monde.

Loin de la pression de l’année 2016, quand le Premier ministre Valls promettait une expulsion à l’automne… Le contexte politique s’est modifié. Le PS et la droite traditionnelle ont été évincés du pouvoir, laissant la place à un gouvernement qui n’entend pas payer les errements des précédents. Un optimisme dubitatif s’est installé : la nomination de « médiateurs » par le gouvernement laisse espérer la nouvelle étude du projet d’aéroport que les opposantEs réclament depuis tant d’années.

Comme un parfum de victoire

C’est pourquoi cette édition s’interrogeait déjà sur l’avenir : que faire de la Zad après l’abandon possible du projet d’aéroport? «Travailler avec les jeunes à construire de nouveaux modèles pour une agriculture différente», répond Sylvain Fresneau, agriculteur militant. C’est que, depuis 2009, la rencontre improbable de jeunes révoltéEs et de paysanEs militants s’est faite. Les projets d’installation agricole et l’expérimentation d’un mode de vie différent, aussi à l’abri que possible du monde capitaliste, ne sont pas qu’une utopie. Des solidarités concrètes sont à l’œuvre.

Des solidarités qui ravivent la mémoire locale. Car en Loire–Atlantique, l’alliance des militantEs ouvriers et des paysans est un héritage historique : de 1968 au mouvement des paysans-travailleurs ou à la lutte contre la centrale nucléaire du Pellerin, cette alliance a été porteuses de victoires ancrées dans les mémoires. Des victoires qui ont permis les solidarités avec celles de Plogoff ou du Larzac, des victoires réciproques en somme. À NDDL, la conver- gence des luttes traverse le temps. C’est sur ce terroir qu’a mûri la lutte contre le projet d’aéroport à NDDL, comme un bon vin aux arôme riches et complexes. Jusqu’à faire converger toutes les luttes actuelles.

Une cité politique

D’année en année, les débats à NDDL se font plus politiques. Non seulement parce que les demandes d’intervention sont si nombreuses qu’il faut bien que les organisateurs les regrou- pent dans des thèmes plus généraux, mais surtout parce que la solidarité est contagieuse. Des projets miniers à Europacity, les luttes locales se répondent. De la répression à la solidarité avec les migrantEs et au racisme policier, les luttes globales se discutent. NDDL est devenue une véritable cité politique.

C’est pourquoi le NPA s’est efforcé d’associer autant que possible les syndicalistes aux débats de cette année. Presque absents les années précédentes, ceux de Solidaires et de la CGT (sur les transports, l’emploi, l’écologie ou l’exploitation des marins) ont répondu présents. Il y a quelques années, nombre d’habitantEs de la Zad, d’inspiration « autonome », ne voulaient même pas entendre parler des syndicats ouvriers, assimilés à l’institution étatique. Depuis, les solidarités de la lutte contre la loi travail ont porté leurs fruits.

Le débat sur la loi travail et les ordonnances Macron, avec notre camarade Simon, a rassem- blé près de 450 personnes sous le grand chapiteau. Celui sur les transports gratuits associait notre camarade Patrick Le Moal et un cheminot de Sud-Rail ; un syndicaliste du groupe Vinci (constructeur possible de l’aéroport) et un postier de Solidaires ont débattu du lien entre luttes écologiques, luttes sociales et capitalisme avec notre porte-parole Christine Poupin…

Si la lutte de Notre-Dame-des-Landes n’a pas encore gagné l’abandon du projet d’aéroport, elle a déjà gagné, par les convergences qu’elle a permises, la certitude que l’unité des luttes est possible.

Bertrand Achel et Sandra Cormier Jeudi 13 juillet 2017

https://npa2009.org/ 

http://www.anti-k.org/

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16 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

epr (france inter)

Cuve de l’EPR de Flamanville : l’incroyable légèreté d’Areva et ED

La forge du Creusot est dans le collimateur de l’industrie nucléaire pour avoir fabriqué des pièces douteuses. Des documents prouvent qu’EDF et Areva étaient alertées dès 2005.

Jamais l’industrie nucléaire française n’avait connu un tel scandale. Et cette affaire qui remet en cause toute la chaîne de contrôle d’une filière déjà ébranlée par la catastrophe de Fukushima. La forge du Creusot a fourni des pièces non conformes à la réglementation à plusieurs centrales. Parmi elles, la cuve de l’EPR de Flamanville qui attend toujours d’être validée par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Pourtant, deux documents obtenus par France Inter, et plusieurs témoignages démontrent qu’EDF et Areva avaient été alertées dès 2005 des dysfonctionnements de cette usine. Malgré cela, les deux industriels ont continué à lui confier des fabrications sensibles.

La forge du Creusot est un morceau de l’histoire de la sidérurgie française. Installée depuis le 18è siècle au cœur de la cité bourguignonne, elle a fabriqué des centaines de pièces qui ont équipé depuis les années 1960 les centrales nucléaires du monde entier. Mais elle a aussi connu une histoire récente mouvementée. Emportée dans la tourmente de la faillite de Creusot Loire en 1984, l’usine a failli disparaître plusieurs fois. En 2003, elle tombe dans l’escarcelle d’un homme d’affaires : Michel-Yves Bolloré. Le frère aîné de Vincent (qui a refusé de répondre à nos questions) n’est pas à proprement parler passionné par la sidérurgie, témoigne René Dumont, qui dirigeait la forge à l’époque : L’objectif de Bolloré était financier, il n’était pas spécialement technique. Je n’ai pas pu lui faire parler de stratégie industrielle.

De nombreux cadres désertent alors la forge. Au Creusot, on voit arriver de nouveaux sous- traitants, qui ne connaissent pas toujours bien le métier. L’usine connaît alors de nombreux problèmes de fabrication : pièces rebutées, suivi de la qualité défaillant… Comme l’ont déjà révélé nos confrères de l’Obs,, les bâtiments sont mal entretenus et la forge s’éloigne peu à peu des standards extrêmement élevés requis par le nucléaire. Or, Areva et EDF étaient informés de cette situation. En témoignent deux courriers de l’ASN à l’électricien, jamais publiés jusqu’à aujourd’hui. Le premier remonte au 16 décembre 2005, presqu’un an avant la fabrica- tion des éléments de la cuve de l’EPR. Il pointe du doigt les problèmes de qualité que rencontre le site bourguignon.

L’alerte est claire. Et suffisamment sérieuse pour que le patron de l’ASN de l’époque, André-Claude Lacoste se rende en personne au Creusot. Il nous a confirmé être revenu « effondré » par ce qu’il avait constaté : l’usine n’est pas au niveau. De retour à Paris, il prévient Areva :

Votre fournisseur a de gros problèmes, changez-en ou rachetez-le !

Areva rachète donc l’usine et son atelier de mécanique à Michel-Yves Bolloré pour la somme astronomique de 170 millions d’euros. Les deux sites lui avaient coûté environ 800 000€ trois ans plus tôt. Au moment du rachat, la décision est déjà prise : le Creusot forgera le fond et le couvercle de la cuve de l’EPR de Flamanville. Pourtant, « toutes les expertises qui sont inter- venues après, concluent qu’à cet instant précis les usines du Creusot n’avaient pas la capacité nécessaire à la réalisation de ces pièces » s’étonne Jean-François Victor, un ancien proche de Bolloré dans cette affaire.

EDF admet pourtant avoir identifié des problèmes de qualité sur le site creusotin à l’époque. Comme chez Areva, on affirme avoir pris en compte les avertissements de l’ASN. Pourtant, d’après nos informations, la vraie réforme des procédures qualité sur le site n’inter- vient qu’en 2012. Et il n’est pas sûr qu’elle ait changé la donne. Plusieurs témoins nous ont confirmé que la culture de la sûreté laissait à désirer à la forge, jusqu’à une période récente. Christian de Mezières, technicien de maintenance, vieux de la vieille du nucléaire, y est arrivé il y a 5 ans : « Je n’ai pas retrouvé la culture que j’avais connue dans les autres entités Areva. Quand on faisait de la maintenance en milieu irradié, c’était clair et précis. Il y avait des contrôleurs pour chaque opération. Ici, non. »

Jean-Luc Mercier, délégué CGT de la forge, estime même qu’Areva a contribué à la dégra- dation de l’assurance-qualité sur le site : « il y a quelques années, s’il le fallait, on arrêtait une machine pendant un jour ou deux, on vérifiait si les pièces étaient bonnes et on demandait les autorisations avant de poursuivre. Aujourd’hui, on essaie de faire tourner les machines 8h/8 et on ne se pose pas la question de savoir si on peut mettre en danger la qualité de nos pièces. »

Les éléments de la cuve de l’EPR à peine sortis de la forge, l’ASN s’inquiète. Dès août 2006, elle écrit à Areva pour lui demander de démontrer que les deux pièces sont bien confor- mes à la réglementation. Pendant près de 7 ans, les échanges de courrier se succèdent, mais aucune analyse n’est pratiquée. Le 24 janvier 2014, la cuve, qui est arrivée sur le chantier de Flamanville, est posée dans le bâtiment réacteur. Neuf mois plus tard, le verdict tombe. Areva a enfin fait des tests. Ils sont négatifs : le fond et le couvercle présentent des anomalies. Dans le jargon des sidérurgistes, on appelle cela des « ségrégations carbone ».

« L’acier de la cuve doit normalement contenir 0,2% de carbone, explique Yves Marignac, expert du secteur nucléaire. Là, c’est une concentration de plutôt 0,3%, ça suffit pour modi- fier les propriétés mécaniques de l’acier et en particulier pour influencer la température à laquelle il devient moins souple et plus cassant. » Ennuyeux, lorsque l’on sait que le scénario de rupture de la cuve n’existe pas dans le nucléaire. Il n’y a pas de plan B en cas d’accident de ce type. Thierry Charles de l’IRSN, qui a examiné le dossier confirme : « on a un matériau dont la composition n’est pas celle attendue, et dont on peut craindre la rupture lorsqu’il va être soumis aux conditions de pression et de température qu’il va subir dans le réacteur. »

Areva a refait ses calculs : la cuve est bonne pour le service malgré ses défauts, affirme l’industriel. L’ASN décidera, en septembre prochain probablement, si elle valide cette démons-tration. Mais dès qu’elle a appris l’existence de défauts sur la cuve, elle a demandé un audit complet de l’usine du Creusot. Areva traîne des pieds, fournit un premier rapport, « totalement creux » d’après un proche du dossier. L’ASN se fâche, exige une revue complète de l’usine. Areva s’exécute.

En mai 2016, les conclusions tombent, invraisemblables : des pièces non conformes ont été livrées à l’industrie nucléaire et, dans certains cas, les dossiers de fabrication ont été falsifiés de façon à le dissimuler au client. A l’ASN, le directeur général adjoint, Julien Collet, se souvient de sa stupeur quand il a réalisé ce qui se passait au Creusot : « ces pratiques sont dans un écart tel avec ce qu’on attend d’un fournisseur de ce niveau, qu’on a presque du mal à y croire. On ne s’attendait pas à observer de telles déviances. »

Parmi ces « déviances », la plus problématique concerne un générateur de vapeur, fabri- qué en 2008, et installé sur le réacteur 2 de la centrale de Fessenheim en 2012. Lors de sa fabrication, la pièce est sortie trop courte de la forge. Il était impossible d’en couper les extré- mités pour éliminer les impuretés qui s’accumulent à chaque bout, une phase essentielle dans cette industrie. La pièce aurait dû être rebutée. Mais il a été décidé de la livrer quand même à EDF sans prévenir l’électricien de ce « défaut » potentiellement grave sur un équipement aussi sensible. Une enquête préliminaire est ouverte et plusieurs associations ont porté plainte contre EDF et Areva, notamment pour usage de faux et mise en danger délibérée de la vie d’autrui.

Comment le leader mondial du nucléaire a-t-il pu tolérer de telles méthodes sur l’un de ses sites ? Quand on lui pose la question, David Emond, directeur général d’Areva NP masque à peine son embarras : « Ces pratiques existaient depuis des décennies. Elles sont inaccep- tables d’un point de vue culture de la sûreté et de l’assurance de la qualité. Dans cette usine, on n’a pas eu cette culture sur toute la période. »

Areva aurait donc été victime de « traditions locales », remontant à bien avant son rachat du site. L’argument fait hurler l’ancien directeur de la forge, René Dumont : « accuser les gens qui ont fait vivre cette forge pendant des décennies, qui ont fourni des tas de pièces dans le monde, d’avoir mis en place un système basé sur la magouille et la falsification, c’est de la calomnie. C’est surtout, je pense, le désir de camoufler ses propres manquements. » De fait, lorsqu’on examine les falsifications les plus graves, celles qui auraient pu avoir un vrai impact du point de la sûreté nucléaire sont toutes relativement récentes et datent de l’époque Areva.

Devant l’ampleur du désastre, l’entreprise est en train de reprendre tous les dossiers de fabrication de la forge depuis les débuts de l’industrie nucléaire. Un travail de titan : quatre millions de pages à examiner. Un audit mené sous la responsabilité… d’Areva. Cyrille Cormier, spécialiste du nucléaire chez Greenpeace s’étrangle : « comment avoir confiance en Areva là-dessus ? On peut craindre que de cet audit ne ressorte finalement que peu de choses par rapport à la réalité des défauts de production de l’usine. »

On peut effectivement en douter. En décembre dernier, une équipe d’inspecteurs interna-tionaux a débarqué au Creusot. Nous nous sommes procuré le rapport de l’ONR, l’autorité de sûreté britannique.. Il est dévastateur pour l’industriel français. L’expert nucléaire anglais Paul Dorfman avoue qu’il a « rarement vu l’ONR aussi sévère dans un rapport ». On y apprend notamment que les visiteurs étrangers ont repéré que les techniciens d’Areva continuaient à corriger leurs rapports avec du fluide correcteur blanc.

Une pratique bannie dans le nucléaire, où l’on doit toujours avoir l’historique des modifi-cations, que ni les auditeurs d’Areva, ni ceux d’EDF qui étaient passés avant, n’avaient noté. Surtout, les inspecteurs doutent que les mesures prises par Areva pour remettre l’usine dans le droit chemin seront suffisantes. Et ils suggèrent qu’EDF se tourne vers un autre four- nisseur pour le projet de construction de deux EPR à Hinkley Point. Une perspective catas- trophique pour la forge du Creusot. Lors d’une visite sur le site en mai dernier, Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, estimait qu’il y aurait « plusieurs centaines de licenciements » sur place si l’usine n’obtenait pas le marché anglais.

Cette affaire pourrait donc être fatale pour une partie de la filière nucléaire française. Notamment parce qu’elle remet en cause un principe de la chaîne de contrôle : en France, c’est l’industriel qui déclare ses problèmes, l’autorité de sûreté compte sur son « honnêteté ». A l’ASN, le directeur général adjoint Julien Collet, admet que le dossier Creusot Forge change la donne : « on a un opérateur qui n’est pas dans une logique d’identification et de traçabilité de ses écarts comme ça devrait être le cas, mais qui est dans une logique où on préfère cacher les anomalies, les mettre sous le tapis. Ça interroge vraiment la manière dont nos inspecteurs doivent mener leurs investigations. Il faut qu’on complète notre arsenal ».

L’autorité de sûreté n’a pas de vrais pouvoirs d’investigation, et surtout, pour Bernard Laponche, physicien nucléaire, ancien du CEA (Commissariat à l’Energie Atomique et aux Energies Alternatives), elle manque de moyens : « l »ASN doit surveiller 58 réacteurs, les chan- tiers type EPR et ITER, les usines du combustible, de retraitement, d’enrichissement, toute la médecine basée sur les rayons… Et ils sont à peu près 400. A partir du moment où on s’est aperçu que tout ce système déclaratif n’était pas très fiable, ça veut dire qu’il faut des contrôles beaucoup plus forts. Pour ça, il faut des gens. »

Reste cette question, toujours en suspens : pourquoi avoir confié la réalisation de la cuve de l’EPR à un site industriel aussi éloigné des standards habituels du nucléaire ? Cyrille Cormier de Greenpeace a son idée : « on a pris une décision sur la base d’une dissimu- lation d’informations, parce que si on savait, à l’époque, que Creusot-Forge ne serait pas en capacité de produire des pièces pour un EPR à Flamanville, peut-être que l’utilité de construire cet EPR aurait été questionnée à nouveau. On n’était pas en mesure d’avoir un industriel français capable de fournir des pièces, et peut-être que l’intérêt de l’EPR qui visait à avoir un produit français aurait été remis en cause. »

Des propos qui résonnent étrangement avec cette explication qu’EDF nous a livrée : « le gouvernement français et EDF partageaient en 2006 l’intérêt de garder la filière française opérationnelle en France. Avec le renouveau du nucléaire qui se profilait à ce moment-là, EDF a souhaité renforcer des moyens de production en France pour mieux maîtriser sa capacité de réalisation de projets industriels ». Le patriotisme économique pouvait-il justifier une telle légèreté ?

France Inter dimanche 16 juillet

Sylvain Tronchet

https://www.franceinter.fr/

Secrets d’Info samedi 1er avril 201713h20 sur France Inter

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16 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

biodiversité (libération)

udb

Gilles Bœuf : «La biodiversité, ce n’est pas une affaire d’écolos farfelus»

Pour le biologiste Gilles Bœuf, la préservation des écosystèmes doit être le souci de tous.

Ex-président du Muséum national d’histoire naturelle, le biologiste Gilles Bœuf enseigne à l’université Pierre-et-Marie-Curie à Paris et préside le conseil scientifique de l’Agence française pour la biodiversité (AFB).

Qu’est-ce qu’une crise d’extinction de masse ?

C’est la disparition d’au moins les trois quarts des espèces marines et continentales sur un temps court, soit entre un demi-million d’années et quelques millions. Depuis 700 millions d’années, environ soixante grandes crises se sont produites, dont cinq massives. La plus violente a été la troisième, il y a 251 millions d’années : 96 % des espèces ont disparu, c’est la fin par exemple des trilobites dans l’océan. Et la cinquième, c’est celle qui a fait disparaître les dinosaures, il y a 65,5 millions d’années.

Nous vivons donc la sixième, à un rythme ahurissant ?

Dans un article paru dans Nature en 2011, des écologues se sont demandé si nous ne vivons pas la sixième grande crise d’extinction. L’étude parue lundi dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS) confirme que nous sommes sur cette voie. Les activités humaines sont en train de mimer une crise massive. Ce ne sont pas encore les espèces qui disparaissent en tant que telles, mais leurs populations qui s’effondrent.

Le terme «extinction» veut dire que le dernier spécimen a disparu. Or par exemple pour la faune marine, on ne connaît que vingt espèces vraiment disparues en quatre siècles, sur plus de 20 millions. L’extinction n’est donc pas le bon critère. Le bon critère, c’est de montrer que si on continue comme ça, on va tout faire disparaître : on fait disparaître les populations d’ani- maux, un prélude à l’extinction des espèces. Cette étude, comme celle du WWF en octobre  2016, montre que plus de 50 % des populations de vertébrés ont disparu en quarante ans. Ce qui est effroyable, incroyable, c’est cela: quarante ans, ce n’est rien dans l’histoire de la Terre ! En 2011, l’article de Nature calculait que nous ferions tout disparaître en deux cents ans.

Une chose frappe : les espèces communes s’effondrent…

Si on détruit les écosystèmes, les espèces communes s’en vont aussi, autant que les espèces rares. Ces dernières ne disparaissent pas toujours en premier. Le pigeon migrateur américain était extrêmement abondant aux Etats-Unis à la fin du 19è siècle, il a aujourd’hui disparu. Il y a deux choses dans l’article de PNAS : le nombre d’individus s’effondre, et les zones de répar- tition sont de plus en plus réduites. C’est le cas du guépard, qui était africain et asiatique. Il n’y en a plus en Inde et le seul qui reste en Asie est le guépard d’Iran : avec moins de 80 individus, il est en train de disparaître. Il y a extinction de populations de guépards, pas encore de l’espèce guépard tout entière. En France, c’est dramatique pour le hérisson ou les grenouilles…

Il s’agit d’une énième alerte…

Oui. On s’apitoie quelques heures, quelques jours. Et puis on ne fait rien. On nous parle sans cesse de résilience, on nous dit qu’il faut que les écosystèmes agressés comme les humains agressés soient capables de revenir à un état d’équilibre. Mais on ne peut pas être résilient si on a disparu ! Il faut donc tout faire pour que le vivant ne disparaisse pas. Surtout, il faut qu’on s’adapte à tous ces changements. Aucune espèce vivante n’a pu s’adapter sans changer. Or, on ne change pas ! Il faut vraiment qu’on réagisse.

Que devrions-nous faire ?

D’abord, arrêter de détruire les écosystèmes. Avant de construire un bâtiment, une voie ferrée, une autoroute, il faut s’interroger sur sa nécessité. L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, par exemple, on n’en a pas besoin. Si une construction est indispensable, il faut réduire au maxi- mum ses impacts sur l’environnement. On artificialise l’équivalent d’un département français tous les sept ans, souvent des bonnes terres agricoles, il n’est pas possible de continuer comme ça. La seconde chose, c’est arrêter de polluer, notamment avec l’agriculture intensive.

On peut très bien se passer de pesticides. Des oiseaux en Arctique qui n’ont jamais vu d’hu- mains en sont bourrés. Troisième chose : arrêter de surexploiter, de surpêcher, de surchasser. Il y avait 2 000 rhinocéros en Zambie il y a vingt ans. Aujourd’hui, zéro. Il faut aussi cesser de disséminer des espèces invasives partout, comme l’ambroisie qui vient d’Amérique du Sud et provoque des crises d’asthme. Enfin, il faut lutter contre le changement climatique, qui s’ajoute à tout cela et a des effets délétères sur les écosystèmes et le vivant. Parler de la crise clima- tique, c’est bien, mais il ne faut pas oublier celle de la biodiversité : c’est aussi inquiétant, sinon plus.

L’étude de lundi parle aussi de la surpopulation humaine…

Bien sûr, c’est le dada de Paul Ehrlich [l’un des auteurs, ndlr]. Il a écrit en 1968 un livre, la bombe P, qui l’avait mis au ban de toutes les religions. Cela évolue, le pape François l’a reçu. Mais le sujet reste tabou. Le seul pays ayant légiféré est la Chine.

Des espoirs ?

Il y a des zones où on a pris la situation à bras-le-corps. S’il n’y avait pas eu les ONG, les lémuriens auraient déjà disparu à Madagascar. Mais cela reste très fragile. J’espère que le grand public prendra en considération le fait que la biodiversité, ce n’est pas une affaire d’écolos farfelus qui veulent sauver un papillon à points bleus, c’est l’affaire de tous. Il faut comprendre que si cette biodiversité s’en va, l’économie mondiale ne tournera pas du tout de la même façon. On ne mange que du vivant et on ne coopère qu’avec du vivant. Si la biodiver- sité s’en va, on s’en va nous aussi, puisqu’on en fait partie. Il faut y aller tous ensemble, ce n’est pas qu’un truc d’écolos. Je ne crois pas trop au politique, le temps politique n’est pas du tout celui de la nature.

Surtout qu’il y a l’influence des lobbys…

Ils sont totalement irresponsables, dans le court-termisme. Ces gens freinent alors qu’ils savent qu’ils ont déjà perdu. Demain, les pesticides seront interdits, c’est évident. Il faut dès aujour- d’hui chercher des alternatives. Or les lobbys sont là pour permettre à quelques-uns de conti- nuer à se remplir les poches. Et certains croient que la technologie va nous sauver, disent «il n’y a plus d’abeilles, ce n’est pas grave on fera des drones». C’est à pleurer de bêtise ! Le drame, c’est qu’on ne pense qu’à quelques-uns, à quelques très riches. Plus on sera là-de- dans, plus on créera des Boko Haram et des Daech. Car le reste du monde ne se laissera pas faire. Il faut penser un développement harmonieux de l’humanité tout entière, une conscience humanitaire planétaire, comme dit Edgar Morin. Nous n’y sommes pas du tout.

Coralie Schaub 11 juillet 2017

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