Archive | Ecologie & climat

17 juin 2019 ~ 0 Commentaire

ferme usine (eaux et rivières)

vacharan

Pas de ferme usine dans les Monts d’Arrée !

C’est à Commana, en plein cœur des Monts d’Arrée, à 3 kms du lac du Drennec, qu’un agriculteur, malheureusement bien connu des militants associatifs locaux et de l’administration, projette d’agrandir son exploitation pour alimenter son méthaniseur. Il passerait de 140 vaches laitières à 400 bovins… en plus des 37.000 dindes qu’il possède déjà !

Ce projet est présenté sur le papier comme n’ayant pas d’impact négatif notable sur l’environnement. Or, avec près de 7km de talus supprimés, aucun plan de surveillance des déversements accidentels d’élevage, aucune précision sur la nature d’éventuels travaux de rétention, aucune donnée relative à l’impact des prélèvements d’eau sur la ressource… on est en droit d’en douter !

Pour alimenter ce méthaniseur par l’intégralité des déjections animales, vaches et génisses n’auraient plus accès à l’herbe et seraient enfermées en stabulation sur caillebotis ou aire paillée. Les (in)digestats seraient en partie épandus sur des ZNIEFF (zone naturelle d’intérêt écologique faunistique et floristique), en amont du Lac du Drennec, une ressource stratégique qui contribue à l’alimentation en eau potable de 350.000 habitants !

Les expériences pourtant bien connues de Munich ou Vittel montrent que protection de la ressource en eau et agriculture peuvent cohabiter et doivent servir de modèle pour préserver le château des finistériens.

Autoriser un projet de cette envergure au cœur d’un environnement sensible et vital pour l’ensemble du nord Finistère serait de nature à remettre en cause l’ensemble des travaux menées par les acteurs locaux. Eau & Rivières de Bretagne a d’ailleurs exprimé son opposition dans le cadre de la consultation publique qui s’est terminée ce vendredi 14 juin.

Lire la déposition d’Eau & Rivières de Bretagne

Signer la pétition contre ce projet aberrant !

https://www.eau-et-rivieres.org/

ennemo bio

Pendant ce temps-là, à quelques centaines de mètres de la mer…

Bastien Moysan, pêcheur-paysan de Daoulas, cultive ses terres en agriculture biologique depuis 15 ans. Suite à la récente vente de 30 ha de ces terres aux enchères, il risque de se voir confisquer son outil de travail…

Aujourd’hui, personne ne peut garantir que les terres lui reviendront, ni qu’elles resteront en bio ! Plusieurs agriculteurs conventionnels convoitent en effet ces terres jusque-là préservées… Située en rade de Brest, cette petite ferme constitue pourtant une bouffée d’oxygène pour la biodiversité et participe à la préservation de la vie aquatique. Vous voyez bien que c’est possible !

Signer la pétition pour soutenir la démarche de Bastien

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15 juin 2019 ~ 0 Commentaire

halte aux marées vertes!

le tel

https://www.halteauxmareesvertes.org/

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13 juin 2019 ~ 0 Commentaire

mer (bretagne vivante)

macron

Document stratégique de façade, c’est Non !

Stratégie de l’État en mer : où est l’ambition environnementale

Les associations de protection de la nature (*) émettent un avis négatif sur le Document Stratégique de Façade, qui sera proposé au vote du Conseil Maritime de la Façade bretonne et ligérienne le 5 juin 2019 à Brest. Les objectifs économiques prennent le pas sur les enjeux écologiques : c’est aujourd’hui inacceptable. Il faut une stratégie économique, sociale ET écologique pour que la mer se développe durablement dans le respect des écosystèmes marins.

C’est l’avenir de la mer qui se joue

Nos associations constatent positivement que l’État a su mobiliser le monde scientifique et ses services pour élaborer un état des lieux de bonne facture. Mais au-delà de cet état des lieux,  l’enjeu stratégique pour l’État est double : en même temps mettre en place les conditions d’un développement de l’économie bleue et garantir un bon état écologique du milieu marin dans le cadre de la transition écologique pour la mer et le littoral. Pour Gérard Prodhomme de Bretagne Vivante « C’est l’avenir de la mer et du littoral bretons et ligériens qui se joue-là ».

Et le compte n’y est pas

Nos associations constatent des insuffisances dans l’approche suivie par l’État pour la réalisa-tion du Document Stratégique de Façade, première étape de la planification marine et littorale.
L’impact des activités humaines sur les écosystèmes, les espèces et les habitats présents sur le littoral ligérien et breton n’a pas été évalué.

Cette analyse doit impliquer tous les acteurs de la mer. Pour Denez L’Hostis de FBNE, « elle est indispensable si on veut le maintien ou le développement d’activités existantes et surtout un développement durable de l’économie bleue s’appuyant sur les trois piliers : économique, social et environnemental ».

Par ailleurs, le document ne prend pas suffisamment en compte le lien terre-mer et les enjeux des territoires littoraux dont la qualité des eaux et les pressions de l’urbanisme. 90% des pollu-tions marines côtières proviennent du domaine terrestre, la stratégie maritime a vocation à investir le domaine terrestre pour résoudre les problèmes de pollution en mer.

Comme le précise Jean-Yves Piriou d’Eau et Rivières de Bretagne, « il manque une gouvernan-ce et une ambition partagées entre les objectifs du Document stratégique de la façade NAMO et les objectifs du Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux Loire-Bretagne vis-à-vis des masses d’eau côtières qui, selon les directives européennes sur l’eau et le milieu marin, doivent atteindre le bon état écologique en 2027 ».

De plus, la carte présentant les objectifs stratégiques dite « carte des vocations » est essentiel-lement centrée sur des priorités économiques au détriment des priorités écologiques. Cela crée un biais dans la définition des objectifs stratégiques. Dans les zones côtières, les vocations prioritaires retenues sont l’aquaculture, la pêche, les industries portuaires, le transport, les activités nautiques. Les objectifs environnementaux et les objectifs socio-économiques n’ont pas été traités sur un pied d’égalité.

Enfin, la spécificité et le rôle des zones protégées ou réglementées – sites Natura 2000 en mer, réserves naturelles marines, réserves de biosphère, schémas de mise en valeur de la mer – ne sont pas pris en compte dans l’analyse des contraintes d’usages et des pressions anthropiques.

Pour Elodie Martinie-Cousty pilote du réseau Océans, Mers et littoraux de FNE, « la mer n’a pas de frontières et ce  Document Stratégique de Façade  ne comporte pas d’évaluation des interactions avec les mers territoriales adjacentes : Manche Est et Sud Aquitaine. Cette vision en silo au regard des enjeux climatiques et de la remontée des espèces halieutiques vers le Nord doit pourtant être regardée avec une vision stratégique, tout comme la distribution des pollutions et les effets cumulés des pressions inter sous-régions marines ».

L’avis des associations de protection de la nature est défavorable

Les associations de protection de la nature ont participé à la concertation et ont fait des propo-sitions dont certaines ont été retenues. Armelle Jung de l’association des Requins et des Hommes souligne « Nous sommes tous concernés : c’est l’ensemble de la société civile qui connaîtra dans sa vie quotidienne les conséquences des choix stratégiques qui vont être faits : qualité des eaux côtières, emplois, lutte contre l’érosion du littoral, préservation des ressources marines ».

Les associations s’inquiètent fortement que le Document Stratégique de Façade NAMO ne garantisse pas l’atteinte du bon état écologique de la mer. Elles jugent l’ambition stratégique trop timide et constatent que la stratégie de la façade ne permettra pas de respecter la Directive européenne sur le Milieu Marin.

En l’état actuel, les associations membres de FNE expriment donc un avis défavorable sur le document stratégique de façade NAMO mais restent ouvertes au dialogue pour tenter d’atteindre les objectifs fixés par la stratégie nationale mer et littoral.

(*) : Bretagne-Vivante, Eau et Rivières de Bretagne, Fédération Bretagne Nature Environnement, FNE Pays de Loire, Des Requins et Des Hommes, toutes membres de France Nature Environnement

lundi 3 juin 2019

https://www.bretagne-vivante.org/

Lire aussi:

La Comisión Europea sigue avalando la sobrepesca (Ecologistas)

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13 juin 2019 ~ 0 Commentaire

contre g7 (attac)

attac

Contre-G7, pour un autre monde

Du 19 au 26 août à Hendaye, mobilisons-nous et organisons-nous face au grand incendie du capitalisme!

Du 24 au 26 août, 7 des chefs des États parmi les plus riches de la planète se retrouvent à Biarritz sous la présidence de la France. De plus en plus autoritaires et bellicistes, ces 7 grands pyromanes se rencontrent pour perpétuer un système au service des plus riches et des multinationales. Il est temps de stopper ces incendiaires de la planète. Face à leurs faux discours, il est nécessaire de nous mobiliser au Pays Basque pour nous y opposer par nos idées, nos alternatives et nos luttes et imposer l’urgence écologique et sociale.

  • Du 19 au 24 août, village des alternatives (Urrugne, Hendaye, Irun) ;
  • Les 21,22 et 23 août, contre-sommet du G7
  • Samedi 24 août manifestation à Irun-Hendaye
  • Dimanche 25 août à midi : constitution d’une zone arc-en ciel par des rassemblements pacifiques dans 7 places du Pays basque pour la liberté de manifester.

Durant le contre-sommet des conférences, débats, constructions de résistances se dérouleront à l’initiative de nombreux mouvements, associations, syndicats (etc) du Pays Basque et d’ailleurs. Ce sera un point de convergence important des combats qui ont marqué l’année et de construction de nos futures mobilisations. Les débats seront structurés autour de 7 espaces représentant 7 brasiers du capitalisme :

  • Pour un autre monde, sortons du capitalisme et de la dictature des multinationales
  • Contre la destruction de notre planète, protégeons la terre, défendons le vivant
  • Pour un monde radicalement féministe, à bas le patriarcat
  • Respectons la diversité et la liberté des peuples, pour un monde décolonial et sans discriminations
  • Pour une démocratie sociale et les mêmes droits pour toutes et tous, à bas l’autoritarisme
  • Pour un monde juste et basé sur la solidarité entre les peuples, à bas les guerres et l’impérialisme
  • Personne n’est illégal sur cette planète, abolition des frontières pour les êtres humains

Ce contre-sommet sera l’occasion de partager des solutions concrètes pour une politique mondiale qui lutte efficacement contre les inégalités, la pauvreté, et les désastres écologiques et climatiques. Rejoignez la plateforme Alternatives G7 pour envisager ensemble un monde social et juste, respectueux des différences et de l’environnement.

mercredi 12 juin 2019

Pour participer à la mobilisation avec Attac: mobilisationg7@attac.org.

https://alternativesg7.org

https://france.attac.org/

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12 juin 2019 ~ 0 Commentaire

déchets (le monde)

futur nukl

Le lent poison des déchets radioactifs « oubliés » qui contaminent les sols français

En France, 200 millions de mètres cubes de résidus à vie longue n’ont pas de filière de gestion. Seuls 1,6 million de mètres cube sont pris en charge par l’Andra.

Devant le stade municipal de la petite ville de Gueugnon (Saône-et-Loire), une esplanade goudronnée, entièrement vide, est ceinturée d’un grillage métallique haut de deux mètres. « Accès interdit », annonce en lettres rouges un panneau. Sur cet ancien terrain vague, la commune avait prévu d’aménager un parking pour les jours d’affluence. Car le Football Club de Gueugnon a eu son heure de gloire : champion de France de deuxième division en 1979, vainqueur de la coupe de la Ligue en 2000 face au PSG.

Là, sous le bitume, reposent plus de 20 000 tonnes de déchets radioactifs déversés par une ancienne usine de traitement de minerai d’uranium, exploitée, de 1955 au début des années 1980, par le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), puis par la Cogema, devenue Areva et aujourd’hui Orano.

« A certains endroits, ça crache ! Les émanations de radon [un gaz cancérigène formé par la désintégration de l’uranium] sont énormes », affirme le physicien Roland Desbordes, porte-parole et ancien président de la Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité (Criirad), qui a mené plusieurs campagnes de mesures.

Fermé au public depuis 2009, le terrain n’a longtemps été gardé que par de simples barrières. En octobre 2018 encore, lors d’un match, des dizaines de supporteurs y ont pénétré pour se  garer. Ce n’est que début 2019 qu’a été posé un grillage et que le site a été intégré à une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE), englobant une ancienne sablière où ont été transvasées 220 000 tonnes de boues uranifères, recouvertes d’une butte de terre. Sans que nul ne s’en émeuve à l’époque. Au point qu’avait été aménagé, tout autour, un parcours de santé démonté depuis.

« Informations tronquées et tendancieuses »

Le cas de Gueugnon est loin d’être isolé. Entre 1947 et 2001, près de 250 gisements d’uranium ont été exploités dans l’Hexagone, pour la fabrication de l’arme atomique puis l’alimentation en combustible des réacteurs nucléaires.

Ils ont laissé comme héritage 51 millions de tonnes (environ 40 millions de mètres cubes) de résidus stockés dans les enclaves minières, mais aussi 170 millions de tonnes (plus de 100 millions de mètres cubes) de stériles : des roches extraites pour accéder au minerai, qui contiennent des métaux lourds radioactifs.

Ces stériles ont été entassés çà et là en « verses », lorsqu’ils n’ont pas été réutilisés, sans autre précaution, pour remblayer des chemins, aménager des terrains de sport, voire servir de soubassement à des habitations. (Payant)

Pierre Le Hir

https://www.lemonde.fr/

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12 juin 2019 ~ 0 Commentaire

élorn (eaux et rivières)

eaux et rivieres

Jean-Yves Kermarrec raconte cinquante ans de lutte sur l’Elorn

Jean-Yves Kermarrec est une des figures emblématiques d’Eau et Rivières de Bretagne. Il fut le premier salarié de l’association. Il est un ferveur défenseur du saumon et est toujours militant actif et président de l’AAPPMA de l’Elorn.

Lors de la cinquantième assemblée générale d’Eau et Rivières de Bretagne, Jean-Yves a retracé cinquante ans d’actions sur sa rivière fétiche. C’est sur l’Elorn qu’a commencé l’aventure de l’APPSB. « Une des aventures de l’APPSB (Asso pour la protection du saumon en Bretagne) car il y en a eu bien d’autres, menées par d’autres militants aux quatre coins de la Région, sur les rives du Scorff, du Trieux, du Léguer, du Ster goz, la liste est longue », explique l’infatigable militant en préambule de sa présentation.

50 ans d’actions sur l’Elorn :  pour quels résultats ?

Vaste programme, vaste question ! A l’heure du bilan, la question est d’importance car pour savoir où l’on va, il est important, essentiel même de  savoir d’où l’on vient, afin d’assurer un bon passage de relais, au moment où tant de lourdes menaces nous assaillent : le changement climatique, la chute de la biodiversité….

Vivre au bord d’une rivière depuis sa plus tendre enfance est un grand privilège. Surtout lorsque cette rivière est fréquentée par des poissons aussi emblématiques que la truite fario et plus encore le saumon Atlantique.

Ce grand poisson d’argent, ce grand migrateur qui après des milliers de kilomètres dans l’océan Atlantique revient dans sa rivière d’origine, dans son berceau, fidèle à ses racines. Un poisson mythique, indicateur de la qualité  de  l’environnement à une très vaste échelle :  de l’immensité de l’Atlantique Nord, au cœur de nos petites rivières d’Armorique. Un poisson célébré par de multiples civilisations : amérindiennes, celtiques, scandinaves.

Un poisson fil rouge de notre combat demi-centenaire qui continue à nous unir et à nous  fédérer autour de la défense de la qualité des eaux et des rivières et plus généralement de l’environnement.

En effet, dès les années 70, le miroir a commencé à se brouiller. Le ruisseau du Forestic, mon beau ruisseau, le ruisseau de mon enfance, brutalement est devenu un cloaque, asphyxié par les résidus d’une laiterie.  Un été, les truites périrent par centaines, jusqu’à la confluence de l’Elorn.

Dans le même temps, au nom du progrès, mot magique à l’époque, était lançée une opération de remembrement sur la commune de Plouedern, puis une route communale éventra la vallée du Forestic dans toute sa longueur.

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08 juin 2019 ~ 0 Commentaire

eelv /libéraux (le monde)

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Les écologistes peuvent-ils s’entendre avec les libéraux ?

Yannick Jadot entend dépasser le clivage gauche-droite au nom de l’urgence écologique. Mais nombre de ses idées sont incompatibles avec la droite et le centre.

En campagne pour les élections européennes, Yannick Jadot avait clairement annoncé la couleur : « Mon seul adversaire, c’est le dérèglement climatique. » Ses bons résultats du 26 mai n’ont fait que renforcer la conviction du chef de file d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) que le clivage gauche-droite devait s’effacer devant la priorité écologique.

Pour arriver un jour au pouvoir, il entend créer une nouvelle coalition « autour des valeurs de l’écologie », rassemblant élus et électeurs de tout bord, mettant sur le même plan « la personne écolo depuis une heure » et « celle qui est écolo depuis quarante ans ».

M. Jadot semble pour cela déterminé à atténuer l’ancrage historique à gauche de l’écologie politique. Se refusant à condamner l’économie de marché, il préfère désigner comme adversaire le « productivisme » prôné par les partis du « vieux monde » (de la droite modérée à la gauche socialiste, en passant par le centre macroniste), coincés, selon lui, dans une course à la crois-sance économique. Une position d’équilibriste, tant certaines options politiques défendues aujourd’hui par EELV se heurtent frontalement aux valeurs de ces partis « productivistes »… et de leur électorat.

En se fondant sur la conversion « verte » plus ou moins récente de la quasi-totalité des partis français, dont celui du président Macron, l’écologie pourrait sembler désormais suffisamment consensuelle pour transcender les anciens clivages partisans. Il n’en est rien. Car le diable se niche, comme souvent, derrière la rhétorique.

Nous avons listé les pierres d’achoppement les plus probables entre ces deux mondes, celui des écologistes de longue date et celui des récents convertis, à l’aune de l’évidente urgence climatique.

Nucléaire : des divergences majeures

EELV veut depuis toujours couper la dépendance de la France à l’atome, invoquant à la fois le risque d’accident et la pollution des déchets nucléaires. Le parti écologiste juge possible une fermeture de l’ensemble des centrales en une bonne quinzaine d’années – une idée qui semble faire son chemin dans l’opinion publique.

Emmanuel Macron, comme une grande partie de la droite et des socialistes, reste au contraire attaché à cette énergie « décarbonée ». Ils la considèrent comme le meilleur outil de lutte contre le réchauffement climatique à moyen terme. Le président de la République a repoussé de dix ans la trajectoire (déjà très incertaine) de réduction de la dépendance à l’atome tracée par François Hollande.

Infrastructures : tensions sur les grands projets

En hissant l’intérêt de l’environnement au-dessus des considérations économiques, les écologistes défendent une vision du progrès difficilement compatible avec le libéralisme. Ils s’opposent ainsi à tous les grands projets d’infrastructures, comme la ligne Lyon-Turin ou le grand contournement ouest de Strasbourg, jugés trop coûteux, à la fois pour l’environnement et pour les deniers publics, au regard de ce qu’ils apportent à la société.

Comme ses prédécesseurs, Emmanuel Macron est au contraire plutôt favorable à ces grands chantiers – si l’on met de côté l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, qui tenait davantage du symbole politique que du véritable choix de société.

Agriculture : EELV veut aller plus loin

Si nombre de partis politiques promeuvent l’agriculture biologique, les écologistes affichent des ambitions radicales : ils veulent ainsi affecter la moitié des fonds de la politique d’agriculture commune (PAC) européenne à la conversion vers le bio et le local. La droite et le centre ne sont guère volontaristes sur ces sujets, mettant plus volontiers en avant les intérêts des agriculteurs, de l’industrie agroalimentaire et des chasseurs.

L’écologie politique défend en outre une vision très protectrice du vivant sous toutes ses formes : EELV souhaite par exemple octroyer à la nature des droits opposables devant les tribunaux et encadrer strictement les nanotechnologies susceptibles d’altérer la nature humaine ; le parti de Yannick Jadot préconise une réduction de la consommation de viande, une amélioration des conditions de vie des animaux dans les élevages et la fin des élevages industriels.

Fiscalité verte : recourir à l’incitation pour financer la transition

L’écologie politique et le productivisme macronien convergent en revanche sur le financement de la transition écologique : tous deux sont favorables à l’utilisation du levier des investissements publics pour financer les projets « verts ». Mais il existe un hiatus sur la question sensible de la discipline budgétaire. Alors que la droite se veut intransigeante sur la réduction des déficits, EELV plaide pour une « exception écologique », afin que les contraintes budgétaires ne fassent pas obstacle aux investissements dans la transition écologique.

La fiscalité « verte » fait en revanche partie des terrains où écologistes et « productivistes » peuvent se rejoindre. Il s’agit en effet d’utiliser un outil incitatif – l’impôt – pour corriger les dérives naturelles du marché. Les écologistes sont favorables au principe du pollueur-payeur dans la plupart des secteurs de l’économie, du carburant au plastique non recyclable. Les « productivistes » comme Emmanuel Macron ou son prédécesseur François Hollande sous-crivent sur le principe à ces idées, même si les contestations sociales récentes, des « bonnets rouges » (opposés aux portiques écotaxe) aux « gilets jaunes », les ont rendus plus frileux.

Les écologistes recourraient ainsi volontiers à la contrainte pour empêcher les banques françaises de prêter de l’argent pour financer des projets d’énergies « sales » – une mesure difficilement imaginable à droite. Quand Emmanuel Macron s’engage sur une élimination progressive du glyphosate, les écologistes prônent une interdiction complète et rapide de l’ensemble des pesticides et des perturbateurs endocriniens. Quand il programme la fin du diesel et des exploitations d’hydrocarbures pour la décennie 2040, EELV réclame un calendrier beaucoup plus rapide.

Libre-échange : des lignes rouges pour les libéraux

Les accords de libre-échange font figure de lignes rouges infranchissables pour les dogmes du centre et de la droite. Selon les écologistes, ils favorisent la surexploitation des ressources et nourrissent des échanges commerciaux inutiles et générateurs de pollution.

Ces derniers vantent un modèle qui donnerait la priorité aux échanges locaux et aux circuits courts, difficilement compatible avec le libéralisme de la droite et du centre. Ainsi, on voit mal comment leur proposition de favoriser les locaux dans les marchés publics européens et de mettre fin aux subventions de la PAC, qui financent les agriculteurs à l’export, pourrait rencontrer l’assentiment des libéraux. Cet « altermondialisme » trouve à coup sûr un écho plus favorable à gauche, où le libre-échange a moins bonne presse.

Questions de société : un hiatus sur le travail

Les écologistes se heurtent aussi frontalement aux libéraux sur la question du travail. A rebours de l’idée d’émancipation par le travail, chère à la droite, EELV défend dans la plus pure tradition de gauche une réduction du temps de travail, un encadrement des écarts de salaires au sein des entreprises, une augmentation du smic et l’instauration d’un revenu universel. Ainsi qu’une taxation bien plus élevée des hauts patrimoines, en opposition directe avec Emmanuel Macron.

Les écologistes prônent en matière d’immigration une ouverture bien supérieure à celle de la droite et du centre. Favorables à une politique d’accueil généreuse et au très symbolique droit de vote des étrangers aux élections locales, ils appellent de leurs vœux l’extension du droit d’asile aux victimes des aléas climatiques.

Les écologistes rêvent, enfin, d’une politique étrangère « guidée par les droits humains » plutôt que « par l’accès aux ressources ». Renoncer à la dissuasion nucléaire, interdire les ventes d’armes aux dictatures et partager le siège français au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU) avec l’Union européenne constituerait des ruptures radicales par rapport à la tradition diplomatique partagée par la droite et la gauche au cours des dernières décennies.

Des convergences sur des questions européennes, de société…

Il existe tout de même plusieurs points de convergence entre les écologistes et les macronistes. Sur la question européenne, favorables à un saut fédéraliste, les écologistes soutiennent comme Emmanuel Macron la politique de défense commune, l’harmonisation fiscale et la convergence sociale (avec un smic et un minimum social harmonisé à l’échelle du continent). Ils combattent également sous la même bannière dans l’affrontement idéologique entre démocraties libérale et illibérale – tout en prônant une protection bien plus étendue des libertés individuelles et de la transparence, et en dénonçant les dérives du discours sécuritaire et de la surveillance numérique.

Sur les questions de société, écologistes et macronistes se retrouvent dans la défense de la procréation médicalement assistée (PMA), de l’avortement et de la contraception, mais les Verts vont un cran plus loin : ils n’écartent pas la gestation pour autrui (GPA), plaident pour une meilleure reconnaissance du changement de sexe et réclament la légalisation de l’euthanasie.

Des questions sociales au logement, nombreux sont les sujets où les écologistes et les partis de gouvernement pourraient s’accorder sur les principes, mais se diviser sur les modalités précises, sans pour autant que cela constitue un obstacle insurpassable. Des convergences sont ainsi perceptibles sur la rénovation énergétique des bâtiments, le soutien aux énergies renouvelables, le développement des transports décarbonés ou la lutte contre l’obsolescence programmée. Mais des désaccords substantiels émergent au moment de prendre des décisions concrètes : EELV défend ainsi quasi systématiquement des options beaucoup plus radicales que celles des gouvernements au pouvoir, jugés trop timides.

Toutes ces orientations dessinent, au-delà de la question écologique, les contours du « nouveau pôle » politique que Yannick Jadot entend imposer dans le paysage politique français. Reste à savoir si, en refusant les « compromis avec le productivisme de droite » et en « s’affranchi[ssant] du productivisme et du nationalisme de gauche », les écologistes pourront un jour convaincre une majorité de l’électorat.

Maxime Vaudano et Jérémie Baruch 05 juin 2019

https://www.lemonde.fr/

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05 juin 2019 ~ 0 Commentaire

piscines (odn)

piscine

Déchets nucléaires : un sport olympique !

Tant que nous sommes dans les déchets radioactifs, c’est le moment de rappeler que, au lancement du parc nucléaire, la propagande d’État racontait partout que les déchets tiendraient dans « une piscine olympique ». Aux dernières nouvelles, on en serait en fait à 648 piscines, en attendant la suite.

Les atomistes de tous pays sont toujours prêts à mentir et tromper. C’est ainsi que, la catastrophe de Fukushima ayant ruiné la confiance de la population japonaise en l’atome, « l’organisation chargée de la gestion des déchets nucléaires souhaite susciter l’intérêt de diverses manières, notamment par des actions de sensibilisation ciblant les jeunes générations. ».

Il s’agit donc clairement de faire du bourrage de crânes auprès des enfants, activités pratiquée depuis des décennies en France par EDF dans les établissement scolaires avec la collaboration (toujours au sens connoté du terme) de la hiérarchie de Éducation nationale et parfois, hélas, celle d’enseignants à l’esprit critique très irradié…

648 piscines olympiques de déchets nucléaires en France
Libération, 28 mars 2019 : http://k6.re/DKDOo

Déchets radioactifs : le Japon tire les leçons des erreurs de la Suisse
SwissInfo, 11 mars 2019 : http://k6.re/c-FrK

http://www.observatoire-du-nucleaire.org

 

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05 juin 2019 ~ 0 Commentaire

jeunes climat (cadtm presse-gauche)

le peril jeune

Les financeurs de Trump derrière l’extrême droite européenne qui cible la révolte des jeunes contre la catastrophe climatique !

Ironie de l’histoire : Les nostalgiques du Troisième Reich attaquent Greta Thunberg en la présentant comme membre de la jeunesse nazie !

Il est généralement accepté que les vainqueurs des élections européennes du 26 mai ont été l’extrême droite et les Verts. Et il est aussi généralement accepté qu’aux succès des Verts ont contribué grandement les mobilisations sans précédent d’une jeunesse s’inspirant de la combativité et des thèses radicales de la jeune suédoise Greta Thunberg.

En conséquence, il n’est pas surprenant que cette extrême droite choisisse d’attaquer ce qu’elle appelle “le mythe du changement climatique” et surtout, cible de plus en plus son attaque sur la personne de cette Greta Thunberg qui galvanise la jeunesse en Europe et au-delà !

A la tête de la campagne contre Greta, ponctuée de centaines de textes et de photomontages souvent très vulgaires, il y a trois des plus importants partis européens d’extrême droite : Le Rassemblement National français, le AFD allemand et l’UKIP britannique.

Et derrière ces partis d’extrême droite et de leur campagne abjecte, deux think-tanks climato-sceptiques conservateurs, le EIKE (Institut Européen pour le Climat et l’Énergie) et le CFACT-Europe (Comité pour un Lendemain Créatif), lesquels soutiennent de manière multiforme, et pas seulement avec des « arguments » et des conférences, la négation de la catastrophe climatique par l’extrême droite.

L’Institut EIKE, de la bouche de son vice-président, nie évidemment d’avoir le moindre rapport avec AFD, bien que ce vice-président du nom de Michael Limburg ait été récemment candidat de ce même … AFD !

Il faut dire que EIKE qui, ensemble avec AFD, a pu organiser des journées climato-sceptique même … à l’intérieur du Parlement allemand, est sorti de l’anonymat grâce à la conférence annuelle qu’il organise depuis des années avec un certain succès, puisqu’elle a pu influencer l’attitude de l’Union européenne au sujet du changement climatique.

Cependant, c’est exactement cette conférence annuelle de EIKE qui est coorganisée par deux organisations américaines : Le CFACT-US, lequel finance évidemment sa filiale européenne du même nom. Et surtout, l’Institut Heartland, lequel, selon The Economist, « est le think-tank mondialement le plus connu parmi ceux qui défendent le scepticisme au sujet du changement climatique dû à l’homme ».

C’est exactement à ce moment que les enquêtes et les révélations du Institute of Strategic Dialogue (ISD) britannique et de Greenpeace acquièrent une énorme importance politique car elles mettent en lumière les forces économiques qui sont derrière ceux qui nient la catastrophe climatique, mais aussi derrière le « phénomène » d’une extrême droite européenne (et mondiale) qui monte en flèche.

En effet, tant CFACT-US que l’Institut Heartland sont financés plus que généreusement par le très grand capital américain, par ExxonMobil, la famille Koch, deuxième plus riche famille nord-américaine qui domine – entre autres – dans le secteur du pétrole, la famille Mercer qui est aussi un des principaux financeurs du président Trump, ou même Microsoft et RJR Tobacco !

Il faut noter que Heartland a des antécédents en tant que serviteur des visées inavouables du grand capital, puisqu’il fut jadis l’agent principal de la propagande des géants du tabac qui niaient le rapport existant entre le tabagisme et le cancer. Ce n’est pas donc surprenant qu’à cette époque son principal financeur fut… Philip Morris… [1]

Mais, il ne faut pas croire que l’Institut Heartland est un simple “outil” indolore et incolore dépourvu de ses propres thèses et actions. De ce point de vue, le CV de son nouveau président Tim Huelskamp est très éloquent et didactique. Dirigeant du très conservateur Tea Party, Huelskamp s’est distingué comme député (qu’il a été jusqu’à 2017) de l’aile la plus réactionnaire des Républicains et a toujours entretenu des liens étroits avec l’extrême droite américaine.

Il est aussi à noter que de tous les députés américains, c’est lui qui, pendant très longtemps, a reçu les plus grandes sommes d’argent de la part des compagnies de combustibles fossiles, et qu’il les a « remercié » en votant toujours contre toute tentative de légiférer contre leurs intérêts…

Grâce à un document interne de Heartland, qui a fuité, on a pu apprendre – et en détail – non seulement l’étendue de son financement par le très grand capital (plusieurs millions de dollars), mais aussi l’ « investissement » de ces sommes dans un large éventail d’activités qui vont du paiement des « salaires » à des bloggeurs qui influencent l’opinion publique et des « scientifiques » qui parcourent le monde niant la catastrophe climatique, à l’écriture et la publication du matériel propagandiste qui cible les écoles et leurs élèves.

Par exemple, le groupe de « scientifiques » chargé de « contredire » les conclusions des travaux du Groupe d’Experts Intergouvernemental … coûte 300.000 dollars par an, tandis que la propa-gation de la thèse qui veut que « la question du changement climatique soit controversée et incertaine » … dans les écoles primaires leur coûte 100.000 dollars !

Nous voici donc devant la révélation d’une réalité qui jette quelque lumière sur quelques-uns des grands « mystères » de notre époque. Tout d’abord, l’extrême droite européenne ou tout au moins quelques-uns de ses poids lourds, entretiennent des liens étroits – s’ils ne sont pas dépendants – avec un centre/état-major politique et économique qui se trouve aux États-Unis, et plus précisément à la Maison Blanche et aux financeurs et autres soutiens du président Trump [2]  !

Ensuite, ce n’est pas aussi un hasard que cette « internationale brune » semble être arrivée à la conclusion que la question de la catastrophe climatique et plus précisément, le – plus en plus ample et radical – mouvement de jeunes qui luttent contre elle représentent la plus grande menace pour ses intérêts et pour la domination du système capitaliste dans les années à venir.

Et enfin, ce n’est pas également un hasard si cette « internationale brune » et plus précisément sa « section » européenne concentrent aujourd’hui en toute priorité leur attaques sur la personne de Greta Thunberg, l’incontestable égérie, théoricienne et en même temps coordinatrice des mobilisations de jeunes presque partout en Europe et au-delà.

Voici donc comment se présente actuellement le rapport de l’extrême droite avec le grand capital. Non pas de façon abstraite et dogmatique, mais concrètement, avec des financeurs et financés qui ont non seulement nom et adresse, mais aussi des intérêts tangibles et des « causes » à servir.

Cependant, tout ce beau monde ne fait que son boulot. Si la gauche faisait le sien, la situation serait bien différente …

3 juin  Yorgos Mitralias

http://www.cadtm.org/

Lire aussi:

Pour une justice climatique féministe (Presse Gauche)

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03 juin 2019 ~ 0 Commentaire

pêche (futura)

espece pro

Deux fois plus de bateaux pour 80 % de poisson en moins

Malgré un doublement de la flotte de pêche et des bateaux de plus en plus gros et puissants, les quantités de poisson ramenées se réduisent comme peau de chagrin. La preuve que les ressources ne suivent pas, et de loin, cette course effrénée à la productivité.

« Jusqu’en 2014, on débarquait, du 1er janvier au 30 mai, 500 à 600 tonnes de soles à Boulogne, contre 192 tonnes sur la même période cette année. Cette dégringolade a conduit à la mise à la casse de 7 bateaux fileyeurs fin 2017 », se lamente à l’AFP Stéphane Pinto, vice-président du Comité régional des pêches Hauts-de-France, qui n’est certainement pas le seul dans ce cas.

Une nouvelle étude de l’université de Tasmanie et du CSIRO parue le 28 mai dans la revue PNAS vient confirmer l’effondrement de la productivité de la pêche mondiale. Compilant les données locales, les registres nationaux et les rapports scientifiques, celle-ci indique que la flotte globale de bateaux de pêche est passée de 1,7 million en 1950 à 3,7 millions en 2015. En Asie, elle a même été multipliée par quatre. Dans le même temps, chacun de ces bateaux ramène à peine un cinquième des captures qu’il faisait auparavant pour le même travail (quantité de poisson par jour de pêche et par kWh de puissance, noté capture par unité d’effort ou CPUE).

De gigantesques navires-usines qui raflent le poisson

Un effondrement de productivité d’autant plus étonnant qu’en 65 ans, les bateaux ont considé-rablement évolué : en 1950, la pêche était majoritairement artisanale avec à peine 20 % des bateaux motorisés. Une proportion passée à 68 % en 2015. Même si la plupart de ces bateaux à moteur sont de petite taille, ils ne représentent que 27 % de la puissance globale, qui a grimpé de 25 à 145 GW.

Ce sont les gigantesques navires usines, ne constituant pourtant que 5 % de la flotte mondiale, qui ont un impact ravageur : « Leur puissance de destruction a considérablement augmenté », alerte Reg Watson, coauteur de l’étude. Couvrant de plus longues distances en moins de temps, ils peuvent passer plusieurs semaines en mer et rafler un maximum de poisson au nez et à la barbe des plus petits bateaux.

Or, pour une même capacité de pêche, ces derniers ont un moindre impact que les navires géants, car ils sont détenus par des pêcheurs locaux qui ont intérêt à préserver la ressource. Les chalutiers géants, eux, se soucient peu du manque de poisson à un endroit donné : il leur suffit d’aller toujours plus loin dans les eaux internationales ou même de s’aventurer dans les territoriales d’autres pays.

Une capacité de pêche qui augmente bien plus rapidement que le renouvellement des stocks

Pourtant, même cette pêche industrielle est confrontée à la raréfaction des captures. « Notre indice d’efficacité (CPUE) est un excellent indicateur des stocks et des mesures de gestion de la ressource mises en place dans chaque région du globe, souligne Yannick Rousseau, doctorant à l’université de Tasmanie et auteur principal de l’étude. Le déclin massif du CPUE en Afrique et en Asie du Sud-Est montre ainsi l’épuisement des stocks, la capacité de pêche augmentant à un rythme bien supérieur à celui du renouvellement de la ressource ».

Le saviez-vous ?

En 2016, 90,9 millions de tonnes de poisson ont été pêchés dans les mers du globe ; un quasi quadruplement par rapport à 1950 d’après la FAO. Une augmentation loin d’être soutenable : la proportion de stocks exploités à un niveau biologiquement non durable est passée de 10 % en 1974 à 33,1 % en 2015 ; la situation s’étant particulièrement aggravée de la fin des années 1970 jusque dans les années 1980, indique la FAO.

À l’inverse, on observe dans certaines régions comme l’Amérique du Nord ou l’Europe de l’Ouest, une stabilisation du CPUE grâce à une restriction des quotas de pêche et des mesures de conservation. Le Parlement européen a ainsi voté en avril dernier l’interdiction de la pêche électrique dans ses eaux territoriales d’ici 2021. La Chine, premier producteur mondial, a elle aussi mis en place un plan quinquennal instaurant une réduction progressive des captures, ce qui devrait entraîner une baisse de cinq millions de tonnes d’ici à 2020, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (la FAO).

Encore un million de bateaux de pêche supplémentaires d’ici 2050

Le pire reste pourtant à venir, s’inquiètent les chercheurs. En suivant l’évolution actuelle, plus d’un million de bateaux supplémentaires se disputeront les poissons de la planète en 2050 et leur puissance continue d’augmenter, indique Yannick Rousseau. Les premiers à en pâtir seront les petits pêcheurs d’Asie du Sud-Est dont le poisson constitue le moyen de subsistance. Outre l’épuisement des stocks, l’augmentation déraisonnée de la flotte de pêche mondiale n’est pas sans causer des problèmes de pollution et de réchauffement climatique.

Ce qu’il faut retenir
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En 65 ans, la flotte mondiale de bateaux de pêche a été multipliée par deux.
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Malgré une motorisation et un agrandissement de la taille des bateaux, ces derniers ramènent toujours moins de poisson pour une même quantité de travail.
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Les navires-usines ne représentent que 5 % de la flotte mais raflent les stocks de poissons qui n’arrivent pas à se renouveler.
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Céline Deluzarche 31/05/2019

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