Archive | Ecologie & climat

10 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

langoélan (collectif)

poulle

Le Collectif contre les poulaillers des 120 000 poulets invite à un pique-nique militant.

Un an après l’enquête publique, nous voulons nous réunir pour réaffirmer notre opposition au projet de ferme-usine de l’EARL de Kermaria, qui prévoit de construire deux bâtiments de 2 200 m2 chacun pour produire plus d’un demi-million de poulets par an.

Partout en Bretagne, les projets de poulaillers géants se multiplient. Ils sont soutenus par le Plan Volaille de la Région Bretagne qui offre une aide publique de 50 000 euros par poulailler industriel.

Face à cela, un fort mouvement citoyen s’est levé. Nous dénonçons les impacts sociaux, sanitaires et environnementaux de ce plan, qui conduit à concentrer l’élevage des poulets en un petit nombre de très grosses structures, avec pour conséquences la perte d’emplois paysans, des émissions d’ammoniac massives, l’importation de soja d’Amérique du Sud et la destruction de la forêt Amazonienne, la pollution de l’eau, etc…

Notre mobilisation se fera l’écho de la manifestation qui aura lieu le même jour à Saint-Michel-en-Grève (22) contre les algues vertes. En effet, comme l’a si bien montré la bande-dessinée de Inès Léraud « Algues vertes, l’histoire interdite », les algues vertes sont une conséquence directe de l’agriculture industrielle.

Il est donc tout à fait hypocrite de la part des décideurs de prétendre lutter contre ce fléau tout en autorisant et soutenant la multiplication des fermes-usines !

Soyons nombreux le dimanche 19 juillet à Langoélan
pour crier « Non aux fermes-usines, Oui à l’agriculture paysanne ! »

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09 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

famine (courrier inter)

.faim

La famine engendrée par la pandémie pourrait tuer davantage que le virus lui-même

Dans un rapport repris par The Daily Telegraph, l’ONG Oxfam tire la sonnette d’alarme quant aux conséquences économiques et sociales de l’épidémie et des confinements, qui pourraient faire basculer les plus pauvres de l’humanité dans la famine.

“Davantage de gens vont mourir de la faim engendrée par la pandémie que du coronavirus lui-même cette année.” L’avertissement, sans appel, a été lancé par l’organisation non-gouvernementale britannique Oxfam dans un rapport repris ce jeudi 9 juillet notamment par The Daily Telegraph.

Comme le relate le quotidien britannique, “un nombre estimé à 122 millions de personnes parmi les plus pauvres du monde pourraient basculer plus profondément dans la famine et la pauvreté, ce qui équivaudrait à 12 000 morts excédentaires par jour, selon l’ONG”. En comparaison : Le niveau quotidien de mortalité mondiale liée au Covid-19 a atteint un pic de 10 000 personnes au mois d’avril.”

Cette prévision inquiétante, précise The Daily Telegragh, est liée “aux effets secondaires de la pandémie et des confinements, qui ont provoqué un chômage de masse, une plongée des revenus, des perturbations de la production de nourriture et le déclin de l’aide humanitaire”.

De plus, “le rapport révèle les dix pires ‘points chauds’ de la faim dans le monde, notamment l’Afghanistan, la Syrie, le Yémen et le Soudan du Sud. Certains pays à revenu moyen comme l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil connaissent aussi des hausses rapides de la faim, avec des millions de personnes au bord du précipice.”

Les pays riches touchés aussi

Enfin, ajoute le Telegraph, “les pays les plus riches du monde ne sont pas immunisés non plus”. Citant Oxfam, le journal explique qu’“au Royaume-Uni, pendant les premières semaines du confinement, 7,7 millions d’adultes ont réduit l’ampleur de leur repas ou sauté des repas, et 3,7 millions se sont approvisionnés en nourriture auprès d’associations ou de banques alimentaires”.

Le quotidien rappelle que “l’an dernier, 821 millions de personnes ont souffert d’insécurité alimentaire” dans le monde, dont “149 millions ayant fait face à un niveau critique de faim”.

Et ajoute qu’“Oxfam a appelé les gouvernements à mener des actions urgentes pour mettre fin à cette crise alimentaire en répondant pleinement, sur le plan financier, à l’appel humanitaire des Nations unies, à construire des systèmes alimentaires plus justes et plus résilients, à promouvoir la participation des femmes dans la réparation du système alimentaire brisé, et à agir urgemment pour s’attaquer à la crise climatique”.

09/07/2020

https://www.courrierinternational.com/

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08 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

vague verte (npa)

eco

« Vague verte » : forte, ambiguë mais propice au débat

Avec toute la prudence nécessaire compte tenu du phénomène d’abstention record, il semblerait malgré tout que se confirme et s’amplifie un glissement électoral significatif.

Les consciences, les idées, les représentations bougent : ces mouvements sont à analyser avec sérieux car des conclusions politiques doivent en être tirées. EÉLV avait réalisé un bon score aux européennes l’an passé, 13,5%. Transformer l’essai n’était pas gagné d’avance. Dans le contexte d’écœurement démocratique, de la crise du Covid-19 dont l’origine écologique est perçue très largement, les espoirs des militantEs d’EÉLV sont même dépassés.

Succès impressionnants

Marseille, Bordeaux, Lyon, Strasbourg auront unE maire EÉLV. Grenoble confirme son vote de 2014. Des villes moyennes comme Tours, Poitiers, Colombes, Besançon, Annecy sont gagnées par des listes conduites par EÉLV…

À Lille, ça c’est joué à peu de choses. Dans de nombreuses villes dirigées par le PS et recon-duites, et à Paris en premier lieu, EÉLV conforte ses positions. Certains commentaires affirment que ces succès sont limités aux villes, et les analysent comme vote de couches moyennes. Cette analyse est hâtive car en milieu rural où le score d’EÉLV aux européennes était comparable à celui dans les villes, les appartenances partisanes aux municipales ne s’affichent que rarement.

Alliances à gauche…

Clivage droite-gauche pas mort, n’en déplaise à Yannick Jadot ! C’est sur fond de discrédit massif et rapide du macronisme, suite principalement aux batailles des Gilets jaunes et sur les retraites mais tout autant de l’affaiblissement très important du PS lors des scrutins de la présidentielle et des européennes, de la marginalisation historique du PCF, que EÉLV a réussi bien souvent à s’ériger en « leader à gauche ».

Ce n’était pas le « plan Jadot 2019 » qui stigmatisait « les vieux clivages » mais c’est cela qui s’est réalisé pragmatiquement dans les villes. Avec souvent, il faut bien le noter, des ambiguïtés soigneusement maintenues. Les réalités locales sont diverses bien sûr, et on a pu voir des PS macronistes s’activer sur certaines de ces listes « d’union de la gauche » comme à Metz où la tête de liste EÉLV était macroniste en 2017 avec un passé à l’UDI. À l’opposé, le lien entre les fortes marches pour le climat et l’élection est assez évidente à Lyon.

… parfois contre le PS

Strasbourg gagnée sur une réelle dynamique et Lille sauvée in extrémis par Martine Aubry en sont les exemples les plus nets : la bataille a parfois été celle de « la jeunesse contre le vieux monde ». EÉLV, parti aux effectifs pourtant modestes et à l’orientation très institutionnelle, a réussi à être pôle de rassemblement dans cette campagne électorale.

Vote EÉLV, symptôme du changement d’époque

Les luttes émancipatrices se mènent très rarement dans la plus grande clarté, c’est un euphémisme ! Le capitalisme et son productivisme intrinsèque nous ont fait entrer dans une nouvelle ère, l’anthropocène. Il ne s’agit pas d’un nouveau paragraphe dans la description de la crise du système capitaliste, un paragraphe s’ajoutant aux dimensions sociales, politiques ou démocratiques.

L’écologie nous parle des conditions matérielles de toutes les luttes. Et même si c’est de manière bancale, non explicite, partielle, floue, le vote écolo lors de ces municipales a porté cette idée.

Vitupérer la « vague verte » ou préparer la vague écosocialiste ?

Léo Ferré moquait les fourreurs, petits-bourgeois boutiquiers, « vitupérant l’époque » : quel triste renversement ce serait de voir les révolutionnaires se contenter, en se limitant aux critiques (légitimes) d’EÉLV, de « vitupérer », la « vague verte », n’osant pas révolutionner leur pensée, distinguer le neuf, le radicalement neuf, rechignant à remettre l’ouvrage sur le métier, à travailler les questions écologiques si urgentes et à réorganiser leur pensée !

Mercredi 8 juillet 2020 Commission nationale écologie

https://npa2009.org/

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07 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

artificialisation (eaux et rivières)

stop-au-beton-dans-la-Crau

Artificialisation des sols : stop aux nouvelles routes

Neuf associations se saisissent d’un dispositif citoyen

A l’heure du dérèglement climatique, la création de nouvelles rocades et routes apparaît de plus en plus dépassée. Elle ne devrait plus être une priorité pour nos départements.

Il serait grandement préférable d’investir dans les outils efficaces en faveur de la transition. Avec huit associations, nous lançons une pétitition en Ille-et-Vilaine.Vitré Tuvalu, association membre et huit autres structures, dont Eau & Rivières de Bretagne, ont lancé une pétition via le « droit d’interpellation » du département d’Ille-et-Vilaine.

Ce droit d’interpellation est un dispositif original de démocratie participative qui s’apparente à un droit de pétition. Il permet aux habitant.e.s d’un département d’interpeller leurs élu.e.s sur un sujet qui les préoccupe et qui relève de la compétence de leur conseil départemental.

Stop à l’artificialisation des sols

La création de nouvelles infrastructures routières est extrêmement coûteuse ainsi en 2019, cet investissement a représenté un coût de 36,5 millions d’euros pour le département. Pourtant, la création de ces routes a des effets directs sur l’environnement (bétonisation des terres, destruction de zones humides, disparition d’espèces, etc..) et des effets indirects sur la santé (dégradation de la qualité de l’air et émissions supplémentaires de CO2).

Nous considérons aussi que continuer à développer le réseau routier est en contradiction avec l’engagement de la France pour le climat. En effet, la décarbonation des véhicules – motorisation électrique – est illusoire à court terme : elle ne résoudra pas les problèmes d’engorgements des réseaux routiers et elle occulte le problème d’épuisement de nos ressources naturelles.

artificialisation_sols_bretagne_OEB.png

Pour que le « monde d’après » commence en Ille-et-Vilaine

Nous, citoyen-ne-s d’Ille-et-Vilaine, nous ne pouvons plus et nous ne devons plus accepter que nos élus dépensent autant d’argent public pour créer de nouvelles infrastructures routières qui dégradent notre eau, notre air, le vivant, le climat et notre santé à tous, et qui sont en contradic-tion avec les enjeux de demain et « le monde d’après ». La crise sociale et économique redes-sine les priorités et rend dérisoire ce genre d’investissement alors que des besoins urgents se déclarent pour la population et la planète.

Aussi, nous demandons au département d’Ille-et-Vilaine de décider l’abandon de tout program-me de nouvelles infrastructures routières (sauf raison impérieuse de sécurité pour les zones accidentogènes).

Ceci doit conduire à l’abandon des grands projets de contournements routiers comme ceux connus de Vitré, Châteaubourg et Fougères notamment. Nous encourageons aussi le départe-ment à rebasculer ces millions d’euros non investis dans de nouvelles routes vers la politique sociale, la préservation des biens communs (eau, biodiversité, air), et vers les mobilités actives de courte distance du quotidien (marche, réseau vélo …) ainsi que les nouvelles mobilités (covoiturage, autopartage).

Cette pétition est publiée sur le portail Interpellation.

Nous appelons les bretillien-ne-s à la signer. Si 2 000 bretillien-ne-s y souscrivent, le Départe-ment devra en débattre. Notre objectif est le suivant : le Département doit ré-évaluer complète-ment ses priorités sur sa politique d’infrastructures et de mobilités

07 juillet 2020

Lien direct vers la pétition

Signataires

  • Vitré-Tuvalu (Vitré)
  • Eau & Rivières de Bretagne
  • Alternatiba (Rennes)
  • PassPasud2 (St Didier)
  • Ne Perdez pas le Nord (Châteaubourg)
  • La Passiflore (Fougères)
  • Confédération Bretagne Nature Environnement (COBEN)
  • Les ColocaTerre (Montauban de Bretagne)

https://www.eau-et-rivieres.org/

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07 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

pêche (courrier inter)

dessin-surpeche
Les navires-usines chinois épuisent les eaux africaines

Ce qui suit pourrait réussir à rendre écolo même quelqu’un comme Donald Trump, s’il n’avait pas autre chose en tête. La flotte de pêche hauturière chinoise, la plus grande du monde, est beaucoup plus importante que ce que nous pensions.

Elle est même plus grande que ce que les Chinois eux-mêmes croyaient, quatre fois plus nombreuse que ce que Pékin affirme souhaiter. Cette flotte compte au moins 12 490 navires et on estime à près de 17 000 les bateaux ayant la capacité de pêcher en dehors des eaux territoriales chinoises.

On savait que la Chine était une superpuissance mondiale en matière de pêche, mais ces nouvelles données recueillies par des chercheurs pour le compte de l’Overseas Development Institute [l’ODI, un groupe de réflexion sur le développement] de Londres montrent que la flotte chinoise est bien supérieure aux 3 432 navires estimés en 2014.

Pratiquement tous les chalutiers du Ghana sont chinois

Il s’agit en grande partie de chalutiers (qui emploient une méthode de pêche parmi les plus destructrices), travaillant en majorité dans l’océan Pacifique nord-ouest. L’activité pratiquée de la manière la plus intensive est la pêche à la turlutte des calamars dans le sud-est du Pacifique et le sud-ouest de l’Atlantique. Et l’aspect le plus dérangeant de cette pêche hauturière est que ses intérêts sont contraires à ceux des habitants de pays en développement. La flotte chinoise a une incidence vraiment consternante sur l’Afrique.

C’est au Ghana que l’on recense le plus grand nombre de navires chinois en dehors de la Chine, avec 137 bateaux selon l’ODI. Pratiquement tous les chalutiers du Ghana sont chinois, et les agents des chalutiers – les personnes qui tirent profit de la vente des licences de pêche – sont des parlementaires.

Pourtant, au Ghana, plus de 2 millions de personnes dépendent directement ou indirectement de la pêche en mer pour leurs revenus ou leur emploi. Selon le rapport de l’ODI, les revenus des petits pêcheurs ont chuté de 40 % depuis le début du [...]

Charles Clover  06/07/2020
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07 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

unité alliances (contretemps)

égalité

Unité, alliances et alternatives : quelles perspectives pour les mouvements sociaux ?

Contretemps : Au sein de cette coalition, plusieurs organisations ont particulièrement œuvré à des rapprochements et à un travail commun qui sont antérieurs à la crise du Covid-19. Pouvez-vous nous expliquer quelle a été la genèse de tels rapprochements et en quoi cela constitue une expérience relativement inédite ?

Julien Rivoire et Aurélie Trouvé : Le croisement des questions écologiques et sociales était en germe bien avant 2020 et s’est traduit notamment au moment de la COP21 en 2015 avec la formation d’une coalition syndicalo-associative en vue de préparer les mobilisations parallèles à la COP, même si à ce moment-là on avait du mal à incarner clairement une perspective écologique et sociale.

Depuis la fin des années 2000, Attac s’inscrivait par ailleurs dans les mouvements pour la justice climatique qui existent dans différents pays, et du travail collectif avait été abattu sur l’articulation des questions écologiques et sociales.

Après 2015, cela s’est traduit par un travail commun entre syndicats et association autour d’une plate-forme et d’un rapport Un million d’emplois pour le climat en France, à l’image de ce qui existait déjà dans les pays anglo-saxons. Mais même si à l’époque, il y a eu des volontés, les mobilisations sociales et les mobilisations environnementales restaient chacune dans leurs couloirs.

Il y a eu ensuite des accélérations avec l’approfondissement de la crise climatique et la massification du mouvement pour le climat qui interpellent fortement les syndicats, et puis le mouvement des Gilets Jaunes, qui touche à la fois les syndicats et les mouvements environnementaux ; Greenpeace par exemple multiplie des prises de positions en faveur des questions sociales, et assume le fait qu’il n’y aura pas d’avancée sur la question climatique sans prise en compte des enjeux sociaux.

Donc avant tout, c’est l’impact des mouvements d’ampleur dans la société qui percutent les organisations. Il y a aussi des effets liés à des directions d’organisation, des équipes militantes, voire des personnes, des configurations internes qui ont permis cette accélération, d’où parfois une difficulté à inclure dans cette volonté l’entièreté des organisations respectives, même si des dynamiques locales existaient déjà également. C’est ainsi que 8 organisations ont commencé à se rencontrer fin 2019, marquant une volonté de travail en commun au moment de Davos.

La crise du Covid-19 a ensuite bouleversé l’agenda et a conduit l’alliance initiale de 8 organisa-tions (quatre syndicats, FSU, CGT, Solidaires, et Confédération Paysanne, et quatre associa-tions Attac, Greenpeace, Oxfam, et Les Amis de la Terre) à s’élargir pour publier une tribune le 27 mars et lancer un appel « à toutes les forces progressistes et humanistes […] pour recons-truire ensemble un futur, écologique, féministe et social, en rupture avec les politiques menées jusque-là et le désordre néolibéral ».

A la suite de cette prise de position, une pétition pour défendre des mesures urgentes et de plus long terme a été initiée, et atteint aujourd’hui près de 200 000 signatures. C’est dans la foulée, que le collectif Plus jamais ça ! a publié le 26 mai dernier un plan de sortie de crise, 34 mesures pour engager une bifurcation écologique et sociale.

Comment passe-t-on maintenant de cette volonté de responsables d’organisations à une prise en charge par l’ensemble des militant-e-s, et au-delà par la population ? C’est l’enjeu pour la dynamique Plus jamais ça ! dans les prochains mois, de savoir amplifier les initiatives locales en germe, puisque nous recensons une trentaine de collectifs locaux actuellement.

Ce n’est cependant pas la seule ni la première initiative en ce sens. Dans le mouvement associatif et syndical, déjà des tentatives de convergences sont apparues, avec d’autres orientations. Comment cela a-t-il été perçu ?

En effet, il y a eu avant Plus Jamais ça !, par exemple, ce qu’on appelle le pacte Hulot-Berger, ou pacte du pouvoir de vivre, initié par la CFDT et la Fondation Nicolas Hulot (FNH), rassemblant le pôle réformiste du syndicalisme et toute une série d’associations qui ne se limitent aux environnementalistes.

Si les associations environnementales avec lesquelles on travaille ont fait le choix de Plus jamais ça !, c’est que le mouvement des Gilets Jaunes a arbitré en interne des débats qu’elles avaient sur le rapport au changement systémique. Ça les a percutés et a consolidé l’idée qu’on n’y arrivera pas dans le cadre du système et avec des solutions marchandes.

Très concrètement, la taxe carbone et les solutions de marché sont apparues comme un risque de nourrir un sentiment populaire anti-écologiste, parce que ce sont les plus pauvres qui payent, et donc qu’il faut construire d’autres solutions.

Il y a aussi eu des évolutions dans la CGT, notamment lors du dernier congrès fédéral, préexis-tant à Plus jamais ça !, avec des débats sur les enjeux environnementaux et la création, pour la première fois dans l’histoire de ce syndicat, d’une commission écologie.

Le pacte Berge-Hulot, d’une certaine façon, a aussi été un déclic supplémentaire, parce qu’il nous a poussés à faire des propositions à nos partenaires sur le changement de système. Et un dernier élément important, notamment dans Attac, c’est la façon dont les choses se passent dans d’autres pays, à la fois du côté des coalitions écologico-sociales, notamment autour de la création des emplois verts, et à propos des débats sur le Green New Deal aux États-Unis.

Ces avancées ne sont-elles pas aussi une réponse à la crise que les organisations – notamment syndicales – connaissent, et qui appelle un besoin de se réinventer face à un épuisement de l’action syndicale telle qu’elle a longtemps existé ?

En effet, et cette ouverture, on ne la ressent pas seulement dans le cadre de Plus jamais ça ! Elle a aussi été présente dans les mobilisations sur les retraites, avec une ouverture sur les mouvements sociaux, des actions communes, des recherches d’alliances nouvelles, ce qui avait été déjà symboliquement marqué en 2016 lorsque Philippe Martinez était venu à Nuit Debout.

Ce qui a rendu visible, au moins médiatiquement, ce cadre d’alliances, c’est la publication d’un plan d’urgence de 34 mesures. Ce n’est pas la première fois qu’existe un catalogue de revendications.

Un des points de départ de ce plan de sortie de crise, c’est la volonté de ne pas se cantonner au commentaire ni être fixé sur l’agenda du gouvernement. Il fallait donc qu’on arrive à dire quelles mesures on veut porter sur des dimensions sanitaires, sociales, écologiques et de financement. Il fallait donc développer une démarche politique à partir de nos analyses et nos revendications, avec des organisations qui n’ont pas nécessairement l’habitude de cette démarche.

Cela permet d’incarner plus concrètement des éléments de rupture avec le système, même s’ils sont incomplets : rupture avec les logiques libérales de financement par le marché ; rupture avec le productivisme sur quelques éléments…

On a essayé d’aller au-delà des mots d’ordre et des slogans, avec un élément important clari-fiant les lignes politiques, c’est le rapport aux modes de financement des politiques publiques. Parce que la fiscalité est un des enjeux majeurs, qui trace des lignes de démarcation, ce qui explique que parmi les discussions qu’on ait eues, celle sur la taxe sur les transactions financières a été un peu difficile, alors qu’on aurait pu attendre des débats plus compliqués sur d’autres questions.

L’évidence pour tout le monde qu’il fallait faire ce travail programmatique est aussi liée à l’incurie de la gauche politique et à son incapacité à avoir un discours fort du fait de sa fragmentation, chacun restant dans son entre soi. Il y avait donc la volonté dans les mouvements sociaux de ne pas attendre ad vitam aeternam que ça avance. Donc on prend nos responsabilités pour montrer la possibilité d’un chemin différent, même si ces 34 mesures ne font pas forcément rêver, ça permet de montrer qu’il y a une alternative entre l’extrême-droite et le néolibéralisme de Macron.

Greenpeace ou les Amis de la Terre reconnaissent cette contradiction entre le capitalisme et la défense des écosystèmes, ce qui n’est pas le cas d’autres organisations environnementales, et on arrive à se retrouver parce qu’on est d’accord sur l’analyse de ces contradictions avec d’un côté le vivant et le travail, et de l’autre le capital. On part donc d’un même logiciel.

Et pourtant, les problématiques écologistes sont aussi très institutionnalisées, comme on le voit avec la Convention Citoyenne pour le Climat ou avec l’Affaire du siècle avec les usages du droit ; il y a des organisations qui ne sont pas déconnectées des pratiques institutionnelles…

En effet, c’est quelque chose qui avait été pointé notamment par la Ligue des Droits de l’Homme, la nécessité de retravailler sur les questions institutionnelles, sur la notion de droits, sur l’architecture du droit international… Mais cette faiblesse collective est liée à la nature des organisations les plus investies dans Plus jamais ça !, qui traitent peu de ces enjeux.

On voit aussi que de nombreuses organisations ne sont pas forcément à l’aise avec la revendication de référendum d’initiative citoyenne portée par les Gilets Jaunes, avec peut-être deux raisons : l’une est liée à l’histoire de la gauche anticapitaliste traditionnelle, qui pense les questions de droits et les problèmes institutionnels comme secondaires par rapport à la contradiction capital-travail ; et la seconde liée à la séparation entre le politique et le social.

À l’international, des mouvements évangélistes ou de l’islam politique, opposées aux nôtres par leurs valeurs et objectifs, montrent que des stratégies de conquêtes adossées à des pratiques sociales d’entraide, de prise en charge des besoins de la population face aux défaillances des États peuvent être gagnantes. Cela devrait nous interpeller si nous ne voulons pas que les mouvements de la gauche sociale et politique ne décrochent encore davantage au sein des classes populaires, d’autant que l’État néolibéral se traduit par la destruction des systèmes de protection sociale. (Extrait voir lien)

A l’occasion de la crise de la covid-19 s’est affirmé un rapprochement entre organisations syndicales et associatives, qui s’est traduit par la publication d’une tribune, d’une pétition puis d’un plan d’urgence intitulé  « Plus jamais ça ! 34 mesures pour un plan de sortie de crise » signé par ActionAid, Alternatiba, les Amis de la Terre, Action non violente COP21, Attac, la CGT, la Confédération Paysanne, la Convergences nationale pour les services publics, la Fondation Copernic, Droit Au Logement, la Fédération Syndicale Unitaire, Greenpeace, Notre Affaire à tous, Oxfam France, Reclaim Finance, l’Union syndicale Solidaires, l’UNF, l’UNL, Youth for Climate, 350.org. Animateur·rices d’Attac France, Julien Rivoire et Aurélie Trouvé représentent leur association au sein de cette coalition. Ils reviennent pour Contretemps sur cette dynamique unitaire « Plus jamais ça ! », ses enjeux, ses limites et ses liens avec le champ politique. Il et elle parlent ici en leur nom propre.

Aurélie Trouvé et Julien Rivoire7 juillet 2020

https://www.contretemps.eu/

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07 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

programme (la conf’)

conf

Remaniement : notre programme d’actions pour le nouveau Ministre

Si le temps « est à l’action », comme l’a affirmé le nouveau Premier Ministre, la Confédération paysanne propose au nouveau Ministre de l’agriculture et de l’alimentation, Julien Denormandie, un plan en trois volets inter-dépendants : protéger, installer et socialiser pour inscrire les 2 années à venir dans la rupture des précédentes et tirer les enseignements de la crise sanitaire.

Le travail paysan doit être protégé du libre-échange, de la concurrence déloyale intra et extra européenne des importations et des prédateurs de la valeur des filières alimentaires.

Protéger passe donc par un durcissement de la loi Egalim, une régulation des volumes au niveau européen et une PAC* articulée sur l’actif agricole et non plus sur l’hectare. Une demande d’ailleurs reprise par la Convention citoyenne pour le climat.

Ces outils de protection économique sont un préalable incontournable pour relocaliser notre système alimentaire et pour accompagner les paysan.ne.s dans la transition sociale et écologique indispensable.

Installer relève d’une urgence sociale démographique et d’une urgence écologique, car seule une agriculture dense en emplois pourra durablement répondre aux défis actuels. Il faut donc que le nouveau ministre porte en urgence une loi foncière ambitieuse assumant les enjeux de l’installation, de la transmission et donnant les moyens de lutter contre les contournements actuels et l’artificialisation des terres.

Socialiser, enfin, car agriculture et alimentation ne doivent plus être dissociées. Elles incarnent un choix de société crucial pour la vie des territoires et la santé des populations. La sécurité sociale de l’alimentation et la PAC sont deux grands leviers sur lesquels bâtir une démocratie alimentaire capable d’en finir avec la course aux prix bas et la précarité alimentaire.

Nous attendons de Julien Denormandie des actes forts et structurants pour notre métier et nous saurons être à la fois exigeants et constructifs pour donner notamment corps à la souveraineté alimentaire.

http://www.confederationpaysanne.fr/

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06 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

propriété privée (cnrs)

terres

« La propriété privée n’a absolument rien de naturel »

Vous êtes spécialiste d’histoire environnementale. Pourquoi vous êtes-vous intéressé à la « propriété » ?

Fabien Locher1 C’est l’une des institutions les plus puissantes et les plus opaques de la modernité. Elle s’impose à tous et même en partie aux États, qui l’organisent mais ne peuvent y déroger que dans des circonstances limitées et codifiées. La propriété privée peut d’ailleurs être vue comme une forme de protection contre les dérives tyranniques ou autoritaires – c’est notam-ment une idée très implantée aux États-Unis. Mais cette même propriété privée est souvent présentée comme une évidence, comme quelque chose de naturel.

Et pourtant… elle n’a absolument rien de naturel ! C’est une forme d’appropriation qui a une histoire, qui n’est pas de toute éternité et qui est dépendante de nos codes sociaux, de nos valeurs et de nos usages. C’est vrai, plus généralement, des différentes formes de propriété : propriété publique, propriété commune, droits collectifs… le monde de la propriété est vaste et complexe.

Alors comment en sonder les mécanismes, les logiques profondes, les dimensions matérielles et écologiques ? Notamment avec cette idée du crash-test qui consiste à analyser ce qui se passe quand la propriété « percute » la survenue d’une catastrophe, idée que nous avons cherché à développer dans un volume collectif codirigé avec mon collègue Marc Elie, Crash Testing Property2.

Quelle interrogation a guidé ces recherches ?

F. L. Nous nous sommes d’abord demandé ce que devenait la propriété quand survenait une catastrophe, un séisme ou un grave accident industriel par exemple. Comment la répartition des biens, voire la forme même des institutions de la propriété, sont-elles modifiées ? Qui tire parti de ces situations, des « états d’exception » créés par les catastrophes ? Nous voulions aussi savoir si de tels désastres étaient susceptibles de mettre en exergue des caractéristiques méconnues ou cachées des formes de propriété et de leurs interactions avec les environne-ments…

Ce questionnement a fait l’objet d’un colloque fin 2015, dont les interventions ont été publiées dans la revue Global Environment deux ans plus tard. Chaque article aborde un cas spécifique éclairant la problématique d’ensemble : par exemple les effets des inondations dans le delta du Bengale sur l’appropriation des terres par le colonisateur britannique, ou les effets du tsunami de 2004 en Indonésie. Il s’agissait aussi de considérer des catastrophes de type industriel, comme avec les effondrements géants causés par des mines dans la Belgique des années 1930.
Pour traiter tous ces sujets, il faut bien sûr mobiliser des spécialistes de plusieurs disciplines et périodes historiques : il faut une recherche collective. C’est aussi ce que j’avais voulu faire avec le projet Governpro, qui portait de manière plus générale sur l’histoire des interactions environnement-propriété aux 19è et 20è siècles, et qui mobilisait des collègues de différents pays et spécialités.

La crise sanitaire liée au Covid-19 pourrait-elle être une nouvelle illustration pour ce type de travaux ?

F. L.  Par exemple, les grandes épidémies ont-elles suscité des comportements opportunistes, comme les historiens l’ont démontré pour le célèbre tremblement de terre de Lisbonne de 1755, où l’on a vu certains se construire des patrimoines sur les ruines de la ville ? Les apports de l’histoire médiévale seraient aussi passionnants pour évaluer les effets, sur les dynamiques d’appropriation, d’épidémies de masse qui ont tué des proportions énormes de population.

Historiquement, quelles ont pu être les conséquences des épidémies sur la propriété ?

F. L. Si j’en reviens aux travaux que nous avons rassemblés, je pense notamment à la question de l’héritage, que notre collègue australien Daniel Fitzpatrick a étudiée à propos du tsunami de 2004 : là, comme dans le cas d’autres catastrophes très meurtrières, le grand nombre de morts fait que beaucoup de propriétés se retrouvent littéralement en déshérence – les propriétaires comme les héritiers potentiels ayant disparu en grand nombre, parfois sans certitude sur leur décès.  (Après le tsunami de 2004) en Indonésie, c’est à l’échelle locale et sans attendre un règlement venu d’en haut que s’est faite la redistribution des terres. Cela révèle que la propriété se joue à plusieurs niveaux, pas seulement dans les plans du cadastre ou les recueils de droit.

Certaines formes de la propriété permettent-elles de limiter ou d’augmenter l’exposition à des risques ?

F. L. Oui et c’est un point important. Contrairement à ce qu’on dit parfois, et comme la propriété, les catastrophes sont tout sauf « naturelles ». Pour faire simple, elles naissent de la rencontre d’un aléa (par exemple, la terre tremble) et d’une vulnérabilité qui, elle, est profondément sociale et historique.

Or les formes de la propriété peuvent accroître ou diminuer cette vulnérabilité. On peut prendre l’exemple des assurances, qui sont une dimension importante de l’acte de posséder. On sait qu’aux États-Unis, la politique fédérale visant à développer un programme national d’assurance contre les inondations a eu pour effet d’accroître la vulnérabilité dans les zones côtières. En rendant possible d’assurer des biens pourtant très exposés, elle a eu tendance à encourager l’aménagement d’espaces qui n’auraient pas dû l’être… ce qui a généré de la vulnérabilité et des sinistres. À l’inverse, d’autres dispositifs liés à la propriété peuvent permettre de réduire la vulnérabilité des populations et des territoires aux catastrophes.

Par exemple ?

F. L. Pour changer complètement de lieu et d’époque, je pense au cas étudié par l’historien du Japon, Philip C. Brown, dans Crash Testing Property. Il analyse le « warichi », un système d’attribution des terres au sein de communautés rurales japonaises. Ce système, qui a existé du 17è au 20è siècle, consiste à classer les parcelles en fonction de qualités comme leur degré d’exposition aux risques – inondations, glissements de terrain… – ou le fait qu’elles soient plus ou moins fertiles.

Dans un deuxième temps, ces terres sont regroupées par lots qui sont ensuite redistribués par tirage au sort. C’est un peu le même principe que le « voile d’ignorance » du philosophe John Rawls : comme personne ne sait ce qu’il recevra, tout le monde s’efforce de composer des lots aussi identiques ou équilibrés que possible.

L’idée est de répartir le risque au sein de toute la communauté, pour éviter que certains se retrouvent beaucoup plus exposés aux catastrophes que d’autres. Ces communautés ne le font pas par égalitarisme ou sens de la justice, mais pour maintenir une cohésion de groupe qui leur permet, par exemple, de rester solvable pour les impôts à payer.
 
Des approches similaires ont-elles existé en France ?

F. L.  Nous nous sommes notamment plongés dans les débats de l’Assemblée nationale. Ils parlent énormément des forêts, qui sont un enjeu majeur à cette époque comme source d’énergie, de matériau de construction, d’espace pour les animaux… Or les députés disent que les propriétaires de forêts ne peuvent pas en faire ce qu’ils veulent, car ce ne sont pas des biens comme les autres : les terrains boisés assurent la régulation climatique et hydrologique de régions entières, ils sont donc en interdépendance avec d’autres propriétés et ont des fonctions collectives.

Seul l’État, disent les défenseurs des régulations, peut être le garant des équilibres : c’est pourquoi il a le droit – et même le devoir – de mettre des limites aux prérogatives de la propriété privée. Parce qu’à cette époque, on pense que déboiser signifie dégrader le climat, et potentiel-lement à grande échelle, les forêts cristallisent des luttes qui lient étroitement propriété et protec-tion des ressources et des environnements. Les « communs » forestiers, eux, sont accusés à la Révolution d’entraîner la destruction des bois et donc l’érosion des sols et le déclin climatique.

Les débats sur le risque climatique commencent-ils au XIXè siècle ?

F. L. Non pas du tout. Avec Jean-Baptiste, nous montrons dans notre livre que les espoirs et les angoisses liés à l’idée d’un agir humain sur le climat émergent dès le 15è siècle, dans le sillage de l’exploration et de la conquête de l’Amérique. Mais le changement climatique incriminé n’est pas le changement actuel causé par le CO2 : ce sont les effets de la destruction des forêts sur les cycles de l’eau et les températures qui sont redoutés.

En revanche, cela a eu des effets profonds sur la production des savoirs sur le climat, dont nous héritons. Dès le 18è siècle, la climatologie historique naît ainsi sous la plume de savants qui enquêtent sur les climats du passé en faisant la statistique des crues ou en recherchant des observations anciennes.

On se demande dans quelle mesure l’humanité a une part de responsabilité dans la multipli-cation de saisons désastreuses et comment contrer la dégradation redoutée des climats. Comme nous le montrerons dans le livre, ces conceptions se réverbèrent aussi dans les empires où elles servent à justifier la colonisation.

Retrouve-t-on d’autres aspects de débats contemporains en étudiant le rapport entre propriété et dégradation de la nature ?

F. L. Oui tout à fait : par exemple, justement, dans le champ de l’histoire coloniale. L’un des grands arguments des colonisateurs des 19è et 20è siècles est que les autochtones ne savent pas gérer leurs environnements, leurs ressources. Selon eux, l’« homme blanc » aurait alors toute légitimité à s’en emparer – par exemple en s’appropriant les communs des communautés – pour protéger la nature, les sols, la faune et la flore.

Ce discours et les pratiques concrètes qui l’accompagnent ont notamment été analysés par l’historien et anthropologue Roderick P. Neumann, spécialiste de l’Afrique de l’Est, qui parle à leur propos d’« enclosures de la conservation ».

Aujourd’hui encore, on retrouve des réminiscences postcoloniales de ces discours dans une certaine façon de pointer du doigt des populations locales accusées de mal gérer les ressour-ces, voire de contribuer à la crise climatique. Les débats contemporains sur l’environnement et sa dégradation par l’humain ne datent donc pas que de quelques décennies : ils s’inscrivent en fait dans le temps long de l’histoire. ♦ (Résumé)

La notion de propriété privée telle que nous la connaissons n’est pas universelle et ses modalités ont été régulièrement remises en question. L’historien Fabien Locher analyse comment crises et catastrophes ont pu percuter les régimes d’appropriation.

06.07.2020 Fabien Trécourt

https://lejournal.cnrs.fr

Lire aussi:

La tragédie des communs était un mythe

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02 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

demeter (eaux et rivières)

agrib

Agribashing  Non à une antenne Demeter en Bretagne

Un observatoire de l’agribashing en Ille-et-Vilaine est lancé par la préfète de Bretagne. Nous dénonçons cette mascarade et appelons tous nos adhérents à s’auto-dénoncer à la cellule Demeter.

Ce jeudi 2 juillet, la préfète d’Ille-et-Vilaine et de Bretagne annonce la mise en place d’un            « observatoire départemental de l’agribashing ». La Fédération Bretagne Nature Environnement, dont faire partie Eau et Rivières de Bretagne, dénonce la collusion et le manque d’objectivité à l’origine d’un tel projet. Il s’inscrit dans la droite ligne de la cellule Demeter, dont la dissolution a été demandée par 27 associations en février dernier.

Le monde associatif exclu de l’Observatoire

Cet « observatoire de l’agribashing » doit réunir la chambre départementale d’agriculture, les syndicats agricoles représentatifs (FDSEA, Jeunes agriculteurs, Confédération paysanne, Coordination rurale), les représentants du secteur agroalimentaire (ABEA, UGPVB) ainsi que les services de l’État (DDTM, DDCSPP, police et gendarmerie).

Le monde associatif est, bien malgré lui, prié de ne pas rejoindre la table des discussions et que l’expertise de nos associations sur la question agricole ne pourra certainement pas y être entendue.

Nous remettons donc en cause l’impartialité et l’objectivité des débats et des solutions pouvant être discutées et apportées par cet « observatoire ».

Collusion à grande échelle

L’annonce de la mise en place de cet « observatoire » a lieu au sein même de l’exploitation agricole du président de la chambre départementale d’agriculture d’Ille-et-Vilaine. Cela illustre parfaitement les liens douteux entre les représentants politiques départementaux et ces instances de promotion et diffusion d’un modèle agricole intensif et dévastateur.

Cette annonce fait suite à la nomination de Thierry Merret en tant que personnalité qualifiée au Conseil économique, social et environnemental (Ceser) par la préfète elle-même. Un autre geste éloquent en faveur du système agricole conventionnel et de ses fervents défenseurs.

Nous dénonçons fermement le manque de transparence et la complicité coupable de la préfecture d’Ille-et-Vilaine qui appuie avec force la mise en place d’un tel projet, lequel ne peut objectivement être considéré comme une priorité départementale.

« Agribashing » : la menace fantôme

La mise en place de ce projet est en lien direct avec son expression nationale, la cellule Demeter, projet gouvernemental déjà dénoncé par nos associations. Un objectif concret de cet « observatoire » est la constitution d’une base de données permettant une remontée d’informations vers la cellule.

Les actions portées par nos associations s’inscrivent dans le respect du droit pour la défense de l’intérêt général. La criminalisation d’actions associatives, assimilées à un agribashing, est en contradiction formelle avec le principe de liberté d’opinion.

Que dire des intimidations faites auprès de nos militants associatifs ? Des dégradations faites au niveau des locaux de nos associations ? Du droit environnemental bafoué d’un revers de la main, sous prétexte que nous ne sommes « que » des lanceurs d’alertes, parfois traités d’écolo-terroristes… Madame la Préfète pourrait créer un « observatoire de l’écolo-bashing » ?

Coupons l’herbe sous le pied de cet observatoire !

Pour couper l’herbe sous le pied de cette cellule et de l’observatoire, Eau et Rivières de Bretagne appelle tous ses adhérents et sympatisants à s’auto-dénoncer.

Comment ? En signant la pétition en ligne et en approuvant ce texte :

« J’exprime, jusqu’ici en toute liberté, des critiques vis à vis du système agro-industriel breton, en raison d’impacts que je juge négatifs sur l’environnement et la santé. L’opacité sur les cibles et les fonctions de l’observatoire me laissent penser que je pourrais être visé, à mon insu, et donc surveillé par des organisations corporatistes ou à but lucratif. Soucieux de la bonne utilisation des deniers publics, particulièrement mobilisés en ces temps de crise, je tiens à alléger la charge des opérateurs de l’observatoire en m’auto-dénonçant comme porteur résolu de critiques sur le système agro-industriel et ceux qui le font perdurer. »

02 juillet 2020

https://www.eau-et-rivieres.org/

Signez ici la pétition.

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02 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

grippe porcine (france24)

cochons

Le virus G4, cette grippe porcine qui suscite la crainte d’une nouvelle pandémie

À peine découvert et déjà redouté : un nouveau virus de type H1N1 identifié dans les élevages porcins en Chine présente des caractéristiques qui font planer le risque d’une nouvelle pandémie, d’après une étude chinoise parue lundi 29 juin. Explications avec deux experts.

Une pandémie après l’autre, voire les deux en même temps ? Une publication dans la revue scientifique américaine Pnas (Proceedings of the National Academy of Sciences), lundi 29 juin, a réveillé la crainte de ce scénario catastrophe et poussé l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à appeler la communauté scientifique à « ne pas baisser sa garde ».

Dans l’article en question, des chercheurs chinois ont révélé avoir découvert un nouveau virus chez le cochon capable de se transmettre à l’homme et qui nécessiterait une « action urgente » pour le contrôler, car il présente les caractéristiques d’une menace « pandémique ».

Tout n’est pas bon dans le cochon

Ce nouveau venu sur la scène virologique, baptisé G4, est le lointain fils du virus H1N1 qui a causé la pandémie de grippe A en 2009. Il a été découvert à l’occasion d’une vaste campagne de tests sur la population porcine dans dix provinces chinoises, menée entre 2011 et 2018.

La surveillance des porcs est devenue un enjeu majeur de santé publique en Chine, premier producteur et consommateur au monde de cette viande. Car tout n’est pas bon dans le cochon.

Cet animal est, en effet, « permissif aussi bien pour les virus de la grippe aviaire [chez l'oiseau], pour ceux de la grippe porcine et ceux des grippes humaines », souligne Manuel Rosa-Calatrava, directeur de recherche à l’Inserm et codirecteur du Laboratoire de virologie et pathologie humaine VirPath, contacté par France 24.

Le porc agit ensuite comme une sorte de grande marmite d’où, par le jeu des mutations et des échanges de gènes entre virus grippaux présents en même temps, émergent de nouveaux agents pathogènes. C’est ce qu’on appelle le réassortiment génétique.

C’est ce qui s’est passé en 2013 dans le sud de la Chine, où a été observé pour la première fois le virus G4. Cette souche s’est ensuite répandue pour devenir à partir de 2016 « la forme dominante du virus dans la population porcine observée », notent les auteurs de l’article dans Pnas.

Ce descendant du virus H1N1 de 2009 est le résultat du croisement entre « trois souches virales qui présentent la particularité d’avoir des protéines de surface [c'est-à-dire qui permettent de s'accrocher à l'hôte infecté, NDLR] auxquelles l’homme n’a pas encore été exposées », souligne Colin Butter, chercheur en biologie animale à l’université britannique de Lincoln, contacté par France 24.

L’être humain n’a, de ce fait, pas encore pu développer de défense naturelle à ce nouvel agent pathogène. Les vaccins contre le virus H1N1 de 2009 ou contre la grippe saisonnière se sont, en outre, montrés inefficaces, ont constaté les scientifiques chinois à l’origine de la découverte.

Un « cocktail détonnant »

C’est le premier élément du « cocktail détonnant » que représente l’agent pathogène G4, d’après Manuel Rosa-Calatrava. En effet, « comme la population humaine est, a priori, complètement naïve face à ce nouveau virus [c'est-à-dire qu'elle n'a pas développé d'anticorps, NDLR], la propagation à l’échelle planétaire pourrait en être facilitée », souligne le chercheur du laboratoire VirPath.

Mais tout cela resterait anecdotique s’il n’y avait pas de transmission à l’homme. Malheureuse-ment, plus de 10 % des travailleurs dans les élevages porcins contrôlés ont été testés positifs à la présence de la maladie. « Cela signifie que le virus est déjà largement répandu au sein de la population en contact avec les animaux porteurs », note Colin Butter.

Reste la grande inconnue de la transmission entre les humains. « Pour l’instant, les scientifiques ne semblent pas avoir constaté de cas en dehors de personnes ayant été à proximité d’élevage porcins », résume l’expert britannique. Mais, les chercheurs chinois ont obtenu des résultats potentiellement inquiétants… chez les furets.

Les animaux se contaminent bel et bien entre eux, à la fois par contact direct et par voie respiratoire. Un résultat important : « Le furet constitue un modèle de référence pour évaluer la transmissibilité entre les humains car il présente, notamment, des récepteurs cellulaires aux virus influenza humains », résume Manuel Rosa-Calatrava.

Par ailleurs, les analyses menées sur ces animaux ont montré que « les dommages causés aux poumons étaient plus sévères que ceux du virus H1N1 de 2009, avec des œdèmes, des hémorragies et des broncho-pneumonies plus graves », écrivent les auteurs de l’étude chinoise.

Redoubler de vigilance

Mais ce qui est vrai pour le furet ne l’est pas forcément pour l’humain, même si c’est un bon indicateur. « Il y a toute une série de mécanismes biologiques qui font qu’on ne peut pas simplement transposer les résultats de l’un à l’autre », affirme Colin Butter.

Plus important à ses yeux est le fait qu’en « six ans de circulation en Chine, il n’y a pas encore eu de cas avéré de transmission entre les humains ». En outre, « les auteurs ne font pas état de cas cliniques graves chez l’homme », relève ce chercheur.

Ces éléments amènent Colin Butter à considérer le risque pandémique avec prudence. « Je ne pense pas qu’il y ait une menace urgente, et, en l’état actuel de nos connaissances au sujet de ce virus, je n’imagine pas une pandémie de virus G4 en plus de celle de Covid-19 cette année », conclut-il. Il n’en demeure pas moins important, pour lui, de redoubler de vigilance pour suivre l’évolution de la situation.

On en est, en effet, « à une ou plusieurs mutations près pour une transmissibilité entre les humains », rappelle Manuel Rosa-Calatrava ». Et le problème est qu’il est impossible de prédire quand et si elles auront lieu.

Le chercheur français reconnaît que le scénario d’une pandémie du virus G4 à court terme n’est pas le plus probable, mais elle n’est pas à exclure complètement à ses yeux, considérant qu’en un siècle, le monde a déjà été confronté à quatre pandémies de virus influenza (grippe espagnole en 1918-19, grippe asiatique en 1957-58, grippe de Hong Kong en 1968-69 et grippe aviaire en 2009-2010). Ce serait alors, à sa connaissance, la première fois que le monde aurait à faire face à deux pandémies simultanément.

01/07/2020 Sébastian SEIBT

https://www.france24.com/fr/

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