Archive | Douarnenez, le Cap

29 juin 2022 ~ 0 Commentaire

croisières (bourrasque)

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https://bourrasque-info.org

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28 juin 2022 ~ 0 Commentaire

planning (le tél)

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le Planning familial du Finistère appelle à se rassembler mercredi 29 juin à Douarnenez.

Le Planning familial du Finistère appelle à se rassembler pour le droit à l’avortement sur la place de la Résistance de Douarnenez, mercredi 29 juin, à 18 h.

https://www.letelegramme.fr/

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13 juin 2022 ~ 0 Commentaire

plogoff mémoire

plogoff- 

Plogoff mémoire d’une Lutte

Les évènements du printemps et de cet été.

Lieu : Tréguennec et la Maison de la baie d’Audierne.

-Une exposition de photos sur le vif de l’enquête publique de 1980.

-Deux conférences

-Notre rando 2022 « délocalisée ».

L’exposition photo « Regards croisés sur une lutte » .

Présentation par Patricia Jain, de notre CA, qui a réalisé ce projet en collaboration avec Roland Chatain de l’association Les amis de la Maison de la baie d’Audierne :

« L’exposition photos, devant accompagner l’ouvrage publié l’an passé par notre association pour marquer l’abandon du projet de centrale nucléaire à Plogoff il y a maintenant quarante ans, est visible depuis le 14 mai à la maison de la baie d’Audierne à Tréguennec.

Dix- neuf photos, en grand format et sur support di bond, composent cette exposition documentant essentiellement l’Enquête d’Utilité Publique. Un choix qui s’est imposé au fil de l’élaboration de ce projet.

C’est en effet durant cette enquête que Plogoff connait une couverture médiatique importante, en raison de la présence de nombreux reporters envoyés par leurs journaux ou leurs agences et de non moins nombreux photographes professionnels ou amateurs.

Les barrages, manifestations, altercations ou simples faces à faces, qui ont ponctué ces six semaines, ont produit des images fortes propices à la réalisation de cette exposition, coproduite avec l’association des Amis de la Baie d’Audierne. »

Deux conférences:

Le mercredi 20 juillet 2022 à 18 heures,

Nucléaire : une relance inacceptable par Marie Nicolas, porte-parole de Sortir du nucléaire Cornouaille. Le président Macron ne jure que par une renaissance du nucléaire comme solution au changement climatique et promet moult chantiers EPR. Quelles sont vraiment les solutions ?

Le mercredi 17 août 2022 à 18 heures ,

Plogoff et l’émergence de l’écologie politique en Bretagne par Jean Moalic et Gilles Simon de Plogoff Mémoire d’une Lutte. La lutte contre l’implantation d’une centrale nucléaire de 1974 à 1981 fut un combat populaire et une alternative politique, dont la mémoire demeure vivace quarante après.

Notre Rando 2022 délocalisée » à Tréguennec le dimanche 28 août prochain. Tréguennec était sur la liste des sites pressentis pour construire une centrale nucléaire au milieu des années 70. Tréguennec aujourd’hui, où le BRGM a trouvé des réserves de lithium !

Une occasion aussi pour les randonneurs de voir l’expo « Regards croisés sur une lutte » à la Maison de la baie d’Audierne !

A bientôt de vous voir à Tréguennec, en Pays Bigouden !

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12 juin 2022 ~ 0 Commentaire

le cap (lt)

douarn

 

 

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18 avril 2022 ~ 0 Commentaire

sardinières

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Révoltes ouvrières à Douarnenez et en Pays Bigouden 1905-1924-1926

Coop Breizh

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18 avril 2022 ~ 0 Commentaire

douarnenez 2è tour (le télégramme)

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À Douarnenez, le rassemblement antiraciste se transforme en débat sur le second tour de la présidentielle

Une petite centaine de personnes ont participé au rassemblement contre le racisme, organisé samedi après-midi place de l’Enfer, à Douarnenez.

Une petite centaine de personnes ont participé au rassemblement antiraciste organisé sur la place de l’Enfer, samedi après-midi, à Douarnenez. Celui-ci s’est rapidement transformé en débat autour de la position à adopter pour le second tour de l’élection présidentielle.

C’est un exercice démocratique que l’on a perdu l’habitude de voir, quelles que soient nos opinions politiques : samedi après-midi, place de l’Enfer, à Douarnenez, la centaine de personnes réunies contre le fascisme et le racisme à l’appel de l’Union populaire ont saisi l’occasion pour s’adonner à un débat grandeur nature sur le second tour de l’élection présidentielle entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

Si, au sein de cette foule constituée de citoyens à la sensibilité de gauche clairement affirmée, plusieurs personnes ont brandi des pancartes « Ni Macron ni Le Pen », divers points de vue se sont fait entendre au cours des dizaines de prises de parole.

« Les chiens seront lâchés »

« Je suis viscéralement attachée à la démocratie, je crois à la liberté, l’égalité et la fraternité. En aucun cas, je ne prendrai le risque de faire passer Marine Le Pen. Le moindre mal sera un Jupiter arrogant », a ainsi clamé une manifestante d’une soixantaine d’années, la gorge serrée et quasiment au bord des larmes au moment d’affirmer son choix de voter Macron, « la rage au ventre et en dépit de mes idéaux », le 24 avril, sous les applaudissements nourris de l’assistance.

Un autre manifestant, assez âgé, a convoqué la mémoire de ses grands-parents « partis combattre les nazis en prenant le bateau depuis l’île de Sein », avant qu’un intervenant d’une trentaine d’années n’affirme qu’avec Marine Le Pen à l’Élysée, « les chiens seront lâchés.

L’ultra-libéralisme et le fascisme, ce n’est pas la même chose. Je voterai pour Macron envers qui j’éprouve une haine farouche ». Lui succédant, un homme à la chevelure longue et argentée a alors pris le micro pour entonner « La bête est revenue », chanson antifasciste de Pierre Perret, devant une assemblée l’écoutant en silence avant de l’acclamer.

« Il n’y a pas de choix possible »

D’autres manifestants ont, en revanche, affirmé leur refus de choisir entre ce qu’ils considèrent comme deux maux de nature quasiment égale. « Macron, je ne peux plus. Peut-être que je suis le canard boiteux ici mais je pense aux travailleurs, aux gens que je connais bien dans le milieu syndical et qui vont en ch… cinq ans de plus », a ainsi déclaré un manifestant, se présentant comme un ancien syndicaliste.

Quelques personnes ont brandi une pancarte Ni Macron ni Le Pen pendant cette manifestation.

« Je ne vois pas bien comment Marine Le Pen aurait une majorité, et je ne vois pas bien non plus où est la démocratie dans le régime d’Emmanuel Macron. Nous vivons dans un état d’urgence absolue, il n’y a pas de choix possible », a considéré une autre manifestante.

Des positions diversement appréciées parmi l’assistance, quelques personnes secouant la tête et soupirant ostensiblement pour afficher leur désaccord sur ce non-choix manifestement synonyme, selon elles, de vote pour Marine Le Pen.

Ces débats sont en tout cas révélateurs de l’état d’esprit et des débats qui animent une part non négligeable de l’électorat, à une semaine du second tour. Chez celle-ci, les cerveaux vont probablement continuer à bouillonner jusqu’au 24 avril.

Dimitri L’Hours le 17 avril 2022

Lire aussi:

 À Douarnenez, le dilemme des électeurs de Mélenchon

 

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13 avril 2022 ~ 0 Commentaire

douarnenez (le télégramme)

macron petain

« Macron me fait peur mais Le Pen, ce serait la cata » 

à Douarnenez, le dilemme des électeurs de Mélenchon 

Avec 30,46 % des suffrages exprimés, Jean-Luc Mélenchon est arrivé largement en tête du premier tour de la présidentielle à Douarnenez (29), ville de 14 000 habitants. Chez beaucoup d’électeurs, le casse-tête a commencé quant à la position à adopter pour le 24 avril.

« Pays de merde » : à Douarnenez, les frustrations et les colères s’expriment bien souvent sur les murs de la ville, en témoigne ce tag bien visible inscrit sur une maison de la rue Ernest-Renan, en centre-ville de cette cité portuaire à l’histoire ouvrière et frondeuse. Une réputation confirmée, dimanche soir, lors du premier tour de la présidentielle, et l’arrivée en tête de Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France Insoumise, avec 30,46 % des 8 857 bulletins exprimés.

Dans le centre-ville, traditionnellement ancré à gauche, il a même recueilli 47,28 % dans le bureau de vote installé à la mairie, sous l’œil un poil interloqué de Jocelyne Poitevin, maire divers droite de la ville.

« Avec ce score, Douarnenez confirme son identité populaire, son engagement pour le bien commun, la dignité de l’emploi, l’importance de la culture ou l’écologie », veut croire Yolande Bouin, cheffe de file des Insoumis au niveau local et conseillère municipale d’opposition, entourée de trois camarades militantes. Même si elles reconnaissent la dynamique du vote utile ayant permis son hégémonie à gauche, elles estiment néanmoins que le vote Mélenchon à Douarnenez est, avant tout, un vote de conviction.

« On n’aurait pas craint les flash-balls »

Ce n’est pas exactement ce que disent Carmen, 30 ans, et Mischa, 25 ans, attablés devant un local autogéré de Douarnenez où ils sont bénévoles. « Je n’avais pas voté depuis les Européennes de 2014. Mélenchon, je l’ai longtemps détesté, ce côté vieux politique ultra-viril qui parle énormément, et le culte du chef au sein du mouvement.

Mais cette fois-ci, c’était le type à gauche qui avait une chance, dans un contexte ambiant de plus en plus flippant, avec une montée des idées d’extrême-droite de Zemmour et Le Pen. La plupart de mes amis qui ont voté Mélenchon ont eu ce raisonnement », affirme Mischa. « Avec lui au pouvoir, on aurait certainement dû continuer des luttes sociales mais au moins, on n’aurait pas craint les flash-balls en manifestation », embraye Carmen, dont le choix aurait aussi pu se porter sur Philippe Poutou ou un vote blanc. « Avec ce mouvement autour de nous, on a vraiment cru que Mélenchon allait passer ! »

« Avec Le Pen, ce serait certainement très noir mais avec Macron, c’était noir avec au mieux quelques nuances de gris »

« Je crains que trop d’électeurs de Mélenchon s’abstiennent »

Comme de nombreux autres électeurs de l’insoumis en chef (du moins si l’on en croit les sondages), Carmen et Mischa ne savent pas encore exactement ce qu’ils feront le 24 avril.

« Pour moi, Emmanuel Macron a été violent durant son mandat. Sa première mesure en arrivant au pouvoir a été de supprimer l’impôt sur les grandes fortunes. Et là, la première proposition de sa campagne, c’est de contraindre les bénéficiaires du RSA à 15 ou 20 heures d’activité », blâme Carmen.

« Et puis, il a continué la casse du service public pendant la crise sanitaire », embraye Mischa, avant de tancer également la politique migratoire du président sortant. « Avec Le Pen, ce serait certainement très noir mais avec lui, c’était noir avec au mieux quelques nuances de gris ».

Une chose est sûre : leur choix ne se portera pas sur Marine Le Pen, ce sera abstention, blanc ou Macron. À côté de Carmen et Mischa, Maël-Gwen, jeune femme de 29 ans actuellement au RSA, soupire : « Je n’ai pas pu voter au premier tour parce que je n’étais pas là, j’aurais choisi Mélenchon aussi. Mais au deuxième tour, je vais aller voter Macron parce que je crains que trop d’électeurs de Mélenchon s’abstiennent et qu’elle arrive au pouvoir. Macron me fait peur mais Le Pen, ce serait vraiment la cata ».

Et, parce que chaque mur ou presque a son propre message à Douarnenez, un autre tag, inscrit à quelques dizaines de mètres du « Pays de merde » de la rue Ernest-Renan, résume à lui seul l’entrain qu’inspire ce schéma du second tour aux électeurs locaux de Jean-Luc Mélenchon : « Quitte à en prendre pour cinq ans »…

Dimitri L’Hours le 13 avril 2022

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27 mars 2022 ~ 0 Commentaire

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À Douarnenez, croix gammées, inscriptions antisémites et tags pro-Zemmour sur le local du PS

Dans la nuit de samedi à dimanche, le local du Parti socialiste, à Douarnenez, a été la cible de nombreux tags à caractère raciste et antisémite.

Les automobilistes et passants n’ont pas pu les rater en empruntant la rue Louis-Pasteur : le local du Parti socialiste, à Douarnenez, a été la cible de nombreux tags à caractère raciste et antisémite, dans la nuit de samedi à dimanche. Plusieurs croix gammées ont été dessinées sur les murs du bâtiment, ainsi que de nombreuses inscriptions pro-Zemmour. Le visage d’Anne Hidalgo a également été recouvert d’une étoile de David, accompagnée du mot « Juif » ainsi que d’un marteau et d’une faucille.

La section douarneniste du Parti socialiste indique qu’une plainte sera déposée ce dimanche à la gendarmerie.

« Acte imbécile et intolérable »

« Avec ce genre d’actes, on en finit par se demander s’il faut garder les locaux de formation politique aussi visibles », considère Florence Crom, élue socialiste de l’opposition au conseil municipal de Douarnenez, selon qui le local du PS a déjà été visé par des inscriptions hostiles par le passé, dans une moindre proportion toutefois.

Elle comme de nombreux autres militants et responsables du Parti socialiste, locaux, départementaux et nationaux, ont dit leur consternation, sur les réseaux sociaux, ce matin. Tristan Foveau, premier secrétaire fédéral, évoque ainsi un « avilissement du débat démocratique (qui) libère les pires abjections et les expressions les plus lâches ».

Maire de Morlaix, Jean-Paul Vermot parle quant à lui d’un « acte imbécile et intolérable », tandis que Jérôme Guedj, ancien président du Conseil général de l’Essonne, condamne une « manifestation ordinaire de l’antisémitisme décomplexé ».

Dans un communiqué, l’UDB Ouest-Cornouaille a à son tour réagi, considérant que « même la Bretagne n’est plus épargnée aujourd’hui » par l’extrême-droite, courant politique synonyme, selon la formation régionaliste de gauche, de « rejet de l’autre, refus de la différence et souvent de guerre ».

Ce ne sont pas les premières croix gammées tracées à Douarnenez dans le cadre de la campagne : fin janvier, le symbole nazi avait déjà été dessiné sur des panneaux d’affichage libre.

Dimitri L’Hours  27 mars 2022

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À Douarnenez, le soutien à l’Ukraine torpillé par un élu très à droite

Alors que les soutiens à l’Ukraine et aux réfugiés se multiplient de la part des collectivités locales depuis le début de l’invasion russe, le conseil de Douarnenez communauté (jeudi 24 mars) a tranché sur l’unanimisme ambiant. Pas sûr que le territoire et ses élus en sortent grandis…

En cause, un vœu de soutien à l’Ukraine, dont le texte ne semblait pourtant pas particulièrement clivant, puisqu’il réaffirmait le soutien de principe à l’Ukraine et aux sanctions internationales, et demandait un cessez-le-feu et l’ouverture de corridor humanitaire. Il devait être transmis à l’ambassadeur de la Fédération de Russie. Une démarche symbolique, certes, mais positive pour le moral des Ukrainiens, à qui il n’est jamais superflu de rappeler qu’ils ont le soutien au moins moral des populations européennes. Surprise : le vœu sera rejeté !

« Trop politique », a-t-on pu entendre lors de la soirée. Comme si les élus du peuple ne pouvaient pas prendre de position politique… Notons que l’argument selon lequel les collectivités locales n’auraient pas à se mêler de relations internationales est également mis en avant au Conseil régional de Bretagne par le groupe d’extrême-droite Rassemblement national.

Le vrai problème vient sans doute d’un passage du vœu appelant à « accueil digne de tous les réfugiés qui fuient la guerre sans distinction de nationalité ». Dominique Boucheron, premier adjoint à Douarnenez, a en effet jugé nécessaire de faire le distinguo entre les réfugiés ukrainiens fuyant la guerre et ceux qui en « profiteraient » pour venir.

Il ne s’agissait manifestement pas d’un moment d’égarement, puisque le même élu avait déjà ciblé « les gens de couleurs » comme seuls responsables de l’oubli « des directives sanitaires préfectorales quant à une pêche “raisonnée” » (1 )dans sa ville, déclenchant une vague de critiques pour le racisme de ses propos (il a néanmoins été maintenu dans ses fonctions).

La coalition d’un élu manifestement hostile à l’accueil de réfugiés et d’autres élus refusant de condamner l’invasion russe a donc fait échouer le vœu. L’élue douarneniste Florence Crom, qui siège à Douarnenez dans l’opposition à Mr Boucheron, s’est indignée des propos tenus en particulier sur les réfugiés. Une aide financière à l’Ukraine a tout de même été votée.

Cet épisode honteux est un vrai cas d’école du poids que peuvent acquérir les idées d’extrême-droite lorsqu’elles avancent masquées, dans des instances intercommunales où l’on prétend de plus en plus « ne pas faire de politique. »

1« Les propos du premier adjoint au maire de Douanenez suscitent l’indignation », Le Télégramme, 28 juillet 2020.

25 mars 2022

http://lepeuplebreton.bzh/

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13 décembre 2021 ~ 0 Commentaire

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À Plogoff, voici 40 ans, la lutte antinucléaire faisait reculer l’État

Le 12 décembre 1981, le gouvernement de François Mitterrand abandonnait le projet de centrale nucléaire à Plogoff, en Bretagne. Cette décision consacrait la victoire exemplaire d’une lutte citoyenne de grande ampleur. En voici l’histoire.

À l’extrémité de la Bretagne, la pointe du Raz dresse ses rochers noirs face à l’île de Sein, « l’un des derniers promontoires du monde occidental », selon l’écrivain breton Pierre Jakez Hélias. C’est une côte déchiquetée par les vagues de l’Atlantique. Sur la lande, ajoncs et bruyères ploient sous les rafales des vents d’Ouest. Ici, la terre est pauvre, les arbres squelettiques et les humains robustes. Le paysage est d’une beauté bouleversante, impressionnante. Devant cette immensité sauvage, on se demande comment des technocrates ont pu envisager d’y édifier une centrale nucléaire. « Nous produisons la plus belle chose que puisse concevoir l’intelligence humaine, la quintessence de la technologie, et pour nos centrales, il faut les plus beaux écrins possibles », avait répondu un ingénieur d’EDF au journaliste Jean Guisnel, correspondant à l’époque du journal Libération.

C’est la stupeur le 3 décembre 1974 lorsque le petit village de Plogoff, sur lequel est situé la pointe du Raz, apprend qu’il a été choisi pour abriter une centrale nucléaire, un projet s’inscrivant dans le programme nucléaire de Pierre Messmer (Premier ministre jusqu’en mai 1974) prévoyant la construction de 400 réacteurs dans toute la France.

À Paris, les technocrates misent sur une faible mobilisation de la population, jugée « naïve et crédule », convaincus que les villageois accepteront les cadeaux de l’État et d’EDF : des lotissements, des piscines, des équipements sportifs, des usines, des emplois… Des millions de francs couleront les sillons du cap Sizun.

Mais surprise ! Les villageois ne veulent pas du béton, des maisons neuves et des terrains de golf… ! Ils veulent garder leur lande, leur sable, leurs rochers, leur granit, leurs ajoncs… Les promoteurs d’EDF étaient loin de penser qu’ils affronteraient une opposition radicale, obstinée, et que sept ans plus tard, EDF et l’État seraient contraints de céder devant la pression citoyenne.

Les femmes tiennent tête aux gendarmes mobiles

La lutte de Plogoff, un temps oubliée, est aujourd’hui considérée comme emblématique et exemplaire : d’abord l’engagement total du maire, Jean-Marie Kerloch, aux côtés de ses concitoyens. Lorsqu’il reçoit les dossiers de l’enquête publique — procédure classique de consultation pour tout projet d’envergure —, il décide avec son conseil municipal d’y mettre le feu sur la place de l’hôtel de ville, le 30 janvier 1980.

Acte de rébellion spectaculaire qui entrainera l’arrivée de mairies annexes installées dans des estafettes et gardées par sept escadrons de gendarmes mobiles. Barrages et manifestations vont s’enchainer quotidiennement devant ce que les villageois ressentent comme une agression.

À Plogoff, les hommes sont en mer : ils travaillent pour la marine marchande, pour la Royale (la Marine nationale) ou encore sur les bateaux de pêche. Les femmes sont habituées à se débrouiller seules. Pendant les six semaines de l’enquête publique imposée par la force aux habitants (janvier – mars 1980), ce sont elles qui tiennent tête aux gendarmes mobiles, dont certains craquent, décontenancés par des grands-mères qui les insultent. Ils seront remplacés par des escadrons de parachutistes plus aguerris.

Face aux grenades lacrymogènes, les villageois brandissent leurs lance-pierres. « Ce qui était difficile, se souvient l’un des leaders, Jean Moalic, c’était de ressentir la colère contre nous qui demandions de ne pas tomber dans la violence. »

Peu à peu, la lutte va mobiliser des dizaines de milliers de personnes — 100 000 lors du rassemblement Plogoff-Larzac à la baie des Trépassés, en mai 1980 —, l’engagement de citoyens venus de toute la Bretagne et plus tard de toute la France, la mobilisation des artistes et chanteurs bretons, l’occupation du terrain de la future centrale par une bergerie, le jumelage avec la lutte du Larzac, convaincront le candidat Mitterrand, qui promet d’abandonner le projet de Plogoff et celui du Larzac. Promesse tenue après son élection : le 12 décembre 1981, le projet est officiellement abandonné.

Les opposants antinucléaires de Plogoff ne se battaient pas seulement pour sauver leur terri-toire. Ils ne voulaient du nucléaire ni à Plogoff ni ailleurs. Un programme Alterbreton avait été proposé pour valoriser les énergies renouvelables. Mais l’État, qui avait abandonné la construc-tion de la centrale, n’accorda aucun soutien au développement d’énergies renouvelables à Plogoff. Les écologistes bretons n’ont pu ensuite que constater le développement des centrales nucléaires sur tout le territoire français. Après la victoire, ils ont bu la coupe d’amertume et tous leurs projets alternatifs — sans doute trop en avance — ont été abandonnés pendant trois décennies.

« Le chemin proposé il y a quarante ans à Plogoff est plus que jamais d’actualité »

Aujourd’hui, l’association Plogoff mémoire d’une lutte a été créée pour honorer celles et ceux qui se sont battus contre ce projet, et surtout pour sensibiliser les jeunes au combat antinucléaire. Loin d’être des anciens combattants, tous sont engagés dans les luttes actuelles : naguère à Notre-Dame-des-Landes, aujourd’hui à Flamanville, à Bure… tandis que d’autres se sont tournés vers l’agriculture biologique.

Tous les ans, le dernier dimanche d’août, une marche est organisée sur le site où devait s’ériger la centrale. Pour célébrer la beauté du site préservée et pour échanger avec ceux et celles qui se battent contre « les grands projets inutiles » et qui viennent à Plogoff pour s’inspirer, y puiser la conviction « qu’un groupe uni et déterminé peut gagner un combat qu’on disait perdu d’avance », comme l’affirme l’un des acteurs de la lutte, Jean Moalic.

En août 2020, l’association Plogoff Mémoire d’une lutte a lancé un « appel à continuer la lutte antinucléaire au moment où EDF et les pouvoirs publics présentent faussement le nucléaire comme une énergie verte et décarbonée pour lutter contre le réchauffement climatique ; au moment où EDF et les pouvoirs publics proposent de construire six réacteurs EPR alors que le chantier de Flamanville accumule les malfaçons et les retards, […] et accélèrent le projet de stockage souterrain de déchets radioactifs à Bure, dans la Meuse, pour justifier la poursuite du programme nucléaire ».

Et l’appel conclut : « Alors que s’aggrave la crise climatiquxe et écologique, le chemin proposé il y a quarante ans à Plogoff est plus que jamais d’actualité […] car le nucléaire n’a jamais été une solution mais un problème. »

Plogoff, une lutte au bout du monde, sous la direction de Jean Moalic, Gilles Simon, Fañch Le Hénaff, édition Locus Solus, octobre 2021, 27 euros.

Dominique Agniel est journaliste. Elle a notamment réalisé le documentaire Plogoff, mon amour, mémoire d’une lutte (2018).

https://reporterre.net/

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08 décembre 2021 ~ 0 Commentaire

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Plogoff, une lutte au bout du monde

Le 12 décembre 1981 : le décret entérinant l’abandon du projet de centrale nucléaire à Plogoff paraît au Journal officiel. C’est l’issue d’un combat de plusieurs années. 40 ans après, un livre revient sur cette lutte emblématique et en souligne la brûlante actualité.

Le livre

C’est un bel objet, cartonné souple, coloré et rempli de photos du site, des événements, des personnages. Des articles courts permettent à une quinzaine de contributeurs de mettre en évidence différents aspects de la lutte, sous la coordination d’un trio incarnant la bataille de Plogoff.

Les auteurs

Jean Moalic, d’abord, militant actif avant et après Plogoff, actuel président de l’association Plogoff mémoire d’une lutte, il a été en première ligne de 1974 à 1981. Fañch Le Hénaff, affichiste, a été militant durant les événements. Gilles Simon, enfin, par ailleurs auteur d’une thèse en sciences politiques sur Plogoff, l’apprentissage de la mobilisation sociale (un livre extraordinaire, aux Presses universitaires de Rennes, comme une modélisation d’une lutte victorieuse !). Parmi les 15 contributeurs, de nombreuses références dans les milieux militants (Gérard Borvon) et universitaires (Tudi Kernalegenn)…

Les (autres) acteurs

Le « peuple de Plogoff » est lui, omniprésent dans l’ouvrage, sur toutes les photos qui rappellent la lutte, son ancrage dans la population, l’engagement des femmes dans la lutte, y compris face aux forces de répression, les affrontements avec la police, les grandes manifestations, la plus célèbre étant celle de la baie des Trépassés en mai 1980, avec 100 000 personnes et les moutons du Larzac !

Acteur de pierre et de lande, éperon le plus avancé, au sud de la Bretagne, qui se termine par la pointe du Raz, face à l’île de Sein, c’est le cap Sizun dans son entier qui s’est levé contre la centrale. Dans chaque village des comités de résistance se sont mis en place, s’exprimant par une explosion graphique au travers d’une abondante production d’affiches et d’autocollants fleurissant sur les autos de toute la région (largement présents dans le livre) !

Bilan et perspectives !

L’ouvrage n’est pas seulement une célébration ou un simple album de famille : c’est un outil militant qui doit donner de la force, montrer que gagner est possible, tracer une voie, celle du combat déterminé (ô combien) de la multitude des sans-grades. Les actuels opposants au nucléaire y trouveront des arguments, les ressources de l’expérience, pour se motiver et ne rien lâcher.

Le livre se termine d’ailleurs par une invitation à poursuivre la lutte, avec l’appel de Plogoff du 30 août :

« Nous appelons chaque citoyen à continuer la lutte antinucléaire au moment où EDF et les pouvoirs publics présentent faussement le nucléaire comme une énergie verte et décarbonée pour lutter contre le réchauffement climatique, proposent de construire 6 réacteurs nucléaires EPR alors que le chantier de Flamanville accumule les malfaçons et les retards, choisissent de prolonger les 56 réacteurs actuels pendant encore 20 ans, accélèrent le projet de stockage souterrain de déchets radioactifs à Bure dans la Meuse pour justifier la poursuite du programme nucléaire ».

Vincent Gibelin Hebdo L’Anticapitaliste  (09/12/2021) Vendredi 10 décembre 2021
Sous la coordination de Jean Moalic, Gilles Simon, Fañch Le Hénaff. Éditions Locus Solus, 176 pages couleur, 27 euros.
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