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18 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

“Le chômage des jeunes est hors de contrôle” (PE)

“Le chômage des jeunes est hors de contrôle” (PE) dans Crise Les-emplois-d-avenir-urgence-jeunes-chomeurs_reference

Selon la dernière enquête de l’OCDE sur le chômage, la fin de la crise n’est pas encore en vue.

En particulier au Portugal et en Grèce, qui, avec près de 60% de jeunes sans emploi, “payent un prix très élevé”, écrit De Morgen. Dans les 18 prochains mois, la situation devrait empirer. Le taux de chômage passera à 11% en France, à 12,5% en Italie et 28,2% en Grèce. Seule l’Allemagne s’en sort bien, avec un taux de chômage qui devrait tomber sous les 5% dans les mois à venir. L’OCDE exhorte les Etats à davantage intervenir et propose que les gouvernements subventionnent les entreprises qui embauchent des jeunes. Le quotidien qualifie cette proposition de “sur- prenante”, dans la mesure où l’OCDE s’est toujours fait l’avocate de la dérégulation et d’une diminution de l’intervention étatique.  17 juillet 2013 Presseurop De Morgen

http://www.presseurop.eu/fr/content/news-brief/3976951-le-chomage-des-jeunes-est-hors-de-controle

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18 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Cinq petits mots pour tout dire (LMD)

Cinq petits mots pour tout dire (LMD) dans Crise salauds-de-pauvres

Ces cinq petits mots n’ont guère fait de bruit. Et pourtant…

Pourtant, quand un ancien ministre français, M. Bruno Le Maire, qui a déjà fait part de ses ambitions présidentielles, revient sur la concur- rence qui, il y a deux ans, l’opposa à un de ses collègues pour succéder à Mme Christine Lagarde au ministère des finances, on sursaute de le lire ainsi décliner ses qualités : « Quand Christine Lagarde a quitté Bercy pour le FMI, on m’a proposé le poste. On m’a demandé de le prendre. Puis on me l’a retiré. C’est ça, l’histoire, et elle est simple. Tout le monde alors — de Juppé à Sarkozy en passant par Balladur et les présidents du CAC 40 — a estimé qu’il y avait une personne compétente pour reprendre Bercy, c’était Bruno Le Maire (1). »

Ainsi « les présidents du CAC 40 » comptent désormais au nombre des cautions dont se prévalent certains ministres soucieux d’accélérer leur carrière. A la limite, on s’en doutait un peu (2). L’ingénuité d’un tel aveu public surprend davantage. Il n’est donc plus interdit en France d’avouer que la politique économique et financière du pays se fait « à la corbeille » (le sobriquet donné autrefois à la Bourse), le CAC 40 étant précisément constitué des quarante principales sociétés cotées du pays. Interrogé en 1966 sur les fluctuations de la Bourse, le général de Gaulle, inspirateur (très théorique…) de l’UMP, formation de M. Le Maire, eut cette réplique : « La politique de la France ne se fait pas à la corbeille ». Il fut alors applaudi par certains journalistes… Foin d’hypocrisie, ce que M. Le Maire (UMP) a admis, Pierre Moscovici (PS) ne devrait-il pas le reprendre à son compte ? Les récentes décla- rations du ministre socialiste de l’économie et des finances remettant en cause la taxe sur les transactions financières, popularisée par Le Monde diplomatique (3), amènent en tout cas à se poser la question.

Le 11 juillet, lors d’une conférence destinée à des banquiers, M. Moscovici, devançant les craintes de ses auditeurs, s’est en effet transformé en porte parole du lobby bancaire : « La taxe sur les transactions financières suscite des inquiétudes quant à l’avenir industriel de la place de Paris et quant au financement de l’économie française. Le travail que je veux mener, c’est un travail d’amélioration de la proposition de la Commission pour mettre en œuvre une taxe qui ne nuise pas au financement de l’économie. » De M. Le Maire à M. Mos- covici, l’alternance gouvernementale est décidément bien douce pour le CAC-40. Et, au moment où Nicolas Sarkozy semble poser les jalons de son retour en politique active, le lobby bancaire n’a rien à craindre non plus de l’ancien président de la République au cas où sa revanche serait victorieuse dans quatre ans. Car, depuis qu’il a quitté l’Elysée, M. Sarkozy a occupé son activité — et accru sa fortune — en enchaînant les conférences devant des financiers. Tarif moyen : 100 000 euros.

Ce phénomène, on le sait, n’est pas spécifiquement français, loin de là. Aux Etats-Unis, l’ancien président Bill Clinton, qui a collecté 17 millions de dollars l’année dernière, n’a pas hésité à réclamer 700 000 dollars pour une seule conférence à Lagos, au Nigeria, un des pays les plus pauvres du monde… Son épouse, Hillary Clinton, ancienne ministre des affaires étrangères de son pays, est à son tour entrée dans la danse. Moyennant 200 000 euros par discours, elle révèle par exemple que le « leadership est un sport d’équipe »… (4) Aussi lucratif que le football professionnel ? Le Britannique Anthony Blair (5) l’Allemand Gerhard Schröder, l’Espagnol José María Aznar : la liste est longue désormais des anciens dirigeants politiques dont le divertissement des financiers et des banquiers est devenu le nouveau métier.

Les banques les rémunèrent sans doute aussi à proportion des services qu’ils ont autrefois reçus d’eux. Dernier exemple en date : M. Ehud Barak. Il y a quelques jours Le Figaro nous apprenait que « l’ancien ministre israélien de la Défense et ex-chef du gouvernement s’est reconverti dans la finance. La banque privée Julius Baer, spécialisée dans la gestion de portefeuilles de clients très fortunés, l’a recruté comme “consultant spécial pour les questions géopolitiques et macroéconomiques”. Le montant de ses rémunérations atteindrait plusieurs centaines de milliers de dollars par an (6). » Au moment où des centaines de millions de personnes souffrent des conséquences d’une crise financière, grâce soit rendue à l’élégance exquise des dirigeants démocratiques qui s’enrichissent en discourant devant des barons de la finance. Et qui n’oublient jamais de se faire apprécier par les « présidents du CAC 40 ». mardi 16 juillet 2013

(1) Le Magazine du Monde, 13 juillet 2013.

(2) Lire Serge Halimi, «  Etat des lieux pour préparer une reconquête  », Le Monde diplomatique, mai 2013.

(3) Lire Ignacio Ramonet, «  Désarmer les marchés  », Le Monde diplomatique, décembre 1997.

(4) Amy Chozick, «  Hillary Clinton Taps Speechmaking Gold Mine  », The New York Times, 11 juillet 2013.

(5) Lire Ibrahim Warde, «  Blair Inc.  », Le Monde diplomatique, novembre 2012.

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16 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Santé et travail : « Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés » (Dossier)

Santé et travail :

Sauvegarder tous les emplois, interdire les licenciements, sont des revendications incontournables au moment où des dizaines d’entreprises ferment et que des milliers de licenciements font chaque jour l’actualité. Avec raison, le mouvement ouvrier s’est mobilisé pour combattre l’exploitation via notamment les salaires, la qualification et le temps de travail, mais il a pour le moins sous-estimé l’aliénation, l’oppression que le capitalisme impose aux travailleurs pour permettre leur exploitation. Oppression et exploitation se renforcent mutuellement.

Avoir un emploi n’est pas la garantie du bien-être. Depuis quelques années, la souffrance des travailleurs ne peut plus rester dans le silence. La succession des suicides à France Télécom (Orange), Renault, La Poste ou Pôle emploi, y a malheureusement contribué. Il ne fau- drait pas les réduire à quelques exceptions ou encore à une « mode » passagère selon les propos de l’ex PDG d’Orange. La liste des suicides s’allonge, mais ce sont aussi les dépressions, pétages de plomb, crises de larmes, crises cardiaques, prise de médicaments, violences.


À travers ce dossier, nous abordons seulement quelques-uns des aspects de ces questions. Il faudra évidemment y revenir car les attaques engagées sur les retraites mettront aussi au cœur la question de la santé au travail. Ne pas perdre sa vie au travail, c’est aussi le meilleur moyen de profiter de ces années de retraite en bonne santé que l’on cherche à nous voler.

Dossier coordonné par Robert Pelletier Dimanche 14 juillet 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 203 (11/07/13)

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16 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Emprise managériale et déstabilisation des salariés

Emprise managériale et déstabilisation des salariés dans Crise 84082079

Les politiques contemporaines de mise au travail dans les grandes entreprises du secteur privé comme du secteur public déstabilisent les salariéEs et rendent leur travail de plus en plus éprouvant.
La raison essentielle est qu’elles cumulent une intensification et une individualisation systématiques du travail des salariéEs avec des chan- gements permanents : restructurations de services et départements, recompositions de métiers, changements incessants de logiciels, exter-nalisation, déménagements géographiques récurrents, mobilité systématique. Pris dans le tourbillon de ce changement perpétuel, face à des objectifs toujours plus exigeants, les salariéEs ne s’y retrouvent plus, ils perdent leurs repères ainsi que leur santé. Ce changement permanent a explicitement pour objectif d’adapter les structures, les organisations, ainsi que les compétences, à un environnement de plus en plus fluc- tuant et imprévisible, mais on doit l’interpréter aussi comme un mode de coercition et de contrôle destiné à remplacer ou accompagner la logique taylorienne devenue trop rigide. Pour que les salariéEs soient efficaces dans leur travail, il faut désormais qu’ils disposent d’une marge d’autonomie pour trouver eux-mêmes les solutions les mieux adaptées à des situations de travail complexes. Mais ces solutions doivent correspondre aux seuls valeurs et critères voulus par les directions, dans le cadre d’un capitalisme de plus en plus financier. Pas question que les salariéEs mobilisent leurs propres valeurs professionnelles et citoyennes pour marquer la réalité du travail de leur empreinte.

La précarité permanente Un véritable combat est donc engagé pour mettre au pas les salariéEs dans ces organisations devenues plus complexes. On voit ainsi à l’œuvre un processus de précarisation subjective des salariéEs par ce changement perpétuel qui est une attaque en règle contre leur métier et leur expérience, ressources indispensables pour maîtriser les difficultés de leur travail et faire valoir un point de vue argumenté sur la manière de le mener.
Dans ce contexte, les salariéEs sont sur le fil du rasoir et contraints d’agir comme à découvert, sans filet, sans boussole, sans arrière ni appui. DéstabiliséEs, et sans cesse contrôléEs par la traçabilité informatique comme les reportings incessants, tout est conçu pour les pousser alors à se raccrocher in extremis aux logiques, procédures, méthodes de travail et bonnes pratiques décidées par leur management.
De fait, les salariéEs ne se sentent plus chez eux, ni entre eux, dans leur entreprise, dans leur travail mais dans un environnement hostile où ils ont en permanence à réapprendre, à réinventer les modalités nécessaires pour maîtriser leur activité. Avec cette politique de réformes systématiques, les individus au travail sont en situation permanente de désapprentissage et réapprentissage. La précarisation subjective, ce n’est pas seulement la peur d’être conduit un jour à la faute professionnelle qui peut causer un accident, faire perdre son emploi, mais c’est aussi une mise en danger de soi, physique et morale par une atteinte au sentiment de sa valeur, de sa dignité, de sa légitimité.

Danièle Linhart
Sociologue du travail (CRESPPA-CNRS) http://npa2009.org/node/38155

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16 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Des suicides qui accusent

Des suicides qui accusent dans Crise charlie-chaplin

Dans notre société en crise, les suicides sont en nette augmentation : plus de 10 000 morts par an.

Parmi ceux-ci, de plus en plus de salariéEs, au travail ou en situation de chômage, qui choisissent des lieux symboliques (immolation devant Pôle emploi, sur le lieu de travail) et / ou qui laissent des traces écrites accusatrices contre leurs employeurs. Dans un article sur les suicides dans Libération fin mai, Marcela Iacub (« biographe » de DSK) dit tout haut ce que les directeurs des ressources humaines n’osent pas dire : « Depuis quelques années, les conditions de travail provoqueraient des suicides (…) Les travailleurs qui souffrent ont pourtant d’autres issues que de se suicider. Ceux qui ne cessent de claironner que les gens se suicident à cause de leurs conditions de travail sont en train de valider cet acte terrible comme forme de protestation politique  (…) On devrait donc déconsidérer le suicide comme moyen d’expression politique démocratique de la même manière que l’on traite les actes de terrorisme. Quand une bombe explose et fait des victimes, on ne dit pas que les terroristes ont voulu s’exprimer, même si tel est leur but. On les traite d’assassins. On pourrait dire la même chose des suicidés au travail. Ils sont des manières de terroristes du point de vue politique, car ils se servent du meurtre d’eux-mêmes comme arme au lieu de faire appel à la parole. »

Silence dans les rangs La Sécurité sociale, les tribunaux, commencent à reconnaître ces suicides comme des accidents du travail et des dirigeants se retrouvent accusés devant la justice pénale (Orange, Renault…). Face à cela on assiste à une contre-offensive visant à nier ces actes, à faire le silence, à considérer ces suicides comme « un mystère » qu’il serait interdit de commenter.
Plusieurs cas récents illustrent cette stratégie : un salarié se jette de l’escalier du 4e étage à l’heure du repas, quand son chef est arrivé en bas. Il n’a pas fait exprès, il est tombé par mégarde, dira l’enquête… Un salarié est retrouvé pendu, après s’être plusieurs fois plaint des conditions de travail. La DRH parle d’un « décès à son domicile suite à une pathologie ». Des syndicalistes, alignés sur la direction, avaient refusé que le CHSCT enquête et préféré le confier au cadre responsable « qualité de vie au travail » tout en faisant courir la rumeur que l’on n’est pas sûr du suicide… et accusant les délégués de Sud de l’avoir « poussé à continuer, sans vous rendre compte que la personne était fragile psychologiquement. »…
Ces types de suicide ne sont pas anodins. Ils sont le fait de salariéEs en grande souffrance qui jugent que le rapport de forces est trop dégradé pour permettre une autre action. Ils ont souvent essayé, par d’autres moyens, de protester auparavant, en vain. Cacher ce type de suicides, ne pas en parler, c’est les tuer une deuxième fois. Et ajouter à la souffrance des familles, car rien n’est plus dur pour les proches qu’un suicide qui n’a pas de sens. Nous devons respecter et défendre la mémoire et la signification de ces actes de protestation ultimes.
Le nombre de suicides par immolation est en forte augmentation, particulièrement chez les chômeurs et ce mode d’action est fait pour porter la protestation sur la place publique. Le suicide de Djamel Chaar devant le Pôle emploi de Nantes (dont le Premier ministre était maire) fait donc écho à celui de Mohamed Bouazizi qui par son geste a déclenché le « printemps arabe ». Porter la parole de ces suicidés, c’est œuvrer pour que la protestation massive prenne enfin corps et que notre société devienne vivable. Pour toutes et tous.

Jet Aelys http://npa2009.org/node/38155

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15 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Partenaires sociaux ou adversaires négociateurs? (Lcr.be)

Partenaires sociaux ou adversaires négociateurs? (Lcr.be) dans Austérité renard2

Tous les jours, médias, hommes politiques, « spécialistes » et même porte-parole des grandes organisations syndicales nous abreuvent du terme de « partenaires sociaux », pour désigner les représentants des travailleurs et ceux du patronat lorsque des négociations les mettent face à face.

Ce terme, loin d’être neutre, est en fait un conditionnement pour nous faire considérer qu’au-delà de divergences parfois aigües, les prota-gonistes sont des « partenaires » au sein d’un système, l’économie de marché; qu’ils ont des intérêts communs. Et qu’il est évident que seul l’économie capitaliste représente la réalité .

Or, les travailleurs n’ont globalement aucun intérêt commun avec les entrepreneurs, les banquiers, les multinationales. Dans l’économie capitaliste, l’ensemble de la richesse sociale est produite par les salariés, et une infime partie de celle-ci leur est restituée sous forme de salaires directs ou différés (les cotisations « patronales » à la sécurité sociale, par exemple). Depuis que le capitalisme existe, le pa- tronat et les salariés véritables créateurs de la  richesse, sont des adversaires irréductibles, de même que les travailleurs des grands circuits commerciaux, des services publics (administrations, enseignement, santé, etc.) auxquels les patrons et les banquiers doivent « pour faire rouler la machine » retourner une petite partie de la richesse accaparée, une part de leur profit global, suivant la même répartition entre salariés et capitalistes de ces secteurs, par exemple, de la grande distribution, tels Delhaize, Carrefour et autres…

Malheureusement nos capitalistes devaient, hier suivant les pays, maintenant suivant les continents, affronter l’impitoyable lutte de la concurrence pour les marchés, la conquête ou la conservation de ceux-ci et l’élimination de leurs concurrents. Celle-ci est de plus en plus nécessaire dans le cadre idyllique de la mondialisation. Pour mener la guerre de la concurrence, ils devraient donc s’efforcer d’obtenir, sous le nom de « paix sociale », un armistice sur le front social. Mais dommage pour eux, cette guerre de la concurrence qu’ils ont rebaptisée du beau nom de « compétitivité » les oblige en Europe à attaquer tous les acquis sociaux que des décennies de luttes sociales et d’armistices moins défavorables avaient assuré aux travailleurs. Et sont placés en situation de « guerre sur deux fronts » comme jamais auparavant.

Pourquoi ? Pour réaliser un profit, il faut non seulement produire mais aussi vendre les marchandises produites dans un marché de plus en plus saturé par la mondialisation. Et donc réduire les coûts de production et les prix. Cela pouvait se faire en réduisant les salaires réels, en comprimant un peu la part dévolue à l’encadrement du système. Mais à présent les frais consacrés à faire « tourner la ma- chine », services publics et autres activités non directement productives, ne sont plus assumables par les capitalistes, vu les exigences de la guerre de la concurrence !

Alors, outre les discours sur les « partenaires sociaux », on essaie de faire passer la pilule, on essaie la douce musique du patriotisme des acteurs sociaux : NOTRE compétitivité, NOS entreprises, l’intérêt commun. Mais cette musique-là n’est en fait qu’une cacophonie grinçante aux oreilles de la masse des « partenaires travailleurs » : chômage massif, licenciements, pauvreté et margina- lisation, dettes abyssales à rembourser aux banques par ceux qui n’en ont jamais vu la couleur, et la liste est longue encore…

Ah ! Être compétitif pour que les travailleurs d’une entreprise « concurrente » se voient jetés dehors grâce aux sacrifices de ceux d’une firme qui demain à son tour devra fermer en voyant ses gros actionnaires et ses dirigeants se retirer, les pauvres, avec leur avenir confortablement assuré !

Et pourtant… Pourtant ils existent, les partenaires sociaux : banquiers, entrepreneurs et assureurs, mais aussi dirigeants politiques, défenseurs ouverts et sans vergogne et représentants sans états d’âme de l’économie du marché et du profit, seule façon d’après eux d’orga- niser une société : ils défendent leurs privilèges becs et ongles.

Et hélas,  existent aussi les seconds couteaux sur lesquels les capitalistes se déchargent d’appliquer leur politique : diri- geants des partis dits socialistes ou sociaux-démocrates qui cherchent désespérément à mettre quelques miettes de « social » dans leur libé- ralisme « propre », certains hauts dirigeants de grands syndicats qui s’évertuent à préserver leurs petits privilèges d’interlocuteurs courtiers avec des capitalistes qui « ne peuvent plus » leurs concéder de misérables miettes, jusqu’au jour où ils auront achevé de scier eux mêmes la branche sur laquelle ils sont encore inconfortablement assis… Une économie sociale, solidaire, écologique et alternative peut seule nous sauver de la catastrophe vers laquelle nous allons, et tout enfumage ne peut à la longue masquer cette terrible réalité.

Par Mathieu Desclin le Lundi, 15 Juillet 2013

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=2939:partenaires-sociaux-ou-adversaires-negociateurs&option=com_content&Itemid=53

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29 juin 2013 ~ 0 Commentaire

G8 : une réunion de brigands et de menteurs

G8 : une réunion de brigands et de menteurs dans Austérité robert-de-niro-as-al-capone-in-the-untouchables

Le G8 s’est réuni les 17 et 18 juin. Il comprend huit pays : États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada et Russie.

La Chine n’en fait pas partie. Trois dossiers essentiels ont été discutés durant ce G8 : la Syrie, la fiscalité et les relations commerciales internationales. La semaine précédant le G8, le gouvernement français avait donné son feu vert à l’ouverture des négociations pour un traité de libre-échange avec les États-Unis. Le seul bémol important mis par la France est la culture, ce qui a amené le président de la Commission européenne, Barroso, à qualifier la position française de « réactionnaire ». Il avait pourtant obtenu l’essentiel de ce qu’il voulait.

Faire sauter les obstacles au marché En effet, cet accord de libre-échange, s’il était conclu, serait un instrument supplémentaire de casse de ce qui reste des acquis sociaux et environnementaux européens au profit des intérêts des grands groupes industriels et financiers. Il ne s’agit pas seulement de droits de douane mais aussi, voire principalement, de normes et de règles régissant l’environnement, la qualité des produits alimentaires, le crédit, les assurances. Car ces règles sont considérées comme des obstacles aux échanges commerciaux et financiers.
Ainsi, en matière agricole, les normes de qualité européennes sont d’un niveau le plus souvent supérieur à celles des États-Unis. L’accord pourrait ainsi faciliter l’entrée en Europe du bœuf aux hormones, des volailles lavées au chlore ou des OGM… Dans le même ordre d’idées, la loi française sur la fracturation hydraulique (gaz de schiste) pourrait être considérée comme une barrière à l’investissement et traînée en justice devant un tribunal commercial international (comme il en existe à l’Organisation mondiale du commerce). Le texte accentuera encore la liberté des mouvements de capitaux. Les banques et compagnies d’assurance américaines pourront opérer librement en Europe. Les mutuelles pourront ainsi être concurrencés par les compagnies américaines qui font payer leurs clients en fonction de leur état de santé. À l’issue du G8, les négociations vont démarrer avec la bénédiction de Hollande. Il faudra se mobiliser.

Contre les paradis fiscaux… faire semblant ! L’autre grand sujet économique était la fiscalité. Il y a eu de grands roulements de tambour sur la fin des paradis fiscaux. Très bien mais, en 2009, le G20, c’est-à-dire le G8 + Chine, Inde, Brésil, etc., avait déjà proclamé sa volonté d’en finir avec les paradis fiscaux. Depuis, il n’y a pas eu grand-chose de concret. Pourquoi le sujet réapparaît-il aujourd’hui ? Une des raisons est le besoin de faire au moins semblant d’agir quand les peuples sont de plus en plus scandalisés par la destruction des services publics, et par l’augmentation des impôts et cotisations sociales pour la masse, alors que les « gros » y échappent.
À l’issue du sommet, l’accord s’est fait sur une liste d’objectifs, notamment sur le renforcement des échanges automatiques d’informations entre les services fiscaux des différents pays et sur une plus grande transparence concernant les sociétés-écrans (qui permettent de dissimuler les bénéfices et les propriétaires réels). Mais le communiqué final ne contient aucun engagement ferme en vue de créer un registre des véritables propriétaires des entreprises, qui serait mis à la disposition de la justice et des services fiscaux. Car l’échange automatique des données ne sert pas à grand-chose si on se heurte à des structures opaques. Il faut connaître les propriétaires et bénéficiaires réels des sociétés et structures financières.
François Hollande y est allé de sa déclaration triomphaliste : le G8 a accompli « un grand pas » dans la lutte contre la fraude fiscale, a-t-il déclaré. Le titre du quotidien ­financier les Échos est plus proche de la vérité : des engagements, mais « peu d’actions concrètes ». Car il ne faut pas oublier que le problème de l’évasion fiscale, c’est avant tout le comportement des banques et des capitalistes des pays riches. L’année dernière, le PDG de Google, Éric Schmidt, avait réagi avec fierté aux nombreuses attaques contre des pratiques de diminution des bénéfices. L’entreprise ne paye quasiment aucun impôt ? « Ça s’appelle le capitalisme », expliquait-t-il…

Henri Wilno Vendredi 28 juin 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 201 (27/06/13)

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17 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Fnac. Plan de suppression de 600 postes dans les prochains mois (OF)

Fnac. Plan de suppression de 600 postes dans les prochains mois (OF) dans Crise greve-fnac-amiens-0296-300x253

La Fnac, dont la mise en Bourse est prévue jeudi, envisage de supprimer 600 postes, soit près de 7 % de ses effectifs français, dans les mois à venir dans le cadre d’un plan d’économies de 80 millions d’euros.

La direction « table sur la suppression de 600 postes supplémentaires dans les mois à venir », a déclaré au journal Le Parisien un dirigeant de la filiale de Kering (ex-PPR). Selon cette source interne, elles seraient mises en œuvre dans le cadre de deux plans, l’un baptisé Mars qui affecterait 289 disquaires, et l’autre Phoenix qui concernerait tous les métiers (caissiers, libraires, techniciens, etc.), mais uniquement dans les dix magasins de la capitale. « Les deux magasins les plus touchés seraient ceux du Forum des Halles, avec 100 postes en moins, et celui de Saint-Lazare », a indiqué le dirigeant, ajoutant que les organisations syndicales n’étaient pas encore informées de ce projet.

La Fnac dément toute réduction du personnel dans les magasins parisiens

La Fnac a réalisé un chiffre d’affaires de plus de 4 milliards d’euros en 2012 (-2,5 % sur un an) pour un résultat opérationnel courant en baisse de 23 % à 79 millions d’euros. Elle a perdu 141,7 millions d’euros l’an dernier. Un porte-parole de la Fnac a « catégoriquement » démenti au Parisien un projet de réduction du personnel concernant les magasins parisiens, et indiqué que des discussions ont été engagées il y a plusieurs mois avec les partenaires sociaux « pour voir comment accompagner la réduction du nombre de disquaires ». Kering avait annoncé en octobre 2012 son intention de scinder sa filiale de distribution de biens culturels et de l’introduire en Bourse en 2013, après avoir d’abord cherché pendant plusieurs années à la vendre. PPR a choisi de se recentrer sur le luxe et l’habillement sportif, plus porteurs au niveau international et plus rentables que la distribution, et se rebaptise Kering pour parachever cette mue. Économie lundi 17 juin 2013

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Fnac.-Plan-de-suppression-de-600-postes-dans-les-prochains-mois_6346-2203271-fils-tous_filDMA.Htm

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16 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Crise de la dette : La faillite est possible et nécessaire, l’histoire nous le montre

Crise de la dette : La faillite est possible et nécessaire, l'histoire nous le montre  dans Austérité couve-vive-la-banqueroute-202x300

 La banqueroute est nécessaire une fois tous les siècles, afin de mettre l’État au pair. » Qui théorise cette saine gestion ? Un fantaisiste ? Un pamphlétaire ? Pas du tout : l’abbé Terray, qui exerçait comme contrôleur général des finances de Louis XV. Qu’on imagine alors ses homologues contemporains, un Pierre Moscovici, un François Baroin, un ministre de l’Economie s’exprimant avec pareille audace ! À relire notre histoire de France souscette lumière, on éprouve comme une jouissance anachronique à cette habitude qu’avaient prise les monarques de régler leurs comptes, pour de bon, aux créanciers… Philippe le Bel ne chipote pas : il chasse d’abord ses créanciers du royaume avant de saisir, de condamner, de brûler « les banquiers de l’Occident »… plus radical dans ses actes que Jean-Luc Mélenchon dans ses discours ! Quand le « sieur Barbeite », conseiller du roi, recommande qu’on en revienne au « franc fort » et qu’à cause de lui les loyers triplent dans la capitale, on se le représente volontiers sous les traits de Jacques Attali, conseiller spécial de François Mitterrand, persuadant le prince moderne d’accrocher le franc au mark, de ne pas quitter le Système monétaire européen et de désindexer les salaires. Et c’est donc chez Jacques Attali que se déroulerait l’émeute, ouvriers et artisans au rendez-vous, saccageant sa résidence, buvant son vin, cassant ses meubles.

Et si les Grecs et les Espagnols ne remboursaient qu’un créancier sur trois ?

S’avance Henri II, qui emprunte des deniers à s’en faire péter le gosier, qui renverse le « too big to fail » d’aujourd’hui : c’est son royaume de France qui apparaît alors, aux yeux des financiers,« trop gros pour faire faillite », et eux lui prêtent donc par millions, par crainte de tout perdre. Qu’importent, pour ce souverain, les « générations futures » : qu’elles se débrouillent après lui avec l’endettement public.Son fils met en place une loterie : seul un rentier sur trois, tiré au sort, sera dédommagé ! C’est une « alternative », ça, non ? Et si on montait un loto géant, un Euromillions qui permettrait aux Grecs, aux Espagnolsaux Portugais, aux Chypriotes, de ne payer leurs créances qu’au hasard ? Arrive l’honnête Sully: dès son entrée au ministère, il mène « un audit de la dette » comme en rêvent aujourd’hui Attac ou le CADTM. Et le compagnon d’Henri IV écarte les« dettes illégitimes », opère une banqueroute, rejette les plaintes des prêteurs. La trésorerie est ainsi assainie, et il peut lancer un plan de grands travaux digne du New Deal. Colbert fait mieux : il dresse le procès des oligarques. Des clans entiers d’affairistes, 494 d’entre eux, sont démantelés, poursuivis, leurs biens adjugés, eux qui vivaient sur l’impôt comme des parasites. Il faut mesurer le choc, à l’époque, la peur qui règne chez les nantis : comme si, en 2013, d’un coup, les gros actionnaires d’EADS, de Veolia, de Dassault, etc., ces sangsues accrochées à la société, étaient emprisonnés, spoliés. Louis XVI rompt avec cette coutume : à l’audacieux abbé Terray, qui s’inscrivait dans une lignée, il préfère le spéculateur Jacques Necker, un genre de « Goldman Sachs boy », le chouchou de la bourgeoisie. Bien mal lui en prit : la crise de la dette, aggravée, conduira tout droit à la Révolution, et le roi à l’échafaud.

Expropriations et confiscations de biens en 1789, pourquoi pas aujourd’hui ? 

Comment Mirabeau, dès lors, à l’Assemblée nationale, envisage-t-il de le combler, « ce gouffre effroyable » ? « Eh bien ! Voici la liste des propriétaires français. Choisissez parmi les plus riches ; car ne faut-il pas qu’un petit nombre périsse pour sauver la masse du peuple ? Allons ! Ces deux mille notables possèdent de quoi combler le déficit. Ramenez l’ordre dans les finances, la paix et la prospérité dans le royaume. Frappez, immolez sans pitié ces tristes victimes. » C’est mieux que du Besancenot ! La CGT n’oserait pas signer pareil pamphlet ! Finalement, en cette année 1789, à la place de « deux mille », un seul propriétaire suffira : le patrimoine de l’Église sera confisqué. Et comment Talleyrand, évêque lui-même, justifie-t-il cette mesure extraordinaire ?« Le clergé n’est pas un propriétaire à l’instar des autres propriétaires, puisque les biens dont il jouit et dont il peut disposer ont été donnés non pour l’intérêt des personnes, mais pour le service des fonctions. » À notre tour, qui pourrions-nous exproprier – et sous quels motifs ? Sont-elles bien légitimes, au fond, les fortunes accumulées par cette classe d’inspecteurs des finances, Minc, Messier, Naouri, qui ont tout privatisé, tout libéralisé, avant de passer au privé et de ramasser la mise ? Sont-ils bien légitimes, les tas d’or amoncelés par les PDG des sociétés d’autoroutes, de télévision, de distribution d’eau, de gaz, d’élec-tricité – qui ne doivent leurs prébendes qu’à leur connivence avec les dirigeants politiques ? L’histoire est insoumise. C’est elle, par ses convulsions, par ses solutions hardies, qui nous enseigne la dissidence, voire la violence, c’est elle qui se braque contre les aboyeurs de la rigueur, contre les caniches du « il n’y a pas d’alternative », contre ces intellos toutous postés dans les écrans de télé comme les vigiles dans le sas des banques, protecteurs des coffres-forts, préférant ne plus penser.

Avec Thomas Morel. Par François Ruffin samedi 15 juin 2013 07:38

Extraits du livre « Vive la Banqueroute », par Thomas Morel et François Ruffin aux éditions Fakir.

 

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13 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Le Portugal en grève générale le 27 juin (esquerda.net)

Le Portugal en grève générale le 27 juin (esquerda.net) dans Austérité greve-geral-marco

Les centrales syndicales CGTP et UGT ont remis vendredi dernier au ministère de l’Economie un préavis de grève générale pour le 27 juin prochain. Pour le secrétaire général de la CGTP, Arménio Carlos, les trois causes de cette grève sont les suivantes :

Tout d’abord, de nombreux travailleurs qui ont voté pour le PSD et le CDS (partis de droite au pouvoir, NdT) se sont rendu compte que la politique du gou- vernement ne bénéficie qu’aux grands groupes économiques et financiers tout en pénalisant les travailleurs. En second lieu, parce que les gens se sont rendus compte que cette grève générale permettra de faire avancer des revendications pour résoudre les problèmes du pays et, en troisième lieu, parce que cette grève est aussi en défense de la dignité.

« C’est une grève générale qui concerne tous les travailleurs du secteur privé, du secteur public et aussi des entreprises d’Etat, mais c’est aussi une grève générale qui vise à défendre les nouvelles générations et, en conséquence, personne ne peut rester indifférent » a souligné Arménio Carlos. « Ou bien nous acceptons ce qu’ils veulent nous imposer, ou bien nous manifestons par la lutte notre indignation pour affirmer que nous ne voulons pas prendre ce che- min. Et cela passe par la sortie de ce gouvernement ». Pour Carlos Silva, dirigeant de l’UGT, « Ce n’est pas le gouvernement qui est en question, ce qui est en question ce sont les politiques du gouvernement et nous espérons qu’avec ce signal il se rende compte qu’il risque de perdre un interlocuteur social ». Carlos Silva a menacé de rompre l’accord de Concertation sociale que son syndicat a signé en janvier de l’année dernière : « Le sujet est sur la table. Nous ne voulons pas laisser tomber l’accord, qui fait partie de la stratégie de l’UGT,  dans le but d’aider le gouvernement et les autres acteurs sociaux à obtenir le prêt de la Troïka de 78 milliards d’euros, mais il appartient au gouvernement d’agir en conséquence ». Dans un communiqué commun, la CGTP et l’UGT affirment que « L’unité des travailleurs portugais dans des formes de lutte dure s’affirme aujourd’hui sans doute plus que jamais, comme une prémisse fondamentale pour obliger le gouvernement à changer le cap d’une politique excessivement marquée par l’austérité et par un agenda idéologique qui inclus des plans de privatisations des services, de destruction de l’Etat Providence et de toute perspective d’avenir pour la société portugaise ».

D’après Esquerda.net :
http://www.esquerda.net/artigo/centrais-sindicais-esperam-grande-ades%C3%A3o-%C3%A0-greve-geral/28163
Traduction française pour Avanti4.be.

http://www.avanti4.be/actualite/article/le-portugal-en-greve-generale-le-27-juin

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