Archive | Crise

21 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Grandes surfaces, première chute de la consommation depuis 2008 (lt)

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C’est une information du « Figaro » : pour la première fois depuis 2008, les Français ont réduit de 0,5 % en volume leurs achats de produits de consommation courante (alimentaire, entretien, hygiène…) l’an passé.

L’institut IRI (*), qui analyse l’intégralité des tickets de caisse, chiffre, en effet, cette chute à 0,5 %, tous circuits confondus (hypermarchés, supermarchés, hard discount et drive). Pour mémoire, les volumes étaient restés stables en 2012, après avoir progressé de 1 % en 2011. « Les Français ont continué à procéder à des arbitrages et réduit leurs achats en volume par foyer, a constaté Jacques Dupré, directeur Insight chez IRI. Ils ont sans doute également voulu limiter le gaspillage, comme c’est souvent le cas en temps de crise ».

* Institut de recherche et d’innovation.

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/economie/grandes-surfaces-premiere-chute-de-la-consommation-depuis-2008-21-01-2014-2375858.php

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20 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

La fortune des 85 personnes les plus riches est égale à celle de la moitié de l’humanité

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selon une ONG

Si vous avez regardé le classement Forbes de ces dernières années, il n’est pas rare que vous soyez restés bouche bée devant le montant colossal des fortunes des Bill Gates et autres Carlos Slim.

Cependant, l’ONG Oxfam vient de publier un autre chiffre qui devrait lui aussi vous laisser coi. D’après un rapport sorti le 17 janvier dernier, la richesse combinée des 85 personnes les plus riches du monde est égale à celle de la moitié la moins riche de l’humanité. « C’est sidérant qu’au 21ème siècle, la moitié de la population mondiale – soit 3,5 milliards de personnes – ne possède pas plus qu’une minuscule élite » a déclaré Winnie Byanyima, la directrice générale d’Oxfam international.

Une inégalité entre les plus riches et les plus pauvres qui se creuse, d’autant plus que cette minuscule élite (représentant 1% de la population mondiale) a vu sa part de revenus augmenter dans 24 des 26 pays pour lesquels des données sont disponibles entre 1980 et 2012, d’après Les Echos.

Les plus riches finalement peu affectés par la crise

« Même si la crise a momentanément entamé la part des richesses mondiales détenues par les plus riches, ces derniers se sont depuis largement rattrapés, » remarque l’Oxfam dans son rapport. Les 1% les plus riches en Chine, au Portugal et aux États-Unis ont plus que doublé leur part de revenus national depuis 1980. Même dans les pays réputés plus égalitaires comme la Suède et la Norvège, la part de revenus allant aux 1% les plus riches a augmenté de plus de 50%. Selon le quotidien économique français, les causes de ce creusement d’écart sont nombreuses: la déréglementation financière, les règles et les systèmes facilitant l’évasion fiscale, mais aussi les mesures d’austérité.

« Sans une véritable action pour réduire ces inégalités, les privilèges et les désavantages se trans-mettront de génération en génération, comme sous l’Ancien régime. Nous vivrons alors dans un monde où l’égalité des chances ne sera plus qu’un mirage » conclut l’Oxfam.

Le Huff Post/AFP  |  Par Wendy Bracat Publication: 20/01/2014 12h15 CET  |  Mis à jour: 20/01/2014 13h18 CET

http://www.huffingtonpost.fr/2014/01/20/85-personnes-les-plus-riches-egale-moitie-humanite-ong_n_4630261.html?utm_hp_ref=france

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19 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Économie, le vrai scandale français (ci)

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Pour l’économiste Paul Krugman, ce qui est vraiment choquant aujourd’hui en France, c’est d’entendre François Hollande souscrire aux vieilles doctrines économiques de droite. – Une soumission qui vire à la faillite intellectuelle.
*
François Hollande a cessé de m’intéresser dès que j’ai compris qu’il n’allait pas rompre avec l’orthodoxie destructrice de l’Europe et son parti pris d’austérité. Mais maintenant, il a fait quelque chose de vraiment scandaleux.

Je ne parle pas de l’aventure qu’il aurait avec une actrice, ce qui, même si c’est vrai, n’est ni étonnant (on est en France, quand même) ni choquant. Non, ce qui me choque, c’est qu’il souscrive désormais aux doctrines économiques de droite, pourtant discréditées. Ce qui vient nous rappeler que les difficultés économiques persistantes de l’Europe ne peuvent pas être seulement attribuées aux mauvaises idées de la droite. Certes, des conservateurs insensibles et malavisés ont appliqué leur politique, mais ils ont bénéficié de la complicité de politiciens mous et confus d’une gauche modérée (…)

François Hollande a déclaré : « C’est donc sur l’offre qu’il faut agir », avant d’ajouter « c’est l’offre qui crée la demande ».

L’offre crée la demande : une faribole

Eh bien dites donc. Le voilà qui reprend, presque mot pour mot, cette faribole depuis longtemps discréditée qu’on appelle la loi de Say, ou « loi des débouchés », selon laquelle il ne peut y avoir d’insuffisance globale de la demande, puisque les gens doivent bien dépenser leur revenu quelque part. C’est tout simplement faux, et particulièrement faux, en pratique, en ce début 2014.

Tout montre que la France regorge de ressources productives, de capital humain comme de capitaux financiers, qui restent inexploitées en raison d’une demande insuffisante. Il suffit pour le comprendre de voir avec quelle rapidité dégringole l’inflation. La France comme l’Europe dans son ensemble semblent même s’acheminer dangereusement vers une déflation à la japonaise.

Comment faut-il interpréter, dès lors, le fait que M. Hollande ait choisi ce moment, plutôt que tous les autres, pour reprendre à son compte cette théorie discréditée ?

Comme je l’ai dit, c’est le signe du piteux état dans lequel se trouve le centre gauche en Europe. Depuis quatre ans, l’Europe est en proie à la fièvre de l’austérité, avec des conséquences désastreuses. Le fait que la timide reprise actuelle soit saluée comme une réussite de cette politique en dit d’ailleurs très long. Etant donné les terribles difficultés suscitées par la politique en question, on aurait pu s’attendre à ce que le centre gauche plaide énergiquement pour un changement de cap. Or partout en Europe, le centre gauche (notamment britannique) a tout au plus émis quelques critiques molles et frileuses, avant, bien souvent, de se soumettre bon gré mal gré.

Quand François Hollande est arrivé à la tête de la deuxième économie de la zone euro, nous sommes quelques-uns à avoir espéré qu’il se dresse contre cette tendance. Mais comme les autres, il s’est soumis, soumission qui vire désormais à la faillite intellectuelle. L’Europe n’est pas près de sortir de sa deuxième « grande dépression ». The New York Times Paul Krugman 19 janvier 2014

http://www.courrierinternational.com/article/2014/01/19/le-vrai-scandale-francais?page=all

Commentaire: Ceci n’est pas un playdoyer « pro-keynésianisme »! Juste un avis sur notre austérité « de gauche ».

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19 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Dexia augmente ses dirigeants de 30%! (jdd)

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Trois cadres de la banque ont vu leurs salaires passer de 340.000 à 450.000 euros par an.

Le directeur financier, le directeur des risques et le secrétaire général de Dexia ont vu leurs salaires s’envoler de 340.000 à 450.000 euros par an à la simple faveur de leur entrée au comité de groupe. La banque a perdu 15 milliards d’euros depuis trois ans après avoir été renflouée de 5,5 milliards d’euros par la France et la Belgique.

http://www.lejdd.fr/Economie/Entreprises/Dexia-augmente-ses-dirigeants-de-30-649054

Sauvée par l’Etat, Dexia augmente trois dirigeants de 30% (jdd)

Trois dirigeants de la banque franco-belge Dexia, renflouée par les contribuables, ont vu leur rémunération s’envoler de 30% au 1er janvier. Tous gagnent au moins 450.000 euros par an.

Piscine intérieure, sauna, hammam et salle de sport. Le luxueux château Saint-Just, dans l’Oise, a accueilli jeudi et vendredi 70 cadres de Dexia pour un « séminaire stratégique ». Deux jours et une nuit en pension complète pour un coût d’environ 20.000 euros. La banque a mis les moyens pour introniser les trois nouveaux dirigeants nommés mi-décembre. Mais elle a oublié de dire que leurs salaires avaient été augmentés de 30%! Selon nos informations, le directeur financier, Pierre Vergnes, le responsable des risques, Marc Brugière, et le secrétaire général, Johan Bohets, ont vu leurs rémunérations annuelles passer de 340.000 à 450.000 euros. Le patron Karel De Boeck émarge déjà à 600.000 euros.

Pierre Vergnes et Marc Brugière remplacent Philippe Rucheton — qui partira en mars — et Claude Piret, en cours de négociation pour quitter la banque. Ces derniers gagnaient respectivement 500.000 euros et 480.000 euros. Un niveau plutôt élevé pour une banque détenue à 44% par l’État français et à 50% par la Belgique. En France, les salaires des dirigeants d’entreprises publiques chez EDF, Areva ou encore à La Poste sont plafonnés à 450.000 euros. En Belgique, le plafond descend à 290.000 euros.

« La banque ne fait plus rien »

En interne, ces augmentations font grincer des dents. Nationalisée en 2008, Dexia a perdu plus de 15 milliards d’euros en trois ans et a été renflouée par la France et la Belgique pour 5,5 milliards en 2012! Au siège, on confirme ces salaires mais on peine à les justifier. Liquider les 238 milliards d’euros de prêts au bilan « nécessite d’avoir des compétences pointues », explique la direction ajoutant : « On ne peut pas offrir d’énormes perspectives de carrière. » Sauf que depuis son déman- tèlement en 2012, « la banque ne fait plus rien », explique un banquier. Ces salaires sont comparables à ceux des dirigeants de grandes banques comme le Crédit agricole ou les Caisses d’épargne qui comptent près de 150.000 salariés.

Chez Dexia, les effectifs sont tombés à 1.300 personnes contre 22.000 il y a trois ans. Surtout, les trois dirigeants concernés n’ont pas endossé de nouvelles responsabilités. Ils occupent leurs fonctions depuis plus d’un an. Leur seule entrée au comité de direction, simple organe de gouver- nance, justifie leurs émoluments. En octobre 2012, le comité avait été réduit à trois membres pour faire des économies.

Dimanche 19 janvier 2014 Matthieu Pechberty – Le Journal du Dimanche

http://www.lejdd.fr/Economie/Sauvee-par-l-Etat-Dexia-augmente-trois-dirigeants-de-30-649180

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17 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Portugal: pour qui travaillent les ministres de l’économie et des finances? (ci)

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Les deux anciens ministres les plus décriés du gouvernement de Pedro Passos Coelho, Vítor Gaspar et Alvaro Santos Pereira, se sont reconvertis professionnellement au sein du FMI et de l’OCDE.
Selon un article de la journaliste Angela Silva publié dans l’hebdomadaire Expresso, l’ancien ministre des Finances portugais Vítor Gaspar est candidat à un haut poste au sein du Fonds monétaire international (FMI). Celui qui est connu pour avoir mené à terme dans son pays les politiques d’austérité demandées par la troïka (FMI, BCE, EU) de 2011 à 2013 devrait intégrer le département de politique fiscale au sein de l’organisation internationale, basée à New York.Lors de sa démission du gouvernement de Pedro Passos Coelho, en juillet dernier (après plusieurs grèves générales, manifestations massives et même des crachats de la part de clients dans son supermarché), il avait reconnu dans la lettre remise au Premier ministre que « l’impact de la dose d’austérité qu’il avait imposée au pays avait été dévastateur ».

L’homme avait vu sa cote de popularité chuter après la publication d’un « off » qui le met en scène dans une discussion avec Wolfgang Schäuble, le ministre des Finances allemand depuis 2009, où il manifeste une soumission sans équivoque. (Le journaliste auteur de la vidéo a d’ailleurs rapidement été suspendu.) Vítor Gaspar est actuellement conseiller à la Banque du Portugal.

Quant à l’ancien ministre de l’Economie Alvaro Santos Pereira (2011-2013), il assumera dès avril 2014 le poste de directeur du département des Countries Studies au sein de l’OCDE. Il est connu pour avoir été le défenseur de la transformation du pays en  »Floride de l’Europe », investissant dans le tourisme senior et créant une exonération fiscale totale pour les retraités français s’installant sur le sol portugais. L’augmentation parallèle des impôts sur les pensions de retraite et de réversion l’avait rendu particulièrement impopulaire.Cette versatilité professionnelle fait dire à Pedro d’Anunciação, chroniqueur à l’hebdomadaire Sol, que pour trouver de bons emplois dans un pays touché par plus de 15 % de chômage, peu importe les diplômes,  »l’important c’est avoir une quelconque expérience politique ». L’ancien ministre et cadre du parti de l’opposition (Parti socialiste) José Lello a, quant à lui, déclaré qu’ »alors qu’ils ruinaient notre futur, ils préparaient le leur ».

Selon une « source officielle » citée dans l’article d’Expresso, l’ascension des deux anciens ministres les plus contestés de l’équipe initiale du gouvernement de Pedro Passos Coelho est « très valorisante pour le Portugal ».

Courrier international Hugo Dos Santos 16 janvier 2014
Commentaire: Pour les larmes de crocodile du socialiste! Jaloux!

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16 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

la façon la plus simple de désobéir à la finance, c’est de refuser de payer les dettes (basta)

Volavautours

La dette ? Une construction sociale, fondatrice d’un pouvoir arbitraire, estime David Graeber, anthropologue et économiste états-unien, considéré par le New York Times comme l’un des intellectuels les plus influents actuellement.

Les pays pauvres et les personnes endettées sont aujourd’hui enchainés aux systèmes de crédit. Piégés dans des relations basées sur la violence, les inégalités et justifiées par la morale, décrit l’auteur, dans un ouvrage qui retrace 5000 ans d’histoire de la dette. « Rembourser ses dettes » est devenu un dogme, impossible à contester. Et si, malgré tout, on décidait d’effacer l’ardoise ? Avec le mouvement Occupy Wall Street, David Graeber lance des actions de désobéissance civile pour démontrer l’absurdité du système capitaliste actuel. Entretien.

Basta ! : A quel moment dans l’histoire le crédit est-il apparu ? Qu’est-ce qu’une dette ?

David Graeber [1] : La dette est une promesse, qui a été pervertie par les mathématiques et la violence. On nous a raconté une histoire : « Il était une fois des gens qui utilisaient le troc. Voyant que cela ne marchait pas très bien, ils ont créé la monnaie. Et l’argent nous a amené le crédit. » Du troc au crédit, une sorte de ligne droite nous amènerait donc à la situation actuelle.

Si on regarde plus attentivement l’histoire, cela s’est passé bien différemment !Le crédit a d’abord été créé. La monnaie physique est apparue quelques milliers d’années plus tard. Cela permet de poser les questions différemment : comment sommes-nous passés d’un système où les gens disaient « je vous dois une vache », à un système où l’on peut mesurer la valeur exacte d’une dette ? Ou l’on peut assurer, formule mathématique à l’appui, que « 340 poulets sont équivalents à cinq vaches » ? Comment une promesse, une obligation de remboursement, est devenue une « dette » ? Comment l’idée que nous devons une faveur a-t-elle été quantifiée ?

En quoi quantifier une dette est-elle un problème ?

Quantifiable, la dette devient froide, impersonnelle et surtout transférable : l’identité du créancier n’a pas vraiment d’importance. Si je promets de vous rencontrer à cinq heures demain, vous ne pouvez pas donner cette promesse à quelqu’un d’autre. Parce que la dette est impersonnelle, parce qu’elle peut être exigible par des mécanismes impersonnels, elle peut être transférée à une autre personne. Sans ces mécanismes, la dette est quelque chose de très différent. C’est une promesse qui repose sur la confiance. Et une promesse, ce n’est pas la négation de la liberté, au contraire, c’est l’essence de la liberté ! Être libre, c’est justement avoir la capacité de faire des promesses. Les esclaves ne peuvent pas en faire, ils ne peuvent pas prendre d’engagements auprès d’autres personnes, car ils ne sont pas sûrs de pouvoir les tenir. Être libre, c’est pouvoir s’engager auprès d’autrui.

Au contraire, le « remboursement de la dette » est devenu un dogme moral…

La dette a été transformée en une question d’arithmétique impersonnelle, en l’essence même de l’obligation morale. C’est ce processus que nous devons défaire. Il est fascinant aussi de voir le lien entre la notion de dette et le vocabulaire religieux, de constater comment les premières religions débutent avec le langage de la dette : votre vie est une dette que vous devez à Dieu. La Bible par exemple commence avec le rachat des péchés… (…)

Vous citez l’exemple de la mafia…

Parler de dette devient un moyen pour décrire des relations inégales. Les mafieux ont compris cela : ils utilisent souvent le terme de dette, même si ce qu’ils font est en réalité de l’extorsion. Quand ils annulent ou reportent certaines dettes, cela passe pour de la générosité ! C’est comme les armées qui font payer un tribut aux vaincus : une taxe en échange des vies épargnées. Avec le langage de la dette, on dirait que ce sont les victimes qui sont à blâmer. Dans de nombreuses langues, dette, culpabilité et péché sont le même mot ou ont la même racine.

La monnaie, qui permet de quantifier précisément la valeur d’une dette, apparaît d’ailleurs dans les situations de violence potentielle. L’argent est aussi né du besoin de financer les guerres. La monnaie a été inventée pour permettre aux États de payer des armées professionnelles. Dans l’Empire romain, la monnaie apparait exactement là où stationnent les légions. De la même façon, le système bancaire actuel a été créé pour financer la guerre. Violence et quantification sont intimement liés. Cela transforme les rapports humains : un système qui réduit le monde à des chiffres ne peut être maintenu que par les armes.

Il y a aussi une inversion : le créancier semble être devenue la victime. L’austérité et la souffrance sociale sont alors considérées comme un sacrifice nécessaire, dicté par la morale…

Absolument. Cela permet par exemple de comprendre ce qui se joue en Europe aujourd’hui. L’Europe est-elle une communauté de partenaires égaux ? Ou y a-t-il une relation de pouvoir entre entités inégales ? Est-ce que tout peut être renégocié ? Quand une dette est établie entre égaux, elle est toujours traitée comme une promesse. Nous renégocions des promesses tout le temps, car les situations changent : si je vous promets de vous voir demain à cinq heures, si ma mère meurt, je ne suis pas obligé de tenir ma promesse.

Les gens riches peuvent être incroyablement compréhensifs concernant la dette des autres riches : les banques états-uniennes Goldman Sachs et Lehman Brothers peuvent se concurrencer, mais quand quelque chose menace leur position générale de classe, soudain elles peuvent oublier toutes les dettes contractées si elles le veulent. C’est ce qui s’est passé en 2008. Des trillions de dollars de dettes ont disparu, parce que cela arrangeait les puissants. De la même façon des gens pauvres vont être très compréhensifs les uns envers les autres. Les prêts que l’on fait à des proches sont finalement souvent des cadeaux. C’est lorsqu’il y a des structures d’inégalités, que soudain la dette devient une obligation morale absolue.

La dette envers les riches est la seule à être vraiment « sacrée ». Comment se fait-il que Madagascar soit en difficulté quand il doit de l’argent aux États-Unis, mais que lorsque ce sont les États-Unis qui doivent de l’argent au Japon, c’est le Japon qui est en difficulté ? Le fait notamment que les États-Unis ont une puissante armée change le rapport de force…

Aujourd’hui, on a l’impression que la dette a remplacé les droits : les droits à la formation ou au logement se sont transformés en droit au crédit ?

Certains utilisent leur maison pour financer leur vie en contractant de plus en plus de prêts hypothécaires. Leurs maisons deviennent des distributeurs de billets. Les micro-crédits pour faire face aux problèmes de la vie se multiplient, en substitution de ce qui était auparavant assuré par l’État-providence, qui donnait des garanties sociales et politiques. Aujourd’hui, le capitalisme ne peut plus offrir un bon « deal » à tout le monde. On sort de l’idée que chacun pourrait posséder un bout du capitalisme : aux États-Unis, chacun était censé pouvoir investir dans les entreprises, qui en fait exploitent chacun. Comme si la liberté consistait à posséder une part de notre propre exploitation.  Par Agnès Rousseaux 16 janvier 2014

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14 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

usa, cinquante ans de « guerre contre la pauvreté » (ci)

Trickle

Pour quoi faire ?

Un demi-siècle après le lancement de la grande croisade du président Lyndon B. Johnson, 46 millions d’Américains vivent sous le seuil de pauvreté. Pour de nombreux Américains, la guerre contre la pauvreté déclarée il y a cinquante ans par le président démocrate Lyndon B. Johnson est un échec. Le taux de pauvreté n’est passé que de 19 % à 15 % en deux générations, et 46 millions d’Américains ne disposent toujours pas de ressources suffisantes, selon les chiffres du gouvernement. Mais, d’un autre point de vue, le gouvernement fédéral a tout de même réussi à enrayer la montée de la pauvreté. Personne ne peut nier que les programmes de protection sociale mis en place depuis le New Deal [notamment entre 1933 et 1938 par le président F.D. Roosevelt] ont considérablement amélioré les conditions de vie des Américains les plus pauvres.

Cinquante ans après le désormais célèbre discours sur l’Etat de l’Union de L.B. Johnson [prononcé le 8 janvier 1964], le débat sur le rôle que doit jouer le gouvernement pour enrayer la pauvreté est à nouveau relancé. Il faut dire que les inégalités entre les riches et les pauvres sont aussi fortes que dans les années 1920, et que le nombre de pauvres et de personnes en situation de précarité atteint des records. (Parallèlement, ces dernières décennies, ce sont surtout les plus riches qui ont engrangé les plus grands bénéfices.)

Les programmes sociaux comme les allocations chômage et les bons alimentaires per- mettent à des millions de familles de maintenir la tête hors de l’eau. Les républicains veulent faire des coupes dans ces deux programmes, preuve des désaccords majeurs qui existent entre les deux partis sur les solutions à apporter à ce problème.

Changer les mentalités des jeunes Américains

A Washington, le président Obama a qualifié les inégalités de « défi majeur de notre temps ». Et, pour relever ce défi, il voudrait inciter les Etats à élargir leur programme Medicaid [programme fédéral d'assurance-maladie pour les plus pauvres] et augmenter le salaire minimum, ainsi que le finan- cement de l’aide sociale à la petite enfance.

Mais des conservateurs, comme le député républicain du Wisconsin P.D. Ryan, portent un regard plus sceptique sur les statistiques de la pauvreté. Selon lui, le gouvernement dépense de manière inconsidérée les sommes destinées à la protection sociale et doit délaisser les aides directes pour se concentrer davantage sur la stimulation de l’économie et de l’emploi. « Notre pays doit prendre en compte deux faits : le taux de pauvreté est trop élevé, notamment chez les enfants, et les aides du gouvernement sous condition de ressources ne sont pas une solution, écrit Ron Haskins de l’Institut Brookings dans son rapport sur les échecs de la guerre contre la pauvreté. Avec les sommes dépensées par Washington dans ses programmes de lutte contre la pauvreté, il ne devrait plus y avoir un seul Américain dans le besoin, déclare-t-il. Pour mener une guerre efficace contre la pauvreté, poursuit-il, nous devons faire changer les mentalités des jeunes Américains. »

Des chiffres trompeurs

Pourtant un grand nombre de chercheurs soulignent à quel point la vie des plus pauvres s’est améliorée depuis le début de la croisade de Johnson. La mortalité infantile a dégringolé, le nombre d’Américains terminant leurs études supérieures a explosé, des millions de femmes sont entrées sur le marché du travail et la malnutrition a été éradiquée. Rappelons qu’à l’époque où Johnson a lancé sa campagne, certains foyers des Appalaches n’avaient ni électricité, ni eau courante.

Selon de nombreux économistes, les chiffres officiels de la pauvreté minimisent l’impact des programmes gouvernementaux. Le taux de pauvreté prend seulement en compte les revenus et non les avantages en nature comme les bons alimentaires par exemple. Avec une meilleure prise en compte de ce paramètre, on constate que le taux de pauvreté est passé à 16 % contre 26 % à la fin des années 1960.

Cependant, qu’elle soit évaluée selon les critères officiels du gouvernement ou par ceux des économistes, la pauvreté reste un problème récurrent et persistant de la société américaine. Environ 4 enfants africains-américains sur 10 vivent sous le seuil de pauvreté ; pour les enfants hispaniques, la proportion est de 3 sur 10.

Selon une étude récente réalisée à la mi-2011, quelque 1,7 million de foyers vivent avec moins de 2 dollars par jour et par personne ; une très grande précarité que l’on observe généralement dans les pays en voie de développement et qui est en augmentation aux Etats-Unis depuis le milieu des années 1990.

Le plus grand espoir pour les Américains les plus pauvres serait une embellie économique qui permettrait de faire baisser le taux de chômage (actuellement de 7 % au niveau national) et au plus grand nombre de reprendre leur place sur le marché du travail. Chez les gens qui travaillent à temps plein le taux de pauvreté est seulement de 3 % alors qu’il dépasse les 33 % chez les chômeurs.

The New York Times| Annie Lowrey 13 janvier 2014

http://www.courrierinternational.com/article/2014/01/13/cinquante-ans-de-guerre-contre-la-pauvrete-pour-quoi-faire

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10 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

séquestrations des patrons: quand près de la moitié des français approuvaient (reuters)

boss

Nicolas Polutnik  , directeur de Caterpillar France, a été enfermé dans son bureau à l’intérieur de l’usine Caterpillar à Grenoble le 31 Mars 2009.

Des dizaines de travailleurs confrontés aux licenciements  de l’usine dirigée par la société américaine Caterpillar Inc , ont arrêté quatre gestionnaires et ont exigé de nouvelles négociations sur les licenciements annoncés , selon un dirigeant syndical.

Près de la moitié des Français pensent qu’il est acceptable pour les travailleurs qui font face aux licenciements de séquestrer leurs patrons , selon un sondage publié mardi.

Les personnels d’usines françaises dirigées par Sony , 3M et Caterpillar ont gardé leurs patrons à l’intérieur des usines pendant la nuit , dans trois incidents distincts , pour exiger de meilleures conditions de licenciement – une nouvelle forme d’action de travail baptisé  » bossnapping » par les médias .

Un sondage réalisé par l’ institut CSA pour le journal Le Parisien montre que 50 pour cent des français interrogés désapprouvent ces actes , mais 45 pour cent pensaient qu’ils étaient acceptables .

 » Ils ne sont pas la majorité … mais 45 pour cent est un pourcentage énorme et il démontre l’étendue de l’exaspération parmi la population en cette période de crise économique », a déclaré le Parisien .

Le 31 Mars , le milliardaire François-Henri Pinault a été pris au piège dans un taxi à Paris pendant une heure par le personnel en colère à propos de licenciements . La police antiémeutes est intervenue pour le libérer .

Le Parisien a révélé que 56 pour cent des ouvriers interrogés approuvent la séquestrations tandis que 41 pour cent désapprouve . Parmi les cols blancs , 59 pour cent étaient contre la pratique , tandis que 40 pour cent pensaient que c’était acceptable .  » Ces prises d’otages , nous savons comment ça commence , mais on ne sait pas où çà peut aller « , a déclaré Xavier Bertrand , ancien ministre du travail maintenant secrétaire général de l’ UMP .

 » Notre pays doit éviter d’entrer dans une spirale de violence », at-il dit en réaction à l’enquête d’opinion , ajoutant que les séquestrations  » ne peuvent être tolérées .  » PARIS Mar 7 avril 2009

(Reportage par Estelle Shirbon , édité par Farah Master)

http://www.reuters.com/article/2009/04/07/us-france-bosses-idUSTRE5362ME20090407

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09 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

usa: l’augmentation de la productivité au seul bénéfice du patronat (lo)

usa: l'augmentation de la productivité au seul bénéfice du patronat (lo) dans Crise panting2

Dans une étude intitulée « The Forty-Year Slump » (quarante ans de crise éco- nomique), Harold Meyerson, journaliste connu et membre dirigeant du parti des Démocrates socialistes d’Amérique, membre de l’Internationale socialiste, analyse les reculs de la classe ouvrière et constate que l’évolution défavorable du rapport de force entre celle-ci et le patronat a permis à ce dernier d’accaparer tous les gains de productivité réalisés au cours de ces années de crise. Et ils sont considérables.Il cite un économiste de l’université du Michigan, Mark Perry, qui affirme qu’en moyenne un ouvrier d’usine aux États-Unis produit chaque année le triple de ce qu’il produisait en 1972, avant le début de la récession.

« Aujourd’hui, nous produisons deux fois plus de produits industriels que dans les années 1970 avec 7 millions d’ouvriers en moins. » Et Meyerson constate que « dans de nombreuses industries l’accroissement de la productivité va bien au-delà des estimations de Perry ». Il cite un PDG de l’US Steel qui affirmait en 2011 : « Il y a trente ans, il fallait dix heures d’un ouvrier pour produire une tonne d’acier ; aujourd’hui, cela prend deux heures. » Une augmentation de la productivité de 500 % en quarante ans !

Un ouvrier d’aujourd’hui produit autant que cinq ouvriers d’il y a quarante ans. Cette augmentation considérable de la productivité du travail humain devrait permettre de vivre mieux, de pouvoir mieux répondre aux besoins en matière d’éducation, de santé publique, de logement, d’assurer dans des conditions toujours meilleures le développement des enfants et la retraite des anciens.

Les politiciens qui osent affirmer qu’on ne peut plus payer les retraites parce que le nombre d’actifs a diminué par rapport au nombre de retraités sont de fieffés menteurs, qui veulent faire oublier qu’un actif d’aujourd’hui remplace trois, quatre ou cinq actifs d’hier !

Au cours de ces quarante années, l’augmentation de la productivité s’est accompagnée d’un afflux d’argent dans les caisses des entreprises. Elles s’en sont servi pour racheter leurs propres actions et augmenter les dividendes versés aux actionnaires, mais pas pour augmenter les salaires. La part de la classe ouvrière, la classe productive qui a produit ces richesses, a au contraire diminué dans le revenu national. L’étude se limite aux États-Unis mais elle est à l’image de ce qui s’est passé dans bien d’autres pays. Dominique CHABLIS

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2371&id=43

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29 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

la crise: explications 1&2

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