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15 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Inégalités : le retour des pharaons (Lmd)

Inégalités : le retour des pharaons (Lmd) dans Austérité idees_noires

« Les inégalités ont toujours existé », entend-on souvent dire par ceux qui aimeraient banaliser leur flambée.

Certes, mais elles étaient encore plus prononcées du temps des pharaons. Notre modernité s’inspirerait-elle donc du temps de l’Egypte ancienne ? Inde, Chine, Russie, Italie, Etats-Unis, pays du Golfe : l’essor des fortunes et du nombre de milliardaires paraît caractériser l’état des lieux, comme le détaille le dernier numéro du Monde diplomatique. Un dernier exemple vient de nous en être donné dans les entreprises américaines.

Ainsi que le rappelle Business Week (1), qui ne passe pas pour une publication anticapitaliste, le très célèbre théoricien du management Peter Drucker avait théorisé en 1977 qu’une entreprise dans laquelle les écarts de salaires dépassaient un rapport de 1 à 25 voyait ses performances diminuer. Car plus les inégalités se creusent, plus une mentalité individualiste destructrice sape le travail collectif, l’esprit d’équipe et, au final, les résultats de l’entreprise, y compris pour ses actionnaires. Être payé autant en une journée que d’autres en un mois semblait donc représenter la limite à ne pas dépasser. Non pas tant pour les ouvriers et employés qui, en général, ne se font guère d’illusion sur le côté « famille heureuse » de la structure privée qui les emploie (« Ils sont déjà persuadés, écrivait Drucker, que leurs patrons sont des escrocs »). C’est donc plutôt de l’encadrement que les problèmes surgiraient : au-delà d’un certain écart de rémunération, le cynisme gagne, le cœur à l’ouvrage se perd, l’absentéisme s’envole.

Logiquement, Business Week a donc voulu savoir quelle était la situation actuelle aux Etats-Unis.

C’est peu de dire que l’écart de 1 à 25 est pulvérisé. J. C. Penney, qui vend des chemises et des pantalons bon marché, permet aussi à son patron de ne pas se soucier de faire des économies vestimentaires. Chaque jour, la rémunération de Ronald Johnson correspond en effet à plus de six années de salaire d’un de ses employés. Car l’écart va de 1 à 1 795 entre la paie annuelle du premier (53,3 millions de dollars) et celle du vendeur moyen (vraisemblablement une vendeuse…), de J. C. Penney (29 000 dollars). A Abercrombie (2), médaille d’argent de l’iniquité, l’écart va de 1 à 1 640. Parmi les autres « lauréats » de ce classement, Starbucks est cinquième (écart de 1 à 1 135). Et Ralph Lauren, Nike, Ebay, Honeywell, Walt Disney, Wal-Mart et Macy’s se disputent les vingt premières places. A Intel, centième (et dernier) de la liste, l’égalité n’est pas tout à fait réalisée non plus, mais l’écart n’est « que » de 1 à… 299 (3).

Bien sûr, certains vont trouver injuste de mettre sur le même plan la rémunération d’un « capitaine d’industrie » — forcément brillant, talentueux, innovant — avec celle d’un de ses employés qui, lui, n’aurait d’autre souci dans la vie que d’obéir. L’étude d’une autre publication, tout aussi peu subversive que Business Week, risque par conséquent de les décontenancer. Consacrant un dossier détaillé aux « Entreprises plus fortes que les Etats », L’Expansion (mai 2013) a cette fois comparé la rémunération des patrons du privé avec celle de responsables politiques de premier plan, à qui il arrive peut-être, à la Maison Blanche ou à l’Elysée, de prendre des décisions qui ne sont pas insignifiantes. On apprend alors que M. Tim Cook, patron d’Apple gagne près de 1 000 fois le salaire annuel de son compatriote Barack Obama (378 millions de dollars dans un cas, 400 000 dollars dans l’autre). Et que M. Maurice Lévy, patron (intouchable) de Publicis, s’attribue 127 fois la rémunération de son compatriote François Hollande.

(1) Elliot Blair Smith et Phil Kuntz, «  Disclosed : the pay gap between CEOs and employees  », 6 mai 2013.

(2) L’enseigne de prêt-à-porter s’est encore illustrée récemment, comme le relevait Rue89, par son refus de faire don des vêtements invendus, préférant les brûler.

(3) Le patron d’Intel, Paul Otellini, s’adjuge 17,5 millions de dollars par an, contre 58 400 dollars à son salarié moyen.

mardi 14 mai 2013 http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2013-05-14-Inegalites

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15 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Défense. Lorient construirait bien onze FREMM (LT)

Défense. Lorient construirait bien onze FREMM (LT) dans Antimilitarisme navy-290x300

Le ministère de la Défense a confirmé hier la construction de 11 frégates multi-missions à DCNS Lorient, où l’on craignait que ce nombre soit réduit à huit à la suite des conclusions du Livre Blanc.

Une bonne nouvelle qui n’est cependant pas acquise. Car c’est la future loi de programmation militaire, en cours d’élaboration, qui entérinera le nombre de FREMM de la Marine nationale. Si le chiffre est inférieur à onze, il ne restera plus qu’à espérer des ventes à l’export pour maintenir le plan de charge.

15 mai 2013 à 06h58

http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/defense-lorient-construirait-bien-onze-fremm-15-05-2013-2102386.php

Commentaire: Olé! C’est sûr qu’en ces temps de crise, il y a des priorités!

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15 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Quimper: Pleucadeuc, l’abattoir Doux (147 emplois) liquidé (OF)

 Quimper: Pleucadeuc, l’abattoir Doux (147 emplois) liquidé (OF) dans Crise doux-2-242x300

Le tribunal de commerce de Quimper (Finistère) a prononcé, ce mardi, la liquidation de l’abattoir Doux de Pleucadeuc. 147 postes sont supprimés.

L’usine de Pleucadeuc était la dernière unité du pôle frais du groupe Doux. Elle était spécialisée dans l’abattage de dindes. La décision du tribunal de commerce était redoutée depuis plusieurs semaines. Le 6 mai dernier, lors de l’ultime audience, le sort de l’abattoir semblait déjà scellé. Faute d’une proposition émanant d’un groupe britannique qui ne s’est jamais concrétisée, aucune autre issue ne paraissait possible.

Les salariés eux-mêmes, qui se battaient pour la survie de l’usine depuis un an, n’y croyaient plus.

Pour les 147 postes désormais supprimés, 90 propositions de reclassement ont été présentées. Dix sur le site de la Vraie-Croix (Morbihan) et 80 sur les autres usines du groupe. Ces propositions n’ont pas rassuré les délégués syndicaux. « Quand on sait que 60 % des salariés de Pleucadeuc ont plus de 60 ans, on peut se demander qui va travailler à Quimper ou Châteaulin à cet âge-là ? » s’interrogeait Gérard Gillet, délégué CFDT, le 6 mai.

Économie mardi 14 mai 2013

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Pleucadeuc.-L-abattoir-Doux-147-emplois-liquide_55257-2192250_actu.Htm

Commentaire: Oui mais Doux sauve sa cassette! C’était pas çà l’unique but du jeu?

15 mai 2013

L’abattoir Doux de Pleucadec dans le Morbihan vient d’être mis en liquidation judiciaire. Cela veut dire que 147 travailleurs vont être licenciés. Beaucoup d’entre eux ont plus de 50 ans et n’ont eu que Doux comme employeur depuis des décennies. Ils n’ont presque aucune chance de retrouver un jour du travail. Si les conséquences de la faillite de Doux ont été subies par des milliers de salariés du groupe, par contre la fortune de la famille Doux, qui se classe dans le top 500 des riches français, n’a pas servi à secourir les licenciés. Ce serait pourtant une simple mesure de justice puisque elle a été acquise sur le travail des ouvriers des abattoirs.

 

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13 mai 2013 ~ 0 Commentaire

3e Université d’été (CADTM)

3e Université d’été (CADTM) dans A gauche du PS feedtheworld2

Comité contre la dette du tiers monde: bloquez vos agendas !

La 3e Université d’été du CADTM Europe se déroulera les 28, 29 & 30 juin à la Marlagne, près de Namur, en Belgique. Elle comprendra plus de 25 ateliers et plénières pour analyser les enjeux et discuter des actions à mener pour affronter le système dette au Nord comme au Sud de la planète : mouvements d’audit citoyen et d’opposition à l’austérité en Europe et ailleurs ; combats des femmes pour l’émancipation ; reconnaissance de la dette écologique ; retour sur les annulations de dette dans l’histoire de l’humanité ; outils pédagogiques…

Avec des conférenciers/cières d’Europe, d’Afrique et d’Amérique Latine.  Et en soirée, pour l’ambiance et la bonne humeur : concerts, spectacles et bar.

Une occasion unique de partager votre curiosité et vos expériences avec des centaines de personnes venues des quatre coins d’Europe et d’ailleurs.

CONTACT
CADTM, 345 avenue de l’Observatoire, 4000 Liège, Belgique, 0032 (0)4 226 62 85
Email : cecile@cadtm.org // Tel : 00 32 (0)484 99 53 81

Au plaisir de vous rencontrer à l’Université d’Été !
L’équipe du CADTM

POUR S’INSCRIRE (Clôture des inscriptions au 12 juin.)

http://cadtm.org/3e-Universite-d-ete-du-CADTM

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13 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Etat espagnol : Deux ans après – « Esther Vivas: « Le Mouvement du 15-M nous a redonné confiance dans le ‘nous’ pour pouvoir changer les choses »

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Esther Vivas est une combattante infatigable de la résistance civique, membre du Conseil Scientifique d’ATTAC, activiste et chercheuse en mouvement sociaux et en politiques agricoles et alimentaires. Elle est en outre diplômée en journalisme et fait partie du Centre d’Etudes sur les Mouvements Sociaux de l’Université Pompeu Fabra de Barcelone. Elle est auteure de plusieurs livres, dont le plus récent est « Planeta Indignado. Ocupando el futuro » (Sequitur, 2012). Avec Josep Maria Antentas, elle y explique les caractéristiques du Mouvement du 15-M (15 Mai 2011, NdT), ou mouvement des Indignés qui, au cours du printemps 2011, a occupé les places de plusieurs villes espagnoles. Un mouvement citoyen pacifique qui promeut une démocratie réelle et plus participative.

En tant que chercheuse en mouvements sociaux et comme activiste, comment définirais-tu ces mouvements ?

Un mouvement social est un groupe de personnes qui partagent une certaine identité collective et qui se mobilisent par des canaux non institutionnels pour changer une situation déterminée. Il y a des mouvements sociaux très divers qui cherchent à transformer la société dans des aspects déterminés en considérant que les pratiques menées à bien par le gouvernement dans ces domaines ne sont pas correctes.

Aujourd’hui, on remet en question le système actuel, dans le cadre de la crise aiguë que nous sommes en train de vivre. Et ce contexte favorise l’émergence d’organisations sociales et de mouvements qui posent la question d’autres politiques. Ils défendent et exigent, par exemple, un logement digne, un enseignement et une santé publics et de qualité, etc.

Nous sommes au deuxième anniversaire du mouvement du 15-M ; quel bilan en tires-tu ?

Je pense que l’impact le plus important du 15-M et des Indignés s’est produit dans l’imaginaire collectif, autrement dit dans la manière de percevoir le monde et dans la capacité de mettre en question ce qui nous à conduit à la situation présente de crise. En outre, il nous a redonné confiance dans le « nous » pour pouvoir changer les choses. Depuis le début de la crise, les différents gouvernements qui se sont succédés dans l’Etat espagnol nous ont répété à satiété que nous « avions vécu au dessus de nos moyens » et ils nous ont fait nous sentir complices, voire coupables, de la situation. Mais le 15-M a rompu avec ce discours hégémonique et a construit un discours contre-hégémonique. Nous ne sommes ni coupables ni complices de cette situation car nous en sommes les victimes. Le mouvement a été capable de créer un discours alternatif, en générant un changement de mentalité dans l’imaginaire des gens.

Qui sont les responsables directs de cette situation ?

Les coupables sont les élites économiques et financières qui, avec le soutien de la caste politique actuelle, nous ont conduits à cette situation de banqueroute. Ce sont eux qui ont « vécu au dessus de leurs moyens » et ont spéculé dans l’immobilier, ont construit des milliers de logements qui sont restés vides.

Quelles sont les « idées-forces » de ce mouvement alternatif et sa nouvelle manière de faire de la politique à la base ?

Les médias disaient que c’était un mouvement apolitique, mais cela était faux parce que le mouvement revendiquait une autre politique, en comprenant la politique comme la lutte quotidienne pour nos droits, une politique à partir d’en bas, de la base. Après l’émergence du 15-M, le mouvement a défini quelques principes qui le situent dans un axe idéologique de gauche : changer le monde et les politiques en faveur des gens. Et nous l’avons constaté dans les revendications qu’il défend : nationalisation des banques, démocratie réelle, politique au service des personnes, etc. Lors des campements du 15-M, il y avait de la politique. Elle ne se respirait pas seulement dans les déclarations et les discours mais aussi dans la pratique. L’occupation des places et les multiples activités qui s’y organisaient signifiaient la volonté de commencer à changer le monde ici et maintenant.

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13 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Espagne. « Les indignés » fêtent leur deuxième anniversaire (OF)

Espagne. « Les indignés » fêtent leur deuxième anniversaire (OF) dans Crise 1989-place-tiananmen-et-2011-occupy-wall-street

Politique dimanche 12 mai 2013

Des milliers de personnes ont manifesté dimanche en Espagne pour célébrer le deuxième anniversaire du mouvement des indignés, ne parvenant pas à mobiliser autant qu’à leurs origines malgré un chômage record et un programme d’austérité historique.

Sous le mot d’ordre « De l’indignation à la rébellion », les manifestants ont convergé à Madrid vers la Puerta del Sol, place emblématique du mouvement où ils prévoyaient de marquer leur anniversaire avec un « cri muet », une minute de silence, à 20 h 00. « La lutte continue », « Ensemble,  c’est possible », « Ils l’appellent démocratie mais ça n’en est pas une », pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les « indignés » de tous âges, partis de trois points différents de la capitale. Certains agitaient des drapeaux républicains et d’autres portaient le t-shirt vert symbolisant les mobilisations dans le secteur de l’éducation, durement frappé, comme la santé, par les coupes budgétaires. Des manifestations avaient été convoquées dans une trentaine de villes, dont Barcelone, en Catalogne. Le mouvement, spontané et apolitique, témoignant du ras-le-bol face au chômage, à la corruption et aux excès du libéralisme, avait il y a deux ans surpris un pays où, malgré la crise, le mécontentement s’était jusque là peu exprimé.

Plus aussi suivi

Depuis, le chômage a encore augmenté en Espagne, jusqu’au taux record de 27,16 %. Il frappe désormais 6,2 millions de personne dans ce pays de 45 millions d’habitants. À coup de coupes budgétaires et de hausses d’impôts, le gouvernement de droite, arrivé au pouvoir fin 2011, espère récupérer 150 milliards d’euros d’ici 2014 afin de réduire son déficit public. Malgré le malaise social, les indignés, qui répondent à une structure horizontale et refusent de se constituer en parti, ont largement perdu en visibilité, ne parvenant pas à convoquer les foules de leurs premiers mois d’existence. Le mouvement « n’est plus le même qu’avant mais il a changé de forme », affirmait à Madrid Irene de la Torre, une enseignante au chômage âgée de 26 ans. « Les forces se sont reportées ailleurs », ajoutait-elle, notamment vers les « assemblées de quartiers » et les organisations luttant contre les expulsions de propriétaires surendettés.

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Espagne.-Les-indignes-fetent-leur-deuxieme-anniversaire_55257-2191763_actu.Htm

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12 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Grèce : pour un mouvement anti-nazi unitaire !

Grèce : pour un mouvement anti-nazi unitaire ! dans Antifascisme grece-athenes-allemagne-nazi-tanks-300x203

Si on s’en tenait aux chiffres et aux annonces, la situation grecque pourrait paraître désespérée : dans le dernier sondage paru, les nazis de Chryssi Avgi (Aube dorée) atteignent 13 % des intentions de vote…
Leur dernière provocation : appeler à des collectes de sang des seuls Grecs pour les seuls Grecs. 25 de leurs nervis sont aussi entrés armés dans un hôpital pour faire la chasse aux malades immigrés. Leurs dirigeants viennent de menacer l’Albanie au nom de la « Grande Grèce »… tout en quittant la salle du parlement grec au moment où les députés discutaient des réparations dues par l’Allemagne en raison des crimes nazis contre la Grèce ! En un an, trois immigrés sont morts sous les coups de bandes racistes, et il y a eu en 2012 154 agressions racistes identifiées, dont 25 dans lesquelles la police est impliquée. Et la violence est croissante : ratonnades avec chiens et armes.  Ce groupe profite de la crise, et le gouvernement ferme les yeux sur ces crimes. Tellement pratique puisqu’il dénonce les immigrés plutôt que les armateurs qui l’ont financé depuis des années !

L’extrême droite en Grèce
Depuis au moins les années 30, la Grèce a dû subir différents régimes d’extrême droite. D’abord avant guerre, avec le dictateur fasciste Metaxas. Après la victoire de la résistance contre les troupes nazies, les impérialistes, à la faveur de l’abandon de la Grèce par Staline, ont vaincu la résistance, et remis en selle les groupes d’extrême droite. De 1967 à 1974, c’est la junte des colonels qui, soutenue à bout de bras par les États-Unis, réprime le mouvement populaire qui finit pourtant, grâce à des mobilisations par faire tomber la junte et par imposer en 1981 le premier gouvernement de gauche (Pasok d’Andreas Papandreou) de l’histoire grecque. Or, le développement de l’actuelle extrême droite provient en partie d’une sous-estimation de son insertion dans l’appareil d’État (police, armée) et de l’impunité dont ont joui et jouissent toujours ses dirigeants. Des groupuscules sont nés après 1974 avec des actes clairement terroristes pour lesquels il y eut quelques condamnations, mais aussi avec des déclarations et publications ouvertement antisémites ou nazies pour lesquels ils n’ont jamais été inquiétés. Pire, les apprentis führers ont eu droit depuis longtemps aux honneurs de la presse et de la télé…

Sous-estimation à gauche
L’acte décisif de « normalisation » de l’extrême droite fut la participation du groupe Laos au gouvernement dirigé par le Pasok il y a deux ans, sur fond de politique anti-immigrés. Ce gouvernement a ouvert l’espace recherché depuis longtemps par Aube dorée, avec le résultat que l’on sait aux élections législatives du printemps 2012. Le désespoir qui pousse des centaines de milliers de gens à voter pour un groupe ouvertement nazi provient aussi d’un terrible nationalisme à gauche (soutien « national » à la Serbie dans les années 90) et à l’incapacité de la gauche à s’unir pour une riposte résolue aux mesures de la troïka, au racisme et aux nazis.  Il faut heureusement souligner que sur le plan local, c’est au contraire une intense activité qui se développe. Les 25 nervis nazis ont été expulsés de l’hôpital de Nikaia, et le syndicat national des médecins menace d’exclusion tout médecin qui tremperait dans la collecte de « sang grec »… Des journalistes de l’équipe de Ios font aussi un travail constant d’info sur l’extrême droite, et un livre de Dimitris Psarras sur l’histoire et la nature d’Aube dorée est sorti récemment. Manque désormais l’essentiel : la mise en place d’un cadre national structuré de lutte unitaire contre les nazis (avec la question, débattue, de l’interdiction du groupe nazi), avec des initiatives nationales larges (manifs, concerts…) qui font aujourd’hui cruellement défaut.

D’Athènes, A. Sartzekis Samedi 11 mai 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 194 (08/05/13)

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11 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Slovénie : un maillon faible, pour qui  ?

Slovénie : un maillon faible, pour qui  ? dans Austérité slovenia-bailout-recession-austerity

La Slovénie (membre de l’UE depuis 2004 et dotée de l’euro depuis 2007) a été présentée comme le prochain maillon faible de la zone euro après Chypre.

En réalité, la crise est exploitée pour tenter de mettre fin à de puissantes résistances sociales et pour impulser, avec de nouvelles privatisations, l’austérité sociale, sur arrière fond de corruption et fraude fiscale.

Quelle crise  ?

La Slovénie a connu une récession majeure en 2009 (– 8 %) avec une nouvelle chute en 2012 (– 2,5 %), le taux de chômage dépassant aujourd’hui 11 %. Cette ancienne république yougoslave de deux millions d’habitants a subi de plein fouet l’impact de la crise bancaire et de la récession européennes de 2008. Mais elle a aussi été affectées par une bulle immobilière (comme en Espagne, ou plus à l’Est, en Hongrie, Croatie ou Monténégro) et par des montages de crédits transfrontaliers se révélant «  toxiques  ». Le soutien de l’État aux banques et entreprises en difficulté a fait passer le déficit public annuel à quelque 6 % du PIB depuis 2009, faisant «  flamber  » la dette publique depuis trois ans. Pourtant, cette dette reste en dessous de 50 % du PIB, bien loin des normes européennes. Mais la «  règle d’or  » est brandie pour imposer des réformes des retraites et du code du travail – avec la promesse de ramener le déficit budgétaire en-dessous de 0, 5 % du PIB d’ici 2015.

La nouvelle Première ministre slovène Alenka Bratužek de «  centre-gauche  » a rejeté toute comparaison avec la situation de Chypre  : le secteur bancaire slovène n’est pas «  surdimensionné  » et la Slovénie n’est pas non plus un paradis fiscal. Au contraire, attaché à sa récente indépendance, le pays a plutôt été défiant envers la libre circulation des capitaux, au point que les institutions financières considèrent sa «  transition  » inachevée et que le FMI prône de réaliser enfin les réformes structurelles pour «  aller plus loin  ».  L’enjeu réel du bras de fer à venir est là  : les résistances aux préceptes néo-libéraux et à l’austérité sociale, exprimées massivement au cours de l’hiver 2012, seront-elles en mesure de rebondir et de se consolider pour imposer un contrôle social sur les comptes des entreprises, des banques, de l’État, en lieu et place de celui de la Troika  ?

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L’exception slovène

Derrière la «  modération  » des destructions sociales en Slovénie, il y a eu depuis le début de l’indépendance slovène en 1991, une accumulation de luttes. L’exception slovène est là  : les anciens syndicats officiels, transformés en une Confédération des syndicats libres ZSSS et associés en front unique avec de nouveaux syndicats, ont maintenu un rapport de forces contre des projets anti-sociaux [1]   : si la restauration capitaliste a bien eu lieu, un certain nombre de mesures néo-libérales ont été ralenties, infléchies ou bloquées. C’est surtout à partir de 2002, sous pression des exigences des institutions financières et de la commission européenne, que les privatisations se sont accentuées, et avec elles les montages financiers (que les capitaux soient «  nationaux  » ou étrangers), le clientélisme et la fraude fiscale. Bref, la «  normalité  » de l’appât du gain gangrénant tous les partis.

À l’arrière plan des manifestations, outre l’accumulation des résistances organisées par les syndicats, s’est formé un autre creuset de radicalisation, tourné vers la jeunesse, et les catégories sociales non organisées par les syndicats  : la Workers & Punks’ University (WPU), université parallèle autogérée établie en 1998, lieu de formation critique face à la crise globale capitaliste, de réappropriation du passé révolutionnaire et autogestionnaire, de liens balkaniques [2] et d’insertion dans les résistances alter-mondialistes. La position charnière de la «  petite  » et si riche Slovénie dans les Balkans et dans l’euro-zone est essentielle à l’émergence d’une Autre Europe.

SAMARY Catherine 8 mai 2013
Notes

[1] Lire les articles d’Inprecor  : Lucien Perpette et J.M. (n° 511-512 nov.-déc. 2005) ; Lucien Perpette et Chris Den Hond (n°532-533 nov.-déc. 2007) ; Jacques Radcliff (dernières nouvelles 2011) ; Lucien Perpette (février 2013) sur www.inprecor.fr et disponible aussi sur ESSF

[2] Lire les articles  : «  Les Roumains refusent l’austérité  » (Tout est à nous  ! n°134) ; «  Bulgarie  : tensions électriques  » (Tout est à nous  ! n°188), et différents articles sur les Balkans, notamment «  le Forum social des Balkan, une chance pour l’Autre Europe  », sur www.europe-solidaire.org

* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 194 (08/05/13).

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09 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Austérité : un tournant ?

Austérité : un tournant ? dans Crise humour4

La commission européenne a accordé le 3 mai un délai de deux ans à la France (et à d’autres pays) pour ramener son déficit budgétaire à 3 %, conformément à la « règle d’or » des traités européens. Cela deux semaines après le lancement d’une polémique, au sein même du parti socialiste, sur l’austérité en Europe.
Ce fut alors un vrai « petit débat à la con ». Suite à la diffusion d’un brouillon de rapport interne à la direction du PS déplorant « l’égoïsme » du gouvernement allemand, Bartolone réclama une « confrontation » avec Merkel, Valls cria à l’irresponsabilité, la droite condamna la démagogie socialiste, Hollande synthétisa : la France est en « tension amicale » avec l’Allemagne. Bref, un « débat » bien fait pour masquer les vrais problèmes et alimenter les préjugés nationalistes. C’est dans ce contexte que Moscovici s’est réjoui de la décision de la Commission européenne. « Entre la réduction des déficits et le soutien à la croissance, c’est [le dernier point] qui l’emporte et c’est fondamental. (…) Ce sont les thèses françaises qui ont été entendues. » Il y aurait donc un virage, de l’austérité (allemande ?) vers la « relance » (française ?) ?

La crise s’aggrave
La décision de la commission n’a pourtant rien d’extraordinaire. D’abord, il s’agit un simple délai. Pas une remise en cause de fond des politiques d’austérité. La commission ne fait que constater l’impossibilité d’appliquer la « règle d’or ». Partout la crise du capitalisme, conjuguée aux plans d’austérité, se traduit par la récession, qui fait plonger les recettes fiscales et donc… enfler les déficits. Bruxelles prévoit une récession de 0, 4 % pour la zone euro cette année, un tout petit + 1, 2 % pour 2014. En France une récession prévue de 0, 1 % du PIB en 2013 devrait donc s’accompagner d’un déficit budgétaire de l’État de 3, 9 % du PIB en 2013, et de 4, 2 % en 2014. La commission a demandé au gouvernement français d’accélérer les réformes du marché du travail, des retraites, des services publics, et les dirigeants socialistes se sont empressés de dire qu’ils feraient ces réformes !

La faute à l’Allemagne ?
Le débat sur l’austérité va donc (heureusement) continuer à faire rage. Mais faut-il insister sur une « responsabilité allemande » ? En Europe, il y a des situations économiques différentes d’un pays à l’autre, et des rapports de force. L’Allemagne est l’État qui a aujourd’hui le plus intérêt à imposer l’austérité la plus systématique. Il est aussi incontestable que l’on voit, depuis le début de la crise, se durcir des relations qui fleurent le néo-colonialisme au sein de l’Union européenne. Les plus grandes puissances européennes ont imposé des réformes semblables aux plans d’ajustement structurel du FMI dans les pays qu’on disait du « tiers-monde », à la Grèce, à Chypre, ou au Portugal, avec la même arrogance antidémocratique. Mais si la France est censée être un « pays du milieu », par la situation économique, entre ceux du nord et ceux du sud du continent, ses gouvernements, sous Sarkozy puis sous Hollande, ont été pleinement coresponsables de ces politiques, en accord avec l’Allemagne sur l’essentiel, pour le plus grand profit de ses riches, de ses grandes entreprises et de ses banques.
C’est qu’au-delà de la situation de tel ou tel pays, il y a une sorte de programme commun de tous les capitalistes du continent européen, du nord au sud : leur argent est placé partout, en titres financiers divers, via un système financier globalisé, et ils tiennent tous à maintenir la valeur de leurs fortunes, leurs titres de dettes publiques, leurs actions, leurs créances. Pour cela, les États doivent payer leurs dettes rubis sur ongles, ne doivent pas laisser filer l’inflation, et doivent « sécuriser » les institutions financières et les fortunes. À l’inverse, tous les travailleurs européens, les Allemands comme les Français et ceux du sud, doivent être plongés dans l’insécurité sociale généralisée, par ces fameuses « réformes » qui doivent servir de levier pour exploiter toujours plus les salariés. Les socialistes européens, même ceux de la gauche du PS français, n’ont pas d’autre horizon. Leurs gesticulations (inspirées de Mélenchon ?) contre « l’hégémonie » allemande sont dérisoires et contribuent à diviser les classes populaires du continent. Et comme par hasard, plus ils sont virulents dans le chauvinisme, moins ils sont radicaux sur le plan économique, face aux profits et comportements des banques et des grandes entreprises françaises… et aux responsabilités de leur propre gouvernement.

Yann Cézard Mercredi 8 mai 2013

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09 mai 2013 ~ 0 Commentaire

L’État prêt à céder des participations : ces privatisations qui ne disent pas leur nom (LO)

L'État prêt à céder des participations : ces privatisations qui ne disent pas leur nom (LO) dans Crise humour_benefices_records_banques-300x277

Dimanche 5 mai sur TF1, Jean-Marc Ayrault a annoncé que, « dans un certain nombre d’entreprises » dont l’État est actionnaire, le gouvernement envisageait de vendre ses participations « pour financer l’investissement ». Le lendemain, son ministre de l’Économie, Moscovici, se hâtait d’affirmer que « ce n’est pas le retour des privatisations ». Mais on n’est pas obligé de le croire…

De 1997 à 2002, Moscovici n’a-t-il pas été ministre d’un autre gouvernement PS, celui de Lionel Jospin ? Or, ce dernier, après avoir déclaré ne pas entendre mener une politique de privatisations, s’était vanté, lors d’un débat télévisé durant la campagne présidentielle de 2002, d’avoir « plus privatisé en cinq ans que la droite en sept ans ». Cette fois-là, il ne mentait pas. En effet, Jospin avait privatisé, entre autres, le Crédit lyonnais, la Caisse nationale de prévoyance… Il avait aussi, formule hypocrite, « ouvert le capital » de France Télécom ou d’Air France, pour ne pas dire qu’il les livrait aux appétits du privé.

Aujourd’hui, le gouvernement Ayrault s’apprête à faire de même. L’État détient l’équivalent de 100 milliards d’euros de participations dans diverses entreprises (EDF, 26,9 milliards, GDF, Suez 14,5 milliards, EADS, près de 5 milliards, Safran, Aéroports de Paris, France Télécom, Renault, Thalès, Areva, Air France…, pour ne citer que les plus importantes), dont 62,5 milliards d’euros dans des sociétés cotées en Bourse. Avant même qu’Ayrault n’évoque publiquement la possibilité de « céder des participations », le gouvernement a déjà commencé à le faire. Ainsi, il vient d’obtenir 448 millions en vendant 3,12 % du capital du groupe aéronautique Safran, dont l’État reste le premier actionnaire avec 27 % du capital.

Bien sûr, le gouvernement ne s’apprête pas à vendre tous ses « bijoux de famille », même si leur valeur estimée correspond au montant du déficit public annuel qu’il peine à combler. Pour vendre, il faut trouver preneur. Certaines entreprises — celles qui rapportent le plus — étant plus alléchantes que d’autres pour les capitaux en quête de bonnes affaires, il y a fort à parier que ce sont principalement celles-là dont le gouvernement jettera des parts aux capitaux privés. Mais l’État s’en trouvera appauvri du même coup, car les seules entreprises cotées en Bourse dont il est actionnaire lui rapportent 4,5 milliards de dividendes par an. Qu’il en vende tout ou partie, ce sera autant de moins qui rentrera dans les caisses de l’État. Cela creusera un peu plus à l’avenir les déficits publics qui servent à tous les gouvernements de prétexte pour s’en prendre au niveau de vie des classes laborieuses.

Quand il s’agit de servir la soupe aux capitalistes, le gouvernement sait donc se souvenir que l’État est un actionnaire important et parfois majoritaire de certaines entreprises. En revanche, quand ces mêmes entreprises — Renault, Air France, France Télécom par exemple — annoncent des suppressions d’emplois, il se met aux abonnés absents et prétend ne pas pouvoir s’y opposer. Ayrault refuse de parler d’austérité à propos de sa politique. Il refuse maintenant que l’on parle de privatisation pour qualifier ces nouveaux cadeaux qu’il veut faire aux capitalistes. Peu importent les mots, c’est la réalité qui compte : celle d’une politique tout au service de la bourgeoisie et que les travailleurs doivent combattre.

Pierre LAFFITTE

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2336&id=6

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