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12 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

exception (libération)

nucleaire

«La loi du marché dit que le nucléaire est mort et la France est en train de devenir une exception»

Selon le rapport World Nuclear Industry Report Status 2018, l’atome n’est plus compétitif et n’a plus le vent en poupe. La plupart des pays préfèrent investir massivement dans les renouvelables. Sauf la France.

Voilà un rapport qui devrait nourrir la réflexion du nouveau ministre de la Transition écologique sur la future trajectoire énergétique de notre pays, le plus nucléarisé au monde avec 57 réac-teurs en activité pour 67 millions d’habitants. Enfin, si d’aventure ce document de 285 pages rédigé par neuf experts internationaux se retrouve en bonne place sur le bureau de François de Rugy. Selon le «World Nuclear Industry Report Status 2018», présenté ce mardi à Paris par son coordinateur, le consultant indépendant Mycle Schneider, l’atome bat en retraite un peu partout dans le monde… sauf en France où il fait de la résistance, avec encore 71,6% d’électricité d’origine nucléaire l’an dernier.

En 2017, la production d’électricité nucléaire dans le monde n’a progressé que de 1%, essentiellement grâce à un seul pays:

La Chine (+18%), où se concentre désormais l’essentiel des projets nucléaires. La même année, l’électricité d’origine solaire a connu un bond de 35% et celle produite par le vent des éoliennes a augmenté de 17%. Les six réacteurs mis en service (3 en Chine, 2 en Russie, 1 au Pakistan) n’ont fourni que 7 Gigawatts (GW) aux réseaux électriques, quand les seules éner-gies  renouvelables apportaient 157 GW supplémentaires. Pour Mycle Schneider, «le nucléai-re, qui ne représentait plus que 10,3% de l’électricité produite dans le monde l’an dernier contre 17,5 % en 1996, tend à devenir insignifiant par rapport aux énergies renouvelables».

L’atome en chute libre

Exagération de la part d’un expert proche des milieux antinucléaires ? «Je constate que l’Agen-ce internationale de l’énergie nucléaire voit la même chose que nous: l’électricité nucléaire n’est plus compétitive face aux renouvelables et les capacités de production vont chuter considéra-blement», tacle Schneider. Dans son étude annuelle publiée lundi, l’AIEA prévoit en effet une chute de plus de 10% du parc mondial de réacteurs d’ici à 2030. Et la part du nucléaire dans le mix énergétique mondial pourrait carrément tomber à 2,8 % en 2050 contre 5,7 % aujour-d’hui… Car si 50 réacteurs nucléaires sont en construction dans le monde aujourd’hui, il faut se souvenir qu’il y en avait 234 à la fin des années 70. Mais ça, c’était avant les catastrophes de Tchernobyl et Fukushima, et l’essor phénoménal des énergies vertes.

Début 2018, on comptait encore 413 réacteurs dans le monde (dont 254 en fonctionnement, les autres étant en maintenance ou en attente de démantèlement) pour une puissance instal-lée de 363 GWe. Mais la capacité installée des énergies renouvelables est désormais large-ment supérieure à celle du nucléaire: l’éolien a passé le cap des 500 GWe et le solaire celui des 400 GWe.

Et près de 300 milliards de dollars (259 milliards d’euros) ont été investis dans les énergies nouvelles à travers le monde en 2017, contre seulement 10 milliards dans le développement de nouveaux réacteurs. La Chine, qui construit encore 16 réacteurs nucléaires en ce moment, semble avoir choisi son camp : à elle seule, elle a investi l’an dernier 126 milliards de dollars dans les énergies renouvelables !

«Energie du passé»

«Il est clair que les renouvelables sont l’énergie de l’avenir et que le nucléaire est l’énergie du passé, et j’espère que ce rapport contribuera au débat en cours en France sur la Programma-tion pluriannuelle de l’énergie (PPE) en plaidant pour une sortie de l’atome», assène Jens Althoff, le directeur de la Fondation Heinrich Böll à Paris, un organisme proche des Verts alle-mands qui est l’un des sponsors du World Nuclear Industry Status Report. Pour lui, «aujour-d’hui, plus personne ne met d’argent dans l’atome sans soutien de l’Etat, la loi du marché dit que le nucléaire est mort et la France est en train de devenir une exception en Europe et dans le monde». 

Alors le nucléaire est-il encore une énergie d’avenir pour le successeur de Nicolas Hulot ? 

«Spontanément, ma réponse est non», a répondu lucidement François de Rugy dans une interview au Monde daté du 11 septembre. Hulot estimait, lui, qu’il fallait en finir avec cette «folie» du tout nucléaire, avant de jeter l’éponge. Mais pour Rugy, qui doit présenter la nou-velle PPE fin octobre avec l’idée «d’arriver à un équilibre entre 50% de nucléaire et 50% d’énergies renouvelables» à l’horizon 2035, «il faut sortir de la guerre de religion». Manière de renvoyer dos à dos pro et antinucléaires, tout en ménageant le puissant lobby de l’atome.

De quoi agacer Gérard Magnin.

Venu apporter son soutien au travail de Mycle Schneider, cet ancien administrateur dissident d’EDF (il a démissionné en 2016 pour signifier son désaccord aux deux réacteurs EPR d’Hinkley Point) craint qu’une fois de plus l’Etat français «bunkérise le nucléaire» au détriment de l’indispensable essor des énergies renouvelables:

«Ce rapport se base sur des faits, des données brutes, ce n’est pas une question de « guerre de religions ».» Fort de son expérience, il estime que les dirigeants d’EDF vont tout faire pour empêcher la fermeture de réacteurs nucléaires d’ici 2030 (alors qu’il faudrait en arrêter 20 pour viser les 50%), avec dans l’idée d’obtenir la construction de plusieurs réacteurs EPR destinés à prendre le relais du parc vieillissant. «Le nucléaire français doit pédaler, toujours pédaler comme sur un vélo sinon il tombe… La formule n’est pas de moi mais du PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy», ironise Gérard Magnin.

La France peut le faire

Un récent rapport commandé par le gouvernement à Yannick d’Escatha, ancien patron du Commissariat à l’énergie atomique (CEA), et Laurent Collet-Billon, ex-délégué général à l’arme-ment, prône ainsi la construction de six nouveaux réacteurs EPR. Mais après le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, son collègue François de Rugy a calmé les ardeurs du lobby de l’atome: «Il faudrait déjà qu’EDF fasse la démonstration que l’EPR fonctionne, ce qui n’est pas encore le cas», a-t-il dit.

De fait, la livraison de ce gros réacteur en construction à Flamanville dans la Manche, qui devait entrer en service en 2012, vient encore d’être reportée à 2020. Mycle Schneider veut croire qu’avec un coût du nucléaire dépassant les 70 euros le MWh, quand celui du solaire tombe à 50 euros le MWh, EDF devra se rendre à l’évidence: «L’atome n’est plus compétitif et ne le sera plus jamais. Qui achètera leur électricité demain en Europe ?»

Alors que faire ?

Pour Gérard Magnin, il faut s’inspirer de l’exemple allemand, «pays qui est passé de 3% d’élec-tricité renouvelable en 2000 à 40% en 2018» : «Si la France a fait un effort comparable dans le nucléaire dans les années 70-80, elle peut le faire aujourd’hui dans les renouvelables.» Et Mycle Schneider prouve dans son rapport qu’en arrêtant le nucléaire, les Allemands n’ont pas fait plus de charbon, contrairement à ce qui se dit en France (entre 2010 et 2017, la produc-tion d’électricité nucléaire a chuté de 64 TWh, celle des renouvelables a fait un bond de 113 TWh et celle des fossiles a reculé de 28 TWh). Et Magnin de conclure par ce message de service aux gouvernants français : «Les Allemands ne sont pas des romantiques, ils ont pris une décision politique très pragmatique.»

Jean-Christophe Féraud 11 septembre 2018

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12 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

migrants (bastamag)

Migrants Ital

Les migrants, champions de la lutte contre les inégalités mondiales

En matière d’aide au développement, les migrants font trois fois mieux que les 29 pays les plus industrialisés. Les envois de fonds de la part de personnes émigrées vers les pays à revenu faible et intermédiaire ont atteint 466 milliards de dollars en 2017.

« La valeur de ces 466 milliards de dollars est importante. C’est comme si les migrants collectaient, en un an, plus d’argent que les cinq plus riches entrepreneurs du monde (Jeff Bezos, Bill Gates, Warren Buffet, Bernard Arnault et Mark Zuckerberg, selon Forbes) ont amassé toute leur vie. Seulement, les migrants renouvelleraient l’opération chaque année et enverraient ces cinq grandes fortunes aux pays à faible et moyen revenu », illustre Speranta Dumitru, professeure en Science Politique à l’Université Paris Descartes, dans un article de la revue numérique The Conversation.

Avec une différence notable : cet argent est, en général, collecté en travaillant dur, est transféré par des voies légales, sans optimisation fiscale, et contribue à réduire les inégalités mondiales en enrichissant des populations souvent en difficulté. « L’argent est gagné dans des conditions où la discrimination, l’exploitation et le taux de sur-qualification dans l’emploi sont plus élevés que chez les non-migrants. De plus, les migrants nés dans les pays du Sud ont migré, pour plus de la moitié d’entre eux, dans d’autres pays du Sud où les salaires sont plus réduits que dans les pays du Nord », rappelle Speranta Dumitru.

« 3 % de la population mondiale fait trois fois mieux que tous les gouvernements puissants du Nord rassemblés »

Les principaux bénéficiaires de ces transferts d’argent sont l’Inde, la Chine, les Philippines et le Mexique. 38 milliards ont également été envoyés par des émigrants vers l’Afrique subsaharien-ne, qui compte la majorité des pays les plus pauvres du monde, d’abord vers le Nigeria, le Sénégal et le Ghana.

Ces transferts d’argent coûtent également cher aux émigrants qui aident leurs familles ou communautés dans leurs pays d’origine : « À l’échelle mondiale, le coût moyen d’un transfert de 200 dollars était de 7,1 % au premier trimestre de 2018, soit plus du double de la cible de 3 % fixée dans les Objectifs de développement durable. L’Afrique subsaharienne reste la région vers laquelle les transferts sont le plus onéreux, avec un coût moyen de 9,4 % », détaille la Banque mondiale.

Le nombre de migrants est estimé à 258 millions de personnes en 2017.

« Ainsi, moins de 3 % de la population mondiale fait trois fois mieux que tous les gouverne-ments puissants du Nord rassemblés », pointe Speranta Dumitru. Les cinq premiers contribu-teurs de l’aide publique au développement sont, en montants, les États-Unis, l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Japon et la France.

Cette solidarité est cependant mise à mal.

« L’un des risques à long terme pour la croissance des envois de fonds tient au durcissement des politiques d’immigration dans de nombreux pays d’origine », observe la Banque mondiale. « Les migrants en transit , qui ne séjournent que temporairement dans un pays de transit, ne sont généralement pas en mesure d’envoyer de l’argent dans leur pays. La migration peut les aider à échapper à la pauvreté ou à la persécution, mais beaucoup deviennent aussi vulnéra-bles à l’exploitation par des passeurs durant le transit. » Ou comment les discours et politiques hostiles aux migrants renforceront, à terme, les inégalités à l’échelle mondiale.

 Ivan du Roy 12 septembre 2018
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12 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

mater guingamp (le télégramme)

mater

Maternité de Guingamp. Un fest-noz de soutien le 15 septembre à Pabu

Dans un communiqué de presse dimanche soir, le personnel de la maternité de Guingamp explique être « toujours dans l’attente d’un écrit officiel concernant le sursis de 2 ans », tout en espérant « l’obtenir assez rapidement ».

« Nous avons pleinement conscience que cette décision aura été obtenue grâce à la forte mobilisation de la population ainsi qu’au soutien appuyé de plusieurs élus et personnalités. Nous souhaitons donc remercier l’ensemble de ces personnes et nous espérons que tous ces soutiens seront prêts à se remobiliser si aucun document officiel ne venait rapidement confirmer ce sursis », écrivent les personnels.

Concernant la réalisation d’un mur « Kalonig » (qui a pour but de rassembler 500 photos de nouveau-nés de moins de 3 mois nés à Guingamp ou Pabu afin de les exposer sur un grand mur photo dans la ville de Guingamp), le personnel annonce avoir déjà récolté près de 300 clichés (l’adresse pour envoyer les photos : sauvonslamaternitedeguingamp@yahoo.com).

Enfin, le 15 septembre, un fest-noz de soutien est organisé à la salle des fêtes de Pabu, à 21 h.

De nombreux groupes y participent bénévolement : Ifig ha Nanda, Robin/An Intanv, Awen ha Cyril, Meneteau/Lange, Gwenn hag Izaouenn, Urvoy/Malrieu, Veillon/Riou, Klev. Le tarif d’entrée du fest-noz est libre.

09 septembre 2018

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11 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

mater guingamp (le télégramme)

guing

Maternité de Guingamp. « Toujours rien de concret »

Malgré l’annonce au milieu de l’été d’un moratoire de deux ans décidé par le Président de la République pour la maternité de Guingamp, aucun document officiel n’est venu confirmer la nouvelle.
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« Aujourd’hui, il n’y a toujours rien d’officiel, ni rien de concret. Olivier de Cadeville, le directeur général de l’Agence régionale de la santé, n’a pas pris le moindre arrêté. Nous ne savons même pas quand va débuter ce délai de deux ans. Et nous ne sommes pas davantage au courant de ce qui devra être fait pendant ces deux ans. Le député a annoncé que l’hôpital devra respecter certains critères, augmenter le nombre de naissances, recruter de pédiatres. Mais il n’y a rien d’acté. Nous devions avoir une réunion avec les élus fin août, mais cette rencontre a été annulée, faute d’informations officielles ».

Qu’en est-il des actions judiciaires devant le tribunal administratif ?

 « Même s’il n’y aura sans doute pas de décision avant un an et demi, plusieurs actions ont été entreprises, mais pas par le comité de défense santé du pays de Guingamp qui n’a pas encore de cadre juridique.
Des élus ont attaqué par la voie hiérarchique, en demandant à la ministre de la Santé de réfu-ter la décision de l’ARS de fermer la maternité. Les syndicats ont, eux, attaqué au contentieux la légalité de la décision prise. Nous avons développé de nombreux arguments. Concernant, les problèmes de sécurité, nous considérons, par exemple, qu’il manque des anesthésistes dans tous les hôpitaux costarmoricains, pas uniquement à Guingamp. Nous pensons égale-ment que plus le nombre de kilomètres entre le domicile et la maternité augmente, plus les risques s’amplifient ».

L’été a également été marqué par le courrier de médecins briochins deman-dant la fermeture de la maternité à Emmanuel Macron…

« L’un et l’autre sont membres du comité médical de l’établissement Yves-Le Foll et ce courrier nous fait penser que l’hypothèse de la fermeture est pensée depuis longtemps. Car dans leur lettre, ils réfléchissent entre autres à l’impact sur leur établissement d’une fermeture ici. Mais, nous pouvons aussi nous demander si le directeur de l’hôpital de Saint-Brieuc et celui de Guingamp, qui se connaissent bien et qui étaient juste avant directeur et directeur adjoint à Saint-Malo, ne sont pas arrivés ici avec des choses prédéfinies ».

Toutes ces incertitudes ont-elles un impact sur l’activité et le fonctionnement de la maternité de Guingamp ?

« Il y a autant de naissances que l’an passé. Nous pourrions même terminer 2018 avec plus de bébés qu’en 2017. Concernant le fonctionnement du service, il n’y a pas eu d’incident majeur. Les filles sont encore plus maniaques que d’habitude. Elles ne laissent rien passer car elles savent qu’elles ont une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Le moindre problème donne-rait du grain à moudre à l’ARS. Je pense donc qu’accoucher à Guingamp en ce moment, c’est ce qu’il y a de plus sûr ».

Membre active du comité de défense santé du Pays de Guingamp, l’aide-soignante Flora Bouchet, militante à la CGT, fait le point. Le 19 juillet dernier, le député Yannick Kerlogot annonçait qu’Emmanuel Macron avait décidé d’instaurer un délai de deux ans avant de réétudier la fermeture de la maternité de Guingamp. Un peu moins de deux mois plus tard, où en est le dossier ?

09 septembre 2018

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11 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

secours populaire (france info)

macron

Les Français les plus pauvres ont du mal à manger sainement et suffisamment, selon le baromètre du Secours populaire

L’association publie la 12e édition de cette enquête, mardi, soit deux jours avant la présentation par le gouvernement du plan pauvreté.

« Mangez cinq fruits et légumes par jour. » Si le slogan des autorités sanitaires françaises n’est pas facile à suivre pour un certain nombre de Français, il reste lettre morte pour les plus pauvres, comme le révèle le 12e baromètre annuel du Secours populaire sur la pauvreté, dévoilé mardi 11 septembre, soit deux jours avant la présentation du plan pauvreté par le gouvernement.

L’alimentation est « un poste de dépense problématique pour une proportion significative de Français », relève l’association qui s’est penchée cette année sur la précarité alimentaire. Le Secours populaire, qui a mené cette enquête auprès de 1 016 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française, en ressort plusieurs enseignements.

Les plus démunis peinent à manger équilibré 

A la question « rencontrez-vous des difficultés financières » pour « consommer des fruits et légumes frais tous les jours », un quart des sondés répondent « oui ». Cette proportion monte à 31% pour les femmes. « Elles sont souvent le chef des familles monoparentales », explique à franceinfo Richard Béninger, secrétaire national du Secours populaire.

La situation se corse un peu plus pour les foyers les plus modestes.

Ceux qui gagnent entre 1 200 et 2 000 euros par mois sont 39% à ne pas réussir à manger des fruits et légumes quotidiennement. Quand les revenus sont inférieurs à 1 200 euros mensuels (le Smic est à 1 173 euros), 53% de personnes sont dans cette situation.

Pour ces Français, consommer du poisson et de la viande au moins une fois par semaine est également très difficile.

Quand les revenus se situent entre 1 200 et 2 000 euros, ils sont 25% à ne pas manger de la viande une fois par semaine et 35% du poisson. En deçà de 1 200 euros, ils sont 36% et 46% dans ce cas de figure.  Près de la moitié des Français les plus pauvres (48%) ont, par ailleurs, du mal à se procurer une alimentation saine leur permettant de faire trois repas par jour. « Il y a des conséquences qualitatives, les gens ne se nourrissent pas correctement, mais aussi quantitatives, ils sautent parfois un repas », observe Richard Béninger, soulignant que les jeunes et les étudiants sont particulièrement concernés.

Les parents ont du mal à payer la cantine 

S’agissant des parents, près de 20% des sondés affirment avoir du mal à payer la cantine pour leurs enfants. Ce chiffre monte à 34% pour les foyers gagnant entre 1 200 euros et 2 000  euros et à 58% pour les foyers percevant moins de 1 200 euros. Or, pour certains, « c’est le seul repas équilibré de la journée », souligne le secrétaire national du Secours populaire.

Une mauvaise alimentation est un marqueur de pauvreté 

Pour une majorité des personnes interrogées, avoir des difficultés régulières à se procurer une alimentation saine est « tout à fait » le signe d’une situation de pauvreté. Le Secours populaire tenait à attirer l’attention sur ce « marqueur », dont les conséquences sanitaires ne sont pas négligeables. Selon cette enquête, les Français sont ainsi massivement convaincus de « l’impor-tance de la préservation de l’aide alimentaire aux plus démunis ». Sur les 3 millions de person-nes qui ont poussé la porte du Secours populaire en 2017, 1,8 million ont d’abord bénéficié d’une aide alimentaire. Richard Béninger, secrétaire national du Secours populaire à franceinfo

Plus globalement, le Secours populaire s’alarme du sentiment de paupérisa-tion au sein de la population, qui gagne du terrain à chaque baromètre.

Cette année, près de 60% des personnes interrogées indiquent qu’il leur est déjà arrivé de se dire qu’elles étaient sur le point de basculer dans la pauvreté, soit 2 points de plus qu’en 2017. Et 81% pensent que leurs enfants seront plus exposés à la pauvreté.

Méthodologie : Enquête menée du 22 au 26 juin auprès de 1 016 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.

11/09/2018

https://www.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

« Plus les familles ont des difficultés à manger, plus elles ont des soucis de santé » : le Secours populaire alerte sur la précarité alimentaire des plus pauvres

Salauds de pauvres : la complainte de l’homme blanc présidentiel (Regards)

La France a faim, Macron se gave (Regards)

600 000 pauvres de plus en dix ans (ODI)

 

 

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10 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

handicap (questions de classe + basta)

handicap

Vous voulez aider les élèves ? Détruisez-les d’abord !

En 2005, la scolarisation des élèves en situation de handicap en milieu ordinaire a été inscrite dans la loi.
Depuis 2013, on parle plus largement d’école inclusive, au sens où tou·te·s les élèves devraient pouvoir être scolarisé·e·s, quelles que soient leurs difficultés (handicap cognitif, moteur, social…). C’est maintenant à l’école de s’adapter pour permettre à ces élèves d’accéder aux apprentissages, et non l’inverse.

La route reste longue…

13 ans après la loi pour l’égalité des droits et des chances, la route reste longue et la situation bien insatisfaisante – et décourageante – dans de nombreux établissements. Et ce n’est pas faute d’essayer, du côté des enseignants, des élèves et des familles ! Mais les entraves sont nombreuses et le parcours de certain·e·s jeunes et de leurs familles est souvent chaotique et éprouvant. J’avais déjà abordé ces difficultés du côté des familles et le travail à faire, dans le groupe-classe, pour que les inclusions fonctionnent : https://www.questionsdeclasses.org/?Une-place-dans-la-classe

Mais la lenteur du système est parfois mortifère pour les élèves à Besoins éducatifs particuliers (BEP).

Lenteur des tests par les professionnels extérieurs à l’école, mais indispensables pour la prise en compte des difficultés. Lenteur de l’examen (ou du réexamen) du dossier par le médecin scolaire ou par la MDPH(1), faute de personnels. Lenteur dans le va-et-vient des dossiers, sans compter ceux qui se perdent en cours de route ou qui restent sans réponse, parce qu’in-complets (il est apparemment acquis que si des documents manquent, aucune réponse n’est donnée aux familles…). Ces tergiversations peuvent prendre des mois, et parfois plus d’un an !

S’organiser pour permettre l’accès aux apprentissages… en attendant !

Alors, face à cette machine administrative à la lenteur et au fonctionnement aberrants, les enseignant·e·s, les AESH(2), les élèves et leurs proches s’organisent : rendez-vous réguliers pour faire des bilans de parcours, travail d’équipe, échanges de pratiques, adaptations des cours, des supports, réflexion sur la différence et le handicap avec les élèves…

Tout cela pour permettre l’accès aux apprentissages, mais toujours dans l’attente d’une décision concrète de la part des services compétents, afin de rendre les aménagements pérennes et officiels, et d’obtenir, pour les familles, des moyens matériels, humains ou financiers pour favoriser la scolarisation des jeunes.

Et, doucement, nous y arrivons. Certain·e·s élèves s’accrochent, progressent, réussissent grâce aux efforts de toutes celles et tous ceux qui les entourent, obligé·e·s d’agir pour rendre le quotidien accessible, malgré les difficultés parfois très lourdes des élèves (troubles des apprentissages, du comportement ou troubles autistiques).

Aider ou laisser couler

Or, ces petites réussites ont parfois des conséquences surprenantes, voire insensées. Tout  d’abord, il n’est pas rare de nous entendre dire que l’élève réussit « trop bien », que le médecin scolaire (ou la MDHP) a consulté les bulletins et a considéré que les difficultés n’étaient pas assez prononcées pour que l’élève puisse bénéficier d’un accompagnement spécifique ou d’une « reconnaissance handicap ».

Première absurdité : les aides fournies par les équipes profitent aux élèves, dans leurs apprentissages quotidiens, mais les desservent sur le plan administratif. Or, sans recon-naissance officielle, les aides ne peuvent pas durer, notamment pour les examens. Et de là une autre absurdité : certaines directions n’hésitent pas à donner des « consignes » aux ensei-gnant·e·s , expliquant qu’il faut que les difficultés apparaissent sur le bulletin, dans les notes, dans les évaluations, autrement dit, que l’échec se voie, et se voie bien !

Ne pas adapter les évaluations, faire perdurer, volontairement, les difficultés des élèves en ne les prenant pas en compte, les laisser, sciemment, en situation d’échec, voilà à quoi nous devrions être réduit·e·s, pour qu’un dossier ait des chances d’être validé, administrativement.
Et nous en arrivons à la recommandation scandaleuse suivante : détruisons les élèves, pour mieux les aider ensuite !

On imagine aisément devant quel cas de conscience se trouvent les enseignant·e·s, qui ne savent plus comment agir : aider les élèves au quotidien, au risque de trop les aider ? Attendre une décision administrative, qui peut mettre des mois à tomber, au risque de voir la souffrance des élèves se développer ?

Le chemin est donc long, encore, pour une école inclusive qui ne se contente pas de mots et d’effets d’annonce (3), pour une école inclusive qui prenne en compte non seulement les jeunes et leurs difficultés, mais également celles des personnes qui les entourent au quotidien (proches, enseignant·e·s, AESH, personnels des MDPH, de la médecine scolaire…) et qui œuvrent, coûte que coûte, pour que chacun·e puisse bénéficier d’une scolarisation digne.

 8 septembre 2018  Jacqueline Triguel

(1) MDPH : Maison Départementale des Personnes Handicapées – structure habilitée à traiter les demandes des familles pour qu’un enfant soit reconnu comme personne handicapée et reçoivent l’accompagnement et les aides nécessaires, dans ou hors l’école.

(2) AESH : Accompagnant·e·s des élèves en situation de handicap

(3) Il n’y a qu’à comparer la communication faite autour de la rentrée du président Macron dans un établissement accueillant une Ulis (Unité localisée pour l’inclusion scolaire) et le silence autour des élèves en situation de handicap non scolarisés, ou sans AESH, sans compter les difficultés quotidiennes des enseignant·e·s pas assez formé·e·s sur ces questions.

Lire aussi:

Logements, lieux publics, transports : le gouvernement continue d’exclure les personnes handicapées (Bastamag)

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09 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

scorbut (france info)

Santé: le retour des maladies du Moyen-Âge

En France et dans le monde, des maladies que l’on croyait disparues refont surface. Des cas de gale, de scorbut ou encore de peste ont été signalés.

En France, des maladies moyenâgeuses sont de retour. Le scorbut, maladie du XVIIIe siècle, « la maladie des marins », est réapparue en 2015 au CHU de Limoges (Haute-Vienne). Dix cas au moins ont été signalés. « Ce sont des maladies qui se manifestent par des saignements sous la peau, des saignements sous la membrane qui recouvre l’os (…) Cela témoigne d’une sous-nutrition », explique Michel Lecerf, médecin nutritionniste au CHRU de Lille (Nord). Cette maladie est due à une carence en vitamine C et aujourd’hui elle touche en particulier les jeunes, amateurs de junk food.

Le scorbut, la peste et le choléra refont surface

La tuberculose et la rougeole refont surface sur notre territoire. En seulement un an, rien qu’en Nouvelle-Aquitaine, 2 741 cas de tuberculose ont été recensés. Le nombre de gales a augmenté de 10% depuis 2002. Le parasite s’est propagé dans les maisons de retraite et dans les écoles. À travers le monde, les maladies moyenâgeuses réapparaissent : le choléra en Algérie, le scorbut en France, aux États-Unis et en Australie. La peste à Madagascar a fait 200 morts en un an.

07/09/2018

https://www.francetvinfo.fr

Commentaire: C’est bien sûr pour éviter cela que Macron et l’ARS ils se décarcassent à fermer des lits, des services, des emplois et baisser les allocs! C’est pour notre santé!  Merci qui?

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07 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

pauvres (odi)

privileges-des-pauvres

Un million de travailleurs pauvres en France

Un million de travailleurs vivent avec moins de 850 euros par mois.

Avoir un emploi ne protège pas de la pauvreté, notamment pour ceux qui travaillent à temps partiel ou alternent des périodes de travail précaire et de chômage. Un million de personnes exercent un emploi mais disposent d’un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, fixé à la moitié du revenu médian (846 euros par mois pour une personne seule en 2015). Si on fixe le seuil de pauvreté à 60 % du niveau de vie médian (1 015 euros en 2015), on en compte deux millions.

La pauvreté des travailleurs évolue peu en France.

Elle a légèrement diminué au début des années 2000, puis est remontée pour atteindre 1,1 million de personnes en 2011 au seuil à 50 % du niveau de vie médian. Après une nouvelle baisse au début des années 2010, elle a recommencé à augmenter dans les années récentes. De la même façon, le taux de travailleurs pauvres a oscillé entre 4 et 4,6 % entre 1998 et 2015.

Comment est-il possible qu’en France un million de personnes travaillent mais demeurent pauvres ?

Il existe pourtant un salaire minimum (Smic) situé à 1 150 euros net par mois et qui peut éven-tuellement être complété par des allocations ? Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. Une partie non négligeable des travailleurs sont employés en temps partiel ou par intermittence (CDD, intérim, etc.) et sont loin d’atteindre le Smic sur l’ensemble de l’année. 57 % des salariés au Smic travaillent à temps partiel et 15 % sont en CDD ou en intérim [1]. Environ 5 % des salariés sont rémunérés à un salaire inférieur au Smic : les mineurs, apprentis, animateurs de centres de vacances, assistantes maternelles, etc. Enfin, une partie des indépendants ont des revenus mensuels moyens très faibles, largement inférieurs au Smic.

À la faiblesse du revenu du travail peut s’ajouter un facteur démographique, car pour mesurer les niveaux de vie, on tient compte des revenus de l’ensemble du ménage. Un(e) salarié(e) qui doit faire vivre une famille avec un seul Smic se situe largement en dessous du seuil de pauvreté. La pauvreté des travailleurs s’avère peu sensible à l’extension de la pauvreté qui marque la dernière décennie.

Celle-ci touche principalement les autres catégories de population : les jeunes

Qui peinent à s’insérer sur le marché du travail, les chômeurs ou inactifs et leurs enfants, et, dans une moindre mesure, les retraités. La précarisation d’une partie du marché du travail et la hausse du temps partiel subi sont en effet des phénomènes déjà anciens qui remontent à la période antérieure (années 1980 et 1990).

Ils se sont inscrits dans la durée en évoluant ces dernières années à un rythme plus lent [2], ou en dents de scie [3]. Toute la question est de savoir quel sera l’impact des mesures de flexibilisation du droit du travail prises depuis 2015. Vont-elles dynamiser l’emploi et permettre à des chômeurs de remettre le pied à l’étrier ou, ce qui est plus à craindre, précariser encore plus ceux qui sont les plus précaires ?

[1] Voir notre article « Smic : portrait d’une France populaire ».

revenu travail
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Qu’est-ce qu’un travailleur pauvre ?.

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Un travailleur pauvre est une personne qui travaille mais dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté.

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Si elle vit seule, on compare son revenu après impôts et prestations sociales au seuil de pauvreté. Si elle vit dans un ménage de plusieurs personnes, on rapporte les revenus d’ensemble du ménage au nombre de personnes. Ce n’est pas la rémunéra-tion que le travailleur tire individuellement de son travail qui est prise en compte, mais le niveau de vie de sa famille.

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Une personne qui travaille pour un salaire très faible (un Smic en temps partiel par exemple) ne sera pas considérée comme « tra-vailleur pauvre » si son conjoint dispose d’un revenu qui permet au couple de sortir de la pauvreté. À l’inverse, une personne à plein temps au Smic pourra être comptée comme travailleur pauvre, si son salaire est la seule ressource pour sa famille.

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La définition des « travailleurs » diffère selon l’organisme statistique. Dans les données sur les revenus de l’Insee, on considère comme « en emploi » une personne qui travaille au moment de l’enquête. De son côté, l’organisme européen Eurostat comptabilise les personnes qui ont passé au moins la moitié de l’année en emploi.

 

 

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07 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

bali (via campesina)

via camp

Les paysan.ne.s luttent contre le néo-libéralisme pour créer un “monde échappant aux banques”

La réunion annuelle du FMI et de la Banque mondiale doit avoir lieu à Bali, en Indonésie, du 8 au 14 octobre 2018. La Via Campesina appelle ses membres et ses alliés à se mobiliser en grand nombre.

La Via Campesina demande à ses membres, aux mouvements sociaux alliés et aux organi-sations de la société civile dans le monde de se rassembler et d’agir pour élaborer conjointe-ment des actions contre les politiques du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM). Ces deux institutions organisent en effet leurs réunions annuelles à Bali en Indonésie du 8 au 14 octobre 2018.

Ces institutions ont été créées en 1944, avec pour objectif proclamé de réduire la pauvreté.

Toutefois, elles ont surtout servi les intérêts de leurs principaux contributeurs et ont imposé un programme néo-libéral incluant le fondamentalisme du marché, la privatisation et la dérégle-mentation partout dans le monde.

Les prêts qu’ils fournissent sont octroyés selon de strictes conditions visant à ouvrir les marchés et à démanteler toutes sortes de politiques nationales. Agissant ainsi, elles se sont comportées comme des colonisateurs économiques mondiaux. Au lieu d’atténuer la pauvreté, comme promis dans leurs programmes, elles marginalisent et expulsent les paysans et les paysannes de leurs terres agricoles.

En outre, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international sont des institutions non démocratiques et totalement discréditées, où les prises de décision « un dollar-un-vote » marginalisent les pays du Sud.

Le FMI et sa politique de sauvegarde s’appuient sur la libéralisation, la privatisation et la déréglementation qui entraînent l’altération de la souveraineté de l’État, de sorte que l’État ne peut plus jouer son rôle dans la mise en œuvre de la justice économique et du bien-être pour son peuple. Les services nécessaires pour assurer les besoins vitaux des populations sont laissés au secteur privé, afin que le mécanisme ou le calendrier des remboursements de la dette puisse fonctionner sans heurts.

En conséquence, les services sociaux pour les paysans et leurs familles sont négligés et ceci est une des principales causes de la pauvreté.

L’exemple de l’indonésie est parlant : suite à la signature de la lettre d’intention (LDI) entre le gouvernement indonésien et le FMI en 1997, la BULOG (National Public Stock Holding) a été considérablement affaiblie. Ceci a provoqué l’importation à grande échelle par l’Indonésie des denrées alimentaires et notamment du riz.

Cette politique est cohérente avec l’Accord sur l’agriculture de l’OMC, qui concerne la libérali-sation des marchés et la détention de stocks publics. Les lignes politiques du FMI, de l’OMC ainsi que des accords de libre-échange (ALE) font un tout pour promouvoir le néo-libéralisme.

Le FMI continue de promouvoir la libéralisation des marchés et la privatisation par le biais d’autres instances internationales en particulier dans les pays en développement. En realité, aucun pays aujourd’hui ne peut prétendre ne pas être affecté par le FMI. C’est pourquoi les gens se sont mobilisés en grand nombre contre le FMI lors de la réunion du G20 en Argentine en juillet 2018. Peu de temps après le gouvernement de l’Argentine a reçu du FMI une nouvelle dette.

La Grèce est également une victime du FMI, comme cela est bien connu.

La Banque mondiale (BM), en tant qu’institution de financement du développement mondial, met en œuvre divers modèles de méga projets d’infrastructure, prétendument réalisés pour accroître la croissance économique. Ceux-ci ont conduit à un accaparement effréné des terres, à la criminalisation des paysans et des paysannes qui résistent et à leur expulsion de leurs territoires partout dans le monde et notamment en Indonésie, en Inde, au Sri Lanka, au Bangladesh, en Thaïlande, aux Philippines ou au Brésil.

Au cours de la période de 2001 à 2010, en raison des investissements à grande échelle menés par la BM dans le secteur agricole, principalement dans les pays d’Afrique et d’Asie, environ 203 millions d’hectares de terres ont été saisis par la force.

En particulier, la BM s’infiltre dans les secteurs agraire et agricole en fournissant un modèle de réforme agraire considéré comme un soutien à l’économie du secteur agricole dans le cadre d’un projet dénommé Programme d’accélération de la réforme agraire (One Map Poject en anglais).

Ce n’est rien d’autre qu’une réforme agraire fondée sur le marché.

Elle ne met pas l’accent sur la redistribution des terres d’une manière équitable, et ne garantie pas le contrôle de la terre par les paysans ou la famille paysanne. Ce programme souligne principalement la question de la monétarisation des terres, ce qui ôte le contrôle des terres aux individus et facilite l’infiltration de capitaux.

Cela est évident dans la mise en œuvre d’un Projet One Map en Indonésie, et dans tous les pays en développement, depuis 2000 à nos jours, où le programme a uniquement porté sur la distribution de certificats fonciers sans résoudre les conflits agraires en cours et sans octroyer l’égalité lors des contrôles fonciers. Il s’agit seulement de créer un marché foncier ou une banque foncière pour les grandes plantations, les infrastructures, les usines, les barrages, l’irrigation, etc.

La Banque mondiale, tenant les pays du Sud par la dette, les a également poussé à privatiser leurs services publics, tels que la santé, l’éducation, la gestion de l’eau, leurs forêts et leurs plantations, ouvrant ainsi la voie aux entreprises privées et leur permettant de faire d’énormes profits.

Conjointement, le changement climatique a provoqué des événements climatiques extrêmes entraînant de terribles catastrophes naturelles, notamment de fortes inondations et une intense sécheresse, qui ont aggravé la crise alimentaire. Les expulsions forcées, la crimina-lisation des personnes qui résistent, les conflits agraires, la faim et la pauvreté sont provo-quées par la privatisation, tant directement qu’indirectement.

Ne s’arrêtant pas à cette oppression au moyen du développement des infrastructures, la Banque mondiale a élargi ses activités dans le domaine de l’atténuation des changements climatiques. Un exemple en est le Programme d’investissement forestier (FIP en anglais) en vertu de la REDD (Réduction des émissions dues au déboisement et à la dégradation des forêts).

Le programme est un ensemble de fonds de la Banque mondiale permettant de fournir des financements aux pays en développement qui possèdent des forêts.

Selon les chiffres enregistrés jusqu’en 2010, les fonds collectés s’élevaient à 577 millions d’USD. À première vue, le programme semble viser les bons objectifs mais, en réalité, il a un impact négatif sur la Communauté, en particulier sur les paysans, les paysannes et les peuples autochtones.

Le programme légalise l’accaparement forcé des terres paysannes sous le couvert de leur conservation et noue des partenariats juridiques avec des sociétés leur concédant ainsi la tâche de conservation des forêts. L’Indonésie a reçu en 2016 un financement du programme FIP d’un montant de 17,5 millions d’USD.

Cette oppression à multi-facettes de la Banque mondiale et du FMI doit être dénoncée.

Nous invitons tous les mouvements sociaux et organisations de la société civile à se mobiliser dans la rue pour résister à ce régime néolibéral et aider à bâtir un monde alternatif : Un monde échappant aux banques.

Faisons-nous entendre à Bali entre les 8-14 octobre 2018.

Avec cet appel, La Via Campesina espère nous voir tous et toutes progresser ensemble et aller de l’avant. Nous voulons démontrer le pouvoir des peuples organisés, défendre notre souveraineté alimentaire et promouvoir la justice sociale.

EN FINIR AVEC LA BANQUE MONDIALE !

EN FINIR AVEC LE FMI !

LA SOUVERAINETÉ ET LA JUSTICE SOCIALE MAINTENANT !

6 septembre 2018

https://viacampesina.org/

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06 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

saint brieuc avs (fr3)

Saint-Brieuc : manifestation pour défendre les postes d’employés de vie scolaire

Mercredi matin plus de 40 personnes se sont rassemblées devant l’inspection académique de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) pour dénoncer la diminution du nombre d’Employés de Vie Scolaire (EVS). Leur rôle est pourtant crucial, notamment dans l’accompagnement des enfants en situation de handicap.

Parents d’élèves, directeurs d’école, élu et Employés de Vie Scolaire (EVS) ont manifesté leur colère ce mercredi 5 septembre pour dénoncer la suppression de près de la moitié des postes d’employés de vie scolaire dans le département des Côtes-d’Armor. Les EVS avaient pour missions principales d’accompagner les enfants en situation de handicap mais aussi d’assister les directeurs d’école dans les tâches administratives et dans l’accueil des élèves et de leurs parents.

Une conséquence de la suppression des emplois aidés

« On a appris à la toute fin de l’année scolaire dernière que des personnes qui accompagnent des enfants handicapés dans les écoles, voyaient leur contrat se terminer au 31 août », dénon-ce Stéphane Mottier, secrétaire départemental du syndicat Snudi-Fo 22. Il précise que les suppressions d’emploi concernent les personnes recrutées dans le cadre des contrats aidés, dont le financement a été réduit de 40% par le gouvernement en 2018.

« A la rentrée 2017, on comptait 608 EVS, cette rentrée, il n’y en a plus que 283, donc 325 personnes ont vu leur contrat s’arrêter » selon Stéphane Mottier. Une partie des suppressions est censée être compensée par la création de contrats d’accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH) mais les EVS qui étaient assistants administratifs, se retrouvent, eux, au chômage et leur absence risque de se faire sentir au sein des écoles des Côtes-d’Armor.

Louise Cognard 05/09/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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