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07 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

arbres (ft)

arbres

Un village gallois devient un champ de bataille sur l’éthique du reboisement
Alors que les investissements dans les programmes de plantation d’arbres augmentent, les habitants craignent l’impact sur l’agriculture et doutent des avantages environnementaux.

Le Dr John Llewellyn ne s’attendait pas à passer sa retraite à essayer de bloquer un projet de plantation d’arbres près de chez lui, à Cwrt-y-Cadno, un village endormi du pays de Galles.

Pourtant, ce médecin généraliste à la retraite est devenu l’un des chefs de file d’une campagne visant à stopper une société cotée à Londres qui cherche à développer les terres de la ferme Frongoch avec le soutien financier du gouvernement gallois.

Cet affrontement s’inscrit dans le cadre d’une bataille plus large qui se joue dans les communautés rurales du Royaume-Uni entre les nouveaux investisseurs qui cherchent à profiter des incitations de l’État pour planter des arbres et les résidents, qui craignent que de tels projets ne nuisent aux économies locales et à l’écologie.

« Je pense que c’est vraiment contrariant de voir des entreprises qui viennent de loin, qui achètent des terres dans cette région avec l’incitation à changer l’utilisation de la terre pour un profit à court terme », a déclaré Llewellyn, 64 ans. « [Ils] ne prennent pas en compte les impacts négatifs que leur politique et leurs plans ont sur l’environnement local. »

En 2021, le gouvernement gallois a officiellement adopté des objectifs de boisement dans le but d’atteindre son objectif de zéro émission nette de gaz à effet de serre d’ici 2050.

Il vise à planter 43 000 hectares de forêts mixtes au Pays de Galles d’ici 2030 pour éliminer le CO₂ de l’atmosphère – pour atteindre 180 000 hectares d’ici 2050.

Le gouvernement gallois a créé un ensemble de subventions pour encourager les investissements dans la plantation d’arbres, comme Glastir Woodland Creation, qui a versé plus de 10 millions de livres jusqu’à présent. En septembre, il a lancé deux autres programmes de financement destinés aux agriculteurs et aux propriétaires fonciers, pour un montant de 32 millions de livres.

Dans le village de Cwrt-y-Cadno, dans le Carmarthenshire, autrefois un important lieu d’échange pour les conducteurs de bétail locaux, la Foresight Sustainable Forestry Company est l’une de ces entreprises qui tente de saisir l’occasion.

Elle a jusqu’à présent acquis une cinquantaine de terrains à travers le Royaume-Uni depuis son introduction à la Bourse de Londres l’année dernière, qui a permis de lever 130 millions de livres sterling.

En juillet 2021, Foresight a initialement demandé un permis de construire pour planter des arbres sur 60 hectares de terrain, mais a depuis ramené ce projet à 42,5 hectares, suite à la réaction des résidents qui estiment que l’introduction d’une espèce non indigène pourrait endommager les habitats locaux, la production alimentaire et leur mode de vie.

Les types d’arbres plantés sont devenus une pomme de discorde. La société prévoit que près des trois quarts des arbres soient des conifères, qui sont une espèce extérieure. Cependant, les critiques ont déclaré que cela menaçait la biodiversité et ont exigé qu’elle ne plante que des feuillus indigènes.

La conception proposée par Foresight est toujours en cours d’examen par l’organisme gouvernemental gallois Natural Resources Wales.

L’opposition au projet a été soutenue par une coalition d’organisations, dont les associations non-gouvernementale Initiative for Nature Conservation Cymru et Cambrian Mountains Society, Countryside Alliance Wales, un groupe de campagne politique, et Farmers’ Union of Wales.

Rob Parry, directeur général de l’INCC, a reconnu que « la plantation d’arbres est importante » mais a ajouté que de nombreux sites proposés « sont eux-mêmes des habitats incroyablement importants et nous risquons de perdre un habitat pour un autre ».

Entre-temps, les agriculteurs s’inquiètent du fait qu’ils pourraient se retrouver privés de terres de bonne qualité alors qu’ils luttent pour concurrencer les riches entreprises, dans un débat qui a atteint le Parlement. Au printemps, la commission des affaires galloises a publié un rapport sur les risques posés aux exploitations familiales.

Llewellyn a déclaré : « Non seulement la langue, la culture, le patrimoine et la communauté galloise disparaîtraient si ce projet était reproduit ailleurs, mais cela constitue une menace existentielle pour les communautés d’éleveurs de moutons des hautes terres de tout le Pays de Galles. »

Cependant, Foresight a déclaré qu’elle avait pris en compte les préoccupations locales et qu’un écologiste indépendant avait évalué les plans et prévu une amélioration de la biodiversité du site au fil du temps en utilisant la métrique de biodiversité du ministère de l’Environnement, de l’Alimentation et des Affaires rurales, qui calcule le gain net de tels projets.

Le gouvernement gallois a défendu ses efforts pour lutter contre le changement climatique : « Nous devons planter 86 millions d’arbres d’ici à la fin de cette décennie si nous voulons atteindre notre objectif de zéro émission nette d’ici à 2050. Au-delà de la lutte contre les urgences climatiques et naturelles… la plantation d’arbres offre une opportunité considérable à l’économie rurale.

« Nous ne financerons que les projets forestiers capables de démontrer qu’ils répondent aux normes élevées requises par nos programmes », ajoute le rapport.
Arbres nouvellement plantés au Pays de Galles

De nombreux gestionnaires d’actifs profitent de l’essor de la vente d’unités liées au carbone stocké dans les arbres et utilisées pour atteindre les objectifs climatiques. L’année dernière, Manulife, Gresham House et JPMorgan ont tous lancé ou développé des activités liées aux compensations forestières.

Les crédits carbone (ou compensations) sont censés représenter chacun une tonne de carbone évitée ou retirée de l’atmosphère, et sont utilisés par les entreprises pour compenser leurs émissions.

Le prix par hectare plantable a augmenté de 48 % entre 2020 et 2021, selon le rapport sur le marché forestier britannique de 2021 de la société de gestion forestière Tilhill, qui a déclaré que la demande de terres appropriées de la part des investisseurs était « très élevée ».

Mais certains militants écologistes ont reproché aux crédits carbone d’ouvrir la porte à l’ »écoblanchiment », car les acheteurs peuvent les acquérir sans tenir compte de leur propre production.

En réponse, Richard Kelly, codirecteur de Foresight, a démenti les allégations d’écoblanchiment, affirmant que la société générait des crédits délivrés par le Woodland Carbon Code, une norme d’assurance qualité soutenue par le gouvernement britannique pour les projets de création de forêts, qui offre une vérification indépendante des unités de carbone.

Il a ajouté que la société offrait « à de nombreux agriculteurs une sortie intéressante » et payait une « prime supérieure à la valeur agricole » à un moment difficile pour le secteur. L’entreprise a également lancé un programme de formation aux compétences forestières.

Rachel Evans, directrice pour le Pays de Galles de la Countryside Alliance, a demandé que des évaluations de l’impact sur les communautés rurales soient réalisées avant que l’autorisation ne soit accordée pour de tels projets.

« Nous ne sommes pas opposés à la plantation d’arbres, absolument pas », a-t-elle déclaré. « Mais il faut que ce soit le bon arbre au bon endroit, et que ce soit pour le bon effet ».

John Wellings Dr John Llewellyn,  Yasemin Craggs Mersinoglu à Londres

https://www.ft.com/

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04 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

soja (ecologistas)

soja

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La demande croissante d’huile de soja pour les carburants menace d’effondrer l’Amazonie brésilienne

Une nouvelle étude analyse la relation entre l’utilisation accrue d’huile de soja pour produire des carburants et les niveaux historiques de déforestation dans de vastes régions du Brésil, ainsi que l’augmentation du prix des denrées alimentaires de base et la destruction d’un écosystème essentiel à la vie sur la planète.

Ecologists in Action prévient que l’élimination progressive de l’huile de palme dans la fabrication des carburants conduit à l’utilisation massive d’autres cultures alimentaires comme l’huile de soja, avec des impacts très négatifs qui doivent être stoppés.

L’UE dans son ensemble, et l’Espagne en tant qu’État membre, doivent classer l’huile de soja comme une matière première non durable et cesser immédiatement de l’utiliser pour la production de carburant, comme le propose le Parlement européen.

Selon le rapport publié aujourd’hui par l’organisation européenne Transport&Environnement, dont Ecologistas en Acción est membre, la forte augmentation de la demande d’huile de soja pour produire des carburants est directement liée à l’accélération de la déforestation en Amazonie brésilienne, qui a atteint en 2021 son niveau le plus élevé des 15 dernières années. Cette tendance se poursuivra en 2022, année où l’on enregistre le plus haut niveau de destruction de la forêt tropicale brésilienne entre janvier et août depuis 2008.

Comme le montre l’étude, cette tendance coïncide avec une augmentation progressive de la demande d’huile de soja pour la production de carburant. En effet, alors qu’en 2005, seuls 6 % de l’huile de soja produite dans le monde étaient utilisés dans nos réservoirs, ce chiffre a triplé en 2021 pour atteindre 20 %. Si l’on considère les volumes de soja transformés au cours de cette période, ils ont augmenté de 580 %, passant de 2,1 millions de tonnes en 2005 à 12,2 millions de tonnes en 2021.

L’UE a largement contribué à cette augmentation de la demande. La promotion de la production de carburants à partir de cultures alimentaires dans le cadre de la directive sur les énergies renouvelables a conduit à un doublement de la consommation d’huile de soja dans l’UE entre 2015 et 2017. Et cette tendance pourrait s’aggraver à l’avenir : après le classement par Bruxelles de l’huile de palme comme matière première à haut risque en 2019 et l’abandon prévu de son utilisation en 2030, l’industrie se concentre de plus en plus sur des matières premières telles que le soja. Ainsi, selon les calculs de Transport&Environnement, la demande d’huile de soja pourrait quadrupler dans les années à venir.

Selon le rapport publié, la demande d’huile de soja et la déforestation vont de pair. De vastes étendues de forêt tropicale (comme l’Amazonie) et de savane (comme le Cerrado, un vaste biome au sud de l’Amazonie) ont été défrichées pour la culture du soja. Même les terres déboisées pour l’élevage industriel du bétail ont cédé à la pression de la monoculture du soja, forçant les élevages à s’enfoncer davantage dans la forêt.

Les données présentées dans le rapport sont concluantes : la superficie des terres consacrées à la culture du soja en Amazonie a été multipliée par dix entre 2009 et 2019. Ces chiffres sont conformes aux estimations de la FAO, qui montrent que, si la superficie consacrée à l’élevage est restée stable au Brésil depuis 2000, les terres utilisées pour la culture du soja, du maïs et de la canne à sucre – les cultures les plus demandées pour la production de carburant – ont augmenté de 23, 6,4 et 5,2 millions d’hectares, respectivement.

Paradoxalement, cette augmentation des terres cultivées ne sert pas à produire des aliments pour satisfaire les besoins alimentaires des personnes et des animaux, comme en témoigne le fait que les surfaces consacrées au riz ou aux légumineuses occupent aujourd’hui 3,6 millions d’hectares de moins qu’en 2000.

D’autre part, la forte demande de cultures vivrières pour la production de carburant a entraîné des hausses importantes des prix des huiles végétales, qui ont atteint un niveau record en 2021. La pression exercée sur un produit de base tel que le soja entraîne une augmentation immédiate du coût d’autres matières premières, telles que les huiles végétales, les céréales ou les produits laitiers.

Pour limiter tous ces impacts, l’étude formule une série de recommandations politiques à l’intention de l’UE, qui est en train de réviser la directive sur les énergies renouvelables. Selon Pablo Muñoz, porte-parole de la campagne sur les biocarburants d’Ecologistas en Acción, « l’UE peut et doit mettre un terme aux dommages que l’expansion du soja cause au Brésil et dans d’autres régions du monde. Pour ce faire, la Commission et le Conseil doivent simplement soutenir la proposition du Parlement européen visant à éliminer progressivement les huiles de palme et de soja dans les carburants d’ici 2023.

Cela s’applique également aux différents États membres, déclare le porte-parole de l’environnement : « L’Espagne doit rejoindre les autres pays de l’UE qui ont déjà décidé d’abandonner le palmier et le soja. Rien ne justifie de continuer à brûler des aliments dans nos entrepôts, tout comme rien ne justifie de continuer à déboiser et à aggraver la crise climatique qui nous touche.

4/11/2022

https://www.ecologistasenaccion.org/

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03 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

agriculture (the guardian)

terres

L’agriculture doit changer, sous peine de « détruire la planète », selon des grandes entreprises.

Un rapport parrainé par certaines des plus grandes entreprises agroalimentaires révèle que le passage à des pratiques durables est trop lent. L’agriculture est la plus grande industrie du monde.

Les entreprises alimentaires et les gouvernements doivent s’unir immédiatement pour changer les pratiques agricoles mondiales, sous peine de « détruire la planète », selon les commanditaires d’un rapport de certaines des plus grandes entreprises agroalimentaires publié jeudi.

Le rapport, rédigé par un groupe de travail au sein de l’Initiative pour des marchés durables (SMI), un réseau de PDG mondiaux spécialisés dans les questions climatiques créé par le roi Charles III, est publié quelques jours avant le début de la Cop27, le sommet des Nations unies sur le climat, en Égypte.

Ces dernières années, bon nombre des plus grandes entreprises agroalimentaires du monde se sont faites les championnes des pratiques agricoles durables. Les pratiques agricoles régénératrices, qui privilégient la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la santé des sols et la conservation de l’eau, couvrent désormais 15 % des terres cultivées.

Mais le rythme du changement a été « beaucoup trop lent », selon le rapport, et doit tripler d’ici à 2030 pour que le monde ait une chance de maintenir l’augmentation de la température en dessous de 1,5 °C, un niveau qui, s’il est dépassé, déclenchera un changement climatique encore plus dévastateur pour la planète, selon les scientifiques.

Le rapport est signé par Bayer, Mars, McCain Foods, McDonald’s, Mondēlez, Olam, PepsiCo, Waitrose et d’autres. Ils représentent une force politique et corporative puissante, qui affecte la chaîne d’approvisionnement alimentaire dans le monde entier. Ils sont également, selon les critiques, parmi les plus responsables de la mauvaise gestion du climat, l’un d’entre eux qualifiant le rapport de « poudre aux yeux » et peu susceptible de s’attaquer à la véritable crise.

La production alimentaire est responsable d’un tiers des gaz à effet de serre émis par l’activité humaine et un certain nombre de signataires ont été accusés de méfaits environnementaux et de « blanchiment écologique ». L’activiste Greta Thunberg boycotte la Cop cette année après avoir qualifié le sommet mondial de coup de communication « pour les dirigeants et les personnes au pouvoir afin d’attirer l’attention ».

« Nous sommes à un point critique où il faut agir », a déclaré le président du groupe de travail et PDG sortant de Mars, Grant Reid. « L’interconnexion entre la santé humaine et la santé planétaire est plus évidente que jamais ». Les grandes entreprises alimentaires et l’agriculture doivent jouer un rôle important pour changer cela, a déclaré Reid. « Ce ne sera pas facile, mais nous devons faire en sorte que cela fonctionne », a-t-il déclaré.

L’agriculture est la plus grande industrie du monde. Les pâturages et les terres cultivées occupent environ 50 % des terres habitables de la planète et utilisent près de 70 % des réserves d’eau douce.

La crise climatique met le secteur à rude épreuve dans le monde entier, mais l’appel au changement lancé par le groupe intervient alors que le secteur – qui emploie un milliard de personnes – est confronté à des problèmes de chaîne d’approvisionnement dans le sillage de la pandémie de coronavirus et de l’inflation galopante. Il intervient également dans un contexte de scepticisme croissant à l’égard des promesses de changement des entreprises qui ont contribué au changement climatique.

Greta Thunberg s’exprime sur le délire climatique : « On nous a fait perdre la raison en nous faisant passer pour des écolos. Il est temps de tenir bon ».

Ces problèmes actuels ne doivent pas faire oublier la nécessité d’un changement, affirme le rapport. « Avec l’environnement inflationniste et les perturbations généralisées de la chaîne d’approvisionnement, il serait facile de réduire notre attention sur le défi à plus long terme que représente la mise à l’échelle de l’agriculture régénérative. Mais nous pensons qu’il est vital de maintenir un sentiment d’urgence. Nous devons agir maintenant pour éviter des crises plus graves à l’avenir », écrivent les auteurs.

Sunny George Verghese, directeur général d’Olam, l’un des plus grands fournisseurs mondiaux de fèves de cacao, de café, de coton et de riz, a déclaré : « Nous ne pouvons pas continuer à produire et à consommer des denrées alimentaires, des aliments pour animaux et des fibres de la manière dont nous le faisons aujourd’hui, à moins que cela ne nous dérange de détruire la planète.

« La seule issue pour nous est la transition vers un système alimentaire plus résilient qui nous permettra de répondre aux besoins d’une population croissante sans l’intensité des ressources que nous avons aujourd’hui. »

Le rapport a étudié trois cultures vivrières, la pomme de terre, le riz et le blé, et a formulé des recommandations politiques qu’il présentera à la Cop27.

Les membres du groupe de travail s’efforcent de rendre les arguments économiques à court terme en faveur du changement plus attrayants pour les agriculteurs. « Il n’est tout simplement pas assez convaincant pour l’agriculteur moyen », a déclaré M. Reid.

Plus largement, le rapport affirme que l’industrie et le gouvernement doivent également travailler davantage pour combler le manque de connaissances et s’assurer que les agriculteurs suivent les meilleures pratiques. Enfin, toutes les parties impliquées dans l’industrie agricole, des agriculteurs aux producteurs de denrées alimentaires en passant par le gouvernement, les banques et les assureurs, doivent s’aligner pour encourager le passage à des pratiques plus durables.

« Cela implique un changement pour tous les acteurs, y compris le gouvernement, les entreprises privées, publiques et autres. Aucun acteur ne peut y parvenir seul, il faut une collaboration entre tous ceux qui le souhaitent. Ce qui doit se produire maintenant, c’est l’action et la livraison », a déclaré Reid.

Au cours des six prochains mois, le groupe évaluera la manière dont il peut étendre le travail du groupe de travail dans le but d’établir un ensemble commun de paramètres pour mesurer les résultats environnementaux, d’établir un système crédible de paiements aux agriculteurs pour les résultats environnementaux, d’alléger le coût de la transition des agriculteurs vers des pratiques durables, de veiller à ce que la politique gouvernementale récompense les agriculteurs pour l’écologisation de leurs activités et d’encourager l’approvisionnement en cultures provenant de zones particulières se convertissant à l’agriculture régénérative.

Les scientifiques estiment que la production alimentaire est à l’origine de 35 % des émissions de gaz à effet de serre, et que la viande est responsable de plus de deux fois la pollution des plantes. Les régimes alimentaires respectueux du climat peuvent faire une énorme différence, même si vous ne vous lancez pas dans le véganisme.

Devlin Kuyek, chercheur à Grain, une organisation à but non lucratif qui s’efforce de soutenir les petits agriculteurs, a déclaré qu’il était de plus en plus difficile pour les grandes entreprises agricoles et alimentaires d’ignorer le changement climatique. « Mais je ne pense pas qu’une seule de ces entreprises – disons un McDonald’s – ait pris l’engagement de réduire les ventes de produits très polluants. Je ne pense pas que PepsiCo va dire que le monde n’a pas besoin de Pepsi ».

Kuyek a souligné que Yara, autre signataire du rapport, est le plus grand fournisseur mondial d’engrais à base d’azote, « qui sont responsables d’une tonne sur 40 de gaz à effet de serre émis chaque année ».

« C’est plutôt fallacieux », a déclaré M. Kuyek. « Les petits systèmes alimentaires locaux nourrissent encore la plupart des habitants de la planète et la vraie menace est que le système industriel se développe au détriment du système véritablement durable. Les entreprises créent un peu de fumée et de miroirs ici, suggérant qu’elles font partie de la solution alors qu’inévitablement elles font partie du problème. »

Compte tenu des antécédents controversés de certaines des entreprises impliquées dans le rapport, M. Verghese a déclaré qu’il s’attendait à des critiques et à un examen minutieux. « Toutes les entreprises doivent résister à l’examen minutieux d’être attaquées s’il y a un véritable greenwashing. Il n’y a pas de place pour se cacher », a-t-il déclaré. « En ce qui concerne Olam, nous sommes très clairs sur nos objectifs, nous avons eu la confiance nécessaire pour les rendre publics. Nous avons tous progressé sur la voie du développement durable. Ce n’est pas que nous n’ayons pas fait d’erreurs dans le passé, mais comme nous sommes devenus meilleurs dans ce domaine, nous sommes prêts à être soumis à un examen minutieux. »

M. Reid et M. Verghese ont tous deux déclaré que l’ampleur des problèmes auxquels l’approvisionnement alimentaire mondial est confronté ne peut être minimisée, mais que de plus en plus de gouvernements et d’entreprises sont convaincus de la nécessité d’un changement urgent. « Je crois que le changement est possible », a déclaré M. Verghese.

« Je suis optimiste. Le fait que ce type de coalitions émerge est très positif. Nous sommes tous par ailleurs de très grands rivaux et concurrents. Nous nous détestons, nous ne nous réunissons sur rien, sauf en cas de crise majeure. Tout le monde reconnaît qu’il y a une énorme crise. Nous devons nous rassembler. »

Dominic Rushe Jeu 3 Nov 2022

https://www.theguardian.com/

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Waterlogged wheat, rotting oranges: five crops devastated by a year of extreme weather

Grain

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Méfiance!

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01 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

mouthe (the guardian)

glacier

Le village le plus froid de France enregistre un rare mois d’octobre sans gel.

L’automne tempéré de Mouthe est une preuve supplémentaire de la crise climatique, selon les experts météorologiques. La ville enneigée de Mouthe, est aussi appelée « petite Sibérie » et connue pour être l’une des villes les plus froides de France.

Pour la première fois en 140 ans, le village de Mouthe – officiellement reconnu comme le plus froid de France – a déclaré un mois d’octobre sans gel.

Un automne tempéré qui constitue une preuve supplémentaire de la réalité de la crise climatique, estiment les spécialistes de la météo.

Située à une altitude comprise entre 930 et 1 450 mètres dans le Jura, Mouthe a obtenu le titre de village le plus froid de France après avoir enregistré la température la plus basse du pays le 13 janvier 1968, lorsque le thermomètre est descendu à -36,7°C.

Les archives locales, non vérifiées par l’autorité météorologique française, suggèrent qu’en janvier 1985, la température est tombée encore plus bas, à -41°C.

Dans le passé, Mouthe a enregistré jusqu’à 28 jours de gel en octobre.

François Jobard, de Météo-France, a déclaré que le mois d’octobre sans gel à Mouthe et les températures exceptionnellement chaudes enregistrées dans la ville de Besançon, à 100 km au nord, étaient une preuve supplémentaire du changement climatique.

Il a ajouté que le temps dans la région au cours de la seconde moitié d’octobre était plus chaud que la moyenne des deux dernières semaines d’août des années 1970.

« Depuis le début des mesures en décembre 1884 à Besançon. La deuxième quinzaine d’octobre 2022 semble être une erreur, bien au-dessus de tout ce qui a été observé… En 2022, nous avons changé de braquet », a tweeté M. Jobard.

La météo à Mouthe, dans l’est de la France à environ 5 km de la frontière franco-suisse, est dictée par sa situation géographique particulière, installée dans un creux où le vent froid stagne entre deux massifs montagneux.

« Le froid sibérien qui s’y installe régulièrement en hiver s’explique par le fait que la région de l’est de la France est marquée par un climat continental qui l’emporte sur les influences océaniques en cas d’anticyclone. Le soir, le Val de Mouthe, peu pentu et peu boisé, n’évacue pas le froid. Le microclimat particulier de la tourbière accentue la baisse de température », explique le porte-parole de la mairie.

Cet été a été le deuxième plus chaud en France depuis 2003 ; en septembre, les températures ont atteint un record de 40°C dans certaines régions du pays. Ce mois d’octobre serait globalement le plus chaud depuis le début des relevés.

Kim Willsher  Mar 1 Nov 2022

https://www.theguardian.com/

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31 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

gaz (basta)

gaz-rouen-lubrizol-fuite-dessin-humour

Gaz liquéfié : l’Allemagne va générer « des émissions de CO2 sur des décennies » malgré ses ministres écologistes

Les associations écologistes opposées au ministre Vert

C’est le paradoxe de cette vague de projets de terminaux de gaz liquéfié en Allemagne. Ils sont défendus par un ministre du Climat et de l’Économie issu du parti des Verts, et sont contestés, au moins dans leur ampleur, par les grandes associations environnementales du pays, et par les activistes climatiques. « Nous sommes en colère contre les Verts, surtout au regard de la vitesse avec laquelle le ministre et le groupe Vert au Bundestag ont repris la logique de l’économie fossile », nous dit Ronja Heise, responsable des questions énergétiques à l’association environnementale Robin Wood. Cette ONG s’oppose à l’ensemble des projets en cours, sites temporaires comme futures installations terrestres.

La branche allemande des Amis de la terre BUND ne rejette pas, de son côté, les terminaux flottants destinés à remplacer à très court terme le gaz russe. « Nous sommes prêts à accepter les projets qui contribuent à l’indépendance vis-à-vis du gaz russe, nous ne nous opposerons qu’aux projets qui sont surdimensionnés, précise le chargé de campagne Olivier Powalla.

Tout ce qui résout la crise énergétique, nous le soutenons. Notre critique porte sur les terminaux terrestres qui doivent arriver en 2025-2026, et ne contribuent aucunement à l’indépendance vis-à-vis du gaz russe ni à faire face à la crise énergétique actuelle. Les autorisations d’exploitation leur ont été accordées jusqu’à 2043, c’est complètement déconnecté de la réalité. »

Un autre point de critique est l’origine du gaz. Les plus gros exportateurs, et de loin, de gaz liquéfié sont aujourd’hui les États-Unis, où le gaz de schiste provient de la fracturation hydraulique – un mode d’extraction très polluant – et le Qatar, avec qui l’Allemagne tente de signer des contrats depuis le printemps. Total vise aussi à exporter du GNL vers l’Europe depuis le Mozambique, sur la côte est de l’Afrique. « Les coûts de l’extraction du gaz sont externalisés, dénonce Ronja Heise. « Avec ces projets, on renforce la crise climatique, et ceux qui sont le plus touchés sont dans le Sud. » Comme les terribles inondations au Pakistan cet été l’ont encore une fois montré.

« Nous avons une industrie centrée sur la maximisation du profit »

En août, les activistes de Robin Wood ont avec d’autres groupes organisé une vaste action contre les énergies fossiles, dont le GNL, à Hambourg, le grand port du nord du pays. Elles et ils ont accroché sur l’immense façade du bâtiment de la Philharmonie de la ville deux larges banderoles : « Sortons du gaz maintenant » et « Combattre le capitalisme néocolonial ». « À Robin Wood, nous sommes plutôt ceux qui escaladent des façades que ceux qui discutent autour d’une table de négociations », sourit la militante.

Ronja Heise regrette que la crise climatique passe au second plan derrière la menace de manquer de gaz. « Ce n’est pas possible que des milliards d’euros d’argent public viennent encore aujourd’hui financer des infrastructures d’énergies fossiles, défend-elle. Avec les terminaux de GNL, surtout les terrestres, on va continuer à produire des émissions massives de CO2 sur des décennies, alors qu’il existe des possibilités de se rendre indépendant du gaz russe sans cela, avec des économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables. C’est là qu’il faudrait investir ces milliards. Il faudrait d’abord réaliser toutes les économies d’énergie possibles. »

Les activistes regrettent aussi le manque de transparence sur la consommation de gaz de l’industrie. « Le gouvernement allemand dit qu’on a absolument besoin des terminaux de GNL, mais il ne publie aucune donnée sur la consommation de l’industrie, critique Ronja Heise. Le débat public se concentre sur le fait qu’on devrait utiliser des gants de toilette plutôt que de se doucher pour faire des économies d’énergie. Mais la vraie question, c’est que nous avons une industrie qui est centrée sur la croissance et la maximisation du profit, qui consomme des quantités énormes de gaz. Ça, nous ne pouvons plus nous le permettre. »

Depuis la digue de Brunsbüttel, entre la centrale nucléaire à l’arrêt, les rangées d’éoliennes, des montagnes de charbon entreposé et le futur terminal gazier, Norbert Pralow se prend lui aussi à rêver que cette crise puisse être l’occasion d’une véritable rupture.

« L’industrie du plastique allemande est très consommatrice de gaz. Ensuite, ce plastique se retrouve à polluer les océans ! C’est aussi là qu’il faut changer les choses. Avec les prix du gaz qui explosent, ce serait le moment pour que toute la population réfléchisse à une véritable transformation de l’industrie, et de la société, de notre mode de vie. » Au-delà du fait de mettre des cols roulés ou de se laver au gant de toilette. (Résumé)

Rachel Knaebel 31 octobre 2022

https://basta.media/

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31 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

c’est lula! (jdd – huff’post)

lula

Brésil : Lula élu président pour un troisième mandat

Lula a été élu nouveau président du Brésil dimanche soir après un scrutin serré face au chef d’État d’extrême droite Jair Bolsonaro. Ce dernier n’a toujours pas reconnu sa défaite.

C’est un retour historique au pouvoir. Une victoire que Lula compare à une véritable « résurrection ». Dimanche soir, douze ans après avoir quitté le pouvoir avec une popularité record de 87 %, Lula  a remporté l’élection présidentielle au Brésil face à Jair Bolsonaro, faisant de lui le nouveau chef de l’État, rapporte l’AFP. L’ancien président commencera dès le 1er janvier un troisième mandat. Face à une foule composée de centaines de milliers de sympathisants réunis sur l’Avenida Paulista de Sao Paulo, Lula a plaidé pour la « paix et l’unité ».

Silence de Jair Bolsonaro

« À partir du 1er janvier, je vais gouverner pour les 215 millions de Brésiliens et Brésiliennes, pas seulement ceux qui ont voté pour moi », a déclaré l’icône de gauche. Lula a estimé que « personne » ne souhaitait vivre « dans un pays divisé, en état de guerre perpétuelle ». Pour lui, « il n’y a pas deux Brésil, nous sommes un seul peuple, une seule nation », a-t-il assuré en écho à son opposant d’extrême droite.

Lula s’est d’ailleurs dit « inquiet » du silence de son adversaire Jair Bolsonaro, indique l’AFP. Le président sortant n’avait en effet pas encore reconnu sa défaite quatre heures après le résultat du scrutin. Il a perdu l’élection de peu : Luiz Inacio Lula da Silva a récolté 50,9 % des voix au second tour contre 49,1 % pour le chef populiste.

« Dans n’importe quel pays au monde, le candidat défait m’aurait déjà appelé pour reconnaître sa défaite. Il ne m’a toujours pas appelé », a lancé Lula lors de son discours face à la foule de partisans, se disant à « moitié heureux » et à « moitié inquiet ».

Macron, Poutine et Biden saluent la victoire de Lula

Cela n’a pas empêché certains chefs d’État internationaux de féliciter Lula pour sa victoire. Le président américain Joe Biden a salué son élection « libre et juste », tandis que son homologue français Emmanuel Macron a assuré que cette victoire « ouvre une nouvelle page de l’histoire du Brésil », relate l’AFP. Le président russe Vladimir Poutine a également félicité Lula, souhaitant une « coopération constructive ». Lula a prévenu que son élection était également synonyme « de retour » du pays sur la scène internationale : « Notre pays est trop grand pour être relégué au triste rôle de paria. »

Avant d’évoquer le sujet de l’Amazonie, dévastée par la déforestation et les incendies, qui ont gravement augmenté sous le mandat de Jair Bolsonaro. « Le Brésil est prêt à jouer à nouveau les premiers rôles dans la lutte contre le changement climatique. Le Brésil et la planète ont besoin d’une Amazonie en vie », a enfin lancé Lula.

31 octobre 2022 Marianne Lecach

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30 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

bassines (jdd expansive)

eau

Manifestation contre les bassines : 22 gendarmes blessés sérieusement, un nouveau rassemblement prévu dimanche

Samedi, de violents heurts ont fait une soixantaine de blessés côté gendarmes et une trentaine côté manifestants, selon les derniers bilans, lors d’un rassemblement interdit par la préfecture des Deux-Sèvres contre le projet d’une « bassine » pour l’irrigation agricole.

De violents affrontements ont éclaté samedi à Saint-Soline dans les Deux-Sèvres en marge d’une manifestation contre le projet d’une « bassine » pour l’irrigation agricole . Selon Gérald Darmanin, « 61 gendarmes ont été blessés, dont 22 sérieusement ». Pour le ministre de l’Intérieur, « ce chiffre démontre que ce n’était pas une manifestation pacifique mais un rassemblement très violent. J’espère que toutes les forces politiques républicaines condamneront ces violences », a expliqué le ministre.

30 personnes blessées chez les manifestants

Côté manifestants, une trentaine de personnes ont été blessées, dont dix prises en charge par les pompiers et trois hospitalisées, selon le collectif « Bassines Non merci », qui rassemble des associations environnementales, organisations syndicales et groupes anticapitalistes opposés à cet « accaparement de l’eau destiné à l’agro-industrie ».

Des grenades lacrymogènes ont été lancées et des élus arborant leur écharpe tricolore molestés, notamment la députée écologiste de la Vienne, Lisa Belluco. La préfecture dénombre quatre blessés communiqués par les secours. Parmi les opposants touchés, Julien Le Guet, l’un des porte-parole du collectif, aperçu par l’AFP le visage bandé et avec un filet de sang le long du nez après une brève interpellation.

Une nouvelle manifestation prévue dimanche

« Ce matin c’est calme mais il reste environ 2 000 personnes sur le site, je rappelle que la manifestation demeure interdite, donc que tout acte visant à tenter à nouveau d’entrer sur le site de la réserve sera à nouveau écarté », a déclaré sur Franceinfo la préfète du département, Emmanuelle Dubée.

Cette vaste réserve, destinée à l’irrigation, est dénoncée par ses détracteurs comme un « accaparement de l’eau » par l’agro-industrie, doublé d’une aberration écologique à l’heure du réchauffement climatique et des sécheresses à répétition.

30 octobre 2022 Thibault Nadal

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30 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

famine (à l’encontre)

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Un garçon collecte le peu d’eau qu’il trouve dans une rivière asséchée en raison de la sécheresse à Dollow, en Somalie.

Le climat a changé. Les famines se déchaînent

L’actualité climatique est plus sombre que jamais. Malgré les ambitions affichées de la communauté internationale, les pays du monde n’ont réduit que de 1% leurs émissions de gaz à effet de serre, selon un nouveau rapport des Nations unies. Ce piètre résultat place la planète sur la voie d’un réchauffement de 2,4 degrés Celsius d’ici la fin du siècle [l’élévation pourrait même atteindre 2,8 degrés si la politique actuelle est poursuivie], ce qui est en deçà des plus grandes craintes des observateurs du climat, mais toujours au-delà du seuil de sécurité fixé à 1,5 degré Celsius. Cela préfigure un avenir dangereux fait de conditions météorologiques extrêmes, d’élévation du niveau des mers et de «souffrances sans fin», selon les termes mêmes des Nations unies.

Deux autres rapports publiés cette semaine par des agences des Nations unies ont indiqué une aggravation de ces maux. Une analyse de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques [CCNUCC, une des trois conventions adoptées lors du Sommet de la terre de 1992, conjointement à la Convention sur la diversité biologique et à celle sur la lutte contre la désertification] a révélé que peu de pays avaient atteint leurs engagements en matière de climat depuis la grande conférence des Nations unies sur le climat qui s’est tenue l’année dernière [COP26 du 1er au 13 novembre] à Glasgow, en Ecosse.

La conférence de cette année doit se tenir en Egypte le mois prochain [du 5 au 18 novembre à Charm-El-Cheikh: COP27]. Une autre étude de l’Organisation météorologique mondiale a révélé que les émissions de méthane augmentent plus rapidement que jamais. Ces données soulèvent «des questions quant à la capacité de l’humanité à limiter à court terme ce gaz à effet de serre 80 fois plus puissant que le dioxyde de carbone», rapportent d’autres observateurs.

Des progrès ont été réalisés: le monde se détourne du charbon [1], tandis que les gouver-nements des principaux émetteurs, l’Australie et les Etats-Unis, ont récemment adopté des lois importantes pour réduire les émissions. Mais les choses ne vont pas assez vite. «Les engagements mondiaux et nationaux en matière de climat sont lamentablement insuffisants», a déclaré le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, dans un message vidéo cette semaine. «Nous devons combler le fossé des émissions avant que la catastrophe climatique ne se referme sur nous tous.»

Malgré les appels constants d’António Guterres, l’urgence politique nécessaire ne se manifeste pas dans la plupart des pays du monde. Même les gouvernements ayant des programmes climatiques bien conçus ont vu leur attention détournée par la guerre en Ukraine, le bilan de la pandémie et la volatilité des prix de l’énergie et l’inflation qui secouent l’économie mondiale. Comme l’écrivent Steven Mufson et Sarah Kaplan, le 26 octobre dans The Washington Post: «Le monde se dirige vers un avenir fait de chaleur insupportable, des catastrophes météorologiques de plus en plus fréquentes, d’écosystèmes qui s’effondrent, de faim et de maladies.»

Dans certains endroits, cet avenir est déjà là. La Corne de l’Afrique et de nombreuses régions d’Afrique de l’Est sont au cœur d’une sécheresse dévastatrice. Pour la cinquième année consécutive, l’absence de pluie a été enregistrée. Les analystes s’attendent à ce que la sixième – qui débutera en mars prochain – soit également une saison «sans pluie». Alors que les champs sont en jachère et que des millions de têtes de bétail meurent de soif, les pays de la région connaissent une situation d’insécurité alimentaire et humanitaire sans précédent. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, quelque 22 millions de personnes en Ethiopie, en Somalie et au Kenya risquent de mourir de faim.

En Somalie, en particulier, les organisations d’entraide et les observateurs internationaux mettent en garde contre l’apparition imminente d’une famine. Les conditions semblent pires qu’en 2011, la dernière fois que la famine a été déclarée dans ce pays ravagé par la guerre, où quelque 260 000 personnes sont mortes. «A chaque minute de chaque jour, un enfant somalien est admis dans un établissement de santé pour y être traité de malnutrition aiguë sévère», a déclaré un porte-parole de l’agence des Nations unies pour l’enfance (Unicef) mi-octobre. Il existe des récits poignants de mères et de familles qui traversent péniblement des terrains arides à la recherche d’une assistance médicale pour leurs bébés malades. Des milliers de personnes sont peut-être déjà mortes [2].

Près de 8 millions de personnes, soit environ la moitié de la population du pays, ont été touchées par la sécheresse. Jusqu’à 6,7 millions de personnes pourraient être affectées par l’insécurité alimentaire d’ici la fin de l’année. La défaillance successive des cycles de récolte a coïncidé avec les pressions inflationnistes créées par la pandémie et la guerre en Ukraine, ainsi qu’avec l’instabilité actuelle en Somalie, où un gouvernement fragile fait face à l’insurrection bien implantée du groupe extrémiste islamiste al-Shabab.

«Nous ne savons pas où se trouve la fin», m’a confié Michael Dunford, directeur régional du PAM pour l’Afrique de l’Est, en mettant en garde la communauté internationale contre la crise actuelle, mais aussi contre les futurs cycles de sécheresse et de souffrance à venir. En effet, les effets du réchauffement climatique ont un impact disproportionné sur des régions comme la Corne de l’Afrique. «Il ne s’agit pas du changement de climat – le climat a changé. Et nous ne reviendrons pas en arrière, même une fois que les pluies auront commencé», a-t-il déclaré. «Nous sommes bel et bien au milieu de la crise et je ne sais pas où se trouve le fond.»

La situation est d’autant plus tragique que ces communautés les plus menacées n’ont joué qu’un rôle minime, voire nul, dans la création des conditions qui alimentent le réchauffement climatique actuel. Il s’agit «d’une population qui, de manière importante, ne s’est pas infligé cette situation», a déclaré Michael Dunford. «Ce qui se passe aujourd’hui […] dans la région a un impact sur une population vulnérable qui n’a pas contribué aux gaz à effet de serre.»

«Les Somaliens sont les victimes de notre comportement, les victimes de nos habitudes – pas des leurs», a déclaré cette semaine Martin Griffiths, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et coordonnateur des secours d’urgence de l’ONU. «Et pourtant, nous n’avons même pas réussi à leur faire parvenir l’argent que nous avons promis de manière louable il y a quelque temps pour exactement ce genre d’objectif!»

Les agences des Nations unies ont indiqué que la Somalie, à elle seule, a besoin de quelque 2 milliards de dollars d’aide pour éviter les pires extrémités. Le PAM, qui a été largement financé par les Etats-Unis, fournit à plus de 4 millions de Somaliens une aide alimentaire et en espèces «vitale». Mais il a besoin de plus de fonds à un moment où les gouvernements nationaux naviguent dans leurs propres vents contraires économiques.

«Nous n’avons jamais vu un tel niveau d’exigence», a déclaré Michael Dunford, faisant allusion aux 345 millions de personnes dans le monde qui souffrent actuellement de faim aiguë. C’est deux fois plus qu’avant le début de la pandémie. Mais le rôle persistant du changement climatique dans la catastrophe en cours, a-t-il ajouté, signifie qu’il y a «un besoin d’équité» sur la scène mondiale. Michael Dunford a souligné la responsabilité du «monde industrialisé, des Etats du Golfe et d’autres pays, qui doivent s’engager et apporter les contributions nécessaires».

La gravité de la crise n’était pas inattendue, mais le système humanitaire international a été contraint de rattraper son retard. «La guerre en Ukraine est arrivée à un moment très inopportun», a déclaré Michael Dunford. Il a ajouté qu’ils avaient constaté que la situation en Somalie continuait à se détériorer et qu’ils avaient commencé à plaider pour les besoins du pays. «Et puis l’attention de tous a été détournée vers l’Europe. Nous avons donc perdu du temps et de l’attention», a-t-il déclaré. «Le financement est arrivé tardivement… et cela signifie que nous commençons plus tardivement dans notre réponse que nous le souhaitions.» Ce retard se mesurera en vies humaines.

(Article publié dans le The Washington Post, le 28 octobre 2022; traduction rédaction A l’Encontre)

 Ishaan Tharoor

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29 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

indexation (jdd)

saluauds

Indexation des salaires sur l’inflation : le communiste Fabien Roussel dépose une proposition de loi

Fabien Roussel va déposer avec les autres députés communistes une proposition de loi pour indexer les salaires sur l’inflation. Une proposition à laquelle Emmanuel Macron n’est pas favorable.

Fabien Roussel veut en faire « une grande bataille démocratique ». Invité samedi sur RMC, le leader du Parti communiste a annoncé son intention – et celle de ses collègues communistes – de déposer une proposition de loi pour indexer les salaires du privé et du public sur l’inflation . « Il n’y a pas 36 solutions face à l’inflation : il faut indexer tous les salaires et les retraites, les pensions, au même rythme l’inflation et que le pouvoir d’achat des Français évolue au même rythme que l’inflation », explique-t-il.

Macron opposé à une telle proposition

« Il ne faut pas qu’il n’y ait que le Smic qui évolue avec l’inflation », poursuit le député du Nord qui déplore « des Français qui tombent dans la pauvreté qui ne savent pas comment payer leur facteur d’électricité, leur loyer ou ne pas remplir le frigo. »

Pour y arriver, Fabien Roussel souhaite obtenir le consensus de tous les Français : « Le texte doit être soutenu par la population, par les salariés, pour l’imposer dans les débat. Il faut en faire une bataille populaire ». Pour cela, le dernier candidat à la présidentielle va devoir convaincre l’ensemble des partis, à commencer par la majorité, alors qu’Emmanuel Macron n’y est pas favorable .

« Si je vous disais ce soir qu’on va réindexer les salaires sur les prix’, nous détruirions des centaines de milliers et des millions d’emplois », déclarait mercredi le chef d’État sur France 2.

En revanche, Fabien Roussel ne souhaite pas rallier le Rassemblement national à sa cause, en raison, selon lui, du double discours de Marine Le Pen sur le sujet : « Le RN a refusé toute augmentation de salaire, a refusé d’augmenter le SMIC et le rétablissement de l’ISF. »

29 octobre 2022  Thibault Nadal

https://www.lejdd.fr/

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23 octobre 2022 ~ 0 Commentaire

douriou gouez (plouisy)

usine-saumon-plouisy

Communiqué du Collectif Dourioù Gouez du 18/10/2022

Mensonge, dissimulation et manipulation. Contrevérités économiques, sociales et environnementales.

C’est ce sur quoi repose le projet porté par Smart Salmon à Plouisy.
Le 1er juin 2021, nos élus, éblouis par les mirages de la technologie et de l’hyper productivisme actaient sans réserve ni possibilité de rétractation la première phase de sa réalisation. Leur argumentation est d’un confondant simplisme. Ne soyons pas dupes !

Les consommations d’eau et d’énergie sont énormes. Au regard des pénuries que nous commençons à affronter,elles sont démesurées. Ce saumon ne participera pas non plus à notre « souveraineté alimentaire » .

Pire ! Le pillage des matières premières agricoles ou issues de la pêche au Brésil ou en Afrique met en péril l’environnement et les ressources des populations locales. L’artificialisation de 10 ha pour une usine dont la rentabilité est contestée est un gâchis définitif. La production massive d’effluents aggravera encore la pollution de l’eau et des sols.

La méthanisation n’y pourra rien. La création d’emplois, enfin, ne résoudra pas le problème du chômage dans notre bassin où les industriels de l’agroalimentaire peinent déjà à recruter.
La Bretagne mérite un autre avenir !

Pour dire non à ce projet d’un autre temps, le collectif Dourioù Gouez annonce une grande journée de mobilisation à Guingamp le samedi 10 décembre.

Les détails du déroulement de cette journée de mobilisation sont à venir …

https://terresdeluttes.fr/

eoged

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