Archive | Crise

27 juin 2018 ~ 0 Commentaire

endettement (ouest france)

lait

Près de Brest, l’appel au secours de deux agriculteurs endettés

Ils ont fait le pari d’une agriculture « différente » et « raisonnée » mais aujourd’hui, ils ne peuvent plus payer leurs dettes. Marie-Pierre et Éric en appellent à la solidarité.

« Tout le monde est pour le circuit court, en local. Mais au final, on prête aux industriels et on n’encourage pas la qualité. » La petite phrase est signée Yannig Robin, maire de Plouguer-neau (Finistère). Comme une dizaine d’autres personnes, mardi matin, il a participé à une réunion pour soutenir deux habitants de la commune.

Marie-Pierre Thiais et Eric Jezegou, 37 et 44 ans, sont agriculteurs. Lui, a démarré en 2002. Elle, l’a rejoint en 2015. « Quand je suis arrivée, Eric travaillait 365 jours par an, pour perdre de l’argent au quotidien », raconte Marie-Pierre. Ensemble, ils décident de se lancer dans un projet d’agriculture « différente ». Le couple décide notamment d’utiliser moins de produits chimiques.

« Une impasse »

Localement, l’entreprise rencontre son petit succès. Les produits confectionnés par Éric (Lait, yaourts, fromage, viande…) sont vendus en épicerie, à la ferme, par Marie-Pierre. L’épicerie affiche une santé financière tout à fait satisfaisante mais l’exploitation est aux abois. « Malgré nos efforts, nous sommes aujourd’hui dans une impasse », témoigne Éric.

« En 2009, j’avais acheté un robot de traite, poursuit-il. À cette époque, on nous promettait de beaux prix pour le lait. L’année suivante, c’était la crise. » Les factures s’accumulent et le couple ne peut plus payer ses emprunts. Et les rallonges demandées sont refusées. « Les conseillers bancaires rencontrés ont tous émis des avis favorables à nos demandes, mais les sièges de ces dites banques en ont refusé l’aboutissement », regrettent-ils.

250 000 €

Aujourd’hui, les dettes des deux agriculteurs s’élèvent à 250 000 €. « La banque ne veut plus suivre l’exploitation et a décidé de faire valoir son droit de créance », explique Éric. Concrète-ment, au 1er septembre, l’exploitation n’appartiendra plus au couple. Les dettes seront pour-tant loin d’être effacées. « Il nous aurait fallu trois à cinq ans pour avoir une stabilité et une rentabilité suffisante, on nous a laissés à peine deux ans. » Pour éviter d’en arriver là, ils en appellent à la solidarité. « Si 25 000 personnes sont sensibles à notre histoire et que chacun, nous donne 10 €, ça nous permettrait de sauver notre travail et notre vie de famille. » (1)

Ils adressent aussi un message aux autres agriculteurs : « Nous sommes trop nombreux à subir les pressions bancaires. Beaucoup trop de nos collègues disparaissent dans l’indifférence. Qu’attend-on pour leur tendre la main ? »

Mickaël Louédec 27/06/2018

https://www.ouest-france.fr/

Commentaire: Que font « les professionnels de la profession » en faveur de leurs collègues ? Les coopératives brassent des milliards! 250 000 euros ce n’est rien à ce niveau! L’ex-ISF était payé par certains gros producteurs de porcs! Les structures professionnelles sont-elles là pour sortir des ennuis ou pour y enfoncer?  L’échec d’une l’agriculture raisonnée à taille humaine est un encouragement aux installations industrielles!

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27 juin 2018 ~ 0 Commentaire

précaires (bastamag)

étudiant

Derrière les paquebots de luxe construits à Saint-Nazaire, une « génération intérim » très précaire

« Il y a tellement de constructions en cours chez STX et les sous-traitants, je pourrais avoir du boulot pendant un an »

De nombreux travailleurs des chantiers navals de Saint-Nazaire, malgré des carnets de com-mande remplis pour les prochaines années, n’ont d’autre horizon que le travail temporaire. Une armée d’intérimaires se répartit au sein d’un réseau tentaculaire d’entreprises sous-traitantes, qui assurent une flexibilité maximale du travail, tout en diluant les responsabilités en cas d’acci-dent. Passage obligé pour beaucoup de jeunes ouvriers, le travail temporaire finit souvent par durer.

Benoît Collet 27 juin 2018

Lire l’enquête sur Bastamag

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25 juin 2018 ~ 0 Commentaire

re-nationalisation (rfi)

train rail

La réduction des coûts dans le privé, çà commence à bien faire!

Le Royaume-Uni renationalise des lignes de train

Au Royaume-Uni, c’est ce dimanche 24 juin que le contrat de Virgin Trains East Coast prend fin. Les lignes de train qui desservent l’est du pays, et notamment des villes comme York, Leeds ou Newcastle, vont repasser sous le contrôle de l’Etat.

Car la colère montait.

La privatisation du rail britannique par les conservateurs dans le milieu des années 1990 s’accompagnait de la promesse d’un service plus efficace et moins coûteux. Vingt-cinq ans plus tard, le bilan est catastrophique avec des trains de banlieue bondés, annulés ou en retard, et des billets très coûteux. Les tarifs augmentent chaque année de plus de 3 %. Les Britanniques déboursent ainsi chaque mois six fois plus que les Européens, en moyenne, pour leurs déplacements en train.

Aujourd’hui, une vingtaine de sociétés privées se partagent l’exploitation des lignes ferroviaires.

Mais le gouvernement britannique continue de subventionner ces compagnies qui opèrent sur le territoire. Près de cinq milliards d’euros leur sont versés chaque année. L’Etat continue éga-lement de financer la gestion des infrastructures. Après plusieurs accidents, la maintenance du réseau est depuis 2001 gérée par une entreprise publique.

Autant de raisons qui ont poussé les usagers à lancer une campagne en faveur de la renationalisation des chemins de fer du pays. Un message qui passe bien dans l’opinion publique : plus de 70 % des Britanniques y sont favorables.

23-06-2018

http://www.rfi.fr/

Commentaire: Et Macron va-t-il tirer les leçons de cet échec?

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24 juin 2018 ~ 0 Commentaire

aides (libération)

saluauds

Non-recours : des milliards non distribués

Officiellement pour faire en sorte que toutes les personnes éligibles touchent leurs aides, l’exécutif prône une refonte du système. Qui pourrait ne pas faire que des heureux.

L’argument est souvent brandi par les gouvernements voulant justifier une refonte des minima sociaux : l’ensemble des personnes éligibles aux prestations sociales n’en font pas toutes la demande. Depuis quelques jours, les taux élevés de «non-recours» sont cités par les ministres invités à s’exprimer sur la réforme à venir, et par nature explosive, des aides sociales. Dans une tribune, Agnès Buzyn (Solidarités et Santé) a récemment pointé la «complexité des politi-ques sociales», résultat de «dispositifs épars et difficilement lisibles», entraînant selon elle «un non-recours aux droits et aux services».

Du fait de la grande multiplicité des aides (RSA, handicap, prime d’activité, complémentaire santé…), l’ampleur de ces non-recours est difficile à chiffrer.

«La réalité du non-recours aux droits sociaux est encore méconnue et ses conséquences peu documentées», écrivaient, fin 2016, deux députés auteurs d’un rapport parlementaire sur le sujet.

Logement

Les statistiques les plus fiables sur le sujet concernent le revenu de solidarité active (RSA). Dans une enquête réalisée en 2010 et 2011, le conseil d’évaluation du RSA avait alors donné deux chiffres servant aujourd’hui de référence : 36 % des personnes éligibles au RSA «socle» n’en faisaient pas la demande ; 68 % pour les potentiels bénéficiaires du RSA «activité» – soit ceux ayant retrouvé un emploi.

Ce dernier dispositif a été, depuis, remplacé par la prime d’activité afin, justement, de faire baisser ce taux de non-recours.

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), instance qui dépend du ministère des Solidarités, estime aujourd’hui ce taux à 30 %. Pour ce qui est des autres allocations, pas une seule d’entre elles ne connaît un «taux de non-recours inférieur à 10 %», fait remarquer Philippe Warin, de l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), rattaché à l’université de Grenoble. Selon un rapport de l’Odenore, le non-recours équivaudrait à plus de 5 milliards d’euros pour le RSA, à peine moins pour les prestations familiales et de logement, contre environ 4 milliards pour les fraudes aux prestations sociales.

Maladie

De son côté, le Fonds de financement de la protection complémentaire de la couverture uni-verselle du risque maladie a calculé qu’entre 57 % et 70 % des 3 à 4,4 millions de personnes qui auraient pu bénéficier de l’Aide au paiement d’une complémentaire santé sont passées à côté en 2016. Pour tenter d’améliorer cette situation, les précédents gouvernements socialistes (Ayrault puis Valls) ont, dans le cadre de leur «modernisation de l’action publique», lancé une mission «pour réduire le non-recours aux minima sociaux». Cette dernière préconisait de «mieux informer et détecter les populations éligibles», d’«améliorer l’orientation des usagers» et de «simplifier les démarches». Dans un rapport sur les minima sociaux remis en avril 2016, l’ex-député PS Christophe Sirugue proposait d’instaurer une «couverture socle commune».

Dans son programme, le candidat Macron évoquait de son côté un «versement social unique et automatique». Mais pour un gouvernement à la recherche d’économies, moins de non-recours, c’est plus de bénéficiaires et donc plus d’argent à reverser. Sauf si cette mesure s’accompagne d’une refonte du périmètre des bénéficiaires. Et, là, il y aura des perdants.

Lilian Alemagna et Amandine Cailhol 22 juin 2018

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24 juin 2018 ~ 0 Commentaire

le travail (regards)

 revenu travail

Leur « émancipation » n’est pas la nôtre

« Notre projet de société, c’est l’émancipation par le travail ». Accompagnée du visage satisfait de Muriel Pénicaud, cheffe d’orchestre de la destruction du Code du travail, cette phrase formait la Une du quotidien La Croix le 4 juin dernier.

Amen, le crédo macroniste de 2018 est bien celui-ci : le travail rend libre, et tous nos dirigeants s’emploient à mettre en scène leur attachement viscéral à l’acte de trimer. De Macron, qui aime tellement bosser qu’il a deux bureaux et ne dort pas la nuit, à ses députés qui frissonnent de plaisir dès que le mot « entreprise », prononcé comme le nom d’un lieu de concorde et de délices, est entendu dans l’enceinte de l’Assemblée nationale.

Comme les bourgeois du 19è siècle, les macronistes détestent l’oisiveté.

Avec leur ethos de cadre dynamique qui brassent en continu un air chargé d’anglicismes dégueulasses, ils n’envisagent pas que tous les salariés français ne se rendent pas chaque matin au travail en chantant. Ils évoluent dans un monde où la souffrance au travail n’existe que dans les livres d’histoire, et ils ne manquent pas de reprocher systématiquement à leurs adversaires de « faire du Zola » quand ils évoquent les horaires décalés des femmes de ménage, le burn out des soignants ou le taux de mortalité des ouvriers. Infoutus d’admettre que leur position de dominants leur assure, du berceau à la tombe, un rapport enchanté au travail, les macronistes ne comprennent pas que si eux « ne comptent pas leurs heures », l’ensemble des salariés français ne le fassent pas aussi.

Travailler à marche forcée

Leur objectif est donc de remettre tout le monde au travail, quels qu’ils soient et quelles qu’en soient les conditions. Remplacer le chômage par la précarité, remplacer les minima sociaux qui coûtent « un pognon de dingue » par les temps très partiels, remplacer le loisir par les heures supplémentaires, voici globalement leur projet. « Ma conviction, appuyée sur quarante ans d’expérience, c’est que nul n’est inemployable, sous réserve d’être aidé », déclare Pénicaud à La Croix. C’est pourquoi le gouvernement met toute la société sous pression pour que chaque individu se formate à sa propre « employabilité », c’est-à-dire la faculté de correspondre à tout moment aux besoins des possédants, et avant le voisin si possible.

Qu’importe si ce « choc d’employabilité » passe par un relâchement drastique des normes sanitaires au travail, avec la suppression des CHSCT, la dégradation des conditions de travail des apprentis, car les bourgeois adorent l’apprentissage, où ils rêvent d’envoyer tous les enfants d’ouvriers afin de laisser à leur propre progéniture l’accès à des établissements publics enfin exclusifs, ou le harcèlement des chômeurs : tout est bon pour rendre le plus de citoyens possibles employables, c’est-à-dire parfaitement conformes aux besoins du patronat et des actionnaires, comme un meuble Ikéa pour votre salon, et nécessitant le moins d’engagement de leur part, comme l’est un Kleenex ou un lot de couverts en plastique.

Car il y a évidemment un intérêt fort à véhiculer cette idéologie, outre le plaisir de pouvoir se regarder dans un miroir en se racontant qu’on construit ou qu’on « réforme » quelque chose, alors qu’on ne fait que détruire : subordonner l’ensemble de la population aux besoins du capi-talisme leur rapporte « un pognon de dingue ». Après dix années de diffusion de ce discours en  boucle sur nos ondes et d’exercice de cette politique dans nos corps, les actionnaires fran-çais sont les mieux rémunérés d’Europe. Pénicaud est bien placée pour le savoir, elle qui a empoché un millions d’euros de plus-value suite à la suppression de 900 postes, lors de son passage décapant à Danone.

Le mirage de la liberté

L’intérêt économique des possédants érigé en morale universelle présente un avantage prodi-gieux pour s’assurer de notre docilité collective : grâce à ce discours du travail émancipateur, nous ne nous sentons pas comme des dominés d’un système qui nous exploite, mais comme des merdes incapables de profiter de notre « liberté ». A force d’être aspergés par leur rhétori-que autant débilisante que dénuée de toute réalité, même les citoyens les plus politisés en viennent à perdre tout sens de ce qu’est vraiment le travail.

Combien de salariés de « l’associatif » et autres secteurs « alternatifs » en viennent eux aussi à « ne plus compter leurs heures » ? Qui ne cède pas aux sirènes du « présentéisme », cette pratique qui consiste à rester bosser plus tard que le collègue pour mettre en scène sa profonde motivation ? Quel demandeur d’emploi ne s’est pas senti tellement nul de ne pas avoir « trouvé sa voie » qu’il en est venu à se couper de toute vie sociale pour purger sa peine en silence ?

Pour combattre une pensée oppressive qui prend les atours de la liberté, le plus efficace est encore de redonner un sens à ces mots ingurgités et digérés par des dominants en quête de légitimité à nous pourrir la vie.

Les vieux livres de nos luttes passées et la réalité de ce que nous vivons dans notre chair nous apprennent ceci : l’émancipation par le travail, ça n’existe que par le revenu qu’il procure.

Si les enfants par rapport à leur parents, les femmes par rapport à leurs maris, les anciens esclaves par rapport à leurs anciens maîtres ont pu trouver dans le travail un vecteur d’éman-cipation, c’est parce qu’il permet de mettre fin à leur dépendance économique à leur égard. Mais dans une société capitaliste, cette prise d’indépendance se fait toujours au prix d’une dépendance nouvelle, auprès du patron, du cadre, de l’actionnaire qui récupèrent le fruit de leurs efforts pour s’élever matériellement, quand tous les autres stagnent.

C’est pour sortir de cette impasse que des générations de femmes et d’hommes ont combattu pour l’émancipation des travailleurs car ça, ça existe bel et bien, et ça fonde une morale et une politique en tout point inverse à celle portée par Macron et ses sbires.

Elle consiste d’abord dans l’émancipation sanitaire des travailleurs : crever à cause de son travail n’est pas un risque acceptable.

C’est pourtant ce qui arrive à entre 500 (estimation basse) à 10 000 (estimation haute, comprenant les cancers d’origine professionnelle) personnes par an en France. Imaginez le macroniste servir la soupe de « l’émancipation au travail » à un salarié crevant à petit feu de son cancer due aux substances chimiques qu’il a ingéré au fil des années, ces mêmes substances chimiques retirées de la liste des critères de la pénibilité au travail par Pénicaud et sa bande de criminels. Car être « employable », c’est ne pas faire chier son employeur avec ses problèmes de dos et l’état de ses poumons. Pour ça, mangez 5 fruits et légumes par jour.

Ne pas confondre travail et soumission

Il y a ensuite l’émancipation du travail. Comme être puissant et dominant est un boulot passionnant, les patrons et les hauts cadres refusent de s’imaginer que celles et ceux qui récurent leurs chiottes ne sont pas comme eux des acharnés du travail, qui y trouvent un profond sentiment d’accomplissement.

Par conséquent, la notion de temps libre leur est profondément antipathique.

De gouvernement en gouvernement, les attaques contre les scandaleuses 35 heures se multi-plient, du « travailler plus pour gagner plus » de Sarkozy au « travailler plus sans gagner plus pour pas vous faire virer » de la loi Pénicaud. Et l’objectif de Macron est maintenant de ne lais-ser personne toucher des prestations sociales sans s’agiter en tout sens : c’est ce que soutient Mathieu Laine, conseiller de l’ombre du président et dirigeant d’Altermind, « une société de conseil innovante mettant la puissance académique au soutien des dirigeants ».

Vendredi 15 juin, sur les ondes de France Inter, il donnait sa piste alternative aux minima sociaux : un «  droit universel à l’activité et au capital » : « donner la possibilité à chacun, par le travail, un coup de main sur le déménagement, un petit cours, vous aidez une personne âgée… de 0 à 500 euros par mois vous n’aurez ni taxe, ni impôt ». En gros, faites ce que vous voulez mais surtout bossez, même si ça vous rapporte des clopinettes et qu’au passage, vous remplacez toute action altruiste et quotidienne par un mesquin petit business plan.

Face à ce terrorisme moral, il y a plusieurs urgences.

D’abord affirmer sous le patronage de la science que moins on travaille, plus on vit longtemps. Ensuite rappeler que le temps libre, ce n’est pas l’inactivité : les loisirs, l’engagement politique et associatif, l’amitié, la vie de famille, l’amour, le sexe, s’ennuyer même, sont des occupations légitimes et désirables. Enfin, n’avoir pas peur de dire que vouloir se faire du fric sur le moindre échange entre êtres humains, c’est un truc de gros connard.

Pour finir, contre leur « émancipation par le travail », il y a l’émancipation politique de ceux qui triment.

Recevoir des ordres toute la journée, contribuer à une production et à des services dont on ne connaît ni le sens ni le profit, c’est ça être libre ? Pas étonnant que les tenants de « l’émancipa- tion par le travail » soient tous des chefs et des cadres. Quoi de plus confortable que de savoir ce que vous faites, pour quoi vous le faites, pour qui vous le faites, et de pouvoir compter sur des gens serviles tenus dans l’ignorance ? La démocratie ce n’est pas pour les chiens. Ce qui vaut pour la gestion d’un pays vaut aussi pour celle d’une entreprise, dont la direction n’a en plus comme légitimité que le fait d’avoir l’argent, patron étant soit dit en passant le seul métier qu’on puisse exercer sans formation spécifique.

C’est tout ça l’émancipation.

L’exact inverse de leur « émancipation par le travail », leur politique doublée d’un terrorisme moral qui a fait des morts et des blessés : morts sont celles et ceux qui sont tombés sur le front des accidents du travail et des maladies professionnelles, que le désespoir ou l’humiliation a poussé au suicide, blessés sont celles et ceux que la honte a poussé à l’épuisement profes-sionnel et la culpabilité à la dépression. Remettons donc les mots dans le bon sens : leur projet, c’est la soumission dans le travail. L’émancipation, ça implique qu’ils dégagent.

Tout le monde n’a pas la même définition de la liberté ou du travail, notamment si l’on se place du point de vue du dominant ou du dominé. Analyse d’une guerre de classes, par Nicolas Framont, co-rédacteur en chef de la revue Frustration.

Nicolas Framont 21 juin 2018

http://www.regards.fr/

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Le RSA dans le viseur (Politis)

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15 juin 2018 ~ 0 Commentaire

inégalités (ocde)

wall sreet

Six générations pour qu’un enfant pauvre s’élève dans l’échelle sociale en France

Selon une étude de l’OCDE parue vendredi, il faut « 180 années » en France pour qu’un descendant de famille pauvre atteigne le revenu moyen.

« Il n’y a plus de mobilité sociale dans les pays de l’OCDE : les revenus, la profession, le niveau d’éducation se transmettent d’une génération à l’autre », selon l’OCDE. Il faudrait en France six générations, soit « 180 années », pour qu’un descendant de famille pauvre atteigne le revenu moyen, estime l’OCDE vendredi, constatant que l’ »ascenseur social » est en panne dans de nombreux autres pays industrialisés.

« Transmission » entre générations.

« Il n’y a plus de mobilité sociale dans les pays de l’OCDE : les revenus, la profession, le niveau d’éducation se transmettent d’une génération à l’autre », a résumé Gabriela Ramos, conseillère spéciale auprès du secrétaire général de l’OCDE, lors de la présentation du rapport à la presse.

La France, pire que la moyenne.

La France, où Emmanuel Macron doit annoncer en juillet une stratégie de lutte contre la pauvreté ambitionnant d’enrayer le « déterminisme social », fait moins bien que la moyenne. Comme en Allemagne et au Chili, il faudrait six générations, soit « 180 années » selon Gabriela Ramos, pour qu’un descendant d’une famille en bas de l’échelle des revenus (les 10% les plus bas) se hisse au niveau moyen de son pays. En moyenne dans 24 pays de l’OCDE, cinq générations seraient nécessaires. Encore pire, il faudrait neuf générations au Brésil et en Afrique du Sud, et onze en Colombie.

En Scandinavie, deux ou trois générations seulement.

En revanche, au Danemark et dans les autres pays nordiques (Norvège, Finlande, Suède), deux ou trois générations suffiraient, selon les estimations présentées dans le rapport. C’est en bas et en haut de l’échelle sociale qu’il y a le moins de mobilité. En moyenne dans 16 pays de l’OCDE, 17% seulement des enfants d’origine modeste réussissent à se hisser en haut de l’échelle des revenus une fois adultes, tandis que 42% des enfants de familles aisés réussis-sent à y rester. En France, les chiffres sont très proches de cette moyenne mais aux Etats-Unis ou en Allemagne, l’écart est encore plus important. En revanche, il est moins prononcé en Espagne, en Grèce et au Portugal, où beaucoup de progrès ont été faits dans l’accès à l’éducation, et au Danemark.

15 juin 2018

http://www.europe1.fr/

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15 juin 2018 ~ 0 Commentaire

inégalités (npa)

austerite

Enquête de l’Insee : vers l’explosion des inégalités avec les contre-réformes Macron

La dernière édition de « Revenus et patrimoine », publiée par l’Insee, permet de mesurer l’impact de la crise : le niveau de vie médian en 2015 (1 692 euros par mois), celui en dessous duquel vit la moitié de la population, est inférieur à celui de 2008. Mais l’enquête dresse surtout un panorama très complet des inégalités en France et en Europe. 

Après avoir chuté entre 1970 et 1984 (passant de 17,9 % à 13,5 %), le taux de pauvreté, qui est en fait un indicateur d’inégalité puisqu’il mesure la part de la population qui a un niveau de vie inférieur à 60 % du niveau de vie médian, a cessé de décroître. Il oscille depuis autour de 14 %, augmentant entre 2004 et 2011, et depuis 2013 pour s’établir en 2015 à 14,2 %.

Stabilité des inégalités de revenu, hausse des inégalités de patrimoine

La pauvreté a changé de visage : elle concerne de moins en moins les personnes âgées et de plus en plus les familles monoparentales (dont le taux de pauvreté a augmenté de 5,4 points depuis 1996). Sans surprise, la pauvreté est très forte chez les chômeurEs (49 %), mais aussi chez les agriculteurEs (25 %) et les indépendantEs (21 %). Le salariat est une protection con-tre la pauvreté, même si 15 % des ouvrierEs sont pauvres, contre 3 % des cadres.

Alors que les inégalités de revenus sont relativement stables depuis une trentaine d’années (même si on décèle une tendance à la hausse depuis le début des années 2000), les inéga-lités de patrimoine se sont envolées entre 1998 et 2015, même si la crise a réduit légèrement ces inégalités (avec l’éclatement des bulles immobilières et financières) depuis 2010. En euros constants, le patrimoine des 10 % les moins dotés a baissé de 46 % (ils détiennent moins de 0,1 % du patrimoine total) contre une hausse de 67 % pour les 10 % les mieux dotés (qui détiennent 49 % du patrimoine total).

Des dispositifs qui limitent pour le moment les inégalités…

Les 10 % des ménages les plus riches contribuent à 65 % du total de l’impôt sur le revenu et la part payée par les 1 % de très hauts revenus atteint 25 %. C’est l’impôt le plus redistributif, et c’est l’impôt qui a été le plus réduit depuis les années 1980, notamment pour les plus riches, avec la baisse du taux marginal supérieur et la multiplication des niches. La part des presta-tions sociales dans le revenu disponible varie de 48 % pour les 10 % les plus pauvres à 0,5 % pour les 10 % les plus riches.

Ainsi, les mécanismes de redistribution corrigent fortement les inégalités 

L’écart entre le revenu plancher des 10 % les plus aisés et le revenu plafond des 10 % les plus modestes s’établit à 3,5 après redistribution contre 6,2 pour le revenu initial.

… mais dont Macron veut se débarrasser 

Depuis le milieu des années 1980 (période dite néolibérale), les inégalités de revenus ont augmenté aux USA ou en Allemagne. Ce n’est pas le cas en France. Le taux de pauvreté est un des plus bas de l’UE et depuis la crise de 2008 il n’a augmenté « que » de 1 point.

Mais cela pourrait changer rapidement : Macron s’attaque aux fondements du « modèle social » français.

D’une part, il procède à un choc fiscal en faveur des riches en baissant massivement l’imposi-tion sur le capital et en augmentant la fiscalité indirecte qui pèse plus fortement sur les plus pauvres. D’autre part, la future réforme des retraites va accentuer la pauvreté des vieux, en faisant de la pension une variable d’ajustement de la conjoncture économique. Enfin, le comité d’experts « CAP 2022 » s’apprête à rendre un rapport qui préconise une réduction de dépen-ses publiques de 30 milliards, notamment dans la santé, l’éducation et les prestations familiales.

Gaston Lefranc NPA, 14 juin 2018

https://www.anti-k.org/

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09 juin 2018 ~ 0 Commentaire

pontivy hôpital (ouest france + pontivy journal)

penibilite

Pontivy-Loudéac. Nouvelle mobilisation au centre hospitalier

La manifestation de vendredi était la 5e menée à l’appel de la CGT depuis le 23 mars. Une quarantaine de personnes se sont rassemblées vendredi après-midi devant l’hôpital de Kerio, à Noyal-Pontivy. C’est le 5e mouvement de grève mené par la CGT depuis le mois de mars pour demander plus de moyens.

« Stop à la gestion comptable et à la politique d’austérité. »

Ils étaient une quarantaine, ce vendredi après-midi, rassemblés devant l’hôpital de Kerio, à Noyal-Pontivy. À l’initiative de la CGT du centre hospitalier de Centre Bretagne (CHCB), le mouve-ment de grève était le cinquième du genre depuis le 23 mars. Avec toujours les mêmes revendications.

20 000 heures supplémentaires

« Nous demandons un réel remplacement des agents en congé maladie, détaille Olivier Le Roux, secrétaire général de la CGT. En 2017, le nombre d’heures supplémentaires effectués par des agents pour pallier aux absences a atteint 20 000. » Un « cercle vicieux », qui entraîne un « épuisement général » et des conditions de travail « dégradées » selon le représentant syndical, qui dénonce « les conséquences de l’endettement du CHCB sur le personnel ».

08/06/2018

https://www.ouest-france.fr/

Manara-marre

Centre hospitalier du Centre Bretagne. La CGT annonce des menaces sur la pédiatrie pour cet été ! (Pontivy Journal)

La CGT du Centre hospitalier du Centre-Bretagne annonce le risque de fermeture de neuf lits en pédiatrie, cet été, sur le site de l’hôpital de Noyal-Pontivy (Morbihan)…

Au cœur de cette nouvelle grève au Centre hospitalier de Pontivy, vendredi 8 juin sur le site de l’hôpital, à Noyal-Pontivy (Morbihan), la menace de fermeture de lits de pédiatrie cet été.  Nouvelle grève, la cinquième depuis le 23 mars, ce vendredi après-midi 8 juin au Centre hospitalier du Centre-Bretagne (CHCB). Au cœur des revendications de la cinquantaine de manifestants réunis devant l’hôpital, à Noyal-Pontivy (Morbihan), un nouveau motif de mécontentement. Nous avons appris hier, jeudi 7 mai, que neuf lits de pédiatrie, dans le secteur des ‘’grands’’ enfants de plus d’un an, pourraient être fermés cet été sur les mois de juillet et d’août, explique Olivier Le Roux, secrétaire général de la CGT au CHCB.

« L’hôpital rencontre des problèmes de recrutement de médecins… Les infirmières et auxiliaires de puériculture, spécialisées dans la prise en charge des enfants, risquent de se retrouver dans des services avec des patients adultes. Voilà encore un exemple de flexibilité subie », ajoute-t-il…

« Où vont être soignés nos enfants cet été ! »

Sur les banderoles brandies devant l’accueil de l’hôpital de Kerio à Noyal-Pontivy ce vendredi : « Non à la fermeture de lits en pédiatrie », « Où seront soignés vos enfants cet été ? », ou encore « La pédiatrie la plus proche est à 50 minutes ! »…

Sans oublier « Sous ma blouse, la colère ! ». Un slogan qui revient à chacune des manifesta-tions et des grèves au CHCB depuis près de trois mois. « Les négociations commencées en mars dernier n’ont pas abouti au niveau de la politique de gestion de l’absentéisme, et pour de meilleures conditions de travail, notamment en Ephad », poursuit Olivier Le Roux.

Une logique comptable…

Le secrétaire général de la CGT du CHCB estime que l’établissement (1 600 salariés sur les sites de Noyal-Pontivy, Pontivy, Plémet et Loudéac) « continue de vivre à crédit sur le dos des agents en les rappelant sur leur repos pour gérer l’absentéisme, avec des heures supplé-mentaires (Ndlr : près de 20 000 sur 2017) qui ne sont parfois payées ou récupérées qu’avec un an de retard », et rappelle que : les agents ne sont pas responsables de l’endettement ainsi que du déficit de l’établissement.

Le syndicat réclame de meilleures conditions de travail ; un renforcement des moyens humains (un pool de remplacement de 25 agents au lieu de 10 aujourd’hui) ; l’arrêt de l’alternance jour/ nuit ; le respect des jours de repos ; la titularisation des agents en poste permanent vacant en CDD ou CDI. « On nous parle aujourd’hui, dans une logique comptable, de ‘’production de soins’’ ou de ‘’gestion des recettes’’… Ce n’est pas notre logique qui est celle d’apporter la meilleure prise en charge aux patients », insiste Olivier Le Roux.

Après un court défilé des manifestants grévistes autour du parking de l’hôpital, une délégation devait être reçue en soirée par la directrice adjointe du CHCB, Marie-José Demay. Les maires de Pontivy et Loudéac avaient été reçus vendredi matin au siège de l’Agence régionale de santé, à Rennes.

08 Juin 2018

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07 juin 2018 ~ 0 Commentaire

ici londres!

En solidarité avec leurs camarades français, les étudiants anglais ont envoyé une vidéo qui décrit leur lutte contre l’université capitaliste que Macron tente de mettre en place.

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04 juin 2018 ~ 0 Commentaire

carrefour (france info)

carref

« Le flou total »: des salariés « usés » des petits Carrefour attendent la carte définitive des fermetures

Le comité central d’entreprise (CCE) de Carrefour Proximité doit donner lundi son avis sur le projet de cession ou fermeture de 273 magasins. L’inquiétude des salariés grandit, d’autant qu’ils disposent de peu d’informations.

Quel avenir pour les 2 100 employés des magasins Carrefour de proximité ? Faute de renta-bilité, le groupe avait annoncé, en janvier, la fermeture ou la cession de 273 magasins, ex-Dia, qu’il avait rachetés en 2014. Selon la CGT, 227 magasins n’ont pas trouvé de repreneur. Carre-four doit dévoiler la liste définitive lundi 4 juin en comité central d’entreprise. Une carte des fermetures redoutée par les salariés.

Des employés dans l’expectative et le « stress » 

Dans un magasin que les salariés préfèrent garder anonyme autant que leur identité, l’ensei-gne Dia avait été retirée au moment du rachat par Carrefour. Depuis, le magasin a été laissé tel quel, sauf pour les prix, explique une employée. « Depuis le changement de la politique tari-faire de Carrefour, ce n’est plus comme avant », indique-t-elle. Les familles n’arrivent plus à aller dans des petites surfaces comme ça pour faire leurs courses. » Avant, du temps de Dia, c’était « moins cher », assure-t-elle.

Ce magasin, peu rentable, va fermer dans un peu plus d’un mois.

Carrefour s’est engagé à reclasser tout le monde, à proposer à chaque salarié trois offres d’emploi. Et c’est à peu près tout ce qu’ils savent. « Le magasin va fermer le 13 juillet, on attend les offres de travail, on verra après ». Une salariée d’un magasin Carrefour, ex-Dia à Franceinfo

Cette attente est de plus en plus difficile à vivre, surtout quand les clients s’impliquent. Ils s’interrogent sur le calendrier et les raisons de la fermeture. Il faut gérer tout ça, explique l’em- ployée. « Dès fois, on a envie d’oublier un peu, mais quand un client vous pose des questions, vous êtes obligés de lui répondre », dit-elle. « On est usés. Il faut avoir le courage de se lever le matin et de venir travailler. Il y a même des gens qui tombent malades à cause de ça », témoi-gne-t-elle.

Son collègue n’est pas plus avancé. « On nous dit qu’il y a un plan de reclassement derrière, mais on ne sait pas où on va. C’est le flou total pour l’instant », lance-t-il. On nous annonce des dates, mais à chaque fois, c’est repoussé.Un employé d’un « petit » Carrefourà franceinfo

Sa collègue ajoute que des employés sont « stressés ». « Il y a des gens perdus, qui ne savent même pas quoi faire », assure cette salariée. Pour éviter cette situation, elle se demande même si elle ne va pas quitter l’entreprise, profiter du plan social, et suivre une formation pour se reconvertir.

Guillaume Gaven 04/06/2018
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