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20 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

carlos (à l’encontre.ch)

carlos ghosn

Carlos Ghosn:

La chute du patron qui vivait dans l’impunité… sociale

Les temps changent… Le PDG de l’alliance Renault-Nissan (Mitsubishi et Avtocaz) a été arrêté hier au Japon, sur la base de soupçons de fraude fiscale et d’abus de biens sociaux au titre de ses fonctions chez le constructeur nippon. Une déchéance brutale pour cette star mondiale du CAC 40 et de l’automobile.

L’homme qui valait 13 millions d’euros a finalement chuté.

Super-PDG cumulant les casquettes à la tête de Renault, Nissan, Mitsubishi et Avtovaz, survo-lant les fuseaux horaires, de l’Hexagone jusqu’au pays du Soleil-Levant (avec son avion privé), Carlos Ghosn a été arrêté hier au Japon sur la base de soupçons de fraude fiscale et d’abus de biens sociaux au titre de son mandat de président du conseil d’administration chez Nissan.

D’après le quotidien nippon The Asahi Shimbun, le magnat de l’automobile est accusé d’avoir sous-déclaré des éléments de son salaire à hauteur de 5 milliards de yens, soit près de 38,78 millions d’euros. Un autre dirigeant du groupe, Greg Kelly, est également mis en cause pour complicité dans cette affaire.

Ce serait une enquête interne menée par Nissan sur la base d’accusations formulées par un lanceur d’alerte qui aurait mis au jour des pratiques de malversation, a fait savoir le construc-teur automobile dans un communiqué.

Nissan affirme que, «pendant de nombreuses années», Carlos Ghosn et Greg Kelly ont déclaré au fisc japonais des montants de rémunération inférieurs au revenu réel du premier. «De nombreux actes irréguliers ont été découverts, comme l’utilisation des biens de la société à des fins personnelles», explique en outre le groupe japonais, dont l’actuel PDG, Hiroto Saikawa a proposé la démission de Carlos Ghosn.

Une déchéance aussi brutale que spectaculaire pour celui qui a joui du statut de sauveur de la marque nippone depuis la prise de contrôle de Nissan par Renault, en 1999, alors que cette première périclitait, lestée de 17 milliards d’euros de dettes. Ironiquement, c’est donc à Nissan que Carlos Ghosn doit sa chute. Une nouvelle preuve que, dans le monde du business, la reconnaissance n’est jamais éternelle.

Après avoir redressé l’entreprise au forceps en faisant le ménage dans les fournisseurs, mais aussi en fermant les usines les moins productives pour surcharger les autres, Carlos Ghosn, alors directeur général de Nissan, avait acquis une réputation de «cost killer» [le «tueur de coûts», autrement dit des salaires, avec accentuation de l’intensité du travail, un temps de travail fragmenté, une précarisation, la sous-traitance, délocalisation, etc.]

Des méthodes radicales qui l’avaient propulsé comme directeur général de Renault en 2005, pour reprendre le flambeau de Louis Schweitzer. Depuis, le PDG a décliné sa méthode Nissan de compression des coûts et des délais de production des véhicules chez Renault, quitte à faire plonger la qualité des véhicules. Et au prix d’une facture sociale pour le moins salée.

Un bilan humain dramatique avec des suicides dans les usines

La CGT Renault déplorait déjà plus de 23 500 suppressions d’emplois dans le groupe en 2015, faisant le bilan de dix ans de gestion Ghosn. «Intensification du travail, explosion des collectifs de travail, individualisation, mises en concurrence, turnover permanent, mise en incertitude économique…

Les dirigeants ont édifié un système managérial dramatique sur le plan humain et contre-productif sur le plan économique au long cours. Le bilan humain est dramatique, avec des suicides dans les usines (filiales comprises) et au technocentre, mais aussi l’explosion des maladies professionnelles», dénonçait en outre le syndicat. Gel des salaires, mutualisations et augmentation de la productivité sont alors les maîtres mots des deux accords de compétitivité que la direction de Renault met en place en 2013 et 2017.

Hier, dans un communiqué, la CGT rappelle en outre que la production de véhicules en France a chuté de 53 % du volume total de Renault dans le monde en 2004 à 17 % en 2017. Artisan et homme fort de l’alliance Renault-Nissan, un attelage capitalistique original avec prises de participations croisées entre les deux groupes, le grand patron a souvent été accusé de privi-légier le développement de la marque nippone au détriment de celle au losange (Renault).

Celui-ci plaidait notamment depuis des années pour une fusion capitalistique entre les deux groupes, quitte à faire perdre à Renault, et à l’Etat français actionnaire au sein de ce dernier, sa prééminence dans l’alliance. Le constructeur hexagonal détient en effet 43,4 % de Nissan, quand la marque japonaise ne détient que 15 % de Renault, la privant ainsi de droit de vote dans le groupe au losange.

Franco-libano-brésilien polyglotte, ce grand patron de choc, surnommé Seven-Eleven («sept-onze» en français) en raison de ses amplitudes horaires de travail, avait acquis au fil des années une stature de dirigeant en apparence intouchable.

Figurant systématiquement dans le haut du classement des dirigeants les mieux payés de France, Carlos Ghosn engrangeait chaque année sans embarras des salaires mirobolants, quitte à passer outre l’avis de ses propres actionnaires. Au premier rang desquels l’Etat, qui détient encore 15,01 % du constructeur.

En 2016, le conseil d’administration (CA) de la marque au losange a ainsi maintenu la rémunération de 7,2 millions d’euros versée à Carlos Ghosn, malgré son rejet par l’assemblée générale des actionnaires à 54,12 %, dont les représentants de l’Etat faisaient partie. Un événement inédit dans le monde feutré du CAC 40, peu propice à être choqué par le niveau de rémunération des PDG.

«Pour un grand patron comme Carlos Ghosn, il y a une forme d’impunité qui se construit à travers (la) sociabilité (des plus riches), dans les mêmes quartiers. Ils veulent aussi rester entre eux aux conseils d’administration?», analyse Monique Pinçon-Charlot. Et la sociologue de préciser que «chez Renault, les syndicalistes représentants les ouvriers au CA n’ont pas le droit de siéger dans le comité de rémunération, ce qui garantit des milliers d’euros de rémunération au PDG».

(Article publié le 20 novembre 2018 dans L’Humanité)

Alencontre 20  novembre  2018  Loan Nguyen

http://alencontre.org/

Lire aussi:

Le mikado fiscal s’est effondré (The Guardian)

 

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19 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

onf (npa)

tarzan

ONF 

Des marches qui ne se transforment pas en lutte… pour l’instant

De fin septembre au 25 octobre, l’intersyndicale nationale de l’ONF a organisé quatre             « Marches pour la forêt » à travers tout le pays. Elles se sont rejointes aux abords de la forêt de Tronçais (Allier), forêt emblématique de chênes, le jour prévu d’une importante vente de bois finalement reportée par la direction.

Ces marches étaient ouvertes à tout le monde et surtout aux associations et militantEs écolo.

Si la mobilisation de l’ensemble des collègues a été assez moyenne, la capacité d’organisation de l’intersyndicale, largement dominée par Solidaires, seul syndicat à avoir une assise militante importante, a été démontrée. Et le contact avec les milieux écolo a été bien établi. La stratégie de l’intersyndicale, qui s’affiche plus concentrée sur le sort et l’avenir des forêts que sur ceux du personnel et du service public, a de ce point de vue, fonctionné.

Une direction à l’offensive

Ces marches ont fait suite à un mouvement entamé à l’automne 2017, qui a vu s’unir 8 syndi-cats (représentatifs d’un émiettement statutaire et catégoriel hors normes…). Ceux-ci avaient bien pressenti les nouvelles attaques de la direction qui, avec Macron, se sent pousser des ailes, et qui se sont précisées et accélérées durant la Marche (le DG étant semble-t-il adepte de la provocation)

Fin du recrutement de fonctionnaires, suppression de postes (3 % par an) qui pourraient représenter 1 500 pertes en 5 ans, exigence de 2 % de « rentabilité » en plus par an, mesures de mise au pas des cadres, demande de changement de statut de l’établissement couramment nommé « entreprise » par le DG, « réflexions » sur la fin de l’égalité de traitement entre les forêts communales…

Après le coup de massue et l’écœurement provoqué par ces annonces, la mobilisation du 25 a été importante sans être à la hauteur de la « fin du métier de forestier» que risquent de repré-senter ces mesures d’ici moins de 5 ans. Environ 1 500 personnes étaient présentes au rassemblement, dont environ 500 des milieux écolo, et 1 000 ­collègues (sur 9 000, auxquels il faut ajouter de nombreux grévistes « à la maison » difficiles à estimer).

Une bagarre à construire

Comme durant la Marche, l’ordre du jour du rassemblement « citoyen » a été pensé pour favoriser la proximité avec les associations ou ONG de protection de l’environnement, en abou-tissant à un « Manifeste de Tronçais » signé entre autres par la LPO, les Amis de la Terre, France Nature Environnement, Greenpeace… Assez juste à propos de l’importance de la forêt pour la société, le texte reste flou sur ce qui se passe à l’ONF et n’avance que la revendication d’un « grand débat public »…

Si l’axe « écologiste » est juste et pertinent, il ne devrait pas se faire au détriment du reste :

La construction de la mobilisation sociale et la convergence avec les autres services publics, les suppressions de postes et la précarisation du personnel…

Et malheureusement, il faut bien constater que c’est le cas.

À peine 1 H 30 de débat sur la journée consacré à la situation de l’ONF et les perspectives d’action, quasiment sans implication des directions syndicales. Résultat ahurissant après des semaines de marche et le regroupement d’un millier de collègues venus de tout le pays : on repart sans aucune suite pour la lutte, sans date ni action prévue ! Comme si on nous deman-dait de faire confiance au seul lobbying de la LPO et de Greenpeace pour nous sauver ?

Les choses risquent d’aller assez vite.

On a appris depuis que la fédération des communes forestières avait rencontré la « conseillère forêt » de l’Élysée (lobbyiste du vin issue d’une école de commerce…), pour des « réflexions » qui pourraient aboutir dans les 6 mois. Les nuages s’accumulent et la bagarre pour conserver le service public forestier n’est pas vraiment commencée.

Correspondant Vendredi 16 novembre 2018

https://npa2009.org/

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19 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

ferroviaire (révolution permanente)

sncf

La destruction du ferroviaire et le tout-routier

Un marché juteux pour le patronat

Le 17 novembre est un appel au blocage, initialement lancé contre la hausse du prix du carbu-rant et expression d’une colère légitime face au ras-le-bol fiscal. Si cette hausse pénalise tout le monde et notamment en milieu rural, il est maintenant évident que nous ne pouvons pas prolonger notre utilisation abusive des carburants fossiles sans mettre en péril l’ensemble de la société humaine mondiale, alors comment se positionner ?

Tout d’abord, les taxes sur les produits de consommation courante sont forcément pénalisantes pour les bas salaires.

La TVA est l’impôt le plus injuste. Le seul impôt réellement juste, qui permet en plus de redistribuer relativement efficacement les richesses, est l’impôt sur le revenu. C’est le plus progressif possible et sur TOUS types de revenus. C’est d’ailleurs l’impôt contre lequel les gouvernements successifs ont le plus lutté, et pas seulement en France. Celui dont on essaie de nous faire croire qu’il faut absolument faire baisser pour garder les riches sur le territoire français…

De plus, seuls 20% des revenus liés aux taxes sur les carburants seront affectés à des mesu-res écologiques, et pas au chemin de fer, seule vraie alternative à la voiture, puisque ce gouvernement a signé son arrêt de mort. Pour faire baisser la consommation d’un produit polluant comme le carburant (sous toutes ses formes, même les « bio-carburants »), le moyen n’est bien sûr pas la fiscalité, qui au contraire fait perdurer la pollution par les classes aisées…

TOUS les gouvernements ont favorisé la route, et pour plusieurs raisons :

L’industrie automobile est un des principaux moteurs de la croissance du PIB
L’envie de posséder une voiture nous pousse à nous endetter, même ceux qui ne sont que locataires de leur logement, et nos crédits nous musellent
Les lobbys pétroliers, travaux publics et automobile agissent dans ce sens…

Certains historiens estiment d’ailleurs que c’est l’industrie automobile améri-caine qui a poussé les ouvriers à s’acheter des voitures à crédit.

Notamment Ford au début du 20è siècle, car à cette époque les ouvriers qualifiés gagnent bien leur vie et il fallait un moyen pour les fidéliser aux entreprises : un crédit auto bien-sûr. D’une pierre, deux coups… Le capitalisme privilégie la route, qui est payée par nos impôts et qui permet des échanges de marchandises très juteux sur de longues distances.

Par exemple, en 2012, l’Etat permet la circulation des poids lourds de 44 tonnes avec des marchandises auparavant transportables seulement par le rail. A cette occasion, un rapport parlementaire de 2012 estimait que cette décision coûterait entre 14 et 20% d’augmentation de dépense pour l’entretien des routes.

En réalité, en moins de dix ans, nous sommes passés de 15 à 25 milliards, puisque les véhicu-les légers n’abîment quasiment pas les routes. Sans être ingénieur des Ponts et Chaussées, on peut supposer que nous commençons également à voir les effets de cette décision sur les ouvrages d’art, tous fragilisés si l’on en croit les récentes évaluations.

Mais personne dans la presse ne se pose la question de l’intensification du transport routier…

Pourtant ce n’est pas un frein, car le lobby des travaux publics se frotte les mains, ce sont nos impôts qui vont payer l’entretien de plus en plus coûteux et que les démagos vont demander à grands renforts de cris outragés « Regardez l’état de nos routes, on ne peut plus circuler dans de bonnes conditions ! » et nous entretiendrons, avec notre argent, les routes qui permettent au grand capital de continuer à s’enrichir toujours plus !

Ce qui est sûr, c’est que Macron fait le jeu lobby routier et de l’industrie automobile.

En effet, ce ne sont pas les gros transporteurs qui vont pâtir de la hausse du carburant, ce sont les petits et les particuliers. Macron a prévu une solution pour relancer l’industrie automo-bile : le renouvellement du parc de véhicules thermiques par des véhicules électriques ! Et subventionné par nos impôts ! Voilà comment l’industrie automobile va faire des profits énormes! Pas besoin de changer beaucoup de choses dans les chaînes de montage…

On va continuer à produire toujours plus de voitures !

En 1935, aux Etats-Unis, la loi anti-trust a eu des conséquences inattendues. Les gros produc-teurs d’énergie électrique (comme notamment General Electric), sont dans l’obligation de vendre leurs compagnies de tramways, très implantées dans de nombreuses villes, qui sont rachetées par General Motors, Standard Oil et Firestone qui les mettent en faillite et les ferment…

Donc les constructeurs automobiles, pétroliers et fabricants de pneus coulent les compagnies de tramways pour mieux vendre leurs produits : les bagnoles et tout ce qui va avec! Actuelle-ment, en France, pas besoin que Renault s’associe avec Total et Michelin pour mener le même type d’opération, Macron le fait pour eux !

Sa réforme du ferroviaire signe la mort du chemin de fer.

Sauf dans les grands axes qui restent rentables, et il faut bien que les riches (son électorat) partent en week-end dans le sud à grande vitesse, et nos impôts renflouent les caisses des constructeurs. Voilà comment la route et toutes les industries qui gravitent autour, aspirent notre argent. C’est juste un hold-up… Et Macron prouve encore avec son annonce récente du code de la route appris à l’école, qu’il est l’homme des lobbys et celui de l’automobile en premier lieu.

De nombreux travailleurs sont obligés de prendre la voiture pour aller travailler, et cela va se multiplier de plus en plus avec la casse du service public ferroviaire qui est en cours et la suppression de nombreuses petites lignes. Nous comprenons cela mais nous sommes égale-ment conscients que le véhicule individuel est la mort des écosystèmes…

En plus des gaz à effet de serre (environ 15% viennent des véhicules légers, mais 15% d’un chiffre global en augmentation constante), nous avons dépassé tous les seuils évalués par l’OMS comme supportables concernant les particules fines (aussi appelés les aérosols car leur faible poids leur permet de rester en suspension dans l’atmosphère) avec le diésel (voir en Inde actuellement). Par ailleurs, l’accès de tous à un véhicule rend difficile la gestion des dé-chets comme les huiles de vidanges qui polluent la nappe phréatique, et toutes les friches industrielles de stockage d’épaves ou des anciennes cuves enterrées de carburant dont personne ne connaît plus les emplacements…

Quand aux véhicules électriques, non seulement 80% de l’électricité mondiale vient des éner-gies fossiles (gaz, charbon pétrole) mais pour produire les 500kg de batterie nécessaire à une voiture électrique du même niveau qu’une voiture thermique, il faut des quantités énormes de « terres rares » dont la production est extrêmement polluante et ne permet pas d’envisager autant de véhicules que le parc actuel.

Donc, si nous luttons, c’est pour des services publics de proximité, des hôpitaux, des bureaux de poste à proximité pour créer des emplois durables, sur l’ensemble du territoire et éviter de nous déplacer sur de longues distances pour nos besoins.

Si la colère générée par les hausses du prix du carburant est légitime, il faut voir que la question des transports ne peut être posée que par la petite lorgnette du coût de l’essence. Face à la crise climatique qui menace la planète, les déplacements doivent être financés par de l’argent public avec les techniques les moins polluantes !

Luttons pour un service public ferroviaire de qualité pour tous et accessible à tous !

Pour des services publics qui prennent en charge le traitement des déchets liés aux transports! Luttons pour des vrais services publics de qualité ! Si pour financer cela il faut taxer quelqu’un, taxons alors les grandes fortunes, à commencer par Total qui fait des milliards. La question du pouvoir d’achat et du coût de la vie est une vraie problématique qui touche la plupart des travailleurs et des milieux populaires. Pour y répondre, commençons par exiger une augmentation généralisée des salaires !

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19 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

toile d’araignée (attac brest)

bank

Comment, sur les ruines de son empire colonial, la Grande-Bretagne a bâti des entités offshore où dort la moitié de la richesse mondiale.

Une vertigineuse enquête réalisée par le Britannique Michael Oswald et ­coproduite par John Christensen.

C’est l’histoire d’une métamorphose. Celle d’une puissance coloniale en déclin, l’Angleterre, devenue en quelques ­décennies un empire financier tentaculaire. Trois chiffres attestent à eux seuls l’énormité de « ce second empire » évoqué dans le titre du film. « Aujourd’hui, 25 % des opérations de la ­finance internationale sont menés sur un territoire britannique.

Environ la moitié des juridictions offshore arbore le pavillon britannique, et près de la moitié de la richesse mondiale serait à l’abri dans des paradis fiscaux britanniques. » Vertigineux, mais bien réel si l’on en croit la passionnante enquête réalisée par le Britannique Michael Oswald, ­coproduite par John Christensen, économiste et cofondateur, il y a quinze ans, de Tax Justice Network (TJN), une ONG devenue la bête noire de tous les paradis fiscaux.

Une analyse implacable

Point de départ du documentaire, l’effondrement de l’empire britannique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Au-delà de la perte des territoires qui accèdent à leur indépen-dance, ce sont les intérêts économiques de l’Angleterre qui sont menacés. La City qui contrôle déjà les flux financiers de l’empire n’a d’autre choix que de s’adapter ou d’être ravalée à une place de marché de second rang.

Elle va y parvenir au-delà de tout entendement en créant dans ces anciennes colonies ou dans les confettis de son ex-empire (Jersey, les îles Caïmans…), des structures financières d’une opacité presque totale (les fameux « trust »), qui vont lui permettre de capter une part significative des flux financiers mondiaux et, notamment, ceux qui cherchent à s’affranchir de toute imposition ou à se dissimuler pour des raisons inavouables.

Tourné avec un budget de 4 000 livres (4 550 euros), le film est aussi pauvre en archives que riche en images illustratives. Une faiblesse qui n’enlève rien à sa force tant la démonstration est étayée et convaincante. Et si le titre, volontiers provocateur, le tire vers la théorie du complot, la solide analyse technique du monde de la ­finance offshore est implacable.

Elle ­repose sur les connaissances très pointues des experts de Tax Justice Network, mais éga-lement sur d’autres intervenants comme Eva Joly, vice-présidente de la commission d’enquête sur l’évasion fiscale du Parlement européen.

https://www.telerama.fr/

attac

Ciné/débat

« La toile d’araignée : le Second Empire britannique »

Dans le cadre de la semaine du film britannique, cette soirée mettra en lumière le fonction-nement des paradis fiscaux et la métamorphose de l’empire britannique en puissance finan-cière mondiale. Le débat sera animé par John Christensen, coproducteur et co-fondateur de Tax Justice Network.

mercredi 28 novembre 2018 20h00

cinéma Les Studios rue Jean-Jaurès 29200 Brest Tarif : 5 €

 

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13 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

jeunes (via campesina)

La-Via-Campesina

La Déclaration pour les droits des paysans

Un instrument indispensable pour donner un avenir aux jeunes ruraux d’Afrique

Aujourd’hui le problème de la jeunesse en milieu rural est un problème extrêmement crucial et dangereux qui est en train de compromettre la stabilité même de notre région. De l’Afrique de l’Ouest jusqu’au Soudan , tous les pays sont en guerre ou dans une situation de conflit ouvert ou larvé.

On se rend compte que ce sont des enfants de paysans, ce sont des ruraux qui constituent la majeure partie des gens qui prennent les armes aujourd’hui parce que tout simplement, les politiques qui ont été mises en œuvre depuis les indépendances n’ont pas créé d’opportunités réelles pour que le secteur agricole se développe.

Toutes les ressources sont restées concentrées dans les villes ce qui fait que le secteur agri-cole reste dans une situation ou il n’y a pas d’infrastructures, il n’y a pas d’accompagnement dans la formation, il n’y a pas d’accompagnement dans la production, dans l’accès au marché et il n’y a pas de revenus décents pour le secteur agricole, ce qui fait que les jeunes ruraux ne croient plus en l’agriculture, parce que l’agriculture est le symbole même de la pauvreté, puis-qu’ils ont vu leurs parents dans les problèmes depuis qu’ils sont nés, et on leur demande de continuer ça , ils n’en veulent pas.

Aujourd’hui c’est que la donne a changé, ils commencent à être recrutés par des groupes extrémistes qui ont envahi l’Afrique un peu partout, et la situation devient incontrôlable et très dangereuse. Parce que personne, vous savez, n’aime être déconsidéré, tout le monde aime être valorisé, et quelqu’un qui a une arme, c’est mieux que quelqu’un qui s’assoie pour mourir de faim.

La déclaration des droits des paysans est un instrument qui rassemble , qui cristallise sur la question des droits tous les problèmes que vivent les ruraux.

On ne peut plus régler ces problèmes là qu’en les mettant sur l’angle des droits. Parce que les êtres humains ont des droits humains, il y a la déclaration universelle , plein de déclarations, de conventions mais qui sont éparpillées très mal connues et inutilisables par des paysans. Il faut un instrument qui soit accessible pour les paysans , et qui soit utilisable par les organisa-tions qui représentent les paysans pour négocier avec les gouvernement les bonnes politi-ques.

Donc cette déclaration est un instrument qui va permettre de créer une base de dialogue avec les gouvernements pour les convaincre que maintenant, le monde entier regarde que la solution à la paix a la stabilité du monde passe par des paysans qui vivent dignement , et qui ont des perspectives d’avenir du boulot du travail et qui veulent rester dans leur pays et contribuer à l’essor de leur propre pays.

Les gouvernements européens font une grave erreur en ne soutenant pas cette déclaration.

D’abord ils sont responsables en grande partie de ces politiques agricoles internationales qu’ils imposent aux pays du Sud, qui n’apportent rien et au contraire rendent dangereux le monde.
Ils ont une occasion unique avec la déclaration des droits des paysans de changer leur façon de voir.

En menant cette question sur l’angle des droits, ça peut accélérer la mise en œuvre de politi-ques favorables au secteur agricole et surtout pour les petits paysans et ces jeunes révoltés aujourd’hui, ces jeunes qui rejoignent les groupes armés soi-disant religieux qui déstabilisent, qui tuent et se font tuer tous les jours, ces jeunes qui partent et dont l’Europe ne veut pas , qui sont récoltés par l’Aquarius et d’autres bateaux dans la méditerranée, si on veut arrêter tout ça ,la seule solution c’est l’agriculture. Il n’y a pas un autre secteur qui peut créer du travail en Afrique .

L’Europe devrait comprendre qu’elle gagnerait mieux à laisser l’Afrique se nourrir

développer son auto-suffisance alimentaire, on ne parle pas d’autarcie , mais l’Afrique pourrait produire la majeure partie de ce qu’elle mange, et que la richesse circule en Afrique et ne soit pas envoyée systématiquement ailleurs pour payer la facture alimentaire. Un continent dont la richesse part toujours ne peut pas régler ses problèmes, et c’est ça qui se passe aujourd’hui parce que toutes les ressources partent de nos pays .

Ce n’est pas comme ça que les jeunes vont rester, il faut leur laisser des perspectives , alors que les productions qui sont importées et qui sont la plupart du temps subventionnées que ce soit de façon ouverte ou cachée viennent tuer la compétitivité.

Il y a le cas du lait en poudre ; tout le monde sait que c’est largement subventionné même s’il n’y a pas de subvention à l’export, mais aujourd’hui, on ne peut pas faire une filière laitière viable en Afrique en face de ça. Il y a eu le scandale des découpes de volaille qui venait d’Eu-rope, tout ça il faut arrêter. L’Afrique peut produire ses volailles de très bonne qualité, les poulets bicyclettes, il y a plein d’autres choses que l’Afrique peut faire .

Toutes les conditions sont là pour produire des fruits des légumes des céréales, de la viande de toute sorte, mais encore faudrait-il qu’il y ait des bonnes politiques et qu’il y ait des finan-cements pour ça, mais c’est ça qui n’existe pas. Il faudrait qu’on donne de la sécurité foncière aux exploitations familiales, qu’on fasse une reforme agraire, qu’on donne aux jeunes les moyens d’avoir de la terre pour s’installer , faire des activités qui leur rapporte des revenus et qu’on les accompagne par la formation, par les chaînes de valeurs, et l’accès au marché. Parce que les consommateurs sont là, ils attendent, ils ont besoin de ces produits là.

Les jeunes n’ont pas besoin de sommes importantes pour créer leur travail.

Nous avons fait des expériences pilotes, avec moins de 1 000 euros on installe un jeune avec un petit élevage de volaille ou du maraîchage avec une petite motopompe, le jeune arrive à faire des légumes qu’il vend sur le marché local et à avoir un revenu.

L’agroécologie est vraiment une des solutions les plus fonctionnelle

car c’est une agriculture qui met l’accent sur l’autonomie des paysans, sur sa capacité à gérer ses propres intrants, sa capacité à faire sa production avec les moyens dont il dispose , et aussi bien sûr à produire une alimentation qui est plus saine plus nutritive et diversifiée.

Les efforts sont faits par nous, mouvements paysans pour développer la transition agro-écologique des exploitations agricoles familiales , nous avons une position du Roppa là dessus, et nous travaillons avec les politiques au niveau régional, au niveau de la CDAO

Notamment pour qu’ils comprennent qu’il y a une urgence à faire la transition agroécologique, non seulement pour diminuer la facture des intrants qui est insupportable pour nos pays mais plus encore pour donner des produits sains qui vont permettre la santé des sols, la santé de l’eau la santé des humains dans nos régions, et ça c’est extrêmement important aujourd’hui pour avancer.

Entretien avec Ibrahima Coulibali, Président de la Coordination Nationale des Organisations paysannes du Mali, membre de LVC, et vice-président du ROPPA  (propos recueillis à Rome par Geneviève Savigny – Confédération paysanne, le 11 octobre 2018)

13 novembre 2018

https://viacampesina.org/

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10 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

17 novembre (révolution permanente)

macron

Terrain miné le 17 novembre

Tout bloquer contre Macron.. ou pour l’extrême-droite ?

« L’itinérance mémorielle » du président vire au cauchemar. Pas un jour sans une invective sur les carburants, la hausse de la CSG, la baisse du pouvoir d’achat… La colère est palpable et l’appel au blocage du 17 novembre de plus en plus repris. Spontané à la base, mais bien étroit dans ses revendications, le mouvement est désormais clairement investi par les forces d’extrême-droite qui compte bien mettre la main sur ses revendications.

Macron voyage en terrain hostile

Ce qui devait être un voyage de réconciliation avec les français tourne au vinaigre pour Macron. Plus qu’à de l’impopularité, le président fait désormais face à une défiance, voire même, à de l’hostilité. Pas un bain de foule, pourtant en nombre restreint et aux participants filtrés sur le volet, sans qu’une invective ne fuse. Les inquiétudes sont sociales surtout. En première ligne, des retraités s’inquiètent de la hausse de la CSG et du prix du gazoil. Une enseignante pointe la suppression de 2 600 postes dans le secondaire.

Contre Macron ou contre les politiques anti-sociales et pro-patron ? 

A Maubeuge, dans l’usine Renault qu’il a visitée, Macron est pris à parti par un ouvrier syndi-caliste : « Vous n’êtes pas le bienvenu, Monsieur Macron » entonne-t-il. Et de rajouter « vous reprenez d’une main ce que M.Gohsn, va nous donner ». Et dans le beau rôle, le PDG de Renault, pro des plans de licenciement et des accords de compétitivité…

L’hostilité anti-Macron, concentrée sur son personnage et sa figure, tend à oublier tout le reste 

Ces patrons qui profitent de sa politique et qu’un ouvrier, pourtant syndicaliste, se lance à remercier. Personnifier la colère anti-sociale dans une colère anti-macron comprend également le risque d’oublier à qui profite le crime. Car sa politique est anti-sociale, parce qu’elle est foncièrement pro-patronale. Et qu’avec la pérennisation du CICE, Macron vient d’offrir aux patrons 20 à 25 milliards d’euros d’exonération de charges dans le budget 2019. Soit autant à compenser par la hausse de la CSG, celle de la taxe sur les carburants…qui attaque de plein fouet le pouvoir d’achat les ménages modestes.

Policiers violents pendant la loi travail, complaisants avec les « gilets jaunes »

Même confusion vis à vis des policiers. C’est le cas de cette représentante d’une vingtaine de « gilets jaunes », venus à Albert dans la Somme pour interpeller le président. « On prend des crédits à la consommation dès le 15 du mois l’hiver pour se chauffer au fioul » puis de rajouter « comme ces policiers ». Ces mêmes policiers venus pourtant l’interpeller et l’évacuer quelques minutes auparavant pour l’empêcher d’approcher le président.

Or, ces derniers ont bien été les seuls fonctionnaires d’Etat dont le budget et les salaires ont, sous Hollande et Macron, augmenté et les prérogatives n’ont cessé d’être élargies. Et on pourra d’ailleurs s’étonner qu’un syndicat de policier (FO) apporte son soutien au mouvement des « gilets jaunes », si ce n’était l’espérance que sa radicalité politique ne soit captée à l’extrême-droite. En effet, lors du combat contre la loi travail, projet du ministre Macron, puis contre la loi travail XXL, projet du président Macron, les forces de l’ordre s’étaient aussi clairement positionnées : les violences policières contre les manifestants étaient alors à leur comble.

Se mobiliser sur des bases claires, pro-ouvières et progressistes

L’incroyable flot de colère anti-Macron, populaire par ses bases, parfois radicale dans ses invectives, se présentant comme radicale sous sa forme, le blocage, semble aujourd’hui se diluer et épouser les revendications d’une partie du patronat, défavorables aux taxes sur les carburants, et de l’extrême-droite. La bataille du pouvoir d’achat se joue certes contre des taxes injustes. Mais aussi pour l’augmentation des rémunérations dans un contexte où le patronat augmente ses marges et les prix des produits, faisant voler l’inflation.

A ce stade, la mobilisation du 17 novembre peut bien déboucher sur quelques mesures cosmétiques comme elles ont déjà été présentées par le gouverne-ment 

Chèque carburant de 20 euros qui consiste bien à rendre d’une main une petite partie de ce qu’on a pris de l’autre. Mais, les profits colossaux tirées par les grandes entreprises continue-ront de peser sur les prix, autant que sur les salaires. Le problème du pouvoir d’achat dépasse largement le seul spectre des carburants.

Or, le Rassemblement National et les forces réactionnaires qui cherchent à prendre la tête du mouvement, veulent faire oublier ces autres combats. A nous de les revendiquer, dans les entreprises et sur les lieux de travail, en faisant du blocage de notre travail, notre outil pour obtenir des rémunérations dignes.

Yano Lesage vendredi 9 novembre

http://www.revolutionpermanente.fr/

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09 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

crise (npa)

bansters

« Too big to fail »: trop grandes pour qu’on se casse la gueule!

La crise qui vient

Le pire n’est probablement pas derrière nous… 

Le quantitative easing comme arme fatale: dans le but de stimuler l’économie, le quantitative easing (QE) est une politique monétaire dite non-conventionnelle d’injections de liquidités via un programme de rachat de dettes par les banques centrales.

C’est la version moderne de la vieille planche à billets, sauf qu’avec le QE, l’argent tombe directement dans les poches des banques. Initiée par la FED, elle a été suivie et même dépas-sée par la BCE, avec la distribution de 4,621 milliards d’euros, soit environ 41,4 % du PIB de la zone euro. La FED, avec d’infinies précautions, commence à dégonfler son bilan et se fait tan-cer par Trump, qui craint un ralentissement économique. Les marchés financiers sont devenus dépendants de l’argent facile et personne ne sait comment le sevrage va être supporté.

La dette : une arme de destruction massive

Le coût de la crise se manifeste essentiellement par la croissance exponentielle des dettes, comme si cet endettement massif était une condition indispensable d’une croissance, pourtant atone.

Tous les manuels d’économie classique vilipendent la création monétaire « ex nihilo » et le recours massif à la dette, avec l’exemple cauchemardesque des années 1930. Pourtant, les dettes globales sont plus élevées qu’en 2008 et ne sont pas moins risquées.

La Deutsche Bank inquiète toujours.

L’ensemble des formes de dettes aux États-Unis représentent 352 % du PIB et dépassent 20 000 milliards de dollars. Selon le FMI, le montant de la dette mondiale vient d’atteindre le pic de 164 000 milliards, soit 225 % du PIB. Le FMI sonne le tocsin, effrayé par sa progression géo-métrique ininterrompue depuis dix ans, ce qui s’apparente pour les États à une fuite en avant.

La financiarisation : une bombe à retardement

À l’échelle mondiale, entre 20 000 et 30 000 milliards de dollars sont placés dans les paradis fiscaux. En Europe, c’est environ 1 000 milliards d’euros qui s’évadent chaque année et man-quent pour financer investissements, infrastructures et la protection de l’environnement.

Ces distorsions financières massives ont été un des éléments déclencheurs de la crise financière de 2008.

En dépit des promesses solennelles des États, rien n’a changé. Le « shadow banking », ces zones obscures des banques, sont toujours présentes, 10 ans après Lehman Brothers. Les banques poursuivent leur « business as usual ». Les pouvoirs économico-politiques ont migré des institutions représentatives vers des organes technocratiques indépendants, les banques centrales, et surtout vers un maquis de structures transnationales.

Cette abdication est sévèrement sanctionnée électoralement partout et les régimes qui s’installent provoquent encore plus d’instabilité. La dette de l’Italie, 3è économie de la zone euro, est à deux doigts d’entrer dans la catégorie des « junk bonds » (obligations pourries).

Le capital fictif : explosif 

Les milliards qui circulent entre les places financières ne sont que le signe de la tentative désespérée des capitalistes de pré-valider le procès de valorisation du capital dans le but déclaré d’amplifier la croissance et d’étendre le marché mondial.

L’échec est total et augure mal du prochain épisode.

Ce capital fictif, c’est de l’argent déconnecté de la marchandise, on peut l’acheter, le vendre, spéculer dessus, on est alors dans la fiction de l’argent qui engendrerait de l’argent. Marx l’appelle « fictif », dans la mesure où il ne représente pas de l’argent réel, avec des contre-parties, mais seulement la possibilité, l’espoir de gagner plus d’argent.

La croissance du capital fictif donne l’illusion, pendant un certain temps, que l’argent peut s’auto-valoriser sans médiation.

Mais tout titre est finalement évalué en fonction du risque qu’il contient par rapport au profit potentiel qu’il engendre. Si bien que le doute sur les possibilités de valoriser tous ces capitaux se renforce avec l’accroissement de leur masse mise en circulation.

C’est la formation d’une « bulle », déconnectée des profits réels, qui ne peut qu’éclater.

C’est alors le « krach », une crise boursière, une purge de ce capital fictif. Une crise financière va éclater à nouveau, d’une plus grande ampleur, demain ou plus tard… et elle entraînera une profonde récession économique.

LF  Lundi 5 novembre 2018

https://npa2009.org/

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09 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

carburants (jdd)

 noel

Le prix des carburants continue de grimper et ce n’est pas prêt de s’arrêter

Les prix de l’essence et du diesel ne sont pas prêts de baisser.

Et ce n’est pas seulement dû à la convergence entre les fiscalités des carburants. En un an, le prix du gazole à la pompe a progressé d’environ 23% contre 15% pour celui de l’essence, pro-voquant la grogne d’une partie des consommateurs.

Ces derniers pointent la hausse programmée des taxes sur le diesel, mais ce n’est pas l’unique raison de cette flambée des prix qui concerne également l’essence sans plomb. Selon les derniers chiffres de l’Ufip, l’Union française des industries pétrolières, les prix des carburants dépendent certes du poids des taxes (61,4% du prix d’un litre de sans plomb 95 et 58,6% du prix d’un litre de gazole), mais aussi du coût du raffinage (environ 4 à 5%), des coûts de distribution (7%) et du prix du baril de pétrole (environ 28 à 30%).

Autant de facteurs qui peuvent entraîner une hausse générale du coût des carburants. Trois raisons expliquent la flambée actuelle des prix à la pompe :

Parce que c’est la loi

Deux taxes concernent les carburants en France :

  • La TVA qui, en mai dernier, représentait 0,25 euro par litre d’essence et 0,24 euro par litre de gazole.
  • La TICPE, la Taxe intérieure sur la consommation des produits énergétiques, qui représente, pour 2018, 0,6829 euro/litre de SP 95 et 0,594 euro/litre de diesel.

C’est bien la TICPE qui concentre toutes les critiques car c’est ce levier fiscal qui permet à l’Etat d’appliquer une convergence entre les prix de l’essence et du diesel. Et cela va continuer. En 2019, la TICPE sera augmentée de 6,5 centimes de plus par litre de gazole, et 2,9 centimes par litre de sans plomb. Les fiscalités de deux types de carburants doivent être alignées d’ici à 2022.

Chaque année, les hausses à venir de la TICPE sont débattues et votées au Parlement dans le cadre des projets de loi de finances. Mais les élus n’ont pas beaucoup de marge de manœu-vre car ils sont tenus de respecter d’une part les objectifs fixés par la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (LTECV)  et, d’autre part, la promesse de campagne d’Emmanuel Macron qui a souhaité une convergence totale des prix des carburants d’ici à la fin de son quinquennat.

Parce que le cours du baril de pétrole est très instable

L’année 2008 est restée dans les annales du marché du pétrole. Le prix du baril de Brent – le pétrole de la mer du Nord dont le prix est devenu la valeur mondiale de référence – a grimpé jusqu’à 147,5 dollars le 11 juillet avant de chuter à 40,6 dollars le 24 décembre. A la pompe, les Français ont alors vu le prix du litre divisé par deux en l’espace de six mois. Les fluctuations du cours du pétrole jouent donc directement sur les prix à la pompe. Or, depuis janvier 2016 (28,6 dollars par litre), le prix du baril n’a cessé de grimper pour atteindre en octobre son niveau d’il y a quatre ans, autour de 85 dollars le baril.

Ces fluctuations du cours du pétrole sont directement liées aux contextes très tendus dans les pays exportateurs de pétrole. La crise politique au Venezuela, les guerres au Yémen ou en Syrie ont provoqué des hausses successives du baril de pétrole. Deux autres décisions politiques ont également eu un impact en 2018 :

  • La volonté de l’Arabie saoudite de tirer les prix vers le haut au cours des six premiers mois de l’année pour faciliter l’introduction en bourse de sa compagnie nationale Aramco – en août dernier, Riyad a finalement décidé de repousser cette entrée en bourse sans préciser de date.
  • L’accord entre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et la Russie pour limiter la production d’hydrocarbures afin de faire remonter les prix.

Une troisième actualité devrait également déstabiliser le cours du pétrole : le retour des sanctions américaines contre l’Iran, entrées en vigueur depuis lundi. La décision de Donald Trump de s’attaquer au cinquième pays producteur de pétrole en 2017 pourrait faire craindre une hausse des prix des carburants. Mais pour l’instant, le baril de pétrole a reculé pour s’établir, lundi, autour des 75 dollars. Cette baisse s’explique sans doute par le fait que les Etats-Unis ont autorisé huit pays, parmi lesquels la Chine, l’Inde et le Japon, à continuer d’acheter temporairement du pétrole iranien.

Parce que le pétrole est une ressource non renouvelable

Une énergie fossile, comme le pétrole, est limitée. En 2017, les réserves pétrolières connues s’établissaient à 1.696,6 milliards de barils de pétrole selon le dernier rapport statistique du groupe britannique BP, publié en juin dernier. Si, à la fin des années 90, les experts craignaient une pénurie subite de pétrole, plusieurs importants gisements ont été découverts depuis le début du 21e siècle, notamment dans le Bassin de l’Orénoque, qui couvre 65% du territoire du Venezuela, ou encore dans les sous-sols sous-marins du Pôle Nord.

Mais ces découvertes de gisements – qui ne sont pas encore exploités – ne font que reculer l’échéance inévitable 

Avec une consommation mondiale de 35,55 milliards de barils de pétrole en 2017, les réserves pétrolières connues seront épuisées dans un peu moins de 48 ans. Selon les chiffres des diffé-rents rapports officiels compilés par le site spécialisé planestoscope, l’homme consomme d’ailleurs plus qu’il ne produit. En 2017, la consommation mondiale représentait 97,4 milliards de barils par jour, pour une production s’établissant à 89,7 milliards de barils par jour. Ce différentiel explique aussi la hausse des prix, la demande étant plus forte que l’offre.

Pour autant, le pétrole va-t-il vraiment disparaître?

Dans les années 70, les économistes évoquaient le spectre du « peak oil » (pic pétrolier) pour désigner le moment où la production mondiale de pétrole va plafonner avant de décliner et de s’effondrer à cause de l’absence de réserves. Désormais, c’est la théorie du « peak demand » qui s’impose, c’est-à-dire le moment où la demande de pétrole diminuera parce qu’on sera passé à une autre énergie, moins polluante. Selon une étude du Boston Consulting Group, publiée en juillet 2017, la demande mondiale de pétrole « pourra atteindre son pic entre 2025 et 2030″.

5 novembre 2018

https://www.lejdd.fr/

Lire aussi :

Prix des carburants : 5 chiffres pour comprendre le ras-le-bol actuel (JDD)

Commentaire: « Parce que le pétrole est une ressource non renouvelable », chut! Pour faire baisser la consommation, la seule solution, avant des hypothétiques véhicule électriques (à l’électricité nucléaire et non-recyclables!), il suffit de rendre les transports locaux gratuits et rétablir les petites lignes au lieu de les supprimer.

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06 novembre 2018 ~ 0 Commentaire

ambulanciers (révolution permanente)

ambulances

« C’est l’ubérisation de notre métier », les ambulanciers fortement mobilisés

Pendant plusieurs heures, près de 2000 ambulances ont bloqué le périphérique parisien pour dénoncer l’uberisation du métier d’ambulancier. Un mouvement qui a pris de l’ampleur dans toute la France, comme à Lille ou dans la région Est.

Le gouvernement entend poursuivre sa casse non seulement de l’hôpital public, mais de l’ensemble du service public 

Désormais il entend en finir avec les petits ambulanciers. En réponse, dans toute la France, les ambulanciers ont manifesté, faisant s’accumuler les bouchons. Les blocages ont commencé tôt ce matin sur l’autoroute A4, avant de trouver un débouché sur le périphérique parisien générant plus de 400km de bouchons.

Dans la périphérie de Lille, l’A25 a été bloquée dans le sens Lille-Dunkerque entrainant ainsi des bouchons importants sur le périphérique Sud. Dans l’Est, une soixantaine d’ambulances ont participé à une opération escargot sur l’A31 et l’A3. Un mouvement qui commence à s’étendre nationalement faisant suite à plusieurs mobilisations locales durant le mois d’octobre comme à Strasbourg, ou encore à Nice. Les forces de police étaient massivement présentes, comme une forme d’intimidation, créant un certain nombre de tensions.

Une attaque contre les petits ambulanciers au profit des grandes entreprises

Les raisons de la colère ? La mise en application de l’article 80 de la loi de finances sur la sécurité sociale à la date du 1er octobre 2018. Cet article voté en 2017 qui donne la res-ponsabilité du financement des transports des patients directement aux établissements de santé alors qu’il était précédemment pris en charge directement par la sécurité sociale.

Désormais, l’Assurance maladie ne rembourse plus les transports en ambulance déclarés par les patients mais « alloue » un budget « transport » aux hôpitaux. Dès lors, pour les artisans ambulanciers, c’est en quelque sorte, la fin des transferts interhospitaliers depuis le 1er octobre.

« J’ai perdu 50% de mon chiffre d’affaires, témoigne un ambulancier. Cette activité qu’on nous enlève au profit de grands groupes est vitale » pour la majorité des artisans. Les ambulanciers choisis par les hôpitaux seront mis en concurrence, privilégiant les grandes entreprises comme Keolis, Veolia, le tout sous couvert de « lutte contre la fraude » selon le gouvernement.

Comme l’affirme un témoignage du sur un site dédié au handicap : « Un aller-retour en ambulance entre Vichy et Romagnat, à 70 km, c’est 450 € aller-retour ! Certaines familles n’ont pas eu d’autre solution que de laisser leur enfant au centre, le week-end. C’est inadmissible. »

Dans le Puy-de-Dôme, une mobilisation de plusieurs associations, ainsi qu’une manifestation a été organisé le jeudi 31 octobre pour exiger la prise en charge du transport à domicile le week-end. Une mobilisation victorieuse qui a imposé à la direction du CMI de Romagnat de « prendre à nouveau en charge le transport à domicile le week-end à partir du 3 novembre. »

L’ubérisation des ambulanciers s’inscrit dans la casse de l’hôpital publique

Ces mesures gouvernementales visant à la fois ambulanciers et patients sont à inscrire dans une logique plus générale de casse de l’hôpital public. D’un côté, les grandes entreprises n’hésiteront pas à lésiner sur la qualité pour faire du chiffre et éradiquer les petits artisans au mépris de la santé des malades, de l’autre, les patients seront traités dans une logique de « transports de colis » et de dégradation du service publique.

Comme l’explique le site Faire-face, dans le CMI de Romagna, un patient de 17 ans qui reven-ait habituellement en ambulance a dû depuis le 1er octobre être ramené chez lui en taxi spé-cialisé. « Dans une position qui n’est pas du tout confortable pour lui, déplore sa mère, Betty Gruet. Ce n’est pourtant pas un colis ! Et les jours et horaires nous sont désormais imposés. »

Traiter les patients non seulement comme des clients mais aussi comme des colis : c’est l’ubérisation made in Macron.

Damien Bernard lundi 5 novembre

http://www.revolutionpermanente.fr/

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26 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

programmation (observatoire du nucléaire)

nukllear
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Programmation pluriannuelle de l’énergie

L‘amnésie frappe les tenants du nucléaire…
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L’aventure ruineuse de Mme Lauvergeon à la tête d’Areva, déjà sous prétexte de « sauver le climat », semble avoir été oubliée…

Alors que le gouvernement a le plus grand mal à élaborer sa Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), diverses voix s’élèvent pour promouvoir telle ou telle option, jusqu’à l’édito du Monde Eco (17 octobre 2018) qui estime que « le nucléaire sera indispensable pendant de nombreuses décennies« , afin que la France « respecte ses objectifs climatiques« .
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C’est oublier que, il y a près de vingt ans, Madame Lauvergeon tenait exactement le même discours
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Mettant sur orbite Areva (fusion de Framatome et de la Cogéma), annonçant la construction partout sur Terre de centaines de réacteurs dans le cadre d’un prétendu « grand retour du nucléaire« , ce dernier étant alors paré de toutes les vertus dont, avant tout, celle de pouvoir « sauver le climat« .
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Mais ce « grand retour » n’est jamais venu, malgré les innombrables publicités qui ont inondé les médias pendant une bonne décennie, jusqu’à la ruineuse campagne baptisé « L’Epopée de l’énergie », diffusée sur tous les supports dans toute l’Europe et aux USA, dotée de 20 millions d’euros (!) et… retirée en catastrophe, c’est bien le mot, du fait du désastre de Fukushima (11 mars 2011).
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Aujourd’hui, les mêmes belles déclarations nous sont infligées par les tenants de l’atome, de toute évidence frappés de la plus grande amnésie, mais aussi par des personnes « raisonnables » et « réalistes » pour qui le nucléaire est un « mal nécessaire » dont nous ne pourrions nous passer.
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Or, cette industrie va s’arrêter bientôt, et ce ne sera ni de la « faute » des écologistes, ni du fait d’un quelconque courage politique 
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On ne peut d’ailleurs que s’amuser de voir le gouvernement Macron assurer que la centrale de Fessenheim sera fermée « avant la fin du quinquennat« , exactement ce que promettait M Hollande cinq ans plus tôt.
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Si la France doit se préparer à faire sans le nucléaire, c’est tout simplement parce que cette industrie est moribonde, et même mourante, tant sur le plan mondial que français.
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Notons déjà que la part du nucléaire dans la production mondiale d’électricité est passée de 17,1% en 2001 à 10% à ce jour : ce n’est pas une baisse mais un véritable effondrement, lequel va se poursuivre et même s’accélérer avec la fermeture inéluctables de dizaines de réacteurs.
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En effet, la moitié du parc mondial a plus de 35 ans et, malgré les prolongations de durée de vie généreusement accordées par les autorités de sûreté, les sociétés propriétaires décident souvent d’en rester là : les rénovations nécessaires et autres mesures « post-Fukushima » sont si coûteuses qu’il est économiquement préférable de fermer boutique.
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On nous objecte que la France pourrait toutefois faire cavalier seul et brandir fièrement l’étendard de l’atome dont elle serait, on nous l’a répété des milliers de fois, la « championne » mondiale. C’est oublier les désastres industriels et financiers des chantiers des réacteurs EPR de Finlande et de Flamanville.
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C’est oublier le scandale gigantesque, qui ridiculise lui aussi la France atomique dans le monde entier, des milliers de pièces défectueuses produites dans les usines Areva du Creusot.
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C’est oublier qu’Areva a fait faillite et qu’EDF est à son tour dans une situation financière catastrophique, étant de fait dans l’impossibilité de financer de nouveaux EPR, à supposer que l’on sache enfin les construire, ou la ruineuse rénovation des 58 réacteurs actuels : seuls quelques-uns pourront peut-être être sauvés, à supposer là aussi qu’EDF s’y prenne mieux qu’à Paluel (Seine-Maritime) où un générateur de vapeur de 450 tonnes s’est affalé, endommageant lourdement le réacteur : une drôle de façon de « rénover »…
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Contre toute attente, le nucléaire n’a pas été « tué » par sa dangerosité, malgré les drames de Tchernobyl et de Fukushima, ou parce qu’il n’y aura jamais de solution pour les déchets radioactifs, il existe au mieux des « options », et elles sont toutes mauvaises.
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Le nucléaire n’a pas non plus été abattu par les manifestations antinucléaires, pourtant parfaitement justifiées et qui ont parfois été massives au cours des dernières décennies : parmi les pays nucléarisés, il n’y a guère qu’en Allemagne que l’opinion publique a finalement été prise en compte.
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Si l’industrie nucléaire est moribonde et en fin de vie, c’est parce que c’est une industrie du 20è siècle, un dinosaure qui s’est complexifié au fil du temps, jusqu’à ce que les nouveaux réacteurs comme l’EPR soient quasiment impossibles à construire et qui est devenu ruineux pour ses propriétaires. D’ailleurs, outre Areva, l’entreprise historique du nucléaire mondial, l’américain Westinghouse, a elle aussi fait faillite.
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Il n’est finalement presque plus utile d’être « pour le nucléaire » ou « contre »
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La messe est dite, l’atome a perdu et va quasiment disparaitre d’ici quelques années. La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) de la France peut bien proclamer l’inverse, la réalité est que le nucléaire ne va pas constituer une réponse, même partielle, aux graves problèmes de l’énergie et du changement climatique. Il est donc grand temps de prévoir des options alternatives, sous peine de se retrouver très  vite dans une impasse.

Stéphane Lhomme Vendredi 26 octobre 2018
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http://www.observatoire-du-nucleaire.org

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