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28 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

salinisation (ci)

mer sea

La salinisation des terres et des eaux, un fléau méconnu

L’élévation du niveau des mers, l’augmentation de la température qui accélère l’évaporation et accentue les sécheresses, mais aussi certaines activités humaines entraînent un accroissement des concentrations en sel dans les sols et les eaux douces de la planète. Une menace pour les cultures, l’eau potable et la santé humaine.

Le delta du Mékong subit une menace chimique qui, à long terme, pourrait se révéler plus meurtrière que les épandages d’agent orange effectués lors de la guerre du Vietnam. D’ici au milieu du siècle, il pourrait être envahi par un ennemi toxique contre lequel on n’est guère armés : le sel.

En effet, à mesure que le niveau de la mer s’élève, les eaux salées remontent toujours plus loin dans le delta, l’une des régions rizicoles les plus productives et densément peuplées d’Asie du Sud-Est. Pendant la saison sèche de cette année, la limite [d’extension] des eaux saumâtres — là où la salinité dépasse 4 grammes par litre — se situait à 64 kilomètres en amont, soit 17 kilomètres plus haut que sa maximale historique.

Cet afflux de sel s’explique en partie par la diminution des apports d’eau douce depuis le Mékong vers le delta, baisse liée à la présence d’immenses barrages hydroélectriques chinois aménagés très en amont du fleuve [appelé Lancang en Chine].

Mais, selon une modélisation novatrice, d’ici à 2050 environ, l’élévation du niveau de la mer dans la mer de Chine méridionale sera le principal facteur de salinisation du delta, où vivent plus de 20 millions de personnes. De vastes zones deviendront de ce fait inhabitables pour les riziculteurs, bien avant qu’elles ne soient inondées par l’océan lui-même.

Des concentrations délétères pour les cultures

Le Mékong fait partie de la dizaine de grands deltas fertiles – souvent des piliers de l’économie locale – à être confrontés à de telles invasions de sel. Or, avec le dérèglement climatique, ce fléau du sel va aussi survenir loin des océans, notamment dans les régions arides, où les spécialistes du climat estiment que les hautes températures vont entraîner des taux d’évaporation bien plus élevés.

Ce phénomène, s’ajoutant aux saisons sèches plus longues et à la fréquence accrue des épisodes de sécheresse, va contribuer à assécher l’intérieur des continents. Résultat, le sel, aujourd’hui naturellement présent à l’état de traces, va atteindre des concentrations telles que les cultures vont dépérir et que les écosystèmes fondés sur l’eau douce vont s’effondrer.

Parmi les zones vulnérables, on trouve les pays méditerranéens d’Europe du Sud, où les températures augmentent déjà plus rapidement que la moyenne planétaire et pour lesquels les modèles climatiques prévoient une diminution de 25 à 30 % des précipitations d’ici à 2080. L’écologue Erik Jeppesen, de l’université Aarhus (Danemark), a récemment fait valoir que l’accumulation de sel à venir dans les lacs, les zones humides et les fleuves de cette région “représente une menace importante pour le fonctionnement et la biodiversité des écosystèmes aquatiques de l’intérieur des terres”. Les cultures n’y survivront pas.

Et de nombreuses réserves d’eau souterraines dont dépendent le demi-milliard d’habitants de la région pourraient devenir non potables, assure Micol Mastrocicco, spécialiste de la pollution de l’eau à l’université de Campanie Luigi Vanvitelli.

On observe actuellement une forte hausse de la salinité sur tous les continents habités. Et le dérèglement climatique est loin d’en être la seule cause. L’eau de mer pénètre largement dans les deltas, du fait de la présence de barrages en amont ou de pompes qui puisent l’eau douce souterraine pour les robinets et l’irrigation. (Extrait)

29 août 2022

https://www.courrierinternati

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26 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

climat (fr3)

pluie

L’été 2022, un marqueur du réchauffement ? « On assiste à une méditerranéisation de la Bretagne »

Sécheresse, incendies, orages violents… En Bretagne, l’été 2022 a été marqué par des phénomènes météo exceptionnels. Des signaux qui alertent sur un changement climatique inexorable ? Eléments de réponse avec Anne-Marie Treguier et Vincent Dubreuil, co-présidents du Haut Conseil breton pour le climat.

De plus en plus de journées chaudes, voire très chaudes, en été, de moins en moins de jours de gel en hiver, des printemps plus doux, des automnes plus chauds sont autant de paramètres qui permettent de constater le changement climatique en Bretagne.

Une progression lente marquée par des épisodes extrêmes comme celui de la sécheresse de l’été 2022. « Dans un climat qui se réchauffe, explique Anne-Marie Treguier, co-présidente du Haut Conseil breton pour le climat,  les extrêmes, rares dans le passé, vont devenir de plus en plus fréquents ».

Cette océanographe, également directrice de recherche CNRS à Brest et co-auteur du 6e rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), rappelle que l’observation des changements ne s’opère pas en comparant une année à la précédente, « mais selon une perspective de plusieurs décennies« . Une précision importante si l’on veut prendre la juste mesure de ce qui est en train de se produire à l’échelle de la planète.

Un manque crucial d’eau…

Qui aurait pu affirmer que la Bretagne connaîtrait, un jour, un déficit pluviométrique. C’est pourtant une réalité. Les nappes d’eau souterraine affichent un niveau bas selon un bulletin publié par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) fin août 2022. Cette diminution de la ressource s’explique en partie par un hiver 2021-2022 très peu pluvieux.

Comparer les niveaux d’urgence des arrêtés sécheresse encore en vigueur en Bretagne fin septembre 2021 et 2022, permet de constater que les mesures de restrictions prises par les départements bretons n’ont rien à voir avec celles de l’année dernière.

Ainsi, à la date du 20 septembre 2022, la totalité de la région Bretagne demeure en alerte « crise sécheresse », alors qu’en 2021, seuls deux départements, le Morbihan et l’Ille-et-Vilaine, étaient encore en alerte et au plus bas des seuils, celui de la « vigilance ».

A noter également que les restrictions sur l’usage de l’eau imposées par ces arrêtés ont été pris dès le début du mois de mai où le Morbihan a été  placé en alerte « vigilance ».
Cette comparaison flagrante sur une année ne peut être considérée que comme l’un des indices de la multiplication à venir de périodes de sécheresse annoncées par les climatologues.

…. Et des incendies à répétition

Les incendies ont ravagé cet été 2022 de nombreuses forêts, principalement en Gironde. Fin août, plus de 62.000 hectares avaient brûlé sur l’ensemble de l’Hexagone.

Et la Bretagne, en pleine période de sécheresse, n’a pas été épargnée par les incendies. En particulier le Finistère où 2.588 hectares ont été détruits dans les Monts-d’Arrée cet été. Auxquels s’ajoutent plusieurs incendies dans le Morbihan, notamment en forêt de Brocéliande.
« Sur 20 ans, la surface brûlée en Bretagne est assez exceptionnelle,
relate Anne-Marie Treguier. La région n’est plus à l’abri de ces phénomènes qui, autrefois, touchaient davantage le sud de la France ».

Un climat méditerranéen en Bretagne ?

Selon Vincent Dubreuil, géographe et climatologue, on assiste à ce qu’il appelle « la méditerranéisation » du climat en Bretagne. Tout comme Anne-Marie Tréguier, il co-préside le Haut Conseil breton pour le climat. Cette instance indépendante, mise en place au mois de mai dernier, a pour mission d’apporter son expertise scientifique dans les politiques publiques en matière de lutte contre le dérèglement climatique.

Dérèglement, un terme que Vincent Dubreuil emploie peu. Lui, il préfère parler de changement « dont on a une manifestation concrète en Bretagne dit-il. Par exemple, le nombre de journées chaudes à Brest, à savoir plus de 25 degrés, est passé en moyenne de 6 jours par an après la Seconde guerre mondiale à 12 jours par an ces trente dernières années. A Rennes, on est passé de 28 jours à 45 jours par an ».

Rennes, c’est La Rochelle ou Bordeaux il y a cinquante ans en termes de température

Vincent Dubreuil Climatologue et co-président du Haut Conseil breton pour le climat

Les jours de gel ont diminué dans les deux villes sur la même période. A Brest, après la guerre, il gelait en moyenne 18 jours par an, contre 14 jours ces trente dernières années. A Rennes, même scénario : le nombre de jours de gel est passé de 43 à 30 par an. « Rennes, c’est La Rochelle ou Bordeaux il y a cinquante ans en termes de température » analyse Vincent Dubreuil.

Quand la mer monte

Une planète qui se réchauffe sous le coup des émissions de gaz à effet de serre produites par l’activité humaine, des épisodes de sécheresse plus intenses et prolongés, des pluies plus violentes et soudaines… et le niveau de la mer qui monte, lentement mais sûrement, se traduisant, sur le littoral breton, par un recul du trait de côte et des risques de submersion.

« C’est un problème identifié comme majeur en Bretagne, note Anne-Marie Treguier. Evidemment, la montée du niveau de l’océan n’est pas perceptible comme ça. Ce que nous allons percevoir, par exemple, c’est un quai, inondé une fois tous les 3 ou 4 ans au moment d’une grande marée, qui va l’être systématiquement désormais. C’est ce genre d’épisodes remarquables qui donne la tendance ».

Pour limiter et stabiliser le réchauffement de la planète d’ici 2100, « il faut passer des beaux discours aux actes » affirme Vincent Dubreuil. Selon le climatologue, « toutes les années perdues nécessiteront encore plus d’efforts pour les rattraper. Plus on agit vite, moins la transition sera brutale ».

 23/09/2022  Carole Collinet-Appéré, Thierry Peigné

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19 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

ferroviaire (yonne l’autre)

 avion train

Tribune du Président Bruno Gazeau : « donnons la priorité au ferroviaire »

Notre Président Bruno Gazeau s’est exprimé dans une tribune du journal Le Monde afin de réaffirmer la position de la FNAUT de donner la priorité au ferroviaire.

Il est impératif et urgent d’agir. Osons le train, celui du climat ne passera pas deux fois.

« Ne soyons pas la génération du renoncement et du malthusianisme ferroviaire. Il n’échappe à personne que le coût des énergies fossiles ne baissera pas, du fait de l’instabilité du monde, de la multiplication des zones de conflit et des conséquences du changement climatique. Se pencher sérieusement sur le modèle économique des mobilités est indispensable. La mobilité sera de plus en plus chère et n’est pas payée à son vrai coût.

Les Français se sont habitués à un carburant bon marché qui, en réalité, n’est pas plus cher aujourd’hui qu’il y a trente ans. Dans l’aérien, les vols low cost, pour l’équivalent de quelques pleins, ont bousculé les repères. Quant au train, perçu comme cher pour les TGV, l’usager des transports régionaux n’en paie que 26 % du coût.

Des modèles opaques

Les marchandises, en outre, voyagent et traversent le monde, de l’Asie vers l’Europe, par conteneurs entiers, tant le coût du transport est faible dans le prix de vente final. Plus près de nous, les commandes chez Amazon ou les repas livrés à domicile affichent souvent la mention « livraison gratuite », accréditant l’idée que la mobilité ne vaut que « trois fois rien ». L’exemple allemand du passe à 9 euros [cet été], aubaine pour les usagers, occulte son coût réel [1 milliard d’euros par mois], équivalent à une année d’investissement sur le réseau français.

Le coût des externalités (pollution, accidents, coût d’usage des routes et des voiries) n’est pas pris en compte et rend opaques les modèles économiques depuis des décennies. Certains modes de déplacement sont défiscalisés ou bénéficient d’aides fiscales spécifiques (avion, voiture, camion…). Hormis sur l’autoroute, l’automobiliste ne paie pas l’usage de la route à son vrai coût alors que le train paie un droit de passage avec la tarification des sillons ferroviaires, qui représente de 30 % à 40 % du prix du billet.

D’autres modes, comme le train ou les transports publics, sont subventionnés soit par l’Etat soit par les autorités organisatrices, par voie de contrat. Il en résulte une absence de perception du coût réel des mobilités. Il est donc difficile de les comparer et, dès lors, de proposer des politiques de mobilité comprises et acceptées par les citoyens.

Les partis politiques, pour beaucoup d’entre eux, ont plébiscité la baisse des taxes au nom du pouvoir d’achat, conservant à la voiture toute sa place. Cette politique coûteuse (3 milliards d’euros sur trois mois pour un carburant à environ 1,80 euro), qui va à l’encontre de la moindre dépendance aux énergies fossiles est cependant temporairement nécessaire, si elle est associée à des mesures de rééquilibrage des modes de transport, à des investissements massifs dans les modes vertueux et à une pédagogie qui invite nos concitoyens à faire évoluer leurs comportements.

Autopartage, covoiturage, vélo et marche

La première ministre a remis la question des mobilités dans le débat politique, et a déclaré que le ferroviaire en serait « l’épine dorsale » [ou la « colonne vertébrale »]. Mais la signature du contrat de performance de SNCF Réseau, unanimement critiqué pour son insuffisance et son malthusianisme, ainsi que l’engagement sur la voiture électrique en leasing viennent tempérer cet enthousiasme.

Pourtant, l’intention est louable, car aligner nos efforts sur ceux de nos voisins (qui leur coûtent 7 milliards d’euros par an pendant dix ou quinze ans) est nécessaire pour disposer d’un réseau rajeuni et fiable, mettre en place les RER métropolitains, financer les lignes régionales et Intercités essentielles pour les territoires et indispensables à la réduction de la dépendance automobile, tenir les engagements de l’ancien premier ministre [Jean Castex] de financer les premières phases des nouvelles lignes littorales (Nice-Marseille et Montpellier-Perpignan) et résoudre la question des nœuds ferroviaires (Lyon, Marseille, Bordeaux, Toulouse) pour répondre aux besoins du fret et des transports du quotidien.

Pour autant, un système ferroviaire « épine dorsale » suppose d’autres systèmes complé-mentaires de mobilité venant s’y greffer : l’autopartage, le covoiturage, les dessertes de rabattement par autocar, sur les gares et les pôles d’échanges, ainsi que les modes actifs tels que le vélo et la marche, ont toute leur place.

Ils exigent que l’organisation des correspondances, l’information et la gestion des situations perturbées progressent en même temps. Force est de constater que la priorité donnée au ferroviaire est relative, les investissements routiers (rocades périurbaines, nouveaux kilomètres autoroutiers) demeurent. Mais, entre le RER métropolitain ou la rocade autoroutière, il faut choisir, de la même façon qu’il convient de limiter l’usage de la voiture en ville et de mieux répartir l’usage de la voirie.

Equité et bon sens

Oui, le saut à réaliser est important, puisque donner la priorité au ferroviaire nécessite un doublement des investissements qui lui sont consacrés, quand de nombreux secteurs réclament eux aussi des investissements conséquents.

Mais c’est possible, en prenant les mesures qui relèvent de la réponse au changement climatique et celles qui répondent à l’équité ou au bon sens, souvent déjà expérimentées : rétablir l’écotaxe, dont l’abandon est la cause du retard important d’investissement ; capter la plus-value immobilière résultant de l’investissement public dans les infrastructures ; donner un prix aux livraisons en ville au titre du droit d’usage de la voirie ; mettre en œuvre le péage urbain, qu’il soit de stock (stationnement) ou de flux.

Enfin, le gouvernement et les collectivités locales doivent développer une pédagogie de la prise en compte par chacun du coût de la mobilité. Une loi de programmation est indispensable pour dessiner l’avenir : comment inviter les citoyens à choisir leur domicile en prenant en compte le coût de la mobilité quotidienne, comment leur demander de renoncer à la deuxième voiture s’ils ignorent les possibilités offertes par les réseaux de transports publics dans les dix ans qui viennent et s’ils n’entendent parler que de fermeture de lignes et de trains supprimés. Il est impératif et urgent d’agir. Osons le train, celui du climat ne passera pas deux fois. »

14 Sep 2022

  • Bruno Gazeau, président de la FNAUT, tél. 06 76 73 31 09

https://www.fnaut.fr/

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18 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

landunvez (appcl)

Association pour la Protection et la Promotion de la côte des Légendes

Le film de la marche citoyenne du 27 août à Landunvez.

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17 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

méthane (basta! splann)

vache

Pollution des rivières, explosions… les méthaniseurs et leur biogaz posent de nombreux problèmes

Les méthaniseurs, qui fabriquent du gaz à partir de déchets, accumulent les incidents. Pollution des rivières, intoxication, voire même explosion.

Deux pollutions recensées, neuf inspections documentées, trois mises en demeure et une condamnation. Le méthaniseur d’Arzal, commune côtière du Morbihan, a déversé plusieurs fois le contenu d’une de ses cuves dans le cours d’eau de Kerollet, asphyxiant les poissons au passage. L’association Eau et rivières de Bretagne a donné l’alerte à plusieurs reprises.

Une inspection de la direction départementale de la protection des populations, la DDPP, constate en 2018 que le méthaniseur, autorisé à absorber 28 tonnes de déchets par jour, en consomme en réalité 43 tonnes, un changement de régime potentiellement illégal. Autre infraction : les contrôles sur la qualité des eaux rejetées dans le milieu naturel n’ont pas été effectués.

Méthaniseur agricole
Les méthaniseurs installés dans certaines exploitations agricoles permettent de produire du biogaz à partir des déchets végétaux et animaux. Une source de revenu complémentaire qui n’est pas sans risques… Patrick Bard / Basta!

Entre 2012 et 2020, l’exploitation passe de 150 à 290 vaches laitières auxquelles s’ajoutent 250 génisses et le méthaniseur d’une capacité de 28 à 76 tonnes. Soit un triplement de volume en moins de dix ans. Ce n’est que lorsque ses travaux sont terminés que l’exploitant demande une régularisation de la situation. Celle-ci est accordée en 2021, mais fait toujours l’objet d’un recours en justice d’Eau et rivières de Bretagne, qui dénonce une manœuvre consistant « à blanchir une situation délictuelle ». « Moralité, si vous êtes agriculteur, allez-y, nous les services de l’État, nous régulariserons et assurerons vos arrières », résume, amer, le juriste de l’association environnementale, Brieuc Le Roc’h. L’exploitation fait l’objet d’une nouvelle mise en demeure de la préfecture depuis juin 2022.

Bruno Calle, gérant de la SARL des Moulins de Kerollet, plaide des erreurs de jeunesse liées à son statut de pionnier de la méthanisation. « Certes, on a fait des erreurs, mais on les a corrigées. Depuis les deux épisodes de pollution, des sécurités ont été installées pour éviter tout nouvel accident. Et le site a été étanché au-delà des exigences de la réglementation actuelle », décrit le producteur laitier.

Des « mésaventures » qui auraient même eu du bon, d’après l’éleveur. Elles auraient évité à des collègues de connaître ces errements. Bruno Calle participe ainsi au tutorat de porteurs de projet avec l’association des méthaniseurs bretons, en association avec la chambre régionale d’agriculture et l’association AILE. « J’en ai accompagné près d’une trentaine depuis cinq ans », s’enorgueillit l’ancien président FDSEA [1] du Morbihan.

Pollutions, explosion et boule de feu…

Plus à l’ouest, les Sud-Finistériens se souviennent avoir été privés d’eau potable en août 2020 pendant près d’une semaine. Le méthaniseur industriel de Châteaulin (29) avait déversé 400 m³ de digestat, le déchet issu de cette production de gaz, dans l’Aulne, affectant l’eau distribué au robinet. Un incident qui s’est aussi produit dans le sud-ouest de la France, dans les Landes, six mois plus tard. Cette fois, 850 m³, deux fois plus, se sont déversés dans les cours d’eau.

En juin 2019, un méthaniseur qui n’est pas encore en fonctionnement explose à Plouvorn, dans le Finistère. Une boule de feu est aperçue au-dessus du site. Une quarantaine de pompiers sont mobilisés et on déplore un blessé léger, deux personnes choquées, un soldat du feu évanoui et une sacrée frayeur.

Le rapport d’incident précise : « Le dossier technique de sécurité, à réaliser avant la mise en service, n’avait pas été transmis à l’administration. […] L’accident révèle une sous-estimation des risques […]. Suite à l’accident, [l’exploitant] souhaite démarrer l’exploitation de l’unité de méthanisation [avec seulement une partie du matériel, NDLR], sans attendre la reconstruction du digesteur [détruit par l’accident] ». La rentabilité avant la sécurité. Ce méthaniseur est le plus important du pays de Morlaix avec 45 000 tonnes de déchets consommés par an. À sa tête, 32 entreprises, agricoles et non agricoles.

Sans contrôle, ni sanction, à quoi bon respecter la loi et envoyer les dossiers techniques exigés ? C’est ce que l’État et la Région reconnaissent noir sur blanc dans un courrier adressé à l’Autorité environnementale, en 2019 : « Les maîtres d’ouvrage, devant l’absence de moyens de contrôle et de suivi de certaines mesures d’évitement, ont choisi de ne pas retenir celles-ci. »

Sans filet de sécurité, les accidents sont légion

Pourtant, la méthanisation est une technologie récente, fragile, qui mérite d’être surveillée. Le service de suivi des risques industriels du ministère de la Transition écologique a publié, en septembre 2021, une synthèse des accidents dans la filière. Il en recense 130 en France, entre 1996 et 2020. Dans 77 % des cas, il y a un rejet de matières dangereuses ou polluantes. « C’est le phénomène majoritaire, suivi par l’incendie », précise l’autrice du rapport, Aurélie Baraër. La faute aux « lacunes dans la gestion du risque et dans la formation des opérateurs ». Elle estime qu’un défaut de matériel est la cause principale de ces incidents.

Un diagnostic déjà posé en 2018 par son service : « Les accidents survenus récemment montrent que l’on est en présence d’une filière en pleine structuration qui n’est pas encore arrivée à maturité. Les erreurs de conception sont le témoin de cette situation. »

Mais ce recensement n’est pas exhaustif, il suffit de lire la presse pour s’en rendre compte. Sur cinq pollutions du méthaniseur d’Arzal, une seule est comptabilisée dans le recensement ministériel. Le Conseil scientifique national sur la méthanisation, le CSNM, qui réunit des scientifiques réservés sur cette technologie telle qu’elle se pratique aujourd’hui, tient ses propres comptes. Il évalue à 315 le nombre d’incidents en France. Presque trois fois plus que les services de l’État, sur la même période.

Pas de mesure sanitaire préventive

Les conséquences de ces incidents sont essentiellement environnementales et touchent en premier lieu les cours d’eau. Cours d’eau par ailleurs pompés pour alimenter la population. À cela s’ajoutent des conséquences sanitaires car le digestat, produit issu de la méthanisation, est épandu comme engrais sur les sols et peut être vecteur de maladies.

Pour éviter ces risques, la réglementation pose des garde-fous. « Il faut la voir comme une aide pour penser son installation et pas comme une contrainte, estime Anne-Marie Pourcher, chercheuse à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae), à Rennes, et spécialiste des pathogènes. « Dès que la provenance des différents déchets devient complexe, on ’’hygiénise’’, c’est ce que prévoit la réglementation. » Grâce à cela, on limite les risques sanitaires. Par exemple, les déchets animaux, graisses, intestins, font partie des meilleurs ingrédients pour produire du gaz. Mais ils peuvent aussi faire circuler des pathogènes et propager des maladies.

Pour éviter ce risque, la réglementation peut imposer de traiter ces déchets à 70°C pendant une heure pour éliminer les pathogènes. Mais ce n’est pas obligatoire si le volume global de déchets, animaux et végétaux, est inférieur à 30 000 tonnes par an. Cette dérogation concerne la quasi-totalité des méthaniseurs bretons. Ça tombe bien car ce passage à 70 °C coûte très cher, au point de compromettre la rentabilité d’une installation.

Des méthaniseurs qui doublent de volume

Toutes les unités de méthanisation relèvent du régime des ICPE, les installations classées pour l’environnement. Trois niveaux de réglementation existent. Le régime de « l’autorisation », le plus contraignant et contrôlé, comprend les installations qui consomment plus de 100 tonnes par jour de matières premières. Celui de « l’enregistrement » concerne un volume compris entre 100 et 30 tonnes par jour. Enfin, le plus léger, le régime de la « déclaration » couvre les sites inférieurs à 30 tonnes par jour.

Or, en Bretagne, l’écrasante majorité des projets se situent officiellement sous la barre des 30 tonnes par jour et donc sous le régime de la simple déclaration. Ainsi, pas besoin de passer par la case de la concertation ou de l’enquête publique, qui donnent parfois lieu à des débats houleux dans des salles municipales remplies de riverains inquiets, voire carrément furieux. Un caillou dans la chaussure plus difficile à éviter sous les régimes supérieurs, de l’enregistrement et surtout de l’autorisation, censés garantir l’expression citoyenne, en dépit de récents allègements.

Des contraintes dont certains porteurs de projet parviennent même, de fait, à s’exonérer. Il n’est pas rare de voir les volumes d’intrants augmenter en cours de route, au motif que des « apporteurs de matière » se manifestent ou qu’une banque débloque un crédit.

À Chavagne, en Ille-et-Vilaine, un méthaniseur d’une capacité de 29,8 tonnes par jour est entré en fonctionnement en octobre 2021, soit juste sous la limite du régime de l’enregistrement. Pourtant, la première salve de gaz vient à peine d’être injectée dans le réseau « que d’autres agriculteurs « apporteurs de matière » se sont manifestés pour participer au projet, raconte Romain Marqué, l’un des associés du méthaniseur. Ce n’était pas prévu. »

Une opportunité qui l’a conduit, avec ses associés, à demander à passer à 72 tonnes par jour, entrant dans le périmètre du régime de l’enregistrement. Le conseil municipal n’a pas franchement de marge de manœuvre. Le méthaniseur est déjà là, les investissements – 5 millions d’euros -, déjà réalisés.

Même scénario à Louvigné-de-Bais (Ille-et-Vilaine) avec un méthaniseur qui passe de 29,8 à 48,5 tonnes par jour en l’espace d’un an. Recalibrer un méthaniseur peu de temps après sa mise en service, « c’est peu recommandable et peu recommandé, résume Armelle Damiano, directrice de l’agence locale de l’énergie, AILE. Si on se lance avec une installation à 29,9 tonnes par jour et que six mois après on demande à passer à 40 tonnes, cela peut être difficilement acceptable pour les collectivités et témoigner d’un manque de transparence au stade projet. Une fois l’installation rodée, selon les opportunités, le captage de nouveaux gisements peut alors justifier une augmentation de puissance. »

Mettre la collectivité au pied du mur est une pratique courante. La DREAL (direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement) est le service de l’État chargé de recenser les installations de méthaniseurs en fonction de leur technologie. L’une convertit le méthane en chaleur et électricité, la cogénération ; l’autre l’injecte directement dans le réseau de gaz, l’injection.

En 2020, la DREAL sort la calculatrice : « 28 installations en cogénération [sur un total de 87] ont augmenté de puissance depuis leur mise en service. En moyenne les installations qui procèdent à une augmentation doublent de puissance. » Même chose pour la méthanisation en injection : « Neuf installations de méthanisation en injection [sur un total de 27] ont déjà procédé à une augmentation de [leur capacité maximale]. L’augmentation du débit d’injection intervient beaucoup plus rapidement qu’en cogénération. »

Un tiers des méthaniseurs augmente donc leur capacité en cours de route. Une décision qui ne peut s’improviser en raison des investissements nécessaires. Les augmentations de capacité interviennent ainsi rapidement après la mise en activité. Difficile d’imaginer que nombre d’entre elles ne soient pas étudiées dès le montage du projet.

Si le régime de la déclaration séduit autant, c’est aussi parce que « les ICPE [concernées] ne sont pas soumises à contrôles périodiques et n’ont lieu d’être contrôlées qu’en cas de plainte ou de signalement ou lors de campagnes ’’coup de poing’’ », observe la Cour des comptes dans son rapport de novembre 2021. Pas de signalement, pas de contrôle.

85 % des installations contrôlées ne sont pas dans les clous

Depuis près de dix ans, la réglementation qui encadre ces installations présentant des risques pour l’environnement ne cesse de s’assouplir. Avec son « choc de simplification », François Hollande avait commencé à la détricoter, en 2013. Depuis, d’autres garde-fous ont été supprimés, comme en 2018, sous le premier quinquennat d’Emmanuel Macron. Modifier des seuils qui font passer une installation du régime le plus contraignant à un régime intermédiaire, miser sur la confiance et l’autocontrôle des porteurs de projet, renvoyer les contrôles à des services de l’État de plus en plus dépeuplés… Gouvernement et législateurs, bien conseillés, savent quels curseurs bouger. D’autant qu’ils savent que sans contrôleur, pas de contrôlé.

Dans son rapport de 2021, la Cour des comptes démontre cette absence de contrôle, d’autocontrôle ou même de sérieux dans le suivi des sites de méthanisation. Les services d’inspection ne sont pas informés de la mise en service d’un nouveau méthaniseur. Difficile alors de contrôler quoi que ce soit. Des subventions publiques sont versées sans contrepartie, sans même celle d’une installation construite correctement. Le contrôle ponctuel des installations n’est quant à lui tout simplement pas fait.

À quoi bon se contraindre à respecter la loi si elle n’est pas appliquée, et que personne ne vient sanctionner ? Les directions départementales de la protection des populations (DDPP), rattachées aux préfets, confirment ce constat. Fin 2020, elles mènent une série de contrôles dans 14 établissements sur les plus de 150 installations existantes en Bretagne à l’époque. Dans 85 % des cas, les aménagements prévus dès le début du projet n’ont pas été réalisés. Il s’agit de cuves de rétention évitant des déversements accidentels dans le milieu naturel, de systèmes d’évacuation d’eaux pluviales, de clôture, d’alerte incendie. Autant de promesses d’aménagements non tenues.

L’État, laxiste

Les méthaniseurs ne sont pas tous très scrupuleux. Les services de contrôle de l’État, pas au rendez-vous. L’État lui-même ne montre pas beaucoup de zèle pour faire appliquer certaines directives européennes prises pour protéger l’environnement. L’une d’elles dispose qu’avant de valider l’implantation d’un méthaniseur, il soit nécessaire de prendre en compte « le cumul des incidences avec d’autres projets existants et/ou approuvés ». Car plus il y a de méthaniseurs, plus les risques augmentent. La France applique cette notion uniquement pour les installations de plus de 100 tonnes par jour, celles soumises au régime de l’autorisation pour les ICPE. Cela concerne seulement dix unités sur les 186 en fonctionnement en Bretagne au 1er janvier 2022.

À l’ouest de Rennes, la capitale de la méthanisation bretonne passe complètement sous ce radar. Sur le secteur d’Iffendic, on compte 14 méthaniseurs en fonctionnement. Quatorze autres le seront bientôt. Soit près de trente méthaniseurs sur une zone stratégique pour l’approvisionnement en eau potable des 450 000 habitants de Rennes métropole. Pourtant, tous ces méthaniseurs sont suffisamment petits pour esquiver la directive européenne et éviter les contrôles obligatoires, imposés aux plus grosses installations.

L’environnement breton pourrait faire les frais du développement de la méthanisation, structuré jusqu’en 2023 par le schéma régional de biomasse (SRB), élaboré en 2019. L’Autorité environnementale, entité indépendante chargée de l’évaluation environnementale, souligne la nécessité de revoir l’évaluation des incidences sur les sites Natura 2000. Dans leur mémoire en réponse, la Région et l’État disent avoir « adhéré à l’idée », mais l’appliquer dans « un SRB ultérieur ». Et quand l’Autorité environnementale leur demande de justifier pourquoi nombre de mesures d’évitement identifiées n’ont pas été appliquées, la Région et l’État sont limpides : c’est à cause de « l’absence de moyens de contrôle et de suivi permettant d’évaluer les incidences réelles de certaines mesures d’évitement ».

Dit sans élément de langage, on développe la filière, mais pour une partie des incidences environnementales, on verra plus tard.

Dans un autre avis, l’Autorité environnementale prévient : « Les pollutions qui découleraient de mauvaises pratiques en la matière pourraient pourtant inverser le bilan positif de la méthanisation. »

Et la question est brûlante : avec le projet de loi du gouvernement portant sur le développement des énergies dites « renouvelables », des associations écologistes s’élèvent déjà contre l’extension de dérogations et de dispenses d’études d’impact qui porteront préjudice à l’environnement. Le « biogaz » développé sans que ses moyens de contrôle ne se structurent, ajoute une menace sur la ressource en eau. Une de plus.

Splann ! est un média d’enquête à but non lucratif, fondé en septembre 2020 par des journalistes de Bretagne, sur le modèle de Disclose, son parrain. Il est reconnu comme service de presse en ligne depuis juin 2022. Son but est de délivrer des informations sensibles et à fort impact sur des sujets d’intérêt général, en français et en breton. Par souci d’indépendance, l’association ne fonctionne que grâce aux dons des citoyens et des associations. Pour les soutenir, c’est par ici.

Des informations à communiquer à Splann ? Écrivez-leur à splann [@] riseup.net et ils vous expliqueront comment leur joindre des documents de façon sécurisée.

13 septembre 2022 par Julie Lallouët-Geffroy

https://basta.media/

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Biogaz : quand Total et Engie investissent les campagnes, « ceux qui se font avoir sont les agriculteurs »

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16 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

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LFI, le PS et EELV appellent à une « marche contre la vie chère et l’inaction climatique » le 16 octobre

Dans un appel commun diffusé vendredi à l’AFP, les partis de la gauche – à l’exception du Parti communiste – et plusieurs organisations associatives et syndicales ont appelé à une « marche contre la vie chère et l’inaction climatique ». La marche, qui se déroulera à Paris, sera précédée le 15 octobre par des « initiatives symboliques ».

La France insoumise, le Parti socialiste, EELV et d’autres organisations politiques et associatives ont appelé vendredi à une « grande marche contre la vie chère et l’inaction climatique » le 16 octobre à Paris.

L’initiative, évoquée pour la première fois début juillet par Jean-Luc Mélenchon lors d’une conférence au siège du Parti ouvrier indépendant (POI) – également signataire de l’appel -, s’inscrit « dans la continuité des mobilisations engagées par les syndicats et associations, dont les journées nationales d’action des 22 et 29 septembre et la mobilisation climat du 23 septembre », ont précisé ces organisations dans un communiqué transmis à l’AFP.

Le Parti communiste, pourtant membre de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), est absent des signataires de cet appel à l’instar des syndicats, qui ont dit en début de semaine qu’ils ne feraient pas partie de l’appel, contrairement à au souhait de Jean-Luc Mélenchon de construire uun nouveau « front populaire ». Mais les choses peuvent encore évoluer. Une nouvelle réunion est prévue entre les différents partis, associations et syndicats le 4 octobre.

Non à « une politique antiécologique »

Les organisations marcheront donc « contre le pouvoir macroniste » qui « refuse d’augmenter les salaires, de geler les loyers ou de bloquer les prix face à la vie chère », écrivent ces organisations, parmi lesquelles Générations, le Nouveau Parti Anticapitaliste, Ensemble !, la Gauche démocratique et sociale (GDS), L’Alternative, La Voix lycéenne, Nouvelle Donne, le Parti ouvrier indépendant (POI) et Pour une Écologie Populaire et Sociale (PEPS).

« Pire encore, il prévoit de nouvelles attaques contre le régime des retraites et l’assurance-chômage et organise la destruction des services publics, notamment ceux de l’éducation et de la santé », ajoutent-elles.

Les politiques climatiques menées par le gouvernement sont également visées. « La planète brûle et l’eau manque », « mais le gouvernement, déjà condamné pour inaction environne-mentale, poursuit une politique antiécologique », dénoncent les signataires qui marcheront entre autres « pour des investissements massifs dans la bifurcation écologique créatrice d’emplois locaux et notamment dans les transports en commun ».

Hausse des salaires, blocage des prix de l’énergie et des produits de première nécessité, taxe immédiate sur les super-profits ou encore retraite à 60 ans feront partie des revendications du cortège,  qui s’élancera de Paris le 16 octobre, précédé par des « initiatives symboliques le samedi 15 octobre », indiquent ces organisations.

16 septembre 2022 Clément Legros

https://www.lejdd.fr/

Lire aussi:

La France insoumise, le PS et EELV appellent à une « grande marche contre la vie chère et l’inaction climatique » le 16 octobre, le Parti communiste et les syndicats ne se joindront pas à cette initiative

Note:

Santé: 22 septembre

Grève écolo mondiale: 23 septembre

Grève syndicale unitaire: 29 septembre

Nupes: 16 octobre

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14 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

jeunes ! (gr)

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Jeunes, nous aussi luttons pour notre avenir !

La rentrée 2022 n’a pas été différente de toutes celles du précédent quinquennat, avec toujours un immense décalage entre les me­sures du gouvernement Macron et celles qui seraient néces-saires pour permettre aux jeunes de vivre correctement et d’envisa­ger un véritable avenir. Dans les lycées, c’est de nou­veau catastrophique avec des classes bondées, voire pas de profs du tout dans certaines matières. C’est carrément le sacrifice de notre éducation et de notre futur !

Jeune = Précaire ?!

Le salaire des apprentis qui est compris entre 27 et 73% du SMIC a été revalorisé de 2% en août, suivant ainsi la hausse du salaire minimum, mais face à une infla­tion de 6,1% c’est insuffisant !

Même chose pour les bourses ! Même si les étudiants sont plus « chanceux » que les appren­tis avec la revalorisation des bourses de 4%, même un élève de primaire verrait bien que le compte n’y est pas. Sans consi­dérer le fait que trois quarts des étudiants n’ont pas de bourse qu’ils ne verront donc ni les prix baisser, ni leurs salaires aug­menter pour ceux qui travaillent.

Côté lycées pro, les temps de stages seront augmentés de 50% en 2023, diminuant encore les heures d’enseignements géné­raux et creusant ainsi l’écart de connaissances avec les autres lycéens.

Rejoignons les luttes des travailleurs !

Nous subissons aussi l’infla­tion, le manque de personnel enseignants et les mauvaises conditions d’études et de travail. C’est le résultat de la politique de Macron qui veut toujours priva­tiser les services publics et faire que les salariés soient payés le moins possible. Refusons cette société qui ne marche que pour le profit, cette société capitaliste ! Luttons aux côtés des travail­leurs, pour des conditions d’étude et de vie décentes et une société qui répond aux besoins de toutes et tous ! Le 29 septembre, nous aussi faisons grève et descendons dans la rue pour défendre nos droits ! Nous avons publié des tracts pour mobiliser, contacte-nous si tu veux participer !

Face à Macron et aux capitalistes, il faut une grève massive !

Coût de la vie, retraites ou as­surance chômage menacées, dégradation des conditions de travail à vitesse grand V, les raisons de la colère sont là. Sans parler des provocations de Macron sur la fin de « l’abondance »… : une lutte massive des travailleurs est nécessaire !

Des grèves ont eu lieu cet été sur les salaires et à la rentrée dans plusieurs secteurs (énergie, Santé…). Elles indiquent la voie aux travailleurs des autres secteurs.

Avant l’été, la date du 29 septembre a été annoncée par les syndicats comme une journée interprofessionnelle de grève et d’action pour exiger l’augmen­tation générale des salaires.

Sur nos lieux de travail, avec nos orga­nisations syndicales, nous devons prépa­rer de manière très sérieuse cette grève pendant tout le mois de septembre. Un bon niveau de grève c’est le message aux patrons, à Macron mais aussi à celles et ceux qui ne seront pas entrés en grève que maintenant on ne se laissera pas faire. C’est le moment de passer à l’ac­tion ! Utilisons massivement le 29 sep­tembre pour être toutes et tous en grève !

Engager un bras de fer pour battre Macron et les capitalistes!

Partout les bas salaires posent pro­blème. C’est enrageant de ne pas pou­voir vivre dignement de son travail. Puis chaque secteur a ses propres pré­occupations et revendications. Nous avons toutes et tous les mêmes inté­rêts : stopper la politique de Macron et des capitalistes qui nous envoient dans le mur. Mais ils ne vont pas céder facilement. Comme en Grande-Bre­tagne, il faut avancer vers une lutte de masse, déterminée, avec un ensemble de revendications unifiant pour toute la classe ouvrière. Les directions syn­dicales devraient toutes frapper sur le même clou et proposer un plan d’action de lutte pour monter en puissance, dès maintenant, le 29 septembre et après.

Pour une grève visible et active

Nous sommes toutes et tous concerné.es. Se préparer pour cette grève, sur nos lieux de travail, syndiqués et non syndi­qués, est une priorité. Les syndicats, et en particulier les syndicalistes comba­tifs, ont un rôle important : proposer la grève et sa préparation collective. Des heures d’info, des assemblées générales partout sont le moyen de discuter des revendications les plus efficaces face à Borne, Lemaire et Macron, des moyens de faire connaître la grève et d’y impli­quer les collègues.

Pendant les jours de grève, nous de­vons nous retrouver devant nos lieux de travail, en piquet de grève, pour montrer à nos collègues, aux passants, aux usagers ou clients, qu’il s’agit d’une grève sérieuse, faire des départs grou­pés avant les manifestations, en somme instaurer un climat de lutte car le 29 septembre doit être un début.

• Pour l’augmentation du salaire à 1600€ net minimum
• Pour des salaires qui augmentent au moins autant que les prix !
•Pour des embauches massives de personnel partout où il y en a besoin, en particulier les services publics (Éducation, Santé, transports…)
•Prenons les 73 milliards de profits du CAC40 pour faire baisser les prix
•Les transports, la Santé, l’Énergie, la grande distribution… doivent être mis en monopole de service public et contrôlés par les travailleurs et les usagers !
•Pour une lutte de masse offensive contre la politique de Macron et les capitalistes !

 

 

14/09/2022

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https://www.gaucherevolutionnaire.fr/

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12 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

riz (f24)

riz

Sécurité alimentaire : l’Afrique redoute une hausse du prix du riz

Les inondations au Pakistan qui ont noyé une partie des terres agricoles et la décision de l’Inde de limiter ses exportations de riz pourraient aggraver les tensions sur le front de la sécurité alimentaire dans les pays africains les plus dépendants des importations en provenance d’Asie.

Déjà confronté à la flambée des prix du blé et du maïs en raison de la guerre en Ukraine, le continent africain pourrait également devoir faire face à une augmentation des cours du marché du riz en raison des inondations au Pakistan et de la décision de l’Inde de limiter ses exportations.

L’Inde a en effet interdit la semaine dernière les exportations de brisure de riz et a imposé un droit de 20 % sur les exportations des qualités de riz supérieures. Avec cette mesure, le premier exportateur mondial cherche à faire baisser les prix au niveau local après des pluies de mousson inférieures à la moyenne.

Les exportations pourraient ainsi s’effondrer de 25 % dans les prochains mois, selon le directeur de Satyam Balajee, le principal exportateur de riz indien. « Toutes les céréales avaient augmenté, sauf le riz. Désormais, il va rejoindre cette tendance », affirme Himanshu Agarwal, interrogé par l’agence Reuters.

Dans le même temps, la Thaïlande et le Vietnam ont convenu d’augmenter les prix pour mieux rémunérer leurs agriculteurs. « Il va y avoir des tensions importantes sur la sécurité alimentaire dans de nombreux pays », confirme Phin Ziebell, économiste agroalimentaire à la National Australia Bank.

Dépendance au riz asiatique 

D’autant que la situation au Pakistan, confronté aux conséquences d’inondations historiques, pourrait aussi peser sur les cours mondiaux. « Le Pakistan est un gros exportateur de riz. Or, un tiers du pays est sous l’eau et donc on a des risques à terme d’une augmentation du prix du riz sur le marché international », note sur l’antenne de France 24, le chercheur Nicolas Bricas, titulaire de la chaire UNESCO alimentations du monde.

Enfin, la forte demande chinoise pour la brisure de riz destiné à remplacer le maïs devenu trop cher pour nourrir les animaux d’élevage a eu tendance à faire grimper les prix ces derniers mois.

Une mauvaise nouvelle de plus sur le front de la sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne qui dépend très largement des importations du petit grain blanc en provenance d’Asie. Selon RFI, l’Afrique pourrait absorber cette année 40 % du commerce mondial de riz, soit 20 millions de tonnes, un record.

« Le problème de cette dépendance vis-à-vis des importations de riz est chronique et va durer », explique le chercheur au CIRAD Patricio Mendez del Villar. « La production locale n’arrive pas à suivre la courbe des besoins qui augmente avec la croissance démographique et la croissance urbaine. En Afrique, le riz est préféré par les urbains car c’est un produit prêt à l’emploi contrairement aux céréales traditionnelles comme le mil et le sorgho qui nécessitent une préparation ».

Une hausse des prix qui devrait rester « contenue » 

Si la sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne ne repose pas uniquement sur le riz, elle reste la deuxième céréale la plus consommée après le maïs. Une flambée des cours serait un nouveau coup dur pour des populations déjà fragilisées par la hausse du prix des denrées alimentaires agricoles.

La situation est particulièrement critique dans la Corne de l’Afrique en proie à une sécheresse historique. Du sud de l’Éthiopie au nord du Kenya en passant par la Somalie, plus de 22 millions de personnes sont menacées par la faim, selon l’ONU.

Cependant, malgré ces inquiétudes, les cours du riz ne connaissent pas encore d’envolée et une augmentation des prix devrait rester  »contenue » et de courte durée, selon Patricio Mendez del Villar.

« La récolte principale dans les grands pays producteurs et exportateurs (Inde, Thaïlande et Vietnam) va commencer d’ici quelques semaines. Tout ce riz va s’ajouter à des stocks qui seront à leur maximum, ce qui va pousser ces pays à vendre l’ancienne récolte pour faire de la place. Cela devrait atténuer la pression sur le marché. On serait au mois de mars ou avril, cela serait beaucoup plus problématique », analyse le spécialiste de la filière riz.

Quant au Pakistan il n’exporte que 4 millions de tonnes de riz par an contre 21 millions de tonnes pour l’Inde, « le marché devrait donc pouvoir tenir le choc même si le Pakistan limite ses exportations ».

12/09/2022

https://www.france24.com/fr/

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08 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

pcf (lutte ouvrière)

 

pcf (lutte ouvrière) dans A gauche du PS
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PCF : l’actualité du communisme, mais lequel ?

« Le communisme n’a jamais été autant à l’ordre du jour », a déclaré fin août Fabien Roussel, le dirigeant du PCF. On ne peut qu’être d’accord, à condition toutefois de préciser ce que l’on entend par communisme.

Selon le Manifeste communiste de 1848, les communistes sont ceux qui, parmi les travailleurs, mettent en avant l’intérêt général du mouvement, l’unité internationale de la classe ouvrière, le fait que la lutte de classe débouche nécessairement sur l’affrontement révolutionnaire et la prise du pouvoir par le prolétariat.

À partir de 1917, la bannière du communisme est devenue celle de la révolution russe, de la construction d’une économie sans propriétaires privés, de la révolution mondiale. C’est sur cette base que le Parti communiste, section française de l’Internationale communiste, fut fondé.

Devenu « français » et ayant abandonné toute tradition révolutionnaire depuis bien longtemps, le PCF se borne aujourd’hui à proposer aux travailleurs, et avant tout à ses militants, un programme d’amélioration du sort des opprimés dans le cadre de la société capitaliste.

Pour cela, depuis Maurice Thorez jusqu’à Fabien Roussel, il fixe comme perspective un bon gouvernement, issu d’un vote majoritaire pour une union de la gauche honnête, appuyée par un mouvement social adéquat. Et de faire référence aux précédents de 1936, 1945, 1981 et 1997.

Il y aurait beaucoup à dire sur ce passé, mais la situation actuelle devrait imposer une évidence aux militants ouvriers : la classe dominante, enferrée dans une crise économique sans issue, est prête à tout, guerres, dictatures, massacres en tout genre, catastrophes de toute nature, pour conserver son pouvoir et ses privilèges.

Devant ce fait, qui remplit chaque jour les journaux télévisés, le programme et la méthode proposés par la direction du PCF sont une pure utopie. Ne serait-ce que pour conserver le peu qu’ils ont, les travailleurs doivent être prêts à se battre bec et ongles.

Et c’est précisément en engageant ce combat qu’ils peuvent retrouver la voie de la lutte révolutionnaire, devenir capables d’en finir avec le capitalisme et mettre concrètement le communisme à l’ordre du jour.

Il est certes très peu probable que Fabien Roussel donne ce sens-là au mot de communisme, mais il est urgent que les militants ouvriers du PCF y réfléchissent.

Paul GALOIS 07 Septembre 2022

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06 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

amazonie (à l’encontre)

amazonie (à l'encontre) dans A gauche du PS coica-sq-logo

«Une grande partie de l’Amazonie pourrait ne jamais se reconstituer»

La destruction de l’environnement dans certaines parties de l’Amazonie est si complète que des pans entiers de la forêt tropicale ont atteint le point de basculement et pourraient ne jamais pouvoir se reconstituer, selon une importante étude menée par des scientifiques et des organisations indigènes.

«Le point de basculement n’est pas un scénario pour l’avenir mais plutôt un stade déjà présent dans certaines zones de la région», conclut le rapport. «Le Brésil et la Bolivie concentrent 90% de la déforestation et de la dégradation combinées. Par conséquent, la savanisation [transformation d’une région en savane] est déjà en cours dans ces deux pays.»

Les scientifiques du Réseau amazonien d’informations socio-environnementales géoréférencées (RAISG) ont collaboré avec le Coordinateur des organisations indigènes du bassin de l’Amazone (COICA) pour produire l’étude, «Amazonia Against the Clock», l’une des plus importantes à ce jour, couvrant les neuf nations qui contiennent des parties de l’Amazonie [Bolivie, Pérou, Brésil, Colombie, Equateur, Venezuela, Suriname, Guyane, Guyane française].

Elle a révélé que seules deux de ces neuf nations, le petit Surinam et la Guyane française, ont au moins la moitié de leurs forêts encore intactes.

Des organisations autochtones amazoniennes représentant 511 nations indigènes et alliés appellent à un pacte mondial pour la protection permanente de 80% de l’Amazonie d’ici 2025.

L’objectif de 80% est un défi de taille, car il ne reste que 74% de la forêt dite d’origine. Il est urgent d’agir non seulement pour protéger la forêt encore existante, mais aussi pour restaurer les terres dégradées et revenir à ce niveau de 80%.

«C’est difficile mais faisable», a déclaré Alicia Guzmán, une scientifique équatorienne qui a coordonné le rapport. «Tout dépend de l’implication des communautés indigènes et des personnes qui vivent dans la forêt. Cela et la dette [non-paiement de la dette injuste qui frappe les pays impliqués].»

Selon Alicia Guzmán, confier aux groupes indigènes la gestion d’un plus grand nombre de terres – et, surtout, leur assurer la protection de l’Etat et supprimer les lacunes juridiques qui permettent aux industries extractives de pénétrer la forêt – est le moyen le plus sûr de garantir la préservation.

Près de la moitié de l’Amazonie a été désignée comme zone protégée ou territoire indigène, et seulement 14% de la déforestation totale a lieu dans cette région. Actuellement, environ 100 millions d’hectares de terres indigènes font l’objet de litiges ou attendent des gouvernements des reconnaissances officielles.

«Avoir des indigènes dans le processus de décision signifie que nous comptons sur les connaissances de ceux qui connaissent le mieux la forêt», a déclaré Alicia Guzmán. «Et ils ont besoin de financement.»

Ils ont également besoin que leurs terres soient protégées contre les accapareurs et les industries extractives. L’exploitation minière est l’une des menaces croissantes, les zones protégées et les terres indigènes figurant parmi les zones les plus convoitées par les prospecteurs.

Une grande partie de l’exploitation minière est clandestine et illégale, mais environ la moitié dans les zones protégées est effectuée légalement. Les scientifiques ont appelé les gouvernements à rejeter ou à annuler les permis d’exploitation minière.

Le pétrole est une autre menace, en particulier en Equateur, d’où provient 89% de tout le brut exporté de la région.

Les activités pétrolières couvrent 9,4% de la surface de l’Amazonie et 43% d’entre elles se trouvent dans des zones protégées et des terres indigènes. Plus de la moitié de l’Amazonie équatorienne est désignée comme un secteur pétrolier, selon le rapport, et les surfaces exploitées au Pérou (31%), en Bolivie (29%) et en Colombie (28%) sont également inquiétantes.

Les exploitations agricoles sont encore plus préoccupantes. Ce type d’agriculture est responsable de 84% de la déforestation, et la superficie des terres consacrées à l’agriculture a triplé depuis 1985, selon le rapport. Le Brésil est l’un des principaux exportateurs de denrées – le soja, le bœuf et les céréales – alimentant de grandes parties du monde et rapportant des milliards de dollars chaque année.

L’Amérique latine est la région la plus endettée du monde en développement et l’annulation de cette dette en échange d’engagements de préservation serait significative.

A partir de ce constat, l’une des principales recommandations de l’étude est de renforcer la collaboration entre les gouvernements régionaux, les institutions financières internationales et les sociétés de capital-investissement qui détiennent une grande partie de la dette des nations amazoniennes. «Ces derniers ont devant eux une occasion unique d’effacer la dette existante en échange d’engagements à mettre fin à l’extraction industrielle et à promouvoir les protections dans les zones prioritaires clés, les territoires autochtones et les zones protégées», indique le rapport.

[Dans le rapport «Amazonia Against The Clock», à la page 38, la proposition est résumée à sa façon par Tuntiak Katan, vice-coordinateur de COICA en Equateur:

«La dette extérieure des pays amazoniens doit être comprise comme un moteur systémique et un carburant pour les activités extractives dans toute la région. En tant que coalition, nous proposons l’annulation de cette dette comme une mesure de protection immédiate pour atténuer les défis économiques que nos pays traversent.

Cette proposition d’annulation de la dette serait conditionnée à la protection de 80% de l’Amazonie. Les pays industrialisés et les institutions financières internationales assumeraient la responsabilité de la sauvegarde de la planète, de l’atténuation du changement climatique et de l’allègement de la pression sur l’Amazonie avec le leadership des pays amazoniens.»

Parmi les 13 autres «solutions» proposées dans le rapport figurent: la suspension complète de l’octroi de nouvelles licences et de nouveaux financements pour l’exploitation minière, pétrolière, l’élevage de bétail, les grands barrages, l’exploitation forestière et d’autres activités de ce type; une transparence et une responsabilité accrues le long des chaînes d’approvisionnement; la restauration des terres déboisées; de nouveaux modèles de gouvernance permettant une représentation et une reconnaissance accrues des peuples autochtones.

Bien que la tâche soit énorme, il y a des raisons d’être optimiste, notamment au Brésil, où le président, Jair Bolsonaro, affronte l’ancien président sortant Luiz Inácio Lula da Silva dans une élection tendue le 2 octobre.

Lula est en tête dans les sondages. Pendant son mandat, dans les années 2000, la déforestation a diminué de plus de 80%.

Par Andrew Downie

(Article publié dans The Guardian, en date du 5 septembre 2022)

https://alencontre.org/

 

 

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