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14 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

pergélisol / permafrost (pùblico.es)

On observe des pertes rapides de carbone avec la dégradation du pergélisol dans l’Arctique

Les chercheurs ont prélevé des échantillons du sol arctique pour analyser les teneurs en carbone et leur composition, en utilisant la technique de la résonance magnétique nucléaire.

Une étude internationale, à laquelle l’Université Juan Carlos a participé, révèle que la fonte du pergélisol dans l’Arctique entraîne la disparition de matières organiques, auparavant protégées par de basses températures. La recherche souligne l’importance de mesurer ces conséquences pour mieux comprendre l’impact du changement climatique.

Au nord de la planète, les sols de pergélisol stockent de grandes quantités de carbone sous forme de matière organique. Cependant, le réchauffement climatique provoque la fonte du sol de la toundra et l’exposition de ce carbone à la décomposition microbienne. Il en résulte une augmentation des émissions de CO2 dans l’atmosphère et une accélération du changement climatique.

Il existe très peu de mesures directes des changements survenant dans la teneur en carbone des sols de pergélisol.

L’objectif principal de cette étude, publiée dans la revue Nature Geo-science, était d’analyser l’effet de l’augmentation de la température sur la teneur en carbone des sols de pergélisol.

« Nous avons utilisé une expérience de réchauffement du pergélisol située dans la toundra de l’intérieur de l’Alaska, réalisée en 2008 par Ted Schuur, professeur à la Northern Arizona Uni-versity », déclare César Plaza, chercheur à l’Institut des sciences agricoles du Conseil supérieur de la recherche scientifique. Programme de bourses Marie Skłodowska-Curie, coordonné par le professeur d’écologie de l’Université Juan Carlos, Fernando T. Maestre.

Pendant cinq ans, les chercheurs ont prélevé des échantillons de sol arctique pour analyser les teneurs en carbone et leur composition, en utilisant la technique de la résonance magnétique nucléaire.

Malgré son importance, « il existe très peu de mesures directes des changements qui se produi-sent dans la teneur en carbone des sols de pergélisol, en raison des difficultés techniques résul-tant de la fonte et du compactage de ces sols lors du dégel », selon César Plaza. Pour résoudre ces problèmes, la teneur en minéraux du sol a été utilisée comme référence pour étudier les modifications de la teneur en carbone.

Illustration du, du compactage et de la perte de carbone des sols de la toundra décongelés dans le pergélisol suite au chauffage. / Victor O. Leshyk, Centre pour la science des écosystèmes et la société, Northern Arizona University

permafrost

Les principaux résultats de cette recherche révèlent des disparitions importantes de carbone dans le sol. « Ce phénomène pourrait être dû au transfert de carbone dans les écoulements latéraux du sol, mais également à la respiration microbienne et à la décomposition de la matière organique », explique les chercheurs de la bourse Marie Skłodowska-Curie.

L’étude souligne surtout l’importance de réaliser des mesures directement dans le sol et d’étendre ces mesures à l’ensemble de la région du pergélisol afin de mieux comprendre son incidence sur les changements climatiques.

Ce travail a été réalisé lors d’un séjour à la Northern Artizona University, financé par le program- me de bourses Marie Skłodowska-Curie destiné aux chercheurs expérimentés du projet VULCAN, coordonné par le professeur Fernando T. Maestre de l’URJC.

Référence bibliographique:

Plaza, C., Pegoraro, E., Bracho, R., Celis, G., Crummer, KG, Hutchings, JA, Hicks Pries, CE, Mauritz, M., Natali, SM, Saumon, VG, Schädel, C. , Webb, EE, Schuur, EAG Observation directe de la dégradation du pergélisol et de la perte rapide de carbone dans le sol dans la toundra. Nature Geoscience, DOI: 10.1038 / s41561-019-0387-6. Source: Université Juan Carlos

13/09/2019

https://www.salyroca.es/

Lire aussi:

Le méthane du permafrost augmente le réchauffement (Le Temps)

Relargage du méthane de l’Arctique (Wikipedia)

Méthane (Wikipedia)

Commentaire:

Le pérgelisol / permafrost contient aussi du méthane 28 fois plus puissant que le CO2

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14 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

MOBILISATION GENERALE 

POUR CHANGER LE SYSTEME PAS LE CLIMAT

Un été de tous les dangers climatiques

Le mois de juillet 2019 a été le plus chaud jamais enregistré avec deux épisodes de canicule. Des centaines de milliers d’hectares de forêt irremplaçables sont partis en fumée en Amazonie et des feux de forêt inédits ont ravagé le Groenland, la Sibérie et l’Alaska.

L’augmentation de la température moyenne de la Terre de 1 °C depuis 200 ans provoque déjà des catastrophes dont les  pauvres sont les principales victimes. Ils et elles sont des dizaines de millions contraint·e·s de fuir, sans le droit au statut de réfugié·e·s.

Sortir au plus tôt, complètement des combustibles fossiles

La combustion du charbon, du pétrole, du gaz émet des gaz à effet de serre. Il faut diviser par cinq leur utilisation. Il faut arrêter le nucléaire, dangereux et producteur de déchets toxiques pour des millénaires . Réaffecter les sommes extravagantes englouties (EPR de Flamanville, Bure) aux infrastructures et à la recherche dans les renouvelables.

Cette transformation radicale doit inclure la reconversion de tou.te.s les travailleur.euse.s des secteurs concernés vers ceux où des centaines de milliers d’emplois nouveaux peuvent être créés.

Il est encore temps pour agir

Pour  baisser la demande d’énergie il faut  éliminer d’urgence les productions inutiles ou nuisibles (production d’armes, engrais chimiques, publicité…).

Il faut abandonner l’agriculture industrielle en faveur d’une agriculture écologique locale qui peut fixer d’énormes quantités de carbone dans les sols et procurer une nourriture saine à toutes et tous.

Il faut arrêter tous les grands projets inutiles, coûteux et dévastateurs: centres commerciaux, aéroports, LGV, autoroutes…

Il faut combattre l’obsolescence programmée des produits et les absurdes transports de marchandises à travers le monde.

Assez de baratin !

Les gouvernements refusent de nuire aux grands groupes capitalistes du pétrole, de l’agriculture industrielle, des transports… responsables des émissions de gaz à effets de serre.

Macron pleure sur la forêt amazonienne mais la France importe 2 millions de tonnes de soja issu  des cultures responsables de la déforestation massive pour l’agro-industrie et l’élevage industriel.

La loi votée en juillet  réduit en catimini les objectifs de réduction des émissions et la baisse à 50% de la part du nucléaire est reportée de 2025 à 2035. Dans le même temps, l’Etat français continue de subventionner grassement les  combustibles fossiles.

A nous d’agir ensemble maintenant !

Semaine internationale pour le climat du 20 au 27 septembre, grève mondiale des jeunes (et moins jeunes) le vendredi 20 septembre, marches dans toutes les villes du monde le samedi 21 septembre…, l’heure est plus que jamais à renforcer la mobilisation générale pour sauver le climat.

On a besoin d’un vaste et puissant mouvement unissant la jeunesse, les gilets jaunes, associations, syndicats, partis,  pour imposer des mesures écologiquement efficaces et socialement justes

La sortie des énergies fossiles et l’arrêt du nucléaire, une agriculture écologique et paysanne, des transports publics gratuits…

Comment y arriver en laissant la main aux capitalistes qui pomperont jusqu’à la dernière goutte de pétrole ?

Il faut les exproprier et décider démocratiquement de produire  ce dont on a besoin en prenant soin de la planète et de ses habitant.e.s !

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12 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

urgences (npa revolution)

une

La grève des Urgences : un combat exemplaire

En mars dernier, la grève ne touchait que les hôpitaux de Paris. Fin août, elle avait gagné plus du tiers des Urgences du pays. Au cours de l’été, le nombre d’Urgences en grève illimitée a doublé. Le mouvement pourrait encore se développer en septembre. Dans les services mobili-sés, des infirmiers, des aide-soignants et des médecins réquisitionnés assurent la prise en charge des patients. Ils portent des banderoles et des brassards « en grève ».

Les revendications

Les soignants réclament davantage de moyens, dans l’immédiat, puis une profonde réorganisation du système de santé. La puissance inédite de leur mouvement est à la hauteur des politiques d’austérité qui ravagent l’hôpital public depuis de nombreuses années.

« Nous ne pouvons plus attendre, au risque de voir les morts se succéder dans les salles d’attente », déclare avec force François Braun, le président de l’association Samu-Urgences.

Les revendications, portées par le collectif Inter-Urgences et les syndicats CGT, SUD et FO, sont :

1) L’augmentation des salaires de 300 euros net mensuels ;

2) L’ouverture d’un nombre de lits d’hospitalisation répondant aux besoins réels ;

3) La création sans délai de 10 000 postes supplémentaires à l’échelle nationale.

Le gouvernement a cédé 70 millions d’euros, soit une prime de 100 euros par agent et environ 300 postes supplémentaires. Cela prouve que seule la lutte paye, mais on reste loin du compte. Hugo Huon, le président du collectif Inter-Urgences, demande : « Sur 80 milliards d’euros de budget de l’hôpital, vous trouvez que 70 millions (0,08 %), cela pèse lourd ? »

En finir avec l’austérité !

La période estivale n’a pas démobilisé, malgré la canicule et des conditions de travail toujours plus difficiles. Redoutant l’extension du mouvement, le gouvernement a commandé un rapport sur les Urgences au médecin et député macroniste Thomas Mesnier. Il est censé le rendre en novembre. Mais on en connait déjà le cadre général : c’est le nouveau plan d’austérité Ma Santé 2022.

La grève nationale des soignants répond à un quotidien fait de violences, d’augmentation de la charge de travail (à effectif décroissant) et, en général, de moyens très insuffisants. Année après année, les attaques contre l’hôpital public se sont enchaînées, de la réforme de soi-disant « simplification » (2003) aux grands « Plan hôpital » de 2007 et de 2012, ou encore à travers la loi HPST (« Hôpital, patients, santé, territoires », en 2009).

Quel est le bilan de toutes ces réformes brillantes et « modernes » ? D’une part, près d’un tiers de la population renonce à se soigner, faute d’argent. D’autre part, la prise en charge des patients se détériore – en même temps que les conditions de travail des personnels.

Le véritable « héroïsme »

« L’héroïsme est encore là, dans la société » : prononcés fin août par un Macron en quête d’une miraculeuse « réconciliation » avec le peuple, ces quelques mots ont leur part de vérité. Il y a bien quelque chose d’héroïque dans ces six mois de grève illimitée et coordonnée à l’échelle nationale – avec plus de 217 services hospitaliers impliqués.

« Ce n’est pas parce qu’on fait grève que vous attendez [aux Urgences] ; c’est parce que vous attendez que nous faisons grève », répètent ces « héros » dont le mouvement et la radicalité sont soutenus par plus de 90 % de la population.

Agnès Buzyn, ministre de la Santé, s’agace : des grèves de solidarité se multiplient « alors même que les situations ont été réglées localement ». Mais justement : les situations ne sont pas durablement « réglées », même localement, et les soignants le savent bien. Ils donnent à toute la classe ouvrière du pays une démonstration de force et de combativité dont le gouvernement redoute qu’elle inspire d’autres catégories de travailleurs. A juste titre.

La grève de 1988

La mobilisation actuelle rappelle le magnifique mouvement de grève des infirmières de 1988, qui était massivement soutenu dans la population. Les revendications portaient notamment sur les salaires et la reconnaissance au travail.

Parmi les mots d’ordre : « Ni bonnes, ni nonnes, ni connes ». 100 000 grévistes manifestèrent ce 29 septembre, à Paris. Le gouvernement « socialiste » de l’époque a dû céder sur une partie des revendications.

Ceci dit, il y a une différence importante entre 1988 et aujourd’hui. A la fin des années 80, le capitalisme français ne traversait pas une crise aussi profonde qu’actuellement. Face à un mouvement sectoriel d’ampleur, les gouvernements étaient disposés à céder. Aujourd’hui, la crise du capitalisme renforce la détermination de la classe dirigeante et de ses gouvernements.

En conséquence, on ne peut les faire reculer qu’en les menaçant d’un mouvement général de la classe ouvrière. Au lieu de multiplier les « journées d’action » ponctuelles et par secteurs, les directions confédérales doivent s’appuyer sur la combativité des urgentistes pour préparer un mouvement de grève reconductible embrassant un maximum de secteurs du public et du privé.

10 septembre 2019

https://www.marxiste.org/

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12 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

brexit (npa)

brexit-satire

Instabilité chronique en Grande-Bretagne autour du Brexit

Boris Johnson est Premier ministre du Royaume-Uni depuis fin juillet.

Choisi par quelques dizaines de milliers de membres du Parti conservateur, il a succédé à Theresa May qui avait repris le poste de David Cameron, démissionnaire suite au référendum en 2016.

Encore fort, alors, d’une majorité d’une voix à la Chambre des communes, Johnson a annoncé fin août une fermeture du Parlement pendant cinq semaines afin d’assurer une sortie de l’UE, quoi qu’il arrive, le 31 octobre prochain. Scandale général jusque dans les rangs des conserva-teurs. Vingt et un députés ont été exclus et n’auront donc pas l’investiture du parti lors des prochaines législatives.

En d’autres termes : un ex-journaliste raté, menteur chronique (autrefois renvoyé du Times puis du Daily Telegraph précisément pour cette raison), raciste, islamophobe, sexiste et homophobe assumé et jovial, sans mandat électoral national, sans majorité parlementaire, suspend le Parlement et congédie sommairement ses collègues réfractaires.

Jo Johnson, frère de Boris, député et membre du gouvernement, a démissionné, suivi deux jours plus tard par la ministre du Travail et des retraites, Amber Rudd. À ce stade, on se sait pas encore qui, de Shakespeare ou des Monty Python, serait à même de produire le portrait le plus apte des premières heures du gouvernement Johnson…

Vers de nouvelles législatives ?

Parmi les stratagèmes destinés à imposer une sortie sans accord (après avoir été mis en minorité sur l’échéance du 31 octobre), il y a la mise au vote d’un projet de nouvelles élections législatives anticipées.

Elles sont réclamées par l’opposition travailliste ou le Scottish National Party (SNP) écossais depuis des mois. Mais il est clairement entendu par tous (Labour, SNP, Verts, Lib Dems) que la mise en route du processus électoral offrirait une voie supplémentaire pour suspendre l’activité parlementaire. Impossible alors de contrôler l’avancement de « négociations » avec l’UE…

Pour le gouvernement, ce refus temporaire de l’opposition permet de tenter de faire passer cette dernière pour inconséquente et fuyarde et d’anticiper sa propre campagne sur ce terrain polémique.

Pour l’opposition, il s’agit non seulement d’une précaution technique, mais ce refus permet aussi de prolonger l’enfermement du tyranneau dans sa propre incapacité à mener quelque initiative que ce soit. Les élections législatives ne sauraient cependant tarder et se décideront probable-ment – par une motion de censure – dès la certitude formelle acquise du blocage de la sortie version Johnson.

Surenchères sordides

Ces surenchères sordides ne sont pas exemptes de rationalité. Johnson et son équipe visent le repositionnement de leur parti autour d’un pôle d’extrême droite nationaliste, soit disponible pour une alliance avec le Brexit Party de Nigel Farrage, soit en capacité de gagner son électorat.

À n’en pas douter, ces dirigeants-là ce retrouveraient à merveille dans l’UE d’Orbán, de l’Afd et du RN…

Car c’est bien une possibilité qu’il faut envisager :

Soit l’implosion du Parti conservateur et le grotesque de Johnson finissent par anéantir toute chance de reconduction de la droite au pouvoir et une norme politique et morale se redéfinit autour de la gauche travailliste qui propose le seul compromis viable du moment.

Soit, exactement au contraire, l’épisode en cours vient alimenter une romance ultra-­réactionnaire dans lequel Johnson mène une lutte solitaire héroïque pour le peuple (national) contre les forces, la gauche travailliste, en particulier, qui tentent de faire obstacle à la « démocratie » référendaire.

Dans ce cas, les outrances et bouffonneries d’un Johnson pourraient valoir comme autant d’invitations à passer à un régime inédit d’agression sociale et raciste pleinement et ouvertement assumé, débarrassé du dernier vernis démocratique.

On sait que l’on peut compter sur l’appui sans réserve d’un large secteur de la presse pour cette version qui est depuis longtemps déjà la sienne, en millions d’exemplaires chaque matin.

Thierry Labica Jeudi 12 septembre

https://npa2009.org/

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12 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

fraude (lutte ouvrière)

fraude

Rapport sur la fraude : les riches dédouanés

Fin mai, Édouard Philippe a commandé un rapport sur la fraude sociale à une sénatrice UDI, Nathalie Goulet, et à une députée LREM, Carole Grojean. Le 3 septembre, les deux élues ont rendu publique leur enquête.

Les journaux télévisés ou les chaînes d’informations en continu ont fabriqué un scoop à partir des chiffres avancés par les deux élues : elles déclaraient que la fraude sociale s’établirait dans une fourchette allant de 13,5 milliards à 45 milliards, en pointant en particulier les fraudes à la carte Vitale et à la Sécurité sociale.

Les organismes de Sécurité sociale et l’Insee ont dénoncé la fantaisie de l’enquête des deux parlementaires, dans un communiqué auquel les grands médias ont en revanche fait peu de publicité.

Autrement dit, ces élues en service commandé ont menti sciemment afin d’alimenter les campa-gnes du gouvernement visant tour à tour les chômeurs, les retraités, les bénéficiaires du RSA, sans oublier les immigrés ou les migrants.

Pourtant, il y a des fraudes bien identifiées et très coûteuses pour la société.

Celle des employeurs qui ne payent pas les cotisations sociales est estimée entre 6 et 8 milliards d’euros.

La fraude fiscale, celle des plus riches qui ont la possibilité de placer des sommes importantes dans des paradis fiscaux, représenterait un manque à gagner pour l’État d’environ 100 milliards d’euros par an.

Mais cette fraude-là, massive et organisée à grande échelle, c’est celle de la classe de privilégiés et d’exploiteurs que servent Macron et ses ministres.

Boris SAVIN 11 Septembre 2019
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11 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

ploumilliau (le trégor)

Touche-pas-a-ma-poste

Un mur de colis devant la Poste fermée

Pour symboliser les opérations postales irréalisables du fait de la fermeture, des colis ont été empilés devant la Poste de Ploumilliau.

Le courrier du 5 septembre de Jean-Pierre Gauthier, responsable d’exploitation des services postaux locaux, adressé au maire de Ploumilliau, Marcel Prat a suscité une nouvelle levée de boucliers des Milliautais pour défendre leur bureau de Poste.

La direction avertissait de la fermeture exceptionnelle du bureau ce lundi 9 septembre. Aussi les membres du Comité de vigilance ont, à nouveau, appelé à manifester. Ils ont édifié un mur de colis à poster devant la vitrine de l’établissement, représentant symboliquement les opérations postales irréalisables de la journée.

« On fait comment ? »

L’un des membres du comité constate : Prévenus à la dernière minute, plusieurs usagers se sont retrouvés démunis, comme une personne handicapée qui devait expédier un pli urgent ou ce couple de vacanciers qui devait retirer de l’argent sur leur compte postal. De plus, le bureau de tabac où l’on peut acheter des timbres, est fermé le lundi. On fait comment ?

Le maire Marcel Prat, après lecture à l’assemblée du courrier reçu de l’administration postale, a exprimé son mécontentement : « C’est encore une décision prise sans motivation du responsable ».

Claudine Le Bastard, conseillère départementale, présente sur les lieux en soutien au mouvement, a confié aux manifestants l’explication donnée par les responsables postaux : l’employée initialement prévue au bureau de Ploumilliau est partie en remplacement d’un collègue de Plestin-les-Grèves.

« On déshabille Pierre pour habiller Paul », dénonce Denis Le Menn, conseiller municipal et membre du comité de vigilance. Fermement décidés à ne rien lâcher, les membres du Comité de vigilance organiseront ponctuellement des opérations visant à dénoncer le processus de fermeture du bureau postal de Ploumilliau et le service de proximité s’y rattachant.

11 Septembre 2019

https://actu.fr/bretagne

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11 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

naomi klein (à l’encontre)

annees 20

Le nouveau livre de Naomi Klein, On Fire: The Burning Case for the Green New Deal, Simon & Schuster, septembre 2019.

Lynne Feeley: Le livre se concentre sur ce que vous appelez les «histoires profondes» qui interfèrent avec la volonté des gens de faire face à la crise climatique. Pouvez-vous nous parler de ces histoires et de la façon dont elles bloquent l’action climatique?

Naomi Klein: Il y a le discours économique du néolibéralisme, sur la façon dont les choses tournent terriblement mal quand les gens essaient de travailler ensemble et comment, si nous nous écartons du marché et le laissons faire sa magie, les avantages se répercuteront sur tous les autres. J’ai beaucoup écrit au fil des ans sur la façon dont l’orthodoxie du néolibéralisme, privatisation, déréglementation, faibles impôts, réductions des dépenses sociales, entre en conflit, très ouvertement, avec ce que nous devons faire face à la crise climatique.

Mais l’histoire la plus profonde concerne notre relation avec le monde naturel. Dans les pays coloniaux comme les Etats-Unis, le Canada (où je suis née) et l’Australie, les continents ont été «découverts» à un moment où l’Europe atteignait ses propres frontières écologiques, où elle avait abattu ses grandes forêts, où ses propres stocks de poissons s’étaient effondrés et où elle avait chassé ses grands animaux jusqu’à l’extinction.

Ces terres ont été imaginées comme une sorte d’Europe surdimensionnée. Si vous regardez comment les premiers explorateurs européens décrivaient cette corne d’abondance de nature qu’ils avaient trouvée, vous verrez que «nous ne manquerons plus jamais de nature».

Ainsi, l’idée d’une nature sans limites est ancrée dans l’histoire des pays coloniaux. Je pense que c’est la raison pour laquelle la résistance à l’action climatique est, à bien des égards, la plus forte dans ces pays. Ce n’est pas seulement une menace pour une vision du monde de droite qui pense que le marché a toujours raison, mais bien une menace fondamentale pour leur histoire nationale.

Les changements climatiques menacent les gens qui ont une vision du monde très rigide et fondée sur la domination. La vérité est que tous ceux qui ont grandi dans la culture occidentale avec ces récits ne s’en sont pas libérés. Je pense que nous devons déterminer quels sont les récits qui rendent difficile de vraiment comprendre que nous vivons une crise aussi profonde que celle dans laquelle nous sommes. Mais nous avons aussi besoin de nouvelles histoires pour sortir de cette crise, ou nous avons besoin d’histoires différentes, et certaines de ces histoires ne seront pas nouvelles du tout.

Vous écrivez qu’alors que la crise climatique met à nu la fiction de la mentalité coloniale, nous assistons à «une résurgence terrifiante des parties les plus laides et les plus violentes de ces récits coloniaux», dont l’éco-fascisme et l’ethno-nationalisme. Comment voyez-vous le lien entre la crise climatique et la résurgence du nationalisme blanc?

D’un côté, c’est très simple. Depuis la Seconde Guerre mondiale, nous avons maintenant plus de gens en mouvement que jamais. Les migrations massives vont devenir une réalité à l’ère des bouleversements climatiques qui nous attendent.

Les perturbations climatiques sont une cause directe de la migration, et aussi une cause indirecte de la migration, parce que les stress climatiques agissent comme un accélérateur dans de nombreux conflits armés. Dans de nombreux cas, elles se recoupent avec différentes formes de violence. Elles agissent comme un accélérateur. Le stress climatique aggrave les problèmes que vous rencontrez, ce qui incite souvent les gens à migrer.

Nous sommes confrontés à un choix très clair quant à la façon dont nous allons faire face à cette réalité. Allons-nous complètement ré-imaginer nos frontières? Allons-nous comprendre qu’il s’agit d’une crise qui a été créée dans le monde des riches et qui est ressentie d’abord et avant tout par les populations les plus pauvres de la planète? Allons-nous ouvrir nos bras et ouvrir nos frontières à d’autres personnes? Ou allons-nous fortifier ces frontières et nous contenter de dire que nous allons prendre soin des nôtres?

La montée de l’éco-fascisme nous dit ce que nous allons faire. Quand des milliers de personnes commencent à se noyer en Méditerranée, quand vous avez des gens enfermés dans des condi-tions abominables dans des camps de détention, que ce soit au Texas, en Libye, à Manus ou à Nauru [îles transformées par le gouvernement australien en camps de détention], il faut des théories pour justifier cette barbarie, des théories qui disent que la vie de certaines personnes vaut plus que d’autres et qui réaffirment cette hiérarchie brutale.

Ainsi, de la même manière que le racisme pseudo-scientifique est apparu comme un moyen de justifier la barbarie de l’esclavage et le vol de terres coloniales, nous sommes maintenant au milieu d’une résurgence de ces mêmes visions brutales du monde, pour justifier le sacrifice actuel et futur de la vie humaine face aux bouleversements climatiques.

Vous écrivez qu’à long terme, le changement climatique menace tout le monde, mais à court terme, «il discrimine».

NK: C’est effectivement discriminatoire. On parle parfois de Donald Trump comme d’un négationniste du changement climatique. Je ne pense pas qu’il nie l’existence du changement climatique. Il sait très bien qu’il y a des changements climatiques. Mais il croit que tout ira bien.

C’est pourquoi il se demande comment acheter le Groenland, pour profiter de la fonte des glaces pour s’approprier le pétrole et le gaz. Quelqu’un qui ne croit pas aux changements clima-tiques ne serait pas intéressé par le Groenland. Le Groenland ne l’intéresse que parce que la glace fond, ouvre des routes commerciales et libère des réserves de combustibles fossiles.

Certains vont très loin et imaginent installer une station spatiale, comme Jeff Bezos d’Amazon, ou des colonies sur Mars, et d’autres s’imaginent dans leurs demeures dorées, ici sur Terre, lorsque les eaux monteront. Je mettrais Trump dans la catégorie des demeures dorées. (Extrait)

http://alencontre.org/

Lire aussi:

Écofascisme

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11 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

sebastian romero (pstu)

 sebastina

Qui est Sebastián Romero?

L’image de Sebastian lançant un engin pyrotechnique (un feu d’artifice en vente libre) sert à faire de lui un démon et à diaboliser ainsi tous les manifestants. Ils en sont venus à dire n’importe quoi, encourageant les attaques sur les réseaux sociaux.

Nous voulons vous dire qui est vraiment Sebastián Romero, l’une des centaines de milliers de personnes qui se sont rendues au Parlement le 18 décembre 2017 pour défendre les retraites et  avaient été brutalement réprimées.

Sebastian travaille depuis douze ans chez General Motors. De 2012 à 2014, il a été délégué de ses collègues et a ensuite cessé de l’être grâce à une fraude convenue entre l’entreprise et le syndicat SMATA. Au début de 2017, il participa au combat héroïque des travailleurs de General Motors contre les 350 licenciements convenus entre le syndicat et les employeurs, grâce auxquelles beaucoup ont retrouvé leur emploi. La société GM vient de lui envoyer un avis de licenciement, profitant de la persécution qu’il subit.

Dans son quartier, le FONAVI de Rosario, Sebastián s’est organisé avec ses voisins pour protes-ter contre le manque d’entretien et de travaux qui mettent en danger la vie des habitants. Il y a quelques jours, finalement, ils ont enfin mis les escaliers pour lesquelles ils se sont battus, certainement dans le but de « rassurer »  un quartier qui est rassemblé pour défendre Sebastian.

Sebastian est un militant socialiste et révolutionnaire. cela fait six ans qu’il fait partie du PSTU, non seulement pour organiser la lutte à l’usine ou dans le quartier, mais aussi pour mettre fin à ce système capitaliste. Avec lui la grande majorité de la population à le droit à une vie de précarité, de besoins non satisfaits, de misère et de violence pour le profit de quelques-uns. Et pour construire une société socialiste, organisée en fonction des besoins de la majorité de la population, libre de toute exploitation et de toute oppression.

Et pour y parvenir, il est nécessaire de faire une révolution dirigée par la classe ouvrière.

C’est çà Sebastian. C’est ce que les médias ne voulaient pas dire.

http://www.pstu.com.ar/

Lire aussi:

Mi nombre es Sebastián Romero y soy un perseguido político del gobierno de Macri.

Commentaire:

Sébastian a refusé de se livrer craignant pour sa vie, il est « en cavale » quelque part. D’autre part le syndicalisme argentin n’est pas forcément « de classe », il est souvent « péroniste » (de droite). L’heure est à la création de syndicats indépendants!

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10 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

chasse (ballast végétarisme)

chasse

Pierre Rigaux : « Gagner contre la chasse »

Le président de la Fédération nationale des chasseurs (FNC) accuse ceux qui ne défendent pas la chasse de vouloir que « la ruralité, ça s’arrête ». Comment faire entendre qu’il ne s’agit pas d’une lutte entre villes privilégiées et campa-gnes populaires ?

Les citoyens les plus malmenés par les chasseurs sont les ruraux. Ce sont d’abord eux qui subissent la peur des balles perdues, la confiscation effective de l’espace par les battues et de façon beaucoup plus pernicieuse la crainte de s’exprimer ouvertement contre la chasse, car la pression sociale des chasseurs est très forte.

J’ai moi-même été menacé de mort plusieurs fois dans les différents endroits où j’ai habité. Pourtant, les chasseurs sont minoritaires dans le monde rural : la « ruralité » revendiquée par la Fédération nationale des chasseurs est un leurre. C’est une frange de plus en plus marginale de la ruralité, qui se fait entendre d’autant plus violemment qu’elle voit venir sa propre disparition par manque de renouvellement des effectifs.

On se souvient de la FNC clamant, sur les murs du pays en 2018, qu’ils sont « les premiers écologistes de France ». Vous rappelez que les chasseurs dispersent chaque année 5 à 10 000 tonnes de plomb dans la nature, sans parler des douilles. Comment comprendre ce double jeu ?

L’affichage écologique est désormais l’angle principal choisi par la Fédération des chasseurs pour tenter de justifier la chasse et de la maintenir au pouvoir, car le tir-loisir et la « tradition » ne suffisent plus comme arguments institutionnels et politiques. Ce verdissement de façade est plus subtil qu’il n’en a l’air. Il fonctionne relativement bien auprès des décideurs politiques, au moins d’une partie d’entre eux.

Beaucoup de collectivités publiques confient aux fédérations et aux associations de chasse des responsabilités dans la « gestion » écologique de milieux naturels. On leur donne les clés de zones humides, on les associe à des suivis scientifiques ou même à des programmes de « conservation de la faune ».

Tout ça permet aux chasseurs de s’autoproclamer écologistes en faisant presque oublier que ces actions, qu’elles soient pertinentes ou désastreuses, ne nécessitent pas de chasser. Quant aux conséquences écologiques de la chasse elle-même, elles sont totalement niées. Dans les faits, les écologistes, je veux dire les vrais, doivent sans cesse batailler contre le lobby de la chasse pour empêcher le tir d’espèces menacées ou le piégeage des « nuisibles » qui n’en sont pas.

Les collectivités publiques financent les chasseurs. Vous parlez d’une « stratégie payan-te » et d’un « lien électoral ». L’Ifop évoquait, en 2013, un profil non « homogène » mais « un sur-vote très significatif en faveur de l’extrême droite ». Que peut-on dire du « vote chasseur » ?

Il est visiblement très diversifié, quoique fort, en effet, à l’extrême droite. Mais ceci varie selon les régions. Par exemple, dans la Somme, où les chasseurs votent énormément pour l’extrême droite, je dois dire que l’ambiance sur le terrain est assez particulière… Quand vous allez vous promener le soir sur le littoral, avec vos jumelles d’ornithologue ou votre appareil photo, et que vous croisez des chasseurs qui vont s’installer dans leurs huttes pour la chasse nocturne aux canards, les regards que vous croisez ne sont pas toujours plein d’amour et bienveillance pour son prochain…

Mais les chasseurs français votent largement vers toutes les tendances, avec toutefois une majorité pour la droite, ce n’est pas une légende. À l’opposé, le vote communiste des chasseurs est apparemment marqué dans les zones rurales, où il l’est aussi pour le reste de la population. C’est frappant de voir que des élus de tous bords défendent vigoureusement les chasseurs.

En ce moment, les régions qui soutiennent le plus ostensiblement la chasse à grands renforts d’argent public sont les Hauts-de-France, l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Nouvelle-Aquitaine, respectivement dirigées par des élu·e·s LR, LR et PS. Le président du groupe « chasse » au Sénat, ardent activiste pro-chasse, est un représentant LR. Enfin, côté LREM, le président de la République soutient la chasse encore plus nettement que ses prédécesseurs.

Pour les associations écologistes qui essaient de peser dans les décisions publiques en se rapprochant du pouvoir en place, tant au niveau local que national, la difficulté est de ne pas apparaître trop anti-chasse. Elles veulent être écoutées et continuer à toucher elles-mêmes des subventions. Elles dépendent encore plus de cet argent public que les fédérations de chasse, car leurs adhérents, même pour les plus grandes associations qui travaillent sur la biodiversité, ne sont que quelques dizaines de milliers.

Les cotisations des écolos ne pèsent presque rien face aux cotisations obligatoires d’un million de chasseurs qui doivent s’acquitter du permis annuel. La conséquence est une certaine hypo-crisie d’une partie du milieu associatif écolo, censé combattre la chasse mais qui n’en dénonce que les « excès » sans jamais prendre clairement position, sans remise en cause fondamentale.

Le mot qui surgit à chaque discussion sur le sujet est celui de « régulation ». Vous dites que cet argument est « souvent accepté avant d’être examiné » : pourquoi le gobe-t-on tout cru ?

Parce que les dirigeants et les communicants de la chasse ont tout fait depuis des années pour qu’on le gobe ! Le mot lui-même rassure. Il est choisi pour ça. Pour conférer un rôle d’utilité publique aux chasseurs dans l’imaginaire collectif. Qui pourrait s’opposer à ce qu’on « régule » quelque chose qui, autrement, deviendrait incontrôlable et donc menaçant ?

En réalité, il n’y a strictement aucun impératif écologique à vouloir « réguler la faune sauvage » aujourd’hui, en France, du moins s’agissant de l’immense majorité des espèces. Vous ne trouve-rez aucun biologiste pour vous affirmer le contraire, sauf, évidemment, ceux payés par le milieu cynégétique.

Beaucoup d’espèces encore chassées sont même en déclin, parfois très préoccupant. Les chasseurs entretiennent l’idée selon laquelle l’humain, qui est, entre parenthèses, une espèce totalement dérégulée sur le plan démographique, aurait une mission quasi-divine de régulation des populations d’autres espèces.

En tant qu’observateur de terrain et après avoir passé des années à recenser, étudier, invento-rier les animaux dits sauvages, je pense qu’il faut revoir complètement notre approche. Il faut arrêter de croire que nous aurions à gérer la faune. Il est dans notre intérêt et éthiquement nécessaire de gérer, non pas les animaux, mais certaines interactions entre l’humain et les animaux. La différence peut paraître subtile mais elle est fondamentale. Ce n’est pas la faune qu’il faut tenter de gérer, c’est l’interaction entre nous et les autres êtres vivants.

Vous reconnaissez d’ailleurs que les sangliers causent des dégâts. Tout en parlant d’une « escroquerie ». Comment, la chasse abolie, prendrait-on ça en charge ?

Les sangliers causent surtout des dégâts dans des cultures intensives, en particulier celle du maïs, elle-même aberrante écologiquement car elle sert en grande partie à nourrir les élevages intensifs, localement ou via l’exportation.

Ce n’est donc pas tant le sanglier qui cause des dégâts que la maïsiculture intensive elle-même, qui est une calamité. Mais les sangliers causent aussi, aujourd’hui, des dégâts dans des petites parcelles agricoles, et n’importe quel cultivateur, même très écolo, peut être touché.

Pour éviter ou limiter ces impacts, des solutions techniques existent avec l’installation de clôtu-res spéciales. Et, au-delà, si on estime que les effectifs de sangliers sont problématiques pour des raisons écologiques (ce qui est rarement le cas, mais doit être examiné) ou pour des raisons de dégâts (ce qui peut l’être ponctuellement), il faut d’abord se souvenir que l’extraordinaire croissance des populations de sangliers dans les dernières décennies est essentiellement due à la chasse elle-même !

Les chasseurs ont tout fait pour disposer d’un « gibier » abondant, notamment en lâchant des sangliers d’élevage croisés avec des cochons, ce qui est désormais interdit. Là est l’escroquerie. La chasse ne fait toujours pas baisser le nombre de sangliers alors même que les chasseurs se drapent dans leur costume de « régulateurs » !

Si la société veut diminuer le nombre de sangliers, à l’avenir, en considérant qu’il s’agit de corriger ses propres bévues, elle peut mettre les moyens en termes de recherche scientifique pour mettre au point des méthodes, par exemple via des formes de stérilisation. Des expérien-ces existent en Amérique du Nord. C’est un sujet très complexe : il ne doit pas être pris à la légère car il peut y avoir des conséquences écologiques en cascade. C’est une question de motivation scientifique et sociale, si on peut dire.

Vous revenez sur un point méconnu du public : l’industrie de l’élevage dans la chasse ! Pourquoi croit-on encore que les chasseurs se contentent de tuer les animaux qu’ils croisent « naturellement » sur leur chemin ?

Les chasseurs vantent leur rôle de « régulateur » et ne se vantent pas de tirer sur des faisans sortis d’une cage… Un animal sur quatre qui est tué à la chasse est né dans un élevage. J’ai eu l’occasion de visiter des élevages de toutes sortes d’animaux pour la chasse, et je peux vous dire que c’est une horreur.

On ne s’imagine pas à quel point les chasseurs ont su historiquement concevoir tout un système rationalisé de « production » industrielle d’animaux utilisés comme chair à canon, avec le soutien des pouvoirs publics à tous les niveaux depuis les années 1970. Ces faisans, perdrix et autres animaux ne sont ni tout à fait domestiques, ni tout à fait sauvages. Leur courte vie n’est que souffrance en captivité, avant d’être lâchés pour être abattus ou pour mourir, de toute façon, car ils sont pour la plupart inadaptés à la vie dans la nature.

Dans les Hautes-Alpes, des éleveurs ont récemment créé un « Front de Libération ». Posant armés et cagoulés à la manière de jihadistes, ils annoncent qu’ils vont traquer les loups. Est-ce le signe d’une radicalisation plus générale ?

Je ne pense pas, même si la détestation fondamentale des loups est répandue dans le milieu de l’élevage ovin. Il faut dire que certains éleveurs de ce secteur des Hautes-Alpes, que je connais bien pour y avoir vécu, ont une vision du monde particulièrement archaïque… pour le dire poliment.

« Libération » de quoi ? Des brebis qu’ils mènent à l’abattoir ? Pardon, mais rien n’oblige ces cagoulés à exercer le métier d’éleveur qui, rappelons-le, est payé par la société à travers toutes sortes de subventions qui représentent l’essentiel de leur revenu.

Peu de gens savent qu’objectivement, le nombre d’éleveurs ovins diminue beaucoup moins dans le sud-est, où vivent l’essentiel des loups de France, que dans le reste du pays. En fait, beaucoup d’éleveurs ovins qu’on ne voit pas dans la presse ne sont pas aussi virulents, s’adap-tent et s’accommodent tant bien que mal de la présence des loups, sans réclamer des tirs à tout va. Mais il est presque impossible pour eux d’apparaître médiatiquement, car la pression de la corporation et de ce genre de cagoulés est très forte.

Vous écrivez que la chasse « devrait finir par disparaître d’elle-même » et soulignez le « désamour global des citoyens » pour cette pratique. Faut-il laisser le temps faire son travail ou bien lui forcer la main pour que l’État, sous la pression du nombre, interdise un jour la chasse ?

Je pense que nous devons agir car il en va de l’intérêt général, de l’urgence écologique et des animaux. On peut bien sûr tenter d’agir politiquement par les urnes ou via les décideurs ou futurs décideurs. Certains tentent le boycott. J’ai lancé en 2018 une campagne visant à ce que les magasins Decathlon arrêtent de vendre des articles de chasse.

Mais l’objectif est beaucoup plus large que cette enseigne : Decathlon est très apprécié des Français et promeut abondamment la chasse comme un loisir, au même titre que le foot ou la randonnée. Pour gagner contre la chasse, il faut d’abord que cette activité ne soit plus considé-rée comme acceptable socialement.

Il faut ensuite que la loi s’aligne, comme c’est déjà le cas pour les animaux domestiques dits de compagnie : faire souffrir volontairement un chien, lui tirer une balle dans la cuisse pour s’amu-ser est un délit. Pour les animaux sauvages, c’est encore autorisé et encouragé par les pouvoirs publics à travers la chasse.

Naturaliste de son état et biologiste de formation, Pierre Rigaux est l’auteur de publications scientifiques sur les micromammifères, le campagnol aquatique ou le putois d’Europe. Son prochain livre, Pas de fusils dans la nature, sort en librairie le 18 septembre 2019 : un plaidoyer argumenté pour l’abolition d’une pratique qui tue chaque année, en France, 30 à 45 millions de vies animales et près d’une vingtaine de vies humaines. Emmanuel Macron « a fait beaucoup pour la chasse », vient de déclarer la Fédération des chasseurs de Gironde. Les chasseurs représentent environ 1,5 % de la population française : un monde presque intégralement mascu-lin et composé au tiers de cadres et de professions libérales. L’auteur, pour des raisons écologiques et éthiques, appelle à se mobiliser.

Pierre Rigaux 09 septembre 2019
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09 septembre 2019 ~ 0 Commentaire

avion (reporterre)

avions

Les faramineuses dépenses de l’État pour soutenir l’avion

Les aides publiques au transport aérien intérieur atteignent au moins 500 millions d’euros par an. Pourtant, la contribution de l’avion au réchauffement climatique est gigantesque. Pour l’auteur de cette tribune, « l’avion doit payer ses coûts environnementaux ».

À la demande de la Fnaut, Jacques Pavaux, ancien directeur de l’Institut du transport aérien, a recensé les aides publiques accordées au transport aérien commercial métropolitain. Voici un résumé de ses résultats et sa conclusion sur l’avenir du transport aérien.

Les aides publiques au transport aérien intérieur atteignent minimum 18,5 euros par passager par an

L’expertise a porté sur 86 aéroports métropolitains. Dans ce total :

  • Environ 70 aéroports régionaux ont un trafic inférieur au seuil de rentabilité, soit environ un million de passagers par an (ils n’assurent que 4,5 % du trafic total). Ils sont donc structurellement déficitaires ;
  • 43 ont moins de 100 000 passagers annuels (ils assurent à peine 0,3 % du trafic total).

Les aides publiques aux aéroports ont peu évolué depuis dix ans :

  • La couverture des déficits par l’État, les collectivités territoriales et les Chambres de commerce et d’industrie a coûté 94 millions d’euros par an en moyenne sur 2016 et sur 2017, soit 8,3 euros par usager de ces aéroports. Mais sur les plus petites plates-formes, ce coût par passager est bien supérieur, il peut parfois dépasser plusieurs centaines d’euros ;
  • L’aide globale à l’investissement est d’au moins 20 millions d’euros ;
  • L’exonération partielle de taxes foncières sur les aéroports, dont les aéroports parisiens, coûte au moins 55 millions d’euros ;
  • A ce total d’environ 170 millions d’euros, il faut ajouter le financement total ou partiel de certaines missions régaliennes par l’État (contrôle aérien, douanes…). Le coût total de ces missions (2,3 millions d’euros à Agen) n’a pu être évalué pour l’ensemble des aéroports, faute de données.

Les aides publiques aux compagnies aériennes portent sur :

  • L’exemption de taxation du kérosène consommé dans les vols intérieurs (300 millions d’euros dans l’hypothèse d’une taxation au même taux que celui de l’aviation privée) ;
  • L’aide aux lignes sous obligation de service public (22 millions d’euros).

Au total, les aides publiques au transport aérien intérieur atteignent au moins 500 millions d’euros par an, soit 18,5 euros par passager par an.

Une taxation du kérosène ne serait efficace qu’à l’échelle mondiale

Le kérosène consommé par les avions n’est soumis à aucune taxe. Selon la Cour des comptes, cette exonération est une aide publique. Elle pénalise l’environnement, notamment sur les liaisons court-courriers, puisqu’elle défavorise le train en abaissant le coût du trajet aérien.

Contrairement à une idée répandue, elle ne doit pas être attribuée à la convention de Chicago de 1944. Mais elle est inscrite dans les milliers d’accords bilatéraux États-compagnies aériennes depuis le premier accord des Bermudes (1946). Personne n’avait alors conscience de l’impact environnemental de l’avion.( Ce qui aurait changé quoi? Blog)

Appliquer la Taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques TICPE au kérosène consommé sur les seules lignes intérieures serait possible, la réglementation européenne ne s’y oppose pas, mais impraticable car une compagnie étrangère pourrait faire le plein hors de nos frontières avec du kérosène détaxé, un avantage concurrentiel qui pénaliserait les compagnies françaises et s’ajouterait à celui de charges sociales généralement moins élevées. C’est pour-quoi le gouvernement libéral de Norvège a choisi de taxer les billets d’avion plutôt que le kérosène.

Les avions émettent aussi de la vapeur d’eau, des oxydes d’azote, des aérosols (sulfates et suies).

Une taxation du kérosène à l’échelle européenne est autorisée par le droit européen mais devrait être décidée à l’unanimité des États membres. Une taxation est possible aussi dans le cadre d’accords bilatéraux, mais cette piste n’a pas été exploitée.

L’Union Européenne a cependant mis en place un système d’échanges de quotas d’émissions de gaz à effet de serre (SEQE-UE) qui, depuis 2012, couvre l’aviation commerciale, mais seule-ment pour les vols intra-européens.

En 2018, les compagnies françaises n’ont dépensé que 10 millions d’euros pour acheter des quotas, elles sont donc peu incitées à réduire leurs émissions. Une taxation du kérosène ne serait efficace qu’à l’échelle mondiale, sa mise en place est peu probable.

Les États membres de l’Organisation de l’aviation civile internationale ont adopté, fin 2016, le programme Corsia de réduction des émissions de CO2. Mais il commencera par une participa-tion volontaire des États, et seule une moitié des États s’est portée volontaire. L’objectif est de stabiliser les émissions de CO2 à leur niveau de 2020. Mais si le trafic continue à croître de 4 à 5 % par an, cet objectif ne sera pas atteint.

Les émissions de CO2 dues à l’avion devraient augmenter de 70 % dans les 15 ans à venir

Les compagnies aériennes estiment que l’avion est responsable de 2 % seulement des émis-sions mondiales de CO2, mais ce chiffre date des années 2000. Si l’on tient compte du trafic de fret (avions cargo), on arrive déjà à 3 % en 2018.

Avec la croissance prévue du trafic et en admettant un gain de 1 % par an en efficacité énergé-tique, les émissions mondiales de CO2 dues à l’avion devraient augmenter de 70 % dans les 15 ans à venir et atteindre 5 % des émissions des autres secteurs si celles-ci se stabilisaient.

En haute altitude, les avions émettent aussi de la vapeur d’eau, des oxydes d’azote, des aéro-sols (sulfates et suies), et sont responsables de la formation de traînées de condensation et de cirrus.

En définitive, on peut estimer que la contribution de l’avion au réchauffement climatique est d’environ le double du seul effet dû au CO2, soit l’équivalent d’environ 6 % des contributions mondiales de CO2 d’origine anthropique aujourd’hui.

Mais, calculé par rapport au pouvoir de réchauffement global de tous les gaz à effet de serre (GES) d’origine anthropique retenus par le protocole de Kyoto, la contribution du transport aérien n’est plus que légèrement supérieure à 4 % ; chiffre qui pourrait atteindre 6,5 % dans 15 ans et même 8 % si les autres secteurs parviennent à réduire d’ici là de 25 % leurs émissions de GES.

La recherche technologique visant à réduire l’impact de l’avion sur le climat doit être accélérée et financée par le produit de la fiscalité aérienne. Des progrès spectaculaires ont été accomplis depuis 50 ans, mais la durée de vie d’un avion moderne est supérieure à 30 ans : sans mesures fortes telles que la taxation du kérosène, l’influence du transport aérien sur le climat sera refusée par l’opinion.

Le TGV émet au moins 30 fois moins d’équivalent CO2 qu’un avion court-courrier

Jacques Pavaux plaide alors vigoureusement en faveur du TGV, qui émet en gros au moins 30 fois moins d’équivalent CO2 qu’un avion court-courrier. Lorsque le report de l’avion sur le TGV atteint environ 700 000 voyageurs par an à la mise en service d’une nouvelle ligne grande vitesse (LGV), les émissions de GES lors de la construction de la LGV sont amorties en moins de 10 ans.

Depuis l’ouverture de la LGV Tours-Bordeaux en 2017 (la durée du trajet Paris-Bordeaux a été réduite d’une heure), le trafic de la navette aérienne Orly-Bordeaux a diminué de 450 000 passagers par an (- 25 %) et le trafic aérien Paris-Toulouse a diminué de 200 000 passagers par an (- 6 %).

Mais la concurrence ne suffit pas : l’avion doit payer ses coûts environnementaux, et en particulier sa contribution climatique. (Résumé)

Jean Sivardière est vice-président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut).

9 septembre 2019 Jean Sivardière

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