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23 avril 2018 ~ 0 Commentaire

gauche (les inrocks)

caviar
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Comment la gauche s’est embourgeoisée: “Trump a de très bonnes chances d’être réélu en 2020”

Pour l’essayiste américain Thomas Frank, collaborateur régulier au Monde diplomatique, ce “déni” est caractéristique des “faiblesses du Parti Démocrate, dont l’incapacité à aborder la question sociale n’est pas accidentelle”, nous explique-t-il dans un café parisien. C’est l’objet de son livre aujourd’hui traduit en France, Pourquoi les riches votent à gauche (éd. Agone), qui analyse comment le “parti du peuple” a sciemment rompu ses liens avec les travailleurs pour devenir un deuxième parti “pro-business”, plébiscité par les professionnels blancs de la classe moyenne supérieure. “Le Parti Démocrate doit se demander qui il est, or pour l’instant il ne fait que dénoncer constamment la présidence Trump, et prétend que l’élection a été truquée, sans jamais se remettre en cause. Si bien que selon moi, malheureusement, Trump a de très bonnes chances d’être réélu en 2020”, déplore l’essayiste.

Qu’est-ce que le Parti démocrate aujourd’hui ? Hillary Clinton est celle qui l’a peut-être le mieux résumé, bien qu’involontairement, lors d’un voyage en Inde après la présidentielle : “Je l’ai emporté dans des endroits qui représentent deux tiers du produit intérieur brut américain”. C’est cet inversement de la base électorale du parti de Franklin Roosevelt, l’instigateur du New Deal, qui travaille Thomas Frank. “Les démocrates sont toujours un parti de classe. D’ailleurs, ils témoignent d’une sollicitude admirable pour les intérêts de la classe qu’ils représentent”, souligne-t-il avec une ironie mordante.

L’adieu au peuple de la gauche

L’origine de cet abandon de la lutte contre les inégalités économiques et sociales remonte selon lui aux années post-68. “Les démocrates ont cessé d’être le parti du peuple depuis les années 60 : ils ont cru que le futur reposait entre les mains des jeunes opposants à la guerre du Vietnam, les hippies sortis des grandes universités comme Bill Clinton, et ils ont viré les syndicats du parti. A partir de là, le Parti Démocrate est devenu le parti de la classe profes-sionnelle, dont le but est la redistribution de la richesse entre les 10% les plus riches de la population”, affirme l’auteur.

Pourquoi la gauche a gouverné si peu, et déçu si vite

Les démocrates ne se sont pas cachés de ce revirement idéologique, ils l’ont même théorisé ouvertement dans “Changing Sources of Power”, publié en 1971 par le stratège démocrate Frederick Dutton. La trahison des clercs démocrates trouve conjointement sa source dans un think-tank qui a fini par imposer sa ligne, le Democratic Leadership Council (DLC), dont sont issus notamment Bill Clinton et Al Gore.

Pour ce groupe, il convenait de négliger la classe ouvrière en déclin, au bénéfice d’“une classe de la connaissance émergente” vouée à peser de plus en plus démographiquement. Toute ressemblance avec le fameux rapport de Terra Nova (think-tank proche du PS) en 2011, signant définitivement le divorce entre la gauche social-démocrate et les catégories populaires, serait purement fortuite.

Technocratie et dégoût pour la politique partisane

Le Parti Démocrate devient donc celui de l’“establishment”, des professions indépendantes, blanches, aisées et libérales sur les questions sociales, et abandonne tout volontarisme dans le domaine de l’égalité salariale. En 2008 déjà, Barack Obama lève plus de fonds pour sa campagne à Wall Street que son adversaire républicain. Et pour cause : cette coalition de technocrates méprise le conflit, a fortiori la lutte des classes, tandis qu’elle célèbre les vertus de la mondialisation et de la méritocratie, cette doctrine qui “se soucie des vainqueurs et que chacun ait une chance de devenir un vainqueur” selon Thomas Frank.

Celui-ci dénigre cet entre soi élitiste, d’autant plus qu’“un statut social élevé n’est pas néces- sairement la preuve d’une pensée créative ou originale”. Il rejoint en cela le philosophe Alain Denaut, qui décrivait dans La Médiocratie la révolution silencieuse par laquelle une élite acquise au libre-échange a imposé son hégémonie culturelle.

On reconnaît aussi dans le livre de Thomas Frank un attachement au populisme de gauche, rooseveltien et égalitaire, qui n’est pas sans rappeler la théorie de la philosophe Chantal Mouffe, appelant à conflictualiser le débat pour sauver la démocratie, dans L’Illusion du consensus. Thomas Frank voit d’ailleurs en Bernie Sanders, qu’il a rencontré, un continuateur de “la tradition populiste” et “le symbole vivant de ce que les démocrates représentaient”. Il pourfend en contrepoint le “dégoût bien connu des professionnels pour la politique partisane, et leur foi en ce qu’ils considèrent comme des solutions apolitiques”.

“Masochisme politique”

C’est bien de cette maladie du centre mou, et du séparatisme social qui en découle, que la gauche se meurt selon lui et pas seulement aux Etats-Unis. En Europe, elle nourrit le “faux populisme” de droite, qui n’a plus qu’à récolter les fruits de cette incurie politique en donnant voix à la frustration économique des classes populaires. Voilà comment la gauche s’embour- geoise, tandis que la droite se prolétarise.

L’auteur en a fait l’amer bilan dans un précédent livre, Pourquoi les pauvres votent à droite, analysant le “masochisme politique” qui poussait les ouvriers de son Kansas natal (un des Etats les plus pauvres des Etats-Unis) à voter conservateurs.

Le Brexit s’inscrit dans la même logique. Dans le Yorkshire, qui est l’équivalent du Kan- sas, les gens ont voté pour le Brexit [à 58%, ndlr], non pas parce qu’ils sont riches, mais parce qu’ils sont pauvres !”, martèle-t-il. Là encore, les dirigeants de la social-démocratie europé- enne, qui avaient largement milité contre, ont eu du mal à comprendre cette manifestation de colère populaire. Comme l’écrit Serge Halimi, directeur du Monde diplomatique, dans sa préface, c’est ce qui arrive quand le progressisme politique n’est plus qu’une “disposition culturelle, un charabia compassionnel” : il “devient indexé au prix du mètre carré et il ne se soucie plus du tout de loyers à bon marché”.

Dans “Pourquoi les riches votent à gauche”, l’essayiste américain Thomas Frank analyse comment le Parti Démocrate a délaissé les classes populaires au profit de populations aisées et cultivées. Un réquisitoire qui pourrait aussi bien s’appliquer à la social-démocratie française. La défaite spectaculaire d’Hillary Clinton face à Donald Trump à la présidentielle américaine de 2016, conjuguée à la percée inopinée du challenger “socialiste” (le mot fait frémir les Yankees) Bernie Sanders à la primaire démocrate, auraient pu être l’occasion d’une autocritique radicale pour le Parti Démocrate. Au lieu de cela, elles n’ont suscité que les imprécations outrées de la candidate déchue contre les fake news russes (une plainte a d’ailleurs été déposée le 20 avril par le Comité national démocrate), la misogynie des hommes et les pulsions racistes du bas-peuple, ce “panier de gens pitoyables” (sic).

Mathieu Dejean 23/04/18 12h43
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Pourquoi les riches votent à gauche, de Thomas Frank, préface de Serge Halimi, éd. Agone, 456 p., 25€
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23 avril 2018 ~ 0 Commentaire

argent magique (attac)

macron

« L’argent magique » de Macron, pour les riches seulement

Mis en difficulté par une infirmière qui l’interpellait au sujet du manque de moyens dans son hôpital, Emmanuel Macron a fini par répliquer qu’il n’y avait pas d’« argent magique ».

C’est doublement faux !

Dans le budget de 2018, le premier de sa présidence, Emmanuel Macron a su trouver 17 milliards d’euros d’argent public pour baisser les impôts des entreprises et 7 milliards pour les ménages les plus fortunés, dont la moitié en supprimant l’ISF.

Maintenant que cet argent a été distribué au plus riches et aux multinationales, Emmanuel Macron et son gouvernement se servent des habituels prétextes de la dette et des déficits pour réduire les dépenses publiques, dans les hôpitaux, les écoles, les universités, les Ehpad, les prisons, alors que les besoins en personnel et investissements sont criants.

Si les déficits et la dette ont flambé ces trente derrières années, c’est que les recettes publi- ques ont été progressivement érodées par les politiques libérales, les cadeaux fiscaux, l’éva- sion et la concurrence fiscales. Derrière le sempiternel besoin de « modernisation de l’écono- mie » Emmanuel Macron veut parachever le rêve des néolibéraux en cassant ce qu’il reste de la solidarité et des services publics pour tout soumettre à la loi de la rentabilité. Emmanuel Macron est en réalité le triste héritier de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher dont les politiques désastreuses ont fini par nous apporter Trump et le Brexit.

Mobilisons-nous pour récupérer l’« argent magique » caché par Macron !

Attac a dressé une liste, non exhaustive, de l’« argent magique » [1] qu’Emmanuel Macron ignore délibérément :

  • Lutter efficacement contre l’évasion fiscale en allant bien plus loin que les timides mesures de la loi « petite fraude » qui oublie l’évasion fiscale des plus riches et des multinationales = jusqu’à 80 milliards d’euros par an ;
  • Taxer l’ensemble des transactions financières pour réduire la spéculation boursière = jusqu’à 36 milliards d’euros par an ;
  • Remettre en cause des cadeaux fiscaux aux plus riches et aux entreprises prévus par le budget Macron de 2018 = 24 milliards d’euros par an ;
  • Supprimer les niches fiscales les plus injustes et inefficaces, en particulier le Pacte de responsabilité et le CICE qui ont augmenté les profits des entreprises mais n’ont jamais créé le million d’emplois promis par le Medef = 50 milliards d’euros par an ;
  • Supprimer des subventions directes et indirectes aux énergies fossiles, indispensable pour réduire les émissions de CO2 = 10 milliards d’euros par an.

Ces mesures permettraient de sauvegarder nos services publics de plus en plus menacés et d’engager la nécessaire transition sociale et écologique de nos économies. Elles pourraient être mises en œuvre par un gouvernement volontariste, poussé par les citoyen.ne.s, associations, mouvements et syndicats.

Attac France, 18 avril 2018

Notes:

[1] Pour une analyse détaillée, lisez le Rapport « rendez l’argent »

argentmagiquemacron-attacavril2018.pdf

https://www.anti-k.org/

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20 avril 2018 ~ 0 Commentaire

bretagne santé (npa)

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Santé : une grande première en Bretagne

Importante mobilisation en défense de la santé publique à Rennes.

À l’initiative des comités de défense des hôpitaux de Brest, Concarneau, Douarnenez, Morlaix, Paimpol, Lannion-Trestel, Guingamp, Port-Louis, Riantec, rejoints par des syndicats de la CGT des Côtes-d’Armor, SUD Santé Sociaux des établissements de santé du Finistère et de l’Ille-et-Vilaine, les Unions locales CGT des Côtes-d’Armor, le collectif de défense des services publics de Cornouaille, Ensemble, le PCF, le NPA et l’UDB, une journée de mobilisation et de grève a eu lieu le 6 avril avec une manifestation devant l’agence régionale de santé (ARS) de Rennes en défense de la santé publique.

Nécessaire convergence des luttes dans la santé

La date de cette journée d’action était en lien avec la journée européenne d’action « Tout pour la santé » du 7 avril. Elle exprimait la volonté d’une politique de santé qui réponde aux besoins de toutes et tous, exigeait des moyens pour les hôpitaux, les EHPAD, les services de soins, les aides à domicile, et réclamait l’amélioration des conditions de travail dans tous les établis- sements de santé.

Pendant qu’une délégation était reçue par le directeur de l’ARS, une assemblée générale s’est mise en place durant laquelle des hospitalierEs ont fait part de la réalité de leurs conditions de travail, de leur mal-être face aux peu de moyens pour s’occuper des patientEs mais aussi des luttes passées ou en cours dans leurs services ou hôpitaux. Une mise en scène réalisée et mise en œuvre par Hélène Derrien, de la coordination de défense des hôpitaux de proximité, faisant le procès du ministère de la Santé, est venue ponctuer cette journée de lutte.

Cette journée a renforcé l’idée de la nécessaire convergence des luttes dans la santé. Tisser des liens, avoir des discussions tout en menant des actions communes ne peut que faire tomber les barrières entre les différentes forces présentes pour construire un « touTes ensemble ». Ainsi peut se préparer une véritable épreuve de force, dans la perspective de grèves reconductibles, vers un mouvement d’ensemble, de convergence avec d’autres secteurs en lutte comme les cheminotEs, seule à même de bloquer le pays et les contre-réformes du gouvernement Macron.

Correspondante

https://npa2009.org/

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11 avril 2018 ~ 0 Commentaire

grève 22 mai (le huffington post)

servive public

Sept syndicats de fonctionnaires appellent à la grève le 22 mai

Deux mois après une première journée de manifestations, l’intersyndicale veut à nouveau mobiliser contre la politique du gouvernement.

Sept syndicats de fonctionnaires ont appelé mardi 10 avril à une nouvelle journée de grève et de manifestations le 22 mai, deux mois après la précédente, a-t-on appris auprès de plusieurs d’entre eux. Les organisations FO, CGT, FSU, Solidaires, CFTC, CFE-CGC et FA-FP s’oppo- sent aux projets de réforme de la fonction publique et réclament l’amélioration du pouvoir d’achat des agents. Elles avaient déjà appelé à la grève le 22 mars pour des revendications identiques.

« Les organisations ne partagent pas (…) les objectifs poursuivis par le gouvernement consistant à réduire le périmètre de l’action publique avec la perspective d’abandon, voire de privatisation de missions publiques », écrivent-elles dans un communiqué, réclamant aussi « une réelle amélioration du pouvoir d’achat pour toutes et tous les agents ».

Évoquant « un nouvel acte fort de l’intersyndicale », Baptiste Talbot (fédération CGT des services publics, 1er syndicat représentatif) s’est réjoui que cette dernière « affirme son rejet de la politique du gouvernement et sa volonté de mobiliser pour exiger des réformes de progrès ». L’intersyndicale explique vouloir « inscrire les mobilisations et la grève dans la continuité ».

La CFDT et l’Unsa ne rejoignent pas l’appel à la grève

Également présentes lors de cette réunion intersyndicale de ce mardi, la CFDT (deuxième syndicat en terme d’adhésion dans la fonction publique) et l’Unsa (quatrième) n’ont pas rejoint cet appel à la grève. Interrogé sur la possibilité d’une grève reconductible, Christian Grolier FO (troisième) a précisé à l’AFP que cette éventualité serait « décidée par les personnels », que les syndicats souhaitent réunir pendant « tout le mois d’avril » et « dans tous les secteurs », notam- ment lors d’assemblées générales. « Le gouvernement n’a pas suffisamment appréhendé le mouvement social du 22 mars donc, s’il n’a pas compris, on va recommencer », a-t-il tonné. Pour Bernadette Groison (FSU, cinquième) cette nouvelle mobilisation est « nécessaire ». « On est bien à un tournant dans la fonction publique », a-t-elle estimé.

Troisième journée de mobilisation depuis le début du quinquennat

Une concertation entre le gouvernement et les organisations syndicales pour « refonder le contrat social avec les agents publics » s’est ouverte le 29 mars. Annoncée début février par le Premier ministre, elle porte notamment sur l’extension du recours aux contractuels, une part plus importante de la rémunération au mérite pour les agents et la mise en place de plans de départs volontaires.

Une « attaque contre le statut » de fonctionnaire, dénoncent les syndicats.

Cette journée du 22 mai sera la troisième journée de mobilisation des fonctionnaires depuis le début du quinquennat d’Emmanuel Macron, après celle du 10 octobre, à l’appel unitaire des neuf syndicats représentatifs de la fonction publique, puis celle du 22 mars, à laquelle avaient appelé cette fois les mêmes sept organisations.

Les relations entre les syndicats de la fonction publique et le gouvernement sont tendues depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron et l’annonce successive de la suppression de 120.000 postes au cours du quinquennat, du report d’un an du plan de revalorisation des carrières des fonctionnaires (PPCR) conclu sous le gouvernement précédent, du gel du point d’indice servant au calcul de la rémunération des agents publics et de la réinstauration du jour de carence (paiement du salaire à partir du deuxième jour d’arrêt maladie).

Les annonces du Premier ministre Édouard Philippe début février ont encore aggravé les tensions. Les sept organisations prévoient déjà un autre « temps fort de mobilisation » à la mi-juin, au moment « du rendez-vous salarial » avec le gouvernement. Initialement prévu à l’automne, celui-ci avait été avancé à leur demande. Elles se reverront en intersyndicale le 3 mai prochain.

https://www.huffingtonpost.fr/

em macron

Lire aussi:

Fonctionnaires : la CFDT se joint à l’appel à mobilisation du 22 mai

L’appel à mobilisation des fonctionnaires pour le 22 mai, a été lancé mardi par sept syndicats contre la réforme prévue par le gouvernement et pour le pouvoir d’achat.

La CFDT Fonctions publiques a annoncé jeudi qu’elle se joignait à l’appel à mobilisation des fonctionnaires pour le 22 mai, lancé mardi par sept syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires, CFTC, CFE-CGC et FA-FP) contre la réforme prévue par le gouvernement et pour le pouvoir d’achat.

Huit organisations syndicales sur neuf. Dans un communiqué, la deuxième force syndicale chez les fonctionnaires appelle les agents à se mobiliser, soulignant avoir « fait le choix de participer à la construction de l’unité la plus large possible ». Avec la CFDT, huit des neuf organisations de la fonction publique participeront à cette journée de grèves et manifestations.

12 avril 2018

http://www.europe1.fr/

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11 avril 2018 ~ 0 Commentaire

labour 2 (à l’encontre.ch)

nhs

La sécu: la droite a voté contre!

Momentum, réponse à «un mouvement qui cherchait une maison commune»

C’est ainsi que Nunns intitule le chapitre de son livre où il analyse le troisième processus qui a placé Corbyn à la tête du Labour, à savoir le soutien qu’il a reçu depuis quatre ans de dizaines de milliers de jeunes.[20] Ceux-ci se sont politisés hors du Labour dans les combats sociaux originaux qui ont donné lieu à la formation d’organisations qu’on peut qualifier comme «mouve-mentistes».

L’auto-organisation a joué un rôle important dans les processus qui ont abouti à la formation par coagulation d’une sorte de «mouvement des mouvements» et ensuite à la création de Momentum comme organisation. On en situe le point de départ lors des grandes manifesta- tions contre la hausse des droits d’inscription universitaires de novembre et décembre  2010. Elles ont été marquées par de nombreux affrontements entre une police, formée à l’instar de tant de pays à la répression de rue, et les étudiants. Ces affrontements ont abouti à de nombreuses arrestations et à des peines de prison.[21]

Un an plus tard, entre mars et juillet 2011, il y a eu une longue phase d’intense mobilisation allant au-delà des droits d’inscription, contre les coupes budgétaires du gouvernement de David Cameron [mai 2010-juillet 2016], la destruction du système de santé publique et la dimension peu connue contre l’évasion fiscale. Les formes en ont été très variées.[22]

En France, à la même période le mouvement des Indignés de la Puerta del Sol, d’Occupy Wall Street, ou encore la formation de Syriza en Grèce ont attiré beaucoup d’attention. En revanche ce qui se passait au Royaume-Uni est resté presque totalement inaperçu. Pourtant c’est là, plus que dans bien d’autres pays, que le combat contre les politiques d’austérité a su s’installer dans la durée et prendre un caractère de masse grâce à des mouvements comme UK Uncut et surtout à la formation de la People’s Assembly.[25]

Il s’agit d’une modalité de Front commun social et politique entre le courant Labour Represen- tation Committee dont nous avons parlé, les Verts, des militants organisés autour d’une revue très active Red Pepper, la petite formation Left Unity créée par Ken Loach, des députés comme Corbyn et plusieurs grands syndicats. La People’s Assembly a pu appeler de sa propre autorité à des manifestations de dizaines de milliers de personnes (50 000) contre l’austérité en juin 2014, puis en juin 2015 – à la veille des élections internes du Parti travailliste gagnées par Corbyn – jusqu’à 15 ’000.

La victoire sans appel de Corbyn a été due à la participation importante au vote de nouveaux membres politisés dans ces luttes.

Ils/elles ont pu adhérer grâce à la possibilité ouverte de s’inscrire au parti en payant une cotisation de £ 3 (soit 4 euros). Nunns explique que l’idée est venue des blairistes persuadés qu’il y avait un bloc d’électeurs centristes à gagner. Pour le citer: «Ironie du sort, cette réforme interne avait été proposée par la droite du parti: les blairistes, fascinés par le modèle des primaires aux Etats-Unis, faisaient le pari que l’ouverture du vote au grand public affaiblirait l’influence des syndicalistes et achèverait d’ancrer le parti dans le fructueux marais du “centre. Cruelle fut leur déconvenue quand ils s’aperçurent que le mécanisme qui devait leur assurer la victoire servait en fait les intérêts de la gauche, ravie de retourner à son avantage la ruse de ses adversaires.»[26]

En raison des facteurs analysés plus haut, notamment l’appui politique et financier d’Unison et d’Unite, l’élection de Corbyn à la tête du Labour se serait produite en tout état de cause, mais c’est le vote des nouveaux adhérents représentatifs de la jeunesse qui lui a donné son caractère massif.

Afin de les arrimer au Labour une organisation nommée Momentum a été formée dans la foulée de la victoire par un proche de Corbyn, Jonathan Lansman[27]. Momentum offre aux jeunes une structure qui leur permet de militer derrière Corbyn en tenant compte et en tirant parti de leurs modes de militantisme spécifiques.

La place statutaire accordée dans le parti, dès l’origine, aux associations combattant pour l’émancipation (les Fabiens furent les premiers) rendait la chose possible. La forme de structure exacte a donné lieu à des tâtonnements et quelques tensions, mais aujourd’hui l’organisation compte 37,000 membres[28] ayant une carte du Parti travailliste et des représentants au Comité exécutif national.

La disponibilité, l’enthousiasme et la mobilité des jeunes militants ont été un précieux atout pour Corbyn face à l’aile droite du Labour.

S’il a pu gagner l’élection de septembre 2015 grâce aux syndicats, ce sont eux qui lui ont permis de résister à l’aile droite du parti. Lors de la session du parti parlementaire qui a tenté de le pousser à démissionner fin juin 2016, les militant·e·s du grand Londres ont appelé en vingt-quatre heures à un rassemblement de soutien à Corbyn qui a réuni 10 000 personnes et mis fin aux velléités de coup d’Etat de la part des parlementaires. Fort de cette victoire, trois mois plus tard, lors du congrès de Brighton, en septembre 2016, Corbyn a été élu par 62 % des délégués dont une phalange de membres de Momentum[29], améliorant ainsi son score de 2015.

Un an plus tard lors des élections législatives de juin 2017, le travail militant des jeunes de Momentum a été vraiment décisif dans les résultats du Parti travailliste et la consolidation de la position de Corbyn comme potentiel futur premier ministre.

Dans beaucoup de circonscriptions la campagne travailliste a été très molle, une partie des adhérents se montrant peu enthousiastes de voir Corbyn bien s’en tirer. Les équipes de Momentum y ont palié en se déplaçant d’une circonscription à l’autre dans une même région. On estime que l’élection de vingt-cinq députés travaillistes s’est faite grâce à eux.[30] Au congrès de fin septembre 2017, des membres de Momentum ont fait leur entrée dans plusieurs commissions importantes et aider la gauche à emporter différents votes d’orientation, provoquant l’inquiétude du patronat britannique.[31]

Et demain?

La déconvenue de Theresa May qui a perdu treize sièges et donc sa majorité à Westminster, ainsi que l’augmentation spectaculaire des voix du Labour de 2017 ont été pour une large part le fait du militantisme de Momentum et du niveau élevé de participation de l’électorat jeune. Celui-ci n’a pas été capté par les sondages précédant le scrutin, même si l’accueil enthousiaste fait à Corbyn dans les concerts populaires pouvait le laisser entrevoir.

Lors des législatives précédentes, la participation des électeurs entre 18 et 24 ans tournait aux alentours de 40%. En 2017, elle a grimpé à 72%, soit bien plus que le niveau de participation générale (68%), lui-même le plus fort depuis les élections qui ont porté Blair au pouvoir vingt ans plus tôt. Dans cette tranche d’âge, les travaillistes ont devancé les conser-vateurs de 47%.

La presse française y a vu une réponse des jeunes au Brexit où ils ne s’étaient pas engagés. Dans le chapitre qu’il a ajouté à son livre Nunns est assez catégorique en l’attribuant surtout au programme radicalement anti-austéritaire de Corbyn et McDonnell. Celui-ci compre- nait notamment la renationalisation du rail, des investissements élevés dans le système de santé et le secteur hospitalier, la suppression des frais d’inscription universitaire, la recon- struction des droits syndicaux sur les lieux de travail, la construction d’un million de logements à prix ou à loyers modérés sur cinq ans, l’augmentation des salaires minimum au niveau du salaire minimum vital (fixé à 10 livres sterling de l’heure), la suppression des contrats zéro-heures, une batterie de mesures pour palier la dégradation des retraites.

Il n’y a qu’entre 1945 et 1948 lors du gouvernement Atlee que le conseil des ministres a compté une phalange de dirigeants acquis pleinement aux intérêts de la classe ouvrière et possédant une détermination suffisante pour profiter de rapports de force favorables et imposer à la bourgeoisie britannique des réformes qui entamaient quelque peu, momenta- nément, ses positions.

Mais c’est sous le même gouvernement que le Royaume Uni s’est engagé dans l’armement nucléaire contre les positions très majoritairement antinucléaire des adhérents du Parti travailliste.

Le gouvernement Wilson de 1964-1970 a à son acquis l’abolition de la peine de mort, la légalisation de l’avortement et celle de l’homosexualité ce qui n’était pas rien à l’époque, mais c’est lui qui a permis à la City d’entamer le processus de libéralisation financière mondiale. Corbyn et McDonnell sont indiscutablement faits du même métal qu’Aneurin Bevan (Gallois qui a créé la sécu, note du blog) ou Tony Benn, mais même si la bourgeoisie britannique est affaiblie et déstabilisée politiquement par le Brexit et la crise du Parti conservateur, les rapports entre travail et capital restent en faveur du second. L’héritage impérial perdure lui aussi. Corbyn a dû se rallier à la production du Trident (missile).

Pour conclure, au Royaume Uni il n’y a pas de «lendemains qui chantent» en vue, mais à la différence de la France il y règne un climat politique non délétère et même enthousiaste à gauche.

La perspective est celle d’une arrivée de Corbyn et McDonnell au gouvernement qui ouvrirait une période marquée par une vraie volonté de leur part de faire voter et de mettre en œuvre des réformes qui amélioreraient la vie des classes populaires et des classes moyennes et qui réduiraient le chômage des jeunes.

Le degré auquel le futur programme, qui sera une mouture un peu améliorée de celui de 2017, sera appliqué n’est pas donné. Tout dépendra de l’ampleur de la victoire du Labour et du nombre de députés travaillistes prêts à être un tantinet radicaaux, du fait de leurs propres convictions, mais aussi du degré d’intensité de la pression que la jeunesse exercerait sur eux.

(Résumé de morceaux choisis Note du blog)

 Alencontre le 11 – avril – 2018 François Chesnais

(Article envoyé par l’auteur et publié dans la revue Les Possibles, N° 16 Printemps 2018)

http://alencontre.org/

Commentaire: La « Charte d’Amiens » visait moins les « partis » genre Labour, que l’entrée aux gouvernement bourgeois de  « camarades socialistes modérés ».

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04 mars 2018 ~ 0 Commentaire

agir (émancipation)

social

Contre l’exclusion sociale…

Il y a plusieurs façons de faire de la politique. On peut prononcer de beaux discours. On peut distribuer des tracts et manifester. On peut préparer des élections… On peut aussi agir ici et maintenant contre les injustices et notamment les injustices sociales.

J.F. Chalot a choisi cette dernière voie. Bien que toujours inscrit dans un parti – trotskiste –, le POID, mais ayant constaté que la Révolution à laquelle il aspire et à l’avènement de laquelle il a milité n’a pas été au rendez-vous de l’Histoire, il consacre désormais son temps, son énergie et, quelquefois, ses modestes revenus à aider les victimes de notre univers capitaliste néolibéral que personne n’aide.

Il rend hommage en passant à ceux qui l’ont formé et inspiré, notamment son père, Julien Chalot, instituteur, secrétaire de mairie et militant syndical réformiste, dont il reproduit un texte où il prenait, contre quelques-uns de ses collègues, la défense des familles nombreuses, et ses oncles communistes.

Ce petit livre relate quelques-uns de ses combats obscurs pour éviter une expulsion, trouver un toit à un sans-abri ou aider des surendettés à sortir la tête hors de l’eau… Ce sont souvent des parcours d’obstacles qui demandent de l’obstination, qualité qui ne lui a jamais fait défaut, notamment à l’époque où il était trésorier de la revue L’École Émancipée d’autrefois. Respon- sable bénévole du CNAFAL, il est aussi maire adjoint de sa commune et sait collaborer avec les autres associations comme avec les institutions. Mais il est parfois déçu par la désinvolture de certains professionnels qui ne savent pas toujours agir efficacement dans l’urgence.

Arrivé au crépuscule de sa vie, il sait que nul n’est irremplaçable mais qu’il faut savoir à temps préparer sa relève et il s’y emploie. Si son livre, illustré de quelques photos, dessins ou documents, et qui se lit facilement, pouvait susciter des initiatives allant dans le même sens, il n’aura pas été inutile !

Jean-François Chalot, Contre l’exclusion sociale, AGIR ICI ET MAINTENANT, Témoignage et réflexions , Le Scorpion brun, 110 p., 8 €.

À disposition chez l’auteur ou ou en vente sur le site : www//thebookedition.com

samedi 3 mars 2018 Jean Mourot

http://www.emancipation.fr/

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24 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

carrefour rennes (fr3)

Restructuration de Carrefour : la colère des salariés

Colère des salariés du groupe Carrefour, celui-ci vient d’annoncer un important plan de restructuration. En plus des 2 400 départs volontaires, Carrefour prévoit un plan de réduction des coûts de deux milliards d’euros dès 2020. Les réactions à la plate-forme logistique au Rheu, près de Rennes Confronté à un modèle en perte de vitesse, Carrefour a dévoilé un plan de transformation pour s’adapter aux nouveaux modes de production et de consommation. Voici les principales mesures prévues jusqu’en 2022.

Réorganisation structurelle 

  • Fermeture du siège social du groupe situé à Boulogne (Hauts-de-Seine).
  • Installation du siège mondial à Massy (Essonne) au 1er janvier 2019 et abandon du projet de construction d’un nouveau siège de 30 000 m2 prévu en Essonne.
  • « Il faut mettre fin à la lourdeur de l’entreprise » et à une « organisation trop compartimentée » (Alexandre Bompard, PDG)

Réduction des coûts 

  • Plan de réduction de coûts de 2 milliards d’euros réalisé dès 2020 en année pleine, via des économies sur la logistique et les coûts de structure.
  • 273 magasins ex-Dia vont être cédés ou fermés. Un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) va être mis en place avec l’objectif de reclasser la moitié de ces 2 100  salariés et de trouver des repreneurs pour ces magasins.
  • Cession de 500 millions d’euros d’actifs immobiliers « non stratégiques » dans les trois prochaines années.

Investissements mieux ciblés 

  • Une enveloppe annuelle de 2 milliards d’euros est prévue dès 2018. Les budgets consacrés aux investissements seront désormais « ajustés au potentiel des magasins » et donneront la priorité à l’informatique et au numérique.
  • Ouverture d’au moins 2 000 magasins de proximité dans les 5 prochaines années en mettant l’accent sur les grandes métropoles européennes.
  • Ouverture de 20 magasins Atacadao, enseigne d’hypers maxidiscompte rachetée en 2007 par Carrefour, au Brésil.
  • Investissement massif dans le numérique: 2,8 milliard d’euros sur 5 ans, « soit six fois plus que les investissements actuellement consentis ». Lancement en 2018 d’un site unique en France, Carrefour.fr, qui aura vocation à être généralisé à toutes les zones géographiques.

Les grands axes e-commerce et bio

  • Objectif de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans le commerce en ligne alimentaire et part de marché supérieure à 20% en France d’ici à 2022 sur ce créneau.
  • Carrefour veut quasiment quadrupler son chiffre d’affaires dans le bio, de 1,3 milliard d’euros actuellement à 5 milliards d’euros en 2022. Il met en oeuvre un plan de soutien à la conversion au bio des agriculteurs. Il va accroître sa gamme de produits bio et généraliser les zones de produits bio dans les magasins en France.

Deux nouveaux partenaires en Chine

Carrefour, confronté à un repli de ses ventes et à des pertes en Chine, va ouvrir le capital de sa filiale chinoise au géant de l’internet chinois Tencent et à la chaîne chinoise de super-marchés Yonghui. Carrefour entend cependant rester le premier actionnaire de sa filiale chinoise, selon le projet d’accord préliminaire. Grâce au projet de partenariat stratégique avec Tencent sur le partage des données, la numérisation des magasins, les solutions de paiement mobile et l’exploitation de données, Carrefour veut « améliorer sa visibilité sur internet ».

« Carrefour continue d’avancer masqué » dénonce FO

« Ce qu’on retient, c’est la méthode », il n’y a « pas de stratégie de discussion avec les partenai- res sociaux », a déclaré à l’AFP Michel Enguelz (FO). « Que les salariés l’apprennent par la presse, c’est une erreur fondamentale », a renchéri Sylvain Macé (CFDT), « un scandale » pour Philippe Allard (CGT).

Qualifiant d’ »énorme » le plan annoncé sur les sièges, le représentant FO s’est élevé contre la présentation de chiffres « morcelés, minimalistes », qui ne prennent « pas en compte » les centai- nes de postes (stations essence, administratif) déjà en suspens dans les hypermarchés, le passage en location gérance de cinq hypermarchés et les ex magasins Dia, rachetés en no- vembre 2014 par Carrefour. « On est sur quelque chose de bien plus vaste que ce qui est annoncé, Carrefour continue d’avancer masqué », a ajouté le représentant FO, premier syndicat du groupe.

Crainte de réduction d’effectifs dans la logistique

Quant au passage confirmé de cinq hypermarchés en location gérance, soit plus de 600 salariés au total, c’est « bien une façon déguisée d’éliminer » des effectifs, a jugé Michel  En- guelz. La réduction des coûts logistiques annoncée, inquiète aussi les syndicats. Les entre- pôts emploient « 7 000 à 8 000  personnes », selon la CGT qui craint là aussi des effectifs revus à la baisse.

Un comité de groupe France extraordinaire est convoqué vendredi. « Il y a encore des obliga- tions légales en France », comme celle « d’informer les institutions représentatives du personnel avant la presse », a observé la CFDT à propos des annonces du PDG. Le comité de groupe « sera l’occasion de voir comment on traite la question ».

recueillie par Jérémy Armand et Vincent Bars  23/01/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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23 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

boum! (france info + bastamag)

boum

En 2017, le monde a connu un « boom des milliardaires », révèle l’ONG Oxfam

Un rapport d’Oxfam publié lundi 22 janvier 2018 révèle que les inégalités se creusent.  A l’occasion du forum de Davos, l’ONG lance un appel aux dirigeants pour que  »l’économie fonctionne pour tous et pas uniquement pour une riche minorité ».

Les inégalités se sont creusées en 2017, révèle Oxfam, lundi 22 janvier. 

Selon son nouveau rapport intitulé « Récompenser le travail, pas la richesse », publié à la veille de l’ouverture du World Economic Forum à Davos (Suisse), 82% de la richesse créée en 2017 dans le monde a terminé entre les mains du 1% le plus riche de la population de la planète. A l’inverse, 50% de la population mondiale n’a pas touché le moindre bénéfice de la croissance mondiale.

« Le boom des milliardaires n’est pas le signe d’une économie prospère, mais un symptôme de l’échec du système économique », a affirmé la directrice de l’ONG Winnie Byanyima. « On exploite les personnes qui fabriquent nos vêtements, qui assemblent nos téléphones portables et cultivent les aliments que nous mangeons, afin de garantir un approvisionnement constant en produits pas chers, mais aussi pour grossir les profits des entreprises et leurs riches investisseurs », s’est-elle insurgée.

Les femmes victimes des inégalités 

Depuis 2010, la richesse de cette « élite économique » a augmenté en moyenne de 13% par année, a précisé Oxfam, avec un pic atteint entre mars 2016 et mars 2017, période où « s’est produit la plus grande augmentation de l’histoire en nombre de personnes dont la fortune dépasse le milliard de dollars, au rythme de neuf nouveaux milliardaires par an ».

Selon cette étude, les femmes payent le prix fort de ces inégalités.  »Dans le monde entier, les femmes gagnent moins que les hommes et elles sont sur-représentées dans les emplois les moins bien payés et les plus précaires. De la même manière, sur dix nouveaux milliardaires, neuf sont des hommes », a-t-elle ajouté.

L’ONG lance un appel aux dirigeants, pour que « l’économie fonctionne pour tous et pas uniquement pour une riche minorité ». Elle préconise la limitation des dividendes pour les actionnaires et les dirigeants d’entreprises, la fin de « la brèche salariale » entre hommes et femmes, ainsi que la lutte contre l’évasion fiscale.

22/01/2018

https://www.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Le patrimoine des milliardaires augmente six fois plus vite que la rémunération du travail (Bastamag)

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22 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

oxfam (rts.ch)

macron

Pauvres patrons!

Les 1% les plus riches ont accaparé 82% de la richesse créée en 2017

Le nombre de milliardaires a atteint un nouveau record à près de 2050, un nouveau tous les deux jours. Parmi eux, neuf sur dix sont des hommes. L’augmentation de la richesse des milliardaires par rapport à 2016, de plus de 730 milliards de francs, a elle aussi constitué la plus importante observée, indique l’ONG britannique Oxfam dans un rapport publié lundi à Genève.

Cette hausse dépasse de plus de sept fois le montant qui permettrait de mettre un terme à la pauvreté extrême dans le monde.

En 2017, 3,7 milliards de personnes n’ont pas bénéficié de la croissance économique, selon ce rapport publié avant la réunion du Forum économique mondial (WEF). Au total, les 1% les plus aisés ont accaparé 82% de la richesse mondiale créée l’an dernier. Et ils ont évité de payer 200 milliards de dollars par des manoeuvres fiscales.

Plus d’évasion que d’aide

De leur côté, les pays en développement perdent au moins 170 milliards de dollars de recettes par an en raison de l’évasion fiscale, davantage que l’aide qui leur est attribuée. L’ONG appel- le à mettre un terme à ces pratiques ou encore à investir dans l’éducation et la santé pour tous.

Pour un impôt mondial

Parmi de nombreux dispositifs, Oxfam propose par exemple un impôt mondial sur les richesses des milliardaires ou encore de distribuer la moitié des bénéfices aux travailleurs les plus pauvres d’une filière. Elle demande de privilégier la main-d’oeuvre « ordinaire » et les petits producteurs plutôt que les riches.
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19 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

la caste (l’obs)

haut fonction

Les privilèges de la « caste » : ces 600 hauts fonctionnaires mieux payés que le président

Ils sont l’élite, la nouvelle « noblesse d’Etat », une véritable « caste ». Ce sont les très hauts fonctionnaires. Parvenus au sommet de la République, ils se répartissent les postes les plus lucratifs, préservent jalousement leurs avantages, entretiennent leurs carnets d’adresses. « Il n’est plus acceptable qu’ils continuent de jouir de protections hors du temps »avait dénoncé Emmanuel Macron lui-même. Le président de la République n’ignore donc rien de leurs privilèges. Reste à savoir s’il désire s’y attaquer.

Qui sont ces grands commis de l’Etat ?

Durant près de deux ans, Vincent Jauvert a mené l’enquête, rencontré une centaine de té- moins, mis la main sur des documents confidentiels. Une plongée inédite dans un monde se- cret, dont il est ressorti avec un sentiment amer. «Je ne m’attendais pas à découvrir un tel déclin de l’esprit public, écrit-il, un tel mépris des règles éthiques.» D’anciens barons de Bercy se vendent à des multinationales pour révéler les failles des lois fiscales qu’ils ont eux-mêmes élaborées, des énarques incompétents ne sont jamais sanctionnés, des couples de techno-crates se font la courte échelle pour privilégier leurs carrières. Le journaliste dévoile aussi les salaires considérables des plus hauts fonctionnaires. Ils sont plus de six cents à être mieux rémunérés que le président de la République. Edifiant. Extraits.

«Voici un document interne de la Direction générale des Finances publiques. Nom de code : «REM 150». Daté du 4 octobre 2016, il a été estampillé «confidentiel», puis transmis à une poignée de hauts responsables français, avec interdiction de le diffuser. Il m’a pourtant été remis. Que révèle-t-il de si grave ? L’état réel de la dette française ? La faillite prochaine d’une grande banque ? Non…

Plus de 600 hauts fonctionnaires gagnaient, en 2012, plus de 150.000 euros net par an. Conflits d’intérêts, rémunérations exorbitantes, entre-soi dévastateur… Dans son dernier livre, «Les Intouchables d’Etat», notre grand reporter Vincent Jauvert dévoile les petits et les grands secrets de la haute fonction publique.

L’Obs17 janvier 2018 Matthieu Aron

https://www.anti-k.org/

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