Archive | Crise

27 juin 2017 ~ 0 Commentaire

portugal (npa)

incend

Catastrophes naturelles?  Incendies meurtriers au Portugal: le business de l’eucalyptus et l’austérité européenne accusés

Après le grave incendie de Pedrógão Grande, qui a fait 64 morts ce week-end au Portugal, la population tente de comprendre. Pour João Camargo, spécialiste du changement climatique à Lisbonne, il faut cesser les politiques qui ont conduit, en raison de l’austérité notamment, au démantèlement et à la libéralisation des services publics forestiers.

Les images du violent incendie qui a ravagé pendant plusieurs jours le centre du Portugal cette semaine, à la suite d’un orage sec, ont soulevé beaucoup de questions. Le drame humain sans précédent: 64 morts, plus de 200 blessés, est venu interroger dans la douleur, au milieu des cendres, des voitures calcinées et des corps carbonisés de la National 236, les politiques publiques menées ces dernières années dans un pays régulièrement confronté aux feux de forêt. Après la crise de 2008 et avec la bénédiction de la Troïka débarquée en 2011, les responsables politiques ont en effet accéléré la « libéralisation et le démantèlement » des services de gestion et de protection des forêts, au profit d’une monoculture très rentable lancée dans les années 80, l’eucalyptus, déplore dans les pages du quotidien Público João Camargo, chercheur à l’Institut de Sciences Sociales de Lisbonne (ICS-UL).

Patricia Neves : Quels sont les facteurs climatiques qui ont participé à l’incendie de Pedrógão Grande ?

João Camargo : Il y a à la fois les températures supérieures à la moyenne (5 à 7 degrés de plus) enregistrées le samedi 17 juin lorsque l’incendie s’est déclenché, les vents très forts, les sols frappés par la sécheresse… Pedrógão Grande se situe par ailleurs dans une zone peu habitée, marquée par l’exode rural, où domine l’eucalyptus… C’est une sorte de cocktail parfait ayant conduit au pire.

Le phénomène n’est toutefois pas nouveau : en 2003/2005, le Portugal a eu deux années apocalyptiques, très chaudes. Des zones gigantesques ont alors brûlé (en 2016, le pays a aussi été durement touché, en particulier l’île de Madère, ndlr). Par rapport à ses voisins, au climat pourtant semblable, (l’Espagne, la Grèce, l’Italie et même la France), le Portugal est le pays dont le territoire a le plus brûlé. Les zones touchées ont ensuite été rapidement replan- tées avec de l’eucalyptus essentiellement, dont la spécificité est de repousser assez vite sans grand entretien. Les incendies s’inscrivent ainsi dans des cycles : ça brûle, on plante, ça repousse… et si rien n’est fait, c’est prêt à brûler de nouveau…

Vous avez justement dénoncé dans le quotidien Público, ce lundi, la mainmise de l’eucalyptus au Portugal, une industrie qui pèse lourd dans l’économie du pays. Expliquez-nous.

João Camargo : Il y a selon moi une corrélation entre l’augmentation du nombre d’incendies et l’expansion de l’eucalyptus au Portugal (une expansion de 13% entre 1995 et 2010, ndlr). Les terres agricoles ont progressivement laissé place à un territoire forestier, dominé d’abord par les pins puis par l’eucalyptus. C’est précisément au cours de cette transition que l’on a observé une hausse du nombre d’incendies, dont l’intensité s’est également accrue (les feuilles, l’écorce et surtout l’huile d’eucalyptus sont hautement inflammables, ndlr).

Aujourd’hui, l’eucalyptus représente près de 30% des espèces au Portugal, selon les derniers chiffres officiels rendus publics en 2010. 9% du territoire (plus de 800.000 hectares) serait par conséquent recouvert d’eucalyptus. Seuls le Brésil, l’Inde, l’Australie et la Chine font mieux. En proportion néanmoins, si on tient compte de la superficie, le Portugal est sans doute le pays qui compte le plus d’eucalyptus au mètre carré dans le monde. Une donnée qui s’explique notamment en raison du poids de l’industrie du papier et de la pâte à papier (alimentée pour l’essentiel par le bois d’eucalyptus, ndlr), qui représente 1% du PIB portugais malgré le peu d’emplois directs créés.

Cette industrie a, selon vous, fait pression et cherché à influencer les législateurs. Comment ?

João Camargo : Prenez le controversé décret de loi nº96/2013 qui a considérablement libéra- lisé, en 2013 sous le précédent gouvernement (de droite), la plantation d’eucalyptus. Par exemple, pour les parcelles de moins de deux hectares, une simple déclaration préalable suffit désormais pour les propriétaires souhaitant investir dans l’espèce. Or ces terrains repré- sentent plus de 80% du territoire forestier portugais. Toutes les associations de défense de l’environnement mais aussi d’autres intervenants, tels que les pompiers, ont dénoncé à l’épo- que cette loi qui a également participé à lever une partie des quelques restrictions encore existantes. Il est toutefois question, à présent pour l’actuel gouvernement (de gauche), de révoquer ledit décret.

Seulement, les discussions qui ont commencé il y a près d’un an ont fait l’objet d’une immense levée de boucliers de la part des industriels qui ont menacé de mettre un terme à leurs inves- tissements sur le territoire national. Le géant Navigator Company (ex-Portucel) l’ancienne entreprise publique privatisée, est ainsi présent dans de nombreux pays (Navigator Company a enregistré en 2015 un chiffre d’affaires en hausse de 5,6% pour atteindre 1,6 milliard d’euros, ndlr.) Depuis, la position du gouvernement, sous pression, s’est petit à petit adoucie sur le sujet.

Autre élément : la proposition visant à mettre en place un « cadastro florestal », un registre public centralisé, afin d’identifier et de répertorier l’ensemble des propriétaires. Ce registre n’existe pas aujourd’hui au Portugal. C’est un scandale. Ça fait au moins vingt ans que les gouvernements promettent sa création mais l’idée soulève beaucoup de résistance. Peut-être parce qu’on va découvrir que la part des propriétaires non identifiés, morts, immigrés etc. laissant leurs terres à l’abandon, est encore plus importante que prévu ou que les terres sont exploitées par des tierces personnes voire des entreprises sans autorisation (les propriétaires d’1/3 des zones forestières portugaises ne seraient pas identifiés à ce jour au Portugal. La mesure nécessiterait le déblocage de 700 millions d’euros ndlr).

Quel impact a eu la crise, en particulier l’injonction de Bruxelles sur les déficits, vis-à-vis de la gestion et la protection des forêts ?

João Camargo : Le Portugal a cessé d’avoir une politique forestière publique digne de ce nom. En témoignent notamment les coupes successives, d’abord dans les effectifs (le nombre de gardes forestiers, par exemple, qui avait déjà commencé à baisser, est passé de 1.200 mem- bres sous le précédent gouvernement de gauche à 317 l’année dernière, selon Francisco Louçã, du Bloc de Gauche, membre de la coalition au pouvoir, ndlr). L’intervention de la Troïka n’a ensuite fait qu’accélérer ce désengagement de l’Etat, encouragé par ailleurs à libéraliser le secteur. Le corps des gardes forestiers, très présent sur le terrain, a donc été démantelé tout comme les anciens « Serviços florestais », grande entité chargée de la gestion et la protection de la forêt, qui n’existait déjà plus en tant que telle avant l’arrivée des créanciers mais qui a été par la suite, sous l’impulsion de la Troïka, sévèrement restructurée.

Le ministère de l’Environnement et le ministère de l’Agriculture ont en effet fusionné, les « Serviços florestais » devenus « Autoridade florestal nacional » ont à leur tour fusionné avec le « Instituto da Conservação da Natureza »… Résultat : le nombre d’employés a diminué, les services sont moins spécialisés, moins opérationnels, surtout dans leur capacité à mener des opérations sur le terrain… En parallèle, outre ces restructurations, la Troïka a encouragé le gouvernement à libéraliser non seulement le code du travail ou la finance, mais aussi les ressources des sols…

Source: Marianne

Patricia Neves Lundi 26 juin 2017

https://npa2009.org/

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19 juin 2017 ~ 0 Commentaire

tour grenfell

tour

Ça, c’est la tour Grenfell.
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Elle a été bâtie dans les années soixante dix et se trouve dans un quartier de Londres qui est maintenant super riche. Elle est coincée entre Kensington (le quartier où vit William) et Notting Hill, quartier « bobo » et « artiste », plein de riches (stars, milliardaires russes et saoudiens, etc).
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La tour est une tour HLM.
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Le council (autorité locale) parle depuis des années de « résoudre le problème » que pose la tour, à savoir les pauvres qui habitent dedans. Des 400+ résidents, la plupart sont des familles, des mères célibataires et leurs enfants, des gens qui ne s’appellent pas John ou Imogene Smith.
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La tour a un blog. Sur ce blog, depuis des années, les résidents se plaignent des risques incendies. DIX NEUF FOIS, par le biais de leur député, ils ont demandé à ce que la commission incendie passe dans l’immeuble et l’inspecte. À chaque fois, ils se sont fait envoyer paître par le council qui était, jusqu’à la semaine dernière, un siège conservateur. Y avait des sous à économiser. C’était des ménagères, elles avaient un accent bizarre, elles pouvaient être ignorées.
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Les résidents autour, les riches, par contre, on les a écoutés. On les a écoutés se plaindre que la tour était immonde à regarder, qu’elle faisant tâche au milieu des belles maisons historiques, et que c’était vraiment un scandale.
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Alors on a débloqué des fonds pour rénover la tour. On a, entre autres, enveloppé le bâtiment d’une couche de plastique pour isoler, protéger de l’humidité, mais surtout, pour faire joli. Parce que les riches d’à côté, ils trouvaient le béton moche.
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Mais le risque incendie n’a pas été pris en compte. Il n’y a pas eu de discussion autour de l’absence de sortie de secours, de sprinklers (sortes de douches incendie NDB), d’alarme commune. La marche à suivre en cas d’incendie (fermez la porte, restez chez vous) n’a jamais été révisée malgré le changement important apporté à la structure du bâtiment.
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L’année dernière, les députés conservateurs ont voté contre une loi proposée par les travaillistes et visant à forcer les propriétaires à rendre les logements salubres. Les risques incendie en faisaient partie.
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Dans la nuit de mardi à mercredi, un incendie s’est déclaré. La couche de plastique qui entourait le bâtiment s’est enflammée comme un feu de paille. Et les pauvres, les étrangers, les mères célibataires se sont retrouvés coincés dans leur boite d’allumettes.
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À l’intersection du classisme, du sexisme et de l’avarice, il y a des dizaines de corps brûlés, des enfants jetés par la fenêtre par des parents désespérés et des politiciens avec des discours qui sonnent comme des mensonges. J’ai la rage.
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17 juin 2017 ~ 0 Commentaire

tour de londres (the guardian)

tour

Manif pour exiger la vérité sur l’incendie d’une tour (de pauvres) à Londres. Jeremy Corbyn avait voulu faire passer une loi contre la location de logement inhabitables, rejetée par les Conservateurs…

The Guardian article

The Guardian en direct

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29 avril 2017 ~ 0 Commentaire

lapin (l’union)

bugs bunny

Reims: un agent du Crous privé de salaire pendant une semaine pour le vol de deux cuisses de lapin

Le conseil de discipline du Crous de Reims a décidé de sanctionner fortement l’un de ses agents. Ce dernier, salarié depuis 41 ans au Centre régional des Oeuvres Universitaires et Scolaires, a reconnu avoir dérobé deux cuisses de lapin à la cuisine centrale du restaurant universitaire.

Pour ce vol, il écope d’une semaine de suspension de salaire.

Une sanction dénoncée par la CGT du Crous rémois. Dans un communiqué, le syndicat s’insurge: «Pendant qu’un responsable politique refuse de se présenter à une convocation des juges dans le cadre d’une affaire présumée d’emplois fictifs de plusieurs millions d’euros d’argent public grâce à leur immunité parlementaire, et de surcroît prétend à occuper la plus haute fonction à savoir Président de la République, la Direction du CROUS de Reims, elle, ose organiser un conseil de discipline pour le supposé vol de deux cuisses de lapin.»

A la direction du Crous, on insiste sur une décision prise à l’unanimité d’un conseil de discipline paritaire, pour un vol reconnu par son auteur.

« La CGT ayant boycotté ce conseil et le salarié ne s’étant pas présenté, les représentants de la direction et les autres syndicats se sont prononcés », explique la directrice du Crous, Mag- dalena Miatello. Elle indique, par ailleurs, que deux personnes étaient convoquées devant cette instance  : le salarié qui écope d’une suspension de traitement et le cuisinier, auquel il a demandé les cuisses de lapin. Ce dernier s’est présenté devant le conseil et écope d’un blâme. Ce qui fait dire à la directrice du Crous que les sanctions sont proportionnées à la nature des faits. « L’objectif n’était pas de faire un exemple», assure-t-elle.

300 euros de perte de salaire

Reste l’aspect pécuniaire, non négligeable, de la suspension de salaire pendant une semaine. Pour la CGT, cela risque d’aggraver, pour l’agent concerné, une situation financière déjà difficile. Il va en effet perdre 300 euros sur un salaire de 1 400 euros nets.

Du côté du Crous, la direction affirme que cette précarité financière ne lui a jamais été signalée. « Nous avons un service social qui dispose d’un budget de 103 000 euros cette année, souligne Magdalena Miatello. Les agents peuvent être entendus par une assistante sociale. Nous pouvons les aider. Les représentants syndicaux aussi sont sensibilisés à la question. Son cas n’a pas été porté à notre connaissance.  »

A ce stade, le salarié sanctionné a la possibilité de faire un recours gracieux auprès de la direction du Crous ou faire appel de la sanction devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.

L’Union |  27/04/2017

http://www.lunion.fr/

Commentaire: Si seulement il avait fraudé des millions aux impôts! Il aurait eu la légion d’honneur!

Lire aussi:

Collard propose de « donner aux pauvres les poissons morts rejetés à la mer » (La Provence)

 

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16 avril 2017 ~ 0 Commentaire

allemagne (anti-k)

allemands

12,5 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, un record

La pauvreté a progressé de 15 % en 2013 pour toucher 12,5 millions de person- nes, un record, indique l’étude publiée par la fédération d’aide sociale Paritätischer Wohlfahrtsverband.

Vu de France, ce chiffre pourrait sembler paradoxal. Et pourtant. Outre-Rhin 12,5 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en 2013, un record depuis la réunification du pays en 1990, selon l’étude publiée hier par Paritätischer Wohlfahrtsverband (PW), une fédération qui regroupe quelque 10.000 associations actives dans le domaine de l’aide sociale et de la santé. Cette année là, la pauvreté a bondi de 15 % à 15,5 % par rapport à 2012, année où les chiffres avaient déjà surpris.

« Depuis 2006, on observe clairement une dangereuse tendance d’augmentation à la pauvreté (…) La pauvreté en Allemagne n’a jamais été aussi élevée et la fragmentation régionale n’a jamais été aussi sévère qu’aujourd’hui », a déclaré au site Euractiv Allemagne Ulrich Schneider, le directeur général de Paritätischer Gesamtverband (PG). Une pierre dans le jardin du gouvernement qui assure que l’écart entre riches et pauvres diminue. Une affirmation « tout simplement fausse » pour le responsable de PG.

Comme en France, les mères célibataires sont particulièrement exposées, plus de 40 % d’entre elles basculent dans la pauvreté, indique le rapport.

Si la pauvreté augmente à l’échelle nationale, le fossé qui existe entre régions prospères et régions en déshérence s’est également aggravé depuis 2006. La situation s’est détériorée dans 13 des 16 Länder: les villes-Etats de Brême et de Berlin ainsi que le Land de Mecklem-bourg-Poméranie, dans le nord du pays, sont les plus exposés à la pauvreté; à l’inverse, la Bavière (sud) et le Bade-Wurtemberg (sud-ouest) sont les moins touchés. Hambourg (nord) et plusieurs secteurs de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (ouest) ont connu une forte poussée de la pauvreté, dont le taux est resté stable, voire a légèrement reculé, en Saxe-Anhalt (centre), Brandebourg et en Saxe (est).

« La pauvreté est un problème bien de chez nous« , a poursuivi Ulrich Schneider pour qui l’Allemagne « a clairement un problème croissant de distribution de la richesse » . Et, alors que l’industrie allemande ne cesse de battre des records à l’exportation, cela risque de perdurer. Selon PW, le nouveau salaire minimum entré en vigueur début 2015 (8,50 EUR brut de l’heure), ne permet en effet pas de changer la donne.

Des seuils qui varient d’un pays à l’autre

Mais comment mesure-t-on cette pauvreté ? En Allemagne, les personnes vivant seules avec un revenu inférieur à 892 euros par mois sont classées dans la catégorie des « pauvres ». Une famille avec deux enfants intègre cette catégorie si elle vit avec moins de 1.872 euros par mois.

Des chiffres qui peuvent surprendre.

Masi, en Europe le calcul du seuil de pauvreté varie d’un pays à l’autre (voir le graphique établi par Eurostat pour les pays d’Europe). Selon l’Observatoire des inégalités, cet écart allait de 1.286 euros par mois en Norvège à 180 euros en Roumanie, en passant par 500 euros en Grèce, soit près de deux fois moins qu’en France (935 euros par mois).

JEAN-MICHEL GRADT 20/02/15

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11 avril 2017 ~ 0 Commentaire

voleurs! (npa)

arsene lupin

Ils ont volé 200 milliards

À chaque fois que Philippe Poutou avance des mesures comme l’augmentation des retraites ou l’embauche de personnels dans les hôpitaux, il se fait retoquer par des journalistes ou des économistes hautains qui veulent démontrer par A + B que de l’argent, il n’y en aurait pas…

C’est le refrain permanent de la gauche de gouvernement à la droite depuis un bon nombre d’années, ce qui n’empêche pas la multiplication des cadeaux au patronat et aux grandes fortunes.

Mardi 28 mars, l’association Attac, soutenue par un ensemble d’organisations, a apporté de l’eau à notre moulin en publiant un rapport intitulé « Rendez l’argent ! » qui montre qu’il serait possible de récupérer chaque année jusqu’à 200 milliards d’euros d’argent public « confisqué ». Confisqué par qui ? Les riches et les grandes entreprises.

Citons quelques-unes des ressources énumérées dans le rapport :

La fraude à l’impôt et aux cotisations sociales des entreprises, qui représente 60 à 80 milliards d’euros par an ;

Le crédit impôt recherche accordé aux entreprises, qui coûte 5 milliards d’euros à peu près inutilement ;

L’impôt sur le revenu, qui, si l’on renforçait sa progressivité pour que les ménages très aisés y contribuent davantage, permettrait de dégager entre 5 et 10 milliards ;

Une réforme limitée de l’impôt sur les sociétés qui permettrait de dégager jusqu’à 10 milliards d’euros ;

L’abandon du CICE et du pacte de responsabilité qui permettrait de récupérer 40 milliards d’euros ;

Une taxe sur les transactions financières, qui pourrait rapporter entre 10 et 36 milliards d’euros (selon son taux et son champ d’application).

Au total, ce sont donc jusqu’à 200 milliards de recettes fiscales qui sont potentiel- lement récupérables, cela sans alourdir les impôts et taxes acquittés par les classes popu- laires et moyennes, ni supprimer des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires… Mais pour cela, il faut une vraie volonté de s’attaquer à ceux qui profitent du système !

Lundi 10 avril 2017

https://npa2009.org/actualite/economie/ils-ont-vole-200-milliards

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25 octobre 2016 ~ 0 Commentaire

prix nobel (le monde diplomatique)

marx nobel

Quand une banque distribue des médailles

Dans leur effort visant à élever l’économie au rang de science (et à travestir leurs préférences en fatalité), les libéraux jouissent d’un argument de poids : la consécration de leur spécialité par un prix Nobel ne l’assimile-t-elle pas à des disciplines aussi peu suspectes que la physique, la chimie ou la médecine ?

A priori implacable, le raisonnement s’avère trompeur…

Le « Nobel d’économie » n’a été créé qu’en 1969, soit presque soixante dix ans après les premiers prix Nobel, et pas par l’industriel suédois. Son vrai nom ? « Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel ». Dans son testament, Alfred Nobel précise que les prix auxquels il donne naissance seront remis à des personnes de toute nationalité ayant « rendu un grand service à l’humanité ». Or les lauréats de la Banque de Suède proviennent presque tous de pays occidentaux et leurs travaux servent moins l’huma- nité en général que la partie qui profite du modèle économique en place.

L’économie est une discipline récente, et plus de la moitié des « Nobel d’économie » sont encore vivants. 82 % d’entre eux étaient de nationalité américaine lors de leur nomination, alors que les « Nobel d’économie » européens vivants sont très peu nombreux : un Allemand, trois Britanniques, un Français et un Norvégien. Précisons que le Français Jean Tirole (lauréat 2014) et le Norvégien Finn Kydland (2004) ont tous deux obtenu leur doctorat aux États-Unis. Kydland y a d’ailleurs mené toute sa carrière, alors que Tirole est revenu en France pour créer à Toulouse une école d’économie calquée sur le modèle américain d’excellence académique.

Quant aux Nobel vivants issus du monde en développement, ils se résument à un nom : l’hétérodoxe Amartya Sen (1998), Indien ayant fait carrière au Royaume-Uni et aux États-Unis. Lorsqu’on s’intéresse au profil des candidats, on constate, depuis la fin des années 1970, un renforcement du poids des États-Unis, accompagné d’une orientation à la fois plus libérale, plus technique et plus tournée vers la finance.

À travers le prix Nobel, les représentants autoproclamés de la « science » écono- mique ont défendu la globalisation financière, promu l’idée d’efficience des marchés et prôné l’indépendance des banques centrales, tout en dénonçant la « nocivité » de l’État. Ils ont projeté sur le monde scientifique, et dans l’espace public, une idéalisation collective du marché centrée sur l’Occident et même, plus précisément, sur les États-Unis. Laquelle connaît un regain de vigueur dans les années 1980 et s’impose au même moment dans les organisations internationales (FMI, Banque mondiale).

Multiplier les entretiens sur des thèmes sans aucun rapport avec l’expertise récompensée

Le « prix Nobel » permet à ses nouveaux lauréats d’occuper l’espace public et crée l’illusion qu’il existe un consensus entre experts, renforçant les effets d’autorité de la science écono- mique. On le voit avec Tirole : il a multiplié les entretiens sur des thèmes sans rapport direct avec ses recherches, mais qui lui ont permis de promouvoir une vision néolibérale de l’écono- mie. Par exemple, il écrit dans un article pour Libération qu’« en matière de marché du travail, une augmentation du coût net du travail au niveau du smic a pour objet louable de compresser les inégalités salariales ; mais elle crée du chômage » : loin de toute évidence empirique, la seule solution pour lutter contre le chômage serait donc de déréguler le marché du travail, comme l’ont préconisé Friedrich Hayek ou Milton Friedman, deux figures du libéralisme.

Félicités en dépit des échecs

Un autre objectif est de laisser croire que l’économie est une science fiable, sinon exacte, même en présence de contre-performances manifestes des lauréats. Ce fut le cas pour Robert Merton et Myron Scholes (« Nobel » 1997), qui, entre 1993 et 1998, participaient à la direction de Long Term Capital Management, un des plus grands fonds d’investissement de l’histoire, qui fit faillite en 1998 à la suite de la crise financière asiatique : celle-ci n’avait pas été prévue, alors que leur prix Nobel, reçu un an plus tôt, récompensait… un modèle permettant, entre autres, d’anticiper les chocs financiers.

La crise des subprime en 2007 apparaît aussi comme un échec collectif massif de la profession dans son approche de la finance, mais Eugene Fama, père de la théorie des marchés efficients qui a favorisé l’effondrement systémique, a été récompensé par le Nobel en 2013 !  Frédéric Lebaron

zouave

Gary Becker En 1992, l’économiste Gary Becker (1930-2014) reçoit le « prix Nobel » de sa discipline « pour avoir formulé une théorie générale du comportement familial prenant en compte non seulement la répartition du travail et du temps, mais aussi les décisions concernant le mariage, le divorce et les enfants ».

Becker considérait ces derniers comme des « biens de consommation durables », et toute décision les concernant devait à ses yeux s’expliquer en conséquence. L’économiste a égale- ment percé le mystère de la criminalité : « Une personne commet un délit si le profit qu’elle en escompte excède celui qu’elle pourrait obtenir en consacrant son temps et ses ressources à d’autres activités » (Crime and Punishment : An Economic Approach, 1968).

Avant de perpétrer son crime, le malfaiteur effectue un calcul coût-bénéfice. Si le coût est trop élevé, il y renonce. Les travaux de Becker seront utilisés par les conservateurs américains pour justifier le durcissement des peines. Ils contribueront ainsi à remplir les prisons, situation que Becker jugeait cependant économiquement regrettable.

Frédéric Lebaron Professeur de sociologie à l’université de Versailles- Saint-Quentin-en-Yvelines. A codirigé Les Discours sur l’économie, Presses universitaires de France, 2013.

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02 octobre 2016 ~ 0 Commentaire

15 octobre (attac)

Stop TAFTA : TAFTA / CETA

Le 15 octobre, c’est dans la rue que ça se passe !

Dans toute la France et en Espagne, le 15 octobre nous marcherons pour dire stop au CETA et au TAFTA. À Paris une marche partira à Paris de la place de Stalingrad pour rejoindre la place de la République ou nous tiendrons une assemblée citoyenne avant de terminer la soirée avec un Opéra joué par Orchestre debout. La marche sera organisée en quatre cortèges thématiques : agriculture & alimentation – climat – démocratie & solidarité internationale – emploi & services publics.

Après plusieurs années de mobilisation des deux cotés de l’Atlantique, nous sommes parvenus à mettre de sérieux bâtons dans les roues du TAFTA, le projet d’accord qui vise à libéraliser les échanges commerciaux et les investissements entre les États-Unis et l’Union européenne.

Mais l’Union européenne s’apprête à signer un traité similaire avec le Canada : le CETA. Celui-ci doit recevoir l’approbation des États membres le 18 octobre prochain. S’il est approuvé, il sera soumis à la ratification du Parlement européen dans les mois suivants.

Pour stopper le CETA, des mobilisations s’organisent dans toute l’Europe au cours de l’automne. Des marches en Allemagne, en Autriche ou en Belgique ont déjà réunis des centaines de milliers de personnes. D’autres sont prévues à Amsterdam, Athènes, Copenhague, Dublin ou encore Madrid…

Alors RDV le 15 octobre à Paris et dans toute la France pour une grande action de mobilisation contre ces accords de libre-échange.

Plus d’infos sur la mobilisation.

samedi 1er octobre 2016

https://france.attac.org/

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29 septembre 2016 ~ 0 Commentaire

sdf (l’obs)

privileges-des-pauvres

Université 1 SDF sur 10 est diplômé de l’enseignement supérieur, selon l’Insee

Pas moins de 14 % de sans-abri ont suivi des études supérieures et 10% sont diplômés, selon une étude de l’Insee et de l’Institut national d’études démographiques (INED) publiée mercredi. Ces travaux se fondent sur un recensement mené début 2012 dans les centres d’héberge- ment, les hôtels, les centres maternels, les lieux de distribution de repas ou encore les banques alimentaires.

Le nombre de personnes privées d’un domicile personnel était, à l’époque, estimé à 143.000, dont 30.100 enfants. Il avait déjà bondi de 50 % par rapport à la précédente enquête, datant de 2001, avec une poussée très forte des familles, notamment étrangères. Ces données n’ont fait qu’empirer depuis. La préfecture d’Île-de-France déclare aujourd’hui mettre à l’abri 80.000 personnes chaque soir.

« Le phénomène de déclassement s’étend et le diplôme ne protège plus de la précarité », dénoncent le démographe Philippe Cordazzo et le sociologue Nicolas Sembel, auteurs de l’étude. « Faire des études, être diplômé n’empêche évidemment pas les maladies psychiatri- ques ou des addictions qui peuvent conduire à perdre son logement. »

Pour les diplômés en France, l’absence de logement est, dans 20 % des cas, motivée par une séparation d’avec leur conjoint, dans 10 %, par la perte de leur emploi et, dans 9 %, par l’incapacité de payer leur loyer.

Un quart des SDF ont par ailleurs un emploi. « Ce n’est pas négligeable et cela corrige sensiblement la figure classique du SDF très éloigné de l’employabilité », commentent les deux chercheurs. Et parmi les diplômés, 41 % ont régulièrement travaillé.

http://tempsreel.nouvelobs.com/

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21 septembre 2016 ~ 0 Commentaire

des chiffres et des lettres

QuiMangeLePain

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