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29 avril 2017 ~ 0 Commentaire

lapin (l’union)

bugs bunny

Reims: un agent du Crous privé de salaire pendant une semaine pour le vol de deux cuisses de lapin

Le conseil de discipline du Crous de Reims a décidé de sanctionner fortement l’un de ses agents. Ce dernier, salarié depuis 41 ans au Centre régional des Oeuvres Universitaires et Scolaires, a reconnu avoir dérobé deux cuisses de lapin à la cuisine centrale du restaurant universitaire.

Pour ce vol, il écope d’une semaine de suspension de salaire.

Une sanction dénoncée par la CGT du Crous rémois. Dans un communiqué, le syndicat s’insurge: «Pendant qu’un responsable politique refuse de se présenter à une convocation des juges dans le cadre d’une affaire présumée d’emplois fictifs de plusieurs millions d’euros d’argent public grâce à leur immunité parlementaire, et de surcroît prétend à occuper la plus haute fonction à savoir Président de la République, la Direction du CROUS de Reims, elle, ose organiser un conseil de discipline pour le supposé vol de deux cuisses de lapin.»

A la direction du Crous, on insiste sur une décision prise à l’unanimité d’un conseil de discipline paritaire, pour un vol reconnu par son auteur.

« La CGT ayant boycotté ce conseil et le salarié ne s’étant pas présenté, les représentants de la direction et les autres syndicats se sont prononcés », explique la directrice du Crous, Mag- dalena Miatello. Elle indique, par ailleurs, que deux personnes étaient convoquées devant cette instance  : le salarié qui écope d’une suspension de traitement et le cuisinier, auquel il a demandé les cuisses de lapin. Ce dernier s’est présenté devant le conseil et écope d’un blâme. Ce qui fait dire à la directrice du Crous que les sanctions sont proportionnées à la nature des faits. « L’objectif n’était pas de faire un exemple», assure-t-elle.

300 euros de perte de salaire

Reste l’aspect pécuniaire, non négligeable, de la suspension de salaire pendant une semaine. Pour la CGT, cela risque d’aggraver, pour l’agent concerné, une situation financière déjà difficile. Il va en effet perdre 300 euros sur un salaire de 1 400 euros nets.

Du côté du Crous, la direction affirme que cette précarité financière ne lui a jamais été signalée. « Nous avons un service social qui dispose d’un budget de 103 000 euros cette année, souligne Magdalena Miatello. Les agents peuvent être entendus par une assistante sociale. Nous pouvons les aider. Les représentants syndicaux aussi sont sensibilisés à la question. Son cas n’a pas été porté à notre connaissance.  »

A ce stade, le salarié sanctionné a la possibilité de faire un recours gracieux auprès de la direction du Crous ou faire appel de la sanction devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.

L’Union |  27/04/2017

http://www.lunion.fr/

Commentaire: Si seulement il avait fraudé des millions aux impôts! Il aurait eu la légion d’honneur!

Lire aussi:

Collard propose de « donner aux pauvres les poissons morts rejetés à la mer » (La Provence)

 

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16 avril 2017 ~ 0 Commentaire

allemagne (anti-k)

allemands

12,5 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, un record

La pauvreté a progressé de 15 % en 2013 pour toucher 12,5 millions de person- nes, un record, indique l’étude publiée par la fédération d’aide sociale Paritätischer Wohlfahrtsverband.

Vu de France, ce chiffre pourrait sembler paradoxal. Et pourtant. Outre-Rhin 12,5 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en 2013, un record depuis la réunification du pays en 1990, selon l’étude publiée hier par Paritätischer Wohlfahrtsverband (PW), une fédération qui regroupe quelque 10.000 associations actives dans le domaine de l’aide sociale et de la santé. Cette année là, la pauvreté a bondi de 15 % à 15,5 % par rapport à 2012, année où les chiffres avaient déjà surpris.

« Depuis 2006, on observe clairement une dangereuse tendance d’augmentation à la pauvreté (…) La pauvreté en Allemagne n’a jamais été aussi élevée et la fragmentation régionale n’a jamais été aussi sévère qu’aujourd’hui », a déclaré au site Euractiv Allemagne Ulrich Schneider, le directeur général de Paritätischer Gesamtverband (PG). Une pierre dans le jardin du gouvernement qui assure que l’écart entre riches et pauvres diminue. Une affirmation « tout simplement fausse » pour le responsable de PG.

Comme en France, les mères célibataires sont particulièrement exposées, plus de 40 % d’entre elles basculent dans la pauvreté, indique le rapport.

Si la pauvreté augmente à l’échelle nationale, le fossé qui existe entre régions prospères et régions en déshérence s’est également aggravé depuis 2006. La situation s’est détériorée dans 13 des 16 Länder: les villes-Etats de Brême et de Berlin ainsi que le Land de Mecklem-bourg-Poméranie, dans le nord du pays, sont les plus exposés à la pauvreté; à l’inverse, la Bavière (sud) et le Bade-Wurtemberg (sud-ouest) sont les moins touchés. Hambourg (nord) et plusieurs secteurs de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (ouest) ont connu une forte poussée de la pauvreté, dont le taux est resté stable, voire a légèrement reculé, en Saxe-Anhalt (centre), Brandebourg et en Saxe (est).

« La pauvreté est un problème bien de chez nous« , a poursuivi Ulrich Schneider pour qui l’Allemagne « a clairement un problème croissant de distribution de la richesse » . Et, alors que l’industrie allemande ne cesse de battre des records à l’exportation, cela risque de perdurer. Selon PW, le nouveau salaire minimum entré en vigueur début 2015 (8,50 EUR brut de l’heure), ne permet en effet pas de changer la donne.

Des seuils qui varient d’un pays à l’autre

Mais comment mesure-t-on cette pauvreté ? En Allemagne, les personnes vivant seules avec un revenu inférieur à 892 euros par mois sont classées dans la catégorie des « pauvres ». Une famille avec deux enfants intègre cette catégorie si elle vit avec moins de 1.872 euros par mois.

Des chiffres qui peuvent surprendre.

Masi, en Europe le calcul du seuil de pauvreté varie d’un pays à l’autre (voir le graphique établi par Eurostat pour les pays d’Europe). Selon l’Observatoire des inégalités, cet écart allait de 1.286 euros par mois en Norvège à 180 euros en Roumanie, en passant par 500 euros en Grèce, soit près de deux fois moins qu’en France (935 euros par mois).

JEAN-MICHEL GRADT 20/02/15

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11 avril 2017 ~ 0 Commentaire

voleurs! (npa)

arsene lupin

Ils ont volé 200 milliards

À chaque fois que Philippe Poutou avance des mesures comme l’augmentation des retraites ou l’embauche de personnels dans les hôpitaux, il se fait retoquer par des journalistes ou des économistes hautains qui veulent démontrer par A + B que de l’argent, il n’y en aurait pas…

C’est le refrain permanent de la gauche de gouvernement à la droite depuis un bon nombre d’années, ce qui n’empêche pas la multiplication des cadeaux au patronat et aux grandes fortunes.

Mardi 28 mars, l’association Attac, soutenue par un ensemble d’organisations, a apporté de l’eau à notre moulin en publiant un rapport intitulé « Rendez l’argent ! » qui montre qu’il serait possible de récupérer chaque année jusqu’à 200 milliards d’euros d’argent public « confisqué ». Confisqué par qui ? Les riches et les grandes entreprises.

Citons quelques-unes des ressources énumérées dans le rapport :

La fraude à l’impôt et aux cotisations sociales des entreprises, qui représente 60 à 80 milliards d’euros par an ;

Le crédit impôt recherche accordé aux entreprises, qui coûte 5 milliards d’euros à peu près inutilement ;

L’impôt sur le revenu, qui, si l’on renforçait sa progressivité pour que les ménages très aisés y contribuent davantage, permettrait de dégager entre 5 et 10 milliards ;

Une réforme limitée de l’impôt sur les sociétés qui permettrait de dégager jusqu’à 10 milliards d’euros ;

L’abandon du CICE et du pacte de responsabilité qui permettrait de récupérer 40 milliards d’euros ;

Une taxe sur les transactions financières, qui pourrait rapporter entre 10 et 36 milliards d’euros (selon son taux et son champ d’application).

Au total, ce sont donc jusqu’à 200 milliards de recettes fiscales qui sont potentiel- lement récupérables, cela sans alourdir les impôts et taxes acquittés par les classes popu- laires et moyennes, ni supprimer des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires… Mais pour cela, il faut une vraie volonté de s’attaquer à ceux qui profitent du système !

Lundi 10 avril 2017

https://npa2009.org/actualite/economie/ils-ont-vole-200-milliards

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25 octobre 2016 ~ 0 Commentaire

prix nobel (le monde diplomatique)

marx nobel

Quand une banque distribue des médailles

Dans leur effort visant à élever l’économie au rang de science (et à travestir leurs préférences en fatalité), les libéraux jouissent d’un argument de poids : la consécration de leur spécialité par un prix Nobel ne l’assimile-t-elle pas à des disciplines aussi peu suspectes que la physique, la chimie ou la médecine ?

A priori implacable, le raisonnement s’avère trompeur…

Le « Nobel d’économie » n’a été créé qu’en 1969, soit presque soixante dix ans après les premiers prix Nobel, et pas par l’industriel suédois. Son vrai nom ? « Prix de la Banque de Suède en sciences économiques en mémoire d’Alfred Nobel ». Dans son testament, Alfred Nobel précise que les prix auxquels il donne naissance seront remis à des personnes de toute nationalité ayant « rendu un grand service à l’humanité ». Or les lauréats de la Banque de Suède proviennent presque tous de pays occidentaux et leurs travaux servent moins l’huma- nité en général que la partie qui profite du modèle économique en place.

L’économie est une discipline récente, et plus de la moitié des « Nobel d’économie » sont encore vivants. 82 % d’entre eux étaient de nationalité américaine lors de leur nomination, alors que les « Nobel d’économie » européens vivants sont très peu nombreux : un Allemand, trois Britanniques, un Français et un Norvégien. Précisons que le Français Jean Tirole (lauréat 2014) et le Norvégien Finn Kydland (2004) ont tous deux obtenu leur doctorat aux États-Unis. Kydland y a d’ailleurs mené toute sa carrière, alors que Tirole est revenu en France pour créer à Toulouse une école d’économie calquée sur le modèle américain d’excellence académique.

Quant aux Nobel vivants issus du monde en développement, ils se résument à un nom : l’hétérodoxe Amartya Sen (1998), Indien ayant fait carrière au Royaume-Uni et aux États-Unis. Lorsqu’on s’intéresse au profil des candidats, on constate, depuis la fin des années 1970, un renforcement du poids des États-Unis, accompagné d’une orientation à la fois plus libérale, plus technique et plus tournée vers la finance.

À travers le prix Nobel, les représentants autoproclamés de la « science » écono- mique ont défendu la globalisation financière, promu l’idée d’efficience des marchés et prôné l’indépendance des banques centrales, tout en dénonçant la « nocivité » de l’État. Ils ont projeté sur le monde scientifique, et dans l’espace public, une idéalisation collective du marché centrée sur l’Occident et même, plus précisément, sur les États-Unis. Laquelle connaît un regain de vigueur dans les années 1980 et s’impose au même moment dans les organisations internationales (FMI, Banque mondiale).

Multiplier les entretiens sur des thèmes sans aucun rapport avec l’expertise récompensée

Le « prix Nobel » permet à ses nouveaux lauréats d’occuper l’espace public et crée l’illusion qu’il existe un consensus entre experts, renforçant les effets d’autorité de la science écono- mique. On le voit avec Tirole : il a multiplié les entretiens sur des thèmes sans rapport direct avec ses recherches, mais qui lui ont permis de promouvoir une vision néolibérale de l’écono- mie. Par exemple, il écrit dans un article pour Libération qu’« en matière de marché du travail, une augmentation du coût net du travail au niveau du smic a pour objet louable de compresser les inégalités salariales ; mais elle crée du chômage » : loin de toute évidence empirique, la seule solution pour lutter contre le chômage serait donc de déréguler le marché du travail, comme l’ont préconisé Friedrich Hayek ou Milton Friedman, deux figures du libéralisme.

Félicités en dépit des échecs

Un autre objectif est de laisser croire que l’économie est une science fiable, sinon exacte, même en présence de contre-performances manifestes des lauréats. Ce fut le cas pour Robert Merton et Myron Scholes (« Nobel » 1997), qui, entre 1993 et 1998, participaient à la direction de Long Term Capital Management, un des plus grands fonds d’investissement de l’histoire, qui fit faillite en 1998 à la suite de la crise financière asiatique : celle-ci n’avait pas été prévue, alors que leur prix Nobel, reçu un an plus tôt, récompensait… un modèle permettant, entre autres, d’anticiper les chocs financiers.

La crise des subprime en 2007 apparaît aussi comme un échec collectif massif de la profession dans son approche de la finance, mais Eugene Fama, père de la théorie des marchés efficients qui a favorisé l’effondrement systémique, a été récompensé par le Nobel en 2013 !  Frédéric Lebaron

zouave

Gary Becker En 1992, l’économiste Gary Becker (1930-2014) reçoit le « prix Nobel » de sa discipline « pour avoir formulé une théorie générale du comportement familial prenant en compte non seulement la répartition du travail et du temps, mais aussi les décisions concernant le mariage, le divorce et les enfants ».

Becker considérait ces derniers comme des « biens de consommation durables », et toute décision les concernant devait à ses yeux s’expliquer en conséquence. L’économiste a égale- ment percé le mystère de la criminalité : « Une personne commet un délit si le profit qu’elle en escompte excède celui qu’elle pourrait obtenir en consacrant son temps et ses ressources à d’autres activités » (Crime and Punishment : An Economic Approach, 1968).

Avant de perpétrer son crime, le malfaiteur effectue un calcul coût-bénéfice. Si le coût est trop élevé, il y renonce. Les travaux de Becker seront utilisés par les conservateurs américains pour justifier le durcissement des peines. Ils contribueront ainsi à remplir les prisons, situation que Becker jugeait cependant économiquement regrettable.

Frédéric Lebaron Professeur de sociologie à l’université de Versailles- Saint-Quentin-en-Yvelines. A codirigé Les Discours sur l’économie, Presses universitaires de France, 2013.

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02 octobre 2016 ~ 0 Commentaire

15 octobre (attac)

Stop TAFTA : TAFTA / CETA

Le 15 octobre, c’est dans la rue que ça se passe !

Dans toute la France et en Espagne, le 15 octobre nous marcherons pour dire stop au CETA et au TAFTA. À Paris une marche partira à Paris de la place de Stalingrad pour rejoindre la place de la République ou nous tiendrons une assemblée citoyenne avant de terminer la soirée avec un Opéra joué par Orchestre debout. La marche sera organisée en quatre cortèges thématiques : agriculture & alimentation – climat – démocratie & solidarité internationale – emploi & services publics.

Après plusieurs années de mobilisation des deux cotés de l’Atlantique, nous sommes parvenus à mettre de sérieux bâtons dans les roues du TAFTA, le projet d’accord qui vise à libéraliser les échanges commerciaux et les investissements entre les États-Unis et l’Union européenne.

Mais l’Union européenne s’apprête à signer un traité similaire avec le Canada : le CETA. Celui-ci doit recevoir l’approbation des États membres le 18 octobre prochain. S’il est approuvé, il sera soumis à la ratification du Parlement européen dans les mois suivants.

Pour stopper le CETA, des mobilisations s’organisent dans toute l’Europe au cours de l’automne. Des marches en Allemagne, en Autriche ou en Belgique ont déjà réunis des centaines de milliers de personnes. D’autres sont prévues à Amsterdam, Athènes, Copenhague, Dublin ou encore Madrid…

Alors RDV le 15 octobre à Paris et dans toute la France pour une grande action de mobilisation contre ces accords de libre-échange.

Plus d’infos sur la mobilisation.

samedi 1er octobre 2016

https://france.attac.org/

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29 septembre 2016 ~ 0 Commentaire

sdf (l’obs)

privileges-des-pauvres

Université 1 SDF sur 10 est diplômé de l’enseignement supérieur, selon l’Insee

Pas moins de 14 % de sans-abri ont suivi des études supérieures et 10% sont diplômés, selon une étude de l’Insee et de l’Institut national d’études démographiques (INED) publiée mercredi. Ces travaux se fondent sur un recensement mené début 2012 dans les centres d’héberge- ment, les hôtels, les centres maternels, les lieux de distribution de repas ou encore les banques alimentaires.

Le nombre de personnes privées d’un domicile personnel était, à l’époque, estimé à 143.000, dont 30.100 enfants. Il avait déjà bondi de 50 % par rapport à la précédente enquête, datant de 2001, avec une poussée très forte des familles, notamment étrangères. Ces données n’ont fait qu’empirer depuis. La préfecture d’Île-de-France déclare aujourd’hui mettre à l’abri 80.000 personnes chaque soir.

« Le phénomène de déclassement s’étend et le diplôme ne protège plus de la précarité », dénoncent le démographe Philippe Cordazzo et le sociologue Nicolas Sembel, auteurs de l’étude. « Faire des études, être diplômé n’empêche évidemment pas les maladies psychiatri- ques ou des addictions qui peuvent conduire à perdre son logement. »

Pour les diplômés en France, l’absence de logement est, dans 20 % des cas, motivée par une séparation d’avec leur conjoint, dans 10 %, par la perte de leur emploi et, dans 9 %, par l’incapacité de payer leur loyer.

Un quart des SDF ont par ailleurs un emploi. « Ce n’est pas négligeable et cela corrige sensiblement la figure classique du SDF très éloigné de l’employabilité », commentent les deux chercheurs. Et parmi les diplômés, 41 % ont régulièrement travaillé.

http://tempsreel.nouvelobs.com/

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21 septembre 2016 ~ 0 Commentaire

des chiffres et des lettres

QuiMangeLePain

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07 septembre 2016 ~ 0 Commentaire

michel husson (l’anti-k)

aide

Baisses de « charges » et emploi : une fausse piste

Pour créer des emplois, il faudrait baisser le «coût du travail». Cette recommandation néo- libérale repose au fond sur une conception simpliste du «marché du travail». Il y aurait une offre et une demande de travail qui s’ajusteraient, comme n’importe quel autre marché, par des variations du prix de la marchandise. Si cet ajustement ne se produit pas, c’est que le prix en question, le salaire, est trop rigide.

Autrement dit, la cause du chômage est un salaire trop élevé. CQFD.

C’est la théorie de base qui se décline de manière un peu plus élaborée autour de trois effets. Le premier est la substitution du capital au travail : quand le coût du travail est trop élevé par rapport au coût du capital, les entreprises vont utiliser plus de machines et moins de main-d’œuvre, et vice-versa.

Une variante porte sur le salaire minimum: en le baissant, on rendrait «employables» des personnes privées d’emploi parce que leur productivité individuelle est inférieure au salaire minimum.

Le deuxième effet passe par la compétitivité: en baissant le salaire, on baisse les prix et on gagne des parts de marché, donc de l’emploi. Enfin, il y a l’effet profit : la baisse du salaire permet de rétablir la profitabilité des entreprises qui vont donc investir et créer des emplois.

Est-ce que ça marche ?

Le Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) et le pacte de responsabilité se situent évidemment dans cette logique. Mais les politiques d’allègements de cotisations sociales, dont l’ampleur n’a cessé de progresser, sont menées depuis 1993. On dispose donc du recul nécessaire pour procéder à des évaluations. Il y en a eu beaucoup, mais, en dépit des efforts déployés par les économistes officiels, elles ne sont pas convaincantes.

L’une des plus récentes émane du Conseil d’orientation pour l’emploi (COE) : elle estime à 800 000 le nombre d’emplois créés ou sauvegardés par les allègements de cotisations sociales, qui seraient donc perdus si on supprimait ces allègements. Mais ce rapport ne fait que reprendre les résultats d’un autre rapport qui date de 2006: il se bornait à faire la moyenne des résultats obtenus par diverses études, dont les résultats varient dans un rapport de 1 à 6 et qui, pour la plupart, concernent les allègements de cotisations de la période 1993-1997.

Ces évaluations approximatives ont fait l’objet de critiques répétées, notamment de la Cour des comptes. Dans un rapport de 2006, elle remettait en cause la méthodologie du premier rapport du COE : « Cette estimation (…) procède d’une simple règle de trois (…) et la Cour souhaite vivement que des travaux fondés sur des outils de simulation adaptés, voient le jour rapidement sur un sujet aussi important. » Ces critiques sévères seront reprises en 2009 dans un nouveau rapport. »

Pourquoi ça ne marche pas ?

La réponse la plus simple est cette vérité de bon sens que rappelait le président de la CGPME: « Encore faut-il que les carnets de commande se remplissent. » Mais il y a des critiques plus fondamentales: la théorie dominante postule en effet qu’une variation du coût relatif capital/travail va peser, non seulement sur les nouvelles capacités de production, mais aussi, rétroactivement, sur les choix techniques déjà faits. C’est évidemment absurde.

En réalité, l’usage des techniques de production les plus automatisées est une clé de la compétitivité et il n’est pas question de revenir en arrière en «désautomatisant» les processus de production. La baisse du coût du travail et la flexibilisation du marché du travail ne conduisent pas à plus de créations d’emplois mais à plus de créations d’emplois précaires et mal payés : c’est dans ce sens que cela fonctionne.

De plus, les allègements étant plus élevés au voisinage du salaire minimum, ils constituent une incitation à l’emploi peu qualifié et conduisent à un tassement vers le bas de la hiérarchie des salaires. Outre leur impact sur l’emploi difficile à mettre en lumière, les politiques d’allègements contribuent ainsi à mettre en place un modèle social dualiste qui combine un secteur exposé à qualification élevée et un secteur de services aux emplois dévalués. Il s’agit de remettre en cause le principe égalitaire assurant une progression homogène des salaires et des qualifications entre les différents secteurs de l’économie.

La compétitivité : un jeu à somme nulle

Le salaire est désigné par les institutions européennes comme la principale variable d’ajustement des déséquilibres macroéconomiques en Europe. Mais ce n’est pas ce que dit une étude de la Commission Européenne selon laquelle: «S’il existe une relation entre coûts salariaux unitaires et performances à l’exportation, elle est faible et du second ordre par rapport à la dégradation de la balance commerciale, et donc ceux-ci [les coûts salariaux] ne peuvent en être la cause.» Dans le cas français, la même Commission européenne montrait qu’une petite partie (moins de 0,1 % !) des pertes de part de marché pouvait s’expliquer par la compétitivité-prix.

En réalité, les baisses de « coût du travail » ne sont pas utilisées pour restaurer la compétitivité-prix, mais pour rétablir le profit : « le corollaire d’une répercussion incomplète des coûts salariaux dans les prix est une augmentation des marges de profit. » Ce rétablis- sement des marges de profit n’est pas non plus pleinement utilisé pour relancer l’investis- sement et c’est manifestement le cas en ce qui concerne le CICE. Sur la période récente, le taux de marge tend en effet à se rétablir mais le taux d’investissement reste en retrait.

En réalité, le rétablissement des balances commerciales et des parts de marché (en Espagne par exemple) repose principalement sur la récession domestique : les importations baissent et une partie des capacités de production est réorientée vers d’autres marchés par les groupes transnationaux. C’est ce que souligne un économiste non-hétérodoxe: «Les autorités européennes, les économistes «libéraux», font la promotion des dévaluations internes et des dévaluations fiscales. Mais en réalité c’est la compression de la demande, en particulier avec le désendettement, qui a provoqué l’ajustement des pays périphériques. »

Puisque tous les pays de la zone euro mènent les mêmes politiques d’austérité salariale, le résultat est finalement un jeu à somme nulle: ce que les uns gagnent, les autres le perdent – voire négative, puisqu’elles freinent l’activité économique.

Des logiques contradictoires

Les politiques d’allègements de cotisations se sont toujours heurtées à un conflit d’objectifs. La supposée substitution est censée concerner surtout les emplois peu qualifiés et à bas salaires. Cela suppose donc de cibler les allègements sur les bas salaires, et c’est ainsi qu’ils étaient jusqu’ici calibrés : jouant à plein au voisinage du Smic, ils s’annulent au seuil de 1,6 Smic.

Mais si c’est au contraire l’effet compétitivité que l’on veut viser, il faudrait alors cibler une zone de plus hauts salaires. En 2011, la proportion de bas salaires est en effet de 4,6 % dans l’industrie, contre 19,1 % dans les services. Cependant les règles européennes de la concurrence interdisent de cibler sur un secteur en particulier, de telle sorte que les allègements destinés à améliorer la compétitivité profitent majoritairement à des secteurs non exposés à la concurrence internationale.

Où va la baisse du coût du travail ?

La baisse des cotisations sociales en proportion de la valeur ajoutée des entreprises a commencé au milieu des années 1980. Sa principale contrepartie a été l’augmentation de la part des dividendes nets versés par les entreprises. La montée de l’État social s’était faite au détriment des actionnaires, sa remise en cause se fait à leur profit.

La question du « bouclage »

Le gouvernement actuel a programmé une baisse considérable de «charges» des entreprises, puisque l’ensemble du CICE et du pacte de responsabilité équivalent à un transfert massif de 41 milliards d’euros. Cette somme représente un manque à gagner pour les finances publiques, avec comme conséquence une réduction des dépenses publiques et une contrainte supplémentaire sur l’investissement public, notamment celui des collectivités locales qui en représente 70 %.

Le « coût du travail » a donc baissé, mais le coût de cette baisse est transféré à l’État.

La plupart des études ne prennent pas en compte des effets sur l’activité économique du financement de ce transfert. Parmi les rares exceptions, un rapport du Haut Conseil du financement de la protection sociale, montre que les effets sur l’emploi sont réduits au moins de moitié quand les allègements sont compensés par une hausse de la TVA ou de la CSG. Plutôt que d’accorder aux entreprises des subventions aveugles et inconditionnelles, il serait plus efficace d’affecter les fonds correspondant à la création directe d’emplois. Il y a donc beaucoup de raisons de penser que l’impact sur l’emploi des baisses de «charges» n’a jamais été correctement évalué, et qu’une telle orientation n’est ni souhaitable socialement, ni même adaptée aux faiblesses de l’économie française. Malheureusement, force est de constater que le projet de loi El Khomri se situe entièrement dans cette même impasse.

http://hussonet.free.fr/ Michel Husson  Septembre 2016

https://www.anti-k.org//baisses-de-charges-et-emploi-une-fausse-piste

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24 août 2016 ~ 0 Commentaire

dette (cadtm)

dette (cadtm) dans A gauche du PS detteausud-64ca0

Répondre aux « Questions qui piquent sur la dette et l’austérité »

Dette au Sud

Au CADTM, on sait trop bien ce que c’est d’être flippéE, voire découragéE, par toutes ces questions sur lesquelles on sèche. Du coup, inspiréEs par nos meilleurEs piqueurs et piqueu- ses (notre famille, nos potes, le pizzaiolo d’en face, les gens que l’on rencontre en animation), le CADTM Liège a organisé plusieurs sessions d’élaborations collectives d’éléments de réponse à ces piques (qu’elles soient d’ordre technique ou plus « politique »).

Ce travail a engendré une brochure que vous pouvez retrouver en entier ici.

Dette du Sud

D’où vient-elle ?

Dette coloniale : les colons qui avaient emprunté de l’argent pour financer l’exploitation des pays du Sud leur ont légué (illégalement) ces dettes à l’heure de leurs « indépendances ». Depuis, les pays du Sud ont remboursé plus de 100 fois cette dette initiale, et elle a pourtant été multipliée par 30.

Dette commerciale : ils ont été incités à s’endetter auprès des banques européennes qui cherchaient à écouler leurs liquidités.

Dette bilatérale : les pays riches leur ont prêté à condition qu’ils utilisent l’argent pour acheter leurs propres marchandises (c’est ce qu’on appelle « l’aide liée »).

Dette multilatérale : les IFIs (institutions financières internationales)  Banque mondiale en tête, leur ont multiplié les prêts pour les influencer et empêcher la « contagion communiste ».

À quoi a-t-elle servi ?

Soutien à des dictatures et détournement d’argent (la fortune des despotes correspond aujourd’hui à 14 fois la dette de leurs pays).

Financement d’ « éléphants blancs » : mégaprojets très coûteux et inutiles pour la population.

Achat de matériel militaire, financement de la répression, etc.

Crise de la dette

Après que les prix des matières premières aient chuté sur les marchés internationaux et que les taux d’intérêts aient explosé sous l’impulsion de la FED (banque centrale américaine), la crise de la dette s’est installée dans les années 1980. Le FMI intervient alors pour fournir des « prêts de secours » aux pays en difficulté, à chaque fois sous deux conditions : continuer à rembourser la dette et appliquer des mesures néolibérales (les fameux « plans d’ajustement structurel »). Comme au Nord, plus tard.

Quelles solutions ?

Les institutions de Bretton Woods (FMI et Banque mondiale), en partenariat avec les créan- ciers publics (Club de Paris) et les créanciers privés (Club de Londres) ont mis en place l’initiative PPTE (« Pays pauvres très endettés »). Il s’agissait de restructurer certaines dettes pour éviter un défaut de paiement et s’assurer que les pays puissent continuer à rembourser. Ces plans « d’aide » étaient accompagnés de nouvelles conditionnalités… Par contre, des pays ont suspendu le paiement de leur dette sans demander l’avis des créanciers (Argentine 2001), voire l’ont auditée pour ensuite en annuler une partie (Équateur 2009).

Remarques

La dette des pays du tiers-monde représente moins de 2 % de toutes les dettes publiques. Les pays du Sud représentent 82 % de la population mondiale mais ne se partagent que 32 % de la richesse mondiale. 1/3 de la population mondiale vit ainsi avec moins de 2$ par jour.

C’est le Sud qui finance le Nord et non l’inverse. Pour 1€ « reçu », les pays du Sud envoient plus de 2€ au Nord.

Lire l’article « Dette au Sud : où en est-on ? » http://cadtm.org/Dette-du-sud-ou-en-est-on

Voir aussi Les Chiffres de la dette 2015, Chapitre 3 : La dette au Sud, CADTM, http://cadtm.org/La-Dette-au-Sud

Concepts

Annulation/Répudiation :

C’est clair

Suspension de paiement :

Arrêt du remboursement de la dette pour un temps (in)déterminé, généralement décidé de manière unilatérale.

Restructuration :

Changement dans les termes du contrat, négocié avec les créanciers (diminution des taux d’intérêts, allongement des échéances de capital, annulation d’une partie du stock de la dette). Le plus souvent, les anciens titres de la dette sont échangés contre de nouveaux, et l’accord est accompagné de nouvelles conditionnalités.

Audit citoyen de la dette :

Autopsie populaire de la dette. Il s’agit moins d’une enquête menée par des expertEs que d’un exercice démocratique de base qui consiste à ce que la population vérifie ce qu’on fait avec son argent. Les objectifs principaux d’une campagne d’audit sont de :

(1) faire connaître à un maximum de personnes des faits et chiffres peu connus de nature à souligner l’illégitimité de la dette qu’elles remboursent ;

(2) fournir un maximum d’arguments permettant d’en remettre en cause le paiement aveugle ;

(3) proposer des alternatives concrètes à ce paiement aveugle et, tout simplement,

(4) de forcer le débat sur ce sujet tabou.

Le but final de l’audit est le contrôle populaire permanent sur les comptes publics, aux côtés d’autres mesures anticapitalistes. 19 août par CADTM Belgique

http://www.cadtm.org/Bonus-Dette-au-Sud

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25 juillet 2016 ~ 0 Commentaire

simon bolivar (cadtm)

simon bolivar (cadtm) dans A gauche du PS arton13699-77b68

Dans le labyrinthe de la dette

Dès le début de la lutte pour l’indépendance, Simon Bolivar |1|, comme d’autres dirigeants indépendantistes, s’est lancé dans une politique d’endettement interne (qui a finalement bénéficié aux classes dominantes locales) et d’endettement externe auprès de la Grande-Bretagne et de ses banquiers.

Afin de pouvoir emprunter à l’étranger, il a mis en gage une partie des richesses de la nation et il a concédé des accords de libre échange à la Grande Bretagne. La plus grande partie des sommes empruntées n’est jamais parvenue en Amérique latine car les ban- quiers de Londres prélevaient des commissions énormes, des taux d’intérêt réels abusifs et vendaient les titres nettement en-dessous de leur valeur faciale. Certains des chargés de mission latino-américains mandatés par les leaders indépendantistes ont également prélevé d’importantes commissions à la source quand ils n’ont pas purement et simplement volé une partie des sommes empruntées.

Pour le reste, une autre partie importante des sommes empruntées a directement servi à l’achat d’armes et d’équipement militaire à des prix prohibitifs aux commerçants britanniques. Sur ce qui est parvenu en Amérique latine, à savoir une partie mineure des som- mes empruntées, des montants importants ont été détournés par des membres des nouvelles autorités, des chefs militaires et des classes dominantes locales. Une série de citations de Simon Bolivar accompagnées de commentaires de Luis Britto indiquent clairement que le Liber- tador a pris peu à peu conscience du piège de la dette dans lequel lui et les nouveaux États indépendants étaient tombés. Simon Bolivar n’a pas cherché à s’enrichir personnellement en profitant de ses fonctions de chef d’État, ce qui n’est pas le cas de nombreux dirigeants arrivés au pouvoir grâce aux luttes d’indépendance.

Un endettement externe dans des termes très favorables pour la Grande Bretagne

Rosa Luxembourg, près d’un siècle plus tard, considérait que ces emprunts, bien que néces- saires, avaient constitué un instrument de subordination des jeunes États en création : « Ces emprunts sont indispensables à l’émancipation des jeunes États capitalistes ascendants et en même temps, ils constituent le moyen le plus sûr pour les vieux pays capitalistes de tenir les jeunes pays en tutelle, de contrôler leurs finances et d’exercer une pression sur leur politique étrangère, douanière et commerciale » |3|. De mon côté, j’ai analysé le lien entre la politique d’endettement et les accords de libre-échange dans la première moitié du 19e siècle en Amérique latine dans « La dette et le libre-échange comme instruments de subordination de l’Amérique latine depuis l’indépendance ».

Les nouvelles élites profitent de la dette interne et refusent de payer les impôts

Le Consul anglais, sir Robert Ker Porter, mentionne les conversations avec Simon Bolivar dans son journal et à la date du mercredi 15 février 1827, il observe que : « Bolivar reconnaît l’exis- tence d’une dette interne de 71 millions de dollars, en monnaie-papier, devant être payée par le gouvernement. Des centaines d’individus ont spéculé intensément et de façon usuraire la plupart du temps sur les bons, les rachetant à des gens dans le besoin à 5%, 25% et 60%, et on m’informe, cela paraît incroyable, que presqu’ aucun fonctionnaire ne conserve d’argent liquide, car tout part dans cette spéculation immorale et anti patriotique : le vice-président Santander (m’apprend-on) possède pour deux millions de ces bons, qu’il a vraisemblablement achetés pour 200 000 dollars » (voir Britto, op. cit. p. 378).

Luis Britto fait le commentaire suivant : « ces agioteurs sont à leur tour étroitement liés à de nombreux officiers et hommes politiques républicains, qui se font de grosses fortunes aux dépens du sang de leurs troupes » (p. 380). Et il ajoute : « la seule annonce de mesures fiscales rigoureuses fait peur à des fonctionnaires comme l’Intendant Cristobal Mendoz, qui démissionne intempestivement » (p. 380).

La dette nationale va nous opprimer

Les mots utilisés par Simon Bolivar dans une lettre envoyée le 14 juin 1823 au Vice-président Francisco Paula de Santander (celui dont parle le consul anglais dans ses notes de 1827) sont percutants : « Enfin, nous ferons tout, mais la dette nationale va nous opprimer. »  On voit clairement que Simon Bolivar qui a pris conscience du piège de la dette rejette la perspective de la répudiation.

Simon Bolivar acculé par les créanciers est disposé à leur céder des biens publics. En 1825, il propose de payer la dette en cédant une partie des mines du Pérou qui ont été laissées à l’abandon au cours de la guerre d’indépendance (voir Britto p. 408 et svtes) ; en 1827, il essaye de développer la culture du tabac de qualité afin de le vendre en Grande Bretagne de manière à pouvoir payer la dette (Britto, p. 378-382) ; en 1830, il propose de vendre aux créanciers des terres publiques en friche (Britto, p. 415-416).

En décembre 1830, Simon Bolivar décède à Santa Marta (sur la côte caraïbe de la Colombie) alors que la Grande Colombie est déchirée et qu’il a été abandonné par les classes dominantes de la région. Il est prouvé qu’il n’a jamais cherché à s’enrichir personnellement en profitant de ses fonctions de chef d’État, ce qui n’est pas le cas de nombreux dirigeants arrivés au pouvoir grâce aux luttes d’indépendance. 7 juillet Eric Toussaint

Notes

|1| Simón Bolívar, né le 24 juillet 1783 à Caracas au Venezuela, et mort le 17 décembre 1830 à Santa Marta en Colombie, est un général et homme politique vénézuélien. II est une figure emblématique, avec l’Argentin José de San Martín et le Chilien Bernardo O’Higgins, de l’éman- cipation des colonies espagnoles d’Amérique du Sud dès 1813. Il participa de manière décisive à l’indépendance des actuels Bolivie, Colombie, Équateur, Panama, Pérou et Venezuela. Bolívar participa également à la création de la Grande Colombie, dont il souhaitait qu’elle devînt une grande confédération politique et militaire regroupant l’ensemble de l’Amérique latine, et dont il fut le premier Président.

Le titre honorifique de « Libertador » lui fut d’abord accordé par le Cabildo de Mérida (Vene-zuela), puis ratifié à Caracas (1813), et reste aujourd’hui encore associé à son nom. Bolívar rencontra tant d’obstacles pour mener à bien ses projets qu’il en arriva à s’appeler lui-même « l’homme des difficultés », dans une lettre adressée au général Francisco de Paula Santander en 1825.

En tant que figure majeure de l’histoire universelle, Bolívar est aujourd’hui une icône politique et militaire dans de nombreux pays d’Amérique latine et dans le monde, qui ont donné son nom à un très grand nombre de places, de rues ou de parcs. Son nom est aussi celui d’un État du Venezuela, d’un département de la Colombie et surtout d’un pays, la Bolivie.

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 dans Crise

Eric Toussaint est maître de conférence à l’université de Liège, est le porte-parole du CADTM International et est membre du Conseil scientifique d’ATTAC France.

http://www.cadtm.org/Simon-Bolivar-dans-le-labyrinthe

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