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21 mars 2019 ~ 0 Commentaire

brestoise (émancipation)

femmes gj

Portrait d’une brestoise en gilet jaune

Débats et assemblées citoyennes : les ingrédients d’une avancée vers la démocratie

Elle a revêtu son gilet jaune à Brest depuis le début du mouvement, dans lequel elle a d’abord commencé par essayer de rassembler des personnes en vue de la journée du 17 novembre, puis a occupé des ronds-points, participé à toutes les assemblées citoyennes qui se déroulent les dimanches soirs. Elle participe activement à l’organisation du mouvement à Brest et mesure aussi tout ce qu’il lui a apporté.

La première fois, on s’est levé à 5h30, à 6h30 on se retrouvait sur un parking et on a commencé à occuper des ronds-points. Ça nous a permis de beaucoup discuter. Échanger est important. Sur les ronds-points, on a évacué nos questions, discuté de ce qui nous posait problème. C’est pour ça qu’il faut continuer à discuter. Les inquiétudes touchent tout le monde, gilets jaunes ou non. Quand on parle aux gens qui ne sont pas gilets jaunes de leurs inquiétudes, ça leur fait du bien, et ils nous le disent.

Ce que je constate, c’est que les gens ont envie de s’investir dans la vie politique. Ils se sentent concernés, alors il faut leur parler, discuter des problèmes, des solutions, des idées. Le pouvoir fait peur aux gens, il est perçu comme un Dieu, inattaquable, ce qui conduit les gens à être fatalistes, comme si rien n’était possible. Mais si on veut un monde meilleur, il faut faire quelque chose”.

L’importance de la discussion, Emmanuelle l’a mesurée pour elle-même au début du mouvement ce qui l’a “rassurée”. Le mouvement lui a permis de sortir d’un isolement dans lequel il est facile de tomber si les espaces d’échanges n’existent pas. D’ailleurs à Brest, les AG représentent le cœur du mouvement, même si d’autres actions sont évidemment organisées.

De fait, force est de constater que les espaces démocratiques de discussion sont absents et que c’est entre autres ce que le mouvement dénonce depuis le départ. Selon elle, ce qui ressort de la discussion politique, c’est un sentiment accru de trahison, qui s’est amplifié de gouvernement en gouvernement. Une minorité de la population qui gouverne pour tous les autres : une oligarchie qui tire le pouvoir à son avantage, pour ses propres privilèges. Pas étonnant que la colère monte.

C’est pourquoi la première des avancées serait selon elle que les citoyen·ne·s puissent être actrices et acteurs de la vie politique – autrement que par l’illusion d’un vote de temps en temps. Et décider par soi-même, sortir de la passivité, c’est multiplier les assemblées citoyennes, qui s’opposent en tout point à l’idée même d’un “grand débat” dirigé de part en part.

Déconstruire les idées reçues sur le mouvement et porter une égalité pour tous·tes !

Investir l’espace public pour permettre les échanges entre citoyen·ne·s permet aussi au mouvement de dire ses intentions, désamorcer les préjugés dont il est victime, clarifier ses positions.

À ce propos, Emmanuelle revient sur le prétendu caractère non écologique du mouvement qui s’est fondé entre autres sur la colère face à l’augmentation des tarifs du carburant :

“Évidemment qu’on défend la planète. C’est même sans doute la première chose qu’il faudrait prendre en compte et dont le reste peut découler”, mais il ne faut pas tout confondre, mener une véritable politique écologique, ce n’est pas augmenter les tarifs du carburant, et notamment les taxes, surtout si les taxes perçues par le gouvernement ne servent pas au financement de l’écologie. Les véritables responsables de l’absence de politique écologique, ce sont les gouvernements, pas les citoyen·ne·s.

De même, si le mouvement porte, selon Emmanuelle, sur l’égalité de tous les individus, il doit montrer aussi que les femmes sont les premières touchées par ces inégalités. Les gilets jaunes, hommes ou femmes, ne se revendiquent pas “féministes” à proprement parler, mais les questions des retraites, des inégalités salariales, d’accès aux postes, sont très présentes dans les discussions et revendications du mouvement.

C’est notamment ce qui a permis de faire émerger, le 16 février, une journée d’actions pour dénoncer les inégalités que rencontrent les femmes, mais aussi les violences sexuelles, les mutilations sexuelles ou encore les violences conjugales.

Cette journée était portée par un groupe de soignantes, d’assistantes maternelles (en gilet rose) et de gilets jaunes. Il s’agissait pour les femmes de défiler, de manière pacifique, en tête de cortège et pour certaines portions du parcours en cortège indépendant. Et dans la suite directe de cette journée, pourquoi ne pas “rejoindre les actions prévues le 8 mars”, s’il y en a.

Une détermination accrue face à un gouvernement qui vacille

À Brest, les cortèges sont plutôt pacifiques et il y a peu de répression dans les manifs mêmes. Pourtant, la répression est bien présente et montre que le gouvernement panique et vacille. Gardes à vue pour participation à des manifestations non déclarées, entrave à la circulation ou acte de rébellion en bande organisée, accusation de diffamation pour des actes dénoncés avec vidéo à l’appui suite à des violences lors du blocage d’un pont, “gazages” à bout portant…

Couplée à ces mesures de répression, la loi anti-casseurs est le signe que le gouvernement cherche à faire tomber ceux et celles qui parlent, agissent. Mais “nous priver de nos libertés ne nous empêchera pas d’agir”, d’autant que nombre des personnes actives dans le mouvement ont finalement très peu à perdre.

Si le mouvement s’est transformé, à Brest comme ailleurs, au fil des “actes”, il n’a pas perdu de sa détermination, donc. Il reste encore deux ronds-points occupés autour de Brest, où des personnes retraitées sont encore actives.

Mais la diminution du nombre de personnes sur les ronds-points, loin d’être le signe d’un essoufflement du mouvement, est en fait le corrélat du nombre de tâches croissantes dues à son extension : préparer des affiches, tenir des assemblées régionales… tout cela prend du temps et mobilise les personnes.

“Faire venir les étudiants à nous”, aller à la rencontre des gens, maintenir le mouvement malgré l’épuisement qu’il génère… voilà le programme pour les semaines à venir. À l’heure où les femmes, en Argentine, en Espagne, en Irlande, en Italie, au Brésil… se mobilisent pour leurs droits, celles qui luttent en gilet jaune montrent les voies possibles.

Depuis le début du mouvement social des gilets jaunes, qui dénonce les inégalités sociales et les privilèges qui n’avantagent qu’une infime partie de la population, les femmes se sont rassemblées en gilet jaune pour exprimer leur engagement dans la lutte, mais aussi rappeler qu’elles sont les plus touchées par ces inégalités. Récit de l’une d’entre elles, active dans le mouvement à Brest. Emmanuelle est AESH (Accompagnante des Élèves en Situation de Handicap) dans le Finistère, métier qui ne lui autorise aucune heure supplémentaire, aucune évolution de carrière et qu’elle a débuté après une carrière d’aide-soignante qu’elle a quittée parce que le caractère humain du métier était devenu inexistant : un travail pénible dans lequel il s’agit d’enchaîner les patient·e·s sans pouvoir générer ce qui est cœur du métier – le lien social, humain. Elle est aussi mère célibataire de quatre enfants.

Propos recueillis par Karine mardi 19 mars 2019

http://www.emancipation.fr/

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18 mars 2019 ~ 0 Commentaire

edwy plenel (regards)

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17 mars 2019 ~ 0 Commentaire

planète (gauche révolutionnaire)

antic

Sauvons notre planète du capitalisme

Le climat, l’environnement, la pollution, c’est notre vie et notre avenir et ce n’est pas Macron et sa politique au service des ultra-riches qui va arranger les choses.

La grève internationale étudiante et lycéenne du 15 mars, les mouvements « vendredi pour le futur » lancés par Greta Thunberg, touchent deux points clés pour changer les choses : c’est la grève de masse et la lutte doit être mondiale.

Toutes et tous ensemble, jeunes, travailleurs, gilets jaunes, retraités, chômeurs… nous devons lutter contre ce système où le profit l’emporte sur notre survie.

Quels que soient les secteurs, c’est partout la logique du moindre coût qui règne. Résultat, on produit des choses parfois inutiles, souvent de mauvaise qualité et bien souvent de manière polluante, dans des conditions terribles pour les travailleurs et pour des salaires de misère.

Comme disent les gilets jaunes: fin du mois et fin du monde, même combat !

Le réchauffement climatique est un désastre écologique qui nous concerne tous et toutes. Même s’ils savent que notre avenir est compromis, nos dirigeants sont incapables de faire respecter les accords qu’ils ont signés à la COP21.

Rien d’anormal ici ; leur rôle est de défendre et de préserver l’intérêt de ceux qu’ils servent, les riches et les grands patrons.

Evidemment trier les déchets, et autres pratiques individuelles, c’est mieux, mais l’impact est limité. Certains cherchent même à nous culpabiliser alors que ce sont les multinationales qui multiplient les emballages plastiques. Leur objectif premier est de faire de l’argent en nous exploitant et en pillant les ressources naturelles !

Pour faire vraiment de l’écologie, le sauvetage ne peut se faire sans une planification économique à l’échelle mondiale.

Quand un territoire est pollué il en impacte directement un autre, parfois situé à des centaines de kilomètres. Il faut donc revoir tout le mode de production, en nationalisant les multinationa-les sous le contrôle démocratique des travailleurs et de la population, pour planifier l’économie en fonction des besoins et des ressources. Pour créer ainsi un monde écologiquement viable, juste, égalitaire et fraternel : le socialisme.

Pollueurs et profiteurs, les capitalistes coupables !

Nous sommes les seuls à pouvoir sauver la planète. Il ne faut surtout pas compter sur les capitalistes et les gouvernements à leur service. Macron donne les aéroports, les barrages hydro-électriques au secteur privé, il autorise une nouvelle mine d’or en Guyane.

Pour les mêmes raisons, il s’attaque aux travailleurs, à l’Education, la Santé : permettre aux plus riches de faire toujours plus de milliards sur notre dos.

La lutte contre la politique de Macron et la lutte pour l’environnement sont liées !

Ne les laissons plus nous empoisonner pour leurs profits !

16/03/2019

http://www.gaucherevolutionnaire.fr/

Commentaire: Et puis surtout, réunissez-vous, organisez-vous, coordonnez-vous, structurez-vous, en toute indépendance des organisations « adultes »!

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17 mars 2019 ~ 0 Commentaire

algérie première victoire (essf)

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Algérie : première victoire…

de la dignité retrouvée

C’est indéniable, il y a victoire dans ce recul politique fait par Bouteflika au mouvement de contestation populaire. Victoire d’abord de la dignité. « Yes ! we can », disaient les noirs américains après l’élection historique d’un président issue de la communauté noire, même si la victoire n’avait que valeur de symbole, sans plus. Cette victoire du peuple algérien a donc, avant tous, la même valeur symbolique.

C’est une victoire qui permet aux Algériens et Algériennes de sortir d’un temps où régnaient la peur et le défaitisme vers un temps qu’ils savent désormais pouvoir maitriser et vers une nouvelle histoire qu’ils savent capable d’écrire.

Politiquement, c’est la victoire d’une bataille.

Elle se situe au niveau des consciences, mais elle a sa valeur politique. Le régime, en crise latente depuis un certain temps et, sentant sa fin proche, projetait de se construire une nouvelle légitimité en faisant réélire Bouteflika, pensant que le pouvoir bonapartiste qu’il exerçait sur le pays était encore valide.

Le but étant de diriger la réforme de leur propre pouvoir, réforme exigée par la poussée économique néolibérale et par différentes oppositions qui ont émergé dans la société. Mais, aveuglé par un règne de vingt ans, sans partage et sans alternance même formelle, ce pouvoir a sous-estimé le ras-le-bol des Algériens et Algériennes. Erreur d’appréciation.

Devant la première déferlante populaire dans la rue, il fait une première concession en propo-sant une prolongation d’une année du pouvoir de Bouteflika, mais après une élection qui le légitimerait ; une sorte de plébiscite.

Après une deuxième déferlante populaire encore plus grande, il fait une deuxième concession en annulant carrément les élections présidentielles tout en maintenant la direction des réfor-mes programmées. Il se donne arbitrairement une prolongation d’une année pour gérer une transition et une recomposition du sérail bureaucratique au pouvoir sans heurt. Mais la protestation n’est pas encore satisfaite. Elle demande le départ de Bouteflika et son régime.

 La pression des ultralibéraux

Dans la forme, il est clair que le régime, en maintenant son président, et malgré l’annulation des élections, garde la main sur ce « processus de transition ». Mais, avec l’annulation des élections, il perd toute légitimité qu’il comptait reconquérir le 19 avril. Il se met en porte à faux avec sa propre légalité. C’est un mini « coup d’Etat » à façade civile, une sorte d’état d’exception.

Cette « hypothèse » d’une transition « de velours » pour éviter une transition radicale et révolutionnaire est en réalité souhaitée, voire réclamée par certains milieux médiatiques néolibéraux.  Avec la caution des puissances impérialistes et régionales.

Le discours radical de ce milieu, dans la forme, exprimant les intérêts de la nouvelle « oligarchie », surfe sur la radicalité et l’ampleur de la protestation et les reculs du pouvoir pour prétendre à une place de choix dans la direction de ce processus de « réforme ».

Sous la pression de « la rue », une partie réclame la démission de Bouteflika, le cache-sexe de la seule force organisée du pays qui est l’armée, pour mettre cette dernière devant « ses responsabilités », disent-ils.

Car l’objectif est de légitimer une « structure transitoire » qui ne serait pas celle mise en place par le président et qui serait acceptée par la population en mouvement, avant que celle-ci atteigne un niveau d’organisation capable de prétendre diriger elle-même ce processus.

Il ne faut donc pas regarder la composition de ce gouvernement. Autrement dit, il ne faut miser ni sur Bedoui qui « serait neutre » sur le plan partisan, mais néanmoins ex-ministre de l’Intérieur (donc représentant le corps de la police!), ni sur aucun gouvernement de transition sous Bouteflika, ni sur cette opposition qui s’autoproclame, qui se donne des élans de « comité de sages » ou de « société civile ».

Il s’agit de construire un projet en partant de l’élan spontané.

Les changements se construisent en alternant dialectiquement les consciences spontanées et les consciences critiques. Cependant, l’élan spontané des masses populaires n’a pas encore produit son projet, ni une direction ou (des directions) politique. Ce n’est toutefois que la mi-temps d’un match, avec un score en faveur du mouvement populaire, un match qui aura forcement des prolongations, des temps perdus et des temps additionnels.

 Assemblée constituante et auto-organisation du mouvement

Le débat sur l’assemblée constituante ou la simple réforme de la Constitution est maintenant clairement posé avec, en filigrane, le contenu social et économique de ce changement tant voulu.

Autrement dit, une transition vers quoi ?

La clé de voute de cette équation reste la direction de ce processus. La solution de Bouteflika est déjà rejetée dans sa forme et son contenu par le mouvement, rejet qui s’est massivement affirmé ce vendredi 15 mars. Elle est rejetée dans sa forme par les représentants de cette « oligarchie » montante.

Restent à construire les représentants légitimes de ce mouvement, autrement dit l’auto-organisation.

C’est ici où se situe l’impasse pour l’instant : ceux d’en haut ont perdu toute légitimité. Les partis politiques, syndicats et associations classiques ont perdu toute représentativité. Le mouvement n’a pas encore produit les nouvelles structures. Dans ce contexte, l’idée des comités populaires des « secteurs professionnels » fait son chemin.

Nous ne sommes plus dans les représentations partisanes et idéologiques de l’après-octobre 1988 (islamistes, laïques, démocrates, nationalistes, socialistes….). Nous ne sommes pas dans une représentation ethnico-régionale (arabophone, Berbères, Kabyles, Chaouis, ceux de l’est, du sud ou de l’ouest..). Un vent nationaliste surfe sur le mouvement.

Nous ne sommes pas encore dans une représentation sociale et encore moins de classes sociales, ou encore de quartiers et villages.

Il s’agit dans ce contexte d’apprécier concrètement la situation.

L’émergence de comités populaires n’a pas une portée révolutionnaire dans l’absolue. Les soviets dans la Russie de 1917 étaient composés d’ouvriers d’usines et de classes pauvres portées politiquement et idéologiquement par les bolchéviques.

Les mêmes types de structures de l’Iran de 1979, appelées « choura », furent portés par les Mollahs derrière Khomeiny. En 2001, la révolte algérienne qui a touché essentiellement les territoires de la Kabylie a aussi produit ces comités populaires, initialement portés politique-ment par la gauche et les éléments progressistes de la société, mais vite phagocyté et repris par ce qu’on a appelé à l’époque « les Aârouchs », traditionnels dans la forme et conservateurs dans le contenu.

Il ne s’agit donc pas d’idéaliser ou de sacraliser l’auto-organisation.

Aujourd’hui en Algérie, comme le souligne l’historien et ancien combattant pour l’indépendance de l’Algérie, M. Harbi, il y a « La main tendue des oligarques aux travailleurs (qui) est un marché de dupes et ne fait que perpétuer leur subordination à l’agenda néolibéral » [1].

Car, ces hommes d’affaires, continue le même auteur, « ont besoin des masses populaires pour faire pression sur le pouvoir afin de défendre leurs privilèges ». C’est un marché de dupes, certes ! Mais il peut prendre dans un mouvement qui veut rapidement finir avec ce pouvoir dans un moment où l’action des travailleurs ou syndicale reste faible.

Il reste le mot d’ordre d’assemblée constituante.

Celle-ci ne constitue pas non plus la solution absolue. Après octobre 1988, la mise en place d’une assemblée constituante aurait donné une majorité absolue islamiste fascisante vue la dynamique prise par l’islamisme en ce moment-là dans la société. Aujourd’hui, l’assemblée constituante, comme revendication, permet de laisser la brèche ouverte et se préparer à porter le débat dans la société.

Des voix s’élèvent pour souligner l’absence d’un parti d’avant-garde.

Oui ! Mais le temps presse. Et l’histoire n’est pas toujours à la merci des orientations critiques des avant-gardes. Elle a son côté spontané et contingent. C’est ici où réside la dialectique entre la conscience spontanée et la conscience critique.

Nadir Djermoune, 16-03-2019 Nadir Djermoune est universitaire, architecte / urbaniste à l’Institut d’architecture de Blida.

http://www.europe-solidaire.org/

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14 mars 2019 ~ 0 Commentaire

services publics (lo)

servive public

Services publics

Une régression qui frappe les plus pauvres

Le rapport 2018 du défenseur des droits, un organisme officiel dirigé par Jacques Toubon, vient d’être publié. Il illustre combien le délabrement ou la disparition progressive de services publics essentiels frappe les plus défavorisés.

Ainsi la dématérialisation des démarches administratives, c’est-à-dire l’obtention de documents par Internet, est généralisée dans de nombreux services, permettant de réduire les effectifs d’accueil au public.

Si cela constitue un progrès pour certains, ce n’est pas le cas pour beaucoup, notamment pour les 7,5 millions de personnes privées d’une couverture Internet de qualité, en particulier dans les petites communes. Des centaines de milliers de personnes ont par exemple été privées de permis de conduire ou de cartes grises, faute de pouvoir les obtenir au guichet.

Les conséquences des suppressions d’effectifs dans les services publics sont dramatiques. Des retraités, en raison des suppressions de personnel dans les caisses de Sécurité sociale, ont dû attendre plusieurs mois après leur cessation d’activité pour obtenir leur pension.

Le rapport souligne que le manque de moyens pour la protection de l’enfance se traduit par des mesures d’assistance éducative qui ne sont pas exécutées. Des enfants se retrouvent aussi placés dans des lieux inadaptés.

Le suivi médico-social des enfants handicapés, par exemple en orthophonie, est également négligé, faute de financement ou de personnel dans les structures publiques.

Venant d’un ancien ministre de droite, haut commis de l’État et loyal serviteur de la bourgeoisie, ce rapport est d’autant plus accusateur.

Il est à lui seul une illustration de la régression générale que le capitalisme en crise inflige à l’ensemble de la société, et particulièrement aux plus pauvres et aux plus fragiles.

Christian BERNAC 13 Mars 2019
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12 mars 2019 ~ 0 Commentaire

algérie (le monde)

En Algérie, « le lien de confiance entre la population et le suffrage universel est depuis longtemps brisé » (Le Monde)

Algérie : le désarroi du pouvoir (Le Monde)

Ce qui se passe en Algérie s’inscrit dans la continuité d’un processus engagé il y a 65 ans (MEE)

Algerian pride : la marche des fiertés (MEE)

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12 mars 2019 ~ 0 Commentaire

minimiser (bastamag)

Nucleaire-et-Bougie

« Minimiser les impacts catastrophiques d’un accident nucléaire est en passe de devenir un grand classique »

« Il est possible de mener une vie normale » dans les zones contaminées par la radioactivité, assure le ministre japonais de la Reconstruction, huit ans après l’accident nucléaire majeur de Fukushima. Ce discours de « normalisation », qui vise à minimiser le risque nucléaire et les conséquences d’un accident n’est pas l’apanage des autorités japonaises : on le retrouve en France depuis le lancement du programme nucléaire ou en Biélorussie après Tchernobyl.

Sezin Topçu [1] : Le caractère ingérable des dégâts provoqués par un accident nucléaire majeur est reconnu par les experts nucléaires dès les années 1950, bien avant le passage au stade industriel. Ils étaient d’accord sur le fait que de très vastes territoires allaient être conta-minés pendant des centaines voire des milliers d’années ; et qu’il faudrait, en théorie, évacuer un nombre très important de personnes.

Il est même envisagé de désigner des zones d’exclusion pour l’implantation des sites nucléaires. Des calculs effectués en 1957 à la demande de la commission à l’énergie atomique aux États-Unis (Atomic Energy Commission) imaginent alors un coût financier de l’ordre de 7 milliards de dollars.

Afin de protéger l’industrie nucléaire contre de tels risques financiers, l’État américain décide de limiter de façon drastique et exceptionnelle la responsabilité civile des exploitants en cas d’accident. Sans ces lois d’exception, il n’est alors pas envisageable pour les industriels de se lancer dans l’aventure nucléaire.

Tous les pays qui développent le nucléaire vont s’inscrire dans ce schéma, qui n’a guère évolué depuis. EDF, par exemple, est aujourd’hui tenue par une responsabilité civile limitée à 91 millions d’euros en cas d’accident majeur, ce qui représente une somme dérisoire si on la compare aux évaluations des pouvoirs publics français qui estiment à environ 430 milliards d’euros le coût moyen d’un accident nucléaire majeur, jusqu’à 760 milliards pour un scénario « majorant ».

Nolwenn Weiler 12 mars 2019

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11 mars 2019 ~ 0 Commentaire

le pétrole (le monde)

La question du pétrole

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11 mars 2019 ~ 0 Commentaire

brest climat (côté brest)

clima 3

Les citoyens pour le climat Brest

Organisent deux actions en mars 

Pour marquer Le printemps climatique. Les 15 et 16 mars, à Brest et Landivisiau, le collectif Citoyens pour le climat Brest appelle la population à se mobiliser pour Le printemps climatique, à l’instar de nombreux autres organismes en France et dans le monde. Après les marches du 8 septembre et 8 décembre 2018 et la chaîne humaine du 27 janvier 2019, deux nouvelles actions sont programmées.

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Vendredi 15 mars 2019 

Dans le cadre de la grève mondiale pour le climat organisée par les jeunes de Youth for Climate, sous l’impulsion de Greta Thunberg / Fridays forFuture, soutenus par Citoyens pour le Climat qui propose notamment aux établissements scolaires de banaliser une journée de cours consacrée au climat via un kit pédagogique créé conjointement par Prof en transition, la fondation Elyx , Little Citizens For Climate et Citoyens Pour le Climat .  À Brest, les collectifs de Youth for Climate et des Citoyens du climat appellent à se rassembler à partir de 13h30, place de Strasbourg.

mars 16

Samedi 16 mars à Landivisiau

Samedi 16 et dimanche 17 mars : pour le Printemps de l’urgence climatique, Citoyens pour le Climat coorganise des événements festifs et ouverts à tous. En France, 45 villes sont mobilisées. Localement, le samedi 16 mars,  les collectifs Citoyens du climat de Brest et Morlaix et Landivisiau doit dire Non à la centrale appellent à se rassembler à 15h, Place du Champ de Foire à Landivisiau, pour une marche mondiale pour le climat.

Des associations, collectifs, organisations qui défendent l’environnement à Brest et alentours sont invités à y participer. Sont prévues notamment des animations festives, ainsi que différentes prises de paroles pour informer, par exemple, sur le thème de l’énergie (consommation, solutions, transition écologique…).

Infos pratiques 

Vendredi 15 mars, à partir de 13h30, place de Strasbourg, à Brest.
Samedi 16 mars, à partir de 15h, place du Champ de Foire à Landivisiau.

Facebook 

citoyenspourleclimat.org

11 Mars 2019

Lire aussi :

Les jeunes se mobilisent pour le climat à Brest

Centrale à gaz à Landivisiau : une première victoire pour les opposants

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10 mars 2019 ~ 0 Commentaire

algérie 1 (à l’encontre)

debattons

Les camps en présence

Deux camps se font face depuis le 22 février. Le camp du pouvoir et le camp populaire ou camp du peuple. Chaque camp rassemble en son sein des forces sociales disparates qui n’ont pas les mêmes intérêts.

Le camp du peuple agglomère des catégories sociales et des forces politiques différentes voire opposées mais unies sur les objectifs politiques immédiats :

La non-reconduction de Bouteflika et le changement de régime, ce dernier mot d’ordre n’étant pas forcément exprimé de la sorte. Ces deux revendications constituent à la fois le ressort et le ciment de ce camp. Il est soutenu par toutes les forces politiques d’opposition : démocrates ultralibéraux (laïcs et islamistes confondus), partis de gauche au sens large : Front des forces socialistes-FFS, Parti des travailleurs-PT, Parti socialiste des travailleurs-PST et une série de groupes de gauche plus ou moins formels.

Se nourrissant de sa propre dynamique, ce camp a désormais placé le refus des élections du 18 avril en tête de ses objectifs.

Il n’a pas de programme politique plus élaboré, n’est pas structuré, ne dispose pas de porte-parole et encore moins de direction identifiée et reconnue. Mais ces faiblesses constituent paradoxalement, à ce stade, des points forts et ne l’empêchent pas d’avoir l’initiative, d’être à l’offensive et d’engranger soutiens et ralliements.

Boule de feu en mouvement, ce camp multiplie les actions :

Grandes manifestations du vendredi dans les 48 wilayas du pays, manifestations permanentes d’étudiants, et lycéens, d’avocats, d’artistes, de personnels de santé… Il est à l’offensive. Après avoir réimposé son droit de manifester, il est en phase de passer à une étape supérieure, celle des grèves. Grèves locales et/ou sectorielles d’abord (déjà entamée dans certaines universités, prévue dans l’Education nationale à l’appel de l’intersyndicale autonome le 13 mars…).

Puis grève générale avec des appels anonymes ou émanant de vieilles structures syndicales ressuscitées à l’occasion, comme la Confédération syndicale des forces productives (COSYFOP), pour la période du 10 au 15 mars. Sur le net circule même le mot d’ordre de désobéissance civile repris de textes du Front islamique du Salut (FIS) propagés lors de la grève générale appelée par ce parti en juin 1991.

Cette dynamique offensive du mouvement populaire lui permet d’engranger des soutiens provenant de syndicats de travailleurs, d’associations et de mouvements.

Il enregistre également le ralliement de personnes comme, à titre d’exemple, celui d’adhérents du syndicat patronal FCE qui soutient Bouteflika, des maires et militants du FLN… Il convient également de noter des ralliements assez significatifs politiquement.

Celui de l’Organisation nationale des Moudjahidine (anciens combattants) qui constituait la colonne vertébrale de la «famille révolutionnaire» sur laquelle le pouvoir s’appuyait et qui, en plus du soutien qu’elle apporte aux manifestants, dénonce «la collusion entre des parties influentes au sein du pouvoir et des hommes d’affaires véreux qui ont bénéficié de manière illicite de l’argent public».

Il en va de même pour l’Association des anciens du MALG (Ministère de l’armement et des liaisons générales durant la guerre de libération) qui n’est autre que l’ancêtre des services secrets algériens, dirigée par l’ancien ministre de l’Intérieur Dahou Ould Kablia.

Le camp du pouvoir se compose essentiellement d’appareils 

La présidence de la République, l’état-major de l’ANP, la gendarmerie nationale, les services de sécurité et la DGSN, le gouvernement et d’autres institutions: Cour suprême, Conseil constitu-tionnel, APN (Assemblée populaire nationale) et Sénat…

Les partis de la coalition présidentielle, le dispositif médiatique public et privé et les directions d’organisations satellites du pouvoir: Union générale des travailleurs algériens (UGTA), FCE (Forum des chefs d’entreprise), Union nationale des femmes algériennes, une dizaine d’organisations estudiantines parasitaires… mais aussi des associations à caractère religieux influentes: confréries soufies (zaouias) et l’Association des oulémas musulmans algériens [une structure très présente sur «le terrain».].

Ce camp est bien organisé, discipliné et dispose de la force publique, de l’administration, d’un appareil médiatique imposant et des moyens financiers et matériels de l’Etat. Mais il a, a contra-rio, perdu l’initiative, se trouve en situation de défensive, s’isole et perd chaque jour un peu plus de soutiens.

Fortement et fermement contesté par la rue, ce camp est sonné.

Hier arrogants et monopolisant la parole médiatique, ses dirigeants ne sont plus seulement inaudibles, ils sont muets. Leur campagne en faveur du 5e mandat est totalement à l’arrêt. Ils ne peuvent tenir de meetings et n’apparaissent plus dans leurs télés qu’ils squattaient pourtant depuis des décennies.

Un seul d’entre eux s’exprime aujourd’hui, le chef de la «Grande muette»!

Partie prenante du cercle présidentiel, le général Ahmed Gaïd Salah met en garde, menace et réaffirme que l’ANP qu’il dirige est garante de la stabilité du pays et de la tenue de l’élection présidentielle à la date prévue.

C’est donc désormais autour de ce rendez-vous que se cristallise le conflit politique.

Annulation/report ou maintien du scrutin. Cela signifie que le seul dirigeant qui s’exprime se situe sur une ligne défensive «légaliste», «légitimiste». Le problème pour lui est que la légitimité politique pour imposer son choix lui fait défaut.

Il dispose certes de la force brute (armée, gendarmerie) pour éventuellement réprimer et instaurer une dictature. Mais une répression de cette ampleur et l’instauration d’un Etat d’exception nécessitent au préalable de délégitimer au maximum le camp adverse et de reprendre l’initiative. Or, le camp du peuple a tiré des leçons des expériences libyenne et syrienne. Il est populaire, massif et pacifique, appelle policiers et militaires à ne pas réprimer et il refuse de jouer le rôle de cheval de Troie de l’impérialisme.

Aucune raison objective ne permet aujourd’hui de justifier un éventuel recours à la force.

Cette solution serait par ailleurs des plus incertaines. Elle provoquerait sans doute une grève générale et une désobéissance civile et pourrait même engendrer le chaos et des interventions étrangères tant dénoncées par le vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’ANP.

Enfin se pose le problème des réactions au sein même des forces de sécurité.

Le pouvoir algérien est des plus opaques et donne l’impression de n’être jamais sorti de la clandestinité de la guerre de libération nationale. Mais des indices démontrent l’existence, à tout le moins, d’un malaise en son sein voire de dissidences qui ont sans doute joué un rôle dans l’éclosion du mouvement, grâce en particulier à l’anonymat des réseaux sociaux.

Il ne faut pas être naïf. La spontanéité des manifestations ne signifie pas qu’aucune main invisible n’est intervenue dans son déclenchement. Il n’existe pas de mouvement de cette ampleur chimiquement pur et les manipulations éventuelles d’agents mécontents des services de sécurité.

Nombre de structures policières ont été démantelées au cours de ces dernières années, cela illustrerait surtout le fait, si cela se confirmait, que la crise actuelle n’est pas simplement une crise entre ceux d’en haut et ceux d’en bas, mais également une crise entre ceux d’en haut.

Le fait que des masses énormes de citoyens se soient mobilisées confirme simplement que le malaise était là et qu’il était profond. Comme en 1988, la mèche allumée par des mains pas si désintéressées que cela ne pouvait aboutir à une explosion que si le baril de poudre (le mécontentement) était déjà rempli.

Pour toutes ces raisons, une répression de grande intensité, qui nécessiterait sans doute un bain de sang, reste toujours possible, mais peu probable pour l’instant du fait des dangers qu’elle ferait courir à ceux-là même qui la déclencheraient.

Hocine Belalloufi vit et travaille à Alger. Journaliste, ancien coordinateur de la rédaction de l’Alger républicain de 2003 à 2008 et militant du Parti Socialiste des Travailleurs (PST). Il est également l’auteur de deux ouvrages La démocratie en Algérie. Réforme ou révolution? (Apic et Lazhari-Labter, Alger, 2012) et Grand Moyen Orient: guerres ou paix? (Lazhari-Labter, Alger, 2008).

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