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07 mars 2021 ~ 0 Commentaire

sarkozy sondage (le huff’)

sarko maf

Sarkozy condamné: les politiques traités « moins sévèrement » par la justice

Selon un sondage Ifop, 50% des Français interrogés considèrent que Nicolas Sarkozy est traité par la justice “mieux qu’un simple citoyen”.

Les Français pensent que les politiques sont traités « moins sévèrement » par la justice (sauf les partisans de Sarkozy)

Traitement de faveur? Une majorité de Français (62%) pensent que les personnalités politiques sont traitées “moins sévèrement” par la justice que les simples citoyens et 50% que Nicolas Sarkozy, condamné récemment à de la prison ferme, l’est “mieux qu’un simple citoyen”, selon un sondage de l’Ifop ûblié ce 7 mars dans le Journal du Dimanche.

Ainsi, seules 12% des personnes interrogées considèrent que les personnalités politiques sont traitées “plus sévèrement” que les simples citoyens, et 26% “ni plus, ni moins sévèrement”.

Pour les Républicains, pas de traitement de faveur

En revanche chez les sympathisants des Républicains, le parti de Nicolas Sarkozy, ils ne sont que 19% à penser que les personnalités politiques sont traitées “moins sévèrement” que les simples citoyens, au lieu de 79% chez les Verts, 75% chez LFI, 73% au PS, 70% au RN, et 56% chez LREM.

En réponse à une autre question sur Nicolas Sarkozy, condamné la semaine dernière à trois ans d’emprisonnement, dont un ferme, pour “corruption” dans l’affaire dite des écoutes”, les Français sont 22% à estimer que Nicolas Sarkozy est traité par la justice “moins bien qu’un simple citoyen” et 28% “comme un simple citoyen”.

Si 50% de Français considèrent que l’ancien président est traité par la justice “mieux qu’un simple citoyen”, seuls 14% des Républicains le pensent.

Enquête réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 4 au 5 mars 2021, auprès d’un échantillon de 1012 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas. Marge d’erreur comprise entre 1,4 et 3,1 points.

07/03/2021

https://www.huffingtonpost.fr/

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03 mars 2021 ~ 0 Commentaire

arbres (reporterre)

arbres

Quatre espèces d’arbres sur dix sont menacées de disparition

L’effondrement du vivant est enfin reconnu comme une menace environnementale majeure, nous dit l’auteur de cette tribune, mais l’appauvrissement de la flore, et notamment des arbres, est un sujet qui demeure peu médiatisé. Pourtant, dans le monde, près de quatre espèces d’arbres sur dix sont menacées de disparition.

Au cours des deux dernières décennies, les forêts mondiales ont subi de multiples ravages, qui n’ont pas manqué d’attirer l’attention des médias et de sensibiliser le grand public à la vulnérabilité des écosystèmes forestiers.

Dans de nombreuses régions du monde (Portugal, Californie, Amazonie, Sibérie, Australie…), des incendies gigantesques – désormais désignés sous le terme de mégafeux – ont eu des conséquences colossales sur la biodiversité locale et, plus globalement, sur l’ensemble des composantes de l’environnement (du fait du relargage massif de gaz à effet de serre, de l’érosion des sols, de la dégradation de la qualité de l’eau…).

En Australie, de l’été à l’hiver 2019-2020, une surface équivalente à celle de la forêt française a été rayée de la carte. En Europe, et notamment dans l’Hexagone (dans le Morvan, en Champagne ou en Lorraine, par exemple), de nombreux peuplements forestiers ont subi des dépérissements au cours de ces trois dernières années, révélant ainsi la fragilité de nos forêts dites de climat tempéré face au changement climatique.

Cependant, si les médias ont souvent mis l’accent sur les milliers, voire les millions d’hectares dévastés, peu se sont intéressés au déclin, plus discret, des espèces arborescentes de la canopée mondiale.

Car, derrière ces forêts en souffrance, se cachent une multitude d’espèces d’arbres – près du quart de la biodiversité végétale. Selon le Botanic Gardens Conservation International (BGCI), en l’état actuel des connaissances, la planète en abriterait 65.065. La flore mondiale dans son ensemble, elle, comprendrait plus de 280.000 espèces.

Les agressions directes et indirectes liées aux activités humaines ne cessent d’accélérer le déclin de la diversité floristique

Alors que l’effondrement du vivant est (enfin !) reconnu comme une menace environnementale majeure et d’une gravité comparable à celle du changement climatique, force est de constater que l’appauvrissement de la flore, et notamment des arbres, est un sujet qui demeure peu médiatisé.

Pourtant, la diversité floristique s’amenuise considérablement. Et les agressions directes (déforestation, intensification de la sylviculture, urbanisation, commerce illégal…) et indirectes (changement climatique, développement de pathogènes, invasions biologiques…) liées aux activités humaines ne cessent d’accélérer son déclin.

Dans le cadre du Global Tree Assesment (GTA), plusieurs organisations internationales comme le Botanic Gardens Conservation International mènent actuellement un travail minutieux d’évaluation de l’ensemble des espèces d’arbres connues à travers le monde.

D’ici peu, cette synthèse devrait permettre de disposer d’une première « photographie » de leur état de conservation à l’échelle planétaire. Bien que demeurant partiel (70 % des espèces analysées à ce jour), le bilan provisoire s’avère déjà très préoccupant puisqu’il estime que près de 4 espèces d’arbres sur 10 sont menacées de disparition.

Tous les territoires sont concernés. En Europe, continent que l’on aurait pu imaginer davantage épargné, la récente liste rouge européenne (septembre 2019) a révélé que plus du tiers des essences étaient en forte régression.

La région des Balkans ainsi que plusieurs îles méditerranéennes et macaronésiennes (ensemble d’îles de l’océan Atlantique composé des archipels des Açores, de Madère, des Canaries et du Cap-Vert) font partie des territoires les plus exposés du fait de leur grande diversité botanique. Triste symbole de ce patrimoine végétal en déclin, le sapin de Sicile (Abies nebrodensis) n’est plus représenté à l’état naturel que par 25 arbres adultes dans le parc national des Madonies.

En Asie centrale, plus de la moitié des arbres ont rejoint la longue et funeste liste des espèces susceptibles de disparaître à court ou moyen terme 

En France métropolitaine, même si les pressions paraissent plus modérées, quelques espèces comme le pin de Salzmann font l’objet de toutes les attentions. Ce conifère méditerranéen, réparti sur seulement 5.000 hectares dans notre pays, demeure sous la menace constante des incendies et d’hybridations incontrôlées avec son proche cousin botanique, le pin noir d’Autriche.

Dans d’autres régions du monde, la situation est encore plus alarmante. En Asie centrale, par exemple, ce sont plus de la moitié des arbres qui ont rejoint la longue et funeste liste des espèces susceptibles de disparaître à court ou moyen terme.

Certaines de ces espèces gravement menacées à l’état sauvage ont toutefois trouvé refuge dans nos parcs et jardins. Cèdre de l’Atlas, marronnier commun, magnolia étoilé, cyprès de Lambert et de nombreux autres feuillus et conifères ont acquis le statut de végétaux d’ornement et sont communément plantés dans nos paysages du quotidien.

Si leur intérêt écologique est plus limité que celui de leurs congénères qui tentent de subsister dans leurs forêts originelles (ils ne contribuent pas, ou peu, à la préservation d’autres espèces — insectes, lichens, champignons, etc.), ce sont néanmoins des témoins de l’érosion massive et continue de la biodiversité planétaire.

Au même titre que les animaux emblématiques qu’abritent nos parcs zoologiques, souvenons-nous que de nombreux arbres, mais aussi arbustes, qui peuplent les espaces dits verts de nos villes sont aussi des « migrants végétaux » qui doivent nous interpeller sur l’état très préoccupant de la biosphère mondiale.

  • David Happe est technicien forestier et ingénieur écologue. Il s’investit dans l’étude de la biodiversité et la gestion des arbres depuis près de trente ans. Son premier livre, Arbres en péril, paraîtra le 18 mars aux éditions Le mot et le reste.

3 mars 2021 / David Happe

https://reporterre.net/

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03 mars 2021 ~ 0 Commentaire

vaccins (npa)

nos-vies-valent-plus-que-leurs-profits-vaccins

Contre Macron et les brevets, vaccins biens communs !

Alors que les contaminations à Covid-19 sont en hausse de 8 % en une semaine, les réanimations de 4 %, que dans certaines régions elles explosent comme à Dunkerque, Nice ou en Moselle, Olivier Véran et le gouvernement maintiennent leur stratégie perdante du « stop and go ».

Une stratégie insuffisante face aux variants, qui fait de nos vies, nos amours, notre culture, nos familles, les variables d’ajustement pour faire baisser le taux de reproduction du virus… et pour maintenir coûte que coûte les profits.

Mais qui ne dessine absolument aucune perspective de sortie du covid. Car les confinements du week-end, qui s’ajoutent aux couvre-feux, nous orientent de plus en plus vers un confinement généralisé.

Horizon bouché, y compris côté vaccins

Un tel confinement ne réglera rien tant que des moyens massifs ne seront pas injectés dans la santé ou l’éducation, pour dédoubler les classes et les cantines.

Tant qu’une mobilisation unitaire ne lui imposera pas une politique démocratique où les citoyenEs bâtiront eux-mêmes et elles-mêmes les mesures efficaces pour se protéger, dans les lieux de travail, d’éducation, de loisirs, tant que les mesures de tests et d’isolement se résume-ront souvent à un simple coup de fil, sans donner les garanties de revenus, de logement à ceux qui en ont besoin. Bloquer puis repartir dans l’épidémie, voilà l’horizon qu’ils nous proposent.

Et même côté vaccins, l’horizon est bouché par les pénuries et l’apartheid vaccinal, conséquence des brevets des trusts de la vaccination. Les études en Israël et en Écosse, qui ont déjà vacciné un grand nombre de personnes, confirment pourtant la grande efficacité des vaccins disponibles.

En Écosse, le risque d’hospitalisation est réduit de 85 %, quatre semaines après la première injection du vaccin Astra-Zeneca à 490 000 personnes.

Avec des résultats quasi comparables pour les personnes de plus de 80 ans, ce qui fait qu’en France son utilisation va être étendue aux personnes de 65 à 75 ans atteintes de comorbidités.

Et pour la première fois, une étude démontre une réduction de 67 % de la transmission du coronavirus, chez 17 000 volontaires participant à une étude en Angleterre, au Brésil et Afrique du Sud, avec ce même vaccin.

En Israël qui vaccine sa population, y compris les colons, mais pas les PalestinienEs, des études indépendantes confirment que le vaccin Pfizer a évité 92 % des cas de covid grave chez 600 000 personnes vaccinées.

Les profits valent plus que notre santé

Le code de la propriété industrielle confère aux laboratoires un monopole de fabrication et d’exploitation dans le monde entier.

Cependant des dispositions intégrées dans les lois internationales pourraient atténuer la portée néfaste de cette loi en soumettant les industriels de la santé au régime de la « licence d’office », qui permet aux gouvernements de suspendre un brevet afin de produire les médicaments dont la qualité ou la quantité ne sont pas satisfaisantes lorsque les conditions sanitaires l’exigent.

Et la loi du 23 mars 2020 sur l’état d’urgence sanitaire donne la possibilité au gouvernement de prendre « toute mesure permettant la mise à disposition des patients de médicaments appropriés pour l’éradication de la catastrophe sanitaire », de réquisitionner « tout bien et services nécessaires à la lutte contre la catastrophe sanitaire » et de prendre « des mesures temporaires de contrôle des prix de certains produits ».

En mai 2020 Macron annonçait que « le vaccin sera un bien public mondial, c’est-à-dire qu’il n’appartiendra à personne, mais [qu’]il appartient à tous ».

En février 2021, ce bonimenteur répète « [qu’]on doit absolument assurer l’accès mondial aux vaccins » mais affirme en même temps « [qu’]il est normal quand quelqu’un innove qu’il ait une propriété intellectuelle ».

Il refuse donc d’imposer aux laboratoires d’abandonner leurs passe-droits, et de les réquisitionner. Appliquer ces deux dispositions permettrait pourtant d’augmenter la production et de réduire la contamination sur toute la planète.

Les pays pauvres demandent aussi la suspension des droits de propriété intellectuelle de l’OMC mais les gouvernements occidentaux préfèrent protéger les profits. L’OMS a ainsi accusé fin février les pays riches d’accaparer de la majorité des doses.

Une campagne pour l’accès universel aux vaccins

La pétition « Brevets sur les vaccins anti-covid, stop. Réquisition ! » a réuni 48 organisations syndicales et associatives et une centaine de personnalités. Son objectif est de créer une forte mobilisation. Ses initiateurEs se sont réunis avec des scientifiques et des militantEs qui ont lancé d’autre appels, comme l’Initiative citoyenne européenne.

Un texte unitaire (« Pour défendre le bien commun, il faut libérer la production des vaccins ») pose la question des brevets et l’exigence de la réquisition.

Le 11 mars sera un premier temps fort de cette mobilisation, avec conférence de presse, débat unitaire sur les réseaux sociaux et probablement un rassemblement à Paris. Des initiatives peuvent être prises aussi au niveau local.

Le 11 mars est en effet la date anniversaire de la déclaration de pandémie par l’OMS, et ce jour-là, à l’OMC, sera de nouveau discutée la demande de levée des brevets déposée par l’Afrique du Sud et l’Inde, soutenue par une centaine d’ONG, à laquelle les représentants de la France de Macron, de l’UE et des USA s’opposent.

S. Bernard 04/03/2021

Pétition en ligne :

https://www.wesign.it/

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03 mars 2021 ~ 0 Commentaire

flambée (presse gauche)

accaparement

Flambée des matières premières agricoles : la crise qui monte dans l’ombre de la pandémie

La FAO alerte sur une « pandémie de la faim » liée aux conséquences du Covid-19.

Blé, soja, maïs, colza… les prix des matières premières agricoles ont flambé en 2020 et la hausse se poursuit cette année.

Si l’appétit de la Chine, qui reconstitue ses stocks à prix fort, explique en partie cette envolée, la pandémie de Covid-19 déstabilise le système alimentaire mondial au détriment des pays dépendants des importations qui ne peuvent supporter cette hausse des prix.

La question de la souveraineté alimentaire et celle de la crise de la faim reviennent plus que jamais sur le devant de la scène.

C’est une véritable flambée. + 20 % pour le blé, 30 % pour le maïs, 50 % pour le soja… l’année 2020 a vu exploser le prix des matières premières agricoles. Les cours agricoles ont progressé de 14 à 19 % en 2020, calcule UBS dans une récente étude citée par l’AFP.

« Il y a une vraie surchauffe », remarque Sebastien Abbs, directeur du Club Demeter et chercheur associé à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris). Cette envolée est multifactorielle mais pour bien comprendre, il faut se tourner vers la Chine.

Le pays est en train de constituer d’énormes stocks de matières premières agricoles après de mauvaises récoltes. Le but est de reconstituer ses cheptels, notamment de porc, qui ont été décimés par la peste porcine.

La Chine a ainsi importé plus de 100 millions de tonnes de soja et 11,3 millions de tonnes de maïs, soit une explosion de 57 % en un an seulement. Elle cherche à sécuriser son alimentation en cas de résurgences épidémiques, et pour cela, elle achète au prix fort.

« Il y a un effet d’emballement. Certains pays importateurs craignent l’enlisement de la pandé-mie ou le protectionnisme des pays exportateurs. Ils anticipent en surstockant, comme les consommateurs ont suracheté pendant le premier confinement », explique Sébastien Abis.

Les pays dépendants en première ligne

Pour les pays déjà en difficulté avec la crise économique, la flambée des prix n’est pas supportable. Les spécialistes notent une baisse des achats de l’Algérie et du Maroc, pourtant très dépendants.

« L’Égypte, premier importateur de blé tendre dans le monde est également touché », remarque Quentin Mathieu économiste aux Chambres d’agriculture. Le Liban, l’Irak, le Yémen… ces pays où l’insécurité alimentaire est importante ne peuvent suivre le rythme.

En Syrie, le Programme alimentaire mondial (PAM) tire la sonnette d’alarme. 60 % de la population, soit 12,4 millions de personnes ne mangent pas à leur faim. L’Organisation des Nations-Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) affirme que 45 pays ont désormais besoin d’une aide alimentaire extérieure.

Du côté de la France et de l’Europe, l’impact est moins visible.

« La zone a développé des politiques agricoles pour atténuer la dépendance », explique Sébastien Abis. « En France on produit beaucoup et de manière très diversifiée », ajoute-t-il. Reste que l’Hexagone importe de plus en plus.

Au total, selon Quentin Mathieu, la part des importations en valeur, en France, est de 15 % pour le secteur agricole et de 20 % pour les industries alimentaires. « Ces taux étaient respectivement de 10 % et 13 % au début des années 2000 », compare-t-il.

Sans surprise, la hausse des prix se ressent dans les box des négociations commerciales entre distributeurs, industriels et agriculteurs. « La flambée des prix ajoute des tensions », explique-t-il. Les producteurs demandent en effet de faire répercuter la hausse des tarifs des matières premières sur les prix de vente.

L’impact du changement climatique à long terme

À long terme, les tensions pourraient être encore plus vives. En cause : le réchauffement climatique. Ce dernier rend les phénomènes météorologiques extrêmes comme les sécheresses, les canicules, ou les pluies, plus intenses et fréquents.

Or ces évènements ont un impact sur les récoltes. « On peut s’attendre à un emballement des prix, une volatilité, plus intense », note le chercheur associé à l’IRIS, Sébastien Abis. On voit par exemple que le prix du blé à Chicago est reparti à la hausse à cause du froid polaire aux États-Unis qui pourrait conduire à des gels mortels sur les plants.

En 2017, une étude publiée dans les comptes rendus de l’Académie américaine des sciences (PNAS) évaluait qu’avec une augmentation d’un degré Celsius de la température moyenne mondiale, les rendements de maïs pouvaient baisser de 7,4 %, ceux du blé de 6 % et ceux du riz de 3,2 %.

En janvier, le Forum économique mondial, a d’ailleurs appelé à transformer nos systèmes alimentaires aujourd’hui défaillants pour parvenir à nourrir 10 milliards d’humains.

mardi 2 mars 2021  Marina Fabre Anti-K/Novethic

https://www.pressegauche.org/

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01 mars 2021 ~ 0 Commentaire

pétroliers (basta!)

 mafoia

La vraie mafia c’est le capitalisme!

Cet obscur traité qui menace les objectifs climatiques européens et pourrait rapporter gros aux pétroliers

Un accord international méconnu, le Traité sur la charte de l’énergie, pourrait détruire les efforts des pays européens pour atteindre leurs objectifs climatiques. Face aux industries de l’énergie, ONG et parlementaires tentent d’alerter sur cette menace.

Quelque part entre l’eau turquoise, les cabanes de pêcheurs sur pilotis, les plages et la roche verdoyante des Abruzzes, se trouve un petit coin de paradis en Italie : la côte sauvage des Trabocchi.

En été, le soleil, les oiseaux, les vignobles et le vin attirent ici les milliers de touristes qui font vivre les villages alentours. Mais un beau matin de 2008, le paysage de carte postale a failli se brouiller.

« Nous avons vu une petite plate-forme apparaître au milieu de la mer, se rappelle encore ému Enrico Gagliano. C’était une abomination. » Sous la pression, les autorités finissent par dévoiler l’existence du projet Ombrina Mare lancé par l’entreprise britannique, Rockhopper : une plate-forme pétrolière à seulement 11 kilomètres de la côte de Trabocchi.

À mesure que l’infrastructure prend forme sur l’eau turquoise, le mouvement de contestation de ce mégaprojet, dont Enrico Gagliano est l’un des fondateurs, prend de l’ampleur. En 2015, les manifestations réunissent jusqu’à 60 000 personnes, une mobilisation impressionnante pour la région.

Le gouvernement finit par céder et suspend Ombrina Mare ainsi que tous les forages étrangers qui se trouvent à moins de 22 kilomètres (12 miles nautiques) des côtes italiennes. « Nous sommes parvenus à nous faire entendre ! » conclut fièrement Gagliano.

La victoire est grande pour les villageois des Abruzzes et les défenseurs de l’environnement, mais dans l’ombre, la société d’exploration prépare sa revanche.

Un an plus tard, elle poursuit l’Italie en justice en vertu d’un accord international presque inconnu de tous : le Traité sur la charte de l’énergie (TCE). Ce texte que l’Italie a ratifié à la fin des années 1990, comme une cinquantaine d’autres pays, permet aux entreprises de l’énergie de poursuivre les États pour la perte de leurs investissements et profits futurs.

Le gouvernement de l’époque tombe de haut, tous avaient oublié jusqu’à l’existence de cet accord rédigé après la guerre froide, pour sécuriser les investissements de l’Ouest dans les pays de l’ex-Union soviétique considérés instables. Ces poursuites judiciaires ne sont pourtant que les premières d’une longue série lancées par les investisseurs de l’énergie contre les pays européens.

Depuis une décennie, cet accord est même devenu le plus utilisé du monde en matière énergétique.

Le nombre d’affaires a été multiplié par cinq, soit 136 recensées par le secrétariat du TCE. Il y en a sans doute davantage car États comme investisseurs n’ont aucune obligation de tenir informé ce secrétariat des procédures ouvertes.

Les jugements du TCE sont rendus par des tribunaux d’arbitrage – basés à Washington, Stockholm ou La Haye –, dont les procédures, jusqu’aux audiences, sont confidentielles.

Pourtant, ce sont bien des fonds publics qui sont dans la balance de cette justice parallèle. C’est l’argent des contribuables des pays membres – dont la France – qui est en jeu dans ce système judiciaire que personne ne contrôle.

Leila Minano 23 février 2021

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25 février 2021 ~ 0 Commentaire

jeunesse (révolution permanente)

Pablo-Hasel

Etat Espagnol. Dans la rue, la jeunesse met en cause le régime et son aile gauche

Les mobilisations pour la liberté de Hasel et la répression policière du gouvernement central et de la Generalitat ont mis à mal leurs récits « progressistes » et « pro-indépendance ». Il y a donc une nécessité de mettre en place un grand mouvement indépendant, qui impacte et permette l’entrée en scène de la classe ouvrière. Un mouvement qui permettrait d’avancer dans la construction d’une gauche anticapitaliste et de classe. 

C’était impossible à prévoir. Une semaine après les élections catalanes, la situation politique espérée a totalement changé. Les éditorialistes et autres faiseurs d’opinion n’ont eu que le lundi pour analyser l’échec de l’opération Illa [Candidat du parti socialiste aux élections autonomes et ministre de la santé à Madrid], le renforcement de l’indépendantisme ou encore les progrès électoraux de Vox.

Mardi, l’emprisonnement de Pablo Hásel par les Mossos d’Esquadra (police catalane) – menés par le gouvernement intérimaire de l’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC) et de Junts per Catalunya (JxCAT) – à l’université de Lleida, a donné le coup d’envoi de la vague de manifestations la plus massive et la plus étendue dans tout l’État depuis le début de la pandémie.

Des milliers de jeunes ont envahi les rues de dizaines de villes et devraient continuer à le faire dans les prochains jours. Les manifestations les plus massives ont eu lieu en Catalogne et à Madrid, et, sans surprise, c’est dans ces deux villes que la répression policière s’est faite la plus forte.

La jeunesse exprime dans les rues un malaise social aggravé après une année de crise et de pandémie

La raison immédiate des manifestations est la demande de libération de l’énième personne condamnée dans l’État Espagnol pour un crime de liberté d’opinion. Le fait que l’un des deux crimes pour lesquels il est emprisonné soit une insulte à la monarchie, un délit qui semble remonter au Moyen Âge, accroît la haine de toute une génération qui ne reconnaît pas le roi.

La Monarchie est perçue comme caduque, antidémocratique et corrompue, surtout chez les plus jeunes, comme c’était déjà clairement le cas il y a deux ans.

En outre, cette vague de manifestations sert de caisse de résonance aux fortes contradictions et aux souffrances sociales aggravées pendant cette année de pandémie. A la réponse coercitive et punitive à la pandémie, alors que tous les gouvernements ont refusé de mettre en œuvre des mesures sanitaires urgentes pour enrayer la catastrophe, s’ajoute une crise économique et sociale qui détruit les espoirs pour le futur d’une génération qui, pour les plus jeunes, n’a vécu qu’en temps de crise.

Le chômage parmi les jeunes avoisine les 50%, l’université et l’enseignement supérieur sont presque devenus un luxe, les campagnes de criminalisation des jeunes sont constantes et brutales… Une situation qui se traduit, selon diverses études, par une augmentation des problèmes d’anxiété et de dépression. Mais cela peut et doit commencer à changer, c’est ce qu’affirment les jeunes qui descendent massivement dans la rue.

Une mobilisation qui remet en question la « gauche » du régime

Le consensus sur la pandémie commence-t-il à s’effriter ? C’est une possibilité. Les grandes organisations de la gauche réformiste et de la bureaucratie syndicale feront tout leur possible pour l’éviter.

C’est pourquoi les grands syndicats n’ont pas appelé à la moindre action malgré le caractère scandaleux de l’affaire, c’est pourquoi la gauche réformiste se contente de faire un tweet, à commencer par celle qui est au gouvernement. Certains, comme le secrétaire général du PCE, vont jusqu’à envoyer des messages de soutien aux forces de police.

Ces manifestations mettent en évidence l’imposture du gouvernement « progressiste » dans l’une de ses promesses les plus fondamentales, celle de mettre fin à la loi Mordaza et aux autres articles du Code Pénal qui sont des instruments de répression de la liberté d’expression.

Comme celui de l’insulte à la monarchie ou de la glorification du terrorisme. Même ces exigences démocratiques de base n’ont pas été approuvées par le « gouvernement le plus progressiste de l’histoire« . Ainsi, on se trouve avec des rappeurs en prison ou en exil, des journalistes et des tweetos condamnés à à payer des amendes, entre autres choses.

Le gouvernement est, de plus, directement responsables d’une grande partie de la répression. C’est la délégation du gouvernement à Valence, mardi, ou à Madrid, mercredi, qui a donné l’ordre à la police nationale d’empêcher par la force la manifestation de poursuivre sa marche, ce qui a donné lieu à des charges.

Mais le malaise contre cette « gauche », représentée par le PSOE et aujourd’hui encore par Podemos, Izquierda Unida (IU) et le PCE, vient aussi du fait qu’elle n’a tenu aucune de ses promesses fondamentales. Parmi elles, l’abrogation de la réforme du travail qui crée une part importante de la précarité, le maintien des expulsions, le versement de milliards aux entreprises de l’IBEX35 (CAC 40) ou la protection de la corruption de la Maison royale.

ERC et JxCat à l’avant-garde de la répression en Catalogne, la CUP va-t-elle les investir ?

En Catalogne, ce malaise s’étend au gouvernement de la Generalitat et aux partis indépendan-tistes qui sont à l’avant-garde, et continueront vraisemblablement à l’être. L’ERC et JxCat, qui devant la tribune sont pleins de belles paroles pour défendre la liberté d’expression, sont toujours en charge des Mossos qui ont arrêté Hásel ou qui ont réprimé les manifestations de Barcelone, Gérone ou Vic…

Leur police anti-émeute continue d’utiliser des armes telles que les flashballs, qui ont arraché l’œil d’un jeune manifestant mardi. Ce sont eux qui gèrent la pandémie et la crise sociale, avec les mêmes politiques criminelles que le gouvernement central.

Les mobilisations en Catalogne désignent les partis catalans. La CUP (Candidatura de Unidad Popular) continuera-t-elle à laisser la porte ouverte à un soutien à l’investiture, à un accord législatif ou même à une entrée au gouvernement avec ces partis?

Si c’est le cas, à la fracture entre la rue et la Generalitat – qui a commencé avec les mobilisations contre laes jugements en 2019 – continuera entre cette gauche et toute une nouvelle génération indignée.

L’irruption dans les rues de cette nouvelle génération, principalement entre 16 et 22 ans, pourrait annoncer une nouvelle crise de la représentation.

Une extrême droite qui avance sur le dos du régime et de ses partis

Que face à une telle crise sociale et économique, le fait que la gauche ait été intégrée au régime, comme c’est le cas d’Unidas Podemos, laisse un terrain ouvert aux options ouvertement réactionnaires pour tenter de capitaliser sur le malaise et les désillusions. Surtout si nous ne mettons pas en place une gauche différente et capable d’aller au plus loin que celle qui gouverne aujourd’hui à la Moncloa.

Nous l’avons vu, quelque part, lors des élections catalanes de dimanche. Le bon résultat de VOX, avec 7,7% des voix et 11 députés, est particulièrement inquiétant dans les principales villes et quartiers populaires – où il a doublé ou triplé ceux de la CUP – et le fait que 20% sont des jeunes entre 18 et 35 ans.

Vox ne parle plus seulement d’espagnolisme. Il affine son message démagogique anti-establishment, dénonce la caste politique et exige un programme populiste de « sauvetage » des classes moyennes ruinées, qu’elle oppose ouvertement à l’immigration.

Cette issue est totalement réactionnaire, mais s’il n’y a pas de contre-proposition tout aussi radicale qui avance l’expropriation des capitalistes pour leur faire payer la crise et renverser ce régime pourri, elle peut gagner des adeptes parmi les secteurs populaires.

La puissance de la réponse à l’emprisonnement de Hasel montre qu’il existe des forces sociales sur lesquelles s’appuyer pour tenter de construire une telle gauche. Il y a des centaines de milliers de jeunes et de travailleurs qui ne doivent rien à ce régime, à ses partis et au capitalisme espagnol aujourd’hui en crise, auxquels nous pouvons nous adresser depuis la gauche anticapitaliste et ouvrière dont nous nous revendiquons. (Résumé)

Santiago Lupe mardi 23 février

https://www.revolutionpermanente.fr/

CUT

JxCat

ERC

Lire aussi:

De Madrid à Barcelone, la révolte de la jeunesse unifie la contestation extraparlementaire de la monarchie et du capitalisme

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25 février 2021 ~ 0 Commentaire

21 mars (gilets jaunes)

 

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25 février 2021 ~ 0 Commentaire

covid (regards)

Covid-19 : « Il y a un apartheid vaccinal »

Leur pétition lancée par près de 50 associations et 100 personnalités a atteint les 5000 signatures. Ils demandent l’ouverture des brevets et la réquisition des usines pour fabriquer le vaccin. Sylvie Larue de la coopérative Cerises et Franck Prouhet, médecin généraliste, tous deux à l’initiative de l’appel, sont les invités de la Midinale.
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Sur l’impératif que les vaccins soient des biens communs mondiaux
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Franck Prouhet « Il faut que les vaccins deviennent des biens communs mondiaux. » « Les brevets sont un frein absolu à la diffusion de ce qui devrait être un bien commun : cela amène à une pénurie, à des prix hauts, à un apartheid vaccinal qui prive les pays les pauvres de vaccins. »
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Sylvie Larue « De plus en plus de voix s’élèvent pour demander que les brevets soient suspendus. » « Des batailles comme celle-ci ont déjà été menées et ont été remportées, notamment quant au VIH. » « Ces logiques de profits, des logiques capitalistes, de mises en concurrence des pays entre eux sont de plus en plus insupportables et complètement inefficaces. Il faut que l’on s’en sorte tous ensemble, que l’on soit un pays riche ou un pays pauvre. » « Il faut privilégier la coopération et la mise en commun. »
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Sur la lutte contre le VIH
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Franck Prouhet « En 2001, les 39 plus gros laboratoires mondiaux ont avoué qu’ils préféraient leurs profits à la santé des populations notamment africaines, en mettant en procès le gouvernement de Pretoria (Afrique du Sud) parce qu’il avait rédigé une loi pour produire des génériques à bas coût contre le VIH – cela divisait par 100 le coup d’un traitement ! »
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« Les brevets n’ont pas sauté mais le scandale absolu qu’était ce procès a permis d’autoriser des mesures un peu dérogatoires aux règles de propriété intellectuelle. »
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Sur l’apartheid vaccinal
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Franck Prouhet « Il y a un apartheid vaccinal. » « 96% des stocks de vaccins ARNm Pfizer et Moderna ont été achetés par les pays riches qui ne représentent que 14% de la population mondiale. »
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« L’OMS estime que seuls 10% de la population pauvre du monde aura accès à des vaccins anti-Covid à la fin de l’année. » « Les variants sont plus contagieux et échappent à un certain nombre de vaccins. » « Ceux qui décident de la production vaccinale, ce sont les producteurs et le marché et pas des experts, des citoyens. » « Les financements sont publics et nos usines sont à l’arrêt. » « La base du nationalisme vaccinal, c’est la pénurie. Or la pénurie est organisée par les brevets. » Sur les réquisitions envisagées pour produire des vaccins
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Franck Prouhet « Tous les pays n’ont pas les capacités pour produire des vaccins mais des pays comme l’Inde et l’Afrique du Sud, oui. » « L’Afrique du Sud vend des vaccins au marché mondial mais doit en racheter à des prix élevés pour qu’ils soient adaptés au variant sud-africain. »
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Sylvie Larue « Il y a une vraie volonté de ne pas laisser aux pays qui peuvent produire des vaccins de le faire. » « Le Covax, c’est consacrer une partie de la production des vaccins à l’Afrique. Emmanuel Macron propose ainsi que 3 à 5% des vaccins soient livrés à l’Afrique. C’est scandaleux : au lieu d’avoir une autonomie de production, on leur fait l’aumône. »
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Sur la pharmacovigilance
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Franck Prouhet « Depuis des années, des associations médicales dénoncent les scandales de santé. » « Les scientifiques, les médecins, les pharmaciens, les pharmacologues, associés aux syndicats et aux citoyens devraient avoir tous les éléments d’information, c’est-à-dire accès aux brevets, pour pouvoir déterminer quel vaccin serait meilleur pour telle indication. Aujourd’hui, c’est le secret commercial qui préside. »
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24 févr. 2021
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Pour signer la pétition, c’est par ici : https://www.wesign.it/fr/sante/brevet…
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21 février 2021 ~ 0 Commentaire

gaz (anti-k)

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Gaz et électricité. « La concurrence fera baisser les prix », qu’ils disaient. Et aujourd’hui…

Selon l’économiste David Cayla : « L’électricité repose sur un coût fixe important. On plaque un système de concurrence là où c’est le monopole centralisé qui était efficace. »

Bond de 60 % sur la facture d’électricité en quinze ans, de 3,5 % en février sur le gaz… La dérégulation du marché de l’énergie et le « dopage » subventionné du secteur privé n’en finissent pas de plomber le budget des ménages.

C’est devenu une triste habitude pour les foyers français : les prix de l’électricité ont connu une nouvelle hausse, le 1er février, de 1,6 %. Une progression qui devrait coûter en moyenne 15 euros supplémentaires aux ménages par an, d’après la Commission de régulation de l’énergie (CRE).

C’est la quatrième année consécutive que la facture grimpe, atteignant une augmentation cumulée de plus de 11 % depuis 2019. Si la CRE, à l’origine de la proposition de hausse des tarifs, et EDF justifient ce renchérissement par des phénomènes conjoncturels liés à la pandémie de Covid 19 – notamment l’ampleur des impayés des entreprises –, les raisons profondes de cette évolution sont plutôt à chercher du côté des choix de l’État en matière de politique énergétique, estiment plusieurs spécialistes de la question.

Parafiscalité et profits du privé

« Sur une dizaine d’années, les prix de l’électricité pour le consommateur ont bondi de 50 à 60 %, soit trois à quatre fois l’inflation.

Quand on regarde les données de manière objective, la majeure partie de la hausse des prix de l’électricité vient de la parafiscalité », explique François Carier, chargé du dossier énergie pour l’association Consommation logement cadre de vie (CLCV).

Au-delà de la TVA, c’est notamment la contribution au service public de l’électricité (CSPE) qui pèse lourd dans la balance. Destinée principalement à financer la transition énergétique, cette taxe est en effet passée de 4,50 euros du kilowatt/heure à 22,50 euros du kilowatt/heure en 2016.

« D’un côté, on est favorable aux énergies renouvelables ; de l’autre, on peut se demander si les conditions auxquelles EDF rachète cette électricité à ces acteurs privés ne sont pas trop avantageuses », précise François Carier.

En 2018, un rapport particulièrement sévère de la Cour des comptes estimait que l’État s’acquitte chaque année de 2 milliards d’euros pour produire par le solaire… 0,7 % du mix électrique français.

« Le gouvernement a fait le choix que le développement de ces énergies soit privé. Or, on fait porter cette politique de subvention vers le privé aux consommateurs, en augmentant le prix de l’électricité », dénonce Aurélien Bernier, auteur du livre « les Voleurs d’énergie ».

Mais, plus fondamentalement, ce phénomène serait surtout un effet de la libéralisation du marché de l’énergie. « Il y a plein de libéralisations qu’on soutient. (Pas nous! blog) Mais là, au minimum, il était clair dès le début que la concurrence n’a pas permis de faire baisser les prix et, depuis deux-trois ans, cela les a même fait grimper », estime François Carier.

« La caractéristique de l’électricité, c’est qu’elle repose sur des coûts fixes importants en ce qui concerne la production et la distribution. La construction et l’entretien de centrales nucléaires ou de barrages hydrauliques coûtent très cher. Mais les coûts marginaux en termes de production unitaire du kilowatt/heure sont ensuite très faibles », analyse David Cayla, maître de conférences à l’université d’Angers et membre des Économistes atterrés. « On a voulu plaquer un système de concurrence sur une situation où, en réalité, c’est le monopole centralisé qui était efficace », précise l’économiste.

Un cadeau à la concurrence, un « poison » selon le PDG  d’EDF

Afin d’organiser ce marché et de le rendre « artificiellement rentable » pour les nouveaux entrants, comme l’explique Aurélien Bernier, l’État a décidé d’imposer à EDF de vendre à prix coûtant un quart de sa production nucléaire à ses concurrents privés.

C’est le mécanisme de l’Arenh (accès régulé à l’électricité nucléaire historique), mis en place par le gouvernement Fillon en 2011 après la loi portant sur la nouvelle organisation du marché de l’électricité (Nome). Un cadeau à la concurrence que même le PDG d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a qualifié de « poison », conduisant l’entreprise publique au surendettement.

Mais, pour achever de convaincre ces acteurs privés de rentrer sur le marché, encore faut-il que le prix à la revente soit attractif, de même que la perspective de profits. « Le législateur a décidé que le tarif réglementé allait varier en fonction des coûts de production, mais aussi des coûts de l’électricité en Bourse », poursuit le spécialiste de l’énergie.

C’est ainsi que la Commission de régulation de l’énergie se retrouve à proposer, année après année, le rehaussement du tarif réglementé de vente de l’électricité (TRV), pour s’aligner sur les attentes du privé.

Pour ces concurrents d’EDF – une trentaine d’entreprises sur le marché français –, c’est tout bénéfice.

« Quand les prix en Bourse sont bas, elles vont acheter sur ce marché et n’usent pas leur droit à l’Arenh, mais dès que les prix s’envolent en Bourse, on les voit se ruer dessus », décrypte Aurélien Bernier. Un comportement purement parasitaire, qui n’apporte rien de plus, in fine, au consommateur.

« Quand les concurrents d’EDF vous proposent des prix plus bas, c’est qu’en réalité, ils font des économies de bouts de chandelle en délocalisant des services clientèle. Et qu’ils vous présen-tent des prix hors taxes », ajoute le spécialiste. « Ces acteurs privés ne sont que des reven-deurs. Si vous êtes énergéticien et que vous ne savez pas produire de l’énergie, peut-être qu’il vaudrait mieux faire des baraques à frites », tacle François Carier.

Pour satisfaire l’Europe libérale

Si le système de l’Arenh doit prendre fin en 2025, ce qui est amené à le remplacer n’est pas bien plus réjouissant pour les usagers. « Le gouvernement français est en discussion avec Bruxelles pour faire en sorte que cette mise à disposition de l’énergie nucléaire d’EDF à ses concurrents ne soit plus limitée à 25 % de ses capacités, et que cela continue ad vitam aeternam », alerte le représentant de CLCV. « In fine, le projet phare de l’Union européenne, c’est l’Europe de l’énergie : un grand marché régi par une concurrence au niveau européen entre grands opérateurs », estime Aurélien Bernier.

DERRIÈRE HERCULE, UN ENJEU DÉMOCRATIQUE

« Les prix de l’électricité sont fixés sur la base de montages d’une extraordinaire complexité, plus personne n’y comprend rien. On a substitué des formules techniques à un débat démocratique », fustige l’auteur Aurélien Bernier, qui estime qu’une privatisation accrue d’EDF, comme ce que propose le projet Hercule, représenterait un nouveau recul social. À l’image de la campagne populaire de mobilisation autour des Aéroports de Paris, celui-ci espère que cet enjeu d’un grand service public de l’énergie sera porté bien au-delà des seuls salariés d’EDF, qui luttent depuis des mois contre ce projet. Une pétition lancée par l’intersyndicale et déjà signée par plus de 33 000 personnes est disponible sur change.org.

 

L’Humanité, 20 février 2021

 

https://www.anti-k.org/

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18 février 2021 ~ 0 Commentaire

conseil 22 (lutte ouvrière)

penibilite-

Conseil des Côtes-d’Armor : les salariés se rebiffent

Pour la deuxième fois en quinze jours, les salariés du conseil départemental des Côtes-d’Armor se sont mobilisés pour protester contre la suppression de 25 postes, dont 22 du secteur des routes, prévue au budget 2021.

La première fois, ils avaient envahi l’hémicycle, ce qui avait valu l’annulation de la séance, provoquant les foudres du nouveau président du conseil qui avait considéré cette intrusion comme une action violente. Et risquer sa vie pour aller au travail sur des routes rendues dangereuses par manque de personnel, n’est-ce pas subir la violence ?

La nouvelle séance budgétaire prévue le 15 février 2021 a vu de nouveau une centaine de manifestants s’inviter aux débats avec de nouveaux arguments.

En effet l’épisode neigeux et le verglas qui ont bloqué la vie durant près d’une semaine ont révélé combien le personnel chargé de l’entretien des routes était nécessaire, démontrant par là même l’absurdité de la la suppression de postes dans ce service. C’est au contraire du renfort qui serait nécessaire, et donc des embauches.

Le président, ne l’entendant pas de cette oreille, a décidé de poursuivre sa réunion budgétaire en ­visioconférence et de voter son budget en force. Il n’entendait plus être sous la pression des grévistes, pour faire passer ses mauvais coups sans opposition. Pas de chance, ceux-ci, fort du succès de leurs deux premières actions, sont décidés à poursuivre la lutte.

Correspondant LO 17 Février 2021

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