Archive | Chômage & précarité

18 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

plan pauvreté (révolution permanente + npa)

just

Après le « pognon de dingue », trouver un emploi « en traversant la rue » ?

Macron prépare les esprits au néo-libéralisme anglo-saxon

« Je traverse la rue, je vous en trouve [du travail] » a lancé Macron à un jeune horticulteur dimanche 16 septembre. Si la scène a ouvert une polémique telle que la majorité présidentielle a dû le défendre en bloc, les propos du président de la République ne sont pas anodins et entrent dans une stratégie consciente pour préparer l’opinion publique à sa vision d’une évolu-tion du marché du travail qu’il compte mettre en application.

Comme au Royaume-Uni ou en Allemagne le gouvernement compte généraliser la surexploitation pour les plus précaires.

« La meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler », on se rappelle de cette déclaration choc avant même l’élection présidentielle en 2016. Depuis, les ordonnances XXL ont parachevé la loi El Khomri pour généraliser la facilitation des licenciements. Deux ans plus tard, courant juin, Macron diffusait une vidéo devenue virale sur son compte twitter, où il fusti-geait le « pognon de dingue » que « coûtent » les aides sociales. Comme une façon pour Jupiter de préparer les esprits au profond big-bang qu’il allait opérer à la rentrée contre le système d’aides aux plus précaires.

Présenté comme un plan de subvention de 8 milliards d’euros, le « plan pauvreté » est en réalité un cheval de Troie.

En effet, via la mise en œuvre du « revenu universel d’activité », Macron ouvre ainsi la voie vers une remise en cause de l’universalité de l’aide sociale. Ainsi, le remplaçant du RSA, dépendant actuellement des revenus, sera conditionné à l’acceptation de deux offres d’emploi « raisonnables ». C’est non seulement tout une logique qui vise à culpabiliser ceux qui perçoi-vent une aide, ou encore une stigmatisation, mais aussi une individualisation.

Cependant, au-delà des aspects idéologiques visant à la fragmentation du monde du travail, derrière cette conditionnalité des aides se cache l’ouverture d’un nouveau marché du travail au service du patronat. C’est le marché du « travail forcé », existant déjà au Royaume-Uni ou en Allemagne, un marché où quiconque souhaiterait continuer à percevoir une aide déjà à peine suffisante pour survivre est condamné à se faire surexploiter. Loin d’être une passerelle vers l’emploi, c’est bien en réalité le maintien dans la pauvreté, mais une pauvreté utile à l’augmentation des profits du patronat.

Après avoir attaqué les travailleurs dit « protégés » en CDI, le « président des riches » compte ouvrir un nouveau volet en visant cette fois-ci les plus précaires.

Comme l’exprime L’historien Christian Delporte au journal Le Monde : « Ces petites phrases sont à la fois stratégiques et sincères, elles accompagnent et préparent l’opinion sur le conte-nu des grandes réformes à venir ». Il continue « sa vision du marché du travail, proche de celle des Anglais : au Royaume-Uni, quand vous avez refusé deux propositions d’emploi par exemple, vous ne touchez plus d’allocations. »

S’il est clair que Macron tente d’ouvrir une nouvelle séquence où il affirme se préoccuper désormais des « derniers de cordée » ou explique qu’il s’agit désormais d’« arrêtez d’emmer-der les retraités », cela exprime, en définitive, la nécessité pour Macron, dont l’impopularité est record, de reconquérir une base sociale plus large sur la gauche notamment, censée illustrer le « progressisme » de Macron.

Si la méthode est plus insidieuse, le fond des attaques reste identique.

Il suffit, en cela, de voir que malgré les efforts de « pédagogie », le plan pauvreté est loin d’avoir convaincu. Alors que Macron montre, jour après jour, qu’il n’est plus Jupiter, ce dont il s’agirait, ce serait de commencer à utiliser les brèches ouvertes par la macronie pour passer à la contre-offensive. Une contre-offensive qui ne peut pas passer par la négociation de la régression sociale mais par la préparation d’un plan de lutte sérieux à même de créer le rapport de force, par nos méthodes de luttes, celle du mouvement ouvrier, les grèves et les manifestations de rue.

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18 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

macron (huffington post)

apl macron

Jonathan Jahan, l’horticulteur au chômage, répond à Macron: « Il est dans le monde des Bisounours »

« C’est comme si j’avais pris une claque », raconte le jeune homme.

Le jeune l’horticulteur au chômage à qui Emmanuel Macron avait lancé qu’il suffisait de « traverser la rue » pour trouver un travail dans la restauration l’a « un peu en travers de la gorge ». Interrogé par Europe 1 et BFMTV ce mardi 18 septembre, Jonathan Jahan n’a pas vraiment apprécié la réaction du président de la République quand il lui expliquait qu’il avait « beau envoyer des CV et des lettres de motivation, ça ne fait rien ».

« C’est comme si j’avais pris une claque », raconte-t-il, « déçu » du comportement du chef de l’Etat. « Il est complètement à côté de la plaque, il est encore dans le monde des Bisounours. Il est président, mais il ne s’occupe pas des personnes qui sont au chômage », selon lui. Sur Europe 1, le jeune de 25 ans a estimé que « ce que (Macron) a dit n’est pas normal, je l’ai un peu en travers de la gorge. J’avais envie de lui dire: dans ce cas-là, venez avec moi en chercher! ».

« Il n’y a pas de problème, s’il y a du boulot, qu’il m’accompagne jusqu’à Montparnasse! Je vais faire l’essai dans la semaine, on verra par la suite », explique Jonathan Jahan. « J’ai déjà travaillé dans la restauration, j’ai déjà fait de la plonge. Aujourd’hui, j’envoie des CV et je reçois des lettres et des lettres de refus. Je me lève le matin et je me dis: ‘pourquoi je me lève à 6 heures pour aller chercher du travail alors que je sais la réponse’. Malgré tout je le fais quand même », conclut-il.

https://www.huffingtonpost.fr/

macron-illettrés-gad

Lire aussi:

Des rues, j’en ai traversées M. Macron avant de retrouver un emploi, alors vos leçons de vie, non merci! (Le Huffington Post)

Macron prépare les esprits au néo-libéralisme anglo-saxon (Révolution Permanente)

« Plus personne ne veut de CDI aujourd’hui » selon Franck Provost, PDG des salons de coiffure (RP)

« Marre de traverser la rue, on va finir par la prendre ». La réponse d’un chômeur à Macron (RP)

Dans la restauration, le «tu marches ou tu te casses» ne séduit plus (Libération)

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23 août 2018 ~ 0 Commentaire

santé usa (lutte ouvrière)

wash post

États-Unis : Espérance de vie en recul

Baisse de l’espérance de vie, réapparition du scorbut : deux nouvelles qui en disent long sur la dégradation de la santé publique aux États-Unis.

Après avoir stagné en 2012, l’espérance de vie recule aux États-Unis depuis 2015. Et deux études récentes montrent que, plus bas est le niveau de vie, plus fort est l’accroissement de la mortalité entre 25 et 64 ans. Cela se voit chez les ouvriers blancs au chômage des États désin-dustrialisés, comme chez les Noirs pauvres ou les Amérindiens, milieu le plus touché.

Même lien entre le degré d’exclusion et de pauvreté dans la réapparition du scorbut, pas seulement aux États-Unis d’ailleurs, puisqu’on la constate aussi en France, au Canada et en Australie. Le scorbut est dû à une carence grave en vitamine C. Potentiellement mortel, il se soigne vite et bien par une simple consommation de fruits et légumes.

« De nombreuses personnes qui ont des difficultés à se nourrir ont tendance à choisir des aliments riches en matières grasses, en calories et très nourrissants, explique un médecin américain. Si vous avez un budget alimentaire limité, ce sont les repas qui vous combleront et vous satisferont davantage que la consommation de fruits et de légumes. » Le scorbut était la maladie des marins au long cours jusqu’au début du 19è siècle. Voilà où nous ramène le capitalisme en crise.

Pierre LEMAIRE 22 Août 2018
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27 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

cdi (npa)

staj

La mort programmée du CDI

Entre Marseillaise et tabassages par de vrais et/ou de faux policiers, le gouvernement continue ses basses œuvres de détricotage du droit de travailAlors que les embauches en CDD, les licenciements en CDI, les ruptures conventionnelles se multiplient, le patronat exige toujours plus de précarisation du travail.

Embauche à la tâche

À la suite de nouveaux accords de branche signés le 29 juin dernier, entre l’Union des indus-tries et métiers de la métallurgie (UIMM) et la CFDT, la CFE-CGC et FO, les salariéEs de la métallurgie pourront être embauchéEs grâce à un « contrat de chantier », un contrat en CDI qui se termine une fois un chantier achevé.

Cette possibilité d’accord de branche ressort des ordonnances « Macron » sur le Code du travail.

Cela ouvre la possibilité d’un développement de ce type de contrat dans la plus importante branche professionnelle, avec 1,4 million de salariéEs. Ce CDI à durée limitée était jusqu’à présent surtout utilisé dans le secteur de la construction. Dans la même veine existe aussi le CDI de mission réservé aux cadres et aux ingénieurEs dans le secteur privé.

L’accord a été conclu pour une expérimentation de trois ans et limite le nombre de contrats à 10 % des effectifs dans les entreprises de 50 à 1 000 salariéEs, 5 % dans celles de plus de 1 000 salariéEs, et sa durée minimale ne peut être inférieure à six mois. En cas de licenciement, une indemnisation spéciale sera versée, dont la somme dépendra de la durée du contrat : 8 % de la rémunération brute la première année, 6 % au titre de la deuxième année et 4 % au-delà. Soit un taux bien inférieur aux 10 % du salaire total brut de prime de précarité pour un contrat intérimaire…

Dans la métallurgie, la précarité est déjà omniprésente.

Selon les organisations syndicales, 100 000 intérimaires seraient en poste sur l’ensemble de la branche. Dans le seul secteur de l’automobile, on trouve plus de 10 000 emplois précaires chez PSA, avec un taux d’intérim de 45 %. Sur le site de Renault Flins, le taux d’intérim atteint 84 % sur les chaînes de montage. 2 000 intérimaires sont présentEs contre 1 000 embauches en CDI chez les ouvrierEs. Dans les usines de mécanique de Renault, le taux d’intérim va jusqu’à 60 %.

Le CDI intérimaire juridiquement sécurisé

Le CDI intérimaire est né sous Hollande, d’un accord de branche de juillet 2013, étendu par un arrêté du ministère du Travail de mars 2014. Pour échapper à la taxation des contrats courts, les professionnels de l’intérim s’étaient engagés à créer ce contrat, présenté comme un outil de « flexisécurité ». Il permet de fixer des missions d’intérim dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée, signé avec l’agence de rattachement.

L’usage du CDII s’est développé après sa reconnaissance par la loi Rebsamen d’août 2015 et, à ce jour, 36 000 contrats ont été signés dont 25 000 en cours. Mais cette reconnaissance par-tielle n’était qu’expérimentale, jusqu’au 31 décembre 2018. Un amendement au projet de loi «Avenir professionnel » a fait sauter cette limite, inscrivant le CDI intérimaire dans le Code du travail.

Opposé à toute forme de taxation des CDD, le patronat obtient ainsi les outils du développe-ment de la précarité en s’engageant sur des pistes qui pourraient mener à la naissance d’un contrat hybride, mélangeant les règles du CDI et du CDD, le contrat unique, une idée jugée intéressante par… Manuel Valls.

Robert Pelletier Mercredi 25 juillet

https://npa2009.org/

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17 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

prolétaires 2.0 (libération)

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Sarah Abdelnour : «Marx est toujours d’actualité pour comprendre les prolétaires 2.0»

Selon la sociologue Sarah Abdelnour, l’essor des travailleurs indépendants et des plateformes numériques a surtout permis de contourner le code du travail, avec l’aval de l’état. Prolétaires ubérisés de tous les pays…

Qui sont les «prolétaires 2.0» dont vous parlez ?

Ils sont nombreux dans le monde des indépendants, où de nouvelles formes de vulnérabilité économique sont apparues. Avec la promotion de la création d’entreprise, de plus en plus de travailleurs sont sortis des régulations collectives. Les formes «d’échange de travail», qui se développent sur les plateformes numériques sont devenues un véritable terreau de contourne-ment du droit du travail. Ces plateformes ont entraîné un phénomène d’externalisation des travailleurs, qui sont à leur compte, de manière plus ou moins fictive. Ces nouveaux modes de travail permettent de plus de contourner des règles des professions réglementées : vous pouvez faire appel à des amateurs (au sens de non-professionnels) pour faire des travaux chez vous ou vous faire à dîner. Et puis, il y a les nombreuses plateformes de microtravail, comme Amazon Mechanical Turk, sur lesquelles le travail n’est pas déclaré : il s’agit alors de travail dissimulé, non encadré, non rémunéré.

Marx permet-il de comprendre la situation des travailleurs «ubérisés» ?

Si la pensée de Marx est toujours d’actualité pour analyser la situation des prolétaires 2.0, c’est que tout cela ressemble d’une certaine façon à ce qui se passait au 19è siècle, avant que le droit du travail ne commence à se structurer : il y a en quelque sorte une réactualisation de ce moment que les historiens appelaient la «proto-industrialisation», quand, avant la concentra-tion industrielle, le travail était très fragmenté, avec des tâcherons qui amenaient du travail de confection à des couturières travaillant à domicile par exemple et passait sous le radar des lois sociales en train de se mettre en place.

A partir du 19è siècle et des premières lois sociales, les prolétaires en bas de la chaîne sont progressivement rentrés dans l’ordre salarial. Et, au fur et à mesure que le salariat est devenu une condition plutôt désirable, l’état et les entreprises ont abandonné le bas de l’échelle, l’ont sorti du salariat, alors que les patrons, eux, sont devenus salariés. Maintenant, de hauts fonc-tionnaires offrent l’opportunité à des dirigeants d’entreprise salariés de recourir à du faux travail indépendant.

Selon vous, l’état serait «complice de la précarisation». Pourquoi ?

Ce que fait l’etat en termes de régulation, ou plutôt de dérégulation, du travail consiste précisément à autoriser toutes ces formes d’emplois dérogatoires. C’est bien l’état qui crée la possibilité d’embaucher en CDD, qui a mis en place les contrats aidés, les stages, le statut d’auto-entrepreneur… Pourquoi ? Parce qu’on a quand même de larges pans de la machine étatique, les gouvernements et l’administration, qui se sont convertis au discours patronal selon lequel le travail est trop cher et pour qui la croissance économique viendra en dérégulant et en fragilisant l’emploi.

Ce que démentent nombre d’économistes, et ce qui néglige les enjeux de progrès et de développement social. Et au-delà de cette croyance, on peut observer les logiques d’intérêts à l’œuvre : les personnes qui ont le pouvoir de légiférer adoptent un point de vue socialement situé du côté du patronat.

C’est ce qu’observait déjà Marx 

On a les intérêts qui correspondent à la place qu’on occupe dans la société. Les objectifs d’harmonie sociale et de solidarité ne sont plus du tout au cœur des discours politiques. Depuis notamment le mandat de Nicolas Sarkozy et la création du régime d’auto-entrepreneur, il y a cette vision selon laquelle les travailleurs pauvres ou les chômeurs n’ont qu’à monter leur petit business s’ils veulent survivre, faire de tout un objet de revenu, marchandiser leur temps et ce qu’ils possèdent, et, surtout, ils ne devraient rien demander à l’Etat ou à l’entreprise pour mieux vivre. C’est, à mon sens, très dangereux en termes de solidarité et d’intégration sociale.

Employés, ouvriers, soit plus de la moitié des actifs aujourd’hui et tout particulièrement femmes et immigré(e)s : voilà les personnes les plus vulnérables en 2018. Une très large partie de la population française. Pour Sarah Abdelnour, maîtresse de conférences en sociologie à l’uni-versité Paris-Dauphine, les «nouveaux prolétaires» sont «globalement les mêmes que les anciens». L’auteure reprend la définition de Karl Marx: «toutes les personnes qui ont besoin de vendre leur force de travail pour survivre, donc d’abord celles qui n’ont pas de patrimoine» et explique comment ce terme de prolétaire«renvoie plus largement à un ensemble de positions sociales caractérisées par une faiblesse des rémunérations, de l’insécurité économique, une faible reconnaissance sociale et un éloignement par rapport aux lieux de pouvoir».

Sarah Abdelnour publie une réédition augmentée de son ouvrage les Nouveaux Prolétaires (Textuel), initialement paru en 2012, où elle défend la pertinence d’une grille d’analyse marxiste pour penser la question de la domination au travail. A l’heure du développement des inégalités et des politiques de dérégulation du travail, cette chercheuse met aussi en avant l’apparition de «nouvelles figures de prolétaires» depuis quelques années : les travailleurs «ubérisés».

Amélie Quentel 16 juillet 2018

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SARAH ABDELNOUR LES NOUVEAUX PROLÉTAIRES Ed. Textuel, 2018, 160 pp., 15,90 €

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13 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

travailleurs invalides (capital + l’humanité)

handicap

Le gouvernement sucre la prime d’activité aux travailleurs invalides

Un nouveau mode de calcul de la prime d’activité est appliqué depuis le 1er juillet. Les travailleurs qui touchent une pension d’invalidité en subissent les conséquences de plein fouet.

“Je veux partager le témoignage d’une mère de famille célibataire, conseillère clientèle à mi-temps car son handicap ne lui permet pas de travailler plus. Elle perçoit une pension de 726 euros par mois et entre 600 et 700 euros de salaire. Elle va perdre à partir de ce mois sa prime d’activité de 140 euros par mois”. C’est ainsi qu’Ericka Bareigts, députée Nouvelle Gauche de La Réunion, a commencé son intervention à l’Assemblée mardi. Elle interpellait le gouverne-ment au sujet de la modification du mode de calcul de la prime d’activité.

Depuis le 1er juillet, de nombreux travailleurs invalides subissent de ce fait une importante réduction de leurs revenus mensuels.

Le nouveau mode de calcul, adopté lors du vote du budget 2018, mais dont l’application a été repoussée à l’été, est en effet défavorable aux bénéficiaires de la pension d’invalidité ou de la rente accident du travail-maladie professionnelle (rente AT-MP). En 2016, une dérogation avait été mise en place, afin que ces aides soient considérées comme des revenus pour le calcul de la prime d’activité. Cette dernière est accordée aux travailleurs disposant de revenus modes-tes, moins de 1.500 euros par exemple dans le cas d’une personne seule et sans enfant.

Désormais, avec le nouveau mode de calcul, les pensions invalidité et rente AT-MP sont considérées comme des allocations, ce qui en pratique empêche les personnes concernées de recevoir la prime d’activité. En revanche, rien ne change pour les bénéficiaire de l’allocation adulte handicapé (AAH).

Une perte de revenus de 158 euros par mois en moyenne

D’après APF France handicap (ex-Association des paralysés de France), la perte moyenne s’élève à 158 euros par mois pour les pensionnés d’invalidité. “Cet argent n’est pas utilisé pour aller s’acheter le dernier téléphone mais pour payer les factures de gaz, une partie du loyer, la moitié des courses du mois…”, s’insurge Véronique Bustreel, conseillère nationale de l’asso-ciation en charge du dossier. “Ça touche majoritairement des femmes seules avec des enfants, ce sont des personnes qui ont des revenus très modestes”.

Pour justifier cette mesure, le gouvernement avance deux arguments. D’abord, l’ancien mode de calcul ne serait “pas cohérent avec l’esprit de la prime d’activité”, a affirmé Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat aux personnes handicapées, devant l’Assemblée, mardi. “Je suis scotchée !”, réagit Véronique Bustreel. “C’est totalement dans le rôle de la prime d’activité que de soutenir l’activité de personnes qui travaillent et qui ont des revenus modestes”.

Second argument du gouvernement : “peu de personnes ont été touchées par cette mesure”. En effet, sur les 260.000 personnes touchant une pension d’invalidité et exerçant une activité professionnelle, seulement 6.600 bénéficiaient de la prime d’activité. “On n’a rien fait pour lutter contre le non-recours ! Il n’y a eu aucune information du gouvernement et des caisses pour prévenir ces personnes qu’elles étaient éligibles”, s’insurge la conseillère nationale d’APF France handicap.

Malgré les multiples alertes des associations depuis novembre dernier, le gouvernement assume donc cette mesure. Véronique Bustreel espère, elle, qu’il changera de cap. “Je veux bien qu’on repousse le plan pauvreté à la rentrée si on réinstaure l’ancien mode de calcul”, affirme-t-elle. “Le droit à l’erreur, le gouvernement peut se l’appliquer à lui-même”.

Sophie LEVY AYOUN 12/07/2018

https://www.capital.fr/

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09 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

logement (20mn + le monde)

jeunes

Logement: Emmanuel Macron veut créer un bail à durée limitée pour les travailleurs précaires

DROIT AU LOGEMENT?

Le nouveau gouvernement souhaite créer un «bail mobilité» à durée limitée pour les travailleurs précaires… Emmanuel Macron souhaite remanier les baux locatifs en vigueur. L’Élysée planche sur une nouvelle loi « logement et mobilité », qui devrait être présentée à l’automne prochain, selon les informations de nos confrères du Monde.

Le projet prévoit notamment de créer un nouveau contrat de location destiné aux jeunes, limité dans le temps : de 3 mois à 12 mois maximum. Ce nouveau bail s’ajouterait aux deux autres baux déjà en vigueur : le « bail Méhaignerie » de trois ou six ans pour des locaux vides, et le bail d’un an pour les locations meublées.

Vers un appart-CDD ?

Ce « bail mobilité » était une promesse de campagne du candidat Macron. L’actuel président de la République espère accroître la mobilité et dynamiser le marché immobilier. Ce bail court serait réservé aux publics les plus précaires, comme les intérimaires et les personnes en CDD.

Selon L’Élysée, ce bail pourrait permettre aux salariés précaires de se loger plus facilement. De nombreux propriétaires et agences exigent en effet que la durée du contrat de travail couvre toute la durée du bail : un an minimum pour les meublés et trois ans pour les logements vides.

En pleine campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait déploré que de plus en plus de biens immobiliers soient réservés à la location touristique, notamment via Airbnb. Le nouveau contrat de location pourrait décider les propriétaires qui préfèrent louer leur bien pour une durée ponctuelle.

Un « détricotage » des droits des locataires ?

Le futur bail de 3 mois à 1 an devrait être encadré et réservé aux zones dites « tendues ». Mais le projet suscite déjà l’inquiétude des acteurs du logement. « Est-ce un détricotage des protections du locataire, qui a droit à un bail longue durée et à son renouvellement sauf motif sérieux et légitime ? » s’interroge Florent Guéguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité, dans les colonnes du Monde.

Certains attendent des « contreparties »

Florent Guéguen attend plutôt des « contreparties accordées aux locataires, comme la suppression de la caution ou de l’exigence (…) d’un contrat de travail à durée indéterminée, qui sont, eux, de vrais obstacles à l’accès au logement ». La nouvelle loi « logement et mobilité » sera présentée au Parlement d’ici l’automne.

precaires

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Logement et emploi : l’exclusion s’aggrave (2006)

La précarité continue d’augmenter.

C’est ce qui ressort du rapport annuel de la Mission régionale d’information sur l’exclusion (Mrie), présenté hier. L’édition 2005 relève deux critères forts de l’exclusion : le « mal logement » et le « mal emploi ». « Entre 2002 et 2004, en Rhône-Alpes, seuls 12 000 logements sociaux ont été construits, alors que l’on comptait près de 143 000 demandeurs », a souligné hier la directrice de la Mrie, Geneviève Decrop. Le rapport dénonce aussi le non-respect de l’obliga-tion, pour les communes de plus de 5 000 habitants, de mettre un terrain à disposition des gens du voyage. La précarisation de l’emploi est également pointée du doigt. « Certaines per-sonnes qui travaillent vivent en dessous du seuil de pauvreté », a indiqué Geneviève Decrop. Les jeunes diplômés d’études supérieures sont par ailleurs de plus en plus touchés par le chômage de longue durée. Ce rapport, qui ne propose pas de solution, vise avant tout à interpeller les responsables politiques.

C. M.  03/03/06

Logement : l’exécutif veut créer un nouveau bail locatif de trois mois à un an (Le Monde)

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30 juin 2018 ~ 0 Commentaire

chômage (cgt)

super cgt

Malgré l’unité des organisations syndicales, le patronat bloque une vraie augmentation !

REVALORISATION DES ALLOCATIONS CHÔMAGE

Le conseil d’administration de l’Unedic du 29 juin 2018 a abordé, comme chaque année, la revalorisation des allocations chômage. La CGT a rappelé que seuls 42,8% des demandeurs d’emploi sont indemnisés. Cela nécessite de revoir complètement les règles d’indemnisation et d’instaurer enfin une sécurité sociale professionnelle, pour assurer un revenu de remplacement pour toutes et tous.

Notre délégation a également rappelé que la très grande majorité des demandeurs d’emploi indemnisés le sont à un niveau d’indemnisation faible. Ainsi, 37,6% des chômeurs, soit 3 millions de personnes, se situent en dessous du seuil de pauvreté. De plus, nous continuons de dénoncer l’augmentation de la précarité, encore démontrée par les chiffres du chômage de mai, fruit de la politique de flexibilisation de l’emploi voulue par les différents gouvernements et le patronat.

Dans un contexte de remise en cause des droits des salariés privés d’emploi par la loi cynique-ment appelée « liberté de choisir son avenir professionnel » et d’annonces de remise en cause des minima sociaux par le gouvernement, la CGT a demandé d’augmenter toutes les allocations de 4 euros par jour, ce qui correspond à un (petit) repas moyen.

Après une interruption de séance et une nouvelle demande unitaire minimale des organisa-tions syndicales d’une augmentation à 1%, le patronat, parti de 0,3%, est resté bloqué à 0,7%. Cela ne correspond qu’à un trimestre d’augmentation des prix ! Les organisations syndicales se sont abstenues pour ne pas risquer de rester à 0% de revalorisation.

La CGT salue les demandeurs d’emploi et travailleurs précaires qui se sont mobilisés et dénonce l’attitude du patronat, emmené par le Medef, qui continue de baisser en euros constants les allocations, comme il empêche l’augmentation nécessaire des salaires !

Montreuil, le 29 juin 2018

https://www.anti-k.org/

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24 juin 2018 ~ 0 Commentaire

aides (libération)

saluauds

Non-recours : des milliards non distribués

Officiellement pour faire en sorte que toutes les personnes éligibles touchent leurs aides, l’exécutif prône une refonte du système. Qui pourrait ne pas faire que des heureux.

L’argument est souvent brandi par les gouvernements voulant justifier une refonte des minima sociaux : l’ensemble des personnes éligibles aux prestations sociales n’en font pas toutes la demande. Depuis quelques jours, les taux élevés de «non-recours» sont cités par les ministres invités à s’exprimer sur la réforme à venir, et par nature explosive, des aides sociales. Dans une tribune, Agnès Buzyn (Solidarités et Santé) a récemment pointé la «complexité des politi-ques sociales», résultat de «dispositifs épars et difficilement lisibles», entraînant selon elle «un non-recours aux droits et aux services».

Du fait de la grande multiplicité des aides (RSA, handicap, prime d’activité, complémentaire santé…), l’ampleur de ces non-recours est difficile à chiffrer.

«La réalité du non-recours aux droits sociaux est encore méconnue et ses conséquences peu documentées», écrivaient, fin 2016, deux députés auteurs d’un rapport parlementaire sur le sujet.

Logement

Les statistiques les plus fiables sur le sujet concernent le revenu de solidarité active (RSA). Dans une enquête réalisée en 2010 et 2011, le conseil d’évaluation du RSA avait alors donné deux chiffres servant aujourd’hui de référence : 36 % des personnes éligibles au RSA «socle» n’en faisaient pas la demande ; 68 % pour les potentiels bénéficiaires du RSA «activité» – soit ceux ayant retrouvé un emploi.

Ce dernier dispositif a été, depuis, remplacé par la prime d’activité afin, justement, de faire baisser ce taux de non-recours.

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), instance qui dépend du ministère des Solidarités, estime aujourd’hui ce taux à 30 %. Pour ce qui est des autres allocations, pas une seule d’entre elles ne connaît un «taux de non-recours inférieur à 10 %», fait remarquer Philippe Warin, de l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), rattaché à l’université de Grenoble. Selon un rapport de l’Odenore, le non-recours équivaudrait à plus de 5 milliards d’euros pour le RSA, à peine moins pour les prestations familiales et de logement, contre environ 4 milliards pour les fraudes aux prestations sociales.

Maladie

De son côté, le Fonds de financement de la protection complémentaire de la couverture uni-verselle du risque maladie a calculé qu’entre 57 % et 70 % des 3 à 4,4 millions de personnes qui auraient pu bénéficier de l’Aide au paiement d’une complémentaire santé sont passées à côté en 2016. Pour tenter d’améliorer cette situation, les précédents gouvernements socialistes (Ayrault puis Valls) ont, dans le cadre de leur «modernisation de l’action publique», lancé une mission «pour réduire le non-recours aux minima sociaux». Cette dernière préconisait de «mieux informer et détecter les populations éligibles», d’«améliorer l’orientation des usagers» et de «simplifier les démarches». Dans un rapport sur les minima sociaux remis en avril 2016, l’ex-député PS Christophe Sirugue proposait d’instaurer une «couverture socle commune».

Dans son programme, le candidat Macron évoquait de son côté un «versement social unique et automatique». Mais pour un gouvernement à la recherche d’économies, moins de non-recours, c’est plus de bénéficiaires et donc plus d’argent à reverser. Sauf si cette mesure s’accompagne d’une refonte du périmètre des bénéficiaires. Et, là, il y aura des perdants.

Lilian Alemagna et Amandine Cailhol 22 juin 2018

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13 juin 2018 ~ 0 Commentaire

aides sociales (les inroks + lo)

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Pour Macron, les aides sociales coûtent un “pognon de dingue” sans résoudre la pauvreté

Dans une vidéo tweetée par sa directrice de la communication Sibeth Ndiaye, Emmanuel Macron déplore, à propos des aides sociales : “On met trop de pognon, on déresponsabilise et on est dans le curatif”…

Visiblement, Emmanuel Macron n’a pas l’intention d’opérer un tournant à gauche dans sa politique, comme le lui conseillent certains membres de son entourage.

Bien au contraire. Dans une vidéo tweetée par sa directrice de la communication Sibeth Ndiaye ce 12 juin, où le président de la République répète le discours sur la politique sociale qu’il pro-noncera aujourd’hui à la Mutualité française de Montpellier, il affirme : “On met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas”. Les conclusions qu’il tire de son constat permettent de tirer définitivement un trait sur une réorientation à gauche : “Je vais faire un constat qui est de dire : on met trop de pognon, on déresponsabilise et on est dans le curatif. Toute notre politique sociale, c’est qu’on doit mieux prévenir , ça nous coûtera moins, ensemble  et mieux responsabiliser tous les acteurs”.

“Et sur la santé c’est pareil”

Voici donc la teneur de ce discours “stratégique”. On retrouve la philosophie qui guidait déjà Emmanuel Macron dans sa réforme de l’assurance-chômage, où il voulait un contrôle accru et des sanctions renforcées à l’encontre des allocataires qui ne cherchent pas assez, ou qui refu-sent “deux offres d’emploi jugées raisonnables”. “C’est normal, il n’y a rien de choquant, c’est ce que font tous les pays qui nous entourent, et je crois qu’il y a un fort consensus autour de ça. [...] S’il n’y a pas de rigueur, on ne peut pas faire avancer le pays”, avait-il alors commenté.

Dans la suite de son discours répété devant ses collaborateurs, Emmanuel Macron va plus loin, expliquant que sa logique s’étendait au domaine de la santé :

“Et sur la santé c’est pareil”, il faudrait “avoir un jeu plus coopératif public-privé”. Et de conclure: “Tout le système de soins que je veux repenser, c’est aller vers plus de prévention pour respon-sabiliser, y compris les acteurs de soins, poursuit-il. C’est une politique de responsabilité car tout le monde va au pot, je demanderai des efforts aux mecs qui font des lunettes, aux types qui font des verres… Là c’est cohérent. Sinon vous n’aviez pas de fil directeur… C’était de la lasagne faite avec de la paella !” Ces propos ont suscité un vent de révolte dans l’opposition. (On en tremble chez Macron Note du blog)

1% du PIB

Pour Luc Peillon, journaliste à Libération, les 8 minimas sociaux, en France, représentent, pour les 11% de la population qui en bénéficient, 25 milliards d’euros par an, soit à peine plus d’1% du PIB.

13/06/2018
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