Archive | Chômage & précarité

02 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

chômeurs (le parisien)

chom

Maladie, souffrance, suicide, mortalité : les chômeurs sont plus exposés que les autres

Selon cette étude, les chômeurs ont une surmortalité de 300 % par rapport au reste de la population. Certains renoncent aux soins à cause de difficultés financières.
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Dans un rapport rendu public aujourd’hui, l’association Solidarité nouvelles face au chômage (SNC) fait la lumière sur l’état de santé des personnes sans emploi.

Le chômage n’est pas une sinécure. Etre privé d’emploi a des effets néfastes sur l’état de san-té général et entraîne un risque de mortalité sur les individus supérieur à celui de la population générale. Voilà certaines des conclusions de l’étude, rare sur le sujet en France, intitulé « la santé des chercheurs d’emploi, un enjeu de santé publique » rendue publique aujourd’hui par Solidarité nouvelles face au chômage (SNC). Une manière pour l’association de tirer la sonnette d’alarme.

«Comportements à risque» et privation de soin

Il n’y a pas de « maladie du chômage ». « Mais les personnes sans emploi ont un mode de vie marqué par des comportements à risque avec une alimentation moins saine, une baisse de l’activité physique, des addictions plus nombreuses, une privation de soins qui entraîne la venue de différentes maladies chroniques », souligne Pierre Meneton, chercheur à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) et spécialiste du sujet. Les plus fréquentes sont les maladies cardiovasculaires: infarctus du myocarde, trouble du rythme, insuffisance cardiaque, accidents vasculaires cérébraux, ainsi que les cancers. Autre facteur pénalisant : le renoncement aux soins lié aux difficultés financières.

Au moins 10 000 décès par an

Conséquence, selon le rapport : « Les chômeurs ont une surmortalité de 300 % par rapport au reste de la population », note Pierre Meneton. 10 000 à 14 000 décès sont « imputables » chaque année au chômage, d’après l’Inserm. Le rapport évoque notamment des cas de suici-des plus fréquents chez les personnes privées d’emploi en raison du stress et du sentiment de dépréciation général lié à la perte ou l’absence de son activité professionnelle.

Des cas plus fréquents de souffrance psychique

Selon le baromètre Solidarité nouvelles contre le chômage (SNC) / Opinion-Way réalisé cette année, 34 % des personnes interrogées ayant vécu une période de recherche d’emploi ont constaté une dégradation de leur état de santé et une vulnérabilité psychique liée à la situation. « Le chômage est vécu comme une épreuve qui s’accompagne de stress et d’anxiété mais aussi d’un profond sentiment de honte et de culpabilité », note l’étude.

Pour sortir de cette spirale négative, l’association propose de mettre en œuvre un accompa-gnement plus global par les pouvoirs publics des personnes au chômage. En 2015, lors d’un avis sur le sujet, le conseil économique, social et environnemental (CESE) avait notamment préconisé la mise en place à Pôle emploi d’un bilan médical gratuit et d’un soutien psycho-logique lors du premier entretien pour les demandeurs d’emploi.

Stéphanie, 40 ans, ancienne chômeuse : «J’ai arrêté d’aller chez le médecin»

C’était en 2010, au début de l’été. A quelques jours d’intervalle, Stéphanie apprend qu’elle perd son emploi et tombe malade. Diagnostic du médecin : la jeune femme de 31 ans est atteinte d’une « angine blanche » ou bactérienne, ponctuée par de fortes fièvres qui lui impo-sent de rester alitée plusieurs jours. « Avant cette date, je n’avais jamais eu de problèmes particuliers à la gorge et aucun problème de santé particulier », raconte cette femme au ton dynamique qui a aujourd’hui retrouvé du travail à temps partiel.

Cette année-là, elle enchaînera cinq angines avant de retrouver du travail quelques mois plus tard. Mais en 2015, la même situation se reproduit. Embauchée en CDI dans une entreprise du secteur social, cette diplômée d’un double cursus en aménagement du territoire et en commu-nication est licenciée pendant sa période d’essai, après avoir révélé sa grossesse à son employeur. « Ma tête et mon corps ont lâché », confie-t-elle alors.

Angines et dépression

Eloignée de son conjoint qui avait retrouvé du travail dans l’est de la France, la jeune vit mal, seule, cette nouvelle période de chômage et tombe à nouveau malade pendant sa grossesse. Aux angines viennent s’ajouter la dépression et des problèmes gynécologiques à répétition. « Cette fois, la période de Noël approchait, j’étais très angoissée. Je me suis repliée sur moi-même, je dormais mal, je ne voulais plus voir personne », souffle Stéphanie. J’avais peur pour le bébé, pour notre couple. Je me suis dit qu’avec le salaire de mon ami, de 1 500 € par mois, nous n’y arriverions plus ».

Pendant trois ans, cela a alors été le « trou », dit-elle. Stéphanie est suivie par une psychiatre et consomme de nombreux médicaments. Selon les mois, elle débourse entre 150 et 200 € pour se soigner, soit plus de 10 % de l’allocation que lui verse chaque mois Pôle emploi. Pendant ce temps, elle rumine des idées noires, se sent « victime d’une injustice ».

En 2017, en raison d’un bug administratif avec sa caisse de sécurité sociale, elle perd ses droits. « Pendant six mois, j’ai arrêté d’aller chez le médecin ». Sa santé se détériore. « Mes CDD en série, l’absence d’emploi, les changements d’employeurs n’ont pas aidé la situation », commente-t-elle.

Il y a quelques mois, Stéphanie a retrouvé du travail en CDD à temps partiel, projette de se faire embaucher en CDI. Elle continue de se faire soigner mais va mieux. « J’ai retrouvé des objectifs de vie », assure-t-elle.

Bérangère Lepetit 20 septembre 2018

http://www.leparisien.fr/

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30 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

traverser la rue? (npa)

robin des riches

Pour avoir un emploi, traverser la rue ? Chiche !

La déclaration provocatrice de Macron lancée à un jeune chômeur il y a quinze jours, selon laquelle il « suffit de traverser la rue » pour trouver du travail, n’avait pour but que de faire le buzz à la télé.

Elle était tellement grotesque que l’effet n’a pas manqué… Comme n’a pas manqué la poursui-te de la baisse de popularité de Macron, sa cote ayant chuté en cette fin septembre à 28 %, moins que celle de Hollande au bout de deux ans de mandat.

Mais aussi ridicule soit-elle, cette petite phrase de Macron, comme ensuite les mensonges du porte-parole du gouvernement pour tenter de la justifier, résument bien la philosophie de la nouvelle réforme des indemnités chômage voulue par le gouvernement, dont les négociations, entre gouvernement, patronat et syndicats s’ouvrent cette semaine.

« 300 000 emplois non pourvus en France » ?

Aux dires de Macron, le chômage serait une affaire de responsabilité individuelle… des chômeur(se)s eux-mêmes et elles-mêmes, qui ne seraient pas suffisamment « prêts à se lever le matin » pour travailler. Les vraies victimes ne seraient pas les chômeurEs mais les entre-prises souffrant de pénuries de main-d’œuvre, en particulier « dans l’hôtellerie, le café, la restauration, le bâtiment », etc.

Et le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, d’ajouter que selon Pôle emploi il y aurait « plus de 300 000 emplois non pourvus en France »

Principalement dans ces secteurs dits en tension. Outre que ce chiffre régulièrement cité par le Medef est clairement abusif – on s’approcherait plutôt, selon une enquête publiée par Pôle emploi en décembre 2017, des 19 000, soit 0,6 % des offres d’emploi – il ne permettrait pas, dans tous les cas, de régler la situation des plus de 6 millions de chômeurEs.

Et il est notable de constater que lesdits secteurs en tension sont parmi les moins attractifs 

Salaires très faibles, horaires décalés et, pour la majorité des postes proposés, emplois de courte ou très courte durée, n’aboutissant quasiment jamais à un à temps complet ou à un CDI. Raison pour laquelle on y trouve beaucoup de travailleurEs d’origine immigrée, qui se voient fermer les autres portes.

Mais pour Macron et Griveaux, il semble évident que les salariéEs ne peuvent pas refuser « d’accepter les contraintes du métier » et doivent être prêts à prendre n’importe quel type de boulot plutôt que de rester au chômage… À l’image du Royaume-Uni ou de l’Allemagne où le taux de chômage a certes diminué mais où la pauvreté, elle, a littéralement explosé.

Des économies sur le dos des chômeurEs

Pas question, bien sûr, de parler de la responsabilité du patronat ou de l’État patron, qui ne cessent de licencier, supprimer des postes, remplacer les emplois supprimés par des postes précaires, dans le privé comme dans tous les services publics.

Dans le projet de réforme de l’indemnisation du chômage qui se prépare, semble déjà passée à la trappe la seule petite mesure d’instauration d’un « bonus-malus » destiné à taxer les entre-prises qui abusent des emplois précaires et des contrats de courte durée. En revanche, le gouvernement voudrait revoir à la baisse le dispositif permettant précisément aux salariéEs de ces emplois courts (ils sont 1,7 million) de pouvoir, sous certaines conditions, cumuler une partie d’allocation chômage avec leur salaire de temps partiel ou d’emploi court intermittent.

Le but de la réforme est clair 

Réaliser entre 3 et 4 milliards d’économies pour les caisses chômage dans les trois ans qui viennent, dont 1,3 milliard en 2019. Sur le dos des chômeurEs. Au programme notamment : une dégressivité des allocations chômage destinée à pousser les chômeurEs à reprendre au plus vite n’importe quel emploi ; la modification des critères « d’offre raisonnable d’emploi », que le chômeurE n’a pas le droit de refuser sous peine de voir son allocation chômage supprimée, pour l’obliger à accepter un emploi largement sous-payé par rapport à celui qu’il a perdu, etc.

De quoi nous donner envie, pour défendre les emplois et l’indemnisation du chômage, non pas de traverser la rue, mais d’y descendre par centaines de milliers.

Étienne Bridel Mercredi 26 septembre 2018

https://npa2009.org/

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18 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

plan pauvreté (révolution permanente + npa)

just

Après le « pognon de dingue », trouver un emploi « en traversant la rue » ?

Macron prépare les esprits au néo-libéralisme anglo-saxon

« Je traverse la rue, je vous en trouve [du travail] » a lancé Macron à un jeune horticulteur dimanche 16 septembre. Si la scène a ouvert une polémique telle que la majorité présidentielle a dû le défendre en bloc, les propos du président de la République ne sont pas anodins et entrent dans une stratégie consciente pour préparer l’opinion publique à sa vision d’une évolu-tion du marché du travail qu’il compte mettre en application.

Comme au Royaume-Uni ou en Allemagne le gouvernement compte généraliser la surexploitation pour les plus précaires.

« La meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler », on se rappelle de cette déclaration choc avant même l’élection présidentielle en 2016. Depuis, les ordonnances XXL ont parachevé la loi El Khomri pour généraliser la facilitation des licenciements. Deux ans plus tard, courant juin, Macron diffusait une vidéo devenue virale sur son compte twitter, où il fusti-geait le « pognon de dingue » que « coûtent » les aides sociales. Comme une façon pour Jupiter de préparer les esprits au profond big-bang qu’il allait opérer à la rentrée contre le système d’aides aux plus précaires.

Présenté comme un plan de subvention de 8 milliards d’euros, le « plan pauvreté » est en réalité un cheval de Troie.

En effet, via la mise en œuvre du « revenu universel d’activité », Macron ouvre ainsi la voie vers une remise en cause de l’universalité de l’aide sociale. Ainsi, le remplaçant du RSA, dépendant actuellement des revenus, sera conditionné à l’acceptation de deux offres d’emploi « raisonnables ». C’est non seulement tout une logique qui vise à culpabiliser ceux qui perçoi-vent une aide, ou encore une stigmatisation, mais aussi une individualisation.

Cependant, au-delà des aspects idéologiques visant à la fragmentation du monde du travail, derrière cette conditionnalité des aides se cache l’ouverture d’un nouveau marché du travail au service du patronat. C’est le marché du « travail forcé », existant déjà au Royaume-Uni ou en Allemagne, un marché où quiconque souhaiterait continuer à percevoir une aide déjà à peine suffisante pour survivre est condamné à se faire surexploiter. Loin d’être une passerelle vers l’emploi, c’est bien en réalité le maintien dans la pauvreté, mais une pauvreté utile à l’augmentation des profits du patronat.

Après avoir attaqué les travailleurs dit « protégés » en CDI, le « président des riches » compte ouvrir un nouveau volet en visant cette fois-ci les plus précaires.

Comme l’exprime L’historien Christian Delporte au journal Le Monde : « Ces petites phrases sont à la fois stratégiques et sincères, elles accompagnent et préparent l’opinion sur le conte-nu des grandes réformes à venir ». Il continue « sa vision du marché du travail, proche de celle des Anglais : au Royaume-Uni, quand vous avez refusé deux propositions d’emploi par exemple, vous ne touchez plus d’allocations. »

S’il est clair que Macron tente d’ouvrir une nouvelle séquence où il affirme se préoccuper désormais des « derniers de cordée » ou explique qu’il s’agit désormais d’« arrêtez d’emmer-der les retraités », cela exprime, en définitive, la nécessité pour Macron, dont l’impopularité est record, de reconquérir une base sociale plus large sur la gauche notamment, censée illustrer le « progressisme » de Macron.

Si la méthode est plus insidieuse, le fond des attaques reste identique.

Il suffit, en cela, de voir que malgré les efforts de « pédagogie », le plan pauvreté est loin d’avoir convaincu. Alors que Macron montre, jour après jour, qu’il n’est plus Jupiter, ce dont il s’agirait, ce serait de commencer à utiliser les brèches ouvertes par la macronie pour passer à la contre-offensive. Une contre-offensive qui ne peut pas passer par la négociation de la régression sociale mais par la préparation d’un plan de lutte sérieux à même de créer le rapport de force, par nos méthodes de luttes, celle du mouvement ouvrier, les grèves et les manifestations de rue.

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18 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

macron (huffington post)

apl macron

Jonathan Jahan, l’horticulteur au chômage, répond à Macron: « Il est dans le monde des Bisounours »

« C’est comme si j’avais pris une claque », raconte le jeune homme.

Le jeune l’horticulteur au chômage à qui Emmanuel Macron avait lancé qu’il suffisait de « traverser la rue » pour trouver un travail dans la restauration l’a « un peu en travers de la gorge ». Interrogé par Europe 1 et BFMTV ce mardi 18 septembre, Jonathan Jahan n’a pas vraiment apprécié la réaction du président de la République quand il lui expliquait qu’il avait « beau envoyer des CV et des lettres de motivation, ça ne fait rien ».

« C’est comme si j’avais pris une claque », raconte-t-il, « déçu » du comportement du chef de l’Etat. « Il est complètement à côté de la plaque, il est encore dans le monde des Bisounours. Il est président, mais il ne s’occupe pas des personnes qui sont au chômage », selon lui. Sur Europe 1, le jeune de 25 ans a estimé que « ce que (Macron) a dit n’est pas normal, je l’ai un peu en travers de la gorge. J’avais envie de lui dire: dans ce cas-là, venez avec moi en chercher! ».

« Il n’y a pas de problème, s’il y a du boulot, qu’il m’accompagne jusqu’à Montparnasse! Je vais faire l’essai dans la semaine, on verra par la suite », explique Jonathan Jahan. « J’ai déjà travaillé dans la restauration, j’ai déjà fait de la plonge. Aujourd’hui, j’envoie des CV et je reçois des lettres et des lettres de refus. Je me lève le matin et je me dis: ‘pourquoi je me lève à 6 heures pour aller chercher du travail alors que je sais la réponse’. Malgré tout je le fais quand même », conclut-il.

https://www.huffingtonpost.fr/

macron-illettrés-gad

Lire aussi:

Des rues, j’en ai traversées M. Macron avant de retrouver un emploi, alors vos leçons de vie, non merci! (Le Huffington Post)

Macron prépare les esprits au néo-libéralisme anglo-saxon (Révolution Permanente)

« Plus personne ne veut de CDI aujourd’hui » selon Franck Provost, PDG des salons de coiffure (RP)

« Marre de traverser la rue, on va finir par la prendre ». La réponse d’un chômeur à Macron (RP)

Dans la restauration, le «tu marches ou tu te casses» ne séduit plus (Libération)

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23 août 2018 ~ 0 Commentaire

santé usa (lutte ouvrière)

wash post

États-Unis : Espérance de vie en recul

Baisse de l’espérance de vie, réapparition du scorbut : deux nouvelles qui en disent long sur la dégradation de la santé publique aux États-Unis.

Après avoir stagné en 2012, l’espérance de vie recule aux États-Unis depuis 2015. Et deux études récentes montrent que, plus bas est le niveau de vie, plus fort est l’accroissement de la mortalité entre 25 et 64 ans. Cela se voit chez les ouvriers blancs au chômage des États désin-dustrialisés, comme chez les Noirs pauvres ou les Amérindiens, milieu le plus touché.

Même lien entre le degré d’exclusion et de pauvreté dans la réapparition du scorbut, pas seulement aux États-Unis d’ailleurs, puisqu’on la constate aussi en France, au Canada et en Australie. Le scorbut est dû à une carence grave en vitamine C. Potentiellement mortel, il se soigne vite et bien par une simple consommation de fruits et légumes.

« De nombreuses personnes qui ont des difficultés à se nourrir ont tendance à choisir des aliments riches en matières grasses, en calories et très nourrissants, explique un médecin américain. Si vous avez un budget alimentaire limité, ce sont les repas qui vous combleront et vous satisferont davantage que la consommation de fruits et de légumes. » Le scorbut était la maladie des marins au long cours jusqu’au début du 19è siècle. Voilà où nous ramène le capitalisme en crise.

Pierre LEMAIRE 22 Août 2018
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27 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

cdi (npa)

staj

La mort programmée du CDI

Entre Marseillaise et tabassages par de vrais et/ou de faux policiers, le gouvernement continue ses basses œuvres de détricotage du droit de travailAlors que les embauches en CDD, les licenciements en CDI, les ruptures conventionnelles se multiplient, le patronat exige toujours plus de précarisation du travail.

Embauche à la tâche

À la suite de nouveaux accords de branche signés le 29 juin dernier, entre l’Union des indus-tries et métiers de la métallurgie (UIMM) et la CFDT, la CFE-CGC et FO, les salariéEs de la métallurgie pourront être embauchéEs grâce à un « contrat de chantier », un contrat en CDI qui se termine une fois un chantier achevé.

Cette possibilité d’accord de branche ressort des ordonnances « Macron » sur le Code du travail.

Cela ouvre la possibilité d’un développement de ce type de contrat dans la plus importante branche professionnelle, avec 1,4 million de salariéEs. Ce CDI à durée limitée était jusqu’à présent surtout utilisé dans le secteur de la construction. Dans la même veine existe aussi le CDI de mission réservé aux cadres et aux ingénieurEs dans le secteur privé.

L’accord a été conclu pour une expérimentation de trois ans et limite le nombre de contrats à 10 % des effectifs dans les entreprises de 50 à 1 000 salariéEs, 5 % dans celles de plus de 1 000 salariéEs, et sa durée minimale ne peut être inférieure à six mois. En cas de licenciement, une indemnisation spéciale sera versée, dont la somme dépendra de la durée du contrat : 8 % de la rémunération brute la première année, 6 % au titre de la deuxième année et 4 % au-delà. Soit un taux bien inférieur aux 10 % du salaire total brut de prime de précarité pour un contrat intérimaire…

Dans la métallurgie, la précarité est déjà omniprésente.

Selon les organisations syndicales, 100 000 intérimaires seraient en poste sur l’ensemble de la branche. Dans le seul secteur de l’automobile, on trouve plus de 10 000 emplois précaires chez PSA, avec un taux d’intérim de 45 %. Sur le site de Renault Flins, le taux d’intérim atteint 84 % sur les chaînes de montage. 2 000 intérimaires sont présentEs contre 1 000 embauches en CDI chez les ouvrierEs. Dans les usines de mécanique de Renault, le taux d’intérim va jusqu’à 60 %.

Le CDI intérimaire juridiquement sécurisé

Le CDI intérimaire est né sous Hollande, d’un accord de branche de juillet 2013, étendu par un arrêté du ministère du Travail de mars 2014. Pour échapper à la taxation des contrats courts, les professionnels de l’intérim s’étaient engagés à créer ce contrat, présenté comme un outil de « flexisécurité ». Il permet de fixer des missions d’intérim dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée, signé avec l’agence de rattachement.

L’usage du CDII s’est développé après sa reconnaissance par la loi Rebsamen d’août 2015 et, à ce jour, 36 000 contrats ont été signés dont 25 000 en cours. Mais cette reconnaissance par-tielle n’était qu’expérimentale, jusqu’au 31 décembre 2018. Un amendement au projet de loi «Avenir professionnel » a fait sauter cette limite, inscrivant le CDI intérimaire dans le Code du travail.

Opposé à toute forme de taxation des CDD, le patronat obtient ainsi les outils du développe-ment de la précarité en s’engageant sur des pistes qui pourraient mener à la naissance d’un contrat hybride, mélangeant les règles du CDI et du CDD, le contrat unique, une idée jugée intéressante par… Manuel Valls.

Robert Pelletier Mercredi 25 juillet

https://npa2009.org/

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17 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

prolétaires 2.0 (libération)

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Sarah Abdelnour : «Marx est toujours d’actualité pour comprendre les prolétaires 2.0»

Selon la sociologue Sarah Abdelnour, l’essor des travailleurs indépendants et des plateformes numériques a surtout permis de contourner le code du travail, avec l’aval de l’état. Prolétaires ubérisés de tous les pays…

Qui sont les «prolétaires 2.0» dont vous parlez ?

Ils sont nombreux dans le monde des indépendants, où de nouvelles formes de vulnérabilité économique sont apparues. Avec la promotion de la création d’entreprise, de plus en plus de travailleurs sont sortis des régulations collectives. Les formes «d’échange de travail», qui se développent sur les plateformes numériques sont devenues un véritable terreau de contourne-ment du droit du travail. Ces plateformes ont entraîné un phénomène d’externalisation des travailleurs, qui sont à leur compte, de manière plus ou moins fictive. Ces nouveaux modes de travail permettent de plus de contourner des règles des professions réglementées : vous pouvez faire appel à des amateurs (au sens de non-professionnels) pour faire des travaux chez vous ou vous faire à dîner. Et puis, il y a les nombreuses plateformes de microtravail, comme Amazon Mechanical Turk, sur lesquelles le travail n’est pas déclaré : il s’agit alors de travail dissimulé, non encadré, non rémunéré.

Marx permet-il de comprendre la situation des travailleurs «ubérisés» ?

Si la pensée de Marx est toujours d’actualité pour analyser la situation des prolétaires 2.0, c’est que tout cela ressemble d’une certaine façon à ce qui se passait au 19è siècle, avant que le droit du travail ne commence à se structurer : il y a en quelque sorte une réactualisation de ce moment que les historiens appelaient la «proto-industrialisation», quand, avant la concentra-tion industrielle, le travail était très fragmenté, avec des tâcherons qui amenaient du travail de confection à des couturières travaillant à domicile par exemple et passait sous le radar des lois sociales en train de se mettre en place.

A partir du 19è siècle et des premières lois sociales, les prolétaires en bas de la chaîne sont progressivement rentrés dans l’ordre salarial. Et, au fur et à mesure que le salariat est devenu une condition plutôt désirable, l’état et les entreprises ont abandonné le bas de l’échelle, l’ont sorti du salariat, alors que les patrons, eux, sont devenus salariés. Maintenant, de hauts fonc-tionnaires offrent l’opportunité à des dirigeants d’entreprise salariés de recourir à du faux travail indépendant.

Selon vous, l’état serait «complice de la précarisation». Pourquoi ?

Ce que fait l’etat en termes de régulation, ou plutôt de dérégulation, du travail consiste précisément à autoriser toutes ces formes d’emplois dérogatoires. C’est bien l’état qui crée la possibilité d’embaucher en CDD, qui a mis en place les contrats aidés, les stages, le statut d’auto-entrepreneur… Pourquoi ? Parce qu’on a quand même de larges pans de la machine étatique, les gouvernements et l’administration, qui se sont convertis au discours patronal selon lequel le travail est trop cher et pour qui la croissance économique viendra en dérégulant et en fragilisant l’emploi.

Ce que démentent nombre d’économistes, et ce qui néglige les enjeux de progrès et de développement social. Et au-delà de cette croyance, on peut observer les logiques d’intérêts à l’œuvre : les personnes qui ont le pouvoir de légiférer adoptent un point de vue socialement situé du côté du patronat.

C’est ce qu’observait déjà Marx 

On a les intérêts qui correspondent à la place qu’on occupe dans la société. Les objectifs d’harmonie sociale et de solidarité ne sont plus du tout au cœur des discours politiques. Depuis notamment le mandat de Nicolas Sarkozy et la création du régime d’auto-entrepreneur, il y a cette vision selon laquelle les travailleurs pauvres ou les chômeurs n’ont qu’à monter leur petit business s’ils veulent survivre, faire de tout un objet de revenu, marchandiser leur temps et ce qu’ils possèdent, et, surtout, ils ne devraient rien demander à l’Etat ou à l’entreprise pour mieux vivre. C’est, à mon sens, très dangereux en termes de solidarité et d’intégration sociale.

Employés, ouvriers, soit plus de la moitié des actifs aujourd’hui et tout particulièrement femmes et immigré(e)s : voilà les personnes les plus vulnérables en 2018. Une très large partie de la population française. Pour Sarah Abdelnour, maîtresse de conférences en sociologie à l’uni-versité Paris-Dauphine, les «nouveaux prolétaires» sont «globalement les mêmes que les anciens». L’auteure reprend la définition de Karl Marx: «toutes les personnes qui ont besoin de vendre leur force de travail pour survivre, donc d’abord celles qui n’ont pas de patrimoine» et explique comment ce terme de prolétaire«renvoie plus largement à un ensemble de positions sociales caractérisées par une faiblesse des rémunérations, de l’insécurité économique, une faible reconnaissance sociale et un éloignement par rapport aux lieux de pouvoir».

Sarah Abdelnour publie une réédition augmentée de son ouvrage les Nouveaux Prolétaires (Textuel), initialement paru en 2012, où elle défend la pertinence d’une grille d’analyse marxiste pour penser la question de la domination au travail. A l’heure du développement des inégalités et des politiques de dérégulation du travail, cette chercheuse met aussi en avant l’apparition de «nouvelles figures de prolétaires» depuis quelques années : les travailleurs «ubérisés».

Amélie Quentel 16 juillet 2018

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SARAH ABDELNOUR LES NOUVEAUX PROLÉTAIRES Ed. Textuel, 2018, 160 pp., 15,90 €

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13 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

travailleurs invalides (capital + l’humanité)

handicap

Le gouvernement sucre la prime d’activité aux travailleurs invalides

Un nouveau mode de calcul de la prime d’activité est appliqué depuis le 1er juillet. Les travailleurs qui touchent une pension d’invalidité en subissent les conséquences de plein fouet.

“Je veux partager le témoignage d’une mère de famille célibataire, conseillère clientèle à mi-temps car son handicap ne lui permet pas de travailler plus. Elle perçoit une pension de 726 euros par mois et entre 600 et 700 euros de salaire. Elle va perdre à partir de ce mois sa prime d’activité de 140 euros par mois”. C’est ainsi qu’Ericka Bareigts, députée Nouvelle Gauche de La Réunion, a commencé son intervention à l’Assemblée mardi. Elle interpellait le gouverne-ment au sujet de la modification du mode de calcul de la prime d’activité.

Depuis le 1er juillet, de nombreux travailleurs invalides subissent de ce fait une importante réduction de leurs revenus mensuels.

Le nouveau mode de calcul, adopté lors du vote du budget 2018, mais dont l’application a été repoussée à l’été, est en effet défavorable aux bénéficiaires de la pension d’invalidité ou de la rente accident du travail-maladie professionnelle (rente AT-MP). En 2016, une dérogation avait été mise en place, afin que ces aides soient considérées comme des revenus pour le calcul de la prime d’activité. Cette dernière est accordée aux travailleurs disposant de revenus modes-tes, moins de 1.500 euros par exemple dans le cas d’une personne seule et sans enfant.

Désormais, avec le nouveau mode de calcul, les pensions invalidité et rente AT-MP sont considérées comme des allocations, ce qui en pratique empêche les personnes concernées de recevoir la prime d’activité. En revanche, rien ne change pour les bénéficiaire de l’allocation adulte handicapé (AAH).

Une perte de revenus de 158 euros par mois en moyenne

D’après APF France handicap (ex-Association des paralysés de France), la perte moyenne s’élève à 158 euros par mois pour les pensionnés d’invalidité. “Cet argent n’est pas utilisé pour aller s’acheter le dernier téléphone mais pour payer les factures de gaz, une partie du loyer, la moitié des courses du mois…”, s’insurge Véronique Bustreel, conseillère nationale de l’asso-ciation en charge du dossier. “Ça touche majoritairement des femmes seules avec des enfants, ce sont des personnes qui ont des revenus très modestes”.

Pour justifier cette mesure, le gouvernement avance deux arguments. D’abord, l’ancien mode de calcul ne serait “pas cohérent avec l’esprit de la prime d’activité”, a affirmé Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat aux personnes handicapées, devant l’Assemblée, mardi. “Je suis scotchée !”, réagit Véronique Bustreel. “C’est totalement dans le rôle de la prime d’activité que de soutenir l’activité de personnes qui travaillent et qui ont des revenus modestes”.

Second argument du gouvernement : “peu de personnes ont été touchées par cette mesure”. En effet, sur les 260.000 personnes touchant une pension d’invalidité et exerçant une activité professionnelle, seulement 6.600 bénéficiaient de la prime d’activité. “On n’a rien fait pour lutter contre le non-recours ! Il n’y a eu aucune information du gouvernement et des caisses pour prévenir ces personnes qu’elles étaient éligibles”, s’insurge la conseillère nationale d’APF France handicap.

Malgré les multiples alertes des associations depuis novembre dernier, le gouvernement assume donc cette mesure. Véronique Bustreel espère, elle, qu’il changera de cap. “Je veux bien qu’on repousse le plan pauvreté à la rentrée si on réinstaure l’ancien mode de calcul”, affirme-t-elle. “Le droit à l’erreur, le gouvernement peut se l’appliquer à lui-même”.

Sophie LEVY AYOUN 12/07/2018

https://www.capital.fr/

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09 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

logement (20mn + le monde)

jeunes

Logement: Emmanuel Macron veut créer un bail à durée limitée pour les travailleurs précaires

DROIT AU LOGEMENT?

Le nouveau gouvernement souhaite créer un «bail mobilité» à durée limitée pour les travailleurs précaires… Emmanuel Macron souhaite remanier les baux locatifs en vigueur. L’Élysée planche sur une nouvelle loi « logement et mobilité », qui devrait être présentée à l’automne prochain, selon les informations de nos confrères du Monde.

Le projet prévoit notamment de créer un nouveau contrat de location destiné aux jeunes, limité dans le temps : de 3 mois à 12 mois maximum. Ce nouveau bail s’ajouterait aux deux autres baux déjà en vigueur : le « bail Méhaignerie » de trois ou six ans pour des locaux vides, et le bail d’un an pour les locations meublées.

Vers un appart-CDD ?

Ce « bail mobilité » était une promesse de campagne du candidat Macron. L’actuel président de la République espère accroître la mobilité et dynamiser le marché immobilier. Ce bail court serait réservé aux publics les plus précaires, comme les intérimaires et les personnes en CDD.

Selon L’Élysée, ce bail pourrait permettre aux salariés précaires de se loger plus facilement. De nombreux propriétaires et agences exigent en effet que la durée du contrat de travail couvre toute la durée du bail : un an minimum pour les meublés et trois ans pour les logements vides.

En pleine campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait déploré que de plus en plus de biens immobiliers soient réservés à la location touristique, notamment via Airbnb. Le nouveau contrat de location pourrait décider les propriétaires qui préfèrent louer leur bien pour une durée ponctuelle.

Un « détricotage » des droits des locataires ?

Le futur bail de 3 mois à 1 an devrait être encadré et réservé aux zones dites « tendues ». Mais le projet suscite déjà l’inquiétude des acteurs du logement. « Est-ce un détricotage des protections du locataire, qui a droit à un bail longue durée et à son renouvellement sauf motif sérieux et légitime ? » s’interroge Florent Guéguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité, dans les colonnes du Monde.

Certains attendent des « contreparties »

Florent Guéguen attend plutôt des « contreparties accordées aux locataires, comme la suppression de la caution ou de l’exigence (…) d’un contrat de travail à durée indéterminée, qui sont, eux, de vrais obstacles à l’accès au logement ». La nouvelle loi « logement et mobilité » sera présentée au Parlement d’ici l’automne.

precaires

Lire aussi:

Logement et emploi : l’exclusion s’aggrave (2006)

La précarité continue d’augmenter.

C’est ce qui ressort du rapport annuel de la Mission régionale d’information sur l’exclusion (Mrie), présenté hier. L’édition 2005 relève deux critères forts de l’exclusion : le « mal logement » et le « mal emploi ». « Entre 2002 et 2004, en Rhône-Alpes, seuls 12 000 logements sociaux ont été construits, alors que l’on comptait près de 143 000 demandeurs », a souligné hier la directrice de la Mrie, Geneviève Decrop. Le rapport dénonce aussi le non-respect de l’obliga-tion, pour les communes de plus de 5 000 habitants, de mettre un terrain à disposition des gens du voyage. La précarisation de l’emploi est également pointée du doigt. « Certaines per-sonnes qui travaillent vivent en dessous du seuil de pauvreté », a indiqué Geneviève Decrop. Les jeunes diplômés d’études supérieures sont par ailleurs de plus en plus touchés par le chômage de longue durée. Ce rapport, qui ne propose pas de solution, vise avant tout à interpeller les responsables politiques.

C. M.  03/03/06

Logement : l’exécutif veut créer un nouveau bail locatif de trois mois à un an (Le Monde)

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30 juin 2018 ~ 0 Commentaire

chômage (cgt)

super cgt

Malgré l’unité des organisations syndicales, le patronat bloque une vraie augmentation !

REVALORISATION DES ALLOCATIONS CHÔMAGE

Le conseil d’administration de l’Unedic du 29 juin 2018 a abordé, comme chaque année, la revalorisation des allocations chômage. La CGT a rappelé que seuls 42,8% des demandeurs d’emploi sont indemnisés. Cela nécessite de revoir complètement les règles d’indemnisation et d’instaurer enfin une sécurité sociale professionnelle, pour assurer un revenu de remplacement pour toutes et tous.

Notre délégation a également rappelé que la très grande majorité des demandeurs d’emploi indemnisés le sont à un niveau d’indemnisation faible. Ainsi, 37,6% des chômeurs, soit 3 millions de personnes, se situent en dessous du seuil de pauvreté. De plus, nous continuons de dénoncer l’augmentation de la précarité, encore démontrée par les chiffres du chômage de mai, fruit de la politique de flexibilisation de l’emploi voulue par les différents gouvernements et le patronat.

Dans un contexte de remise en cause des droits des salariés privés d’emploi par la loi cynique-ment appelée « liberté de choisir son avenir professionnel » et d’annonces de remise en cause des minima sociaux par le gouvernement, la CGT a demandé d’augmenter toutes les allocations de 4 euros par jour, ce qui correspond à un (petit) repas moyen.

Après une interruption de séance et une nouvelle demande unitaire minimale des organisa-tions syndicales d’une augmentation à 1%, le patronat, parti de 0,3%, est resté bloqué à 0,7%. Cela ne correspond qu’à un trimestre d’augmentation des prix ! Les organisations syndicales se sont abstenues pour ne pas risquer de rester à 0% de revalorisation.

La CGT salue les demandeurs d’emploi et travailleurs précaires qui se sont mobilisés et dénonce l’attitude du patronat, emmené par le Medef, qui continue de baisser en euros constants les allocations, comme il empêche l’augmentation nécessaire des salaires !

Montreuil, le 29 juin 2018

https://www.anti-k.org/

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