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18 juillet 2019 ~ 0 Commentaire

brest gilets jaunes (émancipation ee)

femmes gj

Portrait d’une brestoise en gilet jaune

Emmanuelle est AESH (Accompagnante des Élèves en Situation de Handicap) dans le Finistère, métier qui ne lui autorise aucune heure supplémentaire, aucune évolution de carrière et qu’elle a débuté après une carrière d’aide-soignante qu’elle a quittée parce que le caractère humain du métier était devenu inexistant : un travail pénible dans lequel il s’agit d’enchaîner les patient·e·s sans pouvoir générer ce qui est cœur du métier – le lien social, humain. Elle est aussi mère célibataire de quatre enfants.

Débats et assemblées citoyennes : les ingrédients d’une avancée vers la démocratie

Elle a revêtu son gilet jaune à Brest depuis le début du mouvement, dans lequel elle a d’abord commencé par essayer de rassembler des personnes en vue de la journée du 17 novembre, puis a occupé des ronds-points, participé à toutes les assemblées citoyennes qui se déroulent les dimanches soirs. Elle participe activement à l’organisation du mouvement à Brest et mesure aussi tout ce qu’il lui a apporté.

La première fois, on s’est levé à 5h30, à 6h30 on se retrouvait sur un parking et on a commencé à occuper des ronds-points. Ça nous a permis de beaucoup discuter. Échanger est important. Sur les ronds-points, on a évacué nos questions, discuté de ce qui nous posait problème. C’est pour ça qu’il faut continuer à discuter. Les inquiétudes touchent tout le monde, gilets jaunes ou non. Quand on parle aux gens qui ne sont pas gilets jaunes de leurs inquiétudes, ça leur fait du bien, et ils nous le disent.

Ce que je constate, c’est que les gens ont envie de s’investir dans la vie politique.

Ils se sentent concernés, alors il faut leur parler, discuter des problèmes, des solutions, des idées. Le pouvoir fait peur aux gens, il est perçu comme un Dieu, inattaquable, ce qui conduit les gens à être fatalistes, comme si rien n’était possible. Mais si on veut un monde meilleur, il faut faire quelque chose”.

L’importance de la discussion, Emmanuelle l’a mesurée pour elle-même au début du mouvement ce qui l’a “rassurée”. Le mouvement lui a permis de sortir d’un isolement dans lequel il est facile de tomber si les espaces d’échanges n’existent pas. D’ailleurs à Brest, les AG représentent le cœur du mouvement, même si d’autres actions sont évidemment organisées.

De fait, force est de constater que les espaces démocratiques de discussion sont absents et que c’est entre autres ce que le mouvement dénonce depuis le départ. Selon elle, ce qui ressort de la discussion politique, c’est un sentiment accru de trahison, qui s’est amplifié de gouvernement en gouvernement.  Une part de la population qui gouverne pour tous les autres : une oligarchie qui tire le pouvoir à son avantage, pour ses propres privilèges. Pas étonnant que la colère monte.

C’est pourquoi la première des avancées serait selon elle que les citoyen·ne·s puissent être actrices et acteurs de la vie politique – autrement que par l’illusion d’un vote de temps en temps. Et décider par soi-même, sortir de la passivité, c’est multiplier les assemblées citoyennes, qui s’opposent en tout point à l’idée même d’un “grand débat” dirigé de part en part.

Déconstruire les idées reçues sur le mouvement et porter une égalité pour tous·tes !

Investir l’espace public pour permettre les échanges entre citoyen·ne·s permet aussi au mouvement de dire ses intentions, désamorcer les préjugés dont il est victime, clarifier ses positions. À ce propos, Emmanuelle revient sur le prétendu caractère non écologique du mouvement qui s’est fondé entre autres sur la colère face à l’augmentation des tarifs du carburant :

“Évidemment qu’on défend la planète.

C’est même sans doute la première chose qu’il faudrait prendre en compte et dont le reste peut découler”, mais il ne faut pas tout confondre, mener une véritable politique écologique, ce n’est pas augmenter les tarifs du carburant, et notamment les taxes, surtout si les taxes perçues par le gouvernement ne servent pas au financement de l’écologie. Les véritables responsables de l’absence de politique écologique, ce sont les gouvernements, pas les citoyen·ne·s.

De même, si le mouvement porte, selon Emmanuelle, sur l’égalité de tous les individus, il doit montrer aussi que les femmes sont les premières touchées par ces inégalités. Les gilets jaunes, hommes ou femmes, ne se revendiquent pas “féministes” à proprement parler, mais les questions des retraites, des inégalités salariales, d’accès aux postes, sont très présentes dans les discussions et revendications du mouvement.

C’est notamment ce qui a permis de faire émerger, le 16 février, une journée d’actions pour dénoncer les inégalités que rencontrent les femmes, mais aussi les violences sexuelles, les mutilations sexuelles ou encore les violences conjugales.

Cette journée était portée par un groupe de soignantes, d’assistantes maternelles (en gilet rose) et de gilets jaunes. Il s’agissait pour les femmes de défiler, de manière pacifique, en tête de cortège et pour certaines portions du parcours en cortège indépendant. Et dans la suite directe de cette journée, pourquoi ne pas “rejoindre les actions prévues le 8 mars”, s’il y en a.

Une détermination accrue face à un gouvernement qui vacille

À Brest, les cortèges sont plutôt pacifiques et il y a peu de répression dans les manifs mêmes. Pourtant, la répression est bien présente et montre que le gouvernement panique et vacille. Gardes à vue pour participation à des manifestations non déclarées, entrave à la circulation ou acte de rébellion en bande organisée, accusation de diffamation pour des actes dénoncés avec vidéo à l’appui suite à des violences lors du blocage d’un pont, “gazages” à bout portant…

Couplée à ces mesures de répression, la loi anti-casseurs est le signe que le gouvernement cherche à faire tomber ceux et celles qui parlent, agissent. Mais “nous priver de nos libertés ne nous empêchera pas d’agir”, d’autant que nombre des personnes actives dans le mouvement ont finalement très peu à perdre.

Si le mouvement s’est transformé, à Brest comme ailleurs, au fil des “actes”, il n’a pas perdu de sa détermination, donc. Il reste encore deux ronds-points occupés autour de Brest, où des personnes retraitées sont encore actives. Mais la diminution du nombre de personnes sur les ronds-points, loin d’être le signe d’un essoufflement du mouvement, est en fait le corrélat du nombre de tâches croissantes dues à son extension : préparer des affiches, tenir des assemblées régionales… tout cela prend du temps et mobilise les personnes.

“Faire venir les étudiants à nous”

Aller à la rencontre des gens, maintenir le mouvement malgré l’épuisement qu’il génère… voilà le programme pour les semaines à venir. À l’heure où les femmes, en Argentine, en Espagne, en Irlande, en Italie, au Brésil… se mobilisent pour leurs droits, celles qui luttent en gilet jaune montrent les voies possibles.

Depuis le début du mouvement social des gilets jaunes, qui dénonce les inégalités sociales et les privilèges qui n’avantagent qu’une infime partie de la population, les femmes se sont rassem-blées en gilet jaune pour exprimer leur engagement dans la lutte, mais aussi rappeler qu’elles sont les plus touchées par ces inégalités. Récit de l’une d’entre elles, active dans le mouvement à Brest.

Propos recueillis par Karine mardi 19 mars 2019

http://www.emancipation.fr/

Lire aussi:

Femmes chez les Gilets jaunes (EE)

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24 juin 2019 ~ 0 Commentaire

tas de fainéants (le télégramme)

Macron à des chômeurs marseillais. « Du travail, il y en a plein ! »

« Vous avez envie de travailler ? Il y a des offres ! » : Ces mots sont ceux d’Emmanuel Macron, lundi, lors d’une visite surprise dans les quartiers nord de Marseille (Bouches-du-Rhône). Pendant plus d’une heure, le chef de l’État y a rencontré des chômeurs, parfois très éloignés du marché du travail, et des agents de Pôle Emploi. Pour ce crochet par le 15è arrondissement, l’un des plus déshérités de la cité phocéenne, avant un sommet diplomatique méditerranéen, le Président a voulu « échanger librement » avec les demandeurs d’emploi, en comité restreint.

Ici, il y a 27,7 % de chômeurs, selon l’Insee.

« Même si on me dit « plante des fleurs », je plante des fleurs. Faut que je travaille », lui explique Pauline Menasria, 23 ans. Du travail, « on va vous en trouver, il y en a plein », « vous êtes super-jeune », lui répond Emmanuel Macron.

En l’absence de caméras, le chef de l’État, en chemise blanche et cravate, a enchaîné selfies et salutations souvent chaleureuses avec des allocataires, parfois très éloignés du marché du travail, travailleurs sans-papiers, non-francophones ou chômeurs de longue durée. Quelques agents ont pu faire part de leurs préoccupations, notamment autour de la sécurité.

Venu « écouter et comprendre »

« J’ai fini mon CAP coiffure, et je n’ai pas trouvé de travail » stable, lui explique Nathan Lelouche, 22 ans, qui enchaîne les missions d’intérim. « Vous avez envie de travailler ? Il y a des offres ! », lui répond le Président, qui explique être venu « pour écouter, comprendre, et pour échanger directement ».

« Les gens veulent s’en sortir, veulent travailler, veulent aller de l’avant. Nos réformes vont dans ce sens. Maintenant, il faut qu’on investisse dans l’humain, et qu’on donne les moyens à ceux qui sont là pour les aider de le faire », a déclaré Emmanuel Macron à des journalistes à la sortie de sa visite.

« Il faut avoir un certain toupet »

Du côté des allocataires et des agents, les impressions sont nuancées.

« Si ça peut faire bouger les choses, c’est parfait. Quand même, il faut avoir un certain culot, un certain toupet, pour venir dans le 15è arrondissement de Marseille », dans les quartiers Nord, salue Pauline Menasria. « Je n’y connais rien dans la politique, mais je pense qu’il est venu pour son image. Il se fout un peu de nous », regrette au contraire Nathan Lelouche.

« C’est Dieu le père qui vient guérir les écrouelles », ironisait, de son côté, Pierre Bertomeu, un agent de Pôle Emploi, qui estime qu’une telle visite ne permet pas de répondre aux problèmes concrets des chômeurs.

En septembre 2018, dans les jardins de l’Élysée, Emmanuel Macron avait déjà assuré à un jeune formé au métier d’horticulteur et qui se plaignait de ne pas trouver de travail : « Si vous êtes prêt et motivé, dans l’hôtellerie, les cafés, la restauration, le bâtiment, il n’y a pas un endroit où je vais où on ne me dit pas qu’on cherche des gens (…). Je traverse la rue et je vous en trouve. Ils veulent simplement des gens qui sont prêts à travailler, avec les contraintes du métier ».

24 juin 2019

 https://www.letelegramme.fr/

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Commentaire:
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Il y a comme un mépris des formations acquises: CAP coiffeur? Va chez MacDo! qui explique bien le saccage de l’éducation nationale, puisque çà ne sert à rien pour trouver « un emploi ». Il n’ a encore rien compris aux « Gilets Jaunes » : bosser ainsi ne permet pas de vivre décemment!

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19 juin 2019 ~ 0 Commentaire

chômeurs (npa)

macron-la-matraque

Lutter contre le chômage, pas contre les chômeurEs !

Après les engagements et les échecs de Sarkozy et Hollande sur les chiffres du chômage, Macron pense qu’il peut envisager sa réélection si la baisse des chiffres pouvait être maintenue jusqu’en 2022. Mais si l’objectif de la réforme de l’assurance chômage est d’abord l’affichage d’une baisse du nombre officiel de chômeurEs, c’est une économie de 3,4 milliards d’euros d’euros qui est visée d’ici fin 2021.

Les principales mesures frappent les chômeurEs, avec d’abord le durcissement des conditions d’accès à l’assurance chômage par la modification de la durée d’affiliation.

Il faudra avoir travaillé 6 mois sur une période de 24 mois au lieu de 4 mois sur une période de 28 mois. Cette seule réforme va exclure de l’assurance chômage plusieurs centaines de milliers de chômeurEs.

Les jeunes vont être massivement touchés, retardant encore l’accès à l’indemnisation et excluant du chômage celles et ceux qui travaillaient pendant la période estivale. Les conditions de « rechargement » des droits seront également durcies : il faudra avoir travaillé six mois au lieu d’un mois pendant sa période de chômage pour voir son indemnisation prolongée d’autant.

Les demandeurEs d’emploi qui avaient un revenu de travail supérieur à 4 500 euros brut par mois verront leur indemnisation réduite de 30 % à partir du septième mois. Cette mesure, qui ne concerne pas les chômeurEs de plus de 57 ans, sera appliquée jusqu’à un plancher d’indemnisation de 2 261 euros net.

Pour tenter de donner le change, le gouvernement a fait deux annonces.

Un bonus-malus sera appliqué dans sept secteurs, « abusant » des contrats précaires : l’héber-gement et la restauration, l’agroalimentaire, l’eau et les déchets, la plasturgie ou encore le bois et papier, avec une taxe par CDD d’usage dont le montant sera de 10 euros.

Le bâtiment et la santé, deux gros secteurs utilisant beaucoup de CDD, échappent à la mesure. Et l’on annonce que plus de 1 000 nouveaux conseillerEs Pôle emploi seraient recrutés pour mettre en place de nouveaux services d’accompagnement public… soit à peine davantage que les 800 équivalents temps plein supprimés par le gouvernement en 2018.

Des mesures qui ne changeront rien à une situation où, aujourd’hui, moins d’un chômeurE sur deux est indemnisé, et plus de 6,5 millions de chômeurEs et précaires sont inscritEs à Pôle emploi, soit 25 % de la population active.

Robert Pelletier Mercredi 19 juin 2019

https://npa2009.org/

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17 juin 2019 ~ 0 Commentaire

quimper (gilets jeunes)

gilets

« LA SANTE PUBLIQUE EST EN DANGER DE MORT »

Depuis des années les suppressions de lits,les fermetures de maternités,de services d’hôpitaux,la diminution des personnels, mettent à mal l’accueil et le soin des patientEs en milieu hospitalier.

Des déserts sanitaires s’installent !

Depuis des années, les franchises (consultations,médicaments), les dépassements d’hono-raires,la multiplication des frais annexes font que la santé coûte de plus en plus cher pour toutes et tous.

La survie de nos anciens et la qualité des prises en charge sont menacées dans des EHPAD qui manquent cruellement de moyens !

Les services d’urgence dans les hôpitaux sont arrivés à un point de rupture et les professionnels sont en grande souffrance.

En réduisant les recettes de la sécurité sociale par la baisse des cotisations sociales sans contrepartie,le gouvernement Macron poursuit l’étranglement financier de l’hôpital public et dégrade l’accés aux soins pour mieux rentabiliser et privatiser ce secteur essentiel à la vie de toutes et tous.

A ces dégradations, à cette souffrance, à ce chaos qui vient Macron et Agnès Buzin répondent une fois de plus par le mépris,voire des mesures de réquisition !

Aujourd’hui défendre la santé et l’accès à des soins de qualité doit être l’affaire de toutes et tous, personnels, usagers, patients ou futurs patients…

Parce que la SANTE EST UN DROIT, PAS UNE MARCHANDISE,

SOUTIEN AUX PERSONNELS EN LUTTE DE LA SANTE ET DU SOCIAL.

Venez nous rencontrer au rond-point de Troyalac’h

Les mercredis soirs à 20h en A.G à l’ancien tribunal desprud’hommes

87 avenue Léon Blum 29000 Quimper

Les samedis à partir de 14h Place de la Résistance au café des Gilets Jaunes

Communiqué n° 9 de l’assemblée Gilet Jaune de Quimper

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05 juin 2019 ~ 0 Commentaire

inégalités (alter-éco libération)

supergirl

Le grand retour de la question sociale

La dernière édition de l’Observatoire des inégalités dresse le portrait d’une France de l’insécurité sociale, terreau d’un malaise qui grandit.

« La vague de populisme qui submerge le monde occidental est soulevée par un vent de mépris. » La troisième édition du rapport sur les inégalités en France, publiée hier, a une saveur particulière. Un goût amer, quand on la met en regard du résultat des élections européennes. Le mépris dont parle Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités, c’est le dédain de la France qui gagne à l’encontre de la France qui « fume des clopes et roule au diesel », brocardée en son temps par l’ancien porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

C’est la morgue avec laquelle une certaine gauche embourgeoisée stigmatise la « France moche », celle qui arpente les rayons des supermarchés et reste scotchée à la télé. C’est l’arrogance d’une élite qui s’arc-boute sur ses privilèges et refuse d’entendre parler de ceux qui galèrent.

Le mépris dont parle Louis Maurin, de l’Observatoire des inégalités, c’est le dédain de la France qui gagne à l’encontre de la France qui « fume des clopes et roule au diesel »

Et pourtant, la question sociale n’a pas disparu, loin de là, comme en témoigne la révolte des ronds-points qui secoue le pays depuis maintenant huit mois. Tout l’intérêt de ce rapport est de planter le décor, de remuer le terreau sur lequel a émergé le mouvement des gilets jaunes. Car faute de données plus récentes en matière d’inégalités, la plupart des chiffres cités datent de 2016. Il n’en fournit pas moins un diagnostic de référence sur les inégalités qui minent notre société.

1/ Les riches français très bien lotis

Ça va bien, merci. Au sommet de l’échelle sociale, aucun nuage obscurcit l’horizon. La France est en effet un pays où les riches sont plus riches qu’ailleurs en Europe, même après avoir payé leurs impôts. En moyenne sur la période 2013-2016, le top 1 % des Français les plus aisés jouissait d’un niveau de vie mensuel d’au moins 7 000 euros pour une personne seule. Seuls les Suisses sont mieux dotés sur le Vieux continent. Nos voisins fortunés d’Outre-Manche et d’Outre-Rhin roulent un peu moins sur l’or : les portes du club ultra-select des 1 % leur sont ouvertes dès 5 800 euros au Royaume-Uni et 6 100 euros en Allemagne.

« Ces données invalident la thèse d’une fuite des super-riches sous l’effet de la pression fiscale, précise le rapport. La France est un pays où les plus aisés gagnent beaucoup d’argent. » D’autant plus qu’ici, l’Etat « spoliateur » a déjà fait ses basses œuvres. Ces chiffres sont en effet mesurés après impôts et prestations sociales, c’est-à-dire que l’impact de la redistribution opérée par notre modèle social est pris en compte. « Comme la redistribution est plutôt développée en France, même en prenant en compte les niches fiscales, cela signifie qu’avant impôts, la répartition des revenus en haut de l’échelle est très inégalitaire par rapport aux autres pays », insiste l’Observatoire des inégalités.

2/ Les effets de la crise sur la pauvreté ne sont pas effacés

Au bas de la hiérarchie sociale, cinq millions de personnes étaient considérées comme pauvres en 2016 si l’on retient le seuil de pauvreté fixé à 50 % du revenu médian, celui qui a la faveur de l’Observatoire des inégalités car il permet de cibler ceux qui sont le plus en difficulté et qui ga-gnent moins de 855 euros par mois. C’est 630 000 personnes de plus que dix ans auparavant. Si l’on préfère le taux officiel à 60 %, le nombre de pauvres (ceux qui touchent moins de 1 026 euros avec cette mesure) grimpe à 8,8 millions, soit 820 000 de plus qu’en 2006.

Le « pognon de dingue » dénoncé par Emmanuel Macron n’est finalement pas si mal dépensé… Notamment parce qu’il permet aux moins bien lotis de sortir de l’engrenage de la pauvreté

C’est clairement un effet de la crise qui s’est déclenchée en 2008. Depuis 2011, le nombre de pauvres diminue, ce qui est assurément une bonne nouvelle. Mais « compte tenu de l’ampleur de la dégradation enregistrée depuis le début des années 2000, il faudrait un mouvement beaucoup plus important et durable pour ne serait-ce que revenir à la situation qui prévalait au milieu des années 2000 », pointe le rapport.

Reste que le taux de pauvreté est nettement plus faible en France qu’ailleurs. Il s’élève officiellement à 13,6 % en 2015 selon Eurostat, c’est-à-dire avec le seuil à 60 % qui est généralement retenu pour faire des comparaisons internationales. C’est nettement moins qu’en Espagne (22,3 %), qu’en Italie (20,6 %), qu’au Royaume-Uni (15,9 %) ou qu’en Allemagne (16,5 %).

Cette bonne performance est clairement à mettre au crédit de notre modèle social. En France, les 10 % les plus pauvres touchent 281 euros par mois avant redistribution, et 821 euros après. Le « pognon de dingue » dénoncé par Emmanuel Macron n’est finalement pas si mal dépensé… Notamment parce qu’il permet aux moins bien lotis de sortir de l’engrenage de la pauvreté. C’est ce que montre le taux de pauvreté persistante, particulièrement faible dans l’Hexagone. En 2015, 2,4 % de la population était ainsi pauvre et l’avait été au moins deux années au cours des trois dernières années. Bien en dessous des 5,7 % que l’on constate en moyenne au sein de l’Union européenne.

3/ Inégalités de revenus : trop tôt pour crier victoire

Après la baisse enregistrée en 2012 et 2013, les écarts de niveaux de vie se sont stabilisés entre 2013 et 2016. Résultat, en 2016, on a retrouvé le niveau d’inégalité qui prévalait dix ans plus tôt. Cocorico ? Il convient de rester prudent. Si on prend un peu plus de recul, en effet, les inégalités demeurent supérieures à ce qu’elles étaient il y a vingt ans.

Comme le montre l’indice de Gini (plus cet indicateur est proche de 1, plus les inégalités sont fortes, plus il est proche de zéro, plus elles sont faibles), les inégalités ont fortement baissé entre 1970 et 1990, avant de se stabiliser et de repartir franchement à la hausse à la fin des années 1990. C’est l’effet des fortes baisses d’impôts pour les plus riches dans un contexte de croissan-ce économique. A partir de 2011, la tendance s’inverse à nouveau sous le double coup de la crise financière qui a amputé une partie du patrimoine des plus fortunés et des hausses d’impôts sur les revenus les plus élevés.

Cet indice de Gini a l’avantage de mesurer les inégalités sur l’ensemble de l’échelle des niveaux de vie. Mais en comparant la répartition des revenus à une situation d’égalité théorique (à 1 nous sommes tous égaux), il peut paraître abstrait. La plupart des gens ne se comparent pas aux autres de façon relative. Personne ne prend sa calculette pour diviser les revenus des uns par rapport à ceux des autres, personne ne parle en ratio, encore moins en indice.

« Chaque mois, les 10 % les plus riches perçoivent environ 4 686 euros, les 10 % les plus pauvres 698 euros. Une différence de 3 988 euros mensuels, soit 48 000 euros par an », l’Observatoire des inégalités

Comme le fait remarquer à juste titre l’Observatoire des inégalités, la plupart des gens se contentent de regarder combien les autres gagnent en plus. Ils raisonnent en euros, et font de simples soustractions. C’est pourquoi l’Observatoire propose de mesurer l’écart entre ce que touche le dixième le plus favorisé de la population et le dixième le moins favorisé: « Chaque mois, les 10 % les plus riches perçoivent environ 4 686 euros, les 10 % les plus pauvres 698 euros. Une différence de 3 988 euros mensuels, soit 48 000 euros par an, équivalente à un peu plus de 3,5 années de travail au Smic. » Voilà qui paraît en effet plus concret. Surtout, cet écart est passé de 38 000 euros annuels en 1996 à 48 000 euros en 2016, soit 10 000 euros de plus. « On comprend mieux ainsi les tensions sociales qui se font jour », conclut le rapport.

Malgré la hausse des inégalités observée ces vingt dernières années, cet indicateur confirme une récente stabilisation des écarts. Cette pause va-t-elle se confirmer après 2016 ? Rien n’est moins sûr. D’un côté, la baisse du chômage et l’augmentation de certains minima sociaux va dans le bon sens, notamment pour le bas de l’échelle des revenus. Mais d’autres facteurs jouent en sens inverse, comme la baisse des allocations logement, des pensions de retraite et les coupes claires dans les contrats aidés. Surtout, les cadeaux fiscaux conséquents accordés aux plus aisés fin 2017 favorisent les plus riches. « Dans ce contexte, il est très probable que les inégalités de niveau de vie se soient accrues entre 2016 et 2019 », souligne l’Observatoire.

4/ Les inégalités de patrimoine donnent le vertige

Quand on pense inégalités, on pense en général revenus. Le patrimoine passe souvent à la trappe. A tort. Car comme le souligne le rapport, la répartition du patrimoine est bien plus inégalitaire que celle des revenus. En prenant en compte ce que les gens possèdent (leur voiture, leur logement, leur entreprise, leurs titres financiers) et pas simplement ce qu’ils gagnent via leurs revenus, on se rend compte que les inégalités sont « démultipliées ».

Les 10 % les plus fortunés détenaient près de la moitié du total du patrimoine des ménages français en 2015

Les 10 % les plus fortunés détenaient ainsi près de la moitié du total du patrimoine des ménages français en 2015. Les 50 % des Français les moins riches, eux, ne disposaient que de 8 % de l’ensemble. Plus concrètement encore, le patrimoine brut (c’est-à-dire endettement non déduit) du dixième le plus riche vaut 1,25 million d’euros, soit 630 fois celui des 10 % les moins riches (2 000 euros).

C’est sans doute les chiffres les plus spectaculaires du rapport, et les plus scandaleux. Car ces écarts n’ont pas grand chose à voir avec le mérite. Ils se transmettent d’une génération à l’autre, facilitant la reproduction dans le temps des inégalités sociales. Et pourtant, l’héritage reste un tabou en France. Rares sont ceux qui veulent le taxer davantage…

5/ L’essor de l’insécurité sociale

« La France qui subit les inégalités est d’abord celle des flexibles du travail, écrit Louis Maurin. Celle des huit millions de salariés à l’horizon de vie grignoté par la précarité ou le chômage. Des non-salariés qui vivent au gré de petits contrats. De ceux qui usent leur corps au travail à la chaîne, en oeuvrant dans la poussière ou en portant des charges lourdes. » Cette France « flexibilisée », ou plutôt « insécurisée », le rapport tente de la quantifier. Recenser les 2,8 millions de chômeurs ne suffit pas.

Aux 2,8 millions de chômeurs il faut ajouter les 3,7 millions de travailleurs précaires et le 1,6 million de découragés, qui ont abandonné la recherche d’emploi faute de débouché

C’est pourquoi l’Observatoire des inégalités propose une catégorie plus large, celle du mal-emploi1, qui rassemble 8,1 millions de personnes fragilisées face à l’emploi. Aux chômeurs il faut donc ajouter les 3,7 millions de travailleurs précaires et le 1,6 million de découragés, qui ont abandonné la recherche d’emploi faute de débouché. Et encore, ces 8,1 millions de personnes en mal-emploi ne prennent pas en compte les temps partiel subi qui voudraient travailler davantage (pour éviter les doubles comptes) ni ceux qui sont à « leur compte » sans contrat durable, comme les travailleurs ubérisés.

« La masse des mal-employés sont des jeunes qui n’ont pas réussi à obtenir un titre scolaire, mais aussi des femmes qui ont cru pouvoir s’arrêter temporairement pour élever leurs enfants et qui n’arrivent plus à reprendre pied dans l’emploi, ou encore des plus âgés qui baissent les bras. » La mauvaise nouvelle, c’est que cette France du mal-emploi est en plein essor. A titre d’exemple, le taux d’emploi précaire est passé de 12,1 % en 2014 à 13,6 % en 2017.

Comment, dans ces conditions, peut-on s’étonner de voir les rancoeurs s’attiser? « Pour une grande part, cette France de l’insécurité sociale a animé les manifestations des gilets jaunes », juge Louis Maurin. Et, à force de battre le pavé et d’occuper les carrefours giratoires, a remis la question sociale au goût du jour.

Laurent Jeanneau 05/06/2019

https://www.alternatives-economiques.fr/

* Niveau de vie : revenu disponible du ménage divisé par le nombre d’unités de consomma-tion (UC). L’Insee attribue 1 unité de consommation au premier adulte du ménage, 0,5 UC aux autres personnes de 14 ans et plus, et 0,3 UC aux enfants de moins de 14 ans. qu’il comprend. Le revenu disponible correspond au revenu déclaré par les ménages auxquels on ajoute les prestations sociales ainsi que les revenus non imposables du patrimoine , et dont on déduit les impôts directs.

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Un riche peut en cacher plein d’autres (Libération)

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03 avril 2019 ~ 0 Commentaire

corong (cgt)

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03 mars 2019 ~ 0 Commentaire

chômeurs (cos)

president_macron

40 % des chômeurs

Touchent moins de 500 euros par mois

30 % des chômeurs ne touchent aucune indemnité et 42 % un maximum de 500 euros par mois. Les deux tiers ont moins que le Smic. Seuls 5 % empochent plus de 2 000 euros.

Régulièrement, le régime d’indemnisation des demandeurs d’emploi est accusé d’être trop généreux, d’inciter les chômeurs à rester chez eux. C’est loin d’être la réalité.

Selon les données de Pôle Emploi, les chômeurs reçoivent en moyenne 1 170 euros net par mois d’indemnité, soit le niveau du Smic net, ce qui à première vue ne semble pas si mal.

Sauf que ce chiffre ne signifie pas grand chose car il ne porte que sur les chômeurs qui reçoivent une indemnité. Dit autrement, c’est le niveau moyen de ce que touchent ceux qui perçoivent quelque chose, sans compter ceux qui ne reçoivent rien ou qui sont indemnisés par un autre système.

Pour comprendre la réalité de l’indemnisation du chômage en France, nous avons réalisé une estimation qui prend en compte ces oubliés du calcul de Pôle emploi.

Aux 2,8 millions de demandeurs d’emplois indemnisés par le régime général de l’assurance chômage (données à la fin décembre 2017), il faut tout d’abord ajouter près de 400 000 personnes qui perçoivent l’allocation spécifique de solidarité.

Cette allocation est versée par Pôle emploi aux chômeurs qui ont épuisé leurs droits du régime général. Elle s’élève à 494 euros par mois, deux fois moins que le minimum vieillesse ou adulte handicapé. Il faut ensuite compléter avec ceux qui ne touchent rien.

En France, la moitié des chômeurs n’ont aucune indemnité… Parmi eux, il est vrai qu’une partie exerce une activité réduite et peut donc toucher un peu d’argent à côté. Si on ne prend en compte que la  catégorie A (la plus restrictive sans aucune activité), 40 % ne perçoivent aucune indemnité, soit 1,4 million de personnes.

L’immense majorité des chômeurs ne perçoit que de très faibles sommes chaque mois. Dans tous les cas, pas de quoi vivre dignement.

Deux millions doivent se contenter de moins de 500 euros. Ils ne s’en sortent qu’avec le soutien d’autres allocations (familiales notamment), ou l’aide de proches.

Pourquoi alors sont-ils montrés du doigt ? Quand l’argent public devient plus rare, les abus  sont davantage mis en avant, ce qui est logique. Parmi les 2 % qui reçoivent d’importantes indemnités (supérieures à 3 000 euros), il est possible que certains s’en satisfassent – encore faut-il le montrer – mais on est bien loin de la règle générale.

Un nombre important de salariés travaillent et ne perçoivent que de très bas salaires : leur présenter les chômeurs comme boucs émissaires constitue une façon de détourner leur attention, notamment des écarts de salaires au sein de l’entreprise ou de la collectivité publique dans laquelle ils travaillent.

25 février 2019

http://www.observationsociete.fr/

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07 février 2019 ~ 0 Commentaire

aesh (fr3)

Trop de précarité

Betty, AESH accompagnante d’élèves handicapés interpelle le président

Les AESH, accompagnants d’élèves en situation de handicap sont 4000 en Bretagne. Le rythme de travail souvent à temps partiel, les CDD renouvelables et le salaire indécent, Betty en a marre. La Bretagne compte 4000 AESH, des accompagnants d’élèves en situation de handicap. Ces professionnels travaillent le plus souvent à temps partiel et pour des salaires très faibles. La précarité est renforcée par la signature de CDD renouvelables.

« C’est quoi le projet ? »

Mercredi 6 février à Rennes, ils manifestaient pour réclamer un meilleur traitement. Parmi eux, Betty, AESH depuis 2008 et qui ne parvient plus à vivre décemment et s’interroge sur les objectifs du gouvernement.

« C’est complètement indécent d’avoir fait toute une campagne électorale en disant j’adore les handicapés, je vais m’en occuper correctement. Les personnes qui s’occupent d’eux, je vais leur donner les moyens de faire leur travail. Et puis on nous enlève 8 euros sur un salaire de 733 euros par mois. C’est extrêmement violent. »

« Est-ce que vous pensez que je mets du chauffage, chez moi ? » « Moi il faut que je crois en quelque chose ».

E.C avec E.P  07/02/2019

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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07 février 2019 ~ 0 Commentaire

sanctions (basta)

president

Comment les sanctions contre les chômeurs

Risquent, demain, de s’étendre à l’ensemble des minimas sociaux

Depuis début janvier, les chômeurs sont soumis à des contrôles renforcés en France. Un rendez-vous manqué, une offre d’emploi dite « raisonnable » refusée, et c’est la radiation, plus ou moins longue, avec suspension des indemnités.

Cette politique punitive s’inspire clairement de celles qui sont menées en Grande-Bretagne et en Allemagne, où les sanctions se sont progressivement appliquées aux autres prestations sociales, allocations familiales ou aides au logement. Leurs conséquences sont sans appel : « Elles frappent d’abord les personnes les plus faibles », repoussées vers une encore plus grande pauvreté. En Allemagne, le tribunal constitutionnel est d’ailleurs en train de se pencher sur la légalité de ces sanctions.

Début janvier, le gouvernement français a durci par décret les contrôles et les sanctions à l’encontre des chômeurs. Cette politique ne tombe pas du ciel. Au Royaume-Uni, la possibilité de supprimer les allocations aux demandeurs d’emploi, qui manquent des rendez-vous ou sont jugés trop peu assidus dans leurs démarches, existe depuis plus de dix ans.

« En 2007, le gouvernement travailliste a adopté une loi prévoyant des sanctions contre les personnes handicapées et en longue maladie, considérant que beaucoup n’étaient pas vraiment en incapacité de travailler », rappelle Anita Bellows. Depuis cette date, l’activiste du collectif « Personnes handicapées contre les coupes » (Disabled People Against Cuts) suit les effets de ces sanctions sur les personnes concernées. Et elles sont de plus en plus nombreuses.

Rachel Knaebel 7 février 2019

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02 février 2019 ~ 0 Commentaire

gilets roses (fr3 sud-ouest)

Rennes: les assistantes maternelles

Manifestent en gilets roses

Une nouvelle couleur est apparue sur la gamme des manifestations sociales. Les assistantes maternelles ont choisi le rose pour dénoncer, à Rennes, le projet de réforme de l’Assurance-chômage.

Une trentaine d’assistantes maternelles se sont regroupées à Rennes, place de la République, rejoignant la journée des « Gilets roses », les « nounous en colère ». En Bretagne, des manifes-tations étaient prévues également à Saint-Brieuc, Brest et Vannes.Les assistantes maternelles protestent contre la réforme de leur indemnisation chômage, qui compense leur précarité. « Une assistante maternelle est obligée de cumuler plusieurs contrats de travail pour arriver à faire un salaire correct, on doit faire plus de 50 heures par semaine pour arriver à un SMIC, donc généralement, on a deux ou trois employeurs » explique Albane Karalambakis. »Quand un de nos employeurs dont l’enfant entre à l’école nous retire les enfants, en attendant de retrouver un contrat, Pôle Emploi nous donne une indemnisation pour compenser la perte de salaire » poursuit-elle, « c’est cette indemnisation-là qui peut être diminuée ou supprimée, pour faire des économies, par la réforme de l’assurance chômage. »Les assistantes maternelles ont ouvert un groupe Facebook, « nounous en colère » dès le début du mouvement des Gilets jaunes, en novembre dernier.

Stéphane Grammont  02/02/2019
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