Archive | Chômage & précarité

15 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

pôle emploi (basta)

chom

Cela va vraiment être très violent »

Des agents de Pôle Emploi réagissent aux sanctions contre les chômeurs

La loi sur « la liberté du choix de son avenir professionnel » (sic), votée en septembre dernier, avait prévenu : les contrôles sur les chômeurs allaient se durcir. Mais personne ne s’attendait à ce que les sanctions prévues contre les demandeurs d’emplois soient si rudes, y compris les agents de Pôle emploi.

Annoncées fin décembre par un décret publié au journal officiel, ces sanctions prévoient de rogner, voire de supprimer les indemnités chômage pour des rendez-vous manqués, des offres d’emploi refusées, ou des connexions sur son espace personnel pas suffisamment fréquentes. Du côté des conseillers, c’est la consternation, teintée de colère et de stress.

Les nouvelles instructions sont tombées sur les bureaux des agents de Pôle emploi le 3 janvier dernier. Une dizaine de pages qui décrivent par le menu les obligations des demandeurs d’em-ploi et les sanctions auxquelles ils s’exposent s’ils n’y répondent pas. Et ce, dès le premier man-quement. Une première absence à un rendez-vous entraîne une radiation d’une durée d’un mois. À la seconde absence, la radiation est étendue à deux mois et les indemnités sont suppri-mées pour une durée équivalente. À la troisième absence, on passe à quatre mois.

Ces radiations et suppressions d’indemnités seront également exponentielles en cas d’« insuf-fisance de recherche d’emploi » ou de « refus de deux offres raisonnables d’emploi », le tout laissé à l’appréciation des agents de Pôle emploi. « J’étais en réunion de service le jour de l’an-nonce, se souvient Daniel, conseiller dans le Sud-ouest. Et bien même les collègues les plus enclins à sanctionner les chômeurs ont déclaré que là, quand même, le gouvernement y allait un peu fort et que l’on risquait d’avoir des soucis au niveau de l’accueil. »

Nolwenn Weiler 15 janvier 2019

Lire la suite sur Bastamag

Lire la suite

10 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

chômage (lutte ouvrière)

chom

Les chiffres toujours en hausse

Le dixième anniversaire de Pôle emploi, créé en 2009 à partir de la fusion de l’ANPE et de l’Assedic, souligne combien le chômage a explosé en France.

En dix ans, le nombre de travailleurs officiellement inscrits et comptabilisés par cet organisme est passé de 3,7 millions à 6,2 millions.

Ces chiffres correspondent à l’ensemble des catégories de Pôle emploi. Mais combien de travailleurs sortent des statistiques parce qu’ils baissent les bras devant la difficulté de retrouver un emploi ? Combien sont radiés ? En 2018, chaque mois, plus de 200 000 travailleurs ont renoncé à leur inscription à Pôle emploi et près de 50 000 ont été radiés. Les chiffres officiels du chômage, déjà impressionnants, sont en réalité des sous-estimations.

Beaucoup de politiciens bourgeois, de Marine Le Pen jusqu’à Mélenchon, attribuent le chômage à la concurrence des autres pays, au marché européen et aux délocalisations dans les pays où les salaires sont plus bas. Mais les capitalistes ont toujours mis en concurrence les travailleurs pour faire baisser les salaires, ils ont toujours placé leur capital là où il était censé rapporter le plus, même si c’était à l’autre bout du monde.

La raison première de cette explosion du chômage est ailleurs.

L’économie capitaliste, en France et dans le monde, est plongée dans un marasme grandissant. Les chiffres officiels parlent de croissance, mais il s’agit surtout de celle de la finance et de la spéculation. C’est là que se dirigent les capitaux. Une économie de casino domine les échanges financiers et commerciaux mondiaux.

Des dizaines de milliers de traders à travers le monde parient jour et nuit sur les actions de telle entreprise, sur tel produit financier ou telle monnaie pour qu’une infime minorité de capitalistes, dont ces traders gèrent la richesse, accroisse ses profits malgré la crise de leur propre économie.

Le chômage est un fléau pour les travailleurs. Mais il est aussi l’expression du pourrissement d’une société capitaliste, qui, aujourd’hui, n’est plus capable de développer vraiment l’économie. Pour que l’argent issu du travail de millions d’exploités serve à produire des biens utiles et à améliorer leur vie, il faut l’arracher des mains des capitalistes, c’est-à-dire les exproprier.

Pierre ROYAN 09 Janvier 2019
.

Lire la suite

07 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

chômeurs (npa lo)

apl macron

Contrôle des chômeurEs

Macron et Pénicaud vous souhaitent une bonne année

Le décret publié le 30 décembre 2018 annonce la couleur de la politique gouvernementale envers les privéEs d’emploi. Il n’a qu’une seule tonalité : le durcissement impitoyable des sanctions contre les chômeurEs et l’absence totale de moyens supplémentaires pour le conseil et l’accompagnement.

Sous le prétexte d’une « gradation des sanctions plus juste et plus équilibrée », c’est en fait un durcissement puisqu’alors qu’auparavant les allocations étaient « seulement » suspendues le temps de la sanction, elles sont désormais supprimées ! Et Pôle emploi devient juge et partie en prononçant la suppression des allocations, contribuant ainsi à opposer encore plus les chômeurEs et agentEs.

La durée de radiation pour absence à convocation passe de 15 jours à 1 mois.

Et en cas de 2e absence, c’est 2 mois de radiation et une suppression de 2 mois d’allocations (alors que dans le 1er cas le mois perdu était récupéré), puis 4 mois de sanction en cas d’abs-ence à une 3e convocation ! En cas de recherche jugée insuffisante  refus d’offres d’emplois, de formation, de prestation…), c’est un, deux ou quatre mois de sanction (radiation + suppression de revenu) selon la répétition du « manquement ».

Aucun lien avec le salaire antérieur

Pire. L’offre d’emploi prise en compte pour apprécier le refus se basait jusqu’à maintenant sur le salaire antérieurement perçu (en l’occurence 95% de cet ancien salaire). Le décret supprime cette notion et unE chômeurE pourra se voir proposer une offre sans lien avec ce salaire antérieur et donc sanctionné, selon les modalités décrites ci-dessus, s’il se permet de refuser…

Le gouvernement tire ainsi le bilan de l’ORE (« offre raisonnable d’emploi ») mise en place par Sarkozy, qui n’était de fait pas appliquée car répondant à des critères trop « stricts » et faisant l’objet, par ailleurs, d’une résistance passive de la part des conseillerEs Pôle emploi.

Le ministère entend en finir avec ces obstacles en individualisant la définition de l’ORE, entre chaque chômeurE et son conseiller, et en mettant les moyens avec le renforcement des équipes de contrôle (passage de 200 à 600 contrôleurs dans un 1er temps, puis à 1000 …). C’est de conseil et d’accompagnement qu’auraient besoin les chômeurEs, mais le gouvernement choisit de supprimer 800 postes de conseillerEs en 2019…

Le prétexte de la fraude

Pourtant, les chiffres même du ministère du Travail montrent que la fraude est marginale : sur les 625 000 radiations prononcées en 2016, 4% étaient dues à une « insuffisance de recherche d’emploi », 0,4% le fait d’une fraude caractérisée (par ailleurs essentiellement le fait de réseaux criminels organisés) et 0,02% liée à un second refus d’ORE…

Le problème n’est donc pas là… Alors quoi ? L’argument officiel est que le contrôle permet de « redynamiser » la recherche d’emploi. Sauf que dans les pays où ces sanctions existent, ont abouti à une pression à la baisse sur les salaires (ce que confirment les études menées en Angleterre et en Suisse).

Dans un contexte ou, selon Muriel Penicaud, les créations d’emplois repartent, le patronat a besoin de contraindre les chômeurEs à occuper ces postes, en exerçant par la même occasion une pression sur l’ensemble des salariéEs.

Si on ajoute les « négociations » en cours sur la nouvelle convention d’assurance-chômage, qui prévoit 4 milliards d’euros d’économies (contre 800 millions pour la convention actuelle), c’est un message clair envoyé par le gouvernement …

Mobilisation nécessaire 

Ce décret à été présenté le 4 décembre aux confédérations siégeant au CNEFOP (Conseil national de l’emploi, de la formation et de l’orientation professionnelle). Celles-ci n’ont visiblement pas jugé utile d’appeler à la mobilisation à ce moment-là…

La mobilisation contre ce texte doit donc s’engager sans délai, le Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP) demande le retrait immédiat ce décret, mais pour l’instant aucune initiative n’est prévue. Contrairement aux manifestations séparées du 1er décembre, une mobilisation unitaire est indispensable !

Correspondant  Lundi 7 janvier 2019

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Chômage : un décret contre tous les travailleurs (LO)

Lire la suite

31 décembre 2018 ~ 0 Commentaire

sanctions (le-monde rp le-huff’)

sarkozy

Les syndicats critiquent le nouveau barème

de sanctions contre les chômeurs

Le dispositif s’inscrit dans la volonté du gouvernement  de renforcer le contrôle des demandeurs d’emploi.

Il faut toujours garder un œil sur le Journal officiel Adéfaut d’être exaltante, la lecture de cette publication peut s’avérer instructive, en particulier entre Noël et le Jour de l’an. Démonstration vient d’en être faite avec l’édition du dimanche 30 décembre, qui contient près de 20 décrets d’application de la loi « avenir professionnel ».Une réforme votée l’été dernier sous la houlette de la ministre du travail, Muriel Pénicaud. L’un des décrets parus dimanche a trait « aux droits et aux obligations » des chômeurs, ainsi qu’au « suivi de la recherche d’emploi ». Le contenu de ce texte, éminemment sensible, est grosso modo en ligne avec les intentions affichées initialement par le gouvernement. A une réserve près, qui n’est pas anodine : elle porte sur les sanctions prononcées contre un inscrit à Pôle emploi qui contrevient à ses devoirs.Dès le départ, l’exécutif avait manifesté le souhait de revoir le barème des « peines » applicables.Le 20 mars, des pistes très précises avaient été dévoilées à la presse par le ministère du travail. Il avait alors été indiqué qu’un chômeur qui ne se présente pas à un rendez-vous avec son conseiller chez Pôle emploi serait radié des listes durant deux semaines et non plus pendant deux mois. « On diminue par quatre [la durée de] la sanction, qui était complètement disproportionnée sur ce sujet-là », avait expliqué l’entourage de Mme Pénicaud. Finalement, la « punition » sera un peu plus lourde qu’annoncée : un mois de radiation (au lieu de quinze jours, donc), ce qui la place tout de même à un niveau inférieur à celui en vigueur avant la réforme ; durant cette période, la prestation cesse momentanément d’être versée.

Un autre changement s’est produit par rapport à la communication gouvernementale.

Il concerne une option, également évoquée le 20 mars, pour l’ensemble des « manquements » du demandeur d’emploi (à l’exception du rendez-vous manqué avec son conseiller, sans motif valable).

L’idée présentée à l’époque consistait à dire que, à la première incartade (par exemple, le fait de ne pas rechercher activement un poste), l’allocation serait suspendue pendant un mois, les droits restant acquis et pouvant être utilisés plus tard, en cas de besoin.

Si le chômeur commet un deuxième écart, le ministère avait précisé que la prestation serait supprimée durant deux mois – ce qui signifiait, cette fois-ci, une amputation des droits d’une durée équivalente. A la troisième « infraction », le coup de bâton serait de quatre mois… (Payant)

Bertrand Bissuel 31 décembre

https://www.lemonde.fr

Lire aussi

Contrôle des chômeurs : une nouvelle échelle de sanctions annoncée (Le Monde)

Radiation, allocation supprimée… Un décret publié le 30 décembre durcit les sanctions encourues par les chômeurs (France Info)

Les sanctions encourues par les chômeurs plus dures qu’annoncé (Le Huff’)

Décret surprise : Macron ouvre la chasse aux chômeurs (Révolution Permanente)

Commentaire: Il faut faire entrer 4 millions de chômeurs dans 200 000 emplois disponibles. La seule solution c’est de leur taper dessus!

Lire la suite

02 octobre 2018 ~ 0 Commentaire

chômeurs (le parisien)

chom

Maladie, souffrance, suicide, mortalité : les chômeurs sont plus exposés que les autres

Selon cette étude, les chômeurs ont une surmortalité de 300 % par rapport au reste de la population. Certains renoncent aux soins à cause de difficultés financières.
.

Dans un rapport rendu public aujourd’hui, l’association Solidarité nouvelles face au chômage (SNC) fait la lumière sur l’état de santé des personnes sans emploi.

Le chômage n’est pas une sinécure. Etre privé d’emploi a des effets néfastes sur l’état de san-té général et entraîne un risque de mortalité sur les individus supérieur à celui de la population générale. Voilà certaines des conclusions de l’étude, rare sur le sujet en France, intitulé « la santé des chercheurs d’emploi, un enjeu de santé publique » rendue publique aujourd’hui par Solidarité nouvelles face au chômage (SNC). Une manière pour l’association de tirer la sonnette d’alarme.

«Comportements à risque» et privation de soin

Il n’y a pas de « maladie du chômage ». « Mais les personnes sans emploi ont un mode de vie marqué par des comportements à risque avec une alimentation moins saine, une baisse de l’activité physique, des addictions plus nombreuses, une privation de soins qui entraîne la venue de différentes maladies chroniques », souligne Pierre Meneton, chercheur à l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) et spécialiste du sujet. Les plus fréquentes sont les maladies cardiovasculaires: infarctus du myocarde, trouble du rythme, insuffisance cardiaque, accidents vasculaires cérébraux, ainsi que les cancers. Autre facteur pénalisant : le renoncement aux soins lié aux difficultés financières.

Au moins 10 000 décès par an

Conséquence, selon le rapport : « Les chômeurs ont une surmortalité de 300 % par rapport au reste de la population », note Pierre Meneton. 10 000 à 14 000 décès sont « imputables » chaque année au chômage, d’après l’Inserm. Le rapport évoque notamment des cas de suici-des plus fréquents chez les personnes privées d’emploi en raison du stress et du sentiment de dépréciation général lié à la perte ou l’absence de son activité professionnelle.

Des cas plus fréquents de souffrance psychique

Selon le baromètre Solidarité nouvelles contre le chômage (SNC) / Opinion-Way réalisé cette année, 34 % des personnes interrogées ayant vécu une période de recherche d’emploi ont constaté une dégradation de leur état de santé et une vulnérabilité psychique liée à la situation. « Le chômage est vécu comme une épreuve qui s’accompagne de stress et d’anxiété mais aussi d’un profond sentiment de honte et de culpabilité », note l’étude.

Pour sortir de cette spirale négative, l’association propose de mettre en œuvre un accompa-gnement plus global par les pouvoirs publics des personnes au chômage. En 2015, lors d’un avis sur le sujet, le conseil économique, social et environnemental (CESE) avait notamment préconisé la mise en place à Pôle emploi d’un bilan médical gratuit et d’un soutien psycho-logique lors du premier entretien pour les demandeurs d’emploi.

Stéphanie, 40 ans, ancienne chômeuse : «J’ai arrêté d’aller chez le médecin»

C’était en 2010, au début de l’été. A quelques jours d’intervalle, Stéphanie apprend qu’elle perd son emploi et tombe malade. Diagnostic du médecin : la jeune femme de 31 ans est atteinte d’une « angine blanche » ou bactérienne, ponctuée par de fortes fièvres qui lui impo-sent de rester alitée plusieurs jours. « Avant cette date, je n’avais jamais eu de problèmes particuliers à la gorge et aucun problème de santé particulier », raconte cette femme au ton dynamique qui a aujourd’hui retrouvé du travail à temps partiel.

Cette année-là, elle enchaînera cinq angines avant de retrouver du travail quelques mois plus tard. Mais en 2015, la même situation se reproduit. Embauchée en CDI dans une entreprise du secteur social, cette diplômée d’un double cursus en aménagement du territoire et en commu-nication est licenciée pendant sa période d’essai, après avoir révélé sa grossesse à son employeur. « Ma tête et mon corps ont lâché », confie-t-elle alors.

Angines et dépression

Eloignée de son conjoint qui avait retrouvé du travail dans l’est de la France, la jeune vit mal, seule, cette nouvelle période de chômage et tombe à nouveau malade pendant sa grossesse. Aux angines viennent s’ajouter la dépression et des problèmes gynécologiques à répétition. « Cette fois, la période de Noël approchait, j’étais très angoissée. Je me suis repliée sur moi-même, je dormais mal, je ne voulais plus voir personne », souffle Stéphanie. J’avais peur pour le bébé, pour notre couple. Je me suis dit qu’avec le salaire de mon ami, de 1 500 € par mois, nous n’y arriverions plus ».

Pendant trois ans, cela a alors été le « trou », dit-elle. Stéphanie est suivie par une psychiatre et consomme de nombreux médicaments. Selon les mois, elle débourse entre 150 et 200 € pour se soigner, soit plus de 10 % de l’allocation que lui verse chaque mois Pôle emploi. Pendant ce temps, elle rumine des idées noires, se sent « victime d’une injustice ».

En 2017, en raison d’un bug administratif avec sa caisse de sécurité sociale, elle perd ses droits. « Pendant six mois, j’ai arrêté d’aller chez le médecin ». Sa santé se détériore. « Mes CDD en série, l’absence d’emploi, les changements d’employeurs n’ont pas aidé la situation », commente-t-elle.

Il y a quelques mois, Stéphanie a retrouvé du travail en CDD à temps partiel, projette de se faire embaucher en CDI. Elle continue de se faire soigner mais va mieux. « J’ai retrouvé des objectifs de vie », assure-t-elle.

Bérangère Lepetit 20 septembre 2018

http://www.leparisien.fr/

Lire la suite

30 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

traverser la rue? (npa)

robin des riches

Pour avoir un emploi, traverser la rue ? Chiche !

La déclaration provocatrice de Macron lancée à un jeune chômeur il y a quinze jours, selon laquelle il « suffit de traverser la rue » pour trouver du travail, n’avait pour but que de faire le buzz à la télé.

Elle était tellement grotesque que l’effet n’a pas manqué… Comme n’a pas manqué la poursui-te de la baisse de popularité de Macron, sa cote ayant chuté en cette fin septembre à 28 %, moins que celle de Hollande au bout de deux ans de mandat.

Mais aussi ridicule soit-elle, cette petite phrase de Macron, comme ensuite les mensonges du porte-parole du gouvernement pour tenter de la justifier, résument bien la philosophie de la nouvelle réforme des indemnités chômage voulue par le gouvernement, dont les négociations, entre gouvernement, patronat et syndicats s’ouvrent cette semaine.

« 300 000 emplois non pourvus en France » ?

Aux dires de Macron, le chômage serait une affaire de responsabilité individuelle… des chômeur(se)s eux-mêmes et elles-mêmes, qui ne seraient pas suffisamment « prêts à se lever le matin » pour travailler. Les vraies victimes ne seraient pas les chômeurEs mais les entre-prises souffrant de pénuries de main-d’œuvre, en particulier « dans l’hôtellerie, le café, la restauration, le bâtiment », etc.

Et le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, d’ajouter que selon Pôle emploi il y aurait « plus de 300 000 emplois non pourvus en France »

Principalement dans ces secteurs dits en tension. Outre que ce chiffre régulièrement cité par le Medef est clairement abusif – on s’approcherait plutôt, selon une enquête publiée par Pôle emploi en décembre 2017, des 19 000, soit 0,6 % des offres d’emploi – il ne permettrait pas, dans tous les cas, de régler la situation des plus de 6 millions de chômeurEs.

Et il est notable de constater que lesdits secteurs en tension sont parmi les moins attractifs 

Salaires très faibles, horaires décalés et, pour la majorité des postes proposés, emplois de courte ou très courte durée, n’aboutissant quasiment jamais à un à temps complet ou à un CDI. Raison pour laquelle on y trouve beaucoup de travailleurEs d’origine immigrée, qui se voient fermer les autres portes.

Mais pour Macron et Griveaux, il semble évident que les salariéEs ne peuvent pas refuser « d’accepter les contraintes du métier » et doivent être prêts à prendre n’importe quel type de boulot plutôt que de rester au chômage… À l’image du Royaume-Uni ou de l’Allemagne où le taux de chômage a certes diminué mais où la pauvreté, elle, a littéralement explosé.

Des économies sur le dos des chômeurEs

Pas question, bien sûr, de parler de la responsabilité du patronat ou de l’État patron, qui ne cessent de licencier, supprimer des postes, remplacer les emplois supprimés par des postes précaires, dans le privé comme dans tous les services publics.

Dans le projet de réforme de l’indemnisation du chômage qui se prépare, semble déjà passée à la trappe la seule petite mesure d’instauration d’un « bonus-malus » destiné à taxer les entre-prises qui abusent des emplois précaires et des contrats de courte durée. En revanche, le gouvernement voudrait revoir à la baisse le dispositif permettant précisément aux salariéEs de ces emplois courts (ils sont 1,7 million) de pouvoir, sous certaines conditions, cumuler une partie d’allocation chômage avec leur salaire de temps partiel ou d’emploi court intermittent.

Le but de la réforme est clair 

Réaliser entre 3 et 4 milliards d’économies pour les caisses chômage dans les trois ans qui viennent, dont 1,3 milliard en 2019. Sur le dos des chômeurEs. Au programme notamment : une dégressivité des allocations chômage destinée à pousser les chômeurEs à reprendre au plus vite n’importe quel emploi ; la modification des critères « d’offre raisonnable d’emploi », que le chômeurE n’a pas le droit de refuser sous peine de voir son allocation chômage supprimée, pour l’obliger à accepter un emploi largement sous-payé par rapport à celui qu’il a perdu, etc.

De quoi nous donner envie, pour défendre les emplois et l’indemnisation du chômage, non pas de traverser la rue, mais d’y descendre par centaines de milliers.

Étienne Bridel Mercredi 26 septembre 2018

https://npa2009.org/

Lire la suite

18 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

plan pauvreté (révolution permanente + npa)

just

Après le « pognon de dingue », trouver un emploi « en traversant la rue » ?

Macron prépare les esprits au néo-libéralisme anglo-saxon

« Je traverse la rue, je vous en trouve [du travail] » a lancé Macron à un jeune horticulteur dimanche 16 septembre. Si la scène a ouvert une polémique telle que la majorité présidentielle a dû le défendre en bloc, les propos du président de la République ne sont pas anodins et entrent dans une stratégie consciente pour préparer l’opinion publique à sa vision d’une évolu-tion du marché du travail qu’il compte mettre en application.

Comme au Royaume-Uni ou en Allemagne le gouvernement compte généraliser la surexploitation pour les plus précaires.

« La meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler », on se rappelle de cette déclaration choc avant même l’élection présidentielle en 2016. Depuis, les ordonnances XXL ont parachevé la loi El Khomri pour généraliser la facilitation des licenciements. Deux ans plus tard, courant juin, Macron diffusait une vidéo devenue virale sur son compte twitter, où il fusti-geait le « pognon de dingue » que « coûtent » les aides sociales. Comme une façon pour Jupiter de préparer les esprits au profond big-bang qu’il allait opérer à la rentrée contre le système d’aides aux plus précaires.

Présenté comme un plan de subvention de 8 milliards d’euros, le « plan pauvreté » est en réalité un cheval de Troie.

En effet, via la mise en œuvre du « revenu universel d’activité », Macron ouvre ainsi la voie vers une remise en cause de l’universalité de l’aide sociale. Ainsi, le remplaçant du RSA, dépendant actuellement des revenus, sera conditionné à l’acceptation de deux offres d’emploi « raisonnables ». C’est non seulement tout une logique qui vise à culpabiliser ceux qui perçoi-vent une aide, ou encore une stigmatisation, mais aussi une individualisation.

Cependant, au-delà des aspects idéologiques visant à la fragmentation du monde du travail, derrière cette conditionnalité des aides se cache l’ouverture d’un nouveau marché du travail au service du patronat. C’est le marché du « travail forcé », existant déjà au Royaume-Uni ou en Allemagne, un marché où quiconque souhaiterait continuer à percevoir une aide déjà à peine suffisante pour survivre est condamné à se faire surexploiter. Loin d’être une passerelle vers l’emploi, c’est bien en réalité le maintien dans la pauvreté, mais une pauvreté utile à l’augmentation des profits du patronat.

Après avoir attaqué les travailleurs dit « protégés » en CDI, le « président des riches » compte ouvrir un nouveau volet en visant cette fois-ci les plus précaires.

Comme l’exprime L’historien Christian Delporte au journal Le Monde : « Ces petites phrases sont à la fois stratégiques et sincères, elles accompagnent et préparent l’opinion sur le conte-nu des grandes réformes à venir ». Il continue « sa vision du marché du travail, proche de celle des Anglais : au Royaume-Uni, quand vous avez refusé deux propositions d’emploi par exemple, vous ne touchez plus d’allocations. »

S’il est clair que Macron tente d’ouvrir une nouvelle séquence où il affirme se préoccuper désormais des « derniers de cordée » ou explique qu’il s’agit désormais d’« arrêtez d’emmer-der les retraités », cela exprime, en définitive, la nécessité pour Macron, dont l’impopularité est record, de reconquérir une base sociale plus large sur la gauche notamment, censée illustrer le « progressisme » de Macron.

Si la méthode est plus insidieuse, le fond des attaques reste identique.

Il suffit, en cela, de voir que malgré les efforts de « pédagogie », le plan pauvreté est loin d’avoir convaincu. Alors que Macron montre, jour après jour, qu’il n’est plus Jupiter, ce dont il s’agirait, ce serait de commencer à utiliser les brèches ouvertes par la macronie pour passer à la contre-offensive. Une contre-offensive qui ne peut pas passer par la négociation de la régression sociale mais par la préparation d’un plan de lutte sérieux à même de créer le rapport de force, par nos méthodes de luttes, celle du mouvement ouvrier, les grèves et les manifestations de rue.

Lire la suite

18 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

macron (huffington post)

apl macron

Jonathan Jahan, l’horticulteur au chômage, répond à Macron: « Il est dans le monde des Bisounours »

« C’est comme si j’avais pris une claque », raconte le jeune homme.

Le jeune l’horticulteur au chômage à qui Emmanuel Macron avait lancé qu’il suffisait de « traverser la rue » pour trouver un travail dans la restauration l’a « un peu en travers de la gorge ». Interrogé par Europe 1 et BFMTV ce mardi 18 septembre, Jonathan Jahan n’a pas vraiment apprécié la réaction du président de la République quand il lui expliquait qu’il avait « beau envoyer des CV et des lettres de motivation, ça ne fait rien ».

« C’est comme si j’avais pris une claque », raconte-t-il, « déçu » du comportement du chef de l’Etat. « Il est complètement à côté de la plaque, il est encore dans le monde des Bisounours. Il est président, mais il ne s’occupe pas des personnes qui sont au chômage », selon lui. Sur Europe 1, le jeune de 25 ans a estimé que « ce que (Macron) a dit n’est pas normal, je l’ai un peu en travers de la gorge. J’avais envie de lui dire: dans ce cas-là, venez avec moi en chercher! ».

« Il n’y a pas de problème, s’il y a du boulot, qu’il m’accompagne jusqu’à Montparnasse! Je vais faire l’essai dans la semaine, on verra par la suite », explique Jonathan Jahan. « J’ai déjà travaillé dans la restauration, j’ai déjà fait de la plonge. Aujourd’hui, j’envoie des CV et je reçois des lettres et des lettres de refus. Je me lève le matin et je me dis: ‘pourquoi je me lève à 6 heures pour aller chercher du travail alors que je sais la réponse’. Malgré tout je le fais quand même », conclut-il.

https://www.huffingtonpost.fr/

macron-illettrés-gad

Lire aussi:

Des rues, j’en ai traversées M. Macron avant de retrouver un emploi, alors vos leçons de vie, non merci! (Le Huffington Post)

Macron prépare les esprits au néo-libéralisme anglo-saxon (Révolution Permanente)

« Plus personne ne veut de CDI aujourd’hui » selon Franck Provost, PDG des salons de coiffure (RP)

« Marre de traverser la rue, on va finir par la prendre ». La réponse d’un chômeur à Macron (RP)

Dans la restauration, le «tu marches ou tu te casses» ne séduit plus (Libération)

Lire la suite

23 août 2018 ~ 0 Commentaire

santé usa (lutte ouvrière)

wash post

États-Unis : Espérance de vie en recul

Baisse de l’espérance de vie, réapparition du scorbut : deux nouvelles qui en disent long sur la dégradation de la santé publique aux États-Unis.

Après avoir stagné en 2012, l’espérance de vie recule aux États-Unis depuis 2015. Et deux études récentes montrent que, plus bas est le niveau de vie, plus fort est l’accroissement de la mortalité entre 25 et 64 ans. Cela se voit chez les ouvriers blancs au chômage des États désin-dustrialisés, comme chez les Noirs pauvres ou les Amérindiens, milieu le plus touché.

Même lien entre le degré d’exclusion et de pauvreté dans la réapparition du scorbut, pas seulement aux États-Unis d’ailleurs, puisqu’on la constate aussi en France, au Canada et en Australie. Le scorbut est dû à une carence grave en vitamine C. Potentiellement mortel, il se soigne vite et bien par une simple consommation de fruits et légumes.

« De nombreuses personnes qui ont des difficultés à se nourrir ont tendance à choisir des aliments riches en matières grasses, en calories et très nourrissants, explique un médecin américain. Si vous avez un budget alimentaire limité, ce sont les repas qui vous combleront et vous satisferont davantage que la consommation de fruits et de légumes. » Le scorbut était la maladie des marins au long cours jusqu’au début du 19è siècle. Voilà où nous ramène le capitalisme en crise.

Pierre LEMAIRE 22 Août 2018
.
.
esperance de v
.

Lire la suite

27 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

cdi (npa)

staj

La mort programmée du CDI

Entre Marseillaise et tabassages par de vrais et/ou de faux policiers, le gouvernement continue ses basses œuvres de détricotage du droit de travailAlors que les embauches en CDD, les licenciements en CDI, les ruptures conventionnelles se multiplient, le patronat exige toujours plus de précarisation du travail.

Embauche à la tâche

À la suite de nouveaux accords de branche signés le 29 juin dernier, entre l’Union des indus-tries et métiers de la métallurgie (UIMM) et la CFDT, la CFE-CGC et FO, les salariéEs de la métallurgie pourront être embauchéEs grâce à un « contrat de chantier », un contrat en CDI qui se termine une fois un chantier achevé.

Cette possibilité d’accord de branche ressort des ordonnances « Macron » sur le Code du travail.

Cela ouvre la possibilité d’un développement de ce type de contrat dans la plus importante branche professionnelle, avec 1,4 million de salariéEs. Ce CDI à durée limitée était jusqu’à présent surtout utilisé dans le secteur de la construction. Dans la même veine existe aussi le CDI de mission réservé aux cadres et aux ingénieurEs dans le secteur privé.

L’accord a été conclu pour une expérimentation de trois ans et limite le nombre de contrats à 10 % des effectifs dans les entreprises de 50 à 1 000 salariéEs, 5 % dans celles de plus de 1 000 salariéEs, et sa durée minimale ne peut être inférieure à six mois. En cas de licenciement, une indemnisation spéciale sera versée, dont la somme dépendra de la durée du contrat : 8 % de la rémunération brute la première année, 6 % au titre de la deuxième année et 4 % au-delà. Soit un taux bien inférieur aux 10 % du salaire total brut de prime de précarité pour un contrat intérimaire…

Dans la métallurgie, la précarité est déjà omniprésente.

Selon les organisations syndicales, 100 000 intérimaires seraient en poste sur l’ensemble de la branche. Dans le seul secteur de l’automobile, on trouve plus de 10 000 emplois précaires chez PSA, avec un taux d’intérim de 45 %. Sur le site de Renault Flins, le taux d’intérim atteint 84 % sur les chaînes de montage. 2 000 intérimaires sont présentEs contre 1 000 embauches en CDI chez les ouvrierEs. Dans les usines de mécanique de Renault, le taux d’intérim va jusqu’à 60 %.

Le CDI intérimaire juridiquement sécurisé

Le CDI intérimaire est né sous Hollande, d’un accord de branche de juillet 2013, étendu par un arrêté du ministère du Travail de mars 2014. Pour échapper à la taxation des contrats courts, les professionnels de l’intérim s’étaient engagés à créer ce contrat, présenté comme un outil de « flexisécurité ». Il permet de fixer des missions d’intérim dans le cadre d’un contrat à durée indéterminée, signé avec l’agence de rattachement.

L’usage du CDII s’est développé après sa reconnaissance par la loi Rebsamen d’août 2015 et, à ce jour, 36 000 contrats ont été signés dont 25 000 en cours. Mais cette reconnaissance par-tielle n’était qu’expérimentale, jusqu’au 31 décembre 2018. Un amendement au projet de loi «Avenir professionnel » a fait sauter cette limite, inscrivant le CDI intérimaire dans le Code du travail.

Opposé à toute forme de taxation des CDD, le patronat obtient ainsi les outils du développe-ment de la précarité en s’engageant sur des pistes qui pourraient mener à la naissance d’un contrat hybride, mélangeant les règles du CDI et du CDD, le contrat unique, une idée jugée intéressante par… Manuel Valls.

Robert Pelletier Mercredi 25 juillet

https://npa2009.org/

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin