Archive | Chômage & précarité

14 avril 2020 ~ 0 Commentaire

licenciements (révolution permanente)

robot-

Daher supprime 3 000 emplois

« Voilà la finalité d’avoir continué à bosser la boule au ventre » !

Après avoir forcé les ouvriers à continuer de travailler depuis le début de la crise du Covid, la direction de Daher, sous-traitant aéronautique vient d’annoncer la suppression de 3 000 postes, soit l’ensemble des intérimaires ainsi que 1300 CDI ! 

Les patrons de l’entreprise Daher, spécialisée entre autres dans la sous-traitance aéronautique, sont déterminés à faire payer la crise aux salariés. Depuis le début de la crise sanitaire, la direction a su profiter d’un rapport de force en sa faveur pour exploiter au maximum afin de maintenir ses profits.

Alors que la gestion de crise criminelle de la part du gouvernement impose un confinement à la population, les usines du groupe Daher sont quasiment les seules dans l’aéronautique à n’avoir pas même fermé une journée, pour produire des pièces d’avions qui n’ont aucune utilité dans la période.

Tout cela dans des conditions de travail déplorables et d’autant plus dangereuses en pleine épidémie que la promiscuité importante des travailleurs dans l’usine favorise les risques de propagation du virus.

Pour les patrons, ce ne sont pas nos vies mais bien les profits qui constituent l’enjeu de la crise sanitaire et économique. La famille Daher et leurs exécutants n’échappent pas à cette loi fondamentale du capitalisme. Pire encore, les salariés apprennent ce vendredi que 3 000 emplois vont être supprimés pour « assurer les charges de production de l’année 2020 ».

Tout d’abord, il est tout à fait frappant de constater le niveau d’adaptation au discours patronal par la CFDT Daher, qui se fait directement le relai de la politique d’austérité de la direction au lieu de défendre les intérêts des travailleurs qui l’ont élue.

Dans une telle situation, la tâche la plus élémentaire de n’importe quelle organisation syndicale devrait être de se battre pour fermer la production non-essentielle afin de mettre d’urgence les salariés à l’abri du virus, comme on a pu le voir avec les nombreuses batailles menées pour faire valoir le droit de retrait des salariés ou encore poser des droits d’alerte .

Pendant ce temps-là, la CFDT Daher n’a rien de mieux à faire que de « négocier » – ou plutôt relayer – la suppression de 3 000 emplois ! Il s’agit là d’un exemple remarquable de la manière dont les patrons peuvent s’appuyer sur des directions syndicales bureaucratisées dont ils ont favorisé l’élection pour freiner toute forme d’organisation combative des salariés et, le moment venu, écraser ces derniers avec le plus grand mépris.

Ces licenciements sont tout simplement criminels. En effet, pour maintenir ses profits en vue de la dépression économique qui s’annonce, la direction de Daher jette 3 000 salariés dont 2 000 intérimaires dans une précarité profonde, qui deviendra misère à cause de la crise.

Cela va sans dire qu’elle ne s’arrêtera pas là et pourra d’autant plus exploiter les salariés restants sur qui elle fera planer la menace de nouveaux licenciements à mesure que la crise s’approfondira. Les licenciements sont de tous temps antisociaux et destructeurs, mais dans une période aussi dangereuse que celle que nous entamons, ils sont directement criminels et devraient être immédiatement interdits.

Lutter ensemble pour l’interdiction des licenciements sera décisif !

Une grande partie du patronat aéronautique met aujourd’hui en avant le risque de faillite pour justifier toutes les attaques contre les ouvriers. Daher n’échappe pas à la règle. La faillite serait proche, annonce la direction.

Les capitalistes sont toujours prêts à publier quelques chiffres quand il s’agit de justifier de ne pas augmenter les salaires, de faire travailler plus ou de licencier par milliers. Que la direction publie tous les comptes ! Quel usage a été fait des centaines de millions d’euros engrangés toutes ces années ?

Nous verrions alors si ce sont les  2 000 salariés et 1 300 intérimaires qui sont en trop ! Les ouvriers qui vont être jetés comme des malpropres après avoir pris le risque de s’exposer au virus depuis le début de la crise et après avoir rempli les poches de la famille Daher ont le droit de savoir. Et si la faillite était en effet si proche, comme la CFDT s’empresse de vouloir le démontrer, ce n’est pas aux salariés de payer le prix de la concurrence que se mènent les capitalistes.

Dans le secteur aéronautique, où 70% des travailleurs sont dans la sous-traitance dans l’ex-région Midi-Pyrénées, nous ne voulons pas seulement voir les comptes et les chiffres de chaque patron individuel, mais bien de tout le patronat de l’aéronautique, qui cherche à nous faire payer la crise après s’être engraissé pendant des années.(Résumé voir lien)

Gabriella Manouchki lundi 13 avril

https://www.revolutionpermanente.fr/

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20 mars 2020 ~ 0 Commentaire

chantiers (à l’encontre)

Ben Hur, Photo 4
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La ministre du travail s’oppose à l’arrêt des chantiers

Muriel Pénicaud, ministre du Travail, a sorti l’artillerie lourde. «Quand un syndicat patronal dit aux entreprises “arrêtez d’aller bosser, arrêtez de faire vos chantiers”, ça c’est du défaitisme», a lancé la ministre du travail ce jeudi matin sur LCI, à la suite du communiqué publié la veille par les trois fédérations patronales du bâtiment appelant leurs adhérents à un arrêt temporaire des chantiers, afin de trouver des solutions pour protéger les ouvriers contre le coronavirus.

Les propos de la ministre ont été jugés «scandaleux» par Patrick Liébus, président de la Capeb [Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment], l’une des trois fédérations. «Cela témoigne d’un mépris profond, et je pèse mes mots, pour ces artisans et ces salariés qui travaillent dans le bâtiment et n’ont jamais rien demandé», a-t-il déclaré.

En réalité, ce bras de fer entre Muriel Pénicaud et le secteur du BTP n’est que la partie émergée de la politique du gouvernement, qui souhaite maintenir au maximum l’activité économique malgré la crise du coronavirus. À tel point que la ministre a demandé mercredi à ses services en région de «challenger» les entreprises qui souhaitent fermer leurs portes sous la pression de salarié·e·s inquiets pour leur santé, selon des documents obtenus par Mediapart.

Selon nos informations, Muriel Pénicaud a donné ces consignes en personne, mercredi 18 mars, lors d’une conférence téléphonique avec les directeurs régionaux de Pôle emploi et les patrons des Direccte (Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi), les administrations régionales qui rassemblent les services de Bercy (Finances) et du ministère du Travail.

Cette réunion à distance était consacrée au projet de loi examiné le jour même en conseil des ministres, afin d’appliquer au mieux les nouvelles dispositions destinées aux entreprises pour affronter la crise du coronavirus. Mais selon un document que Mediapart s’est procuré, la ministre [Pénicaud] a aussi donné, lors de cette conférence, des instructions très strictes à ses agents pour faire respecter la «continuité économique» chère au gouvernement.

Muriel Pénicaud a d’abord souligné qu’il était important que les entreprises qui ne sont pas concernées par la fermeture obligatoire continuent à fonctionner, car elles seraient «imbriquées» avec les activités prioritaires. La ministre a estimé qu’il n’y aurait pas d’activités économique-ment «indispensables» par rapport à d’autres, même si certains secteurs sont prioritaires, comme l’agriculture, l’énergie et la logistique.

Pour les entreprises qui ne sont pas soumises à la fermeture obligatoire, la règle doit être d’engager un «dialogue» avec les syndicats afin de trouver des solutions pour maintenir l’activité en protégeant les salariés du coronavirus.

Muriel Pénicaud a demandé aux services de Bercy et du ministère du Travail de «repérer» et de «signaler» les entreprises qui veulent fermer sous la pression de salariés sans en avoir aupara-vant examiné les risques. Les agents de l’État sont priés de «challenger» ces entreprises afin qu’elles étudient avec les représentants du personnel des mesures de protection sanitaire permettant de poursuivre l’activité.

Interrogé par Mediapart, le cabinet de Muriel Pénicaud a confirmé l’existence de cette conférence téléphonique, mais a démenti que la ministre ait demandé aux Direcctes de «challenger» les entreprises qui souhaitent cesser leur activité pour cause de coronavirus.

Les consignes données par Muriel Pénicaud commencent déjà à être appliquées sur le terrain par les services de Bercy et du ministère du travail. Selon nos informations, un message a été adressé en régions par les services du ministère à plusieurs entreprises qui envisagent de cesser leur activité pour cause de coronavirus .

«Trop d’entreprises ferment parce qu’elles croient être obligées de le faire, indique ce message. Le gouvernement cherche autant que possible à préserver l’activité, à la fois pour ne pas obérer plus que nécessaire les perspectives économiques, mais aussi et surtout parce que beaucoup d’activités sont indispensables de manière plus ou moins directe pour continuer à vivre.»

Pour toutes les entreprises dont le gouvernement n’a pas décrété la fermeture, dont les indus-tries et le BTP, «la règle est de continuer, avec le respect de mesures barrières qui demandent certaines adaptations: télétravail dès que c’est possible, respect des distances, pas de réunions trop nombreuses». Les entreprises peuvent fermer lorsque la direction «ne pense pas pouvoir assurer la sécurité sanitaire», mais «l’arrêt est l’exception, pas la règle», insiste le message.

Le principal point de conflit est le secteur du BTP, le seul à avoir demandé collectivement un arrêt «temporaire» mais total de l’activité. Comme l’a révélé ce jeudi soir [19 mars] le quotidien économique Les Échos, «la tension est considérablement montée depuis et le gouvernement brandirait maintenant la menace que le BTP ne soit pas éligible au chômage partiel, s’alarme la FFB».

Mediapart a pu avoir confirmation de cette menace. Selon un document que nous avons obtenu, le ministère du travail aurait donné des consignes orales aux Direccte, pour leur demander de ne pas instruire pendant 48 heures les demandes de chômage partiel émanant d’entreprises du BTP.

Interrogé par Mediapart, le cabinet de Muriel Pénicaud nous a répondu qu’il n’y a pas «eu d’écrit demandant de façon générale l’arrêt du chômage partiel pour le bâtiment». Relancé sur l’existence de consignes orales, l’entourage de la ministre n’a pas démenti, nous répétant qu’il n’y avait pas eu de consignes écrites.

Article publié sur le site Mediapart en date du 19 mars 2020

Alencontre  20  mars 2020 Yann Philippin

https://alencontre.org/

Lire aussi:

Les riches à la maison, les pauvres envoyés au front ? Le sentiment d’injustice monte chez les non-confinés (LCI)

La Fédération régionale du bâtiment de Bretagne appelle à cesser le travail quoiqu’en dise la ministre (FR3)

 

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10 février 2020 ~ 0 Commentaire

démocratie (à l’encontre)

banquedemain

«L’économie financière empêche les gens de décider»

Le capitalisme est-il incompatible avec la démocratie?

Un économiste très traditionnel comme Dani Rodrik [professeur à Harvard et auteur de l’ouvrage: "La mondialisation sur la sellette: plaidoyer pour une économie saine", Ed. De Boeck, 2018, 336 p.] affirme: « Ou vous avez la mondialisation ou vous avez la démocratie ».

Je précise: «Dans une mondialisation débridée, la souveraineté ou la démocratie seront limitées.» Cela implique un risque et nous le voyons dans la décomposition des systèmes politiques de référence dans certains pays très importants: les Etats-Unis avec Donald Trump, la Turquie avec Erdogan ou le Brésil avec Jair Bolsonaro.

L’un des effets de cette crise de la démocratie est la montée de l’extrême droite. Mais, en outre, la destruction de la capacité économique des Etats mine la démocratie. L’économie financière détruit la possibilité pour les gens de décider de leur avenir.

Il existe l’impression que la démocratie ne génère pas de politiques qui conduisent le capitalisme dans la bonne direction: il y a un certain sentiment d’impuissance de la part du pouvoir politique.

Le capitalisme actuel est agressif et caractérisé par une forte concentration des revenus financiers. Les grands groupes financiers ont encore plus de pouvoir que les Etats et cela les rend plus invulnérables à la pression de la démocratie ou à la pression des besoins du peuple. Le capitalisme contrôlé est un rêve du siècle dernier, mais nous devons essayer de récupérer la capacité du peuple à intervenir dans l’économie, à faire de la politique une «chose du peuple».

Mais le néolibéralisme a fini par s’imposer dans tous les domaines, même dans les chaires universitaires.

La crise des années 1930 nous a laissés avec l’essor du keynésianisme, et la réponse au 21è siècle a consisté à radicaliser le néolibéralisme. Cela provoque certains paradoxes historiques, comme le fait que l’extrême droite actuelle adopte des politiques ultralibérales sans rougir alors qu’il y a 80 ans, elle était protectionniste et étatiste. C’est une preuve de l’arrogance et de la force du néolibéralisme aujourd’hui.

Lors du dernier forum de Davos, il y a eu un débat sur le changement climatique et les inégalités, et même le FMI parle d’augmenter les dépenses sociales et de laisser l’austérité derrière lui face à tant de protestations mondiales. Avez-vous constaté un changement de discours à ce sujet?

Ce sont des discours contradictoires. Au FMI, depuis de nombreuses années, il y a deux discours différents: l’un, plus technique, qui s’inquiète de l’impact social des politiques d’austérité, mais il y a aussi le discours officiel, celui des dirigeants soutenus par les gouvernements, qui est plus agressif aujourd’hui que par le passé. Et cela s’est vu avec la crise de la dette souveraine en Europe et les mesures imposées à la Grèce et au Portugal et, dans une moindre mesure, à l’Espagne et à d’autres pays.

Mais oui, il est vrai qu’il y a une certaine vulnérabilité qui s’exprime dans le discours officiel. Cela est également vrai à Davos (WEF) avec le discours sur le changement climatique et sur la manière de réduire l’impact des politiques sociales destructrices.

Toutefois, si l’on examine le consensus atteint, il faut dire que la réponse est nulle. Et si l’on se réfère aux politiques sociales, la même chose se produit: l’Union européenne a décidé de réduire encore plus le budget consacré à ces politiques. En fait, les autorités européennes ont eu une réaction très négative à l’augmentation du salaire minimum en Espagne et au Portugal [1]. Cette réaction négative est l’héritage des politiques d’austérité, qui ont été imposées comme un dogme inattaquable.

Peut-on offrir une riposte à ce dogme d’austérité?

Oui, bien sûr. Un gouvernement peut résister. L’UE peut faire tous les rapports qu’elle veut sur le fait que le salaire minimum ne crée pas d’emplois, mais la réalité est que l’augmentation du salaire minimum crée des emplois, suscite une hausse de la demande interne, crée des investissements et permet d’augmenter les dépenses sociales. Les gouvernements peuvent, bien sûr, le faire.

L’accroissement des inégalités et de la précarité sont-elles une conséquence de la mondialisation sauvage dans laquelle nous vivons?

Oui, bien sûr. En réduisant les salaires, la précarité crée une forme de discipline sociale, empêche les gens d’avoir une espérance [un horizon à-venir] et donc une capacité de représentation collective et sociale qui, comme dans la deuxième moitié du siècle dernier, peut faire baisser le taux de profit des entreprises et ainsi récupérer un certain pouvoir réel pour les travailleurs et travailleuses. La précarité divise et détruit.

Entretien avec Francisco Louça conduit par Jorge O. Maldonado 10  février 2020

Entretien, publié le 4 février 2020, sur le site de Publico.es en date du 4 février 2020; traduction rédaction A l’Encontre

Francisco Louça est surtout connu pour avoir été l’un des fondateurs et avoir dirigé pendant sept ans, de 2005 à 2012, le Bloco de Esquerda (Bloc de gauche) au Portugal. Il est également l’une des voix les plus critiques à l’égard des politiques d’austérité imposées par l’Union européenne au Portugal.

https://alencontre.org/

[1] L’augmentation du salaire minimum au Portugal a été de 5,8% – soit 35 euros – dès le 1er janvier 2020 pour l’établir à 635 euros par mois, cela concerne quelque 750’000 salarié·e·s; celle du salaire minimum adoptée dans l’Etat espagnol a été de 5,5% pour atteindre 950 euros par mois (avec effet rétroactif) en janvier 2020.

 

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02 février 2020 ~ 0 Commentaire

michelin (huffington post)

coup de pied

Licenciés, ces salariés devaient rembourser leurs pneus, Michelin renonce

La CGT dénonçait une « mesquinerie » alors que ces pneus ont été achetés à un tarif préférentiel. Finalement, l’entreprise a renoncé à réclamer quoi que ce soit.

“Ces gens-là ne vivent pas dans le même monde que nous.” Du côté de l’usine Michelin de La Roche-sur-Yon, la colère était vive ce samedi. Interrogés par France Bleu Vendée, les salariés licenciés de l’entreprise n’en revenaient toujours pas: ils allaient devoir rembourser à  Michelin les pneus de leur voiture personnelle acquis à des prix préférentiels.

Chaque année, tous les salariés du groupe peuvent effectivement acquérir un jeu de quatre pneus de la marque pour équiper leur véhicule personnel. Et ce pour un prix équivalent à 25% de celui payé par le public.

Face à l’émoi suscité par cette affaire, la direction a finalement révisé son jugement. “Le groupe a examiné la question ce samedi et les salariés pourront garder leurs pneus”, a fait savoir la communication de Michelin à Ouest-France.

“C’est très petit”

La fin d’une polémique dont le spécialiste des pneus se serait bien passé. Dans le cadre de la négociation autour de la fermeture de l’usine vendéenne, annoncée le 10 octobre 2019, Michelin avaient annoncé aux syndicats que les salariés devraient rendre les pneus. Ou les rembourser. Et ce à un tarif variable selon l’usure, explique le site de la radio locale.

“Nous faire travailler dans le groupe Michelin et nous faire payer des pneus lorsqu’on est licenciés, c’est très petit”, s’agaçait Anthony Guilloteau, délégué syndical CGT, toujours auprès de France Bleu.

Touchée par les difficultés du marché et la concurrence des pneus asiatiques à bas coûts, la marque au Bibendum a également annoncé la fermeture d’ici à 2021 de son usine de Bamberg en Allemagne, qui emploie 858 salariés.

Michelin emploie plus de 125.000 personnes et exploite 67 usines de pneumatiques qui ensemble ont produit environ 190 millions de pneus en 2018, d’après Michelin.

2 février 2020 SOURCE : Huffington Post

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02 février 2020 ~ 0 Commentaire

irlande (irish times)

larkin
Jim Larkin, James Connoly et Winifred Carney fondateurs du syndicalisme
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Elections en Irlande
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Des élections bilan du « miracle » du « tigre celtique »: un retour au 19è siècle. Elections « bonnet blanc et blanc bonnet », tant « Fianna Fail » et « Fine Gael », de droite les 2 sont interchangeables. Sinn Fein, « républicain » (nationaliste de gauche) ferait une percée à (24%) mais pour s’allier au FF? A gauche il y a aussi les Verts (7%) et le Labour (5%). Nos camarades de « People Before Profit » sont crédités de 1%….
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irlande (irish times) dans Chômage & précarité image
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Sinéad Gleeson: Démanteler « Direct Provision »
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Les partis politiques peuvent se blâmer mutuellement autant qu’ils le veulent et citer des problèmes d’héritage tout le temps, l’état actuel de ce pays est dû à Fianna Fáil et Fine Gael. L’ampleur des sans-abris n’est pas une urgence pour nos politiciens ce qui démontre un énorme manque d’empathie et de crédibilité.
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Le logement, et en particulier le logement social, doit être traité immédiatement. Direct Provision est un système honteux, dépourvu d’humanité et profondément dysfonctionnel. Tout futur gouvernement doit le démanteler.
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En tant que pays qui aime vanter à l’étranger de nos artistes, écrivains, cinéastes et acteurs, finançons les arts à partir de la base, et en particulier ceux qui sont marginalisés pour ceux qui n’y ont pas accès. Avec tant de personnes dans les domaines créatifs qui luttent pour payer leur loyer, subsister – beaucoup abandonnent, ce qui signifie que nous ne pouvons pas entendre des voix diverses.
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Sinéad Gleeson est l’auteur de Constellations, lauréat du livre irlandais de non-fiction en 2019
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 image dans Europe
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Michelle Gallen: Je veux un parti révolutionnaire
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Je sais à quel point il est difficile de penser ou de se soucier de quoi que ce soit d’autre si vous ne vous sentez pas en sécurité et au chaud dans un logement abordable, si consulter un médecin prend des semaines et que les listes d’attente à l’hôpital durent des années, pas des mois. Je comprends pourquoi le coût et la disponibilité du logement et l’accès rapide aux soins de santé dominent les élections.
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Cela m’effraie que le Brexit – qui aura un effet immédiat et à long terme sur l’île d’Irlande – ait saturé notre ordre du jour. Mon esprit est brûlé de savoir qu’une région de la taille de l’Angleterre a été brûlée en Australie.
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Et Pourtant, je me retrouve à passer du temps à comprendre la différence entre Fianna Fáil et Fine Gael – des «opposés» décrits par le Dr Mary McAuliffe (féministe blog) comme « Tweedledum » et « Tweedledee ». Dans le Nord, j’aspire à une politique modérée «normale», des candidats qui ne donnent pas le sentiment qu’il y a quelqu’un derrière eux avec une arme à feu.
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C’est ironique que mes premières élections générales irlandaises surviennent à un moment de crise nationale et mondiale – d’urgence climatique et d’extrémisme international – et je veux un parti révolutionnaire qui accorde la priorité au logement, aux soins de santé et au changement climatique, qui apportera un changement social et un développement durable, un avenir pour les générations à venir.
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Le premier roman de Michelle Gallen, Big Girl, Small Town, est publié le mois prochain par John Murray.
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image dans Féminisme

Naoise Dolan: l’Irlande peut voter contre la barbarie

Leo Varadkar a récemment fait des séances de photos avec un lévrier et dans un magasin de viande,  « pour réfuter les rumeurs selon lesquelles il serait végan ». Ce n’est pas drôle; c’est vulgaire. Il y a plus de sans-abri en Irlande maintenant que pendant la Grande famine.

Fianna Fáil a encouragé la sauvagerie du Fine Gael. Ils ont continué directement bon nombre des politiques les plus cruelles du Fine Gael et ils ont voté avec le gouvernement pour enrichir la classe dirigeante aux dépens du pays.

Je voudrais qu’un nouveau gouvernement déclare une urgence climatique et travaille de toute urgence vers des émissions de carbone à zéro d’ici 2030.

Je veux aussi qu’ils obligent les entreprises à payer leurs impôts; abolir les « Direct Provision » et les remplacer par un accueil irlandais décent à tous ceux qui le demandent; instaurer un contrôle des loyers et des logements sociaux corrects; des soins de santé et des transports gratuits; et soutenir les gens ordinaires face aux propriétaires, aux sociétés et divers « gombeens » qui pillent actuellement le pays.

Nous sommes confrontés à un choix entre un système qui mène l’humanité à l’extinction massive, ou des idées socialistes qui pourraient simplement nous sauver. L’Irlande peut voter contre la barbarie et pour une société plus juste. Je prie pour que nous le fassions.

Le premier roman de Naoise Dolan, Exciting Times, sera publié en avril par W&N

https://www.irishtimes.com/

Lire aussi;

Direct Provision (Wikipédia) Système « d’accueil » des migrants

Gombeen man (Wikipédia) Prêteur de fonds qui accorde des prêts  à des taux exorbitants

Can Sinn Féin’s young voters finally pull Ireland to the left? (The Guardian)

This Month’s Elections in Ireland Are a Historic Opportunity (Jacobins)

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30 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

retraites euskadi (pùblico)

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Affiche de solidarité avec la grève

Pourquoi la marée des retraites est-elle si forte au Pays Basque et pas dans le reste du pays?

Le mouvement pour des retraites décentes fait grève jeudi en Euskadi et en Navarre à l’appel de plusieurs syndicats. Ses membres indiquent que «la transversalité» et le passé de mobilisations ouvrières sont les facteurs qui ont contribué au succès des mobilisations.

Ce qui a commencé comme un slogan est devenu, par la force dans la rue, un concept clair, défini et retentissant. « Gouverner qui gouverne, les retraites se défendent », crient-ils depuis deux ans dans les concentrations et les manifestations de la marée basque des retraités. Ce jeudi, ils le revendiqueront à nouveau par le biais d’une grève générale qui mettra la pression avec la force d’un mouvement devenu une référence au niveau de l’Etat.

« Ce n’est pas naturel (aux basques blog). Nous ne sommes pas non plus sortis de nulle part », déclare  Xabier Isasa, l’un des militants de ce mouvement, juste avant d’entrer en conférence de presse à Bilbao. Lui et ses compagnons et partenaires ont eu un début d’année effréné: janvier a été le mois de la préparation du jour de grève pour les retraites, un travail et une vie décente qui aura lieu jeudi 30.

Au 15 janvier, deux ans de mobilisations

Ni effet de nature, ni émergence de nulle part: différents facteurs contribuent à expliquer pourquoi ce mouvement de retraités a eu un succès supérieur en Euskadi où ils ont achevé le 15 janvier deux ans de mobilisations. Depuis, lundi après lundi, ils se concentrent dans un grand nombre de communes.

« Au niveau des médias, le plus connu est Bilbao, mais seulement en Biscaye, il y a environ 50 villes et villages qui participent actuellement »,  déclare Isasa, qui fait appel, tout d’abord, à un facteur que l’on peut trouver dans les archives des journaux:  » Ne pas oublier la tradition de combat de ce peuple dans différents domaines, notamment dans le secteur industriel.  »

Imanol Zubero, sociologue et professeur à l’Université du Pays Basque (UPV), va dans le même sens. « Beaucoup de retraités d’aujourd’hui sont des gens qui ont un passé dans l’industrie, ainsi qu’un passé de militantisme syndical et un apprentissage très solide du combat ».

En fait, de nombreux participants du groupe des retraités sont issus des mouvements de lutte ouvrière qui ont été générés dans les années 70 et 80 en Euskadi, principalement dans la zone industrielle de Biscaye. En fait, certains de leurs visages les plus connus viennent du monde syndical.

« Nous parlons de générations qui ont combattu pendant la fin du régime de Franco et la « transition » de ’78, avec un grand bagage organisationnel et une culture politique et syndicale dont nous avons besoin pour la transmettre aux jeunes travailleurs. Cet élan a facilité une organisation rapide du mouvement », Endika Alabort, économiste et membre du syndicat CNT,  l’une des organisations qui appelle à participer à la grève ce jeudi.

Mikel Noval, représentant d’ELA – le syndicat majoritaire en Euskadi, qui fait également partie des organisateurs de cette journée – souligne que sur ce territoire « il y a une plus grande dynamique de mobilisation et de réponse aux politiques néolibérales et de concertation socia-le ». « Ici, il existe un mouvement social et syndical différent de celui de l’Etat espagnol », dit-il.

Alabort parle précisément d’une « culture organisationnelle très forte », tandis que Zubero souligne que c’est « un atout qui ne leur a pas coûté pour redémarrer, car ils ont simplement changé d’objectifs: ce qui était auparavant des revendications d’amélioration salariale ou de maintien d’emplois, ils les ont tranférées dans le domaine des pensions.  »

« Diversité et pluralité »

Il y a aussi un autre facteur qui se marie parfaitement avec «gouverner qui gouverne, les pensions sont défendues» qui sera entendu lors de la grève de ce jeudi. « Nous avons été en mesure de préserver la diversité et la pluralité, en gardant les partis et les syndicats en dehors de l’organisation, ainsi que les associations proches d’eux », a déclaré Jesús García, membre de la plateforme de retraite de Portugalete.

Ce militant affirme qu’ « au sein du mouvement des retraités, il n’y a pas de sigles ». « Notre base, ce sont les assemblées et les concentrations. Des coordinateurs volontaires sont formés, qui font participer les villages, qu se coordonnent au niveau provincial et régional. Si nous parvenons à maintenir cela, nous irons de l’avant », dit-il.

« Notre base: assemblées et concentrations »

Pour sa part, Zubero estime que les membres des plateformes « ont longtemps pu maintenir une transversalité presque inconnue au Pays basque et dans tout mouvement social ». «Par la constitution idéologique et politique propre de la société basque – souligne ce sociologue -, tous les mouvements sociaux qui ont existé depuis les années 80 touchent toujours à un moment ou à un autre à la fracture identitaire nationale, qui a toujours fini par diviser. Jusqu’à présent ils se sont gardés à l’abri de cette fracture.  »

Critiques de la mobilisation des retraités

C’est précisément là que réside l’un des grands défis du mouvement après la grève de ce jeudi. Dans les semaines précédant cet appel, des voix de retraités se sont opposées à la grève. Il y avait même des militants connus de cette marée qui ont publié des articles d’opinion qui étaient extrêmement critiques à l’égard de l’appel. D’autre part, CCOO, UGT et CGT ont choisi de s’en éloigner, arguant qu’il s’agit d’une mobilisation avec des courants nationalistes.

Ces critiques ont été catégoriquement rejetées par les syndicats organisateurs – des nationalistes ELA et LAB à l’anarcho-syndicaliste CNT – et par le mouvement des retraités lui-même, qui continue de revendiquer sa pluralité et son autonomie. Tout cela sera testé dans les prochaines semaines.

bilbao 29/01/2020 danilo albin

https://www.publico.es/

Lire aussi:

Decenas de miles de personas se manifiestan en Euskadi y Navarra por las pensiones, un trabajo y una vida dignas

 

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10 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

geneviève legay (médiapart essf)

femmes gj

« Il faut penser l’utopie comme quelque chose de réalisable »

Comment vas-tu ?

(Rire) Tout d’abord merci, et je voudrais souhaiter la bienvenue et une longue vie à Mouais ! Comment je vais… eh bien c’est en grande amélioration mais j’ai encore des séquelles, au cerveau entre autres, donc je vais voir un neurologue. Je n’ai toujours pas d’odorat, le goût se résume au salé/sucré, j’ai perdu 35 % d’audition à l’oreille droite, où je suis tombée. Et j’ai une odeur et un goût en permanence dans le nez et la bouche, c’est de la bergamote, ça aurait pu être pire, mais enfin ce n’est pas agréable. En ce qui concerne la marche, j’ai des problèmes d’équilibre, donc je vois deux kinés deux fois par semaine.

 Et moralement, tu te sens comment ?

Au mois de juillet, je me suis effondrée après le coup de fil d’une copine qui me demandait si j’allais bien. J’ai fondu en larmes. Je me pensais bien, mais j’ai réalisé que ce n’était pas le cas, je n’arrêtais plus de pleurer. Donc j’ai décidé de consulter un psy. Mais le côté financier de tout ça n’est pas simple, le psy fait partie des soins qui ne me sont pas remboursés…

 Tu as été à Hendaye pour le contre-G7, comment l’as-tu vécu ?

Les G7, G8, G20, ce sont les pays les plus riches au monde qui se réunissent pour se partager les richesses entre eux. Ils ont beau mettre des titres ronflants comme cette année « la lutte contre les inégalités sociales », on voit bien que ce n’est jamais ce qui se passe ; j’ai assisté à de très nombreux G7, G8, G20, notamment le G8 de Gênes en 2001, et jamais il n’est sorti quelque chose pour les peuples, ils se partagent le monde, la finance.

Je suis donc allée à Hendaye car c’était important pour moi d’être là, face à ces président.e.s, et c’était magnifique : j’ai retrouvé tout l’altermondialisme, celles et ceux qui sont pour un autre monde comme on dit à ATTAC, pour un monde plus humain, plus respectueux de l’écologie, des animaux aussi, de la terre, contre l’exploitation.

Avec ces nombreuses personnes, on essaie de construire des alternatives ; puisqu’on dit qu’un autre monde est possible, il faut le construire ensemble. Dans les conférences, on rencontre des gens de la France entière voire d’Europe, et on échange des savoir-faire, des outils, pour justement construire cet autre monde.

Nous avons terminé par une manif qui a rassemblé 15 000 personnes et 13 000 policiers, mais qui sont restés discrets, pour une fois. Cette journée s’est très bien passée. Quand je suis arrivée là-bas, on m’a montré qu’ils avaient rebaptisé les rues Geneviève Legay, ça m’a fait sourire. Ça m’a rappelé de telles actions au Collectif Droits des Femmes à Nice.

J’ai vu beaucoup de jeunes, et beaucoup de personnes âgées. Des gens me demandaient si j’avais peur de la police, ce qui n’est pas le cas. Les jeunes, très nombreux.ses, sont venu.e.s me voir et me dire merci, que je leur avais montré le chemin, la nécessité de lutter, c’était impressionnant, on voit que ce qu’on fait sert à quelque chose… Ils et elles savent que je milite depuis 45 ans, et m’ont dit que je leur avais donné envie de le faire aussi.

Il y a eu une action contre Monsanto, une autre devant McDonald’s, à laquelle je n’étais pas mais ATTAC s’est installé à côté et a proposé des hamburgers faits avec des produits locaux, la viande d’un éleveur. Il y a eu aussi le soutien aux décrocheurs de Macron dans les mairies. J’ai rencontré beaucoup de Gilets Jaunes aussi.

Et je sais que la police a lancé des lacrymogènes sur des jeunes qui bloquaient une autoroute, provoquant treize blessé·es et douze arrestations. J’ai répondu à une interview à France Bleue basque où se trouvait entre autres un policier de FO, qui m’a interdit de parler de violences policières, disant qu’elles n’existaient pas. Je lui ai demandé alors ce qui était arrivé à Mme Redouane, à Steve, à moi…?

Je ne faisais absolument rien, je tenais un drapeau de la paix, et je me retrouve aux urgences ? A la fin de l’interview, il nous annonce qu’il part retrouver ses copains du syndicat Alliance pour un barbecue. Je lui ai fait remarquer qu’il partait retrouver l’extrême droite, il m’a toisée sans répondre.

45 ans de militantisme, tu n’es pas fatiguée ?

Pas du tout ! Parce que quand on a un but dans la vie, changer le monde, faire en sorte qu’il y ait plus de justice sociale, d’écologie… il faut aller jusqu’au bout, il faut qu’on y arrive. Le partage des richesses par exemple ; quand la FAO nous dit qu’aujourd’hui on produit de quoi nourrir douze milliards de personnes et qu’il n’y en a que six qui mangent, cette injustice est insupportable.

On jette 30 % de la marchandise produite ! On cultive, on appauvrit les sols, tout ça pour jeter, avec un milliard de personnes qui ne mangent pas à leur faim ? Et quand on sait que ce sont principalement des paysan.ne.s qui ne mangent pas à leur faim, y compris au nord ! Donc non, je ne serai jamais fatiguée, et comme je l’ai dit et redit, je militerai jusqu’au bout de mes forces. J’ai mis au monde trois enfants, j’ai cinq petits-enfants. Et puis pour toutes et tous les autres !

Y a-t-il des luttes qui te tiennent plus à cœur que d’autres ?

(réfléchit) La justice sociale. Je milite à plusieurs endroits. On m’a souvent demandé pourquoi, mais quand on réfléchit, mon militantisme est toujours anticapitaliste, antilibéral, antinationaliste. Parce que je ne supporte pas le racisme, le sexisme, l’homophobie, tout ça n’a pour moi pas lieu d’être.

On est pour moi toutes et tous égales et égaux, il n’y a qu’une race, c’est la race humaine, et à partir de là tout le monde doit avoir les mêmes droits. Toutes les luttes sont liées et s’équivalent. (réfléchit) Le féminisme, quand même…

Moi je pense que l’Humanité fait une erreur depuis plus de 2 000 ans à penser que les femmes ne sont pas les égales des hommes, et même si dans les textes nous sommes supposées l’être, on voit bien que dans la réalité ce n’est pas le cas, donc le jour où chaque être humain sera reconnu.e pour ce qu’il ou elle est, qu’on aura les mêmes droits, je pense qu’on aura fait un grand pas, c’est en cela que le féminisme est pour moi un combat très important, comme celui contre le racisme, qui est la peur de l’autre et de la différence. On est différent.e.s dans la manière de penser les choses mais fondamentalement, on est toutes et tous pareil.le.s.

 La convergence des luttes aujourd’hui, comment tu l’imagines ?

(Sourire) Moi je la pratique depuis très longtemps car j’appartiens à plusieurs mouvements et justement, j’essaie toujours de les faire converger, ce qui est difficile. J’appelais à cette conver-gence depuis mon lit d’hôpital et je continue aujourd’hui. Il ne faut pas que cela soit un vœu pieux, il faut s’y mettre, parce que si on ne la fait pas, on est foutu.e.s.

Moi, je serai l’inlassable qui le répètera encore et encore, mais à part ça que peut-on faire ? Il faut essayer de faire des liens entre les gens, entre les pensées. Je l’ai encore dit à la fête de l’Humanité : on a un socle commun, alors comment ne peut-on pas se mettre autour d’une table, ensemble ?

On y arrive dans la création de collectifs, c’est pour ça que c’est la forme que je préfère, les associations, syndicats, partis politiques, les citoyen.ne.s se retrouvent, et on arrive à se mettre d’accord en prenant ce qu’on a de commun ensemble, c’est déjà un pas en avant. Il faut continuer ensemble, parce que si on reste chacun.e dans sa chapelle, on fait gagner le capitalisme.

 Ton utopie à toi, elle ressemble à quoi ?

Déjà ça, de faire converger les gens. Il ne s’agit pas de vouloir le bonheur des gens contre leur gré, mais si déjà tout le monde mangeait à sa faim, avait un toit, pouvait se soigner, ce serait le minimum. C’est ce que je dis lorsque je fais des interventions scolaires pour parler du commerce équitable : la base, c’est retrouver une vie décente.

Mon utopie, c’est que tout le monde puisse accéder à ce minimum, à cette vie décente. Et cette utopie-là, elle est réalisable ! Il suffit de le décider ! Il faut arrêter de penser qu’il n’y a pas d’argent, il n’y en a jamais tant eu ! Entre 80 et 100 milliards d’euros partent chaque année dans les paradis fiscaux, en évasion fiscale.

C’est parce que l’argent n’est pas redistribué que la pauvreté existe encore. Mon utopie serait aussi d’avoir une vraie Éducation Nationale. Mon Éducation Nationale, je la verrais avec uniquement des Freinet et des Montessori. C’est ça mon utopie. Mais c’est réalisable, ce n’est pas une utopie !

 Les solutions de demain sont dans les utopies d’aujourd’hui !

Oui c’est ça, il faut prendre le sens de l’utopie comme quelque chose de réalisable. Autrement je ne me battrais pas, si je pensais que ça ne l’était pas. Et si des gens n’avaient pas lutté pour des utopies, on n’aurait pas les droits qu’on a aujourd’hui.

A l’approche de la date d’anniversaire du début des Gilets Jaunes, le 17 novembre dernier, et tandis qu’un début d’embrasement mondial populaire fait vaciller ici et là le système néo-libéral, nous avons réalisé un entretien avec Geneviève Legay. Depuis sa violente agression le 23 mars dernier, elle garde d’importantes séquelles, mais continue la lutte, la tête haute et le cœur grand.

Des propos recueillis par Tia Pantaï 9 NOV. 2019 MOUAIS, LE JOURNAL DUBITATIF

https://blogs.mediapart.fr/

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31 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

assurance chômage (bastamag)

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« Je n’ai jamais vu ça, un durcissement aussi violent » 

Des agents de Pôle emploi « horrifiés » par la réforme

La réforme de l’Assurance-chômage entre en vigueur ce 1er novembre. 1,3 million de deman-deurs d’emploi, dont les plus précaires, verront leurs indemnités baisser dans l’année qui vient. Basta ! a rencontré des agents de Pôle emploi qui décryptent le nouveau système et ses conséquences.

C’est une véritable machine à fabriquer de la pauvreté qui va se mettre en branle à partir du 1er novembre. Même les agents du Pôle emploi en prennent le vertige. « Je n’ai jamais vu ça, un tel durcissement, aussi violent, lâche Aurélie, agente dans l’ouest de la France depuis dix ans. On touche les gens au portefeuille, on ne leur laisse plus de solutions. »

L’objectif annoncé de la réforme : économiser 3,4 milliards d’ici fin 2021. Tout en mettant au passage un énorme coup de pression sur les demandeurs d’emploi, une nouvelle fois rendus responsables de leur situation.

Ces économies drastiques seront entièrement financées par les demandeurs, et plus particuliè-rement par les plus précaires d’entre eux – en intérim ou en CDD. La première étape démarre ce 1er novembre, avec un durcissement des conditions qui permettent d’ouvrir ses droits à l’assu-rance-chômage. La seconde débutera le 1er avril 2020, avec une chute brutale du montant des indemnisations.

Au total, la moitié des personnes indemnisées – principalement celles qui n’ont pas pu travailler à temps plein pendant au moins un an – verront leurs droits réduits, voire supprimés. Soit 1,3 million de personnes parmi les 2,7 millions qui bénéficient actuellement d’une indemnisation – sur, au total, 6 millions de personnes inscrites au Pôle emploi.

« Beaucoup de gens vont aller émarger au RSA »

« Cette réforme est effrayante, confirme Daniel, conseiller Pôle emploi depuis de nombreuses années. Il y aura une chute brutale des montants d’indemnisation pour celles et ceux qui ont des périodes de travail hachées. Beaucoup de gens vont aller émarger au RSA. »

Pour le moment, le gouvernement n’a pas évalué l’importance du report vers les minima sociaux pour les personnes qui perdront leurs droits à l’indemnisation. Quand elle a présenté la réforme, en juin 2019, la ministre du Travail Muriel Pénicaud a même promis qu’il s’agissait d’une réforme « contre la précarité ». Le durcissement des conditions d’entrée à Pôle emploi permet d’en douter.

À partir du 1er novembre, pour pouvoir s’inscrire comme demandeur d’emploi, il faudra avoir travaillé six mois au lieu de quatre (soit désormais 910 heures, ou 130 jours). Quant à la période de référence, celle sur laquelle l’Unédic se penche pour comptabiliser les heures passées à travailler, elle baisse de 28 à 24 mois.

Certaines personnes qui, dans l’ancien système, auraient pu être indemnisées en ayant travaillé par exemple 6 mois sur les 28 derniers mois, n’auront plus accès à l’assurance-chômage. Auparavant, il fallait avoir travaillé en moyenne un jour sur sept pour ouvrir ses premiers droits. Il faudra désormais avoir travaillé un jour sur quatre !

Nolwenn Weiler 31 octobre 2019

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25 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

se nourrir (anti-k)

famine

Retour vers le passé: la famine en Irlande 1849

21% des Français ont du mal à se nourrir selon le Secours Populaire

L’automne, c’est aussi la Saint-Bidon

Tu déconnes ? Tu ne connais pas la Saint-Bidon ? C’est l’arrivée dans les magasins des gros bidons de “combustible liquide pour appareils de chauffage mobiles”. Le début de la trop longue saison difficile pour tous ceux qui vivent sans chauffage. Quand il fait trop froid, quand le loge-ment est trop humide, quand les enfants sont trop malades, on allume un peu ce chauffage de fortune. Combien d’intoxications, d’incendies, de morts ?

Combien de personnes vivent dans la « précarité énergétique » ou la « vulnérabilité énergé-tique » comme dit le langage techno ? Onze millions et demi selon la dernière grande enquête de l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE) qui date de… 2006. Mais en 2018 ce même  ONPE affirme que « près d’un tiers de la population déclare ne pas se chauffer correctement en hiver. » Sais-tu ce qu’est une enfance pourrie par les engelures ? Les nouvelles engelures sur les engelures anciennes font de profondes crevasses très douloureuses.

L’automne, c’est aussi l’ouverture des Restos du Cœur

« Sur 50 000 consultations, on a 98% de personnes qui vivent sous le seuil de pauvreté.  […] Une grande majorité de personnes que l’on voit aux centres de santé sont en insécurité alimentaire. C’est à dire qu’ils ne savent pas forcément ce qu’ils vont manger le jour même, qu’ils n’ont pas forcément une alimentation équilibrée et ça frappe aussi les enfants. »

C’est le docteur Jean-François Corty de Médecins du Monde qui causait en 2015.

« 21% des Français ont du mal à se nourrir » nous dit le Secours Populaire dans un rapport de 2018. Vingt-et-un pour cent ! Plus de treize millions de personnes ! Te souviens-tu de Jacques Prévert ? Il écrivait pour le groupe Octobre : « Il est terrible le petit bruit de l’œuf dur sur le comptoir d’étain. Il est terrible ce bruit quand il remue dans la mémoire de l’homme qui a faim. » Sais-tu qu’un enfant sur dix vit dans la pauvreté ?

L’automne, c’est aussi la gôgôche

C’est la saison où les généraux de la gôgôche arrêtent leurs décisions pour les municipales. Leur choix est simple, très simple. Offrir un boulevard à la droite, aux libéraux et aux fachos. Ou bien penser d’abord, avant toute autre considération, aux plus pauvres.

Mais, quand toi, le petit général sans troupes, tu regardes avec les lunettes du « religieux » ou du « culturel », c’est mal parti, tu ne vois ni la paupérisation ni l’insécurité sociale grandissantes…

Car tu jettes un voile pudique, un « foulard islamique », sur la réalité. En priant tout de même publiquement le ciel, en toute laïcité bien sûr, que ça ne te pète pas à la gueule, tous ces millions de gueux qui ont froid, qui ont faim, qui voient leurs gosses pleurer, qui serrent les poings dans les poches. Et qui ont une fâcheuse tendance à se révolter, sous toutes les latitudes comme chez toi.

https://www.anti-k.org/

Lire aussi:

Observatoire de la Précarité Energétique

Pourquoi certains enfants vivent-ils dans la pauvreté ? (Observatoire des Inégalité)

Source le Yéti

Pauvreté-Précarité (Secours Populaire)

Sondage Ipsos Des enfants de plus en plus inquiets pour leur avenir (SP)

Baromètre Ipsos SPF  Budgets plus serrés, privations plus fortes (SP)

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04 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

irak (libération jdd rp essf)

irak
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Irak : la rue s’embrase contre la corruption, au moins 28 morts

Ce jeudi, des jeunes Irakiens ont manifesté une nouvelle fois dans plusieurs ville du pays contre l’inaction du gouvernement. On dénombre 28 morts et 700 blessés depuis mardi.

Une vague de contestation inédite s’est poursuivie pour la troisième journée consécutive en Irak malgré «une répression sans précédent»,selon le titre du site local d’information indépendant Al-Alam Al-Jadid. Le bilan des victimes de tirs à balles réelles par les forces de sécurité s’élevait à au moins 28 morts et plus de 700 blessés depuis mardi (dont deux policiers).

Malgré un couvre-feu total imposé depuis mercredi soir et jusqu’à nouvel ordre à Bagdad et dans plusieurs villes, en particulier dans le sud du pays (où six protestataires ont été abattus jeudi), des manifestants sont descendus dans les rues et de petits rassemblements mobiles ont eu lieu dans plusieurs quartiers de la capitale.

Sur l’immense et emblématique Place Tahrir, au cœur de la ville, des fumées noires se dégageaient des pneus et du mobilier brûlés par les protestataires. La plupart de ceux-là s’étaient couvert le visage de masques antipollution, à la fois pour se protéger des fumées et pour ne pas être identifiés par les forces de l’ordre.

L’explosion de colère des jeunes Irakiens exprime un ras-le-bol globalisé dans un pays devenu l’exemple de l’Etat failli alors qu’il est le cinquième pays au monde pour ses réserves de pétrole. «Rendez-nous notre patrie», «Le peuple veut un changement de régime», «Non aux partis politiques», «Au nom de la religion les voleurs nous ont pillés», etc.

Les slogans brandis ces derniers jours par les manifestants visent les différents responsables de la faillite de tout le système de gouvernement depuis la chute de la dictature de Saddam Hussein en 2003.

Pénurie d’eau et d’électricité

Les revendications de la contestation vont des services publics de base dans un pays en pénurie d’électricité et d’eau potable depuis des décennies jusqu’aux emplois pour les jeunes alors qu’un sur quatre est au chômage.

Mais c’est la corruption, mère de toutes les plaies d’Irak, qui est dénoncée en priorité. En effet, selon les chiffres officiels, l’équivalent de quelque 410 milliards d’euros d’argent public a été englouti depuis 2004, disparu dans les poches des hommes politiques de tous bords, des chefs de tribus ou d’affairistes. Une somme vertigineuse qui représente quatre fois le budget annuel de l’Etat.

«L’origine du problème est la destruction du marché du travail en Irak», a estimé dans un post sur sa page Facebook le romancier irakien Ali Badr. Le quadragénaire exilé en Belgique rappelle que dans son enfance, tout sur les marchés était de fabrication irakienne, «de l’électroménager aux chaussures en passant par le mobilier et le dentifrice». Ces industries locales assuraient des emplois à une classe ouvrière laborieuse.

«Aujourd’hui la profusion de produits importés a transformé les Irakiens en consommateurs avides exacerbant une nouvelle forme de lutte des classes», écrit l’intellectuel. Il rappelle que les seuls emplois possibles sont ceux de la pléthorique fonction publique qui compte 7 millions de fonctionnaires pour une population de près de 40 millions, soit plus de la moitié des salariés irakiens.

L’influence déterminante de l’Iran dans leur pays est également dénoncée par les protestataires irakiens.

Des drapeaux de la République islamique ont pour la première fois été brûlés au cours de manifestations dans les villes du sud irakien, peuplés pourtant majoritairement de chiites.

C’est d’ailleurs une caractéristique relevée ces derniers jours, les quartiers sunnites de Bagdad comme les provinces du nord et de l’ouest de la capitale, principalement sunnites, restent à l’écart de la contestation. La minorité marginalisée depuis l’éviction du régime de Saddam Hussein craint d’être accusée, comme par le passé, d’être à l’origine des troubles en permettant au gouvernement d’instrumentaliser la révolte comme un mouvement communautaire.

Appel à la «retenue»

Le recours des autorités irakiennes à la répression violente avec tirs à balles réelles, couvre-feu, coupures d’internet et des réseaux sociaux ont encore fait monter la colère. Lors d’une réunion entre les «trois présidents» irakiens comme on désigne sur place le Président de la République, celui du Parlement et le chef du gouvernement, une enquête a été promise sur les violences commises.

Tout en appelant les parties à la «retenue», les autorités ont pointé la responsabilité des  «infiltrés qui cherchent à troubler l’ordre public en faisant dévier des manifestations populaires pacifiques». La décision de former par ailleurs une commission pour examiner les revendications immédiates des protestataires sur les emplois, les logements, etc.. avant de lancer «un dialogue national» est considérée comme peu crédible par les protestataires.

Le mouvement spontané des jeunes Irakiens ne semble dicté par aucun parti ou leader politique ou religieux, tous également rejetés. Il pourrait s’agir de la version irakienne des contestations récentes qu’ont connues d’autres pays arabes comme en Algérie, au Soudan ou en Egypte, contre des systèmes de gouvernement prédateurs et verrouillés depuis des années.

 4 octobre 2019

https://www.liberation.fr/

Lire aussi:

Manifestations en Irak : pourquoi le pays s’embrase (JDD)

Irak. La jeunesse réclame du travail, la police réprime à balles réelles (RP)

Irak : des manifestations contre la corruption réprimées, au moins 40 morts et 700 blessés en quatre jours (Essf)

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