Archive | Chômage & précarité

17 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

prolétaires 2.0 (libération)

marx.jpg 2

Sarah Abdelnour : «Marx est toujours d’actualité pour comprendre les prolétaires 2.0»

Selon la sociologue Sarah Abdelnour, l’essor des travailleurs indépendants et des plateformes numériques a surtout permis de contourner le code du travail, avec l’aval de l’état. Prolétaires ubérisés de tous les pays…

Qui sont les «prolétaires 2.0» dont vous parlez ?

Ils sont nombreux dans le monde des indépendants, où de nouvelles formes de vulnérabilité économique sont apparues. Avec la promotion de la création d’entreprise, de plus en plus de travailleurs sont sortis des régulations collectives. Les formes «d’échange de travail», qui se développent sur les plateformes numériques sont devenues un véritable terreau de contourne-ment du droit du travail. Ces plateformes ont entraîné un phénomène d’externalisation des travailleurs, qui sont à leur compte, de manière plus ou moins fictive. Ces nouveaux modes de travail permettent de plus de contourner des règles des professions réglementées : vous pouvez faire appel à des amateurs (au sens de non-professionnels) pour faire des travaux chez vous ou vous faire à dîner. Et puis, il y a les nombreuses plateformes de microtravail, comme Amazon Mechanical Turk, sur lesquelles le travail n’est pas déclaré : il s’agit alors de travail dissimulé, non encadré, non rémunéré.

Marx permet-il de comprendre la situation des travailleurs «ubérisés» ?

Si la pensée de Marx est toujours d’actualité pour analyser la situation des prolétaires 2.0, c’est que tout cela ressemble d’une certaine façon à ce qui se passait au 19è siècle, avant que le droit du travail ne commence à se structurer : il y a en quelque sorte une réactualisation de ce moment que les historiens appelaient la «proto-industrialisation», quand, avant la concentra-tion industrielle, le travail était très fragmenté, avec des tâcherons qui amenaient du travail de confection à des couturières travaillant à domicile par exemple et passait sous le radar des lois sociales en train de se mettre en place.

A partir du 19è siècle et des premières lois sociales, les prolétaires en bas de la chaîne sont progressivement rentrés dans l’ordre salarial. Et, au fur et à mesure que le salariat est devenu une condition plutôt désirable, l’état et les entreprises ont abandonné le bas de l’échelle, l’ont sorti du salariat, alors que les patrons, eux, sont devenus salariés. Maintenant, de hauts fonc-tionnaires offrent l’opportunité à des dirigeants d’entreprise salariés de recourir à du faux travail indépendant.

Selon vous, l’état serait «complice de la précarisation». Pourquoi ?

Ce que fait l’etat en termes de régulation, ou plutôt de dérégulation, du travail consiste précisément à autoriser toutes ces formes d’emplois dérogatoires. C’est bien l’état qui crée la possibilité d’embaucher en CDD, qui a mis en place les contrats aidés, les stages, le statut d’auto-entrepreneur… Pourquoi ? Parce qu’on a quand même de larges pans de la machine étatique, les gouvernements et l’administration, qui se sont convertis au discours patronal selon lequel le travail est trop cher et pour qui la croissance économique viendra en dérégulant et en fragilisant l’emploi.

Ce que démentent nombre d’économistes, et ce qui néglige les enjeux de progrès et de développement social. Et au-delà de cette croyance, on peut observer les logiques d’intérêts à l’œuvre : les personnes qui ont le pouvoir de légiférer adoptent un point de vue socialement situé du côté du patronat.

C’est ce qu’observait déjà Marx 

On a les intérêts qui correspondent à la place qu’on occupe dans la société. Les objectifs d’harmonie sociale et de solidarité ne sont plus du tout au cœur des discours politiques. Depuis notamment le mandat de Nicolas Sarkozy et la création du régime d’auto-entrepreneur, il y a cette vision selon laquelle les travailleurs pauvres ou les chômeurs n’ont qu’à monter leur petit business s’ils veulent survivre, faire de tout un objet de revenu, marchandiser leur temps et ce qu’ils possèdent, et, surtout, ils ne devraient rien demander à l’Etat ou à l’entreprise pour mieux vivre. C’est, à mon sens, très dangereux en termes de solidarité et d’intégration sociale.

Employés, ouvriers, soit plus de la moitié des actifs aujourd’hui et tout particulièrement femmes et immigré(e)s : voilà les personnes les plus vulnérables en 2018. Une très large partie de la population française. Pour Sarah Abdelnour, maîtresse de conférences en sociologie à l’uni-versité Paris-Dauphine, les «nouveaux prolétaires» sont «globalement les mêmes que les anciens». L’auteure reprend la définition de Karl Marx: «toutes les personnes qui ont besoin de vendre leur force de travail pour survivre, donc d’abord celles qui n’ont pas de patrimoine» et explique comment ce terme de prolétaire«renvoie plus largement à un ensemble de positions sociales caractérisées par une faiblesse des rémunérations, de l’insécurité économique, une faible reconnaissance sociale et un éloignement par rapport aux lieux de pouvoir».

Sarah Abdelnour publie une réédition augmentée de son ouvrage les Nouveaux Prolétaires (Textuel), initialement paru en 2012, où elle défend la pertinence d’une grille d’analyse marxiste pour penser la question de la domination au travail. A l’heure du développement des inégalités et des politiques de dérégulation du travail, cette chercheuse met aussi en avant l’apparition de «nouvelles figures de prolétaires» depuis quelques années : les travailleurs «ubérisés».

Amélie Quentel 16 juillet 2018

.
SARAH ABDELNOUR LES NOUVEAUX PROLÉTAIRES Ed. Textuel, 2018, 160 pp., 15,90 €

Lire la suite

13 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

travailleurs invalides (capital + l’humanité)

handicap

Le gouvernement sucre la prime d’activité aux travailleurs invalides

Un nouveau mode de calcul de la prime d’activité est appliqué depuis le 1er juillet. Les travailleurs qui touchent une pension d’invalidité en subissent les conséquences de plein fouet.

“Je veux partager le témoignage d’une mère de famille célibataire, conseillère clientèle à mi-temps car son handicap ne lui permet pas de travailler plus. Elle perçoit une pension de 726 euros par mois et entre 600 et 700 euros de salaire. Elle va perdre à partir de ce mois sa prime d’activité de 140 euros par mois”. C’est ainsi qu’Ericka Bareigts, députée Nouvelle Gauche de La Réunion, a commencé son intervention à l’Assemblée mardi. Elle interpellait le gouverne-ment au sujet de la modification du mode de calcul de la prime d’activité.

Depuis le 1er juillet, de nombreux travailleurs invalides subissent de ce fait une importante réduction de leurs revenus mensuels.

Le nouveau mode de calcul, adopté lors du vote du budget 2018, mais dont l’application a été repoussée à l’été, est en effet défavorable aux bénéficiaires de la pension d’invalidité ou de la rente accident du travail-maladie professionnelle (rente AT-MP). En 2016, une dérogation avait été mise en place, afin que ces aides soient considérées comme des revenus pour le calcul de la prime d’activité. Cette dernière est accordée aux travailleurs disposant de revenus modes-tes, moins de 1.500 euros par exemple dans le cas d’une personne seule et sans enfant.

Désormais, avec le nouveau mode de calcul, les pensions invalidité et rente AT-MP sont considérées comme des allocations, ce qui en pratique empêche les personnes concernées de recevoir la prime d’activité. En revanche, rien ne change pour les bénéficiaire de l’allocation adulte handicapé (AAH).

Une perte de revenus de 158 euros par mois en moyenne

D’après APF France handicap (ex-Association des paralysés de France), la perte moyenne s’élève à 158 euros par mois pour les pensionnés d’invalidité. “Cet argent n’est pas utilisé pour aller s’acheter le dernier téléphone mais pour payer les factures de gaz, une partie du loyer, la moitié des courses du mois…”, s’insurge Véronique Bustreel, conseillère nationale de l’asso-ciation en charge du dossier. “Ça touche majoritairement des femmes seules avec des enfants, ce sont des personnes qui ont des revenus très modestes”.

Pour justifier cette mesure, le gouvernement avance deux arguments. D’abord, l’ancien mode de calcul ne serait “pas cohérent avec l’esprit de la prime d’activité”, a affirmé Sophie Cluzel, secrétaire d’Etat aux personnes handicapées, devant l’Assemblée, mardi. “Je suis scotchée !”, réagit Véronique Bustreel. “C’est totalement dans le rôle de la prime d’activité que de soutenir l’activité de personnes qui travaillent et qui ont des revenus modestes”.

Second argument du gouvernement : “peu de personnes ont été touchées par cette mesure”. En effet, sur les 260.000 personnes touchant une pension d’invalidité et exerçant une activité professionnelle, seulement 6.600 bénéficiaient de la prime d’activité. “On n’a rien fait pour lutter contre le non-recours ! Il n’y a eu aucune information du gouvernement et des caisses pour prévenir ces personnes qu’elles étaient éligibles”, s’insurge la conseillère nationale d’APF France handicap.

Malgré les multiples alertes des associations depuis novembre dernier, le gouvernement assume donc cette mesure. Véronique Bustreel espère, elle, qu’il changera de cap. “Je veux bien qu’on repousse le plan pauvreté à la rentrée si on réinstaure l’ancien mode de calcul”, affirme-t-elle. “Le droit à l’erreur, le gouvernement peut se l’appliquer à lui-même”.

Sophie LEVY AYOUN 12/07/2018

https://www.capital.fr/

Lire aussi:

Lire la suite

09 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

logement (20mn + le monde)

jeunes

Logement: Emmanuel Macron veut créer un bail à durée limitée pour les travailleurs précaires

DROIT AU LOGEMENT?

Le nouveau gouvernement souhaite créer un «bail mobilité» à durée limitée pour les travailleurs précaires… Emmanuel Macron souhaite remanier les baux locatifs en vigueur. L’Élysée planche sur une nouvelle loi « logement et mobilité », qui devrait être présentée à l’automne prochain, selon les informations de nos confrères du Monde.

Le projet prévoit notamment de créer un nouveau contrat de location destiné aux jeunes, limité dans le temps : de 3 mois à 12 mois maximum. Ce nouveau bail s’ajouterait aux deux autres baux déjà en vigueur : le « bail Méhaignerie » de trois ou six ans pour des locaux vides, et le bail d’un an pour les locations meublées.

Vers un appart-CDD ?

Ce « bail mobilité » était une promesse de campagne du candidat Macron. L’actuel président de la République espère accroître la mobilité et dynamiser le marché immobilier. Ce bail court serait réservé aux publics les plus précaires, comme les intérimaires et les personnes en CDD.

Selon L’Élysée, ce bail pourrait permettre aux salariés précaires de se loger plus facilement. De nombreux propriétaires et agences exigent en effet que la durée du contrat de travail couvre toute la durée du bail : un an minimum pour les meublés et trois ans pour les logements vides.

En pleine campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait déploré que de plus en plus de biens immobiliers soient réservés à la location touristique, notamment via Airbnb. Le nouveau contrat de location pourrait décider les propriétaires qui préfèrent louer leur bien pour une durée ponctuelle.

Un « détricotage » des droits des locataires ?

Le futur bail de 3 mois à 1 an devrait être encadré et réservé aux zones dites « tendues ». Mais le projet suscite déjà l’inquiétude des acteurs du logement. « Est-ce un détricotage des protections du locataire, qui a droit à un bail longue durée et à son renouvellement sauf motif sérieux et légitime ? » s’interroge Florent Guéguen, directeur de la Fédération des acteurs de la solidarité, dans les colonnes du Monde.

Certains attendent des « contreparties »

Florent Guéguen attend plutôt des « contreparties accordées aux locataires, comme la suppression de la caution ou de l’exigence (…) d’un contrat de travail à durée indéterminée, qui sont, eux, de vrais obstacles à l’accès au logement ». La nouvelle loi « logement et mobilité » sera présentée au Parlement d’ici l’automne.

precaires

Lire aussi:

Logement et emploi : l’exclusion s’aggrave (2006)

La précarité continue d’augmenter.

C’est ce qui ressort du rapport annuel de la Mission régionale d’information sur l’exclusion (Mrie), présenté hier. L’édition 2005 relève deux critères forts de l’exclusion : le « mal logement » et le « mal emploi ». « Entre 2002 et 2004, en Rhône-Alpes, seuls 12 000 logements sociaux ont été construits, alors que l’on comptait près de 143 000 demandeurs », a souligné hier la directrice de la Mrie, Geneviève Decrop. Le rapport dénonce aussi le non-respect de l’obliga-tion, pour les communes de plus de 5 000 habitants, de mettre un terrain à disposition des gens du voyage. La précarisation de l’emploi est également pointée du doigt. « Certaines per-sonnes qui travaillent vivent en dessous du seuil de pauvreté », a indiqué Geneviève Decrop. Les jeunes diplômés d’études supérieures sont par ailleurs de plus en plus touchés par le chômage de longue durée. Ce rapport, qui ne propose pas de solution, vise avant tout à interpeller les responsables politiques.

C. M.  03/03/06

Logement : l’exécutif veut créer un nouveau bail locatif de trois mois à un an (Le Monde)

Lire la suite

30 juin 2018 ~ 0 Commentaire

chômage (cgt)

super cgt

Malgré l’unité des organisations syndicales, le patronat bloque une vraie augmentation !

REVALORISATION DES ALLOCATIONS CHÔMAGE

Le conseil d’administration de l’Unedic du 29 juin 2018 a abordé, comme chaque année, la revalorisation des allocations chômage. La CGT a rappelé que seuls 42,8% des demandeurs d’emploi sont indemnisés. Cela nécessite de revoir complètement les règles d’indemnisation et d’instaurer enfin une sécurité sociale professionnelle, pour assurer un revenu de remplacement pour toutes et tous.

Notre délégation a également rappelé que la très grande majorité des demandeurs d’emploi indemnisés le sont à un niveau d’indemnisation faible. Ainsi, 37,6% des chômeurs, soit 3 millions de personnes, se situent en dessous du seuil de pauvreté. De plus, nous continuons de dénoncer l’augmentation de la précarité, encore démontrée par les chiffres du chômage de mai, fruit de la politique de flexibilisation de l’emploi voulue par les différents gouvernements et le patronat.

Dans un contexte de remise en cause des droits des salariés privés d’emploi par la loi cynique-ment appelée « liberté de choisir son avenir professionnel » et d’annonces de remise en cause des minima sociaux par le gouvernement, la CGT a demandé d’augmenter toutes les allocations de 4 euros par jour, ce qui correspond à un (petit) repas moyen.

Après une interruption de séance et une nouvelle demande unitaire minimale des organisa-tions syndicales d’une augmentation à 1%, le patronat, parti de 0,3%, est resté bloqué à 0,7%. Cela ne correspond qu’à un trimestre d’augmentation des prix ! Les organisations syndicales se sont abstenues pour ne pas risquer de rester à 0% de revalorisation.

La CGT salue les demandeurs d’emploi et travailleurs précaires qui se sont mobilisés et dénonce l’attitude du patronat, emmené par le Medef, qui continue de baisser en euros constants les allocations, comme il empêche l’augmentation nécessaire des salaires !

Montreuil, le 29 juin 2018

https://www.anti-k.org/

Lire la suite

24 juin 2018 ~ 0 Commentaire

aides (libération)

saluauds

Non-recours : des milliards non distribués

Officiellement pour faire en sorte que toutes les personnes éligibles touchent leurs aides, l’exécutif prône une refonte du système. Qui pourrait ne pas faire que des heureux.

L’argument est souvent brandi par les gouvernements voulant justifier une refonte des minima sociaux : l’ensemble des personnes éligibles aux prestations sociales n’en font pas toutes la demande. Depuis quelques jours, les taux élevés de «non-recours» sont cités par les ministres invités à s’exprimer sur la réforme à venir, et par nature explosive, des aides sociales. Dans une tribune, Agnès Buzyn (Solidarités et Santé) a récemment pointé la «complexité des politi-ques sociales», résultat de «dispositifs épars et difficilement lisibles», entraînant selon elle «un non-recours aux droits et aux services».

Du fait de la grande multiplicité des aides (RSA, handicap, prime d’activité, complémentaire santé…), l’ampleur de ces non-recours est difficile à chiffrer.

«La réalité du non-recours aux droits sociaux est encore méconnue et ses conséquences peu documentées», écrivaient, fin 2016, deux députés auteurs d’un rapport parlementaire sur le sujet.

Logement

Les statistiques les plus fiables sur le sujet concernent le revenu de solidarité active (RSA). Dans une enquête réalisée en 2010 et 2011, le conseil d’évaluation du RSA avait alors donné deux chiffres servant aujourd’hui de référence : 36 % des personnes éligibles au RSA «socle» n’en faisaient pas la demande ; 68 % pour les potentiels bénéficiaires du RSA «activité» – soit ceux ayant retrouvé un emploi.

Ce dernier dispositif a été, depuis, remplacé par la prime d’activité afin, justement, de faire baisser ce taux de non-recours.

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), instance qui dépend du ministère des Solidarités, estime aujourd’hui ce taux à 30 %. Pour ce qui est des autres allocations, pas une seule d’entre elles ne connaît un «taux de non-recours inférieur à 10 %», fait remarquer Philippe Warin, de l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), rattaché à l’université de Grenoble. Selon un rapport de l’Odenore, le non-recours équivaudrait à plus de 5 milliards d’euros pour le RSA, à peine moins pour les prestations familiales et de logement, contre environ 4 milliards pour les fraudes aux prestations sociales.

Maladie

De son côté, le Fonds de financement de la protection complémentaire de la couverture uni-verselle du risque maladie a calculé qu’entre 57 % et 70 % des 3 à 4,4 millions de personnes qui auraient pu bénéficier de l’Aide au paiement d’une complémentaire santé sont passées à côté en 2016. Pour tenter d’améliorer cette situation, les précédents gouvernements socialistes (Ayrault puis Valls) ont, dans le cadre de leur «modernisation de l’action publique», lancé une mission «pour réduire le non-recours aux minima sociaux». Cette dernière préconisait de «mieux informer et détecter les populations éligibles», d’«améliorer l’orientation des usagers» et de «simplifier les démarches». Dans un rapport sur les minima sociaux remis en avril 2016, l’ex-député PS Christophe Sirugue proposait d’instaurer une «couverture socle commune».

Dans son programme, le candidat Macron évoquait de son côté un «versement social unique et automatique». Mais pour un gouvernement à la recherche d’économies, moins de non-recours, c’est plus de bénéficiaires et donc plus d’argent à reverser. Sauf si cette mesure s’accompagne d’une refonte du périmètre des bénéficiaires. Et, là, il y aura des perdants.

Lilian Alemagna et Amandine Cailhol 22 juin 2018

.
.
Lire aussi:
.

Lire la suite

13 juin 2018 ~ 0 Commentaire

aides sociales (les inroks + lo)

MLS_CASTANERLANGUEDEBOIS.JPG_u.infogene05

Pour Macron, les aides sociales coûtent un “pognon de dingue” sans résoudre la pauvreté

Dans une vidéo tweetée par sa directrice de la communication Sibeth Ndiaye, Emmanuel Macron déplore, à propos des aides sociales : “On met trop de pognon, on déresponsabilise et on est dans le curatif”…

Visiblement, Emmanuel Macron n’a pas l’intention d’opérer un tournant à gauche dans sa politique, comme le lui conseillent certains membres de son entourage.

Bien au contraire. Dans une vidéo tweetée par sa directrice de la communication Sibeth Ndiaye ce 12 juin, où le président de la République répète le discours sur la politique sociale qu’il pro-noncera aujourd’hui à la Mutualité française de Montpellier, il affirme : “On met un pognon de dingue dans les minima sociaux et les gens ne s’en sortent pas”. Les conclusions qu’il tire de son constat permettent de tirer définitivement un trait sur une réorientation à gauche : “Je vais faire un constat qui est de dire : on met trop de pognon, on déresponsabilise et on est dans le curatif. Toute notre politique sociale, c’est qu’on doit mieux prévenir , ça nous coûtera moins, ensemble  et mieux responsabiliser tous les acteurs”.

“Et sur la santé c’est pareil”

Voici donc la teneur de ce discours “stratégique”. On retrouve la philosophie qui guidait déjà Emmanuel Macron dans sa réforme de l’assurance-chômage, où il voulait un contrôle accru et des sanctions renforcées à l’encontre des allocataires qui ne cherchent pas assez, ou qui refu-sent “deux offres d’emploi jugées raisonnables”. “C’est normal, il n’y a rien de choquant, c’est ce que font tous les pays qui nous entourent, et je crois qu’il y a un fort consensus autour de ça. [...] S’il n’y a pas de rigueur, on ne peut pas faire avancer le pays”, avait-il alors commenté.

Dans la suite de son discours répété devant ses collaborateurs, Emmanuel Macron va plus loin, expliquant que sa logique s’étendait au domaine de la santé :

“Et sur la santé c’est pareil”, il faudrait “avoir un jeu plus coopératif public-privé”. Et de conclure: “Tout le système de soins que je veux repenser, c’est aller vers plus de prévention pour respon-sabiliser, y compris les acteurs de soins, poursuit-il. C’est une politique de responsabilité car tout le monde va au pot, je demanderai des efforts aux mecs qui font des lunettes, aux types qui font des verres… Là c’est cohérent. Sinon vous n’aviez pas de fil directeur… C’était de la lasagne faite avec de la paella !” Ces propos ont suscité un vent de révolte dans l’opposition. (On en tremble chez Macron Note du blog)

1% du PIB

Pour Luc Peillon, journaliste à Libération, les 8 minimas sociaux, en France, représentent, pour les 11% de la population qui en bénéficient, 25 milliards d’euros par an, soit à peine plus d’1% du PIB.

13/06/2018
.
Lire aussi :
.
.

Lire la suite

07 juin 2018 ~ 0 Commentaire

ass (lutte ouvrière + jdd)

code

Projet de suppression de l’Allocation Spécifique de Solidarité: une menace contre le monde du travail

La presse a révélé l’existence d’un rapport, commandé par le gouvernement, qui recommande la suppression pure et simple de l’allocation spécifique de solidarité. Cette ASS est touchée aujourd’hui par 428 000 travailleurs privés d’emploi qui ont épuisé tous leurs droits à l’indemnisation du chômage.

Certes, on peut se demander s’il s’agit d’un ballon d’essai comme le gouvernement en a déjà lancé, histoire de voir les réactions que cela provoque, mais la menace est bien réelle. Si la mesure était adoptée, elle aurait des conséquences dramatiques sur le long terme. L’ASS se monte aujourd’hui à 16,48 euros par jour, soit 428 euros par mois. Elle est certes bien miséra-ble, mais outre cette petite somme, c’est la seule garantie de droits à la retraite et de droits sociaux pour les sans-emploi qui ont épuisé leurs droits à une indemnité de chômage.

Aujourd’hui, le chômeur qui touche l’ASS se voit attribuer des points gratuits pour sa retraite complémentaire, et ses droits à l’autre partie de la retraite sont validés comme s’il avait travaillé.

Par ailleurs, il est pris en charge au titre de la Sécurité sociale, sans aucune restriction. Et c’est cela que le gouvernement envisage de supprimer. Ses représentants ont même eu le culot de justifier cette mesure au nom de « l’amélioration de la situation du chômage », car pour eux, les près de six millions de chômeurs ne comptent visiblement pas.

Dire, comme les porte-parole du gouvernement, que l’ASS pourrait être remplacée par le RSA est une escroquerie et un mensonge.

Les conditions différentes d’attribution de l’ASS et du RSA sont telles que des centaines de milliers de titulaires de l’ASS n’auraient plus droit au RSA. De plus, ils perdraient immédiate-ment l’attribution de points gratuits pour leur retraite complémentaire. Quant à la retraite Sécu-rité sociale, privée de la validation pour la plupart des années passées dans ce système, elle serait encore réduite.

Tout cela aboutirait à enfoncer dans une misère encore plus noire, et pour toute leur vie, des travailleurs qui ont déjà été jetés à la rue par leur patron.

Il y en a 428 000 aujourd’hui, mais des centaines de milliers d’autres pourraient s’y ajouter du fait du maintien et du développement du chômage de masse et de longue durée. Ce n’est plus une double peine, mais une triple, une quadruple. Ce projet révoltant mérite d’être combattu avec la dernière énergie.

Paul SOREL 06 Juin 2018
.
.
Lire aussi:
.

Lire la suite

19 mars 2018 ~ 0 Commentaire

chômeurs (ouest france + npa)

chomeurs

Chômeurs. Le gouvernement va dévoiler un nouvel arsenal de sanctions

Le gouvernement d’Édouard Philippe va dévoiler ce lundi une série de sanctions contre les chômeurs qui ne remplissent pas leurs obligations. Aujourd’hui, le système n’est ni cohérent, ni logique, selon la ministre du Travail Muriel Pénicaud.

Un arsenal rénové de sanctions contre les chômeurs ne remplissant pas leurs obligations va être présenté ce lundi par le gouvernement. Avec le renforcement des contrôles, cette réforme est présentée comme la contrepartie de l’extension des droits aux démissionnaires et indépendants.

Le ministère du Travail réserve la primeur de ses annonces aux partenaires sociaux, qui ont rendez-vous à 16 h 30 avec Antoine Foucher, le directeur de cabinet de la ministre Muriel Pénicaud. Syndicats et patronat, qui gèrent aujourd’hui l’assurance chômage, découvriront aussi, lors de cette rencontre, les intentions de l’exécutif concernant la gouvernance du régime.

Contrepartie

Durant la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait présenté le renforcement du contrôle des chômeurs comme une « contrepartie » à une assurance chômage qu’il comptait rendre « universelle ». À défaut d’universalité totale, le gouvernement s’apprête finalement à élargir le régime aux indépendants en liquidation judiciaire et, sous conditions, aux salariés qui démissionnent en vue d’une reconversion. En matière de sanction, M. Macron promettait lors de la campagne de les rendre « justes et crédibles ».

Aujourd’hui, ne pas se présenter à un rendez-vous est passible de deux mois de radiation, et donc de suspension des allocations, tandis qu’un chômeur qui ne cherche pas assez active- ment un emploi risque deux semaines de radiation. « Le système est incohérent », « pas logique », estimait la ministre du Travail Muriel Pénicaud début mars. Selon Le Monde, la sanction en cas d’absence à un rendez-vous serait abaissée à deux semaines, tandis que les chômeurs ne cherchant pas d’emploi seraient plus sévèrement punis.

Remodeler l’« offre raisonnable »

La ministre veut aussi remodeler la notion d’« offre raisonnable » d’emploi, qu’un demandeur d’emploi ne peut refuser plus d’une fois sous peine d’être radié pour deux mois. L’« offre raisonnable » est déjà définie très précisément dans le Code du travail. Lors de l’inscription à Pôle emploi, elle correspond à un emploi dont la nature, le salaire et la zone géographique correspondent en tout point aux attentes du demandeur d’emploi. Mais plus il reste longtemps au chômage, plus les caractéristiques de l’offre raisonnable se dégradent.

Par exemple, au bout d’un an, un demandeur d’emploi ne peut refuser un emploi corres- pondant à ses qualifications situé à moins d’une heure ou de 30 kilomètres de chez lui et dont la rémunération est au moins égale à ses allocations chômage.

Dans les faits, cette loi, adoptée en 2008, n’est quasiment pas appliquée, puisqu’en 2013, 77 chômeurs ont été radiés pour ce motif, soit 0,01 % des 544 000 radiations totales. Muriel Pénicaud veut la rendre « pleinement applicable », dans un contexte de reprise où certaines entreprises ont des difficultés à recruter. Parallèlement à ces évolutions, le gouvernement a déjà annoncé une intensification des contrôles. Les équipes chargées de vérifier que les demandeurs d’emploi cherchent activement du travail seront portées de 200 à 600 agents d’ici à la fin de l’année.

144 000 contrôles par an

Expérimentées dès 2013, ces équipes ont été généralisées en 2015. Selon un premier bilan effectué fin 2017, elles mènent, avec leurs effectifs actuels, environ 144 000 contrôles par an – de manière aléatoire, ciblés sur des profils ou après à des signalements , qui aboutissent à quelque 20 000 radiations.

Fin décembre, face à une polémique naissante, Emmanuel Macron assurait que l’intention du gouvernement n’était pas de « mettre de la suspicion derrière chacun » mais de poursuivre « les quelques-uns qui abusent des règles ». « Il n’y a rien de choquant » à contrôler les chômeurs, estimait-il.

Le gouvernement doit également annoncer ses arbitrages sur la gouvernance de l’assurance chômage. L’Élysée indiquait, en octobre, vouloir « renforcer » le rôle de l’État, sans toutefois évincer totalement les syndicats et le patronat, qui gèrent aujourd’hui le régime au sein de l’Unédic. Demain, quelle sera exactement la marge de manœuvre des partenaires sociaux ? Un élément de réponse : jeudi, Muriel Pénicaud jugeait « essentiel » que « patronat et syndicats puissent discuter », comme ils le font aujourd’hui, des « règles » d’indemnisation, à savoir le « taux », la « durée » et les « modalités ».

Les partenaires sociaux espèrent que ces discussions ne s’inscriront pas, à l’avenir, dans un cadre trop contraint.

19/03/2018

https://www.ouest-france.fr/

Commentaire: 5 millions de chômeurs pour 200 000 emplois, même avec une bon chausse-pied, çà rentre pas! Et çà continuera tant que les chômeurs d’iront pas bosser pour rien pour n’importe quel boulot.

Lire aussi:

Les chômeurEs sous contrôle (NPA)

Lire la suite

13 février 2018 ~ 0 Commentaire

castorama brico dépôt (ouest france)

charb

Suppression de 409 postes chez Castorama et Brico Dépôt

Le groupe Kingfisher a annoncé ce mardi la suppression de 409 postes dans ses magasins Castorama et Brico Dépôt en France. Le groupe anglais Kingfisher, spécialisé dans les maga- sins de bricolage, a annoncé ce mardi la suppression de 409 postes en France chez Casto- rama et Brico Dépôt, une décision que déplorent les syndicats qui pointent « toujours plus de dividendes aux actionnaires », alors que les activités financières du groupe ont été réunies à Cracovie en Pologne.

Le « plan de transformation » nommé « One Kingfisher » prévoit un programme d’« investisse- ments informatiques, la mise en place d’une centrale d’achat unique, des évolutions des métiers du marketing et du commerce, ainsi que la création d’un centre de services partagés en Pologne pour gérer ses activités de transactions financières et comptables », a détaillé Kingfisher dans un communiqué.

Le groupe compte 20 000 emplois en France

« La mise en œuvre de ce projet entraînerait en France la suppression de 409 postes, la création de 102 postes et le transfert de 164 postes à conditions d’emplois équivalentes », ajoute la direction. Les suppressions d’emplois se partagent entre 321 chez Castorama et 88 chez Brico Dépôt, dans un groupe fort de 20 000 employés en France. « Dans un contexte de mutations profondes du secteur du commerce, ces évolutions doivent permettre aux enseignes de restaurer leur compétitivité et de renouer avec la croissance, en proposant à la clientèle des produits de qualité à un prix hautement concurrentiel et en développant la qualité de service », explique la direction.

Un chiffre d’affaires en baisse de 8 %

Pour le délégué central CFE-CGC chez Brico Dépôt, Philippe Banse « l’activité commerciale du groupe, le chiffre d’affaires, régressent certes, mais les résultats opérationnels et les actions en Angleterre progressent tous les ans ». « Il y a eu de la part de la direction un manque d’anticipation du commerce sur internet », a-t-il critiqué auprès de l’AFP. Kingfisher a annoncé en septembre un recul de 8,1 % de son bénéfice net au premier semestre, à 295 millions de livres (332 millions d’euros).

« C’est intolérable, c’est toujours pour donner plus de dividendes aux actionnaires », a également dénoncé auprès de l’AFP Nicolas Euzenot, délégué CGT de Castorama. «

Ils déroulent le projet comme un rouleau compresseur et les dommages collatéraux sont là ». Le syndicaliste dénonce dans les transferts « un plan social déguisé » : « La plupart des sala- riés concernés ne vont pas vouloir changer de métier, surtout ceux proches de la retraite », a-t-il dit. La directrice générale du groupe Kingfisher, la Française Véronique Laury, avait annoncé le 8 novembre, dans une vidéo diffusée dans l’ensemble des sociétés, le regroupe- ment des activités comptabilité et contrôle de gestion dans un centre de services à Cracovie. Le plan devrait être effectif à horizon fin 2018.

13/02/2018

https://www.ouest-france.fr/

Lire la suite

01 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

travail (attac)

travail (attac) dans A gauche du PS
.

Assises pour la liberté du travail

Macron veut libérer le travail ? Nous aussi ! Mais nous voulons le libérer de l’emprise des actionnaires et des objectifs chiffrés. Lui redonner du sens. Conquérir le pouvoir d’agir sur comment et pourquoi nous travaillons. Rendre le travail vivable et soutenable, pour nous et pour la planète. Déjà de multiples initiatives s’y emploient, portées par des organisations syndicales, des collectifs et des coopératives de travail, des chercheurs/euses et des professionnel·le·s de santé…

Inscription en ligne

Attac et la Fondation Copernic vous invitent aux

Assises pour la liberté du travail

le samedi 13 janvier de 9 h à 16 h 30 à la Bourse du Travail (29 Boulevard du Temple ; Salle Henaff).

Les Assises pour la liberté du travail visent à confronter ces initiatives et les renforcer, à partir de trois tables-rondes :

  1. Résistance et pouvoir d’agir au coeur du travail réel ;
  2. Qualité du travail, santé et écologie ;
  3. Travail, entreprise et démocratie.

Avec Geneviève Azam (Attac), Éric Beynel (​Solidaires​), Yves Clot (Cnam), ​​Philippe Davezies (Université Lyon 1​), Noémie de Grenier (Coopaname), Fabien Gâche (CGT), Danièle Linhart (CNRS), Duarte Rolo (Cnam)​​, ​​Alistair Smith (Banana Link​)​, Laurence Théry (auteure de Le travail intenable), ​Laurent Vogel (Institut syndical européen) et d’autres intervenant·e·s en attente de confirmation

Avec le soutien de la FSU et de l’Union syndicale Solidaires.

En partenariat avec Basta !, Mediapart, Politis, Reporterre, Santé & Travail.

https://france.attac.org/

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin