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24 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

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En Bretagne, des coopératives dévoyées

Pratiques criminelles dans l’agroalimentaire

Comment un pays producteur tel que la France peut-il se retrouver avec des millions d’œufs infectés au fipronil, un insecticide dangereux, et des tonnes de produits contaminés ? L’industrialisation de l’agroalimentaire connaît ainsi des scandales à répétition. En Bretagne, l’évolution des coopératives conduit parfois à mettre en danger la vie de leurs salariés tout en marginalisant les paysans.

En 2008, l’été avait été pourri, mais le cours mondial des céréales flambait.

À la fin de l’hiver 2009, il fallait préserver les vingt mille tonnes stockées à Plouisy, aux portes de Guingamp, dans les immenses silos à plat de la société Eolys. Moisissures, charançons et parasites proliféraient dans les hangars. « Au lieu de ventiler, et pour des raisons de coût, raconte avec colère M. Laurent Guillou, les responsables du site ont décidé de traiter avec du Nuvan Total. » Une pompe doseuse pulvérise ainsi des centaines de litres de ce produit contenant du dichlorvos, un insecticide classé comme « extrêmement dangereux » et « potentiellement mortel » par l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) et interdit d’utilisation depuis mai 2007.

Ce fils de paysan, employé à la réception des céréales, ne sait pas encore que sa vie vient de basculer. En février 2010, il réceptionne sans protection du triticale (hybride de blé et de seigle) traité avec du Nuvagrain (chlorpyriphos-méthyl) et du K-Obiol (deltaméthrine). Les mêmes symptômes apparaissent chez plusieurs employés : maux de tête, brûlures au visage et problèmes respiratoires. La dose maximale autorisée a été largement dépassée, selon le tribunal des affaires de sécurité sociale, qui a condamné pour faute inexcusable le groupe coopératif Triskalia, issu de la fusion d’Eolys avec les coopératives des agriculteurs du Morbihan et de Bretagne. Atteints d’hypersensibilité chimique multiple, deux salariés ont obtenu une indemnisation, mais ils attendent toujours la suite de leur plainte au pénal. Deux autres se battent depuis six ans pour être reconnus en maladie professionnelle. Ils sont tous sans travail.

Les silos métalliques dominent désormais les campagnes. De ces nouvelles citadelles de l’agroalimentaire, intrants (produits chimiques) et objectifs de production partent en direction de ce que l’on n’appelle plus des fermes, mais des « exploitations agricoles ». Les usines de suppléments nutritionnels et d’enrobage de semences irriguent les norias de camions sillonnant jour et nuit les routes du poulet, du porc, du lait et des pesticides.

Quand Gwenaël Le Goffic s’est pendu à son camion, le 21 mars 2014, il a laissé une étiquette bleue portant trois noms d’antibiotiques : flubendazole, amoxicilline et colistine. Mêlés aux céréales dans le PrimRégal, ils « maximisent la croissance » des porcelets. L’usine Inzo de Loudéac, qui le fabrique, appartient à InVivo, premier groupe coopératif français, qui affiche son « respect de la planète et des hommes ». Le Goffic réceptionnait le PrimRégal à Plouisy sur le site de Nutréa, filiale de Triskalia, qui l’employait depuis vingt ans. Il perçait les sacs au-dessus d’une trémie (entonnoir) afin de remplir les cellules de son camion, avant les livraisons chez les éleveurs.

« Le code du travail n’était pas respecté, car il n’y avait pas de système d’aspiration dans ce local. Malgré les demandes de mon mari et de son collègue, rien n’avait été fait », explique sa veuve. Exposé quotidiennement aux poussières, le chauffeur de Nutréa vivait dans l’angoisse que ses atteintes oculaires à répétition n’entraînent la perte de son emploi. Les salariés ignoraient qu’il fallait manipuler ce produit avec grand soin. Pour l’inspection du travail, ce poste était « un des plus difficiles de l’usine, en termes d’amplitudes horaires et de contraintes physiques (1».

Selon Mme Le Goffic, son mari « faisait régulièrement des journées de douze à quatorze heures ». Fatigué physiquement et moralement, il avait pris soin de rapporter à son domicile l’étiquette bleue sur laquelle il devait écrire sa lettre d’adieu. « Je n’ai reçu aucun soutien de la direction de Nutréa ce jour-là », se souvient Mme Le Goffic. Par deux fois, la Mutualité sociale agricole s’est opposée à une reconnaissance du suicide en accident du travail. Dès le drame, le directeur des ressources humaines de Nutréa avait contesté tout lien entre l’entreprise et l’ultime protestation de Le Goffic contre ses conditions de travail. Le tribunal des affaires de sécurité sociale des Côtes-d’Armor en a jugé autrement en septembre 2015.

Classé « Seveso seuil haut », le site Triskalia de Glomel, en Centre Bretagne, servait d’entrepôt pour les produits destinés aux agriculteurs et aux jardineries. Emballages détériorés et pesticides interdits étaient brûlés à l’air libre ou vidés sur le sol. L’équipe a été décimée : cinq morts et six cancers. La famille Pouliquen a payé un lourd tribut : leucémie pour Raymond et lymphome pour Noël, son fils. À Plouisy comme à Glomel, seule semble avoir compté la rentabilité, et non les hommes. Ventiler ? Faire fonctionner les extracteurs ? La plupart des groupes coopératifs sont devenus des entreprises gérées par objectifs, avec, parmi les priorités, la réduction des frais de fonctionnement.

André Pochon, paysan retraité et auteur d’ouvrages de référence (2), a assisté au passage de l’autonomie à la spécialisation encouragée par la politique agricole commune (PAC) européenne :

« Dans les années 1950 et 1960, les paysans se sont regroupés dans de petites coopératives qui ont pris la place des négociants et des maquignons. L’accroissement de la taille des élevages a commencé dans l’aviculture, puis la filière porcine a suivi. Assez vite est arrivée l’importation d’aliments. Tout était taxé, sauf le soja. On pouvait nourrir les animaux au prix mondial, et la PAC garantissait les prix de vente, quels que soient les volumes produits. Le hors-sol s’est développé. L’industrialisation était partie, et la coopération a explosé, avec toutes les dérives qui nous ont menés à la situation actuelle. Le vide des campagnes a été organisé par le syndicalisme majoritaire et les coops. »

Éleveur de porcs près de Guingamp, M. Thierry Thomas a observé de près cette dérive des coopératives : « À l’époque, on avait de véritables administrateurs, qui savaient bien à quoi servait l’outil. Au milieu des années 1980, on a commencé à entendre qu’on entrait dans une ère de compétition et qu’il fallait se regrouper. Les directeurs financiers diffusaient la bonne parole dans les assemblées générales des coops. Elles ont commencé à se bouffer les unes les autres, et la gestion est devenue opaque pour les paysans-administrateurs. L’éloge de la réussite individuelle a relégué l’ambition collective au second plan. »

Entre 1965 et 2007, le nombre de coopératives agricoles est passé de 5 700 à 3 200, dans un contexte de regroupement et d’insertion dans le marché :

« L’apparition au cours des années 1980 de la filialisation, renforcée par les lois de 1991-1992 sur les coopératives agricoles, a entraîné un basculement de l’activité des coopératives vers des filiales de droit commercial », observent plusieurs chercheurs (3). Les coopérateurs ont perdu la maîtrise de la valorisation de leurs produits. Ainsi, dans la filière lait, la première coopérative française, Sodiaal Union, collecte le lait mais ne le transforme pas, pas plus que sa filiale Groupe Sodiaal, qui livre à Sodiaal International. La transformation est effectuée en aval par des sociétés financées en partie par des capitaux privés, mais dont une partie appartient à la coopérative. Le producteur n’a aucune prise sur les stratégies de ces sociétés.

Même situation chez Laïta, né en 2009 du regroupement des activités laitières des coopératives Even, Terrena et Triskalia.

Les adhérents vendent leur lait au groupe Triskalia, qui le revend à Laïta, cette dernière assurant la collecte et la commercialisation des produits vendus sous marques. « Les paysans sont victimes d’un montage qui rend opaques la production et la répartition de la valeur ajoutée entre la filiale et la coopérative », constate la Confédération paysanne du Finistère, qui a porté plainte en novembre 2016 pour extorsion. Le syndicat agricole observe un lien entre le faible prix — inférieur au coût de production, estimé à 350 euros les mille litres — payé aux éleveurs et la disparition des fermes, voire le nombre de suicides chez les agriculteurs. Ces derniers doivent satisfaire aux exigences de la coopérative en matière de volume et de qualité, sous peine de rupture de leur contrat sans indemnités. Mais ils n’ont pas de recours lorsque les engagements de prix ne sont pas tenus.

La démocratie interne, autre fondement des coopératives, est elle aussi battue en brèche. « Dans les années 1980, il y avait encore du débat dans les assemblées générales, se souvient M. Thomas. Et puis, tout est devenu compliqué, et les paysans ont peu à peu accepté d’être dépossédés. Les questions devaient désormais être posées trois semaines avant l’AG ; ce qui aurait pu remonter vers le haut s’évaporait dans les assemblées de section. C’était fini, le débat était mort. Les adhérents ont lâché prise et ne sont plus allés aux assemblées. »

Dans le grand bal des rachats, fusions et concentrations, la plupart des paysans sont restés au bord de la piste. Et avec de plus en plus de chaises vides : on comptait 150  000 exploitations en 1970 ; il n’en reste plus qu’environ 30 000. Poussées par les incitations de la PAC (soutien à l’export) et les règles de l’Organisation mondiale du commerce, les coops ont commencé à jouer leur partition sur le marché international avec les mêmes méthodes que les industriels. Les années 1990 ont vu ainsi l’Union coopérative de l’Argoat (UCA) tenter un projet de plantation de milliers d’hectares de manioc à Madagascar. Une tentative qui a fait long feu, mais qui montre la volonté des dirigeants des groupes coopératifs de jouer dans la cour des grands.

Faut-il s’étonner, dès lors, que Triskalia ait acheté des haricots en Espagne en 2014, laissant sur le carreau nombre d’agriculteurs français qui s’étaient engagés dans cette production en lui achetant semences, engrais et produits phytosanitaires ?

« Ils ont oublié leur rôle originel, constate l’un d’entre eux. Beaucoup d’agriculteurs ne peuvent pas aller ailleurs, car ils sont endettés auprès du groupe. C’est la base du système. » Plus récemment, le même groupe a importé du maïs traité à la phosphine en provenance du port roumain de Constanţa (4).

La direction dit avoir été avertie par son fournisseur, la Cobrena Achats, union de coopératives détenue en partie par Triskalia. Ce sont en fait des salariés de Plouisy qui ont donné l’alerte après avoir consulté des bordereaux laissés sur un bureau de l’entreprise. Sise à Loperhet (Finistère), la Cobrena est chargée de l’achat des matières premières (céréales, vitamines…) nécessaires à la fabrication des aliments. Déchargées sur le port de Brest en décembre 2016 par un vraquier polonais battant pavillon des Bahamas, ces 25 000 tonnes de maïs avaient été désinsectisées par fumigation à l’hydrogène phosphoré, ou phosphine.

Ce gaz, mortel par inhalation, peut provoquer des lésions oculaires graves, selon l’INRS. En février 2008, il avait provoqué la mort d’un marin roumain sur le cargo Susie, qui transportait huit mille tonnes de pois (5). Selon la direction de Nutréa-Triskalia, les analyses effectuées sur les soixante tonnes livrées à Plouisy (sur les six mille tonnes prévues) n’ont révélé aucun résidu de ce produit. Lors d’une audition menée par une commission sénatoriale sur les pesticides, en septembre 2011, M. Dominique Bricard, directeur général de Nutréa, affirmait pourtant : « L’un de nos objectifs est de rendre nos sites exemplaires en matière de risque. »

Les groupes coopératifs contrôlent eux-mêmes la qualité des produits. Le laboratoire d’analyse de Triskalia, Capinov, est ainsi censé garantir la sécurité des productions de la coopérative. Mais, en 2014, la Cour des comptes notait : « L’obligation de transmettre des résultats d’analyse non conformes ne pèse aujourd’hui que sur les professionnels, alors même que cette communication est contraire à leurs intérêts. »

En juillet 2015, la Cooperl a été condamnée pour faux, escroquerie et tromperie par le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc : le groupe coopératif, leader de la filière porcine industrielle, avait truqué ses analyses afin d’écouler près de deux mille tonnes de viande contaminée à la salmonelle. Les vétérinaires spécialisés en élevage industriel sont devenus salariés des coops dans les années 1990, et l’administration se contente de contrôler… l’autocontrôle, dans un contexte de réduction des effectifs de la direction générale de l’alimentation.

« Rien ne se perd, tout se transforme ». Lorsqu’il y a de la casse dans les élevages, les camions tournent pour faire de la « reprise » des aliments distribués, mais ceux-ci sont mélan- gés à de nouvelles céréales et repartent vers les exploitations. Avec quelles conséquences pour les consommateurs ? La question sera peut-être examinée grâce à l’initiative des ex-salariés de Triskalia auprès de la commission des pétitions du Parlement européen. Le 25 avril 2017, cette dernière a unanimement demandé à la Commission européenne d’enquêter sur l’utilisation des pesticides dans l’entreprise Triskalia et plus largement dans le secteur agroalimentaire en Bretagne.

Patrick Herman

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19 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

la poste carhaix (ouest france)

la poste

Carhaix. Le ras-le-bol des facteurs carhaisiens

Yann Le Gall, Florence Rivoalen et Isabelle Le Garrec affirment que leur ras-le-bol est partagé par l’ensemble du personnel carhaisien.

Depuis une récente réorganisation des tournées, les facteurs carhaisiens se disent dans l’incapacité de distribuer tout leur courrier. Ils dénoncent une dégradation du service et de leurs conditions de travail. Le 3 octobre, les facteurs du bureau de poste de Carhaix se sont vu imposer une réorganisation de leurs tournées de distribution. Bilan, sur 16 tournées, deux ont été supprimées, et le travail effectué sur celles-ci a été réparti sur les autres.

« Réorganisation tous les deux ans »

« Depuis 2005, il y a des réorganisations tous les deux ans, indique Yann Le Gall, facteur et représentant du syndicat Sud. Et à chaque fois, de nouvelles tournées sont supprimées.  « Avant la dernière en date, les facteurs ne parvenaient déjà plus à distribuer l’intégralité de leur courrier dans le temps imparti, selon eux. Alors, ils multipliaient les heures supplémentaires pour venir à bout de leur tâche. « L’année dernière, j’ai fait l’équivalent d’un 13e mois en heures supplémentaires », note Isabelle Le Garrec.

Courrier non distribué

Sauf que depuis le 3 octobre, la Poste ne souhaite plus payer ces heures, d’après les salariés de Carhaix. Ceux-ci sont donc contraints de régulièrement rentrer de leur tournée sans avoir distribué tout leur courrier. « Rien qu’aujourd’hui, je suis revenue de ma tournée avec 250 plis non distribués », affirme Isabelle Le Garrec.« Quand les gens achètent un timbre, ils payent pour un service, on leur doit la distribution du pli ! », s’insurge Yann Le Gall.

De nombreuses réclamations

Plus globalement, les facteurs carhaisiens dénoncent une entreprise que l’esprit de service public aurait désertée, remplacé par une logique de rentabilité. « On se retrouve tous les jours avec des réclamations, des entreprises qui se plaignent de ne plus recevoir leur courrier, des particuliers qui ne comprennent pas la situation », se désole Yann Le Gall. « Et la direction ne fait rien pour informer la population », renchérit Florence Rivoalen, également postière à Carhaix.

Rythme de travail modifié

Le rythme de travail des salariés a aussi été modifié par la réorganisation du 3 octobre. « Avant, nous travaillions de 7 h 30 à 13 h 50, avec une pause payée de 20 minutes, détaille Yann Le Gall. Désormais, on fait 7 h 50- 15 h 40, avec une pause méridienne de 45 minutes, imposée mais non rémunérée. » S’ajoute à cela la suppression d’une prime repas de 2 € par jour.

La direction conteste

De son côté, la direction affirme qu’il est toujours possible de faire des heures supplémentaires si les facteurs le demandent à leur responsable, et conteste la non-distribution d’une grosse partie du courrier décrite par les facteurs. « Les tournées sont dimensionnées en fonction du terrain, mais s’il y a des ajustements à faire à la marge, ils seront faits », ajoute-t-elle. Reste que de nombreux Carhaisiens font part de dysfonctionnements dans la livraison du courrier depuis le 3 octobre.

18/10/2017

https://www.ouest-france.fr/

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18 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

carhaix synutra (ouest france)

harceleme

Chez Synutra, malaise social et départs massifs

L’appel au recrutement, nécessaire vu le turn-over important des ouvriers et cadres de l’usine.

Au sein de l’usine carhaisienne de lait infantile en poudre, beaucoup de salariés dénoncent un climat social tendu. De nombreux départs sont enregistrés depuis les débuts de l’entreprise en 2015. Les témoignages recueillis sont édifiants : nombre de toilettes insuffisants, climat de délation, turn over…

Problèmes de sécurité, d’hygiène au travail, intimidation des employés, une centaine de départs sur environ 300 salariés…

Y a-t-il un climat social dégradé à Synutra, l’emblématique usine de fabrication de poudre de lait pour les bébés de Chine, ouverte à Carhaix (Finistère) il y a deux ans ? De multiples témoignages de salariés l’accréditent. Des emplois en Centre-Bretagne, tout le monde court après. Si bien que, lorsque Synutra s’est construit à Carhaix, beaucoup ont applaudi. Bien sûr, on sait que les emplois de l’agroalimentaire ne sont pas les plus faciles ni les mieux payés.

Turn over

Nombreux sont ceux que les postes intéressaient, dans cette usine toute neuve. Aujourd’hui, ils sont presque autant à déchanter. « On y allait avec plaisir, on était content de travailler. Mais au final, je n’aurai pas pu rester plus longtemps », témoigne Paulette (*), qui a quitté l’usine il y a un an, après une rupture conventionnelle.

La vie au travail est difficile. Le turn-over est important. Chez les ouvriers comme les cadres, les démissions, ruptures conventionnelles de contrats et licenciements sont légion. Nombre de ces ouvriers ont auparavant travaillé ailleurs, dans l’agroalimentaire breton, des volaillers, d’autres laitiers… Tous s’accordent : Synutra c’est pire.

« La boule au ventre »

Certes, des salariés ne trouvent rien à redire. « Ce n’est pas un boulot marrant. Mais c’est largement supportable », glisse une jeune femme salariée depuis plusieurs mois. « Ce n’est pas trop physique et on ne travaille pas dans le froid », précise Caroline(*), jeune salariée.

Mais Paulette n’est pas de cet avis. Quand elle a quitté l’entreprise il y a un an, elle avait perdu 10 kilos. Elle avoue : « J’y allais avec la boule au ventre ». Quand elle travaillait, en 2016, les convocations étaient nombreuses. « Je me suis plusieurs fois retrouvée seule dans un bureau avec trois chefs. On me demandait de dénoncer des collègues. Je ne l’ai jamais fait ».

Ambiance de délation

Cette ambiance de délation est fréquemment soulignée par les salariés rencontrés. Charlot- te(*),  employée de l’usine, confirme un climat de peur : « On ne sait plus à qui parler. Alors on ne parle plus. Je pense que c’est ce qu’ils veulent », lâche-t-elle. Certains employés de Synu- tra pointent des soucis de sécurité, des travaux en hauteur risqués, un manque de formation face aux produits dangereux, comme la soude. Jean (*), salarié dans les bureaux carhaisiens de Synutra, explique que les pauses cigarette sont interdites sur toutes les zones cadastrales (et pas seulement l’enceinte) de l’usine.

Manque de toilettes

Les salariés doivent se serrer la main, pas de bises. Les alarmes sonnent régulièrement, « on n’y fait plus attention. D’ailleurs on ne fait pas d’exercices. Je ne sais pas par où il faut sortir en cas d’incendie », raconte Charlotte. La permission des chefs est de mise pour aller aux toilet- tes. Les sanitaires ne sont pas assez nombreux, parfois fermés pour des raisons inconnues dans la zone de production. Il faut alors repasser par les vestiaires. Certains, pressés, s’oublient. Jointe mardi, la direction n’a pas souhaité, pour l’instant, répondre à nos questions. Les représentants syndicaux de la CGT n’ont pas non plus souhaité s’exprimer.

18/10/2017

(*) Tous les prénoms ont été modifiés.

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kar

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14 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

carhaix (la poste)

poste

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07 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

carhaix

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http://www.festivaldulivre-carhaix.bzh/fr/

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24 août 2017 ~ 0 Commentaire

non lieu (le canard)

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Par contre les voleurs de poules seront pourchassés!

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25 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

pesticides (reporterre)

pesticideis

Les déboires des pesticides en Bretagne

Le risque zéro n’existe pas et même si sur le papier, il est sous contrôle, on constate réguliè-rement des écarts avec la réalité.

Il en va ainsi du Centre Bretagne, haut lieu agricole de la région, où les plateformes de stockage de pesticides avec leurs va-et-vient de camions font partie du paysage.

L’histoire  montre que les accidents, les erreurs de manipulation et le non-respect des normes peuvent avoir des conséquences sanitaires importantes.

Ainsi en va-t-il pour la santé des anciens salariés de Triskalia qui ont fait condamner leur coopérative agricole pour intoxication. Noël Pouliquen travaillait sur la plateforme de Glomel et racontait à Reporterre en septembre dernier, que dans les années 1990, « on devait slalomer entre les bidons et les sacs de pesticides, certains éventrés ou percés, qui s’écoulaient à même le sol. (…)

Les déchets et les pesticides invendus, interdits pour leur dangerosité, étaient jetés et brûlés sur le lopin de terre voisin. »

C’était il y a plus de vingt ans, les normes ont changé et sans doute les pratiques aussi. Néan- moins, la récente [vidéo d’un sous-traitant d’ArcelorMittal-)>https://reporterre.net/ArcelorMittal-impliquee-dans-une-pollution-a-l-acide-en-Moselle] déversant de l’acide dans un endroit inadéquat, incite au scepticisme.

https://reporterre.net/


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Lire aussi 

Couac gouvernemental sur les pesticides : en fait, rien n’est vraiment réglé

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11 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

carhaix stage (ar falz)

shopping

39e stage de breton Ar Falz-Skol Vreizh à Carhaix 

39vet Skol-hañv brezhoneg Ar Falz-Skol Vreizh e Karaez

Pour apprendre ou réapprendre le breton :

39e stage de breton Ar Falz / Skol Vreizh (du 14 au 18 août 2017) à Carhaix (29)  260€ la semaine (hébergement & repas compris)

Centre d’hébergement de Kerampuilh (Lycée Diwan)

http://www.skolvreizh.com/

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04 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

carhaix poher linky (le télégramme)

compteurs linky

Linky. Le collectif ne désarme pas

Les membres du collectif Stop Linky en Poher ont fait un nouveau point hier matin, lors d’une conférence de presse.

Né en juin 2016, le collectif Stop Linky en Poher continue à s’employer à informer la population et les municipalités, des enjeux du remplacement des compteurs élecriques communicants de type Linky. « Le déploiement généralisé de ces compteurs est désormais imminent à Carhaix, Motreff et Saint-Hernin. Selon les informations données par Enedis sur son site, il débutera en ce mois de juillet, pour s’achever en janvier 2018. Pourquoi remplacer tous les compteurs électriques existants, en bon état de marche, par des compteurs communicants ? », s’interroge Bernadette Larroque, porte-parole du collectif.
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Des risques pointés du doigt

Les membres de Stop Linky en Poher estiment que la population n’est pas correctement informée par le distributeur national, sur les enjeux et les potentiels dangers de Linky. Le collectif pense également que « ce système présente des risques majeurs dans le domaine de la santé, avec des radio-fréquences toxiques, dans le domaine de la sécurité, avec des risques d’incendies, de dysfonctionnements des appareils électriques, de pannes, dans le domaine du coût pour l’usager et dans celui de l’intrusion dans la vie privée ».

« De plus, il est désormais clair que ni les Directives européennes de juillet 2009, ni la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, du 17 août 2015, ne rendent les compteurs communicants obligatoires « , conclut Bernadette
Larroque.
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04 juillet 2017
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Permanences du collectif, tous les jeudis de 16 h à 18 h, en mairie de Carhaix, salle Justice de Paix.
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Contacts :
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02 98 93 32 23
stoplinkyenpoher@riseup.net

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28 juin 2017 ~ 0 Commentaire

le canard (fr3 + médiapart)

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Le Canard enchaîné épingle à nouveau Richard Ferrand

Le Canard enchaîné a de nouveau épinglé, dans son édition de mercredi, le député Richard Ferrand qu’il présente comme un « militant du mutualisme familial » en énumérant plusieurs faveurs que l’élu aurait accordées à sa compagne, selon l’hebdomadaire.

Sandrine Doucen a été dès 2000 embauchée aux Mutuelles de Bretagne, dirigées à l’époque par Richard Ferrand, affirme le Canard Enchaîné ce mercredi.

Alors âgée de 25 ans et étudiante en droit, Mme Doucen aurait été embauchée en tant que directrice du personnel. La même année, elle a complété ses revenus par un « petit job » au château de Trévarez, un domaine appartenant au département du Finistère et géré par un comité d’animation présidé par le conseiller général Ferrand, poursuit l’hebdomadaire.

Mme Doucen continuera d’être salariée par les Mutuelles de Bretagne jusqu’à sa prestation de serment d’avocat en septembre 2004, soutient Le Canard enchaîné, pour qui la « bienheureuse étudiante aura bénéficié d’une sorte de « bourse » de 80.000 euros, financée par les mutualistes et les contribuables locaux« .

« Aucune forme d’illégalité »

« En dépit d’une présentation arrangée et orientée à dessein, il n’est fait état de strictement aucune forme d’illégalité dans cet article« , a-t-on réagi mardi dans l’entourage de M. Ferrand.
« Par conséquent, il n’y a rien à commenter. Seule la loi doit primer, l’État de droit, rien que l’État de droit, pas un pseudo ordre moral« , a ajouté l’entourage de ce proche d’Emmanuel Macron.

Fin mai, Le Canard enchaîné avait déjà révélé qu’en 2011, les Mutuelles de Bretagne, dont M. Ferrand était le directeur général, avaient choisi de louer un local à une société immobilière appartenant à sa compagne. Cette opération lui aurait permis de se doter « sans bourse délier, d’un patrimoine immobilier d’une valeur actuelle nette de 500.000 euros« , selon l’hebdo- madaire. Visé par une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Brest dans le cadre de cette affaire, M. Ferrand n’est resté qu’un mois à la tête de son ministère de la Cohésion des territoires. Samedi, il a été élu président du groupe des députés REM à l’Assemblée nationale.

LH 28/06/2017

http://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Ce que le traitement de l’affaire Ferrand nous dit (Médiapart)

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