Archive | Carhaix Kreiz Breiz

29 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Romain Pasquier, « Il manque une colonne vertébrale » (lt)

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Politologue et enseignant à Sciences-Po Rennes, Romain Pasquier observe de près le mouvement des bonnets rouges.

Romain Pasquier,

Comment caractériser ce mouvement ?
Ce qui m’avait frappé à Quimper, c’est le caractère populaire de la manifestation. Il y avait des gens d’origines différentes mais cela ne correspondait pas à la mythologie parisienne, qui commençait à se répandre, de grands patrons qui faisaient défiler leurs salariés.

Vous voulez dire que l’on a caricaturé ce mouvement ?
Oui. C’était beaucoup plus pluriel que ça. Il y avait beaucoup de petits patrons mais beaucoup de ces petits patrons n’ont pas des conditions tellement différentes de celles de leurs salariés. Il y avait aussi, bien au-delà de l’écotaxe, des militants associatifs et culturels qui étaient là pour témoigner du décrochage du Centre-Bretagne. Ce n’était pas l’expression d’une région en déclin mais d’une région inquiète sur ses piliers de développement qui ne sont pas qu’économiques mais aussi culturels.

Est-ce que l’on peut parler d’un mouvement régionaliste ?
Évidemment, il y a un caractère hétéroclite dans ce mouvement, mais en même temps, ça continue à tenir, en tout cas jusqu’à demain. Qu’est-ce qui fait que des salariés et des patrons, des gens de droite et de gauche défilent ensemble et que ça a tenu ? La seule explication, à mon avis, c’est le souci de l’avenir d’une région, le sentiment d’appartenance à celle-ci. On peut donc parler d’une expression régionaliste.

Sur quoi peut déboucher selon vous ce mouvement ?
Il manque quand même une colonne vertébrale intellectuelle à ce mouvement. Il n’y a pas un projet de développement alternatif qui émerge. Ça reste un peu court. C’est, par ailleurs, un mouvement essentiellement cantonné en Basse-Bretagne. Son échec pour le moment, c’est de ne pas avoir essaimé en Haute-Bretagne. Cela peut d’ailleurs alimenter des tensions entre Bretons. On a vu, par exemple, des déclarations pas très sympathiques d’élus rennais.

Sur quoi pourrait déboucher le rassemblement de demain ?
Je pense que ça va permettre de flatter une forme de régionalisme ordinaire qui est très fort en Bretagne. Mais après qu’est-ce que l’on fait de cela ? Je ne crois pas que Kérampuil nous donnera beaucoup de réponses. Ça risque un peu de rester en l’état sans que l’on voie de sortie, que ce soit dans la négociation avec l’État ou alors dans une structuration de ce mouvement.

La participation à ce rassemblement aura quand même une grande importance ?
Oui. La première étape serait au moins de regrouper autant de monde qu’à Quimper en confirmant que ce sont eux qui ont le soutien populaire en Basse-Bretagne et pas ceux qui négocient le Pacte d’avenir. Ça pourrait leur permettre d’enclencher une nouvelle séquence de négociations ou, en tout cas, de faire pression sur l’État pour qu’il engage un volet plus politique dans la négociation sur le futur modèle breton. 29 novembre 2013 à 07h14 Propos recueillis par Yvon Corre

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/france-monde/france/romain-pasquier-il-manque-une-colonne-vertebrale-29-11-2013-2319556.php

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29 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Carhaix s’attend à une marée rouge (20mn)

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Mobilisation Le mouvement des « bonnets rouges » appelle à un grand rassemblement samedi

Habituée à accueillir des foules de festivaliers chaque été lors du festival des Vieilles Charrues, la commune de Carhaix s’apprête à voir déferler des milliers de « bonnets rouges » samedi dans ses rues.

Après Quimper le 2 novembre, c’est donc en plein cœur du Kreizh Breizh que s’exprimera la révolte bretonne pour un rassemblement « grave mais festif », selon les organisateurs. Dans le bourg de cette commune de 7 700 âmes, nombreux sont les commerçants qui ont placardé sur leur vitrine une affiche « Oui à l’emploi, non aux taxes ». Samedi, ils resteront ouverts toute la journée en signe de solidarité. « Bien sûr que j’enfilerai le bonnet rouge. La pression fiscale est telle que les petits commerçants et artisans n’arrivent plus à payer leurs charges », témoigne James, qui gère la bras- serie sur la place de la mairie. Un café où l’on croise, ce jeudi matin, Christian Troadec, maire de la commune et leader de la grogne. « On va montrer samedi au gouvernement que nous ne sommes pas résignés. On attend toujours des réponses urgentes et fermes pour sauver l’emploi dans la région et pas des mesurettes comme leur pacte d’avenir », clame Christian Troadec.

Un maire qui agace « C’est juste le début d’un soulèvement populaire, on ne lâchera rien face à ce pouvoir qui ne tient pas ses engagements», indique Mathieu, à la tête du restaurant les Bonnets Rouges. Opposant politique à Christian Troadec, ce membre actif du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) réfute toute étiquette politique au mouvement. « Le temps d’une lutte, nous pouvons tous nous associer comme nous l’avons déjà fait par le passé pour s’opposer à la fermeture de l’hôpital », assure le jeune homme.

Si la majorité des Carhaisiens soutient la fronde des « bonnets rouges », quelques voix discordantes se font toutefois entendre dans le bourg. « Je trouve que le mouvement se disperse un peu, on n’arrive plus trop bien à cerner leurs revendications », explique Huguette. Stéphanie, qui vit de petits boulots depuis plusieurs années, prend quant à elle pour cible Christian Troadec. « Je trouve qu’il en fait trop. C’est bien qu’il se mobilise mais on a l’impression qu’il pense surtout à sa réélection l’an prochain », souligne la jeune femme qui ne sera pas du rassemblement. « Je vais faire mes valises pour le week-end et je reviendrai dimanche soir quand tout sera fini », sourit-elle.

Jérôme Gicquel Créé le 29/11/2013 à 07h08 — Mis à jour le 29/11/2013 à 07h08

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29 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Gilles Servat, le « porte-parole de personne » (lt)

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À Quimper, le 2 novembre dernier, une partie de la foule avait repris spontanément en choeur « La Blanche Hermine ».

Il était donc assez logique que Gilles Servat soit l’une des têtes d’affiche du rassemblement des bonnets rouges sur la pelouse de Kérampuil demain. « J’y vais volontiers, même si c’est un peu par hasard », dit-il.

« On vit dans un pays trop centralisé »  Le chanteur avoue de la sympathie pour le mouvement mais refuse, dans le même temps, toute forme de récupération. « Il va dans le sens de ce que je pense depuis longtemps : que l’on vit dans un pays trop centralisé, que la Bretagne a besoin de plus d’au- tonomie en matière économique et linguistique. Mais je ne suis pas, insiste-t-il, le porte-parole du mouvement ni de quiconque ». Voilà qui est dit.

L’artiste tient à garder sa liberté et souligne qu’il y a des choses avec lesquelles il est d’accord et d’autres pas. « Il y a des gens de la FDSEA qui sont avec les bonnets rouges. Mais moi, je pense qu’il faut changer le système agricole ». Le chanteur dit, surtout, être « extrêmement sen- sible à ce que des gens soient mis au chômage.

Je vais chanter des chansons comme « Les Prolétaires » qui ne plairont pas forcément à tous ceux qui seront présents ». Christian Troadec l’a d’ailleurs appelé pour lui demander de la chanter. Gilles Servat a également prévu d’entonner « Sans demander la permission », l’une des chansons de son dernier album. « Ça va dans le sens de ce que je pense : faisons les choses nous-mêmes. Si on nous laisse faire, ça peut être mieux ». Et, bien sûr, « La Blanche Hermine », l’incontournable. Aucune raison de ne pas la chanter, malgré les interprétations douteuses et tentatives de récupération qui en ont été faites. « À Quimper, il y en a qui ont enfin compris le sens de la chanson. Parce qu’ils étaient mêlés à des marins, des ouvriers et des paysans. »

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/bretagne/bonnets-rouges-le-grand-debat-29-11-2013-2320528.php

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29 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Pontivy,«tracto-vélo» samedi contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes (lt)

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Le comité Notre-Dame des Landes Centre-Bretagne relance la lutte anti-aéroport en organisant une manifestation festive « tracto-vélo » samedi, à Pontivy, avec la fanfare Los Trognos Coulos.

Rendez-vous à 13 h 30, sur le parking de l’IUT, près du lycée du Gros-Chêne, pour un départ à 14 h. Piétons, vélos décorés, fauteuils roulants, poussettes… sont les bienvenus.

Arrivée vers 15 h 30, à la cabane du collectif, place du Martray en musique. Ensuite viendra le rendez-vous du 7 décembre à Brest contre les «grands projets inutiles et imposés». 29 novembre 2013 à 11h22

http://www.letelegramme.fr/local/morbihan/pontivy/ville/a-savoir-29-11-2013-2320372.php

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29 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Appels à rejoindre le cortège « pôle ouvrier » le 30 novembre à Carhaix

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Le Comité de soutien au maintien de l’emploi dans le Centre Bretagne avec des salariés de GAD, Marine Harvest, et Tilly Sabco organisera un cortège  »Pôle ouvrier » pour lutter contre les licenciements.  Le RDV est donné à 13H place de la gare à Carhaix.
 
Le Comité Brestois de soutien des travailleurs-ses de l’agroalimentaire, qui sera présent ce jour là aux côtés des salariés en lutte, invite tous les salariés, précaires, chômeurs à se joindre à ce cortège.
 
Manifestation du 30 Novembre à Carhaix
Co-voiturage au départ de Brest à 11h à l’arrêt de Tram IKEA porte de Guipavas
 
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A Carhaix comme à Quimper aux côtés de la classe ouvrière ! (Breizhistance)

Samedi 30 novembre aura lieu à Carhaix un rassemblement pour « Vivre, Travailler, et Décider en Bretagne » à l’appel du collectif du même nom. Le 2 novembre dernier plus de 30 000 personnes avaient défilé à Kemper sur le même mot d’ordre pour refuser la vague de licenciements dans l’agro-alimentaire en Bretagne et pour exiger la suppression de l’écotaxe. Nous avions souligné combien, malgré les contradictions d’intérêts et de classes évidentes entre certaines composantes du mouvement, que la composante ouvrière était la plus représentée dans la manifestation. Nous y étions intervenus sur nos propres bases indépendantistes et anticapitalistes aux côtés d’autres forces de gauche.

Nous invitons l’ensemble de nos militants et sympathisants à venir faire de même à Karaez/Carhaix ce samedi 30 en renforçant le Pôle Ouvrier, initié par le collectif pour la défense de l’emploi en Centre-Bretagne où figurent nombres d’ ouvrières et ouvriers des entreprises en lutte de chez Marine-Harvest, Tilly Sabco ou Gad. Le rendez-vous est fixé devant la gare de Carhaix à 13h.

Il faut ainsi garantir l’expression autonome de ceux et celles que la crise de l’agroalimentaire laisse sur le carreau, et exprimer avec eux nos exigences pour le refus et l’interdiction des licenciements, pour le contrôle ouvrier de la production et la collectivisation des entreprises qui licencient, ainsi que la construction d’un pouvoir populaire breton souverain.

C’est la seule façon de construire dans la durée un rassemblement des forces populaires bretonnes, du peuple travailleur de Bretagne (petite paysannerie, petits artisans et commerçants, étudiants, chômeurs et précaires, enseignants, employés des services publics de proximités…) autour d’un programme de défense des intérêts immédiats de la classe ouvrière et pour une construction démocratique de notre espace de vie commune : la Bretagne !

La Gauche Indépendantiste. jeudi 28 novembre 2013

 

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28 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

A Carhaix le 30 novembre!

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25 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Rassemblement des Bonnets rouges, création d’un «pôle ouvrier» (of)

Un pôle ouvrier a été constitué sous l’égide du comité de soutien au maintien de l’emploi. Il appelle à manifester à Carhaix le 30 novembre.

Sous l’égide du comité de soutien au maintien de l’emploi, créé le 18 octobre à Carhaix, vient de se constituer un pôle ouvrier qui appelle à participer au rassemblement des Bonnets rouges le samedi 30 novembre.

L’annonce en a été faite ce matin dans la capitale du Poher en présence de salariés de chez Gad, Tilly-Sabco et Marine Harvest. « Il faut tordre le cou à cette idée véhiculée depuis plusieurs semaines qui dit que le mouvement des Bonnets rouges est un rassemblement de patrons, d’extrémistes, d’identitaires », martèle Matthieu Guillemot, membre du comité qui rappelle que le défilé du 2 novembre à Quimper était majoritairement composé d’ouvriers,d’employés, de précaires, de chômeurs…

Les instigateurs du « pôle ouvrier » invitent ces derniers à se rassembler le samedi 30 novembre à 13 h place de la gare à Carhaix, avant de rejoindre ensemble le site de Kerampuilh.

Carhaix-Plouguer – 11h40

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16 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Carhaix Marine Harvest, « Nous ne sommes pas résignés! » (lt)

Carhaix Marine Harvest,

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Pas de fatalisme. Hier soir, le Comité pour le maintien de l’emploi en Centre-Bretagne a réaffirmé son refus de la fermeture de Marine Harvest.

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Des actions sont à venir et une réunion aura lieu chaque vendredi. « Nous ne sommes pas résignés ! » 19 h, hier, au Glenmor. A peine trente minutes d’échanges et la phrase revient déjà en bou- cle. Deux jours après la fin du conflit social chez Marine Harvest, le Comité pour le maintien de l’emploi en Centre-Bretagne n’accepte toujours pas la fermeture de l’usine de Poullaouen. La réunion a été orga- nisée à la hâte mais 150 personnes sont là. Des élus, des commerçants, des ouvriers, des artisans, des chefs d’entreprise et même une quarantaine de salariés de Marine Harvest. Tous sont venus dire «non». Non à la mort de l’usine. Du territoire.

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« Il faut se battre » Après les arrêts d’activité chez Unicopa puis Entremont ou encore Boutet-Nicolas, c’est au tour de Marine Harvest. Alors que le groupe fait des bénéfices énormes. « On ferme un site et on en conforte un autre. Et c’est toujours à notre détriment. Ça veut dire des emplois en moins, des démé- nagements et derrière des écoles, des commerces, des artisans en moins », enrage Christian Troadec. Le constat est partagé. « Il faut faire quelque chose de ce site. Il y a une usine et des gens avec des compé- tences. » Oui mais comment ? Trouver un repreneur ? Racheter l’usine ? Pas simple. « Comment réin- dustrialiser un site alors que les expéditions vont continuer deux ans ? Il ne faut pas forcément un re- preneur mais peut-être contraindre Marine Harvest à rester. Pourquoi ne pas maintenir les 80 emplois prévus à Landivisiau sur le site de Poullaouen ?», lance le maire de Carhaix. «Et on fait comment? », interroge une dame. « Il faut se battre, s’unir », répond Stéphane Renoux, intérimaire chez Marine Harvest. « Il faut se retrousser les manches », appuie Christian Troadec. « Si on avait été fataliste en 2008, on n’aurait plus de maternité et de service de chirurgie ».

Plusieurs idées d’actions Dans la salle, de nombreuses idées émergent. Matthieu Guillemot lance la première : « Yann Le Boulanger, l’attaché parlementaire de Richard Ferrand, est de Poullaouen. Il faut lui transmettre une question à poser à l’Assemblée nationale. Elle est simple : « Laissez-vous faire une multinationale réalisant 500 M€ de bénéfices qui est en train de vider un territoire de ses emplois ? ».      « Il faut bâtir un vrai projet », lance une personne avant de proposer la mise en place de groupes de travail. Reprise du site, législation, communication, les thèmes apparaissent vite. L’idée d’une pétition en ligne est aussi lancée. Une réunion hebdomadaire est fixée au vendredi. Mais, le comité veut aussi taper fort et vite. Christian Troadec annonce des actions pacifiques dès la semaine prochaine. « Il faut rapidement montrer à la direction de l’entreprise qu’on n’a pas capitulé ». La salle acquiesce. « Il faut que Marine Harvest devienne un exemple pour que ces choses-là ne se reproduisent plus ». Dominique Morvan 16 novembre 2013

http://www.letelegramme.fr/local/finistere-sud/chateaulin-carhaix/carhaix/marine-harvest-nous-ne-sommes-pas-resignes-16-11-2013-2304939.php

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15 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Bretagne:  les germes d’une convergence des luttes ouvrières existent (matthieu guillemot)

Bretagne:  les germes d’une convergence des luttes ouvrières existent (matthieu guillemot) dans Carhaix Kreiz Breiz car

Avec ou sans bonnets rouges !

Militant du NPA Kreiz Breizh, Matthieu Guillemot a été en 2008 un des animateurs de lutte victorieuse contre la fermeture des services de chirurgie et de maternité de Carhaix et un défenseur acharné des inculpés de cette lutte. Membre du comité de défense de l’emploi de Bretagne, il a pris la parole à la tribune lors de la manifestation de Quimper le 2 novembre. Il nous présente les enjeux et les perspectives de cette mobilisation.

Peux-tu revenir sur la préparation de la manifestation de Quimper ? Au départ une poignée d’ouvrières et d’ouvriers de Marine Harvest dont l’usine doit fermer. Ils ont donc interpellé le maire de Carhaix, Christian Troadec. Le choix de ces ouvriers n’était pas anodin. Les braises du conflit victorieux de l’hôpital de Carhaix brûlent encore. Le lendemain mon téléphone sonna deux fois : un appel de ce même groupe d’ouvriers pour me raconter la discussion qu’ils avaient eue avec Christian Troadec et un deuxième appel de Christian Troadec. Le but clair, affiché et partagé : remettre en action les acteurs et les moyens de la lutte de l’hôpital de Carhaix.

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Une première réunion est organisée le 18 octobre en soutien aux Marine Harvest. Cette réunion importante fut largement au-dessus de toutes les espérances : plus de 600 personnes se sont massées pour remplir la salle. Pour une ville qui compte 8 000 habitants, c’est plutôt pas mal… À la tribune étaient présents tous les groupes politiques, syndicats, élus, commerçants ayant appelé à ce rassemblement (NPA, PS, FdG, FO, CFDT, mairie de Carhaix, maire de Poullaouen, président du pays Centre Ouest Bretagne, présidente des commerçants carhaisiens) et dans l’assistance, les délégués CGT de Marine Harvest. Pour ma part, au nom du NPA Kreiz Breizh, j’ai insisté sur l’interdiction des licen-ciements, une revendication bien reçue dans le public tant le cas de Marine Harvest est plus que cho- quant. C’est à l’issue de cette soirée que sera décidée la grande manifestation contre les licenciements et pour l’emploi le samedi 2 novembre à Quimper.

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Selon toi, qu’est-ce que cette manifestation du 2 novembre a changé au climat social local et national ? Au lendemain de la manif de Quimper, la motivation est grande. Si l’effet « bonnets rou- ges » marche à plein régime, c’est qu’il est le symbole en Bretagne de la colère et du peuple. C’est une vieille histoire.

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Mais son dévoiement et sa récupération a brouillé le message (c’est le patron d’Armor Lux qui a offert les bonnets rouges sous le portique de Pont-de-Buis samedi 26 octobre), en particulier autour de la question de l’écotaxe, même si je pense personnellement que cette taxe est injuste et inefficace écologiquement. Au lendemain de la manif, à peine ai-je mis un pied hors du lit, mon téléphone sonnait. Nos camarades de Marine Harvest, présents en masse à Quimper, m’appelaient pour m’informer qu’ils entamaient une grève illimitée avec un blocus de l’entreprise. Avec Christian Troadec, nous nous sommes rendus sur place pour apporter tout le soutien du comité pour l’emploi.

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À la radio, on apprend ensuite que les salariés de Tilly-Sabco (1 000 emplois menacés) quit- tent leur entreprise de Guerlesquin pour aller à la sous-préfecture de Morlaix. Avec le syndicat CGT, les salariés ont enfoncé les portes de la sous-préfecture et occupé les lieux pendant près de 12 heures, exigeant de rencontrer le ministre Stéphane Le Foll. Le PDG de l’entreprise a tenté — une fois de plus — le coup de « l’union sacrée », comme s’il n’était en rien responsable des risques de fermeture de l’en- treprise… À cette heure, les Marine Harvest maintiennent la grève et le blocus, et des portiques écotaxe sont pris pour cible un peu partout en France. Il reste à espérer que, comme en Bretagne, le portique soit l’arbre qui cache la forêt de la révolte sociale et du refus de cette société capitaliste et productiviste qui met à mal le monde ouvrier et la petite paysannerie.

Justement, le mouvement en Bretagne semble se caractériser par deux axes revendicatifs : la lutte pour l’emploi, contre les licenciements, et l’opposition à l’écotaxe. Comment « cohabitent » les deux ? Le point de départ est assurément la lutte pour l’emploi, contre les licenciements. Les événements de Pont-de-Buis ont quelque peu brouillé la lisibilité de l’action. Pour autant, la manif de Quimper a été un vrai succès populaire.

*
La participation du NPA, avec la présence de Philippe Poutou, a contribué à centrer les débats sur les thématiques de l’emploi. Les représentants de la FDSEA, du Medef et quelques représentants de l’UMP, se sont engouffrés dans la brèche ouverte par la lutte contre l’écotaxe, en développant un dis- cours réactionnaire et productiviste. Le NPA a fait le choix de ne pas laisser le terrain à ses ennemis de classe et donc de s’adresser aux salariés, au monde ouvrier, au moment où certains préféraient s’en éloigner.

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Je pense que toutes les forces de la gauche de la gauche doivent faire face à l’ennemi de classe, et cela toujours au côté des salariés, pour ne pas laisser le cri de colère se transformer en vote de haine. Par notre présence, nous pouvons dialoguer sur nos propositions et nos solutions, comme l’interdiction des licenciements mais également l’ouverture des livres de comptes des entreprises, les réquisitions ouvrières de l’outil de travail ou les nationalisations des entreprises.

Tu es plus particulièrement investi sur la lutte des « Marine Harvest ». Où en est-on ?
Marine Harvest est le n°1 du saumon en Europe, son siège est basé en Norvège. Ses bénéfices se cessent de s’accroître, et dépassent aujourd’hui les 300 millions d’euros. L’appétit des actionnaires suit la même dynamique… Le projet de la direction de Marine Harvest est de délocaliser en Pologne, selon une logique capitaliste bien connue : jamais assez, toujours plus.

*
Cette lutte est différente des autres car, si la colère est grande dans la population et chez les sa- lariés, elle a du mal à se concrétiser dans des revendications portées par les représentants du personnel. Il y a en permanence une balance entre le maintien de l’emploi et le refus des licenciements, et la course à un meilleur plan social avec augmentation des indemnités et primes de départ. Tout cela apparaît quel- quefois comme contradictoire et source de tension entre les salariéEs en lutte mais aussi avec le comité de soutien. Toujours est-il que nous sommes toujours très nombreux à soutenir les Marine Harvest en grève, dans une ambiance combative et solidaire.

Comment la jonction pourrait-elle être possible avec les autres boîtes en lutte ? Si certains sont effrayés par le symbole du « bonnet rouge », il faut tout de même se rappeler qu’à la tribune de Quimper et ce, devant près de 30 000 personnes, se sont aussi succédés au micro les représentants de Gad, de Doux, de Marine Harvest, de la CGT des Marins et du NPA. Dans la bouche de ces représentants, les mêmes revendications : interdiction des licenciements, réquisition ouvrières des usines et natio- nalisation des usines qui licencient. La représentante de FO Doux s’est rendue à de multiples reprises sur le piquet de grève des Marine Harvest. Les germes d’une convergence des luttes ouvrières existent, avec ou sans bonnets rouges.

*
Les rassemblements du 2 novembre, les blocus d’entreprise mais aussi de l’aéroport de Brest, de la ville de Morlaix ont été autant de moments de rencontre, de lien entre les salariés en lutte. Tout ceci doit se transformer avec les syndicats ouvriers en un front unique de la révolte sociale, mais aussi pour une opposition de gauche à la politique désastreuse de gouvernement Hollande-Ayrault.

Propos recueillis par Manu Bichindaritz  Jeudi 14 novembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 217 (14/11/2013)

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14 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Marine Harvest, fin de conflit: ce que les salariés ont obtenu (lt)

Marine Harvest, fin de conflit: ce que les salariés ont obtenu (lt) dans Carhaix Kreiz Breiz marine-harvest-300x217

L’assemblée générale visant à informer les salariés de Marine Harvest des avancées des discussions s’est achevée à 15 h 30, ce mercredi après-midi, par des cris de joie.

Le mouvement de grève est offciellement levé. Le travail reprend dès ce jeudi matin. Du côté des salariés, le sentiment est mitigé.  »On perd notre boulot mais on gagne de l’argent. La direction a cédé. On a gagné le plan social sur la question des indemnités », résume un des salariés présent à la réunion.

Que contient ce nouveau plan social ? Voici quelques mesures importantes.
- 80 postes seront proposés aux salariés de Poullaouen à Landivisiau (contre 64 avant négociations).
- La direction renonce aux 17 suppressions de postes à Landivisiau.
- Les salariés mutés à Landivisau recevront une prime de 15.000 €, leurs frais de déplacement et déménagement seront pris en charge.
- Les salariés licenciés toucheront 100 % de leur salaire net pendant 12 mois (14 mois pour les plus de 50 ans et 16 mois pour les plus de 55 ans).
- A ces dispositions s’ajoutent des primes à la formation, individuelles et collectives, des aides pour passer le permis de conduire ou pour créer son entreprise.

Et les indemnités supra-légales ? Deux exemples valent mieux que de fastidieuses explications. 
- Un salarié de 54 ans ayant 32 ans d’ancienneté touchera un chèque de 94.320 euros.
- Un salarié de 26 ans ayant 3 ans d’ancienneté touchera un chèque de 24.480 euros.

Dominique Morvan et Vincent Lastennet 14 novembre 2013 à 06h47

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/finistere/poullaouen-marine-harvest-assemblee-generale-a-14h30-13-11-2013-2301805.php

Marine Harvest. La fumée s’est arrêtée

14 novembre 2013 à 10h04

La lutte des salariés de Marine Harvest s’est achevée hier.

Ils n’ont pas sauvé leur emploi, mais ont le sentiment de partir la tête haute avec des indemnités de licenciement conséquentes. L’usine, elle, est vouée à fermer. Ce que n’accepte pas le comité de soutien. Dix jours de pluie et d’un coup, l’éclaircie. Ou quand une lutte de salariés semble se calquer sur la météo. 13 h 30 hier. Pour la première fois, un grand soleil brille au-dessus du piquet de grève de Marine Harvest. Dans quelques minutes, une réunion cruciale va se tenir, mais on sent que le combat est fini. « L’ambiance a changé depuis ce matin. Le soleil est revenu. Tout s’est apaisé », confie l’élu du CE Denis Castel, à quelques pas d’un feu qui, lui aussi, a déjà perdu de sa vivacité. « En arrivant tout à l’heure, j’ai pensé à la chanson de Goldman : il suffira d’un signe. Un matin tout tranquille et serein. C’est exactement ça. » Pas la peine d’évoquer les dernières propositions de la direction, ce n’est déjà plus le sujet. Tout le monde sait que c’est la fin. Denis Castel préfère dresser son bilan.

Dix jours d’une lutte joyeuse et sans violence « C’est marrant comme tout le monde a trouvé naturellement sa place dans la grève. En cuisine ou ailleurs. On a appris à se connaître, car on ne se connaissait pas avant. C’est dommage que cela arrive seulement dans ce contexte, mais c’est la réalité. » Il est 13 h 45 et, sans un mot, les salariés remontent en direction de l’usine. Il est temps de décider. Les trois heures d’assemblée générale de lundi semblent très loin. Tout le monde sait qu’aujourd’hui, cela ne va pas traîner. Une heure plus tard, des cris de joie s’échappent de la cafétéria. Tous debout, les salariés applaudissent. Ils viennent de voter la fin de la grève. Dix jours d’une lutte joyeuse et sans violence. Dix jours durant lesquels le comité de soutien, des commerçants et des anonymes ont multiplié les dons, les gestes ou des simples coups de klaxon étonnamment très réconfortants. Mais à la sortie de l’usine, les sourires sont rares. Fabrice, le solide gaillard en CDI depuis janvier, est le premier salarié à glisser un mot. Son indéfectible bonne humeur s’efface quelques instants. « On perd notre boulot, mais on gagne de l’argent », confie-t-il désabusé. L’un de ses collègues, Arnaud, fait le même constat. « On reprend demain. La direction a cédé. On n’a pas sauvé notre emploi, mais on a gagné le plan social du point de vue des indemnités. »

« On ne peut pas appeler ça une victoire » À la grille, les salariés défilent. Plusieurs ont déjà enlevé le tee-shirt orange symbole de la lutte. De rares coups de klaxons résonnent au loin. Pour les sourires, il faudra attendre un son plus inattendu. Celui de la cloche de l’ancienne chapelle à l’entrée de l’usine, actionnée en passant. L’avocat des salariés, Me Roger Potin, et les délégués du personnel font aussi la grimace. « On ne peut pas appeler ça une victoire parce qu’on n’a pas sauvé les emplois », confie l’avocat. Sur le piquet de grève, Didier, le responsable du feu, fait brûler ses derniers pneus. La fumée va vite s’arrêter. Un à un, les salariés s’en vont. Presque comme si rien ne s’était passé. En se disant simplement : « À demain ».

http://www.letelegramme.fr/local/finistere-sud/chateaulin-carhaix/carhaix/marine-harvest-la-fumee-s-est-arretee-14-11-2013-2302533.php

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