Archive | Carhaix Kreiz Breiz

18 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

carhaix la poste (ouest france)

 greve-poste-privatisation

Poste de Carhaix. Mairie et syndicats veulent rassembler

Depuis plus de deux semaines, une partie des facteurs de Carhaix fait grève tous les jours. Le conflit social à La Poste de Carhaix se poursuit. Ce vendredi, la municipalité et les syndicats Sud et CGT appellent à un rassemblement, demain, samedi, à 11 h devant La Poste.

Dans un communiqué,

la municipalité de Carhaix, les syndicats CGT et Sud appellent « la population à se rassembler le samedi 18 novembre, à 11 h, devant la Poste de Carhaix

pour soutenir les postiers et trouver une issue acceptable pour tous au conflit ».

Seizième tournée

Dans ce même communiqué, ces différents acteurs demandent « que la tournée supprimée soit remise en place ce qui mènerait, après 16 jours de grève, à la fin du conflit social qui pénalise la population ».

Une partie des facteurs de Carhaix est en grève depuis le 2 novembre. Ils réclament, suite à une réorganisation du bureau de poste en octobre, une Seizième tournée. Cette revendication est la même depuis le début du conflit, mais les négociations ne semblent pas avancer.

Le Parti communiste, la France Insoumise et le conseiller municipal NPA Matthieu Guillemot ont également fait part de leur soutien aux postiers en grève. Le maire de Carhaix, Christian Troadec avait également déjà écrit à la direction de La Poste pour demander une sortie de crise.

Tensions

Jeudi, lors de la manifestation contre la politique du gouvernement, des manifestants ont investi la Poste carhaisienne. Manifestants et cadres de La Poste en sont venus aux mains. Une plainte a été déposée à la gendarmerie.

17/11/2017

https://www.ouest-france.fr/

Lire la suite

16 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

vannes carhaix (ouest france)

la poste

Les postiers manifestent pour des tournées supplémentaires

A l’appel des syndicats Sud et CGT, des postiers du Finistère et du Morbihan manifestent ce jeudi matin devant la direction régionale, place de la République, à Vannes.

Drapeaux, coups de trompes, conciliabules d’agents en tenue… L’ambiance, ce matin, n’a rien de celle qui règne d’ordinaire, devant le bureau de Poste de la place de la République à Vannes. C’est aussi dans ce bâtiment que se trouvent les bureaux de la direction régionale Finistère-Morbihan. D’où cette manifestation organisée par SUD PTT et la CGT Fapt en soutien principalement aux postiers de Carhaix en grève depuis 15 jours.

Du courrier non distribué

« Deux tournées de facteurs ont été supprimées à Carhaix. Depuis des pans entiers de lettres ne sont pas distribuées car il est impossible de le faire dans le temps imparti », témoigne Yann Le Gall de Sud PTT-29. La direction refuse de restaurer les tournées concernées.

« Des agents dépriment. La direction n’écoute plus cette souffrance », insiste Mary- vonne Guessant, secrétaire départementale SUD PTT 56. « Récupérer au moins une tournée, ça n’est  pourtant pas demander la lune », insiste Isabelle Le Guillou, secrétaire générale CGT Fapt du sud-29. Une délégation de quatre personnes devait être reçue par la direction.

16/11/2017

https://www.ouest-france.fr/

Lire aussi:

Carhaix. Nouvelle semaine de grève à La Poste (Ouest France)

Grève à la poste de Carhaix : la situation dégénère (France Bleu)

Lire la suite

09 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

anticor (jdd)

ferrand

Richard Ferrand : Anticor veut relancer l’enquête contre le chef des députés En Marche

Anticor a déposé plainte à Paris pour relancer l’enquête qui visait le chef de file des députés En Marche Richard Ferrand.

Anticor va-t-il réussir à relancer l’enquête contre le chef des députés en Marche Richard Ferrand?

L’association a déposé plainte à Paris contre le député du Finistère,  près d’un mois après la décision de classement sans suite du parquet de Brest. Cette plainte avec constitution de partie civile a été déposée mercredi auprès du doyen des juges d’instruction du pôle financier de Paris. Elle vise à obtenir la désignation – quasi-automatique- d’un magistrat pour enquêter sur l’affaire du bien immobilier acquis par la compagne de Richard Ferrand et loué ensuite aux Mutuelles de Bretagne, dont il était alors le directeur général.

Le mois dernier, le parquet avait classé sans suite l’affaire

La plainte porte sur des faits présumés de « prise illégale d’intérêts », et recel et complicité de ce délit, a précisé l’avocat de l’association anticorruption Jérôme Karsenti. Le parquet de Brest avait annoncé le 13 octobre le classement de l’enquête, au regard notamment de la prescrip- tion de cette éventuelle infraction.  »Nous attendons l’ouverture d’une instruction, pour qu’il y ait un procès, car nous ne sommes pas d’accord avec l’analyse du procureur de la République de Brest », a déclaré à l’AFP Jean-Christophe Picard, président de l’association Anticor.

Après le classement sans suite, Anticor s’est tourné vers le pôle financier de Paris en raison de sa compétence nationale sur les affaires « d’une grande complexité ».

Dans un des volets de l’affaire, un possible délit de prise illégale d’intérêts, le procureur de Brest Jean-Philippe Récappé reconnaissait que le parquet « aurait pu envisager l’ouverture d’une information judiciaire ». Mais après vérification, il s’est avéré que « l’infraction éventuelle » était « prescrite » depuis le 19 juin 2015, aux termes des règles de prescription (3 ans) alors en vigueur.

Richard Ferrand, ex-PS et soutien de la première heure d’Emmanuel Macron, à qui cette affaire avait coûté sa place de ministre, s’est toujours défendu de tout conflit d’intérêts. Devenu ensuite chef du groupe La République en marche à l’Assemblée nationale, il s’était félicité de la décision du parquet de Brest, estimant avoir été « lavé de tout soupçon ».

9 novembre 2017

http://www.lejdd.fr/

Lire aussi:

Affaire Ferrand : le témoignage d’un ancien avocat accable le ministre (La Tribune)

Affaire Ferrand : les différentes révélations qui fragilisent le ministre (Le Parisien)

Affaire Richard Ferrand : tiens, il y a eu de l’argent public dans l’opération ! (Marianne)

Lire la suite

05 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

synutra carhaix (le télégramme)

Manara-marre

De nouveaux témoignages accablants

Des représentants de la CGT ont écouté les témoignages des salariés de l’usine Synutra ce vendredi. Après une première réunion vendredi dernier, la CGT a accueilli une vingtaine de salariés supplémentaires de l’usine Synutra, ce vendredi, à la Maison des syndicats. La direc- tion a annoncé la veille aux salariés la tenue d’une sorte d’audit, le jour-même de la venue de l’inspection du travail.

Une vingtaine de salariés supplémentaires de l’usine de poudre de lait Synutra a répondu à l’appel de la CGT, ce vendredi, à la Maison des syndicats. De manière unanime, ces nouveaux témoignages font part du même malaise que celui signalé par la cinquantaine de salariés venus vendredi dernier, lors de la précédente réunion.

« Une ambiance différente »

« Il y a des changements de planning : on va nous faire travailler le samedi alors qu’on nous avait dit le contraire », commence une salariée. Plusieurs collègues confirment : « Ils font ce qu’ils veulent ! ». Stéphane Bayon, délégué départemental CGT rappelle : « Quand il y a des changements de plannings collectifs, ça doit passer par le comité d’entreprise, c’est la loi ».
« Il y a à Synutra une ambiance différente, explique un autre salarié. Quand les nouveaux ratent quelque chose, ce qui peut arriver, ils craignent tout de suite d’être virés. Du coup, on n’ose même plus leur dire quand ils ratent quelque chose ». « Tout est considéré comme une faute grave aux yeux de la direction », résument les salariés, à l’unisson.

Le projet « 3E »

La direction a organisé une réunion exceptionnelle, jeudi. « Ils nous ont présenté le projet qu’ils veulent mettre en place dans les mois qui viennent, nommé « 3E », pour « Écoute, Épanouis-sement et Ensemble », rapporte Gilles Bourguignon, délégué CGT à Synutra. C’est un organisme externe qui va intervenir mais, pour l’instant, la forme n’est pas encore décidée. Un questionnaire anonyme devrait être donné à tout le monde. »

Un projet qui a été accueilli mollement, ce vendredi. « Ça peut être bien, sauf si la direction est dedans et qu’elle choisit qui fera l’audit », craint une salariée. « Pourquoi on écouterait nos questions alors qu’on n’écoute déjà pas les délégués du personnel ? », objecte un deuxième.

Intervient alors Daniel Laporte, responsable de l’Union locale CGT, qui rappelle qu’un Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) doit se tenir justement, le jeudi 23 novembre, avec l’inspection du travail : « C’est quand même étonnant que ce questionnaire tombe le 23 novembre, jour du CHSCT ! Encore une fois, on essaye de court-circuiter le CHSCT et de noyer le poisson ! ».

« La trouille de faire grève »

Un salarié soumet l’idée de faire grève. « Le problème, c’est qu’on a trop de CDD et d’inté-rimaires qui ont la trouille de faire grève par peur de ne pas être pris », argumente alors un délégué du personnel. « Pourquoi on nous supprime ce droit pour des questions de chantage et de pression ? », s’insurge son interlocuteur, qui s’étonne que le syndicat n’ait pas de soutien du maire de Carhaix, Christian Troadec.

Les représentants CGT se disent néanmoins confiants sur le fait que « les choses avancent ». Ils se réuniront le 10 novembre et invitent tous les salariés à leur faire part de leurs témoignages avant cette date, en vue du CHSCT du 23 novembre.

05 novembre

http://www.letelegramme.fr/

Lire aussi:

Synutra. Des méthodes qui posent question

Synutra. Une cinquantaine de salariés témoignent 

Lire la suite

04 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

la poste carhaix (le télégramme)

la poste

La Poste. Le bras de fer s’intensifie

Les salariés en grève se sont rassemblés et ont déroulé les banderoles hier, à partir de 7 h 30, devant le bureau de poste carhaisien, avec quelques confrères d’autres villes.Quinze facteurs du bureau de poste de Carhaix ont entamé une grève illimitée, hier matin, pour protester contre une réorganisation de leurs tournées de distribution de courrier qu’ils estiment nuisible à leurs conditions de travail.
.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que ça bouge avec La Poste.
.
Quinze facteurs titulaires (sur vingt-neuf au total, CDD et intérimaires compris) du bureau de poste de Carhaix ont entamé une grève « illimitée », hier. Seuls quelques facteurs en CDD ont assuré le tri et la distribution du courrier. La direction annonce que trois tournées sur les quinze ont été distribuées dans leur intégralité.
.
Sur les douze autres tournées, seuls les colis, les lettres recommandées et la presse ont été distribués.
.
« Le reste du courrier sera distribué ultérieurement, prévient le directeur du centre carhaisien, Sébastien Gobichon. Les collectes et remises ont également été priorisées. Par ailleurs, certains clients seront contactés afin qu’ils puissent venir chercher leur colis ».
.
Comme nous l’expliquions dans nos éditions précédentes, les employés en grève dénoncent une réorganisation des tournées de distribution du courrier, depuis le 3 octobre, qui les empêche selon eux d’acheminer le courrier à temps. Depuis deux semaines, ils demandent à leur direction le retour à l’organisation précédente, de « réinjecter des moyens humains titulaires au moins équivalents à un temps plein », ainsi que l’arrêt de la pause méridienne obligatoire qui les gêne dans leur distribution.
.

« Des choses à ajuster »

« On n’a pas mis les moyens humains nécessaires pour accompagner la distribution du cour- rier », s’agace Alain Le Corre, de la CGT FAPT Sud 29, qui dénonce aussi « les conditions de travail : les refus de congés, le recours aux emplois intérimaires… » Représentants syndicaux et direction se sont rencontrés lundi soir, puis hier. « Il y a sûrement des choses à ajuster, reconnaît le directeur du centre, Sébastien Gobichon. Mais il y a une baisse de l’activité courrier.

Nous essayons de trouver une meilleure organisation tenant compte de la hausse d’autres activités comme le colis. Nous avons proposé (hier, NDLR) aux représentants syndicaux d’évaluer la charge de chaque tournée, en novembre. Chaque facteur sera suivi sur sa tournée par un spécialiste. Un premier bilan sera partagé avec les salariés en janvier ». L’idée est ensuite d’affecter les ressources en fonction de la charge observée. « En attendant, nous recruterons et mettrons à disposition des personnes supplémentaires jusqu’à mars 2018 ».

« Aucune avancée »
.
« Cela va dans le bon sens, mais il n’y a aucune avancée sur notre revendication principale, qui est le recrutement d’un poste supplémentaire titularisé », réagit Alain Le Corre. « La direction nous propose un renfort qui pourrait durer un ou deux ans, sans titularisation, confirme Yann Le Gall, syndicaliste Sud PTT 29 à Carhaix. Dans un an, ils le supprimeront ».
.
« C’est de la folie »
.
« Un poste supplémentaire, on ne demande pas le Pérou !, s’étonne une factrice gréviste. Moi, je n’arrive plus à terminer mon travail. On m’a ajouté une centaine de maisons à livrer. On est à flux tendu, tout le temps. C’est de la folie ! ».
.
« Le lundi, j’ai d’abord le travail du samedi à finir, s’exclame un de ses collègues. J’ai une tournée de quatre heures à faire en deux heures ». Les représentants syndicaux annon-çaient, hier, que la grève se poursuivrait ce matin. « La direction va essayer de jouer la montre, prédit Yann Le Gall. Si demain la situation n’a pas évolué, nous distribuerons des tracts sur le marché et à la foire aux chevaux ». Leur pétition, lancée la semaine passée et déposée dans certains commerces carhaisiens, a récolté plus d’une centaine de signatures.
.
03 novembre 2017 Xavier Terrien
.

Lire la suite

03 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

synutra carhaix (cgt 22)

synutra carhaix (cgt 22) dans Carhaix Kreiz Breiz 7uoa5cv6v7e

kar

CGT Guingamp: 02.96.44.11.00

CGT Rostrenen: 02.96.29.17.41

 

Lire la suite

24 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

agroalimentaire (lmd)

bouffe bzh

En Bretagne, des coopératives dévoyées

Pratiques criminelles dans l’agroalimentaire

Comment un pays producteur tel que la France peut-il se retrouver avec des millions d’œufs infectés au fipronil, un insecticide dangereux, et des tonnes de produits contaminés ? L’industrialisation de l’agroalimentaire connaît ainsi des scandales à répétition. En Bretagne, l’évolution des coopératives conduit parfois à mettre en danger la vie de leurs salariés tout en marginalisant les paysans.

En 2008, l’été avait été pourri, mais le cours mondial des céréales flambait.

À la fin de l’hiver 2009, il fallait préserver les vingt mille tonnes stockées à Plouisy, aux portes de Guingamp, dans les immenses silos à plat de la société Eolys. Moisissures, charançons et parasites proliféraient dans les hangars. « Au lieu de ventiler, et pour des raisons de coût, raconte avec colère M. Laurent Guillou, les responsables du site ont décidé de traiter avec du Nuvan Total. » Une pompe doseuse pulvérise ainsi des centaines de litres de ce produit contenant du dichlorvos, un insecticide classé comme « extrêmement dangereux » et « potentiellement mortel » par l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) et interdit d’utilisation depuis mai 2007.

Ce fils de paysan, employé à la réception des céréales, ne sait pas encore que sa vie vient de basculer. En février 2010, il réceptionne sans protection du triticale (hybride de blé et de seigle) traité avec du Nuvagrain (chlorpyriphos-méthyl) et du K-Obiol (deltaméthrine). Les mêmes symptômes apparaissent chez plusieurs employés : maux de tête, brûlures au visage et problèmes respiratoires. La dose maximale autorisée a été largement dépassée, selon le tribunal des affaires de sécurité sociale, qui a condamné pour faute inexcusable le groupe coopératif Triskalia, issu de la fusion d’Eolys avec les coopératives des agriculteurs du Morbihan et de Bretagne. Atteints d’hypersensibilité chimique multiple, deux salariés ont obtenu une indemnisation, mais ils attendent toujours la suite de leur plainte au pénal. Deux autres se battent depuis six ans pour être reconnus en maladie professionnelle. Ils sont tous sans travail.

Les silos métalliques dominent désormais les campagnes. De ces nouvelles citadelles de l’agroalimentaire, intrants (produits chimiques) et objectifs de production partent en direction de ce que l’on n’appelle plus des fermes, mais des « exploitations agricoles ». Les usines de suppléments nutritionnels et d’enrobage de semences irriguent les norias de camions sillonnant jour et nuit les routes du poulet, du porc, du lait et des pesticides.

Quand Gwenaël Le Goffic s’est pendu à son camion, le 21 mars 2014, il a laissé une étiquette bleue portant trois noms d’antibiotiques : flubendazole, amoxicilline et colistine. Mêlés aux céréales dans le PrimRégal, ils « maximisent la croissance » des porcelets. L’usine Inzo de Loudéac, qui le fabrique, appartient à InVivo, premier groupe coopératif français, qui affiche son « respect de la planète et des hommes ». Le Goffic réceptionnait le PrimRégal à Plouisy sur le site de Nutréa, filiale de Triskalia, qui l’employait depuis vingt ans. Il perçait les sacs au-dessus d’une trémie (entonnoir) afin de remplir les cellules de son camion, avant les livraisons chez les éleveurs.

« Le code du travail n’était pas respecté, car il n’y avait pas de système d’aspiration dans ce local. Malgré les demandes de mon mari et de son collègue, rien n’avait été fait », explique sa veuve. Exposé quotidiennement aux poussières, le chauffeur de Nutréa vivait dans l’angoisse que ses atteintes oculaires à répétition n’entraînent la perte de son emploi. Les salariés ignoraient qu’il fallait manipuler ce produit avec grand soin. Pour l’inspection du travail, ce poste était « un des plus difficiles de l’usine, en termes d’amplitudes horaires et de contraintes physiques (1».

Selon Mme Le Goffic, son mari « faisait régulièrement des journées de douze à quatorze heures ». Fatigué physiquement et moralement, il avait pris soin de rapporter à son domicile l’étiquette bleue sur laquelle il devait écrire sa lettre d’adieu. « Je n’ai reçu aucun soutien de la direction de Nutréa ce jour-là », se souvient Mme Le Goffic. Par deux fois, la Mutualité sociale agricole s’est opposée à une reconnaissance du suicide en accident du travail. Dès le drame, le directeur des ressources humaines de Nutréa avait contesté tout lien entre l’entreprise et l’ultime protestation de Le Goffic contre ses conditions de travail. Le tribunal des affaires de sécurité sociale des Côtes-d’Armor en a jugé autrement en septembre 2015.

Classé « Seveso seuil haut », le site Triskalia de Glomel, en Centre Bretagne, servait d’entrepôt pour les produits destinés aux agriculteurs et aux jardineries. Emballages détériorés et pesticides interdits étaient brûlés à l’air libre ou vidés sur le sol. L’équipe a été décimée : cinq morts et six cancers. La famille Pouliquen a payé un lourd tribut : leucémie pour Raymond et lymphome pour Noël, son fils. À Plouisy comme à Glomel, seule semble avoir compté la rentabilité, et non les hommes. Ventiler ? Faire fonctionner les extracteurs ? La plupart des groupes coopératifs sont devenus des entreprises gérées par objectifs, avec, parmi les priorités, la réduction des frais de fonctionnement.

André Pochon, paysan retraité et auteur d’ouvrages de référence (2), a assisté au passage de l’autonomie à la spécialisation encouragée par la politique agricole commune (PAC) européenne :

« Dans les années 1950 et 1960, les paysans se sont regroupés dans de petites coopératives qui ont pris la place des négociants et des maquignons. L’accroissement de la taille des élevages a commencé dans l’aviculture, puis la filière porcine a suivi. Assez vite est arrivée l’importation d’aliments. Tout était taxé, sauf le soja. On pouvait nourrir les animaux au prix mondial, et la PAC garantissait les prix de vente, quels que soient les volumes produits. Le hors-sol s’est développé. L’industrialisation était partie, et la coopération a explosé, avec toutes les dérives qui nous ont menés à la situation actuelle. Le vide des campagnes a été organisé par le syndicalisme majoritaire et les coops. »

Éleveur de porcs près de Guingamp, M. Thierry Thomas a observé de près cette dérive des coopératives : « À l’époque, on avait de véritables administrateurs, qui savaient bien à quoi servait l’outil. Au milieu des années 1980, on a commencé à entendre qu’on entrait dans une ère de compétition et qu’il fallait se regrouper. Les directeurs financiers diffusaient la bonne parole dans les assemblées générales des coops. Elles ont commencé à se bouffer les unes les autres, et la gestion est devenue opaque pour les paysans-administrateurs. L’éloge de la réussite individuelle a relégué l’ambition collective au second plan. »

Entre 1965 et 2007, le nombre de coopératives agricoles est passé de 5 700 à 3 200, dans un contexte de regroupement et d’insertion dans le marché :

« L’apparition au cours des années 1980 de la filialisation, renforcée par les lois de 1991-1992 sur les coopératives agricoles, a entraîné un basculement de l’activité des coopératives vers des filiales de droit commercial », observent plusieurs chercheurs (3). Les coopérateurs ont perdu la maîtrise de la valorisation de leurs produits. Ainsi, dans la filière lait, la première coopérative française, Sodiaal Union, collecte le lait mais ne le transforme pas, pas plus que sa filiale Groupe Sodiaal, qui livre à Sodiaal International. La transformation est effectuée en aval par des sociétés financées en partie par des capitaux privés, mais dont une partie appartient à la coopérative. Le producteur n’a aucune prise sur les stratégies de ces sociétés.

Même situation chez Laïta, né en 2009 du regroupement des activités laitières des coopératives Even, Terrena et Triskalia.

Les adhérents vendent leur lait au groupe Triskalia, qui le revend à Laïta, cette dernière assurant la collecte et la commercialisation des produits vendus sous marques. « Les paysans sont victimes d’un montage qui rend opaques la production et la répartition de la valeur ajoutée entre la filiale et la coopérative », constate la Confédération paysanne du Finistère, qui a porté plainte en novembre 2016 pour extorsion. Le syndicat agricole observe un lien entre le faible prix — inférieur au coût de production, estimé à 350 euros les mille litres — payé aux éleveurs et la disparition des fermes, voire le nombre de suicides chez les agriculteurs. Ces derniers doivent satisfaire aux exigences de la coopérative en matière de volume et de qualité, sous peine de rupture de leur contrat sans indemnités. Mais ils n’ont pas de recours lorsque les engagements de prix ne sont pas tenus.

La démocratie interne, autre fondement des coopératives, est elle aussi battue en brèche. « Dans les années 1980, il y avait encore du débat dans les assemblées générales, se souvient M. Thomas. Et puis, tout est devenu compliqué, et les paysans ont peu à peu accepté d’être dépossédés. Les questions devaient désormais être posées trois semaines avant l’AG ; ce qui aurait pu remonter vers le haut s’évaporait dans les assemblées de section. C’était fini, le débat était mort. Les adhérents ont lâché prise et ne sont plus allés aux assemblées. »

Dans le grand bal des rachats, fusions et concentrations, la plupart des paysans sont restés au bord de la piste. Et avec de plus en plus de chaises vides : on comptait 150  000 exploitations en 1970 ; il n’en reste plus qu’environ 30 000. Poussées par les incitations de la PAC (soutien à l’export) et les règles de l’Organisation mondiale du commerce, les coops ont commencé à jouer leur partition sur le marché international avec les mêmes méthodes que les industriels. Les années 1990 ont vu ainsi l’Union coopérative de l’Argoat (UCA) tenter un projet de plantation de milliers d’hectares de manioc à Madagascar. Une tentative qui a fait long feu, mais qui montre la volonté des dirigeants des groupes coopératifs de jouer dans la cour des grands.

Faut-il s’étonner, dès lors, que Triskalia ait acheté des haricots en Espagne en 2014, laissant sur le carreau nombre d’agriculteurs français qui s’étaient engagés dans cette production en lui achetant semences, engrais et produits phytosanitaires ?

« Ils ont oublié leur rôle originel, constate l’un d’entre eux. Beaucoup d’agriculteurs ne peuvent pas aller ailleurs, car ils sont endettés auprès du groupe. C’est la base du système. » Plus récemment, le même groupe a importé du maïs traité à la phosphine en provenance du port roumain de Constanţa (4).

La direction dit avoir été avertie par son fournisseur, la Cobrena Achats, union de coopératives détenue en partie par Triskalia. Ce sont en fait des salariés de Plouisy qui ont donné l’alerte après avoir consulté des bordereaux laissés sur un bureau de l’entreprise. Sise à Loperhet (Finistère), la Cobrena est chargée de l’achat des matières premières (céréales, vitamines…) nécessaires à la fabrication des aliments. Déchargées sur le port de Brest en décembre 2016 par un vraquier polonais battant pavillon des Bahamas, ces 25 000 tonnes de maïs avaient été désinsectisées par fumigation à l’hydrogène phosphoré, ou phosphine.

Ce gaz, mortel par inhalation, peut provoquer des lésions oculaires graves, selon l’INRS. En février 2008, il avait provoqué la mort d’un marin roumain sur le cargo Susie, qui transportait huit mille tonnes de pois (5). Selon la direction de Nutréa-Triskalia, les analyses effectuées sur les soixante tonnes livrées à Plouisy (sur les six mille tonnes prévues) n’ont révélé aucun résidu de ce produit. Lors d’une audition menée par une commission sénatoriale sur les pesticides, en septembre 2011, M. Dominique Bricard, directeur général de Nutréa, affirmait pourtant : « L’un de nos objectifs est de rendre nos sites exemplaires en matière de risque. »

Les groupes coopératifs contrôlent eux-mêmes la qualité des produits. Le laboratoire d’analyse de Triskalia, Capinov, est ainsi censé garantir la sécurité des productions de la coopérative. Mais, en 2014, la Cour des comptes notait : « L’obligation de transmettre des résultats d’analyse non conformes ne pèse aujourd’hui que sur les professionnels, alors même que cette communication est contraire à leurs intérêts. »

En juillet 2015, la Cooperl a été condamnée pour faux, escroquerie et tromperie par le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc : le groupe coopératif, leader de la filière porcine industrielle, avait truqué ses analyses afin d’écouler près de deux mille tonnes de viande contaminée à la salmonelle. Les vétérinaires spécialisés en élevage industriel sont devenus salariés des coops dans les années 1990, et l’administration se contente de contrôler… l’autocontrôle, dans un contexte de réduction des effectifs de la direction générale de l’alimentation.

« Rien ne se perd, tout se transforme ». Lorsqu’il y a de la casse dans les élevages, les camions tournent pour faire de la « reprise » des aliments distribués, mais ceux-ci sont mélan- gés à de nouvelles céréales et repartent vers les exploitations. Avec quelles conséquences pour les consommateurs ? La question sera peut-être examinée grâce à l’initiative des ex-salariés de Triskalia auprès de la commission des pétitions du Parlement européen. Le 25 avril 2017, cette dernière a unanimement demandé à la Commission européenne d’enquêter sur l’utilisation des pesticides dans l’entreprise Triskalia et plus largement dans le secteur agroalimentaire en Bretagne.

Patrick Herman

Lire la suite

19 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

la poste carhaix (ouest france)

la poste

Carhaix. Le ras-le-bol des facteurs carhaisiens

Yann Le Gall, Florence Rivoalen et Isabelle Le Garrec affirment que leur ras-le-bol est partagé par l’ensemble du personnel carhaisien.

Depuis une récente réorganisation des tournées, les facteurs carhaisiens se disent dans l’incapacité de distribuer tout leur courrier. Ils dénoncent une dégradation du service et de leurs conditions de travail. Le 3 octobre, les facteurs du bureau de poste de Carhaix se sont vu imposer une réorganisation de leurs tournées de distribution. Bilan, sur 16 tournées, deux ont été supprimées, et le travail effectué sur celles-ci a été réparti sur les autres.

« Réorganisation tous les deux ans »

« Depuis 2005, il y a des réorganisations tous les deux ans, indique Yann Le Gall, facteur et représentant du syndicat Sud. Et à chaque fois, de nouvelles tournées sont supprimées.  « Avant la dernière en date, les facteurs ne parvenaient déjà plus à distribuer l’intégralité de leur courrier dans le temps imparti, selon eux. Alors, ils multipliaient les heures supplémentaires pour venir à bout de leur tâche. « L’année dernière, j’ai fait l’équivalent d’un 13e mois en heures supplémentaires », note Isabelle Le Garrec.

Courrier non distribué

Sauf que depuis le 3 octobre, la Poste ne souhaite plus payer ces heures, d’après les salariés de Carhaix. Ceux-ci sont donc contraints de régulièrement rentrer de leur tournée sans avoir distribué tout leur courrier. « Rien qu’aujourd’hui, je suis revenue de ma tournée avec 250 plis non distribués », affirme Isabelle Le Garrec.« Quand les gens achètent un timbre, ils payent pour un service, on leur doit la distribution du pli ! », s’insurge Yann Le Gall.

De nombreuses réclamations

Plus globalement, les facteurs carhaisiens dénoncent une entreprise que l’esprit de service public aurait désertée, remplacé par une logique de rentabilité. « On se retrouve tous les jours avec des réclamations, des entreprises qui se plaignent de ne plus recevoir leur courrier, des particuliers qui ne comprennent pas la situation », se désole Yann Le Gall. « Et la direction ne fait rien pour informer la population », renchérit Florence Rivoalen, également postière à Carhaix.

Rythme de travail modifié

Le rythme de travail des salariés a aussi été modifié par la réorganisation du 3 octobre. « Avant, nous travaillions de 7 h 30 à 13 h 50, avec une pause payée de 20 minutes, détaille Yann Le Gall. Désormais, on fait 7 h 50- 15 h 40, avec une pause méridienne de 45 minutes, imposée mais non rémunérée. » S’ajoute à cela la suppression d’une prime repas de 2 € par jour.

La direction conteste

De son côté, la direction affirme qu’il est toujours possible de faire des heures supplémentaires si les facteurs le demandent à leur responsable, et conteste la non-distribution d’une grosse partie du courrier décrite par les facteurs. « Les tournées sont dimensionnées en fonction du terrain, mais s’il y a des ajustements à faire à la marge, ils seront faits », ajoute-t-elle. Reste que de nombreux Carhaisiens font part de dysfonctionnements dans la livraison du courrier depuis le 3 octobre.

18/10/2017

https://www.ouest-france.fr/

Lire la suite

18 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

carhaix synutra (ouest france)

harceleme

Chez Synutra, malaise social et départs massifs

L’appel au recrutement, nécessaire vu le turn-over important des ouvriers et cadres de l’usine.

Au sein de l’usine carhaisienne de lait infantile en poudre, beaucoup de salariés dénoncent un climat social tendu. De nombreux départs sont enregistrés depuis les débuts de l’entreprise en 2015. Les témoignages recueillis sont édifiants : nombre de toilettes insuffisants, climat de délation, turn over…

Problèmes de sécurité, d’hygiène au travail, intimidation des employés, une centaine de départs sur environ 300 salariés…

Y a-t-il un climat social dégradé à Synutra, l’emblématique usine de fabrication de poudre de lait pour les bébés de Chine, ouverte à Carhaix (Finistère) il y a deux ans ? De multiples témoignages de salariés l’accréditent. Des emplois en Centre-Bretagne, tout le monde court après. Si bien que, lorsque Synutra s’est construit à Carhaix, beaucoup ont applaudi. Bien sûr, on sait que les emplois de l’agroalimentaire ne sont pas les plus faciles ni les mieux payés.

Turn over

Nombreux sont ceux que les postes intéressaient, dans cette usine toute neuve. Aujourd’hui, ils sont presque autant à déchanter. « On y allait avec plaisir, on était content de travailler. Mais au final, je n’aurai pas pu rester plus longtemps », témoigne Paulette (*), qui a quitté l’usine il y a un an, après une rupture conventionnelle.

La vie au travail est difficile. Le turn-over est important. Chez les ouvriers comme les cadres, les démissions, ruptures conventionnelles de contrats et licenciements sont légion. Nombre de ces ouvriers ont auparavant travaillé ailleurs, dans l’agroalimentaire breton, des volaillers, d’autres laitiers… Tous s’accordent : Synutra c’est pire.

« La boule au ventre »

Certes, des salariés ne trouvent rien à redire. « Ce n’est pas un boulot marrant. Mais c’est largement supportable », glisse une jeune femme salariée depuis plusieurs mois. « Ce n’est pas trop physique et on ne travaille pas dans le froid », précise Caroline(*), jeune salariée.

Mais Paulette n’est pas de cet avis. Quand elle a quitté l’entreprise il y a un an, elle avait perdu 10 kilos. Elle avoue : « J’y allais avec la boule au ventre ». Quand elle travaillait, en 2016, les convocations étaient nombreuses. « Je me suis plusieurs fois retrouvée seule dans un bureau avec trois chefs. On me demandait de dénoncer des collègues. Je ne l’ai jamais fait ».

Ambiance de délation

Cette ambiance de délation est fréquemment soulignée par les salariés rencontrés. Charlot- te(*),  employée de l’usine, confirme un climat de peur : « On ne sait plus à qui parler. Alors on ne parle plus. Je pense que c’est ce qu’ils veulent », lâche-t-elle. Certains employés de Synu- tra pointent des soucis de sécurité, des travaux en hauteur risqués, un manque de formation face aux produits dangereux, comme la soude. Jean (*), salarié dans les bureaux carhaisiens de Synutra, explique que les pauses cigarette sont interdites sur toutes les zones cadastrales (et pas seulement l’enceinte) de l’usine.

Manque de toilettes

Les salariés doivent se serrer la main, pas de bises. Les alarmes sonnent régulièrement, « on n’y fait plus attention. D’ailleurs on ne fait pas d’exercices. Je ne sais pas par où il faut sortir en cas d’incendie », raconte Charlotte. La permission des chefs est de mise pour aller aux toilet- tes. Les sanitaires ne sont pas assez nombreux, parfois fermés pour des raisons inconnues dans la zone de production. Il faut alors repasser par les vestiaires. Certains, pressés, s’oublient. Jointe mardi, la direction n’a pas souhaité, pour l’instant, répondre à nos questions. Les représentants syndicaux de la CGT n’ont pas non plus souhaité s’exprimer.

18/10/2017

(*) Tous les prénoms ont été modifiés.

https://www.ouest-france.fr/

kar

Lire la suite

14 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

carhaix (la poste)

poste

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin