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27 juillet 2022 ~ 0 Commentaire

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Porcherie Avel vor, Landunvez, Finistère

À Landunvez, la porcherie géante s’approche d’une régularisation douteuse

Un dossier aussi sensible que symbolique revient sur le bureau du préfet du Finistère. Philippe Mahé demandera dans le courant de l’été l’avis du conseil départemental de l’environnement (Coderst) sur le dossier de la SARL Avel vor, à Landunvez. L’une des plus grandes porcheries de France, détenue par le président du comité régional porcin, pourrait franchir une étape décisive vers la régularisation de son agrandissement. Problème, après sept ans de péripéties judiciaires, les conclusions de l’enquête publique censées guider le choix des autorités apparaissent largement biaisées.

  • Malgré des avis défavorables, des jugements contraires et même un accident mortel sur son exploitation, Philippe Bizien, président du comité régional porcin, a pu agrandir sa porcherie pour en faire l’une des plus grandes de France, sur la commune littorale de Landunvez, dans le Finistère.
  • Le rapport d’enquête publique commandé par le préfet en vue d’une régularisation de l’élevage est entaché d’erreurs factuelles et de commentaires fallacieux.
  • Cette politique du fait accompli en matière agro-industrielle se met en place avec la complicité de l’État, en dépit des préconisations environnementales. Nous avons identifié 25 situations similaires en France.

Sur la pointe nord du Finistère, à Landunvez, commune côtière de 1.500 habitants, quatre immenses silos bleu sombre en imposent plus que le clocher de l’église. Ce sont les installations industrielles d’un des élevages porcins français les plus importants avec près de 27.000 porcs charcutiers produits chaque année. L’infrastructure est située à moins de 300 m du bourg. Baptisée Avel vor, « Le vent de la mer » en breton, elle diffuse pourtant des effluves potentiellement toxiques et parfois malodorantes dans un périmètre où se trouvent école, crèche, commerces, salle de sport, aire de jeux pour enfants, et quartier résidentiel. Son propriétaire déclare émettre chaque année 33,3 à 41,9 tonnes d’ammoniac, un gaz irritant à l’origine de la formation de particules fines.

La porcherie est située à moins de 300 m du bourg, où se trouvent école, crèche, commerces, salle de sport, aire de jeux pour enfants, et quartier résidentiel.

Deux décisions de justice ont établi que l’exploitation n’aurait pas dû être agrandie. Mais loin de réclamer une diminution du cheptel, le préfet a accordé une autorisation provisoire à Avel vor et ouvert une nouvelle enquête publique, étape nécessaire avant la régularisation du mastodonte. Contre toute attente, le commissaire-enquêteur s’est prononcé en faveur du projet.

Rembobinons le fil des événements.

Une figure de proue de la filière porcine

Philippe Bizien prend la direction de l’exploitation familiale en 2007. Il agrandit peu à peu son élevage, grâce à des autorisations préfectorales ainsi que des permis de construire accordés par la municipalité, dirigée pendant deux décennies, jusqu’en 2014, par son père, Jean-Michel Bizien.

En parallèle, celui qui a fait ses armes au sein de la section finistérienne de la FNSEA, réalise une ascension personnelle spectaculaire. À 42 ans, en 2011, il devient administrateur (puis trésorier) de l’UGPVB, puissante Union des groupements de producteurs de viande de Bretagne. L’année suivante, il se hisse à la tête du comité régional porcin, association qui fédère l’UGPVB, la FRSEA Bretagne, les chambres d’agriculture et le marché au cadran de Plérin. En 2013, il est élu président du groupement de producteurs Aveltis. Il en garde les rênes après la fusion qui donne naissance à Evel’up en 2018, deuxième coopérative française de porcs, revendiquant 1.000 adhérents et 3,6 millions de porcs produits en 2021. Cumulant trois postes stratégiques, Philippe Bizien est l’un des protagonistes principaux du lobby porcin.

En 2015, il demande une autorisation préfectorale pour porter son cheptel de 8.965 à 12.090 animaux, soit près de 27.000 porcs charcutiers produits par an et 60 tonnes de lisier par jour. C’est plus de quatre fois et demie la taille d’une porcherie hexagonale moyenne.

Au moment de l’enquête publique du printemps 2022, l’exploitant a distribué un tract dans les boîtes aux lettres des Landuvéziens intitulé « Philippe Bizien relève le défi ». Il y proposait aux habitants de venir échanger et visiter l’élevage. Il a refusé la demande de rencontre de « Splann ! » et n’a pas répondu à nos questions.

L’exploitant fait ainsi figure d’exemple pour une filière qui se concentre très rapidement. Entre 2000 et 2019, le nombre de porcheries s’est réduit d’un tiers en Bretagne, tandis que le cheptel ne baissait que de 6 %.

Un environnement dégradé

Habitant d’une commune voisine, Laurent Le Berre, professeur de technologie en collège, a passé son adolescence à faire du surf à Penfoul, plage située sur la commune de Landunvez. Le site au sable fin blanc et aux eaux turquoises est digne des Caraïbes quand il fait beau « mais devient marron quand il pleut ». Dans les années 2010, Laurent commence à « remonter les ruisseaux pour comprendre d’où vient la pollution ». Il constate que les terres alentours, où sont épandus les lisiers, sont lessivées par les pluies, et que les rivières charrient des cocktails de terre, nitrates, pesticides et bactéries fécales dans la mer.

Aujourd’hui, la plage du Château à Landunvez est interdite à la baignade de façon permanente pour raison sanitaire. Celles de Gwisselier et de Penfoul ont fait l’objet d’un arrêté d’interdiction en juin 2022. À cette période, la concentration en bactéries fécales Escherichia Coli dans les eaux de cette dernière était 15 fois plus élevée que la valeur limite bon/moyen, selon les analyses de l’agence régionale de santé (ARS Bretagne). Or ces trois plages sont alimentées par des rivières qui traversent, entre autres exploitations, les terres d’épandage de lisier de la porcherie Avel vor. Laurent Le Berre, devenu président de l’association pour la protection et la promotion de la côte des Légendes (APPCL), comme d’autres militants pour l’environnement, pointe du doigt la responsabilité de l’élevage intensif.

L’éleveur, qui rejette les accusations et se dit ouvert au dialogue a refusé de répondre à nos questions. « Si vous souhaitez plus de renseignements sur la filière je vous conseille de vous rapprocher de la chambre d’agriculture », nous a-t-il rétorqué lorsque nous l’avons sollicité en avril dernier pour une rencontre. Depuis, nous lui avons envoyé par courriel à plusieurs reprises une liste de questions, qui sont restées lettre morte.

Des autorités environnementales peu écoutées

La MRAE (mission régionale de l’autorité environnementale), dès 2015, critique vivement le projet d’extension porté par Philippe Bizien, dont les conséquences sur les ruisseaux, les zones humides, et la qualité de l’air sont à ses yeux « insuffisamment étayé[es] ». L’année suivante, un rapport d’enquête publique se conclut par un avis défavorable au projet pour les mêmes raisons. Il précise que, déjà dans sa dimension actuelle, les installations de la SARL Avel vor produisent « des gênes relatives à de nombreuses nuisances ».

L’enquête publique est une procédure déclenchée par le préfet lorsqu’une installation industrielle est susceptible d’affecter l’environnement. « Ça s’appelle la démocratie participative. C’est la dernière chance pour les citoyens de faire entendre la raison face à une technocratie trop sûre d’elle », défend Dominique Rémy, magistrat délégué aux enquêtes publiques au tribunal administratif de Rennes.

Quelques mois plus tard, le 29 mars 2016, Michel T., un salarié expérimenté, meurt au sein d’Avel vor, broyé par la machine servant à fabriquer l’aliment des porcs. En avril 2022, la société sera reconnue coupable d’homicide involontaire et Philippe Bizien de négligence concernant la sécurité des salariés. L’exploitant n’a pas fait appel. La famille est en procédure auprès du pôle social du tribunal judiciaire de Brest en vue d’obtenir la reconnaissance de la faute inexcusable de l’employeur.

Malgré l’avis défavorable du commissaire-enquêteur, et malgré l’accident tragique survenu trois jours plus tôt, le préfet du Finistère Jean-Luc Videlaine accorde le 1er avril 2016, son autorisation au projet d’agrandissement d’Avel vor. Interrogée par courriel, puis par téléphone, depuis le 1er juillet 2022, la préfecture du Finistère n’a pas répondu à nos questions et n’a pas souhaité expliquer les raisons de son silence. Interrogée sur ces points, la préfecture du Finistère, dont la réponse a pris trois semaines, est laconique : « Nous ne communiquons pas sur des dossiers qui font l’objet de procédures devant la justice. »

L’ancien commissaire non renouvelé

Contacté par Splann !, Alain Gérault, le commissaire-enquêteur de 2016, réagit à l’autorisation accordée au projet d’agrandissement : « Notre avis n’est que consultatif, la préfecture a le droit de ne pas le suivre. Mais après dix ans de carrière, c’est la première fois que ça m’arrivait. » En sus, il explique ne pas avoir été renouvelé dans sa fonction de commissaire-enquêteur, l’année qui a suivi cette enquête.

Aucune explication ne lui a été fournie par la commission départementale d’aptitude. Il se souvient avoir ressenti « une forte tension lors de l’enquête publique ». « Des élus municipaux se prononçaient contre le projet et des riverains déclaraient qu’ils allaient engager des recours, raconte-t-il. Quant au maire [Jean Helies, ex-premier adjoint de Jean-Michel Bizien ayant pris sa succession en 2014], il n’est jamais venu me saluer. Durant mes précédentes enquêtes, j’ai pourtant toujours été accueilli par le représentant de l’autorité municipale. J’ai compris que j’avais affaire à un dossier hautement politique, le porteur de projet étant le président du comité régional porcin, et aussi l’un des plus gros employeurs du village. »

Jean Helies, contacté par téléphone, reconnaît ne pas être venu voir le commissaire-enquêteur. Selon lui, il n’a simplement pas « été informé par ses services des horaires de venue en mairie du commissaire ». Favorable au projet d’extension, il raconte avoir convié le sous-préfet à visiter Avel vor, ce qui leur a permis de constater ensemble que « l’usine est très bien équipée et ne rejette rien dans la rivière ».

Alain Gérault disparaît donc du paysage des commissaires-enquêteurs bretons en 2016, tandis que l’extension d’Avel vor est réalisée la même année.

Des jugements sans effet

Eau et rivières de Bretagne et l’association Avenir et environnement en pays d’Iroise (AEPI) rédigent aussitôt un recours contre l’arrêté préfectoral d’autorisation. Elles sont rejointes par l’APPCL de Laurent Le Berre.

Le tribunal administratif de Rennes, en 2019, tranche en leur faveur. Étant donné « les omissions affectant l’étude d’impact » du dossier proposé par la SARL Avel vor, l’arrêté du préfet est annulé. La cour d’appel de Nantes confirme ce jugement en 2021.

Le préfet Philippe Mahé accorde malgré tout une autorisation provisoire à Avel vor, assortie de conditions dont la soumission d’une nouvelle demande d’autorisation. Une deuxième enquête publique, étape nécessaire à la régularisation de la porcherie, est donc organisée début 2022.

« Vous avez vu qui est le pétitionnaire [Philippe Bizien, NDLR] ? Il a tout de même une superficie politico-sociale importante », réagit Dominique Rémy, qui avait appelé le tribunal administratif à annuler l’arrêté, en tant que rapporteur public. « De toute façon, en matière d’ICPE agricoles [installations classées pour l’environnement], les préfets ont du mal à rendre des avis défavorables, car derrière il y a l’économie agricole », glisse-t-il.

Le vendredi 1er avril 2022, masques sur le nez, regards tournés vers l’écran, une soixantaine de Landunvéziens sont réunis dans la salle municipale du Triskell. Les associations environnementales sorties victorieuses des recours administratifs, ont pris l’initiative de cette réunion. Elles déclarent craindre un avis partial du commissaire-enquêteur, Jacques Soubigou, officier de gendarmerie à la retraite, chargé de mener la seconde enquête publique.

En 2012, à l’issue de son enquête sur le projet de centre de formation du Stade brestois, il n’a pas mentionné la présence d’une espèce protégée sur le site. Quelques années plus tard, il contribue à un rapport d’enquête publique donnant un avis favorable au très contesté projet de centrale à gaz de Landivisiau, en ignorant des avis critiques selon Mediapart. Plus récemment, Jacques Soubigou a également approuvé l’extension d’une porcherie membre du groupement de producteurs dirigée par Philippe Bizien, à Plouarzel, malgré un avis défavorable du parc naturel marin d’Iroise.

Pourquoi a-t-il été choisi pour mener l’enquête publique sur le dossier Avel vor ? Le magistrat Dominique Rémy explique qu’il n’y a aucune raison précise : « On a un vivier de commissaires-enquêteurs dans lequel on puise de façon aléatoire, afin que tout le monde fasse deux ou trois enquêtes par an. On prend aussi en compte la proximité géographique. » Concernant le dossier de Jacques Soubigou, « je ne dirai pas ce que j’en ai pensé » commente-t-il, confiant toutefois vouloir faire « la chasse aux anciens gendarmes et aux anciens de la DDE [Direction départementale de l’équipement]. Ils n’ont pas assez l’esprit critique, ils ont trop de difficultés à rompre avec leur administration d’origine. » Pourtant, contrairement à Alain Gérault, Jacques Soubigou est renouvelé dans ses fonctions de commissaire-enquêteur depuis plus de 10 ans.

La dimension politique du dossier, absente

C’est le 28 mai 2022 que Jacques Soubigou, le commissaire-enquêteur, remet ses conclusions sur l’extension d’Avel vor, au préfet Philippe Mahé. Son rapport montre que la fréquentation du public est allée crescendo au fil des cinq demi-journées de sa permanence. Le dernier jour, quatre personnes ont même dû être reçues simultanément. D’après les associations, d’autres ont quitté la file, « lasses d’attendre dans une ambiance tendue, debout devant le sas ».

Pourtant, Jacques Soubigou estime qu’avec 31 visites, 259 courriels et une pétition de 3.298 signatures, « la population locale s’est moyennement intéressée au projet soumis à l’enquête ». Dominique Rémy, délégué aux enquêtes publiques depuis 2011 au tribunal administratif de Rennes, donne un tout autre aperçu de la réalité : « Dans la grande majorité des enquêtes publiques en Bretagne, il y a très peu d’observations du public, même pas dix par dossier. »

Le commissaire-enquêteur omet de mentionner la réunion publique du 1er avril, qui a réuni 60 personnes, ainsi que les avis déposés par deux élues. Nous avons pu vérifier que la conseillère communautaire du pays d’Iroise Armelle Jaouen et la maire de Lanrivoaré, Pascale André, ont chacune signé une contribution en précisant leur fonction. La première contre la régularisation et la seconde en sa faveur. Pourtant, Jacques Soubigou indique dans ses conclusions qu’« aucun élu ou groupe politique » n’a pris part à la consultation.

Simple oubli ou volonté de minimiser la portée politique du dossier ? Contacté par téléphone, le rédacteur du rapport fait valoir son devoir de réserve et s’abstient de répondre à nos questions.

Les algues vertes, c’est les autres…

Sur le fond du dossier, la remise en cause du consensus scientifique sur l’origine agricole des marées vertes jette le trouble sur les intentions ou les connaissances du commissaire. « Les problèmes de pollution (algues vertes) qui sont constatées sur le littoral immédiat peuvent être rapprochés également des problèmes du traitement des eaux usées de l’habitant… Problème en cours de résolution, signifié par les élus », écrit-il. Or ce discours est exactement celui tenu jusque dans les années 2010 par les services de communication du secteur agro-industriel pour semer le doute sur la responsabilité écrasante de l’élevage intensif ; discours vivement critiqué dans un rapport interministériel en 2012.

Ces propos font rire jaune Laurent Le Berre. Le président de l’APPCL souligne que la plupart des eaux de Landunvez sont traitées par une station d’épuration située à Porspoder dont l’éventuel trop-plein ne s’écoule pas dans le bassin versant atteignant les plages de Landunvez.

Le commissaire-enquêteur a au moins le mérite de la constance. Son commentaire laconique et peu renseigné est un copier-coller de la conclusion de son enquête sur l’extension du GAEC de Kerascot, à Plouarzel. Interrogé sur ces points par Splann !, le commissaire-enquêteur n’a pas souhaité livrer son point de vue.

Les effets de cumuls, l’élément-clé balayé

D’autres carences pointées par l’Autorité environnementale souffrent d’un manque flagrant de réponse. Au sujet des émissions d’ammoniac, la MRAE relève en 2021 que « le risque d’effet cumulé avec les élevages voisins ne peut raisonnablement pas être évalué comme faible, contrairement à ce qui est indiqué dans le dossier [produit par l’éleveur] ».

Tout porteur de projet doit en effet prendre en compte la densité d’élevages sur son territoire. C’est une obligation prévue par le Code de l’environnement pour prévenir les dégâts éventuels sur la santé. Les retombées ammoniacales autour des bâtiments et des lieux d’épandage participent à l’eutrophisation des milieux naturels. Elles augmentent le risque de maladies respiratoires chez ceux qui les respirent. Gaz précurseur de particules très fines (PM 2.5), l’ammoniac émis par les élevages bretons se combine aussi avec des poussières pour former des particules fines, responsables de 48.000 morts prématurées dans l’Hexagone, chaque année, selon Santé publique France.

Or, la porcherie de Philippe Bizien trône au cœur d’une véritable ceinture du cochon. Landunvez et les trois communes limitrophes comptent à elles seules 22 élevages pour plus de 56.000 animaux équivalents, au sein d’un territoire, le Finistère, dont la concentration d’élevages porcins est l’une des plus importantes d’Europe. Un état de fait préoccupant balayé en trois lignes par Jacques Soubigou. « Il n’y a pas de projet en cours dans le rayon d’affichage, écrit le commissaire-enquêteur. Le projet […] n’a pas d’impact cumulé avec d’autres projets et les éléments nécessaires à déterminer d’éventuels effets cumulés avec les élevages environnants déjà existants ne sont pas communiqués ou communicables… ».

Une affirmation étonnante puisque les émissions d’ammoniac déclarées par les grands élevages de porcs sont en accès libre sur internet, comme l’avait montré l’enquête de Splann ! publiée en juin 2021. Impossible d’obtenir des explications auprès de Jacques Soubigou, qui, par téléphone, nous a simplement dit « écrivez ce que vous voulez ! » avant de raccrocher.

Finalement, le commissaire émet une réserve. Il demande le rehaussement d’un talus, afin d’éviter tout risque d’accident en cas d’écoulement des cuves à lisier. Travaux que le porteur de projet s’est engagé à réaliser « au plus tard avant la fin de l’année 2022 ».

Déni de démocratie environnementale

Malgré ces différents biais, l’avis favorable de Jacques Soubigou, prépare le terrain à la régularisation du projet.

Avant d’atterrir sur le bureau du préfet du Finistère, le dossier sera présenté dans une instance peu connue : le Coderst, Comité départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques. Il comprend 26 membres, dont sept représentants des services de l’État, trois représentants des filières concernées (on y trouve par exemple Dominique Ciccone, directeur général de filiales du géant de l’agro-alimentaire Eureden), cinq élus, et seulement trois associations.

Parmi les élus, Splann ! a pu constater qu’au moins la moitié travaillaient pour le secteur agro-industriel. Gilles Mounier, vice-président du conseil départemental du Finistère, était cadre à Evel Up (poste qu’il a quitté récemment), la coopérative porcine présidée par Philippe Bizien. Sa déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) nous apprend en outre que son épouse y est aujourd’hui salariée, en charge de la communication. Son remplaçant n’est autre que le maire de Landunvez, Christophe Colin, lui aussi cadre de l’agro-alimentaire chez Tromelin nutrition. Enfin, Marie-Christine Lainez est conseillère départementale et gérante d’exploitation porcine sur la commune de Plourin, limitrophe de Landunvez.

Avec un tel casting, peu de doutes subsistent sur le vote favorable du Coderst au projet d’extension d’Avel vor, qui ouvrira la voie au sésame délivré par le préfet. Ultime étape achevant de mettre en évidence l’impuissance des contre-pouvoir légaux et de la démocratie environnementale locale dans ce dossier. La justice condamne, l’enquête publique est fallacieuse, mais la préfecture peut malgré tout régulariser. « C’est un parcours kafkaïen pour les défenseurs de l’environnement », se désole le juriste Brieuc Le Roch, qui se prépare à déposer un nouveau recours en cas de régularisation au nom d’Eau et rivières de Bretagne. Même s’il sait qu’en cas de jugement en faveur des associations, rien n’empêchera le préfet de prendre un énième arrêté préfectoral d’autorisation.

Le cas de Landunvez n’apparaît pas isolé, comme le montre notre carte interactive, pourtant loin d’être exhaustive. Bien d’autres grands projets agricoles et agro-alimentaires finissent par obtenir les autorisations nécessaires, en dépit d’enquêtes bâclées, d’avis défavorables et même d’annulations devant les tribunaux.

Aux yeux d’Antoine Gatet, enseignant-chercheur en droit de l’environnement à l’université de Limoges et vice-président de France nature environnement, si des projets biocides ou climaticides ont pu être annulés c’est uniquement quand, en parallèle des recours formés par des associations, des citoyens se mobilisent, signent des pétitions, organisent des réunions publiques, voire entravent les travaux.

« Les recours en justice sont importants car ils légitiment le combat du côté de la légalité, mais la mobilisation est décisive, appuie l’universitaire. Les projets ne se font pas quand les banques ne suivent plus le porteur de projet. Cela arrive quand les travaux sont ralentis, et qu’il risque de ne pas pouvoir lancer son plan d’exploitation comme prévu. Il faut un croisement des luttes. La lutte juridique n’est complète que si localement il y a un engagement des populations, et qu’elles disent “on ne laissera pas faire ». »

26 07 2022

https://splann.org/

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16 juillet 2022 ~ 0 Commentaire

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porcs

Porcherie de Landunvez : le commissaire-enquêteur favorable à la régularisation

L’extension de la porcherie Avel Vor, à Landunvez, est soumise à autorisation préfectorale. Le commissaire-enquêteur a rendu un avis favorable, avec une réserve et une recommandation.

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Une enquête publique a eu lieu au printemps 2022 pour régulariser l’extension de la porcherie Avel Vor à Landunvez. Le commissaire enquêteur y est favorable, ajoutant une réserve et une recommandation. Le préfet va sans doute embrayer.

Cette fois, c’est oui. Le commissaire enquêteur chargé d’évaluer le dossier d’extension de l’activité (de 675 à 850 truies) de la porcherie Avel Vor, à Landunvez, a rendu son rapport le 28 mai 2022. Il est consultable sur internet. Il est favorable, contrairement à son prédécesseur, en 2016. Le préfet de l’époque l’avait pourtant validé. Il était alors question de produire 12 000 porcs deux fois l’an.

Attaquée devant le tribunal administratif par des associations de défense de l’environnement, l’autorisation préfectorale d’extension avait été annulée, en mai 2019, pour insuffisance de l’étude d’impact soumise à l’enquête publique.

Même chose en appel, en novembre 2021. Le préfet avait alors accordé une dérogation provisoire, et enjoint l’exploitant, Philippe Bizien, à demander une nouvelle autorisation, soulignant que « l’extension réalisée a permis d’améliorer la sécurisation du site s’agissant des risques de pollution au lisier et de limiter les dégagements gazeux grâce à la couverture de trois fosses extérieures ». Une nouvelle enquête publique a donc eu lieu pour régulariser les travaux déjà réalisés.

Il manque un talus de protection

Au terme des 28 pages qui égrènent les différents aspects et points de vue, le commissaire-enquêteur émet « un avis favorable à la poursuite de la procédure de demande d’autorisation environnementale ». Avec toutefois une réserve : la visite du site lui a permis de « constater, à hauteur du pont-bascule, une insuffisance de talus de protection des risques d’écoulement des eaux pluviales (pouvant être polluées) ou d’un accident d’écoulement des cuves à lisiers sises à proximité vers la lagune en contrebas ».

« Le porteur de projet », poursuit-il, « reconnaît qu’un risque éventuel persiste au niveau du pont-bascule. Le talus est en projet et il s’engage à être réalisé dans les meilleurs délais et au plus tard avant la fin de l’année 2022 ».

Nous avons sollicité cette semaine Philippe Bizien. Il indique que les travaux ont commencé et vont se terminer dans quelques semaines. « Nous l’avions déjà prévu après un diagnostic de risques, il y a quelques mois ».

15 juillet 2022

https://www.letelegramme.fr/

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21 juin 2022 ~ 0 Commentaire

brest (côté brest)

munitionnettes
Les munitionnettes à la poudrerie du Moulin-Blanc à Brest. ©Archives de Brest

Histoire : retour sur les deux grèves des munitionnettes de Brest

Les ouvrières qui officiaient à la poudrerie du Moulin-Blanc et à l’arsenal de Brest étaient appelées « munitionnettes ». Elles ont fait grève en 1917 et 1918.

Presque tout le monde le sait : pendant la Première Guerre mondiale, le départ des hommes pour le front avait conduit au recrutement massif de main-d’œuvre féminine, y compris dans l’armement, contexte oblige. En revanche, on a longtemps passé sous silence la grève de ces ouvrières appelées « munitionnettes » qui officiaient à la poudrerie du Moulin-Blanc et à l’arsenal de Brest.

Elles avaient de quoi être furieuses : au Moulin-Blanc, les salaires étaient plus bas qu’à l’arsenal et toute incartade était sanctionnée par l’humiliation de la glace, un panneau recouvert de verre sur lequel étaient écrites « les sanctions du jour, avec leur nom bien exposé pour les abaisser ». Une vraie mise au pilori ! Ces conditions de travail « déplorables » amenèrent les munitionnettes de la poudrerie à débrayer en juin 1917. Il fallut attendre 2015 et le spectacle Mots écrits pendant la Grande Guerre pour que leur combat sorte de l’oubli.

Des blâmes et licenciements

À l’arsenal, la situation n’était guère meilleure, malgré des émoluments (à peine) plus élevés et les ouvrières, déconsidérées par les hommes malgré le travail harassant qu’elles abattaient, firent grève à leur tour en avril 1918 : ça leur valut surtout des blâmes voire des licenciements – avec sursis, car on avait « encore besoin d’elles dans l’immédiat ».

Benoît Quinquis  19 Juin 22

https://actu.fr/bretagne/

Source : Roger Faligot, Brest l’insoumise, Dialogues, 2016.

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18 juin 2022 ~ 0 Commentaire

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brest

Législatives 2022 : les duels du second tour dans le territoire de Brest métropole 

Les électeurs de Brest métropole auront tous à arbitrer un duel entre un candidat de la nouvelle alliance de la Gauche et un autre de la majorité présidentielle, dimanche 19 juin.

Dimanche 19 juin 2022, les Brestois seront une nouvelle fois appelés aux urnes, à l’occasion du deuxième tour des élections législatives.

Que ce soit pour la 2e circonscription (Brest Centre : quartiers de Bellevue, Cavale-Blanche, Centre, L’Hermitage, Kerichen, Lambézellec, Saint-Marc, mais aussi les communes de Bohars, Gouesnou et Guilers) ou

la 3e (Brest Rural : quartiers de Recouvrance, Saint-Pierre, commune de Plouzané), les électeurs auront le choix entre un candidat de l’alliance de gauche Nupes (Nouvelle union populaire écologique et sociale) et un autre de la majorité présidentielle. Tout comme ceux de Guipavas et du Relecq-Kerhuon (5e circonscription) et de Plougastel-Daoulas (6e).

Brest Centre

Dans la 2e circonscription, Pierre-Yves Cadalen (Nupes) a viré en tête des 16 candidats en lice avec 31,91 % des suffrages exprimés au soir du premier tour, dimanche 12 juin.

Il sera opposé au député sortant, Jean-Charles Larsonneur (15,61%). Ce dernier soutient la majorité présidentielle, même s’il n’en était pas le candidat officiel, contrairement à Marc Coatanéa (3e avec 13,57 % des suffrages exprimés).

Les électeurs auront donc le même choix qu’en 2017. Jean-Charles Larsonneur l’avait emporté avec 59,58 %. Le duel devrait être plus disputé cette fois-ci.

Brest Rural

Avec 41,37 % des suffrages exprimés, Didier Le Gac, député sortant (majorité présidentielle Ensemble), est arrivé nettement en tête au premier tour dans la 3e circonscription du Finistère. Il sera opposé à Pierre Smolarz, 2e avec 29,18 % (Nupes). Ce dernier devra convaincre les abstentionnistes, nombreux. Seuls 51,61 % des inscrits sont allés voter au premier tour.

5e et 6e circonscription

Dans la 5e circonscription (Landerneau-Landivisiau), les électeurs de Guipavas et du Relecq-Kerhuon devront choisir entre la députée sortante Graziella Melchior (majorité présidentielle Ensemble), arrivée en tête (31,26 %) et l’ancienne présidente du Département Nathalie Sarrabezolles (Nupes), qui a totalisé 29,03 % des voix.

Dans la 6e circonscription (Châteaulin-Carhaix), les habitants de Plougastel-Daoulas auront également à arbitrer un duel entre Ensemble et la Nupes. Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale, est arrivé en tête avec 33,56 % des voix, talonné par Mélanie Thomin, la candidate de gauche Nupes (31,16 % des voix).

Dimanche 19 juin 2022, bureaux ouverts de 8 h à 19 h à Brest,
de 8 h à 18 h à Bohars, Gouesnou, Guilers, Guipavas, Le Relecq-Kerhuon, Plougastel-Daoulas, Plouzané.
18 Juin 22

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15 juin 2022 ~ 0 Commentaire

législatives (22-29)

carte

morb

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12 juin 2022 ~ 0 Commentaire

brest (lt)

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10 juin 2022 ~ 0 Commentaire

brest (amnesty)

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09 juin 2022 ~ 0 Commentaire

brest quimper élections (actu)

tonnerre de brest 1

Législatives 2022 : 16 candidats dans la 2e circonscription du Finistère, Brest Centre

Les élections législatives se dérouleront les 12 et 19 juin. Voici la liste des candidats qui se présentent dans la 2e circonscription du Finistère, Brest Centre.

16 candidats se présentent devant les électeurs dans la 2e circonscription du Finistère, Brest centre (quartiers de Bellevue, Cavale-Blanche, Centre, L’Hermitage, Kerichen, Lambézellec, Saint-Marc, mais aussi les communes de Bohars, Gouesnou et Guilers) pour les Législatives 2022.

La majorité présidentielle divisée

La majorité présidentielle part divisée : Marc Coatanéa, chef de file du groupe Brest progressiste (La République en marche) au conseil municipal et à la Métropole, a été investi par les instances nationales du groupe Ensemble (En marche, MoDem, Horizons, En commun, Territoires de progrès, Agir, Parti radical).

Député sortant, Jean-Charles Larsonneur (Agir) a décidé de se représenter, sans l’investiture. Quant à Mikaël Cabon, Marcheur depuis 2016, soutien du président de la République depuis cette même année et animateur du comité LREM à Brest, il a lui aussi déposé sa candidature.

La gauche aussi

À gauche, la Nouvelle union populaire écologique et sociale (La France insoumise, Europe écologie-Les verts, Parti socialiste, Parti communiste et Génération.s) a investi Pierre-Yves Cadalen, sous l’étiquette La France insoumise.(battu au second tour des Législatives en 2017 par Jean-Charles Larsonneur)

Mais à Brest, le Parti socialiste local joue la dissidence en présentant son candidat, Réza Salami, adjoint au maire de Brest en charge de la culture et conseiller métropolitain. 16 élus socialistes de la majorité ont expliqué, dans un communiqué, ne pas se retrouver pas dans la candidature de Pierre-Yves Cadalen. Il a toujours refusé d’œuvrer de concert avec les forces de gauche unies à la municipalité brestoise et a refusé d’appeler à voter pour la liste de la gauche plurielle menée par François Cuillandre au second tour des dernières municipales. Comment pourrait-il, aujourd’hui, se prétendre le candidat de l’union ?

Également adjoint au maire, en charge des animation, jumelages, solidarité internationale et grands événements, conseiller métropolitain et conseiller régional, Fortuné Pellicano se présente lui aussi, sous les couleurs du Parti radical de gauche-Le centre gauche.

Droite, centre et extrême droite (…)

Régionalistes

Du côté des régionalistes, Sandrine Migerel a été investie par l’Union démocratique bretonne et Sylvia Madec par le Parti breton (centre droit). Le collectif Brest La liste citoyenne aura aussi sa candidate en la personne d’Alice Vasseur.

Lutte ouvrière qui a désigné Rémy Collard, le Parti ouvrier indépendant et démocratique, Melvyn Hita, et le Parti animaliste, Jean-Yves Le Corre.

Les 16 candidats

• Réza Salami – Sylvie Jestin (Parti socialiste).

• Rémy Collard – André Cherblanc (Lutte ouvrière).

• Jean-Yves Le Corre – Brigitte Leblanc (Parti animaliste).

• Jean-Charles Larsonneur (député sortant – majorité présidentielle) – Taiseer Khalil (Agir).

• Sylvia Madec – Patrick Merdy (Parti breton).

• Anne Gélébart-Paupy – Yves Pagès (Droite et centre).

• Gérald Hébert – Aurélie Gaillard (Union pour la France).

• Melvyn Hita – Morgane Pernot-Goarvot (Parti ouvrier indépendant et démocratique).

• Alice Vasseur – Vincent Garcia (Brest La liste citoyenne).

• Fortuné Pellicano – Carole Cleuziou (Parti radical de gauche-Le centre gauche).

• Pierre-Yves Cadalen – Marie Mesmeur (Nouvelle union populaire écologique et sociale-La France insoumise).

Mickaël Cabon – Nadine Guillot (Divers centre).

• Marc Coatanéa – Corinne Tarditi (Ensemble-La République en marche, majorité présidentielle).

• Yvette Poullaouec – Moïse Hunerwadel (Rassemblement national).

• Sandrine Migerel – Fragan Valentin-Lemeni (Union démocratique bretonne).

• Élisabeth Louvel – Frédéric Berna (Reconquête !).

Yann Guénégou 9 Juin 2022

https://actu.fr/bretagne

Législatives. Dix candidats en lice dans la 1ère circonscription du Finistère

Dans la première circonscription du Finistère, la députée sortante La République en marche remet son mandat en jeu, dimanche 12 juin 2022. Il y a neuf autres candidats.

Annaïg Le Meur revient devant les électeurs, dimanche 12 juin 2022, pour le premier tour des Législatives. L’enjeu pour la candidate de la majorité présidentielle est de rempiler pour un mandat de député de cinq ans.

En 2017, elle avait été élue dans la foulée de la victoire d’Emmanuel Macron à l’Élysée. Pour mémoire, Annaïg Le Meur avait alors battu Jean-Jacques Urvoas (PS). À l’époque, ce dernier était ministre de la Justice et s’était incliné par 10 points d’écart à l’échelle de la circonscription.

Union à gauche

En 2022, le paysage politique a été profondément remodelé et les cartes, rebattues au lendemain de la dernière élection présidentielle. Conséquence : une candidature unique à gauche, portée par Grégory Lebert sous l’étiquette de la Nouvelle union populaire, écologique et sociale (Nupes).

Il espère sans doute profiter de l’ancrage local des Verts, et de la dynamique de la France Insoumise. En 2017 comme en 2022, Quimper a placé Jean-Luc Mélenchon en 2e position derrière Macron au premier tour de la Présidentielle.

Élisabeth Piro (Lutte ouvrière) représente quant à elle l’extrême gauche. Deux candidats régionalistes sont en lice pour ce premier tour du scrutin législatif : Izold Guégan (Parti breton) et Bernard Le Rest (Union démocratique bretonne).

Division à droite (…)

Inconnue autour de l’abstention

En tout, cela fait 10 candidats en piste, ce dimanche. Ils étaient 14 en 2017. Le casting n’avait pas vraiment déplacé les foules. La participation avait atteint 56 %. Au second tour, c’était pire. Elle avait chuté à 47 %.

Comme ailleurs, l’abstention sera observée de près. Au second tour de la dernière élection présidentielle, elle était de 24 % à Quimper.

Matthieu Gain  9 Juin 2022

https://actu.fr/bretagne/

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10 mai 2022 ~ 0 Commentaire

brest 1935 (bourrasque)

brest

Août 1935 – Émeutes à Brest : Pourquoi en parler ? (Partie 1/6)

Il y a 80 ans Brest était le théâtre de plusieurs journées d’émeutes contre un ensemble de mesures que l’on qualifierait aujourd’hui « d’austérité » ; l’occasion de revenir sur un épisode méconnu de l’histoire de notre ville. Une série d’articles sera donc publiée, revenant sur le contexte de ces émeutes, faisant une description de ces journées et tentant d’expliquer ce qui s’est déroulé à ce moment.

Nous ne sommes pas historiens !

Ces articles ont été écrits en faisant des recherches assez complètes sur ces événements : journaux d’époques, mémoires de militants communistes, anarchistes et trotskistes relatant ces événements. Ils sont donc issus de sources assez diverses et relativement fiables, et j’ai fais de mon mieux pour relater ce qui se rapproche le plus de la réalité, mais ma démarche n’est pas une démarche d’historien, cela ne veux pas dire que je déprécie mon travail, mais qu’il n’a pas vocation à être un point de référence pour une recherche historique, si vous recherchez ces références je ne peux que vous orienter vers les sources qui ont été utilisées pour l’écriture de ces articles.

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Août 1935 – Émeutes à Brest : Contexte politique et local (Partie 2/6)
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Août 1935 – Émeutes à Brest : La mort de Joseph Baraër (Partie 3/6)
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Août 1935 – Émeutes à Brest : La journée du 7 août (Partie 4/6)
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Août 1935 -– Émeutes à Brest : Funérailles, répression et vengeance (Partie 5/6)
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Août 1935 – Émeutes à Brest : Retour sur … (Partie 6/6)
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02 mai 2022 ~ 0 Commentaire

1er mai 22 et 29 (le tél)

À Brest, le « troisième tour social

Plus de 1 500 personnes ont défilé rues Jean-Jaurès et Siam, ce dimanche 1er mai, à Brest.

Ce dimanche 1er mai, plus de 1 500 personnes ont défilé dans les rues de Brest. Pour l’occasion, la Fête du travail avait un petit goût de « troisième tour social ».

1 500 manifestants selon la police, 2 000 pour les syndicats. Qu’importe le traditionnel décalage des chiffres : ce 1er mai brestois bien ensoleillé avait la saveur d’une réussite pour l’intersyndicale CGT, CNT, FSU, Unsa et Sud Solidaires. Celle qui appelait au rassemblement souhaitait clairement faire de cette Fête du travail une amorce du « troisième tour social », au lendemain de l’élection présidentielle.

Car, hormis le cortège gonflé par la mobilisation des intermittents l’an dernier ou celui de 2019 fortement teinté de gilets jaunes, il faut remonter à 2017 pour retrouver un 1er-Mai aussi fédérateur à Brest. Il était fortement politique : il y a cinq ans, le traditionnel rendez-vous des travailleurs était coincé pile à l’entre-deux tours de la présidentielle et permettait aux syndicats de dire leur hostilité à la candidate du Rassemblement national. « Cette fois, les gens ne se mobilisent pas pour dire non au RN mais pour défendre des revendications. C’est plus intéressant », commentait ainsi Olivier Cuzon (Sud-Solidaires).

« Pour la retraite à 60 ans »

Ces revendications, les organisations syndicales les ont défendues d’une même voix à la tribune, fustigeant au passage le programme électoral d’Emmanuel Macron, « qui entend bien accélérer ces politiques produisant ressentiment et désespérance sociale, aggravant les inégalités, divisant la société ».

Ce dimanche, c’est donc pour un retour de la retraite à taux plein à 60 ans, une hausse 400 € de tous les revenus ou encore pour une « véritable transformation sociale et environnementale de noter société » que plus de 1 500 Brestois ont défilé.

Une semaine après la réélection d’Emmanuel Macron, les principaux syndicats (hormis la CFDT) se sont donc entendus pour envoyer un message clair au Président et à son futur gouvernement. Une unité partagée par les groupes politiques de gauche qui, dans leur ensemble, ont relayé l’appel à la mobilisation : tous, du PS aux Verts, en passant par l’UDB ou le PCF, étaient présents ce dimanche matin, alors que les tractations pour présenter un front uni aux prochaines législatives se poursuivent en haut lieu.

La gauche mobilisée, mais encore divisée

Beaucoup, dans le cortège, auraient d’ailleurs rêvé d’une bannière unique rassemblant les principales forces de gauche, dès ce dimanche matin. Raté. Comme un symbole, d’ailleurs, La France insoumise, le NPA mais aussi l’Union pirate ont rejoint la place Liberté tardivement, d’un bloc, après s’être retrouvés à Saint-Martin quelques minutes plus tôt.

Le cortège a remonté la rue de Siam avant de se séparer vers 13 h.

Pourtant, alors que l’issue des négociations nationales semblait encore bien incertaine ce dimanche matin, les élus et militants brestois ont, pour la plupart, défilé d’un seul pas, ne cachant pas leur optimisme pour un accord en vue des législatives.

« Ça sent la fumée blanche », lançait ainsi l’Insoumis Pierre-Yves Cadalen au moment de saluer Yohann Nédélec. « Les électeurs nous demandent de faire l’union. Si on ne la fait pas, ils ne se gêneront pas pour nous sanctionner dans les urnes », estimait, pour sa part, le socialiste.

Pierre Chapin  01 mai 2022

Plus de 1 500 personnes à Brest à la manifestation de la fête du Travail (OF)

Ce dimanche 1er mai 2022, plus de 1 500 personnes se sont mobilisées à Brest (Finistère), à l’appel de la CGT, Sud, FSU, UNSA et CNT pour la défense des retraites et des salaires.

Ce dimanche 1ermai 2022, plus de 1 500 personnes (2 000 selon les syndicats) ont défilé ce matin, à Brest (Finistère), pour la fête du Travail. C’est un succès pour Olivier Cuzon, de Sud. Une mobilisation à l’appel de la CGT, Sud, FSU, UNSA et CNT. Une mobilisation très politique qui se veut la « troisième manche du tour social » avant les élections législatives. Objectifs: rappeler leur opposition à la retraite à 65 ans, demander de meilleurs salaires et des services publics de qualité.

Les manifestants défilent dans le centre-ville dans une ambiance bon enfant. L’objectif est vraiment de faire entendre des revendications sociales et écologiques dans le contexte des prochaines élections législatives.

L’union des gauches a-t-elle raté la marche du 1er-Mai à Quimper ? (LT)

Lors du rassemblement du 1er-Mai qui a réuni environ 600 personnes, ce dimanche, place de la Résistance à Quimper.

L’union des gauches aura-t-elle germé sur le terreau de cet estival 1er-Mai, à Quimper ? Avec un peu plus de 600 manifestants, le doute est permis. Justice sociale, pouvoir d’achat et avenir de la planète : les thèmes ont néanmoins été partagés par tous, avec détermination.

« C’est un peu surprenant… Je m’attendais à voir beaucoup plus de monde », commente cette militante quimpéroise aguerrie, habituée des mouvements sociaux. Il est un peu plus de 11 h et au pied du Mont Frugy, la rue entre la place de la Résistance, traditionnel espace de rassemblement des manifs quimpéroises peine à se noircir.

À peine plus de 500 personnes à l’heure du rendez-vous lancé voici plusieurs jours par tous – pour ainsi dire – les partis politiques de gauche et nombre de syndicats. Dans le même temps ou presque, le trafic routier s’intensifie doucement à la sortie sud de Quimper, sur la route conduisant vers le littoral. C’est qu’il fait beau. Beau et même chaud. Comme si l’été voulait forcer le calendrier.

Le calendrier, justement : « Nous sommes encore dans le temps des négociations entre les dirigeants des différents partis de gauche dans la perspective des législatives », analyse cette autre militante politique quimpéroise avant de conclure : « Il n’y a pas eu de message clair pour ce 1er -Mai », estime-t-elle tout est restant optimiste sur la possibilité d’un rassemblement faisant basculer l’Assemblée nationale, au soir du 19 juin.

Un peu plus loin, une syndicaliste de la CGT rappelle que, comme de tradition, des manifs du 1er -Mai ont lieu dans plusieurs villes du département, ce dimanche matin. Notamment à Pont-l’Abbé et Châteaulin.

Plus de 600 personnes

Finalement, lorsque le cortège s’ébranle vers la rue Kéréon, un peu plus de 600 personnes franchissent l’angle de la place Saint-Corentin. Huit cents l’année dernière. Le différentiel paraît anecdotique. Sauf que ce 1er-Mai 2022 est célébré dans un pays qui a cette fois voté à 41 % (13, 2 millions de voix) pour le Rassemblement national. Un peu moins de 26 %, à Quimper. Soit autant, ici, que pour J.-L. Mélenchon et Y. Jadot au soir du 10 avril. Le troisième tour serait déjà joué dans la circonscription de Quimper ? Toutes les listes n’ont pas encore désigné leur candidat.

Dans le cortège, les pancartes sont peu nombreuses, mais les messages qui fleurissent de-ci de-là sont sans équivoque : « Stop à la casse sociale » ou « Nous sommes tous sur la même planète, nous sommes tous dans la même galère ». Un peu plus loin, au bout d’un bras de plastique blanc, les lettres d’une affichette jouent avec l’anagramme « Macron – Monarc ». En milieu de cortège, une banderole blanche plutôt discrète mais remarquée porte les mots peints en noir « Union populaire ». Les deux hommes qui la portent ont moins de 30 ans. La manif quimpéroise se referme sur une aubade donnée sur le pont Max-Jacob par une fanfare militante composée de musiciens venus des quatre coins de Bretagne. «  Bella ciao ».

Olivier Scaglia le 01 mai 2022  Ouest France Quimper

À Quimper, le 1er mai comme « premier rendez-vous revendicatif du quinquennat »

Comme chaque 1er mai, une manifestation était organisée à Quimper (Finistère), ce dimanche 1er mai 2022. À l’appel d’une intersyndicale, un peu plus de 600 personnes se sont rassemblées, place de la Résistance, avant de défiler dans le centre-ville.

Hausse des salaires, Smic à 2 000 €, retraite à 60 ans… Les revendications sont nombreuses, ce 1er mai 2022, à Quimper (Finistère). Un peu plus de 600 personnes se sont rassemblées sur la place de la Résistance pour faire entendre leur voix, lors de ce « premier rendez-vous revendicatif du nouveau quinquennat ».

L’appel à manifester émanait d’une intersyndicale, composée de la CGT, la CNT, la FSU, l’Unsa et Sud/Solidaires. Les représentants syndicaux se sont succédé au micro. Bien sûr, la question de la retraite a été centrale. Pour les syndicats présents, il faut « une retraite à 60 ans avec 37 annuités et demie ».

Parmi les autres revendications, on peut noter aussi « le blocage des prix pour les produits de première nécessité, une hausse générale des salaires, des embauches massives et le plein-emploi pour tous, une transition écologique accessible à tous ».

Lutte contre l’extrême droite

En ce 1er mai, dans le milieu syndical, on évoque souvent « la lutte contre l’extrême droite ». Nombreux sont ceux qui réclament également la paix en Ukraine et craignent les conséquences de la guerre.

Après les prises de parole, le cortège de plusieurs centaines de personnes s’est élancé pour un traditionnel défilé, dans le calme, le long des rues du centre-ville. Une fanfare, placée au milieu de la foule, reprend des airs militants. Des dizaines de drapeaux flottent dans les rues, aux couleurs des syndicats et de quelques partis de gauche.

« Contre-pouvoir »

Parmi les manifestants, il y a Denis, de la CGT Éduc’action : « Fêter les travailleurs, c’est déjà une bonne raison d’aller dans la rue. Il faut aussi que l’on montre que nous ne sommes pas résignés, prouver qu’on souhaite le meilleur pour notre pays ! » Pour lui aussi, la question des retraites est importante : « Il faut cesser d’allonger le temps de travail. La retraite à 65 ans, ça signifie que certains ne partiront pas avant 70 ans », clame-t-il.

Dans le cortège, certains manifestent aussi sans drapeau ni bannière, à l’image de Laurence, Olivier et Gabin – du haut de ses 4 ans – venus en famille. Ils ne manifestent pas à tous les 1er mai, « mais là, ça va mal ! Il faut montrer aux politiques qu’il y a un contre-pouvoir dans la rue ». Une fois la boucle du défilé bouclée, le cortège s’est dispersé vers 13 h.

1er-Mai : 200 manifestants au départ de la place des Otages à Morlaix 

200 personnes se sont rassemblées sur la place des Otages, à Morlaix, ce dimanche 1er mai 2022 à l’occasion de la Fête du travail. Dans le cortège, des syndicalistes, des politiques… mais aussi des néophytes.

À Morlaix, place des Otages, ils ont été environ 200 à se rassembler pour le traditionnel défilé du 1er mai, entre 10 h 30 et 11 h. Un rassemblement 2022 souhaité notamment par l’intersyndicale composée de la CGT, CNT, FSU, Unsa et Sud/solidaires en cette journée symbolique de la Fête du travail.

Parmi les motifs annoncés du rassemblement, la lutte contre « les inégalités salariales », mais aussi la pression mise sur le président Macron nouvellement réélu de « faire de la France une grande nation écologique ».

Vers 11 h, dès la première prise de parole, la CGT rappelle le contexte après que « l’extrême droite a été battue dimanche dernier », évoquant « la responsabilité des organisations [NDLR : l’intersyndicale] dans la lutte contre les idées racistes et fascistes, contre l’imposture de l’Extrême droite et la division du monde du travail ». La politique passée d’Emmanuel Macron, mais aussi « des gouvernements précédents », est très critiquée, accusée d’avoir « accru les inégalités sociales, territoriales et augmenté la pauvreté »…

Natasha, 83 ans et Jacques, 74 ans, manifestent chaque Premier mai. Tous les deux sont encartés au Parti Communiste. La première souhaite « une augmentation du pouvoir d’achat », et le second s’est déplacé pour qu’« ils ne repoussent pas l’âge de départ à la retraite ». (Le Télégramme/Cécile Renouard)

Élus, encartés… les législatives sont à venir

Ici et là, les manifestants acquiescent au discours, certains plus remontés que d’autres « refusent » ensuite « de parler avec un journaliste ». D’autres au contraire sont ouverts, n’hésitant pas à parler de leurs partis ou de leur sympathie pour un mouvement politique, PS, PC, France Insoumise ou encore Générations… « C’est important pour l’Union de la gauche », commente par exemple l’élue Catherine Tréanton en un clin d’œil aux élections législatives à venir.

À quelques mètres d’elle, deux étudiants du lycée agricole de Suscinio montrent un enthousiasme certain en prenant place dans le cortège pour effectuer le tour traditionnel du centre-ville. C’est en effet « leur premier rassemblement du Premier mai ». Il y a là, Camille, 23 ans, qui porte une pancarte disant « Non au bitume, oui aux légumes »… tandis que son camarade Jakez, 18 ans, a un message similaire. Écologie, agriculture, économie… les jeunes parlent de tout cela dans leurs affiches. « On s’est réuni après les élections présidentielles en se disant qu’il fallait faire quelque chose, au moins essayer… Donc on est venus ».

120 personnes au rassemblement du 1er (Quimperlé)

La mobilisation au traditionnel rassemblement du 1er-Mai, organisé dimanche matin à Quimperlé par la CGT, était plus forte que l’année dernière.

Le rassemblement du 1er-Mai, à Quimperlé, a réuni plus de 120 personnes ce dimanche matin. Une fréquentation en hausse pour le début d’un troisième tour social souhaité par la CGT.

Plus de 120 personnes ont participé, ce dimanche matin, au traditionnel rassemblement du 1er-Mai, organisé par la CGT devant l’espace Benoîte-Groult, à Quimperlé. Une fréquentation en hausse par rapport aux années précédentes. « Lors des derniers rassemblements du 1er-Mai, on dénombrait de 60 à 80 participants », souligne Gérard Le Bourhis, mémoire locale du syndicat. Et cette participation ne s’explique pas par une météo radieuse, ni par la présence de quelques vacanciers, habitués à participer aux rassemblements en région parisienne.

Si les retraités forment toujours le gros des troupes présentes le 1er mai, ils ont été rejoints par plusieurs salariés, inquiets de la réforme des retraites et du départ à 65 ans, promis par Emmanuel Macron. « Il faut un troisième tour social pour s’opposer à cette politique libérale », assène Laëtitia, qui boudait les années précédentes ce rassemblement. « Après avoir écarté la menace d’un pouvoir autoritaire au second tour de l’élection présidentielle, il faut imposer une véritable politique sociale avec un Smic brut à 2 000 €. Il faut aussi augmenter les cotisations sociales pour ne pas amplifier les déserts médicaux et les fermetures de lit dans les hôpitaux. Il faut mettre fin aux exonérations des cotisations patronales. Les cotisations sont le pilier de la protection sociale », plaide Gérard Le Bourhis, le représentant de l’union locale CGT.

Dégradation du pouvoir d’achat et des conditions de travail, départ à la retraite à 65 ans : les craintes exprimées au début ce « troisième tour social » sont nombreuses.

« Inenvisageable de travailler à l’usine jusqu’à 65 ans »

De son côté, Audrey Quémat, secrétaire du syndicat CGT de l’hôpital de Quimperlé, a réclamé une amélioration des conditions de travail. « Les difficultés de l’hôpital public ne sont pas la conséquence de la covid-19 mais des réductions budgétaires. On manque de moyens et de personnels. Les salariés sont épuisés », alerte-t-elle. Selon la représentante syndicale, la situation se dégrade de plus en plus au Groupement hospitalier Bretagne sud (GHBS). « L’appel à l’intérim ne suffit plus à faire face aux problèmes d’effectifs. La direction demande, sur la base du volontariat, que des salariés écourtent d’une semaine leurs congés d’été pour remédier aux absences », dénonce Audrey Quémat, tout en craignant que « l’exception devienne la norme ».

Chez Bigard, les délégués pointent aussi une détérioration des conditions de travail. « Les marges et les profits augmentent, les cadences aussi ! Dans certains ateliers, c’est le retour du chronomètre », dénonce Xavier Morvant, délégué syndical CGT chez Bigard, à Quimperlé. Et le recul annoncé de l’âge de la retraite assombrit un peu plus l’horizon. « La peur s’installe dans l’usine face à cette menace. C’est inenvisageable de maintenir des ouvriers jusqu’à 65 ans. D’ailleurs, plusieurs d’entre eux partent déjà avant 62 ans en inaptitude », déclare le délégué syndical. C’est justement cette perspective qui a incité plusieurs actifs à rallier le rassemblement pour exprimer leur opposition à cette réforme.  « Le 3e tour de la présidentielle se poursuivra en juin dans les urnes, mais aussi dans les rues », prévient la CGT.

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