Archive | Brest et région

10 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Féminitudes ( actu )

Le spectacle d'improvisation théâtrale Féminités. sera présenté samedi 18 mai 2024 au centre social Jacolot au Relecq-Kerhuon, dans le cadre du festival Féminitudes.
Le spectacle d’improvisation théâtrale « Féminité.s » sera présenté samedi 18 mai 2024 au centre social Jacolot au Relecq-Kerhuon, dans le cadre du festival Féminitudes. ©Alexandre Heugas
 

Au Relecq-Kerhuon, première édition de Féminitudes, « un festival artistique, féministe et joyeux »

Les femmes sur le devant de la scène. La première édition du festival Féminitudes se tiendra les 18 et 19 mai au Relecq-Kerhuon. Spectacles, stages et rencontres sont au programme.

Les envies se sont mêlées et un festival a émergé. La première édition de Féminitudes aura lieu samedi 18 et dimanche 19 mai 2024 au centre social Jacolot au Relecq-Kerhuon. « Un festival artistique, féministe et joyeux », présentent les associations Latitudes et Le laboratoire des féminités, à l’initiative de de ce nouveau rendez-vous culturel.

Amélie Thomas  9 mai 2024

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27 avril 2024 ~ 0 Commentaire

1er Mai Brest Quimper

brest

Pour un 1er Mai Internationaliste et Anticapitaliste

Il y a 1 an nous étions des milliers à défiler à Quimper contre la « contre » réforme des retraites. Depuis, la situation n’a fait que s’aggraver. Les mauvais coups et les violences policières contre la jeunesse, la classe ouvrière, le mouvement social et écologiste, et plus récemment contre les défenseur.es de l’hôpital de Carhaix, ne cessent de pleuvoir.

Museler la contestation

La colère gronde mais l’État s’ingénie à museler la contestation populaire alors que partout grandit l’inquiétude face aux guerres et au surarmement planétaire.

Comme grandit l’indignation face au génocide en cours contre le peuple de Palestine dont les soutiens sont stigmatisés, censurés et envoyés devant la justice et face aussi à la guerre qui se poursuit sur le continent européen avec l’agression militaire impérialiste russe contre le peuple Ukrainien.

Capitalisme, colonialisme, autoritarisme et guerre

Ce 1er Mai doit allier le combat contre les politiques régressives du gouvernement Macron/Attal et la solidarité et la liberté pour tous les peuples! Liberté pour la Palestine et l’ Ukraine! Front commun contre les atteintes à la liberté d’expression et la montée de l’extrême-droite.

Plus que jamais soyons antifascistes, anticapitalistes et internationalistes.

Retrouvons-nous avec l’Intersyndicale en ce 1er Mai 2024 à 11h place de la Résistance à Quimper puis au pique nique qui suivra sur l’esplanade du Moulin vert.

NPA Quimper

1er Mai Brest Quimper dans Brest et région cleardot

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22 avril 2024 ~ 0 Commentaire

Olivier Cuzon (FR3)

Olivier Cuzon visé par une plainte déposée par le ministre de l'Intérieur pour un article dans le journal Sud éducation 29.
Olivier Cuzon visé par une plainte déposée par le ministre de l’Intérieur pour un article dans le journal Sud éducation 29. • © F. Malésieux /FTV

Un syndicaliste brestois visé par une plainte du ministre de l’Intérieur : « on cherche à nous faire taire »

Ce 19 avril 2024, Olivier Cuzon était convoqué pour une audition au commissariat de Police de Brest. Le syndicaliste brestois y a appris qu’une plainte avait été déposée contre lui pour diffamation et injure publique envers la Police et la Gendarmerie et que cette plainte émanait du ministre de l’Intérieur en personne, Gérald Darmanin. En cause, un article dans le journal de Sud éducation du Finistère.

« Le journal de Sud éducation Finistère, c’est un tout petit journal qui est envoyé dans les salles des professeurs des écoles, collèges, lycées du département, ironise Olivier Cuzon. C’est une feuille de chou sans prétention. C’est quand même très étonnant qu’un ministre de l’Intérieur prenne la peine de déposer une plainte contre le directeur de rédaction que je suis pour un journal qui a une audience très modeste et limitée, c’est beaucoup d’honneurs qu’il nous fait. »

Des classes défense qui interrogent l’enseignant

Dans cette « feuille de chou », en octobre 2023, l’enseignant brestois s’étonnait de l’apparition des Classes défense sécurité globale. « Après les attentats de 2015, explique l’article, un protocole a été signé entre le Ministère de l’Education nationale et celui de la défense ». Des militaires sont donc appelés à venir dans les salles de classe pour enseigner aux élèves les principes et valeurs de la République.

L'article de Sud Education 29 du mois d'octobre 2023 qui a conduit Olivier Cuzon au Commissariat de Police.
L’article de Sud Education 29 du mois d’octobre 2023 qui a conduit Olivier Cuzon au Commissariat de Police. • © Sud éducation 29

Le professeur persiste et signe : « C’est un article qui questionne la légitimité des policiers et des gendarmes à intervenir devant nos élèves. Je considère qu’en tant qu’enseignant cela fait partie de nos missions ».Lire : « Liberté, égalité, laïcité », quand l’école redonne du sens aux valeurs de la République et à la laïcité

Et il s’étonne, « l’éducation civique, ce n’est pas forcément à des gens en uniforme de s’en occuper et de faire quelque chose qui pourrait être assimilé à une forme d’endoctrinement ou de militarisation. C’est avant tout aux enseignants de travailler avec les élèves sur ces questions qui sont importantes. »

Une forme de militarisation de la jeunesse ?

Olivier Cuzon fait le lien avec le Service national universel que le ministère souhaite étendre à l’ensemble d’une classe d’âge. Il y voit une volonté d’une forme de militarisation de la jeunesse. « Ces 15 jours où les élèves font le lever du drapeau, apprennent à tirer, pourraient être pris sur du temps scolaire. Nous, on pense que ces 15 jours à l’école sont au moins aussi importants que 15 jours pour aller faire un petit service militaire dans les casernes. »

Il rappelle que dans tous les cours, les enseignants abordent les notions d’instruction civique, d’éducation à la citoyenneté, de valeurs de la République. « On n’a pas besoin de policiers ou de militaires dans les écoles pour ça. On remet en cause leur légitimité, ils ne sont pas formés pour cela. Ils sont formés pour d’autres missions, qui sont toutes aussi importantes, mais pas pour des missions d’éducation auprès des élèves. »

Entendu pendant une heure par les policiers

Une remise en cause qui n’aurait donc pas été du tout au goût du ministre de l’Intérieur, mais c’est surtout le paragraphe sur des dérives des membres des forces de l’ordre qui l’aurait fait sortir de ses gonds. Il y est écrit : «  Ce questionnement est important quand on connaît la culture droitière, misogyne et homophobe sous de trop nombreux képis. Les enquêtes de Médiapart révélant l’existence de groupuscules nazis dans certaines casernes, les groupes de discussions racistes des policiers et gendarmes, ou la participation récente de militaires en civil à la répression des dernières émeutes de banlieues ne plaident pas en faveur du républicanisme des militaires. »

Sollicité, le cabinet du ministre explique que « l’ auteur de cet article accuse des militaires de la gendarmerie nationale d’appartenir à des « groupuscules nazis », de participer, ainsi que des policiers, à des « groupes de discussions racistes  » et leur attribue une culture »misogyne » et « homophobe ». De telles allégations ou imputations sont de nature à porter atteinte à l’honneur ou à la considération de l’ensemble des militaires de la gendarmerie nationale et des fonctionnaires de la police nationale« , et justifie la plainte, « ces propos rendus publics caractérisent le délit de diffamation publique à l’encontre des administrations publiques de la gendarmerie nationale et de la police nationale, délit prévu et réprimé par le premier alinéa de l’article 29 et l’article 30 de la loi du 29 juillet 1881 relative à la liberté de la presse. »

Olivier Cuzon a été entendu pendant plus d’une heure par les policiers. « La plainte voudrait laisser penser qu’on s’attaque à l’institution, s’agace-t-il. Ce n’est pas le cas de l’article qui cible un certain nombre de dérives individuelles, racistes, sexistes ou homophobes. C’est un travail qui a été documenté par des journalistes, des sociologues et on ne fait que rapporter quelque chose qui existe. »

« Je trouve particulièrement dommage que le ministre, au lieu d’essayer de faire le ménage et de faire la chasse à ces groupuscules qui entachent l’image de la Police, s’attaque à des syndicalistes qui dénoncent des faits qui sont avérés et connus. »

Atteinte à la liberté syndicale

Le procureur de la République de Brest devra décider de poursuivre l’enseignant ou de classer la plainte du ministre de l’Intérieur. Mais quoi qu’il arrive, pour Olivier Cuzon, le mal est fait. Il parle d’atteinte à la liberté syndicale et de pressions.

« On a tendance à penser que le ministre de l’Intérieur a d’autres chats à fouetter. C’est déstabilisant de se voir infliger une plainte par le ministre de l’Intérieur, on se demande ce qu’on a fait de vraiment très mal pour subir cela. »

« On cherche à faire taire une liberté de parole syndicale alors que c’est un pilier de notre démocratie. On voudrait nous empêcher de parler de choses qui fâchent. Et au-delà de cette atteinte aux libertés fondamentales, c’est un petit coup de pression. On utilise la diffamation comme une arme pour faire taire des syndicalistes, parce que c’est vrai que la prochaine fois qu’on rédigera un article, on aura forcément ça en tête, comme une épée de Damoclès, en se disant, mais attention, là, est ce que je ne vais pas être attaqué ».

« On a l’impression qu’il y a une police politique qui cherche à museler un peu une presse libre. C’est une presse d’opinion la presse syndicale, mais on ne s’en cache pas, elle a le mérite d’exister et ça fait partie des grandes libertés constitutionnelles. »

« On ne se laissera pas intimider, on ne va pas se laisser faire, on va se bagarrer parce qu’on tient à ces libertés et ce n’est pas un ministre qui fait la loi en France, j’ai toute confiance dans la justice de mon pays et à l’Etat de droit pour que les faits soient rétablis et que justice soit faite. »

De nombreux soutiens

Le syndicaliste a reçu de nombreux soutiens, politiques, associatifs. La Ligue des Droits de l’homme de Brest Métropole évoque une atteinte à la liberté de la presse. Pierre Bodenez son président n’hésite pas lui aussi à parler de « coup de pression » et de « risque d’autocensure. »

Un contexte liberticide

Olivier Cuzon ne cache pas une certaine inquiétude. « Il y a une dérive liberticide dans ce pays, déclare-t-il. Dans la semaine, un syndicaliste de la CGT du nord de la France a été condamné pour un tract sur la Palestine, des meetings sont interdits, des libertés associatives sont remises en cause par des subventions qui sont supprimées du jour au lendemain parce que le discours de telle ou telle association ne plaît pas, regrette-t-il. On sent un Etat qui veut s’immiscer de plus en plus dans la vie associative, dans la vie syndicale et qui aimerait bien que les associations soient plus le doigt sur la couture du pantalon. »

Mais il l’affirme, cela ne sera pas le cas. « On garde notre liberté, ça fait partie des libertés fondamentales et on se bagarrera pour les faire vivre.  »

(avec Florence Malésieux) Séverine Breton  21/04/2024

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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20 avril 2024 ~ 0 Commentaire

Olivier Cuzon ( Sud Education)

Olivier Cuzon, en 2013. Image d'illustration.

« Une atteinte à la liberté d’expression » : le syndicat brestois Olivier Cuzon visé par une plainte de Gérald Darmanin

Le syndicat est visé par une plainte pour diffamation à l’encontre de la police et la gendarmerie, après la publication d’un article. À sa sortie du commissariat de Brest vendredi 19 avril après-midi, le professeur et syndicaliste a dénoncé une « plainte intolérable. »

Le professeur et syndicaliste brestois Olivier Cuzon est visé par une plainte pour diffamation à l’encontre de la police et la gendarmerie. Plainte déposée par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, indique Olivier Cuzon dans un communiqué. L’homme a été entendu ce vendredi 19 avril après-midi au commissariat de Brest.

« C’est la publication d’un article sur le site de Sud éducation 29, dont je suis le « directeur de publication du journal » qui est à l’origine de cette plainte, lit-on dans le communiqué.

Le paragraphe sur lequel est fondé la plainte est le suivant : « Ce questionnement est important quand on connait la culture droitière, misogyne et homophobe sous de trop nombreux képis. Les enquêtes de Médiapart révélant l’existence de groupuscules nazis dans certaines casernes, les groupes de discussions racistes des policiers et gendarmes, ou la participation récente de militaires en civil à la répression des dernières émeutes de banlieues ne plaident pas en faveur du républicanisme des militaires. ».

Olivier Cuzon poursuit : « Il y a dans cette plainte une atteinte intolérable à la liberté d’expression d’un journal syndical, qui par principe a une expression engagée. » Et conclut : « Au delà, cette plainte s’inscrit dans un contexte plus global de tentatives de mettre un coup de pression contre des militant.es qui s’expriment librement pour faire connaître leurs analyses des politiques gouvernementales. »

  • France Bleu Breizh Izel

Vendredi 19 avril 2024

https://www.francebleu.fr/

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19 avril 2024 ~ 0 Commentaire

Brest Samedi 20 Avril

brest

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29 mars 2024 ~ 0 Commentaire

fiertés Brest 2024

les detraqueers-

Marche des Fiertés de Brest 2024

Aidez-nous à financer la marche des Fiertés 2024 à Brest !

La Marche des Fiertés de Brest revient le 22 juin 2024  pour sa cinquième édition !

Portée par un intercollectif composé des associations Aides, Archives des Vécus Queer, Brest La Trans, David et Jonathan, Détraqueers, Glory All, les Pétrolettes, ainsi que des individu·es non affiliées à des associations, la Marche des Fiertés et son organisation reposent essentiellement sur de l’autofinancement.

Pourquoi désigner une association comptable ? 

L’association Les Détraqueers est comptable de l’événement, aidée en cela par des membres d’autres associations. Nous désignons une association comptable afin d’établir un suivi rigoureux du budget et des dépenses en centralisant ces dernières.

La Marche des Fiertés de Brest est-elle subventionnée ? 

A l’heure actuelle, la Marche des Fiertés ne bénéficie pas de subventions privées ou publiques. Néanmoins, la ville de Brest met à notre disposition une grande partie du matériel nécessaire (barnums, tables, chaises, installation électrique, sono), qui représenteraient un coût d’environ 15 000€ si nous devions les louer. Les frais restants reposent sur de l’autofinancement : nous organisons un crowdfunding et un ou des événements de levée de fonds.

https://www.helloasso.com/

pride

Ancienne affiche

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09 mars 2024 ~ 0 Commentaire

brest (afps)

brest

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08 mars 2024 ~ 0 Commentaire

8 mars brest (OF, Le Tél)

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  • À Brest, environ 500 personnes mobilisées contre les inégalités de salaires femmes-hommes

Des centaines de personnes se sont rassemblées sur la place de la Liberté, à Brest (Finistère), à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Une manifestation organisée par l’intersyndicale.

Entre 200 et 300 personnes se sont réunies, ce vendredi 8 mars 2024, sur la place de la Liberté, à Brest (Finistère), à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. Des manifestants rejoignent le cortège, qui atteint environ 500 personnes au total.

Cette première manifestation, qui se tient depuis 15 h 40, est particulière car elle commencé à l’heure précise où les femmes travailleraient gratuitement, en raison de l’écart de salaire entre les hommes et les femmes. Une mobilisation nationale, lancée par l’intersyndicale.

Des salaires inférieurs à ceux des hommes

Cette dernière rappelle que 62 % des personnes payées au Smic (salaire minimum interprofessionnel de croissance) sont des femmes. Elles touchent également des salaires un quart inférieur à ceux des hommes.

Marin RABIN. Publié le 08/03/2024

https://www.ouest-france.fr/

Brest, elles ont manifesté pour leurs droits ce vendredi 8 mars (Le Tel)

Pour la journée internationale des droits des femmes, environ 300 personnes ont manifesté ce vendredi 8 mars à Brest. Elles revendiquaient notamment l’égalité salariale et des actions contre les violences sexistes et sexuelles.


La PMA (procréation médicalement assistée) pour toutes était l’une des revendications de la manifestation.

Les violences sexistes et sexuelles étaient notamment au centre des revendications

Les femmes ont marché à Brest dans une ambiance de défiance vis-à-vis du gouvernement.

L’heure était inhabituelle mais symbolique. Vendredi 8 mars 2024, l’intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires et Union pirate a donné rendez-vous place de la Liberté à Brest à 15 h 40, horaire théorique auquel les femmes cessent d’être payées au regard de l’écart de salaires entre femmes et hommes. Environ 300 personnes, en majorité des femmes, ont répondu à cet appel à la grève du travail et des tâches domestiques en venant manifester.

Isabelle Jaffré 08 mars 2024

https://www.letelegramme.fr/

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09 février 2024 ~ 0 Commentaire

archives du PCI finistère

trotsky

Conférence (trotskistes, lutte contre le nazisme, déportation)

Cette conférence, donnée à la médiathèque de Quimper par Erwan Le Bris du Rest, est centrée sur la lutte contre le nazisme menée par Eliane et Henri Berthomé (et leurs camarades trotskistes), ainsi que sur leur déportation.


“Répétons-le inlassablement, les droits de l’homme, la liberté, ne sont jamais définitivement acquis. Aujourd’hui, plus que jamais, nous devons être vigilants pour sauvegarder les valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité qui sont les piliers de notre démocratie ”                Henri Berthomé

“Je considère comme le devoir de tout citoyen, de toute citoyenne digne de ce nom, que de lutter contre l’injustice, contre les atteintes aux droits de l’homme, dans quelques pays que ce soit, dans quelques parties du monde que ce soit “.                       Eliane Berthomé

Rue du Chapeau-rouge, à Quimper, une petite boutique de modiste tenue par Madame Marie-Annick Ronël-Carnot et sa fille, Eliane ; les Ronël demeurent rue Pen-ar-Steir. Monsieur Louis Ronël est contrôleur des contributions, le père de celui-ci, Louis, est ouvrier typographe (ils sont abonnés à la Bibliothèque municipale).

Les Ronël sont socialistes et libres penseurs, leur fille Eliane (Marcelle, sa sœur aînée, a épousé un instituteur, Jean-François Hamon qui ne cache pas ses sympathies pour le Parti communiste) adhère, dès 1938, aux Auberges de Jeunesse.

En août 1939, à 18 ans Eliane (elle est née le 21 février 1921), mettant à profit ses jours de congés payés, se rend en tant qu’Ajiste en Allemagne, qu’elle visite en vélo, et découvre un pays sous la botte nazie ; elle est choquée par le salut hitlérien, par cette jeunesse en uniforme, embrigadée…

Eliane participe, mais elle se sent isolée, à plusieurs manifestations à Quimper et à Concarneau, celles-ci étant « animées », raconte-telle, par Pierre Guéguen alors maire communiste de cette ville portuaire, en rupture de ban après les accords Molotov-Ribbentrop (pacte germano-soviétique, 23 août 1939), proche des trotskistes.

Toujours isolée, au cours de l’année 1940, elle rédige et compose, sur une petite imprimante offerte par son grand père Ronël des « papillons » antifascistes qu’elle colle sur les affiches de propagande nazie, sur les vitrines de magasins. Les troupes allemandes sont entrées dans Brest le 19 juin au soir, dans Quimper le 20 juin. Des « avis à la population » sont placardés : « […] dès à présent, l’heure allemande est en vigueur. Les montres seront en conséquence avancées d’une heure. »

La résistance s’organise – Le « travail allemand »

1941-1943. La petite boutique, à l’enseigne « Eliane », et le domicile familial des Ronël deviennent une véritable « plaque tournante » de la Résistance trotskiste dans le Finistère.

Alors qu’Eliane adhère, dès 1938, aux Auberges de jeunesse, elle rencontre des Ajistes militants trotskistes, André Calvès, Gérard Trévien, Marguerite Métayer ; celle-ci l’encourage à s’engager dans la vie clandestine des Résistants. Au début de l’année 1941, elle entre dans l’organisation, elle participe alors à la distribution de tracts et de La Vérité clandestine, organe de propagande des Comités français de la IVe Internationale (créé le 30.08.1940), elle organise des réunions clandestines du « Parti » sous couvert des activités des AJ, reçoit chez ses parents, rue Pen-ar-steir, Yvan Craipeau créateur avec Fred Zeller des Jeunesses Socialistes Révolutionnaires-JSR, membre du Parti Ouvrier Internationaliste-POl (créé en 1938).

Sous couvert d’activités professionnelles, elle effectue aussi plusieurs voyages à Paris («souvent») pour prendre (« ramasser ») le « matériel » (La Vérité, tracts) ventilé puis distribué sur Quimper et Brest. A Paris les rendez-vous sont donnés à l’hôtel Lhomond où elle rencontre des « camarades inconnus » d’elle.

A la mi-septembre 1942, rue Lhomond, elle rencontre ainsi Henri Berthomé lui-même venu chercher, pour Nantes, du « matériel.» Henri, qui demeure à Rezé avec sa famille (père cheminot, mère femme au foyer), milite depuis l’âge de 16 ans (il est né le 9 juillet 1923) ; il milite, ainsi que sa sœur aînée, Jeanine, à la section des Jeunesses socialistes animée par leur frère Georges, secrétaire fédéral.

« La décision de non-intervention en Espagne nous avait convaincus, et annonçait d’autres renoncements. » dira plus tard Henri Berthomé. Ainsi, à l’arrivée des Allemands à Nantes (18 juin 1940), la section de Rezé a déjà gagné la clandestinité, et le vote des pleins pouvoirs à Pétain (10 juillet 1940) convainc les deux frères d’adhérer à la IVe Internationale.

Henri, muni d’un CAP d’ajusteur, travaille aux chantiers navals Dubigeon ; en mai-juin Nantes est touchée par plusieurs bombardements, Henri prend alors part à l’évacuation et aux premiers secours aux victimes, avec son frère et sa sœur il distribue des tracts et de nuit colle des affiches. En octobre 1942, devant la réquisition d’ouvriers français pour le travail forcé en Allemagne, les usines et chantiers navals de Nantes débrayent. «[…] j’ai personnellement incité au débrayage avec d’autres camarades des chantiers Dubigeon » note Henri, en marge de l’ouvrage d’Yvan Craipeau, Contre vents et marées- Les révolutionnaires pendant la deuxième guerre mondiale (Savelli, 1977).

Au moment de leur première rencontre rue Lhomond, à Henri et Eliane, celle-ci écrit : «Je revenais […] d’un stage organisé par les camarades de la route en zone sud, à Mollans près d’Orange. L’organisation et l’animation de ce stage étaient menées par des camarades du parti, principalement Henric et Marc Paillet avec lesquelles j’ai eu des discussions politiques […]. Henric était chargé de la formation politique pour notre groupe au cours des matinées de notre stage. »

En octobre 1941, les Auberges Françaises de la Jeunesse-AFJ et les Camarades de la route-CDR (mouvement d’usagers qui rassemble des groupes ajistes) ont ouvert, après Uriage, une école de formation à Mollans. L’activité des CDR commence en août 1941 ; ils se donnent pour objectif la formation des responsables. Sans doute sélectionnée, Eliane, également membre des CDR, est donc appelée à jouer un rôle déterminant dans le mouvement, mais on devine aussi l’orientation politique donnée à la formation de militants déjà engagés ou qui s’engageraient dans la Résistance.

A Quimper, séjourne chez ses parents, fin 1942-début 1943, Jean-René Chauvin, membre du POI, lié à Yvan Craipeau ; Chauvin a participé, à Bordeaux, en pleine mobilisation, à la rédaction et à la diffusion d’un tract contre la guerre, dénonçant aussi le Stalinisme comme ennemi mortel du communisme.

Fin mars 1943, arrivent à Quimper, chez les Ronël, qui les hébergent avant qu’ils ne partent pour Brest, cinq Nantais dont Robert Cruau, postier de 23 ans, il parle allemand, et les frères Henri et Georges Berthomé. « Quelques uns de ces camarades sont réfractaires au départ pour le STO. Tous ont besoin d’une fausse carte d’identité pour mener leur activité clandestine […] Nous envisageons en commun et discutons des formes appropriées d’activités pour la région bretonne et particulièrement le travail allemand. » Dès lors, le groupe se réunit régulièrement le dimanche rue Pen-ar-Steir. « Les réunions régionales groupant 6 à 8 camarades se tiennent le dimanche chez moi »». On y retrouve donc, entre autres, Marguerite Métayer, et les Brestois, Robert Cruau, Georges et Henri Berthomé, Yves Bodénés (Huon), l’un des responsables finistériens du POI.

Les 15 et 16 août 1943, se tient à Daoulas (dans l’une de ses notes Eliane parle non plus de Daoulas mais du Faou) un rassemblement d’une vingtaine de militants auxquels s’est joint Yvan Craipeau. « Le travail était organisé en commissions. Et suivi de discussions communes à toutes les commissions. Au cours de l’une de ces journées nous avons travaillé par équipe de 2. Alice Bourhis a rappelé qu’elle était avec Henri Berthomé […]. Robert Cruau et moi-même traitions du travail allemand. »

Le 5 octobre 1943, se réunissent chez Eliane, plusieurs membres du groupe ; se joignent à eux Marguerite Métayer ainsi que Marcel Baufrère, alias « Marceau » ou « Liber », Odette sa compagne, qui arrive de Paris avec du « matériel », La Vérité et des tracts allemands, ce « matériel » dont va se saisir, deux jours plus tard, la Gestapo. A l’ordre du jour de cette réunion figure, une fois de plus, la réorganisation du parti dans la région, la réorganisation du travail dans les AJ, et le « travail allemand».

Le « travail allemand »

Le « travail allemand » s’est essentiellement développé à Brest avec le Nantais Robert Cruau qui garde un avantage sur ses camarades, il parle allemand et, de ce fait, peut participer à la rédaction au côté de soldats de la Wehrmacht de tracts et de journaux diffusés auprès des troupes d’occupation tel que le Zeitung für Arbeiter und Soldat im Westen (Journal du soldat-travailleur en uniforme), tiré à 150 exemplaires. La ronéo est cachée chez André Calvès qui se charge de taper les tracts. « Les articles se terminaient par des appels : « Ne vous faites pas les chiens de garde du capitalisme et du nazisme. Aidez les jeunes travailleurs français à lutter contre les déportations » (André Calvès, notes)

Le « travail allemand » repose donc essentiellement sur la propagande anti fasciste, anti nazie en direction des soldats des forces d’occupation dans la région brestoise, soldats dont beaucoup sont originaires de Hambourg autre ville portuaire, connue pour son mouvement ouvrier. «Sous chaque uniforme peut se cacher un ouvrier» (Rosa Luxembourg). Plutôt que par l’action armée directe, il s’agit ainsi, par la propagande, en allemand, de gagner à la cause révolutionnaire des prolétaires allemands, des « travailleurs allemands sous l’uniforme », engagés par un régime fasciste dans cette guerre. «Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

Cette action de résistance, ses objectifs, les moyens à mettre en œuvre, ont souvent été discutée lors des réunions du groupe tant à Quimper que lors du rassemblement de Daoulas (Le Faou ?) à la mi- août 1943.

Le groupe est composé de trotskistes. Ils lisent La Vérité qu’ils diffusent. Ils ont dès octobre 1941 diffusé des tracts ronéotypés et quelques journaux « Front ouvrier », « Le bulletin ouvrier et paysan », « La Bretagne Rouge ».

En octobre 1942, alors que l’autorité allemande décide d’expédier sept cents ouvriers de l’Arsenal de Brest à Hambourg, ils rédigent un tract dont un millier distribué dans des boîtes aux lettres; ils dénoncent, dans ce tract, les déportations d’ouvriers et lance un appel à s’organiser. Les tracts peuvent être remis en main propre aux soldats, ou jetés par-dessus le mur des casernes ou bien encore du haut des balcons des salles de cinéma…

En juillet 1943, paraît Arbeiter und Soldat (Travailleur et soldat/Travailleur-soldat) rédigé à Paris dans une imprimerie clandestine du POI, que le groupe brestois diffuse à 150 exemplaires. « Il faut tout de même souligner que si des copains de Paris publièrent le journal clandestin « Arbeiter und Soldat » ; si des militants de divers points de France agirent pour que ce journal parvienne à des soldats allemands, c’est seulement à Brest qu’il y eut un début d’organisation préparée par de jeunes militants. Tout le mérite en revient au camarade Robert Cruau » rappelle dans ses souvenirs André Calvès. (J’ai essayé de comprendre – Mémoires – 1ère partie 1920-1950, p. 59)

«A (ma) connaissance au moment des arrestations de Brest des copains du travail allemand on a compté au plus une quinzaine de soldats allemands […] » annote Henri Berthomé en marge du chapitre Le travail des trotskistes dans l’armée allemande consacré par Craipeau dans son ouvrage sur Les révolutionnaires pendant la deuxième guerre mondiale (Contre vents et marées). Dans ses souvenirs, André Calvès pensent pouvoir préciser qu’ «Au début de septembre 1943 nous avions 27 soldats dans l’organisation […]. »

L’un de ces Allemands, Heinz, appartient à l’organisation TODT, il se sert alors du cachet de cette organisation pour truquer les cartes de travail des réfractaires au STO. Un autre soldat, de la DCA, Konrad Leplow rejoint le groupe.

Outre cette action, le groupe aurait transmis, semble-t-il à Londres des renseignements concernant, entre autres, la base sous-marine. Par ailleurs, peut-on établir un rapport entre l’action du groupe trotskiste en direction des soldats allemands et la mutinerie de l’équipage d’un sous-marin survenue en septembre 1943 ; les mutins qui ont refusé de prendre la mer, furent d’ailleurs enfermés à la prison Saint-Charles à Quimper ?

Une sympathisante trotskiste arrêtée, interrogée à Rennes, puis libérée au bout de trois mois, rapporte ce propos d’un officier de la Gestapo : « Faire de la propagande à des soldats allemands est le plus grand crime ! » (André Calvès).

Actions / exécutions

Jeudi 7 octobre 1943, les soviétiques lancent leur grande offensive sur le Dniepr, Pétain est à Vichy, Laval est chef du gouvernement et la Gestapo française torture rue Lauriston. Drancy, Rambouillet, Romainville battent leur plein, véritables « camps de transit » pour les camps en Allemagne, en Pologne, en Autriche…

A l’automne 1943, les mesures de répression se multiplient ainsi que les déportations en masse, elles coïncident avec un accroissement de l’action des groupes de résistance et, bien souvent, avec leurs chutes et démantèlements par les services policiers allemands

Brest, mercredi 6 octobre, Yves Bodénès, alias « Huon », 22 ans, électricien travaillant à l’Arsenal, est arrêté.

Jeudi 7 octobre, un nouveau convoi de Juifs de France quitte la gare de Bobigny pour Auschwitz. Une partie des déportés est gazée dès l’arrivée.

Jeudi 7 octobre, Quimper, en fin de matinée, vers 11 heures, un soldat de la Wehrmacht s’est présenté au magasin se recommandant de « Max », Robert Cruau, et de « Ned », André Calvès, deux camarades du groupe de résistants trotskistes de Brest. Eliane Ronël lui a laissé quelques tracts et journaux, « matériel » que deux jours auparavant Odette Baufrère lui a porté de Paris; peu de temps après, Fred Rospars, 17 ans, un autre camarade, élève à l’Ecole normale d’instituteurs, est passé prendre d’autres tracts qu’il distribuerait au lycée et à l’E.N. Il est vrai, que le mardi précédent, rue Pen-ar- Steir, on avait discuté de la réorganisation du Parti dans la région, des actions à conduire dans les AJ, de l’extension à Quimper du « travail allemand. »

Jeudi 7 octobre, Quimper, il est 15 heures, environ, une voiture s’arrête devant la boutique des Ronël, rue du Chapeau-rouge. Eliane sert des clientes. Deux hommes entrent, l’un est en uniforme. Eliane leur demande ce qu’ils désirent, ils lui répondent qu’ils peuvent attendre, elle continue alors à servir ses clientes; l’homme en civil est ressorti puis interpelle les femmes qui montrent alors le contenu de leurs sacs à chapeaux, il revient dans le magasin, il lui demande, brusquement, «Le matériel !» ; Eliane est étonnée : « Le matériel ? Je ne comprends pas… » Les deux Allemands fouillent le magasin, montent aux étages et reviennent des tracts et des journaux en allemand à la main, mais aussi La Vérité. «D’où viennent-ils ?» Eliane leur dit en ignorer la provenance, les avoir reçus par la poste et ne pas connaître l’expéditeur.

A 16 heures, Eliane, est conduite à la prison Saint-Charles, à Kerfeunteun, le Mesgloaguen ne disposant plus de cellule d’isolement.

Brest, jeudi 7 octobre, cour de l’école Notre-Dame de Bonne nouvelle, siège de la Gestapo, Max, 23 ans, feignant une évasion, est abattu par la Feldgendarmerie

Brest, jeudi 7 : arrestation d’Albert Goavec, 21 ans, d’André Le Floc’h, 20 ans.  Tous, des camarades d’Eliane, membres du groupe de résistance trotskistes de Brest conduit par Yves Bodénès et Robert Cruau.

Le 11 octobre Eliane quitte Quimper pour Rennes où elle est internée à la prison Jacques Cartier, interrogée et battue par la Gestapo. On tait la torture on ne la dit pas.

Georges Berthomé

Georges Berthomé

Nantes, mercredi 20 octobre, arrestation d’Henri Berthomé, 20 ans, ajusteur à l’arsenal de Brest. Yves Bodénès fut déporté à Dora, et ne revint pas Georges Berthomé fut déporté à Dora et ne revint pas. Albert Goavec et André Le Floc’h moururent en déportation.

Dans le même temps la Gestapo frappe à Paris.Egalement arrêtés, Gérard Trévien, 23 ans, ouvrier tôlier à l’Arsenal, André Darley, 23 ans, photographe, Anne Kervella, Marcel Baufrère, 29 ans, manœuvre postier; ils furent tous déportés. Déporté à Buchenwald, Marcel Baufrère y participa à la création d’une cellule trotskiste.

André Calvès, 23 ans, marin puis pointeau dans une tréfilerie, alors en Belgique, échappe à la rafle ainsi que Marguerite Métayer, en mission à Paris, arrêtée un an plus tard, à 36 ans, puis déportée à Ravensbrück.

Henri Berthomé, après avoir connu Buchenwald, fut déporté à Dora, l’ « Enfer de Dora », où les Nazis construisaient les V2.

Ils avaient tous été dénoncés par le soldat allemand, Konrad Leplow, soldat qu’ils avaient rallié, « le travail allemand », à la cause qu’ils défendaient, mais qui, semble-t-il, aurait été retourné par la Gestapo, à moins que celle-ci ne l’ait infiltré dans le groupe.

Une quinzaine de soldats allemands furent aussi arrêtés et «sommairement fusillés peu de temps après» note Henri Berthomé en marge de l’ouvrage d’Yvan Craipeau, contredisant d’ailleurs ce dernier.

Le groupe de résistants trotskistes de Brest n’existe plus.

Au cours de l’année 1943, la plupart des membres du POI sont arrêtés.

De la prison Jacques Cartier, à Rennes, Eliane fait passer plusieurs messages à ses parents. Elle les rassure, sa principale préoccupation, quant à sa santé et son moral, elle donne des nouvelles de ses camarades de cellules (de nombreux ajistes, une quarantaine, mais aussi un notaire, un médecin, une jeune fille de seize ans, une vieille dame…), elle demande qu’on lui fasse parvenir des effets personnels « des journaux français (c’est permis) », précise-t-elle et ajoute « Méthode Assimil, l’Allemande (elle est meilleure que l’autre, mais si vous ne la trouvez pas ça ne fait rien). Livres, ce n’est pas la peine de m’en acheter d’autres. J’ai beaucoup aimé Goethe […]

Donnez moi beaucoup de nouvelles politiques -des faits précis. Pour quand peut-on raisonnablement envisager du nouveau… Surtout ne vous en faites pas pour moi car je vous assure que je suis on ne peut mieux à tous points de vue […]. Mon état d’esprit aussi est le même que lorsque je vous ai quitté. Mes idées sont confirmées une fois de plus ici. Les journées sont trop courtes et passent avec une telle rapidité ! Mais chaque jour qui passe nous rapproche du beau temps, de ces journées lumineuses aux longues soirées. « Ô grand soir, plein d’espoir. » Elle précise dans cette même lettre « Le livre Les fleurs du mal est superbe. Il m’a causé un grand plaisir. » (Rennes, 1-2 décembre 1943)

22 janvier 1944, Georges et Henri Berthomé, immatriculés respectivement 42401 et 42421, quittent Compiègne pour Buchenwald.

Eliane quitte, le 10 ou le 11 mars 1944, Rennes pour Compiègne puis Romainville. Le départ pour l’Allemagne a lieu le 17. Un billet jeté du train, et qui parviendra à sa mère («transmettre S.V.P. à : Madame Ronël 5 rue du Chapeau Rouge (Finistère) Quimper ) : «Mes parents chéris, le voyage continue. Nous sommes en ce moment à Vitry-le-François. Je crois cette fois que nous allons directement sur l’Allemagne. Peut-être à Sarrebruck. Si vous ne recevez pas de mes nouvelles adressez-vous à la Croix rouge. Nous sommes environ 430 femmes. Le long du trajet j’agite l’extrémité de mon foulard de laine… et les gens répondent […. Je suis en pleine forme. D’ailleurs vous savez que je m’adapte à toutes les situations. Je serai donc bien partout. Je vous assure que c’est amusant et que c’est une occasion unique pour étudier tous les milieux […]. »

Marcelle Hamon à sa sœur Eliane toujours en Suède, le 23 juin 1945 : « […] Les 2 mots que tu avais griffonnés dans le train en partance pour l’Allemagne nous étaient parvenus : l’un fut porté par une personne qui l’avait trouvé sur la voie ferrée, l’autre fut remis à maman par un inconnu, il n’a jamais été posté. Il existait chez les employés de gare une filière merveilleuse. Il se transmettait ainsi de l’un à l’autre les lettres des déportés jusqu’à ce qu’elles arrivent à destination. Ils étaient ainsi sûrs qu’elles ne soient pas arrêtées en route par la censure. »

Eliane, elle a vingt trois ans, est déportée sous le matricule 35461 ; elle arrive le 22 avril 1944 à Ravensbrück depuis Romainville trente six jours se sont passés. Elle quitte Ravensbrück le 7 juillet pour Watenstedt, son Kommando étant affecté aux usines d’armement.

Transférée le 23 avril 1945, de Ravensbrück en Suède par la Croix Rouge suédoise, elle écrit à ses parents : « En transport, à Watensdet, j’ai rencontré, un jour que je travaillais dehors, un jeune homme de Quimper, Georges Le Bail (il habite, je crois rue du Palais de Justice) il était de la même affaire que la famille Le Guennec. C’était en février [1945] » (Lettre du 26 juin). Henri Le Guennec était responsable quimpérois du mouvement Vengeance, il fut arrêté, ainsi que plusieurs membre de sa famille, le 20 janvier 1944 ; il meurt à Neuengamme. Georges Le Bail, fils d’Albert Le Bail, député ayant refusé de voter les pleins pouvoirs à Pétain, était agent de liaison du réseau de renseignement Georges France puis Vengeance, il fut arrêté en février 1944, et arriva en juillet au camp de Neuengamme puis participa au Kommando Watenstedt dès août. Il fut libéré de Ravensbrück par l’Armée rouge en avril 1945.

Notes d’Eliane : «Dans les camps. Solidarité. Résistance. Essayer de travailler le plus lentement possible aux machines, quelques tours supplémentaires aux obus, contrôle : laisser passer des obus qui ne correspondent pas à la norme. »

Ce furent des hommes et des femmes ordinaires qui construisirent les camps de la mort. Certains y sont morts parce qu’ils étaient tout simplement différents des autres, d’autres y moururent parce qu’ils avaient tout simplement dit non à l’indifférence.

Pour les survivants : ils ne furent pas, après guerre, tous reconnus du fait de leur choix idéologique, du fait de la forme qu’ils avaient donnée à leur combat. Eliane et Henri, dans un premier temps ne furent pas, parce que trotskistes, reconnus en tant que Résistants, ils ne le seront qu’une fois inscrits, pour elle, au réseau de renseignement militaire CND-Castille du colonel Rémy fondé en septembre 1940, et placé par ses fondateurs sous la protection de la Vierge, pour lui, au réseau Cohors-Asturies (l’un et l’autre rattachés au BCRA-Bureau Central de Renseignement et d’Action créé à Londres sous l’autorité du général De Gaulle ).

De retour à Quimper : Eliane et Henri Berthomé  – Fin de l’ « Odyssée »

Le 23 avril, Eliane Ronël quitte Ravensvrück pour la Suède dans un convoi de la Croix rouge suédoise.

Le 29 avril, le cauchemar à Dora se termine pour Henri Berthomé, il est enfin libre. Il fut de retour dans sa famille à Rezé deux mois après sa libération ayant été hospitalisé en Belgique pour une pleurésie contractée à Dora et « soignée » quinze jours durant au Revier du camp.

Rue Georges Berthomé

Son frère, Georges, ne revint pas de déportation ; il avait été transféré à Halberstadt, camp où était décentralisé une partie de la production de Dora ; quelques jours avant la libération de ce camp par l’Armée rouge il s’évada avec deux copains. Ceux-ci écrivirent de retour en France aux parents Berthomé pour prendre de ses nouvelles, mais nul ne savait ce qu’il était devenu… Il ne revint pas.

Le 21 mai, Marcelle Hamon, la sœur d’Eliane : «Ta carte du 27/4/45 (postée en Suède) est venue nous tranquilliser tout à fait : tu vis et tu es en bonne santé. Ta joie exprime une intense joie de vivre, de revivre comme tu le dis. »

Le 23 juin 1945, Eliane est toujours en Suède. Sa sœur Marcelle lui donne des nouvelles de la famille, les noms de nombreux quimpérois déportés, du «massacre du Stangala », des «petits mots» d’Eliane à ses parents parlant de son internement à Rennes puis sa déportation en Allemagne, et fait allusion à son prochain retour à Quimper : « Tu en auras une tragique Odyssée à nous raconter. »

Henri Berthomé, notant sa « conclusion personnelle (au) livre Contre vents et marées », laisse paraître une grande amertume « […] pour n’avoir en définitive pas cessé d’analyser et de contre analyser au lieu de concrétiser, la jeune 4eme Internationale n’a pu porter les espoirs qu’avaient mis en elle les militants révolutionnaires fusillés ou morts en camp de concentration, ou rentrés de ceux-ci physiquement diminués et moralement désabusés. Quant à la classe ouvrière française et internationale au nom de laquelle et pour laquelle tout cela était sensé se faire, elle laisse l’impression pénible de n’avoir jamais perçu les échos. »

Toutefois, malgré cela, Henri et Eliane Berthomé (ils se marièrent le 26 juillet 1947), ne « désarmèrent » nullement et poursuivirent, inlassablement, jusqu’aux derniers instants, sur tous les fronts leur lutte pacifique mais active pour la défense des Droits de l’Homme ; ils s’engagèrent dans l’action militante, cet engagement se retrouve aussi, non seulement sur le terrain des manifestations, mais dans leur bibliothèque, cette bibliothèque qu’ils nous ont laissée.

Odyssée des mots Eliane Berthomé

Eliane nous a consigné quelques notes où elle résume son engagement, leur engagement : 

«Résister ne devrait pas être un choix, c’est un devoir. C’est une dette que nous avons envers tous ceux qui ont lutté pour conquérir leur liberté. La Révolution de 1789.

Tout a toujours été conquis par des luttes. Ce qu’on peut ressentir : la satisfaction de ne pas se sentir lâche, d’être solidaire – à son échelle – de tous ceux qui luttent. Conséquence : pas de regret de ma déportation : expérience enrichissante qui m’a démontré — si besoin était – combien j’avais eu raison de m’engager – expérience qui a renforcé ce que je considère comme un devoir de plus en plus citoyen, de tout(e) citoyenne digne de ce nom, de lutter contre l’injustice, contre l’atteinte aux droits de l’homme dans quelque pays que ce soit, dans quelque partie du monde que ce soit.

Les livres des Berthomé

Nous nous sommes ainsi posé la question « en quoi les choix de lecture, que traduisent deux ou trois cents ouvrages, témoignent-ils pour leur histoire, de leur engagement dans la Résistance, de leur engagement auprès des défenseurs de l’environnement, en passant par leur opposition aux guerres « coloniales » d’Indochine, d’Algérie, du Vietnam, au drame bosniaque ? » Au lendemain de la guerre les Berthomé, n’abdiquant en rien leur idéal, poursuivirent leur Résistance, contre toutes les atteintes aux libertés en militant activement au nom des Droits de l’Homme.

L’intérêt porté par Eliane pour un auteur tel Martin du Gard (« Maman avait une véritable vénération pour lui » nous dit sa fille Martine) nous a un moment interrogé. Rappelons-nous Jacques Thibault, pacifiste, admirateur de Jaurès ; au moment de l’assassinat de ce dernier Jacques se réfugie à Genève et poursuit, auprès de militants révolutionnaires, son combat contre la guerre. Le 10 août 1940, Jacques monte à bord d’un avion pour survoler le front et jette aux troupes des tracts pacifistes français et allemands. Les volumes de la bibliothèque Berthomé ont été lus et relus ; dans le combat mené par Jacques Thibault, les Berthomé retrouvaient sans doute, pour une bonne part en tout cas, cet idéal humaniste de fraternité sans frontière qui était aussi le leur.


La bibliothèque qu’ils nous ont légué n’est pas une bibliothèque « neutre », elle porte leur témoignage de résistance à l’indifférence, elle transmet la leçon de cette résistance et elle devient, dans ce lieu de lecture publique, à son tour, un « outil de résistance contre toute indifférence. » La conserver et la transmettre est aussi leur rendre hommage à eux, à leurs camarades du groupe de Brest, mais aussi à tous leurs camarades qui, avec leurs convictions propres, résistèrent contre la folie nazie et le fascisme.

Remerciements à Martine Berthomé, fille de Eliane et Henri Berthomé pour les documents concernant les Berthomé, visualisables sur ce site. Ici, et là, ainsi qu’ici.

Des documents sont exposés depuis Février 2013 en prêt à la médiathèque de Quimper, et seront sans doute visualisable sur notre site après cette période d’exposition… Le fonds Berthomé est quant à lui consultable à la bibliothèque de Quimper (il comprend la très riche bibliothèque des Berthomé).

https://chsprod.hypotheses.org/trotskisme-lutte-contre-nazisme-deportation

 

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09 février 2024 ~ 0 Commentaire

de Rennes à Alger (bcd)

algerie

De Rennes à Alger : le parcours détonnant d’un trotskiste breton

Né à Corlay (22) en 1939, Jean-Yves Le Goff, après avoir été lui-même instituteur comme ses deux parents, bifurqua en s’inscrivant à la Faculté de lettres à la rentrée 1960 à Rennes. Il eut des contacts avec des militants, soutenant le Front de libération nationale (FLN) et la revendication d’indépendance de l’Algérie, et regroupés au sein du mouvement « Jeune résistance ».

Bien qu’il eût adhéré en 1959 au PSU à Rennes, il s’intéressa à la Quatrième Internationale et à sa section française, le PCI. Il finit par rencontrer à Rennes un de ses principaux membres, alors animateur de la tendance « Socialiste révolutionnaire » du PSU : le « vieux » Michel Lequenne qui y menait un « travail de fraction ».

À l’été 1963, en tant que jeune coopérant, Jean-Yves Le Goff débarqua à Alger, devenue la capitale d’une Algérie indépendante. Il participa avec d’autres militants trotskistes à l’aventure collective de ceux qu’on appellera « les pieds-rouges ».

Venu pour donner « un coup de main » à la reconstruction du pays et voir à quoi pouvait ressembler cette « voie algérienne particulière vers le socialisme », il travailla au ministère de l’Économie au service de l’aménagement du territoire. Le 23 février 1965, il fut présenté au « Che » à l’ambassade cubaine et échangea avec celui qui le félicita pour sa présence en Algérie en tant que coopérant.

Son expérience algérienne se prolongea jusqu’au coup d’État militaire de Houari Boumédiène, le 19 juin 1965, à la suite duquel Jean-Yves Le Goff fut arrêté pour avoir caché un militant du FLN recherché par les nouvelles autorités. Il fut torturé avec son camarade Albert Roux par la sécurité militaire algérienne, avant d’être expulsé du pays en septembre 1965.

De retour à Rennes, après avoir achevé son service militaire, il y demeurait le seul militant du PCI. Présent lors de la réunion constitutive de la JCR le 2 avril 1966, il fut à l’origine de la création de la JCR à Rennes au printemps 1966, tandis qu’il devint membre de son conseil national. Puis il s’investit pleinement au sein de la section rennaise de la LC à partir d’avril 1969.

Assumant dans les années 1970, à l’instar de ses camarades, un engagement chronophage et démultiplié (deuxième vague du féminisme, antimilitarisme, internationalisme concret, soutien politique et matériel aux luttes ouvrières, antifascisme…), tout en exerçant une activité rémunérée la nuit à Ouest-France, il quitta Rennes à l’été 1975, tandis que la section traversait une crise militante avec le départ d’une dizaine de ses membres.

Après avoir déménagé dans la banlieue de Rouen, puis vécu quelque temps à Brest sans ré-adhérer à la LCR, il s’installa à Nantes en septembre 1980. Il se remit à militer au sein de l’organisation trotskiste avec notamment le syndicaliste cheminot Éric Thouzeau, et participa pendant des années à la direction du parti à Nantes.

Alors qu’il était demeuré fidèle à la LCR lorsque celle-ci ne comptait plus que 7 militants à Nantes à la fin des années 1980, il finit par la quitter en 2003 dans la foulée de la campagne autour de la première candidature à l’élection présidentielle du jeune facteur Olivier Besancenot, sans jamais renoncer à ses convictions de jeunesse.

CITER CET ARTICLE

Auteur : Hugo Melchior, « De Rennes à Alger : le parcours détonnant d’un trotskiste breton », Bécédia [en ligne], ISSN 2968-2576, mis en ligne le 10/01/2022.

Permalien: https://bcd.bzh/becedia/fr/de-rennes-a-alger-le-parcours-detonnant-d-un-trotskiste-breton

Auteur : Hugo Melchior Auteur : Hugo Melchior / janvier 2022

Hugo Melchior est chercheur en histoire contemporaine et membre de la Société française d’histoire politique. Ses deux dernières publications dans des revues à comité de lecture : « “Le tournant vers l’industrie” de la LCR dans les années 1980 : une page méconnue de l’histoire de “l’établissement” en France », Histoire Politique [En ligne], 45 | 2021 ; « La grève oubliée des étudiants en médecine de Rennes », Revue historique, 2021/1 (n° 697), p. 93-138.

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