Archive | Austérité

14 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Le gouvernement grec supprime par décret le droit de grève des enseignants (Avanti.be)

Le gouvernement grec supprime par décret le droit de grève des enseignants (Avanti.be) dans Austérité lacombe160508b-300x297

Le gouvernement grec a remis ce lundi un ordre de « mobilisation civile » à tous les professeurs de l’enseignement secondaire par lequel il interdit la grève dans ce secteur. Les enseignants ont demandé le soutien des deux principaux syndicats afin de pouvoir la mener à bien.

Le conflit ouvert entre le gouvernement et les enseignants s’est durci ce week-end avec la décision de l’exécutif d’empêcher à tout prix une grève enseignante prévue pendant les examens nationaux des étudiants de la fin du secondaire pour leur entrée à l’université. Le Premier ministre Antonis Samaras a signé un décret ce samedi après midi par lequel il ordonne la « mobilisation civile » des enseignants du secondaire, ce qui signifie qu’en cas de désobéissance à leurs obligations professionnelles ils peuvent être emprisonnés et licenciés. Le syndicat des enseignants (OLME) a critiqué la décision du gouvernement et envoyé une demande aux deux plus grands syndicats, la Confédération générale des travailleurs (GSEE) et la Confédération des employés publics (Adedy), pour les inviter à organiser une journée de grève générale ce vendredi, date à laquelle sont prévus les examens.

L’OLME a également annoncé qu’elle a introduit un recours au Conseil d’Etat contre la mesure prise par l’exécutif, en affirmant que ce décret est inconstitutionnel et qu’il contrevient à la législation nationale et européenne en matière de grève puisque la « mobilisation civile » est conçue pour des périodes de guerre ou après des évènements extrêmes comme des catastrophes naturelles. En outre, le syndicat organise aujourd’hui une manifestation face au Parlement qui sera renforcée par une appel de soutien lancé par le syndicat communiste, PAME, et par les marques de solidarités d’organisations sectorielles comme, parmi d’autres, les médecins d’hôpitaux, les employés municipaux et les étudiants.

Le principal parti d’opposition, Syriza, a estimé que l’attitude du Premier ministre est irresponsable et dangereuse car « les explosions sociales se produisent quand on use de méthodes dictatoriales ». Il a exigé la dérogation du décret ainsi que la recherche de solutions négociées entre le gouvernement et les enseignants. Le Parti communiste de Grèce (KKE), pour sa part, a remis en question la légitimité de la décision de Samaras et condamné « l’application de la doctrine préventive de la loi et de l’ordre contre le peuple travailleur ». Il a appelé les citoyens à s’unir contre « les politiques inhumaines dans l’enseignement qui vont de paire avec l’oppression de l’Etat et l’autoritarisme ».

Source : Librered

http://www.librered.net/?p=26677
Traduction française pour Avanti4.be

http://www.avanti4.be/actualite/article/le-gouvernement

Grèce : solidarité avec les enseignants (Essf)

La « Troïka intérieure » a décidé de rallonger de 2h hebdomadaire minimum le temps de travail des enseignants du second degré, et d’envoyer des milliers d’enseignants « combler les trous » loin de chez eux. Motifs de ces mesures anti-pédagogiques : faire travailler plus et gagner moins, mais aussi « dégraisser le mammouth », ce lieu commun du libéralisme, avec comme effet le licenciement de 10 000 profs remplaçants ou à salaire horaire. Et bien entendu attaquer un des syndicats les plus présents dans les mobilisations de rue contre le mémorandum.

Les trois partis du gouvernement ont choisi leur moment pour cette opération :

un peu avant les examens de Terminale, sorte de concours dont la préparation coûte et argent aux familles (cours privés généralisés) et stress aux élèves puisqu’il s’agit d’un concours déterminant pour savoir dans quelle fac du pays on pourra rentrer. Avant même que l’appel de la direction nationale d’OLME ait été approuvé par les structures locales, le gouvernement s’organise pour réquisitionner les enseignants et a déjà transformé les journalistes en petits soldats du discours officiel : samedi 11 mai, sur la chaîne publique, un « débat » opposait 7 journalistes … tous d’accord pour condamner l’action d’OLME ! Et le ministre de l’Éducation ose s’inquiéter des problèmes psychologiques créées chez les élèves par cet appel à la grève… Indécence d’un gouvernement dont la politique pousse des centaines de personnes à des tentatives de suicide.

Du côté d’OLME, le président (tendance parti de la droite) reste ferme sur la grève, pour la dignité des enseignants, ceux qui resteront et ceux qui demain pourraient être licenciés. OLME, qui appelle la confédération du privé GSEE et la fédération du public ADEDY à une grève nationale de soutien le 17 mai, aurait dû préparer cette action plus en lien avec les élèves et les familles. Pour autant il est indispensable de soutenir de toutes nos forces une lutte qui s’annonce dure et aux conséquences très importantes.

SARTZEKIS Andreas

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11 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Slovénie : un maillon faible, pour qui  ?

Slovénie : un maillon faible, pour qui  ? dans Austérité slovenia-bailout-recession-austerity

La Slovénie (membre de l’UE depuis 2004 et dotée de l’euro depuis 2007) a été présentée comme le prochain maillon faible de la zone euro après Chypre.

En réalité, la crise est exploitée pour tenter de mettre fin à de puissantes résistances sociales et pour impulser, avec de nouvelles privatisations, l’austérité sociale, sur arrière fond de corruption et fraude fiscale.

Quelle crise  ?

La Slovénie a connu une récession majeure en 2009 (– 8 %) avec une nouvelle chute en 2012 (– 2,5 %), le taux de chômage dépassant aujourd’hui 11 %. Cette ancienne république yougoslave de deux millions d’habitants a subi de plein fouet l’impact de la crise bancaire et de la récession européennes de 2008. Mais elle a aussi été affectées par une bulle immobilière (comme en Espagne, ou plus à l’Est, en Hongrie, Croatie ou Monténégro) et par des montages de crédits transfrontaliers se révélant «  toxiques  ». Le soutien de l’État aux banques et entreprises en difficulté a fait passer le déficit public annuel à quelque 6 % du PIB depuis 2009, faisant «  flamber  » la dette publique depuis trois ans. Pourtant, cette dette reste en dessous de 50 % du PIB, bien loin des normes européennes. Mais la «  règle d’or  » est brandie pour imposer des réformes des retraites et du code du travail – avec la promesse de ramener le déficit budgétaire en-dessous de 0, 5 % du PIB d’ici 2015.

La nouvelle Première ministre slovène Alenka Bratužek de «  centre-gauche  » a rejeté toute comparaison avec la situation de Chypre  : le secteur bancaire slovène n’est pas «  surdimensionné  » et la Slovénie n’est pas non plus un paradis fiscal. Au contraire, attaché à sa récente indépendance, le pays a plutôt été défiant envers la libre circulation des capitaux, au point que les institutions financières considèrent sa «  transition  » inachevée et que le FMI prône de réaliser enfin les réformes structurelles pour «  aller plus loin  ».  L’enjeu réel du bras de fer à venir est là  : les résistances aux préceptes néo-libéraux et à l’austérité sociale, exprimées massivement au cours de l’hiver 2012, seront-elles en mesure de rebondir et de se consolider pour imposer un contrôle social sur les comptes des entreprises, des banques, de l’État, en lieu et place de celui de la Troika  ?

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L’exception slovène

Derrière la «  modération  » des destructions sociales en Slovénie, il y a eu depuis le début de l’indépendance slovène en 1991, une accumulation de luttes. L’exception slovène est là  : les anciens syndicats officiels, transformés en une Confédération des syndicats libres ZSSS et associés en front unique avec de nouveaux syndicats, ont maintenu un rapport de forces contre des projets anti-sociaux [1]   : si la restauration capitaliste a bien eu lieu, un certain nombre de mesures néo-libérales ont été ralenties, infléchies ou bloquées. C’est surtout à partir de 2002, sous pression des exigences des institutions financières et de la commission européenne, que les privatisations se sont accentuées, et avec elles les montages financiers (que les capitaux soient «  nationaux  » ou étrangers), le clientélisme et la fraude fiscale. Bref, la «  normalité  » de l’appât du gain gangrénant tous les partis.

À l’arrière plan des manifestations, outre l’accumulation des résistances organisées par les syndicats, s’est formé un autre creuset de radicalisation, tourné vers la jeunesse, et les catégories sociales non organisées par les syndicats  : la Workers & Punks’ University (WPU), université parallèle autogérée établie en 1998, lieu de formation critique face à la crise globale capitaliste, de réappropriation du passé révolutionnaire et autogestionnaire, de liens balkaniques [2] et d’insertion dans les résistances alter-mondialistes. La position charnière de la «  petite  » et si riche Slovénie dans les Balkans et dans l’euro-zone est essentielle à l’émergence d’une Autre Europe.

SAMARY Catherine 8 mai 2013
Notes

[1] Lire les articles d’Inprecor  : Lucien Perpette et J.M. (n° 511-512 nov.-déc. 2005) ; Lucien Perpette et Chris Den Hond (n°532-533 nov.-déc. 2007) ; Jacques Radcliff (dernières nouvelles 2011) ; Lucien Perpette (février 2013) sur www.inprecor.fr et disponible aussi sur ESSF

[2] Lire les articles  : «  Les Roumains refusent l’austérité  » (Tout est à nous  ! n°134) ; «  Bulgarie  : tensions électriques  » (Tout est à nous  ! n°188), et différents articles sur les Balkans, notamment «  le Forum social des Balkan, une chance pour l’Autre Europe  », sur www.europe-solidaire.org

* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 194 (08/05/13).

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09 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Gouvernement et entreprises : l’hymne à l’amour

Gouvernement et entreprises : l'hymne à l'amour dans Austérité capitaliste-a

La première année du quinquennat Hollande a été marquée par ses reniements incessants et ses « preuves d’amour » en faveur du Medef. Mais ce n’était pas suffisant, Hollande a donc déclaré sa flamme.


Un an après l’élection de Hollande, loi après loi, force est de constater que le gouvernement Hollande-Ayrault a été fidèle et attentionné… aux desiderata du patronat. Les 20 milliards de cadeaux fiscaux ou la loi dite de « sécurisation de l’emploi » en sont des illustrations édifiantes. Mais cela ne semble pas suffire et le 30 avril dernier lors des « assises de l’entrepreneuriat », Hollande a continué à engraisser les « pigeons » en distribuant de nouveaux cadeaux fiscaux, et vanté les louanges de l’entrepreneuriat dès le plus jeune âge.

Les patrons qui vendent leur entreprise ou les actionnaires qui cèdent leurs actions seront désormais taxés sous le barème de l’impôt sur le revenu, mais ils bénéficieront d’un abattement suivant la durée de la détention de leur part. Pour une détention inférieure à deux ans, aucun abattement ne s’appliquera, le prélèvement sera de 44 %. Pour une détention comprise entre deux et huit ans, un abattement de 50 % sera appliqué et pour une détention à plus de huit ans, l’abattement sera de 65 %. Une progressivité pour « inciter les investisseurs à garder leurs actions plus longtemps »…

Et cerise sur le gâteau, un régime incitatif s’appliquera aux actionnaires de PME de moins de dix ans, aux personnes partant en retraite, aux « jeunes entreprises innovantes » et aux cessions intrafamiliales. Avec une déduction d’impôt de 50 % entre un an et quatre ans, de 65 % entre quatre ans et huit ans, et de 85 % pour une détention supérieure à huit ans… Et pour les patrons partant en retraite, une ristourne fiscale supplémentaire de 500 000 euros sera appliquée. Ce « choc de simplification » fiscal, appliqué aux entrepreneurs qui n’ont pas les moyens de délocaliser leurs profits dans les paradis fiscaux, coûtera entre 200 et 300 millions d’euros qui s’ajouteront aux 750 millions déjà obtenus par les « pigeons » indignés l’automne dernier. Le manque à gagner de l’État sera compensé par les augmentations de TVA ou d’impôts sur le gas-oil que paieront les salariés, les retraités, les chômeurs.

La mesurette
Pour tenter de nous faire avaler cette nouvelle pilule, Hollande propose dans le même temps une loi dite « Florange » pour obliger les patrons des entreprises qui souhaitent fermer un site de le céder à un repreneur, une loi que le candidat Hollande avait promise mais mise aux oubliettes depuis un an. En regardant de plus près ce projet, il s’agit d’obliger les employeurs d’entreprises de plus de 1 000 salariéEs qui veulent fermer un site de plus de 50 salariéEs à rechercher un repreneur.  Et si malgré les amis de l’employeur qui siègent au tribunal de commerce, il n’a pas pu démontrer son effort à rechercher un repreneur, il pourra être condamné à une amende dont le montant minimum n’a même pas été fixé. Autant dire que Varin, Mittal et tous leurs amis du Medef pourront continuer tranquillement leur sale besogne.  Si toutefois il arrive à terme, ce projet de loi bien minimaliste est loin de représenter le moindre petit pas vers la revendication qu’exigent la saignée sociale et les luttes de ces derniers mois : l’interdiction des licenciements, de tous les licenciements.  Hollande reste bel et bien le président du patronat.

Sandra Demarcq Jeudi 9 mai 2013

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04 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Portugal : un nouvel avril  ?

Portugal : un nouvel avril  ? dans Austérité troika-300x286

C’est sur un air de «  si on recommençait  ?  », en référence à la Révolution des œillets d’avril 1974, que 50 000 manifestantEs ont défilé ce jeudi 25 avril dans les rues de Lisbonne, dans un joyeux méli-mélo.

En tête, une délégation de Grandola, ville symbole de cette Révolution. Dans l’ensemble du Portugal, des manifestations de masse, inégalées, ont chanté avec rage et détermination Grandola, Vila Morena, la chanson qui a marqué cette Révolution des œillets qui a débarrassé le Portugal de la dictature. Aujourd’hui, c’est d’une autre dictature que les Portugais veulent se débarrasser, celle de la Troïka.

À Lisbonne, l’essentiel de la manifestation était composée d’une multitude de petits groupes, associations, assemblées de quartier, lieux autogérés, etc. nés avec le mouvement «  Lixa a Troïka  » (littéralement «  Nique la Troïka  »), mouvement déjà à l’origine de la mobilisation du 2 mars dernier qui avait réuni 1, 5 million de participantEs.

S’émanciper des frontières, construire un mouvement international
La manifestation, structurée autour de revendications spécifiques (féminisme, écologie, antiracisme, précarité, contre les licenciements, etc.), était très combative, avec une tonalité anticapitaliste marquée. Le principal slogan du Bloco (plus grosse force politique présente, avec de nombreux jeunes) repris par tout le monde était  : «  Governho Passos Rua  » (dehors le gouvernement de Passos). Alexis Tsipras, principal représentant de la coalition grecque Syriza, était présent dans le cortège du Bloco et a participé par la suite à un meeting qui a réuni 500 personnes.

Le lendemain, une assemblée générale à l’initiative de «  Lixa a Troïka  » a regroupé des camarades venant de différents pays  : Portugal, Grèce, État espagnol, Écosse, Italie, Slovénie, Chypre, Irlande, France, Allemagne… Nous y avons débattu puis adopté un texte centré sur la lutte contre la Troïka et ses politiques d’austérité, ainsi que sur la proposition adressée à l’ensemble des individus et organisations du mouvement social, partis, syndicats, de construire une mobilisation à l’échelle européenne internationale le 1er juin.

de Lisbonne SEGUI Miguel

* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 193 (01/05/13).

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04 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Portugal : des coupes sévères dans les dépenses publiques (OF)

Portugal : des coupes sévères dans les dépenses publiques (OF) dans Austérité arton13532-2c589-278x300

« Que la troika aille se faire foutre »!

Le Portugal compte repousser d’un an l’âge de la retraite, à 66 ans, et allonger d’une heure la journée de travail des fonctionnaires dans le cadre d’un nouveau plan de réduction des dépenses destiné à réduire le déficit budgétaire et à respecter les objectifs fixés dans le cadre de son plan de sauvetage.

Le Premier ministre, Pedro Passos Coelho, a annoncé que ce projet, pour application essentiellement à partir de l’an prochain et qui vise à dégager 4,8 milliards d’euros d’économies d’ici à 2015, comprend également un plan de départs volontaires de 30 000 fonctionnaires sur environ 600 000 au total.

Lisbonne, qui bénéficie d’un plan de sauvetage de 78 milliards d’euros de la part de l’Union européenne et du Fonds monétaire international (FMI), doit ramener son déficit public à 5,5 % du PIB cette année, après 6,4 % en 2012.

Économie vendredi 03 mai 2013

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Portugal-des-coupes-severes-dans-les-depenses-publiques_6346-2189330-fils-10_filDMA.Htm

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01 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Austérité : réalité du chômage, mirage de la croissance

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Mercredi 1 mai 2013

Pour le 23e mois consécutif, le nombre de chômeurs a encore augmenté, à raison de 1 000 chômeurs de plus chaque jour.

Il y a aujourd’hui officiellement 5 348 500 chômeurs. Depuis Pékin, François Hollande s’est voulu rassurant : « Le cap que j’ai fixé est de faire tout pour que nous retrouvions croissance et emploi ». Le cap de l’aveuglement, du bluff et de l’impuissance.
«Nous travaillons pour la croissance pour 2014 et les années qui suivront » répète Hollande, appliquant la méthode Coué comme politique de gouvernement. Michel Sapin, ministre du Travail, s’empresse d’ajouter : « Tous les leviers de la politique de l’emploi sont désormais opérationnels », sous-entendu les résultats ne devraient pas se faire attendre. Mais tout le monde sait que cela est faux. La « boîte à outils » de Hollande est bien impuissante à inverser la tendance d’une politique d’austérité qui alimente le chômage et conduit à la récession. Comment pourrait-elle fonctionner alors que le dispositif essentiel, l’ANI bientôt devenu loi, facilite les licenciements et aggrave la précarité ? Dans son programme de stabilité présenté le 17 avril, le gouvernement prévoit, malgré une estimation de croissance quasi nulle en 2013, une légère reprise des créations d’emploi au second semestre et un recul du taux de chômage au dernier trimestre. Là encore, c’est du bluff alors que l’Europe est en récession. Même pour les économistes « officiels », il faudrait une croissance d’au moins 1, 5 % pour que la courbe du chômage commence à s’inverser.

La croissance n’est pas une revendication !
«  Il faut créer de la croissance. Aujourd’hui, il y a des choix qui sont faits au détriment de l’industrie dans notre pays. Il faut un État stratège, qui intervienne pour dire que notre priorité, c’est l’emploi et c’est l’industrie », écrit Thierry Le Paon, secrétaire général de la CGT, dans sa lettre ouverte à François Hollande. Il demande que la prochaine conférence sociale, les 20 et 21 juin, porte sur « l’augmentation des salaires et du pouvoir d’achat, l’emploi, la politique industrielle, les services publics, une protection sociale de haut niveau, les droits à la retraite […] La rupture avec les politiques d’austérité et de rigueur budgétaire doit être à l’ordre du jour en France et en Europe ». Pour FO, Jean-Claude Mailly développe les mêmes idées. Comme si le gouvernement pouvait entendre leur demande… Comme si ce gouvernement n’était pas au seul service des classes dominantes et du patronat, soumis au seul critère qui définit la politique industrielle : la course au profit dans le cadre de la concurrence mondialisée… Devant leur propre faillite, économistes et dirigeants de la bourgeoisie évoquent la possibilité d’atténuer les politiques d’austérité. La question est en débat au sein du PS. Elle souligne leur échec mais n’apporte pas de réponse. Partir en guerre contre Merkel, la « chancelière de l’austérité », comme le font la gauche du PS ou Mélenchon, est une diversion qui nourrit la bêtise chauvine tout en restant prisonnier de la concurrence capitaliste.

Un plan de lutte contre le chômage
La droite cherche à profiter de la confusion et de l’impuissance du gouvernement pour faire pression dans le sens d’une accentuation de l’offensive contre les travailleurs. « Libérer le travail ! » s’exclame Copé en prônant la suppression des 35 heures, le contrat de travail unique qui rompt avec le CDI, un démantélement du code du travail qui cède la place à des relations contractuelles entre patrons et salariés… Une telle politique ne créera pas un emploi mais profitera au patronat, aux financiers et à tous les privilégiés en baissant le coût du travail. Elle aggravera la crise. À cette politique de classe, les organisations syndicales comme les partis politiques qui se revendiquent de la défense des droits des travailleurs et de la population devraient opposer un plan de lutte contre le chômage : interdiction des licenciements et partage du travail entre toutes et tous, embauches massives dans les services publics, annulation de la dette et création d’un monopole public bancaire, un plan de production visant à satisfaire les besoins de la population.
Il n’y a pas d’autre voie.
Yvan Lemaitre Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 193 (01/05/13)

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23 avril 2013 ~ 0 Commentaire

Allo, l’Europe? Des enfants grecs et espagnols crèvent de faim… (Express.be)

Allo, l'Europe? Des enfants grecs et espagnols crèvent de faim... (Express.be) dans Austérité angela-merkel-la-femme-la_15-half

10% des écoliers grecs de l’enseignement primaire et secondaire souffrent de ce que les professionnels de la santé publique appellent « l’insécurité alimentaire », rapporte le New York Times.

En d’autres termes : ils souffrent de la faim, ou ils menacent d’en souffrir. « Du point de vue de l’insécurité alimentaire, la Grèce est maintenant tombée au niveau de certains pays africains », affirme le Docteur Athena Linos, une professeur de l’école médicale de l’université d’Athènes qui dirige également une association caritative qui lutte contre la faim, Prolepsis. Un rapport de l’Unicef pour 2012 indique que plus de 26% des foyers avec enfants ont un « régime alimentaire économiquement médiocre ».

L’année dernière, Prolepsis a débuté un programme pilote pour distribuer des repas composés d’un sandwiches, de fruits et de lait aux enfants de 34 écoles publiques dans lesquelles plus de la moitié  des 6.400 familles participantes ont rapporté avoir fait l’expérience d’une faim « modérée à grave».    Après la mise en place de ce programme, la proportion des personnes qui s’étaient déclarées affamées était tombée à 41%. Le programme a été financé par la Fondation philanthropique Stavros Niarchos, et il a depuis étendu pour couvrir 20.000 enfants dans 120 écoles.

Cette semaine, le journal régional La Opinion avait rapporté que les écoles sur les îles espagnoles des Canaries allaient être transformées en refuges pour accueillir 5.700 enfants âgés de 3 à 12 ans qui souffrent de la faim. Ils pourront ainsi bénéficier d’au moins un repas par jour pendant les vacances. Jeudi, El Pais a rapporté que le gouvernement régional de l’Andalousie a annoncé la mise en place d’un plan contre l’exclusion sociale incluant la garantie de fournir 3 repas par jour aux enfants des familles les plus pauvres.

Selon le quotidien, 6% des enfants de l’Andalousie se trouvent dans une situation d’«extrême pauvreté». La moitié des 200.000 écoliers andalous qui mangent à la cantine ont leurs repas pris en charge grâce à des subventions régionales. En 2008, ils n’étaient que 20% à bénéficier de ces repas gratuits.

http://www.express.be/business/fr/economy/allo-leurope-des-enfants-grecs-et-espagnols-crevent-de-faim.htm

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