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21 août 2014 ~ 0 Commentaire

Économie: la france dans la nasse (npa)

Économie: la france dans la nasse (npa) dans Austérité 671659840

 Le journal économique Les Échos titrait un de ses articles du 18 août dernier : « la fin des illusions sur la reprise économique en France ». Effectivement, la progression du Produit intérieur brut a été nulle au 1er et 2ème trimestre 2014…

L’investissement des entreprises, pourtant gavées de douceurs par ce gouver- nement, est en berne. Le chiffre de la croissance prévue pour 2014 est divisé par deux (de 1 % à 0,5 %) et il y a de forts doutes sur le fait que même la nouvelle prévision puisse être atteinte, car il faudrait une accélération sensible en fin d’année, et celle-ci est loin d’être évidente.

Tout le discours économique de Hollande-Valls s’effondre. Non seulement, la fameuse courbe du chômage ne va pas baisser, mais, malgré les 50 milliards d’économies, le déficit budgétaire sera supérieur à 4 % et la dette publique va augmenter. Déjà, les agences de notation évoquent la baisse de la note française.

Ceci, bien sûr, sans parler du chômage! La France est dans la nasse: la poli- tique supposée permettre de construire l’avenir, de réduire les déficits, de sortir de la crise… ajoute en réalité «la crise à la crise».

L’économie française n’est pas seule à ralentir: la croissance au 2ème tri- mestre a été nulle dans l’ensemble de la zone Euro et négative en Allemagne et en Italie (- 0,2 % dans les deux pays). L’Europe confirme qu’elle est le maillon faible d’une économie mondiale en crise, ce qui pèse sur la croissance des autres éco- nomies capitalistes. Du coup, certaines voix critiques se font entendre jusque dans la presse américaine pour réclamer des ajustements.

Politique d’un système en crise… Le discours des dirigeants européens est le même depuis des années: il faut de l’austérité et des «réformes de structure» : en clair: remise en cause des acquis sociaux, casse des services publics, baisse des salaires, etc.

Pour les économistes officiels et les gouvernements, c’est simple: si leurs réformes donnent les résultats prévus, c’est qu’elles sont bonnes, il faut continuer ; si les résultats ne sont pas au rendez-vous, c’est que les réformes n’ont pas été menées avec assez d’énergie.

Dans les deux cas, il faut donc continuer. Même si des ajustements limités sont possibles dans les mois qui viennent, les objectifs budgétaires seront un peu assouplis dans les faits, l’essentiel va être maintenu: pour les patrons européens, l’inspiration vient des États-Unis où, comme le montre une étude la banque Natixis de juillet dernier, les salaires ont reculé durant la crise tandis que seuls les Américains les plus riches ont des revenus en hausse.

La politique de Hollande-Valls n’est pas une erreur, contrairement à ce que soutient maintenant l’ancienne ministre du Logement, Cécile Duflot qui, à propos de Valls, a écrit que «seuls les fous persistent dans l’erreur»... Elle correspond à la logique profonde du capitalisme en crise.

La rentrée sera «difficile» a annoncé Valls. Certes, mais pour qui? La politique de Hollande-Valls ne donne aucun des résultats qu’ils avaient annoncés… mais hors de question pour eux de changer de cap.

Gattaz, le président du Medef, lui, sait où il va. D’ailleurs, son prochain objectif est clair: après avoir engrangé les bénéfices du Pacte de responsabilité, il s’agit de faire sauter au plus vite les seuils sociaux de manière à réduire les possibilités de mettre en place des représentants du personnel. Henri Wilno

http://npa2009.org/actualite/economie-la-france-dans-la-nasse

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11 août 2014 ~ 0 Commentaire

Dette, néolibéralisme et classes sociales (cadtm)

Dette, néolibéralisme et classes sociales (cadtm) dans Austérité aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaacrisehumour

Une des forces de l’argument du remboursement de la dette publique est l’apparente neutralité de la mesure.

Rembourser la dette n’est qu’une question comptable dépourvue de tout agenda caché. «Il nous faut rembourser la dette car un État ne peut vivre au delà de ses moyens». Imparable comme position.

Pourtant, en creusant un peu, il est clair que l’analyse comptable permet d’oc- culter une vision en termes de classe, pourtant au cœur de la gestion de la dette telle qu’elle se fait depuis plusieurs décennies. Si l’utilisation de la dette comme moyen de domination n’est pas neuve |1|, les années 70 et le ralentissement de l’économie dans les pays du premier monde vont voir l’argument du rembour-sement de la dette être utilisé par les grandes puissances, avec un double objectif rapidement atteint: la mainmise sur les territoires nouvellement indépendants (le tiers monde) et la restauration du pouvoir de classe dans les économies dites du premier monde. Cet élément marque en quelque sorte les débuts d’une époque qui se prolonge jusqu’à aujourd’hui.

New-York, nous voici! Si l’on évoque fréquemment la crise de la dette des pays du Sud au début des années 80, c’est pourtant à New York que va débuter un pro- cessus de dépossession des classes populaires via la dette. J’emprunte l’analyse qui suit à David Harvey |2|. Dans son livre Brève histoire du néolibéralisme, il décrit un «putsch des institutions financières au détriment du gouvernement démo- cratiquement élu de New-York». Dans les années 70, plusieurs éléments struc-turels (désindustrialisation, appauvrissement du centre-ville suite au dévelop- pement des banlieues) entraînèrent la ville dans des difficultés financières. Réso- lues durant un temps par le déficit, ces difficultés s’aggravèrent en 1975 suite à la décision d’une banque d’affaire de refuser de couvrir la dette de la ville, provo- quant de facto une sorte de défaut de paiement. Suite à ce défaut, l’administration du budget de la ville passa sous le contrôle de nouvelles institutions non élues, les- quelles visaient prioritairement le remboursement des créanciers. Débuta alors un refrain qui se généralisera rapidement aux quatre coins du monde: coupes budgé- taires dans les services publics et sociaux, gel des salaires des fonctionnaires et affaiblissement des syndicats, notamment par l’obligation leur étant faite d’investir leur fond de pension en obligations de la ville.

David Harvey donne une grande importance à cet événement «local» car selon lui, «la gestion de la crise budgétaire de New-York prépara la voie aux pratiques néolibérales, tant sur le plan national sous Reagan qu’au niveau interna- tional avec le FMI |3| dans les années 1980». Et d’ajouter qu’elle posa les bases du principe suivant: «dans le cas d’un conflit opposant l’intégrité des institutions financières et les bénéfices des actionnaires au bien-être des citoyens, on (les pouvoirs publics) privilégierait les premiers». Par conséquent, «le gouvernement avait pour rôle de créer un climat favorable aux affaires plutôt que de prendre en charge les besoins et le bien-être de la population en général» |4|.

Étape suivante : le tiers monde Après New-York, c’est le Mexique qui aura le triste privilège d’ouvrir le bal de l’austérité. L’explosion des taux d’intérêt décidée unilatéralement par les Etats- Unis, appliquée conjointement à la chute des prix des produits d’exportation du pays vont conduire le gouvernement mexicain dans l’incapacité à honorer ses dettes. La méthode new yorkaise va dès lors être appliquée par le FMI et la Banque mondiale |5|.

En plus des coupes budgétaires, ces derniers imposeront également des mesures structurelles telles que la réduction des barrières douanières, des privatisations massives et davantage de flexibilité du marché du travail |6|.(…)

Les choses se dérouleront à peu près de la même façon pour une grande partie de l’Amérique du Sud, de l’Afrique et dans une moindre mesure de l’Asie. Pour bien des auteurs, dont David Harvey, il est clair que la crise de la dette fut à l’origine du virage néolibéral dans la plupart des pays du Sud |8|. Ce qu’il faut comprendre, c’est que la façon dont les choses se sont passées n’émanait pas du hasard mais était préparée de longue date, notamment par les disciples de Milton Friedman, lesquels ont peu à peu colonisé le FMI et la Banque mondiale.(..) Bien que le Nord ne fût pas épargné par cette attaque |10|, c’est suite à la crise de la dette grecque en 2010 que l’offensive de dépossession par les créanciers va être la plus brutale.

Une gestion de la dette au service du 1 % Ce qu’il faut comprendre, et c’est ce qu’Harvey démontre de façon magistrale, c’est que le néolibéralisme n’est en réa- lité rien d’autre qu’une coquille idéologique dissimulant la réaffirmation d’un pou- voir de classe |11|. Ainsi, «la principale réussite de la néolibéralisation réside dans la redistribution, et non dans la création, de richesses et de revenus» |12|. Chris- tian Vandermotten ne dit pas autre chose quand il écrit que «quelques soient les modalités de son apparition, le néolibéralisme se traduit par une réaffirmation du pouvoir économique des classes dominantes»13. Par conséquent, plus qu’une idéologie, il faut considérer cette vague néolibérale avant tout comme un projet politique de renforcement de la domination en faveur des détenteurs de capitaux (…).

Joseph Stiglitz va dans le même sens. Prix Nobel d’économie et ancien écono- miste en chef à la Banque mondiale, il écrit: «dans l’économie de marché nor- male, si un prêteur consent un prêt qui tourne mal, il en subit les conséquences . Dans la réalité, à de multiples reprises, le FMI a fourni des fonds aux États pour tirer d’affaire les créanciers occidentaux » |15|.(…)

Un autre point de discordance |17| par rapport à la théorie est le choix des prio- rités budgétaires. À de rares exceptions près, on remarque que dans la plupart des pays soumis à l’austérité, le budget militaire n’est pas ou peu concerné par les coupes dans les dépenses publiques. Il en était déjà ainsi sous Reagan, qui mal- gré une rhétorique très antiétatique, a maintenu des budgets militaires faramineux, financés pour l’essentiel par le déficit. (…) La double explication est sans doute d’une part l’existence et la puissance du complexe militaro-industriel et ses liens avec l’administration américaine, et d’autre part un impérialisme toujours omni- présent de la puissance américaine vis-à-vis du reste du monde (Naomi Klein utilise l’expression capitalisme du désastre pour décrire le phénomène associant ces deux éléments).

La gestion de la dette grecque conduit à une analyse semblable puisque le budget de l’armement du gouvernement, parmi un des plus élevés de l’Union Euro- péenne, a été au début épargné des mesures d’austérité, au détriment des dépen- ses sociales, de santé et d’éducation. Le fait que la France et l’Allemagne soient deux des grands vendeurs d’armes à la Grèce n’y est sans doute pas étranger.

Crises et technocrates Par ailleurs, la crise sert souvent de prétexte à l’impo- sition de mesures impopulaires. Naomi Klein a décrit ce phénomène sous le nom de stratégie du choc: en résumé, cela consiste à profiter du désarroi d’une popu- lation face à un évènement brutal pour imposer des mesures qu’il serait difficile, voire impossible de faire passer en temps normal. (…)

De plus, l’argument de la crise ou de l’insoutenabilité de la dette tend à évincer de plus en plus de processus démocratiques. En atteste «le goût des néolibéraux pour les institutions non démocratiques, qui n’ont de compte à rendre à person- ne». Harvey résume l’imposture néolibérale: «de fortes interventions de l’État et un gouvernement des élites et des « experts», dans un monde qui n’est pas censé être interventionniste» |20|. Cinq ans après avoir écrit ces lignes, la gestion de la crise grecque et européenne lui donne entièrement raison puisqu’ont été placés au pouvoir différents «techniciens» directement en provenance du monde de la finance. Mario Draghi, le président de la Banque centrale européenne, est d’ailleurs un ex-dirigeant de Goldman Sachs.(…)

Pourtant, il est clair que nous sommes face à un nouveau processus d’accapa- rement des richesses par une minorité |21|. (…), il existe bel et bien une élite, financière, politique, entrepreneuriale, qui bénéficie des mesures néolibérales imposées la plupart du temps de façon non démocratique. Reconnaître cet état de fait doit nous conduire à dénoncer et à lutter contre la dette illégitime et les plans d’austérité. 10 août par Renaud Duterme

http://cadtm.org/Dette-neoliberalisme-et-classes

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11 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Grèce: 595 femmes de ménage grecques en lutte

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Appel à la solidarité internationale

 

N’ATTENDEZ PAS QUE NOUS ALLONS PLIER!

Nous sommes les 595 femmes de ménage du Ministère des Finances qui avons perdu nos emplois depuis le 17 septembre 2013. Le gouvernement nous a licenciées et a choisi d’attri- buer notre travail à des sous-traitants sans pour autant faire la moindre économie budgé- taire. Notre salaire oscillait entre 300-600 euros par mois. Nous ne sommes pas des numéros, nous sommes des humains.

Nous n’avons pas baissé la tête. Depuis le 17 septembre nous sommes chaque jour dans la rue et nous revendiquons notre travail, nous revendiquons notre vie.

Le Gouvernement essaye par tous les moyens de réprimer notre juste lutte. Des images de passage à tabac des femmes sans défense de 50-60 ans par les forces anti- émeute (MAT), ont fait le tour du monde. Un certain nombre d’entre nous ont été hospita- lisées à la suite des agressions barbares et injustifiées de la police contre nous.

Nous avons opté pour la dignité. Dix mois de lutte, dix mois pleins de pauvreté et de problèmes! Mais nous avons continué à nous battre. Nous continuons notre combat. Nous revendiquons l’évident, le droit à la vie.

Une vague de solidarité est en train de balayer la société. Travailleurs, licenciés, chô- meurs, lycéens, étudiants, retraités et artistes manifestent leur soutien par tous les moyens.

La Justice grecque nous a donné raison et pourtant le Gouvernement refuse de res- pecter et d’appliquer les décisions judiciaires. Il se venge sur nous parce que nous avons choisi de vivre dans la dignité.

La solidarité est l’arme des peuples. Nous demandons à vous tous d’exprimer votre solidarité à la lutte pour la vie et la dignité que nous menons. Nous vous demandons de signer le texte de soutien et de collecte des signatures qui forcera le Gouvernement à appliquer l’arrêt de la Justice grecque, sans qu’il y ait le moindre coût budgétaire.

TOUS ENSEMBLE NOUS POUVONS EMPECHER CES POLITIQUES BARBARES

11 juillet par Sonia Mitralias

http://cadtm.org/Appel-a-la-solidarite,10445

http://agwnkatharistries595.wordpress.com/

sonia.mitralia@gmail.com

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09 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Baisse du coût du travail et pillage des caisses (npa)

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Budget rectificatif de la Sécu

Après l’adoption du budget rectificatif de l’État et ses 4 milliards d’économies par l’Assem- blée nationale, à une large majorité, le budget rectificatif de la Sécurité sociale vient à son tour d’être voté mardi 8 juillet: une première étape de la mise en musique du Pacte de res- ponsabilité et une offensive majeure contre la protection sociale.

La conséquence immédiate de ce budget rectificatif va être un «trou» supplémentaire dans les caisses de la Sécu de près de 10 milliards d’euros qui iront directement dans la poche du patronat : une attaque contre l’ensemble du monde du travail, retraitéEs, privéEs d’emploi, salariéEs… Mais, promet sans rire le gouvernement qui n’en est plus à une provo- cation près, c’est pour «gagner un demi-point de croissance et 200 000 emplois»!

«Progressiste et de gauche» ? Valls veut «sortir la France de ses blocages»: «Mon ob- session, c’est le mouvement, la réforme. [...] Après avoir diminué de 6,5 milliards d’euros dès 2015, les prélèvements sur les entreprises seront réduits de 8 milliards en 2016 et d’en- viron 5,5 milliards en 2017. Sans oublier la montée en charge du crédit d’impôt compétitivité emploi à hauteur de 20 milliards d’euros. Jamais de tels engagements n’ont été pris à ce niveau!»

Ce que Marisol Touraine appelle «un texte progressiste et de gauche»… À elle seule, la baisse des cotisations sociales représente un manque à gagner de 8 milliards d’euros pour les caisses de la Sécu (dont 5,5 milliards pour la seule part dite «patronale» et 2,5 mil- liards pour la part salariale). Les entreprises ne paieront plus aucune cotisation de Sécurité sociale pour les salaires au niveau du Smic et elles seront fortement réduites pour tous les salaires inférieurs à 1,6 fois le Smic (véritable incitation à ne pas payer plus !).

De plus, les cotisations d’allocations familiales payées par les employeurs vont être réduites de 1,8 %. Autre cadeau aux patrons, la suppression de la Contribution sociale de solidarité des sociétés (dite C3S, payée par les entreprises dont le chiffre d’affaires est su- périeur à 760 000 euros) pour la moitié des entreprises qui la paient aujourd’hui et sa réduc- tion pour les autres avant sa disparition totale en 2017. À elle seule, cette mesure représente un manque à gagner d’un milliard d’euros pour la Sécu pour 2015 !

Les salariéEs vont trinquer… Côté salariés, le gouvernement a le culot de présenter com- me une avancée, un geste social (!): la baisse des cotisations sociales «salariales» pour celles et ceux gagnant moins de 1,5 SMIC, soit autour de 40 euros par mois. Mais combien vont coûter à chaque foyer la baisse des prestations sociales, le gel pendant au moins 18 mois de toutes les pensions supérieures à 1200 euros, la non-revalorisation de l’allocation de logement familial?

Cela alors que la caisse d’assurance maladie a d’ores et déjà annoncé travailler à un plan d’économies de 2,9 milliards d’euros pour 2015: diminution des séjours à l’hôpital, dans les maternités, remise en cause des prescriptions médicales, de certains actes chirurgicaux, d’examens biologiques et radiologiques, etc.

Les élus UMP n’ont pu cacher leur joie. Sous le titre «un bon signal qui ne va pas assez loin», le courant «France moderne et humaniste» de l’UMP (Raffarin, Chatel…) s’enthou- siasme: «En réalité, nous ne pouvons que nous réjouir des principales mesures de ce texte qui viennent, enfin, alléger un coût du travail dont nous dénonçons le poids depuis long- temps »…

Mis à part le mini-psychodrame entre les prétendus «frondeurs» PS et le gouverne- ment, le ton «outragé» de certains élus de droite à l’annonce de l’ajournement des votes des articles et des amendements par le gouvernement le premier soir (de crainte de ne pas avoir la majorité… les députés PS «loyalistes» n’étant pas alors assez nombreux dans l’hémi- cycle !), l’Assemblée a bien avalisé les mesures les unes après les autres… Isabelle Ufferte

Hebdo L’Anticapitaliste – 250 (10/07/2014)

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09 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

La catastrophe de l’austérité (npa)

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Le rapport sur l’accident de Brétigny vient de tomber, et le verdict est sans appel pour la direction de la SNCF, le gouvernement et leur politique de privatisation.
Ni acte de malveillance ni hasard, c’est bien le manque d’entretien qui est à l’origine du déraillement du train qui a provoqué sept morts et des dizaines de blessés.
Voilà le résultat des réorganisations et des 30 000 suppressions de postes qui ont cours depuis plus de dix ans. De nombreuses brigades d’entretien des voies ont été suppri- mées, entraînant l’augmentation de l’étendue de leurs zones d’action, brigades contraintes de n’assurer que le travail urgent et non plus la prévention.
La SNCF a désormais recours de plus en plus régulièrement à des sous-traitants pour assurer travaux et entretien du réseau. Elle avait même été avisée de la dangerosité de la ligne Paris-Limoges, allant jusqu’à ignorer la préconisation de limitation de vitesse à 100 km/h contre les 160 toujours en vigueur aujourd’hui.
La réforme ferroviaire qui vient d’être votée va aggraver cette situation, afin d’offrir un nouvel espace aux capitalistes pour se remplir les poches, sur le dos des cheminotEs et des usagerEs, laissant dépérir le réseau ferré tout en augmentant les tarifs.
Les cheminotEs ont raison de se battre contre cette casse du service public. Ils avaient donc raison de faire une grève reconductible qui a permis de faire apparaître la classe ou- vrière sur le devant de la scène politique, redonnant également un nouveau souffle aux luttes des intermittentEs et précaires, et des postierEs du 92. Depuis le 24 juin, c’est au tour des marins de la SNCM de rentrer dans le bal de la grève, pour refuser la mise en liquidation judiciaire de leur entreprise et les suppressions d’emplois.
Mais le gouvernement reste sourd aux aspirations du monde du travail, toujours plus enclin à défendre les intérêts de ses « amis de la finance ». C’est dans cet objectif qu’il a tenu la troisième conférence sociale.
Le boycott imposé aux directions syndicales (CGT, FO et FSU) témoigne de l’envie de nom- breuses équipes militantes d’en finir avec le « dialogue social » et d’entrer sur le terrain de la lutte de classes. Comme l’ont fait il y a quelques semaines les cheminotEs, et aujourd’hui encore les intermittentEs et précaires, les marins de la SNCM, ou les postierEs, l’heure est venue de généraliser toutes ces colères ouvrières ! Matthieu Chapuis

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08 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

La sncf délabrée (npa)

La sncf délabrée (npa) dans Austérité Buster+04

Le rapport des experts à propos de l’accident de Brétigny est accablant pour la direction de la SNCF. C’est bien le défaut d’entretien qui en est la cause, le rapport parlant d’un “état de délabrement jamais vu ailleurs”.

Le manque de moyens, le manque de personnels ont conduit à une dégradation considérable des infrastructures, que la direction masque pour ne pas ternir son image.

La réforme ferroviaire, si elle est mise en place, accélérera cette dégradation. En effet, en séparant, pour les privatiser, les services rentables et les services non rentables comme l’entretien, la réforme pousse à de nouveaux désastres.

Et l’abrogation de la réglementation du travail des cheminots va aussi avoir des consé- quences néfastes en terme de sécurité des circulations, puisque son remplacement par une convention collective au rabais signifiera plus de flexibilité horaire et plus de fatigue pour les cheminots, donc une augmentation du risque d’accidents.

En Grande-Bretagne, les résultats d’une réforme similaire ont tourné à la catastrophe permanente.

La logique de l’ouverture à la concurrence et de la rentabilisation du chemin de fer mène à la catastrophe. Afin d’assurer véritablement sa mission de service public en toute sécurité, le chemin de fer doit être mis sous monopole public, contrôlé par les cheminots et les usagers. La règlementation du travail doit être de haut niveau, il est également nécessaire de revenir sur les dizaines de milliers de suppressions de postes opérées ces dix dernières années.

http://npa2009.org/communique/la-sncf-delabree

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04 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Allemagne, enfin un salaire minimum (ci)

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Le Bundestag a adopté le 3 juillet à une large majorité l’introduction d’un salaire minimum de 8,50 euros brut de l’heure, soit 1 400 euros mensuels. Une importante avancée sociale, quoique tardive et émaillée d’exceptions.

L’Allemagne est lanterne rouge de l’Europe. L’expression est rarement appliquée à la première économie du continent, citée en exemple dans presque tous les domaines. Le salaire minimum fait exception à la règle. Les syndicats et les responsables politiques ont passé plus de dix ans à s’affronter sur la question. Le débat aura été honteusement long.

Le Bundestag a adopté ce jeudi le principe du salaire minimum [535 voix pour, 5 con- tre et 61 abstentions]. L’Allemagne devient ainsi l’un des derniers pays européens à se doter d’une réglementation pour mettre fin aux pires abus en matière de dumping salarial. Enfin ! Les responsables politiques se sont enlisés dans des débats pour déterminer quelles dérogations accorder à cette loi. Divers scénarios catastrophe ont été évoqués pour montrer le nombre d’emplois que cette mesure risquait de coûter si elle était appliquée à l’ensemble des secteurs.

Comme si 8,50 euros de l’heure constituaient un salaire exorbitant. A la fin du mois, cela représente tout juste 1 400 euros. Brut. Le salaire minimum s’imposait depuis long- temps. Cela peut sembler pathétique à dire, mais cette décision redonne de la valeur au travail et un peu de fierté au quelque 1,4 million d’Allemands payés moins de 5 euros de l’heure. Si l’on y ajoute tous les travailleurs rémunérés entre 5 et 8,50 euros de l’heure, on peut estimer à près de 4 millions le nombre de bénéficiaires de cette mesure.

De nombreuses entreprises dans les domaines de la culture et des arts, de la gastro- nomie ou des services d’entretien ont fondé leur modèle économique sur l’exploitation finan- cière de leurs salariés. Les employés de ces secteurs dépendent presque tous des aides de l’Etat. La collectivité finance donc ce modèle économique douteux depuis des années.

On ne pleurera pas sur la disparition de ces entreprises qui voient leurs calculs s’effon- drer. Il y en aura suffisamment qui seront capables de s’en sortir malgré la mise en place du salaire minimum. Celui-ci a déjà été introduit dans certains secteurs, comme l’industrie de la viande et les métiers de la coiffure, avant l’adoption de la loi. D’autres branches se sont do- tées de conventions collectives fixant un salaire minimum supérieur à 8,50 euros.

On n’y observe pas de bouleversement particulier. Ces secteurs ne comptent pas moins d’emplois, au contraire, leur taux de chômage continue de baisser. Certes, le prix de certains produits ou services risque d’augmenter. Ce ne sera que le reflet de leur véritable valeur. Il serait indécent de s’en lamenter. Après tout, le prix des cigarettes, de l’essence ou de la place de cinéma a bien doublé en quelques années et les gens s’y sont habitués. Ils continuent d’acheter ces produits sans se plaindre. Ils feront de même après l’adoption de cette loi, tout en sachant qu’elle permet aussi à des millions d’exclus de retrouver une place dans la société. Der Spiegel Janko Tietz 3 juillet 2014

http://www.courrierinternational.com/article/2014/07/03/enfin-un-salaire-minimum

Commentaire: « De nombreuses entreprises dans les domaines de la culture et des arts, de la gastronomie ou des services d’entretien ont fondé leur modèle économique sur l’exploitation financière de leurs salariés. Les employés de ces secteurs dépendent presque tous des aides de l’Etat » comme chez nous quoi!

 

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04 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Quand les entreprises font des profits… (basta)

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Sur la mort de leurs employés!

Accepteriez-vous que votre entreprise souscrive une assurance-vie à votre nom, dont elle serait l’unique bénéficiaire en cas de décès, le vôtre en l’occurrence ?

C’est ce que les salariés du journal américain The Orange County Register ont vécu cette année, rapporte un article du New York Times, repris par Big Browser. Leur employeur a de- mandé leur accord pour souscrire une assurance-vie dont il serait le bénéficiaire. Margé les pressions managériales, les salariés, choqués par cette proposition, ont refusé que leur patron puisse faire des profits sur leur mort.

Cette initiative n’est pas rare, poursuit le New York Times: des centaines d’entreprises ont déjà franchi le pas. Et touchent le bénéfice de ces assurances, même de nombreuses années après que leurs anciens salariés soient partis en retraite ou aient quitté l’entreprise.

Des revenus soumis à une fiscalité très avantageuse! Leur argument: le bénéfice de ces assurances leur permet de financer des prévoyances santé et retraites. Cette démarche bénéficierait donc indirectement aux salariés… C’est oublier un peu vite que les entreprises font ce qu’elle veulent des gains obtenus sur ces assurances-vie et n’ont pas de compte à rendre à leurs salariés ni aux régulateurs.

Un tiers des 1 000 plus grandes entreprises états-uniennes seraient concernées, ex- plique la société de conseil en ressources humaines Aon Hewitt. Ce marché représenterait 20 % des contrats d’assurance-vie signés actuellement aux États-Unis. Une loi votée en 2006 vise à encadrer cette pratique, en exigeant notamment le consentement du salarié. Mais cela ne semble pas avoir freiné l’engouement des employeurs pour ce type d’épargne bien particulier.

Des milliards de dollars dans les fonds propres des banques Impossible cependant d’avoir une estimation précise. On ne sait pas qui souscrit ces contrats ni pour quelle utili- sation. Reste que les banques semblent particulièrement friandes de ce produit d’épargne : cela leur permet de déclarer dans leurs fonds propres les «valeurs de rachat» des assu- rances-vie qu’elles ont souscrites au nom de leurs salariés. Et de renforcer leur solidité financière aux yeux des régulateurs.

Bank of America possèderait ce type d’assurance-vie pour une valeur de 17,6 mil- liards de dollars, et la banque d’affaires JPMorgan pour 5 milliards. Ce qui révèle l’ampleur du business. Autre question: les entreprises concernées ne sont-elles pas incitées à en savoir toujours plus sur l’état de santé de leurs employés ?

En France, l’assurance-vie demeure le placement préféré des particuliers: elle repré-sentait plus de 1200 milliards d’euros d’épargne fin 2012. Mais les contrats sont souscrits au profit des proches de la personne qui décède, pas de son employeur. Les entreprises y sui- vront-elles la voie tracée par leurs homologues états-uniennes ? Pas de quoi s’inquiéter, pré- cise le directeur de The Orange County Register, défendant sa proposition vis-à-vis de ses salariés: «L’assurance-vie n’est pas quelque chose de morbide, pas plus que les personnes qui les vendent, ni celles qui en achètent, écrit-il. L’assurance-vie, de par sa nature même, a été créé pour bénéficier aux gens que nous aimons, ceux dont nous nous soucions le plus.» Un grand philanthrope. Agnes Rousseaux  4 juillet 2014

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03 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

L’appel du patronat à hollande et valls: faites ce que je vous dis(lo)

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… et tout de suite !

Huit organisations patronales, dont le Medef et la CGPME, ont rédigé le 29 juin un appel adressé à Hollande et à Valls, pour qu’ils appliquent les «réformes» plus rapidement, tout ça paraît-il dans l’intérêt général.

Le patronat, par la bouche de Gattaz et des autres représentants patronaux, veut plus : plus de cadeaux, plus de facilités pour exploiter les travailleurs, et tout de suite.

C’est, comme d’habitude, au nom de la lutte contre le chômage que, tout d’abord, il ex- horte le gouvernement à accélérer la mise en œuvre du pacte de responsabilité en l’incluant «de manière explicite et rapidement» dans la loi. Le dispositif englobant pacte de respon- sabilité et CICE représentera sur trois ans un cadeau d’un montant total de 41 milliards d’eu- ros, que le gouvernement compte financer par un plan d’économies de 50 milliards d’euros pris dans la poche des classes populaires. Le patronat veut s’assurer de recevoir le chèque.

Les Gattaz pour le Medef, Roubaud pour la CGPME et autres affirment également ne plus vouloir de textes qui viendraient «complexifier» la réglementation actuelle sur les entre-prises, allusion aux textes sur la pénibilité et le temps partiel, qui ne sont que de petites avan- cées venant après de grands reculs, mais qui ont suscité une levée de boucliers des pa- trons. De manière générale, ils exigent du gouvernement la mise en œuvre, «avec le Parle- ment, d’un moratoire sur tout texte législatif et administratif qui viendrait complexifier notre réglementation, mettre des contraintes ou renforcer les contrôles et les sanctions sur les entreprises et les entrepreneurs».

Ils demandent, autrement dit, la possibilité d’exploiter les travailleurs sans la moin- dre contrainte. Le patronat sait parfaitement qu’Hollande tout comme Valls sont prêts à le servir en menant une politique anti-ouvrière, quoi qu’il leur en coûte électoralement. Mais il est à l’offensive, il en veut plus et tient à faire savoir au gouvernement qu’il n’est prêt à ac- cepter aucun flottement, aucune déclaration, aucune «posture» qui peut laisser croire à un recul, même petit, dans l’application des «réformes», c’est-à-dire des mesures favorables aux patrons.

Que les signataires de l’appel «menacent» le gouvernement de boycotter la conférence sociale fait partie du jeu. Cela montre, si besoin en était, que le dialogue social qu’elle est censée permettre n’est que du cinéma destiné à couvrir les reculs imposés aux travailleurs, cinéma auquel les directions des confédérations syndicales participent. Le secrétaire géné- ral de FO, Jean-Claude Mailly, a ainsi déclaré sans rire avoir «le sentiment parfois que les organisations patronales se prennent pour le gouvernement». Belle découverte!

Effectivement, les patrons constituent le véritable pouvoir, et l’État n’est que l’instrument qui leur permet de l’exercer. Aline RETESSE

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2396&id=2

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03 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Economies tous azimuts pour l’assurance-maladie (lo)

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La vie de malades sacrifiés… aux milliards du patronat

Le conseil d’administration de la Caisse nationale d’assurance-maladie, la Cnam, qui re- groupe toutes les dépenses de santé, propose des mesures pour mettre en application le plan gouvernemental d’économies. Sur les 50 milliards d’économies sur les dépenses publiques voulues par Hollande et Valls, 10 milliards devraient être imputés à la santé.

Parmi les mesures d’économies préconisées, il y a la réduction drastique du temps de présence des malades dans les hôpitaux, pas pour mieux les soigner mais pour sup- primer des dizaines de milliers de postes de soignants. La dernière trouvaille de la Cnam serait de ramener de quatre à trois jours l’hospitalisation pour un accouchement.

La Cnam va jusqu’à proposer de limiter l’utilisation des IRM pour les examens des membres inférieurs. Pourtant la France, un des pays les plus riches du monde, est depuis de longues années mise au ban des organismes internationaux de santé pour son sous-équipement chronique en matière d’IRM. En dix ans, leur nombre a péniblement augmenté chaque année pour atteindre, fin 2013, 646 IRM dans le pays, alors qu’il en faudrait le double pour répondre aux besoins et pour atteindre le taux d’équipement existant dans les autres pays avancés : deux fois plus en Espagne et trois fois plus en Allemagne il y a encore peu de temps.

La main sur le cœur, les gouvernants successifs avaient promis d’y remédier, en particulier dans le cadre des plans cancer, le dépistage qui est vital pour l’espoir de guérison étant bien loin de ce qu’il devrait être. Mais les promesses ont été foulées aux pieds. Le temps d’attente pour pouvoir bénéficier d’un examen «urgent» d’IRM est en France supé- rieur à un mois en moyenne, c’est-à-dire beaucoup plus dans certaines zones encore plus sous-équipées que les autres régions. Cela a évidemment des conséquences directes sur le taux de mortalité.

Bien que connaissant tout à fait cette situation dramatique, la Cnam, intervenant comme agent du gouvernement, propose donc de faire la chasse aux examens «excessifs» d’IRM, en oubliant le principal, la situation dramatique de sous-équipement. Des économies sur la santé pour offrir des milliards au patronat, c’est tout simplement criminel. Paul SOREL

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2396&id=29

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