Archive | Austérité

25 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Hier, grève générale de l’éducation en Espagne

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25 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Le FMI revient à la charge avec les mesures qui provoquent des émeutes de la faim (cadtm)

Le FMI revient à la charge avec les mesures qui provoquent des émeutes de la faim (cadtm) dans Austérité fmi

L’homme du FMI

Quelques jours avant l’assemblée générale annuelle du FMI et de la Banque mondiale, qui s’est tenue du 11 au 13 octobre 2013 à Washington, le FMI est revenu à la charge.

Concrètement, en Espagne, après avoir proposé une baisse de salaires qui a provoqué une réaction inhabituelle |1| , il réclame désormais de réduire la liste des produits et services considérés basiques ou de première nécessité qui bénéficient des taux réduits de TVA. Il s’agit bien du même remède qui pro- voqua les fameuses émeutes de la faim, aussi appelées « émeutes FMI », au Sud de la planète, quand le prix du pain ou de l’essence montait d’un coup en une nuit jusqu’à des prix inabordables pour la majo- rité de la population. On peut citer entre autres exemples, le soulèvement connu comme « Caracazo » au Venezuela en 1989, lors de la mise en œuvre d’une mesure du plan du FMI qui a provoqué l’aug-mentation subite du combustible ; ou celui du Pérou en 1991, quand le prix du pain a été multiplié par 12 alors que les salaires amorçaient leur chute ; du Zimbabwe en 2000 ; Argentine, Paraguay et Uruguay en 2001… La liste est aussi longue, que l’est l’histoire du néocolonialisme économique de l’institution de Washington.

En somme, le FMI suit la voie de l’austérité qu’il applique au Sud, où ses politiques échouent depuis des décennies. Au-delà de quelques nouvelles propositions sur les prélèvements, il n’y a rien de nouveau dans l’idéologie de l’institution. Déjà en 1999, dans un rapport sur les Effets des politiques d’ajustement structurel sur la jouissance effective des droits de l’homme, la Commission des droits de l’homme des Nations Unies portait sur les plans d’austérité au Sud ce constat que nous pouvons appli- quer à l’actuelle crise de la dette au Nord :  Malheureusement, aussi bien le FMI que la Banque mon- diale considèrent la gestion de la crise d’endettement comme une activité distincte de la tâche fonda- mentale qui est le développement humain. Une forte croissance du produit national brut (PNB) ou la réduction de l’inflation ne débouche sur le développement qu’à condition de s’accompagner de chan- gements dans la répartition du revenu, de manière à permettre à une plus large proportion de la population de jouir effectivement de ses droits économiques, sociaux et culturels. |2|

L’austérité, un projet politique à échelle internationale Ces politiques d’austérité du FMI, en plus de violer la souveraineté des peuples, anéantissent les droits les plus élémentaires des personnes. La proposition d’introduire un impôt exceptionnel avec un taux de 10% sur le capital de toutes les épar- gnes quel qu’en soit leurs montants, cela pour réduire la dette publique des pays européens au niveau d’avant la crise en 2007, ne doit pas nous induire en erreur.

Bien sur, cela nous rappelle ce qui est arrivé à Chypre, même si dans ce cas il s’agissait d’un taux de 47,5% sur tous les comptes disposant de plus de 100 000 euros. Ceci dit, on a plutôt l’impression d’être face à une attitude désespérée afin d’attirer l’attention pour dissimuler d’autres mesures à venir. De la même manière, quand le FMI affirme qu’il reste de la marge pour augmenter les taux d’imposition des tranches supérieures de revenus, il semble que, devant le chaos que génèrent ses propres mesures, il doive faire semblant d’innover pour que sa politique soit soutenable… et suive le même chemin capitaliste.

D’ailleurs, comme disait le rapport de l’ONU en 1999 déjà cité, il faut comprendre les politiques d’austé- rité bien plus comme un projet politique à échelle internationale : L’ajustement structurel va au-delà de la simple imposition d’un ensemble de mesures macroéconomiques au niveau interne. Il est l’ex- pression d’un projet politique, d’une stratégie délibérée de transformation sociale à l’échelle mondiale, dont l’objectif principal est de faire de la planète un champ d’action où les sociétés transnationales pourront opérer en toute sécurité. Bref, les programmes d’ajustement structurel (PAS) jouent un rôle de « courroie de transmission » pour faciliter le processus de mondialisation qui passe par la libéra- lisation, la déréglementation et la réduction du rôle de l’État dans le développement national. |3|

Le 9 octobre 2013, après la présentation du rapport Taxing Times du FMI, Michael Keen, directeur adjoint du département des finances publiques du FMI, déclara que l’Espagne « n’a pas eu suffisamment recours à la TVA » pour augmenter ses recettes. Il n’aura vraisemblablement pas suffit d’appliquer une hausse de TVA de 13 points, passant de 8 à 21% pour les secteurs de la Culture, des livres ou du matériel scolaire. Les Espagnols apprécieront l’attention particulière du FMI à ce propos. Après deux hausses brutales de l’impôt régressif le plus injuste, d’abord sous le gouvernement du parti dit socialiste (PSOE) et de la droite (PP) ensuite, les recommandations du FMI sont scandaleuses. Ils prétendent soigner la maladie en tuant le patient.

Dans son rapport fiscal d’octobre 2013, le FMI, affiche une soudaine préoccupation pour réduire la dette publique aux niveaux d’avant la crise en 2007, sans pour autant reconnaitre que dans certains cas, et en Espagne en particulier, la dette publique s’est envolée précisément en conséquence du sau- vetage bancaire. En guise de solution, le FMI revient à faire des propositions profondément injustes et erronées, tel l’impôt exceptionnel déjà mentionné de 10% sur l’économie des foyers. |4| Dans son argumentaire, le FMI met en garde contre « les risques des alternatives » à cette proposition, tel que « la répudiation de la dette publique ». Un « risque » qui constituerait plutôt pour nous un premier pas vers une sortie de crise.

Depuis la Plateforme espagnole d’Audit Citoyen de la Dette, nous ne devons pas, nous ne payons pas (Plataforma Auditoría Ciudadana de la Deuda, No debemos , no Pagamos), nous développons des activités afin que les citoyennes et citoyens puissent envisager des alternatives, définir des critères pour qualifier une dette illégitime et en refuser le paiement. Traduction Jérôme Duval et Virginie de Romanet 24 octobre par Jérome Duval , F. Martín

Notes

|1| Jérôme Duval, Fátima Fafatale, Espagne. Le sombre avenir que nous réserve le FMI : Dette, chômage et pauvreté.

|2| Effets des politiques d’ajustement structurel sur la jouissance effective des droits de l’homme, point 6. http://www.cetim.ch/fr/documents/pa…

|3| Nations Unies, Ibid, point 31.

|4| A One-Off Capital Levy ?, in Taxing Times, Fiscal Monitor, FMI, octobre 2013, page 49. http://www.imf.org/external/pubs/ft…

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25 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Grèce : la dégradation sociale se poursuit (Essf)

Grèce : la dégradation sociale se poursuit (Essf) dans AustéritéMerci à la troïka: Commission européenne,  Banque centrale européenne et FMI
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« Un des thèmes de Samaras en 2012 n’était autre que le suivant, traditionnel : si les communistes arrivent au pouvoir, ils prendront vos maisons ».

Avec le retard habituel, l’institut de statistique grec, l’Elstat, a publié début septembre les chiffres du chômage pour le mois de juin 2013.

Le nombre de chômeurs enregistrés s’élève à 1 403 698, soit 174 709 de plus qu’en juin 2012. Par rapport à la population active, le taux a atteint 27,9%. Il se situe officiellement, pour les jeunes entre 15 et 24 ans, à 58,8% et, pour ceux dans la tranche d’âge de 25 à 34 ans, à 37,4%.

Si les médias mettent avant tout l’accent sur Aube dorée et les mesures prises par le gouver-nement, le chômage reste un élément social et politique des plus importants dans la situation grecque. De très nombreux reportages indiquent que des dizaines de milliers de salarié·e·s ne reçoivent pas leur paie depuis trois à six mois.

Les exemples de chômeurs qualifiés auxquels on propose des salaires de 490 euros net pour un travail hebdomadaire de 54 heures sont monnaie courante, comme le sont les reportages de chômeurs de longue durée dont la famille doit vivre de la pension de leurs parents qui ne dépasse pas 500 euros par mois. Un chômeur de 45 ans avec deux enfants décrit une situation pareille et la résume ainsi : « 500 euros pour cinq, et pour le pain seulement je dois dépenser 1,82 euro par jour. » Pour rappel, le salaire minimum est passé de 780 euros à 586 en février 2012. En termes de revenu net, la somme est de 480 à 490 euros mensuels.

Au début octobre, un plan de réorganisation des retraites a été présenté. La retraite de base devrait atteindre le maximum de 360 euros par mois. Elle devrait être complétée par « une assurance vie obligatoire » (de fait un second pilier) à laquelle s’intéresse le groupe d’assurance allemand Allianz. En termes d’accès à la santé, le président du système national de santé (EOPYY), Dimitris Kontos, mem- bre de la Nouvelle Démocratie, a indiqué fin septembre que 3,068 millions de citoyens se trouvaient sans assurance. Des recherches plus approfondies montrent que ce chiffre est sous-estimé, car il n’inclut pas les petits commerçants ayant dû fermer leur commerce ou les travailleurs de la construction qui perdent leur couverture lorsqu’ils ne paient plus leurs contributions suite à la perte de leur emploi. Le chiffre plus proche de la réalité, sans compter évidemment les migrant·e·s, dépasser les 4 millions. Ce chiffre doit être comparé au nombre officiel d’assurés : 6,171 millions.

L’expropriation de logements de personnes n’ayant pas payé leurs impôts immobiliers, qui ont explosé, et/ou ayant d’autres dettes envers l’Etat est un thème débattu au parlement grec actuel-lement. Le rapport entre le montant de la dette et la valeur immobilière suscite de nombreuses interro-gations pour ce qui est soit du transfert du bien immobilier à l’Etat pour effacer la dette, soit du transfert à une troisième partie qui se retrouve avec le restant de la dette à payer, selon la valeur imputée à la propriété. En outre monte une vraie colère parmi les très nombreux propriétaires de logement dont une part importante est incapable de payer les frais de chauffage, cela d’autant plus qu’un nouvel impôt frappe le fioul domestique.

Une récente enquête indique que 44% des ménages grecs ne pourront pas chauffer leur maison cet hiver. Or, ce pourcentage a été établi avant la prise en compte de l’augmentation de l’im- pôt. Il n’est pas difficile d’imaginer les effets du froid sur la santé d’enfants très jeunes ou de personnes âgées. Un des thèmes de Samaras en 2012 n’était autre que le suivant, traditionnel : si les communistes arrivent au pouvoir, ils prendront vos maisons.

C’est sur cet arrière-fond social, tracé à gros traits, qu’il faut resituer le dialogue politique avec Antonis Ntavanellos, dirigeant de SYRIZA et de DEA, publié par ailleurs [1].

Rédaction A l’Encontre 23 octobre 2013 A l’Encontre * http://alencontre.org/

Notes:

 

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24 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Édito : « Face aux injustices, la révolution est une obligation »

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Cette phrase, qu’on pouvait lire sur une banderole samedi 19 octobre à Lisbonne, donne la mesure de la colère qui s’étend dans toute l’Europe.
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Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Les mêmes politiques d’austérité répandent la même pauvreté. Des budgets semblables provoquent le même jour des manifestations de dizaines de milliers de personnes en Italie et au Portugal.
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À Lisbonne et Porto, les manifestantEs refusent une nouvelle cure d’austérité. Parmi les mesures les plus contestées figurent des réductions de salaire de 2, 5 à 12 % pour les fonctionnaires et des retraites de près de 10 % pour les anciens salariés du secteur public. À Rome, ils étaient des dizaines de milliers à manifester contre le plan de rigueur budgétaire annoncé la veille par le gouvernement Letta, qui se concrétise par d’importantes coupes dans les prestations sociales. Ils et elles exigeaient « un logement et un salaire pour tous ».
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Au Portugal, les manifestants réclament la démission du gouvernement de centre droit et une nouvelle manifestation est appelée pour le 1er novembre. À Rome la manifestation regroupait aussi bien le syndicat autonome Cobas, des militants des droits des immigrés ou du droit au logement que les « No-Tav », opposants au projet de TGV Lyon-Turin. Dans les deux cas, les gouvernants répondent par la répression. Au Portugal, ils prétendaient empêcher les manifestations de passer par les ponts. En Italie, un très important dispositif policier avait été déployé et une quinzaine de personnes ont été interpellées.
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Ce n’est ni une coïncidence ni un hasard du calendrier. Dans toute l’Europe, les gouver- nements,  qu’ils soient de droite, du centre ou socialistes, imposent des politiques d’austérité sans fin. Partout ils essaient de faire croire que ces politiques sont un mal nécessaire pour rembourser la dette, réduire le déficit, sortir de la crise…
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Leur Europe de la concurrence libre et non faussée aboutit à une course infernale à qui tirera le plus les exploitéEs vers le bas, vers plus de précarité, plus de pauvreté, plus de désespoir…
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Notre Europe était dans la rue ce samedi à Rome, Lisbonne ou Porto. Christine Poupin

Mercredi 23 octobre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 214 (24/10/2013)

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19 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Portugal, une nouvelle année de vaches maigres (CI)

Portugal, une nouvelle année de vaches maigres (CI) dans Austérité cgtp-1

La CGTP, principale centrale syndicale appelle à une large mobilisation le 19 octobre pour dénoncer la cure d’austérité annoncée par le gouvernement sous l’impulsion de l’Union européenne, du Fonds monétaire international et de la Banque centrale européenne.

A la suite de l’examen par la troïka (UE, FMI et BCE) des comptes de l’Etat portugais, le gouvernement de Pedro Passos Coelho a annoncé le 13 octobre son budget pour l’année 2014. Alors que le bilan économique semblait plutôt positif et que des promesses de relance semblaient s’esquisser, c’est une nouvelle cure d’austérité dans les dépenses publiques qui s’annonce, décortiquée attentivement par la presse portugaise. En effet, sous l’impulsion de la troïka qui impose une réduction des dépenses publiques de l’ordre de 4 %, le gouvernement espère économiser plus de 2 milliards d’euros et gagner en crédibilité sur les marchés pour se refinancer à un taux plus bas.

Ainsi, l’âge de la retraite passe de 65 à 66 ans et les pensions supérieures à 2 000 euros seront taxées. Les salaires de plus de 600 euros de la fonction publique subiront une baisse de 2,5 % à 12 %. En outre, presque tous les ministères devront se serrer la ceinture avec des coupes claires dans le budget de la santé (300 millions d’euros), de l’enseignement primaire et secondaire (500 millions), de l’enseignement supérieur (80,5 millions), de la justice (90 millions) et de la sécurité intérieure (27 millions). Il est également prévu la réduction de 30 % des effectifs de la défense nationale, l’augmentation du prix de l’électricité de 2,8 % et celle de la taxe audiovisuelle de 18 %. Le tribunal constitutionnel, qui a régulièrement botté en touche les propositions de lois du gouvernement, a vu son budget significativement réduit pour atteindre une baisse de 25 % en trois ans.

Mario Soares, l’ancien président de la République, considéré comme un des pères de la démocratie, a qualifié le budget 2014 de « terrible » et il a accusé le gouvernement de « vouloir en finir avec l’Etat social ». Le leader de la Confédération générale des travailleurs portugais (Cgtp) a comparé ces nouvelles mesures d’austérité à « un braquage dans le dos » et appelle à une vaste mobilisation le 19 octobre à Lisbonne et à Porto. Le Premier ministre Pedro Passos Coelho a déclaré quant à lui qu’il avait « conscience des difficultés » que les gens vivaient, mais que de « nombreuses personnes font ces sacrifices pour sauver le pays de la situation dans laquelle il est ».  Courrier international 18 octobre 2013

http://www.courrierinternational.com/revue-de-presse/2013/10/18/une-nouvelle-annee-de-vaches-maigres

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13 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Crédit suisse:

 

Crédit suisse: dans Austérité credit_suisse_global_wealth

Le Crédit Suisse a réalisé un graphique qui illustre la répartition mondiale de la richesse.

32 millions de personnes – une masse légèrement supérieure à celle du Benelux, soit 0,7% de la population mondiale – possèdent  un total de 41% de toutes les richesses de la planète ou 98.700 milliards de dollars.

Basé sur le même graphique, nous apprenons que 3,2 milliards de personnes – 68,7% de la population adulte dans le monde – possèdent 3% de la richesse mondiale ou 7.300 milliards de dollars.

http://www.express.be/business/fr/economy/si-un-graphique-doit-vous-mettre-mal-a-laise-esperons-que-cela-soit-celui-ci/196870.htm

Commentaire: Heureusement qu’il y a des gens qui travaillent à nous faire oublier cela! Hein, Manuel!

 

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04 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Au delà des individus, un système et des institutions leur permettant d’agir et les encourageant à le faire (Cadtm)

Au delà des individus, un système et des institutions leur permettant d’agir et les encourageant à le faire (Cadtm) dans Altermondialisme dette

 

FMI et Banque mondiale ou l’immunité pré-construite des « hommes exemplaires ».

Comme l’indiquent, en introduction, Pauline Imbach et Damien Millet : « Les grands médias font la part belle à ces deux institutions. Impos-n sible de les critiquer, de remettre en cause leur action, encore moins leur existence. Tout se passe comme si elles faisaient partie d’une autre dimension, où leurs échecs répétés et les graves dégâts qu’elles provoquent ne peuvent leur être imputés. Elles jouissent d’une légitimité intrinsèque et sans limite. Jamais leurs dirigeants ne sont poursuivis en justice car ils bénéficient d’une immunité pour les faits commis dans l’exercice de leurs fonctions. Depuis leur création en 1944, la Banque mondiale et le FMI n’ont fait l’objet d’aucun procès malgré des violations répétées des droits humains ».

Des conséquences désastreuses pour les populations de leurs décisions (Aminata Traoré dans sa préface écrit : « Les potions du FMI et de la Banque mondiale ne sont pas seulement amères, elles sont souvent mortelles ») : non responsables par définition ; des conflits d’intérêts : non concernés par définition ; des soutiens aux violations des droits des êtres humains : non coupables par définition ; des montages de dettes illégitimes ou odieuses : non responsables par définition, etc…

Eric Toussaint nous présente le parcours édifiant d’un de ces hommes exemplaires : Jacques de Groote. Au delà du parcours détaillé, de la longue liste des faits dans lesquels est impliqué le personnage, l’auteur fait aussi un rappel sur le droit international et les dettes contractées dans le cadre de la colonisation, et plus généralement sur les dettes illégitimes et odieuses.

Dans sa postface, Jean Ziegler indique sur ce sujet : « La dette extérieure constitue une arme de destruction massive. Elle soumet les peuples, détruit leurs velléités d’indépendance, assure la permanence de la domination planétaire des oligarchies du capital financier » et « Le garrot de la dette extérieure empêche les pays les plus démunis de réaliser les investissements minima dont leur agriculture a urgemment besoin ».

Éric Toussaint revient aussi sur les financements du gouvernement rwandais avant le génocide des Tutsis, ou supposés tels, et de nombre d’Hutus opposants : « Dans ce contexte, il est fondamental de s’interroger sur le rôle des bailleurs de fonds internationaux. Tout laisse penser que les politiques imposées par les institutions financières internationales, principaux bailleurs de fonds du régime dictatorial du général Juvénal Habyarimana, ont accéléré le processus conduisant au génocide. Généralement, l’incidence négative de ces politiques n’est pas prise en considération pour expliquer le dénouement dramatique de la crise rwandaise. Seuls quelques auteurs mettent en évidence la responsabilité des institutions de Bretton Woods, qui refusent toute critique à ce sujet »

Un court aperçu des choix de ces institutions, et du rôle de Jacques de Groote, en soulignant l’absence de tout contrôle démocratique et l’irresponsabilité pénale attribuée : « soutien de la BM et du FMI à la politique spoliatrice des puissances coloniales jusqu’aux indépendances, et ce en flagrante contradiction avec la charte des Nations Unies, de Groote y participe du côté de la Belgique qui domine le Congo « belge » jusqu’en juin 1960 ; déstabilisation et écartement de Patrice Lumumba (la Belgique est impliquée dans l’assassinat de l’ancien premier ministre congolais en janvier 1961) ; soutien à la dictature de Mobutu des années 1960 jusqu’au début des années 1990, de Groote a conseillé Mobutu et son gouvernement ; soutien de la BM et du FMI au régime du général Habyarimana au Rwanda des années 1980 au début des années 1990, de Groote a conseillé le gouvernement rwandais ; rappelons que les dictatures de Mobutu et d’Habyarimana ont été coupables de violations systématiques des droits humains et de crimes contre l’humanité.

La liste doit être complétée : application systématique de l’agenda néolibéral avec la généralisation des politiques d’ajustement structurel afin notamment de rembourser une dette odieuse et/ou illégitime, et de mieux ouvrir les économies des pays endettés aux intérêts des grandes sociétés privées transnationales, de Groote y participe en tant que directeur exécutif à la BM entre 1975 et 1991 et au FMI entre 1973 et 1994 ; vaste programme de privatisations dicté par le FMI et la Banque mondiale qui a bénéficié à une poignée d’individus et à quelques grandes entreprises privées, les privatisations ont été souvent liées à des fraudes et à des escroqueries comme le dénonce la justice suisse dans le cas de la privatisation de la mine MUS. S’ajoute dans le cas de Jacques de Groote un conflit d’intérêt manifeste car alors qu’il était encore directeur exécutif du FMI, il a perçu d’importantes sommes pour les aides qu’il a apportées au secteur privé. Il faut relever que le FMI et la Banque mondiale n’ont décidé aucune sanction, aucune mesure pour faire face à ce conflit d’intérêt, la Belgique, représentée par de Groote dans ces institutions, non plus ».

En attendant la sentence judiciaire en Suisse contre Jacques de Groote, un livre très utile, à lire et faire connaître. Et au delà de la personne, des personnes, il convient de faire le procès public des deux institutions, de leurs dirigeants et de leurs donneurs d’ordres. « Dans cette affaire la cupidité se mêle, de manière révoltante, à la violation des droits humains fondamentaux. Les institutions responsables restent jusqu’ici intouchables et leurs dirigeants croient bénéficier d’une impunité scandaleuse. Il est grand temps d’y mettre fin ! Il faut donc obtenir à la fois que les fonctionnaires du FMI et de la BM soient redevables devant la justice pour les actes posés dans l’exercice de leurs fonctions et que les institutions en tant que telles rendent compte devant la justice pour les multiples violations des droits humains auxquelles elles se sont livrées, et continuent de se livrer, au Nord comme au Sud. » 3 octobre par Didier Epsztajn

Très belle postface de Jean Ziegler. Eric Toussaint : Procès d’un homme exemplaire Avant propos d’Aminata Traoré

Editions Al Dante, 2013, 88 pages, 9 euros

http://cadtm.org/Au-dela-des-individus-un-systeme

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30 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

TVA antisociale : le retour !

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C’était l’une des dernières mesures antisociale prises par Sarkozy : la TVA dite « sociale ».

Elle consiste à remplacer les cotisations payées par les employeurs par l’impôt le plus injuste, la TVA, pour financer la Sécurité Sociale. La mesure avait fait scandale, le parti socialiste l’avait dénoncée et, dans les premières semaines de son quinquennat François Hollande l’avait abrogée pour marquer le « changement ».

Un an et demi plus tard, avec Hollande/Ayrault la TVA antisociale revient…. en catimini, à l’occasion de la réforme des retraites et du vote de la loi de financement de la Sécurité Sociale.

Trois milliards de TVA serviront cette année à financer la Sécurité Sociale, notamment la réduction des cotisations familiales accordée aux patrons, pour compenser la hausse des cotisations patronales sur les retraites.

Vis-à-vis des patrons le gouvernement Hollande/Ayrault tient toutes ses promesses: la réforme des retraites ne leurs coûtera pas un centime. Ce sont les salariés les retraités les chômeurs qui paieront par l’augmentation de la durée de cotisation, la baisse des pensions, la hausse des cotisations dites « salariales » …. et celle de la TVA !

Le gouvernement ouvre ainsi, discrètement une nouvelle brèche qu’il compte élargir dans les années à venir: exonérer totalement les patrons du financement de la protection sociale. Celui-ci serait assuré par des impôts essentiellement payés par les salariés actifs ou retraités (CSG TVA taxes diverses…).

Ce serait la fin de la Sécurité Sociale ! Le Projet de loi de financement de la Sécurité Sociale s’inscrit totalement dans la continuité de la politique sarkozyste. Le gouvernement se vante d’imposer un « effort » sans précédant à l’Assurance Maladie : 3 milliards supplémentaires d’économies sur la santé dont une nouvelle cure d’austérité de 477 millions d€ pour des hôpitaux déjà exsangues.

Si Sarkozy se prépare pour 2017, sa politique avec Hollande Ayrault, elle, est déjà de retour.

Montreuil, le 30 septembre 2013

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30 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Bientôt aussi pauvres que les allemands!

Bientôt aussi pauvres que les allemands! dans Austérité artfichier_442415_2754197_201309292733853

http://blog-de-canard.blog4ever.com/blog/articles-cat-442415-767858-le_canard_du_18_09_2013.html

Commentaire: Evident: tout çà finira quand il n’y aura plus de roms!

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30 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Soudan, les protestations reprennent (JC)

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Protestations qui ont repris ce lundi matin 30/09 au marché principal Atbara city, avenue Gamaa, à Medani city devant le tribunal pour protester contre le jugement des manifestants arrêtés et à l’université  féminine Al Ahfad où les étudiantes manifestent et où la police est en train de balancer des gaz lacrymo, ainsi encore  à l’université de médecine de Khartoum et apparemment dans différentes villes. Le pouvoir a fermé les écoles jusqu’au 20 octobre. Il y aurait eu de très nombreuses arrestations et on compterait 210 morts en une semaine suivant les médecins soudanais. (Jacques Castaing)

A suivre sur #SudanRevolts

Extrait de « Soulèvement contre la dictature au Soudan » de Gérard Prunier, paru sur le site Orient XXI

Il existait au Soudan ce vestige du « socialisme arabe » des années 1960 qui avait créé un relatif État-providence offrant de nombreux bénéfices à la population la moins aisée. Cet État-providence a peu à peu été démantelé par un mouvement « islamiste » dont les vues économiques étaient proches du libéralisme de Margaret Thatcher et Ronald Reagan.

Dans les années 1990, l’éducation est devenue un système à deux vitesses: il fallait payer pour avoir accès à un bon ensei-gnement. Puis la santé a suivi le même chemin dans les années 2000. Toutefois, les subventions alimentaires qui permettaient de fournir les denrées de base à des prix raisonnables avaient été maintenues. C’est précisément leur abolition le 23 septembre 2013 qui a tout fait explo- ser. Pourquoi ? Parce que cette mesure intervient alors que le pays connait un taux de chômage de 20 %, que l’inflation tourne autour de 40-45 % depuis dix-huit mois et que d’après la chambre de la Zakat (charité islamique liée au gouvernement), le pays compte quator- ze millions de pauvres (sur trente millions d’habitants). Le régime se justifie en avançant que leur financement coûte 3,5 milliards de dollars par an alors qu’il faut « réformer l’économie ». Mais ce qu’il omet de dire, c’est qu’au même moment, les dépenses militaires se chiffrent à 70 % du budget — dont 20 millions de dollars par jour pour la guerre.

Les choix du pouvoir sont clairs : les Soudanais doivent se résoudre à ne plus manger à leur faim (y compris les personnes ayant un emploi régulier) pour que le gouvernement puisse poursuivre une politique de militarisation à outrance et de lutte désespérée contre la majorité de la population.

http://orientxxi.info/magazine/soulevement-contre-la-dictature-au,0371I

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