Archive | Austérité

30 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Électricité: les industriels servis directement (lo)

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Sur la facture d’électricité des 8,1 millions de ménages abonnés au tarif régulé, la Commis- sion de régulation de l’énergie (CRE) estime qu’EDF a bénéficié l’an dernier d’un trop perçu de 187 millions d’euros.

La CRE a prévu que les usagers soient remboursés non pas de la totalité de ce qui leur est dû, mais d’une partie seulement, le reste devant servir à diminuer de moitié la part transport de la facture des entreprises qui consomment beaucoup d’électricité… sous prétexte de renforcer leur compétitivité.

Les particuliers vont ainsi financer une ristourne pour les gros industriels du ciment, de la chimie, du papier, de l’aluminium etc., pour une somme que le journal Le Parisien chiffre à 100 millions d’euros.

À une question portant sur le montant exact de cette ristourne, Philippe de Ladoucette, le président de la CRE, nommé en 2011 par Sarkozy, ne s’est pas gêné pour répondre : « Je ne vous le dirai pas. Ce n’est pas transparent et il n’y a aucune raison que ce le soit, c’est comme ça. Je ne vois pas pourquoi on donnerait des éléments qui concernent les entre- prises et leur compétitivité. » Effectivement, il est rare que les détrousseurs rendent public le montant de leur larcin. Quant aux véritables assistés que sont les heureux patrons béné- ficiaires, ils ne vont pas non plus dire de combien leur bénéfice va augmenter.

Tout cela donne plutôt envie de couper le courant, non pas aux familles ouvrières qui ont du mal à payer leurs factures, mais aux actionnaires et aux autorités qui leur permettent de s’enrichir. Lucien DÉTROIT

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2391&id=15

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23 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Podemos et la possibilité de susciter une force effective contre l’austérité (al’e)

http://loquepodemoshacer.files.wordpress.com/2014/02/podemos-presentacic3b3n-cine-palafox.jpg?w=500&h=273

Quel genre de personnes participe à la campagne de PODEMOS?

Teresa Rodríguez. Il y a un mélange de profils politiques. Des gens provenant du 15M [15 mai 2011, date symbolique du «mouvement des indignés»], des différentes mareas [les marées sociales] ou qui ont une trajectoire militante plus ancienne ainsi que des personnes complètement nouvelles [à l’action politique]. Ce qui est positif c’est que les personnes qui ont plus d’ancienneté en politique se sont très bien adaptées au «profil» des nouvelles vagues d’activistes sociaux de la période qui a succédé au mouvement des indignés.  (…)

Ce qu’il y a de positif c’est qu’il n’y a jamais eu une telle fraction de la population indignée par le système et qui ne croit plus dans le régime (les institutions issues de la «Transition» de la dictature de Franco à la «démocratie», entre 1975 et 1978). Il y a énormément de personnes qui ne se sentent pas représentées et nous devons être audacieux afin de parvenir à organiser cette majorité sociale [2].

Le groupe à l’origine de PODEMOS est composé principalement des personnes du programme La Tuerka [programme télévisé de gauche] et de l’entourage de Pablo Iglesias [l’un des deux présentateurs phares, aux côtés de l’historien Juan Carlos Monedero] ainsi que d’Izquierda Anticapitalista. Comment fonctionne la relation entre ces deux composantes?

Nous nous entendons sur la direction à suivre, la marche. Je dis toujours que nous éla- borons le patron en même temps que nous le cousons. Des complications apparaissent, mais cela est normal lorsqu’il s’agit d’une polyphonie de voix et il est normal que cette diversité soit encore plus importante si nous rencontrons un succès le 25 mai 2014 [lors des élections européennes] et que quelque chose se poursuive sur cette lancée.

La protestation sociale depuis le 15M continue d’être composée majoritairement de personnes des «classes moyennes» paupérisées et d’universitaires précaires. Où se trouvent les autres secteurs populaires?

Il y a deux secteurs sociaux qui nous manquent depuis le 15M. D’un côté, les travailleuses et travailleurs des secteurs productifs traditionnels, comme l’industrie, et, de l’autre, les sec- teurs plus individualisés et désorganisés, comme les personnes au chômage et précaires. Atteindre ceux-ci est un éternel défi, mais le PAH [Plateforme qui lutte contre les expulsions de logements] ou les assemblées de chômeurs et chômeuses sont un exemple qui indique que peuvent se développer la conscientisation et l’organisation de secteurs sociaux qui, jusqu’ici, ont été majoritairement à la marge de la mobilisation. Nous avons une ample histoire de défaites derrière nous et la conséquence logique de cela est la résignation et la démobilisation de la majorité sociale.

Quelles seront les relations avec IU [Izquierda Unida, coalition de gauche dominée par le Parti communiste] et d’autres formations politiques? Y a-t-il à l’horizon la formation de quelque chose de semblable à SYRIZA?

En Grèce, SYRIZA a refusé de gouverner avec le PASOK [Parti socialiste panhellénique] parce que cela impliquait appliquer les politiques de la Troïka. Si IU est disposée à suivre ce chemin et à maintenir une politique anti-Troïka, de désobéissance, nous nous rencontrerons, mais opter pour reproduire dans d’autres communautés des accords comme en Andalousie, cela serait fermer une fenêtre d’opportunités [3]. Lorsque la gauche gouverne et qu’elle aussi opère des coupes budgétaires, il en ressort l’idée qu’il n’y a pas d’autres alternatives. Suivre cette voie implique entrer dans un cercle vicieux que nous connaissons déjà: les bases sociales de la gauche [en l’occurrence du PSOE] sont déçues, la droite gagne et ensuite on vote à nouveau en faveur du PSOE, comme autodéfense. Nous avons actuellement la possibilité de créer un grand espace commun en opposition à l’austérité et pour la rupture avec la Troïka, quelque chose qui soit plus qu’une simple addition de sigles, qui soit ouvert et participatif et qui intègre beaucoup plus de gens.

PODEMOS intègre beaucoup de personnes qui proviennent des mouvements sociaux. Comment éviter, ainsi que cela s’est produit au cours de la Transition, que ces mouvements perdent leur existence et que les personnes les composant cessent d’être des activistes sociaux, absorbés par la militance au sein de partis ou par le travail institutionnel?

Au cours de la Transition, ce processus eut lieu justement parce que l’objectif était préci-sément de démobiliser les gens. Ce que nous recherchons est exactement le contraire: forger une organisation qui se profile en termes d’économie du temps de l’engagement militant des personnes, de telle façon à ce que personne ne renonce à ses autres appar- tenances sociales, syndicales ou de parti pour être strictement membre de PODEMOS.

Nous sommes en faveur d’une politique dé-professionnalisée, dans laquelle les charges publiques soient exercées avec des rotations, pour un temps limité et pour un salaire qui soit identique à celui d’un travailleur normal. Un autre danger est que cette limitation des charges publiques puisse priver l’organisation, trop tôt, de certaines personnes très précieuses… C’est le problème auquel s’affronte en ce moment les CUP avec David Fernández [Can- didatura d'Unitat Popular, formation de la gauche radicale présente en Catalogne et au Pays valencien; elle compte trois représentants au Parlement].

Les CUP obligent à quitter la charge élective après une législature. C’est peut-être trop ra- pide car les relèves mettent aussi du temps pour se former. L’un des défis est que tout le monde dispose d’une formation et d’un bon niveau pour pouvoir représenter l’organisation à tout moment et d’éviter de recourir toujours au raccourci du leader. Une grande direction peut masquer une organisation faible. Quant au cas concret de David Fernández, le fait qu’il se retire du Parlement ne signifie pas qu’il va disparaître de la vie publique, sociale et politique catalane.

L’euro: oui ou non?

Il ne faut pas faire un fétiche ni de garder l’euro ou sortir de l’euro. Sortir de l’euro ne va pas résoudre tous nos problèmes et encore moins si nous le faisons d’une manière unilatérale, à la marge d’une alliance quelconque avec d’autres pays du sud et de la périphérie de l’Eu- rope. Actuellement, dans notre situation, la clé devrait surtout être de chercher des alliances avec d’autres Etats pour nous affronter au problème de la dette, qui est illégitime et impayable. (Traduction A l’Encontre; entretien publié dans Atlantica XXII)

Publié par Alencontre le 22 – mai – 2014 Entretien conduit par Diego Díaz

Entretien avec Teresa Rodríguez  candidate de PODEMOS aux élections européennes et militante d’Izquierda Anticapitalista. Le vent souffle en faveur de PODEMOS qui se profile comme la grande surprise électorale pour l’échéance des élections européennes qui se tiendront le dimanche 25 mai. La liste conduite par Pablo Iglesias a, selon tous les son- dages, une présence garantie au Parlement européen, oscillant entre un et trois eurodéputés selon différentes enquêtes. Habitante de Cadix (capitale de la province du même nom et partie de la Communauté d’Andalousie), Teresa Rodríguez, enseignante du secondaire, activiste de la Marea Verde [mouvement social s’opposant aux contre-réformes dans l’éducation] et militante d’Izquierda Anticapitalista (IA) figure en deuxième position sur la liste de PODEMOS. Ce fut l’une des surprises des élections primaires [processus interne de sélection des candidats réalisé au sein d’une formation très hétérogène]. Elle participait à un meeting à Langreo, invitée par le Cercle PODEMOS de bassin du Nalón (Asturies).

http://alencontre.org/europe/espagne/espagne-podemos-et-la-possibilite-de-susciter-une-force-effective-contre-lausterite.html

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22 mai 2014 ~ 0 Commentaire

La citoyenneté européenne sera-t-elle bientôt une marchandise? (basta)

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Conditionner l’obtention d’un titre de séjour à l’épaisseur du portefeuille et à l’importance du patrimoine, l’idée fait fureur en Europe.

De Riga à Amsterdam en passant par Lisbonne et La Valette, des capitales européennes monnayent les permis de séjour sur leur territoire : de 75 000 euros à 2 millions d’euros, pour s’installer tranquillement en Europe ou acquérir une nationalité tant convoitée. Enquête sur le business des « visas gold » réservés aux migrants fortunés.

Alors que l’Union Européenne ferme ses portes à des milliers de migrants qui vien- nent s’échouer sur les côtes de Sicile, certains candidats à l’installation ont trouvé une pa- rade. Pas besoin de maitriser la langue du pays d’accueil, de faire preuve d’un intérêt parti- culier pour son histoire et sa culture… Il suffit d’un portefeuille bien garni et d’être prêt à se délester de quelques dizaines de milliers d’euros au profit d’une entreprise ou d’un État. (…)

Accueillir les riches et les escrocs La différence se situe dans les montants imposés et le suivi de ces nouveaux résidents. Aux Pays-Bas, où le système existe depuis octobre 2013, le seuil imposé compte parmi les plus élevés : 1,25 million d’euros placés dans l’économie locale pour obtenir son visa permanent. Quasiment au même niveau que l’Espagne, qui demande deux millions d’euros de rachat de dette publique, depuis septembre 2013. Pour les « plus modestes », la péninsule ibérique octroie également des permis de séjour pour un investissement immobilier de 500 000 euros. De son côté, Chypre propose depuis 2012 des permis de séjour pour l’achat d’un bien pour 300 000 euros, mais exige que les candidats aient un casier judiciaire vierge, pour se prémunir de mauvaises surprises.

De l’Irlande à Malte : comment s’acheter le droit de vivre en Europe ?

Vérifier qui sont les nouveaux arrivants : une condition que le Portugal aurait peut être dû mettre en place, lorsqu’il a lancé son dispositif en 2012. Dans ce pays très touché par la crise, avec l’aval de la Troïka (Commission européenne, banque centrale européenne et FMI), le gouvernement portugais de Pedro Passos Coelho (centre-droit) décide de créer à son tour un « permis de séjour pour activité d’investissement ». Des permis surnommés dans le pays « vistos dourados », les visas dorés. Les candidats ont le choix entre un achat immobilier d’au moins 500 000 euros, le transfert d’un million d’euros minimum, ou la création de 10 emplois. Depuis sa mise en place, le Portugal aurait délivré 772 permis selon les chiffres officiels, dont 612 à destination de Chinois. Parmi eux, Xiadong Wang, installé depuis 2013 à Cascais, cité cossue située aux portes de Lisbonne.

En mars 2014, ce citoyen chinois est arrêté par les autorités portugaises. Comme le révèle le journal local, Diario de Noticias, l’homme est recherché en Chine pour fraude fiscale. Il y encourt une peine de 10 ans de prison. Son pays d’origine ne l’avait pas signalé. L’entrée de son nom dans la base de donnée d’Interpol en janvier dernier a été le déclencheur. Pour les autorités portugaises, son arrestation est la preuve que le gouvernement et la police des frontières ont fait leur travail. Mais sur le site internet de Diario de Noticias, plusieurs internautes s’insurgent. « Ce gouvernement est incompétent. Ils vendent le pays au rabais, en font un dépotoir à ciel ouvert où les [escrocs] viennent laver leur argent sale », peut-on lire. Plus loin, une autre personne n’hésite pas à dire « ce gouvernement [et son dispositif] font la honte des Portugais. » L’affaire a choqué, relançant la question des motivations de ces riches migrants. (…)

Un cadre commun pour l’Europe ? Alors que l’immigration clandestine est au cœur des débats pour ces élections européennes, la marchandisation des permis de séjour est com- plètement ignorée par les candidats. Clarisse Heusquin, candidate Europe Écologie – Les Verts dans la région Centre-Massif central, reconnaît découvrir ces dispositifs : « J’ai été vraiment choquée, atterrée en en prenant connaissance. C’est une Europe à deux vitesses qui est en train de se construire. D’un côté, on ferme les frontières et de l’autre, on accueille les capitaux. Cette Europe-forteresse est indigne. » Pour elle, la solution passe par une Europe fédérale et des politiques harmonisées en matière d’immigration.

De son côté, Pierre Henry, directeur général de l’ONG France Terre d’Asile regrette que le débat sur les questions migratoires ne soit pas abordé dans son ensemble. « Entre ceux qui souhaitent sortir de Schengen, ceux qui veulent punir les États qui ne respectent pas certaines règles, ceux qui pensent que la nomination d’un commissaire européen à l’immigration résoudrait le problème, et ceux qui se contentent de critiquer sans propo-sitions… En fait, il n’y pas de vrai débat sur la question migratoire. » (…)

Et en France, qu’en est-il ? L’Hexagone ne propose pas de conditions d’accès aussi favorables que ses voisins. Toutefois, dans un document [5] de la Commission européenne, il est précisé que des permis de résidence pour « contributions économiques excep- tionnelles » peuvent être attribués en France à des actionnaires (au moins 30 % de capital) de grandes sociétés. Les conditions : créer 50 emplois en France ou investir au moins 10  millions d’euros. Il n’est pas envisagé pour le moment de mettre en place des clauses plus avantageuses ou plus strictes pour ces riches investisseurs. Rien étonnant d’après Pierre Henry. « Aujourd’hui, en France, le gouvernement cherche à tout prix à éviter le débat sur l’immigration, dans une espèce de peur du populisme. Cela ne règle rien et ce n’est pas pour ça que les polémiques ne se poursuivent pas. » Celles et ceux qui ne disposent pas de ces visas « business class » en paient le prix fort : 23 000 migrants sont morts aux portes de l’Europe depuis 14 ans [6]. Morgane Thimel 22 mai 2014

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22 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Mondial: une grève des bus crée le chaos à sao paulo (20 mn)

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Les conducteurs réclament de meilleurs salaires à l’approche du Mondial…

Quelque 2,5 millions de personnes ont été touchées mercredi par la grève des chauffeurs de bus qui a occasionné un énorme chaos logistique à Sao Paulo, ville la plus peuplée du Brésil où démarrera la Coupe du monde de football le 12 juin. Dans d’autres parties du pays, les policiers civils ont également observé un mouvement social pour réclamer de meilleurs salaires. A Sao Paulo, au bassin de population de 20 millions d’habitants, peu d’autobus roulaient. Certaines stations de métro étaient du coup prises d’assaut et des milliers de passagers se battaient pour accéder aux wagons, extrêmement bondés, selon des images de la presse brésilienne.

Plusieurs bus incendiés «Cette grève perturbe tous mes plans. J’ai dû sortir à 4 heures du matin pour arriver à temps au travail et maintenant pour rentrer je dois prendre le métro et le bus, ce qui me coûte plus cher et me prend plus de temps» que prendre seulement un bus, raconte à l’AFP Maria Francisca Silva, une femme de ménage de 46 ans. Le matin, des chauffeurs de bus demandaient aux usagers de descendre du véhicule au milieu de la chaussée et les laissaient là, sur de grosses artères, craignant parfois des représailles de la part de grévistes. Plusieurs bus avaient été incendiés mardi, quand a commencé le mou- vement pour de meilleurs salaires que ceux négociés entre syndicats et patronat. «C’est regrettable (…) une grève imprévue, qui n’a pas été annoncée, de l’irresponsabilité vis-à-vis des citoyens», a estimé sur une radio locale, Gilberto Carvalho, ministre du secrétariat à la Présidence.

2.5 millions de personnes touchées par la grève En fin d’après-midi, la télévision Globo News estimait à 2,5 millions le nombre de personnes affectées par cette grève. «Nous ne savons pas jusqu’à quand durera cette mobilisation. Cet après-midi (mercredi), il y a une réunion et nous espérons trouver une solution», a dit à l’AFP un porte-parole de la régie des transports de Sao Paulo (SPTrans). Selon SPTrans, 12 des 28 terminaux de bus sont fer- més, surtout dans le centre et le sud de la ville, même si aucun pourcentage d’adhésion n’était disponible sur les 15.000 bus.

Le maire de la métropole, Fernando Haddad, a âprement critiqué le mouvement qui l’a pris par surprise. «C’est une guérilla inadmissible dans la ville de Sao Paulo», a dit l’édile à la télévision Bandeirantes. Comment peut-on demander à un passager de descendre du bus, puis placer le bus en travers de la route et partir avec la clef? Il n’est pas normal qu’une minorité agisse de la sorte alors que le syndicat a conclu un accord». La police, qui a renforcé ses patrouilles, a dispersé en matinée à l’aide de gaz lacrymogènes une petite manifestation de grévistes dans un dépôt de bus, selon le site G1. Une enquête a été ouverte par la police civile pour déterminer si la grève est légale, a annoncé le secrétariat à la Sécurité de Sao Paulo. Les leaders de la grève ont été appelés à s’expliquer.

Des policiers civils également en grève A l’approche du Mondial (12 juin-13 juillet) et des élections générales d’octobre, plusieurs secteurs connaissent des mouvements sociaux. Dans sept États fédéraux, les policiers civils (qui s’occupent des enquêtes criminelles) ont démarré une grève de 24 heures pour exiger de meilleurs salaires et des réformes dans la politique de sécurité du pays, qui selon leur syndicat est un «chaos». 30 % d’entre eux travaillaient pour assurer un service minimum. A Rio de Janeiro, les plaintes étaient traitées normalement, selon la télévision Globo News. Un total de 16 États sur 27 soutient le mou- vement, même si la grève n’est pas toujours le mode d’action choisi. Des marches et des assemblées ont ainsi été organisées dans les commissariats eux-mêmes, a indiqué à l’AFP le service de presse du syndicat Cobrapol.

500 policiers défilent devant le Parlement Des manifestations à Brasilia et Rio étaient con- voquées pour l’après-midi. Dans la capitale, quelque 500 policiers civils et fédéraux défilaient devant le Parlement. «Si un Black Bloc passe par ici, identifiez-le. Nous, nous sommes des policiers, nous sommes le White Bloc», a dit un leader depuis un camion, en référence aux anarchistes qui perturbent les manifestations. La police militaire (PM), resnponsable de l’ordre public, ne s’est pas solidarisée avec le mouvement. La loi lui interdit de faire grève, même si cette norme n’est pas toujours respectée. La semaine dernière, une vague de pillages de commerces a secoué Recife (nord-est) à la suite d’une grève partielle de la police militaire dans cette ville hôte du Mondial.

avec AFP Créé le 22/05/2014 à 09h27 — Mis à jour le 22/05/2014 à 09h29

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20 mai 2014 ~ 0 Commentaire

5 questions sur l’affaire dite « kerviel » (le huff’)

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  1. Premièrement, on peut s’étonner de la façon dont plusieurs pans du droit français semblent avoir été ignorés. Tenir Kerviel pour coupable commande de considérer que la banque pour laquelle il officiait ignorait tout de ses prises de positions spéculatives. Si tel est le cas, le droit bancaire aura été violé, tout comme le droit des sociétés. Pour lever ce point, il y a lieu de demander à la Société Générale de donner à la Justice les documents de travail de ses Commissaires aux comptes où tout doit figurer, y compris les opérations prises par Jérôme Kerviel. Pourquoi cela n ‘a-t-il pas été fait?
  2. Deuxième question. Comment croire que personne n’ait rien vu au sein de la banque alors que les résultats exorbitants de Jérôme Kerviel, chaque année, devenaient ses objectifs pour l’année suivante? Alors qu’un trader moyen du périmètre de Jérôme Kerviel fait gagner à la Société Générale entre 3 et 5 millions d’euro par an, Kerviel réalise 5 millions la première année, 12 l’année suivante, puis 55 millions d’euros déclarés en 2007. Rappelons que Jérôme Kerviel n’était que trader junior, et que ses résultats exceptionnels alimentaient les bonus touchés par ses supérieurs. Les chiffres suffisent à s’interroger sur la connaissance que la banque avait de cette affaire.
  3. Troisième question qui découle naturellement des deux précédentes. Pour quelle raison les boites mails de la hiérarchie de Jérôme Kerviel n’ont jamais été saisies? Cette exploitation aurait pourtant permis à la Justice de savoir quel était le degré de connaissance de la banque sur cette affaire, et de répondre à une question simple: existe-t-il uniquement une affaire Kerviel ou s’agit-il d’une affaire Société Générale?
  4. Comment, et c’est une quatrième question qui doit interpeller nos intelligences, la banque peut-elle indiquer tout ignorer des actes de Kerviel alors même que la Société Générale, elle-même, corrigeait l’impact en P&L (c’est-à-dire en résultat) de ses opérations? La schizophrénie d’une institution qui masque d’un côté ce qu’elle prétend ignorer de l’autre doit déciller nos yeux sur l’entrelacs des responsabilités.
  5. Pourquoi enfin, des supérieurs hiérarchiques de Jérôme Kerviel ont été payés jusqu’à sept années de salaire de fixe dans le cadre de transactions passées avec la banque alors même qu’ils avaient été licenciés pour faute grave? Une telle indemnisation des fautifs laisse songeur. On n’a guère coutume de récompenser par de tels montants des responsables défaillants.

Si j’ai décidé de m’exprimer sur le très médiatisé dossier Kerviel, c’est qu’il m’a semblé que garder le silence sur une telle affaire, au motif qu’on ne commente pas une décision de justice, serait une faute. Quel est l’enjeu? Empêcher que les charges portées contre Jérôme Kerviel ne viennent entraver la recherche approfondie de toute la vérité.

 

Ainsi, lorsque la puissance publique verse 1700 millions de recettes fiscales pour dédommager une banque, qui dit-elle aurait été victime d’une fraude, Il faut s’arrêter, regarder, et poser toutes les questions que suggère une telle affaire, révélatrice des travers de gestion de cette banque. Les lignes qui suivent visent donc à éclairer celles et ceux que l’intérêt général et le sens de la justice animent.

 

Disons les choses avec netteté: mon propos n’est pas de dédouaner Jérôme Kerviel de ses responsabilités. Encore faut il les cerner avec rigueur, et pour cela ne rien laisser dans l’ombre, en examinant avec minutie toutes les facettes d’un dossier où il est impossible de ne pas se poser un certain nombre de questions.

 

Voilà autant de points qui doivent intéresser toutes celles et ceux qui veulent que la vérité se manifeste dans son entièreté. Le dossier Kerviel a jusqu’ici été réduit au cas personnel du trader, sans que les indispensables réponses aient été apportées aux questions fondamentales que le citoyen est en droit de se poser.

 

Si l’affaire dite « Kerviel » nous concerne tous, c’est d’abord au nom d’une certaine idée de la Justice. En l’état, qu’il soit condamné ou blanchi, Jérôme Kerviel le sera sur la seule base des dires de la partie civile en ce qui concerne les pertes prétendues. Or, à ce jour, jamais la justice n’a daigné enquêter sur la réalité de la perte déclarée par la Société Générale. Comment se l’expliquer? Comment s’expliquer qu’il soit con- damné sur la base « d’aveux » présentés par la Société Générale, aveux dont on sait grâce à Mediapart qu’ils ont été tronqués et que plus de 2 heures d’explications manquent?

 

Toujours est il que le justiciable Jérôme Kerviel a été privé, en dépit des nombreuses demandes de sa défense, de la possibilité d’obtenir une expertise établissant la réalité des pertes alléguées par la Société Générale, dont il faut quand même rappeler qu’elles ont, pour l’essentiel, été réalisées par d’autres que lui, lors du dénouement de ses positions.

 

Ce point en amène un dernier, qui bien que non judiciaire est tout aussi essentiel, surtout en ces périodes d’austérité ou la réduction des déficits publics tient lieu de loi d’airain. Au motif de compenser ses pertes, la somme de 1700 millions d’euros a littéralement été offerte à la Société Générale sur les deniers publics alors que la jurisprudence du Conseil d’Etat ne le permettait pas.

 

Les contribuables et tous les citoyens ont le droit de savoir si le versement de telles sommes était justifié. L’Etat a le devoir de le vérifier et de répondre sur ce point. A défaut de combattre son ennemi la finance, Le Président de la République doit demeurer le garant du fait que des fonds publics n’ont pas servi à financer les excès de la finance folle.

 

Car c’est bien de cela qu’il s’agit: Jérôme Kerviel, malgré le torrent de boue qui s’est abattu sur lui, ne peut servir de paravent aux folies d’un système sans morale et à la rapacité sans limite. Toutes les stratégies des officines de communication visant à accréditer la thèse d’un homme qui aurait agi seul ne doivent pas nous détourner des véritables enjeux.

 

Aux Etats-Unis, le pays du capitalisme roi, le procès de « la baleine de Londres » ce trader qui avait trop misé et perdu 6 milliards d’euros est finalement devenu le procès de son employeur, JP Morgan, accusé de « conduite imprudente ». Et en France? Le contraste est tristement saisissant: on voudrait condamner à vie un ancien trader qui n’a jamais agi que dans l’intérêt de sa banque, qui récompensait chaque année en bonus sa seule hiérarchie pour sa conduite spéculative inconsidérée?

 

Ici se rejoignent l’exigence de vérité et l’impératif civique. Chaque jour qui passe montre que nos sociétés sont malades, et d’abord de leur matérialisme. Le traitement de l’affaire dite « Kerviel » dira si nous avons définitivement rendu les armes devant les puissances de l’argent ou si un espoir de désintoxication de nos sociétés est encore permis. Eva Joly

 

http://www.huffingtonpost.fr/eva-joly/5-questions-sur-laffaire-kerviel_b_4755088.html?utm_hp_ref=fb&src=sp&comm_ref=false

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18 mai 2014 ~ 0 Commentaire

En angleterre, les riches de plus en plus riches (jdd)

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La richesse cumulée des 1000 personnes les plus fortunées de Grande-Bretagne a augmenté de 15% en un an, selon le palmarès annuel établi par le Sunday Times. Ensemble, les mille personnes les plus riches du Royaume Uni pèsent un total de 518 975 milliards de livres (637 milliards d’euros), soit 15,4% de plus que les 449,654 milliards de livres de l’année dernière, stipule le journal. « Je n’avais encore jamais constaté une hausse aussi specta- culaire », a commenté Philip Beresford qui établit cette liste depuis 1989.

Doublement depuis 2009. Le chiffre, qui représente un tiers du produit intérieur brut (PIB) de la Grande-Bretagne, a par ailleurs doublé par rapport à 2009 où, en pleine crise financière, le total s’élevait à 258 milliards de livres. Le PIB par habitant en Grande-Bretagne, souvent utilisé pour indiquer la richesse moyenne de la population, est en revanche « bien en-dessous » du pic atteint avant 2008, et il ne devrait pas le dépasser avant 2017, selon les chiffres publiés début mai.

La reine Elizabeth II seulement 285e. Pour espérer entrer dans le Top 1000 des plus riches, au sommet duquel trônent les frères Gopichand et Srichand Hinduja avec 11,9 milliards de livres, il faut disposer d’au moins 85 millions de livres, contre 80 millions en 2008 avant la crise. Avec une fortune estimée à 330 millions de livres, la reine Elizabeth II se classe seulement 285e d’un palmarès dont elle fait partie depuis la première édition en 1989.

International  |  18/05/2014 – 12:56

http://www.lejdd.fr/International/Depeches/En-Angleterre-les-riches-de-plus-en-plus-riches-666945

Commentaire: Quand on dit que la soit-disant crise est juste un transfert de richesses des pauvres vers les riches, la fameuse « lutte de classe » que mènent (et gagnent) les riches…

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15 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Hollande: la vérité si je mens!

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Dans une interview au Journal du dimanche début mai, Hollande annonce que le « le retournement économique arrive ».

Hollande a menti dès le départ de son septennat en nous disant que la finance était son ennemi et il ment aujourd’hui en parlant de retournement économique à seule fin de justifier le plan Valls.

En fait de retournement, comme les autres pays de la zone euro, la France est passée de la récession à une quasi-stagnation. En 2013, le produit intérieur brut (PIB qui mesure les ressources nouvelles créées au cours d’une année) a progressé de 0,3 %. Les prévisions gouvernementales françaises pour 2014 et 2015, pourtant poussives (1 % cette année; 1,7 % l’an prochain) sont jugées trop optimistes par les organismes internationaux (ODE, Commission européenne). Le début d’année 2014 n’est pas bon. Ainsi en mars, la production de l’industrie manufacturière française a reculé de 0,7 % par rapport au mois précédent. Le recul est patent pour presque tous les secteurs d’activité : métallurgie, chimie, pharmacie, automobile, agroalimentaire…

La faible croissance se répercute sur le chômage : l’OCDE ne prévoit pas d’embellie sur le front de l’emploi avant fin 2015, et encore de manière « marginale ». D’ailleurs, le ministre du Travail, François Rebsamen, fait preuve de prudence : il s’est ainsi fixé mardi 13 mai l’objectif de passer sous la barre des trois millions de demandeurs d’emploi sans activité « vers la fin de ce quinquennat », contre 3,349 millions actuellement.

Certes, la croissance n’est pas la solution à tous les maux. Si on prenait la transition écologique au sérieux, il y aurait d’autres moyens d’accroître à la fois l’emploi et la qualité de vie au travail et hors travail. Mais cela supposerait de rompre avec le capitalisme. Autant dire que ce n’est pas pour demain: dans l’immédiat, l’emploi dépend largement de la croissance. Il y a donc de quoi être pessimiste.

Vers de nouvelles mesures d’austérité Les mesures annoncées par Valls auront dans les mois qui viennent un effet récessif supplémentaire. Avec une consommation des ménages en berne qui a reculé au 1er trimestre, l’austérité qui comprime la demande de l’État et des autres organismes publics, et une incertitude sur le commerce extérieur (la demande adressée à la France par les autres pays est aussi affectée par les politiques d’austérité ou bien par le taux de change de l’euro), on voit mal pourquoi les entreprises investiraient quand que le taux d’utilisation des capacités de production reste faible (inférieur à 80 %).

Il est donc peu probable que les objectifs gouvernementaux de réduction des défi- cits publics puissent être tenus. La Commission européenne s’en inquiète d’ailleurs puis- qu’elle prévoit un déficit public de la France en 2015 à 3,4 % du PIB au lieu des 3 % annoncés. De nouvelles mesures d’austérité sont donc vraisemblables, pesant sur les perspectives de croissance.

Mais il faut bien comprendre que la politique de Valls-Hollande a d’autres objectifs que la croissance et la baisse du chômage. En prenant aux catégories populaires pour distribuer aux entreprises, il s’agit à terme d’essayer de faire redémarrer le capitalisme français avec un appareil productif remodelé, une protection sociale réduite et des salaires abaissés (dans l’industrie automobile américaine, les nouveaux embauchés gagnent un peu plus de la moitié des salariés plus anciens) tandis que les actionnaires continueront de se gaver.

Dans son entretien au JDD, Hollande annonçait : « Clarté, visibilité et stabilité. Les Fran- çais connaissent l’histoire des trois prochaines années ». En réalité, sans craindre de se tromper, on peut dire que ce sera : « Chômage, précarité et inégalités » enrobés dans le mensonge permanent.

Henri Wilno Hebdo L’Anticapitaliste – 242 (16/05/2014

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13 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Manifestation des salariés du centre hospitalier guillaume régnier de rennes (ri)

manifestants-hopital-SUD

Contre les mesures d’économie et d’austérité

Mardi 13 mai, de 14h à 17 heures, l’intersyndicale SUD, CGT, CFDT appelle tous les salariés du Centre Hospitalier à se rassembler, 108 avenue du général Leclerc, devant l’entrée des bureaux de la direction pour s’opposer aux mesures d’économie présentées par la direction : suppression de jours RTT, synonymes de suppressions de postes (entre 50 et 100 selon les scénarii), baisses de salaire programmées sur l’ensemble de la carrière des agents (perte de 10 000 à 26 000 € selon les métiers sur l’ensemble de leur carrière).

Ce projet présenté en début d’année a suscité l’hostilité de la très grande majorité des salariés qui se sont déjà mobilisés à plusieurs reprises. La direction a justifié dans un premier temps les mesures d’économies par l’insuffisance des prévisions de dépenses de la Sécurité Sociale votée au parlement.

Les 10 milliards d’économies sur la sécurité sociale décidées récemment se traduisent aujourd’hui par des budgets catastrophiques pour la psychiatrie publique en Bretagne : l’ARS a décidé qu’il n’y aurait aucune augmentation en 2014 ce qui va mettre artificiellement et mécaniquement tous les établissements psychiatriques publics en déficit.

Partout les directions choisissent de diminuer la masse salariale pour équilibrer les budgets.

Les salariés du Centre Hospitalier Guillaume Régnier s’y opposent fermement.

L’intersyndicale SUD, CGT, CFDT du Centre Hospitalier Guillaume Régnier de Rennes

http://www.rennes-info.org/Manifestation-des-salaries-du

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13 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Le Smic est mauvais pour l’emploi (regards)

22 euros

L’attaque contre le Smic menée « à gauche » par Pascal Lamy ou par les économistes Philippe Aghion, Gilbert Cette et élie Cohen, reprise en fanfare par Pierre Gattaz, n’est pas un leurre, mais bien une offensive au long cours qui mérite qu’on la combatte vigoureusement.

Un vrai feu d’artifice: quatre livres de personnalités ou d’économistes socialistes ont pré- cédé, ou accompagné, la constitution du gouvernement de Manuel Valls et la présentation de sa politique visant à aller plus loin, plus vite et plus fort sur le chemin du « pacte de respon- sabilité ». La France au défi d’Hubert Védrine est paru fin février (Fayard). Éloge de l’anormalité de Matthieu Pigasse (Fayard), Quand la France s’éveillera de Pascal Lamy (Odile Jacob) en mars, et Changer de modèle des économistes Philippe Aghion, Gilbert Cette et Elie Cohen en avril (Odile Jacob). Chacun veut faire entendre sa petite musique personnelle, mais les différences comptent peu. Les uns et les autres participent de la même promotion du « social libéralisme » qui sous-tend la politique du gouvernement Hollande-Valls. Et ils s’appuient sur des idées reçues bien dans l’air du temps.

Offensive coordonnée En principe, qui se dit de gauche n’est pas contre le Smic. Pascal Lamy est même «partisan de l’instauration d’un salaire minimum dans chacun des pays euro- péens» (Quand la France s’éveillera, page 89). Et le trio Philipe Aghion, Gilbert Cette, Elie Co- hen pense que «l’existence d’un Smic est indispensable pour définir une norme et pour com- penser le faible pouvoir de négociation de nombreux salariés» (page 179). Mais, ils sont comme les soi-disant adversaires résolus de la peine de mort… «sauf pour les crimes d’enfants» ou «sauf pour les crimes en série» ou «sauf pour les crimes terroristes».

Début avril, dans le service après-vente de son livre P. Lamy s’est dit « favorable à des boulots pas forcément payés au Smic ». Il a récidivé début mai : « Avec 25% de chômage des jeunes, il n’y a plus de tabou ». Pour leur part, Aghion, Cette et Cohen, se prononcent, dans leur livre, pour un gel au moins partiel du Smic et pour une réforme « ambitieuse » de celui-ci qui « ne doit exclure a priori aucun aspect: révision de fond de la règle de revalorisation automatique, régionalisation, différenciation selon l’âge… ». (page 180).

Évidemment, une telle aubaine ne pouvait laisser indifférent le président du Medef. Pierre Gattaz s’est immédiatement engouffré dans une si belle brèche, réclamant un salaire « transitoire » inférieur au Smic pour « faciliter l’entrée des jeunes dans le marché du travail ». Au passage, celui qui a augmenté en 2013 sa rémunération de patron de Radiall (hors dividendes d’actionnaire principal) de 29% pour la porter à 420.000 euros, livre cette colossale tartuferie : « Il y a une exigence d’exemplarité. On ne peut pas demander des efforts aux salariés et ne pas se l’appliquer soi-même ».

La proposition a été repoussée par Manuel Valls d’une ferme main gauche, cependant que la droite décidait fermement de poursuivre le gel des salaire des fonctionnaires, des pensionnés, des bénéficiaires de prestations sociales et d’amplifier la baisse des charges et des impôts des entreprises. Le débat sur le Smic ne serait donc là que pour mieux faire accepter les autres attaques sociales, commente Daniel Schneidermann. C’est aller trop vite en besogne. Même si elle ne se traduit pas en actes immédiats, il faut prendre cette attaque contre le Smic au sérieux. C’est en tout cas ce que fait la CGT qui parle d’offensive coor- donnée. Il y a un mois déjà, souligne-t-elle, la Commission européenne avait ouvert le feu dans son Bilan approfondi sur la France 2014. Elle consacrait cinq pages de son rapport au Smic et incitait le gouvernement français à s’attaquer à celui-ci, au niveau général des salaires, ainsi qu’à leur système de négociation. (…)

Le Smic pénalise-t-il la compétitivité ? Non, répondent Pierre Concialdi et Michel Husson économistes à l’IRES qui passent en revue les « arguments » contre le Smic dans un document de travail publié en 2013. La proportion de salariés payés au Smic travaillant dans les secteurs exportateurs est faible: en 2011, cinq salariés payés au Smic sur six travaillent pour le marché intérieur. « Ce constat, ajoutent-ils, permet de rappeler que toutes les mesures visant à accroître la compétitivité par baisse du « coût du travail » ne peuvent être ciblées sur le secteur exposé à la concurrence internationale (notamment en raison des règles européennes) et constituent donc une forme de subvention aux entreprises du secteur abrité, qui ne peut être justifiée par l’argument de compétitivité ».

Le Smic est-il un frein à l’emploi des travailleurs non qualifiés et notamment des jeunes? Le taux de chômage est beaucoup plus élevé chez les jeunes de 15 à 25 ans que chez les plus de 30-35 ans (plus de 20%, contre 8%), chez les non diplômés que chez les diplômés (16% contre 6% à partir de bac +2) et singulièrement pour les jeunes, où le taux de chômage atteint 46% pour les non diplômés ou titulaires seulement d’un brevet ou d’un BEP. .

Faut-il incriminer le niveau « excessif » du Smic ? À partir de 1993 une politique d’exonérations de cotisations sociales employeurs est supposée diminuer le « coût relatif du travail » pour les bas salaires. Jusqu’en 2000, la part de l’emploi non qualifié augmente. Mais depuis, elle recule à nouveau, constatent Pierre Concialdi et Michel Husson. Le problème, selon eux, serait bien davantage lié au recul de la production manufacturière en France qu’au coût relatif du Smic.

Alors qu’il existe déjà plus d’un million d’emplois aidés, c’est-à-dire « en dessous du Smic » pour les salariés les plus « éloignés » de l’emploi, sans compter l’apprentissage et les stages, une baisse du Smic pour les jeunes ou pour les chômeurs non qualifiés ne permettrait pas de créer de l’emploi pour les moins formés et les moins diplômés. Comme l’explique l’éco- nomiste André Gauron qui tient un blog sur le site d’Alternatives Economiques, « le “plein em- ploi” des diplômés se réalise par un accès aux emplois qualifiés mais aussi pour une part aux emplois peu ou non qualifiés dont les peu ou non diplômés se trouvent de ce fait évincés. Les travaux de la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) sur les contrats aidés et sur les contrats de professionnalisation confirment que même lorsque les contrats sont ciblés “jeunes peu ou pas diplômés”, les employeurs tendent plutôt à recruter des jeunes diplômés ». Ce n’est donc pas en ajoutant un nouveau salaire minimum que l’on changera le comportement des entreprises en matière de gestion de la main-d’œuvre. Penser notamment que les travailleurs non qualifiés acquis à bas prix se verraient accorder par leur employeur de coûteuses formations pour augmenter leurs compétences leurs productivité et leurs salaires une fois dans l’entreprise, relève au mieux d’une vue de l’esprit. De plus, explique encore André Gauron, il faut se méfier beaucoup des raisonnements qui prétendent pouvoir mesurer le salaire « légitime » des personnes non qualifiées à l’aune de la « faible productivité » de leur emploi. (…)

Le Smic est-il un mauvais moyen de lutter contre la pauvreté? Certes, le Smic étant un minimum horaire, il ne protège pas contre les situations de précarité sociale liées à des durées d’emploi courtes et/ou irrégulières, rappellent Pierre Concialdi et Michel Husson. Or à peine la moitié des salariés rémunérés au salaire minimum travaillent à plein temps. Prétendre que la baisse du Smic permettra de traiter ce problème relève de l’escroquerie intellectuelle. Il est par contre « difficile de soutenir qu’un salaire minimum élevé ne réduit pas la pauvreté », comme le montre par exemple une comparaison entre la situation française et la situation allemande où l’absence de Smic et la multiplication des minijobs (plus de 7 millions dont 5,5 millions de mini- jobers exclusifs) conduisent à un taux de pauvreté en forte croissance malgré le plus faible chômage, alors qu’il reste inférieur à la moyenne européenne en France.

Pour compenser la baisse du Smic, Aghion, Cette et Cohen préconisent de privilégier le RSA comme moyen de lutte contre la pauvreté. Mais comme ils ne veulent ni le déficit ni la hausse des impôts, la cohérence les conduit à préconiser une concentration de la protection sociale sur les plus bas revenus. « Autrement dit, note André Gauron, pour sortir de la crise, il faudrait créer plus de pauvreté et de précarité en même temps que pénaliser les classes moyennes en les privant de certaines prestations pour voler au secours de ceux qu’on a préalablement réduit à l’état de salarié-assisté ».

Le Smic français n’est-il pas trop élevé par rapport aux autres pays européens? Le Smic en France est effectivement l’un des plus élevés d’Europe en valeur nominale (9,53 euros brut par heure), en standard de pouvoir d’achat et en proportion du salaire médian (60%). Ces chiffres doivent cependant être relativisés. Parmi les pays qui ont un salaire minimum, la France fait en réalité partie d’un groupe de pays où celui-ci est à un niveau assez comparable, groupe qui comprend le Luxembourg, l’Irlande, les pays du Benelux et le Royaume-Uni.

Ensuite, parmi les pays qui n’ont pas de salaire minimum légal, tous ne sont pas dans la situation de l’Allemagne et de ses millions de minijobers. Les pays scandinaves (Suède, Dane- mark) n’ont pas de Smic. Mais tous les salariés, sauf les migrants, sont couverts par des conventions collectives de branche au-dessus de 70% du salaire médian supérieurs, c’est-à-dire au-dessus du Smic français. Un haut niveau du salaire minimum effectif est en fait une caractéristique du modèle suédois vanté ici par ces mêmes économistes qui trouvent le Smic trop élevé en France.

Surtout, l’offensive contre le niveau du salaire minimum n’est pas une spécificité française. Elle est menée y compris dans les pays où le Smic est plus bas en valeur et en proportion du salaire médian. En février 2012, le gouvernement grec a pris la décision dras- tique de réduire le salaire minimum national de 22%. Il a baissé en Irlande, il est gelé au Portugal et en Espagne. En réalité, l’attaque contre le Smic est une pièce importante des politiques « de dévaluation interne » visant à la baisse généralisée des coûts salariaux au nom du redressement de la compétitivité. La baisse du salaire minimum permet d’exercer une pression à la baisse sur toute la pyramide de salaires mis à part ceux du très haut de l’échelle.

Une politique européenne de salaire minimum Au lieu de vouloir faire participer la France à cette course sans fond et sans espoir, l’alternative consiste à rechercher la mise en place d’une politique européenne de salaire minimum. Ce n’est pas chose facile, y compris parce que les salariés des pays nordiques craignent que cela les pénalisent. Il ne s’agirait pas d’établir un salaire minimum unique. Mais, comme le préconise la Confédération européenne des syndi- cats, que dans tous les pays européens où il existe des salaires minima, le niveau de ceux-ci soit d’au moins 50% du salaire moyen national et de 60% du salaire médian national. Pour de nombreux pays européens, la mise en œuvre de cet objectif européen impliquerait des relè- vements substantiels de leurs salaires minima nationaux. Pour la France cela permettrait une utile consolidation. (…)

Par Bernard Marx| 12 mai 2014

http://www.regards.fr/web/idee-recue-numero-3-le-smic-est,7722

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10 mai 2014 ~ 0 Commentaire

La justice au service de l’austérité

manifestants-hopital-SUD

Hôpital de Caen

Par 3 fois depuis un an, les salariés de l’EPSM (établissement public de santé mentale) de Caen avec leurs syndicats CGT et SUD ont réussi, en bloquant leur établissement, à mettre en échec le plan d’austérité du directeur et de l’Agence Régionale de Santé.

Il fallait de toute urgence mettre fin à ce « mauvais exemple » au moment ou le gouvernement s’apprête à imposer 12 milliards d’austérité supplémentaire à l’Assurance Maladie. Soutenu par ses collègues directeurs d’établissements publics, leur fédération patronale (la Fédération Hospitalière de France), et par les pouvoirs publics, le directeur de l’EPSM de Caen n’a pas lésiné sur les moyens.

Après avoir fait appel en vain à l’intimidation par la police et les huissiers, le directeur s’est tourné vers la justice…et il a été entendu : le tribunal administratif de Caen, vient de rendre un jugement d’une extrême gravité qui cherche à priver les salariés de tous leur moyens d’action : amende de 500€ par salarié et par jour pour tout participant aux blocages , autorisation de faire appel à la police au sein même de l’enceinte de l’Hôpital, amende de 1000 € pour chaque syndicat : le jugement affirme explicitement qu’il faut donner les moyens au directeur d’imposer son plan de redressement!.

Le NPA s’indigne d’une telle décision au service d’une politique de destruction de l’Hôpital Public. Il apporte son soutien aux salariés de l’EPSM et à leurs organisations syndicales CGT et SUD. Ce jugement confirme, qu’il est aujourd’hui indispensable de ne pas en rester à des luttes isolées, même radicales qui sont confrontées au « pourrissement » ou à la répression des directions soutenues par le gouvernement.

C’est un  motif supplémentaire pour renforcer la participation à l’Assemblée Générale des hôpitaux confrontés aux plans de restructuration le 22 Mai à Paris. Cette assemblée, initiée par les syndicats CGT et SUD de l’EPSM de Caen, se fixe pour objectif de définir des modalités d’actions, coordonnées sur le plan national et unitaires afin de mettre en échec l’austérité dans les hôpitaux et dans la santé. Montreuil, le 3 mai 2014

http://npa2009.org/node/41267

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