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12 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

La dette publique augmente à 91,7 % /PIB : rembourser la dette en priorité accroit la dette ! (GF)

La dette publique augmente à 91,7 % /PIB : rembourser la dette en priorité accroit la dette ! (GF) dans Austérité 5654716183_3af423a144

François Hollande l’a rappelé la semaine dernière : il faut « tenir la dépense publique ». Autrement dit, poursuivre la politique d’austérité. Une méthode absolument contre-productive à l’heure où notre dette publique dépasse les 90% de notre PIB, estiment Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné, auteurs de « Dette indigne ! » (Ed. Gawsewitch, 240 p. 14,9 euros) La dette publique de la France atteignait 91,7 % du PIB à la fin du premier trimestre 2013, selon l’INSEE. Elle s’élevait à 85,9 % fin 2011 et à 90,2 % fin 2012. Comment cela se fait-il ? Est-ce cela le sérieux budgétaire tant vanté par notre gouvernement ? Quelle est cette politique qui aboutit à ce résultat, le contraire de ce qui est escompté et annoncé ?

Lutter contre le déficit public est alors peine perdue A quoi ça sert que le déficit baisse de 5,3 % en 2011 à 4,8 % en 2012 ? En 2013, le déficit public pourrait atteindre plus de 3,9 % du PIB contre les 3% initialement prévus. Mais la dette publique augmentera alors, de nouveau, de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Pourquoi ? Parce que la prévision de croissance de l’économie a été revue à la baisse et que les recettes fiscales et sociales sont moins importantes que prévues.  Les causes de cette baisse de la croissance et de la récession dans laquelle est aujourd’hui plongée l’économie française n’ont rien de mystérieuses. La politique d’austérité budgétaire imposée par le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) pressure l’investissement public. La stagnation des salaires et des prestations sociales infligées par le Medef et la Commission européenne écrase la demande solvable des salariés. C’est comme un commerçant dont la banque exige de payer des traites à marche forcée au détriment de l’approvisionnement de ses stocks. Son chiffre d’affaire baisse et sa dette augmente au fur et à mesure qu’il la rembourse. Il faut desserrer l’étau usurier des banques privés contre les dettes publiques de l’état, et investir tout de suite, de façon urgente, dans la relance, en un mot, il faut dépenser « plus » (et non pas « moins ») pour nous en sortir.

Pourquoi la gauche s’entête-t-elle dans cette voie ? Pourtant quels sont les remèdes proposés par notre gouvernement de gauche ? « Tenir les dépenses publiques » c’est-à-dire réduire de 9 milliards d’euros les investissements de l’Etat et des collectivités territoriales en 2014. Tout ça pour répondre à la « commission » de Bruxelles et aux marchés… (nous l’avons maintes fois expliqué, c’est comme jeter des steaks aux requins, ça ne les éloigne pas, ils suivent le navire et alors on en arrive a enlever ces steaks de la bouche des passagers…) L’annonce est de 20 milliards « d’effort structurel » en 2014 : dont 70 % (14 milliards) censés provenir d’économies en dépenses et 30 % d’augmentations de recettes (6 milliards). Le volet dépenses du projet de loi de finances permet de documenter 9 de ces 14 milliards, notamment grâce à une baisse de 1,5 milliard des dépenses de l’Etat, hors charge de la dette et pensions, selon le premier ministre, Jean-Marc Ayrault. On nous explique même que c’est un effort « sans précédent historique » : mais pourquoi s’entêter dans pareille voie si cela nous éloigne des objectifs fixés officiellement ? Laminer toujours plus la demande solvable en refusant tout coup de pouce au Smic, en gelant la valeur du point dans la fonction publique, en augmentant la TVA le 1er janvier 2014, en n’opposant aucune défense sérieuse aux attaques du Medef contre nos retraites et notre protection sociale nourrit une spirale dégradée…

Réduction des déficits = augmentation de la dette = accroissement de la fracture sociale Tout le monde sonne le tocsin, mais personne ne semble l’entendre au gouvernement, muré dans une politique d’austérité de plus en plus prononcée, de plus en plus voyante et de plus en plus vaine. La priorité donnée au remboursement de la dette accroît non seulement la dette, mais aussi la fracture sociale. Avec son cortège de conséquences politiques, électorales… qui elles mêmes dégradent les rapports de force, lesquels étaient pourtant plus qu’excellents pour la gauche après la victoire complète de 2012. Le résultat est couru d’avance : le chômage réel (hors stages-parking, emplois provisoires aidés, expulsions des listes) fera un bon en avant, la récession perdurera, les recettes fiscales et sociales diminueront, le déficit public et la dette publique augmenteront. Une nouvelle politique d’austérité sera alors mise en place…

Pourtant tout cela, on le savait, a été dit et redit. On a vu les tristes effets de ce genre de politique en Europe du sud. Il faudrait savoir arrêter ici une stratégie qui perd avec une telle frénésie. 11 juillet par Gérard Filoche

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05 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Inspection du travail : une « réforme » en coup de force

Inspection du travail : une « réforme » en coup de force dans Austérité 111117-Travail-au-noir

Le 27 juin, l’intersyndicale CGT-SUD-FSU-FO appelait les agents du ministère du travail à la grève, jour où Michel Sapin, ministre du Travail, annonçait les axes d’une réforme de l’inspection du travail.
C’est un vrai coup de force. Alors que depuis janvier est organisée une pseudo-concertation avec les agents du ministère, les annonces ne reprennent que les propositions élaborées en secret par l’encadrement du ministère, propositions qui n’ont jamais été discutées ! Le projet (baptisé sans rire « Pour un ministère fort ») part de l’inadaptation de l’inspection du travail au contexte socio-économique. Mais il ne propose rien de bien concret qui accroîtrait les effectifs et les pouvoirs de contrôle des inspecteurs et des contrôleurs du travail, moyens pourtant réclamés par les agents eux-mêmes.

Le patronat gagnant
Au contraire, Sapin veut faire de l’inspection du travail un « facilitateur du dialogue social », alors que la loi dite « de sécurisation de l’emploi » renforce le poids de la négociation collective et des accords déro- gatoires. Pour cela, il entend accentuer le « pilotage » politique et la pression hiérarchique, au détriment de l’indépendance des agents de contrôle. L’organisation projetée, qui se veut plus souple, permettra aussi de mieux déployer les suppressions de postes de contrôleurs du travail et de secrétaires, qui sont partie intégrante de cette réforme. Les conditions de travail des agents et le contrôle des entreprises en seront fortement affectés, au grand bénéfice du patronat.

Le comité inspection du travail / Pôle Emploi Île-de-France Vendredi 5 juillet 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 202 (04/07/13)

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05 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Portugal : une grève générale très suivie

Portugal : une grève générale très suivie dans Austérité grevev1

Le jeudi 27 juin, le Portugal a vécu une journée sans aucun transport ferroviaire, sans transports collectifs dans les villes, avec des écoles et des centres de santé fermés et des hôpitaux fonctionnant avec le service minimum indispensable…

Les principaux ports du pays étaient fermés et le trafic aérien a souffert d’énormes perturbations. Les autres services publics, comme les finances, les tribunaux, les centres d’emploi ou de la sécurité sociale, étaient quasiment fermés. Le service de l’agence d’information Lusa a été interrompu toute la journée en raison de la grève des journalistes. Dans le secteur privé, la paralysie a été forte également, notamment avec l’arrêt de la production à Autoeuropa, l’usine de Volkswagen au Portugal, qui assure plus de 1% du PIB portugais et un taux élevé des exportations du pays. La grève générale du 27 juin, la quatrième à laquelle doit faire face l’actuel gouvernement de droite PSD/CDS-PP, fut l’ «  une des plus grandes de la démocratie portugaise  » comme l’a fait remarquer João Semedo, coordinateur du Bloc de Gauche.

Un soutien populaire important Dans les entrevues réalisées par les chaînes de télévision, les gens se disaient certes préoccupées par le fait d’attendre des heures des transports ou de n’avoir pas de consultations dans les hôpitaux, mais disaient aussi comprendre et soutenir les grévistes. Catarina Martins, coordinatrice du Bloc de Gauche, a mis en exergue dans ses déclarations que la grève générale avait été très suivie, et qu’ «  elle avait reçu le soutien de toute la population  ». Même le Financial Times a saisi la portée de la grève générale au Portugal, en titrant «  Une tragédie sociale qui nourrit une grève générale portugaise  » et en relevant que même le dirigeant de la CIP, la principale association patronale, avait déclaré que «  les travailleurs ont des raisons de s’indigner  »…Il n’en a pas été de même du côté du FMI, de la Commission Européenne et de la BCE. La veille de la grève générale, le gouvernement portugais a dû rétropédaler sur l’attaque contre les professeurs, en renonçant à de nouveaux licenciements face à une grève extraordinaire dans l’éducation. La troïka n’a guère apprécié et fait part de sa «  préoccupation  » face à l’incapacité du gouvernement à mettre en œuvre ses exigences. Face à la tragédie économique et sociale, le peuple portugais a déjà fait quatre grèves générales, des manifestations gigantesques et mené des actions de protestation nombreuses et variées. Première conséquence de cette nouvelle journée, le ministre des Finances du Portugal et numéro deux du gouvernement et le ministre des affaires étrangères ont présenté leur démission. Nul ne doute que la lutte va se poursuivre contre la politique désastreuse du gouvernement de droite et les diktats de la troïka.

Carlos Santos de Lisbonne

* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 202 (04/07/13). http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article29116

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29 juin 2013 ~ 0 Commentaire

G8 : une réunion de brigands et de menteurs

G8 : une réunion de brigands et de menteurs dans Austérité robert-de-niro-as-al-capone-in-the-untouchables

Le G8 s’est réuni les 17 et 18 juin. Il comprend huit pays : États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Canada et Russie.

La Chine n’en fait pas partie. Trois dossiers essentiels ont été discutés durant ce G8 : la Syrie, la fiscalité et les relations commerciales internationales. La semaine précédant le G8, le gouvernement français avait donné son feu vert à l’ouverture des négociations pour un traité de libre-échange avec les États-Unis. Le seul bémol important mis par la France est la culture, ce qui a amené le président de la Commission européenne, Barroso, à qualifier la position française de « réactionnaire ». Il avait pourtant obtenu l’essentiel de ce qu’il voulait.

Faire sauter les obstacles au marché En effet, cet accord de libre-échange, s’il était conclu, serait un instrument supplémentaire de casse de ce qui reste des acquis sociaux et environnementaux européens au profit des intérêts des grands groupes industriels et financiers. Il ne s’agit pas seulement de droits de douane mais aussi, voire principalement, de normes et de règles régissant l’environnement, la qualité des produits alimentaires, le crédit, les assurances. Car ces règles sont considérées comme des obstacles aux échanges commerciaux et financiers.
Ainsi, en matière agricole, les normes de qualité européennes sont d’un niveau le plus souvent supérieur à celles des États-Unis. L’accord pourrait ainsi faciliter l’entrée en Europe du bœuf aux hormones, des volailles lavées au chlore ou des OGM… Dans le même ordre d’idées, la loi française sur la fracturation hydraulique (gaz de schiste) pourrait être considérée comme une barrière à l’investissement et traînée en justice devant un tribunal commercial international (comme il en existe à l’Organisation mondiale du commerce). Le texte accentuera encore la liberté des mouvements de capitaux. Les banques et compagnies d’assurance américaines pourront opérer librement en Europe. Les mutuelles pourront ainsi être concurrencés par les compagnies américaines qui font payer leurs clients en fonction de leur état de santé. À l’issue du G8, les négociations vont démarrer avec la bénédiction de Hollande. Il faudra se mobiliser.

Contre les paradis fiscaux… faire semblant ! L’autre grand sujet économique était la fiscalité. Il y a eu de grands roulements de tambour sur la fin des paradis fiscaux. Très bien mais, en 2009, le G20, c’est-à-dire le G8 + Chine, Inde, Brésil, etc., avait déjà proclamé sa volonté d’en finir avec les paradis fiscaux. Depuis, il n’y a pas eu grand-chose de concret. Pourquoi le sujet réapparaît-il aujourd’hui ? Une des raisons est le besoin de faire au moins semblant d’agir quand les peuples sont de plus en plus scandalisés par la destruction des services publics, et par l’augmentation des impôts et cotisations sociales pour la masse, alors que les « gros » y échappent.
À l’issue du sommet, l’accord s’est fait sur une liste d’objectifs, notamment sur le renforcement des échanges automatiques d’informations entre les services fiscaux des différents pays et sur une plus grande transparence concernant les sociétés-écrans (qui permettent de dissimuler les bénéfices et les propriétaires réels). Mais le communiqué final ne contient aucun engagement ferme en vue de créer un registre des véritables propriétaires des entreprises, qui serait mis à la disposition de la justice et des services fiscaux. Car l’échange automatique des données ne sert pas à grand-chose si on se heurte à des structures opaques. Il faut connaître les propriétaires et bénéficiaires réels des sociétés et structures financières.
François Hollande y est allé de sa déclaration triomphaliste : le G8 a accompli « un grand pas » dans la lutte contre la fraude fiscale, a-t-il déclaré. Le titre du quotidien ­financier les Échos est plus proche de la vérité : des engagements, mais « peu d’actions concrètes ». Car il ne faut pas oublier que le problème de l’évasion fiscale, c’est avant tout le comportement des banques et des capitalistes des pays riches. L’année dernière, le PDG de Google, Éric Schmidt, avait réagi avec fierté aux nombreuses attaques contre des pratiques de diminution des bénéfices. L’entreprise ne paye quasiment aucun impôt ? « Ça s’appelle le capitalisme », expliquait-t-il…

Henri Wilno Vendredi 28 juin 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 201 (27/06/13)

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28 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Portugal. Le pays paralysé par une grève générale contre l’austérité (OF)

Portugal. Le pays paralysé par une grève générale contre l’austérité (OF) dans Austérité 170613_luta

Trains et métros à l’arrêt, administrations fermées, transports aériens perturbés : le Portugal a tourné jeudi au ralenti en raison d’une nouvelle grève générale contre l’austérité. La quatrième depuis que le pays vit sous assistance financière internationale.

« Nous sommes face à une grève générale exceptionnelle par la participation des travailleurs », a déclaré Arménio Carlos, leader de la CGTP, centrale syndicale qui a appelé à cette journée de mobilisation avec l’UGT, historiquement plus modérée.

Trafic aérien perturbé La production a été arrêtée dans la grande usine Volkswagen des environs de Lisbonne, « Auto Europa », tandis que, selon la CGTP, l’activité de la principale centrale du groupe électricien EDP était paralysée à 70 % à Sines, à 160 km au sud de Lisbonne.

« Le secteur de la santé a adhéré en force », a également indiqué la CGTP, évoquant une participation proche de 80 % parmi les infirmiers. Les interventions urgentes étaient assurées par des services minimum. Selon le gestionnaire des aéroports, ANA, 37 vols ont été annulés, dont 32 à Lisbonne, et de nombreux retards ont été signalés.

Nouvelles mesures d’austérité Cette grève nationale était la deuxième organisée conjointement par les deux confédérations depuis celle de novembre 2011. Elle intervient cinq mois après l’arrivée au pouvoir du gouvernement de centre droit pour mettre en œuvre le plan d’aide internationale négocié il y a deux ans. Le mouvement a été décidé après l’annonce par le gouvernement d’un train de mesures d’austérité visant surtout les fonctionnaires. Ces derniers verront leur horaire de travail passer de 35 à 40 heures par semaine, comme dans le privé. 30 000 postes seront également supprimés afin de réduire les dépenses publiques de 4,7 milliards d’euros d’ici à la fin de l’année prochaine.

Manifestations « pour faire tomber le gouvernement » La cure de rigueur a augmenté plus que prévu la récession et le chômage et l’économie portugaise, en recul depuis deux ans, doit encore se contracter cette année de 2,3 % tandis que le chômage doit atteindre le taux record de 18,2 %. « Le Premier ministre est le plus grand exterminateur de l’emploi », a déclaré Armenio Carlos. La grève a été ponctuée de manifestations à travers le pays, celle de la capitale rassemblant quelques milliers de personnes. « Nous sommes dans la rue pour faire tomber le gouvernement », scandaient les manifestants qui ont défilé jusqu’au parlement. Certains tenaient des pancartes et des affiches sur lesquelles était écrit : « Basta ! », « Gouvernement dehors ! » ou encore « ensemble contre la troïka ».

Appui des créanciers La grève générale s’est déroulée sous le regard de la « troïka » UE-BCE-FMI représentant les bailleurs de fonds du Portugal, qui a entamé lundi une mission à Lisbonne pour préparer la prochaine évaluation trimestrielle devant débuter le 15 juillet. Malgré son isolement croissant au Portugal, où même le patronat conteste sa politique économique, le Premier ministre, M. Passos Coelho bénéficie toujours de l’appui des créanciers du pays. Ils ont récemment accepté d’assouplir les objectifs budgétaires prévus par le plan de sauvetage financier de 78 milliards accordé en mai 2011 par l’Union européenne et le Fonds monétaire international.Social jeudi 27 juin 2013

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Portugal.-Le-pays-paralyse-par-une-greve-generale-contre-l-austerite_55257-2206884_actu.Htm

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27 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Édito : le Président et ses courbes

Édito : le Président et ses courbes dans Austérité fancois-hollande-pipeau1

Lors de la conférence sociale des 20 et 21 juin, François Hollande a réaffirmé « sa volonté et sa conviction sur la possibilité d’inverser durablement la courbe du chômage à la fin de l’année ».

Et pourtant, dans le même discours, il constatait que « le chômage ne cesse d’augmenter depuis 5 ans et que ça va continuer jusqu’à la fin de l’année ». Michel Sapin, ministre du Travail, confirme aussi l’inversion de la courbe pour la fin de l’année, tout en reconnaissant que « les chiffres du chômage ne sont pas forcément bons » !

Ils sont même carrément mauvais : 10, 4 % d’entre nous sont chômeurs en mai et 10, 7 % le seront en décembre… d’après les prévisions les plus modestes. Ce chiffre est nettement en dessous de la réalité puisqu’il ne prend en compte ni les travailleurs à temps très partiel, ni celles et ceux qui ont renoncé à toute recherche d’emploi, ni les 150 000 jeunes sortis du système scolaire sans diplôme et qui ne sont pas en formation ou à Pôle emploi… Et cela risque de durer, puisque 38 000 emplois ont été détruits au premier semestre et que 76 000 autres le seront avant la fin de l’année.

Alors, pour l’inverser cette courbe du chômage, quelles mesures extraordinaires le Président a-t-il sorti de son chapeau ? Quatre « mesurettes » : la création de 100 000 emplois d’avenir avant la fin de l’année ; une articulation entre le RSA et le salaire pour que ceux qui retrouvent un emploi ne soient pas lésés ; des contrats d’apprentissage avec promesse d’embauches ; le recrutement en urgence de 200 000 à 300 000 personnes sur les postes vacants… Bien loin de vrais contrats durable pour toutes et tous, de l’interdiction des licen- ciements et du partage des richesses, seuls objectifs à la hauteur des enjeux !
La seconde courbe qui ne s’inverse pas non plus, c’est celle des mécontents de la politique de Hollande. D’après un sondage réalisé par l’Ifop au lendemain de la conférence sociale, 73 % des sondés ne lui font pas confiance. C’est la popularité la plus basse d’un Président de la République après un an de mandat ! Ce chiffre exprime un ras-le-bol qui devra se traduire en manifestations. Inverser radicalement la courbe de nos mobilisations contre la politique d’austérité de ce gouvernement, et construire une opposition sur sa gauche : c’est comme cela que nous prendrons ensemble notre vie en main !

Roseline Vachetta Jeudi 27 juin 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 201 (27/06/13)

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16 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Crise de la dette : La faillite est possible et nécessaire, l’histoire nous le montre

Crise de la dette : La faillite est possible et nécessaire, l'histoire nous le montre  dans Austérité couve-vive-la-banqueroute-202x300

 La banqueroute est nécessaire une fois tous les siècles, afin de mettre l’État au pair. » Qui théorise cette saine gestion ? Un fantaisiste ? Un pamphlétaire ? Pas du tout : l’abbé Terray, qui exerçait comme contrôleur général des finances de Louis XV. Qu’on imagine alors ses homologues contemporains, un Pierre Moscovici, un François Baroin, un ministre de l’Economie s’exprimant avec pareille audace ! À relire notre histoire de France souscette lumière, on éprouve comme une jouissance anachronique à cette habitude qu’avaient prise les monarques de régler leurs comptes, pour de bon, aux créanciers… Philippe le Bel ne chipote pas : il chasse d’abord ses créanciers du royaume avant de saisir, de condamner, de brûler « les banquiers de l’Occident »… plus radical dans ses actes que Jean-Luc Mélenchon dans ses discours ! Quand le « sieur Barbeite », conseiller du roi, recommande qu’on en revienne au « franc fort » et qu’à cause de lui les loyers triplent dans la capitale, on se le représente volontiers sous les traits de Jacques Attali, conseiller spécial de François Mitterrand, persuadant le prince moderne d’accrocher le franc au mark, de ne pas quitter le Système monétaire européen et de désindexer les salaires. Et c’est donc chez Jacques Attali que se déroulerait l’émeute, ouvriers et artisans au rendez-vous, saccageant sa résidence, buvant son vin, cassant ses meubles.

Et si les Grecs et les Espagnols ne remboursaient qu’un créancier sur trois ?

S’avance Henri II, qui emprunte des deniers à s’en faire péter le gosier, qui renverse le « too big to fail » d’aujourd’hui : c’est son royaume de France qui apparaît alors, aux yeux des financiers,« trop gros pour faire faillite », et eux lui prêtent donc par millions, par crainte de tout perdre. Qu’importent, pour ce souverain, les « générations futures » : qu’elles se débrouillent après lui avec l’endettement public.Son fils met en place une loterie : seul un rentier sur trois, tiré au sort, sera dédommagé ! C’est une « alternative », ça, non ? Et si on montait un loto géant, un Euromillions qui permettrait aux Grecs, aux Espagnolsaux Portugais, aux Chypriotes, de ne payer leurs créances qu’au hasard ? Arrive l’honnête Sully: dès son entrée au ministère, il mène « un audit de la dette » comme en rêvent aujourd’hui Attac ou le CADTM. Et le compagnon d’Henri IV écarte les« dettes illégitimes », opère une banqueroute, rejette les plaintes des prêteurs. La trésorerie est ainsi assainie, et il peut lancer un plan de grands travaux digne du New Deal. Colbert fait mieux : il dresse le procès des oligarques. Des clans entiers d’affairistes, 494 d’entre eux, sont démantelés, poursuivis, leurs biens adjugés, eux qui vivaient sur l’impôt comme des parasites. Il faut mesurer le choc, à l’époque, la peur qui règne chez les nantis : comme si, en 2013, d’un coup, les gros actionnaires d’EADS, de Veolia, de Dassault, etc., ces sangsues accrochées à la société, étaient emprisonnés, spoliés. Louis XVI rompt avec cette coutume : à l’audacieux abbé Terray, qui s’inscrivait dans une lignée, il préfère le spéculateur Jacques Necker, un genre de « Goldman Sachs boy », le chouchou de la bourgeoisie. Bien mal lui en prit : la crise de la dette, aggravée, conduira tout droit à la Révolution, et le roi à l’échafaud.

Expropriations et confiscations de biens en 1789, pourquoi pas aujourd’hui ? 

Comment Mirabeau, dès lors, à l’Assemblée nationale, envisage-t-il de le combler, « ce gouffre effroyable » ? « Eh bien ! Voici la liste des propriétaires français. Choisissez parmi les plus riches ; car ne faut-il pas qu’un petit nombre périsse pour sauver la masse du peuple ? Allons ! Ces deux mille notables possèdent de quoi combler le déficit. Ramenez l’ordre dans les finances, la paix et la prospérité dans le royaume. Frappez, immolez sans pitié ces tristes victimes. » C’est mieux que du Besancenot ! La CGT n’oserait pas signer pareil pamphlet ! Finalement, en cette année 1789, à la place de « deux mille », un seul propriétaire suffira : le patrimoine de l’Église sera confisqué. Et comment Talleyrand, évêque lui-même, justifie-t-il cette mesure extraordinaire ?« Le clergé n’est pas un propriétaire à l’instar des autres propriétaires, puisque les biens dont il jouit et dont il peut disposer ont été donnés non pour l’intérêt des personnes, mais pour le service des fonctions. » À notre tour, qui pourrions-nous exproprier – et sous quels motifs ? Sont-elles bien légitimes, au fond, les fortunes accumulées par cette classe d’inspecteurs des finances, Minc, Messier, Naouri, qui ont tout privatisé, tout libéralisé, avant de passer au privé et de ramasser la mise ? Sont-ils bien légitimes, les tas d’or amoncelés par les PDG des sociétés d’autoroutes, de télévision, de distribution d’eau, de gaz, d’élec-tricité – qui ne doivent leurs prébendes qu’à leur connivence avec les dirigeants politiques ? L’histoire est insoumise. C’est elle, par ses convulsions, par ses solutions hardies, qui nous enseigne la dissidence, voire la violence, c’est elle qui se braque contre les aboyeurs de la rigueur, contre les caniches du « il n’y a pas d’alternative », contre ces intellos toutous postés dans les écrans de télé comme les vigiles dans le sas des banques, protecteurs des coffres-forts, préférant ne plus penser.

Avec Thomas Morel. Par François Ruffin samedi 15 juin 2013 07:38

Extraits du livre « Vive la Banqueroute », par Thomas Morel et François Ruffin aux éditions Fakir.

 

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13 juin 2013 ~ 0 Commentaire

Le Portugal en grève générale le 27 juin (esquerda.net)

Le Portugal en grève générale le 27 juin (esquerda.net) dans Austérité greve-geral-marco

Les centrales syndicales CGTP et UGT ont remis vendredi dernier au ministère de l’Economie un préavis de grève générale pour le 27 juin prochain. Pour le secrétaire général de la CGTP, Arménio Carlos, les trois causes de cette grève sont les suivantes :

Tout d’abord, de nombreux travailleurs qui ont voté pour le PSD et le CDS (partis de droite au pouvoir, NdT) se sont rendu compte que la politique du gou- vernement ne bénéficie qu’aux grands groupes économiques et financiers tout en pénalisant les travailleurs. En second lieu, parce que les gens se sont rendus compte que cette grève générale permettra de faire avancer des revendications pour résoudre les problèmes du pays et, en troisième lieu, parce que cette grève est aussi en défense de la dignité.

« C’est une grève générale qui concerne tous les travailleurs du secteur privé, du secteur public et aussi des entreprises d’Etat, mais c’est aussi une grève générale qui vise à défendre les nouvelles générations et, en conséquence, personne ne peut rester indifférent » a souligné Arménio Carlos. « Ou bien nous acceptons ce qu’ils veulent nous imposer, ou bien nous manifestons par la lutte notre indignation pour affirmer que nous ne voulons pas prendre ce che- min. Et cela passe par la sortie de ce gouvernement ». Pour Carlos Silva, dirigeant de l’UGT, « Ce n’est pas le gouvernement qui est en question, ce qui est en question ce sont les politiques du gouvernement et nous espérons qu’avec ce signal il se rende compte qu’il risque de perdre un interlocuteur social ». Carlos Silva a menacé de rompre l’accord de Concertation sociale que son syndicat a signé en janvier de l’année dernière : « Le sujet est sur la table. Nous ne voulons pas laisser tomber l’accord, qui fait partie de la stratégie de l’UGT,  dans le but d’aider le gouvernement et les autres acteurs sociaux à obtenir le prêt de la Troïka de 78 milliards d’euros, mais il appartient au gouvernement d’agir en conséquence ». Dans un communiqué commun, la CGTP et l’UGT affirment que « L’unité des travailleurs portugais dans des formes de lutte dure s’affirme aujourd’hui sans doute plus que jamais, comme une prémisse fondamentale pour obliger le gouvernement à changer le cap d’une politique excessivement marquée par l’austérité et par un agenda idéologique qui inclus des plans de privatisations des services, de destruction de l’Etat Providence et de toute perspective d’avenir pour la société portugaise ».

D’après Esquerda.net :
http://www.esquerda.net/artigo/centrais-sindicais-esperam-grande-ades%C3%A3o-%C3%A0-greve-geral/28163
Traduction française pour Avanti4.be.

http://www.avanti4.be/actualite/article/le-portugal-en-greve-generale-le-27-juin

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11 juin 2013 ~ 0 Commentaire

« La solidarité européenne n’a jamais existé dans le cadre de l’UE. Il faut une solidarité entre les peuples européens » (Éric Toussaint )

« La solidarité européenne n’a jamais existé dans le cadre de l’UE. Il faut une solidarité entre les peuples européens » (Éric Toussaint ) dans Austérité china-poor-kids-rich-kids-comic-strip-300x193

La crise de la zone Euro démontre qu’il y a bien une Europe à deux vitesses, non pas celle de l’UE 17 (zone euro) et l’UE 27 (États membres), mais celle des pays riches et solides d’une part et celle des pays pauvres et fragiles d’autre part. Qu’est-ce qui a creusé ce fossé ?

L’Union européenne et la zone Euro ont été créées en appliquant des principes qui favorisent uniquement le capital : liberté totale de mouvements de capitaux, liberté de circulation des marchandises et des services, promotion à tout prix de la concurrence, mise en cause de la démarche du principe des services publics… On donne toute liberté au capital dans le but de faire un maximum de profit, considérant à tort que si on favorise une initiative privée, tout va très bien fonctionner. En mettant en place ce principe et en réduisant au maximum l’intervention des États en termes de réglementations, de budgets, on se retrouve avec une Europe où le budget représente moins de 1 % de son PIB alors que généralement, le budget des États les plus industrialisés tourne autour des 40 à 50 % du PIB ! On se retrouve avec un budget famélique dont près de la moitié va à la Politique agricole commune. La conséquence, c’est que l’Europe ne s’est pas dotée d’un moyen lui permettant de réduire les disparités entre les économies les plus fortes et les plus faibles de l’Union. Quand on met dans une même structure en compétition des économies tout à fait différentes, on renforce les disparités.

Y a-t-il d’autres points de fracture ?

Non seulement, on a une opposition d’une part, entre des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Irlande et les pays de l’Est et de l’autre, avec les plus forts de l’UE. Mais aussi à l’intérieur même de chacun de ces pays ! On y a augmenté par le biais des réformes du marché du travail, les disparités salariales. Les   politiques menées à l’intérieur des États de l’UE ont contribué aux inégalités. Un exemple emblématique, l’Allemagne. On a mis en place des contre-ré- formes visant à augmenter très fortement les différences de statut entre les travailleurs, ce qui fait qu’aujourd’hui, il y a 7 millions de salariés à plein temps qui gagnent 400 euros par mois !

On sait que la fiscalité est un des nœuds du problème européen et de l’endettement des États. Comment expliquer le fait que la plupart des pays européens continuent à jouer la concurrence interne ?

On a refusé une harmonisation fiscale en Europe. On se retrouve avec des systèmes fiscaux totalement différents. A Chypre, l’impôt sur les sociétés est de 10%. Ce qui devrait changer avec la crise que l’on connait aujourd’hui. En Irlande, l’ISOC est de 12,5% et en Belgique, il est de 33,99 %. Cette disparité per- met aux entreprises de déclarer leurs revenus là où ça leur coûte moins cher. La politique européenne actuelle protège la fraude fiscale. Les paradis fiscaux existent au sein de l’Union européenne et de la zone Euro. Notamment, La City à Londres pour l’UE, le Grand duché du Luxembourg dans la zone Euro. La Belgique aussi avec notamment les intérêts notionnels. Au niveau national, il est tout à fait possible d’adopter des mesures de justice fiscale. L’idée reçue selon laquelle « on est dans la zone Euro donc on ne peut pas prendre de mesures importante sur le plan fiscal » est fausse. On fait croire aux gens qu’il n’y a pas d’autre issue. Ceux qui invoquent ce discours cherchent à protéger les fraudeurs. On voit bien qu’avec l’ « affaire » de Chypre, on voit poindre des solutions qui auparavant étaient considérées comme impossibles : on va taxer les personnes qui ont plus de 100 000 euros dans les banques, instaurer un contrôle sur les mouvements de capitaux. Je rejette les mesures imposées à Chypre car l’objectif poursuivi est d’imposer une politique globale antisociale mais certaines dispositions prises montrent qu’il est possible de contrôler les mouvements de capitaux et de taxer fortement au-dessus d’un certain niveau de patrimoine. Malgré les règles imposées par l’UE, il est tout à fait possible que des pays s’opposent à la politique de la Commission et forcent par leur attitude, une renégociation au niveau européen. Il faut reconstruire l’Europe démocratiquement. Entre temps, il faut que des gouvernements de gauche rompent la discipline. Si François Hollande avait respecté ce pourquoi les Français l’ont élu, il aurait demandé à renégocier le pacte fiscal européen avec Angela Merkel et dans le cas où elle aurait refusé, il se serait prononcé contre au moment du vote. Cela aurait pu empêcher l’adoption de ce traité.

La crise de l’Euro traduit de manière évidente une absence de gouvernance politique solide (absence de politique économique, budgétaire, fiscale et sociale cohérente). Le non-soutien européen par rapport à la dette grecque est révélateur de la fragilité d’une union si elle n’est pas fondée sur la solidarité. Cette crise de l’Euro sonne-t-elle définitivement le glas de la solidarité européenne ? Le rêve de fédéralisme européen est-il définitivement enterré ?

La solidarité européenne n’a jamais existé dans le cadre de l’UE telle qu’elle existe. Ou on pourrait dire que si solidarité il y a, c’est avec les grandes entreprises européennes. Les gouvernements européens ont systématiquement pris des mesures pour venir en aide aux banques européennes et aux grandes entreprises européennes. Mais quand il s’agit de venir en aide aux peuples et aux économies les plus faibles, il n’y a pas de solidarité. On pourrait plutôt dire qu’il y a un certain type de solidarité : une solidarité de classe, une solidarité entre les capitalistes. Le fédéralisme est possible mais il doit résulter d’une constituante des peuples. Guy Verhofstadt et Daniel Cohn-Bendit défendent un fédéralisme par en haut… Il nous faut un fédéralisme prôné par la base, par le peuple. Le fédéralisme est possible et nécessaire, mais cela implique une issue à partir d’en bas à la crise européenne. Cela ne veut pas dire un repli sur soi mais une solidarité entre les peuples européens et une Constitution européenne décidée par les peuples eux-mêmes.

Que faudrait-il faire pour rendre les institutions européennes plus démocratiques ?

Il faut déconstruire les institutions non démocratiques et en construire de nouvelles et ce à partir d’une constituante des peuples ! Le pouvoir législatif (le parlement européen) est extrêmement faible, trop soumis à l’exécutif.

À défaut de recette miracle, avez-vous une idée concrète pour réconcilier le citoyen avec l’Europe ?

Dans le cadre des frontières nationales, il faut prendre des initiatives pour que les mouvements sociaux et les organisations de gauche cohérentes dé- finissent un projet commun. En Belgique, la FGTB de Charleroi et des mouvements de gauche radicale s’associent autour de la création d’un nouveau projet politique, le 27 avril |1| . Au niveau européen, via le mouvement Altersummit, on essaye de promouvoir une convergence entre un maximum de mou- vements citoyens, de mouvements sociaux et de syndicats européens. |2| Ce n’est pas facile, jusqu’ici c’est trop lent mais il faut néanmoins construire un coalition des mouvements sociaux européens. Il faut aussi contribuer à relancer si c’est possible le mouvement des indignés, soutenir Blockupy à Francfort contre la BCE |3|.

L’Europe a sa raison d’être parce que…

Parce qu’il faut une solidarité entre les peuples européens et qu’elle est tout à fait possible.

L’Europe a sa raison d’être à condition que…

Que le processus se fasse par « en bas ». Il faut une constituante des peuples européens et donc une refondation de l’Europe.  Il faut tourner  le dos à la politique qui a été menée auparavant. Il y a plusieurs scénarios possibles pour sortir de la crise. Celui qui est appliqué aujourd’hui (austérité) approfondit et aggrave la crise. On est parti pour au moins 10 à 15 ans de crise, de croissance très réduite. Sauf si des mobilisations sociales aboutissent à des réformes structurelles radicales telles que : la socialisation des banques, le renforcement des services publics, la reconstruction d’une l’Europe basée sur une constituante des peuples ; une Europe solidaire des autres parties du monde. Il faut également obtenir l’annulation/répudiation de la dette publique illégitime et dans cette perspective développer les initiatives d’audit citoyen de la dette comme c’est le cas en Belgique aujourd’hui. |4| Cette solution impliquerait que les mouvements sociaux et la gauche radicale soient capables d’offrir une vraie alternative, un programme cohérent et ne se limitent pas à un programme néo keynésien. Je trouverais dommage que cette crise du capitalisme n’aboutisse au final qu’à un peu plus de discipline… Le capitalisme vert régulé ne permettra pas de régler le problème fondamental du changement climatique. Il faut sortir du système capitaliste. Propos recueillis par Monique Van Dieren et Claudia Benedetto et publiés dans la revue Contrastes de mars-avril 2013.

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10 juin 2013 ~ 0 Commentaire

A Athènes, les mouvements sociaux européens cherchent une riposte commune à l’austérité (Bastamag)

A Athènes, les mouvements sociaux européens cherchent une riposte commune à l’austérité (Bastamag) dans Austérité 09.10.manif_.psa_.salon_.auto1_.reuters.930.620_scalewidth_630-300x199

Venus de toute l’Europe, un millier de syndicalistes et d’altermondialistes ont débattu, à Athènes, d’une stratégie commune pour s’opposer aux politiques d’austérité.

Les défis sont considérables : comment offrir des perspectives concrètes aux populations confrontées à une réduction sans précédent de leurs niveaux de vie en Grèce, en Espagne ou au Portugal, tout en pesant sur les politiques européennes et en enrayant la progression de l’extrême droite partout sur le continent. Alors qu’en Grèce, le mouvement social est dans un état d’épuisement avancé après quatre ans de vaine lutte. Les mines sont circonspectes. Un bon millier de participants à ce premier « Alter sommet » déambulent dans les immenses allées de l’Olympic Stadium d’Athènes, ces 7 et 8 juin. Toute l’Europe est représentée : des syndicalistes norvégiens aux indignés espagnols, en passant par les grandes centrales syndicales – CGT, FSU et Solidaires pour les Français, IG Metal et Ver.di pour les Allemands… – ou les Attac d’Europe. Mais chacun s’interroge : où sont les Grecs ? Si les responsables de plusieurs organisations grecques sont bien là, militants et sympathisants sont très peu nombreux. « La Grèce est dans un état de délabrement psycho-logique », décrit Marie-Laure Veilhan, une Française qui vit et travaille en Grèce avec sa famille, venue donner un coup de main pour les traductions. « A l’effet de sidération provoquée par les mémorandums (les mesures d’austérité et de régressions sociales imposées au pays, en échange d’une aide finan-cière, ndlr), a suivi une grande lassitude. Nous sommes pris à la gorge par les problèmes vitaux du quo- tidien. » Elle-même a vu son salaire de traductrice abaissé de 40%, de 1400 euros à 850 euros par mois. Son compagnon est au chômage depuis un an, sans indemnités, attendant toujours les arriérés de salaires que l’hôtel de luxe pour lequel il a travaillé doit lui verser. Une histoire parmi des centaines de milliers de situations similaires.

« Une logique implacable qui ne se soucie plus de l’humain »

Le choix d’Athènes pour accueillir ce sommet, héritier des Forums sociaux européens [1], était donc plus que symbolique. Le premier pays à avoir été frappé par des mesures d’austérité, des coupes budgétaires, provoquant un abaissement sans précédent du niveau de vie, continue de s’enfoncer dans des limbes inconnues. « L’expérience grecque est très importante pour nous », explique une militante portugaise, proche du mouvement « Que se lixe la Troïka » – « Que la Troïka (FMI, Commission européenne et Banque mondiale) aille se faire voir » –, l’équivalent portugais du « 15M », les indignés espa- gnols. « Ce qui est en train de s’y dérouler précède ce qui se passe en Espagne ou au Portugal : une logique implacable qui ne soucie plus de l’être humain. » « Rejeter l’austérité et revendiquer la démocratie réelle » : tels sont les deux mots d’ordre de cet Alter sommet. Avec l’objectif de dégager des pistes de propositions et d’actions communes face au pouvoir de la finance, au chômage, aux démantèlements des services publics, dont les systèmes de santé particulièrement visés, ou à la destruction de l’environnement. Et de partager des expériences collectives, de la lutte contre les expulsions de loge- ment, assez efficace en Espagne, à la reprise en coopérative d’usines mises en faillite par leur propriétaire, ou aux expériences de démocraties partici-patives menées en Allemagne. Plusieurs grandes confédérations syndicales discutent ainsi d’un calendrier commun pour peser sur la Banque centrale européenne (BCE), symbole de la politique d’austérité, et les politiques de réduction des dettes.

« La gauche européenne est en très mauvaise posture »

Un débat s’est invité parmi la quinzaine de tables-rondes : comment répondre à l’émergence, ou l’enracinement, des mouvements d’extrême droite. Des intervenants grecs, allemands, français, hongrois, tchèques se succèdent. De partout en Europe émerge la même inquiétude face à des droites extrêmes relookées ou à des partis clairement fascistes, qui surfent sur le « terreau fertile » de la crise et arrivent à se présenter comme « une alternative anti-système » avec parfois plus de succès que la gauche. En Grèce, le mouvement ouvertement néo-nazi Aube dorée est crédité de 8 à 15% dans les sondages, le double de son score (7%) des dernières élections législatives il y a un an. « La criminalité néo-nazie augmente : agressions contre les étrangers, les Roms, les homosexuels. Et une partie de la population la tolère », détaille une militante grecque. Dans ce contexte, la mort du militant antifasciste Clément Méric, à Paris, tué le 5 juin par un skinhead néonazi, résonne de manière singulière. Reste que les organisations présentes semblent encore bien démunies face à une situation pourtant jugée « critique ». Les déclarations d’intention se succèdent. « Le but du jeu, c’est que nous sortions d’ici avec des propositions », répètent inlassablement les animateurs de la table ronde. Chacun appelle de ses vœux « une grande conférence européenne » sur le sujet, la nécessité « d’une réponse rapide aux agressions » et « d’agir sur le monde du travail, les jeunes et et les chômeurs pour qu’ils ne se trompent pas de colère ». Des discours maintes fois entendus en France depuis l’émergence électorale du FN il y a 30 ans. Mais sur la manière de s’y prendre, rien, ou si peu. « Nulle part en Europe la gauche n’est en état d’affronter le danger. Nous sommes en très mauvaise posture », soupire Giorgos Mitralias, l’un des animateurs de la campagne pour un audit de la dette grecque. « Élus des partis de gauche et représentants syndicaux grecs ont beaucoup tendance à discuter mais oublient que, dehors, c’est la désintégration », critique une participante, pour qui, si l’extrême droite progresse, c’est aussi en raison de la faillite des organisations de gauche, syndicales comme politiques. Une question qui ne sera pas vraiment abordée dans les débats.

« Un sentiment d’abattement règne dans le monde syndical »

Un décalage qui se répète lors d’autres discussions, où, face à l’ampleur des problèmes énumérés, on peine à offrir de perspectives concrètes. « Il y a une tendance à répéter les mêmes formules. Cela fait trente ans que l’on appelle à une Europe sociale sans entraîner les populations. Mais quelles sont les propositions ? », reconnaît Martine Billard, co-présidente du Parti de gauche, venue à Athènes en compagnie de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. « Faut-il sortir de l’euro ? Ou garder la monnaie commune mais transformer les institutions ? Comment refuser de rembourser une dette illégitime ? Si échanger entre Européens et faire le point sur ce qui émerge est positif, nous avons beaucoup plus de questions que de réponses. » La maigre participation grecque et la sous-représentation des nouvelles formes d’engagement révèlent les difficultés des organisations classiques à se renouveler et à mobiliser. L’Alter sommet, une énième rencontre sans grande utilité alors que le chaos gagne ? « Dans la situation déplorable où nous sommes et le sentiment d’abattement qui règne dans le monde syndical, ce n’est pas rien », positive une militante française. « Les mouvements traditionnels sont beaucoup plus humbles vis-à-vis des nouvelles formes d’actions. Ce qui n’était pas le cas avant, loin de là ! » Mouvement du 15M en Espagne ou « Uncut » (contre les coupes budgétaires) au Royaume-Uni, émergence de nombreuses initiatives autogérées pour répondre aux besoins de base en Grèce, mobilisations locales en France, comme à Notre-Dame-des-Landes, ou pressions grandissantes en Allemagne contre la BCE avec l’action « Bloccupy Francfort », autant de formes d’action variées propres à chaque situation qu’il s’agit de coordonner et non de centraliser ou de dupliquer à tout prix. Devant le Parlement grec, les 3 000 participants de la marche de clôture de l’Alter sommet croisent le jeune et joyeux cortège de la Gay Pride, d’où montent des slogans contre les néo-nazis d’Aube dorée. Un clin d’œil au nécessaire renouvellement ?

Ivan du Roy (10 juin 2013) http://www.bastamag.net/article3113.html

Notes

[1] Dans la foulée des premiers forums sociaux mondiaux de Porto Alegre (Brésil), les forums sociaux européens ont été lancés à Florence (Italie) en 2002. Le deuxième FSE s’est tenu à Paris – Saint-Denis en 2003, puis à Londres, Athènes, Malmö (Suède) et Istanbul.

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