Archive | Austérité

03 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

L’appel du patronat à hollande et valls: faites ce que je vous dis(lo)

francois

… et tout de suite !

Huit organisations patronales, dont le Medef et la CGPME, ont rédigé le 29 juin un appel adressé à Hollande et à Valls, pour qu’ils appliquent les «réformes» plus rapidement, tout ça paraît-il dans l’intérêt général.

Le patronat, par la bouche de Gattaz et des autres représentants patronaux, veut plus : plus de cadeaux, plus de facilités pour exploiter les travailleurs, et tout de suite.

C’est, comme d’habitude, au nom de la lutte contre le chômage que, tout d’abord, il ex- horte le gouvernement à accélérer la mise en œuvre du pacte de responsabilité en l’incluant «de manière explicite et rapidement» dans la loi. Le dispositif englobant pacte de respon- sabilité et CICE représentera sur trois ans un cadeau d’un montant total de 41 milliards d’eu- ros, que le gouvernement compte financer par un plan d’économies de 50 milliards d’euros pris dans la poche des classes populaires. Le patronat veut s’assurer de recevoir le chèque.

Les Gattaz pour le Medef, Roubaud pour la CGPME et autres affirment également ne plus vouloir de textes qui viendraient «complexifier» la réglementation actuelle sur les entre-prises, allusion aux textes sur la pénibilité et le temps partiel, qui ne sont que de petites avan- cées venant après de grands reculs, mais qui ont suscité une levée de boucliers des pa- trons. De manière générale, ils exigent du gouvernement la mise en œuvre, «avec le Parle- ment, d’un moratoire sur tout texte législatif et administratif qui viendrait complexifier notre réglementation, mettre des contraintes ou renforcer les contrôles et les sanctions sur les entreprises et les entrepreneurs».

Ils demandent, autrement dit, la possibilité d’exploiter les travailleurs sans la moin- dre contrainte. Le patronat sait parfaitement qu’Hollande tout comme Valls sont prêts à le servir en menant une politique anti-ouvrière, quoi qu’il leur en coûte électoralement. Mais il est à l’offensive, il en veut plus et tient à faire savoir au gouvernement qu’il n’est prêt à ac- cepter aucun flottement, aucune déclaration, aucune «posture» qui peut laisser croire à un recul, même petit, dans l’application des «réformes», c’est-à-dire des mesures favorables aux patrons.

Que les signataires de l’appel «menacent» le gouvernement de boycotter la conférence sociale fait partie du jeu. Cela montre, si besoin en était, que le dialogue social qu’elle est censée permettre n’est que du cinéma destiné à couvrir les reculs imposés aux travailleurs, cinéma auquel les directions des confédérations syndicales participent. Le secrétaire géné- ral de FO, Jean-Claude Mailly, a ainsi déclaré sans rire avoir «le sentiment parfois que les organisations patronales se prennent pour le gouvernement». Belle découverte!

Effectivement, les patrons constituent le véritable pouvoir, et l’État n’est que l’instrument qui leur permet de l’exercer. Aline RETESSE

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2396&id=2

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03 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Economies tous azimuts pour l’assurance-maladie (lo)

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La vie de malades sacrifiés… aux milliards du patronat

Le conseil d’administration de la Caisse nationale d’assurance-maladie, la Cnam, qui re- groupe toutes les dépenses de santé, propose des mesures pour mettre en application le plan gouvernemental d’économies. Sur les 50 milliards d’économies sur les dépenses publiques voulues par Hollande et Valls, 10 milliards devraient être imputés à la santé.

Parmi les mesures d’économies préconisées, il y a la réduction drastique du temps de présence des malades dans les hôpitaux, pas pour mieux les soigner mais pour sup- primer des dizaines de milliers de postes de soignants. La dernière trouvaille de la Cnam serait de ramener de quatre à trois jours l’hospitalisation pour un accouchement.

La Cnam va jusqu’à proposer de limiter l’utilisation des IRM pour les examens des membres inférieurs. Pourtant la France, un des pays les plus riches du monde, est depuis de longues années mise au ban des organismes internationaux de santé pour son sous-équipement chronique en matière d’IRM. En dix ans, leur nombre a péniblement augmenté chaque année pour atteindre, fin 2013, 646 IRM dans le pays, alors qu’il en faudrait le double pour répondre aux besoins et pour atteindre le taux d’équipement existant dans les autres pays avancés : deux fois plus en Espagne et trois fois plus en Allemagne il y a encore peu de temps.

La main sur le cœur, les gouvernants successifs avaient promis d’y remédier, en particulier dans le cadre des plans cancer, le dépistage qui est vital pour l’espoir de guérison étant bien loin de ce qu’il devrait être. Mais les promesses ont été foulées aux pieds. Le temps d’attente pour pouvoir bénéficier d’un examen «urgent» d’IRM est en France supé- rieur à un mois en moyenne, c’est-à-dire beaucoup plus dans certaines zones encore plus sous-équipées que les autres régions. Cela a évidemment des conséquences directes sur le taux de mortalité.

Bien que connaissant tout à fait cette situation dramatique, la Cnam, intervenant comme agent du gouvernement, propose donc de faire la chasse aux examens «excessifs» d’IRM, en oubliant le principal, la situation dramatique de sous-équipement. Des économies sur la santé pour offrir des milliards au patronat, c’est tout simplement criminel. Paul SOREL

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2396&id=29

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02 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

De plus en plus de pauvreté et d’inégalités en france (20mn)

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La crise a éloigné de l’emploi de manière durable un nombre accru de personnes et sa prolongation entraîne des risques de rupture sociale…

Depuis 2008, la France traverse la plus grave crise économique de l’après-guerre. Avec des conséquences lourdes sur les conditions de vie des ménages, qui sont décrites dans le rapport annuel de l’ONPES (Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale) rendu public mercredi. 20 Minutes, qui se l’est procuré, en dévoile les quatre points clé.

Des inégalités qui se creusent La crise a eu pour conséquence une hausse de la pau- vreté monétaire. En 2011, elle touchait 8,7 millions de personnes (soit 14,3% de la popu- lation). Un phénomène qui témoigne d’un élargissement de la pauvreté à des publics jusqu’ alors épargnés, qui ont été affectés par la dégradation du marché du travail.

La faible revalorisation du Smic horaire a également influé sur le niveau de vie des personnes modestes. «Les prestations sociales ont certes servi d’amortisseurs à la crise, mais le taux de protection sociale s’est affaibli en raison de la mise en place des politiques d’austérité budgétaire», ajoute Jérôme Vignon, président de l’ONPES.

«De leur côté, les 20% des ménages les plus fortunés ont vu leurs revenus augmenter de 10% entre 2007 et 2011. Car les revenus du patrimoine (financiers et immobiliers) ont été peu affectés par la crise, au contraire des revenus du travail», explique-t-il. Pourtant, la Fran- ce est un pays moins inégalitaire que certains de ses voisins, comme l’Allemagne ou les Pays-Bas selon lui: «Le système redistributif fonctionne bien: la fiscalité en France est plutôt sévère pour les plus aisés et les aides sociales importantes», souligne-t-il.

Le risque d’une pauvreté irréversible augmente La crise a éloigné de l’emploi de ma- nière durable un nombre accru de personnes et sa prolongation entraîne des risques de rupture sociale. Et preuve qu’il est de plus en plus difficile de sortir de la pauvreté, en 2012 six bénéficiaires sur dix du RSA en étaient allocataires depuis au moins trois ans. «Au- jourd’hui, plus de 2 millions de personnes sont très éloignées de l’emploi. Pour les sortir de leur situation, il faudrait développer l’insertion par l’activité économique et les contrats d’in- sertion de plus de six mois afin de leur donner le temps de se remettre le pied à l’étrier. Mais l’Etat ne peut pas tout, les entreprises devraient accueillir davantage de ces chômeurs de longue durée», estime Jérôme Vignon.

Jeunes, familles monoparentales et chômeurs en première ligne Sans surprise, les chômeurs restent les premières victimes de la crise. Leur taux de pauvreté est passé de 36,4% en 2007 à 40% en 2011, ce qui signifie que près de quatre chômeurs sur dix vivent sous le seuil de pauvreté monétaire.

Une des explications se trouve dans l’augmentation significative du taux de deman- deurs d’emploi non indemnisés qui est passé de 44,5% en 2009 à 48,2% en 2012. Les familles monoparentales font aussi parties des publics très vulnérables puisque 8% d’entre elles sont désormais sous le seuil de pauvreté. «Beaucoup d’entre elles touchent le RSA socle qui s’accompagne d’un complément pour chaque enfant. Mais celui-ci n’est pas suffi- samment élevé. Par ailleurs, les chefs de familles monoparentales ont du mal à trouver un système de garde d’enfants compatible avec leur emploi», souligne Jérôme Vignon.

Quant aux jeunes de moins de 30 ans, ils ont été les premières victimes de la préca- risation du marché du travail (les embauches en CDD et les contrats de moins d’un mois ayant fortement augmenté avec la crise). Du coup, ceux qui occupent un emploi n’ont plus la garantie d’échapper à la pauvreté.

Une géographie de la pauvreté plus que jamais dessinée Certaines zones géogra- phiques où le taux de chômage est le plus important, connaissent des niveaux de pauvreté particulièrement élevés. Pendant la crise, la pauvreté s’est accentuée sous l’effet d’une destruction massive d’emplois, dans le Languedoc-Roussillon, le Nord, le long de la côte méditerranéenne et au croisement des régions Limousin, Auvergne et Midi-Pyrénées. La Corse connaît également un fort taux de pauvreté monétaire, tout comme la Seine-Saint- Denis (24,8%).  Delphine Bancaud Le 01/07 à 16h22  Mis à jour 02/07/2014 à 10h55

Commentaire: Encore une fois, ce n’est pas une « crise », c ‘est une répartition arrogante de la richesse, acceptée désormais par la gauche, des pauvres et même des « classes moyennes » en vers les plus riches.

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02 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Un enfant sur cinq est pauvre en france (20mn)

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Entre 2007 et 2011, la part des enfants vivant dans une famille dont les revenus sont inférieurs au seuil de pauvreté est passée de 17,9% à 19,5% en 2011…

Des premiers pas dans la vie qui n’ont rien d’insouciants. Selon le rapport annuel de l’ONPES  (Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale) rendu public mer- credi, que 20 Minutes s’est procuré, le nombre d’enfants pauvres a nettement augmenté avec la crise. Entre 2007 et 2011, la part des enfants vivant dans une famille dont les reve- nus sont inférieurs au seuil de pauvreté (977 euros/mois pour une personne seule) est ainsi passée de 17,9% à 19,5% en 2011. «Ces chiffres sont forcément effrayants. Car les con- ditions de vie des enfants et même leur avenir vont être obérés par la pauvreté», commente le Défenseur des enfants, Marie Derain.

Une situation corrélée à la situation professionnelle des parents, puisqu’en 2010, 39 % des enfants pauvres vivaient dans une famille dont aucun parent ne travaillait. Ces enfants sont aussi surreprésentés dans les familles monoparentales (35% en 2010). «Les chefs de ces familles ont du mal à travailler, car on leur propose souvent des emplois aux horaires décalés ou loin de leur domicile, incompatibles avec les modes de garde», souligne Marie Derain.

La pauvreté des enfants augmente également avec l’importance de la fratrie. Ainsi, le taux de pauvreté des enfants ayant deux frères ou sœurs en 2010 était d’environ 40%. Il s’é- levait à 45% pour une fratrie de quatre enfants et à 60% lorsque la famille était composée d’au moins cinq enfants. Un fait qui n’est pas surprenant lorsque l’on sait que le taux d’acti- vité des parents chute brutalement à partir du troisième enfant. Autre constat: la pauvreté touche davantage les enfants habitants dans des quartiers défavorisés. En 2011, 43% des 18-24 ans et 51% des moins de 18 ans résidant en zone urbaine sensible (ZUS) vivaient en dessous du seuil de pauvreté.

Des conséquences à moyen et long terme La pauvreté a de multiples incidences sur la vie des enfants. «Beaucoup d’entre eux vivent dans des logements insalubres et surpeuplés, sont malnutris et peuvent développer des pathologies particulières», poursuit-elle. Une pré- carité qui peut aussi troubler la vie affective: «De plus en plus d’enfants sont placés dans des familles d’accueil en raison de la situation économique de leurs parents. Ils ont forcé- ment plus de mal à grandir sereinement», explique Marie Derain.

La pauvreté se ressent aussi à l’école: «Le fait de ne pas avoir accès aux mêmes biens que les autres stigmatise les enfants pauvres. C’est la double peine. Et bien souvent, leurs résultats scolaires sont affectés par leur situation sociale», explique Jérôme Vignon, prési- dent de l’ONPES. «D’où un risque de décrochage scolaire accru», insiste-t-il.

Enfin, les conséquences d’une enfance pauvre peuvent se ressentir sur le long terme «car la pauvreté se transmet souvent de génération en génération. Si l’enfant n’obtient pas de diplôme, il aura du mal à trouver un emploi… C’est une spirale infernale», décrit Jérôme Vignon. Delphine Bancaud Le 01/07/2014 à 18h38 Mis à jour le 02/07/2014 à 09h27

http://www.20minutes.fr/societe/1413411-un-enfant-sur-cinq-est-pauvre-en-france

Commentaire: La « crise » est en fait une « lutte de classe » féroce gagnée par les riches, pour la répartition du gâteau et c’est pas fini! Hein François?

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01 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Pour le patronat c’est toujours plus!

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Décidément le gouvernement n’hésite plus à afficher le choix de son camp: ferme avec les cheminotEs et les intermitentEs, et toujours prêt à lâcher devant le patronat, la droite voire l’extrême droite. Dernier exemple de reculade: l’abandon des ABC de l’égalité.

Dans ces conditions, rien d’étonnant à ce que le patronat, à quelques jours de la version 3 de la conférence sociale présente ses exigences, pose ses conditions et même exerce un chantage sur sa participation.

Si les considérants sont classiques, baisse du coût du travail et des impôts, simplification des normes, réduction des dépenses publiques, les objectifs sont précis: le compte péni- bilité, les stages en entreprises, l’inspection du travail, la «loi Florange», les temps partiels de 24 heures.

Les organisations syndicales seraient bien inspirées, pour une fois, de prendre leçon sur le patronat: pas de pause dans la lutte de classes. Mais pour nous pas question de lobbying, pas question de dialogue social: c’est par la construction du rapport des forces, la mobilisation, comme l’ont commencé les cheminotEs et les intermittentEs, que nous pourrons faire reculer le patronat et ce gouvernement à ses ordres.

Montreuil, le 30 juin 2014 http://npa2009.org/communique/pour-le-patronat-cest-toujours-plus

 

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30 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Annuler la totalité de la dette jugée illégitime

dette
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Les conclusion du rapport du Collectif pour un Audit citoyen de la dette publique
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«Depuis plus de 30 ans, nous vivons au-dessus de nos moyens » a déclaré Manuel Valls le 16 avril dernier. Votre rapport met en cause le discours dominant selon lequel la dette viendrait de dépenses trop élevées de l’État. Peux-tu préciser ce point  ?
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Le discours de Manuel Valls est le même que celui tenu par ses prédécesseurs sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Or il s’agit d’un pur mensonge. En effet, en tendance, de 1978 à 2012, les dépenses ont diminué de 2 points de PIB (et de 3,5 points hors intérêts de la dette), alors que dans le même temps, les recettes ont chuté de 5,5 points de PIB. Les Français ne vivent donc pas au-dessus de leurs moyens: en vérité, l’essentiel du problème provient d’une baisse des recettes fiscales et d’intérêts trop élevés versés aux banques.Vous mettez l’accent sur deux facteurs dans la hausse de la dette de l’État  : les baisses d’impôt et les taux d’intérêt. Peux-tu nous donner des ordres de grandeur  ?

Selon nos estimations qui ne forcent pas le trait, ces trente dernières années, le manque à gagner du fait des cadeaux fiscaux (qui ont pour l’essentiel bénéficié aux grandes entre- prises et aux ménages aisés) représente 488 milliards d’euros. Quant au surcoût de dépen- ses provenant des taux d’intérêt élevés payés aux banques sur les titres de la dette, on a chiffré à 589 milliards d’euros le total des intérêts excédant un taux d’intérêt réel de 2 %, un taux moyen auquel l’État aurait dû se financer sur la période.

Pour les collectivités locales, deux autres facteurs interviennent : les transferts de charge de l’État et les prêts toxiques  ?

Effectivement, les collectivités subissent de la part du gouvernement une double peine. Tout d’abord, la décentralisation a conduit à un transfert de charges de l’État vers les collectivités sans que cela donne lieu à un transfert de recettes correspondantes. Ainsi, une diminution des dotations de 11 milliards d’euros est prévue entre 2013 et 2017 en application du Pacte de stabilité  [2].

Ensuite, les collectivités risquent de devoir prendre en charge un surcoût de l’ordre de 15 milliards d’euros au titre des emprunts toxiques. En effet, le gouvernement est en train de faire voter par le Parlement un projet de loi scandaleux dont l’objet est de faire supporter par les collectivités et les contribuables les conséquences de la spéculation des banques  [3].

De quoi s’agit-il  ?

Début 2013, l’État a créé la Société de financement local (SFIL), une structure à 100 % pu- blique chargée de reprendre l’encours des prêts aux collectivités de la banque Dexia en fail- lite, dont 8,5 milliards de prêts toxiques. Or depuis quelques mois, plusieurs décisions de tribunaux ont condamné les banques assignées par les collectivités, en particulier sur le motif d’un taux effectif global (TEG) absent ou erroné dans les contrats. Pour contourner cette jurisprudence qui s’impose à la SFIL comme aux banques, le gouvernement a conçu un projet de loi scélérat visant à valider rétroactivement les contrats d’emprunt illégaux. Voté en procédure accélérée au Sénat le 13 mai dernier par le PS et EELV, ce texte va être pro- chainement présenté devant l’Assemblée nationale.

Vous évaluez à 59 % du total la partie illégitime de la dette. Quels sont les critères que vous utilisez  ?

Nous avons calculé que, si au cours des trente dernières années, l’État avait maintenu cons- tante la part de ses recettes dans le PIB au lieu de s’appauvrir du fait de cadeaux fiscaux injustifiés, et s’il s’était financé à un taux raisonnable au lieu d’engraisser les banques pri- vées, il aurait disposé de 1077 milliards d’euros supplémentaires (les 488 et 589 milliards d’euros cités précédemment), un montant qui représente 59 % de sa dette publique actuelle.

Six ans après 2008, aucune vraie réforme bancaire n’a eu lieu et la dette continue d’être payée. Qu’est-ce que vous préconisez dans le rapport  ?

La pseudo-réforme de Moscovici a concerné entre 0,4 % et 0,7 % des activités des banques aux dires des banquiers, c’est dire sa portée dérisoire. Le rapport préconise l’annulation de tout ou partie de la dette illégitime combinée à la mise en place d’un impôt exceptionnel progressif sur les 10 % les plus riches. On propose également d’obliger les banques à souscrire un quota de titres de la dette publique.

À ton avis, quelles sont les mesures immédiates que devrait prendre un vrai gouver-nement de gauche par rapport à la dette publique et à la finance  ?

De mon point de vue, les mesures immédiates doivent aller à l’essentiel et tirer les consé- quences de la situation révélée par l’audit. Tout d’abord, il faut annuler la totalité de la dette jugée illégitime, naturellement en prenant soin de veiller à la protection des petits porteurs et des structures publiques le cas échéant. Ensuite, il faut socialiser l’intégralité du système bancaire en créant un véritable service public bancaire. À la différence d’une nationalisation, la socialisation place les banques sous contrôle citoyen avec un partage de décision entre les dirigeants, les élus locaux ainsi que les représentants des salariés, des clients, des associations et des instances bancaires nationales et régionales.

Cette question est à mes yeux le cœur du problème. Dans un article du Guardian le 9 juin dernier  [4], commentant notre rapport d’audit, Razmig Keucheyan ne dit pas autre chose lorsqu’il écrit au sujet de notre proposition de socialisation du secteur bancaire: «Cela, bien sûr, est la partie la plus difficile, là où des éléments de socialisme sont introduits en plein cœur du système.» Comme le préconise Sud BPCE, mon syndicat, cette socialisation doit concerner non seulement les banques de détail mais également les banques d’affaires. Ce sont ces grandes banques, les banques de financement et d’investissement (BFI), qui sont pour l’essentiel à l’origine de la crise de 2007-2008 du fait des produits spéculatifs qu’elles ont conçus et commercialisés pour en tirer tous les profits avant de laisser les États et les contribuables en supporter les pertes colossales. Celui qui douterait du bien-fondé et de la nécessité de socialiser ces banques d’affaires n’a qu’à ouvrir son journal et consulter la rubrique «Fraudes, scandales et faits divers» pour s’en convaincre.

Aujourd’hui, l’urgence est la transition écologique qui doit être au cœur de notre projet poli- tique et mobiliser l’essentiel de nos moyens financiers. Or, seules de grandes banques socialisées qui n’ont pas le profit et la spéculation comme alpha et oméga peuvent mener à bien un tel projet, pas des banques privées détenues par des actionnaires véreux, des mar- chands d’armes ou des sociétés comme Total ou Monsanto qui mettent à sac la planète et affament les peuples. Propos recueillis par Henri Wilno 26 juin 2014

[1] Pour lire le rapport  : http://www.audit-citoyen.org/ ?p=6291

Un groupe de travail du Collectif pour un Audit citoyen de la dette publique a publié en mai un rapport  [1] qui vise à répondre à une série de questions essentielles: d’où vient la dette? A-t-elle été contractée dans l’intérêt général, ou bien au bénéfice de minorités déjà privilégiées? Qui détient ses titres? Peut-on alléger son fardeau autrement qu’en appau-vrissant les populations? Nous avons interrogé Patrick Saurin, porte-parole de Sud-BPCE et membre du CADTM (comité pour l’annulation de la dette du Tiers monde) qui a participé au groupe de travail.

* Paru dans l’Hebdo L’Anticapitaliste – 248 (26/06/2014). http://www.npa2009.org

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28 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Grèce: contre la casse, les résistances se poursuivent (npa)

TINTIN-en-GRECE--G20

Après des élections témoignant de la colère de la population, le Premier ministre a changé quelques têtes au gouvernement… pour mieux continuer sa politique et donc continuer à foncer vers la catastrophe !

Signe de l’épuisement du personnel politique bourgeois, Samaras a nommé à l’économie un ancien des années Simitis (le « Rocard grec »), et comme porte-parole une dirigeante de la droite, Sophia Voultepsi…

Sans surprise, la fuite en avant s’accentue : vente – peu fructueuse pour le moment – de biens publics comme les plus beaux fronts de mer en vue d’opérations immobilières ; vente de ports, et non des moindres : une partie du port du Pirée est concédée à la société chinoise Cosco (Samaras se vantant de la grande amitié offerte par la Chine), et celui de Salonique devrait suivre ; vente de l’ancien aéroport d’Athènes, alors que la population réclame qu’il en soit fait des espaces verts…

Par contre, la privatisation de l’eau vient d’être stoppée à Athènes par un arrêt du Conseil d’État, et une très forte mobilisation se construit à Salonique. De cela, la presse internationale parle un peu, sans mentionner les luttes populaires contre ces privatisations : longue lutte en banlieue sud pour libérer l’accès à la plage confisqué par des boîtes de nuit, lutte des dockers pour garder le caractère public des ports, etc.

Offensives contre les travailleurEs  Les attaques contre les droits des travailleurEs du public comme du privé s’accentuent. Le secteur public a été laminé : en cinq ans, les effectifs ont diminué de 250 000 personnes, atteignant aujourd’hui 590 000, et les rémunérations ont baissé de 35 %. En dehors des départs en retraite non remplacés, le dispositif est celui de « l’évaluation / mobilité forcée / disponibilité », véritable antichambre du chômage.

De plus, un projet abject voudrait faire baisser les salaires des enseignantEs les moins diplômés… pour augmenter ceux des plus diplômés ! Dans le privé, une loi force les magasins à rester ouvert le dimanche, et même lors de certaines fêtes nationales, alors que la population n’a pas un sou à dépenser ! Les armateurs, eux, acceptent d’aider leur patrie : d’accord pour embaucher des marins grecs… mais, pour cela il faut casser les conventions nationales, trop favorables aux travailleurs !

Actions, coordination Les luttes (re)démarrent : nettoyeuses du ministère de l’Économie (depuis 9 mois) (1), employéEs des universités, etc. En cette fin juin, les mobilisations sont encore fortes : ces derniers jours, il y a eu une grande manifestation des retraitéEs ; Au Pirée, enseignantEs et parents se sont rassemblés contre la poursuite des fusions d’écoles. Samedi 21 juin, divers secteurs en lutte (compagnie de l’eau, nettoyeuses, enseignantEs, travailleurEs de l’ex-radio télévision publique…) ont appelé à un rassemblement contre la « disponibilité » et les licenciements , contre la privatisation.

Face à une direction syndicale confédérale (GSEE) aux abonnés absents, les syndicats de base et divers regroupements lancent des initiatives. Ces actions, en se coordonnant, peuvent redonner confiance à d’autres secteurs dans un contexte de mobilisation difficile.

Hebdo L’Anticapitaliste – 248 (26/06/2014) D’Athènes, A. Sartzekis
1 – http://www.npa2009.org/content/grece-solidarite-avec-la-lutte-des-nettoyeuses-du-ministere-des-finances

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27 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Cour des comptes: un arbitre?

 medef

Juge et partie au service des exploiteurs

La Cour des comptes, présidée par le « socialiste » Migaud, est inquiète : le gouvernement a programmé 50 milliards de coupes dans les dépenses publiques entre 2015 et 2017, mais les économies à réaliser sont « encore peu documentées », voire « incertaines »…

C’est pourquoi la Cour se croit autorisée à sortir de son rôle traditionnel (celui de con- trôler la régularité des comptes publics) pour faire ses recommandations dans un rapport publié le 17 juin. Et le message est clair : terminées les petites économies, il va falloir frapper fort ! La Cour rappelle perfidement que le gouvernement n’a pas atteint sa cible de déficit public en 2013 (4,3 % du PIB contre 3 % prévu en décembre 2012) et qu’il échouera proba- blement encore en 2014 avec un déficit d’au moins 4 % du PIB. « L’objectif de déficit pour 2014, déjà révisé à la hausse en mai, risque d’être dépassé ».

Pour atteindre les objectifs 2015-2017, la Cour préconise d’agir principalement sur la masse salariale et les prestations sociales : les fonctionnaires devront travailler plus (hausse de la durée effective du travail) pour gagner moins : le gel de l’indice ne suffira pas, il faudra également baisser les primes, revoir les règles d’avancement, etc.

Les effectifs de la fonction publique devront être réduits (de 30 000 postes par an) contrairement à l’engagement de Hollande : « gel des effectifs des ministères jugés prio- ritaires et poursuite de la baisse dans les autres ». Les malades seront moins bien soignés ou moins bien remboursés : développement de la chirurgie ambulatoire, frein mis aux ana- lyses médicales, rationnement des transports de patients, réduction des indemnités de congé maladie, etc.

Ils préparent la conférence sociale… Mais la Cour oublie de répondre à la question sui- vante : pourquoi dépenser des sommes folles (plus de 200 millions de budget de fonc- tionnement, sans compter les très hauts salaires des magistrats) pour entretenir un organisme qui débite chaque année le catéchisme patronal ?

La Cour des comptes met donc la pression sur le gouvernement à la veille de l’ou- verture de la conférence sociale (7-8 juillet), qui doit discuter de la mise en œuvre du Pacte de responsabilité. Si le gouvernement persiste à vouloir offrir 40 milliards d’allègement d’im- pôts et de cotisations au patronat d’ici 2017, il devra suivre les bons conseils de la bande à Migaud.

Alors qu’il est plus affaibli que jamais, miné par les divisions, menacé par le dévelop- pement des luttes, le seul atout du gouvernement sera la politique des directions syndicales qui, à des degrés divers, risquent fort d’accompagner la mise en place de ce pacte de classe.

Elles annoncent toutes leur participation à la conférence sociale. Aux anticapitalistes d’anticiper cette nouvelle régression en agissant dans tous les milieux militants pour la rupture du dialogue social et pour un plan de bataille pour affronter le gouvernement.

Gaston Lefranc Hebdo L’Anticapitaliste – 248 (26/06/2014)

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23 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Bilan emploi du pacte: 60 000 chômeurs! (alsace)

pierre g

C’est le ministère des Finances qui le reconnaît: le cocktail «baisse des charges sur les entreprises» et «réductions des dépenses» détruit plus d’emplois qu’il n’en crée !

Créer des emplois: c’est l’objectif du Pacte de responsabilité et de solidarité, affirme le Pre- mier ministre. Et il le redira sans doute demain à l’Assemblée, lors du débat sur le projet de loi de finances rectificative, qui porte une partie des mesures de ce Pacte.

C’est Mesange qui le dit Le problème, c’est que le ministère des Finances dit le contraire : les baisses de charges et d’impôts du Pacte devraient certes créer environ 190 000 emplois à la fin 2017; mais les réductions de dépenses qui contribuent à son financement en sup- primeront 250 000 dans le même temps. Le solde est donc négatif, avec la suppression de 60 000 emplois !

Ces chiffres proviennent de la direction du Trésor et son modèle d’évaluation Me- sange. Ils sont publics depuis la mise en ligne, hier, du rapport de Valérie Rabault (PS, Tarn-et-Garonne) sur le projet de loi de finances rectificative.

«Effet récessif» Le Pacte, écrit Valérie Rabault, aurait «pour effet de rehausser l’activité de 0,6 point à l’horizon 2 017 et de créer 190 000 emplois». Cela pour la partie positive, les baisses de charges et d’impôts. Reste l’autre face du Pacte, les 50 milliards de réductions de dépenses de l’État, des collectivités locales et de la protection sociale: ils auraient «un impact récessif sur la croissance de 0,7 % par an en moyenne entre 2015 et 2017, et pourraient entraîner la suppression de 250 000 emplois à l’horizon 2017».

La rapporteure générale Valérie Rabault affirme qu’elle «soutient le gouvernement». Mais elle réclame de veiller aux «contreparties» demandées aux entreprises en termes d’emplois, et de mieux doser le cocktail de «mesures d’économies et mesures de relance ».

41 frondeurs… et plus? Autant d’arguments pour les «frondeurs», qui contestent depuis deux mois le déséquilibre du Pacte: trop pour l’offre, pas assez pour la demande. Dans cet esprit, ils proposent par exemple avec Jean-Marc Germain un effort sur les emplois d’avenir ou sur les investissements, quitte à diminuer le volume de baisses des charges – en vain, pour l’instant.

La fronde avait fédéré, fin avril, 41 députés socialistes, qui s’étaient abstenus sur le plan d’économies défendu par Manuel Valls. Le Premier ministre s’est depuis juré de réduire leur nombre au minimum sur les deux textes de lois qui portent ce Pacte: le projet de finan- ces rectificative (PLFR) présenté demain à l’Assemblée, et son équivalent sur la sécurité sociale (PLFRSS), qui arrive le lundi suivant. Mais il faudra retravailler l’argumentaire, si les experts du ministère des Finances continuent de dire que le Pacte fabrique des chômeurs…

Le 22/06/2014 à 05:00 Francis Brochet

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17 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Austérité la pauvreté alimentaire progresse en france (basta)

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Moins de 3,5 euros par jour pour manger

Plus de 8 millions de personnes sont considérées comme pauvres en France, soit 13,5 % de la population totale. Ces personnes en situation précaire souffrent de la faim et peinent à bénéficier d’une aide alimentaire par manque d’information.

C’est ce qu’affirme un rapport de Médecins du Monde publié le 12 juin. Sur les 346 patients interrogés par l’ONG, dont 97 % de migrants dans sept centres de soins en France entre avril et mai, une personne sur deux déclare ne pas manger «souvent» ou «parfois» à sa faim. Les deux tiers dépensent moins de 3,5 euros par jour pour se nourrir. Cette somme se réduit à moins de 2 euros pour les personnes à la rue, en squat ou survivant dans des bidonvilles.

Un tiers des très pauvres n’ont pas accès à l’eau courante

«Les besoins d’aide alimentaire sont en forte augmentation avec la crise qui sévit depuis ces dernières années», observe Médecins du Monde. En 2010, plus de 3,5 millions de person- nes ont ainsi bénéficié de l’aide alimentaire pour pouvoir subvenir à leurs besoins (+ 25 % par rapport à 2008). Néanmoins, près de la moitié des personnes interrogées ne connais- sent pas l’existence des structures d’aide alimentaire. Pour elles, les journées sans repas sont habituelles. Ainsi, plus de 50 % des adultes et 20 % des enfants n’ont pas mangé pen- dant au moins une journée entière au cours du dernier mois. Un tiers des personnes inter- rogées déclarent ne pas avoir accès à un réseau d’eau.

Les contraintes budgétaires auxquelles doivent faire face ces populations les orientent bien souvent vers une alimentation défavorable à leur santé. Plus de 3 personnes sur 10 présen- tent au jour de l’enquête une pathologie chronique ou aigüe en lien possible avec une mau- vaise alimentation, «telles que le diabète, l’obésité, les maladies cardiovasculaires, l’ostéo- porose ou encore certains cancers», note le rapport (Lire notre enquête : L’obésité, une « maladie de civilisation » qui affecte les plus pauvres).

Face à ces constats inquiétants, Médecins du Monde recommande de développer des aides alimentaires adaptées et ciblées, de mieux informer les personnes en situation de grande précarité sur leurs droits et les dispositifs existants d’aide alimentaire, et de faciliter l’accès à l’eau et à l’hygiène.

Mettre fin aux arrêtés anti-mendicité

Dans un communiqué, la CGT déplore «une situation intolérable au regard de la richesse du pays». «Les nouvelles coupes budgétaires induites par le pacte de responsabilité du gouver- nement vont contribuer à amplifier les inégalités, en impactant les moyens du service public, des associations et surtout des familles et les personnes les plus en difficultés», prévient le syndicat. Ce dernier appuie Médecins du Monde dans sa volonté de «Mettre fin aux arrêtés anti-glanages et anti-mendicité, qui constituent des ressources de dernier recours pour les plus précaires». Plusieurs arrêtés de ce type ont été pris ces dernières semaines dans des villes comme Aulnay-sous-Bois (UMP), Reims (UMP), Périgueux (UMP) ou Hénin-Beaumont (FN). Par Sophie Chapelle 17 juin 2014

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