Archive | Austérité

20 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Concarneau, le Secours populaire croule sous les demandes d’aides (of)

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Le Secours populaire croule sous les demandes d’aides alimentaires.

De 900 personnes l’an dernier, l’association aide cette année plus de 1 400 personnes. Les bénévoles font face.

 » C’est une catastrophe ! » confie Martine Auvray, présidente du comité du Secours populaire de Concarneau. Toutes les semaines, nous voyons entre une et trois nouvelles familles venir nous demander de l’aide. 2/3 des bénéficiaires des aides alimentaires sont des enfants. De plus en plus de personnes qui viennent chercher de l’aide ont un travail mais cela ne suffit plus à nourrir la famille.» Concarneau – 07h01

http://www.ouest-france.fr/concarneau-le-secours-populaire-croule-sous-les-demandes-daides-1726204

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13 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Sages-femmes: des revendications pour toutes les femmes

Sages-femmes: des revendications pour toutes les femmes  dans Austérité cigognes

Les sages-femmes sont en grève illimitée et massive depuis mi-octobre et deux nouvelles journées de manifestations sont prévues les 7 et 13 novembre.

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Leurs revendications sont essentielles pour elles et pour toutes les femmes. Comme elles assurent encore les consultations d’urgence et les accouchements et que les médias relayent peu ce genre de mobilisation, leur mouvement reste peu visible.  Comme toutes les professions « féminines », celle des sages-femmes est dévalorisée et sous-payée. Leurs compétences seraient « naturelles », ne nécessi- teraient pas de formation spécifique et n’auraient donc pas besoin d’être reconnues.

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Statuts et salaires : une non-reconnaissance Pourtant la formation des sages-femmes est aujourd’hui sanctionnée par un master, soit 5 années d’études supérieures ! Elles/ils reçoivent près de 200 heures de formation en gynécologie alors que les médecins généralistes n’en ont que 40.  Depuis 2012, elles/ils peuvent prescrire les contraceptifs, se retrouvent régulièrement à effectuer des actes sous délégation des médecins notamment dans le cadre des IVG, et leurs responsabilités ne cessent d’augmenter. Et pourtant, elles/ils restent assimiléEs à des professions paramédicales et leur salaire de début de carrière à l’hôpital est de moins de 2 000 euros brut par mois.

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Des revendications pour elles, pour nous, les femmes En revendiquant aujourd’hui le statut de praticiens hospitaliers (ce qui peut faire débat) et la revalorisation de leurs salaires, les sages-femmes réclament la reconnaissance de leur métier. Comme c’est déjà partiellement le cas, elles souhaitent suivre les femmes dans les situations « normales », parce qu’être une femme, être enceinte ou accou- cher, ce n’est pas une maladie mais cela implique des soins et des compétences spécifiques. Elles/ils ne demandent pas de remplacer d’autres professions, notamment les gynécologues médicaux puisque en cas de pathologie ou de complications, c’est vers ceux-ci que les femmes sont orientées.

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En améliorant la prise en charge quotidienne des femmes pour tout ce qui a trait à la sexualité, la contraception, les IVG, les infections sexuellement transmissibles, ou les violences faites aux femmes, l’amélioration du statut des sages-femmes doit permettre l’amélioration de la prise en charge de la santé de toutes les femmes.

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Contre les politiques d’austérité et la casse du service public de la santé Dans le contexte actuel de fermeture des centres IVG, des maternités, de la pénurie de médecins et en particulier de gynécologues, avec la loi HPST, on peut légitimement craindre qu’en transférant aux sages-femmes certains actes assumés précédemment par les médecins, l’État cherche à faire des économies sur le dos de la santé des femmes.

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C’est pour cela qu’il s’agit d’inclure les revendications des sages-femmes dans la cadre de la lutte contre les politiques d’austérité et leurs conséquences : abrogation de la loi HPST, pour un service public de la santé à la hauteur des besoins, embauches massives de soignantEs, amélioration de la formation des médecins généralistes sur les questions spécifiques à la santé des femmes, contre la fermeture des CIVG et des maternités, remboursement intégral de toutes les contraceptions et de l’IVG, revalorisation du statut et des salaires des sages-femmes… pour le droit des femmes de choisir pour tout ce qui concerne leur santé, de disposer librement leur corps !

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Elsa Collonges  Lundi 11 novembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 216 (07/11/2013)

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05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Contre l’Europe de la crise et la troïka de l’austérité, on continue! (1)

Contre l’Europe de la crise et la troïka de l’austérité, on continue! (1) dans Austérité rapetous

Depuis plusieurs mois, des mobilisations secouent l’Europe, en particulier les pays du Sud du continent.

Contre la terrible loi de la troïka — Union européenne, BCE et Fonds monétaire international — les peuples portugais et italiens sont descendus dans la rue par dizaines de milliers samedi 19 octobre. Et ce samedi 26 octobre, à l’appel du mouvement « Que la troïka aille se faire voir », les Portugais ont encore largement manifesté dans les rues de Lisbonne pour protester contre la politique de rigueur menée dans tout le pays. Des rassemblements se déroulaient également à Porto et dans une douzaine d’autres villes du pays, à l’appel du mouvement citoyen.
« Il y a une issue : gouvernement à la rue » pouvait-on lire sur certaines banderoles et affiches brandies par la foule réunie à Lisbonne.

Les raisons de la colère ? De nouvelles mesures d’austérité annoncées pour l’année prochaine, dans le cadre du programme de rigueur négocié par le Portugal avec la troïka, en échange d’un prêt de 78 milliards d’euros accordé en mai 2011. Il y a deux semaines, le gouvernement avait présenté un projet de budget prévoyant de nouvelles économies et des recettes supplémentaires de 3, 9 milliards d’euros, l’objectif étant de ramener le déficit public à 4 % du PIB en 2014. Une « petite musique » que l’on connaît bien dans toute l’Europe…

Contre les élites européennes et les gouvernements qui, comme ici, orchestrent les coupes budgétaires et la régression sociale, la mobilisation continue, au Portugal et ailleurs ! L’objet de ce nouveau dossier est de donner quelques éclairages internationaux venus d’Italie, de l’État espagnol et de Grèce.

Dimanche 3 novembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 215 (31/10/2013)

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05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Italie: journées cruciales (2)

Italie: journées cruciales (2) dans Austérité we-wont-pay2-375x248

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Des dizaines de milliers de travailleurs, de jeunes, de gens issus de l’immigration, de militants des mouvements pour la défense de l’environnement ont pacifiquement manifesté dans les rues de Rome durant deux journées extraordinaires de mobilisation, les 18 et 19 octobre.

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Automne 2013, encore un automne de crise, de licenciements, de pauvreté… Un automne qui n’a pas encore vu de grève appelée par les trois principaux syndicats (Cgil, Cisl et Uil), des syndicats qui ont seulement décidé d’une petite grève de quatre heures…

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Le vendredi 18 octobre, la grève générale décidée par les syndicats alternatifs (Usb, Cub et Cobas) a eu des bons résultats, surtout dans les secteurs de la santé et des transports. Plu- sieurs villes ont été bloquées. La participation à la manifestation de Rome a dépassé les prévisions. Il y avait beaucoup de travailleurs du secteur public et privé, des immigrés… À Milan, il y avait un millier de participants, dont des travailleurs du transport issus de l’immigration.

La « trêve sociale » enfin brisée Le lendemain, la manifestation du samedi 19 octobre a été un succès extraordinaire. Des dizaines de milliers de personnes ont défilé pendant plusieurs heures dans un climat de tension et un état de siège voulu par les autorités et alimenté par des médias qui pariaient sur une réédition de la journée du 15 octobre 2011. Dans la rue, il y avait les mouvements organisés dans les réseaux pour le droit au logement et dans les comités qui militent pour l’environnement (No Tav, No Muos…).

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La manifestation s’est déroulé sans incident, ce qui a montré la véritable unité politique des manifestants et des organisateurs. Il y bien eu des moment de tensions : quand les militants de Casapound (un centre social néo-fasciste) ont cherché à attaquer le cortège, sous le regard indifférent de la police ; quand les forces de l’ordre ont chargé une partie des manifestants près du ministère de l’Économie, l’un des principaux responsables du massacre social. Les personnes arrêtés ont été libérées quelques jours après. Après le cortège s’est formée une acampada (un rassemblement) qui a duré plusieurs jours.

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La « trêve sociale » a donc été finalement brisée. Des dizaines et dizaines de milliers de parti-cipants sont descendus dans la rue sans le soutien des appareils syndicaux ou politiques. Dernier grand rassemblement militant, le 15 octobre 2011 avait peut-être été plus massif, mais il y avait eu à l’époque le soutien de la Fiom (syndicat des métallurgistes) et de l’Arci (un réseau d’associations progressistes).

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Le 19 octobre ouvre des perspectives La décision de créer une convergence entre les mani- festations du vendredi et celle du samedi a été très positive. Elle montre la voie à suivre : l’unité de tous les mouvements sociaux en lutte contre l’austérité. La petite grève de quatre heures appelée par la Cgil, Cisl et Uil contre la loi budgétaire est une tentative des appareils syndicaux pour éviter qu’autour des secteurs les plus radicaux se regroupent les travailleurs gravement touchés par la crise et qui, ces dernières années, n’ont pas eu l’occasion de se mobiliser.

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Enfin, disons un mot sur la journée du 12 octobre « en défense de la Constitution ». Cette journée a vu les rues de Rome traversées par un peuple de gauche déçu par le délabrement des forces du mouvement ouvrier, et qui chercherait donc un improbable compromis social. Les promoteurs de cette journée n’ont pas voulu de dialogue avec les initiatives du 18 et du 19, et dans certains cas, ils ont même participé au climat de criminalisation. Leur priorité est le dialogue avec le seul Parti démocrate (centre gauche), mais cela ne signifie pas que les milliers de personnes descendues dans la rue le 12 soient condamnés à cette vaine modération.

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Le mouvement du 19 octobre n’est pas à cette étape suffisant pour bouleverser la donne. Une relation pas encore bien installée avec le mouvement des travailleurs, et une méfiance justifiée envers les syndicats (méfiance qui peut aussi s’étendre vers les syndicats de classe) risquent d’alimenter de fausses divisions. Mais il est toujours possible d’affronter et de dépasser ces problèmes dans la mobilisation de masse plutôt que dans des discussions académiques. Le 19 octobre marque l’ouverture de cette possibilité. De Turin, Gippo Mukendi Ngandu

http://npa2009.org/node/39400

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05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

État espagnol, l’anti-austérité, point central de la lutte des classes (3)

État espagnol, l’anti-austérité, point central de la lutte des classes (3) dans Austérité cartel-mitin-26-11-2010

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Le cycle de luttes ouvert depuis le début de la crise connaît des formes mouvantes, reflet du divorce des organisations traditionnelles de la gauche, en particulier les syndicats, et de la classe ouvrière, ainsi que d’une situation de fragmentation sociale.

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Les syndicats majoritaires n’ont pas eu ces dernières années une stratégie claire de résis- tance face aux attaques. C’est ainsi qu’ont surgi de nouveaux phénomènes qui dessinent les possibles lignes de recomposition de la classe dans un sens historique. L’anticapitalisme militant a besoin de comprendre ces problèmes, limites et potentialités pour pouvoir jouer un rôle dans la période.

Contre le « réformisme passif » Ces évolutions (d’abord les syndicats qui ont appelé aux grèves générales, le Mouvement 15M, et aujourd’hui le mouvement des Mareas) reflètent et encouragent une attitude de résistance. Certes il n’y a pas de victoires, mais pas encore non plus de sentiment généralisé de défaite, et la dynamique de montées et baisses de luttes entretient encore un certain état d’esprit d’indignation.

Cette colère sociale a comme principal adversaire le blocage institutionnel du Parti populaire (PP), qui agit comme un gouvernement « thatchériste », mais elle doit aussi faire face à l’orientation de Izquierda Unida (IU), qui se situe dans une perspective électoraliste et subordonnée à la logique de gestion avec le social-libéralisme (ainsi, en Andalousie, IU gouverne avec le PSOE, assumant les coupes budgétaires, devenant pour IU l’exemple à suivre pour tout l’État).

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L’absence de victoires importantes renforce ce sentiment de « réformisme défensif » et amène une partie importante des gens à penser que nous ne pouvons qu’aspirer à réduire les coupes sombres, pas plus. Nous, les anticapitalistes, nous avons donc besoin de nous implanter davantage et mieux dans les luttes, en transformant notre organisation pour permettre, avec d’autres, des victoires significatives des résistances contre l’austérité.

Des brèches peuvent être ouvertes Ces deux derniers mois, la lutte pour l’éducation publique rassemble tous les secteurs qui refusent les politiques du gouvernement PP. Il ne s’agit pas seulement d’une lutte contre la baisse des budgets dans ce secteur, mais elle constitue aussi une ligne de démar- cation politique. Sa capacité à rassembler un large secteur, à politiser et cristalliser les débats, fait de la lutte pour la santé et l’éducation publique le symbole de la lutte des classes.

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De même, il y a eu durant des semaines une grève illimitée exemplaire dans les îles Baléares, avec un soutien impressionnant, grève qui n’a été défaite que par l’attitude passive des directions syndicales majoritaires qui ne s’en sont pas servies pour étendre le conflit en appelant à une grève générale dans toutes les îles afin d’obliger le gouvernement à négocier avec les enseignants. Sans cette nouvelle erreur des directions syndicales, nous aurions été dans une bien meilleure position pour appeler aux mobilisations pour l’enseignement qui se sont déroulées le 24 octobre. Cependant, cette grève et le soutien populaire massif montrent que des brèches peuvent être ouvertes à travers la pression sur les gouvernements régionaux.

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De plus, nous avons eu la semaine dernière trois jours de grève étudiante combinée avec une grève de toute l’éducation. Il y a eu d’énormes manifestations, dans lesquelles Izquierda Anti- capitalista a joué un grand rôle dans bien des villes, surtout dans le mouvement étudiant où nous coor- donnons mieux notre implantation. Nous avons aussi joué un rôle dans Marea Verde dans certaines provinces et régions.

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De même, nos camarades de Catalogne ont pu ouvrir une brèche dans le débat sur l’indépendance grâce à l’initiative du « Procés Constituent », combinant revendications sociales et nationales, en partant de l’indignation sociale suscitée par la restriction des budgets.

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L’anti-austérité est le point de départ des anticapitalistes pour être en lien avec les sentiments et les expériences de classe, ainsi que pour pousser fortement les résistances vers de possibles ruptures. La réussite de cette politique ouvrira des possibilités pour les révolutionnaires. Ne pas le comprendre ou ne pas nous impliquer dans ces tâches permettraient une recomposition d’un régime pourtant en crise.

De Cadix, Jesús Rodríguez González (traduction Monica Casanova)

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05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Grèce : résistance sociale (4)

Grèce : résistance sociale (4) dans Austérité grece-300x212

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Si récemment on a beaucoup parlé des crimes en tout genre de Aube dorée et de ses liens avec la haute finance (on vient même de trouver chez un armateur, Pallis, des armes et un musée nazi !), l’essentiel — qui nourrit la vermine nazie — reste la misère sociale.

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Le chômage devrait bientôt frapper 30 % des travailleurs. Le gouvernement ose parler d’une baisse à 24 % en 2014, mais les experts européens confirment que la crise va durer, ajoutant que les Grecs doivent s’habituer à vivre ainsi ! Environ 900 000 personnes sur une population de 11 millions sont désormais au chômage depuis plus d’un an, sans aucune perspective. Et le gouvernement semble s’orienter vers la liberté totale de licencier, le déverrouillage intervenu ces derniers temps ne permettant pas de virer assez de travailleurs d’un coup, sauf à se déclarer en faillite.

Des écoles aux universités… Néanmoins, le quotidien est fait de nombreuses résistances, comme on le voit dans le secteur public : dans l’éducation, des luttes ont eu lieu dans les collèges et lycées, pour dire non aux suppressions de postes, aux mutations d’office. Mais la grève, trahie par la direction syndicale en mai, a eu du mal à durer cet automne, même si des lycéens sont entrés en lutte au côté des enseignants.

Il y a aussi les gardiens d’école, mis de fait au chômage, revendiquant pourtant leur rôle face aux dégradations en tout genre : ils viennent de clore un marathon de protestation et même des députés de droite promettent de dénoncer le caractère inconstitutionnel de la mesure, ce qui pourrait ouvrir une porte contre toutes les mesures prises de la sorte ! Les facs sont aussi en ébullition : la même « disponibilité » frappe le personnel administratif, avec en réaction un mouvement de désobéissance qui dure : refus des directions de transmettre au ministère la liste des personnels. Le secteur est au bord de l’explosion !
Bien sûr, d’autres secteurs sont en lutte, le gouvernement droite-Pasok s’apprêtant à mettre en disponibilité 30 000 agents ! Les hôpitaux sont en première ligne, avec calculs technocratiques de rendements par lit ! Ainsi, entre autres exemples, dans la ville martyre anti-nazie de Kalavryta (près de Patras), la population se bat contre la décision de fermer la section des soins pathologiques. Autre secteur important pour le pays, les personnels de l’archéologie se mobilisent contre le manque de crédits pour les fouilles, et contre le risque de privatisation du secteur.

Page noire de l’histoire grecque Dans le privé, de nombreuses luttes dispersées ont lieu. Ainsi, à Chalkis (île d’Eubée), les travailleurs de plusieurs boîtes viennent de s’affronter à la police en voulant occuper la préfecture. Venus de plusieurs entreprises importantes (cimenteries, meubles de bureau…), ils protestent contre les licenciements et contre une pratique du patronat moderne : faire travailler… sans rémunérer ! On a ici l’embryon d’une coordination locale, comme il devrait s’en développer partout !

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Deux luttes restent aussi des références : les employés de la radio télévision publique (ERT) mis à la porte au début de l’été, occupent toujours et diffusent ! Mais les menaces augmentent : neutralisation de leur accès à un satellite, demande de députés de droite de les expulser des locaux… La solidarité devient urgente ! La lutte des habitants de Skouries (nord du pays) contre une nouvelle mine d’or, réprimée comme une action terroriste, gagne aussi en soutien : libération de deux personnes emprisonnées depuis 6 mois, concert de solidarité à Salonique avec 35 000 participants…

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Face à cette résistance, un conseiller du Premier ministre Samaras vient de gaffer, déclarant que la politique de la troïka est une des pages noires de l’histoire grecque ! Gêne bruyante de la droite et du Pasok devant cette justification involontaire des luttes… Une nouvelle occasion pour le mouvement ouvrier d’étendre sa résistance, comme il l’a fait récemment en contraignant la direction de la confédération GSEE — pourtant proche du Pasok — à appeler à une grève générale de 24 heures ce jeudi 6 novembre. D’Athènes,  A. Sartzekis

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05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Lutte des classes: Monique Pinçon-Charlot: «La violence des riches atteint les gens au plus profond de leur esprit et de leur corps» (basta)

Lutte des classes: Monique Pinçon-Charlot: «La violence des riches atteint les gens au plus profond de leur esprit et de leur corps» (basta) dans Austérité e14ceb70-28c8-11e2-9c70-bc84a3d4c660-493x328

Qui sont les riches aujourd’hui ? Quel impact ont-ils sur la société française ?

Pour la sociologue Monique Pinçon-Charlot, les riches font subir au reste de la société une violence inouïe. Une violence banalisée grâce à un renversement du langage : les riches seraient des victimes, menacées par l’avidité du peuple. Elle dénonce un processus de déshumanisation, une logique de prédation, une caste qui casse le reste de la société. Et invite à organiser une « vigilance oligarchique » : montrer aux puissants que leur pouvoir n’est pas éternel.

Basta ! : Qu’est-ce qu’un riche, en France, aujourd’hui ?

Monique Pinçon-Charlot [1] : Près de 10 millions de Français vivent aujourd’hui en-dessous du seuil de pauvreté. Celui-ci est défini très précisément. Mais il n’existe pas de « seuil de richesse ». C’est très relatif, chacun peut trouver que son voisin est riche. Et pour être dans les 10 % les plus riches en France, il suffit que dans un couple chacun gagne 3 000 euros.

Nous nous sommes intéressés aux plus riches parmi les riches. Sociologiquement, le terme « riche » est un amalgame. Il mélange des milieux très différents, et regroupe ceux qui sont au top de tous les univers économiques et sociaux : grands patrons, financiers, hommes politiques, propriétaires de journaux, gens de lettres… Mais nous utilisons délibérément ce terme. Car malgré son hétérogénéité, ces « riches » sont une « classe », mobilisée pour la défense de ses intérêts. Et nous voulons aujourd’hui contribuer à créer une contre-offensive dans cette guerre des classes que mènent les riches et qu’ils veulent gagner.

Pourquoi est-il si difficile de définir cette classe ?

La richesse est multidimensionnelle. Bourdieu parlait très justement de capital – capital économique, culturel, symbolique –, c’est ce qui donne du pouvoir sur les autres. A côté de la richesse économique, il y a la richesse culturelle : c’est le monde des musées, des ventes aux enchères, des collectionneurs, des premières d’opéra… Jean-Jacques Aillagon, président du comité des Arts décoratifs, vient d’être remplacé par un associé-gérant de la banque Lazard. Dans l’association des amis de l’Opéra, on retrouve Maryvonne Pinault (épouse de François Pinault, 6ème fortune de France), Ernest-Antoine Seillière (ancien président du Medef, 37ème fortune de France avec sa famille) [2]…

A cela s’ajoute la richesse sociale, le « portefeuille » de relations sociales que l’on peut mobiliser. C’est ce qui se passe dans les cercles, les clubs, les rallyes pour les jeunes. Cette sociabilité mondaine est une sociabilité de tous les instants : déjeuners, cocktails, vernissages, premières d’opéra. C’est un véritable travail social, qui explique la solidarité de classe. La quatrième forme est la richesse symbolique, qui vient symboliser toutes les autres. Cela peut être le patronyme familial : si vous vous appelez Rothschild, vous n’avez pas besoin d’en dire davantage… Cela peut être aussi votre château classé monument historique, ou votre élégance de classe.

Il existe aussi une grande disparité entre les très riches…

Bernard Arnault, propriétaire du groupe de luxe LVMH, est en tête du palmarès des grandes fortunes professionnelles de France, publié chaque année par la revue Challenges. Il possède 370 fois la fortune du 500ème de ce classement. Et le 501ème est encore très riche ! Comparez : le Smic à 1120 euros, le revenu médian à 1600 euros, les bons salaires autour de 3000 euros, et même si on inclut les salaires allant jusque 10 000 euros, on est toujours dans un rapport de 1 à 10 entre ces bas et hauts salaires. Par comparaison, la fortune des plus riches est un puits sans fond, un iceberg dont on ne peut pas imaginer l’étendue.

Malgré l’hétérogénéité de cette classe sociale, les « riches » forment, selon vous, un cercle très restreint.

On trouve partout les mêmes personnes dans une consanguinité tout à fait extraordinaire. Le CAC 40 est plus qu’un indice boursier, c’est un espace social. Seules 445 personnes font partie des conseils d’administration des entreprises du CAC 40. Et 98 d’entre eux détiennent au total 43 % des droits de vote [3] ! Dans le conseil d’administration de GDF Suez, dont l’État français possède 36 % du capital, il y a des représentants des salariés. Ceux-ci peuvent être présents dans divers comités ou commissions, sauf dans le comité des rémunérations. Cela leur est interdit. Qui décide des rémunérations de Gérard Mestrallet, le PDG ? Jean-Louis Beffa, président de Saint-Gobain, notamment. C’est l’entre-soi oligarchique.

Cela semble si éloigné qu’on peut avoir l’impression de riches vivant dans un monde parallèle, sans impact sur notre vie quotidienne. Vous parlez à propos des riches de « vrais casseurs ». Quel impact ont-ils sur nos vies ?

Avec la financiarisation de l’économie, les entreprises sont devenues des marchandises qui peuvent se vendre, s’acheter, avec des actionnaires qui exigent toujours plus de dividendes. Selon l’Insee, les entreprises industrielles (non financières) ont versé 196 milliards d’euros de dividendes en 2007 contre 40 milliards en 1993. Vous imaginez à quel niveau nous devons être sept ans plus tard ! Notre livre s’ouvre sur une région particulièrement fracassée des Ardennes, avec l’histoire d’une entreprise de métallurgie, qui était le numéro un mondial des pôles d’alternateur pour automobiles (les usines Thomé-Génot). Une petite entreprise familiale avec 400 salariés, à qui les banques ont arrêté de prêter de l’argent, du jour au lendemain, et demandé des remboursements, parce que cette PME refusait de s’ouvrir à des fonds d’investissement. L’entreprise a été placée en redressement judiciaire. Un fonds de pension l’a récupéré pour un euro symbolique, et, en deux ans, a pillé tous les savoir-faire, tous les actifs immobiliers, puis fermé le site. 400 ouvriers se sont retrouvés au chômage. C’est un exemple parmi tant d’autres ! Si vous vous promenez dans les Ardennes aujourd’hui, c’est un décor de mort. Il n’y a que des friches industrielles, qui disent chaque jour aux ouvriers : « Vous êtes hors-jeu, vous n’êtes plus rien. On ne va même pas prendre la peine de démolir vos usines, pour faire des parcs de loisirs pour vos enfants, ou pour planter des arbres, pour que vous ayez une fin de vie heureuse. Vous allez crever. »

Comment s’exerce aujourd’hui ce que vous nommez « la violence des riches » ?

C’est une violence inouïe. Qui brise des vies, qui atteint les gens au plus profond de leur corps, de leur estime, de leur fierté du travail. Être premier dans les pôles d’alternateur pour automobiles, c’est faire un travail de précision, c’est participer à la construction des TGV, à l’une des fiertés françaises. Casser cela est une violence objective, qui n’est ni sournoise ni cachée, mais qui n’est pas relayée comme telle par les politiques, par les médias, par ces chiens de garde qui instillent le néolibéralisme dans les cerveaux des Français. Pour que ceux-ci acceptent que les intérêts spécifiques des oligarques, des dominants, des riches, deviennent l’intérêt général.

Comment cette violence objective se transforme-t-elle en assujettissement ?

C’est une forme d’esclavage dans la liberté. Chacun est persuadé qu’il est libre d’organiser son destin, d’acheter tel téléphone portable, d’emprunter à la banque pendant 30 ans pour s’acheter un petit appartement, de regarder n’importe quelle émission stupide à la télévision. Nous essayons de montrer à quel système totalitaire cette violence aboutit. Un système totalitaire qui n’apparaît pas comme tel, qui se renouvelle chaque jour sous le masque de la démocratie et des droits de l’homme. Il est extraordinaire que cette classe, notamment les spéculateurs, ait réussi à faire passer la crise financière de 2008 – une crise financière à l’état pur – pour une crise globale. Leur crise, est devenue la crise. Ce n’est pas une crise, mais une phase de la guerre des classes sans merci qui est menée actuellement par les riches. Et ils demandent au peuple français, par l’intermédiaire de la gauche libérale, de payer. Et quand on dit aux gens : « Ce n’est quand même pas à nous de payer ! », ils répondent : « Ah, mais c’est la crise »

Pourquoi et comment les classes populaires ont-elles intégré cette domination ?

C’est une domination dans les têtes : les gens sont travaillés en profondeur dans leurs représentations du monde. Cela rend le changement difficile, parce qu’on se construit en intériorisant le social. Ce que vous êtes, ce que je suis, est le résultat de multiples intériorisations, qui fait que je sais que j’occupe cette place-là dans la société. Cette intériorisation entraîne une servitude involontaire, aggravée par la phase que nous vivons. Avec le néolibéralisme, une manipulation des esprits, des cerveaux, se met en place via la publicité, via les médias, dont les plus importants appartiennent tous à des patrons du CAC 40.

Sommes-nous prêts à tout accepter ? Jusqu’où peut aller cette domination ?

Dans une chocolaterie qu’il possède en Italie, le groupe Nestlé a proposé aux salariés de plus de cinquante ans de diminuer leur temps de travail [4], en échange de l’embauche d’un de leurs enfants dans cette même entreprise. C’est une position perverse, cruelle. Une incarnation de ce management néolibéral, qui est basé sur le harcèlement, la culpabilisation, la destruction. Notre livre est un cri d’alerte face à ce processus de déshumanisation. On imagine souvent que l’humanité est intemporelle, éternelle. Mais on ne pense pas à la manipulation des cerveaux, à la corruption du langage qui peut corrompre profondément la pensée. Le gouvernement français pratique la novlangue : « flexi-sécurité » pour ne pas parler de précarisation, « partenaires sociaux » au lieu de syndicats ouvriers et patronat, « solidarité conflictuelle ». Le pouvoir socialiste pratique systématiquement une pensée de type oxymorique, qui empêche de penser. Qui nous bloque.

Les riches entretiennent une fiction de « surhommes » sans qui il n’y aurait pas travail en France, estimez-vous. Menacer les riches signifie-t-il menacer l’emploi ?

Cette menace est complètement fallacieuse. Dans la guerre des classes, il y a une guerre psychologique, dont fait partie ce chantage. Mais que les riches s’en aillent ! Ils ne partiront pas avec les bâtiments, les entreprises, les autoroutes, les aéroports… Quand ils disent que l’argent partira avec eux, c’est pareil. L’argent est déjà parti : il est dans les paradis fiscaux ! Cette fiction des surhommes fonctionne à cause de cet assujettissement, totalitaire. Quand on voit le niveau des journaux télévisés, comme celui de David Pujadas, il n’y a pas de réflexion possible. En 10 ans, les faits divers dans les JT ont augmenté de 73 % !

Certains se plaignent d’une stigmatisation des « élites productives ». Les riches ont-ils eux aussi intériorisé ce discours, cette représentation ?

Notre livre s’ouvre sur une citation extraordinaire de Paul Nizan [5] : « Travaillant pour elle seule, exploitant pour elle seule, massacrant pour elle seule, il est nécessaire [à la bourgeoisie] de faire croire qu’elle travaille, qu’elle exploite, qu’elle massacre pour le bien final de l’humanité. Elle doit faire croire qu’elle est juste. Et elle-même doit le croire. M. Michelin doit faire croire qu’il ne fabrique des pneus que pour donner du travail à des ouvriers qui mourraient sans lui ». C’est pour cela que cette classe est tout le temps mobilisée : les riches ont sans cesse besoin de légitimer leur fortune, l’arbitraire de leurs richesses et de leur pouvoir. Ce n’est pas de tout repos ! Ils sont obligés de se construire en martyrs. Un pervers narcissique, un manipulateur, passe en permanence du statut de bourreau à celui de victime, et y croit lui-même. C’est ce que fait l’oligarchie aujourd’hui, par un renversement du discours économique : les riches seraient menacées par l’avidité d’un peuple dont les coûts (salaires, cotisations…) deviennent insupportables. On stigmatise le peuple, alors que les déficits et la dette sont liés à la baisse des impôts et à l’optimisation fiscale.

Depuis que le parti socialiste est au pouvoir, qu’est-ce qui a changé ? Y a-t-il eu des améliorations concernant cette violence des riches que vous dénoncez ?

On ne peut pas parler d’amélioration : nous sommes toujours dans un système oligarchique. Nos dirigeants sont tous formés dans les mêmes écoles. Quelle différence entre Dominique Strauss-Kahn et Nicolas Sarkozy ? Je ne suis pas capable de vous le dire. L’histoire bégaye. Un exemple : le secrétaire général adjoint de l’Élysée est actuellement Emmanuel Macron, qui arrive directement de la banque d’affaires Rothschild. Sous Nicolas Sarkozy, ce poste était occupé par François Pérol, qui venait aussi de chez Rothschild. Les banques Lazard et Rothschild sont comme des ministères bis [6] et conseillent en permanence le ministre de l’Économie et des Finances. La mission de constituer la Banque publique d’investissement (BPI) a été confiée par le gouvernement à la banque Lazard… Et la publicité sur le crédit d’impôt lancé par le gouvernement a été confiée à l’agence Publicis. Qui après avoir conseillé Nicolas Sarkozy conseille maintenant Jean-Marc Ayrault. On se moque de nous !

Pierre Moscovici et François Hollande avait promis une loi pour plafonner les salaires de grands patrons [7]. Ils y ont renoncé. Pierre Moscovici a annoncé, sans rire, qu’il préférait « l’autorégulation exigeante ». Des exemples de renoncement, nous en avons à la pelle ! Le taux de rémunération du livret A est passé de 1,75 % à 1,25 %, le 1er août. Le même jour, Henri Emmanuelli, président de la commission qui gère les livrets A [8], a cédé au lobby bancaire, en donnant accès aux banques à 30 milliards d’euros supplémentaires sur ces dépôts. Alors qu’elles ont déjà reçu des centaines de milliards avec Nicolas Sarkozy ! Elles peuvent prêter à la Grèce, au Portugal, avec un taux d’intérêt de 8 ou 10 %… Avec le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE), entré en vigueur le 1er janvier 2013, c’est encore 20 milliards d’euros de recettes fiscales en moins chaque année, offerts aux entreprises, et qui plombent le déficit public de façon absolument considérable.

Le Front national a un discours virulent contre les « élites » françaises. N’avez-vous pas peur que votre analyse soit récupérée par l’extrême-droite ?

Nous ne disons pas que les politiques sont « tous pourris », comme le fait le FN. Nous proposons une analyse en terme de classes, pour donner à voir des mécanismes sociaux. Nous cherchons à dévoiler le fonctionnement de cette caste qui casse le reste de la société, dans une logique de prédation qui va se poursuivre dans une spirale infernale. Le Front National désigne comme bouc émissaire l’immigré ou le Rom, donnant en pâture ce qui est visible. Le Rom est d’ailleurs devenu un bouc émissaire transversal à l’échiquier politique, depuis la gauche libérale avec Manuel Valls jusqu’au Front National. Si on doit pointer précisément un responsable à la situation actuelle, c’est plutôt une classe sociale – les riches – et un système économique, le néolibéralisme. Puisqu’il faut des formules fortes : le banquier plutôt que l’immigré !

Vous parlez dans votre ouvrage d’une guerre des classes qui n’est pas sans visage. N’y a-t-il pas un enjeu justement à « donner des visages » à cette classe, comme vous le faites ?

C’est une nécessité absolue. Il faut s’imposer d’acheter chaque année ce bijou sociologique qu’est le palmarès du magazine Challenges. Et s’efforcer d’incarner, de mettre des visages sur cette oligarchie… C’est une curiosité nécessaire, les gens doivent être à l’affût de cette consanguinité, de cette opacité, de la délinquance financière. Nos lecteurs doivent se servir de notre travail pour organiser une « vigilance oligarchique » : montrer aux puissants que leur pouvoir n’est pas éternel, empêcher ce sentiment d’impunité qu’ils ont aujourd’hui, car ils savent que personne n’ira mettre son nez dans leurs opérations financières totalement opaques.

Nous avons aussi expérimenté des visites ethnographiques dans les quartiers riches, pour vaincre nos « timidités sociales ». Se promener dans les beaux quartiers, leurs cinémas, leurs magasins, leurs cafés, est un voyage dans un espace social. Il faut avoir de l’humilité pour accepter d’être remis à sa place, ne pas se sentir à l’aise, se sentir pauvre car vous ne pouvez pas vous payer une bière à six euros. Mais c’est une expérience émotionnelle, existentielle, qui permet des prises de conscience. Une forme de dévoilement de cette violence de classe. Par Agnès Rousseaux 5 novembre 2013

http://www.bastamag.net/article3432.html

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25 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Hier, grève générale de l’éducation en Espagne

Hier, grève générale de l'éducation en Espagne dans Austérité 2013_10_24_photo01

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25 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Le FMI revient à la charge avec les mesures qui provoquent des émeutes de la faim (cadtm)

Le FMI revient à la charge avec les mesures qui provoquent des émeutes de la faim (cadtm) dans Austérité fmi

L’homme du FMI

Quelques jours avant l’assemblée générale annuelle du FMI et de la Banque mondiale, qui s’est tenue du 11 au 13 octobre 2013 à Washington, le FMI est revenu à la charge.

Concrètement, en Espagne, après avoir proposé une baisse de salaires qui a provoqué une réaction inhabituelle |1| , il réclame désormais de réduire la liste des produits et services considérés basiques ou de première nécessité qui bénéficient des taux réduits de TVA. Il s’agit bien du même remède qui pro- voqua les fameuses émeutes de la faim, aussi appelées « émeutes FMI », au Sud de la planète, quand le prix du pain ou de l’essence montait d’un coup en une nuit jusqu’à des prix inabordables pour la majo- rité de la population. On peut citer entre autres exemples, le soulèvement connu comme « Caracazo » au Venezuela en 1989, lors de la mise en œuvre d’une mesure du plan du FMI qui a provoqué l’aug-mentation subite du combustible ; ou celui du Pérou en 1991, quand le prix du pain a été multiplié par 12 alors que les salaires amorçaient leur chute ; du Zimbabwe en 2000 ; Argentine, Paraguay et Uruguay en 2001… La liste est aussi longue, que l’est l’histoire du néocolonialisme économique de l’institution de Washington.

En somme, le FMI suit la voie de l’austérité qu’il applique au Sud, où ses politiques échouent depuis des décennies. Au-delà de quelques nouvelles propositions sur les prélèvements, il n’y a rien de nouveau dans l’idéologie de l’institution. Déjà en 1999, dans un rapport sur les Effets des politiques d’ajustement structurel sur la jouissance effective des droits de l’homme, la Commission des droits de l’homme des Nations Unies portait sur les plans d’austérité au Sud ce constat que nous pouvons appli- quer à l’actuelle crise de la dette au Nord :  Malheureusement, aussi bien le FMI que la Banque mon- diale considèrent la gestion de la crise d’endettement comme une activité distincte de la tâche fonda- mentale qui est le développement humain. Une forte croissance du produit national brut (PNB) ou la réduction de l’inflation ne débouche sur le développement qu’à condition de s’accompagner de chan- gements dans la répartition du revenu, de manière à permettre à une plus large proportion de la population de jouir effectivement de ses droits économiques, sociaux et culturels. |2|

L’austérité, un projet politique à échelle internationale Ces politiques d’austérité du FMI, en plus de violer la souveraineté des peuples, anéantissent les droits les plus élémentaires des personnes. La proposition d’introduire un impôt exceptionnel avec un taux de 10% sur le capital de toutes les épar- gnes quel qu’en soit leurs montants, cela pour réduire la dette publique des pays européens au niveau d’avant la crise en 2007, ne doit pas nous induire en erreur.

Bien sur, cela nous rappelle ce qui est arrivé à Chypre, même si dans ce cas il s’agissait d’un taux de 47,5% sur tous les comptes disposant de plus de 100 000 euros. Ceci dit, on a plutôt l’impression d’être face à une attitude désespérée afin d’attirer l’attention pour dissimuler d’autres mesures à venir. De la même manière, quand le FMI affirme qu’il reste de la marge pour augmenter les taux d’imposition des tranches supérieures de revenus, il semble que, devant le chaos que génèrent ses propres mesures, il doive faire semblant d’innover pour que sa politique soit soutenable… et suive le même chemin capitaliste.

D’ailleurs, comme disait le rapport de l’ONU en 1999 déjà cité, il faut comprendre les politiques d’austé- rité bien plus comme un projet politique à échelle internationale : L’ajustement structurel va au-delà de la simple imposition d’un ensemble de mesures macroéconomiques au niveau interne. Il est l’ex- pression d’un projet politique, d’une stratégie délibérée de transformation sociale à l’échelle mondiale, dont l’objectif principal est de faire de la planète un champ d’action où les sociétés transnationales pourront opérer en toute sécurité. Bref, les programmes d’ajustement structurel (PAS) jouent un rôle de « courroie de transmission » pour faciliter le processus de mondialisation qui passe par la libéra- lisation, la déréglementation et la réduction du rôle de l’État dans le développement national. |3|

Le 9 octobre 2013, après la présentation du rapport Taxing Times du FMI, Michael Keen, directeur adjoint du département des finances publiques du FMI, déclara que l’Espagne « n’a pas eu suffisamment recours à la TVA » pour augmenter ses recettes. Il n’aura vraisemblablement pas suffit d’appliquer une hausse de TVA de 13 points, passant de 8 à 21% pour les secteurs de la Culture, des livres ou du matériel scolaire. Les Espagnols apprécieront l’attention particulière du FMI à ce propos. Après deux hausses brutales de l’impôt régressif le plus injuste, d’abord sous le gouvernement du parti dit socialiste (PSOE) et de la droite (PP) ensuite, les recommandations du FMI sont scandaleuses. Ils prétendent soigner la maladie en tuant le patient.

Dans son rapport fiscal d’octobre 2013, le FMI, affiche une soudaine préoccupation pour réduire la dette publique aux niveaux d’avant la crise en 2007, sans pour autant reconnaitre que dans certains cas, et en Espagne en particulier, la dette publique s’est envolée précisément en conséquence du sau- vetage bancaire. En guise de solution, le FMI revient à faire des propositions profondément injustes et erronées, tel l’impôt exceptionnel déjà mentionné de 10% sur l’économie des foyers. |4| Dans son argumentaire, le FMI met en garde contre « les risques des alternatives » à cette proposition, tel que « la répudiation de la dette publique ». Un « risque » qui constituerait plutôt pour nous un premier pas vers une sortie de crise.

Depuis la Plateforme espagnole d’Audit Citoyen de la Dette, nous ne devons pas, nous ne payons pas (Plataforma Auditoría Ciudadana de la Deuda, No debemos , no Pagamos), nous développons des activités afin que les citoyennes et citoyens puissent envisager des alternatives, définir des critères pour qualifier une dette illégitime et en refuser le paiement. Traduction Jérôme Duval et Virginie de Romanet 24 octobre par Jérome Duval , F. Martín

Notes

|1| Jérôme Duval, Fátima Fafatale, Espagne. Le sombre avenir que nous réserve le FMI : Dette, chômage et pauvreté.

|2| Effets des politiques d’ajustement structurel sur la jouissance effective des droits de l’homme, point 6. http://www.cetim.ch/fr/documents/pa…

|3| Nations Unies, Ibid, point 31.

|4| A One-Off Capital Levy ?, in Taxing Times, Fiscal Monitor, FMI, octobre 2013, page 49. http://www.imf.org/external/pubs/ft…

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25 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Grèce : la dégradation sociale se poursuit (Essf)

Grèce : la dégradation sociale se poursuit (Essf) dans AustéritéMerci à la troïka: Commission européenne,  Banque centrale européenne et FMI
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« Un des thèmes de Samaras en 2012 n’était autre que le suivant, traditionnel : si les communistes arrivent au pouvoir, ils prendront vos maisons ».

Avec le retard habituel, l’institut de statistique grec, l’Elstat, a publié début septembre les chiffres du chômage pour le mois de juin 2013.

Le nombre de chômeurs enregistrés s’élève à 1 403 698, soit 174 709 de plus qu’en juin 2012. Par rapport à la population active, le taux a atteint 27,9%. Il se situe officiellement, pour les jeunes entre 15 et 24 ans, à 58,8% et, pour ceux dans la tranche d’âge de 25 à 34 ans, à 37,4%.

Si les médias mettent avant tout l’accent sur Aube dorée et les mesures prises par le gouver-nement, le chômage reste un élément social et politique des plus importants dans la situation grecque. De très nombreux reportages indiquent que des dizaines de milliers de salarié·e·s ne reçoivent pas leur paie depuis trois à six mois.

Les exemples de chômeurs qualifiés auxquels on propose des salaires de 490 euros net pour un travail hebdomadaire de 54 heures sont monnaie courante, comme le sont les reportages de chômeurs de longue durée dont la famille doit vivre de la pension de leurs parents qui ne dépasse pas 500 euros par mois. Un chômeur de 45 ans avec deux enfants décrit une situation pareille et la résume ainsi : « 500 euros pour cinq, et pour le pain seulement je dois dépenser 1,82 euro par jour. » Pour rappel, le salaire minimum est passé de 780 euros à 586 en février 2012. En termes de revenu net, la somme est de 480 à 490 euros mensuels.

Au début octobre, un plan de réorganisation des retraites a été présenté. La retraite de base devrait atteindre le maximum de 360 euros par mois. Elle devrait être complétée par « une assurance vie obligatoire » (de fait un second pilier) à laquelle s’intéresse le groupe d’assurance allemand Allianz. En termes d’accès à la santé, le président du système national de santé (EOPYY), Dimitris Kontos, mem- bre de la Nouvelle Démocratie, a indiqué fin septembre que 3,068 millions de citoyens se trouvaient sans assurance. Des recherches plus approfondies montrent que ce chiffre est sous-estimé, car il n’inclut pas les petits commerçants ayant dû fermer leur commerce ou les travailleurs de la construction qui perdent leur couverture lorsqu’ils ne paient plus leurs contributions suite à la perte de leur emploi. Le chiffre plus proche de la réalité, sans compter évidemment les migrant·e·s, dépasser les 4 millions. Ce chiffre doit être comparé au nombre officiel d’assurés : 6,171 millions.

L’expropriation de logements de personnes n’ayant pas payé leurs impôts immobiliers, qui ont explosé, et/ou ayant d’autres dettes envers l’Etat est un thème débattu au parlement grec actuel-lement. Le rapport entre le montant de la dette et la valeur immobilière suscite de nombreuses interro-gations pour ce qui est soit du transfert du bien immobilier à l’Etat pour effacer la dette, soit du transfert à une troisième partie qui se retrouve avec le restant de la dette à payer, selon la valeur imputée à la propriété. En outre monte une vraie colère parmi les très nombreux propriétaires de logement dont une part importante est incapable de payer les frais de chauffage, cela d’autant plus qu’un nouvel impôt frappe le fioul domestique.

Une récente enquête indique que 44% des ménages grecs ne pourront pas chauffer leur maison cet hiver. Or, ce pourcentage a été établi avant la prise en compte de l’augmentation de l’im- pôt. Il n’est pas difficile d’imaginer les effets du froid sur la santé d’enfants très jeunes ou de personnes âgées. Un des thèmes de Samaras en 2012 n’était autre que le suivant, traditionnel : si les communistes arrivent au pouvoir, ils prendront vos maisons.

C’est sur cet arrière-fond social, tracé à gros traits, qu’il faut resituer le dialogue politique avec Antonis Ntavanellos, dirigeant de SYRIZA et de DEA, publié par ailleurs [1].

Rédaction A l’Encontre 23 octobre 2013 A l’Encontre * http://alencontre.org/

Notes:

 

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