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18 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Austérité et retraites : lourdes menaces

Austérité et retraites : lourdes menaces dans Austérité

Le 3 mai, la commission européenne a donc accepté la demande française :

un délai de deux ans supplémentaires pour ramener le déficit en deçà de 3 % du PIB d’ici à 2015. Cet objectif était l’une des mesures phares du TSCG voté en septembre par la majorité PS-EÉLV… De toute façon, chacun savait l’objectif inatteignable : dans un contexte de récession aggravée, les prévisions de déficit pour 2013 oscillent entre 3, 7 et 3, 9 %. De plus, la rigueur à outrance imposée par la Troïka commence à toucher toute l’Europe, y compris l’Allemagne. Mais attention ! « Cela ne va pas sans contrepartie », a prévenu Van Rompuy, le président du Conseil européen. O. Rehn, le commissaire européen chargé des affaires économiques, a donc exigé de Paris une série d’engagements les plus précis possible en matière de réduction des dépenses publiques, et, surtout, de « réformes structurelles » de la part de Paris. La liste précise des exigences de Bruxelles sera publiée le 29 mai. Mais leurs grandes lignes sont déjà connues.

Les exigences de Bruxelles  Pour la Troïka, les « réformes » à réaliser se déclinent selon trois axes.
Le premier consiste à accélérer la « libéralisation » du marché des biens et des services. EDF et la SNCF sont explicitement visés. L’idée de disloquer la SNCF en trois sociétés distinctes est évoquée avec insistance. Inutile de dire que dans ce cadre, le statut des cheminots, les diverses mesures de subvention du transport public voleraient en éclat. Les grandes manœuvres en cours autour de la réforme ferroviaire vont évidemment dans ce sens.
La seconde direction revendiquée par Barroso and co est la dérégulation du travail. Le vote de la récente loi issue de l’ANI est saluée par Bruxelles. Mais pour la Commission, le compte n’y est pas. L’UE préconise une révision du niveau de protection des contrats temporaires et permanents, de la législation sur les licenciements, « dissuasive » selon le patronat.
Enfin, il y a la question des retraites, à propos desquelles la Commission revendique « un ­financement pérenne ». Rehn suggère à mi-voix un relèvement à 67 ans de l’âge du départ à la retraite, actuellement de 62 ans.

La ligne de mire gouvernementale
À propos des retraites, tout le monde est prévenu : « Un effort sera nécessaire auquel devront participer tous les Français », annonce Touraine, la ministre des Affaires sociales. Effectivement, le chômage, la baisse des salaires creusent les déficits du système. Concrètement, un cocktail de mesures anti­-sociales est en gestation. Est notamment évoquée en premier lieu une nouvelle augmentation de la durée de cotisation pour accéder à une retraite à taux plein. Elle est actuellement à 41 années et demi, et il serait question de l’augmenter jusqu’à 44 annuités. La désindexation des pensions de l’inflation serait aussi en gestation (la mesure a été récemment adoptée pour les retraites complémentaires). Au-delà, des mesures « structurelles » sont en cours de discussion au sein de la commission Moreau. Celle-ci devrait rendre son rapport le mois prochain, pile pour la « conférence sociale » du 20-21 juin !

Le piège
Dans ces conditions, la prochaine « conférence sociale » gouvernement – Medef – syndicats prend une allure de mise en musique des recommandations de l’Union européenne. Cette conférence devrait être centrée sur la question des retraites. Si la faiblesse actuelle du gouvernement l’oblige à avancer avec prudence – deux mois de « concertation » sont prévus –, la direction est sans ambiguïté. Inévitablement, celle-ci accouchera d’un train de mesures anti-sociales et le rôle de la conférence consiste exclusivement à fabriquer du consensus autour des mesures envisagées. Fort justement, Lepaon (CGT) explique que « la question des retraites nécessitera une mobilisation d’ampleur des salariés ». Mais si tel est l’objectif, n’est-il pas nécessaire de refuser la collaboration avec le gouvernement, le « dialogue social » dont on a encore vu les résultats avec l’ANI ? N’est-il pas nécessaire de refuser cette pseudo-concertation ? En tout cas, dès maintenant il est clair que la bataille qui s’ouvre sur les retraites débouchera sur un affrontement avec le gouvernement si nous voulons empêcher ce nouveau recul.
Pascal Morsu  Jeudi 16 mai 2013  Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 195 (15/05/13)

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16 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Retraites : nouvelles attaques en préparation (LO)

Retraites : nouvelles attaques en préparation (LO) dans A gauche du PS retraites_2

Les 20 et 21 juin est programmée la seconde « conférence sociale » organisée par le gouvernement, avec les représentants du patronat et les centrales syndicales. Moins d’un an après la première, elle ne fait qu’annoncer de nouvelles attaques.

L’an dernier, ce sommet fumeux s’était conclu par une partie de la « boîte à outils » chère à Hollande, les emplois d’avenir, un projet d’indexation du smic sur la croissance et même un vague projet de plafonner les rémunérations des grands patrons. En fait, c’était, deux mois après l’élection, une manière de montrer à tous que le gouvernement entendait « négocier »… dans un sens conforme aux intérêts du patronat. C’est maintenant la phase préliminaire à la seconde grand-messe. Et les rencontres du 13 mai à Matignon augurent des prochaines attaques : dans le collimateur des « partenaires », comme dit la presse, se trouvent encore une fois les retraites des travailleurs, actifs ou retraités. Pour ses derniers (mauvais) coups à la tête du Medef, Parisot milite pour l’augmentation des années de cotisation, jusqu’à 43 d’ici 2020, et toujours pour un recul de l’âge légal de départ, à 65 ans minimum à l’horizon 2040. Elle produit à l’appui un argument censé faire peur : 200 milliards de déficit s’accumuleraient d’ici 2020 sur l’ensemble des régimes de retraite. Cependant la présidente du Medef se dit opposée à la désindexation des pensions sur les prix, ce qui nuirait à la consommation, ainsi qu’à l’augmentation des cotisations, surtout patronales bien sûr.

Le Conseil d’orientation des retraites, lui, préconise, comme dit son président, ex-dirigeant d’Elf Aquitaine et de France 2, d’agir sur les trois « leviers » possibles : les cotisations, le niveau des pensions et l’âge de départ.

Quant au gouvernement Hollande-Ayrault, il exclurait, pour l’instant, de toucher à l’âge légal de départ, mais envisagerait… d’allonger la durée de cotisation pour, paraît-il, tenir compte de l’allongement de l’espérance de vie. C’est bien le comble de l’hypocrisie car, avec les réformes précédentes, il faut déjà actuellement avoir commencé à 20 ans, sans interruptions, pour envisager de pouvoir partir en 2015, à près de 62 ans, avec une pension à taux plein. Quant à la statistique qui montre un allongement de la durée de la vie, qui sert à justifier les attaques contre les retraites depuis Sarkozy en 2010, elle concerne combien de travailleurs, usés ou malades, qui parfois n’atteignent même pas l’âge fatidique ? Il n’y aurait pas de problème de déficit des régimes de retraites s’il n’y avait pas des millions de chômeurs, si les salaires – et donc les cotisations – n’étaient pas aussi bas, et si les patrons payaient ce qu’ils doivent. La CGT, par la voix de son secrétaire général, évoque d’ailleurs une mobilisation « à la rentrée » si l’âge légal ou le montant de la retraite est touché. Mais c’est bien plus qu’une rodomontade qui sera nécessaire pour faire reculer le gouvernement sur les mauvais coups qui se préparent contre les retraites des travailleurs. Et c’est dès maintenant qu’il faut préparer une puissante riposte au gouvernement et aux patrons.

Viviane LAFONT

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2337&id=5

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15 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Inégalités : le retour des pharaons (Lmd)

Inégalités : le retour des pharaons (Lmd) dans Austérité idees_noires

« Les inégalités ont toujours existé », entend-on souvent dire par ceux qui aimeraient banaliser leur flambée.

Certes, mais elles étaient encore plus prononcées du temps des pharaons. Notre modernité s’inspirerait-elle donc du temps de l’Egypte ancienne ? Inde, Chine, Russie, Italie, Etats-Unis, pays du Golfe : l’essor des fortunes et du nombre de milliardaires paraît caractériser l’état des lieux, comme le détaille le dernier numéro du Monde diplomatique. Un dernier exemple vient de nous en être donné dans les entreprises américaines.

Ainsi que le rappelle Business Week (1), qui ne passe pas pour une publication anticapitaliste, le très célèbre théoricien du management Peter Drucker avait théorisé en 1977 qu’une entreprise dans laquelle les écarts de salaires dépassaient un rapport de 1 à 25 voyait ses performances diminuer. Car plus les inégalités se creusent, plus une mentalité individualiste destructrice sape le travail collectif, l’esprit d’équipe et, au final, les résultats de l’entreprise, y compris pour ses actionnaires. Être payé autant en une journée que d’autres en un mois semblait donc représenter la limite à ne pas dépasser. Non pas tant pour les ouvriers et employés qui, en général, ne se font guère d’illusion sur le côté « famille heureuse » de la structure privée qui les emploie (« Ils sont déjà persuadés, écrivait Drucker, que leurs patrons sont des escrocs »). C’est donc plutôt de l’encadrement que les problèmes surgiraient : au-delà d’un certain écart de rémunération, le cynisme gagne, le cœur à l’ouvrage se perd, l’absentéisme s’envole.

Logiquement, Business Week a donc voulu savoir quelle était la situation actuelle aux Etats-Unis.

C’est peu de dire que l’écart de 1 à 25 est pulvérisé. J. C. Penney, qui vend des chemises et des pantalons bon marché, permet aussi à son patron de ne pas se soucier de faire des économies vestimentaires. Chaque jour, la rémunération de Ronald Johnson correspond en effet à plus de six années de salaire d’un de ses employés. Car l’écart va de 1 à 1 795 entre la paie annuelle du premier (53,3 millions de dollars) et celle du vendeur moyen (vraisemblablement une vendeuse…), de J. C. Penney (29 000 dollars). A Abercrombie (2), médaille d’argent de l’iniquité, l’écart va de 1 à 1 640. Parmi les autres « lauréats » de ce classement, Starbucks est cinquième (écart de 1 à 1 135). Et Ralph Lauren, Nike, Ebay, Honeywell, Walt Disney, Wal-Mart et Macy’s se disputent les vingt premières places. A Intel, centième (et dernier) de la liste, l’égalité n’est pas tout à fait réalisée non plus, mais l’écart n’est « que » de 1 à… 299 (3).

Bien sûr, certains vont trouver injuste de mettre sur le même plan la rémunération d’un « capitaine d’industrie » — forcément brillant, talentueux, innovant — avec celle d’un de ses employés qui, lui, n’aurait d’autre souci dans la vie que d’obéir. L’étude d’une autre publication, tout aussi peu subversive que Business Week, risque par conséquent de les décontenancer. Consacrant un dossier détaillé aux « Entreprises plus fortes que les Etats », L’Expansion (mai 2013) a cette fois comparé la rémunération des patrons du privé avec celle de responsables politiques de premier plan, à qui il arrive peut-être, à la Maison Blanche ou à l’Elysée, de prendre des décisions qui ne sont pas insignifiantes. On apprend alors que M. Tim Cook, patron d’Apple gagne près de 1 000 fois le salaire annuel de son compatriote Barack Obama (378 millions de dollars dans un cas, 400 000 dollars dans l’autre). Et que M. Maurice Lévy, patron (intouchable) de Publicis, s’attribue 127 fois la rémunération de son compatriote François Hollande.

(1) Elliot Blair Smith et Phil Kuntz, «  Disclosed : the pay gap between CEOs and employees  », 6 mai 2013.

(2) L’enseigne de prêt-à-porter s’est encore illustrée récemment, comme le relevait Rue89, par son refus de faire don des vêtements invendus, préférant les brûler.

(3) Le patron d’Intel, Paul Otellini, s’adjuge 17,5 millions de dollars par an, contre 58 400 dollars à son salarié moyen.

mardi 14 mai 2013 http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2013-05-14-Inegalites

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15 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Défense. Lorient construirait bien onze FREMM (LT)

Défense. Lorient construirait bien onze FREMM (LT) dans Antimilitarisme navy-290x300

Le ministère de la Défense a confirmé hier la construction de 11 frégates multi-missions à DCNS Lorient, où l’on craignait que ce nombre soit réduit à huit à la suite des conclusions du Livre Blanc.

Une bonne nouvelle qui n’est cependant pas acquise. Car c’est la future loi de programmation militaire, en cours d’élaboration, qui entérinera le nombre de FREMM de la Marine nationale. Si le chiffre est inférieur à onze, il ne restera plus qu’à espérer des ventes à l’export pour maintenir le plan de charge.

15 mai 2013 à 06h58

http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/france/defense-lorient-construirait-bien-onze-fremm-15-05-2013-2102386.php

Commentaire: Olé! C’est sûr qu’en ces temps de crise, il y a des priorités!

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14 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Contre nos retraites, le gouvernement nous fait le coup du dialogue social

Contre nos retraites, le gouvernement nous fait le coup du dialogue social dans Austérité dialogue

Pour donner un vernis de légitimité à la réforme des retraites qu’il veut faire adopter à l’automne, le gouvernement embringue les organisations syndicales dans une négociation avec le patronat, dans une conférence sociale qui se tiendra 20 et 21 juin.

Le Medef est ravi. La méthode des conférences lui convient à merveille. La première a débouché sur l’ANI devenu loi de flexibilisation du travail qui lui donne entière satisfaction. Laurence Parisot passe à l’offensive. Elle réclame une réforme « sans tabou », un allongement de la durée de cotisation à 43 ans d’ici 2020 et un recul de l’âge légal à « au moins 65 ans à l’horizon 2040 » ! En écho à ces revendications patronales le gouvernement envisage plusieurs pistes dont l’augmentation de la CSG pour les retraitéEs de 6, 6 à 7, 5%, la fin de l’indexation des pensions sur l’inflation et un nouvel allongement jusqu’à 44 annuités de la durée de cotisation nécessaire pour toucher une pension complète.

Ces solutions ne sont pas nouvelles, depuis 20 ans la durée de cotisations n’a pas cessé d’augmenter (de 37, 5 à 41, 5 annuités en 2015) et le niveau des pensions recule. Loin de sauver les retraites elles les détruisent et font le lit des systèmes privés, liés à la finance. Gouvernement et patronat ont, ensemble, un plan de bataille pour imposer un nouveau recul. Face à eux il faut refuser le piège du dialogue social. Il faut discuter d’un plan pour une contre-offensive face à cette politique entièrement dévouée au Medef contre les salariés.

Montreuil, le 14 mai 2013

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14 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Ferroviaire : une réforme au service des patrons

Ferroviaire : une réforme au service des patrons dans Austérité dvd-la-bataille-du-rail

Le gouvernement vient de lancer officiellement une réforme ferroviaire.

Sur la base des rapports Bianco et Auxiette, elle vise à préparer l’ouverture à la concurrence dans le transport ferroviaire de voyageur, ainsi qu’à diminuer le coût du travail des cheminots. Elle s’articulerait autour de deux axes : l’éclatement de la SNCF en trois entreprises, ainsi que la remise en cause de la réglementation du travail SNCF.

Explosion de l’entreprise publique
Le gouvernement a communiqué sur la réintégration de Réseau Ferré de France (propriétaire du réseau, créé en 1997) à la SNCF. Ce serait une bonne nouvelle, vu que les dysfonctionnements entre RFF et la SNCF sont nombreux et génèrent une gabegie financière importante. Le problème, c’est que Bianco et Auxiette ne proposent pas la réunification du système ferroviaire… mais son explosion en trois ­entreprises ! La première entreprise serait un Gestion- naire d’infrastructure unifié (GIU), qui regrouperait RFF, les aiguilleurs et les cheminots de l’entretien des voies, soit un total de 50 000 cheminots. Elle serait propriétaire des 30 000 km de voies ferrées, mais aussi des 35 milliards d’euros de dette du ferroviaire. Son rôle serait la gestion et l’entretien des voies et l’attribution des horaires. Le GIU concentrerait ainsi les activités non rentables et lourdes en investissement, et serait censé s’autofinancer en imposant des péages aux entreprises qui utilisent le réseau.
La seconde entreprise serait constituée du reste des activités SNCF (faire rouler des trains et les commercialiser) plus rentables et donc plus facilement privatisables, surtout à l’heure où Ayrault envisage une baisse de la participation de l’État dans des entreprises publiques… La troisième entreprise (dite « établissement-mère ») serait une holding constituée par les directions Stratégie et RH, et qui serait le donneur d’ordres unique des deux autres entreprises.
Cet éclatement de la SNCF en trois entreprises aurait des conséquences dramatiques. Cela dégraderait encore le fonctionnement global du système ferroviaire et ferait encore augmenter le coût des péages. Cela diviserait encore un peu plus les travailleurs du rail et affaiblirait notre capacité à riposter ensemble.

Organisons la riposte
Aujourd’hui, la réglementation du travail est différente selon que l’on travaille pour la SNCF ou pour une entreprise privée (dans le fret ou les travaux). Pour le patronat et la direction SNCF, il s’agit de mettre en place une convention collective commune à tous. Le hic, c’est qu’ils veulent aligner (vers le bas) les conditions de travail des 155 000 cheminots du public sur celles des 3 000 du privé : moins de repos annuels, amplitudes horaires plus élevées, plannings de travail plus flexibles…  Avec cette réforme, on veut affaiblir le service public et diviser les cheminots. Pour résister, il faudra construire l’unité des travailleurs du rail (public et privé) sur les mêmes revendications : l’extension du statut et de la réglementation du travail SNCF à tous les cheminots, du privé comme du public ; la réintégration de RFF dans la SNCF, et le retour au monopole public du ferroviaire, avec expropriation de toutes les entre-prises ferroviaires privées dans une seule et unique SNCF sous contrôle des cheminots et des usagers. Cela passera sans doute par une grève massive, reconductible, active, et dans toutes les entreprises ferroviaires, qu’il faut commencer à préparer dès maintenant.

Secrétariat cheminot du NPA Mardi 14 mai 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 194 (08/05/13)

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14 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Le gouvernement grec supprime par décret le droit de grève des enseignants (Avanti.be)

Le gouvernement grec supprime par décret le droit de grève des enseignants (Avanti.be) dans Austérité lacombe160508b-300x297

Le gouvernement grec a remis ce lundi un ordre de « mobilisation civile » à tous les professeurs de l’enseignement secondaire par lequel il interdit la grève dans ce secteur. Les enseignants ont demandé le soutien des deux principaux syndicats afin de pouvoir la mener à bien.

Le conflit ouvert entre le gouvernement et les enseignants s’est durci ce week-end avec la décision de l’exécutif d’empêcher à tout prix une grève enseignante prévue pendant les examens nationaux des étudiants de la fin du secondaire pour leur entrée à l’université. Le Premier ministre Antonis Samaras a signé un décret ce samedi après midi par lequel il ordonne la « mobilisation civile » des enseignants du secondaire, ce qui signifie qu’en cas de désobéissance à leurs obligations professionnelles ils peuvent être emprisonnés et licenciés. Le syndicat des enseignants (OLME) a critiqué la décision du gouvernement et envoyé une demande aux deux plus grands syndicats, la Confédération générale des travailleurs (GSEE) et la Confédération des employés publics (Adedy), pour les inviter à organiser une journée de grève générale ce vendredi, date à laquelle sont prévus les examens.

L’OLME a également annoncé qu’elle a introduit un recours au Conseil d’Etat contre la mesure prise par l’exécutif, en affirmant que ce décret est inconstitutionnel et qu’il contrevient à la législation nationale et européenne en matière de grève puisque la « mobilisation civile » est conçue pour des périodes de guerre ou après des évènements extrêmes comme des catastrophes naturelles. En outre, le syndicat organise aujourd’hui une manifestation face au Parlement qui sera renforcée par une appel de soutien lancé par le syndicat communiste, PAME, et par les marques de solidarités d’organisations sectorielles comme, parmi d’autres, les médecins d’hôpitaux, les employés municipaux et les étudiants.

Le principal parti d’opposition, Syriza, a estimé que l’attitude du Premier ministre est irresponsable et dangereuse car « les explosions sociales se produisent quand on use de méthodes dictatoriales ». Il a exigé la dérogation du décret ainsi que la recherche de solutions négociées entre le gouvernement et les enseignants. Le Parti communiste de Grèce (KKE), pour sa part, a remis en question la légitimité de la décision de Samaras et condamné « l’application de la doctrine préventive de la loi et de l’ordre contre le peuple travailleur ». Il a appelé les citoyens à s’unir contre « les politiques inhumaines dans l’enseignement qui vont de paire avec l’oppression de l’Etat et l’autoritarisme ».

Source : Librered

http://www.librered.net/?p=26677
Traduction française pour Avanti4.be

http://www.avanti4.be/actualite/article/le-gouvernement

Grèce : solidarité avec les enseignants (Essf)

La « Troïka intérieure » a décidé de rallonger de 2h hebdomadaire minimum le temps de travail des enseignants du second degré, et d’envoyer des milliers d’enseignants « combler les trous » loin de chez eux. Motifs de ces mesures anti-pédagogiques : faire travailler plus et gagner moins, mais aussi « dégraisser le mammouth », ce lieu commun du libéralisme, avec comme effet le licenciement de 10 000 profs remplaçants ou à salaire horaire. Et bien entendu attaquer un des syndicats les plus présents dans les mobilisations de rue contre le mémorandum.

Les trois partis du gouvernement ont choisi leur moment pour cette opération :

un peu avant les examens de Terminale, sorte de concours dont la préparation coûte et argent aux familles (cours privés généralisés) et stress aux élèves puisqu’il s’agit d’un concours déterminant pour savoir dans quelle fac du pays on pourra rentrer. Avant même que l’appel de la direction nationale d’OLME ait été approuvé par les structures locales, le gouvernement s’organise pour réquisitionner les enseignants et a déjà transformé les journalistes en petits soldats du discours officiel : samedi 11 mai, sur la chaîne publique, un « débat » opposait 7 journalistes … tous d’accord pour condamner l’action d’OLME ! Et le ministre de l’Éducation ose s’inquiéter des problèmes psychologiques créées chez les élèves par cet appel à la grève… Indécence d’un gouvernement dont la politique pousse des centaines de personnes à des tentatives de suicide.

Du côté d’OLME, le président (tendance parti de la droite) reste ferme sur la grève, pour la dignité des enseignants, ceux qui resteront et ceux qui demain pourraient être licenciés. OLME, qui appelle la confédération du privé GSEE et la fédération du public ADEDY à une grève nationale de soutien le 17 mai, aurait dû préparer cette action plus en lien avec les élèves et les familles. Pour autant il est indispensable de soutenir de toutes nos forces une lutte qui s’annonce dure et aux conséquences très importantes.

SARTZEKIS Andreas

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11 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Slovénie : un maillon faible, pour qui  ?

Slovénie : un maillon faible, pour qui  ? dans Austérité slovenia-bailout-recession-austerity

La Slovénie (membre de l’UE depuis 2004 et dotée de l’euro depuis 2007) a été présentée comme le prochain maillon faible de la zone euro après Chypre.

En réalité, la crise est exploitée pour tenter de mettre fin à de puissantes résistances sociales et pour impulser, avec de nouvelles privatisations, l’austérité sociale, sur arrière fond de corruption et fraude fiscale.

Quelle crise  ?

La Slovénie a connu une récession majeure en 2009 (– 8 %) avec une nouvelle chute en 2012 (– 2,5 %), le taux de chômage dépassant aujourd’hui 11 %. Cette ancienne république yougoslave de deux millions d’habitants a subi de plein fouet l’impact de la crise bancaire et de la récession européennes de 2008. Mais elle a aussi été affectées par une bulle immobilière (comme en Espagne, ou plus à l’Est, en Hongrie, Croatie ou Monténégro) et par des montages de crédits transfrontaliers se révélant «  toxiques  ». Le soutien de l’État aux banques et entreprises en difficulté a fait passer le déficit public annuel à quelque 6 % du PIB depuis 2009, faisant «  flamber  » la dette publique depuis trois ans. Pourtant, cette dette reste en dessous de 50 % du PIB, bien loin des normes européennes. Mais la «  règle d’or  » est brandie pour imposer des réformes des retraites et du code du travail – avec la promesse de ramener le déficit budgétaire en-dessous de 0, 5 % du PIB d’ici 2015.

La nouvelle Première ministre slovène Alenka Bratužek de «  centre-gauche  » a rejeté toute comparaison avec la situation de Chypre  : le secteur bancaire slovène n’est pas «  surdimensionné  » et la Slovénie n’est pas non plus un paradis fiscal. Au contraire, attaché à sa récente indépendance, le pays a plutôt été défiant envers la libre circulation des capitaux, au point que les institutions financières considèrent sa «  transition  » inachevée et que le FMI prône de réaliser enfin les réformes structurelles pour «  aller plus loin  ».  L’enjeu réel du bras de fer à venir est là  : les résistances aux préceptes néo-libéraux et à l’austérité sociale, exprimées massivement au cours de l’hiver 2012, seront-elles en mesure de rebondir et de se consolider pour imposer un contrôle social sur les comptes des entreprises, des banques, de l’État, en lieu et place de celui de la Troika  ?

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L’exception slovène

Derrière la «  modération  » des destructions sociales en Slovénie, il y a eu depuis le début de l’indépendance slovène en 1991, une accumulation de luttes. L’exception slovène est là  : les anciens syndicats officiels, transformés en une Confédération des syndicats libres ZSSS et associés en front unique avec de nouveaux syndicats, ont maintenu un rapport de forces contre des projets anti-sociaux [1]   : si la restauration capitaliste a bien eu lieu, un certain nombre de mesures néo-libérales ont été ralenties, infléchies ou bloquées. C’est surtout à partir de 2002, sous pression des exigences des institutions financières et de la commission européenne, que les privatisations se sont accentuées, et avec elles les montages financiers (que les capitaux soient «  nationaux  » ou étrangers), le clientélisme et la fraude fiscale. Bref, la «  normalité  » de l’appât du gain gangrénant tous les partis.

À l’arrière plan des manifestations, outre l’accumulation des résistances organisées par les syndicats, s’est formé un autre creuset de radicalisation, tourné vers la jeunesse, et les catégories sociales non organisées par les syndicats  : la Workers & Punks’ University (WPU), université parallèle autogérée établie en 1998, lieu de formation critique face à la crise globale capitaliste, de réappropriation du passé révolutionnaire et autogestionnaire, de liens balkaniques [2] et d’insertion dans les résistances alter-mondialistes. La position charnière de la «  petite  » et si riche Slovénie dans les Balkans et dans l’euro-zone est essentielle à l’émergence d’une Autre Europe.

SAMARY Catherine 8 mai 2013
Notes

[1] Lire les articles d’Inprecor  : Lucien Perpette et J.M. (n° 511-512 nov.-déc. 2005) ; Lucien Perpette et Chris Den Hond (n°532-533 nov.-déc. 2007) ; Jacques Radcliff (dernières nouvelles 2011) ; Lucien Perpette (février 2013) sur www.inprecor.fr et disponible aussi sur ESSF

[2] Lire les articles  : «  Les Roumains refusent l’austérité  » (Tout est à nous  ! n°134) ; «  Bulgarie  : tensions électriques  » (Tout est à nous  ! n°188), et différents articles sur les Balkans, notamment «  le Forum social des Balkan, une chance pour l’Autre Europe  », sur www.europe-solidaire.org

* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 194 (08/05/13).

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09 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Gouvernement et entreprises : l’hymne à l’amour

Gouvernement et entreprises : l'hymne à l'amour dans Austérité capitaliste-a

La première année du quinquennat Hollande a été marquée par ses reniements incessants et ses « preuves d’amour » en faveur du Medef. Mais ce n’était pas suffisant, Hollande a donc déclaré sa flamme.


Un an après l’élection de Hollande, loi après loi, force est de constater que le gouvernement Hollande-Ayrault a été fidèle et attentionné… aux desiderata du patronat. Les 20 milliards de cadeaux fiscaux ou la loi dite de « sécurisation de l’emploi » en sont des illustrations édifiantes. Mais cela ne semble pas suffire et le 30 avril dernier lors des « assises de l’entrepreneuriat », Hollande a continué à engraisser les « pigeons » en distribuant de nouveaux cadeaux fiscaux, et vanté les louanges de l’entrepreneuriat dès le plus jeune âge.

Les patrons qui vendent leur entreprise ou les actionnaires qui cèdent leurs actions seront désormais taxés sous le barème de l’impôt sur le revenu, mais ils bénéficieront d’un abattement suivant la durée de la détention de leur part. Pour une détention inférieure à deux ans, aucun abattement ne s’appliquera, le prélèvement sera de 44 %. Pour une détention comprise entre deux et huit ans, un abattement de 50 % sera appliqué et pour une détention à plus de huit ans, l’abattement sera de 65 %. Une progressivité pour « inciter les investisseurs à garder leurs actions plus longtemps »…

Et cerise sur le gâteau, un régime incitatif s’appliquera aux actionnaires de PME de moins de dix ans, aux personnes partant en retraite, aux « jeunes entreprises innovantes » et aux cessions intrafamiliales. Avec une déduction d’impôt de 50 % entre un an et quatre ans, de 65 % entre quatre ans et huit ans, et de 85 % pour une détention supérieure à huit ans… Et pour les patrons partant en retraite, une ristourne fiscale supplémentaire de 500 000 euros sera appliquée. Ce « choc de simplification » fiscal, appliqué aux entrepreneurs qui n’ont pas les moyens de délocaliser leurs profits dans les paradis fiscaux, coûtera entre 200 et 300 millions d’euros qui s’ajouteront aux 750 millions déjà obtenus par les « pigeons » indignés l’automne dernier. Le manque à gagner de l’État sera compensé par les augmentations de TVA ou d’impôts sur le gas-oil que paieront les salariés, les retraités, les chômeurs.

La mesurette
Pour tenter de nous faire avaler cette nouvelle pilule, Hollande propose dans le même temps une loi dite « Florange » pour obliger les patrons des entreprises qui souhaitent fermer un site de le céder à un repreneur, une loi que le candidat Hollande avait promise mais mise aux oubliettes depuis un an. En regardant de plus près ce projet, il s’agit d’obliger les employeurs d’entreprises de plus de 1 000 salariéEs qui veulent fermer un site de plus de 50 salariéEs à rechercher un repreneur.  Et si malgré les amis de l’employeur qui siègent au tribunal de commerce, il n’a pas pu démontrer son effort à rechercher un repreneur, il pourra être condamné à une amende dont le montant minimum n’a même pas été fixé. Autant dire que Varin, Mittal et tous leurs amis du Medef pourront continuer tranquillement leur sale besogne.  Si toutefois il arrive à terme, ce projet de loi bien minimaliste est loin de représenter le moindre petit pas vers la revendication qu’exigent la saignée sociale et les luttes de ces derniers mois : l’interdiction des licenciements, de tous les licenciements.  Hollande reste bel et bien le président du patronat.

Sandra Demarcq Jeudi 9 mai 2013

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04 mai 2013 ~ 0 Commentaire

Portugal : un nouvel avril  ?

Portugal : un nouvel avril  ? dans Austérité troika-300x286

C’est sur un air de «  si on recommençait  ?  », en référence à la Révolution des œillets d’avril 1974, que 50 000 manifestantEs ont défilé ce jeudi 25 avril dans les rues de Lisbonne, dans un joyeux méli-mélo.

En tête, une délégation de Grandola, ville symbole de cette Révolution. Dans l’ensemble du Portugal, des manifestations de masse, inégalées, ont chanté avec rage et détermination Grandola, Vila Morena, la chanson qui a marqué cette Révolution des œillets qui a débarrassé le Portugal de la dictature. Aujourd’hui, c’est d’une autre dictature que les Portugais veulent se débarrasser, celle de la Troïka.

À Lisbonne, l’essentiel de la manifestation était composée d’une multitude de petits groupes, associations, assemblées de quartier, lieux autogérés, etc. nés avec le mouvement «  Lixa a Troïka  » (littéralement «  Nique la Troïka  »), mouvement déjà à l’origine de la mobilisation du 2 mars dernier qui avait réuni 1, 5 million de participantEs.

S’émanciper des frontières, construire un mouvement international
La manifestation, structurée autour de revendications spécifiques (féminisme, écologie, antiracisme, précarité, contre les licenciements, etc.), était très combative, avec une tonalité anticapitaliste marquée. Le principal slogan du Bloco (plus grosse force politique présente, avec de nombreux jeunes) repris par tout le monde était  : «  Governho Passos Rua  » (dehors le gouvernement de Passos). Alexis Tsipras, principal représentant de la coalition grecque Syriza, était présent dans le cortège du Bloco et a participé par la suite à un meeting qui a réuni 500 personnes.

Le lendemain, une assemblée générale à l’initiative de «  Lixa a Troïka  » a regroupé des camarades venant de différents pays  : Portugal, Grèce, État espagnol, Écosse, Italie, Slovénie, Chypre, Irlande, France, Allemagne… Nous y avons débattu puis adopté un texte centré sur la lutte contre la Troïka et ses politiques d’austérité, ainsi que sur la proposition adressée à l’ensemble des individus et organisations du mouvement social, partis, syndicats, de construire une mobilisation à l’échelle européenne internationale le 1er juin.

de Lisbonne SEGUI Miguel

* Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 193 (01/05/13).

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