Archive | Austérité

07 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Hollande en campagne électorale pour le compte du medef

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Pendant une heure ce matin, « Monsieur Hollande », sur BFM, a repris son sketch du président normal qui discute avec les gens simples…

Il n’a pas pour autant réussi à tromper grand monde tant il a insisté en s’adressant à ses interlocuteurs privilégiés : La France encore la France, pour flatter le nationalisme face à l’électorat de droite tentée par Marine Le Pen, les entreprises encore les entreprises, nom pudique pour désigner les patrons et le MEDEF auxquels Hollande consacre ses efforts et quelques milliards…. Une heure d’un mauvais numéro pour justifier une politique hostile aux classes populaires et vendre des promesses et des vœux pieux.

Face à une gauche de droite, qui fait le lit de la droite et de l’extrême droite il est plus que temps de faire vivre une opposition de gauche anti-capitaliste, ouvrière et populaire, dans les luttes comme dans les urnes. C’est  ce que défendront les candidates et candidats du NPA aux élections européennes sur les listes «  Pour une Europe des travailleur-E-s et des peuples, envoyons valser l’austérité et ce gouvernement ». Montreuil, le 6 mai 2014

http://npa2009.org/node/41312

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07 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Le directeur général de sanofi augmenté de 40% en quatre an (basta)s

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40 % d’augmentation en quatre ans : la rémunération accordée par le groupe pharma-ceutique à son directeur général Christopher Viehbacher ne connaît pas les affres de l’austérité.

Les revenus du DG atteignent 8,6 millions d’euros en 2014, contre 6,1 millions en 2010. 23 700 euros par jour ! Une situation que dénoncent les représentants des salariés. « Les salariés subissent restructuration sur restructuration et un grave recul du pouvoir d’achat pendant que le directeur général et l’ensemble de la direction du groupe perçoivent des revenus exorbitants en constante augmentation », critique la CGT. Le syndicat reproche à la direction de Sanofi d’avoir supprimé 4 000 CDI en cinq ans et d’avoir gelé les augmentations collectives en 2013. En France, Sanofi emploie 28 000 personnes, soit un quart de ses effectifs dans le monde [1].

Le N°3 mondial de la pharmacie a pourtant largement bénéficié du crédit d’impôt : 150 millions d’euros en 2013 selon les chiffres communiqués par la CGT, plus du double qu’en 2008.

« L’argent public est dilapidé en pure perte, car l’entreprise n’a aucun engagement à respecter en termes d’emplois, que ce soit pour le crédit d’impôt recherche (CIR) ou compé- titivité emploi (CICE) », déplore le syndicat (lire aussi notre article sur le pacte de respon- sabilité). L’année dernière, Sanofi avait reversé 70 % de son bénéfice à ses actionnaires (3,5 milliards d’euros), dont le groupe L’Oréal. « Les salariés par leur travail créent les richesses, les actionnaires et dirigeants les dilapident », proteste la CGT. Elle dénonce un « coût du capital » destructeur et craint que de nouveaux emplois disparaissent avec de possibles cessions d’actifs (voir la fiche Sanofi sur l’Observatoire des multinationales).

Par Ivan du Roy 7 mai 2014

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07 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Après s’être augmenté de 29 % en 2013, pierre gattaz se justifie (lm)

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« Quand on crée de la richesse, on la distribue » : c’est par cette formule que le président du Medef, Pierre Gattaz, se justifie, alors que Le Canard enchaîné révèle mardi 6 mai qu’il a perçu, en tant que patron de Radiall, une rémunération en hausse de 29 % en 2013.

Pierre Gattaz, qui dirige l’entreprise de composants électroniques, a ainsi touché 420  000 euros de rémunération en 2013, dont 102 000 euros de part variable. Un paradoxe, souligne l’hebdomadaire satirique, alors que le même homme prône, en tant que représentant du patronat, l’appel à la modération salariale et à l’exemplarité. Sur la même période, les salaires de ses employés n’ont augmenté que de 3,3 %. (…)

Outre la modération des salaires, M. Gattaz avait par ailleurs récemment appelé à l’élaboration avec les syndicats et le gouvernement d’un « Smic intermédiaire temporaire » inférieur au Smic, pour encourager l’embauche de personnes en situation de chômage de longue durée.

« INFORMATION INCOMPLÈTE ET BIAISÉE » (…)

« A peine un journal satirique publie-t-il une information incomplète et biaisée, que voilà la classe politique qui s’en saisit, souvent à contresens », s’est agacé Pierre Gattaz sur son blog. Dans un billet intitulé « Salaires et modération : cessons les fantasmes », le patron des patrons détaille, chiffres à l’appui, que son salaire n’a augmenté que de 3 % et que le reste de sa rémunération est indexée sur le résultat opérationnel du groupe, en hausse de 33,3 % en 2013 : «Au final, ma rémunération en 2013 s’élève donc à 420 k€, dont 102 k€ de variable. Pour mémoire, la limite maximale des salaires des PDG des entreprises publiques a été fixée par l’Etat à 450 k€ (…) Quand j’ai parlé de modération salariale, j’avais précisé qu’elle devait se comprendre en fonction de la situation de l’entreprise. »

Le Monde.fr | 06.05.2014 à 15h09 • Mis à jour le 07.05.2014 à 12h17

http://www.lemonde.fr/economie/article/2014/05/06/apres-s-etre-augmente-de-29-en-2013-pierre-gattaz-se-justifie_4412436_3234.html

Commentaire: Vous n’avez pas compris que ce pauvre homme nous demande de lancer une souscription de 30 000 euros pour lui permettre de rattraper ses collègues du public…

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05 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Ces patrons du CAC 40 dont le salaire a explosé (le huff)

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(…) Selon le quotidien économique (Les Echos), le total des salaires des dirigeants des 40 plus grosses capitalisations françaises a atteint près de 90 millions d’euros en 2013. Cela correspond à 2,25 millions en moyenne par patron, soit « un repli de 2,1% sur les rémunérations dues au titre de 2012″. En cause, la crise bien sûr, qui a eu un impact négatif sur la rémunération variable (autrement dit, les primes) des chefs d’entreprise.

Les patrons de banque à la fête

Mais à y regarder de près, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Avec 4,5 millions d’euros gagnés en 2013, le président du directoire de Publicis, Maurice Lévy, garde peut-être la première place mais ses revenus ont baissé de 6,25%, tandis que son « dauphin » Jean-Paul Agon (PDG de l’Oréal) a gagné plus de 3,9 millions d’euros, soit une augmentation de 1,34%. Mais c’est bien peu par rapport à l’explosion constatée chez certains de ces 40 dirigeants.

Parmi les hausses les plus impressionnantes, on note ainsi celle de la rémunération de Georges Plassat. Le PDG de Carrefour a vu ses revenus croître de quasiment 40% à 3,73 millions d’euros. Le président exécutif d’Airbus, Thomas Enders ou encore le directeur général du Crédit Agricole, Jean-Paul Chifflet, ont connu des hausses similaires avec respectivement 2,87 et 1,97 millions d’euros de revenus en 2013 (soit 37 et 45% d’augmentation. De manière générale, les patrons de banque s’en sont d’ailleurs plutôt bien sortis, au grand dam d’Arnaud Montebourg qui avait jugé leurs rémunérations « indécentes ».

Mais dans ce top 40, la palme revient sans conteste à Jean-François Dubos. Le président du directoire de Vivendi a gagné plus de 1,72 millions d’euros en 2013, soit une progression de plus de 190%. A relativiser tout de même, car celui qui était auparavant secrétaire général de Vivendi n’a pris la présidence du directoire du groupe qu’en juin 2012.

A l’autre bout du spectre, la rémunération du PDG d’EDF, Henri Proglio, a plongé: -65% à 450.000 euros. En cause, soulignent Les Echos, le décret du 23 juillet 2012 plafonnant le salaire des patrons des entreprises publiques.

Le HuffPost  |  Publication: 05/05/2014 13h16

http://www.huffingtonpost.fr/2014/05/05/salaires-patrons-cac40-remunerations-baisse-2013_n_5265668.html?utm_hp_ref=france

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03 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Face aux ravages de l’austérité (al’e)

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Quels sont les principes sur lesquels s’appuient les politiques d’austérité, salariale et budgétaire, menées en Europe ?

Le premier postulat est que l’austérité budgétaire est nécessaire pour résorber les déficits publics. Les économistes de la Commission européenne ont même inventé le concept baroque d’« austérité expansionniste » pour démontrer que des baisses de dépenses publiques pourraient être compensées par un surcroît d’activité dans le secteur privé. En réalité, les politiques d’austérité budgétaire menées partout en Europe n’ont fait qu’étouffer la petite reprise qui se dessinait en 2010 et enfoncer l’Europe dans un contexte récessif.

Le deuxième grand postulat est que la reprise devrait être fondée sur une politique « de l’offre » visant à rétablir la compétitivité par une baisse des coûts du travail direct ou socialisé : gel ou baisse du « coût du travail », un « minimum de salaire minimum », et des réformes dites « structurelles » (flexibilisation du marché du travail, réformes des retraites et « maîtrise » des dépenses de santé).

En France, nous avons eu droit à une réforme des retraites (pour « rassurer » les marchés financiers), une loi sur la « sécurisation de l’emploi » (l’ANI) destinée surtout à sécu- riser le patronat qui prétend qu’il n’embauche pas de peur d’avoir ensuite du mal à licencier. Les ruptures conventionnelles ont explosé, plus de 80 % des embauches se font en CDD (et les deux tiers sur CDD de moins d’un mois!). Le CICE (Crédit emploi compétitivité emploi) puis, plus récemment, le pacte de responsabilité, se traduisent par un cadeau d’au moins 30 milliards aux entreprises, sans contreparties ni conditions, en croisant les doigts pour que cet argent serve à créer des emplois plutôt qu’à augmenter les dividendes. Les cotisations sociales vont être à nouveau « allégées » et totalement annulées au niveau du SMIC. Elles vont même être réduites pour les bas salaires.

Est-ce que cela relance l’économie ? Tout cela n’a jamais fonctionné. Les pertes de parts de marché de la France sont bien réelles mais ne peuvent être expliquées par un « coût du travail » trop élevé, comme le reconnaît même le fameux rapport Gallois. Les 50 milliards de baisses des dépenses publiques annoncées auront un effet sur la croissance, comme les précédentes coupes, elles se traduiront par de nouvelles baisses de recettes. Or 70 % des entreprises françaises répondent à l’Insee qu’elles ont des difficultés de demande ou pas de difficultés. Comme le dit très simplement Jean-François Roubaux, président de la CGPME : « Encore faut-il que les carnets de commande se remplissent ».

Bref, tout cela paraîtrait absurde si l’objectif était vraiment de relancer l’activité et de réduire le déficit public. En réalité, l’objectif immédiat n’est pas vraiment celui-là : il s’agit de profiter de la crise pour appliquer brutalement les politiques néolibérales et rétablir la renta-bilité des entreprises, en jouant à fond le jeu de la concurrence. Cette thérapie de choc est l’une des réponses possibles à la crise : faire payer la facture à celles et ceux qui n’en sont pas responsables et réduire autant que faire se peut l’Etat social.

Quelles alternatives à ce moins-disant social ? Il y a une autre réponse possible qui pas- se par un refus des postulats néolibéraux. Le premier verrou à faire sauter, c’est celui de la contrainte budgétaire : en annulant la partie de la dette qui n’est rien d’autre que le cumul des cadeaux fiscaux passés, « renationaliser » la dette en la finançant ailleurs que sur les mar- chés financiers[1], suivre la suggestion… du FMI d’une taxe à un coup sur les patrimoines des plus riches.

Le second verrou à faire sauter, c’est la ponction actionnariale sur la richesse produite. Sur très longue période, la part des cotisations sociales et celle des dividendes nets varient en sens inverse : la montée de l’Etat social s’était faite au détriment des actionnaires, sa remise en cause se fait à leur profit (voir graphique).

Source : Insee [2]

Source : Insee [2]

Il serait alors possible de créer des emplois selon deux principales voies. Dans le secteur privé, la réduction de la durée du travail a, contrairement au discours patronal, fait ses preuves : près de deux millions d’emplois ont été créés entre 1997 et 2002, une spectaculaire marche d’escalier qui n’a pas été redescendue ensuite. Donc plus d’emplois, moins de dividendes[3].

Dans le secteur public, il faut reprendre la formule de l’économiste américain Minsky qui proposait de faire de l’Etat « l’employeur en dernier ressort »[4]. C’est évidemment incon-cevable pour les partisans de l’austérité, mais il est pourtant facile de faire le calcul suivant : au lieu de faire cadeau à l’aveuglette de 30 milliards aux entreprises, pourquoi ne pas créer un million d’emplois publics ? L’Institut Montaigne, que l’on ne peut soupçonner de minimiser la « charge » des fonctionnaires évalue à 28,3 milliards le coût d’un million d’emplois publics[5]

(Cet article de Michel Husson a été écrit pour le numéro «spécial salaires» de la revue du SNEP-FSU , 10 avril 2014) Publié par Alencontre le 2 – mai – 2014

http://alencontre.org/europe/france/france-face-aux-ravages-de-lausterite.html

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28 avril 2014 ~ 0 Commentaire

L’État fasciste n’est pas la seule forme possible d’état d’exception dans un cadre capitaliste

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Pour toi, il n’y a pas de danger fasciste en Europe aujourd’hui. Tu écris que le scénario fasciste « apparaît bien comme historiquement daté et typé ». Peux-tu expliquer pourquoi ?
On convient volontiers qu’il est impossible de comprendre les mouvements et régimes fascistes que l’on a connus en Europe dans les années 1920-1940 en dehors de la phase historique de développement du capitalisme dont ils ont été les contemporains. Je pense qu’il faut même considérer qu’ils sont indissociables de cette phase. Or celle-ci présente des caractéristiques fort différentes de la phase historique qui est la nôtre, de tous points de vue : celui de la confi- guration des rapports de classes ; celui de la restructuration des appareils d’État rendue nécessaire dans chacune des phases envisagées ; celui des conditions psychosociales (la « mentalité collective ») présidant dans les deux cas à la mobilisation politique des individus.
Pour me limiter au second de ces trois éléments de comparaison, alors qu’il s’agissait dans les années 1920-1940 de passer d’un État libéral à un État interventionniste (et les régimes fas- cistes ont aussi eu cette fonction historique), il s’agit aujourd’hui au contraire d’organiser un relatif désengagement des États à l’égard de leurs tâches de régulation économique et sociale, du moins au niveau national. Alors que les réformes institutionnelles de l’appareil d’État natio- nal entreprises au cours des années 1920-1940 se sont soldées par une concentration du pouvoir au sein de cet appareil, c’est aujourd’hui à sa démultiplication entre des instances supra-nationales (celles de l’Union européenne), nationales et infra-nationales (celles des régions et des grandes métropoles) qu’il s’agit de procéder.

Pourtant, tu soulignes la possibilité d’instauration d’États d’exception dans le contexte de la crise et de l’offensive engagée contre les classes populaires.
En effet, l’État fasciste n’est pas la seule forme possible d’état d’exception dans un cadre capitaliste. Déclarer que les conditions de possibilité du premier ne sont plus réunies aujour- d’hui en Europe ne revient pas à déclarer que toute forme d’état d’exception est exclue à plus ou moins brève échéance. Si, en dépit de la durée et de la gravité de la présente crise, les bourgeoisies européennes ont pu jusqu’à présent faire l’économie d’une telle forme d’État, c’est qu’elles sont restées pour l’essentiel maîtresses de la situation, en conduisant leurs politiques néolibérales de gestion de la crise sans rencontrer d’obstacles ni de résistances majeurs.

Mais différents éléments de cette nature peuvent surgir à l’avenir : une aggravation de l’actuelle crise structurelle, rendant nécessaire un durcissement autoritaire des conditions d’exploitation et de domination du travail salarié ; inversement ou simultanément, un renouveau de la combativité du salariat, sur la base de l’unification tendancielle de ses conditions d’exploi-tation et de domination sur le plan mondial, donnant lieu à la (re)constitution d’un mouvement prolétarien offensif à ce niveau, y compris au sein des formations européennes, plaçant la bourgeoisie sur la défensive ; un fractionnement de l’espace mondial (du marché mondial et du système mondial des États) en différents pôles rivaux (Europe, Amérique du Nord, Amérique du Sud, Chine, Asie du Sud-Est, etc.), impliquant l’exacerbation de la concurrence entre eux, pouvant conduire à des risques d’affrontement militaire, rendant dès lors nécessaire le recours à la manière forte à l’intérieur de chacun de ces pôles tout comme à la mobilisation de la violence vis-à-vis de l’extérieur ; enfin, une aggravation de la crise écologique, rendant invivables des territoires entiers en y produisant des génocides et des migrations massives, raréfiant terres arables, matières premières et sources d’énergie, renforçant tous les facteurs précédents tout en disposant aussi les populations à soutenir des régimes d’état d’exception présentés comme leur offrant une voie providentielle. Il est cependant encore difficile de prévoir les formes que pourrait prendre, dans ces différents scénarios, d’éventuels états d’exception et les voies selon lesquelles ils pourraient voir le jour.

Tu notes aussi que la domination bourgeoise est assez solidement établie pour continuer pour le moment avec les États existants. Mais ceux-ci ne sont-ils pas en train de se transformer progressivement dans le cadre des lois, de façon à contrôler les populations ?
Il est certain que la démultiplication précédemment évoquée des États dans le cadre de l’Union européenne donne lieu à des glissements, souvent insensibles, qui conduisent pour certains à rendre plus formelle… la démocratie formelle qu’ils réalisent. Ainsi les différents Parlements nationaux sont-ils devenus des chambres d’enregistrement et de traduction dans les légis- lations nationales respectives des directives de la Commission européenne, lesquelles sont adoptées dans l’opacité la plus complète et très largement hors du contrôle et des différents conseils et du Parlement européens. C’est une des voies selon lesquelles pourrait se réaliser une forme d’état d’exception en Europe, voie d’ores et déjà ouverte en somme.

Enfin, la situation actuelle en Europe favorise la montée des partis d’extrême droite et, à propos du Front national, tu n’exclus pas qu’il accède au pouvoir en coalition avec une partie de la droite. En définitive, quelle est la fonction de cette extrême droite aujourd’hui ?
La montée de ces partis est un phénomène contradictoire au regard des conditions de repro-duction de la domination bourgeoise. Sans doute, en captant et en confortant le ressentiment de certaines parties des classes populaires, y compris dans le prolétariat, engendré par les effets de la crise capitaliste et des politiques néolibérales ainsi que par l’extrême faiblesse politique actuelle des forces anticapitalistes, ces mouvements contribuent à renforcer cette domination et ils sont fonctionnels en ce sens. Ils détournent ces éléments populaires du com- bat anticapitaliste et leur désignent des boucs émissaires (les immigrés, l’étranger sous toutes ses formes, réelles ou imaginaires) qui divisent les classes populaires.

Simultanément, ces mêmes mouvements « dysfonctionnent » par rapport aux conditions de reproduction de la domination bourgeoise, du moins actuellement. Ils tentent en effet de réa- liser, chacun dans leur État, un bloc nationaliste composé d’éléments du salariat, des classes moyennes traditionnelles et de cette partie du capital national qui ne peut ou ne veut inscrire son avenir dans le mouvement de trans-nationalisation. En ce sens ils contrarient cette der- nière, et leur éventuelle arrivée au pouvoir, en alliance avec une partie de la droite classique, pourrait perturber le processus d’intégration européenne. Reste cependant entière la question de la place et du rôle qui pourraient revenir à ces mouvements dans le cadre de la réalisation de l’une ou l’autre forme d’états d’exception, si de tels États devaient voir le jour en Europe. Ils dépendraient fondamentalement de la forme d’état d’exception qui se réaliserait.

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Alain Bihr, sociologue, est l’auteur de nombreuses études sur les classes sociales et la pensée marxiste. Il a également publié des ouvrages sur le Front national et le négationnisme. Son dernier livre s’intitule les Rapports sociaux de classes (1). Avec lui, nous revenons à la question de l’État, sur fond de montée de l’extrême droite…

Hebdo L’Anticapitaliste – 239 (24/04/2014)

Propos recueillis par Henri Wilno

1 – Éditions Page deux, Lausanne, 2012, 10 euros.

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28 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Le capitalisme est entré dans des logiques d’extraction et de destruction (essf)

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Pour Saskia Sassen, sociologue à Harvard, les chômeurs radiés, les classes moyennes chassées des centres-villes et les écosystèmes dévastés subissent un même phénomène : l’« expulsion ».

Olivier Guez – Dans votre nouveau livre, vous avancez que la mondialisation est entrée dans une phase d’ « expulsion ». Qu’entendez-vous par là ?

Saskia Sassen – Ces deux dernières décennies, un nombre croissant de gens, d’entreprises et de lieux physiques ont été comme « expulsés » de l’ordre économique et social. Des chô- meurs sont rayés des listes de demandeurs d’emploi. Certains travailleurs pauvres ne béné- ficient plus d’aucune protection sociale. Neuf millions de ménages américains ont perdu leur foyer après la crise des sub-primes. Dans les grandes métropoles du monde entier, les « clas- ses moyennes » sont peu à peu chassées des centres-villes, désormais hors de prix. La popu- lation carcérale américaine a augmenté de 600 % ces quarante dernières années. La frac-n turation hydraulique des sols pour extraire le gaz de schiste transforme des écosystèmes en désert – l’eau et le sol sont contaminés, comme si on expulsait de la biosphère des morceaux de vie. Des centaines de milliers de villageois ont été délogés depuis que des puissances étrangères, étatiques et privées, acquièrent des terres aux quatre coins du monde : depuis 2006, 220 millions d’hectares, principalement en Afrique, ont été achetés.

Tous ces phénomènes, sans liens manifestes, répondent-ils, selon vous, à une logique unique ?

En apparence, ils sont déconnectés les uns des autres et chacun s’explique séparément. Le sort d’un chômeur radié n’a bien évidemment rien à voir avec celui d’un lac pollué en Russie ou aux Etats-Unis. Il n’empêche qu’à mes yeux, ils s’inscrivent dans une nouvelle dynamique sys- témique, complexe et radicale, qui exige une grille de lecture inédite. J’ai le sentiment que ces dernières années, nous avons franchi une ligne invisible, comme si nous étions passés de l’autre côté de « quelque chose ». Dans bien des domaines – économie, finance, inégalités, environnement, désastres humanitaires –, les courbes s’accentuent et les « expulsions » s’accélèrent. Leurs victimes disparaissent comme des bateaux coulent en haute mer, sans laisser de trace, du moins en surface. Ils ne comptent plus.

Quelle est la différence entre un « exclu » et un « expulsé » ?

L’exclu était une victime, un malchanceux plus ou moins marginal, une anomalie en quelque sorte, tandis que l’expulsé est la conséquence directe du fonctionnement actuel du capitalisme. Il peut être une personne ou une catégorie sociale, comme l’exclu, mais aussi un espace, un écosystème, une région tout entière. L’expulsé est le produit des transformations actuelles du capitalisme, entré, à mes yeux, dans des logiques d’extraction et de destruction, son corollaire.

C’est-à-dire ?

Auparavant, pendant les « trente glorieuses » en Occident, mais aussi dans le monde com- muniste et le tiers-monde, malgré leurs échecs, la croissance des classes ouvrières et moyennes constituait la base du système. Une logique distributive et inclusive prédominait. Le système, avec tous ses défauts, fonctionnait de cette façon. Ce n’est plus le cas. C’est pour- quoi la petite bourgeoisie et même une partie non négligeable des classes moyennes perdent pied. Leurs enfants sont les principales victimes : ils ont respecté les règles du système et fait consciencieusement tout ce qu’il exigeait d’eux – des études, des stages, pas mal de sacrifices – afin de poursuivre l’ascension sociale de leurs parents. Ils n’ont pas échoué et pourtant le système les a expulsés : il n’y a pas assez de place pour eux.

Qui sont les « expulseurs » ?

Je ne parle pas de quelques individus ni même de multinationales obnubilées par leurs chiffres d’affaires et leur cotation en Bourse. Pour moi, il s’agit de «formations prédatrices» : un as- semblage hétéroclite et géographiquement dispersé de dirigeants de grandes entreprises, de banquiers, de juristes, de comptables, de mathématiciens, de physiciens, d’élites globalisées secondées par des capacités systémiques surpuissantes – machines, réseaux technolo- ngiques… – qui agrègent et manipulent des savoirs et des données aussi composites que complexes, immensément complexes à vrai dire. Plus personne ne maîtrise l’ensemble du processus. La dérégulation de la finance, à partir des années 1980, a permis la mise sur pied de ces formations prédatrices et la clé, ce sont les produits dérivés, des fonctions de fonctions qui démultiplient les gains comme les pertes et permettent cette concentration extrême et inédite de richesses.

Quelles sont les conséquences du paradigme que vous décrivez ?

Amputées des expulsés, travailleurs, forêts, glaciers…, les économies se contractent et la biosphère se dégrade, le réchauffement du climat et la fonte du permafrost s’accélèrent à une vitesse inattendue. La concentration de richesses encourage les processus d’expulsion de deux types : celle des moins bien lotis et celle des super-riches. Eux s’abstraient de la société où ils vivent physiquement. Ils évoluent dans un monde parallèle réservé à leur caste et n’as- sument plus leurs responsabilités civiques. En somme, l’algorithme du néolibéralisme ne fonctionne plus.

Le monde que vous nous décrivez est très sombre. Vous ne forcez pas un peu le trait ?

Je ne crois pas. Je mets en lumière des phénomènes sous-jacents, encore extrêmes pour certains. Et la logique que je dénonce coexiste avec des formes de gouvernance plus policées et plus sophistiquées. Mon objectif est de tirer la sonnette d’alarme. Nous sommes à un mo- ment de basculement. L’érosion des « classes moyennes », acteur historique majeur des deux siècles précédents et vecteur de la démocratie, me préoccupe particulièrement. Sur le plan politique, c’est très dangereux, on le constate partout dès à présent.

Comment résister à ces formations prédatrices ?

C’est difficile: de par leur nature complexe, ces enchevêtrements d’individus, d’institutions, de réseaux et de machines sont difficilement identifiables et localisables. Cela dit, je trouve que le mouvement Occupy et ses dérivés « indignés », voire les printemps arabes ou les manifes-tations à Kiev, malgré des contextes sociopolitiques éminemment différents, sont des réponses intéressantes. Les expulsés se réapproprient l’espace public. En s’ancrant dans un « trou » – toujours une grande place, un lieu de passage – et en mettant sur pied une société locale tem- poraire hypermédiatisée, les expulsés, les invisibles de la mondialisation font territoire. Même s’ils n’ont ni revendications précises ni direction politique, ils retrouvent une présence dans les villes globales, ces métropoles où la mondialisation s’incarne et se déploie. A défaut de viser un lieu d’autorité identifié à leurs déboires – un palais royal, une assemblée nationale, le siège d’une multinationale, un centre de production… -, les expulsés occupent un espace indé- terminé symboliquement fort dans la cité pour revendiquer leurs droits bafoués de citoyens.

Aboutissent-ils, selon vous, à quelque chose ?

Si vous les considérez comme des comètes, la messe est dite, en effet. Moi, j’ai tendance à les assimiler à un début de trajectoire, chaque «occupation» constituant une petite pierre. S’agit-il d’un embryon de chemin ? Je ne sais pas. Mais le mouvement des nationalités au XIXe siècle et le féminisme ont, eux aussi, commencé par petites touches, jusqu’à ce que les cellules dispa- rates finissent par faire leur jonction et former un tout. Ces mouvements finiront peut-être par inciter les Etats à lancer des initiatives globales dans les domaines de l’environnement, de l’accès à l’eau et à la nourriture.

Quel événement pourrait déclencher la « jonction » ?

Une nouvelle crise financière. Elle surviendra, j’en suis certaine. Je passe au crible la finance depuis trente ans : les marchés sont trop instables, il y a trop de données à analyser, trop d’instruments, trop d’argent, l’Occident ne règne plus seul sur les marchés. Je ne sais pas quand cette crise interviendra ni quelle sera son ampleur mais je sens que quelque chose mijote. En fait, nous sentons tous que le système est très fragile.

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Aujourd’hui à Bilbao, la veille à New York, le lendemain au Royaume-Uni : entre deux avions, Saskia Sassen, professeure de sociologie à l’université Columbia, à New York, discourt, débat, provoque. Depuis vingt ans, elle scrute la mondialisation dans toutes ses dimensions – économiques, financières, politiques, sociales et environnementales. Cosmopolite, cette polyglotte née aux Pays-Bas, en 1949, a grandi à Buenos Aires avant d’étudier en France, en Italie et aux Etats-Unis. Elle publie ces jours-ci, aux Etats-Unis, Expulsions (Harvard University Press). A lire : Expulsions. Brutality and Complexity in the Global Economy de Saskia Sassen (Harvard University Press, 280 p.) A paraître le 5 mai 2014.
Entretien avec Saskia Sassen conduit par Olivier Guez * Entretien publié dans le quotidien Le Monde en date du 26 avril 2014.

 

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22 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Européennes: marea granate s’invite au meeting du ps (politis)

Le réel a fait irruption au meeting de lancement de campagne du PS pour les européennes. Cette réunion, organisée en cercle restreint au Cirque d’hiver en présence de Martin Schulz, candidat du PSE à la présidence de la Commission européenne, et de très nombreux dirigeants, cadres et militants socialistes, ronronnait doucement jusqu’à ce qu’Elena Valenciano, vice-présidente du PSE et n° 2 du PSOE monte à la tribune.

Dans les tribunes, cinq jeunes gens du mouvement Marea Granate interpellent alors, dans sa langue, la tête de liste du parti socialiste espagnol et attirent ainsi l’attention des quelques 1 500 personnes présentes sur la banderole qu’ils viennent de déployer.

Silence gêné de l’assistance, qui ne bouge pas, incrédule. À côté de moi, j’entends un des membres de l’organisation souhaiter que le service d’ordre éclipse « gentiment » les perturbateurs. Il faudra toutefois près d’une minute pour que quelques-uns de ses membres parviennent jusqu’à eux. Ces derniers n’opposent aucune résistance. Mais continuent à interpeller l’oratrice. Et, vingt secondes plus tard, la banderole est entre les mains d’un membre du service d’ordre, roulée.

Elena Valenciano, issue du parti de Zapatero, à l’initiative de la première purge budgétaire espagnole en 2010, leur a bien lancé que tous les présents étaient « ici pour défendre une Europe de l’emploi et de la croissance ». Mais elle et ses camarades auront bien du mal à en convaincre les électeurs.

http://www.politis.fr/Europeennes-Marea-Granate-s-invite,26655.html

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13 avril 2014 ~ 0 Commentaire

L’illégitimité de la dette est encore plus criante lorsqu’on est une femme (cadtm)

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La dette et les mesures d’austérité ne sont nullement neutres du point de vue du genre. Toute analyse quelque peu approfondie de la crise de la dette démontre sans ambi- guïté qu’elle est sexuée tant dans ses caractéristiques que dans ses effets. De fait, elle touche les populations les plus fragilisées, les plus précaires et donc encore malheureusement majo- ritairement les femmes, et plus particulièrement celles qui sont les plus vulnérables (les mères célibataires, les femmes jeunes, âgées, migrantes, les femmes provenant d’une minorité eth- nique, du milieu rural…). Privatisations, libéralisations, restrictions budgétaires au menu de l’austérité sabrent les acquis sociaux des femmes, accentuent leur pauvreté, durcissent et aggravent les inégalités entre les sexes.

Des pertes d’emplois et de revenus nets pour les femmes La fonction publique est dans la ligne de mire directe de l’Europe austéritaire. Suppression d’emplois publics, gel et/ou dimi- nution des salaires des fonctionnaires constituent les variables d’ajustement favorites des politiques imposées au nom de la gestion de la dette. Or, comme au sein de l’Union euro- péenne 69,2% |1| des travailleurs de la fonction publique sont des femmes, ces mesures ont un effet disproportionné sur leur emploi et revenus |2|. (…)

A titre d’exemples |4|, en Irlande, pays où le taux d’emploi féminin parmi les fonctionnaires est le plus élevé en Europe (71,1%), 24 750 emplois publics ont été supprimés, les embauches sont gelées et les salaires réduits de 5 et 15%. L’Angleterre, où les femmes composent pas moins de 64,65% des salarié-e-s du secteur public, prévoit quant à elle de supprimer 710 000 postes de fonctionnaires d’ici 2017. Il faut ajouter à ces licenciements drastiques le gel depuis 2010 des salaires des employé-e-s de la fonction publique gagnant plus de 21 000£/an (c’est-à-dire plus de 25 036€/an). La Lettonie, qui compte 64,7% de femmes dans la fonction publique, a réduit de 20% l’effectif des fonctionnaires de l’administration centrale et baissé de 20% les salaires. Les professeurs dont 80% sont des femmes touchent des salaires de 30% inférieurs à ceux pratiqués en 2008.

Des pensions toujours plus faibles pour les femmes La retraite est un facteur d’inégalité hommes-femmes. En Europe, les retraitées touchent en moyenne 39% |5| de moins que leurs homologues masculins. Cet écart s’explique par un marché du travail structurellement iné- galitaire : les femmes touchent généralement une rémunération inférieure à celles des hom- mes, leurs carrières professionnelles sont non linéaires faites d’emplois à temps partiels, irré- guliers, atypiques voire informels et bien souvent ponctuées d’arrêts de travail, notamment pour raisons familiales. Or, qui dit carrières en dents de scie, dit pensions rabotées, discri- minantes par rapport à celles des hommes. Ainsi, toutes les attaques contre le système de retraites au menu des plans d’austérité, allant de la baisse et/ou du gel des pensions à l’aug- mentation de l’âge de la retraite et à l’alignement de l’âge de départ à la retraite des femmes sur celui des hommes dans les pays où existe une différence, le tout parfois associé à un allongement des durées de cotisations nécessaires pour toucher une pension pleine, touchent les femmes en premier lieu.

En Allemagne, où les femmes touchent des retraites de 44% inférieures à celles des hommes, le montant des pensions est gelé depuis 2011. Si les femmes autrichiennes (dont la retraite est de 34% inférieure à celle des hommes) pouvaient toucher leur pension à 57 ans, elles doivent désormais, depuis cette année, attendre leurs 60 ans. En Italie (où la pension des femmes est de 31% inférieure à celles des hommes), elles sont contraintes depuis 2012 à continuer de travailler jusqu’à 65 ans. En Roumanie, l’âge de la retraite pour les femmes passe de 57 à 63 ans et les pensions sont réduites de 15%. Les retraitées deviennent inexorablement l’un des groupes les plus exposés au risque de pauvreté. Pas moins de 22% |6| d’entre elles vivent sous le seuil de pauvreté au sein de l’Union européenne. Alors qu’elles ont travaillé toute leur vie, certaines d’entre elles vivent l’enfer d’une vieillesse démunie.

Les femmes au cœur de la destruction de la protection sociale Partout en Europe, au nom des économies à réaliser pour gérer la « crise de la dette », les budgets de protection sociale subissent des restrictions draconiennes : diminutions des allocations de chômage, des allocations sociales, des aides aux familles, des allocations de maternité, des prestations aux personnes dépendantes, etc. Ces coupes affectent particulièrement les femmes dans la me- sure où parce qu’elles assument encore le rôle de responsables principales de la famille et sont souvent précaires financièrement, elles sont plus dépendantes des allocations sociales que les hommes. Du fait que les prestations et allocations sociales constituent une part non négligeable du revenu des femmes en comparaison avec les hommes |7|, ce sont elles qui sentent le plus douloureusement les effets de leur diminution dans leur vie de tous les jours. Les groupes les plus vulnérables sont les mères célibataires, les femmes âgées et les migrantes.

En Angleterre par exemple, la subvention de bonne santé pendant la grossesse, les allocations familiales, les crédits d’impôts liés à la naissance d’un enfant ont tous été réduits ou gelés. D’autres réductions, comme celle des aides au logement, touchent les femmes de façon disproportionnée, car davantage de femmes que d’hommes dépendent de ces prestations. Une étude commandée par le syndicat anglais TUC relève que suite à toutes ces mesures, les mères célibataires perdent pas moins de 18% de leurs revenus nets. En Allemagne, les allocations de maternité et du congé parental tout comme les allocations de chômage sont diminuées, et l’allocation parentale de 300 euros anciennement allouée aux chômeurs/euses de longue durée est carrément supprimée. Au Portugal, les allocations de maternité et du congé parental sont restreintes. L’instauration de pénalités pour non-respect du droit des femmes enceintes à une allocation et à un congé de maternité est reportée et l’allocation pour soins prodigués à un enfant handicapé coupée de 30%.

De l’État social à la « Mère sociale » L’austérité est une attaque en règle contre les services publics : services sociaux, santé, éducation, énergie, transports, infrastructures… Tout y passe ! Tous sont réduits, supprimés ou leurs frais d’utilisation augmentent considérablement. Or, les femmes sont les premières usagères de ces services. Leur participation au marché du travail dépend de services à l’enfance accessibles, elles ont plus recours aux services de santé pour elles-mêmes (cf. soins gynécologiques, liés à la grossesse, à la maternité mais aussi à un temps de vie plus long…) ou pour leurs proches, elles utilisent plus les transports publics, etc. Des services collectifs de qualité, en nombre suffisant et abordables financièrement, cons- tituent des leviers incontournables de l’égalité des sexes, de l’autonomie financière des femmes et, à terme, de leur émancipation. La destruction des services publics génère une véritable substitution des obligations fondamentales de l’État vers le privé et donc vers les femmes. Désormais, ce sont elles qui doivent, via une augmentation de leur travail gratuit et invisible, assurer les tâches de soins et d’éducation délaissées par la fonction publique |8|. Les politiques d’austérité, en pénalisant le droit à l’emploi rémunéré des femmes et en les obligeant à regagner la sphère privée pour y rendosser leur rôle dit « traditionnel » de mère et/ou d’épouse au foyer, sont de puissantes courroies de réactivation d’une idéologie patriarcale, conservatrice et sexiste.

Voici quelques illustrations signifiantes de l’impact genré des coupes dans les services publics. En France, 144 maternités ont cessé leur activité entre 2001 et 2012. Plus globalement en 35 ans, 800 maternités ont été supprimées. Les écoles maternelles publiques et gratuites pour les enfants à partir de 2 ans sont fermées au profit de « jardins d’éveil » privés et payants. 180 centres IVG ont disparu entre 2002 et 2012. Au Portugal, on assiste à une diminution du nombre de crèches couplée à des fermetures d’hôpitaux et de jardins d’enfants publics. La principale maternité de Lisbonne a été fermée, une autre également très importante à Coimbra est aussi menacée. Les investissements dans l’éducation publique sont passés de 5,7% à 3,9%, ce qui représente l’un des plus faibles taux au sein de l’UE. Le secteur des transports est privatisé. Après les coupes, en Roumanie, seulement 3,84% du budget public est alloué à la santé, le plus faible pourcentage de toute l’Europe. Les hôpitaux publics qui sont fermés sont remplacés par des institutions privées. (…)

L’ensemble des données fournies par cet article atteste bien de l’antinomie profonde opposant politiques austéritaires et émancipation des femmes. Sur tout le continent européen, elles paient le prix le plus élevé de la gestion la crise de la dette, partout, elles sont frappées en toute priorité dans tous les aspects de leur vie. Ce n’est dès lors nullement un euphémisme que de déclarer que l’illégitimité de la dette est encore plus criante lorsqu’on est une femme !

http://cadtm.org/L-illegitimite-de-la-dette-est

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11 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Le FMI poursuit sa route en Ukraine (partie 2)

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Après avoir bloqué son programme en novembre 2009 suite à la décision du gouvernement d’augmenter le salaire minimum, le FMI revient à la charge et impulse la réforme des retraites

 

Au cours de cette série, Le FMI poursuit sa route en Ukraine, l’histoire tumultueuse du FMI en Ukraine est analysée depuis le déclenchement de la crise de 2007/2008 jusqu’au plan d’endet- tement approuvé au forceps par le gouvernement non élu à l’issue du mouvement insurrectionnel de fin 2013 – début 2014.

Dès le début de la crise, en novembre 2008, l’Ukraine figure parmi les premiers pays européen à tomber dans la nasse du FMI peu après l’Islande, la Géorgie et la Hongrie. Bien après avoir rejoint le FMI en septembre 1992, recommence alors une histoire de souveraineté violée, de politiques imposées et d’asservissement néocolonial. Des sommes astronomiques sont prêtées pour assurer les remboursements des anciennes dettes et en préparer de futures. Et par dessus tout, pour ne rien changer à une politique qui échoue depuis plus de trente ans, le poussiéreux « Consensus de Washington » est appliqué, aux risques et périls d’une population appauvrie, en échange d’un endettement massif sous couvert de « sauvetage ».

En 2011, le FMI obtient le relèvement de l’âge de départ à la retraite

Après la formation en février 2010 du nouveau gouvernement pro-russe, on observe un rapprochement entre le nouveau président ukrainien Viktor Ianoukovitch |1| et le FMI. Un prêt de 15,4 milliards de dollars réparti sur 29 mois est approuvé par l’institution en juillet 2010 |2| et cette fois-ci Standard and Poor’s relève sa note pour l’Ukraine (elle la rebaissera à « CCC », note proche de la cessation de paiement, après les violences survenues sur la Place Maïden). En contrepartie de ce prêt, l’Ukraine s’engage à réduire son déficit à 5,5 % du PIB en 2010 et à 3,5% en 2011 |3| (l’Ukraine y parviendra en atteignant 5,8% du PIB en 2010 et 2,8% en 2011), réformer la fonction publique et mettre enfin à exécution la hausse importante des tarifs du gaz fourni par la compagnie nationale Naftogaz.

Par ailleurs, une demande importante du Fonds sera finalement approuvée le 8 juillet 2011 par le Parlement ukrainien : l’âge de départ à la retraite pour les femmes augmente progressivement de six mois par an et passe de 55 à 60 ans. Pour les hommes employés dans la fonction publique, le départ à la retraite passe de 60 à 62 ans par tranche de six mois par an. De plus, le nombre d’années de cotisation requis pour obtenir une pension complète minimum sera progressivement porté de 20 à 30 ans pour les femmes et de 25 à 35 ans pour les hommes. Comme pour fêter la nouvelle année, la loi entre en vigueur le 1er janvier 2012, tel un cadeau empoisonné du FMI. L’austérité pratiquée par le gouvernement « pro-russe » de Ianoukovitch ne diffère pas tant des autres pays européen plus proches de Bruxelles.

Cette régression, très violente dans un pays où l’espérance de vie est de 66 ans pour les hommes en 2011 |4|, va dans la droite ligne de ce que réclame de nombreuses institutions, telle la Banque mondiale qui signale dans un rapport : « Relever de l’âge de la retraite et aider les gens à travailler plus longtemps, aussi longtemps qu’ils en sont capable et en bonne santé, pourrait aider à rendre les régimes de retraite plus viables financièrement et fournir un revenu minimum vieillesse. » |5|

En 2013, l’Ukraine délaisse le FMI au profit de la Russie Le FMI, après avoir versé près de 3,4 milliards de dollars en deux versements, dont le dernier remonte à décembre 2010, semblait être parvenu à ses fins pour faire passer ses lois comme avec l’approbation de celle augmentant l’âge de départ à la retraite |6|. Mais début 2011, il bloque à nouveau son débour- sement face au refus de Ianoukovitch de mettre en œuvre les réformes d’austérité exigées, notamment sur les prix du gaz.

L’Ukraine n’est toujours pas rentrée dans le rang et les négociations se poursuivent avec l’institution de Bretton Woods. Les missions du FMI sont régulièrement ajournées, comme celle du 29 août au 5 septembre 2012 reportée à la deuxième quinzaine de janvier. L’Agence de notation Moody’s abaisse alors sa notation financière de l’Ukraine au niveau B3, « très spé- culatif ». Après les élections législatives ukrainiennes du 28 octobre 2012, la mission du FMI prévue du 7 au 17 décembre 2012 pour négocier un nouveau programme ’stand- by’ avec de nouvelles conditions, est elle aussi ajournée.

Le premier ministre de l’époque, Nikolai Azarov, prétend que l’Ukraine peut se passer des financements du FMI grâce à une série de mesures et l’aide de la Banque nationale. Fina- lement, en décembre 2013, l’Ukraine se tourne vers la Russie avec qui elle signe un contrat de 15 milliards de dollars (près de 11 milliards d’euros), dont elle reçoit une première tranche de trois milliards de dollars (2,2 milliards d’euros) le 24 décembre. En fait, par cet accord, la Rus- sie achète 15 milliards de dollars de dette ukrainienne (des d’obligations ’eurobonds’ de 2 ans émises par l’Ukraine), ce qui permet au pays d’éviter la cessation de paiement. La Russie accorde par ailleurs un rabais de 30 % sur le prix des livraisons de gaz russe, ce qui repré- sente entre deux et trois milliards d’euros par an d’économie. Moscou s’apprêtait à verser une nouvelle tranche de deux milliards quand la situation s’est embrasée à Kiev.

11 avril par Jérome Duval

Lire la partie 1 : Le FMI activement présent en Ukraine depuis 1994 ne veut pas entendre parler de hausse de salaire

http://cadtm.org/Apres-avoir-bloque-son-programme

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