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22 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

«Le ciment du pays, ce n’est pas le roi mais la dette publique !»

«Le ciment du pays, ce n'est pas le roi mais la dette publique !» dans Austérité philippe

Tous les Belges ne se réjouissent pas en ce royal week-end. La royauté ne fait pas l’unanimité, y compris chez les francophones. Avocat et ancien bâtonnier, Jean-Marie Dermagne est membre du Cercle républicain depuis sa création. Il n’a jamais caché ses idées antimonarchistes. Il s’en explique, avec un brin d’humour.

Que vous inspire la passation de pouvoir entre Albert et Philippe ? Albert et Philippe qui ? J’en connais des centaines… Plus sérieu-sement, c’est pour moi un non-événement absolu. Qu’un fils succède à son père dans une « affaire familiale » est d’une grande banalité. On se demande toujours si le fils sera à la hauteur de la tâche. Mais, comme la couronne de Belgique n’est pas bien lourde, puisque ce sont les conseillers et les ministres qui font tout le boulot, le fiston devrait pouvoir faire illusion quelque temps. Et puis le salaire est stimulant…

Pourquoi voulez-vous abolir la monarchie ? Je vous retourne la question. Comment se fait-il que certains, au XXIème siècle, veulent à tout prix garder un régime qui remonte à bien avant Nabuchodonosor et qui, par essence, est inégalitaire ? Mes valeurs, ce sont l’égalité, la fraternité et la liberté. Dans cet ordre-là. Tout ce qui octroie des privilèges, a fortiori lorsqu’on les inscrit dans les gènes, me révulse. La question n’est donc pas pourquoi abolir la monarchie mais pourquoi la conserver !

En Belgique, beaucoup pensent que le roi reste le ciment de l’union du pays. Sans roi le pays éclaterait. Une république serait-elle vraiment plus tranquille ? Si la Belgique a besoin, comme ciment, d’un roi le plus souvent muet et dont le rôle principal est de débiter des mièvreries écrites par d’autres, à la télé, deux fois par an, ou de « recevoir » aux frais de la princesse (ou plus exactement, de ses su- jets), c’est la preuve qu’elle est déjà une morte-vivante. Le ciment de la Belgique, c’est la dette publique ! Tout le monde le sait. Sans le casse- tête de la répartition de la dette, au demeurant colossale, Flamands et Wallons auraient déjà divorcé… Quant à la tranquillité, je ne suis pas sûr que la monarchie garantisse quoi que ce soit. C’est bien sous la monarchie que la Belgique a connu une crise politique d’une longueur histori- que qui a fait rire ou sourire toutes les républiques du monde. On attribue à Albert II la sortie de crise, il faut rappeler qu’il a d’abord ramé pendant 541 jours…

Un argument souvent évoqué par les antimonarchistes est le coût que représente la royauté. Mais une république ne coûte-t-elle pas aussi cher, voire plus ? Deux réponses à cela. Primo : dans une république, les dépenses du chef de l’Etat sont contrôlées. En Belgique, c’est depuis quelques semaines, et seulement à cause des révélations sur les « astuces » fiscales de Fabiola, que l’on songe à con- trôler ce que le roi et sa famille font des sommes pharaoniques que l’Etat leur verse chaque année. Lorsqu’une république se montre trop ‘bling-bling’, ça peut coûter la réélection à son président : on l’a vu avec Giscard d’Estaing et les bijoux de Bokassa et, plus récemment, avec Sarkozy, à qui les français n’ont jamais pardonné le goût du luxe du début de son quinquennat. Secundo : quand ils pensent à une république, les Belges voient ipso facto la France mais il y a des tas de pays où le président est à peine connu et vit de manière modeste. En Uruguay, le président Mujica a continué à vivre après son élection dans une fermette en touchant 900 euros par mois.

Le roi a si peu de pouvoir en Belgique qu’Herman Decroo (Open VLD) a souvent dit que la Belgique était une « monarchie républicaine ». D’accord avec lui ? Pas du tout. Son expression est antinomique. L’étymologie de monarchie, c’est le pouvoir confié à une seule personne alors que, pour la république, c’est la chose publique confiée à tous les citoyens. Depuis quelques années, la Belgique est une monarchie surveillée, certes, mais fondée sur un pacte, une sorte de donnant-donnant, entre le palais et le gouvernement. Le pouvoir de l’un doit rester occulte moyennant quoi l’autre fait des courbettes.

Qu’est-ce qui vous gêne dans le pouvoir du roi ? Son existence même ! Et les privilèges qui l’accompagnent. Le roi est au- dessus des lois. On a dû l’admettre récemment à propos de la recherche en paternité lancée par la malheureuse Delphine Boël. Même si le roi tue sa femme ou renverse un enfant à moto, personne ne peut l’interpeller ou le condamner. Me déplait aussi le fait que, même s’il se montre simple et gentil avec les ‘‘petites gens’’, son seul ‘‘cercle’’, au roi, c’est la noblesse. Qu’il puisse élargir son cercle en faisant barons des roturiers enrichis me fait sourire, tant c’est anachronique. Je suis dérangé par l’influence qu’il a sans rien devoir demander, uniquement parce qu’il est une « majesté ».

La N-VA est un parti républicain. Des membres du parti nationaliste flamand sont inscrits, comme vous, au cercle répu- blicain, cela ne vous gêne pas ? Pas du tout. Toutes les républiques du monde sont peuplées de gens et d’électeurs de droite comme de gauche. La N-VA est présentée, côté francophone, comme un épouvantail, un répulsif, un croque-mitaine ! Même si je suis en désaccord total avec elle sur le terrain économique et social, comme sur quasiment toutes les questions dites de société, je veux pouvoir combattre ses idées « à découvert » et je trouve indigne qu’elle soit écartée d’un gouvernement juste parce que le roi n’en veut pas et que ce véto arrange les autres partis politiques flamands.

Les socialistes, encore républicains dans les années 1950, sont devenus les plus ardents défenseurs de la monarchie. Comment jugez-vous cette conversion ? C’est pour moi comme le mystère de la grande pyramide ! L’idée républicaine est consubs- tantielle au socialisme. Voir une ministre socialiste, comme Laurette Onkelinx, que j’apprécie par ailleurs, jouer les starlettes au palais de Laeken m’afflige. Personne n’est dupe : tous les socialistes sont républicains. « De coeur », comme disent la plupart. Ce qui se cache derrière l’expression « monarchiste de raison », c’est tout simplement une manœuvre pour rester au pouvoir. Paris valait bien une messe, selon Henri IV. Elio Di Rupo ou d’autres au sein de son parti, se disent qu’une présence au gouvernement et, surtout, un poste de premier ministre valent bien d’endosser de temps à autre des habits de laquais à Laeken…

Une monarchie parlementaire à la belge, n’est-elle pas aussi démocratique qu’une république monarchique comme on qualifie souvent la Vème république française ? Cessons de considérer la Vème république française comme un modèle. Le prési- dentialisme ‘‘à la française’’ est, je le pense, une erreur historique. Je suis davantage séduit par la VIème république promue par Jean-Luc Mélenchon en France. Un président peut n’avoir qu’un rôle de médiateur charismatique. Côté francophone, on agite le spectre du président systématiquement flamand. Moi, ça ne me dérange pas puisque les Flamands sont majoritaires. Pour autant que les pouvoirs soient limités. C’est moins grave que des premiers ministres exclusivement flamands se succédant à la queue leu-leu comme ce fut le cas pendant des décennies jusqu’à la « pochette surprise » que fut la nomination d’Elio Di Rupo. Même si le futur président belge est élu au suffrage universel, la langue n’est pas rédhibitoire. Je pense qu’un francophone de gauche votera plus spontanément pour un Flamand de la même tendance que pour un réactionnaire wallon ou bruxellois francophone.

Propos recueilli par  Thierry Denoël samedi 20 juillet 2013 à 10h30

http://www.levif.be/info/actualite/belgique/le-ciment-du-pays-ce-n-est-pas-le-roi-mais-la-dette-publique/article-4000354899122.htm

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21 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Transport aérien : quand la sécurité décroche

Transport aérien : quand la sécurité décroche dans Austérité wtf-is-this-low-cost-airlin

Le crash d’un B777 d’Asiana Airlines le 6 juillet à San Francisco (3 mortes et près de 200 blesséEs)reposent une série de questions sur la sécurité aérienne.
Les rapports ne sont pas encore complets pour déterminer les causes du crash et comme toujours dans ces cas-là , il n’y aura pas de cause unique. Compagnies et constructeurs feront le maximum pour reporter la responsabilité sur les erreurs de pilotage. Mais même sur ce point, il faut souligner que le commandant de bord en fonction n’avait que 43 heures de vol sur B777, et qu’il était sur ce vol avec un formateur qui faisait son premier vol d’instruction sur B777…
Cette situation reflète la gestion de ses équipages par la compagnie. Les économies de tout ordre sont les conséquences des politiques de rentabilisation financière. Depuis trois ans, les grandes compagnies aériennes se sont toutes lancées dans des économies de coûts permettant d’atteindre de 7 à 8 % de retour sur capital investi. IATA, l’Association internationale du transport aérien, prévoit que, malgré « la crise », les compagnies aériennes réaliseront plus de 10 milliards d’euros de bénéfices en 2013. Des articles de la presse spécialisée vont insister sur les spécificités coréennes : pendant plusieurs années, les compagnies du pays étaient dans le rouge question sécurité et formation. Beaucoup d’anciens militaires, forts rapports hiérarchiques… Une tendance accélérée par le besoin de nombreux nouveaux pilotes, avec le développement important du transport aérien en Asie.

La logique financière… Mais la question n’est pas celle des spécificités coréennes. Le transport aérien étant réputé très sûr, la tendance mondiale actuelle est d’abaisser au minimum certains paramètres. Ainsi, avec le développement des « avions intelligents » bourrés de systèmes automatiques, les temps de formation ont été largement réduits… À tel point que l’administration du transport aérien américain, suite à plusieurs accidents, vient de décider de refaire passer de 250 à 1 500 le nombre d’heures de formation des pilotes. Les compagnies aériennes, Air France en tête, diminuent au maximum le nombre d’hôtesses et stewards dans les avions, augmentent le temps de vol des équipages et diminuent les heures de repos. Pourtant, après bien d’autres exemples, celui d’Asiana montre que c’est la réaction de l’équipage de cabine qui a lancé l’évacuation de l’appareil.
La même logique financière pousse aussi à d’importantes économies sur la maintenance. Ainsi, Air France développe la sous-traitance des chantiers Airbus au Maroc et au Portugal, après avoir systématisé la sous-traitance des Boeing 747. Là encore, cela se fait au prix de prise de risques, en exerçant la pression maximale sur les salaires et les conditions de travail. Après bien d’autres, l’accident d’Asiana montre que faire sauter toujours plus de cliquets de sécurité n’est pas sans conséquence…

Laurent Carasso Jeudi 18 juillet 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 204 (18/07/13)

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20 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Taxe sur les transactions financières : banquiers, vos désirs sont des ordres

Taxe sur les transactions financières : banquiers, vos désirs sont des ordres dans Austérité full_metal_jacket_07_cris1

« Mon adversaire, c’est la finance », déclamait François Hollande à son meeting du Bourget le 22 janvier 2012.

Et le 7e engagement de sa campagne comportait la phrase suivante : « Je proposerai la création d’une taxe sur toutes les transactions financières. » Et pourtant, de taxe sur les transactions financières, il n’y en aura pas, ou alors complètement vidée de sa portée. En effet, Pierre Moscovici, ministre de l’économie, a déclaré ce jeudi 11 juillet devant un parterre de banquiers que la proposition de taxe avancée par la Commission européenne était « excessive ». Pourtant, la proposition de la Commission est déjà extrêmement limitée : elle exclut la taxation des transactions sur le marché des changes (entre l’euro et d’autres devises) car ce marché pèse 4 000 milliards de dollars par jour, soit près de la moitié des transactions financières dans le monde. Et de socialisation des banques, il n’en est bien entendu pas question.

De bons exécutants… Le même Moscovici avait parlé en janvier de « décision historique » et déclamait fin mai à l’Assemblée nationale : « Nous voulons aller vite, nous voulons aller fort. C’est un objectif politique majeur [qui] est soutenu par toute la majorité. » Mais banquiers et patrons ont su se faire entendre : le Medef, la Fédération des banques et celle des sociétés d’assurance, etc. ont ensemble dénoncé « un coût de plus de 70 milliards d’euros et des délocalisations d’activités massives, qui menacent 30 000 emplois à brève échéance ». Ceci sur la base d’estimations auxquelles pas grand monde ne croit. Et en oubliant, bien sûr, que la crise financière de 2007-2008 a coûté bien plus de 30 000 emplois et a fait perdre bien plus de 70 milliards !
Comme d’habitude, patrons et banquiers ordonnent, et Hollande et ses seconds couteaux exécutent. Le 18 juillet, le Parlement va voter le texte définitif de la loi bancaire, elle aussi en rupture avec l’engagement de séparer banques de dépôt et banques d’affaires. Le lendemain, vendredi 19 juillet, le président de la République a prévu de recevoir le comité exécutif de la Fédération bancaire française, qui regroupe les dirigeants des principales banques. Il pourra leur dire « Mission accomplie. Vos désirs sont des ordres ».

Henri Wilno Samedi 20 juillet 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 204 (18/07/13)

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20 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Portugal : la troïka à la manœuvre

Portugal : la troïka à la manœuvre dans Austérité suicidio_espa%C3%B1a-rescate-sacrificio_troika_europa-euro

Les derniers événements au Portugal ont mis à nu les véritables rapports démocratiques et politiques et souligné la fragilité du gouvernement.
Vitor Gaspar, ministre des Finances (et haut fonctionnaire officiellement en congé de la BCE), a remis sa démission pour la troisième fois consécutive, prétextant notamment du peu de moyens qui étaient les siens pour mettre en œuvre les réformes demandées par la troïka. Le Premier ministre, Passos Coelho, nomme alors à sa place Maria Luis Albuquerque, secrétaire d’état au trésor, confrontée depuis des mois à un énorme scandale en raison de son implication dans des opérations financières toxiques. Le jour suivant, nouvelle bombe : Paulo Portas, ministre des Affaires étrangères, qui devait présenter un plan de 4,7 milliards d’euros de réduction des dépenses sociales, et qui défendait l’idée d’assouplir la politique promue par Vitor Gaspar de « l’austérité à tout prix », remettait sa démission au Premier ministre. Barroso réagit alors en soulignant la nécessité de poursuivre les réformes. Plus tard, le Premier ministre Coelho s’adressait au pays et annonçait qu’il ne démissionnerait pas et qu’il refusait de même le départ de Portas.

Les pantins de la troïka Avec l’aggravation du krach boursier et l’augmentation de la dette publique, les signaux d’alarme ont retenti partout dans le secteur bancaire et les milieux bourgeois. Une campagne de peur a été orchestrée, annonçant l’imminence d’un deuxième plan de sauvetage. Avec un taux de chômage officiellement de 17, 6 % (25 % en réalité), un déficit budgétaire passé de 7,1 % en 2012 à 10,6 % du PIB, la dette publique prévue fin 2013 est de 138 % du PIB, un record. Et la récession (- 3,2 % fin 2012) s’aggrave avec – 3,9 % au premier trimestre. L’austérité est en train de détruire l’économie. Après plusieurs réunions pour tenter de sauver une coalition moribonde, les partis de la coalition se sont rencontré dans un hôtel à Lisbonne. Le Premier ministre a tenu une conférence de presse. Debout et silencieux à ses côtés, Portas est devenu vice-Premier ministre… cinq jours après avoir démissionné. La ministre récemment nommée aux finances garde son poste et est même promue ministre d’État. António Pires de Lima, homme d’affaires, est nommé ministre de l’Économie. L’accord devait être soumis au président de la République. En quittant l’hôtel, les voitures officielles, cernées par des manifestants, furent obligées de s’enfuir à contre-sens sous la protection de la police.

Antisocial et antidémocratique Le hold-up démocratique surréaliste de la troïka se déroule sous les yeux de la population pour qui l’illé-gitimité d’un gouvernement moribond, rafistolé comme le monstre de Frankenstein, est une évidence. Bruxelles et Berlin avaient tous deux donné leur accord au remaniement proposé par la coalition CDS-PSD. Le président de la République a cependant proposé, dans la nuit du 10 juillet, un gouvernement d’union nationale des trois partis qui soutiennent le mémorandum de la troïka (incluant le PS actuellement dans l’opposition) autour de trois points : un calendrier pour de futures élections, l’engagement de soutenir le programme de la troïka et de garantir le paiement de la dette, et le soutien de ces trois partis au futur gouvernement issu des urnes, afin de lui garantir une majorité absolue per- mettant non seulement le remboursement de la dette publique et un contrôle serré des comptes publics, mais aussi la poursuite de l’austérité au-delà même du plan de la troïka. Le PS a déjà dit qu’il ne soutiendrait qu’un gouvernement issu des urnes. L’exclusion d’emblée des partis représentés au Parlement qui ne soutiennent pas la troïka – Bloc de gauche et PC – en dit long sur le mépris du président pour une démocratie qui se réduit à la sphère des partisans de la troïka. La crise politique est loin d’être terminée et le jeu de marionnettes de la troïka ne fait sans doute que commencer.

De Lisbonne, João Camargo (1) (traduit par Raymond Adams)
1- Militant d’une association de travailleurs précaires et militant anti-troïka.

Vendredi 19 juillet 2013 Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 204 (18/07/13)

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15 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Partenaires sociaux ou adversaires négociateurs? (Lcr.be)

Partenaires sociaux ou adversaires négociateurs? (Lcr.be) dans Austérité renard2

Tous les jours, médias, hommes politiques, « spécialistes » et même porte-parole des grandes organisations syndicales nous abreuvent du terme de « partenaires sociaux », pour désigner les représentants des travailleurs et ceux du patronat lorsque des négociations les mettent face à face.

Ce terme, loin d’être neutre, est en fait un conditionnement pour nous faire considérer qu’au-delà de divergences parfois aigües, les prota-gonistes sont des « partenaires » au sein d’un système, l’économie de marché; qu’ils ont des intérêts communs. Et qu’il est évident que seul l’économie capitaliste représente la réalité .

Or, les travailleurs n’ont globalement aucun intérêt commun avec les entrepreneurs, les banquiers, les multinationales. Dans l’économie capitaliste, l’ensemble de la richesse sociale est produite par les salariés, et une infime partie de celle-ci leur est restituée sous forme de salaires directs ou différés (les cotisations « patronales » à la sécurité sociale, par exemple). Depuis que le capitalisme existe, le pa- tronat et les salariés véritables créateurs de la  richesse, sont des adversaires irréductibles, de même que les travailleurs des grands circuits commerciaux, des services publics (administrations, enseignement, santé, etc.) auxquels les patrons et les banquiers doivent « pour faire rouler la machine » retourner une petite partie de la richesse accaparée, une part de leur profit global, suivant la même répartition entre salariés et capitalistes de ces secteurs, par exemple, de la grande distribution, tels Delhaize, Carrefour et autres…

Malheureusement nos capitalistes devaient, hier suivant les pays, maintenant suivant les continents, affronter l’impitoyable lutte de la concurrence pour les marchés, la conquête ou la conservation de ceux-ci et l’élimination de leurs concurrents. Celle-ci est de plus en plus nécessaire dans le cadre idyllique de la mondialisation. Pour mener la guerre de la concurrence, ils devraient donc s’efforcer d’obtenir, sous le nom de « paix sociale », un armistice sur le front social. Mais dommage pour eux, cette guerre de la concurrence qu’ils ont rebaptisée du beau nom de « compétitivité » les oblige en Europe à attaquer tous les acquis sociaux que des décennies de luttes sociales et d’armistices moins défavorables avaient assuré aux travailleurs. Et sont placés en situation de « guerre sur deux fronts » comme jamais auparavant.

Pourquoi ? Pour réaliser un profit, il faut non seulement produire mais aussi vendre les marchandises produites dans un marché de plus en plus saturé par la mondialisation. Et donc réduire les coûts de production et les prix. Cela pouvait se faire en réduisant les salaires réels, en comprimant un peu la part dévolue à l’encadrement du système. Mais à présent les frais consacrés à faire « tourner la ma- chine », services publics et autres activités non directement productives, ne sont plus assumables par les capitalistes, vu les exigences de la guerre de la concurrence !

Alors, outre les discours sur les « partenaires sociaux », on essaie de faire passer la pilule, on essaie la douce musique du patriotisme des acteurs sociaux : NOTRE compétitivité, NOS entreprises, l’intérêt commun. Mais cette musique-là n’est en fait qu’une cacophonie grinçante aux oreilles de la masse des « partenaires travailleurs » : chômage massif, licenciements, pauvreté et margina- lisation, dettes abyssales à rembourser aux banques par ceux qui n’en ont jamais vu la couleur, et la liste est longue encore…

Ah ! Être compétitif pour que les travailleurs d’une entreprise « concurrente » se voient jetés dehors grâce aux sacrifices de ceux d’une firme qui demain à son tour devra fermer en voyant ses gros actionnaires et ses dirigeants se retirer, les pauvres, avec leur avenir confortablement assuré !

Et pourtant… Pourtant ils existent, les partenaires sociaux : banquiers, entrepreneurs et assureurs, mais aussi dirigeants politiques, défenseurs ouverts et sans vergogne et représentants sans états d’âme de l’économie du marché et du profit, seule façon d’après eux d’orga- niser une société : ils défendent leurs privilèges becs et ongles.

Et hélas,  existent aussi les seconds couteaux sur lesquels les capitalistes se déchargent d’appliquer leur politique : diri- geants des partis dits socialistes ou sociaux-démocrates qui cherchent désespérément à mettre quelques miettes de « social » dans leur libé- ralisme « propre », certains hauts dirigeants de grands syndicats qui s’évertuent à préserver leurs petits privilèges d’interlocuteurs courtiers avec des capitalistes qui « ne peuvent plus » leurs concéder de misérables miettes, jusqu’au jour où ils auront achevé de scier eux mêmes la branche sur laquelle ils sont encore inconfortablement assis… Une économie sociale, solidaire, écologique et alternative peut seule nous sauver de la catastrophe vers laquelle nous allons, et tout enfumage ne peut à la longue masquer cette terrible réalité.

Par Mathieu Desclin le Lundi, 15 Juillet 2013

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=2939:partenaires-sociaux-ou-adversaires-negociateurs&option=com_content&Itemid=53

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13 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Déraillement de Brétigny. Polémique autour « des trains poubelles » (OF)

Déraillement de Brétigny. Polémique autour « des trains poubelles » (OF) dans Austérité train_wreck_at_montparnasse_1895-250x300

Les circonstances du drame de Brétigny ne sont pas encore connues mais la polémique enfle déjà sur l’état du réseau ferré et du matériel roulant de la SNCF. Une association de voyageurs parle de trains poubelles.

Que s’est-il passé à 17h14 hier dans le train Teoz Intercités Paris-Limoges ? Ce samedi aucune hypothèse n’est écartée, si ce n’est la défaillance humaine. En revanche les infrastructures et le matériel roulant sont d’ores-et-déjà pointés du doigt.

Sud-Rail réclame une réunion tri-partite Frédéric Cuvillier, le ministre des Transports, qui fait la tournée de médias ce samedi matin a répété sur i-Télé, RTL ou France Inter que la piste d’une vétusté du matériel n’était pas privilégiée assurant que la locomotive comme le ma- tériel roulant avait bénéficié récemment « d’une vérification classique. » « Ce qui est avéré, c’est qu’il y a eu un choc au passage d’un aiguillage ». Les regards se tournent donc vers un problème d’infrastructure. Dès hier soir, Sud-Rail demandait « qu’une réunion tripartite État/SNCF et RFF/Organisations syndicales se tienne très rapidement ». Même si le syndicat se refuse à polémiquer « cela fait des années que nous attirons l’attention sur le fait que l’entretien des infrastructures et des voitures de voyageurs ne saurait être soumis aux lois du marché et que si la sécurité a un coût, elle n’a surtout pas de prix » ?

Un client du train Paris-Limoges, habitué de la ligne témoigne d’un « matériel vétuste » avec « sans arrêt des retards », assurant qu’hier vendredi « il ne s’agissait pas de la rame habituelle. »

Une ligne malade Willy Collin rappelle, lui, que le patron de la SNCF, Guillaume Pépy avait évoqué en juillet 2012, 12 lignes malades, dont celle Paris-Limoges. L’association des voyageurs-usagers du chemin de fer (Avuc) a dénoncé samedi matin « le temps des trains poubelles » et « la vétusté » du matériel ferroviaire français. « La SNCF est-elle encore en capacité de faire circuler autant de trains dans ces périodes de vacances, de très forte fréquentation ? », a demandé le responsable associatif qui a réclamé des « inspections » du matériel. Pour Willy Colin, la sécurité a été sacrifiée sur l’autel de la rentabilité.

La maintenance du réseau mise en cause Pierre Serne, vice-président de la région Ile-de-France chargé des transports, a mis en cause le manque d’investissements sur cette ligne très utilisée, qui dessert à la fois la grande banlieue de Paris et le centre de la France. « On est en train d’essayer de faire remonter ce réseau qui a beaucoup souffert ces dernières décennies et sur lesquels, on l’a dit et répété, la maintenance du réseau a mal été faite ces dernières décennies », a-t-il dit sur BFM-TV.

Besoin de comprendre Alors que trois enquêtes sont en cours et que de nombreuses familles sont en deuil, le temps de la polémique n’est pas encore venu. « En l’absence de toute indication sur les causes du drame, il faut pour le moment s’interdire de spéculer, rappelle d’ailleurs François Sergent dans Libération ce samedi matin. Mais, une fois l’émotion passée, la SNCF aura l’impérieuse obligation d’expliquer et de s’expliquer sur les causes de cette catastrophe »

Sonnette d’alarme de la Cour des comptes Slate.fr rappelle d’ailleurs que la « Cour des Comptes a tiré en 2012 la sonnette d’alarme sur les conditions d’entretien du réseau ferroviaire national. La Cour a notamment souligné les problèmes de gouvernance entre Réseau ferré de France (RFF), le gestionnaire du réseau, et l’exploitant SNCF, qualifiant leur articulation de ‘laborieuse’ avec les conséquences que l’on imagine sur les programmes d’entretien à établir collectivement ».Catastrophe samedi 13 juillet 2013

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Deraillement-de-Bretigny.-Polemique-autour-des-trains-poubelles-_6346-2211753-fils-tous_filDMA.Htm

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13 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

La catastrophe de Brétigny-sur-Orge a eu lieu sur un réseau à risque (Slate)

La catastrophe de Brétigny-sur-Orge a eu lieu sur un réseau à risque (Slate) dans Austérité train_wreck_at_montparnasse_1895-250x300

La catastrophe du Paris-Limoges s’est produite en gare de Brétigny-sur-Orge sur une voie du réseau du RER C. Sur des réseaux proches de la saturation, les sollicitations sont extrêmes et les problèmes sont démultipliés.

Quelles que soient les conclusions de l’enquête qui sera diligentée pour établir les causes de l’accident du train Intercités Paris-Limoges, en gare de Brétigny sur Orge ce vendredi, des responsabilités vont être inexorablement pointées. Avec d’autant plus de vigueur que les problèmes dans les transports ferroviaires en Ile-de-France sont sans cesse dénoncés, sans que les utilisateurs du train ne perçoivent d’amélioration.Car le réseau, vieillissant, est mis de plus en plus à contribution. Certes, il est modernisé mais n’avait pas été conçu pour supporter le trafic qu’il connait aujourd’hui. Ce qui génère des situations à risque.

En l’occurrence, les trains Intercités et le RER C partagent le même réseau. Or, qu’il s’agisse du réseau Paris Nord de la SNCF qui comprend le RER A —et est l’un des plus fréquentés d’Europe—, du RER B (exploité par la RATP) lui-aussi en bute à de nombreux arrêts dus à la saturation, ou du RER C sur laquelle circule plus de 500 trains par jour,  les dysfonctionnements se multiplient. «Victime de son succès, le réseau ferroviaire régional est utilisé aux limites de sa capacité», constatait le Syndicat des transports en Ile de France (Stif) en mars dernier, rappelant que la mise en place du réseau RER remonte à 1960. Pour faire circuler de plus en plus de trains non seulement intra-régionaux mais également des trains classiques interrégionaux comme l’Intercités Paris-Limoges, les opérateurs multiplient les équipements automatiques de sécurité. Mais même avec des technologies de pointe, des flux des trains de plus en plus denses imposant une gestion de plus en plus tendue du réseau induisent une augmentation des risques de défaillance, non seulement des équipements en question mais aussi de l’infrastructure de plus en plus sollicitée.

La solution pour décongestionner les voies existantes consisterait à en créer de nouvelles. Mais dans un environnement aussi urbanisé que l’Ile-de-France, il est extrêmement compliqué et surtout financièrement très lourd de créer de nouvelles voies de circulation. En l’occurrence, les autorités préfèrent, depuis des décennies (comme pour la création d’une nouvelle ligne sur Roissy), botter en touche et renvoyer à d’interminables études. Ainsi, au nord comme au sud de la capitale, les réseaux sont-ils saturés.

Par ailleurs, ce tragique accident fait résonner le débat engagé depuis plusieurs années sur la maintenance dans le chemin de fer français. Le Sénat a relayé la Cour des Comptes qui, en 2012, a tiré la sonnette d’alarme sur les conditions d’entretien du réseau ferroviaire national. La Cour a notamment soulignant les problèmes de gouvernance entre Réseau ferré de France (RFF), le gestionnaire du réseau, et l’exploitant SNCF, qualifiant leur articulation de «laborieuse» avec les conséquences que l’on imagine sur les programmes d’entretien à établir collectivement. Une réforme a d’ailleurs été engagée pour créer un «pôle public ferroviaire renforcé» sous la houlette de la SNCF qui militait en ce sens. Mais en attendant, le retard constaté par les Sages dans la maintenance du réseau n’a pas été comblé.

Comme d’habitude dans le cas d’une catastrophe, qu’elle soit ferroviaire ou autre, c’est une convergence d’éléments qui aboutit à une situation dramatique. Ce n’est pas parce que le train Paris-Limoges circule sur une voie du RER C qu’il s’est coupé en deux, que six voitures ont déraillé, que quatre se sont couchées dont deux ayant même été broyées et déchiquetées. Mais la difficulté d’exploitation sur un réseau saturé constitue un facteur aggravant.

Ce n’est pas non plus parce que la stratégie du ferroviaire en France a été de se concentrer sur le TGV depuis trente ans qu’un tel accident a eu lieu en banlieue parisienne avec un train Corail traditionnel. Mais des retards ont été pris dans l’amélioration de la circulation des trains en Ile-de-France, comme les nombreuses plaintes de passagers l’attestent. Et ce n’est pas parce que les énergies des politiques et des opérateurs se sont dispersées dans des débats sans fin que le train parti de la gare d’Austerlitz s’est coupé en deux à Brétigny vers 17h. Mais s’ils prenaient des décisions qui s’imposent pour anticiper et prévenir les situations à risque plutôt que de les gérer dans l’urgence, la probabilité que survienne de telles situations serait moins grande.

Gilles Bridier http://www.slate.fr/story/75307/catastrophe-de-bretigny-sur-orge-une-catastrophe-sur-un-reseau-risque

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13 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Les luttes pour l’annulation des dettes aux temps bibliques et dans la Rome antique

Les luttes pour l’annulation des dettes aux temps bibliques et dans la Rome antique dans Austérité euro-300x220

Le CADTM publie une série d’articles sur les annulations de dette, les luttes dans cette perspective, la place de la dette dans les conflits politiques, sociaux et géostratégiques au cours de l’histoire. Pour la réaliser, le CADTM a fait appel à plusieurs auteurs différents.
Le premier article de la série, par Éric Toussaint, La longue tradition des annulations de dettes en Mésopotamie et en Égypte du 3e au 1er millénaire av. J-C, a été publié le 24 août 2012.
Le deuxième par Isabelle Ponet, La remise des dettes au pays de Canaan au premier millénaire avant notre ère, le 8 novembre 2012.
le troisième par Jean Andreau, Endettement privé et abolition des dettes dans la Rome antique, le 13 novembre 2012,
le quatrième par Michael Hudson, Démocratie et dette : A-t-on brisé le lien entre les deux ? 11 mars 2013.

Le cinquième, « Les luttes pour l’annulation des dettes aux temps bibliques et dans la Rome antique », est tiré de l’exposé qu’Isabelle Ponet a présenté à la 3e université d’été du CADTM Europe à Namur le 30 juin 2013.

10 juillet par Isabelle Ponet http://cadtm.org/Les-luttes-pour-l-annulation-des

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12 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

La dette publique augmente à 91,7 % /PIB : rembourser la dette en priorité accroit la dette ! (GF)

La dette publique augmente à 91,7 % /PIB : rembourser la dette en priorité accroit la dette ! (GF) dans Austérité 5654716183_3af423a144

François Hollande l’a rappelé la semaine dernière : il faut « tenir la dépense publique ». Autrement dit, poursuivre la politique d’austérité. Une méthode absolument contre-productive à l’heure où notre dette publique dépasse les 90% de notre PIB, estiment Gérard Filoche et Jean-Jacques Chavigné, auteurs de « Dette indigne ! » (Ed. Gawsewitch, 240 p. 14,9 euros) La dette publique de la France atteignait 91,7 % du PIB à la fin du premier trimestre 2013, selon l’INSEE. Elle s’élevait à 85,9 % fin 2011 et à 90,2 % fin 2012. Comment cela se fait-il ? Est-ce cela le sérieux budgétaire tant vanté par notre gouvernement ? Quelle est cette politique qui aboutit à ce résultat, le contraire de ce qui est escompté et annoncé ?

Lutter contre le déficit public est alors peine perdue A quoi ça sert que le déficit baisse de 5,3 % en 2011 à 4,8 % en 2012 ? En 2013, le déficit public pourrait atteindre plus de 3,9 % du PIB contre les 3% initialement prévus. Mais la dette publique augmentera alors, de nouveau, de plusieurs dizaines de milliards d’euros. Pourquoi ? Parce que la prévision de croissance de l’économie a été revue à la baisse et que les recettes fiscales et sociales sont moins importantes que prévues.  Les causes de cette baisse de la croissance et de la récession dans laquelle est aujourd’hui plongée l’économie française n’ont rien de mystérieuses. La politique d’austérité budgétaire imposée par le traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG) pressure l’investissement public. La stagnation des salaires et des prestations sociales infligées par le Medef et la Commission européenne écrase la demande solvable des salariés. C’est comme un commerçant dont la banque exige de payer des traites à marche forcée au détriment de l’approvisionnement de ses stocks. Son chiffre d’affaire baisse et sa dette augmente au fur et à mesure qu’il la rembourse. Il faut desserrer l’étau usurier des banques privés contre les dettes publiques de l’état, et investir tout de suite, de façon urgente, dans la relance, en un mot, il faut dépenser « plus » (et non pas « moins ») pour nous en sortir.

Pourquoi la gauche s’entête-t-elle dans cette voie ? Pourtant quels sont les remèdes proposés par notre gouvernement de gauche ? « Tenir les dépenses publiques » c’est-à-dire réduire de 9 milliards d’euros les investissements de l’Etat et des collectivités territoriales en 2014. Tout ça pour répondre à la « commission » de Bruxelles et aux marchés… (nous l’avons maintes fois expliqué, c’est comme jeter des steaks aux requins, ça ne les éloigne pas, ils suivent le navire et alors on en arrive a enlever ces steaks de la bouche des passagers…) L’annonce est de 20 milliards « d’effort structurel » en 2014 : dont 70 % (14 milliards) censés provenir d’économies en dépenses et 30 % d’augmentations de recettes (6 milliards). Le volet dépenses du projet de loi de finances permet de documenter 9 de ces 14 milliards, notamment grâce à une baisse de 1,5 milliard des dépenses de l’Etat, hors charge de la dette et pensions, selon le premier ministre, Jean-Marc Ayrault. On nous explique même que c’est un effort « sans précédent historique » : mais pourquoi s’entêter dans pareille voie si cela nous éloigne des objectifs fixés officiellement ? Laminer toujours plus la demande solvable en refusant tout coup de pouce au Smic, en gelant la valeur du point dans la fonction publique, en augmentant la TVA le 1er janvier 2014, en n’opposant aucune défense sérieuse aux attaques du Medef contre nos retraites et notre protection sociale nourrit une spirale dégradée…

Réduction des déficits = augmentation de la dette = accroissement de la fracture sociale Tout le monde sonne le tocsin, mais personne ne semble l’entendre au gouvernement, muré dans une politique d’austérité de plus en plus prononcée, de plus en plus voyante et de plus en plus vaine. La priorité donnée au remboursement de la dette accroît non seulement la dette, mais aussi la fracture sociale. Avec son cortège de conséquences politiques, électorales… qui elles mêmes dégradent les rapports de force, lesquels étaient pourtant plus qu’excellents pour la gauche après la victoire complète de 2012. Le résultat est couru d’avance : le chômage réel (hors stages-parking, emplois provisoires aidés, expulsions des listes) fera un bon en avant, la récession perdurera, les recettes fiscales et sociales diminueront, le déficit public et la dette publique augmenteront. Une nouvelle politique d’austérité sera alors mise en place…

Pourtant tout cela, on le savait, a été dit et redit. On a vu les tristes effets de ce genre de politique en Europe du sud. Il faudrait savoir arrêter ici une stratégie qui perd avec une telle frénésie. 11 juillet par Gérard Filoche

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05 juillet 2013 ~ 0 Commentaire

Inspection du travail : une « réforme » en coup de force

Inspection du travail : une « réforme » en coup de force dans Austérité 111117-Travail-au-noir

Le 27 juin, l’intersyndicale CGT-SUD-FSU-FO appelait les agents du ministère du travail à la grève, jour où Michel Sapin, ministre du Travail, annonçait les axes d’une réforme de l’inspection du travail.
C’est un vrai coup de force. Alors que depuis janvier est organisée une pseudo-concertation avec les agents du ministère, les annonces ne reprennent que les propositions élaborées en secret par l’encadrement du ministère, propositions qui n’ont jamais été discutées ! Le projet (baptisé sans rire « Pour un ministère fort ») part de l’inadaptation de l’inspection du travail au contexte socio-économique. Mais il ne propose rien de bien concret qui accroîtrait les effectifs et les pouvoirs de contrôle des inspecteurs et des contrôleurs du travail, moyens pourtant réclamés par les agents eux-mêmes.

Le patronat gagnant
Au contraire, Sapin veut faire de l’inspection du travail un « facilitateur du dialogue social », alors que la loi dite « de sécurisation de l’emploi » renforce le poids de la négociation collective et des accords déro- gatoires. Pour cela, il entend accentuer le « pilotage » politique et la pression hiérarchique, au détriment de l’indépendance des agents de contrôle. L’organisation projetée, qui se veut plus souple, permettra aussi de mieux déployer les suppressions de postes de contrôleurs du travail et de secrétaires, qui sont partie intégrante de cette réforme. Les conditions de travail des agents et le contrôle des entreprises en seront fortement affectés, au grand bénéfice du patronat.

Le comité inspection du travail / Pôle Emploi Île-de-France Vendredi 5 juillet 2013Publié dans : Hebdo Tout est à nous ! 202 (04/07/13)

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