Archive | Austérité

05 février 2014 ~ 0 Commentaire

Brest, le 6 février la cgt appelle à manifester (of)

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Jeudi 6 février, l’appel du syndicat sera national. A Brest, le rassemblement se fera devant Jabil, touchée par un plan de licenciements.

Jeudi 6 février, au niveau national, la CGT appelle à manifester contre la politique du gouvernement actuel, jugée trop favorable aux chefs d’entreprises. « Des cadeaux au patronat sans contrepartie, dénonce Olivier Le Pichon, secrétaire de l’Union locale CGT du pays de Brest. Pour sortir de la crise, il faudrait plutôt augmenter les salaires et recréer de l’emploi. Il est temps que les salariés se mobilisent !  »

À Brest, à 11h, par solidarité, un rassemblement est prévu devant l’entreprise Jabil, touchée par un nouveau plan de licenciements (97). « On peut s’étonner que, depuis des années, il n’y ait pas eu de politique plus offensive pour anticiper sur les éventuels licenciements. On a besoin d’industries à Brest.  » Olivier Le Pichon rappelle qu’il y a 18 286 chômeurs dans le Pays de Brest. Brest 03 Février

http://www.ouest-france.fr/le-6-fevrier-brest-la-cgt-appelle-manifester-1903793

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04 février 2014 ~ 0 Commentaire

Le 8 février à quimper

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02 février 2014 ~ 0 Commentaire

Burgos, une révolte victorieuse

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Le 9 janvier, une mobilisation de grande ampleur a éclaté à Burgos (Castille, au nord de Madrid). Membre du Parti populaire (la droite), le maire a décidé et entamé, bien évidemment sans demander l’avis à la population concernée, la construction d’un boulevard et d’un parking géant et luxueux.

Ces travaux d’un coût de plus de 8 millions d’euros (l’emplacement coûtant 20 000 euros pour ceux souhaitant en acheter un) se situent au milieu du quartier populaire et ouvrier de Gamonal, 60 000 habitantEs touchés de plein fouet par la crise économique et sociale. Ces travaux n’ont aucune utilité sociale ni écologique, et rendraient la circulation et la vie plus difficile (perte d’emplacements gratuits de parking, dégradation des transports en commun) : juste un moyen de faire tourner la pompe à fric du secteur de la construction.

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Les responsables des travaux étant de plus connus dans différentes affaires de corruption, il n’en fallait pas plus pour déclencher la colère des habitantEs : assemblées générales en plein air, manifestations (jusqu’à 10 000 personnes), confrontation avec la police. Quatre jours d’affrontements (banques et voitures incendiées par les manifestants), des dizaines d’arrestations, et le début d’un vaste mouvement de solidarité à travers toute l’Espagne avec des manifestations de soutien à Oviedo, Séville, Valladolid, Palencia, Tolède, et jusque devant le siège du PP à Madrid…

Un projet inutile remis dans les cartons… Le maire a décidé d’abandonner le projet, d’évacuer les engins de chantier, et de remettre en état la route qui avait commencé à être détruite pour les travaux. Une grande victoire pour la population, qui pourrait faire tache d’huile : des luttes simi- laires sont en cours à Melilla (Maroc Espagnol) et à Séville. Et les habitantEs de Gamonal ont décidé de mettre en place un Conseil de quartier autogéré, pour se donner leur propre représentation et exiger un budget municipal tourné vers les besoins sociaux.

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Cette révolte se produit dans le contexte terrible de crise que vit l’Espagne: 30 % de chômage, 1/3 de la population vivant sous le seuil de pauvreté. Mais aussi un contexte d’effer- vescence des luttes sociales, où des fronts sont ouverts partout dans le pays : collectifs de défense de la santé, de l’éducation, des services publics ; réveil des nationalismes catalan et basque ; mou- vement féministe, en lutte contre le projet de loi de quasi-prohibition de l’avortement. Les mo- bilisations sont quotidiennes dans toutes les grandes villes, et la combativité des secteurs en lutte commence à marquer quelques victoires partielles : victoire des éboueurs à Madrid, dans les transports à Alicante, blocage par la justice de la privatisation des hôpitaux madrilènes.

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Même si de réels obstacles existent (manque de coordination, de structuration, poids des appareils syndicaux complètement corrompus, faiblesse de la gauche révolutionnaire), la capacité d’auto-organisation des travailleurEs espagnols est en train de se renforcer. Gamonal est une des étapes sur ce chemin.

Yoann Ségui Hebdo L’Anticapitaliste – 227 (30/01/2014)

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01 février 2014 ~ 0 Commentaire

Pendant que nous admirons ces réformes, les allemands, eux, cherchent à en sortir (ae)

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Détournement du journal « der Spiegel »: Auschwitz et son « le travail rend libre » avec le slogan nazi: « Celui qui ne travaille pas, ne mange pas ».

François Hollande a rencontré mardi, à l’Elysée, Peter Hartz, le père des réformes du marché du travail en Allemagne il y a dix ans. Alors que le chef de l’Etat a perdu son pari d’inverser la courbe du chômage, voilà que le modèle allemand refait surface. Entretien avec Guillaume Duval, rédacteur en chef du magazine Alternatives Economiques, auteur de Made in Germany : le modèle allemand au-delà des mythes, paru aux éditions du Seuil, en 2013. Article initialement publié sur le site de RFI.

RFI : Peter Hartz est le père de la réforme du marché du travail en Allemagne. Pouvez-vous nous rappeler ce qu’il a fait pour l’économie allemande ?

Guillaume Duval : Peter Hartz était le chef du personnel de Volkswagen. Il a réalisé un rapport qui proposait un certain nombre de réformes sur le marché du travail allemand. Et donc c’est lui qui est à l’origine des quatre lois qui ont suivi en 2003 et en 2004 en Allemagne. Ces lois portaient sur l’introduction de l’intérim qui n’existait pas du tout en Allemagne à ce stade-là, le développement de ce qu’on appelle les « mini-jobs », c’est-à-dire les boulots où les gens gagnent moins de 400 euros par mois et ne sont pas soumis à cotisations sociales, et surtout celle qui a le plus marqué, c’est celle qui a réduit la durée d’indemnisation du chômage et soumis les chômeurs à un régime très strict pour les obliger à prendre du boulot. En gros, c’est ce qu’on appelle la loi « Hartz 4 ».

Des réformes qui ont aussi et surtout permis à l’économie allemande de se redresser… 

Absolument pas. Elles ont beaucoup creusé les inégalités, elles ont développé la pauvreté en Allemagne. L’Allemagne, c’est un pays qui a été géré par les conservateurs quasiment tout le temps. Tant qu’il était géré par les conservateurs, il y avait moins de pauvreté et moins d’inégalité qu’en France. Il y en a plus aujourd’hui et surtout ce sont des réformes aussi qui ont affaibli notablement la négociation sociale en Allemagne. Il n’y a plus qu’une grosse moitié des salariés allemands qui sont couverts par des conventions collectives. Et c’est d’ailleurs parce que c’est très embêtant pour les Allemands que quasiment tout ce qui s’est disputé dans le contexte de la dernière élection législative et du nouveau contrat de coalition entre madame Merkel et le SPD consistait à justement comment revenir sur les réformes Hartz et les inconvénients très graves qu’elles ont causés à la société et à l’économie allemande. C’est pour cela que pendant que nous, on veut copier les réformes Hartz, les Allemands, eux, introduisent un Smic, comme la France, et ils sont en train d’adopter le système qui existe en France, le système d’extension des conventions collectives. Ils sont en train aussi de remettre en cause les « mini-jobs ». Il y a cinq millions de personnes qui gagnent moins de 400 euros par mois et qui n’ont pas cotisé pour la retraite pendant dix ans. C’est une bombe sociale qui est préparée par ces réformes. Donc ils sont en train d’obliger ces gens-là à cotiser maintenant pour les retraites. Donc pendant que nous, on admire ces réformes, c’est le paradoxe, les Allemands cherchent à en sortir.

C’est une bombe sociale, dites-vous, mais pourtant la recette a tout de même fonctionné sur la baisse du chômage… 

Les Allemands ont créé depuis vingt-cinq ans deux fois moins d’emplois que la France. Et même depuis 1999, ils en ont créé moins, mais c’est vrai que sur la dernière période, il y a eu plus d’emplois créés en Allemagne qu’en France. Simplement il y a moins de chômage, parce que l’Allemagne c’est un pays qui est en déclin démographique, c’est un pays qui a perdu 400 000 habitants depuis le début des années 2 000. La France est un pays qui en a gagné 4,9 millions. C’est vrai que ça ne facilite pas les choses.

Sur quel point, la France aurait intérêt à se tourner vers l’Allemagne, à prendre modèle de l’Allemagne ?

Il y a beaucoup de choses intéressantes en Allemagne, mais ce ne sont pas les réformes Hartz. C’est en particulier la gouvernance d’entreprise. Ce qui fait que ça marche bien du point de vue industriel en Allemagne, c’est notamment que les comités d’entreprise en Allemagne ne sont pas consultés pour avis. Ils ont un droit de veto sur beaucoup de décisions managériales importantes. Et d’autre part dans les conseils d’administration des grandes entreprises allemandes, vous avez une moitié de représentants des salariés à côté d’une moitié de représentants des actionnaires. C’est pour cela que les entreprises allemandes ont des politiques « longtermistes » et ne cèdent pas simplement à la dictature du profit pour le prochain trimestre. Les patrons allemands sont obligés de négocier avec leurs salariés et c’est pour cela que c’est solide.

Peter Hartz, nommé conseiller auprès de François Hollande, comme on l’a vu dans la presse. Bien évidemment, vous n’y croyez absolument pas ?

Non. François Hollande a rencontré Peter Hartz et il est certain que les réformes Schröder animent le débat public en France et y compris au plus haut niveau. Mais non, c’est une information qui a été démentie par l’Elysée, je ne pense pas que ça se passe comme ça. Et il n’y a pas besoin que ça se passe comme ça d’ailleurs même y compris pour copier ces réformes.

Politiquement, qu’est-ce que pourrait engendrer un rapprochement profond avec les méthodes allemandes ? On l’a entendu ce mercredi matin sur notre antenne, Thierry Lepaon, le secrétaire général de la CGT, parle d’un Hollande dans « les jupons de Merkel ». Qu’en pensez-vous ? 

Le rapprochement avec l’Allemagne est fait depuis 2012, depuis l’élection. Simplement le problème, c’est que c’est une dynamique qui risque d’emmener l’ensemble de la zone euro dans la déflation, puisque le gouvernement allemand maintient sa politique qui veut que les autres pays d’Europe aient des politiques très restrictives sans que l’Allemagne elle-même desserre vraiment sa ceinture et relance sa consommation intérieure. C’est ce qui a causé déjà la récession de 2013 dans la zone euro. C’est ce qui empêche de sortir réellement de la récession avec une croissance suffisante pour recréer des emplois. Donc le gros risque, c’est que la zone euro s’enfonce maintenant dans la déflation, une période qui peut être très longue, ça a duré vingt ans au Japon avant qu’il commence tout juste maintenant à s’en sortir. Mais le problème, c’est qu’on aura sans doute pas vingt ans sur le plan politique, ça risque de péter beaucoup plus vite que ça sur le plan social et politique. On risque de le voir notamment au niveau des élections européennes avec les scores qui sont annoncés pour l’extrême droite, non seulement en France, mais aussi dans le reste de l’Europe.

Propos recueillis par Alexandra Cagnard

http://www.alternatives-economiques.fr/page.php?controller=article&action=html&id_article=67001&id_parution=633

Guillaume Duval

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30 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Inégalités: dégageons ce système !

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Hollande invoque l’intérêt de la France pour vendre son pacte de responsabilité.

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Et dans l’ensemble du monde, c’est le même discours : nous serions tous dans le même bateau face à la crise et aux efforts nécessaires.

Cette fable est jour après jour démentie par les faits.

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En témoigne d’abord une étude anglaise sur les personnes qui possèdent plus de 1 million de dollars disponibles pour investir (ce qui veut dire que l’ensemble de leurs biens dépassent largement 1 million de dollars). Fin 2013, on en comptait 12,5 millions dans le monde, 46 % de plus qu’en 2008. Avec 550 000, la France reste la 7e puissance mondiale en nombre de millionnaires. Et ils ne s’oublient pas : les entreprises du CAC 40 ont versé en 2013 43 milliards d’euros à leurs actionnaires (soit 4 % de plus qu’en 2012).

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Le nombre de ces millionnaires augmente partout, y compris dans des pays où la majorité de la population est dans la misère. Comme le note un consultant cité par le journal économique les Échos, « Certains pays comme le Nigeria connaissent une forte propagation de la pauvreté concomitamment à la hausse du nombre de millionnaires. »

Ils mènent la lutte des classes

C’est une nouvelle illustration du constat cynique du multimilliardaire américain Warren Buffett : « Il y a une lutte des classes, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches qui a mené la lutte. Et nous sommes en train de gagner. » Ce même Buffett qui  s’est engagé à offrir la bagatelle de un milliard de dollars à celui ou celle qui parviendrait à prévoir parfaitement l’ensemble des résultats des phases finales du championnat universitaire américain de basket… Certes, que quelqu’un y arrive est hautement improbable mais, même si c’était le cas, cela ne ferait qu’ébrécher une fortune personnelle évaluée à 60,8 milliards de dollars.

Une autre étude émanant de l’ONG britannique Oxfam montre que près de la moitié des richesses mondiales (46 %) sont aujourd’hui détenues par 1 % de la population et que les 85 personnes les plus riches possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population. La concentration des richesses s’est poursuivie pendant la crise : l’« élite » mondiale est de plus en plus riche tandis que la majorité de la population est exclue du festin.

Et encore, on ne sait pas tout, car la concentration réelle des richesses est sans doute plus forte car une grande partie de la richesse de ceux en haut de l’échelle est dissimulée dans les paradis fiscaux !

La richesse, c’est le pouvoir Le problème n’est pas seulement que les riches soient riches, c’est aussi que les riches confisquent les institutions politiques à leur profit. Les exemples récents sont nombreux en divers domaines : diminution de la fiscalité sur les hauts revenus (les riches payent moins d’impôts alors qu’ils ont une part plus grande du gâteau), atténuation au maximum de tous les projets de régulation de la finance consécutifs à la crise (aux USA, les financiers ont employé des centaines de lobbyistes et dépensé plus d’un milliard de dollars en ce sens), maintien de réglementations favorables aux grands groupes et donc aux super-riches qui les contrôlent…

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Les alternances entre droite et gauche sont donc largement de façade. Mais cela va au-delà : le capital, ce n’est pas seulement des richesses, mais le pouvoir de licencier, de décider de ce qui sera produit et de ce qui ne le sera pas, de fermer une usine pour la rouvrir ailleurs avec des travailleurEs plus exploitéEs, le pouvoir de sacrifier la santé des travailleurs et l’écologie aux profits à court terme.

Imposer une autre logique Les inégalités ne sont pas une aberration du système capitaliste mais correspondent à sa logique profonde. Elles ont reculé seulement lorsque ceux d’en bas ont bénéficié d’un bon rapport de forces. Elles s’accroissent aujourd’hui sans frein.

Les partis socialistes qui prétendaient réduire les inégalités sans remettre en cause le système sont devenus des partis sociaux libéraux, de moins en moins sociaux, de plus en plus libéraux, et dont les dirigeants sont à genoux devant les nantis. Pour imposer une autre logique, il faudra des luttes et une relève politique. La fonction du NPA est d’y contribuer. Henri Wilno

Hebdo L’Anticapitaliste – 227 (30/01/2014)

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30 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Hollande réitère sa fidélité… à l’égard du patronat (ccr)

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(…) La raison centrale de cet « outing » social-libéral de Hollande est à chercher en amont.

Eric Woerth, le Monsieur L’Oréal de l’UMP, s’est offusqué des déclarations du président en disant que ce dernier piquait le programme de la droite. Il a tort de se récrier. Hollande n’a jamais fait mystère de ses intentions. Déjà, en 2006, dans « Devoirs de vérité », Hollande reconnaissait qu’il n’y avait qu’une différence de nuance et de discours entre la gauche et la droite. « C’est François Mitterrand — avec Pierre Bérégovoy — qui a déréglementé l’économie française et l’a largement ouverte à toutes les formes de concurrence. C’est Jacques Delors qui a été, à Paris comme à Bruxelles, l’un des bâtisseurs de l’Europe monétaire avec les évolutions politiques qu’elle impliquait sur le plan des politiques macroéconomiques. C’est Lionel Jospin qui a engagé les regroupements industriels les plus innovants, quitte à ouvrir le capital d’entreprises publiques. Ce qui lui fut reproché. Cessons donc de revêtir des oripeaux idéologiques qui ne trompent personne ». Après son discours du Bourget contre la finance, « cet ennemi invisible », après ses promesses de campagne, il a choisi sans aucune équivoque de ne plus tromper qui que ce soit pour adopter le langage de la vérité… des patrons. C’est la leçon à tirer de la séquence politique actuelle.

En ce sens, la conférence de presse du 14 janvier ne correspond pas à un « tournant à droite » de Hollande au sens où il n’était pas « de gauche » auparavant. Le président, lui-même, a insisté sur cela, en soulignant combien il n’y avait pas de « grand virage » dans son orientation mais une simple « accélération ». Il ne s’agit pas non plus d’un « virage à droite » qui ferait la part belle à une « gauche » du PS, les Marie-Noëlle Lieneman et autres Emmanuel Maurel, qui maugrée et bougonne, exige des « contreparties » aux cadeaux faits aux patrons, mais est solidaire depuis des lustres de la politique pro-patronale de la gauche.

Un Bad Godesberg élyséen à la sauce Schröder

Mais il faut reconnaître à Hollande des circonstances atténuantes. En effet, cela fait un certain temps, des décennies en l’occurrence, que les socialistes français sont des agents directs du capital. Alors que, dans le cadre de la crise, les marges des entreprises françaises par rapport à leurs concurrents européens et internationaux n’ont jamais été aussi basses, Hollande n’a d’autre choix que de voler au secours de ces dernières. Pour cela, il lui faut passer la vitesse supérieure dans la guerre sociale qu’il est en train de mener depuis l’Elysée. C’est d’ailleurs bien le seul aspect « social » de sa politique. «Social-démocrate» ou «social-libéral», même Hollande doit s’y perdre. Une chose est sûre cependant. Le 14 janvier, dans les salons de l’Elysée, en assumant pleinement sa « mue », Hollande a fait à lui tout seul ce que les sociaux-démocrates allemands avaient fini par admettre lors de leur congrès de Bad Godesberg en 1959, à savoir une conversion pleine et entière, assumée et revendiquée, à la politique du patronat.

Et ce que le président nous a servi, jusqu’à présent, n’est que le hors-d’œuvre. Pierre Gattaz, en digne héritier des coups de bluff de son père, Yvon, patron du CNPF du temps de François Mitterrand, a commencé par réclamer 100 milliards de cadeaux supplémentaires «en échange » de la création d’ «un million d’emplois sur cinq ans», un chiffre qui n’est rien d’autre qu’un «élément de langage» de plus sorti du chapeau des communicants du Medef. Personne n’est dupe, et les patrons encore moins.

Comme les promesses n’engagent que ceux qui y croient, Gattaz parle aujourd’hui de 60 milliards d’euros. On l’aura compris, c’est des milliards que les patrons réclament, peut importe le chiffre au final. Mais une chose est certaine : le gouvernement s’apprête à raboter sur le dos du monde du travail et des droits des salariés encore plus que ce qui a été fait jusqu’à présent. Déjà, Medef et socialistes parlent de simplifier les « plus de 3.000 pages du Code du Travail ».

Si les patrons français sont en retard sur leurs concurrents italiens, où le gouvernement de coalition gauche-droite vient d’enterrer « l’article 18 du Statut des travailleurs » qui représentait une garantie symbolique contre les licenciements, s’ils sont à la traîne sur leurs concurrents allemands, c’est en raison des résistances ouvrières et de la jeunesse des deux dernières décennies.

A part en 1995 et en 2006, où elles ont réussi à mettre un coup de frein aux contre-réformes, elles n’ont pas permis de gagner, certes. Mais ce sont elles qui ont empêché que les gouvernements successifs ne mettent en œuvre un chambardement social au profit des patrons de l’ampleur de celui orchestré par le chancelier social-démocrate allemand Gehrard Schröder lorsqu’il était au pouvoir en Allemagne entre 1998 et 2005. On voit, aujourd’hui, le résultat Outre-Rhin du fameux « Agenda 2010 » de contre-réformes ainsi que du Programme Hartz IV. Le chômage, officiellement, est de 5% en Allemagne, mais les « mini-jobs », ces emplois à 450 euros par moi, avoisinent les 6 millions ; 3 millions de travailleurs touchent 6 euros de l’heure ; 55% des salariés du privé seulement, contre 98% en France, sont couverts par une convention collective.

L’objectif affiché de Hollande, c’est d’être le successeur de Schröder. Gattaz, de son côté, affirme que «pour que la France résorbe l’écart avec l’Allemagne d’ici à 2020 [objectif fixé par l’Elysée], (…) il faut réduire davantage les dépenses publiques (…) et il faut que les entreprises et les partenaires sociaux comprennent que les salaires ne peuvent pas augmenter plus vite que la productivité. La modération salariale en Allemagne depuis dix ans a été un facteur de compétitivité». Comme le souligne, Outre-manche, le  Financial Times, « Hollande est en train de faire beaucoup plus de réformes que son prédécesseur de centre-droit, (…) mais le chemin à parcourir est encore long et Hollande n’a pas encore toutes les marges de manœuvres qu’un Schröder il y a une décennie». On sait donc à quoi s’en tenir.

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Commentaire: Le CCR est un courant au sein du Npa. Ce n’est donc pas un point de vue « officiel ».

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30 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Davos: ils dansent sur un volcan (lo)

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Du 22 au 25 janvier s’est tenu à Davos, une station de ski de luxe en Suisse, le 44e Forum économique mondial où se sont retrouvées 2.500 personnes, parmi lesquelles 1.500 patrons de grands groupes et 40 chefs d’État.

Pour ceux que la presse appelle « les décideurs du monde », et qui sont tout simplement les capitalistes et les banquiers les plus puissants et les plus influents, il faut en être, même si le « ticket d’entrée » peut sembler élevé : 16.000 euros, hors frais d’hébergement et de transport, plus une cotisation annuelle de 35.000 euros à régler à la fondation organisatrice. À noter que les chefs d’État sont invités… tout de même !

À l’issue de leurs réunions, les prétendus « sages » du Forum économique mondial se sont dits d’un « optimisme mesuré ». Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, ex-ministre des Finances de Sarkozy, voit même une « reprise qui est vraiment dans un processus de consolidation ». Mais leur optimisme de façade n’a pu masquer un rapport établi par 700 experts et dirigeants mondiaux sur « les risques globaux ».

Le tableau dressé dans ce rapport évoque le « fossé entre les riches et les pauvres qui continue de se creuser » et qui rend « la situation insoutenable ». Tout cela a fait dire à l’organisateur de Davos que « cette situation est le résultat d’un échec collectif face à la façon de gérer les conséquences de la mondialisation », espérant que Davos trouvera « les réponses aux tremblements de terre qui nous attendent ». Il oublie seulement de dire que c’est là l’échec collectif du système capitaliste, et en rien celui de la collectivité humaine.

Le tremblement de terre qui jettera à bas ce système inique, qui voit 1 % des plus riches détenir près de la moitié des richesses mondiales, viendra justement de la masse des travailleurs et des opprimés, exploités et dépouillés par ceux qui, tous les ans, se réunissent à Davos. Cédric DUVAL

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2374&id=21

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30 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Espagne: un encouragement pour ceux qui disent non (lo+al’e)

Espagne: un encouragement pour ceux qui disent non (lo+al'e) dans Austérité arton3607-c1403

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Retrait de la réforme sur la santé!

Lundi 27 janvier, Ignacio Gonzalez, le président du gouvernement de Madrid dirigé par le Parti populaire (PP), a annoncé qu’il renonçait à son plan de privatisation des six hôpitaux publics de Madrid. Le plan avait déjà fait l’objet d’une décision juridique du tribunal supérieur de justice de Madrid qui avait suspendu son application.

La nouvelle décision du même tribunal de prolonger cette suspension a conduit les dirigeants du Parti populaire à abandonner purement et simplement le projet. Celui-ci avait suscité plusieurs mobilisations parmi le personnel du secteur hospitalier et les patients, qui considéraient cette réforme comme un dramatique pas en arrière.

Ces décisions ont été ressenties comme un succès par tous ceux qui, depuis plusieurs mois, luttent à Madrid contre ce projet. Et aussi par tous ceux et toutes celles qui, dans les diverses régions, ont rejeté et rejettent des projets semblables. Ces mobilisations, désignées sous le nom de « vague blanche », avaient en effet entraîné (et entraînent toujours) des milliers de personnes des classes populaires, de larges secteurs du personnel de santé ainsi que de nombreuses autorités du monde médical et des responsables du secteur hospitalier.

L’affaire de Madrid était d’autant plus symbolique que la privatisation touchait six hôpitaux publics récents et réputés pour la qualité de leurs compétences dans des secteurs de pointe. La pression a fait que des responsables du PP se sont désolidarisés de la réforme. Mais l’essentiel c’est que cette décision montre qu’il est possible d’imposer des reculs à un gouvernement qui se veut fort et inflexible.

À une plus petite échelle, le recul des autorités, à Burgos, face aux mouvements de protestation de la population d’un quartier populaire, le Gamonal, a été également ressentie comme un encouragement par ceux qui ne veulent plus laisser faire. C’est par des manifestations et des affrontements musclés avec la police que les familles et les jeunes du quartier ont obtenu le retrait d’un projet de cons- truction d’un boulevard inutile aux habitants… mais prometteur pour les marchands de béton. Les travaux entraînaient des dépenses exorbitantes imposées par une administration corrompue. La colère et la ténacité des habitants ont fait reculer les autorités au point qu’un grand nombre de poursuites judiciaires visant les manifestants ont été annulées.

Le gouvernement de Madrid ayant reculé sur sa réforme de la santé, beaucoup pensent qu’il est important maintenant que le gouvernement central annule sa réforme concernant la remise en cause du droit à l’avortement. Et il y a toutes les raisons de penser que les manifestations prévues seront amples. La situation est telle qu’elles peuvent se développer sur de nombreux terrains dans les classes populaires : contre le chômage, la précarité et la baisse générale du niveau de vie dans les secteurs les plus touchés par le chômage. Henriette Mauthey

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2374&id=50

Lire aussi:

http://alencontre.org/europe/espagne/etat-espagnol-marea-blanca-nous-avons-gagne-une-bataille-les-raisons-de-continuer.html

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28 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Toujours plus de chômeurs et de chômeuses!

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Sans surprise, les chiffres de décembre 2013 montrent une nouvelle fois que le chômage continue de grimper inexorablement. 

Toutes catégories confondues, le nombre des privéEs d’emplois a augmenté de 0,5% en un mois et de 6 % sur l’année. Au total, le nombre de chômeurs s’élève à plus de 5,5 millions.  Face à cette réalité, seul le gouvernement et Sapin en tête, continuent au fil des mois de se féliciter d’avoir réussit à « ralentir la hausse » et préconisent donc de continuer, d’accélérer la politique mise en œuvre depuis 20 mois : austérité, et cadeaux fiscaux au patronat avec la mise en place rapide du   »pacte de responsabilité ».

Le patronat veut également l’accélération de cette politique.  C’est pour cela qu’il se félicite de ces 30 milliards d’euros supplémentaires de cadeaux fiscaux tout en refusant de s’engager sur la moindre contrepartie notamment en matière de création d’emplois. Sous prétexte de lutte contre le chômage, cela fait 30 ans que la même politique est menée, et on peut mesurer son efficacité à l’aune des 5,5 millions de chômeurs.

C’est une tout autre politique qu’il faudrait engager: mettre fin aux exonérations de cotisations sociales, réduire le temps de travail, interdire les licenciements…

Mais pour imposer une telle politique, il faut que l’ensemble de la gauche sociale et politique se rassemble et ne laisse pas le pavé aux réacs et fachos de tout genre. C’est dans ce sens, qu’il faut travailler à la mise en place d’une manifestation nationale, coup d’envoi une mobilisation de toutes et tous, contre l’ensemble de la politique d’austérité de ce gouvernement, pour l’emploi et la défense de la sécurité sociale ! Montreuil, le 28 janvier 2014

http://npa2009.org/node/40112

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23 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Quand la vérité sort de la bouche d’un patron (lo)

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À l’instar de Pierre Gattaz, le patron des patrons, mais de manière plus provocante encore, Joël Freuchet, le président du Medef Anjou et du Medef Pays de la Loire, ne tarit pas d’éloges sur le pacte de responsabilité de Hollande : « Il a changé le nom, mais c’est bien le pacte de confiance que nous avons proposé.

Ne le répétez surtout pas, mais le président Hollande est à la solde du Medef. » Pour enfoncer le clou il ajoute : « C’est beaucoup plus facile de réformer sous un gouvernement de gauche que sous un gouvernement de droite, il y a moins de freins. » On le croit sur parole !

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2373&id=5

Gattaz et son million d’emplois : je veux tout et je ne donnerai rien (Lutte ouvrière)

Dès la conférence de presse de Hollande, Pierre Gattaz, le président du Medef, a salué « un discours qui va dans le bon sens ». Il est revenu sur l’idée d’un million d’emplois supplémentaires que pourraient créer les entreprises, à certaines conditions.

Son appel à créer un million d’emplois, signé dès fin octobre par les fédérations du Medef, était à usage interne, avec la volonté de poser au promoteur d’un pacte de confiance. Pour répondre aux désirs des patrons, Hollande n’avait pas besoin de cet électrochoc, comme le qualifie Jérôme Frantz, le président de la Fédération des industries mécaniques (FIM).

Cette complicité affichée entre Hollande et le patron des patrons pour, paraît-il, sauver l’emploi est touchante. Ces deux compères nous jouent ce qui pourrait être une véritable comédie, si les conséquences pour les travailleurs n’étaient pas aussi graves.

Gattaz n’a d’ailleurs pas attendu pour préciser : « Je ne signerai jamais un engagement juridique sur le nombre d’emplois créés. Il ne faut pas commencer à remettre des contraintes aux entreprises. » D’autres représentants patronaux, qui trouvent que le président du Medef en fait parfois un peu trop, ont renchéri. « Nous n’avancerons jamais de chiffre. On ne peut pas faire de pari sur la capacité des entreprises à créer des emplois, car celle-ci dépend avant tout des commandes », a déclaré Frédéric Grivot, le vice-président chargé de l’industrie à la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME). Le patron de Total, Christophe de Margerie, a ajouté : « Je préfère éviter le côté « je te donne ceci, tu me donnes cela », parce que, dans certains métiers comme le nôtre, ce n’est pas aussi facile. » Comment donc !

Le Medef réclame une baisse des prélèvements obligatoires de 100 milliards d’euros, la réduction des dépenses publiques, la simplification des normes juridiques pour les entreprises et un peu plus de considération, car « parler de cadeau fait aux patrons (…) c’est insupportable à entendre », parole de Gattaz ! Finalement, conclut-il, « les créations d’emplois, c’est par la confiance que cela va passer ». Eh bien, les travailleurs n’ont aucune raison de faire confiance ni aux patrons, ni au gouvernement.

Sylvie MARÉCHAL

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2373&id=3

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