Archive | Austérité

07 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

pauvres (odi)

privileges-des-pauvres

Un million de travailleurs pauvres en France

Un million de travailleurs vivent avec moins de 850 euros par mois.

Avoir un emploi ne protège pas de la pauvreté, notamment pour ceux qui travaillent à temps partiel ou alternent des périodes de travail précaire et de chômage. Un million de personnes exercent un emploi mais disposent d’un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté, fixé à la moitié du revenu médian (846 euros par mois pour une personne seule en 2015). Si on fixe le seuil de pauvreté à 60 % du niveau de vie médian (1 015 euros en 2015), on en compte deux millions.

La pauvreté des travailleurs évolue peu en France.

Elle a légèrement diminué au début des années 2000, puis est remontée pour atteindre 1,1 million de personnes en 2011 au seuil à 50 % du niveau de vie médian. Après une nouvelle baisse au début des années 2010, elle a recommencé à augmenter dans les années récentes. De la même façon, le taux de travailleurs pauvres a oscillé entre 4 et 4,6 % entre 1998 et 2015.

Comment est-il possible qu’en France un million de personnes travaillent mais demeurent pauvres ?

Il existe pourtant un salaire minimum (Smic) situé à 1 150 euros net par mois et qui peut éven-tuellement être complété par des allocations ? Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte. Une partie non négligeable des travailleurs sont employés en temps partiel ou par intermittence (CDD, intérim, etc.) et sont loin d’atteindre le Smic sur l’ensemble de l’année. 57 % des salariés au Smic travaillent à temps partiel et 15 % sont en CDD ou en intérim [1]. Environ 5 % des salariés sont rémunérés à un salaire inférieur au Smic : les mineurs, apprentis, animateurs de centres de vacances, assistantes maternelles, etc. Enfin, une partie des indépendants ont des revenus mensuels moyens très faibles, largement inférieurs au Smic.

À la faiblesse du revenu du travail peut s’ajouter un facteur démographique, car pour mesurer les niveaux de vie, on tient compte des revenus de l’ensemble du ménage. Un(e) salarié(e) qui doit faire vivre une famille avec un seul Smic se situe largement en dessous du seuil de pauvreté. La pauvreté des travailleurs s’avère peu sensible à l’extension de la pauvreté qui marque la dernière décennie.

Celle-ci touche principalement les autres catégories de population : les jeunes

Qui peinent à s’insérer sur le marché du travail, les chômeurs ou inactifs et leurs enfants, et, dans une moindre mesure, les retraités. La précarisation d’une partie du marché du travail et la hausse du temps partiel subi sont en effet des phénomènes déjà anciens qui remontent à la période antérieure (années 1980 et 1990).

Ils se sont inscrits dans la durée en évoluant ces dernières années à un rythme plus lent [2], ou en dents de scie [3]. Toute la question est de savoir quel sera l’impact des mesures de flexibilisation du droit du travail prises depuis 2015. Vont-elles dynamiser l’emploi et permettre à des chômeurs de remettre le pied à l’étrier ou, ce qui est plus à craindre, précariser encore plus ceux qui sont les plus précaires ?

[1] Voir notre article « Smic : portrait d’une France populaire ».

revenu travail
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Qu’est-ce qu’un travailleur pauvre ?.

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Un travailleur pauvre est une personne qui travaille mais dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté.

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Si elle vit seule, on compare son revenu après impôts et prestations sociales au seuil de pauvreté. Si elle vit dans un ménage de plusieurs personnes, on rapporte les revenus d’ensemble du ménage au nombre de personnes. Ce n’est pas la rémunéra-tion que le travailleur tire individuellement de son travail qui est prise en compte, mais le niveau de vie de sa famille.

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Une personne qui travaille pour un salaire très faible (un Smic en temps partiel par exemple) ne sera pas considérée comme « tra-vailleur pauvre » si son conjoint dispose d’un revenu qui permet au couple de sortir de la pauvreté. À l’inverse, une personne à plein temps au Smic pourra être comptée comme travailleur pauvre, si son salaire est la seule ressource pour sa famille.

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La définition des « travailleurs » diffère selon l’organisme statistique. Dans les données sur les revenus de l’Insee, on considère comme « en emploi » une personne qui travaille au moment de l’enquête. De son côté, l’organisme européen Eurostat comptabilise les personnes qui ont passé au moins la moitié de l’année en emploi.

 

 

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07 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

bali (via campesina)

via camp

Les paysan.ne.s luttent contre le néo-libéralisme pour créer un “monde échappant aux banques”

La réunion annuelle du FMI et de la Banque mondiale doit avoir lieu à Bali, en Indonésie, du 8 au 14 octobre 2018. La Via Campesina appelle ses membres et ses alliés à se mobiliser en grand nombre.

La Via Campesina demande à ses membres, aux mouvements sociaux alliés et aux organi-sations de la société civile dans le monde de se rassembler et d’agir pour élaborer conjointe-ment des actions contre les politiques du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale (BM). Ces deux institutions organisent en effet leurs réunions annuelles à Bali en Indonésie du 8 au 14 octobre 2018.

Ces institutions ont été créées en 1944, avec pour objectif proclamé de réduire la pauvreté.

Toutefois, elles ont surtout servi les intérêts de leurs principaux contributeurs et ont imposé un programme néo-libéral incluant le fondamentalisme du marché, la privatisation et la dérégle-mentation partout dans le monde.

Les prêts qu’ils fournissent sont octroyés selon de strictes conditions visant à ouvrir les marchés et à démanteler toutes sortes de politiques nationales. Agissant ainsi, elles se sont comportées comme des colonisateurs économiques mondiaux. Au lieu d’atténuer la pauvreté, comme promis dans leurs programmes, elles marginalisent et expulsent les paysans et les paysannes de leurs terres agricoles.

En outre, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international sont des institutions non démocratiques et totalement discréditées, où les prises de décision « un dollar-un-vote » marginalisent les pays du Sud.

Le FMI et sa politique de sauvegarde s’appuient sur la libéralisation, la privatisation et la déréglementation qui entraînent l’altération de la souveraineté de l’État, de sorte que l’État ne peut plus jouer son rôle dans la mise en œuvre de la justice économique et du bien-être pour son peuple. Les services nécessaires pour assurer les besoins vitaux des populations sont laissés au secteur privé, afin que le mécanisme ou le calendrier des remboursements de la dette puisse fonctionner sans heurts.

En conséquence, les services sociaux pour les paysans et leurs familles sont négligés et ceci est une des principales causes de la pauvreté.

L’exemple de l’indonésie est parlant : suite à la signature de la lettre d’intention (LDI) entre le gouvernement indonésien et le FMI en 1997, la BULOG (National Public Stock Holding) a été considérablement affaiblie. Ceci a provoqué l’importation à grande échelle par l’Indonésie des denrées alimentaires et notamment du riz.

Cette politique est cohérente avec l’Accord sur l’agriculture de l’OMC, qui concerne la libérali-sation des marchés et la détention de stocks publics. Les lignes politiques du FMI, de l’OMC ainsi que des accords de libre-échange (ALE) font un tout pour promouvoir le néo-libéralisme.

Le FMI continue de promouvoir la libéralisation des marchés et la privatisation par le biais d’autres instances internationales en particulier dans les pays en développement. En realité, aucun pays aujourd’hui ne peut prétendre ne pas être affecté par le FMI. C’est pourquoi les gens se sont mobilisés en grand nombre contre le FMI lors de la réunion du G20 en Argentine en juillet 2018. Peu de temps après le gouvernement de l’Argentine a reçu du FMI une nouvelle dette.

La Grèce est également une victime du FMI, comme cela est bien connu.

La Banque mondiale (BM), en tant qu’institution de financement du développement mondial, met en œuvre divers modèles de méga projets d’infrastructure, prétendument réalisés pour accroître la croissance économique. Ceux-ci ont conduit à un accaparement effréné des terres, à la criminalisation des paysans et des paysannes qui résistent et à leur expulsion de leurs territoires partout dans le monde et notamment en Indonésie, en Inde, au Sri Lanka, au Bangladesh, en Thaïlande, aux Philippines ou au Brésil.

Au cours de la période de 2001 à 2010, en raison des investissements à grande échelle menés par la BM dans le secteur agricole, principalement dans les pays d’Afrique et d’Asie, environ 203 millions d’hectares de terres ont été saisis par la force.

En particulier, la BM s’infiltre dans les secteurs agraire et agricole en fournissant un modèle de réforme agraire considéré comme un soutien à l’économie du secteur agricole dans le cadre d’un projet dénommé Programme d’accélération de la réforme agraire (One Map Poject en anglais).

Ce n’est rien d’autre qu’une réforme agraire fondée sur le marché.

Elle ne met pas l’accent sur la redistribution des terres d’une manière équitable, et ne garantie pas le contrôle de la terre par les paysans ou la famille paysanne. Ce programme souligne principalement la question de la monétarisation des terres, ce qui ôte le contrôle des terres aux individus et facilite l’infiltration de capitaux.

Cela est évident dans la mise en œuvre d’un Projet One Map en Indonésie, et dans tous les pays en développement, depuis 2000 à nos jours, où le programme a uniquement porté sur la distribution de certificats fonciers sans résoudre les conflits agraires en cours et sans octroyer l’égalité lors des contrôles fonciers. Il s’agit seulement de créer un marché foncier ou une banque foncière pour les grandes plantations, les infrastructures, les usines, les barrages, l’irrigation, etc.

La Banque mondiale, tenant les pays du Sud par la dette, les a également poussé à privatiser leurs services publics, tels que la santé, l’éducation, la gestion de l’eau, leurs forêts et leurs plantations, ouvrant ainsi la voie aux entreprises privées et leur permettant de faire d’énormes profits.

Conjointement, le changement climatique a provoqué des événements climatiques extrêmes entraînant de terribles catastrophes naturelles, notamment de fortes inondations et une intense sécheresse, qui ont aggravé la crise alimentaire. Les expulsions forcées, la crimina-lisation des personnes qui résistent, les conflits agraires, la faim et la pauvreté sont provo-quées par la privatisation, tant directement qu’indirectement.

Ne s’arrêtant pas à cette oppression au moyen du développement des infrastructures, la Banque mondiale a élargi ses activités dans le domaine de l’atténuation des changements climatiques. Un exemple en est le Programme d’investissement forestier (FIP en anglais) en vertu de la REDD (Réduction des émissions dues au déboisement et à la dégradation des forêts).

Le programme est un ensemble de fonds de la Banque mondiale permettant de fournir des financements aux pays en développement qui possèdent des forêts.

Selon les chiffres enregistrés jusqu’en 2010, les fonds collectés s’élevaient à 577 millions d’USD. À première vue, le programme semble viser les bons objectifs mais, en réalité, il a un impact négatif sur la Communauté, en particulier sur les paysans, les paysannes et les peuples autochtones.

Le programme légalise l’accaparement forcé des terres paysannes sous le couvert de leur conservation et noue des partenariats juridiques avec des sociétés leur concédant ainsi la tâche de conservation des forêts. L’Indonésie a reçu en 2016 un financement du programme FIP d’un montant de 17,5 millions d’USD.

Cette oppression à multi-facettes de la Banque mondiale et du FMI doit être dénoncée.

Nous invitons tous les mouvements sociaux et organisations de la société civile à se mobiliser dans la rue pour résister à ce régime néolibéral et aider à bâtir un monde alternatif : Un monde échappant aux banques.

Faisons-nous entendre à Bali entre les 8-14 octobre 2018.

Avec cet appel, La Via Campesina espère nous voir tous et toutes progresser ensemble et aller de l’avant. Nous voulons démontrer le pouvoir des peuples organisés, défendre notre souveraineté alimentaire et promouvoir la justice sociale.

EN FINIR AVEC LA BANQUE MONDIALE !

EN FINIR AVEC LE FMI !

LA SOUVERAINETÉ ET LA JUSTICE SOCIALE MAINTENANT !

6 septembre 2018

https://viacampesina.org/

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07 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

auxillaires de vie scolaire (france info + ouest france)

ehpad

« Ce n’est pas juste, tout était fait depuis des mois » 

Des centaines d’enfants handicapés ont fait leur rentrée sans auxiliaire de vie scolaire

C’était une promesse du candidat Macron qui n’est visiblement pas respectée. Plusieurs centaines d’élèves franciliens n’ont pas pu bénéficier d’un auxiliaire de vie scolaire pour la rentrée, et les parents ne savent toujours pas quand ils pourront l’avoir à leurs cotés.

Malgré les promesses du gouvernement d’augmenter le nombre d’auxiliaires de vie scolaire, Joshua, atteint de trisomie 21, a fait sa rentrée à Paris sans l’auxiliaire de vie scolaire (AVS) qui lui avait pourtant été attribué. « Tout avait été fait depuis 8 ou 9 mois pour que l’auxiliaire puisse être là à temps », explique la mère du petit garçon à France Bleu Paris. « Mais finalement, elle n’était pas là », déplore-t-elle.

Une situation agaçante et dont l’issue est encore inconnue. « Je ne peux même pas dire à la maîtresse ’ne vous inquiétez pas, ça sera résolu dans les prochains jours’ parce que personne ne nous dit rien ! »

Plusieurs centaines d’enfants concernées en Île-de-France

Joshua a besoin de quelqu’un à ses cotés pour lui répéter les consignes et l’aider à se concen-trer en classe. Pour l’instant, les dizaines de coups de fil passés par sa mère aux administra-tions n’ont rien donné. « On se dit que ce n’est pas juste. Il y a droit et on a tout fait pour. Honnêtement, les dossiers c’est vraiment du boulot. On a l’impression qu’on empêche notre fils de grandir comme il pourrait le faire », s’agace la maman de Joshua. On ressent de la colère et une lassitude mais on ne peut pas se laisser aller car il s’agit de mon petit garçon. La mère de Joshuaà France Bleu Paris

Plusieurs centaines d’autres enfants en Île-de-France ont fait leur rentrée seul, malgré les promesses d’Emmanuel Macron de donner un auxiliaire de vie scolaire à tous ceux qui en ont besoin.

Thomas Pontillon Faustine Calmel 07/09/2018

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06 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

rentrée (la rotative + l’humanité + npa)

Blanquer-dinosaure

Chronique d’une année scolaire : petits soucis annoncés

Le 2 août, dans le quotidien régional Ouest France, E. Phillippe et J-M. Blanquer ont présenté leur réforme de l’éducation.

La casse du service public continue, et le management fait des ravages. Entre le dédain affiché face aux professionnels et la limitation des dépenses, les années scolaires prochaines s’annoncent mal. Le rapport Cap 22 est parsemé de pistes diverses et variées sur l’éducation.

Certaines des idées ont été mises de côté par le ministère, d’autres sont conservées et seront appliquées dès la rentrée. En prenant la parole dans un journal de la presse quotidienne régionale, le ministre annonce les orientations prises pour les trois années à venir. Que les réformes engagées ne fassent pas l’objet d’une communication aux professionnels devient une habitude de ce ministère qui use des médias pour sa communication personnelle et qui apprécie l’été pour faire passer en douce sa réforme et les nouveaux programmes.

Travailler plus pour gagner plus, enfin si on peut

La première annonce concerne le salaire des enseignants. La perspective de hausse des salaires est mise en avant. Les enseignants du second degré pourront effectuer des heures supplémentaires, ce qui limitera d’autant l’embauche pourtant nécessaire de remplaçants. Pour les enseignants du premier degré, il leur faudra aller enseigner en zone d’éducation prioritaire (REP+), et la prime allouée sera calculée par rapport aux résultats de leurs élèves. Cette mesure vise ainsi à faire remonter artificiellement le niveau des élèves aux évaluations nationa-les qui seront effectuées en CP et CE1. Une prime au mérite donc, à l’obéissance et à la concurrence entre collègues et écoles.

Une réforme à moyens constants

Comme la plupart des réformes mises en place dans l’éducation, celle-ci se fera également à moyen constant. Ce qui signifie que la priorité étant mise sur le premier degré, le second degré verra des postes disparaitre.

Les postes supprimés émaneront principalement de la réforme du lycée, qui va permettre de diminuer le nombre de postes en abaissant le volume horaire d’enseignement. Or, les prévi-sions du ministère de l’Éducation nationale annoncent près de 30 000 élèves en plus en 2018 et près de 40 000 en 2019 pour le second degré. C’est donc une certitude qu’à la rentrée, notamment dans les collèges, les classes seront surchargées. J-M. Blanquer va ainsi devenir le premier ministre de l’Éducation à manœuvrer le navire avec un budget en baisse par rapport aux années précédentes.

13 académies au lieu de 26

La réforme s’attaque aussi aux académies. L’idée du ministère est de faire coïncider le nombre d’académies avec le nombres actuels de régions. L’idée est d’éviter « la métropolisation exces-sive ». L’étalement de certains territoires risque surtout d’éloigner encore plus les enseignants des instances administratives de direction.

La principale justification de la réforme est bien dans les économies réalisées dans la gestion des personnels. Cette mesure nécessite une totale régionalisation des personnels. Mais les enseignants pourraient ainsi également être nommés à l’échelle des régions académiques. Il semblerait que Blanquer ait décidé de faire table rase de l’Éducation nationale, en mettant en avant la concurrence, l’externalisation de compétences et la gestion des ressources humaines comme leviers à la destruction de l’école publique.

Déca 4 septembre 2018

https://larotative.info/

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06 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

saint brieuc avs (fr3)

Saint-Brieuc : manifestation pour défendre les postes d’employés de vie scolaire

Mercredi matin plus de 40 personnes se sont rassemblées devant l’inspection académique de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) pour dénoncer la diminution du nombre d’Employés de Vie Scolaire (EVS). Leur rôle est pourtant crucial, notamment dans l’accompagnement des enfants en situation de handicap.

Parents d’élèves, directeurs d’école, élu et Employés de Vie Scolaire (EVS) ont manifesté leur colère ce mercredi 5 septembre pour dénoncer la suppression de près de la moitié des postes d’employés de vie scolaire dans le département des Côtes-d’Armor. Les EVS avaient pour missions principales d’accompagner les enfants en situation de handicap mais aussi d’assister les directeurs d’école dans les tâches administratives et dans l’accueil des élèves et de leurs parents.

Une conséquence de la suppression des emplois aidés

« On a appris à la toute fin de l’année scolaire dernière que des personnes qui accompagnent des enfants handicapés dans les écoles, voyaient leur contrat se terminer au 31 août », dénon-ce Stéphane Mottier, secrétaire départemental du syndicat Snudi-Fo 22. Il précise que les suppressions d’emploi concernent les personnes recrutées dans le cadre des contrats aidés, dont le financement a été réduit de 40% par le gouvernement en 2018.

« A la rentrée 2017, on comptait 608 EVS, cette rentrée, il n’y en a plus que 283, donc 325 personnes ont vu leur contrat s’arrêter » selon Stéphane Mottier. Une partie des suppressions est censée être compensée par la création de contrats d’accompagnants d’enfants en situation de handicap (AESH) mais les EVS qui étaient assistants administratifs, se retrouvent, eux, au chômage et leur absence risque de se faire sentir au sein des écoles des Côtes-d’Armor.

Louise Cognard 05/09/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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05 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

éducation nationale 1 (npa)

capityalisme

Pour stopper Macron et Blanquer, une seule solution, un grand mouvement de lutte dans toute l’Education !

La première rentrée concoctée par Macron et Blanquer marque un cran de plus dans la régression des conditions d’études des élèves et de travail pour tous les personnels de l’éducation, de la maternelle à l’université.

Pour démarrer par ce qui est peut-être le plus emblématique des choix gouvernementaux pour parachever la construction d’une école dévouée à la sélection sociale et aux intérêts patro-naux, il faut prendre la mesure de la catastrophe « ParcourSup ».

Plus de 170 000 jeunes ont quitté la plate-forme depuis sa mise en place sans qu’on sache ce qu’il est advenu d’elles/d’eux (échec au bac ? départ vers le privé ? renoncement aux études supérieures ?… ) qui s’ajoutent aux dizaines de milliers qui ne se sont pas inscritEs sur ParcourSup, en particulier dans les Lycées Professionnels.

Plus de 50 000 étudiantEs n’ont reçu aucune proposition d’affectation à quelques jours de la rentrée universitaire, environ 80 000 sont encore dans l’espoir d’un vœu correspondant mieux à leur choix.

Comment ces dizaines de milliers de jeunes vont-ils/elles pouvoir s’organiser pour trouver un logement ?

Combien se retrouveront in fine sans rien du tout ou placés comme des pions n’importe où par défaut ? La plupart des établissements universitaires sont paralysés dans leur fonctionnement puisqu’ils ignorent le nombre d’étudiant-e-s qu’ils accueilleront à la rentrée.On ne connaît pas le résultat final de Parcoursup mais on sait d’ores et déjà que le gouvernement a réussi à mettre en place la sélection à l’université en réduisant le taux d’entrée dans le supérieur.

Le leitmotiv de ce gouvernement n’a rien d’exceptionnel, il est le même que tous ceux qui l’ont précédé 

Faire des « économies » sur le dos du service public afin de distribuer toujours plus d’argent aux grands groupes capitalistes et à leurs actionnaires. L’ensemble des services publics les plus essentiels pour la population sont au cœur de la cible et pas seulement l’éducation : la santé, le logement, les transports, la culture… Mais avec « Cap 22 » le gouvernement ne veut plus se contenter de supprimer des postes, ce qu’il considère comme « une politique du rabot ». Le gouvernement vante désormais « un travail de fond » et assure « réfléchir sans totem ni tabou à la transformation de l’action publique ». C’est-à-dire la destruction de la fonction publique et la casse du statut des fonctionnaires.

Nous voilà prévenuEs, avertis.

A la lumière de tout ce que Macron a réussi à mettre en œuvre depuis son arrivée au pouvoir (ordonnances contre le Code du Travail, casse du statut des cheminots, Parcoursup, réta-blissement du jour de carence,…) il faut bien se rendre compte d’une chose : nous ne l’arrê-terons que si nous nous mettons en lutte de manière déterminée toutes et tous ensemble et en même temps !

Cela veut dire, pour notre secteur professionnel, de la maternelle à l’université.

Il faut en finir avec les journées d’action séparées par degrés, parfois mêmes entre profs de collège et de lycée, éparpillées dans le temps et dans l’espace comme on les a connues l’an dernier. Car c’est la même logique qui ronge les budgets et le fonctionnement de l’école élémentaire, des collèges, des lycées généraux et professionnels, des universités.

Il faut aussi en finir avec toutes les « discussions », les « concertations » menées par les organisations syndicales avec ce gouvernement. Il n’y a rien à négocier avec Macron et Blanquer.

La journée de mobilisation interprofessionnelle du 9 octobre devra être la plus réussie possible mais elle ne suffira pas.

Nous sommes près d’un million de salariéEs dans l’Education, avec les jeunes et leurs parents, nous représentons une force considérable. Montrons qu’elle existe dès cette rentrée 2018 pour dire non à cette école capitaliste !

Commission Education Nationale du NPA

Lire aussi:

« Mobilisation » le 9 octobre contre la politique sociale « idéologique » du gouvernement (Le Monde)

Plusieurs syndicats appellent à manifester le 9 octobre contre la politique sociale du gouvernement (Sud Ouest)

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05 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

éducation nationale 2 (npa)

cuts

 

Un inventaire à la Prévert (et sans doute incomplet) qui met en rage !

  • Fermeture des CIO
  • Classes de primaires accueillies dans des rez-de-chaussées d’immeubles
  • Fin programmée des lycées professionnels
  • Disparition de 2500 postes de stagiaires à cette rentrée
  • Réduction de moitié des contrats aidés, notamment pour l’accompagnement des élèves handicapés
  • Nouveaux programmes autoritaires et réactionnaires
  • Diminution des heures d’enseignements en lycée et LP et appauvrissement de leur contenu disciplinaire
  • Fin du baccalauréat comme diplôme à caractère national
  • Explosion des effectifs dans les classes de collèges….
  • Fin annoncée du système de retraites par répartition et du calcul des pensions sur les 6 derniers mois de salaire
  • Suppression de milliers de postes en lycées et LP par la mise en oeuvre des réformes du Bac et de la Voie Professionnelle
  • Généraliser la précarité et la contractualisation
  • Modification du recrutement et des affectations des personnels

CAP 2022 : en marche vers la destruction du statut

L’objectif est de baisser la part de la dépense publique dans le produit intérieur brut de 3 points d’ici à 2022.

Au nom « de la modernisation de l’État », le gouvernement, qui a pour objectif de se débarras-ser de 120 000 fonctionnaires d’ici la fin du quinquennat, doit taper fort et aller vite en mar-quant les esprits. Parmi les annonces de cet été, on trouve celle de la suppression des commissions administratives paritaires.

Cela aura notamment une conséquence particulièrement inquiétante sur les mutations qui ne seront plus examinées au moyen d’un barème connu de tous les personnels.

À la place, la recette est toute trouvée : la gestion par les « managers publics », et en parti-culier le recrutement direct par les chefs d’établissement. Le ministère annonce en parallèle « développer significativement les postes à profil ». Cela entre dans la même logique : passer d’un système de mutations réglées par un barème à une mobilité sur profil, avec un recrute-ment direct avec CV et lettre de motivation, comme dans le privé.

Dans le même temps, le gouvernement annonce vouloir « revoir la place du concours ». Concrètement, il s’agit d’avancer l’épreuve d’admissibilité au niveau licence, sans donner de précision sur les épreuves d’admission. L’objectif semble être de faire évoluer le recrutement des enseignant-e-s du modèle du concours vers le modèle de l’examen suivi d’un recrutement direct par la hiérarchie immédiate.

Vers une rémunération au mérite !

La rémunération au mérite est un des volets de Cap 2022. Elle a commencé à être déclinée pour les enseignantEs avec l’annonce de la prime de 3000 euros en REP+. Après avoir saccagé la plupart des moyens alloués à l’éducation prioritaire, c’est une ultime provocation car cette prime comprendra une part fixe de 1000 euros et une part modulable liée aux résultats des élèves !

Alors que les évaluations nationales de début CP, mi-CP, début 6e et début de 2nde générale ont été ou sont en passe d’être mises en place. Et « pour assurer une évaluation régulière et transparente des établissements scolaires, une instance d’évaluation sera créée par voie législative au 1er trimestre 2019 ».

Quel meilleur moyen pour déterminer le « mérite » des enseignant-e-s que les notes de leurs élèves ? Cette rémunération au mérite va de pair avec un recul salarial pour les personnels de l’éducation. Le retour du gel du point d’indice et du jour de carences, déjà mis en œuvre, s’accompagne de la seule promesse du recours accru aux heures supplémentaires, exonérées qui plus est des cotisations salariales. Bref, tout simplement une baisse du salaire réel.

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03 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

handicap (jdd)

nhs

La scolarisation des élèves handicapés est de droit, pourtant la réalité reste cruelle »

« Comme chaque rentrée, l’achat des fournitures et le premier jour de l’année scolaire feront lundi la une des journaux.

Comme chaque année, nombre de parents d’élèves handicapés témoigneront de leur désarroi de ne pas savoir comment leurs enfants pourront faire la leur, faute de s’être vu attribuer par l’Education nationale une auxiliaire de vie scolaire (AVS). Comme chaque année, on passera sous silence le scandale de milliers de jeunes handicapés qui n’ont aucune solution de scola-risation, bénéficient d’un temps faible d’école ou doivent patienter sur les listes d’attente des établissements spécialisés.

Mesdames et messieurs les députés et sénateurs, la scolarisation des élèves handicapés est de droit, pourtant la réalité reste cruelle.

Aujourd’hui, en 2018, on vend aux Français le rêve d’une école ouverte à tous qui ne se réali-se pas dans les faits à cause du manque de moyens humains et financiers. Les annonces gouvernementales récentes constitueront-elles de véritables leviers?

Les associations qui accompagnent les enfants handicapés, ne pourront pas résoudre seules un problème systémique vieux de quarante ans

Nous, administrateurs de l’Unapei et présidents d’association, en doutons et réaffirmons que les associations qui accompagnent les enfants handicapés, ne pourront pas résoudre seules un problème systémique vieux de quarante ans.

On vous dit, on nous dit que la proportion d’élèves handicapés à l’école augmente. Ces chiffres doivent être mis en perspective avec la hausse du nombre de diagnostics, le maintien des élèves dans des dispositifs inadaptés, le gonflement des listes d’attente dans l’enseigne-ment spécialisé.

Nous, administrateurs de l’Unapei et présidents d’association, demandons que tous les enfants handicapés soient effectivement scolarisés, quel que soit leur handicap. Mesdames et messieurs les députés et sénateurs, nous avons tous un rôle à jouer pour faire bouger les lignes. Saurez-vous être #AvecNous? »

TRIBUNE A la veille de la rentrée scolaire, Luc Gateau président de l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei) dénonce le manque de moyens humains et financiers pour permettre aux enfants handicapés d’être effectivement scolarisés.

Luc Gateau, président de l’Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei).

2 septembre 2018

https://www.lejdd.fr/

Lire aussi:

“Tout va très bien, Monsieur le ministre…” (Lutte Ouvrière)

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01 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

salariés (libération)

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Patrick Artus : «La question de la révolte des salariés n’est pas à prendre à la légère»

Le mythe de la croissance a du plomb dans l’aile et ce sont les travailleurs seuls qui en font les frais, les actionnaires voulant avant tout préserver leurs dividendes. Une situation potentiellement explosive selon le chef économiste de Natixis.

Il y a un peu moins de vingt ans, les pays occidentaux, portés par les progrès technologiques, se rêvaient sur les chemins de la croissance. Le rêve semble de plus en plus voler en éclats. Relative faible croissance, baisse du niveau de vie, inégalités, paupérisation, déclassement, peur d’être débranché par les robots… Et si les salariés se révoltaient (Fayard), tel est le titre de l’ouvrage de Patrick Artus, chef économiste de Natixis et professeur associé à l’université de Paris-I, cosigné avec la journaliste économique Marie-Paule Virard. Les auteurs y analysent les mutations profondes qui sont à l’œuvre dans l’économie mondiale et qui alimentent la colère des classes moyennes et populaires.

La situation est-elle si désespérée qu’il faille s’interroger, comme le dit le titre de votre dernier ouvrage, sur une possible révolte des salariés ?

Il suffit d’observer comment ont été malmenées les classes moyennes occidentales pour effectivement comprendre que la question de la révolte des salariés n’est pas à prendre à la légère. Ces classes se vivent comme les grandes perdantes des bouleversements qui sont à l’œuvre, leur quotidien est difficile. Partout, les emplois qui paraissaient autrefois solides disparaissent au profit de jobs de plus en plus précaires et mal rémunérés. Selon le McKinsey Global Institute, cabinet de conseil international, près de 70 % des ménages des pays développés, soit quelque 580 millions de personnes, ont vu leur revenu stagner ou même baisser entre 2005 et 2014. Ils étaient moins de 10 millions à avoir connu une telle situation entre 1993 et 2005. Pour l’instant, les salariés manifestent leur détresse à travers des sondages ou lors d’élection, mais on aurait tort de sous-estimer la gravité de cette situation.

Et ce sont les salariés qui doivent tout affronter en même temps ?

Tout, ou presque, pèse sur leurs épaules. En clair, ici ou ailleurs, il leur faut accepter le blocage des salaires dès lors que leurs entreprises subissent une baisse de régime de croissance. Mais à l’inverse, ils ne perçoivent rien lorsque le beau temps revient. Ces salariés subissent ce qu’on appelle la «bipolarisation» du marché du travail, avec d’un côté, une plé-thore de jobs à faible qualification et qui contribuent au développement des travailleurs pau-vres, et de l’autre une minorité qui rafle la mise. Robert Frank et Philip Cook, deux économistes américains ont théorisé ce phénomène dans les années 90 en parlant de Winner-Take-All Society

Et dans ce fameux Winner-Take-All, ce seraient donc les salariés qui assument les risquent lorsque les entreprises connaissent un creux ?

Oui. Or, ce ne sont pas les salariés qui sont censés les assumer, du moins pas entièrement, mais les actionnaires auxquels il revient d’assurer les salariés même en cas de ralentissement économique. Et ceci en acceptant d’encaisser des dividendes variables, de subir des pertes en capital. Si l’on s’en tient à la théorie classique du salariat, le salarié est censé être protégé et reçoit à la fin du mois, en échange de cette protection ou de son CDI, un salaire fixe qui ne dépend pas entièrement des aléas économiques. En échange de cette condition de salariat, de cette forme de protection, le salarié acquitte en quelque sorte une prime d’assurance à son employeur sous la forme d’un salaire un peu plus bas que le salaire qui serait celui d’équilibre…

Mais ça, c’est pour la théorie, dans la pratique les choses sont différentes…

Oui effectivement. Et cette différence s’explique par le fait que le capitalisme évolue de plus en plus vers un modèle où les actionnaires s’efforcent de préserver coûte que coûte dividendes et rendement du capital. C’est un monde à l’envers qui s’est dessiné en l’espace de deux ou trois décennies. En fait, les premiers vrais associés aux difficultés de l’entreprise, ce sont les salariés qui ajustent leur condition de travail et leur revenu à la baisse. Mariés à l’entreprise, ils le sont pour le pire mais très rarement pour le meilleur.

Dans la quasi-totalité des pays, les gouvernements mettent en chantier des réformes du marché du travail. Le font-ils à tort ?

Les sacrifices que les salariés sont invités à consentir à court terme se justifient par un objectif de long terme. Et il s’agit de réunir, selon les gouvernements, les conditions d’une meilleure croissance économique en accélérant la rotation des emplois des entreprises anciennes, peu productives, vers les entreprises nouvelles, plus productives. C’est la fameuse théorie de la destruction créatrice de Joseph Schumpeter : le vieux a vocation à disparaître au profit du neuf. Cette vision des choses implique qu’il faut donc éliminer les barrières qui se dressent contre ce monde du neuf. Avec à la clé une myriade de nouveaux statuts différents, comme les emplois temporaires ou encore les autoentrepreneurs. Et dans la même logique, il faut favoriser le libre-échange puisque la moindre forme de protection permettrait aux entreprises obsolètes de survivre…

Cette théorie «a pris un coup de vieux», dites-vous…

En France comme ailleurs dans les pays de l’OCDE, la photographie de l’emploi est sensi-blement la même. La structure des emplois se déforme au détriment de l’industrie et en faveur d’emplois de services peu sophistiqués. Dans l’UE, le secteur industriel ne représentait plus que 16 % des emplois en 2016. L’essentiel se concentre désormais aux deux extrémités du spectre, d’un côté des emplois qualifiés, voire très qualifiés dans les nouvelles technologies, la finance et les services complexes aux entreprises, mais en petit nombre. De l’autre, des emplois peu ou pas qualifiés dans la distribution, la restauration, les transports et les services à la personne.

Nous nous sommes plantés sur ce qu’on pouvait attendre de la spécialisation internationale ?

Ça en a tout l’air. En fait, l’industrie traditionnelle a bien migré des pays de l’OCDE vers les pays émergents comme nous l’avions anticipé. Mais les pays de l’OCDE ne se sont pas spécia-lisés dans l’industrie haut de gamme… mais dans des services peu sophistiqués. Et cela donne justement cette bipolarisation du marché du travail qui nourrit à son tour la pauvreté et les inégalités de salaires.

Vous remettez en cause la pertinence des réformes du marché du travail ?

Prenons l’Allemagne, si souvent citée en exemple pour ses réformes et sa forte déréglemen-tation du marché du travail. Certes la croissance est de retour, mais derrière la croissance retrouvée, les salariés d’outre-Rhin sont de plus en plus touchés par la précarité. Près d’un actif sur cinq occupe un mini-job, un emploi intérimaire, un CDD à temps partiel de moins de  vingt heures et avec de bas salaires. Nous ne pensons pas que ces réformes soient illégitimes car dans un monde de plus en plus concurrentiel, les entreprises ont besoin de réagir rapide-ment. Mais ces réformes devraient être symétriques : si les salariés participent au redresse-ment de l’entreprise, ils devraient profiter de sa prospérité lorsque tout va bien. Or, ce n’est pas du tout ce qu’on observe depuis le début des années 2000.

Comment se traduit cette asymétrie du partage ?

A l’exception de la France et même de l’Italie, elle se traduit par une baisse de la part des salaires dans le PIB. Aux Etats-Unis, le salaire réel par tête a progressé d’à peine 20 % en vingt ans quand la productivité augmentait de 37 %. On observe le même phénomène au Japon et dans une moindre mesure en Allemagne. Voilà plus de vingt ans que le ROE, ce fameux return on equity ou rentabilité des fonds propres, est devenu la mesure étalon de la gestion financière des entreprises. Que ce soit en zone euro, aux Etats-Unis ou au Japon, le taux d’autofinancement des entreprises est voisin de 100 %. Ce qui signifie que l’on pourrait distribuer davantage aux salariés.

Revenons sur la question de l’emploi, pourquoi dites-vous que les salariés ont tort d’avoir peur d’être débranchés par les robots ?

Certains prédisent que viendra le jour où les algorithmes pourront se passer de notre pouvoir de décision, nous deviendrions ainsi des humains sans valeur économique. Mais entre l’angé-lisme des technophiles et les frayeurs des technophobes, pas facile d’y voir clair. En attendant, de nombreuses études montrent qu’effectivement, l’installation d’un robot sur une chaîne d’assemblage détruit des emplois localement. Mais si l’entreprise devient plus efficace, plus productive, elle gagne de nouveaux clients, de nouveaux marchés… En fait, si on additionne un effet négatif direct et effets positifs comme la croissance plus rapide de l’entreprise et l’activité accrue dans son bassin d’emploi, on peut espérer aboutir à un léger effet positif.

Parmi les sujets qui vous préoccupent, il y a celui de l’immobilier. En quoi pourrait-il pousser les salariés à une rébellion ?

Parce que même si en France, en Espagne ou encore en Italie le partage des revenus est resté stable, voir légèrement favorable aux salariés, il n’en demeure pas moins qu’en France, comme ailleurs, certaines évolutions ne transpirent pas forcément des données chiffrées. Ainsi, si on calcule le pouvoir d’achat à partir du prix de l’immobilier, il a sensiblement baissé. L’accès à la propriété représente une charge financière qui ne cesse d’augmenter… En quinze ans, la dette immobilière des ménages français est passée de 30 % de leur revenu disponible à un peu plus de 70 % en dépit de la baisse des taux d’intérêt. Ce qui participe à la dérive des classes moyennes et ceci dans la plupart des pays de l’OCDE.

Ce qui participe à l’exaspération ?

Lorsque tout un chacun constate que les groupes les plus favorisés par les réformes fiscales sont ceux qui ont déjà accaparé la plus grosse part du gâteau, alors oui cela participe à l’exaspération générale.

En conclusion de votre livre, vous dites que Marx avait raison. Mais peut-il y avoir pour autant une révolte des salariés qui prendrait la forme d’une reven-dication de hausse des salaires ?

Là où Marx avait raison, c’est lorsqu’il prévoyait la dynamique du capitalisme. En fait, la baisse de l’efficacité des entreprises qui résulte de la baisse de la croissance de la productivité globa-le des facteurs de production que sont le capital et le travail aurait dû entraîner une diminution du rendement du capital productif. Mais nous constatons le contraire : une augmentation de ce rendement qui frôle les 7 %. Ce miracle est réalisé grâce à la compression des salaires. Et les entreprises ont pu augmenter leur marge, notamment grâce à l’affaiblissement du pouvoir de négociation des travailleurs et à une série de réforme du marché du travail. Mais attention car cette pression ne peut être infinie dès lors que ce que les marxistes appellent le «salaire de subsistance», censé assurer le renouvellement de la force de travail, n’est plus là.

Vittorio De Filippis  27 août 2018

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23 août 2018 ~ 0 Commentaire

synutra carhaix (fr3 + anti-k)

troadec

L’avenir de l’usine de lait Synutra de Carhaix en question

La situation de l’industriel chinois Synutra semble très floue. Des huissiers ont effectué la semaine dernière des saisies à titre conservatoire dans l’usine de poudre de lait infantile à Carhaix. La coopérative Sodiaal serait en train de négocier une reprise du site.

L’usine flambant neuve de poudre de lait infantile destinée au marché chinois, avait été inaugurée en grande pompe il y a deux ans à Carhaix.

Une usine, l’une des plus grandes d’Europe avec ses deux tours de séchage de 50 mètres, propriété du groupe chinois Synutra, qui semble aujourd’hui dans la tourmente. La santé économique du groupe serait en cause. Une entreprise, quoiqu’il en soit, assez peu transparente et qui ne répond pas aux questions concernant sa situation.

Une reprise de l’usine par Sodiaal ?

Des huissiers y ont effectué la semaine dernière des saisies pour impayés. Les fournisseurs ne seraient en effet pas rémunérés. Le partenaire breton de l’industriel chinois, la coopérative Sodiaal, serait donc en train de négocier une reprise de l’usine d’un groupe, pris à la gorge.
Il semble que l »industriel chinois ne soit pas parvenu à atteindre ses objectifs, et à commer-cialiser les volumes initialement prévus vers la Chine. « Ils seraient deux fois moins élevés », explique Le Monde, « or, le cours de la poudre de lait standard sur le marché mondial est au plus bas ».

La production de lait stoppée dans une usine de la Manche

Depuis le 1er août, les Maîtres laitiers du Cotentin (MLC), qui fournissaient près de 700 millions de briquettes de lait à Synutra, ont également suspendu leur production de lait à destination de la Chine. L’usine de Méautis dans la Manche, inaugurée en septembre 2017, ne sort donc plus de briquettes de lait, et aucune date ne serait donnée pour la reprise de la production.

La société a disparu du marché boursier

Quant à Synutra, dont le siège social est aux États-Unis, et qui affichait en  2016 un chiffre d’affaires de 365 millions de dollars, elle n’est plus cotée en bourse. Selon Le Monde, les actions du fondateur de l’entreprise, Liang Zhang, « ont été rachetées par Beams Power Investment Limited, une structure dirigée par la femme de M. Liang et immatriculée dans les îles Vierges britanniques, qui détient désormais 100  % de Synutra. » Le site internet de l’entreprise n’existe plus.

Krystell Veillard  23/08/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

Maîtres Laitiers du Cotentin : le contrat avec la Chine est rompu (Anti-k)

Commentaire: Et les aides publiques, les dispenses de taxes et d’impôts, çà passe à la trappe? Sans parler de la stérilisation définitive de terres agricoles pour ce joujou qui a fonctionné 2 ans!  Et bien sûr pas un mot des salariés!

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