Archive | Austérité

05 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

conte de fée (le huff’)

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Muriel Pénicaud économise des milliers d’euros grâce à la réforme de l’ISF, elle assure qu’elle va les investir « C’est la logique de cette réforme. »

Muriel Pénicaud économise des milliers d’euros grâce à la réforme de l’ISF, elle assure qu’elle va les investir

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud qui va bénéficier de la suppression de l’ISF, a affirmé ce jeudi 4 janvier sur France Inter qu’elle allait investir cet argent « dans un fond qui soutient l’économie sociale et solidaire ».

Répondant à une question d’un auditeur retraité qui mettait en regard les « 620 euros » qu’il allait perdre cette année du fait de la hausse de la CSG et les « 62.000 euros » d’ISF que ne va plus payer la ministre selon des informations de Libération, Muriel Pénicaud s’est expliquée.

« J’ai payé 49.000 euros d’ISF l’année dernière (…), cette même somme je vais l’investir dans des entreprises à travers un fond qui soutient l’économie sociale et solidaire, qui permet à des entreprises, à des associations, de créer des emplois », a-t-elle expliqué.

Respecter la philosophie de la réforme

« C’est la logique de cette réforme », a-t-elle dit. « Par ailleurs, comme vous le savez j’ai bien gagné ma vie, j’utilise aussi cet argent pour d’autre chose, je fais du mécénat avec des jeunes artistes engagés sur le plan social », a-t-elle ajouté. « Mais ça c’est mon usage privé », a-t-elle dit.

Invitée à dire si elle était choquée que le quotidien Libération se soit penché sur l’ISF des membres du gouvernement, ressortant qu’elle était la plus grande bénéficiaire de cette réforme, elle a répondu que non. Sur RMC jeudi matin, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a estimé que Muriel Pénicaud avait eu « une carrière très longue dans le privé, elle a occupé des postes à responsabilité dans de très grands groupes. Elle a donc eu des revenus qui sont relatifs et qui sont corrélés à ces responsabilités ».

Il a rappelé la philosophie de la réforme: encourager les épargnants aisés à investir « dans l’économie française par des véhicules qui sont des produits d’épargne, qui permettent de réinvestir votre argent dans l’économie française, dans des emplois en France, dans l’appareil productif et donc dans la croissance ».

L’ISF est transformé en « impôt sur la fortune immobilière » (IFI). Cette réforme devrait entraîner un manque à gagner de près de 3,2 milliards d’euros pour l’État. En 2016, l’ISF a rapporté près de 5 milliards.

04/01/2018

http://www.huffingtonpost.fr

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04 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

trésoreries 22 (fr3)

servives pub

Côtes-d’Armor : les petites trésoreries ferment Rideau désormais fermé pour les petites trésoreries dans certaines communes

La Direction des Finances Publiques ferme de plus en plus de petites trésoreries, jugées trop coûteuses à l’ère du numérique. Pour les habitants de Binic-Étables-sur-Mer ou Matignon pourtant, c’est encore un service de proximité qui disparaît.

Les petites trésoreries affichent désormais portes closes dans certaines communes. Bien pratiques pour payer une facture de cantine ou recevoir un coup de main pour remplir sa déclaration de revenus, elles sont désormais jugées trop coûteuses. À l’ère du numérique où de plus en plus de démarches se font en ligne, ces trésoreries sont délocalisées dans les Côtes-d’Armor, à Plancoët pour les particuliers, ou à Dinan pour les collectivités.

Au total, ce sont six trésoreries du département qui n’ont pas passé 2018 : Bégard, Plouaret, Binic-Étables, Corlay, Châtelaudren et Matignon. Pour les habitants, c’est encore un service de proximité qui disparaît. Pour les syndicats, l’argument du numérique n’est pas compatible avec une certaine réalité.

Emilie Colin 03/01/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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02 janvier 2018 ~ 0 Commentaire

mercier psa (les inrocks)

 cgt super h

Jean-Pierre Mercier (CGT PSA) : “Au lieu de contrôler et de sanctionner les chômeurs, il faudrait contrôler les patrons

Le groupe PSA a convoqué les syndicats de l’entreprise le 9 janvier en vue de négocier une rupture conventionnelle collective. Jean-Pierre Mercier, délégué syndical central de la CGT du groupe PSA, dénonce des suppressions de postes injustifiées.

La direction de PSA vous a convoqué, avec les autres syndicats, pour négocier des “ruptures conventionnelles collectives”. En quoi consiste ce nouvel outil du Code du Travail ?

Jean-Pierre Mercier  Cela consiste à simplifier les suppressions d’emplois pour l’employeur, et à lui faire gagner des avantages financiers. C’est tout le contraire de la lutte contre le chô-mage de masse. Les employeurs peuvent supprimer des postes sans avoir recours à un motif de licenciement économique. C’est tout bénef’ pour eux. C’est une loi faite sur mesure pour les employeurs, qu’ils fassent des bénéfices ou pas. Depuis des années PSA accumule des milliards de bénéfices, et pourtant ils vont activer un nouveau plan pour l’année 2018. On ne sait pas encore combien de personnes sont concernées.

Cette mesure a fait l’objet d’un décret d’application paru le 22 décembre au Journal officiel. Il y a donc un lien direct avec ce nouveau plan ?

Tout à fait. Ils ont attendu la publication du décret d’application sur les ruptures convention-nelles collectives, pour nous annoncer ce plan et nous convoquer le 9 janvier pour la négo-ciation [il faut l’accord majoritaire des syndicats pour que le plan soit mis en œuvre, ndlr]. Quand il y a une possibilité de gagner de l’argent, Peugeot est toujours premier. Il se jette dessus. C’est bien la preuve que dans cette mesure de Macron, rien n’est fait pour les salariés.

Quel est le motif invoqué par la direction, alors que l’entreprise est bénéficiaire ?

Depuis des années elle justifie ces suppressions de postes avec des éléments de com. Il n’y a pas de justification précise, mais les objectifs annuels de suppressions d’emplois, eux, ont toujours été précis. Depuis 2012 la direction a supprimé près de 25 000 emplois en CDI en France, dans ses usines et ses bureaux, alors que la production nationale de voiture est passée de 860 000 à 1 million de véhicules.

Tout cela s’est fait à coups de plans de départs volontaires et de plans de pré-retraite non remplacés. Les derniers plans de licenciements secs remontent à PSA Aulnay et PSA Rennes. Depuis, c’est du volontariat de moins en moins volontaire, car les ingénieurs et techniciens sont mis au placard, on leur dit qu’ils n’ont aucun avenir dans l’entreprise. Dans d’autres cas ce sont des ouvriers victimes d’accidents du travail à qui on donne le choix entre un licencie-ment pour inaptitudes physiques ou prendre le plan de départ volontaire. Tout cela pouvait continuer. Maintenant Peugeot veut mettre le plan de RCC en place pour le 1er février 2018. C’est que derrière, il doit y avoir des avantages financiers qu’on n’a pas encore quantifiés.

Quelles conséquences ces suppressions de postes ont-elles pour le fonctionnement des usines ?

C’est bien joli de pousser dehors des CDI mais il faut des bras pour faire tourner les chaînes de production et les bureaux d’études. La politique de la direction a été de prendre de plus en plus d’intérimaires, mais en nombre inférieur à celui de CDI éjectés des usines. Par conséquent,  il y a une surcharge de travail pour les salariés en CDI et en parallèle une explo- sion de la précarité. Sur certaines chaînes de production il y a parfois 90% d’intérimaires. On a le sentiment que Peugeot ne veut plus de CDI dans ses usines. PSA veut travailler avec des précaires. Ça lui coûte moins cher, et les salariés ont moins de droits.

PSA, comme l’entreprise de prêt-à-porter Pimkie, envisagent d’avoir recours à cette mesure. Alors que la réforme de l’assurance-chômage va viser à contrôler davantage les chômeurs à la rentrée, le contexte social en France pourrait-il devenir plus tendu?

Je l’espère. On milite tous les jours pour cela. Les chômeurs vont être contrôlés comme des délinquants. Et en parallèle on nous sert un baratin selon lequel la priorité nationale serait la lutte contre le chômage massif ! Au lieu de contrôler et de sanctionner les chômeurs, il faudrait contrôler les patrons et les sanctionner quand ils suppriment des emplois alors qu’ils font des bénéfices. Le 9 janvier nous demanderons un plan massif d’embauches en CDI. Il faudrait embaucher tous les intérimaires qui travaillent depuis des années sur les chaînes de produc- tion. C’est comme ça que la société pourrait aller mieux. Mais pour cela, il faudrait des mobili- sations. On y travaille. Ce serait un joli anniversaire qu’on pourrait faire pour Mai 68 !

30/12/17 09h53 Mathieu Dejean 
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macron
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22 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

coup de pouce (révolution permanente)

riches

Pour « compenser » le non-cumul des mandats, les députés votent l’augmentation de 40 % des salaires des maires des grandes villes

Quand il s’agit du SMIC, c’est l’augmentation minimum. Mais quand il s’agit des salaires des grands élus, c’est la fête : l’Assemblée a voté il y a une semaine, en catimini, un amendement permettant aux grands élus d’augmenter leur salaire de 40 %.

À l’origine, ce n’est pas un texte du gouvernement 

C’est le Sénat, cette assemblée dominée par Les Républicains, dont les élus sont choisis par les maires et autres élus de France, qui avait choisi d’amender le projet de loi de finance du gouvernement.

Le projet ?

Permettre aux élus des villes de plus de 500 000 habitants, aux présidents de région et de département, d’augmenter leur salaire, à hauteur de 40 %, celui-ci passant de 5512 euros à 7716 euros. L’amendement avait été adopté par le Sénat, mais le rapporteur du texte LREM Joël Giraud s’y était opposé, et avait déposé un amendement pour faire enlever cette nouvelle disposition à l’Assemblée Nationale.

C’était sans compter l’action du ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, qui a réintroduit un autre amendement, non pas pour supprimer les modifications sénatoriales, mais pour les approfondir !

Quand on est issu de la droite, les vieux réflexes ne tardent pas à ressortir ! Résultat, les députés LREM ont suivi les décisions du ministre, qui a ajouté à la liste des bénéficiaires de cette rallonge les présidents de métropole, et a abaissé le seuil de 500 000 habitants à 100 000 habitants, faisant ainsi passer le nombre de maires « éligibles » de 3 à une quarantaine !

Dans la tête des sénateurs, l’objectif était de « reconnaître le travail » des grands élus, en « alignant leur salaire sur celui des hauts fonctionnaires », comme l’a expliqué Pierre Cuypers (LR), qui avait défendu l’amendement. Pour défendre son amendement, Gérald Darmanin a expliqué qu’il s’agissait de compenser la loi sur le non-cumul des mandats, qui « affecte les présidents des exécutifs, notamment les plus importants ». Darmanin espère peut-être faire le plus beau des cadeaux aux grands élus : permettre le cumul des indemnités sans cumul des responsabilités politiques.

216 euros par an : voilà l’augmentation du SMIC brut que la loi de finance a acté 

L’amendement concernant les maires des grandes villes permet une augmentation de leur salaire annuel de 26 448 euros, soit 122 fois plus. Voilà une mesure qui permet d’expliquer le plus simplement du monde quelles sont les priorités du gouvernement : s’engraisser, engraisser les copains, et surtout, écraser les plus pauvres.

George Waters jeudi 21 décembre

http://www.revolutionpermanente.fr/

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20 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

éric toussaint (libération)

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Eric Toussaint : «La répudiation de la « dette odieuse » est légitime»

Quand l’endettement d’un pays va contre l’intérêt de sa population et qu’il a été mis en place au profit des créanciers, il doit être annulé, estime Eric Toussaint, le porte-parole du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes.

Dans son dernier ouvrage,le Système dette, histoire des dettes souveraines et de leur répudiation (1), Eric Toussaint, porte-parole du Comité pour l’abolition des dettes illégitimes, donne les clés pour comprendre comment l’endettement des Etats souverains a, de tout temps, été utilisé comme une arme de domination et de spoliation. Au fil des pages, une histoire des dettes peu connue, parfois rocambolesque, s’esquisse sous les yeux du lecteur. Enrichi par des documents d’archives et des comptes rendus officiels des échanges entre responsables politiques de tous bords et de tous pays,le Système dette est une plongée historique qui montre que la lutte contre les «dettes odieuses», illégitimes, illégales et insoutenables n’est pas un combat naissant.

Vous expliquez que les crises de la dette des pays du Sud sont toujours liées aux crises qui éclatent dans les pays capitalistes ?

A partir du XIXe siècle, le recours à l’endettement extérieur et l’adoption du libre-échange constituent un facteur fondamental de la mise sous tutelle d’économies entières par les principales puissances capitalistes où se trouvaient les plus grandes banques. Chaque crise de la dette a été précédée d’une phase de surchauffe de l’économie des pays les plus industrialisés, au cours de laquelle il y a eu surabondance de capitaux dont une partie a été recyclée vers les économies de la «périphérie». La crise est ensuite généralement provoquée par des facteurs externes aux pays périphériques endettés : une récession ou un krach financier ou encore un changement de politique des taux d’intérêt décidé par les banques centrales des grandes puissances du moment.

N’est-ce pas un peu exagéré de transposer ce passé au présent ?

Le système de la dette d’aujourd’hui reproduit toute une série de mécanismes de domination des Etats puissants sur les Etats plus faibles. Il faut ajouter que les classes dominantes des pays endettés tirent elles aussi profit de l’endettement. Elles encouragent les gouvernants à emprunter en interne et à l’étranger, car l’emprunt contribue à ce que les impôts, qui pèsent sur la bourgeoisie, ne soient pas élevés. Elles achètent des titres de la dette de leur pays afin d’obtenir un rendement élevé garanti par l’Etat.

Selon vous, une série de mécanismes qui ont été mis en place, il y a deux siècles, sont toujours actifs de nos jours.

L’utilisation de la dette extérieure comme arme de domination a joué un rôle fondamental dans la politique étrangère des principales puissances au cours du XIXe siècle, et cela se poursuit au XXIe sous des formes qui ont évolué. La Grèce, pendant les années 1820 et 1830, a été soumise aux diktats des puissances créancières (en particulier la Grande-Bretagne et la France). Haïti, qui s’était libéré de la France au cours de la Révolution et avait proclamé l’indépendance en 1804, a été asservi, en 1825, au moyen de la dette. La Tunisie endettée a été envahie par la France en 1881 et transformée en protectorat. Le même sort a été réservé à l’Egypte en 1882 par la Grande-Bretagne. Ce qui s’est passé avec la Grèce, Chypre, le Portugal ou l’Irlande au cours des dix dernières années le confirme. Bien sûr, les méthodes utilisées ont changé, de nouvelles formes de coercition sont mises en pratique. Depuis 2010, la Troïka, composée du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque centrale européenne (BCE), de la Commission européenne (et de l’Eurogroupe, qui réunit les ministres des Finances des pays de la zone euro), dictent aux autorités grecques ce qu’elles doivent faire sur le plan économique et social.

Mais la Grèce a sa part de responsabilité, quel rapport avec un «système dette» ?

Au début des années 2000, la création de la zone euro a généré d’importants flux financiers volatils et souvent spéculatifs, qui sont allés des économies du «centre» (Allemagne, France, Benelux, Autriche…) vers les pays de la périphérie (Grèce, Irlande, Portugal, Espagne, Slovénie…) Les grandes banques privées et d’autres institutions financières des économies du centre ont prêté de l’argent aux secteurs privé et public des économies périphériques, car il était plus profitable d’investir dans ces pays que dans les marchés nationaux des économies du centre. L’existence d’une monnaie unique, l’euro, a encouragé ces flux, car il n’y avait plus de risques de dévaluation. Cela a créé une bulle du crédit privé, touchant principalement le secteur immobilier, mais aussi celui de la consommation. Les banques privées d’Europe occidentale ont utilisé l’argent que leur prêtait massivement, et à bas coût, la BCE pour augmenter leurs prêts à des pays comme la Grèce sans vérifier la solvabilité des emprunteurs. Les banquiers cherchaient à faire du rendement, peu importe les risques. Ce qui est arrivé à la Grèce en 2010, quand les banquiers occidentaux ont fermé le robinet, est arrivé peu après à l’Irlande, au Portugal, à Chypre et, dans une certaine mesure, à l’Espagne.

«Périphérie», «centre»… Ce sont des mots qu’on utilise rarement aujourd’hui en économie.

Pourtant, il existe une hiérarchie entre des pays du «centre riche» et des «pays périphériques», que ce soit à l’intérieur de l’Union européenne ou à l’échelle de la planète.

Mais quel rapport avec cette notion de «dette odieuse» que vous dénoncez ?

Sur la base de toute une série de jurisprudences, Alexander Sack, un juriste russe exilé à Paris après la révolution bolchevique, a élaboré en 1927 la doctrine juridique de la «dette odieuse». Selon cette doctrine, si la dette a été contractée contre l’intérêt de la population, et que les créanciers en étaient conscients, ou auraient dû l’être, elle est qualifiée d’«odieuse», et elle peut être annulée. Cette doctrine émane d’un professeur conservateur qui voulait défendre les intérêts des créanciers tout en leur disant de prendre soin de vérifier l’usage que l’emprunteur fait des crédits accordés.

Et vous affirmez, qu’une série de dettes ont été répudiées sur cette base…

Oui, et notamment aux Etats-Unis. En 1830, quatre Etats des Etats-Unis sont touchés par des émeutes sociales qui renversent leurs gouvernements corrompus et répudient la dette contractée auprès de banquiers véreux. Les projets d’infrastructures qu’ils étaient censés financer n’ont pas été réalisés à cause de la corruption. En 1865, quand les Nordistes gagnent contre les Sudistes, ils décrètent que ces derniers doivent répudier les dettes contractées auprès des banques pour financer la guerre (c’est le contenu du 14e amendement à la Constitution). Une dette considérée comme «odieuse», car contractée pour défendre le système esclavagiste.

Vous avez d’autres exemples ?

Il y a bientôt un siècle, en février 1918, les Soviets ont décrété la répudiation des dettes tsaristes. En 1919, le Costa Rica répudie une dette contractée par l’ex-dictateur Federico Tinoco Granados, au bénéfice de sa famille, c’est un ancien président des Etats-Unis, William Taft, qui intervient en tant qu’arbitre et entérine la répudiation. Car l’argent emprunté était destiné à des intérêts personnels. Plus récent : dix jours après l’invasion de l’Irak, en 2003, le secrétaire d’Etat américain au Trésor, John Snow, a convoqué ses collègues du G7 pour annuler les dettes contractées par Saddam Hussein, en utilisant l’argument de la «dette odieuse». En octobre 2004, 80 % de la dette de l’Irak a été annulée. Cela montre la validité de l’argument de droit international.

Comment transposer toutes ces observations sur la Grèce ?

La dette réclamée par la Troïka à la Grèce représente 90 % de la dette publique grecque. Les prêts de la troïka ont clairement été octroyés contre l’intérêt des Grecs eux-mêmes. On leur a imposé des mesures qui ont dégradé l’exercice de leurs droits fondamentaux et de leurs conditions de vie sans améliorer la situation. La Troïka a prêté de l’argent à la Grèce afin que celle-ci rembourse les banques privées occidentales. La Commission pour la vérité sur la dette grecque, dont j’ai coordonné les travaux en 2015 à la demande de Zoé Konstantopoúlou, la présidente du Parlement grec, a prouvé que les membres de la Troïka étaient conscients des effets néfastes de leurs exigences.

Idem pour le Venezuela ?

Pour se prononcer, il faudrait pouvoir procéder à un audit de la dette vénézuélienne qui a été contractée sous le régime de Hugo Chávez et par son successeur Nicolás Maduro. Un audit pour répondre à la question suivante : «Ces dettes ont-elles servi les intérêts des populations ou bien ont-elles servi à financer les intérêts d’une minorité privilégiée ?». Il est très important de réaliser un examen très rigoureux du processus d’endettement. Il est frappant de constater que l’opposition de droite à Nicolás Maduro n’exige pas la suspension ou l’annulation de la dette. Faut-il rappeler que la classe dominante locale a investi dans les dettes émises par le régime en place et compte donc sur la poursuite du paiement de la dette après le renversement de Nicolás Maduro ?

Répudier une dette n’est-ce pas se couper du financement externe ?

L’histoire du capitalisme démontre le contraire. En 1837, le Portugal qui avait répudié sa dette à l’égard de banquiers françaisa pu, ensuite, émettre quatorze emprunts successifs en France et ailleurs. Idem pour les Etats-Unis… Les Soviets répudient leur dette en 1918 et, malgré cet acte, à partir de 1924, tous les pays occidentaux se sont bousculés au portillon de l’URSS pour prêter de l’argent. Les exemples ne manquent pas. J’ajoute que l’annulation de la dette illégitime est insuffisante ! Annuler des dettes sans réaliser d’autres politiques concernant les banques, la monnaie, la fiscalité, les priorités d’investissement et la démocratie, n’empêchera pas d’entraîner le pays concerné par cette annulation dans un nouveau cycle d’endettement. La répudiation de la dette qualifiée d’odieuse est nécessaire et légitime, mais elle doit s’inscrire dans un plan économique et social d’ensemble.

(1) Le Système dette. Histoire des dettes souveraines et de leur répudiation, Les liens qui libèrent (LLL), 19,50 €.

Vittorio De Filippis  18 décembre 2017

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05 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

smic (anti-k + le monde + le huff’)

les aides

Smic : un rapport préconise la fin de la revalorisation automatique

On connaît bien maintenant les techniques pour dresser un écran à la réalité, des rapports sociaux et de l’accroissement sans limites des inégalité

Faire établir un soit disant « rapport » par des soit-disant « experts » réunis pour le rédiger pour le compte des puissants qui les paient très bien. Un « rapport » veut donner l’impression du fruit d’un travail collectif et métho-dique.

Il sera repris tel quel par des journalistes paresseux pour miner les revendi- cations sociales et  contredire « l’idéologie » qui les nourrit par des données pseudo objectives, présentées comme des « informations choc ».

Les « rapports », les « colloques » et autres « missions d’étude », il suffit de savoir qui les paient pour comprendre quels intérêts ils servent sous couvert de vérités scientifiques.

Si la réaction sociale est trop vive, on affirmera qu’il ne s’agit que d’une «étude », les éléments qui la contiennent seront alors, mis en place, plus tard, petit à petit, à la faveur de l’effet  d’annonce médiatique qui a permis de fissurer la résistance.

Pour oser écrire que « la revalorisation automatique du smic, tend à pénaliser  l’emploi des personnes les plus fragiles », pour expliquer encore qu’il faut s’ali- gner sur les plus faibles pour tirer vers le bas celles et ceux qui sont juste au- dessus, pour prendre l’exemple des sociétés les moins disantes pour dégrader et raboter les normes des autres, il faut y mettre un sacré « emballage ».

LR  05.12.2017

http://www.anti-k.org/

Lire l’article sur « Anti-k »

Lire aussi:

La revalorisation du smic « est une question sociale et non une question technique » (Le Monde)

Smic: un rapport préconise la fin de la revalorisation automatique (Le Monde)

Smic: Ces experts qui conseillent à Macron de supprimer la revalorisation automatique du salaire minimum (Le Huff’)

CGT Un rapport explosif pour dynamiter le SMIC !

Commentaire d’un lecteur du Monde:

Mais oui après avoir supprimé l’ISF et renoncé à lutter contre l’évasion fiscale, gelons les bas salaires, ils le mérite bien ces salauds de pauvres qui profitent du système pour essayer d’avoir une vie décent

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04 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

ehpad (fo)

Ehpad : vers une journée de grève nationale début 2018

Conférence nationale pour la défense des Ehpad, Paris, le 28 novembre 2017.

Trois cent cinquante délégués de la Fédération FO Santé, réunis à Paris le 28 novembre, se sont prononcés pour une mobilisation nationale dans les Ehpad, début 2018. Pour contrer la dégradation sans précédent des conditions de travail et d’accueil, ils revendiquent une hausse des effectifs et le retrait de la nouvelle réforme des tarifs. La situation catastrophique liée aux manques de moyens financiers et humains dans les Ehpad exige une mobilisation d’ensemble pour fédérer les nombreux mouvements qui ont lieu partout en France. C’est ce qu’ont estimé les 350 délégués FO de 200 maisons de retraite et Ehpad, venus de 60 départements français, réunis au siège de la confédération à Paris le 28 novembre.

Une douche par mois

Lors d’une conférence nationale pour la défense des Ehpad, à l’initiative de la Fédération des Services publics et de Santé FO (SPS FO), les 50 délégués qui se sont succédé à la tribune ont témoigné de conditions parfois insoutenables : douches réduites à une par mois, toilettes « VMC (Visage mains cul) ou VC (Visage cul) », repas expédiés en six minutes chrono, person- nes alitées faute de personnel pour les lever…

Le sous-effectif chronique dans les maisons de retraite entraîne une diminution dramatique du temps consacré aux soins des résidents, avec in fine des situations de maltraitance et de la souffrance au travail.

A minima, 25 000 créations d’emplois sont nécessaires pour remettre à flot des Ehpad, estime Denis Basset, secrétaire général de la branche santé de la fédération SPS FO.

Constatant la surdité du gouvernement sur la question, Romain Gizolme, de l’AD-PA (asso- ciation de directeurs d’Ehpad) partage l’analyse de FO Le sous-effectif chronique dans les maisons de retraite entraîne une diminution dramatique du temps consacré aux soins des résidents, avec in fine des situations de maltraitance et de la souffrance au travail.

A minima, 25 000 créations d’emplois sont nécessaires pour remettre à flot des Ehpad, estime Denis Basset, secrétaire général de la branche santé de la fédération SPS FO. Constatant la surdité du gouvernement sur la question, Romain Gizolme, de l’AD-PA (association de directeurs d’Ehpad) partage l’analyse de FO.

Pour un ratio d’un agent par résident

FO va s’adresser aux autres organisations syndicales et aux familles de résidents pour leur proposer de rejoindre une mobilisation début 2018, à laquelle participeront aussi les retraités de l’Union confédérale des retraités FO. Une journée de grève nationale pour revendiquer un ratio de un agent pour un résident et le retrait de la nouvelle réforme tarifaire des Ehpad.

Zoom : Les Ehpad en chiffres
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50% des places en hébergement pour personnes âgées dépendantes sont dans des établisse- ments publics, 28% dans des établissements privés à but non lucratif et 22% dans des établis- sements privés commerciaux. L’âge moyen de l’entrée en Ehpad était de 84 ans et 9 mois en 2011. Plus de 40% des résidents en Ehpad souffrent d’une pathologie démentielle. La durée moyenne de séjour est d’environ deux ans et demi.
 VENDREDI 1ER DÉCEMBRE 2017 FRANÇOISE LAMBERT www.force-ouvriere.fr

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03 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

châteaubriand bahamas (ouest france)

privileges-des-pauvres

Le Front social castelbriantais moque les propos du député Damien Adam

 Le Front social castelbriantais dans ses œuvres avec ici cette vidéo « Les chômeurs vont aux Bahamas » qu’ils ont réalisée le 1er décembre pour moquer les propos du député LREM Damien Adam. | DR

Les membres du collectif du Front social castelbriantais ont filmé et diffusé sur Youtube leur action du 1er décembre 2017. Ils se sont rendus à la Maison de l’Emploi, déguisés en chômeurs prêts à partir en vacances aux Bahamas pour moquer les propos du député Damien Adam.

Les membres du collectif du Front social castelbriantais ont signé une nouvelle action. Vendredi 1er décembre 2017, ils se sont filmés à la Maison de l’emploi de Châteaubriant, grimés en vacanciers prêts à partir, pour se moquer des propos tenus par Damien Adam, député LREM.

Le député de la première circonscription de Seine-Maritime avait déclaré au journal Paris-Normandie : « Quand vous êtes salarié et que vous voyez certaines personnes qui partent en vacances aux Bahamas grâce à l’assurance chômage, il est légitime de se dire que ce système marche sur la tête ! »

02/12/2017

https://www.ouest-france.fr/

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03 décembre 2017 ~ 0 Commentaire

morlaix hôpital (lt)

manifestants-hopital-SUD

Plus d’un millier de personnes ont répondu à l’appel à manifester de l’Intersyndicale du centre hospitalier des Pays de Morlaix, ce samedi matin. Des personnels de santé, des élus et des habitants.

Près de 1 100 manifestants, 1 500 selon les syndicats, ont répondu à l’appel à manifestation de l’Intersyndicale du centre hospitalier du pays de Morlaix, ce samedi matin, pour la défense de l’hôpital.

En dépit de l’annulation de dernière minute de la fermeture du service de soins intensifs de cardiologie, les syndicats ont, en effet, décidé de maintenir la pression pour défendre ce service et plus largement l’hôpital.

« Si on perd des unités comme celle-là, tout s’effritera ! »

« Les annonces de ces derniers jours ne nous ont absolument pas convaincus. Trop d’incer- titudes persistent », a déclaré Francis Landouar, pour le syndicat Sud-Santé. « Si on perd des unités de pointes comme celle-là, derrière tout s’effritera et l’hôpital de Morlaix deviendra un hôpital de second ordre », a alerté, de son côté, le comité des défense de l’hôpital.

Unis pour défendre l’hôpital, les personnels de santé et les élus du territoire ont plaidé pour la prise de mesures gouvernementales permettant de répondre au problème du recrutement des praticiens.

http://www.letelegramme.fr/

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28 novembre 2017 ~ 0 Commentaire

junkfood (la libre belgique)

ravili

L’alimentation « low cost » coûte très cher ! 

Les prix « bas » de la grande industrie agroalimentaire ne comptent pas les conséquences environnementales et sanitaires : surpoids, diabète, maladies cardio-vasculaires, etc. Retrouvons la cuisine, la convivialité et le plaisir des saveurs.

Il est décidément plus facile d’annoncer des bonnes résolutions que de les mettre en œuvre. En dépit d’engagements répétés à réduire la pauvreté, près d’un quart de la population en Europe – 117 millions de personnes – se situe en risque de pauvreté en 2016. Or c’est d’abord sur les achats alimentaires, seul poste du budget du ménage relativement compressible, que les ménages les plus précaires tentent d’économiser. Et quand cela ne suffit plus, ils se tournent en dernier recours vers les organisations caritatives : en Belgique même, le recours à l’aide alimentaire a augmenté de 17,3 % entre 2013 et 2016 (1).

Familles à faible revenu

Un régime alimentaire sain reste hors de portée pour beaucoup de familles à faible revenu. Pourtant, paradoxalement en apparence, poursuivre dans la voie actuelle, en encourageant une baisse des prix des denrées alimentaires et un meilleur accès à l’aide alimentaire, conduit à l’impasse. Des prix bas et l’aide alimentaire sont, au mieux, des palliatifs. Ce ne sont pas des solutions durables.

Depuis cinquante ans, on a prétendu répondre aux attentes des familles les plus défavorisées en encourageant une production alimentaire de masse :

l’alimentation « low cost » a fonctionné comme le substitut de fait de politiques sociales plus robustes, qui auraient pu protéger les ménages les plus pauvres de la pauvreté alimentaire. Or cette approche s’avère être un échec patent. Les dimensions qualitatives de l’alimentation ont été négligées au nom de la réduction des coûts, et ce sont ces ménages qui paient aujourd’hui le prix exorbitant de ces choix.

L’alimentation « low cost » a en fait un coût exorbitant, aussi bien pour les consom-mateurs qui en dépendent que pour la collectivité.

Les perturbateurs endocriniens présents dans l’alimentation – en raison des pesticides utilisés dans l’agriculture conventionnelle, des emballages utilisés, des hormones de croissance dans l’élevage industriel, ou des préservateurs – coûtent 217 milliards d’euros par an aux pays de l’Union européenne, l’équivalent de 1,48 % du PIB européen, ou 428 euros par an et par personne.

La consommation de produits alimentaires fortement transformés par des processus industriels explique largement l’explosion des taux d’obésité (51,6 % de la population européenne est en surpoids ou obèse), et donc des maladies non-transmissibles – diabètes, maladies cardio-vasculaires, cancers gastro-intestinaux – qui y sont liés, dont le traitement représente 80 % des coûts en soins de santé dans l’UE.

Les prix « bas » de la grande industrie agroalimentaire ne le sont que parce que ce que les économistes appellent les « externalités négatives » ne sont pas répercutées sur le prix des produits sur les rayons des supermarchés – mais ce que le consommateur ne paie pas à la caisse, il le paiera en tant que contribuable, pour effacer les conséquences environnementales et sanitaires de ce modèle.

Pas que subsidier les fruits

Alors oui, il faut rendre plus abordables les produits issus de l’agriculture biologique, obliger les filières de production agroalimentaire industrielle à prendre en compte les coûts que leur manière de produire imposent à la collectivité, subsidier la production de fruits et légumes et en faciliter la distribution par des investissements dans la logistique.

Mais cela ne suffira pas. Car, si on laisse de côté la particularité des filières certifiées « bio », manger sainement, en cuisinant des produits frais, notamment des légumes, et en modérant sa consommation de fritures, de confiseries et de viande rouge, ne coûte pas nécessairement plus cher.

Cela demande, en revanche, du temps et de l’organisation, dont les personnes au statut le plus précaire, qui enchaînent parfois plusieurs petits boulots sur la journée et que de lon- gues navettes séparent parfois de leur lieu de travail, ne disposent pas toujours. Cela exige aussi un savoir-faire culinaire en voie de disparition rapide. Et cela suppose une motivation qu’il n’est pas toujours facile de trouver quand l’on vit seul, ou en famille monoparentale, surtout lorsque les membres de la famille ont des horaires différents et variables.

La pauvreté alimentaire, c’est une question de pouvoir d’achat, mais c’est aussi une question de mode de vie, d’équilibre entre vie familiale et vie professionnelle, et d’informa- tion. Et, autant que le pouvoir d’achat en tant que tel, la géographie de la distribution importe : bien que l’on ne puisse sans doute pas évoquer, en Europe continentale, ces « déserts alimen- taires » qui caractérisent certaines villes d’Amérique du Nord ou de Grande-Bretagne, il y a des quartiers moins bien desservis tels que certains quartiers du centre de villes de taille moyenne telles que Liège, ou de villages de campagne (2), où il est difficile de trouver des produits frais, variés et de qualité (3).

Une question de civilisation

L’accès de tous et de toutes à une alimentation adéquate suppose une meilleure protection sociale et des salaires décents, pour lesquels une politique de bas prix et l’aide alimentaire ne sauraient constituer des substituts.

Mais il faudra davantage encore. Pour sortir de la culture alimentaire que cinquante années de productivisme ont façonné, transformant nos goûts et jusqu’à nos manières de table, il faudra davantage qu’une réorientation des subsides, une utilisation intelligente de l’outil fiscal, et quelques campagnes d’information. Il faudra faire de l’alimentation une question de civili- sation. Réapprendre à cuisiner. Se rappeler que les repas sont un moment de convivialité. Retrouver le plaisir des saveurs. Renouer le lien social, à travers la cuisine et l’alimentation.

Bref, replacer l’alimentation comme élément de notre culture, et ne plus la voir seulement comme une nécessité physiologique.

Non pas la médicaliser, mais se la réapproprier et en faire une composante de nos modes de vie. C’est un effort de longue durée. Mais il est plus que temps que l’on aille au-delà de l’aide alimentaire et des solutions d’urgence pour les plus pauvres, pour permettre à chacun et chacune, quel que soit son niveau de revenus, son niveau d’études ou son statut professionnel, d’avoir accès à une alimentation adéquate.

Une opinion d’Olivier De Schutter, rapporteur spécial de l’Onu sur le droit à l’alimentation (2008-2014) et co-président du Panel international d’experts sur les systèmes alimentaires durables (IPES-Food)

 jeudi 23 novembre 2017

http://www.lalibre.be/

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