Archive | Austérité

03 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

finances publiques (révolution permanente)

fonctionnaires

Vers la suppression de 30 000 postes dans la finance publique

Après la casse du code du travail à l’automne dernier, la CSG, les cheminots et les étudiants, les prochains à subir les réformes austéritaires du gouverne-ment seront, comme chacun le sait, les fonctionnaires.

En ce qui concerne les postes des finances publiques, les mesures semblent se préciser au regard du rapport publié par la Cour des Comptes le 20 juin dernier, présageant la suppres-sion de 30 000 postes.

Dans son programme électoral, Macron annonçait déjà qu’il voulait en finir avec 120 000 postes dans la fonction publique, dont 50 000 dans la sphère de l’Etat. Plusieurs déclarations ou rapports indiquent que les premiers à subir les suppressions de postes seront les fonction-naires de la finance publique.

En outre, la Cour des Comptes a publié un rapport le 20 juin dernier dans lequel, bien que les suppressions d’emploi ne soient pas chiffrées, son président Didier Migaud appelait à « passer à l’étape suivante », et était évoquée de manière encore floue « la nécessité d’une stratégie de transformation ».

Mais surtout, le procureur général près de la Cour des comptes, Gilles Joha-net, a lui été plus explicite le 12 juin devant la chambre du Conseil.

Au cours des observations qu’il a présentées, il a plaidé pour l’augmentation des budgets infor-matiques pour justifier la suppression de 30 000 emplois : « Moyennant un investissement massif dans la transformation numérique […] et une revue en profondeur des missions, qui aille au-delà des premiers ajustements que propose le rapport, un scénario médian aurait pu viser un objectif à horizon 2022 de suppression de l’ordre de 30M des implantations  et c’est peu et des effectifs » ajoutant « peut être de l’ordre de 500 millions d’euro par an », soit « quelque 30 000 emplois ».

En d’autres termes, ce serait près de 7 500 suppressions d’emplois par an dans ce secteur pour les quatre prochaines années. Cette annonce pourrait provoquer un vent de colère chez les fonctionnaires du ministère des Finances, d’autant plus que lors de la journée de mobilisa-tion du 22 mai, près d’un sur quatre d’entre eux avait fait le choix de se mettre en grève. De surcroît, depuis une dizaine d’années les différents gouvernements n’ont cessé d’attaquer les agents des finances publiques : dégradation des conditions de travail, suppression de milliers de postes, entraînant une baisse de qualité du service public, sans parler du fait que ces suppressions d’emploi favorisent les fraudes fiscales car allègent les contrôles des hauts fonctionnaires et élus.

Enora Lorita lundi 2 juillet

http://www.revolutionpermanente.fr

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02 juillet 2018 ~ 0 Commentaire

alexandria ocasio-cortez (regards)

alexandria_ocasio-cortez_-_ocasio.jpg_1718483346

People before profit! Merci qui? L’ICE est le Frontex anti immigrés de D Trump…

Alexandria Ocasio-Cortez : du dégagisme à l’américaine

Victoire surprise à New York dans une primaire du Parti démocrate : une ancienne barmaid latino de 28 ans née dans le Bronx, l’a emporté cette semaine face à un baron du parti. Espoirs intersectionnels et révolution politique de l’autre côté de l’Atlantique.

She did it ! Elle l’a fait. Et pas qu’un peu.

Alexandria Ocasio-Cortez a donc remporté l’investiture démocrate dans le 14ème district de New York contre Joe Crowley, avec le score écrasant, saisissant de 57, 5 % des voix, contre 42,5 % à son adversaire, représentant, s’il en est, de l’establishment démocrate. Les médias américains parlent déjà de « séisme politique ». Et Donald Trump lui-même s’est ému, sur son compte Twitter, de voir disparaître un vieil adversaire de la scène politique new-yorkaise.

On avait analysé quels étaient les ressorts d’une campagne qui pouvait n’apparaître, il y a quelques semaines encore, que comme une forme de défi tout au plus sympathique, quand elle ne prêtait pas à des commentaires empreints de scepticisme et de cynisme de la part de tous les acteurs de l’establishment.

La jeune candidate se présentait certes comme une candidate démocrate mais issue de la classe des travailleurs ; ce qui, aux États-Unis, fait encore trembler les coeurs même les plus progressistes. Elle s’appuyait sur une démarche intersectionelle, refusant de séparer les ques-tions de race, de classe, de genre, de sexualité. Enfin, elle mettait en oeuvre une stratégie populiste et inclusive : constituer un nous politique, articuler des demandes populaires hétérogènes dans le sens de plus d’égalité et de justice sociale pour tous.

Une lutte intersectionnelle victorieuse

Tout semblait donc à vrai dire fou, irraisonné, excessif dans cette campagne de terrain qui, n’était le soutien de Bernie Sanders (Joe Crowley étant au contraire appuyé par les Clinton et l’establishment démocrate), ne s’appuyait, au départ, que sur la mobilisation des absten-tionnistes et des populations délaissées par le parti démocrate.

Comme toujours, pour l’establishment démocrate, il ne suffirait que de jouer sur la peur inspirée par le parti républicain et Donald Trump, pour rallier, par défaut, les voix des travail-leurs, des femmes ou des populations d’origine immigrée encore prêts à voter en dépit de tous les espoirs déçus.

Et pour le reste, on maintiendrait, autour du soutien moral des classes moyennes, un statu quo raisonnable et une forme de consensus au centre, tout en cédant en pratique, en dépit de proclamations anti-racistes, féministes, etc. toujours un peu plus de terrain à l’adversaire sur les questions de revenus, de santé, d’éducation ou d’immigration. Comme si les questions économiques et sociales n’affectaient pas, en premier lieu, les plus fragiles d’entre les travailleurs : les femmes, les noirs et les latinos !

Comme Alexandria Ocasio-Cortez l’a répété à plusieurs reprises durant la campagne, « il n’est pas de question économique et sociale qui n’ait de prolongement racial, comme il n’est pas de question raciale qui n’ait de prolongement économique et social ». On ne peut donc, sauf aveuglement volontaire, mettre une question au centre d’un agenda politique sans en reléguer une autre aux marges de l’action politique ce qui signifie, en fait, se refuser à traiter cette question dans ses prolongements et son ensemble.

Il faut donc, au contraire, démarginaliser les questions de race, de genre, de sexualité pour, également, reformuler de manière effective la question économique et sociale.

Et c’est ainsi, en effet, que la jeune candidate latino a pu se présenter, face à son adversaire, comme la championne de la question des travailleurs new-yorkais, mettant fin, par sa victoire écrasante, à ce « cycle de cynisme et d’incurie » engagé, depuis les années 90, par le néolibé-ralisme des Clinton, et qui voulait non plus transformer l’Amérique mais uniquement se mainte-nir au pouvoir. En remettant à l’agenda des questions comme celle d’un revenu minimum, d’une éducation publique gratuite, d’emplois fédéraux garantis, d’une sécurité sociale pour tous, Alexandria Ocasio-Cortez ne craignait pas même d’en appeler, suite à la crise de 2008 et l’occasion manquée par Obama de faire plier la finance et de relancer l’investissement public, à un nouveau New Deal pour tous.

Une nouvelle donne sociologique en politique

La jeune femme est en effet âgée de 28 ans et issue des classes populaires du Bronx et du Queens. Elle était encore barmaid et éducatrice il y a quelques mois. Cumulant les emplois depuis son adolescence, son père est décédé durant la crise de 2008, pour, avec sa mère d’origine portoricaine, faire subsister sa famille, elle avait pourtant déjà été l’une des organisa-trices de la campagne de Bernie Sanders pour l’investiture démocrate à la présidentielle américaine en 2016.

Mais nul n’imaginait qu’elle puisse défier et encore moins battre ! un représentant du parti démocrate en place depuis 20 ans, et appelé à succéder à Nancy Pelosi au rôle de leader démocrate à la Chambre des Représentants.

C’est dire, pour parler comme le New-York Times, que la base du Parti démocrate est en état d’insurrection politique et que désormais, elle risque bien de répudier un peu partout les candidats démocrates « modérés ».

La victoire de la jeune candidate new-yorkaise inaugure sans doute, en effet, une série de victoires de jeunes leaders démocrates radicaux. Il faut en effet également compter avec la victoire de Ben Jealous dans le Maryland, et celles, peut-être à venir, d’Ayanna Pressley dans le Massachusetts, de Cori Bush dans le Missouri, ou encore de Chardo Richardson en Floride.

Toutes et tous, sous la bannière de Bernie Sanders, entendent en effet conquérir le Parti Démocrate pour en faire l’outil de ce que le sénateur du Vermont appelle une « révolution politique ». Bien plus, sous la pression de ces victoires, un verrou institutionnel décisif vient de sauter : Tom Perez, qui dirige le DNC, le comité national du Parti Démocrate, s’est vu tenu de proposer une réduction du rôle des super-délégués dans la désignation des candidats (les dignitaires du Parti Démocrate avaient, par exemple, clairement pesé dans le sens d’une désignation d’Hillary Clinton en 2016).

Surtout, ces nouvelles candidatures entrent évidemment en résonance avec les mouvements d’activistes dont elles sont les plus souvent issues, et mettent à nu le cynisme du Parti Démo-crate. Un épisode portant sur la question de l’immigration, aura en effet marqué le débat Ocasio-Cortez/Crowley. Joe Crowley s’était, comme à son habitude, répandu en indignation morale contre les dispositions de l’administration Trump à l’égard des migrants, les qualifiant avec bruit de « fasciste ».

Mais de deux choses l’une : ou bien les dispositifs comme l’ICE (un agence de police frontalière dont le rôle aux États-Unis est l’équivalent, peu ou proue, de dispositifs comme FRONTEX pour l’Union européenne) sont des dispositifs d’état criminels (notamment lorsqu’ils séparent les enfants des parents). Et ils doivent par conséquent, comme l’a rappelé Ocasio-Cortez à son adversaire, être abolis. Ou bien il ne sert à rien de crier au fascisme (surtout lorsque l’on a supporté des administrations démocrates qui, comme celle d’Obama, ont, plus que toutes, encouragées ces dispositifs, et ont livré clé en main des instruments de répression à l’autoritarisme de l’administration Trump).

On ne perd que les combats que l’on ne mène pas

On disait, là encore, si l’on était cynique ou indifférent, que c’était peine perdue, que jamais les Américains ne se rallieraient à un combat en faveur des droits des migrants ; qu’il fallait donc protester pour la forme, s’en tenir à des positions morales bien faites pour se satisfaire de soi-même en conscience ; mais sans espoir et encore moins d’engagement à modifier politiquement, et effectivement, la donne.

Et pourtant. Et pourtant les Américains (qui savent bien qu’ils ne sont rien d’autre, au fond, qu’une nation de migrants) se sont mobilisés, aux premiers rangs desquels les femmes activis-tes qui ont, à nouveau hier, après la grande marche féministe de cet automne, envahi les institutions de la capitale américaine, sous les saluts, enthousiastes, de la sénatrice Elisabeth Warren.

On ne perd les combats que l’on ne mène pas. Et Bernie Sanders a raison, dans un tribune récente, de dire que le combat ne peut être que global. Global au sens où, si les Démocrates et les forces de gauche veulent véritablement, et partout, vaincre l’autoritarisme montant des forces de l’argent et de l’oligarchie qui, de Poutine à Trump et Erdogan, en passant par les monarchies du Golfe, dominent actuellement la scène politique nationale et internationale, on ne peut désormais plus séparer les droits des travailleurs, des femmes, des migrants et des minorités raciales.

Mais encore faut-il d’abord, là où des régimes autoritaires promeuvent la division et la haine, pour encourager le sens de l’inclusion et de la justice sociale, vaincre l’apathie que des élites cyniques et indifférentes ont contribué à installer dans les têtes et dans les coeurs des élec-teurs. On parle souvent d’une haine des élites qui animerait cette nouvelle gauche. C’est faux. C’est qu’au fond, la maxime de ces nouvelles figures de la gauche pourrait être celle que Gramsci s’était faite, en déclarant ne rien tant haïr que l’indifférence, la sécheresse et la paresse de coeur. Et c’est bien celles-ci que le courage, l’enthousiasme, une certaine inno-cence aussi de celle qui est sans doute appelée à devenir une grande figure de la politique américaine vient de vaincre de manière fracassante.

Gildas Le Dem  29 juin 2018

http://www.regards.fr/

Lire aussi:

Alexandria Ocasio-Cortez (Wikipedia)

New York victory shows we need to ‘organise to fight back’ says US socialist (SWP-GB)

How far can the left go in the Democratic Party?(ISO-USA)

Commentaire: Chacun utilise cette sympathique militante pour vendre sa propre salade. Si dans cet article elle défend les pauvres et « racisés » (comprenez: la classe ouvrière) dans d’autres médias, elle défendrait la soi-disant  « classe moyenne » américaine… Pour l’heure la droite voit en elle « une far left socialist » ce qui nous convient!

 

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30 juin 2018 ~ 0 Commentaire

mater guingamp (fr3 + le tél + of + lo)

Mater

Maternité de Guingamp : manifestation maintenue

Alors que ce samedi matin, une manifestation est organisée pour le maintien d’une maternité à Guingamp, l’humoriste Jean-Marie Bigard, interpelle Brigitte Macron, sur sa page Facebook, pour que le site ne ferme pas. (…)

 Une décision de fermeture suspendue

La décision de la fermeture de la maternité de l’hôpital public de Guingamp a été suspendu le 22 juin dernier, après la venue du Président de la République Emmanuel Macron en Bretagne, qui a entendu les élus locaux sur la question. L’Agence Régionale de Santé avait en effet annoncé la fermeture du service pour la fin janvier 2019 au motif qu’il manquait de renforts médicaux sur certaines professions telles que pédiatrie et anesthésie. La manifestation prévue ce samedi, a été maintenue, pour rappeler que le combat n’est pas terminé et que cette décision de suspendre la fermeture, doit être confirmée définitivement.

Krystell Veillard 30/06/2018

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

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26 juin 2018 ~ 0 Commentaire

28 juin (cgt, fo, unef, unl, fidl)

Silhouette Fans mit Fahnen und Schals

Mobilisation interprofessionnelle du 28 juin 2018

COMMUNIQUÉ UNITAIRE / CGT, FO, Unef, UNL, FIDL

Les organisations syndicales et de jeunesse CGT, FO, Unef, UNL et FIDL apportent leur soutien aux étudiants et aux travailleurs, actifs, chômeurs ou retraités, des secteurs public comme privé, mobilisés pour la défense de leurs droits et l’aboutissement de leurs revendications.

Ces luttes s’inscrivent dans la contestation de la politique idéologique menée par le gouver-nement, y compris dans l’éducation en instaurant la sélection à l’université et laissant des milliers de lycéens sur le côté, en mettant fin au caractère national qu’est le baccalauréat, vecteur d’égalité.

La journée de mobilisation du 22 mai, menée à l’appel de l’ensemble des fédérations de fonc-tionnaires et avec la présence de toutes nos organisations, tout comme l’ensemble des actions menées dans le privé, constitue un signal fort. Nos organisations saluent et soutiennent la lutte unitaire des Cheminots et réaffirment la nécessité d’un service public du ferroviaire.

Nos organisations s’inquiètent d’une remise en cause de notre modèle social et républicain et, ce, dans un contexte d’explosion des inégalités. La persistance de l’austérité entraîne des réductions drastiques de missions publiques et sociales et menace les services publics comme l’intégralité de la protection sociale. La modération salariale et plus largement la non-redistri-bution des richesses, ainsi que les choix fiscaux qui sont faits en faveur des riches, viennent réduire le pouvoir d’achat des travailleurs et aggrave la paupérisation.

Les politiques mises en œuvre relèvent d’une logique d’individualisation au prix de la casse des statuts et des droits collectifs à tous les niveaux, dès les études. Elles mettent à mal la solidarité et la justice sociale, valeurs essentielles de la cohésion sociale. Nos organisations affirment que leur rôle est essentiel à la démocratie sociale, notamment au travers de la négociation et du paritarisme. Elles constituent un contrepoids plus que jamais nécessaire dans une société qui se fracture et où le social devient une « simple » variable d’ajustement budgétaire.

Face à cette situation et à des décisions régressives qui s’opposent aux demandes légitimes des travailleurs et de la jeunesse, l’heure est à la défense des valeurs essentielles comme notre modèle social. Les organisations syndicales et de jeunesse CGT, FO, Unef, UNL et FIDL s’engagent, dès à présent, dans la construction d’un rapport de force interprofessionnel.

Dans la perspective d’une mobilisation interprofessionnelle, avec la plus grande unité possible, elles invitent leurs structures fédérales, départementales et locales à se rencontrer et à faire de la journée du 28 juin 2018 une grande journée de revendications et de mobilisations en allant, notamment, à la rencontre des travailleurs et de la jeunesse. Des initiatives seront organisées partout sur le territoire.

Au-delà des signataires de ce communiqué, l’ensemble des organisations syndicales et de jeunesse est invité à se réunir dès fin août pour analyser la situation sociale et envisager les initiatives à prendre, dans le cadre d’une démarche unitaire la plus large possible.

http://cgt-ep.reference-syndicale.fr/

Lire aussi:

La CGT et FO se retrouveront dans la rue le jeudi 28 juin (OF)

Le 28 juin : c‘est tous ensemble qu’il faut lutter (LO)

Première journée de mobilisation interprofessionnelle du quinquennat Manifestons, ce jeudi 28 juin (Révolution Permanente)

Commentaire: Solidaires y appelle, sans avoir signé l’appel CGT/FO rempli de références au «dialogue social», aux «valeurs républicaines» etc

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26 juin 2018 ~ 0 Commentaire

sncf (à l’encontre.ch + rp)

Borne

SNCF: une succession de grèves «carrées» ne forme pas une grève reconductible!

Ne reculant devant rien, la direction de la SNCF avait décidé d’effectuer les retraits pour grève comme si les 18 grèves de 48 heures ventilées sur le deuxième trimestre étaient un seul mouvement. Le Tribunal de grande instance [1] a donné tort aux patrons (qui ont fait appel).

Mais le constat n’est pas que juridique, il est avant tout politique: une succes-sion de grèves «carrées», c’est-à-dire limitées d’emblée à 24 ou 48 heures par exemple, ne forme pas une grève reconductible!

Il n’est pas facile d’écrire de nouveau à propos de la grève SNCF en France. Selon le calen-drier décidé par les fédérations syndicales le 15 mars, les 18 grèves de 48 heures s’étalent entre le 3 avril et le 29 juin. Le mouvement est donc toujours d’actualité. Mais, sur l’essentiel, c’est-à-dire sur le calendrier de grèves annoncé plus de trois mois auparavant, sur la neutrali-sation ainsi effectuée de toute dynamique vers une grève reconductible, sur les assemblées générales dépossédées de leur rôle, sur la place ainsi offerte à l’UNSA et la CFDT au détri-ment d’une possible alliance CGT/SUD-Rail/FO refusée par la CGT, sur la politique gouverne-mentale… que dire de plus que ce qui est dans les articles du 24 avril et du 27 mai?

Car le paradoxe de ce mouvement est bien là: oui, il dure; mais dans quelles conditions et avec quelles perspectives?

Il est notable que nombre d’animateurs et d’animatrices de la grève ont le sentiment d’aller dans le mur: alors que le nombre de grévistes diminuait, les fédérations syndicales, mais aussi la plupart des syndicats locaux, n’ont jamais voulu remettre en cause «le calendrier», c’est-à-dire les grèves de 48 heures sans débat sur la reconduction du mouvement.

La grève reconductible n’a pas de vertu magique, et y appeler n’est nullement la garantie qu’elle existe.

Il faut la préparer, l’organiser, l’animer, la renforcer, etc. Et ça ne marche pas toujours! Mais les grèves «carrées», fussent-elles de 48 heures au lieu des plus habituelles de «24 heures», pré-sentent des différences essentielles avec les mouvements reconductibles: l’assemblée généra-le perd son sens puisque les grévistes n’ont pas à décider de leur grève. Ils et elles doivent suivre le calendrier des fédérations syndicales. Les grèves non reconductibles ne créent pas les conditions du débat permanent, et de la créativité individuelle et collective qui en sort, que favorisent au contraire l’AG quotidienne, les discussions tout au long de la journée sur le lieu de grève.

Bien évidemment, ce n’est pas après plus de 30 journées de grève non reconductibles qu’un mouvement reconductible peut s’envisager

Le slogan demeure juste, mais il reste à l’état de slogan car les grévistes sont épuisé·e·s. Epuisé·e·s financièrement, ce qui n’est pas rien, mais aussi moralement: «tout ça pour ça?»

Le gouvernement a fait voter sa loi.

Sans surprise, UNSA et CFDT organisent leur sortie du mouvement. CGT et SUD-Rail disent continuer durant l’été. Mais les conditions sont floues, l’absence d’unité (pourtant prétexte à l’alignement sur «le calendrier» durant trois mois) pèse, et bien des grévistes se demandent si le durcissement annoncé à travers des grèves lors des journées de départs en vacances ne vient pas trop tard… volontairement. D’autant qu’il s’accompagne aussitôt de déclarations parlant de «calendrier [de grèves] allégé».

Les grévistes méritent tout notre respect et ont besoin de tout notre soutien.

C’est ce que tentent d’apporter certaines forces syndicales interprofessionnelles, mais aussi associatives et politiques. Chacun et chacune comprend qu’il ne s’agit pas seulement d’une grève des cheminots et des cheminotes, ni même d’une grève pour le service public ferroviaire. C’est cela, et c’est déjà énorme, mais il y a un enjeu politique qui dépasse ces cadres. C’était une raison de plus pour ne pas s’enfermer dans le piège des grèves non reconductibles!

Au niveau interprofessionnel, une journée nationale est programmée pour le 28 juin.

Décidée par les confédérations CGT et FO, elle n’enthousiasme guère dans les syndicats locaux. Elle apparaît bien trop artificielle au regard de la situation réelle dans les entreprises et les services. Solidaires y appelle, sans avoir signé l’appel CGT/FO rempli de références au «dialogue social», aux «valeurs républicaines», etc. Plus que jamais, les priorités sont sans doute ailleurs: reconstruire un tissu militant au plus près du terrain, organiser le travail commun des militants et militantes défendant et pratiquant un syndicalisme où l’affrontement de classe est mis en avant, en s’appuyant sur une pratique démocratique de masse. (26 juin 2018)

Christian Mahieux est membre de Sud Rail et participe au comité de rédaction de la revue Les utopiques. Cahier de réflexions, de l’Union syndicales Solidaires

[1] Le 21 juin, le Tribunal de grande instance de Bobigny a condamné la SNCF à payer les jours de repos des grévistes dont elle avait retenu le paiement. (Réd. A l’Encontre)

Alencontre  26 juin 2018 Christian Mahieux

http://alencontre.org/

Lire aussi:

Marche forcée vers la privatisation.   La SNCF va annoncer la suppression de 3 000 emplois dans le fret (RP)

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25 juin 2018 ~ 0 Commentaire

kreiz breiz (le peuple breton)

servive public

Samedi dernier, le Kreiz-Breizh défendait son service public

Annonce de la fermeture de la Trésorerie Publique, menace sur l’Ehpad, sur l’hôpital et confirmation de la fermeture de l’agence technique départementale des routes (équipement)… Le Kreiz-Breizh manifestait samedi 23 juin pour le service public.

Comme le note un syndicat d’enseignants, à ce rythme, il ne restera que « la maison de l’andouille » ! Voilà pourquoi en fonction de ces exemples éloquents de déménagement du territoire, Guéméné-sur-Scorff fut choisie par de nombreuses organisations (parmi lesquelles l’UDB bien entendu) et élus pour organiser la manifestation régionale de samedi 23 juin pour la défense de nos services publics de proximité en Centre Bretagne.

Kreiz-Breizh qui même en français, est une notion de la géographie pas très familière pour des ministres, comme celle de la culture en marche ici récemment « au plus près des territoires », et qui débarque de Paris avec leurs conseillers sans avoir la moindre idées des particularités locales.

Mais si l’État a toujours tendance à sacrifier les campagnes, il est frappant de constater que c’est au tour du département de suivre le mauvais exemple qui prépare la désertification de nos petits bourgs. Comment inciter des entreprises à venir s’installer si des postes d’ensei-gnants sont supprimés, si les services publics disparaissent ? N’est-ce pas infliger la double peine aux gens du Kreiz-Breizh qui connaissent déjà le plus fort pourcentage de ménages pauvres de Bretagne ?

De moins en moins la spécificité de ce territoire, ses problèmes de transports et de niveau de vie sont pris en compte. Pour que l’ensemble des citoyens soient égaux face au service public, deux à trois cents manifestants ont défilé de l’hôpital vers la poste avant d’observer une minute de silence devant le Trésor Public et de se séparer devant l’agence de l’équipement en souhaitant maintenir la mobilisation dès la rentrée de septembre.

Yannick Quénéhervé 25 juin 2018

http://lepeuplebreton.bzh/

Commentaire: Aucune analyse des causes profondes qui ont mis en place cette désertification!

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25 juin 2018 ~ 0 Commentaire

poste noyal-pontivy ( cgt )

Touche-pas-a-ma-poste

PÉTITION CONTRE LA FERMETURE DU BUREAU DE POSTE DE NOYAL-PONTIVY

« TOUCHE PAS À MA POSTE! »

Afin de rentabiliser au maximum son bureau de Noyal-Pontivy, LA POSTE envisage d’en diminuer drastiquement les horaires d’ouverture et d’aban-donner son implantation dans la commune en cas de gains insuffisants.

Cela est INADMISSIBLE

LA POSTE est un Service Public qui doit rester au Service du Public.

Les territoires ruraux de: GUELTAS, KERFOURN, NOYAL-PONTIVY, SAINT-GERAND, SAINT-GONNERY (plus de 7 000 habitants) refusent d’être délaissés au seul profit de la ville centre : PONTIVY

LA POSTE doit veiller aux besoins des citoyens et leur assurer des services équivalents sur l’ensemble du territoire. Elle doit adapter ses moyens techniques (automate et relais colis….) et ses horaires à la disponibilité de la population en activité.

NOYAL-PONTIVY refuse d’être considérée comme une simple variable d’ajustement du budget de LA POSTE. Nous défendons tous ensemble la pérennité d’un bureau de poste dans la commune, seule garantie d’un Service Public de qualité.

HALTE A LA FERMETURE DES SERVICES PUBLICS

La pétition contre la fermeture du bureau de poste de NOYAL-PONTIVY est disponible dans les mairies de GUELTAS – KERFOURN – NOYAL-PONTIVY – SAINT-GERAND et SAINT-GONNERY. Elle est également disponible dans une grande majorité des commerces de NOYAL-PONTIVY.

https://www.noyal-pontivy.fr/

Union locale CGT Pontivy

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25 juin 2018 ~ 0 Commentaire

re-nationalisation (rfi)

train rail

La réduction des coûts dans le privé, çà commence à bien faire!

Le Royaume-Uni renationalise des lignes de train

Au Royaume-Uni, c’est ce dimanche 24 juin que le contrat de Virgin Trains East Coast prend fin. Les lignes de train qui desservent l’est du pays, et notamment des villes comme York, Leeds ou Newcastle, vont repasser sous le contrôle de l’Etat.

Car la colère montait.

La privatisation du rail britannique par les conservateurs dans le milieu des années 1990 s’accompagnait de la promesse d’un service plus efficace et moins coûteux. Vingt-cinq ans plus tard, le bilan est catastrophique avec des trains de banlieue bondés, annulés ou en retard, et des billets très coûteux. Les tarifs augmentent chaque année de plus de 3 %. Les Britanniques déboursent ainsi chaque mois six fois plus que les Européens, en moyenne, pour leurs déplacements en train.

Aujourd’hui, une vingtaine de sociétés privées se partagent l’exploitation des lignes ferroviaires.

Mais le gouvernement britannique continue de subventionner ces compagnies qui opèrent sur le territoire. Près de cinq milliards d’euros leur sont versés chaque année. L’Etat continue éga-lement de financer la gestion des infrastructures. Après plusieurs accidents, la maintenance du réseau est depuis 2001 gérée par une entreprise publique.

Autant de raisons qui ont poussé les usagers à lancer une campagne en faveur de la renationalisation des chemins de fer du pays. Un message qui passe bien dans l’opinion publique : plus de 70 % des Britanniques y sont favorables.

23-06-2018

http://www.rfi.fr/

Commentaire: Et Macron va-t-il tirer les leçons de cet échec?

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24 juin 2018 ~ 0 Commentaire

rsa (politis)

bosser

Le RSA dans le viseur

L’exécutif prépare les esprits à faire travailler les allocataires du RSA.

Tout doucement, l’exécutif prépare les esprits à une vieille idée de la droite : faire travailler les allocataires du RSA. Dans un discours prononcé le 13 juin à la Mutualité française, Emmanuel Macron dit vouloir améliorer l’accompagnement des allocataires les plus éloignés de l’emploi et responsabiliser les autres, « qui peuvent revenir vers le travail, mais que rien n’incite ni n’accompagne pour faire ce chemin ».

Cela ressemble à une vieille marotte de la droite anti-« assistanat », déjà appliquée dans le département du Haut-Rhin, où les allocataires du RSA ont l’obligation de travailler « béné-volement » sept heures par semaine.

Hasard du calendrier, le Conseil d’État a rendu le 15 juin un arrêté validant cette mesure battue en brèche par le précédent gouvernement. À moins que la formule choisie ne ressemble davantage aux « territoires zéro chômeur de longue durée », imaginés par ATD Quart Monde, où les personnes peuvent travailler dans des « entreprises à but d’emploi », pensées pour les accompagner. Seule certitude, le plan pauvreté en préparation se fera « sans argent mis sur la table », indique Emmanuel Macron.

Dans le viseur également, les salariés en activité réduite, qui cumulent leur(s) emploi(s) avec une petite allocation chômage. Ce cumul pourrait être limité dans le temps, a esquissé Aurélien Taché, député LREM et rapporteur de la loi chômage à l’Assemblée, devant l’Association des journalistes de l’information sociale. Il faut dire qu’Emmanuel Macron a lui-même prévenu, le 13 juin, qu’il ne faudrait attendre aucun « grand tournant social » dans les semaines à venir.

Politis 20 juin 2018

https://www.politis.fr/

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24 juin 2018 ~ 0 Commentaire

aides (libération)

saluauds

Non-recours : des milliards non distribués

Officiellement pour faire en sorte que toutes les personnes éligibles touchent leurs aides, l’exécutif prône une refonte du système. Qui pourrait ne pas faire que des heureux.

L’argument est souvent brandi par les gouvernements voulant justifier une refonte des minima sociaux : l’ensemble des personnes éligibles aux prestations sociales n’en font pas toutes la demande. Depuis quelques jours, les taux élevés de «non-recours» sont cités par les ministres invités à s’exprimer sur la réforme à venir, et par nature explosive, des aides sociales. Dans une tribune, Agnès Buzyn (Solidarités et Santé) a récemment pointé la «complexité des politi-ques sociales», résultat de «dispositifs épars et difficilement lisibles», entraînant selon elle «un non-recours aux droits et aux services».

Du fait de la grande multiplicité des aides (RSA, handicap, prime d’activité, complémentaire santé…), l’ampleur de ces non-recours est difficile à chiffrer.

«La réalité du non-recours aux droits sociaux est encore méconnue et ses conséquences peu documentées», écrivaient, fin 2016, deux députés auteurs d’un rapport parlementaire sur le sujet.

Logement

Les statistiques les plus fiables sur le sujet concernent le revenu de solidarité active (RSA). Dans une enquête réalisée en 2010 et 2011, le conseil d’évaluation du RSA avait alors donné deux chiffres servant aujourd’hui de référence : 36 % des personnes éligibles au RSA «socle» n’en faisaient pas la demande ; 68 % pour les potentiels bénéficiaires du RSA «activité» – soit ceux ayant retrouvé un emploi.

Ce dernier dispositif a été, depuis, remplacé par la prime d’activité afin, justement, de faire baisser ce taux de non-recours.

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), instance qui dépend du ministère des Solidarités, estime aujourd’hui ce taux à 30 %. Pour ce qui est des autres allocations, pas une seule d’entre elles ne connaît un «taux de non-recours inférieur à 10 %», fait remarquer Philippe Warin, de l’Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), rattaché à l’université de Grenoble. Selon un rapport de l’Odenore, le non-recours équivaudrait à plus de 5 milliards d’euros pour le RSA, à peine moins pour les prestations familiales et de logement, contre environ 4 milliards pour les fraudes aux prestations sociales.

Maladie

De son côté, le Fonds de financement de la protection complémentaire de la couverture uni-verselle du risque maladie a calculé qu’entre 57 % et 70 % des 3 à 4,4 millions de personnes qui auraient pu bénéficier de l’Aide au paiement d’une complémentaire santé sont passées à côté en 2016. Pour tenter d’améliorer cette situation, les précédents gouvernements socialistes (Ayrault puis Valls) ont, dans le cadre de leur «modernisation de l’action publique», lancé une mission «pour réduire le non-recours aux minima sociaux». Cette dernière préconisait de «mieux informer et détecter les populations éligibles», d’«améliorer l’orientation des usagers» et de «simplifier les démarches». Dans un rapport sur les minima sociaux remis en avril 2016, l’ex-député PS Christophe Sirugue proposait d’instaurer une «couverture socle commune».

Dans son programme, le candidat Macron évoquait de son côté un «versement social unique et automatique». Mais pour un gouvernement à la recherche d’économies, moins de non-recours, c’est plus de bénéficiaires et donc plus d’argent à reverser. Sauf si cette mesure s’accompagne d’une refonte du périmètre des bénéficiaires. Et, là, il y aura des perdants.

Lilian Alemagna et Amandine Cailhol 22 juin 2018

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