Archive | Austérité

30 août 2021 ~ 0 Commentaire

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25 août 2021 ~ 0 Commentaire

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Comment l’austérité a contribué aux incendies historiques de forêts en Grèce

Si Ferdinand Lassalle vivait aujourd’hui, il pourrait voir ses idées mal vieillir. En 1862, Lassalle, s’adressant à un rassemblement socialiste à Berlin, exposait sa théorie de l’État veilleur de nuit – un concept néolibéral selon lequel l’État transfère son modus operandi au secteur privé et ne conserve que quelques fonctions vitales mais limitées, comme assurer la sécurité et la stabilité sociale.

Ces dernières semaines en Grèce, la majeure partie des habitant·e·s aurait été surprise d’en avoir eu un aperçu. L’État grec a failli, même à assumer une fonction de veilleur de nuit dont la seule responsabilité aurait été d’éviter le pire.

Á l’heure où j’écris, plus de 250.000 hectares de terrains ont brûlés en Grèce par des incendies ravageurs, dont 150.000 sur l’île d’Eubée. Plus de 100.000 personnes ont été touchées.

La série d’incendies des deux dernières semaines a littéralement carbonisé de vastes zones d’Athènes, du Péloponnèse et d’ailleurs. Quarante communautés et villes ont été balayées alors que les incendies restent hors de contrôle obligeant des milliers de personnes à fuir leurs maisons, souvent dans des délais très courts. Sur la plupart des fronts, camions de pompiers, forces terrestres et forces aériennes étaient limitées voir même carrément inexistantes. Les États de l’UE, qui par le passé ont contraint la Grèce à accepter des coupes budgétaires, se précipitent aujourd’hui pour fournir de l’aide et des avions bombardiers d’eau.

La pire catastrophe écologique de tous les temps en Grèce, et l’une des pires en Europe, est survenue au plus fort d’une vague de chaleur extrême qui a duré environ trois semaines. La chaleur a asséché l’humidité effrayante et laissé les forêts de pins prêtes à brûler – ce qui prouve que le dérèglement climatique est déjà là.

La question qui reste en suspens est simple : est-ce que quelque chose aurait pu être évité ? Ces incendies sont-ils directement liés aux effets de la crise climatique, ou s’agit-il de quelque chose de plus compliqué ?

Au mois de novembre dernier, juste avant que le gouvernement grec ne rédige le budget annuel de 2021, les autorités forestières ont officiellement demandé 17,7 millions d’euros. Le gouvernement ne leur a accordé que 1,7 million.

Cela n’a surpris personnes : les dernières années ont été marquées par l’austérité et les coupes budgétaires. De 2016 à 2020, les dépenses gouvernementales dirigées vers les autorités forestières n’étaient en moyenne que de 1,72 million d’euros, laissant leurs opérations structurellement sous-financées et donc les services en sous-effectif – malgré le fait qu’un tiers du pays soit couvert de forêts. Environ cinq mille pompiers ont également vu leur contrat prendre fin, tandis que le gouvernement a augmenté le nombre de policiers de plusieurs centaines.

L’austérité est très présente en Grèce, malgré ce que les penseurs néolibéraux peuvent prêcher sur un retour à la « normalité économique ». Les incendies de forêt à Eubée, la deuxième plus grande île grecque après la Crète, sont les résultats dévastateurs d’un État qui ne parvient pas à aligner ses priorités sur celles de sa population. Ces derniers mois, 1,9 milliard d’euros ont été consacrés à l’achat d’avions de combat pour justifier l’antagonisme militaire entre la Grèce et la Turquie (toutes deux membres de l’OTAN), et 6,6 milliards d’euros ont été versés à l’OTAN. 30 millions d’euros ont été alloués à la création d’une force de police spéciale qui sera placée dans les universités publiques de Grèce. C’est là que réside la contradiction d’un État qui dépense autant pour des mécanismes de répression mais ne peut assurer la sécurité (de sa population).

La stratégie du gouvernement pour faire face aux incendies reposait en grande partie sur des messages d’évacuation envoyés sur les téléphones portables des habitant·e·s. Mais les efforts du Premier ministre pour éviter les pertes humaines se sont retournés contre lui : en l’absence de lignes de défense autour des villages et des petites villes, les habitant·e·s ont décidé de prendre le relais et de mener la bataille d’eux et elles-mêmes. À l’aide de toutes sortes de moyens, des tuyaux d’arrosage aux véhicules agricoles, des camions-citernes aux pelles et aux bêches, les habitant·e·s, ainsi que les personnes qui passaient leurs vacances dans la région, se sont jetées sur les incendies, souvent avec des résultats remarquables. En raison de l’urgence et de l’incapacité de l’État à fournir le soutien nécessaire, les réseaux de solidarité ont pu prendre l’initiative.

Ces réseaux et organisations prennent désormais en charge la situation. Elles ont commencé à construire des contre-structures pour fournir des produits de première nécessité aux personnes touchées, à mettre en place des cuisines sociales, à apporter des générateurs là où l’électricité est coupée et à apporter un soutien psychologique à celles et ceux qui en ont besoin. Un nouveau monde renaissant littéralement de ses cendres a permis à tous et toutes de réfléchir à ce qui s’est passé et à ce qui reste à venir.

Les incendies sont maintenant presque sous contrôle [1], mais l’étendue de leurs ravages n’a pas encore été déterminée. Des milliers de personnes risquent d’être évacuées sur le long terme et de perdre leurs maisons, leurs fermes et leurs entreprises, sans parler des infrastructures.

Pour les communautés locales, c’est une question de survie et non pas juste une question de gestion de crise pour des personnes marginalisées. Dans un monde en proie au changement climatique, nous sommes tou·te·s potentiellement marginalisé·e·s. Regarder les gens fuir leur maison pour rejoindre les petits bateaux sur la côte illustre clairement à quoi pourraient ressembler les réfugiés climatiques.

En déplaçant notre regard du local au global, nous sommes forcé·e·s de constater que l’ordre néolibéral dans le monde d’aujourd’hui n’a rien « d’ordonné ». Avant que nous finissions par nous battre pour la survie de nos communautés, nous devrions considérer si le combat pour la redistribution des richesses et un déplacement majeur des priorités de nos États ne serait pas une condition sine qua non pour avoir une chance décente de survie. Nous devrions également envisager ce qui nous attend : l’aggravation des inégalités, la lutte pour les ressources restantes, l’instabilité sociale et géopolitique.

Ce qui se passe en Grèce pourrait bien n’être que le prélude à tous ces avenirs. Si ceux qui alimentent la crise climatique mondiale n’ont pas l’intention d’agir, il faudra que ce soit nous.

Traduit par Eva BetavatziCADTM

22 août par Stelios Foteinopoulos

https://www.anti-k.org/

 

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17 juillet 2021 ~ 0 Commentaire

résidences secondaires (bastamag)

maison

« La demande de résidences secondaires rend les logements inaccessibles pour l’immense majorité des habitants »

Pour limiter le nombre de résidences secondaires, qui exercent une pression croissante sur le prix de l’immobilier, un élu breton propose de mettre en place un statut de résident. Celui-ci existe déjà ailleurs en Europe. Entretien.

Basta ! : Nouvel élu à la région Bretagne, vous avez décidé de vous attaquer à la question des inégalités d’accès au logement, via la limitation des résidences secondaires. Pourquoi ?

Nil Caouissin [1] : Cela fait longtemps qu’il y a des résidences secondaires en Bretagne, mais aussi dans d’autres régions françaises et européennes, le phénomène n’est pas nouveau. Mais il a pris de l’ampleur ces dernières années, et cela s’est encore accentué avec la crise sanitaire liée à l’épidémie de coronavirus qui a déclenché des envies de campagne, sans que les gens ne décident pour autant de s’y installer.

Il s’agit plutôt de pied-à-terre où l’on vient de temps en temps ; en moyenne trois mois par an. Nous avons en région Bretagne 250 000 logements vides neuf mois sur douze (et 330 000 si l’on ajoute la Loire-Atlantique). Si tous ces logements étaient transformés en logement principal, on pourrait loger 500 000 personnes, soit une bonne partie des 800 000 nouveaux arrivants pressentis pour ces quinze prochaines années. Ce n’est pas anecdotique.

Quel est le « profil type » des résident secondaire ?

Ils sont plus âgés (61 % d’entre eux sont retraités) et plus riches que la moyenne des Français, avec des revenus 30 % plus élevés que ceux des propriétaires d’un seul logement. Au sein des ménages multipropriétaires (qui comportent aussi les propriétaires de logements locatifs), ce sont les résidents secondaires qui bénéficient des plus hauts revenus. Une large partie d’entre eux vit en région parisienne (32 %).

Cette croissance de la part de résidences secondaires – qui représentent jusqu’à 50 % des logements dans certaines communes du littoral – pose de vrais problèmes de « distorsion d’accès au logement », dites-vous. Pouvez-vous préciser ?

L’augmentation de la demande de résidences secondaires et les moyens que peuvent y mettre les acheteurs font réellement flamber les prix des logements qui deviennent inaccessibles aux classes moyennes et populaires, c’est-à-dire à l’immense majorité des habitants du pays.

Le cas le plus caricatural est celui de ces communes du golfe du Morbihan dont plus de 50 % des logements (voir plus de 70 % par endroits !) sont la propriété de résidents secondaires. Beaucoup de personnes travaillant sur les littoraux ne peuvent absolument pas s’y loger et il devient parfois difficile d’embaucher des salariés. Pour les saisons touristiques, mais pas seulement.

Le vieillissement de la population entraîne un besoin de services accru dans le secteur de la santé, parmi les auxiliaires de vie par exemple. Mais ces femmes sont souvent très mal payées et elles ne peuvent pas habiter près de leur lieu de travail. On est face à une situation très injuste : on fait venir des travailleurs sur un territoire où ils ne peuvent pas se loger décemment… alors que la moitié des maisons y sont vides ! Même des personnes avec des revenus moyens, voire plutôt favorisés, ne peuvent pas s’installer sur la côte. Il ne s’agit pas de dire que toutes les tensions sur le marché du logement dans les régions touristiques sont dues aux résidences secondaires, mais le fait est que partout où ces dernières sont concentrées, elles aggravent la situation.

Selon vous, la part croissante des résidences secondaires a aussi de graves conséquences écologiques. Lesquelles ?

La pression des résidences secondaires, nous l’avons dit, rend le marché de l’immobilier inabordable pour un grand nombre de foyers. Résultat : la seule solution pour permettre l’installation des jeunes, c’est la construction de logements neufs. On voit ainsi pousser sans cesse de nouveaux lotissements, qui ne sont pas là pour attirer de nouveaux habitants mais pour maintenir une population « à l’année ». En même temps, sans ces programmes de constructions nouvelles, l’éviction des classes moyennes et populaires serait encore plus forte. Mais on voit là que le taux élevé de résidences secondaires pousse indirectement à une surconsommation de foncier et de matériaux de construction.

Il faut également considérer l’enjeu de la sécurité alimentaire, puisque ce sont pour l’essentiel des terres agricoles qui sont consommées pour l’urbanisation. Autre problème : avec l’éloignement des actifs de la côte, on a un allongement des distances domicile-travail qui entraîne une consommation accrue de carburant. Cela plombe les budgets tout en participant au réchauffement climatique et à la pollution de l’air.

Vous évoquez un « ressentiment » provoqué par cette prise de contrôle inégalitaire de certains territoires. C’est-à-dire ?

Il y a toujours eu un peu de ressentiment vis-à-vis des résidents secondaires quand ils deviennent majoritaires. Mais quand il y a une explosion des prix avec des personnes qui ne peuvent plus se loger, cela crée réellement de la colère. Le risque, c’est d’avoir une opposition forte entre plusieurs catégories de la population. Typiquement entre anciens résidents et nouveaux arrivants. Avant que la société ne soit trop fragmentée, il faut une réponse politique forte.

L’enjeu n’est pas de chercher à « moraliser » les résidents secondaires, mais bien de trouver une réponse politique à un problème politique : ce sont les règles du jeu économique qui posent problème en permettant de tels niveaux d’inégalités entre personnes et entre territoires, et en laissant des actions individuelles en apparence anodines aboutir par l’effet de masse à des situations intenables. C’est en modifiant ces règles collectives que les problèmes seront résolus.

Pour réglementer l’accès au logement, politique que vous jugez indispensable, l’outil fiscal ne vous semble pas convaincant. Pourquoi ?

C’est un outil qui peut être intéressant, mais qu’il faut utiliser finement et pas tout seul. Je m’explique : les riches peuvent payer des taxes, et même des surtaxes, davantage que la moyenne de la population. Si la taxation est uniforme elle va retomber sur les moins fortunés qui risquent de vendre aux plus fortunés sans mettre fin pour autant au phénomène des résidences secondaires vides neuf mois sur douze. La surtaxe, si l’on y tient, devrait être modulée en fonction de deux critères : la richesse des propriétaires et la localisation de la résidence (certains territoires subissant une pression plus forte que d’autres).

On peut dire la même chose pour le taux maximum de résidences secondaires, adopté en Suisse par exemple ou dans le Tyrol autrichien. Cela peut permettre de limiter la construction de nouvelles résidences secondaires, mais cela ne suffit pas à enrayer le phénomène.

Vous défendez la création d’un statut de résident, qui réserverait l’achat de logement aux personnes vivant dans telle ou telle commune tout au long de l’année. Vous expliquez que l’on interviendrait ainsi « à la racine en bloquant l’essentiel du potentiel spoliateur du marché ». Pouvez-vous préciser ?

Le principe est simple : seuls les résidents permanents du territoire peuvent acheter ! La possibilité d’acheter un bien immobilier serait donc réservée aux habitants de tel ou tel territoire, ou, dans une version extrême, de la commune, ce qui impose de définir le temps de résidence nécessaire pour bénéficier du droit d’achat ; un an serait bien je pense. Une partie du stock de résidences secondaires passerait progressivement et sans doute assez rapidement vers la résidence principale, à un prix par ailleurs réduit pour les acheteurs [2].

Dans le détail, il faut préciser le dispositif et souligner les enjeux de certains ajustements. Pas question, par exemple, de faire un statut de résident régional car beaucoup de résidences secondaires sont aussi possédées par des Bretons. De plus, il existe des territoires où il y a peu d’acheteurs et où le statut de résident n’est donc pas nécessaire. Il pourrait même être contre-productif, avec un risque de voir plus de logements vacants et de paupériser les personnes qui comptent sur la vente de leur maison pour payer leur Ehpad par exemple (reste à voir quel est l’impact à moyen terme de la crise Covid sur les territoires où l’immobilier n’était pas tendu jusqu’à présent). C’est un principe qu’il faudrait appliquer finement, au plus près des territoires, mais qui pourrait-être très efficace.

Pourquoi serait-il si efficace pour résoudre les problèmes d’inégalités d’accès au logement ?

Parce que la baisse de la demande entraînerait mécaniquement une baisse des prix. En revanche, la baisse du taux de résidences secondaires serait plus lente que la baisse des prix puisque personne ne serait exproprié. Les résidences se libéreraient donc au fur et à mesure qu’elles seraient mises en vente. Autre avantage de cette mesure : un effet indirect sur le prix des locations. Pourquoi ? Parce que quand on achète un bien cher, on le loue cher pour le rembourser. On peut donc supposer que les loyers baisseront. Ensuite, les gens qui veulent acheter mais qui ne peuvent pas pourront à nouveau le faire et ils libéreront des locations. La baisse de la pression sur les logements locatifs pourrait également faire baisser les prix.

Des dizaines de milliers de personnes — voir des centaines de milliers en cas d’application massive — accéderaient à un logement bon marché (ou au moins plus accessible qu’aujourd’hui), se rapprocheraient de leur lieu de travail, agrandiraient la surface disponible pour leur famille, accéderaient à un jardin… sans construction supplémentaire, donc sans extraction de matériaux et sans consommation de foncier agricole. Des communes revivraient. Les déplacements domicile-travail seraient réduits sur les côtes et jusqu’à trente kilomètres dans l’intérieur des terres, d’où un bénéfice écologique et économique évident.

Est-ce que cela ne va pas freiner les nouvelles arrivées ?

Pas du tout. Il sera toujours possible de venir vivre en Bretagne pour quelqu’un venant de Paris, de Berlin ou de Ouagadougou. Simplement, il faudra attendre un certain temps (je suggère un an) avant d’acheter, ce qui pour un futur résident permanent n’est pas forcément une mauvaise affaire, car le temps ainsi passé en location permet de se faire une meilleure idée de la situation locale avant d’acheter. Je pense que cela crée plutôt de nouvelles opportunités pour les nouveaux arrivants qui veulent s’installer. Aujourd’hui, si vous n’avez pas de hauts revenus ou que vous n’avez pas vendu de bien avant de venir vivre en Bretagne, c’est très compliqué de s’installer.

Cela signerait par contre la fin de la possibilité d’acquérir une résidence secondaire. Est-ce qu’il n’y a pas là une restriction des libertés ?

On ne l’interdit pas directement mais, de fait, il devient impossible d’acquérir une résidence secondaire si on n’habite pas sur place. Il y a effectivement une restriction de la liberté de ceux qui peuvent acheter ce qu’ils veulent, où ils veulent, quand ils veulent. Mais pour la majorité des gens, qui n’ont pas les moyens d’être multipropriétaires, c’est au contraire un gain de liberté. C’est évidemment un débat de classe. Les personnes qui peuvent faire ce qu’elles veulent ne voient pas forcément le problème.

N’est-ce pas injuste pour les futurs vendeurs ?

Il est vrai que dans les endroits où le statut de résident s’appliquerait, les prix baisseraient certainement puisque la demande serait réduite. C’est d’ailleurs l’objectif. Certains vendeurs trouveraient cela injuste. S’ils comptent racheter dans le même périmètre, il n’y aura pas vraiment de problème car la perte de valeur du bien à la vente sera compensée par la baisse du prix du nouveau logement acheté. Si en revanche ils comptent racheter ailleurs, ou faire autre chose du produit de la vente, ils pourront effectivement éprouver un sentiment d’injustice. Mais ce problème est à mettre en balance avec l’injustice plus grande du statu quo, et avec les enjeux que nous avons évoqués : sécurité alimentaire, préservation d’espaces naturels, lutte contre le changement climatique.

Ce statut de résident existe-il déjà ailleurs en France ou en Europe ? Comment imaginez-vous qu’il pourrait être mis en place ?

Il fait débat en Corse. Et il a d’ores et déjà été mis en place dans la province autonome de Bolzano en Italie, ainsi que sur l’Archipel de Aland en Finlande (où il faut avoir résidé cinq ans avant de devenir propriétaire !). Il n’y a pas eu d’intervention de l’Union européenne (UE) pour bloquer le statut, cela n’a donc pas été jugé comme attentatoire aux principes fondamentaux de l’UE. Précisons qu’il ne s’agit pas de mettre en place ce statut partout mais seulement sur les territoires en tension.

Il est évident qu’aucune majorité politique au pouvoir dans les régions françaises (PS/LREM/LR) ne portera ce projet. Cela touche à des points idéologiques trop compliqués sur la propriété privée et le libre marché. La première chose à construire, c’est donc un mouvement populaire qui fasse pression sur les élus. Beaucoup de collectifs luttent déjà pour l’accès au logement. Il faudrait aussi nouer des alliances avec d’autres régions en France et en Europe ; car le problème des résidences secondaires ne touche pas que la Bretagne, loin s’en faut. D’autant que l’on peut le relier au problème des locations touristiques de courte durée type Airbnb. Un certain nombre de résidents secondaires louent leur logement de vacances pour des courtes durées de façon à le rentabiliser.

Après, il faudra nécessairement passer par l’Assemblée nationale pour changer les lois ou en instaurer de nouvelles car aucune commune ni région n’a le pouvoir d’instaurer ce statut. Ce qui est possible en revanche c’est de l’expérimenter. On peut en effet tester un dispositif sur un territoire pour un temps donné. Il reste toujours nécessaire de le demander à l’État mais les blocages seraient moindres que pour une loi nouvelle. C’est par là qu’il faut commencer je pense, pour affiner le projet avant de se lancer dans une grande bataille politique qui sera sans doute difficile.

Propos recueillis par Nolwenn Weiler 15 juillet 2021

https://www.bastamag.net/

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16 juillet 2021 ~ 0 Commentaire

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« L’augmentation de la fortune de Bernard Arnault l’an dernier correspond aux dépenses annuelles de personnel des hôpitaux publics »

Samedi 3 juillet, Attac a organisé une action très médiatisée à la Samaritaine, qui s’inscrit dans une campagne plus globale contre les « profiteurs de la crise ». Peux-tu nous rappeler quels sont les grands axes de cette campagne, et d’où vous est venue l’idée de la mener ? Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac France.

En réalité c’est une campagne que l’on mène depuis plusieurs mois, face au constat de l’enrichissement accéléré des ultra-riches pendant la crise : on a rapidement compris que les multinationales tiraient les marrons du feu de cette crise. Pendant le confinement, on avait déjà ciblé Amazon, et au-delà on parle ici de toutes ces grandes entreprises qui ont touché des dizaines de milliards d’euros qui ont été versés sans conditionnalité.

Assez vite on s’est donc dit qu’il fallait mener une campagne autour de ces questions, d’autant plus qu’à côté de ça se dessinait la réforme des retraites bis et la réforme de l’assurance chômage, et donc l’idée qu’une fois de plus ce sont les plus pauvres et les plus précaires qui allaient devoir payer la crise.

Ce que l’on a voulu faire, c’est quelque chose que l’on essaie de faire depuis des années, c’est de déconstruire l’idée que ce système est inatteignable. C’est pour cela que l’on choisit des cibles concrètes, des firmes multinationales, mais aussi des personnes. D’où l’idée de s’en prendre à la petite quarantaine de milliardaires qui ont vu exploser leur fortune cette année. Et c’est d’ailleurs pour cela que lors de l’action à la Samaritaine, et ça les médias en ont beaucoup moins parlé que de la gouache sur les vitrines, on a déployé une grande banderole avec les têtes de Drahi, Bettencourt, Arnault et Pinault. L’idée est de montrer qu’il y a bien des personnes qui profitent d’un système.

Vous avez été surpris de la virulence, voire de la violence des réactions à votre action à la Samaritaine ?

On a pensé un peu au dernier moment à mettre de la gouache sur les vitres de la Samaritaine, on se doutait que ça allait faire réagir mais pas autant que ça… On a trouvé ça intéressant, ces réactions. Déjà parce que pour nous c’est une action réussie, car on voulait faire parler de l’indécence de la richesse des milliardaires, qui est une question largement passée sous silence, et on peut se dire que ça a fonctionné.

Ça a aussi permis de clarifier les positions des uns et des autres : quand quelques heures après l’action Anne Hidalgo nous dénonce, c’est bien le bloc bourgeois qui s’affirme. La réaction à laquelle on a assisté, en fait, c’est une réaction du type « Touche pas à mon milliardaire ».

On a vu que s’en prendre nommément à Bernard Arnault c’était inadmissible pour certains, et on a vu se mettre en route des mécanismes de soutien, matérialisant le fait que tous ces dirigeants politiques gouvernent pour les plus riches, qu’ils sont dans une complicité totale avec eux, et que dès lors qu’on touche à l’un de ces ultra-riches, ici Bernard Arnault, le bloc bourgeois réagit et le protège. Avec en premier lieu les dirigeants politiques de ce bloc bourgeois : Pécresse, tout le gouvernement, Hidalgo, etc.

Tout cela est d’autant plus frappant que la Samaritaine est une sorte de palais remplis d’objets que les gens ne pourront jamais s’acheter, genre des montres à 150 000 euros. Les gens qui viennent à la Samaritaine ne pourront jamais s’offrir ce qui est exposé à la Samaritaine. Ce n’est pas pour rien que l’on a ciblé ce lieu symbolique.

En tout cas ces réactions, pour nous, c’est bien le signe que l’on a vraiment visé juste, et aucun doute : on va recommencer, rebondir à la rentrée.

Une cible d’autant plus symbolique que non seulement ces gens s’enrichissent, mais qu’en plus ils ne « jouent pas le jeu » en pratiquant massivement l’évasion fiscale.

Oui. C’est aussi pour ça qu’on avait ciblé LVMH, en raison de l’évasion fiscale, largement documentée par OpenLux, les Paradise Papers, etc. LVMH, c’est 305 filiales dans des paradis fiscaux, un champion de l’évasion fiscale, et aussi un champion de l’optimisation fiscale grâce à la Fondation Louis-Vuitton qui permet de récupérer des centaines de millions d’euros par an en exonérations d’impôts.

LVMH, c’est aussi 3 milliards de dividendes versés cette année et, malgré les discours sur le thème « Oui mais LVMH crée de l’emploi », c’est 13 000 suppressions d’emplois dans le monde, dont 1 000 en France, pour l’année 2020, tout en touchant de l’argent public avec par exemple les aides au chômage partiel chez Sephora. Il y a tout là-dedans ! C’est un symbole très fort de la complicité des gouvernements avec les milliardaires pour les aider à s’enrichir, les laisser avoir des pratiques sociales insupportables. C’est sûrement pour ça que l’on a vu cette réaction défensive si forte.

Avec y compris certains, politiques ou éditorialistes, qui ont mis dans le paysage la question de la dissolution d’Attac. Vous prenez ces menaces au sérieux ?

Non, pas vraiment. Enfin oui et non. Pour moi tout cela ce sont des galops d’essai. Toutes ces attaques qui sont faites contre les associations, il y a eu le cas de l’Unef, contre la liberté associative, et au-delà, comme avec la campagne contre l’islamo-­gauchisme à l’université, ça prépare progressivement à l’avénement d’un gouvernement de droite extrême, à des politiques que Macron, la droite LR ou le Rassemblement national pourront mener à partir de 2022. Donc oui et non, on ne croit pas à une dissolution maintenant, mais cela fait partie d’un climat plus global inquiétant. Et je dois dire que pour moi, ça a été une première car ça m’est revenu en boomerang dans mon boulot d’enseignante-chercheuse. Je n’en dirai pas plus mais ça montre que ça va quand même assez loin.

Une dernière question : quelles sont vos propositions concrètes, dans le cadre de votre campagne et au-delà, pour en finir avec ces politiques d’accaparement des richesses par les ultra-riches et pour mettre en place de véritables mécanismes de redistribution ?

Les revendications premières de la campagne, qui en réalité ne sont pas très révolutionnaires, tournent autour d’une mise à contribution exceptionnelle des plus riches dans le cadre de la crise, avec une taxation des patrimoines des 1 % les plus riches et une taxation des dividendes des grandes entreprises, le tout sur plusieurs années, pour rembourser la dette Covid, qui est supérieure à 100 milliards d’euros.

Ensuite, ce que l’on demande, c’est une taxation unitaire sur les multi­nationales, sur le même principe que ce qui est demandé à l’OCDE, mais à une tout autre échelle, donc pas un taux de 15 % mais de 25 %, un reversement à tous les pays en fonction de l’activité réelle des multinationales, etc. Au total cela va beaucoup plus loin que les propositions de l’OCDE, qui sont vraiment ras les pâquerettes, voire contre-productives.

Au-delà, c’est une véritable révolution fiscale que l’on porte : impôt sur le revenu beaucoup plus ponctionnant pour les plus riches, ré-augmentation de l’impôt sur les sociétés, fin des cadeaux fiscaux (5 milliards d’euros par an avec Macron), etc.

Et à quoi servirait cet argent ? Cela permettrait de dégager les centaines de milliards d’euros supplémentaires dont on a besoin pour la transition écologique, d’embaucher les millions de chômeurEs avec un État qui garantisse un emploi à chacunE, dans la transition écologique où il y a des centaines de milliers d’emplois à créer, dans les services publics – on a ainsi calculé, avec les syndicats, qu’il y a besoin de 100 000 emplois supplémentaires pérennes dans la fonction publique hospitalière. Pour donner une idée des chiffres, l’augmentation de la fortune personnelle de Bernard Arnault l’année dernière, cela correspond aux dépenses de personnel des hôpitaux publics sur un an… Donc oui, l’argent existe.

Et pour ceux qui avancent l’argument « Oui mais les riches vont partir », on a d’autres propositions plus globales, avec le contrôle des capitaux, le développement d’un service public qui permette d’exercer ce contrôle : quand on pose les questions de fiscalité, on pose en réalité des questions beaucoup plus profondes de transformation de la société.

Propos recueillis par Julien Salingue  Jeudi 15 juillet 2021.

Entretien avec Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac France.

https://lanticapitaliste.org/

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05 juillet 2021 ~ 0 Commentaire

la poste (rennes infos)

boite postale

La Poste incapable de distribuer tous les plis électoraux mais capable de croquer dans 200 millions d’euros !

L’incompétence de la Macronie à percevoir le travail réel (et le réel des choses tout simplement !) n’est plus a démontrer quand on improvise 4 tours d’élections à dimension nationale sur 2 semaines, laissant peu de temps et de moyens pour organiser la diffusion des propagandes électorales.

Une incompétence qui malheureusement se trouve renforcée par Adrexo et La Poste qui ont partagé un magot de 200 millions d’euros (Canard Enchainé « les ratés postaux de la propagande » 23 juin 2021) pour finalement ne pas être capables de distribuer toutes les professions de foi des candidats.

Cet épisode lamentable en dit long sur la déliquescence des activités de service public dans les mains de porteurs de projets » et de pseudo-stratèges « innovants » que sont les responsables du gouvernement et des dirigeants de La Poste.

La journée du samedi 26 juin illustre ce que nous dénoncions depuis plusieurs semaines à savoir une incapacité permanente de La Poste d’assurer les organisations de travail et ses missions de distribution.

Ce n’est pas le recours abusif d’intérimaires ou l’envoi des cadres dans les bureaux pour tenter d’exercer une journée dans leur vie le métier essentiel de facteur qui donneront le change. Ce ne sont pas toutes les excuses de délais d’imprimeurs, de routeurs défaillants ou de cyber-attaque (ils ont osé) qui vont dédouaner Adrexo et La Poste.

La distribution des colis, lettres recommandées et courrier n’a pas été assuré samedi 26 juin pour passer coûte que coûte les enveloppes électorales. La population fut donc privée de service postal.

Cette même population en Bretagne n’a pas connu le même traitement puisque La Poste a privilégié les grandes villes (dirigeants de la direction Bretagne en renfort sur les bureaux de Rennes par exemple) au détriment des habitants des communes et de la campagne. C’est une discrimination qui fait tache pour une entreprise qui se croit dans la promotion de la diversité…

Des bacs entiers de plis électoraux sont restés sur le carreau notamment à Rennes et certains habitants comme sur Pipriac, Guichen, Fougères ou Janzé n’ont rien ou pas tout reçu (parfois les départementales, parfois les régionales). Des plis sont même arrivés ce matin dans des bureaux !

Les responsables ne voulaient pas compenser ce travail supplémentaire qui rapporte des dizaines de millions d’euros et laissaient des directeurs agiter la sanction si les facteurs ne venaient pas sur leur repos ce samedi.

Ce sont les mêmes responsables qui ne décrètent aucune prime d’intéressement pour l’année 2020 quand on redécouvrait l’aspect essentiel du facteur en pleine pandémie. Ce seront les mêmes qui oseront parler de plan stratégique à La Poste qui se traduirait déjà par la suppression de 275 positions de facteurs rien qu’en Bretagne pour cette année 2021.

Ce n’est pas en lâchant au dernier moment des heures supplémentaires que ces dirigeants gagneront l’adhésion de postiers excédés par leur incompétence.

Le syndicat SUD PTT alerte depuis plusieurs semaines sans que La Poste ne change de braquet et il est légitime de réclamer où se trouve la somme donnée par L’Etat dans cette pagaille intégrale. Qui a réellement touché cet argent ? Les magouilleurs dans toute cette opération pouvaient bien s’abstenir…

Rennes, le 28 juin 2021/ Bureau Départemental SUD PTT Ille et Vilaine

lundi 28 juin 2021

http://www.rennes-info.org/

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03 juillet 2021 ~ 0 Commentaire

hôpital guingamp (ouest france)

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Guingamp. L’avenir de l’hôpital inquiète les syndicats

​Le Centre hospitalier de Guingamp (Côtes-d’Armor) risque-t-il de perdre son service de chirurgie ? C’est en tout ce que craint la CGT de l’hôpital, un an après la fin de l’épisode de la maternité.

En juillet 2020, le soulagement fut immense à l’hôpital de Guingamp (Côtes-d’Armor). Après deux années de combats et de mobilisation, le service de maternité était sauvegardé. Alors que celui-ci devait initialement fermer en février 2019. Un an après l’issue favorable d’un long feuilleton, les vieux démons ressurgissent. Avec une nouvelle bataille en perspective ?

« L’offre de soins doit être interrogée »

La CGT de l’hôpital alerte sur une possible fermeture de son plateau technique, entraînant ainsi la fermeture du service de chirurgie. Une inquiétude qui intervient après que l’ARS Bretagne ait missionné Monsieur Rossetti à une analyse globale du…

Antonin GENDRY.02/07/2021

 

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17 juin 2021 ~ 0 Commentaire

adultes handicapés (le huff’)

handicap

Allocation adulte handicapé: à l’Assemblée, les députés d’opposition vent debout

Le sujet sensible du calcul de l’Allocation adulte handicapé pour les personnes en couple a mis l’hémicycle sous haute tension.

Coup de chaud à l’Assemblée nationale. Le sujet sensible du calcul de l’Allocation adulte handicapé (AAH) pour les personnes en couple a mis l’hémicycle sous haute tension ce jeudi 17 juin, la majorité se divisant et le gouvernement devant recourir au vote bloqué.

Portée par les oppositions de droite comme de gauche ainsi que par le groupe Agir allié de la majorité, la mesure d’individualisation de l’AAH, sans tenir compte des revenus du conjoint, n’a ainsi pas pu être adoptée. Via le vote bloqué, le gouvernement a choisi le texte et n’a pas permis la mise au vote de leurs amendements. En colère, les députés d’opposition de droite comme de gauche ont alors décidé de s’en aller.

La mesure d’individualisation de l’AAH, sans tenir compte des revenus du conjoint, doit permettre de ne pas pénaliser certains allocataires. Elle est au cœur de la proposition de loi portant “diverses mesures de justice sociale” débattue dans l’hémicycle en deuxième lecture, dans le cadre d’une “niche” du groupe communiste.

“Situation inique et injuste”

Gouvernement et groupes LREM et MoDem s’opposent à cette “déconjugalisation”, qui fait l’objet d’un bras de fer.

De LFI à LR, en passant par le groupe Agir allié de la majorité, de très nombreux députés ont demandé de mettre fin à une “situation inique et injuste” pour les personnes handicapées, sommées de choisir entre “vivre en couple ou être indépendants financièrement” selon eux.

Le gouvernement, par la voix de Sophie Cluzel, défend un simple abattement forfaitaire de 5000 euros sur les revenus du conjoint, “plus redistributif”. Plus de 60% des 150.000 couples dont le bénéficiaire de l’AAH est inactif conserveraient ainsi leur AAH à 903 euros, au lieu de 45% des couples aujourd’hui.

La secrétaire d’État aux Personnes handicapées a fini par demander la “réserve des votes” sur les amendements des oppositions, les scrutins étant remis à un moment choisi par le gouvernement. La déconjugalisation de l’AAH n’a pas été inscrite dans la version de l’article adopté, au grand dam de l’opposition.

“Atteinte très grave à la démocratie parlementaire”

Le patron des députés communistes André Chassaigne a dénoncé un “coup de force” et “une atteinte très grave à la démocratie parlementaire”. Comme vous pouvez le voir dans les images ci-dessous, une grande partie de l’opposition a ensuite quitté l’hémicycle:

“En utilisant ces artifices, vous dénaturez les droits du Parlement. Vous serez responsables de l’abstention dimanche” au premier tour des élections régionales et départementales, a également affirmé Christine Pires-Beaune (PS). “Vous faites des fautes morales”, a pointé François Ruffin (LFI), rappelant le douloureux épisode pour la majorité, qui avait tergiversé, sur le vote d’une proposition de loi prévoyant de porter le congé pour deuil d’enfants à 15 jours ouvrés.

“Vous êtes en train de tout gâcher”, a aussi lancé Marc Le Fur pour LR.

L’air grave, la secrétaire d’Etat Sophie Cluzel a pour sa part assuré face à plusieurs députés manifestement émus et en colère: “je suis totalement respectueuse de tout le monde”. Après le départ des députés d’opposition, la proposition de loi a été en toute logique largement adoptée, à 99 voix pour et 4 contre.

Créée en 1975, l’AAH est destinée à compenser l’incapacité de travailler. Elle est versée sur des critères médicaux et sociaux. Elle compte aujourd’hui plus de 1,2 million de bénéficiaires, dont 270.000 sont en couple, pour une dépense annuelle d’environ 11 milliards d’euros.

17/06/2021

https://www.huffingtonpost.fr/

Lire aussi:

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Handicapées et en couple: pourquoi l’AAH doit être « déconjugalisée »

Déconjugalisation de l’AAH. Les députés LREM s’opposent à l’autonomie des personnes handicapées (Révolution Permanente)

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13 juin 2021 ~ 0 Commentaire

immigrés (socialist worker)

immigres cgt

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Les travailleurs britanniques ne tirent aucun bénéfice d’une baisse de l’immigration

Alors que la pandémie a contraint de nombreux travailleurs migrants à retourner dans leur pays d’origine, Socialist Worker se demande si les travailleurs britanniques en ont bénéficié. Les travailleurs à bas salaire ont-ils enfin le dessus alors que la pénurie de main-d’œuvre frappe certains secteurs de l’économie ?

Les histoires d’entreprises incapables de pourvoir des postes vacants se multiplient depuis l’assouplissement des restrictions de fermetures au début de l’année. Certains patrons disent maintenant qu’ils doivent augmenter les salaires pour attirer du personnel.

Même le très détesté Brexiteer Tory et patron de pub Wetherspoon, Tim Martin, exhorte le gouvernement à laisser entrer davantage de migrants européens pour pourvoir les postes.

Certains patrons ont en effet du mal à recruter du personnel. Et un secteur en particulier a été durement touché : l’hôtellerie. Ici, la réouverture rapide des pubs, des restaurants et des hôtels oblige les employeurs à se faire concurrence pour embaucher rapidement des travailleurs.

Mais l’année dernière, alors que la pandémie s’installait, même de nombreux travailleurs qualifiés ont décidé de quitter le secteur. Certains ont été licenciés pendant les lockdowns et préfèrent désormais la sécurité accrue d’autres emplois.

Beaucoup sont retournés en Europe et sembleraient réticents à revenir.

Mais jusqu’à présent, la crise du recrutement n’a entraîné qu’une faible augmentation des salaires moyens médians pour les emplois nouvellement annoncés dans les pubs et restaurants.

La rémunération est en très légère hausse, passant de 9,25 à 9,35 £ de l’heure – bien qu’une pénurie particulière de chefs ait fait grimper leur salaire. Des augmentations de salaire plus importantes ont été enregistrées dans quelques autres secteurs, dont le transport routier de marchandises.

Cela reflète la difficulté à long terme de recruter des chauffeurs qualifiés pour travailler dans un secteur de faible statut. Les travailleurs ne profiteront pas de l’expulsion des migrants par Covid et le racisme. Les travailleurs n’y gagneront rien si le Covid et le racisme chassent les migrants.

Ce problème a été exacerbé par une année de lockdowns au cours de laquelle aucun examen de conduite spécialisé n’a eu lieu, et donc aucun nouveau permis de conduire n’a été délivré.

Ici aussi, la crise a été aggravée par le départ des travailleurs européens qui ont quitté la Grande-Bretagne et ne sont pas encore revenus, et par les travailleurs qui partent, à la recherche d’emplois moins éreintants.

Pourtant, plutôt que de proposer de meilleures conditions de travail, des contrats plus sûrs et des incitations salariales à long terme, de nombreux patrons du secteur du fret préfèrent n’offrir qu’une modeste amélioration des taux horaires.

Cela reflète les faibles marges bénéficiaires de nombreuses entreprises de logistique, malgré la croissance des achats en ligne. Ainsi, même dans les secteurs où les salaires augmentent pour certains, la situation est inégale et les augmentations sont relativement faibles pour la plupart.

Ailleurs, il y a peu de signes de hausse des salaires supérieure à l’inflation. Et ce, même dans les secteurs de l’économie qui recrutent beaucoup, notamment l’entreposage, le commerce de détail, le nettoyage et les postes de conduite moins qualifiés.

Au cours des trois premiers mois de l’année, les augmentations salariales dans le secteur privé n’ont atteint que 2 % en moyenne, mais la courbe est en train de s’inverser, ce qui pourrait se traduire par des hausses plus importantes au prochain trimestre.

Entre-temps, en avril, le taux d’inflation officiel a doublé pour atteindre 1,5 %, contre 0,7 % le mois précédent. Et le taux RPI, plus précis, a enregistré une inflation de 2,9 % par an.

En particulier pour les travailleurs des secteurs confrontés à une crise du recrutement, c’est le moment idéal pour récupérer une partie de l’argent perdu pendant les années d’austérité.
Les syndicats devraient chercher à capitaliser sur les problèmes des patrons.

Mais la leçon la plus importante pour la gauche ici est que s’appuyer sur une offre réduite de main-d’œuvre pour augmenter les salaires n’est pas du tout une véritable stratégie. Pendant des années, certains dirigeants syndicaux ont joué le jeu de l’idée d’ »emplois britanniques pour les travailleurs britanniques ».

« Si seulement nous pouvions empêcher les étrangers de venir et de casser les salaires, les travailleurs locaux seraient mieux lotis, ont-ils affirmé ».

Mais la réduction de la taille de la main-d’œuvre qu’ils espéraient est maintenant une réalité, et pourtant la plupart des travailleurs n’en tirent que peu ou pas de bénéfices.

Cela devrait orienter les syndicats dans une autre direction – seule une lutte unie des travailleurs peut produire une augmentation à long terme des salaires dans l’ensemble de la classe.

Sun 6 Jun 2021

https://socialistworker.co.uk/

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07 juin 2021 ~ 0 Commentaire

samu brest (fr3)

fermeture-des-urgences

Brest et Saint-Brieuc : les SAMU en grève pour protester contre un numéro unique d’urgence

Grève dans les SAMU de Brest et Saint-Brieuc contre la loi visant à expérimenter un numéro unique d’appel d’urgence. Ces professionnels craignent que des appels nécessitant des soins d’urgence soient mal interprétés s’ils ne sont pas traités par des professionnels de santé.

Instaurer un numéro unique d’urgence : « une nécessité pour éviter de se perdre dans le dédale des 17, 18, 15, 112… » vous diront certains. « Une erreur qui pourrait coûter des vies humaines », craignent d’autres.

Le 27 mai dernier, les députés ont adopté à l’unanimité l’article 31 de la proposition de loi présentée par Fabien Matras (LREM)  « visant à consolider notre modèle de sécurité civile et valoriser le volontariat des sapeurs-pompiers ». Cet article va permettre de tester durant trois ans un numéro unique d’urgence pour les incendies, les problèmes de santé, les violences conjugales… Le territoire sur lequel sera testé ce numéro unique n’a pas encore été défini.

Les professionnels du SAMU craignent une perte de temps dans le déclenchement des secours

Ce dispositif est vu d’un très mauvais œil par les professionnels du SAMU qui craignent une perte de temps dans le déclenchement des secours et donc une diminution des chances de survie en cas d’urgence médicale.

Depuis le mardi 25 mai, des professionnels des SAMU du Finistère et des Côtes d’Armor sont donc en grève pour faire part de leurs inquiétudes. Une grève symbolique évidemment qui n’impacte pas les services d’urgence.

Les assistants de régulation médicale (ARM) redoutent de voir leur métier dévalorisé.
Yann Rouet est l’un d’entre eux. Il exerce à l’hôpital Yves Le Foll de Saint-Brieuc et est vice-président de l’AFARM (association française des assistants de régulation médicale) :

« On travaille en binôme avec le médecin, on note l’adresse, l’identité et on priorise les degrés d’urgence. Dans certains cas très urgents, on peut envoyer des secours avant d’en référer au médecin. »

La formation des ARM a été allongée après le drame de la mort de Naomi Musenga à Strasbourg

Yann Rouet a d’abord été ambulancier pendant 10 ans avant de se lancer dans la profession d’assistant de régulation médicale il y a 12 ans. Il reconnaît qu’à une époque pas si lointaine, les six semaines de formation des ARM pouvaient s’avérer très insuffisantes. « Beaucoup d’ARM avaient un passé de sapeurs-pompiers ou de secouristes, mais on trouvait aussi d’anciens commerciaux par exemple. »

Et puis la mort de Naomi Musenga a fait l’effet d’une bombe. Le 29 décembre 2017, cette jeune femme de 22 ans décède parce que deux opératrices du SAMU de Strasbourg n’ont pas pris son appel au sérieux. Pire, elles se sont moquées d’elle. Après ce drame, la formation des ARM prend de l’ampleur et passe à 10 mois.

Les ARM demandent à être reconnus comme professionnels de santé

Aujourd’hui, les ARM craignent de voir leurs compétences se dissoudre dans le nouveau dispositif de numéro unique. « Officiellement, nous sommes des agents administratifs. Donc que va-t-on devenir demain ? » s’alarme Yann Rouet.

Le Briochin craint, comme nombre de ses collègues, que cette loi soit l’occasion de réduire les effectifs dans les centres de réception des appels. Pour pérenniser son métier et ne pas être réaffecté sur un poste administratif il souhaite que sa certification soit reconnue comme un diplôme d’état de professionnel de santé.

07/06/2021

https://france3-regions.francetvinfo.fr

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01 juin 2021 ~ 0 Commentaire

ségur (le télégramme)

handicap

« Oublié du Ségur », le médico-social finistérien mobilise les citoyens le 12 juin à Quimper

Le collectif finistérien du social et du médico-social organise une mobilisation citoyenne le 12 juin, à Quimper. Prime du Ségur et revalorisation salariale restent en ligne de mire.

Encore réunis, ce lundi, au siège de Don Bosco (Landerneau), directeurs, présidents et responsables syndicaux du collectif restent soudés pour améliorer les salaires des 9 000 éducateurs sociaux, aides-soignants ou aides à domicile qu’il représente.

Les 26 associations et trois syndicats (CFDT, CGT, Sud Solidaires) du collectif finistérien du social et du médico-social organise une mobilisation citoyenne le 12 juin, à 14 h, à Quimper (lieu à définir). Ouverte aux professionnels du secteur du handicap et de l’aide à domicile, aux personnes accompagnées, aux représentants des familles…

« Nous avons pris cette décision, en réunion, vendredi dernier », indique Joël Goron, directeur général des Genêts d’or. « Nous la prenons face au constat d’immobilisme des pouvoirs publics sur les mesures de revalorisations des professionnels de notre secteur. »

« Donner envie aux jeunes »

Depuis bientôt un an, ce collectif, inédit par son ampleur (il représente 9 000 salariés), se bat pour les aides-soignants ou aides à domicile de ses structures associatives, restées en première ligne du maintien du lien social pendant la crise sanitaire.

Après la prime Covid, il réclame désormais la prime du Ségur (183 €) et, toujours, « un salaire digne ». « Il s’agit de métiers d’avenir. Pour donner envie aux jeunes de les exercer, il est nécessaire de les revaloriser », insiste Stéphane Postollec, secrétaire de la CFDT-Santé social du Finistère.

Le collectif ne se contentera pas d’effets d’annonce : « Il faut vraiment attribuer au conseil départemental les moyens de compléter la participation de l’État qui s’inscrira dans la loi de Finances », surveille Hervé Le Gall, directeur général d’AS Domicile. « Que les deux s’entendent ».

Soutien timide des collectivités

Et cette revendication, les deux l’entendront. La mobilisation du 12 juin envisage de passer devant l’antenne de l’Agence régionale de santé, la préfecture et le siège du conseil départemental.

Manière de mettre une petite pression avant les élections départementales. Sans oublier les élus locaux en exercice.

« Notre motion appelant à soutenir nos revendications a obtenu la réponse de 42 communes ou collectivités territoriales du Finistère. Cela représente seulement autour de 10 %.

Alors que nous générons de l’emploi, non délocalisable, dans les territoires (notamment ruraux), nous devons toujours rendre identifiable notre secteur », en déduit Joël Goron.

03 mai 2021

https://www.letelegramme.fr/

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Finistère. L’action sociale dans la rue le 12 juin

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