Archive | Austérité

19 juin 2017 ~ 0 Commentaire

tour grenfell

tour

Ça, c’est la tour Grenfell.
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Elle a été bâtie dans les années soixante dix et se trouve dans un quartier de Londres qui est maintenant super riche. Elle est coincée entre Kensington (le quartier où vit William) et Notting Hill, quartier « bobo » et « artiste », plein de riches (stars, milliardaires russes et saoudiens, etc).
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La tour est une tour HLM.
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Le council (autorité locale) parle depuis des années de « résoudre le problème » que pose la tour, à savoir les pauvres qui habitent dedans. Des 400+ résidents, la plupart sont des familles, des mères célibataires et leurs enfants, des gens qui ne s’appellent pas John ou Imogene Smith.
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La tour a un blog. Sur ce blog, depuis des années, les résidents se plaignent des risques incendies. DIX NEUF FOIS, par le biais de leur député, ils ont demandé à ce que la commission incendie passe dans l’immeuble et l’inspecte. À chaque fois, ils se sont fait envoyer paître par le council qui était, jusqu’à la semaine dernière, un siège conservateur. Y avait des sous à économiser. C’était des ménagères, elles avaient un accent bizarre, elles pouvaient être ignorées.
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Les résidents autour, les riches, par contre, on les a écoutés. On les a écoutés se plaindre que la tour était immonde à regarder, qu’elle faisant tâche au milieu des belles maisons historiques, et que c’était vraiment un scandale.
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Alors on a débloqué des fonds pour rénover la tour. On a, entre autres, enveloppé le bâtiment d’une couche de plastique pour isoler, protéger de l’humidité, mais surtout, pour faire joli. Parce que les riches d’à côté, ils trouvaient le béton moche.
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Mais le risque incendie n’a pas été pris en compte. Il n’y a pas eu de discussion autour de l’absence de sortie de secours, de sprinklers (sortes de douches incendie NDB), d’alarme commune. La marche à suivre en cas d’incendie (fermez la porte, restez chez vous) n’a jamais été révisée malgré le changement important apporté à la structure du bâtiment.
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L’année dernière, les députés conservateurs ont voté contre une loi proposée par les travaillistes et visant à forcer les propriétaires à rendre les logements salubres. Les risques incendie en faisaient partie.
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Dans la nuit de mardi à mercredi, un incendie s’est déclaré. La couche de plastique qui entourait le bâtiment s’est enflammée comme un feu de paille. Et les pauvres, les étrangers, les mères célibataires se sont retrouvés coincés dans leur boite d’allumettes.
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À l’intersection du classisme, du sexisme et de l’avarice, il y a des dizaines de corps brûlés, des enfants jetés par la fenêtre par des parents désespérés et des politiciens avec des discours qui sonnent comme des mensonges. J’ai la rage.
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18 juin 2017 ~ 0 Commentaire

tour de londres (npa caen)

tour

Une tour brûle à Londres, combien d’autres en sursis ?
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« Les alarmes incendie ne fonctionnaient pas, je suis très en colère. Ici vit la classe ouvrière, des gens d’origines différentes, auxquels on ne prête pas attention ». Soran Karimi, 31 ans, habitant d’une tour voisine.
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Dans la nuit de mardi à mercredi 14 juin, un immeuble de 24 étages comprenant 120 logements sociaux est parti en fumée à Londres.
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Il avait pourtant était rénové récemment paraît-il. Rénovation cache-misère, selon des collectifs d’habitants, permettant de sauver la face pour le propiétaire qui n’est autre que la Municipalité Royal de Kensington et Chelsea et son gestionnaire : la Kensington and Chelsea Tenant Management Organisation (organisme public qui administre le parc de logements sociaux pour la municipalité du quartier).
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De pseudo-rénovations effectuées pour rassurer la population, pour montrer que les habitants ne sont pas totalement abandonnés à leur sort malgré les nombreuses plaintes quant à l’absence d’alarme incendie, au revêtement inadapté, aux problèmes électriques… En somme : une tentative de mettre les habitants en confiance… alors qu’ils encouraient un danger de mort ! Il a fallu ce drame pour que les autorités et la municipalité soient obligés de reconnaître que d’autres tours à travers la ville sont aussi des brasiers en puissance. Mais ce n’est malheureusement que la partie émergée de l’iceberg.
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60 morts, des dizaines de disparus et de blessés, des centaines de personnes mises à la rue cette fois-ci ; et des caméras, des journalistes, des médias qui s’agitent pour couvrir la tragédie. Mais qu’en est-il du reste ? Combien de familles vivent dans des taudis, dans des logements insalubres ou dangereux ? Combien de personnes font les frais de la spéculation immobilière, de la propriété privée ?
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Combien n’ont même pas un toit alors que des millions de logements restent vides à travers l’Europe ? Ce sont ces questions que les médias bourgeois ne posent pas, et ce sont pourtant ces mêmes questions qui sont déterminantes pour des millions de personnes, pour la majorité de la population, pour la classe ouvrière.
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Les habitants de Londres s’en sont saisi – qui d’autre que les intéressés eux-mêmes pouvait mieux le faire ? – et ont manifesté vendredi. Certains dont des familles de victimes et des rescapés ont occupé la mairie de quartier aux cris de « Pas de justice, pas de paix ».
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« J’espère que cette tragédie va faire bouger les choses. Jamais une telle chose n’aurait pu se produire « chez les riches ». Nana Akuffo, 46 ans, habitant d’une tour voisine.
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Caen Anticapitaliste – NPA·dimanche 18 juin 2017
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Lire aussi:

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17 juin 2017 ~ 0 Commentaire

tour de londres (the guardian)

tour

Manif pour exiger la vérité sur l’incendie d’une tour (de pauvres) à Londres. Jeremy Corbyn avait voulu faire passer une loi contre la location de logement inhabitables, rejetée par les Conservateurs…

The Guardian article

The Guardian en direct

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12 juin 2017 ~ 0 Commentaire

carhaix poher (ouest france)

y-en-a-marre

Débrayage des agents territoriaux de Carhaix et de Poher communauté

Une quarantaine d’agents territoriaux ont débrayé ce vendredi devant la mairie de Carhaix (Finistère)

Ce vendredi, de 9 h à 10 h, les agents territoriaux de Carhaix et de Poher communauté se sont rassemblés devant la mairie de Carhaix pour faire entendre leurs revendications. Ils souhaitent la pérennisation des emplois, l’embauche de personnels, la prise en compte des risques psychosociaux…

Ce vendredi, de 9 h à 10 h, une quarantaine d’agents territoriaux de Carhaix et de Poher communauté (Finistère) ont débrayé devant la mairie de Carhaix. Ils ont interpellé le maire et président de la communauté de communes, Christian Troadec, sur leurs conditions de travail.

Pour des meilleures conditions de travail

Sous la bannière de la CGT, les agents demandent, entre autres : « une pérennisation des emplois contractuels, l’embauche de personnels, la revalorisation du régime indemnitaire, la prise en compte des risques psychosociaux et le renouvellement du matériel » Reçus il y a une quinzaine de jours par Christian Troadec, les agents ne constatent «aucune évolution depuis. » Le maire et président répond que « la campagne des législatives est prioritaire pour l’instant ». Ce vendredi, Christian Troadec a reçu les agents à huis clos.

Menace de grève

Si des solutions ne sont pas trouvées, les agents menacent de faire grève.

12/06/2017

http://www.ouest-france.fr/

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29 avril 2017 ~ 0 Commentaire

lapin (l’union)

bugs bunny

Reims: un agent du Crous privé de salaire pendant une semaine pour le vol de deux cuisses de lapin

Le conseil de discipline du Crous de Reims a décidé de sanctionner fortement l’un de ses agents. Ce dernier, salarié depuis 41 ans au Centre régional des Oeuvres Universitaires et Scolaires, a reconnu avoir dérobé deux cuisses de lapin à la cuisine centrale du restaurant universitaire.

Pour ce vol, il écope d’une semaine de suspension de salaire.

Une sanction dénoncée par la CGT du Crous rémois. Dans un communiqué, le syndicat s’insurge: «Pendant qu’un responsable politique refuse de se présenter à une convocation des juges dans le cadre d’une affaire présumée d’emplois fictifs de plusieurs millions d’euros d’argent public grâce à leur immunité parlementaire, et de surcroît prétend à occuper la plus haute fonction à savoir Président de la République, la Direction du CROUS de Reims, elle, ose organiser un conseil de discipline pour le supposé vol de deux cuisses de lapin.»

A la direction du Crous, on insiste sur une décision prise à l’unanimité d’un conseil de discipline paritaire, pour un vol reconnu par son auteur.

« La CGT ayant boycotté ce conseil et le salarié ne s’étant pas présenté, les représentants de la direction et les autres syndicats se sont prononcés », explique la directrice du Crous, Mag- dalena Miatello. Elle indique, par ailleurs, que deux personnes étaient convoquées devant cette instance  : le salarié qui écope d’une suspension de traitement et le cuisinier, auquel il a demandé les cuisses de lapin. Ce dernier s’est présenté devant le conseil et écope d’un blâme. Ce qui fait dire à la directrice du Crous que les sanctions sont proportionnées à la nature des faits. « L’objectif n’était pas de faire un exemple», assure-t-elle.

300 euros de perte de salaire

Reste l’aspect pécuniaire, non négligeable, de la suspension de salaire pendant une semaine. Pour la CGT, cela risque d’aggraver, pour l’agent concerné, une situation financière déjà difficile. Il va en effet perdre 300 euros sur un salaire de 1 400 euros nets.

Du côté du Crous, la direction affirme que cette précarité financière ne lui a jamais été signalée. « Nous avons un service social qui dispose d’un budget de 103 000 euros cette année, souligne Magdalena Miatello. Les agents peuvent être entendus par une assistante sociale. Nous pouvons les aider. Les représentants syndicaux aussi sont sensibilisés à la question. Son cas n’a pas été porté à notre connaissance.  »

A ce stade, le salarié sanctionné a la possibilité de faire un recours gracieux auprès de la direction du Crous ou faire appel de la sanction devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.

L’Union |  27/04/2017

http://www.lunion.fr/

Commentaire: Si seulement il avait fraudé des millions aux impôts! Il aurait eu la légion d’honneur!

Lire aussi:

Collard propose de « donner aux pauvres les poissons morts rejetés à la mer » (La Provence)

 

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16 avril 2017 ~ 0 Commentaire

allemagne (anti-k)

allemands

12,5 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, un record

La pauvreté a progressé de 15 % en 2013 pour toucher 12,5 millions de person- nes, un record, indique l’étude publiée par la fédération d’aide sociale Paritätischer Wohlfahrtsverband.

Vu de France, ce chiffre pourrait sembler paradoxal. Et pourtant. Outre-Rhin 12,5 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en 2013, un record depuis la réunification du pays en 1990, selon l’étude publiée hier par Paritätischer Wohlfahrtsverband (PW), une fédération qui regroupe quelque 10.000 associations actives dans le domaine de l’aide sociale et de la santé. Cette année là, la pauvreté a bondi de 15 % à 15,5 % par rapport à 2012, année où les chiffres avaient déjà surpris.

« Depuis 2006, on observe clairement une dangereuse tendance d’augmentation à la pauvreté (…) La pauvreté en Allemagne n’a jamais été aussi élevée et la fragmentation régionale n’a jamais été aussi sévère qu’aujourd’hui », a déclaré au site Euractiv Allemagne Ulrich Schneider, le directeur général de Paritätischer Gesamtverband (PG). Une pierre dans le jardin du gouvernement qui assure que l’écart entre riches et pauvres diminue. Une affirmation « tout simplement fausse » pour le responsable de PG.

Comme en France, les mères célibataires sont particulièrement exposées, plus de 40 % d’entre elles basculent dans la pauvreté, indique le rapport.

Si la pauvreté augmente à l’échelle nationale, le fossé qui existe entre régions prospères et régions en déshérence s’est également aggravé depuis 2006. La situation s’est détériorée dans 13 des 16 Länder: les villes-Etats de Brême et de Berlin ainsi que le Land de Mecklem-bourg-Poméranie, dans le nord du pays, sont les plus exposés à la pauvreté; à l’inverse, la Bavière (sud) et le Bade-Wurtemberg (sud-ouest) sont les moins touchés. Hambourg (nord) et plusieurs secteurs de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (ouest) ont connu une forte poussée de la pauvreté, dont le taux est resté stable, voire a légèrement reculé, en Saxe-Anhalt (centre), Brandebourg et en Saxe (est).

« La pauvreté est un problème bien de chez nous« , a poursuivi Ulrich Schneider pour qui l’Allemagne « a clairement un problème croissant de distribution de la richesse » . Et, alors que l’industrie allemande ne cesse de battre des records à l’exportation, cela risque de perdurer. Selon PW, le nouveau salaire minimum entré en vigueur début 2015 (8,50 EUR brut de l’heure), ne permet en effet pas de changer la donne.

Des seuils qui varient d’un pays à l’autre

Mais comment mesure-t-on cette pauvreté ? En Allemagne, les personnes vivant seules avec un revenu inférieur à 892 euros par mois sont classées dans la catégorie des « pauvres ». Une famille avec deux enfants intègre cette catégorie si elle vit avec moins de 1.872 euros par mois.

Des chiffres qui peuvent surprendre.

Masi, en Europe le calcul du seuil de pauvreté varie d’un pays à l’autre (voir le graphique établi par Eurostat pour les pays d’Europe). Selon l’Observatoire des inégalités, cet écart allait de 1.286 euros par mois en Norvège à 180 euros en Roumanie, en passant par 500 euros en Grèce, soit près de deux fois moins qu’en France (935 euros par mois).

JEAN-MICHEL GRADT 20/02/15

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11 avril 2017 ~ 0 Commentaire

voleurs! (npa)

arsene lupin

Ils ont volé 200 milliards

À chaque fois que Philippe Poutou avance des mesures comme l’augmentation des retraites ou l’embauche de personnels dans les hôpitaux, il se fait retoquer par des journalistes ou des économistes hautains qui veulent démontrer par A + B que de l’argent, il n’y en aurait pas…

C’est le refrain permanent de la gauche de gouvernement à la droite depuis un bon nombre d’années, ce qui n’empêche pas la multiplication des cadeaux au patronat et aux grandes fortunes.

Mardi 28 mars, l’association Attac, soutenue par un ensemble d’organisations, a apporté de l’eau à notre moulin en publiant un rapport intitulé « Rendez l’argent ! » qui montre qu’il serait possible de récupérer chaque année jusqu’à 200 milliards d’euros d’argent public « confisqué ». Confisqué par qui ? Les riches et les grandes entreprises.

Citons quelques-unes des ressources énumérées dans le rapport :

La fraude à l’impôt et aux cotisations sociales des entreprises, qui représente 60 à 80 milliards d’euros par an ;

Le crédit impôt recherche accordé aux entreprises, qui coûte 5 milliards d’euros à peu près inutilement ;

L’impôt sur le revenu, qui, si l’on renforçait sa progressivité pour que les ménages très aisés y contribuent davantage, permettrait de dégager entre 5 et 10 milliards ;

Une réforme limitée de l’impôt sur les sociétés qui permettrait de dégager jusqu’à 10 milliards d’euros ;

L’abandon du CICE et du pacte de responsabilité qui permettrait de récupérer 40 milliards d’euros ;

Une taxe sur les transactions financières, qui pourrait rapporter entre 10 et 36 milliards d’euros (selon son taux et son champ d’application).

Au total, ce sont donc jusqu’à 200 milliards de recettes fiscales qui sont potentiel- lement récupérables, cela sans alourdir les impôts et taxes acquittés par les classes popu- laires et moyennes, ni supprimer des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires… Mais pour cela, il faut une vraie volonté de s’attaquer à ceux qui profitent du système !

Lundi 10 avril 2017

https://npa2009.org/actualite/economie/ils-ont-vole-200-milliards

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26 mars 2017 ~ 0 Commentaire

rome (anti-k)

fraternisation

Que célébrons-nous à Rome ?

Acte fondateur de l’Union européenne, ce samedi 25 mars est célébré l’anniversaire du Traité de Rome.

Nous pourrions dire que soixante ans après sa fondation, l’Union européenne est devenue la plus grosse fabrique à euroscepticisme: en pratiquant des politiques qui conduisent les majo- rités sociales à la paupérisation, conduisent à l’extension de la xénophobie institutionelle, à l’apogée de l’extrême-droite et à la perpétuation du désastre humanitaire à nos frontières.

Et ce qui est sûr, jusqu’au Brexit, c’est qu’aucune des conséquences en termes de droits sociaux ou de drames humanitaires n’ont impressionné l’inébranlable armature de l’UE. Contrairement à ce que l’on pouvait penser, la crise qui nous occupe depuis ces huit dernières années, loin de fragiliser les politiques néolibérales, a supposé leur renforcement. C’est une consécration et une justification pour les politiques d’austérité, les mécanismes de gouver- nance économique et les plans d’ajustement structurel, le discours de la nécessité d’une Europe-forteresse ou les nouvelles négociations sur les traités de libre-échange comme le CETA ou le TTIP.

Cependant nous ne pouvons pas dire que la crise est récente, plutôt devrions-nous dire qu’elle vient de loin et qu’elle trouve son origine dans l’extension à l’échelle continentale de la révolution conservatrice et du thatcherisme : un processus qui a favorisé la mutation néoli- bérale de l’UE à travers le traité de Maastricht et qui est la base du sabotage de notre concep- tion du projet européen.

En effet, le troisième article du Traité de fonctionnement de l’Union européenne prévoit comme objectif de faciliter la connexion économique, sociale et territoriale, ainsi que la solidarité entre les États membres. Pourtant, les politiques effectives de l’UE sont allés dans le sens inverse : une union monétaire défectueuse dès le départ, laquelle a contribué à polariser l’Europe entre un Sud endetté et un Nord créancier, et des politiques d’austérité et de déman-tèlement de l’État social qui ont réduit les droits des classes populaires. Car, comme nous l’avons rappelé à de nombreuses reprises, les « politiques d’austérité » ne sont jamais en réalité qu’un plan prévu pour contrôler les agissements des États membres, tant dans les domaines économiques et du travail que dans un domaine purement social, dans la Santé ou l’Éducation.

Le pragmatisme nous démontre que l’UE de la démocratie, de la paix, de l’égalité et des droits humains n’existe pas, nous démontre que pas même sa création n’a été envisagée au cours de ce projet. Au contraire, nous ne pouvons oublier que la cage d’acier juridico-politique de l’UE implique la constitutionnalisation du capitalisme et que ceci n’est pas une contingence plus ou moins accidentelle mais bien le coeur même du projet néolibéral dont il est ici question. Depuis la fondation même du « projet européen », la prédominance du marché dérégulé et ses principales conditions monétaires et budgétaires demeurent hors d’atteinte pour toute volonté démocratique.

De sorte que la génération des inégalités et de la pauvreté par le biais des politiques d’austérité est devenue l’objectif principal et la preuve la plus concrète de cette séques- tration de la démocratie et des institutions de la part des élites, comme le dénonce le rapport d’Oxfam (en français, ici). C’est dans ce contexte d’accroissement des inégalités que la pau- vreté est conçue comme l’ennemie, mais en réalité l’objectif n’est pas tant d’en finir avec elle que d’en finir avec les pauvres. Nous sommes passés de la prise en compte de la pauvreté depuis l’extension de l’État social à la stigmatisation de celle-ci par un État policier qui crimi-nalise les personnes les plus pauvres. Devant l’impossibilité de solutionner l’insécurité dérivant des politiques d’ajustement et d’austérité, de la précarisation du marché du travail et de la diminution des droits individuels et des prestations sociales, on stigmatise à présent des phénomènes migratoires et la pauvreté plus généralement.

Dans ce sens, la propre gestion de la crises des réfugié-e-s avec la fermeture des frontières est la conséquence directe de l’ordre qu’imposent les politiques d’austérité qui, au-delà des coupes budgétaires et des privatisations, sont, comme l’affirme l’économiste Isidro López, « l’imposition » à 80% de la population européenne d’un imaginaire de fer de la disette. Un « il n’y en aura pas pour tout le monde » généralisé qui rend possible les mécanismes d’exclusion, canalise le mal-être social et polarise la politique par son échelon le plus fragile (les migrant-e-s, l’étrangeté ou simplement « l’altérité »), disculpant ainsi les élites politiques et économiques qui sont les véritables responsables de la spoliation.

Il est symptomatique que les seules personnes à revendiquer les vertus de l’UE de façon rituelle tel que nous le verrons ce samedi à Rome soient membres d’une classe politique discréditée, qui paraît n’avoir ni culture ni valeurs.

Plus ces élites en décadence célèbrent l’UE, plus elles la disqualifient aux yeux même de gens qui n’ont jamais montré la moindre sympathie envers l’anti-européisme conservateur, natio-naliste, voire xénophobe. À l’occasion de la campagne référendaire du Brexit, la canalisation d’un vote anti-establishment par l’extrême-droite eurosceptique fut un bon exemple de comment la polarisation politique peut s’exprimer de façon contradictoire dans une révolte anti-establishment combinant un nationalisme excluant, une démagogie anti-immigration et une lassitude face aux inégalités sociales.

Au motif du soixantième anniversaire du Traité de Rome, la Commission européenne a présenté son Livre Blanc sur le futur de l’Europe. La rhétorique vide et grandiloquente des documents et des déclarations communautaires malgré la situation critique que traverse l’Union européenne demeure présente dans le Livre Blanc. Il ne s’agit pas uniquement de rhétorique dans ce cas, mais d’un mélange entre aveuglement et autisme où la seule issue à la crise de l’UE serait une combinaison de cinq hypothèses sur son futur que présente le Livre Blanc : dans un cas on parle à la fois de moins et de plus d’Europe; un autre se caractérise par un intense déséquilibre dans les relations au pouvoir, au bénéfice des oligarchies et des pays les plus compétitifs, avec des institutions qui perdent en légitimité démocratique et sont privées de ressources pour accomplir des politiques redistributives.

Face à cette crise, l’unique pari de cette UE est la militarisation, avec la création d’un Fonds Européen de la Défense, qui ne profiterait qu’aux entreprises du secteur de l’armement et à leurs groupes d’influences à Bruxelles.

Quand l’austérité devient l’unique option politico-économique d’institutions coupées de la préservation de l’intérêt général, cette UE devient un problème pour les majorités sociales et la construction d’une Europe différente s’annonce comme l’unique réponse succédant à cette dérive que nous vivons.

De cette façon, un changement de cap ne doit pas seulement être un désir, une possibilité, c’est avant tout une urgence.

Un plan alternatif qui exige pour l’Europe un ensemble de mesures qui permettent non seule- ment d’enterrer « l’austérité » mais également d’aborder la régulation bancaire, l’harmonisation fiscale et sociale progressive, le non remboursement des dettes illégitimes qui ne sont qu’un instrument disciplinaire à l’encontre des peuples du sud ou la nécessité d’un plan d’inves-tissement européen qui rende caduque le Pacte de Stabilité et de Croissance.  Ces mesures, qu’elles soient envisagées depuis l’échelle nationale, à l’échelle supra-nationale, voire à une échelle pan-européenne, percuteront inéluctablement l’architecture actuelle de l’UE, à laquelle il ne reste pas d’autres solutions que celle de désobéir.

Désobéir, c’est construire une proposition politique à l’échelle européenne qui combatte la construction actuelle de l’UE et récupère ses racines démocratiques dans un antifascisme partisan, dans la solidarité, la paix et la justice sociale. Un projet européen duquel on n’expulse ni n’exclut personne, un projet que personne ne voudrait quitter. Voici la tâche qui, aujourd’hui plus que jamais, devient indispensable à accomplir.

Tribune parue [en espagnol] dans Contexto, le 24 mars 2017pat Miguel Urbàn

Miguel Urbán est co-fondateur de Podemos et député européen de la Gauche Unitaire Européenne-Gauche Verte Nordique (GUE/NGL). (Il est aussi membre d’Anticapitalistas, parti frère du NPA Note du blog)

Médiapart (Le Club) – 25 mars 2017  Par Sylvain Nandan

http://www.anti-k.org/

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24 mars 2017 ~ 0 Commentaire

cice (cgt)

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CICE : le comité de suivi confirme le gaspillage d’argent public

Suite à une demande du Comité de suivi du Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE), le rapport 2016 du Comité a fait l’objet de plusieurs travaux complémentaires. Les enseignements de ces travaux viennent d’être rendus publics par France Stratégie. Ces  travaux « ne conduisent pas à remettre en cause » les résultats précédemment obtenus.

Ils confirment l’absence d’effets du CICE sur la création ou la sauvegarde d’emplois, les exportations, l’investissement, la recherche-développement…

Seul, l’objectif initial porté par le gouvernement et le patronat de « l’amélioration sensible des marges des entreprises » apparaît « un peu plus nettement qu’auparavant ».

Ces travaux viennent aussi démentir que le CICE n’est pas utilisé pour baisser le pseudo « coût du travail » mais augmenter les marges notamment des grandes entreprises.

Nombre d’entre elles n’ont pas hésitées à détruire en masse des emplois et à distribuer de confortables dividendes aux actionnaires.

Transformer le CICE en exonérations générales de cotisations sociales, comme proposé par certains responsables politiques entraînerait non seulement la disparition de toute évaluation de l’impact du CICE notamment sur l’emploi, mais surtout vise, à maintenir les cadeaux en tout genre fait au patronat et à remettre en cause le salaire socialisé et la protection sociale.

Concernant les bénéfices du CICE sur l’emploi, l’effet « probable (…) est de l’ordre de 50 000 à 100 000 emplois créés ou sauvegardés sur la période 2013-2014 », effet « d’ampleur relativement modeste », identifié par une seule équipe de recherche, est de nouveau mis en avant.

100.000 emplois au maximum pour 29 milliards d’euros, soit 290.000 euros par emploi créé ou sauvegardé!

La CGT revendique au contraire que :

  • L’ensemble des aides publiques soient évaluées dans le comité de suivi des aides publiques ;
  • La suppression des aides publiques qui n’ont pas démontré leurs effets sur l’emploi, les salaires et l’investissement dans la recherche et l’outil de production ;
  • La mise en place de comités régionaux de suivi et d’évaluation des aides régionales ;
  • Le droit pour les comités d’entreprises de suivre, d’évaluer et de suspendre le cas échéant les aides publiques, exonérations de cotisations perçues par l’entreprise.

Ce sont pourtant les législations encourageant la rentabilité financière, court-termiste qui ont entrainées les crises et la déqualification économique et sociale française principalement dans les industries manufacturières et européenne qui sont  à l’ordre du jour des programmes politiques. A l’inverse, la CGT place l’amélioration de l’emploi, des salaires, de l’investissement,  et le progrès social au premier plan de ses objectifs.

Montreuil, le 23 mars 2017

www.cgt.fr

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20 mars 2017 ~ 0 Commentaire

décès (solidaires)

deces

Plus de 20 000 décès de travailleuses et de travailleurs depuis 2000 !

En France, environ 1200 travailleuses et travailleurs meurent tous les ans à cause d’un accident du travail, d’une maladie professionnelle ou d’un accident de trajet lié au travail. Ainsi, plus de 20 000 travailleuses et travailleurs ont trouvé la mort du fait du travail depuis l’an 2000.

Ce nombré élevé de décès dus au travail est une conséquence directe de la défaillance dans la prévention des risques professionnels par les employeurs.

Cependant, il existe une indifférence généralisée à ce sujet. En effet, le patronat et les pou- voirs publics sont plus intéressés par les profits des entreprises et la diminution du coût finan- cier de ces accidents du travail que par la prévention des risques professionnels et l’amélio- ration des conditions de travail des travailleuses et des travailleurs.

Afin de briser cette logique du fatalisme des accidents du travail et des morts au travail, un débat populaire sur les conditions de travail des travailleuses et des travailleurs est urgent ! Il ne s’agit pas seulement de lancer des enquêtes en ligne qui participent à l’aseptisa- tion des relations sociales et éloignent le débat des lieux de travail mais bien de redonner la parole aux travailleuses et travailleurs et de recréer avec eux les actions nécessaires.

Il est temps pour nous toutes et tous d’agir pour ne plus perdre sa vie à la gagner.

(un article plus complet sur le bulletin « Et Voilà » n° 50 de Février 2017 : http://la-petite-boite-a-outils.org/

Paris, 16 mars 2017

https://www.solidaires.org/

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