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25 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

féminisme (pùblico ga)

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Les six défis du féminisme (de base)

Pour un mouvement de classe, anti-punitif et ouvert à la dissidence qui défende la démocratie radicale

Des millions de femmes sont descendues dans la rue d’Espagne ces dernières années, nous avons associé le slogan «le personnel est politique» aux possibilités du présent. Nous avons pris les réseaux avec nos histoires. # Dis-le. Nous avons entamé une grève et réfléchi avec d’autres à ce que nous appelons les soins ou la reproduction sociale et comment cela façonne nos vies, les traverse, les blesse.

Nous avons peint des banderolles, participé à des assemblées, assisté à des pourparlers, nous nous sommes serré la main. Des sections du féminisme ou des féminismes ont prospéré dans les médias, c’est selon. La politique, avec un P majuscule, a aspiré le parfum d’une révolte qui, bien gérée, peut donner des voix.

Cette politique dont les sources, les idées, l’esprit doivent maintenir le social en vie ailleurs que dans les parlements. Aujourd’hui, après ces années de révolte, nous avons l’intuition que nous sommes à un carrefour. Quels sont les principaux défis du mouvement féministe (populaire)? Voici quelques coups de pinceau pour la discussion sur des questions, lesquelles, évidemment, sont à d’approfondir.

1. Vox: délimiter les batailles

En cette même période de notre pouvoir, un ennemi frontal a émergé, celui qui ne veut pas naviguer dans le consensus, ni les gérer, mais les briser. Cela fait de Vox une violence sexiste. Et maintenant, avec l’éducation affective sexuelle, le veto parental. Cette façon d’imposer une polarisation radicale sur les questions morales est un véritable frein car dans beaucoup de ces questions, nous devons aller de l’avant et la menace nous met sur la défensive.

Faut-il discuter publiquement s’il y a ou non de fausses allégations ou proposer une amélio-ration de la loi contre la violence basée sur le genre, par exemple, afin qu’elle ne s’applique pas seulement au couple? Dans le cas du veto parental, ne sommes-nous pas à la traîne de l’Europe en matière d’éducation sexuelle et avec une école publique en retraite franche et concertée dont il faudrait reconsidérer l’existence? Cependant, si nous discutons essentielle-ment des enfants, nous les laissons concevoir le champ de bataille et éclipser nos propres priorités au-delà du champ des valeurs. (Et il faut reconnaître ici une difficulté, ce concours de valeurs a des effets matériels sur la peur des enseignants, sur les parents qui sont légitimés pour faire face aux écoles …).

La tâche principale des guerres culturelles de droite est leur capacité à définir les agendas et à gérer l’initiative sociale à leur guise. Ils servent également à mobiliser leurs bases et à secouer l’arène sociale. Il semble clair qu’ils régneront désormais sur la vie publique. Un scénario fonctionnel pour le gouvernement de gauche qui peut rejoindre le jeu des miroirs et dédier l’ensemble du pouvoir législatif à opérer dans ce domaine sans avoir à promouvoir des changements de fond. Aussi peu que vous, cela semblera beaucoup si la guerre est sans caserne. Nous avons besoin d’un féminisme de notre propre initiative, ce qui est clair: nous devons passer à l’offensive et continuer à gratter les conquêtes.

2. Contre un féminisme réactionnaire

Les guerres culturelles ne sont pas le seul frein à un mouvement doté de capacités d’action, de pouvoir et d’autonomie. Depuis un certain temps maintenant, il semble que la polarisation sociale et les clés communicatives et subjectives qui ont produit la crise de la représentation et l’émergence de l’extrême droite se soient déplacées vers le féminisme – la même identité et construction retrait de l’autre comme ennemie. Cela se produit à travers leurs propres guerres culturelles sur les droits des femmes trans et leur appartenance ou non au féminisme ou à travers la bataille frontale autour de la prostitution, où des attaques violentes se produisent contre les travailleuses du sexe elles-mêmes et leurs organisations qu’elles ont l’intention d’expulser du débat public et des espaces de coordination du mouvement – de certaines assemblées du 8M par exemple. L’hostilité, les agressions verbales dans les assemblées et même dans les mobilisations éclipsent le mouvement à cause d’un type de féminisme essentialiste qui cherche à imposer sa vérité avec des méthodes agressives. (De plus, au milieu de la confrontation avec Vox avec la question de l’éducation sexuelle, nous avons pu voir certaines féministes légitimer les discours d’extrême droite du fantôme de la « Théorie Queer » qui serait censé être enseigné dans les écoles. Quelque chose à penser.)

Dans ce scénario, il est plus difficile de maintenir la joie de rencontrer les autres et d’apprendre et de travailler ensemble qui a imprégné les mobilisations de ces dernières années. Le ton conflictuel est aussi un moyen d’expulser les gens de ces espaces. Ainsi par exemple, ce sont les assemblées du 8M, où des mobilisations de masse sont prévues, car il y a des gens qui veulent imposer des positions sur des questions où le consensus est impossible. Les formes violentes promues par un messianisme rédempteur, en outre, rendent impossible toute sorte de débat serein dans lequel poser une base minimale sur des questions essentielles. Par exemple, comment lutter contre la traite. Malgré cela, il y a beaucoup de féministes qui luttent dans ces espaces pour continuer à se battre pour un mouvement qui vaille la peine.

Ces dernières années, nous avons réussi à faire parler de féminisme à l’ensemble de la société sur la base du positionnement d’un conflit de portée universelle: la lutte du capital contre la vie. Nous avons découvert un nouveau pouvoir à partir de la visibilité et de la valorisation du champ de la reproduction sociale pour qu’il cesse d’être «ce que nous sommes obligés de faire nous les femmes», et devienne une tâche reconnue et essentielle, car elle fait partie du noyau de la vie humaine. Sur le chemin de notre libération, nous avons découvert que nous portons la semence d’un nouveau monde.

Aujourd’hui, cependant, nous ne parlons pas principalement de la façon de changer la société, mais de la manière de protéger les femmes – que certains veulent représenter comme toujours menacées. En fait, une autre tâche essentielle est de renouer avec le pouvoir d’un féminisme qui représente la sexualité comme un espace de plaisir et de joie – comme le faisait le féminisme des années 70 – non seulement de danger. Ces guerres sexuelles et leurs revendications d’identité seront-elles le chant du cygne de cette dernière vague, et son pouvoir de transformation, comme ils l’étaient à la fin des années 70?

3. Pour un féminisme qui défende la démocratie radicale

La droite et l’extrême droite défendent leur programme antisocial en faisant un drapeau de la liberté. Alors que, dans certains espaces du féminisme, des interdictions sont demandées, la censure est demandée, l’intention est de pénaliser la consommation de la prostitution – même du porno -, elle vise à empêcher des concerts ou à persécuter certains chanteurs, comédiens, cinéastes … , peut-être, que notre impuissance à transformer la vie, le changement culturel se poursuit de force dans une société plurielle et complexe. Progressivement, une certaine «gauche» ressemble de plus en plus aux arguments, ou aux formes discursives, aux voies et même aux objectifs, à l’extrême droite florissante.

Nous oublions la longue association entre les traditions émancipatrices et la défense de la démocratie radicale – comme dans l’histoire du mouvement ouvrier et du mouvement des femmes. Les droits et libertés civils font partie – et sont essentiels – des luttes pour les droits économiques. Nous avons besoin d’un féminisme qui justifie l’approfondissement de la démocratie et ouvre des espaces de pensée et de parole, où il est possible de tout discuter avec respect.

4. Pour un féminisme antipunitif. Ne pas nourrir la bête

Un autre défi fondamental est lié au système pénal. Le processus judiciaire de La Manada (viol collectif considéré « agression » par « manque de résistance » de la victime blog) a mis sur la table les lacunes concernant la protection des femmes qui ont subi des viols et l’odyssée qu’elles doivent traverser, y compris la revictimisation ou la vigilance sur leur vie pour s’adapter au rôle de «bonne» victime . Compte tenu des pressions du mouvement féministe, le nouveau gouver-nement travaille à une réforme du Code pénal pour l’adapter à la nouvelle sensibilité sociale et aux normes internationales, comme la Convention d’Istanbul, ratifiée par l’Espagne. Cela impliquera-t-il une augmentation des pénalités directement ou indirectement?

Certains secteurs ont vécu comme une victoire la peine de l’affaire Arandina – 38 ans de prison. Mais nous savons que des peines plus élevées ne protégeront pas les femmes – l’incar-cération, en général, n’est ni dissuasive, ni modifie les agresseurs, ni n’arrête la violence. En fait, le débat sur les sanctions ne devrait pas être central car nous parlons d’un problème très complexe qui nécessite des mesures très différentes. Qu’est-ce qu’une justice féministe? Est-ce celle qui met l’accent sur la punition ou sur la réparation et l’autonomie de la victime? Les débats ont déjà commencé et, pour beaucoup, ils impliquent une remise en cause radicale du système pénal lui-même – utilisé pour la gestion répressive des problèmes causés par le néolibéralisme. Toute atteinte aux libertés ou renforcement de l’État criminel est susceptible de se retourner contre nous.

Le populisme punitif – la demande de sanctions supplémentaires ou la tendance à vouloir résoudre les problèmes générés par le système économique et social par le biais du Code pénal – est un espace où, sans le vouloir, nous pouvons nous retrouver avec l’extrême droite. Le discours de Vox sur la «défense des femmes» est fonctionnel pour la légitimation de son soutien à la réclusion à perpétuité, voire à la criminalisation des migrants. Nous avons la tâche de nous démarquer de ce message: pas en notre nom.

5. Le différend sur le sens du féminisme: pour un féminisme de classe

Ces années, dans les espaces populaires du mouvement, des travailleuses domestiques, Kellys (hôtels de luxe blog), trans, migrants et racialisés ont été trouvés. Et de cet assemblage sont nées de puissantes propositions et revendications. Des propositions qui placent la capacité transformatrice du féminisme au centre et qui affectent le développement de mesures liées à la division sexuelle du travail et à des réflexions sur les tâches de reproduction sociale, l’axe matériel le plus important du féminisme.

Cependant, les mesures liées aux problèmes de la classe moyenne ont une plus grande place dans les médias, en raison de la composition des salles de rédaction et de la configuration de l’espace public (qui y a accès). Ainsi, les exigences d’un féminisme dont l’aspiration est de briser les plafonds en verre sont sur représentées. Un féminisme qui demande des quotas dans les conseils d’administration des entreprises. Un certain bon sens a été généré selon lequel une place doit être trouvée pour les femmes dans les lieux de pouvoir. Le féminisme commun propose de réaliser l’égalité des sexes au sein de chaque strate sociale, mais de maintenir une société stratifiée.

Ce n’est pas un hasard si l’une des luttes centrales d’aujourd’hui est celle des travailleuses domestiques: elle est basée sur le travail des migrantes sans droits. Autrement dit, bon marché et exploitable. C’est la solution qui a été donnée à la crise des soins dans notre pays. Par conséquent, nous devons continuer à parler d’un féminisme de classe et antiraciste, nous devons nous battre pour «l’égalité»: il n’y a pas de libération au prix de l’exploitation des autres. Aujourd’hui, cependant, le féminisme discute d’autres questions culturelles plus «brûlantes» qui semblent mieux éveiller les passions. Qui s’intéresse à un féminisme qui n’a pas l’intention de changer la société? À quelle tentative de préserver leurs propres positions privilégiées répondent les positions du féminisme culturel / identitaire?

6. Construire l’organisation

Les bonnes idées et les discours réussis ne suffisent pas à transformer la société; Il ne suffit pas d’avoir raison, il faut une force sociale. Ceci est réalisée par un mouvement féministe avec capacité d’agrégation – pas nécessairement unifié – et qui a des revendications – une autre question est de savoir si les conditions existent pour débattre avec la pluralité maximale possible de ce que devraient être ses priorités. Un mouvement diversifié qui remet en question les formes actuelles d’organisation sociale, met l’accent sur les discours médiatiques et génère également une culture propre.

La question de l’organisation est au cœur de chaque politique, mais nous sommes à une époque où les engagements sont faibles et où il est difficile de maintenir des formes d’agréga-tion. Pouvons-nous profiter de la capacité de politisation du féminisme, à partir de ce qui se passe à travers nous, pour générer de nouvelles formes d’articulation? Idéalement, il devrait y avoir des organisations de base capables de tisser un réseau d’entraide, d’agir en tant que contre-pouvoirs des institués et de promouvoir les conflits nécessaires pour aller de l’avant. Le féminisme devrait également imprégner les luttes sur de nombreux fronts – les pensions, le logement, le travail, etc. – et ces luttes devraient faire partie du mouvement féministe.

Changer la société n’est pas un projet de quelques-uns, pas même de la moitié. Si nous avons un projet capable d’améliorer la vie de chacun, nous devrions peut-être commencer à reconnaître que les hommes – et ceux qui ne se reconnaissent pas dans le binarisme de genre – devraient également faire partie de cette lutte.

Nuria Alabao est journaliste et docteur en anthropologie, membre de la Fondacion de los Comunes

Nuria Alabao 23/01/2020

https://ctxt.es/es/

Lire aussi:

Nouvelle vague féministe, théorie de la reproduction sociale et conséquences stratégiques

 

 

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21 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

oxfam (regards)

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21 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

australie (àl’encontre reporterre)

GreenLeft

L’Australie montre que les inégalités aggravent les catastrophes

Ce n’est pas la première fois que l’Australie est dévastée par des incendies. Il y a plus de dix ans, en février 2009, les incendies en Australie ont tué 173 personnes, blessé des milliers d’autres et détruit 2000 maisons.

Le 7 février 2009, connu sous le nom de «Black Saturday», a constitué l’événement le plus meurtrier de l’histoire du pays. Les incendies ont démarré soudainement et se sont propagés à toute vitesse.

Les pompiers ont déclaré en novembre 2019 que la météo de cette saison était similaire à celle du «Black Saturday», avec des conditions de chaleur et de sécheresse extrêmes. Cette fois-ci c’est l’année la plus chaude et la plus sèche jamais enregistrée dans le pays en raison de la crise climatique, les incendies se sont propagés sur des distances plus grandes et ont brûlé encore plus longtemps qu’il y a dix ans.

Le bilan est moins lourd cette fois – les estimations tournent autour de 28 morts – mais les hectares de terre, les maisons et les vies animales perdues ont éclipsé les incendies précédents. Alors que 4 451 km2 et plus d’un million d’animaux ont été perdus en 2009, les incendies cette saison ont brûlé jusqu’à présent près de 80 000 km2 (de brousses, de zones boisées et de parcs nationaux), plus de 3 000 maisons et un milliard (voire des milliards!) d’animaux sauvages.

Ces chiffres sont catastrophiques. 80 000 km2, c’est près de 1% de la surface de l’Australie. Un million d’animaux morts est difficile à concevoir, et encore plus un milliard. Et le traumatisme pour les humains qui doivent vivre avec les conséquences de cette catastrophe durera des décennies.

«De nombreux survivants devront faire face, avec douleur, à la disparition de leurs proches, la perte de leurs biens, la perte de leurs moyens de subsistance, le manque d’abris, la destruction de l’environnement local, le soutien inadéquat de l’Etat, la perte d’espoir pour l’avenir ainsi que la peur». Selon Sharon Friel, professeure de politique de santé qui a publié Climate Change and the People’s Health (Oxford University Press, janvier 2019).

Un rapport de 2016 sur les victimes du «Black Saturday» a révélé que, cinq ans après les feux de brousse, plus d’un cinquième des résidents touchés connaissaient un taux double de problèmes de santé mentale – comme le syndrome de stress post-traumatique et la dépression – comparé au reste de la population. Selon ce rapport, celles et ceux qui vivaient seuls ou étaient le plus isolés étaient les plus touchés.

Pour les pauvres, le rétablissement sera plus difficile. En particulier pour les pauvres qui vivent dans les zones rurales, où l’accès aux ressources de santé mentale et physique est limité, même si l’Australie dispose d’un système de santé universel.

Les catastrophes climatiques s’aggravent dans le monde entier et sont intensifiées par les inégalités de richesse.

La préparation aux catastrophes est trop coûteuse pour les personnes vivant dans la pauvreté; l’évacuation n’est pas possible pour les pauvres qui n’ont pas accès aux transports ou qui ne peuvent pas arrêter de travailler, les locataires peuvent avoir des difficultés à trouver un autre logement après une catastrophe.

Comme le souligne Sharon Friel, «Les personnes aisées peuvent se permettre de vivre dans des bâtiments avec isolation, équipés de la climatisation et de purificateurs d’air», alors que les personnes à faibles revenus doivent respirer l’air, à l’intérieur ou non. La liste des conséquences pour les pauvres est longue.

Cette stratification sociale se manifeste notamment dans les questions de logement. Aux Etats-Unis, «si vous êtes pas propriétaire de l’endroit où vous vivez, vous avez une sorte de double désavantage», explique Junia Howell, sociologue à l’université de Pittsburgh.

Même si une victime de catastrophe a une assurance comme locataire – et la majorité des locataires n’en ont pas – , l’assurance ne couvrira probablement pas les pertes. En outre, comme les logements se font plus rares après une catastrophe et que des travailleurs temporaires s’installent pour aider à restaurer une zone, les loyers augmentent.

Les propriétaires pauvres ne sont pas épargnés. L’ouragan Katrina [fin août 2005] est un exemple classique de stratification sociale lors de restauration après une catastrophe; le gouvernement et les organisations à but non lucratif ont été plus lents à fournir une aide aux communautés noires et à faibles revenus après l’ouragan.

Plus d’une décennie après Katrina, les populations historiquement pauvres et noires du Lower Ninth Ward [quartier de La Nouvelle-Orléans] sont toujours en train de récupérer. Et tout cela se passe dans un pays riche.

En 2016, la Banque mondiale a constaté que les catastrophes naturelles font que 26 millions de personnes tombent dans la pauvreté chaque année.

Le président de la Banque mondiale a déclaré que ces catastrophes «menacent de réduire à néant des décennies de progrès dans la lutte contre la pauvreté». A mesure que les catastro-phes naturelles s’aggraveront en raison de la crise climatique, les écarts de richesse à l’échelle mondiale et au sein même des pays ne feront que s’accroître.

Non seulement les pauvres sont les plus touchés par les catastrophes naturelles, mais ils sont de plus en plus nombreux à devenir pauvres à cause de celles-ci.

Le 6 janvier 2020, le Premier ministre australien Scott Morrison a annoncé un fonds de restau-ration de 2 milliards de dollars pour les feux de brousse actuels, mais cela ne suffira pas à couvrir les dommages causés – les incendies du «Black Saturday» ont déjà coûté 4,4 milliards de dollars.

Le gouvernement refuse également de reconnaître qu’il existe un lien entre la gravité des incendies et le changement climatique. Cette donnée ne peut que diminuer sa capacité à mettre en œuvre une planification afin d’affronter des incendies encore plus graves. Et, cerise sur le gâteau, le gouvernement a également contribué à la désinformation sur les causes des incendies.

Au cours de la première semaine de janvier 2020, les théoriciens conspirationnistes de droite ont fait circuler plusieurs fausses informations, affirmant que les incendies étaient d’origine criminelle.

Certains de ces complotistes allaient même jusqu’à dire que les militants écologistes avaient allumé ces incendies pour pousser à l’action climatique, et d’autres que l’United Nation Association of Australia (UNAA) avait allumé ces incendies afin de libérer de l’espace pour un train à grande vitesse. (Il va sans dire que ces affirmations sont fausses.)

En réalité, ce sont les actions de la droite qui perpétuent souvent ces horribles incendies. Jair Bolsonaro, le président d’extrême droite du Brésil, a encouragé l’incendie dévastateur de la forêt amazonienne l’année dernière, en visant spécifiquement les populations indigènes.

Les populations indigènes souffrent généralement davantage des conséquences des feux de forêt.

Des études menées au Canada et aux Etats-Unis ont montré que les populations amérindien-nes sont généralement plus touchées par les incendies. En Australie, en plus du déni de droits dus à la colonisation et à la perte de leurs habitats à cause des incendies provoqués par la mauvaise gestion des terres, les Aborigènes voient également des parties importantes de leur culture détruites. Les incendies ont anéanti des sites sacrés et patrimoniaux.

Actuellement, il y a une grande concentration d’incendies en Nouvelle-Galles du Sud, qui compte également la plus forte population aborigène du pays.

«Le feu, un élément avec lequel les groupes indigènes de tout le continent vivaient autrefois en harmonie, met aujourd’hui en danger leurs sites culturels sacrés», écrit Yessenia Funes pour le site Earther.

En envisageant l’avenir, de nombreux Aborigènes ont demandé aux responsables australiens de tenir compte de leurs connaissances sur la gestion du feu et de mettre en œuvre des pratiques telles que les brûlages contrôlés annuels pour éviter des incendies désastreux. (Joe Morrison in The Guardian, «How First Australians’ancient knowledge can help us survive the Bushfires of the future», 11.1.2020).

Pour veiller à ce que les pauvres ne soient pas laissés pour compte dans la crise climatique, réduire les inégalités est le mot d’ordre.

A titre préventif, «l’accent mis sur la redistribution plutôt que sur la poursuite implacable de la croissance économique est une condition préalable… pour réduire la pauvreté et les inégalités», comme des résultats en matière de santé et de climat, déclare Sharon Friel.

En ce qui concerne plus particulièrement les secours en cas de catastrophe, Junia Howell indique que les décideurs politiques doivent examiner spécifiquement la manière dont l’aide peut être distribuée de manière plus équitable, avant et après une catastrophe.

La semaine dernière, l’Australian Council of Social Service (ACOSS) a demandé à Scott Morrison d’augmenter le montant des fonds destinés aux catastrophes, en précisant qu’ils sont insuffisants pour aider les familles pauvres à se remettre sur pied.

«Nous sommes très préoccupés par le fait que l’actuel Disaster Recovery Payment est grave-ment insuffisant, en particulier pour les personnes à faibles revenus», a écrit le directeur de l’ACOSS dans une lettre adressée au Premier ministre.

Malgré la présence de négationnistes climatiques dans le gouvernement de Scott Morrison, ce dernier a reconnu, finalement, que la crise climatique pourrait être liée à ces incendies. Mais Scott Morrison a également déclaré la semaine dernière que les politiques climatiques ont «comme conséquences de détruire des emplois et l’économie» et «ne changeront rien au fait qu’il y a des feux de brousse en Australie» (The Guardian, 10.1.2020).

Sans les politiques climatiques que la droite méprise tant, l’Australie pourrait bientôt ne plus être habitable. Les riches auront beaucoup plus de chances de survivre, car ils feront leurs bagages et prendront leur argent pour aller s’installer dans des endroits moins chauds et moins exposés aux catastrophes.

Les pauvres, qui n’ont pas les milliers de dollars nécessaires pour émigrer et s’établir dans un autre pays, risquent d’être des laissés-pour-compte.

Article publié par le site Truthout, en date du 18 janvier 2020; traduction rédaction A l’Encontre

Sharon Zhang est chargée des reportages sur le climat auprès de Truthout.

21  janvier 2020 Sharon Zhang

https://alencontre.org/

Lire aussi:

Les feux menacent la santé mentale des Australiens

 

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21 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

oxfam (reporterre)

 moraklisation

Rapport Oxfam

Les milliardaires français plus ultra-riches que jamais

Changement climatique, détresse sociale : tout va de mal en pis, entend-on. Mais pas pour tout le monde, rappelle Oxfam. Dans son rapport annuel sur les inégalités mondiales, publié ce lundi 20 janvier, à la veille du Forum économique de Davos, l’ONG rappelle que « que les 1 % les plus riches possèdent désormais plus du double de la richesse de 6,9 milliards de personnes, soit 92 % de la population mondiale ».

Si chaque personne s’asseyait sur ses richesses sous la forme de billets de 100 dollars empilés les uns sur les autres, la plus grande partie de l’humanité serait assise sur le sol. Une personne de la classe moyenne vivant dans un pays riche serait assise à la hauteur d’une chaise. Les deux hommes les plus riches au monde se retrouveraient dans l’espace.

Les milliardaires s’enrichissent tandis que les plus démunis s’appauvrissent. Car à l’autre bout de l’échelle, d’après la Banque mondiale, près de la moitié de la population mondiale essaie de survivre avec 5,50 dollars par jour (ou moins).

La France ne fait pas exception, avec 41 milliardaires, soit quatre fois plus qu’après la crise financière de 2008. « Les milliardaires français ne se sont jamais aussi bien portés, écrit Oxfam. En 2018, leur fortune a augmenté plus vite que celle des autres milliardaires dans le monde (merci la « gauche » blog) ». Oxfam révèle également que les 7 premiers milliardaires français possèdent plus que les 30 % les plus pauvres.

Le milliardaire Bernard Arnault symbolise l’enrichissement des ultra-riches

Le patron de LVMH, Bernard Arnault, « symbolise à lui seul l’enrichissement des ultra-riches en France », note l’association, en illustrant : « Si quelqu’un avait pu économiser l’équivalent de    8 000 euros par jour depuis la prise de la Bastille, il n’arriverait aujourd’hui qu’à 1 % de la fortune de Bernard Arnault ».

Pourquoi de telles inégalités ?

Le rapport d’Oxfam pointe un « modèle économique défaillant [qui] a mis un pouvoir et des richesses considérables entre les mains d’une élite fortunée ».(Psst: c’est le capitalisme! blog)

L’ONG insiste particulièrement sur le sexisme de notre système politique et économique, qui maintient dans la pauvreté un très grand nombre de femmes. « Ménage, cuisine, gestion du budget, soin des proches, collecte de bois et d’eau dans les pays du Sud, la valeur monétaire du travail de soin non rémunéré assuré par les femmes âgées de 15 ans ou plus représente au moins 10 800 milliards de dollars chaque année, soit trois fois la valeur du secteur du numérique à l’échelle mondiale », peut-on lire.

En France, les femmes consacrent en moyenne 3 h 26 par jour aux tâches domestiques contre 2 h pour les hommes.

Aux racines de ces injustices, le rapport pointe d’importantes défaillances dans les systèmes de redistribution.

Car les fortunes des milliardaires – qui proviennent pour un tiers d’héritages – « s’alimentent par elles-mêmes » : il s’agit de choisir les bons placements et d’éviter de payer trop d’impôts. « Les très grandes fortunes se déroberaient à leurs responsabilités fiscales à hauteur de 30 %, rapporte Oxfam. Entre 2011 et 2017, les salaires moyens dans les pays du G7 ont augmenté de 3 %, alors que les dividendes des riches actionnaires ont bondi de 31 %. »

L’inégalité met le système social français en danger

En France, le modèle social est aussi « en danger », selon l’ONG, « car notre fiscalité repose de manière croissante sur des impôts régressifs comme la TVA et la CSG, des impôts qui pèsent proportionnellement plus sur les citoyen.ne.s les plus pauvres ». A l »inverse, l’impôt sur les sociétés est en baisse de 23 % depuis 20 ans.

Oxfam dénonce clairement les mesures fiscales prises par le gouvernement de M. Macron :

« L’instauration de la flat tax et la suppression de l’ISF [impôt de solidarité sur la fortune] ont accentué cette tendance en diminuant de nouveau la participation des plus riches à notre système de redistribution ».

D’après un rapport du Sénat, le top 100 des contribuables qui payaient l’ISF a gagné en moyenne 1,7 millions d’euros chacun grâce à ces mesures, sans impact visible sur l’investissement, qui était pourtant la justification de la réforme.

L’ONG en tacle au passage le projet de réforme des retraites, qui « pourrait pénaliser les carrières hachées qui concernent le plus souvent des femmes ».

« Les grand.e.s gagnant.e.s de notre système actuel de retraite sont les plus riches puisqu’ils profitent en moyenne plus longtemps de leur retraite par répartition, avec une espérance de vie de treize ans supérieure à celle des plus pauvres, indique le rapport. Au lieu de les mettre plus à contribution, le projet de réforme actuel prévoit de baisser leurs cotisations au-delà de 10.000 euros de rémunération par mois. »

Pour Pauline Leclère porte-parole d’Oxfam France, « les inégalités indécentes sont au cœur de fractures et de conflits sociaux partout dans le monde car personne n’est dupe : la crise des inégalités traduit la complicité plus que l’impuissance des États à agir pour la combattre.

Les inégalités ne sont pas une fatalité, elles sont le résultat de politiques sociales et fiscales qui réduisent la participation des plus riches – entreprises et particuliers – à l’effort de solidarité par l’impôt, et fragilisent le financement des services publics.

Transports, éducation, santé, système de retraites…. sont sacrifiés alors qu’ils sont décisifs pour lutter contre la pauvreté. »

Pour lutter contre les inégalités, Oxfam recommande de :

Reconnaître le travail de soin peu ou non rémunéré effectué principalement par les filles et les femmes comme une forme de travail ou de production apportant une vraie valeur.

Rétablir une fiscalité plus équitable sur les plus aisé.e.s n, supprimer les niches fiscales qui bénéficient disproportionnément aux grandes entreprises sans bénéfice pour l’économie et lutter efficacement contre l’évasion fiscale.

20 janvier 2020 / Lorène Lavocat (Reporterre)

https://reporterre.net/

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21 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

abc de la dette (cadtm)

dette

L’ABC de la dette contre les peuples

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La Grèce des années 2010 montre comment un pays et un peuple peuvent être privés de liberté à cause du remboursement d’une dette clairement illégitime.

Depuis le 19e siècle, de l’Amérique latine à la Chine en passant par Haïti, la Grèce, la Tunisie, l’Égypte et l’Empire ottoman, la dette publique a été utilisée comme arme de domination et de spoliation.
Au bout du compte, c’est la combinaison de l’endettement et du libre-échange qui constitue le facteur fondamental de la subordination d’économies entières à partir du 19è siècle. Les classes dominantes locales se sont associées aux grandes puissances financières étrangères pour soumettre leur pays et leur peuple à un mécanisme de transfert permanent de richesses des producteurs locaux vers les créanciers qu’ils soient nationaux ou étrangers.

C’est la combinaison de l’endettement et du libre-échange qui constitue le facteur fondamental de la subordination d’économies entières à partir du 19è siècle

Contrairement à l’idée reçue, ce ne sont généralement pas les pays endettés périphériques qui provoquent les crises de la dette souveraine. Ces crises éclatent d’abord dans les pays capita-listes les plus puissants ou sont le résultat de leurs décisions unilatérales qui entraînent par ricochets des crises de grande ampleur dans les pays périphériques endettés. Ce n’est pas l’excès de dépenses publiques qui amène la dette à des niveaux insoutenables, mais plutôt les conditions imposées par les créanciers locaux et étrangers.

Les taux d’intérêt réels étaient abusivement élevés et les commissions prélevées par les banquiers étaient particulièrement élevées. La conséquence était évidente : les pays qui s’endettaient n’étaient pas en mesure de rembourser leurs dettes. Ils devaient constamment recourir à de nouveaux emprunts pour rembourser les anciens. Et quand ils n’y arrivaient pas, les puissances créancières avaient le droit de recourir à une intervention militaire pour se faire rembourser.

Les crises de la dette et leur dénouement sont toujours pilotés par l’action de grandes banques des principales puissances économiques et par les gouvernements qui les soutiennent.

Au cours des deux derniers siècles, plusieurs États ont répudié avec succès des dettes en arguant qu’elles étaient illégitimes ou odieuses. C’est le cas du Mexique, des États-Unis, de Cuba, de la Russie, de la Chine ou du Costa Rica.

Les conflits autour du paiement de la dette ont donné lieu à l’élaboration de la doctrine juridique de la dette odieuse qui est toujours d’actualité.

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Un peu d’histoire

Les créanciers, qu’ils soient de puissants États, des organismes multilatéraux à leur service ou des banques, ont parfaitement su manœuvrer pour imposer leur volonté aux débiteurs

Les créanciers, qu’ils soient de puissants États, des organismes multilatéraux à leur service ou des banques, ont parfaitement su manœuvrer pour imposer leur volonté aux débiteurs. Dès la première moitié du 19è siècle, un pays comme Haïti a servi de laboratoire.

Première république noire indépendante, l’île s’est libérée du joug de la France en 1804. Mais Paris n’a pas pour autant abandonné ses prétentions sur Haïti, en obtenant une indemnisation royale pour les esclavagistes : les accords signés en 1825 avec les nouveaux dirigeants haïtiens ont instauré une dette de l’indépendance monumentale que Haïti ne pouvait plus rembourser dès 1828 et qu’elle a mis en fait un siècle à payer, rendant impossible toute forme de développement réel.

La dette a aussi été utilisée pour asservir la Tunisie à la France en 1881 ou l’Égypte au Royaume-Uni en 1882  car les puissances créancières ont usé de la dette impayée pour soumettre ces pays jusque-là souverains.

De même, la Grèce est née dans les années 1830 avec le boulet d’une dette qui l’enchaînait au Royaume-Uni, à la France et à la Russie. L’île de Terre-Neuve, devenue en 1855 le premier dominion autonome de l’Empire britannique, bien avant le Canada ou l’Australie, a renoncé à son indépendance après la grave crise économique de 1933 pour faire face à ses dettes et a finalement été rattachée en 1949 au Canada qui accepte de reprendre 90 % de sa dette.

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 La dette dans les années 1960-1970

Le processus s’est reproduit après la Seconde Guerre mondiale, quand les pays d’Amérique latine avaient besoin de capitaux pour financer leur développement et quand les pays asiati-ques d’abord, puis africains au virage des années 1960, ont accédé à l’indépendance. La dette a constitué l’instrument majeur pour imposer des politiques néocoloniales. Après la seconde guerre mondiale, il n’était plus permis de recourir à la force contre un pays débiteur. Ce sont d’autres moyens qui, dès lors, ont été utilisés.

Les prêts massifs octroyés, à partir des années 1960, à un nombre croissant de pays de la périphérie (à commencer par les alliés stratégiques des grandes puissances, le Congo de Mobutu, l’Indonésie de Suharto, le Brésil de la dictature militaire, et en allant jusqu’à des pays comme la Yougoslavie et le Mexique), jouent le rôle de lubrifiant d’un puissant mécanisme de reprise de contrôle de pays qui, auparavant avaient commencé à adopter avec un succès réel des politiques indépendantes des anciennes métropoles coloniales et de Washington.

Trois grands acteurs ont incité ces pays à s’endetter en les appâtant avec des taux relative-ment bas. Les classes dominantes locales ont également poussé à l’augmentation de la dette et en ont tiré profit sans qu’il y ait de bénéfice pour les peuples.

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 La crise de la dette des années 1980

À la fin 1979, les États-Unis ont décidé d’augmenter leurs taux d’intérêt, ce qui a eu des réper-cussions sur les taux appliqués au pays endettés au Sud qui étaient variables et ont eux aussi fortement augmentés. Couplée à une baisse des cours des matières premières exportées par les pays du Sud (pétrole, café, cacao, coton, sucre, minerais…) qui a produit une réduction des revenus d’exportation, cette hausse des taux a refermé le piège.

Une nouvelle forme de colonisation sans administration ni armée coloniale sur place, le mécanisme de la dette s’est chargé de prélever les richesses produites et de les diriger vers les créanciers

En août 1982, le Mexique et d’autres pays ont annoncé qu’ils n’étaient plus en mesure de rembourser. C’est là qu’est intervenu le Fonds monétaire international (FMI), qui, à la demande des banques créancières, a prêté aux pays en difficulté, au taux fort.

A la double condition qu’ils poursuivent le remboursement de leurs emprunts aux banques et qu’ils mènent la politique décidée par ses experts : abandon des subventions aux produits et services de première nécessité, réduction des dépenses publiques.

Et dévaluation de la monnaie, taux d’intérêt élevés pour attirer les capitaux étrangers, produc-tion agricole tournée vers l’exportation, ouverture totale des marchés par la suppression des barrières douanières, libéralisation de l’économie avec abandon du contrôle des mouvements de capitaux et suppression du contrôle des changes, fiscalité aggravant les inégalités avec hausse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et préservation des revenus du capital, privatisations des entreprises publiques rentables…

Les prêts d’ajustement structurel visent l’abandon par ces pays de leur politique nationale et une connexion plus forte des économies de la périphérie au marché mondial dominé par le centre.

Il s’agit également d’assurer l’approvisionnement des économies du centre en matières premières et en combustibles. En mettant les pays de la périphérie progressivement en concurrence les uns par rapport aux autres, en les incitant à « renforcer leur modèle exporta-teur » et l’exploitation de leurs ressources naturelles, l’objectif est de faire baisser les prix des produits qu’ils exportent, et, par conséquent, de réduire les coûts de production au Nord et d’y augmenter les taux de profit.

C’est ainsi qu’est apparue une nouvelle forme de colonisation : plus besoin d’entretenir une administration et une armée coloniale sur place, le mécanisme de la dette s’est chargé de prélever les richesses produites et de les diriger vers les créanciers. Cela n’empêche pas pour autant l’ingérence politique et économique lorsque les intérêts des créanciers et des puissances néocoloniales sont menacés.

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 Évolution dans les années 2000

À partir de 2003-2004, les prix des matières premières et des produits agricoles ont commencé à augmenter dans un contexte de forte demande internationale. Cela a permis aux pays expor-tateurs de tels produits d’augmenter leurs recettes, surtout en monnaies fortes (dollar, euro, yen, livre sterling).

Certains en ont profité pour augmenter leurs dépenses sociales alors que la majorité a investi ces rentrées dans l’achat de bons du Trésor des États-Unis, finançant par ce biais la principale puissance mondiale.

Par ailleurs, l’augmentation des ressources de certains pays, en raison de l’augmentation des rentrées en devises et de l’affluence des investisseurs privés avant le déclenchement de la crise de 2007-2008, a fait perdre du poids au Fonds monétaire internationale et à la Banque mondiale.

Un autre facteur a renforcé ce phénomène : la Chine en pleine expansion s’est transformée en atelier du monde et a accumulé d’énormes réserves de change. Elle a augmenté significative-ment le financement des pays en développement. Ses prêts sont venus concurrencer ceux des institutions financières multilatérales et des pays industrialisés.

Depuis 2018-2019, une nouvelle crise de la dette touche directement des pays comme l’Argentine, le Venezuela, la Turquie, l’Indonésie, le Nigeria, le Mozambique … (Résumé voir lien)

17 janvier par Eric Toussaint

http://www.cadtm.org/

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20 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

65 ans! (france info)

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Réforme des retraites : un âge d’équilibre à 65 ans ?

Une étude d’impact réalisée dans le cadre de la réforme des retraites indique que l’âge pivot serait fixé à 65 ans et non à 64 ans. Un âge qui reculera progressivement.

Le projet de la réforme des retraites arrive en Conseil des ministres vendredi 24 janvier. Une étude d’impact a été réalisée, et première surprise : on ne parle plus d’un futur âge pivot à 64 ans, mais bien à 65 ans. Et mauvaise nouvelle : les Français vont travailler de plus en plus tard. Il faudra atteindre cet âge d’équilibre pour obtenir une meilleure pension.

Après la réforme, les Français travailleront plus longtemps

L’espérance de vie va continuer à progresser. Avec la réforme, l’âge d’équilibre doit augmenter de manière proportionnelle.

En 2037, l’âge pivot sera repoussé à 65 ans. Il faudra donc travailler jusqu’à cet âge pour une pension sans malus. Une évolution inadmissible pour le syndicat Force ouvrière.

« C’est le rêve du gouvernement de nous contraindre par un argument ou un autre, d’accepter ou se résigner à devoir travailler plus longtemps pour pouvoir bénéficier de la retraite », s’insurge un représentant. Après la réforme, les Français travailleront ainsi plus longtemps.

20/01/2020

https://www.francetvinfo.fr/

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20 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

irlande oxfam (the-irish-times le-huff’ lt reporterre)

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L’Irlande est le cinquième pays pour le nombre de milliardaires par habitant selon Oxfam

L’État compte 17 personnes ultra-riches, selon un rapport publié avant le forum de Davos.
La liste comprend la famille du magnat du bœuf Larry Goodman, l’homme d’affaires des télécommunications Denis O’Brien et les familles Dunne et Heffernan de Dunnes Stores.

L’Irlande compte le cinquième plus grand nombre de milliardaires par habitant au monde, a déclaré Oxfam dans un rapport avant la conférence du Forum économique mondial dans la station de ski suisse de Davos cette semaine.

Il y a maintenant 17 milliardaires irlandais, dont la grande majorité sont des hommes, classant l’Irlande derrière Hong Kong, Chypre, la Suisse et Singapour en termes d’individus ultra-riches par rapport à la population en général, selon l’ONG.

Les chiffres irlandais reflètent une «tendance mondiale en matière d’inégalité des richesses», les 2 153 milliardaires du monde possédant plus de richesse que les 4,6 milliards qui représentent 60% de la population mondiale.

Oxfam appelle les gouvernements à créer des systèmes fiscaux plus équitables et à éliminer les évasions fiscales pour augmenter les revenus nécessaires pour investir dans les systèmes nationaux de soins et les services publics, sans dépendre du travail non rémunéré et sous-payé des femmes.

Le rapport intervient alors que de nombreux milliardaires du monde se joindront aux dirigeants politiques et aux entreprises ainsi qu’aux célébrités lors du 50e forum de Davos du 21 au 24 janvier.

La liste des milliardaires irlandais comprend: Hilary Weston, de Dublin, qui, avec son mari Galen Weston, dirige un empire international de la mode et de l’alimentation; Patrick et John Collison du géant des paiements Stripe; et John Dorrance III, le petit-fils né aux États-Unis du créateur de la formule de la soupe en boite Campbell. Il a emménagé en Irlande au milieu des années 90.

Qui sont les autres milliardaires irlandais?

La liste, qui s’appuie sur des estimations milliardaires de Forbes et du Sunday Times, comprend également la famille du magnat du bœuf Larry Goodman, l’homme d’affaires des télécommunications Denis O’Brien et les familles Dunne et Heffernan de Dunnes Stores.

Le rapport Oxfam décrit comment la moitié de la population mondiale continue de vivre avec moins de 5 € par jour. Les femmes en particulier « car l’économie mondiale ne récompense pas adéquatement ceux qui effectuent des soins».

Les femmes effectuent plus des trois quarts de tous les soins non rémunérés dans le monde, a déclaré Oxfam. L’organisation a déclaré que cela représente au moins 10,8 billions de dollars (9,7 billions d’euros) par an.

En Irlande, les femmes effectuent 38 millions d’heures de travail de soins non rémunérées chaque semaine, contribuant au moins 24 milliards d’euros à l’économie chaque année, a déclaré Oxfam. C’est l’équivalent d’environ un huitième de l’ensemble de l’économie nationale annuelle.

« Les économies sexistes alimentent la crise des inégalités – permettant à une élite riche d’accumuler de vastes fortunes au détriment des gens ordinaires et en particulier des femmes et des jeunes filles », a déclaré le directeur général d’Oxfam Ireland John Clarken. «Notre système économique à l’envers aggrave les inégalités en sous-évaluant chroniquement le travail de soins – généralement effectué par les femmes et les jeunes filles.»

Il a ajouté: «Le travail de soins non rémunéré est le« moteur caché »qui fait bouger les roues de nos économies, de nos entreprises et de nos sociétés.».

Joe Brennan 20 janvier 2020

https://www.irishtimes.com/

Lire aussi:

En France, 7 milliardaires possèdent plus que les 30% les plus pauvres (Huffington Post)

2 153 milliardaires sont plus riches que 60 % de la population mondiale selon Oxfam (LT)

Rapport Oxfam : Les milliardaires français plus ultra-riches que jamais (Reporterre)

Commentaire:

La revendication d’impôts équitables et de lutte contre l’évasion fiscale vient un peu tard. Ce sont les états (et les gouvernements « de gauche ») qui au nom du « libéralisme » (« moins d’état ») ont organisé leur propre « faillite » en donnant leur « bijoux de famille » au privé! Ils baissent les postes d’inspecteurs des impôts encourageant l’évasion fiscale: l’équivalent de la dette! Ils ont outrageusement baissé les impôts des riches (de 90% à 13%) mais augmenté les taxes sur la consommation populaire. Et bien évidemment « les caisses sont vides ».

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17 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

capitalisme colonial (lvsl)

cap

Le capitalisme colonial est en train de devenir la règle internationale Entretien avec Xavier Ricard Lanata

LVSL : Dans votre livre, vous défendez la thèse de la « tropicalisation » du monde. De quoi s’agit-il concrètement ?

Xavier Ricard Lanata : La tropicalisation du monde correspond au moment actuel du capita-lisme mondial, caractérisé par le fait que les grandes entreprises transnationales, lesquelles autrefois s’étaient développées à l’abri des métropoles (celles-là mêmes qui leur fournissaient les conditions de leur développement et de leur essor à l’échelon international) traitent désor-mais ces mêmes métropoles comme de simples substrats destinés à leur fournir les facteurs de production nécessaires à l’accumulation du capital.

Elles ne s’estiment plus redevables de quoi que soit à leur égard, et cherchent au contraire à s’affranchir des règles que ces dernières s’obstinent à leur imposer.

Les métropoles sont donc en train de vivre ce qui a été longtemps le propre des pays du Sud, la condition tropicale, où l’État ne joue plus aucun rôle parce qu’il n’est plus en mesure de contenir les acteurs économiques : il se contente de leur servir d’instrument, de relayer leurs ambitions.

Le corps collectif disparaît, et avec lui la possibilité de l’action politique, puisque l’État n’entend plus incarner ni donner une traduction à l’action collective. L’État se réduit donc à un instrument de contrôle.

Sa légitimité tient à sa capacité à exercer ce contrôle. Les dirigeants adoptent des modes de comportement caractéristiques des sociétés néocoloniales : préférence pour le court terme, tolérance aux inégalités, attractivité à tout prix…

En France, cette obsession a dicté les termes d’une politique de réforme du droit du travail et de l’État providence pour que les détenteurs de capitaux puissent obtenir des marges plus importantes.

Cet état d’esprit a caractérisé pendant des siècles les sociétés tropicales qui n’avaient pas d’autre élément à faire valoir pour intéresser les agents économiques que le niveau relative-ment faible de leurs coûts de production et qui s’interdisaient de penser à des politiques de développement « endogènes », reposant sur la demande intérieure, la substitution d’importation et la diversification de l’économie.

LVSL : Vous affirmez que la tropicalisation du monde est une régression vers un stade anté-capitalisme social des Trente glorieuses, époque durant laquelle le marché était encastré dans un compromis social, contrairement au capitalisme sauvage d’avant les années 1920. Pourquoi utiliser le mot tropicalisation plutôt que régression ?

XRL : Parce que cette tropicalisation a été testée à grande échelle dans les sociétés colonia-les. Pendant longtemps, l’Occident a identifié le progrès social à l’augmentation de la produc-tion par unité de travail, donc de la productivité horaire du travail.

Il a exporté dans les pays du Sud la violence contenue dans cette conception du progrès social : la soif, potentiellement illimitée, de ressources nécessaires à l’augmentation de la productivité horaire, qui ne dépend pas uniquement de l’innovation technologique : pour produire davantage, il faut se procurer de l’énergie « libre » et de la matière. Donc, pour que l’Occident parvienne à augmenter son taux de productivité horaire, il lui a fallu mettre la planète entière au pillage. Pour cela, il a fallu qu’il dispose de ressources (humaines et non-humaines) qui ont été saccagées dans tous les pays que je qualifie de « tropicaux ».

Aujourd’hui, à l’heure de la baisse tendancielle du taux de croissance de la productivité horaire, il faut trouver de nouvelles sources d’accumulation, hors des activités traditionnelles : par exemple les services publics, jusqu’à présent extérieurs au marché.

Les détenteurs de capitaux y voient (comme dans le Royaume-Uni de Margaret Thatcher) un secteur susceptible de leur fournir des relais de croissance. Le démantèlement des services publics fait donc partie du programme, pour satisfaire les besoins des investisseurs.

L’Occident industriel et post-industriel est devenu lui-même un lieu de prédation pour satisfaire les besoins des détenteurs des capitaux en matière de taux de croissance, ou de rentabilité nette du capital investi dans un monde où la taille de la production globale ne croit pratiquement plus.

Comme le capitalisme est un jeu qui n’admet que des gagnants et des perdants, au sens où celui qui n’investit pas, ou retire de son investissement un rendement inférieur à celui de ses concurrents, voit la valeur de son épargne se réduire, autrement dit s’appauvrit relativement aux autres, et compte-tenu du niveau d’incertitude dans lequel baignent aujourd’hui les agents économiques, le détenteur de capitaux, où qu’il se trouve (Nord ou Sud) va  chercher à maximiser à court terme la rentabilité du capital.

Il aura par conséquent tendance à adopter un comportement « prédateur », autrefois caracté-ristique des zones coloniales : la prédation s’appliquera tantôt au facteur travail, tantôt à la nature, tantôt aux services ou aux actifs publics. C’est ce capitalisme de prédation, un capita-lisme colonial, qui est en train de devenir la règle internationale. On peut parler, avec Slavoj Zizek, d’une « auto-colonisation » des anciennes métropoles coloniales.

Nous sommes en train de faire l’expérience, nous habitants du « Nord », de ce qui va nous rapprocher de ce qu’ont vécu les pays du Sud. Cela peut être la préfiguration de ce qu’il peut nous arriver de pire, comme dans le cas de l’élection de Bolsonaro par exemple

En réalité, l’univers idéologique d’Emmanuel  Macron est d’ores et déjà très proche de celui de Jair Bolsonaro. (Extrait)

Xavier Ricard Lanata est haut fonctionnaire, et surtout l’auteur d’un essai publié récemment aux Presses Universitaires de France intitulé La tropicalisation du monde. Il y décrit un phénomène de fond : le néolibéralisme reprend la forme, dans nos pays, de ce qu’il était dans les colonies il y a un siècle. Il met à son service la puissance publique au détriment de l’intérêt général. Nous revenons avec lui sur ce concept d’actualité, et les conclusions politiques qu’il en tire. Entretien réalisé par Sarah De Fgd et Pierre Gilbert. Retranscrit par Manon Milcent.

15 janvier 2020

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16 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

fonctionnaires (la tribune)

fonctionnaires

Fonctionnaires: le gouvernement table sur un gel du point d’indice jusqu’en 2022

Le gouvernement table sur un gel du point d’indice, qui sert de base au calcul des traitements des fonctionnaires, jusqu’en 2022, selon les dernières prévisions budgétaires. « C’est une hypothèse, pas une décision », assure Olivier Dussopt, le secrétaire d’Etat à la Fonction publique.

Ce sont quelques lignes passées inaperçues qui pourraient faire du bruit dans la fonction publique. Dans un rapport de novembre, le Conseil d’orientation des retraites (COR) a lâché une petite bombe qui concerne la paie de quelque 5 millions de fonctionnaires.

Selon ce document, qui établit des prévisions financières concernant les retraites et s’appuie sur des données du ministère du Budget, le gouvernement table en effet sur un gel du point d’indice, qui sert de base au calcul de la grille des traitements des fonctionnaires, jusqu’en 2022. Une rigueur salariale plus sévère que celle annoncée dans la précédente projection budgétaire de juin 2019.

« S’agissant de l’évolution du traitement indiciaire moyen des fonctionnaires, elle reflète à court terme la dynamique salariale anticipée d’ici à 2022, compte tenu des mesures salariales strictement connues à ce jour », écrit le COR.

Puis, il poursuit: « Il n’est pas fait d’hypothèse de hausse de la valeur du point d’indice. Par rapport aux hypothèses des projections de juin 2019, l’évolution du traitement indiciaire moyen apparaît moins dynamique d’ici à 2022. »

Outre le gel du point, plusieurs raisons expliquent cette modération salariale: les « mesures salariales indiciaires de 2020 à 2022 ont été révisées à la baisse », les moindres suppressions de postes de fonctionnaires par rapport aux ambitions initiales « réduisent les marges de manœuvre salariale » et les augmentations à l’ancienneté seraient plus faibles.

Augmentation plus lente que le salaire moyen

Plus globalement, toujours selon les données transmises par Bercy au COR, le gouvernement anticipe que le traitement moyen des fonctionnaires, hors primes, augmentera moins vite que le salaire moyen par tête de l’économie française dans les années à venir.

« Dans les projections de juin 2018 et juin 2019, on supposait que le traitement indiciaire moyen des fonctionnaires évoluerait comme le salaire moyen par tête de l’ensemble de l’économie entre 2022 et 2030, relève le rapport. Désormais, on suppose que la progression du traitement indiciaire moyen serait limitée à +0,1 % en euros constants (soit +1,85 % en tenant compte de l’inflation prévisionnelle). » En incluant les primes, la rémunération moyenne des fonctionnaires progresserait toutefois au même rythme que le salaire moyen à partir de 2025.

« Ce sont des hypothèses mais ce ne sont pas des annonces, il n’y a pas de décision », répond Olivier Dussopt, le secrétaire d’Etat chargé de la Fonction publique à Challenges. De fait, depuis 2017, le gouvernement ne s’est jamais caché de privilégier l’octroi de primes pour augmenter les fonctionnaires plutôt qu’une hausse générale du point d’indice. Les 500 millions d’euros d’augmentations annoncées pour les enseignants en 2021, pour éviter que la réforme des retraites ne se traduise par une baisse de leur future pension, devrait d’ailleurs prendre la forme de primes.

« Quand on augmente le point d’indice de 1%, cela coûte deux milliards d’euros de dépense publique et c’est 14 euros d’augmentation pour un agent qui gagne moins de 2.000 euros, avait déclaré Olivier Dussopt sur Public Sénat en juin 2019. C’est toujours bon à prendre, mais c’est peu par rapport au coût collectif. »

Le bas de la grille sous le Smic

Dans les rangs syndicaux, on hésite entre la colère et la résignation. « Malheureusement, le gouvernement ne nous a jamais donné le signe d’un dégel possible du point d’indice dans les prochaines années, déplore Jean-Marc Canon, secrétaire général de la CGT Fonctionnaires. Et lorsqu’on évoquait la poursuite du gel jusqu’en 2022 devant le ministre, nous n’étions pas contredits. »  »Le gouvernement se garde bien de nous faire ce genre d’annonces en ce moment, s’agace Christian Grolier, leader de FO Fonction publique. Et il continue de nous convoquer chaque année à une réunion sur les salaires qui est un simulacre de concertation. »

A la CFDT, on pointe les difficultés croissantes de recrutement des employeurs publics du fait de cette rigueur salariale. « Un pilotage de la fonction publique avec le seul prisme budgétaire n’est pas durable ni acceptable, prévient Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT Fonction publique.

Il faut des mesures générales d’augmentations. Si cela se confirme, notre réaction sera virulente. » Le syndicat vient d’ailleurs d’adresser le 10 janvier un courrier à Olivier Dussopt pour réclamer une revalorisation des plus bas salaires des grilles de la fonction publique. Ceux-ci sont passés sous le niveau du Smic depuis la revalorisation du salaire minimum au 1er janvier 2020…

Laurent Fargues le 16.01.2020

https://www.challenges.fr/

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14 janvier 2020 ~ 0 Commentaire

inde (gauche révolutionnaire)

cpi inde

Le drame de l’Inde c’est la faiblesse de la gauche, comme en Italie

Grève générale en Inde : la plus grande jamais vue !

Le 8 janvier, s’est tenue une grève générale en Inde. Plus de 250 millions de personnes y ont participé !

Plusieurs motifs expliquent cette grève. Le premier est l’annonce par le gouvernement de Modi de la mise en place de 3 registres et lois : CAA (Citizenship Amendment Act), le NPR (National Population Registry), et le NRC (National Register of Citizens) en décembre.

En clair, Modi promeut l’idée d’une Inde uniquement hindoue, ce qui n’est pas le cas et ne l’a jamais été !

Ce n’est pas le seul facteur de cette grève, c’est plutôt la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Au Cachemire, les droits sont réduits pour empêcher toute volonté de rattachement au Pakistan et d’expression démocratique.

Une taxe sur les biens et services a augmenté, touchant plus fortement les populations déjà pauvres. La Roupie indienne a été dévaluée, signe d’une crise commerciale et économique latente.

Dans le même temps, Modi a réprimé le mouvement de contestation de sa loi sur la citoyenneté dès décembre, avec l’entrée de la police sur les campus universitaires pour matraquer les étudiants. La politique de Modi est clairement pro-capitaliste, avec de nombreuses privatisations, et nationaliste.

Vers où aller ?

Certains partis tente d’exprimer la colère légitime au parlement national. On peut douter qu’une opposition puisse faire plier un parlement où elle est minoritaire.

Il ne faut pas attendre un quelconque effet de cette manœuvre, sans compter que le simple retrait de la loi sur la citoyenneté n’est pas suffisant.

Il faut exiger non seulement le retrait de la CAA, du NPR et du NRC, mais aussi d’autres droits tels que le salaire minimum, un emploi pour tous, la liberté de pratiquer une religion ou pas, le droit à l’autodétermination, les droits des réfugiés, l’éducation et les soins de santé gratuits financées et gérés par les travailleurs.

La grève d’aujourd’hui doit être le début de la formation d’une plateforme de revendications et de lutte organisée démocratiquement par les travailleurs. Pour aller vers cela, il faut que dès aujourd’hui crée des comités de luttes sur les lieux de travail, dans les universités, etc. Ce n’est qu’ainsi qu’une alternative socialiste claire peut se construire.

PE M 13/01/2020

http://www.gaucherevolutionnaire.fr/

Commentaire:

Alors que la gauche alternative, mouvementiste, associative, féministe, des basses castes, écolo, syndicats, joue un grand rôle d’animation dans la société, il n’y a comme « débouché politique » que des « PC » qui ont perdu toute représentation sauf « régionale » au parlement du Bengale et du Kerala. Il y a aussi la rebellion « Naxaliste » maoïste.

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