Archive | Austérité

20 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

liban (20mn l’orient-le-jour mee)

liban

Liban : Manifestations d’ampleur contre le pouvoir

Pour la troisième journée consécutive, les Libanais se sont mobilisés, le Parti des forces libanaises a annoncé sa démission du gouvernement

La mobilisation, inédite depuis le soulèvement de 2005, s’étend à différentes villes du pays

Le mouvement conspue la classe politique, accusée de corruption

La troisième journée de manifestation s’est soldée par une démission du Parti des forces libanaises. Le chef du parti chrétien, Samir Geagea, a annoncé samedi soir le départ de son mouvement du gouvernement, sur fond d’intense crise politique et sociale. (Parti de sinistre mémoire pour son rôle dans la guerre civile blog)

Une mobilisation inédite depuis 2005

Plus tôt dans la journée, des dizaines de milliers de Libanais sont descendus dans la rue contre le pouvoir. Le mouvement, inédit depuis des années, a paralysé le pays. Cette nouvelle journée de mobilisation n’était pas sans rappeler le soulèvement populaire inédit en 2005 ayant mis fin à 29 ans de tutelle syrienne sur le Liban.

Au fil des heures, les rangs des manifestants n’ont eu de cesse de grossir aussi bien dans le centre de Beyrouth qu’à Tripoli, deuxième ville du pays, mais aussi à Tyr (sud), dans le Akkar (nord) et à Baalbeck (sud). Fait aussi rare que marquant, le mouvement a gagné plusieurs fiefs du puissant mouvement chiite du Hezbollah et de son allié Amal.

« Les gens veulent la chute du régime », ont martelé les manifestants, qui défilaient en scandant « révolution, révolution », quelques-uns portant une écharpe autour du visage après que des gaz lacrymogènes eut été tirés la veille.

« Voleurs »

Le mouvement de contestation a été déclenché par l’annonce jeudi d’une nouvelle taxe sur les appels effectués via les applications WhatsApp et Viber, annulée dans la foulée. Les manifes-tants conspuent désormais l’ensemble des dirigeants les qualifiant de « voleurs ». A Tripoli (nord), des enseignants et étudiants ont rallié les manifestants. Hoda Sayyour, la cinquantaine, assure ne pas vouloir déserter la rue. « Ils nous exploitent et ne font rien pour améliorer les services », déplore-t-elle.

La classe politique, quasi inchangée depuis la guerre civile (1975-1990), est accusée de corrup-tion et de népotisme dans un pays aux infrastructures en déliquescence, et où, selon la Banque mondiale, plus du quart de la population libanaise vit sous le seuil de pauvreté.

Des tensions avec les autorités

Dans un communiqué, l’armée a appelé samedi les manifestants à « s’exprimer de manière pacifique sans porter atteinte aux biens publics et privés ».

Amnesty International a demandé aux autorités de « mettre fin immédiatement à l’usage exces-sif de la force contre des manifestants pacifiques ». Les forces de l’ordre ont lancé d’« énormes quantités de gaz lacrymogène » contre la foule, « ont poursuivi des manifestants dans les rues (…) et les ont frappés », a indiqué l’ONG dans un communiqué.

A Tyr, où le puissant chef du Parlement et chef du parti Amal, Nabih Berri, avait été accusé d’escroquerie la veille par les manifestants, des dizaines de ses partisans s’en sont pris samedi aux contestataires, selon un témoin. Dans un communiqué, Amal a dénoncé ces agressions, affirmant vouloir « ouvrir une enquête ».

Saad Hariri lance des consultations

Vendredi, écoles, universités, banques et institutions publiques avaient fermé. Les banques étaient encore fermées samedi. Après avoir lancé un ultimatum de 72 heures aux partis repré-sentés au sein de son gouvernement, qu’il accuse d’entraver ses efforts de réformes, le Premier ministre Saad Hariri a mené samedi des réunions de consultation avec des députés, des minis-tres et des économistes.

Le Liban s’est engagé en 2018 à engager des réformes en contrepartie de promesses de prêts et de dons d’un montant total de 11,6 milliards de dollars. Le Premier ministre avait insinué vendredi qu’il pourrait, lui aussi, démissionner.

20/10/19

https://www.20minutes.fr/

Lire aussi:
.
.
.
Commentaire:
.
Le Liban est organisé, héritage de la France, ex-puissance mandataire, non pas selon la laïcité, mais selon les communautés. Trois principales: les chrétiens majoritairement représentés par des forces issues du fascisme, les sunnites, par des partis liés à l’Arabie saoudite et les chiites, par des partis liés à l’Iran. La jeunesse refuse ce carcan qui interdit par exemple les mariages mixtes laïques.  Le clivage « droite » et « gauche » ont longtemps été remplacés par « pro palestiniens » et « pro israéliens » et « pro syriens » contre « pro saoudiens ». Le Liban vit une énorme crise écologique: eau et déchets. Il existe à gauche un petit mais actif parti communiste légal, pro Syrie de Assad.

Lire la suite

20 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

chili (rtbf le-monde rp)

Chili : après de violentes manifestations

La hausse du prix des transports suspendue

Cette augmentation est à l’origine, depuis vendredi, d’émeutes qui ont fait trois morts dans la capitale Santiago, où un couvre-feu a été décrété.

Devant l’ampleur des dégâts et du mouvement contestataire, le président chilien a décidé de faire marche arrière. Sebastian Pinera a annoncé, samedi 19 octobre, la suspension de la hausse des prix des tickets de métro à Santiago, qui a été la cause d’une forte contestation sociale dans la capitale depuis deux jours.« Je tiens à annoncer aujourd’hui que nous allons suspendre l’augmentation des tarifs du métro », a déclaré le président depuis le palais présidentiel de La Moneda, peu avant que le général nommé pour assurer la sécurité de la ville n’annonce un couvre-feu total à Santiago en réponse aux « excès qui se sont produits aujourd’hui ».Des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont à nouveau éclaté samedi, au lendemain de l’instauration de l’« état d’urgence » dans la capitale, secouée par un mouvement de protestation contre la hausse du prix des transports. Les événements ont fait trois victimes, mortes dans l’incendie d’un supermarché qui a été saccagé dans la nuit de samedi à dimanche.

Des milliers de personnes s’étaient rassemblées pour un concert de casseroles, mode de contestation (des riches blog) apparu avant le coup d’Etat mené par le général Augusto Pinochet fin 1973, mais la manifestation a rapidement dégénéré en affrontements entre des personnes masquées et les forces spéciales. Des heurts ont notamment été signalés sur la grande place d’Italie, épicentre de la contestation, et près du siège du gouvernement, ainsi qu’à Puente Alto, dans la banlieue sud de la capitale. Des autobus ont été incendiés en centre-ville, et les autorités ont décidé dans la journée d’interrompre totalement leur circulation.

Sebastian Pinera avait décrété dans la nuit de vendredi à samedi l’« état d’urgence » pour quinze jours à Santiago et confié au général Javier Iturriaga del Campo la responsabilité d’assu-rer la sécurité. Des militaires patrouillaient ainsi samedi dans Santiago, pour la première fois depuis le retour à la démocratie, en 1990.

« Marre des abus »

Des milliers de personnes sont cependant redescendues dans les rues de la capitale et d’autres villes pour y faire résonner des casseroles. Des manifestations ont aussi eu lieu dans des grandes villes au bord du Pacifique comme Valparaiso. Dans ce port, à 120 km a l’ouest de Santiago, des dizaines de manifestants ont incendié dans la nuit le siège d’El Mercurio (journal pro Pinochet en 1973 blog), le plus vieux quotidien du pays, selon des images de télévision.

A Santiago, face aux militaires déployés sur la Place d’Italie à Santiago, des manifestants ont brandi des photos de personnes disparues sous la dictature militaire (1973-1990), qui s’est soldée par plus de 3 200 morts ou disparus.

Avec des mots d’ordre tels que « Marre des abus » ou « Le Chili s’est réveillé », diffusés sur les réseaux sociaux, le pays fait face à une des pires crises sociales depuis des décennies. Celle-ci a été déclenchée par la simple annonce d’une hausse du prix des tickets de métro, de 800 à 830 pesos (environ 1,04 euro). Les revendications ont ensuite rapidement débordé sur d’autres sujets, comme la santé ou l’éducation.

Le général Iturriaga del Campo a précisé que l’armée patrouillerait dans la capitale, qui compte sept millions d’habitants. Au vu de l’étendue des dégâts samedi, il y a décrété un couvre-feu total de 22 heures à 7 heures locales, sans préciser le nombre de jours pendant lesquels cette mesure s’appliquera. Etat d’urgence et couvre-feu ont ensuite été étendus à la région de Valparaiso (centre) et à la province de Concepcion (sud), ont annoncé les autorités locales.

Un pays « cocotte-minute »

Une photo du président Sebastian Pinera dégustant tranquillement une pizza dans un restaurant tandis que Santiago brûlait a accru la colère de la population, dans ce pays où un calme relatif régnait ces dernières années. Visiblement pris de court par cette crise, M. Pinera avait qualifié son pays, il y a quelques jours seulement, « d’oasis » dans la région.

« C’est triste mais ces destructions ont été la manière que la population a trouvée pour qu’on l’écoute. Le Chili était une cocotte-minute qui a explosé de la pire manière, nous laissant sans métro », a commenté à l’Agence France-Presse, Maria, une fonctionnaire.

Vendredi, au moins seize autobus ont été incendiés et une dizaine de stations de métro totalement détruites, selon les autorités.

« L’ensemble du réseau est fermé en raison des émeutes et des destructions », a annoncé le gestionnaire du métro, après des attaques contre presque l’intégralité des 164 stations.

Le métro de Santiago, le plus étendu (140 km) et le plus moderne d’Amérique du sud, par lequel transitent environ trois millions de passagers par jour, pourrait ne rouvrir progressivement que la semaine prochaine. Le bilan officiel des violences et affrontements est de 308 arrestations, et 156 policiers blessés.

20 octobre 2015

https://www.lemonde.fr/

Lire aussi:

Chili, un soulèvement populaire après la hausse du prix des transports (RP)

Lire la suite

18 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

droit de retrait (sud-rail npa)

sud rail.jpg a.jpgaa

sud rail.jpg a

sud rail.jpgc

Lire aussi:

Droit de retrait à la SNCF : un mouvement qui fait tache d’huile (NPA)

Lire la suite

18 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

pauvreté (le-parisien odi)

pauvres

Les chiffres inquiétants de la montée de la pauvreté en France

La publication de statistiques européennes et françaises révèle une augmentation de la pauvreté en France malgré un sursaut économique hexagonal.

Le constat d’une augmentation de la pauvreté en France intervient pourtant dans un contexte d’amélioration l’économie tricolore, ce qui inquiète encore un peu plus les experts.

La pauvreté ne diminue pas en France. Ce constat brut, c’est l’organisme européen de statistiques Eurostat qui l’a publié ce mercredi à l’occasion de la journée interna-tionale pour l’élimination de la pauvreté. Le rendu public de ces données sur la proportion de personnes menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale dans l’UE insiste sur ces 109,2 millions de personnes qui vivent encore dans la précarité. Soit 21,7 % de la population de l’Union européenne.

« Après trois années consécutives de hausses entre 2009 et 2012 pour atteindre près de 25 %, la proportion de personnes menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale dans l’UE a depuis continuellement baissé pour s’établir à 21,7 % l’an dernier, 2 points de pourcentage au-dessous du niveau de référence de 2008 et 0,7 point de pourcentage au-dessous du niveau de 2017 », précise le communiqué des statisticiens de l’UE.

Le constat montre que ce sont les nouveaux arrivant au sein de l’Union qui ont le plus progressé dans leur lutte contre la pauvreté ces dernières années.

« Les allocataires du RSA ne diminuent plus depuis au moins trois ans »

Mais ces données, qui couvrent la période 2008-2018, ne proposent pas un aussi joli panorama pour la France. Si en pourcentage de la population le nombre de personnes menacées a dimi-nué en une décennie, perdant un point de 18,5 % à 17, 4 %, un des taux les plus bas en Europe, il cache une réalité moins rose. C’est le chiffre de « risque de pauvreté après transferts sociaux » qui fait foi pour les spécialistes car il inclut l’accès aux prestations sociales.

Et là, on est loin du cocorico ! Depuis 2008, le pourcentage hexagonal de ces personnes pauvres malgré les aides a augmenté là aussi d’un point quasiment de 12,5 % à 13, 4 % de la population considérés comme pauvre (l’évolution de ces chiffres court en réalité jusqu’aux chiffres consolidés de 2017).

« Ces statistiques, elles traduisent une hausse d’autant plus inquiétante qu’il y a une amélio-ration de l’économie », s’inquiète Louis Maurin, sociologue de l’Observatoire des Inégalités, contacté par Le Parisien. « Il y a des indicateurs clairs. Par exemple, les allocataires du RSA ne diminuent plus depuis au moins trois ans », analyse encore ce spécialiste.

Pour être précis, le nombre d’allocataires du revenu de solidarité active (RSA, soit 550,93 pour une personne seule) ne diminue plus depuis les premiers mois de 2017. Fin mars 2019, 1,84 million de foyers touchaient cette prestation, autant que deux ans auparavant. Pourtant, le retournement de la courbe, enregistré fin 2015, était assez net. Le nombre de ménages allocataires du RSA avait alors diminué de 80 000 au cours de l’année 2016 (- 5 %).

2018, un taux encore en augmentation ?

« Et là, l’Etat a supprimé les contrats aidés, les chiffres risquent d’être encore pires l’année prochaine », s’alarme le statisticien. Une tendance qui semble être confirmée par l’Insee, puisque l’Institut national de la statistique et des études économiques pointe aussi, grâce à des outils de projection, une augmentation de 0,6 point du taux de pauvreté en France pour l’année 2018 proprement dite.

« Cette hausse s’expliquerait en partie par la diminution des allocations logement dans le parc HLM en 2018, les niveaux de vie n’intégrant pas la baisse de loyer équivalente. En neutralisant l’effet de la baisse des allocations logement dans le parc social, cette hausse serait plus modérée (+ 0,2 point) », précise l’institut de statistique national.

« On est dans une espèce de stagnation, avec une croissance très faible, cela laisse toujours sur le bord de la route une partie de la population déjà affaiblie, enchaîne Louis Maurin. Disons-le, les politiques publiques ne sont pas dirigées vers le plus pauvres.

Avec 7 milliards d’euros, on supprime 5 millions de pauvres en France, alors que, concrètement, on fait 30 milliards d’euros de cadeaux fiscaux.

La politique d’emploi ne suit pas non plus. Il n’y a pas d’ambition politique de relance de l’emploi, et ce sans procès d’intention », conclut le sociologue. Dans ce contexte, et pour mémoire, en septembre 2018, Emmanuel Macron a annoncé son « plan pauvreté », une série de mesures qui couvrent cinq grands domaines : la petite enfance, l’enfance, les jeunes, l’accompagnement vers l’emploi et les minima sociaux.

Mais ce plan budgétisé à 8 milliards d’euros par le gouvernement, dont les effets ne sont pas attendus avant 3 ans, n’est bien sûr pas encore pris en compte par la donnée statistique.

Ronan Tésorière  Stanislas de Livonnière17 octobre 2019

http://www.leparisien.fr/

Lire aussi:

Le nombre d’allocataires de minima sociaux ne baisse plus (ODI)

Lire la suite

17 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

retraites (bastamag)

aguela

Madrid mercredi: grand-parents en lutte pour leurs droits

Avec la réforme, les retraites de demain ne seront pas suffisantes pour maintenir son niveau de vie

Basta !  : Cette réforme, et le passage à un système à points, sera-t-elle plus égalitaire que le système actuel, comme l’assure le gouvernement ?

Michaël Zemmour [1] : Cette réforme veut limiter les dépenses de retraite, c’est-à-dire concrètement faire baisser les pensions des retraités par rapport au niveau de vie des actifs. C’est une trajectoire qui est déjà en partie programmée par les réformes précédentes. La nouveauté de la réforme, avec l’introduction d’un système à points, c’est de rendre cette trajectoire automatique, et moins facilement réversible. Son principe est de définir un taux de cotisation fixe, qui ne bougera pas. C’est donc le niveau des pensions qui s’ajustera, de manière à ce que ce taux de cotisations permette de les payer.

Le rapport de Jean-Paul Delevoye, haut-commissaire aux retraites [2] propose un taux de cotisation limité à 28% du salaire brut. C’est à peu près le taux actuel, mais comme on sait que la durée de vie va s’allonger, bloquer ce taux va avoir pour conséquence de faire baisser les pensions. L’idée principale du système à points, c’est qu’on gèle le niveau des ressources, et comme les retraites vont durer plus longtemps, puisque la durée de vie s’allonge, les pensions vont baisser. On pousse ainsi les gens à partir plus tard, et avec une pension plus faible.

La grande question qui est devant nous est celle du niveau de pension, ainsi que celle de l’âge de départ en retraite. Là où le débat est biaisé aujourd’hui, c’est que le gouvernement dit : « Nous sommes prêts à discuter de tout, mais avec les mêmes moyens. » Autrement dit l’alter-native ne se joue qu’entre perdre plus de pension, ou partir plus tard.

Ce que cela dessine, d’ici une vingtaine ou une trentaine d’années, ce sont des retraites qui n’auront plus le même rôle qu’aujourd’hui. Les pensions retraites existeront toujours – il est inexact de dire qu’on n’aura plus de retraites. Mais ces retraites qui ne seront pas suffisantes pour maintenir son niveau de vie. Elles ne constitueront qu’un premier étage. Celles et ceux qui n’auront que cela seront vraiment appauvris. D’autres, qui seront plus aisés, iront compléter par de la capitalisation.

Le système de décote/surcote est aussi profondément inégalitaire, car le fait de pourvoir travailler plus longtemps dépend du métier exercé.

Aujourd’hui, on discute beaucoup de savoir s’il faut calculer la retraite en fonction de l’âge ou en fonction des durées de travail. Le cœur de cette discussion, c’est que les systèmes de retraites, tels qu’ils sont présentés par le gouvernement, font que si vous n’atteignez pas l’objectif qu’on vous fixe, on vous pénalise lourdement.

Le système voulu par Delevoye prévoit que vous accumuliez des points, mais si vous n’atteignez pas soit l’âge pivot, soit la durée de référence, la valeur de vos points est diminuée. C’est une sorte de double peine. D’abord vous avez travaillé moins longtemps donc vous avez moins de points, par exemple si vous avez une carrière à trous. En plus, si vous partez à 62 ans, vos points valent moins cher.

Au cœur de ce principe, il y a une philosophie basée sur l’incitation : les dispositifs sont là pour inciter les gens à avoir des comportements considérés comme vertueux. Ce principe ignore la plupart des gens ne sont pas maîtres de leurs décisions de travailler ou pas.

Ces décisions ne sont pas prises dans un contexte de pure liberté ! Ce n’est pas un menu au restaurant. Il y a des difficultés professionnelles, il y a un contexte de santé, il y a du chômage. Donc, si on vous pénalise pour une décision que vous n’avez pas prise, ou si vous êtes déjà en mauvaise santé et que vous ne pouvez pas continuer à travailler, c’est un faux choix, et une vraie pénalisation.

Vous pointez le fait qu’il est faux que les gens travaillent dans l’ensemble plus longtemps. Les gens prennent leur retraite plus tard, mais selon vous c’est plutôt le temps entre la fin du travail et le début de la retraite qui augmenterait.

Il y a des personnes qui travaillent plus longtemps, à peu près deux ans de plus par rapport à il y a dix ans. C’est le fait des réformes précédentes, et aussi de la chasse aux pré-retraites. Dans le même temps, plus de la moitié des salariés français ne travaillent pas jusqu’à la retraite.

Lorsqu’ils liquident leur retraite, aux alentours de 63 ans, ils ne sont déjà plus en emploi depuis un, deux ou trois ans. Ils peuvent être au chômage – le chômage de longue durée des seniors est important. C’est le chômage qui a tendance à remplacer les pré-retraites, mais de manière moins favorable. Ils peuvent être aussi en invalidité, en arrêt longue maladie, ou aux minimas sociaux. Une période sans emploi ni retraite est en train de se créer, et a tendance à s’allonger avec les réformes.

C’est une illusion de poser les débats comme si, en décidant d’un âge de départ à la retraite, on résolvait le problème de l’emploi des seniors. Ce problème est toujours là, à la fois parce que les entreprises ne sont pas très demandeuses de garder les seniors très longtemps, que les condi-tions de santé dans un grand nombre d’emplois ne permettent pas de travailler plus longtemps, et aussi parce que les personnes ne souhaitent pas travailler plus longtemps.

C’est en lien avec les conditions de travail. Il y a un fossé qui se creuse entre le moment où l’on s’arrête – la moitié des gens s’arrêtent aujourd’hui avant 60 ans –, l’âge légal (62 ans actuelle-ment), et l’âge moyen auquel on touche enfin sa retraite, qui est plutôt de 63 ans pour l’instant.

D’un côté, le gouvernement communique sur des détails très techniques, de l’autre, les économistes, les partenaires sociaux, les citoyens, n’ont pas accès aux données sur lesquelles se base le gouvernement pour calculer les effets de la réforme. Qu’en pensez-vous ?

Nous n’avons pas accès aux données ni au résultats des études. C’est particulièrement archaïque, d’autant plus que le gouvernement communique sur des détails très techniques et qu’il veut absolument parler de cela. Il ne communique pas les simulations sur lesquelles il s’appuie. Le gouvernement assure que notre système sera meilleur que l’ancien, mais nous n’avons pas accès aux données pour le savoir ! Ce qui est clair, c’est qu’on va donner aux cadres supérieurs, aux salariés les plus riches, un bon de sortie du système. Ils pourront sortir du système de base pour la partie de leur salaire qui dépasse 10 000 euros par mois.

Les petites retraites, nous dit-on, seraient de l’autre côté un peu revalorisées. L’éventail des retraites distribuées, sans les plus riches, paraîtra donc plus égalitaire. Mais c’est une loupe déformante. Car les personnes qui en ont les moyens et qui vont voir les retraites de base baisser vont les compléter par la capitalisation. Et la capitalisation accroît nettement les inégalités. Les comparaisons internationales le montrent. Notre système actuel est loin d’être parfait, il contient des formes d’inégalités importantes. Mais en préparant un système où la retraite publique ne sera qu’un premier étage, peut-être que les inégalités seront encore plus fortes entre les retraités.

L’unification des différents régimes aura-t-elle aussi pour effet un nivellement pas le bas ?

Pour y voir plus clair, il faudrait avoir des chiffres. Pour le régime de la fonction publique, il est reconnu publiquement que son intégration au régime général va coûter très cher en droits à la retraite, au moins pour la partie des fonctionnaires qui sont peu payés en prime.

Une autre question dont on parle peu dans cette réforme, est celle de la prise en compte de la pénibilité…

Plusieurs dispositifs de prise en compte de la pénibilité ont été mis en place dans les années 2000 puis ont été dégradés. Aujourd’hui, ce n’est pas mis en avant. Et comme on présente chacun comme le gestionnaire de son compte de points, on ne rend pas compte du fait qu’il y a des métiers qui ont des effets tels sur la santé qu’on ne peut pas les exercer indéfiniment.

C’est quelque chose qui doit se penser pour la retraite, mais aussi se penser au travail, il faut mener de front les deux. Une partie des éléments des régimes spéciaux de retraites reposent sur cette idée de prendre en compte les risques spécifiques. S’il y avait quelque chose à faire pour s’inspirer des régimes spéciaux, ce serait effectivement de reconnaître qu’il y a des professions qui, en tant que telles, méritent un traitement spécifique. (Résumé)

La réforme des retraites voulu par Emmanuel Macron fait basculer le système par répartition vers un système individualisé, à points. Chacun vivra dans l’illusion qu’il reste maître du niveau de sa future pension, mais exercer un métier pénible ou précaire, connaître des périodes de chômage, se retrouver en invalidité sont autant de facteur qui feront baisser les points accumulés. Entretien avec l’économiste Michaël Zemmour.

Propos recueillis par Rachel Knaebel 17 octobre 2019

https://www.bastamag.net/

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

Lire la suite

17 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

pic rennes (lutte ouvrière)

re,nnes

https://journal.lutte-ouvriere.org/

Lire la suite

16 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

équateur (the guardian)

3500

Equateur: la victoire douce-amère des manifestants autochtones 

Huit personnes ont été tuées au cours des 12 jours de manifestations qui ont pris fin après la conclusion d’un accord avec le président de l’Équateur visant à rétablir les subventions au carburant.

Quelques heures à peine après la signature d’un accord mettant fin à la plus grande agitation politique de l’Équateur, des milliers d’autochtones, accompagnés d’étudiants volontaires et de résidents locaux, sont descendus dans les rues de Quito pour nettoyer la ville. Les équipes ont traversé le parc El Arbolito, encore jonché de pneus enflammés et de dalles de pavage qui avaient servi de barricades.

Au cours de 12 jours de manifestations souvent violentes, le parc a été l’un des points de ralliement de milliers d’équatoriens autochtones qui ont convergé vers Quito depuis les Andes et l’Amazone.

Les manifestations ont pris fin dimanche soir lorsque le président de l’Équateur, Lenín Moreno, a accepté de rétablir les subventions sur les carburants et de révoquer un programme d’austérité controversé soutenu par le FMI. Cet accord a mis fin à près de deux semaines de bouleverse-ments au cours desquelles violences, pillages et vandalisme ont eu lieu, ainsi qu’une lourde intervention policière qui a fait huit morts, plus de 1 300 blessés et près de 1 200 personnes arrêtées, selon le bureau du défenseur des droits humains du pays.

L’image des peuples andins et amazoniens – pour la plupart vêtus de leurs vêtements traditionnels – célébrant l’accord était un puissant exemple de la force du mouvement indigène en Équateur – et rappelait qu’il a contribué à renverser à maintes reprises les présidents du pays.

Mais la mort de huit manifestants, dont le dirigeant indigène Inocencio Tucumbi, a rendu le triomphe doux-amer pour beaucoup. «Je crois que la paix a triomphé», a déclaré Patricia Gualinga, de la communauté amazonienne Kichwa de Sarayaku. «Mais je me sens un nœud dans la gorge avec la mort de frères autochtones. Il y a beaucoup de douleur à guérir et le gouvernement devrait en être conscient », a-t-elle déclaré.

Il y a quelques jours à peine, le centre-ville de Quito ressemblait à une zone de guerre: des gaz lacrymogènes dans les airs, des combats acharnés entre la police anti-émeute et les manifes-tants se déroulaient au milieu de barrages routiers en flammes tandis que des explosions résonnaient dans la ville.

Certains manifestants étaient encapuchonnés et armés de bâtons et de lance-pierres, d’autres étaient des femmes autochtones vêtues de jupes, tous indignées par la décision de Moreno de mettre fin aux subventions au carburant.

Cette décision a entraîné une hausse d’un tiers du prix de l’essence et de plus du double du prix du diesel, ce qui a entraîné une hausse des coûts de la nourriture et des transports dans l’économie dollarisée du pays.

« Le mouvement autochtone est un acteur puissant en Équateur depuis les années 1990″, a déclaré Mario Melo, avocat au centre des droits de l’homme de l’université catholique de Quito.
Les manifestations indigènes ont joué un rôle central dans le renversement de plusieurs présidents équatoriens, notamment Abdalá Bucaram en 1997, Jamil Mahuad en 2000 et Lucio Gutiérrez en 2005.

«C’est le seul mouvement capable de paralyser le pays – et le courage de faire face à ces mesures économiques», a-t-il déclaré, qui a touché les plus pauvres.  Jaime Vargas, dirigeant de la confédération indigène de l’Équateur Conaie,  dissocie ses partisans des hommes masqués qui ont attaqué deux chaînes de télévision et le principal journal El Comercio, ainsi que des journalistes couvrant les manifestations. Les incendiaires ont également visé le bâtiment du ministère de la justice.

« C’est extrêmement curieux de constater que c’est le seul bâtiment de l’état totalement détruit par le feu », a déclaré le ministre José Valencia, contenant des archives concernant des accusations de corruption à l’encontre de l’ex-président Rafael Correa.

Moreno a accusé « des forces obscures » dirigées par son prédécesseur, l’ancien président Rafael Correa, et le chef du Venezuela, Nicolas Maduro, ainsi que « des trafiquants de drogue et des gangs de citoyens étrangers violents ». La ministre de l’Intérieur, María Paula Romo, a annoncé mardi l’arrestation de 57 étrangers. pendant les troubles.

Correa, qui a gouverné l’Équateur entre 2007 et 2017 et vit maintenant à Bruxelles, a nié être à l’origine des troubles, bien qu’il ait appelé Moreno à se retirer et envisagé la possibilité de se porter candidat lors de nouvelles élections.

Mais le mouvement indigène a peu d’affection pour Correa qui, au cours de sa décennie au pouvoir, a interdit les manifestations, emprisonné les dirigeants indigènes et réprimé les manifestations contre le forage pétrolier et l’exploitation minière sur le territoire ancestral des autochtones.

Santiago Basabe, politologue à l’Institut latino-américain de sciences sociales à Quito, a déclaré que le mouvement indigène avait considérablement renforcé son capital politique. Mais il a noté qu’il avait été « absolument intransigeant », ne laissant aucune alternative au gouvernement pour restructurer des dettes énormes, principalement envers la Chine.

Les nationalités autochtones de l’Équateur ne représentent qu’un dixième de la population de l’Équateur (16 millions d’habitants), mais elles ont montré qu’elles constituaient une force politique trop puissante pour être ignorée. Mais leur triomphe, a déclaré Gualinga, «a été payé avec des vies autochtones. Comme dans toute notre histoire.  »

Mer 16 oct 2019 Dan Collyns in Quito

https://www.theguardian.com/

Lire aussi:

Was this indigenous leader killed because he fought to save Ecuador’s land? (The Guardian)

Lire la suite

15 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

convergence (bastamag rp)

COR_0902052800.jpg

Les pompiers et le mouvement des hôpitaux convergent face à la dégradation du service public

Les pompiers battront le pavé parisien ce mardi 15 octobre, aux côtés de leurs collègues des hôpitaux dont le mouvement continue de s’étendre. Au cœur de leurs inquiétudes : la qualité dégradée de la prise en charge des patients, liée à leurs conditions de travail de plus en plus pénibles.

Les pompiers et personnels des urgences, rejoints par d’autres secteurs hospitaliers, manifes-tent ensemble ce mardi 15 octobre dans les rues de Paris. Ils sont habitués à se côtoyer : « On se voit au travail, à hôpital, tous les jours », raconte Matthieu, pompier à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), et membre du syndicat autonome de la fonction publique (SAFP). Avec ses collègues, il a vu augmenter le nombre de brancards installés dans les couloirs, et les cernes se creuser sous les yeux des soignants.

« Le confort des victimes et la santé des patients passent par le bien-être au travail des agents, poursuit Matthieu. Or, les conditions d’exercice ne cessent de se dégrader. Nos collègues soignants sont de plus en plus nombreux à être en burn-out. » La qualité d’accueil est d’autant plus importante que nombre de gens qui arrivent aux urgences sont sérieusement amochés. Notamment celles et ceux qui sont amenés par les pompiers.

« On laisse là des gens en pleurs, sans pouvoir les aider. C’est très dur »

« Les gens qui ont eu un accident de voiture sont souvent très angoissés, décrit Laure, infirmière et membre du collectif Inter-urgences au sein de l’hôpital local. Mais bien souvent on est obligés d’arrêter les discussions qui leur font tant de bien, parce qu’on n’a pas le temps.

On laisse là des gens en pleurs, sans pouvoir les aider. C’est très dur. » « A Saint-Malo, 41 000 personnes passent aux urgences tous les ans, alors que le service est dimensionné pour en accueillir 20 000, précise Katell, infirmière. À Partir de 21h, il n’y a plus de secrétaire d’admission. Ce sont les infirmières qui doivent tout faire, et nous ne sommes jamais assez nombreux pour assurer les soins. Les gens passent des heures et des heures à attendre, c’est intolérable. Les pompiers sont évidemment impactés par cette très mauvaise organisation. »

« Les temps d’attente ne cessent de s’allonger, même pour nous lorsque nous amenons des patients, alors que nous sommes censés être prioritaires, se désole Matthieu. Nous ne voulons pas laisser des personnes âgées que nous avons ramassées par terre chez elles sur des brancards, dans un couloir, à l’hôpital. »

« Ce n’est pas sécurisant pour les patients, et pour nous non plus, reprend Laure. Nous ne pouvons pas gérer tout le monde. Dans les couloirs, les gens n’ont pas de sonnettes pour nous prévenir. Nous avons des anciens qui ont des soucis de démence et qui se lèvent, se déshabillent parfois, et errent entre les brancards. C’est affreux d’accueillir les gens dans de telles conditions. »

Faudra-t-il grimper à l’échelle de 35 mètres jusqu’à 60 ans, voire plus ?

« Le malaise des établissements hospitaliers nous touche bien évidemment, constate Hervé, pompier depuis plus de 30 ans, et syndiqué à la CGT. Ils sont en train de les démanteler, de les privatiser pour les donner en pâture à des gens qui vont faire de la spéculation. Comme ils ont fait avec la SNCF. »

En plus de dénoncer une dégradation de toute la chaîne de secours, les pompiers tiennent à alerter l’opinion sur deux points qui les concerne plus particulièrement, en premier lieu les mena-ces qui planent sur leur retraite. Bénéficiant d’un régime spécial, dû aux risques inhérents à leur métier, les pompiers ont le droit de partir dès 57 ans à la retraite, moyennant une sur-cotisation, et sous réserve d’avoir travaillé 42 ans. Ce dispositif pourrait prendre fin avec la nouvelle réforme des retraites.

« On commence à nous dire qu’il va falloir continuer à monter à l’échelle de 35 mètres, même passés 60 ans… Ça va être compliqué !, souligne Hervé. Sur le terrain, tant qu’on est suffisam-ment nombreux, on s’organise pour que ce soit les plus jeunes qui y aillent, mais comment fera-t-on demain ? »

Les pompiers demandent également une revalorisation de leur prime de feu, qu’ils aimeraient voir convertie en prime de risque. Leur récente participation à l’extinction de l’incendie de Lubrizol à Rouen, dans des conditions très difficiles, a clairement souligné les dangers auxquels ils peuvent être exposés.

« On intervient aussi de plus en plus souvent sur des scènes d’attentats », ajoute Hervé. D’autres évoquent les agressions qu’ils subissent, en augmentation. « Il s’agit de remettre l’humain au cœur des préoccupations des politiques, affirme Katell, du collectif Inter-urgences. Il faut nous rassembler pour lutter : pompiers, retraités, usagers, soignants des différents services … tous ensemble, nous serons plus forts. »

Nolwenn Weiler  15 octobre 2019

https://www.bastamag.net/

Cet article vous a intéressé ? Basta ! a besoin de ses lecteurs pour poursuivre son travail, faites un don.

Lire aussi:

Dans un silence médiatique absolu, des milliers de pompiers et urgentistes ont pris la rue (Révolution Permanente)

Lire la suite

14 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

cgt hôpital (le télégramme)

Le syndicat CGT brestois du CHRU Brest-Carhaix appelle à deux mobilisations cette semaine.

Le syndicat CGT brestois du CHRU Brest-Carhaix appelle à deux mobilisations cette semaine. Ce lundi, les infirmièr(e)s de blocs opératoires diplômé(e)s d’État (Ibode) vont débrayer de 8 h à 10 h et manifester devant le bâtiment 5 de l’hôpital Morvan pour revendiquer une meilleure reconnaissance de leur spécialité, ainsi qu’une revalorisation de leur salaire et la protection de leurs compétences spécifiques.

Mardi, la mobilisation aura lieu à l’hôpital de Bohars, avec un débrayage de 8 h 30 à 9 h 30, devant l’entrée de l’établissement psychiatrique. Les agents de psychiatrie ont décidé d’amplifier leur mobilisation face à l’absence de réponse de la direction à leurs revendications. Ils demandent une reconnaissance des risques professionnels liés à la violence en psychiatrie et des mesures immédiates pour la prévenir. Ce mouvement sera reconduit tous les mardis.

Les agents du service des urgences de l’hôpital de la Cavale Blanche ont décidé de se joindre à la mobilisation des pompiers à Paris le mardi 15 octobre. Une délégation du CHRU Brest-Carhaix participera à la manifestation.

13 octobre 2019

https://www.letelegramme.fr/

Lire la suite

11 octobre 2019 ~ 0 Commentaire

haïti (bastamag cetri le-tél cadtm)

haiti

Haïti : « C’en est assez ! Il faut une rupture avec cette classe dominante qui est dans le mépris total »

Quel est le profil de celles et ceux qui participent aujourd’hui aux mobili-sations contre le président et le pouvoir, le mouvement des « Petrochallengers » ?

C’est un mouvement porté par des jeunes et de nombreuses femmes. Pour beaucoup, c’est la première fois qu’ils se mobilisent. Mais ce n’est pas un mouvement seulement urbain car il est présent partout, y compris dans les zones rurales et même dans d’autres pays, ceux où se trouve la diaspora : au Canada, aux États-Unis, en France.

Il n’y a pas une ligne politique. Le mouvement est né sur les réseaux sociaux, suite à la photo de l’écrivain Gilbert Mirambeau Junior (Cinéaste et écrivain haïtien qui, en août 2018, publie sur twitter sa photo les yeux bandés, brandissant une pancarte en carton sur laquelle est écrit : « Kot Kòb Petwo Karibe ? » (« Où est l’argent de PetroCaribe ? », ndlr), avec le hashtag « petrochallenge ».

Toutes les personnes qui reprennent ce hashtag s’impliquent dans le combat, descendent dans la rue, se nomment eux-mêmes « Petrochallengers », font partie du mouvement. Par contre, être Petrochallenger, c’est respecter un certain nombre de principes éthiques : ne pas être corrompu, croire en la justice sociale, avoir une vision du monde et du vivre ensemble qui respecte les droits des personnes, les biens et les vies.

Quels sont les modes d’organisation ?

Les personnes se sont mobilisées de manière spontanée et indépendante. Petrochallenge n’est pas né de quelques leaders. Les gens peuvent se sentir appartenir au mouvement, le porter, défendre son histoire à partir de leur propre voix.

C’est ce qui fait la diversité, la richesse et la grande force du mouvement. La première mobili-sation s’est faite sur les réseaux sociaux avec un appel pour sortir dans la rue. Chaque groupe s’organisait de manière autonome, dans sa communauté et son quartier, avec ses propres pancartes, mots d’ordre, etc. Il n’y avait pas une organisation structurée de ces mobilisations.

À partir de décembre 2018, cela a commencé à changer car on s’est rendu compte qu’il fallait se mettre ensemble, réfléchir, pour tenir la pression et l’intensité des mobilisations et de la répres-sion. De là est née la décision d’organiser un campement et de passer deux jours et deux nuits devant la Cour des comptes.

On a vu l’ambiance et la cohésion des personnes sur place, et le groupe est né en reprenant le nom de l’activité : Nou pap dòmi. Dans le même temps, les groupes ont commencé à se consti-tuer par proximité, par appartenance à des associations proches, en se retrouvant autour d’une vision commune, toujours de manière autonome mais en communiquant entre eux, et en réussissant à créer des mécanismes de coordination minimum.

Tous ces groupes se retrouvent autour d’un but commun, qui est la lutte contre la corruption, et la tenue d’un procès. Ce qui les cimente, c’est le refus d’un système basé sur la corruption et l’impunité, qui a entraîné la dilapidation des fonds Petrocaribe. La lutte doit s’inscrire dans un combat plus large contre les mécanismes qui pérennisent et reconduisent ce système, à l’encontre de l’intérêt de la majorité de la population. (Résumé)

Haïti est au bord de l’insurrection. Depuis plus d’un an, le pays est secoué par une vague de contestation contre un pouvoir corrompu, et les mobilisations ont pris de l’ampleur ces dernières semaines. Entretien avec Pascale Solages, activiste haïtienne féministe, au cœur du mouvement.

Frédéric Thomas 11 octobre 2019

https://www.bastamag.net/Haiti

Lire aussi:

Haïti La fronde sociale continue (Cetri)

.

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin