Archive | Austérité

09 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

guingamp (communiqué unitaire)

macronie

Le virus le plus mortel n’est pas le covid mais le
capitalisme !…

Nos organisations, syndicats, collectif et parti, ne se reconnaissent pas dans le
courrier au président Macron du 31 octobre dernier signé de six éluEs de Guingamp-Paimpol Agglomération (GPA) dont les maires des quatre plus grosses communes de la communauté d’agglomération.

En affirmant que ses éluEs ne toléreront « aucun relâchement dans les territoires dont nous avons la responsabilité et que des sanctions seront prises envers les irresponsables », la GPA accompagne la dérive autoritaire du gouvernement en place en jouant les supplétifs des fossoyeurs des libertés publiques sous couvert de la crise sanitaire.

Un comble pour des éluEs qui se prétendent de « gauche »… Mais le meilleur restant à venir, nous lisons avec consternation que les éluEs de GPA apporte leur soutien et saluent :

« L’effort exceptionnel entrepris par le gouvernement, qu’il sache notre totale disponibilité pour mettre en œuvre les mesures de solidarité ». Les petits commerçants et artisans sacrifiés aux appétits des grands groupes de la distribution apprécieront…
Nous voudrions savoir quelles « mesures de solidarité» entrevoit la GPA ?

*Les 100 milliards distribués au patronat,dont seulement 800 millions affectés
aux politiques sociales ?

*Le pillage de 1 milliard du 1% logement social, organisme entièrement abondé
par la richesse créée par les salariéEs?

*La mise en coupe réglée de la sécurité sociale dont les caisses se vident du fait
des exonérations de cotisations sociales aux employeurs, au point que la question de la
continuité du versement des pensions va se poser ?

*La gestion catastrophique de la pandémie du COVID et la fragilisation
continue de l’hôpital public tant général que psychiatrique, et des diverses structures
de santé dont l’aide à domicile et les EHPAD?

Nous avons noté l’absence totale lors des deux dernières mobilisations à l’hôpital
des éluEs de GPA. Sans doute trop absorbés par leurs activités liées à leurs multiples
casquettes?

Ce n’est pas en restreignant les libertés publiques en imposant un confinement qui
n’en est même pas un, le travail continuant partout car il faut que les profits demeurent…

Les enfants et les jeunes eux même envoyés à l’école sans précaution véritable hormis le
masque et sans aucun moyen supplémentaire pour assurer leur sécurité (distanciation etc…)
alors qu’ils sont aussi un vecteur parmi d’autres de circulation de la pandémie.

C’est en investissant massivement dans le secteur de la santé et de l’hôpital public que réside la solution.

Or le gouvernement n’en prend pas la voie. Le besoin est aujourd’hui de 100 000 lits supplémen-taires, il faut dès maintenant organiser le recrutement de 100 000 personnels dans les hôpitaux.

Quand aux EPHAD, 200 000 personnels supplémentaires sont nécessaires. Sinon nous courons droit à la catastrophe, y compris par l’arrêt de la prise en charge des malades de toutes les autres pathologies.

Nous ne pouvons plus accepter qu’on restreigne nos libertés, notre vie sociale, alors qu’en parallèle rien n’est fait pour l’hôpital public.

Nous ne pouvons plus accepter qu’on tente de nous faire croire que nos comportements individuels sont responsables de la majorité des contaminations en balayant d’un revers de main qu’elles ont lieu dans les transports et milieux professionnels.

Nous dénonçons les politiques hypocrites des préfectures concernant les plus précaires et les sans abris, ainsi que la diminution des moyens du secteur médico social engagée depuis des années. Comment un sans abri peut il respecter un couvre feu sans toit ?

Les premières victimes sont encore une fois les précaires, avec un million de personnes supplémentaires passées sous le seuil de pauvreté depuis le débit de la crise. Ce sont également les femmes, pour qui le confinement peut entraîner de graves conséquences.

Pour tout cela, nous ne pouvons accepter les dernières mesures annoncées par le
gouvernement sur la PLFSS ( Projet de loi de la sécurité sociale), il s’agit d’une économie
de 4 milliards d’euros.

Et nous ne pouvons pas non plus accepter qu’en parallèle une fois encore, on fasse payer par les plus pauvres un forfait de 18€ aux urgences pour des patients qui ne se feront pas hospitaliser.

Nous affirmons que la dégradation constante du vivant, les dérèglements environnementaux et climatiques restent des défis qui puisqu’ils ne sont pas relevés, nous préparent des nouvelles catastrophes sanitaires et sociales.

C’est debout que nous devons résister, pas en nous couchant devant Macron,
son gouvernement et les intérêts capitalistiques.

Signataires :

UL CGT Guingamp
UL SOLIDAIRES Trégor Argoat
CGT SNPTRI Côtes d’Armor
Guingamp en commun/Kumun Gwengamp
Comité Nathalie Le Mel du NPA

Communiqué de presse du 6 novembre 2020

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04 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

confinement (le huff’)

macron d

Confinement: la communication du gouvernement incohérente pour 7 Français sur 10

Selon un sondage YouGov pour « Le HuffPost », seulement 29% des Français font confiance au gouvernement pour faire face à la deuxième vague.

 Si le gouvernement voulait paraître clair dans ses intentions, c’est raté. Selon un sondage YouGov pour Le HuffPost réalisé entre lundi 2 et mardi 3 novembre, 73% des Français jugent la communication du gouvernement sur les conditions du confi-nement incohérente. Un chiffre comparable à ce qui avait déjà été déploré sur l’obligation du port du masque au mois d’août, une mesure qui avait également souffert d’une communication chaotique. 

Il faut dire que les atermoiements autour de la question des commerces dits “essentiels” ou non (produisant notamment une polémique sur la fermeture des rayons livres dans les grandes surfaces) ou les contradictions entre ministres n’ont pas vraiment contribué à envoyer une image de clarté auprès des sondés.

Un score d’autant plus cruel pour le gouvernement que les Français sont majoritairement pour le reconfinement, dans la mesure où ils sont 65% à trouver cette mesure justifiée pour faire face à la reprise épidémique, une courte majorité (55%) étant d’ailleurs prête à prolonger la mesure jusqu’à Noël “si la situation sanitaire l’exige”.

La confiance en Castex en berne

Ce n’est donc pas le reconfinement en soi qui est décrié, mais la façon dont il est emmené par l’exécutif. Pas étonnant dans ces conditions de voir que la confiance envers l’équipe de Jean Castex peine à sortir des abysses.

Selon cette même étude, seulement 29% des personnes interrogées font confiance au gouvernement pour faire face à la 2è vague. C’est certes supérieur de 2 points à ce qui a été mesuré fin septembre, mais on est (très) loin des scores qu’avait pu enregistrer Édouard Philippe au mois de mars, quand 54% des Français approuvaient sa gestion de l’épidémie.

Il faut noter que ces dernières semaines ont été marquées par des annonces pouvant paraître contradictoires.

À titre d’exemple, citons la période de couvre-feu (d’abord local puis national) qui n’a pas pu aller jusqu’à son terme, rattrapée par le confinement.

Une impression de naviguer à vue également entretenue par l’opposition, qui ne cesse de dénoncer “l’improvisation” du gouvernement, ce qui, fatalement, se répercute sur la perception des mesures émises par l’exécutif.

04/11/2020  Romain Herreros

https://www.huffingtonpost.fr/

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18 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

logement (fr3)

chaufface

« On ne peut pas payer la facture, on arrête de se chauffer », le douloureux constat de la Fondation Abbé Pierre

Pour lutter efficacement contre la précarité énergétique, il faut la détecter et la mesurer. Des collectivités locales ont mis en place des services de diagnostic sur le terrain, qui permettent à la Fondation Abbé Pierre de publier un éclairage statistique sur la situation en Bretagne.

Chaque année la Fondation Abbé Pierre publie L’état du mal-logement en France. Pour 2020, l’agence Bretagne de la fondation s’est fixée un objectif de mise en lumière des priorités. Il est vrai que le mal-logement peut s’entendre de différentes façons. Pour les moins bien lotis, à la rue ou chez un tiers, il s’agit déjà d’accéder au logement.
Pour d’autres personnes mal logées, les questions majeures et qui peuvent se cumuler, sont celles de la surface du logement (habitat surpeuplé), de sa salubrité (habitat dégradé ou indigne) et de son isolation (passoires thermiques).
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Le défi de la rénovation des passoires thermiques

En France 3,8 millions de ménages modestes occupent un logement avec une étiquette énergétique F ou G. Ces passoires énergétiques représentent 17% des résidences principales. En période de réchauffement climatique, la rénovation de cet habitat est à la fois une priorité sociale et une urgence pour la planète.

Mais pour la Fondation Abbé Pierre, rien n’indique que les actions entreprises par le gouvernement soient à la hauteur du défi. D’où l’importance pour la Fondation d’accroître les actions de repérage, d’aider les ménages à comprendre et faire de bons choix et d’orienter les financements vers des opérations de rénovation ambitieuses et durables au profit des plus modestes, plutôt que de distribuer des chèques énergie.
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La Bretagne est particulièrement touchée par la précarité énergétique

Dans notre région le logement individuel prédomine (maison, pavillon, ferme) et une grande partie affiche de mauvaises performances thermiques. Le nombre de logements sociaux en Bretagne est aussi inférieur à la moyenne nationale (11,8% des résidences principales contre 17,1% au plan national).

Or, souligne la Fondation, ce sont les locataires du parc privé qui, plus pauvres et vivant dans des logements de moindre qualité que la moyenne, comptent parmi les principales victimes de la précarité énergétique.Selon une étude de l’INSEE Bretagne de 2015, un quart des ménages bretons souffriraient de vulnérabilité énergétique (soit 203 000 ménages). Cette notion englobe les dépenses d’énergie pour le logement mais également celles liées aux transports.
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Des outils pour comprendre la situation

Parce qu’il existe peu d’information « de terrain » sur la précarité énergétique en Bretagne, la Fondation Abbé Pierre s’est appuyée sur les premières données statistiques produites par les Services Locaux d’Intervention et de Maitrise des Énergies (SLIME) en Bretagne, grâce à un outil logiciel. Les SLIME, mis en place par des collectivités locales ont pour objectif de recenser et d’accompagner les ménages qui donnent des signes de précarité énergétique.

Un premier travail statistique à partir des données des SLIME

En Bretagne le premier SLIME est né en 2014, à Brest Métropole, avec le soutien de la Fonda-tion Abbé Pierre. Puis les Côtes-d’Armor ont emboîté le pas au Finistère. Depuis 2018 la Fonda-tion Abbé Pierre s’implique auprès du Conseil Départemental du Morbihan.

Il n’existe pour l’instant pas de SLIME en Ille-et-Vilaine ce qui n’empêche que comme ailleurs, des lieux d’information, des structures de détection des besoins et de mise en place d’aides existent, mais les personnes les plus isolées et les plus modestes ignorent souvent comment y accéder.
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Tout l’intérêt des Services Locaux d’Intervention et de Maitrise des Énergies (SLIME) tient donc à cette part active de détection et à une étude sur le terrain avec un relevé des données socio techniques qui permettent d’établir un panorama des situations et des besoins sur nos territoires.Les principaux donneurs d’alerte dans les signalements de situation sont les collectivités territoriales (41%) et les CCAS (12%) puis viennent les Espaces Info Énergie et les associations. Les Fournisseurs d’énergie et les professionnels de santé ont un rôle très limité (1%).En 2018 les premières données portent sur 1500 visites réalisées par les SLIME principalement dans le Morbihan et le Finistère.
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Les principaux motifs de signalements aux SLIME 
  • des factures importantes d’énergie (29 %)
  • des difficultés à payer (16 %)
  • des impayés (16 %).

Les aspects budgétaires sont donc majoritaires (deux tiers des visites), devant les questions liées au confort du logement.

Les ressources des foyers visités par les SLIME

Ce sont essentiellement des personnes modestes (72 % ont moins de 1 000 € par mois), mais les SLIME interviennent aussi auprès de ménages « englués » dans des situations d’endette-ment lié à l’énergie. « Au démarrage du SLIME de Brest Métropole, nous avions des ménages aux profils très sociaux. (…) Aujourd’hui, c’est Monsieur et Madame tout le monde, ça montre l’ampleur générale du sujet», indiquent ces salariés d’Éner’gence, l’agence Énergie-Climat du Pays de Brest.
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Les profils des foyers visités
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En 2018, les visites des SLIME ont concerné principalement des locataires (63 %), mais aussi une part non négligeable de propriétaires occupants (27 %) et quelques ménages en situation d’occupation précaire, notamment en hébergement chez des tiers (1 %).Parmi les propriétaires en difficulté, on trouve de nombreux ménages « captifs d’un héritage familial immobilier » ou d’une accession à la propriété compliquée, qui les plonge dans l’enfer de la précarité énergétique et du mal-logement. Un tiers des propriétaires visités par les SLIME utilisent des chauffages d’appoint, en complément des installations du logement.Ces propriétaires occupent principalement des logements construits avant 1949, de plus de 75 m² (48 %), aux faibles performances thermiques.
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Compositions familiales
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Toutes les catégories de ménages sont concernées par les visites des SLIME. Après les personnes seules (qui représentent 42 % des visites), les familles monoparentales (22 %) doivent faire l’objet d’une attention particulière : suivant les données du logiciel Solidiag (créé par le CLER et cofinancé par la Fondation Abbé Pierre), 70 % d’entre elles ont déclaré souffrir du froid et 68 % ont restreint leur consommation d’énergie.
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Le piège de l’accès à la propriété
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Prévenir les échecs de l’accession à la propriété est toujours une question d’actualité: des ménages modestes attirés par un foncier plus économique au premier abord, se retrouvent finalement confrontés à des opérations immobilières catastrophiques.Pour y remédier, le Département du Morbihan a mis en place des visites-accession pour permettre aux futurs accédants de prendre la mesure des travaux à réaliser et en intégrer les coûts au moment de l’achat (réalisation d’un diagnostic financier et d’un diagnostic technique du logement, estimation du coût des matériaux et frais annexes).
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La précarité énergétique touche aussi le parc HLM

27% des signalements recensés par les SLIME concernent des locataires du parc social, en raison de difficultés budgétaires et de dettes énergétiques importantes. Mais il faut remarquer que certains logements n’ont toujours pas de VMC et sont loin d’offrir des performances énergétiques satisfaisantes.

Dans de telles situations, les locataires vont parfois choisir de chauffer une partie du logement avec un poêle à pétrole. En Bretagne, 13% du parc HLM est considéré comme énergivore (classement E,F,G) avec des disparités : 6% pour Saint-Brieuc Armor Agglomération ou 19% pour Dinan AgglomérationPour la Fondation Abbé Pierre la priorité est à une rénovation ambitieuse du parc le plus ancien.
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13/10/2020
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13 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

pauvreté (france 24)

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Conséquence de la crise sanitaire, la pauvreté gagne du terrain en France

Avec 800 000 suppressions d’emplois attendues en France d’ici la fin de l’année, selon l’Insee, la pauvreté gagne du terrain en raison de la pandémie de Covid-19. La crise sanitaire se double plus que jamais d’une crise sociale.

Chaque jour, un peu plus de Français tombent dans la pauvreté.

La crise sanitaire provoquée par la pandémie de coronavirus a entraîné dans sa roue une crise sociale qui prend de l’ampleur. Et alors qu’une deuxième vague de patients atteints du Covid-19 se profile, les dégâts sociaux collatéraux pourraient bien se poursuivre encore de longs mois, avec de plus en plus de personnes contraintes de faire appel à l’aide alimentaire et au revenu de solidarité active (RSA).

« C’est assez inquiétant car tous les mois, il y a des nouvelles familles qui arrivent, avec un profil qu’on n’avait pas l’habitude de voir, et qui ont été contraintes d’avoir recours à l’aide alimen-taire », raconte Houria Tareb, secrétaire nationale du Secours populaire, contactée par France 24.

Les chiffres donnent le tournis : 1,2 million de personnes supplémentaires ont été aidées par l’association de mi-mars à fin août, soit une augmentation de 50 % par rapport aux années précédentes. Au total, ce sont plus de 5 millions de Français, selon une estimation du ministre de la Santé, Olivier Véran, qui ont désormais recours à l’aide alimentaire.

La population jeune active est surreprésentée parmi ces nouveaux arrivants, ainsi que les étudiants. « Ce sont des couples de jeunes commerciaux, par exemple, qui avaient un très bon salaire avec les primes, qui se sont retrouvés à devoir vivre avec un Smic du jour au lendemain et qui ne peuvent pas assumer leurs charges courantes, détaille Houria Tareb.

Ce sont aussi des jeunes étudiants qui avaient d’ordinaire des petits boulots, notamment dans la restauration, mais qui n’ont pas pu continuer et qui se retrouvent avec des ressources financières qui passent de 600 euros par mois à zéro. »

À côté de l’aide alimentaire, le Secours populaire voit les demandes d’aide au logement explo-ser, tout comme les demandes d’aide financière. « Aujourd’hui, nous aidons financièrement des personnes qui ont un salaire, poursuit Houria Tareb. J’ai connu des situations dramatiques, mais la particularité de celle-ci est qu’elle s’inscrit dans le temps. Contrairement à la crise de 2008, on n’arrive pas à voir le bout du tunnel. »

« C’est du jamais vu »

Un constat partagé par les départements de France qui ont vu les inscriptions au revenu de solidarité active (RSA), dont ils ont la charge, bondir ces derniers mois. Ainsi, les dépenses consacrées au RSA ont augmenté de 9,2 % entre août 2019 et août 2020, selon l’Assemblée des départements de France qui se base sur un échantillon de quinze départements.

Dans l’Aisne, le nombre d’allocataires du RSA est passé d’environ 17 600 en début d’année à 18 500 en juillet 2020, soit une hausse de 5,11 % et la facture RSA est en hausse de 9,19 % par rapport à août 2019.

À Paris, les personnes inscrites au RSA sont passées d’environ 62 000 à 68 000 personnes entre janvier et juillet 2020, soit une augmentation de 11 %. Les récentes prévisions budgétaires pour l’année 2020 font état d’un montant global de 393 millions d’euros consacrés aux allocations du RSA, quand ce budget était de 364 millions d’euros en 2019.

Dernier exemple avec le Val-de-Marne, où l’arrêt de l’aéroport d’Orly et la nette chute d’activité du marché de Rungis ont eu un impact majeur. Les allocataires RSA ont ainsi augmenté de 10 %, passant de 42 000 en janvier à 46 000 en septembre, avec une accélération lors des cinq derniers mois de l’ordre de +15 %.

« C’est du jamais vu, on arrive à un niveau jamais atteint dans notre département », constate Christian Favier, président du Conseil départemental du Val-de-Marne, contacté par France 24. « La crise sanitaire a été un accélérateur. Ma crainte est que cette hausse risque de se poursuivre », ajoute-t-il.

Un dispositif « pas fait pour accueillir autant de monde dans un temps si court »

« Je n’ai jamais vu une hausse des allocataires aussi forte », abonde Léa Filoche, adjointe à la maire de Paris, en charge des solidarités, de la lutte contre les inégalités et contre l’exclusion, contactée par France 24.

« Mais ce qui m’inquiète le plus, c’est qu’il s’agit probablement de jeunes qui avaient des petits contrats dans l’hôtellerie, dans la restauration, dans l’événementiel ou le tourisme. Or, ces secteurs ne vont pas reprendre tout de suite. Tous les signaux sont au rouge. »

D’autant que les départements n’ont pas les reins assez solides pour assumer financièrement la hausse des demandeurs du RSA. L’État prend à sa charge le versement des allocations via des transferts financiers en direction des départements, mais en partie seulement.

Ainsi, dans la capitale, le taux de compensation était de 72 % en 2019, mais ne devrait être que de 66 % en 2020, soit 130 millions d’euros qui ne seront pas compensés par l’État, selon la mairie de Paris.

« Le filet social va être fragilisé, estime Léa Filoche. Ce dispositif n’est pas fait pour accueillir autant de monde dans un temps si court. Il faut que l’État prenne en charge les coûts des nouveaux bénéficiaires du RSA. »

Cette demande, partagée par l’ensemble des départements, sera-t-elle entendue par le gouvernement ? Critiqué par le président du comité d’évaluation de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté, Louis Schweitzer, pour son plan de relance qui « s’adresse trop peu aux plus démunis », le Premier ministre, Jean Castex, a promis de nouvelles mesures dans les prochaines semaines.

10/10/2020 Romain BRUNET

https://www.france24.com/fr/

Lire aussi:

Covid-19 : la double peine des précaires

Le Secours populaire alerte face à l’explosion du nombre de nouveaux précaires

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11 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

infirmier-e-s (france info)

inf

Covid-19 : près de 40% d’infirmiers ont envie de changer de métier, selon un sondage

C’est le résultat d’une consultation réalisée par l’Ordre des infirmiers, du 2 au 7 octobre, auprès de ses adhérents et relayée par « Le Parisien ».

Ils veulent raccrocher leur blouse blanche. Alors que la France est confrontée à une deuxième vague d’épidémie de Covid-19, près de 40% d’infirmiers ont envie de changer de métier, selon une consultation réalisée auprès de 60 000 soignants par l’Ordre des infirmiers et relayée par Le Parisien dimanche 11 octobre.

Cette enquête, que franceinfo a pu consulter, a été réalisée du 2 au 7 octobre. « Ce chiffre est important, voilà pourquoi on lance l’alerte », souligne le président de l’Ordre, Patrick Chamboredon, dans le quotidien. « On observe un mal-être croissant en à peine six mois. »

« Quand est-ce que ça va s’arrêter ? »

Si 33% des infirmiers interrogés estiment qu’ils étaient en épuisement professionnel avant la crise du coronavirus, ils sont aujourd’hui 57% à se considérer en burn-out, précise le journal. « Ne pas voir le bout du tunnel, lorsqu’on est en première ligne, c’est très compliqué, reprend Patrick Chamboredon. Tout le monde se pose la même question : quand est-ce que ça va s’arrêter ? »

Plus d’un tiers des infirmiers salariés indiquent être en effectifs réduits par rapport à la normale et plus de la moitié (57%) estiment ne pas disposer du temps nécessaire pour prendre en charge les patients. Deux tiers déclarent par ailleurs que leurs conditions de travail se sont détériorées depuis le début de la crise, malgré les augmentations de salaire négociées lors du Ségur de la santé.

Plusieurs syndicats hospitaliers et collectifs de soignants ont appelé à une « journée de mobilisation et de grève nationale » le 15 octobre, pour réclamer « des embauches massives immédiates » et une « revalorisation significative des salaires ».

11/10/2020

https://www.francetvinfo.fr/

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10 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

riches (le monde)

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La suppression de la taxe d’habitation rapportera près de 8 milliards aux plus riches

Initialement exclus, les 20 % de ménages les plus aisés capteront à eux seuls 44,6 % des 17,6 milliards amputés du budget de l’Etat.

Elargie à tous les contribuables, la suppression de la taxe d’habitation coûtera, en tout, 17,6  milliards d’euros par an aux finances publiques.

Cette réforme, qui figurait dans le programme d’Emmanuel Macron, ne devait initialement pas concerner les 20 % de foyers les plus aisés. Mais le gouvernement a confirmé, le 12 juin, que ces derniers en seront eux aussi finalement exonérés. Selon les données fournies par le ministère de l’économie et des finances, ces « 20 % » capteront à eux seuls 44,6 % des 17,6 milliards amputés du budget de l’Etat.

Dans un communiqué publié mercredi 19 juin, le ministère vante une économie de 723 euros par foyer. Une moyenne qui masque de fortes disparités. Ainsi, les foyers les plus modestes, qui bénéficieront les premiers d’une suppression de la taxe à 100 % d’ici à 2020, économiseront 555 euros en moyenne, tandis que les 20 % les plus riches profiteront, eux, d’un gain moyen de 1 158 euros.

La facture sera particulièrement salée à Toulouse

L’Etat s’est engagé à rembourser « à l’euro près » le manque à gagner des collectivités locales provoqué par la suppression de la taxe. En élargissant la mesure à l’ensemble des foyers, la facture s’annonce salée dans de nombreuses communes.

Les données mises en ligne détaillent pour chaque commune le nombre de foyers concernés par la première vague de suppressions jusqu’en 2020, puis pour les foyers  « aisés »  jusqu’en 2023, et les montants associés. A partir de ces données, nous avons pu calculer le surcoût généré par l’élargissement de la réforme aux plus aisés.

Toulouse arrive en tête, avec un surcoût pour l’Etat de 93 millions d’euros afin de faire profiter les 38 % de foyers qui étaient jusqu’alors exclus de la réforme. Vient ensuite le 16e  arrondisse-ment de Paris, dont les près de 72 % des foyers qui ne devaient pas bénéficier de la suppression économiseront 77,6 millions d’euros.

Les bénéficiaires les plus aisés généreront un surcoût supérieur à 50 millions d’euros dans cinq autres communes : Bordeaux, Nice, Nantes, le 15e arrondissement de Paris et Strasbourg.

Une promesse pour « les classes moyennes et populaires »

Au départ, la mesure ne devait pas profiter aux foyers les plus aisés. Le programme d’Emma-nuel Macron pour la présidentielle de 2017 proposait en effet de supprimer la taxe d’habitation pour « 80 % des foyers », alors que seuls 15 % d’entre eux, les plus modestes, en étaient exonérés jusque-là.

Cette proposition était l’un des « coups » de la campagne de l’ancien ministre de l’économie, promettant à des millions de foyers une baisse d’impôt moyenne de près de 600 euros. Elle a, à ce titre, été largement mise en avant dans sa communication, notamment sur les réseaux sociaux.

Le fait de réserver pas moins de 10 milliards d’euros pour « soutenir le pouvoir d’achat des classes moyennes et populaires », comme on pouvait le lire sur le site de campagne du candi-dat, permettait aussi de répondre aux critiques sur sa ligne économique libérale et d’autres mesures clairement destinées aux plus fortunés, comme la réforme de l’impôt sur la fortune (ISF).

Pendant la campagne, Emmanuel Macron projetait publiquement de conserver la taxe d’habita-tion pour les ménages les plus aisés. Il répondait même aux maires inquiets du devenir de leur indépendance financière qu’ils pourraient conserver « leurs pleins pouvoirs de taux », c’est-à-dire qu’ils pourraient, à l’avenir, augmenter la taxe d’habitation pour ceux qui la paieraient encore.

Le coût pour les finances publiques a presque doublé

Son discours sur le sujet a pourtant rapidement évolué. Dès le 18 juillet 2017, soit à peine deux mois après son entrée en fonction, le nouveau chef de l’Etat annonçait dans un discours au Sénat vouloir aller « plus loin » que sa promesse.

« Un impôt qui serait, in fine, payé par 20 % de la population, ce n’est pas un bon impôt », déclarait-il dans un développement en totale contradiction avec la ligne défendue en amont de son élection. Et cinq mois plus tard, il annonçait la suppression totale de la taxe d’habitation.

Au cabinet du ministre de l’action et des comptes publics Gérald Darmanin, on fait valoir que le gouvernement était contraint d’aller en ce sens par le Conseil constitutionnel. Ce dernier a a en effet validé le principe de la disparition de la taxe d’habitation pour 80 % des foyers le 28 décem-bre 2017, mais avait indiqué rester vigilant sur la situation des 20 % restants à l’avenir « dans le cadre d’une réforme annoncée de la fiscalité locale ».

Impréparation ? Revirement ? La rapidité avec laquelle la promesse initiale a été élargie pose en tout cas question.

D’abord parce que le coût de la mesure pour les finances publiques a presque doublé au passa-ge, ce qui est loin d’être négligeable. Mais aussi parce que la nature même de ce cadeau fiscal a été profondément modifiée au passage, profitant à l’arrivée plus fortement aux plus aisés, et sans contrepartie.

9 octobre 2020

SOURCE : Le Monde

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06 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

biodiversité (à l’encontre)

bio

Le capitalisme et non l’humanité tue la faune sauvage du monde

Le dernier rapport Living Planet («Planète vivante») du WWF est une lecture sinistre: un déclin de 60% des populations d’animaux sauvages depuis 1970, l’effondrement des écosystèmes, et une claire possibilité que l’espèce humaine ne soit pas loin derrière.

Le rapport souligne à plusieurs reprises que la consommation de l’humanité est responsable de cette extinction massive, et les journalistes n’ont pas tardé à amplifier le message. Le Guardian titre «L’humanité a anéanti 60% des populations animales», tandis que la BBC présente «La perte massive d’espèces sauvages causée par la consommation humaine». Pas étonnant: dans ce rapport de 148 pages, le mot «humanité» apparaît 14 fois, et le mot «consommation» 54 fois.

Il y a cependant un mot qui ne fait pas une seule apparition: le capitalisme.

Il pourrait sembler, alors que 83% des écosystèmes d’eau douce du monde s’effondrent (une autre statistique effrayante du rapport), que ce n’est pas le moment de chicaner sur la séman-tique. Et pourtant, comme l’a écrit l’écologiste Robin Wall Kimmerer [professeure de biologie environnementale à l’Université d’État de New York], «trouver les mots est une autre étape pour apprendre à voir».

Bien que le rapport du WWF soit proche de trouver les mots en identifiant la culture, l’économie et les modèles de production non durables comme étant les problèmes clés, il omet de nommer le capitalisme comme étant le lien crucial (et souvent causal) entre ces choses. Il nous empêche donc de voir la véritable nature du problème. Si nous ne le nommons pas, nous ne pouvons pas l’aborder: c’est comme si nous visions une cible invisible.

Pourquoi le capitalisme?

Le rapport du WWF a raison de souligner que l’«explosion de la consommation humaine», et non la croissance démographique, est la principale cause d’extinction massive. Et il se donne beaucoup de mal pour illustrer le lien entre les niveaux de consommation et la perte de biodiversité.

Mais il ne va pas jusqu’à souligner que c’est le capitalisme qui oblige à une consommation aussi irresponsable. Le capitalisme – en particulier dans sa forme néolibérale – est une idéologie fondée sur le principe d’une croissance économique sans fin tirée par la consommation, une proposition tout simplement impossible.

L’agriculture industrielle, une activité que le rapport identifie comme le plus grand contributeur à la perte d’espèces, est profondément façonnée par le capitalisme.

Seule une poignée d’espèces «de base» sont considérées comme ayant une valeur, et parce que, dans la seule poursuite du profit et de la croissance, les «externalités» telles que la pollution et la perte de biodiversité sont ignorées.

Et pourtant, au lieu de dénoncer l’irrationalité du capitalisme qui rend la plupart des vies sans valeur, le rapport du WWF étend en fait la logique capitaliste en utilisant des termes tels que «actifs naturels» et «services écosystémiques» pour désigner le monde vivant.

En occultant le capitalisme par un terme qui n’est qu’un de ses symptômes – la consommation – on risque également de rejeter de manière disproportionnée la responsabilité de la perte des espèces sur les choix de vie individuels, alors que les systèmes et les institutions plus vastes et plus puissants qui obligent les individus à consommer sont, de manière inquiétante, laissés pour compte.

Au fait, qui est «l’humanité»?

Le rapport du WWF choisit «l’humanité» comme unité d’analyse, et ce langage totalisant est repris avec empressement par la presse.

Le Guardian, par exemple, rapporte que «la population mondiale est en train de détruire la toile de la vie». Cette affirmation est grossièrement trompeuse. Le rapport du WWF lui-même montre que c’est loin d’être toute l’humanité qui consomme, mais il ne va pas jusqu’à révéler que seule une petite minorité de la population humaine est à l’origine de la grande majorité des dégâts.

Des émissions de carbone aux empreintes écologiques, ce sont les 10% de personnes les plus riches qui ont le plus d’impact.

De plus, il n’est pas pris en compte que les effets de l’effondrement du climat et de la biodiver-sité sont d’abord ressentis par les plus pauvres, ceux-là mêmes qui contribuent le moins au problème. L’identification de ces inégalités est importante parce que c’est cela – et non «l’huma-nité» en soi – qui est le problème, et parce que l’inégalité est endémique, vous l’avez deviné, aux systèmes capitalistes (et en particulier à leur héritage raciste et colonial).

Le mot fourre-tout «humanité» recouvre toutes ces fissures, nous empêchant de voir la situation telle qu’elle est. Il perpétue également le sentiment que les humains sont intrinsèquement «mauvais» et qu’il est en quelque sorte «dans notre nature» de consommer jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien.

Un tweet, posté en réponse à la publication du WWF, a rétorqué que «nous sommes un virus avec des chaussures», une attitude qui laisse entrevoir une apathie croissante du public.

Mais que signifierait la réorientation d’un tel dégoût de soi vers le capitalisme? Non seulement ce serait une cible plus précise, mais cela pourrait aussi nous permettre de voir notre humanité comme une force pour le bien.

Pour en savoir plus

Les mots font bien plus que simplement attribuer la responsabilité à différentes causes. Les mots sont à l’origine des histoires profondes que nous construisons à propos du monde, et ces histoires sont particulièrement importantes pour nous aider à gérer les crises environnemen-tales.

Utiliser des références généralisées à l’«humanité» et à la «consommation» comme moteurs de la déperdition écologique est non seulement inexact, mais cela perpétue également une vision déformée de ce que nous sommes et de ce que nous sommes capables de devenir.

En désignant le capitalisme comme une cause fondamentale, en revanche, nous identifions un ensemble particulier de pratiques et d’idées qui ne sont nullement permanentes ni inhérentes à la condition d’être humain.

Ce faisant, nous apprenons à voir qu’il pourrait en être autrement. Il y a un pouvoir de nommer quelque chose afin de l’exposer. Comme le dit l’écrivaine et environnementaliste Rebecca Solnit:

«Appeler les choses par leur vrai nom permet de couper court aux mensonges qui excusent, amortissent, embrouillent, déguisent, évitent ou encouragent l’inaction, l’indifférence, l’oubli. Il n’y a pas que ça pour changer le monde, mais c’est une étape clé.»

Le rapport du WWF insiste sur le fait qu’une «voix collective est cruciale si nous voulons inverser la tendance à la perte de biodiversité», mais une voix collective est inutile si elle ne trouve pas les mots justes.

Tant que nous – et les organisations influentes telles que le WWF, en particulier – ne parvien-drons pas à désigner le capitalisme comme une cause essentielle de l’extinction massive de la biodiversité, nous resterons impuissants à briser son histoire tragique.

(Article publié sur le site Climate&Capitalism, le 1er octobre 2020; traduction rédaction A l’Encontre)

Anna Pigott est maître de conférences en géographie humaine à l’Université de Swansea (Pays de Galles). 5 octobre 2020

https://alencontre.org/

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05 octobre 2020 ~ 0 Commentaire

enfants us (courrier inter)

feminisme

Aux États-Unis, les enfants noirs risquent plus de mourir de complications postopératoires que les autres

Une nouvelle étude met en lumière les inégalités qui existent dans la façon dont les enfants sont soignés aux États-Unis selon qu’ils sont noirs ou blancs.

“Aux États-Unis, les enfants noirs sont deux fois plus susceptibles de mourir de certaines chirurgies d’urgence que les enfants blancs”, rapporte le New Scientist.

Ce constat est le fruit de l’analyse de données de chirurgie pédiatrique aux États-Unis entre 2012 et 2017. Cela inclut au total plus de 270 000 enfants qui ont subi une intervention chirur-gicale, dont 10 425 ont dû subir une deuxième opération d’urgence ou une réintervention non planifiée.

La chercheuse du Nationwide Children’s Hospital de l’Ohio Brittany Willer et ses collègues qui ont analysé ces données ont fait part de leurs conclusions le 3 octobre lors de la réunion annuelle de la Société américaine d’anesthésie qui se tient en ligne jusqu’au 5 octobre.

“Ces conclusions n’ont rien de surprenant, car les disparités raciales entre les Noirs et les Blancs persistent depuis longtemps et pour toutes les tranches d’âge”, souligne Gwenetta Curry, de l’université d’Édimbourg, au Royaume-Uni, qui n’a pas participé à l’étude. Elle rappelle en outre :

D’autres travaux de recherche ont montré que, pour une même blessure, les enfants noirs recevaient moins souvent des antidouleurs que les enfants blancs.”

Ces résultats reflètent en effet des inégalités déjà bien connues aux États-Unis. “C’est probable-ment dû à une association complexe de facteurs, tels que les déterminants sociaux qui conditionnent la santé, l’accès à des soins spécialisés d’excellente qualité et les préjugés implicites”, énumère Brittany Willer.

Quoi qu’il en soit, elle espère que ces nouveaux travaux inciteront les soignants à être plus attentifs lorsqu’ils reçoivent des enfants issus des minorités afin de réduire au maximum les risques qui pèsent sur eux.

05/10/2020

https://www.courrierinternational.com/

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08 septembre 2020 ~ 0 Commentaire

malbouffe (basta)

malbouffe

Distribuer de la mal-bouffe aux pauvres tout en défiscalisant

Les dérives de l’aide alimentaire

L’aide alimentaire, dont dépendent des millions de personnes en France, repose sur un vaste système de défiscalisation encourageant la surproduction. Pire, certaines grandes surfaces se débarrassent de denrées inutilisables auprès d’associations caritatives, tout en bénéficiant de réductions d’impôts.

Chaque année, l’État consacre près de 500 millions d’euros pour l’aide alimentaire, permettant aux familles les plus démunies de ne pas rester le ventre vide. 75 % de ces aides publiques sont des ristournes fiscales, qui bénéficient en premier lieu aux grandes surfaces. Celles-ci sont ainsi subventionnées pour faire des dons. Elles ont en plus la mauvaise habitude de distribuer aux organisations caritatives des denrées proches de leurs dates de péremption.

Quatre mois après le déconfinement, le Secours populaire français redoute « un raz de marée de la misère ».

L’activité de ses comités locaux n’a pas diminué depuis le 11 mai, au contraire. Beaucoup de familles en grande difficulté n’ont toujours pas repris le travail et voient les factures s’accumuler. Selon les calculs de la chercheuse Dominique Paturel, entre 1,6 et 2,7 millions de personnes auraient ainsi basculé dans l’aide alimentaire avec le confinement.

Durant cette période, « les acteurs des distributions alimentaire estiment que le nombre de bénéficiaires a augmenté de 30 à 50% » note t-elle [1]. Ils viennent s’ajouter aux 5,5 millions de personnes qui recouraient déjà à l’aide alimentaire.

« Produire trop et aider le système agro-industriel à écouler ce trop »

L’organisation de l’aide alimentaire implique divers acteurs allant des associations humanitaires à l’État, en passant par les industries agroalimentaires, des entreprises et des particuliers. Le dispositif français repose ainsi sur 200 000 bénévoles. C’est aussi un vaste marché économique.

Les ressources publiques liées à l’aide alimentaire sont évaluées à 476 millions d’euros, selon un rapport de l’inspection générale des affaires sociales [2]. Les trois-quarts, soit 361 millions d’euros, sont constitués de réductions d’impôts accordées aux particuliers et aux entreprises pour leurs dons alimentaires.

C’est au détour d’une réunion au ministère de l’Agriculture, en 2009, que Jean-Claude Balbot, éleveur aujourd’hui à la retraite mais toujours engagé au sein des Civam – Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural – découvre les dessous de l’aide alimentaire.

Les syndicats agricoles bataillent alors pour la faire inscrire comme activité agricole dans le code rural. C’est chose faite dans la loi d’orientation agricole adoptée en 2010. « L’argument était de dire : « Pour produire assez, il faut produire trop et aider le système agro-industriel à écouler ce trop ». »

Des propos aberrants pour Jean-Claude Balbot : « On est payés pour donner des produits pour lesquels on a déjà touché des aides à la production et que l’on ne peut pas vendre. On est donc payés deux fois ! C’est une logique incompréhensible, c’est l’aveu d’un échec de la politique agricole. »

« Nourrir les pauvres avec ce qui était destiné à être jeté »

Les associations ne peuvent trier les denrées sur le lieu de réception, sous peine de voir l’entreprise s’adresser à un autre interlocuteur. En l’occurrence, de nouveaux intermédiaires, comme la start-up Phénix, sont apparus.

Ils proposent aux grandes et moyennes surfaces des débouchés pour leurs invendus, dont ils assurent parfois eux-mêmes l’acheminement logistique vers les associations. « Une part de la déduction d’impôt des grandes et moyennes surfaces est attribuée à la rémunération de leurs services », précise le rapport Garot.

Comment la grande distribution pourrait-elle, alors même qu’elle est payée pour écouler ses surplus, remettre en cause le système de surproduction global ? L’enjeu, finalement, est-il de venir en aide aux plus démunis ou de réguler le marché ?

De l’absence de qualité aux fraudes sur les steaks hachés

En février 2019, quatre associations habilitées à distribuer des denrées – la Croix-Rouge française, le Secours populaire français, la Fédération française des banques alimentaires (FFBA) et les Restos du cœur – devaient ainsi recevoir plus de 1 400 tonnes de steaks hachés de bœuf surgelés.

Rapidement, elles signalent aux autorités une apparence défectueuse et décident, de leur propre chef, de stopper la distribution de ces steaks hachés. Selon les analyses conduites par les associations, ces steaks contiennent peu de viande mais beaucoup de gras, peu de muscle mais beaucoup de peau. Le tout mixé avec du soja et de l’amidon, des produits non autorisés dans des steaks hachés. Une enquête pénale est en cours [5].

Pour Fabien Gay, sénateur communiste et auteur d’un rapport d’information sur cette fraude aux steaks hachés, les appels d’offres passés par FranceAgriMer favorisent la course au moins disant tarifaire. « Tous les acteurs savent que la qualité ne sera pas au rendez‑vous. Plus grave encore : personne ne peut aujourd’hui déterminer l’origine de la viande contenue dans les steaks hachés distribués dans le cadre du marché public incriminé. » [6]

Sophie Chapelle 8 septembre 2020

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08 septembre 2020 ~ 0 Commentaire

grèce 1 (npa)

 

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 Mer Egée : urgence d’une mobilisation anti-guerre

Des bruits de botte se font entendre depuis le mois de juin dans la partie orientale de la mer Egée, dans une zone englobant les côtes méditerranéennes de la Turquie et les îles grecques les plus proches, ainsi que l’île de Chypre.

La cause la plus flagrante en est bien sûr la volonté expansionniste d’Erdogan, sur lequel on ne s’appesantira pas ici : en difficulté dans son pays, ne régnant que par la répression des masses et les emprisonnements, le dirigeant turc pratique la fuite en avant en mêlant discours intégriste et nationaliste, sur fond de déploiement militaire contre son peuple et contre les peuples voisins.

Cela est connu et indiscutable – les réfugié-e-s turcs et kurdes en Grèce sont là pour en témoigner – mais ne suffit pas à expliquer tout de la situation actuelle :

Sur le fond, on peut dire que la problématique actuelle provient du traité de Lausanne (1923) et d’autres traités intervenus par la suite, restreignant les possibilités pour l’ancien empire ottoman d’agir à sa guise sur la mer Egée, même tout près de ses côtes.

Les autorités turques dénoncent depuis longtemps la volonté de verrouillage maintenue et parfois renforcée du côté grec : en 1995, des menaces de guerre avaient été proférées du côté turc face à la volonté grecque d’étendre la limite de ses eaux territoriales, et en 1996 avait eu lieu l’épisode de l’îlot inhabité d’Imia, près de Kalymnos, lors duquel les surenchères nationalis-tes et militaristes avaient failli provoquer la guerre.

Il existe donc depuis longtemps des revendications turques vis à vis de la circulation maritime et de la souveraineté dans une large partie de l’Egée orientale.

Ce qui rend la situation actuelle explosive, ce sont 3 éléments :

- La misère sociale, évoquée pour la Turquie, mais évidemment très forte aussi en Grèce avec un gouvernement ultra-libéral expliquant cyniquement que si tant de jeunes sont au chômage, c’est parce qu’ils n’ont pas été formés à savoir rédiger un CV !

L’exploitation d’un patriotisme de circonstance, relayé par les grands médias privés aidés finan-cièrement par le gouvernement de Mitsotakis, pourrait constituer un bon dérivatif, rêvent des dirigeants de la droite grecque. En Turquie, le ministre de la Défense Akar évoque quant à lui la « Patrie bleue », concept de l’extrême-droite nationaliste pour la « reconquête » maritime à l’ouest de la Turquie…

- La présence d’hydrocarbures dans les zones contestées : les intérêts sont très vifs des deux côtés, sachant que du côté grec, le gouvernement veut déjà faire exploiter ces gisements par les géants pétroliers que sont Exxon Mobil, Eni … et Total.

- Rôle des militaires dans la politique des deux gouvernements et intérêts des marchands d’armes. Membres de l’OTAN tous les deux, les deux pays consacrent des sommes démen-tielles aux dépenses d’armement :

La Turquie en 2019 y consacrait 20,4 milliards, soit 2,7% de son PIB, en augmentation de 86% depuis 2010; et la Grèce des memorandums qui ont plongé dans la pauvreté une grande partie de la population fait partie en 2019 des 3 premiers pays de l’OTAN quant à la part des dépenses militaires dans le PIB…

Et alors que le personnel des hôpitaux grecs se bat chaque jour contre la misère des établisse-ments, réclamant inlassablement les créations d’emplois, alors qu’avec une montée inquiétante des contaminations du Covid, les enseignant-e-s exigent de pouvoir enseigner avec 15 élèves maximum vu l’état de bien des salles de classes, Mitsotakis envisage très sérieusement de budgéter pour 10 milliards d’euros de dépenses militaires…

La question des délimitations frontalières pour mieux polluer?

On l’a souligné : la question des limites maritimes est une question ancienne, à ne pas négliger. Or, il est évident que du côté d’Athènes, on a tendance à considérer toute la mer Égée comme un « lac grec », et le gouvernement refuse d’envisager tout ce qui est présenté comme une atteinte à la souveraineté nationale et au droit international.

Même si au sein des grandes institutions impérialistes, la tendance est à souhaiter des assouplissements et à l’ouverture de dialogue entre les deux gouvernements. Plusieurs questions sensibles se posent :

La limite des eaux territoriales, que la Grèce voudrait porter de 6 à 12 milles marins, ce qui en Égée serait vu comme casus belli par Erdogan; les limites du plateau continental sous-marin, qui en pratique peuvent aller jusqu’à 550 km des côtes (on comprend l’inanité des discussions sur ce point à propos d’îles grecques distantes de la côte turque de 2 km!)

Et plus fortement depuis la définition assez récente de la notion de zone économique exclusive (ZEE), zone où un pays se donne le droit de préservation des équilibres mais surtout d’exploi-tation (pêche, combustibles…).

Ces notions du droit maritime s’imbriquent dans le cas égéen avec d’autres considérations comme celles de « mer fermée » qui rendent encore plus difficiles les délimitations.

Du coup, Erdogan a voulu illustrer son discours sur la « reconquête » cet hiver en passant ou plutôt en imposant un accord au gouvernement libyen sur la délimitation d’une ZEE entre les deux pays empiétant allègrement sur ce que la Grèce définit comme de son ressort, et à partir de là a multiplié les manœuvres pour imposer une reconnaissance de fait, en envoyant un navire d’exploration des fonds encadré par des navires militaires.

Pour mieux refuser le fait accompli, le gouvernement grec a signé en juin un accord avec l’Italie définissant une ZEE en mer ionienne (du coup, Erdogan veut « protéger » l’Albanie!…) puis en août avec l’Égypte, cette dernière zone recoupant bien sûr celle établie par la Turquie…

Dans la situation présente, ce qui est en jeu au-delà des aspects stratégiques, ce n’est évidem-ment pas le souci de préservation des espaces naturels : au contraire, toutes ces manœuvres n’ont qu’un but, l’exploitation maximum des fonds marins pour le plus grand profit des sociétés pétrolières.

Or, la Méditerranée est déjà depuis longtemps une mer menacée par une très forte pollution : en plus de dénoncer la course au profit inter-bourgeoise, ce qui est impératif, c’est donc aussi de refuser toute nouvelle source de pollution en Méditerranée, c’est un axe d’autant plus fondamen-tal quand on voit le mépris du gouvernement Mitsotakis pour la défense de l’environnement afin de mieux servir ses copains pollueurs de toute espèce.

A. Sartzekis 8 septembre 2020

https://npa2009.org/

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