Archive | Austérité

29 avril 2017 ~ 0 Commentaire

lapin (l’union)

bugs bunny

Reims: un agent du Crous privé de salaire pendant une semaine pour le vol de deux cuisses de lapin

Le conseil de discipline du Crous de Reims a décidé de sanctionner fortement l’un de ses agents. Ce dernier, salarié depuis 41 ans au Centre régional des Oeuvres Universitaires et Scolaires, a reconnu avoir dérobé deux cuisses de lapin à la cuisine centrale du restaurant universitaire.

Pour ce vol, il écope d’une semaine de suspension de salaire.

Une sanction dénoncée par la CGT du Crous rémois. Dans un communiqué, le syndicat s’insurge: «Pendant qu’un responsable politique refuse de se présenter à une convocation des juges dans le cadre d’une affaire présumée d’emplois fictifs de plusieurs millions d’euros d’argent public grâce à leur immunité parlementaire, et de surcroît prétend à occuper la plus haute fonction à savoir Président de la République, la Direction du CROUS de Reims, elle, ose organiser un conseil de discipline pour le supposé vol de deux cuisses de lapin.»

A la direction du Crous, on insiste sur une décision prise à l’unanimité d’un conseil de discipline paritaire, pour un vol reconnu par son auteur.

« La CGT ayant boycotté ce conseil et le salarié ne s’étant pas présenté, les représentants de la direction et les autres syndicats se sont prononcés », explique la directrice du Crous, Mag- dalena Miatello. Elle indique, par ailleurs, que deux personnes étaient convoquées devant cette instance  : le salarié qui écope d’une suspension de traitement et le cuisinier, auquel il a demandé les cuisses de lapin. Ce dernier s’est présenté devant le conseil et écope d’un blâme. Ce qui fait dire à la directrice du Crous que les sanctions sont proportionnées à la nature des faits. « L’objectif n’était pas de faire un exemple», assure-t-elle.

300 euros de perte de salaire

Reste l’aspect pécuniaire, non négligeable, de la suspension de salaire pendant une semaine. Pour la CGT, cela risque d’aggraver, pour l’agent concerné, une situation financière déjà difficile. Il va en effet perdre 300 euros sur un salaire de 1 400 euros nets.

Du côté du Crous, la direction affirme que cette précarité financière ne lui a jamais été signalée. « Nous avons un service social qui dispose d’un budget de 103 000 euros cette année, souligne Magdalena Miatello. Les agents peuvent être entendus par une assistante sociale. Nous pouvons les aider. Les représentants syndicaux aussi sont sensibilisés à la question. Son cas n’a pas été porté à notre connaissance.  »

A ce stade, le salarié sanctionné a la possibilité de faire un recours gracieux auprès de la direction du Crous ou faire appel de la sanction devant le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne.

L’Union |  27/04/2017

http://www.lunion.fr/

Commentaire: Si seulement il avait fraudé des millions aux impôts! Il aurait eu la légion d’honneur!

Lire aussi:

Collard propose de « donner aux pauvres les poissons morts rejetés à la mer » (La Provence)

 

Lire la suite

16 avril 2017 ~ 0 Commentaire

allemagne (anti-k)

allemands

12,5 millions de personnes sous le seuil de pauvreté, un record

La pauvreté a progressé de 15 % en 2013 pour toucher 12,5 millions de person- nes, un record, indique l’étude publiée par la fédération d’aide sociale Paritätischer Wohlfahrtsverband.

Vu de France, ce chiffre pourrait sembler paradoxal. Et pourtant. Outre-Rhin 12,5 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté en 2013, un record depuis la réunification du pays en 1990, selon l’étude publiée hier par Paritätischer Wohlfahrtsverband (PW), une fédération qui regroupe quelque 10.000 associations actives dans le domaine de l’aide sociale et de la santé. Cette année là, la pauvreté a bondi de 15 % à 15,5 % par rapport à 2012, année où les chiffres avaient déjà surpris.

« Depuis 2006, on observe clairement une dangereuse tendance d’augmentation à la pauvreté (…) La pauvreté en Allemagne n’a jamais été aussi élevée et la fragmentation régionale n’a jamais été aussi sévère qu’aujourd’hui », a déclaré au site Euractiv Allemagne Ulrich Schneider, le directeur général de Paritätischer Gesamtverband (PG). Une pierre dans le jardin du gouvernement qui assure que l’écart entre riches et pauvres diminue. Une affirmation « tout simplement fausse » pour le responsable de PG.

Comme en France, les mères célibataires sont particulièrement exposées, plus de 40 % d’entre elles basculent dans la pauvreté, indique le rapport.

Si la pauvreté augmente à l’échelle nationale, le fossé qui existe entre régions prospères et régions en déshérence s’est également aggravé depuis 2006. La situation s’est détériorée dans 13 des 16 Länder: les villes-Etats de Brême et de Berlin ainsi que le Land de Mecklem-bourg-Poméranie, dans le nord du pays, sont les plus exposés à la pauvreté; à l’inverse, la Bavière (sud) et le Bade-Wurtemberg (sud-ouest) sont les moins touchés. Hambourg (nord) et plusieurs secteurs de Rhénanie-du-Nord-Westphalie (ouest) ont connu une forte poussée de la pauvreté, dont le taux est resté stable, voire a légèrement reculé, en Saxe-Anhalt (centre), Brandebourg et en Saxe (est).

« La pauvreté est un problème bien de chez nous« , a poursuivi Ulrich Schneider pour qui l’Allemagne « a clairement un problème croissant de distribution de la richesse » . Et, alors que l’industrie allemande ne cesse de battre des records à l’exportation, cela risque de perdurer. Selon PW, le nouveau salaire minimum entré en vigueur début 2015 (8,50 EUR brut de l’heure), ne permet en effet pas de changer la donne.

Des seuils qui varient d’un pays à l’autre

Mais comment mesure-t-on cette pauvreté ? En Allemagne, les personnes vivant seules avec un revenu inférieur à 892 euros par mois sont classées dans la catégorie des « pauvres ». Une famille avec deux enfants intègre cette catégorie si elle vit avec moins de 1.872 euros par mois.

Des chiffres qui peuvent surprendre.

Masi, en Europe le calcul du seuil de pauvreté varie d’un pays à l’autre (voir le graphique établi par Eurostat pour les pays d’Europe). Selon l’Observatoire des inégalités, cet écart allait de 1.286 euros par mois en Norvège à 180 euros en Roumanie, en passant par 500 euros en Grèce, soit près de deux fois moins qu’en France (935 euros par mois).

JEAN-MICHEL GRADT 20/02/15

Lire la suite

11 avril 2017 ~ 0 Commentaire

voleurs! (npa)

arsene lupin

Ils ont volé 200 milliards

À chaque fois que Philippe Poutou avance des mesures comme l’augmentation des retraites ou l’embauche de personnels dans les hôpitaux, il se fait retoquer par des journalistes ou des économistes hautains qui veulent démontrer par A + B que de l’argent, il n’y en aurait pas…

C’est le refrain permanent de la gauche de gouvernement à la droite depuis un bon nombre d’années, ce qui n’empêche pas la multiplication des cadeaux au patronat et aux grandes fortunes.

Mardi 28 mars, l’association Attac, soutenue par un ensemble d’organisations, a apporté de l’eau à notre moulin en publiant un rapport intitulé « Rendez l’argent ! » qui montre qu’il serait possible de récupérer chaque année jusqu’à 200 milliards d’euros d’argent public « confisqué ». Confisqué par qui ? Les riches et les grandes entreprises.

Citons quelques-unes des ressources énumérées dans le rapport :

La fraude à l’impôt et aux cotisations sociales des entreprises, qui représente 60 à 80 milliards d’euros par an ;

Le crédit impôt recherche accordé aux entreprises, qui coûte 5 milliards d’euros à peu près inutilement ;

L’impôt sur le revenu, qui, si l’on renforçait sa progressivité pour que les ménages très aisés y contribuent davantage, permettrait de dégager entre 5 et 10 milliards ;

Une réforme limitée de l’impôt sur les sociétés qui permettrait de dégager jusqu’à 10 milliards d’euros ;

L’abandon du CICE et du pacte de responsabilité qui permettrait de récupérer 40 milliards d’euros ;

Une taxe sur les transactions financières, qui pourrait rapporter entre 10 et 36 milliards d’euros (selon son taux et son champ d’application).

Au total, ce sont donc jusqu’à 200 milliards de recettes fiscales qui sont potentiel- lement récupérables, cela sans alourdir les impôts et taxes acquittés par les classes popu- laires et moyennes, ni supprimer des dizaines de milliers de postes de fonctionnaires… Mais pour cela, il faut une vraie volonté de s’attaquer à ceux qui profitent du système !

Lundi 10 avril 2017

https://npa2009.org/actualite/economie/ils-ont-vole-200-milliards

Lire la suite

26 mars 2017 ~ 0 Commentaire

rome (anti-k)

fraternisation

Que célébrons-nous à Rome ?

Acte fondateur de l’Union européenne, ce samedi 25 mars est célébré l’anniversaire du Traité de Rome.

Nous pourrions dire que soixante ans après sa fondation, l’Union européenne est devenue la plus grosse fabrique à euroscepticisme: en pratiquant des politiques qui conduisent les majo- rités sociales à la paupérisation, conduisent à l’extension de la xénophobie institutionelle, à l’apogée de l’extrême-droite et à la perpétuation du désastre humanitaire à nos frontières.

Et ce qui est sûr, jusqu’au Brexit, c’est qu’aucune des conséquences en termes de droits sociaux ou de drames humanitaires n’ont impressionné l’inébranlable armature de l’UE. Contrairement à ce que l’on pouvait penser, la crise qui nous occupe depuis ces huit dernières années, loin de fragiliser les politiques néolibérales, a supposé leur renforcement. C’est une consécration et une justification pour les politiques d’austérité, les mécanismes de gouver- nance économique et les plans d’ajustement structurel, le discours de la nécessité d’une Europe-forteresse ou les nouvelles négociations sur les traités de libre-échange comme le CETA ou le TTIP.

Cependant nous ne pouvons pas dire que la crise est récente, plutôt devrions-nous dire qu’elle vient de loin et qu’elle trouve son origine dans l’extension à l’échelle continentale de la révolution conservatrice et du thatcherisme : un processus qui a favorisé la mutation néoli- bérale de l’UE à travers le traité de Maastricht et qui est la base du sabotage de notre concep- tion du projet européen.

En effet, le troisième article du Traité de fonctionnement de l’Union européenne prévoit comme objectif de faciliter la connexion économique, sociale et territoriale, ainsi que la solidarité entre les États membres. Pourtant, les politiques effectives de l’UE sont allés dans le sens inverse : une union monétaire défectueuse dès le départ, laquelle a contribué à polariser l’Europe entre un Sud endetté et un Nord créancier, et des politiques d’austérité et de déman-tèlement de l’État social qui ont réduit les droits des classes populaires. Car, comme nous l’avons rappelé à de nombreuses reprises, les « politiques d’austérité » ne sont jamais en réalité qu’un plan prévu pour contrôler les agissements des États membres, tant dans les domaines économiques et du travail que dans un domaine purement social, dans la Santé ou l’Éducation.

Le pragmatisme nous démontre que l’UE de la démocratie, de la paix, de l’égalité et des droits humains n’existe pas, nous démontre que pas même sa création n’a été envisagée au cours de ce projet. Au contraire, nous ne pouvons oublier que la cage d’acier juridico-politique de l’UE implique la constitutionnalisation du capitalisme et que ceci n’est pas une contingence plus ou moins accidentelle mais bien le coeur même du projet néolibéral dont il est ici question. Depuis la fondation même du « projet européen », la prédominance du marché dérégulé et ses principales conditions monétaires et budgétaires demeurent hors d’atteinte pour toute volonté démocratique.

De sorte que la génération des inégalités et de la pauvreté par le biais des politiques d’austérité est devenue l’objectif principal et la preuve la plus concrète de cette séques- tration de la démocratie et des institutions de la part des élites, comme le dénonce le rapport d’Oxfam (en français, ici). C’est dans ce contexte d’accroissement des inégalités que la pau- vreté est conçue comme l’ennemie, mais en réalité l’objectif n’est pas tant d’en finir avec elle que d’en finir avec les pauvres. Nous sommes passés de la prise en compte de la pauvreté depuis l’extension de l’État social à la stigmatisation de celle-ci par un État policier qui crimi-nalise les personnes les plus pauvres. Devant l’impossibilité de solutionner l’insécurité dérivant des politiques d’ajustement et d’austérité, de la précarisation du marché du travail et de la diminution des droits individuels et des prestations sociales, on stigmatise à présent des phénomènes migratoires et la pauvreté plus généralement.

Dans ce sens, la propre gestion de la crises des réfugié-e-s avec la fermeture des frontières est la conséquence directe de l’ordre qu’imposent les politiques d’austérité qui, au-delà des coupes budgétaires et des privatisations, sont, comme l’affirme l’économiste Isidro López, « l’imposition » à 80% de la population européenne d’un imaginaire de fer de la disette. Un « il n’y en aura pas pour tout le monde » généralisé qui rend possible les mécanismes d’exclusion, canalise le mal-être social et polarise la politique par son échelon le plus fragile (les migrant-e-s, l’étrangeté ou simplement « l’altérité »), disculpant ainsi les élites politiques et économiques qui sont les véritables responsables de la spoliation.

Il est symptomatique que les seules personnes à revendiquer les vertus de l’UE de façon rituelle tel que nous le verrons ce samedi à Rome soient membres d’une classe politique discréditée, qui paraît n’avoir ni culture ni valeurs.

Plus ces élites en décadence célèbrent l’UE, plus elles la disqualifient aux yeux même de gens qui n’ont jamais montré la moindre sympathie envers l’anti-européisme conservateur, natio-naliste, voire xénophobe. À l’occasion de la campagne référendaire du Brexit, la canalisation d’un vote anti-establishment par l’extrême-droite eurosceptique fut un bon exemple de comment la polarisation politique peut s’exprimer de façon contradictoire dans une révolte anti-establishment combinant un nationalisme excluant, une démagogie anti-immigration et une lassitude face aux inégalités sociales.

Au motif du soixantième anniversaire du Traité de Rome, la Commission européenne a présenté son Livre Blanc sur le futur de l’Europe. La rhétorique vide et grandiloquente des documents et des déclarations communautaires malgré la situation critique que traverse l’Union européenne demeure présente dans le Livre Blanc. Il ne s’agit pas uniquement de rhétorique dans ce cas, mais d’un mélange entre aveuglement et autisme où la seule issue à la crise de l’UE serait une combinaison de cinq hypothèses sur son futur que présente le Livre Blanc : dans un cas on parle à la fois de moins et de plus d’Europe; un autre se caractérise par un intense déséquilibre dans les relations au pouvoir, au bénéfice des oligarchies et des pays les plus compétitifs, avec des institutions qui perdent en légitimité démocratique et sont privées de ressources pour accomplir des politiques redistributives.

Face à cette crise, l’unique pari de cette UE est la militarisation, avec la création d’un Fonds Européen de la Défense, qui ne profiterait qu’aux entreprises du secteur de l’armement et à leurs groupes d’influences à Bruxelles.

Quand l’austérité devient l’unique option politico-économique d’institutions coupées de la préservation de l’intérêt général, cette UE devient un problème pour les majorités sociales et la construction d’une Europe différente s’annonce comme l’unique réponse succédant à cette dérive que nous vivons.

De cette façon, un changement de cap ne doit pas seulement être un désir, une possibilité, c’est avant tout une urgence.

Un plan alternatif qui exige pour l’Europe un ensemble de mesures qui permettent non seule- ment d’enterrer « l’austérité » mais également d’aborder la régulation bancaire, l’harmonisation fiscale et sociale progressive, le non remboursement des dettes illégitimes qui ne sont qu’un instrument disciplinaire à l’encontre des peuples du sud ou la nécessité d’un plan d’inves-tissement européen qui rende caduque le Pacte de Stabilité et de Croissance.  Ces mesures, qu’elles soient envisagées depuis l’échelle nationale, à l’échelle supra-nationale, voire à une échelle pan-européenne, percuteront inéluctablement l’architecture actuelle de l’UE, à laquelle il ne reste pas d’autres solutions que celle de désobéir.

Désobéir, c’est construire une proposition politique à l’échelle européenne qui combatte la construction actuelle de l’UE et récupère ses racines démocratiques dans un antifascisme partisan, dans la solidarité, la paix et la justice sociale. Un projet européen duquel on n’expulse ni n’exclut personne, un projet que personne ne voudrait quitter. Voici la tâche qui, aujourd’hui plus que jamais, devient indispensable à accomplir.

Tribune parue [en espagnol] dans Contexto, le 24 mars 2017pat Miguel Urbàn

Miguel Urbán est co-fondateur de Podemos et député européen de la Gauche Unitaire Européenne-Gauche Verte Nordique (GUE/NGL). (Il est aussi membre d’Anticapitalistas, parti frère du NPA Note du blog)

Médiapart (Le Club) – 25 mars 2017  Par Sylvain Nandan

http://www.anti-k.org/

Lire la suite

24 mars 2017 ~ 0 Commentaire

cice (cgt)

Rich-poor-283x300

CICE : le comité de suivi confirme le gaspillage d’argent public

Suite à une demande du Comité de suivi du Crédit d’Impôt pour la Compétitivité et l’Emploi (CICE), le rapport 2016 du Comité a fait l’objet de plusieurs travaux complémentaires. Les enseignements de ces travaux viennent d’être rendus publics par France Stratégie. Ces  travaux « ne conduisent pas à remettre en cause » les résultats précédemment obtenus.

Ils confirment l’absence d’effets du CICE sur la création ou la sauvegarde d’emplois, les exportations, l’investissement, la recherche-développement…

Seul, l’objectif initial porté par le gouvernement et le patronat de « l’amélioration sensible des marges des entreprises » apparaît « un peu plus nettement qu’auparavant ».

Ces travaux viennent aussi démentir que le CICE n’est pas utilisé pour baisser le pseudo « coût du travail » mais augmenter les marges notamment des grandes entreprises.

Nombre d’entre elles n’ont pas hésitées à détruire en masse des emplois et à distribuer de confortables dividendes aux actionnaires.

Transformer le CICE en exonérations générales de cotisations sociales, comme proposé par certains responsables politiques entraînerait non seulement la disparition de toute évaluation de l’impact du CICE notamment sur l’emploi, mais surtout vise, à maintenir les cadeaux en tout genre fait au patronat et à remettre en cause le salaire socialisé et la protection sociale.

Concernant les bénéfices du CICE sur l’emploi, l’effet « probable (…) est de l’ordre de 50 000 à 100 000 emplois créés ou sauvegardés sur la période 2013-2014 », effet « d’ampleur relativement modeste », identifié par une seule équipe de recherche, est de nouveau mis en avant.

100.000 emplois au maximum pour 29 milliards d’euros, soit 290.000 euros par emploi créé ou sauvegardé!

La CGT revendique au contraire que :

  • L’ensemble des aides publiques soient évaluées dans le comité de suivi des aides publiques ;
  • La suppression des aides publiques qui n’ont pas démontré leurs effets sur l’emploi, les salaires et l’investissement dans la recherche et l’outil de production ;
  • La mise en place de comités régionaux de suivi et d’évaluation des aides régionales ;
  • Le droit pour les comités d’entreprises de suivre, d’évaluer et de suspendre le cas échéant les aides publiques, exonérations de cotisations perçues par l’entreprise.

Ce sont pourtant les législations encourageant la rentabilité financière, court-termiste qui ont entrainées les crises et la déqualification économique et sociale française principalement dans les industries manufacturières et européenne qui sont  à l’ordre du jour des programmes politiques. A l’inverse, la CGT place l’amélioration de l’emploi, des salaires, de l’investissement,  et le progrès social au premier plan de ses objectifs.

Montreuil, le 23 mars 2017

www.cgt.fr

Lire la suite

20 mars 2017 ~ 0 Commentaire

décès (solidaires)

deces

Plus de 20 000 décès de travailleuses et de travailleurs depuis 2000 !

En France, environ 1200 travailleuses et travailleurs meurent tous les ans à cause d’un accident du travail, d’une maladie professionnelle ou d’un accident de trajet lié au travail. Ainsi, plus de 20 000 travailleuses et travailleurs ont trouvé la mort du fait du travail depuis l’an 2000.

Ce nombré élevé de décès dus au travail est une conséquence directe de la défaillance dans la prévention des risques professionnels par les employeurs.

Cependant, il existe une indifférence généralisée à ce sujet. En effet, le patronat et les pou- voirs publics sont plus intéressés par les profits des entreprises et la diminution du coût finan- cier de ces accidents du travail que par la prévention des risques professionnels et l’amélio- ration des conditions de travail des travailleuses et des travailleurs.

Afin de briser cette logique du fatalisme des accidents du travail et des morts au travail, un débat populaire sur les conditions de travail des travailleuses et des travailleurs est urgent ! Il ne s’agit pas seulement de lancer des enquêtes en ligne qui participent à l’aseptisa- tion des relations sociales et éloignent le débat des lieux de travail mais bien de redonner la parole aux travailleuses et travailleurs et de recréer avec eux les actions nécessaires.

Il est temps pour nous toutes et tous d’agir pour ne plus perdre sa vie à la gagner.

(un article plus complet sur le bulletin « Et Voilà » n° 50 de Février 2017 : http://la-petite-boite-a-outils.org/

Paris, 16 mars 2017

https://www.solidaires.org/

Lire la suite

16 mars 2017 ~ 0 Commentaire

résultats aux pays bas (anti-k)

nederl

A gauche:

Le SP (Parti Socialiste) est un ancien parti d’extrême gauche, qui correspond ici au Front de Gauche.

La Gauche Verte est un parti plus à gauche que EELV

Le PVDA est le parti « socialiste » qui autrefois était majoritaire

Pays-Bas : la vraie leçon des élections

L’extrême-droite n’a pas réalisé de percée notable aux Pays-Bas lors du scrutin législatif de ce 15 mars. En revanche, la coalition sortante est fortement sanctionnée, notamment les Sociaux-démocrates qui perdent les trois quarts de leurs sièges.

La leçon n’était peut-être pas celle que l’on croyait. L’extrême-droite néerlandaise n’a finale- ment réalisé qu’un score décevant lors des élections des 150 sièges de la Seconde Chambre des Etats-Généraux, la chambre basse du parlement du Royaume, de ce 15 mars 2017. Le Parti pour la Liberté (PVV) de Geert Wilders, allié inconditionnel du Front National français, islamophobe et europhobe, n’obtiendrait, selon les sondages sortis des urnes que 19 sièges et 13 % des voix, soit 4 sièges de plus et 3 points de plus qu’en 2012. Une hausse modeste qui ne lui permet pas d’égaler son score de 2010 (15,7 % des voix) et encore moins de lutter pour la première place, occupée par les Libéraux du VVD du premier ministre sortant Mark Rutte, donné à 21 % et 31 sièges.

Un PVV sans ressort

Les sondages de ces derniers jours témoignaient clairement d’une baisse notable du PVV qui avait déjà été surestimé en 2012 et en 2014. Pour autant, tous les médias, surtout étrangers, avaient continué à souligner le « risque » d’une « victoire » de l’extrême-droite. Ce risque était d’autant moins probable que, même en tête, le PVV eût été incapable de gouverner compte tenu du « cordon sanitaire » des autres partis et de l’émiettement de l’électorat renforcé par le système de proportionnelle intégrale des Pays-Bas. Le danger du PVV n’était donc pas réel. Mais il a été agité, oubliant à bon compte le fait véritable, avéré ce 15 mars, de ces élections néerlandaises de 2017 : la déroute de la coalition sortante, une des plus orthodoxes de l’his- toire néerlandaise sur le plan budgétaire et qui a mené une politique d’austérité qui a coûté très cher à la société néerlandaise.

Coalition sanctionnée

Cette défaite est évidente : le VVD perd cinq points et 10 sièges et les travaillistes sociaux-démocrates du PvdA, le parti du président de l’Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem perdent, eux, 19 points, passant de 25 % à 6 %. Jamais ce parti n’avait été aussi bas dans une élection aux Pays-Bas. Les travaillistes devront se contenter de 9 sièges sur les 38 qu’ils avaient obtenus en 2012. Ce n’est plus une sanction, c’est une gifle. En tout, la coalition sortante perd 24 points, près de la moitié de son score de 2012 ! C’est là le seul fait évident de ce scrutin, beaucoup plus que la montée du PVV. Or, cette déroute trouve évidemment son origine dans le rejet de la politique de la coalition. Laquelle peut se résumer en un mot : le retour à l’équilibre budgétaire.

Bilan économique

En se concentrant sur la montée du PVV, on évitait d’évoquer cette réalité. Ceci donnait lieu à une pseudo « explication culturelle » à la montée des populismes dans « un pays qui se porte bien économiquement ». Mais la réalité est que le peuple néerlandais a rejeté la politique éco- nomique de la coalition, qu’il l’a sanctionnée et que, partant, le pays ne se porte pas si « bien » que le laisse croire un taux de croissance gonflé par les réexportations depuis Rotterdam et les effets liés aux avantages fiscaux accordés aux multinationales. Le chômage est revenu à son niveau de 2012, un niveau bien plus élevé que dans la décennie précédente et il a beaucoup augmenté jusqu’en 2014. Le travail à temps partiel atteint des records, les inégalités se sont creusées et le risque de pauvreté a augmenté. Le problème de beaucoup de Néerlandais n’est pas l’Islam ou l’immigration, c’est bien leur niveau de vie. C’est ce qu’ils ont exprimé dans les urnes ce 15 mars.

Déroute social-démocrate

Encore une fois, donc, un parti social-démocrate ayant appliqué une politique d’austérité (Jeroen Dijsselbloem, en tant que ministre des Finances, l’a menée pleinement) est lourdement sanctionné. Cette déroute fait penser à celle du Labour irlandais en février 2016 qui est aussi tombé à 6 % des voix ou encore, évidemment au Pasok grec, qui est aussi à ce niveau désor- mais. Ce score devrait inévitablement faire réfléchir les partisans de la « gauche moderne » qui ferait les « réformes structurelles » et l’austérité pour le « bien » supposé du « petit peuple ».

En réalité, le PvdA n’a pas su défendre sa clientèle traditionnelle et l’a, au contraire, sacrifiée sur l’autel de la rigueur budgétaire et des « grands équilibres ».

Cet électorat l’a logiquement abandonné. Certes, la gauche anti-austéritaire et eurosceptique du Parti Socialiste (SP) n’en a pas profité et elle s’effrite légèrement, mais la gauche écologiste de GroenLinks (GL) a récupéré l’essentiel du vote travailliste, en passant de 4 à 16 sièges. Ce parti pro-UE est anti-austérité, il se situe là où le PvdA était voici cinq ans. Même remarque pour les libéraux « de gauche » de D66 qui atteignent 19 sièges, soit 7 de plus qu’en 2012 et qui, eux aussi, étaient très critiques sur la politique économique de la coalition.

Emiettement

De plus, comme dans beaucoup d’autres pays soumis à l’austérité, les élections néerlandaises ont montré un fort émiettement de l’électorat et un renforcement des petits partis. Le parti des animaux (PvdD) gagne ainsi 3 sièges à 5 sièges, le parti qui défend le multiculturalisme Denk, nouveau venu, prend 3 sièges, le parti des retraités 50 + gagne 2 sièges à 4 sièges… En tout, 7 sièges qui manqueront aux grandes formations et qui prouvent que ces politiques sociales dures conduisent à un sentiment de perte de repères qui conduisent à des votes «marginaux».

Vrai enjeu

L’enjeu de ce scrutin n’était donc pas celui que les observateurs internationaux avaient martelé depuis des semaines : ce n’était pas un débat sur l’Islam ou l’immigration, mais bien sur la nature d’une politique économique et sociale. Certes, les Néerlandais savent que leur écono- mie ouverte a peu à gagner à une sortie de l’euro ou de l’UE. Et c’est ce qui explique la faible performance du PVV et du SP.

Mais ils ont aussi demandé une politique économique plus équilibrée et moins empreinte de cette violence que l’Europe a pu constater dans l’attitude de Jeroen Dijsselbloem envers la Grèce depuis 2015.

Les Néerlandais sont modérés et la politique de la coalition ne l’était pas. Ils ont rejeté PVV et SP, mais aussi VVD et PvdA. D’où la poussée de la CDA chrétienne-démocrate, une des mères du modèle social néerlandais, donnée à 19 sièges, de D66 et de GroenLinks. Des partis pro-européens mais critiques envers la politique du gouvernement sortant. La nouvelle coalition qui va se former, sans doute avec 4 partis au moins, devra prendre en compte cette leçon, la vraie, de ces élections néerlandaises.

latribune.fr – Romaric Godin – 15/03/2017

http://www.anti-k.org/

Commentaire: Oubliez tout ce que vous avez entendu rabâcher ces derniers jours sur les Pays-Bas et lisez cet article. Que Jeroen Dijsselbloem, président de l’Eurogroupe et tête à claques de première, reçoive une raclée des électeurs de son pays, c’est un juste retour des choses. Du goudron et des plûmes pour le tourmenteur du peuple grec!

Lire aussi:

Pays-Bas : déroute des sociaux-démocrates, percée des partis écologistes et anti-austérité (Bastamag)

Lire la suite

07 mars 2017 ~ 0 Commentaire

portugal (bastamag)

banc

Le même programme que le NPA: pour un service public des banques

Comment l’union des socialistes et de la gauche radicale a mis un terme à l’austérité au Portugal

Depuis novembre 2015, c’est une union des gauches qui est au pouvoir au Portugal : un gouvernement socialiste soutenu au Parlement par les partis de la gauche radicale et les écologistes. Cette alliance inédite a réussi à mettre fin à l’austérité imposée pendant quatre ans par la troïka. Les composantes les plus à gauche ont imposé au gouvernement socialiste des mesures de revalorisation des bas salaires et des petites pensions, et de lutte contre le travail précaire. Avec succès : l’économie repart, le déficit public recule, et le petit pays du sud de l’Europe arrive même à convaincre Bruxelles du bien-fondé de cette politique. Un modèle à suivre ?

Mi février, Benoît Hamon, en visite de trois jours au Portugal, a rencontré des acteurs de l’union des gauches qui y gouverne depuis plus d’un an. On en parle beaucoup moins que la Grèce avec Syriza ou l’Espagne avec Podemos. A Lisbonne, la gauche a réussi à défaire une droite adepte de l’austérité. Le Parti socialiste a réussi à reprendre le pouvoir à la faveur d’une alliance inédite avec les forces de gauche radicale : le Parti communiste portugais, les écologistes, et le Bloco de esquerda (« bloc de gauche » [1])

En octobre 2015, c’est pourtant une coalition de droite – « Portugal en avant ! » – qui était arrivée première lors des élections législatives portugaises, avec 38 % des voix. Les différents partis de gauche gardaient, ensemble, une majorité des voix et des sièges au Parlement : les socialistes, deuxième avec 32 %, le parti anti-austérité Bloco de esquerda 10 % et l’Union des Verts et des communistes 8 %.

L’ancien premier ministre de droite forme alors un gouvernement minoritaire, renversé au bout de deux semaines par les forces de gauche. C’est un socialiste, Antonio Costa, qui devient Premier ministre. Le Bloco de esquerda, les Verts et les Communistes n’intègrent pas le gouvernement, mais concluent un accord avec les socialistes pour le soutenir. La condition : que celui-ci mette en œuvre un programme clair contre la politique d’austérité menée au Portugal depuis quatre ans sous la pression de la troïka – Commission européenne, Fonds monétaire international, et Banque centrale européenne – suite à la crise économique et financière de 2008 et à la crise de la dette publique qui s’en est suivie.

Une bouffée d’air pour la population

« Une telle union des gauches, ça n’était jamais arrivé au Portugal, souligne Marisa Matias, députée trentenaire du Bloco de esquerda au Parlement européen. Les gens ont perdu beaucoup pendant cette période d’austérité. Le salaire minimum et les retraites, même les plus petites, ont été gelés, et les impôts des travailleurs ont beaucoup augmenté. » Entre 2010 et 2013, le taux de chômage portugais bondit de 11% à plus de 17%. L’accord de 2015 engage le gouvernement à abroger ces mesures qui ont appauvri la population portugaise. « Le programme prévoyait de revenir au niveau des salaires et des pensions qui prévalait avant l’austérité. Bref, de récupérer ce qui avait été perdu pendant les quatre années de troïka », précise la députée européenne.

Quand, au même moment en France, un gouvernement socialiste se prépare à faire passer coûte que coûte une loi de dérégulation du droit du travail, le gouvernement d’union des gauches portugais décide d’un programme pour « tourner la page de l’austérité ». « La politique d’austérité suivie ces dernières années a pour conséquence une augmentation sans précédent du chômage, avec des effets sociaux dévastateurs sur les jeunes, les citoyens les moins qualifiés, les familles et les milliers de Portugais sans emploi. Elle a été aussi associée à une dévalorisation de la dignité du travail et des droits des travailleurs », analyse le programme du nouveau gouvernement décidé fin 2015. La rhétorique détonne avec les politiques menées auparavant au Portugal et dans le reste de l’Europe en crise.

Parmi les premières mesures concrètes : l’augmentation du salaire minimum, qui passe de 485 euros en 2014 à 557 euros en 2017, soit une augmentation de 15%. De nouvelles haus- ses sont prévues : 580 euros en 2018 puis 600 euros en 2019. « Nous avons aussi augmenté les retraites, fait adopter une baisse des impôts sur les revenus des travailleurs, et renforcé le droit du travail », signale Marisa Matias. Le gouvernement vient de lancer un programme de lutte contre la précarité dans l’emploi public, et a stoppé les privatisations des infrastructures, comme les transports. Des mesures sont prévues pour l’accès à l’éducation et à la santé. « Avec cette union des gauches, le parti socialiste a dû infléchir son projet dans notre sens. Après un an et quelque mois de ce gouvernement, il y eu un changement majeur de politique au Portugal », se réjouit l’élue.

Des questions qui restent à trancher

Comment le Portugal a-t-il pu mener une politique contraire aux dogmes bruxellois ? En 2011, en pleine crise de la dette, le Portugal accepte un prêt du FMI et de l’Europe de 78 milliards d’euros en échange d’une politique d’austérité drastique : baisse des salaires, réduction des dépenses dans la fonction publique, privatisation des infrastructures et des services publics. C’est avec cette politique que le nouveau gouvernement veut en finir. Au mois de juillet 2016, la Commission européenne menace le Portugal et l’Espagne de sanctions pour leur déficits publics jugés excessifs, avant d’abandonner les poursuites en août, pour laisser aux deux pays un délai supplémentaire.

Aujourd’hui, le Portugal a ramené son déficit public à 2,1 % du PIB, soit en dessous de la limite des 3% fixée par Bruxelles, et bien en dessous des plus de 4 % de l’année précédente [2]. « Bien sûr qu’il y a eu des pressions de Bruxelles, rapporte Marisa Matias. « Mais avec ce gouvernement d’union des gauches, nous avons réussi à réduire le déficit à 2 %. C’est l’objectif de Bruxelles. Il n’avait jamais été atteint au fil des années d’austérité. Le PIB est même en croissance pour la première fois depuis la crise, à 1,2 %. Cela reste peu, mais nous sommes partis de zéro. » Le chômage est aussi en recul. Il est redescendu fin 2016 sous la barre des 11%, loin des records atteins en 2013 par le précédent gouvernement de centre-droit [3].

Reste le problème des banques portugaises, dont la situation est toujours fragile [4]. Et de la renégociation de la dette publique.

« Nous nous sommes mis d’accord avec le gouvernement socialiste sur une politique pour la sécurité sociale, sur le droit du travail, mais pas sur la dette publique », explique la députée européenne de gauche. Le dossier demeure donc en chantier. Mais en attendant, la popu- lation portugaise vit un peu mieux que sous le régime imposé par les libéraux et la troïka. Un exemple à méditer pour les candidats français ?

Rachel Knaebel Rachel Knaebel 7 mars 2017

Lire la suite

06 mars 2017 ~ 0 Commentaire

brest rennes pôle emploi (of + fr3)

IMG_2746

Ce matin, FO et CGT manifestaient à Pôle Emploi, avec le soutien des chômeurs. (Et un sacré coup de zef!)

Lire aussi:

À Rennes, les grévistes occupent la direction régionale (OF)

Manifestation à Rennes et Brest contre le “tout internet” (FR3)

 

cgt

Bretagne Pôle Emploi

Lire la suite

15 février 2017 ~ 0 Commentaire

fortunes (l’humanité)

riches

Les fortunes des ultrariches démultiplient les inégalités

Entre 2012 et 2016, la richissime Liliane Bettencourt a vu ses milliards se multiplier par deux et a ainsi accumulé un patrimoine de 31,2 milliards d’euros.

Déjà la plus riche de France, Liliane Bettencourt a doublé sa fortune en cinq ans, à l’instar d’une poignée de milliardaires, tandis que les inégalités de patrimoine progressent, témoignant de l’existence d’une France à deux vitesses.

Les candidats des riches n’ont pas oublié que les fortunes de France et du monde se cons- tituent à coups de biens financiers. Il n’y a d’ailleurs qu’à analyser le patrimoine des milliar- daires français pour observer qu’il flambe au rythme des marchés financiers. Car leur capital ne se compte pas seulement en nombre de châteaux ou autres propriétés immobilières, mais en actifs détenus dans les groupes qu’ils possèdent et qui ont bénéficié, après le krach de 2008, de confortables valorisations, déconnectées de toute réalité économique. Selon l’économiste Thomas Piketty, les hauts patrimoines ont ainsi progressé de 7 à 8 % par an en moyenne, contre 1 à 2 % pour le PIB.

Bettencourt a vu ses milliardsse multiplier par deux

Une envolée financière due à la politique monétaire des banques centrales qui, depuis la crise, ont fait tourner leur planche à billets et submergé l’économie de milliards qui ont été investis de préférence sur les actifs réels, comme les participations dans les sociétés, cotées ou non.

De telle sorte que le patrimoine global des 500 Français les plus riches a atteint, en 2016, 460 milliards d’euros. Entre 2012 et 2016, la richissime Liliane Bettencourt, héritière de l’empire L’Oréal, a vu ses milliards se multiplier par deux et a ainsi accumulé un patrimoine de 31,2 milliards d’euros, grâce aux 33 % du groupe que la première fortune de France détient via sa holding, Téthys.

Une société écran qui lui permet d’échapper totalement à l’ISF en 2015. Idem pour le deuxième du podium, Bernard Arnault, patron du groupe de luxe LVMH, qui a amassé une fortune de 30,3 milliards d’euros, en hausse de 43 % depuis 2012. Il ne s’acquitte que de 2 millions d’euros d’ISF, « économisant » ainsi 5 millions d’euros. Et ce, grâce au mécanisme de plafonnement imposé par le Conseil constitutionnel.

En tout, selon la liste des services de Bercy que s’est procurée l’an dernier le Canard Enchaîné, 50 contribuables ultrariches se sont acquittés de seulement 21,2 millions d’euros d’ISF en 2015, alors que le montant initial était de 219,6 millions, précise le Canard.

De quoi écœurer n’importe quel salarié, retraité, dans un pays où le pouvoir d’achat de l’immense majorité stagne ou régresse, qui voit dans cette abondance le résultat de choix politiques des gouvernements qui se sont succédé pour bâtir une économie au service des 1 % les plus riches. Avec, pour résultat, une explosion des inégalités, à commencer par celles sur le patrimoine qui, dixit l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), « sont beaucoup plus marquées que celles des revenus ».

En effet, rappelle l’Insee, les 10 % des ménages les mieux dotés détiennent 47 % de la masse du patrimoine brut. Alors que les 10 % des ménages aux revenus les plus importants captent 26 % de l’ensemble des revenus.

L’étude de l’Insee démontre l’explosion des inégalités sociales

L’accroissement du patrimoine s’accélère tout en haut de l’échelle. Les 5 % les mieux lotis détiennent ainsi un tiers de la richesse totale. Et les 1 % les plus riches en possèdent à eux seuls 16 %, soit deux fois plus que l’ensemble du patrimoine cumulé des 50 % les moins fortunés des ménages. Le patrimoine moyen des 10 % des foyers les plus riches culmine ainsi à 1 953 000 euros. Celui des 10 % les plus pauvres atteint péniblement 2 000 euros en moyenne, soit 79 fois de moins que le patrimoine médian (158 000 euros). Entre milieux sociaux, les inégalités sont tout aussi révoltantes. Le patrimoine des ouvriers non qualifiés s’élève à 16 400 euros, soit 4 fois moins que le patrimoine médian des cadres supérieurs (204 000 euros).

L’étude de l’Insee montre également que celui qui n’a que son salaire pour s’enrichir se retrouve dans une situation très défavorable par rapport à celui qui hérite. « Les ménages bénéficiaires de ces transmissions (héritage ou donation – NDLR) disposent généralement d’un patrimoine de 242 900 euros contre 72 100 euros pour la moitié de ceux qui n’en ont pas bénéficié », relève l’Insee. À gauche, beaucoup souhaitent régler ces déséquilibres insoutenables par l’impôt en taxant le capital.

Grâce à son «verrou», Bercy dépénalise la fraude fiscale
Le « verrou » ou monopole de Bercy est une spécificité française des plus scandaleuses. Puisqu’il permet au ministère des Finances publiques d’interdire à la Justice, et plus particu- lièrement au Parquet, de mettre son nez dans  les dossiers de fraude fiscale, et de pouvoir engager  des poursuites. Comme cela aurait dû être le cas après  les révélations des Panama Papers ou HSBC.  Sans compter que cette disposition pose un vrai problème de séparation des pouvoirs.
C’était notamment le cas avec l’affaire Jérôme Cahuzac. Mais pour Bercy,  il s’agit d’un outil d’incitation permettant de « convaincre » les exilés fiscaux de rapatrier leurs avoirs cachés  à l’étranger et de payer  les pénalités en échange d’une promesse tacite d’absence de poursuite pénale… Des magistrats ont tenté de saisir le Conseil constitutionnel. Des députés ont déposés plusieurs amendements. Mais quand  il s’agit de protéger les riches, le verrou reste.

Clotilde Mathieu

Journaliste à la rubrique social-économie
Vendredi, 10 Février, 2017

Commentaire: Et ceux qui n’ont pas les 2000 euros de moyenne?

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin