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20 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

bidonvilles (europe1)

bidonville

Les démantèlements de bidonvilles s’accélèrent avant la trêve hivernale

Dans bientôt dix jours, la trêve hivernale interdira d’expulser quiconque de son logement. Cela vaut également pour les bidonvilles dont les démantèlements s’accélèrent.

Il existe 571 bidonvilles en France, dans lesquels vivent 16.000 personnes, selon les derniers chiffres du gouvernement. Mais cet hiver, les bidonvilles seront, pour la première fois, égale- ment concernés par la trêve hivernale, qui interdit d’expulser quiconque de son logement de fin octobre à fin mars. À dix jours du début de la trêve, c’est donc la course aux démantèlement des campements et bidonvilles.

« Une accélération vraiment inquiétante. » En une matinée, jeudi, trois campements ont été démantelés dans le département de l’Essonne. Depuis le mois de juillet, ce sont pas moins de 4.600 personnes qui ont été évacuées dans tout le pays. Du jamais vu depuis deux ans.  »Les préfets ont bien compris que pendant la trêve hivernale, ils ne pourront plus expulser les personnes qui vivent en bidonville. Il y a une accélération vraiment inquiétante, sans solution de relogement », s’alarme Manon Fillonneau, du collectif RomEurope.

Pas de relogement donc, ou alors trois nuits d’hôtel, dans des communes parfois éloignées.  Kostyn dit sa « tristesse », sa « souffrance » et sa « colère ». Il se retrouve loin de l’entreprise en bâtiment qui l’emploie, loin de l’école où sa fille vient d’être acceptée cette semaine.

« On devient des rats ? » À l’association Intermèdes Robinson, Yasmina dénonce les tenta- tives d’insertion ruinées. Elle a connu trois évacuations : « On se dit : ‘Où on va ? Qu’est-ce qu’on fait avec les enfants ?’ On s’est battu des mois pour les faire inscrire à l’école. Pas d’école, plus de maison. Les hôtels c’est bien pour trois jours, mais après, on va où ? Qu’est- ce qu’on va manger ? Qu’est-ce qu’on devient ? On devient des rats ? Ça, personne ne se pose la question. »

Le gouvernement assure de son côté avoir hébergé 3.600 personnes après des évacuations l’an passé. Sauf que le nombre de personnes vivant dans des bidonvilles a continué d’augmenter, signe du retour systématique à la rue.

20 octobre 2017

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19 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

jaloux! (politis)

mendiant

La jalousie des pauvres

Pour guérir de cette envie pathologique qui aigrit les cœurs et mine le corps social, le chômeur, le smicard, le salarié feraient donc mieux d’accepter leur sort une fois pour toutes. À le refuser, ils font du mal à la France.

L’air de rien, Emmanuel Macron a inventé un nouveau concept sociologique, dimanche sur TF1 : la jalousie sociale.

À l’en croire, le smicard aurait tendance à regarder dans l’assiette de Bernard Arnault. Et le syndicalisme ne serait qu’un fâcheux trait de caractère. Car c’est « la jalousie qui paralyse la France ». Au cours d’un long monologue à peine interrompu par quelques questions dont il ne semblait guère s’embarrasser, Macron a également innové en économie.

À la théorie du ruissellement, un peu trop connotée « idéologie libérale », il a préféré l’image du « premier de cordée », que l’on imagine traînant derrière lui comme un fardeau un peuple ingrat. On voit bien l’idée. Notre société serait construite à partir de hiérarchies immua- bles dont la verticalité est aussi abrupte que la face nord des Grandes Jorasses. Pour guérir de cette envie pathologique qui aigrit les cœurs et mine le corps social, le chômeur, le smicard, le salarié feraient donc mieux d’accepter leur sort une fois pour toutes. À le refuser, ils font du mal à la France. Voilà où nous en sommes !

Près d’un siècle et demi après la chute de l’empire et l’avènement de la République, la pensée ante-révolutionnaire est toujours vivace au plus haut sommet de l’État. Au terme d’une émission surtout consacrée à l’autojustification (« fainéant », « cynique », fouteur de « bordel » seraient autant de marques de considération exprimées dans un « langage soutenu »), le Président a déployé une vision du monde qui mêle néolibéralisme et ancien régime. Emmanuel Macron ne croit pas si bien dire quand il déclare à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel que la France est « un pays de monarchistes régicides ». Quand Montesquieu parlait de « jalousie », n’était-ce pas pour louer un peuple « jaloux de sa liberté » ?

Nos concitoyens qui ont eu la patience de regarder ce long plaidoyer pro domo ne pouvaient guère être convaincus. C’est d’ailleurs ce que confirme un sondage publié peu après l’émission [1]. Emmanuel Macron est-il un naïf ou un cynique ? Croit-il vraiment, contre toutes les évidences, que les gros actionnaires, encore enrichis par sa politique, vont investir dans l’économie réelle ? Que les propriétaires vont baisser leurs loyers pour compenser la suppression de l’aide personnalisée au logement ? Il le croit si peu qu’il s’apprête à contraindre les offices HLM, quitte à mettre en difficulté le logement social.

C’est toujours la même histoire : quand les concessions faites aux riches sont énormes, immédiates, et ruineuses pour le budget de l’État, les contreparties promises aux plus modes- tes sont, au contraire, pour des lendemains incertains. Comme l’augmentation des salaires des fonctionnaires, budgétée, puis reportée… à 2019.

Ou encore ce marché de dupes : une augmentation bien réelle de la CSG, appliquée sans délai, mais une suppression de la taxe d’habitation renvoyée à plus tard, et qui va appauvrir les collectivités territoriales, lesquelles, d’une façon ou d’une autre, le feront payer à leurs résidents, on annonce déjà l’explosion des prix du stationnement en ville, sans parler d’une prévisible détérioration des infrastructures. Au total, la politique d’Emmanuel Macron ressemble de plus en plus à une partie de bonneteau. Les perdants sont toujours les mêmes.

L’extension de l’assurance-chômage aux salariés démissionnaires risque de procéder de la même illusion. Elle était inconditionnelle dans le programme du candidat. La voilà sérieusement encadrée dans le discours du Président, et conditionnée à un « projet » qui la rend aléatoire et arbitraire. En fait de pédagogie, on a surtout le sentiment d’un enfumage.

Dimanche, Emmanuel Macron n’a pas parlé des promesses faites aux agriculteurs à l’occa- sion des États généraux de l’alimentation. Dommage, car l’engagement de déterminer les prix à partir des contraintes du producteur est intéressant. S’il est tenu, ce dont tout le monde doute , il devrait permettre à ceux des paysans qui ne parviennent même plus à se rémunérer de vivre de nouveau de leur travail.

Mais l’affaire est comme un condensé de toutes les difficultés du pays. La grande distribution, qui, jusqu’ici, régnait sur les prix, hurle déjà au crime économique, et promet de faire lourdement payer le consommateur. Où l’on retrouvera l’étudiant, le fonctionnaire, le retraité et tant d’autres déjà attaqués dans leur pouvoir d’achat… Car c’est aussi cela la politique libérale : le risque d’opposer entre elles des catégories de citoyens prises dans le piège infernal des fameux critères européens.

[1] Selon un sondage Harris Interactive, 61 % des Français « exposés à la prise de parole du Président » n’ont pas été convaincus.

Denis Sieffert 18 octobre 2017

https://www.politis.fr/

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18 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

crise écologique (cdl’a)

Crise écologique : notre cerveau n’est pas programmé pour se la représenter !

La petite histoire suivante montre à quel point le cerveau humain peine à entrevoir la spécificité de la croissance exponentielle. Le Grand Vizir Sissa ben Dahir, inventeur supposé du jeu d’échec, aurait répondu au roi indien Shirham qui lui demandait quelle récompense il souhai- tait: «Majesté, je serais heureux si vous m’offriez un grain de blé que je placerais sur la première case de l’échiquier, deux grains sur la deuxième case, quatre grains sur la troisième, huit grains sur la quatrième, et autant de grains de blé qu’il serait possible de poser en couvrant  ainsi de suite les soixante-quatre cases ».

Le roi a du sûrement penser :  « 1, 2, 4, 8, 16, 32… » , imaginant dans sa tête les 6 premières cases… Il répondit à son vizir inventeur «  Pas de problème ! Et c’est tout ce que tu souhaites Sissa, espèce d’idiot ? ».

Le roi n’avait pas un cerveau de mathématicien. A la onzième case, il faut déjà 1024 grains de blé… puis tout s’emballe. Qui entrevoit que le nombre de grains demandé est de 18.446.744.073.709.551.615 ce qui correspond à 1000 fois la production mondiale de blé en 2012 ?

Tellement habitué aux évolutions  linéaires, le cerveau de l’homme non mathéma- ticien n’appréhende pas une des particularités de la croissance exponentielle : sa vitesse.

Cette incapacité d’intelligence est un des éléments nous permettant de comprendre l’évolution de notre conscience écologique. Notre cerveau nous fait intuitivement percevoir l’apocalypse écologique, pourtant prévisible à un horizon de 50 ans, comme un évènement possible à une échéance extrêmement lointaine.

Si une quantité quelconque (la richesse, la pollution etc.) augmente d’un petit pourcentage chaque année, sans calcul mathématique le cerveau humain peine à estimer intuitivement le nombre d’année nécessaire au doublement. 
Taux de croissance annuelle d’une quantité (richesse, pollution etc.) 1% 2% 5% 10% 20%
Temps de doublement de la quantité initiale 70 ans 35 ans 14 ans 7 ans 4 ans

Explorons, de 1970 à 2070, un siècle de conscience écologique.

Pour les besoins de notre démonstration, nous proposons d’imaginer un quelconque territoire découpé en 1024 unités de surfaces équivalentes, qui pourrait être par exem- ple la mer Méditerranée ou bien la planète entière. Pour simplifier, nous considèrerons que le système qui a organisé l’exploitation de ce lieu, n’a dégradé jusqu’en 1970 aucune de ces 1024 petites surfaces.

Minime anicroche en 1970 : 1 seule unité de surface est dégradée.

Ce peut-être quelques fonds marins et quelques espèces de poissons si l’on a considéré comme territoire la mer Méditerranée, ou l’assèchement de la mer d’Aral si l’on a considéré la planète. Le millième de la surface s’est dégradé, mais qui s’en aperçoit ? Les habitants qui côtoient cette dégradation, sont les oubliés du jeu gagnant-gagnant de la mondialisation des échanges.

Seuls 7 hurluberlus, scientifiques de haute volée, certains du Massachusetts Institute of Technology (MIT), mandatés par le « Club de Rome » en 1970, posent la question du nombre d’unités qui seront à ce rythme dégradées en 2050. Ils modélisent des dynamiques qui se révèlent être des exponentielles qui interagissent, en s’appuyant sur diverses données mon- diales comme la production, la pollution, la population, etc. Les résultats sont choquants : si le business continue sans inflexion, les dégâts irréversibles entraineront une chute de population dès 2030. Ils écrivent un best-seller sur les limites de la croissance.

Léger problème local en 1980 : 2 unités sont dégradées.

Pourquoi se soucier de 2 unités sur 1024 ? Une explosion frénétique de douce consommation, appelée croissance, cache le problème sous le tapis. La question du futur ne se pose alors que pour quelques mathématiciens et certains écologistes. Ils se demandent toujours comment va augmenter cette dégradation : de manière linéaire ou exponentielle ?  Les deux tendances sont toutes deux encore envisageables puisque les séries linéaires et exponentielles commencent par les mêmes chiffres : d’abord 1, ensuite 2…

L’accroissement linéaire atteint 1024 en 1024 coups :

1 (en 1970), 2 (en 1980), 3 (en 1990), puis 4, puis 5 … et enfin 1024 (dans 10 000 ans)

L’accroissement géométrique atteint 1024 en 11 coups :

 1 (en 1970), 2 (en 1980), 4 (en 1990), 8 (en 2000), 16 (en 2010), 32 (en 2020), 64 (en 2030), 128 (en 2040), 256 (en 2050), 512 (en 2060), 1024 (en 2070).

Le président américain Reagan est un non mathématicien, dont le cerveau pense linéaire. Il fustige donc en 1985 le travail du Club de Rome en  affirmant que pour l’Amérique il n’y a pas de Limits to Growth.

Petit problème mondial en 1990 : 4 unités sont dégradées.

Au Sommet de la terre de Rio en 1992, le petit monde des décideurs politiques flippe: et si le «Club de Rome» avait raison ? On vit trop bien cependant. Au moins ceux qui profitent le plus du système. Et il faut être réélu. Le président américain, Bush père, dénonce publiquement la pensée anti progrès du livre Limits to Growth. Dans le cerveau de Bush 1, 2, 4 n’est pas si loin de 1, 2, 3. Si la vitesse de destruction s’avère n’être finalement que linéaire, il reste 10 000 ans avant l’effondrement.

2000-2010 : Problème mondial sérieux: 8 unités sont dégradées.

Le GIEC confirme l’apocalypse climatique. Pourtant, ceux pour lesquels il fait si bon vivre de la surconsommation préfèrent retenir les doutes climato-sceptiques. Il reste 1016 unités saines. Ils redemandent aux scientifiques de vérifier leurs mesures et voir si d’autres facteurs n’entre- raient pas en jeu : est-ce bien  1, 2, 4, 8 ? Les mesures des scientifiques ne sont-elles pas imprécises ? Toutes les complexités sont-elles bien prises en compte ?  La série ne redevien- dra-t-elle pas finalement linéaire après deux anomalies, le 4 et le 8,  liées à d’autres causes qui ne se reproduiraient pas ?  Si c’était le cas, en 2070 ce ne seraient que 11 unités dégradées sur 1024, à peine 1% de la surface. Ce serait une fausse alerte de déclinistes grincheux et les inventions technologiques auraient le temps de nous sauver.

2010-2020 : Risque de catastrophe: 16 unités sont dégradées.

De ces unités dégradées, l’homme ne tire plus aucun moyen de subsistance. Ceci accélère la dégradation d’autres unités.  De nouveaux hurluberlus proposent de vivre « la décroissance » comme une solution à étendre à l’humanité entière : chacun se contentant d’une juste part.

Face à la catastrophe (en 2020, 32 unités sont dégradées), la COP21 en 2016 se conten- te d’une mesurette. Elle cumule des promesses qui, même si elles étaient tenues, ne permet- traient pas de limiter le réchauffement climatique à 2°C.

La promesse de gascon de la COP21 La COP 21 voudrait éviter la catastrophe sans tou- cher aux écarts qui se creusent entre les riches et les pauvres et conforte le président Obama qui affirme alors que le mode de vie des Américains reste non négociable : pour que le mode de vie américain passe de 4 planètes à 1 planète, on mise sur la seule technologie et … on croise les doigts.  En 2017, pour la première fois la pauvreté dans le monde ne baisse plus.

Le choc en 2030 : 64 unités sont dégradées.

Face à la catastrophe perceptible aux yeux de chacun, maintenant que 6% du territoire est détérioré, le cerveau humain reconnait le danger de la tendance exponentielle. Pour freiner la dégradation de 6% de plus, promise à la fin de la décennie, deux options émergent. L’option de répartir égalitairement les consommations sans dépasser ce que notre planète fournit chaque année soit une division par 4 de l’ordinaire des habitants des pays riches et par 2000 des trains de vie des plus riches.

L’option de laisser disparaitre en dix ans les 20% de la population qui consomment 6% de la production mondiale. Soit 1,5 milliard d’humains. Empêcheront-elles qu’en 2040, 128 unités soient dégradées ? En 2050, les 256 unités dégradées représenteront 25% de l’espace encore disponible. En 2060, l’humanité se partagera 50% de l’espace vivable. En 2070, la dégradation  exponentielle aura couvert la totalité du territoire.

De 1970 à 2070, la tragédie du temps…

La tragédie du temps si bien chantée par le poète Moustaki:

« Pendant que je dormais, pendant que je rêvais
Les aiguilles ont tourné, il est trop tard…
Certains se sont battus, moi je n’ai jamais su
Passe, passe le temps, il n’y en a plus pour très longtemps…
Pendant que je chantais, pendant que je t’aimais
Pendant que je rêvais il était encore temps »

La tendance exponentielle de la dégradation a été comprise en 1972 par les scientifiques hurluberlus du « club de Rome ». Quant à nous autres, l’exponentielle nous a surpris.

Denis Dupré

Réponse 

  1. Albert Jacquart racontait cette petite histoire à ses étudiants pour la prise de conscience de la croissance exponentielle:
    Il appelait cette histoire l’équation des nénuphars !
    L’hypothèse de départ est que les nénuphars doublent leurs nombres ou la surface occupée chaque jour qui passe. On constate qu’au bout d’un mois de 30 jours le lac qu’ils occupent est plein ( la fin du monde pour ces nénuphars là !).
    La question que posait Albert Jacquart était la suivante:
    à partir de quand le lac était à moitié vide ? La réponse de la très grande majorité des étudiants était le 15ème jour alors qu’une petite minorité donnait la bonne réponse, le 29 ème.
    On imagine bien que dans le monde des nénuphars, on ne se préoccupait pas de la si proche fin du monde à l’aube du 26 ème jour où seulement 6,25% du lac était couvert!

    Christophe Lassiat   14 octobre 2017

    https://alaingrandjean.fr/

    Commentaire: La chanson: Beds Are Burning est une chanson politique, réclamant la restitution de leurs terres natales aux aborigènes Pintupi, volées 200 ans plus tôt par les colons britanniques. En parlant de la spoliation d’un territoire et de son exploitation pour en tirer un maximum de profit, la défense du peuple aborigène se double d’un message écologiste plus global, et souligne l’urgence à prendre conscience de l’impact des activités humaines sur la planète.

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17 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

précarité (jdd)

infog-1

Les mille visages de la précarité en France

La pauvreté concerne plus de 14% de la population française et touche toutes les géné- rations. Tour d’horizon à l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère. En France, près de 8,9 millions de personnes vivent en dessous du seuil de pauvreté.

Des femmes, des enfants, des jeunes, étudiants ou en recherche d’emploi, des handicapés…

Mais aussi des seniors ou encore des actifs indépendants : artisans, agriculteurs, commer- çants, chefs d’entreprise. La pauvreté n’a pas un, mais de multiples visages. En France, ils sont 8,9 millions selon l’Insee, qui retient le seuil de 60% du revenu médian. Un peu plus de la moitié d’entre eux ont moins de 30 ans. Un sur dix a plus de 60 ans. La pauvreté a progressé en France ces dix dernières années avec un million de personnes supplémentaires au-des- sous du seuil. L’extrême précarité a même bondi de 69% entre 2002 et 2012 : aujourd’hui, 2,3 millions de français vivent avec moins de 660 euros par mois. Depuis deux ans néanmoins, le taux tend à se stabiliser, note l’Observatoire des inégalités.

Taux de chômage record chez les moins de 25 ans

Entre décembre 2015 et mars 2017, le nombre d’allocataires du RSA (revenu de solidarité active) a pour la première fois diminué de 5%, soit 95.000 personnes de moins. Certes, la part de ces citoyens pauvres (42%) est trois fois plus élevée dans les quartiers dits « prioritaires » que la moyenne nationale, mais ces deux millions de personnes représentent moins d’un quart (23%) de la population pauvre en France. On trouve les 77% restants dans nos villes, en zone périurbaine et rurale…

De la même manière, plus des trois quarts des élèves en situation précaire étudient hors des zones d’éducation prioritaire.

Le Centre d’observation de la société rappelle que 3,2 millions des enfants issus de milieux défavorisés sont scolarisés dans des établissements classiques. En France, la pauvreté concerne un enfant sur cinq. Selon Eurostat, la situation s’est fortement dégradée entre 2003 et 2012 en raison de la crise économique : 158.000 enfants pauvres supplémentaires, dont 110.000 très jeunes.

La plupart appartiennent à des familles frappées par le chômage.

Mais ce sont aussi des enfants de salariés précaires, mal rémunérés. Plus d’un enfant pauvre sur dix vit avec deux parents qui travaillent et un tiers sont élevés au sein d’une famille mono- parentale. Avec des mamans, explique le Centre d’observation de la société, « découragées devant les difficultés à trouver un travail, les bas salaires ou les horaires incompatibles avec la charge d’enfants ». Selon l’Insee, deux millions de familles monoparentales vivent dans la pauvreté.

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Un enfant sur cinq vit dans une famille pauvre. (JDD)

Un étudiant sur cinq renonce à se soigner

Le taux de chômage bat des records chez les moins de 25 ans (22,1%). L’an dernier, la moitié des jeunes sans diplôme, sortis du système scolaire trois ans plus tôt, étaient sans emploi – contre un quart en 2001 –, selon un rapport du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq). Et le taux de chômage des jeunes diplômés de l’enseignement supé- rieur, trois ans après leur sortie du système universitaire, a doublé (de 5 à 10%) en quinze ans. Aujourd’hui, 20% des jeunes adultes vivent sous le seuil de pauvreté. Alors que le logement mobilise plus de la moitié de leur budget, un étudiant sur cinq renonce à se soigner faute de moyens, selon l’étude Pacte Santé 2017 de la Croix-Rouge.

Parmi les actifs, les professions indépendantes (agriculteurs, artisans, commerçants, chefs d’entreprise…) sont encore plus menacées par la précarité que les salariés, même si la situation s’améliore après deux années difficiles : leur taux de pauvreté passe de 23,7 à 22%, une décrue qui concerne surtout les commerçants. Aujourd’hui encore, un artisan sur cinq et un quart des agriculteurs sont pauvres.

Le risque de pauvreté s’aggrave également avec le handicap. Alors que le niveau de vie médian est inférieur de 167 euros à celui des personnes sans handicap, note l’Observatoire des inégalités, près d’un quart des personnes touchées par plusieurs limitations handicapantes vivent sous le seuil de pauvreté. Et plus le handicap est sévère, plus le niveau de pauvreté est élevé.

17 octobre 2017

http://www.lejdd.fr/

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16 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

fmi (anti-k)

war

Pour plus de croissance, le FMI invite à taxer… les revenus des riches

Il faut taxer plus fortement les riches, car ce sont les inégalités, et non pas les impôts, qui pénalisent la croissance, pointe le Fonds monétaire international. Enfin ?

« Un pavé dans la mare », s’amuse « le Courrier International ».

A la veille de son assemblée annuelle, vendredi 13 octobre, le Fonds monétaire internatio- nal (FMI), dirigé par Christine Lagarde, lance un avertissement : il faut taxer plus fortement les riches, car ce sont les inégalités, et non pas les impôts, qui pénalisent la croissance. Certaines inégalités sont inévitables dans un système basé sur l’économie de marché, constate le FMI,  mais ce dernier s’inquiète d’une « inégalité excessive qui compromettrait la cohésion sociale conduisant à un affaiblissement de la croissance économique », dans un rapport publié mercredi dans le cadre de ses réunions d’automne.

« Au cours des trente dernières années, l’inégalité a augmenté dans de nombreux pays, en grande partie à cause des changements technologiques », pointe le FMI. « Dans les écono- mies avancées, les revenus des 1% les plus riches ont augmenté trois fois plus vite que ceux du reste de la population. » Or « les recherches du FMI dans ce domaine ont montré que la montée des inégalités présente des risques pour la durabilité de la croissance économique ».

« Les gouvernements risquent de saper la croissance économique mondiale en réduisant les impôts des riches », annonce le « New York Times » à la lecture de ce rapport. Et de poursui- vre : « Ce message, bien que largement adressé à tous les pays développés, a une résonance particulière aux Etats-Unis alors que l’administration Trump et les législateurs républicains prônent un plan fiscal qui, selon les critiques, exacerberait les inégalités de revenus en réduisant les impôts des Américains les plus riches. »

Le « Guardian » résume également: « Taxer plus fortement les revenus des riches contribuerait à réduire les inégalités sans avoir un impact négatif sur la croissance. Le FMI, basé à Washington, a utilisé son puissant moniteur budgétaire semestriel pour démolir l’argument selon lequel la croissance économique souffrirait si les gouvernements des pays occidentaux développés obligeaient les 1% les plus riches à payer plus d’impôts. »

Le quotidien britannique y voit aussi un message positif adressé au Parti Travailliste, qui propose de taxer à 45% les revenus supérieurs à 80.000 livres (91.200 euros), et de 50% les revenus supérieurs à 123.000 livres (140.000 euros). Dans un discours à Harvard, Christine Lagarde a renouvelé cet appel à profiter de la reprise pour « créer une économie plus inclusive qui fonctionne pour tous ». Citant John Fitzgerald Kennedy, elle a déclaré : « Aussi agréable que cela puisse être de se prélasser dans la chaleur de la reprise… le meilleur moment pour réparer sa toiture, c’est lorsque le soleil brille. »

Alors, comment réduire les inégalités et taxer les revenus les plus riches ?

« La politique budgétaire est un instrument puissant pour atteindre les objectifs de redistri- bution », explique le FMI. Mais « dans la réalité, la progressivité du système fiscal des pays peut être plus basse encore parce que les contribuables les plus riches ont souvent accès à toutes sortes de façons de payer moins d’impôt« , explique « le Devoir ».

Le FMI suggère donc un durcissement des règles sur les revenus du capital et les revenus des dividendes, ainsi que les taxes foncières, les impôts sur les successions et autres taxes sur les biens de luxes, l’énergie produite à partir de combustibles fossiles, l’alcool et le tabac afin de mieux redistribuer la richesse. L’institution ajoute :« De nombreux pays devraient s’attacher à réduire les possibilités de fraude et d’évasion fiscales. Les impôts sur la propriété immobilière sont à la fois équitables et efficaces. »

Le FMI suggère aussi de « mieux cibler les dépenses publiques consacrées aux catégories défavorisées afin d’améliorer l’accès à une éducation et à des soins de santé de qualité. Cela accroîtra aussi l’efficience globale ». Le rapport s’interroge enfin sur l’opportunité d’instaurer un revenu de base universel.

L.T.  L’Obs 13 octobre 2017

http://www.anti-k.org/

Commentaire: Plus les riches sont riches et plus ils sont puissants. Plus ils sont puissants et moins ils paient d’impôts. Ce sont les pauvres qui doivent payer pour tout. Voir l’Empire Romain…

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13 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

club de paris (cadtm)

dette

Quel est le rôle du Club de Paris ?

Le Club de Paris est un groupe d’États créanciers du Nord, spécialisé dans le traitement des défauts de paiements des pays du Sud par la renégociation de leurs dettes publiques bilaté- rales (c’est-à-dire les dettes contractées auprès d’autres États).

Depuis sa création en 1956, le Club de Paris a conclu 433 accords avec 90 pays débiteurs, pour un montant total de dettes restructurées (rééchelonnées ou annulées) de 583 milliards de dollars US |1|.

Le très sélect Club de Paris est composé de 22 pays |2|. Jusqu’à récemment, il s’agissait uniquement des pays occidentaux industrialisés ; en 2016, la Corée du Sud et le Brésil ont rejoint le Club, preuve que les puissances émergentes sont désormais incontournables en matière de dettes souveraines. Les représentant-e-s des pays membres se réunissent men- suellement au sein du ministère français des Finances |3|, aux côtés d’éventuels autres États créanciers ainsi que des représentant-e-s des institutions internationales (à titre d’observa- teurs) comme le FMI, la Banque mondiale, la CNUCED, l’OCDE, la Commission européenne ou les banques régionales de développement.

Business as usual : maximiser le recouvrement de fonds

Lorsque le Club intervient, la restructuration de la dette qu’elle opère vise à rétablir la solva- bilité du pays, autrement dit, elle se contente de rendre la dette remboursable dans l’objectif de permettre aux créanciers de recouvrer le maximum de leurs créances en arriérés. Mais il n’est nullement question de droits humains ou de conditions de vie des populations. Les membres du Club de Paris détiennent près de 30 % du stock de la dette des pays du Sud, dont le fardeau injuste saigne les peuples. Le Club est dirigé par le directeur du Trésor Français et son secrétariat est hébergé par ce ministère. Le contribuable français paie donc pour les frais de cette non-institution.

Une institution opaque sans existence officielle

Malgré l’importance qu’il occupe sur la scène internationale, le Club de Paris n’a en réalité ni existence légale ni personnalité juridique, une «non-institution» comme il se définit lui-même. Telle est la stratégie pour échapper à toute responsabilité démocratique : le groupe informel ne fait que formuler des « recommandations » qui, dans la pratique et selon le principe de «soli- darité» qui régit le Club, sont appliquées à la lettre par les États membres. Autres éléments qui viennent corroborer cette opacité et l’absence de légitimité de l’institution : l’agenda des ses- sions n’est jamais rendu public à l’avance, les réunions se déroulent à huis clos, la teneur des discussions et des délibérations est maintenue secrète, même à posteriori, la société civile du Sud ou du Nord n’est jamais représentée.

Des règles et des alliés peu « fairplay » au service d’un agenda à peine caché

Seul et isolé face à un cartel de créanciers puissants et unis, le pays débiteur est générale- ment représenté par le ministre des Finances ou le gouverneur de la Banque centrale. Le Club de Paris est à la fois juge et partie, et le pays débiteur est quant à lui, pieds et poings liés.

En effet, les restructurations de dettes souveraines prennent place dans des situations de crise, souvent en réponse à un défaut ou à un risque de défaut de paiement du pays débiteur. Pour accéder à une réunion de « négociation », le pays débiteur, en situation de quémandeur, a donc dû, d’une part, démontrer l’impossibilité de poursuivre les remboursements de sa dette en l’état et, d’autre part, conclure d’ores et déjà un accord avec le FMI ou la Banque mondiale.

Ces « pompiers pyromanes » qui éteignent les feux pour en rallumer d’autres, en imposant comme conditionnalités une série de réformes qui non seulement sont contraires à l’intérêt du pays endetté et à son peuple, mais sont également contre-productives en plongeant l’économie du pays dans la spirale de l’austérité et de la récession.

Le Club de Paris est également l’outil de l’initiative PPTE (Pays pauvres très endettés) mise en place en 1996 par les pays créanciers, via le FMI, en réponse à l’échec des politiques menées depuis la crise de la dette des années 1980. Cette initiative, présentée médiatique- ment comme un cadeau fait aux pays, n’est en fait que le moyen de les remettre en position de remboursement et de leur imposer des politiques d’ajustement structurel |4|, dont les effets se sont avérés socialement destructeurs.

dette

Des enjeux géopolitiques et commerciaux

Les enjeux géopolitiques des créanciers jouent un rôle déterminant dans le choix des pays auxquels est accordée une restructuration de dette et dans ses modalités. En guise d’illus- tration, la Pologne du gouvernement pro-occidental de Lech Walesa, alors qu’il venait de quitter le Pacte de Varsovie |5| pour passer dans le camp occidental, a obtenu en 1991 une réduction de 50 % de sa dette bilatérale à l’égard des créanciers du Club de Paris.

L’Égypte a obtenu un traitement similaire la même année, alors que le dictateur à sa tête, Hosni Moubarak, constituait un soutien clé dans la première guerre du Golfe.

L’Irak, suite à l’invasion illégale du pays en mars 2003 par les États-Unis et leurs alliés, a bénéficié en 2004 de 80 % d’annulation du stock de sa dette (soit 30 milliards de dollars US) et un moratoire sur le paiement jusqu’en 2008. Dans de nombreux autres cas, le Club de Paris a restructuré des dettes issues de régimes dictatoriaux servant les intérêts de ses membres, leur octroyant ainsi une légitimation et empêchant une annulation pure et simple de ces dettes sur la base de l’argument juridique de la dette odieuse.

Pour ne citer que quelques exemples : le Chili de Pinochet en 1974 ; l’Indonésie de Suharto, à quatre reprises entre 1966 (un an après le massacre de plus de 500 000 personnes) et 1970 ; le Brésil et sa junte militaire en 1983 ; la République démocratique du Congo de Mobutu entre 1976 et 1989 (9 passages devant le Club de Paris) ; la Sierra Leone entre 1992 et 2002 (5 passages) ; le Congo-Brazzaville en 1986 et 1990 ; le Gabon de 1987 à 2004.

dette

Dans le même temps, nombre de pays « défavorisés » n’ont pas droit au moindre allègement. Et les pays touchés par le tsunami de décembre 2004 n’ont pas eu mieux, au- delà des annonces purement médiatiques, qu’un simple moratoire d’un an entraînant de sur- croît des intérêts de retard à payer ! Les pays membres du club ont ainsi été, une nouvelle fois, moins solidaires que des millions de personnes dans le monde. Le Sri Lanka s’est vu accorder un différé de paiement pour 227 millions de dollars US (sur 6,2 milliards dus aux pays membres !) toujours sous condition de rembourser les créances non concernées. L’Indonésie a connu le même sort : 2,7 milliards de dollars US différés sur presque 53 milliards dus au Club.

Lorsque le Club de Paris intervient, il n’est nullement question de droits humains ou de conditions de vie des populations.

Si le Club s’est vu marginalisé dans la crise grecque au bénéfice de l’Eurogroupe, alors que la Grèce est le principal débiteur du Club |6|, il n’en est pas de même pour Cuba et l’Argentine, pour lesquels le Club a joué un rôle de premier plan pour réintégrer ces deux pays dans le « système dette » |7|.

L’Argentine était en défaut de paiement à l’égard de 15 pays membres du Club de Paris depuis la suspension de paiement de 2001 opérée en pleine crise économique. En mai 2014, le Club de Paris a signé un accord avec l’Argentine prévoyant le remboursement intégral au cours des 5 prochaines années. La somme à rembourser (9,7 milliards de dollars US) inclus le capital, les intérêts, mais également des intérêts punitifs sur les arriérés. L’accord est condi- tionné à la réalisation d’investissements étrangers en provenance des pays créanciers. En aucun cas, l’origine et la légitimité de la dette argentine n’est questionnée, alors qu’elle pro- vient en grande partie des prêts concédés durant la dictature militaire et génocidaire (1976- 1983), notamment pour l’achat de matériel militaire.

En décembre 2015, c’est au tour de Cuba de parvenir à un accord historique avec le Club de Paris pour restructurer la dette sur laquelle le pays avait fait défaut en 1986.

L’Accord prévoit que les pays membres du Club abandonnent les intérêts sur cette dette pour un montant de 8,5 milliards de dollars US (qui inclut les pénalités de retard). En échange, Cuba s’est engagé à rembourser les 2,6 milliards de dollars US qui correspondent au principal, sans taux d’intérêt jusque 2020 et à un taux de 1,5 % à partir de cette date. L’octroi par Cuba de bénéfices en matière commerciale et d’investissement a joué un rôle fondamental dans cette opération. L’Espagne et la France, principaux créanciers, entendent protéger leur position dans la perspective d’une ouverture de l’économie cubaine vers l’extérieur.

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Le Club de Paris doit être aboli !

Le fonctionnement du Club de Paris interdit à ses membres de prendre des initiatives qui mettraient en porte à faux les autres membres. C’est ainsi que la Norvège s’est vue reprocher la reconnaissance du caractère illégitime et l’annulation de certaines de ses créances vis-à-vis de cinq pays (Équateur, Égypte, Jamaïque, Pérou et Sierra Leone). Les autres membres du Club craignaient de se voir réclamer de faire de même vis-à-vis de dettes odieuses ou illégitimes.

Un des objectifs affirmés du Club est d’aider les pays concernés à « mettre en œuvre des politiques lui permettant de ne plus recourir au Club de Paris ». Force est de constater que c’est un cuisant échec. Le Sénégal est passé 14 fois devant le Club depuis 1981, la République démocratique du Congo 13 fois depuis 1976, le Togo 13 fois depuis 1979, la Côte d’Ivoire 12 fois depuis 1984, le Niger 11 fois depuis 1983… Ce qui est atteint, c’est au mieux une soutenabilité financière de court terme. Ensuite, les politiques proposées se tradui- sent par une ouverture des économies aux multinationales, des mesures antisociales… et un nouvel endettement.

Les désastres sur les populations causées par ses politiques et la conviction que le Club est par essence irréformable amènent le CADTM a prôné la suppression pure et simple du Club de Paris.

A contrario, face à une nouvelle crise de la dette des pays du Sud qui menace d’éclater à tout moment, le Club risque bien de revenir sur le devant de la scène. Pourtant, s’il s’agit de dési- gner un cadre institutionnel international pour négocier les restructurations de dettes, il serait plus intéressant d’encourager des initiatives comme celle de l’Assemblée générale de l’ONU de créer un cadre juridique international pour la restructuration des dettes |8|. Mais face aux obstacles dressés par les créanciers pour aboutir à un cadre institutionnel plus équitable et au vu de l’urgence sociale et des nombreuses preuves du caractère odieux des dettes des pays du Sud, la priorité reste bien la désobéissance face aux créanciers !

12 octobre  Maud Bailly

Semaine d’actions contre la dette et les institutions financières internationales du 9 au 15 octobre 2017. A l’occasion de la semaine d’actions contre la dette et les institutions financières internationales se déroulant du 9 au 15 octobre 2017, le CADTM revient sur les principaux mécanismes et institutions au centre du « système-dette ».

http://www.cadtm.org/

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11 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

csg (europe1)

retraite

Hausse de la CSG : « Faut-il ouvrir une guerre entre générations? »

La CSG devrait rapporter 22 milliards d’euros supplémentaires à l’Etat en 2018.

La France a mis en place un système de retraite par répartition qui assure aux actifs qu’ils auront un niveau de vie satisfaisant durant leur retraite.

Les retraités ont un niveau de vie égal à celui des personnes d’âge actif ; les classes d’âge défavorisées sont les enfants et les jeunes. Les retraités, qui jadis ne payaient pas de cotisa- tions sociales, ont subi la montée en puissance de la CSG tandis que le coût des complé- mentaires santé augmente.

Leurs pensions ne bénéficient plus, depuis 1983, de gain de pouvoir d’achat, cela quelle que soit l’évolution des salaires. Les prévisions officielles envisagent de faire financer le vieillissement de la population par la baisse progressive, de l’ordre de 20%, du niveau des retraites par rapport à celui des salaires. Faut-il que les retraites deviennent la variable d’ajustement des finances publiques?

Faire financer les prestations chômage et les prestations maladie-maternité par la CSG, et donc les retraités (qui, par définition, n’en profitent jamais), au lieu de les faire financer logi- quement par les salariés (qui y ont droit selon le montant des cotisations versées) est une stupidité du point de vue de la logique économique et sociale. L’objectif, à peine caché, est de retirer aux syndicats de salariés leur légitimité pour intervenir dans les décisions de l’Unédic afin de transformer les prestations chômage en une allocation uniforme de bas niveau.

Il serait légitime d’augmenter la CSG de tous pour financer une hausse des dépenses de santé qui profite à tous

La pension de retraite est un droit social acquis en raison des cotisations versées. Elle doit être garantie et ne pas être diminuée de façon arbitraire. Autant il serait légitime d’augmenter la CSG de tous pour financer une hausse des dépenses de santé qui profite à tous, autant il ne l’est pas de l’augmenter pour une telle opération. D’autant qu’en même temps le gouverne- ment diminue de 5 milliards les impôts payés sur les revenus du capital, les mêmes 5 milliards qu’il prélève sur les retraités.

Faut-il ouvrir une guerre entre générations?

En prétendant financer une hausse de 1,8% du pouvoir d’achat des actifs par une baisse de 1,8% du pouvoir d’achat des retraités?

Faut-il diminuer le pouvoir d’achat d’un retraité qui touche 1.500 euros par mois pour aug- menter celui d’un cadre à 7.500 euros de salaire ou d’un riche actionnaire? Cette mesure, si elle est équilibrée financièrement, n’augmente pas le pouvoir d’achat global des ménages ; elle ne contribue donc, ni à relancer l’économie, ni à faire diminuer le chômage.

L’objectif du gouvernement rejoint celui du patronat : faire croire aux salariés qu’ils n’auront de gains de pouvoir d’achat que par la baisse des dépenses publiques et sociales, comme si celles-ci ne leur bénéficiaient pas. Finalement, les salariés ne seront pas gagnants : leur droit aux prestations chômage est fragilisé ; leurs retraites seront plus faibles demain.

10 octobre 2017

 Henri Sterdyniak, animateur des Economistes atterrés, animateur des Economistes atterrés, estime qu’il ne faut pas faire payer les retraités, car « la pension est un droit social acquis ».

http://www.lejdd.fr/

Lire la justification macroniste:

Hausse de la CSG : pourquoi il faut taxer les retraités (Europe1)

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08 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

emplois aidés (associations citoyennes+politis + fr3)

Résultat de recherche d'images pour "Non à l'immense plan social sur les emplois aidés !  Mercredi 18 octobre : la " journée noire " des associations"

Non à l’immense plan social sur les emplois aidés !

Mercredi 18 octobre: « journée noire » des associations

Avec une violence inouïe, le gouvernement vient de décider la suppression de 150 000 emplois aidés dès 2017, et 110 000 supplémentaires en 2018.

Compte tenu de la fragilité des associations, beaucoup déboucheront sur des licenciements. Cet immense plan social a été décidé sans aucune concertation et dans une approche strictement comptable.

Il témoigne d’une ignorance et d’un mépris de la société civile, qui semble pour le gouvernement se réduire aux start-ups et aux entrepreneurs sociaux. Cette décision est catastrophique pour des dizaines, et bientôt des centaines de milliers de salarié.e.s privés d’emploi, pour des milliers de collectivités incapables d’assurer la continuité du service public, pour la survie de milliers d’associations et pour les populations aidées. C’est une atteinte grave à la dignité des personnes, à l’accès au droit, à la solidarité, aux pratiques culturelles, sportives et éducatives, au vivre ensemble.

Les associations ne se définissent pas seulement par un « modèle économique », mais par un modèle social, démocratique, humain fait d’émancipation, de respect des droits fondamentaux, d’égalité, mais aussi de coopération, de générosité. L’innovation sociale, ce n’est pas l’ubéralisation de la société, mais l’invention sans cesse renouvelée de réponses sur le terrain aux besoins des habitant.e.s et aux aspirations des citoyen.ne.s dans la fraternité. Le retour au 19è siècle qu’on nous propose est archaïque et invivable.

C’est pourquoi les organisations et les citoyens signataires demandent :

– Un moratoire sur la suppression des emplois aidés en 2017-2018, c’est-à-dire de nouvelles instructions à Pôle emploi et aux services déconcentrés de l’État pour renouveler les contrats aidés sur la base des critères de début 2017, sans se limiter à des aménagements à la marge en fonction des protestations ;

– Une étude d’impact sérieuse et contradictoire de l’évolution des financements publics aux associations, de leurs effets sur la vie citoyenne et les territoires, sur les actions réalisées par les associations au service de l’intérêt général et sur les conditions d’emploi dégradées des salarié.es associatifs ;

– La mise en place dès le budget 2018 d’une ligne budgétaire dotée de 800 millions d’euros supplémentaire et son attribution déconcentrée aux associations contribuant à l’intérêt général qui en ont le plus besoin[1], employeuses ou non, afin de permettre à ces associations d’assurer la continuité des missions indispensables qu’elles remplissent au service de la société ;

– L’ouverture d’une négociation sur l’emploi associatif, afin que les associations puissent, pour leurs missions permanentes au service de l’intérêt général, rémunérer correctement leurs salarié.e.s de façon stable à travers des CDI, tout en maintenant un dispositif adapté de retour à l’emploi.

Mercredi 18 Octobre est la date retenue pour une grande mobilisation des associations « journée noire » en parallèle au 12ème forum national des associations et des fondations (Palais des Congrès Paris)

6 octobre 2017

Version PDF ICI

http://www.associations-citoyennes.net/

Lire aussi:

«Journée morte» contre l’immense plan social dans les assos (Politis)

Brest : des affiches sur les murs pour défendre les emplois aidés (FR3)

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06 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

cice (le peuple breton)

patrons

L’efficacité réelle du CICE n’est pas démontrée

Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi plus couramment appelé « CICE » est un avantage fiscal qui concerne les entreprises employant des salariés et équi- vaut à une baisse de leurs cotisations sociales. Il a été mis en place par le gouver- nement Ayrault, lors du précédent mandat et conservé par l’actuel. Son comité de suivi a rendu son rapport 2017.

A grand renfort de communication, le patron du Medef, Pierre Gattaz expliquait en 2012,  pin’s à la main, que le CICE allait créer 1 million d’emplois. Entré en vigueur le 1er janvier 2013, le comité de suivi évalue (durant la période 2013-2015) à 100 000 le nombre d’emplois créés… ou sauvegardés par ce CICE ! On est vraiment loin du compte.

Avec beaucoup de pincettes (comme s’il voulait dévaloriser ses propres conclu- sions), le comité de suivi « note que le CICE a conduit à une amélioration des marges des entreprises ». Reste à savoir lesquelles ? Il note également l’« absence d’impact de court terme du CICE, c’est-à-dire en 2013 et 2014, sur l’investissement, la recherche et dévelop- pement et les exportations » ce qui peut être logique le temps que la mesure soit réellement mise en place. Sauf que le comité constate également « que cette absence d’impact semble perdurer en 2015 ». Pour Romain Godin de Médiapart : « C’est un bilan particulièrement catastrophique : il aura fallu dépenser 3 points de PIB, soit 60 milliards d’euros, pour créer 100 000 emplois, soit 600 000 euros d’argent public par emploi sauvé ou créé. »

Pourtant, le gouvernement persiste. Dans un article d’Alternatives économique du 3 octobre dernier, Marc Chevallier écrit qu’ « actuellement, le CICE permet aux entreprises de déduire de leur impôt de l’année l’équivalent de 7 % des salaires qu’elles ont versés l’année précédente, jusqu’à un plafond de 2,5 fois le SMIC. À partir de 2019, il sera remplacé par un allègement immédiat de cotisations patronales de 6 points sur la part de leur masse salariale inférieure à 2,5 SMIC. Celui-ci sera complété par une baisse supplémentaire de 4,1 points au niveau du salaire minimum.

Le gouvernement cherche ainsi un impact plus rapide qu’avec le CICE sur les embauches, en particulier de personnes peu qualifiées ». Avant d’ajouter : « en se focalisant une fois de plus sur les bas salaires, la transformation du CICE en baisses de cotisations aura pour résultat de renchérir le coût du travail dans les secteurs employant des salariés qualifiés (même si ce coût restera inférieur à ce qu’il était avant le CICE). Première touchée : l’industrie. Un comble alors que l’objectif initial du CICE était justement d’aider ce secteur à gagner en compétitivité. »

Puisque le président Emmanuel Macron souhaite être efficace, il serait peut-être opportun de se rendre compte que les cadeaux fiscaux aux grosses entreprises sont coûteux pour la collectivité et ne créent pas d’emplois. Tout juste en sauvegardent-ils quelques uns…

La Rédaction 6 octobre 2017

http://lepeuplebreton.bzh/

Commentaire:

Ces 60 milliards ne sont qu’une partie de ce que nous a coûté le capital. Loin du « laisser faire » de la théorie « libérale »! 60 milliards: 2 fois le « déficit » de la sécu!

60 000 euros l’emploi « sauvé » et non pas « créé », c’est loin de la réussite des 35H: 350 000 emplois créés. Il y a dans tout cela une dimension « punitive »: la rigueur entraîne la précarité, la résignation et prépare l’arrivée d’un « sauveur »!

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03 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

fable (l’obs)

charlatan

 

La « théorie du ruissellement », fable des années 1980

Donner de l’argent aux riches n’a jamais aidé l’activité. Même le FMI, considéré comme le temple du néolibéralisme, le constate.

La « théorie du ruissellement » n’existe pas. Aucun économiste n’a jamais développé l’idée selon laquelle il serait bon pour l’économie d’augmenter la richesse des plus fortunés (sous forme de baisse d’impôts par exemple). Et il est très étonnant de voir les lieutenants d’Emmanuel Macron, depuis leur forteresse de Bercy, justifier la quasi-suppression de l’ISF en recourant à ce type de logique. Bruno Le Maire :

« Nous disons : ‘l’économie française a besoin de capital’, eh bien, on taxe moins le capital. Nous disons ‘l’économie française doit investir’, nous lui donnons les moyens d’investir. »

Même si le mot « ruissellement » n’est pas prononcé, c’est bien l’idée. On allège la fiscalité des riches, ils investiront, et cela développera l’emploi et au final le bien-être de tous les Français.

Cette idée, qu’il serait plus « efficace » pour l’intérêt général d’alléger les charges fiscales des plus riches, était à la mode au début des années 1980, à l’époque du triomphe de Margaret Thatcher et Ronald Reagan.

Le mot de « ruissellement » (traduction de « trickle down ») est apparu dans le débat public lorsque, fin 1981, le jeune (et critique) directeur du Budget de Reagan, dans une célèbre interview à « The Atlantic », avait expliqué que la politique du président était en fait le retour de « la vieille doctrine républicaine » :

« Donner les réductions d’impôts aux tranches supérieures, aux individus les plus riches et aux plus grandes entreprises, et laisser les bons effets ‘ruisseler’ à travers l’économie pour atteindre tout le monde. »

Le mot est devenu péjoratif. Plus personne ne s’en réclame aujourd’hui, y compris ceux qui – de plus en plus rares à mesure que croissent les inégalités de patrimoine, prônent un allège- ment de la fiscalité sur le patrimoine et les revenus du patrimoine. Mais l’idée n’a jamais dispa- ru. En 2015, le FMI a voulu en avoir le cœur net. Des économistes du fonds (considéré comme le temple du néolibéralisme) ont étudié de près les effets sur la croissance de changements de revenus, selon leur niveau. Résultat, ils ont tordu le cou à la prétendue « théorie du ruissellement » :

« Nous constatons que l’augmentation de la part du revenu des pauvres et de la classe moyenne augmente la croissance, tandis qu’une augmentation de la part du revenu des 20% supérieurs entraîne une croissance plus faible, c’est-à-dire que lorsque les riches s’enrichissent, les avantages ne se répercutent pas sur le revenu. »

Lingots d’or

Sur la chaîne de quatre causalités qui sous-tend la « théorie du ruissellement », trois sont certes indiscutables, les étapes 1, 3 et 4 :

  1. Donner de l’argent à des riches augmente le niveau d’épargne ;
  2. L’’épargne supplémentaire est investie dans l’économie ;
  3. L’investissement dope l’emploi ;
  4. La baisse du chômage fait reculer la pauvreté.

En revanche, le maillon 2 est très fragile. Il n’est pas mécanique d’investir son épargne dans des titres émis par des entreprises dans le but d’innover, se moderniser, se développer… On peut aussi acheter des lingots d’or, des titres d’emprunts d’Etat étrangers, ou des instruments plus exotiques encore.

Dans la zone euro, force est de constater qu’il existe beaucoup d’épargne et pas assez d’investissement.

Jamais l’écart n’a été si grand entre l’une et l’autre. L’excédent du compte courant de la zone a atteint 360 milliards d’euros en 2016, soit plus de 3% du PIB ! Le sous-investissement ne vient donc pas du fait qu’il n’y aurait « pas assez d’argent qui ruisselle ». Il est lié à d’autres facteurs : la faiblesse de la demande, le vieillissement de la population, etc. La faiblesse des taux d’intérêts à long terme reflète cet excès d’épargne : si la demande de crédits pour investir est faible et l’offre est forte, le prix d’équilibre de l’argent est bas.

De même, les augmentations de capital et les introductions en Bourse sont rares, comparées à d’autres périodes.

On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif, dit le proverbe. L’épargne file donc à l’étranger ou se déverse sur des marchés d’actifs (actions, immobilier…) dont les prix grimpent de façon stérile. S’ils en avaient la volonté, les pouvoirs publics pourraient résoudre ce problème de déséquilibre entre l’épargne et l’investissement, par de l’investissement public par exemple. Les projets ne manquent pas : transition énergétique, modernisation numérique… Mais cela passe par une explication franche avec l’Allemagne, qui est pour l’heure la principale productrice d’excédents.

« Economie vaudoue »

Le gouvernement français a un deuxième argument pour justifier la baisse de la fiscalité sur le patrimoine et les revenus de ce dernier : le « choc de confiance ». Aucune étude économique sérieuse ne vient non plus corroborer l’existence d’un tel phénomène, mais bon, pourquoi pas?

L’idée est que la baisse des impôts des gens riches qui se trouvent être ceux qui tiennent les commandes de l’économie, changera leur attitude : ils auront confiance. Les exilés fiscaux rentreront, les chefs d’entreprises embaucheront, les familles d’actionnaires s’entendront, les gros épargnants prendront des risques… Et l’économie repartira.

On ne peut qu’espérer, pour la France, que ce pari un peu foufou sera couronné de succès. On sera fixé dans cinq ans. Mais en attendant, difficile quand même de ne pas mettre cette politique au registre de   »l’économie vaudoue ».

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