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20 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Ces politiciens passés par les jeunesses nationalistes (20 mn)

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Extrême droite: Le secrétaire d’Etat aux relations parlementaires est accusé d’avoir milité au sein d’un mouvement d’extrême droite, il ne serait pas le seul…

Hervé Novelli

L’ex député UMP d’Indre-et-Loire n’aime pas qu’on lui rappelle son passé de militant d’extrême droite, là où il a fait ses débuts en politique. C’est pourtant bien lui qui, avec d’autres militants du même bord, crée dans les couloirs de l’université parisienne d’Assas en décembre 1968 le Groupe union droit, qui devient plus tard le Groupe union défense (GUD).

Alain Robert

Ce n’est pas une star, mais c’est un personnage central de l’extrême droite. Dans ses jeunes années, il adhère successivement à différents mouvements nationa- listes, dont Occident. Après sa dissolution, en 1968, il cofonde et codirige le GUD. Surtout, c’est lui le véritable fondateur du Front national, lui qui fait appel à Jean- Marie Le Pen en 1972 pour prendre les rênes du parti et fédérer les droites extrê- mes, alors éclatées. Le politicien, ex-conseiller municipal et ancien membre du cabinet ministériel de Charles Pasqua, change de couleur politique dès le début des années 80 pour ensuite voguer sous l’étendard du RPR, puis de l’UMP.

Alain Madelin

Dès l’âge de seize ans, il embrasse la cause nationaliste. Etudiant en droit à Assas, il est en 1964 l’un des principaux fondateurs d’Occident. Quand celui qui a occupé trois ministères évoque ses années au sein de ce mouvement, Alain Madelin assure n’avoir été animé que par un «anticommunisme militant, extrême et passionné». Une passion qui le fait condamner à deux reprises. D’abord en 1965, avec son camarade Patrick Devedjian, à un an de prison avec sursis et trois ans de mise à l’épreuve pour vol et détention d’armes. Puis deux ans plus tard, pour  «violences et voies de fait avec armes et préméditation». Il est soupçonné d’avoir participé à la préparation d’un hold-up.

Philippe Péninque

Vous ne le connaissez peut-être pas, mais vous savez ce qu’il a fait. Ce conseiller de Marine Le Pen, dont il se dit un «grand ami», a ouvert le compte en Suisse de son autre ami, Jérôme Cahuzac. Ancien avocat spécialisé dans les montages financiers, il est au cœur de ce qu’Abel Mestre et Caroline Monnot, journalistes au Monde et auteurs de Le Système Le Pen: Enquête sur les réseaux du Front national, ont baptisé le «GUD business», un lot d’entreprises créées par des anciens «gudards» qui font des affaires entre amis.

Gérard Longuet

Après une scolarité au lycée Henri IV, il prend part, aux côtés d’Alain Madelin, à la création d’Occident. C’est encore à ses côtés, trois ans plus tard, qu’il est con- damné pour complicité de «violence et voies de fait avec armes et préméditation», avec douze autres militants d’extrême droite, dont Patrick Devedjian, Alain Madelin et Alain Robert. «Nous étions jeunes et libres, se remémore avec nostalgie le sénateur UMP. Il s’agissait là de rites initiatiques de jeunes gens, un folklore d’aspect paramilitaire».

Patrick Devedjian

L’ex ministre rejoint lui aussi Occident en 1964. Il n’a pas vingt ans, mais scande sans peine le slogan du mouvement: «Tuez tous les communistes où ils se trou- vent!». Il  adhère activement jusqu’en 1967 avant de revêtir la robe d’avocat. Lors- qu’il fait ses débuts en politique, il rejoint alors les rangs de L’Union des démo- crates pour la cinquième République (UDR), qui comptera également parmi ses membres le jeune Nicolas Sarkozy.

Claude Goasguen

C’est un passage de sa vie qu’il n’assume pas, mais le député UMP, partisan de l’Algérie française puis soutien de Jean-Louis Tixier-Vignancourt, candidat nationaliste à la présidentielle de 1965, a lui aussi fait partie d’Occident, mais il l’a toujours nié.

Jean-Marie Le Guen et le GUD:

Le secrétaire d’Etat aux relations parlementaires, Jean-Marie Le Guen, n’a pas du tout apprécié le livre de Laurent Mauduit, A tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient, dans lequel il est accusé d’avoir milité au Groupe union défense (GUD), un mouvement nationaliste étudiant. Il a d’ailleurs déjà déposé plainte pour diffamation. Aucun élément ne prouve ces allégations mais l’engagement de politi- ciens au sein des jeunesses d’extrême droite à l’instar d’Occident ou du GUD est avéré. Petit tour d’horizon de leurs militants connus.

Créé le 19/09/2014 à 20h31 — Mis à jour le 20/09/2014 à 09h15

http://www.20minutes.fr/politique/1446491-20140920-jean-marie-guen-gud-politiciens-passes-jeunesses-nationalistes

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12 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Non, le fn n’est pas aux portes du pouvoir (slate)

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Si l’argument employé en Italie par Manuel Valls semble avoir une part de vérité électorale, le Front national reste un parti isolé, en manque de cadres et potentiellement divisé.

L’exploitation des peurs de l’opinion figure parmi les grands classiques de la mani- pulation politique. Les observateurs ont coutume, non sans raison, d’accuser l’ex- trême droite de «surfer» sur les craintes populaires ou encore de prospérer sur le «terreau» des misères sociales. Nicolas Sarkozy, d’une autre manière, était passé maître dans l’art de tirer partie des angoisses des Français, qu’il s’agisse de camps de Roms ou de mondialisation débridée.

Communicant chevronné, Manuel Valls s’emploie à son tour à mobiliser à son profit les peurs de Français effectivement en proie à de multiples appréhensions. Il l’avait fait, à plusieurs reprises, sur les thématiques sécuritaires. Le voici qui s’a- vance désormais sur ce terrain glissant en matière politique. Après avoir grave- ment averti que la gauche pouvait «mourir», le Premier ministre vient d’oser une très surprenante déclaration à la Festa de l’Unita à Bologne, en Italie: «En France, l’extrême droite et Marine Le Pen sont aux portes du pouvoir!» (…)

Une thèse heureusement fausse Pour autant, la thèse selon laquelle le FN serait «aux portes du pouvoir» est heureusement totalement fausse. Les électeurs qui se servent de ce bulletin de vote pour manifester leur mécontentement, mais aussi pour exiger des réponses en matière d’immigration ou de libre-échange, par exemple, ne se font généralement guère d’illusions sur les capacités de ce parti à les mettre en oeuvre.

Le fait est que le FN n’est pas prêt à gouverner la France malgré les déclara- tions bravaches de Marine Le Pen. Ses succès électoraux fluctuants depuis le milieu des années quatre-vingt ne l’autorisent nullement à se prévaloir d’une quel- conque primauté.

La fable grotesque du FN «premier parti de France», complaisamment relayée par de trop nombreux médias, ne tient pas la route une seconde. L’arrivée en tête de ses listes aux élections européennes de 2014 n’a guère de signification. Ce scrutin sans enjeu réel n’a pas de conséquences à moyen terme. Le PRG, grou- puscule de notables radicaux, n’est pas devenu le deuxième parti de gauche après les européennes de 1994…

Avec ses 75.000 adhérents revendiqués, le parti d’extrême droite demeure une formation fort peu implantée. Son réseau d’élus reste des plus modestes. La règle, dominante en France, du scrutin majoritaire limite drastiquement ses ambitions. Il ne compte que deux députés (dont un apparenté) et ne gère, malgré un contexte très favorable en mars dernier, qu’une quinzaine de communes, généralement de taille modeste.

Des divisions potentielles Ajoutons que le parti d’extrême droite, qui récuse cette étiquette au nom de ses ambitions, demeure, malgré ses efforts, dans une situa- tion d’isolement qui ne lui laisse aucun espoir de conquérir le pouvoir à court ter- me. Sa difficulté à se trouver des alliés tient d’abord à un manque de cohérence interne préjudiciable à des visées stratégiques à long terme.

Le Front national réellement existant mêle l’ancien parti de Jean-Marie Le Pen, lui-même creuset de tous les courants de l’extrême droite française, et les tenta- tives de rénovations conduites par sa fille sous la houlette de Florian Philippot. Consciente des équilibres internes à sa formation et malgré ses velléités de muta- tion, Marine Le Pen n’entend pas se «passer de la sagesse et de l’expérience de Jean-Marie Le Pen». La nouvelle dirigeante du Front doit aussi composer avec une diversité qui oblige à des compromis. Les responsables du FN n’étaient pas plus en phase par rapport à la question du mariage homosexuel qu’au regard du conflit moyen-oriental.

Un isolement sans solution Plus grave encore, ce parti ne dispose aucunement des cadres suspectibles d’occuper les commandes de l’Etat. Florian Philippot a beau se démultiplier, de manière presque magique, dans les matinales des chaî- nes d’informations continues, il aurait un peu de mal à occuper simultanément différents ministères.

Surtout, on ne voit guère comment le FN, au-delà d’un scrutin majoritaire qui le handicape fortement, pourrait se trouver des alliés pour gouverner. Son dou- ble anti-libéralisme, aussi électoralement porteur soit-il, l’isole irrémédiablement. Marine Le Pen n’a jamais caché qu’elle entendait détacher une partie de la droite française comme force d’appoint. Mais ceux qui seraient tentés par une pareille aventure ne représentent pas grand chose…

On opposera peut-être à tout cela un récent sondage Ifop établissant que Marine Le Pen l’emporterait dans un hypothétique second tour contre François Hollande. C’est oublier que ce genre d’enquête n’a aucun sens tant l’hostilité à l’égard du président actuel (sortant) est vivace. Cette même étude, plus que sujette à caution à ce point  longtemps avant l’échéance, suggère d’ailleurs que le chef d’Etat présent (s’il devait, par le plus extrême des hasards, se représenter) aurait toutes les chances d’être éliminé dès le premier tour…

Il reste à comprendre pourquoi des esprits de gauche que, l’on imagine a priori sensés, agitent un tel scénario. L’hypothèse d’un dérèglement mental fruit d’une panique irrépressible devant être écartée, le calcul politicien tend à s’impo- ser. On serait alors devant une version très dégradée de la manière dont François Mitterrand avait effectivement utilisé le Front national dans les années quatre-vingt.

Mais la droite, elle aussi, risque fort d’être tentée d’utiliser le spectre d’une hypothétique arrivée du FN au pouvoir. Brice Horfefeux, le plus fidèle lieutenant de l’ancien président, a toujours défendu la thèse selon laquelle celui-ci avait été le seul capable de réduire l’influence du FN. Le pire est qu’il n’a pas vraiment tort. Ce fut le cas, sans conteste, en 2007, mais aussi, certes de manière moins évi- dente, en 2012.

Manuel Valls serait bien inspiré de réfléchir à tout cela. Si la seule argumen- tation d’une gauche, qui il y a peu promettait de vivre mieux, devenait d’échapper au mal absolu d’une extrême droite maléfique, il pourrait se trouver une dangereuse concurrence. Eric Dupin 09.09.2014 – 7 h 37

http://www.slate.fr/story/91909/fn-portes-pouvoir-valls

Lire aussi le dossier du Npa 34

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05 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Racisme: banalisation croissante, capitulation à gauche (npa)

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Depuis trop longtemps, nous assistons à une banalisation du racisme, en particulier de l’islamophobie.

Cet été a vu une nouvelle accélération. Mais pourquoi les Morano et autres Bour- douleix se gêneraient-ils? Encouragés comme d’habitude par la surenchère de l’extrême droite, ils le sont aussi par la faiblesse de l’opposition de toute une partie de la gauche, quand ce ne sont pas de véritables capitulations.

Au début de l’été, le maire UMP de Wissous dans l’Essonne, Richard Trin- quier, lors de l’opération Wissous Plage, a interdit en personne (!) l’accès au plan d’eau municipal à trois femmes portant le foulard islamique. Malgré la suspension de ce règlement «anti-voile» par le tribunal administratif de Versailles, le maire a récidivé un mois plus tard avec un nouveau règlement et de nouvelles exclusions.

Fin août, c’est au tour de Nadine Morano, ancienne ministre de Sarkozy, d’en remettre une couche en postant sur sa page Facebook la photo d’une femme voilée sur une plage, en déclarant qu’elle était heurtée par cette «atteinte à notre culture» et à la «liberté des femme ».

Rien de nouveau sous le soleil concernant cette femme connue pour ses opi- nions réactionnaires, mais la réaction de Harlem Désir, fondateur de SOS Racis- me, et pourtant on commence à être habitué aux renoncements des membres du PS, a été proprement honteuse! «Je peux comprendre sa réaction», a-t-il dit, avant de développer sur la question de la libération des femmes. Pourtant ni Morano ni Trinquier n’en sont à leurs premiers faits d’armes et Désir le sait bien.

Récidivistes Lors des législatives de 2012, dans une tentative désespérée de gar- der son siège de députée, Morano avait accordé une interview au torchon raciste Minute pour draguer les électeurs du FN au second tour. À la même époque, pié- gée par l’humoriste Gérald Dahan qui se faisait passer au téléphone pour Louis Aliot du FN, Morano avait déclaré toute son admiration pour Marine Le Pen, ainsi que sa disponibilité pour trouver des accords électoraux avec le FN avecqui elle «partageait des valeurs»…

Quant à Trinquier, le maire de Wissous, c’est un fou furieux. Se prenant pour un cow-boy du Far West, il s’était déjà donné le droit, par arrêté municipal, de cir- culer avec une arme, avait voulu baptiser une rue de sa ville du nom d’un général de l’OAS et a déclaré sur sa page Facebook: «L’islam va nous avaler!», «J’ai tant de rage contre ceux qui (…) nous imposent des centaines de milliers de Rachida et de Mohamed» «Ras-le-bol! Vive le christianisme, vive le patrimoine laissé par Hugues Capet»…

Écran de fumée Les discours hypocrites de Morano et de Trinquier sur la laïcité et la libération des femmes, tout comme ceux de Marine Le Pen, ne sont qu’un écran de fumée pour cacher leur haine des musulmans et des Arabes et devraient être dénoncés en tant que tels.

Encouragés par l’ambiance nauséabonde dans ce pays, les racistes se mon- trent toujours plus arrogants. Ainsi, Gilles Bourdouleix, député ex-UDI, qui en juillet 2013 avait été condamné à une amende de 3 000 euros (avec sursis !) pour avoir dit que «Hitler n’a peut-être pas tué assez» de gens du voyage, persiste à se dire «innocent»! Malgré la confirmation cet été de la peine en appel, ce raciste se pourvoie en cassation, se sentant sans doute conforté par le soutien de l’UMP et de l’UDI, qui, en ne présentant pas de candidat dans sa circonscription aux der- nières élections municipales, ont permis sa réélection en tant que maire.

Que ce soit par rapport aux Roms ou aux musulmans, les racistes se lâchent et osent exprimer de plus en plus à haute voix leurs préjugés haineux. Révoltés par cette banalisation, nous devons plus que jamais chercher à nous retrouver et à nous organiser contre le racisme sous toutes ses formes.

Ross Harrold Vendredi 5 Septembre 2014

 

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04 septembre 2014 ~ 0 Commentaire

Macron et mariton (les inrocks)

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Ils ne savent tellement plus quoi dire que ça en deviendrait presque touchant. Que leur reste-t-il à proposer, en effet, alors que le gouvernement Valls II s’apprête à légiférer par ordonnances à propos de l’extension du travail le dimanche?

Sans prendre le risque de passer par la case “Parlement et ses députés socia- listes” et en attendant d’autres mesures sociales qui risquent de beaucoup dé- plaire au “peuple de gauche”.

Les ténors de l’UMP en restent sans voix. Et Nicolas Sarkozy lui-même est sidéré, paraît-il. Du coup, il a décidé d’attendre encore un peu avant d’entonner le chant du retour, le temps que les choses s’éclaircissent. Il savait Valls “décom- plexé” et prêt à tout, certes, mais pas à ce point-là. Un type qui parvient à se faire acclamer par le Medef et l’université d’été du PS en l’espace de trois jours, et avec un meilleur applaudimètre chez les patrons que chez ce qui reste d’élus socialistes, ça l’impressionne. Il apprécie en connaisseur.

C’est tout le problème: quand la gauche fait une politique de droite, la droite se retrouve sans rien à dire. Que répliquer à une gauche qui remplace Arnaud Mon- tebourg par Emmanuel Macron? Encore sous le choc de la spoliation idéologique la plus éhontée, mise à mal par la triangulation poussée à donf, hébétée devant l’ampleur du reniement et de la transgression, cette malheureuse UMP en est réduite à ânonner quelques pauvres éléments de langage dont il ressort qu’à gauche, c’est le bordel!

Non que ce soit faux mais venant du parti de Copé et Fillon, sans oublier Bygmalion et Lavrilleux, évidemment, tout le monde rigole. L’hôpital, la charité, tout ça. Et comme personne, même pas Juppé, n’ose adopter la posture gaullienne de celui qui dira son fait à Merkel, l’UMP s’enfonce dans le coma.

C’est tout le problème: quand plus rien ne distingue les deux grands partis de gouvernement, quand ils se découvrent d’accord sur à peu près tout, et repren- nent d’une même voix le refrain Tina (“There is no alternative”) de la stabilité euro- péenne et de la réduction des déficits à marche forcée, il y a fort à parier que leur différenciation politique se jouera sur du fangeux.

C’est ainsi que depuis quelques jours, Najat Vallaud-Belkacem est traînée dans la boue sur l’air de “cette Arabe qui veut détruire la famille chrétienne n’a pas le droit d’être ministre de l’Education nationale”. Pendant que la gauche se donne un ministre de l’Economie qui n’a jamais vu un électeur, quelle horreur!, tel Ray- mond Barre en son temps, mais celui-ci serait passé pour étatiste comparé à Macron, la droite voit le piège de la Manif pour tous se refermer sur elle.

Tout ce qui lui reste, c’est le raidissement sociétal et Taubira et NVB comme cibles privilégiées. Comment un Bruno Le Maire se sortira-t-il de ce bourbier? Comment composer avec de pareils illuminés? Et Sarkozy lui-même, assez en retrait sur cette affaire et assez peu soupçonnable d’homophobie militante, que trouvera-t-il pour les calmer? Toute à son désarroi, la droite n’a plus que la vieille affaire de l’ABCD de l’égalité filles-garçons pour crier au loup. Quand la gauche en est à Macron, la droite s’en remet à Mariton. 03/09/2014 | 16h05

L’éditon de Frédéric Bonnaud

http://www.lesinrocks.com/2014/09/03/actualite/lediton-frederic-bonnaud-macron-mariton-11522101/

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25 août 2014 ~ 0 Commentaire

usa: pour les noirs, s’est érodé l’ensemble des forces de légitimation du système (al’e)

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Aux Etats-Unis, le cas de Michael Brown, un adolescent noir, non armé et tué de six balles par un policier blanc, n’est pas isolé.

Des scandales similaires ont eu lieu au cours des vingt dernières années. Les po- liciers américains tuent en moyenne 400 personnes par an (très souvent en situ- ation de légitime défense), bien plus que les polices européennes. Le droit au port d’armes y est plus étendu et rend le métier de policier plus dangereux. En outre, les «règles d’engagement» (usage du pistolet) sont bien moins strictes qu’en Europe.

La mort de Michael Brown, le 9 août 2014, a déclenché un mouvement de pro- testation qui dure depuis presque deux semaines à Ferguson (Missouri), avec plus de 160 arrestations, un couvre-feu, et l’intervention de la garde nationale. La vio- lence de la répression des manifestations à Ferguson est à replacer dans un con- texte institutionnel.

Il y a plus de 18 000 services de police aux Etats-Unis, répartis entre la ville, le comté, l’Etat et le gouvernement fédéral. Chacun a sa hiérarchie, son budget, ses moyens humains. Ce sont les policiers de chaque ville qui gèrent les émeutes, sans qu’ils y soient formés. Composées de personnels souvent issus de l’armée et préoccupées par les armes que peuvent posséder les criminels, les polices amé- ricaines dépensent des sommes considérables dans du matériel militaire (lance-grenades, mitrailleuses, véhicules blindés, etc.) qu’ils utilisent quand la situation les dépasse

Les manifestations ne sont pas considérées comme un mode légitime d’ex- pression politique aux Etats-Unis, et leur répression les réduits à l’émeute, sans que le message politique soit entendu.

En 1932, une manifestation de vétérans a été réprimée par une charge de cavalerie, baïonnette au canon, menée par le général MacArthur, faisant quatre morts et plus de mille blessés. Lors du mouvement des droits civiques dans les années 1960, les jeunes Blancs qui avaient rejoint les manifestations au côté des Noirs ont été sidérés par la violence de la répression policière. La répression du mouvement Occupy (lutte contre les inégalités sociales et économiques), en 2011, a été brutale, le symbole étant le gazage d’étudiants assis à l’université de UC- Davis (Californie).

Selon la police, le «crime» de Michael Brown est d’avoir traversé la rue en de- hors du passage piéton. Les polices américaines en sont venues à s’intéresser à des infractions aussi vénielles parce qu’elles ont une approche statistique de leur métier. Grâce à des logiciels de cartographie, les policiers identifient des zones criminogènes et allouent les moyens humains, avec pour mission d’arrêter autant de «suspects potentiels» que possible.

Tous les individus commettant des infractions, même mineures, sont arrêtés «préventivement», avant qu’ils ne commettent un crime plus grave, comme le pré- disent les statistiques. Pressés par la logique des indicateurs de performance, les policiers contrôlent et fouillent massivement les jeunes hommes des minorités raciales.

Cette stratégie, bien que controversée, est soutenue par l’ensemble de la classe politique. Conjuguée à l’incarcération de masse, elle est efficace pour lutter contre le crime. Même Bill de Blasio, le nouveau maire de New York, qui a fait campagne contre cette stratégie policière, est dans l’ambiguïté. Il a rappelé William Bratton, le légendaire chef de la police de Rudy Giuliani, ancien maire de New York (1994-2001), avec pour mission de préserver l’efficacité de la police tout en essayant d’en amender les effets les plus iniques sur la vie des jeunes Noirs.

Depuis 1993, la criminalité s’est effondrée dans les villes américaines, alors que la population carcérale a été multipliée par cinq en vingt ans. Aujourd’hui, plus de 2,2 millions de personnes sont en prison, dont 45% sont noires. L’incarcération de masse a des effets terribles dans les quartiers noirs, où les enfants grandissent sans père ni tissu communautaire, où les ex-détenus sont exclus du marché du travail, et où la moitié des adolescents noirs sans diplôme ira en prison au cours de sa vie adulte.

La prison est devenue une expérience structurante de la vie de générations entières d’hommes noirs américains. A la vue de ces changements, pourquoi n’y a-t-il pas davantage de manifestations et d’émeutes raciales massives contre ce régime policier pénal? Alors que les scandales de Noirs sans armes qui se font tuer sont récurrents, la dernière émeute remonte à 1992 à Los Angeles.

Il y a trois raisons: la ségrégation résidentielle limite les contacts «à risque» en- tre Noirs et Blancs; la décentralisation des budgets et des compétences munici- pales permet la cooptation des élites noires dans le système de pouvoir local; et la constitution d’une classe moyenne noire légitime l’ordre racial. Ces forces ont limi- té le mécontentement envers l’emprise de la police et de la prison sur la vie des Noirs. Mais au cours des années 2000, ces forces se sont affaiblies.

Ferguson est une banlieue résidentielle historiquement blanche, devenue noire durant les années 1980. Mais le pouvoir local est resté aux mains des Blancs. La police est à 90% blanche. Les emplois publics et les subventions muni- cipales n’ont pas profité à la majorité noire. De plus, les Noirs, à Ferguson et ail- leurs, ont connu, durant les années 2000, une illusion de prospérité financée par des prêts hypothécaires à risque (subprimes), après des décennies de discrimi- nations sur le marché du crédit. Le salaire médian des familles noires a stagné durant cette période, et les écarts de patrimoine entre Blancs et Noirs se sont accrus. Les coûts de l’éducation, de la santé et du logement ont augmenté, devenant hors de portée des familles avec deux revenus moyens.

Enfin, la revalorisation foncière des villes américaines depuis 1990 et le dépla- cement de la pauvreté vers les banlieues ont déstabilisé le tissu historique des organisations locales de soutien aux pauvres. Pour les Noirs américains, c’est l’ensemble des forces de légitimation du système social qui s’est érodé durant les années 2000.

Si la ségrégation entre quartiers noirs et quartiers blancs a légèrement dimi- nué, une re-ségrégation massive d’institutions comme l’école et la prison est inter- venue. Les études montrent qu’au contact avec la société blanche, comprenant l’ampleur des inégalités, la classe moyenne noire a perdu ses illusions quant à une marche progressive vers l’intégration raciale. Les seuls Noirs qui croient à l’inté- gration sont ceux qui n’ont aucun contact avec les Blancs.

On peut faire l’hypothèse que les événements de Ferguson révèlent l’émer- gence d’un nouveau type d’émeute raciale. Les historiens distinguent celles qui sont liées à la formation du ghetto noir et à la lutte pour l’espace urbain durant les années 1910-1950 de celles des années 1960-1970, davantage centrées sur la pauvreté, la violence policière et le pillage des magasins du ghetto n’appartenant pas aux Noirs (à des juifs dans les années 1960, à des Coréens en 1992).

A Ferguson, les pillages semblent secondaires. Les émeutes sont la mise en cause politique radicale, inédite depuis le mouvement des droits civiques, de la légitimité de la violence publique et de l’état pénal qui s’exercent contre les Noirs américains.

(Publié dans le cahier «Débats» du quotidien Le Monde, dimanche 24, lundi 25 août 2014)

François Bonnet est sociologue CNRS; Clement Thery, sociologue, Columbia University Publié par Alencontre1 le 24 – août – 2014

http://alencontre.org/ameriques/americnord/usa/etats-unis-pour-les-noirs-americains-sest-erode-lensemble-des-forces-de-legitimation-du-systeme-social.html

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23 août 2014 ~ 0 Commentaire

Live from ferguson

Usa: le hip-hop dégaine pour Ferguson (CI)

Les artistes de hip-hop ont été secoués par la mort du jeune Noir Michael Brown, tué par un policier dans le Missouri. L’émotion s’est traduite dans plusieurs morceaux, qui les a poussés à s’engager concrètement et à s’interroger sur le sens de leur musique. Nées sur la scène hip-hop de Saint Louis, leurs paroles sont déjà reprises en chœur dans la rue.

Durant 11 jours, plusieurs chansons ont surgi en réaction à la mort de Michael Brown, dans une vaste réflexion spontanée, naturelle et viscérale sur ce qui se passe à Ferguson depuis que cet Africain-Américain de 18 ans a été abattu par un policier blanc. Ce sont au moins 10 morceaux, soit presque un par jour, qui couvrent un large spectre d’émotions: colère et indignation, tristesse et affliction, révolte pure et simple.

Pour cette communauté d’artistes indépendants méconnue mais très active, c’est l’expression de frustrations qui étaient déjà là, sous-jacentes, bien avant le meurtre de Brown. Il y a ce morceau lent et funèbre de Seneca Da Product, chanté à l’auto-tune, sur lequel le rappeur demande qu’on « accroche un ours en peluche aux poteaux téléphoniques » [« tie a teddy on the telephone pole »] en hommage à « mon frérot Mike » [« my kid Mike »].MC Keem, lui, a publié un clip intitulé « Front Line » ["ligne de front"] où il rappe avec ferveur sur des images des manifestations. « Got the world watching. They can feel the tension of an angered generation… F— a politician. » « Le monde regarde, et il sent toutes les tensions d’une génération en colère… Fuck les politiques. » Keem, de son vrai nom Hakeem Love, a écrit les paroles la semaine dernière, bouleversé par ce que vit sa ville.

Le son de Saint Louis Certains de ces morceaux passent déjà en radio, et beau- coup circulent sur les réseaux sociaux. Et au-delà de la musique, producteurs, rappeurs et DJ ont organisé des marches, acheté de la nourriture pour les mani- festants et planifié les actions politiques, œuvrant pour mobiliser l’opinion et lever des fonds afin de présenter un candidat aux prochaines élections contre le procureur de district sortant [accusé de partialité dans l'affaire].

La bande son des événements, qui comprend des morceaux d’artistes con- nus dans tout le pays venus à Ferguson pour participer aux manifestations, est à bien des égards typique de la région. Le son de Saint Louis, avec son indolence caractéristique du Midwest, s’est fait connaître il y a une bonne dizaine d’années quand les rappeurs Nelly et Chingy, deux enfants du pays, sont devenus des stars.

Pacifique Même s’ils partagent la colère persistante des habitants de Ferguson, les artistes ont encouragé leurs fans, qui pour beaucoup écoutent leur musique dans les rues de Ferguson, à manifester pacifiquement. Certains musiciens pro- fitent des projecteurs médiatiques qui se sont braqués sur la région au lendemain de la mort de Michael Brown pour se faire connaître, mais d’autres y puisent aussi une envie d’agir et de militer. Keem, dont le plus gros hit à ce jour,  »Thick Wit It », est une machine à danser, une ode festive aux filles en formes, se fait aujour- d’hui plus engagé. Cette semaine, nous l’avons trouvé avec le producteur Ronnie Notch, 30 ans, en train de déplacer des packs d’eau pour approvisionner le site des manifestations, non loin d’un magasin Family Dollar de West Florissant Ave- nue. Tef Poe, l’un des rappeurs indépendants les plus appréciés du coin, manifeste tous les soirs. Ce qui s’est passé le touche de près.

« Quand c’est arrivé, mon petit frère m’a appelé, il pleurait au téléphone. Il m’a dit ‘Ils ont tué Mike’. Ils avaient des amis en commun. » Pour lui, l’heure est propice à une vraie mobilisation locale. Le rappeur a lui-même participé à plusieurs initia- tives, jusque-là vaines, pour rapprocher la police locale des habitants. Il s’est aussi engagé pour obtenir que la police de Saint Louis soit placée sous le contrôle d’é- lus locaux.

Un nouvel activisme Cet activisme qui se développe est rafraîchissant, estime Tricia Rose, professeur d’études africaines à l’université de Brown, spécialiste du hip-hop (avec un oeil critique) et auteur de The Hip Hop Wars [Les guerres du hip-hop, non traduit]. Pour elle, la crise à Ferguson pourrait marquer un tournant et montrer « aux artistes locaux qu’ils doivent se considérer comme investis d’une mission, celle d’instaurer un espace de création dans lequel le hip hop n’est pas un produit, mais une richesse qui nourrit la communauté ».

Les événements ont relégué au second plan la misogynie, le machisme et le consumérisme souvent caractéristiques du genre. Et de grands noms du hip hop ont rejoint le mouvement. J. Cole, célèbre rappeur originaire de Caroline du Nord, a été parmi les premiers à sortir un morceau : « Be Free » est un hymne façon complainte qui intègre des extraits d’une interview d’un témoin du meurtre.

« It ain’t no drink out there that can numb my soul… All we wanna do is break the chains off… All we wanna do is be free… Can you tell me why every time I step outside I see my [boys] die »

« Aucun alcool ne peut anesthésier ma douleur… Tout ce qu’on veut, c’est briser les chaînes… Tout ce que qu’on veut, c’est être libre… Tu m’expliques pourquoi chaque fois que je mets le nez dehors, je vois nos frères mourir ? »

Interrogations Même les radios locales Hot 104.1 et Old School 95.5, qui passent du rap et du Rn’B, se sont mobilisées à leur façon. Après la mort de Michael Brown, Boogie D, le directeur de la programmation, a interrompu sur les deux radios toute diffusion de musique pendant près de 14 heures, pour ouvrir une libre antenne aux auditeurs. Pendant plus d’une semaine, la playlist habituelle a été oubliée au profit d’hommages au jeune homme abattu par la police.

Après ce qu’il s’est passé, estime Arthur « A Plus » Willis, programmateur sur la tranche prime time, « les gens ont envie d’écouter des hommages, du gospel et du hip hop plus engagé. » Tef Poe explique que les événements l’ont fait réfléchir aux messages véhiculés par le hip-hop. « J’ai pensé au cas de Mike Brown, aux diffé- rents genres de musique que nous produisons et aux messages que nous faisons passer », raconte-t-il. Depuis quelques jours, il s’interroge: « Quelles sont mes inten- tions? Pourquoi est-ce que je suis là? Qu’est-ce que j’attends de la musique com- me artiste? » Il sait que le jeune Brown était un parolier en herbe.

« Je suis d’ici », souligne Tef Poe. « J’ai marché dans les mêmes rues que Mike Brown. On a une histoire similaire. Comme lui, quand j’étais gamin, je voulais devenir artiste. » The Washington Post  Krissah Thompson 23 août 2014

http://www.courrierinternational.com/article/2014/08/23/le-hip-hop-degaine-pour-ferguson?page=all

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22 août 2014 ~ 0 Commentaire

Français de souche: généalogie d’un concept manipulé par l’extrême droite (rue 89)

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Le ciel est sombre, les bâtiments sales et le personnage masqué.

Cette semaine, le magazine Valeurs actuelles publie une «enquête choc» sur les «cités où les Français de souche subissent la loi des caïds». L’expression «Français de souche» est utilisée sans guillemets.

Cela fait longtemps que l’hebdo de la droite dure a laissé tomber les précautions typographiques. Le terme revient régulièrement dans ses articles, parfois accom- pagné du mot «gaulois». Par ailleurs, des auteurs comme Alain Finkielkraut ou Denis Tillinac sont régulièrement critiqués pour l’usage de l’expression.

Mais, à force de répétitions, la formule est presque passée dans le langage courant. Dans les débats de l’Assemblée nationale, on la retrouve de temps en temps et elle ne vient pas nécessairement des bancs les plus à droite. L’impres- sion de la nouveauté, alimentée par l’existence du site Fdesouche et la montée d’un discours identitaire, cache d’ailleurs une généalogie plutôt ancienne.

Les démographes s’étripent A en croire le démographe Hervé Le Bras, le terme est utilisé dès le début du XIXe siècle, mais a changé de sens au fil du temps. La métaphore emprunte au thème barrésien de la «terre et des morts». Ce qui permet encore de distinguer de supposés «Français de souche» et les «Français de pa- piers». En Algérie française, l’expression est utilisée pour distinguer «les Français de souche européenne» et les «Français de souche nord-africaine» (FSNA).

C’est dans les années 90 que le terme gagne en charge polémique. Un violent débat de spécialistes agite alors le petit milieu des démographes. A l’origine de la controverse, une étude de Michèle Tribalat, publiée par l’Institut national d’études démographiques (Ined). Le livre, dense et technique, tente de mesurer l’apport de l’immigration dans la société française. Une fois cela déterminé, il apparaît un résidu: les fameux Français «de souche».

La méthode irrite Hervé Le Bras, qui va lui répondre dans un article intitulé «Les Français de souche existent-ils?» et dans un livre, «Le Démon des origines» (Ed. de l’Aube, 1998). Le démographe estime que sa collègue a donné une caution pseudo-scientifique à une notion manipulée par l’extrême droite. Il reproche à la démographe de céder à la «fatalité biologique»: «L’opération ethnicise le nationa- lisme puisqu’elle assimile la nation française à la présence d’un groupe ethnique majoritaire flanqué de plus petits groupes dont l’assimilation est en cours.»

Lui souligne ce qu’il pense être des aberrations méthodologiques, dont la date butoir de l’étude (1900) qui effacerait les phénomènes migratoires antérieurs que la France a pourtant connus. Il s’agace également d’une seconde définition apportée par Michèle Tribalat, pour qui les «Français de souche» sont les person- nes «nées en France de deux parents nés en France». Or, Giscard d’Estaing est né à Koblenz, en Allemagne…

«Pas disparu à France Culture» Depuis, la dispute ne cesse de rebondir. Joint par Rue89, Hervé Le Bras, qui n’a pas désarmé, fait référence à d’autres études chapeautées par Michèle Tribalat. Cette dernière préfère désormais utiliser l’ex- pression «natif au carré». Dans un entretien accordé à Rue89 il y a quelques mois, la chercheuse, qui répète qu’elle ne fait qu’explorer les faits, se justifiait sur ce changement de vocabulaire:
«L’emploi de cette expression “Français de souche », dont j’ai constaté qu’il n’avait pas disparu y compris à France Culture, a été un des arguments utilisé par Hervé Le Bras pour m’accoquiner avec l’extrême droite. Alors même que ce der- nier réglait, lors de son attaque en 1998, un contentieux purement inedien [une référence à l’Ined, ndlr]. C’était une facilité dont j’avais expliqué ce qu’elle désignait. »

Ce débat gagne en tout cas en résonance dans la presse d’extrême droite. La tournure séduit surtout la Nouvelle droite, un courant insufflé par l’écrivain Alain de Benoist, qui aime tisser l’image d’une Europe blanche, fécondée par les Indo- européens, supposés pères génétiques de la «race blanche».

Du «Français de souche», on glisserait alors vers l’«Indo-européen». C’est avec cela en tête qu’Hervé Le Bras égratigne également Jacques Dupâquier, alors vice- président du conseil scientifique de l’Ined. Celui-ci est accusé d’avoir monté un «reconstruction ethnique fantaisiste» en dressant l’histoire de petits groupes d’hommes porteurs de techniques nouvelles» venus au VIe millénaire avant Jésus Christ et préservés jusqu’au début des années 50. Voilà donc la fameuse «souche».

L’Eden n’est pas en France Aujourd’hui, ce vocabulaire irrigue la mouvance identitaire. Le thème se rattache à celui du «grand remplacement», le prétendu «remplacement» du peuple français par d’autres peuples, idée que les identitaires aiment adosser aux statistiques de dépistage de la drépanocytose. Damien Rieu, porte-parole de Génération identitaire, définit ainsi ce qu’il entend par «Français de souche», avec une once de paradoxe: «Quelqu’un qui a des ascendants euro- péens. Ethniquement, le peuple français n’existe pas, c’est un concentré de peuples de l’Europe de l’ouest.»

Interrogé sur le sens de l’expression, l’historien Patrick Weil la critiquait en 2011: «Elle n’a aucun fondement. Les souches sont immobiles, tandis que les êtres humains bougent et évoluent. La France a été une terre d’invasion puis de migrations, et les nouveaux venus ont toujours fini par s’intégrer.» Ce que formule autrement Hervé Le Bras: «Il est sûr que l’Eden n’étant situé en France par aucu- ne tradition, nous descendons tous d’immigrants à un certain horizon temporel. »

Rémi Noyon Journaliste Publié le 21/08/2014 à 17h18
Commentaire: Tous les êtres humains, sont issus d’une même souche venue d’Afrique.  Ceux qu’on appelait « indo-européens » aux siècles passés, n’auraient même pas voyagé, ce sont leurs techniques, plantes et animaux qui sont venus d’Irak actuel par « acculturation », transmises de voisins à voisins.

 

 

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21 août 2014 ~ 0 Commentaire

Brève histoire de l’antisémitisme français du 19ème à nos jours (paris luttes)

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Les conséquences de l’affaire Dreyfus L’affaire Dreyfus divise profondément la société française.  Elle est un symbole à la fois de l’iniquité au nom de la raison d’État, et des tendances antisémites qui traversent tout le corps social. L’honneur de l’armée et de la « patrie » prime sur l’injustice commise contre un petit capitaine juif. De la raison d’Etat au racisme d’Etat, il n’y a qu’un pas.

Préexistant à l’affaire Dreyfus, l’antisémitisme s’était déjà exprimé lors des affai- res du boulangisme et du canal de Panama. Mais l’affaire Dreyfus répand la haine raciale dans toutes les couches de la société, mouvement qui débute certes avec le succès de La France juive d’Édouard Drumont en 1886, mais qui est ensuite énormément amplifié par les divers épisodes judiciaires et les campagnes de pres- se pendant près de quinze ans. Lié au nationalisme et au racialisme, l’antisé- mitisme devient alors un des thèmes majeurs de l’extrême-droite.

L’antisémitisme de droite est un antisémitisme d’origine religieuse très an- cienne (thème du peuple déicide développé dans les publications catholiques, et particulièrement La Croix), activé par un nationalisme français revanchard à la suite de la guerre franco-prussienne de 1870-71. À cet anti-judaïsme traditionnel se juxtapose un antisémitisme moderne, lié aux thèses racialistes affirmant la supériorité de la «race blanche», qui serait fondée par la science (anthropométrie, craniométrie, etc.). Les thèmes du «Juif errant» et du «cosmopolite sans racine» s’y mêlent aussi.  S’il concerne majoritairement la droite et l’extrême-droite, l’anti- sémitisme n’épargne pas entièrement la gauche (par exemple Blanqui, Jaurès, Proudhon…). En retour, les manifestations d’antisémitisme lors de l’affaire Dreyfus ont également un impact international sur le mouvement sioniste au travers d’un de ses pères fondateurs: Théodore Herzl [7].

Regain d’antisémitisme lors de la crise des années 1930 L’antisémitisme, un temps apaisé par l’Union sacrée lors de la première guerre mondiale, ressurgit lors des années 1930, stimulé par la crise économique, le chômage, l’afflux des Juifs allemands fuyant le nazisme et l’accession au pouvoir du Front populaire, dirigé par Léon Blum. Il devient une valeur étendard de l’extrême-droite, portée par de nombreuses publications antisémites [8].

En 1937, Céline publie Bagatelles pour un massacre, tandis que Georges Mon- tandon, un ethnologue tenant des thèses racialistes, signe en 1939, dans « La Contre-Révolution« , un article intitulé «La Solution ethno-raciale du problème juif». L’admiration envers Hitler n’est pas cependant pas unanime dans les rangs de l’extrême-droite antisémite, la germanophobie et le nationalisme induisant, chez certains, le rejet du nazisme.

En pratique, les antisémites considéraient non seulement qu’il était désormais devenu indispensable de fermer les frontières mais ils pensaient également qu’il fallait refouler les Juifs. Ils prônaient des mesures légales et un statut juridique. Ils voulaient dissocier une nationalité juive de la nationalité française. Il y a une gran- de hostilité envers les mariages mixtes, mais aucune mesure légale ne fut jamais prise.

Des groupes de théoriciens antisémites demandaient aussi la confiscation des biens des juifs. Enfin, certains antisémites voulaient interdire le travail aux juifs, ou limiter les activités exercées par les juifs dans la presse, la banque, l’in- dustrie du commerce, les professions libérales, la culture et le spectacle. Avant Pétain, quelques lois furent promulguées en réponse à des manifestations venant notamment du milieu de la médecine ou des avocats [9].

L’antisémitisme d’Etat L’État français dirigé par Philippe Pétain va hisser l’anti- sémitisme au rang d’idéologie officielle avec les lois sur le statut des Juifs, la créa- tion du Commissariat général aux questions juives, les arrestations et l’internement des juifs dans les camps (de concentration, d’internement ou de transit, selon le vocabulaire de l’époque), la saisie des biens juifs et « l’aryanisation », la déportation vers l’Allemagne.

Le gouvernement de Vichy va mener une politique de restriction des droits des juifs dès son installation, sans que les Allemands n’aient exprimé la moindre de- mande. Dès juillet 1940, le ministre de la justice Alibert, crée une commission de révision des naturalisations, qui retire la nationalité à 15 000 personnes dont 6 000 juifs. [10] En octobre 1940, le conseil des ministres promulguera le premier statut des Juifs: les citoyens juifs français sont exclus de la fonction publique, de l’ar- mée, de l’enseignement, de la presse, de la radio et du cinéma.

Le deuxième statut des juifs, de juin 1941, allonge la liste des professions d’où sont exclus les Juifs et établit un numerus clausus limitant la proportion de Juifs à 3 % dans l’Université et 2 % dans les professions libérales. Enfin, en juillet 1941, les Juifs doivent céder leurs droits sur les entreprises à des « Aryens ». Un Com- missariat général aux questions juives, créé en mars 1941, sous la direction de Xavier Vallat, veille à l’application de la législation antijuive.

À partir du 4 octobre 1940, les préfets peuvent interner les étrangers « de race juive » dans des camps spéciaux ou les assigner à résidence. En février 1941, 40 000 Juifs étrangers croupissent ainsi dans une série de camps: Les Milles, Gurs, Rivesaltes…

A partir de 1942, la collaboration entre les polices allemandes et françaises est renforcée par ce qu’on appelle les accords Bousquet-Oberg, du nom du chef de la police française et du représentant en France de la police allemande: les Allemands peuvent ainsi compter sur la police française pour rafler les juifs étran- gers. La déportation des juifs prend une grande ampleur à partir de la Rafle du Vel’ d’hiv, les 16 et 17 juillet 1942.

Entre le printemps 1942 et la Libération de 1944, 76 000 Juifs seront déportés vers les camps d’extermination. Si le régime de Vichy est le sommet du racisme d’Etat, sa chute n’en marque pas la fin, faute de remise en question réelle et profonde des pratiques policières et administratives.

http://paris-luttes.info/20-aout-1899-manifestation

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21 août 2014 ~ 0 Commentaire

Trente ans d’émeutes raciales aux usa (jdd)

police brutality

Depuis le milieu des années 1970 et la fin du mouvement des droits civiques, une dizaine de grandes émeutes raciales ont éclaté aux Etats-Unis. Quatre d’entre elles, toutes provoquées par des débordements policiers, ont particulièrement marqué les dernières décennies.

1980 Les émeutes de Miami En décembre 1979, un vétéran de la Marine, l’Afro-américain Arthur McDuffie, trouve la mort au terme d’une course-poursuite avec la police de Miami. L’enquête révèle que l’homme n’est pas décédé d’une chute à moto, comme les forces de l’ordre l’avait expliqué, mais a été battu à mort par les policiers. Quand en mai 1980, les personnes impliquées sont acquittées par un jury exclusivement blanc, plusieurs manifestations dégénèrent en émeutes. Pendant trois jours, les affrontements entre manifestants, majoritairement issus de la communauté noire, et la police, font 18 morts et 100 millions de dollars de dégâts. L’État fédéral déclare Miami comme zone sinistrée. Un nouveau procès a lieu à San Antonio, au Texas, pour ne pas raviver les tensions. La famille d’Arthur McDuffie reçoit finalement 1,1 million de dollars de dédommagement.

1992 L’affaire Rodney King Arrêté pour un excès de vitesse en mars 1991, Rodney King, un jeune noir de 26 ans, est passé à tabac par la police de Los Angeles, sous les yeux d’un vidéaste amateur qui filme la scène. La vidéo fait le tour du monde, mais un an plus tard, les policiers impliqués sont blanchis. Environ 100.000 personnes descendent dans la rue pour protester et la manifestation dégénère rapidement. Il faut attendre six jours pour que le maire de Los Angeles, Tom Bradley, lève enfin le couvre-feu. Le bilan est lourd : 53 morts et plus d’un milliard de dollars de dégâts. Un an plus tard, lors d’un nouveau procès, les policiers sont finalement condamnés à 30 mois de prison.

2001 Les émeutes de Cincinnati Recherché pour 14 délits, Timothy Thomas est tué par un policier le 9 avril 2001 dans le nord de Cincinnati, alors qu’il ne porte pas d’arme. Comme précédemment à Miami et Los Angeles, les manifestations pacifiques éclatent vite en affrontements avec les forces de l’ordre. Le maire de la ville, Charles Luken, décrète l’état d’urgence et met en place un couvre-feu. Le 13 avril, quatre jours après les premiers heurts, le calme retombe enfin sur la ville. Les émeutes ont causé 3,6 millions de dollars de dégâts. En septembre 2001, le procès du policier Stephen Roach, qui a tiré sur Timothy Thomas, débute. L’homme sera acquitté, provoquant à nouveaux des violences, passagères cette fois. Dans les mois qui suivent, la police de Cincinnati met en place une série de mesures pour permettre à ses membres de mieux appréhender le genre de situation qui ont a conduit à la mort de Timothy Thomas.

2009  Le meurtre d’Oscar Grant Aux premières heures du Nouvel An 2009, Oscar Grant, un jeune noir de 22 ans, est abattu par Johannes Mehserle, un officier de la police du rail, aux abords de la station de métro de Fruitvale, à Oakland en Californie. La scène, filmée par un téléphone portable et diffusée sur Internet, montre le jeune homme plaqué au sol, mains dans le dos, tué d’un coup de revolver. Les images suscitent la colère de la communauté noire notamment, qui descend en masse dans les rues. Près de 300 commerces sont vandalisés et la police procède à l’arrestation d’une centaine de personnes. Ces heurts mettent en lumière la pauvreté qui touche certains quartiers de la ville et a fait d’Oakland un des endroits les plus dangereux des Etats-Unis. Lors de son procès, le policier inculpé déclare avoir confondu son arme avec son taser au moment d’en faire usage. Il n’est finalement condamné qu’à deux années de prison pour meurtre au second degré.

Thomas Liabot – leJDD.fr mardi 19 août 2014

http://www.lejdd.fr/International/USA/Trente-ans-d-emeutes-raciales-aux-Etats-Unis-681270

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18 août 2014 ~ 0 Commentaire

1992: no justice, no peace, les émeutes rodney king (1)

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Les émeutes de Los Angeles débutent après l’acquittement des policiers impliqués dans le tabassage de Rodney King, et touchent de plein fouet une Amérique blanche et riche, qui célèbre au début des années 1990 le triomphe du modèle américain. Ces révoltes, suivies en direct par toute la planète, sont révélatrices du nouvel ordre social.

L’événement que constituent les émeutes de Los Angeles n’est pas toujours apprécié à sa juste importance. Pourtant la situation générale des prolétaires racisés états-uniens de 1992 n’est pas sans écho ailleurs dans le monde après trente ans de libéralisme économique.

Les émeutes de Los Angeles explosent après 20 ans de reflux des luttes du mouvement noir. Les émeutes des années 1960, à l’apogée des mouvements pour les droits civiques et du « Black Power », avaient lieu dans un contexte fortement revendicatif et nul ne doutait de leur caractère politisé. Ces mouvements ont dû essuyer une très lourde répression, les militants et militantes du Black Panthers Party (BPP) furent pourchassés et beaucoup furent emprisonnés et assassinés. L’effondrement du BPP dans les années 1970 marque en quelque sorte la fin des grands mouvements de protestations noirs [1]. Par la suite, les stratégies politiques plutôt réformistes et moins radicales gagnent du terrain : la décennie 1980 fut marquée notamment par la nomination aux primaires démocrates du révérend noir Jesse Jackson.

Les luttes pour les droits civiques, malgré des victoires considérables, n’ont pas réussi à parvenir à une égalité réelle. Ainsi, si juridiquement la ségrégation n’existe plus, par le biais des rouages du capitalisme et de l’État, l’oppression raciale perdure. Dans les années 1980, avec l’arrivée au pouvoir de Reagan, les ghettos vont connaître de lourdes attaques.

La politique libérale et de privatisations entreprise durant cette décennie ravage les quartiers noirs : suppressions de services sociaux, des budgets alloués à l’école publique, chômage, disparition rapide de l’État social à tous les niveaux, etc. Ces quartiers plongent dans la pauvreté extrême ; pour nombre de jeunes noirs à l’époque, il y a peu chance de sortir du ghetto ou de s’enrichir par la voie légale. Ce climat social dégradé favorise la mise en concurrence des communautés et des tensions qui en résultent.

Los Angeles et les tensions communautaires La situation des ghettos de Los Angeles (LA) au début de la décennie 1990 est particulièrement emblématique de ce climat social. Ces quartiers sont concentrés au sud de LA (notamment les quartiers de South-Central, Compton et Watts) et ont été sévèrement touchés par la récession nationale de la fin des années 1980. Ils concentrent des minorités ethniques noires, asiatiques, et latinos. La composition « raciale » de ces quar- tiers, historiquement noirs, a évolué lorsque les Hispaniques s’y sont installés (leur population aurait augmenté de 119 % en une décennie [2]).

À cela s’ajoute l’implantation de populations d’origines coréennes qui deviennent propriétaires des petites épiceries et des boutiques, anciennement détenues par des Noirs. La compétition économique entre les différentes populations des classes ouvrières est à l’origine d’une certaine animosité raciale : ainsi, dans les années 1980, les entreprises du centre de LA se séparent de la plupart de leurs employé-e-s noirs pour les remplacer par des immigrants et immigrantes latinos, payés moitié moins que leurs prédécesseurs syndiqués.

La pauvreté de ces communautés doublée par l’arrivée du crack dans les quartiers noirs favorisent les guerres de gangs. Les gangs aux États-Unis ne sont pas un phénomène seulement adolescent – des pères de familles, même parfois âgés, en font partie – et ne se résument pas à un seul phénomène de criminalité mais possèdent des aspects socio-structurels : l’appartenance à un gang représente une alternative sociale et possède un caractère affectif et identitaire. Mais la politique répressive contre ces gangs est impitoyable et dans tous ces quartiers, les violences policières sont monnaie courante.

L’affaire Rodney King C’est dans ce climat que survient le 3 mars 1991 le tabas- sage de Rodney King lors d’un contrôle radar par quatre policiers. Surpris à une vitesse de 160 km/h, il refuse de sortir du véhicule. En état d’ébriété, il finit par s’en prendre à eux et à les renverser par terre. Les policiers font alors usage de matraques électriques de 50.000 volts. En moins de deux minutes, les policiers s’acharnent sur King et lui assènent pas moins de 56 coups de matraque clas- sique. Vingt-quatre autres policiers sont ameutés sur les lieux : aucun n’intervient pour calmer leurs collègues déchaînés.

Ce tabassage filmé par un vidéaste amateur, George Holliday, est diffusé sur les chaînes de télé américaine et provoque une forte indignation. La solidarité autour de Rodney King se met en place, ce qui vaudra aux policiers un procès très médiatisé.

Les quatre policiers : le sergent Koon (qui commandait), Powell et Wind (les deux auteurs de coups de bâton), et Theodore Briseno (auteur d’un violent coup de pied) sont accusés d’« usage abusif de la force ». La vidéo de George Holliday est versée au dossier et sera examinée image par image par des experts. La défense ayant réfuté les Afro-américains, le jury est composé de dix Blancs, un Asiatique et un Latino. Le 29 avril, après sept jours de délibérations, le jury acquitte les quatre officiers de police.

Par Nicolas Pasadena (commission antiraciste d’AL)

http://albruxelles.wordpress.com/2014/08/16/1992-no-justice-no-peace-les-emeutes-rodney-king/#more-1029

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