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01 octobre 2013 ~ 0 Commentaire

Kenya: le « Petit Mogadiscio » a peur des représailles (Jdd)

Kenya: le

Les habitants d’Eastleigh, le quartier somalien à majorité musulmane de Nairobi se savent dans le viseur des autorités kényanes.

Dès que les shebab ont revendiqué l’attaque du Westgate Mall, Ahmed Mohamed s’est dit que tout cela allait encore leur retomber dessus, sur lui et son quartier. Alors ce membre d’une association commerçante locale a eu l’idée d’organiser des collectes d’eau et de nourriture pour les militaires. « Cela montrait notre soutien. » Mais, il pense que tôt ou tard les forces de sécurité kényanes vont de nouveau débarquer à Eastleigh. Un pressentiment partagé par ce diplomate européen : « Pour calmer l’opinion, le gouvernement va devoir agir. Ça passera notamment par un nettoyage d’Eastleigh. »

Eastleigh, le « Petit Mogadiscio » de Nairobi. C’est là que ­débarquent les réfugiés somaliens qui ont quitté récemment leur pays frappé par la guerre et la sécheresse. S’y ajoutent les Kényans d’origine somalienne. Ils seraient près de 250.000 dans cette zone commerçante aux rues défoncées et pouilleuses. Ici, on achète des produits somaliens au supermarché, on croise des barbes teintées au henné, on entend des conversations en somali. La majorité des habitants est musulmane. Suffisant pour être suspect dans un pays à majorité chrétienne? « . Mais nous aussi détestons les shebab, » se défend l’imam Ibrahim Ali Maalin. « C’est un gang qui ne cherche qu’une chose ici : que le gouvernement kényan nous oppresse, pour ainsi radicaliser les jeunes et qu’ils adhèrent ensuite à leur mouvement », complète Clive Wanguthi, un leader de quartier.

Eastleigh n’est pas un havre de paix. Des caches d’armes y ont été trouvées par le passé. Et les conversions se font ici à tour de bras. « Des dizaines de jeunes chaque semaine », assure Ibrahim Dabaro, qui dirige une madrasa (école coranique). Soixante pour cent des jeunes d’Eastleigh seraient au chômage, selon Ahmed Mohamed. C’est ici qu’est née en 2008 l’association Al-Hijra, autrefois Muslim Youth Center, relais des shebab somaliens au Kenya. Fin 2012, un matatu (bus) a été visé par un attentat. Eastleigh reste donc dans le viseur des forces de sécurité kényanes. Selon Channel 4, un suspect, vendeurs de livres religieux, a été arrêté en fin de semaine. D’autres devraient suivre. Et Clive Wanguthi d’ajouter, dépité : « On continue de nous dresser les uns contre les autres. Rendez-vous compte : dans le bus à Nairobi, les gens n’osent plus s’asseoir à côté de moi. » A.M. – Le Journal du Dimanche

http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Kenya-le-Petit-Mogadiscio-a-peur-des-represailles-631398

Commentaire: En  France, comme au Kenya: il faut un bouc émissaire pour oublier (ceux qui se gavent de) la crise!

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30 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

« Dehors les Gitans ! » (CI)

Dessin de Mix et Remix (Le Matin)Dessin de Mix et Remix (Le Matin)
En adoptant un discours qui n’est pas le leur au sujet des Roms, les socialistes français touchent le fond, juge El Pais.
L’essor de l’extrême droite dans l’Union européenne excite les peurs des partis traditionnels, qui semblent rivaliser pour reprendre ses thèmes favoris. Il y a trois ans, la minorité rom de Roumanie avait été stigmatisée par le président Nicolas Sarkozy : leurs campements avaient alors été démantelés et des milliers d’entre eux avaient été expulsés du territoire français.Les socialistes avaient promis d’agir différemment, mais ils n’ont pas trouvé les moyens d’y parvenir après leur victoire électorale. Pour finir, c’est le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, qui a expliqué la marche à suivre : il suffit de démanteler les campements de Roms et de les expulser du territoire français. Il donne ainsi raison à ceux qui pensent que le socialisme bat sérieusement de l’aile en raison de sa tendance à embrasser les idées des autres. En tout état de cause, le sort réservé à cette minorité se jouera au début de l’année prochaine. En effet, l’humeur des Français se mesurera à deux baromètres : celui des élections municipales et celui des européennes.

Une communauté montrée du doigt Manuel Valls, de père espagnol et de mère helvético-italienne, est l’un des durs du Parti socialiste. Plusieurs de ses amis socialistes s’alarment, au même titre que la Commission européenne : si le pays des libertés républicaines (et deuxième économie de la zone euro) ne peut pas intégrer une minorité européenne ou lui interdit l’entrée pour des raisons ethniques, cela signifie que la liberté de circulation ne sera pas seule menacée.

Entre 15 000 et 20 000 Roumains de la communauté montrée du doigt vivent en France, la plupart dans des campements sauvages à la périphérie des grandes villes. Des maires ou des aspirants maires les accusent de délinquance. Bien souvent, on leur refuse la scolarisation de leurs enfants pour pouvoir mieux les expulser. Un certain nombre de ces enfants volent les Français et les touristes ; les familles sont expulsées, mais elles reviennent, et le cercle vicieux se perpétue.

Il y a quelques mois, Manuels Valls se disait préoccupé – dans des déclarations à El País – par le rejet grandissant des immigrés musulmans. Maintenant, il justifie l’expulsion des Tsiganes roumains, car il lui paraît « illusoire » d’essayer de les intégrer. Ce qui circule librement aujourd’hui, c’est la peur, tandis que les politiques ne se sortent pas de leurs petits calculs.  El País  Editorial 30 Septembre 2013

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29 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Pas d’argent européen pour eux (Rue 89)

Pas d’argent européen pour eux (Rue 89) dans Antiracisme xyz

Parlant « insertion des Roms en France » et fonds européens et français afférents, pourquoi ne pas préciser aussi clairement que possible aux Français, monsieur le ministre, que la France a perçu une enveloppe de crédits européens de 14,3 milliards d’euros de la part du Fonds européen de développement régional (Feder) et du Fonds social européen (FSE) pour l’ensemble de la période 2007-2013, soit plus que la Roumanie et la Bulgarie réunies ?

(Chiffres extraits du rapport téléchargeable ci-contre de la Cour des comptes intitulé « L’Utilisation des crédits du Fonds social européen : des améliorations mais toujours une grande dispersion des actions ».)

Il n’en est pas moins que chaque pays décide, au sein de cette enveloppe globale de crédits, de la part qu’il consacre au FSE. Dans le cas de la France, cette part représente 5,4 milliards d’euros, au lieu de 7 milliards d’euros pour la programmation précédente.

Contrairement à d’autres pays, comme l’Espagne ou la Roumanie, la France n’a pas souhaité, qui plus est, attribuer des fonds spécifiquement aux Roms au sein de cette enveloppe. En revanche, l’un des « axes » du programme prévoyant la répartition du FSE en France est explicitement consacré à la lutte contre la discrimination, afin de favoriser l’inclusion et la cohésion sociale.

Au total, la France consacre 39% du FSE à cette priorité. « A titre de comparaison, selon les données fournies par la Commission, le Royaume-Uni en consacre 23%, l’Allemagne 20%, l’Italie 9% et l’Espagne 7% », peut-on lire dans le document de la Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) cité plus haut.

Pourtant, au vu des actions entreprises, pratiquement rien n’a été consacré par la France aux Roms sur ces fonds.

« Pas porteur politiquement », n’est-ce pas M. le ministre ?

Selon Morgan Garo, docteure en géopolitique et auteure de l’ouvrage « Les Roms, une nation en devenir ? » (éd. Syllepse, avril 2009), la faible utilisation des fonds européens en faveur des Roms en France s’explique par l’obligation d’identifier et de cofinancer les projets. Elle juge : « Qui va cofinancer des projets destinés aux Roms ? Ce n’est pas porteur politiquement. » Se trompe-t-elle, monsieur le ministre ?

En foi de ces quelques chiffres et précisions, je vous serais réellement reconnaissante de veiller, monsieur le ministre, à ce que plus aucun membre des équipes du gouvernement ne s’autorise à affirmer aux Français que la Roumanie et la Bulgarie ont perçu « les » fonds européens pour l’intégration des Roms, et pas la France.

Ce serait une mystification tout à fait condamnable de l’électorat français, à l’opposé du vœu de vérité exprimé publiquement par vous sur ce dossier.

 rapport_fse dans Macronie

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29 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Les bretons n’ont pas vocation à demeurer en Ile-de-France (Asbl)

Les bretons n’ont pas vocation à demeurer en Ile-de-France (Asbl) dans Antiracisme mendiant3

Notre modèle républicain, que l’Europe entière nous envie, connaît parfois quelques ratés.

Des populations arriérées, incapables de s’adapter à la modernité, où l’alcoolisme atavique et la superstition religieuse font des ravages, continuent de mener un mode de vie extrêmement différent des nôtres. Leur mendicité agressive, leur propension manifeste à la délinquance, leur insalubrité et, disons le mot, leur odeur, menacent notre vivre-ensemble. Je veux bien sûr parler des bretons.

Un rapport pas si ancien, sur l’immigration bretonne à Nantes, le montrait déjà amplement: « Ces hordes nomades [...] entretiennent dans nos murs le fléau de la mendicité et rendent stériles les efforts et les sacrifices de l’administration pour le faire disparaître. » J’ai déjà eu l’occasion de démontrer que les filières bretonnes, dans le monde des affaires, étaient presque toujours des filières mafieuses. On sait par ailleurs qu’à l’image de la Corse, la Bretagne est une terre fermée aux étrangers, dont les habitants manifestent une fierté démesurée, continuant à entretenir un patois désuet et un folklore tout aussi ridicule.

De belles âmes, sans doute à l’abri des désagréments causés par cette invasion, prétendent qu’il n’y a guère qu’une « minorité » de bretons voleurs et proxénètes. Elles brandissent l’exemple isolé de tel ou tel breton assimilé, qui a fini par connaître le succès, pour essayer de faire croire en leur possible intégration.

Pourtant, tout le monde peut comprendre que, face à la déferlante continue qui s’abat chaque jour sur les quais de la gare Montparnasse, on ne peut rester les bras croisés. Veut-on un quatorzième arrondissement entièrement « bretonnisé », où l’usage du français serait banni ? Imagine-t-on que les écoles diwan remplacent les écoles publiques ? Et que répondra-t-on à ces immigrés de troisième génération qui revendiquent le port de la coiffe bigouden sur leur lieu de travail ?

L’Ile-de-France n’a pas vocation à accueillir toute la misère du monde. Les bretons ont leur culture : qu’ils la gardent. C’est notre devoir de républicain, et d’homme de gauche, que de le reconnaître.

http://lactualiteselonblochladurie.wordpress.com/2013/09/27/les-bretons-nont-pas-vocation-a-demeurer-en-ile-de-france/

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28 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Bécassine chez les roms!

Bécassine chez les roms! dans Antiracisme becassine_chevaudebois1

Je ne sais pas de quand date la réputation de « voleurs d’enfants » des gitans, mais elle semble devenir un poncif des littératures populaires au XIXe siècle. On la voit illustrée avec un certain humour dans la première aventure de Bécassine :

L’enfance de Bécassine, par J.P. Pinchon (1913). Lorsque sa mère lui apprend qu’elle n’a plus de quoi la nourrir, la petite Bécassine décide de s’enfuir avec pour projet de se faire voler par des bohémiens. Elle rencontre le père Chevaudebois, qui lui explique qu’il ne peur rien pour elle, il a déjà assez de bouches à nourrir comme ça. Bécassine personnifie la simplicité provinciale (officiellement bretonne, elle porte un vêtement Picard,…). Cet épisode est ironique puisque c’est Bécassine elle-même qui réclame d’être enlevée, sans succès. Plutôt que de courir les routes au grand air, elle deviendra donc domestique de madame la marquise de Grand Air. Où est la liberté, où est la servitude ?

http://hyperbate.fr/dernier/?p=12663

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28 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Evacuations de Roms : des niveaux jamais atteints! (LDH)

Evacuations de Roms : des niveaux jamais atteints! (LDH) dans Antiracisme tintin_1
Tout en prônant un « pacte de dignité », le gouvernement poursuit les évacuations violentes, brutales et inutiles.

Les nouvelles données délivrées par la Ligue des droits de l’Homme (LDH) et European Roma Rights Centre (ERRC) viennent d’être publiées dans le recensement des évacuations forcées du troisième trimestre 2013. Elles confirment que les évacuations forcées des Roms ont perduré à un rythme élevé, 5 003 durant le troisième trimestre 2013, avec une accentuation durant les mois de juillet et août. L’Ile-de-France, dont le département de Seine-Saint-Denis détient le record des expulsions, connaît la plus forte augmentation. Dans les autres régions (incluant Paca, Rhône-Alpes et le Nord), les évacuations forcées ont perduré à un rythme élevé mais stable. En tout, il y a eu 56 évacuations perpétrées par les forces de l’ordre concernant 5 003 personnes, et 5 évacuations suite à un incendie affectant 500 personnes.

On observe par ailleurs un nombre croissant de bidonvilles qui sont abandonnés par les habitants avant l’intervention des forces de l’ordre, pour éviter les traumatismes et la perte de leurs biens.

Ces expulsions interviennent sans solution alternative crédible de relogement ni d’accompagnement social. Comme durant le deuxième trimestre 2013, la mise en application de la circulaire interministérielle du 26 août 2012 « relative à l’anticipation et à l’accom- pagnement des opérations d’évacuation des campements illicites » reste rare, disparate et généralement superficielle. Elle s’apparente plus souvent à un recensement des populations qu’à un réel et durable travail social d’insertion. Ainsi, le préfet de Seine-Saint-Denis, M. Philippe Galli, reconnaît qu’il n’applique pas correctement la circulaire, arguant du fait qu’il ne dispose pas de moyens suffisants1.

Comme depuis plusieurs années, les traumatismes faisant suite aux évacuations forcées continuent de provoquer une précarité de plus en plus grande. La marginalisation et la stigmatisation de ces populations augmentent. Il faut constater que cette politique inutile et coûteuse est dangereuse. Les discours de haine prononcés par des responsables politiques se multiplient. Les propos récents du ministre de l’Intérieur alimentent les préjugés et concourent aux stigmatisations et au rejet subi par la population rom.

Nous demandons une nouvelle fois l’arrêt immédiat de cette politique : les évacuations forcées ne peuvent se perpétuer au mépris des traités internationaux et européens. Au-delà de l’application concrète de la circulaire du 26 août, nous demandons par ailleurs qu’une véritable politique d’insertion pour ces personnes en grande précarité soit mise en place. Cette politique devra dépasser celle qui « anticipe et accompagne » leurs expulsions ou leurs évacuations forcées. Communiqué LDH

1 COMPLÉMENT D’ENQUÊTE, “Manuel Valls : l’ambitieux”, France 2, diffusé le jeudi 12-09-13 à 22h15.

http://www.ldh-france.org/Evacuations-de-Roms-des-niveaux.html

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27 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Guadeloupe : le massacre de mai 1967 (Uah)

Guadeloupe : le massacre de mai 1967 (Uah) dans Anticolonialisme 0-esclavage-fouet

Le 20 mars 1967,  Srnsky, un Européen, propriétaire d’un grand magasin de chaussures à Basse-Terre (Guadeloupe), voulant interdire à Raphaël Balzinc, un vieux Guadeloupéen infirme, cordonnier ambulant, de passer sur le trottoir qui borde sa devanture, lâche sur lui son berger allemand. Srnsky excite le chien en s’écriant : ‘ « Dis bonjour au nègre ! « .

Balzinc, renversé et mordu, est secouru par la foule, tandis que Srnsky, du haut de son balcon, nargue et invective à qui mieux mieux  les passants et même les policiers guadeloupéens qui sont accourus. Il s’ensuit une colère qui aboutit au sac du magasin. Srnsky, dont la grosse voiture est jetée à la mer,  réussit à s’enfuir à temps.

Le préfet la Guadeloupe, Pierre Bollotte, ancien directeur de cabinet du préfet d’Alger (après la fameuse bataille d’Alger qui a donné lieu à la pratique systématique de la torture et des exécutions sommaires) feint de condamner l’acte raciste de Srnsky, mais veut profiter des événements pour démanteler le mouvement autonomiste né de la déception des Guadeloupéens. Malgré la départementalisation de 1946, ils ont conscience, du fait du racisme et des incroyables injustices sociales qui les frappent, de n’être pas assimilés et d’être traités en indigènes. La seule réponse qui a été donnée à leurs problèmes, c’est l’exil par le Bumidom.

Des scènes d’émeutes ont lieu à Basse-Terre puis à Pointe-à-Pitre. La répression  policière est violente : une cinquantaine de blessés. Le 23 mars, le magasin du frère de Srnsky est dynamité à Pointe à Pitre. Le 24 mai, les ouvriers du bâtiment se sont mettent en grève, récla- mant 2 % d’augmentation et l’alignement des droits sociaux sur ceux de la métropole. Le 25 mai, des négociations sont organisées à Pointe-à-Pitre. Elle sont de pure forme. Le chef de la délégation patronale, Brizzard, déclare : « Quand les nègres auront faim, ils reprendront bien le travail. »

Dès lors la situation s’envenime. Les forces de l’ordre ouvrent le feu dans l’après-midi, abattant deux jeunes Guadeloupéens : Jacques Nestor et Ary Pincemaille. En réaction à ces deux « bavures » selon les uns, exécutions sommaires selon les autres, deux armureries sont pillées et les affrontements se multiplient. Des lieux symboliques de la France continentale sont incendiés : la Banque de Guadeloupe, Air-France, France-Antilles.

La gendarmerie mobile et les CRS, appuyés par l’armée,  ouvrent alors  un feu nourri contre la foule qui fait plusieurs dizaines de morts. Dans la soirée, l’ordre est donné de nettoyer la ville à la mitrailleuse. Les passants sont mitraillés depuis les jeeps qui sillonnent la ville.

Le lendemain matin, 26 mai 1967, les lycéens de Baimbridge organisent une manifestation spontanée pour dénoncer les tueries de la veille. Les forces de l’ordre ouvrent de nouveau le feu. Le 30 mai, le patronat sera contraint d’accorder une augmentation de 25 % des salaires à des ouvriers qui ne demandaient que 2 %.

Des centaines de Guadeloupéens ont été arrêtés. 10 seront immédiatement condamnés à des peines de prison ferme. 70 autres feront l’objet de poursuites. En outre,19 Guadeloupéens, liés au Gong (groupe d’organisation nationale de la Guadeloupe, indépendantiste) et accusés d’avoir organisé la sédition, sont déportés en France et déférés devant la cour de Sûreté de l’État. Treize des accusés seront acquittés, les 6 autres condamnés avec sursis.

Le bilan officiel de ces journées est de 8 morts. En 1985, un ministre socialiste de l’Outre-mer, Georges Lemoine, lâche le chiffre de 87 morts. Christiane Taubira, depuis Garde des Sceaux, a pour sa part évoqué 100 morts.  Certains parlent du double. Le caractère imprécis de ce bilan, dans un département français, en dit long sur la situation qui pouvait y régner à cette époque.

Quant aux responsables de cette tragédie, son cités les noms du commissaire Canalès, du préfet Bollotte, de Pierre Billotte, ministre de l’Outre-Mer, de Christian Fouchet, ministre de l’Intérieur, de Pierre Messmer, ministre des Armées, et surtout de Jacques Foccart, alors secrétaire de l’Élysée aux Affaires africaines et Malgaches.

Foccart était le fils d’une béké guadeloupéenne de Gourbeyre – Elmire de Courtemanche de La Clémandière – et d’un planteur de bananes d’origine alsacienne, Guillaume Koch-Foccart, le maire de cette même ville de Gourbeyre.

Mais personne n’a jamais osé accuser le premier ministre, Georges Pompidou, ni le général De Gaulle, alors Chef de l’État, qui certainement, a dû être informé de ce qui se passait en Guadeloupe et probablement consulté sur les mesures à prendre.

Curieusement, les archives relatives au massacre – ou ce qu’il en reste -ont été classées Secret Défense jusqu’en mai 2017, ce qui pourrait être le signe que des hommes des forces spéciales ont pu être utilisés sous l’uniforme des forces de l’ordre classique, comme cela se fait parfois, quand la République se sent menacée. Pierre Bollotte, le préfet, a été prudemment rapatrié le 12 juillet 1967 et affecté, le temps que les esprits se calment, à un poste discret. Après avoir poursuivi sa carrière de préfet territorial en métropole, il a été nommé à la Cour des Comptes en 1982, tout en menant une carrière politique dans le 16e arrondissement de Paris, dont il a été maire-adjoint RPR. Srnsky, aidé par les autorités, a disparu de la Guadeloupe sans laisser de traces.

Les séquelles de ces événements sanglants, dans la mémoire collective guadeloupéenne, sont d’autant plus vivaces que le massacre de mai 1967 a toujours été minimisé, sinon occulté dans l’histoire de la Cinquième République, à la différence d’autres massacres comparables en termes de victimes, comme celui du 17 octobre 1961, qui, eux, ont été reconnus officiellement. © Une Autre Histoire

http://www.une-autre-histoire.org/guadeloupe-le-massacre-de-mai-67/

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27 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Exposition: Le Rom et la France (Bastamag)

Exposition: Le Rom et la France (Bastamag) dans Antiracisme juifs

Qu’est-ce qu’un Rom ? Quel est son mode de vie ? Comment le reconnaître ? A-t-il une morphologie particulière ?

Une exposition « Le Rom et la France » pourrait être organisée le 23 mars 2014, sous le haut patronage de plusieurs personnalités politiques spécialistes du sujet : Marine Le Pen bien sûr, mais aussi Manuel Valls, Nathalie Kosciusko-Morizet, Anne Hidalgo, Rachida Dati ou Michel Destot. Basta ! vous livre en exclusivité un avant-goût du contenu probable de cet événement sur le péril Rom. Attention à ne pas vomir.

Le 23 mars 2014, une exposition ouvrira ses portes simultanément dans toutes les villes de France. L’exposition attirera beaucoup de visiteurs, notamment des enfants, à qui l’on expliquera « ce qu’est un Rom ». Car les Roms ont des « modes de vie extrêmement différents des nôtres » (Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, PS).

Le Rom vit dans une caravane, comme l’a révélé le scoop de Valeurs Actuelles. Quand il ne se déplace pas en « flux de popu- lation », le Rom et ses congénères se regroupent de manière « anarchique » dans « des camps » – pas des bidonvilles – ce qui « engendre des situations de tensions terribles » (Michel Destot, maire PS de Grenoble). Une fois sa cabane installée, le Rom exerce « des commerces illégaux, la mendicité des enfants, la prostitution » (Francis Chouat, maire PS d’Evry). Les « bandes de Roms » se servent de leur camp comme base arrière pour « dépouiller » la population, en particulier parisienne, que le Rom « harcèle beaucoup » (Nathalie Kosciusko-Morizet, députée, UMP).

Car le Rom complote pour transformer la capitale en « un campement géant », où il pourra ainsi s’adonner massivement à la « mendicité agressive » et à la « prostitution » (tout cela n’existait pas avant l’arrivée du Rom), via des « réseaux criminels de délinquance à l’échelle européenne » (Anne Hidalgo, maire adjointe de Paris, PS) Car le Rom est fourbe. Grouillant dans la capitale, il « s’agrippe aux cartables des enfants » et exerce « un véritable harcèlement à la sortie des écoles » (Rachida Dati, maire du 7ème arrt de Paris, députée européenne, UMP).

La question Rom concerne autant la France urbaine que rurale. A la campagne, le Rom vole canards, chèvres et autres volailles. Le Rom menace « le respect de la propriété en France ». Avec ses congénères, ils constituent des « populations qui sont en train de piller tout ce qu’il y a autour d’elles » (Régis Cauche, Maire UMP de Croix, dans le Nord). Le Rom pratique dans nos campagnes la politique de la terre brûlée, laissant dans son sillage des « animaux volés et égorgés, avec ces têtes de chevaux jetées le long des grillages, où elles pourrissent ensuite… » (Marine Le Pen, FN)

Le Rom fait vivre « un véritable enfer » aux Français. Le Rom menace la France de « guerre civile » (Marine Le Pen, FN). Ce qui démontre encore davantage sa fourberie puisque le Rom ne représente que 0,003 % de la population. Si les Roms ne « ne sont pas tous des voleurs » (Marine Le Pen), les bons Roms ne sont qu’une « minorité » et il « est illusoire de penser qu’on règlera le problème des populations roms à travers uniquement l’insertion » (Manuel Valls).

En conséquence, « il faut mettre un terme à l’hémorragie rom en France » (Serge Godard, maire PS de Clermont-Ferrand) Et « L’Union européenne doit trouver la solution de ces flux de populations » (Michel Destot, maire PS de Grenoble) Parce que finalement, « Hitler n’en a pas peut-être pas tué assez… » (Gilles Bourdouleix, maire de Cholet et député ex-UDI). Voilà ce qu’est un Rom si l’on met bout à bout l’ensemble des déclarations de politiques ces dernières semaines. [1] Un concours est lancé pour actualiser l’affiche de la dernière exposition de ce type, organisée à Paris en 1941.

Par Ivan du Roy (27 septembre 2013)

Notes

[1] Citation de Manuel Valls, Citations de Michel Destot, Francis Chouat et Serge Godard, Citations de NKM, Citations de Anne Hidalgo, Citations de Rachida Dati, Citation de Régis Cauche, Citations de Marine Le Pen, Citation de Gilles Bourdouleix.

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http://www.bastamag.net/article3338.html

Lire aussi: http://www.bastamag.net/article3331.html

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26 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Roms : “Manuel Valls réhabilite un racisme à l’ancienne” (les Inrocks)

Roms : “Manuel Valls réhabilite un racisme à l’ancienne” (les Inrocks) dans Antiracisme savon-ez

Sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, le philosophe Michel Feher fut à la pointe du combat contre sa politique d’immigration. Après les propos du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, sur le caractère inassimilable des populations Roms, le président de l’association “Cette France-là” repart au combat. Entretien.

Comment réagissez-vous aux propos du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, qui nie la volonté d’intégration d’une majorité de “Roms” et qui parlent d’une “différence de mode de vie”

Michel Feher - Les Roms présents sur le territoire français sont, dans leur grande majorité, des ressortissants de pays membres de l’UE. Par conséquent, il ne sont pas expulsables comme le sont les étrangers non-européens que l’administration française juge indésirables. Pour résoudre ce problème, Manuel Valls s’emploie donc à montrer que, même s’ils sont Européens de par leur nationalité, les Roms n’en sont pas moins une “race” à part : ils ont, dit-il, un mode de vie totalement différent du notre, qui rend leur intégration impossible. Bref, les ressorts habituels de la xénophobie “républicaine” ne s’appliquant pas, on réhabilite un racisme à l’ancienne, celui-là même que la construction de l’Europe se devait de conjurer à jamais. Fort heureusement, Manuel Valls et son président militent en même temps pour que le mot race disparaisse de la constitution. Effacer le nom pour mieux faire réapparaître l’innommable.

Ces propos ne rentrent-ils pas en contradiction avec sa circulaire de juillet 2012 rendant les conditions de naturalisation plus faciles ?

Les mesures relatives à la naturalisation, que je sache, ne visaient pas les Roms. Il s’agissait, à l’époque, de concentrer le “changement” en matière d’immigration dans un domaine où le virage à gauche peut être concilié avec une rhétorique patriotique, en sorte de compenser le renoncement annoncé à d’autres mesures, telles que l’octroi du droit de vote aux étrangers pour les élections locales, la fin du recours systématique à la rétention pour les sans-papiers ou encore la délivrance d’un récépissé lors des contrôles de police.

Comment expliquez-vous que des élus de gauche ou de droite dénoncent aujourd’hui “les Roms” comme les principaux responsables de leurs difficultés ?

Dès lors que l’on se résout à ne rien offrir en matière de réduction du chômage, de pouvoir d’achat, ou de services publics, il devient nécessaire de braquer les regards des électeurs vers d’autres questions où les élus s’estiment mieux à même d’exhiber leur “fermeté”. À défaut d’affronter la “finance mondialisée et sans visage”, les Roms offrent un substitut certes étriqué et peu vraisemblable, mais à la fois étranger et de proximité. Peu nombreux et peu à même de se défendre, les Roms sont une cible idéale pour qui veut afficher son intransigeance à peu de frais.

Selon le ministère de l’Intérieur, il y aurait 20000 Roms en France. La France est-elle vraiment incapable de les accueillir ?

20 000 personnes – ce nombre est stable depuis de très nombreuses années – concentrées dans trois régions et dont la moitié est composée d’enfants. Assurément, les aider à s’insérer grâce à un accès aux soins, à l’école et à des habitations décentes ne représente pas un effort gigantesque pour un pays riche de plus de 60 millions d’habitants. Reste que d’un point de vue politique, nombre de dirigeants locaux et nationaux estiment qu’il est plus rentable de constituer les Roms en problème majeur – en les forçant à se déplacer sans cesse et en affichant une compassion appuyée à quiconque affirme ne pas supporter leur présence – que de s’employer à résoudre les problèmes qu’ils rencontrent.

Pourquoi continue-t-on à parler de “Roms” pour une population qui regroupe une multiplicité de minorités et de parcours individuels ?

Dès lors qu’il s’agit d’accréditer l’idée qu’une population n’a pas “vocation” à s’intégrer (le terme “vocation”, dont l’usage en matière d’immigration a été instauré par Brice Hortefeux, fait désormais partie du vocabulaire de son digne successeur Manuel Valls), il est important de faire en sorte que cette population soit perçue comme un masse homogène – sans visage en quelque sorte, comme la finance – histoire de s’épargner toute culpabilité ou empathie. En revanche, la souffrance des “riverains” exaspérés est quant à elle dûment individualisée.

Considérez-vous toujours qu’il y a eu une xénophobie latente au sein de la société française ? Comment l’expliquez-vous ?

La disposition à imputer ses peurs et ses échecs à la présence d’étrangers importuns n’est évidemment pas propre à la société française. De même, l’aversion que suscitent le racisme et la xénophobie existe elle aussi à l’état latent, en France comme ailleurs. L’actualisation de l’une ou de l’autre de ces potentialités dépend largement de la légitimation et des encouragements qu’elles reçoivent du côté des politiques, des médias et des experts de toutes sortes. Or, depuis plusieurs années, les dirigeants français ont choisi, comme nombre de leurs collègues européens, de légitimer et même d’encourager les interprétations xénophobes des inquiétudes éprouvées par les Français dits “d’en bas”. C’est qu’en dépit des vitupérations contre la “finance folle” qui ont empli l’espace public à l’automne 2008, droite et gauche n’ont guère tardé à renouveler leur allégeance aux marchés financiers. Engagés dans une “politique de l’offre” qui laisse les moins nantis sans protection contre la précarisation de leurs conditions d’existence et la détérioration des services auxquels ils ont droit, les gouvernants entendent au moins protéger leurs mandants contre les périls rom et islamiste. Et tant pis si ces derniers comptent pour bien peu dans les difficultés des gens : faute d’offrir des revenus supplémentaires aux Français, la stigmatisation des populations étrangères assure au moins une revalorisation relative de leur capital d’autochtonie.

Avec votre collectif “cette France-là” , vous aviez été en pointe dans le combat contre la politique d’immigration de Nicolas Sarkozy. Estimez-vous qu’il y a eu un changement de cap depuis que François Hollande est au pouvoir ?

Au départ, pendant la campagne tout au moins, François Hollande n’envisageait pas tant de changer de cap sur le fond que de rendre les questions d’immigration moins centrales que sous le quinquennat précédent. Il s’agissait donc de prendre quelques mesures susceptibles de conjurer la méfiance de ses électeurs de gauche – le droit de vote notamment – tout en continuant de revendiquer une fermeté qui ne laisserait pas trop de prise à la droite. Toutefois, à force de reculer sur le traité européen, la réforme fiscale, la régulation des institutions financières ou encore la transition énergétique, l’absence de mesure mobilisatrice pour son camp a contraint le chef de l’État – par l’entremise de son ministre de l’intérieur – à puiser dans les thématiques chères à son prédécesseur. Reste qu’on peut se demander ce que les socialistes espèrent de leur alignement sur l’UMP et le FN : car non contents de trahir leurs valeurs et d’insulter leur intelligence – tant il est vrai que le discours de Valls est aussi bête que méchant – ils bradent aussi leurs intérêts électoraux. Qui peut penser qu’abonder dans le sens de leurs adversaire ne contribuera pas à sceller leur déroute ? – et à souiller pour longtemps le souvenir que laissera leur bref passage aux affaires.

Propos recueillis par  26/09/2013 | 09h08

http://www.lesinrocks.com/2013/09/26/actualite/roms-feher-interview-racisme-a-lancienne-11430105/

 

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25 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Roms, l’inquiétante récidive… (Ldh)

Roms, l’inquiétante récidive... (Ldh) dans Antiracisme manuel

Les déclarations du ministre de l’Intérieur se suivent et se ressemblent :

le mode de vie des Roms est éloigné du nôtre et la majorité d’entre eux ne veut pas s’intégrer. M. Valls devrait savoir, plus que quiconque, que l’usage de tels stéréotypes ne ressort pas d’un discours de vérité mais bien d’une volonté de stigmatiser une population dont la présence ne serait pas souhaitable en France.

De tels mots dans la bouche d’un ministre de la République ne sont pas acceptables. Ils le sont d’autant moins qu’ils ne satisferont même pas à l’objectif recherché, si ce n’est avoué, de préparer les prochaines échéances électorales. La LDH entend rappeler au ministre de l’Intérieur, qu’en déniant à cette population les mêmes droits qu’aux autres citoyens de l’Union européenne, il participe aux mêmes discrimi- nations qu’ils subissent dans leurs pays d’origine. La LDH appelle le gouvernement de la République à se ressaisir et à retrouver les voies de l’universalité des droits de l’Homme. Communiqué LDH Paris, le 24 septembre 2013

http://www.ldh-france.org/Roms-l-inquietante-recidive.html

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