Archive | Antiracisme

24 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Saint brieuc, les élèves du lycée rabelais en sit-in contre le racisme (of)

Entre 300 et 400 lycéens se sont assis dans la cour du lycée, ce vendredi.

Ce matin, entre 300 et 400 élèves du lycée Rabelais, à Saint-Brieuc, ont fait un sit-in dans la cour. Ils réagissent aux inscriptions racistes visant cinq lycéens.

Ce vendredi, à l’heure de la récréation, entre 300 et 400 élèves se sont rassemblés dans la cour du lycée Rabelais, de Saint-Brieuc. Par trois fois, des injures racistes accompagnées de menaces de mort ont été inscrites par une main anonyme, à l’encontre de cinq lycéens dont les noms ont une consonance maghrébine.

Pendant dix minutes, des prises de paroles se sont succédé. Certaines victimes de ces tags racistes ont remercié les élèves présents pour leur soutien.

Camille Archambault Saint-Brieuc – 23 Mai

http://www.ouest-france.fr/lycee-rabelais-les-eleves-en-sit-contre-le-racisme-2564682

Les jeunes Américains ne comprennent pas le racisme (Slate via Inrocks)

Une étude américaine vient de montrer que les jeunes Américains nés dans les années 1990 et 2000 – les “millennials” – sont beaucoup moins touchés par le racisme que leur aînés. C’est la chaîne MTV qui a découvert ce phénomène, grâce à une étude réalisée sur des jeunes entre 14 et 24 ans, dans le cadre d’une campagne de lutte contre les discri- minations. L’étude montre une génération de “daltoniens”, qui ne “voient” pas la couleur de peau, ce qui les rend complètement hermétiques au racisme, qu’ils ne comprennent pas.

Pour 91 % des jeunes interrogés “tout le monde devrait être traité de la même façon” et 72 % pensent que leur génération croit plus en l’égalité que les générations précédentes. 68 % pensent que “se concentrer sur la race empêche la société de ne plus voir la couleur de peau” (colorblind, en anglais). 21/05/2014 | 15h52 A lire sur slate.com

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19 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Marine lp progresse…en régressant (acrimed)

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L’opinion selon BVA :

Pour BVA, Marine Le Pen progresse… même quand elle régresse  !

Cette semaine, BVA a fait fort. Dans un article publié sur son site le 10 mai, et qui sert de résumé à un sondage effectué à la fin du mois d’avril, l’institut titre, au mépris de la réalité : « Marine Le Pen : toujours impopulaire… mais toujours en progression ». Pour l’impopularité, c’est vrai ; en revanche, pour la « progression », c’est parfaitement faux si on se base sur les chiffres de… BVA !

En effet, l’institut avait déjà effectué un sondage similaire en septembre 2013. On y retrouve les mêmes grandes questions : « Pourriez-vous voter pour Marine Le Pen à la prochaine présidentielle ? », « Vous personnellement, avez-vous une très bonne, plutôt bonne, plutôt mauvaise ou très mauvaise opinion de Marine Le Pen ? » et « Feriez-vous tout à fait, plutôt, plutôt pas ou pas du tout confiance à Marine Le Pen pour gouverner le pays ? ». La méthode de sondage est la même (par téléphone et par internet) et l’échantillon est semblable (1 049 personnes en septembre, 1 102 en avril) ; ces deux enquêtes d’opinion sont donc très largement comparables.

Sur toutes les questions posées sans exception, Marine Le Pen enregistre une très nette baisse de sa popularité. Le chiffre de bonnes opinions baisse de quatre points, celui de mauvaises opinions augmente de trois points (et même de neuf points pour les « très mau- vaises » opinions). Le nombre de personnes disant pouvoir voter pour elle à la présidentielle est en baisse de six points et celui du nombre de personnes affirmant qu’ils ne pourraient « en aucun cas » voter pour elle est en hausse de six points. On retrouve les mêmes chiffres sur la confiance : une baisse de quatre points de ceux qui lui font « confiance pour gouverner le pays » et une hausse de quatre points de ceux qui ne lui font pas confiance.

Pourquoi BVA a-t-il choisi de présenter Marine Le Pen comme étant « en progres- sion » alors que, selon ses propres chiffres, elle est en très nette baisse ? Pourquoi aller cher- cher des données de 2011 pour faire un comparatif alors qu’il existe des chiffres de 2013 ? S’il s’agit de parler du temps long, pourquoi parler de « progression » alors que toutes les varia- tions enregistrées sur le long terme se situent dans la marge d’erreur du sondage (établie à 2,5 points) ? Surtout, pourquoi taire cette nette et brutale chute de Marine Le Pen ?

Serait-ce qu’à quinze jours de l’unique tour de l’élection européenne, il ne faudrait pas gâcher le récit médiatique qui présente quasi systématiquement le Front national comme le futur grand gagnant de ce scrutin ?

Notes:

[1] Comme l’analysait Pierre Bourdieu dans un célèbre article « - « L’opinion, ça n’existe pas »- reproduit ici même-.

[2] Les articles publiés sous forme de « tribune » n’engagent pas collectivement l’Association Acrimed, mais seulement leurs auteurs.

Par Antoine Léaument, le 19 mai 2014

L’opinion que prétendent mesurer et refléter les sondages est une construction des sondages eux-mêmes [1].

Et les sondeurs professionnels ne reculent décidément devant rien : tout est bon pour aller le sens du vent médiatique et politique, quitte à se contredire à quelques mois d’intervalles, com- me nous le rappelle le texte publié sur son blog que nous a fait parvenir un correspondant. Nous le reproduisons ci-dessous, sous forme de tribune [2] et sous son titre original. On savait les sondeurs capables de faire dire à peu près n’importe quoi aux chiffres qu’ils construisent. Au mépris des résultats de leurs propres « études d’opinion » et pour mieux fabriquer cette dernière, ils n’hésitent pas non plus à en choisir certains, pour mieux en occulter d’autres. Que le Front national progresse politiquement est une chose, affirmer que les sondages enregistrent ces progrès dans l’opinion sondée en est une autre ! (Acrimed)

http://www.acrimed.org/article4350.html

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18 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Les états européens soutiennent une politique meurtrière…

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…en prônant le renforcement des contrôles aux frontières 

Comment caractérises-tu l’évolution de la politique extérieure migratoire de l’Union européenne?

Depuis le traité d’Amsterdam en 1998, l’harmonisation des politiques migratoires européennes a engendré un renforcement et une externalisation des contrôles migratoires, notamment dans les pays d’origine et de transit comme le Maroc, la Turquie voire l’Ukraine. Un des premiers dispositifs auxquels de nombreux ressortissants dans le monde – souhaitant venir dans un pays de l’Union – sont confrontés, c’est la demande de visa. Pour cela, il y a tout un ensemble de documents à fournir (contrat de travail, dernières fiches de paie, relevé du compte ban- caire, attestation d’hébergement, etc.) et un coût de 60 euros (1) qui n’est pas négligeable (2). Face à ce dispositif, des personnes qui ont de faibles ressources ou une situation moins stable et n’ont d’autre souhait que de rendre visite à leur famille ont parfois les pires difficultés à obtenir ce fameux sésame. Alors que celles et ceux qui ont des moyens financiers sont bien moins concernés et le cas échéant auront davantage de facilités à surmonter ces obstacles administratifs.

Ces diverses situations nous apprennent que si les migrations dans le monde sont de plus en plus entravées – on n’a jamais autant construit de murs depuis la chute du mur de Berlin en 1989 – les mobilités internationales sont également marquées par des rapports de classes engendrant une mondialisation différenciée des migrations.

Sur le plan du renforcement des contrôles dans les pays tiers, il y a aussi les agents de liaison « immigration », des officiers de différents ministères de l’Intérieur détachés dans les pays extérieurs à l’UE qui ont également pour objectif d’inciter les autorités de ces États à collaborer à la politique européenne d’immigration sous peine de ne pas recevoir certaines aides finan- cières dans d’autres secteurs comme l’aide au développement. Dans ce processus, les acteurs privés sont également de plus en plus présents. Si les compagnies de transports ont été mises à contribution dès les années 1990 sous peine de sanction financière, de grandes firmes inter- nationales comme Thalès, G4S, BAE Systems tirent par contre une partie de leurs profits finan- ciers de dispositifs de contrôles migratoires destinés à entraver la circulation des personnes. Alors qu’auparavant, ces mêmes entreprises avec d’autres dans le monde bien évidemment, ont fait en sorte, par le biais de divers lobbying, que les flux financiers et les échanges écono-miques circulent plus facilement. À chacun sa conception de la mondialisation !

Enfin il y a l’agence européenne Frontex qui coordonne des opérations de surveillance aux frontières extérieures. Elle passe également des accords avec les autorités de pays tiers sans que ces ententes soient ratifiées par le Parlement européen alors que le traité de Lisbonne le prévoit. C’est aberrant de signer de tels accords avec des régimes dictatoriaux comme la Biélorussie ou de voir qu’aujourd’hui les accords de réadmission avec l’Ukraine n’ont toujours pas été suspendus par la Commission.

Quelles alternatives propose Migreurop aux gouvernements européens qui prônent l’urgence – encore et toujours – de renforcer les murs et les contrôles ?

Depuis plus de quinze ans, les États européens soutiennent une politique meurtrière en prônant le renforcement des contrôles aux frontières pour mieux lutter contre l’immigration « irrégulière ». Pour preuve, depuis la création de Frontex en 2005 qui dispose pour ce faire de patrouilles, notamment en Méditerranée, le nombre de morts n’a cessé d’augmenter : de moins de 1 000 en 2005, il est passé à plus de 2 000 par an aujourd’hui. Par ailleurs, on assiste à une criminalisation de l’entrée irrégulière des migrants : le nombre de centres d’enfermement ne cesse d’augmenter. De 2000 à 2011, on est passé de 342 à 420 camps dans les pays de l’UE et les États voisins (3).

Ce type de politique a pour effet de développer des fantasmes autour de la migration « irré- gulière», laissant croire à des flux importants. Si à l’échelle d’une île comme Lampedusa ou d’un territoire comme Ceuta, cela peut représenter un pourcentage relativement important de la population, à l’échelle de l’Union européenne, cela demeure un petit phénomène. Les décla-rations politiques sur la migration ont souvent été très éloignées de la réalité.

En conséquence, au sein de Migreurop, il nous paraît important de changer les politiques mi- gratoires actuelles. Les partenariats passés entre les États européens et les pays voisins doi- vent reposer sur une véritable équité, c’est-à-dire que les ressortissants des pays concernés aient les mêmes possibilités d’aller et venir.

Par ailleurs, les pays européens ont ratifié des conventions internationales comme la Conven- tion de Genève de 1951 sur le statut de réfugié qui permet à celles et ceux qui recherchent une protection de pouvoir entrer dans un pays sans forcément avoir un document de voyage en règle. Les autorités doivent en conséquence s’engager à respecter ces principes. Enfin, Migreurop demande la fermeture de l’ensemble des lieux d’enfermement pour migrants qui non seulement sont une source permanente de violation des droits fondamentaux mais contribuent aussi, aujourd’hui, à enrichir des actionnaires de grandes multinationales comme Bouygues, Vincy ou GDF Suez.

La France est souvent vue comme un « pays moteur » dans l’élaboration des politiques migratoires européennes. Qu’en est-il depuis l’arrivée de la gauche au gouvernement ?

Sur le plan intérieur, il y a très peu de changement, le ministère de l’Intérieur poursuit les actions entreprises par les gouvernements précédents. Si le vote des étrangers aux élections locales accapare les pages de certains médias, il n’a toujours pas été mis en place alors que c’était l’une des promesses de François Hollande et que cette disposition existe dans de nom- breux pays européens comme en Suède, en Finlande ou aux Pays-Bas (4).

Sinon on n’a jamais autant démantelé de camps de populations vulnérables parmi lesquelles il y a des Roms mais pas uniquement. Il y a aussi parfois des citoyens français et européens qui n’ont d’autre choix que de vivre dans ces campements informels. Le nombre d’expulsions for- cées du territoire est passé de 19 328 en 2011 à 21 841 en 2012. La situation dans la région de Calais demeure inchangée depuis décembre 2002, date à laquelle le camp de Sangatte – mis en place par le gouvernement socialiste de Lionel Jospin – a été détruit.

Ce camp n’était pas la panacée mais les lieux et les conditions dans lesquelles les autorités poussent les migrants à vivre aujourd’hui s’apparentent à de véritables traitements inhumains et dégradants. Des associations et le conseil régional de la région Nord-Pas-de-Calais œu- vrent dans la région pour améliorer l’existence de ces hommes, femmes et enfants qui y tran- sitent. Ils envisagent également de demander une renégociation voire une mise à plat des accords qui lient le Royaume-Uni, la Belgique et la France, et sont responsables en partie de cette situation.

Cela pourrait être une tâche des prochains eurodéputés pour apporter un réel changement à cette situation migratoire que l’on retrouve également sous d’autres formes aux frontières grecques.

Chercheur à Migrinter (Université de Poitiers), Olivier Clochard est le président de Migreurop, un réseau européen et africain de militantEs et chercheurEs dont l’objectif est de lutter contre la généralisation de l’enfermement des étrangers et la multiplication des camps, un dispositif au cœur de la politique d’ « externalisation » de l’Union européenne… Nous revenons avec lui sur les politiques migratoires mises en œuvre par l’Union européenne, dont la France de Hollande et Valls.

Propos recueillis par François Brun Hebdo L’Anticapitaliste – 242 (16/05/2014)

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17 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Front national et européennes

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Le parti du rejet Zéro pointé en histoire-géographie, recalé ! C’est la première réaction qu’impose le matériel de campagne du FN pour les élections européennes…

Dans un tract distribué dans les huit méga-circonscriptions du scrutin européen, mais qui figure aussi sur le site internet d’Aymeric Chauprade, leur tête de liste en Île-de-France, supposé « spécialiste de géopolitique », le public est mis en garde contre une adhésion de la Turquie à l’Union européenne, l’un des principaux thèmes de campagne du FN, sauf que le sujet est illustré par un drapeau… tunisien, au lieu de celui de la Turquie.

On ne peut pas tout savoir, lorsqu’on est « spécialiste de géopolitique », et que l’on consacre principalement son temps à la justification de la politique de Poutine. Ainsi, Chau- prade a observé en direct le « référendum » en Crimée du 16 mars dernier, auquel ni jour- naliste ni observateur indépendant n’avaient accès… Il est aussi « spécialiste » de la diffusion de théories du complot. Officier supérieur de réserve de la marine (sans jeu de mot…), Chau- prade avait dispensé à partir de 2002 des « cours de géopolitique » au Collège interarmées de défense (CID). Or, cette charge d’enseignement auprès des militaires lui a été retirée en 2009, parce qu’il avait, entre autres, trop appuyé des théories du complot à propos des attentats du 11 septembre.

Minorité de blocage ? Si les sondages sont confirmés par les urnes, le parti d’extrême droite français pourrait devenir le premier parti politique du pays. Sa force se nourrit bien évidemment de la faiblesse des autres, ou plutôt du rejet des autres partis qui se sont succédé au gou- vernement, mais aussi des politiques mises en œuvre au niveau de l’Union européenne.

Lors de son discours du 1er mai à Paris (devant environ 5 000 à 6 000 personnes), Marine Le Pen avait appelé à transformer le scrutin en expression d’un « rejet de la cons- truction européenne », mais aussi de Hollande, pour forcer ce dernier à une dissolution de l’Assemblée nationale. Dramatisant les enjeux à travers une formule pathétique, rappelant le rejet du Traité constitutionnel (TCE) au référendum du 29 mai 2005, Marine Le Pen s’est exclamée : « L’esclave dit Oui ! L’homme libre dit Non ! »

Dans son matériel de campagne, le FN fustige entre autres la non-­réalisation de la pro- messe du PS d’une « Europe sociale ». Il vitupère ainsi « l’austérité pour tous afin de sauver l’euro et les banques ». Aucune proposition visant à peser pour d’autres politiques, d’autres choix au niveau européen n’émane du FN.

Le parti se présente clairement dans l’unique but de « bloquer l’avancée de la construction européenne », dixit Marine Le Pen : « On va exactement à l’endroit où nous devons être, pour représenter cette minorité de blocage qui va éviter plus d’austérité, plus de perte de substance pour la France. »

Ainsi, le FN ne tente pas d’apparaître comme « constructif ». C’est ce qu’essayent d’utiliser contre lui les principaux partis de la bourgeoisie, l’UMP et le PS, tirant leur argument de l’absence fréquente des eurodéputés du FN. Marine Le Pen et son père auraient ainsi un taux de présence respectif de 66 % et de 67 % lors des séances du Parlement européen, contre une moyenne de 83 % pour les eurodéputés françaisEs (84 % pour l’ensemble des députéEs). Il n’est pas sûr, cependant, que l’argument interpelle tellement les classes populaires…

Soulignons, enfin, que Marine Le Pen rencontre des résistances croissantes lors de sa tournée électorale. Ces dix derniers jours, elle a ainsi été chahutée sur le marché de Sotteville-lès-Rouen (cf. l’Anticapitaliste n°241), puis au Mémorial de Caen.

Bertold du Ryon Hebdo L’Anticapitaliste – 242 (16/05/2014)

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13 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Connaître et combattre l’europe des extrêmes droites (1)

garde a vous

À l’issue des élections européennes qui se tiendront le 25 mai prochain (le 22 mai sur les îles britanniques), il est fort probable que l’extrême droite sortira avec un poids renforcé au Parlement européen. Mais il est aussi fort improbable qu’elle pourra reproduire à Strasbourg tous les faits et gestes pratiqués « à la maison »…

Ainsi, le 13 février 2014, deux députés du Parlement hongrois ont montré qu’ils ne tergi- versaient pas avec l’Union européenne. Tamás Gaudi-Nagy, député du parti fasciste Jobbik, et Balázs Lenhardt, député non inscrit mais ancien membre du Jobbik, se sont saisis du drapeau de l’Union européenne et ont jeté par la fenêtre le drapeau étoilé qui ornait jusque-là le fronton du Parlement. Ce drapeau symbolisait, selon les mots des deux députés, « la colonisation de la Hongrie » par des forces étrangères.

Une démonstration « virile » qui n’est pas pour déplaire au FN français… bien que ce dernier s’y prenne par des méthodes un peu différentes de celles appliquées par l’extrême droite hongroise. Deux drapeaux de l’Union européenne se trouvaient, jusqu’à très récemment, à la mairie de Fréjus (Var), l’un placé sur le balcon, l’autre dans le bureau du maire de la ville. Or, le nouveau maire de Fréjus est membre du FN : David Rachline, 26 ans, militant depuis douze ans et admirateur de Jean-Marie Le Pen. Avant qu’il ne soit élu, Rachline avait promis d’enlever les drapeaux étoilés de la mairie : « Ils n’ont rien à y faire ! » Une fois élu, et alors qu’il tentait de montrer une image « rassurante » et institutionnalisée, il déclara cependant que ce n’était pas l’urgence de l’heure de les enlever, qu’il avait autre chose à faire. Puis on a appris quelques jours plus tard que le drapeau du balcon de la mairie avait bel et bien disparu.

Deux belles illustrations des rapports à l’UE de l’extrême droite européenne, et l’occasion pour « l’Anticapitaliste » de se pencher sur la stratégie de cette Europe brune à quelques jours des élections européennes. Hebdo L’Anticapitaliste – 241 (08/05/2014)

Dossier réalisé par Bertold du Ryon (Commission nationale antifasciste)

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13 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Connaître et combattre l’europe des extrêmes droites (2)

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Mais pourquoi, ils ne nous aiment pas, Heinrich?

Une critique réactionnaire de l’Union européenne

Nous ne sommes pas des partisans inconditionnels de l’Union européenne telle qu’elle fonctionne aujourd’hui.

De notre point de vue, l’échelle institutionnelle européenne constitue un nouveau niveau de prise de décision économique et politique investi par la bourgeoisie, qui tente ainsi de contourner certains obstacles qui entravent son offensive dans les États-membres. Mais les luttes pour les droits des salariéEs, des exploitéEs et des populations en général doivent aussi être menées à ce niveau-là. C’est tout le contraire de l’extrême droite qui attaque le cadre européen car il est supérieur aux États nationaux…

En effet, les extrêmes droites de tous les pays du continent fétichise cette question du niveau où sont prises les décisions, au lieu de se concentrer avant tout sur le contenu des décisions, et donc de mettre à nu les rapports de forces politiques et sociaux dont elles sont le résultat. C’est le fait même que des choix soient effectués à un niveau « supra-national », au lieu de l’être dans le cadre des États-nations – modèle politique traditionnel de la bourgeoisie depuis 150 à 200 ans –, qui est présenté comme intrinsèquement mauvais. Comme si des choix de société, qui seraient actés par un gouvernement national au nom de la « guerre économique » (qui oppose actuellement plutôt des « grands ensembles » régionaux : UE, États-Unis ou Chine, mais qui existe de façon un plus larvée aussi entre les États membres de l’Union), seraient forcément meilleurs ! Dans l’état actuel du rapport de forces entre les classes, ils ne le seraient assurément pas, d’autant plus que cette guerre économique serait encore exacerbée entre les différents pays européens, si une majeure partie des décisions étaient renationalisées.

Par ailleurs, il serait tout à fait légitime de dénoncer l’absence d’espaces vérita- blement démocratiques au niveau de l’Union : par exemple, le Parlement européen n’est même pas un véritable Parlement bourgeois dans la mesure où il ne possède pas l’initiative des lois. Dans l’état actuel des choses, il doit être consulté et donner son avis, parfois son accord, sur les projets de loi européens (directives ou règlements). Mais il ne peut pas pro- poser des textes, prérogative qui appartient au seul pouvoir exécutif : la Commission de Bruxelles qui doit saisir et le Parlement et le Conseil européen, ce dernier représentant les gouvernements nationaux.

« L’Europe des nations » en guise de démocratie Or, ce n’est pas du tout le caractère peu démocratique de cette procédure – y compris sous l’angle du fonctionnement normal d’une démocratie bourgeoise – qui est critiquée par l’extrême droite. Au contraire, celle-ci voudrait revenir à une « Europe des nations », où les coopérations relèvent pour l’essentiel des seuls mécanismes intergouvernementaux. Cela signifie que les pouvoirs exécutifs nationaux s’arran- geraient entre eux, et éventuellement avec une administration située au niveau européen, sur les « compromis » souhaités. Au lieu de s’engager vers plus de démocratie, on s’en éloignerait encore considérablement.

On peut parier que de tels arrangements seraient bien trouvés, si jamais la vision de l’extrême droite devait l’emporter à l’échelle européenne… mais à l’exclusion totale de toute « immixtion » par les Parlements, voire les populations et les sociétés civiles ! Somme tout, ce n’est pas forcément le fait de décider au niveau européen qui dérange le plus l’extrême droite. Le premier à avoir temporairement « unifié » l’Europe continentale au 20e siècle, c’était le pouvoir hitlérien, mais on sait par quelles méthodes !

Ce qui dérange plus profondément l’extrême droite, c’est premièrement le fait que l’Union européenne actuelle, historiquement fondée sur l’instauration puis l’extension d’un marché, ne reflète pas une image de volonté de puissance politique. De plus, en raison de cette primauté de l’économique, des mécanismes de la concurrence et de la liberté de circulation des capitaux, l’extrême droite réclame une composante plus « charnelle » qui manque à ses yeux. Elle pourrait se réclamer d’une Europe qui s’afficherait comme celle de « la race blanche », ouvertement fondée sur des critères de pseudo-appartenance ethnique, et/ou sur une identification « culturelle » ou « civilisationnelle » commune. Mais les interprétations divergent à l’extrême droite sur ce qui devrait fonder une telle Europe : devrait-elle être d’essence chrétienne, ou alors renouer avec une identité pré-chrétienne, païenne ?

« Moins d’UE ! » pour l’extrême droite En attendant qu’elle puisse imposer ses visions, l’extrême droite du continent européen se retrouve dans une dénonciation commune de l’Union européenne, telle qu’elle existe. Ses imprécations trouvent – c’est ce qu’il faut craindre en tout cas – un écho plus large dans le contexte de la crise et des politiques d’austérité exacerbées depuis 2008.

Le FPÖ (« Parti de la Liberté d’Autriche ») de Heinz-Christian Strache, dont le score dépas- sera probablement les 20 %, a ainsi adopté toute une série de slogans de campagne qui se réfèrent au rejet de l’Union actuelle. On trouve ainsi sur ses affiches pour la campagne des élections européennes des slogans tels que (sous forme de rime en version originale…) : « L’Autriche change d’idées : Trop d’UE, c’est con ! », ou alors : « Nous comprenons votre colère – Trop d’UE, ce n’est bon pour personne ! ». Enfin, reprenant un refrain plus que classique dans toute l’extrême droite du continent : « D’abord nous, l’Autriche, et ensuite l’UE ! »

Au Luxembourg, c’est le parti nationaliste ADR (« Parti réformiste d’alternative démo- cratique ») qui affiche le slogan : « Moins d’Europe, plus de Luxembourg ! » Quant au PVV (« Parti de la liberté » néerlandais) du tribun anti-musulman Geert Wilders, il affiche : « Moins d’UE ! » Récemment, ce parti a fait calculer par une agence de notation britannique, « Capital Economics », le prétendu gain que réaliserait les Pays-Bas en cas de retrait de l’Union européenne… Présentée le 6 février 2014 à La Haye, l’étude arrive au résultat demandé par le parti qui l’avait commandé : les Pays-Bas seraient prétendument plus riches sans l’Union européenne !

Les droites sous influences… Au vu du climat politique actuel en Europe, on trouve des slogans similaires aussi chez des partis politiques bourgeois qui n’appartiennent pas à l’ex- trême droite. En Italie, c’est le cas du parti «Forza Italia», fondé en 1994 par Silvio Berlusconi. Il s’agit ici plus d’un parti-entreprise sans idéologie, voué au «marketing» politique, que d’une formation d’extrême droite (stricto sensu), bien que ce parti ait gouverné à plusieurs reprises avec des forces d’extrême droite. Or, pour les élections européennes à venir, le parti «Forza Italia» se présente avec le slogan suivant : «Plus d’Italie en Europe, moins d’Europe en Italie ! »

Un slogan pour le moins ambigu, mais dans lequel (transposé à la France) pourrait aussi se reconnaître une partie de l’UMP. Celle-ci se présente avec un slogan non moins ambigu : « L’Europe, nous l’aimons tellement que nous voulons la changer », cela alors que toute une frange du parti se voit attirée par les sirènes d’un discours « souverainiste » qui dénonce l’Union européenne. Laurent Wauquiez, ex-porte-parole du gouvernement sous Nicolas Sarkozy et qui passait pour un « pro-européen convaincu », a ainsi largement évolué vers cette autre frange politique de la bourgeoisie française. Actuellement, il revendique ainsi un retour à l’« Europe des six », autrement dit, à la configuration de la Communauté écono- mique européenne (CEE), l’ancêtre de l’UE, entre 1957 et 1973. Ce qui équivaut à un déman- tèlement de la majeure partie de l’édifice européen construit depuis…

À l’intérieur de l’UMP, une fraction importante du parti dénonce désormais ouvertement la libre circulation des travailleurEs, y compris à l’intérieur de l’Union européenne, mais surtout pour les ressortissants roumains et bulgares. Aussi, les clivages actuels du parti sur la « ques- tion européenne » font se délecter les cadres du FN, qui spéculent sur une exacerbation de ces clivages politiques…

http://npa2009.org/content/connaitre-et-combattre-leurope-des-extremes-droites

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13 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Connaître et combattre l’Europe des extrêmes droites (3)

hugo

Les extrêmes droites et le pouvoir

Il est assez peu probable que les différents partis d’extrême droite participeront à Strasbourg à la formation du futur exécutif européen. De plus, il est plus qu’improbable par ailleurs qu’ils obtiennent une majorité au futur Parlement européen qui sortira des urnes…

En effet, dans une telle constellation, il ne faut pas s’attendre à ce que ces mêmes partis participent à une large coalition au sein du Parlement européen en vue de former la future commission : ils y perdraient leur positionnement habituel, consistant à dénoncer le plus bruyamment possible les institutions européennes dans leur fonctionnement actuel.
Une majorité des partis d’extrême droite européens n’ont pas encore participé, sur la période historique récente, à des gouvernements nationaux. Certains partis le refusent d’ailleurs actuellement, au moins tant qu’ils ne sont pas en position de force et capables de s’imposer à des alliés potentiels, en devenant d’abord la première force politique à droite. C’est cela qui constitue actuellement la stratégie du FN français.

En Italie, au côté de Berlusconi Cependant, certains partis de la mouvance ont pris une part active à la formation de coalitions gouvernementales, voire ont participé à des exécutifs. C’est le cas de deux formations de l’extrême droite italienne, puisqu’à la fois la « Ligue du Nord » (parti régionaliste et raciste fondé en 1989) et les « postfascistes » de l’ancien parti MSI (néofasciste, transformé en 1995 en « Alliance nationale » – AN, puis partiellement absorbé en 2009 par le rassemblement berlusconien « Peuple de la liberté » – PDL) ont plusieurs fois participé à des gouvernements. C’était le cas des exécutifs conduits par Silvio Berlusconi entre avril et décembre 1994, puis de 2001 à 2006, et encore de 2008 jusqu’en 2013.

En Autriche, du pouvoir à l’opposition Le FPÖ a lui aussi participé, avec des ministres issus de ses rangs, à un gouvernement fédéral. Au scrutin législatif du 3 octobre 1999, le parti alors dirigé par Jörg Haider avait atteint un score record de 27 % et dépassé (pour la première fois) légèrement le parti de la droite classique OVP. Une longue négociation avait abouti à la formation d’un gouvernement commun du FPÖ et du OVP. Ce dernier a été constitué en février 2000.

Le FPÖ a plutôt mal géré (et digéré) sa participation gouvernementale, alors que ses ministres commençaient parfois à se notabiliser et à s’autonomiser totalement du parti. Par exemple, le jeune et fringant ministre des Finances, Karl-Heinz Grasser, a fini par rejoindre la droite classique (tout en s’enrichissant personnellement…). De 27 % des voix, le FPÖ a ainsi dégringolé, d’abord à 10 % des voix lors du scrutin législatif anticipé fin 2002, puis à 6 % aux élections européennes de 2004. En 2005, le parti a quitté la coalition gouvernementale, tout en se scindant en deux, le BZO ou « Alliance Avenir Autriche » issu de la scission restant encore dans l’exécutif jusqu’en 2006. Or, depuis que l’extrême droite autrichienne a retrouvé les bancs de l’opposition, elle s’est à nouveau renforcée, et la scission a été quasiment absorbée depuis que Jörg Haider a trouvé la mort en octobre 2008. Aujourd’hui, le FPÖ peut s’attendre à des scores entre 20 % et 25 %, que ce soit au niveau national ou au scrutin européen.

Au Danemark et aux Pays-Bas, des soutiens sans participation Au Danemark et aux Pays-Bas, les partis d’extrême droite locaux sont d’essence plutôt libérale en matière économique, alors que le FN français et le FPÖ autrichien ont tous les deux effectué un tournant « national-social », vers un discours protectionniste et misant sur la démagogie sociale. Ils ont tous les deux pratiqué le « soutien sans participation ». Le DFP (« Parti du peuple danois ») de Pia Kjaersgaard a soutenu des gouvernements minoritaires de droite, depuis octobre 2001 jusqu’au scrutin législatif du 15 septembre 2011. Son score a alors légèrement baissé, de 14 % à un peu moins de 12 %. Or, depuis qu’il se trouve dans l’opposition, les intentions de vote pour le DFP ont à nouveau augmenté dans les sondages, le plaçant dans les premiers mois de 2014 entre 19 % et 25 %.

Aux Pays-Bas, c’est le PVV de Geert Wilders qui est entré dans une majorité parlementaire suite aux élections législatives du 9 juin 2010. Il soutenait alors une majorité de droite constituée avec les chrétiens-démocrates (CDA) et les libéraux de droite (VVD), ces derniers formant le gouvernement. Or, au printemps 2012, le PVV a fait éclater l’alliance en s’opposant à une mesure antisociale sur les retraites… alors qu’il soutenait par ailleurs les mesures d’austérité. Il se trouve aujourd’hui dans l’opposition alors que son score a baissé de 17 % à 10 % des voix après la fin de son alliance. Aujourd’hui, il est largement remonté dans les sondages.

Le gouvernement norvégien contre l’immigration Actuellement, le « Parti du progrès » (FrP) de Siv Jensen participe au gouvernement de la Norvège, pays situé en Europe mais non membre de l’UE, suite aux élections de septembre 2013. Il a sept ministres. Le FrP étant, comme tous les partis d’extrême droite ou quasiment, un parti anti-immigration, il a imprimé sa marque à la politique norvégienne dans ce domaine. Le nombre d’expulsions effectivement pratiquées a augmenté de 30 % pour l’année 2013, passant de 3 958 l’année précédente à 5 198.

Alliance internationale réactionnaire Plusieurs partis d’extrême droite en Europe ont gagné une certaine « respectabilité » institutionnelle, et se montrent donc plus regardants sur leurs alliances. Ainsi, le Jobbik hongrois était allié de 2009 jusqu’en 2013 avec le FN français dans le cadre de l’« Alliance européenne des mouvements nationaux », une alliance présidée par Bruno Gollnisch jusqu’à ce que Marine Le Pen le somme de démissionner. Depuis, jugé trop fascisant, Jobbik a été exclu de l’alliance formée par les principaux partis d’extrême droite. C’est la même chose pour le parti grec « Aube dorée », trop ouvertement hitlérien pour certains…

Six partis d’extrême droite se sont retrouvés le 15 novembre 2013 à Vienne pour sceller une alliance dans le cadre des élections européennes à venir : le FPÖ autrichien, le FN français, la Ligue du Nord (Italie), le Vlaams Belang (Belgique), les « Démocrates suédois », ainsi qu’un petit parti slovaque, le SNS. Ils se sont fixé comme objectif de constituer à l’avenir « le troisième groupe du Parlement européen ». Autrement dit, le groupe le plus fort derrière ceux du « Parti populaire européen » (PPE, qui regroupe la droite classique) et de la social-démocratie européenne.

Un septième parti, le PVV hollandais, fera aussi partie de l’alliance, son président Geert Wilders ayant rencontré Marine Le Pen le 13 novembre à La Haye. Wilders a appelé alors les partis scandinaves d’extrême droite à rejoindre la coalition, une proposition immédiatement rejetée par le DFP danois. En effet, hors de question pour ce dernier de s’allier avec le FN français jugé trop antisémite, en tout cas tant que Jean-Marie Le Pen continue à avoir un certain poids dans le parti…

http://npa2009.org/content/connaitre-et-combattre-leurope-des-extremes-droites

 

 

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13 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Collaboration entre la poste du calvados et le fn

stop fn

La direction de la Poste du Calvados a fait le choix de faire distribuer par les facteurs la propagande du FN. Propagande diffusée avec de la publicité commerciale.

Ordonner aux facteurs de distribuer ces tracts, place La Poste dans l’illégalité quand au devoir de réserve et de neutralité du service public .
Plusieurs bureaux et facteurs du Calvados ont décidé de refuser de distribuer cette propagande qui appelle à la haine.

Le NPA Lisieux-Pays d’Auge soutien l’ensemble des facteurs qui refusent de se transformer en commercial du FN et de propager ces idées racistes, xénophobes, islamophobes, et homophobes…!!

Nous condamnons cette collaboration commerciale de la Poste et donc de l’Etat avec l’extrême droite. Le F-Haine n’est pas un parti pour les travailleurs et les classes populaires, mais bien un parti capitaliste aux ordres de la finance et de la bourgeoisie.

Lisieux, le 12 mai  Le NPA Lisieux-Pays d’Auge

http://npa2009.org/node/41394

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08 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Les amis du front national (lo)

Italie-enfants-jeunesse-fasciste

Les trois élus du Front national au Parlement européen appartiennent à un groupe parlementaire « où figurent des mouvements avec lesquels nous travaillons depuis plusieurs années », a expliqué Marine Le Pen au Journal du Dimanche.

Et de citer le Vlaams Belang (ex-Vlaams Blok), formation d’extrême droite nationaliste flamande, et le FPÖ autrichien, connu pour s’accommoder des crimes du Troisième Reich, ce qui ne l’avait pas empêché de gouverner une région à partir de 1989, puis, au début des années 2000, d’avoir au niveau national des postes de ministres des Finances, des Armées, de la Justice, etc. Le Front national partage aussi « une même vision de l’Union européenne » avec le PVV néerlandais dont le leader, Geert Wilders, s’est distingué récemment par ses propos contre les Marocains.

Après les élections de juin, la Ligue du Nord, parti xénophobe italien qui a participé à la coalition gouvernementale de Silvio Berlusconi, pourrait rejoindre le groupe, espère Marine Le Pen. Des liens se développent également avec Fratelli d’Italia – Alliance nationale, qui compte parmi ses fondateurs une députée issue de l’ancien parti néofasciste MSI et un ancien ministre de la Défense de Berlusconi.

Voilà donc un aperçu des fréquentations du FN, parmi lesquelles deux partis qui ont été dans les gouvernements, en Autriche et en Italie. On est loin de l’image que voudrait se donner le FN quand il joue au nouveau-né en politique, propre sur lui, qu’on n’a pas encore essayé.

Jean SANDAY http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2388&id=7

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04 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Manuel valls, stéphane le foll et la stigmatisation des roms

classes d
*

 Roms: Valls, ferme-la  !

L’arrivée de Manuel Valls à Matignon a presque coïncidé avec une autre nouvelle  : l’annonce du procès qui se tiendra le 5 juin prochain au tribunal de grande instance (TGI) de Paris, où Manuel Valls doit comparaître comme prévenu, suite à une plainte de l’association «  La voix des Rroms  ».

Annoncée le 31 mars, celle-ci attire à nouveau les projecteurs sur les propos qu’avait tenus Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, le 24 septembre 2013 sur les ondes de France Inter. Le ministre, à l’époque souvent comparé à Nicolas Sarkozy, avait alors déclaré que les Roms sont « des populations qui ont des modes de vie extrêmement différents et qui sont évidem- ment en confrontation » (avec ceux des Français), et que «les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie». Il avait ajouté  : « J’aide les Français contre ces populations, (et) ces populations contre les Français »

Ces propos reviennent de façon claire à culturaliser, voire biologiser certaines réalités sociales. En fait, le ministre avait supposé que les groupes en question – il avait auparavant surtout évoqué les habitants des bidonvilles installés autour des grandes villes, notamment en Île-de-France – avaient « des modes de vie », présentés comme étant forcément inhérents à « ces populations». Or, les réalités sociales auxquelles il fait en partie allusion (habitat précaire sous forme de baraques improvisées ou caravanes, « débrouille » économique, économie de survie…) sont surtout le produit de l’exclusion sociale et économique dont la majorité des Roms font l’objet. D’abord dans les pays de l’Europe du Sud-Est où ils vivaient majoritairement, puis dans le reste de l’Europe où ils arrivent depuis l’ouverture des frontières en 1989. Le constat prétendument « naturel » que les modes de (sur)vie – reflet de cette situation d’exclusion – constitueraient un trait de caractère soi-disant immuable du peuple Rom, racialise cet état de fait.

Condamnation impossible… Le MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) avait déposé une plainte contre Valls devant la Cour de justice de la République le 12 novembre 2013. L’association antiraciste avait qualifié les propos d’«  incitation à la haine raciale  ». Or, au bout de seulement un mois, la CJR avait classé sans suite cette plainte. Le MRAP avait peu d’illusions sur le sort de sa plainte: cet organe judiciaire est majoritairement composé d’hommes et femmes politiques, déléguées par le Parlement et issuEs des grands partis PS et UMP. S’agissant de propos, actions ou comportements d’un ministre dans l’exercice de ses fonctions, la CJR était le seul et unique juge compétent.

«  La voix des Rroms  » a choisi la plainte par « citation directe » devant le TGI. Du point de vue juridique, celle-ci n’a aucune chance d’aboutir: Valls ayant parlé en tant que ministre de l’Intérieur, le tribunal va se déclarer incompétent, car seule la CJR est compétente. Pour le MRAP et « La voix des Rroms  », il s’agit surtout d’attirer l’attention de l’opinion publique sur des propos graves tenus par un ministre, devenu entre-temps chef du gouvernement.

Bertold du Ryon

* Hebdo L’Anticapitaliste – 237 (10/04/2014). http://www.npa2009.org/

Roms : guerre aux autres, chasse aux pauvres

La semaine passée, une note interne au commissariat du huppé 6e arrondissement de Paris demandait de «  localiser les familles roms vivant dans la rue et de les évincer systéma- tiquement  »

Indignation ici ou là. La préfecture confirme avoir donné des directives en ce sens mais regrette «une facilité de langage malheureuse». Le nouveau ministre de l’Intérieur s’empresse d’indiquer que la consigne « a été rectifiée», sans autre précision.

On pourrait donc en rester là, sauf à s’attarder sur ce que cette « affaire » met au grand jour. Stéphane Le Foll nous y aide. En réponse, le jour même sur RTL, à une question d’un auditeur dénonçant «les conditions épouvantables » dans lesquelles vivent «ces pauvres gens» et concluant : «Qu’est-ce que le gouvernement compte faire pour arrêter l’invasion de ces camps de Roms qui sont de véritables bidonvilles?», le porte-parole du gouvernement nous rassure en deux temps.

Tout d’abord il constate: «Je ne crois pas qu’il y a à dire ce matin qu’il y a une invasion et qu’il y aurait une augmentation de nombre de Roms qui arriveraient aujourd’hui». Ensuite, il prône «  un tout petit peu de rationalité» (!), soit : «Il faut chercher à les faire retourner d’où ils viennent, en Roumanie ou en Bulgarie et, deux, il faut éviter qu’il y en ait qui reviennent ou qui viennent.  » Et de relever, au-delà de l’inévitable «fermeté», la nécessité de la «dimension humaine, parce que tout ça, c’est des êtres humains» (sic).

Le rejet comme politique Ainsi est assumée la poursuite d’une politique d’ostracisme. On observera que lorsque la préfecture prétend se justifier par le souci d’éviter aux enfants de dormir dans la rue, elle fait preuve d’une formidable hypocrisie. Ces enfants ont pour une grande part été expulsés de camps démantelés autour de Paris, donc si la circulaire prévoyant un relogement était appliquée, le problème ne se poserait pas.

Force est enfin de reconnaître que celles et ceux qui sont viséEs par cette politique le sont certes à partir d’un vieux fond raciste, nourri de multiples mythes, mais surtout dans le cadre d’une impitoyable guerre aux pauvres qui ne s’arrête pas aux «frontières» des beaux quartiers. N’oublions pas que l’absence de «ressources suffisantes» peut valoir une obligation à quitter le territoire (OQTF), même à un ressortissant de l’Union européenne. Il ne s’agit pas seulement d’éviter une «charge» pour l’assistance sociale : les capitalistes entretiendront toujours le fantasme des «classes dangereuses»! François Brun

* Hebdo L’Anticapitaliste – 240 (01/05/2014). http://www.npa2009.org/

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31780

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