Archive | Antiracisme

25 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

14 juillet: polémiques nauséabondes (npa)

tardi drapeau

Un ennemi, un bon ennemi.

Pour l’extrême droite française, l’Algérie occupera toujours une place de choix dans cette catégorie. Le conflit colonial en Algérie (1954 à 62) est certainement le conflit politico-militaire qui a le plus contribué, dans la dernière période de l’Histoire, à configurer le champ politique et idéologique en France…

C’est vrai à gauche, les forces motrices en mai 1968 s’étaient souvent formées et regroupées dans la résistance à la guerre d’Algérie, face aux hésitations du PCF et aux compromissions profondes de la SFIO. C’est encore plus vrai à droite et à l’extrême droite : du formatage de l’appareil d’État contre un «ennemi intérieur» repéré dans les banlieues (et bidonvilles de l’époque, et littéralement massacré le 17 octobre 1961,  jusqu’à la constitution d’une base électorale importante pour l’extrême droite.

Les populations d’origine européenne ayant quitté l’Algérie au moment de sa libération du joug colonial, ou «Pieds-Noirs», ont longtemps voté pour le FN bien plus que la moyenne de la population. Une des dernières manifestations de cet héritage idéologique s’est mani- festé par la véritable campagne menée par presque toute l’extrême droite avant le dernier 14 juillet, en raison du fait que trois soldats algériens, mais aussi des militaires vietnamiens, devaient participer au défilé militaire sur les Champs-Élysées.

Présent, le journal d’extrême droite catholique-­traditionaliste, a ainsi titré le 4 juin: «Des fellouzes et des viet-minhs dans le défilé du 14 Juillet!», appliquant ainsi à ces soldats d’aujourd’hui des dénominations utilisées il y a plus de cinquante ans pour qualifier les insur- gés de ces pays alors colonisés par la France. De son côté, le député Gilbert Collard, qui siège à l’Assemblée nationale pour le FN sans en avoir la carte d’adhérent, a fantasmé dans un communiqué sur «une provocation indigne et le signe d’un très grand mépris pour les morts, disparus ou suppliciés de cette armée (algérienne) née au sein même du FLN, organisation terroriste»…

Racisme en série… Quelques jours plus tôt, le 5 juillet, le maire de Béziers, Robert Ménard, lui aussi élu avec le soutien du FN sans en être membre, s’était fait remarquer par une pro- vocation, célébrant des morts de l’OAS, organisation terroriste qui combattait le retrait fran- çais d’Algérie en tuant des civils. Ménard prétendait commémorer les morts européens du 5 juillet 1962, tués à Oran par une foule en colère en raison d’attentats de l’OAS. Or, la stèle devant laquelle Ménard s’inclinait ne montre point de morts civils «pieds noirs», mais bel et bien des terroristes racistes de l’OAS, fusillés par le pouvoir gaulliste.

Dans les semaines précédentes, une autre campagne d’extrême droite avait visé les sup- porters de l’équipe de football algérienne. Lors d’un match opposant les équipes algérienne et belge, le 17 juin, le Bloc identitaire avait ainsi placardé des affiches au métro Barbès à Paris: «Ton pays, c’est l’Algérie ? Retournes-y!» Marine Le Pen demandait, elle, le retrait de la nationalité française aux binationaux supportant l’Algérie… Et enfin, rappelons qu’à Nice, gérée par une droite parfois bien extrême, Estrosi avait décidé par arrêté municipal d’inter- dire tous les «drapeaux étrangers» dans le centre ville, un arrêté qui visait avant tout les supporters algériens. Le «test de tolérance» n’a pu être fait pour exhibition de drapeaux allemands, l’arrêté ayant été annulé par le tribunal administratif…

Bertold du Ryon Hebdo L’Anticapitaliste – 252 (24/07/2014)

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15 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Le vote très bleu marine des gendarmes mobiles (20 mn)

Le vote très bleu marine des gendarmes mobiles (20 mn) dans Antifascisme gendarmes02

Entre amis de l’ordre, on doit pouvoir s’entendre!

Le score de Marine Le Pen à la présidentielle de 2012 s’est révélé particulièrement élevé dans les bureaux de vote où il y avait une caserne…

Un «survote» en faveur du parti de Marine Le Pen. L’institut français d’opinion publique (Ifop) vient de publier une analyse sur la base des résultats électoraux où votent les gendarmes mobiles, les gardes républicains et leurs familles.

«La question est de savoir si ces électeurs en uniforme ont un comportement électoral simi- laire à celui de la moyenne des Français», note le rapport, révélé par L’Essor de la gendar- merie. L’Ifop a donc comparé les scores des bureaux de vote où une caserne était implantée à ceux de la commune, du département et de la région. «Tous les bureaux abritant une caserne de la gendarmerie mobile affichent un vote pour Marine Le Pen à la prési- dentielle très nettement supérieur à la moyenne de leur ville», constatent les rédacteurs.

Ainsi, à Hyères, le FN réalise un score de 42,1% dans le bureau de vote où est instal- lée la caserne de gendarmes mobiles, contre 21,8% pour la moyenne de la ville. Ce «sur- vote» en faveur du FN se vérifie à Dijon, Toulouse, Drancy, Rennes, Amiens, Lyon… «C’est vrai dans des villes déjà structurellement frontistes comme dans des villes plus réfractaires comme Orléans ou Rennes», note, auprès de 20 Minutes, Jérôme Fourquet, directeur du département opinion et stratégies d’entreprises à l’Ifop.

Chez les mâtons aussi La tendance se vérifie dans la Garde Républicaine. Ainsi, le bureau n°46 du boulevard Kellermann dans le 13e à Paris, où votent les gardes républicains et leurs familles, est celui où Marine Le Pen a obtenu le score le plus élevé (18,3%) dans toute la capitale.

Outre les gendarmes mobiles et gardes républicains, le personnel de l’administration pénitentiaire semble lui aussi se démarquer avec un comportement électoral frontiste.  «Dans certaines prisons, comme à Fresnes, Fleury ou aux Baumettes, les surveillants péni- tentiaires sont logés à proximité de leur lieu de travail. Et on constate la même tendance», poursuit Jérôme Fourquet. A Fresnes, par exemple, le FN remporte 21% des votes dans le bureau de vote n°6, où se situe la prison, contre une moyenne de 11,5% en moyenne sur la ville.

«Esprit de corps» Quelles conclusions en tirer? «Ce ne sont pas des jobs comme les autres. Ces personnels, confrontés à des missions en rapport avec la délinquance ont un vote différent de la société. Le vécu de ces personnes influent sur leurs comportements électoraux», souligne le chercheur.

Par ailleurs, sans doute, la surreprésentation du vote frontiste se retrouverait chez les CRS, avance-t-il. Impossible de le vérifier puisque ces derniers ne votent pas dans leurs casernes. «Une des explications pour les gendarmes mobiles est peut-être le fait qu’ils ne sont pas syndiqués. Ils n’ont pas de moyens de contestation, se définissent comme plus malléables, plus corvéables. Et trouvent donc dans le discours frontiste une sorte d’exu- toire.» Autre explication possible, l’esprit de corps très important chez les gendarmes mobiles. «Ils vivent ensemble et les familles aussi. Ça peut expliquer un phénomène d’entraînement», conclut Jérôme Fourquet. Créé le 15/07/2014 à 11h49 — Mis à jour le 15/07/2014 à 12h01

http://www.20minutes.fr/societe/1418291-le-vote-tres-bleu-marine-des-gendarmes-mobiles

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12 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Racisme et xénophobie, la coupe jusqu’à la lie!

Tigraiansbanda

La Coupe du monde de football aura été l’occasion pour la droite et l’extrême droite de laisser libre-cours à leur haine raciste.

Ainsi le Front national nous a donné un aperçu des mesures discriminatoires qu’il entendait adopter si, par malheur, il devait accéder un jour au pouvoir… L’accession de l’équipe d’Al- gérie, pour la première fois de son histoire, à un niveau élevé de la compétition a fort légi- timement suscité un enthousiasme particulier dans la jeunesse issue de l’immigration, notamment algérienne.

Français ou pas, ou encore possédant la double nationalité, les exploits des Fennecs ne pouvaient qu’enflammer toute une jeunesse le plus souvent issue des quartiers popu- laires, habituée aux discriminations racistes et à la répression policière.

L’expression publique de cette «fierté collective» , qui n’a rien avoir avec un quelcon- que soutien politique au régime algérien, a été le déclencheur d’une campagne de haine parfaitement préparée et mise en scène sur les réseaux sociaux d’extrême droite, accom- pagnée notamment par des déclarations sulfureuses du député maire de Nice, l’UMP Christian Estrosi (depuis longtemps facho compatible) et de la présidente du F Haine.

C’est dans ce contexte nauséabond qu’au soir de l’élimination de l’Algérie, quelques dizaines de paras du 3e régiment d’infanterie ont manifesté, drapeau allemand en tête (sic) dans les rues de Carcassonne pour fêter la défaite et provoquer les supporters des Fen- necs! Un acte isolé qui en dit long sur l’état d’esprit qui règne dans certaines casernes…

Déjà célèbre pour ses arrêtés anti-mendicité et sa phobie anti-Rom, Christian Estrosi n’a pas hésité à prononcer un arrêté municipal  parfaitement illégal, prétendant vouloir «inter- dire l’utilisation ostentatoire de drapeaux étrangers pendant la Coupe du monde»… Retoqué par le tribunal administratif, il persiste et entend proposer au Parlement un «projet de loi instaurant pour le maire la faculté de prendre toute mesure préventive dans le but de prévenir toute atteinte à l’ordre public, eu égard aux circonstances locales».

La politique du bouc émissaire Soumis à forte concurrence, le Front national ne pouvait évidemment pas louper une si belle occasion pour réaffirmer sa haine raciste et xénophobe, notamment envers les jeunes arabes. Invitée sur Europe 1, Marine Le Pen en a appelé à « mettre fin à la double nationalité ».

Cette mesure qu’entendrait prendre le FN s’il était au pouvoir n’est certes pas une nou- veauté, et figurait déjà dans le programme de Jean-Marie Le Pen lors de la campagne prési- dentielle de 2007. Prenant prétexte des manifestations de joie, émaillées de quelques rares incidents consécutifs à la qualification de l’Algérie, elle en voit «la démonstration de l’échec total de la politique de l’immigration et le refus exprimé par un certain nombre de binationaux de l’assimilation».

Bien entendu, cette interdiction de la double nationalité ne s’appliquerait pas aux «Eu- ropéens» ni aux «Américains», avait-elle déclaré il y a quelques mois lors d’un débat télé- visé… Nous n’en doutions pas! Cette propagande raciste n’a pour but que de désigner un ennemi intérieur, responsable du chômage et de l’insécurité: les immigréEs, et plus parti- culièrement celles et ceux venus de l’Afrique subsaharienne et du Maghreb.

La montée du racisme, de l’intolérance, et la politique du bouc émissaire, sont aujour- d’hui favorisés par les reculades idéologiques de la gauche de gouvernement qui font le lit du Front national. Les anticapitalistes doivent mettre tous leurs efforts à relancer des campa- gnes de mobilisations autour du soutien aux sans-papiers, aux Roms, pour l’égalité des droits, contre l’extrême droite.

Alain Pojolat Hebdo L’Anticapitaliste – 250 (10/07/2014)

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12 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Europe: la grande coalition de l’austérité (npa)

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Un mois après les élections du 25 mai, le Parlement européen a tenu sa séance inau- gurale avec l’élection de son président ou plutôt la réélection de Martin Schulz comme président pour deux ans et demi.

Cet arrangement entre la droite: le PPE (Parti populaire européen) et l’Alliance socialiste et démocrate, l’ancien Parti socialiste européen, met en place une grande coalition au niveau européen pour appliquer les politiques d’austérité.

Martin Schulz, membre du SPD qui participe au gouvernement à Berlin avec la CDU sous la houlette d’Angela Merkel, a été écarté de la présidence de la Commission face à Jean-Claude Juncker, le candidat de la chancelière. Ce dernier a reçu le soutien des chefs d’État et de gouvernement des 28 (à l’exception du Royaume-Uni et de la Hongrie).

En échange, la chancelière a soutenu la candidature de Schulz pour la présidence du Parlement, son lot de consolation négocié entre le PPE et le SPD. La grande coalition à Strasbourg vient en effet en complément de la grande coalition de Berlin et des négociations sur la répartition des sinécures et présidence de commissions orchestrées par Berlin.

Élu au premier tour du scrutin par 409 voix pour 612 suffrages exprimés sur un total de 751 députés, Schulz a du mal à faire l’unanimité, mais les mécontentements des députés de la grande coalition tiennent plus à des rivalités pour les postes qu’à de réels désaccords politiques.

Le Parlement est le résultat d’un « perpétuel compromis » selon les mots de M. Schulz, mais ce consensus prend aujourd’hui un sens politique bien particulier, celui d’un consensus politique pour mener une offensive contre les travailleurs et les peuples afin d’imposer les politiques d’austérité au seul profit des banques. Hebdo L’Anticapitaliste – 250 (10/07/2014)

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06 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Les réfugiés entrent au compte-gouttes (nl)

Les réfugiés entrent au compte-gouttes (nl) dans Antiracisme

Hier midi, une quinzaine de migrants attendent en file indienne, devant le magasin Lidl «souvent c’est pour acheter du pain et un pot de crème fraîche, ou une boîte de sauce tomate», précise Mariam Guerey du Secours catholique.

Cette quinzaine d’hommes, et de jeunes hommes mineurs, sont contraints d’entrer dans le commerce deux par deux. Le vigile filtre les entrées. Mariam Guerey est scandalisée du scé- nario et pointe du doigt une «discrimination» qu’elle juge inadmissible. «Ce sont des clients comme les autres.»

«Je n’ai pas de comptes à rendre»

Le nouveau responsable du magasin Lidl ne daigne pas donner d’explications à cette gestion de l’entrée des réfugiés et renvoie la balle au collègue d’en face qui a adopté le même fonc- tionnement: «Aller voir le responsable d’Aldi.» Et de conclure rapidement: «Je n’ai pas forcément de comptes à rendre.»

En face de Lidl, Laurent Roussel, gérant du café Le Cabestan et aussi élu d’opposition, con- cède que les «migrants cherchent juste à manger» mais que la situation empire «depuis les dernières évacuations de camps». Le commerçant, qui est également président de l’Union commerciale, indique que «les gens râlent, on perd des clients». Et conclut: «Il faut une décision dans l’intérêt des migrants, du personnel des magasins, des clients.»

05/07/2014 Nord Littoral

http://www.nordlittoral.fr/fait-divers-justice/les-refugies-entrent-au-compte-gouttes-ia0b0n122453

La chasse continue, au gaz, et Nord Littoral prend sa dose (Nord Littoral)

Pas de riposte proportionnée, pas de discussion. On gaze. On gaze et tant pis où ça tombe. Pour le coup, les No Border visés en prennent plein la face rue Monseigneur-Piedfort à Calais. La journaliste de Nord Littoral aussi. Et pour ce qui s’apparente à un délit de faciès, on y reviendra.

Vers 19h, les forces de l’ordre se rendent rue Monseigneur-Piedfort. Un No Border – qui a la parole haute, ne cache pas le fond de ses pensées et use régulièrement d’un ton provocateur pour défendre la cause des migrants et des procédures utilisées – est en ligne de mire. Hier, ce dernier, comme d’autres Calaisiens, a mis à l’abri plusieurs dizaines de migrants après l’évacuation. Il s’est retrouvé avec les forces de l’ordre à la porte. Une inter- vention qui ne calme pas les tensions.

Les minutes passent. La discussion est courte. Un No Border arrive à vélo, voit la scène. La police amène le Calaisien vers la voiture banalisée. Une poignée de No Borders arrivent, demandent des explications, s’insurgent de l’interpellation injustifiée selon eux. Ils s’appro- chent. Et rapidement, le gaz lacrymogène part, à tout va. En civil, le fonctionnaire s’y prend à plusieurs reprises. Un instant jouissif? La journaliste, appareil photo à la main, finit la gorge irritée et les yeux en pleurs comme les autres.

Quelques instants plus tard, le No Border embarqué, les CRS sur place empêchent la journaliste de passer, pas ses deux autres collègues. « Non, pas elle ! » Il faudra sortir la carte de presse, examinée de près à deux reprises par un CRS au ton agressif. Délit de faciès pour une mèche rouge qui pourrait être sur le crâne d’un No Border ? Jolie bourde; 03/07/2014 Nord Littoral

http://www.nordlittoral.fr/fait-divers-justice/la-chasse-continue-au-gaz-et-nord-littoral-prend-sa-dose-ia6b0n122037

Commentaire: C’est pas tous mes métiers où on peut prendre son pied en travaillant!

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02 juillet 2014 ~ 0 Commentaire

Dehors estrosi !

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Après les matches de l’Algérie, nous avons eu droit à un déluge raciste.
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Estrosi, le maire UMP de Nice, a même interdit « l’utilisation ostentatoire de drapeaux étran- gers dans l’hypercentre » de sa bonne ville… Et son compère Mariani a parlé de « voyou[s] » et de « délinquant[s] ». Marine Le Pen a demandé la déchéance de nationalité française des binationaux. Nicolas Bay, député européen FN, a parlé d’« exactions », c’est-à-dire d’actes de violence et de sévices… à propos des manifestations de joie après la victoire de l’Algérie contre la Russie. Valls a surfé sur la vague, se félicitant qu’il y ait « heureusement beaucoup d’interpellations ».
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Chacun semble découvrir les excès du football. Pourtant, l’écrivain George Orwell avait prévenu: « Le sport, c’est la guerre, les fusils en moins ». Effectivement, les drapeaux fran- çais sur la place de l’Hôtel-de-Ville, le « Vengez-nous de Séville ! » lancé aux joueurs français par l’ex-joueur Maxime Bossis à propos du prochain match France-Allemagne, au moment même où un nouveau budget d’austérité est en discussion à l’Assemblée nationale.
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Tout cela sent fort l’union sacrée, le ralliement d’un peuple supposément uni au-delà des classes sociales derrière ses prétendus représentants. À tel point qu’Hollande ne sait plus où donner de la tête!
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Comment tenter de faire remonter sa cote de popularité? Vaut-il mieux tenter de se déguiser en 25e joueur (le numéro 24 étant déjà attribué à Najat Vallaud-Belkacem…) en partant au Brésil, ou défiler avec les militaires le 14 Juillet? Sérieux dilemme…
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Alors, ne tombons pas dans le piège: en stigmatisant les supporters de l’équipe d’Algérie, la droite, l’extrême droite et le gouvernement se retrouvent dans leur tentative de division des classes populaires. Quoi de plus compréhensible pour des jeunes dont la culture et la reli- gion sont méprisées, qu’on accuse de tous les maux alors qu’ils sont les premières victimes de la misère sociale, que de vouloir s’exprimer et être visibles ?
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Avec tous les oppriméEs et les exploitéEs, mobilisons-nous pour dégager l’extrême droite et les racistes !
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27 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Rennes, concert de solidarité le dimanche 29 juin 15h

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Un toît c’est un droit!

Concert de solidarité le dimanche 29 juin de 15h à 20h aux Ateliers du Vent pour soutenir les enfants migrants de l’école de l’Ille.

Ce concert, en association avec les collectifs des autres écoles de Rennes mais également de Pacé et les associations telles que Réseau d’Education sans frontières (RESF) vise : d’une part à récolter de l’argent afin de permettre aux enfants migrants de fréquenter les centres de loisirs durant cet été mais, également, d’ informer de la situation actuelle des migrants et leurs conditions d’hébergement.

Concert de solidarité

55-57 Rue Alexandre Duval, 35000 Rennes, France
Le dimanche 29 juin de 15h à 20h aux Ateliers du Vent pour soutenir les enfants migrants de l’école de l’Ille.

Un Toît c’est Un Droit : camping géant place de la Mairie le 30 juin !

C’est l’histoire d’une catastrophe annoncée : les migrants du squat de l’église Saint-Marc, évacué en janvier dernier, viennent de recevoir l’avis de leur fin de prise en charge par la préfecture. Cela signifie concrètement que :

  • Le lundi 30 juin, une soixantaine de personnes va se retrouver à la rue (parmi lesquelles une bonne moitié d’enfants et quelques bébés).
  • Il leur a été demandé de se rendre à la PADA (plateforme d’accueil des demandeurs d’asile) pour solliciter un hébergement, mais cette structure ne dispose d’aucune place d’hébergement d’urgence et leur a conseillé ce matin d’appeler le 115 … dont nous savons déjà qu’il est complètement saturé !

Ces personnes n’auront donc pas d’autre choix, ce soir-là, que de dormir dehors.

Pour manifester votre solidarité mais aussi pour exiger le respect du code de l’action sociale (toute personne en situation de détresse doit pouvoir être mise à l’abri), l’association «Un toit c’est un droit» vous invite à venir les rejoindre: place de la mairie à Rennes à 19 h, pour une heure, deux heures ou pour la nuit.

Nous aurons besoin de duvets, de couvertures, de tentes, de boissons et de nourriture.

Nous comptons sur vous pour diffuser largement l’information et mobiliser dans vos structures respectives : ces personnes sont toutes des sans-papiers et le nombre de militants et citoyens présents est leur seule garantie de sécurité dans cette action.

http://www.antifabzh.lautre.net/roazhon/2014/06/concert-de-solidarite-et-camping-geant/

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24 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Front national: propos «diaboliques» et dédiabolisation…

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Éclipsée par la grève des cheminotEs et le Mondial de football, la tragicomédie au sein du F Haine, initiée par les propos racistes et antisémites tenus récemment par Jean-Marie Le Pen, continue d’agiter (censuré) l’extrême droite.

Elle nous invite à réfléchir sur les motivations politiques qui ont amené ses protagonistes à la mettre en scène, et à nous interroger une nouvelle fois sur les ruptures stratégiques que certainEs prétendent voir au sein du parti.

Feintes ou sincères, les réactions d’indignation de Jean-Marie Le Pen à l’annonce faite par sa fille  de l’éviction de son  journal de bord» vidéo du site national du parti, témoignent d’un embarras grandissant de l’appareil frontiste à gérer la cohérence de deux discours qui pa- raissent de prime abord contradictoires. Galvanisés par les très bons résultats électoraux aux élections européennes, les cadres du parti ne peuvent envisager de construire le puis- sant appareil dont ils ont besoin qu’en poursuivant la ligne tracée par Marine Le Pen, ligne qui sera sans doute peaufinée lors du prochain congrès en novembre à Lyon.

Nouvelle image, vieux fond La question devient alors urgente : comment se démarquer des propos provocateurs du – toujours – Président d’honneur, tout en continuant de cons- truire pierre par pierre la nouvelle image du parti ? Comment intégrer le corpus doctrinal fon- dateur, fait d’antisémitisme, de racisme, de nationalisme et d’anti-­parlementarisme, tout en prétendant accéder à la gestion du pays par des voies démocratiques ? Si aujourd’hui cette option semble s’imposer aux dirigeants du FN, qu’adviendrait-il à l’occasion d’un très pro- bable approfondissement de la crise institutionnelle ?

Le discours de Marion Maréchal-Le Pen, très proche politiquement de son grand- père, tenu à l’Assemblée Nationale à l’époque des «manifs pour tous» affirmait que le débat ne se situait pas au sein d’une assemblée où son parti était injustement sous-représenté mais dans la rue: c’est un début de réponse. «L’asile politique» du «journal de bord» de Jean-Marie Le Pen, accordé généreusement par Alain Soral sur le site de son groupe, «Éga- lité et réconciliation», en est un autre. Rappelons qu’Alain Soral est un ancien membre de la direction du FN, et qu’il se définit aujourd’hui comme un «national socialiste» à la française…

L’hommage du vice à la vertu Ne soyons pas dupes, Marine Le Pen n’effectue pas plus un «virage à gauche» que son géniteur un «virage à droite». C’est avec une certaine truculence d’ailleurs que Jean-Marie Le Pen dans sa lettre ouverte à «Madame le Président du Front National», rappelle à sa fille certaines vérités qu’elle préférerait mettre en sourdine tempo- rairement: «Vous-même, n’avez-vous pas été mise en cause par votre déclaration sur « l’oc- cupation des rues par des fidèles musulmans » ou encore par votre présence à Vienne, à un bal réputé « nazi » par nos ennemis?»

Mais, bon sang ne saurait mentir, Jean-Marie Le Pen ne doute pas un seul instant de la fidélité idéologique de sa fille, qui ne lui fait le reproche que d’avoir dit tout haut ce qu’elle- même pensait tout bas: «Vous me faites grief de n’avoir pas anticipé les éventuelles atta- ques dont je pouvais être l’objet, autrement dit de ne m’être pas appliqué une censure préa- lable volontaire comme dans les pays totalitaires.»

Le mouvement ouvrier et progressiste doit réagir En pleine phase de construction, le Front national n’a d’autre choix que de s’adapter aux nouvelles couches de la société sur lesquelles il s’active actuellement à tenter de gagner l’hégémonie politique et culturelle. L’ab- sence sidérale de tout projet politique crédible à gauche, la démoralisation engendrée par la politique ultra­libérale du gouvernement PS-Medef lui laisse le champ libre pour distiller avec habileté son idéologie réactionnaire.

L’exemple le plus récent est son opposition à la «réforme» de la SNCF à laquelle il pré- tend s’opposer, sans bien sûr soutenir les grévistes tout en les comprenant, et en dénonçant les directions syndicales complices du gouvernement… Cette supercherie a de beaux jours devant elle si l’ensemble du mouvement ouvrier et du camp progressiste ne prend pas la mesure du danger qui guette.

Les assises de la CONEX (Coordination nationale contre l’extrême droite) se tiennent les 28 et 29 juin à Paris et doivent être un moment pour entamer le débat et jeter les bases de grandes mobilisations populaires seules susceptibles de faire reculer ce fléau. Le con- grès du Front national à Lyon en novembre pourrait constituer une échéance de mobili- sation… Alain Pojolat Hebdo L’Anticapitaliste – 247 (19/06/2014)

Commentaire: Dans le « chapeau » il était question d’agiter « le landerneau de l’extrême droite ». Rappelons que cette expression vient de « faire du bruit dans Landerneau », charivari contre les veuves qui se remariaient trop tôt, censées devoir mourir de chagrin? « Le landerneau » c’est aussi l’endroit le plus vil du monde. Or, c’est une très jolie petite ville bretonne!

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20 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Alain soral, enfumeur idéologique (essf)

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Extrême droite: de «Pif gadget» à «Comprendre l’empire» Le bric-à-brac idéologique d’Alain Soral, haltérophile de la pensée à l’extrême droite. Depuis une dizaine d’an- nées, un nouveau personnage a émergé à l’extrême droite, dévelop- pant un discours en apparence moins classique que celui du Front national: Alain Soral.

Après un rapide passage au Front national, Alain Soral le quitte, s’éloignant de Marine Le Pen. Il brouille les pistes avec application pour paraître, à première vue, plus respectable. Soral joue de la confusion idéologique et s’autoproclame créateur et manipulateur de con- cepts. Il ambitionne, depuis longtemps de faire éclater le clivage gauche – droite. Il a soutenu l’article «Vers un Front national» publié en mai 1993 par Jean-Paul Cruse dans les colonnes de l’Idiot international. Ce texte est considéré comme un élément fondateur de la mouvance dite «rouge-brune» en France.

Soral s’appuie sur Égalité et Réconciliation [1] créée en mars 2007. Jean- Marie Le Pen, présent lors de la première université d’été d’E & R y prononcera le discours de clôture. Après avoir soutenu Jean-Marie Le Pen et se considérant «fournisseur d’idées» pour le Front national (il affirme avoir été un des rédacteurs du discours de Valmy prononcé par Le Pen en septembre 2006), Soral quitte donc le mouvement en 2009. Il publie à cette occasion un texte antimariniste le 1er février 2009 au titre évocateur: «Marine m’a tuer!»

É et R sert à promouvoir la «pensée soralienne», définie comme «la gauche du travail et la droite des valeurs, pour une reconstruction nationale». Selon Marc George (ex membre du bureau de campagne de Dieudonné, ex secrétaire général d’Égalité et Réconciliation dont il a été exclu en 2010) ce groupe ne serait qu’un «fan club soralien» autour duquel gravite un certain nombre d’électrons libres qui développent un arsenal d’ana- lyses, d’écrits, de vidéos dont la fonction est de tenter de rendre crédible cette parole d’extrê- me droite nouvelle mouture (Mais est-ce vraiment une nouvelle mouture?)

Soral, conspirationniste Le tournant ouvertement conspirationniste pris par Soral, ses saillies antisémites de plus en plus claires, sa démagogie paternaliste à l’encontre des Fran- çais d’origine immigrée visent à atteindre un certain nombre d’habitants des quartiers popu- laires qui à première vue ne seraient pas attirés par le vote frontiste, ainsi qu’à amener un nouveau public aux vieilles rengaines de l’extrême droite. Ne reculant devant rien, en sep- tembre 2008, lors de l’université d’été du groupusculaire Parti populiste dirigé par Franck Timmermanns (ex dirigeant du Front national puis du MNR de Bruno Mégret) il déclare: «A l’heure où plus personne ne pense, ni à gauche, ni à droite ( … ) nous pouvons, nous natio- naux, en tant que seuls critiques efficients du Système, reprendre la main sur le plan des idées, devenir dans ce désert LES maîtres à penser de demain et incarner, nous et nous seuls le renouveau du génie français». Si Alain Soral se plaît à prendre des poses d’intellec- tuel rebelle et à se présenter comme un ennemi du Système, la réalité semble être toute autre et dément catégoriquement toutes ses prétentions «subversives». Ses nombreuses prises de positions xénophobes, sa stigmatisation des minorités ethniques et/ou religieuses l’intègrent totalement dans la nébuleuse de l’extrême droite. Dès qu’il s’agit de désigner des catégories de population comme bouc-émissaire, il sait faire montre d’un zèle particulier et n’ignore aucune des cibles habituelles de l’extrême droite. Ainsi, il déclare dans la revue de la Nouvelle Droite : Éléments, au printemps 2006 à propos de la situation dans les banlieues : « le but du regroupement familial a été clairement (…) de casser ce pouvoir (l’encadrement et la défense de la classe ouvrière, anciennement majoritaire dans ces banlieues par le Parti communiste), en important dans ces banlieues des Africains issus de la paysannerie pauvre du Tiers-Monde et du bled sans culture ouvrière (…). Aujourd’hui les gosses qui brûlent des bagnoles ne sont pas des enfants d’ouvriers (…), ne sont pas des opprimés en lutte, ce sont des névrosés sociaux ».

Soral, un antisémite qui se camoufle derrière l’antisionisme Quand il ne s’en prend ni aux Maghrébins, ni aux Africains – «on ne dira jamais assez à quel point la maghrébisation, l’africanisation (…) de la France ont fait baisser vertigineusement le niveau de civisme et de civilité de la population française [2]» – ou qu’il ne s’attaque pas aux gens du voyage – «le pittoresque voleur de poule ( s’est transformé ) en braqueur surarmé et réputé pour son goût du sang [3]» –, c’est qu’il est trop occupé à expliquer que les juifs qui veulent dominer le monde sont à l’origine de telle ou telle guerre «pilotés de New-York, habités d’une idéologie faite de volonté de puissance, de violence destructrice et de mépris social puisé dans l’Ancien Testament. C’est cette vision du monde et ce processus que nous appelons Empire [4]». Un remake du Protocole des Sages de Sion [5]. (…)

Soral est à ranger dans la catégorie du «socialisme des imbéciles» définie par August Bébel en 1894, qui «sous couvert de subversion simplifie le monde, installe de l’irrationnel dans la pensée, discrédite la critique sociale radicale et au bout du compte décourage toute action collective – à quoi bon agir, en effet, puisque «tout est joué d’avance» par les forces occultes?». Soral est proche de Christian Bouchet, nationaliste révolutionnaire- qui dénonce «un axe américano sioniste ou israélien». Cet antisémitisme s’est encore traduit récemment par des attaques menées de concert avec son complice Serge Ayoub (ex dirigeant des groupuscules fascistes dissout 3e Voie et les Jeunesses nationalistes révolutionnaires) contre le journaliste Frédéric Haziza [7].

Soral se rattache à un courant classique de l’extrême droite antisioniste et «pro palestinienne», représenté entre autre par François Duprat et Frédéric Châtillon [8]. Anti- sionisme purement démagogique, qui chez Soral et consorts n’est en fait que le cache-sexe d’un antisémitisme virulent. Dans le différent qui l’oppose à la compagne de Dieudonné, à propos d’une référence à la «quenelle» sans en avoir demandé l’autorisation, Soral se de- mande si pour affirmer son antisémitisme, il faut lui demander son autorisation (Rivarol du 12 décembre 2013). Dans «Dialogues désaccordés» ,(entretiens avec Éric Naulleau), il caractérise la shoah comme «une énorme escroquerie», dénonçant une surexploitation de la mémoire pour rendre un peuple intouchable et in-critiquable ainsi qu’Israël et affirme son soutien aux négationnistes: «En Occident, des gens ( négationnistes ) sont persécutés et sont les seuls prisonniers politiques en 0ccident».(…)

On comprend alors aisément que Soral fasse référence au Cercle Proudhon (il n’est pas le premier, le courant solidariste dans les années 1970-1980 avec entre autres Jean- Gilles Malliarakis fondateur du Mouvement nationaliste révolutionnaire et de Troisième Voie le faisait déjà. Fondé par Henri Lagrange, Georges Valois, Édouard Berth en 1912, le Cercle Proudhon [13] était un regroupement de nationalistes et de syndicalistes. Animé par certains membres de l’Action française, le Cercle se donnait pour but de «détruire les institutions démocratiques». (…) A la première université d’été d’Égalité et Réconciliation, Soral tenta un remake du Cercle Proudhon regroupant un auditoire hétéroclite: catholiques, nationaux-bolchéviks, ex trotskistes, terciéristes, ex GUD, nationalistes-révolutionnaires, islamistes. Certains amateurs d’analogie y ont vu une démarche similaire à celle du Cercle Proudhon. Il faut vraiment avoir chaussé des lunettes déformantes pour évoquer le Cercle Proudhon des origines. La tentative a fait flop et la comparaison s’arrête là. Soral développe enfin un tro- pisme pour les régimes autoritaires: admirateur de Saddam Hussein, Vladimir Poutine , Mahmoud Ahmadinejad [18] et maintenant le syrien Al Assad [19].

Soral, un vrai réactionnaire qui tisse sa toile Accentuant son virage vers la Tradition, celui qui se présente comme «républicain convaincu» se déclare maintenant défenseur de la monarchie, considère comme un «mythe» la présentation d’un absolutisme royal, dénonce le « génocide vendéen », fait l’apologie des chouans [20]. Il rejoint les catholiques intégristes dans la dénonciation du Concile Vatican II. Il reproche à l’Église de ne plus s’opposer à la Réforme protestante, aux Juifs de continuer à «nier et à mépriser l’Église». Il soutient «le catholicisme authentique» c’est-à-dire les intégristes et autres traditionalistes, met en avant la «vision positive» de l’éducation dispensée par l’Église sous l’Ancien Régime et dénonce la laïcité comme «agent du satanisme» et l’assimile à une «religion maçonnique» [21]. Une reprise de la dénonciation des «Quatre États confédérés» stigmatisés par Charles Maurras et l’Action française (mouvement royaliste, contre révolutionnaire, nationaliste, xénophobe antisémite).

Avec Soral, on est bien loin d’un processus de recomposition et de réarmement idéo- logique de l’extrême droite. Il nous ressert toutes les vieilles thématiques de l’extrême droite (antisémitisme, xénophobie) reprises après guerre par Maurice Bardèche, Pierre Sidos, François Duprat [22]…Il s’inscrit dans la mouvance des droites révolutionnaires analysées par Zeev Sternhell [23]. Ses références au marxisme ne sont qu’un énième tour de passe- passe. Il est attiré par «le champ magnétique du fascisme» pour reprendre l’expression de l’historien Philippe Burrin et a, comme ses prédécesseurs Jacques Doriot et Marcel Déat entamé sa «dérive fasciste [24]».

Soral rejette bien évidement le terme d’extrême droite. Il déclare ainsi à Naulleau: «l’extrême droite depuis 1945 et plus encore depuis mai 68 est une invention soit du gau- chisme soit de la droite d’affaires pour cacher que le national-socialisme était socialement de gauche. En tant que national-socialiste ça m’agace d’être rangé à l’extrême droite qualificatif qui désigne pour moi les néo conservateurs, les impérialistes américano sionistes et le pouvoir bancaire international. Donc ma réponse, c’est que je ne suis pas d’extrême droite, je suis national-socialiste.» (…)

Cependant, il ne faut pas sous-estimer sa capacité de nuisance dans une société en manque de repères et dans la confusion idéologique régnante: pour preuve, la forte fréquen- tation de son site internet et l’audience de ses vidéos mensuelles. Alain Soral, tâcheron du concept, faute de troupe, «tisse sa toile» [25].

En outre, la théorie du complot en période de crise peut rencontrer un certain échos en raison de son caractère mécaniste, car elle exonère celui qui la propose de sa propre res- ponsabilité politique par rapport à une crise qu’il dénonce. Elle traduit un déficit d’explication et d’analyse approfondies engendré par l’impossibilité de saisir une réalité complexe [26]. De cela découle le succès de ce thème en période de crise. Une aubaine pour Soral et consorts. Jean-Paul Gautier, historien 7 janvier 2014

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18 juin 2014 ~ 0 Commentaire

Extreme-droite: soral, national-socialiste décomplexé (essf)

nez

On trouve aux marges du FN nombre de fascistes et nazis fiers de l’être… L’exemple le plus connu est sans doute celui d’Alain Soral, idéologue et parrain politique de Dieudonné. «En tant que national-socialiste français, ça m’agace d’être rangé à l’extrême droite, qualificatif qui désigne pour moi les néoconservateurs, les impérialistes américano-sionistes et le pouvoir bancaire international… Donc, ma réponse, c’est que je ne suis pas d’extrême droite, je suis national-socialiste, mais tu peux considérer que c’est pire !» [1].

«National-socialiste» : énième «provocation» ou expression décomplexée de l’idéologie d’Alain Soral? A en croire le principal intéressé, nul dérapage, mais bel et bien une position politique assumée, que le président d’Égalité et Réconciliation s’est même empressé de justifier dans une édifiante vidéo [2]. Soral y expose, images de propagande d’époque à l’appui, les bienfaits de la politique économique hitlérienne: «L’Allemagne, après des tâton- nements, de façon empirique, par une synthèse, un mélange de nationalisme et de socia- lisme, d’économie national-socialiste, a trouvé tous les remèdes à la crise économique dont sont responsables à l’époque la City et Wall Street» [3]. Avant d’ajouter que c’est pour cette raison que «l’Empire (…) a décidé de la mise à mort de l’Allemagne hitlérienne», et de conclure que «la solution de demain à la crise actuelle (…) avait été toute trouvée par les économistes et les planificateurs nationaux-socialistes allemands» [4].

Il ne s’agit donc pas d’une provocation, mais d’un héritage revendiqué, qui semble faire écho à la «devise» d’Egalité et Réconciliation: «Gauche du travail, droite des valeurs, pour une réconciliation nationale! » Ce slogan résume l’enfumage idéologique dont fait preuve Soral, qui prétend réconcilier «droite» et «gauche» par un nationalisme qui se voudrait en- globant et protecteur alors qu’il participe de la division du camp des exploités, que cela soit sur des bases nationales, ethniques ou religieuses. La «réconciliation» dont parle Soral est une entreprise de fragmentation et d’affaiblissement des classes opprimées, dont le pseudo-marxiste [5] entend détourner la colère en désignant des boucs-émissaires. A ce titre, Soral s’inscrit dans une filiation avec l’extrême-droite française traditionnelle, celle qui vantait elle aussi les mérites du régime hitlérien, en désignant comme principal ennemi «  le Juif  ».

Les thèses classiques de l’extrême droite Soral se défend de tout antisémitisme, et affirme que l’ennemi des «nations» est «l’Empire». Mais il suffit de le lire dans le texte pour comprendre que «l’Empire» a «quelque chose à voir» avec les Juifs. En témoigne la défi- nition qu’il en donne: «Pilotés de New York, habités d’une idéologie faite de volonté de puis- sance, de violence destructrice et de 
mépris social puisé à l’Ancien testament, c’est cette vision du monde et ce processus que nous appelons : Empire» [6]. L’Ancien testament serait donc la source des maux des peuples du globe, une vieille thèse antisémite à peine réchauf- fée que Soral complète par une dénonciation récurrente de la franc-maçonnerie, comme lorsqu’il blâme «[la] démocratie parlementaire où une assemblée de professionnels de la politique, formés et encadrés par la maçonnerie, stipendiés ou tenu en respect par l’Argent, joue devant le peuple le spectacle du débat démocratique» [7].

Soral brouille par ailleurs les repères de classe, dénonçant «l’opposition abstraite prolétariat/ bourgeoisie» et prônant «l’union du prolétariat et de la classe moyenne vers la classe moy- enne généralisée» [8]. Il distingue le «grand bourgeois spéculateur apatride» du «petit bour- geois entrepreneur enraciné» [9], entretenant le mythe d’un «bon» capitalisme, industriel, familial et national, opposé à un «mauvais capitalisme», financier, anonyme et transnational. Et les chômeurs d’être qualifiés par Soral de «parasites» au même titre que les spécu-lateurs, «les rentiers du haut (l’hyperclasse au pouvoir) finançant les rentiers du bas (la sous-classe des chômeurs et des précaires vivant des aides sociales), sur le dos de la classe moyenne productive, la plus ponctionnée par l’État» [10]. Et d’ajouter, avec un mépris social qui n’a pas grand chose à voir avec l’Ancien testament, que l’assurance chômage favorise «[l’]alcoolisme, grâce au RMI puis au RSA payés par le monde du travail» [11].

Le temps béni des colonies En réalité, Soral instrumentalise, galvaude les termes «gau- che» et «socialisme», afin de construire un positionnement politique soi-disant au-dessus des partis et de prôner une alliance entre petits patrons et ouvriers nationaux, contre les «parasites», qu’ils soient chômeurs, syndicalistes ou spéculateurs. Une rhétorique typique des courants fascistes, qui prône de fausses alliances de classes en faisant fi d’évidentes contradictions, entre autres sur les questions de couverture sociale, de droit du travail ou de fiscalité.

Dans la tradition de l’extrême droite, le discours de Soral est un patchwork idéologique qui ne touche pas aux fondements du capitalisme, qui prône d’impossibles alliances au nom d’un «intérêt national» gommant les contradictions de classes, et qui désigne de faux ennemis, de «l’intérieur» ou de «l’extérieur». Les Juifs et les francs-maçons ne sont en effet pas les seuls responsables du «déclin de la France», comme on l’apprend dans une saillie dont certains qui croient trouver en Soral un allié devraient se souvenir: «la maghrébisation, l’afri- canisation, la tiers-mondisation de la France ont fait baisser vertigineusement le niveau de civisme et de civilité de la population française» [12]. Rien d’étonnant, finalement, chez ce nationaliste nostalgique de l’Algérie française: «Plus je vois la merde noire (…) dans laquelle l’Algérie s’enfonce un peu plus chaque jour, plus je découvre en images que les seules choses qui tiennent encore debout là-bas (…) sont celles que la France coloniale y a construites, plus je me dis que leur seul espoir, c’est qu’on y retourne» [13].

Le paravent de l’antisionisme Et pourtant… Malgré leurs contradictions et leur parenté avec la rhétorique de l’extrême droite classique, les thèses de Soral connaissent aujourd’hui un écho sans précédent, qui peut se mesurer à l’aune de la fréquentation du site et des vi- déos d’Égalité et Réconciliation. Trois facteurs permettent de comprendre ce phénomène  : le travestissement de l’antisémitisme en antisionisme, à l’heure où la politique israélienne fait l’objet d’une indignation sans cesse grandissante; la rhétorique délibérément complotiste de Soral, qui bénéficie d’un important écho à une époque où les populations se sentent, à juste titre, dépossédées de leur souveraineté politique; la faiblesse de la gauche radicale et du mouvement ouvrier.

Soral entretient ainsi une confusion permanente entre dénonciation du «sionisme» et dénon- ciation du «judaïsme», comme dans ces déclarations faites à France 2 en 2004: «en gros, c’est à peu près ça leur histoire, tu vois. Ça fait quand même 2500 ans que chaque fois qu’ils mettent les pieds quelque part, au bout de 50 ans ils se font dérouiller» [14]. Soral surfe sur l’hostilité à Israël et dénonce un «sionisme» imaginaire, qui serait inhérent au judaïsme et qui n’aurait, en définitive, pas grand chose à voir avec ce qu’est le véritable sionisme, à savoir le projet d’établissement d’un Etat juif et la défense inconditionnelle de sa légitimité.

En effet, le «sionisme» dénoncé par Soral est une entité transnationale, aux contours mal définis, qui dicterait sa politique aux banques, aux gouvernements des pays occidentaux et aux médias, et qui serait ainsi la source de la crise économique, politique et sociale. On est très loin d’Israël et des Palestiniens, et beaucoup plus près de «l’Ancien testament» qui inspirerait «Wall Street»… On comprend dès lors pourquoi Soral, en bon nationaliste, avalise en réalité le fond du projet sioniste, quand il déclare sans sourciller: «si on était resté au projet de Herzl, de faire un Etat juif où les Juifs pourraient vivre en tant que nation comme les autres nations, sans renouer avec le projet biblique qui n’est pas un projet nationaliste – c’est un projet de domination mondiale et mondialiste au nom d’une élection divine, ce n’est pas du tout la même chose –, (…) je serais le premier des sionistes, bien évidemment» [15].

(…) L’audience de ces thèses fait malheureusement écho à un sentiment d’impuissance de plus en plus diffus, produit de décennies de renoncements de la gauche et du mouvement ouvrier. Combattre Soral, c’est aussi réhabiliter la politique, redonner un sens à l’action col- lective, lutter au quotidien contre toutes les tentatives de division chez les opprimés, au premier rang desquelles le racisme et l’islamophobie, et ne pas se contenter d’une dénon-ciation idéologique du néo-fascisme soralien. Dans un pays où le FN peut arriver largement en tête d’un scrutin national, il serait illusoire de penser que seul un contre-discours pourrait réduire l’influence des extrêmes droites. Le succès d’un Soral est le miroir déformant de nos propres échecs, et ce n’est que par une activité politique concrète redonnant sa crédibilité à l’internationalisme, à l’idée de solidarité entre les opprimés et aux projets de transformation sociale, qu’il pourra être combattu. Julien Salingue 1er juin 2014

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