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16 février 2014 ~ 0 Commentaire

Rassemblement ce dimanche 11 h pour Melisa, petite fille bulgare (cnt)

Rassemblement ce dimanche 11 h pour Melisa, petite fille bulgare (cnt) dans Antiracisme arton1248-e799e

Voici quelques nouvelles de Bobigny, après l’incendie d’une partie du terrain dit ’des Coquetiers’ qui a coûté la vie à Mélissa, une enfant de 8 ans qui fréquentait l’école Marie Curie.

Une vingtaine de familles dont les cabanes ont été détruites sont hébergées en hôtel, jusqu’à di- manche. Les débris de l’incendie sont en cours de déblaiement et les familles pourront revenir sur les lieux. Emmaus Coup de main mettra des caravanes à leur disposition. Un diagnostic est en cours. Le terrain est la propriété de la mairie qui ne demandera pas son expulsion, mais le Préfet tentera de l’obtenir.

La famille de Melissa souhaite la ramener en Bulgarie, mais ce ne sera pas possible avant au moins une semaine (enquête, remplacement des papiers brûlés, démarches…).

Le collectif prépare une marche blanche dimanche à 11h .

Nous dirons que Melissa est morte à cause de la misère, que nous voulons que les choses changent, mais ce sera avant tout un hommage à Melissa, un soutien à sa famille, à ses proches, ses camarades d’école. Merci de bien vouloir faire circuler l’appel au rassemblement.

Le Collectif de soutien aux Roms et Bulgares de Bobigny

MELISA

Une petite fille est décédée. Mercredi matin dans l’incendie du bidonville dans lequel elle habitait. Elle s’appelait Mélisa. Ce n’est pas la première fois. Il y a quelques années à peine, un petit garçon qui s’appelait Diego et qui avait le même âge est décédé dans un autre incendie. Pour les mêmes raisons. Ils avaient 8 ans à peine.

La France est la 6e puissance du monde. Nous avons les moyens d’en finir avec le mal logement de détruire l’habitat indigne, d’éradiquer les bidonvilles. Nous avons les moyens de construire des logements sociaux pour tous ceux qui en ont besoin. Il est temps de le faire avant que d’autres enfants n’en souffrent. Nous vous proposons un rassemblement à sa mémoire dimanche 16 février à 11 h devant les archives départementales. Une marche blanche traversera la ville jusqu’à l’école où Mélisa était scolarisée.

http://www.questionsdeclasses.org/?Rassemblement-ce-dimanche-11-h

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08 février 2014 ~ 0 Commentaire

Faire face à la réaction

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Avec environ 20 000 manifestantEs pour le « jour de colère » la semaine dernière, le « jour du retrait de l’école » lundi 27 janvier, et ce dimanche 100 000 manifestantEs contre la « loi famille » et le mariage homo, les réactionnaires de tout poil ont le vent en poupe.
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Ce qui est horrifiant avec ces manifestations, c’est que l’on peut y croiser, dans le désordre, un maghrébin homophobe, une femme antisémite, un juif islamophobe, un antillais nationaliste et des nazillons qui beuglent des slogans contre tous ceux qui précèdent…
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Après ces deux manifestations, le gouvernement s’est empressé de renoncer aux dernières promesses progressistes qui avaient une vague chance d’être mises en œuvre, en reportant la « loi famille », avec notamment la procréation médicalement assistée.
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On savait déjà que le Medef commandait la politique économique du gouvernement. Maintenant, c’est l’extrême droite qui décide de sa politique de société. Qu’on ne s’y trompe pas, il n’y a pas de hasard : pour faire passer des attaques aussi radicales que la remise en cause de pans entiers de la Sécu, 35 milliards de cadeaux aux entreprises, ou encore la casse de l’inspection du travail, patronat et gouvernement ont tout intérêt à cultiver la division parmi les travailleurs et l’ensemble de la population, ce qui donne inévitablement confiance aux secteurs réactionnaires.
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C’était le sens des attaques contre les Roms, de l’opération publicitaire de Valls « contre » Dieu- donné, de l’autosatisfaction de Valls concernant l’augmentation des expulsions de sans-papiers…
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Mais la résistance et la solidarité internationale existent : des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans toute l’Europe contre la loi espagnole anti-avortement, dont 40 000 en France.
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Face à la division selon la couleur de la peau, la culture, les pratiques sexuelles ou religieuses, face à la montée de l’extrême droite, il n’y a qu’une issue : que le clivage entre les classes sociales reprenne le dessus, que nous parvenions à développer une mobilisation commune de tous les oppriméEs et les exploitéEs, un mouvement d’ensemble contre ce gouvernement et ce système en crise.

Antoine Pelletier Hebdo L’Anticapitaliste – 228 (06/02/2014)

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06 février 2014 ~ 0 Commentaire

Dieudonné dérape en silence (ci)

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La shoah, dès le 15e siècle

Revu et corrigé, le spectacle du comique à la patinoire de Bordeaux reprend les mêmes allusions antisémites à peine édulcorées.

Dieudonné M’bala M’bala entre en scène sous les rugissements du public, bras levés, plus en politicien qu’en comédien. Laquelle de ces deux casquettes porte-t-il, au juste ? Aucune personnalité politique française ne déchaîne un tel enthousiasme. Aucun comédien ne soulève chez ses fans un mélange aussi grisant et aussi troublant de rire goguenard et de colère joyeuse. Des hurlements de fureur jubilatoire saluent chaque référence de l’humoriste à un politicien français ou à la supposée “persécution” dont l’accable l’establishment. Dès qu’il parle d’un Juif ou d’une organisation juive, les cris et les huées redoublent.

Dieudonné M’bala M’bala – l’homme qui a inventé le très polémique salut de la “quenelle” repris par le footballeur Nicolas Anelka [joueur au West Bromwich Albion] – a débuté avec un peu de retard sa tournée 2014 dans les villes de l’Hexagone. Son nouveau spectacle [Asu Zoa] remplace celui qui a été interdit le 9 janvier par les autorités françaises [Le Mur] pour incitation à la haine raciale contre les Juifs.

La nouvelle version est pratiquement identique à l’ancienne, à ceci près que les sorties antisémites provocantes ont été supprimées et remplacées par de longs silences que le public applaudit avec une indignation passionnée. Noir, baraqué, barbu, dégarni et parfois drôle, Dieu- donné impose sa présence sur scène. “Qu’est-ce que vous foutez-là ? lance-t-il à la foule. Tous les médias, les politiques, les penseurs vous ont dit de ne pas venir. Même moi, j’ai failli pas venir. Il paraît que vous seriez des fous, antisémites, assassins.”

Le spectacle se tient [le 26 janvier] à la patinoire Mériadeck (Conan Meriadec était  un ancêtre des ducs de Rohan, alors évêques de Bordeaux, rien de juif, note du blog) de Bordeaux – ce qui, pour un homme qui évolue depuis près de dix ans sur un terrain politique et moral pour le moins glissant, ne manque pas de sel. Avec environ 5 000 spectateurs – des hommes, pour la plupart –, la salle est pratiquement comble. Il y a surtout des Blancs de la classe ouvrière. On aperçoit une poignée de personnes âgées et quelques étudiants, mais la moyenne d’âge se situe plutôt entre 30 et 40 ans. C’est un public différent du public parisien de Dieudonné, dominé par des bobos d’extrême gauche, acquis aux thèses conspirationnistes.

Signal. Moitié breton, moitié camerounais, Dieudonné est né en banlieue parisienne il y a 47 ans. Il s’est fait connaître comme comique antiraciste impertinent dans le duo qu’il formait avec l’humoriste juif Elie Semoun (l’un des noms sifflés au spectacle de Bordeaux). Il a tenu des petits rôles dans plusieurs films, comme Astérix et Cléopâtre. A la scène comme à la ville, il faisait alors campagne contre le racisme et se définissait comme un Noir qui refusait de “danser le zouk avec une banane dans le cul”.  A partir de 2004 environ, pour des raisons qu’il n’a jamais expliquées, il s’est métamorphosé en une version française de Louis Farrakhan, le très controversé dirigeant de l’organisation noire américaine [religieuse et nationaliste] Nation of Islam.

Sur scène, il s’amuse parfois à imiter l’accent black, qui plaît beaucoup à son public bordelais. Le reste du temps, il s’exprime avec un débit rapide dans le français argotique et populaire du café du Commerce, que son public bordelais adore. Lorsqu’il en arrive à un passage de l’ancien scénario frappé d’interdiction, Dieudonné marque une pause et esquisse un grand sourire ou, plus drôle, fixe d’un œil méfiant la “caméra cachée” qu’“ils” ont planquée dans son pupitre. [La préfecture de la Gironde a effectivement enregistré le spectacle.] Grâce à YouTube, ses fans connaissent par cœur la réplique qu’il est censé prononcer – ou pas – à cet instant. Ainsi, au lieu de dire “Je n’ai pas à choisir entre les Juifs et les nazis. Je suis neutre”, il se tait, affectant un petit air innocent et entendu. C’est le signal : la salle applaudit à tout rompre et s’esclaffe.

A d’autres moments, il opte pour une version édulcorée de l’une de ses “blagues” antisémites. Dans Le Mur, il s’en prenait à son éternel détracteur, Patrick Cohen, l’animateur juif de la matinale de France Inter : “Tu vois, si le vent tourne, je ne suis pas sûr qu’il ait le temps de faire sa valise. Quand je l’entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage.” Dans la version revue et corrigée, il ne fait qu’évoquer Patrick Cohen (dont le nom est copieusement hué), puis enchaîne : “Le vent va peut-être tourner. On verra. J’ai l’impression que le vent est en train de tourner.” (Rires hystériques). Le public bordelais de Dieudonné, qui a payé 43 euros la place, ressemble à un échantillon des gens que l’on pourrait voir dans des rassemblements de l’extrême droite ou de l’extrême gauche de province.

En interrogeant quelques spectateurs au hasard, on constate pourtant qu’il s’agit d’un tout autre genre d’individus : ils sont certes tout aussi en colère et se sentent tout aussi marginalisés, mais ils sont apolitiques. Ils en veulent tellement au “système” qu’aucun mouvement politique, pas même les plus populistes, ne peut les récupérer. Dieudonné, lui, les récupère. Ils se reconnaissent davantage – du moins pour l’instant – dans son humour noir et destructif que dans la politique institutionnalisée.

Aucun n’avouera ouvertement s’intéresser de près ou de loin aux Juifs. Tout cela n’est à leur sens qu’une grande blague antisystème. “J’adore Dieudonné, explique Cyril, ouvrier viticole de 31 ans. Il n’est pas comme ces autres comiques chiants, qui ressassent tous le même genre de trucs. Lui, il parle de la vie comme elle est. Il y a un côté pédagogique chez lui.”

“Je ne suis pas antisémite, et Dieudonné non plus, poursuit-il. Tout le monde en prend pour son grade. Mais, dans ce pays, il y a une communauté dont personne n’a le droit de se moquer… En voulant l’interdire, ils lui donnent raison. Ils ne font que contribuer à son succès.” Dans son one-man-show, le polémiste ne s’en prend pas uniquement aux Juifs. Son numéro repose sur la provocation : pousser jusqu’aux limites de l’admissible, et dépasser les bornes. Il y a souvent un fond de violence dans ses propos. Il se positionne du côté du Français moyen – blanc ou noir – et contre les élites, avec leur hypocrisie et leurs idées progressistes, comme le mariage gay.

Rires gras. Dans un sketch, un couple de Français homosexuels va acheter un enfant en Afrique. Dieudonné, jouant le rôle d’un fonctionnaire africain corrompu, lance : “Ici, on n’est pas homo- phobes. Non, pas du tout, on est homovores ! Les homos, on les mange !” (Gros rires gras dans la salle.)  Dieudonné fait-il la satire des comportements des Africains ou bien de ceux des Blancs à l’égard des Africains ? Il exécute un délicat numéro d’équilibrisme. On peut rire de son Africain homophobe et corrompu ou être d’accord avec lui. Mais dès qu’il s’agit des Juifs, il franchit la ligne rouge. J’ai compté pas moins de vingt-trois références aux Juifs dans un spectacle de quatre-vingts minutes prétendument “expurgé”. Et elles n’ont strictement rien de drôle.

Même avec ses lacunes et ses silences, la vision du monde de Dieudonné reste la même : les Juifs mènent le monde ; ils sont responsables des souffrances des Noirs et des Blancs pauvres. Pourquoi ? Parce qu’ils se sont arrogé un monopole global de la compassion en manipulant la Shoah.  Avant la “réécriture” forcée, ses “blagues” sur les Juifs et les camps de concentration nazis étaient souvent dégoulinantes de vulgarité. Le public de Bordeaux, préparé par les vidéos de Dieudonné et ses apparitions sur YouTube, applaudit des références apparemment anodines à des ananas. Avec le geste de la quenelle – qui peut être un détournement du salut hitlérien ou pas –, ce fruit est devenu l’emblème de Dieudonné.

Obscène. Il y a deux ans, le comédien a adapté à sa manière une vieille chanson de variété, Chaud cacao, qu’il a rebaptisée Chaud ananas – ou Shoah nanas. Les paroles, salmigondis incohérent d’allusions à la Shoah et à la sexualité et d’obscénités, ont valu à leur auteur l’une de ses sept condamnations pour incitation à la haine raciale. La quenelle fonctionne sur le même principe. Avant le show de Bordeaux, une “caméra quenelle” circulant dans la file d’attente a sélectionné des spectateurs. C’était à qui ferait le geste plus obscène ou le plus suggestif – un bras tendu vers le sol, la main opposée touchant l’épaule ou le haut du bras.

En quoi ce geste est-il obscène ? La quenelle est, dans son acception commune, un rouleau de poisson allongé. En argot, c’est un pénis ou un doigt d’honneur. Le geste de Dieudonné signifie, symboliquement, que vous avez envie de glisser une “quenelle” aussi profond que possible dans l’arrière-train de votre ennemi. Ses fans bordelais, tout comme Nicolas Anelka, répètent à l’envi que la véritable cible de Dieudonné est l’“establishment” et non les Juifs. La quenelle n’a rien d’anti-sémite, assurent-ils, même si elle peut “accidentellement” ressembler à un salut nazi inversé. “Au début, ils ont commencé à l’attaquer pour un petit sketch qu’il avait fait sur les colons israéliens de Cisjordanie, commente Stéphane, 57 ans, ouvrier dans le bâtiment. Alors, il en a rajouté une couche et s’est mis à se moquer de la Shoah. Ce n’est pas de l’antisémitisme. C’est de la liberté d’expression.”

Selon les détracteurs du comédien, le phénomène Dieudonné M’bala M’bala – et le personnage est effectivement un phénomène – fonctionne exactement en sens inverse. Dans la “Dieudosphère” (comme le disent ses fans), l’“establishment” et les “Juifs” ont fini par se confondre. Les gens qui étaient à l’origine vaguement antisystème sont incités à devenir farouchement antisémites. En observant la foule massée dans la patinoire de Bordeaux, on a du mal à croire que tous ces gens sont sincèrement antisémites. La plupart n’ont sans doute jamais rencontré un seul Juif. Pourtant, en janvier 2014, entendre 5 000 personnes brailler de colère à chaque fois qu’ils entendent prononcer le nom d’un Juif est profondément troublant.

A la fin du spectacle, Dieudonné fait monter trois petites filles sur scène, les invitant à effectuer avec lui leur plus belle et plus obscène quenelle. Puis il engage l’assistance à reprendre en chœur son dernier couplet contre François Hollande, composé sur la sublime mélodie de l’hymne de la Résistance, Le Chant des partisans : “François la sens-tu qui se glisse dans ton cul, ma quenelle ?”
Dieudonné est-il un comédien ou un homme politique ? C’est avant tout un homme d’affaires. A la sortie, les spectateurs s’arrachent les tee-shirts à l’effigie de “Dieudo” faisant une quenelle, à 40 euros pièce.

John Lichfield 6 février 2014
Publié le 28 janvier 2014 dans The Independent Londres

Note :Lundi 3 février, Dieudonné a été interdit d’entrée du Royaume-Uni. Le comédien aurait eu l’intention de se rendre outre-Manche pour soutenir Anelka, qui fait l’objet de poursuites de la part de la Fédération anglaise de foot.

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03 février 2014 ~ 0 Commentaire

Valls, raciste en chef

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La charge du ministre de l’Intérieur contre Dieudonné, ponctuée par les mesures d’interdiction de ses spectacles, a tout d’une opération de diversion… A plusieurs titres.

D’abord, par rapport aux enjeux essentiels, économiques et sociaux, de l’action du gouvernement. La saillie de Valls et le battage médiatique qui l’a accompagnée sont ainsi intervenus simultanément à l’annonce du dit « pacte de responsabilité »: au moment où l’on renonce ouvertement à toute velléité de gauche, où l’on accède aux principales revendications du Medef et l’on constitue avec lui une véritable alliance, un peu d’illusionnisme «antiraciste» et «républicain» ne peut pas faire de mal.

Mais  diversion, aussi, par rapport aux orientations gouvernementales sur la question dite de l’immigration, donc aussi vis-à-vis du sentiment antiraciste qui, même s’il est aujourd’hui en mal d’expression, continue de prédominer largement dans les classes populaires et parmi les sa- lariés. Car, quand bien même Dieudonné est un personnage détestable, dangereux et à combattre, ce sont bien les Hollande, Ayrault et Valls qui mettent en œuvre, depuis les sommets de l’Etat, une politique qui n’a rien à envier à celle de leurs prédécesseurs.

Ainsi les expulsions de sans-papiers se poursuivent-elles au même rythme que sous Besson et Hortefeux.  Les services du ministère de l’Intérieur ont bien insisté sur ce point, en répondant aux interpellations de la droite que les chiffres réels (« gonflés artificiellement » sous Sarkozy où ils intégraient indûment les dits retours volontaires) étaient maintenus. Match nul, donc. Mais sur le terrain de la persécution des Roms, là, net « avantage » au gouvernement en place qui bat tous les records : 165 campements démantelés sur 400, 19 380 personnes  délogées en 2013 contre « seulement » 9 402 en 2012, selon un rapport récent de la Ligue des droits de l’Homme.

Une journée particulière ?

Pour illustrer cette politique, prenons l’exemple de trois événements survenus le même jour, mer- credi 27 novembre 2013. Ce soir-là, toute la gauche gouvernementale tenait meeting à Paris pour « défendre la République contre les extrémismes ». Valls n’y a pas seulement défendu sa collègue Christiane Taubira, visée par une série d’attaques ignobles. Une grande partie de son intervention a été consacrée à dénoncer, avant les élections municipales, la présence possible de « listes commu- nautaires » supposément islamistes : « nous n’accepterons jamais que dans nos quartiers popu- laires, on nous impose une loi, une loi d’airain, celle du conservatisme, de l’intégrisme qui n’a rien à voir avec la République, et ce n’est pas à l’extrême droite de le dire, c’est à nous de le dire » !

Plus tôt dans la journée était tombé un jugement de la Cour d’appel de Paris, à propos d’une salariée (Fatima Afif) licenciée par son employeur privé (la crèche Baby Loup) pour le seul fait de porter le voile. Inversant une décision de justice précédente, la Cour a estimé que ce licenciement ne portait « pas atteinte à la liberté religieuse » et n’était pas « discriminatoire  »… Décision à rapprocher de l’avis récent du Conseil d’Etat, estimant que la circulaire Châtel de 2009, qui exclut de l’aide aux sorties scolaires les mères musulmanes porteuses d’un voile ou d’un foulard, devait rester appli- cable.

Plus tôt encore, aux premières heures de la matinée, une vaste opération de police avait expulsé 800 hommes, femmes et enfants de ce qui constituait à Saint-Ouen le plus grand camp rom de France. Décidée par Valls, cette méga-opération d’expulsion prenait un sens plus dramatique encore dans la mesure où elle n’était réalisée qu’à la demande expresse de la maire Front de gauche (FASE-En- semble) de Saint-Ouen, inquiète – à quelques mois des municipales – des répercussions négatives de cette présence sur les électeurs des nouveaux bâtiments construits à proximité.

Le jeu de l’extrême droite

Mais le gouvernement ne mène pas seulement une politique raciste. Il menace maintenant les libertés démocratiques : les interdictions d’Etat envers les spectacles de Dieudonné constituent des précédents qui pourront être utilisés, demain, contre les anticapitalistes ou d’autres courants contestant l’ordre établi.

Et il fait directement le jeu de l’extrême droite. En dotant ce pitoyable « humoriste » d’un statut de vedette victimisée. Mais aussi, plus gravement, en ne ciblant dans sa démagogie « anti- raciste » que le seul antisémitisme (que le gouvernement comme Dieudonné identifient faussement à l’antisionisme), encourageant ainsi les courants identitaires rétrogrades à l’œuvre aussi dans la communauté musulmane. Il faudrait vraiment construire dans ce pays un grand mouvement unitaire contre le racisme… Qui combattrait, en même temps, les racistes d’extrême droite et ceux du gouvernement.

Jean-Philippe Divès Revue L’Anticapitaliste n°51 (février 2014)

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03 février 2014 ~ 0 Commentaire

Le livre qui effraie boutin!

papa

Papa porte une robe (avec CD)

Maya Barsony, Piotr Date de parution 19/11/2004

Albums jeunesse 62 pages – 22.00 € TTC

Gégé vit seul avec son papa, Jo Cigale, boxeur renommé. Mais un jour, lors d’un combat, Jo est blessé. Finie la boxe. C’est ainsi que Jo va devenir danseuse de music-hall…
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20 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Pourquoi les français n’ont rien à craindre de l’immigration (ci)

auvergnat
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On peut difficilement passer plus d’une journée en France sans entendre quelqu’un affirmer que les minorités ethniques constituent le plus gros problème du pays et que la présence d’immigrés com- promet l’identité même de la France.
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Une conviction généralement exprimée sans aucunement tenir compte de la responsabilité historique du pays, en tant que puissance coloniale, pour la présence d’anciens sujets de ses colonies en métropole, et sans vouloir admettre que la France sera doré- navant une mosaïque ethnique, et qu’il revient autant aux Français qu’aux immigrés de faire en sorte que cette diversité fonctionne.Depuis un an, je vois constamment de jeunes Noirs se faire interpeller et contrôler à la gare du Nord, pratique qui, contrairement à ce qui se passe à New York, ne soulève ici pratiquement aucundébat. “J’espère que vous êtes bien vacciné, m’a lancé un chauffeur de taxi en passant par un quartier noir. Maintenant, il n’y a plus besoin d’aller en Afrique pour attraper une maladie tropicale.”
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« La France n’existe plus » 
A propos des minorités ethniques vivant dans la capitale, des Français que je ne connaissais pas m’ont à plusieurs reprises fait remarquer : “Ce n’est plus la France. La France n’existe plus.” Il y a derrière pratiquement tous les échanges sociaux le présupposé permanent que l’on peut établir une division claire et significative entre les individus qui composent la vraie France et les imposteurs.En tant qu’Américain enseignant dans une université canadienne, je suis arrivé ici en 2012 pour prendre un poste dans une université française à Paris. J’observais depuis longtemps avec un intérêt modéré l’histoire, la culture et la vie politique françaises, mais je n’étais jamais resté très longtemps dans le pays et, lors de mes précédents séjours, je n’avais jamais prêté attention aux profonds clivages qui marquent ici tant d’aspects du quotidien. Lorsque des inconnus inquiets du destin de leur pays s’adressent à moi, je m’efforce de répondre patiemment.Mon accent américain ne leur échappe pas mais ne suffit pas à les décourager, car j’appartiens à une autre catégorie d’étranger : je ne suis pas perçu comme un “immigré” mais plutôt comme un “expa-trié”, venu de son propre gré pour des raisons probablement futiles, et non par nécessité écono- mique ou pour assurer ma survie ou ma liberté. Cette distinction n’est pas simplement un préjugé de l’homme de la rue : elle est inscrite jusque dans la procédure des bureaux français de l’immigration, où doivent se rendre tous les étrangers pour obtenir leur carte de séjour, mais où les Maliens et les Congolais sont dirigés vers une pièce, et les Américains et les Suédois vers une autre.

Présomption d’égalité 
Pour les premiers, la procédure a des allures de mise en quarantaine et l’attitude des fonctionnaires s’apparente à celle de gardiens de prison ; pour les seconds, un passage au bureau de l’immigration ressemble davantage à une cérémonie d’accueil et tout, dans nos échanges avec les fonctionnaires, évoque une présomption d’égalité. L’égalité est bien entendu l’un des principes fondateurs de la République française, et pourtant les critiques de la philosophie des Lumières, qui est à la base de la Révolution, savent depuis longtemps qu’il y a deux poids deux mesures : lorsque l’on parle d’égalité, soulignent-ils, il est entendu qu’elle ne vaut qu’entre égaux.

Pendant le plus clair de l’histoire de la République française, la ligne de démarcation entre égaux et inégaux a été déterminée par la dynamique de l’empire colonial. En France continentale, l’égalité était en principe absolue, mais dans les colonies, c’était une valeur qu’il fallait cultiver : pour être pleinement considéré comme un égal, un sujet des colonies devait démontrer par ses mœurs et ses goûts qu’il incarnait parfaitement l’identité française.

Avec la contraction de l’empire et la réorientation du nationalisme français vers une logique non plus territoriale mais culturelle, la distinction entre égal et inégal est passée de l’échelle mondiale au niveau local. Les francophones du monde entier ont alors commencé à affluer en métropole, avec le statut non plus de sujets coloniaux mais de simples étrangers.



Le fait que ces sujets inégaux se soient établis en France est bien entendu étroitement lié à l’héritage historique de l’impérialisme français : ce n’est pas par caprice que les Africains francophones choisissent de venir en France, mais parce qu’une longue tradition a imposé la culture française dans leur pays d’origine. Je suis devenu philosophe en grande partie parce que, comme bien d’autres, j’imaginais que cela me permettrait de m’élever au-dessus du marais trouble de l’attachement local, de la loyauté ethnique et provinciale et d’étreindre le monde dans son ensemble, d’être un vrai cosmopolite.
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Une xénophobie alimentée
 L’histoire montre pourtant que, par leur éducation philosophique, bon nombre de philosophes finissent par s’attacher plus encore à leur identité nationale ou ethnique. Cette tendance semble particulièrement répandue dans l’Europe d’aujourd’hui, et plus encore en France. Beaucoup d’Américains imaginent que la philosophie française est dominée par des penseurs abscons comme Jacques Derrida, qui s’était fait une réputation de séduire d’innocents disciples par des proclamations en forme de koan. Mais une sous-espèce bien plus dangereuse du philosophe français est l’“intellectuel public”, dont les déclarations, par l’intermédiaire des médias français, sont parfaitement compréhensibles, d’une simplicité confinant au simplisme, et souvent totalement irresponsables.
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Prenez par exemple le philosophe autoproclamé Alain Finkielkraut qui, dans son dernier livre à succès, L’Identité malheureuse, affirme tout de go que l’immigration détruit l’identité culturelle française. Il déplore le “métissage” de la France, terme souvent repris par l’extrême droite dans ses slogans, au sens de “bâtardisation”. L’auteur, dont le père était un immigré polonais et rescapé d’Auschwitz, et qui tout au long de sa carrière a fait la part belle à ce qu’il appelle le “devoir de mémoire”, prétend défendre les valeurs des “Français de souche”. Il alimente ainsi la xénophobie qui sévit en France et qui a été exacerbée, ici comme dans d’autres pays d’Europe, par le climat d’incertitude économique.Qu’est-ce qui peut bien justifier cette distinction entre expatriés et immigrés, ou les difficultés réservées à ces derniers lorsqu’ils tentent de s’établir dans un nouveau pays ? Les Européens nativistes, comme Finkielkraut, disent souvent craindre d’être “envahis” par un groupe ethnique issu de pays ou de régions économiquement désavantagées. La plupart d’entre nous peuvent s’accorder à dire que, même s’il n’existe aucun droit absolu à préserver la pureté de sa culture, il y a tout au moins un véritable avantage à vivre parmi des gens qui partagent beaucoup de valeurs et traditions communes.Il y aurait par exemple quelque chose à perdre si en Islande une vague massive d’immigration débouchait sur un changement démographique si radical que les Islandais se retrouvaient en minorité dans ce pays insulaire jusqu’alors homogène – et cela constituerait une perte pour le pays lui-même comme pour ceux d’entre nous qui, sans y vivre, tiennent à ce que nous pourrions assimiler à l’équivalent culturel de la biodiversité.

Or, rien qui ressemble de près ou de loin à un bouleversement d’une telle ampleur ne se produit en Europe, pas même dans les pays qui ont connu la plus forte immigration, comme la France et la Grande-Bretagne. Outre l’avantage réel qu’il y a à vivre parmi des gens qui partagent nos valeurs et traditions, il y a aussi ce que le philosophe Michael Dummet définit dans son important ouvrage On Immigration and Refugees [De l’immigration et des réfugiés] comme le droit de vivre en citoyen de première classe. Ce droit, précise-t-il, dépend en partie de la conduite d’un Etat, et en partie du comportement de son peuple.

Que le droit des immigrés à être des citoyens de première classe s’oppose ou pas au droit des premiers habitants à la préservation culturelle repose largement sur la politique de l’Etat et sur l’opinion publique. Même si le nombre d’immigrés en Europe était beaucoup plus élevé, ce serait une illusion de supposer que les immigrés mènent un effort concerté pour modifier le caractère du pays dans lequel ils sont venus. Parler d’“occupation” ou d’“invasion” est analogue, et correspondrait en fait bien plus justement au mouvement initial des Etats Européens dans leurs anciennes colonies, mouvement qui, une fois de plus, représente un facteur crucial dans les tendances et schémas migratoires actuels vers l’Europe.

L’immigration en Europe, tout comme par exemple dans le sud-ouest des Etats-Unis ou à l’intérieur de l’ex-Union soviétique, est dictée par des rapports historiques profonds et des schémas d’échanges entre les pays d’origine des immigrés – dans le cas de la France, surtout l’Afrique du Nord et la Françafrique subsaharienne – et les lieux de destination.
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Politiques migratoires 
Depuis la fin de la Renaissance, l’Europe entretient des échanges permanents – humains, financiers, matériels et culturels – avec la sphère extra-européenne et pourtant, quelques siècles après la grande expansion mondiale de la fin du XVe siècle, un mythe s’est installé dans toute l’Europe, qui voudrait que les nations européennes se constituent entièrement de l’intérieur, que leurs cultures soient le fruit du terroir et soient inscrites depuis la nuit des temps sur un bout de terre immuable.C’est cette conception de la constitution d’une nation qui a mené à la fracture fondamentale qui distingue aujourd’hui encore la politique migratoire européenne de celle des Etats-Unis. L’approche américaine de l’immigration est arrimée à des circonstances historiques liées à l’appropriation d’un continent, et c’est cette même histoire d’appropriation qui continue à induire un sentiment de honte chez la plupart des Euro-Américains qui pourraient autrement être tentés de se présenter comme des indigènes.


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L’Amérique doit reconnaître son identité hybride et construite, puisque les seuls qui puissent raisonnablement prétendre au statut d’indigènes sont ceux-là mêmes que cette nouvelle identité visait à déplacer. Mais en Europe, aucun déplacement de ce type n’intervient dans la mémoire historique : les Européens peuvent plus facilement s’imaginer être leurs propres indigènes et, par là même, imaginer l’impact démographique du monde extra-européen sur le continent comme le signe avant-coureur d’un hypothétique déplacement total. L’angoisse nativiste des Européens repose sur des valeurs que l’on ne saurait railler ou balayer d’un revers de main.
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L’exaltation du terroir Elles ne sont pas totalement étrangères aux divers mouvements visant à défendre les traditions locales : l’exaltation du terroir et du “slow food”, la suspicion à l’égard des multinationales. Mais comme la vénérée tomate et tant d’autres produits de diverses cuisines européennes, l’identité culturelle européenne est également le résultat de très anciens réseaux d’échanges internationaux. Depuis des siècles, ces réseaux servent surtout à l’enrichissement de l’Europe au détriment du reste du monde, et c’est ce déséquilibre qui explique en grande partie les schémas migratoires actuels. L’Europe n’a jamais été autonome et le rôle qu’elle a tenu dans le monde l’a certes enrichie mais lui a aussi légué une responsabilité unique envers l’immense partie de la planète dont elle a tiré sa prospérité.J’observe la situation actuelle à partir d’une position privilégiée, en ma qualité d’étranger à part : je ne suis pas de ceux que l’on soupçonne d’être venus pour consommer des ressources et menacer une tradition, mais plutôt de ceux qui sont censés célébrer ces traditions et acquiescer passivement aux sentiments des indigènes. Le privilège, pour moi, ne tient pas simplement au fait que je ne suis pas la cible de discrimination, mais aussi au fait que je suis capable d’apprendre beaucoup de choses auxquelles je n’aurais pas accès si j’avais un autre type d’accent ou une peau plus foncée. Et même si ce que j’entends dans les rues est décourageant, ce n’est en réalité qu’un écho du discours de la classe politique et de supposés intellectuels, qui préfèrent imputer l’instabilité du présent et l’incertitude de l’avenir aux membres les plus impuissants de la société française.

Justin E. E. Smith enseigne l’histoire et la philosophie à l’université Paris Diderot (Paris 7).

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18 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Contre tous les racismes !

kkk

Depuis deux semaines, le feuilleton Valls Dieudonné occupe le devant de la scène jusqu’à l’overdose, alimentant une confusion idéologique et politique. Une diversion savamment orchestrée.

Rappel des faits : la circulaire Valls du 6 janvier demandant aux préfets d’interdire les spectacles de Dieudonné est suivie le 7 par un arrêté du préfet de Loire-­Atlantique interdisant le spectacle prévu à Nantes. Puis le 8 à 14 h 30, annulation de l’arrêté préfectoral par le tribunal administratif de Nantes. À 17 h, Valls saisit en référé le Conseil d’État, et à 18 h le magistrat maintient l’interdiction du spectacle, cassant la décision du tribunal administratif de Nantes et donnant raison au gouvernement…

Dieudonné, le bouffon antisémite, ne fait pas rire Dieudonné est antisémite, ses liens avec l’extrême droite, du Front national à Soral, sont bien connus, et ses spectacles puent le racisme et l’homophobie. Et ce n’est pas nouveau. S’il fut par le passé un humoriste et un militant anti­raciste, il n’a pas hésité en 2008 à décerner le « prix de l’insolence » au négationniste Robert Faurisson, dans une mise en scène antisémite à vomir. Plus aucun doute n’était permis.

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Nous ne serons jamais de ceux qui relativisent, excusent ou banalisent les propos racistes. Les paroles préparent et permettent les actes, les agressions, les crimes. Pour nous, sans aucune ambiguïté, le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, comme le sexisme ou l’homophobie, ne sont pas des opinions, mais des délits qui doivent être condamnés. Et il y a largement matière à condamnation dans les spectacles et déclarations de Dieudonné.

L’interdiction par Valls est dangereuse et inefficace Le ministre de l’Intérieur est totalement disqualifié pour prétendre mener le combat antiraciste. Outre ses déclarations contre les Roms, il poursuit une politique d’expulsion des sans-papiers, de discriminations à l’égard des étrangerEs, des musulmanEs, de destruction des campements de Roms…

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Valls mène aussi une politique sécuritaire. L’interdiction d’un spectacle est une interdiction à priori. Comme il le revendique lui-même dans sa circulaire, c’est une justice d’exception, et l’exception ne fait jamais bon ménage avec la justice. Ces derniers temps, les décisions de justice à caractère politique se multiplient. Ainsi, le parquet général de Lyon fait appel contre la relaxe des cinq militants CGT de Roanne poursuivis pour avoir refusé un prélèvement d’ADN.

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Dans l’affaire Dieudonné, le Conseil d’État a donné raison à Valls en une petite heure. Avec la même rapidité, il avait confirmé lors du mouvement sur les retraites en 2010 la réquisition des grévistes du dépôt de carburant pour l’aéroport Charles-de-Gaulle ! Celles et ceux qui attendent des années pour qu’un tribunal oblige enfin leur patrons à payer leur salaires ont de quoi enrager. Justice aux ordres, justice nulle part !

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Si Valls voulait faire de la publicité à Dieudonné, il ne s’y prendrait pas autrement. Pire, en donnant l’image du pouvoir politique voulant le faire taire, il conforte l’image usurpée de « rebelle » victime du système que cherche à se construire Dieudonné, lui attirant la sympathie de celles et ceux qui n’en peuvent plus de l’injustice, de l’exclusion, du mépris. Il jette dans les bras d’un multi-millionnaire antisémite, fraudeur d’extrême droite, des exploitéEs et des oppriméEs que tout le brouillage idéologique actuel amène à se tromper de colère.

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La mobilisation comme seul rempart Valls et le gouvernement cherchent à faire diversion, à faire oublier les attaques antisociales, en saturant l’actualité avec ce vrai faux duel. À l’inverse, ils instrumentalisent l’antiracisme, contribuant ainsi à pourrir un climat politique et à renforcer l’extrême droite, en même temps qu’ils refusent toute mesure réelle contre les discriminations.
Le droit de vote des immigréEs, le rapport « sur l’intégration » remis le 13 novembre à Ayrault qui préconise des mesures concrètes pour l’égalité d’accès aux prestations (APSA ou RSA), l’abrogation des lois discriminatoires, la reconnaissance des identités multiples et des cultures plurielles à l’école comme dans les lieux culturels… sont purement et simplement enterrés.

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Le combat contre le racisme et contre l’extrême droite doit être mené malgré et contre le gouvernement par le mouvement social, le mouvement syndical, la gauche non gouvernementale, dans les lieux de vie, de travail, d’étude. Ce combat ne sera efficace que s’il s’inscrit dans un projet émancipateur combinant partage des richesses, partage du travail, égalité des droits et démocratie réelle, dans le cadre d’une mobilisation capable de reconquérir le terrain de la contestation, de la subversion et d’en chasser les faux rebelles démagogues. Christine Poupin

Hebdo L’Anticapitaliste – 225 (16/01/2014)

http://npa2009.org/content/luttons-contre-tous-les-racismes%E2%80%89

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14 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

sondages: le pen en plein trou d’air (jdd)

http://www.animated-gifs.eu/buidings-toilet/0037.gif Finalement, merci Dieudonné!

Popularité en baisse.

A deux mois des élections municipales, la popularité de Marine Le Pen connaît des baisses signi-ficatives dans plusieurs sondages. Avec cinq points en moins par rapport à décembre chez TNS Sofres (25%) et Opinion Way (27%) et quatre points en moins chez Ipsos (29%), la baisse de la présidente du FN dans les sondages de janvier est importante, même si l’institut CSA lui accorde un score stable.

Lié à l’affaire Dieudonné ? Bruno Jeanbart, directeur général associé d’Opinion Way, explique une première baisse en novembre par les propos polémiques de Marine Le Pen, qui s’était étonnée que les otages français de retour du Sahel portent barbe et chèche.

Il semble plus circonspect sur les raisons de la baisse récente, suggérant un « petit phé- nomène lié à l’affaire Dieudonné ». Marine Le Pen avait pourtant essayé de s’en démarquer, et avait dénoncé une instrumentalisation de l’affaire par le gouvernement contre le FN. »Les débats sur les propos extrêmes, sur l’antisémitisme, ont pu réactiver dans une partie de l’électorat l’idée que le FN est un parti qui a aussi des excès », selon l’expert.

Et aux dérapages. La « tendance à la baisse sur les derniers mois est nette », confirme Yves-Marie Cann, directeur en charge de l’opinion chez CSA, selon qui elle vient « plutôt des sympathisants UMP et plus globalement de la droite hors FN ». Le sondeur explique cette baisse par « les révélations au sujet de dérapages d’un certain nombre de têtes de listes FN qui ont remis sur le devant de la scène cette vieille image que cherchent à gommer à tout prix les dirigeants actuels du FN ».

http://www.lejdd.fr/Politique/Depeches/Sondages-Le-Pen-en-plein-trou-d-air-648442

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14 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

esclave pendant 12 ans: un portrait inoubliable de l’esclavage (sw.org)

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C’est un film si puissant qu’il appartient à cette rare catégorie de ceux dont il est difficile de quitter son siège lorsqu’il s’achève.

Il est encore plus rare qu’un film que, lorsque des jours plus tard, votre regard observe le vide, vous songez encore à la raison pour laquelle vous ne pouviez pas bouger. Esclave pendant 12 ans  est bon à ce point. Le film raconte l’histoire vraie de Solomon Northup, un Noir né libre dans l’Etat de New York. En 1841, il fut éloigné de sa famille et de sa vie pour Washington, la capitale, où il fut kidnappé, embarqué pour la Nouvelle Orléans et vendu en esclavage.

Northup n’était pas la seule victime de kidnappeurs œuvrant dans le Nord à cette époque, mais il fut presque l’unique à regagner sa liberté 12 ans plus tard. Il parvint à faire parvenir un mot à sa famille et un avocat blanc, dont le père fut le propriétaire du père de Northup qu’il libéra ensuite, voyagea vers la Louisiane avec l’appui officiel du gouverneur de l’Etat de New York afin de le secourir.

Le compte rendu que fit Northup de ce cauchemar a été publié sous forme de livre en 1853 et devint un best-seller de son époque. A l’instar d’autres «récits d’esclaves» [les deux plus connus étant ceux de Frederick Douglass et de Harriet Jacobs], il fut utilisé par le mouvement abolitionniste pour aiguiser l’opposition nordiste à la esclavocratie sudiste.

Dans le film, le réalisateur [britannique, dont les parents sont originaires de l’île de Grenade], Steve McQueen, ne s’éloigne guère de Solomon et de son histoire. Ce qui s’approche le plus dans le film à une référence à la situation politique plus large tient en une seule prise de caméra: alors que Solomon, enchaîné, à la suite de son enlèvement, dans un cachot situé dans une cave appelle à l’aide à travers une fenêtre à barreaux, la caméra s’éloigne de lui et se déplace vers le haut, au-dessus des murs extérieurs du bâtiment jusqu’à dépasser le toit. C’est alors que nous pouvons voir au loin le Capitole [édifice qui abrite le pouvoir législatif fédéral], un symbole de la «démocratie américaine» surgissant au-dessus d’un monde de violence et de souffrances. (…)

Solomon est échangé entre plusieurs maîtres. Le premier, un prêcheur baptiste, se flatte de prendre soin de ses esclaves – ou, au moins, de leurs âmes immortelles – mais il s’avère finalement qu’il est plus préoccupé de sa position sociale au sein de l’esclavocratie. Le deuxième est un monstre sadique qui traite sa chère «propriété» humaine pire que s’il s’agissait d’animaux.

Tout au long du film la violence de l’esclavage est ni caricaturée ni ne fait l’objet de sensationnalisme, ce qui le rend plus atroce: l’écrasement de la pensée, ce que Frederick Douglass nommait «la pensée qui dévore sans cesse la pensée: je suis un esclave et un esclave pour la vie, un esclave qui n’a aucun espoir rationnel en la liberté; cette pensée qui faisait de moi une incarnation vivante de la misère mentale et physique.» (…)

A un certain moment, par exemple, Solomon est gagné d’une espérance inattendue lorsque surgit un travailleur blanc qui vit et travaille aux côtés des esclaves, qu’il paie – avec la maigre somme qu’il a gagnée en tant que musicien – pour envoyer une lettre à sa famille dans le Nord. Mais Solomon est trahi et il doit brûler la lettre qu’il a écrite sur du papier volé, utilisant une plume qu’il a fabriquée et de l’encre improvisée. (…) De la même manière, McQueen montre les dynamiques tordues du régime terroriste esclavorate en une longue séquence sur une tentative de lynchage. (…)

Un grand nombre de caractéristiques du système dépravé de l’esclavage sudiste sont saisies dans cette séquence sans parole: la condition de l’esclave, agressé en permanence, mais gardé suffisamment en vie pour continuer à travailler, la violence terroriste pour faire un exemple d’un rebelle, de façon à ce que les autres ne rejoignent pas la rébellion, le crime sauvage de l’esclavage dissimulé bien en vue au centre de la vie sudiste prétendument raffinée.

La force de ce film tient dans la compréhension que l’expérience de Solomon de la barbarie et de la déshumanisation était la même pour des millions de Noirs qui connurent l’esclavage [on évalue le nombre d’esclaves aux Etats-Unis en 1860, soit à la veille de la Guerre civile, à 4 millions]. Mais cette force est encore plus grande si l’on garde à l’esprit certains accidents historiques qui font que l’histoire de Solomon est unique.

Les premières scènes du film montrent Solomon comme un citoyen respecté de Saratoga, dans l’Etat de New York. Le commerçant – qui finalement fera le voyage en Louisiane pour le secourir – le traite comme un ami et un égal. Mais ce commerçant aurait fait partie d’une minorité parmi les blancs du Nord en 1841. La phase radicale du mouvement abolitionniste allait seulement prendre son envol et la majorité des travailleurs blancs percevaient les Noirs libres comme des concurrents: leur hostilité était encore confinée, ainsi que l’exprima W.E.B. Du Bois [(1868-1963) [intellectuel Afro-américain de grande envergure, auteur d’un ouvrage sur l’activité des Noirs lors de l’immédiat après Guerre civile – Black Reconstruction – et de Les âmes du peuple noir ; c’est l’un des fondateurs du NAACP, National Association for the Advancement of Colored People], contre la puissance esclavagiste du Sud plutôt que contre l’institution de l’esclavage. (…)

Au début du XIXe siècle, alors que la production de coton devint centrale pour l’économie mondiale – c’était la matière première qui éperonna la Révolution industrielle en Europe – le système de travail esclavagiste nécessaire à la production de masse devint complètement enraciné. Les propriétaires d’esclaves les plus riches développèrent le système terroriste décrit dans le film afin d’écraser la menace de rébellions d’esclaves. En parallèle, tout blanc qui s’opposait à l’esclavage faisait face au choix soit de vivre sous la menace d’une mort violente ou de fuir vers le Nord ou l’Ouest. (…)

McQueen dramatise cette prise de conscience avec une autre image inoubliable: alors que Solomon s’assied à l’arrière de la calèche qui l’emmène hors de la plantation vers la liberté, nous voyons ses compagnons esclaves rester derrière lui, observant d’une distance toujours plus lointaine. Puis, alors que le visage de Solomon reste clair, l’arrière-plan s’éloigne et la vie qu’il quitte devient tache indistincte. L’astuce cinématographique de McQueen est un symbole visuel du dernier enseignement pour Solomon: le prix de sa libération est d’accepter que lui, au moins lui en tant que tel, ne puisse aider même un autre esclave à accéder à la liberté.

Esclave pendant 12 ans est un film qui remue.

Traduction A l’Encontre, article publié sur le site de l’ISO: socialistworker.org) Publié par Alencontre le 14 – janvier – 2014 Par Alan Maass

http://alencontre.org/ameriques/americnord/usa/etats-unis-un-portrait-inoubliable-de-lesclavage.html

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09 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

interdiction des spectacles de dieudonné: valls se découvre antiraciste (lo)

la haune

Le ministre de l’Intérieur Valls vient d’adresser une circulaire à tous les préfets leur demandant d’interdire les spectacles de la tournée de Dieudonné à cause de ses propos antisémites, ce qu’ils viennent de commencer à faire.

Valls saisit visiblement l’occasion de se donner le rôle de chevalier blanc, redresseur de torts, pourchassant l’antisémitisme et combattant des semeurs de haine comme le triste comique qui fait commerce – dans tous les sens du terme – des préjugés de caniveau.

Cette circulaire commence par ces mots : « La lutte contre le racisme et l’antisémitisme est une préoccupation essentielle du gouvernement et exige une action énergique. » De la part d’un ministre qui, depuis qu’il est aux responsabilités, a fait de la démagogie contre les Roms un de ses principaux chevaux de bataille, l’hypocrisie et la manoeuvre sautent aux yeux.

D’autant que la politique du gouvernement socialiste, au-delà même des propos xénophobes de son ministre de l’Intérieur, ouvre les vannes au développement des préjugés racistes et un boulevard à la montée du FN et à d’autres politiciens réactionnaires.

C’est la dictature économique et politique des capitalistes sur la société qui engendre la crise, le chômage et son cortège de catastrophes, et du même coup la montée d’idées réactionnaires dont Dieudonné n’est qu’un exemple entre d’autres. Mais c’est justement cette dictature économique dont Valls et le gouvernement dont il fait partie est un des plus fidèles soutiens. Le fait de se donner le beau rôle en interdisant les spectacles de Dieudonné n’effacera pas cette responsabilité.

Pierre MERLET http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2371&id=6

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