Archive | Antiracisme

24 novembre 2013 ~ 1 Commentaire

lannuon, un flashmob en breton pour les sans-papiers (lt)

A Lannion, le flashmob se danse en gavotte et sur un chant en breton, en soutien aux demandeurs d’asile.

Cet après-midi, vers 15 h, près de 200 personnes sont entrées dans la ronde, à l’appel du collectif de soutien aux sans-papiers.

 Elles ont dansé sur une chanson originale en breton, écrite par le chanteur et bretonnant Claude Lintanf et intitulée « Degemer mad er Republik » (Bienvenue en République), qui invite la France, pays des droits de l’Homme à se montrer plus accueillante envers les étrangers. L’action visait plus particulièrement à soutenir une famille albanaise qui réside à Lannion, menacée d’expulsion depuis le mois de juillet, et qui craint d’être victime de représailles si elle est expulsée vers son pays d’origine. 23 novembre 2013 à 17h17

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/cotesarmor/lannion-un-flashmob-en-breton-pour-les-sans-papiers-23-11-2013-2313506.php

Lannion  Sans-papiers. Une gavotte impromptue et solidaire

Une gavotte sur un chant original en breton, pour soutenir une famille albanaise : c’est un flashmob sans frontières qui a réuni les défenseurs des sans-papiers, hier après-midi, sur la place du Centre.

15 h, hier. Vêtu d’une casquette, un homme lit un journal, sur un banc de la place du Centre. Il se lève et se met à chanter, en breton, un texte de sa composition. D’autres chanteurs lui répondent en écho et, rejoints par des danseurs, ils lancent une gavotte sur la place.

La République en breton  Ils sont 150 à 200 à former la ronde, chantant, dansant et aussi militant pour les demandeurs d’asile, à l’initiative du Collectif de défense des sans-papiers, mené par Philippe Vital. Le chanteur à la casquette, c’est Claude Lintanf, et dans sa chanson intitulée « Degemer mat ar Republik », il houspille la France, pas assez accueillante envers les migrants. « Le déclic m’est venu après un rassemblement pour la famille albanaise, qui est un cas exemplaire. Ce sont des gens qui ne rentrent dans aucune case : ils ne sont pas réfugiés politiques ni économiques mais ils risquent leur vie s’ils sont expulsés. J’ai repris la devise de la République, en ajoutant le mot solidarité, qui ne s’arrête pas à nos frontières. » Son texte très politique, où « Sarko, Guaino » en prennent pour leur grade, de même que Hollande et Manuel Valls, n’a pas rebuté les chanteurs de l’atelier de Cavan, qui l’ont répété depuis septembre puis interprété hier, auprès de voix réputées comme celles de Louis-Jacques Suignard et Ifig Troadeg.

Pour les Albanais  C’est donc un impromptu très organisé qui a animé la place pendant une trentaine de minutes, sous les regards surpris des passants, les sonneurs Youn et Manuela prenant le relais des chanteurs pour continuer à entraîner les danseurs. « Je suis ému. Je trouve que c’est un super-moment », a conclu Philippe Vital, au nom du Collectif de défense des sans-papiers. « On a une famille albanaise qui est menacée d’expulsion. C’est la première raison pour laquelle nous sommes là », a-t-il lancé, sous les yeux de quelques membres de la famille Fregjaj, qui a saisi le tribunal administratif pour contester son expulsion. Le collectif s’est inspiré de manifestations similaires organisées par le mouvement des Indignés, en Grèce et en Espagne. « On voulait reparler de la situation des Albanais mais pas de façon trop ostensible, avec des banderoles. »

Du « reuz » sur le web La ronde a été filmée et enregistrée dans tous les sens, à hauteur de la place et depuis un balcon, grâce à plusieurs cameramen. Un montage réalisé par Loïc Chapron sera bientôt visible sur internet. Pour faire du « buzz » au bénéfice des sans-papiers. Pardon, pour faire du « reuz ». Jean-Luc Le Roux 24 novembre 2013

http://www.letelegramme.fr/local/cotes-d-armor/lannion-paimpol/ville/sans-papiers-une-gavotte-impromptue-et-solidaire-24-11-2013-2313713.php

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20 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Caraïbes: la « dénaturalisation » de 200 000 dominicains d’origine haïtienne (gv)

arton2446-de449-e24e3 Copieurs!

La décision de la Cour constitutionnelle dominicaine de retirer la citoyenneté à toutes les personnes du pays nées depuis 1929 de parents immigrés sans statut légal a rendu apatrides au moins 200.000 Dominicains d’origine haïtienne. La décision n° 168 de 2013 (PDF), émise par la Cour constitutionnelle, s’est jouée de la communauté internationale. La polarisation dans le pays est également devenue plus nette, et les débats sur les réseaux sociaux et la presse n’ont pas cessé un seul instant.

« Les Parias de la Caraïbe » Le Prix Nobel de littérature péruvien Mario Vargas Llosa a publié dans le quotidien espagnol El País un article intitulé »Les Parias de la Caraïbe« , dans lequel il compare cette décision aux lois nazies contre les juifs.

Il met également en évidence la complicité de l’Etat dominicain dans ce processus de migration clandestine : “L’hypocrisie s’ajoute à la cruauté et à l’inhumanité de pareils juges. Ils savent très bien que l’immigration ‘clandestine’ ou illégale des Haïtiens en République dominicaine qui a débuté à l’aube du XX° siècle est un phénomène social et économique complexe, qui, à certains moments – précisément, au temps de la grande prospérité – a été encouragée par les propriétaires terriens et les entrepreneurs dominicains afin de bénéficier du travail bon marché pour la récolte de la canne à sucre, la construction ou les travaux ménagers. Tout cela en pleine connaissance et tolérance des autorités, elles-mêmes conscientes de l’avantage économique que le pays en tirait [...]”

Les organisations internationales Amnesty International et Human Rights Watch ont également dénoncé la décision de la Cour constitutionnelle. L’économiste et historien Bernardo Vega, a fait des déclarations sur le sujet pour le programme El Despertador réitérant que :

“L’Etat a un engagement moral envers ces personnes pour les avoir fait venir ici.”

Après avoir étudié l’histoire du pays depuis avant la Première Guerre mondiale à nos jours, il conclut avec véhémence que la République dominicaine est sciemment responsable de ces irrégularités.

“Tués électoralement” D’autre part, l’article de l’historienne Rosario Espinal, “Matanza électorale ‘ (boucherie électorale), donne un angle différent. Publié sur son blog et dans plusieurs journaux à diffusion nationale, le texte affirme que les mesures drastiques prises par la Cour constitutionnelle répondaient à des intérêts politiques et non à une guerre raciste. Selon ses mots :

L’objectif immédiat de cette dénationalisation des Dominicains d’origine haïtienne est de les retirer de la liste électorale, pour les empêcher de voter. Pour cette raison, ils ont dû être retirés du registre de l’état civil et pour ce faire, la Cour constitutionnelle a utilisé plusieurs subtilités juridiques pour arriver à la date de 1929. Elle les a tués électoralement d’un seul coup et, ce faisant, elle a légalisé l’illégal. Voici le nouvel ordre constitutionnel dominicain.’

Quelle que soit la raison de cette décision, l’agitation s’étend. Le 4 novembre, la coalition ‘Dominicains et Dominicaines pour les droits’ de la région d’Enquillo se sont rassemblés pour défiler dans la zone de bateyes [des communautés rurales situées dans la périphérie de la région productrice de sucre], réaffirmant leur rejet de la dénationalisation des Dominicains d’origine haïtienne. Une myriade d’ONG et de militants sociaux ont également manifesté contre le jugement. Pendant ce temps, un mouvement néo-nationaliste ressasse des slogans comme ‘Mort aux traîtres’ et ‘eux, là-bas, nous ici’ dans une cérémonie célébrée dans l’Altar de la Patria, [l’Autel de la Patrie] le 5 novembre.

Souveraineté nationale Les responsables de cette manifestation ont plaidé en faveur de la souveraineté nationale sur la base de la prémisse que ‘plus tard, il n’y aura plus de patrie’ si la décision n’est pas défendue. La position du président Danilo Medino n’a pas calmé le jeu ; loin de se prononcer contre ces mesures, il a tenu des réunions diplomatiques avec des dizaines d’ambas- sadeurs pour expliquer le contexte du jugement.

Reste à savoir si la pression internationale et les manifestations internes pourront pousser les différentes entités politiques à modifier les effets de la sentence No.168-2013.

Global Voices

Publié initialement sur
Global Voices

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20 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Diffamation, prison ferme requise contre Boris Le Lay (lt+of+fr3)

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Condamné à Quimper pour diffamation, provocations à la discrimination raciale et menaces de violence, le militant nationaliste breton Boris Le Lay avait fait appel de la décision.

La cour évoquait cette affaire, hier, à Rennes.

En 2011, le site internet intitulé Breiz Atao faisait état d’une fausse rumeur de pédophilie concernant Bernard Poignant, maire de Quimper. Le même site devait également s’en prendre à un sonneur noir, Yannick Martin, virtuose de la bombarde, dont il estimait qu’il n’est pas «breton-nisable» parce qu’« on n’a jamais vu de celte noir et on n’en verra jamais ». Mona Bras, porte-parole de l’UDB (conseillère régionale et adjointe au maire de Quimper), avait alors publié une réaction stigmatisant la « bêtise inacceptable » de ces attaques. Ce qui lui avait valu, à son tour, d’être la cible du site sur lequel apparaissait la menace de « cogner dur sur ces bobines en peau de vinaigre à la langue trop pendue ».

Trahi par son ordinateur  Enfin, sur le site Projet juif, on pouvait lire l’annonce de la création d’un réseau d’échanges d’informations pour lutter contre l’« État jacobin juif ». Mis en examen et placé sous contrôle judiciaire, Boris Le Lay avait nié être à l’origine de ces faits. Mais une perquisition à son domicile du pays concarnois avait permis aux enquêteurs de saisir son ordinateur, dont l’analyse a établi qu’il était l’administrateur des domaines Breiz Atao et Projet juif. Le tribunal correctionnel de Quimper devait le condamner à 18 mois de prison avec sursis, et à 17.000 € de dommages et intérêts aux parties civiles (Yannick Martin, Mona Bras, Bernard Poignant, l’association de sonneurs Bodadeg ar Sonerion, le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme, la Ligue des droits de l’Homme et la Licra).

Relaxe plaidée Pas plus qu’en première instance à Quimper, le prévenu n’était présent hier, devant la cour, à Rennes. « Une lâcheté », ont estimé les avocats des parties civiles. L’avocat général, lui, a a requis la confirmation de la décision sur la culpabilité et une aggravation de la sanction. Pour lui, il convient de prononcer une peine de prison ferme (un an dont quatre mois avec sursis) et 5.000 € d’amende. De son côté, la défense a plaidé la relaxe. Sur l’absence de son client, l’avocat a expliqué qu’il était retourné au Japon, où il travaillait comme crêpier et où vit son épouse. Quant aux propos tenus, ils sont, certes, « peu intelligents » et « blessants » mais il estime que les infractions n’ont pas été qualifiées comme elles devaient l’être. Le délibéré sera rendu le 17 décembre. Alain Le Bloas 20 novembre 2013

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/finistere/diffamation-prison-ferme-requise-contre-boris-le-lay-20-11-2013-2308788.php

http://www.ouest-france.fr/justice-huit-mois-requis-contre-le-fondateur-de-breizh-atao-1723299

http://bretagne.france3.fr/2013/11/20/propos-racistes-prison-ferme-requise-contre-un-blogueur-breton-361163.html

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15 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Racisme: combattre le poison de la division

Racisme: combattre le poison de la division dans Antiracisme kkk-demotivational-irony-racism-funny-burning-cross

La récente interview de Christiane Taubira dans le journal Libération et la belle tribune dans le Monde de Harry Roselmack, l’ex-présentateur du JT de TF1, contre le retour de « la France raciste » sont plus que bienvenues, au moment où les discours et les actes racistes ne cessent d’augmenter.

Depuis son arrivée au gouvernement, Christiane Taubira a été violemment attaquée par la droite et l’extrême droite, mais ces dernières semaines, le racisme a franchi un nouveau seuil.

Comparée d’abord à un singe par une candidate du FN, puis insultée par des enfants et leurs parents dans un rassemblement des anti-mariage pour tous, aux cris de « Guenon, mange ta ba- nane ! », Taubira s’est étonnée du manque de réaction dans le pays. Cela a été la goutte d’eau de trop aussi pour Harry Roselmack qui s’est dit soudain « ramené à ma condition nègre ».
Christiane Taubira nous avait déjà régalés avec sa réponse au « discours mortifère et meurtrier » du Front national. Cette fois, c’est Roselmack, bien moins timide que la plupart des hommes politiques de gauche, qui affirme clairement que « la xénophobie, le racisme constituent le ciment essentiel » du FN.

Qui alimente les préjugés ? Dans son interview, Taubira a bien raison de pointer les responsabilités, non seulement de l’extrême droite mais aussi de la droite : les discours de Sarkozy à Grenoble et à Dakar, Hortefeux et ses « blagues » racistes, l’identité nationale, Copé, Fillon et le FN…

Cette course après les électeurs du FN a bien sûr largement contribué à donner confiance aux racistes qui se lâchent. Par contre, sur les responsabilités du gouvernement actuel, à part quelques critiques très diplomatiques de la politique d’immigration et envers les Roms, c’est silence radio.

Pourtant les dégâts sont immenses : l’abandon du droit de vote pour les étrangers, la poursuite de la politique sarkoziste de l’immigration, la stigmatisation des musulmans, les déclarations racistes de Valls sur les Roms et enfin, plus fondamentalement, la gestion loyale du capitalisme en crise.
Roselmack pointe la responsabilité de la crise « qui alimente la xénophobie ». Mais cette crise ne tombe pas du ciel, elle est une conséquence de la logique même du capitalisme. C’est pourquoi les appels de Taubira à la « cohésion sociale » et à la défense de « la République » sont au mieux une illusion, au pire une tromperie. La République réelle et concrète — et non pas les valeurs abstraites qu’elle invoque — est bien une république capitaliste qui jette des millions de personnes au chômage et enfonce des millions d’autres dans la précarité et la misère.

C’est bien ce système qu’il faudra abattre pour en finir définitivement avec le racisme. Avant d’y arriver, la lutte contre le racisme continue, non seulement parce qu’il est insupportable mais parce qu’il continue à miner la cohésion, non pas celle illusoire de la République, mais celle des exploités et des opprimés.

C’est un poison qui divise et affaiblit dans les batailles contre les patrons licencieurs et le gouvernement à leur botte. Dans les mois à venir, il faut trouver le chemin de l’unité de tous les tra- vailleurs : blancs, noirs, arabes…

Ne rien laisser passer : aucune réflexion raciste, aucune « blague ». S’opposer à la diffusion des idées haineuses, redonner confiance aux antiracistes (et nous sommes encore nombreux !), avec comme première grande échéance les célébrations le mois prochain du trentième anniversaire de la grande marche pour l’égalité.

Ross Harrold Jeudi 14 novembre 2013 Publié dans : Hebdo L’Anticapitaliste – 217 (14/11/2013)

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14 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Pas de liberté pour le racisme

Pas de liberté pour le racisme dans Antiracisme kkk

La Une de Minute contre Mme Taubira concentre toute l’abjection dont ce torchon est capable.

Il relaie les même propos tenus par la candidate du FN dans les Ardennes, repris par la bouche d’une enfant à Angers dont les parents manifestaient contre le mariage pour tous.

La droite se décomplexe et c’est l’extrême droite qui se lâche avec le racisme qui déborde.

Le FN peut tenter de rendre son image plus présentable rien n’y fait.

Le NPA exprime sa solidarité à Mme Taubira face à ces insultes indignes, il condamne ces propos racistes inacceptables sans pour autant oublier ceux tenus par Valls, après ceux d’Estrosi, contre les Roms.

Même si le gouvernement aujourd’hui proteste à juste titre, nous ne pouvons que regretter cette indignation sélective. Le racisme n’est pas une opinion mais un délit et un torchon comme Minute ne relève pas de la liberté de la presse. Il n’y a pas de degré dans le racisme. Il se combat en bloc.

Montreuil, le 13 novembre 2013

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12 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Appel du collectif national égalité des droits, justice pour tou(te)s

Appel du collectif national égalité des droits, justice pour tou(te)s  dans Antiracisme egalitejustice-affiche-rvb-858211

Le 3 décembre 1983, 100 000 personnes manifestaient à Paris, concluant une Marche partie de Marseille le 15 octobre.

Décidée par un groupe de marcheurs issus des cités de la banlieue lyonnaise, cette Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme marqua l’émergence d’une nouvelle génération, celle des enfants d’immigrés. Elle fût organisée suite aux crimes racistes, aux violences policières, et à une campagne électorale marquée par la xénophobie et l’idéologie sécuritaire qui vit, comme à Dreux, des alliances avec le Front national. Elle prolongeait, à sa manière, les luttes menées dans la décennie précédente par les travailleurs immigrés pour l’égalité des droits. Les « invisibles » devenaient des acteurs à part entière de la société française.

Notre Marche ne s’est pas terminée le 3 décembre 1983. Nous n’avons jamais cessé de marcher et de lutter. Même si nous avons remporté des victoires ou obtenu quelques avancées, la situation des immigrés et de leurs descendants, dont beaucoup sont français, n’a cessé de se dégrader. Les habitants des quartiers populaires d’aujourd’hui sont confrontés à des situations plus dures qu’en 1983. Trente ans pour arriver à ce constat amer : les violences policières comme les crimes racistes n’ont pas cessé et restent impunis.

Pire, un racisme d’Etat fait de lois, de pratiques et de discours nauséabonds s’est propagé d’en haut ; la négrophobie et l’islamophobie se sont développées, prolongeant le racisme anti-arabe. La promesse du Président de la République d’alors, celle du droit de vote pour les étrangers extra-communautaires n’a jamais été tenue. Aujourd’hui, après une décennie de pouvoir de droite avec tous ses excès et ses démagogies populistes – débats sur l’identité nationale et le « rôle positif » de la colonisation – le nouveau gouvernement reste dans la ligne de tous ses prédécesseurs : restriction au droit d’asile, accentuation des discriminations dans tous les secteurs de la société, relégation des quartiers populaires et de leurs habitants, menaces de disparition des associations de terrain et de proximité, contrôles aux faciès, justice à deux vitesses, chasse aux sans papiers et aux Roms, multiplication des expulsions… Et pendant ce temps, les Chibanis, nos anciens, sont reclus et privés de leurs droits.

Trente ans se sont écoulés, après le formidable espoir soulevé par la Marche de 1983. Notre détermination reste intacte. Nous ne lâcherons rien. Le message de la Marche pour l’égalité des droits et contre le racisme, même s’il n’est pas enseigné comme il se doit à l’école, est plus que jamais d’actualité et nous voulons qu’il soit à nouveau entendu avec force. C’est pour cela que partout, dès maintenant, et du 15 octobre au 3 décembre 2013, nous proposons à toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans cet appel de mettre en place des assemblées générales et des initiatives au niveau local, régional, national. Nous ne nous contenterons pas de crier notre colère contre les injustices et les inégalités. Nous proposerons à toute la société d’autres solutions, celles de l’égalité des droits pour en finir avec la République du mépris.

D’ores et déjà, nous appelons à participer aux différentes initiatives organisées en région par des collectifs et associations signataires de cet appel. Partout en France, des semaines pour l’égalité des droits et la justice pour toutes et tous sont organisées d’ici le 8 décembre. Faisons du 7 décembre, une journée de rassemblements et de manifestations. mercredi 6 novembre 2013

http://www.ujfp.org/spip.php?article2937

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10 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Marine Le Pen non grata en Martinique:

Marine Le Pen non grata en Martinique:  dans Antifascisme extincteur

Le NPA soutien l’appel de nombreuses personnalités et militantEs contre la visite de Marine Le Pen en Martinique.

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Cette fois, la rejeton Le Pen n’a pas choisi la méthode discrète. Confortée par une atmosphère nauséa- bonde de montée des groupes néo-nazis dans divers pays européens, elle annonce urbi et orbi qu’elle visitera les colonies avant la fin de l’année.
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Elle pousse la provocation jusqu’à prétendre que les problèmes des Le Pen avec nous seraient de l’his- toire ancienne à ranger dans les souvenirs désuets.
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Nous, soussigné-e-s, répondons au contraire que tout dans le contexte prouve la mal- faisance des thèses et des pratiques développées par les groupes d’extrême droite : aux assassinats odieux de Grèce s’ajoutent ceux de Paris ou d’ailleurs.
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Aux propos racistes de telle lepéniste même désavouée pour outrance maladroite, s’ajoutent les dérives des personnages contaminés par la vague bleu marine.
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Il y a quelque chose de pourri dans le monde du capitalisme en crise et Marine Le Pen en est la sécrétion caricaturale: sur les côtes italiennes, des milliers de victimes de la faim et de l’oppression, prennent le risque de perdre la vie et les institutions et forces dominantes européennes n’ont, au delà de l’hypocrisie de la pitié, qu’une réponse : rendre plus imperméables les frontières pour barrer la route aux plus démuni-e-s. Plus près de nous, quand ce n’est pas l’ONU qui sème le choléra par ses troupes d’occupation en Haïti, c’est la cour suprême de République dominicaine qui jette dans le néant juridique des centaines de milliers de Dominicain-e-s qui ont le malheur d’être d’ascendance haïtienne.
La venue de Le Pen chez nous serait un coup de pouce donné à ces manifestations de la honte sans frontières.
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Marine Le Pen prétend faire oublier les déconvenues de son père en Martinique et en Guadeloupe, mais n’a jamais dénoncé son racisme éhonté. Elle n’a jamais désavoué son approbation de la torture prati- quée contre nos frères et sœurs algérien-e-s pendant la guerre de libération.
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Elle ne s’est jamais démarquée de ses propos scandaleux sur le génocide des juifs «un détail dans l’his- toire de la deuxième guerre mondiale». Elle prétend fouler le sol martiniquais, mais n’a jamais daigné reconnaître le peuple qui l’habite comme un peuple spécifique.
Elle refuse de dénoncer l’esclavage comme un crime contre l’humanité appelant répara- tions. La démagogie «sociale» dont elle s’affuble ne trompera que les naïfs. Elle prétend défendre les travailleurs, mais ses deux députés n’ont jamais fait un seul geste politique en ce sens.
L’histoire nous a montré les nazis hitlériens et les fascistes mussoliniens se déguisant en «national-socia- listes», «amis des pauvres contre la ploutocratie apatride». En réalité les Le Pen et autres apprentis   fascistes servent toujours les intérêts du grand capital.
Pour cela ils veulent tromper les plus crédules en divisant les peuples, en dressant les tra- vailleuses et les travailleurs les uns contre les autres au nom du rejet de l’immigré, de l’étranger, du Röhm, du musulman et finalement, quoiqu’ils disent, du rejet du nègre.
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Le Pen c’est pas la peine ! fou kan avan’w rivé !
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Appel de nombreuses personnalités et militantEs  Lire la liste
Samedi 9 novembre 2013

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09 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

“Beaucoup d’arguments du FN sur l’immigration reposent sur des mensonges et des fantasmes” (les inrocks)

“Beaucoup d’arguments du FN sur l’immigration reposent sur des mensonges et des fantasmes” (les inrocks) dans Antifascisme bd_nazi_fun_klub41

Le 26 octobre dernier dans l’émission Salut Les Terriens, François Gemenne a déstabilisé Florian Philippot, vice-président du FN dans un débat sur l’immigration.

Ce chercheur en sciences politiques, spécialisé sur les questions de gouvernance mondiale des migrations et de l’environnement (à Sciences Po et à l’Université de Liège et Versailles), a accepté de revenir dans un long entretien sur les mythes entourant le discours du Front national sur l’immigration.

Lors de votre passage dans Salut les terriens! le 26 octobre dernier, Florian Philippot, a semblé perdre pied face à vos arguments concernant l’immigration. Considérez-vous que le programme du FN sur ce sujet ne soit pas assez analysé dans les médias ?

François Gemenne -  Beaucoup des arguments du FN, en matière d’immigration en tout cas, reposent sur des mensonges et des fantasmes. Il y a évidemment un défaut d’analyse des médias, mais c’est aussi notre responsabilité, à nous chercheurs, d’informer ces débats de société. Et donc nous portons une part de responsabilité dans ce défaut d’analyse, et nous devons intervenir plus souvent dans les médias pour apporter un éclairage scientifique à ces questions et montrer où sont les mensonges et les fantasmes. Mais plus fondamentalement, je pense que ce défaut d’analyse renvoie aussi à la faillite absolue du politique concernant le FN : ce dernier, au fil des ans, est parvenu à imposer son discours, son agenda, ses thèmes, comme éléments centraux du jeu politique. En réalité, d’une certaine manière, le FN est déjà à l’Elysée.

Sur l’immigration, la démission de la classe politique date des années 1980 : tant la gauche que la droite ont alors intégré le postulat central de l’idéologie du FN, à savoir que l’immigration était un problème, auquel il fallait trouver des solutions. Dès l’instant où l’on accepte cela, le FN a gagné. Je récuse avec force l’idée que l’immigration soit un problème, et les chiffres sont là pour le montrer. Je ne suis pas naïf ou aveugle non plus : je sais qu’il y a des problèmes liés à l’immigration, notamment dans certains quartiers; je sais qu’il y a des problèmes d’intégration, de discriminations, de délinquance… Mais je réfute absolument l’idée que ce soit l’immigration elle-même qui soit un problème. La gauche comme la droite, pourtant, ont peu à peu accepté cette idée, et depuis, le discours sur l’immigration n’est plus qu’un discours purement idéologique, qui est complètement détaché des faits et des réalités empiriques. C’est notre responsabilité à tous de remettre la réalité, les faits, au coeur du débat. C’est la responsabilité des chercheurs et des journalistes, bien sûr, mais aussi des politiques et des citoyens.

La réduction en 5 ans de l’immigration légale de 200 000 entrées par an à 10 000 entrées par an telle que le préconise le Front national est-elle réalisable ?

Même avec beaucoup d’imagination et de bonne volonté, j’ai du mal à imaginer une politique qui puisse être à ce point absurde et dévastatrice. En exagérant à peine, ça voudrait dire qu’on ne garderait que les footballeurs de la Ligue 1, les danseuses du Crazy Horse et les fonctionnaires de l’UNESCO ! Regardons les chiffres pour voir ce que cette proposition signifierait réellement : en 2012, selon l’INSEE, la France a délivré un peu moins de 200 000 permis de séjour (ça représente 0,003% de la population !). 91 000 de ces titres de séjour ont été délivrés au titre du regroupement familial, c’est à dire pour permettre aux époux et aux enfants d’immigrés de les rejoindre en France : c’est simplement une question de droits de l’homme, et si la France abandonnait cette politique, non seulement elle séparerait des milliers de familles, mais elle se mettrait au ban de la communauté internationale. Ensuite, 59 000 titres de séjour ont été délivrés à des étudiants : se passer des étudiants étrangers serait une catastrophe pour les universités et les grandes écoles. Au contraire, je crois que nous devons nous réjouir que tant d’étudiants étrangers veuillent encore faire leurs études en France. Puis il y a 19 000 titres de séjour pour des raisons humanitaires, il s’agit des réfugiés et de personnes déplacées par des guerres, des violences ou persécutées dans leur pays : si la France voulait réduire ce chiffre, elle devrait dénoncer la Convention de Genève de 1951 sur le statut de réfugié, une des plus anciennes conventions humanitaires, dont la France a été l’une des principales puissances instigatrices. Je vous laisse imaginer les conséquences à l’international. Enfin il y a eu 16 000 titres de séjour pour des raisons économiques, c’est-à-dire des immigrés qu’on a fait venir en France pour travailler dans des secteurs où on ne trouvait pas assez de main-d’oeuvre. J’imagine que c’est sur ce chiffre que le FN veut surtout jouer, mais cela veut dire que des secteurs entiers de l’économie seraient en grande difficulté : la construction, la restauration, la santé… Enfin il y a une catégorie résiduelle, avec 13 000 titres de séjour : ce sont surtout des visiteurs pour de longues périodes, ou des mineurs présents sur le territoire qui atteignent leur majorité. Passer de 200 000 titres de séjour à 10 000 serait non seulement tout à fait irréaliste, mais aussi catastrophique pour l’économie et la société françaises. Quand le FN fait cette proposition, il prend ses électeurs pour des imbéciles, il n’y a pas d’autre mot.

L’immigration est-elle responsable de la montée du chômage tel que l’affirme le FN depuis les années 70 avec son slogan « Un million de chômeurs, c’est un million d’immigrés en trop » ?

C’est comme si vous disiez : “s’il y a trop de jeunes chômeurs, c’est parce qu’il y a trop de jeunes !”. C’est aussi absurde que cela. Toutes les études, d’abord, montrent que l’impact de l’immigration sur le taux d’emploi (et donc de chômage) des populations autochtones est quasi nul. Par contre le taux de chômage de la population immigrée est plus important, c’est un fait : c’est dû notamment aux discriminations dont les immigrés font l’objet sur le marché de l’emploi, mais aussi à des politiques migratoires contre-productives, comme cette loi de 1991 qui interdit aux demandeurs d’asile de travailler pendant que leur dossier est en attente – ce qui prend parfois des années.

L’argument de l’immigration responsable de la montée du chômage n’est donc pas vérifié dans les faits, mais est de surcroît vicié à la racine, d’un point de vue économique : il repose sur l’idée qu’il y ait un stock  fixe d’emplois disponibles, et donc que tout accroissement de la population crée du chômage. D’abord, l’immigration ne compte que pour moins d’un cinquième dans l’accroissement de la population française. Mais surtout, nous vivons dans une économie tertiaire, c’est-à-dire une économie de services aux personnes, donc l’accroissement de la population crée aussi des emplois. Les immigrés, quand ils n’occupent pas des emplois dont les Français ne veulent pas, et dont les salaires ou les conditions de travail sont souvent indécents, ont aussi souvent créé leurs propres emplois, et des emplois pour les Français. Ils ont créé des sociétés, développé le commerce et les relations avec leurs pays d’origine, investi en France et dans leurs pays, souvent avec d’énormes capacités d’innovation. Les immigrés sont aussi des créateurs d’emploi et des investisseurs – l’immigration en elle-même, d’ailleurs, est souvent un investissement très lourd et très risqué pour les migrant(e)s.

Le FN continue de s’appuyer sur le rapport de Jean-Paul Gourévitch et de Pierre Milloz pour affirmer que l’immigration représente un coût économique pour la société française. Quel regard portez-vous sur ces rapports ?

Il faut distinguer les deux, qui ne disent d’ailleurs pas exactement la même chose. Pierre Milloz a longtemps été militant du Front National, et son rapport de 1990 sur le coût de l’immigration a été réalisé directement pour le Front National. Il en a ensuite publié plusieurs variantes, aux “Editions Nationales” puis aux “Editions Godefroy de Bouillon”, un éditeur d’extrême-droite spécialisé dans ‘les livres sur la religion musulmane’. Chacun en tirera les conclusions qu’il voudra quant aux conclusions du rapport. Pour ma part, je trouve cela relativement cohérent que le FN s’appuie sur un rapport qu’il a lui-même commandé et publié.

Le rapport de Jean-Paul Gourévitch est un peu différent, puisqu’il a été réalisé pour les “Contribuables Associés”, un collectif de militants qui se battent ‘contre l’oppression fiscale’. Il était peu vraisemblable, dans ces conditions, que le rapport estime que l’immigration a un impact fiscal positif. Jean-Paul Gourévitch, soit dit au passage, a depuis révisé ses chiffres, et estime désormais le coût de l’immigration à 5,5 milliards d’euros.

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que ces deux rapport ne sont pas des rapports de recherche. Ce sont des rapports d’expertise, de consultance, réalisés pour un commanditaire particulier, dans un but précis. Je ne veux pas jeter l’opprobre sur les activités de consultance en général, mais il faut bien comprendre que ce n’est pas de la recherche effectuée dans l’intérêt général, ce sont des recherches effectuées pour un commanditaire spécifique – dans notre cas, le FN et les “Contribuables Associés”, respectivement.

Dans vos travaux, vous affirmez que contrairement aux Etats-unis, l’immigration représente un coût en France. Comment l’expliquez-vous ?

Ce ne sont pas vraiment mes travaux, mais plutôt ceux de l’OCDE et d’autres économistes. Selon les coûts pris en compte, on arrive généralement à un coût compris entre 4 et 10 milliards. Certains travaux – ceux de Xavier Chojnicki notamment – mentionnent même un impact fiscal positif. Mais la plupart des travaux s’accordent pour dire que ça représente un coût, assez léger mais un coût quand même. Mais la France est une exception en la matière. Aux Etats-Unis, mais aussi dans l’immense majorité des pays industrialisés, l’immigration rapporte bien plus qu’elle ne coûte. Pourquoi ne parvient-on pas, en France, à maximiser les bénéfices de l’immigration ? Avant tout parce que le taux de chômage des immigrés est plus élevé qu’ailleurs, notamment en raison des discriminations dont il font l’objet sur le marché du travail – quand on ne les empêche pas carrément de travailler, comme c’est le cas des demandeurs d’asile ! Et on sait le rôle essentiel que joue le travail dans l’intégration, outre ses bénéfices fiscaux évidents.

La France accueille t-elle davantage d’immigrés que ses voisins européens ?

Tout dépend des voisins dont on parle. Elle en accueille davantage que le Luxembourg ou la Belgique, certes – dans ce cas-là, le flux migratoire va plutôt dans le sens de l’évasion fiscale. Mais si on compare la France à des pays européens de taille comparable, on constate qu’elle accueille beaucoup moins d’immigrés. En 2011 par exemple, selon la base de données officielle de l’Union européenne (Eurostat), la France a accueilli 267 000 immigrés. Le Royaume-Uni, en comparaison, en a accueilli 566 000, l’Allemagne 490 000 et l’Italie 385 000. Et la France est d’ailleurs le pays qui affiche le solde migratoire (c’est-à-dire la différence entre les entrées et les sorties) le plus faible : 54 000 personnes. En 2011, il y a également 213 000 personnes qui ont quitté la France. Au Royaume-Uni, elles étaient 350 000, 249 000 en Allemagne et 82 000 en Italie. Sans l’immigration, la France perdrait chaque année plusieurs dizaines de milliers d’habitants.

Propos recueillis par David Doucet  08/11/2013 | 08h32

http://www.lesinrocks.com/2013/11/08/actualite/gemenne-11442808/

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08 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Rassemblement le 12 novembre devant la Cour de Justice de la République pour le dépôt de la plainte du MRAP contre Manuel Valls (mrap)

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Mardi 12 novembre 2013 à 11 heures, une délégation du MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) se présentera à la Cour de Justice de la République, rue de Constantine, dans le 7e arrondissement de Paris pour déposer solennellement une plainte pour provocation à la haine, la violence et la discrimination raciste contre les propos tenus le 24 septembre 2013 sur les Roms par Manuel Valls, ministre de l’Intérieur.

Ce dernier avait en effet déclaré au sujet des Roms : « (des) populations qui ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation » ou encore «  Les Roms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie » enfin,  « j’aide les français contre ces populations, ces populations contre les français ».

Non seulement, Manuel VALLS nie ainsi aux membres d’un groupe ethnique particulier parmi les ressortissants roumains et bulgares, la liberté de circulation dont ils disposent en tant que ressortissants de l’Union européenne, mais il culturalise de façon essentialiste des modes de vie qui  résultent avant tout de la pauvreté et de l’exclusion et oppose entre eux des groupes de populations.

Ce faisant, Manuel Valls crée un sentiment de rejet à l’encontre des Roms.  Il exhorte à la violence, à la haine et à la discrimination raciste.  Paris, le 7 novembre 2013.

http://www.mrap.fr/contre-le-racisme-sous-toutes-ses-formes/racisme-ordinaire/rassemblement-le-12-novembre-devant-la-cour-de-justice-de-la-republique-pour-le-depot-de-la-plainte-du-mrap-contre-manuel-valls

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05 novembre 2013 ~ 0 Commentaire

Une idéologie rance et raciste abritée derrière un masque humaniste (lm)

Une idéologie rance et raciste abritée derrière un masque humaniste (lm) dans Antiracisme ya-bon-banania-2013-tad-guineelibre-cope-genest_

En cet automne 2013, on a pu croire que l’ère du déni était terminée.

Après la série d’agressions antimusulmanes de cet été, deux livres venaient rappeler que l’islamophobie n’est pas un fantasme: celui du journaliste Claude Askolovitch, dont le titre, Nos mal-aimés. Ces musulmans que la France ne veut pas (Grasset, 280p., 18 euros), indique que son auteur, jadis moins lucide, a rompu avec le petit milieu qui prospère sur la haine des musulmans; et celui des sociologues Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed, Islamophobie. Comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman » (LaDécouverte, 300p., 21 euros), qui fait le point sur les recherches menées depuis une dizaine d’années, en France et ailleurs, sur ce racisme New Age.

On dut pourtant rapidement déchanter. Car la machine islamophobe, si puissante, si violente, se remit immédiatement en branle. Après avoir reconnu qu’il existait un « racisme antimusulman », la polémiste Caroline Fourest précisa sur France Culture que ce racisme était l’exclusivité de quelques excités et nia toute validité au concept d’« islamophobie », qu’elle incarne pourtant parfaitement.

Les hebdomadaires ressortirent de leurs tiroirs leurs éternels « intégristes » qui, coupables de tout, permettent aux éditorialistes de rameuter les troupes. Il est urgent de « combattre », exhorte Christophe Barbier en préambule du énième dossier que L’Express consacre au « communautarisme » (8 octobre).

L’événement qui peut être considéré comme l’acte de naissance de l’islamophobie en France s’est produit en janvier 1983. Confronté à un vaste mouvement social dans une industrie automobile en crise, le gouvernement « socialiste », décidé à ne rien céder aux ouvriers, discrédita les grévistes, dont beaucoup étaient immigrés, en les assimilant aux mollahs iraniens. « Des grèves saintes d’intégristes, de musulmans, de chiites! », s’enflamma le ministre de l’intérieur.

Le stratagème provoqua quelques remous à gauche. Le Nouvel Observateur dénonça cet « anti-islamisme indistinct » qui « conduit à voir en chaque musulman un complice virtuel de Khomeyni ». Quant à Libération il y vit le prélude d’un raz-de-marée « raciste ». Malgré ces avertissements, l’entour- loupe fonctionna. La presse obéissante fit ses choux gras des « intégristes » en col bleu. Satisfaites, la droite et l’extrême droite constatèrent qu’il était plus efficace, pour insulter les « bougnoules » de les appeler « musulmans ».

Car telle est la fonction de l’islamophobie: encoder le racisme pour le rendre imperceptible, donc socialement acceptable. C’est cette machine à raffiner le racisme brut, lancée par les socialistes en 1983, qui tourne à plein régime depuis trente ans, à gauche comme à droite. On ne parle jamais de « bou- gnoules » à la télévision et dans la presse, et assez peu d’Arabes et de Noirs.

Mais on diffuse à flux continu des reportages où se déverse un magma confus de « mu- sulmans », d’« islamistes » et autres « communautaristes ». Rien de raciste, bien sûr! C’est sim- plement que ces gens-là posent « problème », nous dit-on, car ils menacent la « République », la « laïcité », le « féminisme », le « vivre-ensemble ».

Ainsi encodé, ce racisme raffiné, produit dans les beaux quartiers, imprimé dans les jour- naux, mis en scène à la télévision, propagé sur Internet, se dissémine dans toute la société. Laquelle, ainsi habituée à vivre dans un mélange de peur identitaire et d’angoisse sécuritaire, est sommée de traquer les voiles litigieux, de mesurer les poils de barbe et de signaler le moindre « colis suspect ». Attentifs ensemble! Alimentée depuis trois décennies par des bataillons d’éditocrates, l’islamophobie est devenue une arme psychologique redoutable. Les premières victimes sont bien sûr « musulmanes », ou supposées telles. Suspectées, disqualifiées, déshumanisées par la propagande néo-raciste, elles sont d’autant plus « légitimement », et parfois légalement, discriminées, exclues, arrêtées ou agressées qu’on en a fait des « objets phobogènes », comme disait le psychiatre Frantz Fanon.

Mais derrière les musulmans, la cible est plus large: l’islamophobie est devenue l’arme secrète d’une guerre sociale diffuse. Par effraction, ce racisme sans race, cette haine respectable, installe dans nos têtes l’idée d’une société assiégée, allergique à la nouveauté, à l’étrangeté, à la pluralité. Derrière son masque « humaniste », parfois même « antiraciste », cette idéologie rance ne rejette pas seulement les musulmans, elle chasse aussi les Roms, fabrique des « clandestins », protège les privilégiés contre les « parasites », quels qu’ils soient.

En 1984, un an après la manœuvre anti-ouvrière du gouvernement socialiste, le Front national remportait ses premiers succès électoraux, lors des scrutins municipaux et européens. En 2014, le parti lepéniste est déjà assuré d’un nouveau triomphe. Mais ceux qui nourrissent la bête depuis trente ans n’y sont pour rien. C’est la faute aux « intégristes »!

Le Monde.fr | 01.11.2013 à 12h00 | Par Thomas Deltombe (Editeur et journaliste)

http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/11/01/une-ideologie-rance-et-raciste-abritee-derriere-un-masque-humaniste_3506988_3232.html

 

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