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27 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

l’islamophobie est à la source d’un nouveau populisme de droite (lcr.be)

Tintin-pays-or-noir2

Les mutations connues par l’extrême droite en ce début du XXIe siècle – en gros, depuis la chute du mur de Berlin – bouleversent nos catégories analytiques traditionnelles, souvent inadaptées face à un phénomène nouveau.

Le premier lieu commun à réviser est celui qui identifie l’extrême droite au fascisme. Ce dernier en fut la matrice partagée pendant des décennies – au moins jusqu’à la fin des années 1980 -, mais cela est beaucoup moins évident aujourd’hui. Il reste une référence incontestable pour plusieurs mouvements natio- nalistes apparus en Europe centrale et orientale après la dissolution de l’Empire soviétique. Renouant avec une histoire interrompue en 1945, ils prônent un anticommunisme radical hérité des nationalismes d’avant-guerre et alimenté par quatre décennies de socialisme réel.

Tantôt ils revendiquent une filiation à l’égard des dictatures des années 1930, comme Jobbik en Hongrie, qui reprend l’héritage des Croix-Fléchées et cultive la mémoire du maréchal Horthy ; tantôt ils exhument une ancienne mytho- logie revancharde et expansionniste, comme le Parti de la grande Roumanie ou le Parti croate du droit (HSP), continuateur du mouvement oustachi d’Ante Pavelic.

En Europe occidentale, cependant, le fascisme est pratiquement inexistant, en tant que force politique organisée, dans les pays qui en ont été le berceau historique. En Allemagne, l’influence sur l’opinion des mouvements néonazis est presque nulle. En Espagne, où le legs du franquisme a été recueilli par le Parti populaire, national-catholique et conservateur, les phalangistes sont une espèce en voie d’extinction.

En Italie, nous avons assisté à un phénomène paradoxal : la réhabilitation du fascisme dans le discours public et même dans la conscience historique d’un segment significatif de la population, l’antifascisme était le code génétique de la « Première République », pas de l’Italie de Berlusconi – a coïncidé avec une méta- morphose profonde des héritiers de Mussolini. Futur et Liberté pour l’Italie (FLI), le parti que vient de lancer leur leader, Gianfranco Fini, se présente comme une droite libérale, réformiste et « progressiste » qui s’attaque au conservatisme politique de Berlusconi et à l’obscurantisme culturel de la Ligue du Nord.

Tout en se situant bien plus à droite dans l’échiquier politique français, le Front national essaie, sous l’impulsion de Marine Le Pen, de s’affranchir de l’ima- ge traditionnelle d’une extrême droite faite de partisans de la Révolution nationale, d’intégristes catholiques et de nostalgiques de l’Algérie française. Si une compo- sante fascisante demeure en son sein, elle n’est pas hégémonique.

Le déclin de la tradition fasciste laisse toutefois la place à l’essor d’une extrê- me droite de type nouveau, dont l’idéologie intègre les mutations du XXIe siècle. Dans le sillage de Jean-Yves Camus, plusieurs chercheurs ont souligné ses traits inédits : l’abandon du culte de l’Etat au profit d’une vision du monde néolibérale axée sur la critique de l’Etat-providence, la révolte fiscale, la dérégulation écono- mique et la valorisation des libertés individuelles, opposées à toute interférence étatique.

Le refus de la démocratie - ou son interprétation dans un sens plébiscitaire et autoritaire – ne s’accompagne pas toujours du nationalisme qui, dans certains cas, est troqué pour des formes d’ethnocentrisme remettant en cause le modèle de l’Etat-nation, comme le montrent la Ligue du Nord italienne ou l’extrême droite flamande.

Ailleurs, le nationalisme prend la forme d’une défense de l’Occident menacé par la mondialisation et le choc des civilisations. Le cocktail singulier de xéno- phobie, d’individualisme, de défense des droits des femmes et d’homosexualité assumée que Pim Fortuyn avait concocté aux Pays-Bas en 2002, a été la clef d’une percée électorale durable. Des traits similaires caractérisent d’autres mou- vements politiques en Europe du Nord comme le Vlaams Belang en Belgique, le Parti populaire danois et l’extrême droite suédoise, qui vient de faire son entrée au Parlement de Stockholm. Mais nous les retrouvons aussi – bien que mélangés à des stéréotypes plus traditionalistes – chez le Parti libéral autrichien (dont le leader charismatique fut Jörg Haider) qui s’est imposé, lors des élections d’octobre, comme la deuxième force politique à Vienne (27% des voix).

L’élément fédérateur de cette nouvelle extrême droite réside dans la xéno- phobie, déclinée comme un rejet violent des immigrés et, plus particulièrement, de l’islam. Véritable axe structurant de leur propagande, l’islamophobie joue pour ces mouvements le rôle qui fut jadis celui de l’antisémitisme pour les nationalismes et les fascismes d’avant la Seconde Guerre mondiale.

La mémoire de la Shoah - une perception historique de l’antisémitisme au prisme de son aboutissement génocidaire – tend à obscurcir ces analogies pourtant évidentes. Le portrait de l’arabo-musulman brossé par la xénophobie contem- poraine ne diffère pas beaucoup de celui du juif construit par l’antisémitisme au début du XXe siècle.

Dans les deux cas, les pratiques religieuses, culturelles, vestimentaires et alimentaires d’une minorité ont été mobilisées afin de construire le stéréotype négatif d’un corps étranger et inassimilable à la communauté nationale. Sur le plan politique, le spectre du terrorisme islamiste a remplacé celui du judéo-bolche- visme. Aujourd’hui, l’antisémitisme demeure un trait distinctif des nationalismes d’Europe centrale, où l’islam est quasi inexistant et le tournant de 1989 a revitalisé les vieux démons (toujours présents, même là où il n’y a plus de juifs), mais il a presque disparu du discours de l’extrême droite occidentale (qui parfois affiche ses sympathies à l’égard d’Israël).

Au fond, la phobie du voile islamique, l’obsession des minarets et l’identification des populations migrantes (ou, selon l’expression conventionnelle, « issues de l’immigration », aux classes dangereuses, ne font que reproduire sous une forme nouvelle, culturaliste plutôt que scientiste, un mécanisme ancien de rejet social et d’exclusion morale que Erving Goffman avait résumé par le concept de stigma. Ses manifestations extérieures sont aujourd’hui inédites, mais sa fonction n’a pas changé. Et même ses matériaux sont parfois empruntés à un imaginaire colonial qui a toujours servi à définir, négativement, des « identités » fragiles ou incertaines, fondées sur la peur de l’étranger (l’envahisseur et l’ennemi).

Cette nouvelle extrême droite « défascisée » prend alors la forme du popu- lisme. Le concept, comme chacun sait, est vague, élastique, ambigu, voire détes- table lorsqu’il est utilisé pour affirmer le mépris aristocratique à l’égard du peuple. Reste que les percées électorales fréquentes de cette nouvelle extrême droite prouvent sa capacité à trouver un consensus auprès des classes laborieuses et des couches les plus démunies. Le populisme de droite – Ernesto Laclau l’a bien souligné – s’alimente du désarroi d’un peuple qui a été abandonné par la gauche, dont la tâche devrait être celle de l’organiser et le représenter.

Le populisme, enfin, est une catégorie transversale qui indique une frontière poreuse entre la droite et l’extrême droite. Si quelqu’un avait des doutes à ce sujet, Nicolas Sarkozy s’est chargé de les dissiper depuis son élection, d’abord en créant un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale, puis en lançant une campagne contre les Roms, désignés comme une ethnie dangereuse de voleurs nomades, coupables de répandre la terreur dans nos quartiers paisibles avec leurs raids en Mercedes.

Enzo Traverso est maître de conférences en sciences politiques à l’université de Picardie. Historien essayiste. Auteur, notamment, de « Les marxistes et la question juive », La Brèche-PEC, Montreuil 1990 ; « Les Juifs et l’Allemagne, de la « symbiose judéo-allemande » à la mémoire d’Auschwitz », La Découverte, Paris 1992 ; « L’Histoire déchirée, essai sur Auschwitz et les intellectuels », Editions du Cerf, Paris 1997 ; « Pour une critique de la barbarie moderne : écrits sur l’histoire des Juifs et l’antisémitisme », Editions Page deux (Cahiers libres), Lausanne 2000 ; « Le totalitarisme : Le XXème siècle en débat », Seuil (Points Essais), Paris 2001 ; « La violence nazie, essai de généalogie historique », La Fabrique, Paris 2001 ; « La pensée dispersée », Ed. Léo Scheer, Paris, 2004; « A feu et à sang. De la guerre civile européenne 1914-1945 », Stock, Paris 2007.

Paru dans « Libération » du 4 janvier 2011.

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?option=com_sectionnav&view=article&Itemid=53&id=1911

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26 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

philippe tesson se lave les mains, france inter et le monde fournissent le savon (acrimed)

philippe tesson se lave les mains, france inter et le monde fournissent le savon (acrimed) dans Antiracisme reiser

Bienheureux Philippe Tesson !

(1) Après s’être livré sur Europe 1, le 13 janvier 2015, à une violente charge contre les musulmans de France (dont nous avions relevé avec quelle complai- sance elle avait été fréquemment accueillie), Philippe Tesson a bénéficié du témoignage de moralité de son propre fils, Sylvain Tesson : Europe 1 (encore !), le 20 janvier, a donné à ce dernier l’occasion de défendre son père dont les déclarations auraient, selon lui, dépassé la pensée. Complaisamment, Le Figaro, L’Express et le Huffington Post ont relayé la défense du fiston.

(2) Ce n’était pas assez. Le preux défenseur de la laïcité contre les musulmans qui « amènent la merde en France » était reçu sur France Inter, lors du 7-9 du 22 janvier 2015, en qualité d’invité de Léa Salamé. Une invitation confraternelle en quelque sorte, destinée à permettre à Philippe Tesson de se justifier (et que l’on peut consulter notamment sur le site du Monde).

Pour sa défense, le cher confrère distingue la forme et le fond alors qu’en l’occurrence la forme est indissociable du fond : une distinction que Léa Salamé, pourtant insistante, lui concède. Ce qui permet à Tesson de se dédouaner sur la forme… en modifiant le fond. Inutile de reproduire la totalité de son indécent et confus bavardage. Il suffit relever ces deux points :

- D’abord, il se croit obligé de corriger Léa Salamé quand elle le cite de façon inexacte. Non il n’a pas dit que les musulmans « foutent la merde », mais précise- t-il, qu’ils « amènent la merde ». Nuance ! Mais d‘où l’amènent-il ? Léa Salamé n’a pas relevé cette stupéfiante rectification.

- Ensuite, il prétend se répéter sur le fond en déclarant (ce qui est déjà une généralisation antimusulmane) ceci : « je crois que je n’ai pas complètement tort, tout le monde en convient, s’il y a un problème avec la laïcité, ce ne sont pas les chrétiens qui le posent pour l’instant […], ce sont les musulmans ». Or il avait déclaré : « Ce qui a créé le problème, ça n’est quand même pas… c’est pas les Français. […] D’où vient le problème ? D’où vient le problème de l’atteinte à la laïcité sinon des musulmans ? ». Des pas-français ou des pas-vraiment fran- çais : on comprend pourquoi, aux yeux de Tesson, ils « amènent la merde » puisqu’ils viennent d’ailleurs. Léa Salamé, pas plus que ses confrères, n’a relevé le propos initial : elle n’a donc pas relevé la correction qui ne le corrige pas !

(3) Défenseur lui aussi de la veuve, de l’orphelin et du Philippe Tesson, Le Monde (mais aussi Sud Ouest) résuma le contenu des propos tenus sur France Inter. Les chers confrères ayant déjà parlé d’un simple « dérapage », le titre de l’article du Monde le concède d’emblée : « Philippe Tesson admet un « dérapage » sur les musulmans, mais se défend « sur le fond » » [1].

Pour évoquer le prétendu « dérapage », le scrupuleux quotidien ne retient que cette phrase : « D’où vient le problème ? D’où vient le problème de l’atteinte à la laïcité, sinon des musulmans ? On le dit, ça ?! Moi je le dis ! ». Et il oublie la phrase qui précède et qu’il nous faut répéter : « Ce qui a créé le problème, ça n’est quand même pas… c’est pas les Français. »

Un jour viendra, soyons en certains, même s’il faudra sans doute un certain temps, où les « grands » journalistes prêteront attention à ce que disent leurs confrères mis en cause, sans atténuer leurs propos les plus indignes, au moment même où ils entendent s’en démarquer.

Henri Maler par Henri Maler, le 24 janvier 2015

Notes [1]:  Titre également choisi par Sud Ouest.

http://www.acrimed.org/article4554.html

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17 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

racisme: déferlement islamophobe (npa)

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Sauf à Brest!

Depuis l’attaque contre Charlie Hebdo, la France est le théâtre d’un véri- table déferlement islamophobe : culpabilisation, amalgames, violences. Mais le moins que l’on puisse dire est que le terrain avait largement été préparé.

Une islamophobie déjà bien présente On en aurait presque oublié, en effet, que le 7 janvier au matin, quelques heures avant l’attaque perpétrée contre Charlie Hebdo, l’« invité spécial » de la matinale de France Inter était Michel Houellebecq, auteur d’un « roman d’anticipation » dans lequel un parti musulman arrive au pouvoir en France en 2022 : renvoi des femmes à la maison, polygamie, fuite de la petite amie du narrateur, juive, en Israël, pour éviter les persécutions, etc.

Aucun cliché ne manque pour décrire une société française « islamisée » et victime du « grand remplacement » fantasmé par une certaine extrême droite et l’idéologue Renaud Camus. On en aurait presque oublié que quelques semaines plus tôt, ce n’était pas le livre de Houellebecq qui faisait la « une » des journaux et des émissions de télévision et de radio, mais celui d’un autre triste sire, Éric Zemmour, qui a fait depuis bien longtemps de l’islamophobie l’une de ses principales marques de fabrique, et de « l’islamisation de la France » l’un de ses principaux chevaux de bataille.

Zemmour a le droit de penser ce qu’il veut, et Houellebecq a le droit d’écrire des romans paranoïaques et stigmatisants. Le problème est l’écho et le traitement médiatiques de leurs ouvrages, en d’autres termes la normalisation, la banalisation d’idées, qui, bien que directement inspirées par l’extrême droite islamophobe, accèdent au statut de débat de société légitime. Le tout dans une France gan- grenée par l’islamophobie en actes, avec, selon le rapport annuel du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), 691 actes islamophobes en 2013 (discriminations, attaques contre des lieux de culte, agressions contre des personnes, etc.), soit une augmentation de 47 % par rapport à l’année 2012.

Musulmans, donc un peu coupables… L’attaque contre Charlie Hebdo n’a donc pas contribué à réveiller une islamophobie en sommeil : elle a amplifié un phéno- mène déjà largement à l’œuvre, qui touche toutes les sphères de la société. Quel- ques heures après l’attaque, une désagréable musique politico-médiatique s’est fait entendre : les assassins se revendiquant de l’islam, les musulmans devaient les condamner et s’en « désolidariser », individuellement et collectivement.

Or, cette injonction à la désolidarisation est non seulement scandaleuse, mais elle est aussi particulièrement perverse : scandaleuse car elle amalgame, de facto, des millions de croyantEs à quelques assassins ; perverse car elle jette une suspicion collective sur ces millions de croyantEs et sous-entend que ceux qui ne se désolidariseraient pas… seraient solidaires.

Les exemples de ces injonctions à la désolidarisation sont multiples, mais le plus exemplaire d’entre eux est probablement celui d’Ivan Rioufol, éditorialiste au Figaro qui sur l’antenne de RTL, le lendemain de l’attaque, a exigé de la militante et auteure Rokhaya Diallo qu’elle affirme haut et fort qu’elle se désolidarisait des assassins de Charlie Hebdo.

A-t-on jamais demandé aux protestants de se « désolidariser » du Ku Klux Klan et de son suprématisme blanc théorisé autour d’une certaine lecture de la Genèse ? Lors de la tuerie perpétrée en Norvège le 22 juillet 2011 par Anders Breivik, qui affirmait agir pour préserver la chrétienté face au multiculturalisme, a-t-on demandé des comptes aux prêtres et aux croyantEs ? Évidemment, et heureusement, non. Mais les musulmans, dans la France de 2015, sont forcément « un peu » coupables.

Multiplication des passages à l’acte Nulle surprise, dès lors, à ce que dans un tel contexte et avec de tels amalgames, les passages à l’acte se soient multipliés. Cinq jours après l’attaque contre Charlie Hebdo, on dénombrait une soixantaine d’actes islamophobes : coups de feu sur une salle de prière à Port-la-Nouvelle, sur des mosquées à Saint-Juéry, Vendôme, Soisson ; tirs de grenades d’exercice sur une mosquée au Mans ; mosquées taguées à Poitiers (« mort aux arabes »), Bischwiller (« Ich bin Charlie »), Bayonne (« charliberté », « assassins », « sales arabes »), Louviers (croix gammées) ; tête de sanglier et viscères accrochés à la porte d’une salle de prière à Corte ; et de multiples agressions verbales et physiques, pour l’instant impossibles à recenser.

C’est le moment qu’a choisi Nicolas Sarkozy pour publier, sur son compte Twitter le 12 janvier, ce singulier appel au calme : « les questions de l’immigration et de l’islam sont clairement posées. Elles doivent être posées calmement et en associant tout le monde »… Et les réponses gênées des responsables socialistes questionnés sur cette déclaration ont de quoi inquiéter.

Autant dire que la lutte contre les amalgames racistes et islamophobes et les violences qui les accompagnent ne fait que commencer.

Julien Salingue Vendredi 16 Janvier 2015

 

 

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17 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

fn: la double imposture (npa)

LE-PEN

Manœuvrier parmi les manœuvriers, le FN aura réussi son coup : poser au champion de l’union nationale, s’intégrer au jeu politique institutionnel en étant reçu par Hollande, tout en dénonçant l’exclusive dont il se dit être l’objet et les manœuvres de l’Élysée et Matignon, l’alliance « UMPS »…

C’est le double succès et la double imposture d’un parti qui exécrait Cabu et ses camarades, et voudrait dévoyer contre les musulmans et les étrangers la légitime indignation que provoquent les assassinats terroristes.

Valls et Hollande ont tout fait pour permettre au FN de jouer sa vilaine musi- que en ne l’invitant pas à la réunion d’organisation de la « marche républicaine »… tout en le recevant à l’Élysée. Cela a permis à ce dernier de jouer les victimes du « système » tout en poursuivant sa stratégie de « dédiabolisation ». « Le rejet de la barbarie appartient à tous les Français. Alors nous, élus de la nation, nous pren- drons part au défilé là où l’esprit de tolérance est le plus fort, là où le sectarisme se fait moins violent. […] Nous serons avec le peuple français, ailleurs que dans le cortège parisien, récupéré, hélas !, par des partis qui représentent ce que les Français détestent : l’esprit partisan, l’électoralisme et la polémique indécente », ces propos de Marine Le Pen illustrent l’imposture.

Cultiver la haine Marine Le Pen récuse « tout amalgame » entre « nos compa- triotes musulmans attachés à notre nation et à ses valeurs » et « ceux qui croient pouvoir tuer au nom de l’islam »… tout en cultivant les fantasmes sur le prétendu lien entre immigration et terrorisme islamique. Nous serions en guerre contre le terrorisme et « l’islamisme radical, […] idéologie meurtrière qui fait des milliers de victimes dans le monde ». « Les Français attendent des solutions, nous allons expliquer les nôtres. Il n’y aura pas de mesures nouvelles, notre analyse est ancienne sur le sujet. Nos thèses sont validées depuis longtemps, tous les Français le savent » : Philippot ne recule pas devant l’amalgame, la lutte contre le terrorisme, c’est la lutte contre l’immigration !

Dans le même temps, le FN couvre les propos ouvertement racistes des identitaires dont Zemmour et Houellebecq se font les propagandistes. Le Bloc identitaire prône la « remigration », affirme que « personne ne pourra prétendre lutter contre le djihadisme sans remettre en cause l’immigration massive et l’islamisation de notre pays. » Jean-Marie Le Pen leur fait écho en déclarant « Je ne suis pas Charlie », et de reprendre le slogan « Je ne suis pas Charlie du tout, je suis Charlie Martel si vous voyez ce que je veux dire ! ».

Pour Engelmann, « l’exclusion du FN de la manif est absolument conforme au scénario de Houellebecq. Il s’agit d’un acte inconscient de « Soumission » à la charia ». La double imposture du FN, cynique, s’inscrit dans sa stratégie de conquête du pouvoir : s’intégrer au jeu institutionnel tout en dénonçant « l’UMPS », mieux flatter les préjugés réactionnaires et xénophobes tout en se posant en défenseur du peuple. Une imposture qui pourrait se rompre sur la réalité des classes populaires… Vendredi 16 Janvier 2015 Yvan Lemaitre

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17 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

antisémitisme: exécutés parce que juifs (npa)

trosky

Exemple d’antisémitisme européen: Trotsky

Il ne faut pas nécessairement rechercher une cohérence logique, dans les propos d’individus dont l’idéologie n’est basée ni sur le rationalisme ni sur l’humanisme. Ce sont avant tout les actes qui comptent…

Dans le cas d’Amedy Coulibaly, le preneur d’otages du magasin Hyper Cacher tué vendredi dernier Porte de Vincennes à Paris, ces actes sont univoques. En décalage apparent avec certains de ses discours, il a commis des attaques meurtrières contre des individus qu’il identifiait comme juifs parce que fréquentant une épicerie cacher.

Si les premiers résultats de l’enquête (relayés par les agences de presse) correspondent à la réalité, les quatre morts de la prise d’otages ont été tués dès le début, et non pas lors de l’assaut final de la police.

Les otages sont clairement désignés comme « juifs » dans une vidéo publiée après la mort du preneur d’otages, mais comportant des images tournées de son vivant. Dans cette vidéo valant revendication probablement postée par un complice sur Internet, Coulibaly pose en quatre tenues différentes sous un titre : « Soldat du Califat ». Il y est dit que le djihadiste a pris en otage « 17 personnes dans une épicerie juive » et exécuté « quatre juifs », non pas « quatre personnes »…

La mise en scène en tant que prétendu rebelle, qui fait partie de l’imaginaire djihadiste, débouche ici concrètement sur un acte qui consiste à tuer des civils ci- blés parce qu’ils fréquentaient un magasin considéré comme « juif ». Pour la pre- mière action armée identifiée de Coulibaly, la veille à Montrouge, action où il tua Clarissa Jean-Pierre, jeune policière d’origine antillaise, plusieurs observateurs ont supposé qu’il visait en réalité une école juive à proximité du lieu de la fusillade…

« Race », religion et complot… D’autres djihadistes ont ciblé ce qu’ils consi- déraient comme des « intérêts juifs ». Ainsi, des témoignages portant sur le glissement idéologique progressif de Chérif Kouachi, un des deux assassins de la rédaction de Charlie Hebdo, évoquent des projets, exprimés dès 2003-2004, d’attaquer « des magasins juifs » (à l’époque dans le 19e arrondissement de Paris).

Et lors des attentats de la mouvance djihadiste algérienne commis en 1995 en France, l’une des cibles fut le 7 septembre l’école juive de Villeurbanne. L’attentat, attribué à la mouvance de Khaled Kelkal, avait alors fait 14 blessés.
L’idéologie antijuive de la mouvance djihadiste est marquée par des particularités qui le distinguent de l’antisémitisme européen.

Alors que ce dernier est une idéologie de « race », le discours antijuif des djihadistes s’inscrit dans la vision d’une guerre des religions plus ou moins apo- calyptique, lors de laquelle les juifs seraient au premier rang parce qu’« ils occu- pent la Palestine », aucune distinction n’étant faite entre individus, religion, sionisme et structures étatiques en Israël…

La « race » n’est pas vraiment présente dans cet imaginaire. Néanmoins, les courants islamistes radicaux ont souvent absorbé et repris les projections les plus classiques de l’antisémitisme européen, associant les juifs à l’argent et leur attri- buant une prétendue puissance secrète. L’explication du monde par « le complot », selon lequel Israël contrôlerait les USA (et non l’inverse) est aussi prisée par les courants islamistes radicaux…

Bertold du Ryon Vendredi 16 Janvier 2015

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17 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

pétition pour le droit à l’insolence antiraciste (rennes info)

Le rappeur Saïdou du groupe Z.E.P (Zone d’Expression Populaire) et le sociologue et militant Saïd Bouamama ont été mis en examen pour « injure publique » et « provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence » sur une plainte de l’AGRIF, un groupe d’extrême droite nostalgique de l’Algérie française.

En cause, un ouvrage et une chanson du même nom, « Nique la France », qui assène en refrain : « Nique la France et son passé colonialiste, ses odeurs, ses relents et ses réflexes paternalistes / Nique la France et son histoire impérialiste, ses murs, ses remparts et ses délires capitalistes ». Comme des millions de gens à travers le globe ces dernières années, les deux auteurs ont attaqué le colonia- lisme et le système capitaliste et impérialiste.

Comme beaucoup d’entre nous ils dénoncent une idéologie toujours très en vogue : le racisme, sous ses formes les plus courantes mais aussi les plus décomplexées. Comme de nombreux habitants des quartiers populaires, ils ont criés leur colère contre les inégalités, les discriminations et la justice à double vitesse.

S’inscrivant dans une longue tradition pamphlétaire des artistes engagés en France contre l’État français, du « nation de porcs et de chiens » d’André Breton à « le temps que j’baise ma marseillaise » de Léo Ferré en passant par le « je conchie l’armée française » d’Aragon ou le « votre République, moi j’ la tringle » de Renaud, Saïdou et Saïd Bouamama ont choisi d’assumer leur « devoir d’insolence » afin d’interpeller et de faire entendre des opinions qui ont peu droit de cité au sein des grands canaux de diffusion médiatique.

Mais voilà, cela dépasse, choque et insupporte qu’une telle parole puisse être portée, d’autant plus quand elle l’est par ceux qui subissent en premier lieu les politiques racistes et antisociales. Lorsque des Noirs ou des arabes font le choix de sortir de l’invisibilité et du mutisme afin de décrire la réalité telle qu’elle est – violente, inégale et destructrice – la droite extrême, l’extrême droite ou encore l’État s’emploient à tenter de convaincre l’opinion publique de l’illégitimité de ces discours.

NTM, Sniper, Ministère Amër, Mr R, La Rumeur, Youssoupha ou Houria Bouteldja sont autant de rappeurs et militants attaqués ces dernières années pour des paroles jugées trop irrévérencieuses. Pourtant tous n’ont fait que porter publi- quement l’expression populaire du rejet des discriminations et de la stigmatisation des quartiers populaires, des Noirs, arabes et musulmans.

En signant cette pétition, nous exigeons que les poursuites contre Saïdou et Saïd Bouamama soient abandonnées. D’accord ou pas d’accord avec les propos et les formulations incriminés, nous défendons leur droit de les tenir. L’extrême droite veut interdire le droit de chanter la révolte, imposons le droit de l’exprimer sans entraves.vendredi 16 janvier 2015

PÉTITION POUR LE DROIT A L’INSOLENCE ANTIRACISTE

http://petition.lesinrocks.com/devo…

http://www.rennes-info.org/PETITION-POUR-LE-DROIT-A-L

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16 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

australie, les réfugiés en colère entament une grève de la faim (ci)

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Les candidats à l’immigration en Australie retenus dans les centres de rétention de Manus se sont mis en grève de la faim.
 
Quelque 400 réfugiés candidats à l’immigration en Australie, cantonnés par les autorités australiennes sur l’île de Manus, ont entamé une grève de la faim. Quinze d’entre eux se seraient cousu les lèvres. Ils demandent à ne pas être conduits en Papouasie-Nouvelle Guinée, comme le leur propose le ministère de l’Immigration australien, où ils affirment qu’ils seraient tués.

L’île de Manus appartient à la Papouasie-Nouvelle Guinée mais abrite des installations carcérales et un centre de rétention pour demandeurs d’asile du gouvernement australien The Sydney Morning Herald a diffusé sur son site une vidéo rappelant les conditions déplorables de détention des demandeurs d’asile. Le 15 janvier, les autorités australiennes n’avaient toujours pas réagi officiellement à l’annonce de cette grève de la faim.

La question des boat people a été l’un des principaux thèmes de la campagne des élections fédérales de septembre 2013 en Australie, lesquelles avaient été rem- portées par le Parti libéral. Depuis, le Premier ministre Tony Abbott s’est engagé à « arrêter les bateaux » qui arrivent dans les eaux australiennes.

En septembre 2014, déjà, l’accord signé avec Phnom Penh pour transférer les migrants et les reloger au Cambodge avait suscité de vives réactions chez les migrants.

Courrier international 15 janvier 2015

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13 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

vague d’islamophobie en france (i-télé)

vague d'islamophobie en france (i-télé) dans Antifascisme 54b1a2dc86aa8CARTE-VICTIMES-MUSULMANS-2-

Au moins cinquante actes recensés

Principales villes françaises visées par des attaques, tags racistes, agression physique, tirs, explosion ou incendie contre des mosquées ou des commerces appartenant à des musulmans. (Crédits : iTELE). Cette carte date du samedi 10 janvier.

La France connait depuis mercredi soir une vague d’actes islamophobes qui visent la population ou les lieux de culte musulmans. Ces évènements font suite à l’attentat contre les locaux de Charlie Hebdo.

Plus d’une cinquantaine d’actes islamophobes ont été recensés en France depuis l’attentat à Charlie Hebdo, selon le Conseil français du culte musulman. Ces actes ont été perpétrés entre mercredi soir et lundi à l’encontre de la population musulmane et de la communauté maghrébine de France.

Selon le président de cet observatoire, qui cite des chiffres du ministère de l’Intérieur, 21 actions (tirs, grenades lancées…) et 33 menaces (lettres, insultes) ont été comptabilisées depuis six jours. Ce décompte ne concerne pas Paris et sa petite couronne, et ne comprend pas le début d’incendie survenu dimanche soir sur le site de la mosquée en construction de Poitiers (lire plus bas).

Ici nous avons répertorié 25 incidents répertoriés par la presse locale et l’AFP.  Nous continuerons à mettre à jour cet article.

Premières attaques mercredi soir

Deux coups de feu ont été tirés sur une salle de prière à Port-la-Nouvelle, dans l’Aude, ne faisant aucune victime. Une mosquée du quartier des Sablons au Mans a été victime de tirs de grenades d’exercice aux alentours de minuit. Un impact de balle a également été relevé par la police sur une fenêtre du premier étage.

A Poitiers, le portail de la mosquée a été tagué dans la soirée, on pouvait y lire : « Mort aux Arabes ». L’auteur présumé du tag a été interpellé jeudi matin et s’est excusé, évoquant « un acte imbécile ».

Des coups de feu ont également été tirés contre une voiture dont les propriétaires sont musulmans. Le véhicule était stationné dans un lotissement de Caromb (Vaucluse) au moment des tirs, il n’y a donc pas de blessés. Néanmoins, le Parquet de Carpentras a démenti qu’il s’agissait d’un acte islamophobe.

Les violences se poursuivent jeudi

Le lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo, les violences à l’égard des musulmans de France ont continué. Jeudi matin, un lycéen de 17 ans, d’origine maghrébine, a été agressé en marge d’une minute de silence observée en hommage aux victimes de Charlie Hebdo au lycée de l’Oiselet à Bourgoin-Jallieu (Isère). Il a tout d’abord été victime de propos racistes, puis a été roué de coups de pied et de poing par plusieurs individus. Une enquête a été ouverte, suite à une plainte du jeune lycéen.

Tôt dans la matinée, une inscription insultante a été découverte dans une rue de Mâcon (Saône-et-Loire) : « Islam on vous vous niquer – Charlie ». Les services municipaux ont effacé le tag à 9 heures du matin.

A Villefranche-sur-Saône, un snack kebab attenant à une mosquée, a été visé par une explosion d’origine criminelle aux alentours de 6 heures du matin. Ce restaurant, dont la devanture a été soufflée par l’explosion, est « géré de manière indépendante par des personnes proches de la mosquée où se regroupent des personnes qui fréquentent le lieu de culte mais aussi d’autres personnes », a précisé le député-maire UMP de la Villefranche-sur-Saône, Bernard Perrut.

Une mosquée à Aix-les-Bains a également été incendiée jeudi vers 22 heures. Après avoir retenu la piste de l’incendie criminelle, les autorités privilégient finalement la « thèse criminelle ». Ce jour-même, la future mosquée de Bischwiller est visée. Des ouvriers qui travaillent sur le chantier ont découvert l’inscription « ICH BIN CHARLIE » sur l’un des murs extérieurs du bâtiment.

Dans la ville de Péronne, dans la Somme, une croix gammée a été découverte peinte sur un monument aux morts consacré aux combattants d’Afrique du Nord.

Les actes islamophobes continuent vendredi

Un immeuble à Argenteuil (Val-d’Oise), a vécu une nuit agitée. Un début d’incendie s’est déclaré dans l’appartement d’une femme musulmane. « Il n’y a pas de doute sur le caractère criminel », confirme une source proche du dossier au Parisien. Sur la boîte aux lettres de ce logement a été inscrit le message « Vive Charlie ». Un lien entre l’inscription et l’incendie n’a pas encore été établi.

Des tags islamophobes sont découverts à Châlon-sur-Saône au centre culturel musulman. Une croix gammée et des insultes racistes ont vraisemblablement été apposées dans la nuit, ainsi que la mention Charlie. Des agents municipaux ont effacé les inscriptions.

A Bayonne, les fidèles musulmans ont découvert vendredi matin des tags haineux aux alentours de la mosquée de la ville. Sur le portail, l’expression « charliberté » a été écrite en jaune, tandis qu’on pouvait lire sur une poubelle et un mur voisin : « assassins » et « sales arabes ».

A Soissons en Picardie, cinq coups de feu ont été tirés sur la mosquée Badr le 9 janvier peu avant minuit. La mosquée de Vendôme, dans le Loir-et-Cher, a été la cible de deux coups de feu. Deux impacts ont été retrouvés sur les portes du lieu de prière. Une enveloppe suspecte a brièvement perturbé les prières à Nantes alors qu’une enveloppe suspecte a été découverte dans la mosquée de la ville. Cette substance n’était pas dangereuse.

A Liévin (Nord), c’est le chantier de la future mosquée qui a été touché. Des croix gammées, des slogans nazis et l’inscription « Charlie est vivant » ont été tagués sur les murs en construction. Comme le souligne La Voix du Nord :

La nature des tags laisse pantois : le fait d’associer le nom de Charlie Hebdo, chantre de l’antiracisme et de l’antifascisme, à des symboles nazis, montre le niveau de bêtise du ou des responsables.

En Bretagne aussi, un chantier a été visé : celui d’un centre culturel islamique à Rennes. Des inscriptions racistes, en français et en breton, disaient « dehors ». Même son de cloche à Béthune où les palissades de la mosquée étaient taguées par : « Dehors les arabes ».

A Vendôme (Loir-et-Cher), des impacts de balles ont été constatés vendredi matin sur la vitrine d’un commerce appartenant à des musulmans et sur la porte de la mosquée de l’Association Cultuelle Musulmane Vendemoise. Des coups de feu ont également été tirés sur la façade de la mosquée de Saint-Juéry, des impacts de balles ont été constatés vendredi matin par les enquêteurs.

La Corse particulièrement touchée

Dans la nuit de jeudi à vendredi, Une tête de sanglier et des viscères ont été accrochés à la porte d’une salle de prière musulmane de Corte (Haute-Corse).

Une balle de calibre 22 long rifle a également été retrouvée devant une boucherie musulmane de Ghisonaccia (Haute-Corse) qui compte quelque 5.000 habitants. Dans la même ville, une carcasse de sanglier a été découverte samedi devant une salle de prière musulmane. La gendarmerie a également indiqué qu’un graffiti « anti-arabe » a été tracé sur une mosquée à Ajaccio.

Par ailleurs, l’inscription « Arabi fora » (les Arabes dehors) a été peinte sur un bâtiment du quartier de Baleone, dans les faubourgs d’Ajaccio, abritant le conseil du culte musulman en Corse, qui gère les dix-huit lieux de culte sur l’île. Une croix gammée verte a aussi été tracée sur le portail de la salle de prière.

Le samedi les attaques se poursuivent

Samedi matin, des croix gammées étaient visibles sur la façade de la mosquée de Louviers (Eure). « Elles ont sans doute été peintes entre 2h et 7h du matin », a précisé une source judiciaire à Normandie-actu.

Lundi, une mosquée de nouveau visée

C’est la dernière attaque en date. Un bref début d’incendie est survenu dimanche soir sur le site de la mosquée en construction de Poitiers. Un dispositif policier permanent a été mis en place par la préfecture pour assurer sa sécurité. D’après les premières constatations, l’acte serait d’origine criminelle.

http://www.itele.fr/france/video/vague-dislamophobie-en-france-au-moins-cinquante-actes-recenses-107197

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06 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

« la remigration ou la guerre, une opération chirurgicale »edwy plenel (essf)

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L’idéologie meurtrière promue par Zemmour

Dans le sillage de l’écrivain Renaud Camus, Éric Zemmour prétend que le peuple français subit un « grand remplacement » dont il devrait se défendre en expulsant de son territoire les musulmans. Cette pensée, déclinée en fiction par Michel Houellebecq, n’est pas une opinion dont il faudrait débattre mais une idéologie potentiellement meurtrière qui renoue avec les pires aveuglements de la catastrophe européenne.

Le récent arrêt de l’émission d’iTélé [1], dont Éric Zemmour était un débatteur rémunéré depuis une décennie, a été provoqué par l’interview qu’il a accordée au Corriere della Sera sur son livre, Le Suicide français (Albin Michel). Ce choix éditorial de la chaîne d’information ne saurait évidemment être qualifié de censure puisque, loin d’être privé de parole, l’intéressé continuera de cumuler profes-sionnellement chroniques bi-hebdomadaires sur RTL [2], émission hebdomadaire sur Paris Première [3], tribune ouverte dans Le Figaro et son magazine, invitations dans d’autres médias (à France Culture bientôt [4]), sans compter ses ouvrages en librairie.

Le plus surprenant, au contraire, c’est que n’ait pas été posée plus tôt la question de la large place accordée, dans l’espace médiatique dominant, à une parole explicitement xénophobe et raciste, stigmatisant des individus en raison de leur origine ou de leur croyance, et contrevenant de ce fait aux droits humains fondamentaux tels qu’ils ont été proclamés par la Déclaration universelle de 1948 [5].

Dans l’entretien au quotidien italien, Zemmour ne faisait que redire, de façon abrupte, ce qu’il n’a cessé d’énoncer ou de suggérer ces dernières années, y compris sur iTélé, à savoir que «les musulmans» n’ont pas leur place en France, formulation générale qui exclut de notre peuple plusieurs millions de personnes en raison de leur origine, de leur culture ou de leur religion. C’est Jean-Luc Mélen- chon qui, le 15 décembre 2014, a exhumé sur son blog cet entretien paru en Italie un mois et demi plus tôt, le 30 octobre.

La polémique organisée en contrefeu autour du mot « déporter » est une diversion grossière qui ne résiste pas à l’examen des faits, tant elle ne change rien aux propos de Zemmour lui-même, lire l’interview en italien sur le blog du con- frère [6], ironiquement intitulé « Superdupont ». « Les musulmans ont leur code civil, c’est le Coran. Ils vivent entre eux, dans les périphéries. Les Français ont été obligés de s’en aller », déclare Zemmour au fil de cet entretien avec Stefano Montefiori. « Mais alors que suggérez-vous de faire ? Déporter cinq millions de musulmans français ? », lui demande le journaliste.

Depuis, à la demande de Zemmour, Montefiori a modifié cette formulation par laquelle il résumait son interpellation. La question est devenue : « Mais alors que suggérez-vous de faire ? Ne pensez-vous pas qu’il est irréaliste de mettre sur des avions,ou sur des bateaux”, ajoute Zemmour, cinq millions de musulmans français pour les chasser ? » Plus précis, l’énoncé n’en est pas moins accablant, d’autant que Zemmour y contribue lui-même. De fait, le journaliste du Corriere accompagne sa rectification de ce commentaire : « Je ne suis pas sûr que, en français comme en italien, “mettre cinq millions de musulmans sur des avions ou sur des bateaux pour les chasser” soit plus léger ou, de toute façon, différent de “déporter cinq millions de musulmans”. Mais j’accueille évidemment la mise au point de l’interviewé. »

Cette mise au point ne concerne donc en rien les propos de Zemmour qui, loin de repousser l’hypothèse suggérée d’une expulsion de leur propre pays de « cinq millions de musulmans français », répond : « Je sais, c’est irréaliste mais l’Histoire est surprenante. Qui aurait dit en 1940 qu’un million de pieds-noirs, vingt ans plus tard, seraient partis d’Algérie pour revenir en France ? Ou bien qu’après la guerre, cinq ou six millions d’Allemands auraient abandonné l’Europe centrale et orientale où ils vivaient depuis des siècles ? »

« Vous parlez d’exodes provoqués par des tragédies immenses », lui rétorque le journaliste italien. Or la réponse de Zemmour est, tout simplement, un appel à la répétition de ces tragédies : « Je pense que nous nous dirigeons vers le chaos. Cette situation d’un peuple dans le peuple, des musulmans dans le peuple français, nous conduira au chaos et à la guerre civile. Des millions de personnes vivent ici, en France, et ils ne veulent pas vivre à la française ».

Nous ne sommes pas ici en présence d’une opinion qu’il s’agirait de discuter ou de réfuter. Mais d’une idéologie meurtrière dont les ressorts sont ceux-là même qui, par la construction fantasmée d’une question juive, ont, hier, entrainé l’Europe dans l’abîme du crime contre l’humanité. Avant d’organiser à partir de 1941 leur destruction par la solution finale, l’idéologie nazie a construit les juifs comme un peuple à part, dangereux et menaçant, dont la seule présence ruinait et corrompait une identité prétendue immuable qu’il fallait défendre et restaurer par l’expulsion de ce corps allogène et étranger.

Avant l’anéantissement par le génocide, dont le programme fut tenu secret, l’antisémitisme européen, qui n’était pas réservé à la seule Allemagne, loin de là, revendiquait haut et fort son projet d’exclusion et d’expulsion des juifs. A tel point que l’île de Madagascar, alors française, fut envisagée comme ultime destination pour des juifs européens préalablement stigmatisés et discriminés, autrement dit exclus des peuples nationaux qui étaient les leurs.

Les mots d’Éric Zemmour installent un imaginaire semblable, par la cons- truction arbitraire d’une question musulmane : celui d’un « peuple dans le peu- ple », d’allogènes qui menacent les indigènes, d’individus étrangers par essence, naissance et nature, vivant à part et tenus à distance, qu’il faut rendre invisibles en les excluant de la cité, puis en les expulsant du pays. Qu’il faut effacer en somme.

Que ces délires meurtriers ne soient plus aujourd’hui, en France, des pen- sées marginales mais tiennent lieu d’opinion acceptable dans le débat médiatique est la question posée par l’affaire Zemmour.

Celle d’une longue régression française qui, progressivement, a rendu pré- sentable, sous de nouveaux masques, l’idéologie inégalitaire et identitaire que la défaite du nazisme avait, depuis 1945, reléguée aux marges de l’espace public. Et celle des aveuglements qui, à droite surtout mais aussi à gauche, ont permis cette défaite intellectuelle. (…) 4 janvier 2015

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05 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

l’insupportable racisme ordinaire contre les roms (npa)

l’insupportable racisme ordinaire contre les roms (npa) dans Antiracisme tintin_1

Christian Leclerc, le maire de Champlan, une commune proche de Massy et de Palaiseau dans l’Essonne, a refusé l’inhumation d’un bébé dans le cimetière de sa commune. Cette petite fille, âgée de trois mois, est morte à l’hôpital de Corbeil-Essonnes le 26 décembre dernier de la « mort subite du nourrisson ».

Sa famille est rom. Elle vit avec une trentaine d’autres sur un terrain de Champlan, les deux frères du bébé sont scolarisés dans cette commune. Les parents payaient les frais d’inhumation et le prix de la concession. Mais le maire ne l’a pas voulu. Ce petit notable local a abusé de son pouvoir contre cette famille parce qu’elle est rom. Une décision abjecte qui rajoute l’humiliation à la douleur de parents qui viennent de perdre leur enfant.

M. Leclerc s’était déjà distingué par des campagnes de calomnies répétées contre les familles roms qu’il laisse sans eau ni électricité ni ramassage des ordures dans leur campement, des conditions minimum que devrait leur assurer la municipalité.

Un éluE qui commet de tels actes devrait être démissionné immédiatement. Mais l’exemple du racisme contre les Roms vient des sommets de l’Etat. Le Pre- nmier ministre Valls s’était engagé personnellement dans une campagne contre les Roms lorsqu’il était ministre de l’Intérieur en fournissant des justifications aux expulsions de leurs campements. Un racisme dirigé contre les plus pauvres des pauvres, que certains voudraient transformer en boucs-émissaires.

Le NPA apporte sa solidarité à la famille de la petite Maria Francesca qui sera inhumée à Wissous. Il dénonce le racisme abject dont sont victimes les Roms et appelle à leur manifester soutien et solidarité. Montreuil, le 4 janvier 2015

http://npa2009.org/communique/linsupportable-racisme-ordinaire-contre-les-roms

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