Archive | Antiracisme

04 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Steve mc queen, réalisateur « d’origine noire » vainqueur aux oscars (le huff’)

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L’excellent Steve McQueen a remporté, dans la nuit du 2 au 3 mars, l’Oscar du meilleur film pour « 12 Years a Slave ».

Régulièrement encensé par la critique, le réalisateur britannique de Hunger et de Shame est aujourd’hui le premier réalisateur noir récompensé dans la catégorie « Meilleur film ». Pour les médias, l’info n’est pas sans importance. « C’est le premier long métrage d’un réalisateur noir à gagner la principale récompense », écrit l’agence de presse AFP.

Le Figaro s’est en revanche permis une expression pour le moins étrange: Steve McQueen y devient « un réalisateur d’origine noire ».

Les Français ont manifestement des difficultés lorsqu’il s’agit de couleur de peau, ou même de religion. Autour de l’affaire Mohamed Merah, à Toulouse en 2012, Ivan Rioufol avait d’abord parlé de parachutistes « d’origine musulmane », avant que le Président Nicolas Sarkozy ne parle sur France Info de personnes « d’apparence musulmane ».

En attendant, une seule personne semble être « d’origine noire »: Mikael Jackson

HuffPost Maghreb  |  Publication: 03/03/2014 10h47 CET  |  Mis à jour: 04/03/2014 10h31CET

http://www.huffpostmaghreb.com/2014/03/03/steve-mcqueen-oscars_n_4888457.html

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02 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Patricia, 8 ans, arrêtée et expulsée, son cartable sur le dos (médiapart)

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Saint Fons, mardi 25 février, 7 heures du matin.

Des dizaines de policiers investissent un bidonville de l’agglomération lyonnaise. Alors qu’une maman s’active dans sa petite cabane pour préparer ses enfants qui vont à l’école, un bruit sourd retentit et le porte s’ouvre. C’est la police qui vient arrêter toute la famille pour les expulser. Patricia avait 8 ans. Elle avait 5 frères et sœurs comme Léonarda. Elle allait à l’école tous les matins comme Léonarda. Elle était Rom comme Léonarda.

La scolarisation impossible des enfants Roms de Saint Fons

A Saint-Fons comme partout ailleurs en France, socialisme rime avec racisme. L’année dernière, la sénatrice-maire Demontès avait inventé la classe ethnique pour éviter d’intégrer les enfants du bidonville dans les classes normales (1).

On croyait que cela n’existait plus les classes ethniques. Et bien si, détrompez-vous. Les socialistes français ont inventé la classe réservée aux enfants Roms, juste pour les enfants Roms du bidonville du coin. Avec un petit cadeau en plus offert par Madame la Sénatrice. La salle de classe était situé dans le même bâtiment que celui de la police. La police nationale d’un côté, la police municipale de l’autre. Histoire de bien faire comprendre aux enfants qu’ils ne seront jamais comme les autres. En ce début d’année, la scolarisation a été douloureuse également. Il a fallu que des associations luttent contre la municipalité qui refusait de scolariser les enfants. A force de courriers, de manifestations en mairie et d’intervention du Défenseur des Droits, les enfants ont finalement pu accéder aux écoles de la ville. Pas pour longtemps…

Une souricière montée par la préfecture

Le 7 janvier 2014, la police remet aux parents de Patricia une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) qui dit à peu près cela : vous êtres pauvres, sans ressources, donc vous êtes une charge pour l’Etat Français donc vous dégagez.

Si cette famille est une charge, c’est pour les Restos du Cœur ou pour Médecins du Monde, mais certainement pas pour l’état qui ne lui donne pas un centime, sauf le droit d’envoyer 3 de ses enfants à l’école dans l’espoir qu’ils n’aient pas la même vie que leurs parents.

Mais bon, l’Etat français est pauvre, tout le monde le sait. Surtout depuis que l’ex Ministre du Budget, Jerôme Cahuzac planque son argent en Suisse pour ne pas payer d’impôts. Le 11 février, alors que la famille a déposé une demande d’aide juridictionnelle pour contester l’OQTF, la police procède à la rétention des papiers d’identité et leur remet un « récépissé valant justificatif d’identité ».

Cette procédure totalement illégale constitue une atteinte gravissime à la liberté de circulation d’un citoyen de l’Union Européenne. Conscients de l’illégalité de la procédure, les policiers revien- nent le 21 février pour leur signifier une assignation à résidence. Des fois que la famille décide de repartir en Roumanie ou ailleurs parce qu’ils trouvent que la France les persécute un peu trop, et bien non. Vous êtes venus, vous avez vu, vous allez rester un peu plus. Et si par hasard vous décidiez de quitter la France pour exécuter la mesure, non, ce n’est pas possible. Vous avez voulu rester et faire valoir vos droits, on va vous montrer ce qu’on fait des droits des Roms en France…

Assignés à résidence dans un bidonville Dans les textes, l’assignation à résidence est une mesure qui vise à éviter le placement en centre de rétention. Elle est prononcée lorsque la personne visée par une mesure d’éloignement présente des garanties de représentation comme un travail ou un domicile. En septembre 2013, la préfecture du Rhône avait déjà détourné cette procédure en assignant à résidence des familles Roms dans des hôtels (2). Histoire d’améliorer un peu plus l’équilibre des finances publiques. On n’avait encore jamais vu une préfecture assigner à résidence des pauvres… à la rue. Et bien grâce aux socialistes et à la préfecture du Rhône, c’est fait.

La complicité des autorités roumaines Bon récapitulons. OQTF, rétention des papiers d’identité, interdiction de quitter le département… Qu’est ce qui nous manque. Ah oui, les gosses… Manu, j’ai encore oublié les gosses a du penser Carenco, le préfet du Rhône. Toutes les pièces d’identité n’étant pas valides, on ne peut pas les mettre dans un avion.

Séparer les enfants des parents, ça ferait tâche dans un beau pays socialiste. Vite un coup de fil aux autorités roumaines et une petite convocation. Ne doutant de rien et surtout pas de l’in- dépendance de la Roumanie, voici donc que la France ordonne aux autorités roumaines d’établir des papiers en urgence pour les enfants. La convocation remise à la famille précise de se rendre au Consulat Général de Roumanie « au fin d’établissement d’un document d’identité ». Patricia et ses 5 frères et sœurs, papa et maman, bien obéissants ressortent du Consulat avec un beau petit papier rose.

Non, il ne s’agit pas d’une carte d’adhésion au PS signée par Harlem Désir, ancien patron de SOS Racisme, actuellement 1er secrétaire du PS, mais plutôt d’un « titlu de calatorie » (titre de voyage). Chaque document reprend l’état civil de la personne concernée avec sa photo. Il est précisé « valable un mois » et aussi « pour un seul voyage ». Il serait intéressant de savoir si les autorités roumaines se contentent de délivrer des titres de voyage à des personnes démunies de pièces d’identité valides ou si elles payent également le transport. Un pays européen, qui rapatrie à ses frais ses propres citoyens pour appliquer la politique raciste et discriminatoire d’un autre pays, ce serait une première qui ferait certainement plaisir à Viviane Reding.

Une justice court-circuitée La famille de Patricia avait déposé dans les délais impartis une demande d’aide juridictionnelle afin de contester l’OQTF qui lui avait été signifiée. Avant, mais ça, c’était avant, du temps où les Roms avaient encore quelques droits, on n’expulsait pas avant que le juge ne se prononce sur la légalité de la mesure d’éloignement. Et oui, il faut le savoir, mais parfois, notre police travaille un peu rapidement. Elle oublie de signifier leurs droits aux personnes ou elle se trompe sur le nom, ou encore elle modifie un peu trop les déclarations qui lui sont faites et le juge qui n’aime pas trop ça annule toute la procédure.

Avec la jurisprudence Leonarda appliquée à Patricia, on expulse avant que le juge n’ait le temps de se prononcer sur la légalité de la mesure. Pas con, non ? On ne s’embête pas. On met des OQTF à tous les roumains et 30 jours après on les fout tous dans un charter  Rapide, pas cher, efficace, signé Manuel. Enfin efficace, pour les chiffres uniquement. Parce que pour le reste, en tant que citoyens européens, ils reviendront dès qu’ils pourront, en toute légalité.

Ils sont où les socialistes ? Les dirigeants socialistes sont au mieux des hypocrites, au pire des menteurs. Lors de l’affaire Léonarda, tout ce que la France compte de socialistes encartés avait poussé des cris d’orfraie. Non vraiment, arrêter une gamine lors d’une sortie scolaire pour l’expulser, c’est inadmissible. Jugez vous même:

Vincent Peillon, Ministre de l’Education Nationale: « Le ministre de l’Intérieur est dans son rôle quand il exécute des décisions de justice mais elles doivent être exécutées avec discernement. Et dans ce discernement il y a le respect de ce sanctuaire qu’est l’école. Je souhaite que ce genre de situation ne se renouvelle pas ».

Claude Bartolone, Président de l’Assemblée Nationale : « Il y a la loi. Mais il y a aussi des valeurs avec lesquelles la gauche ne saurait transiger. Sous peine de perdre son âme »

Pascal Canfin, Ministre du développement: « Pas d’expulsion pendant l’année scolaire. C’est un principe fondamental sur lequel nous devons tous pouvoir nous accorder. »

David Assouline, porte parole du Parti Socialiste: « Le PS rappelle avec force son attachement à la prise en compte de la situation particulière des mineurs étrangers scolarisés »

Mendiants sont tes parents, mendiante tu seras Patricia était Rom. Un petit matin, des policiers français sont venus l’arracher de son lit pour la priver d’école, de ses copains, de ses copines et de sa maîtresse qu’elle aimait tant. Elle allait à l’école car elle pensait que c’était la meilleur façon de ne pas être condamnée à la mendicité.

Elle apprenait à lire, à écrire et se voyait bien, elle aussi, maîtresse ou infirmière. Le préfet du Rhône et Manuel Valls en ont décidé autrement. Ils lui ont répondu brutalement. Tu n’as pas vocation à t’intégrer en France. Tu n’as même pas vocation à  apprendre en France. Ta liberté de circulation, on s’en fout, c’est un concept de technocrates inventé pour les riches. Ta volonté de t’en sortir en étudiant, on s’en fout aussi. Tes parents sont des mendiants, tu mendieras toi aussi toute ta vie.  Tu croyais que l’école était obligatoire pour tous les enfants présents sur le territoire français. Et bien non.

Les enfants Roms n’étudieront pas en France. 28 février 2014 |  Par philippe alain

http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/280214/patricia-8-ans-arretee-et-expulsee-son-cartable-sur-le-dos

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20 février 2014 ~ 0 Commentaire

Melisa est morte de l’avancée nette du racisme anti-rom

 Une marche blanche en hommage à Mélisa, le 16 février 2014 à Bobigny

D’avoir habité dans un bidonville

Âgée de 7 ans, Melisa est morte mercredi 12 février dans l’incendie d’un camp roms sur le terrain des Coquetiers à Bobigny (93). Véronique Decker est directrice de l’école où était scolarisée Melisa.

Tu es directrice d’une école qui scolarise beaucoup d’enfants Roms, dont Melisa. On dit pourtant que les populations Roms ne fréquentent pas l’école…
Ce qui empêche en premier les Roms de fréquenter l’école, c’est le refus d’y inscrire les enfants qui est organisé par les administrations qui ont en charge cette question. La justification qui est donnée, c’est que les familles n’ont pas d’adresse et donc n’appartiennent pas à la commune, au dépar-tement… Mais s’ils n’ont pas d’adresse, c’est parce que les CCAS refusent de les domicilier dans l’immense majorité des communes. Bref, il n’y a pas de médiation pour l’accès à l’école, mais bien au contraire, un empilement d’obstacles presque infranchissables.

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Avec les enfants de l’école, nous avons fait deux films en 2013 pour expliquer la situation et montrer qu’il est possible de surmonter les difficultés avec une mobilisation constante des militants de terrain. On peut trouver ces petits films sur internet en cherchant « Roms Bobigny école ». Le premier s’appelle Scolarité obligatoire. Sous l’onglet « Info » du second film: « Scolarisation : mode d’emploi », il y a un texte qui explique les obstacles et les combats à mener. L’inscription à l’école, ce n’est pas que la possibilité d’apprendre à lire et à écrire : c’est l’inscription dans l’enfance ordinaire, mais nous avons aussi travaillé sur l’inscription au centre de quartier, aux activités sportives, à tout ce qui permet aux enfants Roms de se faire des amis de leur âge dans la ville.

Tu as dit dans une interview que Melisa n’est pas morte d’un incendie, mais de la misère…
Elle est morte de l’avancée nette du racisme anti-Rom, non seulement dans l’ensemble de la droite (mais là, nous étions habitués…) mais dans l’ensemble de la gauche. La majorité des municipalités de gauche ont refusé la scolarisation, la domiciliation, la prise en charge par des assistantes sociales… Les gouvernements de droite et de gauche ont organisé des expulsions sans solution de relogement, et Guéant comme Valls se sont vantés de leurs « résultats ».

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Jeter à la rue en plein hiver des familles d’êtres humains rapporte des voix, semble- rait-il… C’est la perte des valeurs du militantisme de terrain, par une « gauche » qui ne connaît plus la banlieue que de loin ou qui ne voit pas que tenir la main du racisme pollue la pensée. Melisa est morte d’avoir habité dans un bidonville, pour lequel le collectif de soutien demande depuis des années des solutions, des négociations, l’accès à l’eau, à l’électricité… Nous venions seulement d’obtenir deux toilettes pour 200 habitants.

Dimanche 16 février a eu lieu à Bobigny une « marche blanche » pour Melisa. Peux-tu nous raconter ?
C’est le collectif qui l’a organisée, avec l’aide de la mairie qui a imprimé les tracts d’appel. Les en- seignants ont fait la banderole, la collecte, les parents d’élèves et le collectif ont aidé à la distribution des tracts. Beaucoup de familles de la ville (Roms ou non) sont venues, beaucoup de militants des associations qui soutiennent les Roms aussi.

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La marche a montré qu’il n’y a pas deux peuples : les Roms et les autres. Il y a une misère qui frappe les plus faibles, et qui nous guette tous. Or, la France est un pays riche, elle devrait avoir éradiqué la misère sur son territoire.

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La maire vient d’annoncer un rendez-vous avec Cécile Duflot, ministre du Logement. Le collectif avait demandé depuis bien longtemps ces rencontres, afin de parler de la situation de tous les Roms et pas seulement de ceux du terrain des Coquetiers. Il y a trois terrains à Bobigny, et des dizaines dans le 93. Nous n’accepterons pas une opération de communication qui relogerait quelques dizaines sans réfléchir à l’ensemble de la situation de mal-logement. Actuellement, le 115 admet n’offrir d’hébergement qu’à moins de la moitié des appels… Chaque nuit, ici, des femmes et des enfants dorment à la rue.

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L’Anticapitaliste(20/02/2014) Propos recueillis par Manu Bichindaritz

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16 février 2014 ~ 0 Commentaire

Rassemblement ce dimanche 11 h pour Melisa, petite fille bulgare (cnt)

Rassemblement ce dimanche 11 h pour Melisa, petite fille bulgare (cnt) dans Antiracisme arton1248-e799e

Voici quelques nouvelles de Bobigny, après l’incendie d’une partie du terrain dit ’des Coquetiers’ qui a coûté la vie à Mélissa, une enfant de 8 ans qui fréquentait l’école Marie Curie.

Une vingtaine de familles dont les cabanes ont été détruites sont hébergées en hôtel, jusqu’à di- manche. Les débris de l’incendie sont en cours de déblaiement et les familles pourront revenir sur les lieux. Emmaus Coup de main mettra des caravanes à leur disposition. Un diagnostic est en cours. Le terrain est la propriété de la mairie qui ne demandera pas son expulsion, mais le Préfet tentera de l’obtenir.

La famille de Melissa souhaite la ramener en Bulgarie, mais ce ne sera pas possible avant au moins une semaine (enquête, remplacement des papiers brûlés, démarches…).

Le collectif prépare une marche blanche dimanche à 11h .

Nous dirons que Melissa est morte à cause de la misère, que nous voulons que les choses changent, mais ce sera avant tout un hommage à Melissa, un soutien à sa famille, à ses proches, ses camarades d’école. Merci de bien vouloir faire circuler l’appel au rassemblement.

Le Collectif de soutien aux Roms et Bulgares de Bobigny

MELISA

Une petite fille est décédée. Mercredi matin dans l’incendie du bidonville dans lequel elle habitait. Elle s’appelait Mélisa. Ce n’est pas la première fois. Il y a quelques années à peine, un petit garçon qui s’appelait Diego et qui avait le même âge est décédé dans un autre incendie. Pour les mêmes raisons. Ils avaient 8 ans à peine.

La France est la 6e puissance du monde. Nous avons les moyens d’en finir avec le mal logement de détruire l’habitat indigne, d’éradiquer les bidonvilles. Nous avons les moyens de construire des logements sociaux pour tous ceux qui en ont besoin. Il est temps de le faire avant que d’autres enfants n’en souffrent. Nous vous proposons un rassemblement à sa mémoire dimanche 16 février à 11 h devant les archives départementales. Une marche blanche traversera la ville jusqu’à l’école où Mélisa était scolarisée.

http://www.questionsdeclasses.org/?Rassemblement-ce-dimanche-11-h

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08 février 2014 ~ 0 Commentaire

Faire face à la réaction

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Avec environ 20 000 manifestantEs pour le « jour de colère » la semaine dernière, le « jour du retrait de l’école » lundi 27 janvier, et ce dimanche 100 000 manifestantEs contre la « loi famille » et le mariage homo, les réactionnaires de tout poil ont le vent en poupe.
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Ce qui est horrifiant avec ces manifestations, c’est que l’on peut y croiser, dans le désordre, un maghrébin homophobe, une femme antisémite, un juif islamophobe, un antillais nationaliste et des nazillons qui beuglent des slogans contre tous ceux qui précèdent…
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Après ces deux manifestations, le gouvernement s’est empressé de renoncer aux dernières promesses progressistes qui avaient une vague chance d’être mises en œuvre, en reportant la « loi famille », avec notamment la procréation médicalement assistée.
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On savait déjà que le Medef commandait la politique économique du gouvernement. Maintenant, c’est l’extrême droite qui décide de sa politique de société. Qu’on ne s’y trompe pas, il n’y a pas de hasard : pour faire passer des attaques aussi radicales que la remise en cause de pans entiers de la Sécu, 35 milliards de cadeaux aux entreprises, ou encore la casse de l’inspection du travail, patronat et gouvernement ont tout intérêt à cultiver la division parmi les travailleurs et l’ensemble de la population, ce qui donne inévitablement confiance aux secteurs réactionnaires.
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C’était le sens des attaques contre les Roms, de l’opération publicitaire de Valls « contre » Dieu- donné, de l’autosatisfaction de Valls concernant l’augmentation des expulsions de sans-papiers…
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Mais la résistance et la solidarité internationale existent : des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans toute l’Europe contre la loi espagnole anti-avortement, dont 40 000 en France.
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Face à la division selon la couleur de la peau, la culture, les pratiques sexuelles ou religieuses, face à la montée de l’extrême droite, il n’y a qu’une issue : que le clivage entre les classes sociales reprenne le dessus, que nous parvenions à développer une mobilisation commune de tous les oppriméEs et les exploitéEs, un mouvement d’ensemble contre ce gouvernement et ce système en crise.

Antoine Pelletier Hebdo L’Anticapitaliste – 228 (06/02/2014)

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06 février 2014 ~ 0 Commentaire

Dieudonné dérape en silence (ci)

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La shoah, dès le 15e siècle

Revu et corrigé, le spectacle du comique à la patinoire de Bordeaux reprend les mêmes allusions antisémites à peine édulcorées.

Dieudonné M’bala M’bala entre en scène sous les rugissements du public, bras levés, plus en politicien qu’en comédien. Laquelle de ces deux casquettes porte-t-il, au juste ? Aucune personnalité politique française ne déchaîne un tel enthousiasme. Aucun comédien ne soulève chez ses fans un mélange aussi grisant et aussi troublant de rire goguenard et de colère joyeuse. Des hurlements de fureur jubilatoire saluent chaque référence de l’humoriste à un politicien français ou à la supposée “persécution” dont l’accable l’establishment. Dès qu’il parle d’un Juif ou d’une organisation juive, les cris et les huées redoublent.

Dieudonné M’bala M’bala – l’homme qui a inventé le très polémique salut de la “quenelle” repris par le footballeur Nicolas Anelka [joueur au West Bromwich Albion] – a débuté avec un peu de retard sa tournée 2014 dans les villes de l’Hexagone. Son nouveau spectacle [Asu Zoa] remplace celui qui a été interdit le 9 janvier par les autorités françaises [Le Mur] pour incitation à la haine raciale contre les Juifs.

La nouvelle version est pratiquement identique à l’ancienne, à ceci près que les sorties antisémites provocantes ont été supprimées et remplacées par de longs silences que le public applaudit avec une indignation passionnée. Noir, baraqué, barbu, dégarni et parfois drôle, Dieu- donné impose sa présence sur scène. “Qu’est-ce que vous foutez-là ? lance-t-il à la foule. Tous les médias, les politiques, les penseurs vous ont dit de ne pas venir. Même moi, j’ai failli pas venir. Il paraît que vous seriez des fous, antisémites, assassins.”

Le spectacle se tient [le 26 janvier] à la patinoire Mériadeck (Conan Meriadec était  un ancêtre des ducs de Rohan, alors évêques de Bordeaux, rien de juif, note du blog) de Bordeaux – ce qui, pour un homme qui évolue depuis près de dix ans sur un terrain politique et moral pour le moins glissant, ne manque pas de sel. Avec environ 5 000 spectateurs – des hommes, pour la plupart –, la salle est pratiquement comble. Il y a surtout des Blancs de la classe ouvrière. On aperçoit une poignée de personnes âgées et quelques étudiants, mais la moyenne d’âge se situe plutôt entre 30 et 40 ans. C’est un public différent du public parisien de Dieudonné, dominé par des bobos d’extrême gauche, acquis aux thèses conspirationnistes.

Signal. Moitié breton, moitié camerounais, Dieudonné est né en banlieue parisienne il y a 47 ans. Il s’est fait connaître comme comique antiraciste impertinent dans le duo qu’il formait avec l’humoriste juif Elie Semoun (l’un des noms sifflés au spectacle de Bordeaux). Il a tenu des petits rôles dans plusieurs films, comme Astérix et Cléopâtre. A la scène comme à la ville, il faisait alors campagne contre le racisme et se définissait comme un Noir qui refusait de “danser le zouk avec une banane dans le cul”.  A partir de 2004 environ, pour des raisons qu’il n’a jamais expliquées, il s’est métamorphosé en une version française de Louis Farrakhan, le très controversé dirigeant de l’organisation noire américaine [religieuse et nationaliste] Nation of Islam.

Sur scène, il s’amuse parfois à imiter l’accent black, qui plaît beaucoup à son public bordelais. Le reste du temps, il s’exprime avec un débit rapide dans le français argotique et populaire du café du Commerce, que son public bordelais adore. Lorsqu’il en arrive à un passage de l’ancien scénario frappé d’interdiction, Dieudonné marque une pause et esquisse un grand sourire ou, plus drôle, fixe d’un œil méfiant la “caméra cachée” qu’“ils” ont planquée dans son pupitre. [La préfecture de la Gironde a effectivement enregistré le spectacle.] Grâce à YouTube, ses fans connaissent par cœur la réplique qu’il est censé prononcer – ou pas – à cet instant. Ainsi, au lieu de dire “Je n’ai pas à choisir entre les Juifs et les nazis. Je suis neutre”, il se tait, affectant un petit air innocent et entendu. C’est le signal : la salle applaudit à tout rompre et s’esclaffe.

A d’autres moments, il opte pour une version édulcorée de l’une de ses “blagues” antisémites. Dans Le Mur, il s’en prenait à son éternel détracteur, Patrick Cohen, l’animateur juif de la matinale de France Inter : “Tu vois, si le vent tourne, je ne suis pas sûr qu’il ait le temps de faire sa valise. Quand je l’entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage.” Dans la version revue et corrigée, il ne fait qu’évoquer Patrick Cohen (dont le nom est copieusement hué), puis enchaîne : “Le vent va peut-être tourner. On verra. J’ai l’impression que le vent est en train de tourner.” (Rires hystériques). Le public bordelais de Dieudonné, qui a payé 43 euros la place, ressemble à un échantillon des gens que l’on pourrait voir dans des rassemblements de l’extrême droite ou de l’extrême gauche de province.

En interrogeant quelques spectateurs au hasard, on constate pourtant qu’il s’agit d’un tout autre genre d’individus : ils sont certes tout aussi en colère et se sentent tout aussi marginalisés, mais ils sont apolitiques. Ils en veulent tellement au “système” qu’aucun mouvement politique, pas même les plus populistes, ne peut les récupérer. Dieudonné, lui, les récupère. Ils se reconnaissent davantage – du moins pour l’instant – dans son humour noir et destructif que dans la politique institutionnalisée.

Aucun n’avouera ouvertement s’intéresser de près ou de loin aux Juifs. Tout cela n’est à leur sens qu’une grande blague antisystème. “J’adore Dieudonné, explique Cyril, ouvrier viticole de 31 ans. Il n’est pas comme ces autres comiques chiants, qui ressassent tous le même genre de trucs. Lui, il parle de la vie comme elle est. Il y a un côté pédagogique chez lui.”

“Je ne suis pas antisémite, et Dieudonné non plus, poursuit-il. Tout le monde en prend pour son grade. Mais, dans ce pays, il y a une communauté dont personne n’a le droit de se moquer… En voulant l’interdire, ils lui donnent raison. Ils ne font que contribuer à son succès.” Dans son one-man-show, le polémiste ne s’en prend pas uniquement aux Juifs. Son numéro repose sur la provocation : pousser jusqu’aux limites de l’admissible, et dépasser les bornes. Il y a souvent un fond de violence dans ses propos. Il se positionne du côté du Français moyen – blanc ou noir – et contre les élites, avec leur hypocrisie et leurs idées progressistes, comme le mariage gay.

Rires gras. Dans un sketch, un couple de Français homosexuels va acheter un enfant en Afrique. Dieudonné, jouant le rôle d’un fonctionnaire africain corrompu, lance : “Ici, on n’est pas homo- phobes. Non, pas du tout, on est homovores ! Les homos, on les mange !” (Gros rires gras dans la salle.)  Dieudonné fait-il la satire des comportements des Africains ou bien de ceux des Blancs à l’égard des Africains ? Il exécute un délicat numéro d’équilibrisme. On peut rire de son Africain homophobe et corrompu ou être d’accord avec lui. Mais dès qu’il s’agit des Juifs, il franchit la ligne rouge. J’ai compté pas moins de vingt-trois références aux Juifs dans un spectacle de quatre-vingts minutes prétendument “expurgé”. Et elles n’ont strictement rien de drôle.

Même avec ses lacunes et ses silences, la vision du monde de Dieudonné reste la même : les Juifs mènent le monde ; ils sont responsables des souffrances des Noirs et des Blancs pauvres. Pourquoi ? Parce qu’ils se sont arrogé un monopole global de la compassion en manipulant la Shoah.  Avant la “réécriture” forcée, ses “blagues” sur les Juifs et les camps de concentration nazis étaient souvent dégoulinantes de vulgarité. Le public de Bordeaux, préparé par les vidéos de Dieudonné et ses apparitions sur YouTube, applaudit des références apparemment anodines à des ananas. Avec le geste de la quenelle – qui peut être un détournement du salut hitlérien ou pas –, ce fruit est devenu l’emblème de Dieudonné.

Obscène. Il y a deux ans, le comédien a adapté à sa manière une vieille chanson de variété, Chaud cacao, qu’il a rebaptisée Chaud ananas – ou Shoah nanas. Les paroles, salmigondis incohérent d’allusions à la Shoah et à la sexualité et d’obscénités, ont valu à leur auteur l’une de ses sept condamnations pour incitation à la haine raciale. La quenelle fonctionne sur le même principe. Avant le show de Bordeaux, une “caméra quenelle” circulant dans la file d’attente a sélectionné des spectateurs. C’était à qui ferait le geste plus obscène ou le plus suggestif – un bras tendu vers le sol, la main opposée touchant l’épaule ou le haut du bras.

En quoi ce geste est-il obscène ? La quenelle est, dans son acception commune, un rouleau de poisson allongé. En argot, c’est un pénis ou un doigt d’honneur. Le geste de Dieudonné signifie, symboliquement, que vous avez envie de glisser une “quenelle” aussi profond que possible dans l’arrière-train de votre ennemi. Ses fans bordelais, tout comme Nicolas Anelka, répètent à l’envi que la véritable cible de Dieudonné est l’“establishment” et non les Juifs. La quenelle n’a rien d’anti-sémite, assurent-ils, même si elle peut “accidentellement” ressembler à un salut nazi inversé. “Au début, ils ont commencé à l’attaquer pour un petit sketch qu’il avait fait sur les colons israéliens de Cisjordanie, commente Stéphane, 57 ans, ouvrier dans le bâtiment. Alors, il en a rajouté une couche et s’est mis à se moquer de la Shoah. Ce n’est pas de l’antisémitisme. C’est de la liberté d’expression.”

Selon les détracteurs du comédien, le phénomène Dieudonné M’bala M’bala – et le personnage est effectivement un phénomène – fonctionne exactement en sens inverse. Dans la “Dieudosphère” (comme le disent ses fans), l’“establishment” et les “Juifs” ont fini par se confondre. Les gens qui étaient à l’origine vaguement antisystème sont incités à devenir farouchement antisémites. En observant la foule massée dans la patinoire de Bordeaux, on a du mal à croire que tous ces gens sont sincèrement antisémites. La plupart n’ont sans doute jamais rencontré un seul Juif. Pourtant, en janvier 2014, entendre 5 000 personnes brailler de colère à chaque fois qu’ils entendent prononcer le nom d’un Juif est profondément troublant.

A la fin du spectacle, Dieudonné fait monter trois petites filles sur scène, les invitant à effectuer avec lui leur plus belle et plus obscène quenelle. Puis il engage l’assistance à reprendre en chœur son dernier couplet contre François Hollande, composé sur la sublime mélodie de l’hymne de la Résistance, Le Chant des partisans : “François la sens-tu qui se glisse dans ton cul, ma quenelle ?”
Dieudonné est-il un comédien ou un homme politique ? C’est avant tout un homme d’affaires. A la sortie, les spectateurs s’arrachent les tee-shirts à l’effigie de “Dieudo” faisant une quenelle, à 40 euros pièce.

John Lichfield 6 février 2014
Publié le 28 janvier 2014 dans The Independent Londres

Note :Lundi 3 février, Dieudonné a été interdit d’entrée du Royaume-Uni. Le comédien aurait eu l’intention de se rendre outre-Manche pour soutenir Anelka, qui fait l’objet de poursuites de la part de la Fédération anglaise de foot.

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03 février 2014 ~ 0 Commentaire

Valls, raciste en chef

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La charge du ministre de l’Intérieur contre Dieudonné, ponctuée par les mesures d’interdiction de ses spectacles, a tout d’une opération de diversion… A plusieurs titres.

D’abord, par rapport aux enjeux essentiels, économiques et sociaux, de l’action du gouvernement. La saillie de Valls et le battage médiatique qui l’a accompagnée sont ainsi intervenus simultanément à l’annonce du dit « pacte de responsabilité »: au moment où l’on renonce ouvertement à toute velléité de gauche, où l’on accède aux principales revendications du Medef et l’on constitue avec lui une véritable alliance, un peu d’illusionnisme «antiraciste» et «républicain» ne peut pas faire de mal.

Mais  diversion, aussi, par rapport aux orientations gouvernementales sur la question dite de l’immigration, donc aussi vis-à-vis du sentiment antiraciste qui, même s’il est aujourd’hui en mal d’expression, continue de prédominer largement dans les classes populaires et parmi les sa- lariés. Car, quand bien même Dieudonné est un personnage détestable, dangereux et à combattre, ce sont bien les Hollande, Ayrault et Valls qui mettent en œuvre, depuis les sommets de l’Etat, une politique qui n’a rien à envier à celle de leurs prédécesseurs.

Ainsi les expulsions de sans-papiers se poursuivent-elles au même rythme que sous Besson et Hortefeux.  Les services du ministère de l’Intérieur ont bien insisté sur ce point, en répondant aux interpellations de la droite que les chiffres réels (« gonflés artificiellement » sous Sarkozy où ils intégraient indûment les dits retours volontaires) étaient maintenus. Match nul, donc. Mais sur le terrain de la persécution des Roms, là, net « avantage » au gouvernement en place qui bat tous les records : 165 campements démantelés sur 400, 19 380 personnes  délogées en 2013 contre « seulement » 9 402 en 2012, selon un rapport récent de la Ligue des droits de l’Homme.

Une journée particulière ?

Pour illustrer cette politique, prenons l’exemple de trois événements survenus le même jour, mer- credi 27 novembre 2013. Ce soir-là, toute la gauche gouvernementale tenait meeting à Paris pour « défendre la République contre les extrémismes ». Valls n’y a pas seulement défendu sa collègue Christiane Taubira, visée par une série d’attaques ignobles. Une grande partie de son intervention a été consacrée à dénoncer, avant les élections municipales, la présence possible de « listes commu- nautaires » supposément islamistes : « nous n’accepterons jamais que dans nos quartiers popu- laires, on nous impose une loi, une loi d’airain, celle du conservatisme, de l’intégrisme qui n’a rien à voir avec la République, et ce n’est pas à l’extrême droite de le dire, c’est à nous de le dire » !

Plus tôt dans la journée était tombé un jugement de la Cour d’appel de Paris, à propos d’une salariée (Fatima Afif) licenciée par son employeur privé (la crèche Baby Loup) pour le seul fait de porter le voile. Inversant une décision de justice précédente, la Cour a estimé que ce licenciement ne portait « pas atteinte à la liberté religieuse » et n’était pas « discriminatoire  »… Décision à rapprocher de l’avis récent du Conseil d’Etat, estimant que la circulaire Châtel de 2009, qui exclut de l’aide aux sorties scolaires les mères musulmanes porteuses d’un voile ou d’un foulard, devait rester appli- cable.

Plus tôt encore, aux premières heures de la matinée, une vaste opération de police avait expulsé 800 hommes, femmes et enfants de ce qui constituait à Saint-Ouen le plus grand camp rom de France. Décidée par Valls, cette méga-opération d’expulsion prenait un sens plus dramatique encore dans la mesure où elle n’était réalisée qu’à la demande expresse de la maire Front de gauche (FASE-En- semble) de Saint-Ouen, inquiète – à quelques mois des municipales – des répercussions négatives de cette présence sur les électeurs des nouveaux bâtiments construits à proximité.

Le jeu de l’extrême droite

Mais le gouvernement ne mène pas seulement une politique raciste. Il menace maintenant les libertés démocratiques : les interdictions d’Etat envers les spectacles de Dieudonné constituent des précédents qui pourront être utilisés, demain, contre les anticapitalistes ou d’autres courants contestant l’ordre établi.

Et il fait directement le jeu de l’extrême droite. En dotant ce pitoyable « humoriste » d’un statut de vedette victimisée. Mais aussi, plus gravement, en ne ciblant dans sa démagogie « anti- raciste » que le seul antisémitisme (que le gouvernement comme Dieudonné identifient faussement à l’antisionisme), encourageant ainsi les courants identitaires rétrogrades à l’œuvre aussi dans la communauté musulmane. Il faudrait vraiment construire dans ce pays un grand mouvement unitaire contre le racisme… Qui combattrait, en même temps, les racistes d’extrême droite et ceux du gouvernement.

Jean-Philippe Divès Revue L’Anticapitaliste n°51 (février 2014)

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03 février 2014 ~ 0 Commentaire

Le livre qui effraie boutin!

papa

Papa porte une robe (avec CD)

Maya Barsony, Piotr Date de parution 19/11/2004

Albums jeunesse 62 pages – 22.00 € TTC

Gégé vit seul avec son papa, Jo Cigale, boxeur renommé. Mais un jour, lors d’un combat, Jo est blessé. Finie la boxe. C’est ainsi que Jo va devenir danseuse de music-hall…
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20 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Pourquoi les français n’ont rien à craindre de l’immigration (ci)

auvergnat
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On peut difficilement passer plus d’une journée en France sans entendre quelqu’un affirmer que les minorités ethniques constituent le plus gros problème du pays et que la présence d’immigrés com- promet l’identité même de la France.
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Une conviction généralement exprimée sans aucunement tenir compte de la responsabilité historique du pays, en tant que puissance coloniale, pour la présence d’anciens sujets de ses colonies en métropole, et sans vouloir admettre que la France sera doré- navant une mosaïque ethnique, et qu’il revient autant aux Français qu’aux immigrés de faire en sorte que cette diversité fonctionne.Depuis un an, je vois constamment de jeunes Noirs se faire interpeller et contrôler à la gare du Nord, pratique qui, contrairement à ce qui se passe à New York, ne soulève ici pratiquement aucundébat. “J’espère que vous êtes bien vacciné, m’a lancé un chauffeur de taxi en passant par un quartier noir. Maintenant, il n’y a plus besoin d’aller en Afrique pour attraper une maladie tropicale.”
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« La France n’existe plus » 
A propos des minorités ethniques vivant dans la capitale, des Français que je ne connaissais pas m’ont à plusieurs reprises fait remarquer : “Ce n’est plus la France. La France n’existe plus.” Il y a derrière pratiquement tous les échanges sociaux le présupposé permanent que l’on peut établir une division claire et significative entre les individus qui composent la vraie France et les imposteurs.En tant qu’Américain enseignant dans une université canadienne, je suis arrivé ici en 2012 pour prendre un poste dans une université française à Paris. J’observais depuis longtemps avec un intérêt modéré l’histoire, la culture et la vie politique françaises, mais je n’étais jamais resté très longtemps dans le pays et, lors de mes précédents séjours, je n’avais jamais prêté attention aux profonds clivages qui marquent ici tant d’aspects du quotidien. Lorsque des inconnus inquiets du destin de leur pays s’adressent à moi, je m’efforce de répondre patiemment.Mon accent américain ne leur échappe pas mais ne suffit pas à les décourager, car j’appartiens à une autre catégorie d’étranger : je ne suis pas perçu comme un “immigré” mais plutôt comme un “expa-trié”, venu de son propre gré pour des raisons probablement futiles, et non par nécessité écono- mique ou pour assurer ma survie ou ma liberté. Cette distinction n’est pas simplement un préjugé de l’homme de la rue : elle est inscrite jusque dans la procédure des bureaux français de l’immigration, où doivent se rendre tous les étrangers pour obtenir leur carte de séjour, mais où les Maliens et les Congolais sont dirigés vers une pièce, et les Américains et les Suédois vers une autre.

Présomption d’égalité 
Pour les premiers, la procédure a des allures de mise en quarantaine et l’attitude des fonctionnaires s’apparente à celle de gardiens de prison ; pour les seconds, un passage au bureau de l’immigration ressemble davantage à une cérémonie d’accueil et tout, dans nos échanges avec les fonctionnaires, évoque une présomption d’égalité. L’égalité est bien entendu l’un des principes fondateurs de la République française, et pourtant les critiques de la philosophie des Lumières, qui est à la base de la Révolution, savent depuis longtemps qu’il y a deux poids deux mesures : lorsque l’on parle d’égalité, soulignent-ils, il est entendu qu’elle ne vaut qu’entre égaux.

Pendant le plus clair de l’histoire de la République française, la ligne de démarcation entre égaux et inégaux a été déterminée par la dynamique de l’empire colonial. En France continentale, l’égalité était en principe absolue, mais dans les colonies, c’était une valeur qu’il fallait cultiver : pour être pleinement considéré comme un égal, un sujet des colonies devait démontrer par ses mœurs et ses goûts qu’il incarnait parfaitement l’identité française.

Avec la contraction de l’empire et la réorientation du nationalisme français vers une logique non plus territoriale mais culturelle, la distinction entre égal et inégal est passée de l’échelle mondiale au niveau local. Les francophones du monde entier ont alors commencé à affluer en métropole, avec le statut non plus de sujets coloniaux mais de simples étrangers.



Le fait que ces sujets inégaux se soient établis en France est bien entendu étroitement lié à l’héritage historique de l’impérialisme français : ce n’est pas par caprice que les Africains francophones choisissent de venir en France, mais parce qu’une longue tradition a imposé la culture française dans leur pays d’origine. Je suis devenu philosophe en grande partie parce que, comme bien d’autres, j’imaginais que cela me permettrait de m’élever au-dessus du marais trouble de l’attachement local, de la loyauté ethnique et provinciale et d’étreindre le monde dans son ensemble, d’être un vrai cosmopolite.
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Une xénophobie alimentée
 L’histoire montre pourtant que, par leur éducation philosophique, bon nombre de philosophes finissent par s’attacher plus encore à leur identité nationale ou ethnique. Cette tendance semble particulièrement répandue dans l’Europe d’aujourd’hui, et plus encore en France. Beaucoup d’Américains imaginent que la philosophie française est dominée par des penseurs abscons comme Jacques Derrida, qui s’était fait une réputation de séduire d’innocents disciples par des proclamations en forme de koan. Mais une sous-espèce bien plus dangereuse du philosophe français est l’“intellectuel public”, dont les déclarations, par l’intermédiaire des médias français, sont parfaitement compréhensibles, d’une simplicité confinant au simplisme, et souvent totalement irresponsables.
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Prenez par exemple le philosophe autoproclamé Alain Finkielkraut qui, dans son dernier livre à succès, L’Identité malheureuse, affirme tout de go que l’immigration détruit l’identité culturelle française. Il déplore le “métissage” de la France, terme souvent repris par l’extrême droite dans ses slogans, au sens de “bâtardisation”. L’auteur, dont le père était un immigré polonais et rescapé d’Auschwitz, et qui tout au long de sa carrière a fait la part belle à ce qu’il appelle le “devoir de mémoire”, prétend défendre les valeurs des “Français de souche”. Il alimente ainsi la xénophobie qui sévit en France et qui a été exacerbée, ici comme dans d’autres pays d’Europe, par le climat d’incertitude économique.Qu’est-ce qui peut bien justifier cette distinction entre expatriés et immigrés, ou les difficultés réservées à ces derniers lorsqu’ils tentent de s’établir dans un nouveau pays ? Les Européens nativistes, comme Finkielkraut, disent souvent craindre d’être “envahis” par un groupe ethnique issu de pays ou de régions économiquement désavantagées. La plupart d’entre nous peuvent s’accorder à dire que, même s’il n’existe aucun droit absolu à préserver la pureté de sa culture, il y a tout au moins un véritable avantage à vivre parmi des gens qui partagent beaucoup de valeurs et traditions communes.Il y aurait par exemple quelque chose à perdre si en Islande une vague massive d’immigration débouchait sur un changement démographique si radical que les Islandais se retrouvaient en minorité dans ce pays insulaire jusqu’alors homogène – et cela constituerait une perte pour le pays lui-même comme pour ceux d’entre nous qui, sans y vivre, tiennent à ce que nous pourrions assimiler à l’équivalent culturel de la biodiversité.

Or, rien qui ressemble de près ou de loin à un bouleversement d’une telle ampleur ne se produit en Europe, pas même dans les pays qui ont connu la plus forte immigration, comme la France et la Grande-Bretagne. Outre l’avantage réel qu’il y a à vivre parmi des gens qui partagent nos valeurs et traditions, il y a aussi ce que le philosophe Michael Dummet définit dans son important ouvrage On Immigration and Refugees [De l’immigration et des réfugiés] comme le droit de vivre en citoyen de première classe. Ce droit, précise-t-il, dépend en partie de la conduite d’un Etat, et en partie du comportement de son peuple.

Que le droit des immigrés à être des citoyens de première classe s’oppose ou pas au droit des premiers habitants à la préservation culturelle repose largement sur la politique de l’Etat et sur l’opinion publique. Même si le nombre d’immigrés en Europe était beaucoup plus élevé, ce serait une illusion de supposer que les immigrés mènent un effort concerté pour modifier le caractère du pays dans lequel ils sont venus. Parler d’“occupation” ou d’“invasion” est analogue, et correspondrait en fait bien plus justement au mouvement initial des Etats Européens dans leurs anciennes colonies, mouvement qui, une fois de plus, représente un facteur crucial dans les tendances et schémas migratoires actuels vers l’Europe.

L’immigration en Europe, tout comme par exemple dans le sud-ouest des Etats-Unis ou à l’intérieur de l’ex-Union soviétique, est dictée par des rapports historiques profonds et des schémas d’échanges entre les pays d’origine des immigrés – dans le cas de la France, surtout l’Afrique du Nord et la Françafrique subsaharienne – et les lieux de destination.
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Politiques migratoires 
Depuis la fin de la Renaissance, l’Europe entretient des échanges permanents – humains, financiers, matériels et culturels – avec la sphère extra-européenne et pourtant, quelques siècles après la grande expansion mondiale de la fin du XVe siècle, un mythe s’est installé dans toute l’Europe, qui voudrait que les nations européennes se constituent entièrement de l’intérieur, que leurs cultures soient le fruit du terroir et soient inscrites depuis la nuit des temps sur un bout de terre immuable.C’est cette conception de la constitution d’une nation qui a mené à la fracture fondamentale qui distingue aujourd’hui encore la politique migratoire européenne de celle des Etats-Unis. L’approche américaine de l’immigration est arrimée à des circonstances historiques liées à l’appropriation d’un continent, et c’est cette même histoire d’appropriation qui continue à induire un sentiment de honte chez la plupart des Euro-Américains qui pourraient autrement être tentés de se présenter comme des indigènes.


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L’Amérique doit reconnaître son identité hybride et construite, puisque les seuls qui puissent raisonnablement prétendre au statut d’indigènes sont ceux-là mêmes que cette nouvelle identité visait à déplacer. Mais en Europe, aucun déplacement de ce type n’intervient dans la mémoire historique : les Européens peuvent plus facilement s’imaginer être leurs propres indigènes et, par là même, imaginer l’impact démographique du monde extra-européen sur le continent comme le signe avant-coureur d’un hypothétique déplacement total. L’angoisse nativiste des Européens repose sur des valeurs que l’on ne saurait railler ou balayer d’un revers de main.
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L’exaltation du terroir Elles ne sont pas totalement étrangères aux divers mouvements visant à défendre les traditions locales : l’exaltation du terroir et du “slow food”, la suspicion à l’égard des multinationales. Mais comme la vénérée tomate et tant d’autres produits de diverses cuisines européennes, l’identité culturelle européenne est également le résultat de très anciens réseaux d’échanges internationaux. Depuis des siècles, ces réseaux servent surtout à l’enrichissement de l’Europe au détriment du reste du monde, et c’est ce déséquilibre qui explique en grande partie les schémas migratoires actuels. L’Europe n’a jamais été autonome et le rôle qu’elle a tenu dans le monde l’a certes enrichie mais lui a aussi légué une responsabilité unique envers l’immense partie de la planète dont elle a tiré sa prospérité.J’observe la situation actuelle à partir d’une position privilégiée, en ma qualité d’étranger à part : je ne suis pas de ceux que l’on soupçonne d’être venus pour consommer des ressources et menacer une tradition, mais plutôt de ceux qui sont censés célébrer ces traditions et acquiescer passivement aux sentiments des indigènes. Le privilège, pour moi, ne tient pas simplement au fait que je ne suis pas la cible de discrimination, mais aussi au fait que je suis capable d’apprendre beaucoup de choses auxquelles je n’aurais pas accès si j’avais un autre type d’accent ou une peau plus foncée. Et même si ce que j’entends dans les rues est décourageant, ce n’est en réalité qu’un écho du discours de la classe politique et de supposés intellectuels, qui préfèrent imputer l’instabilité du présent et l’incertitude de l’avenir aux membres les plus impuissants de la société française.

Justin E. E. Smith enseigne l’histoire et la philosophie à l’université Paris Diderot (Paris 7).

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18 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

Contre tous les racismes !

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Depuis deux semaines, le feuilleton Valls Dieudonné occupe le devant de la scène jusqu’à l’overdose, alimentant une confusion idéologique et politique. Une diversion savamment orchestrée.

Rappel des faits : la circulaire Valls du 6 janvier demandant aux préfets d’interdire les spectacles de Dieudonné est suivie le 7 par un arrêté du préfet de Loire-­Atlantique interdisant le spectacle prévu à Nantes. Puis le 8 à 14 h 30, annulation de l’arrêté préfectoral par le tribunal administratif de Nantes. À 17 h, Valls saisit en référé le Conseil d’État, et à 18 h le magistrat maintient l’interdiction du spectacle, cassant la décision du tribunal administratif de Nantes et donnant raison au gouvernement…

Dieudonné, le bouffon antisémite, ne fait pas rire Dieudonné est antisémite, ses liens avec l’extrême droite, du Front national à Soral, sont bien connus, et ses spectacles puent le racisme et l’homophobie. Et ce n’est pas nouveau. S’il fut par le passé un humoriste et un militant anti­raciste, il n’a pas hésité en 2008 à décerner le « prix de l’insolence » au négationniste Robert Faurisson, dans une mise en scène antisémite à vomir. Plus aucun doute n’était permis.

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Nous ne serons jamais de ceux qui relativisent, excusent ou banalisent les propos racistes. Les paroles préparent et permettent les actes, les agressions, les crimes. Pour nous, sans aucune ambiguïté, le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, comme le sexisme ou l’homophobie, ne sont pas des opinions, mais des délits qui doivent être condamnés. Et il y a largement matière à condamnation dans les spectacles et déclarations de Dieudonné.

L’interdiction par Valls est dangereuse et inefficace Le ministre de l’Intérieur est totalement disqualifié pour prétendre mener le combat antiraciste. Outre ses déclarations contre les Roms, il poursuit une politique d’expulsion des sans-papiers, de discriminations à l’égard des étrangerEs, des musulmanEs, de destruction des campements de Roms…

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Valls mène aussi une politique sécuritaire. L’interdiction d’un spectacle est une interdiction à priori. Comme il le revendique lui-même dans sa circulaire, c’est une justice d’exception, et l’exception ne fait jamais bon ménage avec la justice. Ces derniers temps, les décisions de justice à caractère politique se multiplient. Ainsi, le parquet général de Lyon fait appel contre la relaxe des cinq militants CGT de Roanne poursuivis pour avoir refusé un prélèvement d’ADN.

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Dans l’affaire Dieudonné, le Conseil d’État a donné raison à Valls en une petite heure. Avec la même rapidité, il avait confirmé lors du mouvement sur les retraites en 2010 la réquisition des grévistes du dépôt de carburant pour l’aéroport Charles-de-Gaulle ! Celles et ceux qui attendent des années pour qu’un tribunal oblige enfin leur patrons à payer leur salaires ont de quoi enrager. Justice aux ordres, justice nulle part !

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Si Valls voulait faire de la publicité à Dieudonné, il ne s’y prendrait pas autrement. Pire, en donnant l’image du pouvoir politique voulant le faire taire, il conforte l’image usurpée de « rebelle » victime du système que cherche à se construire Dieudonné, lui attirant la sympathie de celles et ceux qui n’en peuvent plus de l’injustice, de l’exclusion, du mépris. Il jette dans les bras d’un multi-millionnaire antisémite, fraudeur d’extrême droite, des exploitéEs et des oppriméEs que tout le brouillage idéologique actuel amène à se tromper de colère.

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La mobilisation comme seul rempart Valls et le gouvernement cherchent à faire diversion, à faire oublier les attaques antisociales, en saturant l’actualité avec ce vrai faux duel. À l’inverse, ils instrumentalisent l’antiracisme, contribuant ainsi à pourrir un climat politique et à renforcer l’extrême droite, en même temps qu’ils refusent toute mesure réelle contre les discriminations.
Le droit de vote des immigréEs, le rapport « sur l’intégration » remis le 13 novembre à Ayrault qui préconise des mesures concrètes pour l’égalité d’accès aux prestations (APSA ou RSA), l’abrogation des lois discriminatoires, la reconnaissance des identités multiples et des cultures plurielles à l’école comme dans les lieux culturels… sont purement et simplement enterrés.

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Le combat contre le racisme et contre l’extrême droite doit être mené malgré et contre le gouvernement par le mouvement social, le mouvement syndical, la gauche non gouvernementale, dans les lieux de vie, de travail, d’étude. Ce combat ne sera efficace que s’il s’inscrit dans un projet émancipateur combinant partage des richesses, partage du travail, égalité des droits et démocratie réelle, dans le cadre d’une mobilisation capable de reconquérir le terrain de la contestation, de la subversion et d’en chasser les faux rebelles démagogues. Christine Poupin

Hebdo L’Anticapitaliste – 225 (16/01/2014)

http://npa2009.org/content/luttons-contre-tous-les-racismes%E2%80%89

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