Archive | Antiracisme

08 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

a bas l’antisémitisme!

Chanson anarchiste en Yiddish langue des juifs d’Europe de l’est

 

Lire la suite

08 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

valls-dieudonné: un jeu de dupes

valls

La  bataille que Valls a décidé d’engager contre Dieudonné en demandant aux préfets d’interdire ses spectacles est un jeu de dupes.

*

Ce dernier vient de découvrir Dieudonné, les haines rances et l’antisémitisme qu’il véhicule, ses amitiés d’extrême droite, ses liens avec le Front national, les milieux antisémites négationnistes et autres courants fascistes.

Le ministre de l’Intérieur se présente comme le champion de la lutte contre l’extrême droite, alors qu’il fait tout pour battre le record des expulsions d’étrangers du gouvernement précédent, tient des propos racistes contre les Roms ou regrette qu’il n’y ait pas assez de « white » et trop de noirs dans sa bonne ville d’Evry…

Il y a arnaque, la campagne de Valls arrive à point nommé pour le gouvernement alors que les chiffres du chômage sont catastrophiques, que l’économie est au plus bas, que la TVA augmente, ou que Hollande vient d’annoncer vouloir faire 30 milliards de cadeaux sur les cotisations patronales aux dépends des salariés.

C’est bien leur politique qui crée un terrain favorable à tous les démagogues réactionnaires qu’ils cherchent à faire leur sale business en politique ou dans le spectacle.

Les sinistres pitreries de Dieudonné sont insupportables mais l’interdiction de ses spectacles n’aura comme effet que de le poser en victimes du système, de ce gouvernement de plus en plus rejeté.

La lutte contre le racisme quel qu’il soit, contre la démagogie d’extrême-droite et fascisante doit être prise en main sur tous les terrains qu’il soit juridiques ou politiques par les organisations du mouvement social, par les travailleurs et les jeunes.

Elle est indissociable de la lutte pour l’égalité des droits et contre les discriminations, pour le droit de vote, le droit au séjour, contre la politique de ce gouvernement hypocrite. Montreuil, le 7 janvier 2014

http://npa2009.org/node/39901

Lire la suite

03 janvier 2014 ~ 0 Commentaire

affaire dieudonné: combattre l’antisémitisme et le racisme (lo)

bd_Nazi_Fun_Klub41

Les prises de positions antisémites de Dieudonné sont révoltantes, quelle que soit la façon dont on essaye de les justifier et de les banaliser.

Certains font mine de prétendre qu’il ne s’agirait que de traits d’humour, ou de simples propos qui, en fin de compte, relèveraient de la seule liberté d’opinion et d’expression. Mais l’alibi hypocrite est trop complaisant et trop facile dans un contexte où les préjugés racistes les plus réactionnaires font surface.

Car les idées dont Dieudonné se fait, à son échelle, un propagateur intéressé (on apprend à cette occasion que la société qu’il a mise en place pour gérer les sous-produits de sa notoriété et de ses tournées est une affaire qui marche) ne sont pas que d’innocents prétextes à plaisanteries. Ce ne sont pas de simples propos de cabaret.

Ces idées peuvent tuer. Il est inutile de rappeler qu’elles ont servi naguère de prétexte à plusieurs reprises à des massacres innommables.

Il serait faux et vain de croire qu’il suffirait d’interdire qu’elles soient formulées pour qu’elles cessent d’exister et de circuler. Elles circulent d’ailleurs actuellement, au-delà de Dieudonné et de son petit milieu. Y compris parmi des personnalités comme le footballeur Nicolas Anelka, qui a tenu à accompagner le but qu’il venait de marquer dans le championnat anglais par un geste de connivence à destination de son ami.

Quant à l’utilisation des préjugés racistes et xénophobes, en désignant les étrangers comme boucs émissaires, c’est un comportement que l’on retrouve chez bon nombre de politiciens, au sein de la droite mais aussi à gauche, sous une forme ou une autre. À commencer par Manuel Valls, qui a pris la tête de cette croisade contre Dieudonné et ses spectacles, après avoir été le promoteur d’une campagne anti-Roms qui n’avait rien à envier à celle menée par la précédente majorité de droite.

Il faut combattre ces ignomonies car elles ont toujours été utilisées pour dresser les exploités les uns contre les autres afin de préserver la domination des exploiteurs. Jean-Pierre VIAL

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2370&id=6

Lire la suite

18 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Breizh Atao, condamné en appel pour insultes racistes (of)

yannick-martin

Ce mardi, à 14 h, la cour d’appel de Rennes a confirmé le jugement de la cour de Quimper à l’encontre de Boris Le Lay, fondateur du site nationaliste breton Breizh Atao, pour diffamation et discrimination raciale.

Le prévenu, originaire de Rosporden et âgé de 32 ans, avait diffamé sur son site le maire de Quimper et menacé une élue du conseil régional. Il avait insulté le sonneur de bombarde, champion de Bretagne, Yannick Martin, du bagad Kemper, à cause de la couleur de sa peau. Il s’était aussi attaqué aux Juifs.

Boris Le Lay est condamné, en appel, à 18 mois de prison avec sursis, pour diffamation et incitation à la discrimination raciale. Il devra également reversé 500 € de dommages et intérêts à chacune des six parties civiles.

Le prévenu n’était pas présent à son procès en appel, comme en juin dernier à Quimper. La partie civile avait rappelé qu’il avait « pour principe de ne pas collaborer avec la justice républicaine. » Il séjourne au Japon et avait demandé par l’intermédiaire de son avocat l’annulation de la procédure ou une relaxe. Les parties civiles avaient dénoncé la « lâcheté du nationaliste breton ». Boris Le Lay a déjà été condamné dans des affaires similaires. Il doit comparaître à nouveau en appel pour deux autres dossiers du même ordre. Rennes – 17 Décembre

http://www.ouest-france.fr/breizh-atao-condamne-en-appel-pour-insultes-racistes-1796222

Lire la suite

17 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Le Français de souche n’existe pas (lp)

caverne

Vraiment, rien en commun? Cherchez un instant!

Didier Raoult tord scientifiquement le cou au mythe du « vrai Français » dans un pays où le métissage est généralisé.

Les créations de mots et de concepts peuvent servir à déguiser des termes dont l’usage est interdit par la loi ou par l’évolution des moeurs. Au cours de la dernière campagne électorale, la question des « Français de souche » a émergé comme une évidence pour ceux qui ont employé l’expression. Ha- bitant à Marseille, la croisée du monde méditerranéen, et ayant eu la chance d’y voir arriver un des meilleurs spécialistes scientifiques mondiaux de l’étude génétique des origines humaines, j’ai naturellement examiné cette question du point de vue du scientifique.

Il est d’abord bien difficile de définir géographiquement ce qu’est la France. En effet, ses frontières n’ont cessé de changer au cours des siècles. Marseille pendant longtemps n’a pas été française, le comté de Nice et la Savoie n’ont rejoint la France qu’il y a peu de temps, et l’Algérie a été un département français de 1830 à 1962. L’Alsace et la Lorraine étaient allemandes pour une partie du XIXe siècle et du XXe siècle. Les habitants de Saint-Louis au Sénégal eurent un statut de citoyens français dès la Révolution française, et cette citoyenneté s’étendait à quatre communes du Sénégal en 1916 ! Qu’en est-il des Français des Comores ? Ceux de Mayotte restés attachés à la France sont français, pas ceux des autres îles devenues indépendantes. Ainsi, la France est une variable géographiquement instable, un mythe.

Le droit du sang génétiquement infondé Concernant la génétique, les choses sont beaucoup plus complexes. Ainsi comment différencier la part de la population française vivant en Europe qui est issue des vagues d’envahisseurs celtes, germains, romains, huns, arabes (lors des grandes invasions du Moyen Âge), Normands ou de tous les peuples méditerranéens dans le sud de la France, et la part née des migrations économiques des autres pays d’Europe, d’Afrique et d’Asie ? Il existe seulement quelques îlots ayant conservé une certaine homogénéité génétique, dont les Basques qui ne sont regroupés dans aucune nation unique.

La réalité est qu’il n’y a aucune superposition entre le territoire français et son origine génétique. D’ailleurs, les récentes études génétiques ont montré qu’on trouvait en France un mélange des trois grands groupes d’hominiens archaïques que nous connaissons actuellement : Neandertal, Cro-Magnon et l’homme de Dénisova, originaire de Sibérie, dont les gènes nous ont peut-être été apportés par les Huns.

Dans tous les cas le métissage est généralisé. Ainsi le « droit du sang » n’est pas génétiquement fondé. D’autant que l’on estime que 5 à 10 % des enfants ne sont pas du père officiel, mais d’un in- connu, dont on ne connaît pas les gènes ! La définition retenue en France et aux États-Unis du « droit du sol » dépend du périmètre du pays au moment où l’enfant naît ou de la nationalité des parents. Je redoute que le terme « Français de souche » ne serve qu’à exclure ceux que l’on ne veut pas comme Français…

Par le professeur Didier Raoult Le Point.fr – Publié le 23/08/2012 à 10:33

http://www.lepoint.fr/invites-du-point/didier_raoult/le-francais-de-souche-n-existe-pas-23-08-2012-1498404_445.php

Lire la suite

17 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

Le mrap indigné de l’évacuation par la police des sans-abris de la basilique de saint-denis

Jean-François Copé et Manuel VallsLe mrap indigné de l’évacuation par la police des sans-abris de la basilique de saint-denis  dans Antiracisme rien

Dimanche 15 décembre 2013, la police a investi la basilique Saint-Denis pour déloger des sans-abris et leurs soutiens qui s’y étaient réfugiés.

« Depuis quand la police armée pénètre-t-elle dans une cathédrale ? Quelle honte pour notre police, notre préfet, notre pays » a déclaré Jean Courtaudière, curé de la Basilique, alors qu’elle accueillait des personnes expulsées de leur logement depuis le 7 juin 2013.

Pour le Maire de Saint-Denis, Didier Paillard, molesté par les forces de l’ordre,ou l’ancien Evêque de Saint-Denis, Olivier de Berranger, empêché d’entrer dans sa cathédrale, la la police, sous l’ordre de sa hiérarchie, s’est déshonorée en pénétrant par la force dans ce lieu sacré.

La brutalité de la méthode rappelle celle qui avait conduit à l’évacuation de l’église Saint-Bernard le 23 août 1996. Il est devenu impossible de distinguer les méthodes policières d’aujourd’hui de celles d’hier. Le MRAP dénonce avec la plus grande fermeté ces méthodes indignes.

Par ailleurs le MRAP, avec d’autres organisations et les expulsés, exige le relogement immédiat de l’ensemble du groupe dans les logements disponibles du centre d’hébergement qui vient d’ouvrir à Saint-Denis. Cette exigence est d’autant plus forte que la sous-préfète s’y était engagée le mardi 3 décembre pour se contredire 2 jours après…

La régularisation administrative est une condition indispensable pour permettre aux personnes de nationalités malienne et ivoirienne d’entrer dans un logement pérenne. Le Ministre de l’Intérieur, Monsieur Manuel Valls, et la Ministre du Logement, Madame Cécile Duflot, doivent prendre leurs responsabilités et donner une réponse positive à cette situation.

MRAP  lundi 16 décembre 2013 – 23h05

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article138843

Lire la suite

16 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

“A force de répéter que l’immigration est un problème, elle devient un problème” (les inrocks)

native-americans-discuss-illegal-immigration

François Gemenne, spécialiste des migrations, est intervenu à la convention sur l’immigration de l’UMP. Plaidant pour que les politiques migratoires s’appuient sur des données empiriques plutôt que sur des fantasmes, il a été fraîchement accueilli. Il revient sur ses analyses.

Le 12 décembre, l’UMP a organisé une grande convention sur l’immigration. Invité à y participer, François Gemenne, chercheur spécialisé sur les questions de gouvernance mondiale des migrations et de l’environnement (à Sciences Po et à l’université de Liège et Versailles), a accepté de revenir sur l’accueil (houleux) qu’il a reçu de la part des militants. Pour lui, beaucoup des 41 propositions mises sur la table par Jean-François Copé sont purement “symboliques”.

Vous êtes intervenu en tant qu’expert à la convention nationale de l’UMP sur l’immigration. Pouvez-vous nous raconter les circonstances de votre intervention et l’accueil qui a été fait à votre propos ?

François Gemenne – J’avais été invité pour évoquer les grandes tendances mondiales des flux migratoires, et je dois dire que j’avais été très positivement surpris par cette invitation : il n’est pas courant qu’un chercheur soit invité par un parti politique pour présenter un éclairage sur ces questions. D’autant plus que j’avais été très critique des positions adoptées par l’UMP sur l’im- migration. Mon intervention était placée au sein d’un panel composé de cadres du parti, à la suite de la présentation de la politique canadienne d’immigration par un ministre-conseiller de l’ambassade du Canada. J’ai présenté rapidement les grandes dynamiques migratoires mondiales, les chiffres-clés de l’immigration en France, et j’ai plaidé pour que les réformes proposées par l’UMP s’appuient sur ces réalités empiriques de l’immigration, plutôt que sur des symboles ou des fantasmes.

Quelques militants m’ont applaudi, mais la plupart étaient manifestement très mécontents de mon intervention et l’ont fait savoir, ce qui a contraint les organisateurs de la convention à inter- venir à deux ou trois reprises. Je m’y attendais un peu, mais ce qui m’a surpris, c’est que les militants ne huent pas seulement certaines de mes positions, mais parfois les statistiques elles-mêmes ! Quand je signale que le nombre de titres de séjour accordés en France est stable depuis 2006 et que les militants s’énervent, cela montre le fossé entre la réalité de l’immigration et la perception de celle-ci.

Mais malgré cet accueil chahuté, je reste reconnaissant aux responsables de l’UMP pour leur invitation : je plaide depuis longtemps pour que les responsables politiques échangent davantage avec les chercheurs sur ces questions. Dans ce cadre, l’invitation de l’UMP fait preuve, je trouve, d’ouverture d’esprit et d’un certain sens du débat, puisque j’imagine que les cadres du parti savaient que mon discours n’était guère susceptible de plaire aux militants.

Jean-François Copé veut opter pour une politique d’immigration par points comme celle qui est pratiquée au Canada. Quel regard portez-vous sur ce système ? Est-il importable en France ?

J’ai déjà dit qu’il me semblait que le Canada et la Nouvelle-Zélande étaient les deux seuls pays industrialisés à avoir maintenu une politique migratoire relativement ouverte, claire et réaliste. Donc, bien sûr, je souhaiterais qu’une telle politique puisse aussi être importée en France. Mais il faut bien comprendre que la politique d’immigration canadienne, ce n’est pas uniquement le système des points : c’est aussi, notamment, un engagement fort de l’Etat pour la diversité et dans la lutte contre les discriminations. En France, nous en sommes encore très loin. On ne peut pas à la fois vouloir du système canadien et stigmatiser systématiquement les musulmans sous le couvert de la promotion de la laïcité, par exemple. Le Canada a pleinement embrassé le modèle multiculturel, qui reconnaît les droits et les identités des minorités, tandis que la France reste ancrée dans un modèle encore largement assimilationniste.

Les 41 propositions avancées par l’UMP (comme la suppression de l’aide médicale d’Etat, la fin du droit du sol, la réduction du regroupement familial ou bien encore la réforme du droit d’asile) vous paraissent-elles réalistes ?

Non. Beaucoup sont des mesures purement symboliques, qui visent avant tout à satisfaire un élec- torat et des militants échaudés par le Front national et ne résolvent aucun problème. La réforme du droit du sol, par exemple, est assez symptomatique. Idem pour la proposition d’émettre une réserve sur l’interprétation de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme. Par contre, d’autres propositions me semblent aller dans le bon sens : celle de mettre en place une conférence nationale sur l’immigration, et bien sûr celle de réduire drastiquement les délais de la procédure d’asile. Aujourd’hui, le délai moyen de traitement d’une demande d’asile est de 20 mois : réduire ce délai est une priorité absolue.

Comment expliquez-vous la surenchère de la droite sur l’immigration depuis le début des années 90 ?

Je ne suis pas sûr d’être le mieux placé pour l’expliquer, mais cela correspond à la période à partir de laquelle l’extrême droite a commencé à imposer son agenda sur le thème de l’immigration. Dès lors que tant la droite que la gauche avaient accepté l’idée, imposée par le Front national, que l’im- migration était un problème auquel il fallait apporter des solutions, la droite n’avait plus d’autre choix que de courir après l’extrême droite.

Pourquoi l’immigration continue d’être perçue comme un problème par la classe politique française ?

Je pense qu’il y a trois raisons à cela, que je classerais ainsi par ordre croissant d’importance : la première tient à la très grande concentration géographique de l’immigration en France. La plupart des immigrés habitent en Île-de-France ou dans la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur, et souvent en banlieue, ce qui peut créer une distorsion entre les réalités statistiques de l’immigration et leur perception au niveau local. La deuxième raison, c’est ce que j’appelle le paradigme de l’immobilité. La classe politique française continue à penser que dans un monde idéal, chacun resterait chez soi et n’éprouverait pas le besoin ni l’envie d’émigrer. Elle n’a pas encore accepté l’idée que la migration était à la fois un phénomène structurel et un droit fondamental, qui traduit aussi, d’une certaine façon, les inégalités du monde – et permet, parfois, de les réduire un peu. Enfin, il y a l’impact de la répétition comme prédiction créatrice : à force de répéter partout que l’immigration est un problème, elle devient un problème. Par David Doucet le 16 décembre 2013 à 11h18

http://www.lesinrocks.com/2013/12/16/actualite/force-repeter-limmigration-probleme-devient-probleme-11453266/

Lire la suite

16 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

théorie du genre: judith butler répond à ses détracteurs (obs)

princess

Négation des sexes et des corps, arrière-pensée politique, obsession de la domination: la pionnière du « gender » revient sur les inquiétudes que son courant de pensée suscite en France.

Née en 1956, professeur à Berkeley, la philosophe Judith Butler a publié «Trouble dans le genre» en 1990. Paru en octobre, son dernier ouvrage traduit en français porte sur la question israélienne: «Vers la cohabitation. Judéité et critique du sionisme» (Fayard).

Le Nouvel Observateur En 1990, vous aviez publié «Trouble dans le genre», qui devait marquer l’irruption dans le débat intellectuel de la «théorie du genre». De quoi s’agit-il ?

Judith Butler Je tiens tout de suite à préciser que je n’ai pas inventé les «études de genre» (gender studies). La notion de «genre» est utilisée depuis les années 1960 aux Etats-Unis en sociologie et en anthropologie. En France, notamment sous l’influence de Lévi-Strauss, on a longtemps préféré parler de différences sexuelles. Dans les années 1980 et 1990, le croisement de la tradition anthropologique américaine et du structuralisme français a donné naissance à la théorie du genre.

Cette théorie est parfois reçue comme une façon de dire que les différences sexuelles n’existent pas…

On croit que la définition du sexe biologique est une évidence. En réalité, elle a toujours été l’objet de controverses entre scientifiques. On me demande souvent si j’admets l’existence du sexe biologique. Implicitement, on me dit: «Vraiment, il faudrait être fou pour dire que cela n’existe pas.» Et, c’est vrai, le sexe biologique existe. Il n’est ni une fiction, ni un mensonge, ni une illusion. Simplement, sa définition nécessite un langage et un cadre de pensée – autant de choses qui par principe peuvent être contestées et qui le sont. Nous n’avons jamais une relation simple, transparente, indéniable au sexe biologique. Nous devons passer par un cadre discursif, et c’est ce processus qui intéresse la théorie du genre.

Les genres, ce sont aussi des normes, que vous critiquez.

Les études de genre ne décrivent pas la réalité de ce que nous vivons, mais les normes hétéro-sexuelles qui pèsent sur nous. Nous les avons reçues par les médias, par les films ou par nos parents, nous les perpétuons à travers nos fantasmes et nos choix de vie. Elles nous disent ce qu’il faut faire pour être un homme ou une femme. Nous devons sans cesse négocier avec elles. Certains d’entre nous les adorent et les incarnent avec passion. D’autres les rejettent. Certains les détestent mais s’y conforment. D’autres jouent de l’ambivalence… Je m’intéresse à l’écart entre ces normes et les différentes façons d’y répondre.

Il n’y a donc pas de «nature masculine» ou de «nature féminine»? Jamais on ne peut dire «moi, en tant qu’homme» ou «moi, en tant que femme»?

Il se peut qu’existe une nature féminine, mais comment le savoir ? Et comment la définir? A l’instant même où nous commençons à en parler, nous nous devons d’argumenter, de défendre notre point de vue: le genre est toujours l’objet d’une discussion publique, ce n’est jamais une évidence donnée par la nature. Certes, je peux parler en tant que femme. Par exemple, je peux dire qu’en tant que femme je combats les discriminations qui pèsent sur les femmes. Une telle formulation a un effet politique incontestable. Mais décrit-elle ce que je suis? Suis-je tout entière contenue dans ce mot «femme»? Et est-ce que toutes les femmes sont représentées par ce terme lorsque je l’utilise pour moi?

Vos travaux s’inscrivent dans une tendance de la pensée américaine qui s’intéresse aux victimes de la domination: les femmes et les homosexuels pour les «gender studies», les minorités raciales pour les «postcolonial studies», les personnes vulnérables pour la «théorie du care». En face, il y a un adversaire commun: le «mâle blanc hétéro riche». Votre réflexion s’adresse-t-elle aussi à lui?

Comme tout le monde, le «mâle blanc hétéro riche» est l’objet de demandes variées auxquelles il doit se conformer. Vivre son hétérosexualité, sa «blanchitude», ses privilèges économiques, cela signifie se mouler dans les idéaux dominants, mais aussi refouler les autres aspects de sa personnalité: sa part homosexuelle, sa part féminine, sa part noire… Comme tout le monde, le mâle blanc hétéro négocie en permanence. Il peut prendre certains risques. Mais parfois, lorsqu’il se regarde dans le miroir, il voit… une femme ! Et tout ce à quoi il croyait tombe en morceaux !

La théorie du genre a-t-elle une visée politique ?

Je pense aux personnes dont le genre ou la sexualité a été rejetée et je voudrais aider à l’avènement d’un monde où elles puissent respirer plus facilement. Prenez le cas de la bisexualité: la notion d’orientation sexuelle rend très difficile d’aimer tantôt un homme, tantôt une femme – on vous dira qu’il faut choisir. Voyez encore la situation des «intersexes», les gens sexuellement ambigus ou indéterminés: certains demandent que leur ambiguïté soit acceptée comme telle et qu’ils n’aient pas à devenir homme ou femme. Comment faire pour les aider ? L’Allemagne vient de créer un troisième genre dans les catégories de l’administration. Voilà une façon de rendre le monde plus vivable pour tout le monde.

Peut-on se libérer du genre ? Certains plaident pour un monde où le sexe ne serait plus qu’une variable secondaire, comme la couleur des cheveux ou la taille…

Je n’ai jamais pensé qu’il fallait un monde sans genre, un monde post-genre, de même que je ne crois pas à un monde post-racial. En France, des élus de gauche ont demandé qu’on supprime le mot «race» de la Constitution. C’est absurde ! Cela revient à vouloir construire un monde sans histoire, sans formation culturelle, sans psyché… Nous ne pouvons pas faire comme si la colonisation n’avait pas eu lieu et comme s’il n’existait pas des représentations raciales. De même, à propos du genre, nous ne pouvons pas ignorer la sédimentation des normes sexuelles. Nous avons besoin de normes pour que le monde fonctionne, mais nous pouvons chercher des normes qui nous conviennent mieux.

Dans les pays occidentaux, la droite et même l’extrême droite utilisent le thème de l’homosexualité pour dénoncer l’islam et l’accuser d’homophobie. En 2010, lors de la Gay Pride de Berlin, vous aviez refusé un prix en dénonçant la dérive xénophobe du mouvement homosexuel. Cette inquiétude est-elle toujours d’actualité ?

Il existe une façon nationaliste, de droite, de défendre les homosexuels. Mais à l’opposé on trouve des gays et lesbiennes qui combattent à la fois l’homophobie et le nationalisme extrême. Porteurs d’un projet de justice social, ils ne se contentent pas de réclamer des droits seulement pour eux- mêmes, mais aussi pour les autres minorités et notamment pour les migrants.

Ce qui m’avait gênée à Berlin, c’est que le seul groupe dont les associations allemandes dénonçaient l’homophobie, c’était les immigrés musulmans. Comme s’il était facile d’être un adolescent gay dans le système éducatif allemand ! Comme si les Eglises avaient soutenu le combat des homosexuels ! Réduire l’homophobie en Europe à l’islamisme, cela permet de dire: nous, Européens, nous sommes civilisés, nous ne sommes pas homophobes comme les musulmans. C’est faire de l’islam un bouc émissaire. Or l’affaire est beaucoup plus complexe. Par exemple, quiconque a été au Caire ou à Ramallah sait qu’il existe là-bas des communautés gays très vivantes.

Vous avez critiqué les lois françaises interdisant le port du voile islamique à l’école et celui de la burqa. Pourtant, c’est un exemple manifeste de discrimination liée au genre…

Je ne comprends pas la fixation française sur ce sujet. Le voile peut certes être un signe de sou- mission, mais c’est aussi un signe d’appartenance à une famille, à une religion, à un pays d’origine, à une communauté. Contraindre une femme à ôter le voile, c’est l’obliger à se couper de ses attaches, à se déraciner. Certes, on peut juger que s’arracher à son milieu d’origine est une bonne chose, mais ce n’est pas à l’Etat d’en faire une norme obligatoire. Enlever le voile, pour une musulmane, ce doit être un choix, comme le mariage pour un couple gay: personne ne vous oblige à vous marier, mais on vous en donne la possibilité. C’est une norme, mais ce n’est pas obligatoire.

Publié le 15-12-2013 à 19h19 – Mis à jour à 19h30 Propos recueillis par Eric Aeschimann

http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20131213.OBS9493/theorie-du-genre-judith-butler-repond-a-ses-detracteurs.html

Lire la suite

16 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

afrique du Sud: pas d’arc-en-ciel à marikana (jdd)

black-in-white-big

Nelson Mandela a été enterré dimanche dans son village natal de Qunu. Bien loin des mines de platine de Marikana, où l’an dernier la police avait tué 34 ouvriers noirs sur des terres confisquées aux Blancs.

Une ville du Far West, voilà ce que pourrait être Marikana. Avec une ligne de chemin de fer qui la traverse, le train qui siffle à chaque passage, des boutiques de vente d’alcool en pagaille en guise de saloons, et des Pakistanais, Nigérians et autres étrangers qui tiennent les commerces non plus de quincaillerie générale mais d’écrans plats ou de tablettes tactiles. Et d’énormes 4 x 4 ou pick-up à la place des chariots tirés par des chevaux. Marikana fut, il y a longtemps, une terre de fermes agricoles. Puis elle est devenue une ville minière.

Un eldorado pour certains, une ville de malheur pour d’autres.

Marikana est entrée dans l’Histoire l’année dernière, lorsque la police sud-africaine a tiré et tué 34 mineurs, lors d’une grève sauvage. Rappelant ainsi aux gens du pays le terrible massacre de ­Sharpeville de 1960. À 112 km au nord-ouest de Johannesburg, les mines de Marikana arrivent au troisième rang mondial de la production de platine. Le secteur minier représentait 38% des exportations du pays en 2012. Mais Marikana et d’autres mines moins connues ont fragilisé le secteur. Désormais, les investisseurs étrangers, rendus frileux par ces poussées de violence très médiatisées, préfèrent aller investir dans des pays où l’exploitation du sous-sol n’entraîne aucun mouvement social. La richesse aurait dû frapper aux portes de la ville. En réalité, Marikana est devenue l’envers de la carte postale, l’envers du décor économique rêvé par le « père de la nation arc-en-ciel », Nelson Mandela.

Les Blancs frappés au portefeuille

Et pour une fois, Blancs et Noirs sont quasi à égalité. À Marikana, près de la moitié de la population noire est au chômage, les mineurs employés localement venant du Mozambique, du Lesotho ou d’autres régions du pays. Les Blancs ont été frappés là où ça fait mal, au portefeuille.

On a pris leurs terres. Alors, il s’est passé quelque chose de très curieux à Marikana, où la mort de Nelson Mandela ne fait pas lever un cil. Malgré une méfiance ancestrale, des Blancs et des Noirs ont tenté de s’unir, face aux géants tentaculaires que sont les mines et le gouvernement.

Prenez Nina Barnar et Alet Swanpoel, toutes deux la quarantaine bien passée. La première est née à Marikana, la deuxième s’y est installée il y a des années. Ce sont deux Sud- Africaines blanches typiques, émaillant leurs discours de réflexions qui datent encore de l’apartheid. Mais la guerre qui les oppose aux mines a fait trembler leurs convictions, bousculer leurs habitudes comportementales. Désormais, elles franchissent cette barrière invisible et visible de la race. Elles parlent, pactisent même avec les Noirs pour les soutenir dans leur combat. « Vous m’imaginez, moi? » dit Nina, la coupe de cheveux impeccable, la peau laiteuse d’une femme qui se protège constamment du soleil meurtrier de la région. « Il y a un mois, j’ai défilé auprès d’eux afin de protester contre la mine. » On le sent bien, elle-même n’en revient pas.

Parce qu’un matin de 2008, le destin de cette femme aux rondeurs toutes maternelles s’est fracassé sur l’autel du capitalisme. Propriétaire d’un terrain de 8 ha qui regorge de platine, elle est désormais persona non grata, chez elle. « Je ne suis même plus autorisée à pénétrer les lieux. Je dois demander une autorisation au gardien! » Des barbelés clôturent sa propriété et la barrière a même été enlevée, et remplacée par d’autres barbelés sur lesquels on a posé une pancarte : « Mine Property ». « Au début de l’année 2013, le gouvernement a changé la loi et décrété que les terres regorgeant de minéraux appartenaient au gouvernement. » Nina contemple cette étendue désormais hors d’atteinte et soupire : « C’était de la bonne terre, on pouvait y faire pousser beaucoup de choses, il y a le soleil et suffisamment de pluie mais maintenant, quel désastre! »

La drogue a envahi la ville

Marikana aurait dû représenter le rêve de cette nouvelle Afrique du Sud. Des créations d’emplois, de l’argent qui entre dans les caisses du gouvernement, mais l’affaire a tourné au fiasco. Les « étrangers » ont fait exploser cette bourgade rurale en petite ville où le taux de criminalité affole les compteurs. On dit que la drogue a envahi la ville dont le marché serait tenu par les Pakistanais et les Nigérians. Les Blancs et les Noirs se barricadent chez eux. Marikana découvre la misère et la violence urbaine avec stupeur.

Au pied de la mine de platine, voici le bidonville de Madiclowe. Un ensemble de shacks, des cabanons, qui appartient au groupe Lonmin. Madiclowe, devait être temporaire, de solides maisons devaient suivre. C’était il y a plusieurs années. Il n’y a toujours pas d’électricité, les murs et les toits de tôle s’envolent au premier gros coup de vent, les points d’eau sont à l’extérieur des shacks, et les propriétaires des mines ont bitumé partout, rendant toute plantation impossible. Des Somaliens tiennent le magasin d’alimentation. Ce qui augmente le mécontentement local.

Le combat d’Alet contre les mines l’a un peu aidée. Comparée à la population locale noire, elle fut une femme riche. Elle et son mari possédaient un magasin et des terres. Et puis en 2010, les patrons des mines lui ont pris ses terres. Depuis, elle vit à la sortie de Marikana, dans une sorte de campement à la Robinson Crusoé. Ce qui lui fait dire, non sans humour : « Je suis la seule squatteuse blanche de la région. » Résultat, un bric-à-brac d’objets récupérés, pour une vie de sauvageonne pas prévue du tout dans le destin de cette Afrikaner, endurcie par la vie et les coups du sort. Nina, c’est un peu le pot de terre contre le pot de fer. Elle se présente comme une militante écolo, une whistle-blower (« lanceur d’alerte ») qui passe son temps à récolter des tas de données prouvant que les mines sont dans l’illégalité permanente.

Elle a monté Marikana Ekeforum, une association pour mener la vie dure aux dirigeants des mines de Lonmin, Tharisa et Aquarius. « Les mines ont offert de l’espoir aux gens, dit-elle. Ils y ont cru, mais la population noire locale n’est pas employée. Et nous les Blancs, on nous prend nos terres avec la complicité du gouvernement. » Alors pour espérer gagner, elle a compris qu’il fallait unir les forces. Elle avait organisé un meeting mais la mort de ­Nelson ­Mandela a chamboulé tous ses plans. Pas grave pour cette acharnée qui a repoussé la réunion à la semaine prochaine. Avec ses nouveaux compagnons de lutte. « Ici, les gens sont au bord du précipice. Une autre révolution est en marche. » samedi 14 décembre 2013

Karen Lajon, envoyée spéciale à Marikana (Afrique du Sud) – Le Journal du Dimanche

http://www.lejdd.fr/International/Afrique/Afrique-du-Sud-pas-d-arc-en-ciel-a-Marikana-643869

Lire la suite

15 décembre 2013 ~ 0 Commentaire

A « la brèche », des livres pour les fêtes

angela_davis3

Free Angela raconte l’histoire d’une jeune professeure de philosophie, née en Alabama, issue d’une famille d’intellectuels afro-américains, politiquement engagée.

Durant sa jeunesse, Angela Davis est profondément marquée par son expérience du racisme, des humiliations de la ségrégation raciale et du climat de violence qui règne autour d’elle. Féministe, communiste, militante du mouvement des droits civiques aux États-Unis, proche du parti des Black Panthers, Angela Davis s’investit dans le comité de soutien aux Frères de Soledad, trois prisonniers noirs américains accusés d’avoir assassiné un gardien de prison en représailles au meurtre d’un de leur codétenu.
Accusée en 1970 d’avoir organisé une tentative d’évasion et une prise d’otage qui se soldera par la mort d’un juge californien et de 4 détenus, Angela devient la femme la plus recherchée des Etats- Unis. Arrêtée, emprisonnée, jugée, condamnée à mort, elle sera libérée faute de preuve et sous la pression des comités de soutien internationaux dont le slogan est FREE ANGELA !
Devenue un symbole de la lutte contre toutes les formes d’oppression : raciale, politique, sociale et sexuelle, Angela Davis incarne, dans les années 70, le « Power to People ». Avec sa coupe de cheveux « boule » et sa superbe silhouette elle lancera, malgré elle, la mode « afro », reprise à cette époque par des millions de jeunes gens.
Quarante ans plus tard, à l’occasion de l’anniversaire de l’acquittement d’Angela Davis, Shola Lynch, avec Free Angela, revient sur cette période cruciale de la deuxième partie du XXe siècle. Toujours engagée, militante abolitionniste, l’icône Angela continue le combat. Power to people !

DVD : Free Angela and all political prisoners

http://www.la-breche.com/catalog/product_info.php?products_id=2996&osCsid=3b94dc6cf791e6860e8af60493322bc8

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin