Archive | Antiracisme

26 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Roms : “Manuel Valls réhabilite un racisme à l’ancienne” (les Inrocks)

Roms : “Manuel Valls réhabilite un racisme à l’ancienne” (les Inrocks) dans Antiracisme savon-ez

Sous le quinquennat de Nicolas Sarkozy, le philosophe Michel Feher fut à la pointe du combat contre sa politique d’immigration. Après les propos du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, sur le caractère inassimilable des populations Roms, le président de l’association “Cette France-là” repart au combat. Entretien.

Comment réagissez-vous aux propos du ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, qui nie la volonté d’intégration d’une majorité de “Roms” et qui parlent d’une “différence de mode de vie”

Michel Feher - Les Roms présents sur le territoire français sont, dans leur grande majorité, des ressortissants de pays membres de l’UE. Par conséquent, il ne sont pas expulsables comme le sont les étrangers non-européens que l’administration française juge indésirables. Pour résoudre ce problème, Manuel Valls s’emploie donc à montrer que, même s’ils sont Européens de par leur nationalité, les Roms n’en sont pas moins une “race” à part : ils ont, dit-il, un mode de vie totalement différent du notre, qui rend leur intégration impossible. Bref, les ressorts habituels de la xénophobie “républicaine” ne s’appliquant pas, on réhabilite un racisme à l’ancienne, celui-là même que la construction de l’Europe se devait de conjurer à jamais. Fort heureusement, Manuel Valls et son président militent en même temps pour que le mot race disparaisse de la constitution. Effacer le nom pour mieux faire réapparaître l’innommable.

Ces propos ne rentrent-ils pas en contradiction avec sa circulaire de juillet 2012 rendant les conditions de naturalisation plus faciles ?

Les mesures relatives à la naturalisation, que je sache, ne visaient pas les Roms. Il s’agissait, à l’époque, de concentrer le “changement” en matière d’immigration dans un domaine où le virage à gauche peut être concilié avec une rhétorique patriotique, en sorte de compenser le renoncement annoncé à d’autres mesures, telles que l’octroi du droit de vote aux étrangers pour les élections locales, la fin du recours systématique à la rétention pour les sans-papiers ou encore la délivrance d’un récépissé lors des contrôles de police.

Comment expliquez-vous que des élus de gauche ou de droite dénoncent aujourd’hui “les Roms” comme les principaux responsables de leurs difficultés ?

Dès lors que l’on se résout à ne rien offrir en matière de réduction du chômage, de pouvoir d’achat, ou de services publics, il devient nécessaire de braquer les regards des électeurs vers d’autres questions où les élus s’estiment mieux à même d’exhiber leur “fermeté”. À défaut d’affronter la “finance mondialisée et sans visage”, les Roms offrent un substitut certes étriqué et peu vraisemblable, mais à la fois étranger et de proximité. Peu nombreux et peu à même de se défendre, les Roms sont une cible idéale pour qui veut afficher son intransigeance à peu de frais.

Selon le ministère de l’Intérieur, il y aurait 20000 Roms en France. La France est-elle vraiment incapable de les accueillir ?

20 000 personnes – ce nombre est stable depuis de très nombreuses années – concentrées dans trois régions et dont la moitié est composée d’enfants. Assurément, les aider à s’insérer grâce à un accès aux soins, à l’école et à des habitations décentes ne représente pas un effort gigantesque pour un pays riche de plus de 60 millions d’habitants. Reste que d’un point de vue politique, nombre de dirigeants locaux et nationaux estiment qu’il est plus rentable de constituer les Roms en problème majeur – en les forçant à se déplacer sans cesse et en affichant une compassion appuyée à quiconque affirme ne pas supporter leur présence – que de s’employer à résoudre les problèmes qu’ils rencontrent.

Pourquoi continue-t-on à parler de “Roms” pour une population qui regroupe une multiplicité de minorités et de parcours individuels ?

Dès lors qu’il s’agit d’accréditer l’idée qu’une population n’a pas “vocation” à s’intégrer (le terme “vocation”, dont l’usage en matière d’immigration a été instauré par Brice Hortefeux, fait désormais partie du vocabulaire de son digne successeur Manuel Valls), il est important de faire en sorte que cette population soit perçue comme un masse homogène – sans visage en quelque sorte, comme la finance – histoire de s’épargner toute culpabilité ou empathie. En revanche, la souffrance des “riverains” exaspérés est quant à elle dûment individualisée.

Considérez-vous toujours qu’il y a eu une xénophobie latente au sein de la société française ? Comment l’expliquez-vous ?

La disposition à imputer ses peurs et ses échecs à la présence d’étrangers importuns n’est évidemment pas propre à la société française. De même, l’aversion que suscitent le racisme et la xénophobie existe elle aussi à l’état latent, en France comme ailleurs. L’actualisation de l’une ou de l’autre de ces potentialités dépend largement de la légitimation et des encouragements qu’elles reçoivent du côté des politiques, des médias et des experts de toutes sortes. Or, depuis plusieurs années, les dirigeants français ont choisi, comme nombre de leurs collègues européens, de légitimer et même d’encourager les interprétations xénophobes des inquiétudes éprouvées par les Français dits “d’en bas”. C’est qu’en dépit des vitupérations contre la “finance folle” qui ont empli l’espace public à l’automne 2008, droite et gauche n’ont guère tardé à renouveler leur allégeance aux marchés financiers. Engagés dans une “politique de l’offre” qui laisse les moins nantis sans protection contre la précarisation de leurs conditions d’existence et la détérioration des services auxquels ils ont droit, les gouvernants entendent au moins protéger leurs mandants contre les périls rom et islamiste. Et tant pis si ces derniers comptent pour bien peu dans les difficultés des gens : faute d’offrir des revenus supplémentaires aux Français, la stigmatisation des populations étrangères assure au moins une revalorisation relative de leur capital d’autochtonie.

Avec votre collectif “cette France-là” , vous aviez été en pointe dans le combat contre la politique d’immigration de Nicolas Sarkozy. Estimez-vous qu’il y a eu un changement de cap depuis que François Hollande est au pouvoir ?

Au départ, pendant la campagne tout au moins, François Hollande n’envisageait pas tant de changer de cap sur le fond que de rendre les questions d’immigration moins centrales que sous le quinquennat précédent. Il s’agissait donc de prendre quelques mesures susceptibles de conjurer la méfiance de ses électeurs de gauche – le droit de vote notamment – tout en continuant de revendiquer une fermeté qui ne laisserait pas trop de prise à la droite. Toutefois, à force de reculer sur le traité européen, la réforme fiscale, la régulation des institutions financières ou encore la transition énergétique, l’absence de mesure mobilisatrice pour son camp a contraint le chef de l’État – par l’entremise de son ministre de l’intérieur – à puiser dans les thématiques chères à son prédécesseur. Reste qu’on peut se demander ce que les socialistes espèrent de leur alignement sur l’UMP et le FN : car non contents de trahir leurs valeurs et d’insulter leur intelligence – tant il est vrai que le discours de Valls est aussi bête que méchant – ils bradent aussi leurs intérêts électoraux. Qui peut penser qu’abonder dans le sens de leurs adversaire ne contribuera pas à sceller leur déroute ? – et à souiller pour longtemps le souvenir que laissera leur bref passage aux affaires.

Propos recueillis par  26/09/2013 | 09h08

http://www.lesinrocks.com/2013/09/26/actualite/roms-feher-interview-racisme-a-lancienne-11430105/

 

Lire la suite

25 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Roms, l’inquiétante récidive… (Ldh)

Roms, l’inquiétante récidive... (Ldh) dans Antiracisme manuel

Les déclarations du ministre de l’Intérieur se suivent et se ressemblent :

le mode de vie des Roms est éloigné du nôtre et la majorité d’entre eux ne veut pas s’intégrer. M. Valls devrait savoir, plus que quiconque, que l’usage de tels stéréotypes ne ressort pas d’un discours de vérité mais bien d’une volonté de stigmatiser une population dont la présence ne serait pas souhaitable en France.

De tels mots dans la bouche d’un ministre de la République ne sont pas acceptables. Ils le sont d’autant moins qu’ils ne satisferont même pas à l’objectif recherché, si ce n’est avoué, de préparer les prochaines échéances électorales. La LDH entend rappeler au ministre de l’Intérieur, qu’en déniant à cette population les mêmes droits qu’aux autres citoyens de l’Union européenne, il participe aux mêmes discrimi- nations qu’ils subissent dans leurs pays d’origine. La LDH appelle le gouvernement de la République à se ressaisir et à retrouver les voies de l’universalité des droits de l’Homme. Communiqué LDH Paris, le 24 septembre 2013

http://www.ldh-france.org/Roms-l-inquietante-recidive.html

Lire la suite

25 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Zyed et Bouna, police partout, justice très tard (les Inrocks)

Zyed et Bouna, police partout, justice très tard (les Inrocks) dans Antiracisme 3481576_5_7776_le-27-octobre-2005-zyed-benna-17-ans-et_cf9f38f1e7f5a9c6a85013b96e0201a4

1. Ils s’appelaient Zyed Benna et Bouna Traoré. Ils sont morts le 27 octobre 2005, à Clichy-sous-Bois, brûlés vifs, électrocutés par une décharge de 20 000 volts. Le troisième, le survivant, celui dont la peau est restée collée à ses vêtements, s’appelle Muhittin Altun. Un Tunisien, un Mauritanien, un Kurde : trois jeunes Français du 9.3, issus de l’immigration comme on dit, aux noms difficiles à prononcer, comme ceux de L’Affiche rouge. Ils sont morts pour avoir prolongé une partie de foot un jeudi de ramadan, morts pour rien. C’était il y a huit ans, huit ans déjà, que cela passe vite huit ans… Depuis huit ans, leurs familles attendent qu’on leur explique ce qui s’est passé. Elles attendent le procès qui leur dira peut-être comment et pourquoi leurs enfants sont morts. Enfin.

2. En 2005, le ministre de l’Intérieur s’appelle Nicolas Sarkozy, l’homme du Kärcher. Il a porté la version officielle, reprise en boucle par la plupart des médias, le mensonge qui mettra le feu aux banlieues : de retour du foot, le petit groupe aurait rôdé autour d’une baraque de chantier, dans l’intention évidente de commettre un larcin ; repérés par un employé qui prévient la police, les jeunes auraient pris la fuite et se seraient stupidement réfugiés sur le site d’un transformateur EDF, alors que personne ne les poursuivait. Huit ans plus tard, au moins deux choses sont certaines : il n’y a jamais eu la moindre tentative de cambriolage et la BAC les a bel et bien poursuivis, jusqu’à ce qu’ils se retrouvent coincés devant les hauts murs du site EDF. Totalement affolés, ils les ont escaladés. Pourquoi ont-ils fui le contrôle policier ? Parce qu’ils étaient mineurs, sans leurs papiers (précieusement conservés chez eux, on ne les prend pas pour jouer au foot), et qu’un contrôle signifiait rater la rupture du jeûne, gâcher la fête, un séjour de quelques heures au commissariat et la colère des parents, contraints de venir les chercher. Ils n’avaient rien à se reprocher. Strictement rien. Ils avaient faim et soif, en cette fin de journée de ramadan, et ils étaient pressés de rentrer chez eux. Ils ont eu peur d’être en retard, peur d’être punis et encore plus peur de la police. La force de l’habitude, sans doute.

3. Les deux fonctionnaires de police, finalement renvoyés en correctionnelle par la cour d’appel de Rennes pour non- assistance à personne en danger, devront expliquer pourquoi la BAC n’a pensé qu’à encercler Zyed, Bouna et Muhittin au lieu d’essayer de les sauver, alors que les conversations radio tendent à démontrer que les policiers étaient parfaitement conscients du risque mortel. Quatre  véhicules de police, onze fonctionnaires au total, pour cerner trois ados dans un générateur au terme d’une véritable course-poursuite. S’agissait-il de les interpeller coûte que coûte ? D’attendre qu’ils finissent par ressortir ? Personne n’a rien tenté pour les prévenir du danger ? Personne n’a prévenu EDF que trois mineurs allaient griller ? On aimerait comprendre. Au plus tôt, si les deux policiers ne se pourvoient pas en cassation, ou si ce pourvoi est refusé, l’audience aura lieu au printemps. La société française a besoin de ce procès. Pour savoir si Clichy-sous-Bois ne serait pas notre affaire Rodney King, somme toute, les mêmes causes ayant souvent les mêmes conséquences…

L’Edito de Frédéric Bonnaud 24/09/2013 | 14h55

http://www.lesinrocks.com/2013/09/24/actualite/police-partout-justice-tres-tard-11429501/

Lire la suite

24 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Breiz Atao : procès en appel à Rennes pour insulte raciste à l’encontre d’un sonneur noir (FR3)

Breiz Atao : procès en appel à Rennes pour insulte raciste à l'encontre d'un sonneur noir (FR3) dans Antiracisme freres

Aujourd’hui se tient à Rennes, le procès en appel de Boris Le Lay, fondateur du site extrémiste Breiz Atao.

Il a été condamné à 18 mois de prison avec sursis, au mois de juin, pour insulte raciste à l’encontre de Yannick Martin, sonneur noir du Bagad Kemper. Suite à des propos racistes sur internet, Boris Le Lay, le gérant du site internet d’extrême extrême-droite Breiz Atao, avait été condamné à 18 mois de prison avec sursis, au mois de juin dernier pour diffamation et incitation à la discrimination raciale par le tribunal correctionnel de Quimper. Ses propos visaient Yannick Martin, sonneur noir du bagad Quimper et aussi Bernard Poignant, le maire de Quimper ou encore la conseillère régionale Mona Bras. Boris Le Lay, qui vit au Japon, a fait appel. Aujourd’hui se tient donc le second procès en appel à Rennes, ainsi qu’un autre procès à Brest, pour une autre affaire le concernant pour des propos envers des élus socialistes. Par Krystell Veillard Publié le 24/09/2013 | 10:51, mis à jour le 24/09/2013 | 11:21

http://bretagne.france3.fr/2013/09/24/breiz-atao-proces-en-appel-brest-pour-insulte-raciste-l-encontre-d-un-sonneur-noir-324457.html

Commentaire: En fait ce sont deux frères, adoptés par deux familles différentes qui se sont retrouvés !

Lire aussi: http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/finistere/billet-xenophobe-le-fondateur-d-un-site-internet-condamne-25-09-2013-2245475.php

Lire la suite

21 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

«Pour beaucoup, l’islamophobie est devenu un racisme acceptable» (Libération)

«Pour beaucoup, l'islamophobie est devenu un racisme acceptable» (Libération) dans Antiracisme 0islamophobia-cover

Les sociologues Marwan Mohammed et Hajjat Abdellali publient à La Découverte l’ouvrage Islamophobie, Comment les élites françaises fabriquent le «problème musulman». Interview.

Qu’est ce que l’islamophobie ?

Abdellali Hajjat. Au départ, c’est une expérience sociale, c’est une expérience vécue directement par des présumés musulmans. Pas seulement des actes ouvertement islamophobes, mais le fait d’être ramené à son statut de présumé musulman. Aujourd’hui, même si vous êtes une jeune fille française, élevée en France et dans certains lieux, certains métiers vont vous être interdits. C’est une forme d’altérisation reli- gieuse, où l’on va considérer que les discours ou les comportements d’un individu sont déterminés par son appartenance religieuse. Ce sont aussi des discours hostiles aux musulmans en tant que groupe. Avec, derrière, la question de la légitimité de leur présence sur le territoire. C’est la même question qui se posait pour les Juifs. Les discours antisémites du 19 et 20e avaient pour enjeu la légitimité de leur présence sur le territoire. Il y a une logique analogue pour les musulmans qui sont également considérés comme étrangers.

Comment ce mot d’islamophobie est-il devenu un enjeu politique au point que beaucoup, le ministre de l’Intérieur par exemple, refusent de l’employer?

Marwan Mohammed. C’est l’émergence de cette notion en 2003 qui a amené la journaliste Caroline Fourest ou Pascal Bruckner à s’y oppo- ser, en expliquant que le terme d’islamophobie serait une arme utilisée par les intégristes iraniens pour interdire le blasphème et la critique de l’islam. A partir de ce moment là, ce terme qui visait pourtant à décrire les discours et pratiques hostiles aux musulmans est devenu problé-matique. En réalité, le terme islamophobie n’a jamais été inventé par les mollahs iraniens comme le prétendait Caroline Fourest. Il n’existe pas en persan, on doit son origine à des administrateurs coloniaux français du début du 20ème siècle. Mais cette critique initiale a été prescrip- trice, en obligeant les élites politiques à se positionner à son égard. Qui prendrait le risque de légitimer les stratégies intégristes? Or, ce déni du terme d’islamophobie a durant longtemps laissé dans l’ombre l’expérience de l’islamophobie. Et ceux qui la subissent le vivent très mal.

Selon vous, l’islamophobie est finalement la transformation du racisme anti-maghrébin des années 80…

Marwan Mohammed. Il y a en effet des continuités historiques dans le regard porté sur l’indigène, l’immigré et le musulman, il y a égale- ment des ruptures. Mais attention à ne pas les confondre : tous les musulmans ne sont pas magrébins et tous les magrébins ne sont pas musulmans. En outre, quand on observe les données du ministère de l’intérieur, on observe une stagnation du racisme anti-magrébin, qui a toujours représenté la catégorie la plus importante, contrairement aux actes visant l’islam ou les musulmans, dont la progression est très forte. Il n’y a pas de dynamique commune, bien qu’assez souvent origine et religion s’articulent. Le racisme anti-magrébin est beaucoup moins légitimé que l’islamophobie. Les « débats » sur le voile, sur les prières de rue, etc., ont eu des conséquences sur l’intensité des actes islamophobes.  Pour beaucoup, c’est aujourd’hui une forme de racisme acceptable.

Pourquoi la gauche est-elle mal à l’aise avec cette question ?

Marwan Mohammed. Ce qu’on appelle la gauche aujourd’hui n’est pas un tout homogène. Mis à part l’extrême-droite qui a été remise en selle par la montée de l’islamophobie, tous les partis – de l’UMP au NPA – sont divisés sur la question de l’islam. Il y a du malaise partout, car les discours islamophobes sont moins articulés à une rhétorique nationaliste que progressiste, historiquement portée par les gauches d’ailleurs. Je rappelle en outre que les différentes « affaires » du foulard ont souvent été montées en épingle localement par des enseignants se disant de gauche. La première construction politique du « problème musulman » dans les usines Peugeot et Talbot en 1983-84 est l’œuvre du gouvernement Mauroy. Sur le rapport à l’islam, finalement, la droite et la gauche se rejoignent souvent, autour d’une vision de plus en plus restrictive de la laïcité notamment. S’il y a des clivages aujourd’hui, ils portent avant tout sur des conceptions différentes de la laïcité et de la place à accorder l’islam visible : est-ce qu’il faut l’accompagner, le formater, le discipliner ? Ce ne sont bien sûr pas les termes officiels du débat, mais ce sont les enjeux réels. Enfin, le malaise de la gauche provient également de la donne électorale. Au sein de son électorat réel ou potentiel, la gauche compte beaucoup de musulmans et d’électeurs qui leur sont plus ou moins hostiles…

Vous expliquez que l’islamophobie est une construction des élites…

Abdellali Hajjat. Le rapport des élites aux musulmans est intrinsèquement lié au fait que l’immense majorité des musulmans en France appartiennent aux classes populaires. C’est une des grandes différences avec les Etats-Unis ou le Canada par exemple où, même s’il y a aussi des conflits violents liés à des questions d’islamophobie, le fait qu’il y ait des classes moyennes, voire une bourgeoisie musulmane, change les représentations. L’islamophobie en France s’articule très clairement avec un racisme de classe.

Marwan Mohammed. Ce ne sont pas les classes populaires qui construisent le problème musulman tel qu’il nous est présenté. En terme de discours, d’image. Cela ne veut pas dire que les classes populaires ou moyennes ne font pas preuve d’islamophobie dans leur vie quotidienne.Mais on ne peut pas comprendre les réactions hostiles à une femme portant le hijab sans le mettre en rapport avec vingt ans de discours politique et médiatique sur ce sujet. Alice GÉRAUD 21 septembre 2013 à 09:20 (Mis à jour : 21 septembre 2013 à 09:25)

http://www.liberation.fr/societe/2013/09/21/pour-beaucoup-l-islamophobie-est-devenu-un-racisme-acceptable_933528

Lire la suite

20 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

L’hirondelle Askolovitch : un automne islamophile ? (Rue 89)

L’hirondelle Askolovitch : un automne islamophile ? (Rue 89) dans Antiracisme musul

Que se passe-t-il ? Voici soudain que se déverse, dans les lieux les plus inattendus, un plaidoyer pour les musulmans opprimés. Sur RTL, au micro de Fogiel. A « C à vous », au micro de Patrick Cohen. Et dès le lendemain, à France Inter, à (l’autre) micro de Cohen. Qui est cet islamophile inattendu et survolté, qui rebondit de plateau en plateau ? Le journaliste Claude Askolovitch, qui publie ces jours-ci chez Grasset « Nos mal-aimés, ces musulmans dont la France ne veut pas ». Askolovitch ? Le même ami de Val, qui avait lancé la fameuse « affaire Val-Siné », en dénonçant sur RTL Siné coupable d’offense au fils Sarkozy ? Le même qui, dans la foulée, avait été embauché par Lagardère à Europe 1  ? Le même qui a fait un passage éclair au Point, après Le JDD ?

Un automne islamophile ? Oui oui, le même. Le revoilà. Et dans un rôle surprenant : celui de défenseur des musulmans de France, brimés par les réglementations sur le foulard. Et à ses côtés sur le plateau de France 5, dans le rôle de la contradictrice-pas-d’accord-avec-tout-mais-il-y-a-du-vrai-dans-ce-que-vous-dites, Caroline Fourest en personne. Que se passe-t-il ? Val n’est plus dans Val, Charlie n’est plus dans Charlie ? L’hirondelle Asko annonce-t-elle un automne islamophile ? Plus vraisemblablement, l’épiphénomène Asko a tout pour être attrayant. D’abord par le personnage du journaliste : pensez donc, un chroniqueur de RTL, un transfuge du temple de l’islamophobie (Le Point) qui tourne casaque et balance, ça ne se trouve pas tous les jours. D’autant qu’il n’a pas rompu avec fracas, mais dans un désaccord avec Giesbert, assumé dans le respect et la fraternité nécessaires (dans les bonnes feuilles de son livre que propose gratuitement la maison Google, Asko raconte son départ du magazine de « l’islam sans gêne »).

Ensuite, ses armes rhétoriques sont celles de l’adversaire, à commencer par le pathos de l’argumentation. Dans cette construction médiatique de mythologies que l’on nomme « le débat sur le voile », les rôles ont simplement été inversés. Hier, dans l’ex-hebdo d’Askolovitch, le rôle du méchant était tenu par « les parents qui obligent les cantines à servir des repas hallal ». Voici sous sa plume un nouveau méchant : le surveillant de cantine qui oblige les enfants à manger du porc.

Rééquilibrage du tintamarre inverse Quant aux gentilles victimes, elles se bousculent : le « môme », le « gamin », le « gosse », pris en otage par les querelles des adultes ; la « maman » qui porte le voile, et à qui l’on interdit d’accompagner « les gosses » dans les sorties scolaires ; la banquière « qui doit aller prier dans le placard à balais », etc. Quand il ne se consacre pas aux polémiques de plateau, et se rend « sur le terrain », Askolovitch a un talent certain pour explorer les complexités de la société, et son éloge d’aujourd’hui du « musulman pratiquant qui ne demande pas mieux que de s’intégrer » sonne vrai, et fait écho à son éloge, dans un précédent livre, du « militant FN qui n’est pas le fasciste qu’on prétend ».

Ce plaidoyer inattendu transpercera-t-il au-delà de Medialand ? On verra bien. Dans l’immédiat, ne serait-ce que parce qu’il rééquilibre le tintamarre inverse, il fait du bien à entendre.

Daniel Schneidermann | Fondateur d’@rrêt sur images

http://www.rue89.com/2013/09/20/askolovitch-islamophilie-acceptable-245895

Lire la suite

19 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Grèce, violents affrontements après le meurtre d’un militant d’extrême gauche (OF)

Grèce, violents affrontements après le meurtre d’un militant d’extrême gauche (OF) dans Antifascisme killahp_bandeau_0

Des heurts ont éclaté mercredi soir entre la police et des manifestants, dans plusieurs villes grecques, après le meurtre d’un rappeur antifasciste, tué par un militant néonazi présumé.

L’assassinat de Pavlos Fyssas, un musicien et militant antifasciste âgé de 34 ans, tué dans la nuit de mardi à mercredi par un homme identifié, selon la police, comme étant un membre présumé du parti néonazi Aube dorée, a ravivé les tensions en Grèce.

La police tire des gaz lacrymogènes

Ce mercredi soir, plusieurs manifestations ont dégénéré en affrontements. Dans une banlieue d’Athènes, la police a tiré des grenades lacrymogènes pour disperser un groupe de manifestants qui lançaient des pierres et des morceaux de bois sur les forces de l’ordre, selon la même source. À Salonique, la deuxième ville du pays, deux manifestations antifascistes réunissant environ 6 000 personnes ont été émaillées d’affron- tements avec les forces de l’ordre, qui ont tiré des gaz lacrymogènes sur des manifestants qui s’en prenaient à des vitrines. Des heurts ont également été signalés à Patras, dans l’ouest du pays, où le centre-ville a été bouclé.

Le président condamne le meurtre Aube dorée a démenti toute implication dans le meurtre, vivement condamné jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. « J’en appelle à un réveil social et institutionnel, à la volonté politique de lutter contre cette ignominie. Nous avons tous le devoir de ne pas laisser les portes ouvertes au fascisme », a déclaré Carolos Papoulias, le président grec. Faits divers mercredi 18 septembre 2013

http://www.ouest-france.fr/actu/actuDet_-Grece.-Violents-affrontements-apres-le-meurtre-d-un-militant-d-extreme-gauche_6346-2230112_actu.Htm

Commentaire: Bla bla bla! Quand la police et les fachos font ensemble la chasse aux immigrés, quand les fachos tuent et que les flics n’interviennent pas, qui est l’assistant de l’autre?

Lire la suite

14 septembre 2013 ~ 0 Commentaire

Brest, « Enfants-valises », le film qui questionne l’immigration (OF)

Brest, « Enfants-valises », le film qui questionne l’immigration (OF) dans Antiracisme enfants-valises

Le réalisateur Xavier de Lauzanne a posé sa caméra sur les bancs de l’école où des adolescents migrants font leurs premières armes. Il présente son film « Enfants-valises » ce samedi au cinéma Les Studios, à Brest.

En France, l’école a pour obligation d’accueillir tous les mineurs de moins de 16 ans, français ou étrangers, en situation légale ou non. Pour de nombreux adolescents migrants, ballottés d’un continent à l’autre, elle incarne un espoir de stabilisation et d’intégration. Dans le film « Enfants-valises », le réalisateur Xavier de Lauzanne a posé sa caméra sur les bancs de l’école où Aboubacar, Dalel, Hamza et Thierno font leurs premières armes…

Xavier de Lauzanne explique ainsi sa démarche : « Comme beaucoup de Français, j’ai du mal à me faire une opinion claire sur la question de l’immigration. Pourquoi suis-je à la fois convaincu par la richesse qu’apporte la mixité et troublé lorsque je me promène dans certains quartiers ? Pourquoi suis-je à la fois en faveur d’une régulation du nombre d’arrivants et embarrassé par les expulsions ? Ce qui est sûr, c’est que le brassage des cultures, qui dorénavant s’impose à nous, remet en cause « l’identité traditionnelle du Français type ». Je regrette l’attitude des hommes politiques qui s’en servent comme levier électoral, tout comme je déteste les discours démagogiques : nous méritons mieux pour élever nos consciences. Aussi, quand Sandrine Montain et Carole Gadet, deux enseignantes qui intervenaient dans les classes d’accueil à destination des jeunes migrants, sont venues me voir avec une idée de film, je me suis dit que c’était une bonne occasion d’apporter ma contribution au débat avec un regard différent. » Samedi 14 septembre à 20 h, aux Studios, Brest, projection en présence du réalisateur.

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Brest.-Enfants-valises-le-film-qui-questionne-l-immigration_40779-2228658——29019-aud_actu.Htm

lire aussi: http://www.rue89.com/rue89-culture/2013/09/12/les-enfants-valises-disent-merci-a-lecole-republique-245640

Lire la suite

31 août 2013 ~ 0 Commentaire

Côtes-d’Armor, mineurs étrangers. Expulsés, ils vivent dans un camping-car (LT)

Côtes-d'Armor, mineurs étrangers. Expulsés, ils vivent dans un camping-car (LT) dans Antiracisme

Situation kafkaïenne à Saint-Brieuc : depuis le début de l’été, huit mineurs étrangers isolés ne sont plus pris en charge par le conseil général. Motif : ils seraient en fait majeurs. Une majorité qu’aucune autre autorité ne reconnaît. Pour leur éviter la rue, des Briochins s’organisent.empty dans Sans-papiers

Un camping-car raccordé à l’électricité : rien d’anormal, fin août, dans cette paisible rue du quartier Saint-Michel, à Saint-Brieuc. À l’intérieur, pourtant, l’ambiance n’a rien de la joyeuse effervescence qui annonce le départ en vacances. Paciencia essaye d’y trouver le sommeil, tordu de douleur à cause de son pneumothorax. Cet Angolais, comme huit autres jeunes Africains ont été priés de quitter leurs logements payés par le conseil général au début du mois d’août. Sans l’intervention d’Alain et des militants de leur comité de soutien (syndicalistes, associatifs, chrétiens pratiquants, etc.), Ismaël, Ibrahima, Mohamed, Dieumerci, Emmanuel, Khevy, Andry, Jorge et Paciencia seraient à la rue.

Un «état de majorité» discuté

Depuis le printemps, le conseil général des Côtes-d’Armor, qui les prenait en charge dans le cadre de la protection des mineurs étrangers isolés, leur fait passer des tests osseux. Invariablement, ils concluent à un «état de majorité», malgré des papiers qui leur donnent 16 ans. Interrogé à ce sujet, Claudy Lebreton, président du conseil général, affirme qu’ils devraient être pris en charge non pas par le Département mais par l’État : «On a les lois de la République, on a le droit de les appliquer, tranche-t-il fermement. Mais l’Ofpra (Organisme public chargé de l’application des conventions relatives à la reconnaissance des réfugiés NDLR) se base non pas sur ces tests, mais sur les dates de naissances inscrites sur leurs papiers. C’est kafkaïen !».

Un réseau mobilisé

En attendant une issue administrative (*), c’est chez Alain que les jeunes sont venus trouver refuge. L’un d’eux, Dieumerci, le connaît bien. Son hôte n’est autre que son ancien conseiller principal d’éducation. Il a immédiatement réagi «On n’allait quand même pas les mettre à la rue !», s’énerve-t-il. Quatre jeunes logent désormais dans son camping-car. Les autres, après avoir logé quinze jours chez Corine, une amie d’Alain, se sont fait prêter un appartement en centre-ville, entièrement meublé par Emmaüs. Enfin, Joëlle et Jean-François de leur côté, accueillent Andry, désormais officiellement majeur.

Des cours de cuisine avant la rentrée

«Depuis qu’ils sont en France, ils n’ont jamais mangé qu’à la cantine, explique Pascale, la femme d’Alain, qui a découvert, avec l’accueil des jeunes, les files d’attente aux Restos du coeur ou au Secours populaire. Ils n’ont aucune idée de la manière de cuisiner nos aliments. Régine et Patricia sont allés donner des cours de cuisine aux Guinéens qui logent dans le centre-ville de Saint-Brieuc pour leur apprendre à élaborer des repas avec ce qu’on récupère». «Il n’est pas exclu que l’on soit entendu par les renseignements généraux mais ils savent où me trouver», admet Alain qui ne craint pas cette éventualité. Tout l’été, il a contacté les lycées des environs et six des neuf jeunes (Andry compris) seront scolarisés à la rentrée. Les proviseurs de trois établissements sont même disposés à leur offrir l’internat. Restent la prise en charge des week-ends et vacances scolaires, non résolue, et aussi les cas de Jorge, Ibrahima et Emmanuel, arrivés il y a peu.

* Une réunion entre préfecture, conseil général et comité de soutien sera prochainement organisée. Justin Daniel Freeman 31 août 2013

http://www.letelegramme.fr/chutier/mineurs-etrangers-expulses-ils-vivent-dans-un-camping-car-31-08-2013-2217465.php

Lire la suite

28 août 2013 ~ 0 Commentaire

Une commémoration erronée de «Je fais un rêve» (Al’e)

34499

Lorsque le Docteur Martin Luther King Junior se dirigea vers l’estrade le 28 août 1963, le Département de la Justice observait. Craignant que quelqu’un puisse se saisir du microphone pour y faire des déclarations enflammées, le Département de Robert Kennedy arriva avec un plan destiné, au cas où, à faire taire l’orateur. Face à une telle possibilité, un fonctionnaire était assis à côté du système audio, tenant un enregistrement de Mahalia Jackson chantant He’s Got the Whole World in His Hands, dont il était prévu qu’il l’enclenche pour apaiser la foule.

Un demi-siècle après la Marche sur Washington et le fameux discours «Je fais un rêve», l’événement a été soigneusement rangé dans le placard de la mythologie patriotique américaine. Relativement peu de personnes savent ou se souviennent que l’administration Kennedy tenta d’obtenir des organisateurs son annulation; que le FBI essaya de dissuader les gens de venir; que des sénateurs racistes voulurent discréditer les dirigeants; que deux fois plus d’Américains avaient une vision défavorable de cette marche qu’une appréciation sympathisante. Au lieu de cela, cet événement est salué non pas comme un moment extraordinaire de dissidence de masse, multiraciale, mais comme des réjouissances de type Benetton, plein de couleurs, illustrant le progrès implacable de la nation en direction de ses idéaux fondateurs.

Un élément central dans la redéfinition de cette histoire est la commémoration erronée du discours de King. Il n’a pas été montré comme un brûlant réquisitoire contre le racisme américain qui existe encore, mais comme une œuvre d’époque exprimant les vicissitudes d’une ère révolue. Ainsi, à l’heure du 50e anniversaire de «Je fais un rêve», l’une des deux questions les plus posées face à ce discours, et selon moi la moins intéressante, est «le rêve de King s’est-il réalisé ?»; la seconde est «le président Obama représente-t-il la réalisation du rêve de King?» La réponse brève à ces deux questions est un clair «non», même si des réponses plus développées sont plus intéressantes que ce que les questions méritent. Nous savons que le rêve de King n’était pas limité à la rhétorique d’un seul discours. Juger une vie aussi remplie et complexe que la sienne sur la base d’un discours de 16 minutes, dont une partie fut exprimée sur le moment, n’est pas respectueux, ni sérieux.

Indépendamment de cela, toute discussion contemporaine portant sur l’héritage du discours «Je fais un rêve» de King doit débuter par reconnaître la façon dont nous interprétons des thèmes soulevés à l’époque. Des termes tels que «race», «égalité», «justice», «discrimination» et «ségrégation» signifient quelque chose d’assez différents lorsqu’une minorité oppressée historiquement est explicitement exclue du droit de vote que lorsque le président des Etats-Unis est noir. King utilise le terme «negro» 15 fois dans son discours; c’est aujourd’hui un mot qui a été retiré comme étant une catégorie raciale par le Bureau du recensement des Etats-Unis.

Peut-être que la meilleure façon de saisir la manière dont le discours de King est aujourd’hui compris est de considérer la transformation radicale des attitudes envers l’homme qui le fit. Avant sa mort, King était bien engagé sur le chemin de devenir un paria. En 1966, deux fois plus d’Américains avaient une opinion défavorable de lui qu’une opinion favorable. Le magazine Life qualifia son discours contre la guerre au Vietnam donné dans l’Eglise de Riverside [le 4 avril 1967] comme étant une «calomnie démagogique» ainsi qu’un «script pour Radio Hanoï.»  

En trente ans, il passa cependant de l’ignominie au statut d’icône. Un sondage réalisé en 1999 par l’institut Gallup a montré que King était virtuellement lié à John F. Kennedy et à Albert Einstein comme l’une des personnalités du XXe siècle les plus admirées des Américain·e·s. Il déclasse en popularité des gens comme Franklin Delano Roosevelet, le pape Jean-Paul II et Winston Churchill; seule mère Teresa obtenait plus de faveurs. Un mémorial dédié à King a été dévoilé en 2011 sur le National Mall, figurant une statue haute de 30 pieds [plus de 9 mètres], situé sur quatre acres [1,61 hectare] d’un terrain immobilier de premier intérêt culturel. 91% des Américains (dont 89% de blancs) approuvèrent.

Cette évolution n’est pas simplement une question de rancœurs et de mémoires douloureuses s’érodant avec le temps. Elle est le résultat d’une lutte prolongée mettant en lumière la manière dont le discours pour lequel il est le plus connu est aujourd’hui compris. La loi faisant de l’anniversaire de King un jour férié à l’échelle fédérale a été proposée quelques jours après sa mort, avec peu d’illusions sur son possible succès. «Nous ne voulons pas que quiconque croie que nous espérons que le Congrès fera cela», déclara le dirigeant syndical Cleveland Robinson lors d’un rassemblement en compagnie de la veuve de King en 1969. «Nous disons seulement qu’en tant que personnes noires en Amérique, nous allons simplement plus travailler ce jour-là.»

Le Congrès passera la loi, mais non sans peine. En 1983, l’année où Ronald Reagan signa à contrecœur la loi Martin Luther King Day, on lui demanda si King était un sympathisant communiste. «Nous le saurons dans 35 ans, n’est-ce pas?», répondit-il en faisant référence à l’accès aux enregistrements de surveillance du FBI.  Publié par Alencontre le 26 – août – 2013 Par Gary Younge

Lire la suite

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin