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16 juin 2020 ~ 0 Commentaire

bretagne juin 1940 (le peuple breton)

resistance en bretagne

Juin 1940 en Bretagne

Protégée par sa position périphérique à l’ouest de la France, la Bretagne n’a pas connu d’incursions ennemies sur son sol lors de la Première Guerre mondiale, et reste alors une région de l’arrière.

Il semble en être de même au début de la Seconde Guerre mondiale. Pour ses habitants comme pour l’ensemble des Français, la débâcle de 1940 constitue une surprise impensable. Les Allemands parviennent à occuper le territoire presque sans aucune résistance.

En septembre 1939, la mobilisation générale s’effectue dans le calme. Les soldats partent au front résolus, mais sans enthousiasme. Au niveau politique, le principal fait notable est l’interdiction du Parti Communiste français, du fait du pacte conclu entre l’Allemagne nazie et l’URSS. En conséquence, l’ensemble des municipalités d’étiquettes communistes sont dissoutes : en Bretagne, cela concerne plusieurs villes ouvrières, à l’image de Concarneau.

La première phase de la guerre, entre l’automne 1939 et le printemps 1940, est qualifiée de « drôle de guerre », du fait de l’apathie du front. Cette apathie concerne aussi la Bretagne : hormis l’absence des hommes mobilisés et les exercices de la défense passive (contre les attaques antiaériennes) en zone urbaine, la vie n’a pas tellement changé.

Toutefois, les usines fonctionnent à plein régime, par exemple à Château-Bougon (Loire-Inférieure), où jusqu’à huit avions de chasses sont produits par jour. Dans le nord-est du Morbihan, les habitants sont au contact des troupes polonaises, dont une partie de l’état-major s’est replié à Coëtquidan. Début avril 1940, le président et le gouvernement polonais viennent à Malestroit pour une cérémonie organisée à l’occasion de la fête nationale de leur pays.

Le projet de « réduit breton »

Le 10 mai 1940, à la surprise générale, la Wehrmacht lance une grande offensive à travers la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. Le 7 juin, face à la débâcle des troupes, le gouvernement français envisage un temps de se replier sur la Bretagne.

Le 12 juin, le sous-secrétaire d’État à la guerre, le général de Gaulle, est envoyé à Rennes pour étudier sur place les possibilités de mettre en place ce projet, qui a par ailleurs les faveurs du Premier ministre britannique Winston Churchill.

Il est envisagé de mettre en place une ligne de défense s’étendant du Couesnon jusqu’à l’estuaire de la Vilaine. Le gouvernement établirait ses quartiers à Quimper. L’idée est de concentrer toutes les troupes en fuite sur cette ligne de défense.

Mais le gouvernement français est divisé entre les partisans de la poursuite du combat, dont de Gaulle et Mandel, et les défaitistes qui trouvent ce projet irréaliste, menés par le vice-président du Conseil, le maréchal Pétain, qui s’appuie sur le soutien du généralissime Weygand.

Le 13 juin, le gouvernement, qui se trouve en Touraine, décide finalement de fuir vers Bordeaux plutôt que Quimper. C’est la fin du projet du « réduit breton ». L’avance trop rapide des troupes allemandes rendait sans doute impossible sa réalisation. Selon les estimations, il aurait fallu 25 000 ouvriers et 3 mois de travaux pour mettre en place les lignes de défense nécessaires.

Les réfugiés

Parallèlement, des milliers de réfugiés civils sont jetés sur les routes au fur et à mesure de l’avancée de la « guerre éclair ». Ces personnes fuient vers l’ouest, et arrivent d’abord par train lorsque c’est encore possible, puis par automobile, à pied ou à cheval.

Les réfugiés arrivant en Bretagne proviennent principalement d’Ile-de-France, de Picardie et du Nord-Pas-de-Calais. En effet, les populations vivant sur la ligne Maginot, en Alsace et en Lorraine, ont été évacuées préventivement vers le Sud-Ouest quelques mois plus tôt. Beaucoup sont accueillis chez l’habitant, comme la famille Hellebaut, originaire de l’Oise, hébergée par un menuisier-ébéniste de La Mézière (Ille-et-Vilaine).

Au total, entre mai et juin 1940, ce sont environ 140 000 réfugiés qui arrivent pour le seul département 35, près de 900 000 personnes pour l’ensemble de la Bretagne. Le désordre est indescriptible, particulièrement au mois de juin, au moment de la débâcle de l’armée française.

Des centaines d’automobiles encombrent les bas-côtés des routes, abandonnées faute d’essence. De la même manière, les soldats abandonnent le matériel militaire. Des attaques de chasseurs allemands visent les routes. L’écrivain Georges Duhamel, alors médecin à Pontchaillou, témoigne de près de 5 à 600 blessés qui ont été ramassés dans les fossés et les champs.

L’arrivée des Allemands

Face à l’avancée ennemie, mi-juin, les troupes franco-britanniques rallient en masse la Bretagne. L’armée anglaise organise dans l’urgence le réembarquement de ses troupes à Saint-Malo, à Saint-Nazaire et à Brest. Les dépôts d’essence sont incendiés pour éviter qu’ils ne tombent aux mains de l’occupant, et la population se sert en nourriture dans les entrepôts de l’armée britannique.

Saint-Nazaire est le principal port de réembarquement vers l’Angleterre, et connaît un afflux de militaires et de civils en fuite. La moindre embarcation flottante est réquisitionnée pour faire la liaison entre les quais et les navires stationnés au large.

Le 17 juin, des bombardiers allemands coulent un ancien paquebot, le Lancastria, dans lequel se trouvent près de 6 000 personnes, majoritairement des soldats britanniques en attente d’évacuation. 2 500 survivants parviennent à être sauvés, couverts de mazout, certains grièvement brûlés. Pendant plusieurs mois, la mer charrie des cadavres à chaque marée, jusqu’à Piriac-sur-Mer et l’île de Ré.

Le même jour à Rennes, la gare de triage, située plaine de Baud, est bombardée par trois chasseurs-bombardiers de la Luftwaffe. Dans la gare se trouvent alors deux trains de transports de troupes, un train de réfugiés venu de Lisieux, et un train de munition. L’explosion cause 2 000 morts. Des débris d’essieux, de ferrailles, et des morceaux de corps humains jonchent la plaine de Baud pendant plusieurs jours, ramassés grâce au dévouement de militaires et de bénévoles de La Croix-Rouge.

Toujours le 17 juin, à midi, le maréchal Pétain, devenu président du Conseil avec les pleins pouvoirs, demande l’armistice, signée le 22 juin à Rethondes. Le 18 juin, l’appel à la résistance du général de Gaulle est entendu par une minorité de personnes. Des départs pour l’Angleterre ont lieu dans les ports de pêche. L’île de Sein se distingue particulièrement avec le départ de 128 hommes, la quasi-totalité de la population en âge de combattre sur l’île.

Les principales agglomérations de Bretagne sont déclarées villes ouvertes et prises sans combats. Les Allemands arrivent à Rennes le 18 juin, et se ruent ensuite vers Brest, port stratégique, où ils sont dès le lendemain.

La Bretagne échappe aux combats sur son sol, hormis à Landerneau et à Guidel, où l’armée française fait un baroud d’honneur pour retarder les Allemands et permettre quelques derniers départs de navires.

Se souvenant des représentations de propagande décriant le « Boche » lors de la Première Guerre mondiale, la population a peur, et craint des exactions sanguinaires. Par contraste, les troupes apparaissent correctes et bien élevées. Des défilés de troupes sont organisés pour impressionner la population. À Vannes, un défilé a lieu le 22 juin, au lendemain matin de l’arrivée des Allemands, alors que la population en ville est nombreuse, car le marché se tient normalement.

Les jours suivants, les troupes allemandes arrivent dans les chefs-lieux de cantons, réquisition-nent des logements et font appliquer les premières mesures du haut commandement. Des vivres sont réquisitionnés, tout comme des logements pour loger les officiers, que ce soit de simples chambres de particuliers, ou bien des villas et hôtels en bord de mer. Des panneaux de signalisation en allemand sont installés.

Très vite, les pendules sont mises à l’heure de Berlin et le couvre-feu est imposé entre 21h et 5h. C’est le début de quatre longues années d’occupation allemande…

Aurélien Pivault 15 juin 2020

http://lepeuplebreton.bzh/

Pour aller + loin :

BOUGEARD Christian, La Bretagne de l’Occupation à la Libération (1940-1945), Rennes, PUR, 2014.

CASSARD Jean-Christophe, « Les Bretons dans le second conflit mondial », dans Histoire de la Bretagne et des pays celtiques. Tome V. La Bretagne au XXe siècle, Morlaix, Skol Vreizh, 1994.

Sur les trotskistes pendant cette période:


Travail en direction des soldats allemands
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Hiver 1943 pdf

Février 1944 pdf

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16 juin 2020 ~ 0 Commentaire

communiqué (npa visa)

npa 29 vertic
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Non, Marine Le Pen n’est pas la bienvenue à l’île de Sein
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Sous le prétexte fallacieux de célébrer l’appel du 18 Juin, le RN prétend se revendiquer de la Résistance au Nazisme, lui qui ne cesse de distiller la haine et le racisme.
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Nous ne sommes pas dupes et nous saurons lui rappeler, et son passé, héritier directe de celui de Vichy et son présent nauséabond.
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Avec bien d’autres composantes politiques, syndicales, et associatives le NPA 29 appelle à manifester à Audierne le jeudi 18 jui et nous apportons notre soutien au maire et aux habitants de l’île de sein qui refusent la présence de l’extrême droite sur leur île.
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NPA 29 Gérard MAS
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Logo NPA horizon
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Une fois de plus la venue de MLP en Finistère a été un échec. Après l’épisode de Brest à la veille des municipales elle a été obligée de changer complètement ses plans face à la contestation et aux multiples appels à Manifester dont celui du NPA.
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Elle s’est pointée en catimini sur l’île de sein au départ de Camaret, sous les hués des sénans elle en est repartie au bout de deux heures.
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Puis ce fut une conférence de presse improvisée à l’hôtel Restaurant le Goyen à Audierne où elle a dénoncé pêle mêle  » les gauchistes , antifas et (sic) le préfet du finistère. Malgré ce changement de dernière minute , plus d’une cinquantaine de manifestantEs l’ont conspuée.
Décidément MLP a du mal avec la Bretagne!
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Gérard ( Kemper)
fafs

COMMUNIQUE DE VISA 29

Le FN/RN, a malgré tout maintenu sa commémoration odieuse sur l’île de Sein. Grâce à la mobilisation des antifascistes, partis et syndicats progressistes, c’est avec un jour d’avance et en catimini, que Marine Le Pen et ses sbires s’y sont rendus pour déposer une gerbe sous les hués des sénant·es qui leur tournaient le dos.

A l’instar de Génération Identitaire, à la manifestation du 13 juin  contre le racisme et les violences policières, le FN/RN n’a rien trouvé de mieux que de débarquer en loucedé en Bretagne pour faire parler de lui. Sous couvert d’un pseudo repositionnement républicain le parti de la haine veut faire oublier son racisme et ses liens avec l’extrême droite néo-nazie.

Le FN/RN est passé en coup de vent, c’est pourquoi VISA 29 annule son appel à rassemblement du jeudi 18 juin à Audierne. Il y aura moins de haine en Bretagne demain et nous en dormirons bien mieux.

La dédiabolisation du FN/RN est un leurre. Nous continuerons le combat contre la peste brune. Le racisme n’aura jamais sa place en Bretagne. A l’avenir, pour faire ses coups médiatiques, le FN/RN n’aura d’autre choix que de venir confidentiellement.

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15 juin 2020 ~ 0 Commentaire

mobilisation (courrier-inter fr24)

Mobilisation antiraciste : comment la mort de George Floyd a ouvert la voie

Depuis la mort de George Floyd à Minneapolis le 25 mai, des manifestations contre le racisme subi par les Noirs se sont multipliées aux États-Unis, puis en Europe et dans le reste du monde. Comment comprendre cet élan de mobilisation qui dépasse les frontières ? Décryptage en vidéo.

“Black Lives Matter” : depuis plusieurs semaines, ces trois mots sont clamés partout dans le monde, des États-Unis à la Nouvelle-Zélande, en passant par la France, le Royaume-Uni ou encore l’Indonésie.

L’élément déclencheur de cet élan de mobilisation contre les violences policières et le racisme subi par les Noirs, c’est la mort de George Floyd, Noir américain de 46 ans tué par un policier blanc le 25 mai à Minneapolis.

Dès le lendemain, cette ville du Minnesota s’embrase, bientôt suivie par des dizaines d’autres à travers le pays, à tel point que le président américain, Donald Trump, menace de déployer l’armée. En parallèle, des manifestations similaires sont organisées dans de nombreuses villes européennes et dans le reste du monde.

Pourquoi la mort de George Floyd aux États-Unis a-t-elle lancé un tel mouvement ? Comment la problématique du racisme subi par les Noirs se décline-t-elle dans les différents pays qui manifestent ? Que pourrait changer ce mouvement ?

Pour répondre à ces questions, nous avons contacté trois expertes des questions de la race et de l’ethnicité :

la Française Mame-Fatou Niang, maîtresse de conférences en études françaises à l’université Carnegie-Mellon de Pittsburgh et réalisatrice ;

et les Américaines Jean Beaman et Crystal Fleming. Jean Beaman enseigne la sociologie à l’université de Californie à Santa Barbara, et elle est l’autrice de Citizen Outsider, un ouvrage sur la condition des citoyens d’origine maghrébine en France.

Crystal Fleming est professeure en sociologie et études africaines à Stony Brooks (New York), et autrice de plusieurs ouvrages, notamment How to be less stupid about race (“Comment être moins stupide au sujet de la race”), paru en 2018, non traduit en français.

15/06/2020

https://www.courrierinternational.com/

Lire aussi:

États-Unis : quel avenir pour le mouvement Black Lives Matter ? (FR24)

Black Lives Matter : immense succès populaire (GA)

 

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15 juin 2020 ~ 0 Commentaire

usa (solidarités)

AFFICHE-RACISME-POUTOU2017-BAT-1

Révoltes contre l’ordre dominant

L’étranglement de George Floyd fait suite à une série de meurtres racistes perpétrés par la police contre des personnes noires ces dernières semaines. 

Sans oublier les assassinats commis ces dernières années par les forces de police, notamment à New York et Ferguson en 2014, qui ont mené à la création du mouvement populaire Black Lives Matter.Les derniers mots de George Floyd, « I can’t breathe » (« Je ne peux pas respirer »), tandis qu’il est menotté et plaqué au sol par un policier agenouillé sur son cou pendant près de 9 minutes, nous renvoient inévitablement à ceux d’Eric Garner, lui aussi asphyxié par la police, en 2014 à New York.

Black Lives Matter, encore et toujours

Les violences policières contre les populations noires et non-blanches aux États-Unis reflètent plus globalement le système d’exploitation raciste états-unien. Les personnes noires représentent 14 % de la population totale aux États-Unis, mais 40 % des sans-abri et 21 % des personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté, soit un taux 2,5 fois supérieur à celui de la population blanche.

Les populations noires et latinos travaillent en grande majorité dans des services essentiels, notamment dans la santé, mais aussi dans des emplois d’une grande précarité sans aucun droit du travail ni sécurité sociale. Les quartiers populaires, en majorité habités par les populations non-blanches, souffrent également le plus souvent de manque ou de l’absence de services publics.

La pandémie de Covid-19 a renforcé les inégalités. Parmi les plus de 43 millions de travailleurs·euses qui sont devenu·e·s chômeurs·euses depuis le début de la pandémie, une grande majorité est issue des populations noire et latino. De plus, la plupart des victimes sont noires, latinos et issues des classes pauvres.

Dans les villes de Chicago et Milwaukee, respectivement 73 % et 81 % des décès dus à la pandémie concernent les populations noires états-uniennes alors qu’elles représentent respectivement un tiers et un quart de la population de ces villes. Ce ne sont pas uniquement les taux de mortalité plus élevés qui alimentent cette colère, mais également le fait que les personnes noires se sont souvent vu refuser des soins de santé parce que les infirmiers·ères ou les médecins ne prenaient pas en compte leurs plaintes concernant les symptômes ressentis.

Répression violente et racisme structurel

Le président états-unien Trump n’a pas hésité à appeler à l’intervention de l’armée et à l’usage d’armes sur les manifestant·e·s qui s’en prennent aux supermarchés et aux bâtiments de police. Il a d’ailleurs repris mot pour mot la déclaration du chef de la police raciste de Miami, Walter Headley, prononcée en 1967 : « Quand le pillage commence, la fusillade aussi. » Par ses politiques et ses déclarations haineuses et racistes, Trump encourage et légitime les discours et actes racistes des organisations suprémacistes blanches.

Mais il ne faut pas oublier que le racisme aux États-Unis est plus profond : il prend sa source au cœur du système politique états-unien. Les deux partis, démocrate et républicain, sont en effet coupables de politiques néolibérales et racistes. Le maire de la ville de Minneapolis, Jacob Frey, et le gouverneur de l’État du Minnesota, Tim Walz, sont des membres du parti démocrate et ils ont donné l’ordre à la Garde nationale d’entrer dans la ville.

La répression contre les manifestant·e·s est violente : on compte plus de 4 000 arrestations et il est fait un usage intensif des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Des milliers de soldats de la Garde nationale ont été déployés dans plus d’une vingtaine de villes. La Garde nationale a été mobilisée pour la dernière fois en 1992, après les révoltes populaires de Los Angeles, après l’acquittement de quatre officiers de police blancs qui avaient passé à tabac un homme noir. De même, de nombreuses villes (Chicago, Denver, Los Angeles, Salt Lake City, Cleveland, Dallas, Indianapolis) ont décidé d’imposer un couvre-feu à leurs habitant·e·s.

Une révolte de classe contre l’ordre dominant

Des syndicats et la gauche se sont également mobilisés. L’Amalgamated Transit Union, le syndicat qui représente les chauffeurs de bus et les agents du métro de tout le pays, a par exemple appelé ses membres à refuser de transférer des prisonniers·ères pour la police.

La colère des populations noires paupérisées qui explose (à nouveau) aujourd’hui dans les rues de centaines de villes états-uniennes ne se limite pas à des manifestations antiracistes, mais remet en cause le système politique dominant.

C’est une révolte de classe contre l’ordre capitaliste et raciste états-unien.

Joseph Daher

https://solidarites.ch/

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14 juin 2020 ~ 0 Commentaire

assa traore angela davis (ballast)

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14 juin 2020 ~ 0 Commentaire

maurice rajfus (npa liberation france-info)

maurice rajfus (npa liberation france-info) dans Anticolonialisme
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Maurice Rajsfus, le dernier des justes

Arrêtés avec leurs parents au matin du 16 juillet 1942 par des gendarmes français– début de la Rafle du Vel’ d’Hiv -, Maurice et sa sœur Jenny n’échappèrent à la déportation que grâce à la lucidité de leurs parents. Une loi stipulant que les enfants de nationalité française pouvaient sortir, leurs parents demandèrent à Maurice et à sa sœur de quitter le lieu où ils étaient regroupés, à Vincennes. Transférés à Auschwitz, leurs parents y disparurent. Ayant réintégré le petit appartement familial, les deux enfants survécurent.

Adhérent à la JC à la Libération, Maurice en fut vite exclu pour « hitléro-trotskysme ». Il avait le tort de penser que la grève était la meilleure arme des travailleurs alors que pour le PC l’heure n’était plus à la contestation mais à la reconstruction de la France.

C’est dans le cadre des Auberges de Jeunesse qu’il rencontra des trotskystes. Un bref moment militant du Parti communiste internationaliste (PCI), il y découvrit la réalité de la répression aux colonies. Du 14 juillet au 14 août 1950, il participa à une brigade de volontaires envoyés par le PCI en Yougoslavie, en soutien à Tito mis à l’index par l’URSS et les partis communistes.

Contacté au début de la Guerre d’Algérie par ses anciens camarades trotskystes, contre l’avis du PC il organisa au Quartier latin un rassemblement de plusieurs milliers de personnes le 13 octobre 1955, contre l’envoi du contingent en Algérie.

Enchaînant les petits boulots, les années d’après-guerre furent difficiles sur le plan matériel. Son mariage, en 1954, puis la naissance de ses deux enfants, l’amena à se stabiliser. Il devint journaliste, un métier qu’il exerça avec passion jusqu’en 1986. Il fut de l’aventure du PSU dès sa création, un moment secrétaire de section à Vincennes.

Membre du Syndicat national des Journalistes (SNJ), il participa pleinement aux événements de Mai 68, ce qui lui permit de voir de près l’intensité de la répression, de la violence policière. Avec Jean-Michel Mension (Alexis Violet à la LCR), ils créèrent l’Observatoire des libertés publiques. Il assura pendant de nombreuses années la publication du bulletin Que fait la Police ? Il fut aussi un des initiateurs du réseau Ras l’Front dont il sera président pendant quelques années.

Outre ses ouvrages sur la police (La police hors la loi. Des milliers de bavures sans ordonnances depuis 1968, Le Cherche Midi, 1996 ou Je n’aime pas la police de mon pays, Libertalia, 2012), cet antisioniste écrivit des livres sur Israël et la Palestine. Enfin, il traita, à la fois en témoin et en historien, de la période de Vichy et de l’Occupation (On lui doit le Que Sais-Je ? sur La Rafle du Vel’ d’Hiv, PUF, 2002).

Le hasard des archives l’amena à s’intéresser au dossier de l’Union générale des Israélites de France (UGIF). Dans son livre Des Juifs dans la Collaboration, l’UGIF 1940-44 (EDI, 1980), il dresse un constat sévère sur l’action de ces notables juifs confrontés aux exigences des occupants. Un ouvrage passionnant et courageux selon Pierre Vidal-Naquet qui signe la préface.

Dimanche 14 juin 2020

https://npa2009.org/actualite/

Lire aussi:

L’historien et écrivain Maurice Rajsfus, rescapé de la Shoah et vigie des violences policières, est mort à l’âge de 92 ans (France Info)

Maurice Rajsfus, encyclopédie des violences policières (Libération)

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14 juin 2020 ~ 0 Commentaire

solidarité (inprecor fr24)

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Solidarité avec la révolte antiraciste mondiale

La portée et l’ampleur du mouvement mondial de manifestations à la suite du meurtre de l’ouvrier noir George Floyd par la police de Minneapolis, sont sans précédent. C’est une révolte massive et nouvelle contre le racisme et la violence policière. Ces mobilisations sont marquées par la très grande participation multiraciale des jeunes à un mouvement intergénérationnel. Elles ont également été, dans de nombreux cas, les premières mobilisations dans des pays sortant du confinement et ont réussi à imposer leur présence dans les rues.

Les manifestations quotidiennes se poursuivent depuis plus de deux semaines dans toutes les villes des États-Unis, grandes et petites. Le caractère multiracial, dirigé par des Noir·es, largement décentralisé et spontané de la plupart des manifestations, dont certaines se déroulent simultanément dans divers quartiers des villes, est le signe indéniable d’un authentique mouvement social de masse. Nombre de manifestants sont sans emploi, et beaucoup vont se joindre aux manifestations pour l’assurance chômage et d’autres luttes sociales dans la période à venir.

Les mobilisations antiracistes ont subi une vaste répression policière, avec notamment l’utilisation des gaz, des agressions contre des manifestants pacifiques, des couvre-feux et des arrestations massives.

Les manifestations qui ont lieu en dehors des États-Unis – de l’Europe à l’Australie, du Japon à l’Afrique, du Mexique au Brésil – ont combiné les protestations contre le meurtre de Floyd, la solidarité avec les manifestations antiracistes aux États-Unis et les protestations contre la brutalité de la police contre les populations noires majoritaires (comme au Brésil), les peuples indigènes (comme en Australie), les minorités ethniques et religieuses et les migrants.

Des manifestants du monde entier ont crié et porté des pancartes proclamant Black Lives Matter (“Les vies des Noirs comptent”) à côté des noms des personnes de couleur racisées tuées par la police – Adama Traoré, en France en 2016 et plusieurs cas en Grande-Bretagne – de la même façon que George Floyd. Les demandes de retrait des symboles de l’oppression raciste et impérialiste, comme des statues du roi belge Léopold II (qui a exploité de façon meurtrière le Congo comme son espace capitaliste privé), ou des statues des marchands d’esclaves en Grande-Bretagne, centre de la traite esclavagiste transatlantique, font écho aux demandes de retrait des statues des Confédérés et des drapeaux sudistes (pro-esclavagistes).

Crise de légitimité du capitalisme

L’incapacité des gouvernements capitalistes – en particulier en Grande-Bretagne, au Brésil et aux États-Unis – à répondre de manière adéquate à la crise du Covid-19, les vagues de licenciements massifs qui ont jeté des millions de personnes au chômage et qui affectent encore plus violemment les populations racisées et immigrées, couplées aux protestations de masse qui, après deux semaines de mobilisations quotidiennes, prennent de l’ampleur, ont mis momentanément les gouvernements capitalistes sur la défensive alors qu’ils s’efforcent de réimposer un fonctionnement capitaliste normal.

Aux États-Unis, la rébellion a déjà provoqué la division de la grande bourgeoisie et de ses représentants politiques. Il y a des signes de crise du régime et du gouvernement Trump lui-même : des officiers supérieurs de l’armée et même le Secrétaire à la Défense de Trump ainsi que les quatre anciens présidents, dont George W. Bush, ont ouvertement désavoué la menace de Trump d’utiliser la force militaire contre les manifestants, en grande partie jeunes et multiraciaux, qu’il qualifie de « voyous » et de « terroristes ».

Le fait que cette division a parfois permis d’éviter une répression encore plus brutale et que le slogan « defund/demilitarize the police » (ne pas financer la police et la démilitariser) s’est répandu avec succès parmi les manifestants, représentent les premières victoires partielles de cette lutte.

Le moment présent a aussi ses dangers. Les tweets de Trump sur la loi et l’ordre ont encouragé les groupes nationalistes blancs, dont certains ont tenté de se s’en prendre aux manifestants antiracistes, en portant des armes et en arborant des symboles racistes. Les gouvernements autoritaires d’extrême droite – au Brésil, aux Philippines, en Inde et ailleurs – profitent de la situation pour renforcer les mesures antiterroristes et répressives qui auront un impact disproportionné sur les communautés noires, migrantes et autochtones. Les communautés de migrants en Europe ont longtemps été terrorisées par des groupes d’extrême droite (comme Aube dorée en Grèce) et la crise économique va exacerber les attaques racistes et anti-migrants.

Un soulèvement massif

L’énorme explosion de la mobilisation antiraciste qui a suivi le meurtre de George Floyd a été considérée comme le résultat de « la goutte qui fait déborder le vase ». Cela comprend non seulement une série de meurtres de Noirs par des policiers, mais aussi les effets d’une pandémie qui a entraîné une mortalité deux à trois fois plus élevée dans la communauté noire que dans l’ensemble de la population, ainsi qu’une crise économique qui a également porté unpréjudice disproportionné aux travailleurs des minorités noires et ethniques.

Les manifestations de masse dans les rues et la nécessité permanente de distanciation physique à un moment où les communautés non blanches, migrantes et marginalisées sont particulièrement vulnérables à la pandémie est l’une des grandes contradictions de cette période. Les communautés noires, soutenues par des jeunes et des travailleurs blancs, descendent dans la rue parce qu’elles considèrent qu’il est plus urgent de mettre fin au racisme, à la violence répressive et aux gouvernements néofascistes que de respecter des mesures qui sont de toute façon impossibles à appliquer dans leurs foyers, encore plus dans des conditions de manque de revenus et d’emploi.

La tension accumulée de la violence raciste – les meurtres de Noirs par la police, les attaques antisémites meurtrières, la terreur anti-musulmane, ainsi que le génocide des peuples indigènes – se combine à un chômage massif causé par la dépression et la pandémie, qui a frappé les communautés ouvrières de couleur bien plus durement que la population dans son ensemble, expliquant ainsi la volonté de se battre et le courage face aux oppresseurs.

Le lien établi par les manifestants entre le meurtre de Floyd et la violence policière raciste partout dans le monde est profond. Le traitement réservé aux populations indigènes et de couleur colonisées aux États-Unis, au Canada, en Australie, en Afrique du Sud et en Amérique latine, ainsi qu’aux communautés de couleur migrantes dans les métropoles impérialistes d’Europe, reflète des siècles de domination coloniale et impérialiste du Nord sur le Sud, domination qui est au cœur du capitalisme.

Depuis le pillage des mines d’argent de Potosí par les colons espagnols au XVIe siècle, qui ont fait partie de l’accumulation de capital à la base du développement capitaliste européen, en passant par l’asservissement européen de millions d’Africains, jusqu’à la colonisation de l’Afrique au XIXe siècle et la domination néo-impérialiste actuelle, ce sont les peuples de couleur du Sud global qui ont subi le poids du développement et de l’expansion capitalistes.

Certaines des pires atrocités commises contre des êtres humains au cours des dernières décennies ont été perpétrées contre des minorités ethniques et religieuses. Les minorités ethniques et les groupes raciaux socialement construits ont été confrontés à la répression dans le monde entier, du nettoyage ethnique en ex-Yougoslavie et le génocide au Rwanda dans les années 1990 à la répression actuelle des minorités musulmanes en Chine et en Inde et le traitement des Palestiniens en Israël et dans les territoires occupés.

Leur antiracisme et le nôtre

Pour apparaître pertinents, les politiciens capitalistes réformistes s’efforcent de canaliser l’énergie du mouvement vers des auditions gouvernementales, des commissions et des réformes cosmétiques. Ils voudraient se limiter à l’élimination des symboles de la traite des esclaves et à une modification superficielle des pratiques policières.

Une foule de multinationales – dont beaucoup font partie de la liste des 500 plus grandes entreprises publiée par le magazine Fortune – proclament aujourd’hui haut et fort la lutte contre le racisme, diffusent de coûteuses publicités dans les médias, promettent des dons, révisent leurs manuels. Ce sont ces mêmes entreprises qui ont sélectionné leurs offres d’emploi de manière raciste et sexiste et qui ont résisté aux réformes pendant des années. Beaucoup ont réalisé d’énormes profits sur le dos des travailleurs de couleur.

Les partis politiques traditionnels sont inaudibles et incapables d’orienter le mouvement. Aux États-Unis ce manque de leadership politique est particulièrement aigu. La domination du duopole capitaliste des Démocrates et des Républicains sur la politique américaine a fait que l’énergie dans les rues ne trouve pas d’expression politique à l’échelle nationale.

Pendant la campagne des primaires des Démocrates étatsuniens, le sénateur Bernie Sanders a suscité un énorme enthousiasme et un large soutien, en particulier parmi les jeunes, pour son programme de réformes social-démocrates inspirées par le New Deal. Ceux qui contrôlent le Parti démocrate dans l’intérêt du grand capital ont réussi à stopper la campagne de Sanders avant la pandémie. Et maintenant ce sont les licenciements massifs et les protestations antiracistes dans la rue qui ont commencé. Mais à gauche il y a un vide.

La transformation de la social-démocratie européenne en outils néolibéraux du capital et l’effondrement électoral des partis communistes ont laissé un vide dans la gauche européenne, ce qui présente à la fois des défis et des opportunités pour relier les revendications antiracistes et anticapitalistes.

Un nouveau potentiel

Le soulèvement mondial contre le racisme et la répression policière a un potentiel énorme pour l’avenir des nouvelles générations, qui commencent à lutter sur leurs lieux de travail et dans les syndicats, se mobilisent contre le changement climatique et dans la résistance féministe, font leurs preuves dans la lutte directe contre la police perçue comme force armée de la démocratie bourgeoise. Ils et elles soulignent ainsi la nécessité d’organiser l’autodéfense du mouvement lors des manifestations et d’autres événements publics ainsi que la nécessité de construire un mouvement permanent basé sur l’auto-organisation démocratique.

Pour l’instant, cette mobilisation exprime de la colère. Elle avance des revendications de changement souvent radicales, mais non ciblées. Cela reflète la jeunesse du mouvement, le manque d’expérience des manifestants, mais aussi la faillite de nombreuses directions politiques réformistes établies.

Dans le contexte américain, l’exigence de « ne pas financer la police et de la démilitariser », voire celle du « démantèlement de la police », ont trouvé un large écho populaire et ont un potentiel considérable en tant que revendications transitoires anticapitalistes. Il y a un rejet généralisé de la principale confédération syndicale AFL-CIO parce qu’elle continue d’inclure dans ses rangs des syndicats de police qui sont racistes et d’extrême droite.

D’autres revendications sont formulées au fur et à mesure du développement du mouvement et en fonction des différentes situations nationales : contre la violence policière, notamment à l’encontre des populations noires, indigènes et des minorités ethniques, contre la criminalisation des mouvements sociaux, contre le racisme institutionnel et la perpétuation des symboles coloniaux et pro-esclavagistes, pour une action positive en faveur de la justice sociale et économique afin de corriger les inégalités historiques.

Il est aujourd’hui possible de lever le drapeau de la solidarité internationale de la classe ouvrière d’une manière et avec un écho que nous n’avons pas vus depuis des décennies. Ainsi que d’expliquer que, comme l’a dit Malcolm X, « il ne peut y avoir de capitalisme sans racisme ».

La lutte contre le racisme fait partie de la lutte contre le capitalisme, et ce mouvement a un potentiel considérable pour s’élargir et converger dans le monde entier avec les mouvements ouvriers, sociaux, féministes et anticapitalistes, afin d’imposer la voie vers une société nouvelle – une société juste.

Pour toutes ces raisons, la IVe Internationale s’engage à combattre aux côtés des femmes et des hommes qui se révoltent aujourd’hui dans ce soulèvement antiraciste et anti-néofasciste. Les luttes contre la violence étatique et le racisme institutionnel sous le capitalisme ne peuvent réussir qu’à la condition d’en tirer toutes les conséquences : nous sommes toutes et tous en guerre contre le système qui détruit la planète, qui discrimine les êtres humains en fonction de leur sexe, de leur race, de leur orientation sexuelle et de leur identité, qui nous surexploite au nom de la survie des entreprises dont le seul objectif est l’augmentation permanente du profit, au détriment de nos vies et de nos corps.

Le 9 juin 2020 Déclaration du Bureau exécutif de la Quatrième Internationale

http://www.inprecor.fr/

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13 juin paris

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11 juin 2020 ~ 0 Commentaire

quimper (npa)

kper

Ne nous laissons pas étouffer par le racisme et les violences policières, déconfinons nos colères !

Le monde s’émeut à juste titre de l’assassinat de Georges Floyd aux USA. Il est grand temps qu’en France les exactions de la police française cessent aussi.
En France, nous comptons aussi nos victimes de tels actes racistes : Malik Oussekine, Abdelhakim Ajimi, Mohamed Boukourou, Mamadou Marega, Adbelhak Gorodia, Wissam El Yamni, Amadou Koumé, Massar Diaw, Abdou, Adama Traoré…
La liste est beaucoup trop longue pour les nommer tous. Plus près de nous à Rennes, Babacar Gueye a été tué par la brigade anti- criminalité en 2015.

Grâce à la montée des mobilisations dans plusieurs villes dont Brest où plus de 3 000 personnes se sont rassemblées, la question du racisme et des violences policières a été posée dans le débat public à une échelle inédite en France.

La fébrilité du pouvoir est palpable, lui qui est si dépendant de ses bonnes relations avec les flics et leurs organisations, au point que Castaner a été contraint de faire des annonces (fin de l’utilisation de la clé d’étranglement, suspension des policiers coupables de racisme) et que Macron lui-même est intervenu auprès de la ministre de la Justice Nicole Belloubet pour qu’elle se penche au plus vite sur le cas d’Adama Traoré.

C’est sur cette base que le NPA Kemper appelle à rejoindre le rassemblement initié par la LDH
Samedi 13 Juin à 11H Place Saint Corentin

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