Archive | Antiracisme

10 mai 2017 ~ 0 Commentaire

ploeren fn (ouest france)

grand pere

Près de Vannes. Le FN fait retirer l’expo sur la Shoah et le Vél’d’Hiv

Une exposition sur le Vél’d’Hiv et la Shoah a dû être retirée par le maire de Ploeren, commune située près de Vannes, ce dimanche, lors du second tour de l’élection présidentielle. Le FN a opposé une « neutralité politique ».

« Désobéir pour sauver » est une exposition qui rend hommage aux policiers et aux gendarmes français, qui ont permis de sauver des Juifs durant l’occupation. Cinquante-quatre d’entre eux ont, à ce titre, été reconnus « Justes parmi les nations ».

Une expo qui évoque la Shoah

Prêtée et présentée par l’Office national des anciens combattants du Morbihan, dans la salle culturelle du Triskell à Ploeren, près de Vannes, cette exposition qui évoque la Shoah, le Vél’d’Hiv… a dû être retirée dimanche, lors du second tour de la Présidentielle.

« Au nom de la neutralité politique »

Une exigence émanant du secrétaire départemental FN du Morbihan, Bertrand Iragne, au nom de « la neutralité politique ». L’intéressé qui a menacé, en cas de refus, d’en appeler au préfet, justifie par le fait que « des médias ont véhiculé l’idée que nous étions d’anciens nationalistes, de nouveaux nazis… On a donc demandé de retirer les panneaux car les électeurs pouvaient se poser des questions avant d’aller aux bureaux de vote situés dans le même bâtiment. D’ailleurs, certains d’entre eux s’en sont émus et nous ont alertés. »

Expo retirée « pour ne pas créer d’incident »

Une attitude que n’a guère appréciée le maire de la commune, Gilbert Lorho qui souligne : « Objectivement, je ne voyais pas en quoi cette exposition pouvait influer sur le vote des Ploerinois. De plus, à la veille de la commémoration du 8 mai 1945, qui, au travers de la victoire des Alliés, consacre la victoire de la démocratie, des valeurs universelles de la liberté humaine. Pour ne pas créer d’incident inutile, j’ai retiré l’expo qui a été remise à la fermeture des bureaux de vote ».

Le FN met en avant la « loi »

Le FN met en avant la « loi », et selon Bertrand Iragne, « qu’il fasse une exposition sur le Vél d’Hiv et la Shoah, je trouve cela légitime. Je serai le premier à y aller si ce n’était dans un lieu de vote… »

« Honte à de telles pratiques ! »

Une position qui ne convainc pas le maire qui, d’ailleurs, devant la population présente lors de la proclamation des résultats, à évoquer l’incident : « Le sens de mon engagement, au service de la commune de Ploeren, se situe en dehors de tout parti politique. Raison supplémentaire pour m’indigner et m’insurger contre de telles pratiques qui reposent sur le déni de faits et vérités historiques, établies et reconnues, sur les mensonges les plus gros, les menaces, l’agressivité et la démolition. Honte à de telles pratiques ! »

09/05/2017

http://www.ouest-france.fr/

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08 mai 2017 ~ 0 Commentaire

cathos (libération)

athees

L’Eglise catholique infichue de prendre position contre l’extrême droite

La hiérarchie catholique a refusé de se joindre à une déclaration commune des principaux leaders religieux français – juif, musulman et protestant – appelant à voter Macron pour faire barrage à Marine Le Pen.

Une absence remarquée. Et… regrettée !

Les trois principaux leaders protestant, juif et musulman ont rendu publique, jeudi, une décla-ration commune appelant à voter Emmanuel Macron au second tour de l’élection présidentielle pour faire triompher, écrivent-ils, «la France généreuse, tolérante, ouverte sur le monde». Mais sans les catholiques ! «Cette déclaration ne correspond pas à la position qui est la nôtre depuis le début de la campagne. On ne s’y reconnaissait pas», explique, à Libération, Vincent Neymon, le directeur de la communication de la Conférence des évêques de France (CEF).

«Nous avons toujours considéré qu’il n’était pas pertinent de créer un front des religions dans le domaine politique», poursuit-il. Sollicité, le président de la CEF, Mgr Georges Pontier, l’archevêque de Marseille, ne s’est donc pas joint à l’initiative. Plusieurs sources indiquent également que le cardinal-archevêque de Lyon, Philippe Barbarin, avait, lui, donné dans un premier temps son accord, sans finalement donner suite.

«Citoyens responsables»

Lancée en début de semaine, l’initiative réunit le grand rabbin de France, Haïm Korsia, le président de la Fédération protestante de France (FPF), François Clavairoly et le président du Conseil français du culte musulman (CFCM), Anouar Kbibech. Après avoir rappelé que «leurs fonctions» les obligeaient à la «neutralité politique», les trois leaders précisent qu’ils agissent avant tout «en citoyens responsables».

«Il ne suffit plus aujourd’hui de « faire barrage au Front national », il est indispensable de rappeler, et d’une même voix, les fondements humanistes qui nous animent et pour lesquels nous œuvrons quotidiennement», estiment les responsables religieux. «Rien n’est acquis pour dimanche», s’inquiète Anouar Kbibech, interrogé par Libération. La même inquiétude est perceptible dans les milieux juifs. «Aucune voix ne doit manquer dimanche prochain pour faire triompher les valeurs de liberté et de tolérance», poursuit le président du CFCM.

Pour donner du poids à leur démarche, les leaders religieux souhaitaient une démarche unitaire. «On aurait aimé que l’ensemble des religions soient présentes, précise Anouar Kbibech. Nous respectons la position des catholiques mais nous ne la partageons pas.» Côté juif, le regret est similaire. «Il appartient aux religions de s’engager au nom des valeurs communes face à une situation historique», déclare le rabbin Moshe Lewin, conseiller du grand rabbin de France.

Depuis le lendendain du premier tour, la position de la CEF suscite des questions et d’intenses débats au sein même des milieux catholiques. Mgr Pontier a clairement redit, mercredi, que l’Eglise ne prendrait pas position. Une petite dizaine d’évêques ont cependant signifié leur opposition au Front National. A Lyon, le cardinal Barbarin a, lui, signé une décla-ration rassemblant les leaders chrétiens de la ville et condamnant un parti «au discours nationaliste dangereux dont la mise en œuvre serait désastreuse.»

Bernadette Sauvaget  4 mai 2017

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Sans messie, les cathos déchirés (Libération)

Vote FN : les catholiques en pleine radicalisation (Libération)

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08 mai 2017 ~ 1 Commentaire

blancs et nuls (anti-k)

patron

Présidentielle : un record de votes blancs et nuls

Près de 12 % des bulletins déposés dans l’urne ne se sont portés ni sur Marine Le Pen ni sur Emmanuel Macron. Un niveau jamais atteint sous la 5è Républi- que.
Ils n’ont pas voulu choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Environ 12 % des votants ont déposé un bulletin blanc ou nul dans l’urne, selon une estimation Ipsos- Sopra Steria pour France Télévisions, Radio France et Le Monde (8,8 % des élec- teurs inscrits). Un phénomène record qui s’ajoute à l’abstention, elle aussi élevée (environ 25,3 % des inscrits).

Un « troisième choix » à un niveau jamais atteint

Déjà élevé au premier tour (2,58 % des votants), le nombre de bulletins blancs ou nuls a cette fois explosé tous les records. Le niveau est deux fois plus élevé qu’en 2012 (5,82 %). D’ordinaire, ce sont 4 à 6 % des électeurs qui font ce choix lors d’un second tour.

Les votes blancs et nuls à un niveau record pour une présidentielle

Il est courant d’observer une nette hausse du nombre de bulletins blancs ou nuls au second tour d’un scrutin présidentiel, mais cette fois, ce phénomène s’est produit dans des proportions jamais atteintes. En 1969, le duel entre Georges Pompidou et Alain Poher avait conduit à une nette hausse du « ni l’un ni l’autre » (de 1,29 % au premier tour à 6,42 %). En 2012 également, le duel entre François Hollande et Nicolas Sarkozy avait démobilisé un fragment non négligea- ble de l’électorat (de 1,92 % à 5,82 %). Mais aujourd’hui, le différentiel est donc de l’ordre de près de 10 points.

Un niveau record, tous scrutins confondus, depuis 2012

C’est également nettement plus que ce que l’on observe aux autres élections. Si l’on reprend tous les scrutins nationaux en France depuis 2012, là aussi, jamais un tel niveau de bulletins blancs ou nuls n’avait été observé. Le précédent palier (8,3 %) avait été atteint au second tour des départementales de 2015.

Le Monde – 07/05/2017 – Adrien Sénécat

https://www.anti-k.org/

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07 mai 2017 ~ 0 Commentaire

ras l’front (médiapart)

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Le réseau anti-FN qui s’est perdu depuis 2002

Créé en 1990 à la suite d’un appel de 250 personnalités, le réseau Ras l’Front s’est éteint après 2002, avant que les questions identitaires n’envahissent le champ politique, à droite puis à gauche. Pour une partie de ses anciens animateurs, ce modèle de mobilisation est devenu inopérant, pour d’autres, un nouvel acte fondateur serait nécessaire

Soudain, un slogan antifasciste surgit, puis s’impose au sein du « cortège de tête » du 1er Mai. Mais en italien. « Siamo tu-tti anti-fascisti » « nous sommes tous antifascistes »  s’écrient les manifestants, inorganisés, autonomes ou « antifas », les deux bras levés vers le ciel, faisant claquer leurs mains. Dans les manifestations où se mêlent les pancartes anti-Le  Pen, anti-Macron, et anti-Macron et Le Pen, d’anciens militants de Ras l’Front sont là, le plus souvent sans étiquette. Leur mouvement né en 1990 d’un appel de 250 personnalités a battu le pavé pendant douze ans, avant de disparaître petit à petit, après la réélection de Chirac en 2002.

Pour plusieurs d’entre eux, ce modèle de mobilisation est devenu inopérant, tandis que pour d’autres, un nouvel acte fondateur pourrait le relancer. « On n’aurait jamais dû se séparer de cet outil indispensable, estime Alain Pojolat, militant chevronné, membre du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et ancien de Ras l’Front. On paie aujourd’hui la disconti- nuité de notre action. On n’aurait pas dû dissoudre les comités. Marine Le Pen fait 1,2 million de voix de plus qu’en 2012. Il faut refaire un réseau. On ne peut pas laisser ça au cortège de tête. »

L’appel n’y allait pas par quatre chemins : « Il faut, pour commencer, avoir le simple courage de nommer les choses et les gens. Quelles qu’en soient les conséquences judiciaires, nous affirmons ici que Le Pen, en filiation directe avec l’idéologie nazie, est un fasciste et un raciste. » Parmi les signataires, des résistants: Raymond et Lucie Aubrac, Maurice Kriegel-Valrimont, Charles Tillon, Jean-Paul Touzac, des écrivains, des universitaires, des éditeurs  Gilles Perrault, Pierre Bourdieu, François Gèze… Chez les premiers militants, un certain nombre venus de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).

« Nous voulions écrire et signifier que c’est un parti fasciste et le faire assumer aux gens, explique Rémi, l’un des animateurs de Ras l’Front. Nous partions aussi de ce constat qu’il fallait reconquérir les quartiers populaires. C’était l’un des enseignements du livre d’Anne Tristan, journaliste, auteur de Au Front, un récit d’immersion au sein du Front national à Marseille, dont des extraits ont été publiés ici. L’appel disait “les avancées du Front national sont faites de nos reculs.” » Le mouvement cherche déjà à élargir le champ de la riposte. « Nous avions l’idée que la question de l’antiracisme n’était pas l’axe unique de notre action, parce que l’offre du FN était déjà populiste et plus vaste, poursuit Rémi. Dire “touche pas à mon pote” comme SOS racisme ne suffisait pas. Et ça a provoqué un vécu de concurrence de la part de SOS. »

Le réseau naissant fait des coups. Il tient une conférence de presse à l’entrée d’un rassem- blement de Jean-Marie Le Pen au Bourget, avec plusieurs personnalités signataires de l’appel, dont la résistante Lucie Aubrac. Ras l’Front publie un journal bimestriel, revendique une organisation non centralisée et ses comités locaux sont autonomes : en 1994, on en dénombre près de 120 en France. « Aucune consigne descendant de haut en bas, puisque le haut n’existe pas », résumera Gilles Perrault.

«Ras l’Front se voulait une organisation pacifique, se rappelle Alain Pojolat, alors que le SCALP, Section carrément anti-Le Pen, créé dans les années 80 passait aux actes. Ils avaient détruit plusieurs salles où le FN devait se produire.» Les épisodes d’affrontements ou d’agres- sions impliquant des membres du service d’ordre du Front National sont nombreux, une commission d’enquête parlementaire consacrée au Département Protection Sécurité (DPS) en fera la recension en 1999. En février 1995, des colleurs d’affiches du Front National abattent un jeune Marseillais d’origine comorienne âgé de 17 ans, Ibrahim Ali Abdallah, dans les quartiers nord de Marseille.

Le 1er mai 1995, Ras l’Front déploie deux banderoles géantes lors du meeting de Jean-Marie Le Pen, place de l’Opéra à Paris. «Les camarades avaient fait entrer dans l’Opéra une bande- role de 20 mètres, en trois morceaux, qu’ils avaient recousue pendant la nuit, se rappelle Alain Pojolat. Elle avait été lestée par des sacs de sable sur le toit de l’Opéra. Une première bande- role avait été déployée sur la façade du Grand Hôtel, ce qui avait fait crier Le Pen et la foule, puis la deuxième était apparue. »

Les banderoles ne font que proclamer « Non au racisme » et « Non au fascisme ». « La réaction de la foule était très révélatrice », se souvient Rémi. Interpellés, les membres de Ras l’Front apprennent au commissariat la mort de Brahim Bouarram, un jeune Marocain de 30 ans, jeté ce jour-là dans la Seine par des militants d’extrême droite, pont du Carrousel.En mars 1997, le mouvement connaît un temps fort de mobilisation, avec la contre-manifes- tation nationale organisée à Strasbourg où se tient le congrès du Front National. « On a réuni près de 40 000 personnes, sans violence, se souvient Alain Pojolat. On avait aussi bloqué le TGV de Jean-Marie Le Pen qui se rendait à ce congrès. » À Rouen, un collectif se constitue la même année, après la venue de Gilles Perrault. « On s’est retrouvé très vite avec une centaine d’adhérents, explique Gérard Quillau, militant de Rouen. Et avec la capacité de faire des cortèges importants dans les manifs. »

« Certains camarades ont déserté. Ils sont partis sur d’autres luttes »

L’année suivante, s’ouvre une crise interne au sein du Front national qui aboutit à l’exclusion de Bruno Mégret, et à une scission en janvier 1999. Pour Ras l’Front, c’est une petite victoire, qui se confirme par l’émiettement du score du FN et du MNR aux européennes, avec respec- tivement 5,6 % et 3,2 %. « Dans l’esprit des gens, le problème va se régler tout seul, résume Rémi. Le FN a perdu ses cadres. Le lanceur d’alerte qu’on était recueille moins d’attention.»  Ras l’Front sort une affiche en prévenant que « le danger est double », sans convaincre. « Il y a eu un essoufflement. Certains camarades ont déserté, résume Alain Pojolat. Ils sont partis sur d’autres luttes. Ils disaient qu’il n’y avait plus de danger immédiat. » Le réseau acte l’impos-sibilité de poursuivre son activité au niveau national. Mais il reste en état de veille, au cas où.

La présidentielle de 2002 le réveille pour de bon. Les comités sont à même « d’appuyer sur le bouton » un peu partout. Un numéro du journal est imprimé à 250 000 exemplaires. Le mouvement de la jeunesse fait le reste. Devenu l’emblème du réseau, le triangle rouge des déportés politiques se colle ou s’accroche sur de nombreux vêtements. Dans une vidéo diffu- sée il y a dix jours, Jean-Luc Mélenchon montre d’ailleurs cet insigne accroché à sa veste pour preuve de son antifascisme, mais sans préciser qu’il s’agit de l’insigne de Ras l’Front.

«L’acuité du danger, les jeunes la perçoivent moins que nous, juge Pojolat formé à l’antifascis- me des années 1970, qui a fait ici son récit plaidoyer de l’aventure de Ras l’Front. À l’époque, les fascistes étaient militarisés complètement. On avait des camarades qui avaient subi le nazisme, qui avaient participé aux luttes anticoloniales. Aujourd’hui, la mémoire des déportés s’est estompée. Les jeunes n’aiment pas les fachos parce qu’ils sont autoritaires, mais c’est la crainte d’une société totalitaire plus que du fascisme qui les fait bouger. »

Les douze années d’existence de Ras l’Front ont «contribué à l’éclatement du FN» et à «le contenir», juge André Déchot, l’un des animateurs du réseau, aujourd’hui membre de la com- mission Extrême droite de la Ligue des droits de l’homme. « La pression externe a joué son rôle, poursuit-il. Mais on a sous-estimé la diffusion de ses idées hors des rangs de l’extrême droite. Nicolas Sarkozy a puisé dans la boîte à idées idéologique du FN. Puis il a siphonné ses voix en 2007, pour exercer finalement un pouvoir radicalisé à droite. »

« La victoire du FN, c’est que ses idées ont traversé l’ensemble de la société, estime Gérard Quillau. Ses thèmes ont été repris par la droite et la gauche. Lorsque Sarkozy a créé un ministère de l’immigration et de l’identité nationale. Lorsque Valls a parlé de rapatrier les Roms. Lorsque Hollande a essayé d’imposer la déchéance de nationalité. La dédiabolisation a marché quand même, alors que les fondamentaux de Marine Le Pen restent les mêmes. C’est la préférence nationale, la priorité nationale qui vise à exclure la population immigrée ou d’origine étrangère. »

Il y a en France quelques comités Ras l’Front «maintenus», notamment à Rouen. «Ceux qui pensaient que le FN était fini se trompaient, poursuit Gérard Quillau. Vers 2010 et 2011, on s’est dit qu’on allait voir s’il n’y avait pas des gens qui veulent se remobiliser. Et le comité rouen- nais compte aujourd’hui plusieurs dizaines de membres. » La relance d’un mouvement néces-siterait «un acte fondateur», «qui ne peut pas être le résultat de Marine Le Pen à l’élection », juge de son côté Rémi.

L’appel des 250 n’a pas perdu de son actualité, estime André Déchot, et le terme « fasciste » reste valable. «On l’a vu récemment avec Jean-François Jalkh, vice-président du FN dont les propos négationnistes ont été dévoilés, la pensée radicale s’est maintenue au sein du FN. Il existe une arrière-boutique. Un certain nombre d’élus locaux sont partis à cause de cela.» « L’appel des 250 a gardé un aspect très actuel sur la quête d’hégémonie de Le Pen sur la société, juge René Monzat, ancien de Ras l’Front, auteur de plusieurs ouvrages sur l’extrême droite, et d’une synthèse sur le réseau ici.

Mais il date d’un quart de siècle, et je pense que l’utilisation du terme fasciste ne permet pas de parler du fond des choses.» Marine Le Pen a «repris des marqueurs de gauche dans son programme», et «se rapproche plus de la droite révolutionnaire, radicale, des années 30», «ayant des aspects sociaux», «du nationalisme et du social». Ces dix dernières années, des « zones de circulation intellectuelles » inédites se sont constituées, à travers « un flux croissant de conversions identitaires » d’auteurs « venus de la gauche ». La revue Éléments fondée par le Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (GRECE) est l’un de ces lieux de convergence.

« Une expression de la gauche radicale et une expression de la droite radicale se disputent une partie de l’électorat, poursuit René Monzat, et le passage de l’un à l’autre n’est pas seule- ment dû aux contraintes de l’élection. Le philosophe Jean-Pierre Faye comparait le champ politique à un fer à cheval. Avec une extrême droite et une extrême gauche plus proches entre elles que du centre. »

Parmi ces ponts, il y a «un raidissement face à la population musulmane qui a fait mou- che au sein même des organisations antiracistes». «Les dirigeants du Front national ne croient pas à l’histoire du grand remplacement, en revanche, ils savent qu’il y a un réservoir de peurs qui sécrète une demande d’autorité pour les aider à accéder au pouvoir et à le garder, juge René Monzat. C’était le cas de la politique de Manuel Valls qui favorisait cet apartheid réel, très rigide sur les signes religieux. C’est un basculement spécifiquement français, le fait de discuter froidement de lois de discrimination religieuse, sans que ce soit vu comme tel. »

La riposte aux idées du Front national, les contours d’un nouveau Ras l’Front, sont dès lors plus complexes. « S’investir dans la politique directement, hasarde Monzat. Des choses doivent être récusées globalement. Aujourd’hui, il n’y a aucun discours moral qui ait la moindre efficacité. Ceux qui votent FN se moquent du fait que ce soit moral ou pas. »

6 mai 2017  Karl Laske

https://www.mediapart.fr/

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06 mai 2017 ~ 0 Commentaire

adsav (bretagne info)

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Suspension de deux gardiens de prison membres d’Adsav suite à des saluts nazis

Le Télégramme nous apprenait mardi 2 mai que le Tribunal administratif de Nantes a validé les suspensions de fonction de deux gardiens de prison pour avoir fait des saluts nazis dans le tram à Nantes.

Les faits étaient survenus tard dans la nuit du 27 septembre 2014 après une journée de manifestation pour la réunification de la Bretagne : 4 militants d’extrême droite alcoolisés avaient chanté à la gloire de l’armée allemande nazie, avant de faire des saluts nazis et de proférer des insultes racistes à l’encontre des agents de la Tan, pour finir en bousculade en sortant de la rame du tram.

Le 14 octobre 2014, deux de ces militants d’extrême droite avaient été condamnés devant le Tribunal correctionnel à 400 € d’amende pour « violences sur agents », et les deux autres à 5 mois de prison avec sursis pour « incitation à la haine raciale ».

Il s’avère que les deux personnes condamnées pour « incitation à la haine raciale » étaient à cette époque gardiens de prison, donc fonctionnaires de l’état français !

L’un s’était d’ailleurs « déjà vu reprocher par le passé des « écarts de langage » par l’administra- tion pénitentiaire » selon Le Télégramme. Les fonctionnaires pouvant être suspendus en cas d’infraction de droit commun, c’est donc le Tribunal administratif de Nantes qui s’en est chargé cette semaine (ils ont par ailleurs fait appel de cette décision).

L’histoire aurait pu s’arrêter là mais ce serait laisser croire à un « simple dérapage » et donc faire oublier le caractère militant de ces deux gardiens de prison d’extrême droite. Le site Seizh nous indiquait déjà en 2015 que l’un des deux protagonistes n’est autre que Jean-Charles Troudet, qui s’est présenté à diverses reprises comme secrétaire du groupuscule néo-nazi Adsav. Il a par exemple été l’un des co-organisateurs d’une manifestation mouvementée à Brest au mois d’octobre 2015.

Mais JC Troudet a surtout participé à la manifestation anti-migrants du 14 novembre à Pontivy. Lors de cette manifestation qui a eu lieu le lendemain des attentats de Paris, dont on peut d’ailleurs se demander pourquoi elle avait été tolérée alors que l’état d’urgence venait d’être décrété…, des violences avaient eu lieu et plusieurs personnes avaient été blessées, l’un notamment parce qu’il est d’origine antillaise.

Le nom de Troudet n’est pas inconnu dans les sphères d’extrême droite: un certain Nicolas Troudet (frère de Jean-Charles le maton) s’est lui aussi proclamé porte-parole d’Adsav lors d’une manifestation contre un projet de mosquée à Quimper. Lui n’est pas gardien de prison, mais il est gérant de la SARL NITRO, qui n’est autre que l’entreprise de gestion du restaurant « Au rendez-vous des pêcheurs » situé à Pont-Augan à Baud (56150).

A priori, rien de bien intéressant dans cette information… si ce n’est que ce restaurant sert régulièrement de lieu de réunion à l’extrême droite avec, par exemple, la venue l’année dernière de Carl Lang du Parti de la France et de Nicolas Bay du Front National !

Pour le coup, on voit bien que les soi-disant revendications bretonnes d’Adsav sont factices, puisqu’il s’agissait de réunions bien françaises et bien avant tout d’extrême-droite! Et leur présence dans les manifestations pour l’unité de la Bretagne sous ce nom ou celui de leurs nombreux cache-sexes Jeune Bretagne, Bloc Identitaire, et plus récemment Yaouankiz Breizh ou Stourm (qui regroupe des militants du GUD Bretagne et de l’Action Française) est à combattre et à rejeter au même titre que celle du Front National. Les associations progressistes du mouvement breton telles que Bretagne Réunie doivent le comprendre et prendre leurs dispositions pour que ce genre d’événements dramatiques ne se reproduisent pas.

http://www.bretagne-info.org/

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05 mai 2017 ~ 0 Commentaire

fachos d’armor (anti-fn + fr3)

anti - fn 2

Catherine Blein, candidate FN aux législatives dans le 22: «Plein de gens bien n’aiment pas particulièrement les Juifs»

Après notre enquête sur ses tweets et posts Facebook islamophobes, Catherine Blein, candidate FN aux législatives dans les Côtes-d’Armor, a pris le temps de nous appeler pour nous déverser un discours complotiste contre les Juifs, les homosexuels et les musulmans.

Plongée dans le FN dédiabolisé de Marine Le Pen.
Quand nous avons tenté de la contacter pour la première fois, elle était en pleine visite de Marine Le Pen en Bretagne. On voulait lui faire parler de ses tweets et statuts Facebook pleins de haine. Catherine Blein, conseillère régionale de Bretagne et candidate du FN aux législa-tives, s’exprime beaucoup sur les réseaux sociaux. Ses principales cibles? Les musulmans, les immigrés, les homosexuels et, de temps à autres, les Juifs. Des obsessions que nous avons mises en lumière dans un article détaillant ses activités sur les réseaux sociaux.

En fin de journée, Catherine Blein nous laisse un message. «J’ai à peine eu le temps de manger un bout de pâté, je vous rappelle. Je n’ai jamais fui mes responsabilités, vous pouvez m’appeler!» Le ton est enjoué, et visiblement, la candidate souhaite discuter. Nous la rappe- lons donc pour lui demander si elle n’est pas en décalage avec la dédiabolisation voulue par Marine Le Pen, avec qui elle vient de passer une partie de la journée.

fachos d'armor (anti-fn + fr3) dans Antifascisme

«Quand bien même ils seraient tous braves, ils sont trop nombreux»

L’avis de Catherine Blein sur les musulmans est assez simple: il y en a trop en France. Une vision qu’elle nous détaille, et qui relève, selon elle, du «bon sens»: «Je dis ce que je pense, je me sens droite dans mes bottes. Chez les musulmans, qui sont croyants à 90%, ils ne com- prennent pas ce que c’est que la laïcité. Ils ne peuvent pas comprendre comment s’adapter à la laïcité. Et je pense en effet que l’islam est incompatible avec notre République, avec notre civilisation. Donc j’applique le principe de précaution. Qu’il y ait quelques immigrés musulmans, ça ne me pose pas de problème. Mais pas plus.»

Les immigrés, c’est l’autre cheval de bataille de Catherine Blein. La conseillère régio- nale de Bretagne voit, dans l’immigration, une «invasion». Elle souscrit également à la théorie du «grand remplacement», qui voudrait que les instances européennes œuvrent au remplace- ment de la population blanche d’Europe par des populations immigrées d’Afrique et du Moyen-Orient. Une idée pourtant rejetée publiquement par Marine Le Pen.

Catherine Blein: Je ne suis pas le valet de Marine Le Pen. Quand bien même ils seraient tous braves, ils sont trop nombreux. Vous savez cette immigration, elle est voulue.
BuzzFeed News: Vous pensez que c’est programmé?
CB: Évidemment que c’est programmé! C’est fait dans le but de créer une espèce de race… une mixité qui nous fera disparaître en tant que peuple blanc européen.
BN: Mais c’est quoi l’intérêt?
CB: Le but suprême, c’est que les grandes entreprises, les multinationales prennent le pas sur tout et fassent de nous des consommateurs. On aura une race mondiale et internationale de consommateurs tous identiques.

«Vous verrez, Macron va aller dîner au Crif»

Dans l’un de ses posts Facebook, Catherine Blein blâmait l’UMP (c’était en 2013) et le Medef pour la crise migratoire. Elle accusait le parti de droite d’aller «prendre ses ordres chez les franc-macs et l’association des Juifs de France». Comme on ne voyait pas bien le rapport entre la crise migratoire et l’association des Juifs de France (qui s’appelle en fait le Crif), on a demandé à Catherine Blein de nous en dire un peu plus:

CB: Vous allez voir, Macron, quand il sera président, il va aller dîner au Crif. C’est un adoubement, une espèce de coutume qui a, à l’origine, une signification particulière.
BN: Ah bon, laquelle?
CB: Je ne vais pas en dire plus. Mais ça veut dire quelque chose.
BN: D’accord, mais quoi?
CB: Vous verrez.

On croit voir revenir la vieille rengaine du lobby juif qui tirerait les ficelles du jeu politique. Antisémite Catherine Blein? Nous n’obtiendrons pas de réponse claire à cette question, mais un long raisonnement sur les raisons de l’antisémitisme en France:

CB: On nous rebat les oreilles avec la Shoah. Il y a un deux poids deux mesures avec le génocide vendéen par exemple, alors qu’on passe son temps à nous culpabiliser avec la Shoah. Ça génère un antisémitisme qui n’est pas méchant. Je connais plein de gens bien qui n’aiment pas particulièrement les Juifs. Notamment chez les catholiques. Vous savez pourquoi?
BN: Euh, pas trop non.
CB: Parce que ce sont les Juifs qui ont poussé pour crucifier Jésus!
BN: C’était il y a 2000 ans quand même…
CB: Et alors? C’est quoi 2000 ans? Il peut y avoir une gêne du catholique vis-à-vis du Juif.

«Je n’ai rien contre les homos qui se tiennent dans leur coin»

Dernier sujet de conversation que nous avons abordé avec Catherine Blein: l’homosexualité. Dans un tweet récent, l’élue s’était en effet insurgée contre l’hommage rendu à Xavier Jugelé, policier assassiné sur les Champs-Élysées lors d’une attaque revendiquée par Daech. Au cours de l’hommage national qui lui a été rendu, son compagnon, Étienne Cardiles, avait livré un émouvant discours.

Pas pour Catherine Blein, qui avait alors jugé, en accord avec Jean-Marie Le Pen, que «toutes les occasions sont bonnes de faire entrer l’homosexualité dans nos vies». Une idée condam- née là encore par Marine Le Pen elle-même. Qu’importe, Catherine Blein assume pleine- ment.«L’hommage rendu à ce malheureux flic, c’était surtout pour faire la promotion de l’homo- sexualité. Vous savez moi je n’ai rien contre les homos qui se tiennent dans leur coin. Mais je suis contre le mariage par exemple. Un mariage, c’est entre un homme et une femme. Une famille, c’est un père, une mère, et des enfants. J’ai fait toutes les manifestations de La Manif pour tous.»

En guise de conclusion, Catherine Blein nous explique qu’elle «connaît des homos» qui comprennent parfaitement ses positions. «Ils savent qu’avec moi, on peut débattre, j’assume tout ce que je pense» explique l’élue dont «toute la famille vient d’Ordre Nouveau et d’Occident», deux mouvements étudiants d’extrême droite aujourd’hui disparus.

5 Mai, 2017 Paul Aveline

BuzzFeed News, France

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05 mai 2017 ~ 0 Commentaire

chasse à l’enfant (le vif.be)

enfant flic

Schaerbeek – ce matin 8h20 – à l’arrêt du tram 55, une dizaine d’agents de la STIB accompagnés de policiers en uniforme contrôlent les passagers du tram.

C’est l’heure d’accompagner les enfants à l’école. Le tram est bondé de mamans et d’enfants qui portent de gros cartables.Contrôle des tickets et des cartes d’identité. La STIB participe à la chasse aux sans-papiers. A la chasse aux enfants sans-papiers.

La loi prévoit qu’avec ou sans-papiers, tout enfant est soumis à l’obligation scolaire. Les enfants sans-papiers vont à l’école comme les autres et s’y rendent en tram comme les autres. L’éducation est un droit que l’Etat doit respecter. Mais encore faut-il arriver jusqu’à l’école. Contrôler l’identité des familles qui visiblement accompagnent des enfants à l’école, c’est ignoble. C’est indigne de notre société. Nous ne pouvons pas l’accepter.

La STIB n’a-t-elle pas d’autres tâches à accomplir ? La mobilité à Bruxelles est un vrai problème. Le matin, nos trams sont bondés. Il est parfois impossible de monter. Il faut attendre le tram suivant au risque d’arriver en retard. Alors par pitié, le budget alloué à cette atroce opération de chasse aux enfants sans-papiers, utilisez-le pour ajouter un tram ou deux sur la ligne.

Ces policiers n’ont-ils pas d’autres tâches plus importantes et plus urgentes que d’arrêter une maman sans-papiers devant ses enfants de sept ou huit ans ? La peur qu’ils ressentaient était palpable.

Une telle opération n’a pas d’impact sur le taux de criminalité ni sur l’insécurité. Cela n’améliore le quotidien de personne. Personne ne peut s’en réjouir. Arrêter des gosses et leurs mères n’a pas d’autre but que de terroriser ces familles et les familles qui assistent impuissantes à ça. Que devons-nous répondre à nos enfants qui demandent : « Maman, pourquoi ils arrêtent des enfants ? »

Tout le monde a ressenti ce malaise affreux d’assister à une scène surréaliste, impuissants et honteux de notre impuissance. Nous aurions pu, nous aurions du, être capable d’organiser une action de désobéissance civile dans l’instant. Nous étions assez nombreux pour bloquer les portes et empêcher ce contrôle indigne. Nous ne l’avons pas fait. Nous n’étions pas prêts, pas organisés, pris au dépourvu par un sentiment de paralysie horrifiée.

Les agents de la STIB et les policiers présents ont aussi ressenti ce malaise. Mais ils ont choisi de faire taire leur conscience et d’obéir aux ordres.

J’ai demandé à un agent s’il se rendait compte qu’il participait à la chasse aux enfants sans- papiers. Il m’a répondu « je ne fais que mon travail ». Il n’avait pas l’air méchant, ce n’était pas une brute. Juste un honnête type qui fait son travail. Je ne sais pas ce que vous en penserez. Mais moi j’ai pleuré.

« C’est la meute des honnêtes gens, Qui fait la chasse à l’enfant » Jacques Prévert

Selma Benkhelifa
Avocate  Progress Lawyers Network 04/05/17
http://www.levif.be/

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05 mai 2017 ~ 0 Commentaire

manifs bzh (le télégramme)

http://www.letelegramme.fr/

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05 mai 2017 ~ 0 Commentaire

nantes 7 mai

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04 mai 2017 ~ 0 Commentaire

le pen en bretagne (fr3)

le pen

Marine Le Pen accueillie à Dol-de-Bretagne par des jets d’oeufs

La candidate du Front national Marine Le Pen est arrivée dans la cohue à Dol-de-Bretagne, dans le nord de l’Ille-et-Vilaine. Elle a été accueillie par des jets d’œufs, sous des sifflets.

Plusieurs dizaines de personnes ont accueilli Marine Le Pen, en visite à Dol-de-Bretagne, par des sifflets, des insultes et des jets d’œufs. La candidate en campagne a été prise dans une cohue avant de se réfugier, sous la garde de son service de sécurité, dans l’usine qu’elle avait prévu de visiter.À son arrivée, une cinquantaine d’opposants ont crié « Dehors les fachos », ou « Vous n’avez rien à faire ici, Madame », tout en lançant des œufs en direction de la candidate FN au moment où elle sortait de sa voiture. Protégée par son service d’ordre, Mme Le Pen a immédiatement pénétré dans les locaux de l’entreprise de Transports Guisnel.

 Stéphane Grammont 04/05/2017
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