Archive | Antiracisme

11 avril 2017 ~ 0 Commentaire

vel d’hiv’ (slate + rp)

nazi-dog

Parmi les auxiliaires de la rafle du Vél d’Hiv, un futur numéro 2 du FN

Les 16 et 17 juillet 1942, la police française était assistée lors de la rafle de centaines de militants du Parti Populaire Français, dont Barthélémy était le numéro deux. Avant de devenir, trente ans plus tard, celui du FN de Jean-Marie Le Pen… 

Pour Pessah, la Pâque juive, Marine Le Pen a décidé d’ouvrir une polémique sur la rafle du Vél d’Hiv, dont elle a estimé que la France n’était pas responsable. Ce thème lui permet de s’adresser à l’électorat conservateur sur un segment qui lui convient, la grandeur de la France contre la repentance, alors que cet électorat s’avère rétif à son programme économique et européen.

Le débat des onze candidats avait vu la présidente du FN perdre son rôle de candi- date anti-système; les sondages placent désormais quatre d’entre eux dans la marge d’erreur donnant un ticket pour le second tour; Nicolas Sarkozy, Jean-François Copé et Manuel Valls n’étant pas là, le débat porte sur l’économique et le social et non sur les burkinis: Marine Le Pen avait donc besoin d’une polémique a minima. Il lui fallait se resituer comme candidate seule contre tous, et ses soutiens dépensent leur énergie sur les réseaux sociaux à essayer de faire prendre la polémique.

Cette dernière est quelque peu vintage, car aujourd’hui, ce n’est plus Vichy mais la guerre d’Algérie qui sert de base au régime mémoriel. Mais les lepénistes, voulant peut-être maladroitement préempter le souvenir gaulliste pour l’entre-deux-tours, rappellent ainsi à notre souvenir un homme-clef de cette période: Victor Barthélémy. Car la rafle du Vél d’Hiv ne fut pas faite que par la police française: cette dernière était aidée, les 16 et 17 juillet 1942, par plu- sieurs centaines d’hommes du Parti Populaire Français de Jacques Doriot, PPF dont Barthé- lémy était alors le numéro 2. Avant de devenir, trente ans plus tard, le numéro deux du Front national. Son trajet est celui d’un siècle.

Du communisme au fascisme

Né en 1906, Victor Barthélémy provient d’une famille de gauche. Républicain varois, son grand-père est déporté en Algérie après le coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte le 2 décembre 1851. Pacifiste et socialiste, son père s’enthousiasme pour la révolution russe de 1917. Le jeune Victor Barthélémy partage sa foi enthousiaste, quoiqu’il ne dédaigne pas, en sus de L’Humanité, la lecture de L’Action française de Charles Maurras. Il adhère à la Section Française de l’Internationale Communiste (PC SFIC sans « F » note du blog) , ancêtre du Parti Communiste Français. Après avoir eu pour mission de mener une agitation antimilitariste et anticolonialiste à Marseille, il est envoyé suivre à Bruxelles un stage de formation de l’Internationale Communiste. Il poursuit ensuite, en 1928, sa formation à Moscou.

En 1935, la signature du pacte d’assistance mutuelle franco-soviétique entre Staline et le ministre des Affaires étrangères Pierre Laval est suivie de déclarations de foi patriotique et de soutien à l’armée de la part du parti. Pour Barthélémy, pareils légalisme et soumission à l’ordre induisent que l’horizon révolutionnaire n’est plus qu’un leurre. Que faire? Il cherche la révolu- tion ailleurs, songe que, somme toute, «le fascisme était un socialisme qui se réalisait…». Quand, en 1936, Jacques Doriot fonde le Parti Populaire Français, Barthélémy participe à l’aventure et devient son bras droit. Dans les débats du Conseil national, il synthétise ce que doit être l’action: «Les moyens doivent être simples, catégoriques, violents.»

Le basculement a lieu quand l’Allemagne rentre en guerre contre l’Union soviétique à l’été 1941. Doriot pousse à la constitution de la Légion des Volontaires Français contre le bolchevisme (LVF) et s’y engage. Il charge Barthélémy de porter à l’ambassade d’Allemagne une lettre de remerciements à Hitler, ainsi que de faire fonctionner le parti pendant son absence. Barthélémy synthétise en quelques mots les nouveaux objectifs: «Pour une politique intérieure antiparlementaire, antidémocratique, antijuive, antimaçonnique, hardiment socialiste, dans le cadre d’un État totalitaire, pour une politique extérieure de reconstruction européenne par la réconciliation franco-allemande et la collaboration avec tous les États d’Europe.»

À la fin de la guerre, il se réfugie en Allemagne, puis en Italie. Il tente de mettre en place des commandos à introduire en France. Arrêté le 2 mai 1945, il est renvoyé dans son pays. Il obtient d’être traduit devant un tribunal militaire, lui qui fut toujours un civil, et n’est condamné qu’à quelques mois d’emprisonnement.

Reconstruire l’extrême droite

Très lié aux néofascistes italiens, Barthélémy est de toutes les tentatives de reconstruction de l’extrême droite radicale à l’échelle européenne. En France, la guerre d’Algérie paraît pouvoir redonner des perspectives: il entre donc au comité directeur du Front National pour l’Algérie Française fondé par Jean-Marie Le Pen en 1960. Ce dernier anime la campagne de Jean- Louis Txier-Vignancour à l’élection présidentielle de 1965, et, là encore, l’ancien du PPF participe à la direction. Face à l’insuccès, Barthélémy s’efface, et ne réapparaît que lorsque le mouvement néo-fasciste Ordre nouveau décide de lancer le FN en octobre 1972.

Entre les jeunes radicaux et le président du parti, le courant passe mal. Barthélémy est l’homme qui arrange la situation, faisant des allers-retours de conciliation. En avril 1973, une convocation interne à Ordre Nouveau invite ainsi les militants à une conférence sur le PPF présidée par lui et qu’il anime avec André Dufraisse, un ancien de la LVF. Rien de nostalgique, mais une perspective fonctionnelle: «Il ne s’agit pas pour les nationalistes en 1973 d’évoquer les expériences passées, mais d’analyser les causes de l’échec de notre famille politique, afin d’en tirer un enseignement indispensable à tout engagement politique.» Le mois suivant, Jean- Marie Le Pen tente d’éviter l’explosion de l’alliage entre le FN et Ordre Nouveau en déclarant lors d’un meeting: «Vous maurassiens, vous intégristes, vous anciens fascistes, laissez de côté vos querelles, venez sous la bannière du Front National défendre la droite nationale, sociale et populaire.»

Rien n’y fait: après la dissolution par l’État d’Ordre Nouveau en juin 1973, (conjoin- tement avec la Ligue Communiste qui contre-manifestait Note du blog) le conflit entre le président du FN et l’ex-équipe d’Ordre nouveau finit devant les tribunaux pour savoir à qui appartient le nom du mouvement. Barthélémy choisit de soutenir le président plutôt que les jeunes néo-fascistes. Secrétaire administratif du FN depuis 1973, il occupait en fait des fonc- tions de secrétaire général qu’il obtient officiellement au congrès de 1975.

Pour Jean-Marie Le Pen, c’était là un choix logique: «Dans mon esprit, le Front national visait à rassembler les patriotes. Qu’elles qu’aient été leurs options personnelles, politiques ou historiques précédentes. À condition qu’ils n’aient pas agi par esprit de lucre, ni qu’ils aient servi d’autres pays que le leur…, m’expliquait-il en 2012, ainsi qu’à Joseph Beauregard, pour notre livre Dans l’ombre des Le Pen. Une histoire des numéros 2 du FN. Victor est disponible, à la retraite, et a une connaissance technique de la marche d’un mouvement, modéré, efficace, se faisant accepter de gens plus jeunes que lui… C’était un bon organisateur, un bon techni- cien, qui avait une expérience politique, révolutionnaire d’abord, ensuite qui avait exercé des responsabilités nationales dans un grand parti politique, et qui n’essayait pas de faire prévaloir son passé politique mais qui se mettait à la disposition des initiatives nouvelles.»

Il est vrai que Barthélémy n’est pas enfermé dans le passé. Alors que l’immigration n’est pas la préoccupation essentielle du FN à sa naissance en 1972, il tenait déjà, quant à lui, à expliquer qu’il s’y opposait par solidarité avec les immigrés. En effet, il affirmait alors qu’elle les transformerait «en sous-hommes victimes de l’exploitation des négriers; coupés la plupart du temps de leurs familles, isolés dans des ghettos, ils n’ont pas la possibilité de s’épanouir, tout en constituant une menace pour la sécurité dans de nombreux quartiers». Défense des identités, lien entre immigration et insécurité urbaine: le discours dépréciant la promiscuité inter-ethnique se réinventait, et cet homme qui n’était plus jeune était à l’avant-garde de ces discours-là.

Barthélémy reprend donc les structures du PPF pour réorganiser le FN. Il crée des fédérations départementales et des inspections régionales, met en place en 1975 une série de commissions. Il dote le parti d’institutions, un comité central et un bureau politique, dont les dénominations sont évocatrices du mouvement ouvrier. Il met en place avec Dufraisse des associations destinées à servir de courroies de transmission au Front National, sur le modèle de l’action du PCF. Il élimine toute trace de collégialité pour faire remonter toutes les structures au président.

L’homogénéité interne va de pair avec une unification externe. C’en est fini des affiches où le nom de «Le Pen» se mêle à celui d’autres orateurs. Toute la propagande est personna- lisée autour du tribun: le Front National doit être identifié comme «le parti de Jean-Marie Le Pen». À l’intérieur il faut un chef, aux masses il faut présenter un sauveur.

En 1976, Victor Barthélémy se retire dans le Midi. Il rédige son autobiographie, publiée en 1978, y faisant montre d’une plume élégante et de fortes amnésies, sur la question de l’antisémitisme tout particulièrement. Il meurt en 1985. S’il est trop sulfureux pour que le Front national puisse évoquer son souvenir, il ne disparaît pas pour autant totalement des esprits –Jean-Marie Le Pen n’est pas homme à abandonner la mémoire de ses amis. Quand, en 1994, il prononce l’hommage funèbre de Dufraisse, il déclare: «Et toi, tu marches avec les anges, avec tes copains disparus. Ceux de ta jeunesse et de ton âge mûr: Jacques, Victor, Pierre. Et puis d’autres, encore plus près: François, Jean-Pierre…»

Jacques Doriot, Victor Barthélémy, l’ex-Waffen SS et premier trésorier du FN Pierre Bousquet, François Duprat, Jean-Pierre Stirbois…. On n’est pas certain qu’aucun de ceux-là aurait défendu une position «gaulliste» sur la responsabilité de Vichy et du PPF dans la rafle du Vél d’Hiv. O tempora, o mores…

Nicolas Lebourg  10.04.2017

http://www.slate.fr/

Lire aussi:

Le Pen. « La France n’était pas responsable » de la rafle du Vél d’Hiv (RP)

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08 avril 2017 ~ 0 Commentaire

fn contre poutou (npa)

nazi-dog

Le FN vole, triche, ment… et calomnie Philippe Poutou!

Incontestablement, le Front national a encore la tête qui tourne après la gifle que Philippe Poutou lui a infligée lors du grand débat, rappelant sa corruption et ses multiples mises en examen.

Les mensonges et les calomnies ne se sont pas faites attendre : entre diverses insultes, c’est notamment par la bouche de David Rachline, directeur de campagne de Marine Le Pen, qui a voulu faire croire que notre camarade ne serait pas vraiment ouvrier, et passerait son temps « dans sa permanence syndicale mais à mon avis très peu au boulot en réalité ».

Rien n’est plus faux ! Philippe Poutou est bien ouvrier à l’usine de Ford Blanquefort, tout autant que Marine Le Pen est une riche héritière doublée d’une politicienne cumularde qui vit de la rente et de ses indemnités d’élue.

Rappelons simplement que Philippe Poutou travaille en 2×8, alternativement de 6h à 14h et de 14h à 22h, et qu’il passe 30h par semaine à l’usine, avec en plus une journée salariée par et pour le NPA. Et sa délégation syndicale pour la CGT (CHSCT) est de 20 heures par mois.

Cette manœuvre grossière ne nous surprend pas : il y a quelques années, l’extrême droite avait déjà essayé de faire croire qu’Olivier Besancenot n’était pas non plus facteur.

Au-delà de nos porte-parole, en s’en prenant à eux, le FN crache au visage de l’ensemble des militants syndicaux et des salariés qui relèvent la tête, celles et ceux qui luttent vraiment contre la fermeture de leurs usines, pas comme le FN qui s’en sert pour défendre ses idées racistes et nauséabondes.

Définitivement, le FN reste bien l’ennemi des ouvriers et de l’ensemble du monde du travail..

 7 avril 2017 Commission nationale antifasciste

http://tantquillefaudra.org/

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05 avril 2017 ~ 0 Commentaire

brest rassemblement (réseau)

migrant

Nous soutenons les migrant-e-s

Rassemblement dimanche 9 avril, 15h/17h,

Parvis des Capucins, pour un goûter festif

Face aux drames vécus au quotidien par les réfugié-e-s et les migrant-e-s, aussi bien aux portes de l’Europe qu’au sein de celle-ci, les gouvernements européens et français persistent dans leurs politiques mortifères.
On meurt toujours en nombre en Méditerranée, sur le chemin vers l’Europe et à nos frontières.

Comment pourrions-nous, en tant que citoyen-ne-s vivant en France, oublier ces milliers de femmes, d’hommes et d’enfants qui ont perdu la vie alors qu’ils tentaient de fuir ?

Alors que les égoïsmes nationaux, les pressions des extrêmes droites et des droites extrêmes et de ceux/celles qui surfent sur les mêmes idées populistes, ne cessent de monter, les résistances se multiplient : les réfugié-es eux-mêmes mais aussi des individus, des habitant-es, des associations, des collectifs… afin de rappeler l’importance fondamentale des valeurs d’accueil, de solidarité et de partage.

Dans le pays de Brest, un réseau d’organisations et d’individus s’est constitué pour faire en sorte que l’accueil des migrants dans notre région se passe au mieux, ou disons au moins mal. La situation n’en reste pas moins dramatique puisque nombre de migrant-e-s sont à la rue dans notre ville ou aux alentours, ils n’ont pas de toit pour dormir, manger, vivre…, avec souvent des enfants, parfois très jeunes, parfois même des bébés. Que ces personnes aient ou non des papiers, cette situation n’est pas humainement acceptable.

Le Réseau, les organisations et individus qui le composent, vous appellent à un rassemblement digne et festif dimanche 9 avril 15h

- Pour exprimer votre solidarité active aux migrants,

- Pour protester contre les politiques européennes, en particulier ici française, et affirmer notre attachement au droit d’asile et à la liberté de circulation.

Le cadre juridique de l’asile, et son application souvent trop restrictive, comme nos politiques migratoires, sont en décalage avec les réalités migratoires actuelles.

La distinction entre les causes politiques et économiques nie la multiplicité des migrations et dépolitise la question de l’environnement et du dérèglement climatique ! Nous exigeons que le dispositif national d’accueil annoncé et promis voie enfin le jour en France, pour que les migrant-e-s ne soient plus laissé-e-s à la rue sans protection ni prise en charge !

Plus que jamais, nous réaffirmons qu’une autre Europe est nécessaire, solidaire, et ouverte sur le monde !

A l’appel du Réseau du pays de Brest pour l’accueil des migrant-e-s dans la dignité :

https://www.reseaumigrantsbrest.fr/

Digemer, la Halte, Entraide et Amitié, Collectes Solidarité Réfugié-es Pays de Brest, Collectif  Humanité de Plouguerneau, Utopia 56, Abaafe, LDH, MRAP, UEP, Ligue de l’Enseignement, UL CGT de Brest, FSU, SUD/Solidaires.

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04 avril 2017 ~ 0 Commentaire

gilbert et marie (le télégramme)


Quimper. Les CRS chargent les militants…

De tous les combats

83 ans moins deux dents. On ose le mot. Gilbert Nicolas a retrouvé son allant et presque son sourire. Le pasteur quimpérois, âgé de 83 ans, a perdu deux dents en février lors de la dispersion par les CRS, d’une manifestation contre une réunion d’extrême droite. Avec son épouse Marie, Gilbert a été de toutes les causes pour la paix et les droits de l’Homme.

Il est arrivé à la rédaction, le visage encore tuméfié, la lèvre coupée, un triste sourire sur ses dents cassées. Il a laissé quelques documents, un livre. « Au crépuscule de mes jours, il importe de faire le bilan. Les points positifs marquent notre volonté d’avoir toujours été fidèles à notre idéal et de n’avoir jamais trahi personne. Pour le reste, on a fait le peu qu’on a pu », a-t-il écrit sur une carte. Le coup pris dans une charge des CRS quelques jours avant, le 4 février, lors d’une manifestation contre une réunion d’extrême droite, aurait-il eu raison de la foi de Gilbert Nicolas en l’avenir ? L’heure du retrait serait-elle arrivée pour le pasteur quimpérois de 83 ans ?

Quelques jours plus tard, rendez-vous est pris pour tenter ce « bilan ». Gilbert et Marie, son épouse, arrivent à vélo. Le pas est alerte, le regard vif. « Nous n’avons pas beau- coup de temps, dit Gilbert. Marie doit partir à Tours dans l’après-midi, pour l’assemblée générale des Faucheurs Volontaires d’OGM ». Le temps aurait, de toute façon, manqué tant le parcours du couple est vertigineux. Sur un demi-siècle, il n’y a pas une cause des droits de l’Homme et de la paix dans le monde pour laquelle, ils n’ont pas donné leur temps, leur coeur, leur maison.

Gilbert et Marie sont indissociables. Ils se sont rencontrés en 1969 à Crozon. « Je participais, en service civil international, à la reconstruction du village de l’association Renou- veau », dit-elle. Marie est d’origine suisse. « Mes parents sont venus s’installer en France car ils trouvaient la Suisse étroite en pensée. Ma mère a beaucoup milité contre le nazisme. Elle était à Berlin en 1933. Elle me disait qu’il y a des choses que l’on ne peut accepter ».

Esprit de révolte

Gilbert, de treize ans son aîné, a déjà forgé son engagement. Il est loin le temps de l’orphelin en culotte courte sur les grèves de Carantec dans les années 1930. L’héritage des anciens qui ont vécu la Première Guerre mondiale, c’est « plus jamais ça ». Formé comme couvreur zin- gueur à Brest, Gilbert, se retrouve à Paris, chez un oncle protestant. Le catholique se conver- tit. « C’était une libération spirituelle, morale. Je n’étais plus asservi aux commandements de l’église mais à ma conscience selon la Bible ». Après un service militaire au Maroc de 1954 à 1956, il engage des études théologiques qui dureront des années, devient pasteur sans avoir été consacré. «Je voulais un ministère auprès des pêcheurs, un peu comme un prêtre-ouvrier», dit-il.

« Nous avons marché d’un même pas »

À la fin des années 1960, Gilbert est pêcheur à Carantec, puis c’est la rencontre avec Marie, décisive. « Nous avons marché d’un même pas, nous accompagnant l’un et l’autre dans les mêmes intuitions et les mêmes certitudes sans que l’on puisse dire, à cause de notre totale complicité, lequel précède l’autre », dira-t-il. « Mais je suis agnostique », dit-elle. De 1970 à 1972, le couple est à Marseille où Gilbert est docker. Il se consacre aux travailleurs immigrés, aux antimilitaristes, renvoie son livret militaire. En 1973, nouveau tournant. Gilbert s’embarque pour une des grandes affaires de sa vie : Mururoa. Il navigue pendant six mois comme équipier du Fri, voilier antinucléaire et pacifiste pour dénoncer les essais nucléaires français dans le Pacifique. L’odyssée réunira le général de Bollardière, Jean-Marie Muller, Jean Toulat, Brice Lalonde… L’événement est fondateur pour l’écologie politique.

À la fin de l’année, le couple s’installe à Quimper où Marie a été nommée professeur de biologie. Le deal se met en place : Marie apporte un salaire, Gilbert sera père au foyer (quatre enfants, dont deux adoptés) et très vite engagés sur tous les fronts. Il fonde le groupe Amnesty International à Quimper, soutient des prisonniers tahitiens, marche au Larzac, à Plogoff, à Creys-Malville contre Superphénix, à Flamanville. Dans les années 1980, il participe à la «Marche des Beurs », s’engage dans les Brigades de paix Internationales, contre la dictature au Guatemala d’où il sera expulsé.

« On ne lâche rien »

Aujourd’hui, Marie participe à des projets éducatifs, humanitaires, au Tchad, au Togo, mais aussi en Palestine. La biologiste est aussi devenue une faucheuse volontaire pour dénoncer l’accaparement du vivant par les firmes. Dernière action, en novembre dans la région de Dijon, contre un colza OGM. À Quimper, elle a été convoquée au commissariat et a refusé un prélè- vement d’ADN. « J’ai donné deux fois mon ADN avec mes enfants et plus de cent fois avec mon sang. Je refuserai de le faire dans ces conditions ». Le procès est prévu en septembre.

Le 4 février, Gilbert a été blessé au visage lors du dispersement d’une manifestation contre une réunion de l’extrême droite. Il a porté plainte. « Notre mot d’ordre était Bretagne ouverte, solidaire et fraternelle, dit Gilbert. On ne lâche rien ». Et ils sont repartis à vélo

http://www.letelegramme.fr/

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03 avril 2017 ~ 0 Commentaire

tibet (npa)

tibet

Notre soutien au droit d’autodétermination du peuple tibétain 

Réponse à la lettre de l’association Tibet Libre adressée à Philippe Poutou

Nous soutenons le droit à l’autodétermination du peuple tibétain, ce qui inclut évidemment le droit à l’indépendance. Plus précisément, nous soutenons le combat du peuple tibétain contre la colonisation en cours de son pays par le pouvoir chinois.

Dans le cadre du développement des luttes de libération dans le monde colonial et semi- colonial au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et de la victoire du PCC en 1949, la question s’est posée de ce qu’il allait advenir des relations entre Pékin et les nombreuses populations non-Han de la « périphérie ». Une « union libre » ou une (con)fédération étaient envisageables.

La réponse à cette question s’est avérée négative.

Le droit d’autodétermination reconnu dans la Constitution de 1931 (les « soviets » constitués par le PCC) a été effacé. L’autonomie promise aux minorités ethniques en 1984 a été vidée de tout contenu significatif et le gouvernement de la Région autonome du Tibet est resté une fiction. Aucune forme de fédéralisme n’a été mise en œuvre. Le chauvinisme grand’ Han a imposé sa loi. Le groupe communiste tibétain en a d’ailleurs payé le prix : son principal dirigeant, Phuntso Wangye, a été purgé en 1957, puis jeté en prison pendant 18 ans.

Nous jugeons en conséquence que le peuple tibétain est soumis à une sévère oppression nationale et religieuse.

Nous réclamant nous-mêmes des idéaux socialistes ou communistes, nous nous devons d’être particulièrement clairs à ce sujet. Il est aussi devenu l’otage des conflits géopolitiques, compte tenu en particulier la situation stratégique du haut plateau tibétain dans l’Himalaya. C’est particulièrement net dans les années 1950, à la suite de la guerre de Corée. Le PCC a brutalement inversé sa politique tibétaine, passant d’une alliance avec les élites à une réforme agraire menée de façon autoritaire, la décennie se concluant sur le soulèvement de 1959.

La Chine est maintenant une puissance capitaliste. L’intégration économique de la « périphérie » s’accroit. Le Tibet est devenu une terre de colonisation Han avec le développe- ment des infrastructures et la politique des nouvelles « routes de la soie ». Il nous paraît, dans ce contexte, particulièrement important de renouveler notre soutien au combat d’auto- détermination du peuple tibétain.

Le Dalaï-Lama porte sur le plan international la question tibétaine. Tant en matière religieuse que culturelle, la référence à l’identité bouddhiste du Tibet constitue certainement un ciment de résistance face aux politiques d’assimilation de Pékin. Nous souhaitons cependant soulever deux problèmes à nos yeux importants.

Le Dalaï-Lama est une autorité à la fois religieuse et étatique (gouvernement en exil) ; un statut ambivalent qui peut légitimer un pouvoir théocratique. Aucune société, pourtant, n’est homogène en matière de croyances (ou de non-croyance), pas plus que sur le plan ethnique. L’égalité citoyenne ne peut être pleinement reconnue là où il y a religion d’Etat – ou une définition ethnoreligieuse de l’Etat.

Le Dalaï-Lama est connu pour la prudence avec laquelle il cherche à négocier une solution à la « question tibétaine » avec le gouvernement chinois. Face à l’intransi- geance du PCC, le nationalisme tibétain peut se différentier. Des courants d’extrêmes droites peuvent se constituer. Des mouvements bouddhistes d’extrême droite existent d’ores et déjà en Birmanie et au Sri Lanka (voire en Thaïlande avec les ultra-royalistes).

Nous nous inquiétons de telles possibilités ; non pas pour modérer notre soutien au combat d’autodétermination du peuple tibétain, mais pour le renforcer. En Chine même, des personnalités ont condamné la politique de leur gouvernement au Tibet. Nous devons, en France et ailleurs, œuvrer à développer de telles solidarités – et nous vous remercions de contribuer par votre activité à maintenir présente, en France, cette question.

Philippe Poutou Nouveau Parti anticapitaliste (NPA)

dimanche 26 mars 2017

http://www.europe-solidaire.org/

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03 avril 2017 ~ 0 Commentaire

plouarzel-lampaul plouarzel (avaaz)

lampaul

https://secure.avaaz.org/

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30 mars 2017 ~ 0 Commentaire

 petits candidats (npa)

bretagne_antifascsiste_breizh_antifa

Braconnage très à droite…

Si le Front national est électoralement hégémonique à l’extrême droite depuis 30 ans, certains « petits » candidats vont tenter malgré tout de lui disputer une partie de son électorat le 23 avril prochain…

Nicolas Dupont-Aignan, à droite toute…

Militant, selon lui,  au sein de la droite classique depuis son adolescence (avec un bref pas- sage au côté de Jean-Pierre Chevènement), NDA quitte l’UMP en 2008 en transformant son courant « Debout la République » en parti politique. Se situant à l’origine sur le terrain de la droite « eurosceptique », NDA va glisser progressivement vers un nationalisme de plus en plus affirmé. Ainsi, lors de l’élection présidentielle de 2012, il déclare qu’il pourrait choisir Marine Le Pen pour Premier ministre. En 2014 il soutient ensuite la candidature de Ménard à l’élection municipale de Béziers.

Le changement de nom de son organisation en « Debout le France » en 2014 vient illustrer l’accentuation de cette dérive. Depuis, il n’hésite plus à défendre un programme anti- immigration identique à celui du FN, en soutenant les décrets de Trump, en reprenant à son compte la théorie du « grand remplacement » ou lors de la primaire de droite, qualifiant Juppé de « candidat de l’immigration de masse »… Jusqu’où ira-t-il ?

François Asselineau, le candidat des conspirationnistes

Ancien collaborateur de Juppé puis de Pasqua, il est lui aussi issu de la droite. Il fonde son parti, l’UPR, en 2007, dont la grille de lecture complotiste et ultrasimpliste peut se résumer en une phrase : absolument tout est de la faute de l’Union Européenne qui ne serait en fait qu’une construction des services secrets étatsuniens…

Lors de ses très très longues conférences, il explique donc que derrière chaque événement politique, la loi El Khomri, Daesh, les OGM, l’académie Nobel, le logo de l’UMP, se cache la main de la CIA. Même le FN serait le résultat d’un complot visant à « pourrir » les idées ­défendues par Asselineau…

Pour défendre son idée fixe sur l’UE, Asselineau est donc prêt à s’allier avec tout le monde et surtout avec n’importe qui. On l’a ainsi vu donner une conférence en 2010 au « Local », le lieu tenu par Serge Ayoub (leader du mouvement Troisième voie) ou inviter dans ses universités d’été des figures du complotisme comme Étienne Chouard ou Annie Lacroix-Riz, des repré-sentants du Réseau Voltaire de Thierry Meysan, Robert Ménard ou l’éditeur d’extrême droite suisse Slobodan Despot. Sur les questions internationales aussi, Asselineau est comme l’ensemble de l’extrême droite française : un fervent défenseur de Poutine et de Donald Trump.

Jacques Cheminade, « l’illuminé » qui n’a rien de sympathique

Jacques Cheminade passe souvent pour un type un peu farfelu mais pas méchant. Pourtant il porte une idéologie dangereuse. Lui et son parti Solidarité & Progrès sont affiliés au mouve- ment américain de Lyndon LaRouche, politicien américain fascisant et habitué des déclarations négationnistes, racistes, sexistes et homophobes.

En France, les relations de Cheminade sont aussi douteuses. Ainsi il était en 2008 un des intervenants de l’université d’Égalité et Réconciliation, l’organisation fasciste d’Alain Soral ! Bien que non classé comme secte, Solidarité & Progrès fait l’objet de nombreux dossiers de la part des princi- pales organisations de luttes contre les sectes, comme l’UNADFI, la Milivudes, ou Prevensecte. La lutte de LaRouche et Cheminade contre l’oligarchie et la finance cache mal leur obsession complotiste.

Ils reprennent tous les codes du complotisme dont l’ancrage historique antisémite est indé- niable, le plus parlant étant la reprise par Cheminade de la théorie du «complot synarchique»… issu de l’extrême droite collaborationniste.

Mercredi 29 mars 2017, Commission nationale antifasciste

https://npa2009.org/actualite/politique/petits-candidats-braconnage-tres-droite

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29 mars 2017 ~ 0 Commentaire

ivg (street press)

avortement

J’ai avorté et c’est mieux comme ça

À 22 ans Victoria est tombée enceinte. Elle a décidé d’avorter. Son médecin de famille n’a pas voulu la suivre, mais elle a pu compter sur le planning familial. Ça n’a pas été facile, mais elle ne regrette pas son choix.

J’ai fait un premier test de grossesse. Négatif. Pourtant j’avais un pressentiment, une intuition. J’en ai fait un deuxième la semaine suivante : positif. J’étais enceinte, il fallait que j’avorte. C’était en juillet dernier. Lorsque je l’ai appris, j’étais choquée et triste. J’ai eu honte de moi parce que c’était pleinement de ma faute. Je ne me protégeais pas. J’avais tout simplement joué avec le feu.

Il fallait que je me débrouille seule

Je suis allé voir mon médecin généraliste. C’est mon médecin de famille, il me suit depuis que je suis petite, et il me connait très bien. J’ai eu la sensation de l’avoir déçu. Il m’a clairement fait comprendre qu’il ne voulait pas me suivre pendant cette histoire, qu’il fallait que je me débroui- lle seule. C’est un mec de province, d’un certain âge. C’est pas tous les jours qu’il doit voir des jeunes filles enceintes passer dans son cabinet. Il m’a simplement dirigée vers le planning familial de ma ville.

Une semaine plus tard environ, j’avais rendez-vous pour la première consultation. Là-bas, c’était très différent. Les femmes ont été extras avec moi. Elles étaient adorables. J’ai eu beaucoup de rendez-vous, peut-être six ou sept, parce que j’en avais besoin. Là, je me sentais prise en charge. C’était vraiment très bien encadré : ce planning est réputé pour être l’un des meilleurs de France. Il y a des médecins, des infirmières, des psychologues, tout ce qu’il faut. Il y a également un suivi psychologique assuré gratuitement pendant des années après, si besoin. Moi je n’ai pas vu de psy. On me l’a proposé, mais je n’en ai pas ressenti le besoin. Les consultations médicales me suffisaient.

J’ai aimé la sensation, même si je connaissais l’issue que ça allait avoir

Entre le jour où je l’ai su et le jour de l’avortement, il s’est passé environ trois semaines. J’ai avorté à un mois de grossesse. J’avais beaucoup de nausées. Ma mère m’a dit : « De toutes mes grossesses j’ai jamais eu autant de nausées que toi. » J’ai passé trois semaines dans ma chambre, je ne pouvais rien avaler, puisque je vomissais tout, je ne pouvais pas sentir une odeur, rien. J’ai perdu beaucoup de poids, mais mon ventre était différent. Je le touchais, il était dur. C’était un sentiment étrange. C’est bizarre à dire mais j’ai aimé la sensation, même si je connaissais l’issue que ça allait avoir. « Ce n’est que quelques jours après l’opération que j’ai réellement pris conscience que je n’avais plus rien dans le ventre. » Victoria, 22 ans.

J’ai choisi de me faire opérer à l’hôpital, par aspiration, sous anesthésie générale. Il y avait l’option « facile », par voie médicamenteuse. Celle-ci revient à provoquer une sorte de fausse couche et dans ce cas, il n’y a pas d’hospitalisation. Ça me paraissait trop douloureux, je ne voulais pas vivre ça seule chez moi. Quand je suis rentrée après l’opération, j’étais cre- vée, je n’ai pas réalisé tout de suite. Ce n’est que quelques jours plus tard que j’ai réellement pris conscience que je n’avais plus rien dans le ventre. J’avais changé quelque chose, j’avais fait un choix. J’ai eu un manque les premiers jours. Lorsque je voyais une femme enceinte ou un bébé, ça me faisait quelque chose. Je suis allé à l’église. Aujourd’hui, tout va bien.

J’ai fait ce qu’il fallait faire, c’est une évidence

J’étais étudiante, j’avais 22 ans, c’était les premiers mois avec mon copain. J’ai fait ce qu’il fallait faire, c’est une évidence. Bien sûr je me suis posée des questions, c’est normal : qu’est- ce qu’il se serait passé si je ne l’avais pas fait ? Comment je vivrais mes futures grossesses ? Je n’ai pas les réponses. C’est un geste qui marque une vie, on ne peut pas l’oublier, c’est impossible. Mais je sais que j’ai pris la bonne décision, je l’ai toujours su. Je sais aussi que j’aurais des enfants plus tard. Au bon moment.

Le jour de l’opération, j’ai rencontré une jeune fille qui était dans le même cas que moi. Je m’en souviendrais toujours. Je partageais ma chambre double avec elle. Elle devait avoir au plus 16 ans. Il y avait ses copines avec elle et j’ai compris son histoire. Ses parents n’étaient pas au courant, elle leur avait dit qu’elle allait en cours ce jour là. Elle avait l’air plutôt bien. Pas triste ni traumatisée. Elle avait surtout l’air très jeune, encore enfantine et pas vraiment consciente de ce qu’elle était en train de vivre.

Le droit à l’avortement est une liberté qui ne peut pas disparaître

Oui, psychologiquement, c’est dur d’avorter. Mais il faut penser à l’avenir. Pour moi, si tu n’as pas les conditions nécessaires pour élever un enfant, ne le fais pas. Ça n’est plus seulement ta vie que tu risques de gâcher. Je ne pouvais pas éduquer un enfant aujourd’hui, je suis encore entrain de m’éduquer moi même. N’importe quelle mère dira que la première grossesse, c’est toujours la galère. Alors décider de donner naissance alors sans être correctement installée dans la vie, je n’ose même pas imaginer. Le droit à l’avortement est une liberté qui ne peut pas disparaître. Aucune femme ne dira que c’est facile à vivre. Mais c’est un droit fondamental.

 Victoria, 22 ans, étudiante  Le prénom a été modifié.

Propos recueillis par Agathe Palaizines 27 Mars 2017
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28 mars 2017 ~ 0 Commentaire

antiracisme (npa)

 publicite-racisme

Si les réflexions et comportements racistes existent depuis longtemps sur les lieux de travail, les succès électoraux du FN permettent de leur donner une légitimité.

Entretien. Alors que le Front national profite à plein de la situation sociale et politique, des attentats aux « affaires » (dont il n’est pourtant pas épargné…), nous avons rencontré Luz Mora, militante syndicale de Solidaires Travail Affaires sociales, qui est une des animatrices de VISA (Vigilance et initiatives syndicales antifascistes). Depuis 1996, ce collectif regroupe des militantEs syndicaux qui analysent et dénoncent les incursions du FN et de l’ensemble de l’extrême droite sur le terrain social, dans les entreprises et les services…

Le FN, repris par les médias, communique beaucoup autour de l’idée qu’il serait le premier parti des ouvriers au niveau électoral. Quelle en est la réalité ?

Évidemment, c’est beaucoup plus compliqué. Il est maintenant bien établi, par différentes recherches universitaires, que les ouvrierEs et employéEs constituent en gros la moitié du vote FN. Mais si on tient compte de l’abstention et des non-inscritEs, c’est en fait en gros une personne sur 7 appartenant à ces catégories qui votent FN.

Le vote FN des fonctionnaires a augmenté depuis les années 2000. En moyenne, c’est entre 22 et 26 % des intentions de vote qui se tournent vers le FN. À l’intérieur, on a des petites variations selon les différents versants de la fonction publique et entre les différentes catégories.

Mais en fait, peu importe : à ce niveau, pour VISA, c’est déjà trop ! Les syndicalistes, au contact quotidien des salariéEs du public et du privé, ont une responsabilité : celle d’empêcher leurs collègues de voter pour ce parti qui va contre leurs intérêts ! Pour les arguments, c’est juste de la formation syndicale et un peu de lecture pour les maîtriser. C’est le plus simple. Mener la bataille, c’est une volonté collective, dans le syndicat.

Quelle est ton appréciation du profil du FN dans cette campagne électorale ? Quel électorat cherche-t-il à séduire ?

Le FN va tout tenter pour se faire élire, en particulier sa présidente. Évidemment, on retrouve la constante « priorité nationale », les attaques sur les étrangers (par de multiples vecteurs) et les habituels discours et promesses sur la sécurité. C’est le ciment de l’électorat. Pour le reste, le but est de proposer tout et son contraire : un « État stratège » et une diminution des obliga- tions qui pèsent sur les boîtes ; des prétendues augmentations de pouvoir d’achat, la préten- due conservation de la protection sociale et des baisses massives de cotisations et des aides aux boîtes…

On remarque toutefois plusieurs nouveautés : Marine Le Pen s’adresse souvent aux femmes, sous un angle sécuritaire et raciste qui ne résout évidemment aucun des problèmes qu’elles rencontrent.

La campagne en direction des entreprises, en particulier des TPE-PME, est cette fois-ci beaucoup plus prégnante. D’ailleurs le projet présidentiel, les 144 propositions, s’en ressent. Beaucoup de choses sont promises aux patrons, et des promesses aux salariéEs existent, mais elles sont moins mises en avant.

Un autre fait notable : si Marine Le Pen a démarré sa campagne sous le signe de « la France apaisée », avec les affaires et les mises en examen, elle joue la vieille partition d’extrême droite du « complot du système » pour tenter de bâillonner le FN, allant jusqu’à menacer les fonctionnaires qui se compromettraient avec ce complot. Et ça, c’est pas trop apaisé…

Les militantEs de VISA perçoivent-ils une poussée réactionnaire ?

Si les réflexions et comportements racistes existent depuis longtemps sur les lieux de travail, y compris parfois dans l’organisation même du travail (rappelez-vous la grève des ouvriers de Peugeot à Poissy dans les années 1980), il est certain que les succès électoraux du FN permettent de leur donner une légitimité.

Le FN tracte devant les boîtes depuis le milieu des années 1990 : la différence, c’est qu’aujourd’hui, il est de plus en plus banalisé et donc pas empêché de le faire. Il est même invité, au même titre que d’autres partis, par certains syndicalistes, pour « faire un tour » dans les boîtes. C’est certes marginal, mais c’est révélateur.

On peut pas vraiment dire qu’il existe une poussée réactionnaire, ni vraiment la dater. Par contre, on constate en effet qu’elle s’exprime, qu’elle s’affiche, que le racisme, l’homophobie, le fait de voter FN, se sont banalisés.

Les militantEs de VISA sont avant tout des militantEs syndicaux : comme les camarades que nous côtoyons lors de nos activités, nous constatons bien qu’il est devenu presque « normal » de développer ce genre de discours, et difficile d’agir pour convaincre du contraire. Comme d’autres militantEs syndicaux, on discute et on agit pour que ça ne s’étende pas, pour convaincre du contraire, soutenir les victimes, expliquer que ce type de propos ne résout en rien la situation quotidienne de nos collègues.

Comme tout le monde, on a des petites victoires, et parfois, des déceptions. Ce sont les discussions, les échanges de « tuyaux » qui nous permettent de revenir à la charge, et nos convictions syndicales. Nous avons, nous syndicalistes, une responsabilité collective, et avons aussi à nous occuper des conditions de travail, d’emploi, des problèmes quotidiens des collègues. Devant ces responsabilités, il est indispensable de créer une unité syndicale pour refuser ce type de propos ou de comportements.

Quel rôle peut jouer VISA durant ces prochaines semaines pour y répondre et par quels moyens ?

On fait comme d’habitude, mais à un rythme plus rapide : en ce moment, on enchaîne les formations syndicales, les interventions en congrès, dans toute la France.

Récemment, on a mis en ligne sur notre site1, en plus de nos brochures, quelques textes téléchargeables gratuitement sur des points précis du programme présidentiel du FN, pour que les syndicalistes aient des argumentaires récents à utiliser sur les lieux de travail, dans les journaux syndicaux… VISA 13 a récemment édité un petit outil, « Comment combattre le racisme au travail », qui est aussi sur notre site.

On participe à la rédaction des articles du site « droitsfemmescontreextremesdroites.org », et on continue à mettre en ligne le matériel syndical de tous les syndicats sur notre site.

On poursuit aussi nos chroniques périodiques « Lumières sur mairies brunes », où on recense les faits et méfaits des maires d’extrême droite depuis 2014.

Pour les francilienEs, nous organisons, au côté des instituts de formation de la FSU, de Solidaires et de la CGT, et d’éditeurs (dont nos camarades de Syllepse, notre éditeur), un « Salon du livre antifasciste » le 9 avril à Montreuil (93).

Propos recueillis par Manu Bichindaritz Lundi 27 mars 2017

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23 mars 2017 ~ 0 Commentaire

un double mensonge… (révolution permanente)

ouvrier

Le FN, le premier parti ouvrier de France ?

A cinq semaines du premier tour, dans un contexte où Marine Le Pen devrait arriver première au premier tour, les mythes continuent d’exister à propos d’un Front National « ouvrier », qui n’existe que dans la bouche des grands éditorialistes, car l’examen du programme du FN comme de son électorat prouve le contraire. 

Beaucoup le disent, le pensent ou véhiculent cette idée devenue structurante pour penser l’électorat français : le Front National serait monté sur les ruines du Parti Commu-niste, grâce à un fort vote ouvrier, en séduisant la classe ouvrière par un programme industriel qu’il comprenait. Cependant, les quelques études qui traitent de l’électorat FN montrent que les ouvriers votent finalement peu pour le parti des Le Pen ; et pour cause : quand on se penche sur son programme, on se demande comment celui-ci pourrait mobiliser des franges entières des ouvriers.

Un programme pro-patronal particulièrement avantageux pour les patrons des multinationales comme des PME

Dans ses 144 engagements présidentiels, Marine Le Pen propose un programme pour ce scrutin de 2017 peu différent du programme de 2012. Dans ses chapitres « Une France prospère », et « Une France juste », la candidate expose le gros de ses propositions en termes d’emplois et de précarité, qui sont actuellement parmi les questions les plus brûlantes pour cette classe ouvrière qui serait « frontiste ». Et force est de constater qu’à part l’abaissement de la retraite à 60 ans et le retrait de la loi Travail, qui sont évoqués très rapidement et sans explication, toutes les mesures sont avant tout pensées pour satisfaire les intérêts du patronat contre les salariés, que ce soit des grandes multinationales ou des petites et moyennes entreprises.

Un soutien actif au CAC 40

Ainsi, une des parties du programme porte particulièrement sur un Etat pensé comme un soutien aux grandes entreprises du CAC40 : « un plan de ré-industrialisation dans le cadre d’une coopération entre l’industrie et l’Etat-stratège » est évoqué, et Le Pen veut « instaurer un vrai patriotisme économique en réservant la commande publique aux entreprises françaises » et « créer un secrétariat d’Etat dédié aux mutations économiques afin d’anticiper les évolutions des formes de travail liées aux nouvelles technologies (ubérisation, robotisation, partage…) et établir une nouvelle régulation pour préserver une concurrence loyale) ».

En toile de fond de toutes ses propositions, Marine Le Pen souhaite instaurer un protectionnisme à la française comme le fait Donald Trump avec les conséquences que l’on voit poindre : si certaines entreprises ont décidé d’investir aux USA, les nouvelles normes de protection des salariés sont en train d’attaquer durement les conditions de travail. Car à un soutien actif de l’Etat au grand capital, comme l’avait déjà fait Hollande avec le Crédit d’impôt sur la compétitivité des entreprises (CICE), se couple de nouvelles attaques sur le plan social.

Couplé à de nouvelles attaques du droit du travail contre les salariés

Car si le Front National s’est toujours dit opposé à loi Travail, on ne peut que douter de son opposition qui est plus un positionnement opportuniste pour flatter des ouvriers que Le Pen aimerait voir dans son escarcelle qu’un positionnement politique de fond : qui a déjà vu le Front National manifester contre les loi anti-sociales du dernier gouvernement ?

Que ce soit la loi Macron, la loi Travail, le CICE, dans les faits, le FN a toujours soutenu tacitement ces lois. Une proposition pourtant enterrée par Hollande revient dans le programme des Le Pen : la défiscalisation des heures supplémentaires, mesure qui avait permis à Sarkozy de l’emporter en 2007 Aucune proposition concernant la précarité, les contrats courts, les licenciements, le partage du temps de travail, les augmentations de salaires ou de droits…

Dans ses propositions pour « Garantir la protection sociale », le FN ne propose que « mettre en œuvre une vraie politique nataliste » ainsi que «  renforcer la solidarité intergénérationnelle en permettant de transmettre sans taxation 100 000 euros à chaque enfants pour les cinq ans au lieu de quinze actuellement  » : autant de mesures que les chômeurs qui veulent des réponses à leur précarité entendront sûrement autrement qu’un moyen pour « garantir leur protection sociale ». Quant aux propositions de santé, la majorité d’entre elles ne proposent qu’un statu-quo, quand certaines sont totalement réactionnaires, comme supprimer l’Aide Médicale d’Etat, qui permet aux personnes en « situation irrégulière » de pouvoir se soigner.

Face aux grands patrons, les petits patrons ne sont pas en reste : un programme de soutien aux entrepreneurs

Ne nous méprenons pas : le centre du programme de Marine Le Pen vise à séduire les arti- sans, les petits entrepreneurs, les patrons de PME et de TPE ; en bref, la petite bourgeoisie française et les agriculteurs. Et les salariés des dites entreprises seront sûrement heureux d’apprendre ce que leur prépare celle qui devrait arriver en tête au premier tour ! « Alléger la complexité administration et fiscale pesant sur les TPE-PME » ; « réduire le nombre des obligations administratives liées au seuil social de 50 salariés » ; « abaisser les charges sociales des TPE-PME  » ou encore « maintenir le l’impôt à taux réduit à 15% pour les TPE et réduire le taux des PME de 33% à 24% ».

Autant de mesures qui ont toutes une même philosophie : réduire les coûts du travail, et l’imposition des entreprises. Pour notre camp social, il s’agit tout simplement de plus de travail, pour moins de rémunération et de protection, ainsi que moins d’impôts pour l’État.

Un parti ouvrier ? Le mythe d’un électorat frontiste ouvrier

A chaque élection, depuis quelques années, un petit refrain revient sur les plateaux de télé- vision : le FN serait devenu « le parti des classes populaires », le « parti de la classe ou- vrière ». Pourtant, toutes les études sociologiques viennent contredire cette assertion. En effet, si l’électorat FN est composé pour moitié d’ouvriers, de salariés et de retraités de ces classes sociales, cette portion, élevée, cache cependant une autre donnée : seul un ouvrier sur sept vote pour le FN.

Mais alors, quel est le premier parti de la classe ouvrière ? La réponse, souvent oubliée des classes dominantes plus intégrée, est tout simplement le parti de l’abstention et le parti du désintéressement vis à vis de la politique. De surcroît, comme l’a bien montré l’étude Les classes populaires et le FN, coordonnée par G. Mauger et W. Pelletier, le vote FN ouvrier est beaucoup plus volatile et moins « solide » que le vote FN des beaux quartiers traditionnels, de la Manif pour Tous et de la petite-bourgeoisie :

il y a une différence de niveau de conviction qui explique assez largement la dissonance entre un vote ouvrier et un programme frontiste par essence anti-ouvrier. Ainsi, pas étonnant que toutes les grandes organisations ouvrières, à l’instar de la CGT ou de FO, prennent ouvertement position contre le FN qui représente beaucoup de choses mais sûrement pas un parti des travailleurs.

George Waters vendredi 17 mars

http://www.revolutionpermanente.fr/

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