Archive | Antiracisme

24 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Étrangers malades: ne laissons pas les préfets jouer au docteur

Mise en page 1

Un peu partout en France, des préfets mettent à mal le droit au séjour des étrangers gravement malades et ne respectent plus les avis médicaux préconisant la poursuite des soins en France.

Régulièrement interpellés sur ce point, le ministère de l’Intérieur soutient ses préfets défaillants alors que le ministère de la Santé se déclare incompétent.

Des préfets refusent d’accorder un titre de séjour ou son renouvellement à des personnes gravement malades. Pourtant, le médecin de l’Agence Régionale de Santé (ARS), seul compétent pour apprécier la possibilité d’avoir effectivement accès au traitement approprié dans le pays d’origine, considère, lui, que ces personnes doivent rester en France pour accéder aux soins, qu’elles ne pourront pas se faire soigner dans leur pays d’origine.

Ainsi, les préfectures de l’Allier, de Charente-Maritime, de Dordogne, de Haute-Garonne, de Côte d’Or, de Loire-Atlantique, de la Marne, de la Mayenne, du Puy de Dôme, de la Sarthe… écartent l’avis du médecin déclaré compétent par la loi et mènent des contre-enquêtes médicales fondées sur la base d’éléments médicaux vagues et inappropriés. Au delà de l’irrégularité de telles procédures, on peut d’abord se demander comment le préfet peut apprécier l’accès à un traitement approprié dans un pays donné sans violer le secret médical ?

La préfecture du Rhône dresse quant à elle de façon totalement arbitraire une liste de pays pour lesquels elle considère que toute maladie peut être soignée : c’est le cas de l’Albanie, l’Algérie, la Bosnie, la Géorgie, la Guinée Conakry, le Kosovo, la Macédoine… Là aussi, de telles procédures ne sont plus motivées par la protection sanitaire des personnes mais par la seule politique du chiffre, puisqu’elles permettent un traitement indifférencié des dossiers quelle que soit la pathologie.

Ces pratiques ineptes conduisent en rétention et menacent d’expulsion des personnes gravement malades pour lesquelles les médecins considèrent pourtant qu’elles ne pourront pas être soignées dans leur pays d’origine. Actuellement, c’est le cas d’une personne géorgienne au centre de rétention de Toulouse. Le Ministère de l’Intérieur a été saisi et, au mépris des avis médicaux, il soutient le préfet qui joue au docteur.

L’ODSE a déjà interpellé les ministères de la Santé et de l’Intérieur à de multiples reprises. Alors que la situation ne fait qu’empirer, le ministère de la Santé, à l’instar du ministère de l’Intérieur, refuse d’admettre que le préfet est lié par l’avis du médecin ARS. Les pratiques dénoncées, cautionnées par le gouvernement, sont parfaitement contraires à la philosophie du législateur et sont d’ailleurs sanctionnées par les juges lorsque les personnes ont la possibilité de les saisir. S’il appartient au préfet de prendre la décision de délivrance du titre de séjour pour raison médicale, il appartient au médecin de l’ARS de rendre un avis médical sur la gravité de la maladie et l’accès au traitement approprié dans le pays d’origine.

En violation du secret médical, ces pratiques constituent une ingérence inacceptable des préfectures dans le respect des compétences de chacun des acteurs de la procédure. Le préfet n’est pas médecin ! Alors qu’une circulaire interministérielle (Santé Intérieur) est annoncée [1], et dans l’attente d’une réforme législative qui rétablirait le droit au séjour pour soins dans sa version antérieure à la loi du 16 juin 2011, l’ODSE réaffirme la nécessité de rappeler aux acteurs de la procédure : que le secret médical doit être strictement respecté par les services du ministère de l’Intérieur tout au long de l’instruction de la demande de titre de séjour ; que l’évaluation médicale pour le droit au séjour et la protection contre l’expulsion des étrangers malades relève de la compétence stricte du médecin ARS sous le pilotage exclusif du ministère de la Santé. vendredi 21 mars 2014

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23 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Grèce: non au vote de l’amendement raciste!

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Appel international

Grèce : L’impunité des violences racistes et la pénalisation des victimes par la loi renvoient l’Europe à ses heures sombres

Nous sommes inquiets et nous voulons le faire savoir. Alors que l’impunité des violences racistes est un problème qui s’étend de plus en plus en Grèce, le gouvernement Grec, plutôt que d’y répondre, s’apprête à la légaliser tout en punissant les victimes !

La semaine dernière, il a introduit un amendement au Code de la Migration qui prévoit l’expulsion des immigrés qui auraient déposé plainte contre les violences d’État au cas où leur plainte serait rejetée. C’est effrayant : cet amendement relève d’une stratégie de la peur, il punit les victimes et non les auteurs.

Selon toute une série d’organisations nationales, européennes et internationales, en Grèce, la tolérance et la non-dénonciation des violences contre les immigrés – en particulier lorsque les auteurs portent un uniforme – a créé une tradition terrible.

Nous croyons que la tolérance par l’État de la violence raciste – et plus encore son institutionnalisation –, au nom de la « protection » de l’appareil d’État contre les immigrés et les réfugiés (!), ne relève pas du « droit » d’un État national et n’est pas un moyen pour lui d’exercer sa souveraineté nationale.

La situation de crise humanitaire provoquée en Grèce par les mesures d’austérité inacceptables et les responsabilités écrasantes que la Grèce a été forcée d’assumer en matière de flux migratoires ne peuvent aucunement servir d’alibi à un pays européen pour revenir à une époque de pur non-droit qui fait écho aux périodes sombres du continent européen. Lorsque cela arrive, nous savons déjà que le seul bénéficiaire en est la droite raciste.

Nous croyons que les partis politiques et la communauté des citoyens à travers toute l’Europe doivent prendre immédiatement des initiatives afin que la légitimation étatique de la violence raciste par un pays européen soit stoppée et qu’une nouvelle réduction des droits des immigrés soit évitée.

L’amendement inacceptable a été provisoirement retiré mais, comme le Ministre de l’Intérieur l’a annoncé, il sera réintroduit la semaine prochaine. En outre, l’ensemble de l’article 19, qui permet d’attribuer des permis de séjour pour raisons humanitaires – notamment aux victimes de violences racistes – a également été retiré du Code de la Migration.

Nous appelons les citoyens, les organisations, les mouvements, les partis politiques de toute l’Europe à réagir immédiatement, en mettant la pression sur le gouvernement Grec pour que l’article 19 soit réinstauré, sans l’amendement raciste quelle qu’en soit la forme. Il s’agit d’une question fondamentale de démocratie, d’humanisme et de justice.

http://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2014/03/23/international-appeal-no-to-the-vote-on-the-racist-ammendment/

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21 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Pays bas, les médias se révoltent contre geert wilders (ci)

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Plusieurs rédacteurs en chef néerlandais ont pris position contre le leader populiste suite au discours qu’il a tenu mercredi soir à La Haye, après son échec aux municipales. C’est un fait très rare aux Pays-Bas, rapporte sur son blog le correspondant à Paris de RTL Nieuws.

Unis contre la haine. Ce jeudi 21 mars, plusieurs rédacteurs en chef néerlandais ont pris position contre le leader peroxydé Geert Wilders, dont le parti populiste PVV a obtenu des bons scores (mais pas la victoire) à La Haye mercredi lors des municipales. Une initiative extrêmement rare dans le plat pays.

A l’origine de ce ras-le-bol commun, un meeting électoral du PVV mercredi soir après l’élection dans la capitale batave. Le chef du Parti pour la liberté demande à son public s’il veut « plus de Marocains ou moins de Marocains aux Pays-Bas et dans cette ville ». « Moins, moins, moins ! », répondent les militants à cette question qui n’en était pas une. Wilders de répondre : « Ok, nous allons nous en occuper ».

Goebbels 
Jeudi après-midi, le rédacteur en chef adjoint de RTL Nieuws, Pieter Klein, a publié une lettre ouverte à l’adresse de Wilders. Il y explique que pour la première fois en 25 ans d’existence, la direction de la rédaction prend position contre un homme politique. « A cause de tes idées, tu es menacé depuis des années et c’est inadmissible », écrit le journaliste. Il poursuit un peu plus loin : « Mais là tu as réussi. Tu as vraiment dépassé les bornes. » Pieter Klein qualifie les paroles de Wilders de « répugnantes, à vomir ». « Ça te surprend que les comparaisons historiques foisonnent ? Bien sûr que non. Tu les as cherchées délibérément. Juden raus. Hitler. Goebbels. Des souvenirs à la déportation. (…) Et ensuite, tu joues la victime. Geert, honte à toi. »

Autres réactions  Quelques heures plus tard, un autre média prend position sur l’affaire. Le rédacteur en chef de BNR Nieuwsradio, Sjors Frölich, plaide, lui, en faveur d’un cordon sanitaire : « Ça serait un geste formidable si la prochaine fois que Geert Wilders s’exprime dans la Seconde Chambre (l’Assemblée, NDLR.), tous les députés se lèvent et quittent la plénière. » Dans leurs éditoriaux de ce soir, les quotidiens De Telegraaf et le NRC Handelsblad condamnent également Wilders. Depuis, des centaines plaintes pour discrimination et incitation à la haine ont été enregistrées. A 19 heures ce soir, un groupe Facebook « Je porte plainte contre Geert Wilders » comptait déjà 54 000 membres. Selon une enquête de RTL Nieuws ce soir, un tiers des Néerlandais souhaitent que Wilders soit poursuivi pour son discours de mercredi soir.

« Pas d’excuses » Geert Wilders, lui, reste droit dans ses bottes et feint de s’étonner du brouhaha qu’il a causé : « Je n’ai rien dit de nouveau et je ne vais absolument pas m’excuser. » Après ce discours haineux, un député de son parti a pourtant décidé ce prendre ses clics et ses clacs du PVV. Le député Roland van Vliet du PVV vient de démissionner. C’est le 7e député qui quitte la fraction depuis 2010, qui compte désormais 14 députés (sur 150).

Rappelons que Wilders et son parti sont les partenaires du Front national pour les élections européennes les 22 et 25 mai prochains.  Aux Pays-Bas et contrairement à la France, les médias ne soutiennent quasiment jamais un parti ou un candidat. Presse et politiques gardent en général bonnes distances et n’entretiennent pas les mêmes relations intimes qu’en France. Courrier international Stefan De Vries 21 mars 2014

Retrouvez cet article sur le blog de Stefan de Vries.

Note :L’auteur : pendant 7 ans, Stefan de Vries a été reporter et correspondant de BNR Nieuwsradio. Il est actuellement le correspondant à Paris de RTL Nieuws.

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13 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Brest, ils construisent ensemble contre le racisme et la ségrégation (cb)

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Quartiers Communs, ce sont quatre jours d’ateliers, de concerts, de projections, et une conférence gesticulée, avec pour thème le vivre ensemble. Jusqu’au 15 mars.

Depuis mercredi 12 et jusqu’a samedi, 15 mars, la CNT (Conférence nationale du travail) Interpro- Brest et le Collectif d’actions, de soutien et de solidarité aux personnes sans papiers (le CASSS-paPIERs) organisent des ateliers, concerts, projections ainsi qu’une conférence gesticulée. « On y gesticule plutôt que d’expliquer, on y raconte sa vie plutôt que d’argumenter », expliquent les organisateurs.

Quartiers Communs, c’est le nom du festival, a lieu dans les structures de quartier du Valy- Hir et de Pontanézen. Si l’ambiance promise est à la fête, l’objectif de cet événement n’en reste pas moins éminemment politique pour faire prendre conscience au plus grand nombre de l’importance du vivre ensemble, à la veille des élections municipales. « C’est un temps de rencontres, d’échanges et de débats pour construire ensemble nos utopies et trouver de nouveaux alliés dans la lutte contre les systèmes de domination, indiquent les organisateurs. Sans aucune forme de prosélytisme, nous souhaitons proposer des possibilités d’action commune, en opposition aux discours hargneux trop souvent entendus dans l’espace public. »

 Programme (Toutes les entrées sont à prix libre.)

Jeudi 13 mars
• À 19 h 30, projection du documentaire Ne vivons plus comme des esclaves, réalisé par Yannis Youlountas. Durée 1 h 29, au centre socio-culturel L’Escale, Pontanézen. La projection sera suivie d’un débat.

Vendredi 14 mars
• À 20 h, conférence gesticulée Mes identités nationales animée par Pablo Seban au centre socio-culturel L’Escale, à Pontanézen. Durée – 1 h 40.

Samedi 15 mars
• De 10 h à 16 h au centre socio-culturel L’Escale, Pablo Seban propose un atelier suite à la conférence gesticulé afin de permettre aux participants de partager leurs expériences.

Parmi les questions abordées :
« A-t-on conscience de nos identités multiples et de celles de notre entourage ? »,
« Quels mécanismes nous empêchent de les voir ? »
ou encore « Que peut-on mettre en place pour commencer à casser ces barrières qui nous sont imposées ? ».

Nombre de places limitées.
Inscription à l’issue de la conférence gesticulée du vendredi.
• À 17 h , projection du documentaire Mouvement Immigration Banlieues, réalisé par Reynald Bertrand. Durée : 51 minutes.
La projection sera suivie d’un débat.
• À 20 h 30, concert punk rap à la salle Le Bouiboui, à Saint-Renan. Avec :
- Kyma (rap – Tours)
- Vowels ( punk hardcore – Dresde, Allemagne)
- Homesick (punk mélo – Angers
- Found on the floor (métal punk – Irlande)

Franck Martin Dernière mise à jour : 13/03/2014 à 12:15

Centre socio-culturel L’Escale – Quartier de Pontanézen
5, rue Sisley à Brest.
Tram A – arrêt Europe / Bus ligne 6 – arrêt Daumier

Maison pour tous du Valy-Hir 1, rue des Frères de Goncourt, à Brest.
Tram A – arrêt Valy-Hir / Bus ligne 4 – arrêt Valy-Hir.

Salle Le Bouiboui
En face de la mairie de Saint-Renan

http://quartierscommuns.wordpress.com/

http://www.cotebrest.fr/2014/03/13/ils-construisent-ensemble-contre-le-racisme-et-la-segregation/

 

 

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04 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Roubaix: le médecin des Roms suspendu (cnr)

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A Roubaix, on l’appelle le médecin des pauvres et des Roms.

Le Docteur Christophe Lamarre vient d’être suspendu par le conseil de l’ordre national des médecins. Deux mois d’interdiction de pratiquer.

Motif : une suractivité et des amplitudes horaires excessives

Fin septembre 2013, lorsque les forces de l’ordre ont évacué le campement dit du Galon d’eau, proche de son cabinet roubaisien, le médecin généraliste, qui soignait des patients roms depuis plusieurs mois, se rend sur place et trouve « sur le trottoir » une famille qu’il connaît, « six personnes dont un malade ».

Devant l’absence de solution pour les reloger, le médecin pense à son ancienne maison médicale, qui lui appartient toujours : « je les ai installés là pour le week-end en leur demandant de ne rien dire à personne ». Avec l’aide d’un responsable de la Ligue des droits de l’homme, il y amène ensuite deux autres familles avec des malades.

Bien vite, des Roms « sont arrivés de partout avec des caddies », relatait le médecin en octobre 2013 :  »Peut-être deux cents personnes, dans la rue et dedans. J’étais complètement dépassé ». Ils étaient à cette date, une cinquantaine à y vivre le jour, les trois familles d’origine et « les plus fragiles » des Roms arrivés ensuite : de nombreux enfants malades en bas âge, une femme enceinte.

 http://comite-pour-une-nouvelle-resistance.over-blog.com/article-roubaix-le-medecin-des-roms-christophe-lamarre-suspendu-122806442.html

http://nord-pas-de-calais.france3.fr/2014/03/03/roubaix-le-medecin-des-roms-christophe-lamarre-suspendu-426027.html

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04 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Steve mc queen, réalisateur « d’origine noire » vainqueur aux oscars (le huff’)

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L’excellent Steve McQueen a remporté, dans la nuit du 2 au 3 mars, l’Oscar du meilleur film pour « 12 Years a Slave ».

Régulièrement encensé par la critique, le réalisateur britannique de Hunger et de Shame est aujourd’hui le premier réalisateur noir récompensé dans la catégorie « Meilleur film ». Pour les médias, l’info n’est pas sans importance. « C’est le premier long métrage d’un réalisateur noir à gagner la principale récompense », écrit l’agence de presse AFP.

Le Figaro s’est en revanche permis une expression pour le moins étrange: Steve McQueen y devient « un réalisateur d’origine noire ».

Les Français ont manifestement des difficultés lorsqu’il s’agit de couleur de peau, ou même de religion. Autour de l’affaire Mohamed Merah, à Toulouse en 2012, Ivan Rioufol avait d’abord parlé de parachutistes « d’origine musulmane », avant que le Président Nicolas Sarkozy ne parle sur France Info de personnes « d’apparence musulmane ».

En attendant, une seule personne semble être « d’origine noire »: Mikael Jackson

HuffPost Maghreb  |  Publication: 03/03/2014 10h47 CET  |  Mis à jour: 04/03/2014 10h31CET

http://www.huffpostmaghreb.com/2014/03/03/steve-mcqueen-oscars_n_4888457.html

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02 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Patricia, 8 ans, arrêtée et expulsée, son cartable sur le dos (médiapart)

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Saint Fons, mardi 25 février, 7 heures du matin.

Des dizaines de policiers investissent un bidonville de l’agglomération lyonnaise. Alors qu’une maman s’active dans sa petite cabane pour préparer ses enfants qui vont à l’école, un bruit sourd retentit et le porte s’ouvre. C’est la police qui vient arrêter toute la famille pour les expulser. Patricia avait 8 ans. Elle avait 5 frères et sœurs comme Léonarda. Elle allait à l’école tous les matins comme Léonarda. Elle était Rom comme Léonarda.

La scolarisation impossible des enfants Roms de Saint Fons

A Saint-Fons comme partout ailleurs en France, socialisme rime avec racisme. L’année dernière, la sénatrice-maire Demontès avait inventé la classe ethnique pour éviter d’intégrer les enfants du bidonville dans les classes normales (1).

On croyait que cela n’existait plus les classes ethniques. Et bien si, détrompez-vous. Les socialistes français ont inventé la classe réservée aux enfants Roms, juste pour les enfants Roms du bidonville du coin. Avec un petit cadeau en plus offert par Madame la Sénatrice. La salle de classe était situé dans le même bâtiment que celui de la police. La police nationale d’un côté, la police municipale de l’autre. Histoire de bien faire comprendre aux enfants qu’ils ne seront jamais comme les autres. En ce début d’année, la scolarisation a été douloureuse également. Il a fallu que des associations luttent contre la municipalité qui refusait de scolariser les enfants. A force de courriers, de manifestations en mairie et d’intervention du Défenseur des Droits, les enfants ont finalement pu accéder aux écoles de la ville. Pas pour longtemps…

Une souricière montée par la préfecture

Le 7 janvier 2014, la police remet aux parents de Patricia une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) qui dit à peu près cela : vous êtres pauvres, sans ressources, donc vous êtes une charge pour l’Etat Français donc vous dégagez.

Si cette famille est une charge, c’est pour les Restos du Cœur ou pour Médecins du Monde, mais certainement pas pour l’état qui ne lui donne pas un centime, sauf le droit d’envoyer 3 de ses enfants à l’école dans l’espoir qu’ils n’aient pas la même vie que leurs parents.

Mais bon, l’Etat français est pauvre, tout le monde le sait. Surtout depuis que l’ex Ministre du Budget, Jerôme Cahuzac planque son argent en Suisse pour ne pas payer d’impôts. Le 11 février, alors que la famille a déposé une demande d’aide juridictionnelle pour contester l’OQTF, la police procède à la rétention des papiers d’identité et leur remet un « récépissé valant justificatif d’identité ».

Cette procédure totalement illégale constitue une atteinte gravissime à la liberté de circulation d’un citoyen de l’Union Européenne. Conscients de l’illégalité de la procédure, les policiers revien- nent le 21 février pour leur signifier une assignation à résidence. Des fois que la famille décide de repartir en Roumanie ou ailleurs parce qu’ils trouvent que la France les persécute un peu trop, et bien non. Vous êtes venus, vous avez vu, vous allez rester un peu plus. Et si par hasard vous décidiez de quitter la France pour exécuter la mesure, non, ce n’est pas possible. Vous avez voulu rester et faire valoir vos droits, on va vous montrer ce qu’on fait des droits des Roms en France…

Assignés à résidence dans un bidonville Dans les textes, l’assignation à résidence est une mesure qui vise à éviter le placement en centre de rétention. Elle est prononcée lorsque la personne visée par une mesure d’éloignement présente des garanties de représentation comme un travail ou un domicile. En septembre 2013, la préfecture du Rhône avait déjà détourné cette procédure en assignant à résidence des familles Roms dans des hôtels (2). Histoire d’améliorer un peu plus l’équilibre des finances publiques. On n’avait encore jamais vu une préfecture assigner à résidence des pauvres… à la rue. Et bien grâce aux socialistes et à la préfecture du Rhône, c’est fait.

La complicité des autorités roumaines Bon récapitulons. OQTF, rétention des papiers d’identité, interdiction de quitter le département… Qu’est ce qui nous manque. Ah oui, les gosses… Manu, j’ai encore oublié les gosses a du penser Carenco, le préfet du Rhône. Toutes les pièces d’identité n’étant pas valides, on ne peut pas les mettre dans un avion.

Séparer les enfants des parents, ça ferait tâche dans un beau pays socialiste. Vite un coup de fil aux autorités roumaines et une petite convocation. Ne doutant de rien et surtout pas de l’in- dépendance de la Roumanie, voici donc que la France ordonne aux autorités roumaines d’établir des papiers en urgence pour les enfants. La convocation remise à la famille précise de se rendre au Consulat Général de Roumanie « au fin d’établissement d’un document d’identité ». Patricia et ses 5 frères et sœurs, papa et maman, bien obéissants ressortent du Consulat avec un beau petit papier rose.

Non, il ne s’agit pas d’une carte d’adhésion au PS signée par Harlem Désir, ancien patron de SOS Racisme, actuellement 1er secrétaire du PS, mais plutôt d’un « titlu de calatorie » (titre de voyage). Chaque document reprend l’état civil de la personne concernée avec sa photo. Il est précisé « valable un mois » et aussi « pour un seul voyage ». Il serait intéressant de savoir si les autorités roumaines se contentent de délivrer des titres de voyage à des personnes démunies de pièces d’identité valides ou si elles payent également le transport. Un pays européen, qui rapatrie à ses frais ses propres citoyens pour appliquer la politique raciste et discriminatoire d’un autre pays, ce serait une première qui ferait certainement plaisir à Viviane Reding.

Une justice court-circuitée La famille de Patricia avait déposé dans les délais impartis une demande d’aide juridictionnelle afin de contester l’OQTF qui lui avait été signifiée. Avant, mais ça, c’était avant, du temps où les Roms avaient encore quelques droits, on n’expulsait pas avant que le juge ne se prononce sur la légalité de la mesure d’éloignement. Et oui, il faut le savoir, mais parfois, notre police travaille un peu rapidement. Elle oublie de signifier leurs droits aux personnes ou elle se trompe sur le nom, ou encore elle modifie un peu trop les déclarations qui lui sont faites et le juge qui n’aime pas trop ça annule toute la procédure.

Avec la jurisprudence Leonarda appliquée à Patricia, on expulse avant que le juge n’ait le temps de se prononcer sur la légalité de la mesure. Pas con, non ? On ne s’embête pas. On met des OQTF à tous les roumains et 30 jours après on les fout tous dans un charter  Rapide, pas cher, efficace, signé Manuel. Enfin efficace, pour les chiffres uniquement. Parce que pour le reste, en tant que citoyens européens, ils reviendront dès qu’ils pourront, en toute légalité.

Ils sont où les socialistes ? Les dirigeants socialistes sont au mieux des hypocrites, au pire des menteurs. Lors de l’affaire Léonarda, tout ce que la France compte de socialistes encartés avait poussé des cris d’orfraie. Non vraiment, arrêter une gamine lors d’une sortie scolaire pour l’expulser, c’est inadmissible. Jugez vous même:

Vincent Peillon, Ministre de l’Education Nationale: « Le ministre de l’Intérieur est dans son rôle quand il exécute des décisions de justice mais elles doivent être exécutées avec discernement. Et dans ce discernement il y a le respect de ce sanctuaire qu’est l’école. Je souhaite que ce genre de situation ne se renouvelle pas ».

Claude Bartolone, Président de l’Assemblée Nationale : « Il y a la loi. Mais il y a aussi des valeurs avec lesquelles la gauche ne saurait transiger. Sous peine de perdre son âme »

Pascal Canfin, Ministre du développement: « Pas d’expulsion pendant l’année scolaire. C’est un principe fondamental sur lequel nous devons tous pouvoir nous accorder. »

David Assouline, porte parole du Parti Socialiste: « Le PS rappelle avec force son attachement à la prise en compte de la situation particulière des mineurs étrangers scolarisés »

Mendiants sont tes parents, mendiante tu seras Patricia était Rom. Un petit matin, des policiers français sont venus l’arracher de son lit pour la priver d’école, de ses copains, de ses copines et de sa maîtresse qu’elle aimait tant. Elle allait à l’école car elle pensait que c’était la meilleur façon de ne pas être condamnée à la mendicité.

Elle apprenait à lire, à écrire et se voyait bien, elle aussi, maîtresse ou infirmière. Le préfet du Rhône et Manuel Valls en ont décidé autrement. Ils lui ont répondu brutalement. Tu n’as pas vocation à t’intégrer en France. Tu n’as même pas vocation à  apprendre en France. Ta liberté de circulation, on s’en fout, c’est un concept de technocrates inventé pour les riches. Ta volonté de t’en sortir en étudiant, on s’en fout aussi. Tes parents sont des mendiants, tu mendieras toi aussi toute ta vie.  Tu croyais que l’école était obligatoire pour tous les enfants présents sur le territoire français. Et bien non.

Les enfants Roms n’étudieront pas en France. 28 février 2014 |  Par philippe alain

http://blogs.mediapart.fr/blog/philippe-alain/280214/patricia-8-ans-arretee-et-expulsee-son-cartable-sur-le-dos

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20 février 2014 ~ 0 Commentaire

Melisa est morte de l’avancée nette du racisme anti-rom

 Une marche blanche en hommage à Mélisa, le 16 février 2014 à Bobigny

D’avoir habité dans un bidonville

Âgée de 7 ans, Melisa est morte mercredi 12 février dans l’incendie d’un camp roms sur le terrain des Coquetiers à Bobigny (93). Véronique Decker est directrice de l’école où était scolarisée Melisa.

Tu es directrice d’une école qui scolarise beaucoup d’enfants Roms, dont Melisa. On dit pourtant que les populations Roms ne fréquentent pas l’école…
Ce qui empêche en premier les Roms de fréquenter l’école, c’est le refus d’y inscrire les enfants qui est organisé par les administrations qui ont en charge cette question. La justification qui est donnée, c’est que les familles n’ont pas d’adresse et donc n’appartiennent pas à la commune, au dépar-tement… Mais s’ils n’ont pas d’adresse, c’est parce que les CCAS refusent de les domicilier dans l’immense majorité des communes. Bref, il n’y a pas de médiation pour l’accès à l’école, mais bien au contraire, un empilement d’obstacles presque infranchissables.

*
Avec les enfants de l’école, nous avons fait deux films en 2013 pour expliquer la situation et montrer qu’il est possible de surmonter les difficultés avec une mobilisation constante des militants de terrain. On peut trouver ces petits films sur internet en cherchant « Roms Bobigny école ». Le premier s’appelle Scolarité obligatoire. Sous l’onglet « Info » du second film: « Scolarisation : mode d’emploi », il y a un texte qui explique les obstacles et les combats à mener. L’inscription à l’école, ce n’est pas que la possibilité d’apprendre à lire et à écrire : c’est l’inscription dans l’enfance ordinaire, mais nous avons aussi travaillé sur l’inscription au centre de quartier, aux activités sportives, à tout ce qui permet aux enfants Roms de se faire des amis de leur âge dans la ville.

Tu as dit dans une interview que Melisa n’est pas morte d’un incendie, mais de la misère…
Elle est morte de l’avancée nette du racisme anti-Rom, non seulement dans l’ensemble de la droite (mais là, nous étions habitués…) mais dans l’ensemble de la gauche. La majorité des municipalités de gauche ont refusé la scolarisation, la domiciliation, la prise en charge par des assistantes sociales… Les gouvernements de droite et de gauche ont organisé des expulsions sans solution de relogement, et Guéant comme Valls se sont vantés de leurs « résultats ».

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Jeter à la rue en plein hiver des familles d’êtres humains rapporte des voix, semble- rait-il… C’est la perte des valeurs du militantisme de terrain, par une « gauche » qui ne connaît plus la banlieue que de loin ou qui ne voit pas que tenir la main du racisme pollue la pensée. Melisa est morte d’avoir habité dans un bidonville, pour lequel le collectif de soutien demande depuis des années des solutions, des négociations, l’accès à l’eau, à l’électricité… Nous venions seulement d’obtenir deux toilettes pour 200 habitants.

Dimanche 16 février a eu lieu à Bobigny une « marche blanche » pour Melisa. Peux-tu nous raconter ?
C’est le collectif qui l’a organisée, avec l’aide de la mairie qui a imprimé les tracts d’appel. Les en- seignants ont fait la banderole, la collecte, les parents d’élèves et le collectif ont aidé à la distribution des tracts. Beaucoup de familles de la ville (Roms ou non) sont venues, beaucoup de militants des associations qui soutiennent les Roms aussi.

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La marche a montré qu’il n’y a pas deux peuples : les Roms et les autres. Il y a une misère qui frappe les plus faibles, et qui nous guette tous. Or, la France est un pays riche, elle devrait avoir éradiqué la misère sur son territoire.

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La maire vient d’annoncer un rendez-vous avec Cécile Duflot, ministre du Logement. Le collectif avait demandé depuis bien longtemps ces rencontres, afin de parler de la situation de tous les Roms et pas seulement de ceux du terrain des Coquetiers. Il y a trois terrains à Bobigny, et des dizaines dans le 93. Nous n’accepterons pas une opération de communication qui relogerait quelques dizaines sans réfléchir à l’ensemble de la situation de mal-logement. Actuellement, le 115 admet n’offrir d’hébergement qu’à moins de la moitié des appels… Chaque nuit, ici, des femmes et des enfants dorment à la rue.

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L’Anticapitaliste(20/02/2014) Propos recueillis par Manu Bichindaritz

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16 février 2014 ~ 0 Commentaire

Rassemblement ce dimanche 11 h pour Melisa, petite fille bulgare (cnt)

Rassemblement ce dimanche 11 h pour Melisa, petite fille bulgare (cnt) dans Antiracisme arton1248-e799e

Voici quelques nouvelles de Bobigny, après l’incendie d’une partie du terrain dit ’des Coquetiers’ qui a coûté la vie à Mélissa, une enfant de 8 ans qui fréquentait l’école Marie Curie.

Une vingtaine de familles dont les cabanes ont été détruites sont hébergées en hôtel, jusqu’à di- manche. Les débris de l’incendie sont en cours de déblaiement et les familles pourront revenir sur les lieux. Emmaus Coup de main mettra des caravanes à leur disposition. Un diagnostic est en cours. Le terrain est la propriété de la mairie qui ne demandera pas son expulsion, mais le Préfet tentera de l’obtenir.

La famille de Melissa souhaite la ramener en Bulgarie, mais ce ne sera pas possible avant au moins une semaine (enquête, remplacement des papiers brûlés, démarches…).

Le collectif prépare une marche blanche dimanche à 11h .

Nous dirons que Melissa est morte à cause de la misère, que nous voulons que les choses changent, mais ce sera avant tout un hommage à Melissa, un soutien à sa famille, à ses proches, ses camarades d’école. Merci de bien vouloir faire circuler l’appel au rassemblement.

Le Collectif de soutien aux Roms et Bulgares de Bobigny

MELISA

Une petite fille est décédée. Mercredi matin dans l’incendie du bidonville dans lequel elle habitait. Elle s’appelait Mélisa. Ce n’est pas la première fois. Il y a quelques années à peine, un petit garçon qui s’appelait Diego et qui avait le même âge est décédé dans un autre incendie. Pour les mêmes raisons. Ils avaient 8 ans à peine.

La France est la 6e puissance du monde. Nous avons les moyens d’en finir avec le mal logement de détruire l’habitat indigne, d’éradiquer les bidonvilles. Nous avons les moyens de construire des logements sociaux pour tous ceux qui en ont besoin. Il est temps de le faire avant que d’autres enfants n’en souffrent. Nous vous proposons un rassemblement à sa mémoire dimanche 16 février à 11 h devant les archives départementales. Une marche blanche traversera la ville jusqu’à l’école où Mélisa était scolarisée.

http://www.questionsdeclasses.org/?Rassemblement-ce-dimanche-11-h

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08 février 2014 ~ 0 Commentaire

Faire face à la réaction

four horsemen
Avec environ 20 000 manifestantEs pour le « jour de colère » la semaine dernière, le « jour du retrait de l’école » lundi 27 janvier, et ce dimanche 100 000 manifestantEs contre la « loi famille » et le mariage homo, les réactionnaires de tout poil ont le vent en poupe.
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Ce qui est horrifiant avec ces manifestations, c’est que l’on peut y croiser, dans le désordre, un maghrébin homophobe, une femme antisémite, un juif islamophobe, un antillais nationaliste et des nazillons qui beuglent des slogans contre tous ceux qui précèdent…
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Après ces deux manifestations, le gouvernement s’est empressé de renoncer aux dernières promesses progressistes qui avaient une vague chance d’être mises en œuvre, en reportant la « loi famille », avec notamment la procréation médicalement assistée.
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On savait déjà que le Medef commandait la politique économique du gouvernement. Maintenant, c’est l’extrême droite qui décide de sa politique de société. Qu’on ne s’y trompe pas, il n’y a pas de hasard : pour faire passer des attaques aussi radicales que la remise en cause de pans entiers de la Sécu, 35 milliards de cadeaux aux entreprises, ou encore la casse de l’inspection du travail, patronat et gouvernement ont tout intérêt à cultiver la division parmi les travailleurs et l’ensemble de la population, ce qui donne inévitablement confiance aux secteurs réactionnaires.
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C’était le sens des attaques contre les Roms, de l’opération publicitaire de Valls « contre » Dieu- donné, de l’autosatisfaction de Valls concernant l’augmentation des expulsions de sans-papiers…
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Mais la résistance et la solidarité internationale existent : des dizaines de milliers de personnes ont manifesté dans toute l’Europe contre la loi espagnole anti-avortement, dont 40 000 en France.
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Face à la division selon la couleur de la peau, la culture, les pratiques sexuelles ou religieuses, face à la montée de l’extrême droite, il n’y a qu’une issue : que le clivage entre les classes sociales reprenne le dessus, que nous parvenions à développer une mobilisation commune de tous les oppriméEs et les exploitéEs, un mouvement d’ensemble contre ce gouvernement et ce système en crise.

Antoine Pelletier Hebdo L’Anticapitaliste – 228 (06/02/2014)

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