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28 août 2013 ~ 0 Commentaire

Une commémoration erronée de «Je fais un rêve» (Al’e)

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Lorsque le Docteur Martin Luther King Junior se dirigea vers l’estrade le 28 août 1963, le Département de la Justice observait. Craignant que quelqu’un puisse se saisir du microphone pour y faire des déclarations enflammées, le Département de Robert Kennedy arriva avec un plan destiné, au cas où, à faire taire l’orateur. Face à une telle possibilité, un fonctionnaire était assis à côté du système audio, tenant un enregistrement de Mahalia Jackson chantant He’s Got the Whole World in His Hands, dont il était prévu qu’il l’enclenche pour apaiser la foule.

Un demi-siècle après la Marche sur Washington et le fameux discours «Je fais un rêve», l’événement a été soigneusement rangé dans le placard de la mythologie patriotique américaine. Relativement peu de personnes savent ou se souviennent que l’administration Kennedy tenta d’obtenir des organisateurs son annulation; que le FBI essaya de dissuader les gens de venir; que des sénateurs racistes voulurent discréditer les dirigeants; que deux fois plus d’Américains avaient une vision défavorable de cette marche qu’une appréciation sympathisante. Au lieu de cela, cet événement est salué non pas comme un moment extraordinaire de dissidence de masse, multiraciale, mais comme des réjouissances de type Benetton, plein de couleurs, illustrant le progrès implacable de la nation en direction de ses idéaux fondateurs.

Un élément central dans la redéfinition de cette histoire est la commémoration erronée du discours de King. Il n’a pas été montré comme un brûlant réquisitoire contre le racisme américain qui existe encore, mais comme une œuvre d’époque exprimant les vicissitudes d’une ère révolue. Ainsi, à l’heure du 50e anniversaire de «Je fais un rêve», l’une des deux questions les plus posées face à ce discours, et selon moi la moins intéressante, est «le rêve de King s’est-il réalisé ?»; la seconde est «le président Obama représente-t-il la réalisation du rêve de King?» La réponse brève à ces deux questions est un clair «non», même si des réponses plus développées sont plus intéressantes que ce que les questions méritent. Nous savons que le rêve de King n’était pas limité à la rhétorique d’un seul discours. Juger une vie aussi remplie et complexe que la sienne sur la base d’un discours de 16 minutes, dont une partie fut exprimée sur le moment, n’est pas respectueux, ni sérieux.

Indépendamment de cela, toute discussion contemporaine portant sur l’héritage du discours «Je fais un rêve» de King doit débuter par reconnaître la façon dont nous interprétons des thèmes soulevés à l’époque. Des termes tels que «race», «égalité», «justice», «discrimination» et «ségrégation» signifient quelque chose d’assez différents lorsqu’une minorité oppressée historiquement est explicitement exclue du droit de vote que lorsque le président des Etats-Unis est noir. King utilise le terme «negro» 15 fois dans son discours; c’est aujourd’hui un mot qui a été retiré comme étant une catégorie raciale par le Bureau du recensement des Etats-Unis.

Peut-être que la meilleure façon de saisir la manière dont le discours de King est aujourd’hui compris est de considérer la transformation radicale des attitudes envers l’homme qui le fit. Avant sa mort, King était bien engagé sur le chemin de devenir un paria. En 1966, deux fois plus d’Américains avaient une opinion défavorable de lui qu’une opinion favorable. Le magazine Life qualifia son discours contre la guerre au Vietnam donné dans l’Eglise de Riverside [le 4 avril 1967] comme étant une «calomnie démagogique» ainsi qu’un «script pour Radio Hanoï.»  

En trente ans, il passa cependant de l’ignominie au statut d’icône. Un sondage réalisé en 1999 par l’institut Gallup a montré que King était virtuellement lié à John F. Kennedy et à Albert Einstein comme l’une des personnalités du XXe siècle les plus admirées des Américain·e·s. Il déclasse en popularité des gens comme Franklin Delano Roosevelet, le pape Jean-Paul II et Winston Churchill; seule mère Teresa obtenait plus de faveurs. Un mémorial dédié à King a été dévoilé en 2011 sur le National Mall, figurant une statue haute de 30 pieds [plus de 9 mètres], situé sur quatre acres [1,61 hectare] d’un terrain immobilier de premier intérêt culturel. 91% des Américains (dont 89% de blancs) approuvèrent.

Cette évolution n’est pas simplement une question de rancœurs et de mémoires douloureuses s’érodant avec le temps. Elle est le résultat d’une lutte prolongée mettant en lumière la manière dont le discours pour lequel il est le plus connu est aujourd’hui compris. La loi faisant de l’anniversaire de King un jour férié à l’échelle fédérale a été proposée quelques jours après sa mort, avec peu d’illusions sur son possible succès. «Nous ne voulons pas que quiconque croie que nous espérons que le Congrès fera cela», déclara le dirigeant syndical Cleveland Robinson lors d’un rassemblement en compagnie de la veuve de King en 1969. «Nous disons seulement qu’en tant que personnes noires en Amérique, nous allons simplement plus travailler ce jour-là.»

Le Congrès passera la loi, mais non sans peine. En 1983, l’année où Ronald Reagan signa à contrecœur la loi Martin Luther King Day, on lui demanda si King était un sympathisant communiste. «Nous le saurons dans 35 ans, n’est-ce pas?», répondit-il en faisant référence à l’accès aux enregistrements de surveillance du FBI.  Publié par Alencontre le 26 – août – 2013 Par Gary Younge

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27 août 2013 ~ 0 Commentaire

Un bénévole de la Croix-Rouge poursuivi pour avoir aidé une sans-papiers (Francetv)

Un bénévole de la Croix-Rouge poursuivi pour avoir aidé une sans-papiers (Francetv) dans Antiracisme genda1

L’homme a délivré une fausse attestation à une Congolaise en situation d’irrégularité. Il comparaît mardi malgré l’abrogation du délit de solidarité.

Le délit de solidarité n’existe plus, mais Léopold Jacquens comparaît tout de même, mardi 27 août, devant le tribunal correctionnel du Havre (Seine-Maritime). Son délit : avoir délivré une fausse attestation d’hébergement à une femme sans papiers. Sa convocation lui a été envoyée au début de l’été, alors que l’histoire remonte à 2012. Bénévole à la Croix-Rouge, l’homme reçoit une Congolaise dans les locaux de l’association, raconte France Info. Il souhaite l’aider dans ses démarches pour obtenir des papiers et remplit une attestation d’hébergement. « Comme elle ne connaissait personne, je lui ai donné mon adresse, raconte le retraité. A la sous-préfecture, si vous n’avez pas une adresse au Havre, vous ne pouvez pas commencer votre domiciliation. » Quelques mois plus tard, la police le convoque au commissariat pour lui signifier une amende. Léopold Jacquens refuse de la payer, puisque selon lui, il n’a rien fait d’illégal.

Un an de prison En effet, en décembre 2012, le délit de solidarité, qui punissait les personnes facilitant le séjour de personnes en situation irrégulière, a été supprimé. Le retraité du Nord pense donc qu’il ne risque rien. Mais au début de l’été, il est convoqué devant le tribunal correctionnel du Havre pour faux et usage de faux. Il risque un an de prison et 15 000 euros d’amende. Léopold Jacquens estime n’avoir donné qu’une adresse postale à la femme, mais pour le procureur, il faut réellement héberger la personne pour lui délivrer une telle attestation, peu importe s’il s’agit d’aider une personne en difficulté.

Les associations d’aide aux migrants s’insurgent contre cette situation. Pour Marie-Hélène Boileau, la présidente de la Ligue des droits de l’homme du Havre, il s’agit d’un « harcèlement des militants associatifs. Faire peur aux gens pour qu’ils rentrent dans le rang et qu’ils n’enfreignent pas la loi. » Selon elle, « on ne favorise pas le séjour de personnes en illégalité, au contraire, on fait tout pour qu’elles puissent obtenir une régularisation. On devrait nous remercier, pas nous faire des procès. »  

Par Francetv infoMis à jour le 27/08/2013 | 09:00 , publié le 27/08/2013 | 08:25

http://www.francetvinfo.fr/societe/justice/un-benevole-de-la-croix-rouge-poursuivi-pour-avoir-aide-une-sans-papiers_397861.html

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26 août 2013 ~ 0 Commentaire

Etats-Unis. Les marcheurs qui firent le rêve…(Al’e)

Etats-Unis. Les marcheurs qui firent le rêve…(Al'e) dans Antiracisme alabama

Le 3 mai 1963, un manifestant pacifique de 17 ans est attaqué par la police, Birmingham (Alabama).
Cette photo sera en une du New York Times, le 4 mai 1963.

Ils arrivèrent de tous les coins du pays, de New York, de l’Ohio, de Géorgie, du Mississippi, pour participer à la plus grande manifestation qui ne s’était jamais déroulée à Washington. Plus de 30 trains réservés et plus de 2000 bus conduisirent les gens vers la capitale nationale. La section de Brooklyn du Congress on Racial Equality (CORE) couvrit en 13 jours les 230 miles [370 kilomètres] entre New York City et la capitale fédérale. L’United Auto Workers (UAW), l’un des supporters de la marche, imprima des centaines de pancartes portant des inscriptions telles que: «L’UAW revendique des emplois et la liberté pour tous les Américains.» D’autres marcheurs portaient des pancartes qu’ils avaient confectionnées eux-mêmes, arborant des messages tels que: «Nous aurions pu être bien plus nombreux ici, mais nombre d’entre nous sont en prison. Liberté immédiate!» ou «Arrêtez les meurtres légaux.»

Un avion plein de célébrités, dont Ossie Davis, Sammy Davis Jr., Sidney Poitier, Lena Horne, Paul Newman, Josephine Baker et Marlon Brando, fut organisé par Harry Belafonte. Des chanteuses et chanteur comme Mahalia Jackson, Odetta, Bob Dylan, Joan Baez et les Freedom Singers firent des interprétations. La chaîne CBS annula ses émissions de la journée pour diffuser l’ensemble de l’événement et le fameux discours Je fais un rêve» de Martin Luther King passa sur les télévisions du monde entier.

A partir de 9 h 30, quelque 40’000 personnes s’étaient assemblées sur le Mall. Ils furent, deux heures plus tard, deux fois plus. Lorsque la marche commença, la foule était estimée à un quart de million de personnes. Tous les âges étaient représentés: collégiens, membres de syndicats, familles avec des enfants, des personnes âgées. Environ un cinquième de la foule était composé de blancs. Il s’agissait d’une marche pour les emplois et la liberté dont l’écrasante majorité était composée d’Afro-américains. L’enthousiasme parmi les contes-tataires était si grand qu’ils commencèrent à marcher de leur propre chef, les personnes qui devaient officiellement se trouver à la tête durent courir pour se retrouver devant.

Les années qui conduisirent à la marche historique de 1963 furent marquées par des batailles explosives pour les droits civiques à travers le Sud ainsi que par une radicalisation croissante de ceux et celles qui y prirent part. Le coup d’envoi de la deuxième vague du mouvement des droits civiques fut lancé deux ans auparavant par une poignée d’étudiant·e·s qui organisèrent, en Caroline du Nord, des sit-in à des comptoirs de restaurants ségrégés à partir de février 1960. En deux mois, ces sit-in se répandirent à travers le Sud, impliquant quelque 50 000 jeunes Noirs et blancs. Les activistes du Student Non-Violent Coordinating Committe (SNCC), récemment créé, rejoignirent en 1961 les Freedom Rides organisées par le CORE. Le but de celles-ci était de déségréger les lignes de bus entre Etats à travers le Sud. Les Freedom Riders furent attaqués par des foules racistes, alors que les flics locaux regardaient, passifs.

L’instinct des démocrates [Parti démocrate] à l’échelle nationale, vers lesquelles se tournèrent initialement les activistes des droits civiques, fut de tenter de dompter la lutte. L’attorney general [«ministre de la Justice»], Robert Kennedy, offrit aux activistes des droits civiques des exemptions d’impôt s’ils acceptaient d’abandonner leurs sit-in et leurs Freedom Rides et de se concentrer sur les campagnes d’enregistrement sur les listes électorales. Reconnaissant cette possibilité pour approfondir l’engagement militant, les activistes se saisirent de la proposition et établirent des centres pour l’enregistrement des Noirs sur les listes électorales dans l’Etat du Mississippi [capitale Jackson]. Des animateurs du CORE, de la SNCC et d’autres groupes lancèrent une campagne pour enregistrer autant d’électeurs noirs qu’il était possible dans cet Etat du Sud. Ils établirent, dans le cadre de cette campagne, des Freedom Schools, soit des centres communautaires. Ainsi prirent forme d’autres initiatives visant à soutenir les Noirs vivant dans l’Etat le plus pauvre du pays.

Les activistes durent, à chaque étape, faire face à la violence d’organisations racistes terroristes telles que le Ku Klux Klan [organisation créée en 1865 affirmant la suprématie blanche et s’appuyant sur une interprétation spécifique de la Bible, Génèse 9 :27] et les White Citizens’ Councils [organisation ségrégationniste créée en 1954 et structurée dans divers Etats du Sud ; à la différence du Ki Klux Klan, les sections du WCC se réunissaient publiquement et adoptaient un «profil respectable»]. Alors qu’ils étaient harcelés, emprisonnés et frappés, l’adminis-tration Kennedy [janvier 1961- novembre 1963], ne souhaitant pas intervenir de crainte de se mettre à dos l’aile ségrégationniste des notables démocrates du Sud [qui dominaient complètement, par exemple, l’Etat du Mississippi], continua à détourner le regard.

Les activistes des droits civiques ciblèrent, en avril 1963, la ville de Birmingham en Alabama, domicile du gouverneur ségrégationniste connu George Wallace, ainsi que du chef raciste de la police, Eugene «Bull» [le taureau] Connor. Lorsque Connor donna l’ordre à ses flics d’utiliser des matraques, des chiens et des lances à incendie contre des manifestant·e·s pacifiques, cela fut diffusé à la télé- vision, montrant au monde entier ce à quoi ressemblait le règne de Jim Crow [nom donné à une ensemble de règlements et d'arrêtés racistes adoptés dans les Etat du Sud entre 1876 et 1964à une ensemble de règlement et d'arrêtés raciste adoptés dans les Etat du Sud....] dans le sud des Etats-Unis. Pour les activistes, la violence posa cette question: pourquoi l’administration Kennedy ne fait-elle rien pour arrêter cela? Ainsi qu’une autre: comment un pays qui se proclame être le phare de la démocratie pour le monde peut-il attaquer des enfants Noirs dans les rues?

Cet événement contribua à faire prendre conscience du racisme dans le Sud des Etats-Unis à un public plus large. Selon les sondages de l’époque, avant Birmingham [mai 1963], seuls 4 % des Américains considéraient que la question des droits civiques était urgente. Ce nombre, ensuite, grimpa jusqu’à 52%.

Le mouvement ne s’arrêta pas aux rues de Birmingham. Le combat pour les droits civiques s’étendit à travers le sud des Etats-Unis et dans l’ensemble du pays. On compta, au cours de l’année 1963, plus de 900 manifestations dans plus de 100 villes, au cours desquelles plus de 20’000 personnes furent arrêtées et au moins 10 personnes furent tuées dans la lutte pour les droits civiques. Ces actions placèrent l’admi-nistration Kennedy sur la sellette, la mettant sous pression de réaliser ses promesses de passer une législation sur les droits civiques, alors au point mort. La Marche sur Washington de 1963 rassemblera les activistes de ce mouvement, mais aussi des personnes qui furent radicalisées par ces événements (ainsi que par les réalités quotidiennes des Noirs dans le nord et le sud du pays).

Le scandale provoqué par la répression de Bull Connor força Kennedy à présenter devant le Congrès une loi sur les droits civiques et nourri l’énorme participation à la Marche sur Washington. Les objectifs de l’administration Kennedy, ainsi que ceux de la direction de cette marche, ne correspondaient pas toujours aux aspirations des manifestant·e·s.

Dans leur conception de la marche, de nombreux activistes du Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC), y compris John Lewis [qui participa en 1961 aux Freedom Rides et présida le SNCC de 1963 à 1966], envisageaient des actions de désobéissances civiles massives mettant en scène des sit-in et des lie-in [actions au cours desquelles les manifestant·e·s s’allongent] à travers Washington, en particulier dans les bureaux des membres sudistes du Congrès. Mais ces projets plus radicaux furent arrêtés par des forces plus conservatrices qui prirent en main la direction de l’organisation de la marche. Le président John F. Kennedy tenta d’empêcher la marche. Lorsqu’il échoua, il tenta de la coopter.

Une réunion de préparation de la marche se tint en juillet. Les «Big Six» dirigeants du mouvement des droits civiques y partici- pèrent: A. Philip Randolph, qui dirigea en 1941 la marche avortée sur Washington [celle-ci revendiquait la déségrégation des industries de guerre, elle fut annulée lorsque Roosevelt promis de satisfaire cette revendication], Roy Wilkins de la NAACP [National Association for the Advancement of Colored People], James Farmer du CORE, John Lewis du SNCC, Whitney Young Jr de l’Urban League et Martin Luther King, représentant la Southern Christian Leadership Conference.

Aux yeux des activistes plus militants du CORE et du SNCC, la marche devait être l’expression du mécontentement croissant des Noirs devant l’échec du gouvernement fédéral de prendre parti dans la bataille contre le Sud Jim Crow. Pour les dirigeants du mouvement plus conservateurs, cependant, tels que Wilkins de la NAACP, la marche devait se concentrer uniquement sur le fait d’obtenir qu’une loi sur les droits civiques soutenue par Kennedy soit présentée au Congrès. Les dirigeants autoproclamés firent tout ce qu’ils purent pour que la marche reste acceptable à l’administration. Cela n’arrêta pas le directeur du FBI, J. Edgar Hoover [à la tête du FBI de 1924 à 1972), qui était particulièrement agité par le badge de la marche montrant deux mains, l’une noire l’autre blanche, serrée en solidarité, de traiter la manifestation comme un complot terroriste en préparation.

Alors que d’avoir affirmé à Kennedy que King était sous l’influence des communistes ne suffit pas à faire annuler la marche, Hoover ne s’interdit aucune dépense pour se préparer à la violence qui ne vint jamais. Kennedy et l’armée rédigèrent même le projet d’une proclamation qui donnerait l’autorisation d’intervention aux 4 000 soldats cantonnés à la périphérie de Washington, ainsi qu’à 15 000 parachutistes, pour briser la manifestation.

En parallèle, les dirigeants de la marche éliminèrent des orateurs qui auraient pu sembler trop radicaux, tel que l’écrivain James Baldwin. D’autres furent censurés. Le jour qui précéda la marche, le discours prévu du dirigeant du SNCC, John Lewis, fut revu par les organisateurs. La version originale, à laquelle contribuèrent de nombreux activistes du SNCC, disait: «Nous ne pouvons, en notre âme et conscience, soutenir la loi sur les droits civiques de l’administration parce qu’elle arrive trop tard et qu’elle est insuffisante. Il n’y a rien dans cette loi qui protégera notre peuple de la brutalité policière […] Qu’y a-t-il dans cette loi qui protégera les sans domicile et les gens affamés de cette nation? Qu’y a-t-il dans cette loi qui garantira l’égalité d’une domestique recevant 5 dollars par semaine dans une maison dont le revenu de la famille est de 100’000 dollars par année?»  

Des objections furent également soulevées contre le ton colérique du discours original de Lewis, tel qu’on le voit dans ce passage: «Nous marcherons à travers le Sud, à travers le cœur du pays de Dixie [expression qui désigne le Sud] de la même façon que le fit Sherman [général des armées du Nord qui, à partir de 1864, opéra une vaste percée vers l’océan au cours de la guerre civile américaine]. Nous mènerons notre propre politique de la terre brûlée et incendierons Jim Crow. Sans violence. Nous réduirons le Sud en mille morceaux et nous les récolerons à l’image de la démocratie.»   Toutefois, même avec ces révisions, le discours de Lewis posait une question cruciale: «Où se trouve notre parti? Où se trouve le parti qui rendra inutile pour nous de marcher sur Washington? Où se trouve le parti politique qui rendra inutile de défiler dans les rues de Birmingham?» 

Le point culminant de la journée à Washington fut le discours de King. Il donna voix au mécontentement répandu devant les promesses non tenues d’égalité raciale aux Etats-Unis. «Nous sommes montés à la capitale de notre pays pour toucher un chèque. En traçant les mots magnifiques qui forment notre Constitution et notre Déclaration d’Indépendance, les architectes de notre république signaient une promesse dont hériterait chaque Américain. Aux termes de cet engagement, tous les hommes, les Noirs, oui, aussi bien que les blancs, se verraient garantir leurs droits inaliénables à la vie, à la liberté et à la recherche du bonheur. Il est aujourd’hui évident que l’Amérique a failli à sa promesse en ce qui concerne ses citoyens de couleur. Au lieu d’honorer son obligation sacrée, l’Amérique a délivré au peuple noir un chèque sans valeur ; un chèque qui est revenu avec la mention “provisions insuffisantes”.»

King exprima l’urgence de ces revendications du mouvement des droits civiques ainsi que le fait que les activistes ne se contenteraient plus de s’asseoir et d’attendre l’égalité: «Nous sommes également venus en ce lieu sanctifié pour rappeler à l’Amé- rique les exigeantes urgences de l’heure présente. Il n’est plus temps de se laisser aller au luxe d’attendre ni de prendre les tranquillisants des demi-mesures. Le moment est maintenant venu de réaliser les promesses de la démocratie; le moment est venu d’émerger des vallées obscures et désolées de la ségrégation pour fouler le sentier ensoleillé de la justice raciale; le moment est venu de tirer notre nation des sables mouvants de l’injustice raciale pour la hisser sur le roc solide de la fraternité; le moment est venu de réaliser la justice pour tous les enfants du Bon Dieu. Il serait fatal à notre nation d’ignorer qu’il y a péril en la demeure. Cet étouffant été du légitime mécontentement des Noirs ne se terminera pas sans qu’advienne un automne vivifiant de liberté et d’égalité.
Mil neuf cent soixante-trois n’est pas une fin mais un commencement. Ceux qui espèrent que le Noir avait seulement besoin de laisser fuser la vapeur et se montrera désormais satisfait se préparent un rude réveil si le pays retourne à ses affaires comme devant.
Il n’y aura plus ni repos ni tranquillité en Amérique tant que le Noir n’aura pas obtenu ses droits de citoyen. Les tourbillons de la révolte continueront d’ébranler les fondations de notre nation jusqu’au jour où naîtra l’aube brillante de la justice.» 

Pour la plupart des gens, il s’agit du discours de King le plus connu. Il a été usé et abusé par des politiciens de toutes tendances. Ainsi que le remarque Gary Younge dans son nouvel ouvrage The Speech: «La capacité des puissants d’Amérique de coopter et de refaçonner les résistances face aux inégalités du passé comme des preuves du génie unique et fondamental de la nation est aussi impressionnante qu’elle est cynique. De tels tours de passe-passe sont souvent pratiqués au même moment où des tentatives de se battre contre les inégalités qui ont rendu avant tout de telles résistances nécessaires sont ignorées ou marginalisées […]. Sanctifié après sa mort, le discours de King sera finalement célébré par ceux qui se sont activement opposés à ses efforts lorsqu’il vivait.»  

La version plus radicale de King,  par exemple celle de l’homme qui s’exprima contre la guerre des Etats-Unis au Vietnam en 1967 dans l’Eglise de Riverside à Harlem,  ne se trouve pas dans les livres d’histoire. Dans le même mouvement, lorsque l’on parle de la marche elle-même, il est important d’insister sur les luttes qui se déroulèrent avant et après celle-ci, y compris les nombreuses actions et événements beaucoup plus modestes. On devrait se souvenir des activistes qui défièrent Jim Crow et organisèrent le mouvement comme étant le cœur et l’âme de la Marche sur Washington; plus encore que les personnes qui parlèrent sur l’estrade. La marche rassembla autant des militant·e·s de ces luttes acharnées que des personnes qui furent inspirés par eux, et, de ce fait, ce fut quelque chose qui exerça une influence à beaucoup de niveaux. Mais cela ne signifia pas que la lutte fut où que cela soit près de s’achever. Le Parti démocrate, en particulier, continua de traîner les pieds au sujet de la législation sur les droits civiques alors que, simultanément, il tentait de freiner les revendications plus radicales du mouvement.

Après l’assassinat de Kennedy, plus tard en 1963, son successeur, Lyndon Johnson, présenta le Civil Rights Act devant le Congrès, en 1964. Il rendit finalement hors la loi la ségrégation de Jim Crow. Suivi, l’année suivante, le Voting Rights Act qui assurait aux Noirs du Sud le droit de vote. Ces lois furent adoptées non parce que le cœur des politiciens démocrates changea, mais en raison des pressions exercées par le mouvement des droits civiques à travers le Sud et dans tous les Etats-Unis.

L’establishment du Parti démocrate fit la démonstration de ses véritables allégeances une fois de plus lors de la convention nationale de 1964 à Atlantic City. Le SNCC avait fait en sorte que des délégués du Mississippi Freedom Democratic Party (MFDP), non ségrégé, réclament les sièges de cet Etat à la convention contre ceux de la délégation des Dixiecrat [des notables démocrates racistes]. Les membres «progressistes» du parti montrèrent néanmoins la voix en tentant de pousser à un compromis pourri au sujet du MFDP. Lorsque les délégués des droits civiques refusèrent les exhortations de personnalités telles qu’Hubert Humphrey [vice-président de Lyndon B. Jonhson de 1965 à 1969], et même de Martin Luther King, à se retirer, ils furent expulsés de la convention démocrate par la police.

Ceci et d’autres trahisons conduiront certains militant·e·s des droits civiques à rejeter les liens avec le Parti démocrate et à se tourner vers des idées plus radicales, tels que celles avancées par Malcolm X. Cela créa les conditions pour l’apparition du Black Power movement de la fin des années 1960 et début 1970. Un membre du SNCC, Cleveland Sellers, rappela plus tard: «Plus jamais nous serons bercés par la croyance selon laquelle notre tâche était d’exposer les injustices de telle sorte que le “bon” peuple d’Amérique les éliminerait. Après Atlantic City, nos luttes n’étaient plus pour les droits civiques mais pour la libération.»  D’autres, comme John Lewis, resteront au Parti démocrate en dépit des promesses brisées. L’un des plus grands enseignements de l’époque des droits civiques est que ce que nous avons fait la différence. Ce sont les mobilisations massives à travers le Sud qui vainquirent la ségrégation de Jim Crow. Ce sont aussi les centaines de milliers qui vinrent dans la capitale fédérale pour la Marche sur Washington qui en firent le moment historique qu’il fut.

(Traduction A l’Encontre) Publié par Alencontre le 25 – août – 2013 Par Elizabeth Schulte Article publié le 21 août 2013 sur le site Socialistworker.org. Traduction A l’Encontre.

Bayard Rustin – qui montre le plan de la manifestation – a joué un rôle décisif  dans la stratégie qui a abouti à la marche sur Washington en 1963. Son rôle  a souvent été oublié. Il est décédé en 1987. A cause de son engagement  politique (Jeunesse communiste) et de son orientation sexuelle, il fut non  seulement réprimé, mais "maintenu dans l'ombre" par certains organisateurs.  Son rôle est enfin reconnu, aujourd'hui.

L’organisateur Bayard Rustin saisi ainsi l’esprit de la March on Washington for Jobs and Freedom, qui s’est déroulée il y a 50 ans ce mois d’août: «Ce ne sont pas les Harry Belafonte [acteur et chanteur, né en 1927 à Harlem] et les grands noms d’Hollywood qui firent la marche. Ceux qui la firent sont les gens Noirs qui ce jour-là votèrent avec leurs pieds. Ils vinrent de tous les Etats, dans des vieux tacots, en train, en bus, avec tout ce qu’ils trouvèrent. Certains virent même en marchant.»  Bayard Rustin – qui montre le plan de la manifestation – a joué un rôle décisif dans la stratégie qui a abouti à la marche sur Washington en 1963. Son rôle a souvent été oublié. Il est décédé en 1987. A cause de son engagement politique (Jeunesse communiste) et de son orientation sexuelle, il fut non seulement réprimé, mais «maintenu dans l’ombre» par certains organisateurs. Son rôle est enfin reconnu, aujourd’hui.

Ceux et celles qui peuvent écouter l’anglais peuvent visionner la discussion organisée à la suite de la manifestation commémorant les 50 ans de la March on Washington à laquelle prirent part Gary Younge, Keeanga-Yamahtta Taylor, Brian Jones et Cornel West: http://wearemany.org/

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20 août 2013 ~ 0 Commentaire

Valls jette un froid à la table du séminaire (Libération)

Valls jette un froid à la table du séminaire (Libération)  dans Antiracisme blog%2B-Valls_pas%2Braciste

Une sortie du ministre de l’Intérieur sur la politique migratoire et l’islam a choqué certains ministres

Les ministres qui avaient été passablement agacés par les sorties estivales du ministre de l’Intérieur n’ont pas été déçus de leur séminaire de rentrée à l’Elysée, en retrouvant ce matin un Manuel Valls, égal à lui-même. «Il a franchi un cap hallucinant», confie anonymement un ministre. «Ça pose un vrai problème politique», rajoute un autre. Alors que le débat sur le thème du «vivre ensemble» était en train de toucher à sa fin, le ministre de l’Intérieur a pris la parole pour évoquer les deux défis majeurs qui attendent la France. D’abord la poussée démographique, notamment africaine va, selon Valls, «obliger d’ici à dix ans à repenser notre politique migratoire». Et d’ajouter que la «question du regroupement familial pourrait être revue». L’autre défi serait de faire la démonstration que «l’islam est compatible avec la démocratie».

Une sortie qui a manifestement divisé la table. Certains ministres y ont vu «un moment de consternation outrée», selon les mots d’un des participants. D’autres n’ont rien entendu «ni de neuf, ni de choquant». Manuel Valls lui assume et déclare à Libération s’être «appuyé» sur les déclarations de François Hollande à Tunis pour affirmer que la France «allait faire la démonstration que l’islam est compatible avec la démocratie». Et que c’est faire preuve de «mauvaise foi que de comprendre autre chose». Etant le dernier à parler, Valls n’a pas pu lever l’ambiguïté. Et comme François Hollande n’a rien relevé dans ses conclusions, chacun est reparti avec ce qu’il avait voulu entendre.19 août 2013 à 20:36 Par GRÉGOIRE BISEAU

http://mobile.liberation.fr/politiques/2013/08/19/valls-jette-un-froid-a-la-table-du-seminaire_925680

 

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19 août 2013 ~ 0 Commentaire

Un petit gif sympa!

Un petit gif sympa! dans Antiracisme tumblr_mpl70hhfA91qcetufo1_400

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15 août 2013 ~ 0 Commentaire

Le centenaire d’Aimé Césaire: négritude ou négripub ?

Le centenaire d’Aimé Césaire: négritude ou négripub ? dans Antiracisme men-in-black

Il y a longtemps de cela, un jeune Martiniquais montait dans un tramway à Paris.

Il s’assoit face à une jeune femme effrayée par la vision de ce Nègre. S’ensuivra une discussion au cours de laquelle le jeune impétrant lui clouera le bac en lui disant « Oui Madame, je suis un Nègre et le Nègre, il vous emmerde… » C’était en 1934 et Aimé Césaire venait d’entrer dans l’histoire.

France 2013. Nous sommes le 10 mai au jardin du Luxembourg. La commémoration de l’abolition de l’esclavage bat son plein. Un soleil éclatant, un auditoire métissé, attentif, écoute et applaudit le discours de François Hollande. On se croirait sous les tropiques. Tout paraît normal, le discours est humaniste, rien à voir avec ceux de Sarkozy. On se dit qu’enfin l’homme africain est entré dans l’histoire. Qu’en- fin il sera question des réparations, de la réappropriation et de la répartition des terres…

Et puis paf… Comme à son habitude, Hollande se prend les pieds dans le tapis. Il nous fait une pirouette. « Les réparations, mais vous n’y pensez pas mon brave garçon… Même le grand Césaire était contre…. » Sauf que Césaire avait tout bonnement déclaré que les répa- rations financières ne suffiraient jamais assez, car la réparation dont il s’agit doit être à la hauteur du crime commis… Imprescriptible… Incommensurable.

Et puis 2013, année de l’intervention de l’armée française au Mali. Hollande dit son admiration pour Césaire tout en jouant les Sar- kozy de gauche et en interdisant l’accès au territoire français à l’ancienne ministre de la Culture, Aminata Traoré, du seul fait qu’elle est op- posée à cette intervention qu’elle juge coloniale. Et puis, tant qu’on y est, puisqu’on interdit à une ex-ministre malienne de poser le pied en France, qu’on expulse encore plus d’immigrés, interdisons (l)également la présence de militants nègres venus signifier à l’État Français qu’aujourd’hui encore la négrophobie n’est pas un vain mot mais un comportement raciste légalisé. Le maître ne saurait tolérer de contestation dans sa propre maison.

Et pourtant, visite présidentielle « normale » oblige, il y avait là un cordon de CRS. Ah ! Mais c’est qu’il y a des Nègres à mater, de ceux qui ne s’en laissent pas conter. Trois membres de la brigade anti-négrophobie en ont subi les conséquences. Pourtant munis d’une in- vitation officielle, Franco Lollia, Joel Ardes et Alamamy Mam Kanouté (conseiller municipal de Fresnes) ont été interdits de cérémonie, mais surtout menottés et encerclés par les forces de l’ordre vallsiennes… Tabassés dans les règles de l’art – Almamay sera même maintenu à terre par plusieurs CRS, ils sont placés direct en garde à vue pour 24 heures, ce qui est totalement injustifié et inhabituel pour ce type d’arrestation.

Joël Ardes et Franco Lollia, apprennent qu’ils sont convoqués devant le substitut du procureur le 28 mai. « Ils vont avoir droit à un rappel à la loi, en gros on va leur dire : “c’est mal ce que vous avez fait, il ne faut pas recommencer” », explique Me Bourdon, l’avocat de Joël et Franco. Alamamy est, quant à lui, convoqué devant la 28e chambre du tribunal de grande instance de Paris. Il lui est reproché d’avoir résisté avec violence à son arrestation et d’avoir bousculé un policier, entraînant sa chute. Ce dernier s’est vu signifier quatre jours d’ITT, le pauvre…

Du côté de la préfecture de police, on réserve les détails des preuves pour l’audience. Le service presse lit les quelques lignes « qu’il y a sur la fiche » : « Vendredi 10 mai, en fin de matinée, un petit groupe portant des tee-shirts de la brigade anti-négrophobie a tenté de passer en force. Deux personnes sur les trois n’avaient pas d’invitation. » Ce qui se révèle faux. Pour Me Maati, « ils tentent de justifier l’in- justifiable ». Son client risque un an de prison et une amende. « Il n’aura sans doute pas de prison ferme mais l’idée, dans ce procès, c’est de plaider la relaxe. » Almamay Kanouté annonce, par ailleurs, qu’il souhaite porter plainte « dans un premier temps contre le ministère de l’Intérieur »[1].

Au moment de l’arrestation,  puis de la libération, d’un néo-nazi, de l’indulgence accordée à Serge Ayoub, « Batskin » pour les intimes, mais surtout leader de la mouvance skinhead, impliqué dans la mort de Clément Méric, on ne peut donc s’empêcher de penser qu’on assiste à la criminalisation des militants antiracistes.

On se doutait déjà qu’il ne fallait pas être jeune, noir ou arabe/musulman et croiser un bataillon de keufs. On sait maintenant qu’il ne faut pas, en plus, perturber une cérémonie officielle ou le maître vous joue la Ultima Cena… Grand Seigneur, il vous offre le couvert, faut quand même pas abuser de sa générosité.

D’autant plus que le Grand Césaire doit faire des bonds dans sa tombe. Lui qui en 1950 éclaira le monde avec son discours sur le colonialisme et affirma dans sa fameuse lettre à Maurice Thorez que le paternalisme ça suffisait, se trouve écartelé aujourd’hui par la récu- pération hypocrite et misérable d’un Delanoë ou d’une Voynet. Tout juste s’ils ne sont pas tous des Nègres… Tous bientôt vont nous sortir leur amour pour la négritude en même temps que s’installe une négrophobie banalisée, étatique.

Alors 2013, année du centenaire de Césaire ? Année de la négritude ou année de la négripub ? Avec le PS, en tout cas, on connaît la réponse… Et c’est pas un Harlem Désir qui nous fera changer d’avis.

[1] Le 5 juillet 2013, le procès d’Almamy Kanouté est annulé pour vice de procédure. Le matin même, coup de théâtre. A peine arrivé dans la salle Me Maati demande l’annulation du procès pour vice de procédure : les forces de l’ordre n’ont pas notifié à l’accusé le droit de garder le silence. Fait plutôt rare, le parquet se range du côté de la défense. Le juge décide donc d’annuler la procédure. En cinq minutes à peine, l’affaire est pliée. « Il ne faut pas tout de suite fanfaronner, tempère l’avocat. Ils ont dix jours pour faire appel. » A ce jour, 19 juillet, le parquet n’a toujours pas fait appel. 15 août 2013 par Mariam Seri Sidibe

Source : http://www.afriquesenlutte.org/notr…

http://www.afriquesenlutte.org/communiques-luttes-et-debats/livres-etudes-debats/article/le-centenaire-d-aime-cesaire

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15 août 2013 ~ 0 Commentaire

L’Autriche préfère les réfugiés qui se taisent (PE)

L'immigration

L’Autriche, où les chrétiens-démocrates font partie de la coalition au pouvoir, condamne des réfugiés pakistanais à mort en les expulsant. Le pape François s’est pourtant exprimé en leur nom il y a quelques semaines. Un message qui n’est manifestement pas arrivé jusqu’aux oreilles des politiciens autrichiens, note un chroniqueur de Gazeta Wyborcza.

Toute cette histoire désastreuse aurait été évitée si les immigrés clandestins pakistanais, qui avaient déposé des demandes d’asile en Autriche, s’étaient tout simplement tus. Toutefois, comme ils pensaient se trouver dans un pays démocratique, ils ont voulu revendiquer publiquement qu’on les traite décemment. Au lieu de végéter pendant des années dans le camp de réfugiés qui se trouve à Traiskirchen, près de Vienne, et de travailler clandestinement, ils ont organisé en novembre 2012 une manifestation pour protester contre leurs conditions de détention lamentables. La police les a immédiatement dispersés, suite à quoi ils ont trouvé refuge dans une église jusqu’à ce que le monastère servite de Vienne les accueille temporairement. Les autorités autrichiennes n’ont toutefois pas oublié ce coup d’éclat : le dimanche 4 août, huit des 40 Pakistanais impliqués ont été arrêtés et immédiatement expulsés.

Selon les autorités, les expulsions se dérouleront coûte que coûte, comme prévu. Les militants autrichiens qui, avec l’Eglise catholique, soutiennent les réfugiés, ont tenté de plusieurs façons de s’opposer à leur expulsion. L’un des militants a acheté un billet sur le vol qu’allait prendre l’un des Pakistanais et a tenté d’empêcher l’avion de décoller, mais il a été appréhendé par la police. Pour ne rien arranger, la police s’en prend maintenant aussi aux militants. Début août, trois personnes ont été arrêtées pour trafic humain et les forces de l’ordre ont fouillé le monastère. Selon les autorités, les expulsions se dérouleront coûte que coûte, comme prévu.

Oasis démocratique Je ne raconterais pas ces événements de façon si détaillée si je n’avais pas rencontré en personne les réfugiés pakis- tanais du monastère viennois. En avril, j’ai passé quelques heures avec eux : dans leurs yeux, on pouvait lire la peur et le désarroi. La plupart d’entre eux étaient des défenseurs des droits de l’homme au Pakistan et ils avaient été contraints de fuir. Pour eux, l’expulsion est une condamnation à mort, qui sera exécutée par les forces de sécurité ou par les talibans.

Les demandeurs d’asile n’arrivent pas à comprendre pourquoi le gouvernement autrichien voit leur pays d’origine comme une oasis démocratique. Ils ont d’ailleurs fait remarquer que le ministère des Affaires étrangères avait déconseillé aux touristes autri-chiens de se rendre au Pakistan. Pourquoi les autorités affirment-elles donc que les réfugiés ne courent aucun danger, et s’apprêtent à les renvoyer dans ce pays ? L’Autriche est, sans aucun doute, un Etat de droit qui dispose de réglementations sur le traitement des immigrés. Il est également vrai que de nombreux ressortissants asiatiques ou africains viennent en Europe uniquement pour des motifs économiques, sous couvert de harcèlement religieux ou politique.

Il est de notoriété publique depuis des années que les conditions de vie dans les camps de réfugiés autrichiens sont scandaleuses. Un petit pays comme l’Autriche ne peut tout simplement pas accueillir tout le monde. Et pourtant, la loi ne doit pas être appliquée sans discernement. Chaque dossier individuel doit être traité en temps et en heure. Les réfugiés ne sont pas du bétail. Il est de notoriété publique depuis des années que les conditions de vie dans les camps de réfugiés autrichiens sont scandaleuses.

Chasse au gibier Vienne, toutefois, n’a jamais prêté attention aux critiques et a maintenant choisi la pire façon imaginable de s’attaquer au problème. Les expulsions de Pakistanais ont commencé à la veille de la campagne électorale, au moment où leur défenseur, le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne,  était à l’étranger et dans l’incapacité d’intervenir en leur nom. Dans ce contexte, il n’est pas surprenant que certains aient suggéré que la coalition entre le Parti social-démocrate d’Autriche (SPÖ) et le Parti populaire autrichien (ÖVP) se soit emparée de la question à des fins politiques, pour gagner la sympathie des populistes.

Cependant, l’Autriche n’est pas le seul Etat où les réfugiés sont confrontés à des conditions déplorables. En Grèce, la police des frontières les chassent comme du gibier. On sait que les Italiens envoient régulièrement des immigrés africains en Allemagne. En Grande-Bretagne, le gouvernement a récemment mené une campagne pour avertir les sans-papiers : s’ils ne quittent pas le territoire, ils risquent de finir en prison. En Pologne, comme la télévision publique l’a montré récemment, les centres de détention pour réfugiés ressemblent à des prisons et ils en ont adopté le fonctionnement.

Au mois de juillet, le pape François a prononcé un discours sur l’île italienne de Lampedusa, où des milliers d’Africains qui arrivent par bateau trouvent temporairement refuge. Il a expliqué qu’il souhaitait persuader les catholiques d’adopter une attitude nouvelle vis-à-vis du destin tragique des immigrés, afin que nous commencions à les traiter comme des personnes dans le besoin. Combien de temps faudra-t-il à l’Europe pour entendre ses paroles ? 14 août 2013 Gazeta Wyborcza Varsovie

http://www.presseurop.eu/fr/content/article/4054681-l-autriche-prefere-les-refugies-qui-se-taisent

Commentaire: A part le couplet pro-église catho, polonais, c’est de bonne guerre, et si on oublie aussi que « nos »  tchétchènes sont renvoyés chez Poutine par la Pologne, il reste que les « socialistes » de tous les pays sont prêts à faire des politiques racistes pour plaire à l’extrême droite…

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14 août 2013 ~ 0 Commentaire

Londres claque la porte au nez du monde (PE)

Londres claque la porte au nez du monde (PE) dans AntiracismeDessin: Patrick Chappatte

L’avalanche de mesures anti-immigration envoie un message clair aux visiteurs étrangers qui viennent au Royaume-Uni : “Restez chez vous !” Or la Grande-Bretagne a plus besoin d’une politique d’immigration intelligente et efficace que de politiciens qui font le jeu du populisme, estime un chroniqueur du Financial Times.

Arrêtez la planète, la Grande-Bretagne voudrait descendre. Les JO de 2012 étaient une belle célébration de la diversité. Londres s’est posé en plaque tournante internationale sans équivalent. Les héros britanniques des Jeux – des athlètes comme Mo Farah et Jessica Ennis – ont témoigné d’une identité britannique renouvelée, placée sous le signe de l’ouverture. Les choses ont changé depuis.

Touristes, étudiants, chefs d’entreprise – tous sont considérés comme des immigrés clandestins en puissance. Un an plus tard, la politique britannique ferme toutes les écoutilles. Le message envoyé aux étrangers est à la fois simple et déprimant : restez chez vous. Les conservateurs de David Cameron promettent un référendum qui pourrait conduire la Grande-Bretagne à rompre son engagement avec l’Europe. Il fut un temps où les Tories proposaient une alternative : renoncer à l’Europe, certes, mais pour se tourner vers le monde. Ce n’est plus le cas. On dresse des barricades contre tout ce qui se présente. Touristes, étudiants, chefs d’entreprise, tous sont considérés comme des immigrés clandestins en puissance.

Paranoïa ambiante L’autre jour, le Home Office, bureau responsable des contrôles aux frontières, a donné un aperçu du populisme qui guide la politique gouvernementale. Des camions flanqués de panneaux publicitaires ont été envoyés sillonner les quartiers pluriethniques de Londres. Le message ? Les clandestins doivent « rentrer chez eux ou s’exposer à une arrestation ». Les libéraux-démocrates, le parti junior de la coalition de David Cameron, a dénoncé une initiative qu’il jugeait stupide et offensante. Imperturbable, le bureau du Premier ministre a fait savoir que la campagne pourrait bien être étendue à tout le pays.

Le Home Office projette également de demander aux visiteurs en provenance de pays à haut risque de verser une caution en liquide de 3 000 livres pour pouvoir entrer en Grande-Bretagne. L’objectif est de prévenir toute « prolongation indue du séjour » et de compenser les coûts d’une éventuelle prise en charge médicale du visiteur. Les pays visés sont l’Inde, le Nigeria, le Kenya, le Pakistan, le Sri Lanka et le Bangladesh. Il ne leur aura pas échappé que les pays à majorité « blanche » tels que les Etats-Unis, le Canada, l’Australie et la Nou- velle-Zélande, ne sont pas concernés.

Plus près de nous, le gouvernement promet de limiter l’accès des Roumains et des Bulgares. Les ressortissants de ces Etats membres de l’UE seront libres de circuler à travers l’Union dès que les mesures restrictives transitoires prendront fin, l’année prochaine. Les tabloïds britanniques regorgent déjà d’histoires terrifiantes sur les hordes de « touristes sociaux ». Peu importe que les migrants fassent moins appel aux prestations sociales que les Britanniques.

Le gouvernement fait le jeu du populisme. Le Premier ministre a renoncé à faire participer tout le monde à sa « Big Society », alors que c’était jadis son cheval de bataille. Les nationalistes du Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) ont débordé les Tories sur leur droite. La stagnation économique et l’austérité budgétaire ont attisé la grogne de l’opinion. David Cameron a un jour qualifié les sympathisants de l’UKIP de « racistes refoulés ». Aujourd’hui, il leur fait les yeux doux.

La paranoïa ambiante est alimentée par des groupes de pression comme Migration Watch UK. Sir Andrew Green, l’ancien diplomate à la tête de ce think tank, brandit une étude affirmant que les « Britanniques blancs » (le terme est de Sir Andrew) pourraient bien être minoritaires à l’horizon de la seconde moitié de ce siècle. A quoi d’aucuns rétorquent : « Et alors ? » Lorsque Mo Farah et Jessica Ennis, l’un de Somalie, l’autre à moitié caribéenne, ont été ovationnés, nous étions tentés de supposer que la couleur de peau n’était plus un marqueur de l’identité nationale en Grande-Bretagne. Je n’ai pas le souvenir d’avoir entendu quiconque les qualifier de « Britanniques de couleur » lorsqu’ils sont allés chercher leurs médailles d’or. Hélas, de tels triomphes n’entament en rien la xénophobie de comptoir dans les comtés de la périphérie de Londres. La Grande-Bretagne a réellement besoin d’une politique intelligente et efficace en matière d’immigration. Les gens veulent voir que le système est équitable, efficace et ne perturbe pas indûment les populations locales. Le dernier gouvernement travailliste avait gravement sous-estimé l’ampleur des vagues d’immigration en provenance des anciens pays communistes après leur accession à l’UE. Cette politique d’ouverture, conjuguée au laxisme de l’administration, a contribué à répandre l’idée selon laquelle l’immigration a augmenté de façon vertigineuse.

300 000 dossiers d’asile en souffrance Pour le gouvernement en place, toutefois, la croisade morale et les sorties populistes ne sont plus qu’une manière de faire oublier son propre échec à maîtriser le système. Sans compter qu’il est bien plus facile d’accuser les immigrés de voler les emplois que de s’attaquer aux dysfonctionnements du système éducatif, qui produit tant de jeunes démotivés et non qualifiés. Voilà quel- ques jours seulement, une commission parlementaire reconnaissait que le dénombrement officiel des migrants s’appuyait sur des « conjec- tures ». Ce qui ne surprend guère quand on sait que personne ne vérifie les passeports ou les visas des visiteurs qui repartent. A en croire ces conjectures, l’immigration nette serait en chute libre. C’est sans doute vrai. Mais cette chute est en grande partie le résultat des mesures drastiques limitant le nombre d’étudiants étrangers.

Des pays comme le Canada, les Etats-Unis et l’Australie ne comptent pas les étudiants comme des migrants Des pays comme le Canada, les Etats-Unis et l’Australie ne comptent pas les étudiants comme des migrants permanents, pour la bonne raison que la plupart rentrent chez eux ensuite. Pendant ce temps, le régime de visas britannique est à bout de souffle, le contrôle des entrées à l’aéroport de Heathrow est une vraie pagaille et 300 000 dossiers d’asile et d’immigration sont en souffrance.

L’objectif officiel de réduire l’immigration nette à quelques dizaines de milliers de migrants seulement est contradictoire. Il suppose que le nombre de candidats à l’immigration en provenance du Brésil ou des Etats-Unis devrait fluctuer en fonction des départs de retraités britanniques pour le soleil d’Espagne. Si les plombiers polonais rentrent chez eux, la Grande-Bretagne pourra accepter plus d’ingé- nieurs indiens – et inversement. De telles inepties masquent un danger bien plus grand. La Grande-Bretagne fut jadis le champion d’un système libéral et international fondé sur l’ouverture. Aujourd’hui, elle apparaît aux yeux du monde comme une victime aigrie. Les initiatives visant à extraire le pays de l’Europe et à barrer la route des migrants témoignent du recul de la confiance nationale. Les répercussions sur l’économie seraient dévastatrices. Pourquoi un chef d’entreprise de bon sens, qu’il soit originaire de Chine, d’Inde ou du Brésil, investirait-il dans un pays qui lui refuse l’accès à l’UE et fait savoir à ses compatriotes qu’ils sont indésirables sur son territoire ? Si la Grande-Bretagne est sur le point de descendre, la Terre ne s’arrêtera pas pour autant de tourner.

Financial Times Londres  13 août 2013

http://www.presseurop.eu/fr/content/article/4050401-londres-claque-la-porte-au-nez-du-monde

Commentaire:  Cà a l’air d’un discours « de gauche » mais c’est quand même le journal des « milieux d’affaires », preuve qu’on peut être « de droite » et pas abruti et « fascisant » comme notre classe politique!  N’oublions tout de même pas que ces « milieux » ont leur propre agenda, qui est la mondialisation, la mise en concurrence des régimes sociaux et autres « avantages aquis » et l’alignement sur les pays aux bas revenus, sinon on délocalise!

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12 août 2013 ~ 0 Commentaire

Racisme normal sous une présidence normale : les « Y A BON AWARDS »(Ael)

Racisme normal sous une présidence normale : les « Y A BON AWARDS »(Ael) dans Antiracisme ya-bon-banania-2013-tad-guineelibre-cope-genest_

Il est des cérémonies qu’on aurait aimé ne jamais créer.

Il est des trophées qu’on n’aurait jamais aimé à avoir à attribuer. Les « Y a bon awards » sont de ceux-là. A l’instar des « Gérard du pire de la télé », parodie des 7 d’Or avec remise d’un parpaing au lauréat, les Indivisibles remettent depuis 5 ans, la Banane d’Or du racisme médiatico-politique à diverses personnalités s’étant particulièrement distinguées dans ce domaine. Et force est de constater que ça se bouscule au portillon…

A croire que la banane est le fruit préféré de nos stakhanovistes de la connerie… Cette année encore, le cru fut de qualité excep- tionnelle… De Jean-Luc Mélenchon et ses « Afghans »,  à Élisabeth Lévy, l’hallucinée de l’ennemi intérieur, en passant par Estrosi et sa fameuse « prostituée chinoise », Marine Le Pen et ses « Arabes mélenchonistes », une fois de plus nos « empaffés » se sont surpassé. C’est dans un Cabaret Sauvage plein à craquer d’un public festif et divers, intergénérationnel, que le racisme « normal » sous une présidence « normale » a été moqué, voire même, conspué. C’est un jury hétéroclite composé de l’animatrice de télévision Enora Malagré, le géopolitologue Pascal Boniface, l’humanitaire Rony Brauman, l’humoriste Océane Rose Marie, les journalistes Denis Robert, Yasmine Chouaki, Anasthasie Tudieshe et Nadir Dendoune, le fondateur d’Act Up Didier Lestrade , la présidente de la fondation Frantz Fanon, Mireille Fanon-Mendès-France, les musiciens DJ Pone, DJ Cut Killer et Marco Prince, la championne de boxe et écrivaine Aya Cissoko, l’entrepreneure Laurence Méhaignerie, l’initiateur de la Marche pour l’égalité de1983, Toumi Djaidja, et enfin le producteur et auteur du film la Cité Rose, Sadia Diawaraqui, qui a eu la lourde tache de désigner les lauréats 2013.

Pour la première fois, présidence normale oblige, le palmarès est parfaitement paritaire. Et les gagnants sont…

Véronique Genest, commissaire vieillissante, fille à peine cachée de Jeanne d’Arc et de Charles Martel et fatiguée de service, Franck Tanguy, inconnu de tous sauf des beaufs de RMC, Jean-François Copé l’apprenti boulanger, Jean-Sébastien Vialatte, le nostalgique de l’esclavage, Elisabeth Badinter, la grande pédiatre spécialiste du terrorisme de nos chers bambins et la désormais très célèbre psychopathe hallucinée, Élisabeth Lévy.

Le premier prix, intitulé « Super Patriote », est revenu à l’actrice Véronique Genest pour sa confession: « Alors tout de suite : islamophobe ! Raciste ! Alors moi, j’ai réfléchi. J’ai réfléchi et je me suis dit : “Islamophobe. Islamophobe, ça veut dire c’est la phobie c’est la peur.” C’est bien ça ? Alors effectivement, peut-être je suis islamophobe. Ce soir, je fais mon coming out : oui probablement que je suis, comme beaucoup de français, islamophobe. »

Le deuxième prix, baptisé « Retourne chez ta mère », a été attribué à Franck Tanguy, chroniqueur à RMC, qui avait avoué : « Très franchement, quand je vois un barbu en djellaba qui traverse au feu rouge, j’ai envie d’accélérer. »

Le troisième, « Territoires perdus de la République » a récompensé le président de l’UMP, Jean-François Copé, pour son dérapage lors de la campagne pour la présidence du parti : « Il est des quartiers où je peux comprendre l’exaspération de certains de nos compatriotes, pères et mères de famille, rentrant du travail, le soir, apprenant que leur fils s’est fait arracher son pain au chocolat à la sortie du collège par des voyous qui lui explique qu’on ne mange pas pendant le ramadan. »

Le quatrième prix, appelé « Au bon vieux temps des colonies », a été remis à Jean Sébastien Vialatte, député UMP, qui avait twitté : « Les casseurs sont sûrement des descendants d’esclaves. Taubira va leur donner des compensations. »

Le cinquième prix, « Racisme à peine voilé » est revenu à la philosophe et femme d’affaires, Elisabeth Badinter, qui avait lâché en mars 2013 : « D’un côté, on commémore les victimes de Mohamed Merah et on veut combattre l’islamisme radical et de l’autre on laisse faire l’en- trisme de ces islamistes dans des crèches de quartier. Il faut absolument réagir très vite. »

La grande gagnante enfin, « pour l’ensemble de son œuvre » est la journaliste Elisabeth Lévy pour ses nombreuses déclarations.

La salle a tenu à saluer, pour l’ensemble de son œuvre, lui aussi, un homme qui m’est très cher : Robert Ménard, qui je crois est déjà en lice pour les Y a bon awards 2014, puisqu’il envisage rien moins que de « libérer Béziers et les Biterrois », en se présentant aux prochaines municipales en tête de liste FN… Et nous avons eu la surprise de remettre sa Banane d’Or 2012, obtenue haut la main, pour l’en- semble de ses unes racoleuses, mais c’est du journalisme n’est-ce pas ?,  l’éditorialiste de l’Express, Christophe Barbier, qui a donc découvert les unes que nous lui avons concoctées : notamment Islamisme et Piscine, ou Islamisme et diététique, est-ce compatible ? En dépit de la bonne humeur, n’oublions pas que cette année a été marquée par la recrudescence d’actes et d’agressions racistes. La minute de silence en hommage à Clément Méric, nous rappelle que le racisme et le fascisme, on peut en rire certes, mais on peut aussi en mourir.

Alors, malheureusement 2014 sera encore l’année du racisme normal sous une présidence normale.

10 août 2013 par Mariam Seri SidibeSource : http://www.afriquesenlutte.org/notr…

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08 août 2013 ~ 0 Commentaire

Australie : la chasse aux immigrés (Lo)

Australie : la chasse aux immigrés (Lo) dans Antiracisme cgrn25l

Trente et un Africains sont morts noyés le 27 juillet avant d’atteindre l’île de Lampedusa, comme cela se produit régulièrement. Mais il n’y a pas qu’en Méditerranée que les migrants venus de pays pauvres sont refoulés, parfois violemment, ni que des migrants périssent avant d’atteindre les côtes de pays leur apparaissant comme un Eldorado.

Au large de l’Australie, de tels drames se produisent également. Dans ce pays, à deux mois des élections et en difficulté dans les sondages, le gouvernement travailliste vient d’annoncer un renforcement des mesures anti-immigrés. Ceux qui arrivent à débarquer sur le territoire australien seront dorénavant renvoyés vers des centres de rétention en Papouasie-Nouvelle-Guinée, a annoncé le Premier ministre vendredi 19 juillet. Apprenant la nouvelle, des migrants détenus au centre de rétention de Nauru, une île sous tutelle de l’Australie, se sont révoltés et échappés.

Comme les pays européens, l’Australie attire des pauvres de divers pays en quête d’un avenir meilleur. Il s’agit surtout d’Iraniens, d’Irakiens, de Sri-Lankais, d’Afghans ou de Pakistanais. Beaucoup passent par l’Indonésie pour gagner les côtes australiennes, dont celles de la petite île Christmas. Les morts sont nombreux, du fait de la vétusté des embarcations. Depuis le début de l’année, 15 000  de- mandeurs d’asile seraient parvenus en Australie, un pays de 22 millions d’habitants, grand comme quinze fois la France, donc largement sous-peuplé ! Le gouvernement prend ces mesures anti-immigrés par pure démagogie électoraliste, face à une opposition de droite qui le taxe de laxisme. Mais fort de sa fibre travailliste, le gouvernement pousse l’hypocrisie jusqu’à présenter ses mesures, telles les primes pouvant aller jusqu’à 140 000 euros pour la dénonciation de passeurs, comme ayant un caractère humanitaire, puisque visant à éviter les morts de migrants. Personne n’est dupe et Amnesty International a justement dénoncé « le jour où l’Australie a décidé de tourner le dos aux plus vulnérables de la planète ». Frédéric GESROL

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2349&id=31

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