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16 août 2017 ~ 0 Commentaire

donald (the guardian + tc)

donald

La presse française au pas devant les néo-nazis américains

Les vendredi 11 et samedi 12 aout 2017, à Charlottesville aux USA, le nazisme a tué, le nazisme a blessé. Nous présentons nos plus sincères condoléances et notre total soutien aux proches de Heather Heyer, ainsi que son total soutien aux proches de tou.te.s les blessé.e.s et traumatisé.e.s côté contre-manifestant.e.s. Il y aurait des dizaines d’articles à écrire, sur la réponse appropriée, les parallèles avec la situation en France et en Europe, les positionne- ments des partis de pouvoir par rapport à ces faits.

Nous allons ici nous intéresser à comment la presse nationale et régionale française a couvert ces événements.

Comme nous pouvons le constater, immédiatement après les événements des comptes twitter relayaient déjà des images fortes, ne laissant que peu de places à l’interprétation. Drapeaux confédérés, drapeaux et saluts nazis, visages déformés par la haine, hommes armés jusqu’aux dents d’armes de guerre, en tenue para-militaire. Force est de constater que cette foule est inquiétante, se revendique néo-nazie sans trop de scrupules et n’hésite pas à tuer ses opposants en commettant des attentats à la voiture-bélier contre des piéton.ne.s.

Alors, nous direz-vous; c’est l’occasion rêvée. Nos éditorialistes français adorent faire référence au nazisme, à l’apartheid et aux régimes discriminatoires. Rappelez- vous avez quelle ferveur le camp d’été décolonial avait l’an dernier (et est également cette année) été comparé au régime de l’apartheid. Rappelez vous avec quelle énergie les images d’Afrique du Sud ou d’Allemagne des années 30 avaient fleuri sur les comptes Twitter de Laurent Bouvet, de Joffrin, de FOG et autres bouffons de service public. Rappelez-vous comment ces « journalistes », mais aussi la DILCRAH par exemple, avaient considéré comme in-tolérable que des Noir.e.s puissent se rassembler pour discuter du racisme.

Alors, avec des DRAPEAUX NAZIS dans les rues, vous pensez bien que la plume exacer- bée des pourfendeurs de l’ « islamofascisme » vont dégainer, plus vite que leur ombre, pour hurler au retour d’Hitler dans nos rues? Pour appeler, comme cela a été fait contre le Nyansapo Festival, à la résistance populaire contre le retour du Nazisme?

Détrompez-vous. Ces plumes hargneuses, suintantes de haine, prêtes à tous les néolo- gismes pour taper sur des Arabes ou des Noir.e.s, n’a pas trouvé ici de quoi aligner cinq lettres de N à Z. Quelles ont été les publications des grands journaux de références français après les tragiques événement?

Pour commencer, le journal de référence de la presse quotidienne française, Le Monde, qui titre sobrement « Ce que l’on sait des manifestations d’extrême-droite qui ont dégénéré ». Extrême-Droite dégénérée aurait été plus proche de la réalité sans doute, mais nous saluerons les compétences en gymnastique de concours du Monde, qui réussit à ne mentionner en titre ni le décès ni le fait qu’il s’agissait de rassemblements de Nazis.

Le Figaro arrive à faire encore plus fort, en titrant sur « les blessés dans des heurts  Charlottesville » alors que l’article s’ouvre sur une vidéo où l’on traite du sujet Heather Heyer, déjà décédée. Sans mentionner qu’il s’agit d’un rassemblement Néonazi. Le titre pourrait être le même pour une bagarre à l’ouverture des soldes. Nous pouvons ici constater la délicatesse, la tolérance dont fait preuve le journal de (l’extrême?) droite le Figaro à l’égard de meurtriers et de nostalgiques du 3e Reich.

France Info titrera sur des « incidents » à Charlottesville. Même Libération, journal socia-lement « de gauche » et souvent prompt à réagir sur le racisme et les oppressions systémiques en général, se prend les pieds dans le plat avec une première mouture de leur article nommé « Violents heurts à un rassemblement de la droite radicale américaine ». Depuis re-titré: « Marche Raciste à Charlottesville: une voiture heurte des contre-manifestants, un mort ». Oui, malgré le fait que la morte soit au singulier, l’ensemble des titres que nous avons parcouru indiquent « un mort ».

Mais arrive là un autre élément intéressant que les amateurs-trices de « bavures » policières reconnaitront bien: le retour de la voiture tueuse.

Sur l’ensemble des titres consultés, il s’agit d’une voiture, qui aurait foncé pour on ne sait quelle raison, certainement un problème mécanique, sur la foule. Pour l’Indépendant « Une voiture percute des personnes ». Pour la RTBF: Une voiture fonce dans une manifestation anti-droite radicale ». C’est le monde à l’envers. On a l’impression ici en lisant le titre qu’une manifestation était donnée contre les lecteurs du Point. Si l’on cherche « Charlottesville voiture » sur google, les liens « à la une » parlent encore de voiture devenue folle. Aucun ne mentionne Heather Heyer, aucun ne mentionne même le fait qu’i y ait eu un meurtre.

Seuls (à la date du 14 aout 2017) le journal Charente Libre titre sur Heather Heyer et emploie le terme « néo-nazi ». Mais se permet de titrer « le mort » au lieu de « la morte ». Sur Médiapart, nous retrouvons les deux mêmes éléments. « Aux États-Unis, les néonazis sont en ville: un mort. » Espérons que cette petite revue de presse contribue à apporter aux questionnements plus que légitimes de continuer à s’informer via ces sources « officielles », rémunérées, réputées compétentes. Quand le Figaro passe sous silence un décès et prend huit guillemets pour parler de droite extrême, des internautes de Twitter connaissent déjà l’identité d’une quinzaine de ces participants, contacté leurs entreprises, documenté abondamment le sujet.

Alors que des NéoNazis défilent dans les rues bras et mains tendues, drapeau nazi ou confédéré à l’épaule, une grande partie de la presse française se demande encore s’il faut mettre des guillemets à « extrême-droite », parce que tout de même. À l’heure ou la question d’une organisation populaire face à ces pratiques et à la montée de groupuscules néo-fascis- tes et néo-nazis en France (Lyon, Paris, Aix-en-Provence entre autres), les injonctions venues de personnes « non politisées » à « discuter avec eux, ne pas les stigmatiser » etc, se multiplient. La presse a bien fait son travail, on peut désormais accueillir avec « tolérance » une manifes- tation néonazie en France, en expliquant qu’il ne faut pas stigmatiser mais aller vers la discussion. Les victimes du nazisme et du fascisme d’hier apprécieront, ainsi que les victimes du racisme, du sexisme, de l’homophobie d’hier comme d’aujourd’hui.

La presse fait bien son travail, la population est parfaitement informée que régulièrement en France ou ailleurs une voiture devient folle, un moteur s’emballe, et le véhicule percute et tue des gens. Parfois ce sont des véhicules de la police, bon. On ne va pas non plus blâmer ces pauvres policiers voyez comment ils sont mal équipés. La presse fait bien son travail: un policier peut violer un noir avec une matraque, nous nous demanderons tout de même si ce jeune homme n’avait pas été un peu provocant.

La presse fait bien son travail: Les forces de « l’ordre » peuvent s’asseoir à 5 sur un jeune homme noir (lui aussi) jusqu’à ce qu’il en meure d’étouffement, la population voudra savoir pourquoi il courait s’il n’avait « rien à se reprocher ».  La presse fait bien son travail, en qualifiant Olivier Besancenot de porte parole de « l’ultra gauche » en France, quand les mêmes estiment que « extrême-droite » est un mot assez fort pour désigner des néonazis assassins. La presse fait bien son travail, dormez sur vos deux oreilles et faites attention aux voitures folles.

Spencer 15 août 2017

http://www.tendanceclaire.org/

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15 août 2017 ~ 0 Commentaire

marikana

maarika,na

Grève des mineurs à Marikana (Wikipedia)

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14 août 2017 ~ 0 Commentaire

roya (nice matin)

roya

Guillaume Meurice, Didier Super et Frédéric Fromet en spectacle chez Cédric Herrou

Le chroniqueur de France Info et les humoristes seront en spectacle le 2 septembre prochain à Breil-sur-Roya.

Guillaume Meurice a annoncé la nouvelle ce mercredi sur sa page Facebook avec un post plein d’humour: « Ne venez surtout pas à ce spectacle d’islamo-bolchéviques qui servira à financer les actions frauduleuses de Cédric Herrou et de ses ami(e)s!! Éric Ciotti akbar!! » Le chroniqueur sera aux côtés de l’humoriste Didier Super et du chansonnier Frédéric Fromet.

10/08/2017

http://www.nicematin.com/

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14 août 2017 ~ 0 Commentaire

heather (esquerda + npa)

heather

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Heather Heyer we love you!
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#Heatherheyer a été assassinée hier (12) à Charlottesville, en Virginie / États-Unis par une attaque terroriste.
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Heather travaillait dans un cabinet d’avocats, elle avait 32 ans, et c’était une fan de Bernie Sanders. Un jour avant la manifestation elle a affiché sur son profil sur facebook « Si vous n’ êtes pas indigné, vous ne faites pas attention », un slogan qui est devenu très populaire après que Trump a pris la présidence. Au moment où elle a été assassinée, elle chantait aux manifestants « Black lives matter ».
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Vendredi dernier, des centaines de nazis ont participé à une manifestation pour empêcher le retrait d’une statue du général Robert Lee, qui a dirigé les états confédérés contre le nord abolitionniste dans la guerre civile (1861-65) Nord-Américaine. Les mouvements sociaux ont réagi en convoquant une manifestation le lendemain qui a été attaquée par l’extrême droite des États-Unis et une voiture a renversé environ 20 personnes, tuant Heather et en laissant plusieurs autres blessés.
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Notre solidarité avec les amis, la famille et les camarades de Heather. Elle ne sera pas oubliée. Elle a donné sa vie pour la cause de l’égalitarisme et de la lutte contre le racisme. La meilleure façon de l’honorer est de maintenir ce combat et d’intensifier la bataille pour un monde libre du racisme, de la xénophobie, du machisme, de la lgbt-phobie, de l’oppression et de l’exploitation. C’est de se battre pour un monde communiste.
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antiff 35

 

Aux États-Unis comme en Europe, l’extrême droite tue. Construisons un large front antifasciste et antiraciste !

Dans la nuit de samedi à dimanche, à Charlottesville dans l’État de Virginie, un militant d’extrê- me droite, James Alex Fields Jr., a foncé avec sa voiture sur une contre-manifestation antifasciste, tuant Heather Heyer et blessant des dizaines de personnes

Nos premières pensées et notre solidarité vont évidemment à la famille, aux ami·e·s et aux camarades de Heather. Sa mort, et les conditions dans lesquelles elle est survenue, viennent rappeler que la terreur est inscrite dans l’ADN politique de l’extrême droite, et que la crise sans fin du capitalisme, en suscitant une guerre de chacun contre tous et en exacerbant les nationalismes et le racisme, crée le risque d’une radicalisation fasciste.

Syndicaliste membre des IWW (Industrial Workers of the World), Heather Heyer avait 32 ans. Elle était venue manifester contre la présence à Charlottesville de milliers de militants de divers groupuscules appartenant à toutes les franges de la droite et de l’extrême droite nationaliste états-unienne (Ku Klux Klan, néo-nazis, etc.).

Armés, brandissant des torches et vociférant « You will not replace us » (« Vous ne nous remplacerez pas »), ces derniers s’opposaient au retrait d’une statue du général Lee, chef des armées sudistes durant la guerre de Sécession. Mais cette manifestation intitulée « Unite the right » (« Unissons la droite ») avait aussi un but très actuel : pousser Trump, dont l’élection avait ravi toute l’extrême droite états-unienne, à intensifier sa politique contre les minorités, la gauche et le mouvement syndical.

Nous n’oublions pas et nous ne pardonnons pas ceux qui ont armé le bras de James Alex Fields Jr. et de tous les terroristes d’extrême droite.

Trump est le principal complice dans cette affaire, ayant passé sa campagne à promettre la restauration de l’Amérique d’autrefois en stigmatisant les musulman·e·s, les immigré·e·s et l’ensemble des minorités. Mais il y en a bien d’autres, notamment parmi les éditorialistes, « intellectuels » et hommes politiques, qui ont contribué, aux États-Unis comme en France, à alimenter la haine raciste.

Nous n’oublions pas et nous ne pardonnons pas non plus, ici en France, ceux qui prétendent que le FN aurait changé ou qui affirment que ce parti d’extrême droite ne serait pas menaçant, alors même que Le Pen vient d’obtenir plus de 10 millions de voix. Nous n’oublions pas et nous ne pardonnons pas ceux qui, de Valls à Sarkozy, ont emprunté leur rhétorique et leurs politi- ques au FN. Nous n’oublions pas et nous ne pardonnons pas, enfin, les morts de Brahim Bouarram, Ibrahim Ali et Clément Méric, sous les coups de militants de l’extrême droite française.

Le néolibéralisme autoritaire de Macron ne peut que renforcer le nationalisme et le racisme en suscitant encore plus de misère, d’inégalités et de désespérance sociale.

Le NPA appelle donc tous ceux et toutes celles qui veulent combattre activement l’extrême droite et le racisme, toutes les organisations qui n’ont pas renoncé aux valeurs d’égalité et de justice sociale, à construire un large front antifasciste et antiraciste pour s’opposer non seulement au FN mais à toutes les politiques et tous les gouvernements qui nourrissent l’extrême droite.

Communiqué du NPA. Montreuil 13 août 2017

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Lire aussi:
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11 août 2017 ~ 0 Commentaire

fascisme? (lcr.be)

dance

Sommes-nous dans les années 30 ?

Trump aux Etats-Unis, Orban en Hongrie, Farage en Grande-Bretagne, Le Pen en France, Wilders aux Pays-Bas, Duda en Pologne, Erdogan en Turquie… au-delà des spécificités nationales, il est clair qu’une tendance autoritaire, nationaliste, machiste et raciste monte en puissance dans de nombreux pays.

S’agit-il de fascisme ? Sommes-nous replongés dans la situation des années 20 et 30, qui a vu Mussolini et Hitler s’emparer du pouvoir ? Si ce n’est pas du fascisme, de quoi s’agit-il ? Et en quoi cette discussion est-elle importante pratiquement, dans la lutte sociale et politique quotidienne? Voilà quelques-unes des questions abordées dans cet article, qui n’est qu’une contribution au débat.

Tout régime autoritaire dans l’Histoire, même s’il est sanglant, n’est pas fasciste. Le fascisme est un phénomène propre au capitalisme parvenu à un certain niveau de dévelop- pement (ou de putréfaction). La dictature stalinienne a fait des millions de morts mais n’était pas fasciste. Le régime nord-coréen est abominable, mais pas fasciste. De nombreuses socié- tés avant le capitalisme ont subi des despotes cruels, mais Ivan le Terrible n’était pas fasciste.

Tout régime autoritaire n’est pas nécessairement fasciste

Le capitalisme tend vers des formes d’Etat de plus en plus autoritaires. C’est le résultat de la concentration et de la centralisation du capital : des investissements gigantesques sont plani- fiés sur de longues périodes. Ils sont financés à crédit par les banques. Toute l’économie flotte sur un océan de dettes. La baisse du taux de profit découlant de la mécanisation est compen- sée par l’augmentation de la masse de marchandises. La concurrence est farouche. Surtout en période de crise, le Capital a besoin de faire respecter la « pensée unique », de brider les droits syndicaux, de restreindre les libertés démocratiques. C’est la « tendance à l’Etat fort ». Elle est dangereuse, mais l’Etat fort n’est pas un fascisme : De Gaulle n’est pas Hitler.

Dans certaines circonstances, le Capital donne le pouvoir à l’armée qui instaure une dictature. L’Amérique latine a présenté de nombreux exemples.

Au Brésil, en Bolivie, au Chili… des putschs (décidés à Washington) ont instauré des dictatures féroces. Mais les décrire comme « fascistes » serait escamoter la spécificité du fascisme : sa démagogie pseudo-anticapitaliste, nationaliste, aux accents révolutionnaires, qu’il emploie pour recruter dans les couches déclassées de la classe ouvrière et de la petite bourgeoisie ruinée par la crise capitaliste.

Le fascisme, en effet, n’est pas un Frankenstein créé de toutes pièces par le Capital. C’est un mouvement populaire militant, de masse, issu des bas-fonds. Un mouvement violent, raciste, machiste, réactionnaire, mais qui naît en-dehors du contrôle et de la volonté du Capital. Des patrons le financent mais les grands bourgeois en général, la classe bourgeoise, n’éprouvent aucune sympathie pour les fascistes : ils les voient comme des sauterelles prêtes à leur bouffer leurs richesses. Les fascistes, pour leur part, méprisent les bourgeois, ils les trouvent veules et sans « idéal ». Il est donc erroné de dire que « le capitalisme se fascise », ou qu’il y a « fasci-sation de l’Etat capitaliste », etc. Ces formules empêchent de saisir le point clé: les fascistes doivent prendre le pouvoir. Ce n’est possible que s’ils se rendent indispensables aux yeux de la classe dominante, et ça ne va pas de soi.

Le fascisme ne se caractérise pas par ses « idées », il n’en a pas…

L’Histoire en atteste. Contrairement à une légende tenace, Hitler n’est pas arrivé au pouvoir par les urnes. Les nazis n’avaient pas la majorité (ils ne l’ont jamais eue); entre juillet et novem- bre 1932, ils avaient même perdu des millions de voix. Hitler a été nommé chancelier par le Président, le vieux général Hindenburg. Hindenburg était un réactionnaire, qui gouvernait par décret en usant et abusant de son droit de dissoudre le parlement.

Il refusait pourtant de nommer Hitler (il est juste bon à être ministre des Postes, disait-il). Pourquoi changea-t-il d’avis ? Parce que la crise politique était inextricable. La social-démo- cratie et les communistes totalisaient plus de voix que les nazis. Ceux-ci formaient le premier parti, mais le grand capital s’en méfiait. Hitler fut donc convoqué devant des patrons (Krupp, Thyssen, Allianz, Deutsche Bank…) qui lui demandèrent s’il comptait « nationaliser toutes les entreprises appartenant à des trusts », comme promis dans son programme. Hitler les rassura: évidemment, non. Par contre, il les débarrasserait des syndicats… Et Hindenburg a eu le feu vert.

Le fascisme ne se caractérise pas par ses « idées », il n’en a pas. Il lutte pour le pouvoir, point. Son message repose uniquement sur des mythes réactionnaires : l’unité de la nation, du peuple, de la race et de la famille, le rôle du chef, l’exaltation de la violence. Ces mythes impliquent à leur tour le racisme, l’oppression des femmes, celle des gays-lesbiennes, la haine viscérale contre l’action autonome des exploité.e.s et des opprimé.e.s, la banalisation du meurtre. Le fascisme n’a ni analyse, ni programme, ni morale, ni principes.

Ses accents « anticapitalistes » constituent un leurre grossier. Le mot « capitalisme », dans la bouche des fascistes, ne désigne pas un système mais des personnes riches étran- gères (ou « traîtres ») au peuple, à la nation et à la race. D’où la focalisation sur la corruption (« tous pourris ») et sur les impôts plutôt que sur l’exploitation et la plus-value. D’où la rage contre le capital financier « cosmopolite ». D’où la fonction clé de l’antisémitisme chez les nazis.

On ne discutera pas ici toutes les situations nationales énumérées au début de cet article. Malgré leurs spécificités, elles ont de nombreux points communs dont certains sont fascistoïdes. Mais une situation peut présenter des traits fascistes sans qu’il y ait fascisme proprement dit. Exemple : le coup de Pinochet au Chili était un putsch militaire, mais la grève des patrons camionneurs et les « casserolades », qui ont précédé le putsch, avaient des aspects fascistes. Dans le même ordre d’idées, quand Théo Francken dit que MSF fait le jeu des passeurs en sauvant des réfugiés, son message est clair : il faut que des êtres humains se noient en Méditerranée, et que ça se sache dans leur pays d’origine, pour que moins de candidats à l’asile tentent la traversée. Cette déclaration est clairement fasciste, et fait le jeu des fascistes. Mais la N-VA est un parti de droite national-libéral, pas un parti fasciste.

Qu’en est-il du FN?

Concentrons-nous sur le cas français. Qu’en est-il du Front National (FN) ? A la différence d’autres formations de droite extrême qui montent aujourd’hui, le FN est un parti dirigé par des fascistes issus du fascisme historique (Pétain, etc.). Le grand capital n’est pas prêt à leur laisser le pouvoir, mais il n’est pas maître des électeurs. Or, la stratégie du FN est subtile. Il sait que ce n’est pas en défilant en chemises brunes qu’il se rendra indispensable: il faut que la classe dominante ait besoin de ce qu’il offre. Or, de quoi la classe dominante a-t-elle le plus besoin aujourd’hui ? De troupes de choc pour briser les syndicats ? Non. D’un instrument politique fort pour approfondir radicalement la politique d’austérité tout en gardant le contrôle des contradictions sociales.

Face à ce besoin, la stratégie du FN comportait (et continue de comporter) en gros trois volets : détourner les sentiments altermondialistes en nationalisme (le « protectionnisme intelligent »), exciter le racisme et l’islamophobie, affaiblir ainsi la gauche, créer une situation de violence « communautaire » ; utiliser les leviers de l’Etat fort gaulliste, l’arsenal de mesures racistes/sécuritaires ajouté ces dernières années et l’influence FN organisée dans la police pour transformer cette situation de violence en situation de guerre civile ; créer ainsi un contexte où le fascisme proprement dit pourra se développer et « justifier » son action de destruction des droits démocratiques au nom de l’unité de la nation.

Le Pen n’a pas gagné. Macron l’a emporté en offrant une autre perspective: l’alliance de la droite, du centre et de la gauche de droite sur une base néolibérale moderniste et pro- européenne. Ce projet a les faveurs du grand capital. Celui-ci sait qu’un Etat fort, ce n’est pas seulement une police brutale et des lois répressives: c’est aussi, nécessairement, une classe politique forte, reposant sur une certaine légitimité, sur un bloc historique majoritaire. Cette légitimité en France est considérablement affaiblie par les affaires et la fausse alternance entre droite et gauche. Macron tente de la reconstruire en se présentant comme un moralisateur de la vie politique et un Bonaparte, « ni de gauche, ni de droite ».

Le pari est audacieux, mais risqué. Car le fond du problème demeure : l’austérité imposée despotiquement par l’Union européenne (UE) ultralibérale, dont Macron est un champion, alimente la montée du FN. Il n’y a pas de raison que ça change simplement parce que le nouveau locataire de l’Elysée est jeune et dynamique. Dès lors, soit l’UE se réforme pour lâcher du lest, soit la crise politique rebondira et le FN sera plus proche du pouvoir que jamais.

Le Pen a perdu une bataille, pas la guerre. Avec ses 11 millions de voix, le FN mise sur un échec de Macron pour recomposer une droite autoritaire qui apparaîtra comme un recours dans le chaos politique. Une droite qui prendra le relais pour continuer l’austérité en semant le désarroi dans les couches populaires par son positionnement nationaliste/souverainiste couplé à une exploitation débridée du racisme et de l’islamophobie qui gangrènent la société fran- çaise. Nous ne sommes pas vraiment dans les années 30. Les rythmes sont plus lents. Mais la bête immonde sait se montrer patiente. Unifier les luttes contre la politique néolibérale est plus urgent et nécessaire que jamais, en France et ailleurs.

11 août 2017  Daniel Tanuro

http://www.lcr-lagauche.org/

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01 août 2017 ~ 0 Commentaire

dossier: terreur blanche (mee)

nazi-dog

Comment l’UE camoufle le terrorisme d’extrême-droite contre les musulmans. (MEE)

Des jeunes hommes blancs se radicalisent. Il est temps d’en parler (MEE)

Le terrorisme est un problème mondial, pas un problème musulman (MEE)

La majorité du terrorisme n’est pas « islamique », ni en Occident ni au Moyen-Orient (MEE)

L’extrême droite monte, mais ne perdez pas espoir : la résistance populaire aussi (MEE)

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21 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

douarnenez (festival)

clown

Bande Annonce du 40ème Festival de Cinéma de Douarnenez
Petit avant-goût de ce qui vous attend du 18 au 26 août à Douarnenez…

aff

FACEBOOK

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20 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

nanterre (le huff’)

Devant la préfecture de Nanterre, même les septuagénaires dorment sur le bitume pour leur titre de séjour. Depuis des semaines, les étrangers qui veulent entrer à la préfecture des Hauts-de-Seine se butent à une file monstrueuse.

« Chapeau le gouvernement »… Depuis des semaines, les personnes d’origine étrangère qui veulent compléter leurs démarches administratives, comme le renouvellement d’un précieux titre de séjour, doivent attendre de longues heures à l’extérieur de la préfecture de Nanterre. Mercredi matin 19 juillet, Le HuffPost a filmé une file interminable de plus de 500 personnes, dès 7h du matin. Plusieurs personnes avaient même passé la nuit sur un simple morceau de carton posé sur le bitume.

Comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article, personne n’est épargné par cette situation ubuesque. Hommes, femmes et enfants d’origine étrangère doivent s’armer de patience pour obtenir un ticket d’entrée, dans la chaleur accablante ou sous la pluie. Même Salah, 77 ans, ex-travailleur dans les mines du Nord et chez Renault, est arrivé la veille dans l’espoir d’entrer à la préfecture. « J’ai dormi sur le trottoir », explique au micro du HuffPost le vieil homme arrivé en France en 1964.

Plusieurs personnes que nous avons rencontrées sont choquées par ces conditions d’accueil « inhumaines ». Nordin, Marocain de 72 ans, nous livre notamment un témoignage dégoûté que vous pouvez également découvrir dans la vidéo ci-dessus. Je tire mon chapeau au gouvernement. (Je vis depuis) 50 ans en France. Je paye mes impôts, je paye mes impôts locaux, j’ai tout payé. Mais, voilà le résultat…Nordin, 72 ans, originaire du Maroc.

La préfecture des Hauts-de-Seine est loin d’être un cas isolé en matière d’interminables files d’attente pour les étrangers. Des associations caritatives ou de défense des droits de l’homme, ainsi que des syndicats, ont déjà attiré l’attention sur des situations semblables à Strasbourg ou à Évry.

« On alerte depuis décembre sur la situation dans de nombreuses préfectures. Les services d’accueil des étrangers ne vont pas bien du tout », dénonce au HuffPost Marie-Line Mistretta, secrétaire générale adjointe au syndicat national Force ouvrière des personnels de préfecture. « Il y a des moins de moins de fonctionnaires titulaires et de plus en plus de vacataires », déplore la syndicaliste, pointant également un été particulièrement chargé avec la crise migratoire et plusieurs réformes touchant les préfectures.

Dans un communiqué publié le 26 juin dernier, la préfecture des Hauts-de-Seine reconnaît une « forte affluence », à l’instar des autres départements d’Île-de-France, et invite les étrangers à repousser leur visite si celle-ci n’est pas urgente. Selon Le Parisien, des guichets supplé- mentaires ont été récemment ouverts pour faire face au « rush » de la période estivale. « Nous recourons à des volontaires pour remettre les titres de séjour et répondre aux demandes d’information afin de réduire la queue », explique le centre administratif au quotidien.

http://www.huffingtonpost.fr/

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17 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

sionisme (médiapart)

antisem

Exemple d’antisémitisme de Plantu dans « Le Monde »

Antisionisme = antisémitisme ? Une erreur historique, une faute politique

« Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est la forme réinventée de l’antisémitisme. » Cette phrase finale est venue gâcher le discours salutaire d’Emmanuel Macron lors de la commémoration du 75e anniversaire de la rafle du Vél d’Hiv, devant Benyamin Netanyahou. Une erreur historique, une faute politique.

La présence inédite et scandaleuse du Premier ministre le plus belliciste de l’histoire d’Israël à cette cérémonie n’est sans doute pas pour rien dans la faute politique commise par le nouveau président. Car celle-ci résulte d’un alignement sur son hôte, incroyablement qualifié de « cher Bibi » celui-ci l’a-t-il appelé « Manu » ?  et par la même occasion sur le Conseil représentatif de institutions juives de France (CRIF).

L’histoire du conflit central du Proche-Orient, faut-il le rappeler à Emmanuel Macron? , ne commence pas le 14 mai 1948, lorsque naît l’État d’Israël.

C’est en 1897 que l’Organisation sioniste voit le jour, avec pour but la création d’un Foyer national juif en Palestine. Entériné par la déclaration Balfour en 1917, puis par le mandat que la Société des Nations confie au Royaume-Uni en 1922, cet objectif ne rallie pas la majorité des Juifs, loin de là : l’immense majorité y est hostile, communistes et bundistes, mais aussi religieux. Antisionistes, tous ces Juifs étaient-ils antisémites ?

Bien sûr que non ! A vrai dire, le sionisme est une idéologie parmi d’autres. Imagine-t-on les communistes interdire la critique du communisme ? Les gaullistes interdire la critique du gaullisme ? C’est pourtant la prétention des tenants les plus extrémistes du sionisme. Présenter l’antisionisme comme une forme d’antisémitisme reviendrait à leur donner raison.

Il faudra la Seconde Guerre mondiale et le génocide nazi pour que des millions de Juifs – et d’abord les survivants refusés par les États-Unis – gagnent la Palestine, puis l’État d’Israël créé le 14 mai 1948. Mais, ne l’oublions pas, le second État prévu par les Nations unies disparaît, et les quatre cinquièmes des Palestiniens qui y vivaient seront expulsés. Dix-neuf ans plus tard, Israël s’empare du reste de la Palestine : Jérusalem-Est, qu’il annexe, et la Cisjordanie ainsi que la bande de Gaza qu’il occupe et colonise. Cinquante ans après, en 2017, plus de 700  000 colons ont fait leur les territoires occupés, empêchant la naissance de l’État de Palestine pourtant admis aux Nations unies.

Entre-temps, 45 % des Juifs du monde, 6 millions sur près de 14 millions, vivent en Israël. À supposer que les statistiques israéliennes soient fiables. Or, selon les démographes, plusieurs centaines de milliers de citoyens recensés par les autorités d’Israël n’y résident plus. Bref, la majorité des Juifs n’a pas éprouvé le désir de s’installer dans l’« État juif ». Autrement dit, ils ne sont pas suffisamment sionistes – à moins de s’en tenir à la définition qui veut qu’un bon sioniste est celui qui envoie ses amis en Israël, mais reste en France… Et si, dans l’opinion israélienne, la droite et l’extrême droite comptent sur un large soutien, il n’en va pas de même à l’étranger : un grand nombre de Juifs n’appuient pas leur politique anti-palestinienne – ils réprouvent, en particulier, la colonisation.

(Ajoutons que, sur les milliers de Français qui, ces dernières années, ont réagi aux violences antisémites en faisant leur « aliya », un tiers, voire la moitié, sont revenus[i]. Leur sionisme n’a pas résisté à la difficulté de la vie dans le meilleur élève de la classe néo-libérale, avec son cortège de pauvreté, de précarité et d’inégalités, mais aussi l’atmosphère étouffante d’un conflit omniprésent au quotidien…)

Indéfendable historiquement comme idéologiquement, l’assimilation de l’antisio- nisme à l’antisémitisme constitue surtout une faute grave : elle permet en effet à la droite et à l’extrême droite israéliennes de tenter d’étouffer la voix de tous leurs opposants, à l’intérieur comme à l’extérieur. Et ce « cadeau » arrive à point nommé, alors que la violation permanente du droit international et des droits humains a isolé Israël comme jamais au sein de la communauté internationale.

Marginalisé diplomatiquement, le gouvernement Netanyahou s’inquiète en outre de l’hostilité de l’opinion, avec notamment la montée de la campagne Boycott-Désinvestis- sement-Sanctions – je pense au BDS militant, mais aussi au BDS institutionnel, qui voit de puissants fonds de pension, de grandes entreprises et de grosses banques se retirer des territoires occupés, voire d’Israël. On imagine sans mal comment les autorités israéliennes utiliseront la petite phrase d’Emmanuel Macron pour criminaliser les pressions internationales qui s’exercent sur elles.

Il y a de la schizophrénie dans la démarche de notre nouveau président. Il prétend relancer la négociation et, condamnant la colonisation, se fixe pour objectif la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël, les deux États ayant leur capitale à Jérusalem. Mais la diplomatie française ne saurait l’ignorer : des tractations israélo-palestiniennes ne sauraient suffire seules pour atteindre cet objectif. Même François Hollande, malgré son « chant d’amour pour Israël et pour ses dirigeants », l’avait compris, en acceptant le projet de conférence internationale proposé, en son temps, par Laurent Fabius.

Si Emmanuel Macron veut vraiment contribuer à une paix juste et durable, il faut qu’il accepte le principe de sanctions contre Israël, dès lors que celui-ci refusera de se plier au droit international. Commencer par museler l’opinion en présentant la critique d’Israël comme antisémite n’est pas un bon début.

[i] Il n’existe pas de statistiques officielles.

17 juil. 2017 dominique vidal

https://blogs.mediapart.fr/

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15 juillet 2017 ~ 0 Commentaire

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