Archive | Antiracisme

07 mai 2026 ~ 0 Commentaire

Immigrés (BZH Eco)

immigres cgt

En 10 ans, la part d’immigrés dans l’industrie agroalimentaire a fortement augmenté…

…en Bretagne à 4 départements

En Bretagne, depuis 10 ans, les secteurs de l’hébergement-restauration, de la construction et de l’agroalimentaire recourent de plus en plus souvent à la main-d’œuvre immigrée. Ils sont désormais 68 500 immigrés à travailler en Bretagne, occupant 5 % des emplois de la région. La moitié d’entre eux travaillent autour de Rennes ou dans les territoires tournés vers l’agroalimentaire ou l’agriculture. C’est ce qui ressort de la dernière enquête de l’Insee publiée mardi 23 septembre 2025.

Entre 2012 et 2022, la part d’immigrés dans les actifs en emploi est passée de 3,0 % à 5,0 % en Bretagne, soit une hausse de 2,0 points. Même si elle a augmenté dans tous les secteurs d’activité, la hausse est particulièrement sensible dans le secteur de l’agroalimentaire avec un gain de 4,3 points, soit 2,3 points de plus que l’évolution moyenne régionale. « Dans ce secteur, le métier le plus exercé par un travailleur immigré est celui d’ouvrier peu qualifié », indique l’Insee dans son enquête parue ce mardi 23 septembre.

Rennes concentre 36% des travailleurs immigrés

La répartition des travailleurs d’origine étrangère n’est pas homogène indique cette étude. Près de la moitié des immigrés en emploi vivent et travaillent dans quatre zones d’emploi : Rennes, Carhaix, Lamballe et Pontivy. La capitale bretonne concentre à elle seule 36 % des immigrés au travail. À Rennes, ils viennent surtout d’Afrique, et près d’un sur deux est diplômé du supérieur. Dans les zones rurales, le profil est différent : à Carhaix, Lamballe ou Pontivy, la main-d’œuvre immigrée est majoritairement d’origine européenne. Elle travaille souvent dans l’agriculture et l’agroalimentaire, par exemple dans les abattoirs, sur des postes saisonniers ou peu qualifiés.

Métiers en tension et peu qualifiés

Les chiffres de l’Insee le démontre, certains secteurs font davantage appel aux immigrés que d’autres. L’hébergement-restauration, la construction, l’agroalimentaire et l’intérim comptent chacun 8 à 10 % de main-d’œuvre immigrée. La plupart des 15 principaux métiers exercés par des immigrés sont non qualifiés ou issus de secteurs en tension. C’est le cas des ouvriers peu qualifiés de l’agroalimentaire mais aussi des ouvriers du nettoyage, des ouvriers peu qualifié du gros œuvre du bâtiment. Ils peuvent aussi répondre à un manque de main-d’œuvre (aide-soignant, ingénieur et cadre d’études en développement informatique…)

Les immigrés sont plus souvent concernés par la précarité. Les personnes arrivées récemment sont particulièrement touchées : 39 % occupent un emploi non qualifié, même si elles sont proportionnellement plus diplômées. Enfin, les immigrés accèdent plus difficilement à l’emploi. Seuls 67 % des 25-54 ans travaillent, contre 86 % des non-immigrés. Les femmes, surtout celles avec enfants, sont les plus exposées au chômage ou à l’inactivité. « Au-delà de la possible barrière de la langue, le manque de reconnaissance des qualifications obtenues à l’étranger, l’absence de réseau familial ou social sur place ou encore les discriminations ressenties à l’embauche sont autant d’obstacles vers l’accès à l’emploi » remarque l’Insee.

Véronique Maignant, le 23 septembre 2025

https://www.bretagne-economique.com/

Immigre-carte-

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29 avril 2026 ~ 0 Commentaire

Kremlin

extre

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26 avril 2026 ~ 0 Commentaire

Brest (Le Tél)

programme

500 personnes manifestent

Nouvelle agression raciste à Brest

À l’appel de 19 associations, organisations syndicales et politiques, un rassemblement antiraciste a rassemblé quelque 500 personnes, à Brest, ce samedi, pour dénoncer « une nouvelle agression raciste ».

Dans la nuit du 10 au 11 avril 2026, un Brestois d’une trentaine d’années a été violemment agressé cours Dajot, alors qu’il remontait du port. Roué de coups et laissé inconscient sur la chaussée avec la mâchoire cassée, il s’est vu délivrer douze jours d’incapacité temporaire totale (ITT) et a déposé plainte : selon sa déclaration, comme nous l’a confirmé son avocat, ses trois agresseurs ont accompagné leurs coups d’insultes à caractère clairement raciste.

Un fait divers qui survient dans un contexte inquiétant, selon les 19 organisations qui appelaient à un rassemblement antiraciste, ce samedi 25 avril, et qui font référence à une série d’agressions ou attaques racistes à Brest ces derniers mois, avec en point d’orgue l’attaque du Café de la plage en septembre 2025, ou à la multiplication des tags à caractère nazis sur les murs de la cité scolaire de Kerichen.

25 avril 2026

https://www.letelegramme.fr/

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23 avril 2026 ~ 0 Commentaire

Rassemblement (OF)

brest

Après une agression

Rassemblement anti raciste samedi 25 avril 18h

Cours Dajot à Brest

À l’appel de l’assemblée antifasciste, de Visa et d’organisations antiracistes brestoises, un rassemblement est prévu, samedi 25 avril 2026, vers 18 h, sur le Cours Dajot à Brest (Finistère).

Frédérique Guiziou 22/04/2026

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23 avril 2026 ~ 0 Commentaire

Députée LFI (OF)

obono

Danièle Obono en réunion publique à Brest

Ce jeudi 23 avril 2026, la députée de Paris Danièle Obono viendra à Brest (Finistère) présenter sa proposition de loi pour lutter contre l’antisémitisme.Publié le

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10 avril 2026 ~ 0 Commentaire

Esclavage (AEL)

morts

Résolution de l’ONU sur l’esclavage africain 

Des élus des Antilles et de Guyane dénoncent l’abstention de la France

L’Assemblée générale des Nations unies a qualifié la traite transatlantique des esclaves africains de  » crime le plus grave contre l’humanité « , une décision saluée par les défenseurs de cette cause comme un pas vers la guérison et d’éventuelles réparations.

L’abstention de la France lors du vote à l’ONU le 25 mars d’une résolution qualifiant l’esclavage et la traite transatlantique de « plus grave crime contre l’humanité » suscite une vive polémique. Des élus de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane dénoncent un choix jugé incompréhensible et en rupture avec l’histoire mémorielle française.

« Un signal profondément incompréhensible » : plusieurs parlementaires des territoires français d’outre-mer de Guadeloupe, de Martinique et de Guyane ont critiqué vendredi 27 mars l’abstention de la France lors du vote aux Nations unies, mercredi, d’une résolution reconnaissant l’esclavage et la traite transatlantique comme « le plus grave crime contre l’humanité ».

La France a envoyé « un signal profondément incompréhensible » en contradiction avec « son histoire législative », a dénoncé dans un communiqué Béatrice Bellay, députée socialiste de la Martinique, rappelant que la France avait été pourtant « le premier » pays à faire un pas vers cette reconnaissance, par la loi Taubira du 21 mai 2001.

Le texte adopté mercredi ne crée pas d’obligation juridique contraignante mais constitue « un acte politique et mémoriel majeur » qui permettra d’ »ouvrir un dialogue international sur [les] conséquences durables » de l’esclavage, a de son côté estimé le député apparenté socialiste guadeloupéen Christian Baptiste, qualifiant de « recul » la position française.

« Faute morale »

La France « a encore affaibli sa crédibilité auprès des peuples des dits outre-mer », a pour sa part fustigé son homologue martiniquais Marcellin Nadeau (GDR, gauche), dénonçant « un nouveau refus de reconnaissance pleine et entière » à l’égard des Ultramarins.

Dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron jeudi, le sénateur guadeloupéen et ex-ministre des Outre-mer Victorin Lurel avait déploré « une faute morale, historique, diplomatique et politique » contribuant à « ternir un peu plus » l’image de la France et à « fragiliser » les efforts de réconciliation mémorielle entre les pays occidentaux et leurs anciennes colonies.

Le Mouvement de décolonisation et d’émancipation sociale de Guyane, auquel appartient le député Jean-Victor Castor, a lui aussi dénoncé l’abstention de la France, ajoutant que « l’esclavage n’est pas seulement un crime du passé » car « ses conséquences structurent encore les inégalités actuelles ».

Le parti a par ailleurs appelé l’ONU à « permettre à la Guyane de réintégrer la liste des territoires non autonomes et forcer la puissance administrante à accepter un plan de décolonisation ».

« Mettre en concurrence des tragédies historiques »

La résolution, soutenue par l’Union africaine et présentée par le Ghana, a été adoptée mercredi par 123 voix pour, 3 contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions (dont le Royaume-Uni et les États membres de l’Union européenne).

Elle déclare « la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains » comme « les plus graves crimes contre l’humanité », condamnant cette « injustice la plus inhumaine et la plus persistante commise contre l’humanité ».

https://www.afriquesenlutte.org/

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08 avril 2026 ~ 0 Commentaire

Collaboration (BCD)

resistance en bretagne

La collaboration en Bretagne

Sous l’occupation allemande, il faut distinguer deux types de collaboration avec l’occupant : la collaboration d’État mise en place volontairement par le maréchal Pétain et le régime de Vichy à la suite de la rencontre de Montoire (24 octobre 1940), et le collaborationnisme, le choix par une toute petite partie des Français de se mettre au service de l’Allemagne nazie pour des raisons politiques, idéologiques ou bassement matérielles. La Bretagne, occupée du 18 juin 1940 à l’été 1944, et même mai 1945 pour les poches de Lorient et de Saint-Nazaire, n’échappe pas à ces deux phénomènes.

La collaboration d’État

Soumis à la tutelle directe des Allemands (censure de la presse, exigences de répression des dissidents et résistants) et à celle plus lointaine de Vichy, les représentants de l’État français – le nom du régime –, les préfets et l’administration (police, gendarmerie, ravitaillement, Éducation nationale), appliquent les politiques de Pétain et de ses gouvernements.

S’efforçant de répondre aux exigences allemandes, elles sont de plus en plus impossibles à atteindre (prélèvements de main-d’œuvre, impositions agricoles). Ces politiques de collaboration sont appliquées sur le terrain par les préfets – dont certains militent pour la Révolution nationale –, les préfets régionaux de Rennes (après la création en juin 1941 de la région Bretagne à quatre départements) et d’Angers (incluant la Loire-Inférieure), et les intendants de police.

Afin de compenser la déception de ceux qui avaient cru aux proclamations de provincialisme, le préfet de région Quenette met en place en octobre 1942 un Comité consultatif de Bretagne (CCB) chargé des questions culturelles et linguistiques, composé de 22 membres, des notables avec Yann Fouéré mais sans les ultras du Parti national breton (PNB).

En Bretagne comme ailleurs, signe d’une collaboration politique, administrative et policière avec l’occupant et de la volonté d’instaurer un nouveau régime, les politiques d’épuration (des municipalités, en général de gauche) et d’exclusion (des fonctionnaires juifs, communistes ou francs-maçons) sont appliquées.

Dès 1940, à la demande des Allemands, c’est Vichy qui recense les Juifs français et étrangers dont certains réfugiés lors de la débâcle ; en 1942, l’administration française les surveille (port de l’étoile jaune) et procède aux rafles.

De même, de 1940 à 1942, la police et la gendarmerie internent dans des camps des communistes fichés et traquent les premiers résistants (PCF, Front national, FTP). La presse régionale (L’Ouest-Éclair, Le Phare de la Loire, La Dépêche de Brest) soutient la politique vichyste, tout comme La Bretagne, créée en mars 1941 par le « régionaliste » Yann Fouéré (en réalité en contact étroit avec les ultras du mouvement breton) qui met aussi la main sur La Dépêche de Brest (mars 1942).

Mais la société bretonne qui a rejeté immédiatement l’occupant allemand réagit : on oppose de plus en plus l’inertie et le refus à la collaboration d’État ; certains cadres s’engagent dans la Résistance, obligeant les polices nazies et la Wehrmacht à prendre en charge la répression (deux préfets sont arrêtés dans les Côtes-du-Nord en 1943 et 1944) et le maintien de l’ordre.

Le collaborationnisme

Intellectuel, politique, policier (agents travaillant pour l’ennemi dans la traque des résistants) ou militaire (milices armées des partis), le collaborationnisme, très minoritaire, a choisi de se mettre au service de « l’ordre nouveau » nazi pour des raisons idéologiques (le fascisme français et sa variante bretonne) et parfois pécuniaires.

Plusieurs organisations et partis nationaux, autorisés en 1941 et financés par l’occupant, se livrent à une rude concurrence pour attirer une population qui se dérobe puis les rejette. Face aux très faibles effectifs, tous les coups sont permis : entrisme, noyautage, double ou triple appartenance.

Organisation pétainiste dirigée par l’écrivain Alphonse de Châteaubriant, responsable du journal La Gerbe, le groupe Collaboration se veut le fer de lance de la Révolution nationale tout en voulant servir de pont avec les partis les plus ultras. Il organise dans les villes des conférences à vocation culturelle ou artistique et attire en 1942 et 1943 bon nombre de notables de droite séduits plus ou moins longuement par le régime (un millier en Loire-Inférieure, 250 à 300 dans les Côtes-du-Nord).

Deux partis fascistes français dominent la dizaine de groupuscules collaborationnistes qui s’agite : le très anticommuniste Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot (exclu du PCF en 1934) et le Rassemblement national populaire (RNP) de Marcel Déat (qui a quitté la SFIO en 1933).

Le MSR et le Parti franciste de Marcel Bucard n’ont qu’une existence épisodique très limitée, sauf dans le Morbihan et en Loire-Inférieure pour les francistes, même si leur activisme fait grand bruit à Rennes et à Nantes. Ces partis ne comptent que quelques dizaines d’adhérents dans les départements bretons, sauf en Loire-Inférieure où leur recrutement est plus conséquent (environ 2 000 avec le groupe Collaboration, dont 80 % à Nantes).

Le PPF compte 140 adhérents dans le Finistère en 1942, 150 à 300 en Loire-Inférieure, des chiffres comparables à ceux du RNP dans ces deux départements. Les permanences urbaines de ces groupuscules deviennent des cibles des résistants, notamment communistes. Leurs chefs sont visés par des attentats (Doriot à Rennes) et quelques-uns sont exécutés à la fin 1943 et en 1944. En 1944, les Jeunesses des partis collaborationnistes forment des milices qui, comme auxiliaires des Allemands, traquent les résistants, mais l’engagement dans la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF) pour aller se battre sur le front russe n’a pas fait recette (environ 300 dont 170 en Loire-Inférieure).

Les nationalistes bretons

Les chefs du PNB dissous en 1939, dont Olier Mordrel et Fransez Debauvais, réfugiés à Berlin, profitent de la débâcle française pour rentrer en Bretagne dans les fourgons de l’occupant. Ils tentent de mettre en œuvre leur projet d’indépendance de la région, ce dont les Allemands ne veulent pas pour d’évidentes raisons stratégiques.

À Pontivy, le 3 juillet 1940, ils créent un Conseil national breton, embryon d’un « gouvernement ». Mais le 29 juillet, des milliers d’habitants (6 000 ?) de Pontivy manifestent contre la présence de Célestin Lainé et de ses hommes dans le château des Rohan qu’ils ont réquisitionné.

Les séparatistes lancent L’Heure bretonne, l’hebdomadaire du nouveau PNB, qui prend la suite de Breiz Atao. C’est un journal antisémite, anticommuniste et raciste qui critique Vichy, de Gaulle et les Anglais, exalte « l’Europe nouvelle » nazie et prône la collaboration. Instrumentalisé et financé par l’occupant, le PNB, très hiérarchisé, se dote début 1941 d’un service d’ordre, les Bagadoù Stourm, dirigé par le sculpteur Yann Goulet.

Conscients du rejet des séparatistes bretons par la population, les Allemands suscitent en décembre 1940 « une révolution de palais » qui écarte les deux leaders et place à la tête du PNB les frères Delaporte, venus de la mouvance catholique de l’abbé Perrot. Ils poursuivent la politique de collaboration. À son apogée en 1942-1943, le PNB delaportien compte 1 200 à 1 500 adhérents, dont 300 très actifs, ainsi que des sympathisants, ce qui en fait de loin le principal parti collaborationniste en Bretagne.

Pourtant, dès ses débuts, ce parti s’est heurté partout à l’hostilité des Bretons (insultes lors de la vente de L’Heure bretonne). Issus du PNB, quelques agents rémunérés par les polices allemandes font des ravages contre la Résistance bretonne, de même que le Kommando de Landerneau dirigé par l’Allemand Herbert Schaad.

Outre l’appui au PNB contre les autorités françaises, les cercles allemands celtophiles exploitent la revendication linguistique, notamment à travers le linguiste brestois Louis Némo-Roparz Hemon, qui anime sur Radio Rennes-Bretagne, dirigée par le professeur Weisgerber, des émissions en breton, d’ailleurs peu audibles en Basse-Bretagne pour des raisons techniques.

En octobre 1941, Weisgerber organise à Rennes un Institut celtique de Bretagne (ICB), dirigé par Roparz Hemon, qui doit attirer vers le Reich les élites bretonnes. En 1942, l’ICB compterait « 350 personnalités marquantes ». La porosité est grande entre le Comité consultatif de Bretagne (CCB) et l’ICB dans la mesure où certains se retrouvent dans les deux institutions.

À partir de 1943, le PNB delaportien tente de prendre ses distances avec ses protecteurs, ce qui provoque à la fin de l’année la scission de l’aile dure et militarisée de Célestin Lainé qui veut former une « armée bretonne » (Lu Brezhon). De fait, Lainé crée à Rennes le groupe Cadoudal, rebaptisé Bezen Perrot après l’exécution de l’abbé Perrot à Scrignac par des FTP. Intégrés dans la Waffen SS, sous uniforme allemand, 70 à 80 hommes du Bezen vont jusqu’au bout de la collaboration militaire, participant à la destruction des maquis à l’été 1944, s’enfuyant en Alsace et en Allemagne, puis se réfugiant en Irlande.

Les autres formes de collaboration

La délation, fort répandue pour diverses raisons, facilite la tâche de Vichy et de l’occupant vis-à-vis des dissidents et des résistants. La collaboration économique est aussi une réalité importante : parfois, pour la survie de l’entreprise, il faut accepter les commandes allemandes. Mais pour certains c’est une aubaine, en profitant du pillage de l’économie française par le Reich.

En ces temps de pénurie, le marché noir (à distinguer du marché gris qui permet aux producteurs et commerçants de gagner de l’argent mais sans trop d’abus) est source d’enrichissements rapides. Les plus gros trafiquants travaillent pour l’occupant et sont protégés par eux. Le secteur de la restauration (cafés, auberges) et de l’hôtellerie, le plus visible, tire profit de la forte présence de soldats allemands.

De même, les grands chantiers militaires (terrains d’aviation, bases sous-marines puis Mur de l’Atlantique à partir de 1942) voient l’essor fulgurant de PME bretonnes du bâtiment et des travaux publics qui travaillent pour l’Organisation Todt. Mais les chantiers importants dans la région sont effectués par des entreprises extérieures, en association avec des entreprises allemandes. Tous ces secteurs seront sanctionnés lors de l’épuration économique à la Libération. Si des travailleurs locaux, au chômage ou attirés par de hauts salaires, vont s’embaucher sur ces chantiers en 1940-1941, ils sont de plus en plus remplacés par une main-d’œuvre venue d’autres régions ou d’autres pays européens.

Occupée pendant quatre ans, la Bretagne a été confrontée aux politiques de collaboration mises en œuvre au quotidien par le régime de Vichy. En dehors d’une fraction engagée de l’Emsav, qui a discrédité le mouvement breton pour longtemps, la collaboration politique, policière et militaire n’a concerné qu’une toute petite minorité d’habitants, la collaboration économique étant plus difficile à évaluer. La visibilité du PNB, notamment par son journal L’Heure bretonne, sa permanence tout au long de l’Occupation en comparaison avec les groupes collaborationnistes français plus ou moins éphémères, et l’engagement sous l’uniforme de la Waffen SS du Bezen Perrot de Célestin Lainé ont marqué la mémoire de la guerre. Il ne faudrait toutefois pas oublier le rejet de l’occupant, l’anglophilie et le gaullisme des Bretons, ainsi que les nombreux engagements dans les Forces françaises libres, dans les réseaux et les mouvements de résistance.

Auteur : Christian Bougeard

 Christian Bougeard est professeur émérite d’histoire contemporaine à l’université de Bretagne occidentale à Brest et membre du Centre de Recherche Bretonne et Celtique (CRBC). Spécialiste de l’histoire de la Bretagne au XXe siècle et de la Seconde Guerre mondiale, il est l’auteur d’une douzaine de livres  et a contribué à de nombreux ouvrages collectifs, colloques et dictionnaires.

https://bcd.bzh/becedia/fr/

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08 avril 2026 ~ 0 Commentaire

ADN (LJDLB)

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Le RN n’est pas notre ADN breton !

La récente utilisation de la photo du bagad de Perros-Guirec par le RN pour redorer son image en Bretagne appelle quelques réflexions.

Tout d’abord, le tollé légitime qui s’en est suivi nous rappelle que le RN n’est pas dans notre ADN breton. Discriminés, privés de leurs droits culturels et de leur langue, moqués souvent par Paris, les Bretons ne sont pas du côté du racisme. Ils savent par expérience qu’il n’y a pas de race, de langue ou de civilisation française élues ou supérieures comme le pense le RN.

Une identité bretonne tournée vers l’universel

Par contre, les Bretons n’ignorent pas que l’avenir appartient aux peuples qui n’ont pas oublié. L’identité bretonne qui est la nôtre aspire à l’universel, et ce sont les droits universels qui animent le combat pour l’émancipation de la Bretagne et la survie de nos langues.

Si le RN parle d’identité bretonne, c’est pour mieux l’accaparer, la soumettre et donc la détruire. Le RN voudrait une identité bretonne de terroir, folklorisée et bien servile au pouvoir parisien comme le souhaitait le Maréchal Pétain.

La Bretagne et son identité ne sont pas à vendre. La Bretagne est la terre des Bretons et leur identité leur appartient. Ils tiennent à leurs racines mais ne les utilisent pas pour rejeter ceux qui viennent d’ailleurs. Au contraire, ils sont heureux de les partager, car la culture ne prend sens qu’au regard d’une autre culture. Ce que nos sonneurs ont voulu exprimer en s’opposant à la captation de leur image, c’est qu’ils ne souhaitent pas faire de leur culture un facteur de rejet.

Le risque de la logique totalitaire

Bien sûr, les temps sont difficiles et les raisons de la colère bien présentes. Beaucoup d’entre nous sombrent dans le vote sanction. Il est toujours tentant de succomber aux peurs et à la haine.

Mais il ne faut pas jouer avec le feu. Avec le RN, comme pour tout mouvement d’extrême droite, la logique totalitaire du mensonge n’est jamais loin. Les mots, comme la réalité, ne veulent plus rien dire. Le mensonge est roi. Je pense souvent à ce qui était indiqué à l’entrée du camp d’extermination de Dachau : « Arbeit macht frei » : « le travail libère »…

Le RN affirme défendre la culture bretonne et veut rayer de l’histoire le peu que nous avons, c’est-à-dire cette région institutionnelle, aux moyens dérisoires, qui porte le nom Bretagne. Où est la cohérence ? Le RN parle de soutien à nos langues et s’y montre hostile dans ses votes.

La Bretagne comme socle d’avenir

Plus que jamais, si nous voulons donner une chance au vivre ensemble, au sein d’une société qui va mal, nous devons retrouver le sens des mots et de la réalité.

La Bretagne est notre socle. Sa force d’émancipation et d’équilibre sont nos meilleurs atouts pour l’avenir. Et si le RN accédait au pouvoir demain et souhaitait la détruire, la réalité lui sauterait au visage. Les Bretons s’opposeraient en masse à la destruction de leur « région », quand bien même se montrerait-elle actuellement peu concernée par le processus d’autonomie.

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07 avril 2026 ~ 0 Commentaire

Saint-Denis (LO)

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Une campagne raciste et anti-pauvres

L’élection d’un maire noir affilié à La France insoumise (LFI) à Saint-Denis, une ville de la banlieue parisienne dont la population est en majorité d’origine immigrée, a été suivie d’une campagne raciste.

Les médias appartenant à Bolloré, ce milliardaire d’extrême droite qui fit fortune en pillant les ressources du continent africain, ont servi de caisse de résonance à un déferlement de propos venimeux contre le nouvel élu, Bally Bagayoko.

Le psychologue Jean Doridot déclarait ainsi sur CNews à son propos vendredi 27 mars : « Nous sommes des mammifères sociaux de la famille des grands singes […]. Dans toute tribu il y a un chef qui a pour mission d’installer son autorité ». Le lendemain c’était le « philosophe » Michel Onfray qui en rajoutait une couche en affirmant : « On n’est pas dans une tribu primitive […] où vous avez un mâle dominant qui dit “c’est moi qui décide” ».

Autant de propos dignes de tous les prétendus scientifiques qui jadis classaient les races par ordre d’intelligence, les Africains figurant bien sûr en bas de l’échelle pour justifier le colonialisme. Cela avait commencé dès le lendemain de l’élection lorsque les propos de Bally Bagayoko, « Saint-Denis, ville des rois morts et du peuple vivant » avaient été travestis sur les plateaux de CNews et de RMC en « ville des Noirs ».

Cette campagne vise en fait toute la population pauvre.

Bally Bagayoko ayant annoncé qu’il allait enlever ses armes de type LBD à la police municipale, il n’en a pas fallu plus pour donner prise à un déferlement éditorial de type Peur sur la ville, pour reprendre le titre d’un article du Journal du dimanche le 29 mars. Toutes sortes de rumeurs et de contrevérités ont été propagées : des points de deal auraient réapparu dès le lendemain de l’élection, 90 policiers municipaux sur les 140 seraient déjà sur le départ, il y aurait eu des narcotrafiquants parmi les assesseurs des bureaux de vote.

Le nouveau maire a essayé de rectifier comme il a pu, certifiant que le désarmement de la police municipale serait progressif, qu’il avait fait des rondes avec les policiers pour les rassurer et, qu’en tout et pour tout, un seul d’entre eux sur toute la ville avait demandé sa mutation.

Mais le mal était fait.

Il n’y aurait à Saint- Denis que des voyous et des familles vivant du narcotrafic, alors que dans cette ville, comme dans d’autres de la banlieue parisienne, habitent la majeure partie des employés des grandes surfaces, du personnel hospitalier, des travailleurs des usines ou des grandes concentrations ouvrières comme celles de la zone aéroportuaire de Roissy-Charles de Gaulle. C’est cette population pauvre constituant l’électorat de Bagayoko que vise à stigmatiser et à intimider la campagne en cours.

La droite, quant à elle, ne pouvait pour sa part manquer d’être de la partie. Elle a vu dans ce résultat électoral l’occasion de continuer ses efforts visant à établir un « cordon sanitaire » autour de LFI dans la perspective de la future élection présidentielle.

Les huées adressées à l’ancien maire PS Mathieu Hanotin, amplement justifiées vis-à-vis d’un élu qui s’était fait le champion d’une politique dirigée contre la population pauvre, ont été stigmatisées comme l’expression d’une « violence inouïe » de LFI. Bruno Retailleau a ainsi parlé d’une « stratégie insurrectionnelle de Mélenchon », rien de moins, et annoncé qu’il créerait bientôt un observatoire des pratiques de LFI. Quant à Éric Ciotti, il s’est porté volontaire pour accueillir à Nice les policiers qui voudraient quitter Saint-Denis. Tout cela pour un petit chahut à l’occasion d’une soirée électorale !

Ce beau monde s’est ainsi retrouvé non seulement contre Bally Bagayoko, mais surtout contre la population pauvre d’une ville ouvrière. Même si l’élection d’un maire insoumis ne changera pas grand-chose à ce que vivent les habitants des cités, tant ses problèmes se situent à un tout autre niveau, cette campagne immonde est bien significative de la volonté de la bourgeoisie et de son personnel politique de faire taire tout ce qui peut ressembler à une contestation de sa politique.

Daniel Mescla   01/04/2026

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05 avril 2026 ~ 0 Commentaire

Négrophobie (NPA)

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Affronter la négrophobie

La négrophobie — le racisme anti-NoirEs — est la forme de racisme qui engendre le plus de morts, de violence et d’inégalités.

Ce sont avant tout des NoirEs qu’on fait mourir aux frontières, qu’on enferme dans des CRA, que la police violente, qu’on assigne à la condition de sans-papiers comme aux emplois les plus pénibles, les plus précaires, les moins bien payés…

La négrophobie occupe pourtant une place réduite dans le débat public, parce qu’elle est largement naturalisée. Le discours explicitement négrophobe se heurte encore un peu au tabou qui a frappé l’expression ouverte du racisme biologique (mais pour combien de temps ?). Pour autant, la très large adhésion aux politiques et pratiques qui en découlent témoigne de la profondeur du consensus négrophobe.

La vague de discours négrophobes suscitée par l’élection de quelques maires noirs souligne que les idéologies racialistes subsistent en tant que fond culturel. La fascisation en cours libère désormais leur expression décomplexée. Il suffit qu’un homme noir accède à une portion de pouvoir pour qu’il soit instantanément reconduit à son assignation raciale.

Après une première offensive culturelle — faisant de Bally Bagayoko un « communautariste » ou un « séparatiste » au service de la pègre —, il a ces derniers jours été associé à des animaux, à un chef de tribu primitive, à une menace sécuritaire. Sont ainsi mobilisés les tropes négrophobes les plus structurants : la bestialisation, la sauvagerie et la violence physique.

Ces discours donnent lieu à une très large réprobation, mais en trompe-l’œil.

De même que les politiciens les plus racistes peuvent s’élever à peu de frais contre des cris dans les stades, les condamnations verbales des expressions les plus crasses de la négrophobie ne doivent tromper personne lorsqu’elles viennent des mêmes qui légitiment la division racialisée du travail, la répression des sans-papiers et la nécropolitique des frontières.

Il ne suffira pas d’en dénoncer les expressions les plus outrancières. En la nommant comme telle, en l’identifiant par-delà la diversité de ses manifestations, en la combattant radicalement, il est temps d’affronter la négrophobie.

Olivier Lek Laffferrière

https://lanticapitaliste.org/

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