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22 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Juifs et Gaza (ESSF)

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Les juifs et juives aux États-Unis à l’heure de la guerre à Gaza

Warren Montag est professeur des Humanités à Occidental College, une université de la région de Los Angeles. Ses études portent notamment sur la pensée de Spinoza et d’Althusser.

ContreTemps : Une partie de l’opinion publique française pense, soit par ignorance, soit dans la logique d’idées antisémites, que le soutien américain à Israël est dû au poids énorme de ce qu’ils appellent le « lobby juif » aux États-Unis. Or, tout le monde a remarqué que l’état d’esprit de la population juive des États-Unis à l’égard d’Israël est en pleine évolution. De quand date ce changement ?

Warren Montag : C’est une histoire compliquée, mais avant de l’aborder une clarification sur la question du « lobby juif » et du contrôle juif de la politique étrangère américaine s’impose.

L’explication de la politique étrangère américaine en tant qu’instrument d’un pouvoir juif est une conception erronée à tous points de vue. L’idée que les nations impérialistes sont dirigées par de petites entités essentiellement étrangères agissant en secret est non seulement absurde d’un point de vue empirique, mais incarne aussi une approche grossièrement réductrice de la politique, le plus souvent liée à l’une des nombreuses théories du complot qui confèrent aux juifs des pouvoirs surnaturels de tromperie et de manipulation.

Lorsque, comme cela n’est que trop prévisible, « l’entité étrangère » ou « l’ennemi de l’intérieur » se trouve être la communauté juive ou simplement « les juifs », l’erreur théorique relève de l’antisémitisme, pour la satisfaction de forces très différentes et souvent opposées.

Pour que les juifs jouent le rôle que leur assignent ces théories, ils devraient être capables de penser (élaborer des stratégies, conspirer et comploter) et d’agir comme un seul homme. Dans cette perspective, les apparentes différences politiques et culturelles internes à la communauté juive seraient expliquées comme des épiphénomènes au regard d’une communauté unie par le sang et façonnée par deux millénaires de haine implacable du monde non-juif.

L’unité supposée de la communauté juive américaine n’a jamais existé ; la population juive a toujours été extrêmement hétérogène, linguistiquement, culturellement et politiquement.

Même les formes d’observance religieuse variaient de manière significative. Par apport à cette diversité, le sionisme a consisté en une tentative d’homogénéisation, militant pour que les langues et les cultures du « ghetto », et surtout des juifs parlant le yiddish, la majorité (avant la Seconde Guerre mondiale), tout comme les diverses cultures des juifs iraniens, marocains, d’Asie centrale, soient abandonnées en faveur de l’hébreu et laisse la place à une nouvelle culture israélienne qui se présentait comme un retour à un passé mythique.

Ces efforts sionistes se sont heurtés à une forte résistance ; même la question de savoir ce qui fait d’un juif un juif, et quelles formes d’observance devaient être intégrées dans le droit civil, n’a pas été résolue.

Mais le fantasme d’un parti des juifs, secret homogène, uni et discipliné, n’est pas seulement faux et invoqué au service de la haine, il aboutit aussi à absoudre l’impérialisme américain (et tous les autres impérialismes) de toute responsabilité pour ses guerres, son pillage des ressources mondiales et la richesse qu’il a accumulée au prix de la misère de la classe ouvrière internationale, toutes choses qui sont maintenant attribuées aux juifs.

Les conséquences de cette position sont assez claires : la dernière décennie a vu un renouveau rapide et généralisé des déclarations exterminationnistes, telles que celles qui figurent sur les teeshirts portés par un certain nombre de partisans de Trump lors de l’occupation du Capitole à Washington le 6 janvier 2021 : « 6MWE », acronyme de « six millions, ce n’était pas assez ».

Aux États-Unis, la population juive n’a jamais été aussi divisée politiquement qu’aujourd’hui, et au centre de cette division se trouve non seulement la conduite d’Israël dans la guerre actuelle contre Gaza, mais plus fondamentalement la question du sionisme.

Une minorité significative de juifs (principalement ceux âgés de moins de quarante ans) constate une différence notable entre le sionisme qui leur a été enseigné et le sionisme réellement existant de l’État israélien.

Il ne s’agit plus (en fait, il ne s’est jamais agi) d’un sionisme fondé sur l’Exode et la Délivrance de la Maison de servitude, mais d’un sionisme, comme Netanyahou nous l’a récemment rappelé, dont l’inspiration est tirée de l’histoire des Amaléchites du Livre I Samuel 15 : 3 : « Maintenant, allez frapper Amalech, et détruisez tout ce qu’ils ont, sans les épargner ; tuez hommes et femmes, enfants et nourrissons, bœufs et moutons, chameaux et ânes ».

Cela a conduit une nouvelle génération de juifs à déclarer leur soutien à la cause palestinienne non pas en dépit de leur judéité, mais à cause d’elle.

lundi 13 mai 2024 BARZMAN John, MONTAG Warren (Extrait)

https://www.europe-solidaire.org/

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20 mai 2024 ~ 0 Commentaire

EHPAD (FR3)

Nathalie Ugen est le principal soutien de Faith Otasowie, Nigériane menacée d'expulsion.
Nathalie Ugen est le principal soutien de Faith Otasowie, Nigériane menacée d’expulsion. • © France 3 Bretagne

« J’ai peur, je ne dors plus. Pourquoi la France veut que je parte ? » Une immigrée, soignante dans un Ehpad, menacée d’expulsion

Faith Otasowie est agent de soin à l’Ehpad de Dol-de-Bretagne. En France depuis 2011, elle est visée par une OQTF, une obligation de quitter le territoire français. Ses amis et collègues se mobilisent contre cette décision qu’ils jugent inacceptable et injuste.

« Elle ne mérite pas ça. Elle ne mérite pas qu’on l’expulse ». Valérie, comme Sylvie et Line présentesce mardi 21 mai à Dol-de-Bretagne, ne décolèrent pas. Pour celles qui sont collègues de travail dans l’Ehpad La Parentèle, l’obligation de quitter le territoire français qui vise Faith Otasowie est incompréhensible.

« Malgré le fait qu’elle n’a pas ses papiers, Faith a tous les autres droits pour rester avec nous », argumente Valérie. « C’est un bon élément. Tout ce qu’elle a fait avant, c’est pour s’en sortir, pour quitter son passé. Elle est dans un métier dans lequel tout se passe bien. Elle s’entend à merveille avec les résidents. Il n’y a jamais de souci avec eux. »

Pour Sylvie, cette menace d’expulsion n’est, en plus, pas en accord avec le manque crucial de personnel dans les établissements recevant des personnes âgées : « Les Ehpad cherchent tous les jours des salariés. Or Faith est là depuis plus de 4 ans et à partir du 7 juin, elle pourrait être expulsée de France. Ce n’est pas logique alors qu’elle apporte son sourire et toute sa bonne humeur au quotidien, malgré ses problèmes. Elle est volontaire et ne rechigne pas à venir travailler s’il manque un personnel et même le week-end. »

Visée par la loi Darmanin

C’est mi-avril que Faith Otasowie a reçu cette OQTF,  « Un torchon de 8 pages qui décrit toutes les raisons pour lesquelles elle est, soi-disant, expulsable et doit retourner dans son pays où elle sera en danger » explique Nathalie Ugen, une amie et principal soutien de la Nigériane.

Cette OQTF, émise par la préfecture, celle-là même qui lui délivre tous les trois mois un récépissé (de demande de carte de séjour) lui permettant de travailler à la Parentèle, Faith la reçue suite à l’application de la loi Darmanin. Cette dernière réclame depuis janvier dernier l’expulsion de tout étranger sans papiers ayant été condamné par la justice.

Victime et coupable d’un réseau de prostitution

Or, Faith a purgé un an de prison il y a quelques années, reconnue coupable et victime d’un réseau de prostitution.

L’histoire de Faith en France commence en 2011, lorsqu’elle fait appel à une passeuse pour quitter le Nigéria, où en danger, elle doit laisser deux enfants. À l’époque, on lui dit qu’en France, elle pourra garder des enfants. La réalité est tout autre puisqu’elle se retrouve prise dans un réseau de prostitution avec une somme de 60 000 euros à rembourser, celle que lui a pris la passeuse pour rejoindre la France.

Elle arrive au bout de nombreux mois à sortir du réseau de prostitution mais doit revenir chez une amie qui en fait encore partie. Ensuite, elle se retrouve à répondre au téléphone aux jeunes femmes qui voulaient venir en France et qui tombent par la suite, malgré elles, dans le réseau. C’est pour cela que Faith sera jugée coupable et victime et qu’elle fera de la prison.

Pour autant, « ce passé qui la poursuit alors qu’elle n’est pas coupable de ce qui lui est arrivé, ne justifie pas cette OQTF qui est une injustice pour une femme qui se bat » estime son amie Nathalie.

« Pourquoi la France veut que je parte ? »

Une injustice que ressent de plein fouet Faith depuis la mi-avril. Elle se dit bien insérée dans la vie, a un fils de 7 ans, né en France, « qui n’est jamais allé en Afrique, qui ne parle que français et qui a toute sa vie et ses amis ici ». Elle ne comprend pas ce qui lui arrive alors qu’elle avait un avis favorable de la commission départementale d’attribution de titre de séjour en 2022. Mais un avis soumis cependant à la signature du préfet d’Ille-et-Vilaine.

J’ai peur, je ne dors plus. À partir du 7 juin, je ne pourrais plus vivre, je n’aurais plus le droit d’aller travailler. Alors que j’attendais ma carte de séjour, je reçois cette OQTV. Toute ma vie est désorganisée. Faith Otasowie, Immigrée nigériane menacée d’expulsion

Une pétition de soutien

En soutien à Faith et à son fils Gabriel, une pétition a été lancée par ses amis et collègues afin que l’OQTF soit abrogée et que Faith soit régularisée. Les soutiens espèrent également recueillir suffisamment de témoignages en sa faveur, afin de les transmettre à la préfecture.

Un rassemblement de soutien est prévu le 30 mai devant l’école de son fils à Dol-de-Bretagne ainsi que le 12 juin devant l’Ehpad La Parentèle.

  Thierry Peigné 20/05/2024

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17 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Kanaks (Survie)

Kanaks (Survie) dans A gauche du PS
Sur les réseaux sociaux et devant les forces de l’ordre, les miliciens s’affichent ouvertement avec les armes dont ils font usage
 Kanaky-Nouvelle Calédonie : contre la violence coloniale

Conséquence logique du sabotage méthodique du processus de décolonisation par l’État français, l’heure est à l’affrontement en Kanaky-Nouvelle Calédonie, qui a déjà fait plusieurs morts. Il est urgent de dénoncer la responsabilité première de la politique coloniale française, des colons sur place, de s’opposer à la menace qui plane sur les indépendantistes et la CCAT (Cellule de coordination des actions sur le terrain) en particulier et de soutenir la lutte légitime du peuple Kanak.

La Nouvelle Calédonie est toujours une colonie française, c’est d’abord une réalité matérielle et une continuité historique : occupation militaire, politique d’installation de colons, spoliation des terres, racisme, massacres et violences diverses qui ont jalonné ces 171 années d’occupation. L’inscription du pays sur la liste des territoires à décoloniser de l’ONU depuis 1986 vient rappeler cette évidence.

En 1988, les accords de Matignon puis Nouméa avaient clôturé une période d’affrontements violents et ouvert la voie à un processus de décolonisation, qui prévoyait le transfert progressif des compétences que l’État français s’était arrogées, pour aller vers « la pleine émancipation ». L’application de ces accords a été difficile et sans cesse menacée tant par les gouvernements français que par les colons sur place.

Depuis l’accession au pouvoir d’Emmanuel Macron, la France a mené un travail de sabotage radical de ce processus, dont la loi sur le dégel du corps électoral n’est que le dernier épisode [1]. En 2022, le choix de nommer Sonia Backès, issue des franges extrêmes des partis coloniaux locaux, au gouvernement français était un symbole fort de ce basculement.

1984-2024 : contre le retour aux années 1980 et la criminalisation de la CCAT

Il y a 40 ans, le niveau de violence avait fait plus de 90 morts, en très grande majorité Kanak. On retrouve aujourd’hui plusieurs ingrédients du pourrissement de l’époque : entêtement français autour de la question du statut et des modes de scrutin, mépris des Kanaks et de la revendication indépendantiste, militarisation de la répression, armement à outrance des colons… Faudra-t-il en arriver à un épisode comparable au massacre de la grotte d’Ouvéa pour que l’État français fasse machine arrière ?

Nous dénonçons la volonté exprimée ouvertement par le gouvernement français de criminaliser la CCAT (Cellule de coordination des actions de terrain), qualifiée par Gérald Darmanin de « groupe mafieux ». Les médias français reprennent sans distance la qualification de « frange la plus radicale du Front de libération Kanak socialiste (FLNKS) » distillée par l’État.

Cela ne correspond nullement à la réalité, et surtout, participe à une stratégie volontaire visant à isoler une partie du mouvement indépendantiste, préparant les esprit à son élimination politique ou même physique. Dans les années 1980, cette même stratégie avait été déployée par la France et avait abouti notamment à l’assassinat direct d’Éloi Machoro par le GIGN [2], présenté comme un élément radical, dissocié artificiellement du reste des indépendantistes.

Aujourd’hui, plusieurs membres actifs de la CCAT se cachent et se savent visés tant par la répression étatique que par les milices de colons. Gabriel Attal vient d’annoncer l’assignation à résidence de personnes désignées comme membres de la CCAT, dans le cadre de l’état d’urgence. Le gouvernement français serait directement responsable de toute atteinte à leur intégrité physique.

Bien nommer : exécutions arbitraires, prisonniers politiques

Car si, a priori, on peut imputer à des colons d’avoir tiré sur les jeunes Kanaks hier, la responsabilité première en incombe bien à l’État et à sa politique. C’est son entêtement et sa fermeture qui ont conduit à la situation actuelle. Il est donc responsable de l’éclatement du conflit et de toutes les morts qui en découlent. De nombreux témoignages indiquent d’ailleurs un bilan plus élevé chez les Kanaks que les 3 morts annoncés par l’État à l’heure de la rédaction de ce texte.

On constate aussi concrètement un parfait alignement entre les acteurs étatiques et les milices coloniales. Les gendarmes et policiers protégent et ouvrent la voie à ces milices que les colons se targuent d’essayer de créer « dans chaque quartier ».

Ces groupes portent ouvertement des armes, même en présence des forces de l’ordre, sans être désarmés. Le Haut-Commissaire et le commandant local de la gendarmerie ont tenu une conférence de presse conjointe avec Sonia Backès, présidente de la Province Sud. Aujourd’hui, le vice-président de cette province, s’affiche ouvertement sur les réseaux sociaux et sur le terrain, en tenue paramilitaire, pour donner des instructions à ces groupes armés.

L’assassinat de jeunes Kanak correspond pleinement à la définition d’exécutions arbitraires au sens de l’ONU, d’après la résolution 1994/67 de la Commission des droits de l’homme de l’ONU, qui considère que cette définition s’applique aussi quand ces actes sont commis par « des groupes paramilitaires, des forces de défense civile ou d’autres forces privées coopérant avec le gouvernement ou tolérées par lui ». Le Haut-Commissaire, qui représente l’État français dans le pays, a eu pour première réaction de relativiser la mort d’un des jeunes Kanak, en considérant qu’il avait été tué par « quelqu’un qui a certainement voulu se défendre » [3].

Par l’utilisation de termes comme « délinquants », les autorités françaises cherchent à disqualifier les mobilisations des jeunes Kanaks en lutte contre la colonisation, qui leur impose discriminations racistes, paupérisation et exclusion.

Solidarité avec le peuple Kanak dans sa lutte légitime pour son émancipation

L’association Survie exprime toute sa solidarité aux proches des victimes de cette violence coloniale, aux personnes arrêtées pour leur activité politique.

Nous nous opposons à la répression coloniale actuellement à l’œuvre : milices paramilitaires, déploiement de l’armée, état d’urgence, coupure de réseaux sociaux, et même, selon ce qui a pu nous être remonté, des coupures du réseau 4G.

Nous dénonçons la stratégie menée par la France de dissocier et isoler la CCAT du reste du mouvement indépendantiste, qui fait planer une menace politique, judiciaire et même physique sur ses membres, et nous réitérons notre soutien à l’ensemble de la lutte d’émancipation du peuple Kanak.

16 mai 2024 – Survie

Kanaky Nouvelle Calédonie

https://survie.org/

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17 mai 2024 ~ 0 Commentaire

BREST

pique n

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13 mai 2024 ~ 0 Commentaire

USA (NPA)

USA (NPA) dans A gauche du PS

Mouvement étudiant de solidarité avec la Palestine aux États-Unis : un aperçu

Quelle inspiration que le mouvement étudiant de solidarité avec la Palestine !

Pendant trois semaines, les étudiant·es des universités américaines ont organisé des manifestations pacifiques en soutien à la Palestine, établi des campements et occupé des bâtiments, construisant le plus grand mouvement de ce type depuis des décennies. Ce mouvement a eu une portée nationale, dans 45 des 50 États américains, a impliqué 140 campus et a donné lieu à plus de 2 000 arrestations.

Face au pouvoir

Ce vaste mouvement non violent, diversifié et décentralisé a été motivé par l’horreur des jeunes face à la guerre génocidaire menée par Israël contre les Palestinien·nes de Gaza. Il s’agit clairement d’un mouvement humanitaire exprimant la solidarité avec les Palestinien·nes, appelant à la fin de la guerre, à l’arrêt de la fourniture d’armes à Israël par les États-Unis et exigeant que les universités cessent d’investir dans l’industrie israélienne de l’armement.

De nombreux administrateurs d’université, politiciens et médias – sous la pression du lobby sioniste – ont menti sur les étudiant·es et leurs activités, les qualifiant de pro-Hamas et d’antisémites, voire de terroristes, afin de justifier les violentes attaques de la police qui ont blessé et, dans certains cas, hospitalisé des étudiants et des professeurs.

Depuis les massacres perpétrés par la Garde nationale à Kent State (4 morts) et les meurtres commis par la police à Jackson State (2 morts), tous deux en 1970, nous n’avions pas assisté à une telle violence à l’encontre des étudiants protestataires.

Un bel altruisme

Certain·es étudiant·es ont mis en péril leur formation universitaire, leur diplôme, leur visa d’étudiant s’ils sont immigré·es, et ont risqué leur santé et leur sécurité face aux attaques violentes des sionistes, des organisations de droite et de la police. Les manifestations étudiantes, parfois menées par Students for Justice in Palestine (JS) et Jewish Voice for Peace, étaient passionnément opposées à la guerre d’Israël, mais n’étaient pas antisémites.

Chaque campement d’étudiants a été différent. Certains ont été gérés et organisés de manière descendante par de petits groupes de dirigeants autoproclamés, tandis que d’autres ont été ouverts et démocratiques, avec de grands comités ou des campements entiers qui prenaient les décisions.

La construction et l’entretien des campements, l’achat des tentes, l’approvisionnement en nourriture, l’organisation des groupes d’étude et l’établissement des règles du camp ont absorbé beaucoup de temps, mais ont également créé un sentiment de communauté.

Pour la plupart des étudiant·es, c’était la première fois qu’ils participaient à un mouvement social et politique de ce type. Sur certains campus, les étudiant·es se sont engagé·es dans des actions gauchistes qui ont provoqué l’intervention de la police, bien que celle-ci ait également attaqué les groupes les plus pacifiques.

Dans d’autres endroits, les étudiant·es ont entamé des négociations avec les administrateurs de l’université. Certains de ces administrateurs ont fait des promesses, plus symboliques que significatives, pour apaiser les étudiant·es et mettre fin aux manifestations.

Des perspectives politiques ?

Les Jeunes Socialistes Démocrates d’Amérique (jeunes de DSA) et d’autres socialistes ont été actifs aux côtés du JSP et du JVP, mais la gauche n’a pas joué un rôle dominant. La majeure partie du mouvement étudiant n’a pas eu le temps de discuter en profondeur de nombreuses questions politiques centrales.

Les groupes n’ont pas pris position sur la nature du sionisme, sur la politique de la résistance palestinienne et du Hamas, et sur la question de la relation du mouvement avec la politique américaine et les prochaines élections. Le mouvement n’a pas non plus élaboré de plans clairs pour l’été et encore moins pour le long terme.

Le Mouvement de la jeunesse palestinienne, qui a des liens avec le Parti du socialisme et de la libération, qui est campiste (*) , a appelé à une conférence du peuple pour la Palestine à Détroit du 24 au 26 mai 2024 : Reste à savoir s’il s’agira d’une conférence démocratique capable de représenter la diversité sociale, culturelle et politique du mouvement.

Ce mouvement étudiant, comme d’autres dans le passé, aura un impact énorme sur la vie de ceux qui y ont participé, sur les organisations impliquées et sur l’avenir de la gauche américaine.

13 mai 2024 Dan La Botz

https://inprecor.fr/

Remarque: Pour nous le campisme est le choix entre 2 ennemis, « le moins pire ». Par exemple soutenir Bachar el Assad, puisque les USA c’est pire. Choisir Poutine parce que les Ukrainiens reçoivent des armes de l’OTAN; Etc…

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10 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Shoah (en Bretagne)

Ihil, Odette, Roza et Sonia Perper
La famille Perper avec Ihil, Odette, Roza et Sonia Perper. Originaire de Bessarabie, elle s’installe à Brasparts et sera déportée en mars 1943, à Sobibor. ©DR

La Shoah en Bretagne : l’histoire d’une famille réfugiée à Brasparts et déportée à Sobibor

« Ils sont partis comme ça… » est un documentaire racontant la déportation d’une famille juive qui s’était installée à Brasparts, au coeur de la Bretagne pour fuir l’antisémitisme.

« Ils sont partis comme ça… », le documentaire de Julien Simon, comédien et réalisateur, raconte l’histoire tragique d’une famille juive installée à Brasparts (Finistère), arrêtée puis déportée au camp d’extermination de Sobibor.

Il sera projeté mercredi 8 mai, à 18 h à la Maison de la Mer, à Lézardrieux (Côtes-d’Armor), salle Yves Cadic.

Une phrase résume l’impensable d’une situation et tout de sa brutalité : « Ils sont partis comme ça… ».

C’est aussi le titre de ce magnifique documentaire qui raconte une histoire violente et qui a été celle de millions de juifs européens.

Cette histoire-ci s’est passée ici, en Bretagne.

De la Bessarabie à Brasparts

Ihil et Sonia Perper, tous deux originaire de Bessarabie (aujourd’hui entre la Moldavie et l’Ukraine), viennent faire leurs études en France, à Nancy, médecine pour lui et pharmacie pour elle.

Fuyant l’antisémitisme dans leur pays, ils s’installent à Brasparts en 1935, petite commune du centre Bretagne, qui cherchait alors un médecin. Ils s’installent et auront trois enfants : Roza, Odette et Paul.

Mais l’Histoire les rattrape, et en 1942, ils seront arrêtés à Plounéour Ménez parce que qu’ils sont juifs.

Ils sont emmenés à Drancy où ils passent plusieurs mois, puis finalement déportés en mars 1943 à Sobibor, où ils seront immédiatement gazés.

Connaître toute leur histoire

Julien Simon découvre cette histoire après la lecture du livre de Marie-Noëlle Postic « Sur les traces perdues d’une famille juive en Bretagne ».

Il décide alors de suivre pas à pas leur itinéraire, pour en faire une pièce de théâtre. Il travaillait alors sur la mémoire et, il en fera le troisième volet de ses recherches.

J’ai décidé, pour reconstituer leur histoire de les suivre dans tous les lieux où ils sont allés : leurs villages d’origine en Bessarabie, Brasparts évidemment, les archives, les témoins, ceux qui les avaient croisés, les différentes maisons dans lesquelles ils ont habité  Julien Simon, réalisateur

Tout ce travail de collecte aboutira à une pièce, puis une pièce radiophonique diffusée par la RTBF. Mais Julien Simon a eu la bonne idée de filmer tout de ce travail. Il a ainsi accumulé une cinquantaine de rushes de son enquête.

Travaillant alors avec la réalisatrice Catherine Bernstein, il en a extrait un documentaire, bouleversant à plus d’un titre :  » C’est un film particulier, il n’a pas été conçu comme un produit formaté à l’avance, mais il s’est construit à partir de multiples éléments. Ce qui lui donne, je crois beaucoup d’authenticité ».

« Avec l’exigence d’un historien »

Archives, témoignages de ceux qui les ont croisés, lieux, tout est filmé, au plus près de ce qu’a été la vie tragique de la famille Perper. On les suit pas à pas, dans la trivialité de la vie, et à travers eux, on découvre aussi ce qu’a été la Shoah en Bretagne.

J’ai voulu raconter cette histoire avec l’exigence d’un historien, pour dire ce qui s’est réellement passé. Ils étaient cinq sur six millions, et j’ai voulu ramener ces cinq personnes dans l’humanité

Julien Simon projettera également des extraits de film qui n’ont pas été montés dans le documentaire final.

Un débat avec le public suivra la projection.

« Ils sont partis comme ça « . Projection mercredi 8 mai, à 18 h à Lézardrieux, à la Maison de la Mer, salle Yves Cadic. Entrée libre.
Par Rédaction Paimpol Publié le 5 mai 2024 à 18h30

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08 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Gaza (NPA)

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06 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Extrême droite (NPA)

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Deux groupes au parlement européen

Les extrêmes droites siègent principalement dans deux groupes séparés. D’un côté le groupe Identité et démocratie (ID), créé en 2019, qui regroupe entre autres le RN français, la Ligue italienne, le PVV néerlandais, le FPÖ autrichien et le parti allemand AfD4.

De l’autre côté, le groupe des Conservateurs et réformateurs européens (ECR), dont la colonne vertébrale était initialement constituée par les Conservateurs britanniques jusqu’à leur départ du Parlement européen suite au Brexit, regroupe notamment les Fratelli d’Italia, les Démocrates de Suède, les Vrais Finlandais ou encore le parti espagnol VOX. Le PIS polonais en constitue désormais la première force.

Cependant, Fidesz, a quitté en mars 2021 le groupe du parti populaire européen (PPE qui regroupe les droites bourgeoises classiques) et négocie son rattachement à d’autres groupes, dont l’ECR et l’ID.

Le parti hongrois pourrait jouer un rôle de pivot, permettant un rapprochement entre ces deux derniers. Bien que des clivages notamment en matière économique soient perceptibles entre l’ID et l’ECR, la majorité des membres des ECR s’affichent peu ou prou libéraux en matière économique, même si une partie du groupe ID met en avant la démagogie sociale populiste à l’instar du RN français… en tout cas : tant que ces partis siègent dans l’opposition dans leurs pays respectifs.

Enfin, le parti français Reconquête, qui présente également une liste aux européennes du 9 juin 24 mais qui n’est pas assuré de franchir la barre des 5 % des voix requises pour entrer au parlement, siège actuellement au groupe des ECR avec son seul eurodéputé sortant, Nicolas Bay, élu en 2019 sur la liste du RN. Or, outre l’appartenance à des regroupements parlementaires différents, de profonds clivages – apparents ou réels – traversent la « famille » des extrêmes droites.

Clivage sur la Russie

La majorité de ces partis dans l’Union européenne, surtout dans la partie occidentale ainsi qu’en Allemagne, étaient historiquement très favorables, voire explicitement liés au régime russe des années d’après 2000. Mais ce positionnement est devenu nettement plus difficile à assumer publiquement depuis début de la guerre contre l’Ukraine.

Parmi les plus critiques, officiellement, de l’invasion russe en Ukraine se trouve actuellement le RN français. La raison en est simple : le principal parti de l’extrême droite hexagonal pense s’être tellement rapproché de l’arrivée au pouvoir à l’échelle nationale qu’il ne pourra pas se permettre un positionnement qui le mettrait en porte-à-faux avec l’opinion majoritaire.

Comme lors de la campagne électorale présidentielle de 2022, où, après l’annonce du début de la guerre en Ukraine, le RN se trouve contraint de mettre au pilon 1,2 million d’exemplaires d’un huit-pages, parce que ce tract était illustré avec une photo montrant Marine Le Pen avec Vladimir Poutine pour montrer ses qualités de « femme d’État ». Dans les jours suivants, Marine Le Pen affirmera que l’Ukraine était l’illustration positive d’une « lutte de libération nationale », pour prétendre que son parti se situait dans la même logique.

D’autres partis, structurellement alliés au RN français, ne se positionnent pas de la même manière. C’est le cas du FPÖ, qui était lui aussi formellement lié, depuis 2016, par un accord officiel de coopération avec le parti de Poutine Russie Unie. Certains de ses représentants prétendent aujourd’hui que l’accord n’aurait été « que formel ».

Cependant, la ministre des Affaires étrangères nommée fin 2017 sur proposition du FPÖ (sans qu’elle possède la carte du parti), Karin Kneissl, avait invité Vladimir Poutine à son mariage en août 2018. En septembre 2023, Karin Kneissl annonça son déménagement à Saint-Pétersbourg. Par ailleurs, depuis l’arrestation, le 29 mars 2024, d’un ex-agent de la Direction nationale de la sûreté et du renseignement autrichien pour espionnage au profit de la Russie, l’appareil d’État autrichien est secoué par les révélations sur des activités pro-russes…

Le RN français n’a à aucun moment mis en cause son alliance avec le FPÖ, qui constitue un pilier de sa politique d’alliances européennes. Pire pour le positionnement officiel du RN actuel, leur groupe au parlement (ID), a élargi ses rangs à la fin février 2024 au parti bulgare Vazradjane (« Renaissance ») ainsi qu’au Parti national slovaque (SNS).

Or, les deux sont de proches alliés du régime de Vladimir Poutine au sein de l’Union européenne. En ce qui concerne le parti bulgare, trois de ses députés participèrent, le 16 février 2024 à Moscou, à une réunion de Russie Unie. Quant au SNS, il participe à Bratislava à une coalition gouvernementale qui mène, avec Fidesz en Hongrie, la politique extérieure la plus pro-russe parmi tous les pays membres de l’Union européenne.

Pseudo-clivage sur la « remigration »

Un autre clivage, largement factice, est apparu au mois de février 2024. Depuis la mi-janvier 2024, des manifestations massives, culminant à plus d’un million de participantEs dans différentes villes allemandes, s’étaient déclenchées contre le parti allemand AfD.

Le motif résidait dans la publication, le 10 janvier 2024, d’un reportage tourné en caméra cachée sur une réunion tenue à huis clos des cadres du parti AfD, des membres de la mouvance identitaire, des représentants de l’aile la plus droitière de la CDU (Union chrétienne-démocrate, droite classiques) et d’une fraction du patronat.

Lors de celle-ci, l’activiste autrichien identitaire Martin Sellner – interdit, depuis, de séjour sur le territoire allemand – s’était répandu sur le thème de la « remigration »5. Sellner avait notamment fantasmé sur l’expulsion de deux millions de personnes, dont des personnes ayant la nationalité allemande mais « mal intégrées » ou « complices de l’immigration de masse », dans un État-modèle (non identifié) en Afrique du Nord qui se destinerait à les accueillir.

Marine Le Pen avait alors pris ses distances avec le parti allemand, s’interrogeant publiquement sur l’opportunité de continuer de travailler avec lui au Parlement européen. La co-présidente du parti AfD, Alice Weidel, lui écrivit une lettre publique, prétextant des erreurs de traduction, et prétendant que son parti ne demandait que la reconduite à la frontière des délinquants étrangers condamnés, « en application de la loi ».

Toujours est-il que ce clivage est largement imaginaire, la prise de position publique de Marine Le Pen n’étant due qu’à la volonté de faire bonne figure vis-à-vis de l’opinion publique, souhaitant éviter toute apparence « extrémiste ». Or, l’un des piliers du groupe ID au Parlement européen, le FPÖ, et notamment son président Herbert Kickl – qui était ministre de l’Intérieur autrichien de 2017 à 2019 –, utilise depuis des années le terme de « remigration » de manière éhontée, sans que Marine Le Pen n’ait trouvé à y redire, jusqu’ici.

Une autre Europe, débarrassée du fascisme

Les vrais clivages ne se situent ainsi pas à l’intérieur de l’extrême droite, dont les prises de position peuvent être largement élastiques, mais entre l’extrême droite et ses adversaires. Les dirigeants européens ont besoin de relancer et réorienter leur économie nationale (coupes budgétaires ; augmentation de l’exploitation ; chômage « structurel »), dans un contexte de course à la guerre.

Devant le mécontentement des populations, la démagogie réactionnaire patriarcale et xénophobe, alliée à la répression des mobilisations laissent un espace important aux extrêmes droites, qui apparaissent bien souvent comme le seul véritable parti d’opposition. En ce sens, la politique, nécessairement libérale, de l’Union européenne est un marchepied pour le fascisme européen.

À nous de mener un combat sur les positions de fond, refusant leurs idées qui restent inacceptables sous toutes les formes. Nous revendiquons l’ouverture des frontières, ainsi qu’une redistribution des richesses à l’échelle européenne.

De manière immédiate, nous sommes pour un salaire minimum européen et des droits sociaux égaux pour tou·tes. Cela suppose de sortir des carcans imposés par l’Union et nécessitera de grandes mobilisations victorieuses sur tout le continent.

https://lanticapitaliste.org/

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05 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Espagnols Rouges (Côté Brest)

Des réfugiés espagnols sur le quai de la gare de Brest en 1937.
Des réfugiés sur le quai de la gare de Brest en 1937. ©Archives de Brest.

Histoire à Brest : Républicains espagnols, les douleurs de l’exil

Un ouvrage historique évoquant le travail forcé des Républicains espagnols exilés à Brest pendant la Seconde Guerre mondiale permet de retracer le parcours de certains.

Le 12 avril 2024, la présentation d’un opus sur les Républicains espagnols exilés a permis de retracer le parcours de quatre d’entre eux, passés à Brest.

Le 12 avril était une date symbolique puisque ce fut ce jour-là, en 1931, qu’eurent lieu en Espagne les élections qui entraînèrent l’avènement du régime républicain mis à bas huit ans après par le coup d’État de Franco.

Les Républicains espagnols exilés n’ont pas tous été envoyés à Brest et ceux qui y sont passés ne sont pas tous restés, mais ils furent un certain nombre à y faire souche, rendant leur parcours accessible grâce à leur descendance.

Des victimes indésirables

Lucas Allende Santa Cruz connut les camps du Sud de la France avant d’être livré aux Allemands qui l’envoyèrent à Brest, où il travailla pour la NSKK qui s’occupait du transport de troupes, de matériel et de munitions pour l’armée du Reich. Il s’évada et entra dans la Résistance mais son groupe fut dénoncé.

Déporté à Dachau, il ne put sortir après la Libération, aucun pays ne voulant accueillir les Espagnols « rouges » ! Il fallut les efforts d’Edmond Michelet pour que ces déportés mal-aimés, dont Lucas, puissent revenir en France.

Un ouvrage historique

L’association MERE 29 œuvre pour faire vivre la mémoire des Républicains espagnols exilés en Finistère : elle collabore étroitement avec les chercheurs de l’UBO, ce qui a donné lieu, à ce jour, à trois colloques  à Brest.

Le dernier en date a débouché sur une publication  disponible en librairie depuis le 11 avril, un numéro double de la revue du Cermi (Centre d’études et de recherches sur les migrations ibériques) intitulé « Le travail forcé des Républicains espagnols pendant la Seconde Guerre mondiale » et réunissant des textes dus, pour une bonne part,  à des auteurs brestois.

Dirigé par Iván López Cabello et Geneviève Dreyfus- Armand, l’ouvrage traite des trois aspects du sujet.  En effet, ce travail forcé ne s’est pas limité aux travaux que l’armée allemande a imposés aux Espagnols livrés par la France de Vichy : avant la débâcle de 1940, la 3e République, déjà, a envoyé travailler ces exilés, dont un grand nombre sur la ligne Maginot, ce qui leur a valu d’être les premiers déportés du territoire français.

D’autre part, tous les Républicains n’ont pas quitté l’Espagne après leur défaite et la dictature franquiste n’a pas manqué de les réduire en esclavage. C’est donc ce sujet triplement douloureux qui est traité par le biais d’articles historiques et de témoignages.

Un camp au bois de Keroual !

Eduardo Caro Bermudo se rebella contre les autorités françaises du camp où il avait été interné, ce qui lui valut d’être envoyé au camp disciplinaire de Collioure. Il travailla dans une usine d’avions où il dut détruire ce qu’il avait construit quand les Allemands envahirent le Sud de la France.

Il connut plusieurs lieux d’internement brestois, y compris le camp du bois de Keroual dont on ne sait rien. Il s’échappa plusieurs fois et, au cours d’une de ses évasions, il rencontra une Bretonne avec qui il allait avoir… quatorze enfants ! À suivre…

Benoît Quinquis

Source : conférence prononcée le 12 avril à la bibliothèque universitaire de lettres et sciences humaines de Brest.
Par Rédaction Côté Brest Publié le 5 Mai 24

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04 mai 2024 ~ 0 Commentaire

Ghassan Abu Sitta (NPA)

Crédit Photo Auteur Nouveau Parti anticapitaliste (NPA)

Ghassan Abu Sitta doit pouvoir venir en France !

Le docteur et chirurgien Ghassan Abu Sitta, internationalement reconnu, anglo-palestinien, vient d’être interdit d’entrer sur le territoire français, refoulé à l’aéroport Charles de Gaulle ce samedi 4 mai. Comble de l’ironie, il se rendait, avec d’autres humanitaires au Sénat à l’invitation à une conférence intitulée : « La France respecte-t-elle le droit international ? »

Il semble que cette décision d’interdire l’entrée sur le territoire du docteur Abu Sitta ait été prise en coordination avec l’Allemagne qui a prononcé une interdiction d’entrée à l’encontre du docteur sur l’ensemble du territoire européen. Rien n’obligeait la France à exécuter l’ordre allemand.

La France ne respecte ni le droit international, ni le droit français, ni même le Sénat. Quand il s’agit de la Palestine et des Palestinien·nes, seul compte le droit des plus forts.

Ghassan Abu Sitta est médecin et était en poste en octobre à l’hôpital Al Shifa à Gaza. Il a reçu et essayé de soigner les victimes de l’horreur, des frappes et des massacres perpétrés par Israël.

C’est en cette qualité de témoin qu’il était invité le mois dernier en Allemagne. Son entrée sur le territoire a été refusée alors qu’il devait parler à une conférence en solidarité avec la Palestine, le 12 avril 2024. Cette conférence n’a finalement pas pu se tenir, la police allemande coupant l’électricité et faisant évacuer les locaux avant la fin.

Récemment nommé recteur de l’université de Glasgow, Abu Sitta est devenu un des professionnels de santé les plus médiatisés et les plus respectés travaillant à Gaza, parlant aux médias à propos des difficultés subies par le peuple palestinien dans l’enclave, notamment en racontant l’amputation des enfants, les opérations sans anesthésie et les brûlures au phosphore.

Il s’agit d’une tentative inacceptable de censure, qui s’ajoutent à tous les actes d’intimidation et de répression en cours. Ghassan Abu Sitta doit pouvoir témoigner des horreurs des crimes israéliens.

Le NPA demande que Ghassan soit admis sur le sol français et puisse venir témoigner partout où il le souhaite.

4 mai 2024

https://npa-lanticapitaliste.org/

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