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04 décembre 2020 ~ 0 Commentaire

brésil (à l’encontre)

boulos_psol

Guilhermo Boulos

Brésil. La crise du PT et la reconfiguration de la gauche

Le dimanche 29 novembre, s’est déroulé le deuxième tour des élections municipales au Brésil. Bien que les résultats locaux ne puissent pas nécessairement être extrapolés, il s’agissait d’une élection ayant une saveur nationale, qui dessine déjà certains contours de l’élection présiden-tielle de 2022. Bien qu’en termes globaux la gauche perde du terrain face au centre-droit traditionnel, il y a quelques développements intéressants au sein de l’éventail progressiste.

Numériquement, le Parti des travailleurs (PT) ne se remet pas des élections municipales de 2016, le grand moment d’antipétisme qui a signifié une forte défaite nationale pour le parti fondé en 1980, sous l’influence des luttes ouvrières de l’ABC de São Paulo [la région industrielle].

En 2016, le PT comptait 257 mairies, il n’en compte plus que 183. Ses maires gouverneront des municipalités ne totalisant plus que 2,6% des Brésiliens.

Pour la première fois depuis la période de 1985 [fin de la dictature], le PT ne gouverne aucune capitale.

En outre, le PT a été défié par une gauche nouvelle, plus juvénile et moins bureaucratisée qui a été capable d’établir une communication plus directe, naturelle et efficace avec la population.

Dans le même temps, de nouveaux leaders de gauche émergent sur la scène nationale qui ne sont pas des «pétistes». C’est le cas de Manuela D’Avila du Parti communiste du Brésil (PCdoB) qui a atteint le deuxième tour à Porto Alegre. Malgré sa défaite [face à Sebastião Melo du MDB], elle a obtenu 45,37% des voix, en ayant l’appui des diverses formations de la gauche.

Sans aucun doute, la principale star de ces élections est Guilherme Boulos du Parti du socialisme et de la liberté (PSOL), une formation fondée en 2004, suite à des ruptures avec le PT.

Ces dernières années, le PSOL a gagné en visibilité. [Guilherme Boulos s’est affirmé comme animateur du Mouvement des travailleurs sans toit – MTST– présent depuis la fin des années 1990].

Le candidat du PSOL a réalisé une performance emblématique lors de ce second tour à São Paulo, en affrontant la puissante machine traditionnelle de droite de São Paulo, le Parti brésilien de la social-démocratie (PSDB).

Bien qu’il ait perdu au deuxième tour, Boulos a obtenu 40,62% des voix [soit 2’168’109 suffrages]. Cela fait de lui un point de référence national pour la gauche.

Pour la première fois depuis des années, la principale figure du leadership progressiste n’appartient pas au camp du PT. Sa campagne a suscité des émotions et a mobilisé massivement.

Elle a provoqué un enthousiasme que l’on n’avait plus vu depuis longtemps dans la gauche brésilienne. Guilherme Boulos a reçu le soutien massif de jeunes qui ne se voient pas représentés par un «pétisme» dont la direction s’éloigne d’une base qui, elle, réclame à grands cris une refonte.

Comme illustration de ce manque de syntonie avec une base populaire, on peut citer le candidat du PT, Jilmar Tatto, à la mairie de São Paulo. Il représente cette bureaucratie du parti [il a cumu-lé depuis fort longtemps de nombreuses responsabilités dans l’exécutif de São Paulo, dans l’appareil du PT et comme élu fédéral] qui ne suscite aucun emballement parmi la base populai-re. Il n’a obtenu que 8,6% des voix, le pire résultat du PT dans la plus grande circonscription électorale du Brésil.

Toutefois, au sein du PT, certains changements semblent se dessiner. Il en va ainsi avec Marília Arraes, candidate à la mairie de Recife, dans le nord-est du Brésil, qui se distingue d’une direction du PT qui n’enchante plus.

Elle symbolise précisément le militantisme de renouveau du PT, qui communique avec les jeunes et s’intéresse à des orientations contemporaines (comme le féminisme, la lutte et la défense du camp LGBTQI et l’écologie).

Marília Arraes, 36 ans, a perdu contre son cousin João Campos du PSB (Parti socialiste brésilien) qui a obtenu 56,27% des voix. Les deux descendent du fondateur de la dynastie du Nord-Est, Miguel Arraes.

Marília Arraes a obtenu 43,73% des voix, un résultat fort remarquable. Marília Arraes n’a pas été le choix de la bureaucratie pétiste, mais de la base militante du parti. Jeune femme combative et forte, elle a réussi à s’imposer dans l’appareil du parti au Pernambuco. La candidate du Nord-Est a mené une campagne similaire à celle de Boulos, avec un langage plus naturel, plus jeune et une esthétique plus moderne.

Parallèlement au phénomène Arraes, il en existe un autre qui symbolise également cette volonté de renouveau du PT: celui des «candidatures collectives». Il y en a plus de 26 dans tout le pays, principalement composées de femmes noires et de jeunes de la périphérie, qui n’ont pas leur place dans les structures plus pyramidales du PT.

Outre cette nouvelle configuration électorale, il y a eu d’autres nouveautés comme le cas du mouvement «Representa», un courant de jeunes de l’intérieur de São Paulo qui a présenté et appuyé 138 jeunes candidats pétistes (sans l’appui de la bureaucratie du parti) dans tout le pays. Sur ces 138 candidats, 25 ont gagné. Le plus important a été donc le processus de remise en question de la direction du PT.

Il est possible d’affirmer que le pétisme a perdu sa position hégémonique dans le champ de la gauche et du progressisme. Ce champ est aujourd’hui plus hétérogène que par le passé. Le Parti socialiste brésilien (PSB) et le Parti travailliste démocratique (PDT) sont les meilleurs opposants.

Le PSB garde 252 villes [-151] et le PDT  314 [-17]. En termes de capitales, le PDT a remporté Aracajú [Sergipe] et Fortaleza [Ceará] et le PSB Maceió [Alagoas] et Recife [Pernambouc]. Dans le Nord-Est, la carte politique est donc reconfigurée et le «pétisme» perd de sa force face à ces deux forces.

Une figure se dégonfle, c’est le gouverneur du Maranhão, Flávio Dino du PCdoB. Il est également positionné comme une figure importante pour la constitution des alliances en vue des présidentielles de 2022. Le candidat soutenu par Flávio Dino a perdu la bataille électorale à São Luis (capitale du Maranhão). En outre, la base de Dino s’est divisée. Une bonne partie a soutenu le candidat de l’opposition qui a finalement gagné, Eduardo Braide de Podemos [jusqu’en 2016 il portait le nom de Partido Trabalhista Nacional-PTN].

La campagne de Guilherme Boulos à São Paulo a réussi à consolider un front de gauche assez large et symbolique en faveur de sa candidature, un front qui a réuni le PT, le PSOL, le PCdoB, le PSB, le PDT.

La candidature de Manuela D’Avila (PCB) à Porto Alegre a également reçu un soutien important de la gauche; au même titre que le vainqueur de la course à la mairie de Belém (Parà), Edmilson Rodrigues du PSOL.

À l’horizon 2022, il semble évident que chaque parti progressiste aura son propre candidat. Cependant, avec la montée de la droite traditionnelle, ils seront peut-être contraints d’engager le dialogue.

La droite classique connue sous le nom de centrão s’est développée et le Parti démocrate [le DEM dispose de 464 maires, une augmentation de 198] se profile comme l’un des grands facteurs d’alliance pour les prochaines élections présidentielles. (Résumé voir lien)

(Article publié sur le site de Nueva Sociedad; traduction rédaction A l’Encontre)

Esther Solano Gallego est professeure à l’Université fédérale de São Paulo.

3 décembre 2020 Alencontre
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Note:
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PDT et PSB sont des partis « socialistes » alliés de PT de Lula et de Dilma Youssef. Le PC do B est aussi un allié.
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01 décembre 2020 ~ 0 Commentaire

le pen 2 (socialist worker)

fachos milice

L’ère de Marine Le Pen

La France est entrée dans le 21è siècle comme la septième économie mondiale.

Toutefois, comme en Grande-Bretagne et dans d’autres grandes puissances européennes, certaines régions souffrent de désindustrialisation et de pauvreté extrême . Il s’agit, par exemple, de pans entiers du nord de la France et des banlieues entourant les grandes villes, où vivent les plus pauvres de la société française, dont beaucoup d’origine immigrée.

Ces communautés sont confrontées à l’isolement économique et à de mauvaises conditions de logement, ainsi qu’au racisme d’État et au harcèlement policier. L’absence de moyens contre ces inégalités a entraîné un déclin du vote des partis traditionnels, ce qui a permis au FN de devenir le troisième parti le plus important.

L’élection de Marine Le Pen à la tête du parti en 2011 a marqué à la fois une rupture avec l’héritage politique de son père mais aussi une continuité avec les idées de l’ancien FN. Elle a remporté un premier siège de conseillère régionale dans le Nord-Pas de Calais en 1988. En 2017, elle a été élue à l’Assemblée nationale dans la région du Pas de Calais, une ancienne zone minière qui a souffert de la désindustrialisation et du chômage, un bastion de gauche.

Son père a facilité son ascension grâce à la direction du parti, la nommant vice-présidente du FN en 2003, alors qu’elle avait été 34e aux élections du parti. Elle a remporté le poste de leader contre Bruno Gollnisch, représentant de longue date de la vieille garde du parti, en obtenant 67,65 % des voix.

Elle a fait l’éloge de son père dans son discours d’arrivée, citant sa « fermeté, son âme noble, sa persévérance, la vision et la bravoure ». Son père qui a financé sa campagne présidentielle de 2017 avec un prêt de 6 millions d’euros, même après qu’elle l’ait expulsé du parti.

Marine Le Pen a une grande visibilité médiatique et est souvent traitée comme une célébrité de la télévision.

Elle a intitulé son programme présidentiel 2012 : « Mon projet, pour la France et pour le peuple français ». Pour la campagne présidentielle de 2017, elle a simplement utilisé son prénom sur la publicité et a changé l’emblème du parti , une flamme tricolore (à l’origine inspirée du parti fasciste italien, Movimento Sociale Italiano MSI, pour une rose.

Après avoir atteint le second tour contre le candidat du centre de gravité Emmanuel Macron, elle a annoncé, deux semaines avant le vote final, qu’elle se retirait de la présidence du FN, en disant « Ce soir, je ne suis plus la présidente du Front national. Je suis la candidate à la présidence française ». L’élection de 2017 lui a permis de remporter plus de 10,6 millions de voix.

Marine Le Pen s’est engagée depuis longtemps dans la stratégie de dédiabolisation et son leadership représente une nouvelle phase, plus profonde, dans ce processus. Sa « Génération Le Pen » s’articule autour de ses jeunes membres qui souhaitent moderniser le parti.

Dans le cadre de cette stratégie, elle a tenté de prendre ses distances avec les membres du parti qui expriment des opinions plus extrêmes et qui participent à des actes de violence dans la rue. Comme le dit Wallerand de Saint-Just, le trésorier du parti : « Toute phrase maladroite ou malheureuse peut nous tuer. Et Marine Le Pen n’en est que trop consciente ».

Elle a également été l’instigatrice de changements dans les alliances internationales du parti, en retirant le parti d’un groupement européen avec d’autres partis fascistes. Elle n’appelle plus à une sortie de l’UE, s’engageant plutôt à la changer de l’intérieur. Elle considère la Russie comme un allié, affirmant qu’elle partage ses « valeurs sociales ». Elle a proposé « un axe nationaliste Washington-Paris-Moscou » avec Donald Trump et Vladimir Poutine.

Mais elle aussi a également dû maintenir un équilibre délicat. Elle veut conserver la base que le parti a construite au cours des décennies, tout en gagnant de nouveaux partisans. Lorsqu’elle s’exprime, elle continue à donner des signaux au hardcore du RN.

Racisme et Marine Le Pen

Les récents attentats terroristes ont permis une escalade toujours plus importante du racisme à l’encontre des musulmans. Marine Le Pen a cherché à en tirer parti, en présentant les musulmans de France comme des personnes qui alimentent le terrorisme et en affirmant que la France multiculturelle était devenue « une université pour les djihadistes ».

les auteurs des attentats terroristes : « Ces monstres sont aussi les enfants de la diversité ». L’islamophobie est si profondément ancrée au sein de la classe dirigeante française, et dans toute la société française, qu’elle fausse les politiques et les pratiques des partis et des mouvements de tout l’éventail politique.

La représentation de l’islam comme une religion arriérée, intrinsèquement oppressive pour les femmes et un défi à la laïcité, est devenue une vision de bon sens. En prétendant défendre les valeurs républicaines de laïcité lorsqu’elle attaque l’Islam, Marine Le Pen gagne à la fois la légitimité de son islamophobie et positionne le FN comme un défenseur de la République française, plutôt qu’un défi contre-révolutionnaire à celle-ci.

L’absence d’une opposition soutenue à l’islamophobie lui a permis de gagner en légitimité, même parmi certaines féministes et sections de la gauche. .

Marine Le Pen n’a pas inventé le récit raciste contre les musulmans, qui fait passer le sexisme de la société pour un produit de l’Islam, de l’immigration et du multiculturalisme. Cependant, en tant que femme dirigeante politique, elle a réussi à armer cette racialisation du sexisme, en affirmant que la société multiculturelle et l’immigration « font reculer les femmes de plusieurs siècles ».

Antisémitisme

L’antisémitisme fait toujours partie intégrante de la vision du monde de Marine Le Pen. Sa défense de la laïcité a pour effet de cibler implicitement les juifs pratiquants. Lorsqu’elle dénonce la fourniture de viande halal dans les écoles, elle inclut également la nourriture casher. Pourtant, elle déclare avoir rompu avec l’antisémitisme auquel le parti a adhéré dans le passé. Son ancien partenaire, Louis Aliot, élu maire de Perpignan (RN) en 2020, affirme :

C’est l’antisémitisme qui empêche les gens de voter pour nous. C’est la seule chose… Dès que vous brisez cet étau idéologique, vous libérez le reste. C’est tout ce qu’il y a. Marine Le Pen est d’accord avec cela. Elle n’a pas compris pourquoi et comment son père et les autres n’ont pas vu qu’il y avait une erreur sur le parti.

Elle a expulsé son père du FN en août 2015 pour ses commentaires répétés qui nient l’Holocauste, bien qu’elle lui ait trouvé des excuses jusqu’en 2014, en disant « Je suis convaincue que le sens attribué à ses paroles provient d’une interprétation malveillante ».

Elle refuse cependant de condamner le gouvernement de Vichy ou les collaborateurs nazis français. Elle a déclaré que la France n’était pas responsable de la déportation notoire, en 1942, de 13 000 hommes, femmes et enfants juifs du Vélodrome d’Hiver de Paris vers les camps de la mort nazis, malgré l’implication de la police française.

La prétendue défense du peuple juif est également utilisée pour légitimer les attaques contre les musulmans, qui sont supposés être antisémites. Elle a déclaré que la communauté juive « n’a rien à craindre du FN » et a affirmé qu’elle « devrait pouvoir se tourner vers nous pour obtenir un soutien » parce qu’elle a « été de plus en plus victime d’attaques de la part de radicaux islamiques ».

La théorie du « grand remplacement

Marine Le Pen a déclaré qu’elle ne souscrivait pas à la théorie du « grand remplacement », popularisée par Renaud Camus et privilégiée par l’extrême droite au niveau international. Cette théorie prétend que les populations occidentales blanches seront « remplacées » par les migrants entrants et leur progéniture.

Pourtant, les propos de Marine Le Pen sur l’immigration, par exemple lorsqu’elle parle de « submersion migratoire », découlent directement de ce point de vue. Cette position se reflète également dans son soutien à la « préférence nationale », selon laquelle les allocations familiales ne devraient être versées qu’aux familles « ayant au moins un parent français ».

Marine Le Pen utilise constamment le glissement vers la droite des politiques générales sur ces questions pour pousser l’idéologie et les politiques encore plus loin vers la droite. Lors de l’élection présidentielle de 2017, elle a fait naître des préjugés anti-immigrants en utilisant un langage similaire à celui de son père : « Il suffit de regarder les intrus du monde entier venir s’installer chez nous… Ils veulent transformer la France en un squat géant ».

Qui soutient Marine Le Pen ?

Le nombre de membres du FN a considérablement augmenté sous Marine Le Pen.

Le racisme a été la principale motivation des électeurs du FN et du RN. Les électeurs de Jean-Marie Le Pen étaient constamment plus « intolérants » que les autres électeurs sur des questions telles que l’immigration et la peine de mort. « Les recherches sur les candidats aux élections du FN révèlent que peu de choses ont changé aux niveaux local et régional, indépendamment de la volonté des dirigeants d’être respectables.

Une étude a révélé que « lors des élections départementales de 2015, 104 candidats du FN ont  été poursuivis pour des commentaires ouvertement racistes, homophobes et antisémites ». Dans un sondage auprès des partisans du FN, la moitié des personnes interrogées ont déclaré que l’expression « sale Arabe » n’était « pas condamnable ». L’expression « sale juif » ne l’était pas non plus pour 36 % d’entre eux.

Des études suggèrent que la base électorale du FN a été principalement constituée par les commerçants et les petits propriétaires agricoles ainsi que par des propriétaires de petites entreprises et des travailleurs indépendants. La base sociale de soutien du FN, ses racines historiques et sa vision idéologique du monde montrent que le FN de Jean-Marie Le Pen était au cœur un parti fasciste, mais qu’il a réussi à attirer le soutien de courants d’extrême droite plus larges.

Sous la direction de Marine Le Pen, le parti a maintenu et développé son soutien traditionnel. Par exemple, elle a obtenu le soutien de 51 % de la gendarmerie – la police militarisée de la France – lors de l’élection présidentielle de 2017.

Elle dirige un parti qui conserve son noyau de cadres fascistes, bien qu’affaibli, mais elle a également gagné des électeurs et des membres au RN sur la base qu’il n’est plus identifié avec le fascisme et la négation de l’Holocauste.

Cela a permis au parti de s’implanter dans des domaines qui n’étaient pas auparavant associés à l’extrême droite. Par exemple, des études montrent qu’il y a eu une augmentation du soutien au RN parmi les électeurs âgés de 18 à 24 ans.

Il est également prouvé que l’écart historique entre les sexes parmi les électeurs du parti a été presque entièrement comblé. Une étude a montré que l’écart entre les sexes est passé d’une différence de sept points entre les femmes et les hommes lors des élections présidentielles de 1988 et 1995 à un seul point en 2012.

Dans les années 1980, seulement 20 % des membres du parti étaient des femmes ; en 2012, les femmes représentaient 45 %. Marine Le Pen a été la première dirigeante d’un parti d’extrême droite à élargir son attrait auprès des femmes en mettant en avant le genre dans sa campagne.

Elle se présente comme une mère célibataire qui travaille, étrangère dans un monde dominé par les hommes. Cependant, les apparences peuvent être trompeuses : la direction du parti reste extrêmement dominée par les hommes. Après le congrès de 2018 du parti, elle était la seule femme au sein de l’exécutif du parti, et seuls 12 des 43 membres du bureau national étaient des femmes.

Un certain nombre de commentateurs en ont conclu que le FN a gagné des sièges dans les anciennes zones industrielles du nord, ce qui lui permet d’attirer le soutien de la classe ouvrière. Nous devons faire attention à ne pas exagérer cette évolution.

L’effondrement des industries lourdes et l’affaiblissement des syndicats et des organisations socialistes au cours des 40 dernières années ont entraîné la dislocation de nombreuses personnes de ces communautés et liens avec leurs origines de classe.

Des décennies de chômage élevé et de privations ont laissé beaucoup de personnes en marge de l’économie, et un nombre encore plus important d’entre elles sont devenues des travailleurs indépendants. Le FN peut gagner des voix parmi la petite bourgoisie et le lumpenprolétariat dans ces régions. Pourtant, malgré tous les discours sur la représentation des « Français oubliés », une étude de cas sur la base de vote du FN réalisée par l’universitaire française Christèle Marchand-Lagier montre qu’elle n’a pas changé de manière significative :

Les catégories les plus ouvertes au vote du FN restent les plus socialement stabilisées, pour la plupart des salariés, et pas nécessairement les plus précaires financièrement. Contrairement au discours diffusé par les dirigeants du FN, ce parti n’est pas le parti des marginaux, des classes populaires ou des groupes vivant dans la précarité. Ces groupes s’abstiennent dans une bien plus large mesure que de voter FN.

Le processus de modernisation des FN a également conduit à l’expulsion ou à la marginalisation des combattants de rue et des néonazis ouverts. Un processus similaire s’est déroulé au sein du Parti national britannique et des démocrates suédois mal nommés, et il se déroule actuellement au Jobbik en Hongrie.

Marine Le Pen a été heureuse d’utiliser les éléments violents du parti comme fantassins pour ses campagnes, mais elle s’en est consciemment distancée lorsqu’ils sont devenus un handicap électoral. Par exemple, au cours de sa première année à la tête du parti, elle a annoncé que les skinheads n’étaient pas les bienvenus lors de la marche du 1er mai.

Des groupes plus ouvertement fascistes sont toujours liés au FN. Par exemple, l’organisation skinhead Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires a assuré la sécurité des événements du FN.

Elle s’inscrit dans la stratégie électorale qui domine le parti depuis les années 1980. Elle a maintenant travaillé plus longtemps dans un milieu politique électoraliste qu’au sein d’une organisation qui se considérait comme contestant ouvertement le système.

La principale ligne de faille dans le RN se situe aujourd’hui entre ceux qui soutiennent la campagne électorale de Marine Le Pen et une partie du parti qui soutient toujours la stratégie adoptée par Jean-Marie Le Pen. Un exemple très visible est celui de Marion Maréchal, nièce de Marine Le Pen et rivale potentiel-le qui a évoqué un possible retour à l’activité politique.

Maréchal veut que le parti se batte sur un programme idéologique plus dur et est mécontente de toute concession sur le rôle traditionnel des femmes dans la famille, l’avortement et les droits des LGBT+, par exemple.

Il existe des divisions et des tensions autour de nombreuses questions dans un parti de masse de longue date comme le RN. Ses dizaines de milliers de membres ont des priorités politiques et une histoire différentes au sein de l’extrême droite. Il peut s’agir de questions moins centrales mais néanmoins controversées, comme le changement de position du parti sur l’UE et sa position sur l’intervention de l’État pour sauver des emplois.

Marine Le Pen espère contenir ces tensions à l’approche du grand test de la prochaine élection présidentielle. Il lui sera plus facile de maintenir sa domination si elle remporte des succès électoraux. C’est sous-estime à la fois l’héritage du passé du parti. En outre, d’autres forces politiques pourraient se faire remarquer au sein du parti en cas de graves défaites électorales. Il serait insensé de supposer que, dans une crise politique ou économique profonde, il est hors de question de se tourner vers la construction d’un mouvement de rue.

Conclusion

Marine Le Pen vise résolument l’élection présidentielle de 2022. La popularité du président Macron a fortement chuté depuis le début de sa présidence ; les taux d’approbation sont passés de 60 % à 38 % à la fin du mois de juillet 2020.

Le projet néolibéral de Macron visant à résoudre les problèmes du capitalisme français a fait face à des vagues successives de résistance. Le mouvement des Gilets Jaunes (Gilets jaunes) s’est d’abord développé en opposition aux taxes sur les carburants, mais il s’est ensuite attaqué à des questions plus larges concernant les politiques de Macron et les inégalités dans la société française (Le RN a tenté d’influencer les groupes locaux des Gilets Jaunes avec un succès limité).

Le projet de Macron d’attaquer les droits à pension de millions de travailleurs a provoqué des actions de masse des travailleurs à partir de décembre 2019 à un niveau jamais vu depuis des décennies. Le blocage de Covid-19 a bloqué les luttes mais la gestion de la pandémie par Macron ne fait qu’ajouter à ses problèmes, et maintenant une nouvelle crise économique se profile à l’horizon.

Marine Le Pen espère que les difficultés de Macron et l’échec de son projet politique donneront une ouverture au RN, mais elle se heurte à une contradiction en essayant d’exploiter l’opposition à Marcon. Les luttes ouvrières, les Gilets Jaunes et, plus récemment, le mouvement Black Lives Matter, qui a amené de nouvelles forces dans les rues pour contester le racisme dans la société française, la menacent également. Ces mouvements ouvrent de nouvelles possibilités pour construire une organisation de front unique à large assise* qui pourrait la  défier.

Le Covid-19 pose également des problèmes à Marine Le Pen. Sa première réaction a été de soutenir les actions de Macron, ce qui a entraîné une chute des sondages, elle s’est donc tournée vers la critique.

Elle a racialisé la crise sanitaire, blâmant l’immigration pour la propagation du virus et plaidant pour la fermeture des frontières, tout en montrant son soutien aux théories de conspiration populaires au sein de sa base. Un sondage a montré que 40 % des membres de RN pensaient que le Covid-19 était « conçu intentionnellement dans un laboratoire ». Elle a publié un livre au cours de l’été 2020 condamnant la gestion de la crise par le gouvernement, intitulé « Le livre noir du coronavirus » : Du Fiasco à l’abîme.

Les dernières élections locales et régionales ne se sont pas bien déroulées pour le RN. Bien que la victoire de l’ancien allié de Le Pen, Louis Aliot, au siège de maire de la ville de Perpignan, ait fait la une des journaux, sa campagne a pris ses distances avec le parti et son chef.

Ailleurs, le vote pour le RN a été en baisse. Les problèmes du parti sont aggravés par ses énormes dettes, qui ont conduit à un prêt controversé d’une banque russe, et par des enquêtes de longue date sur des allégations de fraude et de mauvaise utilisation des fonds européens, qui ont conduit le parti à perdre des subventions publiques.

Ces revers ont conduit certains à conclure que le RN a atteint la limite de son succès. De telles déclarations ont été faites chaque fois que la chance du parti a fondu. Néanmoins, les sondages placent toujours Marine Le Pen en deuxième position lors de l’élection présidentielle, et affirmer que le RN est fini est à la fois prématuré et dangereux.

L’histoire a montré que les crises peuvent propulser les organisations fascistes en avant lorsque les gens sont désillusionnés par les options politiques dominantes et cherchent des alternatives.

Tous les ingrédients des multiples crises politiques et économiques existent en France. Le RN a le potentiel pour tirer profit de cette situation. Une victoire de Marine Le Pen renforcerait la confiance de l’extrême droite et des fascistes dans le monde entier, tout comme une défaite constituerait un revers important. L’enjeu est de taille.

6 octobre 2020 Judith Orr

http://isj.org.uk

Note:

Une organisation de front unique à large assise* fait réference aux campagnes « monstrueuses »  que savent construire les camarades anglais: telle la « Poll Tax » et celles contre les guerres impérialistes. 

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29 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

violences (swp)

police

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Des centaines de milliers de personnes descendent dans la rue contre la loi sur la sécurité en France

Samedi, plus de 300 000 personnes ont manifesté à travers la France contre la loi sur la sécurité proposée par le gouvernement.  Selon certaines estimations, il s’agirait d’un demi-million de personnes.

Cette participation massive a eu lieu malgré les restrictions du coronavirus. Les manifestants ont défilé dans les rues de Paris, Marseille, Pau, Rennes, Bordeaux, Lyon, Lille, Nantes, Strasbourg et des dizaines d’autres villes.

Le parti socialiste révolutionnaire NPA a déclaré qu’il s’agissait d’un « réveil massif après des mois d’enfermement politique ». « Il y avait beaucoup de jeunes dans les manifestations – des lycéen-n-es, des étudiants universitaires, des jeunes des quartiers populaires ».

« Ils sont en révolte contre les violences policières, le racisme et plus généralement contre la situation que nous vivons actuellement ».

La police a attaqué la marche de Paris avec des gaz lacrymogènes et des matraques. En réponse, les manifestants se sont défendus contre les flics et ont mis le feu à un bureau de la Banque de France et à un showroom de voitures de luxe BMW.

La loi de sécurité globale du gouvernement veut créer une nouvelle infraction pénale pour la publication d’images de policiers « dans le but de porter atteinte à leur intégrité physique ou psychologique », y compris des images de policiers agissant violemment contre des manifestants tels que les Gilets Jaunes et les manifestants antiracistes.

Les contrevenants seraient passibles d’une peine maximale d’un an de prison et d’une amende de 40 000 livres sterling.

Les policiers seraient également libres d’utiliser des drones équipés d’une technologie de reconnaissance faciale pour surveiller les marches de protestation.

Et les journalistes sont soumis à de sévères restrictions.

En même temps, dans un projet de loi distinct sur l’éducation, le gouvernement veut criminaliser les manifestations universitaires, en particulier les blocages et les occupations. Les contrevenants risquent trois ans de prison.

Des manifestations contre les nouvelles lois ont eu lieu samedi dernier. Mais elles étaient beaucoup plus importantes cette semaine en raison de deux exemples horribles de la violence policière que l’État veut précisément dissimuler.

Une vidéo, maintenant visionnée plus de 20 millions de fois sur le web, montre la police agressant violemment un producteur de musique noire.

Michel Zecler s’est rendu à son studio d’enregistrement à Paris samedi soir dernier. Il ne porterait pas de masque, comme l’exigent les lois sur la pandémie.

Sous ce prétexte, la police est entrée dans le bâtiment sans prévenir et l’a attaqué pendant 20 minutes. « La violence continue, c’est insupportable, c’est scandaleux », a déclaré Edouard, militant antiraciste, à Socialist Worker.

La police a donné des coups de pied à Michel à plusieurs reprises, l’a frappé à coups de poing une vingtaine de fois et à coups de matraque une quinzaine de fois, principalement au visage et au crâne.

« Je me suis dit, si je tombe par terre, je ne vais pas me relever », a déclaré Michel sur le site médiatique Loopsider.

Insultes

Michel a dit que les flics ont utilisé des insultes brutalement racistes contre lui.

Les coups n’ont cessé que lorsque d’autres personnes sont intervenues. La police est partie, a brisé une fenêtre et a jeté une bombe lacrymogène dans la pièce.

Cette violence ignoble est survenue quelques jours après l’attaque policière contre un camp de réfugiés sur la place de la République à Paris. La police anti-émeute a battu les réfugiés qui s’étaient réfugiés dans des tentes de fortune et les a poursuivis dans les rues en lançant des gaz lacrymogènes.

Les manifestations mettent maintenant en évidence de nombreux autres exemples de racisme policier.

Il y a six semaines, Olivio Gomes, un homme noir, a été tué par la police dans la banlieue de Paris. Edilson, de la campagne pour la justice d’Olivio, a déclaré lors de la manifestation parisienne : « Le cas de Michel Zecler n’est pas un cas isolé.

« Nous venons de la banlieue, et c’est ce que nous avons vécu depuis que nous sommes petits. Ce qui m’a le plus choqué dans la vidéo de Michel, c’est qu’il y avait des dizaines de policiers qui le regardaient se faire battre sans rien dire. Cela signifie qu’ils sont tous les mêmes ».

Le gouvernement du président Emmanuel Macron a été obligé de dénoncer la violence vue dans les vidéos. Mais tout le monde sait que les ministres vont soutenir la police.

Ces deux dernières années, le gouvernement a utilisé les flics pour réprimer les manifestations antiracistes et ouvrières des Gilets jaunes.

Mais maintenant, Macron fait face à un grand mouvement qui demande: « Qui les flics protègent ils? ».

Charlie Kimber dimanche 29 novembre

https://socialistworker.co.uk/

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29 novembre 2020 ~ 1 Commentaire

violences (courrier inter)

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Violences policières en France : la presse étrangère sous le choc

La diffusion de l’agression de Michel Zecler par quatre policiers français par le média français Loopsider, le 26 novembre, pourrait-elle conduire à une profonde crise politique en France ? C’est ce que pensent plusieurs médias étrangers. À Bruxelles, Le Soir évoque même “une affaire George Floyd à la française”. Le quotidien belge explique qu’il ne s’agit pas d’un incident isolé :

En maintenant à son poste le très controversé préfet de police de Paris, Didier Lallement, Gérald Darmanin laisse entendre que les faits n’ont été commis à ses yeux que par des brebis galeuses qui ne mettent pas à mal l’institution policière […] Ce sont pourtant des dysfonctionnements structurels qui sont en cause. Déjà lors de la crise des gilets jaunes, à l’hiver 2018-2019, la police avait été critiquée pour sa doctrine du maintien de l’ordre et pour de violents dérapages dans les manifestations.”

À Barcelone, la Vanguardia rappelle que “le passage à tabac d’un homme noir met le gouverne-ment français dans une position difficile”.

Le Premier ministre Jean Castex a d’abord voulu nommer une commission chapeautée par le président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) pour réécrire l’article 24 du projet de loi “sécurité globale” (adopté le 20 novembre par l’Assemblée nationale), qui interdit de filmer la police.

Face à la colère des parlementaires de son propre camp, Jean Castex a dû abandonner cette idée. De nouvelles manifestations sont prévues en France ce samedi 28 novembre contre la loi “sécurité globale” et surtout contre l’article 24.

Pour la Vanguardia, cette crise pourrait coûter cher au président français :

Les tensions internes au sein de La république en marche (LREM) ne sont pas un problème mineur. La majorité présidentielle a subi des dizaines de défections ces dernières années de la part de députés déçus de la politique menée.

 

C’est une hypothèque avant la réélection de Macron au printemps 2022. Le président peut obtenir un second mandat, mais peut-être de manière beaucoup plus serrée qu’en 2017, ce qui réduirait son autorité politique.”

À Lausanne, Le Temps ne dit pas autre chose. Pour le quotidien suisse “le chef de l’État pourrait perdre son électorat le plus modéré, inquiet d’une dérive autoritaire”. À Francfort, c’est aussi l’échéance de la présidentielle de 2022 qui inquiète. Le FrankfurterRundschau estime d’ailleurs que les violences policières et les réactions des autorités entraînent “un débat houleux sur l’état de la démocratie” et qu’“Emmanuel Macron gouverne la France de façon plus autoritaire que Donald Trump les Etats-Unis”.

Quelles que soient les conséquences électorales de cette crise, l’émotion est vive partout dans le monde, où les images du passage à tabac de Michel Zecler sont devenues virales. À Londres, le Guardian souligne que “les personnalités françaises, les stars du sport et les politiques se sont tous exprimés pour condamner cette agression” et cite les tweets des footballeurs Antoine Griezmann et Kylian Mbappé.

28/11/2020

https://www.courrierinternational.com/

Commentaire:

A part un ou 2 députés, la REM veut surtout conserver le texte!  C’est une crise de droite!

 

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27 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

violences policières (grs)

grs

grs2

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27 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

irlande (socialist democracy)

tricolore

L’Irlande Unie du Sinn Fein un « gadget »

Fin novembre 2020, Pearse O’Doherty de Sinn Fein a lancé un nouveau document : « Les avantages économiques d’une Irlande unie ».

Ce document est une reprise ennuyeuse et banale de vieux arguments académiques.  Une Irlande Unie serait économiquement plus efficace et résoudrait la question de Brexit.  L’importance de la subvention britannique est surévaluée et, de toute façon, elle paierait les retraites etc.

Mais ce n’est qu’une apparence. En réalité, l’initiative menée parallèlement aux campagnes pour un référendum sur la frontière, ne vise que la base du parti, en le rassurant sur le fait que Sinn Fein est en route pour une Irlande Unie.

De plus en plus de ses partisans doivent fermer les yeux et se mettre le doigt dans l’oreille pour acheter ce genre de propos. L’accord du Vendredi Saint de 1998 ne prévoit pas de référendum sur le tracé de la frontière.

Les Britanniques refusent catégoriquement d’en envisager un. Ils parlent maintenant de « quatre nations » en parlant de la zone des six comtés et la réponse est le silence. De nombreux membres de la classe moyenne catholique sont satisfaits du statu quo et le gouvernement irlandais cherche désespérément à enterrer le républicanisme.

Ce qui a changé, c’est le niveau de contradiction entre le discours optimiste de Sinn Fein et le monde réel.

Tout au long de la progression de la transmission du Covid-19 en Irlande, une simple contre-mesure a été préconisée par les principaux épidémiologistes.  Il s’agit de la synchronisation des politiques Nord et Sud et d’une politique commune dans les ports et les aéroports.

Cela permettrait de sauver des vies, à mille lieues de l’Irlande Unie. Ce n’est pas sur la table.

Le Sinn Fein est incapable d’affronter le Parti Démocrate Unioniste (DUP extrême droite) sur cette question.  En fait, le DUP se révolte contre toute mesure globale et a utilisé à deux reprises leur droit de veto sectaire pour bloquer les progrès et ont été acceptés par Sinn Fein.

Sinn Fein n’est pas sur la voie d’une Irlande unie. Il n’est même pas en voie d’avoir un contrôle égalitaire de l’administration locale. La volonté du DUP est de démanteler l’Accord l’emporte sur son désir ardent de garder ses fesses au Parlement.

Cette politique de la poudre aux yeux n’est pas nouvelle. En 1948, De Valera, le leader du Fianna Fail, a lancé une campagne internationale contre la partition. Le Fianna Fail était élu pour installer un État de 26 comtés (contre 32 pour Irlande unifiée) et réprimait sauvagement le républicanisme. Ils avaient besoin d’un « gadget » pour distraire leurs partisans et c’est ce que la campagne a permis de faire.

Le Sinn Fein ne construit pas un véritable mouvement. Ils sont sur la même route que Fianna Fail.  Aujourd’hui, ils agitent des gadgets. En réalité, ils s’approchent de la situation actuelle de Micheál Martin ( Taoiseach premier ministre) qui rejette une démocratie irlandaise complète au profit d’une « île partagée ».

24 novembre 2020

http://www.socialistdemocracy.org/

 

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27 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

vu de l’étranger (courrier inter)

vaches
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La France “a un problème avec la violence policière”

“Brutales et racistes”, titre Die Tageszeitung ce vendredi 27 novembre, au sujet des images du passage à tabac de Michel Zecler, producteur de musique parisien, par trois policiers. “À Paris, des policiers insultent et tabassent un homme noir sans raison, poursuit la TAZ, quotidien allemand orienté à gauche. Les cas de violences policières se multiplient, la plupart en toute impunité.

À l’origine de ce nouveau débat sur la brutalité des forces de l’ordre dans l’Hexagone, une enquête diffusée par le média français Loopsider, qui relaie les images de caméras de surveillance montrant trois policiers “frapper un homme noir [Michel Zecler] pendant plusieurs minutes et lui envoyer des grenades lacrymogènes sur son lieu de travail à Paris”, détaille le site d’information européen Politico, basé à Bruxelles.

Michel Zeclerc ne portait pas de masque lorsqu’il a rencontré les policiers dans la rue, et explique être entré dans son studio de musique en espérant éviter une amende. Pour justifier les coups portés au jeune homme, les policiers “ont initialement affirmé que Michel les avait provoqués et avait essayé de leur voler leurs armes”, rapporte Politico, une version contredite par les images de vidéosurveillance, qui les montrent “entrer dans le studio sans mandat”.

Crâne ouvert, hématomes, plaies, déchirure du tendon : après son passage à tabac samedi 21 novembre, Michel Zeclerc a reçu six jours d’interruption de travail (ITT). “J’ai de la chance, contrairement à beaucoup d’autres ».

Mélanie Chenouard  27/11/2020

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27 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

trump (courrier inter)

bourreau mort

Peine de mort. Avant de partir, Trump multiplie les exécutions fédérales

De nouvelles règles édictées par le ministère de la Justice américain visent à hâter l’exécution de cinq condamnés à mort supplémentaires avant la fin du mandat de Trump et à élargir les modalités de la peine capitale au niveau fédéral.

Traditionnellement, aux États-Unis, les présidents sortants non réélus sursoient aux exécutions ou convertissent les peines des condamnés à mort, mais Donald Trump a manifestement décidé de faire le contraire, rapporte le New York Times, qui souligne que le ministère de la Justice américain “hâte le calendrier fédéral des exécutions des détenus du couloir de la mort” avant la fin du mandat de l’actuel locataire de la Maison-Blanche.

La dernière exécution en date, celle du détenu africain-américain Orlando Cordia Hall, condam-né à mort pour l’enlèvement, le viol et le meurtre d’une adolescente de 16 ans, a eu lieu le 20  novembre par injection létale dans une prison de l’Indiana. Et, le 14 juillet 2020, le condamné à mort Daniel Lewis Lee a été le premier prisonnier fédéral à être exécuté depuis dix-sept ans.

Un nombre record d’exécutions

L’administration Trump ne compte pas s’arrêter là, souligne le journal : La semaine dernière, le ministère de la Justice a en effet annoncé qu’il comptait exécuter trois détenus supplémentaires en plus des deux exécutions déjà programmées, ce qui porterait à treize le nombre de condamnés à mort exécutés depuis le mois de juillet. Soit le nombre le plus important d’exécutions fédérales depuis au moins 1927.”

Le ministre de la Justice américain a également édicté de nouvelles règles afin d’“élargir les modalités d’administration de la peine capitale au niveau fédéral en incluant le recours aux pelotons d’exécution et à la chaise électrique”. Depuis des décennies, les exécutions fédérales se faisaient “uniquement par injection létale”, rappelle le New York Times.

Ruth Friedman, la directrice du Federal Capital Habeas Project, qui a défendu le premier condamné à mort exécuté pendant le mandat de Donald Trump, condamne ces nouvelles règles, qui constituent selon elle un “abus de pouvoir”, et s’étonne de l’acharnement du gouvernement Trump à vouloir exécuter à la hâte des condamnés à mort avant l’entrée en fonctions du nouveau gouvernement de Joe Biden, qui a déclaré vouloir abolir la peine de mort au niveau fédéral.

“La dernière cruauté de Trump”

Pour l’hebdomadaire The New Yorker, qui rappelle que “pendant dix-sept ans aucune exécution n’a eu lieu au niveau fédéral”, soit un moratoire de fait sur la peine de mort, ces exécutions à la chaîne constituent “la dernière cruauté de Donald Trump”.

Et l’hebdomadaire new-yorkais de détailler la prochaine exécution programmée, qui aura lieu à Terre Haute, dans l’Indiana, dans deux semaines. Il s’agira de celle de Brandon Bernard, un Africain-Américain âgé de quarante ans, qui “a passé plus de la moitié de sa vie dans le couloir de la mort”, après avoir été condamné à la peine capitale pour complicité de meurtre [notam-ment pour avoir fourni l’arme du crime], alors qu’il n’était âgé que de 18 ans. Et l’hebdomadaire de conclure :

Un gouvernement rejeté par une majorité d’électeurs ne devrait pas avoir le droit d’envoyer Brandon Bernard, ou tout autre individu, à la mort.”

Bérangère Cagnat  27/11/2020

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25 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

brésil (npa)

mariellefranco

Notre camarade Marielle du PSOL

Élections municipales : défaite du Bolsonarisme et affirmation du PSOL comme force émergente

Après le premier tour des élections municipales, le PSOL apparaît comme le principal renouveau à gauche et acteur central de l’opposition à Bolsonaro.

Les élections municipales du 15 novembre se sont déroulées dans des conditions sans précé-dent. Dans le contexte de la pandémie de Covid-19, qui a complètement changé la vie politique et sociale en 2020, la participation aux scrutins pour décider du vote des maires et des conseil-lers municipaux a pris une forme particulière. Le contexte général est celui d’une aggravation de la crise économique et sociale, et d’une apathie qui s’est traduite par une abstention accrue et le début de la reconfiguration de la carte politique nationale, avec un grand perdant : Jair Bolsonaro.

Bien que « l’agenda national » n’ait pas été le centre des débats, les poulains de Bolsonaro, qui a été populaire dans le passé, ont été largement battus. Nous avons eu une élection nationale, certes déguisée, et c’est bien ainsi que nous la définissons. Les élections municipales ont eu lieu alors la population commençait à ressentir les effets de la réduction de l’aide d’urgence, qui sera bientôt supprimée, de la cherté des aliments et des records historiques de chômage et de récession dans les grands centres urbains. La situation de crise sociale a même conduit au report des élections dans l’état de Macapá, qui subit depuis des jours un black-out total.

Au sein de cette mosaïque complexe, nous célébrons une grande victoire du PSOL. Notre parti, qui s’est battu dans tout le pays, s’est imposé comme la principale nouveauté á gauche, donnant force au projet d’oser résister aux marées et aux vagues politiques, la raison de sa fondation en 2004. Nous avons fait un saut de qualité et le PSOL se présente comme un acteur central de l’opposition de gauche à Bolsonaro, avec une forte présence de militants noir(e)s dans nos rangs, souvent les plus votés (1) dans les capitales et les grandes villes.

La bataille politique se poursuit au second tour, et le PSOL sera directement présent dans deux capitales :  dans la principale ville du pays, avec Guilherme Boulos qui s’affirme comme référence de masse à São Paulo, et avec Edmilson Rodrigues qui polarise à Belém contre le Bolsonarisme. Dans les prochains jours, nous publierons un bilan plus profond et plus collectif du résultat électoral. Pour l’instant, nous voulons juste souligner les principales caractéristiques des résultats du scrutin de dimanche dernier et mettre en place la bataille pour le deuxième tour et pour la construction organique d’un pôle gauche alternatif à partir de la nouvelle dimension atteinte par le PSOL.

Abstention et victoire de la droite « pro-1988″

Dans une campagne électorale marquée par la pandémie, l’expression populaire dans les rassemblements et les mobilisations a été rendue plus difficile, outre l’interdiction de la plupart des débats télévisés au premier tour. La majorité de la presse a montré un manque d’intérêt conscient pour l’élection, laissant l’électeur moyen avec moins critères de choix et encore moins de motivation pour voter dans un débat politique vide.

En conséquence de la pandémie et du manque d’intérêt, bien sûr, l’abstention a augmenté ainsi que, dans de nombreuses villes, une certaine tendance à « voter pour les mêmes », sauf dans les villes où l’agenda politique local a démoralisé les maires comme Crivella à Rio et Marchezan à Porto Alegre – ce dernier n’est même pas qualifié pour le second tour. En 2020, il y a eu 23,15 % d’abstentions, contre 17,5 % en 2016.

Le camp politique qui est sorti renforcé du premier tour est ce que l’on peut appeler « l’aile droite pro-1988″, dans laquelle coexistent les vieux partis, soutien traditionnel du régime, ceux qui ont gouverné avec le FHC, Lula, Dilma, Temer et Bolsonaro, mais qui se sont différencient occasionnellement de ce dernier en défendant les libertés démocratiques face aux manifestations putschistes du Bolsonarisme.

Au plan social et économique, ils adhérent á la ligne politique unitaire de la bourgeoise de défense de l’austérité. Nationalement, le principal représentant de ce groupe hétérogène est le président de l’assemblée législative, Rodrigo Maia. Les victoires de Rafael Greca (DEM) à Curitiba, Gean Loureiro (DEM) à Florianopolis, Bruno Reis (DEM) à Salvador et Kalil (PSD) à Belo Horizonte sont des résultats importants de ce camp de droite.

L’échec du Bolsonarisme

Après des mois de manifestations hésitantes quant à sa participation à la campagne municipale, Bolsonaro a décidé soutenir certaines candidatures de maire ou de conseillers municipaux, juste pour voir la plupart de ses poulains échouer. Bolsonaro a atteint des sommets de ridicule pour avoir publié, puis effacé, sur les réseaux sociaux une liste de 55 candidats qui bénéficiaient de son soutien, pour finalement se contenter de voir élu le maire de Ipatinga entre les villes grandes et moyennes.

Comme un « Midas à l’envers », ceux qu’il avait adoubés ont subi une défaite amère et démoralisante. C’est le cas pour Celso Russomanno à São Paulo ou encore « Wal do Açaí » à Angra dos Reis. La mauvaise performance de Marcelo Crivella à Rio, la défaite de la candidate Colonelle Fernanda aux élections sénatoriales (supplémentaires) du Mato Grosso et le fait que Carlos Bolsonaro2 n’ait pas été le candidat au conseil municipal mieux voté à Rio de Janeiro, dépassé par les votes reçus par Tarcisio Motta (PSOL) sont autant de manifestations de la faiblesse des paris de Bolsonaro.

Il est utile de rappeler la définition classique du marxisme selon laquelle les élections bourgeoises sont un miroir déformé de la lutte des classes, tant du point de vue du rapport de forces que de la représentation des classes sociales, en gardant à l’esprit que les régimes politiques et la classe dominante agissent pour réduire la force populaire aux urnes. L’échec électoral du bolsonarisme amplifie donc la perception que le gouvernement se dirige vers une plus grande perte de prestige, en raison de la situation mondiale et du déroulement de la crise brésilienne.

Ces derniers mois, un nouveau scénario mondial – marqué par des manifestations antiracistes aux États-Unis et dans le monde entier, la victoire du MAS en Bolivie, le « oui » au plébiscite pour la nouvelle constitution au Chili et de « Biden contre Trump » à l’élection présidentielle américaine – et la mobilisation antifasciste dans les grandes villes brésiliennes ont affaibli Bolsonaro et l’ont forcé à mettre un frein à ses tentatives putschistes.

Depuis lors, le gouvernement a rencontré des difficultés constantes pour maneuvrer, entre crises de palais, impréparation et improvisation, bien qu’un bref regain de popularité motivé par l’octroi d’une aide d’urgence ait contribué à écarter la possibilité que le « dehors, Bolsonaro » devienne réalité. Dans les mois à venir, l’isolement de Bolsonaro et la crise gouvernementale devraient donc s’accentuer.

Le PSOL se renforce comme un pôle de gauche et une expression de la révolte antiraciste

Le fait nouveau à gauche est la performance du PSOL, en particulier dans les capitales. Non seulement Guilherme Boulos à São Paulo, avec plus d’un million de voix (20,24 %), et Edmilson Rodrigues à Belém, avec près de 250 000 voix (34,22 %) sont qualifiés pour le deuxième tour, mais le PSOL a été le parti qui a reçu le plus de voix pour l’élection du conseil municipal à Porto Alegre, a élu le plus de conseillers á Rio de Janeiro et formera le troisième groupe á São Paulo. Au niveau national, il y a eu une croissance significative par rapport à 2016 : 89 conseillers municipaux et quatre maires ont été élus au premier tour.

Le passage de Guilherme Boulos pour le second tour à São Paulo a permis de développer un pôle d’énergie sociale, dépassant le PT électoralement sur sa gauche dans la principale ville du pays. Le fait que Boulos soit maintenant plus identifié au PSOL l’a aidé à trouver cette voie. Dans les capitales et les grandes villes, le PSOL a également réalisé des performances significatives, en élisant ses premiers conseillers, soit en augmentant le nombre.

Cela ne signifie pas que le PSOL soit devenu un pôle de pouvoir, nous en sommes encore loin en raison de l’inégalité des résultats. De plus, le PSOL rencontre encore des difficultés pour avancer un programme plus général pour la crise du pays.

Les résultats du PSOL sont également l’expression des luttes des mouvements antiracistes, des femmes et de la diversité qui ont trouvé dans le parti un espace pour exercer et rendre visibles leurs luttes. Ils sont également l’expression d’une nouvelle situation, dans laquelle de nouveaux cadres et de nouvelles personnalités font un pas en avant et assument de nouvelles responsabilités.

Enfin, il faut tenir compte d’un retard dans la prise de conscience des masses dans le pays : la classe ouvrière reste sur la défensive, et cela freine le développement d’une conscience socialiste, capable, à partir de la montée des luttes démocratiques en cours d’aboutir à une compréhension globale de la nécessité de lutter contre la domination bourgeoise.

Notre courant, le MES, a obtenu de bons résultats dans tout le pays. Nous félicitons les efforts de nos camarades qui ont mis en avant le drapeau de notre parti lors des élections et à s’affirment comme de nouveaux tribuns populaires.

Nous célébrons l’élection de Vivi Reis (Belém), Fernanda Miranda et Jurandir Silva (Pelotas-RS), Pedro Ruas et Roberto Robaina (Porto Alegre), Bruna Biondi- Plus de droits pour les femmes (São Caetano do Sul-SP), Josemar Carvalho (São Gonçalo-RJ), Luana Alves et Erika Hilton (São Paulo). Nous avons également milité et appuyé les campagnes du mandat collectif Ativoz (Osasco-SP), de dizaines de conseillers municipaux dans les villes du Rio Grande do Norte, de camarades du FNL (3) qui ont élu le maire de Marabá Paulista (SP) et trois conseillers municipaux, en plus des suppléants et de l’élection de dizaines d’alliés politiques au sein du PSOL.

Nos parlementaires sont engagés dans la lutte socialiste, feront de leurs mandats un levier des mobilisations populaires et mettront leurs structures au service de la construction d’une alternative révolutionnaire stratégique pour le pays.

Lutter et gagner : mobilisation pour battre la droite au second tour !

Le poids militant du PSOL dans 600 villes brésiliennes, indépendamment des résultats toujours inégaux des élections, est renforcé. C’est le moment de profiter de ces conquêtes pour aller plus loin. Nous avons une bataille importante au deuxième tour : nous allons nous mobiliser avec force pour gagner à São Paulo et à Belém, pour transformer ces villes en avant-postes dans la lutte contre le bolsonarisme et pour la défense des droits de notre peuple. Dans le cas de Belém, ce sera aussi un affrontement entre un bolsonariste en pleine ascension et le PSOL, et la victoire est possible.

Dans les villes où il y a une lutte acharnée contre les bolsonaristes ou entre des projets antagonistes, comme à Porto Alegre, nous soutiendrons, de manière indépendante et critique, un pôle anti-droite et anti-austérité.Ainsi, nous nous mobiliserons avec énergie au cours des deux prochaines semaines pour que notre parti sorte victorieux des luttes en cours. Notre plus grand défi, à son tour, est de convertir cette force électorale croissante en influence sociale, en organisation et en activité.

Thiago Aguiar Mardi 24 novembre

https://lanticapitaliste.org/

  • 1. Au Brésil, en fait, il y a deux élections municipales parallèles. L’élection du maire (prefeito) est une majoritaire classique. Les conseillers municipaux (vereadores) sont eux élus à la proportionnelle sur la base d’une liste pour chaque parti. Les électeurs peuvent voter soit pour la liste dans son ensemble, soit comme c’est souvent le cas pour un candidat particulier. Les élus sont choisis dans l’ordre des votes nominaux. Dans ce contexte le succès des candidats noirs (comme d’ailleurs des femmes et des candidats LGBTIQ+) est significatif : ils ont été plébiscités par les électeurs (NdT)
  • 2. Um des trois fils politiquement actifs de Bolsonaro. Il avait été en 2016 le conseillé municipal de Rio le mieux voté (NdT)
  • 3. FNL, Front National de Lutte, organisation de masse qui lute pour une reforme agraire (et urbaine) radicale (NdT)
  • Lire aussi:

Bolsonaro vaincu, la gauche reste en vie

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19 novembre 2020 ~ 0 Commentaire

brigades (el diario)

espagne

Les brigades internationales

L’histoire commence par les Jeux Olympiques Populaires de Barcelone, convoqués en juillet 1936 comme contre-programme aux Jeux Olympiques allemands organisés par Hitler.

L’événement a été annulé en raison du déclenchement de la guerre civile, mais de nombreux sportifs étrangers, au lieu de rentrer dans leur pays, ont rejoint les milices républicaines et ont participé aux premiers affrontements.

Ces sportifs, ainsi qu’un certain nombre d’Européens de gauche déjà exilés en Espagne – principalement en Catalogne -, forment une sorte de prélude à ce qui deviendront les Brigades Internationales, la plus grande mobilisation internationale de combattants que le monde ait jamais connue.

Environ 35 000 volontaires de plus de 60 pays se sont battus du côté républicain, dans un exploit qui, comme toutes les grandes épopées, a eu ses hauts et ses bas, ses joies et ses déceptions, ses scènes d’amour et de haine, ses moments d’excitation et d’ennui.

Les Brigades ont été officiellement créées à Albacete le 14 octobre 1936 à l’initiative du Comintern, l’organe directeur de l’Internationale communiste dirigée par Moscou.

Bien qu’Hitler et Mussolini aient ouvertement soutenu la partie « nationale » dès le premier jour, l’Union soviétique essayait de garder un profil bas dans son soutien au gouvernement républicain afin d’honorer le Pacte de non-intervention et d’éviter les affrontements avec le Royaume-Uni et la France, dont Staline savait qu’il aurait besoin comme alliés lorsqu’il s’agirait d’affronter l’Axe.

À cette époque, l’objectif de Moscou dans l’Europe non fasciste n’était pas d’encourager la révolution communiste, mais d’avoir des gouvernements progressistes amis, comme l’était le Front populaire en France dirigé par Léon Blum.

Ainsi, les chefs et conseillers militaires envoyés par l’URSS en Espagne ont été appelés « les Mexicains » dans une tentative ridicule de dissimuler leur origine. L’un d’eux était le général Manfred Stern, alias Kleber, qui, après son retour à Moscou en héros, est tombé en disgrâce et est mort malade dans un goulag.

Le livre décrit parfaitement les tensions persistantes dans les brigades, non seulement en raison du pouvoir accumulé par les commandants communistes, mais aussi en raison de la difficile adaptation des anarchistes à cet engrenage étroitement discipliné, ou en raison des rivalités entre les différentes nationalités.

L’un des pires personnages du livre est André Marty, le chef suprême des brigades et surnommé « le boucher d’Albacete », qui est décrit comme un être misogyne, cruel et paranoïaque, qui voyait des traîtres partout.

Tous les brigadiers n’ont pas eu une biographie exemplaire : certains sont devenus le noyau dur de la Stasi, la redoutable police secrète de la RDA, après la Seconde Guerre mondiale. Néanmoins, l’auteur est généreux avec les volontaires, dont beaucoup de jeunes idéalistes qui, à un moment décisif de l’histoire et sans avoir tiré un seul coup de feu dans leur vie, ont pris les armes parce qu’ils ont compris que ce qui se passait en Espagne était bien plus qu’un conflit interne à un pays.

Le livre rassemble de curieuses anecdotes, comme la découverte faite par les combattants retranchés dans la bibliothèque de la faculté de philosophie de l’université Complutense lors de la première bataille de Madrid en novembre 1936.

Après avoir analysé l’impact des balles des snipers « nationaux » sur les livres qu’ils utilisaient comme barrière, ils ont conclu qu’ils dépassaient rarement la page 350. Les livres sur la métaphysique hindoue et ceux sur la philosophie allemande sont devenus des parapets par excellence, car ils étaient les plus volumineux.

L’un des chapitres les plus émouvants du livre de Tremlett, et dont l’auteur est le plus fier, est la lettre dans laquelle le jeune Piet Akkerman révèle à sa mère pourquoi il est parti combattre en Espagne. Piet et son frère Emiel, Polonais de naissance et exilés économiques en Belgique, sont morts pendant la guerre civile.

L’auteur part de cette tragédie familiale pour évoquer la présence disproportionnée des Juifs dans les Brigades. Il estime qu’au moins 10 % des volontaires l’étaient, bien que d’autres sources portent ce chiffre à près de 25 %. Une présence qui a été utilisée par la partie nationale pour développer son discours sur une prétendue conspiration judéo-maçonnique. (Résumé voir lien)

Las Brigadas Internacionales. Fascismo, libertad y la Guerra Civil española del periodista británico Giles Tremlett

https://www.eldiario.es/

Lire aussi:

Révolution et contre-révolution en Espagne (1936-1938) Felix  Morrow

Buenaventura Durruti:

Buenaventura Durruti, a grandi dans la pauvreté, a eu peu d’éducation et a commencé à travailler à l’âge de quatorze ans comme apprenti mécanicien. Il a toujours été un homme d’action, plus d’actes que de paroles. En Espagne, il y avait deux syndicats : l’UGT aux racines marxistes et la CNT aux racines anarchistes.

Durruti était avec les libertaires de la CNT. Il préfèrait Bakounine à Marx, la liberté à l’autorité, l’organisation par le bas aux diktats du haut, l’assemblée au comité central, l’autogestion à l’État. C’était l’époque où les paysans et les ouvriers vivaient dans des cabanes ou des appartements misérables et où leurs protestations étaient réduites au silence par la Guardia Civil et où leurs chefs étaient abattus par les tireurs du patron.

Les dernières images de Durruti ont été prises par des reporters soviétiques près de la façade de la cité universitaire. Il a l’air calme, déterminé et souriant, portant une casquette et une veste en cuir. Peu de temps après, il a été touché par une balle devant l’hôpital clinique, où des combats acharnés se déroulaient contre les légionnaires de Franco. Transféré à l’hôtel Ritz, saisi par les anarchistes pour le transformer en hôpital, Durruti mourra au petit matin du 20 novembre 1936. Selon Dan Kurzman, ses derniers mots ont été antibureaucratiques : « Trop de comités… »

https://www.nuevatribuna.es/

 

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