Archive | Antiracisme

10 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

médiapart (révolution permanente)

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Mediapart révèle la présence de l’extrême-droite à l’armée

Néo-nazis, suprémacistes, une enquête 

Le 8 juillet dernier, Mediapart publiait une enquête sur la présence de l’extrême-droite dans l’Armée. Ce travail prouve l’actuelle réalité des liens étroits entre les forces de répression et de la sécurité et les idéologies les plus réactionnaires. 

Ainsi, [l’enquête à source ouverte de Mediapart (c’est-à-dire basée sur des informations publiques et accessibles à tous), recense les commentaires et images que ces militaires ont posté depuis 2015.

En 2018, Alan V., jeune militaire du 27e bataillon des chasseurs alpins explique sur Facebook qu’il faudrait coller « une bonne balle dans la nuque » des migrants. Piou Turon a partagé, sur le même réseau et la même année la chanson « Fumeur de Spliff » du groupe identitaire Insurrection, avec ce commentaire : « Une pensée à toutes les grosses merde qui fument des spliffs et qui se disent NS [National Socialistes] ».

Une image vaut plus que mille mots

Sur les réseaux sociaux, un des militaires enquêtés s’affiche avec des vêtements ayant le logo du réseau « Blood & Honour », dont le nom provient des Jeunesses hitlériennes Blut und Ehre et dont la filiale française a été interdite en 2019. Un autre se montre dans les locaux de Casa Pound, le mouvement néofasciste italien. Teddy et Maxime, du 2e régiment étranger parachu-tiste, apparaissent ensemble sur plusieurs photos avec Marc Bettoni, « co-fondateur du groupe néonazi « Combat 18″ (les chiffres font référence à la place des lettres A et H dans l’alphabet, en hommage à Adolf Hitler ») comme le rapporte Mediapart.

« Piou Turon » est le pseudo d’un sous-officier de la Légion étrangère, hérité du groupe néonazi « Loups Turon » dont il était membre au début des années 2010. Beaucoup de posts montrent ces militaires faisant un geste similaire au salut nazi. Valentin, ex-militaire au 17e régiment du génie parachutiste apparaît dans une vidéo du groupe « Animus Fortis », proche de la mouvance de l’ex-Bastion social. Aussi il a pour photo de profil sur Instagram l’image du terroriste Brenton Tarrant, mythifié devant un soleil noir. C’est l’australien auteur de 51 morts dans deux mosquées à Christchurch (Nouvelle-Zélande).

De même, les enquêteurs ont recensé les tatouages de certains militaires : s’y mêlent des références aux SS (la devise « mon honneur s’appelle fidélité », Meine Ehre heiβt Treue ; la rune d’Odal ou encore la totenkopf, emblème d’une division de la Waffen-SS affectée à la garde des camps de concentration et d’extermination nazis), ou encore plus directement à Hitler et au nazisme (le chiffre 88 en référence à la huitième lettre de l’alphabet pour « Heil Hitler », le soleil noir sur l’épaule, la kolovrat) et au suprémacisme (une croix celtique au niveau du cœur surmontée du mot « White », une kolovrat surmontée du slogan « White Pride », le chiffre 14 en référence à un slogan du suprémaciste blanc américain David Lane).

Par la suite, l’article rapporte les déclarations du général Jean-Marc Cesari, sous-directeur de l’anticipation opérationnelle (service de renseignements de la gendarmerie) :

« À l’évidence, il n’y a pas de place chez nous pour des personnes qui véhiculent des idées antirépublicaines et extrémistes violentes, quelle que soit l’idéologie qui les sous-tend. » . Suivant les chiffres donnés par la DRSD aux enquêteurs, la proportion de radicalisation (« qu’elle soit islamique ou politique ») est évaluée à 0,005 % dans l’armée de terre, à 0,03 % dans la marine et pour ce qui est l’armée de l’air, « aucun aviateur n’est actuellement suivi pour radicalisation clairement démontrée. ».

La DRSD a affirmé qu’elle « ne communique aucun chiffre » concernant l’identification des soldats comme étant ou soupçonnés d’être d’extrême droite. En Allemagne, le service de renseignements militaire allemand a rapporté que 592 soldats ont été identifiés comme d’extrême droite en 2019.

Les enquêteurs affirment quant à eux que : « le profil d’anciens militaires est particulièrement recherché par les groupuscules de l’ultra-droite. ». Mais l’enquête démontre que plusieurs militaires en service sont proches ou membres de ces groupuscules.

Ainsi, Valentin est membre actif du groupe néonazi « Arsouille Naoned » basé à Nantes, et l’un des enquêteurs l’a identifié comme impliqué dans l’agression d’une militante LGBT en décembre 2019. Il a aussi participé à divers événements organisés par Génération identitaire. Pendant l’été 2019, Maxime et Teddy ont fréquenté plusieurs membres de Zouaves Paris, « jeune groupe héritier du GUD qui a récemment multiplié les actions violentes dans la capitale. ». François, le chasseur alpin est militant du groupuscule néonazi EdelweiSS-Savoie, à Chambéry.

Ainsi, lorsque le général Cesari se rapporte à « l’évidence » pour affirmer que l’armée est libre « d’extrémisme violent », on ne peut qu’en douter. De plus, lorsque l’on apprend que certains des militaires ont des tatouages ou photo sur les réseaux sociaux exprimant clairement leurs appartenances à des groupes ou idéologies d’extrême droite, on peut penser que leur hiérarchie et l’ensemble de l’institution a plutôt fait le choix de fermer les yeux.

L’enquête de Médiapart rappelle par ailleurs qu’en « 2017, la sous-direction antiterroriste (SDAT) et la DGSI démantelaient une cellule dans laquelle on trouvait un élève de l’école de formation des sous-officiers de l’armée de l’air. Ladite cellule projetait des actions violentes contre des migrants et des assassinats politiques – Jean-Luc Mélenchon puis Cristophe Castaner avaient été envisagés comme cibles – dans les Bouches-du-Rhône. »

Des militaires et ex-militaires français se sont également engagés dans la rébellion au Donbass, en Ukraine, alors que d’autres ont tenté de se charger (comme le remarquent les enquêteurs, « en vain »), du service d’ordre des gilets jaunes.

Des forces, mais de quel ordre ?

L’opacité et le nombre très limité d’enquêtes pour tenter de radiographier la constitution idéologique de l’Armée, qui se déclare inapte « par construction, [à] suivre les publications de [leurs] 140 000 personnels lorsqu’ils s’expriment sur internet », en dit long de la présence de l’extrême droite dans les forces de l’ordre et de la sécurité.

Le pouvoir de ces mêmes forces vient de leur possession de la violence légitime. Le rôle de l’armée est d’étendre et de défendre la nation et ses intérêts, indissolublement liés à ceux des capitalistes.

La présence de l’idéologie d’ultra droite ne fait que grandir selon les affirmations rapportées par l’enquête, et un rapport confidentiel d’Europol « tire la sonnette d’alarme : l’ultra-droite européen-ne s’arme et est en train d’embaucher dans les rangs des militaires. ». Toujours d’après cette enquête, la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) organise des réunions de sensibilisation, afin d’améliorer l’échange d’informations sur les militaires suspectés d’appartenir à la mouvance de l’ultra-droite. Mais on n’a jamais guérit une maladie chronique avec un pansement ; et on ne peut réformer ces forces qui sont là pour préserver l’ordre actuel, capitaliste et raciste.

Lola Alduna jeudi 9 juillet

Source:

https://www.mediapart.fr/

Note:

« Meine Ehre heißt Treue », que l’on pourrait traduire en français par « Mon honneur s’appelle fidélité ». Dans certains pays, comme l’Autriche, à partir de 1947, ou l’Allemagne (article § 86 a du Code Pénal sur l’utilisation de symboles d’organisations anticonstitutionnelles), l’utilisation de cette devise, ou de variations de cette devise, est proscrite.

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07 juillet 2020 ~ 0 Commentaire

obono (npa)

black spiderman

Solidarité antiraciste et antisexiste avec Danièle Obono !

Depuis plusieurs jours, c’est à un véritable déferlement de haine raciste et sexiste que l’on assiste sur les réseaux sociaux, ciblant la députée de La France Insoumise Danièle Obono.

Cette dernière a eu l’outrecuidance de faire remarquer, lors de la nomination de Jean Castex au poste de Premier ministre, qu’une fois de plus le choix s’était porté sur « un homme blanc de droite bien techno et gros cumulard ».

Une vérité factuelle qui n’a pas plu à l’extrême droite et à la droite extrême, qui se déchaînent depuis en traitant Danièle Obono de « raciste » au motif qu’elle aurait critiqué le nouveau Premier ministre en raison de la couleur de sa peau.

On croit rêver, ou plutôt cauchemarder, lorsque ce sont des spécialistes bien connus du racisme et de l’islamophobie qui se parent de vertus antiracistes, a fortiori lorsqu’ils s’en prennent spécifiquement à une députée noire, alors qu’elle est loin d’être la seule à avoir fait remarquer que le « nouveau monde » ressemblait décidément beaucoup à l’ancien, avec des représentants d’une homogénéité toujours aussi forte et ressemblant bien peu à la société dans ses diversités.

Mais bien évidemment, ceux qui s’insurgent que l’on fasse remarquer que Jean Castex est, entre autres, un « homme blanc », préfèrent s’en prendre à une femme noire, à grands renforts de propos racistes et sexistes, ainsi que de menaces que nous nous épargnerons de reproduire ici…

Les mêmes ont été beaucoup moins bavards lorsque l’ « humoriste » Gérald Dahan s’est fendu de deux tweets authentiquement racistes, affirmant notamment que Sibeth N’Diaye « aurait été contactée par la Compagnie Créole » (sic) après sa sortie du gouvernement et diffusant une photo de la nouvelle ministre Elisabeth Moreno, noire elle aussi, suggérant qu’il s’agissait de Sibeth N’Diaye avec une nouvelle coiffure (car chacun sait que touTEs les noirEs se ressemblent).

Notre solidarité antiraciste et antisexiste vis-à-vis de Danièle Obono est totale, face au déferlement de haine auquel elle est confrontée, venu d’un camp réactionnaire de toute évidence de plus en plus crispé et brutal à l’heure où une vague internationale de mobilisations antiracistes, portée par les premierEs concernéEs, ébranle les fondations d’un système de domination et de hiérarchisation raciales qui n’a que trop duré.

Soutien à toi Danièle !

Mardi 7 juillet 2020 Julien Salingue

https://npa2009.org/

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29 juin 2020 ~ 0 Commentaire

assa traore (france 24)

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Lutte contre les violences policières : la Française Assa Traoré récompensée aux États-Unis

Assa Traoré, militante de 35 ans qui se bat contre le racisme et les violences policières en France depuis la mort de son frère Adama en 2016, a reçu dimanche soir le prix américain BET Global Good.

La Française Assa Traoré, figure de la lutte contre les violences policières et le racisme depuis la mort de son frère Adama, « tué » selon elle par les forces de l’ordre françaises, a reçu dimanche 28 juin le prix BET Global Good.

La militante de 35 ans a remercié BET, une chaîne de télévision américaine qui octroie des prix à des personnalités afro-américaines ou issues de minorités. « C’est une reconnaissance pour toutes les victimes, pour toutes les familles qui ne cessent de lutter pour la vérité et la justice », a-t-elle déclaré dans un message vidéo diffusé lors d’une cérémonie virtuelle de remise de prix.

Volumineuse coupe afro et portant toujours un T-shirt « justice pour Adama », Assa Traoré, qui n’avait jamais milité auparavant, se voit aujourd’hui comparée à une « Angela Davis » française, dans le sillage de la mort de l’Afro-Américain George Floyd.

« Vérité et justice »

Depuis la mort en juillet 2016 de son frère après son arrestation par des gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise), en région parisienne, elle enchaîne manifestations, prises de parole, interviews. Épaulée par un solide « comité » d’une vingtaine de proches et de militants des quartiers, elle réclame inlassablement « vérité et justice » pour Adama.

Sa « vérité » à elle est que son frère a été tué. L’enquête, toujours en cours, a viré à la bataille d’expertises.

Devenue militante à temps plein, elle n’a jamais repris son travail d’éducatrice spécialisée et vit avec ses trois enfants de 6, 8 et 12 ans dans un appartement aux portes de Paris.

Si le « combat Adama » restait jusqu’ici plutôt limité aux quartiers et aux sphères militantes, l’émotion planétaire suscitée par la mort de George Floyd lui a donné une autre ampleur. Avec son comité, Assa Traoré a rassemblé début juin des milliers de personnes dans la capitale et des centaines d’autres partout ailleurs en France.

Controverse en France

Le « combat » d’Assa a aussi franchi les frontières. Plusieurs journaux américains ont fait son portrait ces derniers jours et la star Rihanna s’est fendue d’un post sur les réseaux sociaux via le compte de sa marque pour saluer son engagement.

En France, ses positionnements continuent de susciter la controverse, plusieurs intellectuels dénonçant une « racialisation » du débat public, au mépris de « l’universalisme républicain ».

Depuis 2016, son discours s’est politisé. « Avec le nom de mon frère, je changerai tout ce que je peux changer », a-t-elle récemment déclaré à l’AFP. On l’a ainsi vue prendre la tête d’une manifestation contre la politique d’Emmanuel Macron en 2018, défiler aux côtés des « Gilets jaunes » ou plus récemment des soignants.

: 29/06/2020 

https://www.france24.com

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24 juin 2020 ~ 0 Commentaire

maurice rajfus (npa)

raj

Les communistes juifs dans la Résistance

Entretien avec Maurice Rajsfus

Dans ton livre, tu as mis en lumière le destin tragique des militants juifs communistes.

Ils se sont retrouvés coincés dans une ambiguïté épouvantable. Pour la plupart, ils sont nés aux alentours de 1910, et se sont engagés politiquement au moment où l’étoile stalinienne était à son zénith. Ils sont devenus staliniens en ayant l’impres-sion de devenir révolutionnaires. Une des activités de la sous-section juive du PC était la chasse aux opposants, dont les trotskystes.

D’après des documents de police, elle aurait été créée en 1927 et fut dissoute dix ans après. Elle, comme la Main-d’œuvre étrangère – devenue par la suite Main-d’œuvre immigrée (MOI) – se donnait pour but l’encadrement et le contrôle par le PC de tous les militants étrangers qui arrivaient de l’Est. C’est un des aspects à démythifier.

Les militants communistes juifs emboîtèrent le pas au chauvinisme du PC en lançant dans leur presse en 1937, aux futurs migrants : « Ici, c’est complet ! » Peu d’entre eux ont rompu à cette époque.

L’un des facteurs déterminants fut les procès de Moscou, où les principaux accusés étaient juifs. Bien que Trotsky soit juif, les attaques contre lui n’avaient pas eu le même effet. Quant au pacte germano-soviétique, de vieux communistes juifs en parlent encore comme du « coup de poker génial » de Staline. Mais dans l’ensemble du milieu juif, comme dans les rangs du PC, pour beaucoup ce fut Je désarroi et l’atomisation.

De quand peut-on dater les débuts de la Résistance ?

De juillet 1941, après l’attaque d’Hitler contre l’Union soviétique. Cependant, si les communistes juifs ont attendu comme le PC, ils étaient prêts les premiers. Depuis 1940, on savait ce qui se passait à Varsovie, et avant cela les juifs immigrés avaient connu les persécutions, d’où un réflexe d’auto-défense.

A partir de là, le PC veut se faire pardonner le Pacte. Beaucoup de militants ont été arrêtés lors de sa réapparition au grand jour en août 1940. Beaucoup vont tomber à partir de 1942 dans les actions « pour le communiqué», qui permettaient au PC de se refaire une image.

Comment s’est développée sa politique militaire?

Elle est essentiellement le produit de la transformation de nature de l’OS, l’Organi-sation spéciale. Au départ, il s’agissait d’un service d’ordre, chargé notamment de la protection rapprochée des dirigeants et de l’exécution de « traîtres ». Fin 1941, elle regroupe de nombreux militants de la MOI, pour beaucoup anciens d’Espagne.

C’est au début 1942 qu’elle se transformera en groupes de Francs-tireurs et partisans (FTP). La saignée sera effroyable pour ces militants courageux, mais disposant de peu de moyens.

En 1943, il ne restera plus dans les grandes villes comme Paris, Lyon, Marseille ou Toulouse que des groupes FTP-MOI, en majorité composés de juifs immigrés. Il y a eu une politique consciente d’expédier dans les maquis, où les pertes étaient moindres, les militants français plus « présentables » que ces immigrés, parlant mal le français, même s’ils étaient rebaptisés « patriotes ».

Le cours chauvin du PC, à ce moment, n’a pas que des explications   nationales ?

En juillet 1943, l’Internationale communiste est dissoute. C’est un événement d’importance pour le PC qui cherche à entrer au gouvernement mis en place à Alger. Le PC va peu à peu prendre par ses sous-marins, la tête du Front National et suivre un cours ultra-nationaliste. En même temps, il a besoin d’actions spectaculaires.

A l’automne 1943, les groupes de la MOI seront laminés. Il ne restait plus sur Paris que les rescapés des quatre détachements MOI dirigés depuis le mois de septem-bre par Manouchian. Ces militants, traqués par la police et décimés par la répres-sion, demandèrent l’autorisation de se replier. A. Rayski ne l’obtint pour les dirigeants du groupe juif qu’en juillet 1943. Manouchian ne l’obtiendra pas.

Une affirmation tenace du PC veut que le groupe dirigé par Manouchian n’ait été composé que de militants communistes. Qu’en est-il ?

C’est une contre-vérité. A côté de militants communistes se trouvaient des combat-tants d’une autre sensibilité. L’un d’entre eux, Tarov, ancien officier de l’Armée rouge, avait été trotskyste. Tomas Elek n’était pas communiste. Il y avait aussi des anarchistes espagnols. Il est établi qu’il y a eu un lâchage politique de ces militants qui se savaient filés et menacés d’une arrestation imminente.

Ils sont tombés au moment où le PC se préparait à entrer au Comité de la France libre d’Alger et était persuadé qu’un débarquement allié était sur le point de se produire sur les côtes du Pas-de-Calais.

L’exemple du lâchage s’est reproduit à Toulouse où l’unité de la MOI, la 35e brigade, avait le « tort » de ne pas s’en prendre qu’aux « boches », mais d’abattre aussi des notables français qui collaboraient. Évidemment, cela s’intégrait mal dans la perspective de l’union nationale.

Lorsque l’information d’un coup de filet contre cette unité est parvenue à la direction des FTP, « on » a oublié de prévenir les combattants concernés. Pour l’union nationale, il fallait pouvoir chanter la Marseillaise sans accent. Il faut rappeler le mot d’André Marty en 1945: « Chassez moi tout ces « sky » des directions du Parti. »

Arrive la Libération. Que firent les militants rescapés ?

Beaucoup d’entre eux souhaitaient poursuivre le combat politique sur place, mais la direction du PC invita les principaux responsables à aller construire le socialisme dans leurs pays d’origine … Si cela ne posait pas de problèmes majeurs aux communistes italiens dont le parti s’était replié en France, il n’en allait pas de même pour les juifs des pays de l’Est. Pourtant un certain nombre partiront.

En 1949, quand commencent les premiers procès dans les démocraties populaires, c’est aussi le procès des anciens des Brigades internationales et de la MOI. L’un des exemples les plus connus est celui d’Arthur London, qui l’a raconté dans L’Aveu. II y a une continuité entre le lâchage de l’équipe de Manouchian et les procès des démocraties populaires.

Malgré tout cela, ton livre n’est pas désespéré.

Non ! Il faut en tirer une morale sur le stalinisme, pas sur le militantisme des communistes juifs. Je dirai qu’il faut jeter le bébé stalinien avec l’eau du bain !

Propos recueillis par Jean Lantier et Jean-Jacques Laredo

Nous republions une interview de Maurice Rajsfus parue dans l’hebdomadaire de la LCR, Rouge n° 1163 du 7 juin 1985, et mis en ligne sur le site de RaDAR. Maurice Rajsfus, auteur du livre     « Des Juifs dans la collaboration » (Editions EDI), vient de publier « L’An prochain, la révolution» dont le sous-titre est explicite : « Les communistes juifs immigrés dans la tourmente stalinienne 1930-1945 » ( Éditions Mazarine, 95 F). Nous l’avons rencontré pour discuter de l’histoire de ces militants.

Mardi 23 juin 2020

https://npa2009.org/

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24 juin 2020 ~ 0 Commentaire

macron (essf)

tintin

Indifférence et hostilité

« Emmanuel Macron engage le combat non pas contre le racisme, mais contre l’antiracisme »

Au « désordre » associé aux mobilisations antiracistes, le président de la République oppose « l’ordre républicain » représenté par la police, s’alarment quatorze intellectuels dans une tribune au « Monde ».

Depuis la mort de George Floyd à Minneapolis, le 25 mai, un mouvement international relance le combat antiraciste. Black Lives Matter résonne dans le monde entier. On aurait pu craindre que la pandémie, qui incite au repli domestique, n’étouffe tout désir de politique ; c’est le contraire. Il est vrai que les populations les plus touchées par le virus, y compris parmi le personnel soignant, recoupent celles qui sont le plus frappées par les violences policières : les classes populaires, en particulier noires ou arabes.

De façon inattendue, le comité Adama réussit à mobiliser le 2 juin devant le tribunal judiciaire de Paris, puis le 13 juin, place de la République. Des années de militantisme dans les quartiers populaires débouchent aujourd’hui sur un véritable mouvement social : la jeunesse se mobilise pour l’égalité des droits et la démocratie. Il faudrait s’en réjouir : en donnant à la colère une forme politique, la mobilisation épargne au pays les révoltes que peuvent déclencher les violences policières.

 Indifférence et hostilité

Or le président de la République n’a jamais eu un mot pour George Floyd, ni prononcé publique-ment le nom d’Adama Traoré. Et il s’agit d’hostilité, pas seulement d’indifférence. A l’en croire, la jeunesse serait détournée du droit chemin républicain. Il avait commencé par tenir « en privé » des propos relayés dans Le Monde contre « l’intersectionnalité » et les « discours racisés » (sic) : « Le monde universitaire a été coupable. Il a encouragé l’ethnicisation de la question sociale en pensant que c’était un bon filon. Or, le débouché ne peut être que sécessionniste. Cela revient à casser la République en deux. »

Bref, la jeunesse serait corrompue par ses professeurs. Que nos travaux portent sur ces questions ou pas, l’honnêteté nous oblige à le déclarer : nous ne sommes pas à l’instigation de ce mouvement social ; en revanche, il est pour nous une inspiration.

« Le président de la République a semblé n’avoir rien vu, rien entendu, rien compris de ce qui est en train de se passer »

C’est qu’il donne l’espoir d’un renouveau démocratique. Alors que les discours qu’on entend dans l’espace public semblent si souvent déconnectés de la réalité, le mouvement actuel est né de l’expérience des quartiers populaires : le travail militant de terrain redonne sens à l’action politique en ouvrant des espaces pour celles et ceux qui habitent les quartiers populaires, et pour toute cette jeunesse, qu’elle soit liée ou pas à l’histoire de l’immigration.

Pourtant, dans son allocution du 14 juin, le président de la République a semblé n’avoir rien vu, rien entendu, rien compris de ce qui est en train de se passer. Sans doute annonce-t-il : « Nous serons intraitables face au racisme, à l’antisémitisme et aux discriminations, et de nouvelles décisions fortes seront prises. » Mais l’adjectif sonne creux.

 « La Marseillaise » place de la République

En fait de lutter contre le racisme, le chef de l’Etat juge « dévoyée » la mobilisation antiraciste actuelle et la taxe de « communautarisme ». « Ce combat est inacceptable lorsqu’il est récupéré par les séparatistes. » Il ne parle pas ici des provocations des suprémacistes blancs identitaires, mais des antiracistes ! Pourtant, place de la République, la foule chantait La Marseillaise à tue-tête et toutes les couleurs se mêlaient. Assa Traoré le soulignait pendant la manifestation : « On est tous chrétiens, on est tous juifs, on est tous musulmans, on est tous toutes les religions, on est tous français. »

Quand le président s’en prend à la « réécriture haineuse ou fausse du passé », ce n’est pas une attaque contre ceux qui, tel Eric Zemmour, osent dire que « Pétain a sauvé les juifs français ». Et qu’importent les massacres du gouverneur général Gallieni à Madagascar [à la fin du XIXe siècle] ou les « enfumades » du général Bugeaud en Algérie [dans les années 1840, les militaires français enfumaient les grottes où se cachaient les résistants indépendantistes algériens] ! Refuser de « revisiter » l’histoire revient à éviter qu’en retour le passé colonial n’éclaire notre actualité post-coloniale. Les contrôles d’identité à répétition, réservés aux personnes racisées, ne gardent-ils pas la trace du code de l’Indigénat ?

 La responsabilité des pouvoirs publics

C’est précisément ce que le président refuse d’admettre. Il est prêt à reconnaître des discrimi-nations dans la société (les diplômes et les emplois), mais il n’est pas question pour lui de reconnaître la responsabilité des pouvoirs publics.

Rien n’a été fait après la condamnation de l’Etat par la justice française pour « faute lourde » en matière de contrôles au faciès (vingt fois plus nombreux pour les jeunes hommes arabes ou noirs), et le gouvernement ignore les avis réitérés du Défenseur des droits sur les violences policières, en particulier contre les lanceurs de balles de défense.

Au contraire, le chef de l’Etat garantit aux policiers et aux gendarmes, de manière incondition-nelle, « le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la nation ». Mais pourquoi opposer « l’ordre républicain », identifié à la police, au « désordre », associé aux mobilisations antiracistes pour la défense de l’égalité des droits ?

La plus grande cause de désordre républicain, aujourd’hui, ne sont-ce pas, avec la ségrégation et les discriminations ordinaires, les abus policiers qui rendent illégitime, aux yeux d’une part croissante de la population, le monopole de la violence exercée par l’Etat ?

Le président engage le combat, non pas contre le racisme, mais contre l’antiracisme. Il ne suffit pas d’invoquer la République comme un mantra pour mener une politique républicaine.

On pourrait pasticher le général de Gaulle en 1965 : « On peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant : “la République, la République”, mais ça n’aboutit à rien, et ça ne signifie rien. »

Si la République est vivante aujourd’hui, c’est dans la rue, pour réclamer « justice et vérité » ; elle se mobilise au nom de l’égalité, sans distinction de race. Telle est la place de la République, aux couleurs de l’antiracisme : le cœur vibrant de la démocratie.

lundi 22 juin 2020

https://www.europe-solidaire.org/

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22 juin 2020 ~ 0 Commentaire

statues (global-voices psl)

Colonisation

Déboulonnage de statues

La France face à son passé colonial et esclavagiste

Depuis plusieurs semaines, alors que la mobilisation contre le racisme connaît une ampleur nouvelle à travers le monde, la France reste divisée sur le sort à réserver aux statues représentant des figures historiques liées à l’esclavagisme ou au colonialisme.

Un mouvement global de prise de conscience sur le racisme dans nos sociétés 

La mort de George Floyd aux États-Unis le 25 mai dernier et le renouveau du mouvement Black Lives Matter à l’échelle mondiale ont ravivé le débat sur le racisme systémique à l’égard des personnes noires au sein de plusieurs sociétés occidentales. La France n’est pas épargnée par ce débat, qui a gagné en ampleur depuis la mort d’Adama Traoré, un Français d’origine malienne, suite à son interpellation par des gendarmes en 2016. Sa famille continue depuis à demander justice.

Une facette de ce débat occupe depuis peu le devant de la scène : la question des statues de figures historiques controversées. Dans le port anglais de Bristol, haut-lieu de la traite des Noirs aux XVIIe et XVIIIe siècles, la statue du marchand d’esclaves Edward Colston a été déboulon-née le 7 juin 2020 par des militants Black Lives Matter.

En Belgique, plusieurs statues du roi Léopold II — architecte de la colonisation du Congo et responsable d’atrocités à l’encontre du peuple congolais entre 1885 et 1908 — ont été vandalisées au cours du mois de juin et font l’objet d’une pétition réclamant leur retrait.

En France métropolitaine et outre-mer, différentes figures contestées

En France, ce débat bénéficiait jusqu’alors de peu d’attention médiatique. Les figures à l’héritage contesté sont pourtant nombreuses dans cette ancienne puissance coloniale, dont l’empire constitué entre le XVIe et le XXe siècle s’étendait sur l’ensemble des continents, atteignant à son apogée une superficie de 12 millions de km2.

A Lille, c’est la figure du général Louis Faidherbe, natif de cette ville du Nord, qui pose problème. Selon le collectif Faidherbe doit tomber, ce militaire célébré pour ses exploits lors de la guerre franco-prussienne de 1870 était également un “acteur clé de la conquête du Sénégal” responsable de campagnes “pacificatrices” sanglantes au milieu du XIXe siècle.

A Paris, Jean-Baptiste Colbert, ministre sous Louis XIV (XVIIe siècle) et dont le buste siège devant l’Assemblée nationale est aussi visé. Il fut en effet l’auteur du Code noir pour les Antilles françaises, paru en 1685 et définissant les droits des propriétaires sur leurs esclaves, qualifiant ces derniers d’“êtres meubles”.

L’esclavage était alors interdit en métropole mais pratiqué dans les colonies. En 2017, Louis-George Tin, président du CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires) déclarait à propos de Colbert : “Colbert était l’ennemi de la liberté, de l’égalité, de la fraternité” [devise de la République française]. Plus récemment, l’ancien premier ministre Jean Marc Ayrault a appelé à ce que les lieux portant son nom soient rebaptisés.

Autre figure controversée : Georges Cuvier, naturaliste et anatomiste du début du XIXe siècle dont la statue orne plusieurs villes de France. Représentant des théories scientifiques racistes de l’époque, il entreprit de disséquer le corps de Saartjie Baartman (alors surnommée la Vénus hottentote) après sa mort. Il est notamment dénoncé par le groupe Coordination Action Autonome Noire.

Outre-mer, dans les territoires issus de l’empire colonial français et aujourd’hui rattachés à la République, la question est encore plus prégnante. En Martinique, deux statues de Victor Schoelcher (1804-1893), figure abolitionniste favorable à l’indemnisation des colons proprié-taires d’esclaves, ont été détruites le 22 mai dernier. En Guyane, sa statue a été placée sous protection policière par les autorités locales.

A la Réunion, département français d’outre-mer situé dans l’océan Indien, des habitants appellent au remplacement de la statue de Mahé de La Bourdonnais, ancien gouverneur de l’île qui profitait du commerce d’esclaves et les utilisait pour des travaux publics.

Entre retrait de l’espace public et nécessité de contextualisation : un équilibre à trouver

Si certains appellent au déboulonnage pur et simple des statues liées à la colonisation et de l’esclavagisme, d’autres estiment que des panneaux d’explications historiques remettant en contexte la figure historique sont à privilégier.

Karfa Diallo, directeur de l’association Mémoires et partages, promeut depuis longtemps la contextualisation des noms de rues comme des statues appartenant au passé colonial ou esclavagiste de la France. Il déclarait à France Inter :

Nous demandons] que quelques symboles tombent et que le reste des rues soit accompagné d’un dispositif explicatif qui permette de sauvegarder la mémoire que nous avons de ce crime contre l’humanité.

Pour le collectif Faidherbe doit tomber, tout dépend de la façon de contextualiser :

Si c’est pour raconter que le colonialisme a des aspects « positifs », […] pas sûr que cela soit la solution. S’il s’agit en revanche d’indiquer clairement, sur ces statues elles-mêmes, ce qu’est fondamentalement le colonialisme, à savoir un crime abominable dans son principe même, alors une telle solution pourrait se défendre.

Les statues : histoire ou mémoire ?

Face à ces revendications, d’autres défendent la présence de ces statues au sein de l’espace public et invoquent la nécessité de ne pas censurer l’histoire. Pour l’historien Dimitri Casali, retirer les statues n’est pas une solution. En 2017, il écrivait dans une tribune du Huffington Post :

On ne réécrit pas l’Histoire. Déboulonner les statues de nos Grands Hommes c’est ouvrir la boîte de Pandore du révisionnisme historique. […] L’Histoire, on doit l’assumer. C’est autant glorieux qu’honteux.

D’aucuns questionnent néanmoins l’utilité des statues en tant que support de l’histoire.

Pour Françoise Vergès, politologue, historienne et militante féministe décoloniale interviewée par la chaîne Youtube Histoires Crépues, le retrait de ces statues est une question de “justice mémorielle” qui n’a “rien à voir avec l’effacement de l’histoire”. Les personnages représentés dans les villes françaises seraient le résultat de “choix politiques”.

20 Juin 2020

https://fr.globalvoices.org/

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22 juin 2020 ~ 0 Commentaire

sionisme 1 (ujfp)

palestine-oppression

SIONISME

Les médias désignent, comme le « conflit israélo-palestinien », ce qui n’est depuis 1967, que l’occupation par Israël, de son voisin la Palestine.

1°/ Le droit international et la question palestinienne avant 1967

Il y a lieu de noter que jusqu’à l’occupation totale de la Palestine, lors de la Guerre des six jours, en juin1967, il n’a été question, à l’Assemblée Générale des Nations Unies et au Conseil de Sécurité, que de la « question palestinienne ».

Dès la proclamation Balfour le 2 novembre 1917 – reprenant les désirs de sionistes proclamés en août 1897 à Bâle (Suisse), lors de leur premier congrès mondial -, le sort de la Palestine est scellé.

Au lendemain de la Grande Guerre et de la victoire des alliés, en effet, la France et la Grande-Bretagne ont convenu de mettre en œuvre les « accords Sykes-Pïcot », organisant à leur profit le partage de l’Empire ottoman au Proche-Orient.

Le mandat sur la Palestine est confié par la Société des Nations, en 1922, aux Britanniques. Il reprend intégralement la promesse faite aux sionistes d’un « foyer national pour le peuple juif en Palestine ». (Décision non applicable à l’est du Jourdain, c’est-à-dire sur un territoire qui va constituer la Transjordanie, qui deviendra la Jordanie en 1949).

Les Palestiniens s’opposent, dès l’époque, à l’arrivée des juifs européens, de plus en plus nombreux depuis la montée du nazisme en Allemagne à partir de 1933.

En 1936/37 éclate la grande révolte contre l’occupant britannique, voire contre les juifs.

Ceux-ci répliquent par la constitution d’une armée secrète, la Haganah, qui deviendra l’armée israélienne après 1948. A relever que dès l’époque, après une féroce répression, les Britanni-ques, par le plan Peel, envisagent déjà le partage de la Palestine. Mais une nouvelle guerre s’annonçant, ils changent de politique, et par le Livre Blanc de 1939, ils envisagent un futur État unique, sous un gouvernement partagé.

Après la guerre de 1939/45, les juifs se soulèvent à leur tour contre ce plan, par une série d’attentats successifs très meurtriers pour les Britanniques. Ils les forcent ainsi à abandonner le devenir de la Palestine à l’Organisation des Nations Unies, (ONU), la nouvelle organisation internationale, créée après la guerre, pour remplacer la Société des Nations (SDN) qui n’avait pu empêcher ce nouveau conflit monstrueux.

L’Assemblée Générale de l’ONU, par la Résolution 181, décide, le 29 novembre 1947, le partage de la Palestine en trois entités : un État juif – les juifs, qui représentent seulement le 1/3 de la population et occupent 7 % du territoire en obtiennent 54 % ; un État arabe – les Palestiniens 44 % ; Jérusalem et ses alentours – sont placés sous contrôle international en tant que corpus separatum.

Si les sionistes ont atteint leur premier but, il n’en est pas de même pour les Palestiniens, à qui aucun référendum d’autodétermination n’a été proposé, contrairement à l’article 1§2 de la Charte de l’ONU.

Une lutte s’engage dans le pays, mais les forces armées israéliennes et milices juives sont bien supérieures. Elles écrasent la résistance palestinienne et près de 750 000 Palestiniens sont victimes d’un nettoyage ethnique ; plus de 500 de leurs villages sont détruits ! Expulsés, ces Palestiniens deviendront les « réfugiés », parqués dans les pays arabes voisins. C’est pour eux un désastre connu sous le nom de Nakba.

Le 14 mai 1948, le leader sioniste David Ben Gourion proclame l’Etat juif, pour le lendemain. Il se garde bien de lui donner des frontières. Il n’a pas oublié qu’en mai 1942, la Conférence sioniste, qui s’est tenue à l’hôtel Biltmore à New-York, sous son égide, a décidé d’établir un État juif sur la totalité du mandat britannique.

La « Déclaration d’Indépendance » parle d’un « État juif et démocratique », et promet une pleine égalité entre tous les citoyens, sans considération de religion, d’appartenance ethnique ou de sexe. Mais cela, c’est pour rassurer l’Occident. Dans la réalité…

Les États arabes voisins, non organisés, non coordonnés, entrent alors en guerre contre Israël – dont l’armée est renforcée par de l’armement venu des pays de l’Est et d’URSS. Ils sont battus.

Des armistices sont signés, en 1949, avec chacun de ces États et des lignes d’armistice provi-soires sont établies. En ce qui concerne l’accord passé entre Israël et la Transjordanie, la ligne d’armistice devient la « ligne verte ». La Palestine est réduite à 22 % du mandat britannique ! La Transjordanie profite de la situation et, en accord de facto avec Israël, annexe la Cisjordanie, pour devenir la Jordanie.

Le 11 mai 1949, Israël est admis à l’ONU, mais à deux conditions : la reconnaissance de la Résolutions 181 (le partage) et de la Résolution 194 (le droit au retour des réfugiés chez eux et/ou à leur indemnisation).

Assuré ainsi de son admission, Israël fera fi de ses engagements et n’exécutera pas plus ces Résolutions que les dizaines, pour ne pas dire les centaines, qui seront prises par l’Assemblée générale de l’ONU ou le Conseil de Sécurité à son encontre.

dimanche 21 juin 2020  Maurice Buttin

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21 juin 2020 ~ 0 Commentaire

usa dockers (révolution permanente)

dockers

États-Unis. Les dockers ferment les ports de la côté ouest contre les violences policières

Lors d’un débrayage historique le 19 juin, les membres de l’ILWU, un syndicat des dockers américains, ont organisé une journée d’action qui a bloqué 29 ports de la côte ouest en solidarité avec le mouvement contre les violences policières et le racisme dans tout le pays.

« Les travailleurs ont plus de pouvoir que beaucoup de gens dans ce pays ne le pensent. C’est pourquoi nous allons mettre ce pouvoir en évidence : pour faire entendre la voix des travailleurs, et pour faire entendre la voix des Noirs dans ce pays. Pour demander et rendre justice à George Floyd ».

Ce sont les mots de Keith Shanklin, le premier président noir de la section locale 34 de l’International Longshore and Warehouse Union (ILWU – syndicat de dockers) à Oakland et l’un des organisateurs du plus grand débrayage coordonné depuis plus d’une décennie, qui a eu lieu hier.

À l’occasion du 19 juin – jour de l’Émancipation, symbole de l’émancipation des esclaves-, les membres de l’ILWU ont fermé les 29 ports de la côte ouest, de San Diego à Seattle pendant huit heures. Aucune cargaison n’a pu être chargée, aucun camion n’est parti distribuer des marchandises. Plus de 58 000 travailleurs ont participé à cette opération.

Comme l’indique clairement la déclaration de Shanklin, cet événement historique n’est pas seulement un extraordinaire acte de solidarité avec le soulèvement contre les violences policières qui balaie actuellement les États-Unis, mais il marque aussi une étape décisive dans la participation des travailleurs au mouvement jusqu’à présent. Il s’agit de la plus grande action coordonnée menée par un syndicat pour soutenir directement le mouvement « Black Lives Matter », ce qui donne un nouveau souffle à la lutte contre le racisme institutionnel.

À partir de 8 heures du matin, les dockers ont déposé leurs outils et participé à une journée d’action, en prenant part à des rassemblements et à des marches avec d’autres organisations le long de la côte. Bien que les mobilisations du 19 juin aient pour origine la demande de justice pour George Floyd, comme le soulèvement à travers le pays, elles ont repris des revendications plus générales contre le racisme et la violence d’État.

Comme l’indique le communiqué de presse du syndicat sur l’action :

Cette action lie on ne peut plus clairement la lutte contre les violences policières et le racisme systémique enraciné dans l’histoire des États-Unis et de ses institutions, un racisme qui a été mis à nu pour que le monde entier puisse le constater au beau milieu de cette pandémie et de cette crise économique sans précédent.

À Seattle, les travailleurs se sonts joints à une marche avec les organisations des communautés et le MLK Labor – le syndicat qui a récemment voté pour expulser les policiers – et marcheront vers l’administration des services correctionnels de Seattle (l’organisme en charge du système pénitentiaire) en solidarité avec les « victimes du système de justice pénale pendant leur incarcération », forcées de travailler pour des entreprises millionnaires pour des salaires minuscules et sans équipement de protection adéquat.

À Oakland, les travailleurs ont rejoint une manifestation dans toute la ville lors d’une marche vers l’hôtel de ville. Angela Davis et la cinéaste Boots Riley y ont prononcé des discours. 

Le débrayage a été mené par les sections locales 10, 34, 75 et 91 de l’ILWU, ainsi que par le Comité contre les violences policières, réunissant plusieurs sections syndicales. Ces sections locales, dont beaucoup sont dirigées par des Noirs ou dont les membres sont majoritairement noirs, ont une longue histoire d’engagement combatif dans la lutte contre le racisme et pour le combat des Noirs.

Avant d’organiser l’action du 19 juin, ces branches ont conduit d’autres sections locales de l’ILWU à un débrayage de neuf minutes le 8 juin en l’honneur de George Floyd, arrêtant tout travail pendant le temps où le flic tueur Derek Chauvin a pressé son genou contre le cou de Floyd. 

Mais ce n’est pas la première fois que l’ILWU organise des actions pour protester contre la brutalité policière. En 2010, les dockers d’Oakland ont fermé le port de la ville après qu’un policier des transports en commun ait tiré sur Oscar Grant, 22 ans, sur un quai de métro.

Le syndicat a de nouveau fermé des ports en 2015, le 1er mai, après que la police a tué Walter Scott en Caroline du Sud. Mais le débrayage de ce jour est d’une ampleur que le syndicat ou le mouvement syndical au sens large n’avait pas connue depuis des décennies.

Plus que cela, il s’agit d’un défi direct lancé par les travailleurs de la base aux décisions des grands syndicats – y compris celui de l’AFL-CIO – qui veulent maintenir et protéger les syndicats de flics dans leurs centrales.

Les membres de l’ILWU savent que les policiers respectent les lois racistes de l’État capitaliste et, par conséquent, ne sont pas les amis des travailleurs. Comme l’a déclaré Jack Heyman, ancien docker et membre de l’ILWU, « si vous regardez les règlements des sections locales de l’ILWU, beaucoup d’entre eux interdisent explicitement l’adhésion de la police. C’est parce que la police a toujours été utilisée comme un outil dans la lutte contre les travailleurs ».

Mais les racines de la lutte de l’ILWU contre la police et le racisme vont encore plus loin, jusqu’à la création du syndicat. L’ILWU a été fondé lors d’une grève de 83 jours des dockers de la côte ouest qui luttaient pour de meilleures conditions de travail et pour la possibilité de créer un syndicat.

Au cœur de la grève, lors d’une confrontation entre grévistes et des briseurs de grèves engagés par la compagnie, la police a tiré dans la foule et fait six morts parmi les travailleurs. La grève générale de San Francisco de 1934 a émergé de cette indignation et a joué dans la création de l’ILWU en 1937.

Tandis que de nombreux autres syndicats bannissaient les travailleurs noirs de leurs rangs, plusieurs sections locales de l’ILWU étaient constitués de travailleurs noirs et de travailleurs blancs luttant côte-à-côté pour de meilleures conditions de travail, désagrégeant les divisions raciales qui s’exerçaient pour la constitution des équipes de travail.

L’ILWU a conservé cet héritage militant qui lie les luttes ouvrières à des mouvements sociaux plus vastes à travers le monde. De leur refus de traiter les marchandises issues de l’apartheid sud-africain, au refus du chargement des cargos destinés à l’Ethiopie colonisée par l’Italie mussolinienne, les dockers ont montré l’énorme pouvoir de la classe ouvrière pour stopper les opérations dont les capitalistes ont besoin pour réaliser leurs profits. Plus récemment, l’ILWU est resté dans les mémoires pour avoir organisé des manifestations en Californie contre la guerre en Irak et a refusé de charger un bateau venant d’Israël, en solidarité avec la Palestine.

Le débrayage qui a eu lieu vendredi marque un autre chapitre dans cette histoire, d’autant plus significative qu’il a eu lieu pendant le Juenteenth, le jour où l’esclavage institutionnalisé a pris fin, une mise en effet deux ans après la proclamation d’émancipation. Une date qui symbolise l’ancrage du racisme tant dans le passé que dans le présent des États-Unis ainsi que l’histoire héroïque du combat anti-raciste mené par les Africains-Américains et les révolutionnaires depuis des générations.

Dans le contexte du soulèvement actuel – qui a révélé le cœur pourri et raciste du capitalisme étasunien – ce débrayage a le potentiel pour marquer le début d’une phrase cruciale dans ce moment historique, une phase qui verrait se rejoindre et se lier, dans la rue, le combat contre les violences policières, contre le racisme systémique et le pouvoir stratégique du mouvement ouvrier.

Cette simple journée d’action va coûter des milliards de dollars aux compagnies américaines et à l’Etat qui défend leurs profits. Imaginez ce qu’il arriverait si les dockers, les travailleurs des transports, et d’autres secteurs-clés cessaient le travail, d’une côté à l’autre, et rejoignaient les centaines de milliers de jeunes qui protestent dans les rues. Une telle alliance frapperait ce système d’exploitation qui profite de l’oppression des Noirs dans le monde entier là où cela fait le plus mal.

Pour que ce mouvement continue, de telles actions – la lutte contre la police et l’Etat, contre les bureaucraties syndicales corrompues qui protègent les syndicats de flics – sont absolument vitales. Comme les membres de l’ILWU Trent Wilis et Keith Shanklin l’ont écrit au président de l’ILWU : « Il est urgent que les syndicats répondent à la recrudescence du racisme. En fait, c’est une question de vie ou de mort. »

dimanche 21 juin

https://www.revolutionpermanente.fr/

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21 juin 2020 ~ 0 Commentaire

lannion hennebont rennes réfugiés (le télégramme)

refugies

Lannion, quelque 150 personnes défilent en soutien aux migrants

Ce samedi matin, environ 150 personnes ont participé à une manifestation, dans le centre-ville de Lannion, pour dénoncer le sort réservé aux migrants.

Une « marche des solidarités » organisée par le Collectif de soutien aux sans-papiers du Trégor et relayée par une quinzaine d’associations, syndicats et partis politiques. « Nous sommes là pour que le gouvernement entende le cri des migrants et de ceux qui les soutiennent. »

Environ 150 personnes se sont rassemblées, ce samedi en fin de matinée, sur le parvis des Droits de l’Homme, devant la salle du Carré Magique à Lannion, avant de défiler jusqu’à la sous-préfecture. Leurs convictions s’affichaient sur les pancartes. Deux exemples parmi d’autres : « Un enfant étranger est un enfant comme les autres » ; « Vous croyez qu’ils sont là pour le plaisir ? ».

Cette initiative du Collectif de soutien aux sans-papiers du Trégor (CCSP), rejoint par son homologue du secteur de Belle-Isle-en-Terre, Kengred-bod ha boued, et par une quinzaine d’associations, de syndicats et de partis politiques, fait suite aux « marches de solidarités » organisées le 30 mai à Paris et dans plusieurs autres villes.

« Situation particulièrement difficile pendant l’alerte sanitaire »

« Le gouvernement n’ayant pas voulu écouter ce que les exclus ont voulu exprimer, nous avons décidé de crier plus fort », avait annoncé le CSSP, en mettant sur pied cette manifestation coïncidant avec la Journée mondiale des réfugiés.

Selon le porte-parole du collectif, Philippe Vital, « la situation des migrants a été particulièrement difficile pendant l’alerte sanitaire. Ils se sont retrouvés sans travail, sans argent, sans logement, ils n’avaient pas tous accès aux soins et le gouvernement a laissé faire ». Dans le Trégor, où le réseau de bénévoles prend sous son aile une quarantaine de migrants dont la moitié d’enfants, ils étaient sans doute moins mal lotis qu’ailleurs. « La solidarité s’y exerce encore, dans le sens où aucun réfugié n’était dans la rue, à notre connaissance », précisait Philippe Vital.

« Un être humain égale un être humain, quelle que soit son origine »

Lors des prises de parole, les militants ont rappelé leurs revendications : « la fermeture des centres de rétention administrative dont celui de Saint-Jacques-de-la-Lande près de Rennes, le droit à la santé, au logement, à l’éducation, à la culture pour tous, la libre circulation et installation des êtres humains, la régularisation des demandeurs d’asile ou de titre de séjour ».

« Un être humain égale un être humain, quelle que soit son origine », a conclu Philippe Vital, avant la dislocation du cortège devant la sous-préfecture. « Non aux discriminations, non au racisme, d’où qu’il vienne. »

https://www.letelegramme.fr/

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21 juin 2020 ~ 0 Commentaire

20 juin en bretagne (of lt)

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22

Saint-Brieuc. 150 personnes manifestent contre les violences policières (OF)

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Quimper. Une manifestation contre toutes les discriminations (OF)

Quimper, un défilé contre les violences et la discrimination (LT)

 

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