Archive | Antiracisme

29 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

racisme d’état (the guardian)

 racisme

Racisme britannique

Compte tenu de l’histoire de la Grande-Bretagne, il n’est pas surprenant que le racisme infecte toujours notre politique.

Notre nation a été construite sur l’esclavage et le colonialisme, dont l’héritage se perpétue dans le scandale Windrush (1) ( Remise en cause de leur nationalité à des immigrés des Antilles) . Pourtant, certains pensent que nous sommes un «exemple de tolérance.

En tant que secrétaire aux affaires étrangères du Parti Travailliste en 1951, Herbert Morrison a décrit l’indépendance des colonies africaines comme étant comparable à « donner à un enfant de 10 ans un verrou, un compte bancaire et un fusil de chasse ».

En 1955, Winston Churchill déclara à son gouvernement qu’il voulait combattre les élections législatives avec le slogan suivant: «Keep England White».

En 1964, à Smethwick, dans les Midlands de l’ouest, un candidat conservateur ne résista pas à la mode de gagner avec un slogan de campagne: « Vous voulez un nègre pour voisin? Votez pour le Parti Travailliste ».

En 1968, Enoch Powell avertit qu’il y aurait des« fleuves de sang » si l’immigration non blanche n’était pas stoppée.

En 1978, Margaret Thatcher a mentionné que la Grande-Bretagne était «submergée par des personnes de culture différente» – une phrase répétée par David Blunkett en 2002 en référence aux enfants de demandeurs d’asile scolarisés.

En 1990, trois libéraux démocrates de Tower Hamlets ont été expulsés du parti après avoir distribué un faux dépliant du Parti Travailliste alléguant que le parti travailliste relogerait les Bangladais sans abri.

En 2004, l’agent d’une campagne d’élection partielle, présidé par Tom Watson, a envoyé un courrier électronique au candidat, Phil Woolas, et à son directeur de campagne: « Si nous ne mettons pas l’électeur blanc en colère, c’est foutu ».

Lorsqu’un tribunal a déclaré que Woolas avait enfreint la loi loi électorale en faisant de fausses déclarations, il a reçu des messages de soutien de Gordon Brown et de Cherie Blair.

En 2009, le Parti National britannique a remporté deux sièges au Parlement européen. En 2014, Nigel Farage, alors dirigeant d’UKIP, a déclaré que «le principe de base» du discours de Powell sur les rivières de sang était «correct»: son parti était en tête du scrutin lors des élections européennes de la même année.

L’actuel Premier ministre a refusé de s’excuser après avoir qualifié les Noirs de « petits nègres» avec un «sourire de pastèque» et les femmes musulmanes de « boîtes aux lettres ». Une seule députée noire, Diane Abbott, reçoit la moitié de toutes les insultes en ligne envoyés aux femmes parlementaires.

Le racisme n’est pas nouveau dans la politique britannique. Comment est-ce possible? En tant que nation fondée en grande partie sur l’esclavage et le colonialisme, il a longtemps infecté notre culture et nos institutions.

La politique moderne émerge dans cette culture raciste, est ancrée dans ses institutions et implique la distribution de ressources et de pouvoir. Il ne s’agit pas uniquement d’individus ayant de mauvaises idées, mais d’un système d’oppression. Tous les partis y naviguent – vous ne pouvez pas être sur le bulletin de vote et ne pas être dans la société.

Le racisme marche comme ça: ce n’est pas une métaphore – un symbole d’incompétence, de grossièreté, d’impolitesse ou de bêtise. Le racisme est une forme de discrimination systémique, avec un héritage séculaire, qui façonne l’expérience vécue aujourd’hui.

En plus de priver les gens de l’emploi, du logement, de l’éducation, de l’égalité, des droits de l’homme, de la sécurité et des chances, il peut littéralement tuer. Le racisme peut être instrumen-talisé. Il peut galvaniser, distraire, détourner, déformer, créer des boucs émissaires et margina-liser. C’est un outil incroyablement efficace pour diviser les gens et donner un sentiment de supériorité à ceux à qui vous n’avez rien de matériel à offrir.

Le fait qu’il ait atteint les deux partis ne signifie pas qu’ils soient aussi mauvais. Historiquement, le monde du travail a été le plus susceptible de s’identifier aux mouvements opposés au racisme – même s’il n’a pas toujours tenu ses promesses – et d’adopter des lois favorables à l’égalité.  Lorsqu’il s’agit de lutter contre les préjugés, les gens attendent plus du Labour; ils n’attendent rien des conservateurs.

Cela ne signifie pas non plus que rien ne peut être fait. Le racisme qui existe en politique ne peut être éradiqué que par la politique. Les syndicats étaient autrefois le principal obstacle à l’embau-che de personnes non blanches dans certains secteurs du pays. Les minorités ne les ont pas pour autant abandonnés. Ils ont combattus de l’intérieur et ont transformé nombre d’entre eux en remparts efficaces contre le racisme.

Parler de l’islamophobie dans ce contexte n’est pas supperflu. La moitié des crimes de haine perpétrés en Angleterre et au pays de Galles sont dirigés contre les musulmans, le groupe religieux le plus sous-représenté au parlement et  le plus surreprésenté parmi les pauvres.

Le bilan du parti conservateur sur les musulmans est épouvantable et il n’a pas l’intention de changer. Comment avoir une conversation avoir sur le racisme en politique britannique sans évoquer le scandale Windrush, dans lequel des citoyens britanniques ont été chassés de leur emploi, privés de logement, de soins de santé, expulsés ou menacés d’expulsion par un gouvernement délibérément insensible. (Résumé)

Gary Younge Ven 29 nov 2019

https://www.theguardian.com/

(1) Pickaninny est une insulte raciste nord-américaine qui fait référence à un enfant d’ascendance africaine à la peau sombre. C’est un mot qui peut être dérivé du pequenino, version diminutive du mot pequeno, « petit » en portugais).

Lire aussi:

UK: quand le scandale de la génération Windrush refait surface (RFI)

Commentaire:

En France, évoquer un « racisme institutionnel » envers les minorités et en particulier les musulmans, déclenche la fureur de ceux qui parlent dans les médias. Et pourtant on a bien arraché le voile des femmes en public en Algérie, ce cher Jacques Chirac, a bien évoqué « le bruit et l’odeur ». Edith Cresson a bien dénigré les japonais comme des « fourmis » … Et Wauquier et Manuel Valls sur les Roms, sans aller chercher le RN…

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29 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

antisionisme (le peuple breton)

palestine-oppression

Antisémitisme / Antisionisme.

Non à la résolution Maillard !

Il y a maintenant 2 ans et demi, le 1er juin 2017, le Parlement européen a adopté une résolution ayant pour but de donner un cadre à la lutte contre l’antisémitisme. Cette résolution prenait appui sur la définition de l’antisémitisme proposée par l’Alliance Internationale pour la Mémoire de l’Holocauste (AIMH).

Le journal Le Figaro écrivait alors que « la définition de l’antisémitisme inclut le ciblage de l’État d’Israël, c’est-à-dire l’antisionisme. Depuis plusieurs décennies, l’antisionisme est la forme mutante de l’antisémitisme, il en est la dernière expression historique. »

Il est très grave de raisonner ainsi. Pourtant, c’est à peu près ce qu’a dit le président Macron au dîner du CRIF en février 2019 (même s’il a fait en partie machine arrière depuis) :

« L’antisionisme est l’une des formes modernes de l’antisémitisme ». C’est grave de confondre les deux, car l’antisionisme est une démarche politique de ceux qui s’élèvent contre la politique du gouvernement israélien (et non pas contre les Juifs), gouvernement qui bafoue les décisions de l’ONU, le droit international et le droit humanitaire alors que l’antisémitisme est une forme de racisme.

Un député, Sylvain Maillard, a alors repris cela au bond en proposant au printemps une résolu-tion demandant que la France adopte la définition de l’AIMH. Le 20 mai 2019 la proposition du député, qui avait obtenu la signature de 161 députés, et affirmant « lutter contre l’antisémitis-me », était enregistrée et devait être débattue, mais cela fut reporté.

Elle revient maintenant avec un texte légèrement modifié. 30 nouveaux députés l’ont signée, mais 50 signataires du printemps sont heureusement revenu sur leur décision, ce qui peut laisser supposer qu’ils ne voteront pas la loi. On peut se demander pourquoi ? Peut-être parce qu’ils ont compris l’inutilité et le danger de la résolution ? En effet, la France dispose d’un arsenal juridique suffisant pour réprimer le délit qu’est l’antisémitisme en tant que forme de racisme. Pas besoin de loi supplémentaire !

Et pour le danger, on peut penser qu’il viendra de 2 § du texte , car la résolution Maillard « estime que la définition opérationnelle utilisée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste permet de désigner le plus précisément possible ce qu’est l’antisémitisme contemporain ; Considérant qu’elle constituerait un instrument efficace de lutte contre l’antisémitisme dans sa forme moderne et renouvelée, en ce qu’elle englobe les manifestations de haine à l’égard de l’État d’Israël justifiées par la seule perception de ce dernier comme collectivité juive ».

Qu’est-ce en effet que l’antisémitisme contemporain et les manifestations de « haine » contre l’État d’Israël ? Est-ce que protester contre la continuation de la construction du mur ou la colonisation forcée de territoires palestiniens, ce ne sera pas considéré comme des manifes-tations de « haine » tombant alors sous le coup de la loi ? Et beaucoup d’autres exemples.

En Israël, il existe la détention administrative, qui s’adresse bien sûr aux Palestiniens, c’est l’emprisonnement sans inculpation ni accès à un avocat, pour 6 mois renouvelables autant de fois tant que la justice le décidera. La France n’a jamais protesté officiellement devant ce déni de justice.

En 2017 l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri s’est trouvé précisément en détention administrative, prolongée dans son cas directement sur intervention du Ministre de la justice israélien Avigdor Lieberman.

La France a mis un bon moment à réagir, alors que de nombreuses ONG autour de l’AFPS faisaient le forcing pour l’aider. Le Ministère des Affaires étrangères d’alors (J-Y. Le Drian) avait juste à l’époque exprimé sa « préoccupation face au recours extensif à la détention administrative ».

Alors on peut se poser la question : si la résolution Maillard est votée, est-ce qu’on pourra encore manifester dans la rue pour des cas identiques sans être taxé d’antisémitisme ?

Est-ce que protester vigoureusement parce qu’un prisonnier palestinien souffrant d’un cancer et dans un état terminal est enfin amené à l’hôpital, mais mains et pieds attachés sur un lit, cela jusqu’à son décès très récent, sera considéré comme de l’antisémitisme ? Est-ce que manifester contre l’utilisation de balles réelles par des snipers israéliens contre des enfants ou une infirmiè-re venue secourir un blessé à la frontière de la Bande de Gaza pourra être considéré comme une atteinte à l’État d’Israël ?

C’est pour toutes ces raisons que nombres d’ONG ( Dans le Finistère : l’AFPS, Amnesty, la LDH, l’ACAT, le CCFD, le Mouvement de la Paix) ont écrit à leurs député-e-s pour les dissuader de voter la résolution.

Sur les 141 élus qui ont finalement signé pour la présentation au Parlement, les Bretons sont heureusement rares. Au printemps, ils étaient 3 sur 161 : Hervé Berville (22), Sandrine Le Feur (29) et Laurence Maillart-Méhaignerie (35) à avoir signé.

Depuis, ces 2 dernières n’ont pas re-signé pour la nouvelle mouture, il ne reste que Hervé Berville. Par contre une nouvelle signature est apparue, celle de François de Rugy (44). Mais pour un certain nombre de députés ou députées, on ignore ce qu’ils ou elles voteront, n’ayant répondu ni aux courriers, ni aux demande de rendez-vous, comme les 3 députés de Cornouaille (2 Lrem et 1 Modem). (Résumé)

Christian Pierre 28 novembre 2019

http://lepeuplebreton.bzh/

Lire aussi:

Lettre ouverte aux députés français de 39 ONG et associations françaises contre la proposition de résolution sur l’antisémitisme/antisionisme

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28 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

islamophobie (anti-k)

racisme

Retour sur la Marche contre l’islamophobie

Entretien avec Omar Slaouti

Peux-tu d’abord rappeler comment la marche du 10 novembre contre l’islamophobie a été organisée et pourquoi ?

Il y a eu évidemment des éléments déclencheurs dans le contexte, dont le premier a été l’atten-tat contre la mosquée de Bayonne, mais aussi les propos racistes et humiliants d’un élu du RN au conseil  régional de Bourgogne-Franche-Comté contre cette femme et son enfant, le vote au Sénat d’une loi contre des femmes musulmanes, la programmation par Macron d’une journée à l’Assemblée nationale consacrée à l’immigration, et enfin la programmation de Zemmour sur CNews alors qu’il a été condamné pour incitation à la haine raciale.

À voir l’ensemble, on a dans une même séquence une islamophobie qui émane de l’État, d’institutions politiques locales, des médias et d’un individu armé. Il y a une cohérence d’ensemble et pas simplement une juxtaposition d’actes. Lorsque la mosquée a été attaquée avec des personnes blessées, aucun premier couteau du gouvernement ne s’est déplacé sur les lieux. L’ensemble est chapeauté par la mise en place de « la société de vigilance » faisant des musulmans et musulmanes, des ennemi-es de l’intérieur et qu’il faudrait débusquer dans tous les espaces publics et privés.

Il fallait réagir. Nous nous sommes retrouvés à une trentaine à Saint-Denis dans une réunion présidée par un élu de la ville, Madjid Messaoudène, et en trois semaines, on n’a fait au final que répondre à une demande massive de mobilisation, tant les douleurs chez les premiers et premières concerné·e·s étaient profondes.

Il fallait urgemment collectiviser et politiser ces douleurs ; c’est ici que les initiateurs (dont le CCIF et La plateforme : Les Musulmans) de l’appel paru dans Libé ont joué un rôle fondamental et, on espère, fondateur. Nous avions une boussole bien orientée mais nous voulions, tout en étant inclusif dans la démarche, que ce soient les victimes directes de ces attaques qui tiennent la boussole.

Quel bilan tires-tu de cette marche ? En quoi est-elle « historique » comme l’ont dit bon nombre d’intervenant·e·s à la tribune ?

Là, pardon, les réponses des premiers concernés sont unanimes et balayent d’un souffle toutes les pseudo-analyses de « journalistes » à la Roufiol. Ce qu’on entend en direct dans nos famil-les, parmi nos collègues de travail, nos ami·e·s et ce qu’on lit sur les réseaux sociaux, c’est juste un immense retour de dignité.

Que les choses soient claires : lorsque sur quasiment toutes les ondes à presque toute heure de la journée, votre religion est jeté en pâture sur la place publique par et à des éditocrates, médias, intellectuels aux canines acérées, les blessures sont profondes. Les troubles psychia-triques dans nos quartiers ont à voir avec la violence d’un système raciste.

Des polémiqueurs vendeurs de haine ont reproché aux organisateurs, et à l’un d’entre nous en particulier, d’avoir prononcé au micro « Allah Akbar ». Rien d’étonnant, que beaucoup reprirent en cœur « Alla hAkbar ». Aucune volonté de provocation, mais juste pendant un instant, commu-nier ensemble, partager y compris avec des non-musulmans cette respiration d’humilité et pas d’humiliation.

Autre constat qualitatif, la grande majorité des lanceurs d’alerte contre l’islamophobie présents ce jour-là sont des quartiers populaires, beaucoup de confession ou de culture musulmane. Pour autant, d’autres étaient présents pour affirmer avec eux leur solidarité contre toutes les formes de racisme et pour rappeler en même temps que le problème, ce ne sont pas les musulmans mais les inégalités sociales. On a pu voir ainsi des Gilets Jaunes et notamment des porte-paroles.

Il fallait entendre les mots d’ordre, mais bien plus encore lire les pancartes confectionnées en famille où il n’était question que d’égalité et même de redistribution des richesses. Ce qui me fait dire que dans cette période de montée de nationalismes haineux, de divisions au sein même de notre classe sociale, il y a un espoir si on assume collectivement l’autonomie organisationnelle par les victimes d’une oppression donnée, non pas comme un but en soi, mais comme un outil pour se battre ensemble à égalité de regards contre ce système inégalitaire.

Après nous étions au moins 40 000 manifestants avec une majorité de manifestantes. Un nombre qui donnerait envie à des structures dites antiracistes comme SOS Racisme absent. Un constat qui révèle le positionnement politique d’une structure et qui n’a aucune prise, ni légitimité parmi les victimes du racisme structurel.

Comment analyses-tu le ralliement à cette initiative de l’essentiel de la gauche réformiste et révolutionnaire mais aussi des syndicats (du moins la CGT et Solidaires) ? 

Tout d’abord, avant l’analyse, il faut s’en féliciter ! Mais dire aussitôt qu’au sein de ces différentes structures les postures sont parfois partagées, et que certains se réfugient dans une attitude abstentionniste préférant commenter l’histoire plutôt que de s’y frotter.

Les délires sémantiques sur le terme « islamophobie » sont juste une discussion de salon pseudo-intellectuelle indécente. Comme si l’essentiel eût été dans les années 1930 de disputer les termes « judéophobie » et « antisémitisme », au lieu de se battre contre la fascisation de la société.

La situation est jugée inquiétante par chacune de ces organisations, qui ont bien compris que les gouvernements en place en Occident montrent du doigt les migrants et les musulmans, alors qu’ils sont eux-mêmes à l’origine des crises économiques, sociales, écologiques, institutionnel-les. S’attaquer au Capital implique de s’attaquer aussi aux discours racialisants.

Ensuite, certains, disent que la posture de cette gauche signataire de l’appel contre l’islamopho-bie est opportuniste et que le fond de leur présence réside dans le potentiel de voix que repré-sentent les quartiers populaires, pour ne pas dire les musulmans, pour les prochaines élections. Si tenir un discours antiraciste et pour l’égalité est suspecté de clientélisme, perso je suis client !

Est-ce que cela peut constituer une 1re étape dans la constitution d’un front social et politique contre l’islamophobie, et même au-delà ? Quels en sont les obstacles ?

Les luttes antiracistes ne sont pas hermétiques aux autres luttes du moment et les mobilisations des Gilets Jaunes du samedi résonnaient en ce dimanche. La réciproque est vraie et la mobili-sation contre les violences sexistes et sexuelles, celle à venir du 5 décembre pour la défense de nos conquêtes sociales, ont vu et verront des pancartes, des banderoles, des slogans,  des militants et militantes résolument antiracistes.

La période est traversée par des crises multiples, une inflation qualitative du racisme distillée du sommet vers les peuples et des résistances sociales. Nous sommes à la croisée des chemins, soit une fascisation de la société, soit un renversement du rapport de force en notre faveur pour l’égalité, toutes les égalités sociales.

Ce qui est certain, c’est que notre collectif y travaille et que nous allons nous retrouver avec un maximum de signataires pour envisager les suites de notre mobilisation. (Résumé)

Le 10 novembre dernier, une marche historique contre l’islamophobie a réuni, pour la première fois, des dizaines de milliers de manifestant·e·s, qui ont reçu le soutien de l’essentiel de la gauche sociale et politique. Le militant antiraciste Omar Slaouti a été l’un des organisateurs de cette marche ; après être revenu sur le contexte qui a motivé cette initiative, il en tire un premier bilan, revient sur les attaques médiatiques et politiques dont elle a fait l’objet, et en interroge les perspectives.

Propos recueillis par Ugo Palheta 2019-11-27

Source

https://www.anti-k.org/

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27 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

guaranis (anred)

 indio guarani
Les guaranis ont perdu leurs terres et maintenant leurs vies

Les guaranis revendiquent un accès à une eau saine

Ils demandent la mise en service d’un puits. Le réservoir d’eau potable qu’ils consomment est vide et les sécheresses sont chaque année plus aiguës.

Il y a huit ans que la communauté guarani Pasarela Nueva (Pasarela Payhu), de Montecarlo à Misiones Paraguay, revendique l’accès à l’eau potable. Aujourd’hui, ils traversent une période difficile car le réservoir par laquelle ils l’obtiennent habituellement est vide, en raison de la sécheresse qui sévit dans toute la province depuis le milieu de l’année.

Les communautés guaranis qui survivent à Misiones sont déplacées dans des zones de plus en plus petites et stériles, contraires à leurs moyens de subsistance habituels, sous la contrainte de l’agriculture, de l’élevage et de l’exploitation forestière de pins et d’eucalyptus.

Les habitants de Pasarela Nueva doivent parcourir 3 kilomètres à pied pour atteindre un étang qui a encore de l’eau, mais avec un facteur aggravant: ce lac est contaminé, probablement par des pesticides et cela provoque des maladies de peau et gastro-intestinales chez les habitants du village. Les enfants et les personnes âgées, plus vulnérables, doivent être hospitalisés fréquemment en raison de l’eau qu’ils consomment.

Malgré la demande désespérée à l’État, ce sont encore une fois les organisations sociales qui atténuent le problème. L’association Words of the Soul et la Fondation PIBES ont apporté des bidons le week-end dernier.

La solution est très simple et ne ruinerait pas le budget provincial, car dans la communauté, un puits a déjà été foré, mais il manque l’énergie électrique pour le faire fonctionner. C’est à 3,5 km du puits. C’est un scandale est de laisser le temps passer ans intervenir.

Agustina López Oribe 26 novembre

https://www.anred.org/

Commentaire:

Ce n’est pas dans 30 ans, c’est aujourd’hui. Les guaranis sont installés dans plusieurs pays, mais le pire c’est le Brésil de Bolsonaro.

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26 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

asiatiques (the guardian)

 tintin

Non au racisme contre les asiatiques!

« Vous entendez dire que les Chinois de France ont peur, c’est vrai »

Les personnes d’origine chinoise font depuis longtemps face aux préjugés et à la violence en France. Mais aujourd’hui, une nouvelle génération prend sa place dans la société.

Le 7 août 2016, Zhang Chaolin, un tailleur de 49 ans, a été sauvagement battu par un groupe de jeunes à Aubervilliers, une banlieue défavorisée de la banlieue nord de Paris, une des victimes d’une série d’agressions violentes contre les Chinois.

Comme les autres victimes, il a été pris pour cible en raison de la conviction répandue selon laquelle les membres de la communauté chinoise transportent une grande quantité de cash,  qu’ils sont dociles et peu susceptibles de se défendre; qu’ils hésitent à signaler des crimes parce qu’ils sont entrés dans le pays illégalement, qu’ils ne savent pas s’exprimer correctement en français, et que même s’ils le font, la police ne les prend pas au sérieux, ou simplement, que les Chinois « gardent çà pour eux».

En fin de compte, Zhang n’avait qu’un paquet de cigarettes et des bonbons sur lui. Il est décédé cinq jours plus tard des suites de ses blessures.

L’année suivante, le 26 mars, Liu Shaoyo, âgé de 56 ans, préparait le repas de ses enfants dans son appartement du 19e arrondissement de Paris lorsque la police est arrivée à son domicile à la suite d’un appel de voisins (la nature de la plainte reste incertaine).

La suite des événements est contestée: sa famille insiste fermement sur le fait qu’il avait simple-ment éviscéré du poisson et avait ouvert la porte en tenant toujours une paire de ciseaux de cuisine; la police affirme avoir agi en légitime défense. De toute façon, ils ont ouvert le feu, tuant Liu.

Au lendemain de la mort de chaque homme, d’énormes manifestations ont été organisées par les français d’origine chinoise, une communauté traditionnellement invisible et sous-représentée dans la vie publique.

J’ai été bouleversé par la vidéo d’une foule de plus de 15 000 personnes sur la place de la République en 2016, peu après la mort de Zhang, le 12 août, pour protester contre la poursuite des attaques contre l’ethnie chinoise à Paris. Une grande partie de ce que j’ai entendu dans les discours de ce jour-là, ainsi que dans les reportages des journaux et sur les médias sociaux, m’a semblé tragiquement familier: les cris d’un peuple qui se sent ignoré par l’État.

Nous travaillons dur, nous évitons les ennuis, personne ne se soucie de nous, nous devons nous battre tous seuls. Tels étaient les sentiments avec lesquels j’ai grandi dans ma famille d’origine chinoise de Malaisie – un sentiment de frustration et une douleur réprimée qui ont éclairé ma vision du monde.

Mais il y avait aussi quelque chose qui m’était totalement étranger dans ces manifestations: la dissidence ouverte, contester la hiérarchie et l’autorité. Les manifestants étaient extrêmement jeunes, extrêmement bruyants et, dans certains cas, disposés à recourir à des actions violentes – tout le contraire de comment les communautés chinoises d’outre-mer, les immigrés connus sous le nom de huaqiao – se sont toujours comportés.

En bref, les manifestations semblaient être nettement françaises.

J’avais été aussi surpris d’apprendre, comme la plupart des gens, que la France compte la plus grande population d’ethnie chinoise d’Europe. Dans un pays où les statistiques raciales s’accor-dent mal avec la notion d’égalité et de citoyenneté à la française, il est souvent difficile de trouver des chiffres précis, bien que la plupart des estimations suggèrent une population d’au moins 600 000 à 700 000 habitants, soit plus du double de celle du Royaume-Uni.

Il y a d’autres surprises. En France, où j’ai voyagé et vécu pendant plus de 15 ans, j’ai toujours pris l’habitude de qualifier quiconque d’apparence orientale ou asiatique de «chinois» une paresse frisant le racisme, en particulier depuis que la France abrite de grandes communautés vietnamiennes et cambodgiennes qui sont arrivées en grand nombre dans les années 1970 après les guerres dans les anciennes colonies françaises.

Mais comme je connaissais des membres des différentes communautés asiatiques, j’ai découvert que j’étais coupable d’avoir négligé un fait qui aurait dû être évident pour moi, à savoir que la grande majorité des Cambodgiens et des Vietnamiens en France sont de d’ascendance chinoise.

C’est-à-dire que comme moi, ils viennent de familles chinoises d’Asie du Sud-Est, familles qui avaient déjà émigré de leur pays d’origine avant de venir s’installer en Europe et pour qui le fait d’être un étranger fait partie intégrante de leur sens de l’identité. J’ai également appris les distinctions existant au sein de la communauté chinoise, principalement entre les Asiatiques du sud-est et les immigrants récents venus directement du continent.

(Voir la suite en lien)

Mardi 26 nov 2019 Tash Aw

https://www.theguardian.com/

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24 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

palestine climat (bds)

palestine climat

La Palestine est une question de justice climatique

L’apartheid israélien n’est pas « vert »

La crise climatique catastrophique est alimentée par les inégalités mondiales et mise en œuvre parles gouvernements et les sociétés complices qui placent le profit avant les gens et la planète. Partout, les moins puissants sont les plus touchés.

Les autochtones palestiniens qui vivent sous occupation et apartheid israéliens, sans aucun contrôle sur leur terre et leurs ressources naturelles, sont extrêmement vulnérables face à la crise climatique. Israël monopolisant les cultures, la hausse des températures exacerbe la désertification et la raréfaction de l’eau et de la terre, et créé un apartheid climatique.

Des sociétés multinationales comme AXA et HSBC, qui investissent dans l’énergie fossile, sont complices de l’oppression qu’Israël exerce sur le peuple palestinien. Elles investissent dans des entreprises qui arment Israël, financent ses colonies illégales et pillent la terre et les ressources naturelles palestiniennes.

Le blocus et les guerres d’Israël sur Gaza y empoisonnent la vie

Les aux usées ont infiltré l’aquifère de Gaza et s’écoulent dans la mer.

97 % de l’eau raréfiée de Gaza est impropre à la consommation humaine.

L’eau polluée est une cause essentielle de la mortalité infantile à Gaza.

Israël interdit aux Palestiniens l’utilisation de 20 % des terres arables de Gaza et verse des herbicides sur les terres agricoles de Gaza.

L’ONU dit que Gaza sera invivable d’ici 2020, sinon déjà maintenant.

Israël vole et détruit la terre et l’eau des Palestiniens

Israël a saisi le contrôle de toute la terre illégalement volée aux Palestiniens, qui ont subi un nettoyage ethnique et une dépossession en 1948, et d’au moins 60 % de la terre dans les Territoires Palestiniens Occupés (TPO) en 1967.

Dans les TPO, les colonies illégales d’Israël consomment six fois plus d’eau que les Palestiniens.

Depuis 1967, Israël a déraciné 800.000 oliviers, certains très vieux.

Israël « verdit » son image, tout en détruisant l’environnement

La prétention mensongère et raciste d’Israël de «faire fleurir le désert» est énoncée pour cacher sa violente destruction de la société palestinienne et ses pratiques non durables en agriculture et en utilisation de l’eau.

97,7 % de la production électrique israélienne proviennent de l’énergie fossile, y compris du gaz naturel partiellement extrait de l’exploitation illégale des ressources palestiniennes en gaz.

Israël cherche à exporter de l’énergie vers l’Europe pour y créer une dépendance envers ses sources d’énergie basées sur l’énergie fossile et produites illicitement.

Israël produit de l’énergie éolienne et solaire sur les terres illégalement occupée des Palestiniens et des Syriens.

La guerre, pilier de l’économie israélienne, est l’une des industries les plus polluantes au monde.

Les luttes contre le colonialisme, le racisme et la militarisation, et pour le climat, la justice économique et sociale, sont profondément interconnectées.

Les Palestiniens, comme tous les peuples du monde, recherchent la justice climatique en tenant pour responsables les gouvernements et les sociétés.

Le mouvement de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) conduit par les Palestiniens est un puissant moyen non-violent pour faire pression sur Israël pour qu’il mette fin à son régime d’oppression.

Source : BNC

22 novembre 2019 /  Comité National palestinien BDS (BNC)

https://www.bdsfrance.org/

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23 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

lithium bolivie (pùblico àl’e)

 bolivia

Le coup d’Etat bolivien sent le lithium

Le pays d’Amérique latine dispose de 21 millions de tonnes de ce métal alcalin, stratégique pour la transition énergétique, qui représente près de 70% des réserves mondiales.

La Bolivie est un pays minier depuis l’époque coloniale. Et s’il y a un département qui le représente, c’est celui de Potosí. «Cette ville condamnée à la nostalgie, tourmentée de froid et de misère, reste une plaie ouverte du système colonial américain: une accusation. Le monde devrait commencer par présenter ses excuses », a écrit Eduardo Galeano dans Les Veines Ouvertes de l’Amérique Latine en 1971.

Le département de Potosí est aujourd’hui dans une situation très différente. Selon une étude de la Millennium Foundation, en 2005, un an avant l’accession d’Evo Morales à la présidence, son PIB a augmenté de 5,5% jusqu’en 2017, avec quelques pics, comme celui de 24,25% en 2008. La dépendance à la mine, reste intacte: sans elle, le PIB moyen au cours de cette période tomberait à 2,9%.

En 2018, le PIB atteignait 4,1% et le secteur minier environ le tiers. À Potosí, sont produits 80% des minéraux de Bolivie, ce qui représente entre 55% et 60% du PIB. Le secteur minier est le troisième secteur productif et, par conséquent, dans tout le pays, et à Potosí en particulier, il est stratégique.

Le gouvernement du Mouvement vers le socialisme (MAS) a maintes fois affronté cette réalité tout au long de son mandat. Alors que les politiques d’extraction – que les économies périphériques sont souvent contraintes de développer – conditionnent la diversification de l’économie nationale, Morales a utilisé le secteur minier pour ses politiques sociales. Il a été essentiel pour que la pauvreté a diminué de 60,6% à 34,6% au cours de son mandat, avec une réduction de l’extrême pauvreté de 38,2% à 15,2%, parmi d’autres réalisations irréfutables.

Cette position a toutefois conduit la Bolivie à une relation conflictuelle avec les multinationales minières. La suspension des contrats hérités et les efforts visant à contrôler un secteur clé ont conduit le pays à plusieurs reprises devant des tribunaux d’arbitrage internationaux.

Des confrontations ou le gouvernement canadien a adopté un rôle particulièrement belliqueux, servant pratiquement de porte-parole aux multinationales de ce pays, qui concentrent environ 60% des mines dans le monde. Cependant, on estimait déjà en 2014 que ces litiges avaient coûté environ 1,9 milliard de dollars pour la Bolivie, le Financial Times lui-même a reconnu que la politique du gouvernement d’Evo Morales avait conduit le pays à tripler son économie et qu’un « record en réserves de change » avait été réalisé.

Le lithium bolivien et le différend géopolitique entre les États-Unis et la Chine

Un aspect du mandat de Morales a été le déclin de l’influence des États-Unis en Bolivie. Comme le montre une étude du CELAG, le pays était devenu l’un des principaux bénéficiaires de l’assistance américaine sur le continent jusqu’à l’expulsion de l’Ambassadeur Philip Goldberg et de l’Administration pour le contrôle des drogues (DEA) en 2008, un coup raté, et de l’USAID (Agence des États-Unis pour le développement international) en 2013. Ensuite, l’aide est tombée vertigineusement; avec une légère interruption de la tendance en 2014 et, surtout, en 2015, coïncidant avec les mois précédant le référendum constitutionnel de février 2016.

Malgré ces données, l’exploitation minière bolivienne reste le principal fournisseur d’étain, de tungstène, de fer et d’antimoine aux États-Unis et l’un des plus importants de cuivre, d’argent, d’or et de zinc.

Cependant, les relations commerciales entre la Bolivie et les États-Unis ont également été fortement affectées par le rôle croissant de la Chine dans la région: 21% des importations de Bolivie proviennent du géant asiatique (qui est également le principal créancier du pays). , alors que seulement 7,5% viennent des États-Unis. De toute évidence, le secteur minier a également été conditionné par ce différend, qui implique également d’autres acteurs tels que l’Allemagne, le Canada, la Russie ou le Japon. Et, en plus d’autres facteurs, il faut examiner le lithium.

Ce métal alcalin est stratégique dans le domaine technologique; encore plus, si possible, compte tenu des perspectives d’une transition énergétique qui affecte des secteurs tels que l’industrie automobile.

La société américaine SRK a certifié fin février que la Bolivie disposait de 21 millions de tonnes de lithium à Uyuni, ce qui représente près de 70% des réserves mondiales. Et tout porte à croire que la demande pour ce matériau doublera au moins d’ici à 2025.

Uyuni est dans le département de Potosí, à la frontière avec le Chili et l’Argentine. C’est dans ce triangle que l’on estime  que se trouve environ 85% du lithium mondial. Mais contrairement aux régions chilienne et argentine, l’extraction du lithium nécessite davantage d’innovations techniques pour s’adapter à la hauteur et à l’humidité qui gênent les systèmes d’évaporation.

Malgré l’intérêt de développer une industrie nationale du lithium, les exigences d’un investissement de cette ampleur n’étaient pas supportables pour la seule Bolivie. Aussi le gouvernement avait-il besoin de capitaux et de compétences étrangères.

Morales a subordonné l’investissement étranger à une alliance commune avec la société minière nationale COMIBOL et avec Bolivian Lithium Deposits (YLB). Ainsi, en décembre 2018, un accord a été conclu avec ACI Systems Germany (ACISA) pour exploiter le lithium d’Uyuni afin de produire des cathodes et des batteries au lithium ionique.

ACISA est une société allemande qui, entre autres clients, fournit des batteries à Tesla. De plus, en février dernier, la Bolivie a également passé un accord avec la société chinoise TBEA Group pour extraire le lithium de deux autres grandes mines de sel à Coipasa (département d’Oruro) et à Pastos Grandes (Potosí), conjointement avec YLB.

L’entrée de TBEA, ainsi que celle d’autres sociétés chinoises, telles que China Machinery Engineering, déjà implantées dans l’industrie du lithium dans le pays, a démontré l’expertise nécessaire pour développer de nouvelles techniques d’extraction. ACISA, en plus d’offrir de bonnes perspectives sur les bénéfices, a été interprétée comme une menace pour les grandes sociétés minières transnationales.

Cependant, et en plus d’autres conflits miniers, en octobre dernier, quelques semaines avant les élections générales, le Comité civique Potosi (Comcipo) a lancé une série de manifestations contre l’accord conclu avec ACISA, ainsi que contre celui conclu avec TBEA, afin d’exiger des redevances plus élevées pour Potosí sur l’exploitation du lithium.

Les accords prévoyaient une redevance de 3% pour le ministère. Les actions de protestation comprenaient une grève civique et la grève de la faim de certains des dirigeants de Comcipo, dirigée par son président Marco Pumari, ainsi que divers épisodes de violence et de racisme contre le MAS. Après avoir entamé des négociations directes avec Morales lui-même, dans lesquelles le gouvernement a contracté divers engagements avec Comcipo, et quelques jours avant les élections, Pumari a annulé la grève.

Après les élections, le 4 novembre, alors que le conflit post-électoral avait déjà éclaté (en raison d’une fraude présumée), le gouvernement a annulé l’accord conclu avec ACISA. À ce moment-là, Pumari était déjà actif sur d’autres fronts.

Le rôle de Marco Pumari et les manifestations de Comcipo

Pumari est un ancien militant du MAS, expulsé pour avoir détourné de l’argent de la jeunesse du parti. Dans un enregistrement audio diffusé en août dernier, il exprimait la nécessité de soutenir le candidat d’opposition Carlos Mesa. Pour cela, il a affirmé, avec des expressions remarquablement péjoratives, qu’il était nécessaire que «tous ces vinchucas (cafards), ces chulupis (indigènes) et tout le reste» votent pour que Mesa élimine enfin Morales de la présidence du pays.

Pumari a déclenché la grève de Comcipo en octobre et dirigé les discussions avec Morales. Mais face aux accusations de fraude portées par le militant ultra-droitier et fondamentaliste catholique Luis Fernando Macho Camacho du Comité civique de Santa Cruz, il n’a pas hésité pas à s’associer à lui. Pumari a joint son destin à celui de Camacho qui, en plus d’être un autre soutien régional des États-Unis, a, selon les informations recueillies par les médias argentins, a rencontré des représentants d’Argentine (auquel il aurait demandé l’asile si le coup d’État échouait) et d’Espagne, auquel il aurait indiqué l’incorporation des Forces armées au coup d’État.

Ce même jour, le gouvernement d’Evo Morales a annulé l’accord avec ACISA. Seulement deux jours plus tard, Pumari a rencontré Camacho.  Six jours plus tard, l’armée rejoindra le soulèvement civique-politique-policier qui porta le coup final au Président Morales. Pendant son exil au Mexique, Pumari a joué un scénario qui est désormais classique pour toute opposition de droite en Amérique latine: il est apparu sur CNN et a accusé Cuba et le Venezuela d’envoyer des tireurs embusqués contre les manifestations postélectorales sans fournir aucune preuve.

Le gouvernement de facto et les intérêts américains

Compte tenu des suspicions grandissantes quant au rôle des États-Unis dans le coup d’État en Bolivie – dénoncé par des personnalités telles que Noam Chomsky, Jeremy Corbyn, Bernie Sanders ou Roger Waters – on s’attend à ce que le gouvernement de facto actuel de Jeanine Áñez rétablisse une relation préférentielle avec les États-Unis. qui réponde à ses intérêts régionaux.

Il n’est pas surprenant que, dans le contexte de la répression féroce que ce gouvernement a déclenchée, certaines de ses premières mesures aient été l’expulsion du personnel médical cubain dans le pays, au grand plaisir des États-Unis, ou la sortie de l’ALBA.

Sans surprise, ACISA a déjà annoncé, avec l’abrogation de l’accord, qu’il était « certain que notre projet (…) sera en mesure de se poursuivre après une phase de calme et de clarification politique ».

Canadian Pure Energy Minerals, également fournisseur de Tesla et déjà positionné à Uyuni, attend un contexte politique favorable. En tout état de cause, l’incertitude entourant le lithium augmente avec l’instabilité du pays (ainsi que celle du Chili, de l’Équateur et du Pérou), en raison des investissements considérables et de la résistance sociale.

Le coup d’État en Bolivie semble mettre en évidence l’inquiétude croissante des États-Unis face à la possibilité d’un cycle progressiste sur le continent. Cependant, s’il est vrai que, comme le disait Hugo Chávez, l’OEA laisse une forte odeur de pétrole, il semble chaque jour plus remarquable que ce coup pue également le lithium .

Alejandro Pedregal est un écrivain, cinéaste, professeur et chercheur. Son dernier ouvrage, Evelia: témoignage de Guerrero (Akal / Foca, 2019), rassemble le témoignage de la défenseure sociale Evelia Bahena García dans son combat contre les sociétés minières de l’État de Guerrero (Mexique). Il est médecin du département de cinéma, de télévision et de scénographie de l’université d’Aalto (Finlande) et professeur à l’Unité des arts élargis (UWAS) du même établissement

Alejandro Pedregal 20 novembre 2019

https://ctxt.es/es/

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Eduardo Galeano

Bolivie. Le rôle de la religion dans le coup. Deux modèles de «christianisation» (A l’Encontre)

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20 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

bolivie (courrier-international essf)

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Le wiphala, emblème sacré des peuples indigènes en Bolivie

Ces jours-ci, dans les rues agitées des villes boliviennes, l’emblème multicolore des peuples indigènes est brandi à la fois pour protester et pour se protéger des violences, constate Página Siete, qui revient sur ce symbole de l’identité bolivienne.

Le wiphala et son petit air d’arlequin avec ses couleurs vives est partout dans les rues de la capitale administrative, La Paz, ou d’El Alto, non loin de là. Ce drapeau, “l’un des emblèmes patriotiques de la Bolivie, est devenu un symbole à la fois pacifique et guerrier”, note Página Siete.

Il y a ceux qui le brandissent ou s’en drapent en défilant dans la rue, et ce sont les partisans d’Evo Morales, qui réclament le retour de leur président, exilé depuis sa démission, le 10  novembre. Des cocaleros – cultivateurs de feuilles de coca – et des citoyens sympathisants du MAS, le parti d’Evo Morales.

Et il y a ceux qui ne veulent surtout pas être la cible d’agressions contre leur commerce, leur maison, leur voiture et arborent désormais le wiphala sur leur façade ou en couvrent leur  véhicule. “C’est pour qu’on sache que je ne suis pas contre eux, témoigne une commerçante d’un marché de La Paz. Je veux seulement travailler.”

Un symbole sacré

Le drapeau wiphala est devenu en l’espace de quelques jours un symbole honni par les adver-saires d’Evo Morales les plus extrémistes, un étendard de protestation contre son départ, et une “amulette pour se protéger”, explique le journal.

Le 11 novembre dernier, après le départ du président Evo Morales, le wiphala a été retiré du siège du gouvernement et brûlé devant les caméras par des opposants échauffés, provoquant la colère de nombreux Boliviens, quelle que soit leur posture dans le conflit.

Aussitôt, les réseaux sociaux se sont emplis de messages demandant de respecter le wiphala, alors que dans le même temps, d’autres images circulaient, montrant des policiers qui retiraient le ruban aux couleurs du wiphala de leur uniforme.

Depuis 2009 et la nouvelle Constitution bolivienne promulguée par Evo Morales, le wiphala est devenu l’emblème national aux sept couleurs des peuples indigènes. Du vert pour l’agriculture, du rouge pour la Terre mère, du jaune pour la force et l’énergie…

Issu de mots aymaras, son nom signifie “le triomphe qui ondule sous le vent”. Et selon l’article 28 de la Constitution qui l’évoque, le wiphala est “un symbole sacré du système communautaire fondé sur l’équité, l’égalité, l’harmonie, la solidarité et la réciprocité”.

20/11/2019

https://www.courrierinternational.com/

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Bolivie : se mobiliser contre le coup d’État

Bolivie : les enjeux cachés du coup d’état

 

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16 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

bolivie (arc essf vc)

bolivia

Bolivie : A bas le coup d’Etat!

A bas les agressions fascistes!

Solidarité avec les luttes des travailleur·ses!

21 octobre 2019, Evo Morales s’attribue la victoire au premier tour lors des élections présidentielles boliviennes. Cette décision est contestée par la droite et les secteurs aisés du pays qui descendent dans la rue.

Un audit de l’OEA met un avant une série d’irrégularités graves, ce qui force le gouvernement à appeler à des nouvelles élections pour essayer de contrôler la situation. Mais les manifestations ne reculent pas et la police bolivienne refuse de défendre le gouvernement face aux manifestants.

Cela va donner confiance à l’opposition de droite et d’extrême droite qui va prendre d’assaut le palais présidentiel, y brûler les symboles indigènes (1) pour les remplacer par des symboles religieux (2), prendre en otage plusieurs proches du régime, passer à tabac et tondre publique-ment une députée, saccager puis mettre le feu aux domiciles des différents membres du gouvernement… Le coup d’État se matérialise avec la demande de démission du président de la part de l’armée. Acculé , le président Morales va démissionner le 10 novembre 2019.

Evo Morales, le premier président indigène de la Bolivie, est arrivé au pouvoir en 2005. D’inspi-ration bolivarienne et réformiste, son élection représentait l’institutionnalisation et canalisation des luttes des paysan·nes, des indigènes et des travailleur·euses qui avaient connu leur plus grand mouvement en 2003.

Depuis son arrivée au pouvoir, il a mené une série de réformes et nationalisations, ayant notamment pour résultat de faire chuter drastiquement le taux de pauvreté, d’accroître massi-vement le nombre de femmes et d’indigènes dans les instances politiques, tout en développant les services publics.

Cependant ces réformes restent très modestes au regard des ressources du pays. Mais avec la chute des mobilisations sur lesquelles il s’était appuyé pour arriver au pouvoir, le parti multiplie les concessions : tout d’abord en étouffant et réprimant les mouvement sociaux qui demandaient un changement plus profond du pays.

Puis, avec le soutien de la bourgeoisie terrienne de Santa Cruz, en tolérant la déforestation massive ou en levant plusieurs lois restrictives sur l’exportation de viandes et en permettant l’importation d’OGM ;

Ensuite avec le soutien de la bourgeoisie minière et de l’impérialisme, en cédant notamment des mines de lithium (principale ressource rare du pays) à une multinationale allemande en lien avec Tesla ; mais également au sein même du parti, où le MAS a accepté en tant que sénateur·rices ou candidat·es plusieurs grand·es propriétaires, et a fermé les yeux sur plusieurs affaires de corruption… Toutes ces politiques mortifères sont en partie responsables d’une perte de confiance en Morales, expliquant la chute électorale de 61% à (selon le régime) 45% en 5 ans.

50 ans après Allende, la Bolivie semble devenir une nouvelle illustration de l’impasse stratégique du réformisme en Amérique Latine. C’est d’ailleurs vers l’armée que s’est d’abord tourné Morales, en multipliant les hausses de salaires et achats d’équipements, en promettant une nouvelle élection et en cherchant une porte de sortie constitutionnelle…

Mais alors que les derniers généraux lui tournaient le dos (le poussant à fuir au Mexique), c’est bel et bien des travailleur·euses qu’est venue la contre-offensive.

Ainsi des milliers de paysan·nes indigènes sont descendu·es vers la capitale au cri de “mainte-nant oui, la guerre civile !”, des ouvrier·ières ont également bloqués plusieurs mines et routes du pays, et les syndicats ont menacés de mettre en place leur propre police. Mais les secteurs aisés du pays s’organisent en bandes fascistes, agressant physiquement (et non plus symboli-quement), les paysan·nes indigènes, montrant leur fort racisme. Ce sont ces bandes que la police bolivienne a refusé de réprimer.

En face , les putschistes semblent encore divisés…

D’un côté la droite traditionnelle et la bourgeoisie minière, représentée par l’ancien président Carlos Mesa, qui cherche une sortie constitutionnelle à la crise avec l’aide de l’OEA (3). De l’autre, l’extrême droite catholique et la bourgeoisie terrienne de Santa Cruz, représenté par Luis Fernando Camacho, qui souhaite la mise en place d’un gouvernement militaire.

Ce sera peut-être un gouvernement de coalition qui sortira de cette crise, qui aura à coeur de réprimer la contre-offensive des travailleurs, de briser les organisations syndicales, et de balayer les différents acquis en terme de partage des richesses, de droits des femmes et des indigènes, le tout sous le regard bienveillant des Etat-Unis (4).

La situation est encore très incertaine mais recèle de graves dangers pour les travailleur·ses de Bolivie si les putschistes parvenaient à s’installer au pouvoir. Nous leur témoignons notre pleine solidarité internationaliste. Ils et elles luttent pour arracher une fois pour toute leur pays des mains de l’impérialisme et de la bourgeoisie bolivienne, et ce combat est aussi le nôtre.

Hasta la victoria siempre !

Nev 13 novembre 2019

https://alt-rev.com/

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La Via Campesina dénonce le coup d’Etat en Bolivie (Via Campesina)

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15 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

guipavas tsiganes (le-télégramme pùblico)

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Guipavas. Maison de quartier de Coataudon : une exposition sur les Tsiganes durant la Seconde Guerre mondiale

Zino et Poupa Lagréné racontent avec passion et émotion leur passé si lourd et leur espoir d’un avenir meilleur construit grâce à la parole qui se libère

Durant un mois, la Maison de quartier de Coataudon va accueillir une exposition sur les Tsiganes durant la Seconde Guerre mondiale. L’occasion de découvrir un pan de l’histoire pas très connu, au grand dam de Zino et Poupa Lagréné, un couple de Brestois arrêtés et déportés alors qu’ils étaient tout jeunes.

Du jeudi 21 novembre au dimanche 22 décembre, à la Maison de quartier de Coataudon (MQC), à Guipavas, se tiendra une exposition ayant pour thème « Les Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale ». Elle a été créée pour la Roulotte, le centre social mobile de la métropole brestoise et présente un pan de l’histoire très peu connu à travers des panneaux, des photos et des témoignages d’époque.

Afin d’approfondir ce sujet, une soirée sera organisée le vendredi 22 novembre, à partir de 18 h, à la MQC. Elle permettra la projection d’un court-métrage de Jean-Baptiste Pellerin, « Ils ont eu la graisse, ils n’auront pas la peau », et elle sera marquée par les témoignages de Michel Lagréné, dit Zino, et sa femme Anna, dite Poupa, qui ont été déportés dans les camps d’internement alors qu’ils étaient tout jeunes.

« J’avais 15 mois quand j’ai été déportée »

Aujourd’hui sédentaires, ils sont mariés et vivent sur le terrain d’accueil situé zone de Kergara-dec. « J’avais quinze mois en 1940 quand, avec ma famille, nous avons été arrêtés et déportés quelque part en Belgique. Libérés en 45, nous avions peur de parler et que cela recommence. Nous n’avions plus rien, si ce n’est la guitare de mon père et un duvet. Alors qu’avant la guerre, nous avions des caravanes et des chevaux », raconte Poupa.

« Nous n’avons été libérés qu’en 1946, un an après la fin de la guerre »

Pour Zino, natif de Morlaix, l’histoire est similaire : « Les gendarmes de l’époque nous ont arrêtés et emmenés à la gare vers le Maine-et-Loire, dans un camp d’internement à Montreuil-Bellay. Mon père a tenté et réussi à s’échapper. Mais avec le reste de la famille, nous n’avons été libérés qu’en 1946, un an après la fin de la guerre. J’avais alors six ans ».

« Nous sommes Français »

Pour eux, il est désormais important de parler pour faire connaître à tous leur histoire et leur culture. « Nous voulons raconter notre passé qui a été oublié, même des livres scolaires. Dire que nous sommes Français depuis des siècles. Nous ne comptons plus les discriminations dont nous sommes sujets. Pourtant, nous sommes Français… Français manouches, comme il y a des Français bretons, corses ou alsaciens… ».

Pratique

Exposition jusqu’au 22 décembre à la Maison de quartier de Coataudon, rue Maurice-Hénensal.

Ouverte

le lundi de 13 h 30 à 14 h 30,

le mardi de 9 h à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h,

le mercredi de 9 h à 17 h 30,

le jeudi de 13 h 30 à 17 h et

le vendredi de 9 h 30 à 12 h 30 et de 13 h 30 à 17 h.

Contact : Maison des solidarités, tél. 02 98 32 88 33.

  14 novembre 2019
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