Archive | Antiracisme

21 février 2017 ~ 0 Commentaire

racisme ( état d’exception)

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La fragilité blanche : pourquoi est-ce si dur de parler aux Blancs de racisme ?

Je suis blanche. J’ai passé des années à étudier ce que cela signifie d’être Blanc dans une société qui proclame l’insignifiance de la race, alors que celle-ci structure profondément la société.

Voilà ce que j’ai appris : toute personne blanche vivant aux Etats-Unis va développer des opinions sur la race simplement en baignant dans notre culture.

Mais les sources traditionnelles – écoles, manuels scolaires, médias – ne nous fournissent pas les multiples points de vue dont nous avons besoin. Oui, nous allons développer des opinions chargées d’émotions fortes, mais ce ne seront pas des opinions bien informées. Notre socia-lisation nous rend racialement analphabètes. Lorsque vous y ajoutez un manque d’humilité vis-à-vis de cet analphabétisme (parce que nous ne savons pas ce que nous ne savons pas), vous obtenez la fuite que nous voyons si souvent lorsqu’on essaie d’engager les Blanc-he-s dans des conversations significatives sur la race.

Les définitions courantes du dictionnaire réduisent le racisme à des préjugés raciaux indivi- duels et aux actions intentionnelles qui en résultent. Les personnes qui commettent ces actes intentionnels sont réputées mauvaises, et celles qui ne les commettent pas sont bonnes. Si nous sommes contre le racisme tout en ignorant commettre des actes racistes, nous ne pou- vons pas être racistes ; le racisme et le fait d’être une bonne personne, s’excluent mutuel- lement. Mais cette définition contribue peu à expliquer comment les hiérarchies raciales sont systématiquement reproduites.

Les sciences sociales comprennent le racisme comme un système multidimensionnel et hautement adaptatif – un système qui assure une répartition inégale des ressources entre les groupes raciaux. Parce que les Blanc-he-s ont bâti et dominent toutes les institutions impor- tantes (souvent au détriment et grâce au travail non rémunéré des autres groupes), leurs intérêts sont intégrés dans la fondation de la société états-unienne. Que des personnes blanches puissent être contre le racisme, elles n’en bénéficient pas moins de la répartition des ressources contrôlées par leur groupe.

Oui, une personne racisée [person of color ] peut s’asseoir à la table du pouvoir, mais l’écrasante majorité des décideurs seront blanc-he-s. Oui, les personnes blanches peuvent rencontrer des problèmes et faire face à des obstacles, mais le racisme systématique ne sera pas l’un d’eux. Cette distinction – entre les préjugés individuels et un système de pouvoir institutionnalisé racialement inégal – est fondamentale. On ne peut comprendre comment fonctionne le racisme aux États-Unis aujourd’hui si l’on ignore les relations de pouvoir entre groupes. (…)

Robin DiAngelo18 juin 2015

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https://www.etatdexception.net/

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20 février 2017 ~ 0 Commentaire

théo adama (npa + politits + essf)

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Vérité pour Théo, Adama et tous les autres… Police partout, justice nulle part

Le viol de Théo avec une matraque par un policier entouré de trois collègues, marque une escalade effrayante dans la toute-puissance policière. Alors qu’au même moment, le Sénat et l’Assemblée nationale viennent de renforcer encore les pouvoirs de celle-ci en adoptant une loi sur la sécurité publique.

Ce crime s’inscrit dramatiquement dans une série de comportements délictueux de policiers, encouragés par l’état d’urgence permanent et l’inflation de lois sécuritaires.

Des policiers en infraction permanente

C’est d’abord la pratique de la discrimination quotidienne. Les contrôles d’identité sont 20 fois plus nombreux pour les jeunes noirs et arabes que pour le reste de la population, d’après Jacques Toubon, le Défenseur des droits. Pour cette discrimination, l’État français a déjà été condamné à deux reprises.

De plus, celui-ci n’encadre ni la quantité – le récépissé promis n’a jamais été mis en place – ni les motifs et résultats de ces contrôles et encore moins leur mode opératoire. Ce harcèlement favorise tous les abus dans les quartiers populaires : tutoiement, injures, injonctions guerrières du type « tous contre le mur », palpations, coups de matraque dans les jambes pour mieux les écarter. Mais aussi brutalité gratuite envers les migrantEs et les SDF qui, non seulement sont chassés, mais la destruction de leurs vêtements, sacs et abris de fortune, est quasi systématique. Les injures à caractère raciste et homophobe pourtant punies par la loi, sont légion. Parmi toutes, « Bamboula » que même le patron du syndicat Unité SGP Police-Force ouvrière, Luc Poignant, estime « à peu près convenable » et le juge Bergin « presque affectueux » (!) : le passé colonial français est toujours bien vivant au sommet de l’État et dans une partie de la société…

Le viol, nouvel outil du maintien de l’ordre ?

Le viol de Théo n’est ni un accident ni une bavure. Il s’inscrit dans la logique de gestes et injures à connotations sexuelles, dans la suite de plusieurs affaires similaires restées impunies. Il est une conséquence de l’hyper violence policière structurelle. L’IGPN tente de banaliser ce crime – « un accident regrettable » – soutenue en cela par le parquet : « il n’y a pas viol puisqu’il n’y a pas eu l’intention ».

Cela revient à changer la loi qui dit que le viol est une pénétration non consentie. C’est prioriser la parole du violeur, qui ne l’aurait pas fait exprès, et minorer celle de la victime, qui elle a pourtant bien été contrainte. Plus l’État agit au service de cet ordre économique et social de plus en plus injuste et inégalitaire, plus il apparaît pour ce qu’il est vraiment : « une bande d’hommes armés », prêt aussi à terroriser par le viol… Comme dans toutes les guerres.

L’État policier c’est maintenant !

L’hyper violence policière s’appuie sur l’impunité dont elle bénéficie ainsi que sur l’alourdissement de toutes les peines pour tous les autres. Ainsi à Aulnay-sous-Bois, le policier violeur est remis en liberté en attendant la requalification des faits… mais cinq jeunes, jugés en comparution immédiate, sont condamnés à des peines de prison pour « délit d’embuscade ». Utilisé pour la première fois, « ce délit permet la condamnation en l’absence de violences commises », dixit la procureure !

Et la dernière loi relative à la sécurité publique, adoptée en procédure rapide il y a quelques jours, satisfait la quasi-totalité des manifestations policières factieuses de l’automne. Elle assouplit les règles de légitime défense, ce qui revient à autoriser les tirs des policiers en supprimant l’obligation d’en rendre compte, elle leur permet de garder l’anonymat dans certains cas,et elle double les peines pour outrage. Elle autorise aussi l’armement des agents de sécurité. De futures milices ? Enfin elle renforce les moyens pour le contrôle administratif des expulsions de migrantEs. Le Défenseur des droits estime, lui, qu’elle donne une bien trop grande liberté à la police.

On ne va pas se laisser faire

Nous ne devons compter que sur nous-mêmes pour les arrêter. À Aulnay, à Bobigny, à Paris et dans des dizaines de villes, des milliers de personnes se sont rassemblées pour dire leur émotion, leur colère, leur solidarité avec Théo, pour scander « pas de paix sans justice », « flic violeur en prison », « justice pour Théo, Adama et tous les autres ».

Maintenant, touTEs ensemble, il nous faut aller plus loin. L’appel des familles des victimes des violences policières, soutenu par de nombreuses associations, syndicats et partis nous invite à une marche nationale pour la justice et la dignité le dimanche 19 mars. Nous devons être nombreuses et nombreux à répondre présent !

Roseline Vachetta

Mardi 14 février 2017

https://npa2009.org/

brest

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20 février 2017 ~ 0 Commentaire

barcelone (france info + bastamag + npa)

La maire de la ville avait appelé les manifestants à « emplir les rues » pour cette marche intitulée « nous voulons accueillir »

Cent soixante mille manifestants se sont rassemblés samedi 18 février à Barcelone, selon une estimation de la police municipale. Ils réclamaient que l’Espagne accueille « dès maintenant » des milliers de réfugiés, comme elle s’y était engagée en 2015.

La maire de gauche de la ville, Ada Colau, avait appelé les manifestants à « emplir les rues » pour cette marche intitulée « nous voulons accueillir ». Ils étaient nombreux à porter la pancarte « plus d’excuses, accueillons maintenant » le long de la Via Laietana, l’avenue traversant la vieille ville jusqu’au port. La manifestation s’est terminée symboliquement au bord de la Méditerranée, où plus de 5 000 migrants ont péri en 2016.

Seuls 1 000 migrants accueillis

En vertu de ses engagements envers l’Union européenne, l’Espagne devait recevoir quelque 16 000 candidats à l’asile déjà admis dans d’autres pays, à partir de 2015. Barcelone avait présenté dès le mois d’août 2015 un plan pour accueillir des réfugiés en provenance de Syrie, d’Irak, d’Afghanistan ou d’Erythrée. Mais seuls 1 100 migrants sont arrivés jusqu’à présent.

La présidente de la députation provinciale de Barcelone, Mercè Conesa, a jugé mercredi 15 février qu’il était « honteux » que l’Espagne n’ait pas respecté sa promesse. Aux côtés de maires de villes de Catalogne, elle a demandé que la Commission européenne « commence à sanctionner de façon sévère » les pays ne respectant pas leur engagement en la matière.

http://www.francetvinfo.fr/

Lire aussi:

« Nous voulons accueillir » : manif géante à Barcelone en faveur des réfugiés (Basta)

« MigrantEs, chez nous, c’est chez vous ! » NPA

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15 février 2017 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

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Justice pour Théo, Adama et toutes les victimes de violences policières

Le 2 février dernier, à la cité des 3 000 à Aulnay-sous-Bois, un banal contrôle de jeunes par des flics soi-disant « spécialisés » dans l’intervention dans les quartiers « difficiles » a dégénéré. Cette fois-ci c’est Théo, un jeune homme de 22 ans, qui se retrouve hospitalisé, avec 60 jours d’Interruption totale de travail suite aux violences des flics qui ont été jusqu’au viol. Son crime ? Ne pas avoir laissé un policier gifler un gamin !

Une violence policière spécifique aux jeunes des quartiers populaires et aux migrantEs

Ce viol s’inscrit dans un longue suite d’actes délictueux commis par des policiers dans les quartiers populaires. Des contrôles d’identité incessants et discriminatoires, les jeunes noirs et arabes sont 20 fois plus contrôlés que le reste de la population, aux propos et actes racistes ou homophobes en passant par le tutoiement, les coups, aujourd’hui les tirs en l’air à balles réelles, presque chaque mois un blessé grave ou un mort, la violence policière dans les quartiers populaires est systématique. Elle s’étend aux migrantEs, pourchasséEs dans les rues des villes, de plus en plus souvent victimes de brutalités policières gratuites comme le saccage de leurs maigres biens.

Violence d’État

Hollande et son gouvernement imposent depuis fin 2015 un état d’urgence qui supprime une grande partie de nos droits et libertés et accroît les pouvoirs de la police. Une police qui a 70% s’apprête à voter FN à la présidentielle !

Le vote ce mois-ci d’une énième loi sur la sécurité satisfait toutes les revendications portées par les manifestations illégales des policiers : élargissement de la légitime défense qui conduit à un véritable permis de tuer, anonymat des policiers dans certains cas, armement des vigiles, augmentation des moyens pour faciliter les expulsions de migrantEs.

Ce gouvernement a besoin d’une police aux pouvoirs quasi illimités pour contrôler et maintenir une partie de la population de plus en plus victime de sa politique scandaleuse : casse du Code du travail, des acquis sociaux, des services publics… Une population qui se révolte, sur les quartiers populaires contre les exactions policières dans les rues contre la loi travail il y a quelques mois, qui se bat à Notre Dame des Landes ou qui se solidarise avec les migrantEs.

Le 19 mars: marche nationale pour la vérité et la dignité !

Comme dans l’affaire Adama Traoré et les poursuites contre ses frères, après tant d’autres, le NPA, avec tous les collectifs qui luttent contre les crimes policiers (presque toujours impunis), exige la vérité et la justice pour Théo. Plus largement, les quartiers populaires ne doivent plus être des zones dans lesquelles les policiers peuvent impunément jouer les cow-boys, assurés d’un paratonnerre judiciaire !

Il faut en finir avec le quadrillage sécuritaire de ces quartiers, ainsi qu’avec le ciblage et les violences racistes de la police ! C’est pour cela que le NPA appelle à la manifestation nationale à Paris du 19 mars prochain, manifestation contre les violences policières mais aussi pour la libre circulation des migrantEs.

Pour le NPA, la police doit être désarmée, au contraire des mesures prises sans cesse ces vingt dernières années. Nous revendiquons également la dissolution de tous les corps spéciaux intervenant et réprimant brutalement dans les quartiers populaires (comme la BAC ou les Brigades spécialisées de terrain).

Pour en finir avec les contrôles au faciès, qui sont le support et le prétexte à tant de violences policières, nous réclamons aussi la mise en place d’un récépissé à chaque contrôle (promesse de Hollande en 2012, aussitôt enterrée).

Tous et toutes dans la rue le 19 mars !

http://www.anti-k.org/

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12 février 2017 ~ 0 Commentaire

rohingyas (libération)

Bangladesh garment workers

Bangladesh : Thengar Char, l’île de la relégation pour les Rohingyas

Face à l’afflux de réfugiés musulmans en provenance de Birmanie, Dacca envisage de déplacer ces populations menacées dans la baie du Bengale.

Une vaste galette boueuse et herbeuse qui émerge à une dizaine de mètres au-dessus des eaux limoneuses de la baie du Bengale. Voilà Thengar Char. Sur certaines cartes du Bangladesh, cette île formée il y a une dizaine d’années par les sédiments charriés par la rivière Meghna n’est même pas mentionnée. Les dernières photos prises par l’agence Reuters montrent des buffles y paissant devant des arbustes et un littoral terreux qui va mourir dans la mer. Sinon, rien. Pas de réseau téléphonique, ni d’infrastructures. C’est sur cette île de 2 400 hectares, soumise aux cyclones et aux inondations, que le gou­vernement ban­gladais ambitionne de transférer plusieurs dizaines de milliers de Rohingyas. Ces musulmans privés de citoyenneté fuient l’ouest de la Birmanie, où ils sont victimes d’un apartheid de fait depuis une quarantaine d’années. Le Bangladesh espère ainsi trouver une issue à la pression migratoire qui s’est intensifiée ces dernières semaines. Mais le projet a tout d’une relégation dans un no man’s land terminus pour ces parias de l’Asie.

Depuis ­l’attaque d’un poste de police à la frontière, le 9 octobre, par ce qui ­ressemble à des assaillants islamistes, l’armée birmane a lancé en représailles une offensive qui s’apparente à du nettoyage ethnique dans le nord de l’Etat Rakhine (ouest de la Birmanie), épicentre des exactions contre les Rohingyas. Près de 70 000 d’entre eux ont franchi la frontière du Bangladesh, qui en ­comptait déjà sur son sol ­entre 230 000 et 500 000, arrivés au cours de précédentes crises dans les années 70 et 90, lorsque la junte birmane a encouragé leur fuite. Si en Birmanie les Rohingyas sont parfois moins bien ­traités que des animaux de ­compagnie, ils ne sont pas spécialement bienvenus non plus au Bangladesh. Fin janvier, Dacca a en effet dit redouter des problèmes «de loi et d’ordre», et la propagation de maladies si les réfugiés se mélangeaient à la population.

«Politique de la terreur»

Dimanche, le ministre bangladais des Affaires étrangères, Abul Hassan Mah­mud Ali, a répété que la minorité musulmane était «vulnérable», précisant que «des réseaux sont apparus […] afin de se livrer à des ­trafics d’êtres humains et de la contrebande de stupéfiants». Le gouvernement a donc ressorti du placard son plan de déménagement des Rohingyas à Thengar Char. A deux heures de bateau au sud du village de Hatiya, l’île est «uniquement accessible en ­hiver, et c’est un paradis pour les pirates», selon la description d’un responsable bangladais à l’AFP.

En 2015, alors que la région faisait face à une fuite massive de boat people et à une crise humanitaire d’ampleur, la Première ministre, Sheikh Hasina, avait ordonné le transfert à Thengar Char des Rohingyas établis dans la région de Cox’s Bazar, destination touristique de premier plan que le Bangladesh tente de promouvoir. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) avait alors alerté sur un projet «très complexe et controversé». Il n’empêche. Dimanche, Abul Hassan Mah­mud Ali est revenu à la charge en le défendant devant le corps diplomatique et les grandes ONG internationales à Dacca. Il s’est engagé à «construire les infrastruc­tures nécessaires – écoles, centres de santé, mosquées, routes – afin de rendre l’endroit habitable». Il a également promis que le transfert n’aurait lieu «qu’après l’achèvement des activités de développement».

Exécutions sommaires

Pour l’heure, seulement 33 000 Rohingyas vivent dans les camps de Kutupalong et Nayapara mis en place par le HCR au Bangladesh, au sud de Cox’s Bazar. Des dizaines de milliers d’autres sont installés dans des campements improvisés et très précaires près des structures du HCR. Tous les jours, ils voient arriver d’autres Rohingyas chassés de l’Etat Rakhine par une opération de répression «généralisée et systématique», comme l’écrivait le 3 février le Haut Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme dans un rapport dénonçant la ­«politique de la terreur» des forces birmanes. Depuis trois mois, des villages ont été rasés et incendiés, des exécutions sommaires et des viols commis à grande échelle, ­faisant «plusieurs centaines de morts». L’ONU a documenté des exactions s’apparentant «très probablement» à des crimes contre l’humanité, qui fragilisent le pouvoir de la «conseillère d’Etat» (équivalent de Première ministre), Aung San Suu Kyi.

Par ailleurs, la question rohingya vire à la crise régionale et divise l’Association des Etats de l’Asie du Sud-Est (Asean) : les autorités bangladaises s’adressent à la communauté internationale, l’appelant à prendre des «mesures significatives pour le rapatriement de cette population vers la Birmanie», tandis que cette dernière n’accepte d’envisager cette solution que pour les personnes parties depuis le 9 octobre, et seulement quand la situation dans l’Etat Rakhine sera revenue «à la normale». Ce que les Rohingyas n’attendent plus.

Arnaud Vaulerin Correspondant au Japon 8 février

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12 février 2017 ~ 0 Commentaire

mineurs migrants (francetv)

irish

Aide aux migrants : « Aucun mineur ne doit dormir dehors en France », selon Cédric Herrou

L’agriculteur des Alpes-Maritimes, Cédric Herrou, était l’invité de franceinfo, vendredi 10 février, apès avoir été condamné ce matin à 3 000 euros d’amende avec sursis par le tribunal correctionnel de Nice. L’homme âgé de 37 ans a été condamné pour avoir aidé des migrants à transiter clandestinement de l’Italie vers la France.

franceinfo : Le parquet avait requis huit mois de prison avec sursis, vous écopez de 3 000 euros d’amende au final. Êtes-vous êtes satisfait de ce jugement ?

Cédric Herrou : Oui. Ces 3 000 euros avec sursis, je ne les payerai que si je recommence dans les mêmes conditions. D’après ce que j’ai compris, il n’y a pas eu de traçabilité des personnes. Je dois maintenant fournir un récit de vie sur ces gens-là. La justice me le demande. On pallie, en fait, une carence de l’État. Désormais, notre objectif va être de travailler sur un côté juridique. On doit mettre en évidence que la reconduite de mineurs isolés de la France vers l’Italie est illégale ainsi que le non respect des admissions pour les majeurs.

Allez-vous continuer à aider ces migrants ?

Oui. J’ai en ce moment cinq mineurs à la maison. Ils attendent d’être pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance. Les rapports vont un peu mieux avec l’ASE. La prise en charge a évolué. Ils ont ouvert d’autres centres et ils commencent à s’adapter à la situation des Alpes-Maritimes. Il faudrait maintenant qu’il y ait un accueil des majeurs. Nous sommes le seul département en France où il n’y a pas de Centre d’accueil d’orientation 5CAO). Il faut vraiment que la région et le département agissent.

Y-a-t-il encore beaucoup de migrants dans les régions montagnardes de l’Italie ?

Là c’est l’hiver, il y a donc un peu moins de monde que pendant l’été. Après, ce n’est pas non plus l’invasion. Nous, nous avons accueilli au maximum 250 personnes sur une vallée de 2 000 habitants. Nous l’avons fait avec des fonds personnels et associatifs. Nous ne sommes pas des surhommes, ni très riches. Cela prouve bien que c’est possible. L’État doit s’inspirer un peu de ce qu’on fait et agir ! Chez nous, il n’y a aucun mineur qui dort dehors. À Paris, il y en a 400, alors que l’État français se doit d’héberger des gens. Je rappelle que des mineurs en situation irrégulière ça n’existe pas. Il ne faut pas qu’il y ait un racisme d’État, qui fasse une distinction entre Noirs et Blancs. Aucun mineur blanc ne dort dehors, ça devrait être la même chose pour les mineurs noirs.

« L’État doit s’inspirer un peu de ce qu’on fait et agir ! », estime Cédric Herrou

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09 février 2017 ~ 0 Commentaire

fn (npa)

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Au programme, une comédie dramatique. Rien de bien nouveau

Une partie du public s’attendait à un « grand » nom… Alain Delon, connu pour ses opinions plus que droitières ? Au final, il aura eu Franck de Lapersonne, comédien qui est monté sur scène au centre des congrès de Lyon…

Son public, c’était les participants aux « Assises présidentielles » du FN, organisées pendant deux jours dans la cité rhodanienne autour de sa candidate Marine Le Pen. Cet artiste – à la notoriété plutôt relative – qui apporte aujourd’hui son soutien à la candidate du FN, était auparavant proche des idées de gauche. Il y a cinq ans, il soutenait la candidature de Mélenchon…

Au niveau programmatique, la candidate Marine Le Pen a avancé « 144 propositions » dans son discours d’une heure, dimanche après-midi. Ces 144 points étaient censés avoir été élaborés tout au long week-end pendant plusieurs « tables rondes », mais en réalité, leur contenu avait en partie fuité quelques jours plus tôt. Et surtout, il ne diffère guère du discours de Marine Le Pen… la candidate de 2012.

Des changements en cinq ans ? D’abord, la tonalité. Tentant à tout prix d’apparaître « dédiabolisé », le FN a d’abord communiqué pendant la semaine précédant l’événement de Lyon sur ce que le programme version 2017… ne comporte plus. D’abord le cas de la demande de retour à la peine de mort (sachant que celle-ci n’est plus, aujourd’hui, majoritaire dans l’opinion publique française). Le FN se réserve toutefois une possible marche arrière, puisqu’il se prononce pour des « référendums d’initiative populaire » sur le modèle helvétique, la peine de mort pouvant toujours être réintroduit par ce biais-là.

Derrière la forme, le (vieux) fond

Sur l’immigration, le ton a (très légèrement) baissé : Marine Le Pen propose désormais la délivrance de « 10 000 titres de séjour par an » (contre actuellement 200 000), au lieu du « zéro immigration » auparavant proclamé. Toutefois, le contenu est même devenu un peu plus radical : on y trouve l’inscription de la « priorité nationale » (anciennement « préférence nationale ») dans le Constitution, donc au-dessus des lois ; l’impossibilité de régularisation, sur quelque fondement que ce soit, d’un sans-papiers ; la fin du droit opposable au regroupement familial ; et, bien sûr, la suppression de l’Aide médicale d’État (AME).

En matière sociale, le programme tire un peu moins vers la démagogie sociale qu’en 2012, et comporte plus de mesures libérales. Ainsi le FN souhaite-t-il rendre possible aux riches la transmission à leurs héritiers par voie de don, donc en contournant la fiscalité sur les successions : 100 000 euros tous les cinq ans, au lieu de quinze ans aujourd’hui (et dix ans dans le programme de Fillon…).

Pour les salariéEs, on y trouve du « travailler plus pour gagner plus » dans le style de Sarkozy, avec les heures supplémentaires défiscalisées… Une mesure déjà mise en œuvre par Sarkozy en 2007, supprimée en 2012, et prônée aussi en 2017 par Fillon (ainsi que par Valls dans la campagne de la primaire du PS et de ses alliés).

En 2012, Marine Le Pen avait évoqué une augmentation des bas salaires de 200 euros, une mesure financée en asséchant les caisses de la Sécu en supprimant des cotisations sociales. Aujourd’hui, rien de tel… sauf une « contribution sociale » à hauteur de 3 % sur toutes les importations de biens. Le produit de cette taxe pourrait se transformer en 80 euros de prime salariale.

Bilan, l’étranger, les étrangers, sont toujours celles et ceux qui sont censés payer la sortie de crise en France, sans jamais revenir sur la répartition capital travail… De ce point de vue, rien de bien nouveau.

Bertold du Ryon* Hebdo L’Anticapitaliste – 369 (02/02/2017)
https://npa2009.org/

 

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08 février 2017 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (npa)

Non au quadrillage des quartiers populaires, au racisme policier et à la violence judiciaire qui couvre des violeurs

Jeudi dernier, à la cité des 3 000 à Aulnay-sous-Bois, un banal contrôle de jeunes par des flics soi-disant « spécialisés » dans l’intervention dans les quartiers « difficiles » a dégénéré. Cette fois-ci c’est Théo, un jeune homme de 22 ans, qui se retrouve hospitalisé, avec 60 jours d’Interruption Totale de Travail  suite aux violence des flics qui ont été jusqu’au viol. Son crime ? Ne pas avoir laissé un policier gifler un gamin !

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Alors que les 4 policiers ont été placés en garde à vue pour viol en réunion, le parquet de Bobigny a requalifié, hier, en « violences avec armes par dépositaires de l’autorité publique » sous le prétexte hallucinant que « le coup n’aurait jamais dû être porté, mais il n’y avait en revanche aucune connotation sexuelle, ni volonté d’humiliation », selon une source proche de l’enquête citée par Le Parisien. Depuis quand un viol est-il qualifié par la revendication du violeur ? Comment peut-on oser dire qu’il n’y a pas de volonté d’humiliation quand un jeune homme interpelé se retrouve avec son pantalon sur les chevilles et qu’un coup de matraque est porté horizontalement jusqu’à provoquer une « plaie longitudinale du canal anal, profonde de 10 centimètres, ainsi qu’une section du muscle sphinctérien » (comme on peut le lire dans un article publié sur le site de RTL) ?

La colère est légitime et elle est immense à Aulnay, à tel point que même le maire, pourtant ardent défenseur des policiers, ex « Monsieur Police de Sarkozy », s’est fendu d’une déclaration, affirmant que « cette requalification est vécue par les Aulnaysiens comme un détournement de vérité ».

Finalement, le juge d’instruction chargé de l’enquête a pris en compte cette colère et poursuit un des policiers pour viol.

Comme dans l’affaire Adama Traoré et les poursuites contre ses frères, après tant d’autres, le NPA, avec tous les collectifs qui luttent contre les crimes policiers (presque toujours impunis), exige la vérité et la justice pour Théo. Plus largement, les quartiers populaires ne doivent plus être des zones dans lesquelles les policiers peuvent impunément jouer les cow-boys, assurés d’un paratonnerre judiciaire ! Il faut en finir avec le quadrillage sécuritaire de ces quartiers, ainsi qu’avec le ciblage et les violences racistes de la police !  

Pour le NPA, la police doit être désarmée, au contraire des mesures prises sans cesse ces vingt dernières années. Nous revendiquons également la dissolution de tous les corps spéciaux intervenant et réprimant brutalement dans les quartiers populaires (comme la BAC ou les Brigades spécialisées de terrain). Pour en finir avec les contrôles au faciès, qui sont le support et le prétexte à tant de violences policières, nous réclamons aussi la mise en place d’un récépissé à chaque contrôle (promesse de Hollande en 2012, aussitôt enterrée).

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Contre les violeurs de Théo. Nouvelle nuit de tensions dans le 93 (RP)

Affaire Théo. Quand Marine Le Pen prend la défense des policiers (RP)

 

 

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08 février 2017 ~ 0 Commentaire

quimper police (ouest france + street press)

violence

Quimper. « Samedi soir, la charge des CRS était démesurée »

Gilbert Nicolas a 83 ans. Samedi, ce pasteur manifestait contre une réunion d’extrême droite à Quimper (Finistère). Trois coups de matraque dans le dos, un au visage : deux dents cassées, une balafre. Témoignage.

Une balafre sur la lèvre. Quand il sourit, il manque deux dents. Gilbert Nicolas, 83 ans, porte les stigmates de la soirée de samedi. Il est 19 h 40 lorsqu’il participe, à Quimper, à une mani- festation extérieure contre le déroulement dans les halles d’une rencontre d’extrême-droite organisée par le site Breizh Info. « On était une centaine à crier le slogan : Bretagne ouverte et solidaire », raconte ce pasteur, militant de la première heure, membre de l’Union pacifiste de France et du Mouvement international de la réconciliation.

«  Une charge démesurée  »

Un cordon de CRS se déploie. « On était à vingt mètres. Je dois reconnaître que, dans notre groupe de manifestants d’extrême gauche, il y avait des gens incontrôlés qui portaient des foulards. » Le directeur de cabinet du préfet, Jean-Daniel Montet-Jourdran, leur demande de démasquer leur visage. Ils refusent : « Cela a été pris comme une provocation des antifas- cistes. Je pense que c’est ça qui a provoqué cette charge démesurée », dénonce Gilbert Nicolas.

« Je n’ai pas entendu les sommations. J’étais dans les trois premiers rangs et je ne suis pas parti tout de suite. Je sens trois coups qui me font très mal dans le dos. Je me penche et le même CRS me met un coup de matraque en pleine tête. » Bilan : deux dents supérieures de devant complètement cassées et une balafre à la lèvre. « D’autres copains ont été frappés à coup de matraque et un autre renversé violemment par un bouclier. »

Une vie d’engagement

Gilbert se réfugie dans l’entrée d’un restaurant. Sa femme, qui participe aussi à la manifesta- tion, est prévenue. Elle le rejoint et ils retrouvent les manifestants. « J’ai mal dormi la nuit suivante. Mais on ne va pas en parler jusqu’au réveillon ! », minimise cet homme dont toute la vie a tourné autour de l’engagement avec son épouse, biologiste. Contre les essais nucléaires, pour le démantèlement de Brennilis et contre Notre-Dame-des-Landes. Ils sont aussi pros migrants, faucheurs volontaires d’OGM et Brigades de paix internationales.

S’il reconnaît que ce matraquage est « malheureux », Jean-Daniel Montet-Jourdran, le direc- teur de cabinet du préfet Pascal Lelarge, justifie la charge des CRS : « Un événement de la sorte a dégénéré la veille à Nantes. La manifestation antifasciste n’avait pas été déclarée et j’ai demandé à ceux qui avaient le visage caché de se démasquer : ils ont refusé. Le but était que les deux groupes ne se rencontrent pas. Et il fallait vraiment être sourd pour ne pas entendre les sommations. »

«  C’est regrettable  »

Elles ont été données par le commissaire Laurent Hurst : « C’est regrettable pour ce monsieur. Mais on peut faire usage de la force pour disperser des manifestants qui le refusent. » Gilbert n’en démord pas : « Absolument rien ne justifiait l’intervention des CRS. On était là en dehors de toute organisation. Pour la promotion et la défense des droits humains, et nous opposer à toutes ces violations des droits de l’homme. Elles prennent une telle proportion au départ qu’on ne sait plus où ça finit. Les événements les plus abominables de l’histoire commencent par un peu de violence, puis un peu plus… Pour notre couple, c’est un combat quotidien. »

07/02/2017 Pierre FONTANIER

http://www.ouest-france.fr/

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Gilbert, pasteur de 83 ans matraqué par les CRS : « La douleur a été extrême » (Street Press)

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07 février 2017 ~ 0 Commentaire

faussaires (les inrocks)

“Les Faussaires de l’histoire”, comment les négationnistes antisémites persistent jusqu’à aujourd’hui

De Robert Faurisson à Dieudonné, soixante-dix ans après la libération des camps d’extermination nazis, une galaxie de personnalités organisées dans une quasi-secte continuent de nier l’existence des chambres à gaz, et la planification de la mort de près de six millions de Juifs en Europe.

Les Faussaire de l’histoire, documentaire réalisé en 2014 par Valérie Igounet et Michaël Prazan, et rediffusé ce week-end sur France 5 (en replay ici pendant sept jours), explore la manière dont ils falsifient l’histoire pour tenter d’imposer leur récit politique et leur paranoïa antisémite. Faisant intervenir des spécialistes comme Jean-Yves Camus, Henry Rousso ou encore Annette Wieviorka, il permet de voir plus clair dans la constitution et la permanence de ce courant antisémite à travers les décennies.

06 février 2017

http://www.lesinrocks.com/

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