Archive | Antiracisme

23 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

coupe carhaix (france info)

clim a

Coupe du Monde au Qatar. Partisans du boycott, ces Bretons se mobilisent pour dénoncer un désastre environnemental et humain

Alors que la France s’apprête à disputer son premier match de Coupe du Monde face à l’Australie, des manifestations s’organisent en Bretagne pour dénoncer « l’aberration » du tournoi. Avec des rassemblements, et même un match de foot « éthique » en guise de contre-pied.

A quelques heures de l’entrée en lice de l’équipe de France en Coupe du Monde, le choix d’organiser la compétition au Qatar continue de provoquer la polémique.

On savait depuis des mois que des villes comme Rennes, Brest, Lorient etc avaient décidé de ne pas retransmettre les rencontres des Bleus sur écran géant. Aujourd’hui, ce sont des citoyens qui se mobilisent pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une aberration.

A Carhaix, dans le Finistère, ce 22 novembre, une trentaine de jeunes militants du collectif « Youth for climate » se sont rassemblés pour dénoncer une « Coupe du Monde de la Honte ».

Ils pointent du doigt le désastre environnemental que représente la construction des huit stades climatisés en plein désert, et l’atteinte aux droits humains. Ceux des travailleurs étrangers venus travailler sur les chantiers avec un bilan dramatique, (6 500 morts selon le journal britannique Le Guardian), ceux d’une partie de la population du Qatar, femmes et homosexuels notamment.

« On sait qu’on n’arrêtera pas la Coupe du Monde, explique Armel Kermanac’h du collectif « Youth For the Climate », mais si on peut favoriser une prise de conscience pour éviter que de tels projets continuent de voir le jour, ce serait bien. On pense notamment aux futurs JO d’hiver de 2029 en Arabie Saoudite ».  

La stratégie du contrepied : en face de France/Australie, un match de foot « éthique » à Plœuc-sur-Lié

Ce 22 novembre au soir, à l’heure où les Bleus disputeront leur premier match contre l’Australie, une association costarmoricaine organisera même une rencontre alternative : un match de foot « éthique » en guise de contrepied pour dénoncer une compétition que les « Eco-liés » considèrent comme totalement absurde.

« A Plœuc-sur-Lié, la vocation des « Eco-liés », est comme le nom l’indique, d’apprendre ensemble à tisser du lien pour relever les défis environnementaux, explique le président Gaétan Villeneuve. Moi, je suis amateur de foot, et c’est la première fois que je vais rater un mondial. Mais quand on connaît le bilan humain et environnemental de la construction de ces 8 stades climatisés en plein désert, il faut s’abstenir de regarder. Et s’indigner ».

L’organisation de la compétition est en décalage total avec les enjeux que doit relever l’humanité à l’heure du réchauffement. Et on ne tire toujours pas de de leçons. L’argent reste roi, les droits humains, et l’avenir de la planète passent après. Et nous ce monde-là on n’en veut pas » .

L’association appelle donc au boycott des matchs à la télé, et invite tout ceux qui le souhaitent, amateurs de sports notamment, à participer à une rencontre alternative, « éthique », à 19h30 ce 22 novembre au Stade George Boulaire à Plœuc. Les Eco-liés feront donc la Coupe du Monde buissonnière.

22/11/2022 Gilles Le Morvan .

https://france3-regions.francetvinfo.fr/

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16 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

israël (l’étincelle-courrier)

Palestinian_refugees

La naqba, la fuite devant l’armée israëlienne

Élections législatives en Israël : quasi-disparition de la gauche, renforcement de l’extrême droite

Deux traits saillants ont marqué les élections législatives israéliennes qui se sont déroulées au début de ce mois.

D’abord, la quasi-disparition de l’échiquier politique de la gauche sioniste qui n’a plus que quatre sièges au Parlement, la Knesset, sur un total de 120. Ensuite, la forte poussée d’une extrême droite religieuse, raciste à l’égard des Arabes et des non-juifs, homophobe et expansionniste, dont le leader, Itamar Ben Gvir, rêve de débarrasser la Palestine de tous les Arabes qui seraient envoyés en Jordanie. Les deux phénomènes sont d’ailleurs étroitement liés.

La gauche sioniste, creuset de l’État sioniste

Il faut d’abord rappeler que la gauche israélienne – sous ses variantes travailliste et socialiste – a toujours proclamé son sionisme à tout crin, c’est-à-dire son nationalisme juif. Avant même la proclamation officielle de l’État d’Israël, en 1948, elle avait mis en place pas à pas une structure étatique avec une force armée, la Haganah, et ses commandos d’élite, le Palmach, des coopératives ouvrières, des colonies collectivistes (kibboutz), des villages coopératifs (moshav), une centrale syndicale (la Histadrout), une sécurité sociale, des organisations culturelles et sportives, etc.

De plus elle contrôlait l’essentiel des municipalités juives. Ce qui incita dans les années 1950 et 1960 une partie de la gauche européenne et nord-américaine à parler à ce propos, et un peu vite, de « socialisme israélien ». Et lorsque l’État sioniste est né, les travaillistes se sont retrouvés naturellement aux postes clés du pouvoir, depuis les dirigeants du gouvernement (Ben Gourion, Golda Meir) jusqu’à ceux de l’armée (Moshe Dayan, Itzhak Rabin), en passant par la police, la justice, voire régulièrement la présidence de l’État (Ben-Zvi, Shazar, Herzog), etc.

Mais dès l’origine, le ver était dans le fruit. En s’affirmant sioniste, cette gauche désignait peu ou prou comme adversaire la population arabe, supposée occuper indûment la terre de ses ancêtres. Et nombre de kibboutz et de moshavs furent érigés sur des terres d’où avaient été chassés les fellahs palestiniens. De même il fallut une lutte de longue haleine pour faire accepter les travailleurs palestiniens au sein de la Histadrout, réservée à l’origine aux seuls travailleurs juifs et qui interdisait aux entreprises dirigées par des juifs d’employer des salariés arabes.

C’est cette même gauche sioniste qui était à la tête du pays lors des différentes guerres israélo-arabes et de l’occupation de la Cisjordanie, de Gaza et de Jérusalem-Est en 1967. Et là encore, elle continua la même politique nationaliste et expansionniste, toujours au nom de la préser-vation de « la Terre d’Israël ». Tout comme elle couvrit toutes les exactions de l’armée, qu’elle présentait comme « la plus morale » au monde, et accusait « d’antisémitisme » et de « négation de l’Holocauste » ceux qui critiquaient sur sa gauche cette politique colonialiste.

Le tournant des années 1970

Mais peu à peu s’est développée dans le pays une bourgeoisie qui a trouvé de plus en plus pesante la tutelle des travaillistes qui lui avaient pourtant mis le pied à l’étrier. Elle ne cachait pas son admiration pour les politiques économiques ultra-libérales de Reagan et de Thatcher.

Après quelques tâtonnements, elle fit sienne l’idéologie du « sionisme révisionniste », une tendance qui, avant la Seconde Guerre mondiale, flirtait avec Mussolini et les régimes dictatoriaux du genre de l’Espagne franquiste, mettait en avant son goût marqué pour des actions terroristes contre la population arabe et son opposition viscérale à tous ceux qui, de près ou de loin, se réclamaient de la gauche et du socialisme.

Elle s’opposait à tout étatisme économique et jugeait la gauche trop molle à l’égard des Pales-tiniens. Elle trouva une oreille attentive parmi certains Juifs orientaux, c’est-à-dire ceux originai-res du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord, généralement très conservateurs, qui s’estimaient lésés par les « élites » travaillistes, en général venues d’Europe, qui occupaient le haut du panier.

C’est en s’appuyant principalement sur eux que fut fondé le Likoud, parti dirigé d’abord par Menahem Begin, puis plus tard par Benyamin Netanyahou, le type même du politicien affairiste impliqué dans nombre de scandales financiers. Begin, dont le parti avant remporté les élections, fut Premier ministre de juin 1977 à octobre 1983. C’est lui qui, en 1978, signa les accords de paix avec le président égyptien Anouar el-Sadate.

Une alternance qui penche de plus en plus à droite

À partir de ce moment, gauche et droite sionistes vont alterner au gouvernement. Le dernier grand succès des travaillistes date de 1992, lorsque qu’avec le petit parti socialiste Meretz ils totalisèrent plus de 44 % des voix. Une victoire qui n’eut pas de suite et qui fut marquée par l’assassinat du Premier ministre, Yitzhak Rabin, en 1995, par un extrémiste juif mécontent des accords d’Oslo qui avaient été signés avec l’Autorité palestinienne.

Depuis lors, la droite et l’extrême droite n’ont cessé de se renforcer. Même le dernier gouverne-ment israélien, celui de Yaïr Lapid, qualifié de « centriste » par les observateurs, faisait une large place dans ses rangs à des formations de droite, certaines proches des colons.

Formé sous la bannière de « tout sauf Netanyahou », ce gouvernement a continué une répres-sion féroce contre les Palestiniens, fait évacuer des villages entiers pour laisser la place à des colons juifs ou à l’armée et multiplié les assassinats ciblés. Aujourd’hui il est remplacé par une bande de politiciens véreux, de fanatiques religieux et de fascistes juifs qui veulent encore aller plus loin dans cette voie et affirment pouvoir faire mieux que lui.

La fin des « deux États » ?

Beaucoup de commentateurs se sont lamentés sur le fait que le résultat de ces élections signifiait dans les faits la fin du concept des « deux États », l’un juif, l’autre arabe, vivant côte à côte en bonne harmonie. Mais ce concept a surtout servi aux différents gouvernements israéliens, de gauche comme de droite, à gagner du temps pour repousser les négociations aux calendes grecques tout en continuant sans vergogne la colonisation et les expropriations.

Il a aussi été utilisé comme cache sexe par les « amis d’Israël », au sein de l’Union européenne et aux États-Unis, pour ne jamais condamner clairement l’occupation israélienne sous prétexte de préserver l’avenir d’hypothétiques négociations.

Construire une gauche révolutionnaire et internationaliste

Aujourd’hui la gauche israélienne n’existe pratiquement plus. La plupart des militants sincère-ment pacifistes et anti-occupation ont déserté la sphère politique pour demeurer actifs au sein des organisations non gouvernementales d’aide et de soutien aux Palestiniens. Des ONG qui sont parfois devenues la bête noire des autorités.

Pourtant, un jour ou l’autre, il faudra bien construire une gauche nouvelle, profondément anti-raciste, internationaliste et révolutionnaire, non seulement opposée à l’occupation et au statut de seconde zone dans lequel sont cantonnés les Arabes israéliens, mais soutenant pleinement le droit des Palestiniens à disposer d’eux-mêmes et le droit au retour des réfugiés chassés de leurs terres au cours des différents conflits.

Jean Liévin 14 novembre 2022

https://www.convergencesrevolutionnaires.org/

Lire aussi:

La perte des kibboutz précipite la chute de la gauche israélienne

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16 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

20n (biblio)

cartel astrurias

La répression des Asturies c’était déjà Franco

20 novembre : le rendez-vous des nostalgiques du fascisme en Espagne

Commémorée par l’extrême droite espagnole, la journée du 20-N, pour 20 novembre, est l’anniversaires du décès de deux personnages controversés de l’histoire du pays, José Antonio Primo de Rivera et Francisco Franco.

Le premier, fils de l’ex-dictateur Miguel Primo de Rivera, est le fondateur du parti fasciste la Phalange espagnole. Il a été fusillé le 20 novembre 1936 à Alicante après avoir été jugé par un tribunal de la deuxième république espagnole pour complot et rébellion.

La guerre civile espagnole avait déjà commencé, suite au coup de force du général Franco, figure de l’extrême droite. Celui-là même qui imposera son pouvoir autoritaire à l’issue de la guerre d’Espagne, avec l’aide de la phalange et des nazis. Sa dictature ne se terminera que le 20 novembre 1975, jour de son décès. La date était déjà célébrée sous le régime franciste, comme le “Jour de la douleur”. On se demande si l’annonce du décès de Franco dont l’agonie a duré des semaines, n’a pas été repoussée de quelques heures pour coïncider avec cette date déjà mythique pour le monde fasciste.

Chaque 20 novembre, parfois la veille ou le lendemain, tout ce qui reste de nostalgiques du régime du général Franco ou de la phalange espagnole manifeste dans diverses villes du pays, en particulier à Alicante et à Madrid.

Cette année, dans la capitale, c’est dimanche à 12h, place d’Orient que les franquistes se rassembleront. Chaque année, des militants de gauche se mobilisent pour protester contre ces manifestations hors la loi. Longtemps ces manifestations ont été tolérées par les autorités, aujourd’hui, elles tombent sous le coup des lois mémorielles qui interdisent toute promotion du fascisme et du franquisme, sa variante locale.

Ce qui n’a pas dissuadé un certain nombre d’églises partout en Espagne, et même en France, d’annoncer des messes à la mémoire de ces deux héros de l’extrême droite espagnole. La Conférence des évêques espagnols est totalement muette sur le sujet, car divisée.

On se souvient que l’Église catholique, avec l’armée, a été un des principaux soutiens du régime franquiste et une partie du clergé n’a toujours pas renié cet engagement en dépit d’une levée des tabous sur les crimes du franquisme et l’ouverture des fosses communes où reposent plus de 100 000 victimes.

Chaque année, le Mouvement catholique espagnol (MCE) appelle à un pèlerinage à la Vallée des morts (la Valle de los Caídos) d’où la dépouille de Franco a été retirée en 2019 mais où repose toujours José Antonio Primo de Rivera. Chaque 20 novembre, la Phalange organise sa traditionnelle Marche bleue en l’honneur de son héros.

Le bleu en référence à la division des volontaires espagnols, mieux connue sous le nom  de Division bleue, qui était la contribution de  l’Espagne de Franco  à  l’ armée allemande d’ Hitler  pendant la  Seconde Guerre mondiale .

La date du 20 novembre demeure une date symbole pour l’extrême droite espagnole. Est-ce un hasard si le nationaliste basque Santiago Brouard a été assassiné le 20 novembre 1984, puis à nouveau cinq ans plus tard, Jusu Muguruza, à nouveau un 20 novembre.

En 1992, c’est une fusillade contre un groupe d’immigrés qui cause la mort de la dominicai-ne Lucrecia Pérez, encore un 20 novembre… Chaque année se rejoue ce jour-là les affrontements politiques qui ont ensanglantés l’Espagne, il y a plus de 80 ans.

Longtemps, les nostalgiques du fascisme sont restés discrets et très minoritaires. Depuis peu tout a changé, les tabous sont tombés aussi bien du côté des républicains qui osent évoquer les victimes et demander réparation, que du côté de l’extrême droite, aujourd’hui représenté par Vox, un parti qui en quatre années s’est imposé comme la quatrième force politique du pays.

https://www.bibliomonde.fr/

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15 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

black panther (socialist worker)

black pp

Gloria Abernathy vendant un journal des Black Panthers lors du boycott des supermarchés de Mayfair. (1971)

Comrade Sisters-Women of the Black Panther Party

Un nouveau livre, Comrade Sisters, met en lumière le rôle crucial joué par les femmes dans la lutte, écrit Carol Thompson.
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Ce livre magnifiquement réalisé est un témoignage visuel et écrit de la contribution des femmes du Black Panther Party (BPP). Dans la préface, Stephen Shames écrit qu’il a photographié le BPP de 1967 à 1973 et qu’il a été « témoin du pouvoir positif des femmes au service du peuple ».

Les femmes représentaient au moins les deux tiers des membres du BPP. Dans une préface, Angela Davis affirme que le rôle non reconnu des femmes a modifié les « prémisses masculinistes qui tendent à définir l’organisation radicale noire la plus connue des années 1960″.

Ericka Huggins écrit que ces femmes « ne sont pas spéciales d’une manière qui les sépare des autres. » « Ce sont simplement des femmes qui, à l’âge de 12, 14, 16, 18 ou 21 ans, ont décidé qu’il devait y avoir ‘un moyen de sortir de l’impasse’ pour les Noirs et les pauvres », écrit-elle.

Outre des images étonnantes, le livre rassemble des dizaines de témoignages de femmes sur leur activité au sein du BPP. Ces témoignages mettent en évidence le rôle crucial joué par les femmes dans la lutte et la puissance de l’idée de résistance militante.

Par exemple, Carol Granison, de la section BPP d’Oakland, en Californie, écrit : « Ce qui m’a attirée au Black Panther Party, c’est que le parti avait un programme très clair. Nous avons besoin de nourriture. Nous avons besoin d’un abri. Nous avons besoin qu’ils cessent de nous arrêter sans raison. Qu’on arrête de tuer les Noirs ! Ça me plaisait intellectuellement. Enfin, quelqu’un avait dit quelque chose qui avait du sens. »

La camarade Cheryl Dawson a exprimé clairement cet appel à l’action : « J’ai rejoint le Black Panther Party parce que mon âme était en feu ».

Il existe de nombreux témoignages de femmes impliquées dans les programmes autour de la drépanocytose, des écoles et de l’initiative du petit-déjeuner gratuit pour les enfants. Cela pourrait être considéré comme le « rôle des femmes » dans la lutte. Mais il y a aussi des témoignages de femmes en première ligne pour développer des idées politiques.

Malkia Mac Devich-Cyril se souvient de sa mère Janet Cyril qui « contribuait régulièrement au journal du parti ». Elle a été « attirée par l’idée de Fred Hampton d’une alliance transraciale selon des critères de classe. Elle a appris la relation entre la lutte des Noirs et la lutte de classe de la classe ouvrière blanche. »

Et elle poursuit en montrant la façon dont la lutte contre une forme d’oppression a ouvert le mouvement pour s’attaquer à d’autres façons dont les gens sont rabaissés et divisés.

« Elle a également estimé que le Black Panther Party était l’une des organisations noires les plus explicitement féministes auxquelles elle a participé », a déclaré Devich-Cyril. « C’est la raison pour laquelle elle pouvait me soutenir ouvertement en tant que personne homosexuelle, en faisant mon coming out à l’âge de 12 ans.

« Le parti était la seule organisation noire du pays à l’époque qui s’engageait à traiter et à travailler avec des personnes homosexuelles. »

Presque inévitablement, les femmes ont été confrontées au sexisme à certains moments de l’organisation, mais elles l’ont combattu et ont mené en même temps la bataille antiraciste et anti-système. Je vous garantis que ce livre vous donnera un nouveau respect pour une génération de femmes militantes.

black

    Camarades Sœurs : Women of the Black Panther Party par Stephen Shames et Ericka Higgins, ACC Art Books, 35 £.

https://socialistworker.co.uk/

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13 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

« torch » (france 24)

torch

L’opération Torch, un « premier débarquement allié réussi » pourtant oublié des manuels d’histoire

Le 8 novembre 1942, les Alliés débarquaient en Afrique du Nord, au Maroc et en Algérie alors sous domination du régime de Vichy. Surnommé « opération Torch », cet événement majeur de la Seconde Guerre mondiale a été couronné de succès, mais reste peu connu du grand public.

« Brusquement, les sirènes retentirent ; je les entendais pour la première fois en Afrique du Nord. Puissant, leur bruit recouvrait la ville. Tout s’éteignit brutalement, ce fut l’obscurité totale. Quelques minutes après, nous vîmes un avion biplan, à train de roues fixes, volant au ras de l’eau, lâcher un rideau de fumée. Je sus enfin quelle était sa nationalité : c’était un Américain. » Dans la nuit du 7 au 8 novembre 1942, le soldat Louis Laplace est en première ligne à Alger pour assister à l’opération Torch. Membre des forces terrestres antiaériennes de l’armée française du régime de Vichy, il fait face aux forces alliées qui viennent de lancer leur débarquement en Algérie et au Maroc.

Cette opération est actée quelques mois plus tôt à l’été 1942 par les Américains et les Britanniques. « Cette décision tient aux difficultés britanniques dans la ‘bataille du désert’, avec des défaites à Gazala et à Tobrouk, en Libye, en juin 1942. De plus, le Premier ministre anglais, Winston Churchill, est mis sur la sellette par un vote de censure au Parlement britannique. Il s’en faut de peu pour que cela aboutisse à un désastre politique », décrit l’historien Tramor Quemeneur, auteur de « 8 novembre 1942. Résistance et débarquement allié en Afrique du Nord » (éd. du Croquant). « De ce fait, les États-Unis décident de venir en aide à leur allié anglais en difficulté en Afrique du Nord, tout en créant un ‘second front’ en Méditerranée, où les Anglais ont des intérêts. »

Le rôle de la Résistance locale

Pour mener à bien ce projet, les Alliés décident de s’appuyer sur la Résistance locale, qui est encore à l’époque disparate et mal organisée alors que l’opinion publique est majoritairement favorable aux thèses vichystes.  »La Résistance est quasiment inexistante parmi les Européens d’Afrique du Nord, le pétainisme y est triomphant et l’Algérie en particulier constitue une sorte de proconsulat vichyste, ce qui ne signifie pas que l’on y soit favorable aux Allemands ou au nazisme », résume l’historien Jean-Marie Guillon, professeur émérite à l’université d’Aix-Marseille.

Les Américains et les Britanniques peuvent cependant compter en Algérie sur un groupe de quelques centaines de personnes qui leur est favorable et qui s’est constitué dès l’automne 1940. La très grande majorité d’entre eux sont de jeunes juifs qui ne supportent pas les mesures antisémites prises par le maréchal Pétain et son gouvernement, comme l’étudiant en médecine José Aboulker, qui devient la figure de ce réseau à Alger. Épaulé par le résistant royaliste Henri d’Astier de La Vigerie, il donne « des renseignements tactiques pour faciliter le débarquement anglo-américain », comme le souligne Tramor Quemeneur.

Le plan de l’opération Torch se compose finalement de quelque 107 000 hommes (84 000 Américains et 23 000 Britanniques, bénéficiant de 200 bâtiments de guerre, 110 navires de transport et d’une importante couverture aérienne). Au total, neuf sites sont retenus sur les côtes d’Afrique du Nord, six au Maroc et trois en Algérie.

À Alger, la Résistance, composée d’environ 400 personnes, permet de mettre hors d’état de nuire les forces vichyistes. Elle s’empare des points stratégiques administratifs et militaires et arrête les principaux chefs militaires, y compris le général Juin, commandant en chef des forces en Afrique du Nord, et l’amiral Darlan, commandant en chef de l’armée française, qui se trouve par hasard sur place ce jour-là.

Des combats très durs

Dans les autres secteurs, la situation se révèle plus compliquée et la lutte plus acharnée. « Là, les combats ont été très durs : en trois jours, on compte 1 827 morts et 2 717 blessés », détaille Tramor Quemeneur. « À Oran et au Maroc, les forces vichystes ont reçu l’ordre de se battre, ce qu’elles ont fait. À Oran, le plan du débarquement a en partie été éventé par un officier – le lieutenant-colonel Tostain – qui en a parlé à son supérieur, facilitant ainsi l’engagement du combat contre les Alliés. Dès lors, en combattant directement contre les Alliés, la position de Vichy est claire : Vichy est résolument du côté des forces de l’Axe. » En réponse à ce débarquement, les Allemands décident d’occuper le 11 novembre 1942 l’ensemble de la France. La zone sud n’existe plus.

En Afrique du Nord, les tractations continuent. Le 22 novembre, les Américains finissent par signer avec l’amiral Darlan, le représentant du maréchal Pétain en Afrique du Nord, un accord de coopération politique et militaire. Il stipule que les forces françaises de Darlan sont considérées comme des alliées à part entière des États-Unis et du Royaume-Uni, tandis que l’intégrité de l’Empire colonial français est reconnue.

« Les Américains ont fini par arriver en Afrique et l’armée d’Afrique a repris le combat », résumera plus tard José Aboulker. Grâce à cette opération, les Alliés peuvent ainsi ouvrir un nouveau front sur le continent africain face aux forces de l’Axe avec, pour première étape, la reconquête de la Tunisie. Pour Tramor Quemeneur, « cela facilite les combats de la ‘guerre des Sables’ contre le général Rommel, avec l’appui des Français libres : les Alliés savent désormais qu’ils doivent compter avec eux. Mais l’opération Torch prépare surtout la campagne d’Italie et le renverse-ment du régime mussolinien. Désormais, les forces de l’Axe perdent du terrain et deviennent moins puissantes en Méditerranée. »

Un pan oublié de l’histoire de France

Quatre-vingts ans plus tard, cet événement est en tout cas peu présent dans la mémoire collective. À la tête de l’association Les compagnons du 8 novembre 1942 – qui met en lumière le rôle de la Résistance locale lors de l’opération Torch –, Nicole Cohen-Addad le constate tous les jours : « J’ai fait une étude sur les manuels scolaires en France. Si on en parle, il y a une seule ligne. Sinon, il n’y a rien. » Selon cette fille de l’un du « groupe des 400″, cet oubli est dû à l’écartement du général de Gaulle de cette opération : « Il n’y a pas participé et n’en a pas été informé. »

Un avis partagé par Tramor Quemeneur. « Ces événements perturbaient la lecture gaulliste de la Seconde Guerre mondiale : le général de Gaulle y jouait un rôle secondaire. Il n’était pas encore reconnu par les Alliés », explique-t-il. « D’autre part, y ont participé quelques figures très controversées, en particulier celle d’André Achiary (un commissaire chargé de neutraliser les personnalités civiles collaborationnistes à Alger, NDLR). Celui-ci a joué un rôle central dans la répression de mai-juin 1945 à Guelma, dans l’Est algérien, ce qui a conduit à la mort de près de 20 000 Algériens. Pendant la guerre d’indépendance, il est devenu un partisan résolu de l’Algérie française jusqu’à basculer en faveur de l’OAS à la fin du conflit. Cette personne a en partie jeté le discrédit sur les résistants, alors qu’en grande majorité, ils ne sont pas sulfureux. »

Pour ce spécialiste de l’Afrique du Nord, l’opération Torch souffre aussi d’une marginalisation de l’histoire coloniale :  »Cela renvoyait dans l’imaginaire national à la décolonisation, à la perte des colonies et aux déchirements que cela a suscité.

Les résistants ont même eu du mal à se faire reconnaître comme tels, de même que les internés dans les nombreux camps d’Afrique du Nord n’ont eu absolument aucune reconnaissance a posteriori du drame qui les a frappés. Mais aujourd’hui, on commence à s’apercevoir de l’importance de ces événements. Il est temps que les choses changent et d’embrasser cette ‘histoire globale de la France coloniale’, pour paraphraser le titre d’un récent ouvrage. »

08/11/2022

https://www.france24.com/

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10 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

antisémitisme (jdd)

antisme

Assemblée nationale : le RN pourrait présider douze groupes d’étude, dont celui sur l’antisémitisme

La présidence du groupe d’étude de l’Assemblée nationale sur l’antisémitisme, actuellement présidé par le député Renaissance Sylvain Maillard, pourrait revenir au Rassemblement national.

Selon les informations de RCJ, le Rassemblement national devrait prendre la tête de douze groupes d’étude à l’Assemblée nationale , dont celui sur l’antisémitisme.

Une réunion devrait se tenir mercredi prochain, le 16 novembre, notamment avec Renaissance, qui souhaite garder la présidence de ce groupe d’étude. En effet, pour le moment, le vice-président de Renaissance à l’Assemblée, Sylvain Maillard, est à la tête du groupe d’étude. Aucun député du parti d’extrême droite n’est membre de ce groupe.

Le Rassemblement national pourrait donc se retrouver à la tête d’un cinquième des groupes d’étude, puisqu’en septembre, Yaël Braun-Pivet , la présidente de l’Assemblée nationale, a fait passer la consigne de réduire le nombre de groupes d’étude à 58, alors qu’il en existait 122 entre 2017 et 2022. Un administrateur de l’Assemblée indiquait à BFMTV que « ces groupes étaient très nombreux et [que] leur intérêt n’était pas toujours évident ».

La France insoumise accuse Sébastien Chenu d’avoir mis fin à plusieurs groupes d’étude

Cette mission a été confiée à Sébastien Chenu, vice-président de l’Assemblée, qui explique : « On a sollicité tous les présidents de groupe pour avoir des propositions. On en a récolté 375. J’ai ensuite invité tous les membres du bureau de l’Assemblée nationale à venir trancher avec moi. » La liste définitive devrait être arrêtée en décembre.

Néanmoins, La France insoumise a accusé Sébastien Chenu d’avoir mis fin à plusieurs groupes d’études : « Le RN a supprimé les groupes d’études consacrés à la langue des signes, aux LGBTQIphobies dans le monde, et aux conditions d’accueil des migrants. » Ce que conteste le vice-président de l’Assemblée, qui justifie des groupes avec des noms différents.

Guillaume Dosda 09/11/2022

https://www.lejdd.fr/

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09 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Racisme : de l’air, ouvrons les frontières !

Ces derniers jours ont été (une fois de plus) marqués par le racisme décomplexé de l’extrême droite à l’Assemblée nationale, suivi des premiers débats nauséabonds autour du nouveau projet de loi sur l’immigration…

La Méditerranée est toujours un cimetière

Alors que le député de la Nupes Carlos Martens Bilongo interpellait le gouvernement sur la situation inhumaine des migrantEs en Méditerranée – rappelant le chiffre de 3231 morts l’année passée –, il s’est fait interrompre par un député du Rassemblement national, Grégoire de Fournas, qui a hurlé : « Qu’il(s) retourne(nt) en Afrique ! »

Des propos intolérables, qu’ils aient été prononcés à destination du député ou qu’ils visent l’ensemble des migrantEs qui tentent de traverser la Méditerranée au péril de leur vie. Des propos révélateurs de la véritable nature du RN et de son projet : le racisme et la violence.

Tout le symbole du programme liberticide et meurtrier de l’extrême droite : augmenter la répression contre les migrantEs et contre celles et ceux qui les aident, mais aussi contre toutes celles et ceux qui se mobilisent en général.

Les navires humanitaires qui naviguent en Méditerranée ont secouru près de mille migrantEs fin octobre. Deux d’entre eux sont depuis bloqués en mer parce que les pays européens n’ouvrent pas leurs ports et se renvoient la balle.

L’Italie de Georgia Meloni, l’extrême droite « post-fasciste », refuse de laisser accoster les bateaux, y compris contre le droit international. Cette situation permet à la France et à l’hypocrite Darmanin, mais également à la Norvège, à l’Allemagne et nombreux autres pays de leur donner des leçons de droits humains tout en ne faisant rien.

Se mobiliser contre un projet de loi raciste

Le gouvernement et son réactionnaire ministre de l’Intérieur viennent de présenter leur projet de loi sur l’immigration. Un projet raciste qui, tout en précarisant administrativement encore plus les travailleurEs étrangers, renforce le cadre répressif des reconduites à la frontière.

Avec son projet, Macron pratique son « en même temps » : de droite et d’extrême droite ! Et Darmanin se répand en sorties racistes dans les médias, notamment autour d’une délinquance prétendument provoquée par l’immigration. La solution à tous les problèmes serait ainsi,selon lui, l’expulsion des migrantEs, par le renforcement des OQTF (obligation de quitter le territoire français).

Darmanin parle aussi du pourcentage de la population que cette immigration représenterait dans la population française, jouant ainsi avec le mythe du « grand remplacement »…

Ce projet de loi contient pour partie les mêmes éléments que les lois précédentes, venues de pouvoirs de droite comme de gauche : la volonté de limiter l’immigration, d’imposer toujours plus de critères (comme un examen de français préalable à la délivrance d’un permis de séjour), de limiter toujours plus l’immigration dite familiale, et de sélectionner la « bonne immigration » qui serait celle du travail…

Au centre du projet se trouve aussi la création d’un titre de séjour au rabais, pour les « métiers en tension » : un permis de séjour (aux critères modifiables à la discrétion des gouvernements) uniquement réservé aux métiers les plus durs et les plus précaires, où d’ailleurs les sans-papierEs sont déjà pléthore…

Pour Macron, Darmanin et l’ensemble du gouvernement, le meilleur rempart contre le RN et les idées d’extrême droite serait donc de mettre en œuvre une bonne partie de son programme ! Au contraire, les idées racistes et nauséabondes et les politiques migratoires mortifères doivent être combattues à tous les niveaux. Contre l’Europe des capitalistes et des barbelés, revendiquons l’ouverture des frontières et l’accueil inconditionnel de toutes et tous. Imposons par notre mobilisation la régularisation des sans-papierEs.

Mardi 8 novembre 2022

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09 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

callac (le poher)

callac (le poher) dans Altermondialisme

Communiqué : la CGT Guingamp soutient le journaliste du Poher agressé à Callac

« L’ union locale CGT de Guingamp apporte son soutien au journaliste de « Poher Hebdo » agressé samedi à Callac alors qu’il couvrait dans l’exercice de sa fonction le rassemblement de l’extrême droite.

La CGT considère la liberté de la presse comme un acquis fondamental et la libre expression des journalistes, tant envers leurs comités de rédaction qu’à travers les événements dont ils rendent compte, nécessaire aux confrontations démocratiques.

Nous exprimons donc toute notre sympathie à Erwan.

.
UL CGT Guingamp

L’Hebdo du Centre Bretagne.

https://www.lepoher.fr

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02 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

brésil (aplutsoc-cr-psl)

bresil

Brésil, note rapide sur les élections.

La réélection de Jair Bolsonaro aurait constitué une défaite des opprimés et des exploités. C’est en ce sens que la victoire de Lula est leur victoire.

Lula est donc gagnant avec seulement 50,9% des voix, Bolsonaro en a donc 49,1%, avec 20,6% d’abstentions et 4% de blancs et nuls. Le caractère serré du résultat est bien entendu une donnée fondamentale. « Droitisation durable » de la société, comme il est souvent convenu de le dire ?

Bolsonaro a été, à la base de la société, le candidat choisi par les classes dominantes et par l’appareil d’Etat, et il a eu les voix des classes dites « moyennes », victimes de la crise économique depuis 2008 et engagées dans les mouvements anti-corruption du début des années 2010, ainsi que des voix populaires drainées par les églises évangéliques.

Lula est historiquement le fondateur et leader du Pari des Travailleurs, le PT ; mais ses 16 années de pouvoir ont sapé la base initiale, industrielle et salariée, du PT dans les grandes villes du Sud comme Sao Paulo. Le vote Lula et le vote PT sont largement décrochés l’un de l’autre, et si Lula est élu, c’est grâce au vote massif des Etats pauvres, ruraux et catholiques du Nordeste, auquel s’ajoute la réaction anti-Bolsonaro d’un électorat sans grandes illusions sur Lula, dans tout le pays.

Plutôt que de spéculer sur la « droitisation » du pays ou la « modernisation » de ce qui fut sa gauche, mieux vaut prendre les réalités dans leur dynamique – celle des affrontements sociaux. Or, la manière dont s’est déroulé le scrutin lui-même et ce qui se passe depuis est, pour cela, décisive.

Les rumeurs de coup d’État ont balayé le pays le jour du scrutin. La Police fédérale et la Police fédérale autoroutière ont multiplié les opérations et les provocations, allant jusqu’à des violences graves dans le Nordeste, pour intimider l’électorat de Lula, empêcher des centaines de milliers d’électeurs de se rendre aux bureaux de votes souvent éloignés de leurs domiciles, en créant des bouchons et soit en supprimant, soit en perturbant gravement sa mise en œuvre, la gratuité des transports en commun qui est coutumière les jours d’élections dans les régions pauvres et les grandes banlieues.

Et, depuis l’annonce des résultats, les « camionneurs », c’est-à-dire les patrons des entreprises de transports aidés d’une partie de leur personnel, d’hommes de main et de policiers, continuent à bloquer des centaines d’axes routiers dans tout le pays. Bolsonaro n’a fait aucune déclaration pendant deux jours pour finalement dire qu’il « autorise la transition » (sic !), sans reconnaître explicitement la victoire de Lula.

Très clairement, nous assistons à une version « décentralisée », et plus rapide, de la tentative de coup d’État de Trump au Capitole. Le coup d’État trumpiste cependant, était battu d’avance car le rapport de force lui était beaucoup moins favorable en raison, tout d’abord, de la vague de manifestations ayant suivi l’assassinat policier de Georges Floyd, depuis des mois, et des menaces de grèves en cas de coup de force, et, en conséquence, de l’écart en voix beaucoup plus important qui le séparait de Joe Biden, lequel ne résultait donc pas des mérites propres de Biden et du Parti démocrate.

Un pronostic est toujours risqué mais le golpe dispersé des bolsonaristes a sans doute de fortes chances d’échouer (d’où la déclaration prudente de Bolsonaro), mais non en raison des appels de Lula à l’unité nationale et à s’en remettre à la police qui a elle-même été la force ayant initié les opérations factieuses, mais parce qu’il apparaît que si un coup d’Etat se dessinait vraiment, alors les forces sociales qui ont besoin de démocratie, paysans, ouvriers, jeunesse, se réveilleraient et se dresseraient, comme, et plus encore, elles s’étaient dressées aux Etats-Unis, mais ici avant le scrutin.

Et ce faisant, on peut parier qu’elles regrouperaient autour d’elles une grande partie des larges masses pauvres aliénées et déboussolées qui ont voté Bolsonaro, car la force sociale commencerait à redessiner une perspective.

La politique de Lula n’est pas orientée vers cela. Au sommet, les principaux partis bourgeois sont avec lui et il n’envisage en rien de former un gouvernement « de gauche », pour ne pas parler d’un gouvernement structuré par le PT, mais un gouvernement d’union nationale.

Cette union nationale qu’il veut mettre en place pour la passation de pouvoir en janvier 2023, il l’anticipe par une sorte d’union sacrée internationale allant de Biden à Poutine en passant par Macron, faisant mine de célébrer son élection comme si elle venait de sauver la planète, ce qui est totalement illusoire même pour l’Amazonie.

Dans le cadre de ses positions de gouvernement pour le capital et d’union nationale avec les classes dominantes brésiliennes et internationales, se situent d’ailleurs ses positions pro-impérialistes, c’est-à-dire pro-russes, contre l’Ukraine, analogues à celles de Bolsonaro.

De quoi ont besoin les déshérités, les paysans, les sans-terres, les ouvriers, les jeunes, les Indiens, les femmes … au Brésil ? D’indépendance, d’indépendance envers Lula et toutes les forces politiques, églises comprises, qui leurs chantent la petite musique de l’union et de l’inaction.

Bolsonaro menace encore : c’est leur action indépendante qui est nécessaire. La police est complice des bolsonaristes bloqueurs de routes. La meilleure chose qui puisse arriver, tout de suite, serait que des secteurs populaires confirment la défaite de Bolsonaro en les affrontant, pour exiger ensuite leur dû : échelle mobile des salaires et d’un revenu minima pour les miséreux, démocratie à tous les niveaux, préservation de l’Amazonie.

Mais la réalité incontournable, c’est que le plus petit pas en ce sens requiert de poser la question de l’État, c’est-à-dire, au Brésil comme au Chili, la question de la police et de l’armée qui doivent être démantelées.

1 novembre 2022 aplutsoc

https://aplutsoc.org/

Lire aussi:

Brésil : la victoire de la gauche a-t-elle évité le pire ?

Élections au Brésil. Bolsonaro battu !

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02 novembre 2022 ~ 0 Commentaire

rn (l’anticapitaliste)

rn (l'anticapitaliste) dans A gauche du PS 312129003_493143789510927_7769661971318586583_n

Rassemblement contre le congrès du RN
Samedi 5 novembre à 16h
Devant l’Institut du Monde arabe
Place Mohammed V (M° Jussieu)

Signataires :
UD CGT 75 – Solidaires 75 – PEPS – UCL – NPA 75 – PCF 75 – Jeune Garde Paris – AFA 77 – Les inverti.e.s – FièrEs – La marche des solidarités

Paris – Rassemblement contre le congrès du RN

Samedi 5 novembre, la salle de la Mutualité dans le 5e arrondissement de Paris accueillera le Congrès du Rassemblement National. L’évènement n’arrive pas dans un contexte quelconque, puisque cette année, où le RN a obtenu 89 sièges à l’Assemblée nationale, est aussi le 50e anniversaire de la formation d’extrême droite. En termes d’Histoire humaine, 50 ans ne sont rien, mais visiblement assez pour que beaucoup semblent avoir oublié que le RN n’est rien d’autre une formation réactionnaire et identitaire, ayant les racismes pour fondement.

Les noms et les parcours de ses fondateurs tels que Jean-Marie Le Pen, tortionnaire de la guerre d’Algérie, condamné en 2017 pour contestation de crime contre l’humanité et président du FN entre 1972 et 2011, Alain Robert, ancien membre de la direction d’Ordre Nouveau, mouvement nationaliste ayant grandement impulsé la fondation du FN, et premier président du GUD, groupuscule d’action violente raciste et homophobe, ou Pierre Bousquet, engagé volontaire dans la Waffen SS (armée nazie) et premier trésorier du FN, incarnent ce que le RN fut et sera, malgré les modifications de nom, les nouveaux visages et les discours et images policés. Une formation aux origines fascistes, avec un projet politique réactionnaire, suprémaciste, et patriarcal.

Le RN est toujours une menace, dans l’hémicycle, la rue et les médias, et ce pour les travailleur·ses ou les privé·es d’emploi, les personnes issues de l’immigration, les musulman·es, les Juif·ves, les femmes, les personnes LGBTQIA+ et les personnes en situation de handicap. En 4 mois de législature, ses député·es ont voté contre l’augmentation du SMIC, rejeté l’inscription du droit à l’IVG dans la Constitution et exprimé leur nostalgie coloniale.

La tenue du Congrès du RN pour désigner le successeur de Marine le Pen, entraîne la présence de plusieurs centaines de militant·es d’extrême droite et montre la volonté du parti d’assurer sa continuité en profitant des derniers regains de force. Porté par la progression de ses alliés d’extrême droite en Europe et dans le monde, que ce soit en Hongrie, en Italie ou au Brésil, le RN bénéficie aussi de la politique menée par le premier gouvernement de Macron. Après cinq ans d’attaques à nos libertés fondamentales, de mesures antisociales, de rhétoriques islamophobes et de lois anti-immigration, le discours du RN ne fait plus figure d’exception. Les discours racistes, réactionnaires et autoritaires, font désormais partie du quotidien des grands médias français ainsi que du paysage politique du pays.

Parce que nous ne pouvons pas accepter la progression et la banalisation de l’extrême droite et le silence qui l’accompagne, nous appelons à un rassemblement le samedi 5 novembre.

Evènement Facebook

https://nouveaupartianticapitaliste.org/

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