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18 février 2020 ~ 0 Commentaire

conspirationnisme (ucl)

pari unique

Conspirationnisme : la gangrène du mouvement social

La présence non seulement sur les réseaux sociaux mais également dans les rassemblements et manifestations de groupuscules ou d’individus qui alimentent la confusion idéologique porte préjudice à nos luttes.

En instrumentalisant les peurs et les haines pour leur bénéfice politique ou personnel, ils invisibilisent les personnes en lutte et participent à la contre- offensive réactionnaire.

La présence remarquée de différentes personnalités et organisations politiques qui ont fait du mensonge, de la désinformation et de la manipulation leur fond de commerce n’est pas un phénomène nouveau, il semble avoir pris de l’ampleur depuis le mouvement des gilets jaunes.

C’est notamment le cas de l’UPR d’Asselineau. Les adeptes de Dieudonné et de Soral figurent également souvent en bonne place parmi les parasites complotistes qui font leur beurre antisémite sur le dos de la misère sociale et de la méconnaissance de l’histoire du mouvement ouvrier.

Ces franges réactionnaires ne représentent qu’une minorité, mais on constate que leurs idées sont souvent relayées et acceptées comme légitimes. Parmi les «  idiots utiles  », Etienne Chouard a été longtemps plébiscité par certains dirigeants et militant·es de la France insoumise et Juan Branco, autre personnalité se revendiquant de gauche, s’est maintes fois illustré par la diffusion de théories du complot et une certaine connivence avec l’extrême droite.

Ne nous y trompons pas  : la présence de l’extrême droite au sein des luttes n’a jamais un but émancipateur.

Les idéologies d’extrême droite reposent toujours sur un désir de hiérarchie rigide. L’extrême droite n’est jamais contre la répression  : elle s’oppose seulement au fait de ne pas tenir le fouet.

Le but de la stratégie confusionniste est d’encourager la rupture entre les membres du mouve-ment social suffisamment naïfs pour croire les manipulateurs, et ceux et celles qui savent reconnaître le garde-chiourme qui se cache toujours derrière certains soi-disant «dissidents».

Le confusionnisme se caractérise généralement par une remise en question des analyses matérialistes des systèmes d’oppressions, et l’obsession pour une « politique de l’identité » populaire.

Les confusionnistes adorent reprocher aux idéologies critiques d’ignorer la classe, mais ce qu’ils appellent « classe » n’est au mieux qu’un déguisement ou une identité nationale purement cosmétique, dont ils ne se privent pas d’exclure toutes celles et ceux qui ne correspondent pas à une collection fantasmée d’hommes blancs principalement unis idéologiquement par leur racisme et leur sexisme.

Brouiller les marqueurs sociaux

Le confusionnisme fantasme sur quelques décideurs qui seraient capables de manipuler les masses par une immense machination.

Il a pour conséquence de brouiller les marqueurs sociaux et économiques qui caractérisent les oppressions et les outils pour analyser celles-ci, en leur préférant des théories simplistes niant l’histoire sociale.

Le confusionnisme, en déformant les analyses critiques des dominations pour les réduire à des rapports de cause à effet simplistes, facilite l’acceptation des idées d’extrême droite et instru-mentalise la méfiance légitime à l’égard des institutions et des personnes qui les dirigent.

Ces différents réseaux et groupuscules ont au final des effets semblables  : ils rendent inaudibles les revendications sociales, les affaiblissent ou les ignorent purement et simplement.

L’un des moyens les plus souvent utilisé contre les confusionnistes est la confrontation physi-que ou verbale. Si cette tactique a pu être payante vis à vis des groupuscules ouvertement fascistes durant la séquence des gilets jaunes, on peut se poser la question de son efficacité concernant les confus qui n’utilisent que rarement la violence politique de rue.

L’opposition frontale à des personnes vues comme non-violentes par celles et ceux qui igno-rent ou ne perçoivent pas la dangerosité de leur discours peut leur faire gagner des sympa-thies voire des soutiens.

Cela ne signifie certainement pas qu’il faille les laisser tranquillement défiler mais accompagner une vigilance antifasciste d’une distribution de tracts permet d’informer les personnes assistant à l’action non seulement des effets pervers des idées confusionnistes mais aussi de la violence qu’elles font subir aux personnes en lutte ou opprimées.

Désigner les réactionnaires

S’attaquer à ces discours n’est pas seulement une question de présence dans les cortèges. Cette riposte doit aussi être mise en œuvre dans toutes nos luttes, en les désignant clairement comme réactionnaires et servant les intérêts des oppresseurs.

Des déconstructions de leurs théories telles que celles proposées par le collectif La Horde peuvent être ainsi mobilisées. C’est également en militant dans une démarche de reconnais-sance de l’intersectionnalité des oppressions que nous pourrons déconstruire leur propagande.

Comme tout discours d’extrême droite, celui-ci s’appuie sur l’encouragement à prendre position contre: contre le féminisme, contre l’antiracisme, contre les luttes LGBTI, contre le mouvement social, contre les personnes que ces mouvements défendent et celles qui les animent.

Les fascistes n’ont jamais eu besoin de convaincre la majorité d’être fasciste, la convaincre de davantage détester les ennemis du fascisme que les fascistes eux-mêmes leur suffit amplement.

LEUR FORCE : L’IGNORANCE

Démontrer que les oppressions ne sont pas le résultat d’un « plan » des élites au pouvoir mais bel et bien les conséquences de systèmes collectivement acceptés permettrait d’en diminuer l’attrait.

Et si l’on ne discute pas avec les fascistes ou ceux qui leur servent la soupe, nous ne devons pas non plus abandonner celles et ceux qui risquent de se faire manipuler par ces idées.

À nous de mettre en pratique nos principes d’éducation populaire, de raconter l’histoire de notre mouvement social, de défendre nos analyses et nos actions par le matérialisme qui a fait et fait encore la pertinence de notre courant révolutionnaire !

La commission antifasciste de l’UCL 17 février 2020

https://www.unioncommunistelibertaire.org/

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18 février 2020 ~ 0 Commentaire

ouighours (pùblico)

ouighours
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Un nouveau document révèle les détails de la persécution de la minorité musulmane du Xinjiang
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Un document révélé par la presse internationale énumère les raisons qui ont conduit à la détention de musulmans chinois, comme la croissance de la barbe ou le mariage avec une femme qui porte un voile islamique. Des centaines de milliers de personnes sont passés par les camps de rééducation du nord-ouest de la Chine.Le fait d’avoir « trop ​​d’enfants » ou de porter un voile est la raison de l’arrestation de centaines de milliers de musulmans dans des camps d’internement et de rééducation en Chine.
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Un document publié lundi par la BBC britannique, la Deutsche Welle allemande et d’autres médias internationaux, montre comment les autorités chinoises ont suivi et enregistré en détail la vie privée des membres de la minorité musulmane du Xinjiang, une région autonome du nord-ouest du pays.
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Le document, composé de 137 pages de tableaux, répertorie les données personnelles de plus de 3 000 personnes et comprend des informations sur leurs vêtements, la fréquence à laquelle ils prient et avec qui ils communiquent quotidiennement. La BBC indique que la source de ce dossier est la même que celle qui, en novembre, a publié des documents détaillant l’organisation et la vie quotidienne des camps de «transformation idéologique» des membres des minorités ouïghoure et kazakhe.
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La Chine, qui a été la cible de condamnations internationales pour ce qu’un consortium international de journalistes décrit comme « la plus grande incarcération de masse d’une minorité ethnico-religieuse depuis la Seconde Guerre mondiale », nie toute illégalité ou violation des droits de l’homme et justifie cette pratique avec la nécessité de lutter contre le terrorisme et l’extrémisme religieux.
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Cependant, le document diffusé ce lundi est encore un autre signe de persécution ethnique et religieuse. Deutsche Welle évoque le cas d’un homme détenu, sans droit à un procès, pour le fait que sa femme portait un voile dans le passé et parce que le couple avait «trop» d’enfants, d’autres en raison de se faire pousser la barbe, de demander un passeport ou d’accéder à des sites Internet hébergés à l’étranger.
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La fuite de novembre avait déjà révélé l’ampleur de la campagne de répression chinoise. En seulement une semaine en juillet 2017, selon les documents révélés alors, près de 15 000 personnes ont été envoyées dans les soi-disant centres de rééducation. Le nombre total de détenus est inconnu, les organisations de défense des droits humains et les membres de la diaspora ouïghoure estiment qu’entre 800 000 et deux millions de personnes sont passées par les camps d’internement du Xinjiang.
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Dans ces camps, selon des documents révélés en 2019, les détenus sont surveillés 24 heures sur 24, ne peuvent pas parler dans leur langue maternelle et sont physiquement punis pour les échecs de leur processus de rééducation.
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Depuis 2009 – l’année où une vague de violence contre la migration des Chinois Han (majoritaire en Chine) a fait plus de 200 morts à Urumqi, la capitale et la plus grande ville du Xinjiang – Pékin a établi un authentique État policier dans cette région à prédominance musulmane, recourirant à des techniques de surveillance agressives et réprimer les manifestations d’identité culturelle et religieuse.
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Pedro Guerreiro 17 février 2020
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16 février 2020 ~ 0 Commentaire

ouvrir la voix (studios brest)

pep

« Ma boîte de production s’appelle Bras de Fer, ce qui représente assez bien ce qu’a été cette aventure pour faire ce film et le mener en salles ». Ce film, il s’intitule « Ouvrir la voix » et sa réalisatrice, Amandine Gay, compare sa production à une guérilla, tant le chemin vers sa sortie en salles a été long et semé d’embûches.

Ce n’est pas tous les jours qu’un long-métrage français donne la parole à des femmes noires, 24 pour être précis, pendant 120 minutes, sur des thèmes aussi divers que l’éducation, le communautarisme, les idéaux de beauté, l’homosexualité. À vrai dire, c’est la première fois. Et si Amandine Gay, comédienne de 32 ans, ne s’était pas battue en marge de l’industrie du cinéma pendant plusieurs années, peut-être n’aurions-nous pas pu entendre tout ce que ces Afro-descendantes ont à dire.

Lundi 17 février à 20h Cinéma Les Studios Brest

https://www.huffingtonpost.fr/

Lire aussi:

L’interview d’Amandine Gay pour « Ouvrir la voix » (RTBF)

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16 février 2020 ~ 0 Commentaire

formation militaire (insurgente)

fora

35 millions dépensés pour former des militaires 0 reçu

Le ministère de la Défense a investi au cours des sept dernières années plus de 35 millions d’euros pour l’enseignement à des militaires et à des marins, c’est-à-dire ceux appartenant au niveau le plus bas de l’échelle militaire.

C’est un montant qui, année après année, a été pris dans les budgets des trois armées (Terre, Air et Marine), dans celui de la Guardia Civil et dans celui de l’Unité d’urgence militaire (UEM).

Cependant, le Département dirigé par Margarita Robles reconnaît maintenant par écrit qu’aucun militaire n’a obtenu de diplôme depuis que ce programme est en vigueur.

16/02/2020

Source

https://insurgente.org/

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14 février 2020 ~ 0 Commentaire

auschwitz argentine (à l’encontre)

resistance j

Auschwitz et le silence du «progressisme argentin»

Des historiens de gauche ont souligné, à juste titre, la complicité des grandes entreprises allemandes, du Vatican et de nombreux gouvernements «démocratiques» avec les nazis.

Comme l’ont rapporté les victimes survivantes, pendant la guerre, les pays alliés connaissaient l’existence des camps de concentration et d’extermination, mais ils n’ont jamais bombardé les lignes de chemin de fer qui y menaient.

Ils n’ont pas non plus rendu publiques les dénonciations qu’ils ont reçues. En outre, ils ont mis d’innombrables obstacles sur la voie des Juifs fuyant les persécutions et cherchant à s’installer dans leur pays [1]. Et jusqu’à ce jour, un silence assez généralisé et hypocrite règne sur ces complicités.

Tout cela a été réécrit et commémoré en ces jours de fin janvier.

Cependant, il y a un aspect qui nous concerne tout particulièrement en Argentine et auquel on n’accorde pas la même attention. Je fais référence à la complicité des gouvernements argentins, et de l’Etat argentin, pour avoir accueilli plusieurs dirigeants et fonctionnaires nazis à partir de 1945.

Au cours de ces années, ils sont entrés dans le pays avec l’aide de l’Eglise, de la Croix-Rouge internationale et des autorités de l’immigration. Parmi eux se trouvaient des génocidaires comme Josef Mengele et Adolf Eichmann.

Le cas de Mengele est exemplaire

Il est arrivé en 1949 [et quittera l’Argentine, entre autres pour le Paraguay en 1959], avec un document au nom de Gregor Helmut. La police fédérale lui a délivré une carte d’identité. Sept ans plus tard, il a présenté son certificat de naissance [reçu via l’ambassade ouest-allemande] et a demandé [en 1956] que son permis de séjour soit établi à son véritable nom [il obtint ainsi un passeport ouest-allemand et se rendit en Europe, entre autres en Suisse].

A cette époque, la République fédérale d’Allemagne a demandé son extradition – il était accusé, entre autres, d’avoir mené des expériences cruelles sur des êtres humains – mais l’Argentine l’a protégé. Notons également qu’Aldolf Eichmann disposait [après l’obtention en 1950 d’un «passeport humanitaire» de la Croix-Rouge au nom de Ricardo Klement], d’un visa émis par la police fédérale argentine.

Certains prétendent que la protection des génocidaires était le fait du seul gouvernement péroniste [Juan Peron 1944-45, vice président, et président de juin 1946 à septembre 1955].

Cependant, les nazis ont continué à vivre en Argentine avec une relative tranquillité après 1955. Un cas significatif est celui de Ludolf von Alvensleben, lieutenant général SS [SS-Gruppenführer], responsable des massacres en Pologne et en Croatie.

Alvensleben est arrivé en Argentine en 1946; en 1952, il a obtenu la nationalité argentine sous le nom de Carlos Lücke. En 1963, il a été candidat au poste de conseiller municipal sur la liste de l’Union civique radicale pour Villa Maria [province de Cordoba].

L’année suivante, un tribunal polonais le condamne par contumace pour crimes de guerre, mais il continue à vivre tranquillement en Argentine [en 1964, la Cour de district de Munich lance un mandat d’arrêt contre Alvensleben, pour l’assassinat de plus de 4 000 personnes en Pologne en 1939; mais il ne sera pas extradé]. Il meurt en 1970 à Santa Rosa de Calamuchita [petite ville de la province de Cordoba].

Bref, on entend sans cesse parler des horreurs des camps de la mort, et on ne dit rien de la protection accordée, depuis les plus hauts niveaux de l’Etat argentin, à ceux qui ont créé et dirigé ces camps.

Des intellectuels de gauche, des militants et des organisations de défense des droits de l’homme, des milieux universitaires qui se considèrent comme progressistes, entre autres, se taisent sur le sujet ou détournent le regard.

Appellent-ils cela «mémoire, vérité et justice» [formule qui renvoie à la commémoration du coup d’Etat militaire du 24 mars 1976, qui inaugure sept ans de dictature]? Qu’est-ce que la vérité historique pour ces gens? Ou vont-ils dire maintenant que mettre le doigt sur ces blessures de l’histoire, c’est «faire le jeu des Yankees et de la droite»?

Dans les deux cas, le scalpel de la critique doit pénétrer jusqu’au fond. C’est une condition indispensable dans la lutte pour l’indépendance politique et idéologique de la classe ouvrière vis-à-vis de la bourgeoisie, quelle que soit sa couleur.

Article publié sur le site de Rolando Astarita, 27 janvier 2020; traduction A l’Encontre

Rolando Astarita, professeur à l’Universidad Nacional de Quilmes et professeur d’économie à l’Université de Buenos Aires.

https://alencontre.org/

[1] Voir, entre autres, pour la Suisse l’ouvrage de Daniel Bourgeois, Business helvétique et Troisième Reich. Milieux d’affaires, politique étrangère, antisémitisme, Editions Page 2, 1998, et plus particulièrement le dossier de reproduction de documents et le chapitre IV «Politique d’asile et antisémitisme». (Réd. A l’Encontre)

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14 février 2020 ~ 0 Commentaire

mahmoud abbas (pùblico ujfp)

 palestine climat
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Mahmoud Abbas n’admet toujours pas que les règles ont changé
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Rejeté par les pays arabes et l’Europe, le leader palestinien s’accroche à son siège tout en obéissant toujours aux règles imposées par Israël. Pendant 15 ans de mandat, il a vu la vie des Palestiniens s’aggraver quotidiennement jusqu’à atteindre une situation irréversible.
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Le président Mahmoud Abbas persiste à ignorer que les règles du jeu ont changé et qu’il n’obtiendra jamais un accord équitable de la part des Israéliens.
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Et malgré cette évidence, il continue de conserver une position qui, dans la pratique, l’oblige à collaborer étroitement à l’occupation quotidienne, comme il l’a toujours fait au cours des trois dernières décennies, sans obtenir en retour autre chose qu’une situation qui empire tous les jours.
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L’élément le plus clair de leur collaboration est la soi-disant «coordination de sécurité», un mécanisme qui, dans la pratique, sert à Israël et à Abbas à réprimer toute dissidence et pas seulement la résistance violente contre l’occupation militaire. Abbas a menacé à plusieurs reprises de mettre fin à ce mécanisme pervers, mais il ne l’a jamais fait, principalement parce que son élimination mettrait fin à sa carrière politique.
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Lors de la session que le Conseil de sécurité a tenue mardi, Abbas a déclaré que l’objectif de « l’accord du siècle » imposé par le président Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu est « de mettre fin à la question palestinienne ».
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On ne peut le dire plus clairement. Pendant de nombreuses années, il n’y a rien eu de nouveau, mais chaque jour qui passe c’est plus évident: les règles ont changé et les Palestiniens sont tous seuls et sans le moindre soutien de leurs alliés historiques, Arabes et Européens inclus.
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Les Américains et les Israéliens étaient satisfaits de l’absence de résultats au Conseil de sécurité, après que les Palestiniens se soient rendus compte qu’ils n’avaient pas assez de soutien pour approuver leur résolution condamnant «l’accord du siècle». Cela validait le faux statu quo qui permet à Israël de poursuivre l’expansion de ses colonies à volonté. Au Conseil de sécurité, les règles ont également changé.
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Au même moment trois Israéliens ont crevé les roues de plus de 200 véhicules palestiniens et ont écrit des graffitis contre des non-Juifs, des actions que Netanyahou a condamnées modé-rément, répétant que les auteurs seront arrêtés et jugés, ce qui n’arrive jamais.
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Le journal Makor Rishon a qualifié le discours d’Abbas de « larmoyant »  et a déclaré que l’accord du siècle « offre une opportunité réaliste aux Palestiniens ». Cyniquement, le journal des colons a ajouté que « l’accord est un pas vers la création d’un État palestinien avec Jérusalem par capitale », citant le gendre de Trump, Jared Kushner.
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Pour sa part, l’ambassadeur d’Israël auprès de l’ONU, Danny Danon, a été plus catégorique et sarcastique: « Il n’y aura pas de progrès dans le processus de paix tant qu’Abou Mazen (Abbas) restera au pouvoir, car c’est un leader qui choisit l’incitation et la la glorification du terrorisme, il ne pourra jamais être un partenaire pour la paix, la paix est au cœur du peuple juif et Israël remercie Trump pour son engagement en faveur de la paix ».
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L’ONU a publié mercredi la liste de 112 entreprises, pour la plupart israéliennes, qui opèrent illégalement dans les territoires palestiniens, mais cela étape n’aura pas de conséquences importantes pour l’occupation. En Israël, l’ONU a été accusée pour cela « d’antisémitisme », comme c’est la coutume dans ces cas, sans même parler de l’occupation brutale et de la dépossession permanente auxquelles l’État juif soumet les Palestiniens.
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En contrepoint, le même mercredi, une chaîne israélienne a révélé que le président de la Dubai Diamond Exchange, Ahmed bin Sulayem, se rendrait en Israël pour participer à la Semaine internationale du diamant de Tel Aviv. C’est un autre signe de la normalisation croissante entre Israël et les Émirats arabes unis. Plusieurs ministres israéliens se sont rendus dans ce pays ces derniers mois.
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« Ils ne sont pas très bien informés de ce qui se passe sur le terrain »
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Dans une autre touche de cynisme, la presse hébraïque a déclaré que les membres du Conseil de sécurité « ne sont pas très bien informés de ce qui se passe sur le terrain », ignorant l’occupation brutale et le vol continu de terres palestiniennes, ainsi que les conditions difficiles d’apartheid qui condamnent les Palestiniens à vivre dans de petits ghettos entourés de fanatiques, avec des règles du jeu imposées par Israël.
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Un Abbas désespéré a demandé une réunion du Quartet  (États-Unis d’Amérique,  Russie, de l’Union européenne et des Nations unies) pour examiner la situation, mais le Quatuor, comme l’Union européenne, a abandonné les Palestiniens il y a longtemps.
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L’Europe autiste d’aujourd’hui ne veut rien savoir de ce problème qui déstabilise le Moyen-Orient depuis des décennies et a des conséquences désastreuses au-delà de la région. Abbas ne veut pas non plus savoir que les règles ont changé depuis longtemps et il ne peut simplement rien, ou, comme le disent les Palestiniens, il est devenu un contributeur nécessaire à l’occupation.
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Abbas a dénoncé que l’accord du siècle créera « un fromage suisse » dans les territoires occupés, mais tous ces trous noirs où vivent les Palestiniens n’ont pas été décidés par l’accord du siècle.
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Le fromage a commencé à se former après la guerre de 1967, il y a de nombreuses années, et Israël réduisait la taille des trous sans qu’Abbas ne fasse quoi que ce soit pour l’empêcher.
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Il est maintenant trop tard pour pleurer devant le Conseil de sécurité, mais il n’est pas trop tard pour que le président palestinien de 84 ans assume les conséquences et se retire de la politique.
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JÉRUSALEM 13/02/2020 EUGENIO GARCÍA GASCÓN
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13 février 2020 ~ 0 Commentaire

italie (à l’encontre)

Migrants Ital

Les fruits amers des vicissitudes de la gauche

Le deuxième gouvernement Giuseppe Conte, annoncé par le Président Sergio Mattarella le 4 septembre 2019, s’est institué après la crise du mois d’août dernier, composé du Parti Démocrate (PD) et du Mouvement 5 étoiles (M5S) a survécu tous ces derniers mois malgré ses constantes dissensions internes et instabilité permanente.

Le gouvernement a dû faire face aux assauts politiques des partis de la droite, qui orientent et mobilisent d’importants secteurs de la société, sur les thématiques racistes, xénophobes et sécuritaires. Il a enfin affronté deux dangereux écueils politiques, le budget, en décembre 2019, et les élections dans deux régions, l’Émilie-Romagne et la Calabre, fin janvier 2020.

Quatre éléments ont permis au gouvernement de se maintenir. Tout d’abord, la volonté des deux partis qui le composent d’éviter à tout prix de nouvelles et trop risquées élections politiques, alors que les sondages donnent la droite dure à plus de 50% des voix.

Ensuite, l’attitude des bourgeoisies italienne et européennes, par le biais de Bruxelles. En outre, le soutien des trois grandes centrales syndicales, y compris la CGIL (CGT italienne blog). Et enfin, la véritable crainte d’importants secteurs de la société de voir arriver au gouvernement la Lega de Matteo Salvini et son frère ennemi Fratelli d’Italia de Giorgia Meloni.

Il n’en reste pas moins que la poussée réactionnaire des partis de cette droite n’a pas faibli et que la société reste empoisonnée par la xénophobies, racistes et antisémites, du fait de l’absence d’un mouvement social des classes laborieuses. Les actes antisémites se sont multipliés ces dernières semaines. Le Rapport Italie, de l’institut Eurispes, fournit des données glaçantes sur le nombre de personnes croyant que la Shoah n’a pas existé, de 2.7% en 2004 à 15.6% aujourd’hui.

Le budget et l’impossible discontinuité

L’écueil du budget a été surmonté grâce à 30 milliards d’euros, un «débordement» rendu possible par la flexibilité de la Commission européenne. Le gouvernement jaune-rose (M5S et PD) s’est abstenu de toucher aux énormes cadeaux pour le capital et les entreprises octroyés  par les gouvernements précédents. Il n’a pas non plus remis en question les normes répressives visant les migrant·e·s et les ONG qui leur portent secours en mer. Pas plus que celles qui criminalisent les luttes ouvrières et sociales.

Le PD voudrait présenter le gouvernement comme différent decelui dominé par Matteo Salvini. C’est mission impossible, vu les positions économiques et politiques exprimées par ses deux principales composantes, le M5S et le PD, ainsi que par Italia Viva de Matteo Renzi. Les lois anti-populaires sont restées en vigueur, comme les législations aidant l’offensive des employeurs contre les classes laborieuses, qui ont provoqué démoralisation, désespérance et rage parmi les salarié·e·s et qui ont servi de rampe de lancement pour Salvini et Meloni.

La première chose à faire pour un gouvernement différent aurait été d’abroger les lois de la contre-révolution libérale et patronale ou celles adoptées auparavant par les gouvernements de centre-gauche, inscrivant l’austérité dans le marbre.

Les élections régionales de Calabre et Émilie-Romagne

Dans ce contexte se sont déroulées, le 26 janvier 2020, les élections des Conseils régionaux et des Présidences de Calabre et d’Émilie-Romagne, test d’envergure nationale. Matteo Salvini avait pour but non seulement de conquérir les deux régions, mais de provoquer, la chute du gouvernement et de susciter ainsi des élections nationales.

• En Calabre, la coalition de droite a remporté une région de plus avec 55% des voix.

Le M5S: 7%, le PD presque 14%, la Lega et Forza Italia près de 12%. La coalition de centre-gauche passe de 61% des voix en 2014 à 30% en 2020, payant ainsi le prix de sa gestion calamiteuse. L’abstention a atteint des sommets: 56%, exprimant une défiance et un repli de secteurs entiers de la population.

• En Émilie-Romagne.

Depuis le lendemain de la seconde Guerre mondiale, c’est le territoire d’un enracinement profond du Parti Communiste Italien (PCI). Il l’administre depuis 1970 ( mise en place des conseils régionaux) jusqu’en 1995 et, de 1995 à 2020, à travers les mutations du PCI, d’abord Partito Democratico della Sinistra (PDS), puis Democratici di sinistra (DS) et enfin Partito democratico (PD).

Les anciennes administrations régionales du PCI ont déployé des politiques social-démocrates efficaces, un pacte politique et social qui liait ensemble les administrations locales, les salarié·e·s, les commerçants, les artisans, les coopératives, certaines étant devenues transnationales, ainsi que nombre de grandes et petites entreprises.

La crise économique, les politiques d’austérité et les privatisations (notamment dans la santé, les transports, sans mentionner le bétonnage), gérées par l’administration régionale, ont exacerbé les contradictions sociales, fragilisé d’importants secteurs et ont fini par avoir raison de ce pacte social.

Si, durant de longues années, la Lega n’a pas pu traverser le fleuve Pô, qui sépare la Lombardie et la Vénétie de l’Emilie, les choses ont changé. Lors des élections nationales de 2018, puis des européennes de 2019, le M5S mais aussi la Lega de Matteo Salvini ont atteint des scores supérieurs à 30%.

En 2014 le candidat du PD, Stefano Bonaccini [49%], avec une faible participation [38%], mettait en évidence la désaffection de larges secteurs populaires à l’égard du centre-gauche. Les élections de janvier 2020 ont connu une participation nettement supérieure [68%].

Matteo Salvini pensait en finir avec le PD, conquérir le fortin historique de la gauche, en obtenant une victoire à la fois politique et historique. Il y a mis les moyens, avec une campagne médiatique forte, martelant propos xénophobes et racistes.

Sa machinerie électorale était dirigée par son conseiller en communication à la tête de 35 personnes qui couvrait les faits et gestes du leader 24 heures sur 24 heures, activant un vaste réseau. Finalement son échec a soulagé nombre d’Italiens, le PD et même le gouvernement.

Mais les chiffres sont inquiétants et montrent que la menace de la Lega est loin d’être dépassée. Ses résultats, dans l’ancien bastion « rouge », en valeurs absolues comme en pourcentages, sont impressionnants, de même que sa capacité à orienter, désorienter et mobiliser d’importants secteurs de la société.

Stefano Bonaccini (PD), a obtenu 51.4% des voix contre 43.6% pour la candidate des droites Lucia Borgonzoni. Les partis, dit de centre-gauche, dépassent de peu 48% tandis que les forces de droite obtiennent un inquiétant 46%, dont 31.9% pour la Lega et 8.6% pour l’extrême-droite de Fratelli d’Italia, qui a doublé ses voix, Forza Italia, de Silvio Berlusconi, obtient un score négligeable.

Bonaccini a capté le 65% des électeurs de la précédente consultation, 17.7% des abstentionnistes,  9% des électeurs du M5S et 6.1% des électeurs du centre-droit. Il a appuyé sa campagne sur un réseau dense d’administrateurs locaux, de coopératives, de syndicats, mais aussi du monde entrepreneurial et il a reçu un coup de main essentiel du «mouvement des sardines». (…)  (Résumé voir lien)

Alencontre 13 février  2020 Franco Turigliatto

Article envoyé par son auteur; traduction Dario Lopreno

https://alencontre.org/europe/

sardines

Lire aussi:

Les sardines

Les sardines sont un mouvement né, et ce n’est point un hasard, dans la capitale de l’Émilie-Romagne, Bologne, en novembre 2019. Son but était à contrer la campagne de haine et de racisme du chef de la Lega. En un mois les sardines ont multiplié les rencontres dans toutes les villes de la région, organisant de grands rassemblements comptant des dizaines de milliers de personnes, avec une forte présence de jeunes, mais aussi un public plus âgé. Il exprime l’inquiétude, présente dans de larges secteurs, de voir s’affirmer un sens commun raciste et violent contre les plus vulnérables, alimenté par les droites les plus réactionnaires.

Les sardines sont parvenues à interpréter mais aussi à réveiller les sensibilités antifascistes, antiracistes et démocratiques, en construisant un type de mobilisation correspondant à leur niveau de politisation. C’est un mouvement d’opinion publique, point encore abouti et n’ayant pas encore fait l’expérience de débats sur les thématiques sociales.

Ses dirigeants se présentent comme voulant effacer de la politique le langage de la haine et du racisme, ramenant le débat à des normes de correction politique, voire à de l’angélisme. Mais au-delà de cette orientation politique, il ne fait pas de doute qu’ils ont été capables d’inciter nombre de jeunes et moins jeunes à aller voter, construisant une contre-tendance visible et de masse aux positions de Salvini et de la Lega.

Les jeunes dirigeants de ce mouvement ont des relations avec les milieux habituellement PD, mais aussi avec des catholiques, qui se sont engagés afin de faire obstacle à la montée des droites «dures» et ont comme référence, le cardinal de Bologne Matteo Zuppi. Des quotidiens comme La Repubblica, lié au PD, ont soutenu inconditionnellement cette initiative, lui offrant une tribune avec, en ligne de mire, le renouveau du PD. À l’heure actuelle, de nombreuses initiatives se déroulent, destinées à orienter une partie de ses dirigeants vers la reconstruction d’un nouveau centre-gauche.

Italie-Débat. «Pour une gauche d’opposition» (Sinistra Anticapitalista)

Italie (Insurgente)

Sardines (NPA)

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12 février 2020 ~ 0 Commentaire

forum social (brest)

 

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10 février 2020 ~ 0 Commentaire

suisse lgbt (tv5 monde)

lgbt
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Les Suisses approuvent par référendum une loi anti-homophobie

Les Suisses ont largement approuvé dimanche par référendum une loi interdisant la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, combattue par des formations conservatrices.

Les résultats nationaux donnent le « oui » à 63%, avec des scores dépassant 70% dans des villes comme Genève ou Bâle. Seuls trois petits cantons germanophones du centre et de l’est ont accordé une courte majorité au « non ».

Mathias Reynard, le parlementaire socialiste à l’origine de cette réforme du code pénal helvétique, a salué sur la chaîne RTS-1 « un jour historique » et « un signal magnifique pour toutes les personnes concernées ».

La nouvelle loi anti-homophobie élargit une législation déjà existante en matière lutte contre les discriminations et appels à la haine raciale ou religieuse, en l’étendant à l’orientation sexuelle.

Cette réforme du code pénal, adoptée en 2018, s’est heurtée à l’opposition de milieux conservateurs et populistes, qui ont lancé ce référendum dans l’espoir de faire barrage à une forme de « censure » et d’atteinte à « la liberté d’expression, de conscience et de commerce ».

Les autres partis ont estimé que la protection contre la discrimination en raison de l’orientation sexuelle était insuffisante en Suisse, et appelé à voter « oui » à la réforme.

- Amendes et peines de prison -

Les partisans du texte se sont aussi appuyés sur le fait que la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle était déjà sanctionnée dans d’autres pays européens, et que le Conseil de l’Europe comme l’ONU avaient demandé à la Suisse de renforcer son arsenal contre l’homophobie.

Le nouveau dispositif « renforce la protection contre la discrimination sans violer la liberté d’expression », font valoir les partisans du texte dans leur argumentaire.

La nouvelle loi punit le dénigrement public et la discrimination de toute personne en raison de son orientation sexuelle, ou toute attitude visant à attiser la haine à son égard, par l’écrit, la parole, des images ou des gestes.

Elle ne réprime pas en revanche des propos tenus dans le cercle familial ou entre amis, par exemple à la table d’un café.

Les restaurants, hôtels, entreprises de transports, cinémas ou piscines ne pourront pas refuser l’accès de quelqu’un en raison de son orientation sexuelle. Le texte prévoit des amendes ou des peines pouvant aller jusqu’à trois ans de prison.

Au sein des milieux LGBT, certains craignent toutefois qu’une protection spéciale ne les stigmatise davantage.

« Je me bats pour l’acceptation et la normalisation de ma sexualité. Mais pour moi, la normalisation signifie aussi ne pas exiger de droits spéciaux », a fait valoir avant le vote Michael Frauchiger, co-président du comité « Droits spéciaux NON! ».

 Christophe DE ROQUEFEUIL 09.02.2020

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10 février 2020 ~ 0 Commentaire

ugo palheta (libération)

macron-la-matraque

La vocation antifasciste du mouvement social

La mobilisation qui a pour enjeu immédiat les retraites dessine un horizon démocratique plus large : elle combat à la fois l’autoritarisme incarné par Emmanuel Macron et l’extrême droite qui a tout intérêt à l’échec du mouvement.

Lancée à la RATP et à la SNCF, la mobilisation a pris depuis la dimension d’un affrontement durable et généralisé contre l’ensemble des politiques néolibérales menées depuis plus de trois décennies.

Comment s’en étonner, tant ces politiques sont directement à l’origine d’une insécurité sociale qui ne cesse de s’aggraver et d’une intensification de la souffrance au travail (particulièrement parmi les ouvriers·ères et les employé·e·s), d’une impossibilité croissante pour de nombreux travailleurs et travailleuses d’exercer dignement leurs métiers (personnels de santé, enseignant·e·s, pompiers·ères, avocat·e·s, enseignant·e·s-chercheurs·ses, etc.), d’une dégradation des services publics et ainsi d’une décomposition du tissu social ?

Illusoire ruissellement des richesses

Pour celles et ceux qui s’opposent au gouvernement actuel, il ne s’agit donc rien moins que de mettre un coup d’arrêt à la grande destruction néolibérale et à l’autoritarisme qui l’accompagne inévitablement, comme la nuée porte l’orage.

En effet, le personnel politique des classes dominantes ne peut plus sérieusement justifier cette entreprise au nom d’un illusoire ruissellement des richesses des possédant·e·s vers les dépossédé·e·s ; chacun·e peut constater en effet à quel point cela ruisselle, mais dans le sens inverse.

Les gouvernements ont donc été amenés au cours des dernières années à recourir de plus en plus à la répression policière et judiciaire, employant des techniques violentes et arbitraires de maintien de l’ordre auparavant réservées aux populations non-blanches, qu’elles soient migrantes ou descendantes de l’immigration non-européenne.

Pour reprendre les catégories d’Antonio Gramsci, le défaut croissant de consentement aux politiques menées n’a été suppléé que par le recours croissant à la force physique organisée, c’est-à-dire aux appareils de répression de l’Etat, garantissant et fragilisant tout à la fois la perpétuation des rapports d’exploitation et de domination.

Ainsi l’autoritarisme néolibéral incarné par Emmanuel Macron apparaît-il à la fois comme un effet et un accélérateur de la crise politique. A l’évidence, la séquence présente de lutte a une visée sociale, mais elle a donc également une dimension démocratique.

Or, c’est à ce double titre que se comprend la vocation antifasciste d’un combat qui a pour enjeu immédiat les retraites mais dessine l’horizon d’une alternative au néolibéralisme autoritaire.

Il est d’autant plus crucial d’y insister que l’extrême droite cherche à utiliser le conflit pour se renforcer. Ainsi le RN sème-t-il la confusion en prétendant s’opposer à la contre-réforme tout en refusant toute légitimité aux militants syndicaux – qui sont pourtant en première ligne du mouvement social depuis le 5 décembre –, et ce en pleine continuité avec le fascisme historique.

Antifascisme moral

L’extrême droite a toujours manifesté une haine viscérale vis-à-vis du mouvement ouvrier organisé, du syndicalisme et des luttes sociales ; on a d’ailleurs vu récemment le responsable des élections sur le plan national du RN, Gilles Pennelle, affirmer que son parti mettrait «hors d’état de nuire» les «associations, syndicats et partis de gauche» s’il parvenait au pouvoir.

C’est que l’extrême droite, hier comme aujourd’hui, n’aime les classes populaires que passives et désespérées, s’en remettant aux chefs fascistes pour les guider, et non comme sujet politique luttant pour ses intérêts propres.

Ainsi le RN a-t-il tout intérêt à une mobilisation défaite, dont le double produit – un macronisme exsangue d’un côté, une rage impuissante de l’autre – favoriserait assurément le vote pour l’extrême droite, aux municipales comme lors de la prochaine élection présidentielle.

Souligner la dimension antifasciste du mouvement actuel, c’est rappeler que le RN et les groupuscules avec lesquels il entretient des relations troubles – notamment les identitaires – n’y ont pas leur place, comme l’a justement rappelé le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez.

L’agenda nationaliste, xénophobe et raciste qui est au centre du projet du RN ne peut qu’affaiblir la classe travailleuse en accentuant ses divisions et en pointant des ennemis imaginaires (migrants, musulmans, Rroms, etc.).

C’est aussi affirmer qu’on ne saurait lutter efficacement contre la progression de l’extrême droite, ici comme ailleurs, en se contentant d’en appeler à la conscience morale des électeurs, en leur faisant la leçon au nom de «valeurs républicaines» qui ne cessent d’être bafouées par la République elle-même.

Cet antifascisme moral doit céder le pas à un antifascisme politique. Seule en effet la mobilisation populaire sous toutes ses formes peut enrayer la dynamique fasciste.

Il faut faire reculer durablement l’extrême droite, en stoppant le cycle d’appauvrissement des classes populaires et la dérive autoritaire du pouvoir politique.

Tout en engageant enfin une lutte résolue contre le racisme structurel (islamophobie, discriminations systémiques, violences policières, traque des migrants, etc.).

C’est aussi à ce prix que le «chapitre des bifurcations», selon l’expression de Blanqui, pourra à nouveau être «ouvert à l’espérance.»

10 février 2020

 Ugo Palheta, sociologue, maître de conférences à l’université de Lille et affilié au Centre de Recherches Sociologiques et Politiques de Paris (Cresppa). Ugo Palheta est l’auteur de la Possibilité du fascisme, publié aux éditions la Découverte en septembre 2018.

https://www.liberation.fr/

 

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