Archive | Antimilitarisme

01 octobre 2017 ~ 0 Commentaire

morlaix salah amouri (afps)

salah

UN COLLECTIF « LIBERTÉ POUR SALAH HAMOURI » EN PAYS DE MORLAIX

C’est à l’initiative de l’Association France Palestine Solidarité du Pays de Morlaix, que les représentants de 17 associations, partis, syndicats et réseaux de solidarité* ont annoncé samedi matin lors d’une conférence de presse en ville, leur volonté de s’engager ensemble pour la libération de Salah Hamouri incarcéré par l’État israélien depuis le 23 août dernier.

Pour cela, ils ont décidé de constituer un collectif « Liberté pour Salah » en Pays de Morlaix comme il en existe un au niveau national dont la porte-parole est Elsa Lefort, la femme de Salah Hamouri.

Comme le permet le système judiciaire israélien, Salah Hamouri, militant des droits de l’homme à Jérusalem où il réside a été condamné sans aucun motif officiel ni inculpation et sans aucune forme de procès à 6 mois de détention administrative renouvelable indéfiniment par la seule volonté de ses juges.

Aujourd’hui, sur les 6000 prisonniers politiques palestiniens actuellement détenus par Israël, plus de 500 sont en détention administrative y compris des détenus mineurs et des députés palestiniens, certains depuis plusieurs années.

Ce qui paraît être reproché à Salah Hamouri aujourd’hui, c’est son engagement revendiqué auprès des prisonniers politiques palestiniens et ses sympathies supposées pour une organisation de la gauche palestinienne (le FPLP) que l’État israélien considère lui comme une organisation terroriste.

À Morlaix, comme partout ailleurs, ses défenseurs craignent aujourd’hui que Salah Hamouri ne devienne l’otage d’un système judiciaire arbitraire qui n’espère qu’une seule chose : se débarrasser d’un opposant d’autant plus gênant, qu’il venait d’obtenir son diplôme d’avocat… quelques jours avant son arrestation !

Le collectif « Liberté pour Salah » a commencé à interpeller les représentants de l’État et les élu-es locaux dont Sandrine Le Feur pour qu’à leur tour, ils tentent de convaincre le gouver- nement d’Emmanuel Macron d’intervenir avec détermination auprès des autorités israéliennes. Comme il l’a fait récemment pour obtenir la libération du journaliste Loup Bureau emprisonné en Turquie tout aussi arbitrairement que Salah Hamouri l’est aujourd’hui en Israël.

Motivé par sa volonté d’informer un public le plus large possible de la situation de Salah Hamouri, le collectif a également annoncé la tenue d’un

Rassemblement

Jeudi 5 Octobre  18 h

Place des Otages  Morlaix

*Le collectif « liberté pour Salah » du Pays de Morlaix est soutenu par :

AFPS, LDH, ACAT, Amnesty International, Association pour le jumelage Morlaix/Wavel, Utopistes en Action, Association Pays de Morlaix Solidarité Migrants, Mouvement de la Paix, UL-CGT, FSU, PS, PCF, France Insoumise, Ensemble, EELV, Mouvement du 1er juillet, NPA

Pour contacter le collectif écrire à : afpspaysdemorlaix@yahoo.fr

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30 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

paris catalogne (l’express)

Autodétermination en Catalogne: pourquoi Paris est contre

Alors que le Canada et le Royaume-Uni ont laissé voter les Québécois et les Ecossais, l’Espagne veut empêcher le référendum catalan le 1er octobre. Sans guère de réactions de ce côté-ci des Pyrénées.

« L’Écosse devrait-elle être un pays indépendant? » Le 18 septembre 2014, les Écossais se rendent en masse aux urnes pour trancher cette question, à l’issue d’un débat démocratique de haute tenue, organisé avec l’accord du Royaume-Uni. A 55,3 %, ils choisissent le « No ».

« Acceptez-vous que le Québec devienne souverain? » Le 30 octobre 1995, une très courte majorité de Québécois (50,6%, exactement) rejette cette perspective. 15 ans plus tôt, près de 60% d’entre eux s’étaient déjà prononcés contre toute idée de « souveraineté-association ». Les deux consultations avaient été acceptées par l’Etat canadien.

Rien de tel en Espagne où, face à une situation similaire sur bien des points, Madrid est résolu à empêcher les Catalans de dire si, oui ou non, ils veulent « que la Catalogne devienne un État indépendant sous forme de République ». Et, pour cela, il n’hésite pas à employer la méthode forte: arrestations de hauts-fonctionnaires, saisie des bulletins de vote, fermeture de sites web… Pourtant, des centaines de milliers de personnes ont défilé à plusieurs reprises pour exiger cette consultation, sans qu’à aucun moment les indépendantistes n’aient prôné ni exercé la violence.

Globalement, en France, la gêne prédomine

Ecosse, Québec, Catalogne: la comparaison, à l’évidence, ne tourne pas à l’avantage de nos voisins espagnols. Or, curieusement, cela ne suscite guère de réactions côté français. D’ordi- naire, pourtant, nos intellectuels ne manquent pas une occasion pour s’offusquer, s’indigner ou s’enthousiasmer. Et il en va de même chez les politiques. Benoit Hamon est l’un des rares à avoir marqué ses distances: « Le gouvernement espagnol a tort d’attiser la tension », a prudem- ment regretté l’ancien candidat du PS à la présidentielle. Mais globalement, la gêne prédomine.

Cette attitude atypique est très révélatrice. Et tient principalement aux idées reçues qui circulent en France au sujet du régionalisme. En voici quelques-unes: 

1. « Le référendum est illégal »

C’est la thèse du gouvernement espagnol, qui s’appuie sur une décision du Tribunal constitu- tionnel allant dans ce sens. Or, il n’est pas difficile de démontrer que ledit Tribunal est tout sauf neutre. Non seulement sa composition est biaisée (la grande majorité de ses membres a été nommée par deux mouvements unionistes, le Parti populaire de Mariano Rajoy et le Parti socialiste), mais, sur le fond, il est surtout l’expression d’un pouvoir centralisateur. Dès lors que la Constitution prévoit « lunité indissoluble de la nation espagnole, patrie commune et indivisible de tous les Espagnols« , le débat est biaisé.

Pour mémoire, la Cour suprême d’Ottawa, saisie par le gouvernement fédéral, avait estimé que la souveraineté était un objectif légitime et que seuls les Québécois avaient le droit de voter. 

Le droit international est plus complexe. L’Espagne a en effet ratifié la déclaration des droits des peuples autochtones des Nations unies, laquelle stipule (article 3) que « les peuples auto- chtones ont le droit à l’autodétermination ». Elle est également signataire des accords d’Helsinki, dont l’article 8 est ainsi rédigé: « Les États participants respectent l’égalité de droits des peuples et leur droit à disposer d’eux-mêmes, en agissant à tout moment conformément (…) aux normes pertinentes du droit international, y compris celles qui ont trait à l’intégrité territoriale des Etats ». La France a également approuvé ces deux textes.

Juridiquement, le « droit des peuples à l’autodétermination » est toutefois encadré. Il faut déjà définir ce que l’on entend par « peuple », ce qui ne va pas de soi. Et tenir compte des résolutions 1514 et 2625 des Nations Unies qui en restreignent le champ d’application en excluant « toute tentative visant à détruire partiellement ou totalement l’unité nationale et l’inté- grité territoriale d’un pays et précise que ce droit ne peut être interprété « comme autorisant ou encourageant une action, quelle qu’elle soit, qui démembrerait ou menacerait, totalement ou partiellement l’intégrité territoriale ou l’unité politique de tout État souverain et indépendant ».

En clair ? Ces concepts totalement contradictoires se gèrent au cas par cas, comme l’ont montré récemment la création de l’Erythrée, le démembrement de la Yougoslovie et de l’URSS. 

Cependant, à moins de considérer que le droit à l’autodétermination doit être réservé aux peuples qui s’autodéterminent déjà, il paraît difficile de condamner les Catalans en se référant uniquement à la décision du Tribunal constitutionnel de Madrid. Au demeurant, les intellectuels français savent parfaitement dénoncer les légalités nationales lorsque celles-ci contreviennent aux grands principes universels. Pourquoi cette exception quand il s’agit de l’Espagne? Parce qu’il s’agit d’une démocratie et du souvenir de la guerre civile que connut le pays il n’y a pas si longtemps ? Bien sûr, mais ce ne sont pas les seules explications. Pour comprendre l’attitude française, il faut se plonger dans notre histoire nationale.

2. « Le régionalisme, c’est ringard »

La cause régionaliste, en France, n’a jamais trouvé de grands soutiens. Seul l’ancien Premier ministre socialiste Michel Rocard fit exception, en estimant que notre pays s’était « créé par la destruction de cinq cultures, bretonne, occitane, alsacienne, corse et flamande ».

Ce mépris tient pour une part à une forme de snobisme. Dans un pays où la vie intellec- tuelle est concentrée à Paris, défendre les Catalans, les Basques ou les Alsaciens sent affreu- sement sa province et vous écarte de « ceux qui comptent » dans la capitale. Quand l’on aspire à être reconnu, il s’agit là d’une erreur à ne pas commettre.

Cette condescendance est d’autant plus ancrée que nos intellectuels n’ont guère de culture en la matière. Lesquels ont lu Frédéric Mistral, prix Nobel de Littérature pour une oeuvre écrite en provençal? Lesquels savent qu’au 12è siècle, le prestige littéraire du picard était largement supérieur à la langue du roi en usage à Paris? Lesquels ont étudié l’histoire de la Bretagne, de la Franche-Comté ou du Béarn avant leur rattachement à la France? Lesquels, pour revenir aux Catalans, savent comment Louis11 et sa soldatesque menèrent le terrible siège de Perpignan? Aucun ou presque. A leur décharge, l’école de la République ne s’attarde guère sur ces vérités parfois dérangeantes.  Cette méconnaissance ne les aide évidemment pas à émettre un jugement éclairé sur les événements de Barcelone.

3. « Le régionalisme, c’est la réaction »

Chez nous, les régionalismes ne sont pas seulement moqués ; ils sont aussi jugés réaction- naires. Il est vrai que, du Maréchal Pétain en passant par Charles Maurras, l’exaltation de « nos belles provinces » trouva dans l’Histoire ses meilleurs appuis à la droite de la droite.

Depuis, Mai 68 a nettement inversé la tendance: dans les années 1970, le régionalisme français a majoritairement basculé à gauche.Cela, visiblement, n’a pas suffi à venir à bout de la méfiance qu’il suscite.

C’est que le esprits, en la matière restent marqués par la Révolution française. A l’époque, les langues régionales – parlées par 80 % de la population – furent carrément assi- milées à… l’Ancien Régime. « Le fédéralisme et la superstition parlent bas-breton; l’émigration et haine de la République parlent allemand… La Contre-révolution parle l’italien et le fanatisme parle basque. Cassons ces instruments de dommage et d’erreurs », lance ainsi le conventionnel Barrère, le 27 janvier 1794.

C’est à ce titre qu’elles furent combattues avec acharnement et symboliquement ravalées au rang de « patois ». Un terme incroyablement méprisant quand on connaît son étymologie: « Agiter les mains, gesticuler pour se faire comprendre comme les sourds-muets » (dictionnaire historique de la langue française). Et ce malgré les enseignements de tous les linguistes. « Les langues régionales possèdent une richesse de vocabulaire au moins compa- rable, sinon parfois supérieure, à celle du français, et leur syntaxe est souvent plus riche », souligne Claude Hagège, l’un des plus célèbres d’entre eux.

Cela n’empêchera aucunement l’abbé Grégoire, auteur en 1794 d’un effrayant rapport « sur la nécessité et les moyens d’anéantir les patois », d’entrer au Panthéon en… 1989. Ni Emmanuel Macron de recourir à ce même terme de « patois » pour décrire les langues régionales voilà quelques semaines. Révélateur.

4 « Le régionalisme, c’est le repli sur soi »

Cette ignorance et ces a priori profondément ancrés ont fini par emporter la conviction de nombre d’intellectuels: défendre une identité locale serait nécessairement synonyme de repli sur soi, voire de xénophobie. Certains nationalistes bretons n’ont-ils pas collaboré avec les nazis?

Sans surprise, le très jacobin Jean-Luc Mélenchon vient ainsi de s’opposer aux revendications catalanes sur sa chaîne You tube. Y céder équivaudrait, selon lui, à revenir « à la période du Saint-Empire Germanique, avec des principautés, des duchés, des baronnies et, au-dessus de tout cela, le fric! » A ses yeux, seuls les Etats permettent aux individus de s’extraire de leur communauté et d’accéder à l’universel.

Ce raisonnement, très répandu en France, est aussi contestable que contesté. « Il existe, c’est indéniable, des dérives liées aux réflexes identitaires. Mais en quoi celles-ci seraient-elles l’apanage des identités régionales? Dois-je vous rappeler le nombre de guerres provoquées par les identités nationales? Propose-t-on pour autant de faire disparaître les nations? » interroge François de Rugy, le président (écologiste) de l’Assemblée nationale. D’autre part, comme l’explique l’historienne Mona Ozouf, spécialiste de la République dans son livre Composition française, l’identité française constitue aussi, à l’échelle mondiale, un particularisme. Faudrait-il pour autant y renoncer?

En réalité, quel que soit l’échelon géographique, on trouve des tenants d’une identité « ouverte » et des défenseurs d’une identité « fermée ». Mais rien ne permet de poser une équivalence entre régionalisme et repli sur soi. N’est-ce pas en France que le Front National prospère depuis plusieurs décennies? Et dans la très identitaire Bretagne qu’il obtient ses plus faibles scores?

5 « La Catalogne est trop petite pour constituer un Etat »

Là encore, le raisonnement est curieux. Avec une population de 7,5 millions d’habitants, la région est plus peuplée que des pays comme le Danemark, la Finlande, la Croatie ou L’Irlande. Sans parler du minuscule Luxembourg (560 000 habitants), membre fondateur de l’Union européenne.

6. « Les Catalans sont égoïstes »

En réclamant leur autonomie, les Catalans sont également soupçonnés de penser d’abord à leur portefeuille, dès lors qu’ils habitent l’une des régions les plus riches d’Espagne. Ce n’est pas impossible, mais il est cocasse de remarquer que, ailleurs, le raisonnement s’inverse. La Corse, trop pauvre, est ainsi accusée de n’avoir pas les moyens d’une éventuelle indépen- dance. Comme quoi les Etats sont capables d’une grande habileté rhétorique quand il s’agit de défendre leurs intérêts…

7. « Cela créerait un effet boule de neige »

Cette crainte est à prendre au sérieux et joue d’évidence en faveur de l’Espagne. Si la Cata- logne obtenait son indépendance, il y a fort à parier que les Basques s’engouffreraient dans la brèche. Et peut-être, à leur suite, les Galiciens et les Andalous.

Cela ne suffit pourtant pas à rejeter la revendication de Barcelone, sauf à considérer que l’unité d’un pays est systématiquement préférable au droit à l’autodétermination des peuples. Cela peut être vrai dans certaines situations (la « balkanisation » débouche parfois sur des conflits entre les Etats nouvellement créés), mais pas nécessairement. La République Tchèque et la Slovaquie se sont ainsi séparées sans drame.

Le précédent catalan

Il demeure que le précédent catalan pourrait faire tache d’huile en Europe. Le Royaume-Uni s’en inquiète, notamment depuis que le Brexit a relancé les velléités écossaises (voire irlan- daises). Il en va de même en Belgique, où les Flamands observent de près la situation. Et bien sûr en France, où les nationalistes corses, notamment, engrangent de spectaculaires succès électoraux depuis quelques années. Et qui compte aussi sur son sol une forte communauté catalane.

Ainsi s’explique l’étroite solidarité de Paris avec Madrid. Interrogé lors d’une conférence de presse tenue en compagnie de Mariano Rajoy, Emmanuel Macron lui a apporté un soutien sans réserves, déclarant: « Je connais seulement un partenaire et un ami qui est l’Espagne. L’Espagne tout entière. » Une déclaration qui s’inscrit dans une realpolitik très cohérente, mais qui écorne néanmoins l’image de « pays des droits de l’Homme » dont s’enorgueillit régulière- ment la France.  Oui, vraiment, tout cela pourrait fournir un beau sujet de méditation pour nos intellectuels…

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29 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

autodétermination (npa)

estelada

« Le droit à l’autodétermination signifie un défi au consensus de la transition issu de la fin du franquisme 

Entretien. Alors que le gouvernement central de l’État espagnol tente par tous les moyens d’empêcher la tenue du référendum d’autodétermination du 1er octobre en Catalogne, nous avons rencontré Laia Facet, militante d’Anticapitalistas Catalunya.

Comment expliques-tu l’attitude extrêmement répressive et brutale du gouvernement qui prend le risque d’un affrontement très incertain pour lui ?

L’État espagnol faisait face à un dilemme : s’il permettait un référendum d’autodétermination, cela créerait un précédent qui romprait avec le cadre constitutionnel et donnerait la possibilité d’ouvrir des débats au-delà du terrain national ; s’il ne le permettait pas, il devait assumer un tournant autoritaire alors que jusqu’à maintenant il s’était maintenu dans l’attentisme. Le dilemme a été tranché du côté autoritaire. La répression est menée par le Parti Populaire et son gouvernement, ses alliés de Ciudadanos et le silence complice du PSOE. La justice et la police collaborent et font le sale boulot, avec le soutien de toute la presse liée au régime qui relaie sa propagande.

Nous ne nous trouvons pas seulement face au gouvernement PP, mais face a l’ensemble du régime : dans l’État espagnol le droit à l’autodétermination signifie un défi au consensus de la transition issu de la fin du franquisme, que le régime cherche a préserver à tout prix. Le processus actuel en Catalogne a en réalité généré une brèche dans les fondements de l’État.

Jusqu’où le pouvoir est-il prêt à aller ?

Actuellement ils réquisitionnent tout le matériel officiel de la Generalitat de Catalogne : matériel de propagande du référendum, tracts, cartes de recensement, etc. Ils ont procédé à des arrestations de responsables du gouvernement et cité à comparaître plus de 700 maires. Ils ont fiché des milliers de personnes ayant participé et organisé des meetings, collages, etc. Ils ont perquisitionné des entreprises privées qui ont édité du matériel sur le référendum, et ils ont entrepris nombre d’autres actions qui mettent en cause les libertés publiques, la liberté d’expression et les droits démocratiques.

De facto, le 20 septembre, l’article 155 de la constitution s’est appliqué. Celui-ci permet de suspendre l’autonomie politique de la Catalogne et de contrôler les comptes de la Generalitat… Je ne sais pas s’ils pourront aller plus loin dans la répression, à part essayer d’empêcher l’ouverture de bureaux de vote le 1er octobre, ce qu’ils vont tenter de faire, et peut-être aussi prendre davantage de sanctions judiciaires contre le gouvernement de Catalogne.

Ce qui est impressionnant, c’est que face à cela les gens n’ont pas eu peur. Tous les jours on assiste à des mobilisations massives pendant des heures, des collages, des diffusions de tracts, des débats… et pourtant les gens savent qu’ils vont probablement être fichés par la police, tandis que des imprimeries prennent le risque d’être fermées. Le degré d’implication des gens augmente, et c’est extrêmement important pour défendre concrètement le droit à l’autodétermination, mais aussi pour reconstruire une conscience de classe aujourd’hui en crise.

Comment réagit la population dans l’État espagnol ?

Comme je disais précédemment le niveau d’implication des gens augmente en Catalogne et, chose importante, nous n’avons pas assisté à des manifestations significatives d’opposition de type réactionnaire ou espagnoliste. Dans le reste de l’État la dérive répressive du régime fait réfléchir les gens sur le référendum. Si de larges couches de la population sont en désaccord sur le cheminement suivi par la Catalogne, nous assistons ces jours-ci à des mobilisations de plus en plus importantes en solidarité et en soutien au référendum et à la Catalogne.

La manifestation très massive à Bilbao la semaine passée a été suivie dès le 20 septembre par d’autres dans des dizaines de villes, où les gens ont rempli les rues pour montrer leur solida- rité. La tentative d’interdiction des manifestations a en réalité amplifié le mouvement. Nous devons proposer des perspectives constituantes en nous appuyant sur la vague catalane, mais cela va être particulièrement difficile car le régime a resserré ses rangs et ils forment un bloc de pouvoir constitutionnaliste pro-régime, désespéré dans ses formes mais fort.

Dans ce contexte deux questions sont importantes : nous devons tisser des alliances avec toutes les personnes, tous les collectifs, syndicats, partis qui dénoncent la répression, incluant les soutiens internationaux ; nous devons tout faire pour que la dynamique de mobilisation soutenue et antirégime en Catalogne déborde au-delà de celle-ci.

Quelle peut être la suite après le référendum du 1er octobre ?

Il est très compliqué de prévoir des scénarios. Nous sommes dans un de ces moments où en un jour il se passe plus de choses qu’en plusieurs années. Actuellement une double lutte de légitimité-légalité est en cours, celle qui émane de la transition espagnole et celle surgie de la volonté d’une majorité en Catalogne de déborder cette transition, qui se concrétise dans un référendum d’autodétermination.

La confrontation à laquelle nous assistons ces jours-ci, dans la rue, les institutions, les lieux de travail et d’étude, va être longue, vient de loin et se cristallise ces dernières semaines. Ce qu’il se passera le 1er octobre sera décisif, ainsi que ce qu’il en sortira. Si le référendum donne une majorité substantielle au « oui », on devra défendre le résultat et favoriser l’ouverture d’un processus constituant en Catalogne. La tâche sera difficile. Si on nous empêche de voter, la dynamique de mobilisation peut s’amplifier

Dans cet affrontement, quelle politique défendez-vous pour la classe ouvrière en particulier face à un droit à l’autodétermination qui pourrait prendre la forme d’une union nationale ?

Nous avons un mouvement vivant, quelque peu imprévisible, et qui peut déborder les calculs du gouvernement catalan et des partis de la droite catalane à tout moment. Le mouvement, jusqu’ici, avait laissé l’initiative au gouvernement catalan.

Nous croyons qu’un référendum pourrait changer la dynamique, que cela impliquerait un défi réel au régime, loin de la rhétorique du gouvernement qui ne s’est jamais traduite dans des solutions concrètes. Actuellement, on vit dans les rues un mouvement ample et un défi sans précédent depuis la transition, qui peut changer les rapports de forces, y compris en Catalogne. Il y a aussi la perspective de l’ouverture d’un processus constituant.

vaga

Grève générale!

C’est pour cela que les mobilisations actuelles nous permettent d’accumuler des forces et des expériences pour mener cette bataille politico-programmatique où nous avons de fortes différences avec la droite catalane, une bataille qui jusqu’à ce jour paraissait une utopie. Les mobilisations étudiantes et les occupations de facs de cette semaine sont déterminantes pour envisager une lutte plus radicale

Pour terminer, il faut savoir que les deux principaux syndicats combatifs catalans IAC et CGT ont déposé un préavis de grève générale à partir du 1er octobre si le pouvoir empêche la tenue du référendum. Dans les mobilisations on entend de plus en plus souvent une musique qui dit « On a besoin maintenant d’une grève générale ».

Le fait d’introduire la grève dans le répertoire des actions du mouvement catalan est quelque chose d’important en soi, mais aussi pour que des secteurs de travailleurs puissent voir les organisations syndicales comme des outils leur permettant de s’impliquer dans la lutte. Cela pourrait s’avérer fondamental pour être en position de force du point de vue de la légitimité lorsque le moment viendra de déclencher la bataille constituante.

Propos recueillis par Miguel Ségui  Mardi 26 septembre 2017

Catalunya. Référendum interdit, la résistance s’organise dans la rue et les quartiers (NPA)

« En Catalogne, l’imagination est massivement dans la rue » (NPA)

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29 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

référendum (jdd)

fugue cata

Les capitaux oui, les catalans non!

Avant le référendum, la Catalogne dans le trou noir

A l’approche du référendum d’indépendance interdit par Madrid, les Catalans redoutent que l’issue du bras de fer ne dégénère.

Il est 22 heures dans le quartier de Gràcia, à Barcelone, ce jeudi, et aux balcons les premières casseroles se mettent à chanter. Peu à peu, le brouhaha devient général. Dans la rue, un groupe d’indépendantistes, pot de colle et affiches en main, braille « Nous voterons! » devant le regard amusé de fêtards. Quelques heures plus tôt, ils étaient, drapeau catalan sur le dos, des milliers comme eux rassemblés devant la cour d’appel de Barcelone pour demander la ­libération de leurs leaders arrêtés la veille. Voilà l’étrange effervescence qui règne aujour- d’hui dans la capitale catalane où, pour couronner le tout, s’est ouverte vendredi la fête de la Mercè, la patronne de la ville.

Au cœur des passions, il y a ce référendum d’indépendance programmé pour diman- che prochain. Une consultation illégale, affirme ­Madrid, qui s’appuie sur une décision du Tribunal constitutionnel allant dans ce sens. Le gouvernement de Mariano Rajoy a d’ailleurs montré ses muscles ces derniers jours : arrestations de membres de l’exécutif régional ; saisie de millions de bulletins de vote ; renfort de 6.000 policiers de la Guardia civil. De quoi radica- liser un peu plus le camp séparatiste : « Je ne veux pas que mes enfants grandissent sous le joug fasciste de Madrid, assène Xana, une informaticienne de 40 ans croisée jeudi devant la cour d’appel. Notre révolution est en marche et rien ne pourra l’empêcher! »

Qui peut encore arrêter le train catalan? « J’ai bien peur qu’il ne soit trop tard, s’inquiète le politologue Silvio Falcón. Madrid est allé très loin cette semaine et le temps du dialogue est révolu. » Ce que confirme Albert Batalla, un député du Parlement régional de Junts Pel Si, la coalition séparatiste majoritaire : « Les gens ne descendent plus dans la rue pour défendre le référendum mais pour défendre la démocratie. »

Nul ne sait vraiment si le scrutin pourra avoir lieu, ni où ni comment. Reste que l’intran- sigeant patron de la Generalitat, Carles Puigdemont, semble décidé à aller au bout du « Cata- lanexit ». Les récents sondages le confortent dans cette idée : 60% des Catalans affirment vouloir voter et parmi eux 60% choisiraient l’indépendance. « Il n’y aura pas de référendum le 1er octobre, coupe le député régional du Parti populaire (PP) Juan Milián. Ils n’ont pas de scrutateurs, pas de listes électorales. » Pas de référendum? A voir…

L’aboutissement du combat d’une vie

A Begues, village de 7.000 âmes lové dans le parc naturel du Garraf, à une petite heure au sud de Barcelone, on attend, en tout cas, le jour J avec une gourmande impatience. Une banderole sur la petite place de l’église fait le décompte des jours avant le 1er octobre et la rue principale a été décorée de petites pancartes « Sí » et d’estelades, le drapeau séparatiste.

Dans son bureau, Mercè Esteve i Pi, la cordiale maire du Parti démocrate européen catalan (PDeCat), déroule l’argumentaire nationaliste : le siège de Barcelone en 1714 pendant la guerre de Succession ; la répression franquiste qui interdit l’usage du ­catalan ; le statut spécial accordé à la région en 2006 puis raboté en 2010 ; les taxes prélevées par Madrid, qui n’en reverse qu’une infime partie à la région.

« Si l’Espagne nous avait accordé un peu de considération ces trois cents dernières années, on n’en serait pas là », résume l’édile. Par un arrêté, elle a autorisé l’organisation du référendum à Begues, ce qui lui a valu une mise en garde de la justice. Elle vit sous la menace d’une arres- tation, comme 700 autres maires indépendantistes. « J’attends le coup de fil du bureau du procureur, dit-elle, bravache. Mais je crois davantage en la force du peuple qu’en celle d’une justice instrumentalisée par le gouvernement central! »

Moi, j’ai cessé de parler de ça en public. Avec eux, on ne peut pas discuter, c’est pire que sous le franquisme.

Chez elle, son « peuple », largement sécessionniste, ne la contredira pas trop. Tel Lluis Baro, patron d’une entreprise de grues, « indépendantiste depuis ses 14 ans ». Lui, dont l’entreprise se remet de la grave crise économique de 2008, voit dans un Etat catalan une formidable opportunité économique : « Il faudra de nouveaux bâtiments administratifs, et moi, j’ai des grues pour les construire! »

Pour Jordi Vicent Cruanyes, libraire et militant à l’association catalaniste Òmnium, le 1er  octobre sera plutôt l’aboutissement du combat d’une vie. Il s’est porté volontaire pour organiser le scrutin à Begues. Mais s’attend à une intervention des forces de l’ordre. « Déjà, l’autre jour, on avait dressé un stand pour soutenir le référendum. Quelqu’un nous a dénoncés et la police nous a fait déguerpir. Je crois connaître le délateur. »

Même ici, la question indépendantiste aurait donc créé des divisions? C’est ce que disent les rares anti-­indépendantistes qui osent s’exprimer. Josefina Redondo, conseillère municipale PP, et son amie Mercedes, réfugiées dans le bureau de l’élue, dénoncent ainsi la « dérive » des partis indépendantistes, « leur populisme », l’agressivité de leurs militants. « Moi, j’ai cessé de parler de ça en public, confie Mercedes. Avec eux, on ne peut pas discuter, c’est pire que sous le franquisme. » ( Ce qui est fort de café le PP étant issu du franquisme Note du blog) « Ceux qui s’installent ici, s’ils veulent s’intégrer, ils ont intérêt à se dire indépendantistes, ajoute Josefina Redondo. Et nous, on nous regarde comme des bêtes de foire. »

« Suppôt du gouvernement fasciste »

Les anti sont pourtant loin d’être isolés dans le canton du Baix Llobregat, auquel appartient Begues. Il suffit même d’emprunter la petite route qui plonge vers la Méditerranée et de s’arrê- ter 10 km plus loin, à ­Viladecáns, pour s’en rendre compte. Dans cette cité-dortoir au charme architectural incertain, quasiment pas d’affiches ou de drapeaux. Carles Ruiz Novella, le maire socialiste de cette ville de 60.000 habitants, refuse d’y organiser le référendum.

« Tout simplement parce qu’il n’est pas légal », justifie-t-il. Sa décision lui a valu, via Facebook, d’être qualifié de « traître » et de « suppôt du gouvernement fasciste ». Lui prône, à l’image de son parti qui pourrait tirer profit de cette crise, « le dialogue ». « Il faut que le statut de la Catalogne évolue, mais pas de cette façon », insiste-t-il. Dans les rues, l’argument semble partagé par des habitants qui, pour beaucoup, sont des Espagnols ayant migré en ­Catalogne dans les années  1970 pour trouver un emploi. « Moi, je respecte l’idée d’un référendum même si je ne suis pas indépendantiste, explique Antonio Ruiz, installé depuis trente-quatre ans à Viladecáns. Mais, là, leur vote n’aura pas de valeur. »

Dans les rangs nationalistes, il se murmure déjà que le Parlement catalan, si le vote est empêché, prononcera unilatéralement l’indépendance. « Je l’approuverais, affirme Jordi, le libraire. Ce serait le respect du droit à l’autodétermination. » Ce serait surtout une déclaration de guerre pour Madrid. Et l’entrée dans un dangereux trou noir politique.

26 septembre 2017 Antoine Malo

http://www.lejdd.fr/

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29 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

catalunya (the guardian + à l’encontre.ch)

Lire aussi:

Colm Tóibín: ‘Catalonia is a region in the process of reimagining itself’ (The Guardian)

Catalogne-Etat espagnol: «Le problème de l’Etat espagnol est qu’il ne sait ni gagner, ni perdre, seulement vaincre» (A l’Encontre)

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29 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

impossible? (europe 1)

stma_solar

Catalogne, le référendum impossible ?

Depuis des semaines, Madrid tente d’empêcher le référendum voulu par les indépendantistes catalans. Peut-il encore avoir lieu ?

Le référendum pour l’indépendance de la Catalogne peut-il encore avoir lieu ? Pour le gouvernement espagnol, la réponse est non. Depuis des semaines, Madrid tente d’empêcher le vote avec des actions coup de poing comme des interventions de police et des poursuites en justice. Mais ce qui est certain, c’est que des centaines de milliers de Catalans ont bel et bien l’intention de voter dimanche. Petite précision tout de même, seuls les indépendantistes feront le déplacement jusqu’aux urnes puisque les autres ont décidé de boycotter le scrutin. Il n’y a donc pas de suspense, le oui va gagner !

Une centaine d’urnes saisies jeudi. Mais le scrutin reste très compliqué à organiser puisque l’Etat espagnol met tout en oeuvre pour que les 2.700 bureaux de vote restent fermés dimanche. Jeudi encore, un million de bulletins de vote et une centaine d’urnes ont été saisis par la Guardia Civil. Et il n’y a pas non plus de commission électorale pour veiller au bon déroulement du vote.

Les indépendantistes comptent ruser. Le seule solution qui reste aux indépendantistes est donc la ruse. La police a prévu de fermer toutes les écoles qui doivent servir de bureau de vote. Pour contrer cela, les directeurs d’établissements scolaires ont organisé, à la dernière minute, des kermesses et des activités ce week-end avec parents et enfants. Le but de la manœuvre est simple, occuper les écoles, les sanctuariser et empêcher ainsi la police d’y entrer. Dans les campagnes, toujours pour empêcher la police d’intervenir, des agriculteurs vont faire des blocages… en garant leur tracteur à l’entrée des villages. Il y a même des Catalans qui, la veille, dormiront sous la tente devant les bureaux de vote.

« On fera de la résistance pacifique s’il le faut. » Résultat, des débordements sont à craindre. « Ce sera compliqué, mais on doit essayer par tous les moyens de glisser le bulletin dans l’urne. On fera de la résistance pacifique s’il le faut, mais on votera ! », affirme Rosa, une électrice favorable à la sécession.

D’après les informations d’Europe 1, toutes les mairies ont reçu une feuille de route avec un plan B. Si les collèges électoraux restent fermés, les urnes seront installées dans la rue. Les indépendantistes pourront garder la face en disant que le référendum a bien eu lieu. Madrid dira que c’est de l’agitation.

Et après ? Si le vote a bien lieu, le oui l’emportera. Que se passera-t-il ensuite ? Première- ment, ni Bruxelles ni la communauté européenne ne reconnaîtront le résultat. Malgré cela, même avec une faible participation, les indépendantistes déclareront l’indépendance dans les 48 heures. C’est en tout cas ce qu’ils annoncent. S’ils le font, Madrid menace alors de suspendre l’autonomie dont bénéficie actuellement la Catalogne.

29 septembre 2017

http://www.europe1.fr/

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28 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

vaga general (médiapart)

arton269

La Catalogne en grève générale le 3 octobre!

Sous la botte de Madrid, la démocratie est écrasée en Catalogne. Les organisations syndicales de lutte ont la ferme intention de ne pas laisser les libertés publiques être ainsi foulées aux pieds : les travailleuses et travailleurs de Catalogne sont appelé.es à la grève générale le 3 octobre prochain par plusieurs organisations dont la Confederació General del Treball, la CGT anarcho-syndicaliste.

Communiqué de la CGT de Catalogne : convocation à la grève générale le 3 octobre

La grève générale est convoquée dans tous les secteurs productifs.

Au cours des dernières années, les travailleuses et les travailleurs de Catalogne ont souffert d’une dégradation importante de leurs conditions d’existence. Nous avons été touchés par une baisse générale des salaires.

Nous avons vu comment les [contre-] réformes de la législation du travail de 2010 et de 2012 ont engendré une impuissance croissante face aux employeurs, laquelle s’est traduite par une précarité plus grande ainsi que par une aggravation générale de nos conditions de travail.

Dans le même temps, nous avons assisté à une hausse de la répression, des grévistes et des militants sociaux ont été trainé devant les tribunaux, des amendes ont été prononcé suite à l’adoption de la Loi-bâillon [promulguée en 2015, cette loi criminalise les mouvements sociaux], etc. Au cours de ces derniers jours et de ces dernières semaines, nous avons observé com- ment cette répression s’est étendue à d’autres secteurs de notre société, aboutissant en ce qui semble un processus général de suspension des droits civils par l’État.

Ces raisons ont motivé le Comité confédéral de la CGT de Catalogne [organisation anarcho-syndicaliste] réuni mardi soir avec une représentation de presque toutes ses fédérations territoriales et sectorielles, à convoquer une grève générale pour le 3 octobre prochain. Cette convocation à la grève entend, concrètement, mettre en avant trois points:

1° Mettre un terme à la suspension des droits civils imposée au cours des derniers jours (avec des perquisitions, la fermeture de sites internet, la violation du secret des correspondances, l’interdiction de rassemblements et de meetings, etc.). Ces droits civils avaient déjà été considérablement affaibli lors des dernières réformes du code pénal et l’adoption de la Loi-bâillon. Cette restriction des droits érode la capacité de défense de la classe laborieuse dans tous les domaines et, en particulier, sur les lieux de travail.

2° Le refus de la présence d’organes policiers et militaires dans de nombreux lieux de travail, comme cela a été le cas au cours des dernières semaines dans diverses imprimeries, écoles, entreprises de messagerie [l’État espagnol a interdit la diffusion de toute propagande ou matériel de vote par le biais des postes], etc.

3° L’abolition des [contre-] réformes du travail de 2010 et 2012.

Cette grève générale s’inscrit dans le cadre de l’appel unitaire, lancé par notre organisation et d’autres mouvements ainsi que des collectifs sociaux, adressé à toute la population en faveur de la défense des libertés publiques. En ce sens, elle vise à stimuler et à promouvoir une mobilisation sociale large.

Le secrétariat permanent du Comité confédéral de la CGT de Catalogne, 27 septembre 2017

Communiqué original sur le site de la CGT Catalunya, traduction par le site suisse  À L’Encontre.

vaga

D’autres organisations appellent à la grève générale en Catalogne :

Intersindical Alternativa de Catalunya (IAC) et  Coordinadora Obrera Sindical (COS). Par contre l’UGT comme les CC-OO de Catalogne sont absentes de cet appel et en restent malheureusement pour l’heure au stade des déclarations.

La CGT est la troisième organisation syndicale de Catalogne, l’une des organisations membres du Réseau syndical international de solidarité et de lutte avec l’Union Syndicale Solidaires.

 28 sept. 2017 Théo ROUMIER

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27 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

pigeons! (slate)

Lluis Llach chante « L’estaca » chanson contre le franquisme, hymne à l’unité d’action

Pourquoi ne pige-t-on rien à l’indépendantisme catalan?

Le camp des séparatistes a remporté les élections régionales anticipées de ce dimanche 27 septembre (2015), transformées en plébiscite pour l’indépen- dance. Comment expliquer un tel succès quand le débat en France a jusqu’ici suscité beaucoup d’indifférence? Décryptage.

Ce week-end, la Catalogne a connu une échéance électorale très tendue: des élections régionales anticipées, transformées pour l’occasion en plébiscite pour l’indépendance par le président sortant Artur Mas (Actuellement Puigdemont note du blog). Le camp indépendantiste, qui présentait pour l’occasion une candidature commune portée par la société civile (Junts Pel Si ) en plus de celle du parti de gauche radicale CUP, a remporté 47,8% des voix. Suffisant pour lui donner la majorité des sièges et enclencher sans doute dans les mois à venir un processus d’indépendance unilatéral.

Alors que nos voisins espagnols font face à l’un des plus gros défis territoriaux de leur histoire récente, il faut bien avouer que la question de l’indépendantisme catalan reste assez peu connue ou débattue de notre côté de la frontière. Une ignorance, voire un manque d’intérêt, qui ne manque pas d’agacer en Catalogne et fait le bonheur du camp unioniste sur Twitter.
(«Bon maintenant vous le savez, les indépendantistes. En France on en a rien à foutre de indépendance de la Catalogne» // « En France , ils n’ont rien à faire du sujet catalan et ils n’en n’ont pas peur car il ne se passera rien. Ils se préoccupent de Podemos. « French bashing mis à part,  pourquoi ne pige-t-on rien à l’indépendantisme catalan ?

1.Un indépendantisme ancré à gauche

Si les Français sont si souvent perdus face à la question du séparatisme «à la catalane», c’est que les indépendantistes ne correspondent pas du tout à l’idée que nous avons de ce type de mouvement. À commencer par leur positionnement politique. En France, la référence la plus connue, le séparatisme corse, est ancré idéologiquement à ses débuts dans la droite nationa- liste française. Or, le terreau idéologique de l’indépendantisme catalan trouve, lui, ses racines à gauche.

«Historiquement, la revendication récente de l’indépendance est d’abord venue d’un parti de gauche, Esquerra Republicana (ERC), qui fait désormais partie de la candidature commune qui se présente en faveur de l’indépendance aux côtés du président sortant», explique Cyril Trépier, chercheur en géopolitique et spécialiste de l’indépendance catalane.

Selon ce dernier, les indépendantistes catalans se revendiquent de gauche ou de centre-gauche afin de battre en brèche le reproche habituel de l’égoïsme de régions riches ne voulant plus payer pour des régions moins favorisées.

«Autrement dit, les indépendantistes catalans se veulent l’antithèse de la Ligue du Nord en Italie, qui envie l’audience médiatique dont ils bénéficient depuis fin 2012.» Mais, si peu de gens souhaitent encore aujourd’hui être considérés de droite en Catalogne, dans la réalité, les positions idéologiques ne sont pas toujours aussi tranchées. Depuis son grand succès de l’année 2012, le mouvement tend à se «transversaliser» dans la société. Surtout, la réalité des décisions politiques en Catalogne, dirigée par Convergencia (CIU s’appelle actuellement « Parti démocrate » NDB) , le parti du président Mas défini comme de centre-droit, tend à nuancer ce positionnement très à gauche.

On associe l’espagnolisme au franquisme et par syllogisme à la droite Lluis Orriols

Pour Lluis Orriols, docteur en science politique et co-auteur d’un ouvrage sur les comporte- ment électoraux en Espagne:  «Si l’on observe les préférences, surtout en terme de politique de dépense et de politique fiscale, la Catalogne est beaucoup moins de gauche que ce qu’elle affirme en réalité.» 

Pourquoi alors un tel tabou au moment de s’identifier politiquement? «C’est surtout à cause de la relation entre le nationalisme espagnol et la droite. Sans doute en raison d’un héritage du franquisme, on associe l’espagnolisme au franquisme et par syllogisme à la droite», explique ce spécialiste des questions électorales catalanes.

2. Ce n’est pas (seulement) un mouvement identitaire

Avec comme référence majeure l’indépendantisme corse ou le québecois, la France a le plus souvent tendance à associer le concept d’indépendantisme à celui d’identité de préférence voire de repli identitaire. Or, de ce côté-là aussi, nos voisins séparatistes aiment à nous em- brouiller. Si nous n’y pigeons rien, il semblerait que le leader de Podemos, Pablo Iglesias, non plus. Venu défendre la candidature de son parti aux élections catalanes, ce dernier a tenté un rapprochement hasardeux entre l’origine de certains catalans d’adoption et leur possible opposition à l’indépendance. Une intervention qui a déclenché un véritable tollé dans l’opinion publique catalane, obligeant Iglesias à nuancer rapidement ses propos.

 21% de la totalité des étrangers vivant en Espagne résident en Catalogne

L’incident souligne les relations complexes qu’entretiennent l’indépendantisme et l’identité catalane. Selon le dernier sondage publié par la Vanguardia, sondage qui donne la liste des indépendantistes en tête aux élections régionales avec 41% des intentions de vote, 39,6% des Catalans déclarent se sentir autant Catalans qu’Espagnols (contre 27,4% uniquement Cata- lans). Lluis Orriol nuance: «L’identité entre énormément en corrélation avec l’indépendantisme en Catalogne.» Le spécialiste concède toutefois qu’il existe un pourcentage d’électeurs, à l’identité mixte, majoritairement hispanophone qui appuient l’indépendance. «Pour eux, il ne s’agit pas seulement d’une question identitaire mais aussi d’une question de désaffection vis-à-vis de l’Espagne.»

Il n’est ainsi pas insensé de concéder aux indépendantistes catalans que l’identité n’est pas l’argument majeur sur lequel se construit le mouvement.

D’autant plus que ce dernier est né dans une région qui connaît de forts mouvements migra- toires: ainsi 21% de la totalité des étrangers vivant en Espagne résident en Catalogne. Conscient de ces chiffres et du métissage social, le camp indépendantiste a compris que l’identité catalane, si elle est essentielle pour une base de son électorat, ne devait pas être son seul argument au risque de l’isoler de tout un pan de la population catalane. D’où l’habileté avec laquelle Junts Pel Si a construit sa campagne, jouant sur les grands symboles comme la Diada (fête traditionnelle espagnole) tout en y associant un discours anticlivage, basé sur l’idée de construire un pays plus juste et neuf, un concept ouvert et qui parle à tous.

L’histoire de la construction nationale espagnole est celle d’un échec de l’émergence de l’État-nation Lluis Orriols

Patrick Roca Batista fait partie de l’Assemblée nationale Catalane, cette puissance organisa- tion de la société civile qui milite en faveur de la création d’un État catalan. Le militant franco-catalan reconnaît l’importance de l’identité dans le mouvement indépendantiste: «Mais c’est une notion d’identité ouverte et plurielle […], comme si la longue coexistence au quotidien de deux langues et de deux cultures, la catalane et l’espagnole, avait immunisé la société catalane contre le rejet de l’altérité.» Vision idéalisée d’une nation qui se démène pour exister? L’ADN de l’indépendantisme catalan se plaît à retourner les clichés: à gauche et pas à droite, identitaire mais ouverte à tous…

3. De profondes différences historiques avec la France

Si en France le phénomène peut avoir l’air d’un ovni politique et social, c’est aussi en raisons de profondes différences historiques. «Du fait de la force territoriale de Paris, de deux guerres mondiales contre l’Allemagne et peut-être d’autres épisodes comme la Révolution française, on a une adhésion beaucoup plus forte en France au modèle de la nation», analyse Patrick Roca Batista. «L’histoire de la construction nationale espagnole est celle d’un échec de l’émergence de l’État-nation. A contrario, l’Histoire de la France est un succès notable dans ce domaine», ajoute Lluis Orriols.

Ces différences historiques nous empêcheraient donc de percevoir la véritable dimension de l’indépendantisme catalan. «Alors que l’attention en France se concentre, de façon très imparfaite, sur les questions de l’identité et de l’économie, l’aspect le plus impor- tant et peut-être le plus intéressant de la question catalane passe souvent injustement au second plan: la dimension politique du processus. En décontextualisant l’indépendantisme catalan, on passe à côté de sa dimension principale: celle d’un problème de partage du pouvoir politique.» 

Par-dessus tout cela est arrivée la crise économique de 2009, se transformant ensuite en une crise de la dette Lluis Orriols

Cette lutte intestine entre le centre du pays et l’une de ses régions les plus riches n’est pas facile d’accès pour un public français. En marge du problème de la spoliation fiscale, les Catalans estiment que la lourde levée d’impôts à laquelle ils sont confrontés n’est pas justement réinvestie en termes d’équipements, d’infrastructures et d’investissements dans leur territoire, la posture verrouillée de Madrid concernant les négociations avec le «territoire rebelle» a exacerbé les tensions.

Ainsi, la «réforme du statut d’autonomie de la région», qui devait permettre aux Catalans de repenser les relations entre leur région et l’Espagne, a été enterré par la Cour Constitu- tionnelle espagnole en 2010. Une décision perçue comme profondément injuste par l’opinion publique et qui a fini d’envenimer les relations entre Madrid et Barcelone.

«Par-dessus tout cela est arrivée la crise économique de 2009, se transformant ensuite en une crise de la dette dans laquelle la Catalogne est devenue une sorte de petite Grèce, et a dû demander de l’argent à l’Espagne, comme la Grèce à la Troïka», détaille Lluis Orriols.

L’indépendantisme catalan est ainsi issu d’un cocktail explosif fait de frustrations, d’impossibilité à négocier dans un contexte de crise et un paysage institutionnel profondément moins unifié que le nôtre.

Il faut bien admettre que ces différentes strates ne le rende pas vraiment facile d’accès pour qui vit hors de Catalogne… Les programmes indépendantistes s’avèrent quant à eux beau- coup plus limpides. Pour convaincre la majorité des déçus de faire chambre à part avec l’Espagne, le programme tient en 4 mots: Faire un pays neuf.

«Ce qui rend le processus catalan passionnant à suivre et à vivre de l’intérieur, c’est qu’il est mis en œuvre par une société civile sans doute parmi les plus mobilisées au monde à l’heure actuelle, et qui présente un contraste saisissant avec une certaine apathie européenne am- biante. La création de l’État catalan est associée à l’idée de construire un pays non seulement neuf, mais surtout meilleur, et à le faire de façon participative, par le débat citoyen», s’enthousiasme Patrick Roca Batista.

Cela pose le problème de savoir qui est catalan et qui ne l’est pas et comment va-t-on le définir Benoît Pellistrandi

En effet, si l’on ne comprend pas toujours l’indépendantisme catalan en France, que pourrait- on bien avoir à craindre d’un mouvement qui se positionne comme ouvert aux autres commu- nautés et qui se plaît à s’imaginer en pays idyllique? Cet indépendantisme «aimable» comme l’appelle Benoît Pellistrandi, historien spécialiste de l’Espagne, ne présenterait-il pas certaines limites et dangers? «Cela pose quand même le problème de la citoyenneté, à savoir qui est catalan et qui ne l’est pas et comment va-t-on le définir. Et là, c’est quand même la boite de Pandore que l’on ouvre», avertit ce dernier.

Avis nuancé aussi du côté de Lluis Oriol: «Ce nationalisme civique, comme le discours sur l’identité, est un discours des élites. On ne peut pas être sûr que cela entre totalement en adéquation avec la réalité sociologique.»

Reste que le véritable danger semble plus se situer dans la division profonde qu’affronte aujourd’hui la Catalogne. Avec une déclaration unilatérale d’indépendance, le risque de se retrouver avec deux sociétés parallèles ne reconnaissant à aucun moment la légitimité l’une de l’autre est grand. Dans un tel scénario, la médiation européenne deviendra sans doute nécessaire. Mieux vaudra alors pour la France trouver une autre posture que l’ignorance ou l’indifférence.

Laura Guien  25.09.2015
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26 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

grève (anticapitalistes)

cat jov

DESOBEÏM PEL REFERÈNDUM!

Davant dels últims successos que hem viscut arreu de Catalunya, la comunitat educativa no es pot quedar impassible. Per això les joves anticapitalistes ens sumem a la #VAGA convocada el 27,28 i 29 de Setembre. Omplim els carrers per tal de defensar els nostres drets com a estudiants. La #desobediència és l’únic camí per tal de guanyar a un estat corrupte i repressor. Omplim els carrers per decidir-ho tot.

Désobeissons par le référendum !

Devant les derniers événements que nous avons vécu en Catalogne, la communauté éducative ne peut pas être impassible. C’est pourquoi nous les jeunes anticapitalistes nous nous associons à l’action de #grève des 27,28 et 29 septembre. Nous remplirons les rues pour défendre nos droits en tant qu’étudiants. La #désobéissance est la seule façon de gagner un état corrompu et répresseur. Remplissez les rues pour décider de tout.

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24 septembre 2017 ~ 0 Commentaire

paris catalogne (anti-k)

cattaalogne

Rassemblement devant l’ambassade d’Espagne à Paris, le mercredi 27 septembre à 18 heures

Bonjour,
Sortir du colonialisme et l’Union syndicale Solidaires proposent cet appel à la signature des organisations associatives, syndicales et politiques qui le souhaitent.

En Catalogne comme ailleurs, pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes !

Manifestation devant l’Ambassade d’Espagne, 22 avenue Marceau, Paris 16ème, métro Alma Marceau Mercredi 27 septembre 18h

Les menaces puis la répression exercée par l’Etat espagnol en Catalogne sont des atteintes intolérables à la démocratie.

La police espagnole a envahi plusieurs bâtiments officiels de la Generalitat de Catalunya, arrêtant des responsables de l’administration et des ministres.

Plus largement, de vastes opérations de police ont été organisées contre les milieux autonomistes et indépendantistes.

C’est la Guardia Civil qui a été chargée de ces besognes ; elle n’a pourtant pas les compé-tences juridiques pour agir ainsi sur le territoire catalan ; le pouvoir central bafoue ses propres règles de fonctionnement.

C’est un choix politique ; celui de nier au peuple le droit de décider de son avenir.

Par tous les moyens, le pouvoir central veut empêcher le referendum prévu pour le 1er  Octobre. De nombreuses organisations de l‘Etat espagnol alertent : « Les évènements actuels montrent  à quel point le spectre du franquisme est encore présent. »

Referendum ou pas ? Indépendance ou non ?

C’est à la population qui vit en Catalogne de décider ! Pas à d’autres.

Les forces d’occupation de l’Etat espagnol doivent se retirer.

Ce n’est pas à nous non plus de décider. Nous pouvons avoir des avis sur ces sujets ; ils peuvent être différents. Mais notre responsabilité commune est d’appuyer celles et ceux qui défendent les libertés et les droits fondamentaux ; en l’occurrence, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Les organisations associatives, syndicales et politiques signataires combattent toute forme de colonialisme et défendent le droit à l’autodétermination des peuples : en Catalogne comme au Kurdistan, au Pays Basque comme en Kanaky…

Nous dénonçons la violence étatique exercée envers la population de Catalogne.

Nous appuyons celles et ceux qui luttent pour que le referendum du 1er octobre ait lieu.

Nous soutenons les mouvements sociaux qui organisent la résistance, à l’image des syndicats qui appellent à la grève dans les prochains jours.

Contre la violence d’Etat

Pour les libertés et la démocratie

Pour le droit à l’autodétermination des peuples

Des initiatives semblables auront lieu devant les consulats de plusieurs villes françaises

Premières organisation signataires :

Sortir du colonialisme Union syndicale Solidaires 

https://www.anti-k.org/2017/09/23/160427/

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