Archive | Antimilitarisme

13 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Avec l’éducation à la défense, la culture de guerre devient matière d’examen (rue 98)

poilus

C’est peu dire que l’intervention militaire de la France au Mali n’a guère suscité jusqu’à présent l’unanimité: un peu partout dans la communauté internationale, des voix autorisées ou des autorités officielles, de nombreux médias également, font régulièrement part de leurs plus vives réserves sur une opération décidée sans guère de précautions par un chef d’état auquel la Constitution française accorde en la matière des droits exorbitants. Une réprobation qui va de soi, dira-t-on, au seul regard de la liberté d’expression.

Existe-t-il malgré cela une seule institution, une seule collectivité où toute critique, toute réserve sur les interventions extérieures de la France et plus généralement la politique militaire se voient formellement interdites, où l’opinion du chef de l’Etat et des autorités militaires soient seule considérée comme digne de foi ?

Cette institution, effectivement, c’est l’Education nationale dont les programmes d’éducation civique distillent une morale et des vérités officielles qui s’imposent jusque dans les examens, comme c’est le cas cette année encore dans le cadre du diplôme national du brevet (DNB) [PDF] passé il y a quelques jours par les collégiens du lycée français de Pondichéry (Inde), « éduqués à la défense » comme le sont tous les collégiens français.

Discours officiel et rien d’autre Au menu de l’épreuve d’éducation civique : la guerre au Mali ou, plus précisément, l’intervention française vue par son organisateur, le président de la République, dans son allocution télévisée du 11 janvier 2013. A partir de ce seul et unique document, les candidats doivent fournir des réponses dont les éléments sont à rechercher exclusivement dans le discours officiel et nulle part ailleurs. L’épreuve est ainsi doublement verrouillée : non seulement par l’impossibilité pour les élèves d’utiliser d’autres sources d’information ou leurs réflexions personnelles mais encore par l’obligation qui leur est imposée de faire tenir leurs réponses en quelques lignes délimitées par un cadre…

Ainsi, comme réponse attendue à la question : « Citez deux raisons pour lesquelles la France a accepté d’intervenir au Mali », la nature de l’épreuve fait que le candidat n’a pas d’autres solutions que de recopier la parole présidentielle : « Pour appuyer l’armée malienne face à l’agression terroriste […] permettre au Mali de recouvrer son intégrité territoriale […] protéger nos ressortissants. »

Etouffer toute velléité critique Curieusement, dans le cadre d’une discipline scolaire – l’éducation civique – qui prétend former les futurs citoyens et développer le sens critique, cette épreuve du DNB aboutit en réalité à toute autre chose : il s’agit au contraire, à travers le moule d’un examen par lequel doivent passer tous les élèves de 14 ans, d’étouffer toute velléité critique, toute pensée autonome, d’imposer une vérité officielle, une morale d’état.

Un procédé particulièrement efficace si l’on en juge par l’indifférence et la méconnaissance crasse manifestées par une large partie de l’opinion publique face aux interventions militaires de la France en Afrique, motivées par des considérations beaucoup moins nobles – où les enjeux économiques et les magouilles politiques tiennent une large place – que celle, affichée, de lutte des démocraties contre le terrorisme islamiste.

Si l’éducation civique – dont la légitimité est d’ailleurs douteuse – et plus généralement l’école ont effectivement un rôle à jouer dans la formation des citoyens, on ne comprend pas qu’elle néglige avec une telle désinvolture ce qui fait le fondement des sociétés démocratiques : la diversité des points de vue, la confrontation des opinions, la recherche de l’information, toutes sortes d’éléments sans lesquels cet enseignement n’est plus qu’un bourrage de crâne.

Programmes d’éducation civique sous influence Cette épreuve infligée aux candidats du DNB n’est ni une nouveauté ni une surprise. Elle s’inscrit dans le cadre d’une élucubration propre aux programmes scolaires français – on n’en connaît pas l’équivalent chez nos voisins – qui, sous la dénomination d’éducation à la défense, affiche comme objectifs, non seulement de « répondre aux besoins de recrutement de l’armée » mais aussi, d’insuffler chez les élèves, sur un grand nombre de sujets, des habitudes de pensée qui interdisent de remettre en cause le rôle de l’armée dans le passé comme aujourd’hui. Ce conditionnement s’étend à toutes les disciplines scolaires (circulaire du 13 septembre 2007) et trouve sa traduction, comme on le voit, dans les examens.

Fruit d’un partenariat éprouvé et étouffant entre les deux ministères, l’éducation à la défense s’est trouvée promue au rang de matière scolaire à part entière par l’intermédiaire d’un lobby militaro-politique qui, en toute opacité, sans aucune concertation avec les parte-naires éducatifs, a finalement réussi depuis plus de trente ans à se faire une place jusque dans les directions les plus importantes de l’Education nationale, celles qui organisent le travail quotidien des enseignants, comme la Direction générale de l’enseignement scolaire (Dgesco) ou l’Inspection générale de l’éducation nationale (Igen).

Les protocoles Education – Défense (1982, 1989, 1995, 2007), relayées par des circulaires et leurs inévitables documents d’accompagnement, enserrent les enseignants dans un carcan de prescriptions impérieuses, à l’image de ces imbuvables « ressources pour le collège » [PDF] publiées dernièrement. Il faut pas moins de six pages à la Dgesco et à l’Igen pour dresser un tableau idyllique de la politique militaire de la France ramenée à quatre « fils directeurs » :

  • « Qu’est-ce que la défense nationale ? » ;
  • « Pourquoi la France, pays en paix, dispose-t-elle d’une défense ? » ;
  • « Comment se manifeste la présence de la défense nationale dans le monde ? Avec qui ? Au nom de quelles valeurs ? » ;
  • « Comment et pourquoi éduquer les jeunes à la défense ? »

Les enseignants comme les élèves n’ont pas à chercher les réponses : elles sont fournies par un argumentaire qui exclut toute discussion : « La défense française contribue à la sécurité internationale […] dans des missions humanitaires et de maintien de la paix sur des théâtres éloignés de son territoire. » Et pour faire bonne mesure, les supports d’étude sont également imposés : il s’agira exclusivement de l’opération Serval au Mali, d’une bande dessinée réalisée par le ministère de la défense sur la journée dite « de défense et de citoyenneté », d’un «rallye citoyen» dans le cadre d’ateliers et de rencontres avec les militaires et du Livre blanc 2013 sur la défense.

Le grand silence des profs Pour préparer les élèves à comprendre les enjeux du monde contemporain, l’école a donc fait le choix de l’endoctrinement, un choix qui remonte à plus de trente ans en arrière (1982) et qui, non seulement n’a jamais été remis en cause par les alter- nances politiques mais dont on peut s’attendre à ce qu’il soit conforté par le présent gouver-nement dans la ligne d’un inquiétant discours prononcé le 11 mars 2012 par le candidat Hollande dans le cadre de la campagne présidentielle :

« Le développement de l’esprit de défense passe aussi par l’école, l’école de la République. Toutes les actions qui découlaient des protocoles Défense-Education nationale qui avaient été mis en place au début des années 80 par la gauche seront revivifiées dans un nouveau protocole orienté vers la diffusion de l’esprit de défense auprès des jeunes et auprès des enseignants. »

Reste que pour en arriver aussi loin dans la confusion des genres, le mélange des rôles, le brouillage des consciences, les autorités qui ont mis en œuvre l’éducation à la défense ont pu compter jusque là sur le silence, qui vaut compromission, de l’immense majorité des ensei- gnants et de leurs organisations représentatives qui n’ont jamais rien trouvé à redire, ou pas grand-chose, à cette brutale intrusion de l’armée dans un domaine qui n’est pas le sien.

 

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07 mai 2014 ~ 0 Commentaire

L’université européenne de la paix nous écrit

8 mai

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Le Npa est pour la sortie du nucléaire, civil et militaire dans les 10 ans qui viennent et pour le désarmement unilatéral.

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04 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Bruits de bottes à l’est…

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La situation est toujours tendue à l’est de l’Ukraine.

Les actions menées par des éléments pro-russes réunissent assez peu de monde mais se multiplient, avec le soutien de personnages en uniforme sans insignes soupçonnés de venir directement de Russie. La Russie continue de jouer un jeu trouble mais il en est de même de l’Otan qui renforce sa présence autour des frontières russes.

« Nous allons avoir plus d’avions dans le ciel, plus de navires en mer, et renforcer la prépa-ration de nos forces terrestres » a expliqué le secrétaire général de l’Alliance, Anders Fogh Rasmussen, en dévoilant une série de mesures militaires décidées par les 28 pays membres. Les autorités américaines ont annoncé mardi 22 avril l’envoi de 600 soldats en Pologne et dans les pays baltes. D’autres pays de l’Otan sont de la partie : Grande-Bretagne, Danemark, Pologne, République tchèque, Portugal, Allemagne…

La France aussi participe à ces opérations. Elle a ainsi entrepris le déploiement de chas- seurs et d’une centaine d’hommes à Malbork, dans le nord de la Pologne. L’armée de l’air française va participer à l’entraînement des aviateurs polonais et assurera des missions au- dessus de la mer Baltique. Par ailleurs, quatre navires de guerre français naviguent en mer Noire (pour l’instant, le ministère de la Défense n’a confirmé la présence que d’un seul).

De tout cela, bien sur, le gouvernement ne parle pas : Hollande est vraiment un habitué des promenades militaires décidées sans consulter personne. Quant au peuple ukrainien, il n’a rien a gagner des manœuvres des impérialistes rivaux qui veulent chacun l’annexer à leur camp.

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30 avril 2014 ~ 0 Commentaire

A l’est de l’ukraine, la russie joue avec le feu (ccr)

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Brejnev et Honecker: « Make love not war »!

L’objectif de la Russie est clair: elle veut empêcher que les élections prévues le 25 mai aient lieu dans les conditions actuelles. Cela pourrait donner de la légitimité au gouvernement, sûrement pro-impérialiste, qui en sera issu pour qu’il exerce son autorité sur l’ensemble du territoire du pays. Une telle situation rendrait beaucoup plus difficile à Poutine et les capitalistes russes de garder le contrôle sur la stratégique région orientale de l’Ukraine.

C’est en ce sens que Moscou est en train de soutenir directement ou indirectement les différents mouvements « séparatistes » à l’Est, fournissant sans aucun doute de l’aide matérielle et même en intervenant (parfois) discrètement sur le terrain. En effet, tant que le pouvoir central ukrainien ne garde pas un certain contrôle sur l’ensemble du territoire, la légitimité du gouvernement issu des urnes le 25 mai pourra être remise en cause.

Aujourd’hui, la Russie semble incapable de garder la mainmise sur l’ensemble de l’Ukraine et essaye de garder le contrôle sur les régions orientales, ou du moins de s’assurer une «Ukraine neutre». On a pu lire ces derniers jours dans la presse impérialiste beaucoup de spéculations sur l’attitude de la Russie: allait-elle envahir l’Ukraine? Pense-t-elle désarticuler l’État ukrainien et annexer sa partie orientale? Ou cherche-t-elle plutôt à pousser à une fédéralisation du pays?

Ces spéculations sont évidemment intéressées. Elles visent à présenter la Russie comme une superpuissance dirigée par un fou capable de tout, qui «menacerait la paix en Europe» et face à laquelle les dirigeants impérialistes doivent adopter une attitude «responsable » pour empêcher des tragédies.

Mais la réalité est que la Russie n’est pas toute-puissante. Elle cherche désespérément à sauvegarder ses intérêts en Ukraine. Et pour cela elle est prête à aller loin, au risque de perdre le contrôle de la situation. Il est clair que depuis la chute d’Ianoukovitch, Poutine veut améliorer sa position face à l’impérialisme dans la perspective de négociations pour résoudre la crise ukrainienne. D’où l’annexion de la Crimée et l’occupation des centres de pouvoir dans les villes de l’Est.

Mais à la différence de la Crimée, une annexion pure et simple des régions est et sud de l’Ukraine ne semble pas réaliste (en tout cas pas pour le moment): les conséquences politiques, économiques et militaires en seraient trop lourdes. Comme affirme une source proche des milieux diplomatiques russes: «Ce qui se passe actuellement dans l’est de l’Ukraine offre certaines similitudes avec la prise de la Crimée, mais en réalité la situation est très différente (…) Entrer militairement, c’est prendre un gros risque. De plus, annexer les régions de l’Est et du Sud sera un fardeau considérable pour le budget. C’est pourquoi il vaut mieux fédéraliser, exercer un protectorat, miser sur la décomposition du pays.» [1]

C’est pour cela que même si le ton monte ces derniers jours entre l’OTAN et la Russie, aucun des deux camps ne veut d’une guerre en Ukraine. Elle comporte beaucoup d’inconnues et de dangers des deux côtés. Étant donnés les liens économiques entre la Russie et l’UE, les élites russes craignent de fâcher sérieusement l’impérialisme. Dans ce cadre, si les circonstances amenaient la Russie à annexer une partie de l’Ukraine, cela pourrait devenir une sorte de « victoire à la Pyrrhus ».

Du côté de l’impérialisme, on ne peut se permettre la répétition d’un scénario à la Géorgie en 2008 ou «à la criméenne». Laisser la Russie s’accaparer de régions de l’est de l’Ukraine serait une défaite importante et une humiliation sur le plan international. Une démonstration de faiblesse de l’impérialisme dans son ensemble pourrait même donner du courage à d’autres pays en conflit sur d’autres dossiers (Iran, Corée du Nord, Syrie ou encore la Chine, entre autres). Malgré tout cela, la réalité est que dans le contexte de crise économique et de fragilité de l’UE, ce dont cette dernière a le moins besoin en ce moment est d’une zone de chaos sur sa frontière orientale. En même temps, il ne lui est pas possible d’envoyer des troupes militaires ou de police sur le territoire ukrainien, comme dans le cas de la Bosnie ou du Kosovo (en tout cas pas sans le consentement de la Russie). Ce sont les limitations des uns comme des autres qui imposent la nécessité – difficile – d’une solution diplomatique.

En ce sens, il n’est pas étonnant que l’accord signé lors de la rencontre quadripartite entre la Russie, l’Ukraine, les États-Unis et l’UE, le 17 avril à Genève ait pour un des points centraux le désarmement des «milices» et l’évacuation des bâtiments publics et places occupés. Évidemment, rien ne garantit que ces points soient respectés sur le terrain, mais le message, y compris de la part de la Russie, est clair: il faut faire baisser la tension avant que la situation devienne incontrôlable. En même temps, ces négociations ont représenté une petite avancée, même si partielle, pour la Russie: sa tactique de pression sur l’Ukraine et l’impérialisme à travers l’attisement des tendances séparatistes à l’Est semblent commencer à porter ses fruits car ses rivaux ont dû s’asseoir à la table de négociations et promettre l’ouverture de négociations sur le statut de l’Ukraine. Philippe Alcoy

http://www.ccr4.org/A-l-Est-de-l-Ukraine-la-Russie-joue-avec-le-feu

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28 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Coëtquidan, à saint-cyr, le leadership enseigné aux futurs cadres (of)

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Le centre de formation continue de l’école d’officiers de Saint-Cyr Coëtquidan, organise régulièrement des stages de leadership pour les étudiants ou les entreprises.

La journée commence à 5 h 30, en combinaison kaki, après une nuit en chambrée… « No, no, I can’t... », gémit Pooja. Devant elle, le vide et deux câbles horizontaux tendus sur dix mètres de long. Équipée d’un harnais de sécurité, cette Indienne de 30 ans doit se lancer, les pieds sur un câble, les mains sur l’autre. Autour, l’océan s’étire sous un ciel inondé de soleil. Mais le vent froid qui souffle du nord-est ajoute au vertige. On est au fort de Penthièvre, à l’entrée de la presqu’île de Quiberon.

« La force du groupe » C’est le troisième exercice de l’après-midi. Six autres suivront. Des exercices habituellement réservés aux officiers de Saint-Cyr Coëtquidan, qui viennent y mettre à l’épreuve leur peur du vide, de l’eau ou des espaces clos, et la capacité de leur corps et de leur mental à résister au stress et à l’effort. Apprendre, aussi, à être chef et jouer collectif. Pooja, comme l’Indien Srayan, le Pakistanais Mohammad, le Français Erwann ou la Chinoise Julie, tous finiront les exercices, parfois le cœur battant, boostés par leurs camarades qui crient en bas : « Good, go on ! »« La force du groupe », jubile l’instructeur. Nous sommes dans le cadre du centre de formation continue de Saint-Cyr Coëtquidan, Scyfco, une structure privée adossée à l’école d’officiers. Guer – 07h54

http://www.ouest-france.fr/coetquidan-saint-cyr-le-leadership-enseigne-aux-futurs-cadres-2452805

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20 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Ukraine: austérité? d’abord pour les oligarques! (solidarités.ch)

Ukraine: austérité? d'abord pour les oligarques! (solidarités.ch) dans Antiimpérialisme 0STS3-N8

Pour obtenir un prêt du Fonds monétaire international (FMI) de 15 milliards de dollars le pouvoir ukrainien est prêt de provoquer une catastrophe sociale.

Le gouvernement préfère nuire à la majorité des citoyens au lieu de sacrifier les intérêts d’une poignée d’oligarques.

Ce n’est pas une invention de notre Union socialiste « Opposition de gauche » : il s’agit d’une politique d’austérité sans précédent, des coupes qui éliminent les prestations sociales, de la destruction du système de santé et de l’augmentation des prix. « L’impopularité de ces mesures ne garantit pas pour autant leur efficacité. L’Ukraine tombe dans une servitude de l’endettement encore plus grande, le grand business va renforcer son pouvoir et, au cours des deux années à venir, il n’y aura aucune incitation du développement économique », disent les socialistes.

 Le nouveau gouvernement a déclaré que l’Ukraine va fidèlement réaliser toutes ses obligations afin de préserver son image « d’emprunteur souverain ». Il compte réaliser toutes les conditions imposées par le FMI. Le ministre des Finances a déclaré que toutes les institutions budgétaires vont réaliser les restrictions suivantes : interdiction de l’achat de vêtements du travail, interdiction de pourvoir les postes vacants, interdiction de payer les primes. Cette approche générale touche particulièrement le service de santé et va provoquer la fuite des cadres de ce secteur. « La gratuité des soins de santé est garantie par la Constitution, alors comment le pouvoir compte-il l’assurer sans payer le travail du personnel médical ? », demandent les militants de gauche.

Si le gouvernement voulait vraiment faire des économies, il s’en prendrait aux oligarques qui ont acquis pour rien les entreprises privatisées et n’ont rien fait pour les moderniser. Si ces derniers sont de véritables patriotes, ils devraient donner leur argent pour éliminer le déficit budgétaire de l’État.Pour le moment le gouvernement parle de la nécessité de réduire les dépenses de 65 à 80 milliards de hryvnia [5 à 6,25 milliards d'euro]. Un tel montant peut être obtenu même sans procéder à une « dépossession » massive. « Le développement de l’Ukraine doit commencer par l’élimination de l’injustice sociale », disent les militants de l’Opposition de gauche.

Selon Forbes la fortune du gouverneur de Dniptopetrovsk, Igor Kolomoïskyï, s’élève à 2,1 milliards de dollars ; 1,5 milliard de dollars, c’est celle du député Vadim Novinskyï ; 1,3 milliard de dollars – ce sont les avoirs du député Petro Porochenko ; le député Serhyï Tihipko possède 1 milliard; le gouverneur de la région de Donetsk, Sergueï Taruta, dispose de 0,59 milliard… La somme totale de ce que possèdent les politiciens les plus riches atteint 6,49 milliards de dollars. Si l’on se fonde sur le taux de change officiel (9,23 hrivnia pour 1 dollar), on peut estimer qu’ils disposent de 59,9 milliards de hrivnia. « C’est sont donc en réalité ces mêmes 60 milliards de hrivnia que le premier ministre Yatseniouk veut prélever dans les poches des plus pauvres citoyens ukrainiens », conclue l’Opposition de gauche.

L’Ukraine n’a pas besoin du crédit conditionnel du FMI, qui va accroître le nombre des pauvres. De plus, nous pensons qu’il ne faut pas recourir au crédit du FMI alors qu’il y a un tel potentiel d’autres réformes, en particulier celles réduisant le coût prohibitif des oligarques.

L’Opposition de gauche exige la mise en œuvre des changements suivants :

1. Une large discussion publique sur la façon de surmonter la crise. On nous dit que jusqu’à la fin du conflit avec la Russie une telle discussion professionnelle n’est pas possible. Mais pourquoi est-il possible de nommer des cadres sur la base de discussions formelles, alors qu’il ne serait pas possible de soumettre les mesures d’austérité à l’ensemble de la population ? Les économies dans l’appareil d’État devraient commencer immédiatement. Et les économies sur les retraités, sur les salaires des employés d’État et sur les programmes sociaux ne peuvent être décidées qu’à la condition que la comptabilité des agences gouvernementales et des entreprises d’utilité publiques soit disponible en ligne pour tout le monde.

2. Lustration sociale : il faut priver les oligarques soit du pouvoir, soit du capital. Car il y là un risque important de conflit d’intérêts. Les businessmens nouvellement nommés aux postes dirigeants vont utiliser ces postes pour s’enrichir et ainsi tous les sacrifices économiques serviront seulement pour assurer leur propre prospérité. Ils utilisent leurs positions pour passer des contrats avec leurs entreprises, ce qui fait que l’argent économisé sur le budget de l’État sera employé par eux pour des aides et des subventions fournies pour que ces entreprises réalisent leurs obligations sociales, qu’elles devraient de toute façon accomplir (compensation de la création des emplois, etc.). La revendication de l’autodéfense du Maïdan est juste : chacun de la centaine des Ukrainiens les plus riches doit verser un dixième de sa richesse pour le bien commun.

3. Refus de signer l’accord sur la Zone de libre-échange. L’Ukraine peut signer l’Accord d’association sans pour autant intégrer la Zone du libre-échange – déjà en octobre 2013 l’Opposition de gauche avait fait état du réalisme de cette exigence. La libre circulation des marchandises européennes sur le territoire ukrainien aurait des effets encore pires que celles des plus dures réformes néolibérales : ce serait la ruine de l’économie ukrainienne.

4. Le secteur clandestin de l’économie doit être soumis à la loi (près de 170 milliards de hryvnia sont payés sous forme d’« enveloppes » et le volume total de l’économie de l’ombre atteint 350 milliards). Les travailleurs doivent avoir le droit de grève même si l’employeur ne leur a pas fourni le contrat du travail. Les sanctions pour le non-paiement des salaires et pour les emplois sans contrat du travail doivent être augmentés, en les multipliant au moins par dix (actuellement, selon le Code pénal, l’amende pour non déclaration du travail est de 850 hryvnia).

5. Récupérer les fonds exportés illégalement vers les paradis fiscaux. Nous devons immédiatement dénoncer l’accord sur la double imposition, qui permet aux oligarques de ne pas payer les impôts. Du fait de la juridiction visant à éviter la double imposition, chaque année quelques 30-40 milliards de hryvnia finissent sur les comptes des paradis fiscaux sans payer d’impôts. En tout c’est près de 350 milliards de dollars qui ont été transférés dans des paradis fiscaux. En 2010, les impôts ont vidé les poches de tout le monde, sauf celles de Pintchouk, Kolomoïskyï, Akhmetov, Tarouta, Zhevago, Firtasch etc. Ces gens là accaparent 70 % du revenu ukrainien, car ils possèdent toutes les grandes entreprises. Ils paient un faible impôt à Chypre ou ailleurs, mais rien en Ukraine. Les entreprises ukrainiennes appartiennent formellement à des compagnies situées à Chypre ou aux Maldives. Et c’est là que les profits ukrainiens arrivent en tant que recettes des investissements chypriotes, non imposables. Que les capitalistes oligarques commencent par payer les impôts, et alors nous déciderons si nous devons payer les prix des services publics « fondés sur leur coût ».

6. Impôts progressifs sur les revenus des riches et de leurs corporations. Il faut imposer les revenus personnels jusqu’à 100 % pour la part qui dépasse 15.000 dollars par mois ou 150.000 dollars par an. Il y a (officiellement) 127 millionnaires dans notre pays et, en tant qu’entrepreneurs, leur impôt sur le revenu n’est que de 17 % à partir d’un revenu de 15.000 hryvnia. Alors que la plupart d’entre nous, qui gagnons 2.000 à 4.000 hryvnia par mois, sommes imposé à 15 %. Et ce sont ces gens là qui veulent réduire de 20 % les salaires des ambulanciers ! Allons nous tolérer cela ? Nous soutenons le choix européen ! En Europe les millionnaires payent au moins 40 % à 60 % d’impôts sur leur revenu personnel (et rappelons, qu’en France les revenus supérieurs à un million euros devaient être imposés à 75 %). Il est aussi nécessaire de fixer un taux de TVA supérieur sur les produits de luxe (à 25 %).

7. En situation de crise, il faut soutenir les gens. Il faut les transports publics gratuits, des prix fixes pour les médicaments, le blocage des prix des services publics, des services publics gratuits pour ceux dont les salaires n’ont pas été payés ou ceux qui n’ont pas reçu leurs prestations sociales.

8. Refus du payement de la dette extérieure, au moins jusqu’au remboursement du capital qui a été pillé (la dette extérieure atteint 75 milliards de dollars). Il faut exiger l’annulation de toutes les dettes qui sont le résultat des emprunts du pouvoir oligarchique.

L’Opposition de gauche dit depuis longtemps que tous les partis politiques présents dans le Parlement professent l’idéologie néolibérale et veulent faire financer leur business par la majorité de la population. L’arrivée au pouvoir de l’ancienne opposition et ses annonces de mesures « impopulaires » confirme cette thèse. « Il faut continuer le mouvement de protestation ukrainien jusqu’à la démission de toute la classe politique et l’abolition du cours néolibéral. Le pouvoir dans l’État et dans les entreprises doit être exercé par les conseils des travailleurs – de ceux qui créent directement la richesse », explique l’Opposition de gauche.

D’autres propositions ont été présentées dans les « 10 Thèses pour le changement social » (1).

Communiqué de GASLO:  Golovnyï Analititchnyï Sait Livoï Opozitsii – principale page d’analyses de l’Opposition de gauche est la page web animé par l’Union socialiste « Opposition de gauche » : http://gaslo.info/

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12 mars 2014 ~ 0 Commentaire

La solidarité sauvera l’ukraine d’une intervention (essf)

Pilash

L’intervention de l’armée russe a été rendue possible du fait de la division de la société ukrainienne. Son unité n’est pas possible avec les oligarques et les chauvinistes au pouvoir. Seule la solidarité peut sauver l’Ukraine.

1. Nous sommes pour l’autodétermination de la Crimée mais seulement après le retrait des forces armés russes qui sont en train de réaliser une intervention flagrante. Nous sommes pour l’autodétermination du peuple et non pour celle des élites corrompues qui « s’autodéterminent » pour se protéger de la population de Crimée avec les canons des armes automatiques russes. Le résultat du séparatisme en Crimée serait la renaissance de l’empire russe, la menace d’une guerre mondiale.

2. L’hystérie nationaliste, que les leaders de Maidan ont fait le choix d’ignorer, sert à justifier l’agression. Les plaisanteries xénophobes agressives étaient considérées comme normales et, même aujourd’hui dans les piquets contre la guerre, on entend encore des slogans provocateurs comme « Gloire à la nation ! Mort aux ennemis ! ». Les manipulations du Kremlin ont permis d’intimider la population de l’Ukraine méridionale et orientale. Pourtant l’agression commencée par la Fédération de Russie a ouvertement un caractère d’annexion et est dirigée contre la République révolutionnaire (une véritable révolution, qui s’en prenait aux oligarques, avait commencé et il était clair qu’elle allait mettre à son ordre du jour la question de la transparence de leur richesse).

Même une guerre de libération, si elle est dirigée par les oligarques ukrainiens, conduira à une fascisation de la société : une unification autour d’intérêts nationaux mythiques nous attend, un pouvoir dictatorial sans limites pour conduire une politique sociale qui continuera la concentration des richesses dans les mains de l’élite. Notre gouvernement ne pourra prétendre à la légitimité seulement après avoir subi une lustration [1] sociale. Au lieu de cela, le pouvoir de notre pays cherche à se légitimer au nom de la menace d’une intervention étrangère : on veut nous faire aimer ce régime et non notre pays. En Ukraine, les postes de responsabilité politique passent sous le contrôle direct des oligarques – Kolomoïskiy [2] et Tarouta [3] sont devenus gouverneurs. Les oligarques ont pillé notre pays et maintenant ils exigent que les gens affamés protègent cet État corrompu !

3. Maïdan n’était pas homogène : les nationalistes radicaux ont réellement pollué la mobilisation avec leur xénophobie, mais heureusement, ce ne sont pas eux qui ont défini les revendications de Maïdan. Les populations de l’Ukraine orientale et méridonale ainsi que les représentants des minorités ethniques devraient prendre conscience qu’à Maïdan il y avait beaucoup de représentants de positions internationaliste, de gauche et démocratique. Soutenir le mythe du « Maïdan fasciste » c’est se résigner à l’emploi de la force par les néo-nazis contre les très nombreux citoyens qui sont en désaccord avec eux. Nous regrettons que les idéaux antifascistes soient utilisés pour justifier la guerre. L’antifascisme c’est la solidarité et non l’intervention militaire !

4. Les citoyens de l’Ukraine centrale et occidentale doivent exiger du gouvernement de ne pas permettre la discrimination linguistique, la destruction de monuments et des actes d’hostilité inutiles. L’ukraïnisation menée par les oligarques ne peut se faire qu’au nom du chauvinisme. La politique linguistique doit être revue et le droit d’employer la langue maternelle doit être élargi dans les régions où cela est nécessaire. La renaissance nationale et culturelle de la nation ukrainienne et des autres nations de notre pays n’est pas possible sans que les problèmes sociaux soient résolus.

5. Nous sommes pour la préservation de l’Ukraine unifiée en tant que phénomène culturel unique. La coexistence de différents groupes ethniques ne peut qu’enrichir la culture humaine. Diviser en deux ce pays, c’est garantir la domination des chauvinismes. Tous ces conflits en Ukraine sont la conséquence de la dictature des oligarques. La consolidation de l’Ukraine ne peut être réalisée qu’en surmontant le pouvoir de l’oligarchie – les travailleurs de l’est comme du sud aspirent aux mêmes changements sociaux et ils devraient comprendre qu’en provoquant les affrontements on ne peut que repousser à l’infini toute perspective d’amélioration.

6. Le pouvoir de la Fédération de Russie représente l’expression la plus conservatrice des intérêts du capital. C’est pourquoi les citoyens qui sont favorables à un référendum de « réunification » avec la Russie doivent se préparer à la terreur policière et à la politique antisociale. Nous ne permettrons pas une victoire de l’impérialisme russe, qui constituerait un grave précédent. Contrairement à ce qu’affirment les nationalistes bourgeois ukrainiens, il n’y a aucune survivance du socialisme dans la Russie actuelle. La population ukrainienne haïra encore plus les Russes si les illusions impérialistes et revanchardes se développaient parmi les masses. Les promesses d’une vie meilleure dans le style hitlérien finissent toujours par une catastrophe pour la nation qui agresse. Il faut avoir à l’esprit qu’une telle guerre serait aussi une opportunité pour que le capital occidental puisse installer ses armées et saisir une partie du territoire ukrainien.

7. Il faut surtout lancer un appel à la population russophone et aux Russes d’Ukraine, qui ne soutiennent pas la guerre. Ce sont eux qui peuvent saboter la mobilisation et le transfert des troupes d’occupation ainsi que faire pression sur les autorités et le capital russes. C’est eux que l’impérialisme russe tente d’utiliser pour renforcer sa domination par le référendum. Nous devons créer des brigades internationales pour préserver la règle du droit, agir contre le chauvinisme mutuel, protéger les installations stratégiques, faire la propagande parmi les troupes mais aussi empêcher le désarmement des soldats ukrainiens. Il faut former des groupes d’autodéfense ouvrière dans les entreprises pour les protéger des envahisseurs étrangers et de le cupidité de leurs « propriétaires ». Il faut créer des unités avec ceux en qui vous avez confiance ou que vous éliriez ! L’armée ukrainienne doit être sous le contrôle des citoyens. Pourquoi mourir sous le commandement des nationalistes comme Paroubyï ou Yarosh ? Ils ont déjà sur la conscience les mauvaises décisions tactiques de l’EuroMaïdan et les provocations à la haine ethnique. Pourquoi mourir pour les intérêts des Akhmetov [4] -Kolomoïskiy ? Les prolétaires de tous les pays devraient apprendre des oligarques ukrainiens la notion de solidarité, car ces derniers ont sur surmonter tous leurs conflits pour s’unir autour de leurs intérêts de classe.

* À bas les bandits-hommes d’État, qui sont devenus séparatistes !

* À bas les impérialistes russes !

* À bas les chauvinistes ukrainiens !

* Vive l’indépendance de l’Ukraine des travailleurs !

L’Union socialiste « Opposition de gauche » présente son opinion sur l’agression russe en Crimée et sur le rôle destructeur des nationalistes ukrainiens. Kiïv, le 3 mars 2014

L’Union socialiste « Opposition de gauche » a été créé en novembre 2011 par les militant-e-s des groupes de la nouvelle gauche : Initiative de gauche, Organisation des marxistes, Alternative socialiste et Groupe marxiste « la Tomate ». La présentation du site web de l’Opposition de gauche mentionne qu’elle « entretient des liens avec les mouvements de travailleurs et d’étudiants dans le monde au travers de ses contacts avec la IVe Internationale ».

* http://orta.dynalias.org/inprecor/a…

Cette déclaration a été d’abord publiée par le site web GASLO (site web central de l’Opposition de gauche) : http://gaslo.info/?p=4990 Traduit de l’ukrainien par JM.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31317

 

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08 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Ceux qui en russie diront « non » à la guerre demain

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Crise ukrainienne

Dimanche 2 mars les rues de Moscou sont devenues l’arène des premières réactions sociales à la préparation par le pouvoir russe de l’intervention militaire en Crimée.

Il y avait, d’une part, les adversaires de la guerre qui se sont rassemblés devant le ministère de la Défense, puis sur la place du Manège. Plus de 1.000 personnes, se rassemblant spontanément dans une action antiguerre auto-organisée, vue l’actuelle atmosphère politique de Moscou, ce n’est pas mal. Sont venus les meilleurs de ceux qui restent du mouvement démocratique d’il y a deux ans, depuis les libéraux jusqu’à l’extrême gauche.

D’autre part, à 17h, a commencé la procession patriotique progouvernementale organisée comme d’habitude grâce à l’aide des « ressources administratives ».

La guerre n’a pas encore commencé, il est donc difficile de préjuger les contours politiques possibles d’un mouvement antiguerre de masse. Mais je suis certain que ce ne sera pas seulement un mouvement de gens sympathiques, corrects et honnêtes qui refusent les mensonges et la cruauté. Ce sera aussi le mouvement de tous ceux qui vont avoir à payer les frais d’une nouvelle guerre.

Il y aura même ceux qui, aujourd’hui, dimanche jour férié, craignant de na pas toucher leur prime mensuelle, se sont laissés entraîner par la « postpolitique » de Poutine pour défiler en défense de Poutine et de « notre Sébastopol ». De ces travailleurs du rang, qui baissent les yeux. De ces employées modestes habillées dans les manteaux des institutions. De ces étudiants timides et velléitaires qui veulent s’assurer leur avenir ou gagner quelques centaines de roubles. De tous ceux qui ont été utilisés dans les campagnes électorales pour qu’elles apparaissent comme populaires, ceux qu’on a forcé à danser en silence autour des tambours patriotiques.

Maintenant ils vont payer : pour l’effondrement du marché de demain, pour la brutale augmentation des prix, pour l’accroissement des dépenses militaires et parce qu’ils devront « se serrer la ceinture ». Leur vie se détériore rapidement, chaque jour le taux de change dégringole. Et lorsqu’une nouvelle fois on leur offrira de se détendre en regardant le spectacle de Kiselyov [1] sur les « bandéristes » [2], ils regarderont à un moment avec leur poches, vides… Et ils comprendront alors qu’ils se sont fait avoir. C’est un tel mouvement anti-guerre que Vladimir Poutine peut provoquer. Dans ce cas il n’aura plus qu’à fuir. Ilya Budraitskis

Notes:

[1] Dmitry Konstantinovitch Kiselyov est un journaliste russe, nommé à la tête de l’agence de presse Rossiya Segodnya par Vladimir Poutine en décembre 2013, spécialisé dans la propagande homophobe et grand-russe.

[2] Les « bandéristes » vient du nom de Stepan Bandera, dirigeant de l’Organisation des nationalistes ukrainiens – fraction révolutionnaire (OUN-R) et un des fondateurs de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne (UPA) qui mènera une guérilla contre les occupants allemands et contre les partisans polonais et soviétiques, puis contre l’URSS jusqu’en 1953-1954 et dont les partisans sont également accusés d’avoir liquidé des populations polonaises et juives en Ukraine occidentale. S. Bandera a participé à la proclamation le 30 juin 1941 à Lviv d’un nouvel État ukrainien, non reconnu par Hitler qui l’a fait emprisonner dans le camp de concentration de Sachsenhausen jusqu’en septembre 1944. Il a été assassiné en 1959 à Munich par un agent du KGB. En Russie et en Pologne le terme « bandériste » est employé par les chauvinistes en tant qu’insulte à l’encontre des Ukrainiens.

BUDRAITSKIS Ilya 2 mars 2014

* http://www.inprecor.fr/article-inpr…

* Ilya Budraitskis, journaliste et chercheur, est militant de la section russe de la IVe Internationale.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article31274

 

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07 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Je déteste!

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Sur la guerre en Ukraine

Écrire d’une position critique n’est pas quelque chose de très apprécié dans les périodes troubles. Pour certains idiots surexcités j’ai succombé aux fascistes, pour d’autres j’ai trahi la Patrie. Le temps est maintenant précieux et à utiliser efficacement. C’est pourquoi je réponds à tous dans un seul post.

Je déteste les Euro-idiots qui ont commencé tout ceci à cause de leurs illusions et de leur chauvinisme culturel.

Je déteste le salaud qui s’accrochait au pouvoir, malgré des dizaines de morts et qui veut maintenant revenir dans le pays par l’appui de chars étrangers.

Je déteste l’ancienne opposition, qui est devenu le gouvernement actuel, et qui n’a rien trouvé de mieux que de «sauver la langue ukrainienne » [en limitant l'usage du russe], peupler le gouvernement de fascistes et promettre des mesures sociales impopulaires.

Je déteste les autorités de Crimée, qui ont tellement peur pour leur poste qu’elles seraient heureuses de servir de paillasson à une administration occupante.

Je déteste le tyran au Kremlin, qui a besoin d’une petite guerre victorieuse pour renforcer le rouble et son propre pouvoir, qui est presque illimité.

Je déteste tous ces bureaucrates européens et américains «profondément préoccupés», qui n’introduisent des sanctions qu’au moment où le gouvernement est renversé et accordent des aides sous des conditions qui ressemblent à un braquage en plein jour.

Je déteste les fascistes ukrainiens et russes, qui ne peuvent pas s’habituer à la réalité d’un pays multiculturel et multilingue, et sont prêts à le détruire.

Je déteste ces «libéraux», qui étaient prêts à couvrir et ne se sont jamais distancés des fascistes présents sur le Maidan pour donner une chance au mouvement démocratique pour tous les Ukrainiens plutôt que de pousser le pays vers une guerre civile.

Je me déteste moi-même et d’autres militants de gauche pour passer la plupart de notre temps dans des conflits entre nous plutôt que de construire une organisation politique forte. Divisés, nous avons eu peu d’influence sur le Maidan ou l’anti-Maidan. Une partie de la responsabilité nous en incombe.

Mais je suis pour la paix mondiale. J’envoie ces fleurs de Wallonie. Des flocons de neige sur l’arrière-plan de feuilles vertes de l’année dernière. J’espère que ce n’est pas la dernière fois que nous les voyons. Je viens juste de revenir de mon pays divisé et je prie pour que tout ça se termine par une deuxième guerre de Crimée plutôt qu’une Troisième Guerre mondiale. Parce que cette guerre ne se transformera pas en une révolution mondiale (les chances pour cela sont beaucoup plus réduites qu’ il y a 100 ans) mais en un Holocauste nucléaire.

Camarades russes, prenez les places centrales de vos villes afin de stopper l’intervention en Ukraine.

Camarades ukrainiens, réfléchissons ensemble sur ce que nous pourrions faire. Il est clair qu’il est exclu de s’inscrire dans la démarche du [mouvement fasciste] « Secteur de Droite » [qui a fait un appel à la mobilisation].

5 mars 2014 par Volodymyr Ishchenko

Traduction: Michel Etxebarria. Attention: il ne s’agit pas d’une traduction de la version originale mais d’une traduction en anglais

(http://www.criticatac.ro/lefteast/i-hate-on-war-in-ukraine/)

http://www.lcr-lagauche.org/je-deteste-sur-la-guerre-en-ukraine/

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01 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Les bataillons scolaires…(cnt)

Les bataillons scolaires...(cnt) dans Antimilitarisme arton1212-2ee2c

et autres « symbioses » (!) Armée/Education

2014 est le centenaire du déclenchement de la 1re guerre mondiale (et le 60e anniversaire de celui de la guerre d’Algérie). Il nous a paru utile de rappeler les « Bataillons scolaires » et autres ingérences de l’Armée dans l’Education nationale.

La défaite de la guerre de 1870-71 avait laissé une cuisante blessure. Après le Traité de Francfort et la perte de l’Alsace-Lorraine, la Nation allait pendant des décennies nourrir l’espoir de la « revanche » : effacer l’humiliationde la défaite, recouvrer les deux provinces perdues, substituer aux luttes sociales la guerre France-Allemagne. Les gouvernements successifs de la IIIe République firent des efforts constants pour doter la France d’une armée moderne.

Bataillons scolaires, de 7 à 13 ans

Pour entretenir chez les jeunes français la flamme patriotique et les préparer à leur rôle de futurs soldats, le gouvernement De Freycinet décréta le 14 juillet 1882 la création de « Bataillons Scolaires » au sein des établissements d’enseignement public. Ces « Bataillons » devaient dispenser aux élèves une formation pré-militaire graduée, adaptée (? !) à leur âge, dont le programme était ainsi conçu :

- Au Cours Élémentaire – de 7 à 9 ans – gymnastique, exercices de présentation individuelle et évolutions collectives.

- Au Cours moyen – de 9 à 11 ans – éducation physique avec éventuellement exercices aux agrès, marches, évolutions en ordre serré.

- Au Cours Supérieur – de 11 à 13 ans – gymnastique,agrès,évolutions en ordre serré, marches, éléments de topographie et préparation au tir.

Pour l’instruction avec armes, on créa deux répliques allégées du fusil Gras modèle 1874, l’une avec canon en bois, ne pouvant tirer, l’autre réelle, utilisable pour le tir avec cartouche Gras de type réduit, et dotée d’un sabre-baïonnette un peu plus léger que le modèle réglementaire. Pour des raisons diverses, l’institution des Bataillons Scolaires (enfants de 7 à 13 ans) fut loin, heureusement (esprit « critique », laïcité) de donner les résultats escomptés. L’échec constaté amena bientôt la dissolution des Bataillons Scolaires. Ouf !

16-20 ans

Cependant,dans le même esprit, une nouvelle tentative fut faite avec la création de « Bataillons Topographiques », s’adressant cette fois aux jeunes gens de 16 à 20 ans. Ce projet n’eut pas plus de succès. Dans le département des Vosges, un seul Bataillon Topo, vit le jour – celui de Saint-Dié - ; il n’eut d’ailleurs qu’une existence éphémère car il avait disparu avant 1889. L’expérience fut abandonnée. Re-ouf !

Après 1900 l’évolution de la situation internationale marquée par de fréquentes périodes de tension, amenèrent le gouvernement à revoir la question de la préparation militaire des jeunes de 17 à 20 ans, celle-ci restant toutefois facultative. Une loi de 1905, puis une circulaire ministérielle de 1907 réglèrent les modalités d’organisation de l’instruction pré-militaire, qui fut confiée aux Sociétés de Tir et Sociétés de Préparation Militaire agréées par le Ministère de la Guerre.

La guerre de 1914, malheureusement, ne devait pas tarder.

Symbioses Armée/Education (1982 …2007…)

Les protocoles d’accord Armée/Education (Hernu/Savary en 1982, Chevènement/Jospin), Armée/Culture (Hernu/Lang, 1983), Armée/EN, Enseignement Supérieur et Recherche (Alliot-Marie/De Robien, 31/01/2007) ciblaient à la fois les élèves et les enseignantEs (1)(2).

Les militaires ont donc par exemple organisé des formations continues pour les enseignantEs, notamment après la casse des IUFM. Des enseignantEs-stagiaires ont plusieurs fois boycottéen cours de route : formations inadaptées, propos méprisants des officiers formateurs (2) à l’égard des personnels de l’Education Nationale.

En 2010, le protocole Défense/Education relatif aux ERS Etablissements de Réinsertion scolaire organisait des actions concertées entre les ministères de l’EN et de la défense, où, par exemple, la maîtrise de la lecture est « une mission essentielle confiée conjointement à la Défense et à l’Education Nationale ». Henri

(de Hernu/Savary, Chevènement/Jospin, Alliot-Marie/De Robien …).

(1) Voir par exemple l’article de 2011 « NON à l’armée « éducatrice », sécuritaire et discriminatoire » (à propos de collégiens en stage en uniformes dans la caserne de Monthléry du 121e – et ses réf.) en octobre 2011 dans la revue « L’Emancipation S et P », sur le site www.emancipation.fr rubrique laïcité-débourrage de crânes. (2) Voir par exemple l’article « Militaires formateurs ou format…tueurs » sur le site www.unionpacifiste.org/ rubrique Education.

http://www.questionsdeclasses.org/?Les-bataillons-scolaires

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