Archive | Antimilitarisme

23 février 2016 ~ 0 Commentaire

les non-dits (essf)

tintin-congo-herge-L-k5lADv

De l’intervention militaire française en Centre Afrique

En mars 2013, la rébellion armée centrafricaine dite Séléka (1) a réusssi à chasser le régime du général François Bozizé, considéré comme liberticide, népotique et gabegique. Elle mettait ainsi un terme au processus déclenché en 2006 et interrompu plus d’une fois par des accords de paix — le dernier datant de janvier 2013 — dont l’application a chaque fois été précaire, inaboutie.

Toutefois cette supposée libération n’a pas provoqué une liesse générale à Bangui (la capitale habitée par près du quart de la population centrafricaine), car l’avancée des trou- pes de la Séléka s’est accompagnée de diverses exactions sur les populations, d’assassinats, de destructions d’habitations villageoises qui n’ont pas cessé avec la prise de Bangui. Ce qui a suscité, au-delà de la « résistance » des soldats des Forces armées centrafricaines (FACA), identifiés au régime déchu, l’apparition, aussi bien dans les zones rurales qu’urbaines, des milices d’auto-défense (contre la Séléka) dites « anti-balakas ».

Une confrontation qui a acquis une dimension confessionnelle, du fait que les troupes de la Séléka seraient majoritairement composées de Centrafricains de confession musulmane, accompagnés de Tchadiens et Soudanais supposés musulmans aussi. De quoi alimenter le chauvinisme (la République centrafricaine — RCA— conquise par des hommes du président tchadien Idriss Déby) et l’amalgame, devenu à la mode dans plusieurs parties du monde, entre musulmans et jihadistes. Les jihadistes nigérians de Boko Haram étant supposés avoir fait des incursions au Cameroun, voisin occidental de la RCA.

Et il est question de temps à autre d’écarter un danger terroriste, islamiste, sous-en- tendu, dans la sous-région, à partir de la situation en RCA. Cela dans une société centra-fricaine qui est considérée comme chrétienne à 70 % au moins. Ce qui donne dans le langage de l’hebdo parisien Le Point (3 décembre 2013) : « Centrafrique, pays majoritairement chré- tien, mis en coupe réglée par les mercenaires musulmans de la Séléka venus des pays voi- sins. » Il est vrai que, avant Michel Djotodia, le seul « musulman » à avoir été à la tête de l’État centrafricain est le maréchal Jean-Bedel Bokassa pendant sa conversion à l’islam (1976, par le colonel Mouamar Kadhafi), assez vite reniée d’ailleurs pendant la marche vers la consécration impériale (1977).

La situation s’est ainsi gravement dégradée sous forme de cercle infernal d’attaques meurtrières, de massacres et de représailles, entre supposés musulmans et chrétiens, sous le regard plutôt impuissant que complaisant du gouvernement dit d’unité nationale de transition, dirigé par l’ex-rebelle armé devenu, assez brièvement, président, Michel Djotodia de la Séléka et l’ancien opposant démocrate, aussi brièvement Premier ministre, Nicolas Tiangaye. Cela malgré la présence, qui aurait été dissuasive, de la Force multinationale d’Afrique centrale (FOMAC), caractérisée par  “la non-valeur militaire des 2 500 Africains présents”, selon la formule d’un officier français (2), ainsi que de environ 200 soldats français de l’opération Boali (stationnée depuis 2002 et coûtant 22 millions euros par an).

À tel point que des officiels états-uniens et français se sont mis à parler de situation «pré-génocidaire» et de «risque de génocide». Le ministre français des Affaires étran- gères, Laurent Fabius, paraissant alors comme le plus sensible au danger qui pesait sur la population centrafricaine. Il fallait, par conséquent, une intervention militaire proportionnelle à la menace, sous mandat du Conseil de sécurité. Et c’est la France, initiatrice du projet, qui s’est portée volontaire pour servir de force d’appui à la quasi-impuissante FOMAC dans le cadre de la résolution 2127 (2013). Par devoir moral ou purement humanitaire, ont déclaré François Hollande et ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères…

Lire ici la suite

Février 2014 NANGA Jean

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article37239

Lire aussi:

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article37235

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article37236

Lire la suite

22 février 2016 ~ 0 Commentaire

collectif ni guerres ni état de guerre (essf)

war

Texte fondateur 

La France était en guerre bien avant les attentats du 13 novembre, lesquels ont largement servi de prétexte à intensifier ces engagements militaires.

Les guerres de pillage pour le contrôle des ressources n’ont pas manqué depuis le début des années 2000, en Irak, en Afghanistan, en Libye, au Mali, en Centrafrique. Ces conflits doivent être désignés par leur nom : ce sont des guerres d’ingérence impérialiste. La France n’a aucun « rôle positif » dans ces interventions, malgré ses prétentions puisées à l’ancien répertoire colonial.

Les interventions militaires que mène l’État français sont très largement invisibles dans les médias. Le peu qui en est dit impose un consentement au nom d’une logique sécu- ritaire, avec ou sans habillage humanitaire ; le discours belliciste entend anesthésier et téta- niser la population.

Pourtant, comment ne pas rappeler les désastres que sèment ces guerres, les millions de morts, de blessés et de déplacés, la misère, le désespoir jetant les populations sur les rou- tes, tandis que s’enrichissent les profiteurs de guerre, les multinationales vendeuses d’armes – la France tenant en la matière le quatrième rang mondial.

Ce sont aussi des dépenses colossales, qui détournent l’argent public de dépenses socia- les, culturelles et écologiques vitales. De surcroît, l’État qui mène ces guerres, en pompier pyromane, nous entraîne dans une spirale infernale ayant pour effet de renforcer la haine qui débouchera sur d’autres attentats. Les «Rafale» tuent des civils aussi innocents que ceux du Bataclan. Ces bombardements sont des bombes à retardement.

La guerre devient désormais un moyen de gouverner – et de gouverner par la peur. L’état de guerre proclamé justifie la privation croissante des libertés et des mesures directe- ment inspirées de l’extrême droite comme la déchéance de nationalité. Cette situation, d’une extrême gravité, passe pourtant pour une évidence dans le discours politique dominant, com- me s’il s’agissait de banaliser la guerre et de nous habituer à cet état martial et sécuritaire.

Car l’état d’urgence vise à museler les colères et les luttes : cette guerre est aussi une guerre sociale. Nous nous opposons aux guerres d’ingérence et de spoliation – donc à tous les impérialismes. Mais nous sommes en France et c’est donc en France que nous pouvons nous battre en priorité contre « notre » propre impérialisme. Nous pouvons le faire concrètement, sans abstraction ni proclamation : parce que les questions géopolitiques qui se jouent parfois à des milliers de kilomètres ont des résonances fortes, ici, dans nos quartiers.

C’est pour cela que la lutte de notre collectif passe par le combat contre tous les racismes, et notamment le racisme antimusulman, contre les inégalités et les discriminations, le soutien aux migrants et aux sans-papiers, l’opposition aux mesures d’exception et au con- trôle généralisé des populations qui ciblent en priorité les personnes musulmanes ou suppo- sées telles, les quartiers populaires et les mouvements sociaux.

Il nous faut donc nous organiser, riposter par une résistance à la hauteur de ce que nous subissons, à la hauteur des guerres qui se font contre les populations, contre nous et en notre nom.

C’est pourquoi nous avons décidé de lancer un Collectif contre la guerre, qui

• exige l’arrêt immédiat des interventions militaires françaises, le retrait des bases militaires, la fin des traités et alliances (OTAN…) ;

• dénonce le marché des ventes d’armes qui irrigue entre autres les pires dictatures ;

• combat la militarisation de la société, le quadrillage des territoires et des esprits par le complexe militaro-sécuritaire ;

• soutient le droit à l’autodétermination des peuples, apporte sa solidarité aux forces de résistance et d’émancipation.

Nous voulons élargir ce comité, nationalement et localement, à toutes les organisations et toutes les personnes qui se retrouvent dans ce combat.

Pour tout contact et signature : antiguerre16@gmail.com

jeudi 18 février 2016 Collectif ni guerres ni état de guerre

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article37229

Note: Le NPA a signé

Lire la suite

11 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

le test (thermo)nucléaire 1 (essf)

happy 2116

En Corée du Nord, prolifération et désarmement

L’essai du 6 janvier en Corée du Nord confirme la naissance d’un nouvel Etat nucléaire. La prolifération de l’arme se poursuit et se poursuivra, notamment en Asie. Il est toujours plus urgent de relancer le combat international pour le désarmement général – un terrain sur lequel les mouvements progressistes en France sont particulièrement indigents.

Le 6 janvier, la Corée du Nord a annoncé avoir effectué son premier test d’une bombe H (à hydrogène) dite aussi thermonucléaire. Pyongyang avait auparavant effectué trois essais sous-terrains de bombe A (atomique) en 2006, 2009 et 2013. Une bombe H utilise la techni- que de la fusion nucléaire. Elle est amorcée par l’explosion d’une bombe A, placée au som- met de l’ogive, qui a elle recours à la fission. Elle s’avère beaucoup plus puissante qu’un engin atomique classique.

C’est pourquoi, en août 1945, après avoir nucléarisé Hiroshima, les Etats-Unis se sont dépêchés de «tester» à son tour, avant que la capitulation du Japon ne devienne officielle, la bombe H sur Nagasaki. Des centaines de milliers de personnes ont ainsi été sacrifiées pour s’assurer en grandeur réelle des effets de ces armes de destruction massive. L’essai nuclé- aire du 6 janvier dernier est confirmé par des experts en Corée du Sud et aux Etats-Unis, mais ils doutent qu’il s’agisse bien d’une bombe H – de même qu’il n’est pas certain que l’engin ait été miniaturisé, comme l’affirme Pyongyang, au point de pouvoir être porté par un missile de longue portée. Le régime nord-coréen a aussi affirmé, le 9 janvier, qu’il se doterait d’un sous-marin porteur d’ogives. « Nous rejoignons les rangs des Etats nucléaires avan- cés », s’est félicité un présentateur de la télévision officielle nord-coréenne.

Echec des négociations Les Soviétiques ont enseigné à la Corée du Nord la maîtrise de l’atome à l’époque de la guerre froide, dans les années 1950-1960. Elle a depuis poursuivi ses recherches de façon indépendante et a engagé, au début des années 1980, un pro- gramme militaire secret, étant à même, à partir de ses centrales électriques, de créer le plutonium nécessaire; puis d’enrichir l’uranium, présent dans les sols du pays, grâce à l’acquisition de technologies pakistanaises (centrifugeuses…).

Un premier accord international signé en 1994 a été dénoncé par l’administration Bush en octobre 2002. Des négociations multilatérales ont repris en 2003, à l’initiative de Pékin, à six : les deux Corées, la Chine, les Etats-Unis, le Japon et la Russie. A Washington, les néo- conservateurs ont fait échouer un nouvel accord (pourtant quasiment conclu) en septembre 2005, recourant à des accusations infondées : création de fausses monnaies, blanchiment d’argent à partir de Macao.

En 2006, Pyongyang a procédé à des tirs de missiles balistiques et à un premier essai nucléaire (utilisant le plutonium dont il avait gelé pendant 8 ans la production). En février 2007, un troisième accord était conclu, la Corée du Nord interrompant son programme et acceptant le retour des inspecteurs étrangers de l’AIEA [1] ; Washington devant fournir une assistance énergétique et normaliser les relations diplomatiques. Il a capoté en septembre 2008. Enfin, un quatrième accord a été signé en 2012, sous Obama, avortant en deux mois seulement. Le troisième essai a eu lieu en février 2013.

Les pourparlers n’on pas repris depuis. Washington n’a plus grand-chose à offrir, tant la Corée du Nord est peu intégrée au monde sur le plan économique ou diplomatique et a beaucoup à demander: renoncer à l’arme nucléaire déjà existante. Enfin, Pyongyang sait qu’aucune puissance de la région ne souhaite actuellement l’effondrement brutal du régime, non seulement parce que Pékin ne l’admettrait pas, pour des raisons géopolitiques et non pas de proximité politique, mais aussi parce que cela ouvrirait une crise aux conséquences imprévisibles dans l’une des régions les plus sensibles, où les intérêts des grandes puissan- ces rivales sont directement en cause (Chine, Russie, Etats-Unis, Japon).

Dans ce contexte, le régime nord-coréen pense qu’il peut et doit « pousser le bouchon » nucléaire aussi loin que possible. Il n’a aucun vrai allié et beaucoup d’ennemis jurés. Il aug- mente donc son pouvoir de nuisance pour faire monter les enchères et geler la situation au nom d’une politique de «dissuasion». C’est rationnel, mais cela relève aussi d’une logique «après moi, le déluge» nucléaire ?

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36919

Lire la suite

11 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

le test (thermo)nucléaire 2 (essf)

 nuclear-kim

La prolifération

C’est bien cet aspect rationnel qui est le plus inquiétant. La «dissuasion » du « faible au fort » a été l’argument clef justifiant la prolifération nucléaire, en commençant par la Russie face aux Etats-Unis, puis par des « puissances secondaires » comme la France avec De Gaulle ou la Grande-Bretagne en concurrence avec les Etats-Unis, ou encore la Chine en concurrence avec la Russie: ne pas laisser le monopole du feu atomique à une ou deux superpuissances militaires, dont on devient en ce domaine totalement dépendant.

La prolifération au nom de la dissuasion n’a pas cessé après la formation du club des cinq détenteurs officiels, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. Le Pakis- tan face à l’Inde. Israël pour s’émanciper de la tutelle états-unienne et s’imposer sur le théâ- tre moyen oriental. La Corée du Nord face au déploiement nucléaire massif de l’armée US en Asie du Nord-Est et pour ne pas dépendre de la diplomatie chinoise…

Il n’y a aucune raison pour que la prolifération cesse. D’autres Etats sont d’ores et déjà «pré nucléaire». L’instabilité géopolitique générale et l’incapacité des Etats-Unis à établir un nouvel ordre mondial stable inquiètent : la protection de Washington sera-t-elle toujours garantie, quoi qu’il arrive ? L’Amérique latine reste hors du champ de confrontation nucléaire. On voit mal quel autre pays européen pourrait aujourd’hui se lancer dans l’aventure, mais qu’en sera-t-il quand la crise de l’Union s’aggravera qualitativement ?

L’accord avec l’Iran a repoussé les échéances au Moyen-Orient, mais pour combien de temps, vu l’acuité des contradictions entre puissances régionales, la menace israélienne, les errements de la politique US? Et quid du continent africain? C’est cependant en Asie que pourrait naître la prochaine puissance nucléaire, là où des ogives sont déjà installées dans un grand nombre de pays: partout où il y a des bases états-uniennes, en sus de pays détenteurs, ainsi que dans toute la mer de Chine (sous-marins, flottes…).

Tokyo s’avère le prétendant le plus immédiat. La droite nippone utilise chaque «provo- cation» nord-coréenne pour tenter de légitimer aux yeux d’une population profondément paci- fiste la dédiabolisation de l’arme qui réduisit en cendre Hiroshima et Nagasaki. En Corée du Sud aussi, des politiciens interviennent ouvertement en ce sens, dont des élus du Saennuri, le parti au pouvoir, y compris le président du groupe parlementaire de cette formation, Won Yoo-chul.

La prolifération nous rapproche toujours plus du moment où l’arme nucléaire sera effec- tivement utilisée sur un théâtre d’opérations régional. On ne peut cependant la combattre tout en justifiant le maintien du monopole des cinq puissances, membres permanents du Conseil de sécurité. C’est bien la question du désarmement général, espéré et possible après la fin de la guerre froide, qui continue de se poser.

Il faut tout particulièrement le rappeler en France, où le développement de nouvelles armes nucléaires destinées à être utilisées se poursuit dans l’indifférence. En Grande-Bre- tagne, il existe un mouvement vivace contre le déploiement des missiles Trident. Rien de tel dans l’Hexagone. Jamais cette question n’est évoquée lors des campagnes électorales; jamais elle n’est négociée (même par les Verts) dans le cadre d’un accord de gouverne- ment ; jamais la poignée de physiciens ou les petites associations qui luttent avec ténacité sur ce terrain ne reçoivent le soutien qu’elles méritent (même si heureusement, le mur érigé entre le combat antinucléaire civil et militaire a été finalement abattu).

Les médias réduisent trop souvent la question nord-coréenne à l’autocratie et à la folie de la dynastie familiale des Kim. Dictature il y a. Instabilité mentale peut-être, mais les régi- mes présidentiels et autres pouvoirs personnels attirent, ailleurs aussi, de grands carac- tériels. En matière nucléaire cependant, la politique de Pyongyang fait malheureusement sens. Du point de vue des peuples de la région, elle est criminelle, contribuant à la spirale de militarisation engagée en Asie orientale, une dynamique mortifère initiée par d’autres puis- sances, que les médias considèrent cette fois «raisonnables», alors qu’elles n’en sont pas moins menaçantes. Rappelons encore une fois que les Etats-Unis sont les seuls à avoir effectivement utilisé l’arme, crime de guerre, crime contre l’humanité s’il en est !

Si nous n’imposons pas le désarmement nucléaire, nous aurons un jour ou l’autre la guerre nucléaire. Elle débutera probablement lors d’un conflit régional au prix de millions de vies. Et après ?

Pierre Rousset dimanche 10 janvier 2016

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36919

Lire la suite

10 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

plus de ​50% (libération)

The-Simpsons-Bl
*
Des policiers et militaires ont voté FN en 2015
*
Les policiers et les militaires votent de plus en plus FN. C’est ce que révèle une étude du CEVIPOF, le Centre de recherches politiques de Sciences Po, qui relève que 51,5% d’entre eux ont déposé un bulletin Front national dans l’urne en 2015, contre 30% en 2012.
*
«L’implantation du Front national au sein des trois fonctions publiques [d'Etat, territoriale, hospitalière] s’est confirmée de manière impressionnante lors du premier tour des élections régionales de 2015», détaille l’étude, qui explique que le Front national est devenu «l’un des trois partis préférés des fonctionnaires», un milieu qui lui était traditionnellement hostile.
*
L’explication de cette conversion des fonctionnaires au vote FN, débutée lors du premier tour de l’élection présidentielle de 2012 et qui s’est accélérée ces trois dernières années ? L’auteur de l’étude, Luc Rouban, évoque l’«évolution de l’offre politique du FN qui défend désormais les services publics», une défiance vis à vis de «la gauche dont les fonctionnaires attendaient beaucoup après 2012», et un «décalage entre les discours sur la République et la laïcité et les pratiques du terrain».
*
*

Lire la suite

28 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

non aux manipulations (a manca)

manip

Nous dénonçons avec la plus grande fermeté, la gestion par le préfet de région des graves événements survenus ces dernières 48H. En effet à l’issue du rassemblement en soutien aux pompiers devant la préfecture, il a été très rapidement évident que des groupes de personnes se dirigeaient vers les Jardins de l’Empereur.

Premier constat : l’indigence du dispositif devant en théorie interdire l’accès aux lieux et l’étrange passivité des fonctionnaires de police qui laissent passer sans réaction aucune les émeutiers.

Deuxième point : au soir de la deuxième manifestation et après le saccage d’un lieu de culte, une délégation est officiellement reçue en préfecture. Manifestation non autorisée et qui n’était en rien spontanée.

Troisième point : La déclaration du préfet qui « déplore l’image donnée de la Corse ».

Alors que la déclaration de l’Etat d’urgence a occasionné l’interdiction de manifestations en lien avec les questions écologiques et l’assignation à résidence de militants de cette mou- vance, ici, des groupes peuvent quadriller des quartiers en se montrant très hostiles.

Les agitateurs d’extrême droite qui structurent et orientent les actions sont présents dans la délégation reçue par le préfet. Ils reçoivent ainsi le statut d’interlocuteurs du représentant même de l’Etat. A noter que des groupes de personnes, toujours pilotés par des agitateurs d’extrême droite, se sont dirigés vers plusieurs quartiers connus pour abriter des populations issues de l’immigration. Rappelons que dans ces lieux, aucun incident n’est intervenu. Les slogans et les propos des apprentis émeutiers ne laissent planer aucun doute sur leurs véritables motivations.

Il est impossible que les services spécialisés de l’Etat n’aient pas été informés des appels à manifester et de leurs contenus racistes et xénophobes , assortis de surcroît d’incitations directes à la violence contre l’immigration, appels largement diffusés sur les réseaux sociaux. Ces faits additionnés sont d’une extrême gravité. Nous sommes dès lors autorisés à poser la question de leur gestion par les autorités étatiques et plus précisément à nous interroger sur les objectifs visés.

Les premiers éléments de réponse sont à rechercher dans la manière dont les mé- dias hexagonaux traitent l’information. A aucun moment il n’est mentionné, que dans son immense majorité, la société corse ne se reconnaît pas dans les actions ultra minoritaires menées par des groupes au profil de milice.

Rien n’est dit sur le fait que de façon majoritaire, les organisations du mouvement natio- nal ont fermement condamné le saccage d’un lieu de prière et se sont clairement démar- quées des propos et des actions proférés et mis en oeuvre par quelques poignées d’apprentis miliciens.

En guise de première conclusion, nous affirmons qu’il s’agit plus d’entretenir un climat de confusion en laissant les tensions s’exacerber et ce à quelques jours de l’accession aux responsabilités d’une partie du mouvement national.

Ces manipulations doivent être mises en échec. A Manca renouvelle son appel à toutes les composantes saines de notre société afin de préparer une mobilisation publique qui, par son caractère massif et déterminé, soit à même de faire entendre la voix d’un peuple disposé à défendre, sans concession aucune, tous les droits de l’Homme.

A MANCA  28 décembre 2015

http://a-manca.org/

Note: Rappelons qu’à Pontivy, pendant l’état d’urgence, les nazillons ont pu se livrer à une chasse à l’homme annoncée et non interdite, tandis que les antifas pacifiques ont eux été interdits (mais ont manifesté, très encadrés)

Lire aussi:

http://npaherault.blogspot.fr/2015/12/actes-racistes-dajaccio-fascisti-fora.html

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36827

Lire la suite

04 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

cop21, le 29 novembre

Lire aussi:

http://www.liberation.fr/debats/la-privation-de-droits-une-lecon-d-etat

Lire la suite

03 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

les civils (jdd)

syria1.jpg
*
Premières victimes de la guerre contre Daech

A travers leurs rapports accablants, diverses ONG le montrent : les populations civiles sont les plus touchées par la guerre en Syrie et en Irak. 4.000 civils auraient perdu la vie suite aux bombardements depuis janvier 2014. Les armées loyalistes syriennes et irakiennes sont les premières responsables. Mais les frappes étrangères aussi ont tué quelques civils.

Selon le rapport des ONG britanniques Minority Rights et Ceasefire Centre for Civilian Rights, sorti il y a quelques jours, les premières victimes des bombardements contre Daech seraient les civils. Le rapport évoque 4.000 civils tués en Syrie et en Irak entre janvier 2014 et septembre 2015.

Le directeur de l’ONG Ceasefire (« Cessez-le-feu »), Mark Lattimer, s’exprimait mercredi matin au micro de France Culture : « Le droit international exige que les belligérants fassent la distinction entre les cibles militaires et les zones civiles, mais on observe que les forces irakiennes lancent des opérations tous azimuts et pilonnent parfois des zones résidentielles. Du côté du gouvernement irakien on entend souvent ‘s’ils restent c’est qu’ils sont avec les terroristes’, mais souvent ils sont pris au piège, ils ne peuvent pas partir. »

Le rapport des ONG indique que la plupart de ces civils (près de 2.800) ont été tués par les forces irakiennes, celles-là même qui informent la coalition des cibles à viser lors des bombardements. Le programme est soutenu par l’Union Européenne et met en œuvre un système de surveillance qui permet aux civils eux-mêmes, en partenariat avec des militants des droits de l’Homme, de recueillir les informations sur place. Le rapport ajoute que des zones résidentielles, des écoles, des hôpitaux et des mosquées ont été détruits par des frappes.

Human Rights watch, une autre ONG, pointe du doigt l’utilisation par le gouvernement syrien d’armes à sous-munitions qui font de très nombreuses victimes parmi les civils. « Les munitions non-explosées restées au sol constituent un danger mortel », ajoute l’association.

Selon le rapport de Human Rights watch, « Le gouvernement (syrien) a également persisté à larguer de nombreux barils d’explosifs sur des zones civiles. […] Un groupe local a estimé que les attaques aériennes ont causé la mort de 3.557 civils dans le gouvernorat d’Alep en 2014. » Pour reconquérir les territoires terroristes et imposer des négociations, le gouvernement syrien assiège des villes, comme Homs, Madamiyet et Daraya, affamant les populations civiles. Selon l’ONG, plus de 200.000 civils seraient affectés.

Amnesty International elle aussi dénonce l’action des forces gouvernementales syriennes et irakiennes, mentionnant notamment les arrestations arbitraires opérées par le régime de Bachar El-Assad : « Les forces de sécurité arrêtent arbitrairement des milliers de personnes. Certaines de ces personnes ont été soumises à une disparition forcée, d’autres à de longues périodes de détention ou à un procès inéquitable. Les forces de sécurité pratiquent la torture et d’autres formes de mauvais traitements sur les détenus, de manière systématique et en toute impunité ; selon les informations disponibles, des milliers de détenus sont morts des suites de torture ou en raison de conditions très dures », peut-on lire sur le site d’Amnesty. Julie Paquet – leJDD.fr mercredi 02 décembre 201

http://www.lejdd.fr/International/Les-civils-premieres-victimes-de-la-guerre-contre-Daech-

Lire la suite

03 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

la guerre contre-révolutionnaire (essf)

 une-fury_pays_dr

Une doctrine qui vous veut du bien

La réaction de l’État français suite aux attentats de janvier et le projet de réforme des servi- ces secrets s’inscrivent pleinement dans la lignée de la doctrine de guerre contre subversive ou contre-révolutionnaire (DGR), qui inspirait déjà largement le maintien de l’ordre en France.

Cette doctrine, forgée et appliquée dans les colonies françaises, consiste notamment à doter l’armée des pouvoirs de police afin de lutter contre un «ennemi intérieur». Elle s’ap- puie sur des actions de «guerre psychologique», le renseignement, le quadrillage de la population… En abolissant les frontières traditionnelles de la guerre (intérieur/extérieur, front/arrière, civil/militaire), elle place l’action de l’armée au cœur de la population qu’il convient de faire adhérer à la lutte contre l’ennemi intérieur.

Elle été officiellement écartée depuis la guerre d’Algérie, plus pour la menace que les officiers qui la portaient faisaient peser sur les institutions françaises que pour la terreur et la violence qu’elle a fait subir à la population algérienne [1]. Mais cette idéologie, recyclée et enseignée notamment dans les dictatures africaines ou d’Amérique du Sud, a été progres- sivement réhabilitée par les militaires en France [2]. Le premier septennat de François Mitter- rand a aussi vu la réapparition de ces méthodes dans l’action policière. Elles imprègnent aujourd’hui à différents degrés les sphères militaire et civile françaises.

Le musulman de France comme ennemi intérieur Pur produit de cette doctrine, le plan Vigipirate, mis en place après les attentats de 1995, renforcé récemment, banalise le quadril- lage militaire des villes de France, pilier de la DGR. Pour le chercheur en sociologie politique Emmanuel­-Pierre Guittet, «les mesures [du plan Vigipirate] pensées comme exceptionnelles tendent, une fois appliquées, à se banaliser, alors même que beaucoup, militaires compris, dénoncent leur caractère purement politique et leur inefficacité pour prévenir les vraies menaces» [3].

Ainsi, résume Mathieu Rigouste dans L’ennemi intérieur (2011) «loin de faire connaître la manipulation avérée des auteurs des attentats [de 1995] par les services algériens, les responsables sécuritaires français, souvent proches de ces derniers (surtout la DST), ont au contraire publiquement conforté la thèse de la responsabilité d’un «ennemi intérieur» islamiste, tapi dans les «quartiers chauds» des banlieues » [4].

Étudiant les archives de l’IHEDN [5], lieu de production de la doctrine de Défense en France, Mathieu Rigouste avait relevé la construction progressive d’une «menace identitaire» autour de la figure de l’immigré musulman depuis les années 1970. La récente «union natio- nale» contre la barbarie, ou la surfocalisation sur les exactions des différents groupes armés lors de la guerre au Mali [6], sans s’intéresser aux éventuels jeux politiques à l’œuvre [7], induisent une réaction collective irrationnelle. L’explosion des agressions islamophobes de ce début 2015 en est une illustration.

Carte blanche aux «services de renseignement» Paru en 2011, l’ouvrage de Mathieu Rigouste peut aider à décrypter les politiques annoncées en réaction aux attentats de janvier 2015. Pilier de l’idéologie contre-­révolutionnaire, les «services de renseignement» (c’est-­à­-dire les services secrets) jouent à la fois le rôle d’observation des éléments désignés comme ennemis au sein de la population et celui d’acteurs de l’action psychologique.

Ainsi, l’actualité médiatique est riche de «fuites» organisées par les services, qui per- mettent, par exemple, de préparer le terrain idéologique pour une intervention militaire à l’étranger. De même, en septembre 2014, Pierre Torres, journaliste qui a été otage en Syrie, dénonçait dans une tribune publiée dans Le Monde [8] la fuite d’éléments de son dossier organisée par l’antiterrorisme français.

Parmi les hypothèses avancées, celle d’une opération de promotion de la loi anti­ terroriste alors en préparation. S’ajoutant à 14 lois anti- terroristes depuis 1986, ce dispositif a encore renforcé les pouvoirs des services français et a introduit le délit d’apologie publique du terro- risme (donc en élargissant à tout un chacun un délit jusqu’ici limité à la presse, et évidem- ment sans être capable de le définir), qui a mené à de nombreuses condamnations à de la prison ferme récemment.

Les services français disposent de pouvoirs sans cesse plus intrusifs et sont de moins en moins contrôlables par les contre­-pouvoirs institutionnels. Toujours plus autonomes dans leurs moyens et «garants» proclamés des très vagues «intérêts fondamentaux de la Nation», le titre du rapport prévoyant leur réforme, «pour un «Etat secret» au service de notre démocratie», rappelle les structures de «hiérarchies parallèles» prônées par la DGR.

Cette doctrine liberticide, propice aux idéologies racistes et génératrice de violences parfois extrêmes (cette idéologie a par exemple été appliquée par les génocidaires au Rwan- da avec le résultat qu’on connaît) a marqué des décennies de «maintien de l’ordre» dans les anciennes colonies françaises d’Afrique. Elle inspire l’idéologie sécuritaire qui gagne encore du terrain en France, malgré son inefficacité avérée dans la «protection des populations» contre des menaces qui, quand elles sont réelles, ont des causes politiques et sociales.

Mathieu Lopes lundi 2 février 2015

http://survie.org/billets-d-afrique/une-doctrine-qui-vous-veut-du-bien

Lire la suite

03 décembre 2015 ~ 0 Commentaire

pendant de temps là à londres

brits

londr

Malgré les protestations, le Royaume Uni bombarde la Syrie

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin