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24 juin 2015 ~ 0 Commentaire

ukraine: dire la vérité sur la guerre du donbass (essf)

usa rusia

Hanna Perekhoda: As-tu été surpris que la guerre ait commencé justement dans le Donbass ?

Serhiy Jadan Les armes auraient pu commencer à parler à Odessa, à Kharkov, à Zapo- rozhié, mais elles ont commencé à parler dans le Donbass… J’étais à Donetsk, le 3 mai 2014, il y a un peu plus d’une année. Les séparatistes étaient dans les rues, établissaient des check-points. Et il s’est passé quelque chose de très bizarre : les bâtiments adminis- tratifs étaient déjà occupés ; les autorités autoproclamées de Louhansk étaient «protégées» par une poignée de tireurs cagoulés avec mitraillettes, et on ne voyait personne à part eux. A Donetsk, c’était la même chose: quelques types avec des kalachnikovs aux abords des bâtiments officiels. Pourtant, dans les villes, la vie semblait normale, les gens travaillaient, étudiaient, faisaient leurs courses, allaient au cinéma… Jusqu’au dernier moment, ils essa- yaient de montrer que tout cela ne les concernait pas, que ce n’était pas leur guerre. Je n’ai pas vu de mobilisation massive de la population en faveur des séparatistes ni de volonté de prendre les armes… C’est pourquoi je pense que cette guerre est artificielle, et que person- ne ne la veut dans le Donbass, sauf une poignée des fanatiques. Pour moi, les gens ont été trahis et poussés dans un piège, dont ils ne savent pas comment sortir.

En Europe, une partie de la gauche pense que Maïdan a été un mouvement d’extrê- me droite et que la véritable révolution se déroule dans le Donbass, où la population tente de se débarrasser de l’oligarchie et lutte contre l’impérialisme américain dont le gouvernement ukrainien serait une marionnette. Que penses-tu de ces discours ?

J’ai été déçu par la gauche occidentale, et pas seulement par elle. De façon générale, les militants de gauche réagissent d’une façon étrange par rapport à ces événements. Quand je parle de la gauche d’ici, je ne parle pas du Parti communiste de l’Ukraine (KPU), parce que c’est un parti au service des oligarques qui se cache derrière une rhétorique pseudo-sovié- tique. Je parle des nouveaux mouvements communistes, socialistes, anarchistes qui sont divisés. Une partie d’entre eux était sur le terrain, dans le mouvement de Maïdan. Chez nous, à Kharkov, les anarchistes ont occupé la rue avec les nationalistes. Bien sûr, ils ne s’ai- maient pas, mais ils faisaient le poing dans la poche, parce qu’ils comprenaient qu’ils avaient une cause commune à défendre. Pour moi, c’est ce qui montre qu’il s’est agi d’une authentique révolution.

Je connais bien ces discours portés par l’extrème-gauche selon lesquels Maïdan aurait été porté par l’extrême droite et financée par les USA, et que cette «révolution» n’aurait été qu’un épisode de la guerre Est-Ouest, l’Ukraine jouant juste le rôle de chair à canon. Mais, j’ai eu la possibilité d’observer cela de l’intérieur: j’ai été aux Maïdan de Donetsk, de Kharkov, de Louhansk, de Kirovograd, des villes de l’Ouest aussi, de Kiev évidemment. Qui a soutenu cette révolution, quel a été son moteur ? C’était une révolution démocratique typique, portée par la bourgeoise libérale, par les étudiants. En vérité, à Kiev, les « durs » ont commencé à donner le ton après coup […] Mais les affrontements violents ont été précédés par un mois et demi d’efforts de la société civile pour faire entendre ses revendications. Mais le pouvoir n’a rien voulu savoir.

Pourtant, on ne peut pas nier que le processus politique a pris ensuite un cours très conservateur, même s’il est absurde de le qualifier de fasciste…

Oui, dominé par le patriotisme et le nationalisme. Mais franchement, où sont les mouve- ments d’extrême droite en Ukraine? Ils sont toujours marginaux. Lors des dernières élections parlementaires, la droite dure a même perdu du terrain. Quels ont été les scores de Secteur Droite ou de Svoboda ? Nullissimes. On peut toujours montrer à la télé un gars en cagoule et dire qu’il représente la société ukrainienne. Par contre, si on examine les résultats des élections au parlement, ou les gens qui ont manifesté sur les places, on ne voit pas un grand enthousiasme pour l’ultranationalisme de Stepan Bandera (leader nationaliste durant l’entre-deux-guerres et la Seconde Guerre mondiale, NDT), ou pour le démontage des monuments de Lénine. Ces gens soutenaient la perspective de l’intégration européenne et de réformes économiques et sociales…

Certains disent que la révolution véritable a lieu dans le Donbass. Là-bas, les gens combattraient les oligarques et nationaliseraient les entreprises.

En effet, des séparatistes armés font passer le pillage pour des «nationalisations». Par exemple, ils ont pris l’habitude de «nationaliser» les supermarchés pour renouveler leurs stocks de nourriture. Cependant, les usines des principaux oligarques, comme celles de Monsieur Akhmetov, ne sont pas du tout nationalisées. Il faut une imagination sans bornes pour voir dans le Donbass l’Espagne de 1936: la révolution contre les riches, soutenue par les prolétaires de Tchétchénie et de Russie. Tout cela est absurde.

Il me semble que la gauche devrait être capable d’une attitude critique par rapport aux tentatives de manipulation et aux médias de masse. Mais il s’avère que non… Il semble parfois plus facile de manipuler les militants de gauche que les libéraux. Il suffit de leur rappeler les images de la guerre froide: il y a les méchants Américains d’un côté, et les Russes de l’autre, beaucoup moins méchants.

Actuellement, le gouvernement ukrainien prend des options qui compromettent le pays aux yeux des démocrates européens, y compris aux yeux des militants de gau- che qui soutiennent le peuple ukrainien. Par exemple, le président a signé une loi qui interdit toute propagande qui fait appel aux symboles de l’URSS et de l’Allema- gne nazie. La loi fixe une liste précise des organisations qui ont lutté pour l’indépen- dance de l’Ukraine, déterminant ainsi, d’une certaine manière, une vérité historique immuable. Comment interprètes-tu de telles décisions ?

[…] Le gouvernement a adopté cette loi aujourd’hui pour faire diversion. Il y a une année qu’il est en place et qu’il n’a fait aucune réforme significative. La corruption est toujours là. Alors que faire? Yanukovitch, par exemple, avait adopté des lois sur la langue russe; de son côté, le nouveau pouvoir a décidé de faire tomber les statues d’Illitch [Lénine]. Tout ça, c’est de la poudre aux yeux. Apparemment, nos députés n’ont rien de mieux à faire que de changer les noms soviétiques des villes et des rues. Mais je ne veux pas me renier, j’ai été pour la «désoviétisation». Je suis un vieux sympathisant des mouvements anarcho-­communistes, et je ne vois rien «de gauche» dans l’héritage historico-­culturel de l’Union soviétique. Qu’y a-t-il «de gauche» dans une figure comme celle de Brejnev, par exemple ?

Dans une telle situation, y a-t-il un avenir pour les mouvements de gauche en Ukraine ?

Oui, bien sûr. Il existe une énorme demande sociale pour un véritable mouvement de gau- che, mais elle n’est pas formulée dans des termes explicites. En bonne partie, parce qu’il existe beaucoup de préjugés envers tout ce qui est «de gauche», perçu comme «anti- ukrainien». Il faut dire qu’il est difficile de trouver un militant de gauche qui accorde assez d’attention et d’intérêt aux aspirations nationales de l’Ukraine, qui soit capable de reconnaître qu’il y a là un peuple avec sa culture, sa langue et son histoire. Je pense que la question nationale est une sorte de «ventre mou» du marxisme. Malheureusement, dans la situation actuelle d’Ukraine, on ne peut pas ignorer cette question. Cela dit, je suis content de voir que les nouveaux mouvements socialistes essayent d’agir, de travailler et de se développer au sein de la société ukrainienne en prenant en compte le fait que le peuple ukrainien existe et qu’il ne fait pas partie du «monde russe» ou d’une «Union soviétique bis» qui relève du fantasme. Il y a bien peu de forces socialistes dans le spectre politique de l’Ukraine. A Maïdan aussi, il n’y en avait pas assez. Et je pense que c’est un énorme problème. Car si les revendications sociales de Maïdan avaient été plus visibles et mieux défendues, peut-être que les habitants de l’Est de l’Ukraine auraient une attitude différente aujourd’hui envers ce mouvement.

Quels sont tes projets actuels ?

(…) Je trouve important de parler de la guerre, de l’Ukraine, de montrer que tout cela existe. A cause de la machine de propagande, l’interprétation de la réalité devient homogène. L’Ukrai- ne ne sait pas se défendre par rapport à cela, elle n’a aucune politique culturelle et d’infor- mation. Il ne s’agit pas de montrer que Poutine est un monstre, ou que les Russes ont déclenché la guerre. Il s’agit de dire la vérité sur ce qui se passe dans le Donbass. Par exemple, montrer l’ampleur des destructions, le nombre de personnes tuées, leurs noms, leurs visages. Il faut que l’on comprenne qu’il ne s’agit pas d’une guerre «géo­politique», qu’il ne s’agit pas d’une guerre «froide» entre Américains et Russes. Que derrière tout ce délire propagandiste, il y a des vies réelles, des gens qui meurent chaque jour ! Lorsque les intel- lectuels européens se disputent sur le fait de savoir si l’Ukraine a des droits sur ces terri- toires, si les insurgés sont vraiment des insurgés, si la Crimée est historiquement russe ou pas, etc. Tandis qu’ils parlent de tout cela en buvant un bon verre de vin, les gens de ces régions meurent chaque jour. Dans une telle situation, les artistes doivent essayer de cons- truire des ponts et de se substituer aux Etats pour diffuser l’information indispensable. […]

Tu es né dans la région de Louhansk, où la majorité de la population parle russe. Pourquoi as-tu décidé d’écrire tes textes en ukrainien ?

Pour moi, depuis l’enfance, la coexistence de ces deux langues était tout à fait naturelle. Je lisais des livres dans les deux langues et, autour de moi, je n’entendais pas tant le russe que le sourjyk (un parler mixte, un sociolecte utilisé par 20 % de la population). J’ai un diplôme de philologie ukrainienne, ce qui signifie que, pour moi, cette langue n’est pas seulement celle de la communication, mais aussi celle du travail. Cela fait 25 ans que j’habite Kharkov, et je n’ai jamais eu de problèmes à utiliser le russe ou l’ukrainien. C’est une ville ouverte : les gens parlent les deux langues, bien que le russe soit plus fréquemment utilisé. Ce « conflit langagier » a été créé de façon artificielle. On le fait sortir avant les élections et il disparaît juste après. En tout cas, penser que la guerre d’aujourd’hui résulterait d’un tel « conflit », c’est ne pas voir l’état réel des choses.

Entretien réalisé, transcrit et traduit du russe par Hanna Perekhoda

L’ÉCRIVAIN UKRAINIEN SERHIY JADAN:

Né en 1974 à Starobilsk, dans les régions minières d’Ukraine orientale, Serhiy Jadan est l’un des écrivains les plus populaires de sa génération. Chanteur de rock, essayiste et militant de gauche, il participe à l’organisation de festivals musicaux et culturels. Il avait été invité par l’Université de Fribourg, le 5 mai dernier, à présenter son premier roman traduit de l’ukrainien en français, La Route du Donbass (éd. Noir sur Blanc, Lausanne), qui lui a valu le Prix Jan Michalski (2014). Ce récit transforme le Donbass industriel en un pays fantastique, où souffle avant tout le désir de liberté. Nous en avons profité pour l’interviewer.

* Paru en Suisse dans « solidaritéS » n° 270 (11/06/2015) p. 5-6. http://www.solidarites.ch/journal/

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article35240

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19 juin 2015 ~ 0 Commentaire

les crs super gagnants (ccr)

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Quand les milices du capitalisme utilisent leurs moyens propres pour « gagner encore plus »

Alors que les forces de répression sont déjà parmi les plus rémunérées de la fonction publique avec des niveaux de qualification pourtant très bas, elles se saisissent du contexte de répression accrue créé par le gouvernement pour monnayer une fidélité décisive. Conscients de leur poids politique, les CRS n’ont pas hésité à se mettre collectivement en arrêt de maladie et ont obtenu une augmentation de 30% de leur prime journalière. De quoi faire rêver bien des travailleurs qui peinent parfois pendant des mois pour obtenir la satisfaction de revendications bien moins ambitieuses.

Au sein de la fonction publique, certains valent plus que d’autres aux yeux de l’Etat

On s’attarde peu sur la rémunération des policiers et des forces répressives de l’État. Elles sont pourtant symptomatiques de ses priorités. Ainsi en début de carrière, un instituteur, qui est nécessairement BAC+5, est rémunéré 1428 euros hors primes, un « gardien de la paix », BAC+0 est rémunéré 1811 euros hors primes. Chez les gardiens de la paix CRS les primes sont au minimum de 500 euros par mois. Cet écart de rémunération a bien entendu un fondement. Un gouvernement au service du patronat et de la bourgeoisie qui monte à l’assaut des acquis de tous les travailleurs et joue tous les jours l’intimidation préventive et la répression effective.

Des forces de répression qui savent faire bloc et obtenir satisfaction

Sur fond de plan Vigipirate renforcé et de mobilisation accrue, les CRS ont décidé de se manifester collectivement en se plaçant par compagnie entière en arrêt de maladie. Vendredi 12 juin, plus de 80 CRS de deux compagnies se sont faits « porter pâles » alors qu’ils devaient assurer la sécurité du déplacement de François Hollande à Nantes. Depuis début avril, à plusieurs reprises, des compagnies entières de CRS s’étaient mises collectivement en arrêt de maladie, afin de manifester leur grogne contre les effets du plan Vigipirate qui les « épuise ». Des concertations ont eu lieu entre le ministère et les syndicats, et elles viennent d’aboutir : une revalorisation de 30 % de l’indemnité journalière d’absence temporaire (IJAT) perçue par les CRS et les gendarmes mobiles en déplacement, passant de 30 euros à 39 euros en 2017.

Pour une fois, une «grève» valorisée par les medias

Parce que les CRS ne sont pas des travailleurs mais des membres de l’appareil d’état, parce que leur «pression» à l’arrêt de maladie n’était pas une grève, à laquelle ils n’ont d’ailleurs pas droit, parce qu’ils ont été présentés comme des quasi héros lors des évènements de janvier, la presse bourgeoise s’est montrée favorable à l’action de «cette-police-qui-fait-un-travail-si-difficile». Pour une fois, elle s’est montrée favorable au camp des «grévistes». Personne pour parler de «prises en otages»  et une pointe d’admiration pour la cohésion et la rapidité de la victoire.

Comment ont-ils pu gagner autant et si vite.

Cette augmentation sans précédent de la rémunération des CRS et gendarmes mobiles qui viennent de tuer Rémi Fraisse est le symbole de l’utilisation accrue des forces de répression avec tout ce que cela implique: une dépendance plus grande du gouvernement et des capitalistes envers ces salariés très spéciaux. Tout cela est une conséquence des choix politiques anti-sociaux qui créent la contestation, et l’instabilité de la période.

Au-delà de la démonstration que «l’union fait la force» qui est vraie aussi pour les travailleurs en lutte et qu’une organisation collective massive peut porter des fruits très rapidement, les autres salariés du public ne seront pas dupes de cette victoire d’hommes chargés de leur répression. Les cheminots et les infirmières gazés très récemment pourront en témoigner. Publié le 18 juin 2015 Léo Serge

http://www.revolutionpermanente.fr/Les-CRS-super-gagnants

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18 juin 2015 ~ 0 Commentaire

le capitalisme c’est la guerre (ccr)

usa rusia

Surenchère militariste entre les Etats-Unis et la Russie

Mardi dernier on apprenait dans la presse que la Russie va renforcer son arsenal nucléaire avec 40 missiles intercontinentaux. Cela fait suite à l’information révélée dans le New York Times selon laquelle les Etats-Unis seraient prêts à installer de l’armement lourd dans les pays baltes et dans d’autres pays d’Europe de l’Est membres de l’OTAN. Déjà lors du défilé du 9 mai commémorant la victoire de l’URSS sur le régime nazi, Moscou avait fait défiler ses nouveautés militaires.

Assiste-t-on à une partie de poker politico-militaire entre la Russie et les Etats-Unis ou à une vraie escalade militariste qui préparerait des évènements tragiques, y compris un conflit nucléaire ?

Aucune hypothèse ne devrait être écartée. Cependant, pour l’instant, il semble peu probable que les Etats-Unis, aussi bien que la Russie, envisagent de s’engager à court terme dans un conflit militaire, aux conséquences imprévisibles. En effet, même si les deux camps s’opposent ouvertement sur la crise ukrainienne, ainsi que sur d’autres conflits, et malgré leurs intérêts contradictoires, ils se voient objectivement forcés de collaborer sur d’autres terrains (la lutte contre Daesh, le dossier du nucléaire iranien). Cependant, aussi bien pour l’un que pour l’autre la crise autour de l’Ukraine comporte des enjeux centraux. La Russie cherche en effet à préserver ce qu’elle considère sa «zone d’influence», dont l’Ukraine constitue une pièce centrale. C’est cela qui explique sa détermination à garder le contrôle sur une partie au moins du territoire ukrainien.

Les Etats-Unis, de leur côté, essayent parallèlement de repousser le plus à l’Est possible la frontière de la «zone d’influence» russe et de freiner l’avancée de la Russie dans certains pays, notamment en Europe de l’Est et du Sud. En effet, en profitant de la crise économique et politique que certains pays de la région connaissent, Poutine tente de créer de nouvelles alliances géopolitiques qui contrecarrent la progression que l’OTAN a effectuée dans la région depuis la chute du Mur de Berlin et les vagues d’adhésion à l’Alliance transatlantique, notamment en Pologne l’un des pays les plus farouchement opposés à Moscou. (…)

Le principal objectif stratégique de Washington est Berlin Au fur et à mesure que la crise ukrainienne s’approfondissait on a vu de plus en plus clairement des divergences surgir entre les puissances impérialistes occidentales, notamment entre l’Allemagne et les Etats-Unis. Alors que ces derniers se sont montrés beaucoup plus agressifs contre Poutine, attisant les tensions sur le terrain militaire et s’appuyant sur les gouvernements les plus belliqueux et antirusses de la région comme celui de la Pologne et des pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie), l’Allemagne a adopté une position beaucoup plus tournée vers le dialogue.

Cela ne relève pas d’un certain «pacifisme» allemand ou même d’un impérialisme plus «bienveillant» et «humain». Les souffrances imposées aux classes populaires de Grèce et d’autres pays de l’UE par le gouvernement d’Angela Merkel sont une preuve de son caractère tout aussi réactionnaire que celui de Barack Obama. Cependant, les capitalistes allemands et européens ont beaucoup plus à perdre dans une dégradation de leurs relations avec le régime russe que les Etats-Unis. C’est cela qui explique d’ailleurs toutes les pressions sur l’Allemagne, en interne comme en externe, pour lever les sanctions économiques contre la Russie, mises en place depuis juillet 2014. (…)

Les alliés de Poutine en Occident Jusqu’à présent la Russie a su jouer avec ces contradictions entre les impérialistes européens et les Etats-Unis, même si elle n’a pas encore réussi à faire que les premiers mettent fin aux sanctions économiques. Poutine utilise d’ailleurs les brèches ouvertes par la crise économique et politique que traverse l’UE et essaye de se rapprocher de certains gouvernements, parfois assez disparates politiquement. Ainsi, il tente de coopter des gouvernements marqués très à droite comme celui de Viktor Orban en Hongrie et, dans le même temps, il développe de bonnes relations avec le gouvernement Syriza-Anel en Grèce. Un autre allié de poids pour la Russie est l’Italie avec des échanges économiques entre les deux pays qui sont d’environ 49 milliards d’euros par an.

Ce rapprochement entre Moscou, Rome et Athènes est très important pour Poutine étant donné que ces deux pays sont au cœur de son projet de pipeline « Turkish Stream » qui amènera le gaz russe vers l’Europe en contournant l’Ukraine. D’ailleurs, dans ce projet la Russie engage un autre partenaire stratégique de l’impérialisme au Moyen-Orient : la Turquie.

Mais Poutine ne se limite pas à ces pays. Il essaye de se procurer des alliés politiques aussi bien dans les pays de l’ancien « bloc soviétique » à l’Est de l’Europe que dans les pays européens centraux. Pour ce faire, la Russie ne compte pas seulement sur le soutien traditionnel de certains courants de la gauche néo-stalinienne ou tiers-mondiste. Comme l’affirment des analystes du New York Times, Poutine s’appuie surtout sur des «forces d’extrême-droite opposées à l’Union Européenne et qui sympathisent avec l’attaque de Poutine contre ce qu’il appelle le déclin moral de l’Ouest». Selon ces mêmes auteurs, bien que le cas le plus notable soit le prêt de plus de 10 millions d’euros concédé au FN en France par une banque russo-tchèque, le régime de Poutine serait en relation avec d’autres partis d’extrême-droite comme le parti anti-euro Alternative pour l’Allemagne, le Jobbik en Hongrie, l’Attaka en Bulgarie, le Parti du Peuple de Slovaquie ainsi qu’avec des partis pro-russes dans les pays baltes. Selon le centre de recherche «Political Capital Institute» basé à Budapest, 15 partis d’extrême-droite européens seraient liés à la Russie. (…)

Un monde de plus en plus instable Cependant, malgré cette politique qui cherche à déstabiliser les puissances impérialistes, les discours et les annonces militaristes sur l’achat d’armement lourd et d’exercices militaires, la Russie ne semble pas vouloir d’un affrontement avec les occidentaux, en tout cas pour le moment. Ainsi, dans un entretien au journal italien Corriere Della Sera Poutine déclarait: «je pense que seulement un fou et seulement dans un rêve peut imaginer que la Russie pourrait attaquer soudainement l’OTAN». En effet, Poutine est conscient des risques qu’un tel affrontement impliquerait et que cela ne saurait être qu’un recours de dernière instance face à une situation où son régime n’aurait plus aucun autre choix.

Mais, une chose est sûre néanmoins, depuis le début de la crise en Ukraine le monde est rentré dans une situation de grande instabilité géopolitique. Un analyste militaire russe affirme dans les pages du New York Times : « tout le monde devrait comprendre que nous sommes en train de vivre dans un monde complètement différent depuis deux ans (…) Dans le monde, que nous avons perdu, il était possible d’organiser la sécurité des pays avec des traités, avec des mesures de confiance mutuelle (…) Maintenant, nous sommes arrivés à une situation complètement différente où en général la voie pour assurer la sécurité des pays est la dissuasion militaire  ».

La période d’après-Guerre Froide est finie. L’accélération du déclin relatif de l’hégémonie nord-américaine (les Etats-Unis n’arrivent plus à imposer leurs propres choix sans résistance) se combine avec le fait que des puissances régionales avec un grand poids géopolitique et militaire, comme la Russie, défient les puissances impérialistes sur certains terrains. Pour le moment Poutine est le dirigeant international qui le fait de la façon la plus ouverte.

Cependant, son opposition aux Etats-Unis n’a rien de progressiste, comme certains secteurs de gauche font croire. C’est le cas notamment de certaines fractions de gauche liées aux régimes d’Amérique latine dits «progressistes» comme Nicolas Maduro au Venezuela ou Rafael Correa en Equateur. Cela reflète en effet une vision simpliste qui considère que tout opposant aux Etats-Unis serait progressiste. La réalité c’est que sa politique grande-russe, anti-populaire et pro-capitaliste, au-delà d’un certain soutien au niveau national, lui empêche de gagner la sympathie des masses populaires à travers la planète (comme cela avait été le cas avec Hugo Chavez au Venezuela, malgré sa politique marquée par le nationalisme bourgeois). Ses alliances avec les pires groupes et partis d’extrême-droite en Europe en sont une autre preuve.

Contre les visions qui avaient effacé de l’horizon de la politique internationale les conflits entre les grandes puissances mondiales, nous devons constater que ces mouvements, prises de position et dissuasions militaires démontrent que le capitalisme c’est l’exploitation et la guerre. Pour les millions de travailleurs et travailleuses, pour la jeunesse et tous les opprimés les différentes options capitalistes et impérialistes ne représentent aucune alternative. Il leur faudra s’organiser pour lutter pour leurs propres intérêts économiques, sociaux et politiques.

17/06/2015 Publié le 17 juin 2015 Philippe Alcoy

http://www.revolutionpermanente.fr/Surenchere-militariste-entre-les-Etats-Unis-et-la-Russie

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16 juin 2015 ~ 0 Commentaire

otan, washington peaufine sa stratégie militaire en europe de l’est (ci)

French Army

Les Etats-Unis seraient prêts à entreposer de l’artillerie lourde en Europe de l’Est et dans les Balkans. Il y aurait de quoi armer 5 000 soldats aux portes de la Russie

La révélation provient d’une déclaration anonyme d’un haut responsable américain au New York Times. Selon des informations auxquelles le journal a eu accès, les Etats-Unis pour- raient renforcer leur présence militaire en Europe de l’Est et dans les Balkans en y installant de l’artillerie lourde, comme des chars de combat et des véhicules d’infanterie. Selon le quotidien, le matériel pourrait armer pas moins de 5 000 soldats.

Pour les Etats-Unis il s’agit d’une réponse aux craintes des pays de l’Est de voir un scénario à l’ukrainienne se reproduire sur leur territoire. “L’annexion de la Crimée par la Russie et la guerre dans l’est de l’Ukraine ont incité à une nouvelle planification militaire dans les pays de l’Otan.” Le journal russe Kommersant explique pour sa part que “la mise en œuvre de ce plan va obliger Moscou à poster à la frontière des Etats baltes son propre potentiel offensif, afin de pouvoir réagir en cas de conflit”.

Echec de la politique de démilitarisation Selon The New York Times, la proposition implique la présence d’équipements pour 150 soldats dans chacun des trois Etats baltes : la Lituanie, l’Estonie et la Lettonie. La Pologne, la Roumanie, la Bulgarie et éventuellement la Hongrie sont également concernées: du matériel pour 750 soldats y serait entreposé.

Selon le journaliste et analyste politique russe Fiodor Loukianov, qui s’exprime dans Gazeta, ces manœuvres sont “un véritable échec de la politique de démilitarisation de ces vingt dernières années”. Pour lui, le placement permanent de troupes dans ces pays constitue “une violation de l’acte fondateur Otan-Russie de 1997 sur la coopération et la sécurité”.

La décision doit encore être validée par la Maison-Blanche et le secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter. Ainsi, souligne The New York Times, “si la proposition est approu- vée, ce serait la première fois depuis la fin de la guerre froide que les Etats-Unis stationnent du matériel militaire lourd dans des pays qui ont autrefois fait partie de la sphère d’influence soviétique”. Publié le 15/06/2015 – 16:21

http://www.courrierinternational.com/article/otan-washington-peaufine-sa-strategie-militaire-en-europe-de-lest

Commentaire: Il va de soi que nous ne soutenons ni l’otan, ni la politique d’annexion de Poutine. Nous refusons le « Campisme » issu de la guerre froide, qui nous somme de choisir une terreur contre une autre: http://wikirouge.net/Campisme

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08 mai 2015 ~ 0 Commentaire

de l’argent en plus pour tuer, en moins pour les besoins sociaux! (npa)

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Budget de l’armée

Votée en 2013, la loi de programmation militaire 2014-2019 prévoyait de suppri- mer 33 675 équivalents temps plein dans les armées en 5 ans. 7 881 ont été supprimés en 2014. Sur les 25 794 restants, 18 500 vont être préservés…

Hollande a en effet annoncé le 29 avril qu’un effort «considérable» sera fait pour l’armée au nom de la «menace terroriste»: le budget de la Défense va béné- ficier de 3,8 milliards de crédits supplémentaires entre 2016 et 2019, dont 2,8  milliards pour les opérations, le recrutement, l’infrastructure, le fonctionnement et 1 milliard pour les achats d’armes.

Et Sapin a clairement énoncé les conséquences: «Tout effort supplémentaire pour un ministère doit être compensé par des économies sur d’autres ministères», évoquant notamment la santé et le logement. Pour Hollande, il n’est en effet pas question de lâcher sur ses engagements à réduire le déficit public. Pour l’UMP et le FN, ce bel effort pour nos armées va dans le bon sens mais il est jugé «insuf- fisant». Pour les partis de la bourgeoisie, un consensus se dégage pour prioriser l’armée sur les autres budgets: c’est «l’effet Charlie»!

Des dépenses militaires payées par qui? Les capitalistes ont besoin d’une armée pour défendre leurs intérêts. Les géants de l’armement comme Dassault vivent des commandes publiques. Mais les dépenses militaires sont globalement une «charge» pour les capitalistes si elles sont financées par un prélèvement sur leurs profits. L’enjeu est donc pour eux dans l’idéal de baisser les dépenses militaires ou de les faire financer par les travailleurs.

Depuis la chute du bloc stalinien, la part des dépenses militaires, dans le PIB ou dans les budgets publics a chuté dans le monde. En France, le budget de la Défense a baissé de 20 % depuis 25 ans et les dépenses militaires représentent 2,2 % du PIB. Depuis 2009, les crédits alloués aux forces armées ont diminué de 11 %.

Aux États-Unis, après une tendance marquée à la baisse dans les années 1990, les dépenses militaires ont augmenté après le 11 septembre 2001 et jus- qu’en 2010, représentant 4,7 % du PIB pour ensuite baisser nettement 3,5 % en 2014.

Les crédits supplémentaires pour l’armée sont-ils annonciateurs d’un chan- gement de période ? On peut le craindre. Hollande a décidé de maintenir, au moins jusqu’à l’été, 10 000 militaires dans nos rues «en soutien» à la police. La hausse des dépenses militaires en Russie, mais aussi en Allemagne + 6,2 % pour les 5 prochaines années, pousse la France à s’aligner.

Hollande est tenté de compenser la perte de compétitivité de l’économie fran- çaise par la multiplication des expéditions impérialistes financées par une austérité accrue sur les travailleurs. Le capitalisme malade nous entraîne de plus en plus vite vers l’abîme. Combattre pour le détruire et le remplacer par un système où les travailleurs seront aux commandes est plus que jamais nécessaire.

Jeudi 7 Mai 2015 Gaston Lefranc

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07 mai 2015 ~ 0 Commentaire

38 millions de personnes ont été déplacées dans le monde (le huff’maghreb)

Selon une ONG norvégienne

Quelque 38 millions de personnes étaient considérées comme déplacées fin 2014 dans leur propre pays en raison des violences et conflits internes, notamment en Syrie et en Ukraine, un nombre record, selon un rapport publié mercredi à Genè- ve par une ONG norvégienne, l’Observatoire des situations de déplacement interne (IDMC).

« Il s’agit des plus mauvais chiffres concernant les personnes forcées à se déplacer depuis une génération, ce qui prouve que nous avons complètement échoué à protéger des civils innocents », a déclaré Jan Egeland, secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC), dont dépend l’IDMC.

Ces 38 millions de personnes représentent l’équivalent des populations cumulées de 3 mégapoles, soit Londres, New-York et Pékin, ajoute l’ONG. Par rapport à 2013 ce chiffre est en augmentation de 14,1%. Sur la seule année 2014, il y a eu 11 millions de nouvelles personnes déplacées, et 60% d’entre elles vivent dans 5 pays: l’Irak, le Soudan du Sud, la Syrie, la RDC et le Nigeria. Con- crètement, cela signifie qu’il y a eu en 2014, 30.000 personnes par jour qui ont abandonné leur foyer.

Les civils irakiens sont ceux qui ont le plus souffert des déplacements inter- nes en 2014, avec au moins 2,2 millions de personnes ayant quitté leurs foyers. Par ailleurs, au moins 40% de la population syrienne, un record mondial, ont quit- té leur foyer, pour trouver refuge ailleurs dans le pays. Cela représente 7,6 millions de personnes.

Ce rapport ne concerne que les personnes déplacées (IDP) et ne prend pas en compte les réfugiés, soit les personnes qui ont quitté leur pays pour trouver refuge à l’étranger. Selon des chiffres publiés en juin 2014 par le Haut-commis- sariat de l’ONU pour les réfugiés, il y avait 16,7 millions de réfugiés dans le monde en 2013.

Il y a par conséquent deux fois plus de personnes déplacées que de réfugiés dans le monde.

Publication: 06/05/2015 12h58 CEST Mis à jour: 06/05/2015 12h58 CEST

http://www.huffpostmaghreb.com/2015/05/06/story_n_7220656.html?utm_hp_ref=maghreb

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27 avril 2015 ~ 0 Commentaire

howard zinn, une histoire populaire américaine (médiapart)

«Tant que les lapins n’auront pas d’historiens, l’histoire sera racontée par les chasseurs.»

Au début du 20è siècle, les parents de Howard Zinn débarquent d’Europe de l’Est à Ellis Island, comme des millions de migrants qui rêvent de la terre promise, qui rêvent de fortune, qui rêvent simplement d’une vie meilleure… Ils découvrent l’Amérique.

Du pain et des roses, film de Olivier Azam & Daniel Mermet est le premier long métrage d’une trilogie qui va parcourir l’histoire populaire des États-Unis de Christophe Colomb à nos jours, à travers l’histoire personnelle extraordinaire de Howard Zinn, historien des lapins.

Avec la participation de Howard Zinn, Noam Chomsky, Chris Hedges, Tim Yeager, Matt Muchowski, Jim Beauchesne

TOUTE LA PROGRAMMATION EST SUR histoirepopulaireamericaine.fr

LE FACEBOOK DU FILM : https://www.facebook.com/HowardZinnFilm

SORTIE NATIONALE 29 AVRIL dans les villes suivantes:

PARIS (Espace Saint-Michel, 7 Parnassiens, Cinéma des Cinéastes), NANTES (Concorde), GRENOBLE (Le Club), CAEN (Café des Images), RENNES (Arvor), SAINT-ÉTIENNE (Le Méliès), LA ROCHE S/YON (Le Concorde), MONTPELLIER (Le Diagonal), NÎMES (Le Sémaphore), CLERMONT-FERRAND (Le Rio), DIJON (Eldorado), BORDEAUX (Utopia), AVIGNON (Utopia), TOULOUSE (Utopia), BAYONNE (L’Atalante), LAVELANET (Le Casino), BRESSUIRE (Le Fauteuil Rouge).  Et plus de 80 salles programment le film en mai et juin….

http://blogs.mediapart.fr/blog/laure-guillot/250415/howard-zinn-une-histoire-populaire-americaine-au-cinema-le-29-avril

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15 avril 2015 ~ 0 Commentaire

le sous-marin le triomphant en travaux (fr3)

sous marin

Pour recevoir les missiles nucléaires M51

Ce mardi, le SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d’engins) Triomphant a quitté le Brest pour rejoindre la base opérationnelle de l’Ile Longue dans le cadre de sa période de maintenance et d’adaptation au missile balistique nucléaire M51.

Depuis mai 2013, le SNLE Le Triomphant est en maintenance dans la base navale de Brest. Remis à flot fin mars dernier, Le Triomphant a été remorqué ce mardi vers l’Ile Longue. Ce chantier de grande envergure, d’une durée de 30 mois pour chaque bâtiment, est réalisé par DCNS. 1400 salariés et sous-traitants du groupe sont concernés par ces travaux.

Retour en flotte l’hiver prochain La refonte du Triomphant doit encore durer plusieurs mois à l’Ile Longue jusqu’à sa mise à l’eau à l’hiver prochain. La refonte du sous-marin est destinée notamment à l’adapter à la mise en œuvre de missiles balistiques M51. Le chantier est délicat car ce missile est plus imposant que son prédécesseur qui équipait jusqu’ici Le Triomphant. D’autres travaux de modernisation du SNLE seront également effectués.

Encore un SNLE à équiper Le Triomphant est le second SNLE à être adapté au M51. Il y avait déjà eu le Vigilant. Il restera le Téméraire. Le 4e sous-marin lanceur d’engins Le Terrible a, lui, été conçu pour accueillir le M51 dès sa construction. Par Thierry Peigné Publié le 14/04 11:35, mis à jour le 14/0419:35

http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/2015/04/14/le-sous-marin-le-triomphant-en-travaux-pour-recevoir-les-missiles-nucleaires-m51-704385.html

Commentaire: De beaux joujous pour les militaires! mais…

Utilité militaire et politique

Depuis la fin de la guerre froide, la question de l’utilité de l’arme nucléaire est posée. Le 14 octobre 2010, Alain Juppé, Bernard Norlain, Alain Richard et Michel Rocard écrivent dans Le Monde que la dissuasion a permis de limiter les conflits pendant la guerre froide, mais les conflits actuels offrent beaucoup moins de prise aux mécanismes de la dissuasion35.

Dimension économique et sociale: Enfin, les critiques portent sur la dimension économique et sociale de la force de dissuasion nucléaire, dont la modernisation s’élève à plus de 10 milliards d’euros (3 milliards pour le seul missile M51) dans le budget de défense40. Dans la Loi de Programmation Militaire votée par le Parle- ment pour les années 2014-2019, 23 milliards d’euros sont dédies à la dissuasion parmi les 102 milliards de l’équipement de l’armée française, soit environ 20% du total41

En mars 2012, un sondage Ifop/Mouvement de la Paix (en partenariat avec Témoi- gnage chrétien et l’Humanité) fait apparaître que 81 % des Français désirent que la France «s’engage dans un processus de désarmement nucléaire mondial et total» et que 64 % ne sont pas favorables à la modernisation des armes nucléaires françaises42.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Force_de_dissuasion_nucl%C3%A9aire_fran%C3%A7aise

Ventes du Rafale : pas de quoi se réjouir ! (LO)

Hollande et Le Drian, le ministre de la Défense, ne sont pas peu fiers d’avoir convaincu l’Égypte d’acheter 24 avions Rafale à Dassault et l’Inde d’en avoir acheté 36. Le précédent VRP de Dassault, Sarkozy, avait été moins bon et Dassault n’avait réussi à vendre son avion, le plus cher du monde, qu’à l’armée française. L’État, qui a financé l’essentiel du projet, s’est engagé à absorber la production jusqu’à 2020.

Les cocoricos ont donc retenti, ainsi que les explications pour dire que ce qui est bon pour Serge Dassault est bon pour le pays. Ces commandes représenteraient 8 000 emplois chez Dassault et les dizaines de sous-traitants. Mais ces promesses ne valent rien. Les patrons n’envisagent pas d’embauches massives. Lors de la visite de Hollande à Mérignac, en mars dernier, le PDG de Dassault soulignait que l’usine pouvait faire sortir deux fois plus d’avions sans investissement significatif. D’autres sous-traitants déclarent vouloir faire tourner leurs installations la nuit pour répondre à la demande. Alors, combien d’emplois seront véritablement créés, et dans quelles conditions ?

Ces ventes seraient par ailleurs une bonne nouvelle pour les finances publiques, puisqu’elles éviteraient à l’armée française d’avoir à racheter les onze Rafale par an sortant des chaînes de Mérignac. Mais, si on ne sait pas comment sera payé le contrat indien, concernant l’Égypte on sait déjà que ce pays n’a pas l’argent pour acheter les avions. La moitié du contrat sera payé par l’Arabie saoudite, mais l’autre moitié par un prêt octroyé par des banques françaises et, si l’Égypte ne peut pas rembourser, l’État français garantira le prêt.

Le programme Rafale a coûté de l’ordre de 45 milliards aux finances publiques pour 286 appareils, soit de quoi payer 30 000 travailleurs à 2 000 euros net par mois, cotisations sociales comprises, pendant toute une vie. Et ces travailleurs auraient pu produire des choses plus utiles que des avions de guerre. Quant aux populations indienne et égyptienne, ce n’est pas vraiment de ces avions Rafale qu’ elles ont besoin. Serge FAUVEAU 15 avril

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/2015/04/15/ventes-du-rafale-pas-de-quoi-se-rejouir_36852.html

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10 mars 2015 ~ 0 Commentaire

essais nucléaires, un nouveau vétéran irradié obtient d’être indemnisé (of)

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Un ancien technicien irradié lors des essais nucléaires français en Polynésie dans les années 1970 a obtenu mardi d’être indemnisé par l’Etat.

C’est l’Association des vétérans des essais nucléaires (Aven) qui l’a annoncé.  Dans son jugement, la Cour d’appel administrative de Bordeaux a demandé au ministère de la Défense de « faire une proposition d’indemnisation » pour Daniel Grossat, 72 ans, qui souffre depuis 1993 d’un cancer du cerveau et du système nerveux central qui l’a rendu tétraplégique, a précisé l’association.

Dépanneur de radars M. Grossat, résidant dans les Landes, a travaillé pour le ministère de la Défense sur l’île de Hao de 1970 à 1972 et celle de Mururoa de 1973 à 1975. Il travaillait comme dépanneur de radars. En première instance, le tribunal administratif de Pau l’avait débouté de sa demande.

Durant l’audience en appel le 10 février, l’avocate de M. Grossat, Me Cécile Labrunie, qui plaide la plupart des dossiers de vétérans irradiés, avait rappelé que le local de travail de l’ex-technicien se trouvait tout près de l’aire de décontami- nation d’avions chargés de faire des relevés dans les nuages nucléaires. Elle avait également souligné que le militaire s’était déplacé lui-même sur plusieurs îles, dont certaines très polluées, pour effectuer des dépannages.

Le rapporteur public s’était dit favorable à une indemnisation. Il avait notam- ment rappelé que M. Grossat avait, du fait de ses déplacements, bien subi et absorbé des particules radioactives, d’où la survenue de son cancer.

Sa femme et sa fille ont aussi subi des retombées La femme et la fille de l’ex- technicien ont également subi à Papetee des retombées de nuages nucléaires, a affirmé à l’AFP Robert Adrot, délégué de l’Aven pour l’Aquitaine. La fille de M. Grossat souffre notamment d’un cancer bronchio-alvéolaire.

« Cela nous conforte dans notre combat », a réagi mardi M. Adrot. En janvier, neuf vétérans irradiés lors des essais nucléaires menés dans le Sahara algérien et en Polynésie dans les années 1960-1990 avaient déjà obtenu devant la cour d’appel administrative de Bordeaux d’être indemnisés par l’Etat. Huit demandes avaient été rejetées.

Au niveau national, une poignée seulement des quelque 850 dossiers dépo- sés par des victimes a abouti à des indemnisations, en vertu de la loi du 5 janvier 2010 régissant les indemnisations des militaires et civils exposés aux essais qui ont depuis développé des cancers ou d’autres pathologies notamment du sang. Depuis des années, les associations de victimes dénoncent l’inefficacité de ce texte. France – 12h24

http://www.ouest-france.fr/essais-nucleaires-un-nouveau-veteran-irradie-obtient-detre-indemnise-3242601

Commentaire: Les vétérans oui, et les « indigènes » de Polynésie et du Sahara?

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10 mars 2015 ~ 0 Commentaire

contre l’union nationale et ses flics, vive l’unité populaire! (slb)

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Après la «semaine de résistances» nantaise (16-22 février 2015), le mois de mars apporte à Rennes de nouvelles occasions d’échanger, de s’organiser et de se montrer solidaires face aux violences de la police, dans les manifs, les quartiers et les ZAD.

Chaque manifestation apporte son lot de violences policières et de condam- nations. La dernière en date, le 21 février à Nantes, ne fait pas exception. La police a encore tiré sur la foule à hauteur de tête avec des «lanceurs de balles de défense». Mais c’est quatre manifestants qui ont été lourdement condamnés suite à la manifestation (prison, avec ou sans sursis, interdiction de se rendre en Loire-Atlantique, dommages et intérêts à verser aux flics). Pourtant, ces personnes n’ont fait que répondre à la violence des mêmes policiers qui, au même endroit l’année dernière, crevaient l’oeil de trois manifestants et en blessaient des dizaines d’autres.

La répression des manifestations qui ont suivi la mort de Rémi Fraisse a été systématique. Le 18 décembre 2014 par exemple, 200 personnes manifestent à Rennes contre la venue le lendemain de Manuel Valls et sa politique sécuritaire, patronale et xénophobe. Ils font face à 400 CRS. Une centaine de manifestants se retrouve finalement bloquée trois longues heures par ce dispositif policier hallu- cinant (rue Vaneau). Lorsque la police décide de libérer les manifestants elle procède à de nombreux contrôles d’identité et embarque plusieurs personnes (il faut bien faire un peu de chiffre). Plusieurs d’entre elles passent en procès à Rennes à la fin du mois pour «outrage» ou encore «violence».

Dans les quartiers populaires, la pression policière est constante et la police tue plusieurs personnes chaque année, en toute impunité. Du 16 au 20 mars se tiendra à Rennes le procès de deux des policiers qui poursuivaient Zyed Benna et Bouna Traoré lorsque, le 27 octobre 2005 à Clichy-sous-Bois, ceux-ci ont tenté de trouver refuge dans un transformateur EDF et sont morts électrocutés.

Même s’il y a peu de chances que ce procès apporte «vérité et justice» et condamne la police il sera certainement l’occasion d’échanger et de s’organiser plus largement face aux violences policière.

Nous appelons donc à participer aux initiatives organisées à Rennes du 16 au 18 mars :

- cantines-rassemblements devant le tribunal correctionnel tous les midis du 16 au 20 mars et discussions en soirée dans différents lieux à Rennes.

- manifestation mercredi 18 mars à 15h au départ de la Cité Judiciaire.

Rappelons aussi qu’Enguerrand vient de passer neuf mois et demi en prison pour avoir lancé un fumigène artisanal (qui n’a blessé personne) lors de la manifestation du 22 février 2014 à Nantes contre le projet d’aéroport à NDDL. Quant aux policiers qui ont mutilé, qui ont assassiné Rémi, Zyed, Bouna tous et les autres, ils sont toujours en liberté et n’ont rien à craindre de la justice. Ils ont le droit avec eux. Mutiler et tuer fait partie de leur métier.

La police française est largement raciste. Elle mutile dans les manifestations, elle a tué à Sivens et elle tue régulièrement dans les quartiers populaires.

Alors contre l’union nationale et ses flics, vive l’unité populaire !

Breizh dieub ha sokialour !

Sindikad Labourerien Breizh (SLB) Skol-Veur. lundi 9 mars 2015

http://www.rennes-info.org/Contre-l-union-nationale-et-ses

 

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