Archive | Antimilitarisme

10 janvier 2015 ~ 1 Commentaire

les citoyens sont invités à prendre le gratin en marche (politis)

nato

La grande marche convoquée pour défendre les « valeurs républicaines » a subitement pris, vendredi soir, une toute autre tournure. Celle d’une très mauvaise blague faite aux « anars » de Charlie hebdo qui brocardaient tous les pouvoirs et tous les obscurantismes.

L’atterrante controverse politicienne autour de la présence ou non du Front national, et la mainmise des partis politiques sur l’organisation de ce rassemble- ment avait déjà confisqué l’émotion et le sursaut citoyen qui s’étaient manifestés à travers le pays sitôt connu le raid meurtrier des frères Kouachi. Comme si cela ne suffisait pas, après le dénouement des deux prises d’otages de Damartin-en-Goële et Paris, plusieurs chefs de gouvernement européens et dirigeants de l’Union européenne se sont invités dans le cortège. Avant que François Hollande confirme qu’il en serait.

Marcheront donc autour de François Hollande et Manuel Valls, entre République et Nation, dimanche :

  • la chancelière allemande Angela Merkel,
  • le premier ministre britannique David Cameron,
  • le président du conseil italien Matteo Renzi,
  • le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy,
  • le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker,
  • le président du Parlement européen, Martin Schulz,
  • le président du Conseil européen Donald Tusk,
  • le chef du gouvernement danois Helle Thorning-Schmidt,
  • le chef du gouvernement belge Charles Michel,
  • le chef du gouvernement néerlandais Mark Rutt,
  • le président ukrainien Petro Porochenko…

L’Afrique sera représentée à cette Garden party par les présidents malien Ibrahim Boubacar Keïta et nigérien Mahamadou Issoufou, l’Amérique du Nord par le ministre américain de la Justice Eric Holder et le ministre canadien de la Sécurité publique Steven Blaney. Plusieurs dirigeants d’institutions internationales (Orga- nisation internationale de la Francophonie, Bureau international du Travail, Ligue arabe) ont également annoncé leur présence.

Cerise sur le gâteau, il y aura même le secrétaire général de… l’Otan Jens Stoltenberg. Sans doute pour mieux nous faire comprendre que « nous sommes en guerre », comme l’a martelé Manuel Valls.

Eux devant, le bon peuple derrière. Le gouvernement invite les citoyens à prendre le gratin en marche.

Avec un tel aréopage et ses mots d’ordre guerriers, l’unité nationale à laquelle nous appelait mercredi soir le président de la République ressemble furieusement à l’union sacrée qui précède les grands engagements martiaux. L’année Jaurès n’est plus qu’un souvenir.

« On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui. » Le mot bien connu de Desproges trouve, avec cet épilogue de l’effroyable attentat qui a frappé Charlie hebdo, une nouvelle déclinaison. Il nous faut dire aujourd’hui qu’on peut pleurer, manifester son émotion, mais pas avec n’importe qui.

Lire la suite

10 janvier 2015 ~ 0 Commentaire

la situation en papouasie occupée par l’indonésie

Lire la suite

28 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

noël 1914: des soldats imposent la trêve (npa)

Chaplin, Charlie (

Nul doute que l’on va parler de la trêve de Noël 1914 – rendue célèbre par le film de Christian Carion, Joyeux Noël – comme d’une miraculeuse exception. Tout cela pour mieux oublier le reste…

Les photos et les témoignages – précis – sont spectaculaires. Il y a 100 ans, le 25 décembre, les Français et les Britanniques dans les tranchées d’Ypres entendent des chants de Noël allemands, et voient des arbres de Noël le long des tranchées adverses. Des soldats en sortent, avancent vers eux, et des Britanniques les rejoignent au milieu du no man’s land. Ils échangent des cigarettes et autres cadeaux, discutent. Certains vont même jusqu’à organiser une partie de football improvisée, et un chanteur d’opéra chantera pour tous…

Un fait qui n’est pas isolé Dans plusieurs endroits, cette trêve de 1914 a débuté le soir précédant Noël ou le jour même de la fête. Elle a duré parfois la journée et à certains endroits plusieurs jours. Elle s’est étendue sur les deux tiers du front germano­-britannique, et plusieurs milliers de soldats y ont pris part. Plus extra_ ordinaire encore, c’est que, totalement inorganisée, cette trêve s’est propagée de manière spontanée et indépendante.

Ici des soldats allemands font passer un gâteau au chocolat aux Britanniques avec un message demandant qu’il y ait un cessez-le-feu plus tard dans la soirée et proposent un concert. Le signal sera donné par des bougies allumées. Les Britanniques acceptent la proposition et en retour envoient du tabac. à l’heure prévue, les Allemands émergent et commencent à chanter des chants de Noël, applaudis par les Britanniques qui leur répondent. Là, un soldat allemand vient à 10 mètres de la tranchée française avec un saucisson et une boîte de cigares, les autres sortant de la tranchée. Les soldats français font de même pour échanger des cadeaux.

Ailleurs les Bavarois viennent voir les Français dans la tranchée : « Vous Françouss, tirez pas, nous non plus. » Pendant deux jours et deux nuits, pas un coup de fusil : «  ils nous ont offert des cigares, des cigarettes. Le lieutenant leur a donné un paquet de Maryland et moi deux bâtons de chocolat que j’avais touché la veille. Il a fallu leur serrer la main à tout prix, puis on a retourné dans notre local. Le lendemain matin, des fantassins des avant postes ont pris le café ensemble avec l’avant poste boche. »

L’ennemi prend un visage Ces événements sont des manifestations specta- culaires de l’état d’esprit des soldats du rang face à la guerre en cet hiver. Les premiers mois ont été très meurtriers. Durant les cinq premières semaines, la mort industrielle à distance par artillerie fait 100 000 morts du côté français. Dans la seule journée du 22 août 1914, 27 000 Français et 10 000 Allemands.

À l’hiver 1914, après la course à la mer, des soldats sont immobilisés dans des tranchées, de part et d’autre d’un no man’s land étroit, couvert de barrages de barbelés et de barrages d’artillerie. Les soldats survivent dans le froid et l’humidité, embourbés, supportant pendant des jours la compagnie des cadavres de leurs camarades.

D’une tranchée à l’autre, l’ennemi prend un visage. Il est un homme comme vous… à la moindre pause, il boit, il rigole. Et bientôt, d’une ligne à l’autre, après une attaque vaine, à travers les lignes, on s’envoie chocolat et cigarettes. Comme le dit un soldat dans une lettre : « C’est très moche on attend parler les boches car on est à 40 mètres. Comme vous voyez, on n’est pas loin. Il chante, il siffle, ils n’ont pas l’air de s’ennuyer, mais je crois bien qu’ils sont comme les autres, qu’ils voudraient bien que cela soit fini »

La volonté de « s’en tirer » L’état d’esprit de la grande majorité des soldats n’est ni pacifiste, ni va-t’en guerre. L’investissement total d’août 14 est bien loin. La guerre est là, elle va durer (1), il faut faire avec. Si certains font un sacrifice conscient et volontaire, pour la majorité c’est la survie, la volonté de « s’en tirer », l’aspiration à la tranquillité et au retour.

S’élaborent de multiples stratégies d’esquive, d’évitement et de résistance légales ou illégales, individuelles ou collectives, pour aménager de petits espaces de liberté ou de minimisation du danger. C’est la recherche d’affectations peu dangereuses – on devance l’appel dans la marine, l’artillerie ou le génie –, la recherche de permissions, de billets d’hôpital– avec une petite blessure, ou encore l’automutilation. Il y a aussi le choix de ne pas tirer sur la tranchée adverse, le refus de sortir de la tranchée, plus ou moins couvert par la hiérarchie sur le terrain.

D’ailleurs l’état-major ne s’y trompe pas, les conseils de guerre spéciaux fusilleront pour l’exemple près de 200 soldats français entre août 1914 et décem- bre 1914, afin d’imposer une terreur dans la troupe, et maintenir « l’esprit de discipline ». Mais l’aspiration à la fin de la guerre est plus forte, ils ne pourront empêcher ces trêves… Hebdo L’Anticapitaliste – 270 (25/12/2014)

Dimanche 28 Décembre 2014 Patrick Le Moal

1 – C’est seulement à l’été 1915 que les permissions apparaissent, et que 500 000 ouvriers qualifiés vont retourner à l’usine.

http://npa2009.org/idees/noel-1914-des-soldats-imposent-la-treve

Lire la suite

21 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

pinar selek est acquittée! (akb)

pinar

Lors de la énième audience d’un procès sans fin, le tribunal a, ce 19 décembre, acquitté Pinar Selek.

Tout avait commencé dans les années 90, alors que Pinar Selek, sociologue, écrivait sur la question kurde: elle tentait d’analyser le conflit qui opposait les militants kurdes à l’Etat turc.

Arrêtée en 1998, torturée, on ne lui a jamais pardonné d’avoir refusé de donner les noms des rebelles du PKK rencontrés dans le cadre de ses recherches. Con- damnée à la prison à vie pour des faits imaginaires (un attentat à la bombe qui n’a jamais eu lieu !), plusieurs fois acquittée, son acquittement prononcé par une juridiction était à chaque fois annulé par une autre juridiction.

Nous n’avons pas oublié Pinar Selek, venue à Rennes en novembre 2010 donner une conférence à la Maison internationale de Rennes et depuis nous avons soutenu son combat. André Métayer vendredi 19 décembre 2014
par  Amitiés kurdes de Bretagne

Communiqué du collectif de solidarité avec Pinar Selek

Après 16 années d’acharnement judiciaire, le procès de ce jour a permis aux avocats de Pinar Selek de plaider toute la journée pour montrer l’ab- surdité et l’arbitraire de la procédure. Ils ont pointé une à une les fausses preuves qui ont permis de construire une histoire d’attentat fictif pour faire taire Pinar Selek et l’empêcher de poursuivre ses travaux de sociologue engagée auprès des groupes sociaux opprimés. La solidarité internatio- nale n’est pas un vain mot ! La mobilisation de toutes et tous a été fondamentale !

 

http://www.akb.bzh/spip.php?article893

Lire la suite

15 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

royaume uni, torture de la cia: londres pressé de faire son mea culpa (ci)

cameron tort

Le Premier ministre David Cameron a avoué que les renseignements britanniques auraient obtenu la suppression de certains passages du rapport du CIA.
Ce qui alimente les soupçons sur une éventuelle complicité de Londres dans les pratiques de la CIA. « Les agences de renseignement avaient demandé aux Etats-Unis de dissimuler les références britanniques dans le rapport sur la torture » de la CIA, note le Guardian. Le 11 décembre, un « porte-parole du Premier ministre a reconnu que le Royaume-Uni avait obtenu la suppression de certains passages avant publication », ce que son cabinet avait formellement nié la veille.

En revanche, les informations effacées à la demande du Royaume-Uni « ne concerneraient pas des passages qui suggèrent la participation britannique à des tortures ou des restitutions de prisonniers », mais seulement des informations qui pourraient mettre en danger « la sécurité nationale ».  « Je pense qu’il y a eu une conversation entre les agences [de renseignement] et leurs homologues amé- ricains sur le résumé [du rapport]. Toute modification demandée a dû être faite dans le souci du respect de la sécurité nationale, comme c’est le cas pour n’importe quel autre rapport », selon le porte-parole cité par le journal.

« Rapport édulcoré » « Néanmoins, analyse le Guardian, la révélation alimente les soupçons sur le fait que le rapport ait été en effet édulcoré pour dissimuler que des proches alliés des Etats-Unis étaient impliqués dans le programme inter- national d’enlèvements et de torture mis en place après les attaques d’Al-Qaida ». Par conséquent, « le gouvernement [britannique] est de plus en plus sous pression pour lancer une enquête plus transparente sur les agissements du MI5 et du MI6″, observe le journal.

Il existe notamment deux cas de complicité du Royaume-Uni, rappelle le Guardian. Le premier concerne Binyam Mohamed, un citoyen britannique qui avait été torturé et envoyé en secret à Guantanamo Bay. Il aurait avoué sous la torture avoir suivi un entraînement dans un camp d’Al-Qaida. Le deuxième con- cerne Abdel Hakim Belhaj et Sami Al-Saadi, deux éminents dissidents libyens, ainsi que leurs familles, qui avaient été envoyés à Tripoli en 2004 où ils ont été torturés par la police secrète de Muammar Kadhafi.

Preuves obtenues sous la torture Le Royaume-Uni est également accusé d’avoir utilisé des preuves obtenues par la CIA sous la torture de la part de Moazzam Begg, détenu à Guantanamo Bay, note le Independent. Begg est « un des islamistes britanniques les plus controversés ». Il a été libéré en octobre 2014. Ses informations avaient aidé le Royaume-Uni à « identifier et à localiser » le terroriste Dhiren Barot en 2004. Barot a été condamné à 40 ans de prison pour avoir préparé des attaques au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

Courrier international Judith Sinnige 12 Décembre 2014

Lire la suite

11 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

cris d’orfraie autour du «péril jaune» (lo)

C0457D2mitsuhirato

Marine Le Pen, la sénatrice PS Marie-Noëlle Lienemann et Nicolas Dupont-Aignan ont protesté contre cette vente, qui revient, a dit sans rire ce dernier, à « donner les clés de l’industrie aéronautique, quelque part, aux Chinois ». Et la presse, fût-elle « de gauche », n’a pas lésiné sur la « menace chinoise ».

L’acheteur est en fait un consortium sino-canadien, Symbiose, qui a simplement fait la meilleure offre. Pour les capitalistes, l’argent n’a pas d’odeur. Ces mêmes politiciens cocardiers se réjouissent d’ailleurs quand la France vend des Airbus ou des centrales nucléaires à la Chine. En 2012, la France a investi trois fois plus en Chine que la Chine n’a investi en France.

Si quelque chose est choquant dans cette affaire, c’est la privatisation elle-même, qui consiste, comme on l’a vu il y a quelques années avec les sociétés d’autoroutes, à céder à des capitalistes privés des affaires rendues juteuses par l’argent public. Et la loi Macron prépare maintenant la privatisation des aéroports de Lyon et Nice, afin de faire rentrer de l’argent qui sera distribué… aux entre- prises. Voilà ce qui est choquant. Mais, pourvu que les capitaux soient bien français, les Lienemann, Le Pen ou Dupont-Aignan seront contents. Michel Bondelet

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/?act=artl&num=2419&id=17

Lire la suite

04 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

de ferguson à toulouse: quand le permis de tuer et la répression se banalisent (lemonde)

mines

Alors qu’un jeune garçon, noir, de 12 ans vient d’être abattu par la police de Cleveland, Darren Wilson, le policier qui a tué l’adolescent Michael Brown, déclenchant la première révolte de Ferguson en août dernier, a vu il y a peu les charges portées contre lui abandonnées par le grand jury. « J’ai fait mon travail dans les règles », « J’ai la conscience tranquille » a ainsi pu déclarer Wilson.

Au sortir de ce verdict, des milliers de personnes sont descendues dans la rue pour condamner son caractère ouvertement raciste. La répression policière et militaire lancée contre les manifestations témoigne de l’effondrement des illusions de la « démocratie post-raciale ».
Mais la France n’est pas l’Amérique, la profondeur historique de son sens de la démocratie, dit-on, est sans égale: tout cela est certes fort regrettable, mais bien loin de nous. Et pourtant, après l’assassinat du jeune étudiant écologiste Rémi Fraisse le 25 octobre à Sivens dans le Tarn, le gouvernement français et tous ses relais n’ont cessé d’accumuler les déclarations pour se dédouaner de toute responsabilité dans sa mort.

La classe politique a bien tiqué un peu, mais sans non plus en faire un casus belli. Qui donc, aujourd’hui, a réagi aux déclarations larmoyantes de l’avocat de celui qui a lancé la grenade assassine, selon lesquelles dans cette affaire le gen- darme «est dans le même état d’esprit qu’un conducteur qui s’est parfaitement conformé au Code de la route, mais dont le véhicule a heurté mortellement un autre usager qui n’aurait pas respecté une interdiction. Ce qui s’est passé est un accident. Il n’est ni coupable ni responsable, mais il était présent, et c’est sa grenade qui a tué Rémi Fraisse. Il apprend à vivre avec ce drame malgré la pression émotionnelle importante. ».

Pauvre appareil répressif Les rhétoriques varient, mais le fond est le même: le coupable, c’est la victime. Cette psychologisation n’est que le complément, de la tête du gouvernement à ses préfets et ses magistrats, de la dénégation du fait même des violences policières, respect de «l’ordre républicain» et de «l’Etat de droit» en renfort. Pauvre appareil répressif : va-t-on sérieusement s’arrêter à cela?

Qu’est donc cette prétendue démocratie à la française qui absout la répres- sion ? Et surtout, qui aujourd’hui ose se lever et défier cette banalisation de fait du permis de tuer ceux qui se révoltent, qui contestent ? Qui pour dénoncer la bana- lisation de l’interdiction de manifester sa colère, comme à Toulouse, où depuis le meurtre de Sivens quatre manifestations contre les violences policières ont été interdites en novembre, trois d’entre elles violemment atomisées, avec une ribambelle d’interpellations arbitraires puis de condamnations?

Certaines sont même susceptibles d’aller jusqu’à la prison ferme, des peines qui pourraient tomber à la lecture des jugements à Toulouse ce jeudi 4 décembre. Un rassemblement de soutien est d’ailleurs prévu à cette occasion devant le Palais de Justice de Toulouse.

De leur côté, les étudiants mobilisés de l’université du Mirail n’ont pas encore pris le contrôle de leur université, mais leur révolte est profonde et profondément politique. Ils ont compris que la survie exige de défier l’arbitraire sanglant, surtout s’il se pare des atours de la démocratie. Pour l’instant ils se sentent seuls. Même s’ils commencent à occuper leur université et reprennent régulièrement la rue. Faut-il attendre, comme dans le poème de Niemöller souvent attribué à Brecht, que tous se fassent prendre et que l’on néglige de se sentir concerné, et de s’étonner qu’au bout du compte on y passe aussi?

La lumière dans un océan de défaitisme A-t-on besoin d’un nouveau Charonne 1962, d’un Ferguson à la française, pour rappeler que lorsqu’un pouvoir prend goût à interdire les manifestations, à justifier l’injustifiable, et à se lancer dans des procès politiques, on touche du doigt cet «Etat d’exception» où tout devient permis ? Avons-nous oublié qu’en 2005, deux jeunes adolescents, innocents mais poursuivis par la police, avaient trouvé la mort électrocutés, point de départ de la grande révolte des banlieues que la gauche dans son ensemble s’était bien gardée de regarder de trop près ?

En 1964, Herbert Marcuse, symbole de l’intellectuel américain tentant de pen- ser à la hauteur de son temps, écrivait dans L’homme unidimensionnel – dont le cinquantenaire est tristement négligé par chez nous – que l’un des espoirs de révolution qui résistait, à côté d’un mouvement ouvrier américain en crise, était les étudiants en révolte. Leur «Grand refus» restait la lumière dans un océan de dé- faitisme et de repli défensif non seulement des réformistes, mais également de l’extrême-gauche.

Mai 68, en France, avait également commencé contre la répression policière, par une révolte étudiante avec laquelle s’était par la suite solidarisé le mouvement ouvrier, ouvrant ainsi la voie à la grève générale la plus importante des luttes de classes en Europe occidentale.

Bien sûr les conditions historiques ne sont pas les mêmes et une telle com- paraison n’est pas d’actualité. Mais la défense des libertés démocratiques, le droit de s’exprimer et de manifester, et la condamnation des violences policières ne sont pas négociables.

Il est intolérable qu’un manifestant puisse être arrêté et condamné seulement parce qu’il manifeste, mais il est encore plus intolérable que cela se produise sans soulever une indignation massive.

Nous qui signons cette tribune sommes des «intellectuels» selon la formule consacrée. Mais comme Sartre, au temps de la guerre d’Algérie, l’avait rappelé, il n’y a pas les intellectuels, et les masses, il y a des gens qui veulent des choses et se battent pour elles, et ils sont tous égaux. Aujourd’hui l’heure est grave, les droits démocratiques les plus élémentaires sont en péril, et la révolte gronde en toute légitimité.

Hier, «tous des juifs allemands», aujourd’hui, «tous participant-e-s à des manifestations interdites». Justice d’exception, prototype d’Etat d’exception, une nouvelle fois la démocratie du capital entre dans une phase haineuse et tombe le masque. Quiconque ne le regardera pas dans les yeux et ne s’insurgera pas avant qu’il ne soit trop tard, sera nécessairement, à un titre ou un autre, complice.

Les signataires de ce texte sont Etienne Balibar (philosophe, professeur émérite à l’université Paris-Ouest), Emmanuel Barot (philosophe, université du Mirail), Sebastien Budgen (éditeur), Judith Butler (philosophe, université de Berkeley, Californie), Vincent Charbonnier (philosophe, IFE-ENS Lyon), Mladen Dolar (philosophe, université de Ljubljana, Slovénie), Bernard Friot (sociologue et économiste, université Paris Ouest-Nanterre), Isabelle Garo (philosophe, enseignante), Eric Hazan (éditeur), Stathis Kouvélakis (philosophe, King’s College, Londres), Frédéric Lordon (économiste, CNRS), Michael Löwy (philosophe, CNRS), István Mészáros (philosophe, université du Sussex, Angleterre), Beatriz Preciado (philosophe, Musée d’art contemporain de Barcelone), Guillaume Sibertin-Blanc (philosophe, université du Mirail), Joan W. Scott (historienne, Institute for Advanced Study, Princeton, New Jersey) et Slavoj Žižek (philosophe, université de Ljubljana, Slovénie).

Le Monde.fr | 02.12.2014 à 14h31 • Mis à jour le 02.12.2014 à 14h53 | Par Collectif

http://www.npa31.org/actualite-politique-nationale/de-ferguson-a-toulouse-quand-le-permis-de-tuer-et-la-repression-se-banalisent.html

Lire la suite

04 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

pont de buis, hier

Manifestation devant une armurerie à Pont-de-Buis contre les violences policières (FR3)

Entre 200 et 300 manifestants convergent vers l’usine de cartouches Nobel Sport à Pont-de-Buis dans le Finistère. L’entreprise fabrique également des grenades et des flashballs pour l’armée et la police.

L’enquête administrative a conclu que la gendarmerie n’avait « commis aucune faute » dans la mort de Rémi Fraisse lors des manifestations contre le barrage de Sivens. Le rapport de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale confirme également que « la mort de Rémi Fraisse est imputable à l’explosion d’une grenade offensive« .

Un collectif finistérien contre les violences policières avait appelé à manifester devant ce lieu symbolique. L’usine Nobel Sport produit des cartouches pour la chasse de loisir mais aussi des armes non létales pour l’armée et la police.

« Nous nous opposons à l’utilisation d’armes qui ont mutilé dans des manifestations, entre autres à Nantes, et qui ont tué un jeune homme » a expliqué Gérard, qui venait de Quimper. Les manifestants protestent également contre une arrestation arbitraire avant la manifestation du 22 novembre à Nantes.

http://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/2014/12/03/manifestation-devant-une-armurerie-pont-de-buis-contre-les-violences-policieres-605342.html

Lire la suite

01 décembre 2014 ~ 0 Commentaire

les egyptiens se soulèvent contre l’amnistie de moubarak

ccff

Lire la suite

25 novembre 2014 ~ 0 Commentaire

russie: la crise conduit au mécontentement social (npa)

ukraine r

En mars dernier, déjà, suite à l’annexion de la Crimée, une marche réunissait plusieurs milliers de personnes contre les aventures impériales du gouvernement russe.

La gauche radicale avançait en première ligne du cortège derrière une énorme bannière scandant «C’est toujours le peuple qui paie la guerre.»

Six mois plus tard, cette vérité est à nouveau confirmée de manière dramatique, dans le contexte d’une stagnation de l’économie nationale, qui produit ses effets sur le niveau de vie de millions de citoyens russes. Ainsi, d’après les données officielles, le prix des denrées alimentaires a augmenté de près de 8 % ces 9  derniers mois.

Selon les sondages, l’augmentation brutale du coût de la vie inquiète plus de 60 % des habitantEs de Russie. L’inflation fait suite à une chute catastrophique du cours de la monnaie nationale (depuis le début de l’année, le prix de l’euro en rouble a augmenté de 11 %, celui du dollar de 20 %), elle-même liée à la fuite progressive du capital (plus de 50 milliards de dollars pour la première moitié de 2014).

La perspective toujours plus nette d’un crash économique n’est qu’en partie liée aux sanctions internationales. La crise en cours est systémique et déterminée par le modèle du capitalisme post-­soviétique, basé essentiellement sur l’exploitation des ressources naturelles (pour 2014 le pétrole et le gaz représentent plus de 70 % des exportations russes).

De la crise économique à la crise sociale L’un des principes directeurs des années de «stabilité» poutinienne a consisté à augmenter progressivement les salaires dans le secteur public. L’augmentation des revenus de la population, qui recevait sa part – certes maigre – dans le partage des revenus du pétrole, devait garantir la loyauté politique de celle-ci.

En dépit des réformes néolibérales dans l’enseignement et la santé: baisse des dépenses publiques et «partenariats public-privé», les dépenses sociales de la population étaient compensées à coups de subventions diverses. Cependant,    la chute actuelle du prix du pétrole ne laisse planer aucun doute : les dépenses publiques vont sérieusement en pâtir.

Par exemple, le budget de 2015, déjà adopté, tablait sur un baril à 105 dollars, alors que le prix est aujourd’hui à moins de 80 dollars et qu’il continue de baisser. Les moyens énormes du Fonds de réserve ne cessent de fondre, principalement à cause du rachat des dettes de grandes entreprises et des banques, notamment celles de la principale compagnie pétrolière du pays, Rosneft, qui a récemment demandé près de 40 milliards de dollars «d’aide» à l’État…

Alors que les dépenses pour la défense et la police, déjà supérieures à celles de l’année passée, seront probablement très peu révisées, les attaques sur le secteur public ont déjà commencé. Ainsi, la fermeture progressive de quelques dizaines d’hôpitaux de Moscou jugés « économiquement injustifiés » a déjà été annoncée en octobre.

En réponse à ce plan, une action massive a rassemblé dans le centre ville des médecins et des milliers de citoyens inquiets et mécontents des coupes claires dans les soins de santé. Dès la fin novembre, une action organisée par les syndicats indépendants en défense de la santé doit avoir lieu dans tout le pays. Le regain de mécontentement social dans l’année qui vient est inévitable. La question est de savoir si ce mécontentement verra émerger de vraies alternatives au système actuel qui se jette à toute vitesse dans l’abîme.

De Moscou, Ilya Boudraïtskis traduit du russe par Matilde Dugaucquier

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin