Archive | Antimilitarisme

22 mars 2016 ~ 0 Commentaire

enquête (le peuple breton)

acat

Sur les violences policières en France

LʼACAT, Action des Chrétiens pour lʼabolition de la torture et contre la peine de mort, est une organisation non gouvernementale qui agit (comme le fait aussi Amnesty International) chaque fois quʼelle a connaissance de torture ou de mauvais traitements où que se soit dans le monde.

Mais lʼACAT agit aussi en France. Lʼorganisation travaille depuis 18 mois sur le dossier des violences policières, sous la direction dʼAline Dallière, sa responsable des programmes France (prison, police, justice). LʼACAT estime qu’enquêter sur les violences policières était une urgence nécessité. Le dossier est sorti à la date prévue, à la mi-mars. (…)

Etait-il opportun de dénoncer les violences commises par la police sur lesquelles l’ACAT avait travaillé 18 mois ? Comme le dit un de ses militants, est-on en droit de sʼindigner, même si lʼéchelle nʼest pas la même, sur les exactions policières com- mises par exemple au Mexique, en Russie ou en RDC, tout en fermant les yeux sur ce qui se passe en France ? Réflexion de bons sens que lʼon retrouve parmi dʼautres dans la présentation officielle du rapport.

Dans cette présentation lʼACAT se justifie en disant que ce rapport est nécessaire :

« OUI, [il est nécessaire] parce qu’il est de l’essence même de l’ACAT de veiller à ce que des actes de torture ou mauvais traitements ne soient pas commis dans notre pays. Consciente que l’on ne peut être légitime à demander aux gouvernements étrangers de respecter les droits de l’homme sans avoir la même exigence vis-à-vis de nos propres institutions, l’ACAT a toujours estimé qu’elle devait être attentive aux violations des droits de l’homme commises par les forces de l’ordre françaises.

OUI, parce que les faits sont graves. Il s’agit de personnes mutilées, de morts parfois et de faits souvent impunis. OUI, parce que l’état d’urgence décrété suite aux attentats est propice aux dérives, dès lors que les mesures envisagées vont dans le même sens : donner plus de pouvoirs aux préfets et aux policiers et les soustraire au nécessaire contrôle de la justice. (…)

Il s’agit également d’interroger le rôle des responsables hiérarchiques, notamment ministériels, qui imposent des résultats, réduisent des effectifs ou ajoutent aux armes en dotation des équipements inappropriés. En tant qu’association de défense des droits de l’homme chargée de lutter contre la torture et les mauvais traitements, il appartient à l’ACAT de dénoncer les faits dont elle a connaissance et de contribuer à les faire reculer. »

Il serait trop long ici dʼénumérer tous les exemples mais on peut rappeler quʼelles sont les principaux griefs adressés aux forces de lʼordre.

Tout dʼabord lʼemploi inconsidéré du Flasball (tir à 380 km/h, 2,5 fois les balles les plus rapides de Rolland Garros). Depuis 2004, le Flashball, cʼest 1 mort, 39 blessés graves, 1 victime sur 2 de moins de 25 ans, des yeux ou des parties génitales gravement touchés.

Deuxième arme : le Taser, dont les effets sont méconnus. En France, 4 cas de décès par Taser sont connus, mais à chaque fois, la justice a conclus à lʼabsence de lien entre le tir et le décès. Sans arme, il y a aussi des cas de gestes dʼimmobilisation qui étouffent, là encore plusieurs décès connus, dont le cas dʼun autiste.

Suite à tout cela, on peut aussi se poser la question de la justice rendue (ou pas ?) et de lʼindépendance de la justice par rapport à la police (ou pas ?). La encore, un chiffre parlant : en 10 ans, sur 85 affaires de violences policières suivies par lʼACAT, seules 7 ont donné lieu à des condamnations.(…) Christian Pierre 21 mars 2016

http://lepeuplebreton.bzh/enquete-sur-les-violences-policieres-en-france/

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15 mars 2016 ~ 0 Commentaire

quel avenir industriel pour brest ? (côté brest)

europ

C’est le thème du débat public proposé par l’Université européenne de la paix, mercredi 16 mars à 18 h à la maison des syndicats.

« 2016 marque le vingtième anniversaire du Mouvement « Brest Debout » qui exprimait alors les vives inquiétudes de la population devant la menace de la disparition de la construction navale à l’arsenal de Brest, rappelle Roland de Penanros, président de l’association. 20 ans après, il nous semble que la situation est comparable. »
*
Que vont devenir les 2 800 salariés brestois de DCNS après le chantier en cours d’adap- tation des sous-marins nucléaires SNLE aux missiles M51? C’est la question que se pose l’association, favorable à «une reconversion pacifique des activités de l’arsenal». On nous parle beaucoup des énergies marines renouvelables, mais nous ne voyons venir aucun contrat (alors qu’il y en a pour Saint-Nazaire). Par ailleurs, nous voulons évoquer un positionnement sur la déconstruction des navires.
*
Mercredi 16 mars à 18 h à la Maison des Syndicats, 2 place Edouard-Mazé à Brest.

Les autres projets de l’Université européenne de la paix :

■ le 100e numéro du journal bimestriel L’Orange bleue, fin avril.
A cette occasion sera montrée une exposition artistique (peinture, sculpture, dessin…) sur le thème de la paix. Une fresque est réalisée par les enfants des Patronages Laïques Cavale Blanche et Le Gouill. Vernissage programmé vendredi 27 avril au PL de la Cavale Blanche.

■ Mi-juin : journées de travail sur le désarmement nucléaire.
Qu’est-ce que la dissuasion nucléaire ? A quoi sert-elle ? Comment reconvertir les bases nucléaires ? En présence de l’ancien ministre de la Défense Paul Quilès.

15/03/2016 martinedesaintjan

Site: http://www.uep.infini.fr/

UEP, 1 rue de l’Harteloire 29200 BREST

hecadiou@numericable.fr

http://www.cotebrest.fr/2016/03/15/quel-avenir-industriel-pour-brest/

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15 mars 2016 ~ 0 Commentaire

contre la guerre (afriques en lutte)

salon

Le racisme et le colonialisme, toutes et tous dans la rue

Les guerres menées par la France comme par les autres puissances impérialistes sont des guerres de pillage et d’ingérence pour le contrôle des ressources.

Ces guerres sèment le désastre. Elles tuent des civils, et font des dizaines de milliers de morts, des millions de blessés et de déplacé, provoquent des viols et des mutilations de milliers de femmes réduites à l’esclavage.

Elles créent la misère là bas et entretiennent un climat de peur et de militarisation ici. Ces guerres s’ajoutent aux autres moyens utilisés contre les peuples (dette, occupations, accaparement des terres …) pour renforcer partout la domination coloniale et néocoloniale (Françafrique, Moyen Orient, Palestine, colonies françaises…) Parce que nous nous opposons à ces guerres déclarées en notre nom Parce que nous soutenons
- Le combat contre les discriminations et tous les racismes, et notamment le racisme antimusulman,
- La lutte des réfugiés, migrants et sans papiers Parce que nous nous opposons aux mesures d’exception, aux violences policières et au contrôle généralisé des populations qui ciblent en priorité les personnes musulmanes ou supposées telles, les quartiers populaires et les mouvements sociaux.

Nous manifesterons à l’occasion de la semaine anticoloniale, des Journées internationale de lutte contre le racisme et contre les violences policières pour :

-  Exiger l’arrêt immédiat des interventions militaires françaises, le retrait des bases militaires, la fin des traités et alliances (OTAN…) ;
-  Dénoncer le marché des ventes d’armes qui irrigue entre autres les pires dictatures ;
-  Combattre la militarisation de la société, le quadrillage des territoires et des esprits par le complexe militaro-sécuritaire ;
-  Soutenir le droit à l’autodétermination des peuples en apportant notre solidarité aux forces de résistance et d’émancipation.

14 mars 2016

Contre la guerre, le racisme et le colonialisme, Toutes et tous dans la rue le 19 Mars 2016, 14 H Barbès

http://www.afriquesenlutte.org/communiques-luttes-et-debats/communiques-autres/article/contre-la-guerre-le-racisme-et-le

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29 février 2016 ~ 0 Commentaire

la bombe (essf)

polynesie

193 essais et Tahiti : quand le danger nucléaire se marie au néocolonialisme français

Enfin ! Après des dizaines d’années de dénégations, sous la pression des associations et de l’opinion publique tahitienne, François Hollande vient de reconnaître dans un discours à Tahiti l’impact environnemental, sanitaire et les bouleversements sociaux entraînés par les essais nucléaires français dans le Pacifique…

Mais cette reconnaissance s’est accompagnée d’un éloge de la « force de dissua- sion » qui permettrait prétendument à la France « d’’être une nation pleinement indépendante et de se faire entendre partout et de pouvoir… contribuer à la paix ».

Entre 1966 et 1996, 193 essais nucléaires ont eu lieu sur les atolls de Mururoa et de Fangataufa. Des centaines de retombées radioactives ont été identifiées. Pourtant, seules 19 victimes ont été indemnisées sur les 1 024 dossiers déposés. La loi Morin de 2010 y met des conditions le plus souvent impossibles à remplir.

En fait, il n’y a pas que les contaminations : avec les essais nucléaires, la France a boule- versé l’économie et la société polynésiennes. La mise en place du centre d’expérimentation du Pacifique a entraîné une croissance artificielle et des créations d’emplois qui ont favorisé des mouvements de population vers Papeete et le déclin des activités traditionnelles.

La fermeture du centre a donc été une catastrophe économique, la «dette nucléaire», une rente annuelle accordée par l’État depuis la fin des essais en 1996 a vu son montant réduit à plusieurs reprise. Avant les campagnes d’essais, le pouvoir gaulliste avait réprimé le mouvement d’émancipation du peuple tahitien dont le principal dirigeant Pouvanaa a Oopa a passé huit ans en prison, et quinze ans sans pouvoir retourner à Tahiti.

Le pouvoir politique local a longtemps été exercé par un politicien chiraquien anti-indé- pendantiste et ultra-corrompu, Gaston Flosse, en cheville avec les oligarchies locales. «Les essais nucléaires ont contaminé le Pacifique et causé des dommages environnementaux irré- versibles, mais ils nous ont aussi enfermés dans une terrible logique de soumission écono- mique et culturelle à l’égard de la France, dont nous n’arrivons pas à sortir », souligne dans Mediapart le militant antinucléaire Roland Oldham.

Le gouvernement français doit satisfaire réellement aux revendications sur les victimes de contaminations et la prise en charge de toutes les conséquences des essais. Au-delà, c’est le peuple polynésien qui devra prendre son destin en main pour briser la logique néocoloniale.

Henri Wilno jeudi 25 février 2016

« Tahiti : quand le danger nucléaire se marie au néocolonialisme ». Paru dans l’Hebdo L’Anticapitaliste – 325 (25/02/2016) :
https://npa2009.org/actualite/ecologie/tahiti-quand-le-danger-nucleaire-se-marie-au-neocolonialisme

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article37281

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28 février 2016 ~ 0 Commentaire

pendant ce temps à londres (the guardian)

londres

La plus grosse manif depuis 1984 et ses 300 000 manifestants contre la présences des missiles de l’OTAN  Cette fois-ci c ‘est contre le remplacement des « Tridents », missiles des sous-marins situés en Ecosse au moment où la sécu est menacée. En rouge la 1ère ministre écossaise (SNP indépendantiste) avec la leader nationaliste galloise et celle des Verts.

http://www.theguardian.com/world/anti-nuclear-demonstration-trident-london

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27 février 2016 ~ 0 Commentaire

«tuer français» (al’encontre.ch)

Hollande Bonaparte

Ventes d’armes

L’équipe chargée de superviser les exportations de matériel militaire pour le compte de l’Etat mérite d’être renforcée. Avis aux amateurs: la Direction du développement international recher- che, dès cette année, 160 cadres de haut niveau, et les embauches vont se poursuivre d’ici à 2020. Jusqu’à atteindre 500, en principe.

Tout va bien donc, même s’il est toujours un peu gênant de vanter le «tuer français». Mais cette très vaillante industrie a le mérite de contribuer à réduire, un tant soit peu, le nom- bre de chômeurs. Car, si l’on recherche autant de vendeurs, cela signifie que l’on aura besoin de techniciens et de personnels très qualifiés – entre 20 000 et 40 000 dans l’avenir, dit-on – pour porter secours aux 160’000 salariés qui fabriquent ces beaux Rafale, hélicos, sous-marins et autres merveilles qu’attendent plusieurs armées inquiètes ou ambitieuses…

Records de France battus En 2015, les ventes d’armes à l’étranger ont battu tous les records de France. A savoir 16 milliards d’euros. Laurent Collet-Billon, directeur général de l’armement, et le ministre de la Défense voulaient, en principe, réserver cette annonce triom- phale au rapport qu’ils remettront au Parlement en juin. Mais Collet-Billon, tout à son plaisir, a déjà, en présence de journalistes, qualifié ce chiffre de «résultat exceptionnel [enregistré] par l’équipe de France, que mène Jean-Yves Le Drian». En clair, environ le double des bilans précédents. Et il faut encore ajouter à ce chiffre d’affaires respectable les 11 milliards qui ont permis d’équiper les armées françaises.

Nouveau cocorico de nos vendeurs de «belles armes», selon l’ironique formule d’un ancien fonctionnaire de l’ONU: soit l’année 2016 sera aussi remarquable que 2015, soit un nouveau record de ventes à l’étranger sera battu. Car certains clients se montrent insatiables, malgré leur regrettable tendance à toujours discuter les prix.

Exemple: les Indiens peuvent commander (enfin) 36 Rafale et des dizaines de batteries sol-air. Les Emirats pourraient, eux, acheter 60 Rafale, le Qatar et l’Arabie saoudite des cor- vettes, des patrouilleurs et d’autres navires, le Brésil et l’Australie des sous-marins, les Polo- nais des dizaines d’hélicoptères, etc. Cent ans après Verdun, la technologie et le commerce sont encore en progrès. (Claude Angeli Publié dans Le Canard enchaîné, 24 février 2016)

 Alencontre le 24 – février – 2016

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23 février 2016 ~ 0 Commentaire

les non-dits (essf)

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De l’intervention militaire française en Centre Afrique

En mars 2013, la rébellion armée centrafricaine dite Séléka (1) a réusssi à chasser le régime du général François Bozizé, considéré comme liberticide, népotique et gabegique. Elle mettait ainsi un terme au processus déclenché en 2006 et interrompu plus d’une fois par des accords de paix — le dernier datant de janvier 2013 — dont l’application a chaque fois été précaire, inaboutie.

Toutefois cette supposée libération n’a pas provoqué une liesse générale à Bangui (la capitale habitée par près du quart de la population centrafricaine), car l’avancée des trou- pes de la Séléka s’est accompagnée de diverses exactions sur les populations, d’assassinats, de destructions d’habitations villageoises qui n’ont pas cessé avec la prise de Bangui. Ce qui a suscité, au-delà de la « résistance » des soldats des Forces armées centrafricaines (FACA), identifiés au régime déchu, l’apparition, aussi bien dans les zones rurales qu’urbaines, des milices d’auto-défense (contre la Séléka) dites « anti-balakas ».

Une confrontation qui a acquis une dimension confessionnelle, du fait que les troupes de la Séléka seraient majoritairement composées de Centrafricains de confession musulmane, accompagnés de Tchadiens et Soudanais supposés musulmans aussi. De quoi alimenter le chauvinisme (la République centrafricaine — RCA— conquise par des hommes du président tchadien Idriss Déby) et l’amalgame, devenu à la mode dans plusieurs parties du monde, entre musulmans et jihadistes. Les jihadistes nigérians de Boko Haram étant supposés avoir fait des incursions au Cameroun, voisin occidental de la RCA.

Et il est question de temps à autre d’écarter un danger terroriste, islamiste, sous-en- tendu, dans la sous-région, à partir de la situation en RCA. Cela dans une société centra-fricaine qui est considérée comme chrétienne à 70 % au moins. Ce qui donne dans le langage de l’hebdo parisien Le Point (3 décembre 2013) : « Centrafrique, pays majoritairement chré- tien, mis en coupe réglée par les mercenaires musulmans de la Séléka venus des pays voi- sins. » Il est vrai que, avant Michel Djotodia, le seul « musulman » à avoir été à la tête de l’État centrafricain est le maréchal Jean-Bedel Bokassa pendant sa conversion à l’islam (1976, par le colonel Mouamar Kadhafi), assez vite reniée d’ailleurs pendant la marche vers la consécration impériale (1977).

La situation s’est ainsi gravement dégradée sous forme de cercle infernal d’attaques meurtrières, de massacres et de représailles, entre supposés musulmans et chrétiens, sous le regard plutôt impuissant que complaisant du gouvernement dit d’unité nationale de transition, dirigé par l’ex-rebelle armé devenu, assez brièvement, président, Michel Djotodia de la Séléka et l’ancien opposant démocrate, aussi brièvement Premier ministre, Nicolas Tiangaye. Cela malgré la présence, qui aurait été dissuasive, de la Force multinationale d’Afrique centrale (FOMAC), caractérisée par  “la non-valeur militaire des 2 500 Africains présents”, selon la formule d’un officier français (2), ainsi que de environ 200 soldats français de l’opération Boali (stationnée depuis 2002 et coûtant 22 millions euros par an).

À tel point que des officiels états-uniens et français se sont mis à parler de situation «pré-génocidaire» et de «risque de génocide». Le ministre français des Affaires étran- gères, Laurent Fabius, paraissant alors comme le plus sensible au danger qui pesait sur la population centrafricaine. Il fallait, par conséquent, une intervention militaire proportionnelle à la menace, sous mandat du Conseil de sécurité. Et c’est la France, initiatrice du projet, qui s’est portée volontaire pour servir de force d’appui à la quasi-impuissante FOMAC dans le cadre de la résolution 2127 (2013). Par devoir moral ou purement humanitaire, ont déclaré François Hollande et ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères…

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Février 2014 NANGA Jean

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article37239

Lire aussi:

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article37235

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article37236

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22 février 2016 ~ 0 Commentaire

collectif ni guerres ni état de guerre (essf)

war

Texte fondateur 

La France était en guerre bien avant les attentats du 13 novembre, lesquels ont largement servi de prétexte à intensifier ces engagements militaires.

Les guerres de pillage pour le contrôle des ressources n’ont pas manqué depuis le début des années 2000, en Irak, en Afghanistan, en Libye, au Mali, en Centrafrique. Ces conflits doivent être désignés par leur nom : ce sont des guerres d’ingérence impérialiste. La France n’a aucun « rôle positif » dans ces interventions, malgré ses prétentions puisées à l’ancien répertoire colonial.

Les interventions militaires que mène l’État français sont très largement invisibles dans les médias. Le peu qui en est dit impose un consentement au nom d’une logique sécu- ritaire, avec ou sans habillage humanitaire ; le discours belliciste entend anesthésier et téta- niser la population.

Pourtant, comment ne pas rappeler les désastres que sèment ces guerres, les millions de morts, de blessés et de déplacés, la misère, le désespoir jetant les populations sur les rou- tes, tandis que s’enrichissent les profiteurs de guerre, les multinationales vendeuses d’armes – la France tenant en la matière le quatrième rang mondial.

Ce sont aussi des dépenses colossales, qui détournent l’argent public de dépenses socia- les, culturelles et écologiques vitales. De surcroît, l’État qui mène ces guerres, en pompier pyromane, nous entraîne dans une spirale infernale ayant pour effet de renforcer la haine qui débouchera sur d’autres attentats. Les «Rafale» tuent des civils aussi innocents que ceux du Bataclan. Ces bombardements sont des bombes à retardement.

La guerre devient désormais un moyen de gouverner – et de gouverner par la peur. L’état de guerre proclamé justifie la privation croissante des libertés et des mesures directe- ment inspirées de l’extrême droite comme la déchéance de nationalité. Cette situation, d’une extrême gravité, passe pourtant pour une évidence dans le discours politique dominant, com- me s’il s’agissait de banaliser la guerre et de nous habituer à cet état martial et sécuritaire.

Car l’état d’urgence vise à museler les colères et les luttes : cette guerre est aussi une guerre sociale. Nous nous opposons aux guerres d’ingérence et de spoliation – donc à tous les impérialismes. Mais nous sommes en France et c’est donc en France que nous pouvons nous battre en priorité contre « notre » propre impérialisme. Nous pouvons le faire concrètement, sans abstraction ni proclamation : parce que les questions géopolitiques qui se jouent parfois à des milliers de kilomètres ont des résonances fortes, ici, dans nos quartiers.

C’est pour cela que la lutte de notre collectif passe par le combat contre tous les racismes, et notamment le racisme antimusulman, contre les inégalités et les discriminations, le soutien aux migrants et aux sans-papiers, l’opposition aux mesures d’exception et au con- trôle généralisé des populations qui ciblent en priorité les personnes musulmanes ou suppo- sées telles, les quartiers populaires et les mouvements sociaux.

Il nous faut donc nous organiser, riposter par une résistance à la hauteur de ce que nous subissons, à la hauteur des guerres qui se font contre les populations, contre nous et en notre nom.

C’est pourquoi nous avons décidé de lancer un Collectif contre la guerre, qui

• exige l’arrêt immédiat des interventions militaires françaises, le retrait des bases militaires, la fin des traités et alliances (OTAN…) ;

• dénonce le marché des ventes d’armes qui irrigue entre autres les pires dictatures ;

• combat la militarisation de la société, le quadrillage des territoires et des esprits par le complexe militaro-sécuritaire ;

• soutient le droit à l’autodétermination des peuples, apporte sa solidarité aux forces de résistance et d’émancipation.

Nous voulons élargir ce comité, nationalement et localement, à toutes les organisations et toutes les personnes qui se retrouvent dans ce combat.

Pour tout contact et signature : antiguerre16@gmail.com

jeudi 18 février 2016 Collectif ni guerres ni état de guerre

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article37229

Note: Le NPA a signé

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11 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

le test (thermo)nucléaire 1 (essf)

happy 2116

En Corée du Nord, prolifération et désarmement

L’essai du 6 janvier en Corée du Nord confirme la naissance d’un nouvel Etat nucléaire. La prolifération de l’arme se poursuit et se poursuivra, notamment en Asie. Il est toujours plus urgent de relancer le combat international pour le désarmement général – un terrain sur lequel les mouvements progressistes en France sont particulièrement indigents.

Le 6 janvier, la Corée du Nord a annoncé avoir effectué son premier test d’une bombe H (à hydrogène) dite aussi thermonucléaire. Pyongyang avait auparavant effectué trois essais sous-terrains de bombe A (atomique) en 2006, 2009 et 2013. Une bombe H utilise la techni- que de la fusion nucléaire. Elle est amorcée par l’explosion d’une bombe A, placée au som- met de l’ogive, qui a elle recours à la fission. Elle s’avère beaucoup plus puissante qu’un engin atomique classique.

C’est pourquoi, en août 1945, après avoir nucléarisé Hiroshima, les Etats-Unis se sont dépêchés de «tester» à son tour, avant que la capitulation du Japon ne devienne officielle, la bombe H sur Nagasaki. Des centaines de milliers de personnes ont ainsi été sacrifiées pour s’assurer en grandeur réelle des effets de ces armes de destruction massive. L’essai nuclé- aire du 6 janvier dernier est confirmé par des experts en Corée du Sud et aux Etats-Unis, mais ils doutent qu’il s’agisse bien d’une bombe H – de même qu’il n’est pas certain que l’engin ait été miniaturisé, comme l’affirme Pyongyang, au point de pouvoir être porté par un missile de longue portée. Le régime nord-coréen a aussi affirmé, le 9 janvier, qu’il se doterait d’un sous-marin porteur d’ogives. « Nous rejoignons les rangs des Etats nucléaires avan- cés », s’est félicité un présentateur de la télévision officielle nord-coréenne.

Echec des négociations Les Soviétiques ont enseigné à la Corée du Nord la maîtrise de l’atome à l’époque de la guerre froide, dans les années 1950-1960. Elle a depuis poursuivi ses recherches de façon indépendante et a engagé, au début des années 1980, un pro- gramme militaire secret, étant à même, à partir de ses centrales électriques, de créer le plutonium nécessaire; puis d’enrichir l’uranium, présent dans les sols du pays, grâce à l’acquisition de technologies pakistanaises (centrifugeuses…).

Un premier accord international signé en 1994 a été dénoncé par l’administration Bush en octobre 2002. Des négociations multilatérales ont repris en 2003, à l’initiative de Pékin, à six : les deux Corées, la Chine, les Etats-Unis, le Japon et la Russie. A Washington, les néo- conservateurs ont fait échouer un nouvel accord (pourtant quasiment conclu) en septembre 2005, recourant à des accusations infondées : création de fausses monnaies, blanchiment d’argent à partir de Macao.

En 2006, Pyongyang a procédé à des tirs de missiles balistiques et à un premier essai nucléaire (utilisant le plutonium dont il avait gelé pendant 8 ans la production). En février 2007, un troisième accord était conclu, la Corée du Nord interrompant son programme et acceptant le retour des inspecteurs étrangers de l’AIEA [1] ; Washington devant fournir une assistance énergétique et normaliser les relations diplomatiques. Il a capoté en septembre 2008. Enfin, un quatrième accord a été signé en 2012, sous Obama, avortant en deux mois seulement. Le troisième essai a eu lieu en février 2013.

Les pourparlers n’on pas repris depuis. Washington n’a plus grand-chose à offrir, tant la Corée du Nord est peu intégrée au monde sur le plan économique ou diplomatique et a beaucoup à demander: renoncer à l’arme nucléaire déjà existante. Enfin, Pyongyang sait qu’aucune puissance de la région ne souhaite actuellement l’effondrement brutal du régime, non seulement parce que Pékin ne l’admettrait pas, pour des raisons géopolitiques et non pas de proximité politique, mais aussi parce que cela ouvrirait une crise aux conséquences imprévisibles dans l’une des régions les plus sensibles, où les intérêts des grandes puissan- ces rivales sont directement en cause (Chine, Russie, Etats-Unis, Japon).

Dans ce contexte, le régime nord-coréen pense qu’il peut et doit « pousser le bouchon » nucléaire aussi loin que possible. Il n’a aucun vrai allié et beaucoup d’ennemis jurés. Il aug- mente donc son pouvoir de nuisance pour faire monter les enchères et geler la situation au nom d’une politique de «dissuasion». C’est rationnel, mais cela relève aussi d’une logique «après moi, le déluge» nucléaire ?

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36919

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11 janvier 2016 ~ 0 Commentaire

le test (thermo)nucléaire 2 (essf)

 nuclear-kim

La prolifération

C’est bien cet aspect rationnel qui est le plus inquiétant. La «dissuasion » du « faible au fort » a été l’argument clef justifiant la prolifération nucléaire, en commençant par la Russie face aux Etats-Unis, puis par des « puissances secondaires » comme la France avec De Gaulle ou la Grande-Bretagne en concurrence avec les Etats-Unis, ou encore la Chine en concurrence avec la Russie: ne pas laisser le monopole du feu atomique à une ou deux superpuissances militaires, dont on devient en ce domaine totalement dépendant.

La prolifération au nom de la dissuasion n’a pas cessé après la formation du club des cinq détenteurs officiels, membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU. Le Pakis- tan face à l’Inde. Israël pour s’émanciper de la tutelle états-unienne et s’imposer sur le théâ- tre moyen oriental. La Corée du Nord face au déploiement nucléaire massif de l’armée US en Asie du Nord-Est et pour ne pas dépendre de la diplomatie chinoise…

Il n’y a aucune raison pour que la prolifération cesse. D’autres Etats sont d’ores et déjà «pré nucléaire». L’instabilité géopolitique générale et l’incapacité des Etats-Unis à établir un nouvel ordre mondial stable inquiètent : la protection de Washington sera-t-elle toujours garantie, quoi qu’il arrive ? L’Amérique latine reste hors du champ de confrontation nucléaire. On voit mal quel autre pays européen pourrait aujourd’hui se lancer dans l’aventure, mais qu’en sera-t-il quand la crise de l’Union s’aggravera qualitativement ?

L’accord avec l’Iran a repoussé les échéances au Moyen-Orient, mais pour combien de temps, vu l’acuité des contradictions entre puissances régionales, la menace israélienne, les errements de la politique US? Et quid du continent africain? C’est cependant en Asie que pourrait naître la prochaine puissance nucléaire, là où des ogives sont déjà installées dans un grand nombre de pays: partout où il y a des bases états-uniennes, en sus de pays détenteurs, ainsi que dans toute la mer de Chine (sous-marins, flottes…).

Tokyo s’avère le prétendant le plus immédiat. La droite nippone utilise chaque «provo- cation» nord-coréenne pour tenter de légitimer aux yeux d’une population profondément paci- fiste la dédiabolisation de l’arme qui réduisit en cendre Hiroshima et Nagasaki. En Corée du Sud aussi, des politiciens interviennent ouvertement en ce sens, dont des élus du Saennuri, le parti au pouvoir, y compris le président du groupe parlementaire de cette formation, Won Yoo-chul.

La prolifération nous rapproche toujours plus du moment où l’arme nucléaire sera effec- tivement utilisée sur un théâtre d’opérations régional. On ne peut cependant la combattre tout en justifiant le maintien du monopole des cinq puissances, membres permanents du Conseil de sécurité. C’est bien la question du désarmement général, espéré et possible après la fin de la guerre froide, qui continue de se poser.

Il faut tout particulièrement le rappeler en France, où le développement de nouvelles armes nucléaires destinées à être utilisées se poursuit dans l’indifférence. En Grande-Bre- tagne, il existe un mouvement vivace contre le déploiement des missiles Trident. Rien de tel dans l’Hexagone. Jamais cette question n’est évoquée lors des campagnes électorales; jamais elle n’est négociée (même par les Verts) dans le cadre d’un accord de gouverne- ment ; jamais la poignée de physiciens ou les petites associations qui luttent avec ténacité sur ce terrain ne reçoivent le soutien qu’elles méritent (même si heureusement, le mur érigé entre le combat antinucléaire civil et militaire a été finalement abattu).

Les médias réduisent trop souvent la question nord-coréenne à l’autocratie et à la folie de la dynastie familiale des Kim. Dictature il y a. Instabilité mentale peut-être, mais les régi- mes présidentiels et autres pouvoirs personnels attirent, ailleurs aussi, de grands carac- tériels. En matière nucléaire cependant, la politique de Pyongyang fait malheureusement sens. Du point de vue des peuples de la région, elle est criminelle, contribuant à la spirale de militarisation engagée en Asie orientale, une dynamique mortifère initiée par d’autres puis- sances, que les médias considèrent cette fois «raisonnables», alors qu’elles n’en sont pas moins menaçantes. Rappelons encore une fois que les Etats-Unis sont les seuls à avoir effectivement utilisé l’arme, crime de guerre, crime contre l’humanité s’il en est !

Si nous n’imposons pas le désarmement nucléaire, nous aurons un jour ou l’autre la guerre nucléaire. Elle débutera probablement lors d’un conflit régional au prix de millions de vies. Et après ?

Pierre Rousset dimanche 10 janvier 2016

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article36919

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