Archive | Antimilitarisme

13 mai 2018 ~ 0 Commentaire

gaza (afps)

marche

A l’occasion de la Naqba, l’Association France Palestine Solidarité sur le  marché Saint Louis à Brest.

gaza

Vous n’ignorez bien sûr pas la situation à Gaza: plus de 50 morts palestiniens ce soir, plus de 2000 blessés par balles israéliennes.
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Et combien demain? Les Palestiniens réclament leurs droits et la réponse du gouvernement israélien est la mort programmée.
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Nous disons NON  et dirons NON mercredi, alors que le ministre des Affaires étrangères français, d’un exceptionnel courage et d’une grande lucidité politiques déclare:  »la France appelle l’ensemble des acteurs à faire preuve de responsabilité afin de prévenir un nouvel embrasement. « 
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LA FRANCE A UN DEVOIR DE PROTECTION ET D ‘APPLICATION DU DROIT INTERNATIONAL.
 DEVANT CES CRIMES DE GUERRE ELLE DOIT AGIR.
 NOUS LE DIRONS HAUT ET CLAIR A NOTRE EXECUTIF:
IL FAUT PROTEGER LE PEUPLE PALESTINIEN
IL FAUT SANCTIONNER ISRAEL.
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RASSEMBLEMENT 18H DEVANT LE MONUMENT AUX MORTS A BREST MERCREDI 16 MAI 2018
 

Naqba: exode palestinien de 1948

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13 mai 2018 ~ 0 Commentaire

kurdistan (alternative libertaire)

al rennes

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al nantes

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kurd lor

kurd fougers

http://alternativelibertaire.org/

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12 mai 2018 ~ 0 Commentaire

prolifération (basta!)

champignons atomik

C’est Israël le plus grand des petits!

« La communauté internationale risque d’être confrontée à une nouvelle vague de prolifération nucléaire »

Le 15 juillet 2015, c’est avec un grand soulagement que la communauté internationale apprenait enfin, après 13 années d’âpres négociations, que le risque de voir l’Iran se doter de l’arme nucléaire était rendu caduc par un accord solide. Dans l’accord de Vienne, ou plan d’action commun, l’Iran réaffirmait « qu’en aucun cas il ne cherchera, ne développera ou n’acquerra d’armes nucléaires ». Un accord qui s’ajoute par ailleurs au fait que l’Iran n’envisage pas de se retirer du Traité de non-prolifération (TNP) qui lui interdit également de se doter de ce type d’arme.

L’Iran s’est engagé avec cet accord à recevoir des contrôles fréquents par les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur toutes ses infrastructures nucléaires pour garantir leur utilisation à des fins pacifiques. En échange, la communauté internationale desserrait son étau de sanctions économiques. Résultat : après trois années d’existence, tous les rapports de contrôle de l’AIEA garantissent que l’Iran respecte ses engagements ! La crainte de voir l’arme nucléaire proliférer dans toute cette région a ainsi été repoussée ; Israël restant le seul État à possédé cette arme de destruction massive au Moyen-Orient.

Cet accord démontre que la diplomatie est la meilleure arme pour lutter contre l’insécurité mondiale posée par les armes nucléaires. Sa remise en cause, de manière unilatérale, par les États-Unis ce 8 mai 2018 est une catastrophe pour la stabilité internationale et plus particu- lièrement pour la région du Moyen-Orient. Une décision dont nul ne peut prédire les lourdes conséquences. Par exemple, doit-on redouter, dans les prochaines semaines, une possible attaque d’Israël, comme ce fut le cas en juin 1981 sur le site irakien d’Al-Tuwaitha et sur le présumé site nucléaire syrien en septembre 2007, sur les infrastructures iraniennes pour achever cet épisode ? Comment la Russie, alliée de l’Iran, réagira-t-elle à une attaque d’un allié des États-Unis ?

Comment la Corée du Nord pourra-t-elle encore croire à une négociation sur un processus de dénucléarisation ?

Par cette décision, le président Trump porte un coup grave à la crédibilité de tous les enga- gements futurs que les États-Unis pourraient réaliser. Comment la Corée du Nord pourra-t-elle croire toute future négociation sur un processus de dénucléarisation ? Cet acte envoie un signal qui induit que tout ce qui est accepté par les États-Unis peut au final ne pas être honoré. Cette décision met donc en danger la sécurité internationale.

En 2017, le comité Nobel décernait le prix Nobel de la paix à la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN) pour son « travail de sensibilisation sur les conséquences humanitaires catastrophiques de toute utilisation d’armes nucléaires », ainsi que pour son « initiative inédite visant à obtenir l’interdiction de ces armes au moyen d’un traité ». Le comité Nobel souhaitait rappeler au monde le danger et les risques d’utilisation des armes nucléaires.

Avec la remise en cause de cet accord, la communauté internationale se voit confrontée encore un peut plus au risque posé par les arsenaux nucléaires et éventuellement à une nouvelle vague de prolifération nucléaire.

De manière plus générale, c’est bien l’avenir du régime général de non-prolifération nucléaire qui se pose. La Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires exhorte ainsi tous les États à signaler leur rejet inconditionnel des armes nucléaires en rejoignant le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires adopté par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2017. Déjà 58 États ont décidé de faire ce pas.

De plus, l’ICAN encourage les autres signataires: l’Allemagne, la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni, l’Union européenne et l’Iran, à rester partie prenante de l’accord de Vienne et également à ce que Téhéran poursuive sa pleine coopération avec l’AIEA pour continuer de démontrer le caractère pacifique de son programme nucléaire. Cette politique responsable iranienne permettrait de ne pas souffler sur les braises insécuritaires créées par le président Trump.

Face au danger que représentent les armes nucléaires, face aux risques de la prolifération nucléaire, la mise en œuvre de l’interdiction complète de ces armes, puis leur élimination totale apparaît être un but encore plus vital.

Le président des États-Unis Donald Trump a annoncé le mardi 8 mai que son pays se retirait de l’accord sur le nucléaire iranien, signé en 2015. Pour la Campagne internationale pour abolir les armes nucléaires (ICAN), qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2017, il s’agit là d’une décision aux conséquences dangereuses pour la stabilité mondiale. Basta ! publie une tribune de Jean-Marie Collin, porte-parole de le branche française de l’ICAN.

Jean-Marie Collin porte-parole de ICAN France 11 mai 2018

http://icanfrance.org/.

https://www.bastamag.net/

Lire aussi:

BNP Paribas et le Crédit agricole parmi les plus gros « sponsors » européens de l’arme atomique

Malgré l’austérité, la France va dépenser 37 milliards pour son réarmement nucléaire

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10 mai 2018 ~ 0 Commentaire

pour une paix juste et durable (quimper)

kper1

Collectif National Pour une Paix Juste et Durable

Et aussi:

17 mai, à 20 heures, salle A02, cité Allende à Lorient, organisé par AFPS Pays de Lorient

- 23 mai, à 18 heures, à Brest, Fac Victor Segalen. 20, rue Duquesne, avec l’AFPS, les AMD et le CCFD

24 mai, à 18 heures, à la librairie Planète Io, 7 rue Saint-Louis, à Rennes

8 juin, à 20 heures, à l’amphi Mazier de Saint-Brieuc, avec l’association Colibri, l’AFPS, la Ligue de l’enseignement 22 et Résia (Réseau Solidarités Internationales Armor)

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07 mai 2018 ~ 0 Commentaire

martin luther king (à l’encontre.ch)

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Etats-Unis. Pourquoi? L’assassinat de Luther King nécessite une réponse

Cette année marque le cinquantième anniversaire de l’assassinat du Dr Martin Luther King, le 4 avril 1968. Ce meurtre de l’un des grands dirigeants noirs de l’époque par des racistes blancs avec la complicité du gouvernement américain, très probablement le FBI, a stupéfié tous les Afro-Américains du pays. Immédiatement, des soulèvements violents ont éclaté dans des centaines de villes et de villages, les soulèvements les plus amples qui ont marqué la période du mouvement des droits civiques et du «pouvoir noir» (Black Power).

La chanteuse afro-américaine Nina Simone a rapidement écrit une chanson intitulée «Why? The King of Love Is Dead»:

Que va-t-il se passer maintenant, dans toutes nos villes?
Les miens se soulèvent, ils vivent dans le mensonge
Même s’ils doivent mourir, même s’ils doivent mourir
Pour l’instant, ils savent ce qu’est la vie

Même dans ce moment où tu sais ce qu’est la vie
Si tu dois mourir, ce n’est pas grave
Parce que tu sais ce qu’est la vie
Tu sais ce qu’est la liberté, pour un moment, dans ta vie

Les scènes des soulèvements furent diffusées sur les réseaux TV.

L’une de ces images permet d’en saisir l’impact national: dans la ville à majorité afro-amé-ricaine de Washington D.C. (district de Columbia), l’édifice du Capitole [parlement] a été partiellement obscurci par la fumée montante de la ville en flammes. Le sentiment était que s’«ils», selon le langage de l’époque: soit le système du pouvoir blanc, pouvaient tuer le Dr King, l’avocat de la non-violence, ils pourraient faire de même avec toute personne noire.

La police n’a pas été en mesure de contenir le soulèvement de masse. Et partout la Garde nationale a été appelée, forte de 40 000 hommes, pour le réprimer. Quarante Afro-Amé- ricains ont été tués, des centaines d’autres blessés et beaucoup d’autres arrêtés. L’un d’entre eux était un jeune homme nommé Andrew Pulley que j’ai appris à connaître plus tard. Le juge lui a dit qu’il avait le choix entre la prison ou l’armée. Il a opté pour l’armée. Une fois dans l’armée, il a rencontré sur sa base, à Fort Jackson, un groupe de soldats anti-guerre organisé par des GI socialistes. Il est devenu un combattant anti-guerre et socialiste lui-même, et une fois sorti de l’armée, il a rejoint la Young Socialist Alliance et le Socialist Workers Party, et est devenu un leader national des deux organisations.

Le dirigeant du FBI, cet anticommuniste dédié à la chasse aux sorcières, John Edgar Hoover [à la tête du FBI de 1924 à 1972], a choisi King comme cible après le boycott des bus à Mont- gomery [Alabama], en 1956, une initiative que King a aidé à développer. Hoover a ensuite mis en place un programme secret appelé COINTELPRO [Counter Intelligence Program] pour contrer le nouveau mouvement noir au moyen d’un espionnage illégal, de la désinformation, des arrestations sur la base d’accusations inventées de toutes pièces et d’autres coups bas.

Dans une note de service ultérieure, Hoover a ordonné à l’agence de chercher à empêcher l’émergence d’un «messie noir», en désignant King et Malcolm X.

L’attention du gouvernement sur King est devenue plus prononcée lorsqu’il s’est prononcé contre la guerre du Vietnam en 1967. Ce faisant, il a dû rompre avec le reste de l’establish- ment des droits civiques qui ne voulait pas offenser le président Lyndon Johnson (démocrate note du blog) [1963-1969, qui succède à Kennedy, suite à son assassinat] qui menait mainte- nant la guerre. Des mémoires récents de partisans de King racontent comment il a été rejeté, évité. En s’opposant à la guerre, il s’était joint à l’aile jeune, plus militante, dirigée par le Comité de coordination des étudiants non-violents qui s’était déjà opposé à la guerre, tout comme les Noirs nationalistes militants tel Malcolm.

En expliquant sa position, il a déclaré: «mon pays» est «le plus grand commanditaire de violence» dans le monde.

Il est difficile de nos jours, alors que le nom de King est utilisé de manière désinvolte par des politiciens capitalistes de toutes allégeances, même par des racistes qui dénaturent le discours de 1963 de King «J’ai un rêve» pour se vanter qu’ils «ont un rêve»… de mettre fin à l’action affirmative (que King a fortement soutenu), d’avoir à l’esprit les déclarations anti-King dans la presse de l’époque, aussi bien que celles des différentes autorités fédérales et locales char- gées de l’application de la loi, et au Congrès après que King s’est prononcé contre la guerre.

Le FBI a été encore plus alarmé lorsque King a également cherché à élargir la lutte.

Dès le début de son entrée sur la scène nationale, lors du boycott des bus de Montgomery, contre la ségrégation dans les transports publics, il a soulevé des questions plus profondes ayant trait à l’oppression des Noirs. Après les victoires du mouvement des droits civiques pour l’obtention du droit de vote des Noirs dans les Etats du Sud et le début du démantèlement de la ségrégation par le système Jim Crow [ensemble de règlements et d’arrêtés organisant la discrimination, de 1876 à 1964, dans les Etats du Sud], King a compris que la surexploitation économique des Noirs serait un problème plus difficile à résoudre.

Il avait commencé à voir que la lutte pour l’égalité raciale était une lutte écono- mique et que le système capitaliste était le problème.

En 1967, dans un discours intitulé «L’Autre Amérique», il parlait d’«hommes affamés de travail à la recherche d’emplois qui n’existaient pas». Il a décrit la population noire comme vivant sur une «île de pauvreté déserte, entourée d’un océan de prospérité matérielle» et vivant dans un «triple ghetto de race, de pauvreté et de misère humaine».

Il a affirmé: «Le mouvement doit aborder la restructuration de l’ensemble de la société amé- ricaine. Il y a 40 millions de pauvres ici. Et un jour, nous devrons nous poser la question: “Pourquoi y a-t-il 40 millions de pauvres en Amérique”. Et lorsque vous commencez à poser cette question, vous soulevez une question sur le système économique, sur une répartition plus large de la richesse. Quand vous posez cette question, vous commencez à remettre en question l’économie capitaliste… Nous devons commencer à poser des questions sur l’ensem- ble de la société… Cela signifie que des questions doivent être soulevées. A qui appartient le pétrole? A qui appartient le minerai de fer? Pourquoi les gens doivent-ils payer les factures d’eau dans un monde où il y a deux tiers d’eau?»

En 1968, King a appelé à un «mouvement ouvrier revitalisé» pour mettre «les questions économiques en première place de l’agenda».

«Une coalition d’une section revitalisée des travailleurs, des Noirs, des chômeurs et des béné- ficiaires de l’aide sociale peut être la source d’un pouvoir qui remodèle les relations écono- miques et ouvre la voie à une percée vers un nouveau niveau de réforme sociale…» Dans un discours antérieur, King déclara: «On ne peut pas parler de résoudre le problème économique des Noirs sans parler des milliards de dollars nécessaires. On ne peut pas parler de mettre fin aux bidonvilles sans d’abord dire que le système des profits ne doit plus organiser les bidonvilles.

Dans ce cas, vous êtes vraiment en train de ficher le bazar et de vous placer sur un terrain dangereux parce que vous vous frottez à certaines personnes. Vous semez le désordre face aux capitaines d’industrie… Maintenant, cela signifie que nous marchons sur des eaux difficiles, parce que cela implique vraiment que nous disons que quelque chose ne va pas avec le capitalisme… Il doit y avoir une meilleure distribution de la richesse et peut-être que l’Amérique doit s’orienter vers un socialisme démocratique.»

Il a été assassiné en 1968 alors qu’il se trouvait à Memphis, dans le Tennessee, pour soutenir les travailleurs de la voirie en grève.

Les ouvriers majoritairement noirs sont devenus célèbres, inoubliables, car identifiables sur des photos placées sur des pancartes qu’ils tenaient et sur lesquelles on pouvait lire: «I Am A Man». Les Etats-Unis sont toujours le plus grand commanditaire de violence dans le monde. Ils sont en guerre ouvertement ou clandestinement depuis 1941. L’alliance anticapitaliste des travailleurs/travailleuses et de tous les opprimé·e·s que King a esquissée (et aujourd’hui nous pouvons ajouter d’autres secteurs) reste la voie à suivre. Barry Sheppard

(Article envoyé par l’auteur le 2 mai 2018; traduction A l’Encontre le 6  mai 2018)

http://alencontre.org/

 

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07 mai 2018 ~ 0 Commentaire

black block (essf)

black

Manifestation du 1er Mai : Appel aux convaincu(e)s : une critique anti-auto-ritaire du Black Bloc

Au risque de paraître tirer sur l’ambulance, nous avons choisi la voie du dégrisement. Pour nous la manifestation du 1er mai a été un échec et la stratégie imposée de façon autoritaire par le Black Bloc n’était ni justifiée, ni n’a profité au reste de la manifestation. Collectivement, nous en prenons acte et appelons à dépasser nos pratiques ritualisées du cortège de tête.

C’est assez frappant, et ce malgré la situation sociale généralement morose, que chaque manifestation qui tourne un peu à la confrontation avec la flicaille soit saluée comme une victoire. Un peu comme si le fait de casser en nombre des vitrines égalait un but marqué par son équipe de foot préférée. Ne faisant qu’un, le groupe de supporters fait la Ola et retourne chez lui attendre le prochain match, la prochaine bagarre. Il nous apparait que l’intérêt ponctuel et circonstancié d’un Black Bloc n’est pas là et que nous sommes, peu à peu, en train de nous enfermer dans un trip égotique et autoritaire.

Loin de condamner d’une façon générale les actions directes des manifestants, Blacks Blocs ou pas d’ailleurs, nous aimerions les remettre en cause d’un point de vue stratégique, avec une perspective anti-autoritaire. En effet, pour nous, peu importe qu’on brûle un Mac Do ou un concessionnaire Renault : brûlez les tous même ! Mais, selon nous, on ne peut avancer avec une action directe sans réfléchir à

1) la pertinence de la cible

2) la finalité politique de l’action directe

3) les circonstances de la manifestation en question

4) l’inclusion et la compréhension par le reste de la manifestation ou de la population.

Un échec stratégique

Pour nous ces questions n’ont pas été correctement posées par certains membres du Black Bloc lors du 1er mai qui s’est, la majeure partie du temps, borné à foncer dans le tas et à fuir l’avancée des troupes en détruisant tout sur son passage. Le fait de s’être rués directement sur le Mc Do et les cibles adjacentes en début de manifestation a provoqué:

1) le blocage de la manif qui n’a jamais pu avancer

2) une pression qui s’est reportée sur les manifestants non équipés et en partie acculés sur le pont

3) Un des plus gros cortèges de tête de l’histoire s’est dissout de fait et a perdu toute sa force potentielle

4) Les cortèges de syndicalistes se sont retrouvés à suivre l’itinéraire bis de la Préfecture de Police

5) Une répression très dure et de nombreuses arrestations

6) Une campagne médiatique dans l’opinion pour augmenter l’intensité de la répression.

 La gueule du loup

Il nous apparait qu’on a foncé tête baissé dans un piège tendu par la Pref sans se soucier de l’impact sur le reste du cortège, de l’intérêt stratégique de ce qui était fait, ni de la répression qui allait s’abattre sur tout le monde (plus de 200 arrestations !). Cela pose plusieurs problè- mes. Est-ce que cela était prévisible ? Oui ! Et, selon nous, c’était même évident.

Sur le Boulevard, toutes les banques ou cibles potentielles de la casse avaient été « proté- gées » mais pas le Mc Do au début de la manif… Sans vouloir se la jouer théorie du complot, cela nous paraissait bien bizarre ou en tout cas mauvais plan dès le départ. D’autant plus que ce lieu a été le lieu de plusieurs affrontements en 2016, que c’est un des seuls lieux du trajet qui était pavé, que la densité sur le pont ne permettait pas un retrait rapide… On a voulu déborder là où on nous attendait.

Il aurait fallu attendre que la manifestation avance, prenne ses marques sur le Boulevard, que les cortèges se mélangent, comme cela est arrivé lors des dernières manifestations, et ne pas se jeter dans la gueule du loup. Nous aurions alors gagné en force et ce n’est pas les possibilités qui manquent quand nous sommes si nombreux et déterminés.

 La manifestation a aussi été vécue par les autres

La situation vécue sur le pont a été très désagréable, frustrante, voire traumatisante pour certains manifestants. Impossible de savoir ce qu’il se passait à l’avant, impossible d’aller aider les cop(a)in(e)s à l’avant, impossible de reculer pour ceux qui le souhaitaient. Ceux qui se trouvaient avec ou à côté du Black Bloc (de la ligne de front au pont) ont été obligés de sauter les rambardes et de fuir vers les quais. Super entraide d’ailleurs pour faire descendre les gamin(e)s et les plus agé(e)s.

Les flics empêchaient de contourner le dispositif par les quais et tout le monde, dont faisaient partie de nombreuses personnes non équipées, s’est fait copieusement gazer pendant une heure. Pas de médics à l’horizon (ils devaient être tous avec le Black Bloc). La seule sortie était à l’ouest au bord du fleuve et ne menait qu’au trajet Bis de la manifestation, par le pont Charles de Gaulle. Le quai de l’Arsenal et le quartier Bastille ont été bien amochés lors du repli : on s’en fiche, on y traine pas, les loyers et les bars y sont bien trop chers. Vous auriez cramé l’opéra Bastille, repeint en rouge la colonne Bastille, mis à sac l’Hipopotamus, on ne s’en serait pas émus… Par contre, qu’est ce que cela a apporté ? Quel intérêt politique ? Quels sont les retours de ceux qui n’étaient pas habillés en noir ou équipés ?

Nous pouvons tous faire des erreurs tactiques, cela arrive, encore faut-il les reconnaitre et en prendre acte, surtout si cela déteint sur le reste de la manifestation. Nous n’avons pas l’impres- sion que c’est le cas… l’autocritique c’est pourtant bien utile ! Néanmoins, il nous semble que l’erreur du 1er mai est symptomatique d’une dérive autoritaire et égocentrée. Nous détaillons ici quelques écueils auxquels nous devrons tous nous confronter.

 La Révolution ne sera pas télévisée

Ce qui est étonnant, c’est qu’une stratégie qui déteste les médias et les caméras (à raison) utilise cette technique pour apparaitre dans ceux-ci. Au-delà du trip « porn riot » à la Taranis encore populaire chez une fraction de la jeunesse, l’idée générale est d’accaparer l’attention médiatique et de faire de l’ombre à l’image de la manif « plan-plan » de la CGT. L’émeute était d’ailleurs annoncée auparavant sur différents sites et avait été reprise par la communication de la Préfecture de police, des appels internationaux à rejoindre la bagarre avaient été traduits dans de nombreuses langues.

La « révolution ne sera pas télévisée » et ce ne sont pas les seuls actes spectaculaires qui nous donneront un avantage dans l’opinion, que cela soit celle du cortège de tête, du reste de la manifestation ou de la population. Nous jouons à armes inégales, tant matérielles que médiatiques. De plus, il semble illusoire et contradictoire de vouloir destituer et combattre la presse bourgeoise en arborant des techniques spectaculaires.

 Non au foquisme du Black Bloc

Dans la manifestation comme parfois en dehors, il semble que le fait de participer à la casse organisée ou à des bagarres avec la police sonne parfois comme un argument d’autorité dans un certain milieu radical. Pour nous, il est clair que le choix et la maitrise de cette technique ne donne en aucun cas une légitimité politique. Cette tendance au « foquisme » du Black Bloc est une dérive autoritaire vouée à l’échec. Il est hors de question d’abandonner le monopole de l’action et de la parole à ceux qui seraient plus entrainés, plus forts, plus équipés. La direction politique aux foyers de guérilla urbaine, non merci !

Le problème est que la technique Black Bloc peut avoir un impact si important sur le reste de la manifestation, que celle-ci ne peut que soutenir les cop(a)in(e)s lorsqu’ils sont nassés ou lancés dans le feu de l’action. Car qui serions-nous si nous vous laissions tou(te)s seul(e)s, sans soutien pendant et après la manif ? Mais la question inverse se pose également : quelle légitimité auriez-vous si nous ne vous soutenions pas activement pendant et après la manif ?

Pour un black bloc qui bloque autre chose que la manif

Nous ne sommes pas hostiles à la technique du Black Bloc et nous l’avons maintes fois utilisée. Et même quand nous n’y sommes pas, nous sommes solidaires des cop(a)in(e)s en pleine action, blessés ou arrêtés. Mais pour nous elle doit servir quelque chose d’autre que la simple joie d’exister ou de se faire plaisir entre les convaincus. Autrement dit nous aimerions un Black Block qui bloque autre chose que la manifestation. 1200 personnes en black bloc, 15 000 dans le cortège de tête pour juste défoncer un mac do et cramer un concessionnaire c’est franche- ment du gâchis… notamment quand on voit le nombre d’arrestations.

Pourquoi cette technique n’est pas utilisée pour bloquer des lieux de pouvoirs, des centres logistiques, décisionnels ? Elle serait pourtant très utile aux actions de blocage et de sabo- tage… Pourquoi n’est-elle pas utilisée lorsque la pression médiatique est moindre ? C’est pourtant là où on risquerait le moins…

 « Franchement on s’amusait mieux sans le Black Bloc »

Nous comprenons très bien que pour certains, l’expression d’une violence contre les objets symboliques du capitalisme soient un exutoire à une existence sur laquelle s’exercent la violen- ce et le contrôle de l’État. Mais de là à en tirer une théorie générale d’interprétation du monde et de la révolution, c’est pousser le bouchon un peu loin.

Ainsi on peut vivre de belles scènes de solidarité dans l’émeute ou des manifestations plus énervées mais on peut aussi avoir des mauvaises expériences : violence gratuite et aveugle, sexisme, répression très violente, arrestations… Comme ailleurs ! Si nous avons réussi à désacraliser la manifestation cadrée par les syndicats, continuons sur notre route et désa- cralisons l’émeute, le black bloc ou même le cortège de tête. Ce ne sont que des stratégies, des techniques, pas une fin en soi. 

Prenons tous la tête du cortège de tête

Le cortège de tête est devenu lui aussi ritualisé et pourrait presque remplacer le cortège syndical car il est aujourd’hui aussi nombreux dans les manifestations. Au début de l’événe- ment, le Black Bloc et quelques groupes précis prennent la tête avec leurs banderoles, posent pour les caméras et les photographes et donne le départ d’un pas assuré. Il y a donc bien une hiérarchie dans le fonctionnement actuel du cortège de tête et il faut prendre conscience de cela. Soyons inventifs pour remettre en cause cet ordre établi, pour montrer du doigt l’autoritarisme quand il existe chez nous, sans pour autant nous diviser !

Ce qui nous semble le plus urgent ce n’est pas la convergences des luttes mais l’extension des luttes. Pour cela, nous ne pouvons pas rester figés sur nos bases inébranlables de convain- cus. Qu’elles volent en éclats avec les autres certitudes du vieux monde ! Le cortège de tête n’appartient à personne. Prenons la tête du cortège de tête !

vendredi 4 mai 2018 Des cop(a)in(e)s

https://paris-luttes.info/

http://www.europe-solidaire.org/

Lire aussi:

Le 1er mai 2018 à Paris : qui sont les 15 000 personnes qui ont défilé devant le cortège syndical du 1er mai ? (Essf)

« L’enfer, ce n’est pas ce qu’ont vécu les forces de l’ordre le 1er Mai, c’est le monde que vous nous préparez. » (Mili)

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06 mai 2018 ~ 0 Commentaire

la révolution silencieuse (médiapart)

La Révolution silencieuse et nos combats «vrais»

C’est une histoire «vraie» le film de Laus Kraume, La Révolution silencieuse. Une classe de lycéens de terminale en RDA (ex-Allemagne de l’Est), ayant appris que les tanks soviétiques envahissaient Budapest en 1956, ont décidé deux minutes de silence lors du prochain cours d’histoire, en solidarité avec les victimes des chars soviétiques. C’était aussi ma première manifestation, j’avais dix ans!

Ils l’ont appris appris lors d’une petite fugue à Berlin-Ouest, et les deux lycéens font circuler l’information et la radio-clandestine chez l’oncle Edgar leur apprend que le héros de la Hongrie du foot, Puskás, aurait été tué. De quoi convaincre un des leaders de la classe peu tourné vers la contestation politique.

Les suites de cet acte tant politique que généreux de solidarité avec le peuple hongrois face aux militaires soviétiques qu’ils sont obligés de côtoyer aussi dans leur ville allemande, boule- versera l’établissement, les familles, leur ville de Stalinstadt. Quel affront, quelle insolence, forcément des contre-révolutionnaires…

Et on voit défiler toutes les techniques qui font appel à la délation, à la manipulation, à l’utili-sation de l’histoire des parents pour faire pression sur chacun et sur toute la classe, en divi- sant pour mieux les anéantir. Ils risquent d’être interdits de Bac et de ne plus pouvoir fréquen- ter un établissement scolaire en Allemagne de leste. Et le vieux Edgar leur dit en forme de sentence «Vous vous êtes déclarés libres-penseurs, vous êtes maintenant des ennemis de l’État».

Ils tiendront bon, ou presque… et c’est la qualité de ce beau film de nous montrer, sans jugement, comment ça se passait pour ces jeunes et surtout en approchant quatre d’entre eux, leurs joies, leurs déboires, leurs espoirs, leurs amours d’une jeunesse qui à un moment donné manifeste son opposition à ce qui se passe pour eux à travers le soutien à la révolte de Budapest de novembre 1956. Et il nous donne à voir ce qu’on fait quelque soit l’idéologie dès lors qu’on questionne sa légitimité ou ses actes.

La direction des jeunes acteurs est méticuleuse et très ouverte, tellement ils s’expriment en liberté et dans la fougue de leur âge. Les personnages adultes correspondent bien à ce qu’un système d’oppression suscite (fût-il au nom du socialisme). L’écrasement sournois de toute velléité de solidarité ou d’explication de ce que leur acte peut représenter, nous est servi avec la présence du camarade-ministre de l’éducation ou de Madame Kessler, responsable de la Commission de l’éducation locale et véritable commissaire-politique.

Ou alors, ce «brave» directeur issu de la paysannerie grâce au ‘socialisme’, qui ne peut pas supporter cette bravade qui d’ailleurs le mettra aussi sous le collimateur du puissant ministre. «Et qu’est-ce que çà a apporté aux Hongrois» , se demande-t-il. Une façon de dire alors qu’ils (ces jeunes) ont « tout », cette possibilité d’étudier, qu’est-ce qu’ils ont à faire des Hongrois…

Je pense que «nos lycéens et jeunes étudiants» gagneraient à voir ce film et comprendre ce que la petite histoire de Théo, Lena, Kurt, Paul ou Erik a à voir avec la grande histoire de nos peuples… qui continue!

Un film qui questionne nos engagements!

J’ai été ému en regardant ce film qui questionne mes engagements. J’écrivais dans le chapô que c’était aussi ma première manifestation. J’avais dix ans en 1956. Je vivais dans un pays fasciste, très catholique, en «guerre» contre le communisme athée. Les tanks soviétiques, selon la presse du monde libre venaient d’écraser la révolte légitime du peuple hongrois. Et fin novembre, les élèves de mon école primaire (ça devait être en CM1) avaient été conduits à un rassemblement officiel contre le communisme.

Nous étions ravis de sortir à la nuit tombée, avec nos blouses de l’école publique, chacun de nous avait une bougie et un carton autour avec les initiales MP (Jeunesse Portugaise, sorte de Jeunesse fasciste). La manifestation avait lieu pas loin de chez mes grands-parents où j’habi-btais, près du quartier général de la PSP (Police), à  Batalha.

Ma grand-mère savait que je rentrerais plus tard (à l’époque les parents n’allaient pas cher- cher les enfants à l’école). Mon grand-père ne le savait pas et quand il a appris où j’étais je me souviens de l’engueulade, d’autant que je ne savais pas encore très bien où se trouvait la Hongrie. Dans ce pays, les parents n’avait pas le droit de s’opposer aux décisions publiques pour le bien de l’ordre établi, et aucune demande d’autorisation ne leur était soumise.

Aujourd’hui, en voyant ce film je me rends compte qu’au même moment où les lycéens de la RDA manifestaient leur solidarité avec le peuple de la Hongrie, à Porto (peut-être aussi dans d’autres villes), des jeunes écoliers, avec des bougies manifestaient, malgré eux, leur solidarité avec le peuple de la Hongrie mais pas pour la même cause!

Quelques années plus tard, en 1961, au mois d’août, les soldats de l’Allemagne de l’Est et les Soviétiques ont construit un «mur» à la limite des deux parties de la ville de Berlin. Le Parti Communiste portugais, dans la clandestinité, avait tout de suite défendu le mur, comme il avait défendu les tanks soviétiques à Budapest en 56 et le fera plus tard en 68 contre le printemps de Prague.

Et moi, jeune militant communiste, je justifiais la construction du mur à Berlin auprès de mes collègues de travail en usine. Et je me souviens d’un des arguments que nous avaient servi les camarades. Dans la zone de l’Este les restaurants populaires étaient bon marché et les habi- tants de l’ouest venaient y manger et profitaient aussi des magasins du peuple de la RDA. Ils voulaient aussi mettre fin à l’entrée de contre-révolutionnaires en RDA. Mais on ne m’a jamais dit qu’il s’agissait aussi (et surtout) de mettre fin au départ des habitants de la RDA en RFA…

Quand je regarde en arrière je pense à toutes les vérités et mensonges dont parfois notre engagement est porteur. En 1956 c’était comme si un totalitarisme essayait de dénigrer l’autre… En 1961, même si le «mur» me heurtait, je ne pouvais que défendre la marche vers le socialisme que représentait alors, encore pour beaucoup, le bloc de l’Est. Et nous devions faire front contre le capitalisme et ses multiples facettes d’exploitation.

Et je me dis qu’aujourd’hui, confrontés à d’autres murs de par le monde et soumis en France à une puissante mise sous tutelle de la démocratie par un élan de faux modernisme et de vraie maltraitance sociale, nos «vérités et certitudes» nous ont parfois conduit à des impasses. Et surtout à un grand éloignement avec tous ceux qui loin de ces nuances de la politique, souf- frent de la condition qui leur est faite et de la méconnaissance de nos codes d’opposition.

Il me vient en mémoire la phrase attribuée à Gaston Montmousseau, militant ouvrier, «cama- rade, rappelle-toi que ce qui est vrai aujourd’hui pour toi hier ne l’était pas encore». Y penser nous rendrait peut-être plus humbles et disponibles aux observations des Autres.

2 mai 2018 ARTHUR PORTO

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06 mai 2018 ~ 0 Commentaire

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03 mai 2018 ~ 0 Commentaire

black block (révolution permanente)

black

Une réflexion sur la violence révolutionnaire

Débat avec le « black block » : les actions du 1er mai ont-elles permis de construire la mobilisation ?

Depuis quelques années, la scène est devenue coutumière : à chaque journée de mobilisation, des manifestants, parfois encagoulés, usent de violences contre le mobilier urbain, cassent les vitrines, les panneaux publicitaires et s’affrontent avec la police dont les provocations sont nombreuses.

Ce 1er mai, les actions du « black block » ont fait un saut…le gouvernement, les médias, s’en sont donnés à cœur joie.

L’occasion d’entamer un débat sur le black block et ses pratiques du bon côté de la barricade. Ce débat se situe dans un contexte particulier où la grande majorité de la classe politique a fait front pour condamner la « violence » des « black bloc ». Beaucoup moins nombreuses étaient les voix pour condamner les violences policières, les interpellations et les gardes à vues de ce 1er mai. Être en désaccord avec la stratégie du black block est une chose.

Ne pas condamner la première violence qui est d’abord la violence d’État en est une autre : c’est servir de caution au gouvernement, à l’État capitaliste et à son bras armé dans le meilleur des cas ou, même pire, se placer dans le camp opposé. Ce n’est pas notre cas. Une fois notre camp choisi, du « bon côté de la barricade », nous considérons comme sain et néces- saire d’ouvrir le débat stratégique entre camarades, à savoir comment construire la mobili- sation pour défaire Macron et son monde.

« 1er mai 2018 : une journée en enfer » 

Le rendez-vous lancé sur les réseaux par Génération Ingouvernable et le Mouvement Inter Luttes Indépendant (MILI) a été à la hauteur de ce qui avait été annoncé. Durant le cortège parisien de ce 1er mai, les actions ont été fournies : cassage de boutiques, incendies de véhicules et même d’un début de logement particulièrement spectaculaires. La police, de son côté, a usé de ce prétexte pour attaquer la manifestation, jusqu’à la quasi-dissolution de tout une partie du cortège, qui a viré à l’émeute en de nombreux endroits.

Alors, projet réussi ? Celui d’un « 1er mai révolutionnaire » et du lancement d’une « vague insurrectionnelle pour faire chuter ce régime détestable » ? Nous ne le pensons pas. Les agissements du black block ont ouvert de nombreuses brèches dont s’est saisies le gouver- nement pour diviser le mouvement social, mais aussi jouer contre la mobilisation. Un constat qui nécessite de revenir sur cette pratique en manifestation et ses attendus.

Vous avez dit « black block » ?

Apparue dans les années 1980 en Allemagne, la pratique du black block consiste dans une forme d’organisation dans les manifestations, visant à passer à l’action « offensive ». Les actions spectaculaires, en particulier en France depuis quelques années, et l’anonymisation relative à travers le port de vêtements noirs et de cagoules, alimentent les fantasmes sur la composition de ses membres.

Certains y voient de simples « casseurs » qui profitent des manifestations pour se défou- ler, d’autres des provocateurs policiers agissant pour discréditer les mobilisations voire même la main de l’extrême droite. Ces différentes théories ne tiennent pas à l’examen, même si l’ano- nymat facilite évidemment l’infiltration de personnes extérieures (flics, indics et autres ennemis du mouvement). D’abord, parce qu’il s’agit de plusieurs centaines (voire milliers de personnes), d’autre part parce que les « cibles » visés sont relativement distinctes : la police, les banques, les multinationales et autres avatars du capitalisme.

Aucun doute, il s’agit, comme ceux-ci se plaisent à le dire, de « camarades qui ont choisi d’autres méthodes de lutte ». Des camarades issus de tradition politique diverses, dont le point de gravité est bien souvent la nébuleuse autonome, et qui revendiquent le recours immédiat à la violence face à celle qui s’exerce contre eux et nous. Une « violence », soit-dit en passant, à relativiser quand il s’agit de casser des vitrines ou de s’affronter aux forces de répression, face à celle qu’ont eu à subir tous les militants du mouvement. Et qui appelle à un devoir de solidarité réciproque face aux gazs, aux coups de matraques, aux tirs de flashball… sans parler des dizaines de morts tués par la police dans les quartiers populaires. En particulier dans le contexte où les chiens de garde sont de sortie.

Cependant, la solidarité face aux coups de l’Etat ne signifie pas l’absence de criti- ques face à cette pratique. On aurait même envie de dire que l’un est la condition de l’autre : le soutien aux camarades réprimés est la condition pour remettre en cause leurs pratiques quand, de l’autre côté, la demande, légitime, de soutien face à l’Etat, l’est d’autant plus quand elle s’accompagne d’une remise en cause de ses pratiques. L’accusation notam- ment de « diviser les luttes », souvent renvoyée face à la critique de tel ou tel débordement dans une manifestation, est fallacieuse.

Une chose est de livrer en pâture à nos ennemis,la police et les médias dominants notamment, des camarades de lutte. Une autre est de refuser la stratégie véhiculée par une partie du mouvement, et qui s’impose de fait dans les manifestations sans qu’elle soit le fait de la majo- rité. Refuser cette distinction, cela signifie refuser l’appartenance à un même mouvement, réfuter l’idée d’un ennemi commun et jouer in fine le jeu de la division tellement décriée. Ceci est le point de départ d’une critique de la stratégie du black block du « bon côté de la barricade ».

Sur l’utilisation de la violence révolutionnaire

« Pas de révolution sans violence » : voici bien souvent le point de départ de la justification du black block, appuyée par des références historiques, notamment à l’occasion du cinquan- tenaire de Mai 68. Est il est vrai que les grands épisodes de mobilisation ne se font pas sans leur lot d’action directe et de confrontations avec la police. Peut-on imaginer faire reculer le gouvernement, voire davantage, sans affronter les chiens de garde qui maintiennent son ordre ? L’histoire des mobilisations permet de tirer des leçons pour nos luttes : c’est bien pour cela qu’elle mérite un examen plus approfondi que ne le font bien souvent les membres du black block.

Des pavés, des bâtons, des casques, du gaz et de belles photos d’émeute : quoi de plus pour démontrer les origines soixante-huitardes du black block ? La démonstration est un peu courte. Parce qu’il n’y a, dans ces émeutes du mois de mai 1968 ni cagoules, ni k-way noirs, ni chaussures de combat, ni aucun autre avatar du black block contemporain. Ce détail a son importance : il s’agit d’une violence populaire, portée par la masse, qui s’affiche au grand jour et qui invite à la rejoindre. Une violence qui ne craint pas de se faire prendre en photo parce qu’elle compte sur un soutien politique large pour se protéger.

Une violence, enfin, modelée par les débats stratégiques de traditions politiques certes diverses mais qui ont le point commun de poser la question de son utilisation et de ses consé- quences dans le but de créer un bloc social majoritaire et de gagner. Des réflexions, des débats, et des hypothèses pour construire un rapport de forces en fonction de la situation politique qui sont indissociables de la suite qu’espèrent de nombreux militants aujourd’hui : à savoir la plus grande grève générale de l’histoire de l’Occcident en soutien à la répression des étudiants de la Sorbonne.

Et en comparaison desquelles les justifications actuelles du black block font bien pâle figure, oscillant entre des théorisations spontanéistes – l’illusion du coup d’éclat qui déclencherait presque par magie l’insurrection – et le mépris de la masse – et des partisans de l’élargissement du mouvement, distributeurs de tract et autres « massificateurs ».

Pire, les théories actuelles qui sous-tendent la constitution du black block, aussi diverses soit-elle, ont un point de départ commun : la disparition d’un sujet social révo- lutionnaire et, conséquence collatérale, du « grand soir », celui de la grève générale insur- rectionnelle. C’est-à-dire de l’appareil stratégique qui équipait, peu ou prou, l’ensemble de ceux qui levaient des barricades dans le quartier latin 50 ans auparavant. Autant dire que la comparaison tourne un peu court…

Et cette absence d’alternative stratégique a des conséquences : elle ne peut conduire qu’au scepticisme et à la démoralisation,telles que l’ont connu nombre de militants post-loi travail, ou à son exact opposé, mais pas moins complément,  l’optimisme béat dénué d’analyse de la situation. Et à ce titre, les appels qui ont circulé pour un « 1er mai révolutionnaire » sont confondants. A commencer par la journée en enfer qui estime que « la grève à la SNCF est massivement suivie » alors même que la stratégie des directions syndicales mène les chemi- nots dans le mur et que les pressions au « dialogue social » se font de plus en plus fortes, du côté de la CFDT ou même de la CGT.

Pire, le communiqué de presse du cortège de tête, ne fait lui aucune mention aux mobi- lisations en cours : ni aux cheminots, ni aux étudiants, ni à la ZAD… La seule réponse face aux provocations de la préfecture, bien réelles, semble être de généraliser les débordements, appelés à s’étendre au quartier latin après la manifestation. Une absence de perspective dont l’issue logique est la fétichisation de l’émeute, en tout temps et tout lieu, indépendamment de l’état d’esprit des secteurs en lutte et de la situation de la mobilisation. Dès lors, la violence perd de son sens politique, elle confine à la minorité, à une guerre asymétrique face à des forces de répression puissamment organisées, et fonctionne en vase à clos. Elle contribue même à se couper et à jouer contre la mobilisation.

Il est urgent de se reconnecter avec le mouvement

A ce titre, il est important de constater que les contours de la mobilisation actuelle sont bien différents de ceux de la loi travail 2016, qui avait constitué la rampe de lancement du cortège de tête et de son black block à l’échelle qu’on lui connait aujourd’hui. A l’époque, Hollande avait fait le choix de la répression tout azimut, mise en scène à travers un dispositif d’enca- drement policier des manifestations rarement égalé en France.

Une présence massive, étouffante, accompagnée de provocations et de coups qui avait eu pour effet de radicaliser des franges entières de la mobilisation et de justifier le passage à l’action contre les remparts de flics qui empêchaient l’avancement des cortèges. Macron, depuis son élection, a appris des errements de son prédécesseur. Non pas que la répression ne soit plus là – au contraire, la rafle de 200 manifestants lors de la manif du 1er mai est là pour le rappeler – mais elle est mieux organisée, mieux ciblée, et s’accompagne d’une communication en lien avec la situation particulièrement efficace. Ce qui impose parfois de mettre les forces de police en second rang, comme lors des manifestations parisiennes contre la loi travail au mois de septembre, où les flics disposés à bonne distance des cortèges avaient surpris les membres du black block qui ne savaient plus bien sur quoi « taper ».

L’opération menée par le gouvernement lors de ce 1er mai est à ce titre limpide.

Il s’agissait d’empêcher que la mobilisation et notamment la grève centrale des cheminots, puisse retrouver une dynamique politique capable de remobiliser. Or, dans cette stratégie de communication médiatique, le black block, et autres « casseurs » médiatiques, jouent un rôle central.

Il s’agissait de faire disparaître du paysage médiatique les secteurs mobilisés et tous ses éléments les plus progressistes : les cheminots organisés en dehors des cortèges syndicaux traditionnels, la présence de sections de Force Ouvrière contre l’avis de la direction dans un contexte de crise historique de l’organisation, ou encore les cortèges étudiants fournis. D’où le communiqué de la préfecture alertant sur les dangers de la présence de « groupes contestataires issus de mouvances extrémistes » en contradiction flagrante avec l’absence de dispositif de contrôle des entrées.

D’où aussi le comportement des flics, tenus à l’écart des manifestations jusqu’à leur surgisse- ment violent dans le cortège dès le premier prétexte fourni. D’où la reconstruction à postériori des faits par les autorités qui expliquent avoir été « débordés » par la violence. Des flics « victimes », en quelque sorte, de la violence des manifestants, voire de l’incompétence de leur encadrement face à la présence des « agitateurs professionnels » que Macron utilise depuis plusieurs semaines. Une opération réussie largement accompagnée par les figures politiques dominantes et quelques leaders syndicaux.

Or, force est de constater que les membres du black block ont été, même si malgré eux, lors de ce 1er mai, l’un des rouages qui a permis au gouvernement de diviser le mouve- ment social. A commencer par la réponse du cortège de tête au communiqué de la préfecture qui se complait dans le petit jeu de la provocation initiée par les autorités.

A continuer par le niveau des débordements, amplifiés par la faiblesse du dispositif policier. Un McDo saccagé, passe encore (même si on peut douter de l’utilité de ce geste pour les tra- vailleurs précaires enfermés à l’intérieur du restaurant durant l’opération). Mais à quoi bon mettre le feu aux voitures environnantes et à un logement, soit-il, supposément,  celui d’un keuf, entrainant par la même une intervention nécessaire des pompiers ? Outre la mise en danger réel des manifestants aux alentours, ces incendies ont donné le prétexte idéal à la préfecture pour enfoncer violemment la manifestation et concrétiser le plan du gouvernement.

Comment s’étonner, dès lors, que des travailleurs, qui ont parfois perdu la moitié de leur maigre salaire, consenti des sacrifices importants pour construire la mobilisation, et dont la perte du statut est pour les cheminots comme une épée de Damoclès, s’insurgent contre les « casseurs » ? Bien sûr, il est plus facile de pester contre le spectre de la « propagande policière et médiatique » qui a infiltré les cerveaux et ces travailleurs qui « se trompent d’ennemi ». Mais, outre que ce constat est tout du moins discutable, cette rhétorique conduit de fait à se mettre à l’écart du mouvement, à postuler par avance sa défaite dans la bataille médiatique. D’autant plus quand la critique est, comme ici, justifiée. Il ne s’agit pas ici par avance de refuser les actions offensives, ni même de les reporter à une hypothétique conjoncture favorable, mais de les connecter à la réalité des mobilisations en cours. De ce point de vue, les actions du black block lors de ce 1er mai ont montré toutes leurs limites.

Georges Camac mercredi 2 mai

http://www.revolutionpermanente.fr

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03 mai 2018 ~ 0 Commentaire

philippe poutou (npa)

poutou

Salut à toutes et tous

Depuis hier, il y a comme un air de panique sur les plateaux télé et radio.

Aux côtés des permanents chroniqueurs, éditorialistes, spécialistes divers, on voit se succéder la droite, l’extrême droite, ce qu’il reste du PS pour appeler à l’ordre et à la sécurité. Ils veulent plus de policiers, plus de répression, dénoncent unanimes la violence insupportable de la manif parisienne.

Comme un réflexe pavlovien, très bien conditionnés depuis longtemps, tous ces gens, plutôt du côté des privilégiés, du côté du système et du manche, englués dans le sensationnel, ils sont choqués, ils ont peur mais ils ont la prétention de nous expliquer ce qu’il faut penser, ils nous parlent sans honte de démocratie menacée. Indécence. Ils sont si aveuglés par leurs préjugés, par leur confort, qu’ils sont incapables de comprendre.

Ils ne veulent pas voir l’engrenage de la violence, celle d’un pouvoir de plus en plus offensif contre les acquis sociaux, de plus en plus répressif contre les contestations à ses politiques ultra-libérales, accompagnées de l’arrogance des ultra-riches qui se croient tout permis, s’accaparant les richesses et appauvrissant la population.

Oui il y a une guerre de classe, celle des riches contre les pauvres.

Et oui, il y a et il y aura des réactions de colère, de révolte. Et la contestation prend et prendra logiquement des formes plus radicales, avec des formes de violences.

C’est cette société capitaliste qui est insupportable, parce qu’injuste, oppressive.

Il y a trop de pauvreté, de précarité, d’inégalités sociales. La violence du chômage, de la pauvreté, de la disparition des services publics, c’est tous les jours que nous sommes des millions à la subir. Alors, c’est à nous, les gens d’en bas, de construire un mouvement de protestation large et profond pour changer le rapport de force et changer la société.

Philippe Poutou

Facebook

flics

Malgré les violences policières, la mobilisation se poursuit

Communiqué du NPA. Les manifestations du 1er Mai ont regroupé 200 000 personnes, ce qui représente une mobilisation importante, avec des cortèges denses. La manifestation parisien- ne était particulièrement massive, tandis qu’une partie des autres manifestations s’est déroulée pendant les vacances. C’est le signe d’une colère qui monte contre Macron, dans les universités, à la SNCF mais aussi dans l’ensemble du monde du travail et la jeunesse.

Face à cette mobilisation, le gouvernement poursuit sa fuite en avant répressive.

Encore lundi, mardi et ce mercredi, il a envoyé la police contre les étudiants occupant leurs universités. À Rennes, elle a attaqué le cortège étudiant. À Paris, elle a utilisé la présence des autonomes en tête de manifestation pour attaquer les cortèges jeunes et couper la manifes- tation, c’est son attitude qui a contraint les syndicats à modifier le parcours. Les étudiants ont dû faire demi-tour devant les violences policières, que ce soit par des coups de matraques ou des gazages massifs. Cette violence policière était planifiée, anticipée par le communiqué de la Préfecture de Police et par le dispositif mis en place, sans parler des provocateurs, policiers en civils mêlés aux manifestants.

Si nous ne partageons pas la politique des groupes autonomes, nous comprenons la colère grandissante d’une partie de la jeunesse, qui fait face à la violence sociale et policière dans sa vie quotidienne. C’est du gouvernement que vient la responsabilité de la confrontation actuelle, il est à l’origine de l’agression contre le monde du travail et la jeunesse. La réponse du mouvement social doit avant tout être de protéger ses cortèges, de façon unitaire entre les différentes organisations, de refuser les violences policières… et de conti- nuer la mobilisation, le 3 mai, le 5 mai et dans les semaines qui viennent, pour arrêter Macron.

Montreuil, le 2 mai 2018

https://npa2009.org/

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