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25 avril 2018 ~ 0 Commentaire

portugal 25 avril 1974 (contretemps 2)

cravos

Le 25 avril et ses suites : luttes de classe dans la révolution portugaise

C’est dans ce contexte que le MFA est créé clandestinement en mars 1974, dans une indépen- dance relative à l’égard de la haute hiérarchie militaire. Composée pour l’essentiel d’officiers subalternes et traversée par l’ensemble des courants de l’opposition antifasciste (des démo- crates libéraux à l’extrême-gauche en passant par la social-démocratie ou le PCP), c’est cette organisation qui va préparer puis exécuter avec succès l’initiative militaire du 25 avril.

A 0h25, la célèbre chanson « Grandôla, Vila Morena » est diffusée sur « Radio Renaissance » pour annoncer le lancement de l’action(6)

Vers 3 heures du matin, les locaux des principales radios sont occupés, qui permettront de diffuser une série de communiqués dans les heures qui suivent, de même que les aéroports de Lisbonne et Porto. Les quartiers généraux des régions militaires des deux grandes villes, mais aussi les ministères, les bureaux de la police (PSP) et la banque du Portugal, sont assiégés par les troupes dirigées par le MFA.

Un ultimatum est adressé à Caetano qui, réfugié dans la caserne du Carmo au centre de Lisbonne, n’accepte de se démettre qu’à 16h30, exigeant de remettre la direction du pays à un officier supérieur, qui ne faisait pas partie du MFA, afin que le pouvoir « ne tombe pas dans la rue » : Antonio de Spinola, un général démis de ses fonctions deux mois auparavant en raison de son opposition, très mesurée, aux guerres menées par le régime dans les colonies.

Néanmoins, on ne saurait réduire le 25 avril ni à un simple putsch, dans lequel certains adeptes des théories conspirationnistes virent la main de la CIA ou du groupe Bilderberg, ni même à une succession d’opérations militaires bien menées. Dès l’aube, la population portu- gaise descend spontanément dans la rue pour soutenir l’action du MFA  (offrant des œillets aux militaires), fêtant la fin de la dictature et veillant à ce que cette victoire ne leur soit pas volée, contredisant les communiqués du MFA qui l’invitaient à « garder son calme et à rentrer chez elle ».

Un capitaine du MFA, Maia de Santarem, a d’ailleurs déclaré après-coup : « Nous sommes arrivés à la conclusion qu’il fallait faire quelque chose, parce que si nous ne le faisions pas, ce serait la population qui le ferait. Nous avions le sentiment que nous étions en train de marcher vers un abîme et que cet abîme aboutirait à une guerre civile où le peuple prendrait les armes ». Même si cela ne reflète sans doute pas la gamme très variée des opinions au sein du MFA, il paraît clair que celui-ci n’avait ni prévu l’ampleur des manifestations de rue ni souhaité une telle irruption populaire.

Les militaires insurgés n’ont donc pas pu faire sans le peuple portugais, qui a d’em- blée manifesté un grand esprit d’initiative en cherchant à mettre à bas l’appareil répressif du régime, aussi détesté qu’imposant 7. Ainsi s’est affirmé un « 25 avril d’en bas »(8) les mani- festants à Lisbonne se réunissent devant la caserne de la GNR (Garde nationale républicaine) où s’était réfugié Caetano, assiègent le quartier général de la PIDE (qui tire sur la foule) et les locaux du parti unique, envahissent et mettent à sac l’immeuble de la censure, encerclent la prison de Caxias jusqu’à obtenir la libération de l’ensemble des prisonniers politiques (y com- pris de ceux que Spinola voulait maintenir enfermés en raison des attentats qu’ils avaient commis).

Presque partout dans le pays on retrouve ces mêmes scènes de liesse, traduisant l’euphorie de voir enfin la dictature tomber, mais aussi la vigilance populaire contre une tran- sition qui se contenterait de troquer un personnel dirigeant pour un autre en maintenant intacts les instruments de répression et de censure. Le peuple lisboète ne parviendra toutefois pas à éviter que Caetano s’enfuie tranquillement, escorté par les militaires du MFA dans un blindé, et laisse le pouvoir au général Spinola, sans être jugé pour ses crimes.

Celui-ci est alors le dirigeant sur lequel compte la bourgeoisie portugaise, sa trajectoire per- sonnelle rassurant tous ceux qui n’aspirent qu’à un polissage du régime et à une meilleure intégration du capital portugais au marché mondial, en somme une révolution sans révolution. Engagé volontaire aux côtés des franquistes durant la guerre civile espagnole (1936-39) puis avec les troupes nazies sur le front est au moment de la bataille de Stalingrad, loyal serviteur de l’Estado novo dans ses guerres coloniales (ce qui lui assure le soutien des sommets de la hiérarchie militaire), proche des milieux financiers portugais pour avoir fréquenté les salons de la riche famille capitaliste Champalimaud, Spinola apparaît alors à la classe dominante comme la seule solution pour maintenir le calme dans le pays.

Et c’est effectivement à limiter la combativité populaire, qui se déploie dans les jours suivant le 25 avril (en particulier lors de la manifestation du 1er mai qui réunit entre 300 000 et 500 000 personnes), que va s’employer le « général au monocle ». Non seulement Spinola va échouer, mais ses tentatives d’accroître son pouvoir pour empêcher la décolonisation et réprimer les grèves qui se multiplient aux mois de mai-juin 1974, vont aboutir à des mouvements de masse d’ampleur croissante.

Le 16 mai 1974, le 28 septembre de la même année et le 11 mars 1975, les classes dominantes subissent des défaites retentissantes qui finissent par contraindre Spinola à s’enfuir en Espagne, où il fonde une organisation d’extrême-droite se donnant pour objectif d’imposer un régime autoritaire. Le 11 mars, la tentative de putsch est repoussée par la popu- lation qui forme des piquets devant les casernes, par les soldats et l’aile gauche du MFA qui s’organisent pour repousser les attaques des putschistes et par les travailleurs qui se mettent en grève partout dans le pays, à l’appel de l’Intersyndicale (qui organise par ailleurs des manifestations très suivies dans la soirée).

Cette victoire populaire constitue un tournant dans la révolution : non seulement l’échec du spinolisme laisse la bourgeoisie sans solution politique ni perspective stratégique (au moins provisoirement), mais les travailleurs portugais prennent confiance et se politisent. D’avril 1974 à novembre 1975, les travailleurs portugais vont ainsi renouer avec les traditions combatives d’un mouvement ouvrier qui, sous la Première République (de 1910 à 1926), avait organisé pas moins de 158 grèves générales (près de 10 par an !), avant d’être brutalement réprimé après le coup d’Etat militaire de 1926.

Même si la montée d’une conscience anticapitaliste demeure très inégale d’un secteur d’activité à l’autre et d’une région à l’autre, l’auto-organisation progresse indénia- blement (9). Dès le mois de mai 1974 sont organisées des occupations de maisons ou d’appar- tements vides par des familles pauvres, avant que des commissions d’habitants (moradores) se développent dans les villes. A la campagne, en particulier dans l’Alentejo, les ouvriers agricoles s’organisent pour arracher une véritable réforme agraire. Sur les lieux de travail, grèves et occupations s’accompagnent de la formation de commissions de travailleurs. Enfin, on voit émerger en août 1975 les comités SUV (« Soldats Unis Vaincront »), qui cherchent à favoriser l’auto-organisation et la politisation des soldats.

Ces initiatives demeurent minoritaires et ne sont pas structurées nationalement, si bien qu’on ne saurait parler d’une situation de « double pouvoir » sans prendre ses désirs pour la réalité.

Auraient-elles pu constituer un embryon de pouvoir populaire ? Sans doute, si du moins elles n’avaient été affaiblies par le sectarisme de certains mouvements maoïstes (notamment le MRPP (10) qui voyait dans le PCP l’ennemi principal, qualifié de « social-fasciste »), et par l’hostilité des organisations réformistes, en particulier le PCP qui bénéficiait de loin de l’implan- tation la plus solide dans le monde du travail et dans les syndicats, n’acceptant de participer aux commissions de travailleurs que par crainte de perdre du terrain face à une extrême-gauche dont l’audience était croissante.

Reste que l’émergence et le développement des commissions de travailleurs, d’habitants et de soldats non seulement traduisent la radicalisation des mouvements de masse, en réponse aux velléités contre-révolutionnaires des classes dominantes, mais rappellent que la confrontation avec la bourgeoisie et son État ne peut s’engager favorablement que si la classe des exploités et des opprimés parvient à se doter, au cours même de la crise révolutionnaire, d’instruments unitaires et démocratiques de lutte, capables de se muer en organes d’un pouvoir alternatif à l’État capitaliste, du local au national.

« Les œillets sont coupés »les classes dominantes reprennent la main

L’hypothèque Spinola étant levée par la victoire du 11 mars, c’est en grande partie au sein du MFA, dont le prestige acquis le 25 avril reste très important tout au long de l’année 1975, que vont se nouer les contradictions sociales et politiques ayant émergé du processus révolution- naire, et que va se poser la question du pouvoir. En effet, le MFA prétend à la direction du processus et s’institutionnalise en mars à travers la création du Conseil de la Révolution.

Sous la pression des travailleurs, le Conseil des ministres décide une réforme agraire très partielle et décrète, de mars à août, une série de nationalisations dans des secteurs clés de l’économie portugaise (banques, assurances, électricité, transports, sidérur- gie, compagnies pétrolières, tabacs, cimenteries, etc.), sans que soient toutefois posées les questions décisives, du point de vue révolutionnaire, de l’indemnisation des anciens proprié- taires et du contrôle des travailleurs sur la gestion des entreprises nationalisées (12).(…)

Le putsch des 25 et 26 novembre 1975, mené par les fractions de droite et d’extrême-droite de la hiérarchie militaire et du MFA, en liaison avec le PS

Le 12 novembre, une manifestation d’ouvriers du bâtiment encercle l’Assemblée nationale, séquestre les députés durant 36 heures jusqu’à ce que ces derniers accèdent à leurs reven- dications. Le 16 novembre, une manifestation appelée par les commissions et soutenue par le FUR (Front d’unité des révolutionnaires) et le PCP, réunit 100 000 personnes à Lisbonne. La bourgeoisie comprend que seul un coup de force pourrait lui permettre de modifier le rapport de forces en sa faveur, évitant préventivement une éventuelle insurrection populaire.

Sans les atermoiements de la gauche du MFA, qui bénéficiait pourtant d’une large supériorité militaire, et sans le refus du PCP de lancer une contre-offensive ouvrière, le putsch n’aurait sans doute pas abouti ou aurait conduit à une situation de confrontation militaire et politique. Dès le 25 novembre, l’état de siège est décrété et la publication de la presse interdite, les putschistes occupent quelques points stratégiques mais ne parviennent pas à prendre la caserne de la police militaire (dominée par l’extrême-gauche). Plutôt que d’accepter le combat et de lancer leurs forces dans l’action, les leaders de la gauche du MFA se rendent au palais présidentiel pour négocier leur propre reddition. La révolution portugaise ne se relèvera pas d’un tel coup d’arrêt : la bourgeoisie reprend confiance dans ses propres forces, s’appuyant sur le PS pour assurer la normalisation et en finir avec les embryons de pouvoir populaire qui avaient émergé.

Les commissions de base (et les partis d’extrême-gauche) étaient trop faibles pour faire ce que le PCP ne voulait pas faire, à savoir résister à une offensive visant à rétablir l’autorité pleine et entière de l’État, mais trop développées pour ne pas effrayer la bourgeoisie, les partis de la gauche réformiste (PS et PCP) et la gauche du MFA, cette dernière restant attachée à la hiérarchie militaire et s’opposant frontalement à tout mouvement d’organisation des soldats.

La régression qui suivra les journées décisives de novembre 1975 sera aussi rapide que profonde. Non seulement les acquis de la révolution sont remis en cause, mais la droite revient au pouvoir dès 1979 en la personne de Sa Carneiro, qui s’était distingué avant la rév- olution par son appartenance au parti unique, ce qui lui avait valu d’être élu député sous Cae- tano. Pire, le général Spinola est réhabilité dès 1978, élevé au titre de maréchal et nommé président de la commission chargée d’organiser la commémoration officielle du 10ème anni- versaire de la révolution des œillets.

A l’opposé, celui qui dirigea la mobilisation militaire du 25 avril 1974, Otelo de Car- valho, fut condamné en 1987 à 15 ans de prison pour sa participation supposée à une orga- nisation clandestine armée (les Forces populaires du 25 avril). Les destins croisés de ces deux personnages marquants de la Révolution portugaise suffisent à illustrer l’ampleur de la réaction thermidorienne qui succéda au putsch du 26 novembre 1975. (Résumé)

Ugo Palheta 25 avril 2014

https://www.contretemps.eu/

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24 avril 2018 ~ 0 Commentaire

île longue (le télégramme)

nukleaire

Nucléaire. « Briser l’invisibilité des victimes »

L’association des Irradiés de l’Île Longue, avec l’Université de Bretagne occidentale de Brest et la fondation Henri Pézerat, lance une étude labellisée pour connaître les impacts des rayons ioniques sur les salariés de l’île. La première en la matière.

Environ 150 anciens salariés, qui ont travaillé en pyrotechnie de 1973 à 1996, seront consultés en entretien individuel et collectif sur la base du volontariat. « Si on veut être rigoureux, il faut une délimitation », estime Jorge Munoz, directeur de conférence à l’UBO.

La période s’arrête en 1996 parce que c’est la date des premiers dispositifs de sécurité individuelle mis en place, comme le dosimètre (instrument de mesure de radioactivité). Le panel d’environ 150 personnes a été recensé au préalable par l’association des Irradiés de l’Île Longue, essentiellement grâce au bouche-à-oreille.

« Il faut ajouter les données, quand elles sont exploitables, de 45 personnes décédées, qui ont aussi travaillé à cette période », complète Annie Thiébaud-Mony, directrice de recherche du Groupement d’intérêt scientifique sur les cancers professionnels (Giscop). Les données seront collectées du mois de mai au mois d’octobre.

Un meilleur suivi post-professionnel

Cette étude doit d’abord permettre de recouper des informations précises et les impacts des rayons ioniques sur la santé des travailleurs exposés. « On sait que ça implique des leucémies, des cancers, des problèmes cardio-vasculaires, des atteintes aux systèmes immunitaires et reproductifs, livre Annie Thiébaud-Mony. Mais une étude permettra de systématiser ces impacts pour la première fois. C’est surtout le moyen de briser l’invisibilité des victimes ».

En outre, l’étude devra servir de base pour améliorer le suivi post-professionnel ionique. « Les anciens salariés ne savent pas tous qu’ils peuvent bénéficier de ce système. Et ceux qui le savent doivent presque supplier pour en bénéficier », regrette Jorge Munoz.

Le dispositif est un droit, mais, pour Annie Thiébaud-Mony, « il devrait être organisé et collectif, comme cela peut se faire pour les travailleurs qui ont été confrontés à l’amiante ».

Les premiers résultats chiffrés sont attendus au mois de décembre.

http://www.letelegramme.fr/

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23 avril 2018 ~ 0 Commentaire

carhaix salah hamouri (ouest france)

salalh

Un prisonnier politique bientôt citoyen d’honneur de Carhaix ?

Jean-Pierre Jeudy a évoqué, lors du rassemblement pour la Palestine, samedi 21 avril à Carhaix, la volonté de la Ville d’octroyer un titre honorifique à l’avocat franco-palestinien, Salah Hamouri.

Samedi 21 avril, lors d’un rassemblement pour la Palestine à Carhaix (Finistère) auquel cent personnes ont participé, a été évoquée la volonté de la Ville d’octroyer un titre honorifique à l’avocat franco-palestinien, Salah Hamouri. Comme une impression de prêcher pour des convaincus. Mais parce qu’ils «ne peuvent pas renoncer», sans quoi la situation serait «pire », ils persévèrent.

Quatorze organisations politiques, syndicales et associatives ont appelé, samedi 21 avril, à Carhaix (Finistère), à un nouveau rassemblement pour la Palestine au-dessus duquel les ombres de ses prisonniers politiques n’ont cessé de planer.

Chaque représentant a tenu une allocution, brève et consensuelle, place des Droits-de-l’Hom- me. Tout un symbole pour la centaine de personnes venue réclamer « justice » pour le peuple palestinien, dont « chaque jour » les « droits fondamentaux sont bafoués », martèle Jean-Pierre Jeudy, président de l’antenne Centre-Bretagne de l’association France-Palestine Solidarité (AFPS).

Un prisonnier bientôt citoyen d’honneur de Carhaix ?

Le symbole, c’est bien ce qui caractérise ce rendez-vous devenu hebdomadaire auquel la municipalité de Carhaix s’est associée. En témoigne la présence de plusieurs édiles, dont le maire, Christian Troadec. Plus qu’une présence, il a été révélé leur intention de proposer au conseil municipal du 24 avril d’octroyer à l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, emprison- né « pour des raisons que l’on ignore », le titre de citoyen d’honneur de la Ville de Carhaix.

Un « geste fort » applaudi par tous. « On s’est battu à juste titre pour la libération de Loup Bureau en Turquie. On doit faire de même pour Salah Hamouri », appelle Jean-Pierre Jeudy, selon qui le droit international « n’est pas à géométrie variable ».

Renforcer le moral

Des initiatives symboliques à leur petite échelle, certes, mais « qui font tache d’huile », assure Claude Léostic, membre de l’AFPS. Et s’ils se réunissent pour que « le gouvernement fran- çais prenne enfin la mesure de notre colère et entende nos revendications », l’utilité est aussi pour eux. Il s’agit d’un moment galvanisant pour « garder le moral » et « renforcer notre cohésion ». Malgré « la répression du gouvernement israélien, conclut la membre de l’AFPS, avant d’entamer une marche, les Palestiniens ne fléchiront pas ». Et eux non plus.

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20 avril 2018 ~ 0 Commentaire

anti-impérialisme (anti-k)

anti-imper

Le Maroc à la France, l’Egypte aux anglais

L’anti-impérialisme des imbéciles

Une fois encore le « mouvement anti-guerre » occidental se réveille afin de se mobiliser autour de la Syrie. C’est la troisième fois depuis 2011. La première mobilisation a eu lieu au moment où Obama envisageait de frapper les capacités militaires du régime (pour ne finalement rien faire) à la suite de l’attaque chimique de la Ghouta en 2013, considérée alors comme un franchissement de ligne rouge. La seconde s’est développée suite à la frappe ordonnée par Donald Trump sur une base militaire vide en réponse à l’attaque chimique de Khan Sheikhoun en 2017. Enfin, une troisième mobilisation émerge aujourd’hui alors que les États-Unis, l’Angleterre et la France mènent des actions militaires de faible envergure (frappes ciblant les équipements d’armes chimiques) suite à l’attaque chimique à Douma responsable au minimum de la mort de 34 personnes dont des enfants cherchant refuge dans les sous-sols.

Cette gauche affiche de profondes tendances autoritaires, notamment en plaçant les États eux-mêmes au centre de l’analyse politique.

Peu importe qu’il s’agisse de dictatures, la solidarité s’exprime ainsi en faveur d’États (perçus alors comme les acteurs principaux des luttes de libération) plutôt qu’envers les groupes opprimés d’une société donnée. Aveugle à la guerre sociale se jouant au sein de la Syrie elle-même, ce type de vision considère le peuple syrien, quand il est pris en compte, comme un pion négligeable dans une partie d’échec géopolitique.

Cette gauche répète ainsi « Assad est le dirigeant légitime d’un pays souverain » comme un mantra. Assad a pourtant hérité du pouvoir par son père et n’a jamais mené ni gagné d’élection libre et équitable. Face à des rebelles et des civils nées en Syrie, son «armée arabe syrienne» n’a pu regagner les territoires perdus qu’avec le soutien d’un ramassis de mercenaires extra-syriens appuyés par des bombes étrangères.

Combien parmi les sympathisants de cette gauche là, continueraient à considérer comme légitime leur gouvernement élu si celui-ci commençait à mettre en place des campagnes de viols de masse contre ses opposants ? Seule une déshumanisation complète des syriens peut rendre possible une telle position. Considérer les Syriens comme incapables d’obtenir et de mériter mieux qu’une des plus brutales dictatures de notre temps relève clairement du racisme. On remarque tout d’abord que ces trois mobilisations de la gauche occidentale « anti-guerre » n’ont que très peu à voir avec une volonté d’en finir avec la guerre.

Plus d’un demi million de Syriens ont été tués depuis 2011. L’immense majorité des victimes civiles provient de l’usage d’armes conventionnelles. 94 % de ces victimes furent tuées par l’alliance Syrie-Iran-Russie. Il n’y a pas une once d’indignation ou d’inquiétude feinte à propos de cette guerre elle-même qui a éclaté après la répression par le régime de manifestants pacifiques et pro-démocratie. Aucune indignation lorsque des barils d’explosifs, des bombes chimiques ou du napalm sont envoyés sur des communautés auto-organisées démocratiquement, des hôpitaux et des secouristes. Les civils sont mortels, pas les infrastructures militaires d’un régime fasciste génocidaire.

En vérité, le slogan « Pas touche à la Syrie » (Hands off Syria) signifie « Pas touche à Assad » et s’accompagne souvent d’un soutien à l’intervention militaire russe.

Cette orientation était flagrante à la manifestation de la coalition Stop the war UK du 13 avril 2018 où des drapeaux russes et syriens s’affichaient honteusement. Pour cette gauche autoritaire, le soutien à Assad se manifeste au nom de l’anti-impérialisme. Assad est perçu comme appartenant à l’«axe de la résistance» face à l’empire américain et au sionisme. Le fait que son régime ait soutenu la première guerre du Golfe semble ne pas compter, ni le fait qu’il ait participé au programme illégal d’extradition des États-Unis où des terroristes présumés ont été torturés pour le compte de la CIA. Le fait que le régime ait probablement massacré plus de palestiniens que l’État israélien est constamment négligé de même que le fait qu’il préfère user de sa force de frappe pour éliminer l’opposition interne plutôt que pour libérer le Golan occupé par Israël.

Cet «anti-impérialisme» des imbéciles est celui pour qui l’«impérialisme» équivaut uniquement à l’action des États-Unis. Ces derniers bombardent pourtant la Syrie depuis 2014. Lors de la campagne américaine visant à libérer Raqqa de l’emprise de Daesh, toutes les normes internationales de la guerre et les considérations de proportionnalité ont été bafouées. Plus de 1000 civils ont été tués et selon une estimation de l’ONU, 80 % de la ville se trouve maintenant inhabitable. Il n’y a eu aucune protestation organisée par le mouvement «anti-guerre» contre cette intervention, pas d’appels pour s’assurer que les civils et infrastructures civiles seraient protégés.

Cet anti-impérialisme là a préféré adopter le discours de la guerre au terrorisme autrefois promu par les néoconservateurs et repris maintenant par le régime qui qualifie de djihadiste et terroriste toute opposition à Assad. Il a fermé les yeux sur le fait qu’Assad envoyait dans ses goulags des milliers de manifestants laïques, pacifiques et pro-démocratie afin de les torturer à mort tandis qu’il sortait les militants islamistes de prison. De même, les manifestations qui se poursuivaient dans les zones libérées contre les groupes extrémistes et autoritaires tels que Daesh, al-Nosra et Ahrar al-Sham ont été ignorées. Les Syriens sont vus comme incapables d’adopter un large éventail de points de vue variés. Activistes de la société civile (dont des femmes incroyables), journalistes citoyens et travailleurs humanitaires sont insignifiants. Toute l’opposition est réduite à ses éléments les plus autoritaires ou perçue comme une émanation d’intérêts étrangers.

Cette gauche pro-fasciste semble aveugle à toute forme d’impérialisme qui ne serait pas d’origine occidentale.

Cela relève d’une combinaison de politique de l’identité et d’égoïsme. Tout événement est vu via un prisme occidental: seuls les mâles blancs ont le pouvoir d’écrire l’Histoire. Selon le Pentagone, il y a actuellement 2000 soldats américains en Syrie. Les États-Unis ont installé de nombreuses bases militaires dans les zones sous contrôle kurde du nord de la Syrie pour la première fois dans l’histoire du pays. Cette présence américaine devrait préoccuper quiconque se soucie de l’autodétermination du peuple syrien mais fait pâle figure au regard des dizaines de milliers de soldats iraniens et de milices chiites soutenues par l’Iran qui occupent le reste du pays ou des bombardements meurtriers de l’aviation russe en soutien à la dictature fasciste.

La Russie dispose dorénavant de bases permanentes dans le pays et a obtenu un droit exclusif sur les hydrocarbures syriens en échange de son soutien. Noam Chomsky a affirmé qu’on ne pouvait pas qualifier l’intervention russe d’impérialiste dans la mesure où elle répondrait à l’invitation du régime. Selon cette analyse, l’intervention américaine au Vietnam n’était donc pas non plus impérialiste puisque sollicitée par le gouvernement sud-vietnamien.

De nombreuses organisations anti-guerre ont justifié leur silence vis-à-vis des interventions russes et iraniennes en affirmant que « l’ennemi principal est à la maison ».

Cela les dispense d’effectuer une analyse sérieuse des rapports de force afin de déterminer les acteurs principaux engagés dans cette guerre. Pour les syriens, l’ennemi principal est effectivement à la maison. Assad mène ce que l’ONU a qualifié de « guerre d’extermination ». Sans avoir conscience de leurs propres contradictions, plusieurs de ces voix anti-impérialistes se sont exprimées à juste titre contre la répression israélienne lors de la marche pacifique à Gaza. Une des caractéristiques du fonctionnement de l’impérialisme consiste bien sûr à nier les voix indigènes. Dans la même veine, les organisations de la gauche anti-guerre tiennent des conférences sur la Syrie sans inviter d’orateurs syriens.

L’extrême-droite forme l’autre courant politique majeur faisant bloc derrière le régime d’Assad et dénonçant les frappes états-uniennes, britanniques et françaises en Syrie.

Aujourd’hui, les discours fascistes et ceux de cette gauche anti-impérialiste sont impossibles à distinguer. Aux États Unis, le suprémaciste blanc Richard Spencer, le podcaster d’extrême-droite Mike Enoch ainsi que la militante anti-immigration Ann Coulter s’opposent tous aux frappes. En Angleterre, l’ancien leader du BNP Nick Griffin et l’islamophobe Katie Hopkins se sont joints à l’appel. L’alt-right et l’alt-left convergent en relayant et en faisant la promotion de diverses théories conspirationnistes visant à absoudre le régime syrien de ses responsabilités.

Les militants de ces courants présentent les attaques chimiques comme des opérations sous faux drapeau et les travailleurs humanitaires comme des membres d’Al Qaeda, faisant d’eux des cibles légitimes des attaques. Ceux qui diffusent de telles informations ne sont pas sur place et s’avèrent incapables de vérifier indépendamment leurs allégations.

Ils dépendent en dernière instance souvent de la propagande d’État russe et syrienne parce qu’ils ne «croient pas les médias mainstream» ou les syriens directement concernés. Parfois la convergence entre ces bords apparemment opposés tourne carrément à la collaboration. La coalition ANSWER qui a organisé la plupart des manifestations contre les frappes anti-Assad aux États-unis constitue un bon exemple. Ces deux courants véhiculent fréquemment un récit antisémite ou islamophobe. Ils partagent les mêmes arguments et la même imagerie.

Il existe de nombreuses raisons valides pour s’opposer à une intervention militaire étrangère en Syrie qu’elle soit américaine, russe ou turque. Ni les États-Unis, la Russie ou la Turquie agissent dans l’intérêt du peuple syrien, de la démocratie et des droits humains. Ils n’opèrent que pour leur propre compte. L’intervention actuelle menée par les États-Unis, l’Angleterre et la France a peu à voir avec une volonté de protéger la population d’atrocités mais plus avec l’imposition de la norme du droit international rendant l’usage des armes chimiques inacceptable, de peur que celles-ci soient un jour utilisées sur les occidentaux eux-mêmes.(…)

Une chose est certaine, les frappes visant les infrastructures militaires et les centres de productions d’arme chimiques susceptibles d’offrir quelque répit aux syriens face à la mort quotidienne ne m’empêcheront pas de dormir. Et il ne sera plus jamais possible de considérer des gens qui préfèrent les grands discours aux réalités vécues, défendent des régimes brutaux dans des pays lointains, véhiculent racisme, théories du complot et négation d’atrocités comme des alliés.

Traduit de l’anglais par VLSB 35. Paru initialement sur Leila’s Blog le 14/04/2018

La Gauche Anti-capitaliste, 2018-04-19

https://www.anti-k.org/

Source

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18 avril 2018 ~ 0 Commentaire

louis aminot (l’humanité)

aminot

Disparition. Louis Aminot, une vie de révolte et d’engagement

Ce grand pacifiste a oeuvré pour le désarmement mondial. Ami du résistant Maurice Kriegel-Valrimont, l’ancien élu communiste de Brest devenu « reconstructeur », puis militant d’Ensemble !, est décédé à l’âge de 76 ans.

Après une vie de révolte et d’engagement, Louis Aminot est décédé dans la nuit de dimanche à lundi à l’âge de 76 ans.

Né le 7 novembre 1941 à Octeville (Manche), fils d’un père marin, Louis Aminot perd sa mère très tôt. Il reçoit une éducation « à la dure », quasi militaire. Dans ce cadre, il fréquente aussi bien le catéchisme que le patronage laïque et obtient un diplôme technique d’électroméca- nicien, comme le relate Claude Pennetier dans sa notice du Maitron.

Apprenti à l’arsenal de Brest (Finistère) à 14 ans, le jeune révolté, qui s’identifie à James Dean, adhère à 15 ans aux Jeunesses communistes (JC).

Devenu ouvrier après son service militaire dans la marine, il se syndique et rejoint le PCF. En 1964, il prend la responsabilité de ­secrétaire départemental des JC et est élu au bureau de la fédération PCF du ­Finistère. En 1968, il suit « l’école centrale de quatre mois », la formation destinée aux futurs « cadres » nationaux du PCF. S’inscrivant dans les pas du dirigeant communiste breton Louis Le Roux, il devient secrétaire départemental du PCF en 1974 et est élu au conseil municipal de Brest. Ce parcours militant au sein des instances du PCF se poursuit. Jusqu’à la rupture politique, en 1985.

Animateur du courant « reconstructeur » au sein des refondateurs  puis de l’Association des communistes unitaires, il s’installe en région parisienne. Ami du grand résistant Maurice Kriegel-Val­rimont, il prend part aux débats mémoriels sur la Résistance. Militant pacifiste, il soutient activement les emplois « défense » dans le pays de Brest.

Membre d’Ensemble !, il participe au Front de Gauche et collabore à Politis. « Il aura gardé au cœur l’idée de communisme jusqu’au bout », souligne Jean-Paul Cam, de la section du PCF du pays de Brest. En 2008, Louis Aminot est revenu sur ce parcours de révolte dans Zef ou l’Enfance infinie, paru chez Syllepse. Ses obsèques auront lieu le vendredi 20 avril à Brest à 17 heures, au Funérarium du Vern, après une cérémonie civile à la mairie. L’Humanité présente ses condoléances à sa famille et à ses proches.

Pierre Chaillan Mercredi, 18 Avril, 2018

https://www.humanite.fr

Je viens d’apprendre le décès de Louis qui était un ami et j’en suis bouleversé. Louis était un militant quels qu’aient été ses choix et personne ne peut l’oublier. En tous cas pas moi…
Je garderai toujours son souvenir et cela ne pourra qu’encourager notre combat commun qu’il faut continuer et qu’il n’a jamais caché .Salut Louis, on continue!
Alain Krivine 

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17 avril 2018 ~ 0 Commentaire

macron en syrie (regards)

marcron

Guerre en Syrie : « Macron fait endosser à la France un rôle de supplétif de Trump »

Le président Macron a décidé seul d’intervenir en Syrie aux côtés des britanniques et des américains, sans débat au Parlement, prévu dans trois jours. Il fallait aller vite ?

La justification par l’urgence est évidemment un prétexte. Cela fait plus de 7 ans maintenant que les Syriens se sont soulevés contre le tyran Assad, et l’on ne compte plus, depuis lors, les attaques massives, qu’elles soient chimiques ou non, contre la population, qu’elles viennent du régime ou de ses soutiens iranien et russe.

On peut même souligner ici l’effet pervers des fameuses « lignes rouges » au sujet des armes chimiques : cela signifie en effet que si les massacres ne sont pas commis avec des armes chimiques, ils sont tolérables et ne nécessitent pas de réaction. En réalité, Macron se situe dans la grande tradition de la 5è République, où la guerre est l’affaire du seul chef de l’État et de ses conseillers non élus, et où le Parlement ne joue, sauf rare exception, qu’un rôle de chambre d’enregistrement des décisions de l’Élysée.

C’est bien évidemment un déni de démocratie, qui pose la question des institutions elles- mêmes : le fait qu’il n’y ait aucune forme de contrôle sur des décisions de cet ordre en dit long sur le caractère antidémocratique de ce régime.

La France n’avait-elle d’autre choix que de suivre les Etats-Unis ?

En se coalisant avec la Grande-Bretagne et les États-Unis, Macron fait endosser à la France un rôle de supplétif de Trump. Je ne suis pas de ceux qui se préoccupent de « l’image de la France », mais en faisant ce choix il est évident que Macron se lance dans une étrange aven- ture. Lorsque l’on a conscience des velléités guerrières de Trump et de sa capacité à agir sur des impulsions, indépendamment des conséquences que ses actions pourraient avoir, on se dit que Macron s’est embarqué dans un drôle de navire.

Le président Macron justifie son intervention après l’attaque chimique de civils. Les civils sont tués à Gaza, au Yémen, des Kurdes sont aussi victimes de la guerre, pourquoi la France n’intervient-elle pas dans ces territoires ?

Ce qui est en jeu n’est pas le sort de la population syrienne, dont le gouvernement français et ses complices Trump et May se soucient comme d’une guigne. Leur indifférence à l’égard du sort des Kurdes, des Palestiniens ou des Yéménites confirme que le critère n’est pas l’assis- tance à des peuples en danger.

On parle ici de jeux d’alliances et d’influence : Israël et l’Arabie saoudite peuvent massacrer tranquillement, puisque ce sont « nos » alliés, avec lesquels on coopère dans le domaine militaire, quand on ne leur vend pas directement des armes ; en Syrie en revanche, ceux qui ont la main sont l’Iran et la Russie, et il fallait leur signifier, ainsi qu’à Bachar al-Assad, que les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne refusaient d’être considérées comme hors-jeu.

Quelles pourraient être les prochaines étapes ?

Il est difficile à ce stade d’échafauder des scénarios pour la suite. Trump, May et Macron pré- tendent qu’il s’agissait d’une opération ponctuelle, et leurs déclarations légitimant leurs bom- bardements sont plutôt mesurées : Le Drian évoque un nécessaire « plan de sortie de crise […] avec une solution politique », May affirme « [qu’]il ne s’agissait pas d’interférer dans une guerre civile, [ni] de changer de régime », etc.

La Russie proteste, tout en précisant que ses positions et « zones de responsabilité » n’ont pas été visées. Cela confirme que nous n’en sommes pas au stade d’une escalade militaire de grande ampleur, même si des mesures de rétorsion, qu’elles soient diplomatiques ou écono-miques, sont à prévoir, qui viendraient s’ajouter à celles qui existent déjà : la crise couve en effet depuis un long moment entre, d’une part, la Russie et, d’autre part, les pays occidentaux. Une chose est toutefois certaine : les bombardements de la nuit dernière ajoutent de la guerre à la guerre, et il est plus qu’inquiétant de constater que certains prétendent encore, après les désastreuses expériences de l’Afghanistan, de l’Irak et de la Libye, que l’on peut apporter la paix et la démocratie à coups de bombes.

Une sortie de crise est-elle possible et avec quels interlocuteurs ?

Ce qui est certain, c’est qu’il ne peut y avoir de sortie de crise en Syrie sans une désescalade militaire, qui implique en premier lieu la fin de l’ensemble des interventions militaires étran- gères, y compris celles de la Russie et de l’Iran sans lesquelles Assad aurait depuis longtemps été renversé. Si le régime syrien est aujourd’hui en position de force, c’est grâce à ce soutien inconditionnel, et c’est précisément cela qui gêne Trump, May et Macron, qui se sentent hors- jeu quant à l’hypothétique « sortie de crise ». Pour revenir dans le jeu, ils ont même accepté la condition selon laquelle Assad serait un interlocuteur légitime pour la « sortie de crise ». Une condition inacceptable pour des centaines de milliers, voire des millions de Syriens ! Comment peut-on en effet imaginer une transition en Syrie en y associant le principal responsable de la boucherie ?

Les forces d’opposition démocratique syriennes doivent être davantage soutenues par la communauté internationale ?

Les forces d’opposition démocratique syriennes ont été laminées, mais cela ne signifie pas pour autant que les aspirations démocratiques ont disparu : durant les rares périodes de  « calme » au cours des dernières années, on a ainsi vu de nouvelles manifestations s’orga- niser. L’urgence est aujourd’hui d’imposer un véritable cessez-le-feu, y compris au moyen de sanctions contre les principaux belligérants, et non de chercher des arrangements qui se feront toujours sur le dos des populations. C’est une condition nécessaire pour envisager un meilleur avenir pour la Syrie qui, comme l’ont prouvé les nombreuses expériences auto- gestionnaires qui se sont développées depuis 2011, et comme le montre, malgré ses limites, le processus au Rojava, n’est pas condamnée à la fausse alternative entre régime dictatorial et intégrisme islamique.

Des frappes américaines, françaises et britanniques ont eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi pour détruire plusieurs sites stratégiques syriens dont un centre de recherche soup- çonnés d’héberger le programme chimique du régime de Bachar al-Assad. Pour y voir plus clair, Julien Salingue, (Membre du NPA) chercheur en science politique, a répondu aux questions de Regards.

Julien Salingue  16/04/2018

https://www.gaucheanticapitaliste.org/

 

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15 avril 2018 ~ 0 Commentaire

édito syrie (npa)

npa 29 vertic

Avec le peuple syrien, contre les bombardements et toutes les interventions impérialistes

Une fois de plus, les gouvernements des USA, de la Grande-Bretagne et de la France se sont arrogé le droit de bombarder au Moyen-Orient. À la suite de Trump ils ont annoncé dans la nuit du 13 au 14 avril le lancement de dizaines de missiles sur des objectifs militaires du gouver- nement syrien, suite à des témoignages relatant une nouvelle attaque chimique du régime Assad contre la population de la ville de Douma près de Damas.

Ils affirment vouloir en rester là avec cet avertissement, le gouvernement russe dit qu’il ne restera pas sans réactions, tous prétendent agir pour la paix et contre le terrorisme. Mais c’est un triste jeu qui se déroule entre les puissances mondiales et régionales en Syrie entre les États-Unis, la France, la Russie, l’Arabie Saoudite, l’Iran et la Turquie : un jeu cynique qui se fait sans et contre la population, dont le sort tragique n’émeut que lorsqu’il s’agit d’enclencher les grandes manœuvres diplomatiques et géostratégiques.

Depuis mars 2011 et le soulèvement démocratique contre le tyran Bachar al-Assad, la population syrienne subit en effet une répression féroce et sanglante du dictateur et de ses alliés, au premier rang desquels la Russie de Poutine et l’Iran des mollahs.

Les difficultés rencontrées par le soulèvement, la militarisation imposée par le régime et les ingérences intéressées des monarchies du Golfe, ont en outre favorisé le développement de forces intégristes et djihadistes, tandis que les forces démocratiques étaient bien seules face à Assad et aux courants contre-révolutionnaires.

Nous appelons à rejeter la sordide campagne visant à faire douter de la énième attaque chimique criminelle du régime sur des civils, hommes, femmes et en- fants à Douma, attestée par tant d’informations venant de citoyens et services médicaux sur place.

Mais nous condamnons sans aucune ambiguïté la nouvelle aventure militaire dirigée par Trump en Syrie, et la participation française à cette campagne de bombardements qui veut donner l’illusion que le peuple syrien va être maintenant mieux protégé. Cela ne peut en fait qu’ajouter de la guerre à la guerre, et du chaos au chaos : victimes civiles, rappel d’un passé colonial honni, renforcement de la posture d’Assad comme « rempart » face à l’impérialisme occidental.

La fin de la tragédie syrienne passe au contraire par une désescalade militaire, qui implique la fin de toute intervention étrangère, y compris russe et iranienne, l’arrêt des ventes d’armes aux dictatures de la région, dont la France est l’un des principaux fournisseurs en engins de morts, et la clarté sur la mise à l’écart, dans tout scénario d’avenir, d’Assad et des dirigeants du régime syrien.

Nous continuerons à soutenir les résistances syrienne et kurde contre tous leurs oppresseurs.

Montreuil, le 14 avril 2018

https://npa2009.org/

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01 avril 2018 ~ 0 Commentaire

gaza (npa + l’encontre.ch)

npa 29 vertic

Solidarité avec les PalestinienEs face aux crimes de l’État d’Israël !

Ce vendredi, des dizaines de milliers de PalestinienEs ont manifesté lors de la marche du Retour, à l’occasion de la journée de la Terre, célébrée chaque année le 30 mars. Dans l’ensemble des territoires palestiniens, et en premier lieu dans la bande de Gaza, les mani- festantEs ont été pris pour cible par l’armée israélienne : on dénombre, selon le ministère de la Santé, pas moins de 15 morts et 1200 blesséEs.

Ces crimes confirment que l’État d’Israël ne tolère aucune remise en question de sa politique coloniale et que les PalestinienEs qui osent lutter pour leurs droits peuvent à tout moment être tués de sang froid par une armée coutumière des crimes de guerre.

Les PalestinienEs ont des droits, et ont toute légitimité à se mobiliser pour les défendre : le NPA rappelle son soutien inconditionnel aux droits nationaux et démocratiques des Pales-tinienEs, à leur droit à l’autodétermination et au droit au retour pour les réfugiéEs.

Le NPA s’indigne de ce nouvel épisode de répression sanglante et des crimes commis à Gaza, ainsi que du silence complice du gouvernement Macron-Philippe.

Et nous n’oublions pas qu’alors que les PalestinienEs subissent chaque jour les exactions de l’État d’Israël, Netanyahou a été reçu à deux reprises par Macron en moins d’un an.

Blocus de Gaza, colonisation de la Cisjordanie et de Jérusalem, discriminations contre les PalestinienEs d’Israël, détentions arbitraires, assassinats : l’impunité doit cesser !

Le NPA rappelle son attachement à la campagne Boycott-Désinvestissement-Sanctions (BDS) et continuera de s’y investir : tant que l’État d’Israël ne respectera pas le droit international, il doit être sanctionné et rendu comptable de ses crimes.

Montreuil, le 30 mars 2018

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Gaza. L’armée israélienne ouvre le feu contre la « Marche du Grand Retour » (Al’encontre.ch)

Gaza. «Cela s’appelle un massacre (Al’encontre.ch)

Note:

Rassemblement de protestation

Dimanche 1er avril 2018  15h,
Place de la République, Paris.

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31 mars 2018 ~ 0 Commentaire

lorient kurdes (le télégramme + rp)

afin

Lorient. 700 manifestants en soutien aux Kurdes de Syrie

700 personnes ont manifesté à Lorient samedi 31 mars pour soutenir les Kurdes d’Afrin, en Syrie.

La cause kurde mobilise en Bretagne. Environ 700 personnes (1.000 selon les organisateurs) ont manifesté samedi 31 mars à Lorient.

Une action régionale

Dans l’après-midi les manifestants ont arpenté les rues de la ville, de la place de l’Ysère jusqu’à la place Aristide-Briand, à l’appel d’un collectif d’une vingtaine d’associations, de syndicats et de partis politiques. Cette action régionale et unitaire était destinée à sensibiliser l’opinion publique et briser le « silence complice de la communauté internationale, de l’Union européenne et de la France concernant l’occupation de la ville d’Afrin par l’armée turque dans le nord-ouest de la Syrie ».

31 mars 2018 Katell Brélivet

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Lire aussi:
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29 mars 2018 ~ 0 Commentaire

crif (npa + médiapart)

npa 29 vertic

Expulsion de Jean-Luc Mélenchon et de la FI de la « marche blanche » : la faute aux ignobles amalgames du CRIF

Jean-Luc Mélenchon et les autres députéEs de La France insoumise qui avaient décidé de participer à la « marche blanche », en hommage à Mireille Knoll et contre l’antisémitisme, ont été contraints, sous la pression et les injures, de quitter la marche.

S’il semble avéré que ce sont des membres de la Ligue de Défense Juive (interdite en Israël! note du blog) qui ont organisé l’incident, le CRIF et son président Francis Kalifat portent une lourde part de responsabilité .

A diverses reprises, Kalifat a en effet déclaré que Jean-Luc Mélenchon et la FI ne seraient « pas les bienvenus » dans la manifestation. Pour quelle raison ? Parce que « l’extrême gauche » entretiendrait « la haine d’Israël » et « la haine des Juifs ». Dans un odieux parallèle, le président du CRIF en conclut : « Ni France insoumise, ni Front national ».

Ces amalgames sont scandaleux à double titre

Ils assimilent la légitime critique d’Israël à de l’antisémitisme ; ils tirent un trait d’égalité entre « extrême gauche » et « extrême droite », en d’autres termes entre des héritiers de la Résistance et des héritiers de la Collaboration.

Nous savons que le CRIF ne représente pas les Juifs de France. Le fils de Mireille Knoll a lui-même désavoué Francis Kalifat. Mais nous savons aussi que le CRIF n’a pas le monopole de ces amalgames : en juillet dernier, lors de la commémoration de la rafle du Vél’d’hiv, Emma- nuel Macron déclarait ainsi que l’antisionisme était « la forme réinventée de l’antisémitisme ».

La nécessaire lutte contre le poison de l’antisémitisme ne saurait s’accommoder de tels amalgames, qui la desservent profondément. Elle ne saurait en outre être confisquée par des courants qui l’instrumentalisent pour la détourner vers un soutien à l’État d’Israël.

Le NPA condamne l’expulsion de Jean-Luc Mélenchon et de la FI de la « marche blanche », ainsi que les prises de position du CRIF et de son président, qui ont légitimé a priori cette expulsion.

Le NPA tient à réaffirmer la nécessité de lutter implacablement contre l’antisémitisme et toutes les formes de racisme, d’où qu’elles viennent.

Le NPA dénonce l’odieux chantage à l’antisémitisme exercé par les inconditionnels de l’État d’Israël : notre antiracisme ne se divise pas, il est international, et internationaliste.

NPA Montreuil, le 28 mars 2018

http://www.anti-k.org/

Lire aussi:

Antisémitisme: démêler objectif et subjectif (Médiapart)

Assassinat de Mireille Knoll (NPA)

Mireille Knoll : un meurtre abject, sur fond d’antisémitisme ordinaire (Alternativr Libertaire)

Qui est derrière la LDJ, accusée d’avoir bousculé Jean-Luc Mélenchon et protégé Marine Le Pen (Le Huffington Post)

Marche blanche : la LDJ sort Mélenchon et escorte Le Pen (Politis)

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