Archive | Antimilitarisme

07 avril 2020 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

npa 29 vertic

Réagir maintenant à la catastrophe qui vient

Il est de plus en plus clair que ce gouvernement, comme ceux qui l’ont précédé, porte une lourde responsabilité dans la gestion calamiteuse de la crise sanitaire. Obnubilé par le maintien des profits et la remise en cause de nos acquis sociaux, c’est avec presqu’un mois de retard qu’il commence à prendre de timides mesures pour faire face au virus.

Le revirement du pouvoir ces derniers jours concernant le port de masques - dont la production et l’approvisionnement ont été catastrophiques - illustre cet «amateurisme» aux effets dramatiques.

Confinez-vous, travaillez, consommez…

Voilà le message contradictoire envoyé par le gouvernement depuis le début. Le confinement, réponse d’un pouvoir qui n’a pas anticipé l’ampleur et la dangerosité du virus, est une nécessité pour éviter des centaines de milliers de morts.

Un dépistage précoce et massif et des moyens suffisants pour l’hôpital auraient certainement pu éviter d’enfermer des dizaines de millions de personnes, aggravant de façon dramatique les inégalités sociales.

Ils ont «mis à l’abri» enfants, personnes âgées, encadrement, professions intellectuelles… Mais pour des millions de travailleurs/ses, activités essentielles ou non, il faut aller bosser, les profits n’attendent pas !

Beaucoup de salariéEs se protège, individuellement et parfois collectivement, en restant à la maison, en se battant pour imposer un droit de retrait combattu par les employeurs et le gouvernement. Oui, «nos vies valent plus que leurs profits !» Toutes les activités non-essentielles doivent être stoppées et des protections doivent être fournies pour celles et ceux dont le métier est indispensable durant le confinement.

Ils veulent nous faire payer la crise

Le coronavirus a été le détonateur de la crise économique qui venait. Celle-ci s’annonce extrêmement brutale. Une fois de plus, les capitalistes veulent nous faire payer la facture : temps de travail maximum par semaine à 60 h, remise en cause des congés payés, régression de fait du droit à l’avortement…

Ils vont continuer en infligeant privatisations et austérité pour l’hôpital comme le laisse entrevoir les recommandations de la caisse des dépôts ou les déclarations du directeur de l’Agence régionale de santé de Nancy. Pour les arrêter, nous devons nous préparer dès maintenant, avec notamment l’organisation dès la fin du confinement d’une grande manifestation pour la défense du service public de la santé.

L’État policier se renforce

Ils le savent, leur politique rencontre des résistances. La répression, le contrôle, vont être des éléments centraux pour arriver à leurs fins. Dès aujourd’hui, nous devons nous opposer aux évolutions sécuritaires de la société qui, sous prétexte de santé publique, nous préparent une société totalitaire : couvre-feux, drones pour surveiller les rues, armée pour contrôler la population, géolocalisation, matraque et prison pour les récalcitrantEs, mesures répressives contre les migrantEs…

Toutes ces mesures n’ont pas pour but de faire respecter le confinement, mais préparent l’après, un monde où l’État contrôlera tous les faits et gestes de chacun pour maintenir le pouvoir des capitalistes.

Pas de sortie de crise sans planification démocratique et anticapitaliste

Une autre voie est possible. Tester massivement la population, produire du matériel médical, des médicaments et des protections à la hauteur des besoins est possible en reprenant le contrôle sur les secteurs clés de l’économie, en socialisant les grandes entreprises.

Cela permettrait d’assurer une reconversion de productions inutiles ou aberrantes pour satisfaire les besoins sociaux, sanitaires, écologiques.

Ces mesures anticapitalistes doivent être mises en place sous le contrôle démocratique de celles et ceux qui travaillent et de la population afin de définir collectivement les besoins et comment les satisfaire.

Nous devons les imposer, par nos solidarités et nos luttes, dès maintenant et dans les semaines qui viennent.

lundi 6 avril 2020

https://npa2009.org/

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04 avril 2020 ~ 0 Commentaire

dossier palestine (pùblico afps à-l’e)

  map pal
Le virus à Gaza et en Cisjordanie
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D’une part, le ministère israélien de la Santé tarde à publier un guide en arabe, deuxième langue du pays et de 17% des médecins et personnels de santé, pour les informer de la pandémie.
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Le ministère de la Défense annonce lui le blocus total de Cisjordanie et de la bande de Gaza, annulant 107 000 permis de travail pour les Palestiniens et ferme le poste frontière de Shuafat à Jérusalem-Est, privant 80 000 Palestiniens israéliens des services de santé.
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L’instance d’opérations conjointe mise en place entre l’Autorité palestinienne (AP) et l’armée israélienne pour coordonner la lutte contre le virus ne résout pas les problèmes des Palestiniens, qui ont environ 60 respirateurs et seulement 200 kits de test pour une population de deux millions d’habitants.Israël, en tant que force occupante, doit garantir la sécurité et le bien-être des Palestiniens, mais n’a pas levé le siège dévastateur de Gaza et empêche ses habitants de consulter un médecin en dehors de la bande de Gaza.
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Après avoir détecté une soixantaine de cas d’infection et l’augmentation du nombre de colons qui se sont révélés positifs dans les territoires occupés, l’Autorité Palestinienne a imposé un confinement à la population, sauf pour sortir acheter de la nourriture et des médicaments. Il ne lui sera pas facile de l’obtenir des milliers de journaliers palestiniens dont la seule source de revenu est le travail qu’ils font.À Gaza, l’un des territoires les plus densément peuplés du monde, où 1 800 000 personnes sont enfermées sur 365 kilomètres carrés et subissent un blocus économique brutal de la part d’Israël depuis 13 ans, l’agent pathogène risque de faire des ravages.
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Le chômage et l’extrême pauvreté peuvent provoquer des révoltes, qui pourraient devenir une nouvelle Intifada au cas où certains prisonniers palestiniens dans les prisons israéliennes venaient à perdre la vie à cause de l’épidémie…
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Le Comité International de la Croix-Rouge a demandé à Tel-Aviv de réduire le nombre de ces prisonniers qui ont menacé de faire la grève de la faim, après avoir vu suspendre les visites de leurs avocats et qui ne voient venir aucun moyen pour se protéger. À Gaza, le système de santé s’est effondré en raison du blocus et des bombardements continus. Les 2 900 lits d’hôpitaux des établissements délabrés ne résoudront pas la tragédie à venir.
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afps
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AFPS: France Plastine Solidarité
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Chères amies, l’épidémie fait des dizaines de cas en Cisjordanie, une douzaine à Gaza où on redoute qu’elle ne se répande vite. A cause du blocus israélien et des nombreuses attaques militaires contre Gaza les infrastructures médicales sont déficientes et dans l’impossibilité de faire face à une épidémie de cet ordre. Pas ou très peu de matériel et médicaments, une soixantaine de lits de réanimation pour 2 millions d’habitants, impossibilité de faire les gestes de distanciation/protection…. Pendant ce temps, les exactions israéliennes se poursuivent: bombardements de Gaza, raids militaires  dans les villes et villages de Cisjordanie, arrestations, attaques des colons. Dans les prisons, 5 000 Palestinien-ne-s entassés ne sont pas libérés  malgré des demandes répétées, au moins les enfants.
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L’AFPS, comme d’autres associations, se propose d’envoyer de l’argent à nos partenaires sur place, des ONG médicales avec qui nous travaillons depuis longtemps:
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Lire aussi:
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03 avril 2020 ~ 0 Commentaire

racisme (ucl)

Bandeau-UCL-merle

Confinement, entre mépris de classe et racisme d’Etat

Depuis le début du confinement, un véritable mépris de classe s’affiche partout. Dans les médias, sur les réseaux sociaux et dans les déclarations des hommes politiques, les responsables semblent tout désignés : es habitant·es des quartiers populaires.

C’est dans ces quartiers que les contrôles sont plus intenses : 10% des verbalisations et des mises en garde à vue concernent la Seine-Saint-Denis pour la première journée de confinement.

Les zones de contrôle sont « ciblées » d’après la police, nombreux sont les signalements des racistes et de multiples agressions policières envers des personnes racisées lors des contrôles ont d’ores et déjà été signalées.

La validité ou non du motif de déplacement laissé à l’appréciation de la police tend à favoriser les inégalités de traitement du non confinement entre les quartiers favorisés ou populaires.

Si les médias semblent faire preuve d’une certaine bienveillance vis-à-vis des personnes appartenant à la classe moyenne et à la bourgeoisie, il n’en est rien concernant les personnes vivant dans la précarité.

Comme toujours, et de manière encore plus visible dans la période, ce sont les personnes racisé·es et habitant.es des quartiers populaires sur lesquels s’abattent le plus la répression. Si les contrôles, amendes et violences policières étaient déjà la norme avant l’apparition de la pandémie, désormais, le coronavirus donne une justification de plus à ces pratiques, poussant le vice jusqu’à placer en garde à vue des personnes sur simple suspicion de défiance et augmentant encore plus les risques sanitaires pour les personnes enfermées.

Le romantisme du confinement, un privilège de classe

Si le confinement se vit sans trop de difficulté pour les plus aisé·es, ayant pu quitter leurs appartements pour des résidences secondaires (transportant potentiellement le virus à des endroits où il n’était pas encore), c’est une tout autre affaire pour celles et ceux qui vivaient déjà dans la précarité.

En effet, comment ne pas s’émouvoir de la vie enfermée pour des familles vivant à plusieurs dans des logements insalubres et/ou de petites tailles, sans balcon ni jardin, quand d’autres nous expliquent la « chance » que peut représenter une telle période pour faire le point sur leur vie ?

Ainsi, il n’est pas étonnant de croiser des personnes dans les rues. L’État, par ses injonctions contradictoires, ne fait que renforcer cet état de fait. D’un côté, on impose le confinement et de l’autre, le gouvernement multiplie les appels à ne pas stopper l’activité économique et encourage à maintenir la production dans des secteurs non essentiels en période de crise.

Dans les quartiers populaires, parmi les populations issues de l’immigration et de la colonisation, nombreuses et nombreux sont les travailleurs précaires, smicard·es, qui continuent de travailler et de mettre leur santé et celle de leurs familles en danger, sacrifié·es sur l’autel du capitalisme (sans oublier ceux ou celles qui ont été mis au chômage et qui vont perdre une partie de leur revenu dégradant encore plus les conditions d’existences).

Les boucs émissaires changent, mais la logique reste la même.

Si nous avons pu observer une explosion du racisme anti-asiatique dans les premiers temps de la crise, c’est aujourd’hui toutes les personnes considérées comme extérieures au consensus national et républicain qui sont touchées par ces logiques.

L’État inscrit sa gestion de l’épidémie dans les quartiers « de reconquête républicaine » dans une logique postcoloniale. En effet, l’actualité nous renvoie à des épisodes de l’histoire coloniale où les populations « indigènes » étaient considérées comme « indisciplinées » et pour qui le confinement était plus sévère.

Aussi, médias et personnalités politiques, de la LREM à l’extrême-droite construisent et diffusent un discours qui vise à culpabiliser et à désigner comme responsables une partie de la popula-tion, racisée et appartenant aux classes populaires, décrite comme « indisciplinée » et « inconsciente ».

Pour eux, il s’agit d’opposer les populations racisées – suspectées de répandre le virus – aux « vrais français·es » susceptibles d’être contaminé·es, malades ou en deuil. Cette rhétorique est d’autant plus abjecte qu’elle cherche à déshumaniser une partie de la population en niant la réalité de leur vécu durant cette crise, et au passage la réalité des difficultés sanitaires encore plus criantes des hôpitaux de certaines villes pauvres, comme en Seine-Saint-Denis.

Des violences policières toujours plus fortes

La multiplication des pratiques coercitives, des discours guerriers et de retour à l’ordre (voir les déclarations du préfet Lallement) sont un prétexte à davantage de répressions et ouvrent la voie à l’arbitraire et aux violences policières sur des personnes lors des contrôles d’attestation dans nos quartiers.

Cette violence raciste sert à masquer les manquements du pouvoir, tant du point de vue de l’échec des politiques urbaines et antisociales passées, que sa gestion catastrophique de la crise sanitaire. C’est aussi dans un contexte de tensions anciennes et d’une certaine défiance des populations envers un pouvoir et une police qui les méprisent, les excluent et les brutalisent depuis des années, que les violences policières s’exacerbent.

Cette situation ne fait que mettre encore plus en lumière les faillites successives de l’État et des communes avant cela.

Alors que nous connaissons une crise sanitaire inédite et violente, l’UCL dénonce la double peine subie par les populations des quartiers populaires : aux risques encourus pour leur santé, s’ajoute les violences de classe, sexiste et raciste, accompagné d’un discours idéologique méprisant et disciplinaire.

Aucune situation, même exceptionnelle, ne justifiera la répression et la désignation d’une catégorie de la population, en raison de sa classe ou de ses origines, comme responsables. Face à cela, ne nous trompons pas d’ennemis, seule l’auto-organisation et la solidarité entre précaires nous permettront de nous en sortir, que ce soit face à la répression ou à l’isolement.

Union communiste libertaire 2 avril 2020

https://www.unioncommunistelibertaire.org/

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02 avril 2020 ~ 0 Commentaire

choix industriels (à l’encontre)

militarisme1

Les choix industriels amplifient la catastrophe sociale. 

Fin 2018, le groupe multinational américain Honeywell fermait son unité de production industrielle située en région à Plaintel en Bretagne pour la délocaliser en Tunisie, licenciant en même temps 38 salarié·e·s.

Sa production était de 200 millions de masques par an, soit près de 20 millions par mois, fabriqués sur des machines ultra-modernes pouvant produire chacune 4 000 masques à l’heure. C’est le constat fait dans un communiqué de l’Union syndicale Solidaires (Côtes d’Armor).

Cette catastrophe sociale vient sur le devant de la scène en raison de l’épidémie de coronavirus. Elle n’est toutefois qu’un maillon dans la longue chaîne des liquidations d’entreprises qui produi-sent en France des biens vitaux.

Dans l’industrie médicale, les fermetures d’usine et les relocalisations d’activités à l’étranger ont eu pour conséquence un accroissement gigantesque du déficit commercial (exportations moins importations) du secteur ‘Instruments à usage médical, optique et dentaire’ .

A titre d’illustration de ces défaillances industrielles, on peut rappeler que dans les années 1980, la Compagnie Générale de Radiologie (CGR), filiale de Thomson-CSF (aujourd’hui Thales), était en position de quasi-monopole mondial dans l’imagerie médicale.

Nul besoin d’être énarque, comme l’était son PDG, Alain Gomez, pour comprendre que la croissance des prescriptions d’examens médicaux fondés sur ces technologies serait importan-te. Mais Thomson-CSF était un des grands groupes de l’armement, et c’est dans l’armement que les rentes de situation pour le groupe étaient garanties. La CGR fut donc vendue au groupe américain GE (General Electric).

Le résultat est là. En 2019, la France importait 75% des appareils de diagnostic par visualisation à résonance magnétique des Etats-Unis et le solde commercial de ce type de biens est défici-taire, comme le sont d’autres instruments médicaux de diagnostic, par exemple aujourd’hui les tests de diagnostic du Covid-19.

Les élites capitalo-fonctionnaires

Le secteur des instruments médicaux n’est pas le seul à accumuler les déficits. En fait, depuis les années 2000, la plupart des secteurs industriels sont dans la même situation. Résultat: le déficit de la balance des biens manufacturiers ne cesse de se creuser.

Même l’industrie automobile, un point fort traditionnel, affichait en 2019 un déficit de 15 milliards d’euros, alors que son excédent était de 11 milliards en 2000. Et pas d’excuse sur le coût du travail: en 2019, le déficit de nos échanges avec les pays de la zone euro était plus important que celui enregistré avec toute la zone Asie.

Le désintérêt pour l’industrie manufacturière est l’aboutissement de dizaines d’années d’actions concertées des gouvernements et des dirigeants de grands groupes industriels français. Leur complicité est d’autant plus grande qu’ils sont formés dans les mêmes grandes écoles (Polytechnique, ENA).

Ils passent sans aucun souci de postes de haut-fonctionnaires au sein de l’appareil d’Etat à la direction des grands groupes industriels et bancaires et, dès que l’opportunité politique se présente, ils retournent dans l’appareil d’Etat. Le capitalisme de connivence, d’endogamie et de conflits d’intérêts est bien installé en France.

Sur l’ensemble des directeurs généraux et présidents français du conseil d’administration qui dirigent aujourd’hui les groupes du CAC 40, près de la moitié a également travaillé dans les grandes institutions de l’Etat.

Face ils gagnent, pile les salariés perdent

Installés à la direction des grands groupes, ces capitalo-fonctionnaires expliquent aux salariés que les contraintes de la ‘mondialisation’ justifient les fermetures de sites. Lorsqu’ils sont aux commandes de l’Etat, ils expliquent que l’Etat ne peut rien contre ces contraintes.

Ils refusent même fréquemment de répondre aux salariés, tels que ceux d’Honeywell ou encore ceux de Luxfer [à Gerzat, banlieue nord de Clermont-Ferrand] la seule entreprise française qui produisait des bouteilles d’oxygène médical, fermée par ses propriétaires en novembre 2018 et dont les salariés demandent la nationalisation. Ils refusent de répondre aux personnels de santé, qui depuis des années, dénoncent la catastrophe humanitaire dans les hôpitaux.

Pile, les salariés perdent, face les capitalo-fonctionnaires gagnent, telle l’actuelle ministre du Travail, M. Pénicaud, qui, bien que non-énarque, a réalisé 1,13 million d’euros de plus-value sur les stock-options en tant que Directrice générale des ressources humaines chez Danone, au moment où le groupe supprimait 900 emplois de cadres, dont 230 en France.

Ces gigantesques revenus sont justifiés, nous dit-on, car ce sont les «premiers de cordée», traduction présidentielle de la théorie économique dominante. Celle-ci nous enseigne que les individus sont rémunérés en fonction de leur productivité (marginale, pour les spécialistes), c’est-à-dire en fonction de leur contribution à la création de richesses.

Ceux qui captent des revenus démesurés sont donc démesurément utiles à la société. Les soignants, enseignants, cheminots, routiers et les caissières, livreurs et tous les «invisibles» (pour les éditocrates des plateaux TV) savent donc pourquoi ils sont mal payés.

Les capitalo-fonctionnaires sont parfois appelés par complaisance «capitaines d’industrie» alors qu’ils n’ont rien à voir avec les entrepreneurs «héroïques» imaginés par l’économiste Joseph Schumpeter (1883-1950). Leur stratégie industrielle a été résumée par Serge Tchuruk d’Alcatel le 26 juin 2001, dans une réunion organisée par le Wall Street Journal pour les investisseurs financiers: «Nous souhaitons être très bientôt une entreprise sans usine».

Résultat: entre 2000 et 2005, les effectifs mondiaux d’Alcatel ont été divisés par deux, passant de 113’400 à 57’700. Le naufrage a continué jusqu’à la disparition d’un groupe qui figurait parmi les «fleurons industriels nationaux».

Au début des années 1970, Alcatel avait pourtant reçu clés en main plusieurs innovations radicales, dont le premier commutateur numérique de télécommunication conçu dans le monde, mises au point dans le laboratoire de France-Télécoms (le CNET) .

L’«effet de ciseaux» provoqué par la stratégie d’internationalisation des grands groupes

A partir des années 1990-2000, les groupes industriels français ont fortement internationalisé leurs activités mais contrairement aux groupes allemands, ils l’ont fait en fermant des sites de production sur le territoire national.

En 2017, les grands groupes français employaient en France 605 000 salariés de moins qu’en 2013, soit une chute de 12% de leurs effectifs. Ils ont en revanche rapatrié de plus en plus de dividendes de l’étranger, ce qui ravit leurs actionnaires.

Les comparaisons internationales montrent d’ailleurs que les groupes français étaient en 2019, les champions européens du versement des dividendes aux actionnaires (60 milliards d’euros distribués). Ainsi, la stratégie d’internationalisation des grands groupes français se traduit par un «effet de ciseaux» qui s’ouvrent de plus en plus. Elle crée un écart croissant entre l’emploi et la production manufacturière qui se détériorent et le versement des dividendes qui prospère.

L’armement, priorité industrielle

Une autre dimension du «capitalisme à la française» est nécessaire pour comprendre l’incapa-cité actuelle à produire des biens essentiels, dont certains s’avèrent vitaux aujourd’hui. Depuis les années 1960, la politique industrielle de la France a été surdéterminée par des objectifs militaires.

Le lancement de grands programmes nucléaires, aéronautiques et spatiaux s’explique par les considérations stratégiques qui n’ont pas changé, quelles que soient les alternances politiques. La polarisation sur ces industries a même augmenté dans la fin des années 2000.

En 2016, les entreprises de défense réalisaient 21% des exportations totales de la France dont l’essentiel est réalisé par à peine une dizaine de grands groupes. Les entreprises de défense captent une partie importante des crédits publics de recherche-développement grâce aux grands programmes d’armement mais aussi au très prodigue crédit d’impôt-recherche (CIR).

Les entreprises de défense reçoivent chaque année plus de 1 milliard d’euros au titre du CIR, à comparer avec les 500 millions promis le 20 mars 2020 aux chercheurs par E. Macron. Cette maigre enveloppe permettra peut-être de fournir un financement à l’équipe de chercheurs du CNRS d’Aix-Marseille dont on a progressivement coupé les crédits de recherche fondamentale…. sur le Coronavirus.

Produire des armes est le résultat de décisions politiques, et celles-ci-ci se lisent dans les choix budgétaires des gouvernements français. Entre 2007 et 2017, les dépenses de sécurité/police (+39,4%) et de défense (+31,5%) ont augmenté à un rythme nettement supérieur aux dépenses à finalité sociale. Par exemple, elles ont été deux fois plus rapides que celle des dépenses d’enseignement (+16,1%). Au cours de la même période, les dépenses de l’Etat destinées aux logements et équipements collectifs ont baissé en valeur absolue.

Produire et vendre des armes sont le résultat de décisions géopolitiques. Pendant que l’industrie civile française perd pied dans la concurrence internationale, les exportations d’armes guident la diplomatie du pays.

Selon les données fournies par les Douanes, elles sont passées de 4,117 milliards d’euros en 2011, à 7,666 milliards d’euros en 2019, soit une augmentation de 86%. Cependant, le commerce des armes n’a rien à voir avec la compétition sur les marchés civils. Le quasi-doublement des ventes d’armes par la France aurait été impossible sans les choix budgétaires et de politique industrielle effectués depuis des décennies.

Dans le contexte de dégradation géopolitique mondiale, le boom des ventes d’armes aurait également été impossible sans l’intensification des interventions militaires de la France en Lybie (2011), au Mali puis au Sahel (2013) ainsi qu’au Moyen-Orient. En réalité, la France est avec les Etats-Unis le pays développé dans lequel l’interaction entre l’influence économique et la puissance militaire est la plus forte, avec évidemment le fait que les deux pays ne concourent pas dans la même catégorie.

L’Etat d’urgence contre qui ?

Il y a un an, William Bourdon, ancien secrétaire général de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et Vincent Brenghart, tous les deux avocats, dénonçaient dans une tribune libre la fuite en avant sécuritaire du gouvernement face au mouvement des gilets jaunes. Ils concluaient que «la militarisation de l’ordre public est en marche».

La situation actuelle leur donne raison. «Nous sommes en guerre contre un ennemi invisible» a déclaré E. Macron et l’armée est déployée sur le territoire national (opération «résilience»). Décidément, l’armée est plus que jamais chez elle dans la 5è République.

Au nom de l’état d’urgence sanitaire, le président de la République et le gouvernement ont fait adopter un ensemble de mesures qui remettent gravement en cause les libertés publiques et les droits des salariés. Comme pour les précédents «états d’urgence» instaurés entre 2013 et 2017, le danger est que les mesures inscrites dans l’«état d’urgence sanitaire» soient utilisées le “jour d’après”.

Nul n’ignore en effet que le confinement n’est pas subi de la même façon selon la position sociale, le lieu et les conditions d’habitation. Après les mobilisations des gilets jaunes et pour la défense des retraites, d’autres couches de la société s’assembleront pour dire « Plus jamais ça! ». Au risque qu’ils rappellent au gouvernement l’article premier de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen(26 août 1789):

«Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune». Et même, cauchemar des gouvernements, qu’ils s’inspirent de l’énergie sociale qu’il a alors fallu au peuple pour imposer ce principe.

Article transmis par Claude Serfati en date du 1er avril 2020

Alencontre 1er avril 2020 Claude Serfati

Claude Serfati, économiste, chercheur auprès de l’IRES, est l’auteur, entre autres, de L’industrie française de défense, (Ed. La Documentation française, 2014) et Le Militaire: une histoire française (Ed. Amsterdam, 2017) 

Le choc mondial actuel se transformera en crise économique d’autant plus profonde – peut-être comparable dans son ampleur à celle de 1929 – que l’économie mondiale n’était pas vraiment sortie de la crise de 2008 (si on excepte la prospérité des marchés financiers). Cependant, cette crise mondiale prend des formes diversifiées selon les pays. En France, la crise survient dans un contexte d’offensive budgétaire du gouvernement contre les hôpitaux et les soignants. La défaillance du gouvernement dans ce domaine est connue et dénoncée. Les défaillances indus-trielles en termes d’équipements médicaux vitaux (ventilateurs, test de diagnostics, masques,…) ont été brutalement révélées. Pour tenter de cacher son impéritie, le gouvernement a tenu des discours contradictoires sur la nécessité ou non de masques et de tests. Les défaillances industrielles ne s’arrêtent pas au médical, elles concernent de nombreux secteurs essentiels. Cet article fournit un éclairage sur les causes de cette situation.

https://alencontre.org/

Lire aussi:

Solidaires 22 sur l’usine de Plaintel

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31 mars 2020 ~ 0 Commentaire

usa (npa à-l’encontre)

fbi

La tempête se déchaine aux États-Unis

Comme une furieuse tempête, la pandémie de coronavirus a atteint et commencé à ravager les États-Unis, qui comptent maintenant le plus grand nombre de cas recensés dans le monde.

Le coronavirus s’est propagé à tous les États de l’Union avec de grandes épidémies dans les villes de New York, Detroit, Chicago, La Nouvelle-Orléans, la Bay Area en Californie, Los Angeles, Atlanta et Miami.

Partout dans le pays, il y a une pénurie de lits d’hôpitaux, d’unités de soins intensifs, de blouses, de masques, de respirateurs et de ventilateurs pour les soins. Les personnels de santé les plus exposés – médecins, infirmières, tous les autres personnels hospitaliers et les paramédicaux qui conduisent les ambulances – ont souffert de maladies et de décès et travaillent dans la peur.

La peur au travail

Le gouvernement fédéral et ceux des États ont demandé à plus de 158 millions de travailleurEs (sur un total de 200 millions) de rester chez eux. Les cadres et les technicienEs, les professeurEs et autres enseignantEs continuent d’être rémunérés et de travailler à domicile.

Mais de nombreux salariés aux métiers essentiels doivent aller travailler dans la santé, les soins aux personnes âgées et aux enfants, les pharmacies, les épiceries, les entrepôts et les transports, les aéroports, la police et les pompiers, les systèmes énergétiques, la collecte des ordures, les services téléphoniques et Internet, et certaines autres activités essentielles de fabrication et de construction.

Tous ceux et toutes celles qui continuent de travailler sont plus susceptibles d’être exposés à la maladie

Des millions de travailleurEs ont été licenciés et ont déposé une demande de chômage, le plus grand nombre dans l’histoire des États-Unis. Les allocations versées par les États et l’Etat fédéral en aideront beaucoup, mais d’autres n’ont aucun revenu. De nombreux et nombreuses travailleurEs domestiques sans papiers, par exemple, sont déjà à court de ressources.

En réponse à la crise sanitaire et à la récession, le Congrès a voté et Trump a signé un plan de secours de 2000 milliards de dollars qui prévoit des milliards pour les hôpitaux, les petites entreprises et les sociétés, ainsi que des mesures limitées pour les travailleurEs.

Une mesure prévoit de verser jusqu’à 1 200 dollars aux adultes (gagnant moins de 75 000 dollars par an) et  500 dollars supplémentaires par enfant. La loi étend également l’assurance chômage avec un montant supplémentaire de 600 dollars par semaine pendant quatre mois.

Grèves, protestations et entraide

Pour exiger que leurs employeurs ferment leurs entreprises ou bien les sécurisent, les travailleurEs se sont mobilisés dans les entrepôts d’Amazon, dans une usine de transformation de poulet, dans des magasins et des fast-foods.

Des travailleurEs de l’automobile se sont mis en grève sauvage, obligeant leurs entreprises à fermer les usines. Les travailleurEs de l’assainissement de Pittsburgh ont quitté le travail pour protester.

Les travailleurEs de la construction de New York ont ​​forcé l’arrêt de la construction non essentielle. Et les enseignantEs de la ville ont fait pression sur le syndicat et la ville pour fermer les écoles. Des infirmières ont manifesté contre le manque d’équipement de protection individuelle. Des centaines de groupes locaux d’aide mutuelle se sont formés à travers le pays pour aider les personnes âgées et les handicapés.

Les socialistes démocrates d’Amérique (DSA) s’étaient profondément impliqués dans la campagne de Bernie Sanders à la primaire du Parti démocrate, mais maintenant Joe Biden est loin devant, et la pandémie a rendu ce travail difficile.

Le primaire continue théoriquement, mais bénéficie de peu d’attention. Bernie Sanders s’est battu noblement au Sénat pour améliorer le programme de secours tandis que Biden a pratique-ment disparu. Donald Trump domine l’actualité, utilisant chaque conférence de presse sur le coronavirus pour faire également campagne pour sa réélection.

DSA a organisé quelques actions de protestation sur les lieux de travail et, avec les syndicats, s’est engagée dans l’entraide, critiquant la logique de profit dans le système de santé.

Nous exigeons Medicare (l’assurance-maladie) pour touTEs, mais demandons également des nationalisations, des hôpitaux aux compagnies aériennes.

Nous plaidons pour le socialisme. Mais bien que ces idées soient toutes importantes, elles risquent de ne pas être entendues lorsque le chômage et le loyer, la maladie et la mort retiennent toute l’attention des Américains. Il est urgent d’élaborer une stratégie.

Mardi 31 mars 2020 Dan La Botz

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31 mars 2020 ~ 0 Commentaire

guerre? (psl)

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Y aura-t-il une troisième guerre mondiale ?

Selon une étude réalisée entre juin et octobre 2019 par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), plus de la moitié des personnes âgées de 20 à 35 ans sont convaincues qu’un conflit mondial, probablement nucléaire, est à prévoir dans la prochaine décennie.

Dans notre pays (la Belgique blog) aussi, plus de la moitié des jeunes craignent une troisième guerre mondiale. Allons-nous vers une guerre?

Ce sentiment a été renforcé par l’assassinat du général Qassem Soleimani, le plus haut responsable du service de sécurité iranien, et les menaces échangées entre les responsables américains et iraniens qui en ont résulté.

Les jeunes, en particulier, craignent profondément un conflit nucléaire mondial et comprennent généralement son potentiel apocalyptique. Cependant, il est peu probable qu’il y ait une troisième guerre mondiale avec un conflit nucléaire.

La perspective d’une destruction mutuelle assurée qu’impliquerait un conflit nucléaire mondial, menace également l’élite économique et politique. Cette élite apprécie les armes nucléaires pour le prestige international, l’influence diplomatique qui en découle (et les profits prélévés au passage blog) mais en faire usage est encore une toute autre affaire.

La classe capitaliste n’est intéressée que par le profit, ce qu’elle obtient grâce à l’exploitation des ressources naturelles et du travail humain. Ce serait impossible dans un désert post-apocalyptique à la Mad Max.

La manière dont l’économie capitaliste mondiale est étroitement imbriquée assure que même des frappes nucléaires à petite échelle sont indésirables pour l’establishment.

Cela perturberaient trop profondément les chaînes d’approvisionnement et menaceraient ainsi l’économie dans son ensemble. Mais le capitalisme est en crise profonde et les tensions sont croissantes.

La concurrence entre les États-Unis et la Chine aurait conduit à une guerre ouverte à peu près à n’importe quelle autre époque. Aujourd’hui encore, il existe des tensions et des conflits, des guerres commerciales aux confrontations entre régimes fantoches derrière lesquels se trouvent des puissances impérialistes mondiales et régionales. Les investissements dans l’armement et la défense sont inouïs : 1 822 milliards de dollars en 2018 !

Enfin, la menace de guerre est utilisée par pas mal de régimes politiques pour faire taire ou marginaliser l’opposition interne, à l’image de ce que le mouvement ouvrier dû subir au début du 20è siècle et avec le maccarthysme dans les années 1950.

Mais c’est là que le bât blesse pour les différents régimes. L’establishment politique américain panique à mesure qu’il perd le contrôle de son propre système et tandis que les idées socialistes connaissent un succès croissant dans le pays. Le régime iranien a lui aussi été confronté à une contestation de masse.

La menace d’un mouvement anti-guerre capable de faire vaciller le système politique et écono-mique est une autre raison importante pour laquelle une troisième guerre mondiale n’est actuellement pas à l’ordre du jour.

Le mouvement anti-guerre a joué un rôle majeur pour mettre fin à la guerre du Vietnam dans les années 1970. Aujourd’hui, un mouvement anti-guerre aux États-Unis pourrait se développer bien plus rapidement et également recourir à l’arme de la grève au vu de l’actuel contexte de multiplication des luttes syndicales aux USA.

Cela menacerait le règne de l’establishment et l’ensemble du système capitaliste. Un mouve-ment international de masse des travailleurs et des jeunes contre la guerre et l’impérialisme est la meilleure réponse aux menaces de guerre.

En mettant toute l’industrie militaire aux mains de la collectivité, les énormes ressources et connaissances technologiques pourraient être utilisées dans l’intérêt de la paix et de la solidarité entre les travailleurs.

Construisons ce mouvement anti-guerre!

Eugenio (Bruxelles) lundi 30/03/20

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30 mars 2020 ~ 0 Commentaire

dossier: comores guyane réunion kanaky guadeloupe

comores

Des Bretons alertent sur la situation dans l’archipel des Comores

Dans une vidéo publiée les réseaux sociaux, une Finistérienne interpelle le gouvernement français sur le manque de moyens à Mayotte, pour faire face à l’épidémie. Deux Brestois originaires des Comores ont rejoint un groupe solidaire, qui informe la population de l’archipel sur le virus.

Ces Bretons ont décidé d’apporter leur soutien à l’archipel des Comores, dans l’Océan indien.
L’archipel englobe l’île de Mayotte, 101e département français, et les trois îles de l’Union des Comores, une ex-colonie française désormais indépendante.

« Relayer le message d’un département oublié »

Depuis Landerneau (Finistère), Annie Le Merrer lance un « cri d’alerte au gouvernement français sur l’absence alarmante de moyens adaptés » à Mayotte, face à l’épidémie de coronavirus qui touche désormais 74 personnes sur l’île.

Dans le 101e département français, la population vit « entassée dans des bidonvilles en tôle, sans eau ni commodités vitales« , déclare Annie Le Merrer dans une vidéo postée sur Facebook. « A ce jour, 59% des résidences principales de Mahorais ne sont pas non plus équipées en installations sanitaires de base. Mayotte a aussi un système de santé sous-équipé. »

Bien qu’elle ne soit jamais allée sur l’île, elle a rencontré de par son métier de nombreux Mahorais à Brest, avec qui elle est restée très proche. « Les Mahorais m’ont fait part de leur sentiment d’abandon, voire de mépris, ils ont peur de mourir. C’est un département français et ils n’ont pas les mêmes droits. Ils n’ont rien« , dénonce la Landernéenne par téléphone. « Je ne pouvais pas ne rien faire. »

Le gouvernement demande à ce qu’on soit solidaire, on doit l’être aussi avec Mayotte. L’île de 256 000 habitants, sans compter la population étrangère arrivée des Comores, ne possède actuellement que 16 lits de réanimation.

Depuis Brest, ils font de la prévention aux Comores

Les îles voisines de l’Union des Comores ne recensent à ce jour aucun cas, mais une contami-nation est redoutée. Le pays n’a pas suffisamment de moyens face à l’ampleur la crise sanitaire.

A Brest, Abdoulanzize Ahmed Koudra, ancien communicant, et sa fille Hidaya, étudiante à la faculté de médecine, ont voulu faire preuve de solidarité. Ils ont rejoint le réseau « Solidarité anti-Covid-19″, créé par des personnels soignants français originaires, comme eux, des Comores. Le groupe relaie des messages de prévention sur l’archipel en langue française, arabe et mahoraise et informe via une radio en ligne, Hayba FM.

« Nous sommes en contact avec le président de l’Union des Comores pour mettre en place de la prévention« , raconte Abdoulanzize Ahmed Koudra, en précisant que la démarche est apolitique.

Le gouvernement des Comores a pris quelques mesures : fermer les mosquées, raccourcir les heures de marchés par exemple. Mais dans l’archipel, « des mesures de confinement total sont impossibles à mettre en place : les gens vont au marché tous les jours pour se nourrir et n’ont pas facilement accès à l’eau« , rappelle le Brestois. « D’où l’importance de relayer des messages de prévention. »

J. Jeunemaître 30/03/2020

https://france3-regions.francetvinfo.fr

Lire aussi:

L’État colonial et la crise sanitaire en Guyane (NPA)

À la Réunion, la pandémie aggrave les inégalités sociales (ESSF)

Kanaky Face à l’épidémie, l’État colonial donne sa priorité à l’économie (A&R)

Mayotte : une situation inquiétante (LO)

À Mayotte, le coronavirus s’installe dans un département sinistré (Reporterre)

« La gestion coloniale de cette pandémie saute aux yeux ! » Entretien avec Elie Domota (Révolution Permanente)

 

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27 mars 2020 ~ 0 Commentaire

macron (npa)

macronflics

La marche autoritaire de Macron et de son gouvernement

Le gouvernement a organisé par décrets depuis le 14 mars le confinement généralisé.

Tout en essayant de protéger l’économie, « les premiers de cordée » chers à Macron, plutôt que les salarié·es, lesquels ont compris depuis longtemps que rien ne « ruissellerait » jamais pour eux de l’abondance donnée aux premiers!

En refusant de stopper toutes les productions non indispensables, donc inutiles en ce moment de pandémie, il met les travailleurs en danger.

Et il se moque bien d’envoyer sans aucune protection, même si déjà certain·es y ont laissé leur vie, tous les salariés et salariées dont le travail permet d’assurer les besoins vitaux de tous.

L’application de ces décrets se fait à coups de militarisation de l’espace public et de sanctions surdimensionnées. Alors pourquoi avoir en plus fait adopter à la va-vite une loi créant un état d’urgence sanitaire (EUS) ?

« Leur guerre, nos morts »

Macron ne remet en cause  évidemment strictement rien des responsabilités totales de son monde. Ni la barbarie de l’économie capitaliste, ni la casse systématique de tout ce qui nous permet de vivre ensemble, de faire société : nos services publics, les services de santé, de soins, l’éducation nationale, la recherche publique… la prise en compte de qualité des plus fragiles.

Pire, lui et ses pairs ont bien l’intention que tout recommence comme avant dès que cette épidémie sera terminée. Tout : leurs profits exorbitants, notre exploitation insupportable.

C’est pour cela que le soutien à l’économie, 300 milliards d’euros rien qu’en France, est déjà acté. C’est pour cela qu’il lui faut aussi déclarer l’assignation à résidence pour 66 millions de personnes et pour une durée indéterminée.

Le confinement généralisé, et qui va visiblement être long, est le résultat du manque de tout : la perte de 200 000 lits d’hôpital en 5 ans, l’absence de tests pour toute la population, le manque de gel, de masques, le manque de personnels déjà énorme avant la crise.

Mais notre isolement, ce confinement rendu inévitable pour mater l’épidémie par « ces connards qui nous gouvernent » (Frédéric Lordon) va aussi être utilisé par ceux-là pour nous préparer à accepter notre surexploitation à venir, puisque bien sûr « il faudra bien relever l’ économie ».

L’assignation à résidence généralisée

Concrètement, les dispositions générées par l’état d’urgence adopté en novembre 2015 pour ce qui concerne l’assignation à résidence ­ ­- et qui pour certaines personnes n’ont pas cessé de s’appliquer depuis, il faut s’en souvenir -, sont généralisées aujourd’hui à toute la population.

Une seule règle : plus personne ne bouge de chez soi. Même tous ceux et celles enfermés dans les CRA ou les prisons, et même, comble de l’absurde et de l’inhumanité de ce gouvernement, ceux et celles qui vivent encore et toujours à la rue.

Pour tous les autres, l’obligation de remplir une attestation de dérogation autorisée se double de sanctions disproportionnées. Sans laissez-passer convenable, c’est d’abord 135 euros l’amende, si récidive, 1 500 euros, ensuite cela peut aller à 10 000 euros et 4 mois de prison fermes.

Le directeur général de la sécurité civile a fait savoir que les 100 000 policiers et militaires déployés sur le territoire avaient déjà bien travaillé : 1 million 800 000 contrôles et 91 824 amendes pour non-respect des restrictions.

Il ne parle pas du nombre de GAV, ni des infractions annexes qui ne vont pas manquer de se multiplier : rébellion, soupçons d’intention de prendre la fuite… et qui se termineront elles aussi par des sanctions.

Évidemment, la peur généralisée favorise l’adhésion à « l’union sacrée » que réclame tous les deux jours le président de la République ou ses ministres. Elle vise, bien entretenue notamment par « le journalisme de préfecture » (Acrimed), à obtenir notre consentement au confinement et incite à la recherche des « déviants »…

Ceux et celles qui n’ont rien compris, ou qui le font exprès. Parce que comme l’affirme Jordan Bardella « les banlieues profitent de la situation pour organiser des pillages et des guet-apens contre les forces de l’ordre ».

Ou Marine le Pen « la désinvolture de ces territoires est totale par rapport aux lois de la République et à la solidarité nationale ». Ce qui permet à un Éric Ciotti, droit dans ses bottes, de réclamer « le couvre-feu et le déploiement de l’armée dans ces quartiers ».

Et demain l’état de siège ? Du coup, les délations sont nombreuses (la police demande même l’arrêt des appels au 17 pour dénoncer des rassemblements de plus de trois personnes en bas des tours !).

Se consolide alors la figure bien utile au gouvernement du « bouc émissaire » livré aux racistes ordinaires, le coupable habituel, l’habitant des quartiers populaires. Pourtant c’est souvent lui et « ses sœurs et frères », les tirailleurs d’aujourd’hui, qui accomplissent les tâches sans lesquelles nous serions tous et toutes bien incapables de survivre.

L’EUS, un grand pas de plus vers le droit d’exception généralisé.

Ce gouvernement qui a préféré acheter suffisamment de grenades de type LBD 40 et de gaz lacrymogènes pour les 4 prochaines années et qui est incapable de donner, même plusieurs semaines après le début de l’épidémie en France, des masques de protection aux personnels soignants a cependant les moyens de gérer, quitte à militariser toutes nos vies, le confinement de toute la population.

Malgré cela, il a jugé nécessaire de faire adopter 3 lois en urgence le 23 mars 2020. L’une dite loi de finances rectificative, l’autre dite d’urgence ordinaire, l’autre est une loi d’urgence organique. Il est trop tôt pour faire une analyse approfondie de ce trio de lois. Cependant des tendances se dessinent.

Dans les conséquences connues à ce jour : pour deux mois dans un premier temps la fermeture des marchés couverts, la réduction à une heure par jour de sortie et dans un rayon d’un kilomètre, la possibilité de se rendre dans les centres de soins seulement sur convocation ou en cas d’extrême urgence.

Quant à l’état d’urgence sanitaire, une vraie création sécuritaire, il donne les pleins pouvoirs à l’exécutif. À toute la chaîne de l’exécutif  : du Premier ministre aux préfets. Par décret ministériel ou arrêté préfectoral, la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre, la liberté de se réunir, et cela « jusqu’à nouvel ordre » peuvent être supprimées.

Il ne resterait que la liberté d’expression, et encore. Par ailleurs, l’exécutif peut réquisitionner tous les biens et services qui lui semblent utiles au vu de son analyse de la situation, l’indemnisation des réquisitions sera financée par le ministère de la Défense comme en temps de guerre. Même les logements pour les sans-abri ?

Ce qui est le plus dangereux c’est que ces dispositions prises aujourd’hui pour deux mois devraient être inscrites dans le Code de santé publique le 1er avril 2021. La volonté gouvernementale, c’est qu’elles deviennent pérennes et pourront être utilisées à n’importe quel moment dès que le pouvoir en aura besoin.

Leur peur des contre-pouvoirs, de nos mobilisations qui vont finir par devenir victorieuses les rend inventifs. L’Élysée cherche aujourd’hui à mettre en place « une stratégie numérique des personnes » qui permettrait de suivre les personnes, une sorte de géolocalisation permanente des individus.

Macron a décidément décidé de nous faire essayer la dictature !

Pour défendre et /ou reconstruire leurs prérogatives et leurs profits, ils ont aujourd’hui besoin d’avancer vite à coups d’autoritarisme, à coups de violences sociales, policières, militaires. D’où ce nouvel outil de répression.

Car Macron et ses sbires n’obtiendront jamais notre consentement, notre résignation devant la casse quasi totale annoncée de tous nos conquis sociaux, congés, repos hebdomadaires, temps de travail, âge des retraites, salaires décents… ou devant l’abandon des plus fragiles d’entre nous.

Nous sommes là et nous continuerons d’être là !

Roseline Vachetta Jeudi 26 mars 2020

https://npa2009.org/

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27 mars 2020 ~ 0 Commentaire

maduro (el-diario pùblico)

 maduro
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Les États-Unis accusent Maduro de trafic de drogue
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Ils offrent de 15 millions de dollars à quiconque facilite son arrestation
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Le ministère américain de la Justice offre 15 millions de dollars pour toute information menant à l’arrestation du président vénézuélien et 10 millions de dollars pour Diosdado Cabello et 10 autres pour trois autres accusations importantesLes États-Unis ont annoncé jeudi des accusations criminelles contre le président du Venezuela, Nicolás Maduro, pour trafic de drogue, selon le sénateur Marco Rubio et confirmé par le secrétaire d’État, Mike Pompeo.Le gouvernement américain a offert 15 millions de dollars pour toute information menant à l’arrestation du président vénézuélien, Nicolás Maduro, et 10 millions de dollars pour Diosdado Cabellole président de l’Assemblée nationale constituante (ANC) et l’un des hommes forts du chavisme.En outre, l’exécutif américain offre 10 millions pour trois autres personnalités vénézuéliennes importantes: le vice-président, Tareck El Aissami; l’ancien général Hugo Carvajal et l’ancien chef militaire Cliver Alcalá Cordones.

Selon l’agence américaine Associated Press (AP), les charges comprennent le blanchiment d’argent et le trafic de drogue.

Accusations contre des anciens des FARC

L’administration Trump a également déposé des accusations contre l’ancien négociateur de la paix de l’ancienne guérilla des FARC, Luciano Marín, alias « Iván Márquez », et Seuxis Paucias Hernández, alias « Jesús Santrich », pour avoir collaboré avec le président vénézuélien dans le trafic de cocaïne.

Lors de la conférence de presse au cours de laquelle les charges contre Maduro ont été officialisées, le procureur général américain, William Barr, a assuré que les anciens chefs de la guérilla qui sont revenus aux armes et « ont obtenu le soutien du régime de Maduro » pour opérer à la frontière. entre la Colombie et le Venezuela dans le but d’envoyer des tonnes de cocaïne aux États-Unis.

« Les États-Unis et de la Colombie, fomentent un complot et ils ont donné l’ordre de répandre la violence au Venezuela. En tant que chef de l’État, je suis obligé de défendre la paix et la stabilité de la patrie, en toutes circonstances qui se présentent à nous. Ils n’ont pas pu ils ne pourront pas non plus! « , a répondu Maduro sur les réseaux sociaux.

Il y a quatre ans, la justice américaine a déjà accusé et condamné les proches de Maduro pour trafic de drogue. En novembre 2016, un jury new-yorkais a condamné Efraín Antonio Campo Flores et Francisco Flores de Freitas, neveux de la première dame du Venezuela et la sénatrice Cilia Flores, pour trafic de drogue.

Le filleul et le neveu du président vénézuélien ont été condamnés à 18 ans de prison pour avoir tenté d’exporter environ 800 kilos de cocaïne aux États-Unis depuis le Venezuela, via le Honduras.

eldiario.es – Agences 26/03/2020
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Lire aussi:
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Trinta anos depois de Noriega, EUA põem a cabeça de Maduro a prémio (Pùblico)

Commentaire:

L’exemple de Noriega. C’est la première fois depuis décembre 1989 que les États-Unis offrent une récompense pour la capture d’un chef d’État. Cette année-là, le chef d’état du Panama et ancien agent de la CIA, Manuel Noriega, a été renversé par une invasion nord-américaine qui a fait entre 500 et 3 000 morts, selon les chiffres des Nations Unies et des organisations de défense des deux directions humaines. dans la région. Comme Maduro, Noriega avait été accusé de trafic de drogue.

 

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26 mars 2020 ~ 0 Commentaire

macron (npa)

macron soldat

Macron préfère l’armée à la santé

Dans son discours du 25 mars au soir, Emmanuel Macron n’a de nouveau annoncé aucune mesure concrète pour la santé et pour faire face à la crise économique.

Sa seule annonce réelle est le déploiement de l’armée, avec ce qu’il a appelé l’opération « Résilience ». 

La mise en scène du discours, devant des tentes, sert à habituer à une ambiance de guerre, comme l’appel renouvelé à l’unité nationale. Et bientôt le couvre-feu, comme c’est déjà le cas dans plusieurs communes, et le déploiement massif de l’armée ?

Ces mesures ne permettent pas réellement de barrer à la route au coronavirus. Elles servent surtout pour le pouvoir à anticiper les contestations de sa politique.

En effet, différents rapports montrent que le gouvernement savait et n’a rien anticipé. Une chronologie publiée par la revue la Vie des idées (1) rattachée au Collège de France, montre à quel point les informations étaient disponibles. Elle montre d’ailleurs également l’efficacité des politiques de tes massifs, comme en Chine.

Après dix jours de confinement, le gouvernement n’a toujours rien à dire sur le déblocage de moyens pour réaliser massivement ces test, pour fournir des masques, du gel hydroalcoolique en quantité suffisante et des appareils respiratoires pour les hôpitaux.

Il ne fait que renforcer sa version du confinement, s’enfonçant dans une vision particulière de la crise, presque uniquement répressive. Et les dégâts sont inévitables et connus de touTEs : sans mesures sanitaires, sans mesures pour arrêter la production dans les grandes entreprises non indispensables, la crise économique et sanitaire ne peut que se renforcer. Les précaires et les petites et moyennes entreprises seront les premières à subir la crise, puis ce seront les plus grandes.

Tandis que des personnes âgées, dans les Ehpad notamment, commencent à subir en masse les effets du virus. Il est absolument indécent que Macron débloque des moyens pour l’armée et, “en même temps” félicite les personnels de santé qui se battent pour sauver l’hôpital… que son gouvernement et les gouvernements précédents s’évertuent à casser !

Il est bien obligé de promettre des primes et revalorisations, mais ne donne pas de chiffre… alors qu’il était capable d’annoncer des centaines de milliards pour les banques.

Ce sont des mesures sanitaires dont nous avons besoin, de toute urgence 

La réquisition des entreprises de la santé pour produire massivement des masques, des tests et respirateurs pour les hôpitaux, des embauches massives et immédiates pour les hôpitaux publics, la réquisition des cliniques privées, l’arrêt des productions non indispensables, avec maintien des revenus et salaires.

À l’heure où, anticipant la crise économique, même le Medef parle de nationalisations – ce qui signifie qu’il anticipe une crise de grande ampleur, avec des dégâts considérables dans des secteurs clé de l’économie – il faut fermer les bourses et saisir les banques et réquisitionner des grandes entreprises.

Sans de telles mesures, la crise financière va s’accélérer et conduire à la faillite et/ou à des suppressions d’emplois massives, qui risquent elles-mêmes d’aggraver encore la situation.

Antoine Larrache Mercredi 25 mars 2020

https://npa2009.org/

 Note:

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