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04 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

4 décembre andalousie 1

andalousie

Le 4 Décembre, jour du Peuple andalou

Le 4 Décembre dans la lutte des classes 

Historiquement, ce fut le 4 décembre 1868 que naquit le fédéralisme républicain andalou lorsque le peuple de Cadix se souleva contre le gouvernement de Madrid pour exiger plus d’auto-gouvernement.

Le 4 décembre 1977, deux millions d’Andalou-se-s descendirent dans la rue pour réclamer leurs droits en tant que travailleurs/euses et en tant que Peuple à une dictature agonisante – qui n’en finissait pas de mourir en continuant à tuer toujours plus. Les aspirations nationales et internationales s’unirent dans un même acte de révolte, dans un des plus puissants processus révolutionnaires de notre histoire récente.

L’Andalousie et l’État espagnol

La classe laborieuse ne vit pas dans des réalités aseptisées, mais dans des réalités socio-économiques très concrètes. Le Peuple andalou, qui est l’une des nations les plus anciennes de l’histoire, a toujours été relié d’une manière ou d’une autre avec les autres populations de la péninsule ibérique et de la Méditerranée, tissant des liens économiques, sociaux et politiques.

Certains de ces liens furent volontaires, mais la grande majorité furent hélas imposés par la force depuis l’extérieur. Le Peuple andalou a toujours été marqué par la richesse naturelle de son territoire (agriculture et matières premières), pour le meilleur et pour le pire.

L’organisation de la terre cultivable en grandes propriétés (latifundias) a toujours lourdement pesé sur la vie économique de notre Peuple tout au long de son histoire, rendant impossible le développement industriel de notre terre.

L’oligarchie andalouse, exploiteuse historique de la terre, a toujours participé au système de pouvoir espagnol, extrayant les ressources de l’Andalousie pour son négoce avec l’extérieur. Suite à la conquête commencée en 1212 (Navas de Tolosa) et achevée en 1492 sous les murs de Grenade, cette grande propriété foncière est principalement issue de nobles castillans implantés aux dépens de l’élite « maure » antérieure, de manière totalement coloniale.

Un procédé finalement assez comparable a celui de l’expropriation des petits seigneurs occitans – faidits – par les chevaliers francs de Simon de Montfort au 13è siècle ; les petits nobles « maures » dépossédés prendront la tête de plusieurs révoltes jusqu’à leur expulsion définitive en 1609.

La bourgeoisie andalouse qui a, pour sa part, longtemps et durement mené la lutte pour une république bourgeoise démocratique est quant à elle issue de la classe marchande « maure » ou juive convertie (de force) au catholicisme et « passée à travers » les persécutions.

C’est de cette manière que l’une des terres les plus riches d’Europe s’est vue plongée dans la misère. Ceci n’est pas « la faute à pas de chance » ou dû à  » l’indolence » des Andalou-se-s. La situation de misère actuelle est bel et bien le fruit de l’exploitation capitaliste sous les auspices du gouvernement étatique central associé à l’oligarchie andalouse, qui ne permet pas au Peuple travailleur andalou de relever la tête.

La faible bourgeoisie espagnole n’a jamais pu étouffer l’identité des différentes nations périphériques et s’est trouvée incapable de construire un État national unifié par les voies économiques, obligée dès lors d’employer la force pour maintenir son unité étatique « espagnole ».

Pas même au 19e siècle, avec l’émergence des grands États « nationaux » européens, la bourgeoisie « espagnole » n’a réussi à obtenir l’unité réelle de son État. Cependant, la droite espagnoliste alliée à l’Église catholique a pu pendant 40 ans de dictature franquiste tenter d’imposer par la force l’idée d’unité de l’Espagne aux différents Peuples.

Ce discours mensonger et lancinant s’est poursuivi durant et après la Transition [1975-82], sous les différents gouvernements PP et PSOE qui ont fait des concessions à la droite nationaliste (PNV et CiU) mais ont persisté à nier le droit à l’autodétermination des Peuples de l’État espagnol.

L’État espagnol est une prison de nations opprimées, et l’Andalousie est l’une des plus opprimées de toutes par le pouvoir central depuis des siècles. La fin du capitalisme dans l’État espagnol passera obligatoirement par la Libération nationale des Peuples opprimés qui le composent. (Extrait voir lien)

Juanjo Muñoz 5 Décembre 2014

http://servirlepeupleservirlepeuple

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03 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

chlordécone (grs lo)

clordecone

Chlordécone, pesticide assassin : 

« Un crime d’État, un crime colonial »

La chronique d’un empoisonnement annoncé

Le chlordécone est un pesticide utilisé massivement dans les Antilles françaises durant une trentaine d’années à partir des années 1970, en particulier contre le doryphore de la pomme de terre et le charançon du bananier. Entretien avec Philippe Pierre-Charles, membre du Groupe révolution socialiste (GRS) en Martinique, à propos d’un scandale sanitaire toujours en cours.

Christine Poupin- Depuis quand la question du chlordécone est-elle posée ?

Philippe Pierre-Charles - On peut situer le début dans les années 1970 avec une mobilisation des ouvriers agricoles contre l’utilisation de pesticides sans protection, alors qu’ils étaient contenus dans des sacs avec un picto de tête de mort et des inscriptions en anglais.

Aux États-Unis le chlordécone était signalé comme un organochloré, dangereux. L’OMS a classé la molécule comme « cancérigène probable ». Le nom du produit change alors, mais il s’agit de la même molécule. En 1975, un accident aux États-Unis dans une usine de production de chlordécone provoque maladies et dégâts dans une rivière. Le chlordécone y est interdit à la production, à la commercialisation et à l’utilisation.

Pourtant l’utilisation va continuer ?

Oui, il n’y a alors pas d’alerte en France. C’est difficile à comprendre. Alors qu’il n’y a plus de production aux États-Unis, une famille béké obtient l’autorisation de produire le pesticide au Brésil. Il sera interdit en France en 1990. Mais le milieu béké demande une dérogation, relayée par un parlementaire, et l’obtient pour les colonies. Ça provoque un scandale. La dérogation prend fin en 1993, mais sans doute l’utilisation continue. En 2002 éclate un scandale avec la découverte d’un container de patates chlordéconées.

Qu’en est-il des protestations ?

Au cours des années 1970-1980, elles sont limitées à un mouvement comme l’ASSAUPAMA (Association de sauvegarde du patrimoine martiniquais). Elle prend une nouvelle dimension en 2005 à l’initiative de la CDMT [Centrale Démocratique Martiniquaise du Travail] qui propose un Forum social contre le chlordécone et les pesticides en préparation du Forum social caribéen de 2006. Il regroupe, outre les syndicalistes, des écologistes et des agriculteurs.

Il y a ensuite la sortie du livre de Raphael Confiant et Louis Boutrin (aujourd’hui élu à la Collectivité Territoriale de Martinique, CTM), Chronique d’un empoisonnement annoncé, le scandale du chlordécone aux Antilles françaises (1972-2002), et aussi une mission parlementaire menée par Edmond Mariette.

L’État met alors en place un « Plan chlordécone » (on en est aujourd’hui au quatrième). Même après l’interdiction, il reste des stocks de produit. Il sera distribué comme subvention en nature à des petits agriculteurs ou donné à des ouvriers agricoles pour leurs propres cultures !

Plus récemment, les normes sont modifiées dans des conditions troubles. Normalement elles sont fixées à l’échelle européenne, mais là c’est la France qui fixe les limites maximales de résidus (LMR) et qui les fait varier ! Elles augmentent brusquement pour la viande bovine et pour les volailles. Cela provoque une vive émotion. Le responsable CDMT de l’ARS qui avait témoigné à visage couvert lors d’une émission subit des pressions et des menaces.

Une conférence de presse de la CDMT lance la proposition d’un nouveau Forum social « Santé, environnement sans dérogation » pour avril 2018. Une manifestation réunit plusieurs centaines de personnes le 24 mars, anniversaire de l’assassinat de trois ouvriers agricoles en 1961.

Trois soirées du Forum social se sont tenues avec des syndicats ouvriers (CDMT, CGTM et CSTM), une organisation d’agriculteurs (l’OPAM), des marins-pêcheurs victimes de la pollution de l’eau et de l’interdiction de la pêche, des médecins, l’ASSAUPAMA, deux organisation de femmes (l’UFM et Mémoire-Égalité)…

Une nouvelle manifestation début avril sera suivie d’une entrevue avec le représentant du préfet sur la base d’une plateforme de 52 revendications. Le collectif « Lyannaj pou dépolyé Matinik », qui regroupe les différentes composantes du Forum social et des organisations politiques (le GRS et en théorie Peyi-A), est créé.

Douze réunions publiques se tiennent entre septembre 2018 et juin 2019 dans des communes avec plus ou moins de soutien des mairies. En juin 2019 il y a une nouvelle manifestation ; en septembre une nouvelle réunion a lieu en présence du préfet et des différents services de l’État (ARS, DASS, DDE, Direccte….) pour poser les questions précises contenues dans les 52 revendications. Une commission parlementaire est constituée. Lyannaj est reçu. Le sujet est remis sur le devant de la scène sociale et politique avec un écho médiatique.

Quelles sont les perspectives ?

Aujourd’hui il s’agit de passer de la mobilisation des militantEs à celle des concernéEs, qu’ils soient agriculteurs sans terre ou victimes… D’autant que l’État a dû opérer un bougé. Macron reconnaît que l’État doit « prendre sa part de responsabilité » mais il affirme aussi qu’il « ne faut pas dire que c’est cancérigène » !

Les services de l’État ont été obligés de rectifier sans le contredire… Ça devient : « Il ne faut pas se contenter de dire c’est cancérigène, il faut agir ». Les ministres interrogés reconnaissent des responsabilités et la nécessité de réparations, ce qui ouvre des possibilités.

Quelles sont les demandes de Lyannaj ?

Les chiffres des surfaces polluées sont peu fiables, on a des extrapolations à partir des planta-tions de bananes. Nous demandons une cartographie réelle pour éviter la sous-estimation et aussi la stigmatisation. Actuellement il y a trois prélèvements par hectare, ce qui est très insuffi-sant. Nous demandons de multiplier les analyses de sol, elles doivent être obligatoires et gratuit-es afin d’en avoir un nombre suffisant à une bonne estimation.

La durée de vie dans le sol du chlordécone est de plusieurs centaines d’années. Il existerait une molécule permettant de décomposer le chlordécone mais il faut encore faire des tests sur les résultats obtenus et il manque des moyens pour cette recherche.

Il y a un débat sur ce qui est contaminé. La pêche en eau douce est interdite. La pollution serait en profondeur, seules les racines seraient concernées donc ni les tomates ni les fruits. Une étude montrerait que les fruits sont en dessous des LMR, mais les informations sont contradic-toires. Nous demandons une étude indépendante.

Pour la santé des personnes, nous demandons une étude épidémiologique sur les trente dernières années, qui ne doit pas être ciblée sur le chlordécone, mais intégrer toutes les causes environnementales. Il existerait des protocoles de détoxication avec des produits naturels et à bas coût, nous en demandons la validation scientifique.

Renoncer aux pesticides implique une autre organisation de la Martinique. Par exemple, la question des terres en friche. Celles-ci doivent, logiquement, ne pas être chlordéconées. Leur mise à disposition de paysans sans terre permettrait une autre agriculture et une réponse sociale…

La lutte est ancienne, mais l’élément nouveau est la pluralité du mouvement social qui permet d’envisager une alternative systémique : c’est tout l’enjeu de la structure unitaire. Le GRS met en avant la nécessité d’une liaison entre la Martinique et la Guadeloupe. Par exemple sur la question des cancers, en particulier de la prostate, on constate une prévalence plus élevée et une accélération… mais l’étude a été stoppée en Guadeloupe.

Nous faisons aussi le lien avec le mouvement de lutte contre les pesticides sur une orientation « zéro pesticide ». Nous sommes en contact avec les militants de Triskalia en Bretagne qui ont obtenu la condamnation pour faute ­inexcusable de l’employeur.

Un mot de conclusion ?

C’est une crise du système agricole, sanitaire, écologique ; une crise du système économique et social colonial dans lequel les békés produisent pour le profit avec la complicité de l’État. C’est un crime d’État, un crime colonial. Il faut contester ce modèle et mettre en avant un autre modèle de production, de consommation et d’alimentation, un autre modèle de relation entre les citoyens et l’État.

PIERRE-CHARLES Philippe

Propos recueillis par Christine Poupin Lundi 2 décembre 2019

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01 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

guadeloupe (combat ouvrier)

GRS guad
Guadeloupe CHU : stop à la répression antisyndicale

Le 2 décembre à 8 h les syndicats CGTG et UGTG sont convoqués au tribunal de Grande instance de Pointe-à-Pitre pour le procès intenté par le directeur du CHU Cotellon qui leur réclame 8 000 € suite à la grève de juillet-août.

Non content d’avoir fait durer la grève du CHU plus de deux mois par son intransigeance, le directeur n’a pas jugé bon de retirer sa plainte contre les syndicats, comme cela se fait généralement à la fin d’une grève.

Le nouveau directeur a été présenté comme « un Guadeloupéen homme de dialogue ». En réalité, il a engagé un bras de fer avec les personnels qui combattent la dégradation de leurs conditions de travail.

La grève déclenchée aux urgences s’est étendue à tout l’hôpital face au manque de moyens et de personnel, à l’insalubrité, qui mettent en souffrance patients et agents.

Les grévistes tenaient un piquet à l’entrée avec des prises de parole. Ils filtraient l’entrée et organisaient un service minimum pour assurer la prise en charge des patients.

Pour affirmer son autorité face à cette grève organisée, la direction a porté plainte contre les syndicats pour « blocage de l’entrée » ce que même les huissiers n’ont pu confirmer.

La direction s’imagine pouvoir à coups de sanctions appliquer la politique du gouvernement Macron, qui ne fait que poursuivre ce qui a été commencé par Sarkozy, Hollande et les autres :

ugtg

Démanteler l’hôpital public au profit des requins du privé.

Face à de tels plans soyons nombreux à protester le 2 décembre au tribunal !

http://www.combat-ouvrier.net/

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01 décembre 2019 ~ 0 Commentaire

jeremy corbyn (ujfp swp)

corbyn

Jeremy Corbyn et sa ceinture de … confitures

Le contrat sur Corbyn

Corbyn n’est pas antisémite. Son vrai péché est de se battre contre l’injustice dans le monde, dont sa version israélienne.

Des Juifs de Grande-Bretagne et la machine de propagande israélienne ont mis un contrat sur le leader du Parti Travailliste, Jeremy Corbin. Ce contrat a été signé il y a longtemps mais il est clair que plus Corbyn s’approche du poste de Premier ministre, plus le conflit devient dur.

Le 26 novembre dernier, il a atteint son apogée avec la publication d’un article du premier rabbin de Grande-Bretagne, Ephraïm Mirvis, dans le Times. Celui-ci a décidé que l’inquiétude des Juifs anglais à l’égard de Corbyn est justifiée et qu’il n’est pas taillé pour être Premier ministre. Il appelle donc la communauté juive à ne pas voter pour lui lors des élections du 12 décembre.

Né en Afrique du sud et diplômé de la yeshiva Har Etzion de la colonie d’Alon Shvut, Ephraïm Mirvis est la voix de la communauté juive britannique. Au Cap, à Johannesburg et Har Etzion, il a dû apprendre ce qu’est l’apartheid et pourquoi on devrait le combattre. Ses parents aussi sûrement, aucun doute sur le fait qu’il a dû tirer une leçon morale de sa vie dans les régions de privation de droits civiques où il a vécu comme l’Afrique du sud ou la Cisjordanie.

Contrairement à l’horrible Corbyn, Mirvis ne voit rien de mal à l’occupation sans fin ; il ne s’identifie pas à la lutte des Palestiniens pour la liberté et il ne voit pas les similitudes entre l’Afrique du sud de son enfance, le Har Etzion de sa jeunesse et Israël en 2019. C’est la vraie raison de son rejet de Corbyn. Des Juifs anglais veulent un Premier ministre qui soutient Israël qui soutient l’occupation. Un Premier ministre qui critiquerait Israël est pour eux l’exemple du nouvel antisémitisme.

Jeremy Corbyn n’est pas antisémite. Il ne l’a jamais été.

Son vrai péché, c’est son combat fervent contre l’injustice dans le monde, dont celle qu’Israël perpétue. C’est ça, l’antisémitisme d’aujourd’hui. Le Hongrois Viktor Orban, le Parti de la liberté en Autriche et l’extrême droite en Europe ne mettent pas les Juifs en danger. Non, c’est Corbyn l’ennemi.

La nouvelle, et très efficace, stratégie d’Israël et des sionistes est d’étiqueter chaque défenseur de la justice comme antisémite et chaque critique d’Israël comme haïssant les Juifs. Corbyn est victime de cette stratégie qui menace de paralyser et de faire taire l’Europe par égard pour Israël.

Ce n’est pas pour dire que l’inquiétude de la communauté juive anglaise n’est pas réelle mais elle amplifie très certainement le danger. L’antisémitisme existe certainement à gauche, simple-ment moins qu’on le prétend. Près de la moitié des Juifs britanniques se disent prêts à fuir si Corbyn est élu. Laissez-les partir. Le sondage qui présente ces chiffres pourrait en fait nourrir l’antisémitisme : les Juifs de Grande-Bretagne sont-ils si anglais ? A qui va leur loyauté ?

L’avenir de n’importe quel Juif britannique est plus garanti que celui d’un Palestinien vivant sous occupation, et même que celui d’un Arabe israélien. Les Juifs sont persécutés et victimes de discrimination et de racisme dans des proportions qui n’ont rien à voir avec la situation des Palestiniens en Israël. Plus encore, l’islamophobie en Europe est bien plus courante que l’antisémitisme sauf que les gens en parlent moins.

Ephraïm Mirvis ne présente aucune preuve de l’antisémitisme de Corbyn.

Il lui suffit de rappeler que le chef du Parti travailliste a appelé « amis » ceux qui « endossent le meurtre de Juifs » – en référence aux propos de Corbyn sur le Hezbollah et le Hamas. Il est vrai qu’il est un infatigable pourfendeur de l’occupation, qu’il soutient le boycott et qu’il compare le siège de Gaza à celui Stalingrad ou de Leningrad.

Ce sont des positions anti-israéliennes mais pas nécessairement antisémites. Des Juifs de Grande-Bretagne jouent de cette différence, de même que de nombreux Juifs à travers le monde brouillent le message, intentionnellement. On peut (et on devrait) critiquer sévèrement Israël sans être antisémite.

Si les Juifs britanniques et leur rabbin étaient plus honnêtes et courageux, ils se poseraient la question suivante : n’est-ce pas la politique brutale d’occupation d’Israël qui constitue le plus sérieux motif d’antisémitisme aujourd’hui ? Il y a un antisémitisme qui doit être combattu mais il faut aussi reconnaître qu’Israël lui fournit moult excuses et motifs.

Les Juifs et les vrais amis d’Israël devraient espérer que Corbyn soit élu. C’est un homme d’État qui peut changer le discours international sur l’occupation et la façon dont il faut la combattre. Il incarne l’espoir d’un monde différent, d’un Israël différent – et que pourrions-nous vouloir de plus.

Traduit de l’anglais par l’AFPS samedi 30 novembre 2019 par Gideon Levy

Source : Publié par haaretz.com

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30 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

révolutions arabes 1 (essf)

 arabie

Les révolutions « permanentes »

au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

On entend souvent dire que le marxisme est « orientaliste » et donc inadapté aux sociétés non occidentales.

Pourquoi pensez-vous que la théorie marxiste est mieux équipée pour donner un sens aux révolutions et contre-révolutions au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ? 

La vision orientaliste de la région est qu’elle est condamnée à être éternellement figée dans la religion comme faisant partie de son essence culturelle, et que la religion explique tout et a toujours été la principale motivation des populations de la région.

C’est une vision complètement erronée, bien sûr, qui est aussi très impressionniste en ce sens qu’elle ignore le passé et qu’elle croit que le présent va durer pour toujours.

Si l’on regarde le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ces dernières années, on peut en effet avoir l’impression que les forces fondamentalistes islamiques sont omniprésentes. Cependant, ce n’était pas le cas il y a quelques décennies, surtout dans les années 1950 et 1960, lorsque ces forces étaient marginalisées par des forces de gauche beaucoup plus fortes.

On m’a demandé d’écrire une préface à la réédition du Marxisme et le monde musulman [publié en 1972] de Maxime Rodinson (1915-2004) il y a quelques années. Ce recueil d’articles, dont la plupart ont été écrits dans les années 1960, traite d’une partie du monde où les courants de gauche étaient dominants. J’ai donc dû informer ou rappeler ce fait historique aux lecteurs, de peur qu’ils ne soient déconcertés à la lecture du livre.

Peu de gens se rendent compte aujourd’hui que dans les années 1950 et 1960, il était largement admis que la région arabe était sous hégémonie idéologique communiste. Un auteur marocain [Aballah Laroui] a publié en 1967, en français, un livre intitulé L’idéologie arabe contemporaine. Essai critique [Ed. Maspero, préface de Maxime Rodinson], dans lequel il discutait de ce qu’il nommait le « marxisme objectif » comme idéologie diffuse dans la région. Par cette formule, il voulait dire que les gens utilisaient des catégories et des idées marxistes, la plupart d’entre eux sans même en connaître l’origine.

Prenez un pays comme l’Irak, un bon exemple. Aujourd’hui, les religieux et les mollahs dominent la scène politique, surtout chez les chiites. Mais si vous revenez rapidement à la fin des années 1950, vous constaterez que le principal affrontement dans le pays opposait les communistes aux baathistes [Parti Baath ou Parti socialiste de la résurrection arabe], ces derniers souscrivant à une idéologie nationaliste qui se décrivait comme socialiste.

Les communistes étaient particulièrement influents parmi les chiites et ont pu mobiliser des centaines de milliers de personnes dans des manifestations. Pensez donc à cet Irak et à l’Irak d’aujourd’hui : un grand fossé les sépare. Mais cela prouve qu’il n’y a rien dans les gènes des populations de la région qui les condamne à se conformer aux directives politiques des forces religieuses.

Le dirigeant politique le plus populaire de l’histoire arabe moderne est sans conteste Gamal Abdel-Nasser, président de l’Égypte entre 1956 et sa mort précoce en 1970. Il est allé le plus à gauche possible dans les limites du nationalisme bourgeois, mettant en œuvre une nationalisa-tion radicale de l’économie avec des réformes agraires successives, promouvant le développe-ment industriel conduit par l’Etat et apportant une amélioration substantielle des conditions de travail, tout cela sur un fond anti-impérialiste et antisioniste.

Bien qu’elle se soit déroulée dans des conditions dictatoriales difficiles, cette phase a été très progressiste dans l’histoire de l’Egypte, et elle a été imitée dans plusieurs pays arabes. Lorsque vous contemplez cette histoire, vous vous rendez compte que le rôle de l’intégrisme islamique au cours des dernières décennies n’est pas enraciné dans une certaine essence culturelle, comme le voudrait la vision orientaliste.

Elle est plutôt le produit de développements historiques spécifiques. Comme nous l’avons déjà dit, c’est en partie le résultat de l’utilisation prolongée et intensive par Washington de l’intégrisme islamique de mèche avec l’Etat le plus réactionnaire du monde, le royaume saoudien, pour combattre Nasser et l’influence de l’URSS dans la région arabe et dans le monde islamique.

Lorsque le « printemps arabe » (comme on appelait les soulèvements en 2011) s’est épanoui, une nouvelle génération est entrée dans la lutte, à grande échelle. L’essentiel de cette nouvelle génération aspire à une transformation progressiste radicale.

Ses membres aspirent à de meilleures conditions sociales, à la liberté, à la démocratie, à la justice sociale, à l’égalité, y compris l’émancipation du point de vue des genres. Ils rejettent les politiques néolibérales et rêvent d’une société qui contraste fortement avec les vues programma-tiques des forces fondamentalistes islamiques qui ont détourné ou ont tenté de détourner ces soulèvements et de les diriger vers leurs propres objectifs.

Il y a un énorme potentiel de progrès dans la région. Nous l’avons vu revenir sur le devant de la scène lors de la deuxième onde de choc révolutionnaire qui se déroule actuellement. Elle a commencé en décembre 2018 avec le soulèvement soudanais, suivi depuis février dernier par le soulèvement algérien, et depuis octobre par des manifestations sociales et politiques massives en Irak et au Liban. Le Soudan, l’Algérie, l’Irak et le Liban sont en ébullition et tous les autres pays de la région sont sur le point d’exploser. (Extrait)

Lundi 25 novembre 2019,  ACHCAR Gilbert, ROSO Darren

http://www.europe-solidaire.org/

Lire aussi:

Maxime Rodinson

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30 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

révolutions arabes 2 (essf)

APTOPIX Mideast Egypt Sudan

Les révolutions « permanentes »

au Moyen-Orient et en Afrique du Nord

Qu’en est-il du rôle du stalinisme dans le monde arabe ?

L’Union soviétique et les partis communistes sous sa direction ont représenté la forme dominante du « marxisme » dans la région pendant des décennies.

Il y a eu plusieurs partis communistes importants dans la région, tous étroitement liés à Moscou. Cela signifie que la littérature marxiste « autoproclamée » était fortement dominée par le stali-nisme dans la région durant les années 1950 et 1960. Avec l’émergence mondiale de la Nou-velle Gauche à la fin des années 1960 et dans les années 1970, de nouvelles traductions ont permis l’accès en langue arabe aux auteurs marxistes critiques et anti-staliniens.

La montée d’une nouvelle gauche dans la région arabe a été stimulée par la défaite des armées arabes en juin 1967 lors de la guerre dite des Six Jours, qui a porté un coup majeur à Nasser et à son régime.

Une grande partie de la jeunesse s’est radicalisée en dépassant le nassérisme et le stalinisme, dans ce qui était souvent un nationalisme radical avec un costume « marxiste » plutôt qu’un marxisme plus accompli. La nouvelle gauche arabe s’est considérablement développée à la fin des années 1960 et au début des années 1970, mais elle n’a pas réussi à construire une alter-native à l’ancienne gauche, et encore moins une alternative aux pouvoirs en place.

C’est l’époque où les régimes ont utilisé l’intégrisme islamique pour étouffer la nouvelle gauche dans l’œuf. La plupart des gouvernements arabes, sinon tous, ont stimulé et aidé les groupes fondamentalistes islamiques dans les années 1970, en particulier dans les universités, comme antidote à la nouvelle radicalisation de la gauche. Ils ont ainsi contribué de manière significative à l’échec de la gauche radicale.

Bien sûr, c’est à cette dernière qu’incombe la responsabilité principale de sa propre défaite. Elle manquait de maturité politique et de perspicacité stratégique. Sa nouvelle radicalisation ne n’allait pas au-delà du marxisme superficiel et dogmatique dominant, fortement influencé par le stalinisme.

Le marxisme était généralement réduit à quelques clichés. Il y avait des exceptions, bien sûr, mais dans l’ensemble, la production intellectuelle marxiste originale en arabe est restée très limitée – si on laisse de côté les contributions de penseurs marxistes de la région qui vivaient à l’étranger et écrivaient dans des langues européennes, comme feu Samir Amin (1931-2018).

L’exception la plus importante était Hassan Hamdan, connu sous le nom de plume de Mahdi Amel (1936-1967). Il était l’intellectuel le plus sophistiqué du Parti communiste libanais et a été assassiné par le Hezbollah en 1987. Une anthologie de ses écrits paraîtra bientôt en traduction anglaise. (Extrait)

Lundi 25 novembre 2019,  ACHCAR Gilbert, ROSO Darren

http://www.europe-solidaire.org/

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29 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

escalade (npa)

flics

Mouvement social

L’escalade répressive se poursuit

« Le droit de manifester doit être respecté, dans un cadre, celui de la non-violence. Tous ceux qui franchissent cette ligne sont les ennemis du droit de manifester. Je fais le distinguo. Toute formation politique comme toute formation syndicale s’honorerait à exprimer clairement ce distinguo. » (Emmanuel Macron, 22 novembre 2019)

Les propos tenus par Macron le 22 novembre en disent long sur la fuite en avant liberticide et l’escalade répressive qui constituent désormais la seule ligne de conduite du gouvernement face à la montée de la contestation sociale.

Stratégie de la terreur

Ces propos sont à la fois cyniques et dangereux. Cyniques parce que, jusqu’à preuve du contraire, la violence dans les manifestations est d’abord celle exercée par les bien nommées forces « de l’ordre ».

Elles bénéficient d’une immunité et impunité totales, au nom d’une prétendue « violence légitime », ouvertement revendiquée par Castaner : « La seule violence légitime, c’est celle des forces de l’ordre ».

Dangereux car, depuis les manifestations contre la loi travail et, de manière systématique depuis plus d’un an, lors des actes hebdomadaires des Gilets jaunes, les techniques de maintien de l’ordre visent à imposer une confrontation physique aux manifestantEs, transformant les défilés en combats de rue.

Gazages, nassages, attaques de cortèges, arrestations de masse (« préventives », ou lors d’opérations conjointes de la BAC et des CRS, avec le renfort des BRAV nouvellement créées). Les interpellations collectives, tout comme les tirs de LBD ou de grenades de désencerclement, filmés et diffusés abondamment sur les réseaux sociaux, sont parfaitement assumés par le gouvernement avec un objectif précis : faire régner la terreur pour dissuader un maximum de manifestantEs de descendre dans la rue.

Et surtout éviter la « convergence », la « coagulation » selon le vocabulaire gouvernemental. Les provocations, comme l’interdiction de la manifestation parisienne le 16 novembre ou la répres-sion judiciaire dans certaines villes (lire l’encart sur Montpellier) relèvent aussi de cette stratégie de tension.

Une réaction pas à la hauteur

Le succès relatif de cette politique a tout de même quelques limites, car les manifestations n’ont pas cessé pour autant. Et la contestation menace de s’étendre à compter de la grève interpro-fessionnelle du 5 décembre.

D’où la mise en garde de Macron adressée directement aux responsables des partis et syndicats du mouvement ouvrier, les priant de prêter main forte aux forces de répression : un appel clair et net à la collaboration de classe pour des basses œuvres de police.

Car ce que craignent par-dessus tout Macron et sa clique, c’est la « gilet-jaunisation » des syndicats, autrement dit la radicalisation de méthodes d’actions impulsées par la base.

Les attaques du cortège syndical le 1er Mai, sous prétexte de la formation d’un « black bloc », comme de la marche pour le climat le 21 septembre, sous prétexte d’infiltration d’« ultra-jaunes » (Paris a été la seule capitale où une marche climat a été réprimée) auraient dû au contraire susciter des réactions à la hauteur.

Mais force est de constater que jusqu’à présent le mouvement ouvrier organisé et les organisa-tions de défense des droits humains n’ont que timidement protesté face à la répression subie par le ­mouvement des Gilets jaunes.

Un large front anti-répression

Macron et son Premier ministre se vantent de cette répression de masse, servie par une justice d’exception, avec le soutien appuyé de plusieurs dirigeants réactionnaires de la planète, comme le résume ce sénateur chilien :

« Dans un pays comme la France, les choses ont été résolues de la même manière dont elles doivent être résolues au Chili.» Et d’ajouter : « C’est évident que le président Macron a dû faire appel à la police et à l’armée.

Personne n’aime faire cela, mais il a dû le faire. Le président Piñera aussi, car son devoir fondamental, c’est la sécurité.» Cette répression tous azimuts permet à d’autres de se faire passer pour des « démocrates », comme Poutine (qui s’est offusqué des blessés et des morts pendant le mouvement des Gilets jaunes) ou le régime iranien (« Regardez comment la police française traite les gens »).

Macron n’a qu’une obsession : écraser le mouvement social, qui est le principal obstacle au déploiement des contre-réformes ultralibérales. Dans le bras de fer en cours et pour les combats qui s’annoncent il y a urgence à constituer un large front anti-répression, pour faire valoir nos droits fondamentaux, en premier lieu le droit de manifestation.

Correspondant  Vendredi 29 novembre 2019

https://npa2009.org/

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29 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

racisme d’état (the guardian)

 racisme

Racisme britannique

Compte tenu de l’histoire de la Grande-Bretagne, il n’est pas surprenant que le racisme infecte toujours notre politique.

Notre nation a été construite sur l’esclavage et le colonialisme, dont l’héritage se perpétue dans le scandale Windrush (1) ( Remise en cause de leur nationalité à des immigrés des Antilles) . Pourtant, certains pensent que nous sommes un «exemple de tolérance.

En tant que secrétaire aux affaires étrangères du Parti Travailliste en 1951, Herbert Morrison a décrit l’indépendance des colonies africaines comme étant comparable à « donner à un enfant de 10 ans un verrou, un compte bancaire et un fusil de chasse ».

En 1955, Winston Churchill déclara à son gouvernement qu’il voulait combattre les élections législatives avec le slogan suivant: «Keep England White».

En 1964, à Smethwick, dans les Midlands de l’ouest, un candidat conservateur ne résista pas à la mode de gagner avec un slogan de campagne: « Vous voulez un nègre pour voisin? Votez pour le Parti Travailliste ».

En 1968, Enoch Powell avertit qu’il y aurait des« fleuves de sang » si l’immigration non blanche n’était pas stoppée.

En 1978, Margaret Thatcher a mentionné que la Grande-Bretagne était «submergée par des personnes de culture différente» – une phrase répétée par David Blunkett en 2002 en référence aux enfants de demandeurs d’asile scolarisés.

En 1990, trois libéraux démocrates de Tower Hamlets ont été expulsés du parti après avoir distribué un faux dépliant du Parti Travailliste alléguant que le parti travailliste relogerait les Bangladais sans abri.

En 2004, l’agent d’une campagne d’élection partielle, présidé par Tom Watson, a envoyé un courrier électronique au candidat, Phil Woolas, et à son directeur de campagne: « Si nous ne mettons pas l’électeur blanc en colère, c’est foutu ».

Lorsqu’un tribunal a déclaré que Woolas avait enfreint la loi loi électorale en faisant de fausses déclarations, il a reçu des messages de soutien de Gordon Brown et de Cherie Blair.

En 2009, le Parti National britannique a remporté deux sièges au Parlement européen. En 2014, Nigel Farage, alors dirigeant d’UKIP, a déclaré que «le principe de base» du discours de Powell sur les rivières de sang était «correct»: son parti était en tête du scrutin lors des élections européennes de la même année.

L’actuel Premier ministre a refusé de s’excuser après avoir qualifié les Noirs de « petits nègres» avec un «sourire de pastèque» et les femmes musulmanes de « boîtes aux lettres ». Une seule députée noire, Diane Abbott, reçoit la moitié de toutes les insultes en ligne envoyés aux femmes parlementaires.

Le racisme n’est pas nouveau dans la politique britannique. Comment est-ce possible? En tant que nation fondée en grande partie sur l’esclavage et le colonialisme, il a longtemps infecté notre culture et nos institutions.

La politique moderne émerge dans cette culture raciste, est ancrée dans ses institutions et implique la distribution de ressources et de pouvoir. Il ne s’agit pas uniquement d’individus ayant de mauvaises idées, mais d’un système d’oppression. Tous les partis y naviguent – vous ne pouvez pas être sur le bulletin de vote et ne pas être dans la société.

Le racisme marche comme ça: ce n’est pas une métaphore – un symbole d’incompétence, de grossièreté, d’impolitesse ou de bêtise. Le racisme est une forme de discrimination systémique, avec un héritage séculaire, qui façonne l’expérience vécue aujourd’hui.

En plus de priver les gens de l’emploi, du logement, de l’éducation, de l’égalité, des droits de l’homme, de la sécurité et des chances, il peut littéralement tuer. Le racisme peut être instrumen-talisé. Il peut galvaniser, distraire, détourner, déformer, créer des boucs émissaires et margina-liser. C’est un outil incroyablement efficace pour diviser les gens et donner un sentiment de supériorité à ceux à qui vous n’avez rien de matériel à offrir.

Le fait qu’il ait atteint les deux partis ne signifie pas qu’ils soient aussi mauvais. Historiquement, le monde du travail a été le plus susceptible de s’identifier aux mouvements opposés au racisme – même s’il n’a pas toujours tenu ses promesses – et d’adopter des lois favorables à l’égalité.  Lorsqu’il s’agit de lutter contre les préjugés, les gens attendent plus du Labour; ils n’attendent rien des conservateurs.

Cela ne signifie pas non plus que rien ne peut être fait. Le racisme qui existe en politique ne peut être éradiqué que par la politique. Les syndicats étaient autrefois le principal obstacle à l’embau-che de personnes non blanches dans certains secteurs du pays. Les minorités ne les ont pas pour autant abandonnés. Ils ont combattus de l’intérieur et ont transformé nombre d’entre eux en remparts efficaces contre le racisme.

Parler de l’islamophobie dans ce contexte n’est pas supperflu. La moitié des crimes de haine perpétrés en Angleterre et au pays de Galles sont dirigés contre les musulmans, le groupe religieux le plus sous-représenté au parlement et  le plus surreprésenté parmi les pauvres.

Le bilan du parti conservateur sur les musulmans est épouvantable et il n’a pas l’intention de changer. Comment avoir une conversation avoir sur le racisme en politique britannique sans évoquer le scandale Windrush, dans lequel des citoyens britanniques ont été chassés de leur emploi, privés de logement, de soins de santé, expulsés ou menacés d’expulsion par un gouvernement délibérément insensible. (Résumé)

Gary Younge Ven 29 nov 2019

https://www.theguardian.com/

(1) Pickaninny est une insulte raciste nord-américaine qui fait référence à un enfant d’ascendance africaine à la peau sombre. C’est un mot qui peut être dérivé du pequenino, version diminutive du mot pequeno, « petit » en portugais).

Lire aussi:

UK: quand le scandale de la génération Windrush refait surface (RFI)

Commentaire:

En France, évoquer un « racisme institutionnel » envers les minorités et en particulier les musulmans, déclenche la fureur de ceux qui parlent dans les médias. Et pourtant on a bien arraché le voile des femmes en public en Algérie, ce cher Jacques Chirac, a bien évoqué « le bruit et l’odeur ». Edith Cresson a bien dénigré les japonais comme des « fourmis » … Et Wauquier et Manuel Valls sur les Roms, sans aller chercher le RN…

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29 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

irak (the guardian)

Le sud de l’Irak est en feu

Les manifestations font rage.

La colère contre ceux qui sont perçus comme ayant tiré profit de la défaite d’Isis a alimenté le ressentiment.

Al-Shatrah, un étrange hurlement tiré d’une trompette en laiton brise le silence inquiétant. C’est le signal qu’un groupe de jeunes gens est appelé à se rassembler pour une nuit d’action personnelle ciblée: incendier les maisons de responsables locaux, de politiciens et de chefs de milices.

Sur un pont enjambant le canal de Gharraf, entre deux assauts de chants, les manifestants débattent de la maison à cibler. Internet étant coupé et la police anti-émeute lourdement armée errant dans les rues, les jeunes manifestants se sont tournés vers les appels à la trompette, un moyen ancien et sûr de communiquer et d’organiser des campagnes de combat.

Positionnés à différents coins du marché de la ville, les trompettes – d’anciens cuivres utilisés lors des mariages et des fêtes religieuses, d’autres des vuvuzelas en plastique aux couleurs vives – ont leur propre code. Un long son signifie rassembler, un éclat de staccato signifie se disperser.

« Le facteur de peur est brisé »: les manifestants exigent la destitution du gouvernement irakien

Comme de nombreuses villes d’Irak, al-Shatrah est le théâtre de manifestations quotidiennes depuis le début du mois d’octobre, lorsque des centaines de milliers d’Irakiens sont descendus dans les rues pour réclamer un nettoyage du système politique.

Les manifestations, alimentées par la corruption, la mauvaise gestion, le manque de services et le chômage, ont enflammé la révolte contre les partis politiques et religieux au pouvoir, ainsi que contre leurs milices affiliées, qui sont méprisées par les jeunes manifestants car dirigées par les Iraniens.

La réaction des autorités a été brutale: des centaines de personnes ont été tuées et des milliers d’autres blessées. Des manifestants ont « disparu », arrêtés par des hommes masqués ou déte-nus par les forces de sécurité. Bagdad a été le théâtre de la plus grande partie de la violence, mais elle a également eu lieu dans le sud.

Dans la capitale, les sit-in et les grèves des étudiants ont symbolisé les espoirs d’une jeune génération aspirant à une politique post-sectaire. Mais dans le sud, où les milices soutenues par l’Iran sont plus fortes que l’État ou sont l’État, et où un parti ou une milice peut dominer l’appareil de sécurité, la colère a été plus personnelles et  vengeuses..

À Ammara, par exemple, une foule a brûlé le siège d’une puissante milice soutenue par l’Iran. Les gardes ont ouvert le feu et, lors des affrontements qui ont suivi, les manifestants ont sorti le commandant blessé de la milice d’une ambulance et l’ont tué.

«Au début, seules quelques dizaines de personnes protestaient», raconte un manifestant âgé de 22 ans à Al-Shatrah. «Mais lorsque les habitants ont entendu les balles et ont vu leurs jeunes se faire tuer, ils ont quitté leurs maisons. C’est devenu une question d’honneur et de honte. Nous avons décidé de libérer nos villes de ces partis.  »

La plupart des politiciens et des commandants de milice les plus puissants d’Irak viennent du sud du pays. Cinq députés sont élus dans la seule petite ville d’Al-Shatrah. Le Premier ministre, Adel Abdul-Mahdi, est originaire d’un village voisin. Les jeunes de la région constituaient l’épine dorsale des milices chiites qui combattaient l’État islamique (Isis). La colère envers les milices et les partis politiques a commencé avec la défaite d’Isis, lorsque de jeunes hommes sont revenus du front pour constater que leurs commandants étaient devenus des chefs de guerre, accumu-lant fortune et contrats commerciaux.

«Beaucoup de politiciens et de responsables viennent d’ici, et pourtant c’est une ville très pauvre dans une province très pauvre»,  déclare Mohamed, défenseur des droits humains et militant énergique contre la corruption.

«Pendant les élections, les politiciens donnent aux gens des couvertures et quelques cartes téléphoniques, embauchent quelques hommes dans la police, mettent du bitume sur une route… c’est ainsi qu’ils obtiennent des votes. Après 16 ans de pouvoir chiite, les enfants chiites disent maintenant que les choses allaient mieux sous Saddam « .

«Qui sont les Hashed?», Demande un directeur d’école à Al-Shatrah, c’est un groupe para-militaire créé en 2014, formé de miliciens avec des armes disparates,  des volontaires pour lutter contre Isis. Il répond lui-même: «Nos enfants étaient les Hasheds. Ces politiciens et comman-dants en ont profité pour atteindre leurs objectifs.  »

« Le symbolisme et le statut du clergé chiite se sont effondrés ». « Si un commandant de milice venait sur la place de la ville, il serait frappé. »

Mercredi soir, des manifestants ont pris d’assaut et incendié le consulat d’Iran à Najaf, une ville du sud peuplée de sanctuaires de pèlerinages, qui abrite un puissant clergé chiite. Les manifes-tants ont accusé les autorités irakiennes de s’être retournées contre leur propre peuple pour défendre l’Iran.

Jeudi, avant l’aube, les forces de sécurité ont abattu 24 personnes qui bloquaient un pont à Nassiriya. Des membres armés de deux tribus sont entrés dans la ville pour défendre les mani-festants. Des milliers de personnes en deuil sont descendues dans les rues plus tard dans la journée, défiant le couvre-feu d’enterrer leurs morts après le tir de masse.

De retour sur le pont à Al-Shatrah, un nom est suggéré puis rapidement rejeté. Sa maison a déjà été brûlée. Un autre nom apparaît, mais celui-ci aussi est rejeté. Finalement, le groupe choisit le député local surnommé Um Shadda, ou la mère du bakchiche – une référence aux 10 000 dollars qu’elle demanderait à ceux qui cherchent un emploi de fonctonnaire.

«C’est une petite ville, nous connaissons touds les responsables et leurs familles, nous savions comment ils vivaient auparavant et comment ils vivent maintenant»,  déclaré un manifestant âgé de 22 ans.

«Certaines personnes autour de moi ramassent des cigarettes dans la rue pour fumer, d’autres sont des diplômés de l’université qui ne peuvent pas se permettre une tasse de thé. Ils voient les enfants de députés et de fonctionnaires qui ont grandi avec eux, conduisant des 4×4, dépensant de l’argent, dirigeant des affaires et recevant des contrats publics. C’est l’injustice. Tout est personnel ici.  »

Ghaith Abdul-Ahad à Al-Shatrah et  Nassiriya

Vendredi 29 nov 2019

https://www.theguardian.com/

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29 novembre 2019 ~ 0 Commentaire

antisionisme (le peuple breton)

palestine-oppression

Antisémitisme / Antisionisme.

Non à la résolution Maillard !

Il y a maintenant 2 ans et demi, le 1er juin 2017, le Parlement européen a adopté une résolution ayant pour but de donner un cadre à la lutte contre l’antisémitisme. Cette résolution prenait appui sur la définition de l’antisémitisme proposée par l’Alliance Internationale pour la Mémoire de l’Holocauste (AIMH).

Le journal Le Figaro écrivait alors que « la définition de l’antisémitisme inclut le ciblage de l’État d’Israël, c’est-à-dire l’antisionisme. Depuis plusieurs décennies, l’antisionisme est la forme mutante de l’antisémitisme, il en est la dernière expression historique. »

Il est très grave de raisonner ainsi. Pourtant, c’est à peu près ce qu’a dit le président Macron au dîner du CRIF en février 2019 (même s’il a fait en partie machine arrière depuis) :

« L’antisionisme est l’une des formes modernes de l’antisémitisme ». C’est grave de confondre les deux, car l’antisionisme est une démarche politique de ceux qui s’élèvent contre la politique du gouvernement israélien (et non pas contre les Juifs), gouvernement qui bafoue les décisions de l’ONU, le droit international et le droit humanitaire alors que l’antisémitisme est une forme de racisme.

Un député, Sylvain Maillard, a alors repris cela au bond en proposant au printemps une résolu-tion demandant que la France adopte la définition de l’AIMH. Le 20 mai 2019 la proposition du député, qui avait obtenu la signature de 161 députés, et affirmant « lutter contre l’antisémitis-me », était enregistrée et devait être débattue, mais cela fut reporté.

Elle revient maintenant avec un texte légèrement modifié. 30 nouveaux députés l’ont signée, mais 50 signataires du printemps sont heureusement revenu sur leur décision, ce qui peut laisser supposer qu’ils ne voteront pas la loi. On peut se demander pourquoi ? Peut-être parce qu’ils ont compris l’inutilité et le danger de la résolution ? En effet, la France dispose d’un arsenal juridique suffisant pour réprimer le délit qu’est l’antisémitisme en tant que forme de racisme. Pas besoin de loi supplémentaire !

Et pour le danger, on peut penser qu’il viendra de 2 § du texte , car la résolution Maillard « estime que la définition opérationnelle utilisée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste permet de désigner le plus précisément possible ce qu’est l’antisémitisme contemporain ; Considérant qu’elle constituerait un instrument efficace de lutte contre l’antisémitisme dans sa forme moderne et renouvelée, en ce qu’elle englobe les manifestations de haine à l’égard de l’État d’Israël justifiées par la seule perception de ce dernier comme collectivité juive ».

Qu’est-ce en effet que l’antisémitisme contemporain et les manifestations de « haine » contre l’État d’Israël ? Est-ce que protester contre la continuation de la construction du mur ou la colonisation forcée de territoires palestiniens, ce ne sera pas considéré comme des manifes-tations de « haine » tombant alors sous le coup de la loi ? Et beaucoup d’autres exemples.

En Israël, il existe la détention administrative, qui s’adresse bien sûr aux Palestiniens, c’est l’emprisonnement sans inculpation ni accès à un avocat, pour 6 mois renouvelables autant de fois tant que la justice le décidera. La France n’a jamais protesté officiellement devant ce déni de justice.

En 2017 l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri s’est trouvé précisément en détention administrative, prolongée dans son cas directement sur intervention du Ministre de la justice israélien Avigdor Lieberman.

La France a mis un bon moment à réagir, alors que de nombreuses ONG autour de l’AFPS faisaient le forcing pour l’aider. Le Ministère des Affaires étrangères d’alors (J-Y. Le Drian) avait juste à l’époque exprimé sa « préoccupation face au recours extensif à la détention administrative ».

Alors on peut se poser la question : si la résolution Maillard est votée, est-ce qu’on pourra encore manifester dans la rue pour des cas identiques sans être taxé d’antisémitisme ?

Est-ce que protester vigoureusement parce qu’un prisonnier palestinien souffrant d’un cancer et dans un état terminal est enfin amené à l’hôpital, mais mains et pieds attachés sur un lit, cela jusqu’à son décès très récent, sera considéré comme de l’antisémitisme ? Est-ce que manifester contre l’utilisation de balles réelles par des snipers israéliens contre des enfants ou une infirmiè-re venue secourir un blessé à la frontière de la Bande de Gaza pourra être considéré comme une atteinte à l’État d’Israël ?

C’est pour toutes ces raisons que nombres d’ONG ( Dans le Finistère : l’AFPS, Amnesty, la LDH, l’ACAT, le CCFD, le Mouvement de la Paix) ont écrit à leurs député-e-s pour les dissuader de voter la résolution.

Sur les 141 élus qui ont finalement signé pour la présentation au Parlement, les Bretons sont heureusement rares. Au printemps, ils étaient 3 sur 161 : Hervé Berville (22), Sandrine Le Feur (29) et Laurence Maillart-Méhaignerie (35) à avoir signé.

Depuis, ces 2 dernières n’ont pas re-signé pour la nouvelle mouture, il ne reste que Hervé Berville. Par contre une nouvelle signature est apparue, celle de François de Rugy (44). Mais pour un certain nombre de députés ou députées, on ignore ce qu’ils ou elles voteront, n’ayant répondu ni aux courriers, ni aux demande de rendez-vous, comme les 3 députés de Cornouaille (2 Lrem et 1 Modem). (Résumé)

Christian Pierre 28 novembre 2019

http://lepeuplebreton.bzh/

Lire aussi:

Lettre ouverte aux députés français de 39 ONG et associations françaises contre la proposition de résolution sur l’antisémitisme/antisionisme

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