Archive | Antimilitarisme

26 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

chine (lutte ouvrière)

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L’État chinois et la bourgeoisie chinoise aujourd’hui

Aujourd’hui, alors que l’importance du marché s’est considérablement accrue, l’État a conservé une très forte participation dans l’économie, en contrôlant les plus grandes entreprises, notamment les 117 dites stratégiques de la SASAC, (l’agence chargée de la supervision des entreprises publiques), en contrôlant les banques et les marchés financiers, en pilotant la montée en puissance des nouveaux secteurs comme l’aéronautique.

De ce point de vue, il ne se distingue pas des États occidentaux. Comme eux, il défend les intérêts généraux de sa classe dominante. C’est ainsi l’État chinois qui a relancé l’économie chinoise et mondiale en 2008, en investissant dans les infrastructures et l’immobilier. C’est lui qui garantit aujourd’hui que la crise immobilière ne se transforme pas en déroute complète.

L’État chinois protège aussi la classe dominante des réactions des travailleurs, dont l’exploitation s’est bien aggravée en 30 ans, et des paysans, régulièrement spoliés de leurs terres que les autorités locales revendent aux promoteurs immobiliers.

Enfin, tout en se faisant l’intermédiaire des capitalistes occidentaux, l’État chinois protège de l’impérialisme les intérêts de sa classe dominante.

Ainsi, c’est l’État qui cherche des marchés à l’exportation, comme les « nouvelles routes de la soie », pour tenter de sortir l’économie chinoise de ses limites internes.

C’est l’État qui pilote les entreprises sur les Bourses occidentales afin que les plus grandes ou les plus précieuses ne lui échappent pas. Mais depuis que les capitalistes occidentaux ont choisi dans les années 1990 et 2000 d’investir en Chine, c’est aussi l’État chinois qui leur garantit leurs profits en leur permettant d’exploiter une classe ouvrière faite maintenant de centaines de millions de travailleurs qu’il faut tenir en respect.

Les capitalistes chinois profitent eux aussi de ces investissements occidentaux, en se plaçant comme sous-traitants ou fournisseurs, ou en acquérant des compétences et des technologies nouvelles.

La classe dominante chinoise doit donc tout à l’État. Elle en est consciente et, si elle l’oubliait, les dirigeants comme Xi Jinping se chargent de le lui rappeler régulièrement. C’est pourquoi les clans au pouvoir peuvent se permettre de mettre un Jack Ma ou une Whitney Duan sous séquestre, de sacrifier de temps en temps un Bo Xilai au nom de la lutte contre la corruption, ou d’imposer une politique particulière à telle ou telle entreprise, à tel ou tel secteur.

L’État chinois est un État bourgeois qui a réussi à développer une économie et une bourgeoisie chinoises dans un environnement impérialiste.

Une telle réussite ne se comprend que parce que l’État s’est mis au service de l’impérialisme, en lui offrant une partie de son marché et de ses travailleurs, et parce que l’État a lui-même dirigé l’économie à une époque où le capitalisme occidental était, et demeure, embourbé dans une crise sans fin et où les bas salaires chinois étaient une opportunité.

Les tensions permanentes mais grandissantes entre la Chine et les États-Unis sont là pour rappeler les limites de ce que tolère l’impérialisme dans l’émergence d’une puissance concurrente.

Quant au développement de la Chine, il reste tout relatif.

Il ne concerne que les zones côtières et les grandes villes, excluant les campagnes où des centaines de millions de personnes vivent toujours dans des conditions arriérées.

Il est aussi relatif si on adopte un point de vue global.

Le retour de la bourgeoisie des pays impérialistes en Chine pour exploiter une main-d’œuvre sous-payée, et qui a pris le relais des investissements de la diaspora chinoise au début des années 2000, s’est fait au détriment des économies occidentales.

Leurs capitaux se sont localisés là où c’était le plus profitable, accélérant le ralentissement des vieilles économies capitalistes.

Reste de ce processus l’émergence d’une classe ouvrière maintenant forte de plusieurs centaines de millions de membres, une classe ouvrière qui n’aura pas d’autre choix que de se battre pour ses propres intérêts et de renouer avec les idées révolutionnaires.

 23 juin 2022

https://mensuel.lutte-ouvriere.org/

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26 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

gasteiz 1976 (ballast)

espagne

Les drapeaux des nationalités pendant la guerre

Se souvenir du massacre de Vitoria-Gazteiz

En Espagne, si l’année 1975 est marquée par la mort du dictateur Franco, le régime autoritaire et répressif franquiste ne s’éteint pas avec lui. Jusqu’aux premières élections législatives, en 1977, les manifestations se multiplient dans le pays.
L’une d’elles se tient le 3 mars 1976 à Vitoria-Gasteiz, au Pays Basque. L’intervention de la police conduit à un massacre : cinq manifestants sont tués par balle, une centaine blessés. Depuis, le souvenir de l’événement fait l’objet d’un combat permanent. L’auteur du présent texte revient sur l’histoire récente d’un processus mémoriel qui, dans l’Espagne contemporaine, doit composer avec le déni des crimes perpétrés sous le régime franquiste.  Par Arnaud Dolidier

3 mars 1976. 18 000 personnes sont en grève à Vitoria-Gasteiz au Pays Basque. 80 usines sont fermées ou occupées par les travailleurs. Après la tenue de plusieurs assemblées dans ces dernières, des manifestations partent de façon simultanée des différents quartiers ouvriers de la ville. 12 000 personnes arrivent devant l’église San Francisco où une assemblée est prévue à 17 heures.

Parmi elles, 5 000 parviennent à rentrer dans l’édifice tandis que les 7 000 autres restent aux alentours, bloquées par la police qui encercle l’église. Elle procède à son évacuation en jetant des gaz lacrymogènes à l’intérieur, ce qui provoque la panique des grévistes qui se ruent hors du bâtiment. La police, comme en témoigne les enregistrements de leurs communications radio1 se sent acculée et menacée.

Au moment où les grévistes sortent de l’édifice, elle tire à balles réelles, provoquant une centaine de blessés, dont vingt graves, et la mort de cinq personnes. Deux jours plus tard, environ 70 000 travailleurs assistent aux funérailles des ouvriers tués. Puis le lundi 8 mars, une grève générale réunit 600 000 personnes dans la rue pour exiger la dissolution des corps de police armée et un procès pour les responsables du massacre du 3 mars. Ce jours-là, deux autres personnes meurent sous les balles.

1er juin 2021. Le roi d’Espagne Felipe VI et le chef du gouvernement Pedro Sánchez inaugurent à Vitoria-Gasteiz le Centre-mémorial des victimes du terrorisme. Il s’agit d’un musée dont l’accès est gratuit, où le public peut s’informer et rendre hommage aux 1 453 victimes du terrorisme comptabilisées depuis 1960, date de l’assassinat d’une enfant, Begoña Uñoz, par le DRIL2 jusqu’aux deux reporters espagnols David Beriain et Roberto Fraile, exécutés par Al-Qaeda en avril dernier. Si le mémorial englobe l’ensemble des actions terroristes des dernières décennies — de l’attentat de l’Hypercor par l’ETA le 19 juin 1987 en passant par celui de la gare d’Atocha de Madrid le 11 mars 2004 — il n’intègre pas les victimes de la répression franquiste et notamment celles du franquisme tardif, c’est-à-dire celles situées entre le 20 novembre 1975, date de la mort du dictateur, et juin 1977, moment des premières élections législatives depuis 1936. Bien qu’un nouveau régime mémoriel se soit consolidé durant les années 2000, accompagné de nouveaux termes comme « violations des droits de l’homme », « impunité », « crimes contre l’humanité », pour caractériser le passé franquiste, ce dernier n’est pas considéré comme un régime politique dont l’appareil répressif pourrait être qualifié de terrorisme d’État. Les victimes de la violence d’État franquiste, et notamment du second franquisme (1960–1977), ne sont donc pas reconnues officiellement comme telles.

Le pacte de silence érigé pendant la période dite de transition démocratique — un pacte d’oubli autant que d’amnésie —, scellé par la loi d’amnistie d’octobre 19773, a permis la libération des prisonniers politiques, mais a également garanti l’impunité aux criminels franquistes4.

La légitimité de cette loi a été remise en question par le mouvement citoyen de « récupération de la mémoire historique » qui a abouti en 2007 à la loi dite de « mémoire historique ». Cependant, le texte comporte de nombreux écueils. Si la loi de 2007 condamne officiellement le franquisme et déclare illégitimes les sentences prononcées par la dictature franquiste, elle ne les annule pas et n’affirme pas l’illégalité des tribunaux franquistes5.

Faisant face à ces manquements, les associations mémorielles se sont tournées vers la justice internationale pour les combattre. Elles ont aussi construit des instruments de lutte au service de la vérité, de la justice et de la réparation6.

Dans leur sillage, d’autres acteurs, comme l’association des victimes du massacre du 3 mars 1976, ont également entrepris des recours devant les tribunaux tout en déployant d’autres ressources afin d’être reconnus par l’État comme victimes du terrorisme et demander justice. Cette mobilisation s’articule à la volonté de combattre l’oubli de l’événement, un oubli qui s’explique en partie parce que la transition apparait, aujourd’hui encore, comme une période mythifiée, fondée sur un imaginaire politique où le processus de démocratisation aurait été pacifique et modérée. Pourtant, les travaux scientifiques de ces dernières années ont montré qu’après la mort du dictateur, le régime a employé la violence et la terreur pour mettre un terme aux mobilisations populaires d’une ampleur inédite, comme cela fut le cas à Vitoria7

(Extrait)

21 septembre 2022
Note:
Gasteiz est la capitale de l’Alava, une communauté basque avec le Guipuzcoa (San Sebastian-Donosti), la Biskaia (Bilbao). La Navarre ( Pampelune-Iruña) est à part.

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25 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

labour (the guardian)

labour

Les délégués travaillistes chantent l’hymne national à la conférence pour la première fois.

Keir Starmer ouvre la conférence du parti en rendant hommage à la reine et en chantant le God Save the King.

Keir Starmer a dirigé les membres du Labour dans des hommages à la Reine et une interprétation de l’hymne national – la première fois que l’hymne a été chanté à la conférence du parti.

Malgré les avertissements selon lesquels le chant serait susceptible d’attirer des protestations et des chahuts, le discours et l’hymne sont passés sans aucune protestation de la part des membres du parti, un moment qui, selon une source travailliste, est un grand signifiant de « la façon dont le parti a changé ».

M. Starmer a ouvert la conférence à Liverpool sous une bannière à l’effigie de la Reine, avec des Union Jacks de part et d’autre de la scène, et il a fait l’éloge de la Reine comme étant « le plus grand monarque de ce grand pays ».

Il a déclaré que la fin de son règne de 70 ans était l’occasion de rappeler le chemin parcouru par le pays depuis son accession au trône. « Un rappel que notre combat générationnel contre le mal du fascisme et l’émergence d’une nouvelle Grande-Bretagne sur les décombres de la seconde guerre mondiale n’appartiennent pas seulement au passé mais sont l’héritage de chacun d’entre nous », a-t-il déclaré.

« Alors que nous entrons dans une nouvelle ère, engageons-nous à honorer la mémoire de la défunte reine. Levons le col et faisons face à la tempête, gardons vivant l’esprit de service public qu’elle incarnait et laissons-le nous conduire vers un avenir meilleur. »

Les délégués ont observé une minute de silence avant de chanter le God Save the King. M. Starmer a été rejoint sur scène par son adjointe, Angela Rayner, et la présidente du parti, Anneliese Dodds.

Le chant de l’hymne national à la conférence du parti travailliste est « très étrange », selon Jeremy Corbyn – L’ancien leader travailliste Jeremy Corbyn avait critiqué la décision de chanter l’hymne national lors de la conférence du parti, estimant qu’il n’y avait pas de précédent.

Dans une interview accordée à la BBC, Jeremy Corbyn a déclaré qu’il était « très, très étrange » qu’une conférence du parti travailliste chante God Save the King. Il a déclaré : « Ils ne l’ont jamais fait auparavant, il n’y a jamais eu de demande en ce sens… En tant que pays, nous n’avons pas l’habitude de chanter l’hymne national à chaque événement auquel nous assistons.

« Nous ne le chantons pas dans les écoles, nous n’avons pas le lever du drapeau comme ils le font aux États-Unis et dans d’autres endroits. Nous ne sommes pas ce genre de, ce que j’appellerais, nationalistes à l’excès. »

Dim 25 Sep 2022

https://www.theguardian.com/

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25 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

kurdistan iranien (ia)

kurdes

Grève générale au Kurdistan iranien pour protester contre l’assassinat de Mahsa Amini

Mahsa Amini, une jeune femme kurde de 22 ans, a été la dernière victime de la « patrouille de la moralité » à Téhéran. Son crime : ne pas porter son voile correctement ! Les agents l’ont arrêtée dans la rue, ont dit à son frère que Mahsa serait emmenée au poste de police et relâchée après un « cours de rééducation » d’une heure.

Ce qui s’est passé n’a rien à voir avec ça. Les personnes rassemblées devant le poste de police, qui réclamaient sa libération et celle de nombreuses autres femmes détenues, ont été attaquées à coups de matraque et de gaz lacrymogène par les agents. Deux heures plus tard, une ambulance a transporté le corps de Mahsa à l’hôpital de Kasra, où le personnel médical n’a pu que constater la mort cérébrale de la jeune femme, dont le corps était blessé à la suite d’un passage à tabac brutal.

L’explosion dans les rues de Téhéran, du Kurdistan et sur les médias sociaux dénonçant le meurtre de Mahsa Amini aux mains de l’État criminel d’Iran a été immédiate et n’a pas cessé malgré le blocage de l’Internet à Saghez et Sanandaj, les menaces proférées à l’encontre des militants et le vaste déploiement des forces de sécurité dans les deux villes, qui ont utilisé la force contre les manifestants.

Lors des manifestations du samedi 17 septembre à Saqqez, au moins 33 personnes ont été blessées par la répression policière.

Malgré la réaction furieuse du régime à l’encontre des protestations, celles-ci se sont poursuivies en force.

Le Parti de la vie libre du Kurdistan (PJAK) et la Communauté libre et démocratique du Kurdistan oriental (KODAR), ont appelé les hommes et les femmes de Rojhilat (Kurdistan iranien) à se mettre en grève générale le lundi 19 septembre.

Les menaces proférées par les autorités iraniennes à l’encontre des syndicats et des entreprises pour qu’ils ne participent pas à la grève n’ont pas empêché cette dernière d’avoir un impact significatif. On rapporte que la grève est largement suivie dans des villes comme Sanandaj, Saqqaz, Baneh et Mariwan, des villes du Kurdistan iranien.

Des frappes ont également été signalées dans la province d’Azerbaïdjan occidental, dans des villes comme Urmia, Bukan et Piranshahr. Iran International ajoute que des commerçants de Yavanrud et de Kermanshah, dans l’ouest du pays, ont également rejoint la grève.

De nombreuses femmes ont rejoint la campagne en brûlant leur foulard ou en se coupant les cheveux aux cris de « Mort au dictateur mercenaire ! », tandis que les hommes se coupaient la barbe en signe de protestation contre la République islamique qui oblige les femmes à porter le hijab et les tue en toute impunité.

Ni la répression policière brutale, qui a déjà entraîné la mort de huit personnes en plus du nombre croissant de blessés, ni les promesses du président Ebrahim Raisi de mener une enquête complète sur la mort d’Amini ne parviennent à mettre un terme aux protestations croissantes.

Ces derniers mois, les patrouilles de la moralité de l’État iranien ont intensifié leur présence dans les grandes villes, harcelant et enlevant des femmes dans la rue pour leur choix de vêtements. On sait peu de choses sur les autres crimes commis contre les femmes dans les bases de patrouille et les centres de détention.

La violence sauvage contre les femmes dans les théocraties criminelles doit cesser maintenant !

Teresa Campos  22 Septiembre 2022
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https://www.izquierdarevolucionaria.net/

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25 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

iran (france info)

iran

Mort de Mahsa Amini : qu’est-ce que la police des mœurs, qui sème la terreur en Iran ?

Créée en 1979 pour assurer l’application de la loi islamique, la police des mœurs est de plus en plus critiquée pour des arrestations arbitraires et des violences.

Elle est à l’origine de la contestation qui secoue l’Iran. Le vendredi 16 septembre, c’est après l’intervention de la police des mœurs que la Kurde iranienne Mahsa Amini est morte. Elle avait été arrêtée pour « port de vêtements inappropriés » parce qu’elle portait mal son voile quelques jours plus tôt, est morte.

Le président Ebrahim Raïssi a affirmé jeudi 22 septembre qu’une enquête allait être ouverte, en assurant que le rapport du médecin légiste n’avait pas fait état d’abus de la part de la police.
A l’heure où de nombreuses femmes retirent leur voile en signe de contestation contre le régime islamique, Franceinfo vous explique ce qu’est cette police de la morale.

 Une police pour imposer le tchador

La Gasht-e Ershad, ou « police des mœurs » est née l’année du triomphe de la Révolution islamique en Iran, en 1979. Elle a été créée avec pour objectif principal d’assurer l’application de la loi qui a rendu le port du voile obligatoire pour les femmes.

A l’époque, il s’agissait d’un tchador, une tenue noire intégrale qui ne découvre que le visage. « Cette police inspirait une peur bleue, elle était composée de gens extrêmement agressifs » souligne Mahnaz Shirali, sociologue et politologue, spécialiste de l’Iran, dans Le Parisien.

Si le tchador n’est plus obligatoire aujourd’hui, les arrestations se poursuivent de manière arbitraire. L’absence de loi claire sur le code vestimentaire islamique laisse la police des mœurs libre de l’interpréter comme elle l’entend. La sociologue Mahnaz Shirali dénonce des « fourgonnettes en chasse » auprès du Parisien. A l’arrière de ces véhicules, des femmes se chargent de réprimander celles qui sont arrêtées et de leur faire un rappel à la loi.

Ces contrôles de la tenue des femmes se sont par ailleurs renforcés depuis l’élection de l’ultraconservateur Ebrahim Raïssi à la présidence du pays en 2021. « Le gouvernement iranien a pris plusieurs mesures visant à renforcer l’obligation de porter le voile », explique le site Grand Continent. Une directive du 5 juillet dernier impose aux femmes de couvrir leur cou et leurs épaules en plus de leur chevelure. Un décret du 15 août les expose à des punitions plus sévères en cas de non-respect des règles vestimentaires, détaille le site.

 Une brigade sous le feu des critiques

Cette police de la morale a plusieurs fois été pointée du doigt ces derniers mois.  En avril, un champion de boxe a reçu plusieurs balles dans le dos alors qu’il tentait de défendre sa femme qui subissait un contrôle d’identité des officiers de cette unité, expliquent les Observateurs de France 24.

Le même mois « la police a arrêté une femme qui avait été harcelée et filmée par une autre personne, pour non-conformité à cette réglementation, rapporte Human Rights Watch. Elle aurait été battue lors de sa garde à vue et emmenée à l’hôpital pour une hémorragie interne, avant d’être forcée de présenter publiquement des excuses, dans une émission de la télévision d’Etat. »

Depuis la mort de Mahsa Amini, de plus en plus de voix s’élèvent contre cette police, y compris au sein de la classe politique iranienne. Elle « n’obtient aucun résultat, sauf causer des dommages au pays », a déclaré le député Jalal Rashidi Koochi à l’agence de presse ISNA. « Est-ce que les gens qui sont conduits par cette police d’orientation à ces séances d’explications reprennent conscience et se repentent quand ils en sortent ? », s’est notamment demandé le parlementaire. Washington a également annoncé des sanctions économiques à l’égard de cette police des mœurs et de plusieurs responsables de la sécurité.

Cette colère contre la police des mœurs pourrait donner une nouvelle dimension au mécontentement qu’ont plusieurs fois exprimé les Iraniens depuis la Révolution islamique. « Cette fois-ci, on entend des protestations pas seulement contre la situation générale du pays, mais aussi pour les droits des femmes : c’est un changement important », a analysé Azadeh Kian, professeur de sociologie à l’université Paris Cité et spécialiste de l’Iran, pour l’AFP.

Jeudi 22, Washington a annoncé des sanctions économiques visant la police des mœurs iranienne et plusieurs responsables de la sécurité pour les « violences contre les manifestants », ainsi que pour le sort de Mahsa Amini.

Ces sanctions ciblent « la police des mœurs d’Iran et les hauts dirigeants de la sécurité iranienne responsables de cette oppression », et « démontrent l’engagement clair de l’administration Biden-Harris à défendre les droits humains et les droits des femmes, en Iran et dans le monde », a déclaré la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, dans un communiqué.

Au moins 17 personnes ont péri selon un bilan d’un média d’Etat du 22 septembre. Mais le bilan risque d’être bien plus lourd : l’ONG d’opposition Iran Human Rights (IHR), basée à Oslo, fait état d’au moins 50 civils tués par les forces de sécurité.

samedi 24 septembre 2022

https://www.francetvinfo.fr/

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25 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

ukraine (le huff’)

ukraine-r

Guerre en Ukraine : des Tatars de Crimée aux opposants politiques, la mobilisation russe ne frappe pas au hasard

Des manifestants, parfois encore étudiants, ont reçu une convocation après leur interpellation pour manifestation contre la mobilisation des réservistes.

La guerre ou la prison pour se débarrasser des contestataires et des membres de minorités. Vladimir Poutine a annoncé cette semaine la mobilisation partielle des réservistes pour aller combattre en Ukraine et, face à la fuite à l’étranger de nombreux Russes, signé ce samedi 24 septembre des amendements prévoyant jusqu’à 10 ans de prison pour les militaires qui désertent ou refusent de combattre.

L’ordre de mobilisation concerne 300 000 personnes, le Kremlin comme le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, ayant assuré qu’aucun étudiant ne serait appelé et que les forces russes privilégieraient les réservistes ayant des compétences précises ou une expérience militaire. Mais dans les faits, les personnes appelées sont parfois loin de correspondre à ce profil.

« Demain tu pars à la guerre »

Selon l’ONG russe OVD-Info, plusieurs participants à des actions de protestation contre la mobilisation, notamment à Moscou, auraient reçu des « convocations au bureau d’enregis-trement et d’enrôlement militaire » à l’issue de leur détention. C’est ce qui est notamment arrivé à Mikhaïl, un musicien de 29 ans. Quelques heures après que Vladimir Poutine a annoncé mercredi la mobilisation de 300 000 hommes et femmes, il est allé protester sur l’avenue Arbat. Comme quelque 1 300 autres personnes à travers le pays, ce jour-là, il a été arrêté.

« Je m’attendais aux [procédures] habituelles : l’arrestation, le poste de police, le tribunal », raconte le jeune homme, joint jeudi au téléphone par l’AFP. « Mais s’entendre dire : ’Demain tu pars à la guerre’, (…) ça, c’était une surprise. » Il est loin d’être le seul à avoir vécu cette expérience. Après avoir été interpellé à ce sujet par un journaliste, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a jugé qu’il n’y avait là rien d’« illégal ».

Mikhaïl Souetine raconte qu’après son arrestation, les policiers l’ont conduit dans une pièce à part où ils ont voulu lui faire signer une convocation à se rendre dans un centre de mobilisation de l’armée. « « Soit tu signes ça, soit tu passeras dix ans prison » », l’ont-ils menacé, assure cet opposant à l’offensive.

Mikhaïl Souetine a refusé de signer la convocation, sur les conseils de son avocat. Et comme les amendements relatifs à la mobilisation n’étaient pas encore entrés en vigueur, il a été remis en liberté jeudi à 5h du matin. Cependant, les policiers l’ont prévenu que le puissant Comité d’enquête de Russie, chargé des investigations criminelles les plus importantes, serait informé de son refus et qu’il allait au-devant de « gros problèmes ».

18 ans, étudiant et mobilisé pour la guerre

Parmi les manifestants se trouvaient aussi des étudiants, dont certains ont aussi été convoqués, contrairement aux affirmations du régime de Poutine. Andreï, qui a fêté ses 18 ans la semaine dernière, était lui aussi allé manifester mercredi à Moscou. Il a été arrêté et s’est vu lui aussi présenter une convocation pour être mobilisé. Mais contrairement à Mikhaïl Souetine, l’adolescent a signé sous la « menace » le document, dont l’AFP a pu examiner une copie.

« C’était clair que je ne pouvais pas m’enfuir (…) J’ai regardé autour de moi et j’ai décidé de ne pas résister », dit-il. « Malheureusement, j’ai signé. » Pourtant, Andreï vient de commencer ses études à l’université. « Comme on dit ici, la Russie est un pays où l’ordre du possible est infini », remarque amèrement l’intéressé. Andreï, qui cherche encore un avocat, a finalement décidé de ne pas se rendre au bureau de mobilisation à l’heure dite, 10h jeudi. Et il ne sait pas quelles seront les conséquences.

Le peuple tatar ciblé par Poutine

Autre preuve que Vladimir Poutine se sert de la mobilisation pour se débarrasser de ceux qu’il estime gênant : le taux de Tatars de Crimée ayant reçu une convocation. Selon l’ONG SOS Crimée, citée par Franceinfo, la mobilisation générale vise très largement des membres cette minorité dans la région annexée par la Russie depuis 2014.

Selon eux, 90 % des ordres de mobilisation en Crimée ont été reçus par des Tatars, alors qu’ils ne représentent pas plus de 15 % de la population. « Une telle ampleur de la mobilisation peut conduire à un génocide caché du peuple tatar de Crimée », a dénoncé leur représentant, Yevgeny Yaroshenko.

Vendredi soir, dans son allocution quotidienne, Volodymyr Zelensky a lui aussi affirmé qu’en Crimée, « il y a des tentatives pour trouver et mobiliser autant d’hommes que possible », notamment parmi la minorité tatare. Il s’est ainsi adressé « à tous nos habitants dans le territoire temporairement occupé » pour les appeler à « faire l’essentiel » : « Sauvez vos vies et aidez-nous à affaiblir et à détruire les occupants. Cachez-vous de la mobilisation russe par tous les moyens. Évitez les lettres de conscription. Essayez de vous rendre sur le territoire libre de l’Ukraine », leur a-t-il dit.

Si échapper à l’enrôlement est impossible, « sabotez toute activité de l’ennemi, entravez toute opération russe, fournissez-nous toute information importante sur les occupants ».

Des preuves difficiles à recueillir

Mais les Tatars de Crimée ne sont pas la seule minorité concernée, même si les preuves sont difficiles à recueillir. « L’appel tombe le plus durement sur les communautés déjà les plus durement touchées par la guerre, en particulier les minorités ethniques », pointe le chercheur britannique Sam Green sur Twitter.

Le spécialiste souligne en particulier le cas des habitants du Daghestan, dans le Caucase, ou encore de la minorité iakoute en Sibérie. Le média d’opposition en langue russe et anglaise Meduza relate pour sa part la mobilisation accrue des réservistes en Bouriatie, région très pauvre à l’extrémité orientale de la Sibérie.

« Le racisme et le classisme font partie du processus. Les guerres sont presque toujours menées par les exclus, les marginalisés et les pauvres au nom des puissants — et la Russie ne fait pas exception à cet égard », souligne Sam Green.

OLGA MALTSEVA

https://www.huffingtonpost.fr/

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22 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

diplo (essf)

pari unique

Trop c’est trop : Les silences choquants du « Diplo »

Depuis quelques années, « Le Monde diplomatique » manifeste parfois une certaine complaisance vis-à-vis de la Russie de Vladimir Poutine. Comme si le mensuel retombait dans un « campisme » typîque des années 1950.

Sauf que la guerre froide est terminée depuis trente ans : le monde d’aujourd’hui voit s’affronter plusieurs impérialismes – l’américain, le plus puissant, mais aussi le russe, le chinois, sans oublier les puissances régionales telles qu’Israël, la Turquie, l’Arabie saoudite, l’Iran, l’Inde, etc. Il serait absurde de prendre parti pour l’un contre les autres…

C’est ce qui choque à la lecture de l’article de Serge Halimi et Pierre Rimbert, publié en dernière page du numéro de septembre sous le titre « Voluptueux bourrage de crâne ». Il s’agit d’un pamphlet contre la seule propagande ukrainienne et son relais par les médias occidentaux, et notamment français.

En revanche, les auteurs ne consacrent, sous leur propre plume, pas une ligne, pas un mot de ce brûlot à Poutine, à sa décision d’envahir la Russie, aux crimes de guerre et contre l’Humanité que son armée y commet en série, ni à… sa propagande.

Bref, la critique – évidemment légitime – du biais des médias sert contraste avec le silence – non moins évidemment illégitime – sur la politique belliciste de Moscou.

Mes deux confrères accrochent ironiquement leur texte : « Le président Volodymyr Zelensky, interrogent-ils, est-il aussi rédacteur en chef des médias occidentaux ? » Arrivé à la fin de leur article, (https://www.monde-diplomatique.fr/2022/09/HALIMI/65016?var_ajax_redir=1) on serait plutôt tenté, quitte à user du même humour qu’eux, de se demander : “Le président Vladimir Poutine est-il aussi directeur du “Monde diplomatique” ?”

Trêve de plaisanterie. Cette étrange article incite à poser à nouveau une question de fond : oui ou non, les crimes de guerre et contre l’Humanité doivent-ils être dénoncés, quels qu’en soient les auteurs ?

À moins que Serge Halimi et Pierre Rimbert pensent que les civils bombardés, les innocents torturés, les prisonniers castrés au couteau et les femmes violées par des groupes de soldats ivres – autant d’horreurs dénoncées par les organisations internationales, y compris Amnesty qu’ils citent quand ça leur convient – relèvent de la propagande ? L’adjectif “voluptueux” est en tout cas malvenu…


Dominique Vidal lundi 19 septembre 2022

https://www.europe-solidaire.org/

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22 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

grenades (reporterre)

militarisme1

Grenades lacrymogènes, LBD : une usine veut produire plus de poudre

Dans le Finistère, une usine de fabrication d’armes souhaite augmenter sa production de poudre. Un projet qui aurait des conséquences négatives sur l’eau et la qualité de l’air.

C’est une forteresse installée au cœur du parc régional d’Armorique. À Pont-de-Buis-lès-Quimerc’h, dans le Finistère, sur un site de 100 hectares, l’usine Nobel Sport fabrique de la poudre pour munitions à usages multiples, allant de la cartouche pour fusil de chasse à des équipements pour les forces de police, comme des grenades lacrymogènes et des munitions de lanceurs de balles de défense. Depuis le 26 août et pour quelques jours encore, une enquête publique est ouverte dans cette commune de 3 600 habitants. L’objectif de cette demande est d’obtenir l’autorisation d’augmenter de 25 % sa production. Mais au-delà de l’aspect éthique, cette croissance n’est pas sans conséquences sur l’environnement.

Ces dernières années, l’usine s’est retrouvée à plusieurs reprises dans le collimateur des mouvements sociaux. Ce fut le cas lors du mouvement de protestation contre les expulsions sur la zad de Notre-Dame-des-Landes en 2013 ou lors du mouvement des Gilets jaunes en 2019. Mais, à en croire l’avis d’autorités compétentes, le fabricant de munitions pourrait aussi attirer l’attention du public en raison des répercussions environnementales de l’usine sur une zone déjà fortement fragilisée.

Autrefois poudrerie nationale, l’entreprise envisage de produire 3 100 tonnes de poudre par an, contre 2 500 tonnes à l’heure actuelle. Cependant, le projet est fortement dépendant de la ressource en eau en raison d’un important système de refroidissement nécessaire à la sécurité du site. Les chiffres présentés dans l’étude d’impact donnent le vertige : actuellement, c’est jusqu’à 3 500 m³/j d’eau qui peuvent être théoriquement consommés sur le site. « En pratique on est plutôt sur une moyenne de 2 000 m³/j », tempère de son côté Arnaud Joissains, directeur sécurité et sûreté evironnement de l’entreprise.

Un avis défavorable

Bien qu’indispensable pour la sécurité du site, cette quantité d’eau prélevée dans la rivière toute proche, la Douffine, a interpellé l’Autorité environnementale. En effet, l’été 2022 a montré que la Bretagne n’était plus épargnée par les problèmes d’accès à l’eau et il semblerait que la question n’ait pas été anticipée par le porteur du projet. « Le dossier n’indique pas les mesures qui sont prises si le débit du cours d’eau n’est pas suffisant [...]. De plus, la possibilité d’une augmentation de la récurrence des faibles débits de la rivière, dans le contexte du changement climatique, n’est pas prise en compte dans le projet », indiquent les auteurs du rapport de la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAE).

Située en amont d’une zone Natura 2000, l’eau utilisée est en partie rejetée dans la Douffine ; ce qui explique qu’une forte teneur en DPA (diphenylamine) a été constatée de 2016 à 2020. Cette substance chimique considérée très toxique est utilisée comme stabilisant pour la fabrication de la poudre. Sommée par la préfecture du Finistère de changer la donne, la poudrerie a depuis réalisé des travaux pour limiter la présence de certains solvants. Le projet prévoit néanmoins une hausse des rejets en sulfates dans l’eau, sans que les conséquences éventuelles sur la vie aquatique ne soient détaillées.

Fait rarissime, ces différents éléments ont conduit la commission locale de l’eau (CLE) à donner un avis défavorable au projet. Composé d’élus et d’associations d’usagers, l’organisme a mis en lumière l’incompatibilité du projet avec les objectifs de protection de l’eau et du littoral.

Zones d’ombre sur la qualité de l’air

La qualité de l’air est aussi questionnée par l’Autorité environnementale. Là encore, malgré certains investissements récents, des zones d’ombre persistent. Le site utilise chaque année 2 534 tonnes de solvants et 90 % d’entre eux sont recyclés. Il reste néanmoins sur le site des déchets pyrotechniques « qui ne disposent pas de filière de traitement. Ils sont stockés et brûlés sur place », affirme le porteur du projet. Des opérations régulières qui ne sont pas sans conséquences sur la qualité de l’air et le voisinage.

Parmi les très rares observations déposées à l’heure actuelle pour l’enquête publique, on peut en effet lire ce témoignage d’un habitant de la commune : « Je viens d’acheter un terrain à Pont-de-Buis pour m’y installer. Sur le terrain je mets un masque, car les fumées des feux à l’air libre, quasi journaliers, me font mal à la tête. » S’appuyant sur des données chiffrées, la MRAE émet elle aussi des réserves : « Les quantités de COV émis  [1] restent relativement importantes. Toutes les solutions possibles pour diminuer ces émissions devraient donc être examinées. »

Quelle sera la prise en compte de ces arguments face au poids économique d’un des plus importants acteurs du secteur ?

Réponse dans quelques semaines. En attendant, l’enquête publique est ouverte jusqu’au 26 septembre. Pour y participer, il est possible d’envoyer un mail avec ses observations à cette adresse :

accueil-mairie@pontdebuislesquimerch.fr.

Kristen Falc’hon 22 septembre 2022

https://reporterre.net/

 

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21 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

billets d’avion (jdd)

vlad

L’appel à la mobilisation de Poutine a entraîné une ruée sur les billets d’avion pour quitter la Russie

Vladimir Poutine a annoncé une mobilisation partielle pour renforcer ses troupes. De quoi provoquer une ruée sur les billets d’avion pour quitter la Russie. Les prochains vols vers les pays les plus proches sont pour la plupart déjà complets.

Vladimir Poutine s’est adressé à son peuple mercredi matin dans une allocution d’une dizaine de minutes diffusée à la télévision. Si le chef d’État s’en est violemment pris à l’Occident – en menaçant notamment d’avoir recours à l’arme nucléaire -, le président russe a également annoncé avoir signé un décret pour une « mobilisation militaire partielle » dès mercredi en Russie , afin de renforcer son armée. Cette mobilisation concerne dans un premier temps 300 000 réservistes. Mais le ministère russe de la Défense a estimé que 25 millions de Russes seraient mobilisables.

Les vols en avion pris d’assaut

Peu de temps après l’annonce de Vladimir Poutine, une pétition a été lancée sur le site change.org, rassemblant quelque 160 000 signatures en quelques heures. Mais les habitants ont surtout été nombreux à se ruer vers les sites des compagnies aériennes pour essayer de quitter la Russie dans les plus brefs délais, indique l’AFP. L’outil statistique Google Trends a enregistré que les mots « billets » et « avion » ont deux fois plus fait partie des recherches sur Google ce matin, depuis l’allocution de Vladimir Poutine.

Le terme « quitter la Russie » a été tapé 100 fois plus dans la barre de recherche dans la matinée qu’habituellement. Ce serait dans la région de Belgorod, proche de la frontière nord-est de l’Ukraine et visée à plusieurs reprises par des frappes ukrainiennes depuis le début de la guerre, que les recherches auraient été le plus faites.

Les billets vers les destinations les plus proches de la Russie, comme l’Arménie, la Géorgie, l’Azerbaïdjan ou le Kazakhstan, ont été pris d’assaut et seraient déjà tous complets pour la journée de mercredi, relate l’AFP. Les vols de Turkish Airlines en direction d’Istanbul sont déjà tous complets jusqu’à samedi. Du côté de AirSerbia, pour rejoindre Belgrade, le prochain vol avec des places disponibles n’est prévu qu’en début de semaine prochaine.

La demande de vols internes, vers des destinations proches des frontières, a aussi fortement augmenté, ainsi que son prix. Un trajet en avion de Moscou à Vladikavkaz, dans le sud de la Russie, ne coûte au départ que 70 dollars contre 750 dollars actuellement. Dès le début de la guerre menée contre l’Ukraine, des dizaines de milliers de Russes avaient choisi de quitter leur pays.

  21 septembre 2022 Marianne Lecach

https://www.lejdd.fr/

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19 septembre 2022 ~ 0 Commentaire

iran (sud ouest)

Mort de Mahsa Amini en Iran : manifestations, cheveux coupés, voiles brûlés... la colère des femmes iraniennes

Mort de Mahsa Amini en Iran : manifestations, cheveux coupés, voiles brûlés… la colère des femmes iraniennes
De nombreux cinéastes, artistes, personnalités sportives, politiques et religieuses ont également exprimé leur colère sur les réseaux sociaux.

Plusieurs manifestations ont eu lieu en Iran après la mort d’une jeune fille de 22 ans, détenue par la police des mœurs. Pour protester contre un régime strict envers les femmes, des Iraniennes se sont aussi coupé les cheveux et ont brûlé leurs voiles.

Les forces de sécurité iraniennes ont dispersé à coups de gaz lacrymogènes une manifestation dans le nord-ouest du pays et procédé à « plusieurs arrestations » après la mort d’une jeune fille détenue par la police des mœurs, a indiqué l’agence de presse Fars.

Cette unité de police, chargée de faire respecter le code vestimentaire strict de la République islamique pour les femmes, dont le port obligatoire du foulard en public, a été plusieurs fois critiquée ces derniers mois pour des interventions violentes.

Originaire de la région du Kurdistan, Mahsa Amini, âgée de 22 ans, a été arrêtée mardi alors qu’elle était à Téhéran en visite avec sa famille. Elle est décédée vendredi à l’hôpital après trois jours dans le coma, suscitant une vague de colère dans le pays.

« Environ 500 personnes se sont rassemblées à Sanandaj, capitale de la province du Kurdistan, et ont crié des slogans contre les responsables du pays », a rapporté Fars. Les manifestants « ont brisé les vitres de certaines voitures, incendié des poubelles », et « la police a utilisé du gaz lacrymogène pour disperser la foule », a ajouté l’agence. « Plusieurs personnes ont été arrêtées par la police », a encore indiqué Fars.

« Pas de contact physique »

« De nombreux manifestants sont convaincus que Mahsa est morte sous la torture », a souligné lundi l’agence Fars. La police de Téhéran s’était défendue vendredi, affirmant « qu’il n’y avait pas eu de contact physique » entre les agents et la victime. Le même jour, la télévision d’État a diffusé une courte vidéo de surveillance montrant une femme présentée comme Mahsa Amini s’effondrer dans les locaux de la police après une discussion avec une agente.

Lundi, le père de la victime, a déclaré qu’il « n’accepte pas ce que (la police) lui a montré » car, selon lui, « la vidéo a été coupée » et a critiqué « la lenteur d’intervention » des services d’urgence.

Samedi, le ministre iranien de l’Intérieur, Ahmad Vahidi, a affirmé que « Mahsa avait apparemment des problèmes physiques antérieurs » et qu’elle « avait subi une opération au cerveau à l’âge de cinq ans ». Ces informations ont été démenties par le père de la victime.

Soutien des femmes iraniennes

Pour montrer leur soutien et en plus des manifestations, plusieurs femmes iraniennes se sont coupé les cheveux et ont brûlé leur hijab pour protester contre ce qu’elles considèrent comme le meurtre de Mahsa Amini.

Une Iranienne a posté une vidéo dans laquelle elle explique que dès l’âge de 7 ans, « si nous ne nous couvrons pas les cheveux, nous ne pourrons plus aller à l’école ni trouver un emploi. Nous en avons marre de ce régime d’apartheid de genre ».

De nombreux cinéastes, artistes, personnalités sportives, politiques et religieuses ont également exprimé leur colère sur les réseaux sociaux. « Les cheveux de nos filles sont recouverts d’un linceul », ont écrit plusieurs joueurs de l’équipe nationale de football dans une story commune sur Instagram.

SudOuest 19/09/2022

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