Archive | Antimilitarisme

21 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

paix (chiffon rouge + fr3)

paix

LA PAIX notre bien commun MARCHES du 22 septembre

Le 22 septembre Marchons pour la paix

POSER LES FONDEMENTS D’UNE SÉCURITÉ HUMAINE COLLECTIVE

Nous sommes les plus nombreux à considérer que la France doit maintenant signer et ratifier le Traité international d’interdiction des armes nucléaires, adopté sous égide de l’ONU en juillet 2017 ; une mobilisation citoyenne qui a reçu, en octobre dernier, à travers la coalition ICAN, le Prix Nobel de la paix.

Le 22 septembre, nous marcherons pour exiger que la France, membre permanent du conseil de sécurité de l’ONU, 6e puissance mondiale, rejoigne ce mouvement historique d’éradication de l’arme nucléaire. Et à nouveau le dimanche 14 octobre, le PCF sera partie prenante des rassemblements et mobilisations citoyennes exigeant la ratification du traité.

Nous sommes nombreux à nous opposer à la politique actuelle de ventes d’armes à des pays aux politiques agressives de régimes autoritaires et dictatoriaux :

l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Iran, Turquie, Russie, Israël, Égypte, aujourd’hui parties prenantes des guerres du Moyen-Orient (Syrie, Yémen, colonisation des territoires palestiniens, répression et massacres des populations kurdes) mais aussi à des pays en conflit larvé comme l’Inde et le Pakistan ;

Nous sommes nombreux à considérer que l’OTAN est devenue obsolète et que ses orientations bellicistes en font un danger planétaire, et que ce n’est pas en armant une «Défense européenne» – déjà totalement imbriquée dans l’OTAN – que l’«Europe», qui participe à des opérations extérieures en Afrique ou en Asie, portera une voix de paix et garantira une sécurité collective aux peuples de ses États-membres au gré des changements d’alliances opportunistes.

Quimper:

Rassemblement à 11 heures au pont Médard, puis déambulation jusqu’au jardin de la paix (à proximité de la place de Brest) en  empruntant la rue Kéréon, et passant devant la mairie.

Morlaix :

Rendez-vous samedi 22 Septembre à 11h pour déposer une motion dans ce sens au Maire, et au Député

Rennes:

Marche pour la paix: de 15h à 18h : Marche pour la paix : « Marchons ensemble pour un monde de solidarité, de justice, de liberté, d’égalité, de fraternité et de Paix ! »

RDV à 15h au métro Le Blosne prés de la Maison de la Paix (square de Galicie). 

http://www.le-chiffon-rouge-morlaix.fr/

Lire aussi:

Toulouse : une marche pour la paix samedi 22 septembre (FR3)

Seize organisations marcheront pour la paix et contre les armes nucléaires, samedi 22 septembre à Nevers (Journal du Centre)

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crozon

Dimanche 14 octobre, au rassemblement devant la base de sous-marins nucléaires de l’Ile Longue à Crozon pour obtenir la ratification du Traité d’interdiction des Armes nucléaires (TIAN). 

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20 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

porte avion (lutte ouvrière)

ss mar

Le danger c’est que leurs joujoux finissent par servir (même involontairement)

Porte-avions : des milliards jetés à la mer

Le porte-avions nucléaire Charles de Gaulle a repris la mer après une révision de presque deux ans. Il était en cale sèche depuis décembre 2016 mais il faudra encore attendre quatre mois d’essais pour qu’il soit finalement opérationnel en 2019.

La facture se monte à 1,3 milliard et dans dix ans il y aura une nouvelle série de travaux avant que le porte-avions ne soit mis à la casse au plus tard en 2040.

Or, pendant cette coûteuse réparation, la marine française n’avait aucun autre porte-avions en service et amiraux et ministres des Armées se sont plaints. D’ores et déjà Florence Parly, l’actuelle ministre, a donc annoncé qu’un, voire deux autres porte-avions seront construits pour la somme de 6 à 8 milliards d’euros… et l’on sait bien que les devis sont rarement tenus, dans ce domaine comme dans les autres.

Voilà des marchés à plusieurs milliards pour les marchands de canons, et n’allez surtout pas parler d’austérité aux militaires et à leur ministre.

Cédric DUVAL 19 Septembre 2018
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Commentaire: Cela nous concerne à Brest, il va se trouver des « gens de gauche » qui pour « créer de l’emploi » vont se mettre à la remorque des généraux!

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19 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

décolonisation (npa)

GRS guad

« On veut faire croire aujourd’hui que la décolonisation française est définitivement achevée »

Le premier atelier a abordé la lutte contre la politique française dans les années entourant Mai 1968, en revenant sur les luttes populaires et anticoloniales, de 1958 à 1974, en Guadeloupe, Guyane et Martinique.

Dans ces trois territoires et aussi à la Réunion, les luttes furent confrontées à une politique systématique de répression, avec entre autres des interventions meurtrières de l’armée, à plusieurs reprises, dans chacun de ces quatre pays.

On doit rappeler Fort-de-France en décembre 1959 (3 morts), le Lamentin en mars 1961 (3 morts), les nuits de Cayenne en juin 1962, les émeutes à la Réunion en 1962, les paysans de Danjoie en Guadeloupe en 1965, le terrible massacre de mai 1967 à Pointe-à-Pitre et les 2 morts de Chalvet, en Martinique, en 1974.

Ces pays étaient des terres d’arbitraire, reposant sur des lois d’exception, dont l’ordonnance du 15 octobre 1960 sur la déportation des opposants et l’interdiction de séjour de militants.

On y pratiqua la criminalisation de la revendication d’autonomie et d’indépendance, en multi-pliant, contre les activistes politiques et syndicalistes, les procès devant la Cour de sûreté de l’État. L’État colonial s’opposait à la lutte pour la langue créole, pratiquait la mise à l’écart de l’histoire des pays et de leurs littératures. Pour ces territoires, la volonté décolonisatrice s’est affirmée dans le souffle des années 1960 et du mouvement mondial de Mai 1968.

Guerres coloniales

Le deuxième atelier est revenu sur l’anticolonialisme contemporain, avec un rappel historique sur les 70 dernières années. Aujourd’hui, on veut faire croire que la décolonisation française est définitivement achevée. Et certains utilisent malicieusement le terme universitaire de post-colonialisme pour répandre l’idée qu’une page civilisationnelle aurait été tournée.

Or, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que s’élargit le phénomène de la décoloni-sation,  la France et ses gouvernements issus de la Résistance refusent celle-ci à la plupart des colonies qui avaient aidé à la défaite du nazisme et du fascisme, sauf dans le cas des pays sous mandat comme le Liban et la Syrie. Les constituants de 1946 créent l’Union française avec la fiction de départements d’outre-mer (DOM) et de territoires d’outre-mer (TOM).

La Quatrième République engage les terribles guerres coloniales d’Indochine, puis d’Algérie.

Elle tente la timide et restrictive loi Defferre de 1956 pour les ensembles d’Afrique noire. Elle ne peut éviter l’incontournable engagement international de la liberté des protectorats du Maroc et de la Tunisie. Par contre, elle participe à la méprisable affaire du blocus du canal de Suez.

En 1958, De Gaulle promeut l’idée d’une communauté française, et punit la Guinée pour son « non » à cette communauté lors du référendum de 1958. Or, nous sommes, notamment depuis 1955, avec la conférence de Bandoeng, dans un moment d’extension des mouvements d’émancipation décolonisatrice, avec le défi cubain de 1959 dans une Caraïbe en révolte, avec le surgissement des non-alignés, et la grande année de l’Afrique en 1960, qui fait voler en éclat la « communauté française ». La tragédie, en 1961, de l’assassinat de Lumumba, avec l’indépendance du Congo, soulève la solidarité anticolonialiste mondiale.

Dans ce contexte, l’armée française ne peut empêcher l’indépendance de l’Algérie en 1962.

Dans les DOM (Antilles, Guyane et La Réunion), les mobilisations se maintinrent sous les gouvernements gaullistes, contre les répressions de luttes populaires et anticoloniales, contre le règne de l’arbitraire et des lois d’exception, contre la Cour de sureté de l’État… On y crimi-nalisait la revendication d’autonomie, d’indépendance, et la lutte culturelle.

On procéda sous Giscard, en 1974-1975, à la division du petit archipel des Comores et à l’organisation du drame tant de Mayotte que du reste des Comores. Après bien des tergiver-sations, on arriva à l’indépendance de Djibouti en 1977.

Plus tard, en 1981, avec la victoire de la gauche en France, le mépris des revendications des peuples colonisés fut plus voilé et plus habile, quand bien même la violence des années précédentes s’atténua et fut décriée officiellement. Il y eut tout de même la Kanaky, avec le rôle de Mitterrand dans la disparition de Machoro. Il y eut Rocard et les nocifs accords de Matignon après le drame d’Ouvéa sous la responsabilité de Chirac (Premier ministre de cohabitation).

Actualités de l’anticolonialisme

Pour ce qui restait au début du 21è siècle de colonies françaises, la tactique des gouvernants tant de droite que de gauche a été d’assouplir leur approche. Dans les vieilles colonies, en prenant en compte l’implantation électorale de partis autonomistes et indépendantistes et le fameux accord de Basse-Terre de 1998 (entre présidents de région soit indépendantiste, soit autonomiste, soit intégrationniste), Chirac, réélu président en 2002, fit une ouverture avec proposition de modification institutionnelle et promesse de statuts différenciés. Cela donnera les fameux référendums de 2003 et 2010 aux Antilles et en Guyane.

On n’y parle pas de décolonisation mais de décentralisation, de collectivités territoriales nouvelles se référant aux articles 73 ou 74 de la Constitution française, avec la possibilité de procédures d’expérimentation (énergie, transports, coopérations avec les pays de la région).

On ne parle plus que de territoires français rattachés à leur métropole.

Le risque est de faire croire que le droit des peuples à se diriger eux-mêmes n’existe pas pour ces territoires, que l’on voudrait présenter comme des prolongements de France sur d’autres continents. C’est le danger qui ne doit pas atteindre les militantEs du courant révolutionnaire français et du mouvement ouvrier. Leur devoir est de s’impliquer dans la lutte anticolonialiste, non seulement pour le soutien actif, mais aussi et surtout pour l’intégrer aux luttes contre la Françafrique, contre les engagements militaires, pour la solidarité avec les migrantEs et pour dénoncer les restes de l’empire colonial français.

P.S : Dans les ateliers, il y eut une éclairante contribution sur la lutte du peuple kanak à la veille du référendum manipulé qui aura lieu dans quelques semaines, ainsi qu’une longue interven-tion sur le problème de la « Montagne d’or » en Guyane. Quelques questions ont abordé les crimes d’État coloniaux impunis aux Antilles-Guyane, le Franc CFA, les arrangements militaires…

Lors de la dernière université d’été du NPA, deux ateliers animés par le militant anticapitaliste et anticolonial martiniquais Gilbert Pago ont traité de la question coloniale française à travers le prisme de la situation en Guadeloupe, Guyane et Martinique. Gilbert Pago nous a fait parvenir un texte résumant ces interventions, et nous l’en remercions.

Mardi 18 septembre 2018 Gilbert Pago

https://npa2009.org/

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18 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

maduro (le huffington post)

launeVenezuelaSept18

Nicolas Maduro mange chez « Salt Bae » et ça passe très mal au Venezuela

Le chef de l’Etat vénézuélien, qui rentrait lundi de son voyage en Chine à la recherche de financements, a fait escale à Istanbul pour y déguster de la viande préparée par « Salt Bae ».
Ce cuisinier est devenu célèbre sur Instagram pour son manière bien à lui de saler ses préparations. C’est le prix des plats dans les restaurants de Salt Bae qui a indigné les internautes. Manger chez ce chef cuisinier coûterait jusqu’à 250 dollars, l’équivalent de huit mois de salaire minimum au Venezuela.
Un repas qui n’est pas au goût des Vénézuéliens, durement frappés par la crise économique et les pénuries alimentaires ces derniers mois. Selon une étude des principales universités du Venezuela, 60% des habitants ont perdu en moyenne 11 kilos, en raison d’un régime alimentaire carencé en protéines.
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18 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

tests osseux (libération + le télégramme)

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Ce matin 2 jeunes de Quimper devaient venir passer des « test osseux » à l’hôpital de Brest, test auxquels le conseil d’éthique de l’hôpital (ainsi que Jacques Toubon, défenseur des droits)  est opposé! L’asso « Le Temps Partagé » avait appelé à un rassemblement.

Mineurs étrangers isolés : des tests osseux controversés

Ils font depuis des années polémique, le Défenseur des droits confirme aujourd’hui «son opposition aux examens d’âge osseux qu’il estime inadaptés, inefficaces et indignes». Lors-qu’une personne étrangère se présente comme mineure, les autorités lui font passer un entre-tien pour essayer de déterminer son âge. En cas de doute, on lui fait passer une radio de la main et du poignet gauches, qu’on compare ensuite, à vue de nez, à un atlas de référence dit de Greulich et Pyle, du nom des deux médecins américains qui l’ont conçu dans les années 50.

Au départ, il s’agissait de détecter les troubles de la croissance chez les enfants et les ados. Or cette comparaison reste subjective : les adolescents d’aujourd’hui ne sont morphologique-ment pas les mêmes que ceux des années 50, et tous ne grandissent pas au même rythme. En 2015, le Haut Conseil de la santé publique l’avait rappelé : «La maturation d’un individu diffère suivant son sexe, son origine ethnique ou géographique.» Même l’ordre des médecins considère que les conclusions de ces tests doivent être «prudentes et nuancées».

Les associations de défense des droits des étrangers s’opposent donc régulièrement à cette méthode qu’elles jugent arbitraire.

Depuis mars 2016 et la loi relative à la protection de l’enfance, il est nécessaire d’établir le «caractère indispensable» de ces tests pour les pratiquer mais, selon le Défenseur des droits, ils ont tout de même cours «dans de nombreux départements», sans qu’aucune véritable nécessité ne soit établie… «Les pouvoirs publics tendant à faire primer d’autres considérations, notamment migratoires, sur l’intérêt supérieur de l’enfant», regrette Jacques Toubon.

Kim Hullot-Guiot 10 avril 2018

black spiderman
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Tests osseux. Des associations réclament leur suppression

Une dizaine de personnes venues de tout le Finistère ont protesté, ce mardi matin, devant les urgences de Brest, à la Cavale-Blanche, contre les tests osseux.

Depuis deux ou trois ans, les autorités sont de plus en plus confrontées à la présence, sur le territoire national, de mineurs isolés. Régulièrement, des tests osseux sont pratiqués pour déterminer si certains sont mineurs ou pas : leur situation vis-à-vis des diverses administrations n’est pas la même dans un cas ou dans l’autre.

Une dizaine de manifestants, membres d’associations diverses du Finistère (Le Temps Partagé à Quimper, Digemer à Brest, Pays de Morlaix Solidarité Migrants, Fraternité Quimper) mais aussi d’un syndicat (FSU) et d’un parti politique (NPA) se sont rassemblés avant 9 h, ce mardi, devant les urgences de la Cavale-Blanche, à Brest, seul endroit dans le département où ces tests sont effectués, à la demande du parquet de Quimper. Quatre étaient prévus dans la matinée, il semble qu’ils aient été repoussés.

« Le doute devrait bénéficier à la personne »

Ces militants jugent « scandaleux » ces tests et demandent leur suppression. « Ils datent de 1935, ils ont une marge d’erreur de deux ou trois ans, et même davantage à ces âges-là. C’est ce que confirmait le comité d’éthique de cet hôpital, en mars dernier. Le doute devrait bénéfi-cier à la personne », estiment-ils. Ils indiquent que ces mineurs ont souvent avec eux un passeport ou une carte d’identité attestant de leur âge, mais que les autorités françaises jugent ces documents souvent peu fiables.

Selon les militants, il conviendrait que les médecins précisent à chaque examen qu’il existe une marge d’erreur. Actuellement, il s’agit d’un pourcentage d’erreur, mais d’aucuns pensent qu’il vaudrait mieux préciser que la personne a entre tel et tel âge. Les manifestants estiment aussi que les autorités françaises font tout pour dissuader des étrangers de venir en France, « avec cette fameuse théorie de l’appel d’air ». « Ces mineurs sont mieux hébergés et scolarisés que livrés à eux-mêmes », concluent-ils.

18 septembre 2018  David Cormier

https://www.letelegramme.fr/

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17 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

catalans (le peuple breton)

republica-catalana

Un million de Catalans pour relancer la construction de la République

La Diada nacional de Catalogne le mardi 11 septembre, avec plus d’un million de manifestants dans les rues de Barcelone pour la 7ème année consécutive, a relancé le processus de concrétisation de la république.

La mobilisation massive des Catalans et des associations civiques, l’Assemblea Nacional de Catalunya et Òmnium cultural, a réclamé aux gouvernants et aux politiques d’avancer pour respecter le mandat du peuple exprimé lors du référendum sur l’indépendance du 1er octobre 2017 et confirmé lors des élections du Parlement le 21 décembre.

Après des mois d’incertitude (qui doivent faire les institutions catalanes retrouvées après six mois de suspension de l’autonomie et l’emprisonnement et l’exil de l’ancien gouvernement démis de Carles Puigdemont ?), la société et les indépendantistes semblent reprendre l’initiative face à la répression espagnole et au refus des socialistes de dialoguer.

La manifestation de la Diada nacional, avec le slogan « Fem república », remet sur le devant de la scène la détermination pacifique, sereine et civique (aucun incident pendant la manifestation de la Fête nationale) du peuple catalan pour obtenir la reconnaissance de la république proclamée, en poussant les politiques à sortir de l’impasse où la Catalogne a été acculée par les autorités espagnoles.

Le président de la Catalogne, Quim Torra a déclaré après la manifestation qu’il approuvait ces réclamations et que le gouvernement allait bientôt lancer le processus constitutionnel et qu’avant le 1er octobre le Conseil de la République en Belgique, dirigée par Carles Puigdemont serait en fonctionnement.

Le président catalan a également lancé un appel vendredi 14 septembre un « ne pas avoir peur et à aller jusqu’au bout pour rendre effective la république de tous », « pour défendre les droits civils, sociaux et nationaux de la Catalogne » en référence aux prisonniers politiques et aux exilés catalans et aux plus de 1 000 indépendantistes catalans poursuivis par les tribunaux. Il a dénoncé à nouveau « qu’il est incompréhensible au milieu du 21è siècle qu’il y ait des prisonniers politiques et des exilés pour le crime d’avoir donné la parole au peuple. C’est totalement inacceptable. Voter n’est pas un crime ; organiser un référendum n’est pas un crime ; vouloir vivre librement n’est pas un crime.

Les espagnolistes ridiculisés

De leur côté, les espagnolistes qui, avec Ciudadanos, avaient organisé une manifestation à Barcelone pour dénoncer la « manipulation indépendantiste » de la fête nationale, se sont ridiculisés en ne rassemblant qu’une vingtaine de manifestants sur la plaça Reial devant quelques élus. Une autre manifestation unioniste quelques jours avant avait rassemblé quelque 2 000 personnes qui se sont distingués par des cris et des salutations fascistes, l’ostentation de symboles nazis et franquistes et par l’agression d’indépendantistes (6 blessés) à la fin de la manifestation.

Malgré plus d’un million de manifestants dans la rue de Barcelone pour la Diada, les médias espagnols, notamment la télévision publique, se sont illustrés par leur silence sur l’événement. La droite et les socialistes espagnols tentent toujours de faire croire que le mouvement catalan provoque agressivité et fracture de la société catalane et que les indépendantistes ne sont pas majoritaires (aux élections les indépendantistes ont totalisé plus de 47 % des voix contre 37 % pour les anti-indépendantistes).

Incident diplomatique à Perpignan

Cette semaine, la politique sud-catalane à de nouveau été d’actualité en Catalogne Nord, avec un incident diplomatique inhabituel provoqué par l’ambassadeur d’Espagne en France, Fernando Carderera qui a reproché par lettre au maire de Perpignan d’avoir reçu officiellement Quim Torra, « un président inconstitutionnel » (sic).

Jean-Marc Pujol a répondu qu’il était « très surpris et choqué » par une telle ingérence, le président catalan ayant été « démocratiquement élu » et a demandé « depuis quand un ambassadeur d’Espagne se permet de demander à un élu français de se justifier ». Le diplomate a continué la controverse vendredi 14 septembre en critiquant que le maire ait reçu Torra avec le symbole du ruban jaune « qui divise, qui ne représente pas la majorité des Catalans et remet en question le caractère démocratique de l’Espagne ».

Les autorités espagnoles semblent accroître la pression sur la France contre les Catalans du Nord pour leur solidarité avec leurs compatriotes du Sud. Plusieurs personnes ont fait état de pressions sur des fonctionnaires, en particulier des enseignants, qui portent le symbole du ruban jaune pour exiger la libération des prisonniers politiques, et que certains qualifient de signe partisan incompatible avec l’obligation de réserve et de neutralité des fonctionnaires. De même, les milieux catalans à Perpignan commencent à s’interroger sur la coïncidence entre la solidarité exprimée avec les Catalans du Sud et le refus de l’État de créer l’Office de la langue catalane publique.

Au chapitre judiciaire, les avocats des prisonniers et exilés catalans ont dénoncé cette semaine les manœuvres du Tribunal constitutionnel espagnol, qui, contrairement à son habitude, accepte tous les recours des indépendantistes (sans les examiner) pour retarder leur possibilité de recours en dernière instance devant les tribunaux européens.

De plus, la salle n° 13 du tribunal de Barcelone a demandé a Tribunal suprême d’ouvrir une procédure contre le vice-président du gouvernement catalan, Pere Aragonès pour « désobéissance » au motif qu’il n’aurait rien fait pour empêcher un référendum considéré comme illégal. Et le tribunal a entamé une procédure judiciaire contre la ville de Vic pour avoir diffusé chaque jour jusqu’au 11 septembre un message via les haut-parleurs municipaux réclamant la liberté des prisonniers politiques. Le procureur étudie s’il peut s’agir d’un délit et s’il peut être considéré comme un détournement de fonds publics (18 des 21 conseillers municipaux de Vic sont indépendantistes). De leur côté, 400 avocats catalans ont demandé la protection pour Gonzalo Boye, l’avocat de Puigdemont devant le refus du barreau espagnol d’assurer sa protection devant les menaces dont il est l’objet.

Écrire aux prisonniers pour leur 11ème mois de détention provisoire

En ce qui concerne la campagne de soutien aux prisonniers politiques, l’ANC, Assemblea nacional catalana et Òmnium Cultural lancent un appel pour écrire aux prisonniers qui totalisent ces jours-ci 11 mois de détention (les présidents respectifs des associations, Jordi Sanchez et Jordi Cuixart) en organisant des ateliers d’écriture.

Les courriers peuvent aussi être envoyés via le site https://catalansalmon.com/campanyes/llibertat/.

Alà Baylac Ferrer 17 septembre 2018

http://lepeuplebreton.bzh/

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17 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

ahed tamimi (france 24)

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15 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

gilbert ashcar oslo (l’orient le jour + ujfp + afps )

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Gilbert Achcar : Les accords d’Oslo ont accéléré la colonisation israélienne

Les accords d’Oslo sont-ils morts et enterrés ?

Les accords d’Oslo sont mort-nés. Je fais partie de la minorité de ceux qui, en 1993, ont criti-qué ces accords et mis en garde contre l’impasse qui se profilait. Le plus célèbre des critiques d’alors est feu Edward Saïd.

Ces accords sont fondés sur une sorte d’espoir naïf de la part de Yasser Arafat et de la direc-tion palestinienne, qu’une dynamique pourrait s’enclencher et aboutir à leur objectif d’un État palestinien indépendant. C’est sur cette base qu’ils ont accepté de signer des accords en renonçant aux principales conditions que les négociateurs palestiniens, surtout ceux de l’inté-rieur, avaient mis en avant jusque-là. Notamment et en particulier le gel des colonies, sans parler de la question de Jérusalem ou de la question des réfugiés.

Du côté israélien, il n’y avait aucune illusion ou espoir naïf, la perspective était très différente. Les accords d’Oslo s’inscrivaient dans la perspective développée depuis 1967: contrôler la Cisjordanie sans les zones de peuplement palestinien, qui changeraient l’équilibre démogra-phique. La colonisation de la Cisjordanie vise à créer cette annexion de fait d’une majeure partie de ce territoire, laissant les zones peuplées sous le contrôle de l’Autorité palestinienne qui se retrouve à jouer le rôle d’une sorte de « police par procuration ».

La situation la plus proche de ce qu’est devenue l’Autorité palestinienne, c’est celle des bantoustans d’Afrique du Sud. C’est-à-dire des soi-disant États pour les populations noires, qui étaient en fait sous domination de l’État sud-africain du temps de l’apartheid. Comme les criti-ques l’avaient prédit, loin de déboucher sur un gel suivi d’un démantèlement des colonies, les accords d’Oslo ont permis une accélération de la colonisation. L’expansion des colonies a doublé dans la période 1993-2000, autant que durant toute la période de 1967 à 1993.

Comment Oslo a-t-il permis l’accélération du processus de colonisation des territoires palestiniens ?

Les accords d’Oslo ont créé un calme qui était propice à l’accélération de la colonisation. Le contrôle du côté palestinien par l’Autorité palestinienne a considérablement réduit les risques d’attentats et de manifestations. Le mouvement sioniste en a profité pour intensifier la colonisation.

Comment expliquer l’impasse actuelle ?

Le processus était en crise aiguë jusqu’à la mort de Yasser Arafat en 2004. Mahmoud Abbas, le candidat favori de l’administration Bush, lui a succédé et, malgré le fait qu’il est allé plus loin que n’importe quel dirigeant palestinien dans la soumission aux desiderata israélo-américains, il n’a rien obtenu. C’est clair que nous sommes dans une impasse totale, qui était tout à fait prévisible au moment de la signature des accords d’Oslo.

Aujourd’hui, la situation est aggravée par le fait que depuis 2017, on a aux États-Unis une administration qui va bien au-delà du traditionnel parti pris pro-israélien des gouvernements américains. On a là une administration qui est en affinité avec l’extrême droite israélienne et qui est en train de préparer, à mon sens, les conditions politiques pour une annexion officielle par Israël des territoires de la Cisjordanie sous son contrôle actuellement.

Comment cette annexion serait-elle justifiée auprès de la communauté internationale ?

Ce serait dans la logique de l’extrême droite israélienne, qui veut une séparation unilatérale. Son problème est : que faire des territoires palestiniens qui restent ? L’administration Trump, à travers Jared Kushner, a essayé de convaincre la Jordanie d’en reprendre le contrôle. Mais évidemment, les Jordaniens ne veulent pas de cette patate chaude. On s’achemine vers une annexion officielle, une annexion de jure. Le prétexte sera le refus palestinien du fameux plan de paix américain. Les Israéliens diront alors : « Voilà, les Palestiniens ont toujours refusé les plans de paix, donc nous allons agir unilatéralement et annexer les territoires. »

La colonisation est-elle irréversible ?

Non, il serait possible de renverser le processus s’il y avait une volonté américaine d’imposer à Israël le retrait des territoires occupés depuis 1967. Évidemment, ça n’irait pas sans une crise majeure en Israël, mais ce n’est pas impossible. Les colons de Cisjordanie ne sont pas plus nombreux que les Européens qui étaient en Algérie et qui l’ont quittée en 1962. C’est une question de volonté politique. Cela dit, plus le temps passe, plus les Israéliens s’enracinent, et plus ça devient difficile. Et avec le rapport de force actuel, on ne voit pas comment cela pourrait se faire.

Pensez-vous qu’il y ait une solution alternative à la création d’un État palestinien ?

Un argument est la revendication d’un seul État, parfois appelé binational ou laïc, sans parler de facteur national. Mais pour moi, c’est encore plus utopique que le retrait des colons des Territoires. La logique qui veut que parce que le retrait des colons est impossible, il faut un État Unique où les Palestiniens auront le droit de vote et où il y aurait égalité de droit entre les Palestiniens et les Israéliens, c’est encore beaucoup plus difficile à imaginer aujourd’hui. Nous sommes donc dans une impasse. C’est tragique, mais il n’y a aujourd’hui pas d’issue à l’horizon dans ce conflit.

Pour le professeur à la SOAS, University of London, le processus de paix est dans « une impasse totale ». 25 ans après les accords d’Oslo, le processus de paix entre Israéliens et Palestiniens est au point mort. Le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu, le plus à droite de l’histoire de l’État sioniste, ne veut pas entendre parler de négociations de paix. Le leadership palestinien semble incapable de digérer l’échec de cette dynamique lancée par Yasser Arafat. Le principal médiateur, les États-Unis, a rompu, avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump, avec sa diplo-matie traditionnelle visant à ne pas prendre de décision susceptible d’enrayer le processus de paix. Comment expliquer cette évolution, qui renforce le déséquilibre en matière de rapport de force entre Israéliens et Palestiniens et qui éloigne toute perspective de paix ? Le professeur Gilbert Achcar de la School of Oriental and African Studies (SOAS, University of London), auteur de plusieurs ouvrages dont Les Arabes et la Shoah, livre pour L’Orient-Le Jour quelques clés pour comprendre la tournure des événements depuis les accords d’Oslo.

 David NASSAR 15/09/2018
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15 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

idlib (le monde)

stop

Manif à Istanbul

Syrie : manifestations de masse à Idlib avant l’offensive du régime Assad

Des milliers de protestataires ont investi les rues de la dernière enclave de la rébellion, dans le nord de la Syrie, soumise aux bombardements depuis sept ans.

Des dizaines de milliers de partisans de la révolution syrienne ont manifesté, vendredi 14 septembre, dans les villes et les villages de la province d’Idlib, l’ultime fief de la rébellion, menacée par une offensive généralisée du régime Assad et de son allié russe.

Les protestataires ont afflué en masse dans les rues à la sortie de la prière, scandé des slogans hostiles au pouvoir syrien et agité l’étendard vert, blanc et noir de la révolte, dans des scènes réminiscentes des premiers mois du soulèvement, avant qu’il ne vire à la guerre civile. L’ampleur de la mobilisation a surpris dans cette région, qui en plus d’être soumise depuis sept ans aux bombardements de l’aviation syrienne, vit sous la coupe de groupes armés souvent radicaux, en particulier Tahrir Al-Sham (HTS), dirigé par l’ex-branche d’Al-Qaida en Syrie.

« Nous ne négocierons jamais, nous ne nous réconcilierons jamais avec ce criminel de Bachar Al-Assad »

Martèle Rania Kisar, une militante syro-américaine, dans une vidéo diffusée sur Facebook, tournée à Maarat Al-Nouman, une ville du sud de la province. « Ecoutez la voix du peuple, ajoute la jeune femme, filmée sur un pont, surplombant une route noire de manifestants. Nous voulons tous que Bachar parte. Peu importe le nombre d’entre nous qu’il tue. Nous ne nous rendrons jamais. »

« Il n’y a pas d’alternative à la chute du régime, approuve Mustafa Al-Abdallah, le directeur d’une petite agence de communication, joint par WhatsApp. Nous sommes venus redire notre foi dans la révolution. Staffan de Mistura peut raconter ce qu’il veut, nous ne bougerons pas d’ici », ajoute-t-il en référence à la récente proposition de l’envoyé spécial de l’ONU d’assurer l’évacuation hors d’Idlib des civils qui le veulent.

Un appel à l’Occident et à la Turquie

Mais davantage qu’au dictateur syrien, qui est en passe de remporter la guerre, cette démons-tration de force s’adressait aux capitales occidentales et à la Turquie voisine, les seules forces susceptibles de dissuader Moscou de passer à l’attaque. « Il est très important de rappeler au monde qu’Idlib ne se réduit pas à Tahrir Al-Cham, explique Ahmed Mohamed, un journaliste. Il y a des civils ici, trois millions de civils, qui sont à bout de forces. »

Dans les rassemblements, beaucoup de participants brandissaient le drapeau turc, en plus de celui de la révolution, en signe de soutien aux efforts déployés par Ankara pour trouver une issue à la crise. Après avoir rencontré ses homologues russe, Vladimir Poutine, et iranien, Hassan Rohani, à Téhéran vendredi 7 septembre, le président turc, Recep Tayyip Erdogan, doit revoir le chef du Kremlin ce lundi.

La Turquie redoute qu’en cas d’offensive, des milliers de Syriens n’affluent sur son territoire, où vivent déjà 3,5 millions de réfugiés, chassés par les combats. « Idlib est au bord d’une nouvelle crise. Nous travaillons d’arrache-pied avec la Russie, l’Iran et nos alliés à la paix et à la stabilité dans la région, pour qu’une tragédie humanitaire soit évitée », a déclaré mercredi soir le ministre turc de la défense.

« C’était une manifestation contre le régime, mais c’était aussi un avertissement envoyé à HTS », Ahmed Mohamed, journaliste

Alors que la semaine passée, les djihadistes avaient dispersé plusieurs manifestations de ce genre, mais de plus petite taille, cette fois-ci ils ne sont pas intervenus, même dans la ville d’Idlib, qui est leur fief. Selon une directive interne de l’appareil de sécurité de HTS, à laquelle Le Monde a eu accès, l’organisation a jugé préférable de faire profil bas, pour des raisons d’image et parce que les slogans du jour ne la visaient pas, ce qu’elle redoutait. Ses hommes ont reçu la consigne de ne pas tirer en l’air, même s’ils ont infiltré les rassemblements, pour s’assurer que le drapeau noir du mouvement ne soit pas brûlé.

La très forte participation a sûrement aussi dissuadé les extrémistes de jouer les gros bras, ce dont les révolutionnaires se félicitent. « C’était une manifestation contre le régime, mais c’était aussi un avertissement envoyé à HTS, dit Ahmed Mohamed. La prochaine manifestation, elle sera peut-être contre eux. »

15.09.2018  Benjamin Barthe et Madjid Zerrouky

https://www.lemonde.fr/

Voir l’infographie :   Idlib : les enjeux d’une bataille décisive

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11 septembre 2018 ~ 0 Commentaire

unrwa (orient 21 + afps)

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Pourquoi les États-Unis cessent-ils de financer l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens ?

Les États-Unis, qui étaient les plus grands contributeurs au budget de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (United Nations Relief and Works Agency for Palestine Refugees in the Near East, Unrwa), ont annoncé vendredi 31 août 2018 qu’ils cessaient tout financement de cette organisation.

Qui sont les réfugiés palestiniens ?

En novembre 1947, les Nations unies ont voté le partage de la Palestine alors sous mandat britannique en deux États, Israël et Palestine. Israël a proclamé son indépendance le 14  mai  1948, la Palestine attend toujours sa reconnaissance internationale. Dès 1947, les forces qui allaient devenir israéliennes ont entamé l’expulsion de la majorité des Palestiniens de leurs terres.

À l’issue de la guerre menée par les armées des États arabes contre ce partage, Israël a agrandi le territoire qui lui était alloué, sans jamais fixer les frontières de son État. Depuis sa guerre-éclair de juin 1967, Israël occupe illégalement désormais la Cisjordanie, la bande de Gaza, et a annexé tout aussi illégalement toute la ville de Jérusalem dont la partie orientale, palestinienne, largement au-delà des limites historiques de la ville.

Pendant et après la guerre de 1948, les forces du futur État d’Israël puis son armée ont poursuivi l’expulsion des Palestiniens au moins jusqu’au cessez-le feu de janvier 1949. Quelque 800 000 d’entre eux ont ainsi été chassés de leurs terres entre 1947 et 1949, soit vers la Cisjordanie et la bande de Gaza, soit vers les États voisins : Jordanie, Liban et Syrie. Ils sont devenus des réfugiés. Par la résolution 194 (III) du 11 décembre 1948, l’Assemblée géné-rale des Nations unies a affirmé le droit des Palestiniens réfugiés et de leurs enfants au retour sur leurs terres et à une compensation pour les dommages causés. Afin d’être admis à l’ONU, l’État d’Israël avait dû accepter cette résolution. Mais il refuse depuis de la mettre en œuvre.

Qu’est-ce que l’Unrwa ?

L’Unrwa, ou Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine, a été établi en décembre 1949 par l’Assemblée générale de l’ONU. Il succède à l’Aide des Nations unies aux réfugiés de Palestine (Anurp), créée en 1948. L’agence a pour objectif de répondre aux besoins économiques et sociaux des réfugiés palestiniens et garantit de fait leur statut.

Il fournit ainsi une aide à plus de 3 millions de Palestiniens sur les 5 millions enregistrés comme réfugiés, à travers des programmes d’aide sociale, un réseau d’écoles (plus de 520  000  enfants étudient dans les écoles de l’Unrwa, dont l’éducation représente 54 % du budget) et des centres de santé, à la fois en Palestine occupée et dans trois pays où vivent ces réfugiés : Liban, Jordanie et Syrie. La majorité des réfugiés vivent dans 58 camps reconnus par l’agence onusienne, dont 19 en Cisjordanie, et ils constituent plus des deux tiers de la population vivant aujourd’hui dans la bande de Gaza assiégée par Israël. L’Unrwa emploie plus de 20 000 salariés, en majorité palestiniens.

Pourquoi Donald Trump a-t-il pris cette décision ?

Il y a trois raisons majeures.

— D’abord, l’administration américaine a pris fait et cause pour la politique du gouvernement israélien, le plus à l’extrême droite de son histoire, vis-à-vis de l’avenir de la Palestine, en particulier son refus de voir émerger un État palestinien viable dans les frontières qui existaient en 1967.

Ainsi Donald Trump a-t-il annoncé qu’il pourrait envisager d’autres options que la solution à deux États prévue par le droit international. Il refuse toute condamnation de la colonisation israélienne du territoire palestinien, de même que des assassinats ciblés des manifestants palestiniens par l’armée israélienne (singulièrement dans la bande de Gaza), et toute enquête indépendante internationale. En décembre 2017, en violation du droit international, il a recon-nu l’annexion de Jérusalem par Israël qui a transformé toute la ville en sa capitale, et y a trans-féré le 14 mai son ambassade tandis que plusieurs dizaines de manifestants pacifiques palestiniens étaient tués le jour même dans la bande de Gaza.

— Ensuite, Donald Trump entend faire pression sur la partie palestinienne en asphyxiant les réfugiés, afin qu’elle accepte un plan dit « de paix », toujours pas énoncé en tant que tel dans ses détails, qui l’obligerait à renoncer à son droit à l’autodétermination. Ce plan prévoit notam-ment l’annexion de la majorité des colonies israéliennes pourtant toutes illégales, et le renoncement des Palestiniens à faire de Jérusalem-Est leur capitale.

— Enfin, il entend satisfaire à la demande du gouvernement israélien de liquider les droits des réfugiés, en particulier leur droit au retour. Cela suppose pour l’administration américaine de mettre fin à leur statut.

Les dirigeants israéliens ont salué la décision américaine.

Quelles sont les conséquences de ce retrait ?

Le directeur de l’Unrwa, Pierre Krähenbühl, a rappelé que l’agence est vitale jusqu’à ce que soit trouvée une solution définitive au conflit israélo-palestinien.

Avant même la décision américaine, l’agence onusienne, qui dépend des versements volontai-res des États, subissait déjà un grave déficit. « Fin septembre, l’Unrwa n’aura plus un sou, y compris pour les écoles et les centres médicaux », a annoncé le porte-parole de l’Unrwa, Chris Gunness. La situation est particulièrement grave dans la bande de Gaza assiégée où la majorité de la population dépend de l’aide internationale.

Le 30 août, la Jordanie a annoncé l’organisation d’une conférence le 27 septembre à New York en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, pour obtenir un soutien financier péren-ne de l’Unrwa d’ici la fin de l’année pour combler son déficit. En France, Jean-Yves le Drian, ministre de l’Europe et des affaires étrangères, n’a annoncé une augmentation que de 2 millions d’euros de la contribution française, laquelle passe ainsi à 10 millions annuels.

Isabelle Avran 10 septembre 2018
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