Archive | Antimilitarisme

21 mars 2019 ~ 0 Commentaire

« roho » (gnawa diffusion )

Gnawa Diffusion sort son titre “Roho”: un pamphlet contre le système politique (Liberté)

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20 mars 2019 ~ 0 Commentaire

algérie (orient 21 lo)

argel

Pourquoi les mobilisations se poursuivent-elles en Algérie alors qu’Abdelaziz Bouteflika ne se représente plus ?

Depuis le 22 février, quelques jours après l’annonce par le Front de libération nationale (FLN) de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika pour un cinquième mandat à l’élection présidentielle d’avril prochain, les mobilisations ne cessent de croitre en Algérie. Le 12 mars, le régime a annoncé que l’actuel président, finalement, ne se représenterait pas. Alors pourquoi les manifestations se poursuivent-elles ?

La goutte d’eau de trop

Le 22 février, c’est la présentation de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika pour un cinquième mandat qui a cristallisé les colères, d’abord de la jeunesse, puis de toute la population algérienne. Âgé de 82 ans, gravement malade depuis un accident vasculaire cérébral (AVC) en 2013, l’homme n’est plus apparu depuis lors dans les médias, et seul un portrait de lui le représente en public.

Abdelaziz Bouteflika est à la tête de l’Etat algérien depuis avril 1999. Il était devenu ministre en 1962, voici donc 57 ans. Cela ne l’avait pas empêché de contribuer en 1965 au coup d’État de Houari Boumediène contre le président Ahmed Ben Bella, puis de continuer à occuper des postes ministériels jusqu’en 1981.

Alors accusé d’extorsion de fonds, il avait dû s’exiler durant plusieurs années. Mais il était revenu aux affaires dès 1999, à l’issue de la « décennie noire » qui avait succédé à l’interruption d’un processus électoral dont les islamistes étaient sortis vainqueurs.

Cette décennie de la terreur a provoqué quelque 200 000 morts, dont l’armée a rendu le Front islamique du salut (FIS) responsable. Les premiers mandats présidentiels d’Abdelaziz Bouteflika se sont déroulés sous le signe de « l’apaisement ».

En fait, il a fait adopter une loi dite de « concorde civile », puis une série de mesures (soumises à référendum) pour « restaurer la paix civile ». Ces mesures ont consisté entre autres en une amnistie partielle des membres des milices armées islamistes qui se rendraient, la libération des militaires accusés de violations des droits humains, et des subventions aux familles de victimes du terrorisme.

Mais il s’est aussi fait réélire pour trois autres mandats successifs avec des scores dépassant les 80 % de voix, ce qui semble peu crédible, notamment selon l’opposition.

L’annonce de sa candidature pour un cinquième mandat dans ces conditions est apparue comme une humiliation inacceptable pour la population algérienne. La jeunesse est alors massivement descendue dans les rues de nombreuses villes du pays, et les manifestations se succèdent jour après jour depuis février. Après les étudiants, nombre de professions (journalistes, universitaires, avocats…) se sont également mobilisées, avant un appel à la grève générale particulièrement suivi le dimanche 11 mars.

En fait, depuis le soulèvement populaire d’octobre 1988 qui avait subi une répression meurtrière massive, mais qui avait contraint le pouvoir à accepter le multipartisme, l’Algérie n’avait pas connu une telle mobilisation, puissante et durable.

Une crise politique, économique et sociale

Les manifestations se poursuivent et grandissent, pacifiquement, dans le contexte d’une crise multiple : à la fois politique, sur fond d’arbitraire, d’accusations de corruption et de surveillance policière, mais aussi économique et sociale, sur fond de chômage (qui touche plus d’un quart des Algériens de moins de 30 ans), de mal-vivre, d’absence de logements et de perspectives d’avenir pour la jeunesse.

Jusqu’en 2014, la hausse des cours du pétrole avait permis à l’État d’effacer sa dette et d’engager des grands projets de construction d’infrastructures, même si depuis longtemps déjà le pouvoir était accusé de détourner la rente pétrolière.

À partir de 2014, la chute des cours du brut a plongé d’autant plus le pays dans la crise qu’il n’est pas sorti de sa dépendance au pétrole. Pour y répondre, le pouvoir a alors décidé d’accentuer la politique d’austérité dont souffre la majorité de la population, tandis que l’inflation nourrit la pauvreté.

L’élection reportée

Le régime en place ne s’attendait pas à une telle vague de contestation. Il a d’abord annoncé que le candidat Bouteflika acceptait d’organiser, en cas de victoire, une nouvelle élection présidentielle anticipée, qu’il ne s’y représenterait pas et qu’il promettait d’instaurer une nouvelle Constitution soumise à un référendum populaire. Mais ces annonces n’ont pas calmé l’exaspération populaire.

Puis, à l’issue des vastes manifestations du dimanche 11 mars dans quasiment tout le pays, il a finalement été annoncé que le président ne se représenterait pas du tout. Une victoire populaire qui a provoqué la liesse dans les rues d’Alger et de nombreuses villes.

Mais il a été en même temps annoncé le report sine die, c’est-à-dire sans préciser de date, du scrutin présidentiel prévu le 18 avril. Cela revient à prolonger le mandat présidentiel d’Abdelaziz Bouteflika jusqu’à une date ultérieure non précisée. Les manifestations ont donc repris de plus belle, la jeunesse et la population dénonçant une « ruse » inadmissible.

Reste que le gouvernement en place continue de bénéficier du soutien de l’armée et d’une partie du patronat. Il tente aujourd’hui de jouer la peur, en agitant le spectre de l’inconnu et de la terreur quelque vingt ans après la fin de la « décennie noire », d’autant plus que l’opposition politique souffre d’un grand morcellement.

Mais, descendue spontanément dans la rue, la population — et notamment la jeunesse — semble au moins avoir vaincu la peur.

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20 mars 2019 ~ 0 Commentaire

algérie (gauche révolutionnaire)

alger

Algérie : le peuple se mobilise

L’Algérie est gagnée, d’Est en Ouest et du Sud au Nord, et depuis ce mois de février par un bouillonnement social inouï.

Des millions de personnes sont descendues dans les rues, femmes et hommes de tous âges, tous pour scander : « Boutef (BOUTEFLIKA) dégage », « système dégage »,etc. Le mouve-ment commence à prendre de plus en plus d’ampleur et gagne plusieurs tranches de la société. En parallèle il est de plus en plus structuré et organisé.

Alger

À Alger, la mobilisation a été grandiose, dès l’acte I du vendredi 22 février 2019. On parle de plus d’un million de personnes qui ont envahi les rues de cette belle ville blanche au ciel bleu. Étant la première ville estudiantine du pays et un fief de toutes les grandes luttes qu’a connu l’Université algérienne, depuis l’indépendance du pays à nos jours, les étudiants n’ont pas tardé à s’organiser et à faire appel à la création de comités autonomes, avec des revendications sociales, économiques et politiques.

Parmi les étudiant(e)s les plus impliqué(e)s dans ce mouvement, Nahla Nait Gacem qui nous revient avec ce petit témoignage de cette formidable mobilisation étudiante à Alger :

« Les étudiants ont joué un grand rôle dans la mobilisation citoyenne à Alger. Ils étaient impliqués depuis la première manifestation du 22 février. On a réussi à monter une cellule autonome des étudiants d’Alger, le 26 févier 2019, qui a fait appel à la création d’un collectif national regroupant toutes les structures autonomes estudiantines.

En parallèle, on a vivement dénoncé les structures parasitaires implantées par le régime dans les cités et centres universitaires. Notre tâche est de les destituer et créer des comités estudiantins libres et démocratiques. On a mis aussi l’accent sur le volet économique et social, tout comme on a essayé de faire un travail de proximité auprès des jeunes des quartiers algérois. »

Tizi Ouzou

Capitale de la Kabylie et épicentre de la première révolte contre le régime algérien dans l’Histoire de l’Algérie post-coloniale, en 1963, Tizi Ouzou est totalement paralysée par des mouvements de grèves et de désobéissance civile suivis dans les quatre coins du département.

Des petits artisans, étudiants, avocats, enseignants et particulièrement les femmes qui n’ont pas raté l’événement le vendredi 8 mars pour descendre dans les rues de la ville pour crier elles aussi leur ras-le-bol et réclamer l’égalité.

« La femme a toujours marqué sa présence en Kabylie, depuis la guerre d’Algérie et les différentes épreuves qu’a connu le pays après l’indépendance. Mais cette fois-ci, on n’a pas les mots pour qualifier cette énorme participation et implication des femmes. Elles étaient de partout, venues malgré la grève des transports, assister aux différents rassemblements et manifestations. Une société sans femme reste infâme et notre espoir est en une Algérie laïque et égalitaire. », nous a confié Amel Atmane, une militante et activiste féministe de Tizi Ouzou.

Béjaïa

Bastion des luttes sociales, Béjaïa (Bgayet) a marqué cet événement historique avec une grande mobilisation en touchant tous les secteurs. Particulièrement le secteur économique, sachant que le département de Béjaïa regroupe les plus grandes zones industrielles d’Algérie.

Les ouvriers et autres travailleurs se sont mis en grève et ont déserté leurs unités de production. Leur détermination a même fait peur à certains industriels qui ont joué la tactique de la poudre aux yeux en rejoignant le mouvement de grève et de contestation.

Un travailleur de la laiterie Soummam de la zone industrielle d’Akbou nous a confié tout en gardant l’anonymat : « Dans notre entreprise, qui emploie l’équivalent de 1 000 travailleurs et une capacité de production qui couvre tout le territoire national (une partie des produits est même exportée à l’étrange: Libye et Qatar), les conditions de travail sont dures : harcèlement au quotidien, chantage sur les travailleurs, salaires précaires par rapport à un travail dur, pas de syndicat, etc.

Aucun respect de la dignité du travailleur de la part d’un patron qui a fait le pèlerinage pour masquer son caractère esclavagiste. On veut le changement ! Soit ajedell nagh lharga Soit le changement, soit l’émigration). »

Les travailleurs-ses des filiales des deux grandes entreprises publiques, Sonatrach et Sonelgaz, sont en grève depuis le 10 mars 2019. Ils ont envahi les rues de Béjaïa pour dénon-cer le système en place, demander son départ et dénoncer l’usurpation des richesses du pays. Béjaïa vit son ère prolétarienne et de lutte anticapitaliste.

Comme l’art est une expression d’un malaise et une voix de révolte, on laisse la parole à Ahmed Medjani, caricaturiste et journaliste engagé, pour conclure notre reportage : « J’espère que cette fois-ci, les Algériens auront de la suite dans les idées, qu’ils continueront ce mouve-ment sans oublier les erreurs du passé. L’Histoire est en marche et elle écrira de belles choses sur notre peuple. »

Amar Benhamouche 20/03/2019

http://www.gaucherevolutionnaire.fr/

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20 mars 2019 ~ 0 Commentaire

iran (courrier international)

 

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18 mars 2019 ~ 0 Commentaire

vénézuela (à l’encontre.ch)

venezuela

Venezuela, la gauche

Et les faux-semblants de la crise vénézuélienne

Le bras de fer à l’issue incertaine entre le gouvernement de Nicolás Maduro et l’opposition vénézuélienne, accompagné par des protestations qui mobilisent désormais aussi les quartiers populaires anciennement chavistes, a donné lieu aux interprétations les plus fantaisistes. Un éclairage nécessaire sur la véritable nature de l’affrontement et la teneur réelle des facteurs géopolitiques en jeu.

Le nombre de stupidités qu’on a pu lire ou entendre çà et là dans les rangs de la gauche sur la crise vénézuélienne est assez impressionnant. En général, ces insanités tombent sous deux catégories complémentaires:

1° Un délire total à propos de l’« intervention impérialiste », accompagné par la jouissance masochiste d’halluciner un retour à la scène primitif des éternels bourreaux (l’« empire ») et des éternelles victimes (les pauvres et innocents latino-américains). Ces divagations montrent à quel point l’anti-impérialisme latino-américain, et pas seulement latino-américain, est aujourd’hui une idéologie zombie et, paradoxalement un vecteur d’ignorance colossale de l’empire états-unien et des mécanismes de son fonctionnement réel.

Plus généralement, elles trahissent une méconnaissance crasse de la dynamique effective des rapports de forces géopolitiques dans le monde. Il est curieux de constater à quel point une grande quantité de gens qui ont toujours défendu la perspective d’un monde multipolaire, lorsque ce même monde commence vraiment à émerger, sont incapables de l’analyser et deviennent furieusement nostalgiques des certitudes binaires du passé [1].

2° Une ignorance théorique et empirique abyssale de la nature et de l’évolution du régime chaviste-maduriste [2]

Associée à un manque total d’imagination morale et d’empathie humaine envers le sort du peuple vénézuélien réel et non fantasmé. Dans une correspondance privée, un intellectuel  respecté écrivait récemment à un de mes amis: «Ce que la gauche (y compris le trotskysme) dit du Venezuela est tout simplement honteux. On dirait que l’histoire ne nous a rien enseigné. Le discrédit dans lequel est tombé le socialisme révolutionnaire est énorme ».

D’autant plus si l’on tient compte de l’échec des “socialismes réels”. La plupart des gens en tirent la conclusion que le socialisme n’est pas viable et mène forcément à des dictatures. Dans une large mesure, le Venezuela renforce cette idée. On va avoir beaucoup de mal à remonter la pente. »

Toutes les tendances négatives que je décrivais à l’époque se sont aggravées jusqu’à devenir catastrophiques

Un régime qui propose comme seule issue une escalade autoritaire et, depuis 2016, clairement dictatoriale. C’est l’une des raisons pour lesquelles on ne peut guère comparer deux situations. D’une part, malgré les dérives caudillistes déjà patentes du régime bolivarien, les tentations dictatoriales étaient alors du côté de l’opposition (même si elles étaient loin d’obtenir un consensus en son sein), et il n’existait pas d’appareil militaire et policier unanimement disposé à les soutenir.

D’autre part, la société était plus ou moins divisée en deux, même si le chavisme a ensuite réussi à consolider un avantage électoral d’environ 60 % contre 40 % pendant quelques années. Aujourd’hui, le soutien à Maduro est clairement très minoritaire et repose en partie sur la pure coercition (à l’égard des fonctionnaires) ou sur le chantage «biopolitique» (accès à la nourriture et aux ressources, «carnet de patrie» [8], etc.).

Le régime s’appuie sur un appareil militaire et policier impliqué dans d’énormes réseaux d’activités licites et illicites en collusion avec le pouvoir, ainsi que sur des dispositifs répressifs très développés tant du point de vue judiciaire que de celui de la logistique de la terreur armée. Et bien entendu, la société vénézuélienne et ses infrastructures matérielles et institutionnelles sont aujourd’hui en ruines, avec toutes les conséquences que nous connaissons, y compris l’hémorragie migratoire.

Cela dit, je suis tout à fait d’accord avec les analyses qui suggèrent que la rationalité «malandra» (délinquante) de la direction chaviste n’est pas celle d’un leadership politique ou militaire conventionnel, ni même d’une dictature à la Pinochet.

Alors c’est très joli de parler de «négociation» et de «solution pacifique, il faut bien reconnaître que même dans les secteurs populaires, on constate aujourd’hui l’émergence d’un sentiment de plus en plus partagé, alimenté par le ras-le-bol et le désespoir: «On s’en fout de l’accu-sation d’ingérence, que les gringos débarquent et qu’ils nous débarrassent de cette bande de criminels.» Telle est la terrible réalité à laquelle nous a conduit la monstrueuse involution du projet bolivarien et la complicité avec elle de la majorité des gauches continentales et mondiales.

Dans ce contexte, comment voyez-vous l’avenir d’une possible gauche vénézuélienne, et de la gauche continentale en relation avec elle? 

D’abord, même si ça nous coûte, il faut regarder la réalité en face : le «socialisme», la «révolution», l’«anti-impérialisme» sont aujourd’hui des mots obscènes au Venezuela, et sans doute le resteront-ils pour au moins vingt-cinq ou trente ans. Quand de braves «marxistes-révolutionnaires» ou «anti-impérialistes» viennent nous expliquer la bouche en cœur que «oui, mais ce n’est pas le vrai socialisme, c’est du bonapartisme», ou que «c’est juste du populis-me», ou que «ça a mal tourné à cause de l’Empire, bla bla bla», excusez-moi, mais on a passablement envie de leur foutre des baffes.

La pauvreté analytique et le paternalisme colonial de ces «explications» sont vraiment insupportables, et par ailleurs totalement à côté de la plaque.

Non seulement le lexique du socialisme et de la révolution est une langue morte au Venezuela, mais c’est un langage de mort, l’idiome au nom duquel le pouvoir ment, pille, emprisonne, torture et assassine, l’ornement rhétorique abject de la biopolitique de la faim et de la nécropolitique de la répression.

Qui ne comprend pas ça, et les effets dévastateurs qui s’ensuivent, n’a rien compris. D’où la nécessité absolue de forger un langage d’analyse et de dénonciation à la hauteur de la situation, un langage d’un sobre matérialisme et dans une veine démocratique-radicale sans compromis.

Mais totalement démarqué de la rhétorique en pilotage automatique des analyses «marxistes-révolutionnaires», «anti-impérialistes» et apparentées, lesquelles, bien entendu, à plus de 80 %, ne sont pas de l’analyse, mais du « virtue signaling » idéologique [signalisation de vertu].

Le bilan apocalyptique de l’expérience bolivarienne est une véritable bombe nucléaire…

… psycho-politique non seulement pour la gauche vénézuélienne, mais pour la gauche continen-tale, même si ses effets hors du Venezuela sont à retardement et à géométrie variable selon les pays. Et même si la plupart des «avant-gardes» locales  mais aussi européennes et étasuniennes, autoproclamées manifestent un aveuglement totalement surréaliste quant aux racines du désastre chaviste-maduriste.

On ne sait pas s’il faut rire ou pleurer face à certains communiqués ou déclarations pontifiantes qui prétendent apporter de l’extérieur un point de vue «de gauche» sur le Venezuela alors qu’en réalité leur Imbécillité, leur surdité et leur manque d’imagination morale et d’empathie humaine en font des clous additionnels enfoncés dans le cercueil de la gauche latino-américaine.

Sans prise de conscience de la perversité de ces distorsions, il n’y aura aucune possibilité de reconstruire un tissu militant de gauche crédible au Venezuela. Une reconstruction qui devra passer par un débat sans préjugés et par la convergence de secteurs syndicaux non corrompus, de collectifs sociaux autonomes, de noyaux intellectuels honnêtes et de techno-crates progressistes.

En étant capable de combiner une position de clarté analytique absolue, à savoir totalement dépourvue de sentimentalisme démagogique, face au naufrage de l’expérience bolivarienne – y compris face à son caractère d’aliénation religieuse –, et une certaine générosité pratique, offres d’unité à l’appui, envers les acteurs sincères et démocratiques de la base historique du chavisme. Un équilibre bien sûr extrêmement difficile à atteindre (Résumé).

(Article envoyé directement à alencontre.org. par l’auteur; la traduction de la version espagnole originale  Marc Saint-Upéry, « La izquierda y los espejismos de la crisis venezolana », http://periodicoellibertario – a été effectuée par Marc Saint-Upéry que nous remercions pour ce travail méticuleux – Réd. A l’Encontre; Charles-André Udry]

18 mars  2019 Marc Saint-Upéry

http://alencontre.org/

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17 mars 2019 ~ 0 Commentaire

soudan (essf)

soudan

Au Soudan, déclaration commune

Le calendrier des manifestations de la semaine

Les Forces de la Déclaration de la Liberté et du Changement annoncent le calendrier des manifestations de la semaine.

O peuple de l’honneur, de la générosité et de la liberté, qui a accompli une nouvelle épopée sur le chemin de la lutte, dans une révolution dont la première étincelle est venue il y a trois mois de Damazin et a mis le feu aux villes du pays.

Le peuple soudanais est uni face à la tyrannie. Ce qui s’est passé hier à El Geneina donne un aperçu de la violence préméditée de l’appareil d’État, ainsi que du nettoyage ethnique et de l’incitation à la sédition tribale qui ont enflammé le pays sous ce régime tyrannique et arrogant. Nous nous sommes mis d’accord pour que soient mises en œuvre des poursuites, lorsque le régime sera renversé. Il s’agit là d’un objectif authentique de notre glorieuse révolution .

Gloire aux martyrs d’El Geneina et gloire à tous les généreux martyrs, Justes de la nation, et à leur sang qui nous a fait progresser sur le chemin de la liberté, de la paix et de la justice. Nous leur dédions une nouvelle semaine de lutte que nous avons organisée à travers les étapes émancipatrices suivantes :

Lundi 18 Mars :

- Journée de la campagne soudanaise .
- Manifestations des universités et des instituts supérieurs.
- Actions de propagande des comités de quartiers.
- Manifestations nocturnes des comités de quartiers.

Mardi 19 Mars :

- Grève générale des professionnels, artisans et travailleurs.
- Lancement de la campagne de boycott économique pendant une journée (Nous publierons ultérieurement la liste des marchandises et des services liés au régime, totalement ou en partie, ainsi que l’appel à leur boycott)
- Manifestations des universités et des instituts supérieurs.
- Manifestations nocturnes communes entre comités de quartiers voisins.
- Action propagandiste des comités de quartiers.

Mercredi 20 Mars :

- Journée des initiatives individuelles et collectives ainsi que des méthodes de résistance non-violente .
- Travail de propagande pour le cortège du jeudi.

Jeudi 21 Mars :

Cortèges de la Justice (martyrs d’El Geneina – réfugiés et personnes déplacées – Exclus- victimes des barrages – travailleurs et agriculteurs).

Les Forces de la Déclaration de la Liberté et du Changement
15 mars 2019

http://www.europe-solidaire.org/

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17 mars 2019 ~ 0 Commentaire

algérie première victoire (essf)

pstddd

Algérie : première victoire…

de la dignité retrouvée

C’est indéniable, il y a victoire dans ce recul politique fait par Bouteflika au mouvement de contestation populaire. Victoire d’abord de la dignité. « Yes ! we can », disaient les noirs américains après l’élection historique d’un président issue de la communauté noire, même si la victoire n’avait que valeur de symbole, sans plus. Cette victoire du peuple algérien a donc, avant tous, la même valeur symbolique.

C’est une victoire qui permet aux Algériens et Algériennes de sortir d’un temps où régnaient la peur et le défaitisme vers un temps qu’ils savent désormais pouvoir maitriser et vers une nouvelle histoire qu’ils savent capable d’écrire.

Politiquement, c’est la victoire d’une bataille.

Elle se situe au niveau des consciences, mais elle a sa valeur politique. Le régime, en crise latente depuis un certain temps et, sentant sa fin proche, projetait de se construire une nouvelle légitimité en faisant réélire Bouteflika, pensant que le pouvoir bonapartiste qu’il exerçait sur le pays était encore valide.

Le but étant de diriger la réforme de leur propre pouvoir, réforme exigée par la poussée économique néolibérale et par différentes oppositions qui ont émergé dans la société. Mais, aveuglé par un règne de vingt ans, sans partage et sans alternance même formelle, ce pouvoir a sous-estimé le ras-le-bol des Algériens et Algériennes. Erreur d’appréciation.

Devant la première déferlante populaire dans la rue, il fait une première concession en propo-sant une prolongation d’une année du pouvoir de Bouteflika, mais après une élection qui le légitimerait ; une sorte de plébiscite.

Après une deuxième déferlante populaire encore plus grande, il fait une deuxième concession en annulant carrément les élections présidentielles tout en maintenant la direction des réfor-mes programmées. Il se donne arbitrairement une prolongation d’une année pour gérer une transition et une recomposition du sérail bureaucratique au pouvoir sans heurt. Mais la protestation n’est pas encore satisfaite. Elle demande le départ de Bouteflika et son régime.

 La pression des ultralibéraux

Dans la forme, il est clair que le régime, en maintenant son président, et malgré l’annulation des élections, garde la main sur ce « processus de transition ». Mais, avec l’annulation des élections, il perd toute légitimité qu’il comptait reconquérir le 19 avril. Il se met en porte à faux avec sa propre légalité. C’est un mini « coup d’Etat » à façade civile, une sorte d’état d’exception.

Cette « hypothèse » d’une transition « de velours » pour éviter une transition radicale et révolutionnaire est en réalité souhaitée, voire réclamée par certains milieux médiatiques néolibéraux.  Avec la caution des puissances impérialistes et régionales.

Le discours radical de ce milieu, dans la forme, exprimant les intérêts de la nouvelle « oligarchie », surfe sur la radicalité et l’ampleur de la protestation et les reculs du pouvoir pour prétendre à une place de choix dans la direction de ce processus de « réforme ».

Sous la pression de « la rue », une partie réclame la démission de Bouteflika, le cache-sexe de la seule force organisée du pays qui est l’armée, pour mettre cette dernière devant « ses responsabilités », disent-ils.

Car l’objectif est de légitimer une « structure transitoire » qui ne serait pas celle mise en place par le président et qui serait acceptée par la population en mouvement, avant que celle-ci atteigne un niveau d’organisation capable de prétendre diriger elle-même ce processus.

Il ne faut donc pas regarder la composition de ce gouvernement. Autrement dit, il ne faut miser ni sur Bedoui qui « serait neutre » sur le plan partisan, mais néanmoins ex-ministre de l’Intérieur (donc représentant le corps de la police!), ni sur aucun gouvernement de transition sous Bouteflika, ni sur cette opposition qui s’autoproclame, qui se donne des élans de « comité de sages » ou de « société civile ».

Il s’agit de construire un projet en partant de l’élan spontané.

Les changements se construisent en alternant dialectiquement les consciences spontanées et les consciences critiques. Cependant, l’élan spontané des masses populaires n’a pas encore produit son projet, ni une direction ou (des directions) politique. Ce n’est toutefois que la mi-temps d’un match, avec un score en faveur du mouvement populaire, un match qui aura forcement des prolongations, des temps perdus et des temps additionnels.

 Assemblée constituante et auto-organisation du mouvement

Le débat sur l’assemblée constituante ou la simple réforme de la Constitution est maintenant clairement posé avec, en filigrane, le contenu social et économique de ce changement tant voulu.

Autrement dit, une transition vers quoi ?

La clé de voute de cette équation reste la direction de ce processus. La solution de Bouteflika est déjà rejetée dans sa forme et son contenu par le mouvement, rejet qui s’est massivement affirmé ce vendredi 15 mars. Elle est rejetée dans sa forme par les représentants de cette « oligarchie » montante.

Restent à construire les représentants légitimes de ce mouvement, autrement dit l’auto-organisation.

C’est ici où se situe l’impasse pour l’instant : ceux d’en haut ont perdu toute légitimité. Les partis politiques, syndicats et associations classiques ont perdu toute représentativité. Le mouvement n’a pas encore produit les nouvelles structures. Dans ce contexte, l’idée des comités populaires des « secteurs professionnels » fait son chemin.

Nous ne sommes plus dans les représentations partisanes et idéologiques de l’après-octobre 1988 (islamistes, laïques, démocrates, nationalistes, socialistes….). Nous ne sommes pas dans une représentation ethnico-régionale (arabophone, Berbères, Kabyles, Chaouis, ceux de l’est, du sud ou de l’ouest..). Un vent nationaliste surfe sur le mouvement.

Nous ne sommes pas encore dans une représentation sociale et encore moins de classes sociales, ou encore de quartiers et villages.

Il s’agit dans ce contexte d’apprécier concrètement la situation.

L’émergence de comités populaires n’a pas une portée révolutionnaire dans l’absolue. Les soviets dans la Russie de 1917 étaient composés d’ouvriers d’usines et de classes pauvres portées politiquement et idéologiquement par les bolchéviques.

Les mêmes types de structures de l’Iran de 1979, appelées « choura », furent portés par les Mollahs derrière Khomeiny. En 2001, la révolte algérienne qui a touché essentiellement les territoires de la Kabylie a aussi produit ces comités populaires, initialement portés politique-ment par la gauche et les éléments progressistes de la société, mais vite phagocyté et repris par ce qu’on a appelé à l’époque « les Aârouchs », traditionnels dans la forme et conservateurs dans le contenu.

Il ne s’agit donc pas d’idéaliser ou de sacraliser l’auto-organisation.

Aujourd’hui en Algérie, comme le souligne l’historien et ancien combattant pour l’indépendance de l’Algérie, M. Harbi, il y a « La main tendue des oligarques aux travailleurs (qui) est un marché de dupes et ne fait que perpétuer leur subordination à l’agenda néolibéral » [1].

Car, ces hommes d’affaires, continue le même auteur, « ont besoin des masses populaires pour faire pression sur le pouvoir afin de défendre leurs privilèges ». C’est un marché de dupes, certes ! Mais il peut prendre dans un mouvement qui veut rapidement finir avec ce pouvoir dans un moment où l’action des travailleurs ou syndicale reste faible.

Il reste le mot d’ordre d’assemblée constituante.

Celle-ci ne constitue pas non plus la solution absolue. Après octobre 1988, la mise en place d’une assemblée constituante aurait donné une majorité absolue islamiste fascisante vue la dynamique prise par l’islamisme en ce moment-là dans la société. Aujourd’hui, l’assemblée constituante, comme revendication, permet de laisser la brèche ouverte et se préparer à porter le débat dans la société.

Des voix s’élèvent pour souligner l’absence d’un parti d’avant-garde.

Oui ! Mais le temps presse. Et l’histoire n’est pas toujours à la merci des orientations critiques des avant-gardes. Elle a son côté spontané et contingent. C’est ici où réside la dialectique entre la conscience spontanée et la conscience critique.

Nadir Djermoune, 16-03-2019 Nadir Djermoune est universitaire, architecte / urbaniste à l’Institut d’architecture de Blida.

http://www.europe-solidaire.org/

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17 mars 2019 ~ 0 Commentaire

foulards rouges

michel

Réponse aux usurpateurs du Foulard Rouge ayant distribué des tracts hier matin à Lorient.

«Police, gendarmerie, République, même combat» et «touche pas à mon flic»
Figuraient parmi les slogans de la manifestation des prétendus « foulards rouges » à Paris il y a quelques semaines (Libération, 27 janvier 2019). Ces gens usurpent le foulard rouge.
.
Ce foulard rouge a été donné aux insurgés kanaks de 1878 par Louise Michel. Versaillais d’hier et d’aujourd’hui, adulateurs des « forces de l’ordre », que cet ordre soit républicain, impérial ou vichyste, avec elles ils soutiennent le système capitaliste de chômage et de misère.
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ils soutiennent ceux qui éborgnent et mutilent les révoltés. Mais la révolte est là et elle persiste, car les rebelles n’ont rien à perdre, ils veulent pouvoir vivre dignement, comme Gilles Tautin (10 juin 1968), Pierre Beylot et Henri Blanchet (11 juin 1968), morts face à leurs forces de l’ordre « républicain » .
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Signé : un illettré de chez Gad

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14 mars 2019 ~ 0 Commentaire

algérie (npa)

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Algérie : une dynamique de crise pré-révolutionnaire

Le mouvement du 22 février prolongé par les manifestations du 1er et surtout du 8 mars constitue une rupture avec une période de désenchantement et de pessimisme qui a caractérisé les mouvements sociaux, le monde du travail, l’intelligentsia et surtout les forces vives de la société algérienne, comme la jeunesse et les femmes.

Un nouveau champ du possible est ouvert et la rupture avec un régime politique autoritaire, prédateur et clanique devient une perspective ouverte.

Un tournant

Depuis octobre 1988, nous avons accumulé les défaites politiques. Défaite face à l’islamisme qui a su, entre 1988 et 1993, capter la radicalité sociale en mouvement dans la société, celle des démunis et des travailleurs, en usant d’un populisme religieux prononcé et d’une insolence face au pouvoir admirée.

Le résultat a été un recul des forces démocratiques et de gauche laminées ensuite par la décennie noire où les islamistes vont jouer les va t’en guerre contre le pouvoir, mais aussi contre la militance politique anti-islamiste ciblant plus particulièrement intellectuels, syndicalistes et les femmes.

Défaite aussi face à un régime politique qui s’est fait une « crédibilité » d’un temps en jouant au pardon et à la réconciliation nationale, mais aussi en profitant du gonflement de la rente pétrolière pour construire deux millions de logements et le grands projet d’autoroute est-ouest en plus de méga-équipements dans le pays.

Ainsi, Bouteflika, venu sur les cendres d’une Algérie brulée, abimée, va jouer à l’homme providentiel et illusionner une partie de la population. Entre temps, son régime a multiplié les atteintes aux libertés démocratiques, verrouillé le champ politique et associatif, fait de la corruption un élément systémique et appliqué à l’aise les mesures en phase avec la mondialisation néolibérale.

Ces défaites n’ont pas brisé les luttes mais ont rendu les forces sociales et le monde du travail plutôt sur la défensive ! De ce point de vue, le mouvement populaire enclenché le 22 février représente un tournant, une rupture. Il fait bouger les rapports de forces et libère les luttes et l’action populaire contre le régime politique pro-néolibéral, corrompu et anti-démocratique.

Magie populaire

Ce mouvement a démarré sur une action presque morale dénonçant cet acte immoral du clan présidentiel de présenter un président vieillissant, malade, infirme et sans paroles depuis 2013. Rapidement, le mouvement a pris une dimension populaire, nationale et d’une mixité inimaginable.

La manifestation du 8 mars a été le summum de cette magie populaire où la fraternité, la présence massive des femmes, le civisme des jeunes et des slogans aussi politiques que faits d’humour ont marqué ce 8 mars. C’est surtout une manifestation grandiose par le nombre et par les couleurs, du jamais vu depuis l’indépendance !

La caractéristique de ce mouvement est l’implication de forces sociales comme les jeunes, les réseaux militants, les femmes et même les familles, les étudiants et de plus en plus les enseignants, les commerçants, qui ont bien répondu à l’appel à la grève générale et même des patrons qui ont des comptes à régler avec le clan Bouteflika et la façon sélective dont il a distribué la manne pétrolière durant son règne de 20 ans.

Le monde ouvrier, bien que présent dans les manifestations, n’a réagi qu’accessoirement au début du mouvement dans certaines villes et certaines entreprises. L’UGTA, trop collée à Bouteflika grâce à Sidi Saïd son secrétaire général, a tout fait pour éviter une réaction syndicale et ouvrière en s’appuyant sur une bureaucratie horizontale carriériste et corrompue. Les syndicats autonomes, encore peu présent dans les entreprises, n’ont pas encore la représentativité qui leur permet de changer le cours des choses.

Ceci dit, depuis le 1er mars, des entreprises commencent à se lancer dans le mouvement et entamer des grèves et des sit-in dans leurs entreprises, à l’exemple des travailleurs des ports, des filiales  de Sonelgaz (EDF algérien), et même de certaines administrations publiques comme la CNAS (caisse de la Sécurité sociale) ou les travailleurs de l’université.

Ceci reste encore parcellaire tant que les grandes entreprises industrielles concentrant le gros des effectifs ouvriers n’ont pas bougé comme El Hadjar à Annaba, la zone industrielle de Rouiba (Alger) ou les travailleurs de Sonatrach au Sud.

Cela représente des centaines de milliers de travailleurs et des secteurs stratégiques et sensibles dans la configuration de la classe ouvrière algérienne. La convergence des travailleurs avec ce mouvement de protestation populaire, à travers la grève générale plus précisément, pourra changer les rapports de forces très vite et favoriser la fin du régime, l’auto-organisation et la mise en œuvre d’une transition sous contrôle ouvrier et populaire.

Manœuvres machiavéliques du pouvoir

L’annonce lundi soir du retrait de Bouteflika du 5e mandat et du report des élections, accom-pagnés d’un changement de gouvernement et d’une conférence nationale devant travailler à assurer la transition à une « nouvelle république », a été perçue par les Algériens comme un parjure. Un scénario pervers qui donnera du temps au pouvoir de s’assurer un changement sans douleur pour le clan présidentiel et la bourgeoisie oligarque qui l’a portée.

Bien que le recul du clan dirigeant soit réel et que le mouvement populaire ait eu sa première victoire symbolique, qui traduit que c’est dans les luttes qu’on peut faire bouger les lignes d’un régime opaque, le piège d’un régime qui va perdurer en usant d’artifices pour apaiser la colère populaire est déjà perçu par ceux qui, à travers les réseaux sociaux, jouent le rôle d’acteurs et animateurs de ce mouvement. La classe politique et l’opposition, invalidée dés le début par ce mouvement, ont aussi rejeté ce scénario de Bouteflika.

De ce point de vue, la manifestation du vendredi 15 mars sera déterminante pour faire appa-raitre une plus grande détermination ou le début d’un reflux du mouvement populaire. Si les manœuvres machiavéliques du pouvoir sont réelles, l’inventivité du mouvement populaire et sa radicalité laissent augurer une dynamique de crise pré-révolutionnaire qui, certainement, prendra du temps, mais permettra d’entrevoir une nouvelle Algérie, celle qui tourne le dos aux diktats des prédateurs et des oligarques mafieux.

Adel Abderrezak (universitaire et ex porte-parole du syndicat des universitaires)                    Jeudi 14 mars 2019

https://npa2009.org/

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12 mars 2019 ~ 0 Commentaire

algérie (npa lo)

npa 29 vertic

NPA Algérie

Un premier recul du pouvoir, à transformer en victoire contre le système

Hier soir, le président Bouteflika a renoncé à sa candidature, annulé la présidentielle d’avril 2019, promis une Conférence nationale et changé le gouvernement. C’est le résultat du formidable mouvement populaire et de la grève générale commencée dimanche.

La présidence a nommé le ministre de l’Intérieur Noureddine Bedoui au poste de Premier ministre, en remplacement d’Ahmed Ouyahia, l’un des hommes politiques les plus haïs de l’ère Bouteflika. Ramatane Lamamra, un personnage qui pourrait contenter un certain milieu d’affaires, dit « démocrate », a été désigné vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères

Ces derniers jours, le mouvement est monté d’un cran avec le début d’une grève générale, touchant le secteur productif (hydrocarbures) et certains services publics. Un vent de contestation souffle, dénonçant la corruption, le despotisme, la dilapidation des richesses publiques et l’oligarchie prédatrice.

Et bien que le refus du 5e mandat soit au centre de la contestation, les revendications évoluent : fin du système, justice sociale, dénonciation de l’oligarchie et juste répartition des richesses nationales.

Bouteflika a annoncé son retrait… mais il reste président !

La présidentielle est reportée, et la promesse d’une deuxième république et d’une nouvelle constitution peuvent servir de replâtrage du pouvoir, sans véritable progrès démocratique. Le danger d’une accélération des réformes libérales voulues par des secteurs de la bourgeoisie et de l’armée, poussés par les puissances impérialistes, est réel.

Le salut que vient d’adresser Macron à Bouteflika est révélateur : les grandes puissances, France en tête, portent une lourde responsabilité dans la situation économique et sociale de l’Algérie contemporaine.

Pour les masses en action, les travailleurs, les femmes, les jeunes, il s’agit de continuer le mouvement afin d’obtenir le départ immédiat de Bouteflika, d’imposer une véritable assemblée constituante sur la base de déléguéEs élus dans le cadre de la mobilisation, de son auto-organisation, de la grève de masse en cours.

Pour tous ces combats, le NPA salue la force du peuple algérien. Solidarité !

Communiqué de presse du NPA Montreuil le mardi 12 mars

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