Archive | Antimilitarisme

14 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

jet skis (swp)

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Des « jet-skis » pour lutter contre les réfugiés dans la Manche

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11 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

11 septembre (à l’encontre)

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11 septembre: comment les Etats-Unis – et le Royaume-Uni – ont récolté ce qu’ils ont semé

Il y a vingt ans, dix-neuf hommes, remplis de haine envers les Etats-Unis et de foi dans la promesse du paradis, se faisaient exploser, tuant des milliers de personnes et provoquant l’un des plus grands chocs politiques de l’histoire mondiale. Ils étaient tous originaires du Moyen-Orient; quinze d’entre eux étaient des citoyens du plus ancien et plus proche allié de Washington dans cette région: le royaume saoudien. Les Etats-Unis récoltaient ainsi ce qu’ils avaient semé.

Pendant des décennies, le gouvernement américain a manigancé au Moyen-Orient, soutenant des régimes despotiques et encourageant l’intégrisme islamique comme antidote à tout ce qu’il pouvait considérer comme étant de gauche. En 1990, l’agonie de l’URSS sembla ouvrir la voie à un «nouvel ordre mondial» dominé par Washington–- ce qu’un chroniqueur américain appela judicieusement le «moment unipolaire».

L’empire étatsunien, qui était jusqu’alors encore sous le coup du «syndrome vietnamien», parvint à le surmonter – du moins c’est ce que crut Bush père – en lançant une attaque dévastatrice contre l’Irak en 1991. Bush père avait été incité par Margaret Thatcher à refouler les troupes irakiennes hors du Koweït voisin, qu’elles avaient envahi en août 1990. L’Irak fut ensuite étranglé par un embargo cruel qui a causé un excès de mortalité estimé à 90 000 par an par les Nations unies.

C’est la première fois que les Etats-Unis menaient une guerre de grande envergure au Moyen-Orient. Jusqu’alors, ils avaient mené des guerres par procuration, notamment par le biais de leur allié israélien. Les attentats du 11 septembre ont été le résultat direct de ce changement: une réponse «asymétrique» spectaculaire, sur le sol même des Etats-Unis, au déploiement massif de ces derniers au Moyen-Orient.

Et pourtant, plutôt que de prendre du recul et de reconsidérer une ingérence qui s’était retournée contre eux de façon si spectaculaire, George W. Bush et la horde sauvage de néoconservateurs qui peuplaient son administration virent dans le 11  septembre leur Pearl Harbor [7 décembre 1941, l’attaque japonaise qui entraîna la participation des Etats-Unis à la Deuxième Guerre mondiale]. C’était une nouvelle occasion de pousser plus loin l’expansionnisme des Etats-Unis dans ce qu’ils appelaient le Grand Moyen-Orient, une vaste zone s’étendant de l’Asie occidentale à l’Asie centrale et à l’«AfPak» (Afghanistan et Pakistan), sans autre caractéristique commune que l’Islam.

Bush fils et son équipe ont porté l’arrogance (hubris) des Etats-Unis de l’après-guerre froide à son paroxysme. Ils sont entrés en Afghanistan, avec l’OTAN et d’autres alliés, dans le but de transformer le pays en une plate-forme pour la pénétration étatsunienne dans une région stratégiquement située entre le cœur de la Russie et la Chine, les deux rivaux potentiels de l’hégémonie unipolaire de Washington.

Dix-huit mois plus tard, ils envahissaient l’Irak, leur prise la plus convoitée en raison de ses propres réserves de pétrole et de sa situation dans le Golfe, une région vitale pour des raisons stratégiques et économiques liées au pétrole. Cette expédition néocoloniale fut beaucoup plus contestée dans le monde que celle d’Afghanistan, malgré le soutien enthousiaste de Tony Blair et la participation peu glorieuse du Royaume-Uni.

L’invasion de l’Irak avait été le leitmotiv du Projet pour le Nouveau siècle américain (Project for the New American Century), le think tank dont le nom même incarnait l’arrogance des Etats-Unis. Les principaux personnages de l’administration de George W. Bush en avaient été membres. Ils avaient la conviction illusoire que les Etats-Unis pouvaient refaire l’Irak à leur image et que les Irakiens adhéreraient massivement à cette perspective.

Ils se faisaient beaucoup moins d’illusions sur l’Afghanistan, à en juger par les effectifs américains qui y furent déployées – bien moindres qu’en Irak. Mais là-bas aussi, ils s’engagèrent dans un projet irréfléchi d’édification d’Etat, après avoir réalisé qu’il y avait, en fait, plus de collaborateurs volontaires de l’occupation menée par les Etats-Unis en Afghanistan qu’en Irak même.

Ils dédaignèrent ainsi la leçon principale du Vietnam, à savoir qu’il ne faut jamais s’enliser dans une aventure militaire prolongée dont le succès est incertain. L’Irak se transforma rapidement en bourbier. En 2006, l’occupation avait clairement tourné au désastre. Alors que les troupes étatsuniennes étaient occupées à combattre une insurrection arabe sunnite dirigée par la même Al-Qaida que Washington avait extirpé d’Afghanistan, l’Iran s’assurait le contrôle de l’Irak par le biais de forces arabes chiites alliées, parvenues en position de force grâce à l’occupation américano-britannique elle-même.

La classe dirigeante des Etats-Unis tira la sonnette d’alarme et contraignit le principal architecte de l’occupation, le secrétaire à la défense Donald Rumsfeld, à démissionner. Une commission bipartisane du Congrès élabora une stratégie de sortie, impliquant une «montée en force» (surge) temporaire des troupes étatsuniennes et l’achat de l’allégeance de tribus arabes sunnites afin de vaincre l’insurrection. Bush conclut ensuite un accord avec le gouvernement de Bagdad, soutenu par l’Iran, pour le retrait des troupes avant la fin de 2011. Son successeur, Barack Obama, supervisa l’achèvement du retrait.

Obama essaya de répéter le «surge» en Afghanistan. Il échoua lamentablement, car les chefs de guerre corrompus alliés des Etats-Unis n’ont jamais été très crédibles (les Talibans avaient pris le pouvoir en 1996 après les avoir vaincus). Obama enclencha alors un programme de sortie, que son successeur Donald Trump suspendit pendant un temps pour tenter un nouveau «surge» – non plus contre les seuls Talibans, mais aussi contre le nouvel avatar d’Al-Qaida, l’Etat islamique (EI).

Ce dernier était passé d’Irak en Syrie en 2012. Il y avait reconstruit ses forces en profitant de la guerre civile, puis était repassé en Irak en envahissant les zones arabes sunnites à l’été 2014. Cela provoqua une débâcle infamante des forces gouvernementales irakiennes, mises en place, entraînées et armées par Washington.

Les Etats-Unis combattirent l’EI au moyen de bombardements massifs en soutien à des combattants locaux, agissant sur le terrain. Paradoxalement, ces derniers ont inclus des forces kurdes de gauche en Syrie et des milices pro-Iran en Irak. L’EI fut réduit derechef à l’état de guérilla clandestine, mais il avait déjà commencé à se propager dans le monde entier, notamment en Afrique et en Asie. Des dissidents extrémistes des Talibans ont même créé une branche locale de l’EI en Afghanistan. En se débarrassant d’Oussama ben Laden en 2011, Obama n’avait achevé de défaire Al-Qaida que pour assister peu après à l’émergence de son avatar, plus violent encore.

Trump finit par jeter l’éponge. Il réduisit le nombre de troupes étatsuniennes au strict minimum et conclut un accord avec les Talibans pour le retrait des troupes étrangères restantes en 2021. Joe Biden présida à la fin de ce retrait de la manière tragiquement bâclée dont le monde entier a été témoin au mois d’août. L’armée du gouvernement de Kaboul s’est effondrée dans une débâcle identique à celle des troupes du gouvernement de Bagdad. Comme dans la mythologie grecque, l’hubris (arrogance) des Etats-Unis (et du Royaume-Uni) a une fois de plus déclenché l’ire de la déesse Némésis et a été puni en conséquence.

Les défaites en Irak et en Afghanistan ont provoqué une rechute des Etats-Unis dans le «syndrome vietnamien». Cela ne signifie pas pour autant que Washington va dorénavant s’abstenir de toute agression impériale: cela signifie seulement qu’il ne s’engagera pas de sitôt dans des déploiements à long terme et à grande échelle dans d’autres pays en vue de reconstruire leur Etat.

Washington utilisera plutôt plus intensivement ses «capacités de frappe à distance», comme l’a promis Joe Biden dans son allocution du 31 août. Obama, qui s’était opposé au Sénat à l’invasion de l’Irak en 2003, a eu recours aux drones de manière beaucoup plus intensive que son prédécesseur. Cette pratique a été poursuivie par Trump, avec frappes de missiles en sus, et de même par Biden.

Elle va sans doute s’intensifier encore. Ces frappes sont de la guerre à petites doses, non moins mortelles à la longue que des injections massives occasionnelles, et plus pernicieuses en ce qu’elles échappent à l’examen public. Elles doivent être stoppées.

(Article publié sur le site Labour Hub le 10 septembre 2021; traduction rédaction A l’Encontre)

Gilbert Achcar est professeur d’études du développement et de relations internationales à la SOAS, Université de Londres.

11 septembre 2021 Gilbert Achcar

https://alencontre.org/

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10 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

fedayin (korrigans gwengamp)

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Le 14 octobre  20h à Guingamp au cinéma des Korrigans.
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Le nom de Georges Abdallah apparaît régulièrement dans les manifestations, des articles de presse ou dans des courriers de parlementaires au ministère de la Justice. Mais qui est-il réellement ?
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Pourquoi un communiste libanais d’origine chrétienne est-il emprisonné en France depuis plus de 35 ans ? Pourquoi est-il considéré par les Palestinien·ne·s comme un des leurs ?
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À bien des égards, l’histoire de Georges Abdallah est à la fois celle d’une époque mais aussi celle d’une gauche arabe aussi riche que méconnue.
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Fedayin, le combat de Georges Abdallah retrace le parcours d’un Libanais, engagé auprès de la lutte palestinienne en plein cœur de la guerre civile libanaise.
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Des camps de réfugié·e·s palestinien·ne·s qui ont forgé sa conscience à la mobilisation internationale pour sa libération en passant par une véritable affaire politico-médiatique, nous allons à la découverte de celui qui est devenu l’un des plus anciens prisonniers politiques d’Europe.
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fedayin (korrigans gwengamp) dans Altermondialisme cleardot

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09 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

theodorakis (npa , presse de gauche)

Hommage au musicien

Mikis Theodorakis, une grande voix populaire… avec de fausses notes politiques

Avec la mort du compositeur Mikis Theodorakis, « Mikis » pour toute la population, c’est une légende qui s’éteint, qui a consisté à parer Mikis de toutes les valeurs de gauche, comme l’a fait depuis très longtemps la gauche réformiste française.

Ce qui serait à retenir du parcours de Mikis Theodorakis, c’est, à la différence du militant exemplaire que fut le résistant Manolis Glezos, toute sa vie fidèle à la gauche (réformiste et radicale), des engagements et des positionnements que lui-même revendiquait comme ceux d’un homme contradictoire.

À ce titre, le siècle de vie de Mikis renvoie surtout aux tragédies de l’histoire grecque moderne (à part le Pasok en 1981 et Syriza en 2015, le pays n’a connu que des gouvernements fascistes ou de droite extrême, au mieux très réactionnaires) et aux impasses dans lesquelles la gauche communiste, stalinienne ou « rénovatrice », a plongé le « peuple de gauche ». Reste l’œuvre du compositeur, magnifique et plus que jamais stimulante pour les combats actuels et à venir !

Un parcours politique sans cohérence malgré une dynamique de gauche

Dans sa jeunesse, Mikis adhère à EON : mouvement d’embrigadement des jeunes mis en place par le dictateur fasciste Metaxas. Mais, en 1943, Mikis rejoint, comme des dizaines de milliers de militantEs, la résistance anti-nazie, intégrant l’organisation armée ELAS et le KKE (PC grec).

Une fois le pays libéré par la Résistance, Churchill obtient de Staline la reddition des armes de ELAS et lance ses soldats et les fascistes impunis dans une guerre civile : Mikis se bat, tout en critiquant la ligne du KKE, et il est arrêté et déporté.

Plus tard, il obtient la permission de partir à Paris étudier la musique. À son retour en 1960, il est actif dans EDA (Gauche démocratique unie, sorte d’union de la gauche) puis, après l’assassinat du député (centre gauche) Lambrakis (voir le film Z), il fonde avec succès les Jeunesses Lambrakis, reprenant notamment les « marathons de la paix ».

Face au risque de voir le centre-gauche gagner les élections, les USA provoquent le coup d’État militaire des colonels en 1967. Mikis est vite arrêté, mais une campagne internationale obtient sa libération en 1970.

Revenu à Paris, il est une figure de la gauche anti-junte, organisant des tournées mondiales artistiques et anti­fascistes. Ces années sont aussi celles de la grande scission du KKE entre orthodoxes et eurocommunistes (noyau du futur Syriza), Mikis penchant pour les eurocommunistes. Après la chute de la junte en 1974 et un retour émouvant et triomphal en Grèce, il milite entre EDA et le KKE, devenant député de celui-ci en 1981 et 1985.

À partir de 1989, son parcours devient très chaotique : il va devenir ministre (sans portefeuille) … de la droite (Nouvelle Démocratie) ! À vrai dire, rien de surprenant : centrés sur une ligne anti-Pasok, le KKE et le noyau du futur Syriza s’allient avec la droite en 1989…

Dès lors, les positionnements deviennent de plus en plus contradictoires, entre soutien à la droite et soutien à Syriza, surtout avec un cours de plus en plus nationaliste, en contradiction avec ses positions de soutien aux peuples palestinien ou turc ! Cette contradiction permanente fait de Mikis la figure la plus emblématique des dangers pour la gauche (pas seulement réformiste) et la classe ouvrière d’un nationalisme qui gangrène la Grèce depuis 20 ans en particulier.

Ses dernières contradictions :

– La dernière apparition politique de Mikis, en février 2018, a été la participation comme orateur à un rassemblement appelé par la fange nationaliste et y compris par les nazis contre les projets de reconnaissance de l’État de Macédoine du Nord, Mikis y saluant la présence de l’extrême droite « patriotique »…

– Pourtant, la dernière volonté politique de Mikis, c’est de mourir en étant considéré comme communiste, comme l’a révélé le secrétaire du KKE, la droite extrême au pouvoir ne pouvant ainsi en faire « son » héros.

La voix musicale d’une conscience de gauche en Grèce

Si Mikis a été reconnu comme un grand compositeur de musique de chambre ou symphonique, ce qui va faire de lui le musicien enthousiasmant ses auditoires en Grèce et dans le monde. (Souvenir impérissable de ses concerts enflammés en France au début des années 70 !), c’est son talent unique de lier les musiques populaires redécouvertes – en particulier le rébétiko, « blues grec » des banlieues populaires et maudit jusqu’à Mikis – aux textes des plus grands poètes grecs contemporains, faisant chanter par toutes les générations les poèmes d’amour et de résistance des Ritsos, Séféris et autres Anagnostakis.

Alors, si Mikis peut être retenu comme une grande figure de la gauche, c’est avant tout pour son œuvre musicale, la force et l’espoir qui s’en dégagent et permettent de résister dans les pires périodes.

Le mot de la fin ? Vendredi, face aux flics les chargeant sauvagement, les étudiantEs en manif contre la casse de l’université ont entonné « Lorsqu’ils serrent les poings », célèbre poème de Ritsos mis en musique par Mikis !

 Athènes Vendredi 10 septembre 2021

https://lanticapitaliste.org/

Lire aussi:

Mikis Théodorakis : Génie musical et militant indomptable

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09 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

édito (npa)

ssp

En finir avec la barbarie de la « guerre contre le terrorisme »

Il est des télescopages de calendrier qui dépassent le simple symbole et semblent cristalliser toute une période historique à l’échelle mondiale. Ainsi, et à quelques jours de distance seulement, le retrait calamiteux de l’armée US d’Afghanistan, le 20e anniversaire des attentats du 11 septembre 2001 et l’ouverture, en France, du procès fleuve des attentats du 13 novembre 2015, apparaissent comme un concentré de bien des phénomènes — et bien des drames — qui ont cours depuis deux décennies.

Deux décennies de guerre et de chaos

Le bilan des 20 ans de la « guerre contre le terrorisme » est aussi catastrophique que ses conséquences sont incommensurables. Et la leçon, connue depuis le début mais désormais indéniable par le fait du temps, est cuisante : la guerre n’apporte pas la démocratie, ni le bonheur des peuples, et le recours à la force brutale et la violence militaire ne fait qu’engendrer toujours plus de violences et de chaos.

On trouvera difficilement une facette de la vie (inter)nationale de cette planète qui n’ait pas été, à un titre ou un autre, largement déterminée par la « guerre contre le terrorisme » depuis 20 ans :

une interminable guerre en Afghanistan, sanctionnée par un retour des Talibans au pouvoir ;

un chaos absolu et inédit dans la zone irako-syrienne, culminant dans l’effondrement de l’Irak et l’émergence du monstre Daech ;

des dépenses militaires qui se comptent en milliers de milliards de dollars, pour le plus grand bonheur des complexes militaro-industriels ;

l’instrumentalisation jusqu’à l’absurde de la rhétorique anti-terroriste à des fins internes et externes par la quasi-totalité des régimes du globe, niant progressivement toute forme d’opposition politique légitime ; 

le développement de la société de surveillance et sa militarisation à coup d’état d’urgence devenu norme quotidienne, en réalité destinée à mater toute résistance sociale contre le néo-libéralisme décadent ;

l’avènement de l’islamophobie comme nouvelle forme dominante du racisme et ciment du suprématisme blanc par delà des différences nationales ;

la recrudescence en boomerang d’attentats dans les pays « occidentaux », commis avant tout par des jeunes des pays concernés, symptôme d’un désespoir et d’une marginalisation extrêmes, dont les racines sont à trouver dans des décennies de racisme structurel…

Leurs guerres, nos morts

« Leurs guerres, nos morts », avions-nous affirmé lors des attentats du 13 Novembre, parce que nous n’étions pas de ceux qui refusaient de faire le lien entre ces attentats et les politiques racistes, coloniales et impérialistes de la France et de ses alliés. 

Des politiques menées au nom de prétentions civilisationnelles, synonymes de guerres, de misère, de chaos, et véritable carburant pour les groupes jihadistes, au premier rang desquels, à l’époque, le sinistre « État islamique ».

Six ans plus tard, nous navons rien oublié, et nous ne céderons pas plus aujourdhui que nous navions alors cédé aux sirènes du chauvinisme, de « l’union nationale » et de la fuite en avant liberticide et islamophobe.

Le procès des attentats perpétrés par des fanatiques de Daech est donc l’occasion tout à la fois de rappeler notre soutien aux familles et aux proches des victimes, ainsi qu’aux survivantEs traumatisés, mais aussi de réitérer notre refus de dédouaner la France et ses dirigeants de leurs responsabilités dans la tragédie du 13 Novembre et dans les futures tragédies qui pourraient survenir. 

À l’heure où les infâmes talibans sont revenus au pouvoir à Kaboul avec la complicité des USA, démonstration éclatante du cynisme des artisans de la « guerre contre le terrorisme » et des dangers que celle-ci continue de faire peser sur les peuples, nous le réaffirmons, a fortiori à l’aune d’une crise climatique qui renforce encore notre conviction :

les politiques racistes et impérialistes n’ont apporté, aux quatre coins du monde, que davantage de guerres, d’oppression, de misère, de discriminations et de violences. Plus que jamais : écosocialisme ou barbarie !

Mercredi 8 septembre 2021

https://lanticapitaliste.org/

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09 septembre 2021 ~ 0 Commentaire

revue de presse 1 (odn)

Virus Outbreak Tunisia
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A Bure et en Allemagne, des opposants pourchassés, des libertés confisquées…
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Il paraît que, même en ces temps de confinements, de pass prétendu « sanitaire », d’isolement et d’élèves non vaccinés promis à être « évincés » (terme précis employé par le macronien qui occupe le poste de ministre de l’Éducation nationale), nous n’avons pas le droit de parler de dérive vers l’apartheid ou la dictature. Il faudrait donc attendre qu’un régime totalitaire soit entièrement en place pour commencer à le dénoncer… à nos risques et périls ??? Eh bien non ! Certes, nous ne sommes pas – pas encore ! – en dictature, mais la macronie est à l’affût de toutes les opportunités (pandémies, attentats, etc) pour déployer et aggraver les restrictions et suppressions des libertés. Par ailleurs, certains territoires – par exemple, au « hasard », autour de Bure (Meuse) – et certains engagements – au « hasard », contre le nucléaire – sont déjà l’objet de méthodes relevant d’une dictature, ou du moins d’une pré-dictature. Si vous n’en êtes pas convaincus, et même si vous l’êtes, rendez vous sur le Blog des malfaiteurs, (https://cutt.ly/YQDmFgK) pour constater la gravité de la situation. On lira aussi avec grand intérêt le dossier complet de Reporterre et Médiapart sur le procès des militants anti-Cigeo. Le jugement sera rendu le 21 septembre 2021. Enfin, voyez la vidéo de Blast, la répression féroce est aussi de mise en Allemagne où le vaillant Loïc a déjà purgé 16 mois de prison ferme et… risque d’y retourner pour 20 mois de plus. Plus que jamais notre droit, et notre devoir, est de résister et de dénoncer les projets nucléaires, les compteurs espions (Linky, Gazpar et cie), les pass prétendus « sanitaires », etc
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« Rendez-moi mon slip ! » : 64 pages sur la répression judiciaire à Bure
Blog des malfaiteurs, 5 juillet 2021 : https://cutt.ly/YQDmFgK
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Pour la défense, le procès de Bure profite à « l’État nucléaire »
Dossier complet de Reporterre et Médiapart, juin 2021 : https://cutt.ly/EQDQ8vh
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Loïc Schneider, 25 ans, résistant malgré l’acharnement de l’état
Video Blast, 10 août 2021 : https://cutt.ly/bQVm5Uz
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31 août 2021 ~ 0 Commentaire

aube dorée (lannion questembert)

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LANNION LUNDI 6 SEPTEMBRE EN EXCLUSIVITE AUX BALADINS
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« Au Festival de cinema de Douarnenez 2021, ses documentaires sur le parti néonazi grec Aube dorée secouent le Festival de cinéma de DouarnenezAngélique Kourounis, journaliste, est l’auteure de deux documentaires sur le parti néonazi grec Aube dorée. Projetés au Festival de cinéma de Douarnenez, ils ont rencontré un gros succès et secoué les spectateurs. Rencontre avec la réalisatrice.Dans les rues d’Athènes, une immense clameur monte parmi une foule de dizaines de milliers de personnes. En ce mercredi 7 octobre 2020, la justice grecque vient de qualifier officiellement le parti néonazi grec Aube Dorée d’organisation criminelle.
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Une formation sur laquelle a enquêté, pendant de longues années, la réalisatrice Angélique Kourounis, née de parents grecs et qui a grandi en France. Elle en a tiré deux documentaires, « Aube Dorée, une affaire personnelle » (2016), et « Aube Dorée, l’affaire de tous : quelle résistance ? » (2020).Projetés à Douarnenez cette semaine lors du Festival de cinéma, ils ont attiré de nombreux spectateurs à chaque séance. On y voit les ressorts idéologiques de cette formation, profondément raciste, xénophobe, homophobe, antisyndicaliste, prompte à éliminer ses opposants politiques.
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Cela n’a pas empêché Aube Dorée, dotée de puissants relais dans les médias ou la police, d’accéder au parlement grec en 2012, puis au parlement européen, prospérant, entre autres raisons plus historiques, sur la crise économique et politique, et les politiques d’austérité infligées par le FMI et l’Europe.
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« On n’a pas réalisé le danger »
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« Les gens ici ne connaissaient pas cela. Quand ils ont vu l’idéologie nazie, ils ont été extrêmement étonnés, surpris, effrayés, et ont découvert un combat qu’ont mené une partie des Grecs.
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Le procès a été peu couvert par la presse conventionnelle grecque, ou même par la presse française », indique Angélique Kourounis, qui travaille pour Radio France ou encore Charlie Hebdo. « On n’a pas réalisé le danger, et on ne réalise toujours pas à quel point nous sommes au bord du gouffre », expose la journaliste, citant Trump, Bolsonaro, Orban ou le Rassemblement national.
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Et accusant, aussi, les partis traditionnels européens de « camoufler cette idéologie nauséabonde », en nouant des alliances avec des formations d’extrême-droite, ou en reprenant à leur compte des éléments de leur programme. Le chef du parti néonazi grec Aube dorée condamné à treize ans de prison.
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« On n’a pas éradiqué le fascisme »
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Menacée physiquement, frappée par des militants d’Aube Dorée, au même titre que son collaborateur Thomas Iacobi, Angélique Kourounis s’est notamment concentrée, pour son deuxième documentaire, sur le combat judiciaire mené par Magda Fyssas.
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Cette dernière est la mère de Pavlos Fyssas, un rappeur antifasciste grec, assassiné en septembre 2013, victime d’un guet-apens monté par Aube Dorée. En acceptant de lier cette affaire à d’autres meurtres commis ou commandités par des membres du parti néonazi grec, elle a permis de faire condamner à de lourdes peines, non pas quelques-uns de ses membres, mais bien l’ensemble d’une formation politique, chose totalement inédite.
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« On n’a pas éradiqué le fascisme avec cette décision », concède Angéligue Kourounis, « mais elle peut faire jurisprudence dans d’autres pays confrontés au phénomène. Ce procès nous montre que tout est possible ».
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27 août 2021.https://www.letelegramme.fr/.Projections en Bretagne :

  • Le 3 septembre au cinéma Iris, Questembert, 56230, 20h30
  • Le 5 septembre, à Brasparts, lieu-dit Tromac’h 29190, 17h
  • Le 6 septembre, au cinéma Les Baladins, Lannion, 22300, 20h
  • Le 7 septembre, au cinéma Le Vulcain, Inzinzac-Lochrist, 56650, 20h30
  • Le 8 septembre, au cinéma Club 6, St Brieuc, 22000, 20h
  • Le 9 septembre, au cinéma Rex, Pontivy, 56300, 20h
  • Le 10 septembre,au Patronnage Laĩc Guérin Brest, 29200, 20h
  • Le 11 septembre, à Ty An Oll, Plourin-les-Morlaix, 29600, 16h
  • Le 14 septembre, MJC Kerfeuteun, Quimper, 29000, 20h
  • Le 16 septembre, au cinéma Ty Hanok, Auray, 56400 20h45
  • Le 17 septembre, Fête de l’Ével, Baud, 56150, 19h30
  • Le 21 septembre, au cinéma Arvor, Rennes, 35000, 20h15
  • Le 23 septembre, au cinéma Le Vauban, St Malo, 35400, 20h

Lire aussi:

Lannion. Les réalisateurs du film Aube Dorée aux Baladins

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31 août 2021 ~ 0 Commentaire

kaboul lannion

liban1

Rassemblement devant la mairie de Lannion

Mercredi 1er septembre à 18 h

SOUTIEN AU PEUPLE AFGHAN

Appel au gouvernement pour une régularisation des sans papier

et pour une accélération des demandes de regroupements familiaux

Appel aux mairies pour un accueil d’afghans fuyant leur pays

Le CSSP (collectif de soutien aux sans-papiers), CSMG (Collectif de soutien aux migrants du Goëlo), Amnesty International, A Gevred Amañ, Les gens heureux, ont décidé d’organiser un rassemblement mercredi 1 septembre à 18 h devant la mairie de Lannion.

Alors que les talibans ont repris le pouvoir en Afghanistan, des milliers de personnes tentent de fuir le pays. Face à cette tragédie, la France doit apporter des réponses urgentes et dignes de ses engagements internationaux en protégeant la population civile. Malheureusement la France a mis un  terme au plan d’évacuation des ressortissants français et de certains collaborateurs afghans et de leurs familles depuis vendredi dernier.

Le bilan des années au pouvoir des talibans en Afghanistan est connu et désastreux. Malgré les déclarations récentes de leurs chefs, on peut craindre le pire pour les populations civiles, c’est-à-dire des violations très graves et systématiques des droits humains, notamment des châtiments cruels, inhumains et dégradants liés à l’application de la charia, et une épuration brutale de tous ceux et de toutes celles soupçonnés de ne pas adhérer à leur idéologie.

Selon Cécile Coudriou, la présidente d’Amnesty France, « il ne faut pas croire les discours actuels des talibans qui se présentent sous un visage moins brutal qu’auparavant ».

Il y a donc urgence absolue.

Nous attendons du président Macron qu’il s’engage à ce que la France et l’Europe sauvent le plus de vies possible parmi les personnes aujourd’hui directement menacées : toutes celles qui seront immanquablement soupçonnées d’avoir « collaboré » avec l’Occident, comme les interprètes, mais aussi des défenseurs des droits humains, des journalistes, des universitaires, des femmes qui ont pris des responsabilités, des personnels du monde de la culture et des personnes LGBTI+.

Plus que jamais, la politique d’accueil de la France et de l’Europe doit être digne de leurs engagements en matière de droits humains.

Nous demandons :

· D’accueillir immédiatement, par des voies sûres, un important contingent d’Afghans menacés, en facilitant la délivrance de visas et le regroupement familial et en créant de nouvelles structures d’accueil.

· De réexaminer les décisions de renvoi vers l’Afghanistan et de régulariser la situation des Afghans ; 9 000 afghans ont reçu depuis 2015 une OQTF (obligation de quitter le territoire)

· d’accélérer les demandes de regroupements familiaux qui sont en attente depuis des mois voire des années et d’en permettre de nouvelles.

· 3 500 dossiers de demandes d’asile d’Afghans sont en attente, dont 1500 depuis plus de deux ans. Depuis novembre 2020, la CNDA (cour nationale du droit d’asile) a durci sa position et de nombreux afghans sont déboutés. Nous ne voulons pas que sous le prétexte que le conflit armé est terminé, les Afghans se voient refuser la demande d’asile.

Appel aux mairies du Trégor et du Goëlo

Nous demandons aux mairies du Trégor et du Goëlo d’accueillir des réfugiés Afghans ainsi que leur famille, comme cela a été fait lors du démantèlement de la « jungle » de Calais.

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28 août 2021 ~ 0 Commentaire

schutzbund (jacobin)

Schutzbund-1930

D’anciens membres du Schutzbund autrichien, l’aile paramilitaire du parti social-démocrate autrichien, figurent parmi les personnes remises aux nazis par le NKVD.

Staline a remis des centaines de communistes à Hitler

Dans les années 1930, de nombreux communistes et socialistes d’Allemagne et d’Autriche ont cherché refuge en URSS pour échapper aux nazis. Mais dans une trahison choquante, la police secrète soviétique a livré des centaines d’entre eux à la Gestapo d’Hitler.

La constitution soviétique de 1936 accordait « le droit d’asile aux citoyens étrangers persécutés pour avoir défendu les intérêts des travailleurs ». Mais les autorités soviétiques ont honteusement rompu cette promesse lorsqu’elles ont traité des centaines d’exilés allemands et autrichiens, les livrant aux nazis à partir de la fin des années 30. Parmi les victimes figuraient des révolutionnaires chevronnés, des communistes juifs et des antifascistes militants.

L’une des déportées était la communiste allemande Margarete Buber-Neumann. Ses mémoires, publiées en 1949 en anglais sous le titre Under Two Dictators : Prisonnière de Staline et d’Hitler, est probablement le récit le plus connu de l’une des déportées. Buber-Neumann décrit le moment où les autorités soviétiques l’ont transférée sous la garde des nazis avec vingt-neuf autres personnes :

Le train s’est enfin arrêté, et pour la dernière fois, nous avons entendu le cri familier : « Préparez-vous. Avec les affaires. » Les portes du compartiment ont été déverrouillées… Une gare se trouvait un peu plus loin. Nous pouvions juste voir le nom sur un poste d’aiguillage voisin : Brest-Litovsk.

Buber-Neumann se souvient ensuite d’avoir vu un groupe d’hommes de la police secrète soviétique – le NKVD, encore souvent désigné par son ancien nom de GPU – traverser le pont vers le territoire allemand et revenir après un certain temps : « Il y avait des officiers SS avec eux. Le commandant SS et le chef de la GPU se sont salués. » Le commandant soviétique a commencé à lire les noms des prisonniers :

L’un d’eux était un émigré juif de Hongrie, un autre était un jeune ouvrier de Dresde, qui avait été mêlé à un affrontement avec des nazis en 1933, à la suite duquel un nazi avait été tué. Il avait réussi à s’échapper en Russie soviétique. Lors du procès, les autres avaient rejeté toute la responsabilité sur lui, le sachant, ou plutôt le pensant, en sécurité en Union soviétique. Son sort était certain.

Chercher un refuge contre Hitler

Née en 1901, Buber-Neumann avait rejoint le mouvement de jeunesse communiste allemand en 1921 et le parti principal, le KPD, cinq ans plus tard. À partir de 1928, elle a travaillé pour le journal de l’Internationale communiste, Inprekorr. Elle y rencontre Heinz Neumann, un membre de la direction du KPD, et tous deux deviennent partenaires. Après la prise du pouvoir par les nazis à Berlin, ils se réfugient tous deux en Union soviétique. « Les purges lancées par Staline à la fin des années 1930 ont fait de l’URSS un lieu de danger mortel pour les communistes allemands. »

Mais les purges lancées par Josef Staline à la fin des années 1930 ont fait de l’URSS un lieu de danger mortel pour les communistes allemands. Le NKVD a arrêté Heinz Neumann sous de fausses accusations d’espionnage et l’a exécuté le 26 novembre 1937. Ils emprisonnèrent également Margarete Buber-Neumann et finirent par la déporter en 1940 vers l’Allemagne nazie.

Plusieurs groupes différents de citoyens allemands vivaient en Union soviétique à l’époque. Certains y étaient venus pour travailler. Beaucoup, dans cette catégorie, avaient des sympathies communistes mais n’étaient pas nécessairement membres du parti. Il y avait ensuite les exilés politiques, les communistes et autres antifascistes, y compris les Autrichiens qui étaient officiellement devenus des citoyens allemands après l’annexion de l’Autriche par les nazis en 1938. D’autres avaient acquis la citoyenneté soviétique.

Les informations sur le sort de ces personnes sont dispersées dans de multiples archives, dont certaines sont encore inaccessibles aux chercheurs. Il est donc difficile de savoir avec certitude combien de personnes ont subi le même sort que Buber-Neumann. Une estimation prudente est que plus de six cents ont été déportées ou expulsées.

Le sort de Franz Koritschoner

Parmi les exilés envoyés dans l’Allemagne nazie figuraient des vétérans du mouvement communiste tels que Franz Koritschoner. Né en Autriche-Hongrie en 1892, ce jeune socialiste juif s’était opposé au soutien à l’effort de guerre des partis sociaux-démocrates après 1914. En 1916, Koritschoner rencontre Vladimir Lénine lors de la conférence de Kienthal, un rassemblement de socialistes révolutionnaires contre la guerre.

Koritschoner joue ensuite un rôle de premier plan dans les grèves et les protestations austro-hongroises de janvier 1918. La même année, il rejoint le tout nouveau Parti communiste d’Autriche (KPÖ). Koritschoner rédige le journal du KPÖ et traduit des ouvrages de Lénine, qui s’adresse à lui comme à un « ami cher ». De 1918 à 1924, Koritschoner est membre du comité central du KPÖ.

À la fin des années 1920, il se rend en Union soviétique pour travailler pour l’Internationale rouge des syndicats (Profintern), avant de rejoindre le Parti communiste de l’Union soviétique en 1930. Le NKVD a arrêté Koritschoner en 1936, l’accusant d’être un contre-révolutionnaire. Les autorités soviétiques ont décidé de le remettre à la Gestapo en avril 1941.

« Le NKVD a arrêté Franz Koritschoner en 1936, l’accusant d’être un contre-révolutionnaire. Les autorités soviétiques ont décidé de le remettre à la Gestapo en avril 1941. »

Nous en savons un peu plus sur les dernières semaines de la vie de Koritschoner car il a partagé une cellule avec Hans Landauer, un membre des Brigades internationales qui a survécu à la guerre. Selon Landauer, Koritschoner était un personnage très affaibli, portant les cicatrices des tortures qu’il avait subies aux mains du NKVD et de la Gestapo. Il n’avait plus de dents, disant à Landauer qu’il les avait perdues à cause du scorbut dans un camp de travail du Grand Nord soviétique. Le 7 juin 1941, les nazis ont envoyé Koritschoner à Auschwitz, où il a été tué deux jours plus tard.

La trahison des Schutzbündler

Les purges qui ont balayé l’Union soviétique sous le règne de Staline ont touché des cercles de personnes de plus en plus larges. Les anciens membres du Schutzbund autrichien, ou Ligue de défense républicaine, l’aile paramilitaire du parti social-démocrate autrichien, en sont les victimes.

Le 4 mars 1933, le chancelier autrichien, Engelbert Dollfuß, suspend le parlement et inaugure un régime fasciste. En février 1934, les membres du Schutzbund prennent les armes contre le nouveau système, mais ils ne font pas le poids face à l’armement lourd de l’armée gouvernementale. Environ deux cents d’entre eux perdent la vie dans les combats ou sont exécutés sommairement.

« De nombreux membres du Schutzbund autrichien, déçus par le manque de militantisme de la social-démocratie face au fascisme, rejoignent le parti communiste. Quelques années plus tard, leur passé social-démocrate fait d’eux une cible de persécution. »

Le mouvement communiste célèbre la résistance du Schutzbund, et l’Union soviétique leur offre l’asile. De nombreux membres du Schutzbund, déçus par le manque de militantisme de la social-démocratie face au fascisme, rejoignent le parti communiste. Quelque 750 Schutzbündler s’exilent en URSS.

Cependant, quelques années plus tard, leur passé social-démocrate fait d’eux la cible de persécutions. Si environ la moitié d’entre eux quittent l’Union soviétique, la plupart des autres Schutzbündler sont victimes des purges. Le NKVD a déporté beaucoup de ceux qui ont survécu vers l’Allemagne nazie.

Un groupe de vingt-cinq déportés transférés en décembre 1939 comprenait dix Schutzbündler. L’un d’entre eux était Georg Bogner. Il avait combattu lors du soulèvement de février 1934 dans sa ville natale d’Attnang-Puchheim avant de fuir en Union soviétique. La police secrète soviétique a arrêté Bogner en 1938. Fin décembre 1939, il était détenu par le service de renseignement allemand, le Sicherheitsdienst, à Varsovie. On ignore ce qu’il est devenu par la suite.

Avant le Pacte

En août 1939, l’Union soviétique a signé un pacte de non-agression avec l’Allemagne nazie. Une semaine plus tard, la Wehrmacht envahit la Pologne. Peu après, les forces soviétiques attaquent le pays par l’Est. Avant la fin des combats, les deux gouvernements ont conclu le « traité d’amitié et de frontière germano-soviétique » en septembre de la même année.

L’accord va au-delà d’une promesse mutuelle de non-agression : les parties s’engagent à ne pas soutenir une coalition dirigée contre l’autre et à échanger des informations « concernant des intérêts mutuels ». Des protocoles secrets sont également ajoutés aux traités, en vertu desquels Moscou et Berlin se partagent le territoire des États baltes et de la Pologne. L’Union soviétique ne reconnaîtra officiellement l’existence de ces protocoles qu’en 1989.

L’impulsion derrière les déportations était principalement interne au système soviétique. Les purges de Staline avaient commencé par s’attaquer à un groupe de personnes bien défini : les communistes considérés comme des soutiens potentiels de l’opposition. Au fil du temps, le recours à la torture et à d’autres formes de pression pour contraindre les suspects à donner des noms s’est combiné à une atmosphère généralisée de paranoïa et de méfiance et à l’impératif bureaucratique des quotas d’arrestation pour élargir inexorablement le nombre de cibles.

Fantasmes et fabrications

Les accusations contre les traîtres et les espions présumés sont de plus en plus étranges. Un ancien dirigeant de l’aile paramilitaire du KPD, le Roter Frontkämpferbund, est censé avoir organisé une organisation terroriste « trotskiste-fasciste ». Les responsables soviétiques ont même accusé les enfants de communistes exilés de former une Jeunesse hitlérienne clandestine.

En règle générale, les communistes étrangers comme Heinz Neumann sont accusés d’être à la solde de leur « pays d’origine » respectif. Staline a dissous le parti communiste polonais en 1938 et a fait exécuter ou envoyer au goulag ses membres, les accusant de travailler simultanément comme agents du gouvernement de Varsovie et de Léon Trotsky.

Comme l’a souligné l’historien Hermann Weber, sur les quarante-trois principaux dirigeants du KPD, plus nombreux sont ceux qui sont morts sous la garde de la police secrète soviétique que ceux qui ont été tués par les nazis. Des centaines d’exilés allemands ont été exécutés sur-le-champ, tandis que de nombreux autres sont morts dans des camps de prisonniers.
« Sur les 43 hauts dirigeants du KPD, plus nombreux sont ceux qui sont morts en détention par la police secrète soviétique que ceux qui ont été tués par les nazis. Des centaines d’exilés allemands ont été exécutés sur-le-champ, tandis que de nombreux autres sont morts dans des camps de prisonniers. »

Né en 1887, Hugo Eberlein était un membre fondateur du KPD. Il avait remplacé Rosa Luxemburg comme représentant du parti au congrès fondateur de l’Internationale communiste en 1919. Eberlein est arrivé en Union soviétique en 1936, mais il a été arrêté l’année suivante pour avoir prétendument mené des « activités terroristes » au nom des nazis.

Une lettre adressée à sa femme, retrouvée plus tard dans les archives du NKVD, décrit son calvaire : il est contraint de rester debout pendant les interrogatoires « pendant dix jours et dix nuits sans pause », n’a pas la possibilité de dormir et ne reçoit pratiquement aucune nourriture. Les gardes ont battu Eberlein sans relâche : « Sur mon dos, il n’y avait plus de peau, seulement de la chair nue. Pendant des semaines, je n’ai pas pu entendre d’une oreille et un œil est resté aveugle pendant des semaines. » Le NKVD l’a finalement tué le 16 octobre 1941.

Victimes d’une chasse aux sorcières

Buber-Neumann, Fabisch, Bogner, Eberlein et bien d’autres ont été victimes d’une chasse aux sorcières. Leur sort final dépendait de décisions bureaucratiques arbitraires. Dans plusieurs centaines de cas, les autorités soviétiques ont choisi de laisser les nazis s’occuper des victimes plutôt que de le faire eux-mêmes.

Les nazis ont envoyé Margarete Buber-Neumann au camp de concentration pour femmes de Ravensbrück. En avril 1945, alors que le régime s’effondre, elle est libérée. Craignant d’être à nouveau arrêtée par des fonctionnaires soviétiques alors que l’Armée rouge avançait, Buber-Neumann a parcouru 150 kilomètres vers l’ouest, où les troupes américaines constituaient la principale force d’occupation.

Buber-Neumann est morte en 1989, quelques semaines avant la chute du mur de Berlin. Elle était devenue une conservatrice de droite, arguant que sa propre expérience montrait que le fascisme et le communisme étaient des idéologies d’une criminalité similaire.

Si les socialistes veulent contrer de tels arguments aujourd’hui, nous ne pouvons ignorer ces histoires de cas honteux. Notre propre conception du socialisme devrait tenir ses promesses et avoir la dignité humaine au cœur de ses préoccupations. Nous ne devons rien de moins aux victimes.

Alex de Jong 08.22.2021

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Hitler 1933, Paris et Autriche 1934, ont poussé des jeunes à rejoindre les PS. En Espagne, l’UGT a préparé l’insurrection des Asturies avec la CNT quand les PC parlaient de « social-fascisme » pire que le fascisme.

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25 août 2021 ~ 0 Commentaire

panshir (courrier inter)

liban1
Afghanistan. Qui viendra en aide aux résistants antitalibans de la vallée du Panshir ?

Emmenés par Ahmad Massoud, le fils du légendaire “Lion du Panshir”, les irréductibles de la dernière poche de résistance armée face aux talibans peuvent tenir un siège, mais combien de temps ? Ni les Occidentaux ni les Russes ne semblent prêts à leur prêter main-forte, écrit depuis Moscou Kommersant.

L’organisation terroriste des talibans (mouvement interdit en Russie) se prépare à lancer une offensive sur la province du Panshir, une région montagneuse difficile d’accès au nord de Kaboul, dernier bastion de la résistance contre le pouvoir des islamistes en Afghanistan. Les forces rassemblées dans les gorges du Panshir sont emmenées par le chef du Front uni islamique et national pour le salut de l’Afghanistan, Ahmad Massoud. Il est le fils du légendaire commandant des moudjahidin Ahmad Shah Massoud, surnommé le “Lion du Panshir” pendant le premier mandat des talibans et tué deux jours avant les attentats du 11-Septembre.

Le contrôle du Panshir est d’une importance capitale pour les talibans, sachant qu’Ahmad Massoud appelle à en faire un rempart contre le fondamentalisme islamique et demande à l’Occident de lui venir en aide. Un message publié par les talibans sur Twitter le 22 août montre bien que la guerre contre eux n’est pas encore terminée en Afghanistan. Le communiqué des talibans annonce :

Des centaines de combattants de l’Émirat islamique se dirigent vers la province du Panshir afin de s’en rendre maîtres, les autorités locales ayant refusé de céder pacifiquement le pouvoir dans la région.”

Les talibans ont également lancé un ultimatum de quatre heures à Ahmad Massoud et à ses forces retranchées dans les gorges du Panshir pour qu’ils déposent les armes. Le 23 août, ils annonçaient déjà être prêts à passer à l’offensive s’ils ne pouvaient prendre le contrôle de la région pacifiquement.

“Les forces talibanes ont pris position à proximité du Panshir dans les provinces du Badakhchan, de Takhar et d’Andarab. L’ennemi est encerclé. Nous nous efforçons de parvenir à un règlement pacifique et de résoudre la question par la négociation”, a écrit sur Twitter le porte-parole officiel du mouvement des talibans, Zabihullah Mujahid. Pour preuve que les talibans étaient prêts à prendre le Panshir par la force, il a déclaré que le tunnel de Salang, qui passe par le col de Salang, et la route adjacente, voie d’accès au Panshir, auraient été libérés.

Massoud le Tadjik

Les talibans ont pris la décision d’encercler le Panshir et de mettre les insurgés face à un dilemme – la reddition ou l’hécatombe – au lendemain des déclarations d’Abdullah Abdullah, chef du Haut Conseil de la réconciliation nationale et membre du Conseil afghan de coordination pour une transition pacifique, qui a ouvert des négociations avec les élites dirigeantes de la province du Panshir, érudits religieux, doyens et commandants militaires.

Ahmad Massoud a renchéri en affirmant être prêt à entamer des pourparlers avec [...]

Sergueï Strokan  25/08/2021

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