Archive | Antimilitarisme

29 avril 2017 ~ 0 Commentaire

abalamour* (le télégramme)

my old french

Ménez-Hom. L’Otan investit le site en juin

Pendant plus de deux semaines, le Ménez-Hom sera occupé par du matériel militaire, dont des poids lourds Mamba et un radar. Du 30 mai au 16 juin, il faudra trouver une autre «montagne » pour observer la baie de Douarnenez et la rade de Brest. Dans le cadre de l’exercice militaire de l’Otan, Tiger Meet, le Ménez-Hom sera interdit au public et un escadron de l’armée de l’air occupera le site.

Depuis sa création, en 1949, l’Otan (Organisation du traité de l’Atlantique nord) organise, chaque année, des exercices pour ses forces armées.

Du 6 au 16 juin, l’un d’entre eux, le « Nato Tiger Meet », se déroulera sur la base aéronavale de Landivisiau. Selon nos informations, l’armée de l’air compte également occuper le Ménez- Hom en installant ses systèmes de défense sol-air. Du 30 mai au 16 juin, le site sera interdit au public par mesure de sécurité, suite à la demande de l’armée française faite au département.

Un radar au sommet

Le « Nato Tiger Meet » n’est pas un rendez-vous anodin. Cet exercice aérien a lieu presque tous les ans depuis maintenant 50 ans. Il regroupe les unités des armées de l’air qui font partie de l’Otan et qui ont un tigre pour emblème. Douze nations y participeront et, pendant une dizaine de jours, « les aéronefs présents, que ce soit des avions de chasse ou des hélicop-tères, participent à de nombreux exercices dont les scénarii se complexifient au fur et à mesure que les jours passent », selon la description du ministère de la Défense.

Une vingtaine d’escadrons, dont trois français, sont membres de droit et dix sont honoraires de cette association. L’année dernière, à Saragosse, en Espagne, 93 aéronefs avaient participé aux différentes manoeuvres. Cette année, ils seront un peu moins. Sur son site Internet, l’association Nato Tigers référence 63 aéronefs, dont six Rafale de la base d’aéronautique navale de Landivisiau.

Des systèmes de défense sol-air au Ménez-Hom

Pour coordonner les actions, l’armée a choisi le Ménez-Hom. Haut de 330 m, le site offre un large panorama sur la baie de Douarnenez et la rade de Brest. « C’est un spot propice à l’installation d’un poste de commandement, confirme David Moan, conseiller communication au département. Il offre une visibilité aérienne assez rare ici ». Il permet aussi de disposer d’une possible opposition pour les différents exercices. Pour cette raison, l’armée a décidé de déployer ses systèmes de défense sol-air au sommet du Ménez-Hom.

Cette « simulation d’opposition » sera l’oeuvre de l’escadron « Barrois » de Saint-Dizier (Haute-Marne) et comportera un radar (à côté de l’ancienne table d’orientation) et le système de défense antiaérienne SAMP/T-MAMBA (Sol-air de moyenne portée/terrestre-missiles anti- balistiques) installé sur des poids lourds. Un périmètre de sécurité de 140 m sera aussi mis en place. Selon nos informations, au plus fort de l’exercice, une cinquantaine de personnes, dix poids lourds (dont huit Mamba), six véhicules légers et trois tentes seront disposés à proximité et des patrouilles de militaires surveilleront les environs.

Un site protégé

Un tel déploiement sur le Ménez-Hom n’est pas sans danger pour le site. Pour rappel, celui-ci est classé patrimoine naturel pour sa faune et sa flore depuis 2004 et Natura 2000. Des dispo-sitions seront prises par les militaires pour éviter de détériorer ou polluer : les véhicules ne seront pas autorisés en dehors des routes et chemins balisés et le personnel ne pourra pas franchir les balisages de protection. « On a fait part de la sensibilité du site, précise David Moan, ils vont prendre des précautions en mettant notamment en place des bacs de rétention et des tapis absorbants sous les véhicules ».

Ce rassemblement, un des plus grands au niveau national, attire également les curieux et les photographes, « une communauté importante, selon David Moan, qui passent plusieurs jours à shooter les aéronefs ». Reste pour cela à trouver un autre point culminant pour observer le ballet aérien.

29 avril 2017 Alexandre Pons

http://www.letelegramme.fr/

Commentaire*: abalamour ( A bas l’amour) veut dire « parce que » en breton et « Er maez » : dehors!

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21 avril 2017 ~ 0 Commentaire

rennes conférence (afps)

rennes

Conférence « La vie à Gaza »
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Mardi 25 Avril 18h30, Amphithéâtre Erasme,
Sciences-Po Rennes
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Conférence d’ Ibrahim Awad, Palestinien Gazaoui et professeur de français. Aujourd’hui résidant en France, il viendra nous expliquer la situation de la bande de Gaza et témoigner des conditions de vie imposées là-bas.La bande de Gaza représente une bande de terre de 41 km de long, longeant la mer Méditer- ranée et limitrophe de l’Egypte et d’Israël. Depuis la fin du mandat britannique, ce territoire a beaucoup souffert des conflits entre ses voisins.

C’est en 1993, avec les accords d’Oslo, que la bande de Gaza va être placée sous l’adminis-tration intérimaire de l’autorité palestinienne. Plus tard, en 2005, Israël sera contraint de retirer ses militaires du territoire gazaoui ainsi que des milliers de ses colons. Aujourd’hui, Israël et l’Egypte maintiennent depuis 10 ans un blocus militaire sur la bande de Gaza, et ce, officiellement, en réponse à la montée du Hamas dans cette région.
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Avec ce blocus, ils imposent à 1,9 million d’habitants de vivre dans des conditions de vie misérables. Gaza est aussi tristement connue pour être fréquemment la cible d’attaques massives à l’encontre des Palestinien.ne.s comme en 2009, et 2012 et en 2014.
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Associations Germinal, Salam et France Palestine Solidarité (AFPS)
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20 avril 2017 ~ 0 Commentaire

callac palestine (afps)

printemps-62e94

Printemps de la Palestine – projection

Cinéma d’Argoat – Callac

Lundi 24 avril – 20 h 30

3000 nuits

Un film de Mai Masri

La révolte gronde dans une prison israélienne, où sont détenues des prisonnières politiques palestiniennes. Layal, une jeune institutrice de Naplouse, vient d’arriver, condamnée à 8 ans de prison pour un attentat dans lequel elle n’est pas impliquée, elle s’habitue progressivement à l’univers carcéral. Mais Layal découvre qu’elle est enceinte. Envers et contre tous, elle décide de garder l’enfant.

Débat avec Yves Jardin, responsable AFPS au groupe de travail sur les Prisonniers Palestiniens.

Télécharger le programme

AFPS Centre Bretagne

http://www.france-palestine.org/

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19 avril 2017 ~ 0 Commentaire

patrie (tc)

tintin

Non Mélenchon, tou-te-s les candidat-e-s n’aiment pas la patrie

Lors du journal télévisé de France 2 du 07/04/2017, Jean-Luc Mélenchon a répondu à la question : pourquoi se présenter ? Il a dans un premier temps parlé de l’acte d’un citoyen républicain et démocrate qui agit dans la Cité, et puis qui aspire à jouer un rôle par ses propositions. Il rappelle qu’il a passé sa vie à ça. Il a parlé de son amour pour la patrie et de l’histoire de France, dans laquelle il choisit ses héros, tout en disant que tous les candidat-e-s à cette présidentielle sont animé-e-s d’un amour de la patrie.

Quelle histoire de France ?

Son amour de l’histoire de France n’est pas le nôtre. Mélenchon n’a pas cette analyse1 qui met au centre de l’histoire la classe des travailleur/ses, et plus particulièrement la lutte de classe. Mélenchon en parlant de l’histoire de France fait l’impasse sur qui la raconte, de quel point de vue. L’histoire de la France officielle c’est celle de nos manuels scolaires, celle racontée par les classes dirigeantes, qui tait la Commune de Paris, qui diminue les atrocités du colonialisme, qui tait le néo-colonialisme, l’impérialisme français, c’est celle qui fait confondre les partisan-e-s de Lénine et les partisan-e-s de Staline…

L’histoire qui nous intéresse, c’est l’histoire des exploité-e-s, des opprimé-e-s de France, mais aussi de tout pays, de toute région, qu’elles soient nationales ou non2. Ce qui nous intéresse, ce sont les mouvements sociaux qui font que les exploité-e-s, les opprimé-e-s, prennent conscience de la force qu’ils et elles ont, de la centralité de leur position dans la société, prennent conscience que tout ce monde repose sur elles et eux.

Nous ne choisissons pas quelques héros (héroïnes aussi?) dans l’histoire des exploiteurs. Les seuls héros et héroïnes, ce sont les travailleur/ses, les exploité-e-s, les opprimé-e-s qui s’organisent, et qui elles et aux aussi monsieur Mélenchon, en plus de leur travail, font de la vraie politique.

La patrie, un amour ?

Comment est-il possible que Mélenchon, qui connaît pourtant les positions du NPA et de Philippe Poutou, comme celle de LO et de Nathalie Artaud, puisse dire que tous les candidat-e-s sont animé-e-s d’un amour de la patrie ?

Même si Mélenchon ou les militant-e-s de la France Insoumise peuvent rappeler facilement que ce terme de « patrie » a été réapproprié par la propagande révolutionnaire de 1789 (« amour sacré de la patrie » dit la Marseillaise), depuis au moins la politique impérialistes et chauvine de la Troisième République, qui a contribué préparer la boucherie de 1914, il a pris un sens nationaliste. Et même dans le sens dit révolutionnaire, il efface là encore, au même titre que le terme « citoyen-ne »3, la notion fondamentale de classe, et des intérêts antagonistes entre deux classes centrales : la classe des travailleur/ses et la classe des grands patrons.

Ne pas mettre ceci en perspective est révélateur du fait que le programme de la France Insoumise ne permettra pas de changer la société fondamentalement. L’exploitation capitaliste, tant qu’elle est faite par de « bons » patrons respectueux de la France, n’est pas un problème

Dans le programme de Mélenchon, cela conduit à substituer à l’antagonisme des classes fondamentales l’idée selon laquelle il serait possible de distinguer de « bons » patrons, qui seraient d’accord pour respecter les lois de la future VIe République et pour bien investir par l’incitation fiscale, et les mauvais patrons soumis à la « Finance ».4

Ni patrie, ni patron

Pour nous, ce n’est pas en donnant carte blanche à un bon tribun au service de « la France » que nous pourrons changer la société et en construire une nouvelle, sans exploitation, sans oppressions. Il n’y a pas photo, deux travaileur/se-s de Roumanie et de France ont mille fois plus d’intérêts communs que les travailleur/se-s de France et les patrons français. C’est en ces termes que nous analysons notre rapport à la nation, cadre qui nous est imposé par l’histoire des dominants, mais dont nous voulons nous débarrasser en luttant dans une perspective internationaliste :

ll va absolument de soi que, pour pouvoir ne serait-ce que lutter, la classe ouvrière doit s’organiser chez elle en tant que classe, et que le territoire immédiat du combat est son pays. C’est dans cette mesure que la lutte de classes est nationale, non dans son contenu, mais, comme le dit le Manifeste communiste, dans sa forme. »5

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !

Lucas Battin (17 avril 2017)

http://tendanceclaire.org

Commentaire: La Tendance Claire est un courant du NPA

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19 avril 2017 ~ 0 Commentaire

assad (souria houria)

war

Le Pen-Mélenchon, même combat en faveur de Bachar al-Assad – par Jean-Pierre Filiu

Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ont tous deux sacrifié le peuple syrien à une vision littéralement inhumaine des relations internationales.

Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen sont généralement décrits comme des « populistes », avec ou sans les précautions d’usage. Ces deux candidats à la présidentielle s’accordent pourtant pour nier au peuple syrien, non seulement son droit à l’autodétermination, mais sa réalité d’acteur de son propre destin.

LE PEN : BACHAR OU DAECH

Marine Le Pen ne s’embarrasse pas de nuances : la Syrie est confrontée selon elle à un « choix binaire » entre « Bachar al-Assad d’un côté et l’Etat islamique de l’autre ». Elle a exprimé cette prise de position lors de son déplacement à Beyrouth des 20 et 21 février 2017, affirmant que telle était son analyse « depuis le début de la crise syrienne ». Personne n’a relevé que les manifestations pacifiques contre le régime Assad ont éclaté en mars 2011 et que « l’Etat islamique en Irak et au Levant », désigné sous son acronyme arabe de Daech, n’a été proclamé qu’en avril 2013 dans la ville syrienne de Raqqa, soit plus de deux ans après « le début de la crise syrienne ».

Peu importe à la présidente du Front National, auréolée à Beyrouth de sa première rencontre de présidentiable avec un chef d’Etat, le Libanais Michel Aoun. Elle a réitéré au cours de son séjour sa conviction que le maintien de Bachar al-Assad au pouvoir représentait « évidemment aujourd’hui une solution bien plus rassurante pour la France ». L’inconscience le dispute à l’indécence dans la coïncidence entre de telles déclarations et l’hommage rendu par Le Pen aux « soldats tombés pour la France au Liban depuis 1975 », dont les 58 parachutistes du poste Drakkar, tués le 23 octobre 1983, dans un attentat largement attribué aux réseaux de Hafez al-Assad, le père de Bachar.

Marine Le Pen a été reçue avec éclat, le 24 mars 2017, par Vladimir Poutine au Kremlin. Elle renouvelé à cette occasion son soutien inconditionnel à l’intervention russe en Syrie « qui a porté un coup sérieux au fondamentalisme ». Elle n’a pas là plus qu’ailleurs commenté le fait que cette intervention ne vise Daech qu’à la marge et qu’elle a été concentrée, notamment dans la terrible bataille d’Alep, contre les forces opposées à la fois à Assad et à Daech. Après le bombardement chimique sur Khan Cheikhoun, le 4 avril, Le Pen a affirmé « ne croire personne ». Et les exigences qu’elle a posées pour une « enquête internationale indépendante » ne sont pas très éloignées de celles de Bachar al-Assad.

MELENCHON : LE MIRAGE DES GAZODUCS

Jean-Luc Mélenchon a toujours eu beaucoup de mal à accepter l’existence d’un peuple syrien doué de raison et voué à être souverain sur sa terre de Syrie. Cette terre n’est pas pour lui l’un des foyers majeurs de la civilisation universelle, c’est un espace vide où se déploient à loisir les stratégies de domination internationale, à l’image de ce jeu de Risk dont la candidat de la « France insoumise » a peut-être abusé dans sa jeunesse. En Syrie, il n’y a donc pas un dictateur qui opprimeet des opprimés qui lui résistent : non, il y a un chef d’Etat, Bachar al-Assad donc, qui résiste à des projets « de gazoducs et de pipelines » imposés depuis l’étranger.

Qu’aucun de ces projets « de gazoducs et de pipelines » n’ait connu le moindre début de conception, a fortiori de construction, importe peu à Mélenchon, car il tient là la réponse définitive à toutes les interrogations sur la Syrie. On espérait d’un présidentiable une analyse à la mesure de l’enjeu, après le bombardement sur Khan Cheikhoun, puis le raid américain sur Shayrat, deux jours plus tard. Non, le 9 avril, face aux dizaines de milliers de personnes venues l’écouter sur le Vieux-Port de Marseille, il a encore martelé « gazoducs et pipelines », même si « ces guerres ont eu parfois la religion pour prétexte ».

Religion comme « prétexte » et hydrocarbures comme réalité, voilà à quoi est réduite la lutte du peuple syrien pour sa liberté. En revanche, Mélenchon a pris la peine d’affirmer, au cours du Grand Débat du 4 avril 2017, qu’il « faut s’occuper du malheureux lycée Charles De Gaulle à Damas que des compatriotes français s’efforcent de faire vivre admirablement ». Pour mémoire, la France a fermé son ambassade à Damas en mars 2012 et a logiquement appelé ses ressor-tissants à quitter le pays. Le consulat de Beyrouth continue d’assister le millier de Français demeurés malgré tout en Syrie. Le lycée Charles De Gaulle, tout proche du palais présidentiel, est géré par un comité de parents d’élèves, sous l’étroite tutelle du régime Assad et de ses services de sécurité. Si Mélenchon est favorable au rétablissement des relations avec la dictature syrienne, libre à lui de se prononcer franchement en ce sens plutôt que de mettre en avant un « malheureux lycée ».

L’engagement de Marine Le Pen en faveur de Bachar al-Assad a l’avantage d’être clair et affiché. Celui de Jean-Luc Mélenchon se camoufle sous des élucubrations géopolitiques qui suscitent un authentique malaise. Mais l’une et l’autre ont bel et bien rejeté le peuple syrien dans les poubelles de l’Histoire. C’est le fruit pour eux d’une politique constante et réfléchie,  à l’heure même où tous deux briguent l’Elysée.

Souria Houria le 19 avril 2017

https://souriahouria.com/

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18 avril 2017 ~ 0 Commentaire

inquiétant (àl’encontre.ch)

coke

Grondements de guerre: notes sur un panorama mondial inquiétant

• Le 6 avril 2017, Trump et son entourage militaire, dans une mise en scène retransmise pour conforter la stature du « commandant en chef » des armées, décident de lancer 59 missiles Tomahawk sur la base de Shayrat, dans la province de Homs. Une telle opération n’est pas improvisée, comme l’analyse Gilbert Achcar, le 10 avril, sur le site Jadaliyya [1]. En effet, des repérages, des contacts avec les membres de la coalition, comme avec les militaires russes sont nécessaires à ce type d’opération contre une base aérienne relativement secondaire. Le « ciel » de Syrie n’est pas tout fait vide et les activités militaires régionales sont denses.

• Donc, ce n’est pas l’émotion de Donald Trump à la vue d’enfants exposés mortellement à des agents neurotoxiques à Khan Cheikhoun (province d’Idleb), émoi déployé avec un talent de professionnel du talk-show, qui explique le tir de missiles. Sans atténuer l’horreur de cette nouvelle agression de la dictature de Damas, divers médecins syriens et des membres de MSF (Médecins sans frontières) ont rappelé, avec sobriété, un constat tragique : des dizaines de milliers d’habitants sont blessés et tués suite au largage de barils de TNT par les hélicoptères. Cela ne suscite pas la même condamnation. Or, les hélicoptères continuent, actuellement, à détruire des quartiers, avec leurs résidents épuisés. Les déplacements planifiés de populations, selon des calculs politiques et confessionnels, s’accélèrent.

Certes, l’usage par le régime de Damas d’« armes chimiques », interdites de fabrication, de stockage, d’usage par la Convention sur l’interdiction des armes chimiques, entrée en vigueur en 1997, avait déjà été le signal du dépassement de la « ligne rouge », suite aux déclarations d’Obama en 2012 et 2013. D’une part, ce dernier avait insisté sur l’importance du « respect » de cette « ligne rouge » non seulement pour la Syrie (où les morts et torturés étaient innom-brables), mais aussi à l’égard des alliés régionaux et, en particulier d’Israël. D’autre part, le soutien demandé, dès 2012, par la population syrienne soulevée n’était autre que celui de recevoir des moyens militaires pour se défendre contre les chars et les hélicoptères. Ce qui aurait été décisif pour la révolution. Alors, rien ne fut fait. Les suites tragiques sont connues. Quant aux « armes chimiques », plus d’une, utilisée par les Etats-Unis entre autres, n’est pas cataloguée officiellement comme telle.

Luke Harding dans les colonnes du Guardian (7 avril 2017) ne manque pas de situer le tir de missiles « déclenché » par Trump, ­ aux effets militaires limités, comme fonctionnel à une initia- tive visant à gommer le chaos régnant dans diverses sphères de son administration et à margi- naliser l’enquête sur des « liaisons » avec les services de Poutine. En outre, les Thomawak n’ont pas empêché, dès le lendemain, que des avions syriens (ou russes) décollent pour effectuer de nouveaux bombardements.

Et, surtout, cette initiative militaire a permis à l’administration Trump de réunir derrière elle l’essentiel de l’establishment, de John McCain à Lindsey Graham, sénateur républicain de Caroline du Sud, considéré, parfois, comme trop conciliant avec l’opposition démocrate. En outre, des missiles visant une base aérienne secondaire d’Assad, un obligé de Poutine et de l’Iran, neutralisent la rhétorique du Parti Démocrate.

L’« exploit » place ainsi Donald Trump en meilleure position dans les grands médias états-uniens. Les remous suscités par l’éviction de Stephen Bannon du Conseil national de sécurité démontrent que la place des militaires n’était plus contestée et que l’aile plus conforme au centre de gravité de l’establishment trouvait ses marques, tel Rex Tillerson, secrétaire d’Etat, et ancien patron d’ExxonMobil qui devait « négocier », dans la foulée, le 12 avril, avec Lavrov et Poutine. Enfin, Trump reçut des félicitations d’Angela Merkel, de Justin Trudeau (Canada), comme de l’Arabie saoudite et d’Israël.

• La prouesse balistique a été accomplie lors de l’accueil de Xi Jinping dans la résiden- ce et centre de golf de Donald Trump, à Mar-a-Lago. Pensait-il transmettre un message au dirigeant chinois ? Une rencontre qui était censée traiter d’un nombre important de thèmes : des accords commerciaux au taux de change dollar-renminbi, en passant par la situation en mer de Chine méridionale. Et, plus spécifiquement, les relations avec la Corée du Nord et son régime despotique, pour utiliser un euphémisme. Dans ce cas, il ne s’agit pas de la Syrie ou de l’Afghanistan.

En effet, le 13 avril 2017, la « Mère de toutes les bombes », la plus puissante des bombes non nucléaires, la GBU43, est lancée dans l’est de l’Afghanistan, à la frontière du Pakistan.

Cette bombe, jamais utilisée dans un « combat », possède une force de destruction massive par souffle. Ce type d’opération doit aussi être préparé de longue date. En Afghanistan, quel- que 8 400 soldats américains forment, conseillent et appuient « les troupes afghanes » contre les talibans et le groupe Etat islamique, visé, ici, dans cette région très escarpée de la province de Nangarhar. Cette guerre un peu oubliée a été rendue plus visible. Elle prend place dans un panorama plus large, allant du Moyen-Orient à l’Asie Pacifique.

Pour ce qui est de la Corée du Nord, les spéculations vont bon train, au même titre que les contacts entre la Chine, les Etats-Unis et leurs alliés régionaux. Mike Pence, le vice-prési- dent des Etats-Unis, est en visite, depuis ce dimanche 16 avril, pour trois jours, à Séoul, puis dans divers pays asiatiques. Les traits spécifiques du régime de Pyongyang et de son leader, Kim Jong-un, font que la politique d’escalade et de désescalade de Trump, telle que la carac- térise Josh Rogin dans le Washington Post du 19 mars 2017, cité par G. Achcar,  peut aboutir, face à un tel régime, à une périlleuse situation chaotique « régionale ».

D’autant plus que toute l’histoire de cet Etat-parti personnalisé repose sur une tension extrême, matérielle et idéologique, de « défense-survie ». L’échec du tir balistique nord-coréen, le 15 avril, depuis le port de Sinpo, sur la côte est de la Corée du Nord, face à la mer du Japon, n’empêche pas le processus d’amélioration des missiles balistiques, dans un pays exsangue et très fortement dépendant de la Chine. La direction chinoise semble serrer les « cordons de la bourse », pour tenter une « transition », difficile, qui ne déstabilise pas une aire géographique fort grande.

Le Global Times du 16 avril 2017 écrit dans son éditorial que la Chine et les Etats-Unis, au cours des dernières années, se sont rapprochés pour faire reculer les activités nucléaires de la Corée du Nord.

Cela tout en soulignant que « face à la situation complexe dans la région, le gouvernement Trump n’était pas complètement préparé aux situations d’urgence ». Pékin met en garde Pyongyang de ne pas tirer trop sur la corde, au risque de sanctions encore accrues. Dans les articles de cette publication s’exprime aussi le net refus de voir naître un régime opposé à Pékin en Corée du Nord ainsi que de la présence de troupes étrangères aux embouchures du Yalou (fleuve frontière  République populaire de Chine / Corée du Nord). Est aussi mentionnée l’opposition à une arrivée massive de réfugiés de Corée du Nord. Quant au régime de Séoul, qui fait face à des difficultés institutionnelles multiples, il manifeste des précautions. Elles ne sont pas nouvelles.

• Une mobilisation effective pour la paix contre la guerre aux Etats-Unis, et ailleurs,  implique de ne point succomber à une orientation qui ferait de la Syrie d’Assad, de l’Iran d’Ali Khamenei ou de la Russie de Poutine on ne sait quelle sorte de « pays anti-impérialistes ». En outre, aux Etats-Unis même, les dernières initiatives de Trump démontrent, qu’au-delà de diverses diver- gences, un accord bipartisan peut se faire sur une politique d’affirmation du pouvoir militaire et impérialiste des Etats-Unis.

A l’heure d’une résurgence d’un potentiel, déjà à l’œuvre, de conflits inter-impérialistes, tenter de saisir les vrais enjeux en cours relève d’une exigence pour agir en réfléchissant et réfléchir en agissant. La déclaration publiée par ailleurs, datant du 8 avril 2017 [2], fournit des éléments utiles à une réflexion.

Charles-André Udry dimanche 16 avril 2017

http://alencontre.org/

http://www.europe-solidaire.org/

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17 avril 2017 ~ 0 Commentaire

trump (lcr.be)

trumps 1

Trump en Belgique les 24 et 25 mai: le comité d’accueil se prépare

Donald Trump, président de la première puissance économique et militaire mondiale, devrait poser les pieds à Bruxelles au mois de mai. Un sommet de l’OTAN est en effet prévu les 24 et 25 mai prochains. Un rendez-vous important pour cette organisation militariste et impérialiste née en pleine Guerre froide et vieille de 68 ans.

La résistance s’organise…

A l’agenda du sommet, par exemple, il y a la question de la modernisation des arsenaux nucléaires, dans un contexte où Trump a eu des déclarations laissant entendre qu’il défendrait une nouvelle course aux armes nucléaires.

Autre question à discuter lors de ce sommet, le respect de l’objectif de l’alliance que chaque Etat membre consacre 2% de son PIB au budget militaire au plus tard en 2024. Seuls cinq des 28 pays de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) respectent actuellement cet objectif, dont la Grèce…

L’administration Trump envoie des signaux contradictoires entre le président US qui déclare l’OTAN obsolète et son secrétaire à la défense, et le général Mattis – appelé «le chien fou» – qui déclare le soutien indéfectible des Etats-Unis à l’alliance impérialiste.

Trump pourrait donc bien demander la hausse de cet objectif de dépenses militaires.

L’agression russe en Ukraine offre du pain bénit aux partisans d’un renforcement de l’OTAN à l’Est. Les Etats baltes ou encore la Pologne réclament plus de soutien de leurs alliés occiden- taux. L’OTAN envisage aussi de renforcer des partenariats en Asie, comme avec le Japon. Le Brexit favorise les débats au sein des classes dominantes, notamment en France et en Allema- gne, sur un renforcement de la militarisation de l’Union européenne (UE), pendant que l’OTAN joue déjà à la chasse aux réfugié.e.s en Méditerrannée, en soutien à l’agence Frontex et à l’Europe forteresse.(…)

Mais le mouvement dit «antiguerre» est mal en point, en Belgique aussi.

Beaucoup d’organisations, comme Intal, Vrede et même la CNAPD (Coordination nationale d’Action pour la Paix et la Démocratie) ont sombré partiellement ou parfois totalement dans la justification de graves agressions militaires et de crimes de guerre que ce soit en Syrie ou en Ukraine, au nom d’une politique qui dénonce l’OTAN comme unique source de guerre, qui euphémise de façon caricaturale les guerres d’Assad et Poutine ; et qui efface dans son discours l’existence même de mouvements sociaux dans les pays concernés.

Les anticapitalistes et internationalistes, dont nous sommes, n’ont pas cédé sur les principes.

Nous nous sommes opposé.e.s aux interventions militaires de la Belgique, que ce soit en Afghanistan ou plus récemment en Irak. Celles-ci n’ont jamais eu pour but d’aider les popula- tions locales. Pour autant, nous n’avons eu de cesse de dénoncer la brutalité d’Assad et Poutine, entre autres, et de défendre une solidarité internationale des mouvements populaires pour la justice sociale, les libertés démocratiques et contre toutes les guerres contre-révolu-tionnaires, celles des dictatures bourgeoises corrompues comme celles des puissances impérialistes de première ou de seconde zone.

Une occasion pour reconstruire le mouvement antiguerre

Cela étant, la venue de Trump en Belgique est une occasion de choix pour le mouvement social, toutes composantes confondues, de se réveiller, de se réunifier, et de le faire sur des bases politiques saines et unitaires. Trump, par l’agenda capitaliste, hétéro-sexiste, raciste, militariste et destructeur de la planète qu’il représente, nous met face à nos responsabilités tout en permettant une convergence des luttes comme on en a rarement vue!

C’est pourquoi un processus se met en place pour préparer une manifestation qui, pour être massive et pluraliste en mai, devrait refléter de façon démocratique toutes les composantes du mouvement social en Belgique, et ne pas épargner non plus les petits Trump belges, comme Théo Francken, ou simplement les laquais du Trumpisme, comme Charles Michel.

Le mouvement doit s’appuyer sur les mobilisations féministes, celles des scientifiques et celles des anti-guerre notamment, mais sans oublier la dimension antiraciste, la lutte contre l’Europe forteresse et pour la régularisation des sans-papiers, et, last but not least, le mouvement syndical.

Rendez-vous le 24 mai pour montrer au monde que la Belgique ne veut pas de Trump et de son monde!

14 avril 2017 Mauro Gasparini

Article paru dans La Gauche #81, mars-avril 2017.

http://www.lcr-lagauche.org/

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14 avril 2017 ~ 0 Commentaire

rafle du vél’d’hiv (lutte ouvrière + npa)

marine baiser porc

Un crime d’État

En déclarant le 9 avril que la France n’était pas responsable de la rafle du Vél’d’Hiv, Marine Le Pen a d’une part proféré un mensonge éhonté, de l’autre soulevé une tempête de protestations à l’hypocrisie consommée.

« La France », si cela a un sens, cela ne peut être que l’appareil de l’État français, dans sa continuité.

Or il n’y a nul besoin d’invoquer des travaux ou des recherches récentes d’historiens pour ce qui est une histoire publique. C’est bien cet État français, gouvernement et administration, police et préfecture, qui organisa les 16 et 17 juillet 1942 la rafle des Juifs résidant à Paris. L’opération, exécutée par 7 000 policiers français, grâce aux fichiers constitués depuis des années, envoya 13 000 personnes, dont un tiers d’enfants, d’abord au vélodrome d’Hiver, puis dans les camps de la mort. Une centaine seulement devait en revenir.

Paris était certes occupé par l’armée allemande. Les nazis entreprenaient la dépor- tation et l’extermination des Juifs dans toute l’Europe.

Mais le gouvernement de Pétain et l’État français allèrent au devant de leurs désirs, pour mener une opération que l’occupant allemand n’aurait accomplie qu’avec difficulté. L’extrême droite française n’avait pas besoin des nazis pour être antisémite, anti-étrangère, anti-commu- niste et anti-ouvrière. Elle l’était de naissance, elle le resta lors de son passage aux affaires entre 1940 et 1944, elle l’est demeurée depuis.

Quant aux policiers, il est vrai que certains d’entre eux ont averti les personnes qu’ils allaient arrêter, leur permettant de s’enfuir.

Mais, en tant que telle, la police française n’avait besoin de personne pour être dressée à traquer les étrangers, à embarquer ceux qu’on lui désignait, à pousser des enfants dans les bus, à surveiller des familles enfermées au vélodrome d’Hiver. D’ailleurs, loin de toute pression allemande, en Algérie ou aux Antilles, l’État français mit en place avec zèle la politique de Vichy, y compris les décrets antisémites.

Pour passer sans heurts de Pétain à de Gaulle à l’été 1944, l’État procéda à une opération de blanchiment.

Ainsi la police parisienne « s’insurgea » opportunément alors que les chars américains approchaient de Paris. Elle fut en conséquence dédouanée des crimes perpétrés pendant l’occupation, dont la rafle, décorée pour faits de résistance et prête à continuer son office. La continuité répressive de l’État français peut se résumer par la carrière du préfet Papon : orga- nisateur de la déportation des Juifs de Bordeaux, il commandait la police parisienne lorsqu’elle assassina des centaines de manifestants algériens le 17 octobre 1961.

Les politiciens ayant commencé leur carrière avant ou durant la guerre, notamment de Gaulle et Mitterrand, ont toujours veillé à conserver la légende de l’innocence de « la France ». Ils poursuivaient en cela leur politique de 1944-45 visant à protéger, en commun avec tous les partis, y compris le PCF, la continuité de l’État français, de sa police, de son armée et de ses colonies.

À partir de Chirac, le temps ayant passé, une version un peu plus conforme à la vérité historique a commencé à se faire jour. Les écoliers apprennent désormais que «la France» a envoyé des enfants de leur âge à la mort, sans que jamais on leur explique par quel miracle cet État criminel se serait ensuite transformé en État secourable.

S’appuyant sur cette nouvelle histoire officielle, les concurrents de Le Pen l’accusent en fait de s’en tenir à l’ancienne. Mais le fond est le même. Ceux qui postulent à la direction de l’État français d’aujourd’hui sont d’accord sur l’essentiel comme ils l’étaient alors. Leur priorité est d’assurer la continuité de l’État, de cet État qui montre son vrai visage dans des occasions comme la rafle du Vél’d’Hiv.

12 Avril 2017 P.G.

http://journal.lutte-ouvriere.org

Lire aussi:

Marine Le Pen, le révisionnisme en héritage (NPA)

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14 avril 2017 ~ 0 Commentaire

simon bolivar (libération)

memel

Qu’est-ce que l’Alliance bolivarienne que souhaite rejoindre Mélenchon ?

Dans son programme, le leader de La France insoumise prévoit d’adhérer à l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique, une organisation politique et économique anti-atlantiste créée en 2004 par Hugo Chávez et Fidel Castro.

La France est-elle un pays d’Amérique latine ? Oui, selon Mélenchon. Un échange tendu entre son porte-parole, Alexis Corbière et Patrick Cohen sur le plateau de C à vous, mardi soir, a mis en lumière ce point du programme de La France insoumise, passé plutôt inaperçu jusque- là. «Vous sortez des traités européens, vous sortez de l’Otan, vous sortez de l’OMC, mais la France ne reste pas seule puisque chapitre 62, nous adhérons à l’Alliance bolivarienne, dont les principaux pays membres sont Cuba et le Venezuela et les pays observateurs, la Russie et l’Iran. Cuba et le Venezuela ne sont pas des démocraties, et la Russie et l’Iran non plus», relève le journaliste.

Ce projet figure à deux reprises dans le livre-programme de Jean-Luc Mélenchon. Dans le chapitre 62, «Construire des coopérations altermondialistes et internationalistes», où il est stipulé qu’il faut «instaurer une politique de codéveloppement avec l’Amérique latine et les Caraïbes en adhérant à l’Alba (Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique)». Mais aussi dans le chapitre 15, consacré à l’outre-mer, où il est prévu de «rejoindre les coopé-rations régionales dans une démarche de codéveloppement écologique, social et de progrès humain : par exemple l’Alba (Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique) pour les Antilles et la Guyane française, l’Afrique australe pour Mayotte et la Réunion, etc.». Dans son livret thématique consacré à outre-mer, il est précisé que ce sont la Guyane et les Antilles françaises qui rejoindront l’Alba, tout comme la Communauté d’États latino-américains et caraïbes (Celac).

Monnaie commune virtuelle

Créée en 2004 par le président vénézuelien Hugo Chávez et le dirigeant cubain Fidel Castro, l’Alliance bolivarienne est avant tout une alliance politique et économique, qui se présente au départ comme une alternative à la Zone de libre-échange des Amériques, projet porté par les Etats-Unis. Elle a pour objectif «de réduire la pauvreté et les inégalités sociales résultant de l’application indiscriminée de politiques néolibérales» en se basant avant tout sur la «solidarité, la justice, la complémentarité et la coopération». Ses fondateurs se réclament de la doctrine de l’icône du Venezuela, Simon Bolivar, «d’unité et de souveraineté des pays qui ont pris leur indépendance sur le pouvoir colonial».

D’un point de vue économique, une note du Trésor de mai 2016 explique que l’alliance s’ap- puie sur deux instruments financiers. D’abord, une monnaie commune virtuelle réservée aux banques centrales des pays membres : le Sucre (Système unitaire de compensation régional). Celle-ci vise à renforcer les échanges et les investissements entre les pays de l’Alba, sans avoir à recourir au dollar.

L’Alba a aussi créé en 2008 sa propre banque, qui dispose d’un milliard de dollars pour «consolider la souveraineté et l’indépendance financière des pays membres de [l’Alliance] en finançant des projets de développement social». En six ans, 46 projets (pour un montant de 334 millions de dollars, soit plus de 313 millions d’euros) auraient été mis en œuvre selon le Trésor. Des Jeux de l’Alba, des prix culturels, et un programme d’alphabétisation complètent cette alliance, avant tout anti-atlantiste.

L’Iran et la Syrie observateurs

Elle compte aujourd’hui douze membres : le Venezuela, Cuba, la Bolivie, l’Equateur, le Nicara- gua, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, la Dominique, Antigua-et-Barbuda, Grenade et Saint-Christophe-et-Niévès. L’organisation compte aussi trois pays observateurs : Haïti, l’Iran et la Syrie. Pas franchement démocratiques… En 2009, la Russie avait aussi été invitée au sommet de l’Alba au titre d’observateur.

En rejoignant l’alliance bolivarienne, il met ainsi en avant son anti-atlantisme. L’année dernière déjà, il affirmait vouloir sortir des traités européens pour entrer «dans les coalitions des pays des Caraïbes et d’Amérique latine». «La plus longue frontière commune de la France est avec le Brésil et non avec l’Allemagne», justifie souvent Mélenchon en faisant référence à la Guyane.

Même Clémentine Autain, soutien de Mélenchon, ignorait visiblement ce point du programme de son candidat.

Pauline Moullot — 13 avril 2017

http://www.liberation.fr/

Lire aussi:

Quatre questions sur l’Alliance bolivarienne, que Jean-Luc Mélenchon veut rejoindre (France Info)

Mélenchon : un drôle de partisan de la paix (Lutte Ouvrière)

PCF : vote utile à gauche et nouvelles illusions (Lutte Ouvrière)

L’Affaire Bolivar ou Les Insoumis face aux éditorialistes (Anti-k)

Nous sommes suffisamment critiques à l’égard de Mélenchon – http://www.anti-k.org/2016/08/26/connaitre-son-melenchon-sur-le-bout-des-doigts/– et du Chavisme – http://www.anti-k.org/2017/04/12/debat-venezuela-lutte-quartier-entre-gauche-pouvoir/– pour dénoncer avec JLM2017 une cabale de la médiacratie sur ce point précis de l’alliance bolivarienne. 

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12 avril 2017 ~ 0 Commentaire

venezuela (a l’encontre.ch)

memel

Quand on pouvait encore rigoler!

Venezuela une lutte sans quartier entre qui et qui ?

Ce qui se passe actuellement au Venezuela n’a pas le moindre rapport avec une «révolution» ou avec le «socialisme», ni avec la «défense de la démocratie», ni même avec la sempiternelle «réduction de la pauvreté», pour s’en tenir à l’énumération des arguments que l’on brandit à tout bout de champ. On pourrait mentionner le mot «pétrole» et nous serions plus proches de la vérité. Mais les faits indiquent d’autres inflexions.

Nous sommes en présence d’une lutte sans quartier entre une bourgeoisie conservatrice qui a été écartée du contrôle de l’appareil d’Etat, mais qui maintient toutefois des liens avec l’Etat actuel, et une bourgeoisie émergente qui utilise l’Etat comme un levier d’«accumulation primitive».

Ce n’est pas la première fois que cela arrive dans nos courtes histoires.

C’est ce que furent nos guerres d’indépendance: la lutte entre les «godos» (les monarchistes espagnols affublés du nom de «goths», depuis les guerres d’indépendance hispano-améri- caines, grosso modo entre 1810 et 1833) et l’émergente oligarchie «créole» qui utilisa le contrôle de l’appareil d’Etat pour légaliser l’usurpation des terres des peuples indigènes.

Ces « créoles » s’appuyaient sur les puissances coloniales britannique et française qui étaient en concurrence avec l’Espagne décadente pour le contrôle des colonies émancipées avec la même logique que ceux qui s’appuient sur la Chine, (y compris des conservateurs comme Macri), face à l’imparable décadence états-unienne.

La faible bourgeoisie créole enfourcha la mobilisation des peuples (Indiens, Noirs et secteurs populaires) pour vaincre la puissance espagnole.

Elle a concédé l’émancipation des esclaves avec les mêmes objectifs que se donne aujourd’hui la nouvelle bourgeoisie quand elle applique des politiques sociales censées réduire la pauvre- té. Dans les deux cas, ceux d’en bas continuent à se retrouver dans les sous-sols, en tant que main-d’œuvre bon marché, sans qu’ils puissent bouger le moins du monde de l’endroit où ils sont confinés.

Article publié dans Brecha, hebdomadaire uruguayen, le 7 avril 2017)

http://alencontre.org/  10 – avril – 2017

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