Archive | Antimilitarisme

08 mars 2021 ~ 0 Commentaire

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07 mars 2021 ~ 0 Commentaire

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01 mars 2021 ~ 0 Commentaire

chlordécone 2 (anti-k)

clordecone

Chlordécone aux Antilles : plusieurs milliers de personnes manifestent contre «l’impunité»

Des milliers de personnes contre la chlordecone à Fort-de-France, Martinique, ce samedi.

Des associations et syndicats appelaient la population à se mobiliser en Guadeloupe et en Martinique, mais aussi à Paris, ce samedi pour témoigner de l’exaspération face au «désastre sanitaire et environnemental» engendré par le recours massif à cet insecticide ultratoxique. Ils redoutent la prescription dans ce dossier porté devant la justice.

Des drapeaux rouge, vert et noir, symboles des indépendantistes martiniquais, quelques étendards syndicaux de Force ouvrière ou de la CTGM et un slogan, scandé en créole :

«Pa pou ni preskripsyon ! Jijé yo ! Kondané yo! (Il ne doit pas y avoir prescription ! Jugez les ! Condamnez les !) ».

Ce samedi matin, heure locale, à Fort-de-France (Martinique) mais aussi à Capesterre-Belle-Eau (Guadeloupe) et en métropole, à Paris, plusieurs milliers de personnes ont manifesté pacifiquement, à l’appel de collectifs citoyens, d’associations et de syndicats antillais, pour refuser «l’impunité» dans le «scandale» sanitaire et environnemental du chlordécone.

A l’origine de la colère et de l’indignation des Antillais ?

La crainte d’un non-lieu dans ce dossier porté devant la justice après le dépôt, en 2006, d’une plainte pour empoisonnement à cet insecticide largement utilisé dans les bananeraies. C’est en tout cas ce qu’ont laissé entendre les juges d’instruction, en raison de la prescription des faits et de la disparition d’éléments de preuves, lors d’une audition des parties civiles fin janvier.

De quoi exaspérer une partie de la population martiniquaise et guadeloupéenne dans l’attente d’un procès et de réparations. «Nous avons de nouvelles informations qui nous permettent de contester cette prescription, a, lui, fait valoir l’avocat et maire écologiste de Pointe-à-Pitre, Harry Durimel, dans une interview accordée vendredi à l’Humanité. 

En droit, elle ne court qu’à partir du moment où la partie civile a connaissance du préjudice, et non de 1994, date de la dernière utilisation du chlordécone, comme la justice veut le retenir.»

Un quatrième plan de lutte jugé insuffisant

Autre motif d’insatisfaction : l’insuffisance des mesures et des moyens déployés dans le quatrième plan du gouvernement pour lutter contre les conséquences de la pollution par le chlordécone, utilisé massivement jusqu’à son interdiction en 1993.

Présenté mercredi par le préfet, il prévoit d’allouer 92 millions d’euros sur six ans «pour réduire l’exposition des populations», mieux sensibiliser dès l’école aux risques liés à ce pesticide,  «renforcer les connaissances» scientifiques ou «accompagner les professionnels affectés». Ce qui n’est pas jugé à la «hauteur du drame» du chlordécone, selon des élus antillais à l’instar du député martiniquais Serge Letchimy.

Massivement utilisé dans les Antilles pour lutter contre le charançon du bananier, le pesticide organochloré, dont les autorités connaissaient la dangerosité depuis la fin des années 60, s’est disséminé dans les rivières, les sols et même dans le milieu marin des deux départements ultramarins.

Et trente ans après son interdiction, la molécule ultratoxique et ultra-persistante dans l’environnement – sur des siècles estime-t-on – a contaminé la chaîne alimentaire et plus de 90% de la population adulte antillaise, selon Santé publique France.

Comme elle est un perturbateur endocrinien et un cancérigène potentiel pour l’homme, elle aurait augmenté les risques de prématurité et de troubles du développement cognitif, mais aussi de cancers de la prostate dans les Antilles.

Un «désastre sanitaire et environnemental», pour lequel un rapport d’information parlementaire  a pointé la responsabilité de l’Etat français en novembre 2019.

Florian Bardou Libération, 27 février 2021

https://www.anti-k.org/

Lire aussi:

En Martinique, le scandale du chlordécone et la menace d’une prescription mobilisent

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24 février 2021 ~ 0 Commentaire

commune (npa)

commune

Leur Commune et la nôtre!

Il y 150 ans, le 18 mars 1871, commençait la Commune de Paris.

Un évènement qui a donné lieu à une séance houleuse le 3 février dernier au Conseil de Paris. La droite (Les Républicains) est montée au créneau pour contester toute subvention à l’association « Les amies et amis de la Commune de Paris 1871 » au motif qu’elle « glorifie les événements les plus violents de la Commune ».

Pas question de valoriser « ce triste moment de guerre civile », a asséné un élu du 16è arrondissement. D’après le Monde, un autre des agités de la droite a dit reconnaitre les « idées généreuses » de la Commune mais a dénoncé un autre aspect qui le hérisse : « la confiscation des moyens de production ». Le voilà, sans doute, le crime suprême aux yeux de ces représentants zélés du capital.

Face à cet assaut de la « droite la plus bête du monde », pour reprendre l’expression d’un social-démocrate des années 1950, la majorité socialiste du Conseil buvait du petit lait.

Ainsi, Patrick Bloche, l’adjoint d’Anne Hidalgo, qui présidait la séance, a déclaré fièrement : « Ce qui me rassure, c’est que je crois au clivage entre la gauche et la droite, et vous l’avez illustré parfaitement, 150 ans après la Commune. »

Anne Hidalgo et la majorité municipale ont programmé toute une série d’initiatives à l’occasion de ce 150e anniversaire.

Après tout, pourquoi pas, si cela accroit l’écho de l’anniversaire de ce moment où les prolétaires dans toute leur diversité sont montés « à l’assaut du ciel » pour reprendre l’expression de Marx, et se sont heurtés à l’impitoyable répression du pouvoir incarné par l’ignoble Adolphe Thiers (au passage, s’il y a des rues et avenues à débaptiser, ce sont en premier lieu celles qui célèbrent son nom) ?

Mais il faut se souvenir que cette majorité municipale est avant tout hégémonisée par des sociaux-libéraux (très libéraux et peu sociaux) qui, depuis des années, mènent à Paris et sur l’ensemble du territoire des politiques bien éloignées de l’action de la Commune, laquelle avait, par exemple, tenté de s’attaquer frontalement aux difficultés de paiement des loyers. Ces gens-là sont les héritiers de ces « socialistes » qui régulièrement au cours de notre histoire ont trahi les mobilisations populaires, voire les ont réprimées.

Lénine, dans l’État et la révolution, a justement écrit :

« Du vivant des grands révolutionnaires, les classes d’oppresseurs les récompensent par d’incessantes persécutions ; elles accueillent leur doctrine par la fureur la plus sauvage, par la haine la plus farouche, par les campagnes les plus forcenées de mensonges et de calomnies.

Après leur mort, on essaie d’en faire des icônes inoffensives, de les canoniser pour ainsi dire, d’entourer leur nom d’une certaine auréole afin de « consoler » les classes opprimées et de les mystifier ; ce faisant, on vide leur doctrine révolutionnaire de son contenu, on l’avilit et on en émousse le tranchant révolutionnaire. »

En cette année anniversaire, il faut s’opposer aux calomnies sur la Commune et aussi ne pas tomber dans les tentatives d’en faire une « icône inoffensive » – pour reprendre une expression de Lénine.

C’est dans nos initiatives et nos luttes qu’il faut faire vivre la Commune.

Mercredi 24 février 2021 Rédaction l’Anticapitaliste hebdo

https://lanticapitaliste.org

Programme des initiatives de l’association « Faisons vivre la Commune ».

Numéro spécial de janvier de l’Anticapitaliste mensuel sur la Commune de Paris, articles disponibles sur notre site.

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21 février 2021 ~ 0 Commentaire

camilo torres (nueva tribuna)

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Camilo, bien plus qu’un prêtre ou un guérillero

Une mémoire nécessaire pour un pays qui continue à chercher à faire son chemin vers la paix.

Camilo Torres Restrepo (Bogotá, 3 février 1929 – Patio Cemento, Santander, 15 février 1966) était un intellectuel critique, un militant politique, un prêtre engagé auprès des plus démunis et un guérillero dans ses derniers jours. Sa figure est toujours vivante dans l’imaginaire colombien comme une référence qui a favorisé l’unification de la base pour lutter pour la transformation sociale.

Pour beaucoup, il a été une croix de lumière et un unificateur des sentiments d’identité d’un peuple subjugué. Au-delà du mythique, le prêtre Camilo était bien plus qu’un prêtre ou un guérillero, c’était un serviteur chrétien, un défenseur des droits et des libertés de l’homme et contre l’appauvrissement, matériel et intellectuel, d’un peuple opprimé par les classes dirigeantes politiques internes et exploité par les multinationales économiques externes.

Connu et reconnu comme le prêtre de la guérilla, cette étiquette ne sert qu’à occulter ses grandes qualités humaines et académiques et à ceux qui le suivent de montrer la valeur de son combat et à ceux qui le dénigrent de le pointer du doigt et de le proscrire pour cette même raison.

Pour Camilo Torres, le christianisme a dû lutter aux côtés du marxisme, en promouvant une véritable transformation sociale. Un symbole d’une révolution jamais réalisée et d’une résistance qui, aujourd’hui encore, un demi-siècle plus tard, est nécessaire pour ne pas perdre sa dignité et son identité, même si cela continue à lui coûter la vie, comme cela est arrivé à Camilo lui-même.

Ce mois de février marque le 55è anniversaire de la mort de Camilo Torres Restrepo, dans l’exercice de ses fonctions. Oui, le service qu’il a décidé de rendre afin de servir son pays et son peuple en luttant contre les politiciens et leur politique et en dénonçant une Église catholique ultra-conservatrice toujours du côté du pouvoir et non du côté des opprimés.

Camilo était plus qu’un prêtre et doit continuer à l’être. En ces temps de crise sanitaire, il doit être un vaccin de plus, aussi nécessaire que les injectables, pour maintenir la lutte, la résistance et la survie face aux autres pandémies, celles qui ravagent la Colombie et une grande partie du territoire latino-américain.

Formé au Liceo Cervantes, c’est peut-être pour cela qu’il a été un autre des Quixotes de l’histoire face aux géants et aux moulins à vent. Il a étudié à l’Université nationale de Colombie, où il a été aumônier, professeur et promoteur des études de sociologie avec Fals Borda, et à l’Université catholique de Louvain (Belgique).

Son travail social et académique actif l’a conduit à étudier les inégalités et l’appauvrissement dans les zones rurales et dans les quartiers de la capitale. Sans être l’un des signataires, il a contribué par son travail au livre La violencia en Colombia, l’une des meilleures études sur la réalité colombienne réalisée par Fals Borda lui-même, avec le juriste Eduardo Umaña Luna et le prêtre Germán Guzmán Campos (auteur du texte El padre Camilo Torres).

Camilo Torres a construit une histoire de sa vie et de son époque et d’autres personnes ont construit la leur en se basant sur le personnage, ses étapes et ses mythes. C’est pourquoi on dit qu’il n’y a pas un seul Camilo, mais des centaines.

Il a découvert qu’au cœur du christianisme se trouvait l’amour du prochain et qu’il valait la peine de s’engager dans cet amour. Il est donc devenu prêtre, pour devenir « un serviteur à plein temps de l’amour du prochain ». Il a affirmé avec conviction que « Ce qui fait de moi un prêtre, fondamen-talement, c’est de faire en sorte que mes frères s’aiment de manière efficace et je crois que l’efficacité de l’amour ne peut être obtenue que par la révolution.

Dans ses enseignements, il a souligné l’importance d’aimer davantage, au-delà des prières. Son christianisme était plus social et plus engagé envers les autres qu’envers l’institution ecclésiastique. Aux questions qu’il s’est toujours posées sur le pourquoi de tant de différences sociales, de tant d’inégalités et de tant d’oppression, il a trouvé une réponse dans le marxisme et son rôle dans la lutte pour le changement social. C’est pourquoi il a défendu que les chrétiens devraient être aux côtés des marxistes pour lutter ensemble pour la transformation de la société.

En politique, il a promu la création du Frente Unido del Pueblo (Front uni du peuple), un scénario de rencontre et de politique, d’action, symbolique et communicative, pour la construction fraternelle de la nationalité colombienne et une alternative politique à l’oligarchie colombienne traditionnelle qui a historiquement partagé le pouvoir.

Il a également défendu l’expropriation des biens de l’église. Frente Unido est également le nom du journal qu’il a fondé et édité pour ses treize éditions, qui paraissaient le jeudi selon son affiche de lancement, et qui s’adressait aux classes populaires.

La somme de tout cela l’a mis dans une situation compliquée, recevant des menaces qui l’ont amené à prendre parti pour l’Armée de libération nationale récemment formée. En tant que membre de ce groupe de guérilla, il a connu sa mort le 15 février 1966. Dans cette union, on dit que Camilo est devenu un éléniste et que les guérilleros sont devenus des camilistas.

Sa mère, Isabel Restrepo, a déclaré dans une interview : « J’ai dit, ils vont le tuer à un coin de rue et il va mourir bêtement (…) il vaut mieux pour lui qu’il aille à ce qu’il veut (…) que d’être tué pour avoir défendu ses idées et pour avoir défendu le peuple ».

Cinquante-cinq ans plus tard, son image et son œuvre sont toujours vivantes dans une partie importante de la population colombienne qui continue à voir en Père Camilo une référence humaine, sociale, éthique et engagée. Avec sa disparition, tout le monde a perdu : l’église, la politique, l’université et le pays en général.

Jesús Antonio Mejía, un ancien militant du Front uni qui a partagé la vie de Torres Restrepo, souligne : « Si l’on examine l’œuvre, le travail, la pensée et l’action de Camilo Torres, tout est orienté à la lumière d’un nouvel esprit social pour notre pays, car il ne pensait qu’au bien-être de son peuple.

Pour sa part, Fredy Ramirez, prêtre aumônier de l’Université industrielle de Santander (UIS, Colombie) déclare à propos du travail de Camilo que « Dans notre pays, ils sont très habiles, de sorte que tout ce qui semble libérateur est immédiatement envoyé dans un endroit où il n’a pas beaucoup de valeur ».

Camilo Torres a été accusé par les médias de l’époque de ne rien dire de nouveau, ce à quoi il a répondu : « Si ce que je dis est vieux, si je dis que le pouvoir est concentré dans quelques mains et que ceux qui ont le pouvoir ne l’utilisent pas pour la majorité, si cela est vieux, alors ceux qui connaissent le problème et ne sont pas capables de le résoudre sont d’autant plus coupables.

En guise d’avertissement aux navigateurs de ce que nous vivons aujourd’hui, cette phrase : « Alors que la classe dirigeante, minoritaire mais puissante, s’unit pour défendre ses intérêts, les dirigeants de gauche s’attaquent les uns aux autres, produisent la confusion dans la classe populaire et représentent plus fidèlement les critères traditionnels, sentimentaux, spéculatifs et idéologiques du colonialisme ».

Si vous voulez en savoir plus sur lui, visitez « Camilo Lives » ; lisez la biographie écrite par le Colombo-Australien Walter J. Broderick Camilo, le prêtre guérillero, un autre ancien prêtre intéressé par les problèmes entre le christianisme et la révolution, ou voyez la mémoire visuelle de l’histoire de sa vie dans Le révolutionnaire souriant de Lorena López et Nicolás Herrera.

Camilo n’était pas un leader qui voulait être un caudillo, mais un éveilleur et un unificateur de consciences, un défenseur de la justice sociale. C’est une mémoire nécessaire pour construire une citoyenneté civile critique et engagée.

Son empressement à insister sur ce qui nous unit et à se passer de ce qui nous sépare reste valable dans un pays qui continue à chercher à faire de la paix son chemin. Camilo Torres Restrepo, bien plus qu’un prêtre ou un guérillero.

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17 février 2021 ~ 0 Commentaire

islam (révolution permanente)

croisades

#Vidaldémission

« Islamo-gauchisme ». Derrière la rhétorique réactionnaire, Frédérique Vidal s’attaque à la liberté académique

Frédérique Vidal s’est engouffrée dans une offensive réactionnaire contre le monde de la recherche en annonçant la demande d’une enquête sur « l’islamophobie-gauchisme » à l’université. Relançant la chasse aux sorcières islamophobe initiée par Blanquer contre les universitaires.

Dimanche 14 février sur CNEWS la ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, Frédérique Vidal, interrogée par Jean-Pierre Elkabbach sur l’article « Comment l’islamo-gauchisme gangrène les universités » du Figaro, publié le 12 février, déclarait : « Moi je pense que l’islamo-gauchisme gangrène la société dans son ensemble et que l’université n’est pas imperméable, [elle] fait partie de la société ».

Une nouvelle attaque réactionnaire contre le monde de la recherche

Cette attaque vise sans détour le monde académique. Elle s’inscrit dans la droite lignée de l’offensive islamophobe du gouvernement qui s’intensifie ces derniers jours.

L’adoption en première lecture à l’Assemblée nationale ce mardi et la surenchère réactionnaire entre LREM et le RN, illustrée par le débat entre Darmanin et Le Pen jeudi 11 février, ont concrétisé cette offensive.

Si la ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche prétend défendre les libertés de recherche et d’expression et affirme ainsi qu’« on ne peut pas interdire l’approche critique à l’université », le sens même de cette offensive contre l’« islamogauchisme » à l’université, présenté comme un danger vital, est de censurer sinon contrôler l’ensemble des discours critiques, notamment sur le racisme, qui s’y développent et ce non sans recourir à la provocation.

Ainsi, lorsque Jean-Pierre Elkabbach ironise « Il y a une sorte d’alliance entre Mao Zedong, si je puis dire, et l’Ayatollah Khomeini » celle-ci répond, sourire aux lèvres : « Mais vous avez raison ».

En visant « l’islamo-gauchisme », la ministre vise ni plus ni moins qu’une répression des discours universitaires critiques qui traitent des enjeux de race, de genre et de classe et qui, par là-même, remettent en cause la société capitaliste et en son sein l’université bourgeoise.

Pourtant selon une étude de Patrick Simon et Juliette Galonnier chercheurs à Sciences Po (temple bien connu du gauchisme français), les recherches portant sur la question raciale dans la sociologie française sont largement minoritaires et ne représentent que 2% du total de la production scientifique dans le champ de la sociologie comme le relaye Mediapart.

Lorsque Vidal annonce qu’elle compte : « demander […] au CNRS de faire une enquête sur l’ensemble des courants de recherche sur ces sujets dans l’université de manière à ce qu’on puisse distinguer ce qui relève de la recherche académique de ce qui relève […] du militantisme et de l’opinion » ce qui est visé comme l’a dénoncé ce mardi, la conférence des présidents d’université (CPU), c’est ce qui reste de liberté académique et de critique à l’université.

Cette attaque loin d’être isolée s’inscrit dans la continuité des propos de Jean-Michel Blanquer, qui, en octobre dernier, instrumentalisait l’attentat contre Samuel Paty, au service de la lutte contre « ce qu’on appelle l’islamo-gauchisme » et qui « fait des ravages […] à l’université », et ce notamment dans le milieu militant étudiant, citant parmi les représentants des « islamisés » le syndicat étudiant de l’UNEF.

Multipliant alors les appels guerriers, il prétendait vouloir se saisir d’un « combat à mener contre […] des thèses intersectionnelles » puisqu’une « partie non négligeable des sciences sociales françaises [seraient gangrénées] ». En ligne de mire, déjà les travaux universitaires critiques se revendiquant de l’intersectionnalité – concept employé en sociologie et en réflexion politique qui vise à révéler la pluralité des discrimination de classe, de sexe et de race- et ceux portant sur les questions raciales et post-coloniales.

Déjà, à l’occasion de la loi de programmation de la recherche (LPR) adoptée définitivement par le Sénat le 20 novembre 2020 qui entérinait la privatisation et la précarisation croissante de la recherche et de ses travailleurs, l’on pouvait trouver des traces de cette offensive.

Un amendement soutenu par Vidal mis à l’ordre du jour à la séance du 28 octobre au Sénat sur proposition de la rapporteuse de la LPR, Laure Darcos, proposait que « Les libertés académiques s’exercent dans le respect des valeurs de la République ».

Un cadre on ne peut plus flou laissant libre court aux interprétations et aux accusations qui remet en cause la garantie, à la fois des libertés académiques et de l’indépendance de la recherche universitaire.

Par ailleurs, un autre amendement, lui aussi ajouté au dernier moment par la commission mixte paritaire, introduisait le délit d’intrusion, passible jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende : « le fait de pénétrer ou de se maintenir dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement supérieur sans y être habilité […] ou y avoir été autorisé par les autorités compétentes, dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement ».

Cet amendement qui criminalisait la mobilisation étudiante, avait bien été définitivement adopté le 20 novembre, avant d’être finalement censuré un mois plus tard, le 21 décembre 2020, par le Conseil Constitutionnel.

Une attaque qui masque mal la situation dramatique de l’enseignement supérieur et de ses étudiants

Les étudiants font aujourd’hui face à une précarité sans précédent, exacerbée par la crise sanitaire et économique. Nombre d’étudiants n’ont même plus les moyens de subvenir à leurs besoins les plus fondamentaux, comme s’alimenter ou payer son loyer et la détresse psychologique poussant certains étudiants à se suicider est actuellement un problème de santé publique.

Face à cette situation, Vidal et le gouvernement n’ont rien donné aux universités ou à la santé et ont préféré renflouer les caisses du patronat à coup de milliards, alors que celui-ci continue de supprimer des emplois et avec eux les perspectives de la jeunesse.

Pour répondre à la crise que traverse la jeunesse Vidal a simplement annoncé la mise en place de repas à 1 euros, une mesure ridicule et particulièrement inefficace sachant qu’un nombre important de restaurant universitaire restent fermés.

Aujourd’hui, plutôt que de répondre à la détresse étudiante, Vidal et le gouvernement préfèrent accélérer leur agenda répressif et réactionnaire en réduisant toujours plus la liberté académique et en réprimant celles et ceux qui osent remettre en cause l’ordre établi.

L’argument réactionnaire ne saurait cacher que ce sont les gouvernements de ces dernières décennies qui sont responsables de la situation terrible de l’université publique. Les nombreuses contre-réformes qui se sont succédées, comme la loi LPR de Vidal, ont libéralisé et vidé l’univer-sité publique de ses moyens et conclu à l’asphyxie budgétaire soumettant ainsi l’enseignement supérieur à une logique de marché. Les conséquences sont aujourd’hui dramatiques.

Le hashtag #balancetafac avait mis sous le feu des projecteurs en septembre les cours surchargés, les amphis bondés et les personnels en sous-effectifs.

Mais plutôt que d’injecter les besoins massifs dont l’université a besoin, Frédérique Vidal dresse le portrait d’un ennemi intérieur qui « gangrénerait » l’université, joue sur les fantasmes pour faire tout sauf remédier aux problèmes véritables de l’université.

La rhétorique est classique pour la bourgeoisie, en situation de crise économique et sociale, il faut masquer la responsabilité de l’Etat et des classes dominantes. L’ennemi est tout trouvé, il est agité depuis des mois par le gouvernement.

Et alors que sous couvert de lutte contre l’islamisme, le gouvernement avec la loi séparatisme s’est attaqué à nos libertés fondamentales, se sont aujourd’hui les libertés académiques qui sont attaquées et avec, la possibilité d’un enseignement critique qui est menacée.

Pour les étudiants et personnels de l’université, la seule voie permettant de contrer cette offensive répressive et réactionnaire se trouve dans la mobilisation.

Les travailleurs et les travailleuses des universités, les étudiants doivent s’unir pour construire un mouvement large et massif capable d’imposer le retrait des contre-réformes néo-libérales qui précarisent l’université.

De la même manière, seul un tel mouvement, en lien avec le mouvement ouvrier, sera en mesure de faire reculer le gouvernement pour le retrait de la loi séparatisme et de toutes les loi liberticides.

Nathan Erderof Lili Krib mercredi 17 février

https://www.revolutionpermanente.fr/

Lire aussi:

Islamo-gauchisme (Wikipedia)

Enseignement supérieur : on vous explique la polémique sur l’enquête visant l’ »islamo-gauchisme » réclamée par le gouvernement (France Info)

« Islamo-gauchisme » : stopper la confusion et les polémiques stériles (Conférence des Présidents d’Université)

La chasse aux musulmanEs et aux «islamo-gauchistes» est ouverte, et le gouvernement en est responsable (NPA)

Enquête sur l’ »islamo-gauchisme » dans la recherche : l’impossible décolonisation de l’Université

 

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17 février 2021 ~ 0 Commentaire

palestine (socialist worker)

palestine

Les travaillistes s’opposent à la solidarité avec la Palestine

La solidarité avec la Palestine n’est pas de l’antisémitisme

Le parti travailliste a nommé un comité pour le conseiller sur la manière de traiter l’antisémitisme. Un certain nombre de ses membres lient ouvertement le soutien à la Palestine à la haine du peuple juif.

Le nouveau conseil consultatif sur l’antisémitisme aura son mot à dire sur les nouvelles mesures introduites dans le cadre d’un plan d’action visant à « chasser les antisémitistes ».

Il contribuera notamment à l’élaboration d’un code de conduite décrivant ce que les membres du parti travailliste peuvent publier sur les médias sociaux, ainsi qu’à la procédure de traitement des plaintes pour antisémitisme.

Un grand nombre des personnes qui y seront nommées plaideront probablement en faveur de la restriction du soutien à la Palestine.

La députée travailliste Margaret Hodge a explicitement déclaré que l’antisionisme – l’opposition à l’idéologie fondatrice d’Israël, qui a justifié le nettoyage ethnique des Palestiniens – est antisémite. Elle a également établi un lien entre l’antisémitisme et la politique « anti-américaine » et « anti-européenne » de la gauche.

Elle a également qualifié l’ancien leader travailliste Jeremy Corbyn de « putain d’antisémite et de raciste ».

Sanctions

Mark Gardner, de l’organisation caritative Community and Security Trust, a précédemment lié la campagne de Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) à l’antisémitisme.

La campagne BDS est une tactique des activistes palestiniens pour faire pression sur les entreprises afin qu’elles rompent les liens avec l’occupation israélienne de la terre palestinienne. Mais Gardner l’a associée au ciblage des Juifs.

En 2014, après la guerre d’Israël sur la bande de Gaza, Gardner avait déclaré que l’approbation du BDS par l’Union nationale des étudiants « promettait des problèmes et des intimidations sans fin pour les étudiants juifs ».

« Pire encore, il y a les intimidations massives des supermarchés qui osent vendre des produits israéliens, dont certains ont même été contraints d’arrêter brièvement leurs activités en conséquence », a-t-il écrit.

Adrian Cohen, du Conseil des dirigeants juifs, a été l’un des premiers à affirmer que le soutien de Jeremy Corbyn aux Palestiniens encouragerait l’antisémitisme au sein du parti travailliste. Il est également le président des Amis travaillistes d’Israël.

En 2015, il a déclaré au site web du Times of Israel que l’élection de Corbyn à la tête de l’Etat signifierait un soutien accru à la Campagne de solidarité avec la Palestine, et « plus de soutien en général au BDS, ce qui va créer une atmosphère difficile pour la grande majorité des Juifs britanniques étant donné leur association avec Israël ».

Mike Katz, président du mouvement travailliste juif, a applaudi la députée travailliste Emily Thornberry en 2017 pour avoir été « cohérente dans l’éradication de l’antisémitisme et de l’antisionisme au sein du parti travailliste ».

Le conseil consultatif fait partie de la réponse du Parti travailliste au rapport de la Commission pour l’égalité et les droits de l’homme sur les accusations d’antisémitisme au sein du parti.

Une partie du rapport a effectivement conclu que la critique « illégitime » d’Israël est antisémite. Il a déclaré que cela est « lié à l’ethnicité juive » et peut donc rendre les Juifs « mal à l’aise et indésirables » au sein du parti travailliste.

Aujourd’hui, beaucoup de ceux qui supervisent la réponse du parti travailliste à l’antisémitisme sont hostiles à la solidarité avec la Palestine et auront leur mot à dire sur le caractère « illégitime » de la critique d’Israël.

C’est un autre signe que rester au sein du parti travailliste signifiera devoir se taire sur la Palestine.

Nick Clark Thu 11 Feb 2021

https://socialistworker.co.uk/

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17 février 2021 ~ 0 Commentaire

kurdes (npa)

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Fresque à Carhaix en mémoire de Kendal Breizh

Non à la criminalisation des militantEs kurdes ! 

Les militantEs associatifs kurdes sont littéralement harcelés par le gouvernement français :

Gel récent des avoirs pour 12 militantEs, ce qui signifie qu’ils et elles n’ont plus accès à leur comptes en banque et à leurs salaires, convocations par la DGSI, fichage S et même expulsions comme cela a été le cas il y a peu à Bordeaux.

Comment expliquer cet acharnement sinon par la volonté d’amadouer à tout prix le président turc Erdogan et lui permettre de continuer à exercer un pouvoir de plus en plus autoritaire en Turquie, avec l’emprisonnement de milliers de militantEs et éluEs du HDP, la révocation de dizaines de maires démocratiquement élus, la terreur au quotidien pour la population ?

Au nom des intérêts économiques français, Macron et les siens continuent de cautionner un tel régime.

Le NPA exige la fin de la répression à l’encontre des militantEs kurdes, une condamnation ferme de la dérive autoritaire du gouvernement turc et le retrait immédiat du PKK de la liste des organisations terroristes, comme le préconise la Cour de justice européenne.

Le NPA soutient le rassemblement, mercredi 17 février à 13h place de la Madeleine à Paris, appelé notamment par le Conseil démocratique kurde en France.

Montreuil, 16 février 2021

https://nouveaupartianticapitaliste.org/

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15 février 2021 ~ 0 Commentaire

catalunya (pùblico el-diario)

cata
Catalogne

Le bloc indépendantiste renforce sa majorité en Catalogne

La Gauche républicaine (ERC) et Ensemble pour la Catalogne (Junts) remportent 65 députés, s’ajoutant aux neuf de la candidature d’unité populaire. (Majorité à 68 blog)  Le Parti des socialistes de Catalogne a deux points de pourcentage de plus que le ERC, mais le même nombre de députés.

Avec près de 90 % des votes comptés lors des élections législatives en Catalogne, les partis indépendantistes ont obtenu une nouvelle majorité dans la région autonome espagnole.

La Gauche républicaine de Catalogne (ERC) et les Junts per Catalunya (JxC) ont gagné 65 députés, et la Candidature d’unité populaire (CUP) est passée de quatre à neuf députés. Au total, y compris les partis qui n’ont pas fait leur entrée au Parlement, le vote indépendantiste a dépassé 52 %.

14 février 2021

https://www.publico.pt/

publi

L’indépendantisme dépasse 50 % des voix.

La somme entre l’ERC, Junts, la CUP et le PDeCAT est proche de 51% alors que lors des dernières élections, ils ont obtenu 47,5% des voix.

En matière de sièges, les indépendantistes augmentent de quatre la majorité absolue des 70 députés qu’ils avaient lors du dernier mandat, atteignant 74 représentants, soit deux de plus que leur meilleur résultat, les 72 obtenus en 2015. Le déclin de la participation de l’électorat non souverainiste a favorisé l’expansion de la majorité indépendantiste au Parlement.

L’échec annoncé de Ciudadanos (avec Manuel Valls). Ciudadanos est né en Catalogne, a grandi dans cette communauté et a signé ce dimanche le résultat qui confirme le fiasco d’un parti qui n’a pas su gérer la victoire des élections précédentes. Elle a perdu 30 députés et n’en compte plus que six. Elle a perdu un million de voix.

Ils sont là. L’extrême droite est entrée au Parlement. C’est l’un des gros titres de ces élections et une très mauvaise nouvelle. Vox devient la quatrième force de la Chambre et a balayé Ciudadanos et le PP. À Gérone et à Lérida, ni le PP ni Ciudadanos ne sont représentés, tandis que Vox a obtenu un député.

Les « comuns » résistent. Jéssica Albiach n’a pas eu la vie facile, mais la candidate des « comuns » a gardé les huit députés qu’ils avaient dans cette législature. Tout au long de la campagne, elle a évité de se placer dans l’un des deux blocs, pro-indépendance et non-indépendance.

Son but est que le PSC et l’ERC lèvent leurs vetos respectifs afin de promouvoir un gouverne-ment de gauche et d’y entrer. Ces élections ont montré qu’il s’agit d’un parti pratiquement inexistant en dehors de Barcelone, puisqu’en dehors de cette province il n’est représenté qu’à Tarragone et avec un seul député.

Le président du gouvernement central peut être satisfait du résultat de Illa, même si le candidat du PSC n’obtient pas le soutien nécessaire pour être investi, il peut se retrouver dans la position de devoir apporter un soutien extérieur à l’ERC, moindre mal pour éviter une nouvelle élection.

Les républicains affirment qu’ils ont de meilleures relations avec les dirigeants du PSOE qu’avec ceux du PSC. Les ponts entre la Moncloa et le siège de l’ERC n’ont jamais été rompus, pas même pendant la campagne.

Notez l’abstention. Pandémie, mécontentement et pluie. Trois éléments qui ont fait prévoir une augmentation de l’abstention. La participation est à 53%, la plus faible de l’histoire mais plus élevée qu’en Euskadi et Galice, qui ont également voté en pandémie.

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14 février 2021 ~ 0 Commentaire

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Pourquoi une élection?

Cette élection a été convoquée non seulement en raison de la suspension de Quim Torra ( à nouveau la loi espagnole prétendument démocratique), mais aussi en raison du conflit entre les partenaires gouvernementaux Junts et Esquerra.

Les deux partis avaient intérêt à assurer la présidence, ce qui a provoqué une rupture de la coalition lors des négociations sur le budget catalan. À ce jour, Esquerra dispose de 32 sièges au Parlement, tandis que Junts (le parti de Torra) compte 20 représentants. Avec la rupture de la coalition gouvernementale, il est évident que les discussions sur la formation d’une coalition électorale comme Junts pel Sí (2015-2017) n’auront pas lieu, et les deux partis se présenteront séparément.

Junts est une alliance de petits partis catalans nationalistes et catalanistes de droite et de centre-droit libéral, née de la rupture de Convergencia i Unió (CiU) en 2014-2015.

CiU a été formé en 1978 en tant que coalition de Convergencia Democrática de Catalunya (CDC), avec des idées nationalistes catalanes, et Uniò Democrática de Catalunya (UDC), un parti catalaniste non indépendant.

Cette alliance a gouverné la Catalogne pendant de longues périodes (les exécutifs de Jordi Pujol) avec un programme libéral de déréglementation des services publics de base et en s’associant avec les partis nationalistes espagnols au niveau de l’État, notamment avec le PP.

Après la dissolution de l’alliance, l’UDC a suivi un long chemin de négociations avec le PSC, pour finalement rejoindre le parti social-démocrate, arguant que l’indépendance n’est pas la solution aux problèmes de la Catalogne.

Cependant, le CDC a changé de nom pour devenir le Parti catalan démocratique européen (PDeCAT) afin (1) d’éviter les comparaisons avec l’ancienne coalition CiU, qui avait été critiquée pour son énorme passé de corruption et de fraude et (2) de donner au parti une image plus centriste et pro-indépendance. Le parti a fait campagne pour le référendum de 2017, et les événements qui se sont produits après le vote ont eu un impact important sur la direction du parti.

De nombreux dirigeants du PDeCAT étaient liés à la tradition de droite du CDC, ce qui a contrarié les prétentions de Puigdemont de donner au parti un renouveau « de gauche ».

Il a fondé Junts per Catalunya en juillet 2018, accompagné par des leaders connus de la société civile tels que les Jordis (Jordi Sánchez et Jordi Cuixart), et a réussi à réunir des membres dissidents d’Esquerra, du PSC et même de la CUP.

La direction du PDeCAT, bien que réticente au début, a fusionné avec le mouvement centriste de Puigdemont, ainsi qu’avec d’autres partis politiques mineurs (Action pour la République, Les Verts, Rassemblement pour l’Indépendance, Démocrates, etc.). Junts a été défini comme un parti populiste, centriste et nationaliste catalan.

Ce type de parti fait appel au transversalisme dans l’ensemble du spectre politique, en échap-pant à une conceptualisation gauche-droite. Junts est un parti au pouvoir pro-indépendance dans un État démocratique libéral occidental typiquement constitué, qui ne fera jamais pression pour une république de la classe ouvrière basée sur un modèle économique socialiste.

Junts est devenu un parti radical de centre-gauche très critique envers l’État espagnol et l’idéologie conservatrice que partagent les partis espagnols, mais moins envers la gestion désastreuse des services publics au niveau catalan. Il est donc très probable que la bourgeoisie catalane fera encore confiance à Junts pour former un gouvernement dans la nation.

L’ERC peut devenir le nouveau PSC lors des élections 

Les deux partis de gauche du bloc indépendantiste ont certainement plus de désaccords que de points d’unité. Esquerra, ou ERC par ses initiales en catalan, est un parti social-démocrate à tendance progressiste, et au discours républicain pertinent, refusant d’accepter les termes de la monarchie espagnole et le système oligarchique bipartite autour du PP et du PSOE (qui a maintenant été brisé par la naissance de Podemos, C’s et Vox).

Cependant, son langage sur l’autodétermination évoque une conception individualiste des droits du peuple à décider de son avenir, une vision nationaliste libérale qu’il partage avec Junts. En réalité, le nationalisme de l’ERC n’est qu’un moyen pour parvenir à une fin – leur but ultime est de créer une République catalane basée sur les principes du républicanisme espagnol.

Il est maintenant plus clair que jamais qu’une République espagnole est impraticable en raison de la résistance des grandes partis à simplement organiser un référendum sur cette question et de l’absence d’un seul parti nationaliste espagnol faisant campagne pour l’abolition de la monarchie.

Les républicains traditionnels étaient à Izquierda Unida (Gauche unie d’origine Communiste blog), qui est maintenant presque morte et soumise à la direction de Podemos.

L’ERC a toujours été composée de personnes d’horizons idéologiques différents au sein de la gauche catalane, jusqu’aux années 1980, lorsqu’elles ont commencé à reconnaître la nécessité de gagner un État indépendant en Catalogne, plutôt que de poursuivre le fédéralisme.

Ce passage à une position ouvertement nationaliste a éloigné du parti ceux qui ne voulaient pas de l’indépendance, rejoignant soit le PSC, soit Esquerra Unida (la branche catalane de la Gauche unie).

Depuis le référendum, avec l’exil de la dirigeante de l’ERC, Marta Rovira, le vice-président du gouvernement catalan, Pere Aragonés a pris le contrôle du parti et, contrairement à la politique radicale de continuité de l’indépendance de Torra, il a essayé de calmer les nationalistes en donnant un nouveau tour à la réponse fédéraliste. L’administration centrale espagnole a offert à l’exécutif catalan un siège à la table des négociations, ce que l’ERC a accepté.

Le problème est que l’accord entre le gouvernement du PSOE et l’ERC lie le parti républicain à Pedro Sánchez et à sa politique, puisque le parti catalan l’a soutenu en tant que premier ministre après les élections générales de novembre 2019.

Junts et le CUP se sont plutôt abstenus de ce dialogue. La décision stratégique actuelle de l’élite du parti est axée sur « l’élargissement de la base du parti » à un plus grand nombre de membres, qui comprend non seulement les nationalistes et les indépendantistes, mais aussi l’aile catalaniste du PSC, les communistes, les écologistes et les anciens affiliés de Podemos.

Nous pourrions voir cela comme une tentative de construire un front catalaniste plus large composé de sociaux-démocrates, de socialistes libéraux, d’écologistes et d’eurocommunistes pour obtenir les votes de l’électorat traditionnellement orienté vers le PSC. L’ERC peut devenir le nouveau PSC lors de l’élection.

La CUP est la formation alternative de gauche qui cherche à remettre en cause l’ancienne social-démocratie.

Les « cupaires », comme on les appelle en catalan, sont des anticapitalistes, des féministes, des écosocialistes et des indépendantistes. Il existe différents caucus au sein des membres (anarchistes, trotskystes, marxistes-léninistes, etc.), et leur organisation structurelle est assez démocratique.

La CUP est actuellement en train de changer de direction depuis l’exil d’Anna Gabriel, la dirigeante du CUP au moment du référendum, qui a été accusée de « sédition » par la Cour suprême espagnole, tout comme Puigdemont et d’autres hommes politiques catalans.

Ils ont connu des moments difficiles en essayant de regagner la confiance des électeurs de gauche sous la direction du sociologue Carles Riera, avec lequel leur performance électorale a subi de grosses pertes en 2017 et les a contraints à partager un groupe parlementaire avec le PP parce qu’il n’était pas assez important pour créer un des leurs (nécessitant six représentants).

Le PSC a deux types d’électorats différents : la classe moyenne anti-indépendance de Barcelone et de Tarragone, et la classe ouvrière de Gérone et de Lérida.

En bref, ils s’adressent aux oligarchies de deux provinces tout en conservant une rhétorique progressiste. Ce passage de gauche à droite ne s’applique qu’à la question nationale, c’est-à-dire qu’il s’agit toujours d’un parti social-démocrate sur le plan économique, mais plus catalaniste, car il a intégré une forte politique anti-indépendance et une idéologie nationaliste espagnole. En changeant de cap, le PSC tentera de regagner son électorat perdu face aux C (Citoyens de Manuel Valls blog) en 2017. Le courant libéral est maintenant plus pertinent et a plus de capacité que jamais au sein de la formation.

Les sondages montrent une forte baisse des Cuidadans, 13 à 15 sièges, contre 36 de 2017. Les sondages prédisent également une victoire étroite du PSC ou de l’ERC, avec 30-35 sièges pour chaque parti.

Podemos-EU-Equo et PP conserveraient entre sept et douze sièges. Nous assisterions à une montée de  la CUP ; le parti obtiendrait de huit à 14 sièges (il en a quatre depuis 2017). Vox obtiendrait entre six et dix représentants, ce qui constituerait une grande avancée en Catalogne.

Il sera très difficile de former des alliances.

Si le PSC remporte les élections, l’obligation de développer des accords avec l’extrême droite pour obtenir une majorité pourrait remettre en question les possibilités d’un bloc unioniste.

De la même manière, l’ERC et Junts auront besoin d’un accord (y compris de la CUP) pour retrouver leur majorité parlementaire. Les deux partis sont actuellement en conflit et prennent des directions opposées sur le plan idéologique et stratégique.

Une coalition CUP-ERC est tout à fait possible. Ce que nous pouvons anticiper, c’est la fin du processus d’indépendance entamé en 2014-15.

Dictionnaire:

Le catalanisme :

Idéologie qui désigne la défense de l’autonomie catalane au sein de l’État espagnol, il a été développé autour de la première moitié du 20e siècle par les premiers nationalistes qui ne soutenaient pas l’autodétermination mais pensaient que l’Espagne devait être un pays décentralisé.

Nationalisme catalan :

Idéologie qui identifie la Catalogne comme une nation ayant des droits inaliénables tels que l’autodétermination au sein de l’État espagnol.

Indépendance catalane :

L’idéologie qui défend la Catalogne devrait être un État indépendant en dehors de l’Espagne.

Transversalisme :

Stratégie politique qui, à l’opposé de la politique identitaire, entend représenter chaque groupe de la société sans distinction de classe, d’idéologie, de nationalité, de race ou de sexe.

Régionalisme :

Idéologie qui défend les politiques d’autonomie régionale et de décentralisation au sein d’un État.

Republished from Republican Socialist Platform.

12th February 2021 Lorena Serantes

https://socialistresistance.org/

 

 

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