Archive | Antimilitarisme

15 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

état policier (npa)

26 mai

État policier

En marche contre la montée de la contestation sociale

Retour sur l’année 2018. Face au mouvement des Gilets Jaunes et à la mobilisation lycéenne de ces deux derniers mois, une impression d’inédit se dégage lorsqu’on fait le bilan de l’arsenal répressif utilisé par le pouvoir en place. C’est sans doute d’abord le terrible décompte des victimes physiques de la violence policière qui est sidérant.
.
Une femme de 80 ans est morte à Marseille, touchée chez elle en pleine face par un tir tendu de grenade lacrymogène. Parmi les manifestants en gilet jaune, au moins quatre ont eu la main arrachée par une grenade GLI-F4, et au moins dix ont été éborgnés par un tir de flash-ball. Des centaines d’autres ont été blessés dans leur chair, souvent gravement, dont trois lycéens, à Grenoble, Garges-lès-Gonesse et Saint-Jean-de-Braye, aux tous premiers jours de la mobilisa-tion, par des tirs de flash-ball en plein visage. Mâchoires fracassées, dents brisées, joues trouées pour ces jeunes de 16 à 17 ans qui ­manifestaient devant leur lycée !
 .
Une police armée pour la guerre
.
La « grenade lacrymogène instantanée» GLI-F4 est mal nommée car elle est très peu lacry-mogène mais surtout explosive et assourdissante. Depuis le retrait, en 2017, de la grenade F1 qui avait tué Rémi Fraisse à Sivens, elle est la grenade la plus puissante de la panoplie des gendarmes mobiles.
.
Elle contient une charge explosive de 25 grammes de TNT, ce qui fait d’elle une arme de guerre. La France est le seul pays d’Europe à l’utiliser pour des opérations de police. Le flash-ball ou    « lanceur de balle de défense », LBD 40, est lui aussi une arme mutilante, et le nombre exponen-tiel de mutilés au visage démontre que les policiers visent désormais délibérément cette partie du corps.
.
À Paris, le préfet de police avait pourtant annoncé, en décembre 2017, avoir « pris la décision d’interdire l’usage du LBD 40 dans les opérations de maintien de l’ordre, au regard de sa dange-rosité et de son caractère inadapté dans ce contexte ». Un an plus tard, cela n’a visiblement plus cours puisque, pour la seule journée du 1er décembre, le ministère de l’Intérieur annonçait le tir de 1 193 « projectiles en caoutchouc » dans la capitale !
.
Le flash-ball est né dans le cadre des guerres coloniales en Irlande du Nord et en Palestine. En France, il s’est d’abord répandu au début des années 2000 au sein de la BAC, ces unités « com-mandos» de la police chargée des quartiers populaires.
.
Puis son usage s’est généralisé dans la répression des mouvements sociaux hors des quartiers populaires depuis les années 2010. Comme dans le cas de l’usage des grenades explosives, on assiste, avec l’avènement de l’ère sécuritaire assumée par les gouvernements successifs depuis une dizaine d’années, à une banalisation de la mutilation dans les arsenaux d’État.
.
Un arsenal juridique au service de l’État fort
.
L’État violente, mutile et, en outre, contraint et condamne de manière de plus en plus dispro-portionnée toutes celles et ceux qui contestent l’ordre établi. La panoplie utilisée est, là aussi, large.
.
Il y a ainsi toutes les procédures de restriction des libertés fondamentales décidées par l’autorité administrative, qui sont la conséquence directe de l’intégration de dispositions relevant de « l’état d’urgence » (donc censées être limitées dans le temps) dans la loi ordinaire depuis le 1er  novembre 2017.
.
Ainsi, le dispositif établi autour des Champs-Élysées lors des samedis de décembre est celui dit « des zones de sécurité », qui permet d’installer des contrôles renforcés sur une zone détermi-née, comme des contrôles filtrants pour accéder à la zone en question ou encore la fouille au corps des individus souhaitant  y entrer.
.
L’interdiction des manifestations et la criminalisation de celles et ceux qui veulent y participer sont également de plus en plus courantes. Ainsi à Nancy le 8 décembre, Florent Compain, président des Amis de la Terre France, a été arrêté, puis placé en garde à vue pour avoir maintenu la marche pour le climat, malgré un arrêté préfectoral d’interdiction. Denys Crolotte, militant du Mouvement pour une alternative non-violente (MAN), a subi le même sort et fait lui aussi l’objet d’une enquête préliminaire. Ce sont des arrestations punitives ciblées.
.
À une autre échelle, c’est l’utilisation de l’article 222-14-2 du Code pénal qui fait des ravages. Les milliers de personnes arrêtées de manière préventive avant les manifestations le sont sur la base de cet article, qui sanctionne d’une peine d’un an de prison et de 15 000 euros d’amende le fait de « participer sciemment à un groupement, même formé de façon temporaire, en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, de violences volontaires contre les personnes ou de destructions ou dégradations de biens ».
.
Cette infraction a été introduite en 2010, sous Nicolas Sarkozy, dans le cadre de la lutte contre les « casseurs ». C’est ce que l’on appelle une « infraction-obstacle », dont le but est de permet-tre l’interpellation d’une personne avant qu’elle ne commette le moindre délit. Désormais, le simple fait de posséder un masque à gaz ou un casque justifie une arrestation…
.
Et pour celles et ceux qui tombent dans le filet des comparutions immédiates pour la simple possession d’objets assimilés à des « armes par destination », c’est souvent la prison ferme ou avec sursis, même pour des personnes n’ayant jamais fait l’objet de condamnations antérieures.
.
Un cas parmi tant d’autres 
.
Jérôme, 26 ans, intérimaire, venu de la Nièvre manifester à Paris le 1er décembre, a écopé de 3 mois de prison avec sursis après avoir été interpellé en possession d’un masque de ski, d’un casque de vélo, de cinq fioles de sérum physiologique et d’un lance-pierres ! Et on peut désor-mais être condamné à de la prison pour avoir bloqué sa fac et participé à des assemblées géné-rales, comme les deux étudiants de Nanterre, Victor et Roga, dont le procès en appel aura lieu dans quelques mois. Ou bien pour avoir aidé des migrants à franchir les cols des Alpes comme les 3 + 4 de Briançon !
.
La violence d’État, agent de la violence sociale
.
D’un côté, des lycéens forcés à rester agenouillés les mains sur la tête pendant plusieurs heures, de l’autre des policiers choyés par une augmentation de salaire, et toujours plus encouragés à la violence, à tel point que certains se mettent à sortir leur arme à feu en pleine manifestation.
.
D’un côté une contestation sociale qui s’élargit, de l’autre un pouvoir au ­service des riches et des patrons, qui n’a plus que la répression comme réponse. La criminalisation de la contestation sociale est l’arbre qui cache la forêt de la criminalisation de l’exclusion sociale. La nombre de prisonniers en France vient encore de battre un nouveau record : plus de 71 000 ! Dont 1 500 dorment par terre car les prisons sont surpeuplées… L’État sécuritaire et autoritaire est décidément l’arme ultime de ceux qui veulent ­préserver le monde capitaliste pourrissant.
.
Marie-Hélène Duverger dans l’hebdo L’Anticapitaliste n° 457 (05/01/19)
.

Lire la suite

14 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

pologne (à l’encontre.ch)

kuron

La Ligue Communiste ancêtre du NPA diffusait « La lettre au POUP »

Pologne. Karol Modzelewski

«On a connu une liberté vécue activement, combativement et collectivement»

Vous avez été élevé dans une famille pro-régime soviétique. Votre père adoptif, Zygmunt Modzelewski (1900-1954), a été, à l’issue de la guerre, le ministre des Affaires étrangères de ce qui deviendra la République populaire de Pologne. Comment s’est opéré le renversement qui va faire de vous l’un des principaux opposants polonais?

J’ai commencé mon parcours politique en découvrant la vérité sur le stalinisme. Personne ne parlait politique avec moi à la maison. Mais j’étais curieux, et j’ai commencé à entendre des choses. Et puis, en 1956, alors que j’étais étudiant, il y a eu le 20è congrès. Ç’a été un choc immense. Les gens ne savaient pas. On n’osait rien dire. Et, à ce moment-là, on voulait encore croire au communisme.

La conclusion, pour moi et ceux de ma génération, comme Jacek Kuron [1934-2004], mon ami le plus proche, a été que les idéaux étaient bons, mais que le système était absolument intolérable. Il fallait donc le renverser. Comment? Moyennant une révolution. C’est ce qu’on appelle, dans la pensée communiste, le révisionnisme, terme très proche de la notion religieuse d’hérésie: on conteste la version ecclésiastique de la foi au nom de la foi elle-même, de sa pureté. Nous avons créé, avec une centaine de jeunes cadres, un groupe révisionniste à l’université de Varsovie, où j’ai reçu ma première formation politique consciente.

Quelles ont été les conséquences du 20è congrès en Pologne ?

La révolution dont nous rêvions a été démontée, à peine amorcée, par Wladyslaw Gomulka [le premier secrétaire du POUP,  Le Monde], qui a conduit une libéralisation très limitée, avec pour effet de transformer la dictature totalitaire stalinienne en dictature communiste autoritaire. C’est une distinction qui est utile quand on est à Sciences Po. Mais elle est très pratique aussi lorsqu’ on y est confronté. Dans la dictature autoritaire, tant que vous ne contestez pas le régime, vous pouvez vivre en paix. On n’exige de votre part aucune orthodoxie idéologique. Résultat: la majorité choisit de pas contester. Le conformisme règne.

Avez-vous eu la tentation du conformisme? Vous auriez pu vous consacrer paisiblement au Moyen Age…

J’étais trop en colère. Le pouvoir avait tué dans l’œuf une révolution à laquelle je m’identifiais. Je me sentais opposant, sur tout. Il est vrai que, lorsque je suis devenu doctorant et maître assis-tant à l’université de Varsovie, je me suis dit que je pouvais abandonner un peu l’activité politi-que, pour me consacrer à la recherche. Mais, en 1961, j’ai obtenu une bourse d’un an pour aller étudier à Venise. Et là j’ai vu la liberté, une liberté qu’on pouvait toucher du doigt.

Je me souviens d’une grève, à l’université. Le recteur est sorti de son bureau, s’est assis au milieu des étudiants grévistes, et il s’est mis à discuter, cherchant un compromis sans dire aux étudiants qu’ils se livraient à une contre-révolution, un attentat contre le régime, etc. Je me suis senti jaloux. Quand je suis revenu, j’éprouvais plus que jamais le désir d’arracher le bâillon qu’on nous avait collé sur la bouche.

J’ai repris contact avec mon ami Jacek Kuron, et nous avons commencé à conspirer ensemble. C’est alors, en 1964, que nous avons rédigé, tous les deux, la Lettre ouverte au parti. (Une lettre ouverte qui fut diffusée à l’époque par le courant «trostkyste» : JCR et LC) Elle contenait toutes les critiques possibles du régime et dessinait le programme d’une démocratie ouvrière pluraliste, libre. Nous avons fini par être arrêtés. J’ai été condamné à trois ans et demi de prison, Jacek à trois ans.

Quel a été le destin de ce texte ?

Il a été porté en Occident, notamment à Paris, où il a été publié, en polonais, par les Editions de l’Institut littéraire de Paris, c’est-à-dire dans le milieu de l’intelligentsia polonaise critique envers le régime, et en français par François Maspero. J’ai su que les Jeunesses Communistes Révo-lutionnaires  le colportaient. Puis, il a été lu, en polonais, sur l’antenne de Radio Free Europe, ce qui a permis de le faire connaître dans les pays de l’Est. Ce qui m’a fait particulièrement plaisir, c’est qu’il a été traduit en tchèque et ouvertement publié en Tchécoslovaquie en 1968, pendant le «printemps de Prague», avec un gros tirage.

Quelle ligne politique y défendiez-vous?

En gros, nous prenions nos distances aussi bien avec la dictature communiste qu’avec la démo-cratie parlementaire à l’occidentale, au profit d’une démocratie de conseils ouvriers, fondée sur un agencement entre les niveaux locaux et le niveau national, avec éventuellement, en parallèle, un Parlement élu. Mais les conseils étant l’expression de la classe ouvrière organisée, c’étaient eux, et non le Parlement, qui devaient être importants. Voilà notre programme.

Vous vous en êtes progressivement éloigné…

Après notre libération, en 1967, nous nous sommes éloignés de beaucoup de choses. Concrè-tement, d’abord, puisque, en 1968, Jacek Kuron et moi avons été arrêtés pour la deuxième fois, nous resterons encore trois ans et demi en prison. Mais, surtout, la mésaventure de nos amis tchécoslovaques nous a fait changer notre manière de penser la situation internationale. Nous croyions innocemment que, étant internationale par nature, la révolution, une fois commencée quelque part dans l’empire soviétique, allait atteindre la Russie elle-même.

L’écrasement du «printemps de Prague» par l’intervention soviétique nous a appris que c’était une utopie. Il fallait donc procéder d’une autre manière, chercher plutôt des changements partiels, peut-être tolérables pour Moscou, et essayer d’avancer ainsi. La révolution, mais auto-limitée par les exigences du réalisme.

En 1980, la grande grève débute au chantier naval de Gdansk, et ce qui de-viendra le syndicat Solidarité commence à s’organiser. Avez-vous hésité à rejoindre le mouvement?

Non. C’était irrésistible. Il a fallu suivre. La liberté avait conduit le peuple aux barricades. Je devais suivre le peuple. Et m’intégrer au mouvement du peuple de manière à y apporter la dose nécessaire de raison.

Vous êtes donc allé à Gdansk…

Oui, mais à cause d’un malentendu. On m’avait dit que les conseillers du comité de grève, où l’on commençait à réfléchir à la création d’un syndicat libre, voulaient m’avoir auprès d’eux. Or j’étais connu comme un type qui voulait renverser le régime, ce qui faisait de moi un allié dangereux. De fait, lorsque je suis arrivé au chantier naval, Bronislaw Geremek [1932-2008] et Tadeusz Mazowiecki [1927-2013] m’ont tout de suite expliqué que ce n’était pas une bonne idée. Je comprenais parfaitement.

Je suis rentré à Wroclaw, où il y avait aussi une grève. Je n’y suis pas allé: j’avais compris la leçon. Mais, une fois la grève terminée, on m’a appelé au comité de grève, devenu comité de fondation du syndicat, et on m’a envoyé à Gdansk avec un projet de statuts. Là, j’ai vu avec horreur que nos amis, à rebours de ce que je venais proposer, ne prévoyaient que deux échelons syndicaux: celui de l’usine et celui de la région, avec rien au-dessus.

Cela signifiait qu’on préférait créer plusieurs syndicats régionaux plutôt qu’un grand syndicat national. J’ai essayé d’expliquer que c’était suicidaire. C’est à cette occasion que j’ai vu Lech Walesa pour la première fois. Il n’a pas voulu me répondre. Il disait qu’il avait un énorme mal de tête. Il était visible que les gars de Gdansk avaient peur de créer une trop grande force qui, inévitablement, aurait dû affronter une autre grande force: le parti qui dirigeait le pays.

Peu de temps après, Solidarité, qui ne s’appelle pas encore ainsi, organise une réunion nationale des représentants des comités régionaux. On est en septembre 1980. Quelle tendance l’emporte?

Au début, les jeux semblaient faits en faveur de la ligne de Gdansk. J’étais présent comme président de la délégation de Wroclaw. Il a fallu combattre. La majorité des délégués présents étaient de mon côté: ils voulaient un syndicat national. Ils savaient que, sans unité, ils seraient écrasés l’un après l’autre par les autorités. J’ai pris la parole. J’ai défendu l’unité nationale. Ma motion a été approuvée par acclamation.

Quelle a été la position de Walesa?

Il a été pour: il s’est retourné au dernier moment. Son mal de tête s’était dissipé lorsqu’il avait compris qu’il allait devenir le chef de ce syndicat national. Sa plus grande conviction jusqu’à aujourd’hui est celle de sa grandeur. S’il n’a jamais craqué, s’il ne s’est jamais laissé soumettre par les autorités, c’était parce que ça aurait été contraire à sa grandeur. Cette grandeur n’était d’ailleurs pas une invention. Il était destiné au rôle qu’il a joué.

Les foules d’ouvriers polonais, en très grande partie venus des campagnes, se reconnaissaient dans cet ancien paysan qui n’incarnait pas tellement la culture prolétarienne, mais plutôt la cultu-re paysanne traditionnelle polonaise. C’était quelque chose d’ahurissant. Il savait s’adapter à la foule. C’est ce qu’il a fait pendant cette réunion nationale. J’ai plusieurs fois été furieux contre lui, mais je savais que personne n’aurait pu prendre sa place. C’était impossible.

Quand, en janvier 1982, après le coup d’Etat militaire et la proclamation de la loi martiale, il s’est retrouvé en isolement dans une villa sécurisée près de Varsovie, il a complètement rejeté, mal-gré des pressions de toute nature, ce qu’on appelait au ministère de l’intérieur le «plan renais-sance», c’est-à-dire la renaissance de Solidarité comme fantoche à la main du parti. C’était le moment-clé. Après ça, pour dire qu’il a été complice du régime, il faut énormément aimer le mensonge.

C’est lors de la même réunion nationale, en 1980, que vous imposez le nom «Solidarité».

Dans le train du retour, après mon premier passage à Gdansk, j’avais vu, sur le mur d’une énorme usine, une grosse pancarte rouge avec des lettres blanches, le genre de pancartes sur lesquelles, d’habitude, on lisait : «Le programme du parti, c’est le programme du peuple.» Là, il y avait: «Solidarité». Cela voulait dire que leur grève était la même que celle de Gdansk, et qu’ils ne la finiraient que quand ils triompheraient tous. Ce mot m’avait impressionné. En 1980, la nuit qui a précédé la réunion nationale, j’y ai soudain repensé, en écrivant la motion que j’allais présenter. C’est là que j’ai décidé de proposer ce nom pour notre mouvement.

Le début de l’état de siège, le 13 décembre 1981, et votre arrestation à tous marquent la fin de ce que vous appelez « la grande Solidarité »…

L’intimidation, à partir de l’instauration de la loi martiale, a été très forte. Il y avait des chars dans les rues, des patrouilles partout, des affiches qui menaçaient de la cour martiale en cas de grève.  J’ai été marqué par ce que m’a raconté un ouvrier, plus tard. Son usine, comme quel-ques  autres, s’était quand même mise en grève. Un char de l’armée est alors venu, a fait un trou dans le mur de l’usine, à travers lequel quelque 700 hommes armés de fusils automatiques sont entrés dans la grande halle de production.

L’officier en chef a crié: «Sortez! » Silence. «Vous ne sortez pas?» Silence. Il a donné l’ordre aux soldats de charger leurs armes. Les ouvriers ont vu les canons des fusils se dresser vers eux. Au bout d’un moment, un ouvrier s’est levé, puis un autre, et tout le monde a fini par se laisser conduire à la porte de l’usine. Certains ont été arrêtés. La plupart ont été renvoyés chez eux, avec l’ordre de se présenter gentiment au boulot le lendemain matin.

Tous ces gens, qui s’étaient comportés avec un courage inouï, ont changé d’un coup leur vision d’eux-mêmes. Ils avaient cédé devant la force armée. Et ça, ça vous brise la colonne vertébrale. On peut dire que, en tant que mouvement ouvrier de masse, Solidarité, qui a compté jusqu’à 9,2 millions d’adhérents, a été détruit à ce moment-là. Il ne restait plus qu’une résistance clandesti-ne, qui comptait plus d’intellectuels que d’ouvriers. Un autre visage est apparu alors, et un autre langage: un langage d’anticommunisme dur, qui était absent auparavant.

Jusque-là, le mouvement était resté proche de votre rêve initial…

Oui. Solidarité était un enfant illégitime du parti communiste et de l’église catholique. Ce qu’il revendiquait, c’était: «Tenez enfin vos promesses!»

En croyant à ces promesses ?

Non, sans y croire, mais en exigeant quand même, avec force, qu’on les mette à exécution. Ensuite, c’est devenu une conspiration anticommuniste de cadres.

Dans quelle mesure?

Parce que Solidarité, c’était une action de masse, et que c’est cela qui avait disparu. On pouvait aller voter, après 1989, pour les candidats du comité civique de Solidarité. Mais c’était tout.

Y avait-il d’autres choix économiques possibles?

Je ne sais pas. Mais les gens qui conduisaient la transformation ne le savaient pas davantage, tout en affirmant le contraire. Le passage du système communiste au capitalisme contemporain s’est fait d’une manière particulièrement dure. Tous les gens qui se sont considérés comme les perdants de cette grande mutation systémique se sont peu à peu convaincus que la démocratie n’est qu’une construction mensongère qui couvre une dictature des élites. Ce qui est, aujour-d’hui, la phraséologie de Droit et Justice (PiS).

Comment jugez-vous son action?

C’est un parti qui, d’une manière très cohérente, construit un Etat policier. Ils font tout ce qu’il faut pour détruire la démocratie, en s’en prenant, en particulier, aux tribunaux. Pour avoir un Etat policier, il faut que les juges soient des marionnettes. Ils ont d’ailleurs fait la même chose avec les médias.

Est-il encore possible de les empêcher d’atteindre leur but?

Je pense que, aux prochaines élections législatives, ils gagneront sans avoir besoin de falsifier les bulletins de vote. Ce qu’ils ont fait pour leur base sociale, la Pologne populaire, que des années de politique ultralibérale ont paupérisée, le leur permettra. Par exemple, les «500 en plus»: chaque famille reçoit, pour le deuxième enfant et chaque suivant, 500 zlotys, 120 euros environ, ce qui représente beaucoup en Pologne.

Comment le gouvernement traite-t-il la mémoire de Solidarité?

Il cherche à la détruire. Il fait tout ce qu’il peut pour calomnier Walesa et monte de toutes pièces des accusations de corruption contre d’autres figures du mouvement. On ne crée pas un Etat policier en maintenant vivace le souvenir du temps où un peuple entier s’est redressé et a affronté la dictature.

Comment vous traitent-ils, vous?

Je ne sais pas. Je m’en fiche. Est-ce que le pouvoir peut faire quelque chose contre moi ? Qu’ils essayent! (Résumé voir lien)

Karol Modzelewski, né en 1937, est historien, spécialiste du Moyen Age. Mais c’est comme figure centrale de la dissidence polonaise au régime communiste, des années 1960 à la création du syndicat Solidarité («Solidarnosc», en polonais), qu’il s’est fait connaître du monde entier. La parution en français de ses Mémoires, Nous avons fait galoper l’histoire (publiés en Pologne en  2013), offre l’occasion de revenir avec lui sur les étapes de ce long combat pour la liberté, dont le souvenir, dans une Pologne désormais aux mains de nationalistes du parti Droit et Justice [Prawo i Sprawiedliwosc, PiS, des Kaczynskyi, créé en 2001], se révèle plus vital que jamais.

(Entretien publié dans le quotidien Le Monde, en date du 4 janvier 2019)

Alencontre 14 janvier 2019 Florent Georgesco

http://alencontre.org/

Lire aussi:

Jacek Kuron, rebelle polonais (Le Monde)

Le 20è congrès du Parti communiste de l’Union soviétique (Wikipédia)

Tchécoslovaquie. «Discours de Ludvik Vaculik au quatrième Congrès des Ecrivains tchécoslovaques» (A l’Encontre.ch)

Le rapport qui ébranla l’Union soviétique (Que Faire?)

Lire la suite

12 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

valls (révolution permanente)

le_dictateur_valls

Ciudadanos, parti ami de Valls et de Macron

Se rapproche toujours plus de l’extrême droite

Manuel Valls, dont la politique au gouvernement de Hollande n’avait déjà rien à voir avec une politique de gauche, est de nouveau mis en difficulté pour la mairie de Barcelone.

Et pour cause: le parti soutenant sa candidature, Ciudadanos, que Valls qualifiait de « progressiste », vient de s’allier avec le parti d’extrême droite Vox après les élections au parlement andalou. Une position dure à justifier pour Valls, mais également pour Macron, qui avait également donné son soutien au parti libéral pour lutter contre l’indépendantisme Catalan.

Déjà très critiqué par l’opposition pour ses positions réactionnaires et son usage brutal des forces de répression en France alors qu’il était ministre de l’intérieur, Manuel Valls était déjà très bas dans les sondages en octobre dernier, ne recueillant que 30 % (tant que çà? le blog) d’opinions favorables. Si ce dernier a réussi à obtenir des soutiens, c’est uniquement dû à ses positions très marquées contre l’indépendantisme catalan, centrales pour la bourgeoisie espagnole au vu du mouvement de masse pour l’indépendance ayant eu lieu fin 2017.

Une position qui lui a permis d’obtenir le soutien officieux d’Emmanuel Macron, ainsi que de Ciudadanos, bien que ce dernier regrette en coulisses le fait que Valls « se la joue solo » dans les élections pour la mairie de Barcelone.

Après une entrée en force du parti d’extrême droite Vox au parlement andalou, recueillant 10,9 % des voix et obtenant 12 sièges de députés sur 109 (une première depuis la chute du franquisme), Macron et Valls espéraient créer une sorte de « front républicain » pour tenter d’entraver la progression du parti d’extrême droite.

C’est en réalité l’inverse qui s’est produit, Ciudadanos ayant choisi de s’allier au Parti Populaire et à Vox dans un « front anti-gauche » pour le contrôle du parlement andalou, contre le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) au pouvoir depuis 36 ans en Andalousie.

Les dirigeants de Ciudadanos, qui ont dû se rendre compte qu’ils misaient sur le mauvais cheval en soutenant la candidature pour la mairie de Valls, vont maintenant dans le sens opposé que celui-ci avait décidé de défendre. En effet, celui-ci avait déclaré que « toute coalition est légitime, sauf avec des forces qui violent la constitution » au sujet du parti d’extrême droite. Raté.

Bien que s’étant recentré sur la droite dernièrement, le parti Ciudadanos n’a rien de l’image « progressiste » que tentait de lui donner l’ancien premier ministre Français : ses représentants se sont notamment prononcés contre l’immigration, et en faveur de l’abrogation de textes de lois contre les violences sexistes.

Une surenchère réactionnaire au sein de laquelle Vox tient la pôle position, proposant par exemple d’interdire les partis indépendantistes ; le pont entre ces deux partis, bien que n’étant pas écrit d’avance, semble en réalité cohérent au vu des nombreuses positions réactionnaires que ces deux partis ont en commun.

Valls risque de subir une défaite cuisante, mais Emmanuel Macron n’est pas en reste : lui qui se rêvait leader des soit disant « progressistes » européens face à l’extrême droite, est de plus en plus isolé, et le revirement de Ciudadanos auquel celui-ci avait accordé son soutien, est une nouvelle épine dans le pied de son projet européen.

Martin Leroye Vendredi 11 Janvier

http://www.revolutionpermanente.fr/

Lire la suite

12 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

amazigh (liberté.dz)

amamz

Le triomphe de l’Algérie algérienne

Lentement mais sûrement, la cause amazighe continue de grappiller des espaces et d’engranger des acquis qui étaient, jusqu’à un passé récent, du domaine de l’utopie, presque.

Et pour cause. La nature du régime post-indépendance, moulé dans l’une des plus dures idéologies de l’arabo-islamisme contemporain, importé d’Orient, ne laissait aucune place aux expressions linguistiques et culturelles profondément algériennes.

Tout était donc mis en œuvre, y compris les moyens les plus violents, pour étouffer ces voix de la résistance qui n’étaient mues que par un irrépressible désir de liberté et d’émancipation citoyenne. Le cheminement du combat identitaire reste, en effet, émaillé d’épisodes tragiques avant même l’indépendance du pays.

Certains courants du mouvement national sous l’emprise des influences moyen-orientales, s’offusquant que des militants de la cause nationale réclament une place pour l’amazighité, étaient allés jusqu’à déclarer la guerre aux concernés.

Ces derniers ont fini par payer de leur vie leur aspiration à une Algérie plurielle. Exécutions, tortures, interdictions, menaces… tout était mis en branle pour faire taire toute expression identitaire.

Mais c’était compter sans la témérité et la détermination de générations successives de militants qui ont continué, dans la clandestinité et contre vents et marées, notamment durant les trois premières décennies de l’indépendance du pays, à porter la revendication.

Loin de freiner les ardeurs du mouvement, la répression à laquelle ont recouru les différents pouvoirs, fût-elle la plus brutale, a, bien au contraire, contribué à forger la conscience politique d’immenses masses populaires. Et du moment que l’affaire n’était plus seulement celle de quelques centaines de militants, disséminés çà et là, mais de millions d’hommes, de femmes et même d’enfants, la cause ne pouvait que finir par être entendue.

Et ce message, le régime en place l’a visiblement bien assimilé, comme le montrent les différentes mesures matérialisant la reconnaissance officielle de ce pan fondamental de l’identité nationale.

Ce qu’il faut surtout retenir dans ce long et laborieux cheminement, c’est le caractère pacifique qui a toujours marqué la lutte identitaire. Les militants qui l’ont portée ont toujours su éviter les pièges qui leur étaient tendus par le régime pour les pousser à l’erreur fatale. Couronnement de cette résistance pacifique, la célébration de l’amazighité n’est plus aujourd’hui l’apanage des militants et du mouvement associatif ou d’une région précise, quand bien même la Kabylie aurait toujours été à l’avant-garde et aurait montré le chemin.

https://www.liberte-algerie.com/

Commentaire sur la carte: Toutes ces lagues de même origine ne sont pas intercompréhensibles.

Lire la suite

12 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

syrie (essf)

laicite

Notre camarade Joseph Daher, revient sur un thème courant à gauche : la Syrie d’Assad serait « mieux » car « laïque »

La Syrie sous Assad, laïque ?

La Syrie est peut-être diverse sur le plan religieux et ethnique, mais l’État n’est pas laïc. Le régime de Bachar al-Assad ne fait pas exception. La constitution de 2012 stipule que le président doit être un homme musulman ou que « la principale source du droit est la charia » [8].

La Syrie a également huit lois différentes sur le statut personnel, chacune étant appliquée en fonction de la confession religieuse des individus [9]. Ces lois prévoient également des discriminations majeures à l’égard des femmes.

En 2010, plusieurs membres du clergé islamique, tels que Cheikh Osama Rifai, qui est mainte-nant en exil pour s’être opposé au régime et a mis en place le Conseil islamique syrien, et Cheikh Ratib al-Nabulsi, qui ne s’est pas opposé au régime, ont dépeint le rôle du Comité pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) comme une« menace grave pour la vie, la morale et les valeurs religieuses des Syriens », tout en soutenant les nombreuses réserves formulées par le régime concernant les principales dispositions de la Convention face à l’opposition des mouvements féministes syriens.

Par exemple, des réserves ont été formulées à l’égard de l’article 2 de la CEDAW, qui oblige notamment les États qui ont signé la convention à inscrire le principe de l’égalité entre les hommes et les femmes dans leurs constitutions nationales et autres textes législatifs, et à garantir, par la loi et d’autres moyens appropriés, des sanctions le cas échéant, l’interdiction de toute discrimination à l’égard des femmes [10].

Historiquement, le régime Assad, depuis la période de Hafez al-Assad, a développé un discours conservateur sur le plan religieux et a encouragé un établissement islamique conservateur pour canaliser les courants islamiques et légitimer le régime.

Il a également commencé à sponsoriser (ou parrainer) et à institutionnaliser d’autres mouvements islamiques disposés à jouer son jeu politique et à légitimer le régime, tels que l’ordre soufiste Naqshbandi Kuftariya dirigé par le cheikh Ahmad Kuftaro et des groupes affiliés au cheikh Sa’id al-Buti ou le mouvement islamique de femmes des Qubaysiyyat [11].

Ces politiques et ce rapprochement avec les couches religieuses conservatrices de la société ont coïncidé avec la censure d’œuvres littéraires et artistiques, tout en promouvant la littérature religieuse et en islamisant l’enseignement supérieur [12].

Des groupes et personnalités féministes ont été publiquement accusés par des mouvements religieux conservateurs proches du régime d’hérésie et de chercher à détruire la morale de la société, de propager des valeurs occidentales telles que la notion de mariage civil, les droits des homosexuels et des lesbiennes et la liberté sexuelle totale [13].

Sans oublier la longue histoire des relations du régime Assad avec des groupes fondamen-talistes islamiques en Syrie et en dehors, ainsi que son instrumentalisation des groupes djihadistes à différents moments, y compris pendant l’occupation de l’Iraq par les États-Unis.

 Laïcité, extrémisme et survie du régime d’Assad

De même, depuis le début du soulèvement, le régime d’Assad avait une stratégie claire pour favoriser et permettre la création d’organisations fondamentalistes islamiques et salafistes djihadistes visant à discréditer le mouvement populaire et son message inclusif initial. Cela était évident dans la décision de libérer de nombreux djihadistes et salafistes de ses prisons après le début du mouvement de protestation populaire, tout en réprimant les composantes démocra-tiques et progressistes de l’opposition civile ainsi que les composantes démocratiques de l’armée syrienne libre

Qu’en est-il des laïcs ? Forment-ils un seul groupe ?

Non, au contraire. En Syrie, on trouve des laïcs parmi les partisans du régime et dans l’opposition. Des différences existent également au sein de ces groupes. Dans l’opposition, par exemple, les laïcs n’ont pas constitué un seul pôle, ce qui est tout à fait normal dans la mesure où différentes tendances politiques existent, des composantes de gauche aux féministes, en passant par les libéraux, les nationalistes et les groupes conservateurs.

Bien qu’ils puissent avoir des points communs sur leur compréhension du concept de laïcité, malgré de profondes divergences, ils ne partagent pas le même programme politique concernant de nombreuses questions telles que le type d’économie, les droits des femmes, la question kurde, l’impérialisme, etc. Cette tendance à vouloir homogénéiser politiquement les laïcs en un seul groupe a pour objectif de saper le concept de laïcité de manière plus générale [16].

Lire la suite

Lire la suite

11 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

quimper (afps)

kper

Facebook

Lire la suite

10 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

répression (npa essf)

flash

Assez de répression

Liberté pour Christophe Dettinger ! Arrêt de toutes les poursuites contre les Gilets jaunes ! 

Le tribunal a donc décidé, suivant les réquisitions du parquet, de maintenir Christophe Dettinger, le « Gilet jaune boxeur », en détention provisoire, dans l’attente de son procès le 13 février. Une décision lourde, qui fait suite à une campagne d’ampleur du gouvernement et de ses relais médiatiques contre Christophe Dettinger, devenu bien malgré lui un symbole de l’acharnement politique contre les Gilets jaunes.

Le pouvoir aux abois veut faire des exemples pour décourager celles et ceux qui se mobilisent contre sa politique au service des riches, et poursuit la fuite en avant répressive face à un mouvement qui, contrairement aux pronostics de Macron et ses amis, ne faiblit pas.

Les images parlent d’elles-mêmes 

Oui, Christophe Dettinger a asséné des coups à des poli-ciers alors que ceux-ci tentaient de bloquer la manifestation parisienne du 5 janvier.

Mais que dire des centaines de vidéos des violences policières commises depuis le début du mouvement ? Que dire des milliers de personnes blessées, des dizaines de manifestantEs mutilés par des tirs de flashball ou de grenades GLI F4 ? Et a-t-on déjà oublié les images des lycéenEs de Mantes-la-Jolie, humiliés par des policiers qui n’ont, à notre connaissance, aucu-nement été inquiétés alors qu’ils sont visés par une plainte pour « actes de torture et de barbarie sur mineurs » ?

Ne nous y trompons pas

C’est le gouvernement qui a fait le choix de la répression brutale et de la violence, à une échelle inédite, contre un mouvement remettant profondément en cause ses politiques ultra-libérales, socialement et fiscalement injustes, plutôt que de répondre aux aspirations légitimes portées par les Gilets jaunes. Et face au mépris du pouvoir et à la politique de la matraque, il n’est guère surprenant, et il est même légitime, que certainEs décident de ne pas subir, de ne pas céder, et parfois même de rendre les coups.

Le NPA s’indigne du maintien de Christophe Dettinger en détention, et exige sa libération immédiate et l’arrêt des poursuites.

Au-delà de ce cas symbolique, l’ensemble des condamnations prononcées contre les Gilets jaunes doivent être annulées, et l’ensemble des poursuites judiciaires arrêtées. L’urgence est à l’amplification de la mobilisation, alliée à la constitution d’un vaste front contre les violences policières, la répression et les politiques liberticides du gouvernement. On ne nous empêchera pas de manifester !

Montreuil, le 10 janvier 2019.

https://npa2009.org/

Lire aussi:

Annoncées par le Premier ministre, « Les mesures de la future loi “anti-casseurs” sont inutiles » (Essf)

Déclaration unitaire après le « rappel à l’ordre » du Premier ministre contre les gilets jaunes (ESSF)

Gilets jaunes : La force et la violence « L’espace de la démocratie se resserre sous nos yeux » (Essf)

Les mesures « anti-casseurs » annoncées par le Premier ministre : « On continue de s’inspirer de l’état d’urgence » (Essf)

Manifestations des « gilets jaunes » : 5 339 gardes à vue depuis le début du mouvement (Essf)

Une très dangereuse dérive : « On assiste à une « benallisation » du maintien de l’ordre »(Essf)

Lire la suite

09 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

congo plouégad guérand (la dérive)

congo

Concert de Martial Pa’nucci

Et échange sur la situation au Congo-Brazzaville

Martial Pa’nucci vient du Congo Brazzaville. Rappeur, artiste et activiste, il est un des membres fondateurs du mouvement citoyen congolais « Ras-le-bol ». Il vit en exil au Burkina Faso depuis 2 ans. Son Hip-hop militant mêle les sonorités du rap à celles des musiques traditionnelles africaines, le tout accompagné de textes puissants aux thématiques variées.

Au programme, un repas, un temps de discussion autour de la situation au Congo-Brazzaville et des luttes sociales, le concert de Martial Pa’nucci et un open mic pour finir.

image

Samedi 12 janvier à la Dérive  Pont Menou 29620  à partir de 19H

Faîtes passer l’info !

https://bourrasque-info.org

Lire aussi:

Le collectif La Dérive s’enracine à Pont-Menou (OF)

Lire la suite

08 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

ordre (révolution-permanente basta)

macron-la-matraque

Mis en difficulté après l’acte 8

Le gouvernement joue la carte du retour à l’ordre

Perpétuellement en retard sur la situation le gouvernement s’est heurté de plein fouet à un acte 8 bien plus massif que les précédents. Alors que le soutien demeure massif, le gouvernement joue la carte du retour à l’ordre pour remobiliser ses troupes, espérant conjurer la haine que cristallise le macronisme.

Surprise, les Gilets Jaunes sont toujours là !

Nouvelle année, nouveau départ. Pour Macron, la rentrée devait impérativement signifier retour au calme et aux réformes. Tant et si bien que La République en Marche avait même organisé une grande marche de soutien au Président pour lancer cette nouvelle période sur les chapeaux de roues, fort de l’espoir, sans doute, qu’après Noël les Gilets jaunes se soient évaporés. Les médias d’ailleurs se gargarisaient de la démobilisation au moment des fêtes : à les entendre plus un Gilet jaune sur un rond point. Confiant sur sa capacité à maîtriser les manifestations, le gouvernement avait même autorisé les rassemblements ce week-end et prévu une moindre présence policière.

Une nouvelle fois en tout cas le gouvernement s’est retrouvé dépassé par un niveau de mobilisation qu’il n’avait pas anticipé. L’acte 8 a ainsi mis un coup d’arrêt aux vagues espoirs qu’il pouvait rester au gouvernement : « C’est peu dire que le regain de mobilisation du mouve-ment des « gilets jaunes », plus nombreux que samedi dernier, a jeté un froid au sommet de l’État, où on espérait que les fêtes feraient baisser la température » analyse ainsi Le Monde.

Alors que le gouvernement espérait pour ce nouveau samedi une journée sans anicroche, les Gilets jaunes ont une nouvelle fois démontré que leur colère et leur détermination n’avaient pas faiblies d’un pouce. On a ainsi vu, Rue de Grenelle, la porte du ministère de Benjamin Grivaux défoncée, image parlante d’un gouvernement dépassé.

« Ordre et action » pour conjurer la haine anti-macron

« Ordre et action, voilà qui peut attiser la colère des jaunes radicalisés mais qui parle aux électeurs d’En marche. » écrit Cécile Cornudet, éditorialiste aux Echos. Mis en grande difficulté, le gouvernement, qui n’espère plus un retournement de l’opinion, acquis aux Gilets Jaunes, change désormais de registre, et, en jouant la carte du retour à l’ordre républicain, comme annoncé au cours des vœux de Macron, espère non seulement remobiliser ses propres troupes et son propre électorat mais aussi couper l’herbe sous le pied à Marine le Pen en attirant dans son orbite une frange des républicains au moment où LR est totalement atone. Une façon de conjurer la haine anti-macron qui se cristallise sur la figure du président.

L’ensemble des éditorialistes fustigent ainsi « l’ultra-violence » et exhortent le gouvernement à monter un cran dans la répression 

« Le gouvernement doit même se préparer à l’exercer plus durablement, plus fermement, face à cette montée des populismes qui, dans le tréfonds du pays, nourrit des ennemis de cet ordre républicain sans lequel il n’est pas de prospérité possible. » peut-on lire dans Les Echos, dans un article au titre éloquent « la République prend les armes ».

Pour autant, la seule posture de fermeté ne suffira pas à mettre fin au mouvement des Gilets Jaunes qui ont ouvert une crise politique d’une ampleur exceptionnelle. La réponse, à ce titre, ne peut être que politique de la part du gouvernement. Se dessinent ainsi deux volets complémen-taires d’une stratégie de division du mouvement, dont le grand débat et les élections européennes, constituent l’autre facette.

D’un côté l’exécutif réaffirme sa stigmatisation de « casseurs ultra-violents » vis-à-vis desquels l’exécutif veut jouer la carte autoritaire afin de restaurer son autorité vacillante, notamment vis-à-vis de l’électorat de droite. D’autre part le gouvernement continuer espère coopter les franges les moins radicales du mouvement dans son Grand débat pour endormir les Gilets jaunes. « Emmanuel Macron espère que les plus modérés joueront le jeu du grand débat national, qui doit débuter la semaine prochaine. » peut-on ainsi lire dans le Figaro.

Edouard Philippe n’a ainsi pas cessé de tendre des perches illusoires à d’hypothétiques « Gilets jaunes pacifiques », vantant la bonne tenue des manifestations déclarées ce week-end, qui se seraient « très bien passé ». Sur TF1 il a d’ailleurs justifié la répression des manifestants au prétexte de permettre au Grand débat de se dérouler le plus sereinement possible.

Aujourd’hui le « Grand débat » annoncé avec précipitation par Macron le 10 décembre est ainsi en train de devenir un enjeu central pour le gouvernement dans l’objectif de sortir de la crise des Gilets Jaunes, qui ont d’ores et déjà annoncé qu’ils boycotteront ce cadre présidé par Chantal Jouanno pour un salaire indécent.

Avec le grand débat le gouvernement espère ainsi remiser la crise ouverte par les Gilets Jaunes et sauver l’essentiel de son programme en poursuivant ses réformes : « Il est la solution à une crise qui n’en finit pas ; l’ultime recours quand d’autres ont été tentés sans succès, concessions comme discours d’autorité. » souligne encore Cécile Cornudet. « Faire du grand débat un mo-ment crucial, mais éviter qu’il ne le devienne trop : tel est le cadrage auquel se livrent les minis-tres en attendant la lettre d’Emmanuel Macron aux Français. »

En effet l’équilibre s’annonce périlleux à trouver pour la Macronie entre la nécessité de ne pas réveiller la colère des Gilets Jaunes en muselant le débat, sans pour autant céder d’un pouce, les porte-paroles du gouvernement ayant d’ores et déjà annoncé qu’ils ne reviendraient pas sur les réformes déjà passées.

La crise des Gilets Jaunes n’est pas terminée, mais déjà le gouvernement, avec cette posture d’autorité, prépare le terrain non seulement à son grand débat mais aussi à ses élections. Pourtant, la réponse politique pourrait bien se révéler trop faible pour endiguer le mouvement, « ce grand débat, c’est la partie la plus compliquée », admet ainsi un conseiller gouvernemental cité par Les Echos.

Léa Luca lundi 7 janvier

http://www.revolutionpermanente.fr/

Lire aussi:

Acte 8. La mobilisation reprend : pourquoi il faut la structurer démocratiquement (RP)

Affaire Christophe Dettinger : du soutien populaire à l’auto-défense collective ? (RP)

Brigitte témoigne : « Ce boxeur et d’autres GJ m’ont protégée, puis on a laissé partir les CRS ! » (RP)

Proposition de loi anticasseurs : une atteinte à la liberté d’expression (SAF)

Gilets jaunes : 4570 personnes placées en garde à vue en un mois, un triste record (Basta)

Violences policières contre les Gilets jaunes : « Cette répression laissera des traces » (Cqfd)

Commentaire: « Révolution Permanente » est un courant du NPA.

 

Lire la suite

07 janvier 2019 ~ 0 Commentaire

voeux (afps brest)

brest

Lire la suite

Rocutozig |
Tysniq |
Connorwyatt120 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rafredipen
| Agirensemblespourpierrevert
| Buradownchin