Archive | Antiimpérialisme

04 mai 2014 ~ 0 Commentaire

L’arrestation de gerry adams (sd)

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Sinn Fein répond à l’attaque britannique en dénonçant des « forces occultes »

Lorsque Sinn Fein dit que l’arrestation de Gerry Adams est un acte politique, il a parfaitement raison.

L’arrestation de l’ancien chef de l’IRA Ivor Bell puis celle d’Adams sur la base d’enregistrements ne pouvant servir à des poursuites,  à propos d’un assassinat ayant eu lieu il y a 42 ans, le tout à la veille d’élections où Sinn Fein espérait s’imposer comme un grand parti de l’Etat irlandais des 26 comtés, prêt à entrer dans un gouvernement de coalition à la prochaine élection générale, est clairement politique et ne peut avoir eu lieu à l’insu du gouvernement britannique. L’incapacité de Sinn Fein à aller jusqu’au bout de la logique de cette analyse montre à quel point ils sont maintenant impuissants face à cette une nouvelle offensive contre eux .

Pourtant, les britanniques avaient prévenu. Le 16 avril, la secrétaire d’état britannique Theresa Villiers, dans un discours important, avait tracé la ligne, indiquant qu’on mettait trop l’accent sur ​​les crimes d’État ainsi que sur la collusion armée-milices et pas assez sur les paramilitaires. Comme c’était les paramilitaires loyalistes qui étaient utilisés comme auxiliaires des forces de l’Etat et que la majorité des atrocités d’État impliquaient une collusion avec les paramilitaires loyalistes, c’était en fait l’annonce que toutes les enquêtes sur les crimes britanniques allaient cesser, et que dans le même temps, la police allait s’occuper de Sinn Fein en le mêlant aux actions militaires républicaines, et cela en dépit du fait qu’ils ont déposé les armes depuis des décennies et qu’ils sont entièrement partenaires de l’état actuel du Nord .

En quelques semaines, la première partie ce cette politique a été mise en œuvre avec l’annonce qu’il n’y aurait plus d’enquête sur un massacre perpétré par des parachutistes dans Ballymurphy en 1971. La deuxième partie c’est l’arrestation de l’ancien chef de l’IRA Ivor Bell, puis d’Adams .

L’explication de ce changement d’orientation c’est que les vastes masses unionistes, pas quelques petits groupes de lumpen-prolétaires, sont en révolte contre le Processus de paix et et ses contraintes, depuis les émeutes pour le drapeau de Novembre dernier. Au cours de cette période, les Britanniques, conscients que l’Unionisme est le fondement de leur présence en Irlande, se sont efforcés de les apaiser. Lorsque les négociations Haass ont échoué ils se sont adaptés en acceptant simplement les revendications des Unionistes .

Les symboles n’ont rien à voir la dedans. La collusion de l’état avec le loyalisme est vivant aujourd’hui sous la forme d’une impunité généralisée pour les foules loyalistes, de l’impunité pour les paramilitaires loyalistes opérant ouvertement dans les rues, l’UVF* participant même aux travaux des conseils de police. Un juge local a récemment jugé la police coupable de pervertir la loi pour favoriser le loyalisme .

Sinn Fein n’a aucun moyen de défense car il a signé un accord qui reconnaît la présence de la Couronne en Irlande et il n’y a pas de marche arrière possible. Ils se plaignent de la motivation politique de l’arrestation, mais sont incapables de désigner l’Etat britannique pour ce qu’il est, vu qu’ils ont assuré leurs partisans qu’il est leur partenaire dans un règlement démocratique. Par le passé, ils ont inventé le mot « sécurocrate  » pour expliquer que les services de police et de sécurité agissaient sans l’aval des Anglais pour saboter le « Processus de paix ». Mc Guinness**, ayant validé la police et ayant exhorté ses partisans à la soutenir, en est maintenant réduit à la défendre et à blâmer de prétendues « forces occultes» dans la police .

La stabilité politique en Irlande d’aujourd’hui repose sur le sectarisme et l’injustice et sur la collusion entre les forces de l’Etat britannique et les forces paramilitaires d’extrême droite. La ciment qui fait tenir l’ensemble, c’est la volonté de Sinn Fein de se prosterner devant un règlement corrompu même si ses dirigeants doivent être sacrifiés pour satisfaire la réaction Orangiste. John McAnulty 1 mai 2014

*UVF: Une des principales organisations « loyalistes », ne s’en prend pas qu’aux « catholiques », mais également aux immigrés.

** Mc Guiness: Numéro deux du Sinn Fein.

Note: Unionistes: soutiens inconditionnels de la Couronne. Sont organisés en « loges maçonniques » les orangistes de l’Ordre d’Orange et en milices loyalistes, largement manipulées par les différents services secrets anglais.

Article de « Socialist Democracy » organisation amie du Npa en Irlande

http://www.socialistdemocracy.org/RecentArticles.html

Lire aussi:

http://npa29.unblog.fr/2014/04/14/du-retard-du-retard-de-retard-the-guardian/

 

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03 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Ne nous laissons pas mener en bateau (al)

TAFTA

Partenariat transatlantique :

Ouvrir les marchés, déréglementer, privatiser, mettre en concurrence, niveler par le bas, délocaliser les productions… C’est, de longue date, l’objectif de l’Union européenne. Il est à présent question d’élargir ce « marché unique » aux États-Unis, via le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement, plus connu sous le nom de TAFTA. La menace est très sérieuse, la riposte débute.

Négocié dans le plus grand secret depuis juillet 2013 entre la Commission européenne et les États-Unis, le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement, mieux connu sous le nom de TAFTA (pour Transatlantic Free Trade Area, nom anglais qu’il portait avant d’être rebaptisé Transatlantic Trade and Investment Partnership), est une véritable bombe à retardement pour les droits sociaux et l’autonomie productive des peuples, mais aussi pour les règles sanitaires et environnementales en France et en Europe.

Le principe de ce Partenariat est très simple : établir une zone de libre-échange entre l’Union européenne et les États-Unis, facilitant la concurrence et les investissements dans un marché de plus de 800 millions d’habitants. L’objectif, pour les capitalistes, est d’ouvrir sans cesse de nouveaux marchés pour maintenir leurs profits et assurer leur survie. Pour construire ce grand marché transatlantique, le Partenariat prévoit de supprimer progressivement l’ensemble des droits de douane et de parvenir à une « compatibilité de la réglementation » de part et d’autre de l’Atlantique, bref de niveler ou de supprimer tous les obstacles au commerce afin de favoriser les grands groupes américains et européens.

On comprend pourquoi les lobbies industriels et financiers sont depuis longtemps à pied d’œuvre pour que ce Partenariat, destiné à réaliser leurs rêves les plus fous, entre rapidement en vigueur. Et on imagine déjà les conséquences sociales et écologiques désastreuses qu’un tel accord de libre-échange pourrait avoir.

Tout d’abord sur l’agriculture traditionnelle et la paysannerie qui, sous l’effet conjugué de la disparition des protections douanières et de l’affaiblissement des normes sanitaires, risquent tout simplement d’être noyées sous les produits agricoles américains (OGM, poulets élevés en batterie et désinfectés au chlore, etc.) et liquidées au profit d’une agriculture intensive adossée aux grands groupes agroalimentaires.

La remise en cause d’un certain nombre de régulations écologiques risque également de précipiter l’entrée sur le marché de firmes énergétiques sans scrupule qui exploitent allégrement les gaz de schiste au mépris de la santé de la population et de la sauvegarde l’environnement.

Dans le même temps, ce Partenariat accélérerait l’ouverture à la concurrence de tous les services publics : le grand marché transatlantique pourrait couvrir également l’éducation, la recherche, les transports, la santé, l’aide aux personnes, la distribution d’eau ou d’électricité –- autant de domaines qui, pour les partisans du libre-échange, ne sont rien de plus que des services marchands où se rencontrent des acheteurs et des vendeurs. Pas besoin de développer sur les effets dramatiques d’une telle régression sociale.

Enfin, si ce grand marché devait voir le jour, les conflits entre les investisseurs privés et les États seraient réglés directement par des arbitres indépendants, en court-circuitant complètement les juridictions classiques. C’est ce type de règlement des différends qui existe déjà entre le Canada et les États-Unis et qui permet à la multinationale Lone Pine de réclamer au Canada 250 millions de dollars de dédommagements en raison du moratoire sur l’extraction des gaz de schiste décrété au Québec…

Un cinquième cycle de négociations doit s’ouvrir en juin 2014 entre la Commission européenne et les États-Unis. Le dernier cycle de négociations aura lieu en décembre et, si nous ne faisons rien, ce Partenariat est destiné à voir le jour dès 2015.

Pour résister à cette nouvelle attaque libérale, nous appelons à rejoindre les collectifs « Stop Tafta » qui se multiplient et à participer à la journée européenne des résistances et des alternatives le 17 mai 2014.

Nous ne voulons pas de ce Partenariat négocié par des élites économiques et politiques, loin du regard des peuples. Nous ne voulons pas de ce grand marché transatlantique destiné à maintenir en bonne santé le système capitaliste et à contenter la voracité des investisseurs européens et américains. Nous ne voulons plus de ce système capitaliste où seule compte la loi implacable du profit. Alternative libertaire, le 29 avril 2014

http://alternativelibertaire.org/?Partenariat-transatlantique-ne

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03 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Ukraine, la même révolution? (al’e)

ukraine

Qui sont-ils? Que veulent-ils?

Séparatistes, pro-russes, pro-ukrainiens, Maïdan, Antimaïdan, «petits hommes verts», ultranationalistes, forces d’autodéfense, manifestants… Qui prend les armes, pour qui et pourquoi? Pour ceux qui ne sont pas sur place, la situation en Ukraine devient de moins en moins lisible, d’autant que les catégories utilisées, très politiques, n’aident pas à mettre les choses au clair.

Ainsi, les observateurs ont souvent du mal à prendre de la distance critique à l’égard de l’idée d’une « population russe de l’Ukraine » brandie par le pouvoir russe comme justifi- cation d’une éventuelle intervention. On confond facilement russes et russophones et on fait abusivement porter à la langue la responsabilité d’une division sociale. Si l’attitude de la Russie transforme aujourd’hui la crise ukrainienne en affrontement international, à l’intérieur du pays l’antagonisme est en grande partie social et économique.

Propagande et contre-propagande qui filtrent ici ou là continuent à brouiller les cartes. La désinformation atteint un degré inédit en Russie. Ainsi, les correspondants français présents dans la ville de Donetsk lundi 28 avril 2014, Le Monde (avec le titre :«Dans l’est de l’Ukraine, les manifestants abandonnent la rue aux gros bras») décrit une manifestation pro- ukrainienne violemment tabassée par une centaine d’hommes armés pro russes. Le jour même, l’agence russe ITAR TASS a présenté le même événement comme une manifestation pro-russe tabassée par des néonazis favorables au pouvoir de Kiev.

Difficile pour moi aussi, qui ne suis pas sur place en ce moment, de parler en toute certitude. Cependant, cette distance forcée m’amène à réfléchir sur la nature des deux soulèvements: celui du Maïdan, il y a quelques mois, et celui de l’Est aujourd’hui.

La révolution kiévienne de l’hiver 2013-2014 et les mouvements protestataires aujourd’hui à l’est de l’Ukraine ont une origine commune: une défiance massive à l’égard de l’Etat ukrainien tel qu’il a fonctionné après la chute de l’URSS. Ces deux révolutions antagonistes me semblent être des révolutions jumelles. Chacune a construit son ennemi et son projet, en regardant dans des directions opposées.

En décembre 2013, le mouvement protestataire à Kiev s’est structuré autour du refus d’un Etat corrompu et oligarchique. Dans sa quête d’une société plus juste, le Maïdan a regardé à l’Ouest, en voyant dans l’Europe occidentale un modèle de fonctionnement politique et un rempart contre l’ennemi. Contrairement à ce qu’on a pu dire, l’ennemi du Maïdan n’était pas la Russie mais l’Union soviétique. Plus exactement, la mobilisation kiévienne récusait un fonctionnement politique hérité de l’URSS, avec la mainmise du grand frère sur les satellites, un parti du pouvoir distribuant des dividendes aux fidèles et une marginalisation des autres forces sociales. [1]

A partir du mois de mars 2013, les mécontentements qui se sont faits entendre à l’est du pays s’appuyaient sur le même malaise de fond: un Etat corrompu, une crise éco- nomique dévastant la région, avec en plus une sensation d’être les oubliés de l’histoire. Une partie de la population de l’Est s’est sentie exclue du Maïdan, voire menacée par le nouveau gouvernement. La propagande russe visant à diaboliser la révolution kiévienne a construit ce sentiment de menace; le gouvernement de Kiev n’a pas fait grand-chose pour rassurer l’en- semble de ses citoyens. Comme à Kiev, les mécontents de l’Est ont cherché un allié avec qui construire une vie meilleure. L’allié a été vite trouvé:  juste derrière la frontière, les bras grands ouverts, promettant justice et hausse des salaires, la Russie. Dans la partie orientale de l’Uk- raine, surtout dans les régions lourdement touchées par le délitement du tissu industriel sovié- tique, le souvenir de l’URSS est celui de la prospérité et de la gloire. L’Etat ukrainien étant tenu pour responsable de la décrépitude, l’Etat russe peut apparaître comme un puissant sauveur.

Si les deux contestations ont les mêmes racines, elles sont soutenues par des personnes de profil social très différent. La révolution kiévienne a été en grande partie portée par des couches urbaines, «lettrées», internationalisées, ainsi que par un certain nombre d’entre- preneurs privés. La contestation indépendantiste à l’est du pays est soutenue par des per- sonnes modestes et plus que modestes, ainsi que par un certain nombre d’élites adminis- tratives. Si cette contestation est encadrée par un certain nombre d’hommes armés profes-sionnels que l’on dit russes, les fameux «petits hommes verts», il est certain qu’elle rencontre l’adhésion sincère d’une partie limitée de la population, déshéritée et souvent isolée, tenant l’essentiel de sa vision du monde des émissions télévisées. Il s’agit d’ailleurs souvent de la télévision russe qui est accessible partout en Ukraine.

Une révolution des riches contre une révolution des pauvres? Ce n’est pas tout à fait cela, mais la différence de milieu social est frappante. Les «deux Ukraine» ne sont pas l’ukrai-nophone contre la russophone, mais celle des intégrés et celle des marginaux, parfois animées par des dynamiques de mépris ou d’animosité.

Le Maïdan, qui a su mobiliser les couches «lettrées» des grandes villes du pays avec une force impressionnante, a échoué à se faire entendre aux marges du pays. Peut-être a-t-il été trompé par l’image d’un Est apathique qui se contentait toujours de suivre le centre. Plus grave encore, le renversement d’un pouvoir politique semble avoir conduit à une destruction d’un Etat bâti sur des allégeances clientélistes. De plus, le pouvoir de Kiev n’a pas su s’adres- ser aux forces armées avec des ordres clairs, les cantonnant dans une action antiterroriste difficilement lisible; elles ont donc aussi échappé à son contrôle.

L’Etat a tout bonnement disparu de l’est du pays, constatent les correspondants sur place. Le jeu est désormais entre les mains d’autres groupes, ce qui rend la situation d’autant plus explosive. Des groupes armés plus ou moins privés s’organisent localement, côté pro- ukrainien comme côté indépendantiste. Pour les premiers, il s’agit de chasser les bandes armées qui assiègent les institutions publiques et sèment le trouble. Pour les deuxièmes, il s’agit de donner l’image d’une population mobilisée contre le pouvoir de Kiev et de s’attirer le soutien russe. Ces groupes seront encore plus difficiles à qualifier et à décrire que les forces actuellement en présence et agiront certainement hors cadre juridique. Cette fois-ci, l’Est est bel et bien au bord d’une guerre civile, ceci alors même qu’un sondage récent [2] confirme qu’une majorité des Ukrainiens de cette région s’opposent aux actions des indépendantistes et à une éventuelle intrusion militaire de la Russie.

Si cette guerre civile éclate, le socle commun des mouvements protestataires à Kiev et à l’Est n’aura plus aucune importance. Les Ukrainiens n’auront plus aucune chance d’apprendre que ce qui les unit dans leur protestation est sans doute plus grand que ce qui les sépare. (Article publié sur le blog de l’auteure : A l’Est assurément).

Ana Colin Lebdevev est sociologue et co-directrice du Centre franco-russe d’études européennes – EHESS – http://www.cercec.fr/anna-colin.html)

Publié par Alencontre1 le 30 – avril – 2014 Le 29 avril à Louganskhttp://alencontre.org/europe/ukraine/ukraine-la-meme-revolution.html

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03 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Ukraine: une guerre civile est possible (al’e)

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La tension est à son comble dans les régions de l’est de l’Ukraine. Après l’annexion de la Crimée, Vladimir Poutine ne semble pas près de s’arrêter. Jusqu’où va-t-il aller d’après vous?

Volodymyr Yermolenko. Je ne suis pas dans la tête de Vladimir Poutine, mais il y a une chose évidente, c’est que depuis la campagne présidentielle de 2012, il affiche cette idée de la création d’une union eurasiatique – une union qui prendrait d’abord une forme économique avant de rentrer dans un cadre politique. De quoi s’agit-il, sinon de la résurgence de l’Union soviétique ou de l’empire russe, sous un nouveau visage?

Dans ce projet, l’Ukraine est absolument nécessaire, sinon il ne s’agit que d’une union asiatique… Dès lors, on imagine mal comment le président russe pourrait s’arrêter en chemin. En 2007-2008, il manifestait surtout son opposition à l’intégration de l’Ukraine dans l’OTAN, il n’était pas contre son adhésion à l’Union européenne: il était alors uniquement préoccupé par les questions de sécurité. Depuis, la rhétorique du Kremlin a changé, car les buts de Poutine ont changé: il s’agit désormais de bâtir cette union eurasiatique.

Plusieurs scénarios me semblent possibles: soit Poutine cherche à annexer l’est, voire le sud de l’Ukraine, et laisse l’ouest et le centre tranquilles; autrement dit, il provoque la division du pays. Soit il ambitionne de déstabiliser l’Ukraine et de faire revenir Viktor Ianoukovitch comme seul président légitime – mais cela me semble peu probable. Soit il vise à véritablement déstabiliser l’Ukraine sur le plan économique, afin de couper court aux velléités américaines et européennes d’investir et d’empêcher le pays de se développer. Dans ce scénario, il attendrait un an ou un an et demi, le temps que le pouvoir actuel tombe et qu’un nouveau pouvoir le remplace, plus favorable à Moscou.

Mais à mon avis, il faut s’attendre à un conflit armé: le président russe veut provoquer une guerre civile afin de pouvoir présenter la situation comme un conflit interne à l’Ukraine et de montrer ainsi à l’Ouest que ce pays est incapable de se gouverner, d’engager les réformes, de garantir son unité.

Cette instrumentalisation de la Seconde Guerre mondiale dans le discours russe n’est-il pas aussi le signe que le travail de mémoire fait défaut en Russie, que le débat historien n’a pas eu lieu?

En effet, quand on travaille sur la mémoire, on s’aperçoit vite qu’elle est en réalité multiforme, que plusieurs mémoires coexistent. Moi-même, je peux vous dire que mes deux grands-pères ont fait partie de l’armée rouge, cela ne fait pas de moi un nostalgique de l’Union soviétique ! En Ukraine, diverses identités et différentes mémoires cohabitent. Ce n’est pas possible dans la Russie actuelle, qui impose une seule lecture de l’Histoire – russe mais aussi mondiale –, et où toute autre interprétation est automatiquement considérée comme fausse. C’est une société qui n’accepte pas la pluralité des mémoires, c’est dangereux, cela veut dire qu’elle n’accepte pas l’autre, la différence.

Les réactions de séparatistes ukrainiens à l’est ne font-elles toutefois pas apparaître deux Ukraine? Des sondages indiquent ainsi que plus de 80 % de la population des régions de l’ouest et du centre comptent se rendre aux urnes le 25 mai – ils ne sont que 40% à l’est…

Cette question des deux Ukraine a alimenté tout un débat dans les années 1990 et 2000 entre nos deux grands historiens, Mykola Riabchuk, (au lendemain de la chute de Ianoukovitch) et Yaroslav Hrytsak  (en février dernier): le premier défendait qu’il y en avait deux… Le second: 22 [1]! Je penche plutôt pour cette dernière hypothèse. Notons par ailleurs que les russo- phones n’étaient pas absents du Maïdan: des gens de Donetsk, de Dnipropetrovsk, de Lougansk… étaient également présents, même si, certes, ils ne constituaient pas la majorité. Il faut savoir que d’après les sondages, à Donetsk et Lougansk, pas plus de 30 % de la population souhaite le rattachement avec la Fédération de Russie: les gens que l’on entend le plus ne sont pas les plus nombreux.

J’ajouterais que s’il y a des clivages en Ukraine, il y a selon moi d’importants clivages en Europe! J’observe surtout une division entre l’Europe des règles et l’Europe des idées. La première, c’est celle des règles qui fonctionnent et des droits de l’Homme: des sociétés qui acceptent ces règles telles qu’elles sont, mais qui en réalité ne croient plus aux idéaux euro- péens – la France est à ce titre remarquable! La seconde est émotionnelle, c’est celle de pays comme l’Ukraine, qui ont du mal à appliquer des règles, mais qui croient encore à l’idée euro- péenne, qui cultivent un idéal. Au fond, ces deux dimensions sont indispensables à l’Europe.

Comment faut-il réagir à présent face à l’interventionnisme russe en Ukraine?

La politique de sanctions me semble la plus appropriée: c’est le seul outil qui peut faire reculer Poutine. Mais elles doivent toucher les secteurs financier et énergétique. Il faut arrêter par exemple toutes les transactions bancaires entre le rouble et le dollar: c’est le seul moyen de bloquer les exportations russes, qui sont toutes payées en dollars. Les pays pétroliers peuvent aussi s’entendre pour faire baisser le prix du baril, à l’image de la politique menée par Reagan dans les années 1980 pour faire chuter l’URSS. Car les exportations russes sont constituées à 70 % de gaz et de pétrole: si l’Ouest n’achète plus ces produits, l’économie du pays s’effondre.

Il faut de toute façon tout mettre en œuvre pour que l’élection présidentielle se tienne le 25 mai et le 15 juin, date du second tour. Mais dans cette équation, le rôle des oligarques ukrainiens est également important. Or tous n’ont pas prêté allégeance au nouveau gouvernement de Kiev… La position de Rinat Akhmetov, le plus puissant d’entre eux, reste ambiguë. S’il était vraiment attaché à l’unité de l’Ukraine, n’aurait-il pas pu empêcher cette escalade à l’est? Il a énormément de pouvoir dans ces régions… mais aussi énormément d’intérêt à continuer ses affaires avec la Russie. (30 avril 2014)

http://alencontre.org/europe/ukraine/ukraine-une-guerre-civile-est-possible.html

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01 mai 2014 ~ 0 Commentaire

Nord de l’irlande, le leader nationaliste gerry adams arrêté (of + lm)

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Les « troubles » au Nord de l’Irlande

Gerry Adams, figure du nationalisme en Irlande du Nord, ancien membre de l’IRA, a été arrêté dans le cadre de l’enquête sur un meurtre commis en 1972.

Le leader nationaliste irlandais Gerry Adams a été arrêté mercredi soir par la police nord- irlandaise dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de Jean McConville, enlevée et tuée par l’IRA fin 1972. « Le mois dernier, Gerry Adams a indiqué qu’il était disponible pour rencontrer la police nord-irlandaise concernant le cas Jean McConville. Cette rencontre a lieu ce soir », a indiqué dans un communiqué publié sur son site internet le parti politique de Gerry Adams, le Sinn Fein qui est l’aile politique de l’IRA.

La police nord-irlandaise a confirmé que « les inspecteurs de l’unité criminelle qui enquête sur l’enlèvement et le meurtre de Jean McConville en 1972 ont arrêté un homme de 65 ans ». « Le suspect est actuellement interrogé par des inspecteurs », a précisé un porte-parole de la police. Sa détention peut durer jusqu’à 24 heures avant une inculpation, une libération sans charge ou le prolongement de sa garde à vue.

Sa dépouille retrouvée après trente ans Agée de 37 ans au moment des faits, Jean McConville avait été enlevée en 1972 par 12 hommes de l’IRA. Accusée d’être une informatrice de l’armée britannique, elle avait été ensuite abattue. Sa dépouille a été retrouvée plus de 30 ans après sa disparition, en août 2003 sur une plage de Carlingford (Irlande).

Son seul tort en réalité était d’avoir porté secours à un soldat britannique blessé dans un attentat de l’IRA, devant le lotissement de Divis Flats, bastion de l’organisation clandestine irlandaise. L’IRA a refusé de reconnaître son assassinat jusqu’en 1999.

Gerry Adams rejette les accusations « Je pense que le meurtre de Jean McConville et l’enterrement secret de son corps étaient une erreur et une grave injustice pour elle et sa famille », a écrit Gerry Adams dans le communiqué de son parti. « Des allégations malveillantes et largement médiatisées ont été faites contre moi. Je les rejette », a-t-il ajouté.

Il ne s’est jamais dissocié de l’IRA Il ne ancienne militante de l’IRA, Dolours Price, qui avait posé une bombe contre le tribunal d’Old Bailey à Londres en 1973 et avait passé sept ans en prison, avait accusé Gerry Adams d’avoir ordonné le meurtre de Jean McConville, dans une série d’entretiens au Boston College enregistrés avant sa mort. Des accusations que le président du Sinn Fein a toujours niées. « Bien que je ne me sois jamais dissocié de l’IRA, et je ne le ferai jamais, je suis innocent de toute participation dans l’enlèvement, le meurtre et l’enterrement de Mme McConville », a-t-il à nouveau affirmé mercredi avant de se présenter à la police. 07h31

http://www.ouest-france.fr/irlande-du-nord-le-leader-nationaliste-gerry-adams-arrete-2515611

http://www.lemonde.fr/europe/article/2014/04/30/meurtre-d-une-femme-par-l-ira-en-1972-le-leader-nationaliste-gerry-adams-arrete_4409971_3214.html

Note:  La presse française plus royaliste que la reine: Northern Ireland, ce n’est pas l’Irlande du Nord (un autre pays comme la Corée du Nord), mais le Nord de L’Irlande! Tout comme l’obstination à employer « Londonderry » ignoré des anglais eux-mêmes, pour Derry/ Doire.

Commentaire: Ce ne sont pas les dérives d’un mouvement armé clandestin qui sont ici attaquées. L’état ayant le monopole de « porter les armes », c’est de rappeler qu’il faut être « criminel » pour refuser de la souveraineté de la couronne britannique sur tout ou partie de l’île appelée Irlande. Les vainqueurs peuvent maintenant juger les vaincus après avoir dû après le conflit , subir l’affront de voir juger des officiers et soldats pour des crimes de masse comme « Bloody Sunday ».

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30 avril 2014 ~ 0 Commentaire

A l’est de l’ukraine, la russie joue avec le feu (ccr)

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Brejnev et Honecker: « Make love not war »!

L’objectif de la Russie est clair: elle veut empêcher que les élections prévues le 25 mai aient lieu dans les conditions actuelles. Cela pourrait donner de la légitimité au gouvernement, sûrement pro-impérialiste, qui en sera issu pour qu’il exerce son autorité sur l’ensemble du territoire du pays. Une telle situation rendrait beaucoup plus difficile à Poutine et les capitalistes russes de garder le contrôle sur la stratégique région orientale de l’Ukraine.

C’est en ce sens que Moscou est en train de soutenir directement ou indirectement les différents mouvements « séparatistes » à l’Est, fournissant sans aucun doute de l’aide matérielle et même en intervenant (parfois) discrètement sur le terrain. En effet, tant que le pouvoir central ukrainien ne garde pas un certain contrôle sur l’ensemble du territoire, la légitimité du gouvernement issu des urnes le 25 mai pourra être remise en cause.

Aujourd’hui, la Russie semble incapable de garder la mainmise sur l’ensemble de l’Ukraine et essaye de garder le contrôle sur les régions orientales, ou du moins de s’assurer une «Ukraine neutre». On a pu lire ces derniers jours dans la presse impérialiste beaucoup de spéculations sur l’attitude de la Russie: allait-elle envahir l’Ukraine? Pense-t-elle désarticuler l’État ukrainien et annexer sa partie orientale? Ou cherche-t-elle plutôt à pousser à une fédéralisation du pays?

Ces spéculations sont évidemment intéressées. Elles visent à présenter la Russie comme une superpuissance dirigée par un fou capable de tout, qui «menacerait la paix en Europe» et face à laquelle les dirigeants impérialistes doivent adopter une attitude «responsable » pour empêcher des tragédies.

Mais la réalité est que la Russie n’est pas toute-puissante. Elle cherche désespérément à sauvegarder ses intérêts en Ukraine. Et pour cela elle est prête à aller loin, au risque de perdre le contrôle de la situation. Il est clair que depuis la chute d’Ianoukovitch, Poutine veut améliorer sa position face à l’impérialisme dans la perspective de négociations pour résoudre la crise ukrainienne. D’où l’annexion de la Crimée et l’occupation des centres de pouvoir dans les villes de l’Est.

Mais à la différence de la Crimée, une annexion pure et simple des régions est et sud de l’Ukraine ne semble pas réaliste (en tout cas pas pour le moment): les conséquences politiques, économiques et militaires en seraient trop lourdes. Comme affirme une source proche des milieux diplomatiques russes: «Ce qui se passe actuellement dans l’est de l’Ukraine offre certaines similitudes avec la prise de la Crimée, mais en réalité la situation est très différente (…) Entrer militairement, c’est prendre un gros risque. De plus, annexer les régions de l’Est et du Sud sera un fardeau considérable pour le budget. C’est pourquoi il vaut mieux fédéraliser, exercer un protectorat, miser sur la décomposition du pays.» [1]

C’est pour cela que même si le ton monte ces derniers jours entre l’OTAN et la Russie, aucun des deux camps ne veut d’une guerre en Ukraine. Elle comporte beaucoup d’inconnues et de dangers des deux côtés. Étant donnés les liens économiques entre la Russie et l’UE, les élites russes craignent de fâcher sérieusement l’impérialisme. Dans ce cadre, si les circonstances amenaient la Russie à annexer une partie de l’Ukraine, cela pourrait devenir une sorte de « victoire à la Pyrrhus ».

Du côté de l’impérialisme, on ne peut se permettre la répétition d’un scénario à la Géorgie en 2008 ou «à la criméenne». Laisser la Russie s’accaparer de régions de l’est de l’Ukraine serait une défaite importante et une humiliation sur le plan international. Une démonstration de faiblesse de l’impérialisme dans son ensemble pourrait même donner du courage à d’autres pays en conflit sur d’autres dossiers (Iran, Corée du Nord, Syrie ou encore la Chine, entre autres). Malgré tout cela, la réalité est que dans le contexte de crise économique et de fragilité de l’UE, ce dont cette dernière a le moins besoin en ce moment est d’une zone de chaos sur sa frontière orientale. En même temps, il ne lui est pas possible d’envoyer des troupes militaires ou de police sur le territoire ukrainien, comme dans le cas de la Bosnie ou du Kosovo (en tout cas pas sans le consentement de la Russie). Ce sont les limitations des uns comme des autres qui imposent la nécessité – difficile – d’une solution diplomatique.

En ce sens, il n’est pas étonnant que l’accord signé lors de la rencontre quadripartite entre la Russie, l’Ukraine, les États-Unis et l’UE, le 17 avril à Genève ait pour un des points centraux le désarmement des «milices» et l’évacuation des bâtiments publics et places occupés. Évidemment, rien ne garantit que ces points soient respectés sur le terrain, mais le message, y compris de la part de la Russie, est clair: il faut faire baisser la tension avant que la situation devienne incontrôlable. En même temps, ces négociations ont représenté une petite avancée, même si partielle, pour la Russie: sa tactique de pression sur l’Ukraine et l’impérialisme à travers l’attisement des tendances séparatistes à l’Est semblent commencer à porter ses fruits car ses rivaux ont dû s’asseoir à la table de négociations et promettre l’ouverture de négociations sur le statut de l’Ukraine. Philippe Alcoy

http://www.ccr4.org/A-l-Est-de-l-Ukraine-la-Russie-joue-avec-le-feu

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29 avril 2014 ~ 0 Commentaire

C’est quoi le partenariat transatlantique? (regards)

stop-tafta

Dix réponses pour mesurer le danger

TAFTA, TTIP, PTCI… Ce qui se trame derrière ces sigles et dans les négociations secrètes entre l’Union européenne et les États-Unis, c’est la liquidation progressive du pouvoir des États et des citoyens face aux multinationales. Il est urgent de n’en rien ignorer.

Comment ça s’appelle ? APT (Accord de partenariat transatlantique), TTIP (Transatlantic Trade and Investment Partnership), PTCI (Partenariat transatlantique sur le commerce et l’Investissement) TAFTA (Trans Atlantic Free Trade Agreement) tout à la fois. Le diable se loge dans les acronymes et la confusion sert les promoteurs de l’opération. Certains opposants réfutent la notion de partenariat et préconisent l’appellation Grand marché transatlantique (GMT), qui a le mérite d’être explicite.

Qu’est-ce que c’est ? Un traité de libre-échange actuellement en négociation (depuis juillet 2013) entre l’Union européenne et les États-Unis, qui vise en principe à abaisser les droits douaniers, mais cherche surtout à unifier un grand marché transatlantique. C’est le dernier épisode en date d’un processus d’intégration mis à l’agenda depuis l’éclatement du bloc de l’Est, ayant pour objectif l’harmonisation des législations, des règlementations et des normes – avec des arrière-pensées géopolitiques, comme le souci de contrecarrer l’expansion économique de la Chine.

Est-ce qu’on nous cache tout ? Presque tout. C’est en secret qu’en juin 2013, le Conseil de l’UE (chefs d’État et de gouvernement) a confié un mandat de négociation à la Commission européenne. Et c’est aussi sans aucun contrôle possible de la part des parlementaires euro- péens, ni aucune consultation des citoyens. Sans grande mobilisation médiatique non plus, le débat est donc largement escamoté, ce qui arrange grandement les promoteurs du GMT.

C’est grave ? Oui, très grave.

D’accord, mais plus précisément ? En résumé, le GMT aboutirait à un dramatique abandon de souveraineté de la part des États, au profit d’un pouvoir accru des entreprises multina- tionales. Le gigantesque marché unique attendu d’un futur traité serait aussi défini comme une instance supranationale dont les règles auront vocation à s’aligner (par le bas) en faveur d’un maximum de libéralisation et de dérégulation, et à se substituer aux législations et aux instan- ces nationales, privant celles-ci de leur pouvoir de décision et les populations de tout moyen de contrôle démocratique.

L’abaissement des droits de douane est-il un prétexte? Pour une large part, dans la mesure où ils sont d’ores et déjà très réduits entre les deux zones (2% en moyenne)… sauf pour certains secteurs comme l’agriculture, dans lesquels les États-Unis ont tout intérêt à voir s’effacer les absurdes réticences européennes à l’encontre de la viande aux hormones, des poulets désinfectés au chlore, des OGM ou des pesticides. Dans ce domaine, l’abandon des législations de l’UE, protectrices pour les consommateurs, conduirait à la généralisation du modèle intensif d’agriculture et d’élevage, avec des conséquences sanitaires et environnementale incalculables.

D’ailleurs, s’agit-il seulement de droits de douane ? Non, bien sûr : les « obstacles » à la « liberté » du commerce désignent aussi les barrières réglementaires (ou « barrières non- tarifaires »). Justement, le mandat de la Commission se donne pour objectif « d’éliminer les obstacles inutiles au commerce et à l’investissement y compris les obstacles non tarifaires existants ». L’harmonisation attendue pourra ainsi affecter, au-delà des biens marchands, le secteur des services et par extension les législations du travail jugées trop protectrices, mais aussi s’étendre au champ de la propriété intellectuelle, de la protection des données per- sonnelles et à des domaines comme l’éducation et les autres services publics. Seule la culture, après intervention du gouvernement français, est exclue du périmètre – et encore par- tiellement, puisque cette exclusion ne concerne que l’audiovisuel, et temporairement puisqu’il s’agit d’une simple suspension.

L’objectif global est-il donc d’inféoder les États et les citoyens aux intérêts privés du commerce international ? Bingo. En plaçant les traités internationaux au-dessus des légis- lations nationales, le commerce international se livre à une vaste opération de destruction de la souveraineté juridique des États, qui permet déjà aux grandes entreprises d’attaquer ces der- niers. C’est ainsi que la société américaine Lone Pine Resources réclame 250 millions de dol- lars d’indemnité au gouvernement canadien, dont le moratoire sur la fracturation hydraulique pour l’exploitation des gaz de schiste contreviendrait à la liberté d’entreprendre garantie par l’ALENA (accord de libre-échange entre la Canada, les États-Unis et le Mexique). Les exemples de ce genre abondent, comme celui de cette société suédoise qui demande près de 4 milliards d’euros à l’Allemagne pour avoir décidé de sortir du nucléaire. Les litiges de ce genre se règlent devant des tribunaux arbitraux indépendants des justices nationales, et le mandat de la Commission européenne vise à établir un mécanisme arbitral « investisseur-État » qui se substituerait aux juridictions démocratiques.

Heureusement, le Parti socialiste au pouvoir ne peut cautionner un tel processus de dumping social, fiscal et environnemental, conduisant à aggraver les délocalisations, le démantèlement de la protection sociale et des services publics, l’abandon de la souveraineté démocratique des peuples au profit des intérêts privés, n’est-ce pas ? Ah ah ah. Au nom de la lutte contre le protectionnisme et des dogmes libéraux en vigueur, l’an- cienne ministre du Commerce extérieur Nicole Bricq s’est faite l’ardente défenseure des négo- ciations, et le PS ne craint de se ranger aux côtés de l’UMP dans ce combat. François Hollande a même déclaré à Barack Obama que rien ne s’opposait à « aller vite » dans ce dossier.

Le combat est-il perdu d’avance ? Bien sûr que non. Le texte final devra être adopté, à l’horizon 2016, par le Parlement européen et le Conseil de l’UE, avant d’être ratifié dans cha- que pays. Il faut se souvenir de la mise en échec de l’AMI (Accord multilatéral sur l’inves- tissement) à la fin des années 90, et de l’Accord commercial anti-contrefaçon (ACTA) à la fin de la décennie suivante. Un vaste front d’organisations et de partis s’oppose au projet, no- tamment au travers du collectif Stop TAFTA, plusieurs collectivités se sont déclarées « zones hors Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement ». La prise de conscience s’étend et laisse une chance de ne pas abandonner le dossier aux lobbies. Ah, et puis des élections européennes ont bientôt lieu, donnant une occasion de se mobiliser, aussi bien au cours de la campagne qu’au moment du vote. Par Jérôme Latta| 24 avril 2014

http://www.regards.fr/web/c-est-quoi-le-partenariat,7683

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29 avril 2014 ~ 0 Commentaire

Philippines, la protection américaine ne fait pas rêver (ci)

filip i,ne

Les éditorialistes philippins ne se montrent pas enthousiastes au sujet de l’accord de coopération militiaire renforcée signé entre Manille et Washington à l’occasion de la visite du président Barack Obama. C’est une preuve supplémentaire de la dépendance de Manille vis-à-vis de son allié.
Si les unes de la presse philippine étaient consacrées lundi à la canonisation des papes Jean- Paul II et de Jean XXIII, de nombreux éditoriaux et pages débats des journaux de l’archipel por- taient sur la signature de l’accord de coopération en matière de défense entre les Etats-Unis et les Philippines. Il a été signé quelques heures avant l’arrivée du président américain Barack Obama qui clôturait à Manille sa tournée asiatique.

L’accord, dont les détails doivent encore être négociés entre les deux parties, devrait per- mettre un accès plus large des troupes américaines aux bases philippines. Conclu pour dix ans, il répond aux inquiétudes de Manille face à l’expansionnisme chinois en mer de Chine méridionale, mais ne suscite pas l’enthousiasme des éditorialistes.

Chatouiller la sensibilité des nationalistes philippins Seul le commentaire d’Amanda Doronila publié dans le Philippines Daily Inquirer (PDI) sous le titre « De l’équipement militaire en dit plus qu’une rhétorique nationaliste », se distingue. Doronila salue le renforcement d’une coopération militaire déjà ancienne et regrette à demi-mot que l’accord ne permette pas le stationnement permanent des troupes américaines. C’est pour ne pas chatouiller « la sensibilité des nationalistes philippins et des activistes de gauche ». Sourcilleux à l’idée de voir la souve- raineté du pays mise à mal par un déploiement de troupes américaines, « ils semblent [par contre] aveugles aux intrusions et à l’occupation par des bateaux paramilitaires chinois des territoires revendiqués par les Philippines », s’énerve Doronila. Depuis plus de deux ans, les tensions en mer de Chine méridionale n’ont cessé de monter entre Manille et Pékin, dans l’espace maritime qui comprend plusieurs îlots au large des Philippines. Manille a renommé cet espace Mer des Philippines occidentale pour ne laisser planer aucun doute sur sa sou- veraineté sur cette zone et a demandé l’arbitrage des Nations unies.

Les Etats-Unis, gardiens de l’Asie Dans son éditorial, le PDI s’affiche plus tiède que Do- ronila. Le PDI trouve notamment « inexplicable » le refus de Malacanang, le siège de la prési- dence philippine, de soumettre, comme le prévoit la Constitution, l’accord au Sénat. Pour le quotidien, cet accord illustre l’inégalité fondamentale et persistante des relations entre les Philippines et les Etats-Unis. « Cet accord est correct tant que les politiques américaines coïn- cident avec les besoins philippins », précise le PDI qui rappelle que les Américains ont laissé derrière eux de mauvais souvenirs, notamment lorsqu’ils détenaient des bases militaires dans le pays.

« Nous sommes idiots de penser que la politique américaine va soudainement changer », écrit Ricardo Saludo dans le Manila Times. Certes, Washington se présente comme le « gardien de l’Asie », mais n’a jamais envoyé un patrouilleur pour montrer qu’il était prêt « à en découdre ».
« L’Amérique a ses propres intérêts à protéger vis-à-vis de la Chine », pose de son côté The Philippines Star. Et, attention poursuit le quotidien de ne pas faire « revivre une dépendance de style colonial ». Car les Philippines doivent continuer à construire des capacités de défenses crédibles.

En tout cas, pour Ricardo Saludo du Manila Times, le président philippin Benigno Aquino place le pays, en particulier « les habitants vivant près des bases militiares et des axes maritimes, sous la menace d’attaques chinoises ». Il donne également à l’armée chinoise la « plus grande raison de renforcer ses capacités militaires et ses forces dans les îles et les eaux près des Philippines. » Courrier international 28 avril 2014

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20 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Ukraine : après l’annexion russe de la crimée

poutin, caricature

Ainsi Poutine a-t-il réussi son coup – pour l’instant.

Après l’invasion militaire, le plébiscite à la pointe du fusil. La majorité russe de la population de Crimée a soutenu massivement la déclaration d’indépendance, premier pas vers l’intégration à la Fédération de Russie. Cette annexion est la réponse du pouvoir russe à l’insurrection populaire et démocratique de la place Maïdan qui a renversé son homme de paille, Ianoukovitch.

Et tout indique que Moscou va maintenir voire accentuer sa pression. À la veille du référendum, on apprenait que des troupes russes s’étaient déployées dans la région de Kherson, en dehors de la Crimée.

Des sanctions symboliques Au regard de ce qui constitue une violation majeure du dit droit international, fondé en premier lieu sur la stabilité des frontières, les « sanctions ciblées » annoncées lundi 17 mars par les États-Unis puis par l’Union européenne sont bien dérisoires. « Soyons réaliste, hormis par une intervention militaire nous ne pouvons changer le statut actuel de la Crimée », aurait déclaré un ministre européen.

La palme revient à la France, qui s’apprête à livrer à la flotte russe deux porte-­héli- coptères de combat, pour un montant de 1,2 milliard d’euros. Au moment où les troupes de Poutine envahissaient la Crimée, Hollande avait déjà écarté toute remise en cause du contrat. Fabius vient de déclarer que Paris ne pourrait envisager d’annuler la vente que si le Royaume-Uni, de son côté, prenait des mesures contre « les avoirs russes des oligarques à Londres » ! Chacune des deux hypothèses paraît bien improbable, même si les 400 marins russes attendus le mois prochain à Saint-Nazaire pourront voir leur voyage reporté.

Autant dire que les dirigeants occidentaux sont prêts à faire leur deuil de la Crimée – si bien sûr, prient-ils avec ferveur, Poutine ne va pas trop loin et ne les contraint pas à prendre des mesures dont ils ne veulent pas. Il est un fait que le sort de l’Ukraine est infiniment moins important aux yeux des impérialismes occidentaux qu’il ne l’est à ceux de l’impérialisme russe. Le mot d’ordre « ni Washington et Bruxelles, ni Moscou » est utile et juste, mais à condition de ne pas omettre que c’est concrètement, aujourd’hui, la Russie qui agresse et occupe l’Ukraine.

Les marges de manœuvre de Poutine Un autre facteur joue en faveur des dirigeants russes : la très grande confusion politique des masses ukrainiennes elles-mêmes, et dans ce cadre leurs illusions – évidemment compréhensibles – dans l’Union européenne. Certes, le phénomène n’a rien de particulier à ce pays. Il caractérise même très largement les processus révolutionnaires aux quatre coins de la planète. Que l’on pense seulement aux manifestations égyptiennes du 30 juin 2013, dont on a dit qu’elles étaient les plus grandes de l’histoire mondiale, et qui ont eu pour conséquence pratique de ramener au gouvernement l’armée et d’anciens responsables de l’ère Moubarak.

De même a-t-on vu à Kiev le retour au pouvoir d’une autre fraction d’oligarques, avec la participation au gouvernement intérimaire – composé à la proportionnelle des forces politiques – de trois ministres fascistes. Le danger est là, même si l’influence des fascistes est trop souvent sur- estimée : selon une enquête du centre SOCIS conclue le 4 mars, les possibles candidats de Svoboda et de Pravyi Sektor à la prochaine présidentielle recueilleraient aujourd’hui, à eux deux, le soutien de seulement 4,1 % des Ukrainiens.

Il reste que Poutine a pu user et abuser d’une rhétorique « antifasciste » faisant appel au souvenir de la « Grande guerre patriotique »… La lutte pour défendre l’indépendance de l’Ukraine ne fait que commencer, et seul le mouvement ouvrier saura la garantir. L’espoir réside dans le ren- forcement des syndicats indépendants et de l’auto-activité des travailleurs, dans le développement de forces révolutionnaires antistaliniennes telles que l’union socialiste Opposition de gauche. La grande manifestation anti-guerre qui a eu lieu samedi 15 mars à Moscou est un encouragement fort dans cette voie.

Jean-Philippe Divès Hebdo L’Anticapitaliste – 234 (20/03/2014)

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20 mars 2014 ~ 0 Commentaire

Ukraine: austérité? d’abord pour les oligarques! (solidarités.ch)

Ukraine: austérité? d'abord pour les oligarques! (solidarités.ch) dans Antiimpérialisme 0STS3-N8

Pour obtenir un prêt du Fonds monétaire international (FMI) de 15 milliards de dollars le pouvoir ukrainien est prêt de provoquer une catastrophe sociale.

Le gouvernement préfère nuire à la majorité des citoyens au lieu de sacrifier les intérêts d’une poignée d’oligarques.

Ce n’est pas une invention de notre Union socialiste « Opposition de gauche » : il s’agit d’une politique d’austérité sans précédent, des coupes qui éliminent les prestations sociales, de la destruction du système de santé et de l’augmentation des prix. « L’impopularité de ces mesures ne garantit pas pour autant leur efficacité. L’Ukraine tombe dans une servitude de l’endettement encore plus grande, le grand business va renforcer son pouvoir et, au cours des deux années à venir, il n’y aura aucune incitation du développement économique », disent les socialistes.

 Le nouveau gouvernement a déclaré que l’Ukraine va fidèlement réaliser toutes ses obligations afin de préserver son image « d’emprunteur souverain ». Il compte réaliser toutes les conditions imposées par le FMI. Le ministre des Finances a déclaré que toutes les institutions budgétaires vont réaliser les restrictions suivantes : interdiction de l’achat de vêtements du travail, interdiction de pourvoir les postes vacants, interdiction de payer les primes. Cette approche générale touche particulièrement le service de santé et va provoquer la fuite des cadres de ce secteur. « La gratuité des soins de santé est garantie par la Constitution, alors comment le pouvoir compte-il l’assurer sans payer le travail du personnel médical ? », demandent les militants de gauche.

Si le gouvernement voulait vraiment faire des économies, il s’en prendrait aux oligarques qui ont acquis pour rien les entreprises privatisées et n’ont rien fait pour les moderniser. Si ces derniers sont de véritables patriotes, ils devraient donner leur argent pour éliminer le déficit budgétaire de l’État.Pour le moment le gouvernement parle de la nécessité de réduire les dépenses de 65 à 80 milliards de hryvnia [5 à 6,25 milliards d'euro]. Un tel montant peut être obtenu même sans procéder à une « dépossession » massive. « Le développement de l’Ukraine doit commencer par l’élimination de l’injustice sociale », disent les militants de l’Opposition de gauche.

Selon Forbes la fortune du gouverneur de Dniptopetrovsk, Igor Kolomoïskyï, s’élève à 2,1 milliards de dollars ; 1,5 milliard de dollars, c’est celle du député Vadim Novinskyï ; 1,3 milliard de dollars – ce sont les avoirs du député Petro Porochenko ; le député Serhyï Tihipko possède 1 milliard; le gouverneur de la région de Donetsk, Sergueï Taruta, dispose de 0,59 milliard… La somme totale de ce que possèdent les politiciens les plus riches atteint 6,49 milliards de dollars. Si l’on se fonde sur le taux de change officiel (9,23 hrivnia pour 1 dollar), on peut estimer qu’ils disposent de 59,9 milliards de hrivnia. « C’est sont donc en réalité ces mêmes 60 milliards de hrivnia que le premier ministre Yatseniouk veut prélever dans les poches des plus pauvres citoyens ukrainiens », conclue l’Opposition de gauche.

L’Ukraine n’a pas besoin du crédit conditionnel du FMI, qui va accroître le nombre des pauvres. De plus, nous pensons qu’il ne faut pas recourir au crédit du FMI alors qu’il y a un tel potentiel d’autres réformes, en particulier celles réduisant le coût prohibitif des oligarques.

L’Opposition de gauche exige la mise en œuvre des changements suivants :

1. Une large discussion publique sur la façon de surmonter la crise. On nous dit que jusqu’à la fin du conflit avec la Russie une telle discussion professionnelle n’est pas possible. Mais pourquoi est-il possible de nommer des cadres sur la base de discussions formelles, alors qu’il ne serait pas possible de soumettre les mesures d’austérité à l’ensemble de la population ? Les économies dans l’appareil d’État devraient commencer immédiatement. Et les économies sur les retraités, sur les salaires des employés d’État et sur les programmes sociaux ne peuvent être décidées qu’à la condition que la comptabilité des agences gouvernementales et des entreprises d’utilité publiques soit disponible en ligne pour tout le monde.

2. Lustration sociale : il faut priver les oligarques soit du pouvoir, soit du capital. Car il y là un risque important de conflit d’intérêts. Les businessmens nouvellement nommés aux postes dirigeants vont utiliser ces postes pour s’enrichir et ainsi tous les sacrifices économiques serviront seulement pour assurer leur propre prospérité. Ils utilisent leurs positions pour passer des contrats avec leurs entreprises, ce qui fait que l’argent économisé sur le budget de l’État sera employé par eux pour des aides et des subventions fournies pour que ces entreprises réalisent leurs obligations sociales, qu’elles devraient de toute façon accomplir (compensation de la création des emplois, etc.). La revendication de l’autodéfense du Maïdan est juste : chacun de la centaine des Ukrainiens les plus riches doit verser un dixième de sa richesse pour le bien commun.

3. Refus de signer l’accord sur la Zone de libre-échange. L’Ukraine peut signer l’Accord d’association sans pour autant intégrer la Zone du libre-échange – déjà en octobre 2013 l’Opposition de gauche avait fait état du réalisme de cette exigence. La libre circulation des marchandises européennes sur le territoire ukrainien aurait des effets encore pires que celles des plus dures réformes néolibérales : ce serait la ruine de l’économie ukrainienne.

4. Le secteur clandestin de l’économie doit être soumis à la loi (près de 170 milliards de hryvnia sont payés sous forme d’« enveloppes » et le volume total de l’économie de l’ombre atteint 350 milliards). Les travailleurs doivent avoir le droit de grève même si l’employeur ne leur a pas fourni le contrat du travail. Les sanctions pour le non-paiement des salaires et pour les emplois sans contrat du travail doivent être augmentés, en les multipliant au moins par dix (actuellement, selon le Code pénal, l’amende pour non déclaration du travail est de 850 hryvnia).

5. Récupérer les fonds exportés illégalement vers les paradis fiscaux. Nous devons immédiatement dénoncer l’accord sur la double imposition, qui permet aux oligarques de ne pas payer les impôts. Du fait de la juridiction visant à éviter la double imposition, chaque année quelques 30-40 milliards de hryvnia finissent sur les comptes des paradis fiscaux sans payer d’impôts. En tout c’est près de 350 milliards de dollars qui ont été transférés dans des paradis fiscaux. En 2010, les impôts ont vidé les poches de tout le monde, sauf celles de Pintchouk, Kolomoïskyï, Akhmetov, Tarouta, Zhevago, Firtasch etc. Ces gens là accaparent 70 % du revenu ukrainien, car ils possèdent toutes les grandes entreprises. Ils paient un faible impôt à Chypre ou ailleurs, mais rien en Ukraine. Les entreprises ukrainiennes appartiennent formellement à des compagnies situées à Chypre ou aux Maldives. Et c’est là que les profits ukrainiens arrivent en tant que recettes des investissements chypriotes, non imposables. Que les capitalistes oligarques commencent par payer les impôts, et alors nous déciderons si nous devons payer les prix des services publics « fondés sur leur coût ».

6. Impôts progressifs sur les revenus des riches et de leurs corporations. Il faut imposer les revenus personnels jusqu’à 100 % pour la part qui dépasse 15.000 dollars par mois ou 150.000 dollars par an. Il y a (officiellement) 127 millionnaires dans notre pays et, en tant qu’entrepreneurs, leur impôt sur le revenu n’est que de 17 % à partir d’un revenu de 15.000 hryvnia. Alors que la plupart d’entre nous, qui gagnons 2.000 à 4.000 hryvnia par mois, sommes imposé à 15 %. Et ce sont ces gens là qui veulent réduire de 20 % les salaires des ambulanciers ! Allons nous tolérer cela ? Nous soutenons le choix européen ! En Europe les millionnaires payent au moins 40 % à 60 % d’impôts sur leur revenu personnel (et rappelons, qu’en France les revenus supérieurs à un million euros devaient être imposés à 75 %). Il est aussi nécessaire de fixer un taux de TVA supérieur sur les produits de luxe (à 25 %).

7. En situation de crise, il faut soutenir les gens. Il faut les transports publics gratuits, des prix fixes pour les médicaments, le blocage des prix des services publics, des services publics gratuits pour ceux dont les salaires n’ont pas été payés ou ceux qui n’ont pas reçu leurs prestations sociales.

8. Refus du payement de la dette extérieure, au moins jusqu’au remboursement du capital qui a été pillé (la dette extérieure atteint 75 milliards de dollars). Il faut exiger l’annulation de toutes les dettes qui sont le résultat des emprunts du pouvoir oligarchique.

L’Opposition de gauche dit depuis longtemps que tous les partis politiques présents dans le Parlement professent l’idéologie néolibérale et veulent faire financer leur business par la majorité de la population. L’arrivée au pouvoir de l’ancienne opposition et ses annonces de mesures « impopulaires » confirme cette thèse. « Il faut continuer le mouvement de protestation ukrainien jusqu’à la démission de toute la classe politique et l’abolition du cours néolibéral. Le pouvoir dans l’État et dans les entreprises doit être exercé par les conseils des travailleurs – de ceux qui créent directement la richesse », explique l’Opposition de gauche.

D’autres propositions ont été présentées dans les « 10 Thèses pour le changement social » (1).

Communiqué de GASLO:  Golovnyï Analititchnyï Sait Livoï Opozitsii – principale page d’analyses de l’Opposition de gauche est la page web animé par l’Union socialiste « Opposition de gauche » : http://gaslo.info/

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